La Nature
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- LÀ NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A I/INDUSTRIE
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- ABONNEMENTS
- Paris.
- Un an . . Six mois.
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- Départements. Un an. . — Six mois.
- Union postale. Un an. . — Six mois.
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- LES CINQUANTE-SEPT VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVEC LES TABLES DES DIX PREMIÈRES ANNÉES ET DE LA 2e SÉRIE DES ANNÉES SUIVANTES
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- TRENTIÈME ANNÉE
- 1902
- PREMIER SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C“, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120
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- 50e ANNÉE.
- N° 1480.
- 7 DÉCEMBRE 1901.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- KT UK LEURS APPLICATIONS AUX A HT S Ivf A LTNMSTlilK
- DIOCHESCOPE MJDIPHONE
- Ceux de nos lecteurs s'intéressant à la question de la photographie du mouvement se rappellent certainement le Dioeinescope de M. Clermont-Huet, ce
- curieux appareil qui lit ses débuts à l'Exposition de 1900 et dont nous avons ici meme1 donné une complète description.
- Constitué par la combinaison des organes essentiels suivants : 4° un tambour portant une couronne
- Le Dioeinescope audiphoue. — Vue générale de l'appareil et détail du mécanisme.
- de lentilles divergentes juxtaposées les unes aux autres ; 2° un second tambour, solidaire du premier, ayant même axe que lui et entraînant les clichés successifs de la bande pelliculaire ; 5° un système rélléchissant (prisme à faces parallèles) interposé entre les deux tambours précédents et ayant pour fonction de renvoyer les images dans la direction des lentilles correspondantes ; 4° une lentille convergente faisant partie du système rélléchissant ci-dessus et corrigearit les aberrations de sphéricité des lentilles 30” année. — 1er semestre.
- divergentes ; 5° un dispositif de prismes à faces parallèles avec loupe, interposé entre l’image et les yeux de l’observateur, de manière à produire deux images placées à l’écartement oculaire convenable, ce qui a pour effet d’assurer la vision binoculaire ; 0° un mode de commande mécanique des tambours et des bobines porte-pellicule, permettant d’enrouler facilement cette* pellicule de l’Une quelconque des bobines sur l’autre, Sans changer le 1 Vov. n° 1413, du 23 juin 1900, p. 59.
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- LA AA T U HE.
- sens de la rotation de la manivelle motrice ; le diocinescope, qui n’est en réalité autre chose qu’un cinématoscope permettant la vue directe des images, annoncions-nous, pouvait aisément être disposé de manière à fonctionner automatiquement à la façon de ces appareils si nombreux que l’on installe aujourd’hui dans les salles d'exposition et qui entrent en marche après le dépôt d’une pièce de monnaie dans une fente ménagée à cette intention.
- Cette transformation intéressante de son appareil vient d’être réalisée par M. Clermont-Huet qui l’a complétée de la façon la plus heureuse par la combinaison du graphophone au diocinescope, ce qui permet au spectateur, en même temps qu'il suit les différentes phases de la scène enregistrée sur la bande cinématographique, d’entendre synchroniquement une musique, un chant, un dialogue approprié à cette scène.
- Encore que l'idée de la réalisation du « diocinescope audiphone » fût en soi assez simple, elle ne laissait pas de présenter, à l’application, de réelles difficulte's mécaniques dont M. Clermont-lluet, du reste, a su triompher avec ingéniosité.
- Il est facile, au surplus, de se rendre compte des obstacles que le constructeur a du surmonter pour réaliser son appareil en examinant rapidement les multiples fonctions que celui-ci doit simultanément ou successivement accomplir.
- Pour répondre à tous les besoins d’un appareil automatique à payement préalable laissé à la disposition du public, il faut en effet que le diocinescope audiphone ait ses organes combinés de façon à exécuter les diverses opérations suivantes : être, au repos, installé de telle sorte que par la simple introduction d’une pièce de monnaie de valeur déterminée le système soit débrayé et que la pellicule enroulée sur une bobine porteuse puisse être, à l’aide de la manivelle, déroulée et obligée, avant d’aller se loger sur une autre bobine réceptrice, de passer sur le tambour d’entraînement dont la marche est solidaire de celle du tambour porte-lentilles. Mais, ce n’est point tout. Il faut éneore que sans que le spectateur ait à faire une manœuvre spéciale autre que celle de toujours tourner dans le même sens la manivelle motrice, la bande pelliculaire, une fois entièrement déroulée dans le sens aller, reprenne une marche inverse de façon que le spectateur suivant puisse à son tour avoir la vue intégrale de la scène cinématographiée ; donc, il faut qu’auto-matiquement soit assuré le renversement de la marche du système et cela à l’instant précis où ce renversement devient nécessaire. De plus, il faut encore que la manivelle soit agencée de telle sorte qu’elle cesse d’agir sur le mécanisme moteur de l’appareil quand, par suite de la marche arrière de celui-ci, la pellicule se trouve à nouveau avoir repris sa position normale sur la bobine porteuse, le système étant alors embrayé encore une fois et ne pouvant plus être remis en liberté que par le dépôt d’une nouvelle pièce de monnaie.
- Sans la réalisation de cette condition, on le comprend sans peine, on aurait vite fait de détraquer l’instrument. 11 faut on plus que non seulement on assure le fonctionnement du phonographe combiné au diocinescope, mais encore que ce fonctionnement soit réglé de telle sorte que le remontage dudit phonographe se fasse par le seul jeu de la manivelle motrice et que les déplacements du cylindre et du diaphragme soient en rapports continus avec celui de la bande pelliculaire, si bien que juste au moment précis où celle-ci vient de terminer sa marche arrière le diaphragme du phonographe revienne à sa position initiale et soit prêt pour une audition nouvelle.
- On le conçoit sans peine, pour réaliser un ensemble de mouvements aussi complexes, M. Clermont-lluet a dû exécuter une combinaison mécanique complexe elle-même, encore qu’elle soit en soi assez simple et de plus aussi robuste qu’il est nécessaire pour un appareil livré sans surveillance à la libre disposition de tous.
- Il est facile de s’en rendre compte au surplus par l’examen sommaire suivant du mode de fonctionnement du système. L’observateur introduit une pièce de monnaie dans la fente de l’appareil ; cette pièce, guidée par la glissière m, tombe sur un plateau n monté à l’extrémité d’un levier n1 et provoque ainsi la montée du verrou p qui débloque la tige d’embrayage q. L’observateur tire alors à lui cette tige q à l’aide du bouton extérieur ql, mouvement qui a pour effet : 1° de débloquer l’arbre moteur k; 2° en dégageant le cliquet / du rochet t\ d’embrayer le graphophone par le soulèvement d’une palette disposée à cet effet; 5U de provoquer l’embrayage des roues /e’, kl respectivement avec les roues correspondant à la marche avant çle la pellicule. L’appareil est alors prêt à fonctionner, et, en tournant la manivelle, l’observateur voit défiler devant ses yeux les différents clichés qui, par leur succession rapide, donnent la reproduction d’une scène animée, en même temps qu’en approchant les récepteurs de ses oreilles il entend le graphophone.
- Lorsque la marche avant de la pellicule est terminée, le sens du mouvement est renversé automatiquement grâce au déplacement angulaire communiqué au levier par le bras déplacement qui a pour résultat d’assurer l’embrayage des roues kz et k't respectivement avec les roues correspondant à la marche arrière de la pellicule; l’observateur, tout en continuant à tourner la manivelle dans le même sens, voit donc la même scène animée se dérouler en sens inverse, le graphophone étant toujours actionné. Cette combinaison de mouvements a de plus pour effet de permettre la descente du verrou p dans le but d’immobiliser la tige d’embrayage q et d’empêcher qu’on ne puisse agir sur cette dernière sans avoir introduit au préalable une nouvelle pièce de monnaie.
- Enfin, quand la pellicule a achevé sa marche rétrograde et s’est déroulée complètement de la
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- bobine d', le levier coudé x2 reçoit du levier x un déplacement angulaire dont l’eÜ'et est d’engager le cliquet t dans le rochet P, de façon à immobiliser l’arbre de commande k et à arrêter ainsi la marche complète de l’appareil. Ce même déplacement angulaire du levier coudé ,v- a encore pour résultat, en soulevant un cliquet, de permettre à la palette d'embrayage dont nous parlions tout à l’heure de retomber et de provoquer le déclenchement du gra-phophone dont le diaphragme est alors ramené par un ressort de rappel à son point de départ.
- En dépit de cette complication plus apparente que réelle, le Diocinescope audiphone ne saurait manquer de remporter un véritable succès. Pour la première fois, en effet, dans les appareils de ce genre, il permet de réunir simultanément le plaisir de l'ouïe à celui de la vue, et il constitue sur tous les systèmes combinés jusqu’ici un perfectionnement d'un véritable intérêt. Ceorges Yitoux.
- EN ANGLETEKRE
- M. Charles Buxton a tenté de lâcher en liberté, dans une de ses propriétés en Angleterre, différentes espèces de perroquets et de perruches, pour voir comment ils se comportaient ; les résultats obtenus montrent que ces oiseaux sont facilement acclimatables. Ils ont malheureusement la mauvaise habitude d’aller se promener au loin et alors se font tuer; il semble cependant qu’en envoyant une circulaire aux propriétaires à une cinquantaine de kilomètres à la ronde, on pourrait obvier à cet inconvénient.
- Parmi les exemples cités par M. Buxton, il faut noter un couple de perroquets verts, le mâle venant de l’Amazone et la femelle de l’Honduras, qui firent leur nid dans une niche et eurent un petit que, l’on ne sait pourquoi, ils jugèrent bon de tuer. L’année suivante, le même couple eut deux petits et, cette fois, les laissa venir à bien.
- Plus tard, un cacatoès blanc ordinaire et une femelle rose se creusèrent un nid dans une branche pourrie d’acacia et y pondirent deux œufs, d’où sortaient bientôt deux petits tout blancs avec une crête rouge orange. L’année suivante, le même couple eut trois autres petits.
- Tous ces oiseaux supportent admirablement le froid à la condition que l’on mette une abondante nourriture à leur disposition. D’autre part, en liberté, leur plumage atteint un éclat admirable, que l’on ne voit jamais en captivité. La plupart se montrent très gais de cette existence vagabonde. Malgré leurs brillantes couleurs, ils sont presque invisibles dans les bois et les jardins tant est grande leur habileté à se cacher sous le feuillage.
- Au cours de son étude, M. Buxton cite quelques traits de mœurs intéressants à noter.
- Un cacatoès reçut l’hiver un coup de fusil et revint au logis grièvement blessé. Sa famille ne voulut pas le recevoir et, quelques jours après, d’autres cacatoès le tuèrent. Par opposition à cette cruauté, il faut citer un vieux cacatoès qui prit en amitié un jeune dont l’aile et la patte avaient été cassées et le traita comme un enfant.
- Une femelle de perroquet de la Caroline perdit ses pattes à la suite d’un hiver particulièrement rude. Un perroquet de l’Amazone en eut pitié et se dévoua à elle
- en vrai chevalier, la défendant contre les attaques des autres perroquets cherchant à la tuer, nettoyant son plumage et restant presque toujours à ses côtés. C’était un contraste, à la fois risible et touchant, que de voir les amours de cette vieille estropiée et de son jeune et beau chevalier servant. L’idylle finit d’ailleurs lamentablement ; plusieurs cacatoès dirigèrent contre la vieille femelle une attaque en règle et la mirent à mort.
- A noter aussi le cas d’un grand cacatoès qui déserta pendant quelques mois, s’associa à une bande de grolles et finit cependant par revenir au logis. Ces associations entre animaux d’espèces différentes sont assez rares pour être notées avec soin.
- Mais un des faits les plus curieux relevés par M. Buxton est celui-ci. Une chatte avait fait ses petits dans une niche. Deux perroquets, auxquels l’idée de fonder une famille n’était pas venue, s’imaginèrent que les petits chats étaient leurs enfants. Us déclarèrent la guerre à la vieille, chatte, la chassèrent et vinrent monter la garde près des petits. La chatte, néanmoins, réussit à reprendre sa place, mais les perroquets ne s’éloignèrent pas pour cela : ils continuèrent leur surveillance pendant très longtemps.
- He.mu Coi ri.N.
- CANONNIÈRES DÉMONTABLES
- A FAIBLE TIRANT L>’eAU
- Les navires de guerre ont souvent besoin de pouvoir pénétrer un peu loin dans les rivières de l’intérieur, ainsi que cela se présente couramment en Afrique, et comme cela est devenu nécessaire pendant la récente démonstration militaire que les nations européennes ont faite en Chine : ch pareil cas, il ne faut pas songer à avoir recours aux canonnières même les plus petites parmi celles qui font normalement partie des Hottes de guerre, tout simplement parce qu’elles tirent beaucoup trop d’eau pour les voies peu navigables qu’on se voit obligé de remonter. C’est pour cela qu’on a imaginé les canonnières à faible tirant, n’exigeant souvent qu’une profondeur de 60 cm; de plus, comme il peut se faire qu’on ait à tourner des rapides, des chutes qu elles seraient dans l’impossibilité de franchir naturellement, on les constitue fréquemment de sections démontables qui seront relativement aisées à transporter par voie de terre jusque de l’autre côté de l’obstacle qui barre la route à la navigation. On a encore perfectionné cette combinaison en donnant h chacune des sections du bateau une flottabilité propre, si bien que le démontage, de même que le montage, peut s’exécuter en pleine eau, sans qu’on ait besoin (ce qui serait souvent impossible) de mettre la canonnière sur cale sèche.
- Précisément pour la campagne de Chine, ou plus exactement pour la surveillance que les Anglais se réservent d’exercer sur les cours d’eau où la navigation commerciale à vapeur est maintenant admise, les fameux chantiers Yarrow de Poplar ont lancé, il y a fort peu de temps, deux canonnières qui répondent à tous ces desiderata, et il résulte des renseignements qui nous ont été adressés par les
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- constructeurs que ce sont là deux types de bateaux réunissant tous les perfectionnements qu'on peut attendre en la matière. A noter du reste immédiatement qu’ils sont laits pour pouvoir brûler uniquement du bois sous leurs chaudières, et cela est de première importance dans un pays comme la Chine, dans lequel, généralement, en dépit des richesses que contient le sous-sol, le combustible minéral est encore fort rarement exploité.
- Ces deux canonnières portent les noms de « Teal » et de « Moorhen », et MM. Yarrow ont bien voulu nous envoyer une photographie de la première, qui est identique à l’autre. Chacun de ces petits bateaux a une longueur de 48"’,76 pour une largeur de 7m,46. Les conditions imposées par le contrat de construction étaient que l’on obtiendrait une vitesse
- de 15 nœuds avec une charge de il tonnes et un tirant d’eau de 08 cm ; toute la machinerie et les espaces réservés aux combattants devaient être protégés par des plaques susceptibles de résister aux balles de fusils. La coque est entièrement faite d’acier galvanisé, et le pont, de même métal, est recouvert d’un revêtement empêchant les hommes de glisser ; cette coque est partagée en douze compartiments étanches. Nous n’insisterons point sur les superstructures, mais nous ferons remarquer que la batterie principale, qui est dominée par une vaste chambre où loge normalement l’équipage, est protégée par des plaques en acier chromé qui protègent également la machine ; sur le pont de cette batterie, et en avant des aménagements de l'équipage, est une tourelle de commandement revêtue de
- Canonnière démontable.
- ces mêmes plaques, qui supportent impunément un feu de mousqueterie presque à bout portant. Des meurtrières ont été prévues dans les plaques pour laisser tirer l’équipage ; les magasins de munitions sont placés en dessous des superstructures et communiquent avec la batterie par des élévateurs spéciaux qui sont par conséquent, eux aussi, à l’abri du feu de l’ennemi.
- Au point de vue de la propulsion, il fallait assurer une grande facilité d’évolution à ces petits bateaux, qui se trouvent souvent dans des rapides où il est malaisé de gouverner : c’est pour cela qu’on les a pourvus de deux hélices et de quatre gouvernails, ceux-ci se manœuvrant soit à la vapeur, soit à la main. La chaufferie est dotée d’un ventilateur pour qu’on puisse au besoin fonctionner à tirage forcé. Quant aux propulseurs, ce sont des hélices d’un diamètre relativement assez grand, malgré le faillie
- tirant d’eau des canonnières, grâce à ce fait qu’elles tournent dans des tunnels clos hermétiquement et que l’eau vient remplir complètement dès que la rotation a commencé depuis un instant et y fait un vide relatif : de la sorte ces hélices ne dépassent point le niveau inférieur de la coque, elles ne peuvent s’endommager en touchant sur un bas-fond, et elles ne font pas d’appel d’air diminuant leur rendement. Lorsqu’elles sont à l’arrêt, l’eau s'abaisse dans le tunnel, et une porte permet de •visiter le propulseur sans modifier la ligne de tlot-taison du petit navire.
- Les essais auxquels les canonnières ont été soumises sont venus montrer que sans tirage forcé, et avec une pression de 10 kg seulement dans les générateurs, elles dépassent constamment l’allure de 13 nœuds qui avait été imposée. Daniel Bellet.
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- L’ARRANGEMENT DES FLEURS AU JAPON
- Branches de Pin et. de Prunier disposées dans un vase naturel en banihon. — Hameau de Krrria japnnira, maintenu par un mors de cheval, au fond d'un vase, circulaire. — Arrangement d’un hespedoxn dans une suspension en forme de croissant.
- Clématite dans un vase de fer suspendu, en forme de calebasse.
- Si l’art du fleuriste est chez nous en honneur, il n’est abandonné au hasard en ce qui concerne i’ar-
- l’est encore bien plus au Japon. Dans ce pays, rien rangement des fleurs, tout s’y fait suivant de véri-
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- tables lois qui pourraient être réunies en un code.
- Les vases de fleurs, les bouquets diffèrent avec les conditions de milieu, avec les circonstances. II est des fleurs qui doivent être utilisées pour tel ou tel anniversaire, dans telle ou telle fête, d’autres au contraire qui sont impitoyablement prohibées.
- Un recueil, peu connu en Europe, les Transactions of the Asiatic Society of Japon ont publié, il y a quelque temps, sous le titre de : The Theory of Japananese Fhiver Arrangements, un mémoire des plus curieux et des plus intéressants sur ce sujet. L’auteur, M. Josiah Conder, a rassemblé tous les documents qu’il a pu se procurer pendant son séjour au Japon et nous a livré tous les secrets de l’art floral japonais.
- Inutile de dire que tout n’est pas à imiter chez ce peuple actif et remuant, qu’on a avec plus ou moins de justesse appelé les Français de l’Extrême-Orient, lies minuties abondent qui nous feraient sourire, et un tel protocole règne en toutes choses, même dans l’arrangement des fleurs, que nous ne trouverions jamais le temps de nous y habituer.
- Chacun des styles usités dans l’art floral porte un nom. Le premier et le plus ancien s’appelle Shin-no-hana; il consiste en une composition méthodique de branches et de feuilles variées autour d’une tige centrale droite et verticale. Le style Rikktca n’en diffère guère qu’en ce que la tige principale est toujours courbée et n’occupe pas le centre. Ces deux styles primitifs d’une grande simplicité ont été remplacés par d’autres de plus en plus compliqués.
- L’introduction d'un art plus moderne est dû à un célèbre philosophe Sen-no-Rikiu, qui fut le créateur de véritables écoles florales parmi lesquelles les plus connues répondent aux noms de Koriu, Enshiu Riu, Shinsho Riu, Sekishiu Riu, Jikkei Riu, Mishô Riu, Kodo Riu et Seizan Riu. Ces écoles se ressemblent beaucoup dans leurs résultats et diffèrent surtout au point de vue théorique et philosophique. Chacune d’elles possédait cependant certaines traditions secrètes, conservées avec un soin jaloux et que seuls connaissaient les adeptes ou ceux qui avaient acquis une grande habileté dans leur métier.
- 11 serait fastidieux d’étudier les principes qui les régissent. Donnons seulement, comme exemple, quelques détails relatifs à l’école Enshiu. Cette dernière a pour base essentielle trois principes appelés San-gi, qui doivent être observés dans tout arrangement de fleurs : il faut donner aux compositions une impression et une expression, s’attacher à la nature particulière de la végétation, des plantes usitées, connaître la saison où il faut employer telle ou telle fleur, savoir ce qu’il faudra faire des boutons floraux, des fleurs épanouies, des feuilles fanées, etc. On le voit c’est tout un art et des plus compliqués encore. On doit, avant tout, dans une composition florale, quelle qu’elle soit, apporter une très grande attention à la direction qui devra être imprimée aux tiges et aux branches. Au point de vue technique, la surface de l’eau d’où s’élèvent les fleurs est comme le
- véritable sol où elles ont poussé. Il n’est pas indispensable de tenir les tiges verticales, mais si elles sont courbées il faut qu’elles le soient fortement et nettement ; on doit éviter les courbes et les angles peu marqués.
- Les vases de fleurs sont extrêmement variables de forme et de caractère : la matière qui les compose est également différente. Les uns sont en bronze et richement ornés, d’autres sont empruntés au règne végétal. Tels sont les tubes à fleurs en bambou; tous d’ailleurs sont usités dans des circonstances ou dans des cas spéciaux; ici encore le protocole est le maître et l’harmonie doit toujours régner entre les fleurs et les vases qui les renferment. C’est ainsi que pour les Yûgen-tei, qui symbolisent la simplicité et la tranquillité, on doit employer des Iris dans un vase de bambou à deux étages;pour les Yushin-tei, caractéristiques d’un attachement affectueux, un vase de bronze appelé Suna-bachi, avec une branche de Pin autour de laquelle s’enroule un rameau de Glycine ; pour le Uraraka-tei, qui représente la sérénité, un vaisseau de bronze contenant des chrysanthèmes à fleurs blanches, etc.
- La sévérité demande YEulalia japanica, graminée ornementale cultivée dans les jardins européens et le Patrinia scabiosæfolia arrangé dans un petit vase de bronze appelé Nozame ; la sécurité a pour emblème une plante aquatique; la vénération un pin ou tout autre arbre au feuillage toujours vert.
- Pour les fleurs de grande dimension comme celles des Pivoines (Botan), on prend de préférence des bacs chinois appelés Kago; pour les Narcisses, un vase étroit; pour les plantes basses, un vaisseau en forme de tube.
- L’idée de sexe joue aussi un grand rôle dans Part floral et jardinique des Japonais : c’est ainsi qu’on distingue des roches mâles et femelles, des chutes d’eau de sexes différents aussi bien que des plantes et des arbres. Il en est de même des feuilles de larges dimensions dont l’une des faces est dite mâle, tandis que l’autre est réputée femelle, ainsi que des fleurs ; les boutons floraux sont toujours considérés comme appartenant au sexe féminin, tandis que les fleurs ouvertes sont mâles.
- Des idées non moins curieuses régnent chez les fleuristes japonais en ce qui concerne le coloris des fleurs. Parmi les Chrysanthèmes, ceux à fleur jaunes occupent le premier rang, de même que les fleurs rose pâle du Pêcher, celles des Iris pourpres, des Camélias rouges, du Kerria, des Pivoines en arbre, des Platycodon, du Pæonia albiflora, etc. Les nuances rouge, pourpre, rose et panachées sont dites mâles ; le bleu, le jaune et le blanc sont au contraire femelles. Les coloris qui ne peuvent s’harmoniser entre eux, sont séparés par des feuilles vertes ou des fleurs blanches.
- Il n’est pas jusqu’à la direction des branches dans une composition florale, qui n’implique une idée de sexe. A l’est et au sud est attaché le privilège masculin, tandis que la féminité est attachée à l’ouest et
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- au nord. 11 faudrait encore rappeler que dans les combinaisons des plantes, une espèce terrestre doit toujours prendre le pas sur une aquatique, c'est-à-dire qu’on doit faire ressortir la première et la mettre à la place d’honneur, au meilleur rang. Cette règle est cependant susceptible d’ètre violée quand on a recours à des rameaux ou à de grandes herbes d'eau, dont le caractère exige la mise en place au centre môme du bouquet.
- Chaque mois a ses Heurs spéciales et les listes dressées sont trop longues pour que nous puissions, même sommairement, les reproduire : les Mauves, les Chrysanthèmes, les Roses, les Forsythia, les Jasmins, les Poiriers et les Pêchers à Heurs, les Magnolias, YAlisma Plantayo du bord de nos rivières; l’Hépatique de nos forêts, les Camélias, les Soucis, les Rhododendrons, le vulgaire Pissenlit, le Fenouil, le Cymbidium virens, le Chenopodium album si commun chez nous, les Pivoines, les Ilydrangéas, les Clématites, les Lis, les Spirées, le Carthame, etc., s’y coudoient. Et ce n’est pas tout, chaque circonstance heureuse ou malheureuse a sa flore. C’est ainsi que la Félicité est exprimée en février par YArdisia japonica, le Saule, etc., des combinaisons de Pins, de Bambou et de Prunier; en mars par le Pêcher, en mai par la Pivoine en arbre ; en septembre par le Nandina domeslica ; en octobre, par les Narcisses; en décembre par les Camélias, et un peu en tous temps par les Chrysanthèmes.
- Ce serait, par contre, faire un grave accroc aux convenances que d’offrir, dans les mêmes circonstances, des bouquets où auraient pris place : Yllydranyea Hortensia, les Asters, les Azalées, les Thuyas, les Bambous, les Roseaux, le Crenadier, les Rhododendrons, le Gardénia, le Canna indien, le Forsythia, \e-Nuphar japonicum, etc. Les combinaisons de certaines Heurs sont permises (Pins et Chrysanthèmes, Saule et Narcisse, CaméliasetNarcisses,etc.) ; d’autres, au contraire, ne doivent pas se produire (Chêne et Aster, Camélia et Souci, Iris et Orchidées, etc.). A chacune de ces plantes est d’ailleurs attachée une signification symbolique : la variété de chrysanthèmes appelée Chôju-sô, qui fleurit toute l’année, est un signe de bonheur ; la Pivoine en arbre, qui passe en Chine pour être la reine des fleurs; le Moniiji, qui absorbe les poisons et les matières infectieuses répandues dans l’air, etc.
- On confectionne encore des bouquets spéciaux, pour les anniversaires de naissance, de décès, pour le premier jour du huitième mois, à l’occasion de l’entrée dans la vie religieuse, d’une distinction honorifique, pour de nombreuses cérémonies.
- La place que doit occuper un bouquet dans l’intérieur d’une chambre joue aussi un grand rôle. Il est de règle qu’on le dresse scrupuleusement : le bouquet a sa place attitrée devant le Kakémono ou tableau qui orne toute pièce élégante d’un intérieur japonais. Entre ce tableau et le bouquet lui-même, doit exister une certaine harmonie de bon ton basée sur des conventions et des bizarreries traditionnelles.
- C’est ainsi que devant tout tableau du fameux peintre Tô-em-mei qui adorait les chrysanthèmes, on devait toujours placer un bonijuet de chrysanthèmes.
- La manière dont on doit examiner une composition florale est aussi fixée. On se tient respectueusement à une distance de trois pieds, puis ou regarde le ou les Kakémonos, en commençant quand il y en a trois — ce qui est un cas fréquent — par celui du centre et en continuant par ceux qui sont à main gauche et. à main droite. Ce n’est qu’après avoir montré son admiration pour le tableau qu’on peut s'exprimer sur le compte du bouquet qu’il est impoli de regarder trop attentivement ou de trop près. Le premier éloge, qui doit être l’ait d’une façon simple et tranquille, sans éclat de voix, s’applique à la couleur des fleurs. L’approbation s’exprime par des mots différents, suivant qu’il s’agit de telle ou telle teinte. Il est malséant, pendant ce temps, de tenir un éventail et les compositions florales suspendues doivent être examinées debout ou en prenant une posture courbée.
- 11 y aurait encore beaucoup à dire sur l’arrangement des fleurs au Japon, mais ce qui précède suffit largement pour montrer combien le sujet est complexe dans ce pays. ________ IL Hariot.
- EXPOSITION DE L’ALCOOL
- LES MOTELUS
- L’exposition des moteurs et appareils utilisant l’alcool dénaturé et ayant pris part aux concours organisés par le Ministère de l’Agriculture a eu lieu du 16 au 24 novembre 1901 au Grand Palais1.
- Cette exposition comprend 5 grandes classes : 1° Appareils moteurs divisés en : moteurs fixes, moteurs pour la navigation, locomobiles ou moteurs sur châssis pour accoupler avec pompes ; automobiles; moteurs de bateaux; carburateurs isolés. 2° Appareils d’éclairage utilisant soit l’alcool pur, soit l’alcool carburé. 3° Appareils de chauffage, réchauds, lampes à souder, etc.
- Nous ne nous occuperons aujourd’hui que de la première classe. Des épreuves pratiques ont eu lieu sous le contrôle du jury et sous la direction effective de M. Ringelmann, directeur de la station d’essais de machines agricoles pour les moteurs fixes et de M. Henri de La Valette, secrétaire technique de l’A. C. F. pour les automobiles. Nous ne citerons que les noms des concurrents ayant obtenu les plus hautes récompenses dans chaque catégorie.
- Moteurs fixes. -— Les moteurs fixes étaient; divisés suivant leur force en trois sections,une médaille d’or a été décernée dans chacune d'èlles :
- A. Moteur au-dessous de 2 chevaux exposé par MM. Fritscher et Houdry dont les caractéristiques sont les suivantes : Puissance 1,27 cheval, diamètre du cylindre 85mm, course du piston 160m,n, vitesse à la minute 430 tours.
- 1 Voy. n° 1486. du 16 novembre 1901, p. 586.
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- LA NAITRE.
- Le rapport de la course au diamètre est de 1,88, ce qui est favorable à la détente de la vapeur d’eau au moment de l'explosion ; aussi les consommations ont-elles été satisfaisantes étant donné qu’il s'agit de très petits moteurs. Ces consommations ont été par cheval-heure de 645 gr à l’alcool carburé et de
- 642 gr à l’alcool pur1. Le carburateur comprend un triple réchauffage : réchauffage de l’alcool par conductibilité, réchauffage de l’air par traversée du pot d’échappement et réchauffage du pulvérisateur lui-même.
- B. Moteurs de 2 à 10 chevaux de MM. Japy
- frères de Beaucourt (Haut-Rhin français) à un cylindre (fîg. 1). Puissance 5,75 chevaux, diamètre du cylindre 145mm, course du piston 160mm, vitesse à la minute 510 tours. Les consommations ont été de 409 gr à l’alcool carburé et 596 gr à l’alcool pur par cheval-heure,
- ces excellents ré- «A; és
- sultats sont dus au réchauffage raisonné du carburateur par la circulation d’eau elle - même, de plus le liquide jaillissant par un ajutage placé au centre du flotteur vient se briser contre un cône diviseur et est projeté dans le courant d’air qui arrive perpendiculairement à la direction de l’alcool, d’où un mélange intime et homogène qui pénètre dans le moteur..
- C. Moteurs au-dessus de 10 chevaux de MM. Brou-hot et Cie de Vierzon à 1 cylindre avec les caractéristiques suivantes : Puissance 16,1 chevaux, dia-
- mètre du cylindre 240mm, course du piston 400mm, vitesse à la minute 180 tours. Les consommations ont été de 582 gr par cheval-heure h l’alcool carburé et 544 gr à l'alcool pur.
- 11 résulte du concours que l’industrie met actuellement à la disposition de l’agriculture française et de la petite industrie, des moteurs à alcool carburé ne dépensant pas plus que si l’on employait du pétrole , avec des avantages d’élasticité et de propreté incontestables.
- Moteurs pour la navigation. — Le canot de MM. Dalifol etCie, de 6m,50 de longueur, muni du moteur Abeille de 8 chevaux à l'alcool carburé, a été 1 Vous ne parlerons ici que des consommations à pleine charge ; l'alcool carburé s’entend carburé à 50 p. 100 de benzol ; les consommations en alcool pur sont ramenées à la consommation d’alcool 50 p. 100 par multiplication du coefficient 0,7,
- Fig. 2. — Voiture légère Georges Richard (type de o chevaux).
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- LA N ATI'R K.
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- le seul concurrent qui se soit présenté; ses essais qui ont eu lieu en Seine du pont de la Concorde au Point-du-Jour lui ont fait décerner une médaille d'or.
- Locomobiles et moteurs sur châssis. — Le moteur-pompe de MM. Japy frères (fig. 1) a eu la médaille d’or, sa puissance en eau montée, c’est-à-dire tous
- Fig. 5. — Camion de la Société Nancéenne d’automobiles (10 chevaux). — Camion Panhard-Levassor (0 chevaux).
- rendements utiles compris, est de 1,41 cheval avec une consommation par cheval en eau montée de 744 gr d’alcool carburé. Nous avons donné fi g. 4 un dessin de la locomoliile Duplex et fig. 5 le schéma employé dans le moteur Charon de vingt-cinq chevaux, pour la formation du mélange carburé.
- Voitures automobiles.-—Les épreuves pratiques qui ont servi K classer les voitures automobiles comprenaient un parcours sur routes de Paris à Achères par Saint-Germain et retour par Marly-le-Roi, soit environ 100 kilomètres.
- De plus un essai de vitesse et de consommation était effectué sur la piste du parc d’Achères en palier
- sur une longueur de 15 kilomètres. Cette catégorie comprenait un assez grand nombre de sections parmi
- lesquelles les médailles d’or ont été décernées : dans la section des voiturettes et voitures légères, au véhicule de la Société des Ktablissements Georges Richard (fig. 2) muni d’un moteur de 5 chevaux et pesant en ordre de marche 712 kg avec une bonne utilisation, la consommation par tonne kilométrique a été de 0,111 litre d’alcool carburé, ce qui est un excellent résultat et n’avait jamais été obtenu jusqu’ici par une voiture légère.
- Dans la section des voitures au-dessus de 650 kg, la médaille d’or a été décernée à la Société
- Fig. i. — I.ocomobile Duplex.
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- LA NATLUE
- des automobiles Delahaye, le moteur à 2 cylindres de 7 1/2 chevaux de puissance a consommé par tonne kilométrique 0,095 litre d'alcool carburé. Le véhicule pesait en charge 1552 kg. Des médailles d’argent grand module ont été obtenues par la Société d’automobiles et de traction système Uardon et M. Vilain dont les véhicules fonctionnant à l’alcool pur ont consommé respectivement 0,090 litre et 0,098 litre1. Enlin dans la section des véhicules industriels, le très remarquable résultat obtenu par le gros camion de la Société Nancéenne d’automobiles construit et dirigé par M. Brillié a valu à l’une et à l’autre une médaille d'or. Ce camion (fig. 5) dont l’utilisation est des [dus remarquables, puisqu’elle
- Essence
- Alcool
- J au cylindre
- Fig. 5. — Moteur ('baron. Dispositif d’introduction et de pulvérisation de l’alcool. — A, arrivée d’essence pour la mise en marche ; B, arrivée d'alcool: C, robinet d’air chaud; 1), entrée d’air frais; E, papillon de réglage de température ; F, tuyau d'arrivée d’air chaud ; O, cuvette de rechauffage d'air ; 11, pot d’échappement; I, soupape (mm mandée servant à l’introduction du liquide; .1, soupape d’admission et de pulvérisation.
- est de 55 pour 100 (chiffre jamais atteint jusqu’ici), a consommé avec une vitesse moyenne de 9 km à l’heure 0,096 litre d’alcool carburé par tonne kilométrique totale et 0,168 par tonne kilométrique utile; ce double résultat, qui est des plus intéressants à constater, est dù au moteur à 4 pistons et 2 cylindres de 10 chevaux de puissance dont les dimensions et les dispositifs s’appliquent fort bien à l’emploi de l’alcool.
- 1 Chiffres ramenés à la consommation d'alcool carlmré 50 pour 100.
- Carburateurs isolés. — Des médailles d’argent grand module ont été décernées h M. Martha d’une part et à Mme Vve Longuemare d'autre part pour leurs carburateurs spécialement combinés pour l’emploi de l’alcool et en particulier de l'alcool pur. Il convient également ici de citer le nom de M. Leprêtre qui a créé des alcools carburés au moyen de benzol, lesquels ont été adoptés par tous les concurrents des classes de force motrice.
- En résumé le concours organisé par le Ministère de l’Agriculture marque une époque bien nette dans l’évolution des moteurs à alcool ; des efforts sérieux ont été tentés pour leur fabrication, et nul doute qu’à partir de maintenant l’emploi des alcools industriels ne prenne un essor nouveau tant [tour les moteurs fixes dans toutes les localités sans usines à gaz que [tour les moteurs d’automobiles dont la consommation sera un facteur important de la production totale. Lucien Périsse,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- PÉRIODICITÉ DES ÉTOILES TEMPORAIRES
- Depuis l’année 154 avant Jésus-Christ, il a été observé, d’après M. Schoux, 24 étoiles temporaires aux dates ci-après: 154, 125,175, 505, 580, 589, 595, 827,945,1012, 1202, 1250,1204,1572, 1000,1604,1070, 1090, 1848, 1800, 1876, 1885, 1892, 1901. Ces chiffres montrent que certaines dates successives se suivent de près, tandis que d’autres se montrent à de grands intervalles. 11 semble donc que les étoiles temporaires forment de véritables groupements au nombre de 8 : 1er groupement : 154; 2e : 125,175 ; 5e : 505, 580, 589, 595 ; 4" : 827; 5® : 945, 1012; 0e : 1202, 1250, 1204; 7® : 1572, 1000, 1004, 1070, 1090; 8e: 1848, 1800, 1870, 1885, 1892, 1901.
- Je remplace les diverses dates de chaque groupement, par la date moyenne, et j’obtiens les résultats moyens: 1er groupement : 154; 2e : 148; 5e : 585, 4e : 827 ; 5" : 979; 0® : 1252; 7e : 1027; 8® : 1878.
- Opérant la différence entre* les dates placées l’une au-dessous de l’autre, je trouve : 1115,1084, 1244,1051, nombres très voisins les uns des autres. Celte constance approchée des différences obtenues ainsi de 4 en 4, on l’obtiendrait également en opérant de 5 en 5 ou de 0 en 6 et aussi de 5 en 5 ou de 2 en 2 ou de 1 en 1 ; et on est ainsi conduit à cette conclusion que les groupements paraissent périodiques; la période serait d’environ 287 ans.
- La périodicité, à laquelle ces groupements paraissent obéir, semble également exister dans chaque groupement. Il est difficile de la faire apparaître dans les premiers où les lacunes sont vraiment trop nombreuses ; mais elle est manifestement visible dans le groupement contemporain, qui a commencé en 1848 et qui se déroule actuellement. Sauf une lacune entre les 2 premiers termes, on observe bien une périodicité d’environ 9 années; on a, en effet, le tableau comparatif que voici :
- Apparition Observée. Différence. Apparition Observée. Différence.
- théorique. — — théorique. — —
- 1848 1848 O 1884 1885 — t
- 1857 » » 1895 1892 + 1
- 1801) 1866 O 1902 1901 + 1
- 1875 1876 — 1
- Les différences sont nulles ou n’atteignent qu’une année en plus ou en moins.
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- LA NA T U UK.
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- En serrant le calcul de plus près, on trouve, pour valeur probable de la période, 8, 80. Et on en déduit (pie l’apparition de la prochaine étoile temporaire devrait avoir lieu en août 1910 avec une erreur possible de 1 an en plus ou en moins. L‘-colonel Delaukev.
- LES FIGUES DE SMYRNE
- Parmi les nombreuses variétés de figues sèches qui se consomment un peu partout dans le monde, il n’en est point (pii aient une réputation plus grande (pie celles de Smyrne, tant et si bien que les Américains, qui ont déjà obtenu d’excellents résultats dans la culture des fruits européens, poursuivent en ce moment des essais coûteux et compliqués pour introduire sur leur territoire les arbres smyrniotes, et surtout l’insecte indispensable à la fécondation des fleurs. On fait du reste dans la Confédération une consommation énorme de ces figues, de même qu’en Angleterre, tandis qu’on en achète assez peu en Allemagne, en Hollande, en Italie, et aussi en France, où l'on n’apprécie pas comme on le devrait ce dessert gorgé de sucre et fort nourrissant.
- Le fait est que les figues sont la principale source de richesse de Smyrne et de sa région, non seulement par suite de leur prix de vente sur les différents marchés, mais surtout, pourrait-on dire, parce que les préparations quelles doivent subir avant de devenir « marchandes » font vivre une bonne partie de la population indigène : quand la récolte des figues est mauvaise, c’est une vraie calamité. Le district où on les récolte se trouve presque exclusivement dans le sud et le sud-est du villayet d’Aï-din, le long de la voie ferrée de Smyrne-Aïdin, qui les transporte par wagons. La demande a augmenté énormément depuis une vingtaine d’années, et alors que la récolte ne dépassait guère fi millions et demi de kilogrammes vers 1874, elle doit atteindre actuellement une vingtaine de millions de kilogrammes.
- 11 y a des qualités variables de figues : la meilleure est celle qu’on nomme « erbeilli », qui est produite à Innovasi; puis viennent les fruits de Nash et de Sultan Ilissar. D’ailleurs, sur un même arbre, se rencontrent toujours deux variétés de figues, celles qui sont destinées à la consommation directe, et celles qui passeront par la distillation, et qu’on appelle hourdas. Les figues les moins bien venues sont achetées par les Autrichiens pour être torréfiées et donner le café de figues. Les figuiers commencent à produire la sixième année et ils sont dans leur pleine vigueur au bout de quinze ans ; les fruits mûrissent vers le milieu d’août. A ce moment, on les cueille et on les met sécher au grand air durant trois à six jours. On les enferme alors dans des sacs qui en contiennent environ 114 kilogrammes, et on les charge deux par deux sur des chameaux qui les emportent jusqu’à la station la plus voisine, d’où ils gagneront la gare du Pont de la Caravane à Smyrne. L’arrivée de la première charge de figues dans cette ville est l’occasion d’une fête populaire : des milliers de familles vont en effet, dès ce moment, trouver de l’occupation, pour le lavage, le séchage et la mise en boîte des figues. La vente proprement dite des fruits réservés à la consommation alimentaire se prolonge de la fin d’août jusqu’au commencement de novembre ; ensuite on ne vendra plus que les figues hourdas. Ajoutons que, comme malheureusement sur bien d’autres plantes, il existe sur le figuier une maladie qu’on nomme « bussava » et qui n’est pas sans faire de regrettables ravages. E. Mas.
- CONCOURS DE JOUETS
- Il est d’usage à Paris de livrer les grands boulevards aux petites baraques des marchands de jouets pendant la période de Noël et du Jour de l'An; c’est là qu’on trouve les nouveautés qui germent dans l’esprit de l’ouvrier parisien, jouets dont le bon marché n’exclue pas la grâce et l’ingéniosité. Mais, il faut bien le dire, depuis quelques années on revoit un peu trop les mêmes modèles ; il semble que l’industrie du jouet à bon marché sommeille chez nous et les articles étrangers auraient vite fait de s’y implanter si on ne leur oppose pas la production plus élégante, plus line, plus délicate de notre pays.
- C’est pour réveiller le zèle du producteur parisien que M. le Préfet de police a eu l’idée d’ouvrir, entre les ouvriers inventeurs de petits jouets' à bas prix, un concours pour lequel on a distribué environ 7000 francs de prix en argent et quelques-uns en nature, offerts par des artistes célèbres.
- Environ 550 concurrents se sont présentés avec plus de 700 modèles différents qui ont été exposés dans le bail du Tribunal de Commerce. La Chambre syndicale de fabricants de jouets s’était jointe à cette manifestation et avait envoyé à l’Exposition toute une série de jouets d’un prix plus ou moins élevé et d’une nouveauté plutôt ancienne. Au centre de la salle on avait placé dans une vitrine les prix offerts en nature : de M. Gérôme, une délicieuse figurine représentant une jeune femme portant un éventaire rempli de poupées (fig. 1, n° 1); de M. Détaillé, un superbe chasseur alpin (2) ; de M. Frémiet, un singe, faisant une grimace expressive en présence d’une tête de coq qu’il retire de la marmite (5); de M. Cou-tan, deux fort jolies patineuses (4) ; et de M. Félix Régamey, une gracieuse Japonaise à califourchon sur un chat (5).
- Dans le côté réservé à la Chambre syndicale nous remarquons d’abord la série toujours si amusante des automates de M. Martin; ils ont déjà été en grande partie signalés dans ce journal ; il y a là quelques sujets nouveaux : le « fantassin » qui porte les armes, le « boer », le « chinois », le « sergent de ville », qui lève son bâton... (fig 2, n° 16).
- À côté nous remarquons un jeu de patience instructif d’un nouveau genre : c’est la « terre en morceaux » de M. Perret (2). Par un système de découpage très précis, la sphère a été divisée en 64 morceaux suivant les longitudes et les latitudes ; le pôle sud monté sur un socle sert de base, il supporte un axe métallique terminé par un pas de vis muni d’un écrou. Quand tous les iftorceaux ont été mis en place on serre cet écrou et la mappemonde présente un tout solide. Un peu plus loin nous signalerons les « ballons de cuir » de M. Gavelle, qui sont disposés de façon à pouvoir se gonfler simplement au moyen d’une pompe à bicyclette. Mais c’est plutôt chez le petit ouvrier indépendant que se trouve la recherche, la création de la nouveauté. Chez beaucoup c’est l’actualité qui a servi
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- LA NATURE.
- de guide : la guerre du Transvaal a inspiré quelques jouets où on voit le Boër insaisissable, ou se relevant toujours; les tentatives de ballon dirigeable sont aussi très exploitées et ont notamment rendu un peu d’actualité à un jouet que M. Lachambre avait créé il y a une dizaine d’années et qui a été signalé ici : c’est le petit aérostat de forme allongée ayant comme propulseur une hélice mue par un caoutchouc tordu. M. Trouvé n’a pas travaillé dans les ballons, mais dans les parachutes : il a imaginé la « tlèche parachute » qu’il lance au moyen d’un fusil à ressort, le parachute reste fermé tant que la (lèche monte et il s’ouvre automatiquement quand elle retombe, de sorte qu’elle descend lentement jusqu’à terre.
- Il a également construit différents modèles de
- petits bateaux très simples (10) taillés dans un morceau de roseau et dans lesquels la propulsion est obtenue simplement par une parcelle de carbure de calcium qui laisse échapper des bulles d’acétylène à l’arrière ; un « petit sous-marin » en métal fonctionne par le même principe. Inutile de faire remarquer que c’est en plein air seulement qu’on peut mettre à profit le dégagement d’acétylène.
- Les « travaux du Métropolitain » sont caractérisés par le chantier à sable de M. Plantier (6) ; un treuil qui enlève un seau, des wagonnets qui suivent des {dans inclinés et se déchargent automatiquement les uns dans les autres, voilà de quoi occuper pendant des heures nos futurs ingénieurs.
- Pour remplacer la roulette, les petits chevaux et autres jeux analogues, M. Gally a imaginé les
- Fig. 1. — 1. Prix offerts par MM. Gérôme; 2. Détaillé; 3. Frémiet; t. Coutan; 3. Iiégamoy.
- « régates » (7). 11 a installé une escadrille de bateaux à voile sur un bassin rectangulaire ayant environ 50 centimètres de long ; à l’une des extrémités, un volet, monté sur un axe soutenu par deux poteaux, forme un ventilateur qu’on met en mouvement en tirant sur un anneau; l’escadrille se met alors en marche et chaque unité garde la ligne droite, grâce aux fils tendus dans le sens de la longueur du bassin.
- Le confetti n’est pas admis au concours, mais M. Boissot nous montre une « Escopctte » qui 'servira à le lancer et sera la joie des promeneurs du Mardi gras. C’est un petit cornet qui se termine par un soufflet formé d’un ressort à boudin d’environ 5 centimètres de diamètre qu’entoure un cylindre en cuir souple. Les spires du ressort tendent toujours à se rapprocher, de sorte que quand on tire le bouton fixé à l’extrémité de l’appareil et qu'on le lâche brusquement, le contenu du cornet est projeté avec force.
- Mais voici une autre utilisation des confettis, par M. Lavaud. Il les place dans la bouche d’un canon (8), et vous invite à souffler dans la culasse; vous pensez que vous allez envoyer le contenu au loin, mais pas du tout ils reviennent sur vous et vous inondent la figure. Pourquoi? mystère du courant d’air renversé qui fait fumer nos cheminées, et notre inventeur a construit, en effet, une petite cheminée avec appareil fumivore (5) qui produit tout le contraire de ce qu’on peut en attendre : quand le vent souffle dessus, la casserole placée dans le foyer monte dans la cheminée. Avis aux fumistes. Avant de quitter les cheminées, remarquons en passant le ramoneur de M. Yitcoq (5), qui, au lieu de suie, fait tomber des bonbons sur le petit enfant oublié sans doute dans le foyer par une cuisinière distraite.
- Avec M. Foucault, un nom prédestiné, nous arrivons à la série des jouets scientifiques; en habile mécanicien qu’il est, il a trouvé moyen de construire
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- des machines à vapeur et des moteurs électriques dans les prix de lfl,45! Sa machine h vapeur (4), c’est l’éolipyle déjà connue de Héron d'Alexandrie il y a une vingtaine de siècles. Mais il l’a rendue
- pratique et l’utilise à faire tourner des manèges de chevaux de bois, un rémouleur (45), etc., et même à actionner une locomotive (14).
- C'est très original comme simplicité de construc-
- Fig. 2. — I. .Moteur électrique ; 2. La terre démontable ; 5. Cheminée à tirage renversé; i, 11, là. Moteur à vapeur ; b. Le petit ramoneur; 0. Travaux du métropolitain;!. Les régates ; 8. Canon surprise ; 9. Monsieur Chopinard ; 10, 11. lîateau.x à réaction
- 12. Souris articulée; 15. Bateau à volant; 16. Automates Martin.
- tion et transmission de mouvement : la chaudière est formée d'un petit réservoir en fer-blanc, fermé d’un bouchon à vis, et monté sur un pivot très mobile. Sur le coté de ce réservoir est soudé, perpendiculairement à l’axe, un tube de cuivre de petit diamètre, ayant 4 ou 5 centimètres de long et bouché à son extrémité, sauf sur le côte où on a pra-
- tiqué un très petit trou : c'est par là ({lie s’échappe la vapeur qui, grâce à la petitesse de l’oritice, atteint un peu de pression, et produit sur l’air la réaction nécessaire à la mise en marche de l’appareil. Lue lampe à alcool formée d’un godet et d’une touffe de coton suffit pour mettre la chaudière en pression.
- Vusine électrique, ou plutôt le moteur, est sim-
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- LA NATURE.
- plement formé d’un mouvement de sonnerie trem-bleuse (1) ; le marteau est terminé par une lame de ressort placée à.angle droit à son extrémité, et venant en regard d’une roue dentée, montée sur un axe portant également un volant. A chaque oscillation du marteau il y a poussée sur la roue dentée ; grâce à cette action répétée, et à la vitesse acquise du volant, on obtient une puissance suffisante pour utiliser ce petit moteur à faire fonctionner différents jouets. Un seul élément de pile au sel ammoniac suffit pour mettre le trembleur en mouvement.
- Le même inventeur a construit également un petit bateau (15) qu’on met en marche en soufflant dans la cheminée; le courant d’air met en mouvement un volant assez lourd garni d’ailettes, et la conservation de l’énergie acquise lui permet de faire avancer le bateau pendant quelques instants. N’oublions pas non plus Monsieur Chopinard (9) à cheval sur un tonneau auquel un mouvement d’horlogerie très rudimentaire donne des mouvements désordonnés.
- Le jouet à très has prix du camelot a aussi d’assez nombreux représentants, parmi lesquels nous remarquons une souris (12), article à 10 centimes probablement, qui est articulée de façon à venir, par un mouvement assez naturel, manger les grains placés sur le socle.
- En somme, ce concours a réussi autant qu’on pouvait le désirer, étant donné surtout qu’il avait été décidé assez rapidement et que les inventeurs ont eu peu de temps pour s'v préparer ; c’est certainement une excellente idée à reprendre l’an prochain. G. Cualmakès.
- CHRONIQUE
- La traction et l'éclairage électriques à Bruxelles. — A la suite du vote de la loi concernant l’unification des tramways à Bruxelles, qui lui assure une concession nouvelle, la Société anonyme des Tramways bruxellois va appliquer la traction électrique à toute l’étendue de son réseau. Depuis plusieurs années déjà, la ligne des grands boulevards est desservie par des tramways à trolley et, depuis 1898, plusieurs lignes importantes ont encore été transformées; on y a appliqué avec succès le système à caniveau. Les différentes stations centrales d’alimentation, au nombre de trois, comportent actuellement une puissance totale de 5000 chevaux. Pour assurer le service électrique, lorsqu’il sera appliqué à tout le réseau, la Société a décidé la création d’une usine centrale nouvelle, bâtie en dehors de l’agglomération et qui distribuera le courant triphasé aux stations actuelles, transformées en sous-stations, où se trouveront les transformateurs. Cette usine, dont les travaux sont commencés, possédera dès le début quatre groupes électrogènes de 1200 kilowatts et les batiments seront construits pour l’addition ultérieure de trois unités nouvelles de même puissance. Les machines à vapeur sont en construction aux Usines Yan den Kerchove de Gand; elles travailleront à vapeur surchauffée et seront pourvues de la distribution nouvelle que cette Compagnie avait exposée en 1900 à Paris. Les alternateurs seront du système Thomson-IIouston et seront montés directement sur l’arbre des machines à vapeur qui
- auront une vitesse angulaire de 94 tours par minute. Cette nouvelle station centrale a été étudiée de façon à réunir tous les derniers perfectionnements de la science électrique, et à produire le kilowatt-heure dans des conditions de prix très économiques. D’autre part, la ville de Bruxelles donne en ce moment une grande extension à son service d’éclairage public pour l’électricité. L’usine actuelle, qui comporte 5500 chevaux, est en voie d’agrandissement ; une nouvelle unité de 1500 chevaux, en construction aux ateliers Yan den Kerchove, y sera montée prochainement; malgré l’agrandissement des locaux qui permettra d’ajouter quelques unités, la station, enserrée en pleine agglomération, deviendra rapidement insuffisante. Aussi les services techniques de la capitale Belge étudient-ils, dès à présent, la construction en dehors de la ville d’une nouvelle station centrale d’une puissance de 20 000 chevaux qui produirait le courant triphasé à haute tension et le distribuerait à des sous-stations placées à l’intérieur de la ville, ainsi que l’installation actuellement en montage pour le réseau des Tramways bruxellois.
- L‘alcool industriel. — L’alcool d’industrie ne coûte pas cher, 50 centimes le litre; mais si cet alcool doit servir dans la préparation des boissons, il acquitte des droits qui ont été sensiblement augmentés dernièrement et qui s’élèvent à Paris à plus de 4 francs le litre, soit à douze ou treize fois la valeur du produit. Quand ce même alcool est destiné à un emploi industriel, il n’est taxé que d’un droit insignifiant de 1 centime 1/2 par litre. Pour établir une distinction entre l’alcool de consommation de bouche et l’alcool à usages industriels, on dénature ce dernier, c’est-à-dire qu’on introduit dans cet alcool une certaine dose de métylône qui infecte ce produit pour le rendre impropre à la. consommation de bouche. Cette dénaturation augmente le prix de l’alcool de 15 à 20 centimes par litre, d’où cette conséquence bizarre que l’alcool mauvais goût coûte plus cher que l’alcool bon goût. L’administration cherche à obvier à cet inconvénient; une mesure législative accordera une prime de fabrication, à partir du 1er janvier prochain, de 7 à 9 centimes par litre; cette prime en faveur de la production sera à la charge de tous les contribuables. De plus, un prix est offert au chimiste qui trouvera un dénaturant moins cher que celui en usage et qui donnera toute sécurité contre la fraude.
- Fruits Australiens traités à l’acide cyanhydrique. — Nos lecteurs savent sans doute qu’on emploie couramment, aux États-Unis surtout, l’acide cyanhydrique comme insecticide en arboriculture et culture fruitière ; ce procédé, sur lequel nous reviendrons quelque jour, assure le développement parfait des fruits, en supprimant toutes les maladies qui les empêchent de croître ou entraînent certaines modifications morbides de leurs tissus. En Australie, dans la province de Yictoria, où l’on fait d’importantes expéditions de fruits sur l’Angleterre, et où l’on se contentait jusqu’ici de mettre ces fruits dans des chambres frigorifiques pour assurer leur arrivée en bon état, on a essayé de traiter les fruits mêmes, une fois cueillis, par l’acide cyanhydrique, pour détruire à leur surface toutes les végétations et tous les insectes ou germes susceptibles de les avarier durant le transport. Le consul d’Allemagne a donné récemment à ce sujet des renseignements fort intéressants et en même temps très concluants. Des poires, des pèches, mises dans les boites qui servent ordinairement aux expéditions, ont été enfermées dans des chambres où on les a soumises aux vapeurs du gaz ;
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- certains de ces fruits, après ce premier traitement, ont été sortis des boites, enveloppés dans du papier de soie, puis traités une seconde fois. En tout état, les uns comme les autres, entoures de papier, furent déposés dans une pièce où l’air était sec et à une température de 4° ou un peu plus. Ils y sont demeurés sept semaines, et furent reconnus alors en parlait état de conservation, principalement ceux qui avaient été soumis deux fois aux vapeurs : les pêches en particulier étaient fermes au toucher comme si elles venaient d être cueillies.
- l e séchage de l'air de soufflage des hauts fourneaux. — Pour compléter ce que nous avons eu l’occasion de dire sur l’influence de l’humidité de l’air au point de vue du fonctionnement des hauts fourneaux, nous tenons a signaler l’installation, aux fameuses usines de la Carnegie Steel Co de Pittsburg, d’un dispositif de réfrigération pour un des hauts fourneaux de cette compagnie. Entendons-nous sur le but de cette réfrigération; elle a pour rôle simplement de débarrasser de toute humidité Pair qui descendra ensuite dans le haut fourneau, et cela s’obtient en faisant passer cet air sur des enroulements de tube où circule un mélange liquide réfrigérant.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 décembre 1901. — Présidence de M. Focqcé.
- Les cours d’eaux superficiels el souterrains. — M. Michel Lévy analyse une Note de M. Fournier, professeur à la faculté de Besançon, relative aux phénomènes de capture des cours d eaux superficiels par les cours d’eaux souterrains, dans les terrains calcaires. L’auteur cite l’exemple de la Loue que l’on sait être alimentée par les eaux du Doubs, depuis le déversement dans celte dernière rivière d’une grande quantité d’absinthe, lors de l’incendie récent d’une fabrique. Mais les sources delà Loue ne débitent pas que les eaux du Doubs; elles rejettent les eaux d’une autre rivière et même celles d’un bassin fermé. • ,
- Influence de l'altitude sur les phénomènes respiratoires. M. Chauveau expose les conclusions d’un travail de MM. Tissot et Hallion sur les phénomènes chimiques et physiques de la respiration qui se produisent lors des ascensions en ballons. Ces études ont été pratiquées au cours de deux ascensions effectuées le 21 novembre dernier. Les expériences ont été réalisées suivant un plan arrêté par M. Chauveau ; ejles ont toute la précision des expériences de laboratoire. Dans l’une des ascensions, l’observateur a stationné, si Ton peut dire, aux altitudes de 1550m, 2000“ et 4450m; dans l’autre ascension, 1 observateur a opéré successivement aux altitudes de 1700'" et 5500”. MM. Tissot et Hallion présentent les résultats de leurs expériences sous forme de tableaux numériques. Ces tableaux montrent que les phénomènes chimiques ne varient pas. Le coefficient respiratoire, c’est-a-dire le rapport entre l’acide carbonique exhalé et l’oxygène absorbé ne change pas. Mais la quantité réelle d’air inspirée, c est-a-dire le volume observé ramené à 0° et à 7(î()ni de pression, diminue. 11 n’v a pas suppléance de la quantité matérielle d’air introduite à chaque respiration par une accélération de la respiration.
- Radio-activité induite. — M. Becquerel présente une Note de MM. Curie et Debierne relative à la radio-activité induite. On sait que le rayonnement du radium se compose
- de deux catégories de radiations, les premières qui traversent les corps opaques et sont déviables par un champ magnétique, les secondes qui sont arrêtées par le verre. Un corps placé dans une enceinte fermée, avec la substance radiante acquiert la propriété radiante, mais cette propriété ne subsiste que très peu. Si on place la substance radiante et le corps dans des ballons scellés et qui communiquent par un tube très étroit, on donne au corps le pouvoir radiant pendant un temps illimité tant que dure la communication. Les auteurs décrivent les particularités qui font varier cette influence.
- L'empoisonnement par l'oxyde de carbone. — M. Terrier présente une Note de M. Gréhant sur le traitement de l’empoisonnement par l’oxyde de carbone. Dans ce cas la respiration de l’air pendant les vingt premières minutes qui suivent l’empoisonnement ne provoque pas d’élimination d’oxvde de carbone. Mais, au contraire, l’oxyde de carbone s’élimine d’abord très vite, si on pratique la respiration de l’oxygène pur.
- Une maladie des chrysanthèmes. — M. I’rillieux résume une Note de M. Jcoflrin sur une maladie actuelle des chrysanthèmes. Des taches brunes apparaissent sur les feuilles qui tombent, et, au bout de peu de temps, la tige est entièrement dépouillée. L’examen de ces taches a permis de reconnaître qu’elles sont habitées par des anguillules. 11 convient donc de brûler avec soin les feuilles tombées.
- Varia. — M. Stanislas Meunier adresse une Note complétant ses expériences relatives à l’histoire des galets striés. — M. Mascart dépose une Note de M. Bagard indiquant un procédé de décharge disruptive au sein du liquide électrolytique. Ch. de Yilledeuil.
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- PHOTOGRAPHIE COMPOSITE
- Nous avons déjà donné des exemples de photographies, dans lesquelles le même sujet était représenté plusieurs fois dans des attitudes et à des grandeurs différentes1. Le plus souvent ces effets sont obtenus en faisant usage d’un fond noir. On sait que dans ces conditions rien n’est plus facile, puisque le fond noir n’impressionne pas (ou très peu) la plaque sensible; le sujet peut donc occuper successivement différentes places, pourvu qu’on referme l’objectif après chaque pose pendant qu’il change de place. On obtient ainsi des effets très curieux, surtout si on change 1 echelle du personnage et qu’on le représente, par exemple, tenant sur la main sa propre personne réduite à la dimension d’une statuette. Mais on a reconnu que 1 emploi du fond noir est assez monotone et ne permet pas de donner au tableau ainsi présenté l’aspect de vérité qu’on veut lui attribuer. U y a cependant un autre moyen, qui est employé depuis longtemps et qu’on a déjà utilisé pour les photographies composites, c’est l’emploi des caches analogues à celles qu’on utilise pour les dégradés dits sur fond russe. Pour ce genre d’épreuves, on place à l’intérieur de la chambre, entre l’objectif et le verre dépoli, un carton percé d’un trou et on empêche aiipi l’action de la lumière sur la plaque sensible tout autour du buste; pour la photographie
- 1 Voy. n° 947, «lu 25 juillet 1891. ». 122, cl n» 972, «lu IG janvier 1892, ]i. 111.
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- composite on peut mettre, au lieu du carton percé, une simple feuille rectangulaire qui occupe seulement un coté de la chambre, de manière à masquer environ la moitié de la plaque sensible. Comme cet écran est assez éloigné (4 ou 5 centimètres), il ne donne pas une séparation nette, mais un dégradé qui se fond avec celui que produira la seconde pose. On se rend compte de l’effet produit en examinant l'image sur le verre dépoli. Quand il s’agit de faire poser un personnage deux fois, de chaque coté d’une table pur exemple, c’est, croyons-nous, le moyen le plus simple à employer. Mais quand on veut augmenter le nombre des poses et compliquer le tableau, comme celui que représente notre gravure, et qui nous est
- communiqué par M. Mathias, où le même personnage a posé quatre fois, il vaut mieux mettre l’écran à l’extérieur. En effet, il faut pouvoir choisir sur le verre dépoli les emplacements à protéger et si les écrans se trouvent à l’intérieur, cela n’est pas possible. On prendra donc la disposition suivante : on dispose à l’avant de la chambre une consolequi dépasse d’environ 15 à 20 centimètres; ce résultat peut être obtenu très simplement en plaçant l’appareil sur une feuille de carton qui dépasse, du coté de l’objectif, de la dimension que nous venons d’indiquer.
- On a ensuite un ou deux blocs de bois, de 0,n,02 de coté et 0n,,04 ou 0m,05 de long, dans lesquels on a pratiqué un trait de scie pour pouvoir y placer
- Photographie composite. La même personne prise quatre fois sur la même plaque sans fond noir.
- une feuille de carton ; c’est cette feuille qu’on découpera suivant les dimensions voulues et qu’on interposera entre le sujet à photographier et l’objectif. On fera ainsi des réserves sur la plaque sensible lors de la première pose en aussi grand nombre qu’on voudra, et aux endroits qu’on choisira; il suffira de bien repérer sur le verre dépoli les emplacements réservés pour y faire placer ensuite le modèle. C'est ainsi qu’a été obtenue la photographie que reproduit notre gravure. On a d’abord pris le premier plan à droite en masquant, avec un écran placé devant l’objectil,toute la partie gauche; on a ensuite opéré de la meme façon pour le premier plan de gauche. Après cela le milieu de la plaque n’était pas encore impressionné. Cour l’utiliser dans deux autres poses, on a masqué, avec deux écrans, la partie extrême
- droite déjà impressionnée, puis, sur un plus large espace, la partie gauche de façon à comprendre la partie impressionnée et un peu de celle non encore impressionnée; on a obtenu alors pour la troisième pose le personnage placé au deuxième plan à droite et on a recommencé de même en sens inverse pour la quatrième pose. Il ne faut pas craindre que les raccords ainsi obtenus soient trop visibles, les bords des écrans donnent une pénombre qui se fond très bien avec celle produite aux mêmes endroits dans les poses suivantes ; au besoin un léger maquillage du cliché permettra d’effacer toute trace de raccord. G. M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie L.uiure, rue de Fleurus, 9.
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- .V J 41)0. — U DÉCEMBRE 1901.
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- L’USINE ELECTRIQUE DU BARRAGE DE POSES
- Il est bien des circonstances où des barrages existent déjà, et on on laisse se perdre la puissance représentée par ces chutes artificielles.
- C’est ce qui a lieu pour tous les barrages des rivières canalisées de France, à bien peu d’exceptions près, et c’est une de ces heureuses exceptions que nous voudrions signaler. Il s’agit de la petite usine électrique créée au barrage d’Amfreville-Poses, sur la Seine. Ce barrage constitue la plus importante retenue construite sur la Seine, entre Rouen et Paris, pour assurer le mouillage réglementaire de 5m,20. La Seine se divise en ce point en deux bras : celui de Poses proprement dit est fermé par un barrage de 255 mètres de long, et le bras de rive droite,
- qui forme la dérivation d’Amfreville, est fermé d’une part par une ancienne écluse, de l’autre par un groupe de deux écluses nouvelles, et par un petit barrage à aiguilles au milieu du lit. En tout état des eaux, on dispose sur la dérivation d’Amfreville d’une chute qui ne descend jamais au-dessous de 0m,80, et cela est bien suffisant pour assurer non seulement l’éclairage du^ barrage, des abords des écluses, des maisons éclusières, mais encore la manœuvre des différents mécanismes des ouvrages.
- Un a choisi, pour installer la petite usine électrique dont on avait besoin pour ces divers services, l’extrémité aval du bajoyer extérieur de l’ancienne écluse, en faisant empiéter la construction sur trois
- Vue de l’usine électrique du barrage de Poses et de son agencement.
- fermettes du barrage, et en lui donnant comme base d’appui, à l’amont, le radier même du barrage, et à l’aval des pilotis coiffés d’un grillage en chêne ancré dans les anciennes maçonneries et noyé dans du béton. Le massif inférieur de ce bâtiment comporte : au centre la chambre d’eau delà turbine, en amont deux conduites d’amenée de lm,20 de diamètre, fermées chacune par un robinet vanne, et en aval la conduite de fuite, du même diamètre, possédant un robinet analogue. La turbine est du type Fontaine à pivot rehaussé et à chute variable ; elle est munie d’un vannage à rouleaux manœuvrable, de la salle des machines, soit à la main, soit au moyen d’un régulateur électrique qui permet d’assurer une vitesse régulière. Cette turbine peut lournir 12 chevaux sous la chute minima de 0m,80, ou atteindre 50 chevaux sous la chute normale de la retenue.
- On dispose de deux dynamos qui, par un simple déplacement de courroies, peuvent être substituées 30e aimée. — ter semestre.
- l’une à l’autre ou, au contraire, marcher en parallèle : elles sont chacune du type Gramme supérieur, en dérivation et débitant 40 ampères sous une tension de 275 volts, avec une vitesse angulaire de 900 tours par minute. On avait voulu assurer tout à la fois l’éclairage et la manœuvre des appareils du barrage. Pour l’éclairage, on a mis en service 70 lampes représentant ensemble plus d’un millier de bougies : elles sont d'une intensité lumineuse de 52 bougies ; placées à une distance de 50 mètres les unes des autres sur le terre-plein des écluses, et à 2m,50 au-dessus du sol, elles sont munies de réilecteurs en tôle émaillée blanche, inclinés à 45° sur l’horizon. Ces lampes fonctionnent toute la nuit ; mais, en outre, le barrage même est éclairé, au moment des manœuvres, par dès lampes semblables disposées sur chaque pile; les treuils de manœuvre du barrage comportent chacun deux lampes de 16 bougies. Dans les bâtiments, l’intensité des lampes est de 5, de
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- 16 ou de 20 bougies. Tous ces appareils d’éclairage sont alimentés par une canalisation à 5 fds venant d’une batterie d’accumulateurs que les dynamos chargent durant la journée.
- La distribution d'énergie se fait à 275 volts, directement par les dynamos. Elle dessert, sur les bajoyers des écluses, A cabestans électriques, puis A moteurs électriques pour la manœuvre des deux paires de portes et des A vannes d’aqueducs de la grande écluse; enfin, sur le barrage, un treuil de manœuvre des cadres et deux treuils pour les rideaux, ainsi qu’une pompe destinée à alimenter l’établissement qui est comme une annexe du barrage, et un moteur électrique qui actionne les machines-outils d'un petit atelier de réparations.
- Les vantaux de la grande écluse ont une largeur de Gm,82 pour une hauteur de 8m,85 à l'aval, et la manœuvre en était assez dure surtout au démarrage, d’autant qu’on a dû ménager dans les poteaux busqués une fente destinée au passage de la chaîne de touage et qui cause une dénivellation dans le sas ; l’électricité est bien venue simplifier et surtout activer les opérations, au grand avantage de la navigation, et même pour ce qui est de l’ouverture des vannes à papillon des aqueducs de remplissage et de vidange du sas. Les portes sont manœuvrées par un arc denté de deux mètres de rayon, et les vannes d’aqueduc par une béquille actionnant un cric à vis sans fin logé dans le puisard : par suite du voisinage de ces deux organes, on a pu les commander par un moteur électrique commun installé entre eux. La liaison de ce moteur avec les organes de manœuvre est réalisée au moyen d'embrayages à friction formés de cylindres cannelés, mais on a repoussé de parti pris toute disposition automatique. L'éclusier, pour exécuter une opération, a sous la main, d’une part, un levier d’embrayage et, de l’autre, la manivelle d’un rhéostat, et il peut régler la vitesse soit au moyen de ce dernier, soit en augmentant ou diminuant la pression du levier d'embrayage. De plus, en renversant ce levier, il peut mettre en action un frein puissant qui empêche la porte d’être entraînée trop violemment par le courant à la fin d’une fermeture. La durée de manœuvre d’un vantail oscille entre 75 et 80 secondes.
- Les cabestans électriques ont une puissance de 7 chevaux, la transmission y est effectuée par une vis sans fin actionnant des engrenages ; certains de ces cabestans sont à poupée simple, d'autres à poupée double ; ces poupées donnent un effort de 2100 à 5500 kg, qu’elles exercent sur les bateaux à haler par l’intermédiaire de poulies de renvoi. La mise en marche se fait par une clef agissant sur le cadran du rhéostat de mise en marche. Enfin, les treuils du barrage circulent sur la passerelle de service fixée aux montantà des cadres sur lesquels s’appuient les rideaux formant vannage. Quand les rideaux ont tous été enroulés sur eux-mêmes, il peut devenir nécessaire, les eaux montant encore, de relever les cadres sous le pont supérieur, et cela
- se fait grâce à un autre treuil qui roule sur une voie portée par ce pont. Les treuils d’enroulement des rideaux possèdent des moteurs de 5 chevaux; ces treuils, comme les autres, sont montés sur roues et munis de lampes électriques. Le treuil de relèvement des cadres comporte un moteur de 7 chevaux et se déplace électriquement sur sa voie.
- Toute cette installation, qui fait honneur à M. l’ingénieur en chef Caméré et à MM. les ingénieurs Bret et Clerc, fonctionne parfaitement, et permet notamment de réduire de près de 50 pour 100 le temps nécessaire au passage d’un train de bateaux toués. D. de Mériel.
- LA VITESSE MOYENNE EN AÉROSTATION
- Dans l’ascension mémorable du 19 octobre dernier, M. Santos-Dumont n’ayant pas déterminé la vitesse propre de son ballon, on s’est demandé, depuis, s’il n’était pas possible de la connaître d’après les données que l’on possédait. M. Armengaud jeune, à l’Académie des sciences et à la Société des ingénieurs civils, a fait remarquer que l’on pouvait avoir sur une carte, au moyen des renseignements fournis par divers observateurs, la projection de la trajectoire fermée décrite par le ballon; d’autre part, la vitesse du vent a oscillé entre 4m,50 et 5ra,50 d’après les chiffres relevés aux anémomètres de la Tour Eiffel. Avec ces données M. Armengaud jeune conclut à une vitesse propre du ballon de 8 à 9 mètres par seconde. D’autre part, M. Deslandres, de l’Observatoire de Meudon, par un calcul élégant transmis à l’Académie, arrive pour la vitesse propre à un maximum de 8 mètres par seconde.
- Mais il est possible,d’autre part, de fixer la vitesse propre du ballon sans connaître la vitesse du vent, si on sait les temps employés pour l’aller et le retour au point de départ, avec vent debout et vent contraire. Nous avions fait ce petit calcul. Il vient d’èlre publié d’un autre côté dans un journal du soir par M. Banet-Rivet, professeur de physique au lycée Michelet, à Vanves.
- Voici le raisonnement de M. Banet-Rivet.
- Soient Y, la vitesse moyenne propre du ballon; v, la vitesse moyenne du vent ; /, la distance du parc d’aérostation de Saint-Cloud à la Tour Eiffel; t, le temps nécessaire pour aller de Saint-Cloud à la tour ; t', la durée du voyage de retour.
- On a : Y -f- v = — et V— v — p d’où l’on lire
- en additionnant : Y = ^^-|-p^> l’inconnue v s’éliminant d’elle-mèmc.
- On sait que dans l’expérience du 19 octobre on a généralement adopté les chiffres :
- < = 8 minutes, /' = 20 minutes, ou 22n,,40’,5.
- D’autre part : / = G000 mètres. En substituant ces valeurs dans l’équation finale, on a : Y = 8IU,45 à 8m,75,
- En définitive, tous les chiffres s'accordent à peu près. Le Santos-Dumont aurait eu, le 19 octobre, une vitesse moyenne voisine de 8 mètres par seconde. C’est 2m,50 de plus que la vitesse propre de La France en 1885. Mais aujourd’hui on dispose de moteurs qui, sous le même poids, possèdent une puissance dix fois plus considérable! IL DE P.
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- LES FAUSSES MÉTÉORITES
- DU MUSÉUM D’HISTOIRE NATURELLE
- Nos lecteurs ont été à diverses reprises entretenus de faits relatifs aux roches tombées du ciel1 et ils savent que le Muséum compte au nombre de ses richesses une collection de météorites d'une valeur inestimable. Une visite à cette collection ne saurait laisser indifférent aucun amateur de l’histoire naturelle, car on serait bien indigne de la qualification de naturaliste si l’on n’éprouvait une vraie émotion à contempler et à toucher des matériaux dont l’origine est extra-terrestre et qui représentent incontestablement des débris de corps célestes autres que celui que nous habitons.
- Depuis un certain nombre d’années le goût des météorites s’est répandu et une série de savants se sont consacrés à réunir des collections de ces masses sidérales. En même temps, et par la force des choses, quelques industriels plus habiles que scrupuleux ont essayé de surprendre la bonne foi de clients trop crédules en leur faisant accepter comme météoritiques des échantillons tout bonnement terrestres.
- A ces divers égards il peut être très utile de renseigner le public sur les falsifications possibles dans une branche de commerce où on ne les aurait peut-être pas prévues. Ce n’est qu’incidemment, en quelque sorte, qu’il y a lieu de mentionner des faussaires de profession qui, de propos délibéré, cherchent à donner à des roches communes l’apparence de pierres tombées du ciel. On en a eu récemment un exemple qui mérite d’être sauvé de l’oubli : il s’agit d’une vraie fabrication à laquelle s’étaient livrés plusieurs habitants de l’île de Corse. Ils avaient choisi dans leurs montagnes de gros blocs d’une dizaine de kilogrammes, de ces roches si connues sous les noms d’ « ophites » et de « serpentines », et qui ont, avec les météorites, un certain nombre d’analogies, insuffisantes d’ailleurs pour rendre les déterminations douteuses. A coups de masse, ils avaient donné aux blocs une forme convenable, puis ils les avaient enveloppés d’une «.croûte noire ».
- Un sait que la croûte est un signe très distinctif dus météorites ; un vieux cliché la qualifie même de « livrée » des pierres tombées du ciel. Pour parvenir à leurs fins, nos intéressants simulateurs s’étaient contentés de badigeonner les pierres avec du soufre fondu dans lequel ils avaient incorporé du noir de fumée, et cela n’était pas bien imaginé du tout. Ayant été officiellement invité à donner mon avis sur la question, je reconnus, en effet, le stratagème à première vue ; rien ne ressemblant moins au produit artificiel que la croûte des météorites véritables. Quoi qu’il en soit, deux blocs au moins furent préparés de cette .sorte et offerts chacun à un amateur très
- 1 Yoy. tables dès matières, lre série 1875-1882 et 2e série 1883-1892. ' '
- *1
- choisi: auquel on le présenta comme « unique ».
- 11 va sans dire qu’on donna une description détaillée des circonstances de la chute, qu’on n’eut d’ailleurs qu’à copier, en la modifiant un peu, dans les traités spéciaux. Tout cela finit par l’arrestation et la condamnation des coupables qui doivent à l’heure actuelle réfléchir sur les difficultés que présente, à ceux qui la tentent, la reproduction artificielle des pierres tombées du ciel.
- Mais, à coté de ces malfaiteurs, il y a à mentionner une véritable légion de personnes, les plus honnêtes du monde et qui cependant se donnent à tâche de faire prendre pour des météorites des objets n’ayant avec elles aucune communauté d’origine. Cela est si vrai que les collectionneurs doivent se mettre en garde, d’une façon très sérieuse, contre des confusions qui seraient évidemment des plus préjudiciables et qui d’ailleurs l’ont été plus d’une fois, sans qu’on en puisse douter.
- L’un des exemples les plus nets en ce sens a été fourni par la soi-disant « météorite d’Igast » qui n'a été que tout récemment retirée des collections les plus sérieuses où elle figurait entourée de la considération universelle, lgast est une petite ville de la Livonie où, le 17 mai 1855, on crut assister à une chute de météorites. Des témoins nombreux et très dignes de foi, n’ayant aucun intérêt à mentir, donnèrent du phénomène un récit circonstancié et produisirent une pierre qui, selon leurs dires, était tombée devant eux, avait coupé une branche d’arbre et fait un trou dans la terre. Un savant professeur de l’université d’Iourieff (qui dans ce temps-là s’appelait Dorpat), M. Grewinck, recueillit les échantillons, les analysa, les distribua à divers musées et entre autres au Muséum et conclut à leur nature cosmique. Cependant, en les étudiant depuis, on acquit la certitude qu’ils sont formés d’une espèce de « laitier » ou scorie artificielle, comme on en fabrique dans les usines.
- Je ne me charge pas d’expliquer l’illusion dont furent victimes les prétendus témoins de la chute, mais je persiste à croire qu’ils étaient sincères et je pense que tout à l’heure tous mes lecteurs seront de mon avis. Ce n’est pas une fois, en effet, mais vingt fois, mais cent fois que nous avons reçu au Muséum d’histoire naturelle la communication de blocs donnés comme tombés du ciel et ayant manifestement une origine terrestre. Leurs propriétaires, qui souvent y tenaient beaucoup et qui, plus d’une fois, il me faut l’avouer, les ont remportés en laissant voir que nos arguments ne les avaient aucunement convertis, appartenaient aux catégories les plus diverses de nos contemporains et, parmi eux, il faut faire une place à part à des personnes instruites, ayant même l’habitudé de l’observation.
- Nous avons conservé toute une série de ces objets d’ailleurs bien disparates; ils sont catalogués et ce n’est pas sans profit qu’on parcourt de temps en temps la série des « fausses météorites du Muséum ». Aussi ai-je pensé qu’un coup d’œil sur quelques-
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- uns de leurs spécimens pourrait plaire à nos lecteurs.
- Tout d’abord, pour qu'on ait bien le sentiment qu’il ne s’agit aucunement de vulgaires mystilica-tions, je noterai (pie la liste des donateurs de ces « pseudo-météorites » comprend une série de noms éminemment respectables. J'y trouve, suivant l’ordre d’inscription au catalogue, A.-G. becquerel, le premier de la famille des célèbres physiciens, membre de l’Institut et professeur au Muséum comme le fut son (ils Edmond becquerel et connue l’est actuellement son petit-tils, M. Henri becquerel ;
- M. Humour, membre de l’Académie .des sciences et minéralogiste de haute valeur; l’évèque de belley en 1804 (je n’ai pas recherché son [nom, mais il est évident qu’il n’a pas voulu en faire accroire à M. Daubrée (pii, à cette époque, avait la direction de la Collection du Muséum1); M. le marquis de bcrulle; M. Trutat, célèbre naturaliste de Toulouse, dont les découvertes sont aussi nombreuses qu'importantes; M. le colonel Gazan; J. Nicklès, qui était professeur de chimie à la Faculté des sciences de Nancy; M. Sauvage, directeur des chemins de fer de l’Est; le H1 Companyo,fondateur du Musée d’histoire naturelle de Perpignan qui a publié beaucoup de travaux estimés ; le H1 Cloquet, membre de l’Académie des sciences ; le maréchal Vaillant, pendant qu’il était
- « ministre de la Maison de l’Empereur » ; l’illustre Le Verrier, directeur de l’Observatoire, auteur de la découverte de Neptune ; Antoine bassy, le célèbre auteur de la Description géologique de l’Eure ;
- M. Roujou, docteur ès sciences, chargé de Cours à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand ; le H1 bleicher, directeur de l’École de pharmacie de Nancy, si récemment et si tragiquement enlevé à la science et
- Fig. J. — Nodule de pyrite de 1er produit fcponüinéint'nl dans la craie et (iris souvent à tort pour une météorite. (1/2 grandeur naturelle.j
- Fig. i. — Nodule de pyrite semblable à celui de la ligure 1 mais brisé, de manière à laisser voir sa structure rayonnée. (Grandeur naturelle.)
- Fig. ü. — l'yrile de 1er recueillie comme météorite par les naturels de Balade, en Nouvelle-Calédonie, et rapportée au Muséum par M. l'amiral Brossard de Corbiguy. (1/2 grandeur naturelle.)
- 1 Nos catalogues constatent que cette fausse météorite a été donnée au Jardin des Plantes par les soins de M. l'abbé Collet, supérieur du séminaire de Belley.
- h ses amis; le célèbre voyageur suédois Nordenskjold, qui vient de mourir ; M. le IP Guebhard, agrégé de la Faculté de médecine et collaborateur de La Nature; et beaucoup d’autres dont les noms suflisent amplement à démontrer qu’en se trompant sur la vraie qualité des matériaux qu'on croit tombés du ciel on est en excellente compagnie.
- Parmi les substances qui sont le [dus fréquemment recueillies comme météorites, ligure avec une fréquence incomparable une matière extrêmement commune en certains pays, mais qui a des caractères en effet assez singuliers à première vue. C’est la pyrite de fer en nodules sphéroïdaux et à structure radiée. Les ligures 1 et 2 jointes à cet article suffiront pour rappeler les traits essentiels de ce minéral bien connu. La première montre un nodule intact quant à sa forme et offrant, sur le profil du sphéroïde [dus ou moins régulier, des poin-tements cristallins qui font une forte saillie. Par le frottement, ccs reliefs peuvent disparaître; il y a enfin des cas où d’elle-mcmc la masse est presque en boule : c’est cette pyrite qui, ramassée dans les plaines de la Champagne pouilleuse ou au pied des falaises de Dieppe ou de Trouville, est vulgairement désignée sous les noms de « pierre de foudre » et de « pierre de tonnerre », ce qui témoigne de l’origirie météorique qu’on est porté à lui attribuer. 11 y a peu de mois encore un brave gendarme venait m’offrir une grosse pyrite à laquelle il aimait à supposer la valeur
- de 2 5 francs le gramme que j’avais reconnue, pour l’avoir payée, à certaines météorites. Et comme j’essayais de le convaincre, il me dit à peu près : « En tout cas, ce n’est pas une pierre ordinaire, elle est vivante, on l’entend se craqueler et elle laisse tomber des morceaux de sa substance ; ma femme en a si peur que je ne puis conserver plus longtemps cette masse diabolique. » On comprend que l’effet constaté résulte de la lente oxydation du sulfure qui passe à
- Fig. 1. — Scorie de four à fer (mâchefer) recueillie comme météorite aux environ'? de Kislo-vodsk, dans la chaîne du Caucase. (1/2 grandeur naturelle.)
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- l’état de sulfate et amène ainsi peu à peu la désagrégation totale de la matière primitive. La figure 2 montre un échantillon en voie rapide d’oxydation.
- En réalité la pyrite est le produit d’une attraction et d’une cristallisation très lentement réalisées au sein des couches de la craie blanche; loin d’être une production céleste ou au moins atmosphérique, c’est, une production essentiellement souterraine. La figure 2 montre la structure interne, cristalline et rayonnante des pyrites, et ces caractères n’ont, aucune, analogie avec ceux que présentent les météorites ou pierres tombées du ciel. Et cependant les témoignages de la chute de ces objets abondent, depuis celui que nous devons au grand Le Verrier, jusqu’à celui de paysans sans culture et, même de sauvages ; car c’est une pyrite semblable aux précédentes, et, représentée figure 5, que M. le contre-amiral Rrossard de Corbigny a donnée, en janvier 1884 à la Collection du Muséum, comme lui ayant, été apportée par les naturels de Balade, en Nouvelle-Calédonie, avec la qualité de pierre tombée du ciel : de sorte que si on voulait, suivant le précepte de Bossuet, faire intervenir ici le consentement unanime des hommes pour établir la vérité, on consacrerait une erreur manifeste. Du reste l'illusion est très facile à comprendre : un bolide traverse le ciel, fait explosion avec ou sans bruit et plonge le témoin dans un étonnement bien souvent mêlé de crainte. Le phénomène fini, on regarde autour de soi et si l’attention est attirée par quelque substance contrastant par ses caractères
- avec les pierres les plus ordinaires dans le pays, on arrive très facilement à se persuader qu’il s’agit réellement du produit apporté par le météore.
- C'est dire que la pyrite doit, partager le privilège
- d’être prise pour une météorite avec d’autres matières plus ou moins diverses. Du nombre sont avant tout des scories d'usines (des a laitiers » ou des « mâchefers », comme on dit dans le langage technique). Aussi en avons-nous beaucoup dans notre collection, avec les certificats les plus édifiants. L’un des spécimens provient du bloc que le directeur d’un journal de province voulait mettre en loterie, pour en consacrer, d’ailleurs, le produit à la meilleure des causes, c’est-à-dire à la charité. Mais il a bien fallu l'avertir que son « gros lot, )) n’avait pas la moindre valeur.
- La figure 4 représente un spécimen de semblable mâchefer, choisi entre des quantités d'autres, parce qu’il a été ramassé en pleine chaîne du Caiicase, non loin de Kislovodsk par des hommes très primitifs qui se sont montrés à son égard d’accord avec des civilisés très raffinés. Et la figure 5, représentant l’autre catégorie, montre un verre ou laitier ramassé le 4 août 187(5 à fi heures un quart du matin à la porte de Paris, sur la route d’Orléans, à Bagneux (Seine), par un ouvrier persuadé de l’avoir vu tomber à 10 mètres de lui. Notre collection renferme dans la même série toutes sortes de matières vitreuses et, par exemple, de petits éclats qu’on dirait provenir d'une vitre mince et qui nous sont parvenus d'Ivanino, gouvernement de Koursk, en Russie,
- Fis- 5- — Laitier d'usine recueilli, le 4 août 1870, par un ouvrier qui avait cru le voir tomber à 10 mètres de lui, sur la route d’Orléans, à Bagneux (Seine). (3/4 grandeur naturelle.)
- Fig. 6. — Lopin sphéroïdal de fer carburé fabriqué par les Nègres, et recueilli comme météorite en 1888 par le voyageur Schweinfurtb dans le désert lybique, en Égypte. (9/10 de la grandeur naturelle.)
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- comme étant tombés du ciel en plein jour, à la suite d’une explosion comparée à celle d'un coup de fusil.
- Beaucoup de substances ferrugineuses figurent parmi les pseudo-me'téorites ; tantôt des morceaux ou des grains de différents minerais, tantôt des lopins de fer métallique. Parmi ces derniers, quelques-uns, fort peu nombreux, sont naturels comme les fers du Groenland (Ovifak et localités analogues) considérés longtemps comme des météorites. Les autres, en majorité, sont des produits industriels abandonnés depuis une antiquité inconnue. Nous en avons ainsi du Puy-de-Dôme, de Meurthe-et-Moselle et d’autres pays où ils ont été recueillis par des hommes très distingués. Le plus curieux, sans doute, est celui que représente notre figure P>. Ce n’est pas autre chose, comme je m’en suis assuré par une analyse chimique complète, qu’une boule de fonte préparée par des nègres; mais ce spécimen, qui pesait 1 250 gramme?, tire son intérêt de ce qu’il a été recueilli comme météorite en 1888 par le célèbre voyageur Schweinfurth, sur la lisière du désert lybique, à proximité du Fayoum. Avec l’autorisation de S. E. Àbbate Pacha je l’ai fait mouler, j’en ai fait scier un fragment suffisant pour une étude complète et, j’ai restitué le reste au Musée de la Société géographique du Caire, dont le bloc est la propriété. Nous pourrions poursuivre longtemps encore la description des types les plus remarquables des fausses météorites du Muséum; ce qui précède suffira pour montrer, conformément à ce que nous disions au début de cet article, que les hommes les plus scrupuleux et les plus instruits ne peuvent se flatter de ne pas prendre, un jour ou l’autre, pour des matériaux tombés du ciel, des fragments n’ayant jamais quitté la surface de la terre.
- Stamsi.as Meunier.
- Professeur nu Muséum (l'Histoire naturelle.
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- LE MÉTROPOLITAIN
- CONSTRUCTION DE LA LIGNE DES BOULEVARDS EXTÉRIEURS
- (section nord)
- Le prodigieux succès que la première ligne du Métropolitain, mise actuellement en exploitation, a remporté auprès du public, a décidé la Ville de pousser avec la plus grande activité la construction des lignes suivantes1. En ce moment, la portion du réseau qui s’étend entre la place de l’Etoile et la place de la Nation, en empruntant le tracé des anciens boulevards extérieurs, est en bonne voie d’achèvement; bien que les chantiers n'aient été ouverts qu’en janvier 1901, certains lots sont déjà terminés, pour les autres les voûtes sont maçonnées, et les piédroits sont pour la plupart déjà construits. Tout l’ouvrage sera sans aucun doute fini vers mars ou avril prochain. A ce moment la Ville remettra l’infrastructure à la Compagnie du Métropolitain qui en six mois aura exécuté l’installation des gares, la pose des voies, et l’établissement des appareils et 1 Voy. n° 1485, du 9 nov. 1901, p. 578.
- conducteurs pour l’arrivée du courant de traction, pour l’éclairage et pour la transmission. Dès les derniers mois de 1902 les trains circuleront normalement sur toute l’étendue de la nouvelle ligne. Pendant ce temps les ingénieurs de la Ville préparent les projets des deux lignes suivantes qui vont être construites incessamment et concurremment : 1° celle des boulevards extérieurs (section sud) dont le point de départ est à l’Etoile et dont une amorce (Etoile-Trocadéro) est déjà construite; 2° la ligne de l’Étoile à Ménilmontant, qui se détachera de celle des boulevards extérieurs à l’avenue de Villiers, pour descendre les rues de Constantinople, de Rome, Auber, du Quatre-Septembre, Réaumur et l’avenue de la République, en passant par les places Saint-Lazare, de l'Opéra, delà Bourse et de la République. La construction de ces deux lignes commencera vers les premiers mois de 1902 et elles pourront être mises en service à la fin de 1905.
- La ligne qui nous occupe plus spécialement aujourd’hui prend naissance à la porte Dauphine.; elle possède une station à la place Victor-Hugo, passe à l’Étoile, où elle coupe la ligne Porte-Maillot-Vincennes. Comme on le sait, toute cette partie est en pleine exploitation depuis le mois de juillet 1900. Les travaux en cours ont pour mission de continuer cette première amorce et de prolonger la ligne par les boulevards extérieurs suivant l’avenue Wa-gram, les boulevards de Courcelles, des Batignolles, de Cliehy, de Rochechouart, de la Chapelle, de la Villette, de Belleville, de Ménilmontant et de Cha-ronne, pour venir toucher la première ligne (Porte-Maillot-Vincennes) à la place de la Nation où nous trouverons une gare double. En cet endroit la ligne est disposée en boucle fermée, de façon à permettre le retour des trains par le même chemin (fig. 5).
- Voici, par ordre, la liste des vingt-cinq stations qu’elle comporte : Porte-Dauphine, place Victor-Hugo. Étoile (station triple), place des Ternes, rue de Courcelles, parc Monceau, avenue de Villiers (station double), rue de Rome, place Cliehy, place Blanche, place Pigalte, place d’Anvers (station double), boulevard Barbés, rue de la Chapelle, rue d’Aubervilliers, rue d’Allemagne, rue de Meaux, rue de Belleville, rue des Couronnes, rue de Ménilmontant, avenue de la République (station double), avenue Philippe-Auguste, rue de Bagnolet ,rue d’Avron et place de la Nation. Le développement de la nouvelle ligne, qui sera une des plus longues du réseau, mesure exactement 12km,254 dont lkm,715 correspond à la partie déjà construite entre la porte Dauphine et l’Étoile. Une particularité qui la distinguera des portions déjà connues du public, est qu’une importante partie de son parcours (2 km environ) est établie en viaduc; c’est-à-dire que sur cette portion la voie sera installée à ciel ouvert, circonstance qui sera sans doute très appréciée du public.
- Avant de commencer les travaux proprement dits de la section en souterrain, il a fallu procéder à des ouvrages préparatoires de dérivation des con-
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- duites d’eau et des égouts ; ceux-ci ont été très importants, puisqu’ils ont coûté près de 7 millions supportés * tant par les crédits du Métropolitain que par le service des eaux et des égouts qui a profité de l’opportunité pour procéder à des améliorations dont le programme était prévu. La grande conduite de l’Ourcq, qui ne mesurait pas moins de 0m,80 de diamètre et qui était logée dans une galerie de om,IO de hauteur, était placée au milieu des voies empruntées entre la rue du Rocher et la rue de Douai : il a fallu la déplacer; elle a été reportée.sous la chaussée qui correspond au côté impair de ces artères. Il en a été de même pour la conduite de l’eau de Marne qui alimente les quartiers de Ménil-montant, de Relleville et de la Chapelle, ainsi que pour celle de l’eau de la Seine qui vient du réservoir de Charonne en de gros tuyaux de 0m,50 et celle de l’eau de l’Avre dont l’aqueduc se trouvait atteint par les galeries du Métropolitain entre l’avenue de Villiers et le boulevard Rarbès.
- Les changements de place des égouts ont été encore plus importants. Il a fallu procéder à une grande entreprise pour faire écouler les eaux de Montmartre par un collecteur qui suit le boulevard Rochechouart et la rue de la Chapelle, de façon à les entraîner, par le grand collecteur Nord, vers les champs d’épandage de Gennevilliers. On a dû procéder également à des travaux importants pour la canalisation d’égouts des XIXe et XXe arrondissements qui se trouvaient coupés par le tracé du Métropolitain aux boulevards de la Yillette, de Relleville et de Ménilmontant. On a fait aboutir toutes ces canalisations vers un collecteur qui suit les boulevards extérieurs. Celui-ci est disposé d’une façon spéciale : sur un côté de son radier, on a disposé une cunette profonde de 2 mètres destinée à recueillir les sables entraînés par .-les eaux. A certains moments une drague électrique circule dans le fond de cette cunette et puise ces sables pour les déposer sur des wagonnets circulant dans l’égout, et qu’on dirige ensuite directement vers des chalands amarrés sur les quais du canal Saint-Martin.
- Du côté de la place de la Nation d’importants travaux de dérivation d’égouts ont également été opérés.
- Une fois toute cette partie préparatoire de l’ouvrage achevée, on a attaqué les travaux proprement dits du Métropolitain. Ceux-ci ont été divisés en trois sections et chacune de ces sections, subdivisée en trois lots, a fait l’objet d’adjudications différentes. La première section, comprise entre l’Étoile et le boulevard Rarbès, est en souterrain; il en est de même de la troisième située entre la rue de Meaux et la place delà Nation. Quant à la seconde, qui est de beaucoup la plus courte, elle est établie en viaduc. Il n’y a rien de spécial à dire sur la construction des différents souterrains de cette ligne ; ils sont établis suivant les mêmes coppes en travers que celles qui ont été adoptées pour la ligne Porte-Maillot-Vincennes, tant pour la voie courante que pour les stations. Aux points de bifur-
- cations de la ligne en construction et des lignes futures projetées, la largeur de la voûte a été doublée, elle a été portée de 7 à 14 mètres, ce qui constitue une largeur considérable pour un ouvrage en souterrain. Toute la portion de la ligne sur les lre et 5e sections est établie en voûtes maçonnées, sauf pour la gare de la rue de Rome; en cet endroit, il y a peu de hauteur entre l’extrados du tunnel du chemin de fer de l'Ouest et la chaussée, on a été obligé de relever le profil en long de la ligne ; cette station est faite en tranchée couverte avec plancher métallique, de la même façon que les stations de la rue de Rivoli et de l’avenue Nicolas II, de l’ancienne ligne. Deux autres portions ont été également construites en tranchées couvertes, ce sont celles qui correspondent aux abords de la tranchée ouverte qui précèdent immédiatement la section établie en via-duc (fig. 2). La seule particularité qu’on puisse noter, au sujet de la construction de ces souterrains, c’est que les fameux boucliers dont on avait tant parlé, lors des derniers travaux exécutés sous les chaussées de Paris, ont été complètement mis de côté; on n’en a employé nulle part. La méthode adoptée a été celle de la construction des tunnels ordinaires, qui consiste à percer des galeries d'avancement et d'abatage, permettant de construire immédiatement la voûte ; les piédroits ne sont maçonnés qu’après. Il y a eu une autre difficulté relative au transport des déblais : il a fallu les emporter par tombereaux ; seul l’entrepreneur du septième lot a eu la bonne fortune de pouvoir construire une galerie d’évacuation vers le canal Saint-Martin pour décharger économiquement ses terres sur des chalands.
- L’étude du projet de la seconde section, c’est-à-dire de celle établie à ciel découvert a été fort délicate. En effet, le système de viaducs présente en lui-même des inconvénients assez sérieux, d’abord le prix par mètre courant en est fort élevé : il est à peu près le double de celui des souterrains ; ensuite il constitue un barrage des voies transversales et entraîne un embarras pour la circulation. Il était pourtant fort difficile de l’éviter. En effet, la présence des lignes des chemins de fer du Nord et de l’Est qui coupent le tracé du Métropolitain ne sont séparées de la chaussée que par des ouvrages de très petite hauteur; si on avait voulu continuer la ligne en souterrain dans ces parages, on aurait été obligé de construire le tunnel sous les voies de ces chemins de fer, c’est-à-dire à une très grande profondeur sous le sol, ce qui aurait été une gêne considérable pour établir l’accès des statioris, d’autre part la dénivellation du boulevard de la Chapelle par rapport au boulevard Rochechouart, qui le précède, était une circonstance encourageante pour faire sortir le Métropolitain de terre et l’établir en plein air.
- Le viaduc est composé d’une série de poutres dont la semelle inférieure est à 5m,20 au-dessus du sol (fig. 4). Leur portée n’est point partout la même; bien que le type courant adopté soit de 22 mètres d’ou-
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- ver turc, il a fallu augmenter ou diminuer ce chiffre de ne pas embarrasser la chaussée en y plaçant des aux abords des rues et boulevards transversaux, afin poteaux. Au passage du boulevard Barbes, les pou-
- Fig. 2. — Profil en long (lu Métropolitain au point de passage de la partie en viaduc à la partie en souterrain.
- Kilomètres
- NORD
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- ligne en- construction/
- en souterrain-. O en- via-duo .
- Ligne- en, eocploitationy.
- Fig. 3. — Plan des lignes en construction et des lignes en exploitation du Métropolitain.
- très présentent 35m,89 de portée : elles ont même 75m,25 au-dessus des lignes des chemins de fer du Nord et de l’Est. Elles sont soutenues par des piliers
- en fonte d’un dessin assez heureux, placés en face les uns des autres et dont les axes sont distants de 7m,150. A l’endroit des stations (il y en a trois
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- Fig. 5.
- Construction de la station de la place de la Nation
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- sur la section à ciel ouvert), la largeur a été portée à 13®,50 sur lesquels 5®,650 sont réservés à la voie et deux fois 3m,925 pour les quais. Afin de soulager les poteaux de la ligne en ces parages, on a établi de solides massifs en maçonnerie de pierres de taille contre lesquels les escaliers d'accès aux stations seront ménagés (fig. 1).
- Les édicules des stations de la nouvelle ligne ne seront pas confiés à M. Guimard, l’habile architecte à qui nous devons ces constructions originales et riantes que nous connaissons et qui ont marqué d’un cachet si moderne et si agréable la première ligne. Le fait est regrettable, car le dessin bizarre et nouveau de ces stations était une marque et une enseigne du Métropolitain auquel le public était déjà habitué et qu’il eût été bon de conserver. Cette critique n’attaque en rien le talent de M. Formigé qui est chargé des nouvelles constructions et qui nous présentera, sans aucun doute, des pavillons fort gracieux et bien inspire's.
- Le prix des 10km,539 de la ligne en construction sont évalués à une trentaine de millions, c’est-à-dire un peu moins de 3 millions le kilomètre. Sur cette somme ne sont pas comprises les dépenses qui relèvent de la Compagnie du Métropolitain, c’est-à-dire l’aménagement des gares, la pose de la voie, la construction de l’usine de force motrice et le matériel roulant. A. n.v Cuxua.
- LE TABAC ET LE CAFÉIER
- J’aborde une question d’hygiène publique du plus haut intérêt : l’abus du tabac.
- En 1881, l’Académie de médecine fut consultée par le Gouvernement sur les effets du tabac, et, dans un très remarquable rapport d’une commission composée de MM. Vulpian, Peter, Yillemin, Léon Cohn et Gustave Lagneau (rapporteur), l’Académie de médecine a répondu : 1° Qu’il y a intérêt d’hygiène publique à faire connaître l’action nuisible que peut causer le tabac employé d’une manière excessive ; 2° que cette action nuisible est démontrée par un ensemble de faits et d’inductions, dès à présent acquis à la science ; 3° que si l’usage immodéré du tabac est de nature à causer des accidents, il importe d’ajouter que presque toujours le malaise disparaît, avec la cause qui l’a produit, c’est-à-dire avec le renoncement au tabac.
- En 1842, J.-A. Barrai, mon père, le savant chimiste agronome, présenta à l’Académie des sciences un célèbre mémoire intitulé Recherches sur la nicotine, dans lequel, après avoir le premier donné la formule chimique de la nicotine, il déclarait que la nicotine est un poison d’une extrême violence, qu’un chien de moyenne taille meurt en moins de trois minutes si on kii place sur la langue une goutte de nicotine de 5 milligrammes.
- En 1518, l’introduction du tabac se fit en Europe par Cortez, qui envoya des graines à Charles-Quint ; ce fut seulement en 1560 que Jean TS’icot, ambassadeur de France en Portugal, introduisit le premier les graines de tabac en France, puis la plante elle-même qu’il avait cultivée dans son jardin à Lisbonne ; Jean Nicot en fit hommage à Catherine de Médicis, sous le nom de Mêdicée ; la reine accorda son haut patronage à la nou-
- velle plante, qui se répandit rapidement en France et devint un précieux cadeau par les services qu’elle rend au budget de l’État.
- Dès son apparition le tabac eut ses admirateurs et scs détracteurs ; quoi qu’il en soit la popularité du tabac ne fit que croître, et les souverains ne songèrent plus qu’à augmenter leurs revenus en profitant du goût du public. Malgré les attaques et les persécutions qu’il subit dès son introduction, le tabac n’a cessé de se répandre ; il est cultivé partout, et on peut estimer à plus de 500 millions le nombre de personnes qui en font usage.
- Le rapport de l’Académie de médecine, les recherches sur la nicotine de Barrai, l’historique de l’introduction du tabac en France et de son usage jusqu’à sa consommation actuelle devenue un abus, devaient amener à considérer s’il n’y aurait pas un moyen, non pas de diminuer la consommation d’un produit si en faveur, mais du moins s’il n’y aurait pas lieu de rechercher s’il existait une autre feuille de plante, outre celle du tabac, combustible, ne contenant aucun principe toxique, qui pourrait être fumée sans danger, afin de permettre aux fumeurs de renoncer au tabac, jusqu’à la disparition des malaises et accidents causés par son emploi d’une manière excessive.
- Un ingénieur distingué, M. Eugène Brissaut, inventeur de machines à faire les cigarettes, lui-même grand fumeur de cigarettes jusqu’à l’abus, dut, sur la recommandation expresse de son médecin, supprimer complètement l’usage du tabac ; il voulut obéir aux injonctions du docteur, mais il ne put résister au besoin de fumer plus de 24 heures! C’est alors qu’il lui vint l’idée qu’il renoncerait plus facilement au tabac, si pendant la période de renoncement il pouvait fumer autre chose. Or, voilà tantôt quatre ans que M. Brissaut étudie la question, et plus de deux ans qu’il vint me consulter comme chimiste, et me demander de faire pour lui des recherches sur la combustibilité d’un grand nombre de feuilles de plantes et sur leur composition chimique.
- J’ai eu à examiner un nombre considérable de feuilles de plantes, autres que celles du caféier que par, je pourrais dire, une sorte de trait de génie, ou tout au moins d’intuition, M. Brissaut m’avait signalée comme lui paraissant a priori devoir se prêter à la fabrication d’une matière bonne à fumer, si sa composition chimique répondait à son attente. Or, il résulte des analyses entreprises dans mon laboratoire que les feuilles du caféier ne contiennent aucun principe toxique, que dans des proportions variables, suivant les pays d’origine, elles renferment de l’azote, de la cellulose, de l’acide cafétannique, de l’acide phosphorique, de la potasse, de la soude, de la chaux, de la magnésie, de la silice.
- Dans l’état où elles arrivent en France, les feuilles du
- caféier contiennent en moyenne :
- Humidité..................... . 7.99
- Matières organiques .... 82.09
- Matières minérales.......... 9.92
- Total. . . 100.00
- Quant à la combustibilité des feuilles du caféier elle est excellente et donne une abondante fumée.
- Dès lors, M. Brissaut se mit à l’étude des moyens à employer pour transformer les feuilles du caféier en matière propre à confectionner des cigarettes, que l’on put recommander à toute personne obligée de renoncer momentanément au tabac. 11 a créé les cigarettes hygiéniques dites de Repos, agréables à fumer, ne contenant aucun produit toxique et même renfermant de
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- l’acide cafétannique, qui est un antidote de la nicotine.
- Outre les recherches de laboratoire, il est une expérience qui peut être répétée journellement par tout le monde : elle consiste à faire fumer des cigarettes de tabac par des personnes (hommes, femmes et enfants) qui n’ont jamais fumé de tabac, elles en seront malades ou en éprouveront un malaise. Mais qu’on fasse fumer par ces mêmes personnes (hommes, femmes et enfants) des cigarettes de repos, faites de feuilles du caféier, elles les fumeront avec plaisir et n’en ressentiront aucun malaise. A mon avis, M. E. Brissaut a rendu un signalé service à l’hygiène publique en mettant chez le»- pharmaciens un genre de cigarette, qui permettra aux médecins de combattre efficacement l’abus du tabac en facilitant le renoncement momentané au tabac. Pour ma part, je suis heureux d’avoir participé, par mes recherches de laboratoire, à la découverte d’un produit si utile à la santé des fumeurs, et d’avoir par la même occasion eut à rappeler l’un des plus remarquables travaux chimiques de J.-A. Barrai.
- En résumé, les nouvelles cigarettes ne sont pas un médicament pour guérir les malaises et accidents causés par l’usage immodéré du tabac, mais un moyen en les fumant de supporter facilement le renoncement momentané au tabac recommandé par l’Académie de médecine. Jacques Barrai..
- LES AÏEUX BOUCHONS
- Pour avoir des bouchons fins, de bonne qualité, il faut prendre du liège en parfait état, souple, uni, sans cassures ni trous. Le beau liège est donné par les plantations du Var, de l’Algérie et de la Tunisie : les produits de cette provenance sont en général très recherchés. Mais dans ces planches de liège, il faut encore savoir choisir entre ce qu’on appelle le liège mâle et le liège femelle.
- Le liège mâle est un liège de qualité inférieure ; il est formé par la première couche d’écorce dure, que l’on démascle pour activer la production des couches subéreuses sous-jacentes. Celles-ci plus souples, moins fendillées, plus unies, forment le liège femelle. C’est avec cette partie que l’on obtient les bouchons surfins.
- Il est un autre moyen de se procurer des bouchons ; c’est comme le font certains commerçants, marchands de vins ou autres, de se servir des vieux bouchons jetés au rebut. Quand une bouteille est débouchée avec soin avec un foret, sans perforer le bouchon, le petit cylindre de liège est peu avarié et, à la rigueur, peut encore servir et bien fermer la bouteille. Ce sont ces vieux bouchons ramassés dans les caves, dans les offices, ramassés, on peut le dire, un peu partout, dont on se sert dans certains établissements.
- Des intermédiaires ingénieux les récoltent, les blanchissent par un bain et un lavage alcalins, plus ou moins prolongés, ensuite par l’exposition à l’acide sulfureux soit employé directement à l’état gazeux, soit produit par l’action d’un acide sur un bisulfite. La première opération enlève les impuretés grossières, le tartre et la lie qui peuvent être attachés au bouchon ; la seconde fait disparaître la coloration vineuse, elle blanchit le liège et lui donne une fausse apparence de neuf. Cette décoloration est souvent complète et à n’examiner que l’extérieur du bouchon, il serait difficile de croire qu’il a déjà servi.
- Cette opération de blanchiment et de transformation des vieux bouchons a paru quelque peu suspecte — j’en-
- tends au point de vue de l’hygiène— et les examens faits par le Laboratoire municipal montraient, en effet, que quelques-uns de ces bouclions ne devraient pas être mis dans la circulation et employés à nouveau, d’autant qu’il paraît que des marchands de lait en ont fait usage. Vous voyez d'ici, si le bouchon n’a pas été bien nettoyé, ce que le lait peut devenir à ce contact.
- M. Guignard a été chargé par le Conseil d’hvgiène d’étudier la question. En examinant ces bouchons superficiellement, il semble, comme je le disais, qu’ils n’aient jamais servi. Cependant on trouve qu’au lieu de la couleur caractéristique du liège neuf, ils présentent une teinte blanchâtre due à un léger dépôt à la surface d’une couche pulvérulente. M. Guignard a pu vérifier que la décoloration était bien obtenue par l’acide sulfureux et non par le chlore ou par le permanganate de potasse. Le dépôt blanchâtre est formé par du carbonate de chaux dû au lavage à l’eau bouillante après la décoloration.
- Examinés au point de vue microscopique ces bouchons ne présentaient pas de grandes différences avec ceux de liège frais. Au total, ils n’ont donc rien de nocif pour la santé. Mais... il y a un mais, — peut-on être assuré que tous ces vieux, bouchons, jetés à nouveau dans le commerce, subissent des opérations minutieuses et susceptibles de les nettoyer à fond? Quand un bouchon aura baigné dans les eaux de vaisselle, qu’il sera jeté sur la voie publique et ramassé dans le ruisseau, il sera incontestablement et sûrement chargé de toutes les variétés de microbes ; il sera infesté et partant dangereux. Il faudrait, pour assurer toute sécurité, qu’un pareil bouchon fût, en dehors des opérations de décoloration, de blanchiment, porté à l’autoclave un temps suffisant pour détruire tous les germes. Comme cette garantie peut être difficilement contrôlée, M. Guignard propose—et le Conseil s’est rallié à cette conclusion — d’interdire pour le bouchage des récipients destinés à un usage alimentaire, l’emploi, même après ces manipulations, des bouchons recueillis sur la voie publique.
- J’ajouterai un conseil, autant au point de vue de l’hygiène qu’au point de vue des gourmets. Ne vous servez jamais de bouchons, fussent-ils du liège le plus fin, sans les avoir fait passer la veille à l’eau bouillante. A l’état neuf, le liège ne contient pas, cela est certain, de microbes bien dangereux; mais il recèle dans ses trous, ses fissures, des champignons qui, au contact du liquide, se développent et donnent en peu de temps au meilleur vin ce goût et cette odeur désagréables de moisi. Ébouillantez vos bouchons et vous détruirez les germes des moisissures. Dr A. Cartaz.
- —><>«—
- BARNUM À PARIS
- Depuis quinze jours Barnum est à Paris! Bar-num! nom magique qui dans toutes les langues parlées de l’Atlantique au Pacifique, de l’Angleterre aux Indes et au Japon, du cap Nord au cap de Bonne-Espérance, du détroit de Behring à la Terre de Feu, sert comme de superlatif ampoulé au positif imprésario.
- Barnum, Phileas Taylor Barnum, est mort depuis quelques années dans le petit village de Bridgeport (Connecticut), d’où il était parti comme valet de charrue et où il s’est éteint possesseur d’une colos?-sale fortune et d’immenses domaines; mais son
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- LA NATURE.
- fameux « cirque américain », sous la direction de son gendre et ancien associé M. J. À. Bailey, continue à courir le nouveau et l’ancien continent, étonnant les populations partout où il peut « planter sa tente », émerveillant par le grandiose, l’imprévu et l’original de son spectacle sans cesse renouvelé.
- Depuis quatre ans, « Barnum and Bailey » Greatest show on Earth a parcouru l’Australie, la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande, l’Amérique du Sud, l'Inde, Java, faisant des traversées de 1000 et 2000 kilomètres; les États-Unis, le Canada, l'Angleterre, l’Ecosse, l’Autriche, la Hongrie, l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, ne se servant pour ces randonnées, qui battent tous les records connus, que de son propre
- matériel : 67 wagons du type américain, de 20 mètres de long, — matériel qui a déjà roulé sur une longueur totale de 700000 kilomètres! Pour les traversées maritimes, les cinq trains spéciaux, nécessaires au transport de l’établissement, sont chargés en entier dans les paquebots, pour être aussitôt après leur débarquement replacés sur des voies ferrées et acheminés vers de nouvelles destinations. Dans les grands centres, Barnum and Bailey s’installa ; à New-York, à Madison Square; à Chicago, au Colosseum ; à Londres, à l'Olympia; à Vienne, à la Rotonde; le voici à Paris, à la Galerie des Machines.
- Certain jour de l’été dernier, je me trouvais dans les bureaux de la défunte exposition, tâchant de
- retrouver certaines pièces d'une collection prêtée à la rétrospective et égarée par MM. les organisateurs ; entre, en coup de vent, un petit homme grisonnant qu’accompagnait mon excellent ami Ercole, l’imprésario bien connu des grands cirques et music-halls de France et d’Étran-ger. La présentation est vite faite, le petit homme grisonnant était M. J. A. Bailey, gendre de Barnum.
- Sans autre préambule, M. Bailey, s'adressant à un des fonctionnaires présents : a Je viens, lui dit-il, louer la Galerie des Machines. Combien? » Je vois encore la tête du .représentant autorisé de cette belle administration de l’Universelle de 1900 dont nous gratifia M. Picard. La foudre, tombant dans son bureau, ne lui aurait-pas produit une autre impression !
- « Louer la Galerie des Machines, ce ne pouvait être qu’un fou ou un... Américain! »
- Bref, on expliqua à M. Bailey que la Galerie des Machines était la propriété de la Ville de Paris, et qu’il fallait s’adresser au Conseil municipal. Le lendemain, une demande, en bonne et due forme, était déposée au bureau du Conseil municipal par M. Ercole> au nom de M. Bailey.
- Fig.1.
- Quelques phénomènes du « Musée des Horreurs » ( lie/. Barnum : Le Mastodonte. I/Homme squelette. La Femme à barbe. Tomasso, l’homme-pelote. Billy Wells, l'homme à la tète incassable. L'homme-eanirhe.
- La location fut conclue pour six mois au prix de 150000 francs et, le 20 novembre dernier, les cinq trains spéciaux amenèrent le personnel et l’installation complète débarquait au Champ-de-Mars : huit jours après on donnait le premier, spectacle !
- Rien n’est plus curieux à voir que ce débarquement, qui se fait dans le silence le plus complet avec une célérité américaine ! C’est d’abord le matériel cuisine, puis les chevaux de trait tout harnachés, d’une robustesse extraordinaire, qui sont descendus, puis vient le tour des voitures pour celles-ci du dessous du wagon de tête on sort un plan incliné que l’on abaisse jusqu’à terre, tous les wagons sont reliés entre eux par des rails ; on attelle les chevaux aux voitures qui sont alors descendus sans secousse jusqu’à terre. En province — car Barnum va faire son tour de France — on montera la tente, cette fameuse tente qui a coûté 50 000 francs,
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- deux fois plus vaste que l’ancien Hippodrome de l’Alma, pouvant donner abri à 15 000 spectateurs, et qui est montée en moins d’une demi-journée, par d’habiles ouvriers qui suivent le « cirque » dans ses pérégrinations à travers le monde.
- Cirque ! j'ai écrit le mot « cirque b. En est-ce un? n'est-ce pas une ménagerie, une foire, un jardin zoologique? C’est tout cela à la fois. Tout autour de la piste centrale — ici la salle des Fêtes — sont les attractions; tout ce qu’a pu découvrir M. Bailey a été
- engagé par lui ; tous les « numéros » extraordinaires, les « phénomènes » curieux, les animaux bizarres, qui paraissent au cirque, à la foire, dans les ménageries, M. Ercole, l’agent général de Barnum, en Europe, les enlève à prix d’or. Aussi aucun établissement au monde ne peut rivaliser avec cette colossale exhibition.
- Faisons le tour de la Galerie des Machines : c’est l’arche de Noé, c’est la Foire du Trône : voici une collection de 22 éléphants, l’un d’entre eux est un colosse, un géant de l’espèce, scs défenses sont
- formidables, un autre est un nain ; voici des tigres royaux du Bengale, des lions de l’Atlas, des léopards, - „ _ des panthères et des
- hyènes, des girafes, qui deviennent si rares et d’un tel prix que notre Jardin des Plantes n’en possède plus et manque de fonds pour en acquérir, des tapirs, des yacks, des ours, des couaggas, des pécaris, des chameaux et des dromadaires, des zèbres, des taureaux nains, des antilopes, des cerfs et des gazelles, des amphibies, et une quantité innombrable de singes, et toute cette « troupe animale » travaille, sous le fouet ou la cravache des dompteurs les plus réputés !
- Fig. ‘2.
- Chez Barnum : l’n coin de la ménagerie. La galerie des Fauves. Un coin de la salle des Fêtes transformé en piste d'hippodrome. Chevaux sauteurs et chevaux indomptables. Cycliste descendant une échelle inclinée à 45°.
- Ici c’est une autre exhibition, une exhibition humaine, le « Musée des horreurs » : une jeune fille à la chevelure de mousse, un homme squelette;
- Billy Wells, l’homme à la tète incassable, qui reçoit sans broncher des coups de marteau sur la tète ; Alfonso, l’homme à l’estomac d’autruche, qui avale tout ce qu’on lui offre en s’arrosant le gosier de pétrole ou d’ammoniaque ; Tomasso, l’homme pelote, qui s’enfonce dans la peau des milliers d’épingles pendant qu’à côté de lui Maxey, le roi des aiguilles, en avale autant ; Lin Suan San et Lin Tang San, les jumeaux xiphopages chinois qui rappellent sous une forme encore plus curieuse les frères siamois ; Mllc Üguri, une japonaise sans bras, une femme à barbe, un homme caniche, une naine, la Reine Mab, un géant phénoménal véritable mastodonte, une femme magnétique d’une force extraordinaire, et ce n’est pas tout comme dit Bobèche, le roi des pitres, car chaque semaine, le musée s’augmente de sujets nouveaux.
- Si nous pénétrons dans la salle de spectacle, notre étonnement devient plus grand encore : dans
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- les trois pistes que contient l’Hippodrome, travaillent en même temps des acrobates de tapis extraordinaires comme les Héras, que nous avons vus il y a quelques années au Casino de Paris, mais dont le travail est encore plus étonnant qu'autrefois ; les athlètes les plus connus, les gymnasiarques champions de tous les mondes, des phoques savants, des élcphants-clowns, des japonais équilibristes, des danseurs, des clowns hommes et femmes — il y en a une soixantaine, — des hercules, des sauteurs qui franchissent quatre éléphants en double saut périlleux, etc., etc. Aux amateurs d’animaux dressés je recommande, tout particulièrement, les chats du professeur Farally, les phoques et otaries de Mme Alaska, les cochons de Harry et Rosa Went-words, l’ours gris des Rocheuses de Julius Carr qui travaille si naturellement que de nombreux spectateurs sont persuadés que ce n’est qu’un clown habillé d’une peau d’ours.
- Aimez-vous les chevaux? vous serez satisfaits. Aux écuries sont les 550 chevaux de trait, dont les formes superbes rappellent nos percherons et nos boulonnais, et 250 chevaux de cirque pur sang, demi-sang poneys, des shettland, chevaux d’école, de panneau, ou de travail en liberté. William üucrow fait manœuvrer 70 chevaux en liberté dans une piste de 15 mètres de diamètre, tandis qu’à côté de lui voltent les meilleurs de nos écuyers d’école, et que sautent les champions Oxford dont le record est de 2m,21 en hauteur, Joie, qui saute 9 mètres en longueur, Evergeen qui, attelé à un buggy, exécute tous les airs de manège anciens, etc.
- Un coup de chambrière la piste se vide pour faire place aux chevaux de courses montés ou attelés : courses de chars romains, écuyers debout conduisant quatre chevaux, tandems à quatre, course entre chiens, hommes et chevaux, j’en passe.
- Et, pour terminer, un défilé, pantomime, cortège historique de l’Ancien Orient dans lequel défile une bonne partie de la troupe de Rarnum and Railey.
- J’aurais encore voulu présenter aux lecteurs de La Nature les cuisines de l’établissement avec une armée de marmitons qui prépare chaque jour le déjeuner et le dîner de 1200 personnes, les magasins à fourrages qui voient passer chaque jour 6000 kilogrammes de foin ou de paille et autant de sacs d'avoine; j’aurais voulu insister enfin sur quelques-uns des plus curieux « numéros », ce sera, si la place le permet, pour une autre fois. P.vur, Mko.mx.
- Mouvement de la population en France. —
- L’anuée 1900 comptera parmi les plus mauvaises au point de vue du mouvement de la population dans notre pays. D’après le rapport adressé par le directeur du travail au ministre du Commerce, et publié à l'Officiel, la balance des naissances et des décès se solde par un excédent de 25 988 décès, alors que l’année précédente avait fourni un excédent de 31 394 naissances. Ce résultat est dû
- tant à l’accroissement de la mortalité qu’à une diminution de la natalité. Il y a eu, en 1900, 20 350 naissances de moins qu’en 1899 et 37 052 décès de plus. Depuis 1871, on n’avait constaté un déficit des naissances que pour les années 1890, 1891, 1892 et 1895; seul l’excédent de 58 446 décès observé en 1890 dépasse le chiffre atteint en 1900. Au total, le nombre des enfants nés vivants en 1900 est inférieur de 20 550 unités au nombre correspondant de 1899. La comparaison avec les résultats de la période décennale 1890-1899 fournit un écart du même sens, mais plus considérable : le nombre des enfants nés vivants en 1900 est inférieur de
- 26 779 unités à la moyenne annuelle et le déficit porte principalement sur les naissances légitimes. Le nombre des décès survenus en 1900 est supérieur au nombre constaté en 1899: 855 285, au lieu de 816 235. L’augmentation est de 57 052 unités ; elle est bien supérieure à celle qui s’est produite de 1898 à 1899. Par rapport à la moyenne annuelle des décès, au cours de la période décennale 1890-1899, l’augmentation est moins forte, puisque cette moyenne est de 831 361 décès. On compte, en 1900, 442 455 décès masculins contre 410 850 décès féminins. Le rapport du nombre des décès au chiffre de la population légale a été, en 1900, de 2,21 par 100 habitants, soit en augmentation par rapport à la moyenne calculée pour la période décennale 1890-1899, qui n’a été que de 2,16 pour 100.
- Recensement allemand. — Le dernier recensement de la population en Allemagne donne les résultats suivants : l’Allemagne compte 56 567 178 habitants, dont
- 27 756 247 hommes et 28 629 951 femmes. Depuis fan-née 1895, la population a augmenté de 4 087 277 âmes.
- Statistique «les étoiles temporaires. — Voici, d’après M. Sclioux, le relevé de toutes les apparitions d’étoiles temporaires depuis les temps les plus reculés : la première date du mois de juillet de l’année 154 avant Jésus-Christ; elle est signalée par Ma-Tuan-Lin. Pline signale également une apparition fan 150. Toutes les autres observations datent d’après J.-C. Ce sont : 125, 175, mars 565, avril 586, 589, 595, 827, 945. mai 1012, juillet 1202, décembre 1250, juillet 1264, 11 novembre 1572; cette dernière apparition correspond à la grande étoile observée par Tycho-Brahé. Viennent ensuite : 1578 (observation de Ma-Tuan-Lin), 18 août 1600, 1604 (grande étoile observée par Jean Brunowski, élève de Képler), 20 juin 1670, 1690. Survient alors une grande lacune et nous arrivons aux observations contemporaines : 28 avril 1848, 12 mai 1866, 24 novembre 1876, 50 août 1885, 1er février 1892 et enfin 20 février 1901.
- Le papier-pierre. — 11 s’agit d’un nouveau produit qui est connu depuis longues années en Autriche, et qui est actuellement introduit en France par la maison parisienne des papeteries Aussedat. Il a pour but et pour résultat de remplacer la pierre lithographique, et il supporte sans s’altérer les encrages et les lavages répétés qui sont nécessaires dans les opérations lithographiques : l’eau ne le désagrège point, et il conserve toute sa solidité. Il se présente sous un aspect grainé ou uni, suivant les besoins, et on a la possibilité d’y dessiner au moyen du crayon gras ou d’y transporter les dessins à l’aide de l’encre à report. Ce qu’il a de précieux et de remarquable, c’est que les dessins y peuvent être au besoin exécutés à l’endroit, à l’encontre*de ce qui se passe pour la pierre lithographique. En réalité, on ne tire directement sur ce papier-pierre que quand on ne veut obtenir que quel-
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- ques épreuves. Pour un tirage important, il ne sert qu’à donner la matière du report, le document que l’on pourra ensuite garder des années en carton sans qu’il se détériore, et aussi, ce qui est le plus important, sans que cela entraîne l’encombrement considérable causé par les volumineuses et lourdes pierres lithographiques : en effet, on peut d’abord décalquer un dessin quelconque sur papier-pierre, ce qui se fait en plaçant ce dessin entre des feuilles de papier humide durant quelques minutes, puis en le déposant sur le papier-pierre au moyen d’une seule pression, énergique s’entend. Ce report une fois fait, le papier-pierre est gommé et remis en carton pour attendre les besoins de la reproduction : quand il sera utile de s’en servir, on le dégommera, on l’encrera à l'encre grasse, et cela donnera le moyen de faire un nouveau report en recourant à cette sorte de matrice de conservation si facile. On pourra ensuite regommer la matrice et l’enfermer dans les archives. En somme, on voit que la véritable utilité de ce papier-pierre, c’est de permettre de conserver sans encombrement, ou au moins avec un encombrement réduit au minimum, les compositions effectuées sur pierre et aussi sur zinc, sur aluminium, au moyen d’une épreuve de ces compositions tirée à l’encre à report.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 décembre 1901. — Présidence de M. Fooqcé.
- Propriétés chimiques des radiations du radium. — M. Berlhelot expose quelques résultats complémentaires de ses expériences sur les propriétés chimiques des radiations du radium. On sait que ces radiations sont de deux espèces différentes, les unes qui traversent le papier noir et les autres qui sont des radiations de phosphorescence. La décomposition de l’acide iodique' s’opère-t-elle indifféremment sous l’effet de l’une ou de l’autre catégorie de radiations. M. Berthelot montre que les radiations qui traversent le papier noir sont inertes, que l’activité chimique appartient exclusivement aux autres radiations.
- La régénérescence du pouvoir radio-actif de Vuranium. — M. Becquerel rappelle que certaines réactions chimiques successives ont pour effet d’affaiblir la propriété radio-active de l’uranium. M. Becquerel a constaté, sur des échantillons qui avaient été affaiblis il y a dix-huit mois, que le pouvoir radio-actif reprend peu à peu. Il rappelle également qu’il avait considéré la radio-activité par induction comme étant due à une émanation de particules. Ces particules sont de deux espèces. Les unes, très ténues, sont animées d’une grande vitesse, traversent les corps; les autres, qui se rapprochent plus de l’état gazeux, sont arrêtées par les parois qu’elles recouvrent peu à peu de manière que ce dépôt agit à son tour comme une source radio-active.
- Maintien des basses températures. — M. d’Arsonval signale cette circonstance que l’usage des températures très basses tend à s’introduire dans les laboratoires de chimie, qu’il y a dès lors intérêt à ce que les moyens qu’il emploie, pour maintenir pendant un temps parfois très long un corps à une très basse température, soient connus. L’ébullition de l’air liquide, contenu dans un récipient à double enveloppe, suffit pour maintenir pendant longtemps une température de — 79 à — 80°. Le procédé, qui consiste à évaporer de l’acétone chargé de neige d’acide carbonique, convient également très bien ;
- mais la dissolution de la neige d’acétylène dans l’acétone est le meilleur procédé parce qu’à — 85° l’acétone dissout plus de 2500 fois son volume d’acétylène. Par suite la température d’une telle dissolution se maintient très longtemps à — 85°. On peut augmenter l’abaissement de température en provoquant l’évaporation par un courant d’air refroidi. Enfin l’acétylène neigeux en vase clos fond à — 85° sous une très faible pression ; mais la quantité de chaleur nécessaire pour fondre un kg d’acétylène est de 50 calories. La température extérieure se maintient donc à — 85° tant que l’air extérieur n’a pas apporté 50 calories. Les éthers de pétrole (gazoline du commerce) se congèlent à —; 160 ou — 105°; en les rectifiant on peut descendre jusqu’à — 194°, température de l’air liquide. On peut ainsi, en plaçant l’éther de pétrole dans un vase à double paroi, abaisser peu à peu sa température sous l’action de l'évaporation d’air liquide tombant dans une gaine métallique plongeant dans l’éther. On peut, en réglant l’écoulement, avoir telle température constante que l’on voudra. M. Moissan ajoute que ces indications sur la valeur du calorique de fusion de l’acétylène permettent, d’expliquer comment, ayant obtenu des bâtons d’acétylène solide lors de la rupture du tube qui les contenait, on a pu manier ces bâtons sans qu’ils disparaissent instantanément et même en allumer une extrémité, alors que l’on tenait l’autre extrémité avec une pince.
- Défense de Vorganisme contre la chaleur. - M. Bouchard présente une Note de M. Langlois relative à l’effet de l’élévation de la température du milieu sur la température du corps du lézard. Cet animal a été choisi parce qu’il n’émet pas d’humidité par la peau. Lorsque le milieu passe lentement de 10 aux environs de 40°, la température du corps de l’animal suit la température du milieu ; mais elle cesse alors de croître et ne dépasse pas 40°, même lorsque la température du milieu atteint 50°, Mais à partir de 40° la fréquence de la respiration croît d’une manière continue; la polypnée combat réchauffement du corps. La surface pulmonaire, siège d’une évaporation, débarrasse le corps de l’excès de calorique. Toutefois il y a une action réflexe qui se produit, car si l’on pose la main ou un écran sur la tète de l’animal de manière à le protéger contre la radiation, la polypnée s’arrête. L’action de la température sur la peau de la tète est donc la cause de la polypnée.
- Alliages de strontium. — M. H. Moissan présente une Note de M. Henri Gautier sur les alliages de strontium avec le zinc et le cadmium. M. II. Gautier a préparé un alliage ternaire de cadmium, de strontium et de sodium ’ par l’action du sodium sur un mélange de chlorure de cadmium et de chlorure de strontium. En séparant le sodium par l’alcool, ainsi que M. Moissan l’a indiqué dans ses recherches sur le calcium, on obtient un alliage de cadmium et de strontium renfermant 15 à 20 pour 100 de métal alcalino-terreux. En chauffant cet alliage dans le vide on enlève une notable quantité de cadmium qui distille et l’on obtient finalement un alliage cadmium-strontium renfermant 45 pour 100 de strontium.
- Modifications organiques des poules nourries avec de la viande. — M. Edmond Perier résume une Note de M. Iloussav, relative aux modifications que l’on peut obtenir dès la deuxième génération sur des poules nourries avec de la viande. Sous l’effet de cette alimentation le tube digestif tend à prendre les caractères de celui des oiseaux carnivores. Le jabot se rétrécit et le tube diminue de longueur. Ces modifications ont un retentissement sur les reins. Ch. de Villedeul.
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- LE CYATHOMÈTRE
- APPAREIL CONTRÔLEUR DE LIQUIDES
- Si dans un récipient clos, on considère un liquide et la surface de son niveau, il va de soi, comme tout le monde le sait, que cette surface s'abaisse ou s'élève de quantités variables, suivant qu’on soustrait ou qu’on ajoute du liquide dans le récipient.
- Dans certains cas, il est utile et même nécessaire de déterminer exactement la diminution ou l’augmentation du volume d’un liquide : c’est pour répondre à cette nécessité que le cyathomètre a été construit. L’appareil est destiné à empêcher la fraude dans le commerce en détail des liqueurs ou liquides précieux; il peut s'adapter à demeure aux bouteilles de toutes formes (n° 1) : son emploi se généralise et convient aussi aux bacs, cuves, tonneaux, etc.
- Le cyathomètre se compose d’un tube en verre, cannelé in-tér ieurement, d’un témoin ou tlotteur également en verre, muni de deux antennes ou ressorts et enfin d’une boule pleine (n° 2).
- Le tube percé aux deux extrémités pour le passage de l’air et du liquide est suspendu, dans la bouteille aménagée à cet effet lors de la fabrication, sur un étrier métallique, inoxydable, dont les branches, après avoir contourné le goulot, sont réunies et plombées (nos 1 et 5).
- Lefonctionnementesl simple. Lorsqu’une bouteille pleine est armée du cyathomètre, le témoin se trouve à la partie supérieure du tube : si on verse une certaine quantité du contenu, les niveaux de la bouteille et du tube descendent ensemble et le témoin les suit constamment; si, au contraire, on ajoute une quantité quelconque de liquide, les niveaux montent, mais le témoin reste où il se trouvait avant l’addition, maintenu par ses antennes arc-boutées contre les cannelures du tube ; il se trouve alors immergé et marque le point précis où a commencé l’addition ou la substitution. Toute fraude, au moment même où elle se produira, sera révélée parle témoin; celui-ci, arrivé au fond du tube, la bouteille étant vide, ne pourra quoi qu’on fasse, remonter au point de départ : bien plus, le dispositif de l’appareil permet
- de reconnaître jusqu’aux tentatives de fraude.
- Quand la bouteille, pleine ou en vidange, occupe une position anormale, le culot en l’air par exemple, la boule pleine tombe sur le témoin et le maintient en place. Lorsque le Cyathomètre est adapté aux récipients fixes (bacs, cuves, tonneaux, etc.), le témoin est organisé d’une façon un peu différente. 11 se compose alors d’un flotteur et d’un manchon mis en contact et portant chacun trois ou quatre antennes dirigées en sens contraire, celles du tlotteur étant engagées dans le manchon (n° 4).
- Si le contrôle doit s’exercer sur un liquide dont le niveau s'élève dans le récipient (bac) le manchon est placé au-dessus du flotteur et, dès qu’une soustraction se produit dans la cuve, les deux parties du témoin se séparent (n° 4); les antennes du manchon s’arc-boutant contre les cannelures le maintiennent exactement au point où a commencé la fraude, tandis que le tlotteur qui a suivi d’abord le liquide, reste fixé à son tour par ses antennes butées contre les cannelures, au point où le mouvement du liquide s’est arrêté ou a changé de sens. Si le contrôle doit s’exercer sur un liquide dont le niveau s’abaisse, le manchon est placé au-dessous du flotteur, et dans le cas d’addition, le témoin fonctionne comme il a été dit [dus haut, mais en sens inverse. Dans les deux cas, les positions du llotleur et du manchon indiquent le commencement et la fin de la sophistication, et l’importance de celle-ci correspond à la hauteur du liquide entre les deux éléments du témoin.
- L’appareil se prête aussi au contrôle des récipients mobiles de grande capacité (tonneaux).
- Le Cyathomètre a réalisé la conception de tubes en verre moulés avec cannelures intérieures à angles droits et sans arrondis : d’une grande simplicité, d’une construction et d’une installation faciles, il se distingue surtout par la variété de ses applications, par sa précision dans le contrôle des liquides dont il garantit l’authenticité. Son rôle, au point de vue économique, peut prendre une importance considérable. Ciiau-Tar.
- Le Gérant : P. Masson.
- Appareil contrôleur de liquides.
- 1. Bouteille en vidange, l'raudée ; 2. Partie inférieure du tube avec témoin et boule pleine ; 5. Mode d’adaptation de l'appareil; 1. Témoin des récipients fixés.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, ‘J.
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- LA NATURE.
- MH H K l'.HII.
- Eh notre beau pays de France, à l’époque du moyen âge, le meuble nommé bahut était d’usage courant parmi les seigneurs et les bourgeois. Le bahut n’était pas autre chose qu’une grande enveloppe d’osier recouverte de peau de vache tout unie
- ou plus ou moins ornée de clous de cuivre disposés en arabesques, et renfermant un coffre de bois. On y mettait les etfets d’habillement et autres objets. Ce coffre servait, comme nos malles actuelles, à ceux qui voulaient voyager. Un peu plus tard, le bahut
- Cadenas indiens.
- devint aussi un meuble fixe. A ces époques lointaines, il servait non seulement pour mettre des habits, du linge, de l’argent, etc., mais aussi on l’utilisait chez soi, vu sa forme, comme table, en le posant sur des trépieds, ou bien encore comme banc. C’était un des meubles principaux dans le logement de chaque particulier.
- Le bahut était généralement ferré de bandes de fer forgé, souvent d’une façon artistique, et de plu-30e année. — 1er semestre.
- sieurs serrures selon qu’il renfermait des objets plus ou moins précieux.
- L’usage de ces bahuts s’est perpétué en France jusqu’au dix-septième siècle environ. Le seigneur de Brantôme, dans ses écrits, nous dit qu’à la cour du roi et chez les riches seigneurs, les dames s’asseyaient pendant les réunions, sur des coffres ou bahuts, comme elles le font aujourd’hui sur des banquettes.
- Si l’usage de ce genre de meuble est perdu chez nous,
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- LA NATURE.
- sauf dans nos campagnes, il n’en est plus de même dans l’Inde ; le bahut ou coffre, très ancien certainement, est encore aujourd’hui d’usage permanent.
- Les Hindous s’en servent comme nos ancêtres soit comme malle de voyage, soit comme meuble fixe dans leur intérieur. Le coffre est alors décoré de peintures ou recouvert d’une étoffe brillante.
- La fermeture d’un bahut indien est une question importante, puisque ce genre de meuble contient les archives, les bijoux ou les vêtements précieux de la famille. Les grands coffres indiens ne possèdent point de ferrures et de serrures d’art compliquées comme les nôtres du moyen âge, mais leurs possesseurs ont toujours imaginé, pour les fermer avec sécurité, des cadenas à secret fort ingénieux dont j’ai pu me procurer quelques spécimens dans les bazars de Calcutta, de Benarès ou de Delhi où j’ai passé lors de mes voyages aux Indes.
- Nous voyons en 1, sur la gravure, un cadenas fermé. Fort ordinaire comme forme, c’est cependant le plus compliqué de la série. Il est difficile en effet, en voyant sa clef (n° 2), de comprendre comment il faut opérer pour ouvrir le cadenas, en se servant de cet objet découpé si capricieusement.
- On doit abaisser le bouton A placé sur le panneau latéral gauche du cadenas (n° 1). En tirant ensuite sur soi-même on s’aperçoit que toute la partie supérieure B, de fixe qu’elle était, peut glisser aisément. Le panneau de cuivre C qui forme la face droite du cadenas n’étant plus maintenu, tourne alors sur lui-même. Ce panneau C déplacé permet d’ouvrir la plaquette inferieure D, comme on le voit (n° 5). Le mécanisme intérieur du cadenas reste en ce moment entièrement à découvert, et on comprend aisément le rôle que va jouer la mystérieuse clef (n° 2.) Il faut en fixer l’extrémité dans une rainure marquée très visiblement (n° 3) près du panneau C, et, en la poussant vigoureusement, on fait sortir la partie essentielle du cadenas, c’est-à-dire toute une ingénieuse combinaison de petites tiges de fer fixées en forme de flèche sur deux lamelles de cuivre (n° 5). Elles font l’office de ressort et sont disposées de chaque côté d’un axe principal à rainures sur lesquelles la clef a pu glisser. Le cadenas est enfin ouvert et il ne reste plus dans les mains que son dernier fragment (n° 4).
- Le deuxième cadenas en forme de cheval fantastique que l’on voit (n° 6) et le troisième en forme de chimère (n° 8) ont une clef munie de dents et d’une volute de modèle semblable.
- Pour le cadenas n° 8, il faut introduire tout d’abord la clef dans l’ouverture pratiquée au milieu du poitrail de la chimère, par sa volute en F et la tourner sans la faire sortir de l’ouverture jusqu’à ce que son extrémité E soit tout à fait entrée dans la direction de l’axe du cadenas comme le montre la figure 9. On pousse ensuite fortement cette clef en appuyant sur la volute F. Par suite de ce mouvement, le ressort composé de petites tiges de fer disposées en forme de flèche (n° 10), comme dans le premier
- cadenas, est dégagé entièrement ainsi que la queue dont l’extrémité traversant la tète de la chimère semblait former la langue de l’animal.
- Pour ouvrir le cadenas n° 6 en forme de cheval fantastique avec la clef n° 7 de la gravure, on devra opérer exactement comme pour celui qui précède. Il y a dans les bazars de l'Inde de nombreux cadenas du même genre ; ceux que je viens de décrire m’ont semblé les plus intéressants. Albert Tissaxdier.
- LA SÉROTHÉRAPIE
- DAXS LA FIÈVRE TYPHOÏDE
- De la longue liste de maladies qui déciment les populations urbaines, la fièvre typhoïde est une des plus graves. Suivant un mot célèbre, on en meurt ou l’on reste idiot ; vrai ou non, le mot a quelque vraisemblance, en ce sens que la fièvre typhoïde donne un chiffre de mortalité effrayant, 25, 5ü pour 100 et plus même, si l’on se reporte aux statistiques anciennes et qu’elle laisse souvent, après guérison, des complications plus ou moins graves.
- La découverte du bacille typhique dans l’eau potable venant affirmer l’origine hydrique de la dothiénentérie a permis de remédier, dans une large mesure, à l’hécatombe annuelle d’adolescents ; on sait, en effet, que par un triste privilège cette terrible maladie frappe de préférence les jeunes gens, moins les enfants, rarement les vieillards.
- L’eau pure, contaminée par le bacille, souillée par le mélange, à de lointaines distances, de déjections de typhiques, a développé dans des régions indemnes des épidémies graves. Chaque été, à Paris, quand l’administration bienveillante nous abreuve d’eau de Seine, on voit aussitôt la courbe de morbidité s’élever au fur et à mesure de l'apport de cette eau miraculeuse; bien entendu, la courbe de mortalité marche de pair et l’on voit s’élever à des taux fantastiques les relevés hebdomadaires de notre savant collègue Bertillon.
- Cette connaissance de l’action nocive de l’eau souillée a été le point de départ de mesures sanitaires qui ont diminué, quand elles sont rigoureusement appliquées, la fréquence de la fièvre typhoïde, mais les ravages qu’elle produit dans la population s’élèvent encore à des chiffres exorbitants. Line statistique du Bureau d’hygiène du ministère de l’intérieur donne pour les grandes villes de France, au-dessus de 5000 habitants, soit environ le tiers de la population, le total effrayant de 55 625 décès par fièvre typhoïde dans une période de douze ans (1886 à 1898). Triplez le chiffre des décès pour arriver au chiffre total de la population et vous n’aurez pas moins de 150 000 morts, plus de 10000 par an. Et dans ce nombre ne sera pas comprise la statistique de l’armée qui pour un laps de temps égal ou à peu près (1888 à 1898), onze ans, donne près de 10000 décès (9878 exactement). Voyez quel bilan funeste, quelle horrible moisson de vies, amène l’invasion dans l’organisme de ce minuscule bacille. Ne croyez pas cette statistique lamentable spéciale à notre pays. Far-tout, à des degrés divers, à des taux plus ou moins élevés, la fièvre typhoïde exerce les mêmes ravages.
- Qu’a-t-on fait pour enrayer ce fléau? hélas! tout ce qu’on a pu. On a d’abord essayé d’alimenter les populations en eau pure, mais vous savez comment dans bien des cas les conditions d’eau pure sont remplies. Et puis, ce n’est qu’un moyen prévfentif. Guidé par la découverte
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- de la sérothérapie antidiphtérique un jeune et distingué professeur de notre Faculté, M. Chantemesse, chercha avec un de ses collègues, Widal, à préparer un sérum antityphoïde. Mais les injections faites à des malades ne donnèrent aucun résultat ; le sérum était préparé par l’immunisation des animaux avec les bacilles vivants ou morts, et cette méthode ne pouvait donner qu’un sérum préventif et non pas curatif. J’ai du reste1 parlé de ces recherches, de celles de Wright en Angleterre et des essais sur les soldats de l’armée des Indes, essais qui n’avaient pas été démonstratifs.
- Aujourd’hui, M. Chantemesse nous apporte une méthode thérapeutique nouvelle et qui permettra, on peut l’espérer d’après les premiers résultats, de combattre avec efficacité la terrible maladie. C’est un sérum, mais préparé avec la toxine produite par le bacille et dont les propriétés anti-infectieuses et anti-toxiques ont été démontrées au préalable par la méthode expérimentale. Ce sérum peut, dans le sens propre du mot, juguler la maladie, en faisant tomber la fièvre, arrêtant l’évolution de l’infection. Pour juger de sa valeur curative, il n’y a qu’à comparer la statistique générale des services où les malades sont traités par les procédés usuels, bains froids, lotions froides, quinine, etc. Les relevés donnent une moyenne de mortalité de 29 pour 100 chez les adultes, de 10 pour 100 chez les enfants ce qui correspond bien au chiffre de la statistique municipale (18 pour 100) qui englobe adultes et enfants.
- Or sur 50 cas traités dans son service, et 50 cas non triés sur le volet, à forme grave, quelques-uns avec des complications, M. Chantemesse n’a eu que 4 décès. Depuis cette première application de son sérum, il a traité par le même procédé 70 autres cas dans divers hôpitaux, Tenon, Lariboisière, Hôtel-Dieu, etc. Sur ce total de 100 cas il n’a eu que 6 morts. Tous les malades injectés avant le dixième jour ont guéri. Plus tard, l’injection arrête l’évolution, fait tomber la fièvre ; mais, au bout de quelques jours, il y a rechute et il faut recourir à une nouvelle injection.
- Les effets du sérum se produisent avec d’autant plus de netteté que l’injection est faite prématurément, avant que l’intoxication soit trop profonde. La céphalée diminue, le pouls se ralentit, tombe à 00, 55 pulsations ; la température s’abaisse, la réaction s’établit nette et franche et s’accuse par une polyurie marquée.
- La technique de la sérothérapie est des plus simples; comme pour toutes les injections il faut avoir soin de stériliser les instruments, de laver, nettoyer la peau. D’ordinaire Chantemesse fait l’injection à l’avant-bras; l’abondance du réseau veineux dans cette région facilite la rapidité d’absorption. Au début d’une maladie à allures simples, une dose de 10 à 12 centimètres cubes de sérum suffit; si, après huit à dix jours, la défervescence n’est pas complète, on a recours à une autre injection moindre ou égale, suivant les cas.
- L’injection sérothérapique supprime-t-elle tout autre traitement? Loin de là, Chantemesse recommande pour assurer le succès rapide et complet, la balnéation froide qui, si elle n’abrège pas, employée seule, la durée de la maladie, aide le patient à en faire les frais. Il faut d’autre part assurer l’élimination des produits toxiques, par une alimentation copieuse suivant l’expression imagée de Chantemesse, en eau de boisson, tisanes rafraîchissantes, limonade, eau pure ; il faut, par contre, éviter le lait qui est mal digéré à ce moment. Plus tard à cette
- 1 Les vaccinations contre la fièvre typhoïde Yoy. n° 1595, du 17 février 1900, p. 190.
- diète hydrique, on ajoutera alors le lait, et surtout le suc de viande crue exprimé à la presse.
- Le traitement est, on le voit, des plus simples; l’injection n’est ni douloureuse, ni dangereuse; on ne voit même pas les érythèmes étendus qu’on a signalés après les injections de sérum diphtérique. L’important c’est de ne pas attendre l’infection avancée ; pour le succès de la méthode il faut la sérothérapie précoce. La méthode d’examen du sang de Widal donne le diagnostic, à défaut des signes cliniques classiques. Il y a donc intérêt à faire vite et bien et il y a heu d’espérer que, puisque les moyens de défense prophylactique nous font toujours défaut, nous aurons dans la sérothérapie de Chantemesse un agent thérapeutique décisif contre une maladie qui nous coûte chaque année la fleur de la jeunesse française.
- Dr A. Cartaz.
- EXPOSITION DE L’ALCOOL
- ÉCLAIRAGE ET CHAUFFAGE
- Nous avons précédemment entretenu nos lecteurs1 des moteurs qui forment la lre classe des appareils exposés en novembre dernier au Grand Palais. Aujourd’hui nous allons les renseigner sur les appareils d’éclairage d’une part et les appareils de chauffage d’autre part. Les premiers ont été essayés au laboratoire de M. Couderchon, inspecteur de l’éclairage au gaz de la Ville de Paris, et les appareils de chauffage ont été expérimentés au Conservatoire des arts et métiers par MM. Grouvelle et Villard.
- Appareils d'éclairage. — Ces appareils étaient au catalogue du concours divisés en deux catégories : appareils à incandescence et appareils à flamme libre.
- La catégorie des appareils à incandescence qui utilisait soit l’alcool dénaturé pur, soit des alcools carburés, était sans contredit la plus importante et aussi la plus intéressante par le nombre considérable de modèles et de systèmes différents qui y figuraient. Les expériences faites par les spécialistes ces dernières années ont montré tout le parti qu’on pouvait tirer de la combustion de l’alcool à l’état gazeux combinée avec l’emploi d’un manchon genre Auer, rendu incandescent par la llamme d’un bec Bunsen.
- Dans une lampe à incandescence par l’alcool, qu’elle soit portative ou fixe, il est donc nécessaire de vaporiser l’alcool avant la combustion et c’est précisément la manière d’obtenir cette vaporisation qui a fait chercher les constructeurs. Les uns ont adopté l’emploi d’une petite veilleuse brûlant à l’intérieur du bec et chauffant une platine, d'autres ont obtenu la vaporisation par la chaleur même du bec incandescent transmise par une tige métallique jusqu’à une chambre de vaporisation.
- Nous ne pouvons pas dans cet article passer en revue tous les becs exposés, mais nous allons examiner avec quelques détails ceux qui ont obtenu les plus hautes récompenses aux concours officiels.
- Dans la galerie réservée aux stands des appareils d’éclairage l’attention du visiteur était attirée tout d’abord par l’exposition de la Société anonyme « La | 1 Yoy. n° 1489, du 7 décembre 1901, p. 7.
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- Continentale Nouvelle ». Lampes fixes, lampes mobiles, lampes suspensions, lustres, tout y était représenté. La Continentale Nouvelle a baptisé son appareil du nom de bec « Préféré » (lig. 1, n° 1) et la vaporisation est obtenue par l’emploi d’une mèche veilleuse qui ne dispense pas néanmoins de l’allumage par le haut du verre dès que l’alcool commence à s’échapper sous forme de vapeurs. La figure et la légende, placées en dessous, permettent de se rendre complètement compte du fonctionnement de ce système.
- Dans le même genre que la lampe précédente il faut citer le bec Régina qui comporte également une mèche veilleuse, cette veilleuse réglable à volonté permet d’éviter la surproduction du gaz et par suite diminue les chances d’échauffements anormaux du
- réservoir, le réglage de cette veilleuse permet également de faire varier l’intensité lumineuse du bec.
- La Société d’éclairage, de chaulfage et de force motrice par l’alcool, système Denayrouse, exposait ses appareils (fig. 1, n°2) dans un salon où la variété des dispositions attirait l’attention du public, déplus une lampe complètement démontée permettait d’étudier le système et de juger de sa construction. Pour l’allumage est disposé un petit brûleur surmonté d’une plaque d’argent destinée h rabattre la flamme à la partie supérieure des tubes alvéolaires (au nombre de deux ou plusieurs suivant l’importance de la lampe), la vapeur d’alcool se rend dans un Runsen à la base duquel un cône de réglage permet de faire varier à volonté la quantité d’alcool vaporisée et par suite l’intensité du manchon. Sur le côté et le dessus
- Fig. 1. Lampes à alcool. — 1. Bec « Préféré ». — 2. Bec Denayrouse. — 3. Bec llélios. A, allumeurs; B, Doutons de réglage; C, vaporiscurs; D, bec Bunsen.
- de celui-ci, une potence en cuivre rouge sert à chauffer par conductibilité la partie supérieure des tubes alvéolaires lorsque l’on a éteint l’allumeur devenu inutile.
- Parmi les autres lampes pour usage domestique qui ne comportent pas de veilleuse, il convient de citer celle exposée par MM. A. Descamps et Cie très réduite de hauteur et s’allumant avec l’allumage portatif bien connu du bec Auer, le bec Landi, etc.
- Le bec Hélios de la Compagnie générale de l’alcool (lig. 1, n° 3) se caractérise par un brûleur d’allumage alimenté momentanément par une poire en caoutchouc faisant pression sur l’acool pour l’amorçage. Lorsque la vaporisation est commencée, le bec à incandescence s’allume de lui-même et le brûleur d’allumage s’éteint automatiquement.
- Parmi les lampes à grandes puissances destinées à des usages extérieurs il faut citer la lampe de la Compagnie La Washington (système Kornfeld)
- (fig. 2, n° 2), qui comporte un réservoir indépendant relié à la lampe par une canalisation flexible de petit diamètre. Dans ce réservoir s’exerce une pression qui atteint 2 kilogrammes, permettant d’employer soit l’alcool pur, soit l’acool carburé. Un vaporisateur chauffé préalablement pour l’allumage alimente un brûleur Bunsen sous un manchon à incandescence. Les essais de consommation ont indiqué pour une puissance de 634 bougies une consommation de 230 grammes d’alcool carburé par heure.
- La lampe suspendue « Monopol » (fig. 2, n° 1) comporte un réservoir annulaire d’alcool en charge de disposition analogue à celle déjà employée pour le pétrole. L’alcool monte au moyen de mèches d’amiante dans un gazéificateur démontable placé à la partie supérieure, la vapeur redescend par deux tubes sous le brûleur du manchon à incandescence. Pour l’allumage un robinet spécial permet de faire écouler une petite quantité d’alcool dans une coupelle d’allumage où il
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- est enilammé par un allumoir à main qu’on présente à l’entrée d’un orifice en forme d’entonnoir qui peut être fermé ensuite au moyen d’un clapet.
- Dans la catégorie des appareils à flamme libre utilisant l’alcool carburé il convient de citer en première ligne la Société française de l’AIkolumine dont la lampe d’intérieur utilise un alcool'spécial
- carburé à 35 pour 100. Cette lampe est un appareil à flamme libre avec verre et mèche tout à fait analogue aux lampes à pétrole.
- Appareils de chauffage. — Il résulte des expériences faites par le Jury qu’un litre d’alcool pur équivaut pour le chauffage sensiblement à 1 m5 de gaz d’éclairage, par conséquent pour que la lutte soit possible, il faut arriver à vendre le litre d’alcool pour les usages domestiques à un prix ne dépassant pas en aucun cas 30 centimes.
- Les appareils qui ont été les plus remarqués par le Jury des récompenses sont les suivants :
- La Société La Continentale Nouvelle et MM. Descamps et Cie ont exposé respectivement un poêle à feu visible et des réchauds à mèches fonctionnant à l’alcool pur, et dont le système général est analogue à celui décrit pour les appareils d’éclairage.
- La Société des fourneaux-calorifères Polo construit des réchauds à vaporisation par une veilleuse sur la mèche même qui amène l’alcool, la combustion y a lieu dans une couronne alimentée par un bec Bunsen et la partie de la mèche qui sert à l’allumage s’éteint au moyen d’un petit obturateur manœuvré à la main.
- MM. Fouilloud et Cie ont exposé des réchauds à plusieurs branches, des réchauds de cuisine, des lampes à braser et à souder alimentées en pression soit par un réservoir indépendant, soit par un réservoir faisant corps avec la lampe. Dans ces appareils la récupération est assurée par des manchons métalliques spéciaux.
- M. Barbier avait exposé un ingénieux réchaud
- (fig. 3) tout en fonte qui semble très pratique pour les usages domestiques. Il l’a appelé à juste titre « Le Réglable ». M. Prévoteau ainsi que la maison des lampes bien connues du système Pigeon ont présenté des appareils à alcool analogues à leurs appareils à essence minérale.
- En ce qui concerne les appareils du ménage il convient de signaler les fers à repasser de MM. Winterberger, les différents appareils employant P alcool solidifié et la chaufferette « La Merveilleuse ».
- Les constructeurs allemands étaient très brillamment représentés à l’Exposition par la distillerie de la Couronne et de la Compagnie générale de l’alcool qui exposaient des appareils de toutes sortes à l’alcool pur, à l’alcool carburé ou à l’alcool solidifié. Tous ces appareils : fourneaux de cuisine, poêles, fours, réchauds, fer à repasser, appareils industriels formaient un ensemble très complet et fort intéressant.
- En dehors des appareils spéciaux de chauffage et d’éclairage dont nous venons de parler il convient de citer le système présenté par M. Brangier au nom du syndicat de l’alcoolène.
- Il s’agit ici d’un véritable gazogène, c’est-à-dire d’un appareil produisant de l’air carburé au moyen d’un alcool spécial éthérifié. L’appareil producteur se compose de tonneaux remplis de matière poreuse très absorbante imprégnée d’alcoolène. Par un système très simple on y fait passer de l’air à la pression voulue et on a ainsi dans la canalisation du gaz
- Fig. 3. — Réchaud « Le Réglable » ; en cartouche, coupe du "brûleur-vaporiseur.
- utilisable : bec simple, bec Auer, bec Bunsen, réchauds de cuisine, cheminée à gaz, chauffe-bains, etc. En résumé, nous ne doutons pas que l’emploi de celui-ci ne se développe très rapidement, pour les usages domestiques. Lucien Périsse,
- Ingénieur des arts et manufactures.
- Fig. 2- — 1. Lampe Monopole. — 2. Lampe Washington. — A, vaporiseurs;
- B, robinets de réglage; E, manchon; R, réservoirs d’alcool; W, orifice d’allumage.
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- LA NAITRE.
- TROISIÈME CONGRÈS INTERNATIONAL
- DF, DÉFENSE CONTRE LA GRÊLE
- Les (leux premiers Congrès internationaux de défense contre la grêle ont eu lieu en Italie : l’un à Casale, en 1899, l’autre à Padoue, en 1900, avec les nombres respectifs de 560 et 1600 adhérents. Le troisième, habilement organisé et présidé par M. Burelle, président de la Société régionale de viticulture, s’est tenu à Lyon, les 15, 16 et 17 novembre 1901, et il a réuni 1950 Congressistes, venus de tous les principaux pays viticoles de l’Europe. Vingt-cinq rapporteurs ordinaires et deux rapporteurs généraux ont successivement pris la parole. Les deux rapporteurs généraux, chargés de conclure, étaient : M. Roberto, recteur des études de la province d’Alexandrie, pour l’Italie et M. Plumandon, météorologiste à l’Observatoire du Puy-de-Dome, pour l’ensemble des pays représentés au Congrès.
- Après avoir entendu les Rapports sur les résultats obtenus en Autriche, en Hongrie, en Italie, en France, en Espagne, en Suisse et en Russie, le Congrès a décidé que la Défense contre la grêle mérite l’attention et l’étude des savants, la confiance et les espérances des agriculteurs. Il a ensuite conseillé de ne pratiquer que des installations complètes, sans solutions de continuité, sur des territoires de notable étendue et de ne confier les tirs qu’à un personnel discipliné, sûr et dévoué. Enfin, après avoir déclaré que le concours des services météorologiques avait une haute importance, mais qu’il était actuellement insuffisant et qu’il avait besoin d’être plus développé, le Congrès a nommé un Comité chargé de continuer son œuvre et de fixer le lieu et la date du 4e Congrès international.
- Les résolutions du Congrès de Lyon concordant, en somme, avec les conclusions formulées parM. Plumandon, notre collaborateur, qui était chargé du Rapport général, nous reproduisons ci-dessous les conclusions textuelles de ce rapport.
- En résumé, parmi les faits invoqués en faveur de l’efficacité du tir des canons, il y en a qui ne prouvent rien, d’autres qui sont défavorables, et il ne s’en trouve que quelques-uns qui peuvent servir de fondement à l’hypothèse d’une action protectrice. C’est déjà beaucoup dans une pareille tentative. Les personnes trop enthousiastes, qui ont cru à la suppression prompte et radicale de la grêle seront certainement déçues, comme on l’est toujours quand on escompte trop haut le succès d’une entreprise. Mais les esprits modérés seront satisfaits par cette seule idée que la lutte contre la grêle n’est pas absolument impossible.
- D’ailleurs un grand élan a été donné. L’enthousiasme, qui a pris naissance en Italie, gagne la France. 11 reste à savoir le diriger, à le régler sans l’amoindrir, afin de le rendre utile et profitable. Pour cela, il faut d’abord bien se convaincre que dans toutes les expériences qui ont pour but d’agir sur la nature, le temps est un facteur de la plus sérieuse importance. Vouloir aller trop vite, imprudemment et sans méthode, c’est courir à un échec. Beaucoup d’argent, une somme immense de bonne volonté et d’efforts seraient perdus si l’on se laissait aller inconsidérément au désir bien naturel, mais trop humain et souvent illusoire, de triompher sans le moindre retard.
- Quand on a étudié sérieusement les orages dans leurs causes et dans leurs effets, avec tous les documents né-
- cessaires; quand on a pu se rendre compte de la gram deur et de la généralité des forces qui les produisent et qui règlent leur marche ; lorsqu’on sait l’immense énergie qu’ils développent, il semble difficile, presque impossible, surtout après les expériences qui ont été faites par MM. Pernter et Trabert, Gastine et Vermorel, d’admettre que les vibrations sonores produites par les canons, les fusées, les pétards, etc., pas plus que les tourbillons annulaires lancés par les canons, aient une puissance mécanique suffisante pour anéantir de si terribles phénomènes ou pour restreindre leur force de destruction. Et cependant M. Roberto, dont la haute valeur scientifique est bien connue, croit pouvoir en démontrer la possibilité.
- . Mais dans cette question, l’explication de l'efficacité n’est pas le point capital. Que cette efficacité soit le résultat d’une influence encore mystérieuse, électrique peut-être, à moins qu’elle ne soit autre chose ; que la science actuelle puisse, ou non, expliquer cette influence, ne nous en occupons pas pour le momenl. Au point de vue pratique, ce qu’il importe avant tout d’établir, d’une manière évidente, le plus promptement possible, c’est que le tir du canon protège bien réellement les récoltes contre la grêle. Une fois le fait prouvé, on l’expliquera si l’on peut, mais on en profitera d’abord, et c’est l’avantage essentiel qu’il faut viser pour le moment. Il est donc nécessaire, à cause du manque de faits scientifiquement probants, ou, si l’on veut, pour ménager de justes susceptibilités; en raison du nombre encore insuffisant de faits il est nécessaire de pratiquer de nouvelles expériences, et je suis heureux de constater que sur ce point je me trouve en conformité d’opinion avec tous ou presque tous les rapporteurs qui m’ont précédé. Ces expériences pourront être décisives à bref délai, et dans tous les cas elles le deviendront au bout d’un temps plus ou moins court, si l’on suit autant que possible les principes des méthodes scientifiques, et si l’on n’admet aucun fait, aucun résultat, et surtout aucune conclusion, sans les avoir soumis à une critique rigoureuse.
- Je me garderai bien de donner le moindre conseil pour ce qui concerne la partie technique des tirs. Sous, ce rapport, j’aurais tout à apprendre des personnes qui les ont organisés et dirigés avec tant de compétence. Mais je prendrai la liberté de vous soumettre quelques idées qui m’ont été suggérées par mes longues études sur les orages. Une des premières conditions à remplir sera de créer, dans les régions choisies pour les expériences définitives, un service parfait d’observations météorologiques, avec la collaboration bien effective du Bureau central et des Commissions météorologiques. En mettant hors de doute l’exactitude de ces observations, elles seront d’autant plus utiles que les stations seront plus nombreuses. Il en faudrait une dans chaque commune, sur une superficie totale qui devrait être égale au moins à celle d’un département, afin de pouvoir suivre quelques orages depuis leur éclosion jusqu’à leur extinction. Comme un simple particulier ne peut guère connaître d’une manière exacte que ce qui se passe dans un petit rayon autour de lui, il serait bon que ces stations pussent fonctionner sous la direction et le contrôle de la mairie. Elles arriveraient alors sans peine à fournir des renseignements précis, complets et bien authentiques sur les faits constatés dans toute l’étendue de la commune en ce qui concerne les orages. L’extrême intérêt pratique que comporte la question de la grêle assurera certainement le concours zélé de chaque municipalité.
- Il y aura ensuite à régler la disposition des canons sur
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- le territoire à protéger. Évidemment, si les canons avaient une influence protectrice sûre et indiscutée, il n’y aurait qu’à en installer d’abord le plus grand nombre possible, en se réglant surtout d’après les résultats pécuniaires. Mais il ne faut pas perdre de vue que l’efficacité des tirs est loin d’être démontrée pour tout le monde, et qu’il s’agit précisément de la prouver à tous. En France, dès l’année dernière, deux organisations communales particulièrement intéressantes ont été faites : 1° à Denicé (par MM. Guinaud et Blanc), où 52 canons ont été disposés à 500 mètres environ les uns des autres, de façon à former une défense régulière sur toute la surface de la commune dont la forme est à peu près celle d’un rectangle deux fois plus long que large; 2° àSaint-Gengoux-le-National et Burnand, où l’on a cherché à placer les canons suivant les trajectoires ordinaires des orages. Dans le Nord de l’Italie, un certain nombre d’installations ont été faites d’après les mêmes principes qui sont excellents. Mais on peut améliorer ces deux types d'organisation par des dispositions complémentaires.
- Le type de Denicé, par exemple, aurait besoin d’être développé, et il serait avantageux d’organiser une défense régulière et sans discontinuité sur un territoire suffisamment vaste par rapport aux surfaces couvertes par les orages, en y comprenant un groupe aussi nombreux que possible de communes contiguës. C’est ce qu’a déjà fait M. Chatillon dans la région de Beaujolais, en créant 18 champs de tir qui comptent 540 canons et qui couvrent une surface de 10000 hectares. On choisirait en outre d’autres groupes communaux, sans canons, mais présentant à peu près les mêmes conditions culturales et topographiques que les précédents, et l’on verrait par une simple comparaison si les orages se sont comportés différemment, en général, dans les deux espèces de groupes. Cela n’empêcherait pas, bien entendu, de faire les constatations ordinaires.
- Le type de Saint-Gengoux se prête à une modification encore plus intéressante. Supposons qu’on veuille en faire l’application dans le département du Rhône qui conviendrait parfaitement en raison de sa situation géographique, de sa topographie, des graves dommages qu’il subit chaque année, et aussi à cause de l’importance des champs de tir qui y existent déjà. Dans ce département, comme dans bien d’autres, les orages marchent ordinairement du_ sud-ouest au nord-est. Si l’on organise la défense en multipliant les canons dans cette direction, et par suite en restreignant leur nombre dans les autres sens, le peu de largeur habituel des orages fera que ces orages passeront presque toujours soit à droite, soit à gauche de la défense; ils l’effleureront quelquefois; rarement ils l’atteindront d’une manière complète. L’action des canons sera donc fort difficile à interpréter, et l’on sera souvent exposé à des illusions fâcheuses, sources d’erreurs qui nuiront profondément à la valeur des expériences. On évitera ces graves inconvénients en développant, au contraire, la défense suivant une longue hande de territoire qui devra être perpendiculaire au sens ordinaire de la progression des orages. Cette hande, pourra être aussi large que l’on voudra, mais il faudra surtout qu’elle soit longue, afin qu’une bonne partie des orages soient obligés de la couper. On obtiendra ainsi de bonnes comparaisons entre les effets que les orages y produiront, et ceux qu’ils auront déterminés avant d’avoir rencontré les canons et après les avoir franchis.
- Bien des perfectionnements seront encore apportés dans la défense des récoltes contre la grêle par les per-
- sonnes expérimentées qui ont dirigé les tentatives antérieures. Mais il est une faute qu’on devra éviter avec soin : celle qui résulterait de la dissémination des moyens d’action. Il serait puéril et mauvais de multiplier les organisations incomplètes qui ne serviraient à rien, et qui conduiraient vite au découragement. Pour le moment, tous les efforts doivent concourir à un seul but : établir d’une manière irréfragable l’efficacité des canons contre la grêle. Pour cela, il faut accumuler les faits authentiques qui peuvent en fournir la preuve. L’enthousiasme que vous avez montré m’a fait voir qu’il n’est pas nécessaire de vous souhaiter du courage. A l’œuvre donc, et espérons la victoire ! J.-R. Pldmandqn.
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy-de-Dôme.
- LA YIE AUX GRANDES ALTITUDES
- ET TES ASCENSIONS SCIENTIFIQUES
- Au fur et à mesure que nous nous élevons dans l’atmosphère la pression barométrique diminue ; l’air se raréfie naturellement et s’appauvrit en oxygène. Notre organisme se trouve alors placé dans des conditions plus défavorables, auxquelles il n’est pas habitué, et ces modifications du milieu occasionnent, dans les ascensions de montagne, lorsqu’on atteint des altitudes de 3 à 4000 mètres un malaise spécial qu’on appelle le « mal des montagnes ». Ces accidents se produisent également enballon, mais à une altitude plus élevée, parce que là, nous sommes transportés à une grande hauteur sans avoir à accomplir aucun effort musculaire. Mais ce n’est généralement que d’une façon passagère et accidentelle que l’homme et les animaux atteignent dans les montagnes de si hautes altitudes. Il est pourtant des pays, comme les hauts plateaux de l’Amérique du Sud, où des populations nombreuses vivent à des altitudes voisines de celle du Mont-Blanc. Or, bêtes et gens s’y trouvent en parfaite santé.
- Comment l’organisme s’adapte-t-il à ces conditions physiques du milieu, si différentes de ce qu’elles sont dans la plaine? C’est à quoi, depuis longtemps, les physiologistes ont cherché à répondre. La question est intéressante non seulement au point de vue de nos connaissances des lois biologiques, mais même au point de vue des bénéfices pratiques que nous pouvons en tirer, et qui découlent toujours, nécessairement, un peu plus tôt ou un peu plus tard, des recherches les plus spéculatives en apparence. Il importe de savoir comment on peut lutter contre le mal des montagnes, aider l’organisme à s’adapter à la vie des hauteurs, sur les montagnes, sur les plateaux, et même ... en ballon, puisqu’on nous fait espérer que, dans un avenir plus ou moins rapproché, nous pourrons voyager à travers l’air. Pour expliquer l’adaptation de l’organisme à vivre dans un air raréfié, il est permis de faire deux suppositions : l’organisme peut respirer plus vite, ce qui est une fatigue et un état vraiment maladif qui ne peut persister longtemps sans danger; mais il peut aussi, dans le même volume d’air qui passe
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- par ses poumons, absorber une quantité d’oxygène plus grande. Or, les observations de Paul Bert, de Regnard, de Jourdanet ont montré que dans les régions très élevées, l’homme ne respire pas plus vite, et que la quantité d’air introduite dans ses poumons est sensiblement la meme que dans la plaine. Ce qui a changé, ce sont les échanges gazeux entre l’air des poumons et l’air contenu dans le sang. Aux altitudes élevées, le sang est capable de prendre à l’air, contenu dans le poumon, une quantité d’oxygène plus grande. Comme le disent les physiologistes, la capacité respiratoire du sang a augmenté. L’organisme peut utiliser ainsi, dans le même temps, une quantité d’oxygène sensiblement égale à celle qu’il utilisait dans la plaine, ce qui était à obtenir pour le bon équilibre de nos fonctions. Les résultats de ces expériences reçu-ren t une confirmation très intéressante dans les observations de Viault qui, en 1890, montra que les habitants des hauts plateaux de l’Amérique du Sud avaient un sang beaucoup plus riche en globules rouges que les habitants de la plaine. Le nombre des globules rouges augmente aussi chez les habitants de la plaine, lorsqu’ils montent sur les plateaux.
- Comme c’est grâce aux globules rouges qu’il contient, et à leur hémoglobine, que le sang peut fixer l’oxygène, ce serait ainsi, en augmentant le nombre de ses globules dans un même volume de sang, que l’organisme lutterait contre les difficultés de l’oxygénation.
- Mais comment cette adaptation se fait-elle ? Est-ce rapidement? Quand on s’élève dans les montagnes, les modifications des échanges respiratoires et du sang se produisent rapidement. Mais l’ascension est lente et pénible, elle exige un travail musculaire considérable. Aussi, depuis longtemps, les physiologistes ont-ils pensé que peut-être on pourrait saisir sur le vif le mécanisme de cette adaptation en s’élevant rapidement en ballon, sans fatigue, à une grande hauteur. C’est ce qui vient d’être tenté à Paris, tout récemment, grâce aux efforts persévé-
- rants d’un médecin de Monte-Carlo, M. le Dr Gugliel-minetti, qui avait déjà organisé en août dernier, à Zurich, des ascensions au cours desquelles M. Gaule trouva chez trois personnes une augmentation rapide du nombre des globules rouges. M. Guglielminetti vint à Paris, centre des études d’aérostation, et s’offrit à mettre les physiologistes en rapport avec les aéronautes. C’est de cette façon que s’organisa une expédition scientifique sous le patronage de quelques savants : M. Chauveau, membre de l’Institut, professeur au Muséum d’histoire naturelle, qui s’est occupé tout spécialement de la question des
- échanges respiratoires et dans le laboratoire duquel M. Tissot est depuis des années rompu à la technique délicate des analyses de gaz qu’il a contribué à faire progresser; M. Dastre,professeur de physiologie à la Sorbonne : le successeur de Paul Bert; M. Malassez, directeur du laboratoire d’histologie du Collège de France, à qui on doit la découverte des méthodes de numération des globules du sang, et M. Hé-nocque, directeur du laboratoire de physique biologique de l’École pratique des Hautes-Étude s, membre de la Commission scientifique de l’Aéro-Club.
- Grâce au concours de l’Aéro-Club qui offrit à l’expédition ses ballons et ses pilotes, grâce au Conseil municipal de Paris qui lui accorda une subvention, grâce encore à la générosité de quelques personnes, comme M. Deutsch, comme M. Bacon, de l’Aéronautic-CIub, ces expériences, que les ressources limitées des laboratoires n’auraient pas permises, purent être effectuées.
- Trois ballons de l’Aéro-Club, YÉros, le Centaure et le Titan, partirent du jardin des Tuileries le 21 novembre. Un quatrième ballon, le Quo Vadis, piloté par M. Bacon, était parti la veille de Rueil, portant MM. Calugareanu et Henri, du laboratoire de M. Dastre, qui emmenaient avec eux trois chiens dont ils devaient examiner le sang. Des trois ballons des Tuileries, YÉros partit le premier, piloté par M. Castillon de Saint-Victor et portant MM. Hallion
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- et Tissot. C’étaient ces physiologistes qui avaient à réaliser le programme le plus compliqué. Ce n’est pas, en effet, une petite affaire que d’emporter dans un simple panier d’osier non seulement des animaux, mais surtout l’instrumentation nécessaire pour recueillir, dans des conditions convenables, les gaz de l’expiration et des quantités de sang suffisantes pour en extraire plus tard les gaz. Aussi, la nacelle de ÏÉros ressemblait-elle à un laboratoire improvisé, surchargé d’appareils et d’instruments. Le Centaure partit ensuite, piloté par M. de La Vaulx, et emportant M. Portier, du laboratoire de
- M. üastre et M. Raymond, du laboratoire de M. Hé-nocque, qui se proposaient d’examiner sur eux-mémes les modifications de la richesse du sang en hémoglobine avec l’emploi des méthodes spectroscopiques. Enfin, le Titan s’éleva le dernier, conduit par M. Maurice Farman et emportant MM. Jolly et Ronnier. M. Jolly, du laboratoire de M. Malassez, devait faire l’examen microscopique du sang de son compagnon de voyage et M. Bonnier se proposait de faire des recherches sur la question du vertige, en étudiant la manière dont notre oreille qui est non seulement un organe de l’audition, mais encore un organe de l’équilibration, parvient h s’accommoder à la diminution de la pression barométrique. Les observations de ce physiologiste lui ont montré que l’oreille ne s’accommodait que lentement à une grande variation d’altitude, d’où l’explication d’un certain nombre des symptômes du mal des hauteurs. Tous ces ballons, poussés par un vent d’ouest à la vitesse de GO kilomètres à l’heure, s’élevèrent à
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- Fig. 2. — Le Centaure prêt à partir.
- des altitudes de 5500 à 4500 mètres et atterrirent dans de très bonnes conditions aux environs de Troyes et d’Arcis-sur-x\ube. Les expérimentateurs purent regagner dans la nuit leurs laboratoires et se mettre au travail dès le lendemain matin, certains, la nuit même. Leurs résultats, apportés à la Société de Biologie, sont déjà très intéressants et justifient complètement les frais et les efforts nécessités par cette expédition *. MM. Ilallion et Tissot ont trouvé que la quantité d’air introduite dans les poumons reste à peu près la même pendant l’ascension,
- 1 Nous apprenons que le Quo Yadis a fait une deuxième ascension, piloté par M, Bacon, et emportant MM. Bensaude et Du Pasquier.
- quand on la mesure à la pression barométrique et à la température du milieu dans lequel le sujet respire. Mais, au fur et à mesure qu’on s’élève,, pour un même volume d’air la proportion d’oxygène absorbée et d’acide carbonique exhalée s’accroît. Ce fait indique que le sang trouvant dans l’air l’oxygène à une tension de plus en plus faible, il doit, pour maintenir constante la provision qui lui est nécessaire, en prendre, à un même volume d’air, une proportion de plus en plus forte. La quantité d’oxygène contenue dans le sang augmente avec l’altitude. Le sang, qui contenait au niveau du sol 15 cm3,5 d’oxygène pour 100 cm3, en contenait 19 cm3,17 à 3500 mètres et ce chiffre retombait à 15,7 à la hauteur de 800 mètres à la
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- descente. MM. Jolly, Henri et Calugareanu ont constaté l'augmentation du nombre des globules rouges du sang, chez le chien et chez l’homme, et, de même que MM. Portier et Reymond, l’augmentation de l’hémoglobine. Tout revient à l’état normal en descendant. L’adaptation se fait donc avec une rapidité étonnante. Si l’organisme s’adapte ainsi aussitôt aux nouvelles conditions du milieu, ce n’est pas parce qu’il absorbe plus d’air, mais parce qu’il utilise mieux l’air qu’on lui donne, parce que son sang a un pouvoir plus grand de fixer l’oxygène; si un même volume de sang contient alors plus d’oxygène, c’est probablement grâce à l’augmentation du nombre des globules rouges constatée par ces observateurs, augmentation qui multiplie les surfaces d’échange. Mais quel est le mécanisme de cette augmentation? Tient-elle à une concentration du sang, ou à une néoformation de globules, ou à quelque autre cause? On ne le sait pas encore. Lorsque le sang se répare, après une hémorragie par exemple, on voit apparaître dans le sang des cellules spéciales qui sont de jeunes globules rouges nouvellement formés. M. Gaule aurait vu affluer au sang ces cellules, ces jeunes globules, pendant l’ascension en ballon. Mais M. Jolly qui les a spécialement recherchés, n’en a pas trouvé dans ses préparations. Ce fait, qui semblait devoir trancher la question, attend donc encore sa confirmation. I)e nouvelles expériences sont nécessaires. C’est du reste à cette conclusion que sont arrivés tous les membres de cette expédition.
- Il est donc à souhaiter que les physiologistes qui ont pris part à ces travaux puissent au printemps retrouver les mêmes généreux concours et continuer leurs observations. D’ici là, ils auront imaginé de nouvelles expériences, et ils pourront peut-être nous donner, sur cette question, une réponse définitive. Dr Lugol.
- RÉVEILLON ET CAPACITÉ STOMACALE
- Dans la nuit qui précède la Noël, il est de coutume, en France et dans de nombreux pays, de se livrer à des débauches gastronomiques. Passe encore lorsqu’on se contente de déguster quelques mets délicats et de chercher plutôt le plaisir dans la bonne gaieté qui accompagne le repas; mais que dire de ce qui se passe dans les campagnes? Là, on se croirait deshonoré si l’on ne se distendait l’estomac à le faire éclater.
- Et que dire de ce qui se passe chez certaines peuplades? M. Charles Letourneau donne, à ce sujet, d’intéressants détails dans un travail qu’il vient de faire paraître sur la « Psychologie ethnique i)1.
- Ainsi, un jeune Esquimau mangea, en vingt-quatre heures, huit livres et demie de chair de phoque, en partie crue et gelée, en partie cuite, et, en outre, une livre et deux onces de pain. Il y ajouta une pinte et demie d’une soupe très épaisse et arrosa le tout avec trois verres^à vin de genièvre, un grand verre de grog et cinq
- 1 Schleicher, édit.
- pintes d’eau. Dans une autre occasion, des Esquimaux ingurgitèrent chacun, dans une manière de goûter, quatorze livres de saumon cru. Le capitaine Ross rapporte encore un autre fait du même genre. Un jour, ayant abandonné à une petite troupe d’Esquimaux un bœuf musqué tué par les Anglais, il put assister à une véritable orgie stomacale. Les indigènes débitèrent la chair de toute la moitié antérieure de l’animal en longues lanières, qu’ils consommèrent toutes, en s’y appliquant pendant une journée entière. Les lanières de viande passaient d’un convive à l’autre, en se raccourcissant rapidement. Chacun des commensaux s’en fourrait un bout dans la bouche aussi avant que possible, puis coupait la bandelette de chair à la hauteur de son nez, en aspirant, en quelque sorte, la précieuse viande. De temps à autre et n’en pouvant plus, les Esquimaux reprenaient haleine et se laissaient tomber sur le lit de leur iglou, en se lamentant de ne pouvoir plus manger ; puis, aussitôt que la chose leur était possible, ils recommençaient à déglutir; car ils avaient eu soin, pendant leur courte défaillance, de ne lâcher ni le morceau entamé ni leur couteau.
- A bon droit, le capitaine Ross compare l’Esquimau à un animal de proie, dont la principale jouissance est de manger et de manger encore. On n’en saurait douter, quand on a lu la description d’un repas d’Esquimau, bien souvent citée et que nous devons au capitaine Lyon : « Koulittuck me fit connaître un nouveau genre d’orgie des Esquimaux. Il avait mangé jusqu’à en être ivre et, à chaque moment, il s’endormait, le visage rouge et brûlant, la bouche ouverte. A côté de lui, était assise Arna-loua, qui surveillait son époux, pour lui enfoncer, autant que faire se pouvait, dans la bouche et en s’aidant de son index, un gros morceau de viande à moitié bouillie. Quand la bouche était pleine, elle rognait ce qui dépassait les lèvres. Lui mâchait lentement , et à peine un petit vide s’était-il fait sentir qu’il était rempli par un morceau de graisse crue. Durant cette opération, l’heureux homme restait immobile, ne remuant que les mâchoires et n’ouvrant même pas les yeux ; mais il témoignait de temps à autre son extrême satisfaction par un grognement très expressif. La graisse de ce savoureux repas ruisselait en telle abondance sur son visage et sur son cou que je pus me convaincre qu’un homme se rapproche plus de la brute en mangeant trop qu’en buvant avec excès. »
- L'Esquimau d’Asie ressemble à son frère d’Amérique. Au 180e parallèle, les Tchoutches de la province un peu russifiée de l’Anadyr sont tout aussi voraces que les Esquimaux d’Amérique. On a vu chez eux une famille de huit personnes, dont deux enfants, engloutir dans un déjeuner un poude (16 kg) de poisson et l’arroser de thé, dont un vieillard but quatorze verres.
- Ces Esquimaux ne sont pas seulement voraces : ils sont aussi très avides de boissons enivrantes. Ils ne semblent pas connaître YAgaricus muscarius, avec lequel leurs congénères plus méridionaux du Kamtchatka savent fabriquer une macération, qui procure du délire et des convulsions; mais ils sont toujours prêts à donner tout ce qu’ils possèdent pour de l’alcool. Habitant une région relativement moins inclémente, les Kamtchadales, qui, par tant de traits, ressemblent aux Tchoutches, sont cependant un peu moins primitifs. Ils ne se bornent plus à chasser le renne; ils l’ont domestiqué; mais ils ne le cèdent guère aux Tchoutches de l’Anadyr en gloutonnerie. Leurs festins en fournissent une preuve éclatante.
- Pour l’habitant des régions arctiques, les deux grands maux de l’existence sont le froid et la faim. Aussi la
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- politesse Kamtchadale exige-t-elle, que, si l’on invite quelqu’un à un repas, l’abondance soit excessive et la température de Voslrog assez élevée pour devenir insupportable. Dans ces conditions, l’amphitryon ne mange rien et attend patiemment que son convive rassasié demande grâce, et c’est quelquefois long. L’invité s’empiffre vaillamment, largement, autant qu’il peut, et ruisselle de sueur; mais pourtant il ne s’avoue vaincu qu’à la dernière extrémité, et alors, avant de se retirer, l’usage veut qu’il fasse à son hôte un cadeau convenable. Nous n’en sommes pas là, Dieu merci, dans nos réveillons modernes. Victor de Clèves.
- LES MICROBES FOSSILES
- ET LA. FORMATION DE I.A HOUILLE
- C’est vraiment une belle œuvre que M. Renault, du Muséum d’histoire naturelle de Paris, est sur le point d’achever après y avoir travaillé sans désemparer pendant plus de vingt ans. Glorieuse pour lui, elle ne l’est pas moins pour la France, car, à l’étranger, pas un seul savant n’a rien tenté d’analogue, ce qui, d’ailleurs, étant donné la difficulté de la question, n’a rien d’étonnant. Il ne s’agit de rien moins que de la connaissance des microbes qui ont vécu dans les temps géologiques, c’est-à-dire il y a des milliards de milliards d’années, notamment ceux qui, transformant les substances végétales, ont donné la houille, l’anthracite et les autres combustibles minéraux. Or, des microbes, on pourrait dire ce que l’on chante dans Uip : « c’est un rien, un souffle, un rien.... » Ce sont de petits organismes microscopiques sans peau, ni os, que l’on a déjà toutes les peines d’étudier quand ils sont vivants.
- Les rechercher à l’état fossile semble donc une aberration, car bien des plantes et bien des animaux plus « solides » qu’eux ont disparu complètement ou en nelaissant que des traces infimes. Mais M. Renault a voulu montrer, une fois de plus, que le mot « impossible » n’est pas français : il s’est si bien attelé à la solution du problème1, que bientôt ce fut un jeu pour lui de trouver ces fossiles et de les caractériser suffisamment pour leur donner un nom.
- Pour cette étude, la technique est simple, quoique pénible. On prend de petits morceaux de houille, là où le « flair » de l’observateur indique qu’il doit y avoir des bataillons de bactéries, et on les use à la meule d’émeri de manière à obtenir des plaques infiniment minces et, par suite, transparentes. Ces lames minces sont examinées sous le microscope où, dès lors, on peut étudier les moindres détails de leur structure. Là, au milieu de débris végétaux, on aperçoit de petits corps arrondis ou ovoïdes. Ce sont des microbes, ainsi que l’indique, par place, leur disposition en chapelets ou d’autres particularités indiquées dans les traités de microbiologie. N’allez pas croire que cela est clair comme de l’eau de roche! Je gagerai bien que
- 1 Bulletin de la Société de l'Industrie minérale, 1900.
- si vous regardiez ces préparations, vous n’y verriez rien du tout ! Mais avec de l’habileté et, surtout, de la pratique, on finit par voir ces microbes aussi bien que s’ils sortaient d’un tube de culture de l’Institut Pasteur. En choisissant les bonnes préparations, on peut même « tirer leur ressemblance », ce dont M. Renault ne s’est pas privé pour le plus grand bien des profanes.
- Cette étude des microbes fossiles n’a pas seulement pour but de montrer des « petites machines rondes » sous le microscope. Elle a une portée plus haute en nous faisant assister en quelque sorte à la genèse de la houille, cette matière si précieuse dont l’origine est si mal connue, et des autres combustibles minéraux, dont le mode de formation est rempli de mystères.
- On sait qu’on donne le nom de « Lignite » à des charbons où l’origine végétable apparaît facilement en raison de la présence dans leur masse de bois simplement noirci, de graines assez bien conservées, etc. Ce sont, en somme, comme apparence, des charbons de bois fossiles. L’étude des microbes qui y ont vécu dans le temps amène à conclure qu’elles se sont formées dans des eaux peu profondes, marécageuses, stagnantes : à côté d’eux, d'ailleurs, on trouve des débris d’infusoires, — les premiers dont on signale la présence à l’état fossile,
- — qui ne laissent aucun doute à cet égard. Dans la matière fondamentale des lignites, les bactéries existent en abondance ; mais leur faible diamètre (environ quatre dix-millièmes de millimètre) les rend fort difficiles à distinguer, mais, — ce dont on ne se serait pas douté si l’on ne s’était avisé de les regarder, — ils sont beaucoup plus apparents que beaucoup d’autres débris végétaux. La matière fondamentale qui réunit les organismes a joui d’une certaine fluidité puisqu’elle les a moulés et quelquefois pénétrés ; elle paraît due au travail d’un microbe, le micrococcus lignitum. On remarque souvent que tous les tissus des plantes sauf les cuticules,
- — c’est-à-dire les minces membranes qui les revê- * tent extérieurement, — ont disparu. Ces bacilles auraient certainement détruit finalement ces cuticules si une cause n’était venue paralyser leur action. Cette cause était attribuée autrefois à une infiltration de bitume : M. Renault lui reconnaît pour origine
- la présence croissante de principes ulmiques, analogues à ceux qui se forment, de nos jours, dans la tourbe.
- Des études de M. Renault, il faut aussi conclure que l’on doit renoncer à l’hypothèse — jusqu’ici généralement adoptée — d’injections de bitume dans les débris de plantes décomposées, pour expliquer la formation de la houille. Ses raisons reposent sur i le manque de traces de bitume, en dehors ou dans les débris mêmes, l’impossibilité de leur imbibition s’ils étaient humides, et l’absence de preuve? d’actions calorifiques dans les roches voisines. Les cailloux de houille, rencontrés dans la houille même, ont démontré que celle-ci n’avait pas exigé un temps bien con-
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- sidérable pour se former, qu’une fois arrivée à un degré quelconque de composition, si les causes venaient à cesser, elle ne pouvait reprendre le cours de son évolution, lors même que les causes primitives venaient plus tard à reparaître ; une fois la houille suffisamment recouverte et mise à l’abri de l’air, sa composition restait sensiblement la même.
- La même remarque, appliquée aux lignites,montre que ces combustibles ne sont pas devenus de la houille, non parce que le temps de leur transformation aurait été insuffisant, mais parce que, dès le début, les conditions de milieu et les êtres qui ont déterminé leur évolution n’étaient pas les mêmes.
- M. Renault admet deux phases distinctes dans la formation de la houille, la première renfermant les réactions chimiques qui ont amené la matière végétale à l’état de houille ou d’anthracite, la seconde
- comprenant les causes qui ont déterminé l’apparition des propriétés physiques actuelles des combustibles. Ces dernières doivent être attribuées à la compression et à la dessiccation graduelle dans un milieu perméable.
- Quant aux réactions chimiques, il faut en reporter l’origine à la présence des microbes, disséminés en grand nombre dans toutes les houilles, à quelques localités qu’elles appartiennent.
- L’existence de marais houillers littoraux, c’est-à-dire voisins des centres de dépôts houillers, est rendue très vraisemblable par l’examen microscopique des combustibles. Il ne faudrait pas toutefois conclure à une similitude complète entre les marais anciens et les marais récents, car les végétaux ne sont pas les mêmes dans les uns et les autres et les microbes semblent plus variés dans les marais houillers.
- Fig. 1.
- Bactéries du charbon de terre.
- Ces marais littoraux, berceaux de la houille, ces étangs peu profonds étaient disséminés à la surface de nombreux deltas formés à l’embouchure des fleuves et des rivières qui charriaient beaucoup plus que de nos jours. Les terres qui les précédaient étaient elles-mêmes basses et humides; l’atmosphère chaude et chargée de vapeurs aidant, une végétation extrêmement puissante composée de plantes à croissance rapide en couvrait toute l’étendue et alimentait les marais et les étangs tourbeux.
- Soumis dans des masses d’eau de faible profondeur à une macération prolongée, les plantes mortes se transformaient peu à peu ; les unes disparaissant complètement, les autres envahies par les microbes de la houille étaient conservées en partie ; les organes végétaux gardaient momentanément leur forme, presque leurs dimensions, tout en perdant une proportion notable de leurs éléments constitutifs.
- . Dans ces conditions, ceux des deltas qui éprou-
- Fig. 2. — Roche formée sous l'influence des microbes (sphérolithes de Margenne).
- vaient des affaissements et des soulèvements lents et successifs ont pu se couvrir de couches de houille et d’argile superposées et conserver en place un certain nombre de végétaux aquatiques, plus ou moins complets et enracinés. Dans d’autres cas, plus nombreux, les deltas, restant immobiles, ont été plus ou moins dégradés, balayés par les crues des cours d’eau auxquels ils devaient leur origine, et les étangs, les lagunes, les marécages débarrassés en partie, à chaque inondation, des végétaux à divers degrés d’altération qui s’y étaient accumulés.
- Les multiples conditions de milieux ; marais continentaux et marais littoraux donnant, aux époques anciennes, des charbons analogues aux charbons russes ou à de la houille, les changements notables dans le climat, apportés par les siècles et entraînant, comme conséquence, des variations profondes dans la végétation et dans les espèces de microbes, paraissent à M. Renault les causes principales des diffé-
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- rences, qu’on constate dans la transformation des végétaux en combustibles fossiles divers.
- L’allure du phénomène est sensiblement la même que l’on observe dans les tourbes de notre
- époque. Et rien d'étonnant à cela. En effet, le travail bactérien n’a-t-il pas pour résultat la disparition de l’hydrogène et de l’oxygène de la houille, de manière à ne laisser que du carbone plus ou moins impur.
- Par place, les microbes ont donne naissance à de véritables roches. Si l’on met un haricot dans de
- l’eau, au bout de quelques jours on le retrouve entouré d’une masse gélatineuse formée par des bac-
- téries réunies en ce qu’on appelle une « zooglée ». On peut retrouver de ces zooglées à l’état fossile. Les zooglées bactériennes formées à l’intérieur des cellules, aussi bien que celles qui se sont produites après la destruction complète des parois, ont été le point de départ de cristallisations radiées, qui,
- elles-mêmes, ont donné naissance à des roches sphérolithiques, c’est-à-dire ayant le même aspect que si elles étaient formées par la réunion d’une grande quantité de grains de millet. A l’époque houillère, comme aujourd’hui, chaque microbe avait son rôle. Henri Coupjn.
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- À L’ÉCOLE POLYTECHNIQUE
- Une cérémonie à la fois touchante et imposante a eu lieu samedi dernier à l’École Polytechnique sous la présidence du général André, ministre de la guerre. Les anciens élèves de l’École et quelques privilégiés avaient reçu l’invitation suivante :
- École Polytechnique, 7 décembre,
- « Nous avons l’honneur de vous prier d’assister à la cérémonie qui aura lieu, le samedi 14 décembre, à trois heures de l’après-midi, dans l’amphithéâtre de physique de l’École, sous la présidence de M. le Ministre de la guerre, pour la remise à M. le colonel Mannheim, professeur honoraire de géométrie descriptive, d’un souvenir offert par l’École Polytechnique.
- « Les membres du Comité d’organisation : MM. le général André, ministre de la guerre, président d’honneur; E. Mercadier, président ; général Debatisse ; Cornu ; Rouché ; llaag; Bricard; secrétaire : Aubrun, major des élèves de la lre division. »
- A l'entrée de l’Ecole un piquet d’Elèves en grande tenue x’ecevait sous une pluie battante les invités qui étaient conduits au grand amphithéâtre dont les derniers gradins étaient occupés par les élèves des deux divisions, et une délégation des élèves de Fontainebleau. Près de l’hémicycle on remarquait M. le général Florentin, grand chancelier de la Légion d’honneur, le général Delloye, de nombreux membres de l’Institut et des professeurs de l’Ecole : MM. Ilaton de la Goupillère, Sarrau, Cornu, Lemoine, Poincaré, Maurice Lévy, Becquerel, Callandreau, Uaag, etc. A trois heures précises M. le Ministre de la guerre prit place au fauteuil, ayant à sa droite M. le colonel Mannheim, M. le général Debatisse, commandant l’Ecole; à sa gauche M. Mercadier, directeur des Etudes, et M. Rouché, de l’Académie des sciences, examinateur. Le général Debatisse a pris le premier la parole pour retracer en excellents termes la carrière militaire de M. Mannheim et rappeler les services rendus à l’armée par ses ingénieuses découvertes commencées alors qu’il n’était qu’élève à l’Ecole d’application de Metz. M. Mercadier, directeur des Etudes, a dit ensuite ce qu’avait été M. Mannheim dans sa carrière de professeur, poursuivie sans interruption pendant 42 ans à l’Ecole et durant laquelle 9000 élèves, ingénieurs ou officiers, ont profité de son enseignement. M. Rouché, dans un discours qu’il avait su rendre très court bien que très plein, a apprécié les travaux considérables du colonel Mannheim, et l’a glorifié d’avoir créé une branche nouvelle, la géométrie cinématique à laquelle son nom restera attaché. Enfin le major de la promotion de 2e année, M. Aubrun, en quelques paroles heureuses dans leur concision voulue, a adressé au Maître les adieux de ses derniers élèves. « Nous vous garderons toujours, colonel, nos souvenirs les plus reconnaissants. »
- Le Ministre s’est levé à son tour. Son allocution a été accueillie par des applaudissements répétés, quand il a dit : «... On a parlé du grand mérite de celui que je m’honore d’avoir compté au nombre de mes maîtres, il ne faut pas oublier non plus jusqu’à quel point il a été homme de cœur. » Les bravos ont couvert la voix du Ministre.
- Le colonel Mannheim, très ému, a remercié le général André, tous les souscripteurs et les hautes notabilités présentes du témoignage bienveillant qu’ils lui avaient apporté de tous côtés. Il a parlé avec une grande hauteur de vues, « pour la dernière fois, a-t-il dit un peu mélancolique-
- ment, dans celte enceinte ; j’en profite pour adjurer les. élèves de continuer à travailler pour le bon renom de notre grande École, pour cette institution dont la prospérité contribue directement à la gloire de la Patrie ».
- Jamais l’amphithéâtre n’a retenti d’applaudissements aussi nourris et aussi enthousiastes. C’est que M. Mannheim avait toujours refusé de professer ailleurs qu’à l’École. Il s’est dévoué entièrement à sa tâche, il lui a consacré toute son activité, toute sa vie. Puis il est le plus grand, le plus éminent représentant de la géométrie non seulement dans notre pays, mais à l’étranger. On a voulu le lui dire une fois de plus et bien marquer qu’il honorait la France.
- L’œuvre d’art offerte à M. le colonel Mannheim a été bien choisie par les souscripteurs, c’est la Renommée de Coutan. H. de P.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance annuelle publique du 16 dée. 1901
- CONCOURS DE L’ANNÉE 1901 Présidence de M. Fouqué.
- M. le Président prend la parole et passe en revue les pertes de l’Académie au cours de l’année 1901. Les disparus sont : MM. Potain, Hermite, Chatin, de Lacaze-Duthiers, amiral de Jonquières, Nordenskïold.
- Après avoir présenté un portrait de M. Potain, M. le Président trace une rapide biographie de M. llermite.
- Puis il rappelle l’heureuse vie de M. Chatin, partagée entre les travaux du laboratoire et les explorations à l’ombre des bois ou au milieu des champs et des prairies. Il signale ensuite l’action personnelle de M. de Lacaze-Duthiers sur la direction des travaux de zoologie entrepris dans la dernière partie du siècle écoulé. « Mais ce qui dans tout le cours de sa carrière a fixé spécialement son attention, c’est l’examen embryogénique des espèces qu’il observait. »
- L’œuvre de M. l’amiral de Jonquières, académicien libre, est appréciée en ces termes :
- « De 1855 à 1866, assis sur son banc de quart, il a écrit une série de mémoires dont Cayley, en Angleterre, a admiré « la magnifique généralité » tandis que Hesse, en Allemagne, s’étonnait de voir un marin résoudre des problèmes que lui-mème n’aurait pas songé à se poser.
- « Ces travaux, trop tôt interrompus par les exigences du service, montrent, en effet, de grandes qualités d’invention. Ils renferment beaucoup d’idées originales qui, reprises et développées plus tard par d’autres, leur ont assuré une légitime réputation. Mais il ne serait pas juste d’oublier que de Jonquières a été leur précurseur.
- « Ainsi, c’est lui qui a donné le premier exemple de ces transformations dont l’étude systématique a illustré le nom de Cremona.
- « Il a abordé le premier le problème des courbes à contacts multiples, repris avec tant de succès par Clebsch.
- « Mais son principal titre est d’avoir été le premier créateur de la théorie des caractéristiques complétée successivement par Chasles et par Halphen, ce qui suffit à lui assurer un nom durable dans l’histoire des mathématiques. »
- Une biographie et un exposé détaillé des travaux de Nordenskiôld, associé étranger, viennent ensuite; citons ces quelques lignes consacrées à la dernière exploration de ce savant.
- « Bientôt il entreprend une nouveUe expédition au Grônland, et pénètre de nouveau dans l’intérieur de ses déserts de neige, puis enfin il reprend avec plus d’ardeur
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- que jamais ses recherches de minéralogie. Son dernier travail géologique est peut-être encore son œuvre la plus intéressante au point de vue utilitaire. »
- Les correspondants disparus sont MM. Kovvalevvski, Agardh, Rowland, Raoult, Mares.
- L’importance des découvertes de Raoult tient surtout aux services incessants que la crvoscopie rend à la chimie.
- Après une allusion aux dangers courus par la mission Foureau-Lamy, à la mort glorieuse de son chef militaire, le commandant Lamy, M. le Président fait savoir que l’Académie a décerné le prix Lecomte à M. Foureau pour le récompenser des résultats scientifiques rapportés par lui.
- 11 termine en rappelant que l'année 1901 a vu l’accomplissement de deux grands événements d’ordre scientifique, la réunion à Paris de la l,e session de l’Association internationale des académies et corps savants et la cérémonie grandiose célébrée en l’honneur de M. Berthelot. Lecture est donnée de la distribution des récompenses. Prix décernés. — Prix Francœur : M. Léonce Laugel.
- — Prix Poncelet : M. Émile Rorel. — Prix extraordinaire de six mille francs : Partagé entre M. Tissot et M. Marbec.
- — Prix Montyon : M. Aimé Witz. — Prix Plumey : M. Boulvin. — Prix Lalande : M. Thome. — Prix Valz : M. Charles André.
- Physique. — Prix L. Lacaze : M. Pierre Curie. — Prix Gaston Planté : M. Boucherot. — Prix Kastner-Boursault : MM. IL Gall et de Montlaur. — Prix Montyon : M. G. Baudran. Mention très honorable : MM. Delobel, Lebrun, Cozette et Lowenthal. — Prix Jecker : MM. Moureu, Simon, Léo Vignon.
- Chimie. — Prix L. La Caze : MM. Wyroubofi et Yerneuil. — Prix Delesse : M. Gaston Vasseur. — Prix Gay : Partagé entre M. Franchet et M. Saint-Yves. — Prix Bordin : MM. Matruchot et Molliard. — Prix Desma-zièrcs : M. Rarl-E. llirn. — Prix Montagne : M. Mazé.
- — Prix de La Fons Mélicocq : M. Ferdinand Debray. — Prix Thore : M. N. Patouillard.
- Sciences physiques. — Grand prix : M. Maupas. — Prix Savigny : MM. Jules Bonnier et Ch. Pérez.
- Médecine el chirurgie. — Prix Montyon : MM. Buffard. Schneider, Lignières, Claude et V. Balthazard. Mentions : MM. Testut, Lagrange, Bourcet. Citations : MM. Radaud, Monlpillard et Escat. — Prix Barbier : Partagé entre MM. Moreigne, lissier, Goyon. — Prix Bréant : Partagé entre MM. Jules Gourmont et V. Montagard, Weil, Leva-diti. — Prix Godard : M. René Le Fur. — Prix Bellion : Partagé entre M. Sauton et MM. G. Brouardel et Landouzy. Mentions très Honorables : MM. Razou et Pégurier. — Prix Mège : M. Gley. — Prix Lallemand : Partagé entre MM. Catois, Jean-Ch. Roux, Lépine. Mention très honorable : MM. Bernheim et Comte. — Prix du baron Larrey : M. Catrin. Mention très honorable : MM. Tostivint et Remlinger.
- Physiologie expérimentale. —Prix Montyon : M. Marcel Mirande. Mention honorable : M. Monniot. — Prix Pourat : M. Tissot. — Prix Philipeaux : Partagé entre M. L. Camus et M. Moussu.
- Physiologie. — Prix L. La Caze : M. Charpentier. — Médaille Lavoisier : M. Émil Fischer.
- Arts insalubres. — Prix Montyon : Partagé entre M. Albert Dormoy et M. L. Yaillard. Encouragement : M. Halphen. — Prix Wilde : M. Baubigny. — Prix Cahours : Partagé entre M. Fosse et M. Grignard. — Prix Tchihatchef : R. P. Stanislas Chevalier. — Prix Jean Reynaud : M. Lippmann. — Prix Leconte : M. Foureau.
- — Prix Janssen : Médaille d’or : M. Foureau. Médailles
- de vermeil : MM. Noël Villatte, E. Verlet-Hanus, A. Pineton de Chambrun.
- Sciences mathématiques. — Prix Petit d’Ormov : M. Gabriel Kœnigs.
- Sciences naturelles. — Prix Petitd’Ormoy : M. Bouvier. — Prix Saintour : M. Guichard. — Prix Gegner : M. A. Ponsot. — Prix Trémont : M. Frémonl. — Prix du baron de Joest : Partagé entre M. l’abbé Verschaffel et M. Saint-Blancat. — Prix Laplace : M. Japiot. — Prix Félix Rivot : MM. Japiot, Guillaume, Pellarin, Ott.
- M. le Secrétaire perpétuel Darboux prend alors la parole.
- 11 retrace la vie de Joseph Bertrand, son prédécesseur.
- Signalons d’abord une révolution introduite de haute lutte dans les us et coutumes de l’Académie des sciences, pendant le premier quart du dix-neuvième siècle, par le père de Joseph Bertrand.
- « Je me reprocherais d’oublier ici ce qui concerne les relations d’Alexandre Bertrand avec notre Compagnie. De son temps, la publicité de nos séances était des plus restreintes. Quelques savants, en principe ceux dont les travaux étaient approuvés par une commission, étaient seuls autorisés à écouter les discussions académiques. Le l)r Bertrand voulut supprimer ces barrières et faire connaître au public ce qui se passait à l’Académie. On aura peine à croire que, pour réaliser ce projet, il eut à surmonter de très grandes difficultés. Cuvier, dont l’influence était prépondérante, fit voter, pour le bannir des séances, les règlements les plus draconiens. Malgré ces obstacles, que devait faire disparaître Arago, devenu secrétaire perpétuel, Alexandre Bertrand inaugurait, en 1825, dans le Globe, les comptes rendus de nos séances, qui, avant lui, étaient tout à fait inconnus. C’est donc à lui qu’il faut faire remonter la création de cette presse scientifique qui est devenue aujourd’hui pour les Académies un auxiliaire dont elles ne sauraient se passer. »
- Il est impossible de suivre le récit si attachant de M. le Secrétaire perpétuel, en raison de son développement. Nul mieux que M. Darboux n’était préparé pour une pareille tache et nul n’y aurait mieux réussi. M. le Secrétaire perpétuel montre ensuite comment Joseph Bertrand fonda à l’Académie son influence qui fut si considérable ; il nous fait également sentir le mérite littéraire de certaines œuvres de son prédécesseur, mérite qui lui valut d’être élu membre de l’Académie française.
- « Ici se termine le tableau que j’ai voulu vous présenter de cette suite de travaux par lesquels Bertrand s’est placé au premier rang des hommes de son temps. En présence d’un tel ensemble d’écrits, de mémoires et de recherches, on pourrait se demander si on doit les attribuer à un seul ou à plusieurs auteurs. Et pourtant ils n’absorbaient pas l’activité tout entière de Bertrand. 11 réservait une partie importante de sa vie pour toutes les œuvres de charité et de dévouement. Les exemples qu’il avait reçus dans le milieu d’élite où il avait été élevé avaient trouvé en lui le terrain le mieux préparé. »
- Ch. de Villedeuil.
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- L’ÀRITHMOGRAPHE TRONCET
- Depuis Pascal, en 1642, les machines à calculer se sont multipliées : la machine de Lépine en 1725, du Dr Roth en 1844... puis l’arithmomètre de Thomas, de Colmar en 1820, l’arithmomètre de Payen, perfectionnement du précédent ; les machines de Léon Rdllée, de Rurkhardt, d’Odhner, la dactyle française,
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- LA NATURE.
- la machine algébrique portugaise, etc. Et nous en passons. Les Anglais, les Américains ont imaginé aussi des machines à calculer. Nous voudrions parler brièvement aujourd'hui d’un système plus modeste, mais susceptible de rendre tout autant de services que les machines compliquées et de grand prix en usage dans quelques banques.
- Le calculateur instantané ou Arithmographe de M. Troncet, a été déjà décrit ici1. Ce calculateur était renfermé dans un petit carnet de poche ; il opérait jusqu’à 10 millions. L’inventeur a voulu parfaire son invention et maintenant l’arithmographe Troncet, par suite de modifications et de perfectionnements importants, effectue tous les genres de calculs et s’applique à tous les cas qui peuvent se présenter. Il est établi dans trois formats différents : L’arithmographe à sept chiffres (arithmographe de poche) s’adresse aux gens qui calculent en voyage, aux inspecteurs, contrôleurs, vérificateurs, géomètres, hommes d’affaires, etc. ; il est employé aussi pour les petits calculs des recettes et dépenses de ménage, par les caissiers, magasiniers, vendeurs au détail; l’arithmographe à neuf chiffres (petit arithmographe de bureau) convient aux comptables, banquiers, commerçants, industriels; l’arithmo-graphe à douze chiffres (grand arithmographe de bureau) s’adresse aux grandes compagnies de chemins de fer, d’assurances, de banque, pour les calculs importants qui nécessitent l’emploi de machines à calculer.
- Dans les modèles anciens lorsqu’on voulait passer d’une opération à une autre, il fallait effacer un à un les chiffres du résultat marqué ; dans les nouveaux, un effaceur permet de remettre à zéro en faisant disparaître tous les chiffres d’un seul coup, « * Voy. ii° 997, du 18 octobre 1890, p. 307.
- ce qui se fait en moins d’une seconde. Un organe nouveau appelé multiplicateur (fîg. 1) permet de former instantanément un nombre quelconque et dès lors de voir apparaître, marqués par des traits noirs, tous les produits ou dividendes partiels de ce nombre dans les tranches marquées 2, 5, 4, 5, 6, 7, 8 et 9. Yeut-on, par exemple, multiplier par 554, il suffît de copier sur l’additionneur les chiffres marqués dans les tranches 5, 5, 4; on peut lire aussitôt le produit total sur l'additionneur. L’Arilhmographe Troncet est simple et commode ; on peut, suivant les cas, en avoir un exemplaire dans sa poche ou sur son bureau, et les calculs s’effectuent sans aucune fatigue : il suffit d’inscrire les nombres et de lire les résultats.
- Pour donner une idée de la simplicité et de la puissance de son calculateur, M. Troncet a fait ce calcul, d’ailleurs facile à vérifier, que pour imprimer en caractères de sept points tous les résultats
- contenus dans un multiplicateur de quinze chiffres, il faudrait une surface de papier égale à 540 000 kilomètres carrés, supérieure à la superficie totale de la France qui est actuellement de 556464 kilomètres carrés; et si ce papier était mis en volumes dans le format du Grand Dictionnaire universel de Pierre Larousse, il faudrait, pour ranger ce fantastique barême, 10 rayons superposés sur une longueur de 40 000 kilomètres, c’est-à-dire que cette bibliothèque ferait le tour de la Terre. Sur le multiplicateur à quinze chiffres, pesant 500 grammes,* il suffit de former le nombre donné et de lire les résultats, ce qui ne demande que quelques secondes. J.-F. Gai.l.
- Le Gérant : P. Masson.
- Vue d ensemble de l’Arithmographe.
- Paris. — Imprimerie Laiicbe, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1492.
- 28 DÉCEMBRE 1901.
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- VERCINGETORIX EN AUTOMOBILE
- Parmi les nombreuses curiosités que renfermait le si intéressant-Salon de l’automobilisme et des sports au Grand Palais, fermé seulement avant-hier, le visiteur était quelque peu surpris d’apercevoir, dominant les voitures du dernier modèle, une statue équestre, monumentale et d’une superbe allure. Si l’on s’approchait davantage on constatait que le socle sur lequel reposait la statue était un grand camion automobile. Il semblerait que les organisateurs du Salon eussent voulu symboliser le progrès et montrer que si jusqu’à présent les chevaux avaient traîné les machines sur les routes, aujourd’hui les rôles se trouvaient renversés et qu’à
- son tour la machine allait transporter les chevaux. On pourrait à la rigueur interpréter ainsi le
- groupe réunissant le moyen de traction du passé et celui de l’avenir, car en présence des progrès de plus en plus grands de l’automobilisme, et de ses applications chaque jour plus nombreuses, il est à peu près certain que dans un avenir plus ou moins reculé le rôle du cheval se trouvera considérablement réduit. Toutefois la présence de cette statue aune toute autre signification et sert simplement à montrer les services que peuvent rendre les camions automobiles pourjes transports de poids très lourds. La statue dont il s’agit, due au
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la statue de Vercingétorix. (D’après une photographie communiquée par 51. Bartholdi.)
- Fig. 2. — La statue de Vercingétorix en automobile.
- maître Bartholdi, représente Vercingétorix fondant, I guerre. Son cheval s’élance d’un mouvement superbe le glaive haut, sur ses ennemis et poussant le cri de | foulant à ses pieds un centurion romain. Cette belle 30e année. — ter semestre, 4
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- LA N AT U HL.
- œuvre doit être prochainement érigée sur une place de Clermont-Ferrand, la ville natale du héros gaulois. Elle se trouvera en vue du plateau de Gergovia qui a été le théâtre de la gloire de Vercingétorix. L’œuvre, aujourd’hui achevée (fig. 1), a traversé bien des péripéties. 11 y a une trentaine d’années que le modèle réduit iigura au Salon où il eut un légitime succès. Une souscription fut ouverte pour réaliser ce projet grandiose, mais des difficultés sans nombre vinrent à différentes reprises entraver l’exécution.
- Les ressources nécessaires n’ayant pas été réunies, le Comité et M. Bartholdi décidèrent, il y a deux ans, d’exécuter la statue dans des proportions suffisantes pour décorer une place de la ville de Clermont-Ferrand. Le modèle figura à l’Exposition de 1900. Le travail de la fonte fut commencé au mois de janvier 1901 et cette opération n’a pas demandé moins de onze mois pour être menée à bien, la statue ayant près de 5 mètres de longueur et les mêmes dimensions, environ, en hauteur. L’œuvre achevée, une question particulièrement difficile restait à résoudre. Comment conduire à Clermont-Ferrand un pareil bloc de bronze dont le poids est d’environ 5000 kg? On ne pouvait songer à utiliser le transport par eau, les canaux ne le permettant pas. Par camionnage sur route cela eut coûté fort cher, par suite de tous les transbordements obligatoires; il ne restait donc qu’une ressource, démonter la statue qui avait dû être coulée en plusieurs parties, et confier les morceaux au chemin de fer.
- Dans ce cas, il fallait envoyer des ouvriers spéciaux à Clermont pour en faire le montage, la ciselure et le patinage. Il était préférable de l’envoyer tout entière pour être mise en place. Devant toutes les difficultés que présentait la question, M. de Dion s’offrit à transporter gratuitement la statue à destination au moyen d’un de ses grands camions automobiles, pouvant porter 6 tonnes tout en faisant une moyenne de 12 km à l’heure. La proposition fut acceptée avec empressement et l’on décida que le chargement figurerait au Salon de l’automobilisme.
- Par précaution on mit sur le camion un plancher plus épais, et les bandages des roues furent renforcés en vue des routes difficiles qu’il faudrait parcourir. Le chargement fut très délicat à cause de l’étroitesse des rues avoisinant l’atelier du fondeur. Il fallut conduire la statue sur des rouleaux, puis sur un plan incliné jusqu’à la rue de l’Asile-Popin-court où attendait l’automobile. Une fois hissée sur le plancher, elle fut solidement fixée et se mit en route à travers Paris pour gagner le Grand Palais, suivant le boulevard Voltaire, les grands boulevards et la rue Royale. La figure 2 représente le camion au moment où il vient d’effectuer un virage devant l’hôtel de l’Automobile-Club. On conçoit aisément l’étonnement des passants en voyant cette promenade peu ordinaire.
- Vercingétorix a dû partir pour Clermont-Ferrand après la fermeture de l’Exposition et arrivera dans cette ville dans le courant du mois de janvier. Nous
- ne pouvons donc que souhaiter un bon voyage à cette belle œuvre, et espérer que la municipalité lui réservera un emplacement qui lui fasse honneur.
- Quand on songe aux difficultés qu’aurait présentées le transport de cette statue avec un camion traîné par des chevaux, et au nombre de chevaux qu’il aurait fallu employer, on constate une fois de plus l’utilité pratique de l’automobilisme pour les poids lourds, et l’on ne peut que féliciter MM. de Dion et Bouton d’être parvenus à réaliser ce joli tour de force. Georges Cave.
- V*- y "V*
- L’HIVER DE 1801-1802
- Au début de l’hiver 1901-1902, les lecteurs de La Nature liront peut-être avec quelque intérêt une esquisse météorologique de l’hiver de 1801-1802.
- Nous en donnons ci-dessous les traits principaux d’après les manuscrits d’Adanson.
- Décembre 1801. — Ce mois a été peu froid de 4 degrés rnoiens entre les 2 extrêmes —5d et lld. — Pluie 58 lignes. — Glace 24 lignes. — Vent dominant du sud et tournant au nord par l’ouest et tempétueux. — Seine, hauteur moyenne (pont roïal) 6m 5/10 entre les 2 extrêmes 5m 7/10 et 7m5/10. — Inondations générales dans toute l’Europe et de 21 piés à Paris comme en 1751 et 1784.
- — Le 5, tempête. — Le 9, tempête qui a fait monter les vagues de 40 pieds, hauteur d’esplanade de la jetée de
- Plymouth. — Le 12, aurore boréale à Edimbourg, ......
- ante1 comme le conducteur electrike pendant toute sa durée, depuis 8 heures du soir jusqu’à minuit. J’en ai vu et entendu de pareilles, les années 1780 et 1794, au palais roïal vers 9 heures du soir, en automne. — Le 15, tonne le soir, vers le coucher du soleil, à l’ouest. — Le 28, succin, 12 000 jetés sur la côte nord de Prusse comme en 1718 par tempêtes du nord et nord-ouest.
- Janvier 1802. — Ce mois a été moiennement froid de — 5 degrés entre les 2 extrêmes — 15d et 7d. — Pluie 16 lignes. — Glace journalière 175 lignes ou 14 pouces 7 lignes (en masse dans ma cuve n’a été que de 8 pouces).
- — Vent dominant du sud, fort. — Seine, hauteur moïenne 6m4/10 entre les deux extrêmes 3m et 7“ 8/10 comme en 1740. —Le froid a été de —24d en Suède et de —30d en Russie (thermomètre Réaumur). — Le 1er, terremote2 violent à Strasbourg et en Dalmatie. — Inondations de la Garonne, la Gironde et le Ciron entre Bordeaux et Mont-de-Marsan. — Le 2, la 4e inondation du Rhône depuis le 10 novembre 1801 recommence; elle est périodique tous les 6 ans. C’est la Saône qui a causé le plus cette dernière. A Paris la Seine déborde avec impétuosité dans la plaine de Choisi. — Le 4, terremote à Laybach, en Autriche. — Le 5, dégel. — Le 17, terremote à Caumont, près de Caen. — Le 18, dégel à midi par 2d. — Le 30, dégel.
- Février 1802. — Ce mois a été peu froid de 5 degrés rnoiens entre les 2 extrêmes —ld et lld. — Pluie 57 lignes. — Glace journalière fondante 15 lignes. — Vent dominant du sud fort et pluvieux. — Seine, hauteur moienne 4m entre les 2 extrêmes 3m et 5m. — Inondations générales de l’Europe et tempêtes et terremotes, depuis la Russie et la Turkie pendant janvier, ont cessé leurs grands ravages, mais en laissant partout des restes
- 1 Fin d’un mot que je ne peux pas lire.
- 2 Tremblement de terre.
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- des grandes eaux proportionnées à celles de la Seine dont l’élévation a été de 12 à 15 pieds. — Plus de 20 chenilles communes, à oreilles, à brosses, annulaires ou livrées, grosses comme tuiau de plume, ont résisté à — 15d du froid du 16 janvier sur mes pruniers, poiriers, etc. — Le 4, terremote à Idria en Carniole. — Le 7, réfraction de 2 soleils, 1 au nord, le 2d au sud, à 8 heures du matin, à Landshut, en Bavière. — Les 9 et 10, cousins et pucerons tombant en quantité sur la neige. — Le 12, hareng abonde à Gothembourg (Goteborg). — Le 25, tempête en Angleterre.
- En résumé, comme on le voit, l’hiver de 1801-1802 n’a pas été bien rigoureux. Le mois de janvier seul a été froid avec minimum absolu de — 15d le 16, mais il convient de remarquer que ce froid a été coupé par les trois dégels successifs des 5, 18 et 50 janvier.
- G. de Rocquigny-Adanson. l’are de Baleine, 1" décembre 1901.
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- RADIATIONS LUMINEUSES
- MM. le l)r Foveau de Courmelles et G. Trouvé ont présenté récemment, à la Société française de Physique, de nouveaux appareils d’étude et d’utilisation des diverses radiations lumineuses.
- Pour avoir une quantité suffisante de lumière sans recourir à de grandes sources d’énergie et pour en isoler les diverses radiations calorifiques, lumineuses ou chimiques, ils utilisent la réflexion parabolique ; ils séparent des autres les radiations à étudier et les concentrent ensuite sur des surfaces réfléchissantes : tronc de cône concentrateur ou miroir concave réfléchissant une seconde fois les rayons parallèles qu’il reçoit et les envoyant en avant sur une sorte de surface focale. On les dirige ainsi sur le milieu à étudier ou irradier tel que corps électrisés, champ du microscope, etc.
- Les premiers appareils, présentés en I960 à l’Institut par M. Lippmann, ont été modifiés et perfectionnés. Les rayons calorifiques sont tamisés à travers un disque en verre rouge, la lumière éclairante à travers un disque jaune, la lumière chimique à travers des lamelles de quartz. Quand la chaleur doit être supprimée, une intense circulation d’eau froide a lieu autour de l’appareil et entre les quartz, où elle doit être très limpide. Les sources d’énergie lumineuse peuvent être diverses, et sont interchangeables : on peut se servir d’une lampe à incandescence, modèle ordinaire ou modèle à charbon spécial, arc voltaïque, becs à acétylène, métaux.
- MM. de Courmelles et Trouvé signalent les actions thérapeutiques remarquables qui ont été obtenues sans brûlures ni phlyctènes, à l’hôpital Saint-Louis, avec les rayons ultra-violets ainsi séparés, contre le lupus, l’épithélioma, les tuberculoses diverses et même pulmonaires, avec ou sans compression de la légion traitée, par une lampe à arc de 10 ampères irradiant pendant 10 minutes, à 70 volts, par exemple, une lampe à arc de 8 ampères à 85 volts donnant parfois aussi le même résultat alors qu’il faut des intensités de 75 à 80 ampères et des séances qui durent jusqu’à 80 minutes avec l’appareil de Finsen, de Copenhague.
- Les résultats obtenus par les procédés dont il vient d’être question sont intéressants et montrent que les radiations lumineuses, judicieusement employées, peuvent entrer dans la pratique thérapeutique. J. L.
- LE CONTRÔLE DES COURSES
- DE PIGEONS VOYAGEURS
- Nous n’avons pas en France cet engouement général pour les pigeons voyageurs de nos voisins de Belgique; dans ce pays, en effet, il n’existe pas moins de 10000 propriétaires de colombiers, et on peut dire que la moindre bourgade y compte plus de volatiles que Paris. 11 n’en est pas moins vrai qu’en France, on trouve encore bon nombre d’amateurs s’adonnant à ce sport ; il serait pourtant à souhaiter que leur chiffre devînt plus élevé, car les services que ces oiseaux peuvent rendre, notamment en temps de guerre, sont très appréciables ; or, on n’installe pas un service de pigeons voyageurs en quelques jours. 11 faut au contraire du temps, de l’ordre et de la patience.
- 11 est un point qui préoccupe toujours ceux qui ne sont pas de la partie, c’est de savoir comment on peut constater d’une façon rigoureuse et sûre l’heure du retour des oiseaux à leur domicile, dans leurs différentes courses et poules qu’on organise. On sait que lorsqu’il s’agit d’une lâcher comportant des primes, on compte pour chaque individu le temps écoulé entre le moment du départ et celui du retour au colombier; le vainqueur est celui qui a opéré le parcours le plus rapidement ; or, comme les oiseaux appartiennent à divers propriétaires ayant leurs colombiers placés en différents points d’une région, il est important, pour éviter toute tentative de fraude, d’avoir un moyen de contrôle très sûr permettant de pouvoir constater le temps employé par un pigeon déterminé, à l’insu même de celui qui a intérêt à gagner la course.
- D’une façon générale le procédé employé est de marquer le pigeon d’un signe — soit à l’aide d’une bague rivée à la patte de l’animal, soit par un numérotage gravé sur l’aile — au moment où le propriétaire livre son oiseau aux organisateurs de la course. Ce signe étant inconnu de tous, il est certain qu’il ne peut y avoir de tricherie au sujet du pigeon qui a concouru et qu’il est impossible, au moment du retour, de présenter un individu pour un autre.
- La difficulté réside surtout dans le contrôle du temps. Jadis, il fallait que le propriétaire surveillât son colombier au moment possible du retour de son oiseau, et aussitôt que ce dernier était rentré, on s’en emparait, on l’enveloppait dans un sac et on courait au plus vite le porter au siège central où la reconnaissance se faisait; on inscrivait aussitôt le temps écoulé, depuis l’heure du lâcher, en y comprenant la durée de la course nécessitée pour l’apport du sac contenant le pigeon. On tenait naturellement compte de la distance comprise entre le pigeonnier et le siège de la Société qui organisait le concours. On faisait également un calcul de réduction pour ceux qui habitaient une maison plus rapprochée de l’endroit où avait eu lieu le départ du concours. Ainsi un propriétaire demeurant à Montrouge avait deux kilomètres d’avance sur celui dont lÿ
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- domicile était situé à la Yillette, en admettant que la course ait commencé en une région au Sud de Paris. On faisait un calcul proportionnel afin d’égaliser les distances.
- Ce procédé, dit de la course ou du sac, était primitif et barbare; l’animal, au retour d’un parcours fatigant, se ressentait toujours d’être secoué dans un sac de toile; d’autre part, il était aléatoire, car un amateur riche pouvant établir des relais de coureurs avait une supériorité notoire sur celui qui, moins favorisé, était obligé de faire le trajet lui-même. On changea le système et on eut recours à celui des contrôleurs à domicile ; ceux-ci étaient munis de montres enfermées dans une boîte vitrée
- et plombée, cjonton avait au préalable vérifié l’avance ou le retard sur la montre mère que détenait le juge de l’épreuve. Mais ici encore on se trouvait en présence d’un inconvénient assez grave : on était obligé de réquisitionner autant de contrôleurs qu’il y avait de concurrents, et il n’était pas toujours possible de s’assurer de leur impartialité et de leur résistance à la corruption.
- Aujourd’hui on se sert couramment d’un appareil automatique qui enregistre l’heure du retour avec la plus scrupuleuse exactitude, qui permet de supprimer les contrôleurs humains et qui a cet avantage d’être à l’abri de toute tentative de fraude. Cet appareil se compose en principe d’une
- Fig. 1. — Compagnie de pigeous voyageurs sur la planche du colombier. (D’après une photographie de l'auteur.)
- pendule placée dans une boîte fermée et„ plombée (fig. 2, n° 5) que chaque propriétaire a dû faire vérifier la veille du concours afin qu’on puisse s’enquérir sur son avance ou son retard. Les aiguilles de cette pendule sont doubles, je m’explique : celle-ci possède d’abord les aiguilles apparentes tournant autour du cadran à la façon ordinaire, ensuite elle est munie, à l’arrière, d’un second jeu d’aiguilles solidaires des premières et armées chacune d’une petite pointe perpendiculaire à leur surface C (fig. 2, n° 4). Nous verrons leur usage plus loin. A la partie supérieure de la boite il existe une petite fenêtre A (fig. 2, n° 2) derrière laquelle se trouve une feuille de papier montée sur un cadre léger et métallique. Au revers de cette feuille de papier sont imprimés deux cadrans : un pour marquer les heures et les
- minutes, l’autre pour les secondes (fig. 5, à gauche).
- Comme nous le disons plus haut, le pigeon avant de courir est marqué sur l’aile d’un signe ; ce signe est en général quatre chiffres suivis d’une lettre, 5428 B par exeiîiple; il a été gravé à l’aide d’une machine spéciale et les dispositions prises font qu’il est inconnu de tous, même de celui qui préside à l’opération. Cette machine gravé également cette marque sur une fiche où se trouvent inscrits les renseignements généraux sur l’oiseau, son sexe, sa robe, le nom de son propriétaire, etc. Au moment du timbrage, la fiche disparaît dans un tiroir fermé à clé et plombé qui ne doit être ouvert qu’après la course. On conçoit qu’avec ces précautions, aucune indiscrétion n’est possible.
- Le propriétaire, qui a intérêt à gagner la course,
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- doit se tenir près de son colombier au moment du retour de l’oiseau ; dès que ce dernier est rentré, il s’en empare, lit le chiffre marqué sur son aile et
- l’inscrit rapidement sur la feuille de papier placée derrière la petite fenêtre de l’appareil A (fig. 2, n" 1); il donne un tour de la manivelle F (fig. 2,
- n° 2) et la feuille vient se présenter devant les ai- des trous sur les cadrans dessinés sur le morceau de guilles armées de pointes. Celles-ci impriment alors papier; un deuxième coup de manivelle fait passer
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- or!'oy.5-
- Fig. 3. — A gauche : cadre métallique dans lequel on enfile les fiches du contrôleur Rémy. A droite : une des fiches isolée de son support.
- ce bulletin dans un compartiment de l’instrument G (fig. 2, n° 2). 11 est alors possible de recommencer une nouvelle opération semblable. De cette façon, on possède un document précieux qui a enregistré exactement l'heure du retour du pigeon, sans
- qu’il puisse y avoir de fraude d’aucune sorte.
- On porte alors la boîte au siège central du concours ; le juge, après avoir constaté que les plombs de l’appareil sont intacts, l’ouvre et en retire les bulletins. On fait alors les calculs nécessaires pour
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- équidistancer les concurrents et l’on cherche quel est celui qui a opéré le parcours le plus rapidement.
- Aujourd’hui cet appareil est obligatoire pour toutes les courses en France et en Belgique. Toutes les personnes qui veulent participer aux concours de vitesse sont tenues d’en posséder un exemplaire.
- A. da CuN HA.
- LE BEURRE DE SIBÉRIE
- L’industrie du beurre en Normandie subit actuellement une crise. Les prix de vente baissent, ne laissant aux producteurs qu’un très mince bénéfice, tandis que les consommateurs continuent à payer très cher cette denrée de première nécessité. Cet avilissement est déterminé par la concurrence des beurres danois et surtout des beurres de Sibérie. Dans cette branche de l’industrie agricole, l’ouverture du Transsibérien a amené une véritable révolution. C’est la première perturbation apportée sur le marché européen par la création de cette gigantesque voie ferrée, mais c’est loin d’ètre la dernière ; prochainement, au plus grand détriment de nos agriculteurs, d’autres se produiront, au fur et à mesure du développement du réseau du nord de l’Asie.
- D’année en année, d’après le rapport du consul anglais de Saint-Pétersbourg, l’exportation des beurres russes augmente dans de notables proportions :• 8552 tonnes en 1897, 10125 en 1899, 19339 en 1900. La plus grande partie de ces exportations provient de. Sibérie et est expédiée par les ports de la Baltique.
- Le gouvernement russe s'emploie à favoriser l’exportation de ce produit sibérien par tous les moyens en son pouvoir. A cet effet, le ministre des finances a conclu avec une Compagnie de navigation allemande une convention organisant un service spécial hebdomadaire, entre Riga et Londres, au moyen de vapeurs munis d’appareils frigorifiques. La ligne a, croyons-nous, commencé à fonctionner l’été dernier. Pour amener le beurre au port d’embarquement, un train quitte chaque jeudi la station d’Obi (gouvernement de Tomsk) et s’achemine vers Moscou en complétant son chargement dans tous les principaux centres de production, Kaïnsk, Tatarsk, Omsk, Petropavlosk, Kourgane, Tchéliabinsk. La distance d'Obi à la Baltique, 4500 kilomètres, est parcourue en 324 heures ou 17 jours, soit à une vitesse commerciale de 13kra,800. Actuellement, de Riga, 800 tonnes de beurre sont exportées chaque semaine, par cette voie, à destination de Londres; mais ce résultat ne satisfait pas les producteurs sibériens et ils demandent que, pendant l’été, l’exportation ne soit pas ralentie en raison des chaleurs et qu’à cet effet un train, composé de vingt-cinq wagons munis d’appareils frigorifiques, soit mis en marche d’Obi à Riga. Grâce à cette amélioration dans les voies de transport, 6450 tonnes de beurre pourraient arriver chaque semaine dans les ports de la Baltique.
- Le beurre de Sibérie ne peut rivaliser au point de vue de la qualité avec les produits similaires de premier choix d’Europe, mais sa pureté et son bou marché lui assurent une nombreuse clientèle. Actuellement, d’après le consul anglais de Saint-Pétersbourg, il fait surtout concurrence à la margarine ; mais dans un avenir prochain, lorsque les procédés de fabrication auront été améliorés, il disputera le marché aux produits de première qualité. Charles Rabot.
- IA MANUTENTION MÉCANIQUE DU COKE
- DANS LES USINES DE LA Cie PARISIENNE DU GAZ
- Les appareils de manutention mécanique, qui sont aux États-Unis d’un usage si courant, on peut même dire universel, ne sont encore qu’assez peu employés en France ; aussi est-ce une raison de plus pour signaler les installations de ce genre, surtout quand, par leur importance et leurs dispositions, elles méritent particulièrement d’attirer l’attention.
- On sait que la Compagnie Parisienne du Gaz, qui est d’autant plus forcée d’exploiter économiquement que l’administration de la Ville de Paris lui rend la vie fort dure, fait, en dehors de la fabrication du gaz, un commerce des plus importants avec les cokes qui proviennent de cette fabrication même. Elle a naturellement cherché à simplifier le transport de ses charbons, qui sont amenés autant que possible directement par voie ferrée jusque dans les trémies-magasins ; tout est combiné pour économiser sur ce transport et sur le bris du charbon. Mais ces manutentions ne peuvent être comparées comme importance à celles que doit subir le coke depuis la sortie du four jusqu’à la voiture qui l’emporte chez le consommateur. Le fait est que les 15 millions d’hectolitres qui passent par les chantiers de la Compagnie, avant la transformation que nous allons décrire, étaient transportés sur ces chantiers soit dans des mannes en osier d’un hectolitre, ou dans des sacs en toile, portés à dos d’hommes, soit dans des bennes métalliques de 10 hectolitres portées par des tricycles et soulevées par des grues.
- Pour réaliser la transformation, on résolut d’effectuer toutes les opérations avec des sacs d’un hectolitre, à l’exception pourtant des chargements de wagons en vrac, qui se font toujours avec les bennes. Disons tout de suite que chaque sac plein ne pèse pas plus de 52 kg environ, et que par conséquent on a pu donner une grande légèreté aux appareils transporteurs; d’autant que, par suite des nécessités de manutention, les sacs sont toujours espacés sur les transporteurs. Il ne faut pas perdre de vue d’ailleurs que le coke passe par une multitude de traitements avant que d’atteindre définitivement le consommateur : quand il sort des cornues, il doit être emporté dans les cours d’extinction pour y subir des projections d’eau ; il est ensuite repris et conduit aux concasseurs blutoirs pour être cassé et classé par grosseur; puis il est mesuré et ensaché. Les sacs sont enfin dirigés soit sur les voitures d’expédition, soit sur les tas, qui sont comme des magasins, soit sur les réserves fixes, destinées simplement à régulariser les livraisons des chantiers quand les blutoirs ne peuvent y suffire. yf Pour répondre aux diverses manœuvres, on a créé une série fort curieuse d’appareils : wagonnets pour le transport du coke, tombereaux manœuvrant automatiquement, transporteurs, élévateurs à godets de coke en vrac, convoyeurs de sacs pour la
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- mise au tas, câble transporteur, monorails, convoyeur sécheur, hectolitre verseur permettant de mesurer le coke au fur et à mesure qu’on remplit les sacs, monte-sacs pour que les hommes aient toute facilité de prendre les sacs sur leur épaule, drague pour la reprise du coke au tas, etc., etc. Sans pouvoir examiner en détail ces multiples appareils, nous voudrions du moins donner une idée des ingénieuses combinaisons auxquelles on a eu recours pour les opérations diverses à effectuer dans les dépôts de la Compagnie.
- Nous passerons vite sur les wagonnets à bascule, de même que sur les tombereaux manœuvrant automatiquement : pour ceux-ci, c’est le mouvement même des brancards, quand on déverse le tombereau, qui assure, au moyen de bielles de transmission, l’ouverture de la porte de derrière du véhicule, et quand le cheval tire ensuite sur les brancards, pour sortir le tombereau de sa position, les bielles jouent leur rôle en sens inverse ; d’ailleurs, pour le déchargement, on fait entrer le tombereau dans une ornière, si bien que le cheval au départ est toujours obligé d’exercer un effort assez violent pour faire fonctionner le système. Pour le chargement du coke en vrac dans les wagons, on se sert de bennes roulantes, mais à fond mobile, montées sur trois galets dont les deux arrière sont seuls fixes : le contact du galet avant se fait avec la benne par l’intermédiaire d’une couronne à billes, ce qui donne une grande facilité de direction. Nous pouvons signaler d’autre part des bennes oscillantes montées sur deux grandes roues principales, dont l'essieu est placé au-dessous du centre de gravité de l’appareil plein de coke, et au-dessus de ce centre quand l’appareil est vide : la benne en équilibre instable vient s’appuyer sur un galet de roulement d’avant ou d’arrière, placé dans l’entre-axe des roues; mais, pour la vider, on l’amène au-dessus de fosses où les grandes roues circulent dans des fers en U, tandis que les petits galets perdent tout appui, ce qui assure le renversement sous l’effort de l’ouvrier qui pousse la benne.
- Voici plus loin des transporteurs élévateurs constitués par des godets en tôle d’acier, munis de galets qui roulent entre deux cornières formant guidage; les maillons qui relient ces godets sont du système démontable Harrison. Nous avons dit que la plupart des manutentions se font maintenant sur le combustible une fois mis en sac, et c’est pour cela que les ingénieurs de la compagnie ont imaginé ce qu’on nomme l’hectolitre verseur : nous donnons une photographie de cet appareil, vu tandis qu'on le manœuvre à la main. Mais, d’une façon générale, on le place sous les goulots déversoirs des blutoirs, d’où le coke peut tomber directement dans l’hectolitre verseur pour se mettre en sac. Le remplissage de ces sacs ne demande pour ainsi dire aucun effort à l’ouvrier ; le cylindre en tôle recevant le coke roule par deux galets sur deux rails à peu près horizontaux ; il porte aussi en avant deux galets plus petits qui, à un moment de leur course, tombent
- dans une glissière verticale, ce qui amène le renversement horizontal du cylindre; le mouvement continue et la gueule de l’hectolitre s’incline en avant. La commande se fait soit par une manette, soit par une pédale et un levier, et, quand on cesse d’agir, l’hectolitre est ramené à sa position de chargement par son poids même; de plus, quand l’hectolitre verseur est disposé sous le goulot d’un blutoir, ses mouvements assurent l’ouverture et la fermeture de la porte du goulot au moment voulu.
- Lorsque les sacs sont remplis, on peut leur faire franchir de très longs parcours et les élever au sommet de tas qui atteignent souvent 20 m., au moyen de transporteurs faits essentiellement d’une chaîne convoyeuse Harrison, munie de palettes, et sur laquelle on place les sacs : une charpente métallique assez légère sert de support et de guide à cette chaîne. Les transporteurs horizontaux de ce système, placés le plus souvent le long des murs, et à une hauteur de lm,22 seulement pour que l’on puisse aisément charger ou décharger les sacs, ont fréquemment une longueur de 70 et 80 mètres, et certains convoyeurs s’élèvent à une assez grande hauteur pour amener les sacs sur les tas, et aussi pour charger les voitures par en haut ; dans ce cas on a prévu, le long du parcours, des goulots par lesquels on fait glisser les sacs, en les prenant sur le convoyeur, les hommes circulant le long de ce convoyeur par le moyen d’une passerelle.
- On pourrait remarquer, en visitant par exemple une des usines de la Compagnie, que le plus souvent les tas sont faits de coke en vrac, et non de coke en sacs : c’est qu’au moment où le combustible arrive, enfermé dans son sac, au bout du convoyeur aérien, un homme ouvre ce sac et le vide; il serait, en effet, impossible de laisser longtemps ces sacs exposés aux intempéries pour les approvisionnements qui sont susceptibles d’attendre avant leur envoi chez le client.
- Le transport des sacs se fait également encore, et de façon courante, au moyen de câbles transporteurs : le câble métallique employé est à la fois porteur et moteur, et il s’enroule à chaque extrémité du parcours sur deux poulies à gorge de grand diamètre et à axe vertical; l’une de ces poulies est motrice, et peut subir un déplacement dans son plan, ce qui permet de faire varier la tension du câble. Les sacs sont posés sur des corbeilles reposant sur le câble par l’intermédiaire de coussinets à garniture de cuir et munis de deux galets à gorge, qui viennent, aux deux extrémités du parcours, et là où le câble s’enroule sur les poulies extrêmes, rouler sur un chemin de roulement en cornière. Ce chemin, placé au point de chargement, présente une longueur suffisante pour servir de garage à un certain nombre de corbeilles : quand celles-ci sont chargées, elles sont poussées à la main jusqu’à ce que la garniture en cuir du coussinet se trouve en contact avec le câble, qui entraîne alors la corbeille. La vitesse est réduite, et les hommes peuvent saisir
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- Fig. 1. — Drague de reprise du coke au tas.
- au passage les sacs pour les vider ; les corbeilles vides continuent jusqu’à la poulie de retour, où des doigts les entraînent sur le chemin de roulement et les forcent à revenir se placer sur le brin de retour du câble. La Compagnie parisienne du Gaz utilise également des monorails amovibles, dont les arceaux métalliques de support, munis d’une large embase, peuvent se transporter de manière à établir les voies dans les directions les plus diverses : ces monorails permettent notamment de reprendre les sacs au bout du parcours des convoyeurs à chaîne et de les amener là où il est besoin de les vider.
- On donne une légère pente à la voie d’aller et, toutes les corbeilles étant réunies par une cordelette, celles qui sont chargées et qui descendent la pente font remon-
- ter les corbeilles vides sur la voie de retour. Un appareil fort intéressant, eu égard aux services spéciaux qu’il rend, c’est le convoyeur sécheur, qui a pour but de répondre aux besoins de certains clients, en diminuant la teneur en eau du coke qui provient de la cour d’extinction. Ce convoyeur est constitué par une série de palettes s’emboîtant les unes dans les autres, et forme un tablier continu de lra,80de large sur 66m. de long ; il circule dans une enceinte surchauffée. Le coke humide sortant du blutoir est déversé d’une façon continue sur le tablier du sécheur au moyen d’une noria à godets, et, après un parcours de 30 à 40 minutes dans l’enceinte, le coke tombe par un goulot en tôle dans un élévateur qui le déverse dans les wagons de livraison. L’enceinte même d’étuvage est formée assez curieu-
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- Fig. 3.
- Câble transporteur des sacs de coke.
- Fig. 4.
- * Chaîne convoyeuse de sacs
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- sement de boîtes en tôle pleines de sable appliquées sur une charpente remplissant le rôle d’isolant, et le chauffage proprement dit est assuré par des tuyaux où circulent les fumées de deux calorifères ; la répartition de ces calorifères est telle que le coke s’échauffe progressivement, puis est maintenu à une température élevée durant un certain parcours, pour enfin se refroidir sensiblement.
- Nous aurions à citer encore le monte-sac à deux plateaux, ceux-ci étant animés d’un mouvement alternatif de bas en haut et de haut en bas, avec un temps d’arrêt aux deux extrémités de la course, si bien qu’on a le temps soit de placer un sac sur le plateau inférieur, soit de prendre le sac du plateau supérieur, qui se trouve à une hauteur de lm,40 au-dessus du sol. Il est facile de comprendre que l’entraînement des plateaux est opéré par des chaînes sans fin qui passent en haut et en bas sur des roues dentées, et les plateaux demeurent immobiles tandis que la chaîne se déplace sur la demi-circonférence supérieure ou inférieure de chaque roue respective.
- Nous signalerons pour finir la drague ou l’excavateur à sec, comme on voudra l’appeler, qui sert à reprendre le coke au tas où il est accumulé en vrac : nous y retrouvons la chaîne à godets caractéristique des excavateurs ordinaires, portée par un bras qu’un mécanisme force toujours à appuyer contre la partie inférieure du tas. Le coke élevé dans les godets jusqu’au sommet de la drague coule ensuite dans des trémies, et de là est mis en sac au moyen d’hectolitres verseurs : la drague porte une plate-forme où se fait l’opération, et rien n’est ensuite plus simple que de pousser les sacs sur les voitures qui doivent livrer le combustible. Ce dernier appareil est certainement un des plus intéressants de toute cette installation mécanique, d’autant plus qu’il possède des cribles passant le coke, et qu’il est mû électriquement grâce au courant qui lui arrive par des câbles isolés tendus au-dessus des tas de coke. D. Lebois.
- UN ISOLANT ÉLECTRIQUE
- Le minium peut être considéré comme un isolant électrique, dont on ne peut donner encore exactement la valeur de la résistivité, d’après les renseignements publiés par le journal allemand Farben Zeitung. On avait déjà bien des fois remarqué, en télégraphie, que certaines conduites de gaz sont mauvaises conductrices pour le courant électrique, malgré toutes leurs ramifications en terre. Un directeur des Télégraphes allemands, M. Hac-kethal, avait émis l’opinion que la non-conductibilité provenait sans doute d’une interruption dans la continuité métallique de ces conduites, spécialement aux joints. En 1894, en démolissant partiellement le bâtiment des télégraphes de Brême, on put constater qu’une poutrelle métallique, qui avait été peinte au minium de plomb, et qui était en place depuis dix-huit ans, était parfaitement isolée ; sous le passage d’un courant à la tension de 150 volts, un galvanomètre fort sensible ne pouvait pas accuser la moindre déperdition de courant. On put conclure de cette constatation que le minium, tout
- au moins au bout d’un certain temps et dans certaines conditions, pouvait prendre de puissantes qualités isolantes.
- Des expériences ont prouvé le bien fondé de cette opinion : à l’aide du minium enveloppant des fibres de qualité fort inférieure, on a pu composer une substance isolante, très résistante, notamment aux agents atmosphériques, susceptible de remplacer parfaitement la gutta-percha, et, par conséquent, pouvant rendre de grands services pour l’isolement des câbles aériens. Ce minium, mélangé à l’huile de lin, et à l’état liquide, ne possède pas une grande puissance d’isolement; mais, quand les deux substances ont eu le temps de s’oxyder à l’air, il se produit alors une sorte de matière gommeuse qui présente une résistance d’isolement égale à au moins 100 000 mé-gohms par centimètre cube. Les fibres ainsi imprégnées perdent toutes leurs propriétés hygroscopiques, sans que du reste elles puissent ultérieurement être affectées par l’humidité, la chaleur ou le froid. On obtient des résultats à peu près équivalents en recouvrant des fils d’un enduit de minium, quand on désire les protéger même de vapeurs acides; on a fait des expériences comparatives sur deux fils de bronze de lmra,5 de diamètre, l’un nu, l’autre recouvert de minium, qu’on a suspendus au milieu de vapeurs d’acide chlorhydrique. Au bout d’un mois, le fil nu était complètement détruit, alors que l’autre fil a pu demeurer six mois encore dans le même milieu sans être nullement attaqué. Ces qualités du minium de plomb permettront de l’utiliser avec avantage dans les industries électro-chimiques.
- On pourra également employer désormais le minium pour former les joints des conduites de gaz à l’intérieur des maisons, immeubles, ateliers et usines. On évitera par ce moyen la continuité métallique. Il en résulte que si, par accident, un fil électrique dans une installation vient à toucher la conduite de gaz, la partie atteinte sera localisée et l’accident ne se compliquera pas de phénomènes provenant d’autres contacts sur les conduites de gaz à des distances plus ou moins éloignées.
- Il serait intéressant de faire à ce sujet des expériences, car la question est importante et ces multiples contacts se présentent souvent en pratique. J. L.
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- LA CAPRIFICATION
- Dans le Levant, en Grèce, en Algérie, dans les environs de Naples, on emploie de temps immémorial, pour obtenir de belles figues, une pratique des plus bizarres et sur la nature de laquelle on n’est fixé que depuis peu. Dans ces régions le Figuier d’Europe, le Ficus carica des naturalistes, se présente sous deux aspects bien différents. Certains pieds donnent des fruits délicieux, tandis que d’autres ne procurent que des figues immangeables. On est tout de suite tenté de se croire en présence d’une différence analogue à celle bien connue du cerisier cultivé et du merisier, dont les fruits, bien qu’ayant la même origine, sont bien différents à tous les points de vue. Il n’en est rien, et une simple conversation avec les indigènes apprendra qu’il faut garder avec grand soin les figuiers aux mauvais fruits, les orni, comme ils les appellent, pour avoir de bons fruits sur les autres. Tourne-fort, dans un voyage au Levant,'avait déjà noté l’utilité des figuiers mauvais. « Voici, dit-il, l’usage qu’on en fait. Pendant les mois de juin et de juillet, les paysans prennent les orni et les portent tous, enfilés dans des fétus, sur les figuiers domestiques. Si l’on manque ce temps favorable, les orni tombent et les fruits du figuier
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- domestique ne mûrissant pas, tombent aussi dans peu de temps. Les paysans connaissent si bien ce précieux moment que tous les matins, en faisant leur revue, ils ne transportent sous les figuiers que les orni bien conditionnés. Je ne pouvais me lasser d’admirer la patience de ces Grecs occupés pendant plus de deux mois à porter ces orni d’un figuier à l’autre; j’en appris bientôt la raison : un seul de leurs arbres rapporte ordinairement jusqu’à deux cent quatre-vingt-cinq livres. ))
- Le mauvais figuier étant souvent désigné sous le nom de Caprificus, on donne au phénomène de maturité provoquée le nom de caprification. Pline l’Ancien le connaissait déjà et en a donné line explication qui, on va le voir, n’est pas très éloignée de la vérité, malgré son apparence quelque peu bizarre. « Le figuier sauvage, d’après lui, engendre des moucherons; ces insectes privés d’aliment sur l’arbre natal, lorsque tout y est transformé en putrilage, volent sur le parent (le figuier savoureux) ; et, criblant de morsure la figue, c’est-à-dire ouvrant les pores du fruit par leur avidité, ils pénètrent dans l’intérieur, amènent d’abord avec eux le soleil, et introduisent par les portes ouvertes l’air fécondant. Dans les plantations de figuier, on place un caprificus au-dessus du vent pour que le souffle emporte sur les figues le vol des moucherons. ))
- Toutes les observations ultérieures jusqu’à aujourd’hui ont, en effet, été unanimes à montrer que la maturité des figues savoureuses était manifestement provoquée par les moucherons qui sortent en nuée des orni et viennent se répandre sur elles. Cela ne faisait pas de doute, mais quelle était la véritable nature de la caprification? L’opinion la plus généralement admise, même tout récemment, c’est que la maturité était provoquée par la piqûre des insectes, de même qu’une galle se développe là où il n’y avait rien quand un insecte vient piquer un végétal et déposer un œuf à son intérieur. On était bien obligé de se contenter de cette explication, mais on sentait bien, passez-moi l’expression, qu’elle était « tirée par les cheveux » et sortait un peu trop des autres phénomènes connus de la biologie. C’est qu’en effet l’explication de la caprification, telle qu’elle a été étudiée scientifiquement par M. de Solms-Lanbach, rentre en réalité dans les phénomènes aujourd’hui bien connus de la fécondation croisée. « Sur les Caprificus, les figues contiennent deux sortes de fleurs, les unes mâles en haut, les autres femelles en bas : ces dernières ont un pistil surmonté d’un style court. Ces réceptacles reçoivent la visite d’un insecte du groupe des hyménoptères, le Blas-tophaga grossorum, qui vient déposer ses œufs dans l’ovaire, opération qui s’effectue très aisément à cause de la faible longueur des styles. Si l’on examine, au contraire, les figues des individus cultivés, on voit qu’il n’y a pas de fleurs mâles et que les fleurs femelles sont toutes à style long. Yoici alors quel est le rôle de l’insecte dans la maturité du fruit. Les œufs pondus dans les ovaires du Caprificus ne tardent pas à y éclore ; les jeunes s’élèvent bientôt dans le réceptacle dont ils cherchent à sortir. Ils passent inévitablement sur les fleurs à étamines qui se trouvent près de l’orifice de la figue et se barbouillent de pollen. Ils prennent alors leur vol dans l’air en grand nombre et arrivent sur le figuier cultivé où les cultivateurs ont déposé une goutte d’huile sur l’ouverture du réceptacle pour leur en faciliter l’entrée. Une fois dans la cavité, l’insecte, si c’est une femelle fécondée, cherche à déposer ses œufs dans les ovaires comme avait fait sa mère, mais les styles sont trop longs, elle n’y
- parvient pas; elle ne peut que déposer le pollen dont elle est chargée sur le stigmate et opère ainsi la fécondation croisée. Grâce à cette intervention de l’hyméno-ptère, la maturation de la figue s’opère à coup sûr avec une parfaite régularité. » (J. Gostantin.)
- Pour bien comprendre cette explication, il faut se rendre compte que la figue n’est pas, botaniquement parlant, un fruit; c’est une inflorescence dont le large réceptacle s’est presque entièrement recourbé sur lui-même, enfermant les fleurs, très simples d’organisation d’ailleurs, dans une cavité ne communiquant avec l’extérieur que par un orifice presque virtuel. On vient de voir que c’est par celui-ci, cet œil comme on dit, que s’introduisent les mouches. Comme 51. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, celles-ci sont fécondantes sans s’en douter. Et Pline n’était déjà pas si loin de la vérité quand il les décrivait comme introduisant « l’air fécondant » à l’intérieur des figues. Henri Coupin.
- L’OUTILLAGE DU PORT DU H AVRE
- UNE BIGUE DE 120 TONNES
- Depuis un certain temps déjà on effectue au port du Havre d'importants travaux qui ont pour but de rendre son entrée plus facile, d’augmenter le tirant d’eau fort insuffisant qu’on y trouve, de le mettre en un mot à la hauteur des besoins de la navigation et du commerce modernes. Mais, dans un établissement maritime, il faut un outillage mécanique puissant, permettant d’assurer rapidement et à bon compte le chargement et le déchargement des navires, même quand il s’agit des colis les plus lourds et les plus encombrants. C’est pour répondre à ce besoin que la Chambre de Commerce du Havre, prenant en main cette question de l’outillage, a d’abord fait construire par les soins de son ingénieur en chef, M. Delachanal, une série de grues électriques intéressantes.
- Mais il fallait des engins ou au moins un engin de manutention plus puissant, notamment pour la mise en place des chaudières à bord des navires qui ont à changer leurs générateurs, et on résolut de construire et d’installer une bigue-trépied de 120 tonnes, du type général que nous avons eu occasion de décrire ici pour d’autres ports. Les engins actuellement en service dans le port du Havre n’ont pas une capacité de plus de 60 à 70 tonnes, et l’on voit qiie cela fait un progrès énorme. La grande grue de 120 tonnes n’est pas encore en service, c’est même à peine si elle est finie de monter, mais nous avons tenu à signaler immédiatement cet intéressant appareil, en donnant des détails sur la façon toute spéciale et curieuse dont elle a été mise en place.
- Cette grue énorme, qui porte aussi le nom de mâture, par suite de ce fait que les instruments de ce genre étaient primitivement destinés surtout à enlever ou à replacer les mâts des navires, est haute de 42 mètres, et elle est à action directe : cela signifie que le soulèvement des charges y est effectué au moyen de l’eau sous pression agissant dans un cylindre vertical suspendu à l’axe de tête
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- des bigues. Un autre cylindre de même nature, mais à double effet, permettra de manœuvrer l’ensemble des bigues pour obtenir le déplacement perpendiculaire au quai, autrement dit l’oscillation de l’appareil. Nous pouvons noter une particularité intéressante; l’eau employée pour les manœuvres sera mise sous pression par une puissante pompe mue électriquement.
- Le crochet de la mâture aura une course
- Fig. 1. — Première phase du montage de la grue.
- verticale de 18 mètres au-dessus de l'arête du quai, et son déplacement perpendiculairement à cette même arête sera de 20 mètres au total, dont 9 en porte-à-faux au-dessus du bassin (pour prendre ou déposer les charges dans les bateaux), et 11 au-dessus du terre-plein pour prendre ou déposer les colis à manutentionner. Pour éviter une perte de temps ou de force motrice, quand on aura affaire à des colis de moindre importance, de poids plus faible, on a prévu un appareil auxiliaire de 15 tonnes, disposé sur ces mêmes bigues ; il aura une course verticale d’une longueur double de celle de la grue à grande puissance.
- L’ensemble de l’appareil repose sur trois fondations spéciales auxquelles on a dû naturellement donner une grande solidité ; elles ont été descendues à 15 mètres de profondeur à l’aide de l’air comprimé, au moins pour les deux qui étaient les plus voisines du bassin. Il est bon de songer que, en dehors des charges qu’elles auront à supporter, les trois bigues pèsent ensemble près de 60 tonnes.
- Par suite même de leur poids et aussi des conditions particulières dans lesquelles il fallait opérer, le montage a été particulièrement laborieux : il fait beaucoup d’honneur aux constructeurs Havrais, MM. Gaillard et Cie, qui ont été chargés de la construction de l’appareil, et il mérite d’être décrit succinctement. Nous avons du reste la bonne fortune de pouvoir nous aider, dans cette description, de photographies instantanées montrant les diverses phases de l’opération, et que nous devons à l’obligeance de M. le président de la Chambre de Commerce du Havre.
- L’espace faisait défaut sur le terre-plein pour
- mater les bigues par l’arrière, en refoulant celles d’avant au moyen de celle de derrière; en conséquence, on s’est vu obliger d’effectuer ce mâtage, ce redressement, du côté du bassin, et au moyen d’un engin de levage, d’un ponton-mâture flottant. Que le lecteur veuille bien examiner les photographies au fur et à mesure des indications que nous donnerons, et il saisira rapidement la façon dont on a opéré. On avait d’abord commencé par installer et monter, dans son emplacement définitif sur le terre-plein, une sorte de triangle métallique à angle de base très ouvert, qui forme par son extrémité supérieure le point d’attache et d’oscillation de la bigue arrière, et qui a de plus à supporter les appareils mécaniques d’oscillation. Sur ce même terre-plein, entre cette première portion de la mâture et l’arête du quai, et à peu près parallèlement à celle-ci, on avait assemblé sur le sol les deux grandes bigues avant et la demi-bigue arrière, qui se relie à elles par son extrémité. Sous le bout libre de la bigue avant de droite, on avait disposé un pivot, et un galet de roulement k peu près symétriquement sous la partie correspondante et extrême de l’autre bigue avant. On amena alors le long du quai la mâture flottante de la Compagnie Transatlantique, qui peut lever une charge de 50 tonnes à une hauteur de 18 mètres, et on lui fit prendre par son crochet de levage l’axe de tête commun des trois bigues. C’est cette phase, préparatoire en quelque sorte, que représente la première photographie.
- Pour commencer la phase suivante, on a levé la charge de deux ou trois mètres au moyen de la mâture, puis on a déplacé cette dernière de manière à faire pivoter les trois bigues autour du point
- Fig. 2. — Achèvement des mouvements de rotation des bigues.
- choisi comme centre de rotation, le mouvement se faisant aisément grâce au galet. On avait du reste étudié minutieusement ce point de rotation, de telle sorte qu’une fois l’appareil (ou la portion d’appareil) amené perpendiculairement au quai, ainsi que le montre la figure 2, les pieds des deux bigues avant vinssent se trouver en face des supports reposant sur les fondations, et avec lesquels elles doivent être réunies par d’énormes boulons d’articulation.
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- lu léger mouvement de recul vers le terre-plein les fit entrer dans ces supports, on mit les boulons en place, et dès lors on avait un point d’articulation lise pour relever les Ligues sans qu’elles eussent tendance à reculer. La troisième phase commença alors; elle consistait à lever la tète des Ligues aussi haut que possible à l’aide de la mâture : quand on lut arrivé à bout de course, au sommet par conséquent des Ligues propres de la mâture
- Fig. 3. — Troisième phase : début du levage.
- prenait appui : et l’on est passé ainsi de la position n° 5 dans la position 4, c’est-à-dire que cette demi-bigue arrière s’est rabattue en tournant autour du point de rotation commun, pour décrire une portion de cercle' et venir pendre au-dessus de l’eau et d’une plate-forme llottante disposée le long du ponton-mâture. On a alors frappé un élinguage spécial sur le pied de cette demi-bigue, puis on l’a rattaché
- Fig. o. — Cinquième phase : achèvement du mâtage.
- métallique formant la base postérieure de l’engin.
- C’était la cinquième phase du montage, l’ensemble de la charpente était ainsi immobilisé dans la position que lui avait fait prendre le ponton-mâture, et on n’avait plus qu’à retirer celui-ci. Toute la partie réellement malaisée de l'opération était achevée, et l’on put effectuer la dernière phase du travail, en ajoutant à la demi-bigue arrière, pendant à l’articulation du trépied, la seconde moitié de cette Ligue,
- flottante, on dut y fixer provisoirement la tète des grandes Ligues ; mais en même temps on détachait le crochet de levage, puis on rattachait par de solides amarres et même des palans le sommet des Ligues à la charpente métallique triangulaire déjà montée sur le quai. Un pouvait alors dégager la demi-bigue arrière qui, durant tout ce mouvement de levage, était demeurée fixée parallèlement aux Ligues avant grâce à une poutre transversale sur laquelle elle
- Fig. L — Quatrième phase : pivotement de la demi-bigue arrière.
- au crochet delà mâture, et l’on a tourné le treuil, de manière à continuer de màter les trois bigues en agissant sur la demi-bigue, dont la partie inférieure était retenue au quai par de solides amarres, afin qu’elle ne pût prendre un mouvement de rotation autour de la tête commune de l'appareil. Quand le mâtage a été suffisant, de puissants haubans ont été raidis entre la tête commune et le chevalet
- Fig. G. — La Ligue achevée de monter.
- qui était demeurée en réserve sur le terre-plein.
- On est maintenant en train de rattacher la partie inférieure de cette Ligue aux appareils de manœuvre qui ont été installés sur le chevalet triangulaire. L’engin sera essayé sous une charge de 150 tonnes, ce qui donnera toute sécurité. On compte le voir fonctionner à très bref délai, et il sera certainement des plus appréciés par tous les navires fréquentant le port du Havre. Daniel Bellet.
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- CORRESPONDANCE
- A propos de notre récent article1 sur les horloges publiques, nous avons reçu l’intéressante lettre suivante :
- Monsieur le Directeur,
- J’ai le plaisir de lire très assidûment votre journal scientifique et j’y trouve aujourd’hui un article très bien fait (comme toujours) sur les horloges publiques. 11 est certain que nos horloges sont bien mal placées et encore plus mal éclairées la nuit et que l’auteur peut justement s’écrier à la tin de son article : (( Bien heureux qui peut lire l’heure ».
- J’ajouterai : « Encore plus heureux qui peut la connaître par le nombre des coups frappés sur le timbre » et cela est vrai autant pour les horloges publiques que poulies pendules d’appartement.
- Or, il y a des circonstances où l’on serait bien heureux d’entendre l’heure et d’être certain de l’avoir bien comptée, d’autres où, même en la comptant très aisément, on ne la connaît pas davantage.
- Un malade alité, par exemple, surpris par les deux ou trois premiers coups du timbre, se mettra bien à compter la suite des coups, jusqu’au bout, si son attention le lui permet; mais s’il arrive au douzième, comment sera-il assuré qu’il n’est ni dix heures ni onze heures, mais bien minuit. Or on est toujours surpris et l’on compte souvent mal. Et ensuite, pendant deux heures, espace de temps cruellement long, qu’entendra-t-il? un simple coup de timbre à chaque demi-heure ! le voilà bien avancé.
- Dans la marine, où nous faisons de notre mieux pour avoir l’heure exacte qui règle chaque instant de notre vie, comme dans les couvents, comme dans les usines, nous piquons l’heure — c’est le terme consacré — chaque demi-heure, par série de quatre heures, de quarts, terme aussi très marin. C’est-à-dire que midi étant la quatrième heure du quart précédent, se piquera par quatre coups doubles || || Il II et pendant ce quart com-
- mencé midi et demi se piquera d’un simple coup |. Une heure d’un coup double | | ,— lh50m d’un coup double suivi d’un coup simple à très petit intervalle | | | .
- Deux heures | | ||, — 2h 50m | | | | | . Trois
- heures | | Il | |, — 5h 30m | | | | Il | .
- Quatre heures | | | | | | II, comme midi, comme
- huit heures, heures impossibles à confondre, de sorte que dans l’insomnie soit du malade, soit du laborieux, les heures arrivent nettes, incontestablement claires. A bord de mes bâtiments, j’ai même toujours fait piquer l’heure deux fois à 10 secondes d’intervalle, parce que la deuxième fois donne une heure indubitable.
- Il serait si simple que nos pendules prissent ce mode de piquage de l’heure, en modifiant les crans d’arrêts de la roue qui lâche le marteau du timbre. Quelques coups de lime et c’est fait.
- Veuillez agréer, je vous prie, Monsieur, l’assurance de mes sentiments les plus distingués. Mis de FraysseiX.
- Capitaine de vaisseau.
- CHRONIQUE
- Un nouveau volcan aux Nouvelles Hébrides.
- — Les Nouvelles-Hébrides sont, comme on sait, le siège d’une très intense activité volcanique. Dans le canal entre
- 1 Voy. n0 1488, du 50 novembre 1901, p. 427.
- Tonghoa et Api, elle vient de se manifester par l’émersion de nouvelles roches et par la projection de colonnes de fumée au-dessus de la mer. Un volcan que l’on ne connaissait pas, annonce le Journal des Nouvelles-Hébrides dans son numéro du 1er août dernier, vient d’être signalé dans ces parages sur un îlot inhabité et sans végétation à peine élevé de 6 à 8 mètres au-dessus des flots. De fortes colonnes de vapeur d’eau s’échappaient de Eliot.
- Le canal transeuropéen. — Voici un projet qui dépasse en importance tout ce qu’on a encore fait ou même tout ce qu’on a projeté sur le sol de la vieille Europe, et dont on s’occupe assez activement dans les milieux allemands et autrichiens, tandis qu’on l’ignore à peu près complètement en France. 11 s’agit d’une voie d’eau qui relierait Stettin, sur l’Oder (et un port de mer comme on sait), avec Fiumc sur l’Adriatique, autrement dit qui réunirait les mers du Nord de l’Europe avec celles du Sud, et qui n’aurait pas moins de 2240 kilomètres de développement. Cela en ferait le plus grand canal du monde. On n’aurait pas à creuser la voie d’eau sur toute cette longueur, tout au plus sur 485 kilomètres, ce qui est déjà bien : pour le reste, on utiliserait les voies existantes. C’est ainsi que, de Stettin à Kosel, en Silésie, et même jusqu’à Oderberg, on suivrait et emprunterait l’Oder, dont le cours serait grandement amélioré par les travaux qui sont actuellement projetés en Allemagne. Le canal serait ensuite percé de manière à aboutir à Komond, sur le Danube ; il suivrait la Saxe de Hukovar à Sissex, puis la Kulpa jusqu’à Karlstad. Ensuite on descendrait directement sur Fiume, mais il ne faut pas oublier que l’on aurait à traverser une chaîne des Alpes Juliennes. ,
- /industrie alimentaire. — L’industrie de l’alimentation occupe en France 450 000 personnes, soit 25 pour 100 de la population active. On a remarqué que cet effectif est assez exactement distribué entre les départements ; à tout le moins, il ne présente pas les énormes oscillations qui apparaissent pour l’extraction minière, la métallurgie ou les textiles. L’alimentation est surtout florissante dans la Marne, les Bouches-du-Rhône, l’Aisne, Seine-et-Marne. C’est dans les départements montagneux du Centre et du Dauphiné qu’elle offre le moins de contingent : Cantal, Hautes-Alpes. Ardèche, Lozère. La meunerie à elle seule occupe 113000 personnes réparties entre 30 000 établissements; plus important encore est le personnelle la boulangerie 160 000; mais cette industrie ne s’exerce guère qu’en de petits établissements. Un seul groupe plus de 50 travailleurs. La fabrication du sucre absorbe 13 000 ouvriers en moyenne annuelle, car le chiffre augmente ou diminue fortement suivant les périodes. Huit départements contribuent à cette production. La brasserie et la malterie, prospères surtout dans le Nord et le Pas-de-Calais, s’inscrivent pour 25 000 employés; la charcuterie pour 35 000 dont près de 20 000 dans la Seine; la pâtisserie pour 19 000; la distillerie pour 15 000; la raffinerie pour 8200. Ici, il est à noter que le régime de la grande industrie fonctionne à peu près seul, comme d’ailleurs dans la sucrerie proprement dite. Sur 55 établissements, 19 comptent de 51 à 500 ouvriers et 4 plus de 500.
- Le sérum Calmette. — Un médecin attaché à un chemin de fer dans l’Inde rapporte, dans Lancet, le fait suivant : Le 23 août, dans la nuit, il avait été appelé auprès d’une femme de service mdoue qui avait été piquée par un gros serpent, probablement un cobra. Elle
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- était moribonde et deux heures plus tard avait perdu connaissance, présentant tous les symptômes de l’empoisonnement. Le médecin lui injecta, sans aucun espoir, une dose massive de sérum Calmette. L’effet fut merveilleux; la femme reprit connaissance en un quart d’heure; le médecin injecta une nouvelle dose, et, trois heures après la première injection, la malade était guérie.
- Un curieux retour en arrière dans l'installation des gares. — Nos lecteurs ont peut-être connu, à Paris, l’ancienne gare d’Orsay, qui a du reste été décrite dans La Nature, et qui présentait cette particularité que les convois repartaient de la gare sans qu’on eût besoin de changer la locomotive de la place qu’elle occupait en tète du train à l’arrivée : et cela tout simplement parce que le convoi s’arrêtait dans une gare en demi-cercle, et qu’il regagnait la voie de départ après avoir parcouru la boucle. On a supprimé cette disposition, qui prêtait à rire à bien des gens ne comprenant pas les services qu’elle pouvait rendre et les pertes de temps qu’elle évitait. Mais voici qu’on semble y revenir dans les gares terminus des lignes où l’on a besoin d’assurer un trafic important et des départs de trains extrêmement fréquents. C’est ce qu’on a fait dans la gare souterraine de Boston, dont nous avons donné une des-cription, et apssi dans certains terminus du Métropolitain parisien, et on s’apprête à adopter la même méthode dans le nouveau chemin de fer électrique souterrain de Londres, le Central London : il passe des trains toutes les 2 minutes 5/4, et l’on ne peut hâter davantage les manœuvres d’aiguillage aux terminus. Si, au contraire, on adopte la disposition en boucle, on compte sur un train toutes les minutes et demie.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 décembre 1901. — Présidence de M. Fouqué.
- Croissance des légumineuses. — On sait maintenant que les légumineuses ne fixent l’azote atmosphérique qu’autant qu’elles portent sur leurs racines des nodosités à bactéries. Les germes de celles-ci sont-ils répandus sur toutes les terres, et l’insuccès observé dans certains cas, relativement à la croissance des légumineuses, ne serait-il pas dû à leur absence? MM. Dehérain et Demoussy ont cultivé du trèfle sur une terre de bruyère. 11 y a vécu, mais peu vigoureusement, même après addition de chaux et de phosphate, tant qu’on n’y a pas apporté, par addition d’une terre de jardin, des bactéries plus efficaces que celles de la terre de bruyère. Il n’en a plus été de même pour une terre de Bretagne, sans calcaire et sans acide phosphorique. Il a suffi d’introduire ces deux engrais minéraux pour que le trèfle devînt luxuriant. Cette terre renfermait naturellement les bactéries propres à la symbiose. On peut donc créer des prairies artificielles dans certaines terres par la seule addition d’engrais minéraux; mais dans d’autres, il faut, en outre, apporter les bactéries efficaces.
- Infécondité des sols tourbeux. — M. Dehérin présente ensuite une Note de M. J. Dumont, professeur à l’École nationale des industries agricoles de Douai, sur les causes d’infécondité des sols tourbeux. L’auteur constate que les terrains tourbeux sont très réfractaires à la nitrification dans les conditions naturelles, mais qu’ils nitrifient cependant les sels ammoniacaux qu’on y incorpore artificiellement. Il en conclut que l’inertie de l’azote est surtout imputable à
- la nature de l’humus et qu’elle a pour cause essentielle un défaut d’ammonisation. La passivité de l’humus parait être la conséquence inévitable du manque de potasse. En effet, tandis que dans les sols ordinaires, le rapport de l’azote à la potasse est sensiblement égal à l’unité, il est supérieur à 20 dans les terres tourbeuses. Pour rendre la matière azotée nitrifiable, il suffit d’incorporer de la potasse au sol. Ainsi, en traitant la tourbe par le carbonate de potassium, on détermine la transformation de l’azote organique en azote ammoniacal : la stérilité est alors vaincue, parce que l’humus revêt une forme accessible aux ferments nitrificateurs.
- Le rivage de la nier au Sénégal à Vépoque du miocène inférieur. — M. Michel Lévy présente une Note de M. Vasseur, professeur à la Faculté des sciences de Marseille, un de ses collaborateurs à la carte géologique de France, relative à la découverte de nûmmulites de la fin de l’éocène inférieur dans un sondage pratiqué par M. Billot, à Saint-Louis du Sénégal, à une profondeur de 230 mètres. M. Vasseur observe que cette découverte pose un problème, celui de savoir comment la mer arrivait à cette époque à Saint-Louis. M. Vasseur conclut de différentes raisons que ce ne peut être par le Sahara et que par suite la mer suivait à peu près le rivage actuel de l’Atlantique.
- Influence du sujet sur le greffon. — M. Bonnier analyse une Note de M. Juric sur un cas de greffe. L’auteur a greffé sur des pieds de '(( Confolia rupestris » qui produisent des raisins précoces, et sont très résistants au phylloxéra, des hybrides d’un autre plant peu résistant au phylloxéra et produisant des raisons précoces. Il a ainsi obtenu des plants dont les boutures donnent des raisins précoces et sont résistants au phylloxéra. Ainsi se trouve démontrée l’influence du sujet sur le greffon, pour la vigne.
- Origine des sources. — M. Gaudry rappelle que les récents travaux sur l’origine des sources ont amené à constater que bien des sources sont des déversoirs de rivières souterraines qui peuvent être contaminées par des infiltrations ou même des chutes de cadavres d’animaux lorsqu’elles coulent dans des terrains calcaires fissurés. Aujourd’hui, on ne peut plus capter de source sans que l’eau ait été examinée au triple point de vue géologique, hygiénique et bactériologique. M. Gaudry fait connaître que M. Martel s’est occupé de signaler les eaux qui, en France, peuvent être considérées comme susceptibles de contamination. Il appelle l’attention sur la ville de Niort alimentée par une fontaine située au-dessous d’une caserne.
- ClJ. DE VltLEDEUlL.
- DISLOCATION PAR LA DYNAMITE
- d’un ROCHER DE 1500 MÈTRES CUBES
- En quittant la ville de Brantôme, située à 53 kilomètres de Périgueux, on suit la route départementale, qui supporte en accotement la ligne à voie étroite de Périgueux à Saint-Pardoux, jusqu'au lieu dit ; « Pont des Roches ». A cet endroit s’élevait sur le côté gauche un massif calcaire qui se dressait brusquement à 45 mètres de hauteur au-dessus de la route. Ce massif (fig. 1) composé de calcaires compacts, mais très divers, calcaire silicieux, calcaire grossier, appartenait à l’époque des terrains tertiaires. L’altitude au-dessus de la mer est de
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- LA NATURE.
- 146 mètres. La partie supérieure du massif forme un immense plateau où s’élève un castel. Une série de blocs semblables à d’immenses falaises dominent
- Fig. 1. — Vue d'ensemble du rocher avant l’explosion.
- (D’après une photographie.)
- la plaine, formant comme autant de promontoires qui s’avancent vers la route. Le dernier de ces blocs se présentait à la vue, complètement détaché de la masse, par une large faille de 40 centimètres et sa base, très réduite de dimensions, lormait un piédestal limité par une scotie venant se raccorder avec la pente du terrain naturel. A la jonction du bloc et de la base, des failles obliques au plan horizontal permettaient de supposer qu’un glissement ancien s’était produit, que le rocher ainsi isolé avait été arrêté un instant dans son mouvement, et qu’il était prêt à le continuer sous l’impulsion d’une force étrangère, la gelée par exemple.
- Les dimensions cubiques du bloc étaient de 17 mètres de hauteur de la base au sommet, soit 20 mètres de hauteur totale au-dessus du sol (le piédestal mesurant 3 mètres de hauteur), 16 mètres sur un flanc et , Fl°'
- 6 mètres sur la vue face à la route.
- Ses contours irréguliers, ses bosses, ses failles et les crevasses intérieures à soupçonner, ont permis de lui compter un volume de 1500 mètres cubes. Le poids total du bloc était de 5800000 kilogrammes. Après une série de conférences entre
- le service vicinal de la Dordogne et la direction des chemins de fer du Périgord, il fut décidé que l’on ferait sauter plusieurs rochers et le programme des travaux fut arrêté. On devait détruire par mines explosant simultanément 5 blocs de rochers : l’un de 120 m3 cà flanc de coteau, le deuxième de 72 m5 et le troisième de 1500 m3 contre le massif calcaire situé près du Pont-des-Roches. La dépense totale pour l’exécution des travaux avait été fixée à] 5000 francs. Les travaux furent exécutés par M. Brun, directeur des chemins de fer du Périgord; ils eurent lieu au mois de juin 1901. La dislocation a été effectuée le 25 juin, à 4h10m du soir, en présence des autorités du département et d’une foule considérable de curieux.
- On avait remarqué que si l’on plaçait un foyer d’explosion au centre cubique de chacun de ces solides en s’imposant de conserver une ligne de décharge de lm,60 environ, on pouvait figurer les cônes d’explosion de chaque foyer et constater qu’idéalement il y aurait pénétration et arrachement d’un solide à l’autre. Cette idée théorique, mise en pratique avec autant de précision que l’on pouvait donner au perçage et à l’inclinaison des trous, par M. Merlhiot, surveillant des travaux, et par M. Rebey-rol, chef d’équipe des mineurs, permettait d’espérer le débitage complet du rocher. Le résultat obtenu a confirmé cette théorie : 70 trous de mines furent percés avec des barres à mine (acier rond et octogonal) à 2 tranchants, les longueurs variant entre 0m,50 et 7 mètres et dont la taille à double biseau était uniforme à O^OO. Les trous n’étaient pas curés. Le dégagement des matières put ensuite s’effectuer
- 2. — Dislocation du rocher. Vue prise pendant l’explosion.
- (D'après une photographie.)
- sous l’action d’un courant d’eau continu. Ce travail remarquable méritait une mention. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie LAiicnE, rue de Fleurus, 9.
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- I J A A Y If
- LA A AT riil
- LA PHILATELIE INCONNUE
- UES TIMBRES-SCEAUX
- Voici une catégorie de vignettes encore peu répandues en France, mais qui n'en sont pas moins
- des plus intéressantes; ce sont les timbres-sceaux. Ils servent pour les lettres ; on les colle sur l’envc-
- I. Ministère des postes et télégraphes du royaume de Siam. — i. lui particulier. — 3. Tribunal de Brème, i. Université pour la clinique des femmes (Leipzig). — 5. Académie des sciences de la République Argentine, ti. Banque palatine de Francfort. — 7. Société charitable de Milan. — 8. Consulat américain de Mersina. — 9. Un marchand de vins. 10. Un marchand de fourrures. — 11. Ministère d’État d’Espagne. — i± Un pâtissier viennois.
- loppe au point où celle-ci se ferme. Us tiennent lieu, en somme, du cachet de cire, si complètement abandonné aujourd’hui pour la correspondance ordinaire.
- L’usage des timbres-sceaux est très répandu à
- 1 Yoy. n° 1599, du 17 mars 1900, p. 225 et n° 1179, du 28 septembre 1901, p. 279.
- 3(1" année. — lei semestre.
- l’étranger, surtout en Allemagne, en Autriche, en Russie et même en Italie. Dans ces divers pays, toutes les administrations publiques ont leurs timbres-sceaux et pas une seule lettre ne sort de leurs bureaux sans avoir été close avec leur aide. Il en résulte qu’il y a des timbres-sceaux de fonction-
- a
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- LA NAITRE.
- (H)
- naires de tous ordres : ministres, chefs de service, ambassadeurs et consuls, directeurs des postes et télégraphes, etc. Chaque municipalité a également le sien. Il en est de même des sociétés savantes ou autres. Viennent ensuite les sceaux des banques et des sociétés financières, des fabricants et des marchands. Enfin, des particuliers, même sans profession, s’en font confectionner pour leur usage personnel. Quant à la France, elle en est encore, du haut en bas de l’échelle administrative et sociale, au timbre humide. Il est vrai que ce système est économique, mais combien il est digracieux et incommode !
- Les timbres-sceaux officiels se distinguent généralement des autres en ce qu’ils présentent les armes de la nation à laquelle ils appartiennent. C’est ainsi ([lie ceux qui sont représentés par les nos 1, 7), 5, S et 11 et qui sont respectivement ceux du département des postes du royaume de Siam, du tribunal de la ville de brème, de l’Académie des sciences de la République Argentine, du consul américain de Mersina et du ministre d’État d’Espagne, présentent respectivement les armes du Siam, debrême, de la République Argentine, des Etats-Unis et d’Espagne. La règle n’est cependant pas absolue. Le timbre 4, par exemple, qui semble être officiel, puisqu’il est celui d’une université de la ville de Leipzig, offre un sujet religieux ; par contre, le timbre 6, qui est celui d’une banque particulière de Francfort-sur-le-Mein, offre les armes de cette ville.
- Les timbres-sceaux des industriels, des marchands et des particuliers, pour lesquels l'imagination a libre carrière, sont, en général, d’un caractère plus artistique ; on en a la preuve par ceux que fournissent les nos 2, 7, 9, 10 et 12.
- La forme des vignettes, dont nous nous occupons, est essentiellement variable, mais elle affecte plus spécialement celle circulaire ou ovale. Il y a cependant des exceptions et le n° 2, qui se rapproche du carré, en donne un exemple. Il en est aussi de triangulaires, d’hexagonales, d’octogonales, etc. ; il en existe même une catégorie fort curieuse, constituée par des représentations d’objets ; c’est ainsi qu’un marchand de vin aura un timbre-sceau ayant la forme d’un tonneau; un chapelier aura pour timbre un chapeau; un marchand d’éventails un éventail et ainsi pour beaucoup d’autres.
- Tous les sceaux, puisqu’ils ont la prétention de remplacer les cachets de cire, doivent avoir leur dessin et leurs inscriptions en relief ; c’est une condition indispensable et toute vignette qui ne remplit pas cette condition ne saurait être classée parmi les timbres-sceaux. Les bords des timbres sont de trois sortes : ou bien, ils sont irréguliers (nos 7 et 9) afin de mieux imiter la cire qui est censée s’être répandue de tous côtés sous la pression du cachet, ou bien ils sont dentelés, ou, enfin, ils sont arrêtés brusquement tout autour du dessin.
- Les timbres-sceaux sont de toutes les couleurs, soit uniques, soit multiples. Régulièrement, ils ne devraient présenter qu’une couleur, puisque, dans
- les vrais sceaux, il n’est possible de faire usage que d’une seule cire, mais la fantaisie s’en est mêlée et il en est résulté les mélanges de couleurs les plus variés. Le rouge, le bleu et le vert prédominent, mais il y a aussi le jaune et le noir qui comptent de nombreux représentants. 11 faut également signaler les couleurs métalliques qui tendent à se répandre de plus en plus, soit qu’on les emploie seules, soit qu’on les allie avec d’autres. C’est ainsi ([lie le sceau 2 est tiré en or et le sceau 8 en or sur vert.
- Il y a lieu de signaler un perfectionnement récent apporté à ces timbres afin d’assurer plus complètement la sécurité des lettres qu’ils ferment ; il consiste à produire un dessin central en dentelle par l’enlèvement du papier ou encore plus simplement à percer ce centre d’une série de trous rapprochés. Il parait que, dans ces conditions, le sceau, si on tentait de l’enlever, risquerait fort de se détériorer dans ses parties ténues et dévoilerait ainsi la violation de la correspondance.
- Le nombre des collectionneurs de ce genre de vignettes est des plus réduits en France; mais ils sont nombreux à l’étranger. Le prix qu’elles atteignent est à la portée de toutes les bourses, car il faut qu’un timbre-sceau soit bien beau pour se vendre dix centimes; le prix est plus généralement de deux pour cinq centimes. Aussi est-il très aisé de se composer une collection, à condition toutefois de rencontrer des spécimens; c’est Là qu’en France gît la difficulté. ______ ^ _ E. Arxot.
- FLORAISON DU MIMOSA
- DANS LE MIDI DE LA FRANCE ET EN APPARTEMENT
- Dès les premiers jours de décembre on aperçoit, aux montres des lleuristes et dans les voitures des bouquetières, de gracieuses branches de Mimosa au feuillage glauque, terminées par des inflorescences floconneuses d’or pâle, qui apportent comme un rayon de soleil des rives privilégiées de la Méditerranée.
- Ces houppes jaunes ne sont pourtant pas épanouies naturellement ainsi qu’on le croit généralement, car la floraison normale ne commence guère qu’en février, mais grâce à un procédé très ingénieux et qui, de plus, est à la portée de tous.
- Sous ce nom vulgarisé de Mimosa, quelques espèces d’Acacia sont l’objet, dans le Midi de la France, d’une culture très importante pour la fleur coupée qui est exportée dans les principales villes d’Europe. Ce sont les : Mimosa (Acacia) floribunda, Mimosa longifolia. Mais c’est le Mimosa dealbata qui est exploité sur une plus grande échelle. Toutefois il ne croît pas dans tous les sols ; il affectionne particulièrement les terrains granitiques et schisteux ; les cultures en grand se trouvent donc localisées dans les roches granitiques et les gneiss roses des pentes de l’Esterel, aux environs de Cannes, sur les collines de la Californie, de la Croix-des-Gardes au golfe Juan-Yallauris et jusqu’à Juan-les-Pins. Le Mimosa y pousse avec vigueur, vit longtemps et se
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- LA NAT l’UE.
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- couvre en février-mars d'une véritable parure d’or.
- Dans les sols calcaires, de Nice à Menton, il devient malingre et chlorotique et ne croit que greffé sur Y Acacia flovibunda qui est une espèce calcicole. C’est ce qui explique pourquoi, dans cette partie de la côte, les plantations de Mimosa ne sont faites que pour l’ornementation et non pour l’exploitation.
- Là où il est utilisé pour l’exploitation, le Mimosa est multiplié de graines dont les jeunes sujets croissent rapidement ; il fleurit deux à trois ans après leur plantation et est en pleine production à partir de la cinquième année. 11 forme alors un arbre, ou même une cépée, haut de 8 à 12 mètres, garni de branches de bas en haut, à la cime arrondie, aux ramures tellement serrées et nombreuses qu’il forme comme une grosse boule nuageuse (lig. 1).
- Il n’y a aucune crainte de couper beaucoup de branches, car, dès le début delà végétation, celles qui ont été raccourcies se ramifient d’une façon étonnante et se couvrent toutes de boutons dès le mois de septembre-octobre. Lors de la floraison normale, les rameaux de Mimosa servent de garantie aux autres fleurs plus fragiles, car on les dispose contre les parois des paniers confectionnés avec des lamelles de canne de Provence. Les rameaux fleuris sont d’ailleurs vendus au poids et il s’en expédie chaque année des milliers de kilogrammes.
- Étant donné que les boutons sont formés dès le mois de septembre-octobre et que cette fleur était beaucoup demandée, un jardinier de Nice s’avisa, il y a une vingtaine d’années, d’en hâter la floraison. Vouloir mettre en pots et rentrer en serre, à cet effet, des jeunes sujets de Mimosa, il n’y fallait pas songer ; cela eût été trop coûteux. C'est alors qu’il eut l’idée de faire épanouir les inflorescences de rameaux coupés.
- Le principe de ce forçage est des plus simples : il consiste à couper sur l’arbre des rameaux boutonnés, à les mettre dans des vases remplis d’eau et dans une pièce : serre, cave, cellier, où l’on puisse maintenir une chaleur humide, s’élevant de 25 à 50° centigrades. Cela explique la multiplicité des méthodes adoptées pour cette floraison forcée. A Cannes et à Nice chaque forceur a sa façon d’opérer qu’il cache jalousement à ses concurrents. Au cours de Dlusieurs voyages et séjours dans le Midi de la France, j’ai pu percer quelques-uns de ces secrets.
- Un point important est le choix des rameaux dont on veut faire épanouir les boutons. Bien que ceux-ci ne semblent guère grossir depuis leur formation (ils ont alors le volume d’une grosse tête d’épingle), ils se transforment peu à peu : d’herbacés et d’inconsistants qu’ils sont en octobre, ils deviennent durs dès les premiers jours de décembre, se détachent parfaitement les uns des autres (fig. 2). Leur teinte glauque se trouve alors parsemée de points jaunes et, si on les roule dans la paume de la main, ils se réduisent en une poudre jaune. Ceux qui se présentent dans ces conditions s’épanouissent fort bien ; au contraire ceux qui restent intacts ne sont pas suffi-
- samment avancés. L’état de ces boutons dépend de ce que l’été et l’automne ont été plus ou moins secs. D’autre part, les inflorescences se trouvant à l’extrémité des branches supérieures sont en général les plus avancées. Ce sont elles que l'on choisit pour le forçage hâtif. Aussi celles-ci sont-elles recherchées par les personnes qui effectuent la cueillette des rameaux, dans les premiers jours de décembre. Ces rameaux sont réunis par petites bottes de 1 kilogramme chacune, telles qu’elles seront expédiées une fois les fleurs épanouies.
- On opère de bien des façons pour obtenir l’épanouissement de ces rameaux.
- Voici deux des méthodes les plus primitives :
- Les bottes sont dressées les unes près des autres dans une chaudière en fonte ou en fer-blanc dans laquelle il doit toujours y avoir 15 à 20 centimètres de hauteur d’eau ; on recouvre l’orifice de couvertures et l’on chauffe légèrement à l’aide du petit foyer placé au-dessous afin d’obtenir une température de 25 à 55°.
- Cette seconde méthode donne de meilleurs résultats : un tonneau est défoncé aux deux extrémités ; on remplace le fond inférieur par un plancher à claire-voie et on établit un second plancher à l’intérieur sur lesquels sont placés les récipients remplis d’eau contenant des bottes de Mimosa; l’orifice supérieur est soigneusement clos avec des couvertures. Le tonneau est ensuite placé au-dessus d’une bassine d’eau que l’on chauffe de façon à obtenir le degré de température désiré. Chez d’autres forceurs, le fond du tonneau est conservé, l’agencement intérieur est le même, mais au bas est un tuyau communiquant soit avec une chaudière, soit, ce qui est préférable, avec un alambic hors d’usage qui projette régulièrement à l’intérieur un jet de vapeur remplissant le même office. 11 y a quelques années on avait soin de remplir les vases d’eau chaude. Cette mesure a été reconnue inutile, puisque l’eau de ces vases a vite atteint la température de l’intérieur du tonneau.
- Les horticulteurs qui expédient de grandes quantités de fleurs de Mimosa opèrent sur une plus grande échelle. Le forçage se fait alors dans des serres basses que l’on recouvre de paillassons et dans lesquelles on dispose les récipients contenant les bottes de Mimosa. On place sur les tuyaux de chauffage de grands bacs remplis d’eau qui s’évapore sous l’action de la chaleur et qui, avec les fréquents bassinages, permet de maintenir une certaine humidité atmosphérique.
- Les dessous des bâches sont utilisés de la même façon ,et très économiquement, puisqu’on profite ainsi en quelque sorte de la surabondance de chaleur ; mais il faut avoir soin de bassiner très souvent sans quoi les boutons sécheraient au lieu de s’épanouir. A cet effet, le dessous de ces bâches est hermétiquement fermé à l’aide de cloisons mobiles en planches. D’autres horticulteurs, au lieu de ,fermer le devant des bâches, enveloppent l’extrémité, des rameaux dans un sac, la base seule trempant dans
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- l'eau. Une des installations des plus pratiques que nous ayons vues à Nice est la suivante :
- Dans une grande pièce servant auparavant d’atelier on a installé sur la longueur des coffres de bois hauts et larges de 1 mètre séparés entre eux par des sentiers de meme largeur. Sur l’un des côtés la paroi est constituée par une série de portes nécessaires pour les diverses manipulations. Un réservoir en zinc occupe le fond de ces coffres et reçoit les bottes de Mimosa. Le chauffage est assuré par un petit thermosiphon portatif, au gaz ou au pétrole. Le tuyau d’aller se trouve dans l’eau, celui de retour à côté. Un thermomètre placé à l’intérieur, et que l’on peut voir du dehors grâce à une partie vitrée, ménagée à cet effet, permet de se rendre compte de
- Fig. I. — Sujet adulte de Mimosa dealbntn, dans le Midi delà France.
- tombe à 2 ou 5 francs. Ayant constaté la facilité avec laquelle les rameaux coupés de Mimosa s’épanouissaient, j’eus l’idée, l’hiver dernier, d’en faire ileurir en appartement.
- Je lis venir, en décembre, des rameaux de Mimosa du Golfe Juan. À défaut de matériel spécial j’entourai une table de cuisine d’une épaisse couverture de laine, destinée à concentrer la chaleur. Je pus loger au-dessous cinq vases contenant des rameaux de Mimosa en laissant entre eux et au centre un espace assez large pour l’appareil de chauffage constitué simplement par une lampe à alcool et une casserole contenant de l’eau. Je maintins une très petite flamme suffisante pour avoir les 25 à 30° que je désirais. L’eau, sans être en ébullition, fournissait une buée des plus favorables pour cette floraison.
- Au bout de deux jours et demi, les fleurs furent complètement ouvertes ; encore que, par prudence,
- la température. Ouel que soit le mode adopté, la floraison a lieu aussi bien à une température de 15° qu'à une température de 50 ou 55° ; il n’y a de différence que dans la durée du forçage. Cette durée est subordonnée à l’époque à laquelle on force et au degré de chaleur. A une température de 25 à 50° il faut compter trois à quatre jours dans la première quinzaine de décembre, deux jours et demi à trois jours vers la fin du même mois, un à deux jours au commencement de janvier pour n’être plus qu'une question d’heures lorsqu’on se rapproche de l’époque normale de floraison. Les inflorescences de Mimosa forcé se vendent assez cher ; au commencement de décembre, on vend le kilogramme de Mimosa de 6 à 10 francs. A l’époque naturelle de floraison, ce prix
- Fig. 2. — Hameaux de Mimosa pour le loreage.
- je maintenais simplement la lampe allumée de 7 heures du matin à minuit. Cette petite expérience, que j’ai renouvelée plusieurs fois, démontre la facilité avec laquelle les rameaux de Mimosa dealbata se prêlent à cette floraison anticipée. Les fleurs parfaitement épanouies et le feuillage ample et étalé sont aussi frais que si les rameaux venaient d’être cueillis.
- Il est très facile de se faire expédier des rameaux de Mimosa en boutons, du Midi. Ces rameaux mis à la cave, dans l’eau, restent aussi frais, même après une vingtaine de jours, que s’ils venaient d’être cueillis; bien plus, les boutons continuent à grossir. 11 n’y a qu’à les prendre là au fur et à mesure qu’on veut les forcer. C’est assez dire les avantages que présente ce procédé pour activer la floraison de cet arbre. Albert Maumeké.
- __________ l’rolesseur d'horticulture.
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- MÀNOGRÂPHE
- DK MM. E. HOSPITALIER ET J. CARPENTIER
- L’automobile a considérablement développé l’emploi des moteurs h grande vitesse angulaire, et les recherches actuelles sur l’emploi industriel de l’alcool
- comme force motrice ne peuvent que multiplier encore leurs applications. Tous ces moteurs thermiques, dits à explosion ou à combustion intérieure
- Fiir. 1. — Vue d'ensemble du manographe moulé sur un groupe éleclrogène de MM. de Dion et Boulon. Plan schématique et détails de l'appareil.
- sont basés sur le cycle à 4 temps de Beau de Rochas : aspiration du mélange, compression, inflammation, échappement. Pour obtenir dans ce cycle la plus grande quantité de travail possible, il faut propor-
- tionner convenablement la richesse du mélange explosif, le volume de la chambre de compression, la course et le diamètre du piston, l’instant, l’intensité et la rapidité de l’allumage, les proportions de
- 1. Retard à l'allumage. 2. Allumage normal. 3. Avance à l'allumage.
- Fig. 2. — Diagrammes «‘levés photographiquement sur un moteur à essence de pétrole.
- l’échappement, pour réduire la contre-pression, la levée de la soupape d’aspiration, etc.
- Tous ces facteurs sont intimement liés les uns aux autres, et l’on ne peut généralement pas agir sur l’un d’eux sans moditier plus ou moins l’action de tous les autres, dans un sens favorable ou défavorable au but poursuivi. L’exacte relation entre tous ces facteurs ne peut donc résulter que de longues, multiples et coûteuses expériences dont
- la simplicité des moteurs actuels ne peut donner une idée. Les recherches seraient facilitées, l’étude rendue plus méthodique, et de nouveaux progrès réalisés, si l’on pouvait savoir à chaque instant « ce qui se passe » à l’intérieur du cylindre pendant les quatre temps du cycle, si l’on avait, en un mot, pour les moteurs, dont la vitesse angulaire varie entre 1000 et 2400 tours par minute, un indicateur analogue à celui que YVatt imagina
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- il y a près d’un siècle pour les moteurs à vapeur.
- Re problème s’est posé d’une façon tout particulièrement urgente au récent concours de moteurs à ^7 alcool organisé par M. le Ministre de l’Agriculture, et dont nous avons rendu compte en son temps. La plupart des appareils présentés étaient des moteurs à essence de pétrole modifiés avec plus ou moins d’habileté en vue de l’utilisation du nouveau carburant. C’est pour résoudre le problème ainsi posé que deux ingénieurs électriciens bien connus, MM. E. -y Hospitalier et J. Carpentier, ont associé leurs idées pour réaliser le manographe, ou indicateur optique, que nous allons présenter à nos lecteurs.
- Les principes sur lesquels repose cet appareil sont tous très connus, et l’idée même d’employer un rayon lumineux comme index sans inertie en vue de cette application spéciale, proposée plusieurs fois par certains inventeurs, soit à l’aide de deux miroirs, comme l’a indiqué M. Marcel Deprez, en 1877, soit à l’aide d’un seul miroir, a même été réalisée en 1891, par M. Jobn Terry, ancien président de The Institution of Electrical Engineers1. Mais cet appareil n’était utilisable que pour des vitesses ne dépassant pas 500 à 600 tours par minute, et ses dispositions ne lui permettaient pas d’être monté sur un moteur exposé à des trépidations aussi fortes que celles auxquelles sont parfois soumis les moteurs à explosion, surtout lorsqu’ils sont mal équilibrés.
- Dans le manographe, l’appareil est complètement séparé du moteur auquel il n’est relié que par un tube flexible A destiné à transmettre les pressions, et par un arbre flexible B qui ramène le mouvement de rotation de Taxe du moteur jusqu’à l’appareil.
- Le principe de l’appareil est des plus simples : considérons un petit miroir reposant sur trois points disposés aux trois sommets d’un triangle rectangle. Le point reposant sur le sommet de l’angle droit est fixe dans l’espace, l’un des deux autres points se déplace perpendiculairement au plan du miroir proportionnellement aux pressions, le troisième proportionnellement au chemin parcouru par le piston. Dans ces conditions, le petit miroir, sollicité par un ressort qui l’appuie d’une façon permanente sur les trois points, va prendre des inclinaisons telles que si un rayon lumineux est projeté sur ce miroir, les déplacements de la partie réfléchie traceront le diagramme sur un verre dépoli placé à une distance convenable. La persistance des impressions sur la rétine fera apparaître le diagramme sous la forme d’un trait continu dont on pourra faire l’examen à loisir, tracer une image avec un crayon sur du papier calque, ou prendre une photographie.
- Dans le modèle qui a fonctionné à l’Exposition internationale d’automobiles et que représente la figure 1, monté sur un groupe électrogène de MM. de Dion et Bouton, le pinceau lumineux est produit par une petite flamme d’acétylène. Un prisme à réflexion totale renvoie le pinceau lumineux sur le miroir,
- 1 Voy. n° 940, du 6 juin 1891. p. 7 et n° 943, du 27 juin 1891, p. 51.
- lequel le réfléchit sur l’écran combiné pour donner des diagrammes de 10 centimètres de longueur sur 7 à 8 centimètres de hauteur. Il va sans dire qu’en modifiant la distance focale du miroir, la distance de l’écran et l’intensité de la source lumineuse, on pourrait obtenir des diagrammes de dimensions quelconques, et en faire la projection à grande échelle pour l’enseignement, par exemple.
- 11 ne nous reste plus qu'à expliquer comment les mouvements sont respectivement transmis aux deux points qui se déplacent proportionnellement à la pression d’une part, à la course du piston, d’autre part.
- Pour la pression, une tige portant sur le miroir par une de ses extrémités appuie, par son autre extrémité, sur une membrane métallique et élastique fixée, par une périphérie, sur une chambre en communication avec le haut du cylindre moteur par un tube en cuivre de 2 à 5 millimètres de diamètre intérieur. Sous l’influence des variations de pression produites dans le cylindre pendant le cycle à quatre temps, la membrane fléchit et repousse plus ou moins fortement la tige sur laquelle appuie le miroir. On obtient ainsi des déplacements sensiblement proportionnels à la pression. 11 est d’ailleurs facile, par une graduation préalable de la membrane, de reconstituer le diagramme exact, lorsqu’il est nécessaire de le plani-métrer.
- Pour le mouvement du piston, une seconde tige reçoit un mouvement alternatif de va-et-vient, synchrone avec celui du piston, par l’intermédiaire de l’arbre flexible et d’un répétiteur constitué par un système de manivelle et bielle de dimensions réduites. Comme le mouvement synchrone pourrait se produire avec un certain décalage, retard ou avance, entre le mouvement du piston et celui de la biellette, la commande de l’arbre flexible se transmet par un train d'engrenages dont les deux roues portent le même nombre de dents. L’axe de l’arbre flexible peut se déplacer comme un satellite autour de l’axe de la manivelle, et ce déplacement est commandé par une vis de réglage placée extérieurement sur la boîte. Dans ces conditions on peut, en déplaçant l’axe de l’arbre flexible d’un angle convenable, obtenir à la fois le synchronisme et la coïncidence de phases du mouvement du piston et du mouvement de la tige de commande des abscisses.
- On voit, par cette description, que les masses mises en mouvement sont très petites, les déplacements et les vitesses très faibles, et qu’il n’y a à craindre aucun lancé perturbateur, même, comme l’expérience l’a prouvé, lorsque le moteur tourne à 2200 tours par minute.
- Le cartouche de la figure 1 montre le mécanisme dont nous venons d’indiquer le principe. La figure 2 est la reproduction, à une échelle réduite, d’un diagramme caractéristique, d’un moteur à essence de pétrole fonctionnant dans des conditions d’allumage typiques : retard à l’allumage, allumage normal, avance à l’allumage. L’examen de ces diagrammes met nettement en relief les modifications
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- importantes que ce facteur apporte dans la forme du diagramme et la répartition des pressions pendant le cycle.
- Le manographe met entre les mains des inventeurs et des constructeurs un appareil de recherche des plus utiles et des plus précieux : il arrive au moment psychologique dans la lutte engagée entre l'essence de pétrole et l’alcool sur le terrain des applications à la force motrice. L’industrie sera reconnaissante à MM. E. Hospitalier et J. Carpentier d'avoir donné une forme concrète et une réalisation matérielle à une idée qui n’était encore que dans l’air, sous forme de desideratum. J. Laffargue.
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- ie EXPOSITION INTERNATIONAI.E l)E I.’AUTOMOBILE DU CYCLE ET DES SPORTS
- I
- Tous les journaux quotidiens ont constaté le succès qu’a remporté cette année, plus considérable que jamais, le Salon de l’automobile. La guerre faite aux chauffeurs, d’apparence redoutable mais de réalité assez inoffensive au demeurant, n’a guère eu d’autre résultat que de faire à la locomotion mécanique une réclame très profitable. La nécessité du transport sur routes par moteurs commence à se faire jour dans l’esprit du public. Il est, en effet, assez difficile d’admettre que 50000 personnes entrées au Salon « en une seule journée », ainsi qu’on l’a constaté deux fois, soient uniquement venues visiter chez eux les « bandits de la route ! »
- L’esprit simpliste de la foule a baptisé « Salon de l'Automobile » cette exposition qui cependant englobait, avec les voitures, les bicyclettes et tous les instruments de sport. À vrai dire l’automobile étouffait totalement la bicyclette qui ne présentait d’ailleurs que d’assez vieilles nouveautés de roues folles, de freins sur jantes et d’appareils de changements de vitesses assez peu pratiques ; la bicyclette n’attirait plus l’attention que lorsqu’elle « s’automobili-sait » par l’adjonction à son cadre d’un petit moteur à quatre temps.
- Pareillement l’aéronautique, remise en vogue par les essais récents de MM. Santos-Dumont et de La Vaulx, ne faisait qu’assez maigre recette. On y voyait, au centre de la nef, le ballon trop long que M. Tatin doit prochainement essayer de diriger grâce à la puissance d’un moteur Mors de 60 chevaux ; on y voyait encore, dans les galeries reculées, la vieille nacelle du « Dupuy de Linné » de 1871, avec son mécanisme mû par la force musculaire, la nacelle de « La France » de 1884 de MM. Renard, avec sa batterie de piles et son moteur électrique, nombre de petits appareils de démonstration, et de très intéressantes aquarelles et photographies.
- Mais la seule triomphatrice était l’automobile, l’automobile qui d’ailleurs s’était mise en larges frais d’innovations.
- Simplitîer me semble avoir été le mot d’ordre de al construction de cette année. Or simplifier, c’est infailliblement améliorer. Les améliorations sont, en effet, très nombreuses.
- Si nous examinons les modifications qui ont porté sur le moteur à explosions, nous constatons d’abord que l’allumage du mélange explosif a été l’objet de très intéressantes recherches.
- Les accumulateurs d’allumage sur voitures exigent des recharges fréquentes et assez délicates à bien faire. M. Thomas nous a inventé un petit appareil de poche (fig. 1) qu’il nomme « le Discret » et qui permet de recharger au* régime de 1 /2 ampère ou de 1 ampère ces petites batteries, à la seule condition que le courant d’éclairage utilisé soit continu et ne dépasse pas la tension de 120 volts.
- L’appareil est très simple. Une douille de contact amène le courant à une résistance (en l’espèce une lampe de 16 ou 32 bougies) installée sur une petite plaque d’ébonite. Un tube horizontal, renfermant un liquide spécial et à chacun de ses bouts une pointe, indique par la coloration en rouge de ce liquide à quelle borne se trouve le pôle positif. Enfin deux fils rattachés à la plaquette conduisent le courant aux bornes de la batterie. Rien n’est plus rudimentaire.
- Mais les accumulateurs présentent d’autres inconvénients graves que leur recharge difficile. Les constructeurs ont une tendance marquée à les remplacer par des magnétos ou des dynamos mues par le moteur lui-mêine. Je signalerai l’une des plus intéressantes, celle de la maison Panhard et Levassor (fig. 4).
- On sait que, dans une dynamo, l’intensité du courant augmente avec sa vitesse de rotation. La dynamo étant commandée par une friction sur le Arolant du moteur, et le moteur étant susceptible de prendre, sous faction du ralentisseur ou de l’accélérateur, des vitesses très variables au gré du conducteur (600 à 1200 tours à la minute environ), le courant pourrait croître au point de la griller.
- L’inventeur a vaincu la difficulté en montant la dynamo sur un axe à pivot central, au bout duquel est calée la roue de friction et que commande un petit régulateur à boules. Dès que la vitesse dépasse le nombre de tours à la minute que peut supporter la dynamo, les boules s’écartent, tirent sur l’arbre oscillant et rompent l’adhérence de la roue de friction sur le volant du moteur. La dynamo tourné ainsi à un régime constant. Les expériences faites ont démontré la valeur réelle de cette disposition.
- Enfin les dynamos ou magnétos présentant elles-mêmes certains inconvénients, dont les moindres sont leur complexité et leur prix, un ingénieur avisé, M. Wydts, nous a imaginé un allumeur électro-catalytique (fig. 2) qui semble nous promettre une petite révolution dans les procédés d’inflammation des gaz si l’expérience le confirme.
- On sait que les métaux de la mine du platine ont la propriété singulière, et jusqu’ici non expliquée, de produire la combinaison de gaz amenés à leur contact. Cette propriété catalytique èst d’autant plus
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- grande que le métal est plus divisé. Des essais maintes lois répétés avec la mousse de platine n’ont mené leurs auteurs qu’à des insuccès, à cause de la fusibilité du platine aux températures qu’atteint
- Fig. 2. — Allumeur électro-catalytique Wydts.
- l’intérieur d’une culasse de moteur à pétrole, à cause aussi de la fragilité de la mousse de platine.
- M. AVydts a trouvé un alliage d’osmium iridié et de ruthénium qui, formant un métal d’une porosité extrême sans perdre de la densité nécessaire, résiste aux températures les plus élevées que dégagent les explosions et provoque, même à froid, l’inflammation immédiate des gaz. La seule précaution à prendre consiste à faire passer, au départ seulement et pendant vingt secondes, au travers du métal, un courant électrique très faible (1/2 ampère) qui produit par bombardement moléculaire l’expulsion des gaz condensés dans l’alliage.
- L’avance et même le retard à l’allumage sont obtenus par les déplacements facultatifs de la petite masse d’alliage dans la chambre d’allumage où elle est montée.
- La question de l’allumage n’a d’ailleurs pas plus d’importance que celle du refroidissement ou mieux de la réfrigération du moteur. Les explosions gent en effet dans le cylindre une telle quantité de calories -- malheureusement non transformées en travail — que les huiles les meilleures brûleraient
- avec les soupapes de l’appareil. On réfrigère généralement le moteur par un courant d’eau que l’on fait passer, pour abaisser sa température et l’empêcher de se vaporiser, dans un « radiateur », garni d’ailettes qui augmentent sa surface d’évaporation de calories. Le courant d'air que produit la voiture en roulant vite frappe ces ailettes, les refroidit, et avec elles le contenu des tubes (ju’elles garnissent.
- Mais certaines voitures automobiles ont peu de vitesse, les voitures de gros transports par exemple. Toutes d’ailleurs roulent relativement lentement quand elles montent des rampes très dures. Il s’ensuit qu’en ces cas particuliers, le courant d’air sur les ailettes est nul, et que l’eau est d’autant moins refroidie que le moteur travaille plus et l’échauffe en réalité davantage.
- MM. (irouvelle et Arquembourg ont imaginé de produire mécaniquement ce courant d’air, indépendamment de toute vitesse de la voiture, et y sont parvenus dans leur « refroi-disseur soufllé » (fig. o).
- L’appareil se compose succinctement d’un enroulement de tubes à ailettes disposés de telle façon que le sens d’entrée du liquide soit contraire à celui de sa sortie, afin de faciliter la déperdition de la chaleur, et derrière lequel tourne un disque à ailettes actionné par le moteur. Le courant
- déga-
- - lîelroidisseur soufflé de MM. Grouvcllo et Arquembourg.
- d’air ainsi obtenu marche à 40 kilomètres à l’heure et permet de réduire dans de très larges proportions le volume d’eau voituré.
- Si du moteur nous passons au mécanisme pro-
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- r * /«)
- Fi”, i. — Dvmuno d allumage Panhard et l.evassor.
- prement dit, nous constatons avec satisfaction que la question difficile, mais peut-être un peu négligée jusqu’ici, de l’embrayage, a été fort travaillée ; c’est ainsi que, dans les voitures de M. Léon Jïollée et dans celles de M. Schau-del, nous voyons les cônes mâle et femelle enlevés de l’arbre moteur qui tourne toujours très rapidement et reportés sur l’arbre intermédiaire des engrenages qui a toujours une vitesse beaucoup moindre. La différence entre le mouvement du cône entraîneur et l’inertie du cône tout à coup entraîné est ainsi très réduite, et les démarrages se font tans à-coups.
- M. Camille llautier a, au point de vue de l'embrayage, réalisé un réel progrès dans les voitures à pétrole.
- Son appareil (Îîg. 5) ne comporte ni cuir de friction toujours assez délicat, ni cônes toujours difficiles à bien régler. L’ensemble est entièrement métallique et se compose uniquement d’un jeu de pignons plats et d’un frein, ainsi qu’on va le comprendre.
- Fi”, o. — Appareil d'embrayage de Camille llaulier.
- L’arbre moteur porte un pignon A. L’arbre de transmission, qui doit être relié à lui, porte
- une sorte de T aux petites branches duquel sont montés deux autres pignons B et C. Ces petits pignons engrènent avec le pignon A et engrènent, en outre, avec une couronne intérieure à une boîte métallique J folle sur l’arbre et portant un tambour de frein Ë.
- Pour communiquer le mouvement de l’arbre moteur à l’arbre de transmission, quelle manoeuvre sera suffisante? Un simple freinage sur le tambour E. En effet, si nous empêchons la boîte de tourner, la couronne interne qu’elle porte s'arrête également, et les deux pignons B et C, entraînés par le pignon central A, se mettent à tourner à l’intérieur de la couronne, c’est-à-dire à entraîner dans leur mouvement l’arbre de transmission sur lequel ils sont montés. Si, au contraire, on cesse de freiner sur le tambour, tout l’ensemble se met aussitôt à tourner sur lui-même. Il y a débrayage.
- Fig. 6. —Poulies extensibles de M. Fouillaron.
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- Ce dispositif a l’avantage de ne comporter aucun organe fragile ou susceptible d’usure rapide comme les cuirs employés sur les cônes d’embrayage, et surtout de produire une démultiplication de mouvement très profitable aux engrenages de changements de vitesses, puisque l’arbre qui porte les pignons B et C tourne quatre fois moins vite que l’arbre moteur. Pour un nombre de tours de 800 à la minute à l’arbre moteur, l’arbre de transmission n’en fait que 200; les chocs et l’usure sont donc diminués des trois quarts.
- Je signalerai enfin, en ce qui concerne la transmission proprement dite, l’innovation de M. Fouil-laron qui remplace la série des engrenages de diamètres différents par deux poulies extensibles dont Tune croît pendant que l’autre décroît, comme on le voit dans la figure G, et qu’il réunit par une « chaîne-courroie », c’est-à-dire par un assemblage souple de morceaux de cuir de section triangulaire qui offrent aux poulies le maximum possible de surface en contact avec la courroie. Ce nouveau système de transmission a remporté un gros succès de curiosité.
- L. Baudry dk Sauxikr.
- ——
- IA k UNITE
- La Kaïnitc, qu’on trouve en abondance non seulement en Prusse, à Léopold-Shall et à Stassfurt, ainsi qu’à Kaluy, dans les Carpathes orientales, a non seulement un grand intérêt, au point de vue minéralogique en raison des aspects très divers qu’elle présente, mais elle joue encore un rôle important en agriculture.
- Ce minéral constitue, en effet, un des engrais potassiques les plus employés surtout depuis quelques années. Il faudrait tout un volume pour décrire les célèbres gisements de sels potassiques de Stassfurt, dont les produits sont expédiés aux agriculteurs du monde entier. On rencontre dans ces mines, en quelque sorte uniques au monde, une trentaine d’espèces minérales; mais nous nous bornerons à parler ici des sels bruts, c’est-à-dire des minéraux assez riches en potasse pour être utilisés directement au sortir de la mine. Les trois principaux sont : la CarnaUite, la Syivimie et la Kaïnite. La carnallite est un mélange de chlorure de potassium et de chlorure de magnésium, qui forme, vers la partie supérieure des dépôts, des couches d’environ 25 mètres de puissance, entremêlées de sel gemme, de kièserite (sulfate de magnésie) et d’antrydrite (sulfate de chaux). Quoique la carnallite ne contienne que 9 pour 100 de potasse, à l’état de chlorure, elle est assez employée en Allemagne, comme engrais, à l’état brut, après une simple pulvérisation. Toutefois son emploi n’est avantageux que dans les régions voisines des gisements, qui n’ont pas à supporter de grands frais de transport.
- La sylvinite résulte du mélange naturel, dans les gisements, de la sylvine (chlorure de magnésium pur) et de sel gemme en petite quantité. Elle est très inégalement répartie dans les mines, et malgré sa richesse assez forte en potasse, soit 14 à 18 pour 100 (à l’état de chlorure), elle est peu employée comme engrais. On l’utilise plutôt dans les usines pour enrichir les autres engrais en potasse et régulariser leur composition. La Kaïnite est de beaucoup le sel potassique brut le plus employé comme
- matière fertilisante. Ainsi que la carnallite, elle existe en masses cristallines, de couleur très variable, rouge, rosée, jaunâtre, brune ou noirâtre. L’est un produit complexe et de composition assez variable, qui s’est formé, dans les mines, par la réaction multiple des autres minéraux les uns sur les autres, après leur dépôt. La Kaïnite ne forme pas de masses continues, mais bien dans les gisements des amas irréguliers très importants. Pour son exploitation, on fait sauter à la mine, de gros blocs, qui sont ensuite débités sur place ; des wagonnets transportent les morceaux de Kaïnite jusqu’aux puits d’où ils sont amenés dans des bennes aux usines installées à la surface du sol.
- Là, on fait passer la Kaïnite dans une série de broyeurs pour la réduire en poudre, et c’est celle-ci (pii constitue l’engrais si apprécié par les agriculteurs. En effet, la consommation de la Kaïnite s’est élevée en 1900 à 1 099 651 tonnes. La richesse moyenne de ce minéral en potasse est de 12 à 18 pour 100. C’est un sulfate double de potasse et de magnésie, avec des quantités variables de chlorures de magnésium et de sodium. Sa composition chimique est donnée par la formule : SO4 K*, SO4 Mg, Mg Cl2 + 01I2 0; mais on ne la rencontre jamais à cet état dans la nature ; elle contient toujours 50 à 40 pour 100 d’impuretés et surtout de sel gemme, qui font partie intégrante de sa masse. MM. Muntz et Girard lui assignent la composition moyenne suivante :
- Sulfate de potasse. .
- — de magnésie . Chlorure de magnésium
- — de sodium. .
- Sulfate de chaux . . Eau..................
- . . 24, 0 pour 100
- . . 16,5 —
- . 15, 0 —
- . . . 51,0 —
- . . . 1,5 ' -
- . 14,0 —
- La présence simultanée des sulfates de potasse et de magnésie donne à la Kaïnite une grande valeur ferti-isante; aussi en emploie-t-on des quantités considérables, surtout en Allemagne et en Belgique. La Kaïnite est vendue avec une teneur moyenne et garantie de 12,50 pour 1100 de potasse, mais elle est souvent plus riche et peut en contenir jusqu’à 18 pour 100. Elle convient surtout à la fumure des terres sableuses légères et des terres tourbeuses acides, et donne en général d’excellents résultats sur les prairies, dans tous les terrains. C’est par l’emploi de la Kaïnite, associée aux engrais phosphatés et azotés, que les Allemands sont parvenus à mettre en valeur les vastes tourbières et les immenses plaines sablonneuses de l’Allemagne du Nord. En France, on commence à employer cet engrais, concurremment avec les phosphates, notamment sur les prairies, à la dose de 400 à 600 kilogrammes par hectare. M. Davaine, au petit Pressac (Charente-Inférieure) en terre granitique, sur prairie acide un peu humide, a obtenu :
- Sans engrais...................... 5 800 kg. de foin
- Scories de phosphoration seules. . 7 000 —
- — — — et 600 kg
- de Kaïnite................... 10 500 —
- M. Barbier, de Montigny-Montfort (Côte-d’Or), en terre argileuse, a récolté :
- Sans engrais........................ 5 000 kg. de foin
- Engrais phosphaté................... 4 510 —
- — — — et 600 kg
- de Kaïnite...................... 6 000
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- Or, nous ferons remarquer que les terres granitiques, comme les terres argileuses, sont cependant considérées comme étant en général riches en potasse. La Kaïnite, moins hvgroscopique que la carnallite, se conserve facilement à l’air, sans altération, au moins pendant un mois ou six semaines; passé ce délai, elle s’agglomère en masses très dures, aussi, pour en permettre une plus longue conservation, la mélange-t-on le plus souvent, à Stassfurt, avec de la poussière de tourbe à raison de 2 à 5 pour 100 ; ce mélange résiste alors indéfiniment à l’action de l’humidité. Indépendamment de la Kaïnite brute, on emploie aussi assez souvent la Kaïnite calcinée, qui non seulement est plus riche en potasse, mais dans laquelle le chlorure de magnésium a été détruit par l’action du feu.
- Indépendamment de son emploi dans la fertilisation des terres, la Kaïnite est encore utilisée, sur les lieux de production, comme matière première dans la fabrication du sulfate de potasse et du chlorure de potassium.
- Dans le commerce des engrais, la Kaïnite, dosant de 25 à 25 pour 100 de sulfate de potasse, se vend actuellement de 5'% 50 à 4 francs les 100 kg. On voit que c’est là un prix très abordable, qui joint aux bons effets que donne généralement la Kaïnite sur les prairies, tant quantitativement que qualitativement, milite au plus haut point en faveur de son emploi. Albert Larbalétrier.
- MACHINES FRIGORIFIQUES1
- ii
- Machines à air. — On sait depuis longtemps ([lie l’air s’échauffe ou se refroidit quand on le comprime ou qu’on le dilate. Aussi les premiers inventeurs des machines à froid, Giffard, Windhausen, Hall, Ilaslam, etc., songèrent à se servir de l’air atmosphérique pour la production du froid.
- Les machines à air présentent l’avantage d’utiliser un agent qu’on peut se procurer partout et de réaliser, dans une certaine mesure, le refroidissement pendant la compression, c’est-à-dire plus rapidement qu’on ne l’ohtient avec les machines à gaz liqué-iiahlos ; par contre, les machines à air sont nécessairement très volumineuses et, pendant la marche, les résistances passives sont énormes. Par conséquent ces appareils, d’une construction ingénieuse mais démodée, ne sont plus à conseiller.
- Machines à acide carbonique. — Les machines à acide carbonique sont très employées dans les moyennes et petites installations, ainsi que dans la Hotte frigorifique, à cause du double avantage qu’elles possèdent de ne répandre aucune odeur désagréable et de tenir relativement très peu de place. En outre elles sont simples, solidement agencées, faciles à conduire. Pendant mon séjour en Angleterre, j’ai consacré une journée à me rendre compte de leur construction, en visitant à Dartfort (comté de Kent) l’importante usine de la Compagnie J. et E. Hall, qui occupe un grand nombre d’ouvriers. Tout ce qui concerne ces machines peut se répéter pour les machines à ammoniac, acide sulfureux, etc.,
- 1 Yoy. n° 1488, du 50 novembre 1901, p. 425
- puisque le principe sur lequel elles sont fondées est le même.
- Aujourd’hui on se procure dans le commerce l’acide carbonique à l’état liquide aussi facilement que l’acide sulfureux et l’ammoniaque et à un prix de 0r,,70 le kilogramme pour l’acide carbonique, de 1 et 2 francs le kilogramme pour l’acide sulfureux et l’ammoniaque.
- L’acide carbonique liquide bout à — 90° sous la pression atmosphérique. Si, en effet, on en verse dans une capsule découverte la température du liquide s’abaisse immédiatement à — 9(J°. Mais dans les machines frigorifiques des températures aussi basses seraient gênantes; il est indispensable d’empêcher le liquide de s’évaporer aussi vite. On exerce sur lui une pression considérable pour retarder son point d’ébullition. Sous une pression de 55 atmosphères, le liquide ne bout plus qu’à — 1°.
- Si l’on suppose donc que l’on ait dans un premier réservoir bien clos, où l’on exerce plusieurs atmosphères de pression, une certaine quantité d’acide carbonique liquide à la température ambiante et que la partie supérieure de ce réservoir communique avec une pompe aspirante et foulante, les vapeurs contenues dans le réservoir pourront être aspirées par la pompe et chassées au dehors; la pression exercée est alors diminuée : aussitôt le liquide émet de nouvelles vapeurs, en remplacement de celles enlevées par la pompe, et entre en ébullition. Un certain poids d’acide carbonique passe de l’état liquide à l’état gazeux. Pendant ce changement d’état, 1 kilogramme d’acide carbonique absorbe 50 calories environ. Cette quantité de chaleur est empruntée au milieu ambiant. Il y a donc production de froid. Comment utiliser ce froid? Si on plonge le réservoir, que nous appellerons, « évaporateur » (fig. 1), dans l’eau, celle-ci sera bientôt glacée; mais si, au lieu d’eau, on emploie une solution suffisamment concentrée de chlorure de calcium ou bien de chlorure de magnésium, cette solution ne gèlera qu’à des températures bien inférieures à 0°. On pourra ainsi avoir un bain de — 10° ou — 20° qu’on canalisera ensuite pour transporter le froid à des endroits déterminés.
- L’opération cependant serait de courte durée si l’acide carbonique évaporé ne rentrait pas dans le réfrigérant, puisqu’elle cesserait dès que la provision de liquide aurait disparu; mais au lieu de laisser se perdre les vapeurs'aspirées par la pompe, on les recueille dans un second réservoir désigné sous le nom de « condenseur », immergé dans un courant d’eau ordinaire. A chaque coup de piston la pompe refoule une nouvelle quantité de vapeur, et la pression monte dans le condenseur. Dès que la pression est convenable, ces vapeurs se condensent et reviennent à l’état liquide. Naturellement cette condensation se fera d’autant plus rapidement que la température de l’eau courante qui baigne le condenseur sera plus basse. Au point de vue pratique, il y a donc là un enseignement à tirer. Pour faire une
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- installation frigorifique, on doit disposer d’une circulation d’eau assez considérable. Plus la température de cette eau sera basse, moindre sera le travail de condensation et plus grande l’économie de combustible. A chaque tour de pompe on reconstitue dans le condenseur une quantité de liquide égale à celle qui disparaît de l’évaporateur. Dans le condenseur la pression est toujours supérieure à celle du réfrigérant, puisque la température est inégale dans les deux réservoirs et que le réfrigérant est le plus froid. On utilise cette différence de pression pour restituer au réfrigérant le liquide qu’il perd par l’évaporation. Cela se fait d’une façon très simple : un tuyau part de la partie supérieure du condenseur où le liquide est accumulé, puis débouche dans le réfrigérant, un robinet de réglage (fig. 1) permettant d’étrangler l’orifice, est disposé sur ce tuyau, de sorte que le liquide formé, sollicité par la diflérence de pression, s’écoule continuellement du condenseur dans le réfrigérant. On règle l’écoulement pour que la quantité du liquide qui passe soit égale à celle enlevée par le jeu de la pompe. Grâce à cette disposition, dont on peut se rendre parfaitement compte par la figure schématique ci-contre, le mouvement de la machine est continu.
- De cette façon la production du froid est régulière, en même temps que la dépense d’acide carbonique est minime, puisque celui-ci une fois mis dans la machine est employé indéfiniment suivant toujours le même cycle fermé : réfrigérant, pompe, condenseur. C’est à peine s’il y a besoin d’en ajouter une petite quantité de temps à autre pour remplacer les pertes qui ont pu se produire. Seule donc la première charge est de quelque importance, mais" grâce au bas prix de ces liquides volatils, elle n’est pas coûteuse. Ainsi, par exemple, pour l’acide carbonique, dont le prix en France est de 60 à 70 centimes le kilogramme, le coût de la charge nécessaire à une machine pouvant refroidir à 0° une pièce de 2000 mètres cubes, n’est que de 175 à 200 francs.
- Voici brièvement une description des différents organes qui composent la machine représentée par la figure 2.
- L’appareil où se produit le travail de pompe porte le nom de « compresseur ». Cet organe doit être
- très résistant pour pouvoir y réaliser les hautes pressions dont nous avons parlé. C’est pourquoi à Dart-fort on perce ces compresseurs dans de solides blocs d’acier forgé. Un obtient ainsi un cylindre parfaitement calibré.
- L’ « évaporateur » ou réfrigérant est formé de faisceaux de tubes en fer de grande longueur, réunis par soudure autogène électrique, dans lesquels s’évapore l’acide carbonique. La chaleur nécessaire à l’évaporation est enlevée habituellement soit au liquide incongelable, dont nous avons parlé, et qui entoure les tubes lorsque ce liquide est pris comme agent intermédiaire du froid, soit à l’air qui entoure les tuyaux, lorsque cet air est appelé à être refroidi directement. Un robinet valve, placé entre le condenseur et l’évaporateur, permet de régler la quantité d’acide carbonique liquide s’écoulant du condenseur.
- Quant au « condenseur » il consiste en serpentins
- de fer forgé, ordinairement de 52 à 40 millimètres, qui sont placés dans une cuve et entourés d’eau, ou bien qui sont disposés sur les toits afin que l’eau de condensation, qui coule sur une nappe de tubes continue, présente une très grande surface de contact avec l’air.
- Deux opérations exécutées à Dartford, et auxquelles j’ai assisté pendant ma visite, me paraissent plus particulièrement intéressantes à mentionner ici : ce sont les essais hydrauliques et les soudages. Tous les organes des machines construites sont essayés à la pression hydraulique de 26Ü kilogrammes par centimètre carré et à l’air comprimé à 100 kilogrammes par centimètre carré. Quant aux soudages des tubes que l’on emploie pour la construction des serpentins, ils sont effectués électriquement par un courant qui fond le métal et réunit ainsi d’une façon parfaite les deux bouts de tube par un appareil ad hoc.
- Les machines à acide carbonique, avons-nous dit, sont très usitées à bord des navires. La figure 5 donne la reproduction d’un de ces types de machine à double expansion comptant trois cylindres à vapeur compound. Ce type a été spécialement construit pour tenir le” moins de place à bord des navires et pour convenir à la hauteur usuelle de l’entre-pont.
- Machines à ammoniaque. — Les machines à ammoniac anhydre — qu’on se procure par la distillation de l’ammoniaque du commerce — sont
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- employées dans plusieurs grands entrepôts frigorifiques de l'Angleterre. 11 est facile de reconnaître les appareils en question par l'odeur ammoniacale qu'ils
- répandent dans la salle des machines. Ces appareils, qui donnent d’excellents résultats dans les grands entrepôts, ne conviennent pas toujours aux petites installa-
- Fig. 2. - Machine à acide carbonique.
- tiens. Quel que soit leur système (Linde, Kixary, La- organes essentiels que les machines à acide carboni-vergne, Osenhruck, etc.), ces appareils ont les memes que. Seulement, comme l'ammoniaque ne s’évapore
- Fig. 3. — Machine à double expansion, type « marine ».
- pas à d’aussi hautes pressions que l’acide carbonique leur compresseur ne présente aucune particularité.
- Machines à acide sulfureux. — Les machines à anhydride sulfureux sont moins employées en Angleterre que les deux systèmes que nous venons de
- [tasser en revue. De leur compresseur se dégage aussi une légère odeur de soufre brûlé. Tels sont en gros les appareils les plus employés dans l’industrie [tour produire le froid. J. de Loveiido.
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- LE LITHOPONE
- Les seuls corps blancs métalliques susceptibles de concurrencer la céruse sont les blancs à base de zinc. Il en existe deux : l’oxyde et le sulfure. L’oxyde de zinc, connu depuis longtemps, est employé dans quelques travaux spéciaux ; mais cet emploi se trouve limité par deux graves inconvénients qui sont : 1" son peu de pouvoir couvrant; 2° son prix élevé. Le sulfure de.?inç_est essentiellement couvrant, mais il coûte aussi fort clier. Il serait donc rejeté lui-même si par des procédés chimiques assez complexes, basés sur la double décomposition du sulfure de baryum et du sulfate de zinc, on n’était arrivé à le mélanger intimement et dans des proportions définies avec le sulfate de baryte. Ce mélange, on pourrait presque dire cette combinaison, donne le produit connu dans l’industrie sous le nom de « Litbopone ».
- Le Lilhopone, dont l’origine remonte à 1874 et que les Anglais, qui l’ont fabriqué les premiers, dénommaient « blanc de Charlton », n’a pas eu un grand succès pendant les vingt premières années et cela, parce que sa fabrication fort difficile, malgré l'apparente simplicité de la formule, donnait un produit peu couvrant et d’un prix de revient fort élevé. C’est vers 181)0, et surtout à partir de 1805, que le Litbopone, perfectionné par les Allemands, a pris un grand développement; il s’en consomme actuellement, tant à l’étranger qu’en France, de 50 à 40 millions de kilogrammes par an. La campagne si justifiée menée par les pouvoirs publics, les grandes administrations, les comités d’hygiène, etc., contre le blanc de céruse, n'a pas peu contribué à favoriser son succès. Celui-ci ira sans cesse grandissant et bientôt, la routine étant détrônée, la céruse sera sans doute remplacée par le litbopone dans la plupart des travaux de peinture. C’est aux propriétaires qui font construire, aux architectes, aux entrepreneurs soucieux de la santé de leurs ouvriers, aux ouvriers eux-mêmes qui veulent se mettre à l’abri des accidents si terribles dus à l’intoxication plombique, qu’il appartient d’exiger dans tous les travaux le rejet de la céruse et son remplacement par le litbopone.
- Le litbopone pour la blancheur et le pouvoir couvrant peut être, avantageusement pour lui, comparé à la céruse. Comme celle-ci, il résiste aux intempéries. Il ne noircit pas aux émanations sulfureuses. Il est absolument inof-l'ensif et son prix est de 15 à 20 pour 100 inférieur à celui de la céruse pure. Tous les essais qui en ont été faits ont été concluants.
- Ajoutons cependant qu’il doit lutter contre un ennemi acharné : la malfaçon ! Beaucoup de gens se sont imaginé, étant donnée la simplicité de sa formule, qu’on fabriquait du litbopone en mélangeant du sulfate de baryte naturel à du sulfure de zinc ou même à de l’oxyde de zinc. Grande a été leur erreur. Le produit ainsi obtenu ne ressemble en rien au litbopone obtenu chimiquement, lequel exige des procédés compliqués, des usines importantes et coûteuses. Nous engageons ceux qui veulent essayer du litbopone à le prendre soit directement en Allemagne, soit dans les maisons françaises de premier ordre qui l’importent en attendant qu’on le fabrique industriellement en France.
- CHRONIQUE
- Le recensement du [Salon de l'Automobilisme. — On a relevé au Grand Palais 693 automobiles et 645 cycles. Les 695 véhicules automobiles du Salon
- actuel se subdivisaient ainsi : 186 grandes voitures ; 250 voitures légères ; 48 voiturettes; 15 voitures de livraison; 24 tracteurs, fourgons, camions, omnibus; 53 châssis;
- 21 tricycles; 19 quadricycles; 1 quadricycle sur rail; 81 motocyclettes; 1 tandem à pétrole; 3 tris-porteurs à pétrole ; 2 voiturettes-remorque ; 9 canots automobiles. — Les 645 cycles se distribuaient ainsi : 487 bicyclettes d’homme; 8i de dame; 25 d’enfant; 15 bicyclettes pliantes; 1 bicyclette pour ecclésiastique; 1 tricycle à pédales; 9 tandems (dont 1 pour enfants); 1 vélocimane;
- 22 tris-porteurs; l bicyclette-porteur; 1 accoupleur. On a estimé à 6 millions la valeur des cycles et voitures exposés au Grand Palais.
- Hôtels flottants. — Pour les habitants de New-York surmenés par les fatigues d’une journée de travail comme on en a le plus souvent dans le monde des affaires en Amérique, un ingénieux commerçant, M. John Aibuckle, vient de lancer (le mot est ici assez exacte) une entreprise curieuse, celle des hôtels flottants. 11 a réuni une petite flottille faite d’un voilier d’un millier de tonneaux, qui forme l’hôtel principal, puis d’un ancien bateau pilote et d’un yacht qui sont comme des annexes de l’hôtel, et enfin d’un remorqueur qui a mission d’assurer le déplacement de l’hôtel quand le vent vient à trop mollir : cette flottille quitte Brooklyn assez tard dans l’après-midi, quand la période des affaires est terminée, elle va faire une croisière en mer et ne rentre que le lendemain matin de bonne heure. Le voilier peut recevoir 250 passagers, son pont est entièrement recouvert d’une tente immense, les cabines sont installées avec tout le confortable possible, et les cabines de bains sont multipliées.
- L’intelligence des fourmis. — L'American natu-ralist, dans son numéro d’octobre, contient une dissertation du professeur Wheeler sur les fourmilières. Dans ses conclusions assez inattendues l’auteur fait observer que Wasmann a montré en détail qu’il n’était pas nécessaire de supposer chez les fourmis autre chose que l’instinct et une intelligence élémentaire. M. Wheeler va plus loin encore, et prétend qu’il n’y a pas de trace de raisonnement chez ces petites bêtes? Est-ce bien sûr? Nous nous rappelons, pour notre part, dans notre enfance, avoir observé le fait suivant. C’était au Mexique, à Mazat-lan. Dans un très joli jardin, de grosses fourmis rouges venaient souvent dépouiller, en une nuit, un arbuste de toutes ses feuilles ; on eut l’idée de fabriquer autour du tronc de l’arbuste, une sorte de godet en cire dans lequel on mit de l’eau et l’on crut pouvoir dormir tranquille. En beau jour, on vit lesdites fourmis apporter de loin des feuilles qu’elles avaient coupées, les mettre dans le petit bassin et arriver jusqu’à l’arbre sur ces ponts improvisés.
- Qu’on n’aille soutenir, après un tel récit,
- Que les hèles n’ont pas d’esprit!
- Le réseau ferré d’une compagnie métallurgique américaine. — Pour réduire au minimum possible les frais de fabrication, les Compagnies métallurgiques américaines possèdent le plus souvent leurs mines, et aussi des voies ferrées assurant le transport de leurs matières premières. Une des plus curieuses de ces lignes est celle qui porte le nom de « Pittsburg, Bessemer and Lake Érié Railroad », et qui réunit le centre métallurgique de la « United States Steel Co » au fort de Con-neaut (sur le lac Érié), où arrivent les steamers chargés des minerais de fer de la région du lac Supérieur. Ajoutons du reste que les produits fabriqués prennent souvent la voie inverse de celle qui est suivie par les mine-
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- rais, et vont s’embarquer sur les Grands Lacs pour gagner l’Europe sans rompre charge. Cette ligne présente une foule de particularités indépendamment de son rôle tout à fait spécial. C’est elle qui a mis en service les premiers wagons en acier coulé et comprimé, type qui fait fortune actuellement aux Etats-Unis. Ce réseau, qui ne représente après tout qu’un développement de 5G7 kilomètres, n’en assure pas moins le transport annuel de 10 millions de tonnes de produits bruts ou manufacturés, c’est-à-dire autant qu’un ensemble de 20000 à 21 000 kilomètres de lignes ordinaires, même aux États-Unis. Il faut bien dire, et c’est là une indication caractéristique, ipie sur ce chemin de fer roulent les trains les plus lourds qui soient au monde, ce qui lui permet d’atteindre des Irais d’exploitation extrêmement réduits par tonne-kilo-mètre. Les wagons en ont couramment une capacité en poids de 50 tonnes; ils n’ont comme tare que 17 tonnes, ce qui correspond à une proportion très faible du poids mort au poids utile, et ils sont faits en acier avec des trémies de déchargement automatique des minerais qu'ils portent. Toute la ligne est dotée de rails très lourds de 50 kg environ au mètre, et elle est en alignement sur les 80 pour 100 de sa longueur. Huant aux locomotives, elles appartiennent à cette classe de monstres qui ont été souvent décrits dans La Nature, et elles sont capables de remorquer une charge utile de 1400 tonnes sur une rampe de 1 centimètre; le poids d’un de ces géants est de 125 tonnes à peu près en ordre de marche, et sans compter les 71 tonnes du tender, ce qui donne un total assez coquet. Si nous ajoutons que toute la manutention du minerai est faite mécaniquement, au moyen de ces transbordeurs qui ont été étudiés ici même, on ne s’étonnera pas que les transports ne coûtent pas cher aux compagnies métallurgiques américaines, et qu’elles puissent fabriquer l’acier à bon compte.
- Croiseurs auxiliaires «les diverses nations européennes. — On sait ce que sont les croiseurs auxiliaires, navires do commerce que l’on annexe pour ainsi dire à la marine de guerre proprement dite, en cas de besoin, et en les dotant d’un armement aussi puissant que possible, étant donné qu’ils ne sont pas spécialement faits dans ce but : on compte du reste sur leur vitesse pour attaquer et poursuivre les navires de commerce ennemis, et aussi pour éviter les bateaux de guerre. En conséquence, on ne prend ou l’on ne compte prendre comme croiseurs auxiliaires que les navires dotés d’une assez belle vitesse. Or, actuellement, il est intéressant de savoir que la Grande-Bretagne possède à elle seule 10 de ces croiseurs susceptibles de marcher à plus de 20 nœuds, la part de la France est de 4 seulement et celle de l’Allemagne de 9 : encore ce dernier pays a-t-il cet avantage de trois transatlantiques qui dépassent de 2 nœuds à peu près les meilleurs de la flotte britannique. A un autre point de vue, nous ajouterons que, dans l’ensemble des pays autres que la Grande-Bretagne, on trouve 6 croiseurs auxiliaires de 20 nœuds au moins, et le même chiffre peut être relevé pour l’Angleterre seule ; d’autre part, cette dernière nation possède un seul navire de 19 à 20 nœuds contre 11 pour tous les autres pays d’Europe, et les données correspondantes sont de 9 et 4 pour les croiseurs ayant une allure comprise entre 18 et 19 nœuds, de 22 et de 18 pour ceux marchant de 17 à 18 nœuds, et enfin de 17 et 18 pour la dernière catégorie, dont la vitesse oscille entre 16 et 17 nœuds : on néglige les autres parce qu’on considère qu’ils ne sont pas susceptibles de jouer un rôle utile. A .
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 décembre 1001.
- Nous renvoyons le compte rendu de cette séance au prochain numéro ; en raison des congés du premier jour de l’An, l’Imprimerie générale est restée fermée pendant les trois premiers jours de la semaine.
- JUNO SÀLM0
- l’homme-grenouille du nouvk.u-cirque
- Nous avons déjà vu au cirque, ou dans les music-halls, un homme-serpent, le fameux Walter, qui bien qu’ayant gagné des sommes colossales, se vit un jour, en Amérique, dans l’obligation de vendre son squelette pour avoir quelques dollars à jouer dans les tripots ; l’homme-lézard, Carletta, qui parut, il y a six ou sept ans, au Nouveau-Cirque; l’homine-caméléon, qui avait combiné ses exercices de dislocation avec des jeux de lumière électrique. Voici maintenant un nouveau venu dans ce genre, un artiste très original, et qui n’avait pas encore reçu en France la consécration dont la plupart des artistes sont si désireux : l’homme-grenouille, M. Juno Salmo, qui joue un rôle de... grenouille dans le Petit Poucet, la pantomime nouvelle que vient de monter au Nouveau-Cirque l’habile manager Iloucke.
- Je ne vous narrerai point l’histoire du Petit Poucet, tout le monde la connaît, je ne vous dirai point comment l’ingénieux Houcke a su adapter à la piste d’un cirque ce charmant conte pour les petits enfants. Je ne vous parlerai point non plus — bien qu’il mériterait à lui seul un article de La Nature — du truc employé pour planter les décors dans une piste ; de cette descenteet remontéed’uneforêt touffue, à travers laquelle Poucet junior sème les cailloux qui lui feront retrouver son chemin et sauver ses six frères; de la sortie de terre, comme par la baguette d’un magicien, d’un château fort dans la cour duquel Foottit, le roi, aidé de Chocolat, son chef du protocole, rend la justice et fait défiler une armée de charmants petits voltigeurs.
- Pourlant je ne puis résister à l’envie qui me prend de vous dévoiler le mystère; les décors : foret, château fort, mare enchantée, se replient en accordéon dans un plafond simulé, et ainsi ils peuvent < monter et descendre, sans avoir besoin comme dans les théâtres à spectacles, d’une machinerie compliquée. Mais en voilà assez et revenons à l’homme-grenouille, qui est le roi de la Mare Enchantée et l’homme le plus extraordinaire qui soit.
- Découvert dans un cirque d’Allemagne par M. Pilau, un avisé imprésario de Paris, Juno Salmo n’a pas encore atteint la trentaine; comme tous les artistes qui pratiquent ce genre très ardu, car il exige un travail de tous les instants : la dislocation, Salmo est disloqué depuis sa plus tendre enfance, c’est en même temps un nageur émérite. Il vient en France pour la première fois; il est vrai, qu’à part le
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- Nouveau-Cirque et deux ou trois grands cirques voyageurs, il n'y a guère d’établissements possédant une piste aquatique pour de pareils exercices.
- J’ai dit que Salmo était un disloqué, autrefois on appelait ces acrobates-contorsionnistes des désossés, et cependant leurs os sont en aussi bon état que les vôtres ou les miens. Du reste les disloqués sont de par le monde beaucoup plus nombreux qu’on ne se l’imagine : ne sont-elles point disloquées les danseuses des corps de ballet dont on a désarticulé les jambes, les reins et les pieds pour obtenir de belles pointes ; et aussi les danseuses des quadrilles de certains bals publics de Paris et de l’Etranger.
- 11 y a môme des disloqués naturels : témoin le mendiant que nos pères ont connu et qui a été célèbre sous le nom du « bossu du Pont d’Austerlitz ». Ce saltimbanque amateur faisait à volonté passer sa bosse du dos à la poitrine et de la poitrine au dos, par un simple mouvement d’avant en arrière ou d’arrière en avant de la colonne vertébrale. Un jour que le « bossu », avait trop fêté la dive bouteille, il tomba dans la Seine et se noya : son squelette a été acquis par le Muséum et figure dans l’une des vitrines des Nouvellcs-Caleries.
- Mais ce dislocage naturel est une exception, et pour arriver à être un artiste il faut de longs mois, même de longues années. Les os à la place des articulations sont retenus entre eux par une membrane fibreuse qui les enveloppe comme un manchon et les font emboîter l’un dans l’autre. Cette membrane, appelée capsule, est très souple; surtout chez les enfants elle offre une grande élasticité, et c’est en entretenant et développant cette élasticité naturelle qu’on peut obtenir les mouvements anormaux que l’on admire chez les disloqués. Aussi faut-il débuter très jeune dans cet art; on arrive progressivement à la dislocation des reins, des jambes et des bras, toujours par des llexions ou des torsions et des extensions.
- Une fois l’artiste fait, c est à lui ou à son manager de trouver l’inédit et l’orginal qui saura plaire au public et aux... directeurs.
- Salmo, dans le dernier tableau du l>elit Poucet, recouvert d’un maillot grenouille, la tête cachée dans une tête en caoutchouc, prenant la pose exacte d’une grenouille qui se chaufferait aux rayons du soleil ou coasserait à la lune, arrive sur une feuille de nénuphar et, poussé par une des excellentes nageuses de la troupe, fait le tour de la piste aquatique du Nouveau-Cirque. 11 pique une tête dans l’eau et on
- jurerait une grenouille géante ; les joncs, semés çà et là, lui servent de corde raide ou de bambou pour ses exercices ; le long d’un de ces joncs il fait un grand écart inconnu, le buste renversé en arrière, tout son corps s’allonge le long du jonc perpendiculairement à l’eau, la tête vient toucher en arrière l’articulation du genou, tandis que la main droite saisit une des chevilles et que la gauche s’étend en sens inverse, à plat le long de la tige du jonc.
- Ingénieuse ment un hameçon énorme en forme d’ancre, auquel est suspendu un chiffon rouge, -— le rouge étant l’appât des grenouilles. — descend du cintre. Salmo-grenouille saute après et, sur ce trapèze improvisé, il exécute une série de contorsions et de poses terrifiantes qui rappellent les monstrueuses visions des sculptures gothiques. Toutes les positions les plus barroques non point que peut prendre une grenouille vivante, mais que l’on ferait prendre à une grenouille en caoutchouc, Salmo les prend. C’est un artiste, un vrai, et des plus habiles, ayant l’air défaire tous ces exercices' sans le moindre effort. Il méritait de faire consacrer son talent à Paris, et nul établissement n’était mieux placé pour cela que le Nouveau-Cirque de la rue Saint-Honoré. Paul Mkgm.v.
- • Le Gérant : P. JIasson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
- Juno Salmo, l'homme-grcnouille.
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- La ménagerie du Muséum s’est enrichie récemment d’un Carnassier fort intéressant, appartenant à l’espèce que les naturalistes désignent maintenant sous les noms de Cynhyène peinte, de Lycaon peint (Lycaon pictus) ou, parfois, de Chien hyénoïde. Cet animal a été donné par M. de Lahretoigne du Mazel, administrateur des colonies, directeur des affaires indigènes à Saint-Louis du Sénégal. 11 a été pris dans le bassin de la Falémé, au Soudan sénégalais, contrée où l’espèce est d’ailleurs fort rare et
- n’avait jamais été vue en captivité. Je puis ajouter que c’est aussi pour la première fois que l’on constate sa présence dans l'ouest africain1. Jusqu’à présent on croyait que les Lycaons n’habitaient que l'est et le sud de l’Afrique, où ils sont assez communs.
- Dès la tin du dix-huitième siècle, ces animaux, que les colons hollandais et anglais appelaient des Chiens sauvages (Wild Doys ou Wilde Monde), ont été signalés par les voyageurs Masson et Sparmann, mais c’est seulement en 1820 et en 1822 que Tem-
- Cynhyène peinte ou Chien hyénoïde, actuellement vivant au Jardin des Plantes de Paris.
- minck et Burchell en donnèrent des descriptions ; toutefois ces auteurs les considérèrent comme des sortes d'ilyènes. En examinant l’animal qui vient d’ètre donné au Jardin des Plantes, il est facile cependant de constater qu’il n’offre avec les Hyènes que légères analogies dans la forme de la tète et des oreilles et dans la coloration, du pelage, assez rude et médiocrement fourni. Sa robe, d’un jaune ocreux légèrement nuancé de gris, est maculée irrégulièrement, sur le "onc^ et les membres, de marbrures blanches et noire ' La queue est également tachetée de jaune et de noir à la base et se termine par une large touffe blanche. Çntrc les oreilles, garnies en dessus de poils courts, fauves et 30e aBoée. — 1er sciiwslr*,
- noirs, et en dedans de poils plus longs, noirs et blancs, on aperçoit une raie foncée, assez mal définie, qui se prolonge d’un côté entre les yeux, de l’autre sur la nuque et le dos.
- Au lieu d’avoir les pattes de derrière notablement plus courtes que celles de devant-, comme les Hyènes chez lesquelles l’échine est, par suite, fortement déclive, la Cynhyène a les deux paires de membres d’égale hauteur. Sa taille est à peu près celle d’un Chien de berger et ses formes sont bien plus élégantes que celles d’une Hyène. Par sa phy-
- 1 D’après un renseignement qui m’est fourni par M. Hua) lequel le tient de M. Pobéguin, il paraît que les Lycaons sont communs aux environs de Kouroussa el jusqu’à Timbo.
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- sionomie intelligente et par son aspect général elle rappelle tout à fait les Chiens dont elle a la dentition, mais dont elle diffère par son crâne plus court et plus massif et surtout par les extrémités de ses membres pourvus de quatre doigts seulement, le pouce faisant constamment défaut, même aux membres antérieurs. Ces particularités justifient pleinement la création, en faveur de cette sorte de Chiens sauvages, d’un genre particulier, le genre Lycaon, qui ne renferme actuellement qu’une seule espèce cantonnée sur une portion du continent africain, mais qui, dans les temps quaternaires, comptait des représentants jusque dans l’Europe occidentale. On a trouvé, en effet, dans le comté de Clamorgan, en Angleterre, la mâchoire inférieure d'un Canidé offrant les caractères du genre Lycaon.
- Grâce à l’envoi de M. de Labretoigne du Mazel on peut affirmer que les Lycaons n’occupent pas seulement en Afrique une zone s’étendant, le long de la côte orientale, depuis la colonie du Cap jusqu’au Kordofan et au Somal, mais qu’ils s’avancent à travers tout le continent, entre le 51' et le 15e degré de latitude nord. Le Sahara oppose une limite à leur extension et, d’autre part, nous n’avons aucun indice de leur présence au Congo, oii d’ailleurs la nature du pays, fortement boisé et arrosé par de larges cours d’eau, ne conviendrait pas à leur genre de vie. Ces Canidés se plaisent, en effet, dans les plaines découvertes ou parsemées de buissons et de bouquets d’arbres ; ils y vivent en troupes généralement composées d’une douzaine ou d'une quinzaine d’individus, mais qui parfois en comptent jusqu’à soixante et dont tous les membres se réunissent, à la façon des Loups ou des Chiens courants, pour poursuivre les Antilopes. Les Lycaons chassent en plein jour aussi bien que dans les ténèbres et, sous ce rapport encore, se distinguent des Hyènes. Leurs allures ne sont pas extraordinairement rapides, mais à force de ténacité ils viennent à bout des bêtes les plus agiles et si, comme le prétendait Delegorgue *, leurs meutes n’obéissent pas à un seul chef elles n’observent pas moins dans leurs mouvements un ordre remarquable. Suivant Rrummond 2, les Lycaons savent reconnaître, comme les jdus habiles veneurs, la direction que le gibier doit suivre, en tenant compte de ses habitudes, de la nature du sol et de la direction du vent. Le long de celte route se postent quelques'individus, [dus robustes que les autres, qui prennent successivement la place de leurs camarades fatigués et, grâce à ce système, les Koudous, les Élans, les Antilopes chevalines et les Gnous eux-mêmes finissent par être rejoints par la meute hurlante qui les déchire à belles dents, en commençant par le train de derrière.
- Souvent le voyageur s’est vu frustrer du produit de sa chasse par ces Chiens hyénoïdcs dont la
- 1 Voyage dans l’Afrique australe, 1847, t. I, p. 574 et suivantes.
- 2 4Y.-L. Selater. The Mammals of South Africa, 1900, t. 1,
- p. 10 i.
- voracité est extraordinaire. « Après des peines inouïes et une journée sans résultat, dit Édouard Foa1, j'avais fini par m’approcher d’un Koudou2 en me dissimulant derrière des ajoncs et je l’avais blessé. Néanmoins il s'était enfui au milieu de touffes de végétation, ce qui m’avait empêché de tirer de nouveau sur lui. Jugeant par les rougeurs qu'il était grièvement blessé, je me mis à suivre la piste. Tout à coup, j'entendis au loin de véritables rugissements, des cris rauques comme ceux du Cerf qui rait, mais plus prolongés, de vrais cris d’agonie. Je m’étonnai qu’une Antilope, dont la mort est toujours silencieuse, fit un pareil vacarme. Je hâtai le pas et arrivai en quatre minutes environ à l’endroit d’où parlait le bruit. Quel ne fut pas mon étonnement en me trouvant face à face avec une meute de Loups3 qui montraient les dents ! A mon approche ils s’écartèrent néanmoins d’une vingtaine de mètres; à cette distance ils s’arrêtèrent et se mirent à aboyer en me regardant. Quant au Koudou, sauf la tête et les jambes, il n’en restait plus rien. Je tuai deux Loups pour me venger. »
- Delegorgue rapporte un fait analogue; mais ce n’est pas seulement les Antilopes, grandes et petites, qui deviennent la proie des Cynhyènes; c’est aussi le bétail domestique, les Bœufs, les Moutons et les Chèvres ; aussi ces Carnassiers sont-ils autant redoutés des fermiers dans l’Afrique australe que le sont les Loups des diverses contrées de. l’Europe.
- Les Lycaons n’aboient, pas seulement à la façon des Chiens de meute; ils font entendre aussi, surtout pendant la nuit, des cris aigus semblables à ceux des Singes qui se disputent et s’appellent par un cri de ralliement, beaucoup plus doux, qu’on a comparé au chant du Coucou. Dans l’Afrique australe, comme au Soudan, ces Canidés creusent dans les plaines sablonneuses des terriers assez compliqués qui sont destinés uniquement à servir d’abri à leur progéniture, toujours nombreuse, puisque chaque portée comprend de dix à douze petits. Pris jeunes et élevés en captivité les Lycaons perdent leur sauvagerie naturelle, s’habituent à vivre avec d’autres animaux et notamment avec les Chiens pour lesquels ils manifestent, à l’état sauvage, une véritable aversion; on est même parvenu à les croiser avec ceux-ci, mais les animaux issus de ces unions avaient, dit-on, assez méchant caractère. On prétend cependant que dans les temps reculés les Egyptiens avaient domestiqué les Cynhyènes et étaient parvenus à s’en servir comme auxiliaires pour la chasse aux Antilopes. François Lenormant a cru, en effet, reconnaître des Cynhyènes ou Chiens hyénoïdes dans des Carnassiers qui sont figurés sur une peinture murale d’un tombeau du Saqqarah, datant de l’Ancien Empire, et dont la situation semble indiquer des anirri”x domestiques L
- 1 Mes grandes chasse*, Caris, 1901, p. 180.
- 2 Espèce d’Antilope *e Strepsiceros kudu.
- 3 C’est sous ce nom que M. Foa désigne les Lycaons.
- 4 F. Lenormant. Histoire ancienne de l'Orient, cd:t. de 1882, t. 11, p. 49.
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- Ces animaux, que M. Bourguin avait de son côté considérés comme des Hyènes, sont tenus en laisse, d'une manière assez lâche, par un homme qui conduit en même temps quatre Chiens lévriers à oreilles droites, je dois faire observer, toutefois, que s’ils ont la queue touffue et l’allure des Chiens hyénoïdes, ils n'offrent aucune trace des marbrures si caractéristiques de ces Canidés, qu’ils sont de petite taille, assez bas sur pattes et ont l’échine légèrement déclive, ce qui ne permet pas d’accepter sans certaines réserves l’opinion de F. Lenormant. Cet auteur fait remarquer en outre1 que, dans l’Egypte nouvelle qui recommence avec la dix-septième et la dix-huitième dynastie, on 11e trouve plus trace de l'emploi du Chien hyénoïde comme animal de meute servant à la chasse ; mais que les espèces de Chiens proprement dits sont alors aussi nombreuses que sous la douzième dynastie. Et, en effet, la seule image que je connaisse sur un monument du Moyen Empire d’un Canidé semblable aux prétendus Chiens hyénoïdes du tombeau de Saqqarah, se trouve dans une scène de chasse qui orne les parois d’un tombeau de Thèbes datant de la dix-huitième dynastie. Cette scène représente un Pharaon chassant à l’arc des animaux sauvages, Ruminants et Carnassiers, qui sont enfermés dans une enceinte de filets où ils sont attaqués par des Chiens courants à oreilles tombantes. A côté d’Antilopes, de Bouquetins, de Bœufs sauvages on aperçoit un Canidé qui, comme eux, cherche à fuir et qui a, plus encore que les Canidés de Saqqarah, la physionomie d’un Chien hyénoïde. E11 tout cas ce n’est nullement, comme l’a indiqué U. Ruerotay de Blainville dans son Osléoyraphie2, une Chienne de chasse à oreilles droites lancée à la poursuite d’une Antilope, mais bien un animal sauvage. 11 est certain d’ailleurs que la Cynhyène, s’avançant jusque dans le Kordofan et le Somal, a du être connue des anciens Egyptiens. E. ülstalet,
- Professeur au Muséum d'histoire naturelle.
- ILN VOYAGE AÉROSTATIQUE
- -VU I.OXG COCUS
- Les amateurs d’excursions peu banales sauront gré au capitaine dû Génie Deburaux de leur ouvrir des horizons insoupçonnés en proposant une promenade en ballon de Gabès... au Soudan. 11 y a longtemps que les projets de voyages aérostatiques au long cours hantent l'esprit de cet officier distingué. 11 ne nous déplaît pas de voir nos jeunes officiers attirés vers les expéditions audacieuses, fussent-elles même téméraires et quelque peu chimériques; mais nous n’oserions les encourager à affronter les dangers qu’offre le nouveau projet.
- Ce n'est pas qu'on ne puisse se maintenir en l’air fort longtemps en ballon. Le voyage effectué par M. H. de la \ aulx pendant l’Exposition et qui l’a conduit de Paris en Russie, montre quelles énormes distances sont franchissables avec ce mode de locomotion. Il n’est pas de véhicule plus rapide qu’un ballon et où l’on soit plus à l’aise;
- 1 Op. cit., t. Il, p. 103.
- 2 Allas, pl. XIV.
- mais il faut compter avec le vent et, jusqu’à présent, cet auxiliaire s’est fait remarquer par son inconstance.
- Le vaillant officier, qui travaille la question depuis plusieurs années, nous assure, il est vrai, que les vents alizés régnent avec régularité sur le Sahara, du nord-est au sud-ouest et le mèneront tranquillement à sa destination : il suffit alors d’attraper le courant et de se laisser porter. Accep-tons-en l’augure; mais, quand même, je me méfie un peu. Pour rassurer les gens timorés d’ailleurs, l’auteur du projet propose une expérience préliminaire, ce qui est de vulgaire prudence. Un ballon-sonde sera lancé au préalable de Gabès, par vent du nord, sans passagers, bien entendu, et l’on espère en avoir des nouvelles si son point de chute se trouve dans les régions habitées de l’Afrique occidentale, où il existe de nombreux postes militaires tpii apercevront peut-être cet enfant perdu dans sa course ou en recueilleront des nouvelles par la population indigène. Mais les régions désertiques sont nombreuses, la brousse et les forêts couvrent d’immenses espaces.
- Ce ballon-sonde tout au moins est fort ingénieusement combiné pour accomplir sa mission. On sait qu’un aérostat livré à lui-même n’est point susceptible d’une longue course par suite des causes multiples qui font varier, à chaque instant, sa force ascensionnelle et que l’aéronaute ne parvient à combattre que par une incessante manœuvre du lest dont il dispose. Gomment remplacer cette inter? vention intelligente? Voilà la question posée par le capitaine Deburaux et qu’il a résolue en inventant un dëlesteur automatique. Get appareil consiste en un réservoir contenant de l’eau (1200 litres pour le ballon projeté). Cette eau, qui sert ici de lest et qu’il s’agit de vider par petites quantités au fur et à mesure du besoin, peut s’échapper par un orifice inférieur garni d’un clapet de retenue que le seul poids du guide-rope tient fermé. Le ballon tcnd-il à descendre? le guide-rope finit par toucher terre, et, quand il traîne d’une quantité convenable, le poids de la partie suspendue n’étant plus suffisant pour équilibrer le clapet, celui-ci s’ouvre, l’eau s’écoule doucement jusqu’à ce que le ballon, ayant repris sa force ascensionnelle, remonte et fait un nouveau bond dans l’espace. Tant qu’il y aura de l’eau il pourra continuer ainsi son voyage par une série d’oscillations verticales, reprenant comme Antée de nouvelles forces en touchant le sol. M. Deburaux estime qu’il pourrait ainsi flotter une, huitaine de jours : je n’ai pas besoin de dire qu’une pareille estimation ne saurait être d’une précision mathématique et qu’il y aura à compter avec plus d’un aléa.
- Et quand le ballon-sonde aura tracé la route? Eh bien, ce sera le tour des hardis aéronautes de s’y engager. Sous leur conduite, mieux encore qu’avec le seul délesteur, il n’est pas douteux que le ballon pourra aller loin, très loin, voyager très longtemps, et que les navigateurs auront le loisir de choisir leur point d’atterrissage, sur la route du vent bien entendu. L’hiver est l’époque des vents favorables ; 011 attendra donc l’hiver prochain pour lancer la ballon-sonde et l’hiver suivant pour l’expérience définitive.
- Il n’est pas douteux qu’elle ne soit des plus intéressantes au point de vue scientifique. L’intervention d’aéronaules expérimentés l’entourera à coup sur de foutes les garanties ; mais néanmoins 011 11e peut s’empêcher d’évoquer, à ce propos, la malheureuse aventure du ballon d’Andrée. La mer de sable, si l’on ne s’v noie pas, n’est guère moins rébarbative que l’océan liquide, et si nous applaudissons à la crànerie des aéronautes, la sympathie dont nous les entourons s’émeut des périls qu’ils ne craignent pas d’affronter. . G. Espitallier.
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- LE SALON DE L’AUTOMOBILE1
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- Fig. 1. — Le Bloc Seliaudel.
- Fig. 2. — 1 cl 2. Vue en coupe ilu moteur Ixion ; 3 et i. Vue extérieure et en coupe du moteur I.epape.
- J’ai dit, dans mon précédent article, combien sont nettement accusées les tendances de l’automobile vers la simplification qui doit la rendre peu à peu acces-1 Yoy. n0 1493, du 4 janvier 1902, p. 09.
- sible à presque toutes les mains et à presque toutes les bourses. Il n’est, par exemple, pas nécessaire d’être grand connaisseur en moteur à pétrole pour comprendre quels grands progrès réalise l’invention de
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- M. Lepape qui attira tant de curieux à la fois dans son stand où il mollirait son moteur placé sur une voiture, et dans le sous-sol où on voyait ce moteur en marche.
- Le moteur Lepape a la grande originalité de ne comporter aucun organe extérieur de distribution, et d'èlre à deux temps. On s lit que le cycle des moteurs
- Fi". 5. — F.nscmblo <lu Salon do l’Aulomobilo; vue de nuit.
- Fig. 4. — Un moteur à pétrole de Dion commandant une baratte.
- à explosions, employés sur presque toutes les voitures mécaniques, est à quatre temps, c’est-à-dire que le piston fait deux allées et venues complètes dans son cylindre pour obtenir un temps moteur, une chassée
- due à l’explosion. La première descente du piston aspire du gaz que sa remontée met en compression brusque, compression indispensable à un bon rende-menl ; l’explosion, qui est aussitôt déterminée par
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- l’allumage, chasse le piston qui, remontant à nouveau, expulse des gaz brûlés.
- Ces quatre temps sont généralement obtenus par un pignon, calé sur l’arbre moteur, qui commande une roue, de diamètre double, portant une came déterminant tous les deux tours du volant (soit tous les quatre temps) l’allumage et l’échappement.
- Ces engrenages sont assez délicats et assez onéreux. De plus, réaliser une seule période active pour trois autres qui sont passives, c’est là pour le moteur à quatre temps une situation éminemment perfectible, on en conviendra.
- M. Lepape obtient par son dispositif, à la fois la suppression de la distribution par engrenages et la production d’un coup producteur de travail par chaque tour de volant, sans renoncer à la compression préalable qui, je le répète, est jugée avec raison indispensable depuis que Otto l’a démontré le premier.
- Son moteur se compose de deux cylindres verticaux juxtaposés (fig. 2, nos 3 et 4) dont l’un B est plus fort que l’autre A et entouré d’une chemise d’eau de refroidissement, tandis que son voisin moins large est à parois simples.
- Tous deux renferment des pistons qui sont calés sur le même vilebrequin à 180° environ. Tous deux sont surmontés de soupapes M et N qui s’ouvrent sous un effort d’aspiration par le piston, et qui se ferment sous l’effort de son ressort. Le cylindre le plus étroit porte en outre, à sa partie supérieure, un orifice 0 qui communique avec la soupape du cylindre voisin qui seul est moteur.
- Le fonctionnement s’opère ainsi. Le piston qui joue le rôle de pompe descend dans son cylindre, et y produit une dépression qui ouvre la soupape M en même temps qu’elle appelle une cylindrée de gaz explosif venu du carburateur. Lorsqu’il s’est ainsi empli et que le piston remonte, la soupape se referme d’elle-même en même temps qu’un refoulement a lieu du gaz aspiré dans l’orifice 0 et par suite dans le cylindre moteur à travers la soupape N.
- Le piston du cylindre B est alors à bas de course. Lorsqu’il remonte, comprimant les gaz devant lui, une étincelle électrique jaillit et le piston est violemment repoussé vers le bas du cylindre. Pendant ce temps, le piston A est descendu, a aspiré une nouvelle gorgée de mélange et commence à la refouler dans le cylindre moteur lorsque le piston de celui-ci est précipité en bas par l’explosion. lien résulte que, au moment où le piston moteur est assez descendu pour découvrir un orifice E sur l'air libre, les gaz brûlés sont expulsés par leur propre détente et par le balayage que les gaz neufs, entrant dans le cylindre avec une compression légère, donnent aux gaz brûlés.
- Un tel appareil moteur réalise de gros avantages qui ont d’ailleurs été fort appréciés des connaisseurs. Il permet d’obtenir un moteur plus léger pour une puissance égale, ou plus puissant pour un poids égal, un équilibrage à peu près complet, enfin une économie de prix de revient considérable.
- Le moteur exposé avait une puissance de 12 che-
- vaux, et était vendu cent francs par cheval. C’est là, semble-t-il, un moteur tout indiqué pour l’armée, pour les amateurs de voitures simples, et pour les amis des bateaux légers et rapides.
- Dans le même ordre d’idées, M. Valière nous montrait un petit moteur à pétrole pour bicyclettes. Ici nous n’avons plus qu’un seul cylindre, un fonctionnement à deux temps et cependant une compression égale à celle des moteurs à quatre temps, et une explosion par tour (fig. 2, nos 1 et 2).
- Le gaz fourni par le carburateur arrive par le canal A, traverse l’arbre moteur B, qui est creux et forme robinet, et parvient ainsi sous le piston P qui, par sa face inférieure, l’aspire en remontant, tandis que, par sa face supérieure, il comprime la cylindrée admise au tour précédent.
- En haut de course, l’étincelle jaillit. Le piston redescend sous la poussée de l’explosion, comprime sous lui les gaz admis il y a un instant, et les fait passer par le couloir C dans la partie supérieure du cylindre ; le robinet B s’est refermé pendant ce temps. De plus, en descendant, le piston a découvert l’orifice d’évacuation J, si bien que les gaz qui viennent d’exploser se détendent dans le pot d’échappement S. Et le cycle recommence.
- Le courant gazeux a donc un mouvement giratoire qui commence en À et finit en S. Une arête R, portée par le piston, sépare les gaz neufs des gaz vieux. Ce moteur de faible puissance, 3/4 de cheval environ, sous un poids extrêmement réduit, 8ks, est applicable à toute bicylette sur le tube de direction ; il entraîne la roue d’avant par la friction d’un tambour Y (calé sur l’arbre moteur auprès du volant) sur le pneumatique. Un simple levier permet au cavalier de soulever ou d’abaisser tout l’ensemble de façon à produire le débrayage et l’embrayage.
- Un gros succès de belle innovation fut obtenu par M. Schaudel qui réalisa l’automobile simple, démontable comme un fusil de guerre. Le moteur, les organes d’embrayage et de débrayage, les engrenages de changements de vitesses, le frein, la pompe et le carburateur, tous les organes vitaux d’une automobile, forment dans son système un bloc compact.
- Cette agglomération non seulement ne nuit pas à ce que j’appellerai la clarté du mécanisme, mais au contraire la favorise considérablement. L’inventeur a dû en effet, pour obtenir un tout de maniement facile, supprimer les tubes de toute nature (circulation d’eau, d’essence, de gaz d’échappement, etc.) qui d’ordinaire sont des obstacles énervants et parfois insurmontables pour la moindre réparation de route. Il a dû même supprimer des organes dont il a donné la fonction à d’autres qui n’en ont d’ordinaire pas l’habitude.
- C’est ainsi que, pour obtenir le dédoublement nécessaire à l’ouverture, tous les deux tours de l’arbre moteur (quatre temps), des soupapes d’échappement et des cames d’allumage électrique, les constructeurs emploient communément une roue dentée spéciale à qui est dévolu ce travail.
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- M. Schaudel a supprimé cet engrenage et a confié son travail à une roue de transmission qui sert déjà à effectuer la première vitesse de la voiture, etc.
- Les soupapes d’admission et d’échappement, généralement d’un accès si difficile, sont dans ces deux cylindres maintenues en place toutes quatre par un seul écrou. Elles viennent à la main presque sur un simple signe et se replacent presque à l’œil !
- La place me manque évidemment pour détailler cette voiture autant qu’elle le mériterait. Je la cite ici parce qu’elle me semble le plus probant témoignage des efforts que font les constructeurs intelligents vers l’utilitarisme, vers la simplification extrême qui seule ouvrira à l’automobile toutes les remises auxquelles ses incomparables mérites lui donneront bientôt droit d’entrée.
- Il m’a semblé que le meilleur, que le seul compte rendu qui pût être fait d’une exposition qui a attiré tant de milliers de visiteurs au Grand Palais, était ainsi la démonstration, avec preuves à l’appui, des tendances nouvelles, socialistes, dirai-je au bon sens du mot, que prend notre grande industrie de locomotion mécanique. Les inventions de détail, plus ou moins bizarres, plus ou moins éphémères, sont, à côté de ce grand but, des bagatelles négligeables.
- Je crois plus intéressante qu’un pneumatique prétendu increvable ou qu’une clé anglaise à transformations fantaisistes l’exposition que faisait M. Joseph Journu, avec le concours de la maison de Dion, Bouton et Cie,de moteurs d’automobile appliques à l’agriculture. La ferme nouveau jeu qu’il administrait là, au milieu de betteraves assez surprises de se retrouver transplantées dans le sous-sol d’un palais, mais d’où il était censé extraire l’alcool nécessaire à ses moteurs, fut constamment envahie par une foule très alléchée par ce progrès. On y achetait du beurre, dont on venait de voir la crème battue sur la mesure à quatre temps et la pâte travaillée par un petit quatre-che-vaux. On admirait la batteuse, la faucheuse, la lieuse actionnées par ces vigoureuses petites bêtes mécaniques de 50 centimètres de hauteur !
- L’agriculteur, même de fortune modeste, maître de toutes ses opérations, consommant pour ses travaux l’alcool recueilli par lui sur son propre sol, tel est le rêve économique et agréablement révolutionnaire dont nous allons devoir la réalisation demain à l’automobile. L. Baudhy de Saunier.
- IA FOIRE DES ORANGES EN CALIFORNIE
- La production des oranges en Californie donne lieu à d’importantes foires annuelles qui sont une des [tins grandes curiosités du pays.
- Ces foires se tiennent généralement vers le mois d’avril, dans quelques-unes des villes les plus importantes de l’État au point de vue cultural. Une des plus remarquables était celle de Los Angeles, mais voici plusieurs aimées qu’elle n’a plus lieu. Naturellement, tous les producteurs sérieux du pays ne manquent point de s’v faire représenter. Parmi les curiosités que crée, l’imagination des
- commerçants yankees, nous citerons par exemple un citron monstre fait uniquement avec 5000 oranges, montées naturellement sur une carcasse appropriée. Lu autre exposant avait bâti, si l’on veut nous passer le mot, une colonne triomphale de plusieurs mètres de hauteur. Dans d’autres foires c’était un fort, une couronne, une école longue de, 4 mètres environ et haute de, 0, éclairée intérieurement à la lumière électrique, puis un globe énorme, auquel on n’avait pas einplové moins de 10 000 oranges (ou citrons, car ces foires sont aussi des foires aux citrons). Enfui, comme dernière merveille, nous citerons une voiture, une sorte d’omnibus, attelée de deux chevaux qui semblaient entièrement faits d’oranges collées les unes à côté des autres.
- Qu’on ne s’étonne point des masses formidables de fruits que doivent exiger les montres d’une seule foire,, quand on songe, que l’Etat de Californie possède sans doute actuellement plus de 20 millions d’orangers produisant chaque année au moins 15 000 wagons d’oranges. Celles-ci sont de variétés très diverses; l’espèce que l’on rencontre le plus communément est la Washington navel, qui est grosse, juteuse et sans pépins ; elle a été importée du Brésil. On trouve aussi l’orange de la Méditerranée, la Douce Saint-Michel, la Valence, l’orange de Tanger, celle de Malte, la sanguine. Et ce qui prouve bien la qualité de ces fruits, c’est qu’ils se vendent et sont appréciés jusque dans les Antilles. P. de M.
- MANUTENTION MÉCANIQUE DES BAGAGES
- A LA NOUVELLE GAISE DORLÉANS
- Les nombreux voyageurs et touristes qui, dernièrement, sont partis de Paris ou qui y sont arrivés par la nouvelle gare d'Orléans du quai d’Orsay, ont pu se rendre compte des progrès réalisés dans ce bâtiment pour la manutention de leurs colis, tant au départ qu’à l’arrivée. Le transport et la distribution des bagages se font avec une rapidité, une facilité, on pourrait même ajouter avec une élégance auxquelles nous étions loin d’être habitués. Espérons que les bons résultats obtenus décideront les autres compagnies à s’engager dans la voie que les ingénieurs de l’Orléans viennent de leur ouvrir.
- Comme on le sait, la gare se divise en deux étages, le rez-de-chaussée où sont installés les services d’arrivée et de départ des voyageurs et le sous-sol réservé aux quais d’embarquement et aux voies. Les plans de ces deux étages sont séparés par 6 mètres de hauteur, mais comme les rails sont à 0m,8f> en contre-bas des quais, il n’y a que 5m,17 entre le plancher du rez-de-chaussée et le sous-sol.
- On conçoit qu’étant donnée cette disposition générale de la gare, il fallait organiser un système nouveau pour le transport des bagages ; on ne pouvait, en effet, admettre un instant que leur manutention fût faite à bras d’homme.
- Pour le départ, il était relativement aisé de trouver un moyen pour le transport des colis, car ceux-ci n’ont qu’à effectuer la descente du rez-de-chaussée au sous-sol ; la gravité pouvait être employée comme moyen de manutention facile et économique.
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- LA NAT TM.
- Le voyageur, en quittant la voiture qui l'a conduit à la gare, fait déposer ses malles sur un chariot léger. Celles-ci sont immédiatement portées vers une bascule où elles sont pesées et étiquetées ; le voyageur reçoit un bulletin provisoire contenant toutes les indications sauf la taxe, et qui sera ultérieurement échangé contre un bulletin définitif à un autre guichet. La raison de ce double exercice est d’accélérer les opérations d’enregistrement et de pouvoir évacuer rapidement les abords des salles en faisant partir les colis dans le sous-sol. A cet effet, on a installé des monte-charge et des couloirs de descente qui communiquent avec les quais de départ des trains ; ces deux genres d’appareils se trouvent toujours juxta-
- posés, de sorte que dans un cas d'avarie ils peuvent se suppléer l’un à l’autre et de toute façon ils sont appelés à rendre concurremment des services. Les monte-charge électriques, construits par la maison Edoux peuvent élever ou descendre 500 kg de bagages à la vitesse de 1 mètre par seconde et 1000 kg à la vitesse de 0m,50. Le courant de 500 volts dont dispose le service d’éclairage est employé pour l’effort principal; pour les efforts secondaires on n’admet qu’un courant à 125 volts.
- Les couloirs de descente sont formés par un ensemble de tôles rivées présentant en section un plancher de 0m,80 de largeur muni de deux surfaces montantes latérales de 0m,50 de hauteur. Quant à
- la pente, elle a été prise un peu empiriquement en tenant compte de la place dont on disposait et des données fournies par les grands magasins de nouveauté qui, depuis quelque temps, emploient des couloirs mobiles pour la descente des paquets et leur chargement dans les voitures. Cette pente est d’environ 0m,4() par mètre, mais elle a été sensiblement augmentée aux tournants, à cause de la résistance que les colis pourraient subir en ces passages par le frottement contre les parois. A la partie inférieure de chaque couloir le profil présente la forme d’une courbe destinée à diminuer la vitesse de chute de l’objet; de plus un tapis-brosse fixé au sol empêche les chocs et par suite les avaries de se produire (fig. 4).
- Chacun de ces couloirs est composé de deux par-
- ties, l’une fixe, l’antre mobile qu’on peut relever, à l’aide de chaînes, à 2 mètres au-dessus du sous-sol, afin de laisser la circulation libre sur les trottoirs des quais.
- Avant de parler de la manutention des bagages à l’arrivée, disons deux mots de la consigne qui est installée à 7m,50 au-dessus du rez-de-chaussée. Un monte-charge est disposé pour l’élévation des objets. Le voyageur qui désire reprendre ses colis, présente son ticket à un employé qui le place dans un petit appareil dit monte-tickets. L’agent, situé à l’étage supérieur, le reçoit et après avoir trouvé l’objet réquisitionné le fait glisser le long d’un couloir hélicoïdal circulaire qui le conduit jusqu’au rez-de-chaussée. L’avantage de ce couloir est de permettre la descente du colis sans exiger beaucoup de place.
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- U NVITHK.
- A l’arrivée, la manutention devient plus délicate, car ici il s'agit d'élever les bagages du sous-sol
- O OC
- jusqu'au rez-de-chaussée; il faut de plus que cette opération se fasse très rapidement, car les trains ne
- devant pas séjourner longtemps sur les voies de la afin de laisser la place libre à l’arrivée d’autres char-gare, il est nécessaire qu'ils soient vivement évacués, gements; de plus, on s’était imposé comme pro-
- Fig. ô. — Manutention des bagages à l'arrivée pour 1rs fourgons de queue. Pose des colis sur les toiles de transport.
- gramme d’établir un système de répartition des colis leurs malles, et cela toujours dans le but d’éviter les qui permît aux voyageurs de retrouver instantanément encombrements qui se produisent à certaines heures,
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- LA NATURE.
- lorsque les grandes arrivées se font successivement les unes derrière les autres.
- Les trains s’arrêtent sur deux quais placés le long d’un meme trottoir sur lequel tout le service a été aménagé. Les voyageurs, en quittant leurs compartiments, trouvent à l’extrémité du quai un escalier qui les conduit au rez-de-chaussée, du côté de la grande cour d’arrivée. S’ils n’ont pas de bagages, ils sortent immédiatement de la gare. Autrement ils reviennent en arrière dans une grande salle ouverte à tout le monde, où sont placés les bancs de distribution.
- Il existe deux opérations bien distinctes pour la manutention des bagages :
- 1° Elever les colis jusqu'au rez-de-chaussée ;
- 2° Les répartir sur les différents bancs, de façon à opérer un triage permettant leur reconnaissance et leur enlèvement rapides.
- Voyons d’abord comment on procède pour porter les colis au rez-de-chaussée. Deux moyens sont employés : les monte-charge et les toiles de transport (fig. 2). Les premiers sont mus électriquement et sont en tout pareils à ceux que nous avons décrits pour le départ. Les toiles de transport sont plus spéciales. Elles constituent même une innovation dans l’in-
- dustrie des chemins de fer, et méritent de nous arrêter davantage.
- Les trains qui arrivent en gare sont en général munis de fourgons à l’avant et à l’arrière. Il fallait donc imaginer un dispositif permettant de prendre les bagages indistinctement à ces deux emplacements des trains et de les apporter au rez-de-chaussée en un point unique où se fait le triage, ainsi que nous le verrons plus loin.
- Les employés chargés de vider le fourgon de tête trouvent, en face de la porte de ce fourgon, une toile mobile sur laquelle ils n’ont qu’à déposer les colis.
- Cette toile décrit un chemin d’abord ascendant de façon à porter l’objet jusqu’à 2 mètres au-dessus du plancher du rez-de-chaussée, puis horizontal, et enfin descendant (fig. 2). Ce dernier mouvement a pour objet de faire glisser le colis sur un banc où se fait le triage.
- Les fourgons de queue sont évacués de la même façon, mais comme on ne sait jamais quelle place ceux-ci occupent dans la formation du train et comme il importe de pouvoir placer les bagages immédiatement sur la toile de transport sans les manutentionner à la main, on a disposé dans une fosse, sous le quai, une toile supplémentaire horizontale qui conduit les objets jusqu’à la toile ascen-
- dante (fig. 5). Afin de pouvoir exécuter cette opération, on a disposé quatre trémies sur le quai ; les colis sont lancés par ces ouvertures, ils trouvent le tapis en mouvement et sont portés jusqu’à la toile ascendante. Ces trémies sont équilibrées et mobiles autour d’un axe horizontal, de sorte qu’elles peuvent se relever pour le passage des malles placées dans les trémies précédentes.
- Le couloir ascendant transporte les objets jusqu'au banc de triage, au même point que celui vers lequel se dirigent les colis apportés par la toile ascendante du fourgon de tête (fig. 2). Les employés placés devant ce banc trouvent donc devant eux tous les colis des trains provenant de tous les fourgons, même si ceux-ci faisaient partie de deux trains arrivés en même temps.
- Il s’agit maintenant de trier les bagages. A cet effet, il existe deux bancs mobiles installés à droite et à gauche normalement à l’axe des toiles de manœuvre. Ces bancs sont toujours en mouvement, grâce à un système d’emboîtement spécial disposé comme une chaîne sans fin. Les employés préposés au triage placent sur le banc de droite tous les colis dont le chiffre de l’étiquette est terminé par 1, 2, 5, A ou 5, et sur celui de gauche ceux qui correspondent aux chiffres 6, 7, 8, 9 ou 0.
- Perpendiculairement à chacun de ces bancs mobiles, se trouvent cinq bancs fixes en face desquels sont installés des employés qui ont pour mission de surveiller toutes les malles qui passent devant eux. Or, comme chacun de ces bancs correspond à un des chiffres terminant le numéro de l’étiquette, il n'a qu’à attraper le colis dans son mouvement et à le placer sur le banc dont il a la garde. De cette façon le voyageur qui veut retrouver ses bagages n’a qu’à se diriger vers le banc marqué du signe correspondant au dernier numéro du chiffre de son bulletin. On conçoit que cette série de manœuvres doive faciliter considérablement les opérations de reconnaissance et réduire par là le temps de l’enlèvement des bagages à l’arrivée.
- En dehors des toiles de transport, il existe, comme nous l’avons dit, des monte-charge; ceux-ci sont destinés aux objets qui, par leur forme, ne trouvent pas leur place sur les toiles, tels que les bicyclettes, etc.
- L’ensemble de cette manutention très rationnelle et très pratique offre une foule d’avantages, mais elle a des inconvénients, d’abord elle occasionne une dépense élevée par l’emploi du courant électrique nécessaire à la mise en marche des appareils, ensuite elle exige un personnel très nombreux qui ne trouve son emploi que pendant le temps, somme toute très court, de la délivrance des bagages. Ce procédé ne saurait donc convenir qu’à une gare très important!' et disposant d’un grand nombre d’hommes pouvant être sans difficulté réquisitionnés à certains moments. A. da Clxha.
- Fig. i. — Jonction d'un couloir do descente et du tiipis-brosso.
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- L’ËBOULEMENT DU GLACIER DE ROSSBODEN
- SIMPLON
- Le 11 septembre 1805, à 5 heures du matin, une notable portion du glacier de l’Altels se détachait et roulait en avalanche formidable sur les alpages de Spitalmatte (passage de la (iemmi)oii elle répandait la mort et la dévastation. Six hommes et cent trente têtes de bétail furent ensevelis sous l’éhoulement L
- Au printemps dernier, le glacier de Rossboden, visible de la route du Simplon, a donné naissance à un phénomène semblable. Quoique moins important et moins calamiteux que celui de l’Altels, il a causé cependant de grands ravages, coûtant la vie à deux femmes, tuant treize tètes de gros bétail et quarante moutons, détruisant des chalets et un bois, entin coupant la route du Simplon et exerçant sur le sol de profondes modifications. Il s’est produit là tout à la fois un accident et un phénomène géologique qu’il nous semble intéressant de relater. Pour cet article, nous nous sommes servis de l’enquête faite sur les lieux par le I)1 (’.oaz, le savant Inspecteur des forêts du gouvernement fédéral et publié dans le journal bernois Der Bund2, et, pour son illustration, de très intéressantes photographies communiquées par le 1)' Coaz. Ces vues sont l’œuvre de M. E. Muret, adjoint à l'Inspection fédérale des forêts, un distingué glaciériste qui continue dans cette administration les traditions scientifiques de son éminent chef. Nous avons également fait usage d'une note du professeur Rich-ter publiée dans le Geographische Zeitschrift (XVIII,8,1901 ). M. Rich- —
- ter a bien voulu nous autoriser à Fig. 1. — Carte reproduire la coupe du chemin de l’avalanche (fig. 5). La carte du bureau topographique fédéral, jointe à sa notice, montre le théâtre delà catastrophe; pour donner au lecteur une idée complète de ses modalités, quelques détails topographiques sont nécessaires.
- Au hameau d’Eggen, situé à 8 kilomètres de l’hospice du Simplon, s’ouvre, à gauche, pour les voyageurs qui descendent vers l’Italie, le vallon de Seng, tributaire de celui de Krummbach suivi par la route. Ce vallon est terminé par un cirque montagneux dont le mur d’enceinte dépasse l’altitude de 3000m et atteint même celle de4001 au Fletschorn. Dans ce cirque se trouve logé le glacier de Rossboden, très escarpé et très crevassé, lequel couvre le versant
- 1 I..-A. Martel, L’avalanche de V Alt eh, n° 1170, du 2 novembre 1895.
- * Voy. n" 170, 171, 173, 174, juin 1901.
- nord du Fletschorn. Ce glacier, en retrait depuis plus de cinquante ans (1847-1848), a déposé, en avant de son extrémité actuelle, une moraine frontale d’un relief considérable et deux moraines latérales, nettement visibles sur la carte; en aval, près du conlluent du Sengbach et du Krummbach, se rencontrent, en outre, deux autres enceintes morai-niques, atteignant une hauteur de20 à 50m, couvertes de mélèzes, lesquelles datent d’une extension préhistorique du glacier.
- Le 19 mars, à 5h45m du matin, soit avant le lever du soleil, comme à l’Altels en 1895, un fragment considérable de la partie supérieure du glacier de -Rossboden se détacha et, sollicité par la pente qui
- Ki lomètres
- Chemins parcounuy par L'cu>alaJtdh&/.
- de la vallée de Seng dévastée par l’éhoulement du glacier de Rossboden. (D’après la carte du Bureau topographique fédéral.)
- atteint parfois 56°, dégringola, en entraînant une masse considérable de neige. L’éhoulement prit naissance immédiatement en dessous du Fletschorn, à l’altitude de 3800m ; neuf semaines après l’accident, une lipne de fracture, concave, traversant le glacier dans toute son épaisseur, encore nettement visible, montrait le point de départ de l’avalanche. Animée d’une force considérable, la masse en mouvement arasa en partie les anciennes moraines de 1847-1848, puis, continuant sa course à travers la vallée, renversa tout sur son passage et vint finalement s’étaler en un énorme cône de déjection dans le vallon de Krummbach, au hameau même d’Eggen. Tout contre les maisons l’avalanche s’est arrêtée en formant un énorme monticule (fig. 2).
- Le chemin parcouru par l’avalanche a une Ion-
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- LA NAÎTRE.
- gucur de 0 kilomètres qui se décomposent ainsi : o kilomètres sur le glacier, 1 à travers les moraines et 2 à travers des bois et des pâturages. Sur toute cette distance, l'avalanche paraît avoir exercé
- Fig. 2. — Éboulemcnt du glacier de Rossboden. Cône de déjection amoncelé par l'avalanche contre le village d'Fggon et tranchée provisoire creusée pour le passage de la roule du Simplon à travers ce cône. (Photographie exécutée par M. F.. Muret et communiquée j ar M. le I)' Coaz, Inspecteur fédéral des Forêts.)
- surtout des effets d’arasement et de décapage, d’autant plus puissants que la pente générale du terrain atteint 20°. Entre le point de départ de l’avalanche et son point d’arrêt la différence de niveau est 2540"' pour 5500"1 h vol d’oiseau.
- Telle était, du reste, la force d’impulsion de la masse de neige en mouvement qu’elle charria un bloc jaugeant 1000 m3, sur une distance de 2 kilomètres.
- D’autre part, cette avalanche s’est comportée comme un agent de transport d’une puissance extraordinaire.
- Une surface de 67 hectares a été recouverte d’une couche de glace et de pierrailles, et l’épaisseur de cette nappe atteignait en certains points 14 à 15m! (lig. 3). Cette nappe s’est, étendue sur la vallée de Seng et sur celle du Krummbach, à la jonction des deux vallées (fig. 4). Le 25 mai, lorsque le J)1' Coaz visita le théâtre de cette catastrophe, soit deux mois après l'accident, la tranchée que l’on avait dû ouvrir à travers le cône de déjection qui recouvrait la vallée du
- coupe ainsi pratiquée montrait que la masse projetée était un conglomérat formé principalement de glace de glacier, cimenté par du névé et de la neige et renfermant des cailloux de différents calibres, avec de rares blocs de rochers. Cet amas de matériaux présentait tout à fait l’aspect d’une moraine remontant à quelques années. Cette observation du Dr Coaz est très importante en ce qu’elle nous montre combien la plus grande réserve s’impose dans lu détermination de l’origine des formations glaciaires pléistocônes et combien de méprises doivent être faites par les géologues. Lors des phases de grande extension des glaciers, des éboulements comme ceux de l’Altels et du Rossboden, d’un cube beaucoup plus considérable même, ont dù se produire et donner naissance à des cènes de déjection que l’on prend aujourd’hui pour des moraines !
- Ajoutons que, dans le haut du Rossboden, le départ de l’avalanche a déterminé la chute des rochers préalablement désagrégés par les agents atmosphériques; dans leur descente ces blocs n’ont point, pour la plupart, dépassé le cirque du glacier.
- Les éboulements du Rossboden et de l’Altels ont
- Fig. 5. — Éboulemcnt du glacier de Rossboden. Vue de la vallée de Seng recouverte par l’avalanche. Photographie prise depuis l’ancienne moraine frontale du glacier; rive gauche du Kruninibach. (Photographie exécutée par M. E. Muret et communiquée par M. le Dr Coaz, Inspecteur fédéral des Forêts.)
- Krummbach, afin de déblayer la route du Simplon, avait encore une profondeur de 3 à 4m; très certainement, par l’effet de la fusion, elle avait déjà perdu au moins un tiers de sa hauteur primitive. La
- été engendrés par le décollement de portions de glacier établies sur des pentes rocheuses très escarpées. La catastrophe de l’Altels est survenue après un été très chaud; déjà en 1782, au milieu d’aoùl,
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- également à la suite defortes chaleurs prolongées, ce même glacier avait produit un accident semblable à celui de 1895. Suivant toute vraisemblance, M. E.-A. Martel1 a donc raison en attribuant l’éboulement du glacier de l’Altels aux eaux sous-glaciaires, naturellement plus abondantes après un été chaud. L’éboulement du Rossboden est survenu au prin-
- temps après des chutes de neige considérables, mais on ne doit pas oublier que, durant l’été de 1900, la température avait été également extraordinairement élevée dans nos régions, et que de ce fait les glaciers des Alpes avaient subi une fusion anormale. 11 est donc permis de penser que le décollement a été préparé par une circulation des eaux sous-glaciaires
- Fig. 4. — Éboulement du glacier de Rossboden. La langue de ravalancbe recouvrant le vallon du Krumuibach dans toute sa largeur. (Photographie exécutée par M. E. Muret et communiquée par M. le Ü' Coaz.)
- plus abondante que d’habitude, à la suite d’une température anormale. Plus tard, alors que l’adhérence de la glace au sol était en très grande partie détruite, des chutes de neige très considérables ont déposé une surcharge notable ; la portion du glacier, déjàpresque détachée, s’est trouvée dans un état d’équilibre tout à fait instable et il a suffi du moindre mouvement dans la masse pour en détermine r la rupture. Or, au Rossboden en 1901,
- comme à l’Altels en 1782 et en 1895, l’éboulement s’est produit très peu de temps avant le lever du soleil, c’est-à-dire juste au moment ou a lieu le minima thermométrique de la journée. Dans ces trois cas la rupture de l’adhérence du glacier au sol, préparée par l’effet des chaleurs estivales, parait avoir été finalement, déterminée par la con-1 L'avalanche de l’Altels, n° 1170, du 2 novembre 1895.
- traction de la glace, sous T influence de la basse température matinale.
- Une catastrophe semblable aurait eu lieu au seizième siècle dans cette même vallée de Seng,
- mais produite par un autre glacier, d’après une ancienne chronique. « Le 51 août 1597, une masse de glace détachée du « glacier de Balmen » ensevelit le village d’Eg-gen avec 81 de ses habitants. L’amoncellement de glace apporté par l’avalanche
- ne fondit que sept ans après. A la suite de cette catastrophe, le hameau d’Eggcn fut déplacé. Le lieu dit Gletschera, indique l’ancienne position de ce village et rappelle le souvenir de ce cataclysme. En ce point on trouve encore des vestiges d’habitations. » Le glacier de Balmen non plus que Gletschera ne sont point portés sur la carte. M. Coaz suppose qu’il s’agit d’un des glaciers du Brcithorn,
- — Éboulement du glacier de Rossboden. Coupe du chemin de l'avalanche, (b’ajuès le Geoijraphische Zeitschrift.)
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- LA NATURE.
- voisin du Fletschhorn, peut-être de celui de Uohmatt.
- Jusqu’ici on considérait les glaciers comme des agents géologiques agissant avec une très grande lenteur. Très lent est, en effet, le cheminement des matériaux tombés à leur surface ou inclus dans leur masse, dont le dépôt constitue les moraines et très lentes sont les modiiications que ces masses de glace apportent aux gorges dans lesquelles elles cheminent. Cette conception du rôle des glaciers dans la dynamique externe du globe repose sur une connaissance incomplète des phénomènes qu’ils engendrent. En même temps que ces actions lentes, les glaciers en exercent d’autres remarquables par leur rapidité et par leur ampleur, lesquelles revêtent les caractères de véritables cataclysmes ; je veux parler des débâcles et des éboulements dont le type est fourni par les catastrophes de Saint-Gervais et par l’avalanche du Rossboden que nous venons de relater. En quelques minutes des masses énormes de matériaux se trouvent transportées, en même temps se produisent une érosion et un décapage d’une puissance considérable. En quelques instants, du fait d’une débâcle ou d’un éboulement, la vallée dans laquelle survient ce phénomène subit des modiiications [dus profondes que celles que détermineraient les actions lentes du glacier pendant une longue période géologique.
- L’exploration des régions arctiques a mis en évidence ce fait très important, que les débâcles sont des phénomènes en quelque sorte normaux ; d’autre part, les études poursuivies depuis une vingtaine d’années dans les Alpes ont montré que, même dans nos régions, ces inondations sont beaucoup plus fréquentes qu’on ne le croyait autrefois.
- Depuis le 12 juillet 1892, date de la catastrophe de Saint-Gervais, les rapports du professeur Eorel sur les Variations périodiques des glaciers des Alpes relèvent seulement en Suisse pas moins de sept débâcles glaciaires. Elles ont été déterminées par les glaciers de Weingartcn (vallée de Saint-Nicolas) [15, lt), 17 août 1892], d’Otcmma (vallée de Ragnes) [28 juin 1894, 18 juin 1895, 25 juin 1896, 17 juillet 1898;, delà Neuvaz (val Eerret) [22 juin 1898], du ïlochberg ( vallée de Saint-Nicolas) 21 août 1898 j. Et il est très vraisemblable qu’il s’est produit un plus grand nombre de ces débâcles, mais elles ont échappé à l’attention parce qu’elles n’ont point atteint un volume considérable et n’ont causé aucun dégât.
- Rendant la même période deux éboulements de glaciers seulement sont survenus.
- Si ces divers phénomènes sont particulièrement curieux au point de vue géologique, ils présentent en même temps un très grand intérêt pratique. La fréquence de ces accidents montre que le voisinage des glaciers est singulièrement plus dangereux qu’on ne le supposait jusqu’ici, et que les habitations, les chalets, les cultures et les pâturages situés à leur pied sont exposés à une destruction complète. Aussi la Commission française des glaciers, qui vient
- de se créer sous le patronage du Club Alpin avec le concours de la Société des Touristes du Dauphiné, n’a pas négligé cette question. Outre l'exploration scientifique des glaciers de la région française, ce groupe de spécialistes se propose d’étudier les débâcles et les avalanches; il peut donc rendre aux intéressantes populations de nos départements alpins de très utiles services, en leur donnant de salutaires avertissements sur les dangers qui peuvent les menacer. L’œuvre de la Commission sera d’autant plus efficace que le directeur des Forêts, M. Raubrée, a bien voulu lui promettre le concours de la savante et dévouée administration qu’il dirige avec tant de distinction. L’exposé des travaux poursuivis par les agents forestiers au glacier de Tête-Rousse, afin de parer au retour de la débâcle qui a ravagé la vallée de Saint-Gervais en 1892, exposé publié ici même, montre tout l’intérêt pratique de pareilles recherches.
- Chaules Racot.
- NÉCROLOGIE
- Van Roosclieke. — Nous annoncions dernièrement la mort d'un des aéronautes du siège de faris, voici encore II. Van Roosclieke qui vient de s’éteindre à l’âge de 71 ans le 50 décembre dernier. Van Roosclieke était sorti de Paris le 12 octobre 1870 avecM. Lefebvre, consul de Vienne, dans le ballon le Washington, conduit par l'aéronante Bertaux. L’aérostat portait en outre 500 kilogrammes de dépêches et 25 pigeons voyageurs. Van Roo-sebeke était, bien avant la guerre, vice-président de la Société colombophile l’Espérance à laquelle personne ne [•disait alors. Il alla trouver en septembre 1870 M. le général Trocbu pour lui expliquer le rôle considérable que pouvaient jouer les pigeons voyageurs pendant cette guerre néfaste. Il fut écouté avec intérêt et présenté aussitôt à M. Rampent, directeur des postes; tout fut bientôt décidé. La poste par pigeons était créée. Van Roosebeke se dévoua ainsi que plusieurs membres de la Société l’Espérance. Ils passèrent au-dessus des lignes prussiennes en ballon pour s’occuper du service des pigeons auprès du gouvernement de Tours. Trois cents jugeons huent emportés de Paris dans les aérostats du siège, il n’en put rentrer que cinquante-sept. Van Roosebeke et l’un de ses compagnons, M. Cassiers, étaient chargés de lancer ces pigeons. Ils s’aventuraient jusqu’auprès des lignes ennemies pour que leurs messagers ailés pussent s’envoler le plus près possible de la capitale. On ne saurait trop admirer la belle et courageuse conduite de ces aéronautes. Après la guerre Van Roosebeke fut décoré de la médaille militaire. A. T.
- CHRONIQUE
- Phénomènes astronomiques en fl002. — 11 v
- aura cette année trois éclipses de Soleil toutes partielles et une seule visible à Paris, le 31 octobre. 11 y aura deux éclipses de Lune totales, seulement partiellement visibles à Paris : la première, le 22 avril, et l’astre se lèvera déjà éclipsé; la deuxième, le 17 octobre, et cette fois la Lune se couchera éclipsée. On note six grandes marées les 24 février, 12 mars, 10 avril, 9 mai, 18 octobre et 17 novembre. Enfin la planète Mercure sera visible les
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- LA NATURE.
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- 5 février, 28 mai et 24 septembre le soir, et les 17 mars, 10 juillet et 4 novembre le matin.
- La télégraphie sans fil à travers l'oeéan Atlantique. — D’après les renseignements qui ont été fournis jusqu’ici par la presse anglaise, M. Marconi aurait envoyé des signaux de télégraphie sans lil le 12 décembre 1901, à travers l’océan Atlantique entre le poste de Lizard (Cornvvall, Canada) et Saint-John (New Foundland, Angleterre). Le poste de Lizard a transmis le signal relatif à la lettre S à plusieurs reprises et après cinq minutes d’intervalle. Os signaux seraient parvenus à destination, mais de façon très irrégulière. D’après YEleclrical Review, sir William l'reece pense que ces signaux sont dus à des décharges atmosphériques; car il arrive très souvent que ces décharges donnent ce même signal Morse (trois points pour la lettre S) sur les appareils des bureaux télégraphiques. II convient, en tout cas, d’attendre encore des preuves irréfutables, avant d’alfirmer que des signaux de télégraphie sans lil peuvent être transmis à travers l’océan Atlantique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 décembre 1901. — Présidence de M. Fouqué.
- L’Association internationale des Académies. — M. Darboux rappelle que l’Académie des sciences a été cette année directrice de l’Association internationale de l’Académie. Ses pouvoirs passent le 1er janvier à la Société royale de Londres. La France était représentée à l’Association par les délégués de l’Académie des sciences morales et politiques pour l’histoire, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres pour la philologie et de l’Académie des sciences. Au cours de l’année 1901, les Anglais ont été très frappés de cette circonstance que leurs délégués ne représentaient qu’un seul corps savant principalement voué aux sciences mathématiques, physiques et naturelles, et qu’ils n’avaient pas de mandataires pour l’histoire et la philologie. Cet état de choses a déterminé un mouvement en faveur de la constitution d’une Société littéraire qui serait le pendant de la Société royale pour les sciences. Cette Académie, VAcadémie Britannique, va recevoir une charte royale; elle sera consacrée aux travaux qui sont en France de la compétence des deux Académies des sciences morales et politiques et des Inscriptions et belles-lettres.
- Un lit/aide incongelable. — Dans une récente séance M. d’Arsonval a exposé les différents moyens qu’il employait pour obtenir des bains réfrigérants. Il a rappelé qu’il avait recours aux essences de pétrole pour préparer des bains résistant à la congélation. Mais les essences les plus raffinées deviennent pâteuses aux basses températures. 11 a cherché à extraire des essences du commerce, des pétroles moins- congelables. La Société de Colombes lui a fourni une essence très légère pesant seulement IP6,628 par litre; elle prend l’état pâteux à la température de l'air liquide. Cet état parait dù aux vapeurs de benzine quelle contient. La séparation peut se faire par congélation à — 194°, puis réchauffement jusqu'à — 80°. On fait passer la vapeur dans un serpentin maintenu à — 194° et l’on recueille un liquide incongelable à — 205°. On peut, au moyen de ce liquide, avoir des bains incongelables et des thermomètres convenant aux très basses températures.
- Emploi des courants de haute fréquence. —M. d’Arsonval présente ensuite une Note de MM. Bordier et Le-
- comte relative à des recherches faites sur des animaux soumis à l’action des courants de haute fréquence. Il expose que, d’après ses expériences, on peut lancer des courants d’intensité élevée, 2 ampères à 2 ampères 1/2, sans provoquer de douleur, ni de contractions musculaires. Mais les courants possédant cette intensité développent des actions calorifiques puissantes non accompagnées de douleur. MM. Bordier et Lecomte ont fait passer le courant de haute fréquence et de forte intensité de la tète au pied, avec différentes électrodes et ont observé des contractions musculaires différentes ainsi que des effets mortels. M. d’Arsonval pense que ces résultats proviennent de ce que l’appareil était mal réglé et qu’on a produit, en même temps, des courants de basse fréquence. Dans ces sortes d’expériences, il faut réaliser trois conditions : absence d’impression sur la sensibilité, contractions musculaires et hyperthermie anormale.
- Renouvellement du Bureau. — M. Albert Landry est élu vice-président pour l’année 1902, par 56 voix sur 58 votants ; M. Bouquet de la Grye, vice-président en 1901, devient président pour l’année courante.
- Varia. — M. A. Cornu présente une Note de M. Tom-masina sur l’existence de rayons qui subissent la réflexion dans les radiations émises par un mélange de chlorure de radium et de chlorure de baryum.
- Séance du 6 janvier 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la (Iiive.
- Après le dépouillement de la correspondance, M. Fouqué, président sortant, donne lecture à l’Académie d’un état des changements survenus dans la composition de l’Académie au cours de l’année expirée. Puis, après avoir remercié ses collègues de la bienveillance qu’ils lui ont témoignée au cours de sa présidence, et MM. les secrétaires perpétuels pour leur assistance, il invite M. Gaudrv, élu vice-président, à pnndre place au Bureau et cède la présidence à M. Bouquet de la Grye. Le nouveau président ensuite résume, dans une formule brève, le programme de son passage à la direction des séances : laisser le souvenir d’une présidence aimable.
- Mesure des hautes températures. —M. Violle présente une Note de M. Job, maître de conférences à la Faculté des sciences de Bennes, relative à la mesure des températures élevées. Un grand nombre de solutions ont été déjà proposées pour résoudre le problème ; l’auteur met à profit une propriété non employée, la viscosité des gaz qui varie avec la température. 11 fait dégager de l’oxygène dans un voltamètre et recueille les gaz dans deux orifices dont l’un est maintenu à la température ordinaire et l’autre à la température à mesurer. Il mesure ensuite la pression dans les tubes d’arrivée. Cette pression fournit une relation dont on a déduit la température.
- Rôle des sucres dans l’organisme. — M. d’Arsonval résume une Note de MM. Charrin et Brocard sur l’utilisation des sucres par l’organisme. Le sucre constitue un aliment de grande importance, en partie pour la formation du lait. Les auteurs ont étudié la manière dont sont utilisées, chez la femme enceinte, les diverses espèces de sucre. Les uns sont plutôt consommés par le foie, les autres par les tissus. C’est ainsi que le galactose est emmagasiné par le foie et sert à constituer le glycogène et les réserves respiratoires, le sucre de raisin et de lévulose rentrent dans la seconde série.
- Cü. I)E VlLLEDKUlL.
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- LA N AILLE.
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- LE JET DU DISQUE
- Le Jet du disque, ce vestige des anciens jeux olympiques, est toujours en honneur parmi les athlètes. Le record était même détenu, depuis sept ans, [iar un certain Mitchell. Mais ledit record vient d'être battu par l’Américain John Flannigan (pii, le 21 octobre dernier, au parc Celtic de New-àork, a lancé le disque de 56 livres à la distance de 50 pieds, 9 pouces 1/2. Cet exploit a été accompli devant une assistance déplus de six mille personnes, parmi lesquelles se trouvaient , représentés au complet, les membres de la célèbre Gréa 1er New-York Irisli Atldetic Association.
- On sait de quelle façon le disque se lance ; la gravure ci-jointe, qui est la reproduction du discobole, statue antique célèbre du Musée du Vatican, nous renseigne suflisamment à cet égard.
- Le bras droit et le disque, accolés l’un à l’autre, se conduisent exactement comme un balancier d’horloge qui jouirait de la propriété de pouvoir par lui-même accélérer l’oscillation communiquée par la pesanteur. Le bras, étendu en arrière et aussi haut que possible, se met à osciller autour de l’épaule avec la plus grande vitesse qu’il lui soit possible de réaliser. Puis, lorsqu’il est parvenu à environ 45° au delà de la verticale, les doigts s’ouvrent brusquement et rendent au disque sa liberté.
- Ce dernier part alors suivant la tangente et sous l’inclinaison de 45°, ce (pii lui permet, comme on sait, de réaliser la trajectoire de plus grande portée.
- 11 est facile de calculer, connaissant le poids du disque et la distance à laquelle il a été envoyé, l’énergie mécanique que l’athlète flannigan a dù dépenser. Les 56 livres, que le disque pèse, équivalent à 25ks,40l, et la distance de 56 pieds, 9 pouces 1/2 correspond à llm,21. En supposant que le disque ait été lancé sous l’angle de 45° et que sa trajectoire soit un arc de parabole, on trouve que la portée de 11m,21 a dû être fournie par une vitesse initiale de 10m,49. Connaissant le poids et la vitesse du disque, on en déduit l’énergie dont il a dù être
- animé et qui se traduit par le chiffre de 142k@m,4.
- 11 faut remarquer que ces 142 kilogrammètres ne représentent pas complètement l’énergie dépensée, car il a fallu en employer également une certaine quantité pour animer le bras lanceur à la vitesse suftisante ; on trouve que cette dernière énergie doit être environ de 5k°m,6 pour un bras de poids et de longueur moyens.
- Hemarquons encore que l'athlète ayant, avant le jet, élevé le disque à une hauteur voisine de celle de ses épaules, aura encore dù dépenser une énergie
- d'environ 58 kgm, en admettant que la hauteur d’épaule soit de lm,50.
- Enfin une partie de cette dernière énergie a dù se retrouver lors de l’exécution du jet, puisque le disque a été abandonné à une hauteur moindre que celle du point d’où il était parti ; le gain, ainsi réalisé, peut être estimé à 8k*sm,5.
- En somme, on est conduit, pour la valeur de l’énergie nécessaire au jet du disque, à un nombre de kilogrammètres égal à
- 142,4 + 5,6 + 58,0—8,5 = 177k*“,5.
- Un semblable travail équivaut à soulever du seul bras droit un poids de 177 kg et demi à 1 mètre de hauteur ou encore88ks,75à 2 mètres de hauteur. C’est évidemment une performance des plus remarquables.
- On peut calculer approximativement le temps pendant lequel une semblable dépense d’énergie a été effectuée. On peut, en effet, admettre que le disque, partant de la vitesse 0 pour aboutir à celle de 10,49 mètres par seconde, a parcouru son arc de cercle avec la vitesse moyenne de 5,25 mètres par seconde. Or cet arc csL d’environ 155° et son rayon, compté de l’épaule au centre du disque, est voisin de 0,45 mètre. On en déduit que la longueur de cet arc est de 2,85 mètres. Comme cette longueur a été parcourue avec la vitesse de 5,25 mètres par seconde, il en résulte que la durée du parcours a été de 0S,55.
- Delauxey.
- Le Gérant : P. Masson. Im:>rinierie Eaiilue, rue de. Fl.eurus. 9.
- l'n discobole. (D'après une photographie de la statue antique du Musée du Vatican.)
- Paris.
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- 18 J AN Y IKK 1(10 2.
- LA NAT U K K.
- v i i;i;>.
- LES AUTOMOBILES POSTALES DE TUNISIE
- Londres et Berlin ont, depuis quelques mois, des automobiles pour la distribution des colis postaux, Chicago a inauguré, depuis plusieurs années, ses cor-
- billards électriques, et Paris, berceau de la locomotion automobile, après avoir renoncé à peu près aux liacres à pétrole et électriques, tente avec succès le service postal des bureaux de quartier au bureau central et aux gares.
- L’Italie et l’Espagne ont de nombreuses lignes d’automobiles à vapeur, omnibus et camions, qui desservent les régions montagneuses où le chemin de fer n’a pas pénétré, où le tramway n’a pas accroché son trolley.
- Nos colonies n’ont connu que plus tard les bienfaits de l’automobile,
- Madagascar a commencé l’expérience avec succès, la Martinique est en bonne voie pour l’imiter, l’Algérie s’est arrêtée après quelques essais malheureux et c’est à la Tunisie que revient l’honneur, unique à ce jour, d’avoir inauguré les services postaux et de voyageurs sur longues distances.
- Nous montrons ici (fig. 1 et 2j les voitures à pétrole qui, depuis le commencement de novembre dernier, font le service régulier de Sousse-Sfax, sur 128 km, et à une vitesse supérieure à 20 km à l’heure; depuis a été inauguré le service de Graïba-Gabès (87 km) avec des véhicules du même système, châssis Panhard-Levassor, carrosserie Jeantaud.
- Jusqu’à fin octobre dernier, le trajet Sousse-Sfax était assuré exclusivement par les diligences à chc-30e année. — 1er semestre.
- vaux avec places dites de luxe à l’intérieur, et impériale à volonté pour les indigènes. Ces diligences, traînées par une bonne cavalerie, faisaient en moyenne de 10 à 11 km à l’heure, relais compris; les nouvelles automobiles vont donc deux fois plus vite. Et l’on comprend quels services elles rendent aux commerçants appelés à circuler sur ces routes, et aussi aux touristes qui y trouvent en plus un confortable auquel les pataches africaines ne les habitués. En Tunisie comme en Algérie, les chevaux sont à bon marché. Mohamed, qui a défendu dans sa profonde sagesse l’alcool aux Arabes, semble avoir étendu sa prévoyance sanitaire et économique sur les chevaux qui au lieu d’avoine, son, et fourrages excitants et coûteux, se contentent presque exclusivement d’orge, et l’orge est la Providence des plaines africaines.
- En France, quand on veut mettre en parallèle les prix d’entretien du cheval et de l’automobile on parle toujours de la lutte du moteur à avoine contre le moteur à pétrole. En Afrique on voit qu’il faut compter surtout avec le « moteur à orge ». Et la lutte se présente dans des conditions d’autant plus fâcheuses que le pétrole coûte encore plus cher là-bas qu’en France. L’automobile à vapeur était
- donc tout indiquée pour la Tunisie, mais l'eau manquait, et le peu qu’on pouvait en extraire du sol était si mauvaise pour l’alimentation des chaudières qu’il a fallu renoncer à ce système économique qui est eu revanche tout indiqué pour l’Algérie où
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- LA N A T Fil F.
- ILS
- l'eau est bonne et se trouve en grande abondance.
- Pour le moment, l'automobile à pétrole triomphe : il faut en rendre hommage aux efforts du baron Fleurv, directeur des automobiles de Tunisie, à MM. de Chasseloup-Laubat, de Méaulne, comte Armand, commandant Cagniant, Frère, comte Liant, et à M. Callaret, qui, après avoir servi vingt ans comme officier marinier, organisa les premières pêcheries à vapeur et l’acconage1 mécanique sur les cotes algériennes et tunisiennes.
- M. .Michel Calfaret fut le Pierre FFrmile de l’automobile en Algérie, on lui doit l’étude de la fameuse ligne de Mostaganem-Oran (8f> km en [lassant par Ârzew), (pic nous étudiâmes sous sa direction en février 1897 avec M. Th. Familier, ingénieur civil des Mines. Cette ligne à grand trafic, d’un profil que les meilleures routes de France pourraient lui envier, est sillonnée de chameaux chargés à outrance, de bourricots porteurs de primeurs, de caravanes d’Arabes montés sur leurs chevaux fringants, suivis de lamentables mouquères pliant sous le fardeau et traînant des chapelets d’enfants courant tous pieds iius dans la poussière blanche de la route.
- Tout comme en France il y a quelques années, l’automobile a eu ses victimes; il fallait habituer les Arabes et leurs troupeaux à se ranger sur le passage des rapides automobiles postales, jusqu'à ce jour tout se compte par des bousculades plutôt brutales de chameaux indolents, encore quelques mois et tout se tassera. Alors on pourra songer sérieusement à organiser cette fameuse course d’automohiles Tunis-A1 ger que l’Automobile-Club de France va être appelé à étudier sur les instances de deux de ses fondateurs de la première heure, MM. Gaëtan de Méaulne et de Chasseloup-Laubat pour qui les routes de Tunisie et d’Algérie n’ont plus de secrets.
- Les véhicules représentés figures 1 et 2 sont actionnés par des moteurs de 12 et 8 chevaux qui suffisent sur les routes Sousse-Sfax et Graïba-Gabès où les rampes sont bénignes et espacées. Ils sont montés sur roues caoutchoutées du système dit « compound », de MM. balconnet et Perrodeau, à l’avant (précaution indispensable pour la conservation du moteur, des mécanismes de transmission et de direction), et roues ferrées à l’arrière. Les freins, au nombre de trois, permettent l’arrêt presque instantané, le radiateur est à grande surface de refroidissement, ce qui est indispensable aux pays de soleil et de simoun. L’avant des véhicules est réservé au conducteur et aux voyageurs dits de première classe, à l’arrière est une caisse fermée à clef qui reçoit les sacs de la poste, le dessus est réservé aux bagages des voyageurs et aux colis postaux.
- Il n’était pas prudent de renoncer complètement et sans transition à une cavalerie de marche plus lente mais sûre, parce qu’une panne est toujours à craindre avec les automobiles les plus éprouvées, aussi a-t-on sagement conservé jusqu’à nouvel ordre
- 1 L’acconage vise le chargement cl le déchargement mécanique des marchandises amenées par les paquebots.
- les diligences à chevaux qui emportent les voyageurs de deuxième classe, moins pressés, et les diverses marchandises encombrantes.
- L’exemple donné par le baron Fleury sera suivi dans nos colonies d’Algérie 1 et de Tunisie où les chemins de fer laissent tant à désirer sous le rapport du confortable et de la rapidité. Tunis et Alger sont respectivement à cinquante heures et à quarante heures de Paris, grâce aux lions soins de la Compagnie des chemins de lerP.-L.-M. et de la Compagnie générale transatlantique ; ces deux stations d’hivernage attirent beaucoup d’étrangers qui se répandent à l’intérieur, séduits par le charme du climat. La diffusion de l’automobile aidera à mieux faire connaître et apprécier ces deux magnifiques colonies, soeurs gâtées de la mère-patrie. Yves Giéno.x.
- LES CORNES DE LN LUNE
- En Amérique, en Espagne, en Italie, on observe constamment les cornes de la lune. La tradition populaire leur fait jouer un grand rôle dans les prévisions du temps. 11 existe une lune sèche, celle qui annonce le beau temps; il y a une lune humide, celle qui produit le mauvais temps; il existe aussi une lune sur le dos, une lune sur la pointe, etc. Il y a quelques mois, nous lisions dans le Bulletin mensuel d’une Association scientifique2 ces lignes caractéristiques : « Dans certaines contrées qui côtoient les bords de la mer, avant qu’une violente tempête ne sévi-se dans ces parages, la lune, lorsqu’elle est à son premier quartier, se présente aux yeux non point comme elle est d’ordinaire, les pointes en l’air, mais avec son croissant en bas, presque couché sur l’horizon, les pointes allant de droite à gauche. Ce fait est si connu des gens de mer qu’il a donné lieu en Italie et en Espagne à un proverbe qui peut se traduire ainsi : « Lune sur le dos, marins sur pieds ». Rarement on a observé cette position de l’astre de la nuit sans que, deux jours après, trois au plus, il ne soit arrivé une bourrasque devenant quelquefois très importante et se transformant en tempête véritable.
- Aux États-Unis, on croit, dans tous les ports, aux indications des cornes de la lune. Au moment où notre satellite commence à montrer son croissant, un peu après la nouvelle lune, il arrive que les cornes se trouvent sur une ligne presque parallèle à l’horizon, les cornes en haut. Alors, les Américains disent : « La lune est sèche, signe de beau temps; vous pouvez y pendre votre chapeau ». Si le croissant a ses cornes verticales, c’est la lune humide : (( L’Indien peut pendre au clou sa poire à poudre ». Ce sont là (les dictons que l’on entend répéter partout sur le littoral de l’Atlantique et du Pacifique.
- Un astronome, M. Bartlett, vient d’examiner le plus ou moins de fondement de cette opinion populaire dans un journal américain3. Que vont dire les enthousiastes des cornes de la lune? M. Bartlett conclut naturellement que la croyance aux pronostics des cornes est tout bonnement absurde. En effet, la direction de la lune et de ses cornes
- 1 Les services Oran-Mascara et Algcr-Tizi Uzou fonctionneront prochainement avec des omnibus à vapeur du système de Dion-Bouton de 16 voyageurs et ùOO kilos de bagages, à raison do 20 kilomètres à l’heure.
- - Biarritz Association.
- 3 Popular astronomy, traduit dans Ciel et Terre, de Bruxelles.
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- LA NATURE.
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- est gouvernée uniquement par ia position de l'astre par rapport à la terre et au soleil. Elle est la même toujours au printemps, à l’automne, aux équinoxes. La lune croissante apparaît vers l’équinoxe de mars sur son dos et vers l’équinoxe de septembre sur sa pointe. Le phénomène est normal, se reproduit mathématiquement. Donc quel rapport peut-il y avoir entre un phénomène fixe et un phénomène météorologique essentiellement variable ?
- 11 y a seulement coïncidence, parce qu’il arrive souvent qu’aux équinoxes le temps est mauvais et que les tempêtes traversent nos latitudes. La direction des cornes de la lune croissante dépend de la différence de déclinaison du soleil et de la lune. Si la luné a une plus grande déclinaison que le soleil (notre satellite peut avoir 28° de déclinaison et le soleil seulement 25°), si elle monte plus haut que lui au-dessus de l’horizon, au lever, la lumière du soleil frappera l’astre en dessous et les cornes apparaîtront tournées vers le haut. Si on l'observe au moment de ses déclinaisons inférieures à celles du soleil, elle sera au sud du soleil ; la lumière la frappera de façon que les cornes sembleront presque dans la verticale et l'astre croissant apparaîtra comme s’appuyant sur Tune d’elles. D’une part, la lune sur le dos; d’autre part, la luné*sur un pied. En somme, la position des cornes résulte bien d'un phénomène astronomique constant, tel que l’on peut calculer la direction des cornes à toute époque de l’année. Il en est strictement de même pour les cornes de la vieille lune décroissante, vers les équinoxes; seulement, les positions sont renversées. Les cornes peuvent prendre tous les degrés d’inclinaison sur l’horizon dans le cours d’une année, depuis la position verticale jusqu’à l’horizontale presque complète, et même la corne nord peut passer au-dessous de la corne sud, suivant la saison et la position de la lune dans son orbite.
- Alors? Alors les lunes sèches et humides appartiennent à la légende et ne présentent aucun rapport avec les mauvais temps. IL de P.
- LA. CONCENTRATION DU AIN
- Il y a trente ans, à la suite de la guerre de 1870, un ollîcier d’artillerie, rentrant de captivité, le commandant Morlière, parent et ami d’enfance du 1)‘ E. ( iarrigou, l’engagea à traiter dans son laboratoire la question de la boisson et de la nourriture concentrée. M. F. Garrigou consacra immédiatement à des expériences sur ce sujet, le temps que lui laissaient ses recherches sur les eaux minérales, et poussé par des intendants généraux, ainsi que par de nombreux officiers de tout grade, ses amis, il chercha à résoudre, axant tous les autres problèmes mis à l’étude, celui de la concentration du vin, du lait, du bouillon, et d’autres liquides de première nécessité pour les armées en campagne.
- MM. les intendants généraux Yiguié et RossignoJ lui tenaient le langage suivant : « N’arriveriez-vous à concentrer le vin que de moitié, ce serait là un service immense rendu à l’armée en campagne et à la viticulture ». Encouragé de tous les cotés, il termina en 1877 toutes les expériences fondamentales pouvant intéresser l'armée.
- Ce court article va nous permettre de résumer la question pratique, au point où elle en est aujour-
- d’hui. Avant de dire ce qu’il faut entendre par la concentration du vin, disons ce qu’est le vin lui-même, et cela d’après M. Garrigou.
- « Le vin est un liquide provenant de l'expression du raisin frais, apportant avec lui, à l’état de solution aqueuse, les substances organiques et minérales que les racines de la vigne ont puisées et dissoutes dans le sof, ainsi qu’un ferment spécial, qui, dans des conditions de température déterminées, dédouble le sucre naturel du raisin, en alcool et en acide carbonique, en permettant aussi le développement de produits acides et de produits éthérés, qui constituent le mordant et le bouquet du vin. »
- La concentration du vin consiste à enlever à ce liquide une plus ou moins grande quantité de son eau naturelle, tout en lui conservant la totalité des autres substances qui le constituent, sans les altérer.
- On peut enlever son eau, ou partie de son eau, au vin, de deux manières différentes :
- 10 En se servant du vieux procédé Bourguignon perfectionné, qui n’est autre que la congélation du liquide. On se débarrasse ultérieurement de l’eau en enlevant les glaçons ;
- 2° Bar la concentration à la chaleur dans le vide.
- Le glaçage du vin n’est pas encore passé dans le domaine public, il est l’objet d’études de la part du D1 F. Garrigou.
- La concentration par la chaleur et le vide est beaucoup plus avancée, elle a fait son apparition dans le domaine scientifique, et déjà l’industrie est près de la faire sienne. C’est d’elle que nous allons dire quelques mots.
- La concentration du vin par la chaleur présentait deux difficultés : il ne fallait pas, en chauffant le vin, lui communiquer le goût de cuit; il ne fallait perdre ni son alcool, ni son bouquet.
- En évaporant le vin dans le vide, on arrive à abaisser son point d’ébullition d’une telle manière, qu’il est impossible qu’il prenne le goût de cuit, goût fort désagréable, qui se produit à une température voisine de 70°, température que le vin n’atteint jamais dans un vide suffisant, dans celui, par exemple, qui correspond à une colonne de 70 centimètres de mercure.
- Quant à la conservation du bouquet et des alcools, elle est également fort simple. Pour l’obtenir, on n’a qu’à réfrigérer les vases dans lesquels on produit la condensation des vapeurs distillées, jusqu’à — 20°, et fout se condense dans ces vases, à l'état d’alcool plus ou moins éthéré.
- Voici, en gros, de quoi se compose l’appareil inventé et breveté par M. Garrigou, destiné à la concentration du vin, et que l’on peut modifier dans ses formes. A, chaudière de l’alambic, plongeant dans le bain-marie. Du fond de A, part un siphon S, en étain fin, s’ouvrant en R, et soudé en haut à la chaudière. Du haut de l'alambic, part également le tube de dégagement T, qui se rend au serpentin Se, en étain fin. En r' est un robinet de rentrée d’air dans tout l’appareil.
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- LA NAT nu-:.
- Le fond du serpentin se termine par une lentille en étain fin, d’où partent les tubes tt't" descendant jusqu’au fond des vases A'A"A'" au cuivre étamé, munis d’un robinet de sortie b b'b". A la partie supérieure de chacun de ces vases, est un robinet de rentrée d’air rv'v". Sur le parcours des tubes tt't" est un robinet permettant d’interrompre ou de rétablir la communication avec le reste de l’appareil. Du haut des vases A'A"A"' partent les tuyaux TT'T'", faisant communiquer les vases avec un aspirateur (trompe ou pompe aspirante et foulante)..Des tubes barométriques ba, b’a, b"a sont greffés sur chacun des vases A'A"A'".
- Voici quel est le jeu de l’appareil. Un fait d’abord le vide dans -tout cet ensemble, au moyen de la trompe ou de la pompe aspirante. Cela fait, on introduit dans le vase A, par le siphon S, aspirateur, la quantité de vin que l’on veut traiter. Un chauffe le bain-marie, et secondairement le vin. Celui-ci
- entre en ébullition à une température très basse (environ 25° à 28°). Les éthers et une certaine quantité d’alcool se volatilisent, et sont concentrés dans le vase A' d’abord, puis dans le vase A", tous deux entourés d’un mélange réfrigérant à — 20°. Après cela, l’alcool éthylique, accompagné de quelques traces d’alcools plus lourds, passe et continue à se condenser, avec une certaine quantité d’eau, dans le vase A". Lorsque le tiers environ du liquide total est évaporé, la température s’élève jusqu’à 50° à 55° dans l’extrait vineux du vase A, et il ne passe plus à la distillation que les alcools de queue, puis de l’eau presque pure. Un la reçoit dans le vase A'", simplement refroidi à l’eau courante fraîche. Une fois que l’on a ainsi enlevé du vase A toute la quantité d’eau nécessaire pour obtenir le degré de concentration voulu, on arrête l’opération, on refroidit le bain-marie par un-courant d’eau froide, et on laisse l’air rentrer dans tout l’appareil. Le siphon S s’amorce automatique-
- Akunljic pour la concentration du vin.
- ment, et on recueille par son moyen tout le concentré contenu dans ce vase. Un fait couler, dans l’extrait recueilli, les liquides des vases A'A", et on obtient ainsi le vin concentré au degré voulu. La dépense réelle pour l’obtenir est à peine de 50 centimes par hectolitre. M. Garrigou la porte à 1 franc.
- Ce vin est tellement bien pasteurisé, qu’il ne subit plus aucune altération par l’action des microorganismes, môme lorsqu’on laisse en vidange les vases qui le contiennent. Si l’on veut ramener le vin ainsi concentré au titre primitif, on n’a qu’à lui ajouter une quantité d’eau distillée ou d’eau de fontaine indemne de microbes et bouillie, égale à celle qu’on lui a soustraite par la concentration.
- U est inutile d’insister pour montrer quels avantages le commerce, les viticulteurs, la marine, l’armée, etc., peuvent retirer d’une semblable application. Les encouragements reçus de toute part par M. Garrigou, une souscription au volume « le Yin concentré », faite par le Ministère de l’agriculture, l’approbation de professeurs d’agriculture, celle d’intendants militaires, de généraux, d’officiers de
- tout grade, tous indépendants dans leurs appréciations,-? permettent de dire que, malgré quelques rares contradicteurs, il est d’un intérêt général de vulgariser la conception pratique de concentrer le vin, afin d’en faire profiter l’armée, la marine, la viticulture. Celle-ci pourra renvoyer ainsi aux pays étrangers, les huit ou dix millions d’hectolitres de vins de coupage, vinés avec des alcools de mauvaise nature, qui viennent tous les ans empoisonner les vins légers du Midi, et affaiblir nos marchés français. A son tour la France pourra fournir à l’étranger des vins de coupage hygiéniques, irréprochables, car la concentration ne fait que leur enlever un volume déterminé d’eau. Elle maintiendra ainsi, en parfaite attitude, l’honneur du commerce français.
- Une cela se fasse avec les appareils inventés par le I)r Garrigou, ou par d’autres, peu importe. Le principal est que, l’idée étant bonne, utile et pratique, la vulgarisation de la concentration du vin s’impose par les services qu’elle peut rendre à l’industrie vinicole. L. Capel.
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- LA NATURE.
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- LA PROTHÈSE NASALE
- La destruction ou la perte du nez constituent une des mutilations les plus horribles au point de vue esthétique. Les malheureux affligés de cette atroce infirmité se trouvent dans des conditions pitoyables; on n’en veut dans aucun atelier, on les repousse partout en raison de leur laideur.
- Le nez camard, le nez en lorgnette, pour être moins affreux que l'absence totale ou à peu près, n’agrémente pas précisément le visage; c’est une difformité fort, pénible, fort disgracieuse. Que cet effondrement du nez soit le résultat d’une de ces graves affections ulcéreuses qui amènent des nécroses étendues, qu’il soit simplement causé par un accident, chute de bicyclette ou d’automobile, ou même, plus vulgairement, par un vigoureux coup de poing en pleine figure, de toutes façons le résultat
- est identique. Les os et les cartilages de la cloison, détruits par l’ulcération, ou écrasés, broyés par la contusion se sont effondrés ; la charpente a cédé et le nez, plié en deux, n’est plus qu’un appendice des plus difformes.
- Le chirurgien, qui refait un nez de toutes pièces, moins élégant, moins parfait qu’un nez naturel, a imaginé les procédés les plus divers, méthode italienne, méthode indienne, etc. Quand il se trouvait impuissant, il demandait à nos habiles fabricants d’instruments un appareil prothétique masquant la difformité et donnant au malheureux infirme une figure acceptable. Pour les nez simplement effondrés, on a tenté des restaurations au moyen de trépieds métalliques, légers, en aluminium, qu’on laissait à demeure, perdus dans les cavités nasales et recouverts d’un tégument pris dans le voisinage. Souvent les résultats, fort jolis au début, j’entends pour
- Fig. t. Avant l'injection1.
- le chirurgien et quelquefois même pour le patient, ne l’étaient plus autant quelques mois plus tard.
- Une méthode nouvelle va permettre de réparer, sans grand danger, et dans des conditions d’esthétique presque parfaites, les nez cassés, les nez mutilés. Il y a deux ans, un chirurgien Viennois, le l)r Gersuny, avait imaginé, pour remédier, chez un mélancolique, à la perte d’un organe important, de faire une injection solidifiable. La tentative, faite dans le but de remédier à la difformité acquise, réussit au delà de toute espérance. On l’essaya alors pour les restaurations du nez, et le procédé fit merveille. Plus de dissection pénible de lambeaux, plus de transplantations, de greffes, plus d’opérations sanglantes, longues, pénibles et trop souvent inutiles. Vous prenez un corps demi-fluide et solidifiable, vous l’injectez sous la peau en quantité suffisante et vous modelez un nez au choix du sujet, à la
- 1 La photographie prise trop de profil ne marque pas assez l'encoche profonde qui existait à la racine du nez.
- Fifj. 2. — Après l’injection.
- Roxelane, à la Grecque. Je ne plaisante pas; les gravures ci-dessus, faites d’après les photographies que je dois à l’obligeance de mon collègue et ami, le I)r Leroux, médecin de l’hôpital Saint-Joseph, montrent ce que l’on peut attendre de cette méthode.
- Quelle est-elle : elle est des plus simples et à la portée de tous. Elle consiste à injecter sous la peau du nez, dans le creux formé par l’effondrement, une certaine quantité de vaseline paraffinée. Ce corps, fusible à une basse température, se solidifie à ofi ou 57°. On la stérilise en la chauffant jusqu’à ébullition, puis pendant qu’elle est encore chaude et presque au moment où elle va se solidifier, on l’aspire avec une seringue de Pravaz. Le tégument a été au préalable anesthésié avec une injection d’une faible dose de cocaïne. On pique alors l’aiguille vers la racine du nez et on l’insinue sous la peau jusqu’au-dessous de l’effondrement; en la retirant lentement, on injecte la matière devenue presque solide, sans à coup et progressivement. A chaque poussée de la
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- LA NATURE.
- seringue, on étale avec le doigt la matière onctueuse, on la façonne de manière à donner au nez la forme voulue. En général, avec 5 centimètres cubes, on obtient une disparition de la cavité et on donne au nez la forme primitive. Si T effondrement est total, par suite d’une destruction très étendue de la charpente, il faut quelquefois faire dans les ailes du nez une injection complémentaire pour les relever comme à l’état normal.
- Le procédé, on le voit, est des plus simples, aussi bien que la technique. 11 est indolore ou à peu près et n'est suivi d’aucune réaction bien marquée. Quelquefois il y a un peu d’œdème et un peu d’irritation, mais qui disparaissent en quelques jours.
- Mais ([ue devient cette vaseline paraffinée dans l'organisme? N’est-elle pas exposée à former corps étranger, h irriter les tissus? D'après les recherches qui ont été faites sur les animaux et sur quelques malades complaisants, la vaseline disparait, la paraf-line reste, s’enkyste et il se forme meme une trame, un lacis de tissu conjonctif qui devient dur, résistant et <jui contient dans ses mailles la paraffine. Dans ces conditions la prothèse est durable et peut être regardée comme définitive.
- 11 y a un aléa; j’ai dit que ce mélange était fusible vers 59 ou 40°. Or il est des climats où cette température est souvent dépassée; d’autre part certaines maladies, et souvent des plus banales, peuvent s’accompagner de fièvre avec une température égale ou même supérieure à celle du point de fusion de l’agent de prothèse.
- Ces inconvénients, qu’on n'a pas encore signalés, mais qui sont possibles, ont suggéré au Dr Eckstein l’idée d’employer une paraffine spéciale d’un point de fusion plus élevé. Cette paraffine d’Eckstein se solidifie très vite et elle ne présente aucune trace de résorption.
- Les résultats obtenus par Gersuny et ceux qui l’ont imité sont très remarquables et ce procédé de prothèse à la vaseline commence à se répandre. Je donne le portrait de l’enfant traité par M. Leroux avant et après l’injection: j’aurais pu en donner d’autres qui montreraient tous la réalisation d’une restauration nasale parfaite. Pour se rapprocher plus encore de la vérité,M. leD'Delangredétournai a coloré le mélange fusible avec un peu de carmin, du rouge de corail, pour les cas de cicatrice blanche et apparente. 11 a du reste employé les injections de vaseline dans divers cas de difformités autres que des lésions nasales et a obtenu des résultats esthétiques très satisfaisants. Nul doute que le procédé ne soit applicable à bien d’autres lésions que les effondrements du nez. La nature a horreur du vide, disait un expérimentateur célèbre : les chirurgiens vont les combler tous avec leurs injections qu’on pourra colorer au gré des patients et suivant la nature du tégument. Désormais plus de nez camards, plus de nez écrasés; la beauté du visage rétablie sans danger avec un peu d’huile solide de pétrole.
- Dr A. Cartaz.
- LE RECORD DES TUNNELS
- En janvier J 900, M. AYursf, directeur du chemin de fer du Gothard, disait à la fin d’une conférence donnée à Lucerne : « Le chemin de fer du Gothard est sans contredit à la tète de tous les chemins de fer du continent. Il ne craint pas la concurrence d’un autre chemin de fer ». C’est avec raison que M. Wurst s’exprimait de la sorte. Le nombre des voyageurs et le trafic des marchandises se sont élevés sur celte ligne au delà de tout ce qu’on avait espéré et, pendant le service d’hiver de 1901-1902, il ne passe pas moins de 65 trains par jour sous le grand tunnel entre Goschenen et Airolo. Et pourtant la voie est une des plüs accidentées qui se puissent rencontrer. Les ponts et les viaducs y atteignent un chiffre invraisemblable et quant aux tunnels je ne crois pas qu’aucune autre compagnie [misse songer à en disputer le record à la Compagnie du Gothard. En tenant compte du parcours total de Lucerne et Zug à Chiasso, Locarno et Luino on ne compte pas moins de 84 souterrains formant un développement total de près de 50 kilomètres, soit plus du sixième de la longueur de la ligne.
- Voici du reste la décomposition générale de ces ouvrages dont sept sont hélicoïdaux et servent à élever sur place l’altitude de la voie. Nous les rangerons par ordre d’importance. Le grand tunnel bien connu entre Goschenen et Airolo, sous lequel la ligne atteint sa cote maxima de 1154m, a 14 998™. Le tunnel qui passe sous la ville de Lucerne, 2107™. Le tunnel de l’Olberg, entre Brunnen et Sisikon, 1985™. Le tunnel du Monte Cenere, au delà de Bellinzona, près de la station de Rivera Bironico, 1675m. Le, tunnel du Naxberg, avant la station de Goschenen, 1570™. Le tunnel hélicoïdal de Freggio, 1568™. Le tunnel hélicoïdal de Prato, 1560m. Ces deux tunnels, situés entre les stations de Rodi Fiesso et de Faido, sont très rapprochés l’un de l’autre. Le tunnel hélicoidal de Travi, 1547'". Le lunnel hélicoidal de Piano Tondo, 1508m. Le tunnel hélicoidal du Pfaffensprung, près de Wassen, 1476"'. Le tunnel de l’Axenberg, entre Sisikon et Fluelen, 112om. Le tunnel hélicoidal du Leggistein, 1090m. Le tunnel hélicoidal de "Wattingen, 1084m. Ces deux derniers, voisins de celui du Pfaffensprung, se trouvent également près de AVassen. Les 15 tunnels énumérés représentent une longueur totale de 55296m.
- A cette première série de souterrains, ayant tous plus d’un kilomètre de longueur, il faut ajouter : 2 tunnels de 900 à 1000"’, 2 de 700 à 800"\ 2 de 600 à 700m, 4 de 500 à 600"’, 5 de 400 à 500"’, 5 de 500 à 400"’, 7 de 200 à 500™ et 16 de 100 à 200 mètres. Si nous ajoutons ces 45 tunnels aux 15 précédents nous atteignons exactement la longueur totale de 48 kilomètres.
- Les autres souterrains tous inférieurs à 100“ ne forment, on le voit, qu’une longueur insignifiante de 2 kilomètres environ.
- 11 faut dire que le kilomètre de voie est revenu à un million de francs en moyenne. Dans le grand tunnel on a dépensé très exactement 4 millions par kilomètre. Le capital actions de la Compagnie est de 50 millions de francs. Son capital obligations de 155550 000 francs et les subventions à l’œuvre ont atteint 119 millions dont 30 donnés par l’Allemagne, 31 parla Suisse et 58 par l’Italie. C’est assez dire que la ligne du Gothard n’est pas faite pour favoriser le commerce international de la France. A celle-ci ce record de tunnels coûte encore plus cher qu’à ceux qui l’ont établi. L. Reverchox.
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- NOUVELLE PLANÈTE
- On se rappellera peut-être la surprise avec laquelle fut accueillie la découverte par M. Witt, le 15 avril 1808, d’une petite planète dont l’orbite était comprise entre celtes de Mars et de la Terre. C’était la première fois que l’on trouvait une planète si près de nous. Les nombreuses planètes télescopiques, qui dépassent aujourd’hui 500, gravitent toutes entre Mars et Jupiter. La planète Eros a une durée de révolution de 542 jours, sa distance moyenne du Soleil est de 1,45655. Son excentricité très remarquable de 0,21159. Son inclinaison de 9°57'. Ce petit astre, à cause de la proximité de son orbite de celle de la Terre, servira à nous donner une valeur plus approchée de la parallaxe solaire. Or, on vient de trouver un second Eros, une nouvelle petite planète, entre la Terre et Mars.
- On sait que les petites planètes ne se découvrent plus guère à la lunette. L’œil photographique est autrement puissant que l'œil humain. Depuis que M. Max Wolf d’Heidelberg a pris l’initiative de rechercher les planètes par la photographie, c’est-à-dire à partir de la planète 525 Brucia, presque toutes les planètes ont été découvertes photographiquement. Les étoiles forment sur le cliché des points ronds et la planète qui se meut relativement vite marque un trait. On peut donc découvrir les planètes en chambre. Or, à l'Observatoire d’Aréquipa au Pérou, M. Steward a trouvé sur un cliché, pris au mois d’aoùt dernier, un trait. On l’a retrouvé sur 14 clichés différents. M. Pickering a pu déterminer les éléments du nouvel astre. Sous réserves, la durée de la révolution serait de quatre années; son excentricité dépasserait celle (YÉros; elle serait de 0,46, d’ordre comé-taire. L’astre adù entrer le 15 janvier dans l’hémisphère boréal; le nœud ascendant est dans la constellation du Verseau. Donc et de deux! 11 est probable qu’il y a là tout un groupe de petites planètes ignorées entre Mars et la Terre. J.-F. Gau..
- FABRICATION DES PL.XQUES DE BLINDAGE
- La fabrication des plaques de blindage pour les navires de guerre est beaucoup plus compliquée qu’autrefois et comporte un certain nombre d’opérations successives. La première est celle de la coulée du lingot qui doit, par sa transformation, donner naissance à la plaque. Cette coulée n’offre rien de particulier; à signaler simplement que les lingots obtenus peuvent atteindre le poids de 70 à 80 tonnes. Le lin got est transporté à l’atelier des presses et mis dans un four à réchauffer afin d’être élevé à la température qui permettra de lui faire changer de forme. Le temps nécessaire à cet échauffement est pour les gros lingots de 18 à 24 heures. Le lingot avec la barre de gouverne, qui joue le rôle de tenailles, est transporté par une puissante grue de 150 tonnes sous la presse hydraulique destinée à produire l’aplatissement. Les grandes presses sont de monstrueux outils dont le poids atteint 800 tonnes et dont la puissance est de 8000. Elles sont constituées par deux- cylindres hydrauliques de 1 mètre de diamètre avec une course de 5. Les cylindres sont supportés par des traverses en acier moulé que soutiennent quatre colonnes en acier
- forgé. Un tel système est suffisant pour la transmission d’une pression qui s’élèverait à 500 kg par centimètre carré; mais, dans la pratique, on n’excède guère 400 kg. La presse est actionnée par des pompes à vapeur. Itéunies cote à cote, se trouvent les poignées de commande de la presse, celles des ponts roulants qui supportent le lingot et celles qui permettent l’apport des divers outils. Le travail peut ainsi s’exécuter avec une facilité vraiment extraordinaire. L’appareil de suspension du lingot est à bascule et permet le retournement de ce dernier afin de pouvoir opérer l’aplatissement successivement sur les deux faces. Avec l’énorme puissance de la presse hydraulique, on transforme un lingot de lm,50 de diamètre en une plaque de 0m,55 d’épaisseur et on porte sa longueur de 1ni, 8 0 à 6m,40, cette opérai ion ne demandant pas plus d’une heure. Lorsque la plaque doit passer au laminoir, on se borne à produire un flan d’une épaisseur convenable et on lui tranche la tète. Le laminoir à plaques est une machine massive à deux cylindres de près d’un mètre de diamètre et de 5m,60 de longueur; ils sont en acier forgé spécial, et pèsent chacun une vingtaine de tonnes. Une machine à vapeur les actionne à la pression de 5 kg par centimètre carré. Le laminoir est desservi par un pont roulant susceptible de lever 60 tonnes. Des rouleaux d'avancement s’étendent jusqu’à 15 mètres des cylindres compresseurs. Le laminoir est capable, en une seule chauffe, de réduire l’épaisseur de la plaque dcOm,75 à 0m,15. La presse et le laminoir peuvent ainsi travailler quatre grosses plaques par jour. À la sortie du laminoir, la plaque se refroidit, puis on prélève sur elle des éprouvettes destinées à renseigner sur les propriétés de ténacité ou autres du métal.
- L’opération suivante est celle de la carburation. Elle consiste à chauffer un système de deux plaques séparées par une couche de charbon de hois, qu’enveloppent des briques et du sable. Ce système est placé dans un four à gaz et soumis à une haute température pendant quinze jours, au bout desquels les surfaces des deux plaques en contact avec le charbon ont eu le temps nécessaire pour se carburer suffisamment. Immédiatement après la carburation, on procède au cintrage. La plaque est réchauffée et c’est à la grande presse qu’on demande de donner le cintre désiré. La plaque est placée sur une large enclume et une matrice vient exercer sa puissante action sur sa face supérieure.
- Après le cintrage, la plaque est transportée à l’atelier de rabotage où on lui donne les dimensions définitives qu’elle doit avoir. Les machines à raboter qu’on emploie sont des plus importantes ; leur plateau est du poids de 50 tonnes et, comme la plaque en pèse aulant, c’est 60 tonnes qui sont ainsi mises en mouvement alternatif. 11 existe, du reste, plusieurs genres de ces machines-outils ; il y en a aussi de particulières pour opérer le rabotage des bords de la plaque.
- Vient ensuite l’opération du perçage, destinée à munir la plaque des trous nécessaires à son fixage
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- sur la coque du navire de petites machines portatives actionnées à l’aide d’un câble ou par un moteur électrique; ils sont ensuite taraudés. On a soin de les tamponner avec de l’argile afin qu’ils ne soient pas détériorés par l’opération subséquente de la trempe.
- La trempe, qui est ensuite exécutée, exige que la plaque soit d’abord réchauffée à la température nécessaire;cette opération se fait dans un four analogue à ceux déjà mis en usage.
- La plaque, chaulfée au point voulu, est amenée sur un gril en fer et un appareil arroseur la couvre d’eau froide sur ses deux faces. La pression de l’eau est telle qu’elle empêche la formation de vapeur en contact avec, la plaque, ce qui retarderait l'effet de la trempe. L’arrosage dure trois heures et, pendant ce temps, il ne passe pas moins de 4 à 5000 tonnes
- | d'eau sur la plaque. Le durcissement ainsi obtenu
- s’étend sur une profondeur de 25 à 58 millimètres.
- Enfin, l’ultime opération consiste dans le meulage destiné à donner à la plaque son aspect définitif. Les meules sont fixées en segment sur un disque en fonte de fer mis en mouvement par un moteur électrique de 30 chevaux et fournissant 400 tours à la minute. L’appareil peut prendre toutes les inclinai -sons possibles afin de s’attaquer à un quelconque des points de la plaque.
- En résumé, les diverses opérations successives de la fabrication d’une grosse plaque de blindage sont les suivantes : coulée du lingot ; aplatissement à la presse hydraulique; laminage, carburation ; cintrage ; rabotage; perçage; trempe; meulage. L. Genty.
- Les trous sont forés au moyen
- Fig. 2. — Presse hydraulique de 8000j!onues.
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- Fig. 1. — village et baraquements des Cbajneux.
- Fig. 2. — Bessans (Haute-Maurienne).
- Us hautes vallées des Alpes sont silencieuses pen- bien que jalonnées de balises, disparaissent sous une
- dant de longs mois : les routes qui les parcourent, épaisse couche de neige. Leur trace est à peine
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- visible pour l’œil exercé du montagnard. Les villages sont ensevelis, eux aussi; ils ne révèlent leur existence que par de minces filets de fumée bleuâtre. Tout est immobile, silencieux, comme transi : on dirait que la vie s’est retirée de ces cantons qu’égayent en été les eaux jaillissantes des torrents, les sonnettes des troupeaux et les corolles bleues des gentianes. Le froid est si terrible que les habitants abandonnent leurs demeures ordinaires, et vont se terrer dans l’écurie, que réchauffent les vaches et le foin. Ils évitent avec soin de sortir, souvent môme ils sont bloqués dans leurs maisons par la neige : poifr aller chez le voisin, ils creusent des tunnels, oh ils peuvent cheminer à l’abri des avalanches, et de la bise glacée.
- Dans ces régions voisines de l'Italie, les principaux passages sont gardés par de petits postes placés à des hauteurs très variables : les baraquements des Chapieux, qui surveillent le col de la Seigne, sont à 1500 mètres. Le « paquebot » de la Traversette, ou Redoute-Ruinée, dresse sa petite silhouette à 2414 mètres, à quelques distances du Petit Saint-Rernard. Au Petit Mont-Cenis, au col du Fréjus (2554 m.), les logis d’hiver des chasseurs alpins sont situés dans des régions plus inhospitalières encore.
- En été, la garnison des postes est assez importante ; en hiver elle varie entre trente et cinquante hommes, avec un officier et un médecin. Ce dernier est fort utile étant donnée l’existence extraordinaire qu’on mène dans ces postes, une existence de réclusion et d’isolement. La tourmente les enveloppe souvent de ses vagues furieuses, elle ne permet aucune sortie aux solitaires. Le vent à ces hauteurs est d’une violence et d’une tristesse terrible : il souffle avec continuité, produit des hurlements sinistres. Sa force est telle qu’on a la sensation très nette qu’il va enlever les maisons et les précipiter dans l’abîme comme un fétu de paille. L’hospice du Petit Saint-Bernard est une solide bâtisse ; nous le vîmes un jour d’avril enveloppé par un ouragan. La neige crépitait sur les toits avec un bruit de grêle : l’air arrivait par rafales puissantes et secouait l’édifice de la base au sommet. L’aube ne se dessina pas au bas du ciel d’un noir livide. Le jour ressembla à la nuit, on n’apercevait point la Redoute-Ruinée qu’environnait l’embrun, et qu’assiégeaient les éléments déchaînés. Quand du perron de l’hospice, nous pûmes apercevoir le tertre du petit poste, une nuée de neige en furie déferlait contre ses murailles... et cela dure souvent une semaine sans que les Alpins puissent se hasarder au dehors. Les chutes de neige sont énormes et souvent tardives; à la fin avril 1901, il y avait à la Traversette 5m,50 de neige. Aux Chapieux, le 17 avril, il en tomba plus d’un mètre.
- Cette neige est toujours un danger pour les « Alpins d’hiver ». Ils ne restent pas enfermés dans leurs casemates. Ce sont des jeunes gens, et la réclusion prolongée serait pour eux un véritable supplice. Us utilisent leurs loisirs, font des courses rapides dans la neige, armés de raquettes et de piolets. Ils
- vont aussi aux provisions fraîches, aux nouvelles du monde extérieur. Les postes sont pourvus de conserves, on y élève quelques lapins, parfois même un porc. Mais il est nécessaire de varier un peu le menu, et alors s’organisent les convois de ravitaillement. Quand la distance n’est pas trop longue, le poste envoie ses messagers jusqu'à la garnison de la plaine. Ailleurs on installe des relais. Modane, par exemple, envoie à mi-chemin le convoi aux exilés de Ere jus. Avant la mise en marche on prend quelques précautions : on consulte le baromètre, on se sert du téléphoné ou du télégraphe pour savoir le temps qui règne dans les hauteurs. Tout cela est vain :1e baromètre est imparfait, tant sont brusques les sautes de vent. A une atmosphère calme succède instantanément la tempête, qui soulève les masses de neige et les fait rouler en avalanches meurtrières.
- Aussi fréquentes sont les catastrophes : on se rappelle celle qui se produisit à la Traversette: c’était l’hiver, nos « petits vitriers » — c’est le nom familier des chasseurs alpins — s’ennuyaient en leur logis. Une escouade partit pour rejoindre le poste intermédiaire des Eucherts, et de la Rourg-Saint-Mauriee. Au retour, pendant que la modeste caravane cheminait sur la piste ordinaire, une trombe de neige descendit de Lancebranlette, engloutit les soldats et les précipita dans un ravin. Trois furent étouffés, les autres eurent des blessures dangereuses. Hier pareil événement s'est produit au Eréjus. Il existe là un poste d’hiver à 2554 mètres d’altitude auquel on parvient par d’àpres sentiers muletiers. Le chemin part de Modane, serpente dans la combe de Charmaix et d’Arrondaz, pour atteindre un vallon désert d’où partent les sentiers qui descendent vers le Piémont. H est recouvert de 4 mètres de neige, pulvérulente, qu’un souffle, une parole met en mouvement. Des chiens porte-dépêches ont passé : derrière eux s’avancent onze soldats : là-haut, vers les rochers d’Arrondaz, un nuage s’élève, un bruissement, sourd se fait entendre; la neige ondule comme la mer en furie; elle enveloppe les soldats, les asphyxie ou leur brise les membres.
- On pourrait empêcher le retour de ces catastrophes, en supprimant ces postes d’hiver que de bons esprits trouvent inutiles. La neige est pour nos Alpes un rempart suffisant dans la mauvaise saison; personne ne peut alors franchir leurs cols avec de lourds bagages. Sur les prairies, en pleine chute, la neige atteint 5 et 6 mètres. Le piéton, armé de raquettes ou de skis, peut seul se maintenir sur cet océan immaculé.
- Depuis quelques années, les chasseurs alpins se sont aventurés en troupe, pendant l’hiver, dans des passages réputés inaccessibles, au col de la Yanoise, au col des Encombres : en 1900 ils ont fait des marches très longues, sans courir aucun risque, avec de la neige à mi-corps, dans des régions inconnues. L’hiver, en effet, la topographie d’une région de montagne change brusquement. Celui qui s’aventure.dans une vallée familière, ne peut y cheminer qu’en se
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- repérant sur les cimes ou sur les chalets, qui émergent à peine le long de la route ensevelie. Cette année les manoeuvres ont été bien plus dangereuses. A Bessans, un joli village de la Maurienne, au pied duquel tourbillonnent les eaux grises de l’Arc, une compagnie tout entière a été engloutie sous une avalanche de pierres et de glaçons et roulée pendant 800 mètres. On arracha tous ces soldats de leur linceul glacés en un très triste état.
- Ce sont là accidents trop fréquents, l’Alpe homicide ne doit pas être bravée en hiver. Il y a sur la route du Petit Saint-Bernard un tournant de route qui s’appelle le Creux des Morts. Il y en a beaucoup dans nos Alpes qui devraient porter ce nom, et il ne faut s’y aventurer qu’avec des précautions infinies, sans faire aucun bruit. Suivant la température, la moindre vibration suffit pour mettre en mouvement d’immenses vagues de neige qui enveloppent de leurs plis glacés tous les objets qu’elles rencontrent.
- J. Corcellk,
- Agrège do lTnivcrsitè.
- LA. GERMINATION DES ORCHIDÉES
- La plupart des Orchidées, — celles de nos pays entre autres, — se propagent surtout par les tubercules qui se forment à la hase de leur tige. Ces pieds tuberculisés produisent une grande quantité de graines, mais on a remarqué que celles-ci ne germent pas ou ne germent que très difficilement et dans des conditions mal déterminées. Ce sont ces dernières que M. Noël Bernard a essayé d’élucider dans un travail présenté comme thèse à la Faculté des sciences de Pans. La conclusion à laquelle il arrive est la suivante : les graines rudimentaires des Orchidées ne se développent que lorsqu’un champignon les a atteintes et a pénétré certaines de leurs cellules ; leur germination ne peut pas se produire sans l’action de ce micro-organisme.
- On peut trouver ce champignon, cet « endophyte », dans les germinations les plus jeunes, même celles qui ne sont formées que de quelques cellules. Et, comme il ne paraît pas exister dans la graine, il faut bien qu’il vienne du milieu qui l’entoure. On est ainsi amené à admettre que l’infection du sol est une des conditions nécessaires à la germination des graines. Et pour s’en convaincre, il suffira de rappeler les conditions dans lesquelles les horticulteurs ont pu introduire et acclimater les Orchidées dans leurs serres.
- Les Orchidées ont été introduites chez nous non par leurs graines, mais par leurs pieds eux-mèines, que l’on propagea longtemps par leurs bulbes ou leurs rhizones. Remarquons que, de cette façon, on introduisit chez nous en même temps les champignons qui envahissent leurs racines, fait qui est général dans la famille. Les efforts des horticulteurs, la précaution qu’ils ont prise de n’employer pour la culture que des humus spéciaux, ont abouti autant à acclimater dans leurs serres les endophytes d’Orchidées que les Orchidées elles-mêmes.
- Le faiUremarquable qui s’est produit est que la germination des graines, qui passait pour presque impossible, est devenue praticable depuis que les orchidées sont acclimatées avec leurs endophytes. Plus d’un horticulteur fait germer aujourd’hui, presque à coup sûr, les graines qu’il récolte, et, depuis plus de vingt ans, on obtient des plantes hybrides par semis. La méthode que les horticulteurs emploient le plus communément consiste à semer les
- graines sur la surface garnie de sphagnum des pots ou des paniers dans lesquels vit la plante adulte qui les a produites. Les racines de cette plante adulte, disent communément les horticulteurs, assainissent le compost et rendent possible la germination. Souvent, les graines qui germent les premières et le mieux sont celles qui ont été semées sur les racines mêmes, qui rampent à la surface du pot; à l’époque où furent faites les premières tentatives pour obtenir des germinations, on avait recommandé même de ne faire de semis que sur ces racines, mais on n’a pas tardé à reconnaître que ce point n’a pas d’importance spéciale et que la germination peut se produire en d’autres points du pot. Si l'on remarque maintenant que les racines sont infectées et que les endophytes qu’elles renferment peuvent vivre librement, en saprophvtes, dans le sol, il semble qu’on est, en droit de conclure (pie ce procédé revient à semer les graines d'une espèce dans un sol où vivent ses endophytes. Ce n’est pas en assainissant le sol que ces racines interviennent, mais en Xinfestant.
- La nécessité de l’infection peut servir à comprendre pourquoi les Orchidées, qui produisent des graines en nombre immense, restent dans la nature des plantes relativement rares. Un seul pied d'Orehis macnlata peut donner plus de 6000 graines, certaines Orchidées exotiques en ont plus d’un million par capsule et il y a jusqu’à douze capsules par pied. Si toutes ces graines se développaient, la descendance d’un Orehis suffirait, en trois générations, à recouvrir d’un tapis vert uniforme toute la surface des terres. « On ignore, dit Darwin, comment une aussi effrayante progression est arrêtée. » D’après ce qu’il dit ensuite, Darwin paraît pourtant porté à croire que les Orchidées ne sont pas convenablement protégées contre les dangers qui les menacent dans la lutte pour la vie et que les jeunes plantes peuvent être détruites en grand nombre. M. Noël Bernard ne pense pas qu’il en soit ainsi : les jeunes plantules dans la nature sont manifestement rares, on cherche en vain une cause de destruction ; un nombre immense de ces graines ne rencontrent pas le sol infecté par l’espèce de champignon dont la présence est nécessaire pour leur germination.
- Il y a ici un cas entièrement comparable à celui que présentent un grand nombre d’animaux ou de plantes parasites qui produisent un nombre presque infini d’œufs ou de graines dont la plupart sont perdus parce que le développement ne peut se faire que dans des conditions étroitement déterminées. L’infection dn sol, qui est une condition constante de la vie des Orchidées adultes, est aussi une condition sans laquelle l’embryon de ces plantes ne peut pas dépasser l’état de développement qu’il a atteint dans la graine. L’idée est originale ; il y a de grandes présomptions en sa faveur, mais la preuve palpable et irré-futable reste à trouver. Hexp.i Coupin.
- NOUVEAU
- DISPOSITIF DE CONTACT SOUTERRAIN
- POUR TRAMWAY ÉLECTRIQUE
- L’opposition faite par certaines villes à l’établissement des conducteurs aériens (bien plus que le besoin véritable), a suscité l’invention d’une série de dispositifs assurant la distribution du courant aux tramways électriques par un contact pris au niveau même de la rue ou sous le sol, et disposé dans un caniveau spécial ; nous ne rappellerons pas, au surplus,
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- LA NAÎTRE.
- les inconvénients au moins pécuniaires de ces combinaisons. Mais voici que notre nouveau confrère, Traction and Transmission, le supplément d'Engineering, vient de signaler un système dit contact de surface Kingsland, où l’on a essayé d’éviter les inconvénients les plus sensibles des contacts de surface proprement dits, et aussi ceux des caniveaux profonds qui coûtent si cher d’établissement.
- Dans tous les systèmes de contact par surface imaginés jusqu’ici, la commande de l’arrivée du courant dans les plots se fait électriquement : ici elle se fait mécaniquement, et cela peut certainement avoir des avantages. Comme on le remarquera aisément dans la figure que nous donnons, le rail de roulement à gorge comporte parallèlement à lui un petit canal, formé par le rail même et par un profilé en II disposé verticalement, et, tous les 5m,-40 environ, ce canal aboutit dans une boîte qui comporte latéralement aussi un bloc métallique formant plot de contact, et qui contient tout le mécanisme nécessaire à l’envoi du courant dans ce plot, ou au contraire à son interruption.
- La voiture de tramway est munie d’un doigt de rencontre, qui court normalement dans le canal parallèle au rail de roulement; quand ce doigt arrive à l’aplomb d’une des boîtes, il vient heurter et faire tourner, d'un sixième de tour, une roue à six branches que l’on aperçoit très nettement dans la gravure. Cette roue en étoile est portée, à droite de la hoîte, par une console et un arbre, réuni par un accouplement de Oldham à un commutateur qui se trouve placé dans une hoîte spéciale étanche, disposée naturellement à l’opposé de la roue en étoile. Ce commutateur est muni de trois languettes de contact établies à 120 degrés les unes des autres ; de plus, deux brosses viennent frotter sur lui, l’une réunie au feeder de la ligne et l’autre au plot de la rue. Quand ces deux brosses sont en contact avec la portion isolée du commutateur, le plot demeure mort, sans qu’aucun courant y arrive ; mais lorsque le véhicule survient et, grâce au doigt, pousse d’un sixième de tour l’étoile dont nous avons parlé tout à l’heure, immédiatement le commutateur, entraîné dans le même mouvement, établit la communication entre le feeder et le plot, c’est-à-dire laisse parvenir le courant au moteur de la voiture. Le
- déplacement de celle-ci se poursuit, et comme elle porte à l’arrière un autre doigt métallique qui frappe à son tour et fait tourner la roue en étoile, le commutateur se déplace circulairement et rompt le contact qui avait été établi. De la sorte ce courant est coupé au plot où il parvenait auparavant.
- Rien entendu, afin d’éviter la production d'étincelles, les plots sont disposés pour quejamais le courant ne soit coupé à l’un de ces plots avant que d’arriver à un second ; de plus, le commutateur est construit de façon à pouvoir supporter impunément la formation d’étincelles. Ajoutons qu’on a pris des mesures particulières pour empêcher les efforts exagérés et la rotation de plus d’un sixième de tour sous le choc du doigt disposé en dessous du véhicule. Dans la boîte du commutateur, et de l’autre coté de celui-ci par rapport à l’étoile, on a installé un système de vis à roebet, sur le même arbre que le commutateur
- et l’étoile : l’arbre porte une vis à filets interrompus, quelque peu analogue à celle des culasses de canons, mais où les fdets ne se prolongent point de l’un et de l’autre côté de la cannelure qui coupe le pgs de vis. Par conséquent, quand le commutateur est mis en rotation, son arbre vient se visser dans le dispositif d’arrêt, mais seulement d’un sixième de tour, parce qu’il rencontre les filets suivants, qui ne sont pas dans le prolongement de ceux sur lesquels il s’est vissé : il est donc arrêté au moment voulu, puis un mouvement de déplacement en arrière se fait suivant la cannelure, et, sous l’influence d’un ressort, les choses sont remises en état pour un autre passage de voiture, et pour un nouveau mouvement d’un sixième de tour de l'étoile. Ajoutons que le système des filets de vis en sens inverse permet d’employer une seule et même boîte de contact pour la circulation des voitures dans l’autre direction, parce que le commutateur est alors mis en rotation dans un sens exactement contraire et, par suite, se visse inversement dans le dispositif d'arrêt.
- Assurément cet appareil n’est pas sans présenter des inconvénients, et notamment le petit canal où circule le doigt de contact disposé sous le véhicule, peut assez facilement s’obturer, en dépit des orifices d’évacuation ménagés sous chaque boîte; mais,malgré tout, l’idée est originale et intéressante. D. IL
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- ACCLIMATATION 1)L HENNE DANS L'ALASKA
- Le renne est le chameau du nord, le « vaisseau » des déserts glacés. L’hiver, attelé à un traîneau, il galope à travers les nappes neigeuses dans lesquelles tout autre quadrupède demeurerait enlisé, et, l’été, transformé en animal de bat, il passe sans difficultés marais et montagnes. Et point besoin de se préocculter de sa nourriture; pendant la belle saison il la
- trouve sur les maigres pacage's des montagnes ou des cotes boréales, et durant l'hiver sous la neige.
- Hépandu dans tout le nord de l’ancien continent, du cap Nord de Norvège au détroit de Behring, en Laponie, en Russie comme en Sibérie, le renne a été domestiqué par toutes les peuplades nomades éparses dans cette solitude sans limites, par les Lapons comme par les Ostiaks, par les Samoyèdes comme par les Toungouses, par les Yakoutes comme par les Tchouktsehis, etc., etc. Cet animal fournit à
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- l il) " 0. do Paris
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- Carte tic l'Ala^tu,
- l’indigène de ces déserts non seulement le transport, mais encore le vivre et le vêtement. Sa chair et son lait constituent une alimentation substantielle; un cuissot de ce cervidé n’est point -un mauvais morceau, comme la mode culinaire nous l’a prouvé dans ses « créations récentes » ; de plus, sa fourrure procure une excellente protection contre les froids les plus rigoureux.
- Ce quadrupède si utile n’existe point dans le Nouveau Monde; il y est remplacé par une espèce voisine, le caribou, que les Esquimaux de l’Amérique boréale n’ont point domestiqué. Aussi bien, pendant une grande partie de l'année, les communications
- sont-elles précaires dans cette partie de la zone septentrionale, notamment dans l’Alaska. Ce territoire tout en montagnes ou en toundras marécageux, soumis à un hiver très neigeux, est, comme on le sait, le siège d’importantes exploitations minières. C’est le pays de l’or. Poussés par l’appàt du gain, des centaines d'audacieux prospecteurs s’aventurent dans ses régions montagneuses les plus sauvages et jusque dans ses déserts les plus reculés de l’extrême nord, souvent sans aucun moyen d’existence assuré. Vienne une chute de neige précoce, les malheureux sont bloqués et réduits à la famine, et pas moyen de leur porter secours. Pendant le long hiver tous
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- LA A AT Uli E.
- les postes demeurent sans communication, les quelques attelages de chiens possédés par les naturels étant absolument insuffisants pour traîner les convois considérables nécessaires au ravitaillement. Avec des rennes, au contraire, les transports deviendraient faciles; dans ces pays, les animaux peuvent remplacer le chemin de fer, comme le dit emphatiquement le rapport américain auquel nous empruntons ces renseignements1. Frappé des services rendus par le renne aux populations du nord de l’Europe et de l’Asie, le gouvernement des Etats-Unis a entrepris l’acclimatation de cet anima] dans l’Alaska.
- Le renne a été introduit dans celle dépendance des Etats-Unis en 1802. De 1802 à 1808, date de la publication du dernier rapport sur cet essai d'acclimatation, 845 rennes ont été importés de Sibérie et de Laponie; dès 1808, l’elVeclif des troupeaux alas-kiens s’élevait à 2002 tètes. L’accroissement aurait été encore plus rapide, si un certain nombre d'animaux n’avaient été abattus pour nourrir les habitants. Une statistique met en évidence l’augmentation rapide du renne; en cinq ans, un troupeau composé de 20 mâles et 80 femelles a donné un gain net de 578 individus. La tentative a donc parfaitement réussi. Ces rennes installés dans la partie la [tins septentrionale de l’Alaska, sur les rives du Norton Sound (détroitde Behring), ont été divisés en petits cheptels et remis aux missions religieuses établies dans ces parages ainsi qu’à des Esquimaux intelligents.
- Pour enseigner aux indigènes l’élevage de ce quadrupède et l’art de le mener, le gouvernement des Etats-Unis a établi au milieu d’eux des familles de Lapons qu’il a fait venir de Norvège à grands frais. Ces indigènes reçoivent une solde mensuelle variant de U17lr,50 à J07fl,50 et sont, de plus, nourris et habillés aux frais du gouvernement. A ce tarif, ces pasteurs de rennes seront bientôt d’importants capitalistes. Pour les Lapons, les déserts riverains de la mer de Behring sont donc devenus une véritable Terre promise, et, à peine arrivés, plusieurs d’entre eux ont demandé et obtenu la naturalisation américaine. En 1898, pas moins de lia habitants de la Norvège septentrionale ont accepté les offres des agents américains et sont venus s’installer dans l’Alaska seplentrional.
- Une partie de ces émigrants seront répartis par petits groupes sur les bords du Yukon, et, le long de ce grand fleuve, effectueront en hiver un service postal au moyen de traîneaux tirés par des rennes, dans les mêmes conditions que celui organisé dans la Scandinavie septentrionale. L'emploi de Lapons et de rennes dans l'Amérique arctique a déjà rendu de grands services, en permettant de porter secours pendant l’hiver 1897 à une centaine de baleiniers en détresse à Point Barrow. 11 n’est donc peut-être [tas exagéré de dire, avec le fonctionnaire auquel a été confiée la direction de cette
- 1 5o,h Congress. 5d Session. Senate. Document n" 54. Report on Introduction of Dotneslic limuleer into Alaska,by Shcldon Jackson. WasliingW»,
- acclimatation, qu’après la découverte de l’or, l’introduction du renne et du Lapon est le plus important événement économique survenu dans l’Alaska.
- Ainsi les nécessités de la colonisation moderne ont amené la transplantation d'une race d’hommes et d’une race de quadrupèdes d'un bout de la terre à l'autre, et ont déterminé artificiellement une exode humaine et une migration animale. Ainsi se poursuit partout, sous l'influence de la civilisation, le mélange de toutes les espèces qui peuplent le globe.
- Ciiaiu.es R.vhot.
- ÉLÉMENTS MAGNÉTIQUES EN 1902
- Le champ magnétique terrestre est troublé à l'Observatoire du Parc Saint-Maur, depuis l'établissement des lignes de tramways électriques à trolley dans la région. Pour la même cause, les observations magnétiques de Si ce et de Perpignan ne présentent plus maintenant une garantie suffisante pour être publiées. Je dois donc me borner, cette année, à donner les valeurs obtenues à l’Observatoire du Yal-Joveux.
- Ce nouvel établissement, destiné à remplacer la station magnétique du Parc Saint-Maur, est situé sur le territoire d>; la commune de Villepreux, à 9km 0.-N.-0. de Versailles, par 0°19'25" de longitude ouest de Paris, et 48° 49' 16" de latitude nord. Le inagnétographe de M. Mascart, mis en service en décembre 1900, a fonctionné très régulièrement pendant toute l’année 1901. Les courbes de variations, dont les repères sont fréquemment vérifiés, sont dépouillées pour chaque heure du jour.
- Les valeurs des éléments magnétiques au 1er janvier 1902 sont déduites de toutes les valeurs horaires relevées le 51 décembre 1901 et le Ier janvier 1902, rapportées à des mesures absolues faites aux dates qui précèdent et suivent immédiatement le 1er janvier. La variation séculaire résulte de la comparaison entre les valeurs actuelles et celles qui ont été données pour le 1er janvier 1901.
- VAI.ECKS ABSOLUES ET VARIATION SÉCULAIRE UES ÉLÉMENTS MAGNÉTIQUES A l’oBSEKVATOIRE 1>U VAL-JOYEUX
- Valeurs absolues
- Val-Joyeux. du 1er janvier 190:2.
- Déclinaison occidentale . 15° 10'55
- Inclinaison.........64° 58' 2
- Composante horizontale . 0,19684
- Composante verticale . . 0,42156
- Composante nord. . . . 0,18998
- Composante ouest . . . 0,05152
- Force totale........ 0,46525
- Variation séculaire.
- — 4' 05
- — l'7
- + 0,00022
- — 0,00005 + 0,00027
- — 0,00016 + 0,00005
- Les observations magnétiques du Yal-Joyeux sont faites sous ma direction par M. J. Itié, aide météorologiste.
- >A<
- Tu. Moit.eaix.
- CHRONIQUE
- Statistique «les animaux en France. — \oici, d’après le relevé du ministère de l’Agriculture, le nombre des animaux en France : espèce chevaline (adultes et jeunes), 2 905 065 tètes; espèce mulassière (adultes et jeunes), 205002 ; espèce usine (adultes et jeunes), 556259; taureaux, 519 607 ; bœufs de travail, 1 408 552; bœufs à l’engrais, 446 702; vaches, 7 819 582; bouvillons, 1 152158; génisses, 1 666 558; bœufs de moins d’un an, 1 727 715; béliers, 290 042 ; moutons, 5 265 248 ; brebis, 9 017 544 ; agneaux de 1 à 2 ans, 5 865 767; agneaux de moins d’un
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- au, 3 742990; espèce porcine (adultes et jeunes), 9740405; espèce caprine (adultes et jeunes), I 557 927). Au total :
- 40 41)3 027. En 1899, le relevé officiel, pour les mêmes catégories d’animaux, ne donnait qu’une existence de 49 197 890 tètes, contre 49 495 027 têtes en 1900; c’est donc, d’une année à l’autre, une augmentation de 295 197. Les départements qui possèdent le plus de chevaux sont, par ordre d’importance : le Finistère, avec 112 942 tètes; le .Nord, 85 10A; les Côtes-du-Nord, 85 472; la Manche, 85 452; le Pas-de-Calais, 79 153; la Somme, 79 100; l’Aisne, 78 702; la Mavenne, 78 555; la Seine-Inférieure, 70 575; le Calvados, 99 000; l’illc-et-Yilaine, 94 151; le Maine-et-Loire, 92 799; la Sarthe, 59 299; l’Orne, 59 154; la Marne, 52 555; la Meurthe-et-Moselle, 51 227; l’Oise, 50589.
- « I.a Flèche )) nouveau navire à grande vitesse. —= Nous apprenons par le Pearson’s Magazine qu’un de nos aimables abonnés Canadiens de Québec nous a fait parvenir qu'on exécute en grand secret, dans un chantier de construction des bords de l’iludson, un bateau, en vue du célèbre concours de la Coupe Américaine. Le navire qu’on nommera la Flèche est particulièrement étrange, car il pourra servir à deux lins; comme yacht de plaisance, et, à l’occasion d’une guerre, comme torpilleur.
- Il ne faudra pas plus de deux heures pour opérer le changement. La Flèche est construite avec un luxe et un confort extraordinaires par M. Charles IL Mosher, le naval architect bien connu, pour le compte d’un richissime capitaliste de New-York, M. Charles II. Flint. La Flèche doit marquer, dans l’art de la navigation, un progrès considérable. En effet, il y a quelques années, on parlait du Pnsto qui atteignait une vitesse de 50 kilomètres à l’heure. Plus tard le Pocahontas arrivait à celle de 91 kilomètres. Enlin, il y a peu d’années, M. Mosher construisait le yacht à vapeur FEllide, dont la vitesse était de 04 kilomètres. La Flèche, la nouvelle merveille américaine, possédera, espère-t-on, une vitesse de 80 kilomètres à l’heure.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 janvier 1902.
- Présidence de M. Bouquet de i.a Grye.
- Établissement des prairies artificielles. —M. Dehérain signale l’intérêt que présente la propagation des prairies artificielles, car les légumineuses de ces prairies empruntent leur azote à l’atmosphère. MM. Dehérain et Demoussy montrent que la végétation du trèfle et de la luzerne devient luxuriante dans des terres de bêuyère ou dans des terres de Bretagne sans calcaire, à la condition de leur ajouter du calcaire et des phosphates, et de les inoculer à doses massives, à l’aide d’une terre portant déjà de la luzerne ou du trèfle. Pour diminuer les frais que comporte cette méthode on peut n’inoculer qu’une petite surface dont on emploie ensuite la terre, pour ainsi dire sur place, à propager dans le sol environnant les bactéries productrices de nodosités.
- Origine des aurores boréales. — M. Mascarl résume une Note deM. Stassano dans laquelle se trouvent condensées les conclusions d’un Mémoire de l’auteur sur les aurores boréales. Ce Mémoire paraîtra prochainement avec cartes à l’appui. M. Stassano, qui a déjà communiqué à l’Académie un travail d’où il résulte que les aurores boréales sont d’origine terrestre, indique aujourd’hui l’élément météorologique dont dépendent ces météores.
- Cet élément — ou du moins ce principal élément — c’est rabaissement de la pression. De nombreuses séries d’observations, mises à prolit par l’auteur, font ressortir qu’il y a une opposition constante entre la pression barométrique et la fréquence des aurores. Cette opposition explique la marche mensuelle du météore aux différentes latitudes et dans les deux hémisphères; elle rend compte aussi de la période diurne et de l’orientation des aurores. Enfin l’auteur constate que pour qu’une variation de la pression au niveau du sol puisse avoir une répercussion constante sur les aurores, il faut que celles-ci prennent naissance dans des couches relativement basses de l’atmosphère terrestre, quoiqu’elles s’étendent à de très grandes élévations.
- Les hydrures de sodium et de strontium. — M. Moissan présente une Note sur l’hvdrure de* sodium. Ce nouveau composé peut s’obtenir en chauffant avec précaution du sodium dans de l’hydrogène à la température de 540°. L’expérience est assez délicate, parce que les températures de formation et de dissociation de ce composé sont très voisines. Cet hydrure forme des cristaux transparents décomposant l’eau froide avec violence en fournissant de la soude et de l’hydrogène. A la température ordinaire il brûle dans le fluor et le chlore; c’est un réducteur énergique qui décompose l’acide chlorhydrique à 200°. M. Moissan annonce, en outre, que M. 11. Gautier est parvenu à préparer le strontium à l’état de pureté. C’est déjà un résultat qui n’avait pas encore été atteint, inaisM. II. Gautier ne s’en est pas tenu là. 11 a combiné directement l’hydrogène au strontium. L’hvdrure ainsi préparé est un composé défini répondant à la formule SrlD; il est cristallisé et possède des propriétés réductrices remarquables, il décompose l’eau froide avec formation d’hydrate de strontium et dégagement d’hydrogène.
- La fracture de l'avant-bras chez les automobilistes. — M. Lannelongue présente une Note de M. Sorct du Havre. L’auteur, qui s’occupe de radiographie, a constaté que les conducteurs d’automobiles victimes d’accidents occasionnés par une collision, sont atteints, lorsqu’il y a fracture de l’avant-bras, d’une lésion caractéristique ; les particularités de cette lésion tiennent évidemment à la position du bras et de la main sur la manivelle. L’avant-bras est d’abord heurté ; les os sont brisés. Fuis la main qui est tendue en avant est à son tour heurtée et rejetée violemment en arrière. Les tendons sont arrachés; l’apo-phvse styloïde.du cubitus est enlevée, si bien que la main ne tient plus au bras que par une sorte de gaine externe.
- La température interne des tissus. — M. d’Arsonval expose qu’il a eu à s’occuper de la congélation des quartiers de viande dans les appareils frigorifiques. Or il est nécessaire, pour la réussite de l’opération, de pouvoir suivre la marche de la température à l’intérieur de la viande afin de savoir s’il convient d’arrêter ou de maintenir le refroidissement. M. d’Arsonval a eu recours à des aiguilles thermo-électriques, mais il leur a donné une forme qui empêche la production de courants étrangers. Les aiguilles de M. d’Arsonval sont des tubes de fer aiguisés en pointe à leur extrémité ; à l’intérieur se trouve un fil de cuivre avec lequel il n’y a communication que par une soudure annulaire. L’appareil a d’ailleurs été modifié par l’inventeur en vue des usages médicaux. Le courant du couple thermo-électrique est amené dans un galvanomètre à cadre mobile réglé de façon que les déviations lues sur le cadran soient proportionnelles à l’excès de la température de la soudure sur la température donnée par un bain à température constante.
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- LA AA Tl LL.
- Varia. — M. Roux dépose une Acte de M. Rosensthiel sur le pouvoir d’absorption des levures vis-à-vis des matières colorantes. — M. de Lapparent fait hommage, au nom de M. Moreno, de cartes de la région sud-américaine qui ont servi à la commission de délimitation de la république Argentine et du Chili. Ces cartes fournissent des renseignements précieux sur une région de la terre fort peu connue, notamment sur la chaîne des Andes.
- Cil. Dli VlKLEDKLIL.
- l\ MONUMENT A FULTON
- Parmi tous ceux qui s’inléressent à l’art de l'ingénieur et qui ont le culte des grands souvenirs, beaucoup ignorent sans doute où ont été déposés les restes du célèbre ingénieur Robert Fui ton dont les inventions jouèrent un si grand rôle au commencement du siècle dernier.
- Robert Fui ton fut enterré dans la crypte du tombeau de la famille Livingston érigé à New-York dans le petit cimetière de l’église de la Trinité. Cependant aucune plaque commémorative, aucune inscription n’avaient été placées pour rappeler que cette sépulture renfermait les restes du grand homme. Pour rappeler son souvenir il n’y avait dans la ville de New-York que trois endroits : la rue Fulton, le marché Fui ton, enfin le bac à vapeur ou le « Fulton ferry boat ». Depuis trois ans environ, grâce à l’initiative de M. Albert Hopkins, l’éditeur du journal le Scien-tific American, la Société des ingénieurs mécaniciens songea à s’occuper de perpétuer dignement le souvenir du grand Fulton en élevant en son honneur un monument. Un comité fut constitué, composé par quelques membres delà famille du célèbre ingénieur et par la corporation de l’église de la Trinité. Le monument fut décidé. C’est le 5 décembre 1901 qu’eut lieu son inauguration. À deux heures, les membres de la Société et tous leurs invités réunis dans une grande salle voisine du cimetière écoutèrent les discours fort appréciés du contre-amiral Melville, ingénieur en chef de la marine aux États-Unis et du professeur R. IL Thurston de l’Université deCornell. Dans l’assistance, on remarquait surtout M. Charles IL llaswell, âgé de 95 ans ; ce fut lui qui construisit, pour le compte des États-Unis, le second navire de
- guerre à vapeur. Après les discours prononcés et la cérémonie religieuse terminée dans l’église de la Trinité, c’est dans le cimetière que les invités se rendirent. On retira le voile qui cachait le monument. C’est un médaillon de bronze au milieu duquel est gravé en relief le portrait de Fulton présenté de trois quarts. Voyez la gravure que nous avons reproduite d’après celle du Scienlific American. Ce médaillon, sobrement encadré de bronze également, repose sur un piédestal de granit sur lequel est gravée l’inscription suivante :
- « Élevé à la mémoire de Robert Fulton, né en 1705, mort en 1815, par la Société américaine des ingénieurs mécaniciens. 1901. »
- Ce monument de Fulton, que chacun peut aller visiter aujourd’hui dans le cimetière de l’église de
- la Trinité, a environ trois mètres soixante de hauteur.
- C’est en France, année 1805, que Fulton construisit son premier bateau à vapeur avec l’aide de son ami M. Livingston alors ministre plénipotentiaire des États-Unis, à Uaris. L’expérience ne réussit point, car le navire à peine lancé sur la Loire s’ouvrit par le milieu. A la fin de la même année une seconde expérience eut un plein succès. Malgré ce résultat heureux, Fulton n’eut, comme on sait, à subir en France que de cruelles déceptions. Fn Angleterre où il passait en 1804, les déboires furent plus grands encore pour le malheureux ingénieur. On n’est pas prophète dans son pays; aussi, en Amérique, naturellement, on n’eut aucune foi dans l’invention. Son ami iidèle, en même temps son associé, M. Livingston, fit alors construire à ses frais le navire le « Clermont ». Fulton en donnait tous les dessins et la maison Brown de New-York l’exécutait. Le «Clermont» avait 45 mètres de longueur sur 5 de largeur environ.
- Ce navire, le premier bateau à vapeur vu par des Américains, fut essayé en août 1807, sur l’iludson. L’expérience, couronnée de succès, eut un retentissement considérable. Les compatriotes du grand ingénieur comprirent enfin l’importance immense de la nouvelle découverte. Ami. Tissasdier.
- Le Gérant : P. Mjsson.
- Paris. — Imprimerie Laiiiuf., rue de Fleurus, 0.
- Médaillon de Fulton.
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- N° I i'.Hi.
- 25 JANVIER 1002.
- LA NATURE.
- o
- LES INSECTES DES VIOLETTES
- Il est de saison de parler des violettes, à cette pour égayer nos longs jours d’hiver sans soleil. Leur époque de l’année où le chaud Midi nous les envoie parfum reporte instinctivement notre esprit vers des
- 1. Phlyctænia ruhigalis; 2, sa chrysalide; 3, feuille roulée contenant la chenille ; 4, feuille rongée superficiellement par la chenille jeune; 3, Loxostege similialis ; 6, sa chenille ; 7, Emphytus cauadensis ; 8, sa larve ; 9, sou cocon ; 10, Euptoieta Claudia ; 11, sa chenille ; 12, sa chrysalide; 13, Ithopalosiphum Yiolæ, femelle ailée; 11, ithopalosiphum Yiolæ, femelle aptère (agame); lo, fleurs attaquées parle IUiopalosiphum ; 16, Diplosis violicola ; 17, ses dégâts ; 18, Tetranychus himaculatus ; 19, ponte de l’eridroina Saucia ; 20, le papillon ; 21, la chenille ; 22, Agriotes niancus; 25, sa larve.
- temps plus gais. Elles sont séduisantes, les petites violettes, et, à les voir dans le panier de la bouquetière, ou reposer mollement sur les corsages, on serait porté à croire qu’elles n’ont que des amis, 30° année. — Ie' semestre.
- envieux tout au plus de leur sort. Pourtant, il n’en est rien, et Dieu sait à quels dangers il leur faut échapper, tout là-bas, dans les terrains où on les cultive!
- Eu Amérique, où toutes choses prennent des pro-
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- LA NATURE.
- portions gigantesques, les violettes, dont la culture s’étend sur des espaces immenses, possèdent dans le monde des Insectes des ennemis nombreux. Tous les ordres y sont représentés et leurs dégâts dans les serres deviennent parfois colossaux. C’est ce qui ressort clairement de l’étude publiée par M. F. 11. Chittenden, assistant d’Entomologie1.
- Parmi les Lépidoptères, l’un des plus nuisibles est le Phlyctænia rubiyalis Guen (n° 1), dont la larve, depuis quatre ans surtout, cause des déprédations telles qu’elles ont attiré l’attention non seulement, des fleuristes, mais encore des entomologistes. Nous ne ferons pas la description de ce papillon, non plus que celle des autres insectes dont nous aurons occasion de parler, les très exacts dessins ci-contre y suppléant, mais quelques mots de biologie sont nécessaires. L’adulte ne commence à voler qu'un peu avant le coucher du soleil; il reste blotti tout le jour sous les feuilles. C’est là que les femelles pondent leurs œufs, par petits groupes de 2 à 9 et quelquefois davantage. 11 n’est pas rare de trouver plusieurs de ces groupes sous une même feuille. D’un blanc gris, convexes, ovales et transparents aussitôt pondus, les œufs éclosent au bout d’une douzaine de jours environ, et donnent naissance à des larves jaune vert, légèrement ponctuées de taches purpurines. A peine ont-elles vu le jour, elles commencent à ronger le parenchyme pour s'en nourrir et ne laissent intact que l’épiderme supérieur de la feuille (n° 4). Quelquefois même, quand les pousses sont jeunes, il n’en reste que les fortes nervures. Pendant ce temps, la larve grossit et parvient au moment où elle va se chrysalider (n° 2). Filant alors un tin tissu, elle unit ensemble deux feuilles contiguës, les replie sur elle-même (n° 5), et poursuit à leur intérieur l’évolution qui va la transformer en papillon. De là le nom de lieur de feuilles donné à cet insecte. Répandu en Amérique, depuis le Canada jusqu’au Golfe du Mexique d’une pari, et, d’autre part, de l’Atlantique jusqu’au Pacifique, le P. rubignlis que l’on a identifié à tort, dit Ilampson, avec P. ferrugalis, espèce très voisine de Loxostege (nos 5 et fi), semble d’origine tropicale. Sa préférence marquée pour les serres, et son adaptation à ce milieu, jusque sous les latitudes plus froides du Canada, tendraient à confirmer cette opinion. Ses ravages sont très considérables et l’on a constaté qu’en dix jours un seul animal avait dévasté tout un grand pot de violettes.
- Dans cet ordre des Lépidoptères, on rencontre également un grand nombre de noctuelles, la Noctua c-nigrum, par exemple, le Peridroma saucia (nos 19, 20 et 21 ), et quelques Prodemia (P. com-melinæ ; P. ornithogalli ; P. endiopla), puis chez les diurnes YEuptoieta Claudia (nos 10, 11 et 12).
- Toutes ces espèces sont omnivores, aussi attaquent-elles les unes les betteraves, les autres les tomates, les cotons, les choux, les tabacs, etc.
- Les violettes, comme les pensées d’ailleurs, ont à
- 1 U. S. Department of Agriculture, division of Ento-mology. liullclin n* 27.
- redouter lesatteintes d’unllyménoptère terrible, YEm' phgtus canadensis Kby (n° 7), de la famille des Ten-thrédines appelées communément « mouches à scie », et chez lequel M. Pratt a observé la parthénogenèse. La femelle dédaigne les feuilles entièrement développées qu’elle trouve sans doute trop épaisses, et s’attaque à celles plus jeunes et plus tendres. Elle choisit, à leur face supérieure cette fois, un emplacement à sa convenance, introduit son oviducte et l’enfonce jusqu’à l’épiderme inférieur qu’elle laisse intact. Dans la cavité ainsi ménagée, elle pond un seul œuf de couleur blanchâtre et ovale. Un voit alors à la face inférieure comme une ampoule que la jeune larve devra déchirer pour sortir. Celle-ci (n° 8), de coloration variable jusqu'au stage final, est d’abord ton ardoise dans le premier âge, puis couleur olive sombre, enfin presque blanche à l’état de nymphe (n° 9). Toute jeune, elle se nourrit en découpant çà et là de petits trous dans la partie inférieure des feuilles; plus grande, elle en ronge les bords, s’attaque aux tiges et aux pédoncules, ce qui fait périr la fleur. Ses dégâts sont considérables en mai et juin.
- Parmi les autres insectes, tous omnivores, mais qui de préférence dévastent les cultures de violettes, il convient de citer : dans l’ordre des Hémiptères, le Rhopalosiphum violæ Perg. ; dans l’ordre des Diptères, le Diplosis violicola Coq; un coléoptère, YAgriotes mancus, et chez les Acariens, le Tetrany-chus bimaculatus Harvey. Le R. violæ (nos 15 et 14), peu étudié, bien que très connu par ses ravages, se rencontre tantôt sur le pétiole, tantôt sous les feuilles ou sur les boutons. De ce dernier emplacement, il introduit son rostre à travers les pétales encore imbriqués de la plante. Quand celle-ci s’ouvre, on a une fleur ratatinée, rabougrie, couverte de taches blanches ou d’un blanc verdâtre, dont la tige est presque toujours plus courte qu’à l’état normal (n° 15).
- Pour la première fois, en 189fi, l’attention fut attirée par le I). violicola (n° 16). C’est une mouche petite, frêle, aux antennes et aux pattes très longues, comme chez les Cécidomies d’une manière générale. Les larves et les adultes se rencontrent sur les jeunes plantes en croissance. Les feuilles attaquées se contournent, prennent des formes irrégulières, assez semblables à des galles, ce qui a fait donner le nom de galle à cet insecte par les Américains. Enfin, les lénifiés sc dessèchent, il y a arrêt dans le développement du bourgeon floral et la plante meurt (n° 17).
- Nous n’insisterons pas sur léî. mancus (nos 22 et 2a) dont la larve vit aux dépens des racines, mais paraît causer peu de dégâts. Le T. bimaculatus (n° 18) est beaucoup plus nuisible. Très petits, ces acariens sont difficiles à voir sur les feuilles, aux poils, aux nervures et aux bords desquelles ils attachent des fils nombreux et imperceptibles, for-mant*un feutrage où ils déposent leurs œufs.
- Tels sont les principaux ennemis des violettes dans le monde des articulés. Leurs dégâts sont considérables, aussi s’est-on préoccupé de trouver le moyen de les détruire. De tous les remèdes
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- LA NATLlîK. *
- l’acide cyanydrique est celui qui donne les meilleurs résultats, excepté contre le T. bimacululm pour lequel on se sert du savon neutre râpé et dissous dans de l’eau tiède, sous forme de pulvérisations. L’acide cyanydrique s’emploie à l’état gazeux; on le produit par la réaction du cyanure de potassium sur l’acide sulfurique, en espaces parfaitement clos. 11 n'y a que les Américains pour oser vulgariser l’usage de l’acide cyanydrique dont la manipulation exige les plus grandes précautions. U est vrai que les fumigations de tabac, le kérosène, l'huile de baleine et même la Heur de soufre sont, parait-il, nuisibles aux violettes.
- Néanmoins, nous ne recommanderons pas cette méthode dont l’application présente de graves dangers pour l’homme. D’ailleurs, l’attention de nos entomologistes n’a pas encore été appelée d’une manière spéciale sur les insectes qui, chez nous, vivent aux dépens des violettes. Si ces derniers cependant venaient, comme en Amérique, à se multiplier au point de causer des dommages sérieux, nous sommes persuadé qu’on trouverait des remèdes eflicaces dans l’emploi des divers insecticides dont nous disposons.
- Lcciex h:iies.
- TRANSFORMATION DE IA MER D'AZOY
- ex i„\e
- Las ports de la mer d’Azov sont, comme on sait, les grands centres d’exportation de céréales de la Russie méridionale, mais leur manque de profondeur rend les opérations d’embarquement très coûteuses. Le port de Taganrog, par exemple, n’a pas de fonds supérieurs à 2n,,2, celui de Rostov n’est accessible qu’aux navires calant moins de 2ra,4 et l’accès de Marinpol est interdit par une barre aux bâtiments de mer. Dans ces conditions les chargements et déchargements doivent être faits au moyen de chalands, ce qui entraîne une double manutention des marchandises. Pour remédier à ce grave inconvénient, annonce le Geographisclie Zeitschrift, le gouvernement russe a l’intention d’élever le niveau de la mer d’Azov, en fermant le détroit de Kertch par lequel cette mer communique avec la mer Noire. La passe est très étroite et très peu profonde. Au point le plus resserré, sa largeur ne dépasse pas 5250 mètres et dans cette section les fonds de 8 mètres se rencontrent seulement sur une largeur de 1210 mètres. D’après le projet, une digue serait établie en travers du détroit. Ce travail ne présenterait pas grande difficulté, la plus grande partie devant être construite dans des eaux peu profondes. Le débit annuel du détroit de Kertch dans la mer Noire est évalué à r»5,0 kilomètres cubes; le barrage retenant celte masse d’eau dans la mer d’Azov, le niveau de celte dernière nappe s’élèverait rapidement et les ports de l’intérieur deviendraient accessibles aux navires de mer. Au moyen d’écluses qui seraient installées dans la partie profonde du détroit pour le passage des bateaux, il serait facile de régler le niveau des eaux. La dépense de construction de la digue est évaluée à 0.8 millions de roubles, soit à environ 17 millions ; plus de 7 millions et demi de francs devraient, en outre, être attribués aux riverains en dédommagement de l’invasion des eaux sur leurs terres.
- LA SCIENCE AU THEATRE
- CH AUDIÈRE ÉLECTRIQUE -— CASCADE DE PIERRERIES BAI.I.ET DE BIJOUX
- Dès que les progrès de l’électricité ont été suffisants pour permettre d’obtenir de la lumière d’une lacon pratique et sure, le théâtre du Châtelet a été le premier à installer le matériel nécessaire à sa production : machine à vapeur et dynamos. Plus tard, lorsqu’après l’incendie de l’Opéra-Comique l’éclairage électrique fut rendu obligatoire pour tous les théâtres, une véritable usine fut installée sous la place du Châtelet pour alimenter les deux théâtres municipaux qui se font vis-à-vis. Mais aujourd’hui que les canalisations d’énergie électrique sillonnent Paris, les usines particulières disparaissent et on relie les théâtres à l’usine générale qui alimente le quartier. Il en résulte que ceux-ci n’ont plus le droit d’avoir de chaudières, ce qui est parfois gênant pour certains effets scéniques qui comportent des jets de vapeur. Le cas s’est présenté au Châtelet dans la pièce qu’on joue actuellement: « le Voyage de Suzette »; il y a, à un moment donné, un bateau qui, pour ajoutera l’illusion, arrive en scène en sifflant et laissant échapper des nuages de vapeur. M. Judic, l’un des directeurs de ce théâtre, qui est en même temps un habile électricien, a résolu le problème de la vapeur sans foyer en installant sur son bateau une chaudière chauffée par le courant électrique (fig. a).
- Elle a une capacité d’une cinquantaine de litres et repose sur un bâti en bois facilement transportable; elle est munie de sifflet, sirène, manomètre, enfui tous les accessoires habituels.
- Le fond est percé de 10 trous sur lesquels sont montés des tubes d’environ 0m,55 de long, fermés à l’extrémité supérieure, mais ouverts en bas; on a constitué ainsi une sorte de chaudière tubulaire et la surface de chaulîage est constituée par la surface des tubes. On introduit dans chacun d’eux, à frottement, un cylindre de terre réfractaire entouré d’une spirale en fil de maillechort et recouvert de carton d’amiante, cela constitue ce qu’on appelle une bougie. Les deux extrémités de la spirale aboutissent, sur le bâti, à une prise de courant qui peut être reliée à la canalisation électrique ; dès que le courant passe, le fil, qui offre une grande résistance au passage du courant, est porté au rouge et reste dans cet état aussi longtemps qu’on le désire. Des commutateurs permettent de mettre en service une ou plusieurs bougies, à volonté; au début on les emploie toutes à la fois et chaque bougie consomme 4 ampères, ce qui fait en tout 40 ampères; il faut environ une heure et demie, dans ces conditions, pour obtenir la pression suffisante à l’alimentation du sifflet et de la sirène. Une fois la pression obtenue, et dans l’intervalle des scènes où la vapeur est employée, on l’entretient en laissant seulement une ou deux bougies sur le circuit.
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- ' LA A A TL DE.
- Il est probable que bien d’autres théâtres auront l’occasion d’employer cette chaudière; elle fera maintenant partie du matériel de toute scène bien outillée.
- Dans la môme pièce M. Judic a eu l’occasion d’utiliser le courant électrique d’une autre façon pour donner au spectateur l’illusion d’une cascade de pierres précieuses et il a imaginé à cet effet un dispositif très ingénieux. D’une masse de rochers situés au lointain s’échappe une nappe d’eau, figurée par un rideau en tissu léger contenant des fils de clinquant; des pierreries de toutes couleurs : diamants, topazes, rubis, émeraudes, disséminées sur toute la largeur, semblent tomber du haut de cette cascade qui a 5 mèlres de haut sur 7 de large (lig. 1). Cet
- ellet est obtenu au moyen de 1000 lampes à incandescence colorées qui se trouvent sous le tissu transparent figurant la nappe d’eau. Elles sont fixées, l’une au-dessous de l’autre, au nombre de 50, sur 20 barres de bois disposées verticalement les unes cà côté des autres sur toute la largeur de la cascade.
- En allumant pendant un instant et successivement, en commençant par le haut, chaque lampe d’une môme barre, on a absolument l’impression d’une chute de haut en bas. Ces allumages et ces extinctions s'obtiennent au moyen d’un commutateur spécial placé dans la coulisse et que l’on voit représenté à part à une plus grande échelle sur notre gravure.
- Toutes les lampes d’une môme barre sont reliées
- Fig. 1. — La cascade de pierreries dans le « Voyage de Suzette », au théâtre du Châtelet, à Paris.
- à une couronne de plots, disposée sur une planchette, et un frotteur ferme le circuit d’une lampe, quand il passe sur le plot correspondant, mais le coupe aussitôt en passant au plot voisin pour allumer la lampe suivante. Les planchettes sont toutes placées les unes au-dessus des autres et réunies par des traverses ; cet ensemble est solidement attaché à un portant et un axe le traverse au centre de part en part; il porte une manivelle qui permet de lui donner un mouvement de rotation. Sur cet axe on a fixé, au moyen d’un collier, les frotteurs qui amènent le courant sur les plots de chaque planchette. Un comprend que d’après la position où on a calé le frotteur sur l’axe, on peut produire le premier allumage où on le désire, et on a eu soin, pour le cas qui nous occupe, de ne pas commencer en même temps
- par toutes les lampes de la partie supérieure, mais au contraire de varier le point de départ pour chaque barre, afin de produire l’impression de pierres se détachant au hasard du courant de l’eau ; en ajoutant un second frotteur pour chaque planchette, on peut allumer en môme temps en deux points différents de chaque barre. Il suffit de desserrer et de resserrer le collier pour faire varier à volonté le calage des frotteurs, et cette faculté permet de produire des combinaisons multiples comme par exemple de produire des chutes en diagonale, en quadrillé, etc. 11 est à remarquer qu’en changeant le sens de la rotation, on produit l’effet d’une ascension au lieu d’une chute, ce qui pourrait éfre utilisé pour donner l’impression d’un feu d’artilice.
- Afin d’avoir un éclat plus intense, M. Judic a pris
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- LA NAITRE.
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- ï.es bijoux lumineux. I,'équipement électrique des ballerines au foyer de la danse.
- Fig. 2
- des lampes de 75 volts, le courant étant de 110. Cela n’a pas d’inconvénient parce qu’elles ne restent allumées chacune qu’une fraction de seconde; mais comme il pourrait arriver, par suite d’une fausse manœuvre de la manivelle, qu’il y ait un arrêt, il a prévu un interrupteur général que le machiniste tient constamment fermé en tirant sur un fil, mais qui s’ouvrirait de lui-même dès qu’il le lâcherait.
- Ce truc fonctionne parfaitement et a un très grand succès non seulement à Paris, mais à Londres, où l’inventeur a été appelé à l’appliquer récemment au théâtre Drury-Lane.
- Enfin, pour compléter les applications de l’électricité à la féerie, on a monté un hallet dans lequel 60 danseuses portent chacune dix lampes à incandescence disposées sur leur costume et dans leur coiffure. Cela s’est déjà
- fait, notamment à l’Opéra, mais sur un petit nombre de sujets; ici, l’effet est beaucoup plus complet.
- On a formé des groupes qui personnifient chacun une pierre précieuse différente et on a coloré les lampes en conséquence avec des vernis transparents. Il a fallu une certaine recherche pour obtenir l’effet voulu, car la lumière sous le vernis a donné lieu à bien des surprises; on n’est arrivé parfois au résultat voulu qu’en employant des enveloppes en verre dépoli. Les lampes de A volts sont toutes en dérivation sur le circuit d’un petit accumulateur à deux éléments que le sujet porte dans un sac en caoutchouc qui lui sert de tournure (fig. 2). Il y a deux circuits : un pour la coiffure, un pour le costume; tous deux sont reliés à un interrupteur, placé à portée de la main, qui ferme le courant à une première pression
- Fig. 3. — Chaudière électrique du théâtre du Châtelet.
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- LA NATURE.
- pour le couper à une seconde pression et ainsi de suite. A des moments déterminés les soixante danseuses s’illuminent ou s’éteignent; l’effet est des plus heureux. Des fils souples terminés par des bouchons de prise de courant permettent de relier rapidement charpie circuit h l’accumulateur. Ceux-ci sont mis en charge pendant la journée, au moyen d’un tableau de distribution spécial, et toutes les ballerines, un peu avant l’entrée en scène, viennent au foyer se faire équiper, ce qui produit un coup d’œil très curieux.
- On voit que l’électricité est uLilisée sous toutes ses formes au théâtre du Châtelet, et, avec un directeur doublé d’un électricien, il faut nous attendre encore à d’heureuses applications. G. Chai.marès.
- y
- LES DIABLES DE MER
- DANS I.A MÉDITERRANÉE
- Dans ces dernières années, les renseignements sont devenus plus nombreux au sujet des curieux Poissons que Constant Duméril nommait Céphaloptères et de Blainville Raies cornues et que l’on appelle vulgairement Diables de mer, terme expressif justifié par les deux longs appendices dont leur tète est munie, leur bouche terrifiante et leurs dimensions souvent énormes.
- M. Oustalet a donné ici même1 d’intéressants détails sur une espèce du Pacifique particulièrement commune dans le golfe de Californie où elle atteint, paraît-il, jusqu’à 8 mètres et plus d’envergure. Les Céphaloptères, toutefois, na sont pas représentés seulement dans les mers tropicales et des captures récentes ont prouvé que des individus de grande taille pouvaient aussi être rencontrés à peu de distance de nos côtes, dans le bassin méditerranéen.
- Jadis Risso avait bien signalé la capture à Nice d’une raie cornue, ayant o"1,A9 d’envergure. II avait donné à ce Poisson le nom de Cephnloptern Massena, mais il y a tout lieu de le rapporter à l’espèce ordinaire de la Méditerranée, Dicerobatis giorno, Lacépède, appelée « Vac-chetta » à Nice et dont les petits spécimens ne sont pas absolument rares. Depuis lors on n’avait plus mentionné la pèche de très grands individus dans la Méditerranée, lorsqu’il y a trois ans le Muséum d’histoire naturelle de Paris acquit un Céphaloptère pris à quelque distance des côtes des Pyrénées-Orientales, dans la baie de Rosas, en Espagne. Cet animal, montré comme objet de curiosité dans les foires, avait une largeur d’environ 5 mètres.
- Enfin, je viens de recevoir du Dr Champenois d'intéressants renseignements au sujet d’un Poisson péché il y a quelques semaines sur les côtes d’Algérie, à Oran. C’est une Raie cornue de dimensions aussi véritablement extraordinaires. Elle mesure 5m,20 d’envergure, sa longueur est de 4ra,15 sur lesquels les prolongements céphaliques entrent pour 0m,50. Le bord supérieur de la bouche a 0m,75 ; l’épaisseur est de 0m,60 et le poids approximatif de 900 kilogrammes. Cet animal était porteur d’un certain nombre de parasites. Sur son dos, en effet, se trouvaient fixés cinq Poissons, des Rémoras, et il faut croire que la place n’était pas mauvaise pour ces dernière puisque l’un d’eux avait 0™, 70 de longueur. Du reste, c’est un fait maintes fois observé que la fixation de ces curieux Poissons sur les corps flottants ou sur les grands animaux marins (Cétacés,
- 1 Voy. n° 1540, du 1er avril 1800, p. 273.
- Squales, Tortues). Ils y adhèrent au moyen du disque dont leur tête est munie, se faisant transporter au loin sans fatigue, et trouvant une abondante nourriture dans les proies qui échappent à leur hôte. C’est ainsi que dans le cas que je rapporte, tous les Rémoras avaient la tête tournée dans la même direction que le monstre sur lequel ils s’étaient placés pour happer au passage quelques bribes de son festin.
- Sans doute, les Rémoras gênent un peu leur hôte involontaire, mais ils n’apportent pas un fort grand obstacle à sa course et il faut rejeter bien loin les fables que débitaient sur eux les Anciens. Pline leur attribuait, en effet, une force irrésistible. C’est leur faire beaucoup d’honneur et personne aujourd’hui n’irait chercher la cause de l’issue de la bataille d’Actium dans un Rémora arrêtant le navire d’Antoine.
- On voit donc qu’il est possible de rencontrer près de nos côtes des animaux plus ou moins extraordinaires et monstrueux et que des Raies cornues gigantesques, comme d’autres espèces marines curieuses et bizarres, peuvent tomber un jour ou l’autre dans les filets de nos pêcheurs. Dr J. Pf.i.legiun.
- ACTION DE L’ÉLECTRICITÉ
- SUR T,E BROUIIXARI)1
- L'inlluence de l’électricité sur la précipitation de l’humidité atmosphérique est une question qui intéresse vivement les météorologistes ; aussi ne laissent-ils échapper aucune occasion de nature à augmenter la somme de nos connaissances dans cette voie.
- Récemment encore, M. Arthur Marshall, du service chimique de l’Arsenal de Woolvvich, a publié dans le journal anglais Nature, un article dans lequel il étudie cette influence. Les expériences de l’auteur eurent pour théâtre les collines crayeuses du sud-est de l’Angleterre, et portèrent surtout sur les effets produits par l’électricité statique. D’après lui, celle électricité favoriserait la condensation de la vapeur.
- D’autre part, la météorologie nous apprend que les nuages présentent parfois des mouvements d’une nature particulière et très peu expliqués. Souvent, et cela pendant les orages ou les grains orageux, il se produit des mouvements tourbillonnaires autour d’axes horizontaux ou sensiblement horizontaux ; parfois même, des lambeaux de nuages participent à ces mouvements et semblent rejetés loin de l’axe. On a cru voir dans ces tourbillons une cause facilitant la formation de la grêle, etc.
- Ces deux questions nous paraissent connexes, et comme elles intéressent au plus haut degré la mécanique de l’atmosphère, nous nous sommes demandé s’il n’y avait pas moyen d’étudier de plus près l’action de l’électricité sur les nuages ou sur les brouillards, leur composition étant identique.
- On conçoit sans peine la difficulté de pareilles études faites sur la nature elle-même; elles exigeraient la réunion d’une série de conditions quasi irréalisables, ou tout au moins très dangereuses à réaliser. Ascension aérostatique dans une zone orageuse, arrivée à point, * hauteur voulue, etc., per-
- 1 Académie rcn~:.le de Belgique.
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- LA NATURE.
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- mettant d’étudier la nature sur le vif, etc. Il me I paraît certain que si des renseignements sérieux nous parviennent jamais à la suite de semblables observations, c’est que l’heureux observateur aura été favorisé par le plus grand des hasards !
- Aussi ai-je cherché à effectuer des expériences de laboratoire, et voici le dispositif que j’ai adopté pour étudier l’action de l’étincelle électrique sur les brouillards (fig. 1).
- Sur le plateau indépendant H d’une machine pneumatique, je place une cloche en verre C à deux tubulures T et T' ; à l’intérieur de la cloche, sur un support de liège S, est un ballon Y également à deux tubulures latérales t, ? ; ces ouvertures sont obturées par des bouchons en caoutchouc fortement ficelés aux tubulures. Ces bouchons sont traversés par des fils de cuivre p, p' dont on peut rapprocher ou écarter les extrémités. Les tubulures T et T' de la cloche sont aussi fermées par des bouchons en caoutchouc traversés par des tiges en cuivre que l’on relie à l’intérieur de la cloche aux fils de cuivre du ballon. Les parties extérieures des tiges T, T' sont mises en communication avec les pôles d’une bobine d’induction; les parties B, P, I et M de la figure représentent respectivement cette bobine, la pile, un interrupteur indépendant de la bobine et une clé. Yoici comment on opère : on rince le ballon Y à l’eau froide, on le ferme à l’aide d’un bon bouchon de caoutchouc /’, puis on le met dans le circuit comme l’indique la figure; on raccorde ensuite le tube R à une trompe à eau et on fait le vide sous la cloche.
- A un moment donné, sous l’effet de la pression de l’air contenu dans le ballon, le bouchon f se soulève peu à peu, puis saute brusquement. Au même instant cette détente adiabatique de l’air produit un refroidissement tel que le ballon entier se remplit d’un brouillard d’autant plus dense et plus laiteux que l’expérience a mieux réussi. Si alors on arrête l’effet de la trompe en fermant le robinet R, ce brouillard se maintient une minute et demie dans un ballon de la capacité d’un litre. Le plus souvent, un panache de brouillard sort lentement et gracieusement du col du ballon, s’épanouit dans la cloche et disparaît peu k peu ; il en est de même du brouillard qui restait dans le ballon.
- On sait que le brouillard et les nuages de l’atmosphère peuvent résulter d’une condensation par refroidissement direct, d’une condensation par mélange, ou encore d’une condensation par détente.
- Notre façon d’opérer se rapproche le plus de ce dernier mode de formation et nous met dans des conditions analogues à celles de la nature. En effet, quand une masse d’air se trouve entraînée dans un mouvement ascendant, sa pression diminue à mesure qu’elle monte; il en sera de même de l’air du ballon, qui va aussi se trouver bientôt dans une atmosphère raréfiée. Les couches atmosphériques élevées sont refroidies ; le vide fait autour du ballon refroidit aussi l’air ambiant. Si, pendant son ascension, l’air ne reçoit ni ne perd de chaleur, sa dé-
- tente abaissera sa température au point de produire le brouillard ou le nuage. C’est ce qui se produit au moment où le ballon se débouche.
- Cela étant, nous avons cherché à nous rendre compte de l’effet du passage de l’étincelle dans le brouillard. Dès que celui-ci était formé, nous avons fait jaillir une étincelle enp,p' ; il nous suffisait pour cela de fermer et d’ouvrir rapidement la clé M, l’interrupteur ayant été réglé à une marche très lente.
- La première chose que nous avons observée, c’est que le passage de l’étincelle donnait lieu à une disparition rapide du brouillard ; en moyenne, il ne se maintenait plus au delà de dix à douze secondes, et cela avec deux ou trois étincelles seulement.
- Ce brouillard s’évanouissait-il dans l’air ou subissait-il une condensation ?
- Pour nous en assurer, nous avons refait l’expérience de la façon suivante : Nous avons desséché avec grand soin les parois du ballon (lavage à l’alcool, courant d’air sec, etc.), puis, à l’aide d’une pipette, nous avons introduit quelques gouttes d’eau de façon à ne mouiller qu’une toute petite partie du fond du ballon, et nous avons opéré à nouveau avec et sans étincelle. Chaque fois que nous ne faisions pas jaillir l’étincelle, le brouillard se dissipait, absorbé par l’atmosphère, sans laisser aucune trace sur la paroi intérieure -du ballon; au contraire, chaque fois que l’étincelle traversait le brouillard, celui-ci se condensait sur la paroi.
- Nous avons fait et refait ces expériences avec des étincelles de diverses grandeurs, et toujours ces résultats ont été confirmés ; nous en concluons donc : qu’une étincelle au sein d’un espace contenant de la vapeur d’eau, sous forme de brouillard peu intense ou très intense, donne lieu à une condensation rapide et qui précipite en quelques instants une quantité d’eau notablement plus importante que celle qui serait condensée pendant le même temps par une autre cause de condensation.
- Il n’est, je crois, pas téméraire de conclure qu’un phénomène analogue doit se produire en grand dans la nature; au surplus, ne voyons-nous pas, dans tout orage, chaque coup de foudre suivi d’une averse immédiate? On pourrait objecter qu’ici ce sont les gouttelettes composant le nuage orageux qui elles-mêmes sont électrisées et que, l’éclair se produisant, la cause qui s’opposait au fusionnement des gouttes disparaît, et dès lors celles-ci tombent, entraînées par leur propre poids. Mais il n’en est pas moins vrai que, si déjà en petit nous voyons l’électricité produire une condensation aussi rapide, cette action multipliée à l’infini dans les forces colossales que nous voyons parfois en jeu au-dessus de nos têtes, doit singulièrement contribuer au renforcement du phénomène de la précipitation aqueuse.
- Il me reste à attirer l’attention sur le mode de disparition du brouillard, mode qui diffère suivant la longueur de l’étincelle.
- Si l’étincelle a de 5 à 6 centimètres de longueur, il se forme entre les électrodes p, pf (fig. 2, n° 1)
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- LA NAT IRE.
- une zone de condensation qui paraît noire par contraste avec le milieu laiteux environnant ; elle s’étend à 5 ou 4 centimètres au-dessus et à 1 ou 2 centimètres au-dessous de l’horizontale joignant En suivant le phénomène avec attention, on constate un remous intense dans toute cette zone, sans orientation principale bien déterminée.
- Ce remous est bientôt arrêté par le brouillard ambiant qui semble venir combler les lacunes produites par une première précipitation.
- Si on localise les effets de l’étincelle en réduisant sa longueur à lcm,5 ou 2 centimètres (fig. 2, n° 2), la zone de condensation augmente de hauteur et prend la forme d’une flamme de bec papillon. Le brouillard disparaît rapidement, comme toujours en commençant par le haut du ballon, et la partie restante diminue en se stra tifiant.
- Si l’on fait jaillir une étincelle quand le brouillard a dépassé de 1 à 2 centimètres la ligne de pôle p, p' (fig. 2, n" 3), on voit au même instant se produire deux proéminences qui s’approchent des points de cuivre, tandis que l’espace intermédiaire est assez fortement déprimé.
- C’est dans cet espace que le brouillard disparait en premier lieu; parfois on n’y voit déjà plus rien, si ce n’est qu’en m et en n, près des parois du ballon, llottent encore quelques débris filamenteux blanchâtres. Lorsqu’on réduit l’étincelle à environ 0,m,8 (fig. 2, n° 4), il se forme du côté supérieur trois zones de refoulement bien marquées. Je ne puis mieux les comparer qu’à l’aspect d’un
- trèile dont la feuille du milieu aurait un développement exagéré. Le refoulement est intense, vif et s’étend jusqu’à 6 et 8 centimètres de hauteur; on
- voit en même temps un tourbillonnement bien caractérisé dans la direction du déplacement. Parfois même, des lambeaux de buée sont projetés au dehors de la sphère d’action.
- Enfin, si l’on rapproche encore les pointes p, // jusqu’à réduire l’étincelle à 2 ou 3 millimètres, celle-ci n’est plus alors qu’un petit trait de feu. La condensation dans ce cas est rapide, et, au moment où l’étincelle jaillit, il se produit un refoulement radial en tous les sens et qui donne lieu à un violent remous dans toute la masse.
- Tout ceci ne nous représente-t-il pas en petit des mouvements tourbillonnaires analogues à ceux que l’on observe en météorologie et que j’ai signalés dans les premières lignes de cet article? Il va de soi que l’aspect des différents phénomènes que je viens de décrire n’est pas stéréotypé pour chaque expérience, et cela se conçoit : trop de causes secondaires et variables interviennent. Mais en refaisant les essais un nombre suffisant de fois, on peut acquérir assez d'habileté dans le maniement des différentes parties de l’appareil pour reproduire presque à volonté telle ou telle phase. Inutile d’ajouter que l’analyse nette du phénomène demande une éducation préalable de l’œil et exige surtout un œil vif et prompt à percevoir. Vandf.yyver.
- Chargé île cours, à l’Université de Gand.
- Fig. 2. — Résultats des expériences.
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- LA N ATI’R K.
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- STALACTITES DE FORMATION ACTUELLE
- On m’a récemment apporté, à mon laboratoire du Muséum, de curieux échantillons parmi lesquels se trouvent les spécimens représentés dans les ligures jointes à cet article. Ce sont de vraies stalactites tout à fait comparables à celles qu’on rencontre dans beaucoup de grottes et de cavernes, mais qui sont spécialement remarquables par leur élégance et par leur fragilité et bien plus encore par les singulières circon-
- stances dont s’est entouré leur mode de formation.
- Tout le monde connaît les stalactites et, quand on n’en a pas admiré soi-mème dans la nature ou dans les musées, on en a du moins vu des photographies ou des images. On sait que ce sont des colonnes pierreuses qui descendent du plafond de certaines cavernes et qui, par leur groupement, arrivent souvent à donner aux galeries souterraines des ressemblances avec les cathédrales gothiques. C’est au point qu’on a pu se demander si, à l’égal des grandes forets majestueuses, certaines grottes à
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- Fig. 1. - Stalactite produite dans une cave de la gare Montparnasse Fig. 2. — Stalactite tubuleuse avec gonflement
- de 1863 à 1899.
- 12/3 de la grandeur naturelle.)
- stalactites n’ont pas été les inspiratrices de cette architecture incomparable.
- Le mécanisme de production de ces pittoresques accidents est bien connu. C’est toujours au sein des roches calcaires qu’on les rencontre et il n’y a aucun doute que ces roches nourrissent les stalactites auxquelles elles fournissent leur propre substance. L’agent actif dans la production c’est l’acide carbonique dissous dans les eaux d’infiltration dérivant de la pluie : cet acide mord sur le calcaire qu’il traverse, en fait du bicarbonate de chaux, soluble dans l’eau. La solution, ainsi produite, s’en va à travers le sol jusqu’à ce qu’elle rencontre une cavité
- creux spliéroïdal produite avec la précédente dans la cave de la gare Montparnasse. (2/3 de la grandeur naturelle.)
- où son évaporation puisse se faire en tout ou en partie. Généralement, c’est au toit d’une grotte ou d’une caverne que cette condition se réalise : la goutte liquide, retenue sous la roche, laisse dégager son acide carbonique, le carbonate de chaux se reconstitue et, comme il est insoluble, il cristallise en un petit anneau qui est comme le germe de la stalactite. Les gouttes qui se succèdent grossissent le dépôt du début qui peu à peu s’allonge et grossit tout en conservant dans son axe le canal d’arrivée de l’eau.
- Formée ainsi, la substance calcaire est nécessairement pure de matières charriées et ce qu’on peut y
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- trouver tout au plus ce sont des substances colorantes et surtout du carbonate de fer qui la nuancera de jaune et de rougeâtre, ou quelques composés analogues de ton plus ou moins verdâtre. Aussi est-elle souvent très belle et sous le nom d’« Onyx », très recherchée pour l’ornementation.
- Ordinairement, la concrétion d’une stalactite ne va pas sans que quelques gouttes du liquide générateur tombe sur le sol et y constitue peu à peu une excroissance qui grandit de bas en haut à la rencontre de la stalactite; c’est la stalagmite et, au bout d’un temps suffisant, la stalactite et la stalagmite s’étant soudées l’une à l’autre, composent une sorte de colonne qui semble soutenir la voûte d’où elle est sortie. La matière stalactitique forme en même temps un recouvrement général du sol, empâtant les galets et les autres objets qui peuvent s’y trouver dispersés : il en résulte des « brèches » qui ont été d’un puissant intérêt, en nous conservant par exemple des os d’animaux disparus et même des squelettes entiers d’hommes fossiles associés aux armes, aux outils, aux œuvres d’art dont nos premiers ancêtres ont été les auteurs.
- Eh bien, tous les caractères essentiels des stalactites ordinaires sont reproduits dans les spécimens que nous signalons aujourd’hui; et il n’y aurait même pas lieu de s’y arrêter si ces objets ne s'étaient produits dans des conditions tout à fait exceptionnelles. Ce n’est pas, en effet, d’une caverne qu’on les a extraits, mais d’une espèce de cave dépendant de la gare Montparnasse où ils s’étaient formés dans un temps remarquablement court.
- D’après la note qui m’a été très obligeamment remise en même temps que les échantillons par M. E. Bossu, ingénieur principal honoraire de la Compagnie de l’Ouest, voici comment les choses se sont passées : les sous-sols où la découverte a été faite, étaient d’anciennes remises à omnibus, installées dans le fond de la cour d’arrivée lors de la construction de la gare, en 1848-49. Dans ce temps-là, le service des voyageurs se faisait au niveau du boulevard, et ce n’est qu’en 1863 qu’il fut reporté au niveau des voies. Cette modification nécessita le remblaiement des cours de départ et d’arrivée et, comme détail, le comblement des remises à omnibus.
- Les choses restèrent ainsi jusqu’en 1899, époque où de nouveaux aménagements, à peine terminés aujourd’hui, amenèrent l’ouverture d’un passage souterrain, destiné aux fourgons du service de la poste, précisément sur l’emplacement de ce s mêmes remises. C’est en procédant à l’ouverture de ce passage qu’on s’est trouvé en présence d’une miniature de caverne établie entre le remblai et l’ancien plafond, et présentant encore plus de 500 stalactites en place, à coté d’un nombre beaucoup plus grand d’autres, que les coups de pioche avaient fait tomber.
- Pour bien comprendre la genèse, dans le court intervalle de trente-six ans, de ces remarquables objets, il faut noter que le remplissage du sous-sol n’avait pas été complet : il restait un espace assez
- large, au-dessus du talus de terre et sous le plafond, qui montrait des traces très évidentes de la corrosion qu’il avait subie de la part des eaux venant de la surface. La chaux de son mortier avait été attaquée et en grande partie dissoute, et peut-être la puissance chimique du liquide s’était-elle trouvée augmentée par sa composition spéciale.
- En effet, la remise devenue caverne à stalactites, se trouvait sur le point bas de la cour des voyageurs construite en 1863 à la hauteur des voies. Les eaux de pluie y convergeaient donc et avec elles toutes les eaux de surface, fortement mélangées de l’urine des chevaux stationnant presque constamment dans la cour. Les matières animales ainsi entraînées ont agi certainement d’une manière très efficace sur les substances minérales et provoqué un développement exceptionnellement rapide des stalactites.
- Celles-ci se signalent par leur grande friabilité, leur structure presque feuilletée et leur densité très faible. Quand on en dissout un fragment dans de l’acide chlorhydrique, on constate que le gaz dégagé a une odeur organique très nette. De même, un fragment chauffé au rouge sur une lame de platine noircit et témoigne ainsi la présence dans sa masse de substances autres que le carbonate de chaux.
- Ces faits sont d’autant plus intéressants à noter, qu’ils comportent des applications à plus d’un phénomène naturel. Sta.ntsi.as Meexiett.
- DOUBLES FENÊTRES
- Les habitants duNord, quand ils viennent à Parisen hiver, ne manquent pas de dire qu’il fait plus froid dans nos maisons que dans les leurs. Il fait effectivement plus froid, parce que nos appartements sont mal défendus contre l’abaissement de la température. Les grands froids sont rares à Paris et l’on élève nos constructions en conséquence. A vrai dire, on a tort, car une maison bien construite nous ferait faire de grandes économies de combustible. Mais ici, c’est généralement le locataire qui paye le charbon et le propriétaire a tout avantage à ne pas rendre sa maison onéreuse à établir. Aussi, quand le thermomètre descend au-dessous de zéro, on gèle en commun. Je connais une maison neuve où un thermomètre, placé sur le mur d’une chambre, descend à vue, d’œil malgré le feu de cheminée, aussitôt que la température extérieure baisse un peu rapidement. 10° dehors, 14° dedans; 0° dehors, en huit heures 7° à l’intérieur. Le lendemain, 5° à l’intérieur. Et ainsi les températures extérieure et intérieure tendent à s’égaliser. On appelle cela des maisons. A l’étranger, on se défend sérieusement contre le froid. Murs épais et fenêtres doubles. La fenêtre double est très bonne protectrice et contre le froid et contre la chaleur. Un physicien bien connu, M. Henri Dufour, de Genève, vient de publier à cet égard quelques chiffres intéressants1 sur les effets produits par les doubles fenêtres dans les appartements.
- Trois thermomètres furent disposés en hiver, le premier à l’air libre, à 6 centimètres d’une fenêtre située à l’ouest, le second entre les deux fenêtres, à 4 centimètres de la fenêtre intérieure, le troisième au milieu de la
- 1 Archives des Sciences physiques et naturelles, octobre.
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- chambre. L’intervalle entre les deux fenêtres était de 21 centimètres. Le petit tableau ci-dessous, qui résume les observations faites par des temps très divers pendant les hivers de 1900 et de 1901, fait toucher du doigt l'influence des doubles fenêtres :
- Extérieur Entre les fenêt. DifTér. Inlér.
- — 5®,8 calme -+- 3° 6°,8
- — 5° bise modérée + 2° <>“,() 13°
- — 8° bise forte -+- Ô°,7 8®, 7 11®
- — 5° bise forte -r 5°,5 8°,!i 1.3°
- — U°,7 calme + 3° 5°, 7 11°
- Les différences atteignent (i° à 7° par temps calme et
- s’élèvent à plus de 8° lorsque l’air extérieur est violemment agité. Aussi l’interposition d’une couche d’air de 20 centimètres entre deux vitres suffit pour empêcher très sensiblement le refroidissement. On le savait bien déjà, mais peut-êlre ne se faisait on pas une idée de l’action vraiment grande de ce double abri. On ne l’aurait pas en tout cas exprimée par des chiffres aussi élevés. ___^_____ Fi.amei..
- L’ART I)E DONNER
- DES NOTES NUMÉRIQUES
- Il règne la plus grande .variété dans les établissements scolaires pour la façon de noter en chiffre la valeur des compositions ou des examens oraux. Dans beaucoup de lycées de province, on cote encore, suivant la vieille méthode, de 0 à 6, avec la correspondance suivante : 6 très bien, 5 bien, 4 assez bien, 3 passable, 2 médiocre, 1 mal, 0 nul. Dans certains couvents de filles, les notes vont de 0 à 7, avec 7 pointé et 7 doublement pointé pour les cas de perfection. Dans les maisons de la Légion d’honneur et dans quelques établissements scolaires libres, on note de 0 à 10 pour les leçons et de 0 à 20 pour les devoirs et les compositions. Enfin, dans les grandes écoles du gouvernement, on s’est rallié depuis longtemps à l'échelle de 0 à 20, qui est adoptée pour Saint-Cyr, Polytechnique, Navale, l’Ecole supérieure de guerre, etc. Elle tend à se généraliser de plus en plus et le jour n’est peut-être pas loin où elle sera seule usitée.
- Cette échelle, de 0 à 20, offre cependant des inconvénients que connaissent ceux qui sont passés par les grandes Écoles. Tous les examinateurs n’en font pas le même usage. Tel d’entre eux note trop bas, ne dépassant pas le plus souvent le chiffre 15; tel autre cote trop haut, allant rarement au-dessous de 7 ; un troisième se maintient presque toujours dans les régions moyennes; enfin, il en est qui s’étendent aussi largement que possible, de 0 à 20. Ces derniers, établissant, de la sorte, de plus grandes différences sur la matière qui leur est dévolue, parviennent ainsi à donner à cette matière plus d’importance. L’indécision, qui résulte de l’emploi de l’échelle de 0 à 20, est tellement évidente que, lorsque un candidat passe un examen public, les auditeurs peuvent se trouver d’accord sur la façon dont l’examen doit être qualifié, mais varient généralement d’avis quand il s’agit de dire la note numérique qu’il obtiendra. Si l’examen est supérieur, on hésitera entre 15, 16, 17, 18 ou 19; s’il est moyen entre 12, 13 et 14; s’il est inférieur l’hésitation sera encore plus forte. Pour quelle raison l’indécision est-elle aussi grande lorsqu’il s’agit de traduire en chiffre l’impression que laisse un examen? Cela résulte évidemment de ce que, pour une semblable traduction, on demande à l’esprit de l’examinateur de résoudre un problème d’une extrême difficulté. Il ne s’agit, en effet, de rien moins que de tenir compte de la distance qui sépare l’examen de la nullité 0 et de celle qui le sépare de la per-
- fection 20 pour déterminer le chiffre qui doit être appliqué. Or, c’est là un problème d’une telle délicatesse que bien peu d’esprits sont susceptibles de le résoudre. La longue étendue, qui sépare les limites extrêmes 0 et 20, a pour effet de rendre la difficulté d’autant plus considérable.
- Après avoir mûrement réfléchi à cette question, nous croyons avoir découvert un procédé qui permettrait de traduire l’examen en chiffre avec plus de facilité et avec plus de justesse. Voici en quoi il consiste : Au lieu de demander à l’examinateur d’établir une proportionnalité pleine d’incertitude, nous nous bornons à lui poser cette triple question à laquelle il lui sera facile de répondre : L’examen est-il supérieur, moyen ou inférieur? L’esprit humain n’éprouvera évidemment aucune difficulté pour se décider entre ces trois alternatives qui répondent à trois cas essentiellement naturels. Supposons maintenant que la réponse ait été faite et qu’elle se rapporte, par exemple, au cas où l’examen est jugé supérieur. On devra alors se décider entre trois degrés de cette supériorité en répondant, de même que précédemment, à cette triple question : s’agit-il d’une supériorité au-dessus de la moyenne, moyenne ou au-dessous de la moyenne ? Cette seconde réponse ayant été faite, la note numérique s’en déduit immédiatement. On admettra, en effet, qu’un examen supérieur corresponde avec ses trois degrés aux trois nombres 9, 8 et 7, l’examen moyen à 6, 5, 4 et l’examen inférieur à 3, 2, 1. Dans le cas de nullité et dans celui de perfection, pour lesquels il n’y a place à aucun doute, on donnera respectivement 0 ou 1(1. Nous soumettons la question aux professeurs et examinateurs en l’expérience desquels nous avons pleinement confiance. —><>« Dei.atnf.y.
- INDICATEUR DE AITESSE
- CHEMIN UE FER I)U MIDI
- On se sert depuis quelque temps sur les chemins de fer du Midi d’un « indicateur de vitesse », installé sur la locomotive, qui nous parait intéressant. Sur le chemin de fer, il empêche le mécanicien d’augmenter la vitesse au delà d’une limite fixée d’avance. La ligne peut être défectueuse et il y a nécessité de ne pas dépasser une vitesse réglementaire convenable. Dans ce cas, l’indicateur de vitesse est très utile. Celui qui fonctionne en ce moment non seulement révèle la vitesse du train, mais il la règle automatiquement.
- En effet, sa principale fonction consiste à mettre les freins en action aussitôt que la vitesse maxima autorisée est dépassée. Le système employé est la simplicité même. Une petite pompe centrifuge, mise en mouvement par l’un des essieux de la locomotive, refoule de l’eau puisée dans le tender sous un petit piston sur lequel s’exerce normalement la pression d’un ressort à boudin. Plus la pompe tourne vite, plus l’eau agit sur le piston et comprime le ressort antagoniste.
- Les mouvements du piston se marquent sur un appareil enregistreur. Lorsque la vitesse limite est atteinte, le piston, en agissant sur le ressort trop tendu, déclenche un mécanisme ingénieux relié à la conduite du frein Westinghouse, laquelle laisse échapper une partie de son air, ce qui permet aux triples valves de fonctionner et de mettre en action les sabots des freins. Dès lors, la vitesse du train est ramenée à son chiffre ordinaire, que le mécanicien le veuille ou ne le veuille pas. Le dispositif est ingénieux et pourra recevoir des applications utiles même en dehors des chemins de fer. J.-F. G.
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- LA NATURE.
- AU COLLÈGE DE FRANCE
- EN b’HONNEUR RE M. MAREY
- Il y a juste un an, avait lieu, sous la présidence du Directeur de La Nature, le dîner Scientia en l’honneur de M. Marey. On fêtait les noces d’or de l’éminent physiologiste français. A la suite de ce banquet, les nombreux confrères, amis et élèves du Maître, décidèrent de lui olîrir un souvenir durable de leurs sentiments de sympathie, de reconnaissance et d’admiration. Un Comité se forma sur l'heure pour réaliser ce projet; et comme l’amitié est souvent ingénieuse, M. le I)r Paul Richer mit aussitôt à sa disposition son grand talent et se chargea de graver une médaille commémorative. Nous reproduisons ci-dessous les deux faces de cette jolie œuvre d’art.
- Plusieurs mois se passèrent et ces jours derniers nous recevions tous la lettre de convocation suivante :
- « Monsieur, nous avons l’honneur de vous informer que la médaille destinée à M. le professeur Marey, de l’Institut, et pour laquelle une souscription a été ouverte au mois de février dernier, est maintenant terminée.
- « Cette médaille sera remise à M. Marey dans une réunion qui aura lieu au Collège de France (salle 6) le 19janvier, à 10 heures du matin, sous la présidence de M. Leygues, ministre de l'Instruction publique et des Reaux-Arts.
- « Nous vous prions de bien vouloir honorer cette réunion de votre présence.
- « Les membres du Comité : MM. d’Arsonval, Rrouardel, Chauveau, François-Franck, Hallion, Labbé, Angelo Mosso, Henri de Parville. Le trésorier ; P.-V. Masson. »
- Tel a été le prologue de la cérémonie très simple, mais très belle du Collège de France.
- M. Gaston Paris, administrateur général du Collège, par un sentiment délicat, avait précisément mis à la disposition du Comité, pour fêter un physiologiste, le grand amphithéâtre de médecine illustré par les travaux célèbres de Claude Bernard. La salle était ornée de tentures rouges et d’arbustes verts. Les chaises de l'hémicycle avaient été remplacées par des fauteuils rouges bordés d’or. Et du haut
- en bas de l’amphithéâtre, tout ce qui possède un nom était là, tenant par sa présence à rendre un hommage à celui qui a bien mérité de la science et du pays. La grande salle était pleine.
- A 10 heures le Ministre entrait et, accueilli par des témoignages de satisfaction, ouvrait la séance. A sa droite étaient assis M. Marey, puis MM. Gaston Paris, François-Franck, Liard et d’Arsonval; à sa gauche M. Berthelot, lui aussi professeur au Collège de France, M. Chauveau, M. Darhoux, M. Albert Gaudry; puis un peu de tous côtés dans l’hémicycle MM. Mascart, Moissau, Cailletet, Lœwy, colonel Laussedat, Violle, Lannelongue, Guyon, Guignard, Labbé, llautefeuille, Troost, Maurice Lévy, Gariel, Ch. Richet, Dastre, Hallopeau, Hallion, Oustalet, Gley, etc. Académiciens, professeurs, représentants de l’Université, du Muséum, des Sociétés Savantes.
- Tous étaient au • rendez-vous.
- Le Minist re donna d’abord la parole à l’Administrateur du Collège de France. Il était juste que lui, le premier, fît l’éloge d'un professeur du Collège de France. Et comme il a parlé de Marey avec une grâce et un charme exquis ! M. Gaston Paris est un charmeur, on le savait bien déjà, mais on le saura s’il est possible encore mieux désormais. Il a mis tout son cœur dans cette allocution touchante. Et les applaudissements ont éclaté, quand les deux amis se sont jetés spontanément dans les bras l’un de l’autre.
- « Je suis heureux, a dit en commençant M. Gaston Paris, de répéter à M. Marey, au nom de tous ses collègues, combien ils sont fiers de lui, combien ils lui sont reconnaissants de l’éclatqu’il a ajouté à l’antique lustre du Collège de France, et de lui dire surtout combien ils l’aiment. » Il rappelle que Marey, après avoir été suppléant de Flourens dans la chaire d’histoire naturelle des corps organisés fut nommé professeur titulaire dès le 4 août 1869. « Vous avez fait ici, a dit M. Gaston Paris, l’exposé simple et lumineux, à la fois familier et rigoureux, de ces belles théories, de ces observations pénétrantes qui ont vraiment créé une science nouvelle qu’on peut appeler la mécanique organique.
- « Votre conception de l’unification des mesures d’enregistrement des phénomènes physiologiques
- Fig. 1. — M. Marey dans son laboratoire.
- IAvers de la plaquette.) —(Grandeur exacte : longueur, O'VXÎÔ; hauteur, O^O.IO.)
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- LA NATlLL.
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- rendra, je ne crains pas de le dire, quand elle sera réalisée, un service de premier ordre non seulement à la science, mais à l’humanité, car elle l’aidera efficacement à mieux se connaître dans le fonctionnement de sa vie physique et psychique, et par là à se rendre de plus en plus capable de diriger ses destinées et de favoriser consciemment son évolution vers le mieux.... Comme j’ai commencé, je veux finir. Nous vous admirons tous, mais surtout nous vous aimons. »
- Après M. Caston Paris, M. le I)1 François-Lranck. M. Franck a été l’élève de M. Marey, il est aujourd’hui son suppléant dans la chaire du Collège de France. 11 a retrace' avec beaucoup de relief la carrière si remplie de son maître; il l’a fait avec une habileté qu’il nous sera permis de louer, car l’œuvre est immense, et sans choisir, il est parvenu à tout dire ou à peu près, dans un discours de quelques minutes, d’une sobriété expressive et d’une belle ordonnance.
- 11 a suivi M. Marey depuis les recherches entreprises dans le vieux Grenier de Molière, rue de l’Àncienne-Comé-die, jusqu’aux derniers travaux du Parc des Princes, depuis les premiers appareils enregistreurs jusqu’à la méthode chrono-photographi-que... sans oublier dans ce grand ensemble l’aviation, les ballons et le problème de la navigation aérienne. M. Franck possède l’art de bien dire; il lit merveilleusement, sans effort, nettement, comme s’il parlait dans un salon, et la voix porte très loin. Aussi son bel exposé des travaux de Marey lui a-t-il valu les nombreux applaudissements de son auditoire.
- M. Chauveau a eu un bien grand succès. Très originale, très fine celte allocution à son vieil ami. il y a quarante ans que dure leur amitié, quarante ans qu’ils ont collaboré à leur œuvre commune. Ils ne se connaissaient nullement au début de leur carrière. Marey habitait Paris, Chauveau était à Lyon. Marey écrivit un jour à Chauveau. Les lettres s’en-tre-croisèrent. L’imagination aidant, chacun d’eux se lit un portrait de l’autre à distance. Il doit être grand, à longs cheveux et un peu suffisant, se disait Chauveau à Lyon. Il doit être petit, blond, et un peu provincial, pensait Marey en lisant la lettre de Chauveau. Un jour vint où Marey alla à Lyon. Douces
- illusions! Chauveau n’était pas blond, ni petit, ni provincial. Marey avait les cheveux courts, il n’était pas présomptueux, mais au contraire modeste et affable. Les deux jeunes gens se plurent, et depuis cette époque lointaine, ils n’ont cessé de se voir et de s’aimer.
- M. Chauveau a insisté quelque peu sur les travaux qui furent poursuivis en commun et surtout sur le caractère de son collaborateur, ce caractère aimable, affable, qui lui a valu tant d’amis partout où il a passé. Il a été si bon, si accueillant toujours ! M. Chauveau a eu plusieurs phrases heureuses, plusieurs pensées élevées dans son allocution souvent touchante. Si Marey s’est montré sans cesse homme de cœur dans son existence, son collaborateur a partagé avec lui ce privilège, vertu suprême, la bonté. A ces vieux souvenirs qui remontent presqu’à un demi-siècle,
- l’auditoire tout vibrant d’émotion a salué de ses bravos répétés le grand physiologiste.
- M. Leygues s’est levé à son tour et se tournant vers M. Marey :
- « Messieurs, a-t-il dit, l’homme est simple et bon et le savant est illustre.
- « Le monde entier l’honore et la science française le compte parmi les maîtres qu lui font le plus d’honneur.
- (( L’œuvre de M. Marey est unique en son genre et elle est illimitée dans tous les résultats qu’elle a déjà atteints.
- « M. Marey a entrepris de corriger les défectuosités de nos sens pour découvrir les vérités et de parer à l’insuffisance du langage pour exprimer ces vérités lorsque nous les avons acquises.
- « Redresser les erreurs de la vue, de l’ouïe et du toucher, prétendre donner à ces sens une acuité et une précision que la nature leur avait refusées, cela semblait tenter l’impossible.
- « M. Marey a atteint son but en créant la méthode graphique qui permet de surprendre, d’observer et de lixer la marche, le jeu et le rythme des forces les plus capricieuses et les plus subtiles et d’expliquer en quelques traits lumineux les phénomènes les plus obscurs de la vie.
- « Mode de recherche d’une puissance et d’une sûreté incomparables, moyen d’expression qui arrive à l’évidence mathématique, la méthode graphique a
- Fig. 2. — M. Marey, membre de l’Institut, professeur au Collège de Fiance. (Face de la plaquette.)
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- LA NATURE.
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- reculé pour ainsi dire à l'infini les frontières du savoir humain.
- « Les études sur la circulation du sang, sur la locomotion terrestre, sur la marche de l’homme et des animaux, sur la navigation, sur les marées, sur l’aérostation, sur le vol des insectes et des oiseaux, sur le mouvement dans les fonctions de la vie, entourent d’une auréole de gloire le nom de celui qui nous les donna.
- « Je prie Monsieur Marey, au nom du gouvernement de la République, dont je suis ici le représentant, d’agréer l’hommage de sa reconnaissance et de sa respectueuse admiration. »
- On ne pouvait mieux dire. Le Ministre, au nom du Comité, a remis à M. Marey, dans sa gaine élégante, la belle plaquette de M. Paul Richer. M. Chauveau, comme président du Comité, priait en même temps M. Leygues et M. Liard d’accepter pour eux, en souvenir delà cérémonie, un exemplaire de la plaquette.
- M. Marey, très ému, a serré les mains du Ministre et l’a remercié en termes heureux ; il a non moins remercié ses collègues, ses amis, et en particulier MM. Paris, François-Franck, Chauveau, du grand honneur qui lui était fait. Puis il a repris pour son compte l’historique de quelques parties de ses études. Mais il n’a pas dissimulé que la méthode graphique s'était heurtée à des difficultés à mesure qu’elle grandissait. Chaque pays avait ses instruments, adoptait ses mesures spéciales, si bien que personne ne pouvait plus se mettre d’accord et profiter des travaux en cours d’exécution. Il y avait nécessité de réorganiser les recherches sur un plan unique. C’est pourquoi, sur l’initiative de M. Marey, le Congrès de 1900 a décidé de créer à Paris même, à l’instar du Bureau des poids et mesures, un Bureau international de contrôle des instruments enregistreurs et de l’unification des mesures. L’institution nouvelle est fondée; les bâtiments sont construits. L’Association internationale des Académies appréciant h sa valeur le rôle de la fondation, a bien voulu l’assurer de son concours moral et matériel. Un peut espérer que le gouvernement français participera de son côté à cette œuvre importante et assurera les services de l’établissement du Parc des Princes. « Alors, dit en terminant M. Marey, je serai réellement heureux et je considérerai que j’ai l’ait quelque chose d'utile à mon pays. »
- En même temps qu’on applaudissait M. Marey, arrivaient de tous côtés lettres et dépêches de félicitations. Télégrammes de Mosso de Turin, de Solvey de Bruxelles, de Brissaud en ce moment à Pau, de Luciani de Rome, de Gavazzini de l’Institut physiologique de Ferrare, de Hitzig de Halle, de Sharrington de Liverpool,de Paladino de Naples, d’Albini de Naples, de Cari Voit de Munich, etc. Cette matinée du 19 janvier, présidée par le Ministre de l’Instruction publique, laissera parmi nous un grand et réconfortant souvenir. Un pays qui respecte et honore hautement ses savants est un pays qui tient toujours son rang dans le monde. IIexri de Parvilek.
- CHRONIQUE
- Les amas «le matières soumises à la gravitation dans l'univers. — Dans la section ma thématique et physique de la British Association lord Kelvin a développé une théorie transcendante de la quantité de matière soumise à la gravitation en chaque région de l’uni vers. Ne pouvant exposer ici cette belle page de philosophie mathématique, nous nous bornerons à en rapporter les conclusions. D’après l'état actuel de nos connaissances, l’hypothèse la plus probable c’est qu’il y a des millions de millions d’années, toute la matière contenue dans l’univers se composait d’atomes en repos ou presque en repos, plus nombreux dans certaines régions que dans d’autres, et d’une densité moyenne infiniment petite à travers l’immensité. La densité croissant dans certaines régions et diminuant dans d’autres, il s'est constitué des espaces presque absolument vides d’atomes. Dans diverses parties de chaque amas d'atomes ainsi isolés, la condensation s’est opérée par mouvements lents dans* des directions généralement divergentes, jusqu’à ce que la densité ait atteint environ un millionième de la densité de notre atmosphère actuelle. A ce moment des collisions se sont produites. Chacune d’elles a déterminé dans l’éther des systèmes d’ondes, dssséminant l’énergie dans l’espace. L’énergie ainsi dissipée, il s’est formé de grands amas d’atomes condensés dans la condition de nos gaz en équilibre sous l’influence de leur seule gravité, tournant sur eux-mêmes comme notre soleil ou se mouvant à une vitesse modérée comme dans les nébuleuses spirales. Par le refroidissement les atomes forment successivement les corps et en dernier lieu les météorites. Nous voilà revenus, au vingtième siècle, à considérer les atomes comme l’origine de toutes choses, théorie très semblable à celles de Démocrite, d’Epicure et de Lucrèce.
- Wagons-lits pour tramways. — On avouera que c’est là une nouveauté s’il en fut jamais, les tramways n’ayant généralement pas des parcours assez longs pour légitimer l’existence d’un semblable matériel. Cette idée va être mise en pratique aux Etas-llnis, enlre Columbus et Cincinnati, et empressons-nous de dire qu’il s’agit là d’un parcours de six heures, qui ne se fait que partiellement dans des agglomérations urbaines.
- Les grands ponts de New-York. — fout le monde connaît de réputation le fameux et gigantesque pont de Brooklyn, qui relie le faubourg de ce nom à New-York : depuis vingt années ce pont rend les plus précieux services, et le petit accident qui en a interrompu partiellement l’usage, ces temps derniers, est dû simplement à un manque d’entretien. Mais il est loin de suffire à assurer les relations enlre New-York et ses faubourgs. On a donc commencé d’en édifier un autre dit d’East River, qui sera encore plus gigantesque que le [>récédcnt, puisque sa travée centrale aura une portée de 488 mètres. Pendant que l’on construit ce nouvel ouvrage, on en a dressé les projets d’un second, également destiné à franchir l’East River et qui, lui aussi, sera un pont suspendu : sa travée centrale aura encore une longueur respectable de 440 mètres, et son développement total atteindra 964 mètres entre les ancrages; il donnera passage à quatre lignes de tramways et à deux voies ferrées proprement dites.
- Le chemin de fer ik crémaillère deNilgiri. —
- Cette voie, qui escalade dans l’Inde la montagne de Nil-giri, et tjui dessert les villes importantes de Ootacamund (la résidence d’été des' fonctionnaires de Madras), de
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- LA NATURE.
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- Coonor, de lvotageri, de Wellington, est remarquable d’abord parce que c’est la première ligne à crémaillère de l’Inde, et aussi parce qu’elle a un développement de !27 kilomètres. Elle s’élève de près de 1500 mètres depuis son point de départ, Mettapollium, sur le « Madras Rail-vvay » ; et comme il faut faire abstraction, au point de vue des fortes rampes, des premiers 7 kilomètres, qui sont à simple adhérence, on trouve sur le reste de la voie des pentes qui atteignent en moyenne 1/12,5. La moitié au moins du tracé est en courbes, il comporte 25 grands ponts, llo petits, et plusieurs d’entre eux coïncident avec des courbes fort raides. La crémaillère est du type À ht et elle porte comme les rails sur des traverses en bois.
- Le personnel d’un navire moderne. — On a
- donné récemment un chiffre bien curieux et bien caractéristique sur les progrès faits depuis une cinquantaine d’années dans la navigation maritime, en montrant combien cette navigation demande aujourd’hui un personnel moins important que jadis. En effet, on comptait vers 1854 que pour 100 tonneaux de jauge, il fallait 7,09 boulines d’équipage : cela constituait ce qu’on peut appeler le coefficient de l’équipage. Actuellement, ce chiffre est descendu à 5 1/2, ce qui veut dire que, pour un navire d’un tonnage donné, grâce à l’adoption de la machine sous toutes ses formes, il faut moins de la moitié de la main-d’œuvre qui était nécessaire il n’y a pas cinquante ans.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 janvier 1902.
- Présidence de M. Bouquet de l.\ Ouïe.
- Le nivellement général de la France. — M. le secrétaire perpétuel Darboux présente un rapport sur les travaux du service général de la France pendant les années 1899 et 1900, dressé parM. Ch. Lallemand, directeur de de ce service. 11 résulte des renseignements fournis par l’auteur que le réseau des lignes de nivellement de 1er et de 2e ordre mesure près de 50 000 kilomètres de développement. Les mesures concernant ces réseaux sont actuellement terminées et les résultats en sont en grande partie publiés. Le réseau du 5e ordre qui mesurera 15 000 kilomètres est au tiers de son exécution. La compensation générale du réseau du 1er ordre est venue apporter une confirmation de l’identité du niveau moyen des mers environnant la France. Cette identité a été découverte et signalée par M. Lallemand en 1890.
- La fusion de la chaux. — M. Moissan a étudié les conditions dans lesquelles la fusion de la chaux pure peut être opérée. Il observe d’abord que des traces de silice changent le point de fusion de la chaux, mais qu’à l’état de pureté celle-ci est une matière très réfractaire. 11 est, en effet, impossible de la fondre en brûlant par l’oxygène, dans un chalumeau, soit de l’hydrogène, soit de l’oxvde de carbone, soit de l’acétylène. Avec de l’hydrogène le chalumeau donne, sur la partie chauffée, un feutrage de fines aiguilles de chaux, mais la fusion ne peut s’opérer réellement qu’en employant un mélange de 1 volume d’oxvgène et 2 volumes d’hydrogène comprimés sous pression dans un récipient spécial. Au contraire, au four électrique, en opérant avec des courants intenses, on obtient avec facilité de la chaux cristallisée et la densité de cette chaux atteint le chiffre de 5, 4, tandis que la densité de la chaux pure, amorphe est de 5,5. On se trouve donc en. présence d’un phéno-
- mène de polymérisation analogue à celui que présente la magnésie et qui a été signalé par M. Ditte. Enfin, en étudiant l’action de cette chaux fondue sur les métalloïdes et sur les métaux, M. Moissan établit que cet oxyde liquide agit comme un oxydant aussi énergique que la soude ou la potasse.
- La prophylaxie de la tuberculose. — M. Poirier analyse un travail de MM. Robin et Rinel sur la prophylaxie de la tuberculose. Les auteurs ont abandonné le côté infection pour ne s’occuper que du coté terrain d’évolution de la maladie. Dans une précédente communication ils ont indiqué le moyen de reconnaître les individus prédisposés à la tuberculose. Ils ont montré qu’il n’y avait pas chez ceux-ci ralentissement des phénomènes respiratoires, mais, au contraire, exagération de la consommation d'oxygène amenant une véritable consomption. Alors que la consommation d’oxvgène ne ressort guère de plus de 7 cm3 par kg du poids corporel et par minute, chez les prédisposés à la tuberculose l’absorption est d’environ 9 cm3. Les auteurs remarquent à ce sujet que le surmenage et l’excitation nerveuse continuelle, en exagérant la consommation d’oxygène, produisent des conditions favorables à l’évolution du microbe. (Juels soins et précautions peuvent-ils être pris pour modifier le terrain? MM. Robin et Binet ont étudié l’influence de la respiration de l’air chaud, de l’air froid et de l’air humide ; de ces études ils tirent des indications utiles sur les climats convenant aux malades. Les climats froids conviennent fort bien si la peau est maintenue à une bonne température ; les climats chauds, au contraire, si l’on respire de l’air frais. Enfin le séjour au bord de la mer peut également être très favorable; un examen chimique, pratiqué au bout de quelques jours, permet de résoudre la question. Les auteurs ont examiné l’effet de quarante médicaments. Ils proscrivent tout d’abord les toniques et les excitants comme funestes. Les médicaments qui conviennent sont les agents modificateurs des oxydations et ceux qui, comme l’huile de foie de morue, dérivent sur eux une partie des combustions qui épuisent l’organisme Le repos également abaisse les échanges respiratoires. L’arséniate, le cacodylate de soude, le tartre stibié sont efficaces parce qu’ils amènent un abaissement des échanges respiratoires dans une très forte proportion. Les résultats sont durables et la médication peut être suspendue.
- La pression du sang. — M. Marey fait hommage d’un ouvrage posthume de M. Potain sur la pression du sang. Cet ouvrage résume les recherches les plus étendues sur l’homme sain et sur le malade. On y voit que la pression pendant le jeune âge va en croissant; au cours de la phtisie et de la fièvre typhoïde elle tombe. Le relèvement de la pression dans cette dernière maladie est un signe de convalescence. Enfin, dans le diabète et la néphrite la pression est très élevée.
- Varia. — M. Rerthelot communique les résultats d’analyses d’objets chaldéens et égyptiens.
- Cil. de Vilt.edeiii..
- MACHINE A ESSAYER LES BICYCLETTES
- Quelle que soit la précision des pièces mécaniques qui entrent maintenant dans la construction des cycles et en particulier des bicyclettes, et quelques qualités qu'offre le métal qu’on emploie dans cette fabrication, il arrive pourtant parfois que, au sortir
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- LA NATURE.
- même du montage, les bicyclettes présentent des défectuosités dues en général à des négligences des monteurs ou à des défauts du métal échappant à l'examen le plus attentif. Ajoutons, comme cela se passe pour les wagons de chemins de fer, (ju’on met en circulation à vide ou sur des petits parcours alin que les essieux se rodent, les machines deviennent fréquemment plus douces au roulement après quelques jours de service.
- Ce sont ces raisons diverses qui ont conduit la Société pour la Fabrication des Cycles, dite « F Hirondelle » (et installée à Saint-Etienne comme une annexe de la fameuse manufacture d’armes), h construire tout d’abord une machine spéciale dont nous donnons un dessin, et qui a pour but d’essayer les roulements des cycles. La disposition même de cette machine se comprend assez bien au simple examen de la ligure : elle est portée par une sorte d’atfùt vertical et le moyeu à essayer A, serré entre des vis moletées de calage VV', est mis en rotation au moyen de poulies installées en haut de l’appareil, et commandées par une courroie prenant la force sur une transmission quelconque. Un levier gradué L, qui se trouve rattaché au cadre F dans lequel le moyeu est fixé, permet d’imposer à ce moyeu une charge P plus ou moins considérable.
- On a ainsi la possibilité de soumettre un roulement à une marche forcée, et cela durant un temps plus ou moins long.
- Dès le début, la machine à essayer les moyeux donna le moyen de faire des expériences comparatives des plus intéressantes : on soumit un lot de moyeux de toutes provenances à des essais où ils étaient exposés à une charge de 80 kg et à une vitesse de roulement qui correspondait à 50 kilomètres à l'heure. Au bout de huit heures de ce travail qui, nous devons le reconnaître, était particulièrement dur, la moitié des moyeux présentaient de fortes traces d’usure; au bout de deux autres heures, une dizaine s’étaient comportés convenablement, deux seulement, dont un de la fabrication « Hirondelle », étaient intacts. Pour [tousser les choses [dus loin, on soumit les moyeux qui avaient résisté au travail précédent, à une vitesse double sous la même charge. Et aucun ne put résister plusieurs heures, ce qui semble bien [trouver que, si les moyeux actuels de
- bicyclettes sont suffisamment bien étudiés et construits [tour une charge de 50 à 40 kilogrammes à des vitesses de 25 à 50 kilomètres à l’heure, ils ne pourraient point sans inconvénient supporter des charges plus fortes à des vitesses de beaucoup supérieures. Cette ingénieuse machine permit de [dus de constater que l’usure des roulements est beaucoup plus accentuée aux grandes qu'aux petites vitesses, qu’un moyeu est bien [dus fatigué, par exemple, après avoir parcouru 1000 kilomètres à raison de 50 kilomètres à l’heure qu’après avoir effectué un parcours supérieur à une allure de 20 à 25 kilomètres seulement.
- Comme de juste, ce que poursuivaient les constructeurs de l'appareil, c’était le perfectionnement de
- leur propre fabrication, et ils y sont parvenus. Journellement cette machine leur sert à contrôler cette fabrication ; quand une série de moyeux viennent d’être montés, ils en prennent 5 ou 0 au hasard et les soumettent au roulement sous charge. Toute imperfection, défaut de cémentation, mauvaise qualité des aciers, défectuosité dans l’ajustage, est immédiatement révélée, et on rejette alors ou l’on vérifie un à un tous les moyeux du lot.
- Cette fabrique emploie, en second lieu, une machine à essayer les bicyclettes mêmes, et qui est fondée sur l’usage de rouleaux au contact desquels la bicyclette est maintenue, ce qui fait tourner ses roues comme si un cycliste se trouvait en selle et y pédalait : nous avons jadis décrit ici un appareil d’entraînement en chambre qui ressemble à ce dispositif. Chaque bicyclette, une fois finie, roule une ou deux heures sur cet appareil ; un agent contrôleur surveille ces essais eL vérifie ensuite si aucune des attaches, aucun des écrous n’a été desserré pendant cette marche; il remédie immédiatement aux défectuosités qui auraient pu échapper au monteur. La machine est du reste soumise pendant cette expérience à une charge supérieure au poids d’un cycliste, et toute surprise est évitée [tour le moment où la machine est mise en service. 1). 15.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiuire, rue de Fleurus, 9.
- Machine à essayer les roulements de bicyclette.
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- flo 1497. — 1er FÉVRIER 1902.
- LA NATURE.
- NOUVEAU PROCÉDÉ
- DE CONSERVATION DES FRUITS
- PAR LE FROID
- L’apparition des fruits industriellement conservés1 à la dernière exposition de Chrysanthèmes de Paris, n’en a pas été le moindre attrait. Citait en quelque sorte la première fois que l’on montrait des résultats aussi probants, autant par la beauté que par le nombre de fruits, car il faut mettre à part la grande exhibition de pommes canadiennes à l’Exposition universelle, qu’on ne peut comparer avec la présentation faite en 1901, étant donné qu’il s’agissait là surtout de pèches, fruits délicats dont la conservation extrêmement diflicile avait été, jusque-là, considérée comme très problématique.
- La section du jury jugeant les fruits a sanctionné par de hautes récompenses, à la fois, les fruits et la méthode de conservation ; et celui de l’Exposition de la conservation des fruits de Lyon a décerné aux fruits conservés et à l’appareil le grand prix d’honneur de M. le Président de la République.
- La question de la conservation des fruits par le lroid n’est pas nouvelle puisqu’elle a été résolue en Amérique, où elle fut d'abord étudiée simultanément avec celle concernant la conservation de la viande, du beurre, des œufs et d’autres denrées. La conservation frigorifique était surtout mise en pratique pour le transport de ces denrées dans des wagons et dans des chambres froides installées à bord des navires.
- Mais, outre que les procédés, mis en œuvre jusqu’à présent, ne sont pas parfaits pour ce qui concerne les fruits, ils ont, de plus, l’inconvénient de nécessiter des installations coûteuses qui ne sont abordables que par la grande industrie et dont les propriétaires et les cultivateurs qui voudraient conserver de petites quantités de fruits ne peuvent profiter. 11 n’en sera plus ainsi avec ce fruitier frigorifère.
- Nous rappellerons les conditions que doivent réu-
- [gi'BIBUOTRÈÇUtS
- /**}
- Appareil frigorifique de MM. Corblin et Douane.
- Yoy. n° I486, du 16 novembre 1901, p 30e année. — 1er semestre.
- 398.
- nir les appareils pour la conservation des fruits par le froid.
- D’abord, loger ces fruits dans un espace très restreint pour que le volume d’air qui les entoure soit très faible; éviter le renouvellement de l’air; les maintenir à l’abri de la lumière et, par là, supprimer l’obligation d’introduire du personnel dans les régions où l’on conserve les fruits.
- Ensuite, maintenir une température la plus fixe possible pour éviter les dilatations et les rétractions des liquides contenus dans les fruits, par le changement de leur densité, qui varie avec la température, provoquant, avec le temps, la désagrégation de la pulpe qui rend ces fruits « cotonneux ».
- Les chambres froides ne permettent pas de réaliser suffisamment l’ensemble de ces desiderata. Etant
- donnée l’obligation de laisser des passages pour la ou les personnes chargées des diverses manipulations, le volume d’air qui entoure les fruits est relativement important; les entrées et sorties du personnel renouvellent l’air en contact avec les fruits et provoquent sur ceux-ci un dépôt d’humidité provenant de la vapeur d’eau résiduaire delarespiration, outre qu’elles mettent les gens dans l’obligation de travailler dans une atmosphère froide. La fixité de la température ne peut être obtenue qu’avec des appareils marchant jour et nuit, ou avec des ir radiateur s placés dans ces chambres, emmagasinant le froid nécessaire, sous forme de saumure lrigorifique, de glace, ou d’un mélange réfrigérant, en quantité suffisante pour parer aux arrêts de l’appareil.
- Même avec ces dispositifs, la fixité de la température est très difficile à réaliser parce qu’elle est à la merci d’une série de causes extérieures qu’il serait trop long d’examiner dans un seul article.
- En résumé, maintes causes sont absolument contraires à la conservation de l’aspect et de la saveur des fruits et elles provoquent la dessiccation et, tout au moins, la disparition du parfum.
- Pénétrés de cela M. Douane .et M. Corblin étudièrent la possibilité d’utiliser pour les fruits l’appareil inventé par eux, qui avait donné des résultats
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- LA NATURE.
- si concluants pour la conservation des beurres.
- M. Loiseau, président de la Société d’horticulture de Montreuil, et quelques cultivateurs de fruits de cette localité aidèrent ces constructeurs de leurs concours et fournirent les fruits nécessaires aux expériences. Ces dernières, sur l’avis de M. Loiseau, furent entreprises très largement, puisque huit cents pèches, indépendamment d’autres fruits, furent placées dans le frigorifique. M. Loiseau estima, en effet, que c’était sur les pèches, fruits fragiles par excellence et délicats à la conservation, que les expériences devaient porter, car, si les résultats étaient probants de cette façon, il était certain que les autres fruits se comporteraient fort bien également.
- Dans cet appareil, dont la figure page 129 montre l’agencement, on a recours au refroidissement direct, obtenu en substituant à la chambre à air froid un frigorifère contenant des récipients dans lesquels on introduit les produits soit en vrac, soit dans des paniers ou caisses qui les contiennent, soit en les plaçant sur des étagères. Ces récipients, ou alvéoles, sont complètement entourés soit de saumure refroidie par un appareil frigorifique quelconque, soit de glace, soit d’un mélange réfrigérant. De cette façon, l’enlèvement des calories se fait non plus à travers une masse d’air, mais seulement à travers les parois métalliques des récipients, avec interposition, tout au plus, d’une mince couche d’air séparant ces parois des produits, lorsqu'il n’y a pas tout à fait contact.
- Les fruits sont introduits dans les alvéoles, par la partie supérieure du fruitier frigorifique, avec l’aide d’un appareil de levage variant avec les dimensions de l’installation. L’air froid, par suite de sa densité plus grande, tend à se cantonner dans le bas, évitant ainsi, ou à peu près, les rentrées d’air extérieur même’ pendant le chargement et le déchargement. D’ailleurs la manœuvre est toujours très rapide, puisque les récipients ou alvéoles sont munis la plupart du temps, à l’intérieur, d’étagères qui sont introduitesetenlevées avec tout leur contenu. En temps normal, c’est-à-dire en dehors des manœuvres d’entrées et de sorties, chaque récipient est, bien entendu, hermétiquement clos ainsi que l’ensemble du frigori-fere. La forme et les dimensions des récipients ou alvéoles* comme celles du frigorifère lui-même, varient selon la nature des produits à conserver par le froid et l’importance de l’installation. La forme cylindrique des alvéoles s’explique en ce sens que cet appareil était construit pour la conservation des mottes de beurre, mais il est question de le modifier intérieurement pour loger un plus grand nombre de fruits.
- Les pèches servant aux expériences, cueillies les 9 et 20 septembre, ont été placées dans l’appareil le lendemain de leur cueillette. Elles appartenaient aux variétés ; Mignonne ordinaire, Bonouvrier, Belle Beausse, Impériale, Alexis Lepère, Galande. Celles présentées à la séance du 28 novembre de la Société nationale d’horticulture étaient restées 80 jours dans l’appareil : elles ont été dégustées et trouvées très bonnes ot très parfumées.
- Afin de savoir comment les fruits se comportaient dans cet appareil, on avait placé, en même temps que les fruits sains, des pêches qui étaient abîmées. Au bout d’un mois elles étaient encore intactes, ce n’est qu’à partir de ce moment qu’elles se sont gâtées. Quant aux autres elles sont restées absolument saines. De plus, tandis que les pêches qui viennent d’être cueillies doivent être consommées au bout de trois ou quatre jours, celles qui ont séjourné dans de basses températures ne sont pas exposées à se gâter aussi rapidement une fois exposées à l’air, puisqu’on peut les conserver une dizaine de jours après, point très appréciable pour la vente et la consommation de ces fruits.
- Pour donner une idée de l’avantage de conserver des fruits qui, au moment de leur maturité, n’ont qu’une valeur relative, nous dirons que les pêches conservées ayant été évaluées de 0f[,1Ü à 0fl',12, lors de leur mise dans l’appareil, ont été achetées, en partie, 1",25 pièce à l’exposition de Chrysanthèmes, et on a offert des autres un prix beaucoup plus élevé.
- On peut arriver, avec ce fruitier frigorifique, à conserver des pêches trois mois, ce qui permettrait d’en manger encore en février si l’on prenait des fruits tardifs, telle que la variété Salway. 11 est préférable de cueillir les pêches qui doivent être conservées un peu avant leur maturité.
- On peut indifféremment les envelopper ou les laisser telles quelles *. C’est ce qui résulte des expériences. Lorsqu’on les sort de l’appareil on doit éviter les brusques transitions du froid au chaud, car elles se fendillent et perdent de leur valeur.
- Le système d’appareil Corhlin et Douane, qui est nouveau, puisqu’il a été breveté en 4901, offre donc de multiples avantages que nous résumerons.
- En localisant le froid on arrive à des appareils moins puissants, moins coûteux de fonctionnement et exigeant beaucoup moins de force motrice pour un nombre de fruils déterminé que pour ce même nombre emmagasiné dans une chambre réfrigérée.
- Avec le grand volume de mélange réfrigérant, de saumure frigorifique ou de glace qui entoure les alvéoles, on obtient une fixité de température que l’on ne saurait maintenir autrement. En septembre dernier, il suffisait de marcher trois heures sur vingt-quatre avec un cheval de force pour un appareil contenant huit mille fruits et, malgré la chaleur, on n’avait qu’un degré d’écart. Enfin, le producteur n’a pas besoin de s’exposer au froid et les différentes grandeurs des appareils permettent aux propriétaires de pouvoir prolonger la consommation des fruits et aux cultivateurs de pouvoir vendre tardivement et d’obtenir des prix rémunérateurs des produits dont l’abondance avilit le prix lors de la maturité normale. Alueht Mau mené,
- Professeur «l'Horticulture.
- 1 Dans les expériences organisées l'année dernière, des pèches avaient été placées dans des caissettes, d'autres entourées de papier, de ouate, de sciure de bois tandis qu’une partie avait été disposée telle quelle sur les étagères. Toutes se sont également bien comportées.
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- LE PÉTARD COLORANT
- SIGXAUX DÉ CHEMINS DE FEU
- On a imaginé déjà un certain nombre de dispositifs pour éviter les accidents provenant du franchissement d’un signal fermé. Depuis quelque temps, sur les chemins de fer de l’État, fonctionne un système dù à MM. Net-ter et Queyroul, qui oblige le mécanicien à s’apercevoir que le signal est fermé, puisqu’il transporte en quelque sorte le signal sur la locomotive elle-même. Une sonnerie retentit ou une sirène, et il n’est plus possible de nier que le signal d’arrêt était fait et que l’on a dépassé le disque fermé. MM. Netter et Queyroul résolvent le problème très simplement. Comme sur un tramway à trolley, la locomotive porte au-dessus de son abri une longue tige munie d’une fourche entre les dents de laquelle on place un fil de cuivre très ténu. Le long de la perche et à travers le fil de cuivre circule un courant électrique fourni par un accumulateur. Supposons le fil brisé par aventure. Le courant ne pouvant plus passer par le fil s’en va en dérivation par un autre chemin jusqu’à une puissante sonnerie. Or, quand la voie est libre, la perche ne iencontre rien sur son passage; au contraire, si un signal est à l’arrêt, par suite tourné du coté de la voie, la perche le rencontre, le fil se brise et la sonnerie retentit. Le fil brisé permet d’affirmer la responsabilité du mécanicien. 11 va de soi que lorsque le signal d’arrêt a été vu, ce qui est le cas normal, on abaisse la perche comme à l’entrée des tunnels. Ce système est toujours prêt à fonctionner, car s’il y avait un dérangement du fil, la sonnerie retentirait aussitôt sur la machine.
- Ce système paraît jusqu’ici donner des résultats satisfaisants. Mais en voici un autre employé sur les chemins de fer du Midi qui est non moins ingénieux et dont la simplicité ne saurait être dépassée. C’est l’emploi du « pétard colorant» imaginé par M. Rixens, Contrôleur principal des Mines, attaché au Contrôle du chemin de fer du Midi. Quel est le problème au fond? 1° Avertir le mécanicien au moment où il franchit le signal à l’arrêt; 2° faire du même coup la preuve de cette faute. Or, le pétard de M. Rixens, adapté aux signaux à vue, constitue un moyen d’avertissement et de contrôle. Si le mécanicien franchit le signal à l’arrêt, il est averti aussitôt par la détonation ; en même temps, les roues de sa machine sont colorées et témoignent ainsi de la faute commise par cet agent. Si le mécanicien a vu le signal à voie libre et que ce signal se soit seulement fermé derrière lui, c’est une voiture du train qui aura ses roues colorées et dès lors la faute sera imputable à l’aiguilleur chargé de la manœuvre du signal, de sorte que, dans tous les cas, Jes responsabilités seront nettement déterminées par des preuves matérielles rendant toute information superflue. Le pétard colorant constitue donc un signal avertisseur et enregistreur. Après de longs essais sur le réseau de l’État, le pétard colorant a été définitivement adopté sur ce réseau et signalé par le Ministre des Travaux Publics à l’attention des Compagnies de chemins de fer qui, pour la plupart, commencent à Remployer.
- Le pétard colorant de M. Rixens, préparé par un pyro-technicierf de Toulouse, M. E. Lacroix, est'appliqué aussi en pleine voie en remplacement du pétard ordinaire, précisément parce qu’il laisse une trace sur le rail et sur la roue qui l’écrase. 11 force l’attention des agents parce que l’on ne peut plus dire ici que le pétard n’a pas détoné en temps utile. Les responsabilités sont ainsi nettement établies. Henri de Parville.
- LES NOUVEAUX PORTS DE DOUVRES
- Le l'as de Calais est la grande rue maritime de l’Europe. Les trois ports les plus actifs de nos pays, Londres,, Hambourg, Anvers, sont situés à l’ouest de ce détroit, et par ce canal passe la majeure partie du commerce de ces ports ainsi que celui en destination de la Baltique. Le Pas de Calais est en même temps la route la plus directe de sortie vers l’Océan des marines russe et allemande. Aussi bien l’Angleterre a compris la nécessité de s’établir solidement sur cette position stratégique et commerciale de premier ordre, et, en 1897, le Parlement anglais a accordé les crédits nécessaires à la création, à Douvres, d’un port de refuge pour la marine de guerre britannique. Cet établissement est d’autant plus utile que, de la Tamise à Portsmoutb, la côte n’olfre aucun abri à une escadre; il est même singulier que l’on n’ait point songé plus tôt à entreprendre cette œuvre.
- Le plan (p. 152), reproduit d’après celui publié par la revue anglaise bien connue : The Ninetêenlli Centurij and After, montre le dispositif des travaux. 11 s’agit, en un mot, de créer un port en eau profonde au moyen de brise-lames, dont le développement total atteindra 2856 mètres. Ce chiffre indique l’importance du travail ; la dépense est évaluée à pas moins de 87,5 millions de francs. La surface endiguée sera de 247 hectares à basse mer, et, dans une très grande partie, accessible aux bâtiments du plus fort tirant d’eau, ainsi que l’indiquent les cotes de sondages.
- Les travaux, d’après les contrats des entrepreneurs, qui doivent être terminés en six ans, sont encore peu avancés bien que jour et nuit ils soient poussés très activement. Actuellement le prolongement de la jetée de l’Amirauté n’est achevé que sur un tiers de son étendue, et la digue de l’Est terminée seulement sur une longueur de 210 mètres. En tout cas, dans quelques années, en face de Calais, il y aura un Cherbourg anglais.
- Ce n’est pas tout. Nos voisins d’outre-Manche ont fait, comme on dit, d’une pierre deux coups. En même temps qu’ils travaillent à l’établissement, à Douvres, d’un point d’appui pour leurs escadres, ils ont résolu d’y installer un grand port de commerce répondant à toutes les exigences de la navigation moderne,, et destiné à devenir un point central dans le mouvement des échanges. D’année en année, le tonnage des transatlantiques augmente dans des proportions considérables. Les plus grands paquebots ont actuellement un déplacement de plus de 37 000 tonnes et une calaison dépassant 11 mètres, et, dans un avenir très prochain, ces dimensions seront dépassées. Or, aucun port de la Manche ne pourra recevoir ces colosses. Déjà les Léviathans de la ligne Hambourg-New-York, le Deutschland, le Kaiser Wilhelm der Grosse ne peuvent entrer ni à Rotterdam, ni à Anvers, pas plus qu’au Havre et à Dunkerque; et ils vont relâcher soit à Southamp-
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- ton et à Cherbourg où ils doivent charger en rade.
- La nécessité de créer de nouveaux ports pour ces immenses transatlantiques s’impose donc. C’est ce que les premiers, les Belges, ont parfaitement compris et depuis plusieurs années ils aménagent à lleyst, à l’est d’Ostende, un port en eau profonde où des mouillages allant jusqu’à 11 mètres à marée basse, permettront l’accostage des plus grands steamers à toute heure de marée. Ce grand travail, qui coûtera une cinquantaine de millions, sera achevé à la fin de 1903. Le nouveau port de Douvres répondra aux mêmes besoins, il offrira également des
- fonds de plus de 11 mètres aux basses mers d’équinoxe et là également les grands transatlantiques pourront arriver à quai. Donc lleyst n’est pas encore achevé qu’une concurrence menaçante est déjà organisée dans un rayon très voisin. Bien plus, dans un article du JSineteenth Century and After, M. W. H. Crundall, Deputy Chairman, de l’administration du port de Douvres, ne cache pas la pensée à laquelle ont obéi les promoteurs de cette entreprise. Dans leur idée, Douvres est destiné à devenir le principal port d’embarquement et de débarquement des passagers transatlantiques non seulement pour l’An-
- IIM
- 200 6oo 600 8oo 1000
- Plan des nouveaux ports de Douvres. (D’après The Nhieleenth Century and After.) Les profondeurs à basse mer des marées d’équinoxe sont exprimées en mètres.
- gleterre, mais encore pour toute l’Europe centrale.
- Actuellement les vapeurs de la ligne allemande d’Amérique entrent dans la rade de Southampton pour prendre ou laisser les voyageurs en provenance d’Angleterre ou à destination de ce pays, puis de là vont à Cherbourg où ils prennent ou laissent les voyageurs de l’Europe occidentale ou centrale. De là une perte de temps. A partir du 1er mai prochain, bien que les cales pour les transatlantiques ne puissent être achevées à cette date, les paquebots hambourgeois entreront dans le nouveau port de Douvres, au lieu d’aller à Southampton. Les promoteurs de la nouvelle entreprise désirent évidemment que l’escale de Cherbourg soit également supprimée; ils vou-
- draient, en un mot, que Douvres devînt le quai, sur la Manche, de Londres et de Paris, de l’Angleterre et en même temps de l’Europe centrale. De plus, ils nourrissent le projet d’accaparer, au profit de Douvres, tout le trafic des voyageurs vers le continent, et de réduire à merci les lignes Queensborough-Flessingue, Folkestone-Boulogne, New-Haven-Dieppe. Le nouveau port serait le centre d’où rayonneraient toutes les lignes vers le continent et ruinerait ses voisins.
- Pour obtenir ces résultats, l’Administration du port de Douvres compte sur les avantages qu’elle offrira aux navires. Les transatlantiques y trouveront trois quais d’amarrage reliés à la gare !par des voies, et les paquebots, à destination du continent,
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- quatre quais couverts établis le long de la jetée centrale à laquelle aboutiront onze voies ferrées. En outre, les postes d’amarrage, au nombre de trois, déjà existant le long de la jetée de l’Amirauté, pourront être utilisés en cas de besoin.
- Quelle conséquence l’ouverture du port de Douvres aura-t-elle sur le mouvement de la navigation et des voyageurs en France? Évidemment, elle portera préjudice au Havre, port à marée. Mais, sur nos voies ferrées, elle n’affectera guère, semble-t-il, le trafic des voyageurs, bien plus même, elle le développera peut-être. La Compagnie du Nord, qui est dirigée par des hommes possédant la notion très nette et très précise des conditions économiques actuelles, saura, sans aucun doute, en présence de la situation nouvelle, conserver et même accroître sa clientèle.
- Dans sa lutte contre la concurrence de la ligne Douvres-Ostende, cette Compagnie a donné la mesure de son initiative; dans la nouvelle lutte qui s’annonce entre les réseaux français et étrangers, ses directeurs soutiendront vigoureusement les intérêts de la voie française, et, par de judicieuses mesures, réussiront peut-être à drainer au profit de la France le trafic des voyageurs entre Douvres et l’Europe centrale. Charles Rabot.
- TRANSPORT D’UNE CHAUDIÈRE
- AU TRANSVAAL
- Depuis bientôt trois ans, il est plus question de coups de canon que d’industrie au Transvaal et la photographie que nous reproduisons peut apparaître
- Transport d’une chaudière au Transvaal.
- tout d’abord comme un anachronisme. Mais il n’en a pas toujours été ainsi et, avant que l’Angleterre n’eût songé à protéger ses mineurs, ceux-ci, travaillant en paix, pouvaient entreprendre des œuvres difficiles, dont celle que l’on voit ici en cours d’exécution ne fut pas une des moins compliquées.
- C’est toujours un problème assez délicat que d’amener au lieu de destination certaines des énormes pièces nécessaires à l’extraction des mines ; en pareil cas, j’ai vu, dans une mine française, pour transporter le volant d’une gftmde machine soufflante, un volant de 40 tonnes, 8 mètres de diamètre, atteler à la fois cinquante chevaux, chacun flanqué de son charretier au fouet claquant, éventrer des murs, abattre des arbres, écréter des fossés, mettre des jours à avancer sur des rouleaux ou des planches ; mais, au Transvaal, le problème se complique encore par l’absence absolue de routes ; là-bas, il faut que les voitures se lancent délibérément
- à travers le veldt, en suivant de plus ou moins loin des sortes de pistes, qui servent seulement à indiquer la direction générale du trajet.
- Pour traîner la chaudière, que l’on voit à droite de notre gravure, on n’a trouvé rien de mieux que d’y atteler, sur trois longues files, d’innombrables paires de bœufs, tirant au moyen de pièces de bois appliquées sur leur front et reliées par des câbles. Ces longues files de bœufs sont, on le sait, le moyen couramment employé par les paysans boërs pour traîner leurs lourds et massifs chariots d’émigrants. Dans le cas présent, l’aspect de ces multitudes de bœufs avec leurs conducteurs cafres nous a paru offrir un coup d’œil assez pittoresque et rappelant assez curieusement certains travaux primitifs représentés sur les monuments égyptiens, pour que la photographie en question valut la peine d’être reproduite. L. de Launay.
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- 17.4
- LA NATURE.
- IA FORMATION DE LA HOUILLE
- COMPARÉE A CA FABRICATION DE l’aECOOL
- Il est des groupes de sciences qui se prêtent un mutuel appui dans leur évolution. On a même dit, avec quelque, apparence de paradoxe, qu’une science, comme un Etat, est d’autant plus riche qu’elle a plus emprunté.
- ha géologie surtout, en voie de développement depuis un demi-siècle, a fait de nombreux emprunts à la zoologie, la botanique, la minéralogie, la physique, la chimie, l’astronomie, etc. Il faut croire que ses spéculations ont été heureuses et qu’elle est devenue riche, car elle pave largement ses bienfaitrices et prête à son tour à d’autres groupes de sciences telles que l’hydrologie, l’industrie minière, l’agriculture, etc.
- Je voudrais parler ici de son dernier emprunt et montrer comment l’histoire géologique des combustibles fossiles, en particulier de la houille, vient de s’enrichir d’un nouveau chapitre des plus suggestifs et des plus intéressants, chapitre d’ordre surtout chimique et microbiologique.
- Que l’on me permette de rappeler d’abord avec quelle faveur fut accueillie, il y a quelques années, la théorie de M.Fayol, relative à la formation géologique des bassins houillers. Cette théorie, basée sur des expériences de sédimentation, permit à son auteiir d’établir que les bassins houillers avaient été remplis par des apports de cours d’eau torrentiels se déversant dans des lacs ou dans des estuaires. Cette étape géologique avait été précédée, puis fut suivie d’une étape paléontologique à laquelle sont attachés les noms de MM. Grand’Eury, Zeiller, Renault, E. Bertrand, etc. MM. Renault et E. Bertrand ont aussi déterminé les éléments végétaux qui entrent dans la composition de chaque combustible fossile et contribuent à lui donner son caractère propre.
- Mais dans ces dernières années, M. Renault a surtout mis en lumière le rôle considérable joué par les infiniment petits, en particulier par lesBactériacées, dans la formation de ces combustibles. L’influence des microbes, qui pullulaient dans les lacs houillers,*se traduisit par des fermentations»par la décomposition partielle des végétaux, et en dernière analyse par la perte d’hydrogène et d’oxygène et l’enrichissement progressif en earbone des substances végétales accumulées sous l’eau. Cette phase, microbienne permet de comprendre le ..processus. de transformation des végétaux, en houille, lignite, etc. ; processus quon n’avait- pu expliquer jusqu’içi; r
- M. Lemière -s’est alors demandé si les fermentations microbiennes, qui se sont, effectuées à diverses périodes géologiques, n’étaient pas comparables à des fermentations bien étudiées aujourd’hui. C’est vouloir faire revivre un passé microbien à plusieurs millions d’années de distance !
- «Est-il possible, dit-il, d’assimiler la fabrication de l’alcool à la formation de la houille et de retrouver dans cette dernière opération, accomplie par les forces naturelles, les mêmes phases de macération, de vie microbienne aérobie et anaérobie, les mêmes dégagements de gaz et finalement un enrichissement des matières premières en carbone, phénomènes que l’on reproduit journellement dans l’industrie? L’alcool, réduit aux pulpes et aux drèches, est-il un produit comparable à la houille? »
- Il serait un peu long de suivre le savant ingénieur dans le développement de son argumentation, mais on ne peut manquer d’être frappé, comme lui, des analogies très grandes entre les deux phénomènes dont il parle.
- Voici résumées les principales conclusions de l’auteur. Reportons-nous par la pensée à l’époque houillère et
- supposons un amoncellement de végétaux, gorgés de sève, entassés au fond de l’eau. Comme à cette époque, il n’y avait pas de saisons, une pareille masse renfermait nécessairement des fructifications et des graines à l’état de maturité et par suite des diastases, c’est-à-dire des ferments solubles, en abondance. La continuité de la vie végétale prouvée par l’étude de la flore, la régularité d’une température chaude et humide, expliquent bien l’abondance des ferments de toutes sortes et leur égale répartition dans une masse de végétaux charriés pêle-mêle. I)ans un pareil milieu, légèrement acide, l’action des ferments en dissolution sur les celluloses dut être très active. Elle produisit la gélification et les amena à l’état mucilagineux. Cette période de transformation peut être appelée période de macération.
- De telles conditions étaient éminemment favorables au développement des ferments vivants. Vu début de l’entassement végétal, l’action de ces ferments se continua à la faveur de l’air dissout dans l’eau. Ils eurent alors une existence aérobie, mais l’air dissout ou entraîné par les végétaux ne tarda pas à disparaître totalement ou à être remplacé par de l’acide carbonique. Le milieu privé d’air devint anaérobie. Les ferments vivants, c’est-à-dire les microbes qui pullulaient dans la masse, furent obligés, pour résister à l’asphyxie, de vivre aux dépens de la cellulose qui avait été rendue assimilable par les diastases. Leur action eut pour effet de décomposer les hydrates de carbone en gaz acide carbonique et grisou, qui se dégagèrent en partie ou s’accumulèrent en certains points et en hydrocarbures. Cette fermentation amena ainsi un enrichissement de la masse en carbone et une perte d’oxygène et d’hydrogène. Le résultat final fut donc un produit hydro-carboné qui devait former la houille. Plus tard, la vie des microbes devint elle-même impossible par suite de l’abondance des carbures produits. Le milieu devint pour ainsi dire antiseptique et il y eut arrêt des fermentations. Plus le dégagement des gaz fut grand dans la fermentation, plus grand aussi fut l’enrichissement des combustibles en carbone. La proportion de cet élément atteint sa plus grande valeur dans certaines houilles qui en renferment jusqu’à 95 pour 100.
- Si la nature des végétaux a joué un rôle considérable » dans la composition-du combustible produit- l’action des ! ferments a été également importante. La résultante de cés deux effets a amené la variété des combustibles en toiifbes,. lignites, eannels, houille et anthracite..
- Les ‘diverses'phases évolutives" dont nous venons de parler pour la formation de la houille se retrouvent-elles, dans la fabrication de l’alcool? On peut répondre hardiment par l’affirmative. Les matières amylacées (amidon, fécule, cellulose) qui sont employées comme matières premières dans la fabiication de l’alcool correspondent aux parties les plus altérables des végétaux de la formation houillère.
- Dans les deux cas, il y a d’abord préparation des matières premières, c’est-à-dire macération. La diastase, ou ferment soluble qui les transforme en glucose, est la diastase de l’orge ou amyîose. C’est sur le produit transformé que l’on fait agir le ferment vivant ou levure de bière', qui agit d’abord dans un milieu aéré (fermentation aérobie), puis dans un milieu anaérobie. Il attaque le glucose et le transforme en alcool et en acide carbonique. La fermentation s’arrête quand il n’y a plus de glucose ou que l’alcool en excès a rendu le milieu antiseptique. Ainsi se trouvent justifiés, dans leurs grandes lignes, le parallélisme, l’analogie si intéressante faits par M. Lemière entre la
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- LA NATURE.
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- formation de la houille et la fabrication de l’alcool.
- Nous avons également montré le rôle manifeste joué par les infiniment petits, par les microbes, dont on ne soupçonnait même pas l’existence il y a quelques années, dans la formation des combustibles fossiles et cela, à des milliers de siècles de distance. On n’a pas été obligé de faire intervenir pour cette transformation un seul agent extérieur, à partir du moment où les végétaux se sont trouvés enfouis, car ils avaient apporté avec eux, dans leur charriage, tous les éléments nécessaires à leur transformation : ferments solubles et ferments vivants.
- Les diaslases épuisées et les microbes morts, chaque combustible arriva à un état absolument stationnaire. La tourbe restera éternellement la tourbe, les lignites ne se transformeront pas en houille, ni celle-ci en anthracite.
- De l'état végétal, l’accumulation des végétaux est passée a l'état minéral, sous l’influence des ferments. Le temps a accompli son œuvre et il n’exercera plus désormais aucune action sur ces dépôts. Pu. Glaxgeaud,
- Professeur adjoint à l’Université de Clermont-Ferrand.
- LE TUNNEL DU SIMPLON
- Depuis un demi-siècle environ, d'habiles ingénieurs se sont mis à pratiquer des brèches dans les massifs les plus imposants des Alpes. Les Maus, les Sismonda, les Sommellier, les Bartlett, les Col-ladon et les Favre ont livré successivement aux chemins de fer les flancs du mont Cenis et du Saint-Gothard. Enfin le tunnel du Simplon, qui permettra d’abréger notablement la distance entre Calais et Milan, s’ouvrira bientôt à son tour.
- Déjà, en 1800, Napoléon avait saisi l’importance du col du Simplon pour établir une communication entre l’Italie du Nord et la Suisse occidentale. Aussi fit-il construire la route de Brigue à Bomo-d’Ossola. Cette voie, une des plus belles d’alors, coûta plus de 18 millions. Par la suite, divers techniciens cherchèrent des solutions pour la traversée du Simplon. Flachat, Jacquemin, Thouvenot et Lehaistre se prononcèrent pour des tunnels de faîte. Vauthier, de son côté, proposa un tunnel de base. Mais ces projets furent abandonnés l’un après l’autre tandis que les voies ferrées se développaient en remontant la vallée du Rhône. Puis, vers 1890, la Compagnie du Jura-Simplon remit la question à l’étude, désirant relier Brigue, sa gare terminus, au réseau italien qui aboutissait à Domo-d’Ossola. Des pourparlers s’engagèrent alors entre les Gouvernements italien et suisse, pourparlers qui aboutirent à la signature d’une convention entre les deux États, en vue du tunnel projeté. Par cet acte, la Société du Jura-Simplon obtenait une concession pour l’exploitation, pendant quatre-vingt-dix-neuf ans, des 20 kilomètres à percer. Peu de temps après (20 septembre 1893), les directeurs de cette entreprise s’adressaient à MM. Brandt, Brandau et Cie, de Hambourg, pour la réalisation de ce gigantesque plan. Ceux-ci, de leur côté, s’engageaient à exécuter l’ouvrage moyennant 69 500 000 francs et à le livrer terminé en mai 1904. Le 15 août 1898, leurs hommes se mettaient à l’œuvre.
- Le tunnel traverse du nord-ouest au sud-est,
- sur une longueur de 19 729 mètres, le massif du Simplon. Il part de Brigue (fig. 3) et débouche sur le versant italien à Iselle, village situé à 15 kilomètres de Domo-d’Ossola. La ligne s’engage au nord dans les flancs de la montagne à 686 mètres d’altitude en chiffres ronds, gravit une rampe de 10 millimètres par mètre jusqu’à la cote 704, puis est en palier sur 500 mètres et descend ensuite de 25 millimètres par mètre vers la sortie sud à la cote 634. Les deux extrémités présentent donc une différence de niveau de 52 mètres (fig. 2).
- Mais la plus grande difficulté à surmonter résidait principalement dans les températures élevées qu’on rencontrera vers le milieu du parcours. Alors qu’au mont Cenis le thermomètre marquait 29°,5 et qu’au Saint-Gothard il ne dépassait pas 31°, on évalue à 40° au moins la chaleur qu’auront à supporter les ouvriers. On juge de la ventilation énergique imposée par ces circonstances. Nous rapportons plus loin les dispositions adoptées.
- Après études préliminaires, les ingénieurs s’arrêtèrent à la solution de deux tunnels à simple voie, parallèles et distants de 17 mètres d’axe en axe. Afin de permettre le croisement des trains, les deux souterrains se réunissent au milieu, sur une longueur de 400 mètres, en une seule galerie à double voie. Suivant la nature de la roche traversée on a adopté cinq types de profils en travers sans revêté-ment ou bien avec des maçonneries variant en épaisseur de 35 à 80 centimètres. I)e plus tous les hectomètres, on a ménagé, sur l’un des côtés du tunnel, des niches de 3 mètres de largeur sur 2m,30 de hauteur et 1 mètre de profondeur. A chaque kilomètre, des chambres plus spacieuses serviront de dépôt pour les signaux et les lampes. Enfin, vers la partie médiane de l’ouvrage, on logera dans quatre vastes pièces le matériel d’entretien de la ligne.
- Comme procédé d’exécution des travaux, on pratique deux galeries d’avancement parallèles et réunies tous les 200 mètres par un couloir transversal. On élargit le premier tunnel suivant la section prévue tandis que le second sert momentanément comme simple voie de service. En particulier on l’utilise pour l’enlèvement des matériaux déblayés, l’aération et l’écoulement des eaux. On n’achèvera le percement définitif de cette deuxième galerie que plus tard, si le trafic se développe suffisamment.
- On attaque simultanément aux deux extrémités à l’aide de perforatrices hydrauli jues système Brandt; Essentiellement chaque appareil se compose d’un piston actionné par l’eau sous pression et communiquant son mouvement rotatif à une mèche en acier durci de 70 millimètres. Cette partie de la machine s’adapte sur une sorte de second piston dont la tête s’arc-boute sur les parois du tunnel afin de servir de barre d’appui à l’ensemble pour foncer sur la roche. L’échappement se produit longitudinalement à travers la mèche et enlève les matériaux pulvérisés d’une façon automatique. On dispose généralement deux perforatrices sur l’arbre qui passe dans une bague, fixée elle-
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- LA NATURE.
- même à un solide chariot en fer (lig. 1). A l'arrière du bâti se trouve un contrepoids pour faciliter la manœuvre. L’eau arrive à la machine sous une pression de 70 atmosphères du côté de Brigue et de 100 atmosphères dans les chantiers d’Iselle. Lorsqu’on a affaire à une roche dure, on perce 10 à 12 trous larges de
- 70 millimètres et profonds de lm,25; dansl’ardoise on n’en creuse que 6 à 8, mais on porte leur profondeur à lm,70. L’explosif employé est la dynamite et on en consomme au Simplon 015 kilogrammes environ par jour.
- Jusqu’à présent, les perforatrices ont pu avancer
- Fig. 1. — Batterie de deux perforatrices, système Brandi.
- dans la partie suisse de 51U,46 en moyenne par jour de travail. De ce côté, la perforation a même atteint quotidiennement 6m,95 vers la fin de 1901, tandis que, sur le versant italien, le gneiss d’Antigorio,
- d’ahord compact, puis plus tendre et délité de manière à exiger un boisage en certains endroits, n’a permis, en 1900, qu’un progrès moyen journalier de 5m,87. D’autre part on a du travailler à la main dans cette
- partie du Simplon, en décembre 1901, car on est tombé sur une poche d’eau qui débite 874 litres à la seconde. Aussi l’avancement du mois n’a pas dépassé 2 mètres dans la galerie d’Iselle. Malgré tout 10763 mètres1 sont actuellement percés (1er janvier 1902).
- Les matériaux arrivent et les déblais s’évacuent 1 Côté nord : G335 mètres; côté sud : 4428 mètres.
- par un système de voies de 80 centimètres de largeur posées dans chacun des tunnels et reliées entre elles par des lignes de raccord aménagées dans les galeries de jonction. On se sert pour remorquer les wagonnets de locomotives à vapeur dont les chaudières possèdent une grande capacité afin de n’avoir pas besoin d’un feu actif dans le souterrain ; elles ne pénètrent pas, du reste, jusqu’au fond. Par
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- Fig, 5, — Tunnel du Simplon. Entrée du côté de Brigue (Suisse), (D'après une photographie.)
- Fig. 4. — Vue des installations d’Iselle (Italie). À gauche au premier plan, la poudrière. (D'après une photographie.)
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- LA NATURE.
- suite la fumée produite est peu abondante et la chaleur rayonnée insensible, vu l’énergie de la ventilation. Depuis août 1900, étant donné l’état d’avancement des travaux, on transporte les ouvriers jusqu’au front d’attaque dans des wagons à 4 compartiments de 8 places que traînent des locomotives à air comprimé. On ralentit durant cette période la vitesse des ventilateurs afin de ne pas incommoder le personnel.
- Tandis qu’on travaille dans le tunnel n° 1, on ventile par la galerie n° 2 avec une grande intensité. À cet effet, les souterrains transversaux sont munis de portes, sauf les deux plus voisins de l'avancement ; en sorte que l’air introduit par de puissants ventilateurs arrive directement sur tous les chantiers. Le mouvement des trains s’opère dans le même sens que l’aération, circonstance considérée comme plus favorable pour la santé des ouvriers.
- A cause des températures élevées à combattre, on a dû imaginer d’énergiques procédés de refroidissement de l’atmosphère ambiant. On insufflera jusqu’à 50 mètres cubes d’air par seconde dans le tunnel n° 2, quand on sera dans la dernière période d’exécution et le courant qui retournera à l’extérieur par le tunnel n° 1 atteindra alors une vitesse de 6 mètres par seconde. Les deux ventilateurs de chaque entrée sont commandés directement par des turbines et marchent sous une pression motrice de 487 millimètres. D’autre part, pour rafraîchir les chantiers et y maintenir, dans les circonstances les plus défavorables, une température de 25°, on a calculé qu’il fallait alimenter les pulvérisateurs avec 52 litres d’eau par seconde, et pour ne pas être pris au dépourvu on leur a assuré 80 litres. Malgré cela, la température maxima prescrite a été souvent dépassée jusqu’ici.
- On a disposé, aux deux têtes du tunnel, les installations nécessaires pour permettre le percement.
- A Brigue, le bureau des entrepreneurs, les magasins pour le ciment, la scierie, les ateliers de réparations, les bâtiments des machines, des turbines et des pompes, l’usine électrique pour l’éclairage, les hangars, cantines, etc., sont placés sur la rive gauche du Rhône. Actuellement la force motrice totale de ce côté dépasse 790 chevaux et sera portée vers la fin des travaux à 1550 chevaux. Pour obtenir cette énergie on a établi à 4 kilomètres en amont du fleuve un barrage de dérivation. Le canal d’amenée de l’eau, dont la plus grande partie est en béton armé, crée une chute de près de 45 mètres, ce qui assure un minimum de puissance de 2250 chevaux aux turbines. Les entrepreneurs du Simplon ne veulent pas être pris au dépourvu.
- A Iselle, les constructions se trouvent groupées en deux endroits offrant une différence de niveau de 5 mètres, seule particularité qu’elles présentent , (fig. 4). Ici on emprunte la force motrice aux eaux de la Diveria. Le barrage de dérivation est L4 kilo-, mètres en amont de l’usine et la*chute peut fournir 1700 chevaux.
- Jusqu’à présent la ventilation du tunnel absorbe journellement 740000 mètres cubes d’air pour les chantiers nord et 691 800 mètres cubes pour ceux du versant sud. Les volumes d’eau envoyés sous pression s’élèvent quotidiennement, en plein travail, à 1900 mètres cubes pour le front d'atlaquc du côté de Brigue, et à 1600 mètres cubes pour celui d’Iselle.
- Mais si les ingénieurs ont réalisé de multiples perfectionnements dans les méthodes employées pour mener rapidement à bien cette colossale entreprise, les hygiénistes n’ont pas oublié le confort des ouvriers. Avant d'entrer, les travailleurs changent de vêtements puis, à leur sortie, ils se rendent dans des salles de bains où ils quittent leurs pantalons et leurs vestons humides pour endosser à nouveau, après force ablutions, leurs habits de ville.
- Quelle répercussion économique aura l’ouverture de cette route sur le commerce français? Le Go-thard en reliant directement, à travers la Suisse, le nord-ouest de l’Europe à l’Italie a enlevé à Marseille une partie de son trafic au profit de Gênes. Or, le percement du Simplon est une excellente occasion pour rattraper la plupart des transactions qui ont échappé ainsi à la France. Mais, pour atteindre ce but, il faudra construire en temps opportun des lignes d’accès au tunnel que l’année 1904 verra sans doute achevé. Toutefois, comme divers itinéraires ont été proposés et que le Ministre des Travaux publics a chargé une commission d’étudier les nouvelles voies ferrées à établir sur notre territoire, nous attendrons les décisions officielles pour revenir sur la question. Jacques Boyer.
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- LES POMMES DE TERRE
- LEUR MODE DE FORMATION
- Les placides tubercules de pommes de terre ne semblaient pas devoir sortir du domaine économique ou de la marmite où on les fait cuire. Mais, avec la science moderne, il ne faut s’étonner de rien. Voilà, en effet, que M. Noël Bernard, dans une thèse dont j’ai déjà parlé, affirme que ce ne sont pas, comme on le croyait, des organes fabriqués à dessein par la plante elle-même pour aider à sa conservation et à sa propagation, mais qu’il faut les regarder comme des productions en quelque sorte pathologiques, des sortes de galles, provoquées par l’envahissement des radicelles par un champignon.
- Rappelons d’abord comment se produit la végétation des pommes de terre, en prenant comme exemple la variété Marjolin.
- Les tubercules récoltés pour la plantation ont une période de repos de quelques mois, après laquelle la végétation reprend. Déjà dans les celliers aérés et éclairés, où l’on garde ces tubercules sur des claies, les bourgeons se développent et se dijïéreneient ; ils donnent des tiges renflées, longues de dètix à 'trois 'centimètres ; les cultivateurs ont-grand soin-de laisser ;ce premier; développement des bourgeons se faire-normalement ; la-culture ne réussit bien que si Ton plante ces « tubercules germés »; la plantation peut se faire en pleine terre au début d’avril.
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- LA NATURE.
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- Pendant une période de trente à quarante jours après la plantation, la différenciation des bourgeons est à son maximum d’activité. Les tiges aériennes se développent, s’accroissent, donnent des feuilles nombreuses, et, parfois, des bourgeons floraux distincts. Des bourgeons de second ordre, nés §ur les tiges dans leur partie inférieure souterraine, évoluent en donnant des stolons grêles qui peuvent quelquefois se redresser et sortir du sol en donnant des rameaux feuillés. De ces stolons et de la base des tiges principales sortent des racines grêles, abondamment ramifiées, qui s’étendent au loin dans le sol.
- Un changement assez brusque se produit dans le cours de mai. Les bourgeons terminaux des jeunes stolons souterrains cessent de se différencier en tiges; ils s’hyper-trophient et forment des tubercules où est mis en réserve la plus grande partie de l’aliment qui afflue vers eux. La tuberculisation commence en même temps par un nombre variable de jeunes bourgeons. Les bourgeons aériens, déjà hautement différenciés, sont à cette époque presque complètement arrêtés dans leur développement; ils déploient encore les feuilles qu’ils avaient formées et l’appareil aérien ne s’accroît plus notablement ensuite. Rarement il y a des fleurs ; presque jamais la plante n’arrive à produire de fruits.
- On voit que ces deux périodes sont caractérisées par deux modes d’évolutions différents des jeunes bourgeons de la plante. Ce fait doit être attribué non à un changement d’état de certains bourgeons, mais à une modification générale de l’état de la plante dont la tuberculisation des bourgeons est le symptôme essentiel.
- On se rend compte des causes de ces modifications en examinant les racines au microscope. On voit, en effet, que, dans la seconde période, elles sont envahies par les filaments, — le mycélium, — d’un champignon du groupe des Fusarium. Celui-ci ne manque jamais. Il existe d’ailleurs normalement dans l’écorce des tubercules, mais non dans le parenchyme lui-même. Ce Fusarium vit facilement en saprophyte sur des milieux de culture très divers. II contamine, par exemple, le fumier rapidement et dans toute la masse ...Il est. ici à remarquer que, fréquemment, pour la culture des pommes de terre, on utilise le fumier en le répàrtissant par portions égales autour de chaque tubercule semence. Cette méthode que recommandait déjà Parmentier, est évidemment très favorable à la propagation du mycélium apporté par le tubercule.
- Les racines de pommes de terre sont très longues, grêles, abondamment ramifiées, leur développement est très rapide, elles croissent dans le sol en tous sens en s’éloignant du tubercule semence; l’infection est, par suite, irrégulière ; manifestement elles ne sont pas atteintes par le champignon toutes à la fois. Le Fusarium apporté par le tubercule doit les atteindre peu à peu à mesure qu’il s’étend de plus en plus loin dans le sol. L’irrégularité dans l’infection explique l’irrégularité que tous les cultivateurs ont remarquée dans le rendement des pieds. M. Bernard a voulu savoir si, en assurant une infection plus précoce et plus régulière des racines dè pommes de terre, on rendait plus réguliers la précocité et le rendement qui sont, dans les conditions-ordinaires de la culture, assez longuement variables. A cet effet, il a cultivé les mêmes tubercules de la même façon ; mais, dans un des lots, il ajoutait le champignon en abondance, tandis que dans l’autre, il laissait les racines s’infecter simplement par les quelques filaments se trouvant à la surface du tubercule. Dans le premier cas . il a obtenu
- une récolte plus considérable, plus précoce et plus régulière. 11 y a donc manifestement une relation entre la production des tubercules et l’attaque des racines.
- Ces idées expliquent plusieurs faits relatifs à l’introduction de la pomme de terre en Europe, faits qui, jusqu’à ce jour, étaient restés obscurs.
- Il faut, en effet, remarquer que le Fusarium existe sur les tubercules, mais non sur les graines. Or, l’introduction de la pomme de terre a été faite en Europe par des tubercules; c’est à partir de ces tubercules qu’elle a été cultivée tout d’abord, et il semble qu’on ait songé assez tardivement à la méthode des semis, à une époque où la plante était largement cultivée et assez estimée pour qu’on recherchât par semis à obtenir des variétés nouvelles. On a donc dù, au début de la culture, introduire et acclimater, en même temps que la plante même, un
- 1. Champignon (Fusarium) qui provoque la formation des pommes de terre, grossi 5i0 fois.
- 2. Fusarium; A, chlamydospores; B, spores, grossissement 590 fois.
- champignon normal. L’histoire des premières tentatives de germination des graines est peu connue. 11 existe cependant à ce sujet un document précis dont l’ancienneté fait l’intérêt. Charles de l’Esçluse, qui, le premier sans doute, à la fin du seizième siècle, cultiva la pomme de terre en Allemagne et contribua à la répandre par les envois qu’il fit de tubercules et de graines, rapporte dans son Rariorurn plantarum historia, que « l’on ne doit compter, pour la conservation de l’espèce, que sur les tubercules ». Les.graines qu’il avait envoyées à ses amis germaient parfaitement, mais les plantes obtenues donnaient des fleurs et ne produisaient pas de tubercules. E. Rose, qui cite ce passage de l’ouvrage de l’Esçluse-, en constate fort justement l’intérêt. Les choses se passent aujourd’hui différemment : les agriculteurs, qui font de la pOmme de terre l’objet d’une culture spéciale, pratiquent les semis ; mais, généralement, les plantes qu’ils obtiennent dès la première année n’ont pas de tubercules
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- et ne fleurissent pas. Un grand nombre des variétés qu’on cultive aujourd’hui, ont ainsi des semis pour origine; elles sont autant que d’autres contaminées de Fusarium. Ce n’est donc qu’à partir du moment où les Fusarium ont été acclimatés aussi bien que les plantes mêmes qu’on obtient des semis le résultat qu’on en attend et que la tuberculisation paraît héréditaire.
- En somme, des expériences et des remarques de M. Bernard résulte que la nécessité de l’envahissement des racines, pour provoquer l’apparition des tubercules, est probable. Mais elle n’est pas encore manifestement certaine. IIeniu Coupin.
- LES MOTOCYCLETTES EN 1902
- Les prévisions émises dans nos précédents articles se réalisent ; la motocyclette gagne du terrain et, avant qu’il se soit écoulé beaucoup de temps, ce genre de machines restera le seul représentant de la classe des motocycles. Le tricycle et le quadricycle à pétrole ont vécu : l’expérience a montré que la
- voiturette leur était incontestablement supérieure à tous égards et ils ne tarderont pas à disparaître complètement, tandis que la bicyclette à moteur conservera son utilité.
- La preuve de cette assertion a été donnée au dernier Salon de l’Automobile, du Cycle et des Sports par le nombre croissant de modèles qui s’y trouvaient réunis. Les plus réputées maisons de construction de bicyclettes se sont adonnées à leur fabrication ; nous passerons en revue les types nouveaux qui ont attiré l’attention des visiteurs.
- La Werner, à laquelle on reprochait non sans raison l’instabilité résultant de la position du moteur sur le guidon, a été améliorée, et ses fabricants se sont enfin rendus à l’évidence. Dans le modèle 1902, le moteur est disposé d’une manière bien plus rationnelle au-dessus du pédalier et tous les détails du mécanisme sont plus soignés qu’auparavant.
- Des systèmes Chapelle, Pécourt, Flinois, Lamau-dière, que nous avons décrits, nous ne dirons rien
- Fis. 1.
- Bicyclette automobile, modèle 11 10-2.
- Fig. 2. — Motocyclette Bruneau.
- sinon qu’on peut y constater des améliorations de détail qui les rendent absolument pratiques (fig. 1). Le moteur est renforcé, de manière à pouvoir développer jusqu’à deux chevaux à grande vitesse. Le carburateur et les accessoires ont été perfectionnés, enfin plusieurs modèles sont munis d’un changement de vitesse. Rappelons en passant que la motocyclette Werner a honorablement figuré dans les courses d’automobiles Paris-Bordeaux et Paris-Berlin. La machine Chapelle a triomphé, avec Cissac, dans la course du mille à Deauville, le critérium et la course de côte de Gaillon, enfin la Lamaudière a prouvé ses qualités d’économie dans le concours de l’alcool de novembre dernier.
- Parmi les nouveaux modèles de l’année, citons ceux de Clément, de Bruneau, de Jussy, de Totey, d’Ageron et de Leclerc que nous examinerons dans l’ordre.
- L’ « autocyelette Clément » est à moteur amovible, monté sur le tube diagonal du cadre. Elle ne pèse, en ordre de marche, que 30 kg environ, et peut cependant atteindre en palier une vitesse de 40 kilomètres à l’heure. La roue arrière est motrice et le
- frein agit sur sa jante. Le mécanisme moteur, avec tous ses accessoires, peut s’appliquer à toutes les bicyclettes neuves ou usagées de toutes marques, à la condition évidemment que le cadre et surtout la fourche d’avant soient assez solides pour résister à l’effort du moteur (fig. 5).
- La motocyclette Bruneau est, comme celle de Werner et de Lamaudière, une automobile minuscule et non comme la précédente une bicyclette transformée (fig. 2). Le moteur, capable de développer 1 cheval et demi, est couché dans le cadre et entraîne la roue d’arrière par deux pignons dentés et une chaîne. Les pédales étant conservées, la machine est donc à deux chaînes comme la pétrocyclelle Macquart-Yexiau que nous avons décrite dans un précédent article1. Le carburateur à barbotage, l’accumulateur et la bobine d’induction pour l’allumage sont distribués dans le cadre, et l’ensemble n’est pas sans élégance. Le poids total ne dépasse pas 35 kg, et la mise en marche peut s’opérer à la main grâce à la présence d’un débrayage à cône de friction.
- 1 Voy. n° 1471, du 5 août 1901, p. 156.
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- Les établissements Jussy de Saint-Étienne ont donné le nom quelque peu bizarre de motosacoche à leur dispositif d’ensemble, moteur permettant de transformer en moins de cinq minutes une bicyclette à pétrole quelconque en motocyclette. Notre figure 4 montre la disposition qui a été adoptée. Tout le mécanisme est condensé dans une sorte de caisse fermée sur les côtés, comme un carter ou une sacoche, et il peut être mis en place en quelques instants. Nous réservons notre appréciation sur cet arrangement inédit, car on peut toujours redouter quelque inconvénient imprévu que seule révélera la pratique.
- Le modèle Totey, de même que celui de la maison Terrot de Dijon et la Iochum ne présentent aucune originalité. Il n’y a pas lieu de s’y arrêter spécialement. Ces trois motocyclettes dérivent évidemment de la Lamaudière ; on y retrouve notamment le sys-
- Fig. 5. — Moteur de l’autocycletle Clément.
- tème de tendeur de courroie qui caractérise cette dernière. Il est clair que pour les mettre au point on n’a pas fait œuvre d’invention.
- Nous préférons de beaucoup les types nouveaux d’Ageron-Lesprillier et de Leclerc (le Brutus) qui présentent des combinaisons nouvelles et ingénieuses en même temps qu’un fini de construction vraiment remarquable.
- La motocyclette Titania, d’Ageron-Lesprillier, possède un moteur fort : 2 chevaux et demi, pouvant être mis en marche la bicyclette étant arrêtée. On embraye après s’être commodément mis en selle et le démarrage s’opère sans secousse. En raison de la force du moteur, toutes les côtes peuvent être gravies sans pédaler.
- Le moteur Brutus ne dépasse pas le poids de 8 kg. Il est d’un irréprochable fini : son fonctionnement est exactement celui du de Dion-Bouton, avec quelques petites modifications. Il est donc tout indiqué
- comme moteur de bicyclette, et notre figure 5 montre le schéma de son application sur une machine.
- Nous devons encore mentionner, parmi les types qui ont attiré notre attention au Salon, la bicyclette à moteur la Française, montée en pièces
- Fig. 4. — La « Motosacoche » Jussy.
- « diamant » très appréciées des cyclistes, la motocyclette Bordes qui détient le record de la légèreté avec son poids de 24 kg à peine, et le modèle américain Dayton qui a figuré, peu brillamment il est vrai, dans la course de Gaillon.
- Si maintenant nous voulons tirer une conclusion de notre visite au Salon de l’automobile de 1901, qui réunissait tant de systèmes divers, nous reconnaîtrons en toute sincérité que la motocyclette, après avoir fait de très sérieux progrès, pénètre victorieusement dans les masses. C’est, comme nous l’avons déjà dit, l’automobile démocratique et populaire par excellence, en raison de son bas prix et de la
- Fig. 5. — Bicyclette automobile Brutus.
- faible dépense qu’exige son moteur, et quand elle aura tout à fait prouvé sa résistance, elle deviendra la reine des routes et sa race pullulera, comme depuis dix ans s’est multipliée l’humble bicyclette mue à la force du jarret. H. de Grafficny.
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- LA nature:
- LA DESTRUCTION DES RATS
- par i/acide carbonique
- Chacun sait que les rats (ou, plus exactement, les puces des rats) sont les plus actifs propagateurs de la peste. Aussi, cherche-t-on avidement le meilleur moyei| de se débarrasser de ces rongeurs, qui, habitant les cales des navires provenant de pays contaminés, peuvent, à l’atterrissement, quitter le bord pour aller infester les ports, et de là, répandre ce terrible fléau au sein des populations si denses de nos villes.
- Actuellement, on procède de la façon suivante à la désinfection d’un navire : les marchandises sont débarquées, et on pulvérise à leur surface une solution de sublimé, pendant que dans la cale on brûle du soufre. Ce dernier passe à l’état de gaz acide sulfureux dont on connaît l’odeur suffocante : les rats existants dans la cale sont détruits et il ne reste qu’à les recueillir et à les incinérer. Mais cette méthode a de nombreux et graves inconvénients. En effet, la surface des marchandises est seule désinfectée par le sublimé : les germes existant à l’intérieur des marchandises sont épargnés. De plus, si à l’intérieur des caisses, des sacs, il se trouve des rongeurs, ceux-ci sont débarqués en même temps, et on leur facilite ainsi leqr terrible besogne.
- Ensuite, l’action de l’acide sulfureux sur les parties métalliques des navires n’est rien moins que désastreuse. Au contact de l’humidité, qui existe toujours dans les cales des navires, le gaz acide sulfureux attaque les rivets, les tôles, la robinetterie, et les dissout tranquillement à l’état de sulfates. Autre inconvénient : l’odeur du gaz acide sulfureux est excessivement violente et désagréable ; aussi dès que les rats commencent à la percevoir, ils la fuient et vont se réfugier aux endroits où ils peuvent échapper à l’asphyxie.
- Il ne faut pas négliger non plus les dangers d’incendie pouvant résulter de la combustion du soufre.
- Donc pour que le procédé fût parfait, il faudrait posséder un agent gazeux pouvant pénétrer, sans danger pour les marchandises, à travers les ballots, les sacs et les caisses, laissés dans la cale. Là encore, l’acide sulfureux est forcément éliminé par suite de ses propriétés corrosives énergiques, décolorantes et olfactives. Il suffit de peu de temps pour qu’une étoffe de couleur, soumise à l’action de l’acide sulfureux, se décolore totalement à son contact. Les objets métalliques sont détériorés; et les matières alimentaires empestées par cette odeur qui fait le désespoir du fumeur trop pressé d’allumer sa cigarette à une allumette soufrée.
- Le gaz asphyxiant idéal devra donc n’étre pas acide violent, et ne posséder aucune odeur. A cette dernière condition sont attachés des avantages notables : les rats ne percevant pas d’odeur ennemie, ne sont pas sur leurs gardes et se font surprendre par l’asphyxie là même où ils se, trouvent. Enfin, il faut, lorsqu’on ventile les cales, que l’agent chimique employé n’aille pas incommoder les habitants des ports par son odeur et ses propriétés nocives. Enfin, aussi, tout danger d’incendie doit être écarté.
- Le gaz acide carbonique remplit exactement tous les desiderata que nous venons d’exprimer. Loin d’être un danger d’incendie, il est extincteur du feu. 11 n’a pas d’odeur sensible ; ne corroJe pas les mélaux ; et n’agit en aucune laçon sur les couleurs, les étoiles, ni les matières alimentaires : il est même un agent de conservation pour ces dernières. On peut donc bien noyer la
- cale pleine de marchandises dans l’acide carbonique. Quoique celui-ci soit d’un prix très bas et d’un emploi très commode depuis que l’industrie le livre à l’état liquide, il n’est pas nécessaire que le gaz soit pur. En effet, de l’air contenant seulement 10 pour 100 d’acide carbonique est parfaitement irrespirable. Doublons la dose, et nous aurons un résultat plus sûr et plus rapide. De l’air mélangé de 20 pour 100 de gaz carbonique est Envoyé fhws les cales, jusqu’à ce que celles-ci soient pleiwejS : ce que l’on constate au moyen d’une flamme quelconque qui s’éteint dans un pareil mélange. Les panneaux étant ferméç, on laisse agir pendant une heure. Au bout de ce tumps, on ventile les cales et on peut décharger en recutÎHynt les rats au fur et à mesure qu’on les trouve.
- Là on pourrait peut-être faire un reproche à l’acide carbonique : heureusement, il n’est qu’illusoire. Précisément par son absence totale d’odeur, il pourrait provoquer des asphyxies pendant le déchargement, le personnel n’étant pas averti de sa présence. Pour éviter ceia, il suffit que l’homme porte une petite lanterne à sa ceinture : tant que la flamme brûle, il n’a rien à craindre. Si la flamme s’éteint, il est averti de la présence de l’acide carbonique. Mais celui-ci étant plus dense que l’air, si la ceinture de l’homme est noyée dans l’acide carbonique, sa bouche se trouve encore au-dessus de la couche irrespirable et il peut, sans aucun danger, absorber l’oxygène nécessaire à ses poumons. C’est le phénomène bien connu de la grotte du chien, dans laquelle un chien tombe rapidement asphyxié par l’acide carbonique qui se dégage du sol, tandis qu’un homme ou un animal de haute taille y vit sans danger.
- D’ailleurs, ainsi que nous l’a appris la presse quotidienne, des expériences pratiques, nombreuses et concluantes ont été faites sur plusieurs navires de la Compagnie des Messageries Maritimes, dans le port de Marseille, sous la direction des autorités sanitaires de ce port. Une importante fabrique d’acide carbonique liquide de province, qui a eu l’initiative de ce moyen rapide, radical et économique de détruire les rats, a procédé à ces expériences et elle a totalement convaincu de l’efficacité du procédé aussi bien les autorités administratives que les ingénieurs de la Compagnie des Messageries Maritimes.
- De nombreux cadavres de rats ont été trouvés; après une ventilation à la main, on a recherché si l'acide carbonique pouvait s’être localisé dans les endroits retirés, sous les planches, etc. ; on a constaté que tout le gaz avait été évacué et que le déchargement pouvait s’opérer sans danger. Toute l’expérience avait duré 2 heures !
- 'Il serait à souhaiter que la Direction de l’Hygiène publique nous dotât d’une façon officielle et exclusive de ce moyen pratiqué de désinfection des navires. La santé publique y gagnerait et nous pourrions dormir sans avoir à redouter ce redoutable fléau, terreur de l’humanité :
- La peste puisqu’il faut l'appeler par son nom,
- Capable d’enrichir en un jour l’Achéron !
- . —«•<>«-—-, A. Mignot.
- CHRONIQUE
- Polarisation de la lumière dans les milieux troubles.—Le professeur J. M. Peruter a présenté, à l’Académie des sciences de Vieillie, un mémoire sur la polarisation de la lumière dans les milieux troubles, considérée dans ses rapports avec la couleur du ciel. L’auteur a observé les effets polariscopiques et le rapport de la polarisation à la couleur pour diverses émulsions de
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- LA NATURE.
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- mastic dans l’eau, el il a comparé les résultats avec ceux observés dans la lumière du ciel. 11 a trouvé une parfaite concordance entre les deux phénomènes et a apporté ainsi une contribution importante .à la théorie de Ilelinholtz et de lord Rayleigh sur la couleur du ciel.
- Le beurre laelé. — Il est une falsification du beurre dont on commence à se plaindre un peu partout ; nous voulons parler du « beurre lacté ». On a commencé par nous vendre du beurre mal débarrassé de son lait. Ce beurre a un petit goût particulier. Aujourd’hui, on ajoute au beurre ordinaire de 5 à 25 pour 1ÜÜ de lait. C’est mieux. Le produit-ne diffère pas du beurre ordinaire par l’aspect. Si le lait est bien frais et si l’on consomme le beurre aussitôt qu’il est vendu, beaucoup de personnes ne s’aperçoivent pas de l’incorporation du lait; mais, bien entendu, ce beurre n’en est plus, au moins pour un quart ou un cinquième de sa masse. C’est le consommateur qui paye la différence. Le consommateur est fait pour payer. Le lait, passe encore à la rigueur ! Mais voici qu’on remplace le lait par l’eau. Ce n’est plus du beurre lacté, c’est du beurre mouillé. Et celui-là a du succès, parce qu’il s’altère moins vite d’abord et qu’ensuite certains consommateurs préfèrent son goût moins fort. En sorte qu’il faut s’attendre à voir payer l’eau mêlée au beurre. 11 s’agit cependant d’une véritable falsification. Le lait mouillé tombe sous le coup de la loi. Est-ce que le beurre mouillé pourrait circuler impunément dans le commerce ? Ici encore le Laboratoire municipal aura à rechercher la fraude. Le beurre peut contenir une certaine humidité. Mais au delà d’une limite facile à définir, il est clair qu’il y a falsification. 11 est bon d’attirer sur le beurre lacté et sur le beurre mouillé l’attention de l’administration.
- Les lignes télégraphiques américaines. —
- Actuellement les Etats-Unis possèdent un réseau énorme de 35 865 kilomètres de lignes télégraphiques, représentant ensemble un développement de 1 800000 kilomètres de fils : ce réseau appartient seulement à deux compagnies, la « Western Union Telegraph C° », et la « Postal Telegraph cable C° », la première possédant à elle seule les 6/7 du total. Pour donner une idée comparative de l’importance de ces chiffres, nous dirons qu’actuellement le réseau de toute l’Europe n’a pas plus de 685000 kilomètres de lignes et 2 552 000 kilomètres de fils.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 janvier 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grve.
- Préparation et propriétés du tantale, — M. Moissan présente, sur la préparation et les propriétés du tantale, un Mémoire qui forme le complément de ses recherches sur le niobium. Le tantale, très répandu dans la nature, n’avait pas encore été préparé à l’état de pureté. M. Moissan a réduit l’acide tantalique par le charbon, grâce à la température du four électrique. L'acide tantalique était resté infusible et irréductible sous l’effet des anciens procédés de chauffage. Le tantale est un corps très réfractaire : pour le fondre il faut recourir à un courant de 1000 ampères et 50 volts; par l’ensemble de ses propriétés, il se place entre le silicium et le titane. Comme eux, il est attaqué par un mélange d’acide azotique et d’acide fluor-hydrique, tandis qu’il réduit avec une grande énergie les composés oxygénés.
- Préparation de nouveaux composés. — M. Moissan dépose une Note de M. Lcbeau sur l’antimoniure de lithium
- et sur la préparation de quelques alliages de ce métal. En électrisant un mélange à poids égaux de chlorure de potassium et de chlorure de lithium, au moyen d’une cathode d’antimoine, on obtient un antimoniure défini et cristallisé, répondant à la formule Sb Li3.
- Influence des basses températures sur quelques propriétés des métaux. —M. d’Arsonval résume les résultats d’une longue série d’expériences qu’il vient d'effectuer en vue de mettre en évidence les modifications de propriétés physiques susceptibles de résulter, pour certains corps, de l’action des basses températures : conductibilité électrique et perméabilité magnétique, coefficient d’élasticité. La conductibilité électrique augmente avec l’abaissement de température; la perméabilité magnétique varie avec la température et l’induction.
- Les radiations du radium. — M. E. Becquerel rappelle qu’il a démontré précédemment que le rayonnement du radium se compose de deux sortes de radiations, les unes déviables par un champ magnétique, les autres non déviables, et que ces dernières se subdivisent en radiations absorbables et en radiations pénétrantes. 11 a montré que l’uranium n’émettait que des radiations non déviables, ce qui le différencie du radium au point de vue spécial du rayonnement. Enfin, il a encore montré que le faisceau radioactif du radium transforme le phosphore blanc en phosphore rouge. Poussant plus avant ses investigations il s’est préoccupé d’établir si les deux catégories de rayons jouissent de cette propriété ; il montre que cette propriété appartient aux rayons déviables.
- Distribution de la température dans Vatmosphère.
- — M. Mascart expose les conclusions d’un travail de M. Teisserenc de Bort sur la distribution de la température dans les hautes régions de l’atmosphère. Les températures ont été obtenues à l’aide d’instruments fixés à des cerfs-volants qui parviennent à des altitudes de 5000 mètres. L’auteur établit qu’au-dessus des aires de basse pression, la température à la hauteur de 2000 m s’abaisse au-dessous de sa valeur normale. Au contraire, au-dessus des aires de hautes pressions, les températures sont plus élevées.
- Moyen d'attaque de certains animaux à tentacules.
- — Le prince de Monaeo analyse une Note de MM. Portier et Richet relative aux effets d’un poison qu’élaborent les cœlentérés physalies. Ces animaux portent, pour atteindre la proie, des filaments dits fils pécheurs. Lorsque ces filaments touchent un poisson, celui-ci subit une sorte de paralysie générale et devient une proie sans défense. MM. Portier et Richet ont étudié les filaments en question, et ont reconnu qu’ils élaboraient un liquide. Ce liquide a été extrait par broyage des filaments et expérimenté sur divers animaux; il est très toxique. Il ne produit pas de douleur, mais une sorte d’anesthésie accompagnée d’engourdissement et de demi-coma caractérisé par un abaissement de la température de 2 à 3°. La mort survient par asphyxie. Les auteurs ont pu relever sur d’autres groupes de cœlentérés des propriétés analogues.
- Un parasite de la viyne. — M. Guignard présente une Note de MM. Mangin et Yiala sur un insecte qui est pour les vignes un ennemi redoutable. Cet insecte porle le nom de Cepophagus echinopus; c’est un aearien. Comme le phylloxéra, il se porte sur les racines; il en mange l’amidon. Il transporte le plus souvent des spores et la? racine pourrit. Ch.de Villedeuil.
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- LA NATURE.
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- PENDULE SE REMONTANT SEULE
- Par nos temps modernes d’alcool, et même d’alcoolisme, il était tout indiqué que l'horlogerie devait s’occuper de ce liquide plus ou moins utile ou funeste. L’Exposition du Grand Palais, où l’alcool flambait dans l’éclairage et dans les moteurs, n’a pas laissé les horlogers en arrière, et si l’alcool par eux employé n’a pas trouvé place dans ce milieu il n’en est pas moins vrai que l’utilisation de l’alcool en horlogerie est un fait nouveau d’une certaine importance, au point de vue curieux surtout, car en pratique la clef et le remontoir ne trouvent pas encore dans l’alcool un concurrent très sérieux.
- L’invention ne consiste que dans le remontage automatique du mouvement; ce dernier n’a en lui-même rien de changé : on utilise pour cela la grande variation de volume de l’alcool sous l’action des changements en général relativement fréquents de la température ambiante.
- Le récipient à alcool sc compose des deux colonnes latérales creuses, en cuivre, qui réunissent le plateau supérieur au socle et dont les parois très résistantes ne subissent aucune déformation, et d’une colonne centrale fixée par sa base au bâtis du socle et libre à son extrémité supérieure. Cette colonne centrale, communiquant avec les deux premières par des conduits indéformables cachés dans le socle, est en cuivre mince ondulé suivant une fine rainure hélicoïdale, à pas serré, formant des replis assez profonds; dans le récipient parfaitement rempli d’alcool, elle forme la partie extensible; sous l’action du liquide incompressible et de la variation thermique, elle peut s’allonger et se raccourcir librement grâce à la plasticité du cuivre de l’enveloppe qui se déforme comme un soufflet. La quantité d’alcool employé, relativement considérable, rend très sensibles les moindres variations de température du milieu ambiant et cela presque instantanément grâce à la grande conductibilité du cuivre.
- Le dispositif permettant d’utiliser les variations de longueur du tube central, pour remonter le ressort moteur du mouvement d’horlogerie, est parti-
- culièrement ingénieux, car il faut éviter que de trop fréquentes variations de température ne viennent remonter le ressort au delà d’une limite prévue.
- Comme on le peut voir sur la figure, le tube central porte au-dessus de sa partie ondulée un axe sur lequel s’articulent deux bielles. Ces deux bielles, descendant vers le socle, rejoignent les extrémités des petits bras de deux leviers coudés divergents qui apparaissent sur le devant de l’appareil ; elles sont doublées de l’autre côté du tube de cuivre ondulé pour éviter que ce dernier ne gauchisse. Les deux leviers amplifient considérablement le mouvement dû à la dilatation du liquide ; à leur seconde extrémité sont attachés deux rubans d’acier souple s’enroulant d’autre part, dans le môme sens, sur l’axe de barillet d’un fort
- ressort. Ce barillet étant fixe, le ressort est bandé par l’action des leviers qui, tirant sur les rubans d’acier quand le tube central se dilate, les font se dérouler et obligent l’axe sur lequel ils sont fixés à tourner. Quand par contre le tube se rétracte, le ressort tend à se débander, mais alors il agit, par l’intermédiaire d’un plateau denté fixé sur son axe, sur un cliquet qui entraîne le remontoir du ressort moteur du rouage d’horlogerie. L’action de ce remontage est limitée par le fait que, le premier ressort n’étant qu’un peu plus fort que celui du rouage d’horlogerie, elle s’arrête à la position d’équilibre de tension entre les deux ressorts antagonistes.
- La pratique a montré que dans les conditions ordinaires d’un appartement, les variations de température sont largement suffisantes pour opérer ce remontage, car les rubans d’acier sont le plus souvent mous, la position d’équilibre des deux ressorts étant presque toujours atteinte.
- Incontestablement l'idée du remontage automatique de cette pendule est curieuse; mais il faut reconnaître que l’ensemble de l’objet est peu décoratif et que les organes de remontage, quoique simples, sont assez encombrants. Une belle composition artistique remplacerait avantageusement, à, notre sens, l’aspect rébarbatif d’instrument de laboratoire donné à cette pendule. Mathieu Ulaxchon:
- Le Gérant : P. Masson.'
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Pendule se remoutunl automatiquement par l’alcool.
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- S* 1498. — 8 FÉVRIER 1902.
- LA NATURE.
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- MACHINES THERMIQUES A BASSE TEMPÉRATURE
- Quels que soient les perfectionnements apportés I bien obligé de reconnaître que les moteurs utilisant aux chaudières et aux machines à vapeur on est I la force expansive de la vapeur ne donnent encore
- Fig. 1. — Laboratoire de l'Ecole royale polytechnique de Berlin. Machine à vapeur combinée à une machine à acide sulfureux.
- Conduite? de, la pompe-cl air
- qu'un rendement bien faible, si l’on compare le nombre de calories transformées en travail utile à celui des calories produites par la combustion de la houille. Nous ne reprendrons pas ici l’examen des causes qui, jusqu’à présent, ont empêché le rendement de ces moteurs de dépasser 14 à 15 pour 100 de la chaleur foiirnie par le combustible. Toujours est-il qu’en regard des turbines et autres moteurs hydrauliques qui
- utilisent plus de 80 pour 100 du travail fourni, la machine à vapeur fait bien triste figure. Aussi, convient-il de signaler un progrès important qui vient d etre réalisé en Allemagne, par MM. Behrend 30” année. — 1er semestre. /I
- Fig. 2. — Dispositif de la Machine à acide sulfureux.
- et Zimmermann, au moyen d’une machine à vapeur froide qui, combinée à une machine à vapeur ordinaire, a permis d’augmenter le rendement de celle-ci de plus de 40 pour 100 de sa valeur pour une même consommation de vapeur et de combustible. Le perfectionnement dont il s’agit est basé sur le principe suivant :
- Dans la plupart des machines à vapeur, la vapeur à sa sortie des cylindres est dirigée, ou plutôt
- appelée, vers un condenseur où, en se refroidissant, elle se condense. De la sorte on supprime les contre-pressions sur le piston, ce qui facilite le mouvement de va-et-vient de celui-ci, et, d’autre part, ôri peut re-
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- ZJIoriVJ,
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- LA NATURE.
- cueillir une partie de la chaleur non transformée en travail et qui serait complètement perdue si la vapeur était évacuée dans l’atmosphère. Mais, si perfectionné que soit le condenseur, il y a toujours une grande perte de calorique qui ne peut èlre transformé en travail. La machine à vapeur froide a précisément pour but d’utiliser la chaleur que possède encore la vapeur à sa sortie des cylindres. Pour cela on emploie un agent de travail à point d’ébullition inférieur à celui de l’eau (vapeur froide). A son arrivée dans le condenseur la vapeur a une température de 60 à 45° selon les machines, alors que l'eau de réfrigération employée ne descend guère au-dessous de 15°. Cette importante chute de température est utilisée pour agir sur un liquide entrant à ébullition à basse température et présentant, par conséquent, des pressions notables aux températures en question. Dans les machines dont nous allons parler, dites « machines à basse température », le liquide employé est l’acide sulfureux dont la vapeur a une tension de 11 kg par cm2 à la température de 60°, alors qu’à 15° cette pression n’est que de 2,87 kg. Cette vapeur, en se détendant dans un cylindre, peut donc fournir un travail important. La figure 2 est un croquis schématique qui permet de se rendre compte de la façon dont on peut combiner une machine à vapeur froide avec une machine à vapeur à condensation; nous supposerons celle-ci monocylindrique. A sa sortie du cylindre A la vapeur d’échappement se dirige vers le condenseur à surface B qui sert en même temps de générateur pour la machine à acide sulfureux. Dans ce condenseur l’eau de réfrigération est remplacée par de l’acide sulfureux liquide. Les calories apportées par la vapeur déterminent l’évaporation de l’acide et communiquent, à la vapeur froide ainsi produite, une tension importante qui est utilisée dans le cylindre G de la machine auxiliaire. A leur sortie de ce cylindre les vapeurs d’acide sulfureux se rendent au condenseur D où une circulation d’eau froide les ramène à l’état liquide. L’acide est alors renvoyé, au moyen d’une pompe E, au condenseur-générateur pour être vaporisé de nouveau. Ainsi, à part les pertes causées par les fuites, il n’y a ici aucune perte du fluide moteur. La nouvelle machine peut s’adapter de deux façons aux machines à vapeur ordinaires; d’une part, en accouplant directement le cylindre à vapeur froide à la machine à vapeur, c'est-à-dire en faisant agir son piston sur le même arbre; d’autre part, en installant la machine à vapeur froide séparément, comme moteur isolé, utilisant la vapeur d’échappement, d’une ou de plusieurs autres machines.
- Une de ces machines est en service au laboratoire de l’École royale de Charlottenbourg, près de Berlin. Cette machine, d’une puissance de 60 chevaux, est combinée avec une machine à vapeur eompound à triple expansion, de 150 chevaux servant à l’éclairage électrique. Le cylindre à vapeur froide a un diamètre de 266 millimètres et une course de 500 millimètres, comme les cylindres à vapeur. La figure 1
- représente une vue d'ensemble des machines combinées ; la machine auxiliaire est disposée à l’avant du bâti, les condenseurs sont derrière l’arbre de couche. Une série d’essais ont été faits pour se rendre compte de la valeur de la nouvelle machine et de 1’influence qu’elle pouvait exercer sur le rendement. La dynamo, actionnée par le moteur à vapeur, avait été calculée largement et il était permis de lui faire supporter la surcharge résultant de l’adjonction du cylindre à vapeur froide. La dynamo a, en effet, excédé parfois de 40 pour 100 son travail normal. Le cylindre est à distribution par soupapes, le mode de construction est analogue à celui des machines à vapeur, mais en diffère à cause de l’étanchéité parfaite à obtenir pour les tiges des soupapes. La commande des tiges de soupapes verticales a donc lieu par l’intermédiaire d’un dash-pot à huile et à ressort (nouveau système Collmann), qui ferme les soupapes. Les boîtes à soupapes sont complètement closes, le mouvement leur est transmis au moyen d'axes oscillants et de leviers coudés. La même disposition a été adoptée pour les soupapes d’échappement. L’acide sulfureux permet d’employer n’importe quel métal à la construction des pièces en contact avec lui; on peut donc employer, indistinctement, la fonte, le fer forgé, le bronze, etc. Le cylindre est en fonte et a été calculé pour une pression maxima de 15 kg par cm2. Il n’a pas d’enveloppe de vapeur mais est protégé par du feutre recouvert d'une feuille de tôle. L’acide sulfureux présente, en outre, les qualités d’un lubrifiant. Dans les essais auxquels il a procédé, M. le professeur Josse a fait marcher la machine à vapeur froide, même# avec des vapeurs d’acide sulfureux à peine surchauffées d’environ oü°, et il a obtenu une marche excellente sans graissage du cylindre.
- L’avantage qu’il y a à ne pas employer d’huile pour le graissage se fait surtout sentir dans le condenseur à surface. Le pouvoir de transmission n’y est nullement altéré par les dépôts de corps gras, même après un fonctionnement de plusieurs années. Cet avantage est d’ailleurs reconnu depuis longtemps dans les machines à glace à acide sulfureux. La condensation des vapeurs dans le cylindre est extrêmement faible.
- L’évaporateur a dû être complètement étudié à nouveau. Le type des appareils de ce genre en usage dans les machines à glace ne pouvait être utilisé ici, les quantités de chaleur à transmettre étant beaucoup plus importantes. L’évaporateur et le condenseur ont la forme de cylindres ayant chacun 5 mètres de longueur. Ils sont pourvus intérieurement d’un système tubulaire; le premier a un diamètre intérieur de 880 millimètres et de 70 m2 de surface active ; l’autre a un diamètre intérieur de 1040 millimètres et 160 m2 de surface active. Ces appareils sont entièrement construits en fer et donnent de très bons résultats. Il n’y avait, en effet, aucune nécessité d’employer du cuivre. Les essais ont démontré que dansl'évapo-rateur la transmission de chaleur par mètre carré est, à différence égale de température moyenne,
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- quadruple de celle observée dans le condenseur.
- L’envoi dans l'évaporateur de l’acide sulfureux liquide se fait par une petite pompe de construction spéciale pour assurer la circulation de l’acide sulfureux liquide. Etant à une température correspondante îi la pression au condenseur, la moindre diminution de pression le vaporise, par suite il n’y a plus d’aspiration. La conduite de refoulement de la pompe demande aussi à être construite spécialement, alin d’empêcher les coups d’eau de celle-ci, les réservoirs de choc à air n’étant pas applicables. Enlin la puissance pour actionner cette pompe qui reçoit son mouvement de la machine à vapeur froide est faible; elle atteint à peine 0,75 pour 100 de la puissance totale de la machine.
- Les essais laits sur cette machine se rapportent à une durée de marche de six mois. Ils furent toujours commencés au moment où la machine offrait la meilleure garantie de marche normale, c'est-à-dire au bout de 5 à 4 heures de service.
- La consommation de vapeur minima de la machine à vapeur seule, obtenue dans ces essais, a été de 5 kg par cheval et par heure; la machine à vapeur froide donnait encore 55 pour 100 du travail de la machine à vapeur. La consommation de vapeur par cheval et par heure de la machine combinée se trouva donc réduite, en tenant compte du travail fourni par le cylindre à acide sulfureux à 5,74 kg. Ce résultat est extrêmement favorable, la machine n’ayant développé qu’une puissance de 21S chevaux.
- La proportion du travail, qui peut être obtenue avec la nouvelle machine, dépend de la consommation spécifique de vapeur de la machine à vapeur avec laquelle elle est combinée. Dans un essai où l’on avait dépensé 7k«,5 de vapeur saturée par heure et par cheval indiqué, le rendement du cylindre à vapeur froide s’éleva jusqu’à 42,1 pour 100 par rapport à celui de la machine à vapeur.
- Quant à la consommation de vapeur d’échappement, faite par le cylindre à acide sulfureux, on a pu, dans les essais, obtenir 1 cheval-vapeur indiqué par heure, pour une dépense de 14,0 kg de vapeur d’échappement, et il est.permis d’admettre qu’avec de plus grandes machines, et après quelques perfectionnements, on pourra faire descendre cette dépense à 14 kg. Enfin, un autre gain de force motrice peut être obtenu par l’utilisation de la chaleur de l’eau de condensation provenant de l’enveloppe de vapeur et des purgeurs de la machine à vapeur. En somme on compte augmenter ainsi, par adjonction de la nouvelle machine, le rendement des machines à vapeur d’au moins 40 pour 100.
- Ces machines peuvent d’ailleurs être utilisées pour récupérer d’autres chaleurs perdues comme, par exemple, celle qui s’échappe par la cheminée avec les gaz des foyers de chaudières. C’est ainsi qu’avec la machine de Charlottenbourg, on estime pouvoir abaisser à 5 kg la consommation de vapeur par cheval indiqué et par heure. De même dans les moteurs à gaz la quantité de chaleur évacuée en pure perte,
- avec les produits de la combustion et avec l’eau de réfrigération, est très importante et pourra être utilisée avec avantage dans une machine à vapeur froide.
- Ce système donnera donc le moyen d’augmenter la puissance motrice d’une installation puisque l’on pourra désormais, moyennant seulement les frais de premier établissement qui sont sensiblement les mêmes que ceux d’une machine à vapeur de même puissance, porter par exemple de 2000 à 2800 chevaux la puissance disponible, sans que les frais d’exploitation soient augmentés, la consommation de vapeur étant toujours la même. Une machine de 175 chevaux a déjà été installée dans ces conditions à la station électrique de Markgrafenstrasse.
- Ces machines combinées, qui remontent à Du Tremblay en 1850, n'avaient pas donné de résultats satisfaisants jusqu’ici; la machine de MM. Behrend et Zimmermann va de nouveau appeler sur elles l’attention des ingénieurs. Il est de fait que l’artifice employé à Berlin, pour augmenter d’un bon tiers le rendement des machines à vapeur, constitue un progrès réel qui trouvera ses applications dans beaucoup de circonstances. Georges Cave.
- SACCHARINE ET SIMILAIRES ‘
- La Commission du Budget de la Chambre des députés a adopté l’amendement proposé à la loi de finances en vue d’interdire l’usage de la Saccharine en dehors des emplois pharmaceutiques ou thérapeutiques. On lie trouverait plus la Saccharine que chez les pharmaciens et sur ordonnance.
- Il faut souhaiter qu’il en soit ainsi. Les expériences physiologiques n’ont pas démontré que la Saccharine introduite dans l’organisme soit nocive, mais elles n’ont pas prouvé nen plus qu’elle soit sans effet nuisible. En tout cas, la Saccharine n’est pas un aliment ; elle est inerte et le sucre, au contraire, est un aliment énergétique de premier ordre, comme l’a prouvé M. Chauveau. Remplacer le sucre par la Saccharine constitue une fraude très répréhensible et on l’introduit sur grande échelle dans la fabrication des denrées alimentaires sucrées : confitures, pâtisseries, pains de fantaisie, chocolat, limonade, liqueurs, bière, cidre, vin, etc. Et comme la Saccharine allematide de Fahlberg a mauvaise réputation depuis son apparition, on a multiplié les étiquettes et on la vend sous des noms pompeux pour faire supposer qu’il s’agit de sucre de canne. Ainsi, en Suisse, on a répandu dans le public « l’extrait de cannes » et il s’agit tout bonnement d’une solution sirupeuse de Saccharine dans un liquide faiblement alcalin. A Lyon, on fabrique la « Sucramine » ou « sucre de Lyon » : c’est une combinaison de Saccharine et d’ammoniaque. Enfin on a encore inventé dernièrement « la Canna bine », poudre cristalline très soluble. C’est encore de la Saccharine.
- 11 est temps de faire cesser ces fraudes. Un kilogramme de Saccharine sucre autant que 550 kilogrammes de sucre. C’est possible, mais le premier volé est le consommateur. La saveur l’illusionne, mais il n’absorbe aucun aliment. Enfin, cette fraude entraîne une perte considérable pour le fisc et pour l’agriculture. Nous souhaitons que le projet de loi soit accepté; il nous débarrassera de tromperies inacceptables. J.-F. Gale.
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- COUPOLE POUR ORUSIER
- La Compagnie de Chàtillon et Commentry a présenté, à l’Exposition de 1900, une coupole pour obusier de 21 centimètres, sur laquelle nous allons donner quelques renseignements. Cette coupole, établie à Heur de terre, comporte trois étages : un supérieur, un moyen et un inférieur. Le personnel, nécessaire au service, n’est que de 11 hommes, cadre compris, savoir : 1 chef de pièce et 2 servants en haut; 1 sous-chef de coupole à l’étage intermédiaire ; à l’étage inférieur, 1 gradé, 1 homme au monte-charge, 1 au ventilateur et 4 au treuil d’orientation.
- Le système se compose d'une chambre cylindrique dans laquelle se trouvent la bouche à feu et son affût; cette chambre est protégée, dans la partie supérieure, par une cuirasse en forme de calotte sphérique et tout autour par une avant-cuirasse scellée dans le massif de béton.
- Les dimensions de la chambre, qui ont été aussi réduites que possible, sont de om,80 de diamètre et 2 mètres de hauteur. La chambre et sa cuirasse supérieure sont solidaires l’une de 1» 4
- 1 autre et sont susceptibles de prendre, de concert, un mouvement de rotation de façon que le canon puisse être dirigé vers un point quelconque de l’horizon.
- L’étanchéité de la chambre est complète par rapport aux gaz extérieurs de façon qu’un projectile, venant à éclater dans le voisinage, ne puisse gêner les servants. T)e même, l'obusier présente à l’embrasure un joint circulaire en caoutchouc qui empoche les gaz de la charge de rentrer. Néanmoins, une partie de ces gaz, restés dans l’àme après le départ du coup, pénètrent quelquefois dans la chambre, lorsqu’on ouvre la culasse pour le chargement. Aussi existe-t-il un ventilateur pour aérer.
- La cuirasse mobile est une calotte sphérique de 0m,75 de ilèche extérieure. Elle se compose de deux plaques de fer laminé de 0ra,20 d’épaisseur, assemblées suivant un plan de joint vertical perpendicu-
- laire au plan de tir. Cette calotte s'encastre sur la tôlerie formant la paroi circulaire de la chambre par l’intermédiaire d’un lit de plomb afin d’éviter les vibrations désastreuses qui pourraient se produire dans la tôlerie et dans les divers mécanismes si la calotte venait à être atteinte par un projectile ennemi.
- L’ensemble de la calotte et du corps cylindrique de la chambre offre, à sa partie inférieure, une circulaire, qui repose, par l’intermédiaire de galets coniques, sur une autre circulaire fortement scellée dans le béton. Les galets ont des boudins à leurs extrémités afin d’assurer le centrage de la coupole. On peut, du reste, si cela est nécessaire, soulever tout l’ensemble à l'aide de vérins hydrauliques au
- nombre de trois, ce qui permet de visiter les galets un à un.
- Un système de poutres en tôle et de cornières constitue la base d’appui de l’atîùt ainsi que l’ossature du plancher de la chambre de l’obusier. Une échelle fait communiquer l’étage supérieur avec l’étage intermédiaire.
- L’affût est composé de deux plaques en acier coulé, solidement reliées aux poutres du plancher ainsi qu’au corps en tôlerie. Le frein de recul enveloppe en partie l’obusier et se prolonge jusqu’à la bouche par un fourreau solidaire avec lui et dans lequel glisse la partie avant de la bouche de l’obusier. La disposition est telle que l’ensemble de l’obusier et du frein est assujetti à osciller autour d’un point central de l'embrasure; on réalise, de la sorte, cet immense avantage d’avoir pour cette dernière l’ouverture minimum. Deux cylindres en acier coulé forment le frein de recul de part et d’autre de l’obusier; un troisième cylindre récupérateur est placé entre eux et au-dessous. L’obusier est dans une jaquette en acier coulé qui peut s’engager sur deux glissières reliées avec les cylindres. Lors du recul, le liquide, expulsé des cylindres du frein, vient comprimer les rondelles du récupérateur ; ces dernières, en se détendant par la suite, renvoient le liquide dans les cylindres du frein, ce qui a pour
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- effet de ramener la pièce en batterie. A l’aide d’un système de volant, de poulies et d’engrenages, on donne à la pièce l’inclinaison nécessaire, avec d’autant plus de facilité que l’obusier est parfaitement équilibré. Un seul homme peut, en 50 secondes, faire varier l’inclinaison de -+- 5° à -f- 55°, qui sont les limites extrêmes du pointage. Le pointage en direction s’exécute à l’aide d’un trou de visée percé dans la calotte, à gauche de l’embrasure; ce trou est horizontal; il est muni d’un guidon. L’obturation hermétique de l’embrasure est assurée par un joint élastique enveloppant l’extrémité du fourreau solidaire du frein. Le centre d’oscillation de l’ensemble du fourreau, du frein et de l’obu-sier est matérialisé par deux bielles dont la partie supérieure porte un tourillon pénétrant dans le fourreau suivant son axe de rotation. De la sorte, l’affût est complètement indépendant de la calotte-cuirasse et le tir ne saurait être arrêté par suite des déformations que cette dernière pourrait subir. La partie de la calotte en contact avec le joint élastique est une portion de sphère alésée et polie. L’extrémité avant du fourreau, est complétée par une partie en bronze formant une gorge dans laquelle se loge la matière élastique en forme de tore.
- L’étage intermédiaire renferme le contrepoids qui sert à équilibrer l’affût ainsi qu’un treuil pour le démontage et le remplacement de l’obusier. Une trappe donne la communication par une échelle avec l’étage inférieur. Une niche, ménagée dans la maçonnerie, permet la visite et le démontage des organes du mouvement de rotation.
- C’est à l’étage inférieur que se trouvent les appareils destinés h. produire la rotation de la coupole, à ventiler la chambre et à monter les munitions. Quatre hommes, attelés au treuil, peuvent produire un tour complet de la coupole en moins d’une demi-minute. Sur l’arbre du treuil est une boîte circulaire avec disques gradués qui permet aux ser-
- Fig. 2. — Coupe verticale parallèle à l’axe «le l’obusier.
- vants de se rendre compte de l’orientation de la coupole, et, par suite, de donner celle qui a été fixée. II est de même facile, après chaque coup qu’on fait toujours suivre d’une éclipse de l’embrasure, de ramener celle-ci à la position précédente. La ventilation est produite à l’aide de deux ventilateurs, l’un soufflant, l’autre aspirant. Le premier tourne avec une vitesse plus grande que celle du second afin de maintenir dans la chambre un léger exces de pression et d’empêcher, autant que possible, la fumée de rentrer dans la coupole lorsqu’on ouvre
- la culasse de l’obu-sier. Le monte-charge, destiné à amener les munitions de l’étage inférieur dans la chambre, se manœuvre à l’aide d’une manivelle. Il offre d’ingénieuses dispositions que nous regrettons de ne pouvoir détailler.
- Les communications entre les divers étages sont assurées à l’aide de tuyaux acoustiques au nombre de quatre : l’un mettant en relation la chambre de l’obu-sier avec l’étage intermédiaire, l’autre, cette même chambre avec l’étage inférieur; le troisième, l’étage intermédiaire et l’étage inférieur ; enfin, le dernier, le surveillant de la circulaire de poirttage en direction avec les servants du treuil. L’avant-cuirasse, scellée dans le béton, est en fonte dure coulée en coquille. Elle est composée de cinq voussoirs. Chaque segment est renforcé en son milieu par une forte nervure intérieure ; les joints des divers segments sont, de même, obtenus avec des nervures intérieures à évidement.
- Une semblable coupole est évidemment susceptible de pouvoir rendre les plus grands services, son organisation permettant de faire feu, même si la calotte supérieure ou l’avant-cuirasse venaient à être fortement endommagées. Une pareille immunité provient de la réalisation de cette condition d’avoir constitué un affût et une bouche à feu suffisamment protégés et indépendants de cette protection. Il n’y a guère, en somme, que les coups d’embra-
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- sure qui puissent entraîner la mise hors de service et on se mettra d’autant mieux à l'abri de cette dangereuse éventualité que l’on maintiendra l’embrasure le plus longtemps possible éclipsée, ne la tournant vers l’ennemi que juste le temps indispensable pour l'aire l'eu. L'-colonel Delauney.
- LES MONTRES SUISSES
- On sait que la Suisse est le grand fournisseur de montres de l’univers. On estime à plus de 6 millions le nombre de ces petits appareils d’horlogerie, vendus par nos voisins d’outre-Jura en 1900.
- En moyenne une de ces montres vaut I6fr,2t>. 11 y a naturellement un écart considérable avec ce chiffre théorique, écart variable suivant que le boîtier de la montre est en or, en argent ou en métal. En réalité le prix moyen d’une montre en or est de 50 franos. Celui d’une montre en argent représente exactement le quart de cette somme, soit l‘2tr,25. Et pour la montre en métal le chiffre s’abaisse à 8,r,4fi, soit le sixième à très peu près d’une montre d’or.
- A l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de sa publication, le « Journal suisse d’horlogerie », qui occupe incontestablement le premier rang dans la littérature hor-logère, vient de publier un fort joli et élégant volume, remarquablement illustré et qui abonde en documents sur-la montre suisse. Nous en extrairons la curieuse statistique suivante. Elle indique le nombre d’habitants « entre lesquels se répartit théoriquement une montre suisse exportée par an ». Le tableau s’applique à la moyenne des cinq dernières années.
- Grande-Bretagne, 50 habitants; Allemagne, 31 ; Belgique, 42; Danemark, 52; Scandinavie, 54; LaPlata, 59; Autriche, 75; Pays-Bas, 87; Italie, 88; Turquie d’Europe, 119; Espagne, 119; Portugal, 155; France, 146; Russie, 183; Grèce, 249; Pays Danubiens, 265; Égypte, 500; États-Unis, 554; Afrique Orientale, 561; Canada, 575; Brésil, 582; Chili et Pérou, 458; Australie, 499; Amérique Centrale, 589; Algérie et Tunisie, 687; Chine et Japon, 1168; Turquie d’Asie, 1388 ; Colombie, 1429; Indes britanniques, 4192; Afrique Occidentale, 4288; Indes hollandaises, 8974 habitants.
- Il serait intéressant de connaître quelle durée de service font en moyenne ces montres. En admettant seulement que chacune d’elles soit réformée au bout de 10 ans, on trouverait que sur 5 Anglais ou Allemands il y a un porteur de montre suisse. La proportion serait de 1 sur 4 pour la Belgique, de 1 sur 5 à 1 sur 6 pour le Danemark, la Scandinavie et la Plata, de 1 sur 7 à 1 sur 9 pour l’Autriche, les Pays-Bas et l’Italie, de 1 sur 12 à 1 sur 15 pour la Turquie, l'Espagne et le Portugal, de 1 sur 15 en France. Et ces chiffres tiennent compte des enfants qui ne portent généralement pas de chronomètre!
- L’industrie horlogère suisse étant plus prospère que jamais et son exportation croissant d’année en année, en même temps que la valeur moyenne de chaque type de montre diminue, ce n’est pas de sitôt, on le voit, que le monde cessera d’être tributaire des fabricants de montres suisses*. L. Revf.rchopj.
- 1 II est intéressant de constater que le commerce extérieur général de la Suisse est de 650 francs par tête. Ce sont les Américains eux-mêmes qui en ont fait la constatation. Et le pays n'a ni charbon, ni fer, ni port de mer!
- FABRICATION DES TIMBRES-POSTE
- Comment est fait un timbre-poste? Encore que chacun d’entre nous chaque jour s’en serve pour affranchir sa correspondance, personne, ou à peu près, ne songe à se demander comment il est fabriqué. On dirait, parce que nous sommes habitués à trouver en tous les bureaux de postes et chez tous les marchands de tabac de ces petites vignettes de couleurs et de valeurs variées, que celles-ci viennent tout naturellement, ni plus ni moins que les feuilles des arbres tant on pense peu, les philatélistes les plus enragés tous les premiers, à s’en préoccuper. C’est 15 une marque d’indifférence contre laquelle il faut réagir. La fabrication des timbres-poste, en effet, constitue une véritable industrie, et des plus curieuses, industrie entièrement monopolisée par l’Etat, naturellement. Point n’est besoin de beaucoup réfléchir, au surplus, pour comprendre que de toute nécessité il en doit être ainsi. Étant une véritable valeur fiduciaire destinée à l’acquittement d’un service rendu, le timbre-poste doit être confectionné en des conditions spéciales, propres à garantir son authenticité. Il est indispensable pour tous, en effet, aussi bien pour le Trésor public que pour les simples particuliers, que l’on ne puisse aisément falsifier les timbres.
- Et c’est justement à cette obligation supérieure que l’on doit de voir concentrer leur fabrication dans des ateliers spéciaux appartenant à l’État1, ateliers installés de telle sorte que les garanties les plus complètes sont prises, tant contre la fraude que pour l’exécution matérielle parfaite de ces différentes valeurs postales couramment en usage. Mais, sans plus tarder, passons en revue les différentes phases de l’exécution matérielle d’un timbre-poste tel que nous le trouvons au moment de le coller sur l’enveloppe de notre lettre.
- Pour réaliser un timbre, le premier soin à prendre est d’arrêter la vignette qu’il doit représenter. A cet effet, l’artiste chargé de son exécution compose un dessin à grande échelle, et ce dessin est réduit par la photogravure à la dimension exacte que doit présenter le futur timbre-poste.
- Cette première image obtenue est confiée à un graveur habile chargé d’en réaliser sur bois ou sur acier une reproduction fidèle. Quand celle-ci est parfaite et a été approuvée définitivement par l’artiste auteur du projet, on se trouve en possession du poinçon primitif, que reproduiront tous les timbres. De ce poinçon, qui ne porte la marque d’aucune valeur, on prend avee de la cire s’il est en bois (ce qui est le cas le plus ordinaire), avec du plomb s’il est en acier, un certain nombre d’empreintes qui permettent d’en préparer des reproductions galvanoplas-tiques. Celles-ci, une fois retouchées avec le plus grand soin, sont remises au graveur pour qu’il y
- 1 Les ateliers où se fabriquent les timbres-poste et autres valeurs postales pour la France entière et ses colonies sont situés à Paris, boulevard Brune.
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- inscrive la mention des différentes valeurs de timbres. On obtient ainsi une série de poinçons types correspondant aux divers timbres à exécuter. De chacun de ces poinçons, dont la lettre a été approuvée exactement comme l’avait été la gravure du sujet, on prend une certaine quantité d’empreintes en plomb et ces empreintes, groupées au nombre de cinquante, servent h obtenir, par l'intermédiaire de la galvanoplastie, une reproduction métallique à laquelle on donne le nom de coquille.
- Celle-ci, constituée par une mince couche de cuivre, est naturellement trop fragile pour que l’on puisse directement l’utiliser. Pour lui donner une résistance convenable, on Tétanie, on coule à son intérieur du-métal d’imprimerie, puis on dresse ses bords, et on a alors un cliché qui, après avoir subi les retouches du graveur, est propre à l’impression.
- Les feuilles de timbres, suivant les presses employées, comprenant 500 ou 600 timbres, c’est donc 6 ou 12 clichés semblables qu’il faudra exécuter. Ceux-ci s’obtiennent du reste aisément en prenant du premier, à l’aide d’une presse hydraulique, un nombre correspondant d’empreintes en gutta-percha, empreintes qui serviront chacune à en réaliser une fidèle reproduction galvanoplastique. Dès lors, tout est prêt pour l’impression.
- Cette opération importante s’exécute suivant les procédés habituels. Naturellement, elle demande à être très soignée, et, comme c’est la règle pour tout tirage de gravure, elle exige une mise en train longue et minutieuse. On le comprend sans peine si Ton remarque que chaque feuille de timbre comprenant 300 ou 600 vignettes, on est obligé de s’assurer que toutes les parties de chacune de ces vignettes sont soumises sur la machine à des pressions convenables et régulières, ce qui oblige à tout un travail de découpage et d’assemblage extrêmement délicat. Aussi, entre le moment où la forme contenant les clichés est amenée sur la platine de la presse, et l’instant où celle-ci roule, s’écouJe-t-il en général un espace de plusieurs jours.
- Les presses en usage pour l’impression des timbres dans les ateliers de l’administration des Postes et Télégraphes sont de deux modèles essentiels, à platine et à cylindre. Celles à platine sont les meilleures, mais elles sont d’un rendement assez faible; elles opèrent à plat. Quant à celles à cylindre, qui sont de divers types, elles permettent une fabrication plus rapide, et servent notamment à l’impression des timbres en plusieurs couleurs, comme nos timbres coloniaux, les tickets de conversation télégraphique, les timbres d’épargne postale, etc.
- Pour la commodité du contrôle, toutes les feuilles de timbres portent imprimées dans leur marge le millésime de l’année, la date du jour de l’impression, le numéro de la machine ayant servi à leur tirage et la lettre du conducteur. Au sortir des presses, les feuilles de timbres subissent un comptage après lequel on les renvoie au gommage.
- L’opération consistant à déposer au dos de chaque
- timbre la mince couche de gomme qui nous permet de les coller si aisément sur le coin d’une enveloppe de lettre n’est pas sans présenter certaines difficultés matérielles que Ton a du reste résolues de la plus dégante façon. S’il ne s’agissait que de passer un peu de gomme sur le verso des feuilles imprimées, la chose serait assez aisée, mais il faut sécher cette gomme, et c'est ici que la difficulté apparaît.
- Jadis, on opérait de la manière suivante. A l’aide d une petite machine, on gommait les feuilles et celles-ci étaient placées une à une isolément dans les innombrables cases d’un séchoir. Ce mode opératoire auquel on ne pouvait se soustraire, et auquel on recourt encore en certains cas spéciaux, était lent et créait un encombrement des plus gênants. Aujourd'hui, les choses se font plus simplement. Les feuilles de timbre, saisies successivement par des griffes, sont entraînées par une longue chaîne qui les fait passer d’abord devant le pinceau encol-leur, puis devant une série d’ailettes agitant continuellement sur elles de l’air chaud. A la fin de leur voyage qui comprend, suivant les machines employées, de 107m,50 à 119 mètres, elles sont reçues parfaitement sèches par des apprentis dont la mission est de les empiler congrument. Ceci fait, les feuilles de timbres sont comptées une nouvelle fois, puis portées au service du perforage.
- Cette dernière opération, qui marque l’achèvement du timbre, se fait naturellement encore mécaniquement. Pour la réaliser, les feuilles sont partagées par moitié ou par quart, suivant qu’elles sont de 500 ou de 600 timbres et présentées à la perforeuse au nombre de 5 à la fois. Aussi, l’opération est-elle très rapide et est-ce merveille de voir voler sous les dents de la machine les milliers et les milliers de petits confettis qu’elle découpe si prestement et avec une admirable et inimitable régularité.
- Dès lors, le timbre est complètement achevé, et, après un dernier comptage, il quitte les ateliers de fabrication pour les magasins de l’agent comptable qui les recompte encore et d’où ils seront envoyés, suivant les besoins, dans les divers bureaux de postes chargés de la vente au public. Comme Ton voit, dans l’industrie du timbre-poste, l’opération du comptage joue un rôle considérable. A l’établissement du boulevard Brune, il n’v a pas moins de 100 ouvrières ainsi employées sans cesse à compter une à une les feuilles imprimées.
- Il n’y a guère en effet, là-bas, d’autre contrôle et il n’en est pas besoin, celui-là étant en réalité à lui seul très suffisant à garantir contre les fraudes et contre les soustractions. Le système de comptabilité employé est donc fort simple : chaque jour, l’agent comptable fournit aux ateliers, après poinçonnage préalable, le papier nécessaire et ce papier devra, après impression, lui être rendu soit à l’état de feuilles de timbres parfaits, soit à l’état de feuilles de déchet. En fin de trimestre on fait le total des feuilles sorties blanches du magasin et celui des feuilles imprimées et restant à utiliser dans les ateliers ; si
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- les deux chiffres sont égaux, et ils doivent l'être, t Voilà pour l’industrie des timbres! Mais ceux-Ies opérations ont été parfaitement régulières. | ci ne sont point les seules valeurs postales que
- Fig. 1. — Atelier d’impression.
- l’administration fait établir dans ses divers ateliers.
- Au boulevard Brune on fabrique encore, et simultanément, des enveloppes timbrées gommées et non gommées, des bandes timbrées gommées, des cartes-lettres, des cartes postales, et les différentes sortes de mandats postaux et de bons de poste couramment en service. Naturellement, c’est un outillage mécanique qui est encore chargé de cette complexe fabrication. Pour les enveloppes, une première machine les découpe au nombre de plusieurs centaines à la fois dans les feuilles de papier imprimées au préalable. Puis, des ouvrières font passer ensuite successivement chacun des morceaux dans une nouvelle machine qui les plie et encolle les bords.
- L’enveloppe est alors achevée, mais non gommée. Pour cette dernière opération, on a recours à un
- troisième appa -reil gommeur et sécheur, appareil consistant en une longue courroie se déroulant d’un mouvement continu et sur laquelle un ouvrier étale les enveloppes qui passent ensuite devant le pinceau chargé de gomme et sortent à l’autre bout de la machine parfaitement sèches et prêtes à être mises en paquet.
- Pour les bandes timbrées, la fabrication est beaucoup plus simple. Après impression, les bandes sont découpées au massicot, puis étalées sur les tables où d’un trait de pinceau des ouvriers recouvrent leur extrémité d’une légère couche de gomme.
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- Le séchage s’effectue dans ces cases superposées J Viennent à présent les cartes postales. Leur éta-qui jadis servaient h celui des feuilles de timbres. | blissement ne présente aucune particularité spéciale.
- Fig. 3. — Atelier de perforage des timbres.
- L'atelier de galvanoplastie livre les clichés en cuivre nécessaires à l’imprimerie qui, après la mise en train d’usage, imprime les feuilles de carte que
- l’agent comptable lui a délivrées dans ce but.
- Les feuilles sont ensuite découpées à la machine à rogner, et, après comptage, naturellement, les cartes
- Fig. I. — Ateliers de pliage des enveloppes et de perforation des cartes-lettres.
- enfin sont réunies en paquets prêts pour la vente.
- Les cartes-lettres, elles, sont de réalisation plus complexe. Il faut, en effet, les imprimer, les découper, les plier, les gommer sur les bords et les perforer de façon k assurer plus tard leur ouverture. Tout
- cela encore est exécuté par un outillage spécial.
- Le pliage, par exemple, est fait à l’aide d’une petite machine à pédale où l’on place k l’ordinaire un apprenti dont la seule fonction est d’amener chaque carte successivement sur une platine percée d’une
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- fente dans laquelle entre et sort alternativement une lame mousse qui entraîne la feuille et la plie du même coup. Suivant son habileté, un apprenti peut ainsi plier de 4000 à 10000 cartes-lettres par jour.
- Pour le perforage, qui se combine quelquetois à un dispositif spécial pour l’empaquetage, il en est de même. L’ouvrier n’a d’autre travail à faire que de présenter la carte pliée sous les dents de la perforeuse, h l’intérieur d'un cadre ménagé dans ce but. Par journée de huit heures, un ouvrier perfore ainsi de 8 à 10000 cartes-lettres. Restent les mandats! Ceux-ci sont imprimés par quatre sur de grandes feuilles de papier blanc, portant chacun un numéro et devant être réunies par nombre de 25 pour former les cahiers, comprenant par conséquent chacun 100 mandats, qu’utiliseront les bureaux de poste.
- Pour faire commodément cette réunion des feuilles, on dispose sur une table tournante, dite « table d’assemblage », les 25 tas de feuilles devant servir à former les cahiers, et l’on met en arrière un nombre quelconque d’ouvriers. Ceux-ci ont à prendre, chaque fois qu’un paquet passe devant eux par suite du mouvement de rotation de la table, une feuille. Quand la table a accompli un tour le cahier est complet et il n’y a plus qu’à l’emporter au brochage. On lui met alors une couverture préparée et à l’aide d’une dernière machine dite brocheuse, on fixe ensemble les feuillets au moyen de trois agrafes métalliques.
- A côté de cet outillage spécial, l’installation du boulevard Brune se complète encore d’un certain nombre de services secondaires. Sans parler de l’atelier de galvanoplastie, qui a la charge de fabriquer les clichés en cuivre devant servir à l’impression de toutes les valeurs, il y a encore une série d’ateliers accessoires, de broyage pour la préparation des encres de couleurs, de fonte de gomme, de fonte pour les rouleaux des presses à imprimer, de photographie, de mécanique pour les réparations de machines.
- On le voit, ce n’est point précisément une petite affaire que de fabriquer ces minuscules vignettes que nous collons si négligemment sur le coin de nos enveloppes et que les collectionneurs recherchent parfois de façon si passionnée. Georges Vitoux.
- STALACTITES A FORMATION RAPIDE
- Connue complément à l’article de M. Stanislas Meunier sur les (( stalactites de formation actuelle », je me permets de vous communiquer les observations suivantes1. En vingt-deux ans, de 1875 à 1894, il s’est formé des stalactites de 0m,60 à lm,50 de longueur à la voûte du réservoir d’eau potable de Bayreuth (Bavière). (I)’après M. Franz Adami).
- En 1899, lors de l’aménagement des catacombes (carrières) du Trocadéro pour l’exposition du monde souterrain, j’ai vu des stalactites très minces, mais de plusieurs décimètres de longueur, aux voûtes des galeries qui abritent les grosses conduites d’eau de la cascade du Troca-déroet qui ne remontent qu’à l’Exposition de 1878.
- Même à l’air libre ces formations de stalactites récentes se constatent fréquemment sous les ponts et viaducs de
- 1 Voy. n° 1496, du 25 janvier 1902, p. 121.
- chemins de fer : par exemple à Maisons-Laffitte, à l’Étang-la-Ville (pont sur la route de la forêt de Marly, à la porte de Laubarderie), etc., et dans beaucoup d’autres endroits que j’ai cessé de noter, tant le phénomène est répandu. C’est bien l’infiltration des eaux et la décomposition du mortier qui produiesnt, même en plein air, ces concrétions, en quelque sorte artificielles, dans l’espace de peu d’années et bien plus communément qu’on ne serait d’abord disposé à le croire. E.-A. Martel.
- L’HIVER EN NORVÈGE
- Tandis qu’en France l’hiver 1901-1902 parait devoir marquer comme peu sévère, il est, au contraire, en Norvège signalé par d’abondantes chutes de neige et de furieuses tempêtes. A Noël, dans la région de Kristia-nia, il est tombé pendant plusieurs jours une telle masse de neige que les trains, sur la ligne de l’Ouest, ont été arrêtés. Des convois sont demeurés bloqués malgré tous les efforts faits pour les dégager, et les infortunés voyageurs ont dû passer des nuits dans les voitures, transis, glacés et affamés ; pour sortir de leur prison de glace, souvent ils n’ont eu d’autre ressource que d’emprunter dans des fermes voisines des « ski », ces fameux patins Scandinaves que tout le monde aujourd’hui connaît au moins de réputation. Le « ski », vainqueur de la locomotive, l’engin préhistorique triomphant des obstacles devant lesquels la vapeur demeure impuissante.
- Le 10 janvier, un ouragan de nord s’est abattu sur toute la Norvège occidentale, et, lui aussi, a eu des conséquences singulièrement désagréables pour les voyageurs d’un train qui allait de Vossvangen à Bergen. Tous ceux de nos lecteurs qui ont visité la Norvège connaissent certainement cette petite ligne.
- La voie court tantôt au fond de vallons, tout bruyants de cascades, tantôt en balcon aérien, au-dessus de fjords perdus dans l’intérieur des terres. D’un côté un rocher à pic, de l’autre un gouffre ; l’été c’est très pittoresque, l’hiver c’est singulièrement dangereux. Quelques jours avant la tempête, des masses de neige étaient tombées; sous l’influence de la pluie, amenée par l’ouragan, toute cette couche commença à rouler en avalanches, entraînant des blocs, des terres, des arbres. Au moment où la tourmente était dans tout son paroxysme, un tr.'in était engage sur la voie. A chaque instant il courait le risque d’être écrasé ou jeté dans le gouffre par un éboule-ment. D’abri contre les glissements de neige nulle part il n’y en avait; dans ces conditions le chef de train eut l’ingénieuse idée de conduire son convoi sous un tunnel voisin et d’y passer la nuit. Une nuitée pas très agréable, mais au moins on était en sécurité, à l’abri des avalanches que l’on entendait rouler avec un fracas de tonnerre aux deux extrémités du souterrain protecteur. Quelques jour* après, le 21 janvier, plus au nord, dans la région montagneuse que traverse le chemin de fer de Trondhjem à Stockholm, une terrible tourmente de neige s’abattait. A Trondhjem, la neige était si épaisse que la circulation dans la ville était presque impossible, et dans les montagnes les amoncellements atteignaient une profondeur extraordinaire, si bien qu’un puissant chasse-neige, expédié le lendemain pour nettoyer la voie, dut s’arrêter. Poussée par le vent, la neige s’était engouffrée dans un tunnel en masse si considérable quelle l’obstruait complètement. Les trains furent littéralement enfouis; en certains endroits, les amas de neige atteignaient le toit des wagons. Charles Rabot.
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- LES FREINS I)E BICYCLETTE
- On s’est contenté, pendant de longues années, de munir la bicyclette d’un frein agissant sur le bandage et la roue d’avant. Il est certain que pour ceux qui ne lont que des excursions en pays peu accidenté, cela suffit le plus souvent : il y a même des cyclistes qui trouvent que c’est trop et qui se croiraient déshonorés s’ils n’enlevaient de leur machine cet instrument qu’ils jugent lourd et disgracieux. Ils ont tort, car à un moment donné, môme en palier, si l’on est un peu lancé, l’usage du frein peut éviter un grave accident ; quant à ceux qui font de la route dans ces conditions et s’aventurent en pays accidenté, ce sont de jeunes fous, tout simplement, auxquels il est inutile de chercher à faire entendre raison, il n’y a qu’à se préparer à les soigner quand ils auront été victimes de leur imprudence.
- Depuis quelques années, le tourisme en pays montagneux s’est singulièrement développé et on a reconnu l’insuffisance du frein de bandage. Pour la descente des côtes qui ont parfois 10 kilomètres et plus, on ne peut admettre, en effet, que le caoutchouc puisse subir un frottement continu sans détérioration; on a, il est vrai, proposé de traîner un fagot d’épine derrière la bicyclette, et certains se sont parfaitement trouvà de ce subterfuge, mais on conviendra que c’est un peu primitif, et du reste on n’a pas toujours un fagot d’épine sous la main en haut d'une côte.
- Les fabricants se sont donc mis depuis quelques années à combiner des freins variés, les uns à tambour, analogues au frein Lemoine employé sur les omnibus, les autres à patin agissant sur la jante; il était assez difficile de se faire une opinion bien nette sur la valeur de tel ou tel système, et le Touring Club de France a eu l’idée d’organiser, au mois d’août dernier, un concours où les freins furent essayés dans des conditions assez dures pour que ceux qui ont résisté à toutes les épreuves puissent être considérés comme bons. Nous n’insisterons pas sur les détails de ce concours dont on trouvera le compte rendu détaillé dans la « Revue du Touring Club » du mois de septembre 1901 ; nous voulons seulement combler une lacune en donnant la description sommaire de quelques-uns des appareils ayant résisté à l’épreuve. Nous ne les donnons pas tous parce que les constructeurs de quelques-uns d’entre eux n’ont pas jugé à propos de répondre à la lettre que nous leur avions écrite pour avoir des détails sur la construction et l’autorisation de faire prendre des photographies de l’appareil. On nous reproche quelquefois d’arriver un peu tard pour traiter certaines questions qui sont à l’ordre du jour; mais nos lecteurs ne se rendent probablement pas compte de toutes les difficultés qu’on rencontre chez les inventeurs et les constructeurs quand il s’agit de leur faire une publicité absolument gratuite; nous cherchons à renseigner exactement et clairement le
- lecteur, et nous préférons parfois attendre plutôt que donner à la hâte une information incomplète.
- Le frein Bowden (n° o) est l’un des plus anciens et il est depuis plusieurs années très employé en Angleterre; il peut être monté très facilement sur toutes les bicyclettes. Les patins R sont montés aux extrémités d’un étrier E qui se place contre la fourche arrière du cadre. Il est maintenu dans cette position, d’une part, au moyen de ressorts R qui tendent à écarter les patins de la roue, d’autre part, par une entretoise fixée entre les montants de la fourche et portant un écrou V qui permet de régler la tension des ressorts et par suite la distance des patins à la jante. Un fil souple qui va au guidon permet de tirer sur la partie supérieure de l’étrier, ce qui force les patins à venir en contact avec la jante. Par son mode de montage, on voit que tout le frein reste absolument libre et se déplace latéralement-, de sorte que si la roue est voilée il fonctionne tout de même en suivant les mouvements qu’elle lui imprime à droite ou à gauche,
- Le frein Bouclier est construit sur le même principe et a le même aspect, c’est pourquoi nous ne l’avons pas fait dessiner; mais la commande se fait par tringle au lieu de se faire par fil souple.
- Le frein Floquart (n° 1) est complètement différent comme action : les patins prennent la jante sur les côtés comme avec une pince. A cet effet, ils sont montés en P à l’extrémité d’un levier dont le pivot est en A ; le bras du levier AC, beaucoup plus long que le bras AP, est actionné par une articulation T sur laquelle est fixé le fil de commande allant au guidon. La disposition des leviers de la pince, ainsi constituée, permet une action énergique des patins, avec une traction relativement faible sur le fil de commande.
- Le frein Dunois (stop) (n° 2) procède un peu du même principe que le précédent : les leviers M sont actionnés par une double articulation L reliée à la commande; sur le petit bras sont montés les patins R qui sont caractéristiques. Us sont formés par des cylindres de cuir travaillant en bout, c’est-à-dire que le frottement contre la jante s’effectue transversalement au sens des fibres.
- Les quatre modèles dont nous venons de donner la description se placent à la partie supérieure du cadre, tandis que les suivants sont montés près du pédalier.
- Dans le frein Terrot (n°l0),les patins P agissent sur les côtés de la jante et leur action est analogue à celui des mâchoires d’une tenaille. Ils sont montés à l’extrémité d’une équerre PAB, dont le pivot À est fixé sur le montant de la fourche et dont l’extrémité B est articulée à l’extrémité de l’étrier E ; celui-ci est muni d’une tige T le reliant à la commande qui se fait par tringles.
- Le frein Cosset (n° 5) est un peu du même genre que le Bowden comme installation, sauf qu’il se place près du pédalier et qu’il a une commande spéciale par leviers agissant en T, sur l’extrémité de l’étrier E
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- qui porte les patins P. Ceux-ci sont articulés autour d’un axe A et sont maintenus éloignés de la jante par des ressorts R. Ce sont ces ressorts également qui maintiennent le frein en place en lui laissant un certain flottement latéral qui lui permet de fonctionner même sur une roue voilée.
- Le frein Carloni (n° 4) est commandé d’une façon spéciale depuis le guidon ; en tournant une des poignées on produit la torsion d’un fil souple qui agit sur une vis V à filet quadruple et à pas allongé qui rend très rapide le déplacement de l’écrou ; celui-ci entraîne avec lui une tige reliée au levier faisant corps avec l’étrier E. Les extrémités de celui-ci portent les patins P et sont terminées par des retours en équerre qui viennent s’articuler sur les colliers fixés chacun sur une des branches de la fourche. On
- comprend dès lors qu’en soulevant l’étrier par une traction sur son extrémité on fasse appliquer les patins sur la jante.
- Le frein B. S. A. (n° 7) s’actionne au pied par contrepédalage. Les patins P sont placés sur un étrier E dont les extrémités viennent s’articuler sur des colliers fixés sur chacune des branches de la fourche. La tête de l’étrier est reliée par l’intermédiaire de ressorts, enfermés dans les cylindres R et H à une tige L qui vient s’attacher sur une couronne G montée sur le pédalier de la même façon qu’une roue libre, mais en sens inverse : elle reste immobile quand on pédale en avant, mais est entraînée quand on contrepédale. Dans ce cas, la tige L suit le mouvement et tire sur l’étrier en faisant appliquer les patins contre la jante. Les ressorts R et II ont pour
- Fig. 1. — N" 1. Frein Floquart — V 2. Frein Dnnois (xtoj>). — N° 5. Frein llowden.
- but de provoquer l’écartement des patins quand le pied n’agit plus, et d’éviter une action trop brusque au moment où l’on contrepédale ; il est certain que l’action du pied est toujours plus brusque et plus puissante que celle de la main et l’emploi d’un ressort amortisseur est indispensable.
- Cette disposition existe également dans le frein Peugeot (n° 6), où on voit le ressort R interposé entre l’étrier E, portant le patin P, et la tige L reliée au pédalier. Ici le mécanisme est entièrement placé à l’intérieur, mais l’action est la même : la tige L est reliée à une couronne qui est mise en mouvement seulement quand on contrepédale et elle entraîne l’étrier en faisant appliquer les patins sur la jante.
- Nous en avons fini avec lès freins agissant sur la jante, et nous allons voir maintenant quelques-uns de ceux qui agissent sur un tambour, rapporté sur la roue, et généralement fixé sur les rayons.
- Le frein Montet (l'extensible) (n° 8) se commande
- à la main, il se compose de deux larges patins P s’appliquant sur un tambour T muni d’ailettes pour éviter, dans une certaine mesure, son échauffement. Les axes qui portent les patins sont à l’extrémité de tiges qui s’engagent dans des glissières, et leur autre extrémité est reliée à une pièce métallique, non visible sur le dessin, que déplace le levier L, de façon à appliquer les patins sur le tambour pour produire une friction plus ou moins énergique.
- Le frein Hocquart (n° 9), construit par M. Leroux, est à contrepédalage ; une bande d’acier R enveloppe complètement le tambour T ; entre les deux se trouve interposée une composition grasse dite « poil de chameau » ayant environ un demi-centimètre d’épaisseur. L’une des extrémités de la bande d’acier est fixée en I) de façon invariable, l’autre s’attache en A à une équerre H reliée au levier L.
- Ce dernier levier est attaché, d’autre part, à un doigt C faisant partie d’une couronne montée de fa-
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- N° 4. Frein Garloni
- Fig. 2.
- X* o. Frein Cosset. — X” G. Frein Peugeot
- X° 7. Frein lî. S. A
- Fig. 3.* „ '
- N” 8. Frein Montet. — N° 9. Frein llocquarl-Leroux. — X* 10. Frein Terrot. — X° 11. Frein Iiassinier.
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- çon à être entraînée seulement par le contrepédalage.
- Le frein Rassinier (n° 11 ) présente ceci de particulier qu'il n’y a pas de patins; ce sont des galets qui agissent sur le tambour, ce qui, au premier abord, parait paradoxal pour un frein. Ces galets G sont montés à chaque extrémité d’une pièce métallique qui pivote par son milieu autour d'un axe A que porte l’extrémité d’un levier 1). Quand on tire sur ce levier, la traverse A bascule et les galets viennent s’appuyer sur le tambour T, l’un à l’extérieur, l’autre à l’intérieur. Si la traction sur 1) est assez douce, les galets roulent sur leur axe et le freinage est faible, mais si l’on produit une traction énergique les galets coincent sur leurs axes et ne tournent plus, ils agissent alors par frottement sur le tambour et tendent à l’arrêter. Sa commande se fait par la pédale au moyen d’une tige reliée à une couronne qui, comme dans les modèles précédents, n’est entraînée que par le contrepédalage.
- On a pu remarquer que, d’une façon générale, nous1 n’avons pas parlé de la composition du patin ; c’est que cette composition peut varier à l’infini, et que tel appareil qui a aujourd’hui des patins en cuir ou en bois, en aura demain en une autre matière.
- 11 en est de même des commandes : presque tous les freins au pied pourraient également être commandés à la main depuis le guidon ; quant au mode de transmissioh employé [tour la commande à la main, on peut, le plus souvent, employer indifféremment la tringle avec articulation, le lil souple par traction ou par torsion; on peut également, et cela est très important pour les descentes de longue durée, adapter sur la commande un dispositif qui permette de caler le frein dans une position déterminée. Chaque fabricant a un système qui lui est propre ; mais il est probable que sur demande du client il adopterait telle ou telle modification qu’on lui demanderait. G. Mares.
- CHRONIQUE
- ( ne nouvelle lampe A arc et ses premières applieations. — Le docteur Bang de Copenhague vient d’inïaginer, dans un but scientifique et médical, une lampe qui pourra être appelée à rendre à l’industrie elle-inème de signalés services. C’est une lampe à arc à charbons creux dans lesquels circule un fort courant d’eau. Ces charbons fonctionnent à peu près à froid, de sorlo qu’on peut les toucher sans se brider, à l’opposé des charbons ordinaires de lampes à arc qui atteignent o000°. L’énergie perdue sous forme calorifique est ainsi beaucoup moins considérable, et l’usure des charbons beaucoup moins rapide, ce qui en facilite énormément le réglage et l’entretien. La proportion d’énergie utilisée à entretenir l’arc est beaucoup plus élevée, et il en est de même du rendement de la lampe. Appliquée d’abord à des usages médicaux, notamment à ceux qui font appel aux propriétés curatives de la lumière électrique à l’exclusion de la chaleur qui l’accompagne ordinairement, celte lampe parait offrir en plus des qualités d’économie que lui assureront une place importante dans l’industrie de l’éclai-
- rage. 11 reste, en effet, beaucoup à faire dans cet ordre d’idées, même après les travaux de Nernst, de Cooper llewitt, de Bremer, etc.
- Observatoire «l'Apia. — L’Académie des sciences de Gottingue va établir près d’Apia (îles Samoa) un observatoire magnétique que dirigera l’astronome berlinois A. Nippoldt. On a choisi cet endroit parce qu’il est au sud de l’équateur magnétique tandis qu’à une distance égale au nord de ce dernier se trouve l’observatoire d’ilonolulu. Les météorologistes de ces deux stations poursuivront des recherches sur le magnétisme terrestre, l’électricité atmosphérique, la météorologie et la sismologie. Ils se serviront, en outre, de méthodes et d’instruments identiques. Aussi on espère qu’ils apporteront à nos connaissances sur la physique du globe une ample moisson de données intéressantes et nouvelles.
- La destruction «lu chinchilla. — Suivant les variions de la mode, tous les animaux à fourrures sont successivement l’objet d’une chasse meurtrière. Pendant cinq, six, sept ou huit ans, tant qu’une peau a la faveur des élégantes, l’espèce qui la fournit est traquée sans merci et elle finirait bientôt par disparaître, si ce qui avait causé sa perte ne devenait son salut. La mode de cette fourrure passe et les pauvres animaux, jusque-là poursuivis sans répit, connaissent alors la sécurité et peuvent se reconstituer tandis qu’une autre espèce prend leur place dans la terrible hécatombe. Depuis quelques années le chinchilla est très recherché ; aussi bien au Chili commence-t-on à pousser un cri d’alarme. Une très intéressante notice1 consacrée à ce petit rongeur, par le professeur Federico Albert, de l’Université de Santiago, donne de curieux renseignements sur les massacres pratiqués au Chili sur cet animal pour satisfaire aux demandes des fourreurs européens. En 1805 l’exportation des peaux de chinchilla se chiffre par 184 548 unités ; puis, cette fourrure acquière une faveur de plus en plus marquée; d’année en année, l’exportation augmente : en 1890, 312 05*2 peaux; en 1898, 592 528. Seulement du port de Coquimbo, le principal port d’exportation, 504 548 peaux ont été expédiées en 1899, et en 1900, jusqu’au 1er novembre, 301 290. En 1900, pour l’ensemble du pays, l’exportation s’est élevée à 095 000 peaux, représentant une valeur de. 2 millions de piastres. La Société scientifique du Chili s’est émue de celte destruction et a proposé d’édicter des mesures sévères pour arrêter cette hécatombe qui menace de destruction cette jolie espèce animale. A notre avis, point n’est besoin de recourir à l’arsenal juridique pour protéger le chinchilla. 11 y a déjà cinq ou six ans que cette peau fait fureur ; aussi, suivant toute vraisemblance, la mode l’abandonnera prochainement et la chasse deviendra par suite beaucoup moins âpre et beaucoup moins active.
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 [évi ter 1902.
- Présidence de M. Bouquet ue la Gkïl.
- Caractères distinctifs des dents humaines. — M. A. Gaudry rappelle qu’il est quelquefois difficile, lorsqu’on se trouve en présence d’une dent isolée, de discerner si elle provient d’un homme ou d’un singe anthropomorphe. Il a précédemment montré les changements qui sont sur-
- 1 Le Chinchilla. Publicado en los Annales de la Umversi-dcul Santiago de Chili, 1901
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- venus dans les molaires de la mâchoire supérieure, aujourd’hui il indique les différences qui se sont produites dans les molaires inférieures, il donne des croquis des dents de l’oreopithecus, du dryopithecus, du pliopilhecus, du gorille, de l’orang-outang, ainsi (pie des croquis des dents du chimpanzé, de l’homme de race très inférieure (Australie), de l’homme de race moins inférieure (le nègre), du blanc le plus élevé (français) montrant que le 5" denticule des molaires change de position, s’introduit entre les autres denlicules et s’y encastre, se soude et enfin disparaît. Alors, dit M. A. Gaudry, on voit l’homme, à face droite, dont la bouche droite aussi ne sert plus seulement à manger, mais à parler.
- Synthèse de l'acide formique. — En étudiant les propriétés des hydrures du potassium et de sodium qu’il vient de découvrir, M. Moissan avait remarqué que ces composés fournissent avec l’acide carbonique des réactions curieuses. En transvasant de l’hydrure de sodium à la température ordinaire, il avait observé qu’en faisant arriver un jet d’acide carbonique sur cet hydrure, ce dernier s’enilammait de suite. Cette combustion spontanée d’un hydrure alcalin dans l’acide carbonique, lui a permis de constater que ces composés s’unissaient pour former un formiate alcalin. En reprenant par l’eau et en distillant avec de l’acide sulfurique, on sépare en elfet l’acide formique qui est facile à caractériser par ses propriétés réductrices. Enfin, en traitant cette solution d’acide formique par du carbonate de plomb, on obtient un sel très bien cristallisé dont l’analyse répond exactement à la composition du formiate de plomb. L’oxyde de carbone, chauffé à 560° avec de l’hydrure de potassium, a fourni de même du formiate de potassium accompagné d’une petite quantité de carbone amorphe.
- Expérience sur le couple lhermo-électrique. — M. d’Arsonval décrit une expérience qu’il a réalisée et qui a pour objet de faire apparaître le phénomène de Pelletier. On sait que si on lance un courant électrique à travers deux couples thermoélectriques, cuivre-fer, la première soudure se refroidit alors que l’autre s’échauffe. M. d’Arsonval a observé que, dans celte expérience, il y a simultanément échauffement causé par la résistance au passage du courant et abaissement de température dépendant de la force électro-motrice. Ce que l’on observe, c’est la différence des deux actions mesurées par les termes RI2 et El."Par suite, en diminuant la résistance, on diminuera réchauffement, et le terme El pourra être prépondérant. U obtient ce résultat en plaçant les deux soudures dans des récipients contenant de l’air liquide. L’abaissement de température augmente la conductibilité dans le rapport de 1 à 8, de telle sorte que le terme RP diminue; l’une des soudures se refroidit, et abaisse la température du bain d’air liquide. Cet abaissement de température est constaté par des mesures directes.
- Propriétés d’une plante de Madagascar. — M. Guignard présente une Note de M. Perrot, chargé de cours à l’École de pharmacie, relative à une plante originaire de Madagascar, qui avait été déterminée, il y a une douzaine d’années, par M. Bâillon, au moyen de spécimens rapportés par M. Grandidier. L’existence de cette plante, appelée Menabea venenata, avait été mise en doute parce qu’elle n’avait pas été retrouvée. M. Perrot en a examiné des spécimens, et a constaté l’exactitude de la détermination antérieure. Elle est très toxique et fournil un poison que les Sakalaves emploient comme moyen
- d’épreuve judiciaire. En petit fragment de racine suffit pour tuer un homme.
- Photographie d’éclipse solaire. — M. Janssen offre à l'Académie de très belles photographies de la couronne solaire obtenues à La Réunion, lors de l'éclipse totale du 17 mai dernier, par le Dr J. Binot, chargé par le ministre, à la demande de M. Janssen, d’une mission gratuite pour l’observation de cette belle éclipse, l’une des plus longues du siècle. Ces belles photographies fournissent un document précieux pour l’étude de la couronne solaire dont la connaissance est si importante.
- Propriétés de la lécithine. — M. Chauveau dépose une Note de MM. Stassano et F. Billon relative à l’action de la lécithine sur les éléments figurés du sang. Ces expériences confirment l’augmentation déjà signalée du nombre des hématies; elles montrent, en outre, que la résistance de ces cellules augmente également. Dans leurs observations, sous l’influence de la lécithine, le noyau des globules rouges du sang des oiseaux a paru présenter une réaction plus acide. Le protoplasme des globules rouges, par contre, a une plus grande affinité pour l’éosine, sorte de réactif de l’hémoglobine. A l’égard des globules blancs les auteurs font connaître que la lécithine provoque une poussée considérable de leucocytes mononucléaires qui se maintient en augmentant pendant deux ou trois jours. Ces mononucléaires atteignent en peu de temps dans le sang de très grandes dimensions.
- Élection. — M. Alfred Picard est élu académicien libre, en remplacement de M. l’amiral Fauque de Jon-quière, par 40/Voix contre 52 données à M. Léon Labbé.
- Cil. DE \ ILLEDEU1L.
- HÉLICE ET AMRRES
- Quiconque a vu un navire à vapeur moderne « larguer » ses amarres de derrière, autrement dit détacher les cordages qui le retiennent par son arrière à un quai, sait le soin que l’on a de rentrer rapidement ces amarres, qui appartiennent presque toujours au bateau, et qui doivent être ramenées sur le pont pour y être « lovées », enroulées convenablement jusqu’au prochain amarrage. Rien entendu, la hâte que l’on met à cette opération ne provient pas de ce qu’on a peur de laisser les câbles se mouiller, mais tout simplement parce qu’on craint que, dans les différentes manœuvres, sous l’influence des courants, etc., ces cordages ne viennent au contact du propulseur, qui est le plus ordinairement une hélice.
- Avec les anciennes roues à aubes le danger était beaucoup moins grand, d’abord parce qu’elles se trouvaient placées au milieu du navire, loin par conséquent du point où les amarres tombent à l’eau quand on les largue; de plus, le mouvement de rotation des palettes n’entraînerait que fort difficilement l’entortillement d’une amarre. 11 en est exactement le contraire pour une hélice. Elle est animée d’une sorte de mouvement de tire-bouchon, et quand une de ses ailes vient à frapper un câble, il y a bien des chances (si le choc ne rompt pas l’amarre) pour que celle-ci soit entraînée dans le mouvement de rotation
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- LA NATURE.
- et vienne s’enrouler de façon inextricable autour du moyeu de l’hélice.
- En pareil cas, deux choses se produisent : ou bien
- Câble et hélice.
- 1 aile de l’hélice, l’hélice elle-même se brise sous lellort; ou encore, ce qui ne vaut guère mieux, l’entortillement du câble immobilise le propulseur, et par suite le bateau. C’est cette dernière circonstance qui s’est produite pour un remorqueur, le vapeur James Leary, qui a rencontré sous l’eau un câble (un conducteur électrique du reste), tendu entre East Greenwich et Pattowannet (dans l’État de Khode-lsland), par la Compagnie Narrangansett Electric Light Co, de Providence. Dès qu’on s’aperçut d’une résistance anormale, on fit stopper les machines ; mais il était trop tard : le mouvement rapide de rotation de l’hélice avait eu tôt fait d’enrouler plusieurs fois le groscàhle de cuivre, en nouant des boucles inextricables. On peut dire que le remorqueur était complètement immobilisé : on dut couper le conducteur, et remorquer le remorqueur jusqu’aux docks de carénage. Ni le câble ni l’hélice n’avaient été brisés, ce qui est peut-être une troisième forme de ce genre d’accident de la vie maritime. M. G.
- PINCE ÜE TRANSPORT
- Quel que soit le soin que l’on prenne de décharger les matériaux de construction aussi près que possible de leur lieu d’emploi, souvent il faut'-se livrer à un second transport à bras, jusqu’à pied d’œuvre. Cela se présente en particulier pour les briques, dont il se lait une telle consommation dans l’édification des
- maisons, et il suffit de considérer quelque temps des maçons transportant ces briques, pour constater l’ingéniosité qu’ils doivent déployer pour les porter fort peu commodément entre leurs bras.
- Pour obvier à cet inconvénient, un inventeur américain, doué d’un grand sens pratique comme la plupart de ses compatriotes, a combiné le petit système dont nous donnons une figure. Le corps de cet ingénieux appareil est formé de deux solides tiges métalliques filetées et réunies par un dispositif à pas de vis contrarié; une des tiges (celle que nous appellerons la tige de derrière par rapport au dessin ci-joint) comporte une palette fixe à angle droit avec son axe ; l’autre, au contraire, porte une palette articulée, prolongeant une sorte de poignée : les choses sont disposées de telle sorte que, quand on abaisse la poignée vers les tiges filetées, la palette avant s'éloigne de la palette arrière, et elles se rapprochent quand on procède de façon inverse.
- Supposons donc qu’il s’agisse de transporter une douzaine de briques : on commence par les coucher sur le sol, les unes derrière les autres, se touchant par leur grande face, comme le montre la figure ; puis on serre ou desserre le dispositif à pas de vis contrarié, de façon que la distance entre les deux palettes corresponde à peu près au tas de briques. La pince est alors en place, et quand on va tirer à soi la poignée, pour soulever la file de briques, cette pince serrera d’autant plus que le poids sera plus considérable.
- Une fois l’appareil ajusté, on peut procéder avec la plus grande rapidité à des enlèvements et à des
- Pince de transport.
- transports successifs, en ayant soin de faire constamment des files comprenant un même nombre de briques. On le voit, la combinaison est réellement ingénieuse. P. de M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie I-aucre, rue de Fleurus, 9-
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- 15 FEVRIER -1902.
- LA NATURE.
- L’AVENIR DE LÀ PHOTOGRAPHIE
- A SES REBUS
- l’KOl’llETlSE l’AU AliACO
- Tout le monde aujourd’hui l'ait de la photographie; la photographie est le joujou universel; mais c’est aussi un instrument scientifique d’une merveilleuse puissance et l'on peut dire, sans exagération, qu'elle a transformé nombre de sciences d’observation, en y introduisant une précision en quelque sorte automatique, qui eût été impossible sans elle. Cette découverte française, dont les applications artistiques avaient surtout frappé au début, nous apparaît maintenant ce qu’elle est en réalité : une des merveilles les plus étonnantes de ce siècle, qui
- lyse, est intitulé : « Rapport fait à la Chambre des députés sur le daguerréotype, procédé inventé par M. Daguerre pour produire spontanément des images de la nature reçues dans la chambre noire1 ». Pourquoi adresser un rapport scientifique au Parlement, c’est qu'il s’agissait de voter une loi accordant une récompense nationale à Daguerre. Dans ce rapport, où fut, pour la première fois, révélé au public le procédé de Daguerre, Arago rappelle d’abord l'invention de la chambre noire par le napolitain Jean-Baptiste Porta et le désir suscité aussitôt, chez tous
- Tm-
- Fig. 1. — Application île la couche sensible d iode sur la planche de plaqué polie. — E, hoîlc fermée d'un couvercle mobile d, où l’on place la planche de plaqué A, face en bas sur des goussets h. — e, capsule d'iode recouverte d une gaze. L’iode s’évapore et dépose sur l'argent une couche jaune d'or.
- en compte tant d’autres, et cela semblera d’autant plus vrai que l’on considérera tout le champ encore ouvert devant elle par les rayons Rontgen, etc., toute l’énorme part qu’elle comporte encore d’inexpliqué et d’inconnu. Scientifiquement, la multitude de problèmes, qu’elle pose sans les résoudre, offre aux physiciens de l'avenir un des plus beaux domaines à explorer, l’un de ceux où ils feront, sans doute, sur l’essence intime de la matière et de la force, les plus curieuses et les plus décisives observations; pratiquement, nous n’attendons plus guère que la photographie en couleur, pour laquelle nous en sommes déjà à peu près à la période correspondante au daguerréotype pour la photographie monochrome. Dans ces conditions, il y a quelque intérêt à relire les pronostics que portait, il y a soixante ans, sur la photographie à ses débuts, un des plus lumineux esprits scientifiques du siècle passé, le grand Arago.
- Le rapport de 1859, dont je vais donner l’ana-30' année. — 1er semestre.
- Fig. 2.— Développement au mercure de la plaque, préalablement posée et impressionnée comme un cliché photographique quelconque.— 1’, boite carrée en bois, posée sur un pied 1), fermée en haut d'un couvercle mobile Q et terminée a sa hase par des parois inclinées j)j). — (J, capsule contenant 1 kg de mercure, qu’on chauffe à (50° avec une lampe à esprit-de-vin U. — r, thermomètre lixé à la paroi.— Z, planche, dans les rainures de laquelle on glisse la plaque impressionnée, métal en dessous. Cette plaque doit être inclinée à 45° au-dessus des vapeurs du mercure pour que l’image soit plus tard bien visible dans la position verticale. Si ou la plaçait horizontalement, on serait forcé ensuite de la regarder à 4îiu.— S, glace permettant de voir les progrès de l'opération. — La planche est ultérieurement ensuite fixée à l’hyposullite de soude et lavée.
- ceux qui avaient observé la reproduction des objets dans cette chambre, de voir trouver un moyen de la perpétuer. « Aux yeux de tous, ajoute-t-il, c’était là un rêve destiné à prendre place parmi les conceptions extravagantes d'un Wilkins ou d’un Cyrano de Rergerac. Le rêve, cependant, vient de se réaliser. »
- Faisant alors l’historique delà question, il raconte les premiers résultats obtenus par Niepce en 1827, résultats qui semblaient uniquement bornés à « la copie photographique des gravures ». Niepce, qui, on le sait, faisait agir la lumière sur du bitume de Judée, était obligé de poser dix à douze heures au
- 1 Comptes rendus de l Académie des sciences, u° 8, 1U août 185U.
- Il
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- soleil : ce qui rendait impossible la reproduction même des objets inanimés, les ombres dans cet intervalle de temps ayant passé d’un côté à l’autre. Le daguerréotype, dont il est inutile de rappeler le principe, mais dont nous reproduisons, d’après les planches d’Arago, les deux principaux instruments (fig. 1 et 2), venait, en 18o9, de réaliser un progrès énorme.
- e La promptitude de la méthode, dit Arago, est peut-être ce qui a le plus étonné le public. En effet, dix à douze minutes sont à peine nécessaires, dans les temps sombres de l'hiver, pour prendre la vue d’un monument, d’un quartier de ville, d’un site. En été, par un beau soleil, ce temps peut être réduit de moitié.... » Qu’eût-il dit de nos temps de pose d’un centième de seconde et moins encore? Mais la remarque suivante est plus que jamais d’actualité : « Le daguerréotype ne comporte pas une seule manipulation qui ne soit à la portée de tout le monde. 11 ne suppose aucune connaissance de dessin, il n’exige aucune dextérité manuelle. En se conformant de point en point à certaines prescriptions très simples, il n’est personne qui ne doive réussir aussi certainement et aussi bien que M. Daguerre lui-même. »
- La note suivante s’est également trouvée d’une justesse scientifique bien remarquable : « On fera peut-être des milliers de beaux dessins avec le daguerréotype, avant que son mode d’action ait été bien complètement analysé ». Ce ne sont pas des milliers, mais des milliards de photographies que l’on a déjà faites et l’on n’est même pas encore fixé sur le principe essentiel du procédé, à savoir sur la modification subie par l’iodure, le chlorure ou le bromure d’argent sous l’action de la lumière, modification ne devenant visible que dans le révélateur.
- Arago pense aussitôt à la reproduction des monuments en pays étranger, aux copies exactes que l’expédition d’Égypte eût pu faire d’hiéroglyphes détruites ensuite ; il indique, avec Paul Delaroche, l’avantage que les peintres peuvent tirer de la photographie (avantage, qui est peut-être le point où les espérances primitives se sont le moins réalisées, puisqu’il nous a valu uniquement des sortes de chromos simili-photographiques, contre lesquelles les vrais artistes ont réagi par l’impressionnisme) ; il se pose enfin ces deux questions capitales, qui peuvent nous faire sourire aujourd’hui, de savoir si les méthodes photographiques pourront devenir usuelles et si elles pourront s’appliquer au portrait.
- Répondant à la première, il remarque que la plaque daguerrienne est un peu encombrante et qu’il eût été préférable d’avoir du papier impressionnable, comme Daguerre y avait songé d'abord. On sait, à ce propos, quelles ont été les étapes successivement franchies pour le support de la surface impressionnable : table de cuivre argenté, papier ciré, verre, enfin pellicule de cclluloïde. Les défauts énormes de cette dernière substance, telle qu’elle est fabriquée aujourd’hui, les ratés constants qu’elle occasionne par sa décomposition rapide, par la difficulté de la tendre, etc., les ennuis qu'elle cause
- au développement font désirer qu’on découvre un jour le vrai papier photographique, rêvé dès le premier instant par Daguerre. Le prix des plaques daguer-riennes est également curieux à rappeler : il était de
- à A francs par plaque. Copions encore ce passage amusant : « Ils se faisaient illusion, ceux qui, naguère , au moment d’entreprendre un voyage, déclaraient vouloir profiter de tous les moments oii la diligence gravirait lentement des montées pour prendre des vues du pays. On ne s’est pas moins trompé lorsque, frappé des curieux résultats obtenus par des reports de pages, de gravures des [dus anciens ouvrages, on a rêvé la reproduction, la multiplication des dessins photographiques par des reports lithographiques ». Qu’eût pensé Arago, s’il avait pu lui être donné de se transporter brusquement dans la Suisse de 1901, au milieu de l’armée des photojumelles, opérant même dans les trains en marche (il est vrai que la marche des trains suisses est majestueuse), au milieu de centaines de misses et de fràulein expédiant leurs souvenirs sur des cartes postales illustrées de reports photographiques? La réflexion suivante répond cependant au démenti que l’avenir lui inflige à ce sujet : « Au reste, quand des observateurs appliquent un nouvel instrument à l’étude de la nature, ce qu’ils en ont espéré est toujours peu de chose relativement à la succession de découvertes, dont l’instrument devient l’origine. En ce genre, c’est sur l’imprévu qu’on doit particulièrement compter ».
- Quant au portrait photographique, voici ce qu’en dit Arago : « En général, on se montre peu disposé à admettre que le même instrument servira jamais à faire des portraits. Le problème renferme, en effet, deux conditions en apparence inconciliables. Pour que l’image naisse rapidement, c’est-à-dire pendant les 4 ou 5 minutes d’immobilité qu’on peut exiger et attendre d’une personne vivante, il faut que la figure soit en plein soleil; mais, en plein soleil, une vive lumière forcerait la personne la plus impassible à un clignotement continuel; elle grimacerait ». Et il indique comment Daguerre tournait à peu près la difficulté par l’interposition d’un voile bleu.
- Le côté scientifique delà question a naturellement appelé l’attention d’Arago. Il signale aussitôt la possibilité que l’on aura de faire des cartes photographiques de la lune, d’étudier les raies du spectre, etc. ; mais ce qu’il dit de la photographie des couleurs est particulièrement intéressant à reproduire, puisque c'est là encore pour nous le problème de l’avenir :
- « On s’est demandé, dit-il, si l’on n’arrivera pas à reproduire les couleurs par le daguerréotype.... Ce problème sera résolu, le jour où l’on aura découvert une seule et même substance que les rayons rouges colorent en rouge, les rayons jaunes en jaune, les rayons bleus en bleu, etc. M. Niepce signalait déjà des effets de cette nature, où, suivant moi, le phénomène des anneaux colorés jouait quelque rôle (c’est, on le sait, le principe de la belle découverte de M. Lippmann). Peut-être en était-il de même du
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- rouge et du violet que Seebeck obtenait simultanément sur le chlorure d’argent, aux deux extrémités opposées du spectre. M. Quetelet vient de me communiquer une lettre dans laquelle sir John Herschel annonce que son papier sensible, ayant été exposé à un spectre solaire très vif, offrait ensuite toutes les couleurs prismatiques, le rouge excepté. Kn présence de ces faits, il serait hasardé d’aflirmer que les couleurs naturelles des objets ne seront jamais reproduites dans les images photogéniques. »
- ( tn sait où eu est aujourd’hui le même problème, soixante ans après : nous pouvons produire par une pose prolongée de véritables plaques daguerriennes colorées et fixées, mais dont la couleur ne se voit que sous une incidence déterminée et qui ne sont pas susceptibles d’un tirage d’épreuves multiples. C’est à peu près le point où en était la photographie en noir en 1859. Peut-être le prochain demi-siècle nous donnera-t-il la véritable photographie en couleurs, c'est-à-dire la fixation directe et complète de l’image colorée, telle que nous la voyous dans une chambre noire ou sur une glace. L. de Laixay.
- L’ÉVOLUTION D’UNE IMAGE1
- Il est à peu près généralement admis, aujourd’hui, qu’un grand nombre des coutumes dites kabyles ont été imposées aux indigènes du Itjurdjura par les premiers conquérants-, — c’est-à-dire par les Romains et par les Vandales, pour ne citer que ceux d’entre eux dont l’histoire a enregistré les noms. I)c là, par exemple, ces l'êtes traditionnelles dont quelques-unes nous reportent aux plus beaux jours de la mythologie, et ces réminiscences d’un art très ancien auxquelles les potiers et les artisans berbères se complaisent encore tant aujourd’hui.
- Parmi les objets les plus caractéristiques nous citerons le (< (lissa », l’arme blanche nationale des indigènes qui habitent la région comprise entre Tizi-Ouzou et l’Oued Isser.
- Sabres et poignards sont pourvus d’une poignée identique, dont nous reproduisons ci-contre le dessin, et qui est tantôt en bois et tantôt eu métal. Or, si l’on projette sur un mur ou sur un écran l’ombre de cette poignée ou est surpris de la silhouette, très nette, qu’elle donne et qui rappelle d’une façon* frappante une tète de quadrupède dont les contours ne seraient qu’ébauchés; et tout de suite on a l’impression de quelque chose de déjà vu. Or, ce quelque chose c’est le pommeau du coupe-chou des
- 1 Yoy. n° 1441, du a janvier 1901, p. 84.
- 2 Le Serment des Sept, par exemple ; le prix du Sang, les « Kanouns», etc.
- Evolution d une imaj:
- anciens fantassins de la première République et, aussi, le pommeau du glaive des légionnaires Romains, orné d’une tète de loup ou d’une tète de lion. L. Jacqcot.
- NOUVEAU DESTRUCTEUR DES CÉRÉALES
- Un insecte, destructeur des céréales, vient pour la première fois de faire son apparition sur plusieurs points du territoire de l’arrondissement deSétif. Les dégâts qu’il cause, surtout au blé, sont très grands, aussi croyons-nous utile de le faire connaître.
- Il vient du Sud Algérien et les Arabes l’appellent « Oum Tabag » (Mère de la Calamité). Cet insecte, à l’état adulte, mesure 11 millimètres de long sur 5 millimètres de large (plus grande largeur). Sa couleur est gris jaunâtre en dessus, légèrement brunâtre par places. Vu en dessous, il paraît blanc, légèrement verdâtre.
- La tête (nos 1 à 4), petite (2,n,ll,5) mais trapue, est triangulaire. Les 2 sommets, à la base, sont occupés par deux petits yeux à facettes. Elle est très résistante, légèrement bombée en dessus, jaunâtre tout autour et grisâtre dans son milieu; traversée par une ligne médiane blanche, qui se prolonge sur le thorax, elle semble formée d’une infinité de petits points serrés dont deux, placés prèsde la base et à égale distance de la ligne médiane blanche, sont noirs et particulièrement saillants. Le dessous de la tête (n° 5) est blanc, légèrement jaunâtre ; elle est sillonnée en son centre, sur toute sa longueur, par une dépression qui n’est autre que la bouche. Ses pièces buccales forment un rostre noirâtre articulé (sorte de gaine) renfermant trois soies.
- Cet appareil de succion est toujours replié, au repos, entre les bases des pattes.
- Entre la bouche et les yeux viennent s’insérer, sur la partie inférieure de la tête, les antennes (n05 1 à 4) 1 fois 1/2 ou 2 fois plus longues que la tête et composées de 4 articles.
- Le thorax (nos 1 à 4). Trapézoïde, d’une longueur de 2,nm,5 et d’une largeur de 5 millimètres à la base, est très résistant, légèrement bombé en dessus; il porte, sur les bords externes, une ligne blanche en contact avec un espace gris foncé traversé par une ligne médiane blanche, le tout faisant exactement suite aux couleurs de la tête. Comme cette dernière, le thorax est pointillé, mais les points sont plus gros et plus espacés que ceux de la tête.
- La partie inférieure du thorax (n° 5) est blanche, légèrement verdâtre, elle possède une dépression médiane faisant suite à la bouche; sur les bords inférieurs de cette dépression vient s’insérer la première paire de pattes.
- Ecusson (nos 1,5,4). L’abdomen porte sur une partie un écusson résistant en forme de triangle isocèle de 4 millimètres de long sur 5 millimètres de large, dont la base est tournée vers la base du thorax. Cet écusson, légèrement bombé, porte dans sa partie médiane une ligne blanche, faisant suite à celle du thorax, puis de chaque côté, une gaine noire qui va
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- L A NA Tl lî E.
- en s’élargissant du sommet à la base du triangle. L’espace compris entre cette gaine et les côtés égaux du triangle est blanc grisâtre au sommet, jaune brillant à la base. Les mêmes couleurs, atténuées, se reproduisent sous l’écusson dont la surface supérieure est parsemée de points petits et serrés comme ceux de la tète.
- Abdomen (nos l à b). En dessus, l'abdomen est noir, brillant, entouré d’un liseré blanc légèrement verdâtre portant à sa partie interne des traits noirs correspondants, 2 par 2, aux anneaux de l’abdomen.
- La face inférieure est blanche, légèrement verdâtre, entourée d’une série de points correspondants
- 2 par 2, à chaque anneau de l’abdomen dont le dernier porte 4 dentelures.
- Sur la face supérieure de l’abdomen, sont insérées 2 paires d’ailes et sur la face inférieure, 2 paires de pattes.
- Ailes (nts7 et 8). L’insecte examiné possède 4ailes dont les postérieures sont demi-coriaces, demi-membraneuses, et les autres membraneuses. La partie coriace des bémi-élytres est jaune pointilléc de noir dans son centre et jaune à sa périphérie; les nervures de cette partie sont blanches et lont suite aux nervures de la partie membraneuse qui sont noires.
- Les ailes, exclusivement membraneuses (n° 8)
- 1. Premier âge. — 2. Deuxième âge. — 3. Troisième âge. Insecte adulte (vu en dessous). — l. Le même (vu en dessus).
- 5. Abdomen. — tj. Une pâlie. — 7. Élytre. — 8. Aile. — 0. Œufs immédiatement après la ponte. — 10. Œufs quatre jours après. 11. Eclosion des jeunes. — 12. Épi de blé attaqué par les pentatomes.
- sont incolores et portent sur leur bord externe, dans la moitié supérieure, une nervure noire très saillante, frangée de gris dans l’intérieur de l’aile.
- Pattes (n° G). Les pattes, au nombre de G, sont jaunes, jusqu’au tarse qui est presque noir et composé de 2 articles dont le dernier est terminé par 2 crochets.
- Mode de vie. Cet insecte pond, surtout à l’éjioque des grandes chaleurs, des œufs grisâtres de la grosseur d’une tète d'épingle (nos 9 et 10) qui, cinq ou six jours après, donnent naissance à un insecte parfait pouvant de suite pourvoir à sa nourriture (n° 11). Cet insecte, au sortir de l’œuf, mesure de 1 /2 à 5/4 de millimètre de longueur, et possède 5 paires de pattes et des antennes très visibles. Il est, à ce moment, gris jaunâtre. Quelques jours après, les di-
- verses parties de son corps, alors jaune paille, se précisent de plus en plus jusqu’à l’état, adulte (nos 1 à 4).
- Des constatations matérielles ci-dessus, nous pensons avoir affaire à un insecte de l’ordre des hémiptères, groupe des llétéroptères, genre Pen-tatoma. Nous l’appellerons Pentatoma Iriticum, rappelant ainsi ses dégâts. L’épi de blé (fig. G) touché par cet insecte est tout tacheté de noir, le grain est ridé. Si l’on soumet ce blé à l’analyse on remarque qu’il est entièrement dépourvu de gluten, ce qui lui enlève toute sa valeur marchande.
- Lne température de au-dessus de zéro détruit en trois quarts d’heure l’insecte étudié.
- l)r F. Malmfjac,
- Pharmacien aide-major de 1" classe.
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- TRANSMISSION A VITESSE VARIABLE
- L’organe spécial ijniporniot les changements de vitesse joue un rôle des plus importants dans la mécanique en général, et particulièrement dans
- l'automobilisme à pétrole. Toute l’ingéniosité des constructeurs n'a pas encore abouti h la solution complète et définitive d'une transmission où les
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de la transmission Iiogor de Montais.
- modifications d'allures fussent progressives, silen- de ce genre dans l’automobile à pétrole résulte de cieuscs et sans chocs. La nécèssité d’un dispositif la nature même de, son moteur qui ne marche con-
- Fig. 2. — bétails
- vcnablemcnt que sous un régime particulier et dans des limites assez étroites de vitesse et de puissance, de telle manière que, si l'on reliait l’arbre moteur et l’arbre des roues du véhicule par une transmission invariable, calculée pour la marche normale en palier, l'accroissement de résistance à la traction en rampe n’aurait d’autre résultat que de caler le rao-
- la transmission.
- teur : celui-ci, incapable d’une adaptation aux conditions nouvelles, refuserait tout bonnement le service. .Malgré les recherches multiples auxquelles ce problème a donné lieu, on s’est contenté de le résoudre par à peu près, en mettant à la disposition du pilote trois ou quatre vitesses différentes. On passe de l’une à l’autre par sauts brus-
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- ques, avec un cliquetis désagréable qui indique assez les chocs dommageables que doit subir le mécanisme. Certains constructeurs relient les deux arbres par autant de trains d’engrenages qu’ils veulent réaliser de vitesses différentes : c'est dur, bruyant et d’autant plus lourd que, pour atténuer certains de ces défauts en même temps que pour éviter les ruptures de dents à l'embrayage, on interpose le plus souvent des cônes de friction qui contribuent à augmenter le poids, l’encombrement et le prix de l’appareil. R’airtres ont recours à une transmission par courroie, plus souple et plus douce assurément ; mais il faut encore autant de poulies et de courroies qu’on veut réaliser de vitesses différentes. On a aussi essayé des cônes parallèles et tournés en sens inverses, sur lesquels une seule courroie peut s«e déplacer latéralement, capable ainsi de donner toutes les vitesses; mais l’adhérence d’une courroie sur des surfaces coniques est toujours défectueuse. De nombreux inventeurs, et des plus éminents, se sont efforcés de trouver une solution pratique : Edison est du nombre. Tant qu’il s'agit de transmettre de faibles efforts, dit M. Ilirsch, le problème est relativement facile. Citons, entre bien d’autres, la transmission à l'aide de roulettes, circulant à distance variable du centre d’un plateau ou du sommet d’un cône tournant. Ce principe a été proposé sous bien des formes ; l’un des dérivés les plus remarquables est celui du célèbre constructeur américain Sellers. Citons aussi les cônes entaillés, pénétrant plus ou moins l’un dans l’autre, de MM. bataille et Bloom, où la corde ou courroie ronde s’enroule sur le cercle d’intersection qui varie de diamètre avec l'écartement. Des systèmes plus ou moins analogues ont été proposés par Richard Simins, par Gardon, Reeves, et d’autres encore. Ces différents systèmes deviennent insuffisants vis-à-vis d’efforts un peu considérables, et dans ce cas il est nécessaire de revenir à la courroie large s’enroulant sur des poulies à jante plate. Comme on le voit le problème est resté entier et il serait heureux que le dispositif nouveau imaginé parM. Roger de Montais apportât enfin la solution simple et complète que nous attendions.
- Que faudrait-il pour cela? Que les deux poulies conjuguées à jantes cylindriques, qui forment la transmission en vitesse normale, puissent changer insensiblement de diamètre, en pleine marche, l’une se contractant, l’autre se dilatant, sans que la courroie cesse d’être également tendue. C’est précisément ce que réalisent les poulies extensibles de M. de Montais. Son dispositif se compose de deux poulies extensibles A et R, à jantes cylindriques, sur lesquelles s’enroule une large courroie plate, et des organes de manœuvre. La jante de chacune . de ces poulies est formée de deux zigzags, articulés à leurs sommets et reliés par des pivots placés au milieu de leurs branches, de sorte que l’ensemble figure une série de losanges égaux, opposés aux sommets. Si l’un des losanges s’allonge, tous
- les autres s’allongent en même temps, en restant égaux au premier. Les branches des losanges sont des lames d’acier légèrement cintrées et élastiques. Le contact de la courroie se fait sur des patins montés sur les pivots, aux sommets des losanges.
- Le moyeu de la poulie est en trois parties. La partie médiane est calée sur l’arbre ; les deux parties extrêmes sont mobiles le long de l’arbre et sont reliées par des bras articulés aux pivots de la jante. Il est facile, d’après ce qui précède, de comprendre le jeu de ces organes : si l’on écarte l’un de l’autre les deux moyeux mobiles, la jante se contracte et diminue de diamètre; si on les rapproche, au contraire, l'effet inverse se produit. Le moyeu médian sert à solidariser la jante et l’arbre qu’il entraîne dans le même mouvement de rotation, grâce aux quatre paires de bras intérieurs articulés reliant le moyeu aux bras de la poulie.
- La transmission se composant, comme on l’a vu, de deux poulies extensibles réunies par une courroie sans fin, la tension de cette courroie tend à écraser les poulies en écartant les moyeux mobiles. L’inventeur combat cette tendance à l’aide de ressorts à boudins qui entourent les arbres et repoussent les moyeux vers le centre, en prenant appui sur des bagues solidaires de ces arbres, de manière à ne provoquer aucun frottement parasite. La tension de ces ressorts diminue quand ils s’allongent ; mais en même temps le diamètre de la poulie s’accroît ainsi que l’ouverture du cône formé par les bras articulés ; il en résulte que, si la force et la flexibilité sont convenablement calculés, la courroie est toujours bien tendue. On est ainsi à l’abri des glissements accidentels si funestes et si difficiles à éviter dans les transmissions ordinaires par courroies. En effet, l’effort antagoniste des ressorts suffit à compenser automatiquement les allongements et les raccourcissements qui peuvent se produire en service : il en résulte seulement une légère variation de diamètre des poulies. Ce dispositif fait donc disparaître à la fois les deux graves inconvénients toujours reprochés à la courroie : le glissement ou l’excès de tension.
- Il permet aussi de réaliser les changements de vitesse en agissant sur une seule des poulies ; si, par un moyen mécanique, on force cette poulie à changer de diamètre, la longueur de la courroie restant la même, il se produit nécessairement la modification inverse de l’autre poulie jusqu'à ce que l’équilibre se soit rétabli entre la tension de la courroie pour laquelle l’appareil est réglé et la tension des ressorts.
- Les organes de manœuvre qui permettent d’obtenir la variation de diamètre de l’une des poulies, sont d’abord deux leviers tournant à l’une de leurs extrémités autour de pivots fixes, et reliés aux moyeux extérieurs qu’ils entraînent. Leurs autres extrémités sont fixées à des écrous se déplaçant sur des vis sans fin à filets contrariés formant un même arbre commandé par deux pignons d’angle et une manivelle. Une manœuvre spéciale assure l'embrayage et le désembrayage en agissant sur la
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- poulie libre. À cet effet, le levier est monté à billes sur la gorge d’un des moyeux de cette poulie; il permet de comprimer les ressorts et de diminuer le diamètre; l’autre poulie ne bougeant pas, la courroie se détend : c’est le débrayage. En rendant au contraire aux ressorts leur liberté, la poulie B reprend son diamètre normal, ce qui produit l’embrayage.
- La vue d’ensemble que nous donnons de ce curieux appareil représente le dispositif qui a servi à une série d’épreuves rigoureuses à la suite desquelles un rapport fort élogieux a été fait à la Société d’Encou-ragement pour l’Industrie nationale, par le regretté M. Hirsch, professeur de mécanique au Conservatoire des arts et métiers. Cet appareil a facilement donné — sans aucun glissement de la courroie — toutes les vitesses désirables, à plusieurs puissances. La transmission était douce et silencieuse ; on a fait, en pleine charge, passer rapidement la vitesse du haut en bas de l’échelle et l’appareil a toujours obéi avec une parfaite docilité. Une application récente à une automobile a donné les résultats les plus satisfaisants. Cette voiture, qui figura au Salon de l’automobile, a roulé pendant plusieurs semaines telle qu’elle est sortie de l’atelier, sans une panne et sans un accroc.
- Son caractère en quelque sorte automatique rendra cet appareil très propre à mener des tours, des machines à percer, des calandres et tant d’autres machines-outils, qui réclament des transmissions sans heurts et sans bruit. Il s’applique d’ailleurs aux forces les plus diverses, à 400chevaux comme à 10 chevaux. A ces divers titres, il nous a paru qu’il n’était pas sans intérêt de le faire connaître.
- G. Espitallier.
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- UN LAIT INALTÉRABLE
- Les journaux appellent en ce moment l’attention du public sur les dangers que fait courir à la population la mauvaise qualité du lait fourni aux grandes villes. Ils signalent quelques-unes des fraudes couramment pratiquées : l’écrémage, les mouillages successifs faits avec de l’eau plus ou moins contaminée. Les journaux n’ont pas tort. La fraude commence souvent à la ferme pour finir chez le crémier. Tout le monde s’en mêle. Et, en tout temps, l’état météorologique apporte aussi son contingent de transformation au lait.
- Le lait subit des altérations entre la traite et le moment de la consommation. Cette altération est une chose inévitable et elle est d’autant plus rapide que la température extérieure est plus élevée. Le travail des ferments est incessant et quand le lait tourne on compte 100000 de ces micro-organismes au centimètre cube. Nous parlons du lait naturel, car les marchands, grâce au borax, au bicarbonate de soude, au formol, etc., etc., permettent aux ferments de s’élever à 2 ou 500 000 par centimètre cube, sans que le lait tourne sur le feu, si bien que l’estomac se ressent de l’altération du lait et de la présence des agents chimiques de conservation.
- La question de l’altération ne le cède pas comme importance à la question du mouillage et de l’enlèvement de la crème. Malheureusement il est presque impossible de
- juger de l’altération d’un lait sans des expériences délicates. D’autre part, aussitôt que le nombre de ferments est un peu élevé, la digestion du lait devient difficile et provoque des malaises chez le consommateur.
- En dehors des gens de la campagne qui assistent à la traite et chauffent ce lait à peine trait jusqu’à ce que la crème monte, on peut dire que, en général, personne n’a du lait pur et surtout du lait frais.
- En ce qui concerne la qualité normale du lait, les services publics peuvent multiplier les précautions et s’effor; cer de réagir contre la fraude. Pour la fraîcheur, il ne faut pas l’espérer pour les villes en dehors d’un procédé de conservation satisfaisant. La conservation par la chaleur seule, qui a abouti aux laits dits stérilisés, modifie trop profondément le lait, car il faut chauffer jusqu’à 118° pour avoir une conservation certaine. Nous avons indiqué un procédé de conservation qui paraissait bon : le procédé L. Clerc1. Nous rappellerons que le procédé avait pour but principal la neutralisation des anaérobies par l’oxygène et la destruction des aérobies par la chaleur, l’acide carbonique pouvant servir d’adjuvant à la chaleur.
- L’invention reposant sur la modification que subissent les corps albuminoïdes sous l’influence de la chaleur, M. L. Clerc a cherché quel était le régime de chauffage minimum assurant la conservation. La nature des ferments, leur résistance, leur nombre varient avec la température extérieure. À certaines époques les ferments aérobies créent des spores aérobies qui exigent un traitement spécial. Le chauffage minimum est donc variable avec la saison, avec la température.
- Il a fallu établir par la pratique une table de chauffage absolument sûre, ce qui a exigé plusieurs étés. La période dangereuse pour l’industrie de la conservation du lait ne compte que quelques semaines par an. Le délai est très restreint pour poursuivre les études.
- Ce n’est qu’au mois d’août 1900 qu’on a été certain du traitement pour les plus fortes chaleurs. A la fin de l’été de 1900 on a pu établir la table de chauffage définitive et pour éviter tout déboire on a passé l’été de 1901 à la vérifier. Depuis, il n’y a pas eu la moindre erreur, et on a pu fournir le lait à l’hôpital Bretonneau, pendant tout l’été, on a pu l’expédier à la campagne, aux bains de mer, dans le midi de la France. Après ce succès décisif, on a fourni des échantillons à plusieurs hôpitaux en sus de l’hôpital Bretonneau. A l’hôpital Saint-Antoine, à l’hôpital des Enfants-Malades, à l’hôpital Andral on a contrôlé ainsi, sur large échelle, les résultats si satisfaisants obtenus à l’hôpital Bretonneau.
- M. Duclaux, directeur de l’Institut Pasteur, a constaté èt la longue conservation due au procédé et l’absence de microbes pathogènes. Comme ces derniers sont des aérobies et que le traitement repose sur la destruction des aérobies, le lait est forcément stérile au sens médical du mot. La vente du lait sous pression nous paraît résoudre absolument le problème qui préoccupe l’opinion : avoir du lait pur, frais et échappant à toute fraude, puisqu’il est livré en bouteilles inviolables. Le lait obtenu par M. L. Clerc est vraiment d’un goût très fin, et a la saveur fraîche du lait qui sort du pis de la vache.
- Entre autres avantages du procédé Clerc, il ne faut pas oublier qu’il se conserve au moins plusieurs mois.
- Avoir chez soi, à sa disposition et d’avance, du lait parfait, pendant des mois, comme on a toutes autres denrées alimentaires, cela n’a pas de prix. L. Qversant,
- Ingénieur agronome.
- 1 Yoy. n° 1547, du 18 mars 1899, p. 246.
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- LA NATURE.
- PERFECTIONNEMENTS RÉCENTS DANS LES PROCÉDÉS SIDÉRURGIQUES
- Depuis les grandes inventions (Ressemer, Martin, etc.) qui sont venues, il y a trente ou quarante ans, révolutionner la métallurgie du fer, les procédés en usage n’ont pas subi de modilications profondes, et c’est surtout dans le perfectionnement des détails que se sont manifestés les progrès successifs constatés aujourd’hui.
- Nous nous proposons de faire sommairement connaître les résultats les plus importants qui ont modifié la sidérurgie.
- Dans les grandes usines métallurgiques, les tonnages de matières à manutentionner sont énormes.
- Les minerais et le coke à traiter réprésentent à eux seuls souvent quatre fois le tonnage de la fonte produite. Si l’on y ajoute les produits accessoires ou intermédiaires (briques, laitiers, la fonte elle-même), on voit que c’est Fig. 1. par centaines de mille tonnes que se chiffre le mouvement annuel d’une usine. Toute économie, même minime en apparence, sur les frais de manutention conduit à des réductions de dépenses importantes. Nous avons cité dans cet ordre d’idées1 la disposition des grands vagons américains à déchargement automatique. On a construit en outre, en Amérique, des appareils très rapides pour le déchargement des bateaux de minerai ; la durée de l’opération est réduite de moitié et la main-d’œuvre se trouve également diminuée dans de grandes proportions.
- Pour éviter une reprise à la pelle, on décharge souvent les minerais à l’usine dans de grandes caisses avec porte de chargement inférieure qui permet le remplissage direct des vagonnets de chargement.
- Voy. n° 1460, du 29 juin 1901, p. 00.
- Fig. 2. — Exposition de 1900. Société Cockerill, de Scraing (Belgique). .Moteur à gaz de liant fourneau actionnant une machine soufflante (700 chevaux).
- La fabrication du coke s'est notablement améliorée dans certaines usines par la récupération des sous-produits. Autrefois, comme on le sait, les gaz de la distillation étaient exclusivement employés au chauffage des fours. Aujourd’hui, dans beaucoup d’usines, notamment en Allemagne, on dépouille d’abord le gaz de tous les produits condensables ; le goudron et l’ammoniaque ainsi obtenus sont de précieuses matières premières pour l’industrie chimique. On sait quel est l'immense développement de l’industrie du goudron en Allemagne : les derniers progrès des cokeries allemandes ont consisté dans une extraction aussi complète que possible du benzène, source d’un grand nombre de matières colorantes.
- La construction du haut fourneau s’est perfectionnée dans tous ses détails. On semble avoir renoncé aux appareils immenses, qui présentaient des inconvénients. L augmentation dans la production s’obtient aujourd hui par une
- plus grande rapidité d’allure résultant d’une plus grande pression du vent. On peut ainsi souvent réaliser de notables réductions dans le prix de revient.
- Comme amélioration secondaire, mais encore intéressante cependant, il faut citer l’emploi de plus en plus considérable du laitier de haut fourneau pour la fabrication des mortiers hydrauliques ou des briques de laitier. On sait que, pour arriver à ce résultat, on commence par réduire le laitier à l’état de sable en le projetant dans l'eau. Ce sable devient une matière première excellente pour la construction.
- Le progrès le plus intéressant réalisé dans ces dernières années, progrès qui a une importance
- Installation pour la compression de l’acier liquide. (Usines du Creusol.)
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- LA NATURE.
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- industrielle considérable, résulte de l’emploi des moteurs à gaz alimentés par l’échappement des hauts fourneaux. Jusqu'ici, comme on le sait, on se contentait d’utiliser la combustion de ces gaz d’abord dans des récupérateurs pourvus de briques réfractaires et destinées au chauffage du vent de la soufllerie, puis l’excédent était brûlé sous des chaudières à vapeur servant à l’alimentation générale de l'usine ou spécialement des machines soufflantes. On a reconnu récemment qu’il y aurait un très grand avantage à utiliser directement cette dernière partie, du gaz dans des moteurs appropriés. Si, en effet, on tient compte du rendement de la chaudière de la machine, on voit que l’utilisation n’est guère supé-
- rieure h 10 pour 100. L’emploi direct du gaz donne un coefficient beaucoup plus élevé. Les moteurs à gaz se sont très rapidement, répandus en Allemagne; diverses usines françaises les ont adoptés récemment. Le premier usage auquel on peut les appliquer est la conduite des machines soufflantes. Si l’on a du gaz en excès, un autre moteur actionnera, par exemple, une dynamo pour transmettre l’énergie en divers points de l’usine.
- La ligure 2 montre la disposition d’un moteur à un seul cylindre actionnant une machine souillante.
- Dans les aciéries, on a remédié aux irrégularités de marche produites par les variations dans les qualités de la fonte en installant des mélangeurs, •grands réservoirs où la fonte séjourne avant son traitement. On a pu ainsi obtenir des résultats plus certains et un acier de qualité plus régulière.
- Les scories de déphosphoration obtenues dans le traitement au convertisseur, et qui contiennent 16 à 18 pour 100 d’acide phosphorique, sont employées avec avantage comme engrais agricoles.
- Depuis quelques années, la fabrication des aciers moulés a pris une
- Fifr. 3. — Eliimbol de navire en acier coulé. (Usines du Creusot.)
- grande importance. Ou peut, en effet, obtenir par ce moyen des pièces presque à leur forme définitive, évitant ainsi beaucoup de travail mécanique : la fonte permet, il est vrai, d’arriver au même résultat; mais, étant beaucoup moins résistante que l’acier, elle donne des pièces moins résistantes à dimensions égales, ou plus grosses pour une même résistance.
- Oour employer utilement l’acier moulé, il est essentiel d’avoir un métal aussi exempt que possible de soufflures, ce qui est obtenu par l’addition de silicium. On a pu, dans ces dernières années, fabriquer des pièces de grandes dimensions avec des épaisseurs souvent réduites offrant de réelles difficultés de fabrication. Les pièces du pont Alexandre 111 sont un des exemples les plus intéressants des applications de l’acier moulé. La figure a, empruntée à
- la notice des usines du Creusot, pour l’Exposition de 1900, montre un grand étambot de navire.
- Pour les pièces de poids et dimensions courantes, on a créé des appareils portatifs à faible production permettant d'obtenir sans grand outillage, et dans de petites usines, des pièces remplaçant avantageusement celles précédemment fabriquées en fonte.
- Pour supprimer les soufflures dans le métal, on a eu recours ces dernières années à la compression de l’acier préconisée depuis longtemps par With-worth. On obtient ainsi un métal très sain; mais si l’on veut appliquer le système aux gros lingots, il faut d’énormes engins : c’est ainsi que l’usine du Creusot possède une presse de 10000 tonnes; la figure 1 ne donne pas complètement l’idée de cette installation gigantesque.
- Pour le travail du métal fini, le laminage a fait
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- LA NAITRE.
- également de grands progrès : les usines de laminage se sont entièrement transformées depuis quelques années. On s’est attaché à construire des trains plus puissants, avec des appareils auxiliaires plus parfaits. Un grand nombre de manutentions se font aujourd’hui presque sans main-d’œuvre. Aussi, ces installations nouvelles donnent-elles des prix de revient très réduits. C’est encore en Allemagne que cette transformation s’est faite en premier lieu le {dus complètement.
- On connaît les gros marteaux-pilons dont sont munies les usines françaises. On leur a adjoint, ces dernières années, d’énormes presses à forger dont la construction est des plus intéressantes (voir presse à forger de 4000 tonnes de l’usine de Montluçon). La cémentation des blindages, qui permet le durcissement de la surface pour résister au choc des projectiles, a donné lieu également à d’énormes installations.
- 11 y aurait encore bien d’autres détails intéressants à signaler; nous avons voulu seulement, dans les lignes qui précèdent, appeler l’attention sur les progrès réalisés, progrès auxquels l’industrie française a pris largement sa part. Paul Aimé.
- L’ÉTOILE NOUVELLE DE PERSÉE
- Dans notre article du 25 mars 1901, nous avons dit que les étoiles temporaires, après avoir brillé quelque temps d’un éclat extraordinaire, s’affaiblissaient peu à peu et finissaient par se transformer en nébuleuses. Il est bien entendu que par « transformation en nébuleuses », nous ne voulons pas dire que l’étoile s’ « étale » au lieu de conserver l’aspect d’un point imperceptible. Les étoiles temporaires, quelle que soit leur nature, sont des astres trop petits pour que leurs dimensions deviennent appréciables à la prodigieuse distance où ils se trouvent. La transformation n’est pas révélée par un changement dans l’aspect de l’astre : elle se manifeste par les modifications du spectre de la lumière que nous ep recevons.
- Au moment de l’apparition de l’étoile, on observe un double spectre, l’un continu, avec des raies noires, l’autre, analogue à celui des protubérances solaires, formé de raies brillantes où dominent celles de l’hydrogène. Peu à peu, ces spectres se modifient, et, au bout de quelques mois, on ne trouve plus qu’un spectre de bandes tout à fait pareil à celui des nébuleuses.
- L’étoile nouvelle apparue au mois de février 1901, dans la constellation de Persée, n’a pas manqué de subir la loi commune ; mais les modifications qu’elle a subies se sont accompagnées de quelques circonstances remarquables qui méritent d’être signalées.
- Au mois d’août, MM. Flammarion et Àntoniadi ayant photographié l’étoile nouvelle, ou, comme disent les astronomes, la « Nova », furent singulièrement surpris devoir que son image ressemblait à celle d’une tache solaire : elle se composait d’une tache brillante entourée d’une auréole plus faible et parfaitement limitée, de 5 minutes de diamètre. Ces deux astronomes n’hésitèrent pas à attribuer cette apparence à une illusion d’optique, et non à la présence d’une atmosphère qui se serait formée autour de l’astre, et ils ont indiqué trois raisons qui s’opposent à la réalité de l’apparence observée. La pre-
- mière est l’immense étendue qu’il faudrait attribuer à cette atmosphère et qu’elle n’aurait pu acquérir en six mois. La seconde est qu’une atmosphère nébuleuse entourant l’étoile aurait une forme grossièrement sphérique et paraîtrait plus lumineuse au centre en s’estompant sur les bords. Enfin la troisième est que le contour de la nébulosité apparente offre la même forme que l’image de la Nova et des autres étoiles; il est assurément très improbable qu’une nébulosité réelle épouse la forme particulière que des défauts d'optique imposent aux images photographiques des étoiles. L’opinion de MM. Flammarion et Antoniadi a été complètement justifiée par d’autres observations. Plusieurs astronomes ont, en effet, obtenu des photographies présentant un aspect analogue quand ils employaient des « réfracteurs », c’est-à-dire des lunettes à lentilles, tandis que toute trace de nébulosité disparaissait sur les clichés obtenus avec les « réflecteurs », c’est-à-dire avec les télescopes à miroir. Enfin M. le I)r Max Wolf, directeur de l’observatoire d’Ileidelberg, ayant eu l’idée de couvrir la moitié de son objectif avec son écran opaque, obtint une nébulosité en forme de demi-couronne, l’espace nébuleux correspondant à la partie découverte de l’objectif, tandis que l’autre moitié restait tout à fait nette. Ces constatations mettent hors de doute que l’apparence nébuleuse est due à l’emploi de l’objectif et, par conséquent, à un défaut d’achromatisme. Cette circonstance fit l’objet d’une discussion à la séance de la Société astronomique du mois d’octobre 1901, et M. Deslandres en a donné l’explication complète. Les objectifs photographiques sont achromatisés pour la lumière ordinaire des étoiles. Si on les emploie à la photographie des astres qui émettent des radiations ayant une longueur d’onde différente de celle des radiations habituelles, il arrivera nécessairement que ces radiations particulières iront former leur foyer en avant ou au delà de la plaque, et donneront sur celle-ci une image étalée comme cela arrive avec une mauvaise mise au point. Or, M. de Gothard a pu photographier avec un miroir à court foyer et une longue pose, le spectre de la Nova : il y a trouvé, dans la région de l’ullra-violet, une raie très intense (X = 38fi) qui est du reste l’une des raies caractéristiques des nébuleuses. C’est la lumière de cette raie pour laquelle l’objectif n’est pas achromatisé qui produit les apparences observées. Four en revenir à la transformation de l’étoile en nébuleuse, disons que la première raie des nébuleuses qui ait été trouvée dans son spectre, est la raie verte qui a été observée par M. Deslandres à Meudon, dès la fin d’avril. Au mois d’août, la transformation du spectre était un fait accompli.
- La deuxième circonstance remarquable offerte par cette Nova réside dans la décroissance de l’éclat. D’abord cette décroissance a été moins rapide que ne l’était celle des étoiles temporaires précédentes; mais de plus elle s’est montrée irrégulière. En même temps que l’éclat moyen de l’étoile diminuait, il se produisait une variation périodique d’une amplitude d’environ 1 grandeur 1/2 et dont la période était d’environ 5 jours. A cette époque, l’étoile montrait encore les deux spectres distincts, celui des protubérances solaires, et celui des nébuleuses. Or, ce qu’il y a de bien remarquable, c’est que ces spectres se modifiaient parallèlement aux variations d’éclat : aux époques de maximum, le spectre des protubérances dominait, tandis qu’aux époques de minimum, c’était celui des nébuleuses qui devenait prépondérant.
- Une particularité plus intéressante encore a été signalée par plusieurs observateurs. Jamais, nous l’avons dit, la Nova n’est apparue sous l’aspect d’une nébuleuse étalée;
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- mais, dès le mois de septembre, M. Wolf, d’Heidelberg, découvrait sur un cliché photographique une petite nébuleuse à 2 minutes environ de distance de l’étoile. Le "20 septembre, M. Ritchev, à l’observatoire d’Yerkes, en Amérique, en photographiant cette région du ciel avec une pose de h heures, retrouva la nébuleuse de M. Wolf, et en plus trois autres plus éloignées, à une distance de l'étoile de 7 à H minutes. Enfin 48 jours plus tard, le 7 novembre, M. Perrine obtenait, après 7 heures 1 /2 de pose, un cliché qui montrait les quatre nébuleuses déjà observées par M. Ritchev. Seulement, en comparant les deux clichés, on s’aperçut que ces quatre nébuleuses s’étaient déplacées vers le Sud-Est d’un peu plus d’une minute, en s’éloignant de l’étoile, mais obliquement et non suivant le rayon vecteur. Ce déplacement est considérable. 11 correspond à un mouvement annuel de 1 1 minutes, alors que de toutes les étoiles dont on connaît le mouvement propre, la plus rapide ne se déplace que de 1) secondes par an.
- La distance qui nous sépare de la Nova n’est pas connue. On a bien cherché à déterminer sa parallaxe, mais sans y parvenir parce qu’elle est trop petite. Cela prouve que cetle étoile est plus éloignée de nous que les astres à parallaxe connue comme a du Centaure ou le (11e du Cygne dont on connaît la distance. Les quatre nébuleuses sont à la même distance que l’étoile. 11 en résulte que si l’on ne peut pas calculer la vitesse avec laquelle les nébuleuses se déplacent, on peut du moins assigner un minimum au-dessus duquel est certainement la vitesse véritable. Si l’on suppose que la parallaxe de la Nova soit d’environ ft",01, ce qui est à peu près la limite inférieure des parallaxes mesurables, on trouve que la vitesse des nébuleuses est à peu près celle de la lumière'.
- Ces observations sont assurément très étonnantes et ne ressemblent à rien de ce qui a été vu jusqu’ici dans le ciel. Al. Seeliger, directeur de l’Observatoire de Munich, a cherché à les expliquer au moyen d’une hypothèse fort ingénieuse. 11 admet qu’il existe dans le voisinage de l’étoile de Persée de longues traînées nébuleuses, ce qui n’a rien d’invraisemblable, puisque la photographie céleste nous a appris que certaines étoiles, comme celles des Pléiades, par exemple, étaient reliées entre elles par des traînées nébuleuses rectilignes. Seulement, il suppose de plus que cette nébulosité n’est pas assez lumineuse pour être visible, et que nous ne pouvons la voir que si elle est éclairée. Or, justement, la conflagralion que nous avons observée en février 1901 est une source de lumière suffisante pour produire cet éclairement. Mais la conflagration a été de courte durée, et la lumière se propage successivement et non instantanément. De là vient que la traînée n’a pas été éclairée tout entière : la lumière de la conflagration n’en a frappé qu’une partie. Mais, à mesure que les ondes lumineuses se propagent, elles abandonnent les parties les plus voisines de cette traînée pour aller éclairer les plus lointaines. C’est pourquoi les nébuleuses que nous voyons paraissent s’éloigner de l’étoile. La distance entre les deux objets est précisément le trajet qu’a parcouru la lumière depuis l’époque de la conflagration jusqu’au moment où elle a atteint la portion nébuleuse que nous apercevons. Puisque la vitesse de la lumière est connue, on peut calculer, en kilomètres, le chemin qu’elle a fait du 20 septembre au 7 novembre, et ce chemin est le déplacement apparent des nébuleuses entre les deux dates que nous indiquons. Or la distance angulaire de ce déplacement a été mesurée. De ces deux éléments, il est facile de déduire la longueur de ce déplacement, et par
- suite lu distance qui nous sépare de ce singulier système.
- On a ainsi trouvé que cette distance est celle que parcourrait la lumière en 515 ans environ. Il en résulte que l’événement dont nous parlons aujourd’hui et qui a appelé l’attention des astronomes, au mois de février 1901, s’est passé en réalité il y a 515 ans, c’est-à-dire un peu avant le règne de Henri IV. Il ne faut pas oublier, cependant, que tout ce calcul repose sur une explication qui, après tout, n’est qu’hypothétique. Il pourrait se faire que les phénomènes observés reconnussent une tout autre cause, et même, il se peut que la Nova soit encore bien plus loin de nous. Quoi qu’il en soit, les faits observés sont du plus haut intérêt; ils constituent quelque chose d'absolument nouveau, et nous avions raison de dire que l’apparition de la Nova était un événement scientifique d’une grande importance.
- Malt,leu Fouché,
- Abrégé de lTniversité, ancien vice-président de la Société astronomique de France.
- LE PH0T0RÀMA
- PROJECTIONS PANORAMIQUES DE MM. A. ET L. LUMIÈRE
- Nous avons déjà, à différentes reprises, traité ici de la projection panoramique; la première réalisation de cette idée semble avoir été faite à l’Exposition de Chicago en 1894 par M. Chase1 ; mais il est probable que le résultat n’a pas été encourageant, car l’appareil qu’il avait construit à cette époque à titre d’essai n’a pu être exploité par la suite. A l’Exposition de Paris en 1900, M. Grimoin-Sanson tenta de joindre la projection animée à la projection panoramique2; le problème, posé dans ces conditions, est on ne peut plus difficile à résoudre et ne fut du reste pas résolu de façon satisfaisante.
- Aujourd’hui MM. A. et L. Lumière, dont on connaît les remarquables travaux en tout ce qui touche à la photographie, ont complètement réussi à tourner toutes les difficultés qui entourent cette question en se bornant, il est vrai, à la projection panoramique non animée, ce qui est déjà fort compliqué.
- Il ne s’agit pas d’un simple essai mais d’une exploitation régulière qui fonctionne depuis quelques jours déjà dans une salle spécialement construite à cet effet à Paris sur l’emplacement de l’ancien patinage du Pôle Nord, rue de Clichy.
- La première condition à remplir est d’obtenir une image circulaire continue sans raccordement visible entre les différents éléments de l’image; MM. Lumière y ont satisfait en employant, comme cliché de projection, une plaque souple ne donnant lieu qu’à un seul raccord qu’on n’a pas cherché à dissimuler, car il n’occupe qu’une place très minime par rapport à la surface considérable du panorama et l’œil n’est nullement choqué. Cette pellicule est montée sur deux cercles métalliques de manière à former un cylindre de 0m,10 de haut sur 0m,20 de diamètre parfaitement rigide et très maniable (fig. 2, n° 5). En principe ce cliché étant placé au centre d’un cylindre de diamètre beaucoup plus grand 1 Voy. n° 1180, du 11 janvier 1896, p. 81. â Voy. n° 1417, du 21 juillet 1900, p. 115.
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- LA N ATI LE
- Fig. t. — I,o l'holnrama, ajiparoil employé pour 1rs projections pniioramiqu
- formant écran, il suffira, pour projeter l'image du petit cylindre pellicule sur la surface interne du grand cylindre écran, d’éclairer fortement le premier à l’intérieur et de placer un objectif à l’extérieur.
- Mais cet objectif ne reproduirait sur l’écran que la partie de l’image située en face de lui; il laudrait pour qu’il projetât tout le cliché, le faire tourner autour d'elle assez rapidement pour que la rétine garde l'impression de l’ensemble de l’image.
- La solution paraît simple, mais elle ne l'est pas du tout; d’abord parce que l’image donnée par un objectif qui se déplace n’est pas fixe; ensuite parce que, pour obtenir la continuité des images rétiniennes, il faudrait donner à l’objectif une vitesse considérable, et que la lumière serait toujours insuffisante. 11 fallait donc en premier lieu trouver le moyen de rendre l’image immobile. MM. Lumière, qui sont non seulement des praticiens habiles, mais aussi de savants théoriciens en physique et en chimie, ont découvert un nouveau principe optique qui permet d’obtenir cerésultat. Ileonsiste à placer derrière l’objectif un miroir qui inverse l’image. Les conditions dans lesquelles ce miroir doit être placé en raison du foyer de l’objectif, l'emplacement de celui-ci par rapport à la pellicule, découlent de considérations basées sur les formules relatives lentilles qu’il serait trop long d’exposer ici1.
- Fis- 2. — Détails du Photornnia. -cl do leurs miroirs. — 2. Condensateurs
- aux
- 1 Dans un prochain arliclc nous donnerons quelques détails à ce sujet eu décrivant l'appareil qui sert à prendre les clichés négatifs.
- Contentons-nous du fait acquis : dans ces conditions l’objectif peut se déplacer autour de la pellicule en donnant une image parfaitement fixe.
- En deuxième lieu, il fallait éviter de donner une trop grande vitesse de rotation à l’appareil ; on y est parvenu en m ettantdouz e objectifs au lieu d’un seul; dans ces conditions la vitesse peut être douze lois moindre, elle est en réalité réduite à 5 ou A tours par seconde, et la lumière est douze fois plus grande.
- Mais il ne s’agissait pas seulement de concevoir les moyens de tourner les difficultés, il fallait les réaliser. Examinons donc maintenant comment
- l’appareil destiné à la a été con-
- projection struit.
- 11 se compose (fîg. 1 ) d’un plateau circulaire portant au centre un axe vertical faisant corps avec lui ; sur ce plateau on place la pellicule E qui porte l’image «à projeter. En dessous se trouve un autre plateau 1), mobile autour de l’axe, et, «à l’intérieur de la pellicule, un troisième plateau également mobile autour de l’axe. Les deux plateaux mobiles sont reliés entre eux au moyen de deux colonnes réunies par une traverse qui passe au-dessus de la pellicule; ils tournent donc ensemble quand le mouvement de rotation est communiqué à l’un d’eux par un petit moteur électrique; il est bien entendu que le plateau qui porte la pellicule ne participe pas au mouvement.
- Sur la périphérie du grand plateau I) (lig. 2, n° 1), on a fixé les douze objectifs et leurs miroirs respectifs M ; sur le plateau intérieur, et en face des objec-
- Plaleau des objectifs 3. Diapositif pellirulairo.
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- LA NATmE.
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- tils, on a placé douze condensateurs C destinés à éclairer la pellicule. Chacun de ces condensateurs se compose d’une lentille, de foyer convenable,
- coupée en forme de rectangle, et placée verticalement à l’extrémité d’une boîte allongée dont le fond est muni d’un miroir incliné à 45°; toutes les
- Fig. ô. — Suite des projections panoramiques de JIM. A. et L. Lumière.
- boîtes sont réunies de façon à former l’ensemble ces conditions, un puissant faisceau de rayons représenté sur notre gravure (iîg. 2, n° 2). Dans lumineux envoyé verticalement sur les miroirs se
- Fig. i. — Détail de l'éclairage. — A. Projecteur Mangin de DU ampères.
- D. Condensateur. — C. lentille donnant le faisceau parallèle. — 1). Cuve à eau. — E. Miroir. — F. Tube correspondant à l'appareil.
- trouve dispersé tout autour de la pellicule et l'éclaire également dans toutes ses parties.
- Voici maintenant quelles sont les dispositions générales de l’établissement.
- La salle circulaire (lig. 5), au centre de laquelle le public est placé, a 20 mètres de diamètre; le mur formant l’écran a 8 mètres de liant.
- L’appareil que nous venons de décrire est placé
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- sur un pilier situé au centre, et un petit moteur électrique, auquel il est relié par une transmission, lui communique le mouvement de rotation ; un escalier en spirale permet d’accéder facilement à l’appareil pour changer la pellicule. Au-dessus de la salle on a jeté un pont sur lequel est installé un puissant projecteur Mangin avec lentille à échelons de O1",75 de diamètre et une lampe de 90 ampères : c’est le modèle des projecteurs employés dans la marine. Mais le faisceau horizontal des rayons parallèles ainsi produit est plus large (pie le cylindre formé par la pellicule qu’il s’agit d’éclairer; afin de l'utiliser cependant tout entier on le transforme en un faisceau conique au moyen d’une première lentille Il (lig. 4), puis ce faisceau est repris par une seconde lentille G placée au point convenable pour couper le cône des rayons au diamètre voulu et le faisceau parallèle ainsi obtenu, après avoir traversé une cuve à eau 1), est reçu par un miroir E incliné à 45°; il se trouve alors renvoyé verticalement dans un tube qui aboutit exactement au-dessus des condensateurs de l’appareil. La cuve à eau est interposée sur le trajet du faisceau afin d’absorber la chaleur et d’éviter réchauffement de la pellicule.
- L’intensité électrique nécessaire au projecteur n’a pas permis au secteur Edison qui dessert la rue de Clichy d’accepter un branchement direct sur son réseau. 11 a fallu installer un moteur électrique (recevant alors directement le courant du secteur) qui actionne une dynamo destinée à produire les 90 ampères nécessaires à la lampe.
- Malgré la puissance de cet éclairage, les images ne sont pas aussi lumineuses qu’on pouvait s’y attendre; cela vient de ce que chaque point de l’écran renvoie une partie de la lumière qu’il reçoit sur la partie située en face de lui et c’est cette lumière parasite qui enlève de l’intensité à l’image projetée.
- ( )n s’en rend parfaitement compte quand on masque la moitié de l’appareil avec un écran semi-cylindrique : toute la partie opposée gagne immédiatement en intensité. On a essayé de remédier à cet inconvénient soit en variant la forme de l’écran, soit en changeant la nature de la peinture qui le recouvre, soit enfin par d’autres procédés; mais, jusqu’à présent, rien n’a réussi.
- L’inconvénient n’est, du reste, pas très considérable, et l’image reste encore très suffisamment lumineuse; nous n’avons parlé de ce détail que pour montrer à combien de difficultés imprévues on s’est heurté pour arriver à réaliser une idée qui n’est simple qu’en apparence et qui hante, depuis bien des années, les inventeurs. G. Makeschal.
- NÉCROLOGIE
- W"“ Clémence Royer. — Elle vient de mourir à Paris à l’àge de 72 ans d’affaiblissement graduel. Elle était née à Nantes d’une famille de marins et de soldais. Elevée dans les principes religieux et catholiques, pensionnaire du Sacré-Cœur, elle subit la crise du mysticisme
- à laquelle son éducation la prédestinait et songea à entrer au couvent. L’énergique opposition de son père la rendit à elle-même. Elle quitta Nantes pour suivre les cours de la Sorbonne et du Collège de France, puis vint en Suisse, où se manifestèrent les tendances scientifiques de son esprit ; elle fonda à Lausanne un cours de logique destiné aux femmes (1860), partagea avec Proudhon le prix que le gouvernement vaudois avait mis au concours sur la (( théorie de l’impôt ». La traduction qu’elle publia, en 1862, du livre de Darwin sur YOmjine des espèces commença sa réputation. On peut dire que c’est grâce à elle que les théories du grand naturaliste anglais furent vulgarisées en France. Dans son dernier ouvrage : la Constitution du monde (1900), elle indique de nouveaux principes de philosophie naturelle, fondés sur la dynamique des atomes. Mme Clémence Dover publia aussi de nombreux travaux d’archéologie préhistorique et d’anthropologie. Fin 1895, MM. berlhelot, Aulard Th. Dibot, Ch. Richet, Letourneau et Levasseur prirent l’initiative de demander pour elle la croix de la Légion d’honneur. Nous sommes très loin d’admettre toutes les idées de Mme Clémence Royer, pas plus que beaucoup de ses principes philosophiques. Mais elle comptera parmi les intelligences les plus vives de notre temps. C. 1).
- CHRONIQUE
- La liquéfaction du gaz d’éclairage. — On sait les avantages multiples et considérables qu’est venue apporter la liquéfaction des gaz, au moins pour ceux de ces gaz, comme l’oxygène, l’acide carbonique, qui ont des applications industrielles importantes. La mise à l’état liquide favorise étrangement leur transport, et aussi leurs usages. Or il paraîtrait que M. Stowger, de New-York, aurait trouvé le moyen de liquéfier le gaz d’éclairage. Malheureusement nous ne connaissons pas encore les détails de la méthode. Toujours est-il que, si le fait est vrai, le gaz pourra être emmagasiné dans des récipients de dimensions relativement fort réduites, qui contiendront de quoi alimenter pendant fort longtemps un brûleur, et il est certain qu’on obtiendra aussi un éclairage beaucoup plus puissant que d’ordinaire par suite de l’état de pression où l’on possédera ce gaz. Désormais il ne serait [dus indispensable, pour distribuer le gaz à domicile, de recourir à ces canalisations si coûteuses qui immobilisent inutilement de si grands capitaux, majorant ainsi le prix auquel le produit des usines doit se vendre ; par cela même aussi le gaz d’éclairage liquéfié pourrait être employé sans aucune installation de production sur les chantiers de travaux, dans les exploitations temporaires comme les exploitations agricoles, et avec plus de simplicité encore que l’électricité, puisqu’on aurait réellement la lumière en bouteille. En dehors de l’intérêt que la découverte aurait au point de vue scientifique, on voit qu’elle en aurait aussi au point de vue pratique.
- Ciment de bois. — Composition inventée dès 1858 par llœusler, le ciment de bois s’emploie couramment en Allemagne depuis cette époque, surtout pour les toitures-terrasses. Mais l’utilisation de ce produit par nos architectes ou nos ingénieurs ne date que d’hier. Le génie militaire français en a fait récemment diverses applications au fort de Calibre, dans plusieurs chefferies du 14e corps d’armée et dans certains baraquements des Alpes. Le prix moyen en ressort à 8tr,o0 le mètre carré. Quant à la constitution du « Holzcement », on ne la connaît qu’imparfaitemenf, — vu le mystère dont les indus-
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- triels d’outre-Rhin entourent sa fabrication. Toutefois il semble composé principalement de goudron de houille, de soufre, de brai, de gomme, de noir de fumée et de poussier de charbon. Enfin il se présente sous forme d’un corps noirâtre de consistance molle. Ajoutons que les constructions de ce genre paraissent d’une remarquable solidité et d’un entretien très économique. I n seul exemple le prouvera : la toiture de la halle aux vins de llirschberg (Silésie), tout en ciment de bois, demeura plus de quarante ans sans exiger de réparations!
- ( ii distributeur automatique pour rayons X. — Le Western electrician mentionne la réalisation d’une idée bien américaine, celle d’un distributeur automatique pour râpons X. Ce distributeur comporic un iluo-roscopo monté verticalement; celui-ci fonctionne, si le tube est mis en activité, quand le passant, qui a la curiosité de voir les os de sa main ou de son poignet, introduit une pièce de monnaie dans la conduite ad hoc. L’homme pose sa main sur une plaque disposée à cet effet; la machine fait le reste et s’arrête d’elle-mème au bout d’un temps déterminé. Elle ressemble aux appareils du même genre exposés dans les rues ; à l’exception du fluoroscope, le mécanisme n’est pas visible, étant renfermé dans une caisse en bois verticale, comportant toutefois les ouvertures nécessaires, et d’une hauteur égale à la taille moyenne d’un homme. On peut la voir fonctionner chez un restaurateur de Chicago. 11 est certain que ce distributeur n’est qu’une sorte de jouet, mais il a l’avantage de donner aux passants la représentation d’un phénomène naturel que nombre d’entre eux ne connaîtraient pas autrement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 février 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grve.
- Un succédané des sels de quinine. — M. A. Gautier expose que l’absorption par la voie stomacale du cacodylate de soude a souvent l’inconvénient de provoquer dans l’intestin un dédoublement de cette substance et que, des produits du dédoublement, résulte de la congestion rénale suivie fréquemment d’albuminurie. On a été conduit, pour éviter cet inconvénient, à administrer le cacodylate sous la forme d’injections hypodermiques. Le succès obtenu par l’emploi de ce médicament dans le traitement des maladies consomptives, tuberculose, anémie et certaines neurasthénies est tel qu’on le fabrique aujourd’hui par tonnes alors que cette substance, il y a quelques années, ne se trouvait pas dans le commerce. En recherchant un composé arsenical susceptible d’être absorbé par la voie stomacale, et qui néanmoins présenterait les propriétés du cacodylate, M. A. Gautier a été conduit à expérimenter sur le méthylarsinate de soude, corps voisin du précédent. Partant de ce fait établi par une expérience de trois siècles, que l’arsenic convient au traitement des troubles qui suivent les lièvres intermittentes, M. A. Gautier a recherché si le méthylarsinate ne serait pas un succédané des sels de quinine, bien que depuis cent ans l’arsenic passe pour être simplement un reconstituant favorable dans les cachexies palustres. Récemment M. Laveran a émis le doute qu’il soit un fébrifuge. Grâce à l’assistance de M. le médecin-major Billet de l’hôpital militaire de Constantine, M. Gautier a pu réunir des données précises sur la question. Le méthylarsinate a été employé en injection à la dose de 0?r,05
- dans le traitement des lièvres intermittentes qui avaient résisté à l’action des fortes doses de sulfate de quinine de 1 gramme et Dr,5. Sur neuf malades soumis à l’expérience, huit ont guéri presque instantanément ou semblent guéris, le neuvième est encore en traitement. L’examen du sang a permis de constater la disparition de l’hématozoaire. En résumé le méthylarsinate en injection a réussi dans des cas où les sels de quinine avaient été impuissants; il présente sur eux l’avantage de donner de l’appétit alors que les sels de quinine provoquent une sorte de dyspepsie. Il amène ainsi la disparition de la cachexie et combat la déglobulisation.
- Cristallisation de l’acide chromique. — (juand on chauffe un mélange de bichromate de potasse avec du sel marin, on obtient de l’oxyde de chrome cristallisé. M. Bitte montre que cet oxyde à peu près insoluble dans le sel fondu ne peut pas y cristalliser par voie de dissolution. Il a constaté, de plus, qu’en remplaçant le chlorure de sodium par celui de potassium on n’obtient plus le même résultat. Recherchant la cause de cette différence, en apparence singulière, M. Bitte a montré que, suivant qu’on opère avec l’un ou l’autre des deux chlorures, il peut se former des combinaisons chromées dont les propriétés sont fort différentes et qui se décomposent de manière dissemblable. C’est dans les propriétés des composés renfermant du sodium qu’il faut précisément chercher la raison pour laquelle la cristallisation de l’oxyde chromique a lieu dans le chlorure de sodium, tandis quelle ne se produit pas dans le chlorure de potassium.
- Anesthésie. — M. d’Arsonval présente une Aote de MM. Régnier et Bidsbury sur une application des courants de haute fréquence à la production de l’anesthésie nécessaire pour la pratique de la chirurgie dentaire. M. d’Arsonval avait signalé que si Ton soumet la peau pendant 10 à 15 secondes à l’action des courants de haute fréquence, la peau devient insensible. M. Bidsbury a pu obtenir l’anesthésie nécessaire pour l’extraction des dents, les curettages, l’ouverture des abcès maxillaires, c’est-à-dire l’anesthésie à telle profondeur qu’il peut être utile. 11 exécute d’abord un moulage de la cavité dentaire, recouvre ce moulage d’une poudre conductrice qui, par une disposition convenable, assure la communication avec un des pôles du solénoïde, lorsque le moule ainsi préparé a été replacé dans la cavité dentaire. L’autre pôle est tenu à la main. Il faut employer un cornant d’une intensité de 250 à 300 milliampères pendant 25 à 50 secondes, et recourir à 700 000 ou 800 000 oscillations par seconde pour déterminer l’anesthésie profonde.
- Cil. IlE Yiuædeuil.
- DESSINS SUR NOIR DE FUMÉE
- On ne se douterait guère des jolis effets que le noir de fumée permet d’obtenir lorsqu’une main habile sait en disposer à propos.
- En Angleterre, les dessins sur noir de iumée sont, en ce moment, fort en vogue et certaines personnes, vrais artistes « fumistes », obtiennent dans ce genre d'esquisses un réel succès comme Ton peut en juger par les trois reproductions ci-jointes (tig. 1 ).
- La façon de procéder est des plus simples et tout le matériel nécessaire se compose d’un objet à surface unie, d’une bougie allumée, d’un canif et de deux ou trois pinceaux. En peinture, les effets
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- s'obtiennent, en général, par addition, ici c'est par soustraction que l’on opère.
- ( ne assiette de porcelaine offre une excellente surface pour ce genre de dessins. Il faut tout d’abord bien la nettoyer, car la moindre trace de graisse ou d'humidité compromettrait le résultat. Après avoir déposé sur cette assiette une couche de noir de fumée au moyen de la bougie, le dessin s’obtient en enlevant plus ou moins la couche de noir aux endroits voulus ; on utilise, à cet effet, les pinceaux, la pointe du canif ou même le bout des doigts.
- Si trop de noir a, par erreur, été enlevé, on en remet au moyen de la bougie et c’est même par ces retouches faites à la flamme que l’on obtient des teintes fondues tout particulièrement réussies. Le dessin une fois terminé, il faut le fixer, car il est des plus fragiles et le moindre frottement ferait disparaître le joli effet si laborieusement obtenu.
- Dans ce but, on chaufle un peu l’assiette et on verse sur l’image une couche de vernis transparent; on étale le liquide de façon à obtenir une surface uniforme, puis on égoutte l’assiette. Quelques heures après le vernis est sec et l’image est indélébile. Inutile de dire que tout objet à surface unie peut être employé de même pour obtenir de jolis effets décoratifs.
- Les dessins sur noir de fumée ressemblent beaucoup à des fusains et la transparence qu’offre le dépôt de noir, sous une faible épaisseur, permet d’obtenir des effets de relief tout à fait inattendus. Grâce à l’originalité de ce procédé et à sa facilité d’exécution, la mode de dessiner sur objets enfumés se
- répand de plus en plus en Angleterre et, dernièrement, une soirée fort réussie a été donnée par le « London Sketch Club » entre amateurs de ce genre de dessins. Si la mode aujourd’hui est en Angleterre pour l’exécution de ces dessins au noir de fumée, nous pouvons dire que depuis longtemps cette méthode amusante et originale était connue en France. Dans ma petite jeunesse je me souviens d’avoir vu mes parents en exécuter pour moi à ma grande admiration. Ils employaient d e vieilles cartes de visite pour faire ces petits chefs-d’œuvre. Leurs doigts agiles tenaient l’envers d’une carte sur la tl a m m e d’une bougie, de manière à la bien couvrir de noir de fumée. Au hasard des teintes plus ou moins foncées, tracées sur le léger carton, ils savaient improviser des effets de clair de lune, de vieux châteaux, des cascades ou des lacs souvent fort
- réussis; la fig. 2 montre un château au clair de lune. Outre le pinceau que les Anglais emploient pour obtenir des teintes plus ou moins claires, ils se servaient aussi de mie de pain en boulette. Four fixer ce dessin, il suffit de verser dessus une légère couche du fixatif dont on se sert pour fixer les dessins au fusain. C’est, un passe-temps agréable pour les longues soirées d’hiver, et l’on peut tout en s’amusant obtenir de fort jolies compositions suivant le goût et le talent de l’opérateur. II. de Thiersaxt.
- Le Gérant : P. Mjsson.
- Fis;, 2. — Dessin sur noir de fumée sur une carie de visite.
- Paris. — Imprimerie Laijure, rue de Fleurus, 9.
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- NOUVEL APPAREIL POUR L’ÉCRITURE DE L’AVEUGLE
- NOTATION CHIFFRÉE ET MUSICALE
- Un sait que l’écriture dont se servent, générale- glyptographique » (cachée et renversée) dite écriture ment aujourd’hui, les aveugles, est l’écriture « ana- « braille » du nom de son inventeur. Elle consiste,
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- Fig. 1. — Appareil servant à écrire et à calculer. A gauche, l'enfant écrit avec son poinçon; à droite, il a soulevé le poinçon et la règle ijui sert à le guider.
- essentiellement, à écrire de droite à gauche, c’est-à-dire dans une direction inverse de celle de l’écriture habituelle du voyant, au moyen de la réglette (fig. 1, à
- gauche) mobile et déplaçabic à volonté sur un cadre, dans lequel est emprisonnée la leuille de papier, entre une plaque de zinc munie de sillons horizontaux, et
- Fig. 2. — Appareil fermé.
- la plaque de cuivre formant la réglette; celle-ci est percée de petites fenêtres rectangulaires à travers lesquelles la main droite de l’aveugle enfonce un poinçon, pendant que de la main gauche il se guide pour tracer, dans chacune des fenêtres qui se succèdent, la ligne de points en creux qui constituent les 30e année. — 1er semestre.
- Fig. 3. — Appareil ouvert.
- signes de l’alphabet particulier de son écriture. Ces points enfoncés, grâce à la pression du petit poinçon sur le papier (et grâce aux rayures transversales de la plaque de zinc sous-jacente) ces points, déterminent sur l’autre face, ou le Verso du papier, des reliefs dont l’attouchement, le contact des doigts si
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- sensibles chez l’aveugle qu’ils remplacent les yeux, permettent la lecture.
- Cette lecture ne peut se faire, évidemment, qu’à la condition de retirer la feuille écrite de son cadre et de la retourner ; et elle s’opère alors de gauche à droite, dans le sens contraire à celui de l’écriture. 11 en résulte cinq entraves capitales : 1° l’aveugle est obligé d’apprendre deux alphabets, deux notations chiffrées, deux notations musicales, une pour l’écriture, une pour la lecture, ce qui est long, dilhcile et fatigant pour l’élève et le maître, surtout pour ce dernier. Faisant ses lettres au recto, l’aveugle ne les écrit pas comme il les lit au verso ; 2° l’aveugle est obligé d’apprendre «à écrire de droite à gauche et à lire de gauche à droite, deux opérations cérébrales qui se contrarient. La dernière lettre écrite au recto devient la première lue au verso ; 5° l’aveugle est obligé, pour se relire, ne fut-ce qu’un mot ou même une lettre à vérifier, d’enlever la feuille de papier d’entre les plaques de zinc et de cuivre et de la retourner; et lorsqu’il continue ensuite à écrire, il faut qu’il la rajuste exactement dans la position première qu’elle occupait ; 4° l’aveugle est obligé pour se corriger, ne fut-ce que d’une lettre, d’un point, d’enlever encore sa feuille de papier des plaques métalliques, de la retourner, de constater la faute avec ses doigts, puis de replacer exactement la feuille entre les plaques métalliques, et de refaire la lettre; '>n enfin, l'aveugle ne peut, calculer, car il faut pour cela lire et écrire du même coté de la feuille.
- Aussi calcule-t-il avec le cubarilhme, c’est-à-dire avec des cubes en métal, portant sur les six cotés des chiffres en relief; il place lentement ces cubes lourds, encombrants, dans un second cadre à cavités, pour les recevoir, et lorsqu’il a terminé son calcul, il n’en reste aucune trace, puisqu’il est obligé d’enlever les cubes et de les replacer dans leur boîte.
- Ces multiples inconvénients et ces imperfections ont frappé nombre d’esprits, justement préoccupés des améliorations à apporter au sort des déshérités de la vue ; et plus d’un s’est essayé à réaliser ces améliorations, en ce qui touche le système d’écriture adaptable à leur infirmité.
- Depuis tantôt soixante-douze ans (1829) que l’écriture Braille est en usage, nul n’était parvenu à la solution satisfaisante d’une question qui comporte d’ailleurs une série de problèmes des [dus difficiles et des plus délicats de la mécanique. Or, cette solution vient d’ètrc réalisée par M. Dussaud, dont on a pu voir et apprécier les appareils pour lesquels j’ai été son collaborateur physiologique, appareils applicables à la surdité et à la surdi-mutité1.
- Déjà, pour les aveugles, M. Dussaud avait imaginé un cinématographe et un pantographe des plus ingénieux, à leur usage, et que j’ai, en leur temps, présentés à l’Académie de médecine. Aujourd’hui, il s’agit de la création d’un procédé et d’un appareil pour l’écriture qui constituent une véritable révolu-
- 1 Vov. u° 1408, du 15 juillet 1901, p. 110, amplificateur audiomélrujue pour guérison de la surdité.
- lion, en cette matière, et qui répond merveilleusement aux multiples desiderata ci-dessus. Avec le procédé et l’appareil Dussaud (fig. 2 et 3), l’aveugleest absolument placé dans la position du voyant; son papier est libre et non emprisonné, il écrit et lit du même côté. En effet : 1° l’aveugle écrit les lettres comme il les lit; il n’a donc à apprendre qu’un seul alphabet; une notation de chiffres; une notation de musique; c’est l’économie de moitié du temps et de fatigue dans son éducation ; 2° l’aveugle écrit et lit de gauche à droite ; il n’a donc pas à se soumettre à deux opérations intellectuelles qui, se contrariant, l’obligent à un travail cérébral long et fatigant; 3° il se relit au fur et à mesure qu’il écrit; 4° il peut se corriger de même; 5“ enfin, il peut calculer sur le papier. Tout cela exactement comme le voyant. Ainsi se trouve résolu le problème paradoxal, que l’on croyait irréalisable, d’obtenir directement des points en relief avec un poinçon ordinaire pointu, du côté même où il presse sur le papier, sans qu’il soit nécessaire de l’ajuster le moins du monde ni de le tenir droit, ce qui n’empêche pas les reliefs de présenter une netteté, une régularité, une consistance insoupçonnées jusqu’à ce jour : résultat capital pour l’aveugle, puisqu’il lit avec ses doigts.
- Ce résultat, il est facile de le constater, comparativement avec celui de l’ancien système, sur le travail accompli par les enfants de l’école Braille sous la direction d’une do leurs dévouées maîtresses. Cinq ou six leçons suffisent pour mettre ces enfants au courant du procédé et du maniement de l'appareil.
- Il convient d’ajouter — car le point de vue économique ne saurait être indifférent — que l’appareil nouveau permet d’employer du papier deux fois moins cher que celui nécessité par les autres appareils; de plus, il réalise, par sa dimension réductible et sa légèreté, un appareil de poche, portatif, indé-traquable; tandis que les appareils usités jusqu’à ce jour dans les écoles sont lourds, encombrants, déréglables, et sensiblement plus coûteux.
- 11 serait, en vérité, superflu d’insister sur la portée utilitaire — et il est permis de dire humanitaire — de cette création : il suffit, pour l’apprécier, de rappeler en deux mots qu’il existe, à l’heure présente, plus de deux millions d’aveugles dans le monde civilisé, et que la dernière statistique officielle en 1883, en indique pour la France seule, 38 682, près de 40 000. Ne sait-on pas aussi que l’écriture est le premier et le plus essentiel outil de l’instruction et de l’éducation.
- En libérant ainsi l’aveugle des entraves de toutes sortes qui faisaient obstacle, par l’écriture, à cette éducation et à cette instruction que lui dispense, avec tant de générosité et de succès, la fondation Braille ; en le faisant, à ce sujet, legal du voyant, M. Dussaud rend à ces déshérités, si dignes de pitié et d’intérêt, un service inappréciable dont ils lui seront les premiers reconnaissants. Dr J.-V. Laborde,
- Membre de l'Académie de médecine.
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- LA VERMOULURE
- Les bois criblés de petits trous ronds et qu’on dit ronyes par les vers, d’où le nom de vermoulus qu’on leur a donné, sont attaqués par dillé-rentes espèces d’insectes coléoptères appartenant au genre Anobium. Ce sont de petits insectes ayant : la tète enfoncée dans le corselet; les mandibules terminées par trois pointes ; les antennes, de onze articles, insérées près des yeux; le corps convexe; les pattes courtes, le premier article du tarse plus long que les autres.
- Les Anobiums portent vulgairement, en français, le nom de « Yrillettes ». Le nom latin d’Anobium exprime une particularité qu'offrent ces insectes, celle de feindre la mort au moindre danger. On a beau les piquer, leur couper une partie du corps, leur appliquer un fer chaud, ils ne bougent que lorsqu’ils croient le danger passé. De sorte qu’ils ont en apparence la faculté de ressusciter; de là leur nom tiré du grec : avx, de nouveau — (3Xow, je vis.
- Quant au nom français de vrillettes, c’est un diminutif de vrille. 11 a été imaginé par Geoffroy à cause de l’aspect particulier du bois vermoulu, criblé de petits trous ronds.
- Si l’on aperçoit à l’ouverture un amas de poussière fine, on peut conjecturer que la larve de l’insecte est dans ce trou. Au fond du canal, on trouve une larve ressemblant à un petit ver blanc mou, à six pattes écailleuses, avec deux fortes mandibules qui lui servent à déchirer le bois dont elle se nourrit et qu’elle rend ensuite par petits grains constituant cette poussière de bois vermoulu dont nous avons parlé. Le n’est pas seulement dans nos maisons que les bois sont percés par les vrillettes. Certaines espèces attaquent les arbres vivants et sur pied, causant d’assez grands dégâts. Ces insectes ne se trouvent pas exclusivement dans le bois ; ils s’accommodent de toutes les matières organiques dures. Ils ne sont pas rares dans les collections d’histoire naturelle. On les trouve dans le corps d’autres insectes desséchés dont les muscles sont volumineux, et dans les nids de quelques hyménoptères.
- Les larves subissent des métamorphoses dans leurs galeries qu’elles tapissent de quelques fils de soie pour y passer à l’état de nymphes. On suppose qu’avant de se transformer, la larve s’assure une sortie commode en se creusant d’avance une issue. Lt c’est ainsi qu’il faut concevoir le fait, rapporté par MM. Kirhy et Spence, d’une galerie percée par un de ces insectes, dans une bibliothèque publique, au travers de ‘27 volumes. De telle sorte qu’on aurait pu, faisant passer une ficelle en dedans, enlever tous ces ouvrages ensemble.
- Les insectes parfaits se montrent au printemps. Ils ne quittent guère leurs galeries, n’eu sortent que pour s’accoupler le soir, et y rentrent bientôt. On entend, dans l’intérieur du bois, un bruit très distinct, et qu’ils produisent en frappant vivement la tète contre le bois, après s’etre forfem'ent ac’Crdches
- avec leurs pattes. Certains auteurs ont cru que ce bruit était produit avec les mandibules. Latreillc l’attribuait au frottement des élytres. Quoi qu’il en soit, ce bruit, longtemps inexpliqué n’a pour but que de les guider les uns vers les autres. 11 a été désigné sous le nom d’Horloge de la mort.
- On distingue une trentaine d’espèces d’Anobium propres à l’Europe; au point de vue pratique, quelques-unes seulement sont à retenir.
- 1° Anobium fesse!latum. — Yrillette marquetée. La plus grande du genre, 6 à 7 millimètres, brun marron, marquée de taches irrégulières, formées par une pubescence dorée. — Antennes testacées. Dessous du corps et pattes recouverts de poils jaunâtres. Commune dans l’Est où elle attaque les vieux acacias et la viande desséchée, dit-on.
- 2° Anobium slrialum. — Yrillette opiniâtre. La plus commune dans les maisons, 4 millimètres, fauve, brunâtre, avec refiets dorés. Corselet portant une saillie médiane triangulaire très accusée. — Ély très à stries ponctuées. Elle vit dans les maisons où elle se propage rapidement. On la trouve parfois en abondance, pendant la nuit, sur les vieux meubles. Elle attaque le chêne et les bois durs. — M. Rou-zet Ta étudiée sur le marronnier et a vu que les larves attaquent le bois et non l’écorce.
- «a0 Anobium abietis. — Yrillette du sapin. — brun rougeâtre. — Elytres finement ponctuées. —• Ses métamorphoses ont été étudiées avec soin par M. IL Rouzet. « Les galeries, dit-il, se terminent par une petite bourse renfermant une poussière noirâtre. Quand l'insecte \a se transformer, il agrandit encore sa galerie, agglomère la poussière et se forme une loge ovale qui, dans un de ses points, n’est séparée de l’extérieur que par une mince pellicule. C’est ce faible obstacle que l’Insecte parfait détruit pour sortir de sa prison. Toutefois, la femelle semble y rester jusqu'après l’accouplement. »
- Les larves de l’Anobium abietis vivent dans l’écorce et n’attaquent jamais le bois, quoique parfois, une partie de leurs galeries soient imprimées dans l’aubier.
- 4° Anobium minor. — Yrillette petite. — Fauve clair, 5 millimètres. — Attaque le bois blanc des meubles. L’insecte parfait se montre en mai et juin.
- 5° Anobium paniceum. — Yrillette du pin, 2nim 1/2. — brun rougeâtre. — Le corselet uni, d’un marron plus foncé que celui des élytres. Celles-ci portent chacune cinq ligues de ponctuations fines et sont recouvertes dune pubescence dorée plus abondante et plus développée que sur le corselet.
- Les larves sont courtes, renfilées en avant, blanches, charnues, velues. — Pour se transformer en chrysalides, elles se font une coque avec leur vermoulure qui est d'un aspect brillant tout particulier.
- Cette espèce vit dans la farine et dans les pains abandonnés. Elle est peu commune dans les maisons où règne l’ordre et la propreté; mais elle attaque fréquemment le biscuit de soldat qui est accumulé dans des magasins où il fait un certain séjour. C^ést dans dès msc’uits pŸoVe'nânt d'ës maga-
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- sins d’approvisionnement du 165e de ligne (Ajaccio) que nous l’avons étudiée en 1809. Ces magasins avaient été envahis avec intensité, et l’on recherchait à qui devait incomber la responsabilité des dégâts commis. La question se posait, en effet, de savoir si l’insecte préexistait dans la farine ou s’il avait attaqué le biscuit une fois rangé dans le magasin.
- Il a été inadmissible d’admettre que les larves aient été introduites dans le biscuit, dès la panification, par des farines avariées, car elles auraient été détruites dans la cuisson, la température atteinte par la pâte, dans les fours, étant de 200° à l’extérieur et de 100° au centre de la masse.
- Or, des recherches alors récentes, de MM. Schribaux etBus-sard, venaient de montrer que des insectes tels que des charançons, des bruches...., d’organisation par conséquent analogue à celle des vrillettes, étaient tués par un séjour de cinq minutes à 60° pour la bruche et de deux minutes et demie à 50° seulement pour le charançon. Et l’on sait que les larves sont autrement délicates que les insectes parfaits. Une coupe, dans un de ces biscuits, montrait que les insectes avaient évolué surtout à la périphérie, dans la région dorée, comme s’ils recherchaient, de préférence, la partie la plus dure et la plus digestible. Telles les personnes ii estomac délicat qui préfèrent la croûte à la mie. Pour se débarrasser de ces intrus, lorsqu’ils envahissent un magasin de l’Armée, il faut vider complètement les locaux attaqués. Les biscuits avariés seront séparés, cl l’on sauvera les antres d’une détérioration certaine en les passant simplement au four.
- Le produit du nettoyage des locaux sera incinéré soigneusement. Les murs seront bien brossés. On brûlera du soufre à plusieurs reprises dans les pièces hermétiquement closes, puis on blanchira à la chaux. Les angles et les coins auront été l’objet d’attentions toutes particulières et les fentes, par-
- faitement bouchées. Des pulvérisations de lysol ou de crésyl sont également tout indiquées.
- En ce qui concerne les espèces d’Anobium s’attaquant aux bois, il est utile de signaler un procédé permettant de s’en préserver. Le moyen est basé sur ce fait que les vrillettes ne consomment que l’amidon du bois. Aussi a-t-on cherché à débarrasser celui-ci de son amidon avant l'abatage. Au printemps (mai), on enlève, en haut du tronc de l’arbre à abattre, un anneau d’écorce; pour plus de facilité, on le fait au-
- dessous des premières grosses branches, et on ampute grossièrement celles-ci pour empêcher la communication avec le tronc. On fait une nouvelle annellation analogue à la base de l’arbre.
- La circulation de la sève est ainsi arrêtée dans le tronc et celui-ci vit encore quelque temps sur les réserves d’amidon accumulées dans l’aubier. Au bout de cinq mois, la résorption est complète. Elle se produit toujours avant la mort de la cime, en tout cas avant celle du tronc. L’abatage pourra donc se faire alors que le liber est encore vivant, condition indispensable, car le bois qui meurt sur pied perd toutes ses qualités par suite de l’oxydation du tanin. (Nous parlons des bois non résineux.) De plus, on n’a pas à retouter que l’arbre -soit envahi sur pied par des larves d’insectes, des champignons. On aura toute latitude pour l’exploiter d’octobre au printemps.
- On obtient un autre résultat. L’aubier de la cime et des grosses branches sera plus riche en tanin, ce qui n’est pas à dédaigner aujourd’hui qu’on extrait le tanin du bois de châtaignier, de chêne.
- (le qui précède s’applique à tous les bois durs. Quant aux résineux et aux bois blancs: tilleul, peuplier, le procédé offre peu d’intérêt, car, le tronc de ces essences ne renfermant plus d’amidon en hiver, il suffira d’exploiter dans cette saison.
- Fernand Couston,
- , . Ingénieur agricole.
- La vermoulure. — 1. Anoiiium paniceum, insecte parfait. — ï. Sa larve de profil.— 5. La même, face ventrale.-- a. Grandeurs naturelles.— f. Biscuit attaqué par Lanobium paniceum. o. Bois de charpente attaqué par l'ano-bium tessellatum.
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- INOCULATION DES SOLS DESTINÉS A PORTER DES LÉGUMINEUSES
- La fin du dix-neuvième siècle a été marquée par plusieurs grandes découvertes agricoles, qui sont comme un prolongement en agronomie de l’œuvre
- immortelle de Pasteur. En 1876, MM. Schloesing et Muntz ont reconnu que les nitrates prennent naissance dans le sol par l’action de micro-organismes
- Terre de bruyère Terre de bruyère Terre
- et 10 pour 100 et 12 pour 100 de bruyère
- de terre de luzerne. de calcaire. pure.
- Fig. 1. — Culture de la luzerne dans la terre de bruyère.
- isolés plus tard par M. Winogradsky; en 1885, entraîné en combinaison dans la terre arable par M. Berthelot a montré que l’-azote atmosphérique est action microbienne; enfin deux savants allemands,
- Poids de matière sèche par pot.
- 0 grammes. 0 grammes. 12,5 grammes 11,5 grammes.
- Fig. 2. — Culture de la luzerne dans la terre de Bretagne.
- MM. llellriegel et Wilfarlh, ont fait voir que les légumineuses ne méritent le nom de plantes améliorantes, sous lequel on les désigne depuis longtemps, qu’autant qu’elles portent sur leurs racines de petites
- excroissances, des nodosités, peuplées de bactéries.
- Que ces micro-organismes soient les agents efficaces de la fixation de l’azote de l’air, c’est ce qui résulte non seulement des observations des savants
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- allemands, mais, en outre, des travaux récents d’un jeune agronome français, M. Mazé, qui a élevé les bactéries des légumineuses dans des bouillons de culture qu’elles ont enrichis d’azote prélevé sur l’atmosphère.
- Tels sont les faits bien établis. Peut-on en tirer quelques applications agricoles; la culture des légumineuses, la luzerne et le trèfle qui forment les prairies artificielles, est-elle facilitée par les découvertes que nous venons d’énumérer sommairement?
- Il faut bien le reconnaître, jusqu’à présent, malgré des efforts répétés, la pratique agricole n’en a tiré aucun bénéfice et il importe d’en chercher la raison.
- Quand on examine les racines des légumineuses appartenant à différentes espèces, on voit que souvent les nodosités qui y apparaissent présentent des formes très différentes; celles des lupins, volumineuses, grosses comme un pois, parfois même comme une mûre, ne ressemblent en aucune façon aux formes arrondies des nodosités des ajoncs et celles-ci diffèrent encore des petits cylindres qu’on trouve sur le trèlle ou la luzerne. Cette diversité d’aspect a conduit à penser que les bactéries, capables de s’implanter sur les racines d’une espèce végétale, ne sont pas les mêmes que celles qui vivent sur d’autres espèces et que pour réussir à coup sûr la culture d’une plante déterminée dans un sol où elle n’était pas acclimatée, il fallait y introduire les germes de la bactérie capable de symbiose avec l’espèce semée; de là la préparation par deux savants allemands, MM. Nobbe et lliltner, d’un produit nommé Nilmgine.
- (In aurait voulu que le succès couronnât cette entreprise hardie ; mettre dans le commerce, au lieu d’engrais, des flacons de ferments, était une tentative séduisante ; malheureusement les échecs ont été si nombreux que l’emploi de la nitragine ne s’est pas propagé.
- L’idée était juste cependant ; non seulement Hell-riegel et Wilfarth avaient fait apparaître les nodosités sur des pois semés dans un sable stérilisé par l’action du feu, en introduisant dans ce milieu inerte de la délayure d’une terre où les pois avaient vécu les années précédentes, mais ils avaient bien montré, en outre, que la délayure n’agissait que par les germes d’êtres vivants qu’elle renfermait, car si on la faisait bouillir avant de l’employer elle perdait toute vertu. En outre, un autre agronome, M. Salfeld, avait fait prospérer des légumineuses dans un sol qui n’en avait pas porté en y incorporant une certaine quantité de terre où cette même espèce avait vécu les années précédentes et où, par conséquent, elle avait laissé les germes des bactéries productrices des nodosités.
- Il nous a semblé qu’il y avait lieu de suivre cette voie, car, en cas de réussite, on pouvait propager avec grand avantage la culture de certaines légumineuses dans des terres où, jusqu’à présent, elle ne s’est pas répandue. Les prairies artificielles, notam-
- ment de luzerne ou de trèfle, ne s’établissent guère que dans des sols renfermant du calcaire. Était-ce l’absence de ce calcaire qui empêchait ces plantes de prospérer, ou bien l’échec, souvent observé, tenait-il surtout au manque des bactéries capables de symbiose avec ces deux espèces.
- Pour le savoir, nous avons disposé en 1900 et en 1901 quelques expériences dont nous allons brièvement exposer les résultats.
- En 1900, nous avons opéré sur une terre de bruyère riche en débris organiques, renfermant un centième environ de plâtre, mais pas de calcaire ; nous avons semé de la luzerne dans cette terre, d’abord, simplement additionnée de phosphate de potasse ; dans d’autres vases nous avons ajouté une dose massive de calcaire, de façon à modifier absolument la terre de bruyère et à faire disparaître complètement la réaction acide qu'elle présente ; dans un troisième vase, on a introduit dans la terre de bruyère 10 centièmes d’une bonne terre de jardin où la luzerne prospère.
- Les résultats de cette culture de 1900 sont représentés par la figure 1, page 1811 ; on voit que dans la terre de bruyère pure, la luzerne est très clairsemée, les pieds qui ont vécu sont peu nombreux, mais en assez bon état; en juin, on a récolté seulement 4^,0 de luzerne sèche; l’introduction du calcaire a exercé une influence sensible, le vase est bien mieux garni que son voisin, et, en effet, on a récolté Ils1,7 de luzerne sèche; mais on voit, en outre, à quel point l’introduction delà terre de notre jardin, dans laquelle vivait la luzerne, a été favorable : on a obtenu 28sr,fi de luzerne sèche.
- Les racines portaient des nodosités, même dans la terre de bruyère, elles étaient formées de petits cylindres foncés, terminés par un pointement blanc, et celles qu’on voyait sur les racines de la luzerne végétant dans la terre de bruyère, inoculée avec la terre de jardin, n’avaient pas un aspect très différent; mais, tandis que ces dernières étaient disséminées tout le long delà racine, celles que portaient les racines développées dans la terre de bruyère pure divergeaient d’un seul point de la racine en forme d’éventail, en bouquets.
- En 1901, on a semé la luzerne dans une terre provenant de Bretagne, elle était formée par la désagrégation du gneiss, et on n’y trouvait pas de calcaire. La figure 2, page 181, montre que, sans autre addition que du phosphate de potasse, le pot placé à gauche a donné, dès le U juin, une petite récolte de 6 grammes de luzerne sèche ; on a encore trouvé sur la racine des nodosités disposées en bouquets, comme celles qu’on avait vues sur les racines de la luzerne en terre de bruyère; l’addition du calcaire, qui avait été favorable pour la terre de bruyère, n’a exercé ici aucune influence, et le pot qui l’a reçu a donné, au mois de juin, 6 grammes de luzerne sèche, comme son voisin sans calcaire. Il en a été autrement du
- 1 Extraite du Traité de chimie agricole de Dehérain, 2e édition, Masson, 1902.
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- vase qui avait été additionné de 10 centièmes de terre de luzerne, la récolte a doublé; elle a encore augmenté quand on a donné à la lois du calcaire et de la terre de luzerne, puisqu’elle est montée à l^^S1.
- On trouve sur les racines des nodosités des deux | dispositions déjà signalées, tandis que dans les deux vases non inoculés, les pieds qui portent des bouquets dominent de beaucoup ceux qui ont des nodosités isolées, éparses sur toute la longueur de la racine : 42 contre 11 et 51 contre 14; il en est tout autrement pour les deux autres vases ; les pieds à bouquets ne sont plus que 10 contre 72 portant des nodosités isolées dans le vase inoculé sans calcaire et 8 contre 75 dans le vase qui a donné la récolte la plus forte.
- 11 y a donc, dans les terres de bruyère et dans la terre de Bretagne sans calcaire, les germes des bactéries propres à la symbiose avec la luzerne, et il est curieux de constater que sur ces deux terres si différentes, d’origine si éloignée, on trouve les bactéries productrices de nodosités en bouquets, en même temps que celles qui forment des nodosités isolées ; mais, les unes et les autres sont rares et ne suffisent pas pour provoquer une récolte abondante.
- Nous avons obtenu une végétation luxuriante en inoculant nos deux terres avec la terre de jardin, et c’est là un point intéressant; toutefois, nous avons réussi en employant la terre contenant les bactéries efficaces, à dose massive, et si cette dose était nécessaire il faudrait, semble-t-il, renoncer à employer cette méthode, car elle entraînerait à des dépenses hors de toute proportion avec les avantages à en tirer. Peut-on réduire beaucoup la dose de terre inoculatrice à employer? C’est là ce que nous apprendront les expériences de 1902.
- Avant qu’elles aient fourni de nouvelles indications, on peut cependant tirer parti des faits acquis ; incorporer à une terre le dixième de son poids de terre à luzerne serait ruineux si on voulait procéder sur des hectares, mais il n’en serait plus ainsi si on opérait sur de petites surfaces ; la terre, inoculée la première année, servirait, l’année suivante, à l’inoculation de terres voisines plus étendues, et celles-ci, à leur tour, permettraient de propager les bactéries efficaces sur des surfaces de plus en plus grandes. La méthode par inoculation n’est donc pas impraticable.
- Au reste, ce procédé n’est peut-être pas le seul à employer ; les deux terres que nous avons mises en expériences renfermaient des bactéries productrices de nodosités en bouquets qui conviennent très bien à la luzerne, car les pieds qui les portent sont plus lourds que ceux qui sont garnis de nodosités isolées; ces bactéries n’ont pas produit grand effet parce qu’elles étaient en petit nombre; mais rien n'empêche de supposer que, si elles n’ont pas pullulé sur ces terres, c’est parce qu’elles n’y ont pas
- 1 Les poids des récoltes sont plus faibles en 1001 qu’en 1900, paréo que l’an dernier les coupes ont été faites au commencement de juin, tandis qu’en 1900 elles ont eu lieu en juillet.
- trouvé les plantes propres à la symbiose, et qu’elles ne tarderaient pas à augmenter en nombre si ces plantes leur étaient présentées.
- On pourrait donc, peut-être, réussir en opérant sur une terre de bruyère ou sur une terre sans calcaire en procédant de la façon suivante : on donnerait à ces terres une bonne dose de 1000 kilogrammes par hectare de scories de déphosphoration, c’est-à-dire qu’on apporterait à la fois de l’acide phosphori-que et de la chaux ; puis, on y sèmerait de la luzerne, en la préservant au début par une culture de seigle, comme on fait souvent; le seigle enlevé, on trouvera une luzerne sans doute si maigre qu’on pourrait croire l’opération manquée, et on jugerait cette mauvaise luzerne bonne à défricher; c’est là ce qu’il faudrait bien se garder de faire, car rien ne prouve que les bactéries, trouvant dans les racines de luzerne la nourriture qui leur convient, ne vont pas pulluler et garnir, l’année suivante, les racines de luzerne d’une quantité de nodosités suffisantes pour que la plante devienne vigoureuse.
- Peut-être, parmi les nombreux lecteurs de La Nature, en est-il qui voudront tenter l’aventure ; ils peuvent soit inoculer leurs terres rebelles à la luzerne avec une terre qui en porte déjà, en faisant le transport d’une quantité suffisante pour cultiver une petite surface, dont, ainsi qu’il vient d’être dit, la terre servirait, l’année suivante, à inoculer une surface plus grande et ainsi de suite d'années en années; soit semer la luzerne sur des terres bien garnies de phosphates, les scories conviennent très bien, et attendre que, d’années en années, les bactéries propres à la symbiose prospèrent. Dans l'un et l’autre cas, les dépenses ne seront pas bien fortes et pourront conduire, si on réussit, à des résultats très avantageux.
- Nous montrerons, dans un très prochain article, que la culture du trèfle s’établit plus aisément que celle de la luzerne.
- P.-P. Dehéraix, E. Demoussy,
- de l’Institut, Assistant
- Professeur au Muséum. au Muséum.
- LE UC GLACÉ DU MONT-PERDU
- Du haut de la brèche de Tuquerouye, point de vue aujourd’hui célèbre dans les Pyrénées, on découvre avec surprise, en avant du Mont-Perdu et du Cylindre, au pied même du couloir rapide encombré de gravats, qui reste à descendre, une sorte de lagune où les murailles d’Estaubé plongent, le lac Glacé du Mont-Perdu, dont la présence semble avoir été imaginée autant pour compliquer l’accès du tableau que pour ajouter à son lustre.
- 11 est pour la première fois question du lac du Mont-Perdu dans les Voyages de Ramond1, qui y parvint, les 12 août et 8 septembre 1797, et s’y
- 1 Voyages au Mont-Perdu et dans la région adjacente des Hait tes- Pgre'nées. Paris, chez Relin, an IX-1801. 1 vol. in-8°, p. ti5 et suivantes et 112 et suivantes.
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- enthousiasma. Plus tard, d’autres amis de la mon- que fut entreprise par Tuquerouye l’ascension du tagne eurent à en parler à leur tour, surtout lors- géant calcaire ; et la dénomination de lac Glacé pré-
- Col d'Astazou Glacier Astazou Pic et brèche de Tuquerouye
- (2970 m.) du Lac. C5080 m.) (2822 m.) (267S m.)
- Fig. 1. — Aspect du lac Glacé du Mont-Perdu, le 21 août 1901. (Altitude 25G0 mètres.)
- valut. Titre mérité sans conteste. Victime des froids Mont-Perdu est pris presque toute l’année. A la fin excessifs qui sévissent à son altitude, le lac du de l’été, lorsque la canicule a rendu sa note, un poète
- Fig. 2. — Les indentations orientales du lac Glacé. (O'après des photographies de M. Lucien Briet.)
- pourrait lui prêter le sourire classique et prétendre qu’il « invite au bain ,>. Es lachelt der See, er ladet zum Bade, a écrit Schiller dans Wilhelm Tell. Mais le mois d’octobre a vite raison de cet état
- anormal. Les frimas s’amassent sur la surface solidifiée du lac, au point de faire douter de l’existence d’une vaste pièce d’eau à cet endroit. On peut passer dessus, couper au court. Puis, l’hiver cesse, le prin-
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- Fig. 3-
- I.c déversoir du lac Glacé. A la partie supérieure, à gauche, brèche et abri de Tuquerouye ("2675 ni).
- Fig. 1.
- Base du glacier du Lac. Le sommet du Mont-Perdu (3352 m.) est visible à droite.
- A’------'
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- temps s’écoule, la neige se dissipe, la glace apparaît, les crevasses s’ouvrent, et, successivement, un semis de taches bleues annonce la débâcle, des icebergs flottent au gré des vents, et le lac, finalement dégelé, reflète de nouveau comme un miroir le site extraordinaire qui se déroule autour de lui. C’est le moment de lui rendre visite, d’errer dans le désert pierreux où il gît, d’admirer la teinte de ses ondes ridées par la brise, et qui n’ont point encore subi la barque.
- Rien de moins aisé que de se rendre compte des méandres du lac Glacé, les névés qui l’étreignent les dissimulant en majeure partie. On reconnaît toutefois à première vue que ce lac a la forme d’une ellipse, au sommet de laquelle se soude un ovale de dimension très restreinte, si bien que l’ensemble représente assez le profil d’une gourde aplatie.... Il peut avoir un kilomètre de long sur une hauteur identique, mesures quelque peu approximatives, mais assurément plus exactes que celles indiquées par Parrot1, qui se contente de lui accorder vielleiclitâ0 Klafter Lange und 25 Klafter Hreite, « peut-être 40 brasses de long sur 25 de large ». Quant à sa profondeur, il y a lieu de garder le silence, personne n’ayant eu jusqu’ici l’idée d’y pratiquer des sondages.
- Posé comme une terrasse sur la crête du cirque de Rielsa, le pays bizarre, que d’aucuns ont appelé non sans raison la Mer de Glace du Mont-Perdu, et qui est compris entre les murailles d’Estaubé, le col d’Astazou et le piédestal des Trois Sœurs du Marboré, se divise longitudinalement en deux sections distinctes, haute et basse. La première, ainsi qu’une banquette, s’adosse au revers de Tuquerouye, et c’est dans une dépression de cette banquette que s'est formé le lac. La seconde partie, qui s’allonge en contre-bas de la première, est une véritable combe, où de formidables glaciers déversent leurs eaux, leurs avalanches et leurs moraines. On distingue sous la neige accumulée, révélés çà et là par des etfondrements, les ruisseaux qui la parcourent et qui, réunis en un torrent fougueux, origine de la Cinca, se précipitent dans la vallée de Pinède.
- La stratification affecte autour du lac Glacé un désordre qui captive le touriste le plus indifférent aux choses géologiques. Tantôt, elle se cabre verticalement; tantôt, elle maintient son horizontalité native; tantôt, elle s’enfonce; tantôt, elle se tord et s’enchevêtre, cela dans des directions si variées, que l’esprit dérouté renonce à comprendre, et que la création du Mont-Perdu devient une énigme. Plusieurs forces ont agi simultanément; de leur concert est résulté un site unique, semé de merveilleux détails. Lorsqu’un été violent, comme celui de 1901 par exemple, vient à la rescousse d’un hiver bénin, et réduit les glaciers à leur plus simple expression, ces parages semblent un monde spécial, où tout à la fois est logique et insensé, comme ce qu’enfantait la terre, aux temps primitifs.
- 1 Reisc in den Pyrenâen von Friedrich Parrot, Berlin, bei (1. Reimer, 182"». 1 vol. in-8°. p. 59.
- Pour exécuter le tour du lac Glacé, il faut, aussitôt descendu de Tuquerouye, obliquer à gauche et prendre en écharpe des pentes d’éboulis ; un sentier vague, confus, frayé tant bien que mal, facilite la marche; l’inclinaison du talus persiste dans l’eau. Il y a là une flaque de neige indélébile, résidu d’une avalanche qui glisse annuellement des parois du pic de Pinède. Un côtoie le lac; à son extrémité, un promontoire se dresse, celui où Ramond trouva des débris marins. Les coups de son marteau sont reconnaissables. Voici le polypier décrit par lui, quadrillé de points analogues à ceux des dés à coudre ; voici les fragments siliceux qui lui parurent des os ; voici ces corps indéterminés rayonnant autour d’un centre, cavité buccale ou anale, et munis de bras comme les astéries. On recueille également des coquilles : ce n’est point banal. Tous ces fossiles se détachent en nodosités jaunes sur le gris clair de la roche qui est poreuse, car les gouttes de pluie s’y élargissent brusquement. D’aucuns ont voulu ne voir dans la plupart des trouvailles ici faites que des concrétions jadis formées au fond des mers préhistoriques, mais il y a lieu de ne pas être trop affirmatif là-dessus.... Les paléontologistes peuvent se rendre au lac Glacé, je leur certifie qu’ils en seront bien récompensés par leurs récoltes1.
- Les rives orientales du lac du Mont-Perdu, figurées sur les cartes en arc régulier, comportent trois indentations qui pénètrent comme autant de baies entre des éminences ou dos d’âne s’échelonnant les uns au-dessus des autres. Ces dos d’âne sont fails de couches retraitées simulant des degrés, et leur inclinaison de l’est à l’ouest les oblige à se noyer dans la lagune. Entre eux, régnent des terre-pleins qui consistent en humus morainique dallé de débris ; une humidité constante imprègne cet humus; on éprouve la sensation désagréable de fouler une tourbe mouvante et élastique. Les eaux, sur ces plages en miniature, tiédissent au soleil. Peu de plantes alpines. Au delà des bancs qui occasionuent le col d’étranglement du lac, on ne tarde pas à parvenir au bord du ruisseau chargé du rôle d’exutoire.
- L’alimentation du lac Glacé ressort alors claire et précise. Il reçoit le produit de la fonte des neiges tombées sur le versant méridional du cirque d’Estaubé et dans les intervalles de ses promontoires latéraux, où quelques mares séjournent, et dont la pente, assez sensible, empêche toute dérivation en sens contraire. De l’ouest, arrive le plus sérieux apport : l’égouttement du glacier du Lac. Ce glacier comble un grand ravin resserré entre les murailles de Tuquerouye et un renflement rocheux lancé par le col d’Astazou, et verse un petit torrent qu’on ne voit pas, mais qu’on entend bruire au travers. On peut se rendre compte de la faiblesse de ces differents avoirs par le peu d’abondance du ruisseau de
- 1 Je compte publie^ sous peu la photographie des fossiles que j’ai çà et là recueillis dans le massif calcaire; peut-être donnerai-je ainsi l’occasion aux personnes compétentes de révéler des espèces nouvelles.
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- décharge, rien ne permettant de supposer que le lac du Mont-Perdu ait des fuites souterraines.
- Ainsi que nous l’avons expliqué, le lac du Mont-Perdu a la forme d’une gourde ou calebasse, et s'en honore au point d’écouler son trop-plein à la même place et de la même façon qu’un récipient de ce genre se viderait. Dans la banquette, qui retient ses eaux au sud, existe une brèche de 2 mètres de large sur 3m,50 de hauteur environ; cette brèche, ouverte par conséquent au sommet du plus petit ovale, livre passage au déversoir. Une crue s’élèverait sans peine par-dessus ce maigre barrage dont l’altitude est très inférieure au seuil bordant le cirque de Pinède. Le lac ne paraît point s’être jamais déversé autrement . Comme partout alentour, la roche a beaucoup souffert; ses éclats jonchent le sol; les parois qu’on distingue sont invariablement dégradées, craquelées, délitées, fragmentées, par l’action corrosive des intempéries et des siècles.
- Le ruisseau coule d’abord à plat. 11 faut choisir l’endroit pour le franchir d'un léger saut. Sous l’un de ses galets, j’ai trouvé par hasard une sorte d’insecte ou de nymphe aquatique : faute de truites, le lac Glacé pourrait bien recéler dans son sein la faune particulière aux lagunes des régions polaires. C’est une étude à entreprendre. Le courant se jette ensuite dans une faille, une coupure étroite et profonde, un peu oblique, où il cascade plusieurs fois dans l’ombre. Cette cassure, vue d’en bas, est un charmant petit paysage, d’une saveur pétrée, triste et riante à la fois. L’eau s’en échappe à regret, pour gagner, après quelques péripéties, la prade caillouteuse où elle s’unit aux ruisselets que les séracs vomissent. Encore le fond d’un ancien lac ! Du point de décharge du lac du Mont-Perdu, la brèche de Tuquerouye, entre les falaises sourcilleuses qui la commandent, est d’une rare beauté. On la voit face à face. Sa descente, encombrée de gros blocs, paraît plus abrupte qu’elle n’est en réalité; l’abri se découpe nettement, ainsi que la statue de la Vierge sous la protection de laquelle on a cru devoir le mettre. La façon dont les strates se présentent fait abonder les surfaces lisses. Les jumelles fouillent d’exquises finesses. Qui a jamais rêvé devant cette source hautaine et frileuse, si souvent jalouse du secret de ses premiers pas?
- On achève le tour du lac en serrant de près ses rives. Une seule difficulté à vaincre : le glacier. Pour peu qu’il soit à nu, la traversée en est délicate. Il dissimule un estuaire, et sa base est toujours détachée par une forte crevasse. Une glissade maladroite enverrait immédiatement dans l’eau où le meilleur nageur pourrait avoir du mal à se tirer d’affaire. On a également la faculté de contourner le lac beaucoup plus au large en gravissant le grand promontoire, dont une des déchirures verse un filet d’eau qui va grossir l’émissaire du lac. De là, le pic de Tuquerouye s’élance comme d’une venue, défiant toute attaque. 11 offre un pignon, tel qu’on en rencontre rarement, même dans les régions escarpées,
- et qui a été engendré par des décollements créant un chaos le long du glacier du Lac.
- D’autre part, les regards plongent dans un vallon sillonné de ruisseaux, couvert de mares mélancoliques. Après avoir escaladé plusieurs banquettes, on revient vers le lac dont la vue d’ensemble mérite un nouveau coup d’œil. 11 faut obliquer, descendre sur le glacier, vis-à-vis du chaos tombé du pic de Tuquerouye, et en coudoyer la lisière. Une fois au bord de l’eau, il ne reste plus qu’à s’élever de façon à atteindre la corniche qui permet de revenir au-dessous de la brèche, juste au point de départ. Cette corniche livre l’accès des parois qui surgissent du sein du lac. On croit de loin à quelque chose, mais de près ce n’est rien.
- Il est regrettable que les abords du lac Glacé du Mont-Perdu ne soient pas plus fréquentés, étant donné qu'il y existe un abri, comptant parmi les meilleurs de ceux dont le Club Alpin a gratifié la haute montagne, pour en faciliter l’accès.
- Lucien Briet,
- Sorrélaire général adjoint île la Soriélé de Spéléologie.
- LE PH0T0R\M\
- AlTAREIf. SERVANT A PRENDRE EES VUES l'ANORAMIQUES
- II
- Nous avons donné la description complète, dans le dernier numéro1, de l’installation de MM. Lumière pour la projection panoramique ; mais la place nous faisait défaut pour nous étendre sur la théorie du système et la construction de l’appareil qui sert à faire les clichés négatifs.
- Les appareils pouvant être utilisés pour prendre des vues panoramiques de 560° ne sont pas nombreux, nous ne connaissons jusqu’à présent que celui de M. Damoizeau2; on appelle aussi, il est vrai, appareils panoramiques ceux qui, basés sur le principe de la rotation de l’objectif autour du point nodal, donnent seulement un cliché embrassant un angle de 180°, mais ils ne pourraient servir pour faire un panorama complet en un seul cliché.
- MM. Lumière ont résolu le problème en se basant sur le principe nouveau que nous allons essayer de faire comprendre à l’aide des figures ci-contre.
- Un objectif N (fig. 1) donne d’un point À, situé sur l’axe principal O X, une image A7; si, par une rotation de l’axe principal autour du point O, nous amenons l’objectif dans la position N7 et que l’angle de déplacement soit assez petit, le point A sera encore visible pour l’objectif et il formera son image en B.
- On peut imaginer que par un dispositif convenable le faisceau N7 B qui émerge de l’objectif soit retourné de droite à gauche, c’est-à-dire dans le sens inverse de celui de la rotation, et d’un angle égal à l’angle ON7B ; dans ces conditions, l’image du point A, au lieu de se former en B, sera reportée en B7, dans
- 1 Voy. n° 1499, du 15 février 1902, p. 171.
- 2 Voy. n° 920, du 17 janvier 1891, p. 102.
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- le voisinage de A'. Pendant le déplacement angulaire de l’objectif de N en N' l’image de A se sera déplacée seulement de A'à RMI faut que ce déplacement soit pratiquement nul, ce qui dépend : de l’importance de l’angle de rotation N 0 N' ; de la distance focale de l’objectif; enfin des positions relatives, par rap port à l’axe de ro tation des points A et N.
- Le calcul montre que, si l’angle de rotation ne dépasse pas certaines limites, la condition cherchée sera satisfaite lorsqu’on aura
- D’autre part les points A et A' étant conjugués par rapport à l’objectif, ils satisfont à la relation générale des foyers con-
- iugu& M+pnv=r
- F désignant la distance focale de l’objectif.
- Quand on connaît cette distance focale et la distance 0 A, les deux équations précédentes permettent de déterminer OA' et ON.
- On peut donc, malgré le déplacement de l’objectif, obtenir des images fixes si l’on retourne l’image et si l’on satisfait à la première équation citée plus haut.
- Il est clair que l’appareil est réversible et que si c’est le point A', situé sur la surface S', qui devient lumineux, son image se formera en A, sur la surface S, et restera immobile pendant le déplacement de l’objectif. C’est le principe de l’appareil à projection que nous avons décrit précédemment et sur lequel nous n’avons pas à revenir.
- L’appareil qui a servi à faire les clichés négatifs se compose d’un tambour cylindrique / (fig. 2, n° 1
- et n° 2) pouvant tourner librement autour d’un axe vertical d, et actionné par un mouvement d’horlogerie. L’objectif o est placé extérieurement à ce tambour. On aurait pu obtenir le retournement de l’image au moyen d’un prisme, mais les inventeurs ont considéré le miroir comme plus avantageux et la position m, derrière l’objectif, est celle qui leur a donné le meilleur résultat. Un obturateur q est disposé de façon à s’ouvrir dès que l’objectif se met en marche et à se fermer aussitôt qu’il a accompli un tour complet. Sur l’axe d on a fixé un manchon cylindrique e sur lequel la pellicule sensible a est enroulée. Un écran c, mobile avec le tambour, se déplace tout près de la pellicule et présente, en face du miroir m, une fente de 2 ou 3 millimètres qui limite l’image. L’appareil est fermé hermétiquement par un couvercle k et l’espace intérieur du tambour, autour duquel est fixée la pellicule qui doit être exposée, est utilisé comme magasin pour recevoir les pellicules destinées aux poses suivantes.
- L’appareil a été employé depuis plusieurs mois par MM. Lumière et a donné d’excellents résultats ; les images son t parfai temen t net tes. Elles sont obtenues en plaçant 1 ’ appareil au centre du panorama à obtenir, sur un pied solide et au besoin sur un échafaudage ; un fort mouvement d’horlogerie, à vitesse constante et réglable à volonté, met l’appareil en mouvement ; on règle la vitesse du déplacement de l’objectif autour de la pellicule suivant l’intensité lumineuse, c’est en somme de ce réglage que dépend le temps de pose; on peut même, si cela
- Fig. 1. — Théorie du Photorama.
- Fig. i. — Appareil à prendre les vues panoramiques. N° 1. Coupe par un plan vertical.
- N" 2. Coupe par un plan horizontal.
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- est nécessaire, faire varier insensiblement la vitesse de déplacement pendant la rotation, de façon à poser un peu plus du côté de l’ombre que du côté de la lumière. C’est à l’habileté de l’opérateur, à la pratique de l’appareil qu’on peut apprécier avec quelle rapidité on doit opérer.
- Les vues qui sont actuellement projetées au panorama de la rue de Cliehy montrent que les clichés que donne celui-ci sont très bien réussis et que les opérateurs ont tiré tout le parti possible de ce nouvel appareil. G. Maresciial.
- NOUVELLE POMPE ROTATIVE
- Les pompes rotatives sont universellement connues, et ont rendu depuis nombre d’années des ser-
- vices considérables. Il semblait que leur construction eût atteint les dernières limites de la simplicité. M. G. Anceaux vient cependant de réaliser tout récemment une nouvelle pompe rotative monopalette de dimensions très réduites, d’un rendement élevé et d’un fonctionnement très satistaisant.
- La figure ci-dessous nous montre à gauche (n° 1 ) la vue intérieure de l’appareil qui se compose d’un corps de pompe; à la partie supérieure est un tambour, commandé directement par l’arbre moteur C et ce tambour porte une palette 1). L’alésage du corps de pompe est fait comme le représente notre dessin; le tambour est mortaisé sur toute sa longueur pour donner passage à la palette 1). Cette dernière a une longueur constante et rigide sans le secours d’aucun ressort dans toutes les positions et
- Nouvelle pompe rotative G. Anceaux. — 1. Modèle ordinaire. — 2. Modèle réduit.
- elle se déplace par glissement quand on donne un mouvement de rotation au tambour.
- A la partie supérieure de la pompe se trouvent en A et B les tuyaux d’aspiration et de refoulement ; mais ces deux tuyaux sont interversibles suivant le sens de rotation. Au point E se trouve un lardon avec un ressort F de sorte que l’étanchéité est toujours assurée entre les chambres d’aspiration et de refoulement.
- Cette pompe peut être actionnée à br^s ou à l’aide d’un moteur; elle peut servir à l’élévation de 1 eau, du vin, de la bière, de l’alcool, du cidre, ainsi que des huiles, mélasse, pâtes à papier, savons, etc. La construction étant entièrement métallique, il est facile également de pomper des liquides chauds sans qu'il en résulte aucun inconvénient pour l'appareil.
- Un modèle d’un corps de pompe de 20 centimètres de diamètre, tournant à une vitesse angulaire de 70 tours par minute, a pu élever 9600 litres
- d’eau à l’heure à une hauteur de 20 mètres. Ce même modèle a servi à des expériences intéressantes. 11 a permis de pomper des liquides dans lesquels il y avait en suspension des éclats de bois, des bouts de chiffon, déchets de cuir, de pommes de terre, des haricots, etc. Il n’en est résulté aucune détérioration ni arrêt dans la marche de la pompe.
- Des essais ont encore été faits avec des palettes usées de 7> millimètres environ ; la pompe fonctionne toujours régulièrement, on a constaté seulement des déperditions dans le rendement, de 10 et de 6 pour 100.
- A côté du modèle dont nous venons de parler, nous signalerons également un autre modèle portatif qui est représenté dans notre dessin (n° 2). Il a un corps de pompe de 5 centimètres de diamètre et est monté sur un pied ; sa hauteur totale est de 9 centimètres. Il est muni d’une petite manivelle qui permet de le mettre en mouvement. Avec cette pompe, il a été possible d'élever h la hauteur de 5 mètres,
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- 200 kilogrammes de mélasse par heure, à la vitesse angulaire de 70 tours par minute. En service normal, le petit modèle débite 550 litres d’eau à l’heure à 120 tours par minute; il pourrait être avantageusement utilisé comme pompe de circulation d’eau pour automobiles.
- Il nous a paru intéressant de faire connaître ce nouveau type de pompe rotative, qui se distingue des autres par des dimensions réduites et par un bon fonctionnement alors même qu’il s’agit de pomper des liquides contenant en suspension des déchets de toutes sortes. J. L.vffaiuhe.
- HOMMAGE A M. BOUQUET DE LA GRYE
- PRESIDENT DE I,'ACADÉMIE DES SCIENCES
- billion artistique d’Auvergne, mieux connue depuis plus d’un quart de siècle sous son nom populaire de
- Fig. 1. — Avers.
- Médaille olVerle à M.
- en effet, il a 85 ans ! Stupéfaction de mes voisins !
- M. Gomot, après avoir applaudi M. Laussedat, se fait en quelques mots heureux l’interprète de ses confrères ; il remet à M. de la Grye la belle médaille que nous reproduisons et l’album qui restera pour lui comme un témoignage durable de la sympathie, du respect et de l’admiration des enfants de l’Auvergne.
- M. Bouquet de la Grye s’est levé à son tour; et modeste, simple comme toujours, souriant à ses amis, il a répondu:
- « Lorsque notre président, M. Gomot, est venu m’entretenir de vos intentions, qui avaient reçu plus qu’un commencement d’exécution, puisqu’une médaille et un album étaient déjà commandés, j’ai eu une vive émotion et en môme temps un grand étonnement, je cherchais sans la trouver la cause d’un tel honneur. Certes le titre de Président de l’Académie des sciences est le plus enviable de .tous, celui que, dans ma jeunesse, je croyais réservé à d’illustres savants; mais à y regarder de près, c’est un brin de laurier que l’on cueille aussi en vieillissant et Page vous le fait décerner mieux que le talent. A vrai dire si le sentiment qui vo'us a inspirés mte tbucb’e pitffondérnVnt, ce
- « Soupe aux choux », a voulu célébrer l’élection de M. Bouquet de la Grye à la présidence de l’Académie des sciences, en lui offrant une médaille commémorative frappée à la Monnaie et un album contenant une pensée, un dessin, un souvenir de tous les sociétaires. Aussi le 15 février dernier se réunissaient dans un banquet toutee qui porte un nom en Auvergne et plusieurs membres de l’Institut. On fut très nombreux. Le président de la (( Soupe aux choux », M. Gomot, ancien ministre et sénateur du Puy-de-Dôme, avait, par courtoisie, cédé la présidence du banquet à M. le colonel Laussedat, de l’Institut. Au moment des toasts, M. Laussedat, dans une allocution charmante de fine bonhomie, a rappelé les nombreux travaux scientifiques de son confrère, depuis son premier lever d’bydrograpbie au pays des Canaques, sa mission pour le passage de Vénus, jusqu’à ses recherches sur l’influence de la Lune et son grand projet de Paris Port de mer! « Quel âge a donc le colonel? demandait-on autour de moi ; depuis le temps que l’on en parle, je le croyais vieux et il est encore jeune. » — Tout jeune,
- Fig. 2. — Face.
- Rouquet de la (jrye.
- mot de vieillesse me fait un peu peur. Lorsque dernièrement, à la Sorbonne, les associations scientifiques du monde entier ont envoyé à M. Berthelot le témoignage de l’admiration inspirée par ses remarquables travaux, notre illustre confrère a invoqué la date de sa naissance, qui lui faisait, disait-il, déjà mettre un pied dans la tombe. En le voyant si jeune d’esprit, travaillant comme il y a trente ans avec de l’expérience en plus, je trouvais l’expression impropre et (faisant un retour sur moi-même, plus âgé que lui) désagréable à entendre. Aon, la vieillesse ne vient que lorsque les facultés commencent à décliner, et, grâce à Dieu, M. Berthelot fournira encore de belles découvertes, puis toute comparaison mise à part, je ne me sens pas tout à fait vieux. Notre président, mon ami M. Laussedat, a bien voulu rappeler avec une grande indulgence quelques-uns de mes travaux et M. Gomot m’a félicité au nom de l’Auvergne, et il a eu raison, car en réalité, si j’ai pu accomplir des œuvres utiles, n’est-ce pas en grande partie à ce pays que je le dois. Forezien par la famille de mon père, et le Forez touche l’Auvergne, je cfeis à ma mère, pure Auvergnate, avec son sang c’ette
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- ténacité commune aux gens de notre pays, qui fait leur force et qu’un ministre exprima un jour par ces deux mots patois « Lâchent pas ».
- « La caractéristique de la race : c’est la persévérance, c’est la faculté de pouvoir travailler longtemps, sans défaillance; le cerveau auvergnat ne se fatigue pas, la folie l’envahit plus rarement qu’ailleurs.
- « Dans une circonstance particulière, un ministre disait à l’amiral Thomasset et à moi que les retards, les entraves de toute sorte apportés à l’œuvre que nous avions entreprise devaient nous lasser. « Vous oubliez, répondit « l’amiral, que vous avez devant vous un Breton et un « Auvergnat. »
- (( Cette qualité d’endurance, vous voyez, messieurs, combien je la prise, combien je suis lier d’être né dans ce pays où les volcans sont venus mettre une guirlande de sommets autour de la plaine la plus féconde, où le contraste existe si prononcé entre les points les plus voisins que l’on ne se lasse pas d’admirer leurs paysages et que tout paraît fade dans d’autres provinces.
- « L’Auvergne est faite pour plaire aux artistes, ils y acquièrent des personnalités réelles et c’est pour me rappeler les noms de ceux qui viennent ici pour pouvoir leur témoigner toute ma gratitude que je suis heureux de voir leur signature dans un ravissant album.
- « Messieurs, je ne saurais oublier cette soirée, il ne peut y en avoir pour moi de plus douce, elle ne s’effacera pas de mon esprit et j’en conserverai pour vous tous une vive reconnaissance. »
- Cette fête intime a été heureuse. Elle fait honneur à celui qui s’est élevé aux sommets de la Science ; mais elle honore aussi ceux qui en ont eu la délicate pensée.
- II. de P.
- CHRONIQUE
- Lampes électriques Cooper IlewUt. — Depuis plusieurs années M. Cooper Jlewitt est à la recherche de lampes électriques plus économiques que les lampes à arc ou à incandescence ordinaires, et basées sur le principe de la conductibilité des gaz ou des vapeurs enfermés dans des tubes de verre où le courant électrique est amené par des électrodes inaltérables. Dans les modèles de lampes exposés par l’inventeur, une des électrodes plonge dans le mercure et la vapeur remplit le tube ; l’autre est une électrode inaltérable placée à l’autre extrémité du tube (dans certains cas distante de 0m,t>9, dans d’autres jusqu'à lm,37 de la première), selon les diamètres et longueurs des tubes. Les différences de potentiel appliquées sont différentes : les lampes en fonctionnement à la réunion de « l’American Institute of Electrical Engineers » étaient placées sous 120 volts. Les tubes répandaient une lumière d’aspect beaucoup moins rouge que la lumière électrique ordinaire. Le prix de revient de l’énergie consommée est environ 8 fois moindre que pour les lampes à incandescence et o fois moindre que pour les lampes à arc ou à gaz ordinaires. En effet, les expériences de l’auteur établissent des consommations qui varient suivant la tension de 0,52 à 0,90 watt pour des différences de potentiel variant de 75 à 155 volts. Une particularité est que ces lampes ne présentent pas de rayons rouges et fatiguent moins la vue que la lumière ordinaire. Elles ont permis cependant d’obtenir un excellent cliché instantané, dont les journaux américains ont donné la reproduction. Le portrait représentait le Professeur Steinmetz, qui présidait la séance. Sans doute il peut en être de ces lampes comme des ïa'mpes Modre qui pre&ritferit un grand
- intérêt, mais n’ont jamais pénétré dans la pratique. Souhaitons que la lampe bénéticie des avantages incontestables qu’elle pouvait présenter pour la réalisation économique de l’éclairage électrique.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 février 1902.
- Présidence de M. Bouquet de là Gkye.
- Déterminées des coordonnées des astres par la photographie — M. Lœwy rappelle que la grande œuvre internationale ayant pour but de laisser aux générations futures une image du ciel actuel, en utilisant dans ce but la photographie, est complétée par la publication d’un catalogue comprenant les coordonnées équatoriales des étoiles visibles sur les clichés. 11 s’est préoccupé de rechercher les procédés susceptibles de permettre de tirer des épreuves photographiques des coordonnées présentant le plus de certitude. Ses conclusions, fondées sur les travaux photographiques poursuivis à l’Observatoire de Paris, sont les suivantes : tirer sur la même plaque plusieurs poses de la constellation en déplaçant la plaque et prolonger la durée de la pose sans craindre l’apparition de traînées qui ne font naître aucune incertitude.
- Action de la gélatine sur le verre. — M. Cailletel expose le résultat de nombreuses expériences montrant l’action que la gélatine exerce sur le verre. Il indique la solidité des soudures sur verre de métaux; l’adhésion obtenue par ces soudures est si grande que lorsqu’elles cèdent, il y a arrachement de parcelles de verre. La colle forte étendue sur le verre se dessèche, se détache en emportant des parcelles de verre; celui-ci est comme gravé. L’expérience réussit avec le spath d’Islande et la fluorine cristallisée.
- Préparation de l'éthane. — M. 11. Moissan a déjà signalé les propriétés réductrices de l’hydrure de potassium. Il est également hydrogénant et peut jouer le rôle attribué par M. Berthelot à l’acide iodhydrique. En plaçant dans un tube scellé, dans lequel on a fait le vide, de l’hydrure de potassium et de l’iodure d’éthyle on obtient, en chauffant à 200°, une double décomposition donnant lieu à formation d’iodure de potassium et à fixation d’hydrogène sur l’éthyle. Un abondant dégagement de gaz éthane se produit. En opérant avec du chlorure de méthyle on obtient du formène. L’éthane ainsi préparé est plus pur que celui obtenu par les procédés en usage ; M. Moissan indique quelques propriétés nouvelles de ce gaz.
- Propriété des radiations de Rünlgen et du radium. — M. Becquerel analyse une Note de M. Curie relative à une propriété qu’acquièrent les liquides traversés par les rayons de Rôntgen et du radium. Ces liquides deviennent conducteurs de l’électricité, ainsi que l’air. L’expérience réussit avec l’air liquide nonobstant-la température.
- Propriété de la lécithine. — M. Chauveau dépose une Note de MM. Stassano etBillonqui contient la suite d’études relatives à l’action de la lécithine sur les éléments figurés du sang. Ils démontrent aujourd’hui que les leucocytes mononucléaires, après avoir grandi et s’être changés en granulations basiques aux dépens de la lécithine, sortent des vaisseaux pour se fixer dans les tissus comme cellules de réserve des matériaux nutritifs, lis signalent, en outre, l’absorption de la lécithine par les cellules qui revêtent les parois des vaisseaux, les cellules endothéliales.
- _________ Cu. DE VlLLEDEUlL.
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- LA N AT U HE.
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- RÀbIC\ ET DOODICA1
- Los deux sœurs jumelles attachées l'une à l'autre, qui étaient exhibées chez Barnum dans la galerie des phénomènes, avaient été séparées dernièrement avec succès. Elles appartenaient à une catégorie d’êtres tératologiques toute spéciale dont les plus connus ont été les frères siamois Ciiang et Eng, les sœurs Millie-Christine et Rosa-Josepha. Nous avons publié ici leurs photographies et relaté leur histoire.
- Radica et üoodica avaient 12 ans au moment de l’opération. Elles avaient été acquises à Orisa par Mme Colmannjjui les acheta à un grand-prêtre hindou. Très bien formées toutes deux, elles étaient unies et reliées l’une à l’autre par un pont charnu s’étendant de la région xiphoïde à l’omhilic. Cette membrane volumineuse avait 12 centimètres de haut, 4 à 5 de long d’un sujet à l’autre, et 4 d’épaisseur environ. Les deux fillettes ont passé par les mêmes maladies, exception faite pour une laryngite dont l’une a soutiert seule.
- C’est cette prédisposition au même mal qui a rendu l’opération nécessaire.
- Radica et Doodica étaient tuberculeuses et comme on craignait pour Doodica une péritonite, il a fallu recourir h l'intervention chirurgicale. On avait, en effet, l’exemple des frères siamois qui succombèrent à des intervalles de quelques heures, Eng mourant après Chang, par empoisonnement du sang.
- Depuis leur arrivée en France les deux sœurs étaient affaiblies. Radica et Doodica furent transportées le Ier février à l’hôpital Trousseau, dans le service de l’éminent Dr Guinon qui a eu l’obligeance de nous communiquer leur photographie. Radica est à droite de Doodica la plus malade. Les enfants souriaient quand on leur causait, et parlaient assez bien français. Elles étaient heureuses de n’être plus exposées à la curiosité du public et demandaient à jouer avec les autres petites malades.
- 1 Yoy. Les deux frères chinois, n° 1457, du 27 avril 1901, p. 552.
- Elles ont été examinées avec le phonendoscope qui a permis d’établir que les foies étaient fusionnés, mais que les cœurs et les poumons ne communiquaient pas. Bourdes raisons dans les considérations desquelles nous n’entrerons pas, Mnie Colmann, leur mère adoptive, les retirait le 7 février, et les conduisait à la maison de santé du D' Doyen. L’habile chirurgien a pratiqué leur séparation le dimanche D en vingt minutes. L’opération réussit parfaitement et pendant huit jours on espéra que les deux jumelles reviendraient à la santé. On sait qu’au moment où l'on s’y attendait le moins, dans une convulsion, la
- petite Doodica, la plus souffrante, s’éteignit en quelques instants, malgré les soins qui lui furent donnés, le dimanche matin 16 février. À l’autopsie, on constata que l’enfant était atteinte d’un énorme abcès du bas-ventre avec perforation du cæcum au niveau de l’appendice vermiculaire. Rien du côté de l’opération où il n’y avait pas trace d’hémorragie. Le cœur était dans sa situation normale. Le cerveau était sain ainsi que les autres organes. La mort est due au progrès de la tuberculose péritonéale et à l’intoxication du sang produite par la perforation tuberculeuse de l’appendice.
- Rappelons en terminant que l'année dernière M. Chapot-Prévost, professeur d’histologie à ltio-Janeiro, séparait aussi avec succès Maria et Rosa-lina. L’une des deux jumelles mourut, l’autre est encore vivante. 11 y a encore chez Barnum deux frères présentant à peu près lamême particularité physiologique. Ils sont en bonne santé et le pont charnu qui les unit est plus mince; une opération semblable aurait pour eux foutes chances de succès.
- En dehors dos monstres xiphopages, il en vient au monde chaque année plus qu’on ne le pense ; on évalue leur nombre à un ou deux par semaine rien que pour l’Europe. Mais heureusement il y en a fort peu qui naissent viables. Alb. Landris.
- Le Gérant : P. Massok.
- Radica et Doodica. (D'apres une photographie.;
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9.
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- N“ 1501. — 1er MARS 1902.
- LA NA T U UE.
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- LES BATEAUX A TURBINE
- Disons immédiatement que nous ne songeons point aux bateaux où la turbine est employée comme moyen de propulsion propre, à la place de l’hélice par exemple : bien que cette question soit également
- à l'ordre du jour, nous voulons seulement parler des navires où l’on a remplacé la machine à vapeur à mouvements alternatifs, toute perfectionnée qu’elle peut être, par cette machine motrice vraiment adrni-
- Fig. 1. — Vue il ensemble du Kintj Edward.
- rable, mue, elle aussi, par la vapeur, mais dans de tout autres conditions, et qu’on nomme la turbine à vapeur. Nous n’avons guère besoin de rappeler, car il en a été question bien des fois ici, quels sont essentiellement la constitution et le fonctionnement de cet appareil curieux; cependant il ne faut pas oublier qu’il y a deux types principaux de turbines à vapeur, celles dites à réaction et celles qu’on nomme à action ; les premières emploient la vapeur sous pression, comme la turbine Parsons, tandis que les autres ne recourent qu’à la force vive de la vapeur, celle-ci ayant été détendue préalablement: c’est le cas de l’appareil de Laval.
- La turbine Parsons est le fruit de recherches prolongées, poursuivies depuis 1876, et elle a l’avantage de ne tourner qu’à des vitesses relativement modérées, ce qui permet une construction plus robuste et en même temps plus simple, puisque la 30e année. — ter semestre.
- détente se fait progressivement. Elle lait de 1000 à 5500 tours par minute, au lieu des 50000 tours de la turbine de Laval. C’est du reste une turbine
- axiale, où la vapeur parcourt un chemin parallèle à l’axe du moteur. Essentiellement, elle se compose d’un manchon à l’intérieur duquel tourne un arbre moteur hérissé de couronnes d’ailettes, qui viennent s’intercaler entre d’autres ailettes fixes qui, elles, hérissent la surface intérieure du manchon ; d’ailleurs, comme il faut que les sections traversées par la vapeur aient "une capacité croissante pour assurer la détente, la diminution de pression, les ailettes augmentent peu à peu de hauteur, et, de temps à autre, on augmente également le diamètre des couronnes et de l’arbre en donnant à la turbine et au manchon la forme en échelon.
- Sans insister davantage, ni revenir sur des données déjà connues, nous tenons à faire remarquer,
- 15
- Coupe de la machinerie du Kmg Edward.
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- LA NATURE.
- car ces particularités sont pour beaucoup dans l’adoption de la turbine en matière maritime, que les pièces tournantes de l'appareil Parsons sont en partait équilibre, puisqu’une turbine tourne encore 20 minutes après qu’on a coupé l’admission de la vapeur, ainsi qu’une pédale de bicyclette sur laquelle on n’appuie plus le pied. Les turbines ne produisent aucune trépidation et l’on peut se passer pour elles de toute fondation. De plus l’huile de graissage, quoique distribuée à profusion sous les paliers, ne pénètre aucunement dans la turbine. La surveillance se trouve réduite à un minimum, les chances d’accidents sont également fort réduites, puisqu'il n’y a pour ainsi dire aucune pièce alternative ; enfin l’encombrement est très faible : nous pouvons citer une de ces machines de 5000 chevaux, installée à Hartford aux États-Unis, et qui n’a que 5m,40 sur 5m,67. Ajoutons encore que la consommation de vapeur et, par conséquent, de charbon est extrêmement modeste.
- On comprend que, dans ces conditions, M. Parsons ait immédiatement songé à appliquer ce remarquable
- appareil à la propulsion des navires, c'est-à-dire à la commande de leurs hélices. On se rappelle la Tar-binia, qui a été le premier essai dans cette voie, essai retentissant à bon droit et dont nous avons parlé en son temps : ce pétit vapeur de faibles dimensions avait pu néanmoins filer sans peine à près de 55 nœuds, et, à une allure de 52 nœuds, sa consommation de vapeur était seulement de 6,575 kilogrammes. Nous n’oublierons point que la disposition même des turbines permet la multiplication des hélices, et que la Turbinia en compte trois, ce qui contribue à expliquer la vitesse maxima de 54 nœuds qu'elle a pu donner. Des débuts si encourageants amenèrent rapidement à décider ([ue l’on construirait pour la marine de guerre britannique deux torpilleurs de haute mer dotés de turbines, et aussi qu’on recourrait à ce mode de propulsion pour un grand vapeur de commerce. Ces deux torpilleurs, ou plus exactement contre-torpilleurs (torpédo destroyers, comme on les appelle en anglais), ont été la Viper et le Cobra : nous sommes à regret obligé de dire « ont été »
- C<fnden<scztr |
- Jbtnpe à air' L, Réservoir d'huile-
- 1 Pompes d ahmentatéorL/
- Pompe- d- aie
- Po> y*? de- circulation
- | Condenseur'
- *Pomp* ci airaiucib aire,
- Fig. 5. — Vue en plan de la machinerie d'un torpilleur à turbines.
- et non sont, parce que, comme on s’en souvient peut-être, ils ont péri misérablement corps et biens il y a quelques mois, par suite d’un accident qui ne semble nullement imputable aux turbines. Dans ses essais et dès son premier parcours, la Viper, avec un déplacement de 580 tonnes et une charge dépassant de 10 tonnes celle qu’impose normalement l’Amirauté aux navires de ce genre, avait pu, en 20 minutes, porter son allure de 14 à 56,85 nœuds, et bientôt elle dépassait très largement les 57 nœuds. La Viper était tout à fait analogue, dans ses dispositions générales, aux autres contre-torpilleurs : sa longueur était de 65 mètres pour une largeur de 6m,50, elle avait quatre turbines et quatre arbres de couche, portant chacun deux hélices; en réalité il serait plus exact de dire que chaque groupe de turbine se décomposait en un cylindre à haute pression et en un autre à basse pression. Des turbines spéciales étaient prévues pour la marche en arrière. Ainsi que nous le verrons tout à l’heure en nous plaçant à un point de vue de principe, la machinerie était, par rapport à une machine du type ordinaire, dans le rapport de 55 à 55 pour ce qui est du poids, et si l’encombrement était le même que dans les
- contre-torpilleurs habituels, on sait du moins avec quels résultats supérieurs. Quant au Cobra, il était fort analogue à la Viper, à cela près qu’il ne comportait que 5 arbres de couche, mais 12 hélices.
- Nous avons rappelé la perte de ces deux navires : quelles que soient les discussions qu’ont entraînées ces deux naufrages, et bien qu’on ait été jusqu’à accuser un certain effet gyroscopique provenant soi-disant de la rotation des turbines, on peut considérer comme certain que ces torpilleurs se sont perdus parce que, dans aucune marine, la coque de ces navires extra-rapides n’est d’épaisseur suffisante pour résister aux chocs un peu violents et même aux coups de mer redoutables. Comme nous tenons à nous limiter plutôt aux vapeurs à turbines qui ont déjà navigué et qui n’ont pas été construits seulement à titre d’expérience, nous devons insister particulièrement sur le Kiiitf Edward, nouveau steamer à passagers de la magnifique flotte de la Clyde. Long d’un peu plus de 76 mètres et large de 9m,14, avec un creux de 7IU,50 sous le pont-promenade, il ressemble considérablement comme extérieur et comme aménagements à la Duchess of Hamilton, un des vapeurs les plus appréciés de cette Hotte. Mais ce qu’il
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- présente de vraiment original, ce sont ses hélices commandées par des turbines, des turbo-moteurs Parsons, ainsi qu'on les appelle. La machinerie motrice comporte trois turbo-moteurs travaillant en com-pound : en effet, la vapeur à haute pression est admise dans une première turbine où elle se détend en augmentant cinq fois de volume, de là elle passe aux turbines à basse pression, placées latéralement, et où elle subit encore une expansion de 25 fois : le rapport final de la détente totale n’est donc pas de moins de 125. Chaque turbine porte son arbre, et celui de la haute pression entraîne une seule hélice, tandis que les deux autres en comportent deux ; pour les manœuvres, on ne laisse arriver la vapeur qu’aux turbines latérales. D’ailleurs, en prolongement des turbines à basse pression, on en a disposé de supplémentaires qui peuvent imprimer à ces mêmes arbres la marche arrière; toutes ces commandes diverses se font par un jeu assez simple de soupapes et robinets. Un a prévu des condenseurs, mais nous ne dirons rien du reste de la machinerie, qui ne diffère pas sensiblement de celle d’un navire ordinaire. Toutefois, ce qui est important à faire remarquer, c’est que, dès les premiers essais, avec une puissance de 5500 chevaux, le King Edward fournit une vitesse moyenne de 20 1/2 nœuds, le nombre des révolutions étant de 740 par minute. Et ce steamer, grâce à sa nouvelle machine, brûle bien moins de charbon que tous ceux qui ont été construits avant lui dans les mêmes conditions de coque, mais avec des machines à mouvement alternatif. De plus, la place occupée par la machinerie est beaucoup moins considérable, et cela est particulièrement précieux pour le confort et les aménagements destinés aux voyageurs.
- La question des turbines à vapeur s'est posée pratiquement en France, puisqu’on a mis dernièrement à Ilot un petit torpilleur où la machine motrice est une turbine Rateau, et qu’on est également en train de construire une vedette, la Libellule, qui aura 56 mètres de long et 40 tonnes de déplacement, et dont la propulsion sera assurée de même. Mais on voit (jue ce sont là des navires d’un très faible échantillon, et, étant donnés les résultats brillants de l’adoption de la turbine dans les vapeurs que nous avons étudiés, on doit se demander s’il n’y aurait pas le plus sérieux avantage à y recourir pour la grande navigation. Cette question a précisément été examinée par plusieurs personnes, et tout d’abord par M. Parsons lui-même, qui a dressé les plans complets d’un steamer destiné au service de la traversée de la Manche, et dont la coque, longue de 84 mètres et mue par une machinerie de 18000 chevaux, serait susceptible de se déplacer par beau temps à une vitesse de 50 nœuds au moins. Il a mûri également le projet d’un transatlantique qui aurait 185 mètres de long et une puissance indiquée de 58000 chevaux, lui assurant une allure de 26 nœuds, et aussi celui d’un autre vapeur analogue, qui devrait marcher à 40 nœuds, grâce à une puissance de 50000 ch.
- Le contre-amiral Melville, ingénieur en chef de la marine des Etats-Unis, n’est nullement incrédule en principe au sujet de ces applications de la turbine à vapeur ; il demande toutefois qu’on continue d’abord les expériences sur une moins vaste échelle. M. James Mac Kechnie, dans une étude des plus intéressantes sur les progrès de la navigation maritime faite tout récemment, n’a eu garde d’oublier cette question de l’application de la turbine, et il est partisan de cet engin surtout dans les navires destinés à des traversées de longueur, où Ton maintient une vitesse uniforme ; et il fait remarquer combien il est avantageux, avec une machine de ce genre, de pouvoir diminuer de 25 pour 100 le poids que représenteraient des machines du type ordinaire.
- Et on en arrive à cette conclusion d’une autorité en la matière, Sir William While, qui estime que cette invention est destinée à révolutionner la navigation maritime. Daniel Bkllet.
- NOUVEAU RADIO-CONDUCTEUR
- Toute la télégraphie hertzienne repose sur l’emploi des tubes à limailles ou radio-conducteurs Branly. Les décharges éleciriques agissent à distance sur les tubes à limaille et les rendent conducteurs. Un courant local peut dès lors passer dans un circuit aboutissant à un télégraphe Morse. En sorte que le radio-conducteur unit ensemble en quelque sorte à travers l'espace le transmetteur des ondes au récepteur télégraphique. Dès 1891 M. Brarily faisait remarquer que deux liges cylindriques de cuivre rouge oxydées et superposées en croix constituaient, comme les tubes en limaille, un radio-conducteur. La résistance du système, par exemple, étant de 80 000 ohms, tombait à 7 ohms sous l’influence des étincelles éleciriques. La résistance est due aux parties oxydées des aiguilles. M. Lodge recommença ces expériences en 1892. Beaucoup plus récemment MM. Boulanger et Ferrié en firent une première application à la télégraphie sans fil.
- Poursuivant ses études dans cette voie, M. Branly est parvenu à un dispositif encore plus satisfaisant par sa régularité et sa sensibilité. 11 se sert de préférence d’un contact unique métal oxydé sur métal poli. Trois aiguilles à coudre, verticales et parallèles, sont réunies à leur partie supérieure par un disque et forment une sorte de trépied. Les pointes reposent librement sur un plan d’acier poli. Les aiguilles oxydées sont reliées par le disque supérieur à l’un des pèles d’un élément de pile et le plan d’acier poli inférieur à l’autre pôle. Ou a ainsi trois ' contacts sensibles (métal oxydé, acier poli) associés en quantité. L^ conductibilité de ce système s’établit sans antennes par une très faible étincelle à plus de 50 mètres. Les tubes à limaille très sensibles ne sont pas impressionnés régulièrement à celte distance.
- On peut opérer aussi bien avec des tiges de fer, d’acier laminé, d’aluminium, d’argent, de cuivre, nickel, zinc, etc.
- Le nouveau système de radio-conducteur à contact unique aurait donc sur son devancier des avantages importants : sûreté et régularité, sensibilité plus grande. Il faut attendre maintenant les essais su» grande distance avant de se prononcer définitivement sur la supériorité des radio-conducteurs à trépied sur les radio-conducteurs
- à limaille. J.-F. Gall.
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- LA NATURE.
- RÉGULATEURS DE TEMPÉRATURE
- ET D’HUMIDITÉ
- La question a appelé déjà souvent l’attention des ingénieurs et des hygiénistes.
- Le réglage automatique de la température d’un local chauffé par l’eau, la vapeur, le gaz ou l’air chaud, peut rendre de très grands services non seulement dans les cas du chauffage industriel, mais aussi dans celui du chauffage domestique comme par exemple le maintien à température constante d’un salon, d’une salle d’hôpital, etc. Ce résultat est obtenu par l’appareil suivant représenté schématiquement (tîg. 2) et construit par M. Dorian. 11 est constitué par une ampoule en métal A, fixée sur un ensemble ou moteur M. Le moteur comprend une membrane cylindrique formée d’un tube en caoutchouc B, logé dans un ressort C, et liés ensemble par leurs extrémités, d’une part, sur la partie inférieure d’une cuvette reliée à l’ampoule À, d'autre part, sur un raccord mobile qui glisse librement dans le tube T servant de tuteur à la membrane.
- Un ressort de traction R fixé, par une de ses extrémités, sur la cuvette, et, par
- l’autre, sur le raccord mobile, a pour but d’exercer une pression déterminée sur la membrane.
- L’ampoule contient de l’alcool éthylique, et la membrane est remplie de mercure ; les deux liquides sont séparés l’un de l’autre par un diaphragme D placé dans la cuvette. Une boîte à clapet de retenue P complète le système et sert à terminer la mise au point de l’appareil par le réglage de la pression variant de 3 à 8 kg par centimètre carré suivant l’usage auquel il est destiné.
- Le fonctionnement de ce régulateur est le suivant :
- Sous l’influence des variations de température agissant sur l’ampoule A, la membrane BC s’allonge ou se raccourcit, et, si son extrémité libre est reliée à une clé de robinet, elle pourra fermer ou ouvrir le passage au fluide destiné au chauffage.
- Fig. 1. — Pharmacie de la « Consultation des Nourrissons »
- Le ressort R semble inutile; il joue cependant un rôle spécial qui va être indiqué en cherchant à évaluer l’effort que peut exercer l’appareil.
- Prenons un régulateur et supprimons le ressort R. Pendant la dilatation du liquide de l’ampoule A, la membrane s’allongera, puis, si elle rencontre une résistance (produite, par exemple, par la fermeture d’un robinet), elle s’arrêtera; or l’ampoule continuant à absorber des calories, la pression intérieure montera jusqu’à ce que sa valeur soit suffisante pour vaincre l’obstacle. Si le liquide se contracte, la membrane se raccourcira sous l’action de la pression atmosphérique seule.
- Ainsi si l’obstacle à vaincre exige un effort de
- 5 kg et si la section de la membrane est de 1 centimètre carré, la pression intérieure montera jusqu’à 6k«,033 (5 kg -h la pression atmosphérique) pour vaincre la résistance ; pendant la contraction 1 ’ effort ne sera plus que de lks,033 et sera par suite insuffisant.
- . Le but du ressort R est donc d’augmenter la puissance de l’appareil au moment de la contraction. Pendant la dilatation l’eflort produit peut être plus grand que la résistance à vaincre,le ressort peut alors emmagasiner l’excédent pour le restituer dans le mouvement inverse. Pendant la dilatation l’effort utile produit est égal à la pression intérieure moins l’effort contraire dû au ressort R et moins l’effort de la pression atmosphérique.
- Pendant la contraction l’effort utile est égal à la pression atmosphérique augmentée de l’action exercée par le ressort. Cet exposé montre que la puissance d’un appareil dépend de la section de la membrane et de la pression statique intérieure; que la course de la membrane dépend du volume du liquide et de son coefficient de dilatation. En faisant varier tous ces facteurs, on peut obtenir les résultats désirés.
- Dans les appareils de construction courante, l’ampoule À a la forme d’un serpentin rond ou méplat,
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- (fig. 2, nos 2 et 3), la surface influencée par la chaleur étant ainsi augmentée. La sensibilité de ces appareils est égale à celle d’un thermomètre de laboratoire.
- Les appareils représentés type C, et type E, sont disposés pour le chauffage par le gaz d’éclairage.
- De nombreuses applications ont été faites au chauffage domestique, le régulateur agissant sur l’arrivée de gaz, d’air chaud, de vapeur ou d’eau, suivant le système de chauffage employé. Parmi ces installations, on peut citer les suivantes :
- Installation faite de la « Consultation des Nourrissons du Gros-Caillou », rue Saint-Dominique.
- Toutes les salles de la clinique sont chauffées par des poêles à gaz. Deux des salles ont été installées avec régulateur de température; l’une est le cabinet de travail, l’autre la pharmacie. Dans la première, l’installation comprend un calorifère circulaire rayonnant (fig. 2, n°
- 2) de la Compagnie Parisienne et un régulateur Dorian type C ; le cube d’air à chauffer est de 90 mètres environ. Dans la seconde salle (fig. 1) se trouve un calorifère (fig. 2, n° 1), de la même Compagnie, et un régulateur Dorian type E ; le cube à chauffer est de fiO mètres.
- Les régulateurs permettent de fixer le réglage en un point quelconque compris entre 15 et 35° C.,
- la température demandée étant de 17°, les appareils ont été mis à ce point ; la température obtenue oscille entre 17 et 17 1/2 et la dépense de gaz a diminué de 50 pour 100 environ. D’autres installations ont été faites. L’une d’elles par exemple, dans un salon, comprend un foyer demi-circulaire (fig. 2, n° 2) de la Compagnie du Gaz avec un régulateur type E. Les résultats sont aussi satisfaisants que les précédents.
- Le chauffage par le gaz offre de très grands avantages; il supprime les frais d’allumage, le magasinage et la manutention du charbon et, par suite, les
- Fig. 2. — 1. Schéma. — 2. Régulateur type C. — 5. Régulateur type E.
- poussières. L’allumage et l’extinction du foyer peuvent se faire en un instant; la flamme étant visible donne dans la pièce chauffée autant de gaieté qu’un feu de bois dans une cheminée.
- L’odeur que l’on reproche souvent au chauffage par le gaz provient toujours d’une installation insuffisante, sans conduite pour le dégagement hors du local des gaz produits par la combustion.
- L’exemple du chauffage d’une clinique est donné à dessein pour montrer qu’une installation bien faite n’a aucune mauvaise action sur la santé, même sur celle cependant si délicate des enfants. En outre la consommation du gaz est considérablement diminuée par l’emploi de régulateurs de température.
- Mêmes bons résul tats pour le chauffage industriel.
- La citation d’une seule application suffira pour montrer la souplesse d’emploi de ces appareils :
- Dans certaines industries, comme par exemple les industries textiles, il est nécessaire de pouvoir régler le degré d’humidité de l’air pour obtenir une bonne fabrication. Ce réglage se faisait à la main ; la Société Industrielle de Mulhouse, frappée des inconvénients de cette manière de procéder, mit au concours un appareil permettant le réglage automatique. Le régulateur qui a été décrit précédemment n’étant en réalité qu’un thermomètre à tige dilatable, le constructeur eut l'idée de s’en servir comme d’un psychromètre en prenant deux régulateurs, l’un à ampoule sèche agit sur le chauffage, l’autre ayant une ampoule entourée d’une toile, maintenue constamment humide, agit sur la conduite d’humidification.
- Un psychromètre-régulateur de ce type a été installé à Thann chez MM. Scheurer, Lauth et C4*, au mois de juillet 1899, dans une salle d’étendage de
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- 1000 mètres cubes. Les résultats ont été parfaits; la température sèche et la température humide ne varient pas de plus d’un demi-degré, et cette variation se faisant dans le même sens pour les deux régulateurs, il en résulte que le pourcentage d’humidité reste constant à I pour 100 près. D'autres appareils sont aussi disposés pour donner un pourcentage d’humidité constant quelle que soit la température du local. . G. Marty.
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- LÀ LUMIÈRE ZODIACALE
- ET LES AERORF.S RORÉALES
- A la question solaire si intéressante et en même temps si complexe semblent indissolublement liés deux phénomènes souvent observés en France.
- Il arrive souvent qu’en hiver ou au printemps, pendant les belles soirées sans clair de lune, on aperçoive une lueur dessinant une sorte de cène lumineux dans le sens du zodiaque, en une région du ciel où le soleil brillait quelques heures auparavant. C’est ce qu’on appelle la « lumière zodiacale ». On l’aperçoit jusqu’à une distance de 90° du soleil et même jusqu’à 180° allant de l’ouest jusqu’à l’est, en passant par le zénith et en faisant le tour complet du ciel. Cette lueur est difficile à voir à Paris; cependant mon collègue, M. Touchet, est arrivé à la suivre dans une belle série d’observations. Il a pu constater que la variation d’étendue de cette lueur est très grande, mais est aussi très difficile à établir à cause de la transparence plus ou moins grande du ciel. Il a montré de plus qu’elle a une couleur rougeâtre très nette par comparaison avec celle de Paris. Un observateur habile peut la suivre pendant une très grande partie de l’année. C’est ce qu’a fait M. Marius Honnorat à Aix en Provence. I)u lfi décembre 1900 au 20 mai 1901, période évidemment très longue, cet observateur a suivi le même phénomène. Il a confirmé en partie, par sa belle série d’observations, les résultats précédemment acquis ; mais, toutefois, d’après cet astronome, la couleur de la lumière serait plus souvent grise et se rapprocherait beaucoup de celle de la voie lactée. J’ai repris cette élude en 1900 et 1901 dans une atmosphère plus pure et plus calme. Sur les collines dominant la baie de Seine, à Gonfreville l’Orcher, j’ai été souvent témoin de cet intéressant phénomène. En avril passé, notamment, la lumière zodiacale était fort belle, s’étendant jusque dans les Gémeaux vers Castor et Pollux ayant par moment des parties communes avec la voie lactée, présentant la même intensité que cette dernière mais en différant très sensiblement par la couleur.
- L’explication de ce phénomène est assez difficile à donner. On peut supposer que cette lueur entoure la terre, ou bien qu’elle entoure le soleil. Le premier cas n’est guère probable, puisque la lueur se montre dans le plan de l’écliptique et non pas dans celui de l’équateur terrestre. La seconde hypothèse paraît plus vraisemblable, mais quoique l’étude du phénomène ait été commencée par Cassini, au dix-septième siècle, on ne peut en donner encore une théorie certaine.
- On sait que le soleil présente une couche de nuages incandescents appelée la Photosphère. Au-dessus de cette couche on rencontre une région d’une épaisseur relativement grande la Chromosphère, enfin une troisième enveloppe qu’on désigne sous le nom de Couronne. Cette dernière est composée sans doute de matériaux assez raréfiés; elle existe encore à des distances considérables
- de l’astre et c’est elle qui semble donner naissance à cette condensation de matière nébulaire autour du soleil suivant un ellipsoïde aplati dont le grand axe s’étend fort loin de l’astre, condensation qui constituerait la lumière zodiacale. Telle est l’explication aujourd’hui admise de la lueur qu’on aperçoit dans le voisinage du soleil.
- Le second phénomène dont je veux parler est celui de» aurores boréales. Ce phénomène, sans être aussi fréquent dans nos régions que dans les contrées polaires, n’est cependant pas très rare ; et il coïncide toujours avec le passage d’une grande tache au méridien solaire. C’est ainsi qu’en septembre 1898, alors qu’il y avait sur le soleil une grosse tache visible à l’œil nu, une aurore boréale se montra le 8 septembre et fut observée en France, dans toute l’Europe septentrionale et même au Canada. On observa d’abord une tache, nébuleuse, irrégulière, sorte de noyau central. Puis au-dessus un très bel arc elliptique nébuleux : en dehors, partant de chaque extrémité de la semi-ellipse, deux ou trois flammèches courtes, nébuleuses, pâles et des arcs incomplets très pâles situés très près d’un grand arc lumineux.
- Au bout d’un certain temps, le phénomène prit un tout autre aspect. Le novau nébuleux était plus élevé sur l’horizon. Puis l’aurore présenta un troisième aspect avant de disparaître complètement. Les travaux récents mettent hors de doute la périodicité des taches solaires et des aurores boréales. Le soleil a donc une influence indéniable sur les phénomènes météorologiques et sur les phénomènes électriques. Quelle en est la cause? D’après les vues de M. l’abbé Moreux, il semble admis que le soleil est le siège de phénomènes électriques d’une intensité extraordinaire aux époques d’activité solaire ; lorsqu’il y a ces multiples combinaisons, ces chocs de molécules et ces frottements qui donnent naissance aux taches, il se produit un surcroît de charge électrique. Les ondes électriques solaires enveloppent toutes les planètes du système. La Terre, à 37 millions de lieues, est rencontrée et aimantée. Deux pôles magnétiques s’y développent. La terre joue le rôle de courant induit alors que le soleil est une bobine inductrice. Or, on sait que « toutes les fois qu’on augmente l’action du courant inducteur sur le courant induit, il en résulte un courant induit inverse ». Toute modification brusque dans le courant inducteur a donc son retentissement dans le courant induit. Tout orage électrique sur le soleil aura son contre-coup sur la Terre et toute variation du potentiel électrique solaire doit fatalement influer sur le magnétisme terrestre. Les deux magnétismes sont liés comme un solénoïde à son noyau de fer doux. D’autre part tout est instable sur le soleil ; on peut s’en rendre compte en observant une tache. La tache ne suit pas une direction parallèle à l’équateur, elle décrit une série de sinusoïdes analogues à celles que décrit l’obus autour de sa trajectoire théorique.
- Les pôles magnétiques doivent se déplacer sur le soleil avec une extrême facilité et oscillent autour d’une position moyenne. Ce sont ces oscillations qui se font sentir sur notre globe. C’est là du moins une explication pour la première fois tentée d’un phénomène reconnu depuis un demi-siècle déjà. La première constatation d’une période dans les oscillations a été faite par de Lamont en 1831. Sir Edward Sabine avait attiré presque en même temps l’attention sur le même sujet, mais ces faits signalés depuis si longtemps, reconnus exacts à la suite de longues séries d’observations, n’ont été mis en discussion que depuis quelques années. Pour-
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- tant de tous les problèmes de l’astronomie contemporaine celui-là est bien important qui a trait aux relations de la météorologie terrestre avec la physique solaire. Notre vie est indissolublement liée à celle du grand astre qui nous éclaire ; nous n’échappons pas à l’influence des transformations dont son globe est le siège et le problème solaire se pose soit lorsqu’on est muet d’admiration devant les arches immenses de l’aurore boréale, soit lorsqu’on observe le pale flocon de la lumière zodiacale, s’étendant comme un voile diaphane sur l’azur des cieux d’été. Lucien Libert.
- LA CYTOGENÈSE EXPÉRIMENTALE
- Toute cellule provient d’une cellule, omnis cellula a ceUula et in cellula, telle est la base fondamentale de la théorie de Virchow sur la genèse cellulaire, théorie admise par le plus grand nombre d’histologistes. Toute cellule naît d’une cellule préexistante, par une segmentation ; tantôt le contenu seul se segmente : c’est l’endo-
- Fig. 1. — ('.cllnles produites par la diffusion d’une solution de ferrocyanure.
- lions de liquides donnant un précipité au contact, tels que du sulfate de cuivre et du ferrocyanure de potassium, la figure est encore plus nette.
- Ce ne sont pas là de simples figures, des apparences de cellules : ce sont de vraies cellules qui ont une véritable existence évolutive. Pendant sa formation et tant qu’il se produit des courants de diffusion dans la masse gélatineuse, chaque cellule est le siège d’un mouvement moléculaire très actif, consistant, comme dans les cellules vivantes, en un double courant, la substance dissoute allant du centre à la périphérie, l’eau du dehors vers le centre. La plaque de verre vient-elle à sécher, les phénomènes se suspendent, pour reprendre, comme avec les graines ou les rotifères, dès qu’on rendun peu d’humidité.
- Cette formation de la cellule avec son noyau, son enveloppe, s’accompagne de phénomènes de désagrégation moléculaire très remarquables; ils fixent certaines parties, éliminent les autres comme une cellule vivante.
- Ces cellules artificielles sont influencées dans leur développement et leur organisation par l’humidité et la sécheresse. Mais le degré d’alcalinité ou d’acidité des agents,
- genèse. Tantôt, au contraire-, contenu et enveloppe se divisent : c’est la fissiparité.
- Schwann avait jadis édifié une théorie de formation libre des cellules; elles prenaient naissance d’une façon en quelque sorte spontanée dans un liquide qu’il appelait le cytoblastème sans provenir d’aucune cellule préexistante. La théorie du blastème, reprise par Robin avec quelques variantes d’interprétation, semblait bien avoir sombré devant celle de Virchow.
- Faut-il croire que cette théorie de Virchow n’a rien d’absolu ; des expériences fort curieuses du professeur Leduc de Nantes, communiquées au Congrès d’Ajaccio, paraissent le démontrer. 11 étale une couche mince de gélatine sur une plaque de verre; puis il fait diffuser des gouttes d’une solution de ferrocyanure de potassium. Aussitôt on voit se former des cellules polyédriques, régulières, nettement séparées les unes des autres par des cloisons contenant chacune un cytoplasma séparé de la membrane d’enveloppe, et renfermant un noyau formé par la goutte centre de diffusion. Ces cellules, unies les unes aux autres, forment, comme le montrent les dessins, un véritable tissu organisé à structure cellulaire.
- Si l’on emploie comme agents de diffusion deux solu-
- ajoutés à la couche gélatineuse, modifie profondément l’aspect de la cellule et de l’ensemble. On peut voir des cellules sans membrane d’enveloppe ou, au contraire, à parois épaisses; un noyau énorme ou à peine apparent. Le degré de concentration moléculaire ou tension osmotique des solutions modifie l’aspect de la cellule, le nombre des faces.
- C’est, en un mot, la représentation de la genèse cellulaire dans le cytoblastème comme l’avait indiqué Schwann. C’est une méthode expérimentale qui permet d’établir les caractères des cellules vivantes d’après ceux qu’on obtient de telle ou telle façon avec les cellules artificielles. M. Leduc ne se pique pas d’animer les statues, de ravir au ciel le feu créateur, il fait mieux, il crée de toutes pièces dans son laboratoire la cellule, l’élément primordial de l’être organisé ; il créera quelque jour cet être lui-même. En attendant il ouvre un champ d’expérimentation tout nouveau et des plus féconds au biologiste; il montre que la théorie de la genèse cellulaire par la cellule n’est pas toujours fondée et que la matière peut s’organiser sous la seule influence de forces physicochimiques. Dr A. Cartaz.
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- LA NAITRE.
- FABRICATION MÉCANIQUE DES BOUTEILLES
- SYSTÈME CLAUDE BOUCHER
- La verrerie est une des industries les plus funestes à la santé humaine.
- La température extrêmement élevée des fours (1200° environ) occasionne, en dépit des précautions qui peuvent être prises, un dégagement de chaleur considérable par rayonnement et par conductibilité. D’autre part, le verre en fusion, cueilli dans les creusets, est à une température de 7 à 800°, et là, il est impossible d’empêcher la conductibilité et le rayonnement de s’exercer. Dans ces conditions, la température de l’atmosphère des ateliers au voisinage des fours oscille entre 40 et 50°, et, quelle que soit la légèreté de leurs vêtements, les ouvriers sont constamment en transpiration abondante.
- On conçoit les inconvénients et les maladies que cette température anormale du corps peut entraîner. De plus, la réverbération du verre en fusion est extrêmement fatigante pour la vue et détermine à la longue une maladie spéciale chez les ouvriers. En outre, ce séjour continuel dans une atmosphère surchauffée, entraîne fatalement les verriers à des excès de boisson qui viennent encore ajouter leurs effets désastreux à ceux si nuisibles déjà des conditions du travail.
- D’autre part, le soufflage du verre présente, lui aussi, de graves inconvénients, et notamment pour les ouvriers chargés de la fabrication des bouteilles. Le tournage est très fatigant. L’ouvrier doit imprimer à la masse de verre cueillie, souvent assez lourde, un mouvement rotatoire rapide et cela pendant des heures, car un ouvrier avec ses deux aides fait au moins 600 bouteilles par journée de 10 à 11 heures de travail. Chaque bouteille pesant environ 6 à 700 grammes, on voit combien est impor-
- tante la quantité de travail fourni, et, si l’on réfléchit qu’il doit s’exercer dans une atmosphère de 40 à 50°, on comprend la fatigue qui doit en résulter pour ceux auxquels il incombe.
- Le soufflage par la canne dans le verre en fusion entraîne rapidement la brûlure des tissus de la gorge et des joues, et amène bientôt une déchirure de ces tissus. Ce travail, pénible entre tous, occasionne fréquemment la phtisie pulmonaire ou tout au moins atteint souvent les voies respiratoires. Enfin,
- et ce n’est pas là le moindre danger, la transmission des maladies contagieuses par la canne à verrier est malheureusement très fréquente, le mauvais état des tissus de la bouche facilitant beaucoup cette transmission et la rendant plus dangereuse encore.
- Dans ces conditions, on s’explique que les ouvriers verriers ne vivent pas vieux et soient obligés d’abandonner leur métier de bonne heure, vers quarante ans au plus tard. La fluxion de poitrine, la phtisie, l’affaiblissement musculaire, l’anémie, la cécité, la syphilis, telles sont, en effet, les terribles maladies qui les guettent et auxquelles ils ne peuvent échapper que par exception. Aussi, depuis longtemps, dans un but humanitaire et en même temps économique, car les verriers sont assez bien payés, a-t-on cherché à fabriquer mécaniquement le verre et principalement à supprimer le soufflage si dangereux pour les ouvriers.
- De nombreux systèmes avaient été proposés, mais jusqu’à ces derniers temps les résultats pratiques n’avaient pas répondu à l’attente de leurs inventeurs.
- Récemment un maître verrier de Cognac, M. Boucher, a imaginé un procédé de fabrication qui paraît devoir donner une entière satisfaction aux industriels et aux ouvriers, car, en même temps qu’il supprime pour ceux-ci les dangers de l’opération du soufflage et en partie ceux dus à la réverbération du verre en fusion, il permet une production plus éco-
- Fig. 1. — Machine Boucher à fabriquer les bouteilles, prête à recevoir le verre en fusion.
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- LA NATURE.
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- nomique et plus rapide. La Société d’encouragement h l’industrie nationale a d’ailleurs reconnu la valeur de ce procédé en décernant une médaille d’or à son inventeur.
- Ce qui a permis à M. Loucher d’atteindre un résultat aussi satisfaisant, c’est qu’il s’est efforcé de combiner ses mécanismes de façon à se rapprocher le -plus possible de la succession des opérations manuelles qu’entraîne la fabrication des bouteilles. De plus, le soufllage humain est remplacé par de l’air comprimé qui, suivant les périodes de la fabrication, agit sous deux pressions différentes.
- La machine est constituée par un bâti rectangulaire en fonte aux deux extrémités duquel sont fixées deux consoles portant les différentes pièces servant à la confection de la bouteille.
- Parmi celles-ci, un certain nombre peuvent être changées facilement selon les modèles à fabriquer ; ce sont les moules dont l’un sert à former la bague, un autre, « moule mesureur », reçoit en quantité voulue le verre en fusion, puis viennent des « moules intermé -diaires » dans lesquels se souffle successivement l’ébauche, et enfin le « moule finisseur » dont la forme intérieure est exactement celle de la bouteille ou autre objet à fabriquer. La figure 1 montre la machine au moment où l’on va commencer la série des opérations. Le moule mesureur A est formé de deux parties que l’on peut rapprocher ou séparer à volonté au moyen d’un jeu d’engrenages coniques a. A la partie inférieure se trouve le moule de bague B dans l’intérieur duquel peut glisser à volonté un mandrin ayant la dimension intérieure du col de la bouteille, de façon à perforer légèrement l’entrée du goulot.
- Le verre en fusion, cueilli dans le four à l’aide d’une corneline, est versé dans le moule mesureur porté préalablement à une température de 600 à 700°.
- L’ouvrier mouleur assis devant sa machine applique alors le compresseur C à la partie supérieure du moule et agissant sur une pédale fait arriver de l’air comprimé à environ 750 grammes par centimètre carré, au-dessus du verre encore extrêmement chaud et presque liquide. Celui-ci descend jusqu’au moule inférieur dans lequel le mandrin est introduit doucement au moyen d’un excentrique agissant sur un levier D. La bague se moule parfaitement. Aussitôt, à l’aide d’un volant E, l’ouvrier
- renverse les deux moules et ouvre le moule mesureur. La masse de verre se trouvant suspendue par la bague (fig. 2) s’allonge librement. J1 se produit ainsi dans la masse fluide une sorte de rebrûlage spontané qui donne de l’éclat au verre. Lorsque l’ébauche en forme de poche est suffisamment allongée, l’ouvrier l’introduit successivement dans les moules intermédiaires J, et faisant arriver par le goulot de l’air comprimé sous une pression de 250 à 300 grammes par centimètre carré et qui est amené par le tuyau F et des tubes ménagés dans les bras G, H, I (fig. 2), il augmente graduellement le volume de la masse de verre. Celle-ci étant placée alors dans le moule finisseur K, une nouvelle compression lui en fait prendre la forme exacte, en appliquant le verre contre les parois. La bouteille est alors terminée. On la laisse pendant une ou deux secondes dans le moule, puis ce dernier ayant été ouvert, un apprenti l’enlève et la porte à l’arche de recuisson.
- Cette machine, dont le fonctionnement est très simple, permet de faire toutes sortes de bouteilles, flacons, bocaux, et toutes autres pièces, surtout celles ayant un col de faible dimension.
- Avec deux machines, deux ouvriers mouleurs et un seul grand gamin pour la cueillette du verre, on peut fabriquer par journée de 24 heures 3600 bouteilles, soit 1800 bouteilles par machine, et le prix
- Fig. 2. — Machine Bouclier à fabriquer les bouteilles. Moulage de la bague.
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- de façon, qui autrefois était de 3f,',60 par cent bouteilles, est réduit à 1fl ,20, d’où une économie de 60 à 70 pour 100. Les produits obtenus sont d'ailleurs de très bonne qualité, car le verre est plus régulièrement distribué, les moules intermédiaires permettant d’en régler l’épaisseur. En ce qui concerne la résistance, il résulte d’essais faits dans une des plus importantes verreries à bouteilles d’Espagne que les bouteilles fabriquées avec les machines Boucher ont donné une résistance de 23ks,600 par centimètre carré, alors que des bouteilles de même poids et môme forme, fabriquées au même moment avec le même verre par des ouvriers choisis, n’offraient qu’une résistance de 20^,300'.
- Quant aux conditions du travail, elles se trouvent profondément transformées. La machine peut être placée en un point quelconque de l’atelier de façon h éviter à l’ouvrier les mauvais effets de la réverbération d’un four en fusion. Le grand gamin n’a plus besoin d’une lourde canne pour puiser le verre, mais simplement d’une corneline ou tige de fer très légère. Enfin le soufliage à la bouche, dont nous avons signalé précédemment les graves dangers, est complètement supprimé; le mouleur n’a qu’à couper le verre que le couleur a versé dans le moule mesureur et à agir sur des pédales ou des manivelles pour la manœuvre des différents moules et le réglage de l’air comprimé.
- 11 est donc à souhaiter que ce nouveau procédé rencontre auprès des verriers le succès auquel il a droit. 11 est économique et il présente le grand avantage de sauver dans les verreries de nombreuses existences. Georges Gave.
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- DISTRIBUTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- A PARIS
- La distribution de l’énergie électrique à Paris a subi, depuis quelques années surtout, un développement considérable, qui n’a fait que s’accroître d’année en année. Les six Compagnies qui desservent la surface totale de Paris divisée en secteurs, la Compagnie Edison, la Compagnie parisienne de l’air comprimé, la Société d’éclairage et de force, la Société du secteur de la place Clichy, la Compagnie des Champs-Elysées, la Compagnie du secteur de la rive gauche ont obtenu les résultats suivants pour la distribution de l’énergie électrique pendant les années 1898, 1899 et 1900.
- Nombre Energie consommée Prix total Prix moyen du Années, d’abonnés. en en francs, kilowatt-heure
- — — kilowatts-heure. — distribué en fr.
- 1898 15 956 15 553 217,9 13 818 682,75 1,0193
- 1899 19 815 17 903 668,5 16 773 522,42 0,936
- 1900 23 649 23 275 513,5 20 980 891,75 0,901
- Ces chiffres nous montrent bien que les applications de l’électricité se développent constamment et que l’on apprécie de plus en plus à leur juste valeur les avantages de l’énergie électrique utilisée pour l’éclairage et la force motrice (ascenseurs, machines-outils, etc.). Il aurait été
- 1 Léon Appert. Rapport présenté à la « Société d’eneonra-gement à l’Industrie nationale », séance du 9 mars 1901.
- intéressant d’avoir aussi les chiffres se rapportant à l’année 1901, afin de bien mettre en évidence l’influence de l’Exposition de 1900 sur l’accroissement exceptionnel de l’année 1900; les statistiques ne sont pas encore établies. Mais nous pouvons être certains que s’il y a eu en 1901 un accroissement plus faible, il sera toujours au moins égal à l’accroissement constaté dans les années antérieures à 1900.
- Les prix moyens de vente du kilowatt-heure, qui correspondent à des prix moyens de 1 franc pour l’éclairage et de 0fr,45 pour la force motrice sont encore trop élevés. Mais nous connaissons la raison qui les fait maintenir à ce taux. Les concessions de 18 années accordées par le Conseil municipal de Paris datent, pour les premières, de 1889, et vont expirer dans quelques années. 11 serait temps que cette question fût examinée et qu’une prolongation de concession fût accordée.
- Malgré la courte durée de leurs concessions, les compagnies d’électricité n’ont pas hésité à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer, au prix de grandes dépenses, la production nécessaire de l’énergie électrique et sa canalisation. Nous citerons en particulier les installations faites récemment par la Compagnie continentale Edison et par la Société du secteur de fa place Clichy.
- La Compagnie Edison a installé à Saint-Denis une grande usine génératrice à courants continus d’une puissance de 2000 kilowatts (que l’on portera à 4000 d’ici octobre 1902) qui effectue la transmission d’énergie à 5 fds (2 x 2200 volts) à Paris à une sous-station, située rue du Faubourg-Montmartre, à côté de l’usine Drouot, et à une sous-station placée à l’Opéra. Les canalisations sont en câbles nus posés sur isolateurs en porcelaine contre les parois d’une galerie en maçonnerie qui relie l’usine de Saint-Denis à l’usine Drouot de Paris.
- La sous-station du Faubourg Montmartre comprend actuellement 4 groupes moteurs-générateurs de 500 kilowatts à courants continus, modèle Thury et 2 groupes moteurs-générateurs de 250 kilowatts, modèle Postel-Vinay; on y ajoutera l’été prochain deux groupes de 500 kilowatfs chacun. Les moteurs sont montés en tension sur les barres d’arrivée à 3 fils et à 2 x 2200 volts.
- Dans les premiers groupes, les moteurs à 8 pôles de 2200 volts prennent une intensité de 275 ampères et tournent à la vitesse angulaire de 240 tours par minute ; ils commandent chacun par accouplements Raffard des machines à courants continus Thury à 8 pôles donnant 2 d’entre elles 250 volts et 1500 ampères et 2 autres 125 volts et 3000 ampères ; ces dynamos sont couplées en tension et en quantité sur le tableau de distribution. Les 2 groupes Postel-Vinay comprennent chacun un moteur de 250 kilowatts à 2200 volts sur 2 collecteurs à 125 ampères à 4 pôles. Ce moteur actionne par manchon Raffard, à la vitesse angulaire de 375 tours par minute, une génératrice Postel-Vinay à 8 pôles, à 2 collecteurs à 150 volts et 1600 ampères, 800 sur chaque collecteur.
- La sous-station de l’Opéra comprend 2 moteurs Postel-Vinay de 110 ampères à 2100 volts et à 375 tours par minute. Ces deux moteurs sont montés en tension sur les lignes de transmission de Saint-Denis et actionnent chacun directement 2 dynamos ampères à 110 volts. Cette sous-station possède un tableau de distribution pour tous les circuits desservant l’Opéra, et un autre tableau qui lui permet de faire divers couplages avec la station Drouot.
- Cette dernière station centrale, dans le nouveau système de distribution adopté, est devenue le centre où s’effectuent tous les réglages. Toutes les autres usines de la
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- Compagnie, usine Trudaine, du Palais-Royal, sous-station Saint-Coorges, sous-station Parisiana, sous-station de l’Opéra, et sous-station Drouot sont montées en quantité, et c’est au tableau de distribution général de la station Drouot que se font tous les couplages. II est ainsi possible de répartir la charge entre les diverses usines de production, de faire travailler à un moment une usine plus que les autres et de supprimer à divers moments des usines dont la marche devient inutile.
- La Société du secteur de la place Clichy reçoit dans une sous-station placée à l’usine de Paris, rue des Dames, l’énergie transmise par la Société Le Triphasé dont les usines sont à Asnières. L’énergie est envoyée sous forme de courants triphasés à 5500 volts à la fréquence de 25 périodes par seconde. A leur arrivée, les courants traversent des transformateurs qui abaissent leur tension à 500 volts. Des fds partant des transformateurs sont reliés à des commutatrices après avoir traversé un survolteur. Les commutatrices sont des machines électriques à 8 pôles, portant sur l’arbre moteur d’un côté 0 bagues isolées reliées à l’induit, et de l’autre côté un collecteur ordinaire branché sur l’induit. Le courant triphasé envoyé par les 6 bagues met le moteur en marche, et l’on recueille du courant continu sur le collecteur. L’excitation est séparée et empruntée au circuit de distribution ; le moteur est donc synchrone. Pour mettre en marche une commufa-trice, on la fait tourner, en l’excitant, comme moteur à courants continus; elle produit du courant triphasé. On s’assure du synchronisme à l’aide d’un indicateur de phases. Lorsque le synchronisme est obtenu, à l’aide du survolteur, on élève la tension aux bornes et on fait tourner la commutatrice comme moteur. Celle-ci fournit aussitôt sur le collecteur du courant continu et peut être couplée en quantité avec le réseau de distribution. Ces manœuvres de mise en marche du moteur et du couplage de la génératrice exigent de grandes précautions. Pendant le fonctionnement une surveillance très active est encore nécessaire pour éviter même de faibles baisses de tension aux bornes des circuits d’arrivée à courants triphasés et aux bornes de la machine à courants continus. A côté des commutatrices se trouvent également des moteurs générateurs, formés d’un moteur asynchrone à courants triphasés à 5500 volts commandant directement une dynamo à courants continus à 8 pôles de 400 kilowatts à 440 volts. Toutes ces machines sont installées et fonctionnent depuis quelque temps déjà.
- Les Compagnies de distribution d'énergie électrique à Paris, loin d’être en retard, sont prêtes à fournir toute l’énergie électrique nécessaire dès que les applications se développeront à la suite de l’abaissement des prix et des prolongations de concessions. J. Laffargue.
- UN ANIMAL CALENDRIER
- On sait que les récifs de coraux laissent, entre eux et la terre, une lagune où nagent de nombreux animaux et où vivent d’abondants êtres sédentaires. C’est là notamment que se trouvent les volumineux Bénitiers, que mangent les indigènes, et le Trépang, holothurie qui, fumée, est un mets si délicieux qu’on l’expédie au loin, en Chine tout particulièrement, où on aime les aliments sortant de l’ordinaire. On y rencontre encore un autre animal comestible, celui-là moins connu que les deux précédents, mais fort intéressant au point de vue biologique. C’est un ver que les riverains appellent Palolo et que les naturalistes ont rangé sous le nom de Lysidice viridis.
- 11 vit en temps ordinaire au fond de l’eau et l’on ne se serait jamais douté de son existence, s’il n’avait pris l’habitude de venir nager à la surface deux fois par an, en octobre et en novembre, exactement le jour du dernier quartier de la lune ainsi que le jour qui précède et le jour qui suit. Cette précision est telle que les indigènes l’ont noté pour régulariser leur calendrier dont ils ne prennent pas un soin excessif. Pour eux, octobre et novembre sont respectivement le petit et le grand mois du Palolo. A ce moment, les Palolos sont tellement abondants à la surface de la mer que celle-ci en est comme boueuse.
- Le Palolo se trouve surtout aux îles Samoa et dans le groupe voisin (Fidji, Tonga). C’est un ver de 50 centimètres de long, large de 3 à 5 millimètres, véritable fd par conséquent. Fait encore plus curieux, les éléments qui viennent flotter ne sont qu’une partie de l’animal : la tête reste au fond de l’eau, sans doute pour régénérer l’animal par bourgeonnement, tandis que c’est le reste du corps décapité qui vient flotter. Celte dernière partie abandonne dans l’eau les œufs dont elle est bourrée et c’est certainement là la raison de sa pérégrination. Les riverains ont dès longtemps remarqué cette émission d’œufs; Palolo veut dire : animal qui donne de l’huile (lolo) en crevant (pa). Une fois les vers débarrassés de leurs œufs, ils redescendent au fond de la mer au moment où le soleil commence à monter à l’horizon. 11 faut donc les récoller sans tarder : bien qu’ayant « perdu la tête », ils savent ce qu’ils font. Henri Coi:pin.
- ÉLÉMENTS DE DONNE CONSERVATION
- PAR LE FROID*
- III
- Nos lecteurs savent déjà comment, aujourd'hui, grâce aux systèmes mécaniques perfectionnés, on peut disposer du froid à volonté. Demandons-nous maintenant de quelle façon on doit manier ce froid pour obtenir tous les résultats voulus au point de vue de la conservation.
- Circulation du froid. — Jusqu’en ces derniers temps, le froid était amené de la salle des machines dans les entrepôts frigorifiques par des serpentins suspendus aux plafonds et où circulait le liquide incongelable qui baigne le réfrigérant, et dont la température est de. "plusieurs degrés inférieure à zéro. Au-dessous de ces serpentins, sur lesquels l’humidité de l’air se condensait sous forme de givre, étaient installées des gouttières inclinées, par lesquelles s’écoulait l’eau provenant de la fonte de ce givre. Mais cet air n’était ni sec ni pur. Aujourd'hui dans les entrepôts frigorifiques bien installés, il n’y a plus de serpentins aux plafonds; rien qu’une succession de bouches de refoulement et d’aspiration, par lesquelles l’air préalablement refroidi, séché et purifié, arrive sans courants sensibles, et s’évacue ensuite. Ce résultat est obtenu avec un grand appareil, sorte de jeu d’orgues de serpentins avec vannes et mécanismes, trop long-à décrire ici, mais qui donne des résultats excellents au point de vue de la sécheresse et de la pureté de l’air froid.
- 1 Voy. n° 1493, du 4 janvier 1902, p. 75.
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- Isolation des parois des chambres froides. — Le problème de la circulation du froid étant résolu, il ne restait plus qu’à trouver le moyen de pouvoir en tirer le meilleur profit en retenant l’air froid, avec le moins de déperdition possible, dans les pièces renfermant les produits à conserver. On est parvenu à résoudre ce nouveau problème, tout d’abord en isolant le mur, le plafond et le parquet de ces pièces par des substances mauvaises conductrices de la chaleur. Les principales qualités que doit posséder toute matière isolante est d’êfre mauvaise conductrice et très peu sujette à une décomposition quelconque, capable d’engendrer de mauvaises odeurs ou de compromettre la mauvaise conductibilité; enfin, elle ne doit pas être sujette à la combustion spontanée. De plus elle ne doit point changer de volume. Ainsi la « cendre », qui constitue un isolant excellent, a l’inconvénient de se tasser ; il en est de même des plumes. Une autre substance qu’on a beaucoup employée au début, la « sciure de bois », a l’inconvénient de pourrir et de devenir ainsi lionne conductrice. Pour corriger cet inconvénient on la mélange à la terre d’infusoire ou à la tourbe. Dans quelques dépôts on emploie le « liège » soit sous forme de poudre, soit sous forme de briques goudronnées. Les isolants les plus communément employés sont d’abord une substance minérale improprement appelée en Angleterre « Slagwool », « Silicate-Coton » ou laine des scories à cause de son aspect cotonneux et le « Cartvale Flakc Charcoal » ou charbon de bois en paillettes; en réalité le « silicate-coton » est tiré des scories des hauts fourneaux et se compose de silice, de chaux, d’alumine, de protoxyde de fer, de magnésie, d’acide phosphorique et de sulfate de calcium. Cette matière doit ses qualités isolantes à l’extrême finesse de ses éléments qui emprisonnent un grand volume d’air. Quant au Flalce Charcoal, c’est un produit de la carbonisation du buis fabriqué dans une immense usine à Paisley (Écosse). Toute la flotte frigorifique s’en sert presque sans exception pour isoler les cales froides. L’emploi de cette substance, en France, a donné de très bons résultats aux Compagnies des Chargeurs réunis, des Messageries maritimes et des Transatlantiques. On l’a également employé avec succès à l’installation frigorifique des caves de Roquefort, à la rue Turbigo, au Havre et, tout dernièrement, dans le dépôt froid qu’une grande maison de Paris vient de créer pour la conservation des fourrures. Une nouvelle matière isolante, inventée par un
- ingénieur russe et composée d’amiante, de chaux, de silice, d’acide sulfurique à 59° R., d’argile, de minium et de noir animal, paraît donner aussi de bons résultats. Enfin, la « pierre ponce » est appliquée avec succès dans les établissements de la Nouvelle-Zélande. Toutefois, il est bon de ménager entre ces substances isolantes et la boiserie une couche d’air. Souvent même on revêt les boiseries d’un « papier » spécial, au sel de cuivre ammoniacal.
- Quoi qu’il en soit, des expériences précises ont donné les résultats suivants, par ordre de mérite, sur le pouvoir isolant des substances mentionnées : silicate-coton, Ilake charcoal, poudre de liège, cendre de bois, pierre ponce, terre d’infusoire, charbon de bois, coke pulvérisé et sciure de bois. Le plâtre conduit cinq lois mieux le froid et la chaleur que le charcoal, le mur en briques près de dix, et le mur en moellons plus de seize.
- Isolation du sot. — Une autre cause de perte de chaleur dépend de l’humidité, car lorsque les eaux souterraines pénètrent dans les fondations, on constate immédiatement une déperdition considérable de chaleur. Il règne, en outre, dans, les locaux, un air malsain. Si les chambres frigorifiques sont situées en tout ou en partie au-dessous de la nappe d’eau souterraine, il convient d’asseoir le bâtiment tout entier sur une couche de béton de 20 centimètres d’épaisseur, recouverte d’un lit d’asphalte. Cette couche isolante doit être placée au moins à 15 centimètres au-dessous de la surface du sol voisin.
- Portes, guichets et fenêtres. — Dans les chambres isolées, comme nous venons de le voir, la pénétration de la chaleur par conductibilité et rayonnement est réduite à son minimum. Mais un échauf-fement notable est provoqué par l’ouverture des portes pendant le transport des marchandises. Il est vrai que les portes sont à doubles parois et à couche isolante et ferment hermétiquement grâce à une bande de feutre qui couvre la section de chaque porte et qui s’applique parfaitement à son cadre (fig. 1), mais les manœuvres négligent souvent de refermer les portes après chaque transport et laissent pénétrer la chaleur. Pour éviter cette déperdition importante de froid, il convient d’établir à ce sujet un règlement très sévère. On peut aussi éviter réchauffement produit par l’ouverture des portes en perçant des guichets. Dans les grands dépôts où le va-et-vient est fréquent, on a soin de réserver, du côté de l’ouverture des chambres froides, un corridor (fig. 1) dont les murs et les
- Fig. 1. — Entrée des chambres froides d’un grand dépôt frigorifique.
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- portos présentent les moines éléments d'isolation.
- %7 rométrie. — Quand on ne descend pas «à plusieurs degrés au-dessous de 0, il faut prendre certaines précautions alin d’éviter les moisissures qui peuvent se développer sur la surface de certaines denrées. Cet accident arrive surtout à la suite d’une élévation brusque de la température dans les chambres froides. Lorsque la température baisse à nouveau, l’excès de vapeur se condense sur le produit et favorise le développement des cryptogames tels que le pénicillium (jlaucnm, le sporotrichum, le mucor et autres moisissures. Ces organismes sont surtout néfastes quand ils apparaissent sur les coquilles des œufs. Dans les dépôts à œufs on emploie avec succès depuis quelque temps, le « psychro-mètre » pour contrôler les variations d’humidité.
- Température. — Dans la conservation des produits alimentaires par le froid, la constance de la température est un des facteurs principaux du succès. Les grandes variations de température doivent être évitées surtout dans le voisinage de O9, parce qu’au danger des changements opérés à la structure des tissus s’ajoute celui de se rapprocher du degré thermométrique oii peuvent se développer des cryptogames.
- Le degré thermométrique le plus adéquat à la conservation des produits varie avec la nature de ceux-ci. Dans le tableau que nous donnons page 206 nous groupons quelques exemples.
- On conçoit facilement «pie ces différences de température impliquent la séparation des produits dans des compartiments distincts. Même les substances
- ayant besoin du même degré thermométrique ne doivent pas être mises dans le même local. La plupart des produits alimentaires émettent, en effet, des odeurs spéciales ou bien ils absorbent avec une grande facilité celles qui se dégagent autour d’eux même au-dessous du 0°. Les œufs présentent au plus haut degré cette faculté d’absorption.
- Préjugés sur la difficulté de la conservation des produits frigorifies. — Les produits frigorifiés se conservent-ils aussi bien que les produits frais? En France, on ne sait pourquoi, un préjugé, très enraciné dans .l’opinion publique, veut que les viandes et autres denrées conservées par l’air sec et froid se décomposent avec une grande rapidité. Cela provient sans doute de ce que, dans notre pays, on ne connaît jusqu’ici que la conservation par la glace, laquelle a l’inconvénient de mouiller avec son eau de fusion les produits qui sont en contact avec elle et de hâter leur altération dès que ces pro-
- duits sont exposés à l’air. Il n’en est pas de même avec l’air froid sec. Nous pouvons citer à l’appui de cette assertion les expériences, sur les viandes congelées, de M. A. Gautier, membre de l’Académie des sciences. M. Gautier a opéré comparativement avec des blocs de 1 à 2 kg empruntés à la même partie de l’animal. Pour le bœuf placé en vases imparfaitement clos, la moyenne du nombre d’heures de conservation a été, en mars (la température ambiante variant de 12 à 18°), de 107 heures, pour le bœuf congelé de 128 heures, en comptant le temps de la décongélation. Les viandes congelées de bœuf et de mouton, suspendues à l’air libre, se sont conservées durant quatorze jours, sans présenter trace d’altération putride. « Le mouton congelé, conclut M. Gautier, laissé à l’air libre, se conserve aussi bien que le mouton ordinaire, pourvu que dans les premiers temps on ait le soin d’essuyer la viande avec un linge sec. »
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- LA NAT USE.
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- A nous-nu'mc il nous est arrivé de constater que des poulets congelés pendant trois mois venant du dépôt frigorifique du Havre et laissés à la gare Saint-Lazare, pendant les quatre derniers jours caniculaires du mois de mai de 1901, dans des fourgons exposés au soleil, sont restés en parfait état et on a pu les faire vendre aux Halles à raison de 7 francs pièce. S ils venaient d'ètre sacrifiés, ils n’auraient certainement pu résister à cette chaleur.
- Nature Température
- des produits. degrés cent.
- Viandes réfrigérées.. . . + 1.7
- Viandes congelées .... .... — 5.9
- Poissons réfrigérés. . . . + 4.4
- Poissons congelés .... 5.9 à — 4.1
- Beurre 5.0 à — 1.1
- Fromage 0. à 0.6
- Œufs 0. à + 1.
- Volailles réfrigérées. . . 0.6 à + 1.7
- Volailles congelées. . . .
- Gibier 5.9 à — 2.2
- Cidre + 1.7 à -f- 1.4
- Vin + 7.2 à + 1
- Pommes 0.6 à + 2.2
- Bananes 4.4 à -f 7.2
- Cantaloups + 4.4
- Dattes, figues, etc. . . . 12.8
- Raisins + 2.2 à + 5.5
- Houblon 2.2 à 4- 2.2
- Oranges + 2.2
- Pèches 0.
- Poires, Pastèques, Céleri, Carottes,
- Asperges, Tomates. . . + 1.5
- Choucroute 1.7 à -f 5.5
- Pommes de terre .... + 2.2 à -f 4.4
- Oignons 1.7 à + 4.4
- Noix 1.7
- Fourrures non apprêtées. 1.7
- Fourrures apprêtées. . . 5.9 à 0
- Tabac .... 1.7
- Qu’il y a loin de ces faits à l’opinion si répandue qui veut qu’un poisson, qu’une viande, qu’un produit quelconque ayant été frigorifié ou congelé se putréfie rapidement aussitôt après sa décongélation !
- J. de Loveudo.
- CHRONIQUE
- Liquéfaction «le l'Hélium.—U Engineering appelle l’attention sur les recherches qui ont été vivement poussées à partir de 1895, concernant la réalisation des liasses températures, grâce à la générosité d’un Américain, M. G. Hodgkins, lequel a fait, dans celte intention, un don de cent mille dollars à la Société Royale de Londres. C’est depuis cette époque qu’on a obtenu des résultats si remarquables concernant la préparation rapide de l’air et de l’hydrogène liquides, ainsi que la découverte de l’hélium, gaz jusqu’ici réfractaire à la liquéfaction. Toutefois des études sont continuées dans ce but, et l’on semble certain de les voir prochainement couronnées de succès. La température nécessaire, paraît-il, serait d’à peu près 5° au-dessus du zéro absolu.
- Le itlout Hac*Klnley', point culminant de l’Amérique du Nord. — Le bulletin n° 160 de VU. S. Geolog. Survey (1900) donne une liste des altitudes de l’Alaska par M. Henry Gannett, d’où il résulte que ni
- le mont Saint-Élie (18 024 pieds, 5494 mètres), ni même son voisin le mont Logan (19 000 pieds, 5791 mètres), n’est la plus haute cime de l’Amérique du Nord. Cet honneur revient au Mont Mac-Kinley haut de 20 464 pieds, 6237 mètres*. D’après le 20e rapport annuel (7e partie, 1900) de VU. S. Geolog. Survey (qui en donne une vue, planche II) et le National geogvaphical Magazine du 8 août 1901, celte montagne, découvet te en 1897-1898, est située au nord de Cook’s Sulet et au sud de Tanana-River, aux sources de la Chulctna river, et couverte d’énormes glaciers. Les Russes paraissent en avoir soupçonné l’existence puisqu’ils la nommaient Bolshaya ; les Indiens Sushitna l’appellent Tralegka.
- Four électrltjue «le laboratoire. —- M. Holborn, membre du Reichsanstalt de Berlin, vient de créer un nouveau four électrique de laboratoire qui permet d’atteindre une température de 1500° en utilisant la canalisation d’éclairage à 110 volts. Ces fours sont de deux sortes suivant qu’il s’agit de chauffer des creusets ou des tubes. Dans les deux cas, le système chauffant est constitué par un fil de platine ou de nickel enroulé autour d’un mince tube en porcelaine. Le creuset ou l’objet à chauffer est placé à l’intérieur de ce tube et tout l’espace séparant le tube et son bou lin de fil de l’enveloppe est rempli d’amiante ou de quartz en poudre. Le nickel ne permet guère de dépasser 1000°, le platine donne 1500° avec 14 ampères sous MO volts. Il est préférable d’intercaler au début de la chauffe une résistance réglable, de façon à n’utiliser que la moitié du courant maximum. Cette résistance servira ensuite à régler la température. Outre cette facilité de réglage, le four Holborn présente quelques autres avantages : les différentes parties en sont facilement remplaçâmes, la spirale de fil peut être changée si l’on veut une autre température, enfin la forme tubulaire du jour permet de chauffer à l’abri de l’air, ou en utilisant le gaz nécessaire aux réactions. H est bon de signaler cet appareil qui peut rendre service dans les localités où l’énergie électrique est fournie pendant le jour à prix réduit.
- Pluie «le poissons. ™ Au cours d’une violente averse, des centaines de petits poissons seraient tombées à Tillers Ferry (Caroline du Sud). M. Gardner, le correspondant qui communique cette observation au Monthly Weather Review, ajoute qu’on les trouva nageant dans des flaques d’eau entre des rangées de cotonniers. Des pluies de ce genre furent constatées assez souvent sur différents points du globe, mais on peut rarement remonter à leur origine. Par exemple, dans le cas présent, les mares n’existaient-elles pas auparavant? Ne proviennent-elles pas d’une inondation? Les perches et les truites n’ont-clles pas été simplement amenées par le débordement d’une rivière voisine? Mystère. Cependant l’intervention du vent semble l’hypothèse la plus probable pour expliquer ces pluies extraordinaires, car en certains endroits, on a vu des grenouilles sur les toits et, malgré leur force musculaire, ces agiles batraciens ne sauraient se permettre de tels sauts!
- L«*s animaux porteurs. — L’aptitude à porter des charges est très variable chez les animaux domestiqués. Le bœuf ne peut guère être chargé de plus de 75 kg; il peut ainsi fournir des étapes journalières de 25 km. Le chameau peut parcourir 100 km par jour avec une change de 200 kg et à la vitesse de 10 km à l’heure. Le mulet porte facilement sur bât 150 kg et en cacolet
- ’ Et non 6159 mètres, comme on l’a imprimé ailleurs.
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- 240. Le zèbre (ou bœuf porteur de l’Inde et de Madagascar) peut être chargé de 100 à 150 kg. Enfin, l’éléphant peut recevoir la charge de 5 chameaux, à la vitesse du pas.
- La houille dans l’ile Saklialin. — bien qu’on l’ignore généralement et que le fait ait été signalé par le célèbre navigateur La Pérouse, dans son voyage le long des côtes de Sibérie, l’ile de Sakhalin possède des gisements de charbon : c’est seulement en 1801 que ces gisements ont commencé d’être mis en exploitation par le travail des condamnés aux travaux forcés, et dans les conditions les plus primitives. Une compagnie d’exploitation s’est fondée en 1875, qui était tenue d’employer quotidiennement -400 de ces forçats. Depuis lors, les méthodes ont été grandement perfectionnées, la production a augmenté, et, sans valoir les charbons du pays de Galles, les houilles qu’on extrait dans l’ile sont supérieures à celles du Japon ; on y trouve plus de 85 pour 100 de carbone, 1,5 seulement de cendres, 0,17 de soufre, et leur unique défaut est de se briser trop facilement.
- Un radier dans une statue équestre en Virginie. — Certaines abeilles choisissent parfois des endroits bien extraordinaires pour y déposer leur miel. Voici que d’Amérique on nous apprend qu’il a été découvert, ces jours-ci, au moins 250 kilogrammes de miel à l’intérieur de la slatue équestre du général Robert Lee, le fameux commandant en chef des armées du Sud pendant la guerre de Sécession. La statue en question avait été élevée, il y a quelque temps, sur la place principale de Richmond, dans l’État de Virginie. C’est en y faisant une réparation que le fondeur, appelé à surveiller lui-même les travaux, s’aperçut que le corps du cheval, qui eût dù sonner le creux, rendait un bruit mat assez singulier, comme si l’intérieur eût contenu un corps malléable. 11 se rendit compte bientôt, à sa grande surprise, que, par la bouche et les naseaux du cheval, des milliers d’abeilles s’étaient introduites pour déposer dans le cou et le poitrail de la bête de hronze plusieurs centaines de kilogrammes de miel, dont on n’a pu retirer qu’une partie.
- Le nouvel acier Jupiter. — On fait grand bruit en ce moment autour d’un nouvel acier, qui se présente surtout sous la forme de pièces fondues, et qui offrirait des qualités tout exceptionnelles : la fabrication en est brevetée sous le nom de M. ÀndresG. Lundin, et est exploitée par la « United States Steel Co », à West Everett dans le Massachusets. La matière première qu’on emploie dans cette fabrication est d’origine très variable, déchets divers d’acier doux, vieilles plaques de chaudières, débris de forage des canons, vieux arbres de manivelles, etc. ; tout cela est fondu ensemble suivant un tour de main un peu spécial. On prend, par exemple, 45 kilogrammes de ces débris d’acier et on les fait fondre dans un creuset à une température de 2200° environ; à ce moment on y ajoute un peu plus d’un kilo de ferro-silicium ayant une teneur de 12 pour 100 de silicium, et, quand ce ferrosilicium est lui-même fondu, on additionne encore G0 à 100 grammes de fcrro-manganèse (contenant 80 pour 100 de manganèse), et du reste mélangé préalablement avec 1000 ou 1200 grammes d’aluminium. C’est cette composition mixte qui donne cet acier nouveau dont on dit tant de bien. Rien que moulé (il est vrai dans des moules établis avec des précautions toutes particulières que nous ne pouvons exposer), il a une résistance et une ductilité comparables à celles du meilleur acier forgé ; des ciseaux à froid, des hachettes fondues en cette matière, une fois aiguisés,
- remplissent leur rôle dans les meilleures conditions, et pourtant deux ciseaux à froid de ce genre se souderont parfaitement. Des essais officiels auraient accusé pour cet acier fondu une résistance à la traction de 470 kilogrammes par décimètre carré, avec un allongement de 25 pour 100; dans des épreuves a la flexion, une barre de 6,45 centimètres carrés a pu être pliée de 95°,5 sans montrer la moindre fracture. Notons toutefois que cet acier coûte un peu plus cher que l’acier coulé ordinaire.
- Les illettrés du monde eivilisé. — Un savant anglais vient d'établir une statistique intéressante, mais forcément approximative, des personnes restées sans éducation aucune. Il paraît que les trois pays slaves: Roumanie, Serbie et Russie, sont les moins civilisés à ce point de vue. Le nombre de ceux qui ne savent ni lire ni écrire constitue 80 pour 100 de la population. Parmi les races latines, c'est l’Espagne qui détient le peu enviable record avec 65 pour 100; ensuite vient l’Italie avec 48 pour 100, la France et la Relgique avec 14 pour 100. En Hongrie, il y a 45 pour 100 d’illettrés; en Autriche 59; en Irlande 21 ; en Hollande 10; et en Angleterre 8. La population Manche des États-Unis en compte 8 pour 100 et l’Écosse 7. Les pays purement germaniques montrent une réduction remarquable du nombre des illettrés; l’empire allemand n’offre que 1 pour 100 d’illettrés; en Bavière et surtout en Bade et Wxirtemberg, il n’y en a presque pas. En Scandinavie, horno ignorans est une espèce zoologique disparue.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 février 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Gkve.
- Carie (jéoloqique de l'Afrique tropicale. — M. de Lapparent remet à l’Académie, au nom de M. Bourdariat, ingénieur civil, une carte géologique à l’échelle de 1/250000 de la région du Soudan comprise entre le Sénégal et le Falémé, à la hauteur de la ville de Rayes. C’est le premier document de ce genre sur cette partie de la terre.
- La contamination des eaux du Rhône. — M. A. Gautier résume une Note de M. Causs, chargé de cours à la Faculté des sciences de Lyon, sur la contamination des eaux potables de Lyon. L’auteur a recherché dans ces eaux les acides gras. 11 a trouvé que la quantité des acides gras variait avec l’époque de l’année et l’étiage. Le minimum a lieu au printemps et le maximum en été. A ces deux époques de l’année, la teneur est respectivement de 1/100 de milligramme et l /l’O de milligramme par litre. Ces acides gras proviennent de la contamination du fleuve par les matières albuminoïdes en décomposition.
- L'indoxijle et l'urée. — M. A. Gautier présente ensuite une Note de M. Guezda d’Agram relative à la production simultanée d’indoxyle et d’urée. L’auteur/montre que l’indoxyle n’a pas son origine dans les fermentations intestinales, mais qu’il se forme dans les tissus en même temps que l’urée par suite de la destruction des matières albuminoïdes. C’est donc un mode d’excrétion de l’azote des aliments.
- L'intoxication respiratoire dans les fosses d’aisance. — Enfin M. A. Gautier expose les recherches entreprises par M. Hanriot sur la cause de l’empoisonnement auquel sont exposées les personnes qui pénètrent dans les fosses d’aisance. Suivant les idées admises, cet empoisonnement
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- LA N AT LUE.
- était dù à l’hydrogène sulfuré. Or les analyses effectuées par l’auteur montrent que l’atmosphère des fosses contient très peu d’hydrogène sulfuré, quelques centièmes de centimètre cube par litre, c’est-à-dire une quantité très inférieure à la dose mortelle pour l’homme. Mais ce que l’on rencontre c’est l’acide carbonique qui existe dans la proportion de 9 à 10 pour 100. Le danger d’une telle atmosphère se trouve d’ailleurs augmenté par la disparition de l’oxygène.
- Election. — M. Baillaud est élu correspondant de la section d’astronomie par 44 voix contre 8 données à M. Cruey. Ch. de Yilledeuil.
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- L’ARC ÉLECTRIQUE PARLANT ET CHANTANT
- RÉCEPTEUR ET TRANSMETTEUR TÉLÉPHONIQUES
- L’électricité, depuis plusieurs années déjà, nous a habitués à de nombreuses surprises. Mais, certes, voici encore un fait curieux de nature à nous étonner davantage, s’il est possible. L’arc électrique peut être utilisé comme récepteur et même comme transmet-teur téléphonique. 11 suffit de placer l’arc dans un circuit de téléphone, à la place du récepteur ordinaire, ou de le mettre à la place du transmetteur, on entendra à
- distance dans La lui,1i’e
- l’arc ou dans un récepteur téléphonique les paroles prononcées. L’expérience a été faite à de nombreuses reprises et réussit parfaitement.
- Depuis longtemps déjà, des électriciens avaient remarqué que les lampes à arc transmettaient des bruits qui semblaient provenir des machines génératrices et des usines. M. Javaux, directeur de la Société Gramme, a fait connaître à M. P. Janet que M. Gramme, dès 1874, avait observé que les lampes à arc répétaient le bruit que font les balais en frottant sur le collecteur. M. Leblanc, à la Compagnie continentale Edison, avait eu l’occasion de faire des observations semblables. Ce n’est qu’en 1898 que M. Simon fit en Allemagne des expériences suivies, et put établir que la transmission de courants téléphoniques dans l’arc donnait naissance à des ondes sonores. Des expériences eurent lieu également en Angleterre; M. C. Léonard les reprit, en 1901, au Laboratoire central d’électricité, à Paris, et M. P. Janet a fait une communication à la Société interna-
- tionale des Electriciens, au mois de juillet 1901, en effectuant diverses-expériences très satisfaisantes. Nous n’insisterons pas sur les dispositifs employés.
- MM. Heller, Coudray et Ci0 viennent de reprendre ces essais de téléphonie par la lampe à arc. Nous avons entendu chez eux une lampe qui parle et chante et nous pouvons donner à ce sujet quelques renseignements. Le principe de l’expérience est toujours le même ; il consiste à produire des variations dans l’intensité d’un courant et à fermer le circuit téléphonique par l’arc électrique. Un premier circuit est donc formé d’une pile, d’un microphone et du circuit primaire d’une bobine d’induction. Le circuit secondaire de cette bobine est relié directement aux charbons de l’arc ; celui-ci est alimenté par un circuit branché sur le réseau de distribution avec une résistance en circuit. En parlant devant le microphone, les vibrations de la membrane déterminent
- des variations d’intensité, et les courants induits secondaires viennent à leur tour agir sur l’arc électrique et produire les ondes sonores que l’on perçoit nettement.
- Comme on le voit, la disposition est simple, et ne comporte aucune capacité; il est nécessaire cependant de prendre quelques précautions spéciales. La qualité des charbons employés pour faire jaillir l’arc n’est pas indifférente, de même que l’écart entre eux deux. On réussit de préférence avec des charbons Siemens et un écart de 2 à 5 centimètres. Les sons aigus sont transmis avec une grande netteté, ainsi que les paroles. On en conviendra, il y aura à exécuter de nouvelles expériences bien curieuses et très intéressantes avec la lampe à arc électrique. 11 paraît même qu’il serait question de faire une application de cette propriété de la lampe à arc. On utiliserait à cet effet les lampes à arc qui servent à l’éclairage de nos grandes gares de chemins de fer. A la queue des trains, sur les quais de départ, seraient établis des microphones, et avant de donner le signal du départ, le chef du train pourrait crier une dernière fois : « En voiture les xroyageurs pour Cherbourg ! » Ce signal serait aussitôt répété dans l’intérieur de la gare par les lampes à arc. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie I. ah ire, rue de Fleurus. S.
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- N° 150‘2. — 8 MARS 1002.
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- TRAITEMENT DE L’INTOXICATION OXYCARBONÉE
- Mon illustre maître, Claude Bernard, a démontré par des expériences comparatives qu’il a faites au
- Collège de France, alors que je travaillais sous sa direction, qu’un animal empoisonné par la vapeur
- de charbon perd rapidement l’oxyde de carbone absorbé par le sang lorsqu’on lui fait respirer de l’air pur. Ces recherches ont été publiées dans le livre intitulé :
- Leçons sur les anesthésiques et sur l'asphyxie, par Claude Bernard (J.-B. Baillière, 1875).
- J’aurai bientôt l’occasion défaire connaître complètement ce travail de l’un des plus grands phy-siologistes des temps modernes, qui prouve que la combinaison de l’hémoglobine avec l’oxyde de carbone se dissocie facilement.
- Je regarde comme un devoir d’indiquer aux nombreux lecteurs de La Nature un résumé de mes travaux les plus récents sur un sujet qui est loin d être épuisé, 30* année. — t" aemeatre.
- et les résultats qui conduisent au traitement par l’oxygène de l’empoisonnement si fréquent, causé
- par l’oxyde de carbone. 11 m’a toujours paru indispensable, pour faire progresser cette étude toxicologique, d’extraire les gaz du sang et, dans les expériences que je vais décrire, j’ai dù pratiquer six fois cette extraction dans une même séance de laboratoire et je me suis servi de six ballons récipients que l’on voit(fig. 1, n° 2).
- Dans chacun des ballons fermés par un bouchon de caoutchouc, un robinet et un tube de caoutchouc à vide enveloppés d’un manchon plein d’eau (fermeture hydraulique), on a fait d’abord le vide avec une trompe de Golaz.
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- La figure 1, n° 1, représente le modèle de ma pompe à mercure à robinet enveloppé d'un manchon métallique plein d’eau, que j’emploie depuis plus de trente ans ; c’est un excellent instrument qui permet de compléter le vide dans chaque récipient.
- On voit dans la figure le moment où mon habile préparateur, le IJ1' Nicloux, injecte avec la seringue de Physiologie le sang pris dans un vaisseau.
- Empoisonnement d'un animal par un mélange d'air et d'oxyde de carbone h 1 pour 100. — Un compose dans un gazomètre à rainure du I)1' de Saint-Martin (fig. 2) un mélange de 90 litres d’air et d’un litre d’oxyde de carbone pur, mélange que l’on fait respirer par un lapin dans la figure ou par un chien pendant quinze minutes à l’aide de soupapes hydrauliques servant à l’inspiration et à l’expiration. On a découvert chez l’animal (chien) une artère carotide ou une artère fémorale. Quinze minutes
- Oxygen ej
- Oxygène
- Fig. 3. — Courbes île dissociation de l'hémoglobine oxycarbonée dans l’air et dans l'oxygène.
- après le début de l’empoisonnement qui serait mortel en vingt minutes pour l’animal carnassier, on fait une première prise de 15 centimètres cubes de sang qui permet de doser le volume d’oxyde de carbone lixé par 100 centimètres cubes de sang; puis on répète ces prises de sang de vingt en vingt minutes et on obtient pour le gaz toxique lixé par l’hémoglobine les nombres qui vont en diminuant quand le chien respire de l’air pur après l’empoisonnement partiel.
- La figure 2 montre le dispositif que j’ai employé pour faire respirer à l’animal de l’oxygène à la pression ordinaire après un empoisonnement de la durée de quinze minutes ; par un jeu de robinets on ferme le gazomètre et on ouvre un sac de caoutchouc plein d’oxygène, gaz que l’on renouvelle à l’aide d’un réservoir à oxygène comprimé.
- La figure 3 représente deux courbes : l’une a été obtenue en faisant respirer de l’oxygène après l’empoisonnement partiel, l’autre en faisant respirer de l’air pur après un empoisonnement tout semblable ; on voit que la dissociation de l’hémoglobine oxycarbonée est beaucoup plus rapide dans l’oxygène, la courbe descend brusquement et se rapproche beaucoup de la ligne des abscisses; tandis que si l’ani-
- mal respire de l’air pur, la courbe s’abaisse plus lentement et n’atteint la ligne des abscisses que beaucoup plus tard, au bout d’un temps que de nouvelles expériences me permettront de mesurer.
- La conclusion de ce travail s’impose absolument et m’oblige à donner les conseils suivants : Dans un cas d'empoisonnement produit par l'oxyde de carbone, il faut tout d’abord renouveler l’air aussi complètement que possible autour du malade et envoyer immédiatement chez un pharmacien pour chercher un ballonnet à oxygène que l’on fera respirer à l’homme, en ayant soin de renouveler pendant plus d’une heure la provision d’oxygène; je recommande aux pharmaciens d’avoir toujours de l’oxygène en grande quantité, afin que l’on puisse lutter victorieusement contre un empoisonnement qui a été si souvent mortel. Nestor Gréhant,
- Professeur au Muséum d'histoire naturelle.
- LA RÉSISTANCE DE L'AIR
- ET I.A 1.01 1)E rilCIIEMIX
- Depuis Newton, nombre de physiciens ont tenté de renfermer dans une formule la loi de la résistance de l’air pour des vitesses entre zéro et celles dont sont animés les projectiles modernes. Les résultats ont été différents.
- Newton enseignait que celte résistance était proportionnelle au carré de la vitesse, en s’appuyant sur des expériences opérées avec des vitesses médiocres. Plus tard, des observations balistiques très précises furent faites suides vitesses comprises entre 50 et G0 mètres d’une part, et, d’autre part, au delà de 400 jusqu’à 450 mètres. Mais, pourles vitesses comprises entre ces deux intervalles, aucun accord n’a pu s’établir, les uns prétendant que la résistance varie comme le carré, les autres comme le cube de la vitesse, d’autres encore suivant une loi plus complexe.
- D’après un résumé que nous trouvons dans les Mitthei-lungen de l’artillerie austro-hongroise, un expérimentateur nouveau, le Dr A.-F. Zahm, vient de publier à ce sujet des résultats numériques confirmant une loi qui, jusqu’à présent plus ou moins discutée, avait été formulée dès 1842 par le colonel Duchemin, dans un travail de longue haleine qu’on trouvera dans le Mémorial d'artillerie de celte époque. Celte loi, qui peut s’écrire R = «YÎ + fiY3, II étant la résistance, Y la vitesse, a et b des constantes, s’étend à toutes les vitesses comprises entre zéro et 420 mètres. Celles sur lesquelles a opéré le Dr Zahm ne dépassent guère 500 mètres par seconde, mais le procédé original, dont il a fait usage pour déterminer les vitesses et les accélérations, mérite d’appeler l’attention.
- Jusqu’ici on se contentait de mesurer les durées de trajet d’un projectile entre l’origine de son mouvement et deux ou trois points assez voisins de cette origine, pour que la portion de trajectoire envisagée pût être considérée comme horizontale. En chacun de ces points étaient plantés des panneaux portant un circuit électrique; ce circuit était rompu au passage du projectile, et un chronographe enregistrait l’instant de cette interruption. Le défaut de cette méthode est qu’à l’instant considéré, les fils ne sont pas toujours rompus d’une manière uniforme, que parfois ils se distendent plus ou moins avant de se briser, qu’ils restent en contact avec la surface extérieure du projectile pendant un temps qui n’est pas négligeable, etc.
- Dans la méthode Zahm, les panneaux sont remplacés
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- LA NATURE.
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- par des rayons de lainière dont l’épaisseur atteint tout au plus l / i de millimètre, et qui, n’oflïant aucune résistance, ne risquent pas de s infléchir au passage des projectiles. Ces derniers même, en les supposant animés d’une vitesse moderee, peuvent les traverser en moins de un millionième de seconde. Quant a ces projectiles, ce sont des halles sphériques en bois très léger, tantôt pleines, tantôt creuses; 1 effet de retard qu’elles subissent de la part de 1 air est alors 20 ou 40 fois plus grand qu’avec des halles d acier, et dès lors la durée qui mesure cette contre-accélération peut s’évaluer avec plus d’exactitude.
- Au suiplus 1 expérience avait lieu non à ciel ouvert, mais dans 1 air calme d une chambre close. La bouche à feu, du calibre de 10 centimètres, avait devant elle, et dans le prolongement de son axe horizontal, 8 écrans destinés à intercepter le souffle des gaz de la poudre. Après le dernier écran, la halle se propage à travers un air tianquille, coupe trois rayons de lumière et va se kmer dans une caisse bourrée de coton où sa vitesse s’éteint!5
- Les trois rayons sont horizontaux, distants de quantités égales (2m,15) et disposés normalement à la trajectoire. A leur sortie des miroirs, ils passent à travers trois fentes ménagées dans deux barreaux plats disposés hoiîzontalement a dioite et a gauche de la trajectoire précitée. Ils frappent à leur sortie trois prismes qui les réfléchissent à angle droit vers une chambre noire où, après avon traverse une lentille, ils arrivent impressionner une plaque photographique haute de 0“,60 et large de 0“,06.
- La chambre est une sorte de colonne creuse en fonte à section rectangulaire, haute de lm,50 et large à l’intérieur de 8 à 12 centimètres. Le long des deux parois opposées régnent deux rainures verticales qui guident dans sa chute la plaque photographique en question. Les choses sont disposées de façon que cette chute commence au moment où part le coup de feu : alors les rayons lumineux tracent sur la plaque trois lignes fines, affectées chacune dune inteiruption nette indiquant l’instant où le rayon a été intercepté par le projectile. On conçoit que, d’après la position exacte de ces trois points d’éclipse, on puisse calculer la vitesse de la balle et la résistance correspondante*. Après chaque coup, on peut déplacer latéralement la chambre de 5 millimètres environ, la lentille restant en place, ce qui permet de recueillir sur la plaque les tracés d’une douzaine de coups. Les mesures des distances sont faites avec une très grande exactitude au moyen d’une machine à diviser (jusqu’au 1/200 de millimètre, dit-on).
- Les poids des balles pleines ou creuses, en sapin poli, ont varie entre 359,6 grammes et 163,5 grammes; les vitesses V par seconde entre 73 et 280 mètres;' les résistances R entre 595 grammes et 20,5 kilogrammes. 1) apres la sérié des nombres obtenus, on a pu construire
- D
- une courbe dont les ordonnées sont rr-> et les abscisses
- Y*
- sont les vitesses V correspondantes. Or il est arrivé que la série des points de cette courbe coïncide presque absolument avec une droite, dont l’équation aurait la forme R
- ÿ5 a bV, d où R = a Y2 -(- b Y3. Ici a serait égal
- à 0,000 059 6 et b à 0,000 000 774.
- Ces résultats confirment, comme on voit, la loi de Duchemin. Reste à savoir si celte loi se maintiendra pour des vitesses inférieures ou supérieures à celles indiquées ci-dessus; on nous dit que les expériences vont être continuées dans cet ordre d’idées. Commandant Y.
- 1 Yoy. VUilosophical Magazine, année 1901, p. 530.
- LA MATERNITÉ CHEZ LES ACTINIES
- Le mode de développement des jeunes constitue l’un des phénomènes curieux du règne animal. Nous avons vu1 que l’organisme maternel peut favoriser ce développement par des dispositions organiques ou par des actes instinctifs remarquables. Je me propose aujourd’hui d’étudier la maternité dans un des groupes infimes de l’animalité, en m’aidant des travaux récents de M. O. Carlgren2.
- 11 suffit d’explorer un jour les enrochements mis à découvert par le retrait de la marée, pour rencontrer des Actinies ou Anémones de mer. Ces animaux consistent essentiellement en un sac contractile fixé sur le sol, divisé par un nombre variable de lames en des secteurs surmontés chacun d’un tentacule. L’orifice situé entre les tentacules sert à la fois à l’absorption des aliments et au rejet des matières non assimilées. C’est par lui également que sortent les embryons. L’animal est hermaphrodite et c est dans 1 épaisseur des lames que se forment les produits sexuels mâles ou femelles. Les œufs tombent dans la cavité générale du corps et y sont fécondés. Dans la majorité des cas, c'est dans cette cavité, c est-à-dire dans l eslomac, que l’embrvon se développe jusqu’au moment de son expulsion.
- Mais chez un certain nombre d’Actiniaires, des conditions de vie plus difficiles ont amené un perfectionnement dans ce mode de développement. II s’agit, en effet, d’espèces habitant les mers froides des deux hémisphères. Jout d’ahord chez Vrticina et Actinostola, les embryons ne quittent la cavité gastrique de l’organisme maternel que lorsqu’ils ont à peu près parfait leur développement et acquis un nombre de tentacules très voisin du chiffre normal. Chez Epiactis proliféra Yerrill., qui habite le Puget §ound, au sud de Vancouver, on trouve les jeunes fixés sur la peau de la mère, dans de très légères dépressions. Dans d’autres espèces ce procédé se perfectionne et on rencontre de véritables poches incubatrices où les jeunes peuvent accomplir leur développement à l’abri des dangers.
- Dans la plupart des cas ces chambres sont nombreuses et disposées en séries longitudinales ; elles ne renferment chacune que quelques embryons ou même un seul. Voici par exemple Epiactis marsu-pialis Carlgr., des côtes de Sibérie (fig. 4). On remarque à la base de son corps des séries de petits sacs situés entre les lames. Ils font saillie à la surface et se prolongent à l’intérieur, dans la cavité générale du corps. Chacun renferme un embryon ; cependant quelques-uns, représentés en noir sur la figure, sont vides parce que le jeune, ayant terminé son développement, a été expulsé. L’embryon est placé indifféremment soit avec la bouche, soit avec le pied tourné vers l’extérieur, il ne sort que lorsqu’il possède 12 tentacules. Des dispositions analogues se
- * Yoy. it° 1477, du 14 septembre 1901, p. 244.
- * Biologischcs CeiUralblalt, t. XXI, 1901, ir 15.
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- LA NATURE.
- rencontrent chez Pseudopheliia arctica Verr., du nord du détroit de Behring, chez deux Epigonactis de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve, enfin chez une Leiolealia du Spitzberg.
- 11 est intéressant d’observer le même mode de protection des embryons chez une Actinie des mers antarctiques :
- C o n d y lac tis yeorgiana Carl-gr., de la Géorgie du sud, porte sur toute la surface du corps des cavités incubatri-ces renfermant de 1 à 3 jeunes, dont les plus âgés portent 12 tentacules. Une autre Actinie des mers du Sud va nous offrir un système de poches disposées tout différemment. Il s’agit de Marsupifer Val-diviæ Carlgr., découvert récemment aux îles Kerguelen. Chez cet animal (fig. 2), il n’y a en tout que G poches situées autour dq la bouche et s’ouvrant par un orifice étroit.
- Ces cavités sont très grandes et renferment un nombre variable d’embryons pressés les uns contre les autres : ils peuvent dépasser la centaine.
- Les Actinies arctiques et antarctiques pourvues d'appareils à incubation ne sont aucunement apparentées entre elles : les premières appartiennent à la famille des Téalides, les secondes à celles des Actinides (Condy-lactis) et des Paracti-des [Marsupifer). C’est donc dans des groupes très distincts que des conditions identiques de milieu ont provoqué l’apparition d’organes analogues. On ne sait encore d’une façon précise comment les embryons arrivent dans les poches incubatrices. Il est probable qu’ils quittent la cavité générale de la mère au stade où ils sont couverts de cils vibratiles et qu’ils vont, en nageant, se fixer sur ses téguments. Ce serait l’irri-
- tation produite par la présence des embryons qui provoquerait la formation ou au moins l’agrandissement des cavités incubatrices. Les deux stades extrêmes sont Epiactis proliféra, ou les embryons sont simplement fixés à la surface du corps dans de
- très légères dépressions, et Ma r-supifer Vahliviæ où les cavités incubatrices, certainement existantes à l’arrivée des embryons, sont très grandes et de structure très compliquée. Il est d’ailleurs possible que la mère intervienne d’une façon active pour placer les jeunes dans les cavités. Il faut attendre de nouvelles observations, dans les laboratoires maritimes, pour décider ce point.
- On sait depuis l’expédition du « Challenger » que de nombreux Echinodermes antarctiques sont également pourvus de poches incubatrices. M. Chün, directeur de l’expédition allemande de la « Yaldivia », a retrouvé toutes ces formes aux alentours des îles Kerguelen. Il fait observer avec raison que la cause du phénomène n’est pas absolument claire. En effet, si l’on admet que les jeunes tardent à quitter l’organisme maternel pour échapper aux dangers de la vie dans une mer froide, il ne faut pas oublier cependant que les océans Arctique et Antarctique nourrissent une faune d’une richesse inouïe et que les Coelentérés et les Protozoaires les plus délicats y prospèrent. Il est par suite encore impossible de dire pourquoi les jeunes de certains de ces êtres ont besoin d’une protection de plus longue durée que dans les mers chaudes ; à moins que ce ne soit justement cet excès de population qui rende la lutte pour la vie plus difficile aux organismes larvaires. I)r L. Laloy.
- Fi". 1. — Epiactis tnarsupialis rétractée.
- On voit les poches incubatrices entre l'insertion des lames; a. Coupe montrant une série de poches incubatrices.
- Fig. 2. — Marsupifer vahliviæ, coupe longitudinale.
- Sp, sphincter de la bouche et du tube digestif B, poche incubatrice bourrée d’embryons ; T, tentacule rétracté ù l’intérieur du corps.
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- LA NATURE.
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- LES OMNIBUS ELECTRIQUES h TROLLEY
- Alors que se faisaient les premiers essais du système dù à M. Lombard-Gérin, la plume autorisée d’un de nos collaborateurs a expliqué en quoi il consiste, et comment il permet la mise en circulation de voitures automobiles électriques qui ne sont pas astreintes à s’alourdir du poids énorme d’accumulateurs. On doit se rappeler qu’en effet ces véhicules prennent leur courant, tout comme des tramways, sur une ligne de contact aérienne, mais au moyen d’un trolley spécial qui est un véritable petit chariot automoteur, relié à la voiture par un cable souple dont le mou est absorbé par un contrepoids.
- On voit donc que notre titre est légitime, puisque ces sortes d’automobiles ont les avantages caractéristiques des tramways, avec cette différence précieuse qu’elles peuvent s’écarter de leur route quand elles rencontrent une autre voiture, et aussi qu’elles ne nécessitent point la pose coûteuse d’une voie ferrée. On comprit immédiatement que cela permettrait la circulation d’omnibus de ce genre sur des chaussées étroites ; et nous allons montrer dans un instant l’importance de l’économie qu’on réalise en n’ayant pas de rails à poser ni à entretenir.
- Il semble bien que les inventeurs du système,
- Un omnibus électrique à trolley tournant dans une rue de Samois.
- M. Lombard-Gérin et son collaborateur M. Bonfi-glietti, s’étaient, au début, quelque peu exagéré la portée de leur invention, un peu comme on l’avait fait jadis pour les voies de fer : ils voyaient déjà les voitures particulières circulant sur les routes en empruntant à l’envi du courant à une ligne aérienne posée de chaque coté de la route, et échangeant leurs trolleys pour se dépasser les unes les autres. C’était aller trop loin certainement, mais la vérité est que l’on possède, grâce à ce système, un moyen de créer des lignes électriques de transports en commun pour desservir les petites agglomérations rurales, lignes coûtant aussi peu que possible de premier établissement, et entraînant des dépenses d’exploitation bien moindres que les tramways proprement dits.
- La preuve la meilleure en est que déjà des services
- de ce genre fonctionnent, et dans les conditions les plus satisfaisantes au point de vue de leurs résultats. Une ligne de démonstration avait été installée durant l’Exposition dans l’annexe de Vincennes, mais on peut dire qu’elle n'avait point la portée ni la valeur comme démonstration des deux lignes publiques que nous allons citer.
- L’une est à Eberswalde, dans la banlieue de Berlin, et elle fait le trajet entre la gare et la Place du Marché, qui sont séparées par une distance d’un kilomètre : c’est assurément peu, mais c’est précisément ce qui en fait l’intérêt, car jamais, pour une distance aussi courte, on n’aurait pu se lancer dans les frais d’établissement d’un tramway avec l’espoir que l’entreprise fût rémunératrice. Les voitures sont des omnibus à 18 places dont 12 assises; elles
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- LA NAT UH K.
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- possèdent deux moteurs de IG chevaux chacun, et circulent avec toute facilité sur les voies qu’elles suivent, et qui ont une largeur de 12 mètres.
- Le second service nous intéresse davantage parce qu’il est en France, et tout près de Taris ; il a été créé pour relier le village de Samois à la gare de Fontainebleau. Ici la distance est de 4 kilomètres, ce qui est suffisant pour entraîner une gène considérable dans les relations entre cette petite localité et le chemin de fer : quand du reste on avait établi le réseau des tramways électriques de Fontainebleau, on s’était bien gardé de prolonger ces tramwaysjus-qu’à Samois, car le trafic eut été insuffisant pour payer l’entretien et l’amortissement de la voie ferrée. Mais la Compagnie de traction par trolley automoteur, qui a établi le service des omnibus en question, a profité de l’existence du réseau de tramways pour se dispenser de construire une station d’électricité, même avec moteur à gaz : en effet, la ligne aérienne des conducteurs a été prolongée de manière à être mise en communication avec l'usine des tramways.
- Le service est assuré normalement par une seule voiture (les jours d’affluence on met en circulation un véhicule de réserve) ; elle fait en hiver 4 voyages complets par jour et 12 en été ; le trajet s’accomplit en 20 minutes, et bien que cela corresponde seulement à une vitesse de 12 kilomètres à l’heure, les piétons ont encore avantage à recourir à l’omnibus.
- Et maintenant veut-on savoir la différence entre les dépenses d’un service de ce genre et celles d’un tramway où, en moyenne comme ici, les départs n’auraient lieu que toutes les heures à peine? Pour ce tramway, les frais d’exploitation par kilomètre-voiture atteindraient un peu plus de 0fl',55, tandis que les frais correspondants ne sont que de 0fr,285 pour la ligne d’omnibus automobiles. Sans doute l’omnibus à trolley demande un peu plus de courant que le tramway (parce qu’il ne bénéficie pas des facilités de roulement qu’assure la voie ferrée) ; sans doute aussi son fil aérien est-il double, ce qui entraîne des dépenses d’entretien sensiblement supérieures. Mais le tramway doit couvrir l’entretien, l’intérêt et l’amortissement d’une voie qui coûte 30 000 francs du kilomètre, et là est l’économie qui donne une supériorité très grande à l’omnibus automobile chaque fois que les départs n’ont lieu que tous les quarts d’heure, ou même encore moins souvent.
- Quant à la facilité de manœuvre et de circulation de ces voitures dans les rues d’un village, elle est suffisamment mise en lumière par la photographie que nous reproduisons ici d’un tournant brusque dans le village de Samois. Daniel Beliæt.
- LE TÉLÉGRAPHE SANS FIL SLABY-ARC0
- Il est bon de décrire le système de M. Slaby, président de l’Institut technique de Charlottenbourg et de M. le comte Arco, système qui a fait ses preuves en Chine, qui est adopté par la marine impériale allemande et qui est exploité par l’« Allgemeine Elektricitâts Gesellschaft ».
- Cette Société a fait avec lui de nombreux essais, notamment entre l’observatoire météorologique sur le Zugspitze (montagne de l’Allemagne) et le bureau de poste d’Eibsee (à la base de la montagne), soit à une différence de niveau de 2000 mètres.
- Le système allemand diffère de celui italo-anglais dans les connexions des antennes ou conducteurs aériens. En effet, dans le système Marconi, au poste transmetteur, les deux points (boules de l’oscillateur), entre lesquels se produit l’étincelle, sont compris entre la prise de terre et l’antenne (isolée); if en est de même au poste récepteur Marconi, dont le cohéreur (ou tout autre contact imparfait) est compris entre la prise de terre et l’antenne réceptrice (isolée). 11 y a donc — dans le système avec lequel la « Wireless Telegraph C° de Londres » prétend avoir échangé des signaux sans fil entre le cap Lizard en Cornouailles et Saint-Jean de Terre-Neuve, soit à environ 4000 kilomètres, — circuit ouvert entre le sommet de l’antenne et la terre. Par contre, dans le système Slaby-Arco, le circuit est fermé par la terre, puisque le sommet de l’antenne transmettrice et de celle réceptrice est mis en communication avec le sol. En outre, l’antenne Slaby-Arco, au lieu d’être un câble unique ou un cylindre en zinc, comme M. Marconi le fait, est constituée par une espèce de nasse de fils métalliques.
- M. Marconi a fait des expériences avec le système Slaby-Arco, et au cours d’une longue conférence qu’il a faite sur la télégraphie syntonisée à la « Society of Arts de Londres », le 15 mai 1001, en relatant les résultats qu’il a obtenus avec ce système, il lui a fait quelques critiques défavorables. M. Marconi essaya le transmetteur Slaby sur l’étendue de 50 kilomètres entre Poole et l’île de Wight et trouva qu’il obtenait de meilleurs résultats lorsque le sommet de l’antenne transmettrice était isolé du sol. M. Marconi considère que la connexion terrestre du sommet de l’antenne ramène au transmetteur l’énergie rayonnée, puisqu’elle fonctionne comme une fuite.
- On peut douter que M. Marconi ait rempli, au cours de ses essais, certaines conditions nécessaires au bon fonctionnement du système Slaby-Arco, notamment : 1° le désaccord entre la bobine de self-induction — divisant l’antenne proprement dite du fil de connexion à la terre — et l’antenne ; 2° l’orientation du fil allant à la terre et qui est destiné à diminuer les effets contraires que chaque fil produirait à distance; 5° une distance convenable entre l’antenne proprement dite et le fil terrestre dans le même but indiqué fig. 2. (On sait en effet que : 1° deux courants égaux et de sens contraires, — c’est-à-dire ceux parcourant un fil qui va d’abord de bas en haut et ensuite de haut en bas comme dans le système Slaby-Arco, — produisent un champ électromagnétique zéro ; 2° il faut distancer les courants pour diminuer l’action d’un des deux sur un conducteur qui se trouve plus rapproché de l’autre ; 3° en augmentant l’impédance de la bobine de self-induction — se trouvant au sommet de l’antenne — on diminue le courant parcourant le fil terrestre ; 4° en inclinant plus ou moins le fil terrestre, on diminue ses effets sur l’antenne réceptrice qu’on suppose — de même que l’antenne transmettrice — convenablement orientée.)
- M. Marconi considère aussi que le multiplicateur employé par M. Slaby, au bout du « fil d’extension » de son récepteur, est pratiquement équivalent au transformateur employé dans l’appareil Marconi. Mais avec YElectrical Review, nous ferons remarquer que dans la bobine Slaby, il n’y a pas de fil secondaire comme dans l’appareil Marconi, et c’est pourquoi il n’y a pas de multiplication de tension,
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- LA NATURE.
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- duc au plus grand nombre de tours dans le secondaire.
- Il y a sans doute, dans les deux dispositifs, l’inertie syntonisée des bobines, mais ceci paraît être obtenu par des moyens différents.
- Nous ferons enfin remarquer que, d’après les expériences du professeur Fessenden, avec le concours de « l’United States Weather Bureau » (dont M. le professeur F. Moore est le directeur), les remarques de M. Marconi, sur l’œuvre du professeur Slaby, seraient justifiées — tout au moins en partie, — puisque M. Fessenden aussi a trouvé que de meilleurs résultats étaient donnés par la méthode Marconi. La dernière forme des connexions, dans les appareils de télégraphie sans fil faites par (< l’AUgemeine Elektricilâts Gesellschaft a, a été exposée dans une conférence que M. Slaby a faite à Kiel, à la 42° Assemblée générale de la « Verein Deutscher Ingenicure ». La conférence avait pour titre : « Les derniers progrès en télégraphie sans fil par étincelles ».
- Nous conservons la mention adoptée par M. Slaby de télégraphie sans fil par étincelles (Funken Télégraphié), bien que d’autres expérimentateurs aient désormais prouvé que la transmission peut très bien avoir lieu à grande distance sans faire usage de l’étincelle, mais en ayant recours à des courants alternatifs ou simplement intermittents.
- Le transmetteur (fig. 1) consiste en un fil attaché à la hampe du drapeau du bâtiment (ou à un mât de navire) qui est conduit à la terre et relié à la conduite principale de l’eau (ou à toute autre prise de terre). Fne boucle dans ce fil est conduite par la fenêtre dans la chambre et connectée à une bobine d’induction F, l’autre pôle de son enroulement secondaire est connecté à la terre à travers un condensateur accordé c. Si l’on désire télégraphier avec une plus grande longueur d’onde, il n’est nécessaire que de relier une bobine additionnelle Z dans le fil de terre comme l’indique la ligne pointillée. Elle correspond à une certaine longueur équivalente de fil, par lequel on augmente le quart de la longueur d’onde et toute une série de ces bobines peut être employée. Toutefois, dans chaque cas, il est nécessaire d’accorder l’oscillation produite dans le circuit fermé par la connexion terrestre à l’oscillation du fil afin d’obtenir le plus grand effet. On ajuste une self-induction réglable S ou le condensateur c qui porte différentes marques dans ce but.
- Un fil similaire sert comme récepteur (fig. 2) auquel, sous forme d’une bobine équivalente V, est également connecté un fil d’extension, au moyen d’une boucle. La pression est à son maximum à l’extrémité de ce dernier et est renforcée par une bobine M augmentant l’intensité, qui est connectée au cohéreur.
- Il est aussi possible de remplacer l’action des deux bobines par une seule, avec enroulement correspondant. La connexion terrestre du cohéreur contient l’élément sec et le relais, qui sont pontés par un condensateur, afin de ne pas troubler les oscillations. « L’AUgemeine Elektricitâts Gesellschaft » garantit avec cet arrangement un accord de la longueur d’onde requise dans certaines limites et un déchiffrement clair des signaux à des distances de 100 kilomètres sur mer, avec des mâts de 50 mètres de hauteur.
- La télégraphie par étincelles, dit ensuite M. Slaby, a dépassé maintenant la période expérimentale, et s’est développée suffisamment pour accomplir un objet déterminé. Gomme premier exemple, elle sera un moyen indispensable de communication sur la côte et en pleine mer où
- la vie et la propriété de l'homme sont le plus en danger. Mais la télégraphie par étincelles remplacera aussi dans l’avenir le câble, dans beaucoup de cas de communication submarine.
- Nous pouvons presque en voir maintenant les limites, en mettant de côté les projets extravagants, comme par exemple d’élever un fil à 1000 mètres au moyen de ballons, ce qui peut être possible dans une expérience unique, mais qui est sans valeur pratique pour un travail continu. Nous pouvons à peine nous attendre à une transmission de signaux à plus de quelques centaines de kilomètres, même avec un développement plus parfait des moyens qu’on a à la main actuellement.
- La distance de transmission, toujours d’après M. Slaby, dépend essentiellement de trois choses : la longueur des antennes parallèles, la fréquence des oscillations et la valeur moyenne du courant emplovc. Les deux premières peuvent à peine être augmentées et aussi, en augmentant la longueur du fil, on a de plus grandes longueurs d’ondes et en conséquence, une fréquence moindre, c’est pourquoi, un tout nouveau moyen devrait être trouvé, pour faire la longueur d’onde indépendante de la longueur du fil employé. Pour cela, il ne reste qu’un accroissement du courant induit. Geci dépend de deux quan-
- {a
- FJ/LO^UM.
- Fi<r.
- 1. — Nouveau transmetteur Slabv-Arco.
- Fis. 2.
- - Nouveau récepteur Slabv-Arco.
- tités : de la capacité ou pouvoir de réception du fil et de la pression effective de l’étincelle. Plus haut on conduit le fil, plus petite sera la capacité des parties distantes de la terre, et plus long il est, plus difficile il est à protéger en temps d’orage.
- Ainsi, M. Slaby croit avoir monlré que l’avenir de la télégraphie par étincelles repose exclusivement dans le sens de la production de hautes pressions électriques.
- Mais ce que nous avons réalisé dans ce sens, jusqu’ici, serait très modeste, si nous le comparons à ce qui aurait été montré seulement à peu d’initiés, de l’autre côté de l’Océan, sur les hautes montagnes Rocheuses, aux sources du fleuve Colorado, par Nicolas Tesla.
- M. Slaby dit, à ce propos, qu’il ne peut rien affirmer comme témoin oculaire, mais qu’il peut seulement se former une opinion par quelques photographies que Tesla lui a envoyées.
- On voit l’expérimentateur américain dans sa maison, isolé, entouré par des décharges d’étincelles produites artificiellement qui dépassent, en étrangeté, tout ce que l’imagination la plus audacieuse a jamais rêvé. Puissent, conclut M. Slaby, les connaissances théoriques de Tesla et sa grande habileté technique bientôt être mises au service pratique de la télégraphie par étincelles. E. G.
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- IA NAITRE.
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- LES FORCES MOTRICES DU RHONE
- i
- USINE DE CUSSET
- Nous nous proposons de donner ici une description sommaire des deux principales installations qui utilisent actuellement la puissance dynamique du Rhône, l’usine de Cusset, près de Lyon et l’usine de Chèvres, près de Genève. Commençons par Cusset.
- La première usine est située sur la commune de Villeurbanne, c’est d’elle que part la distribution de lumière et d’énergie de la Société lyonnaise des forces motrices du Rhône, dans la ville de Lyon et sa banlieue.
- Cette entreprise est généralement connue sous le nom de « Jonage », localité voisine de la prise d’eau. Elle met, ou va mettre, à la disposition de la grande cité lyonnaise, un ensemble de 15 000 à 20000 chevaux. En voici les données principales : longueur de la dérivation, canal d’amenée : 15km,775 ; canal de fuite : 5km, 100 ; hauteur de chute variable de 8,n,50 à 12 mètres ; puissance nette sur l’arbre des turbines (rendant 75 pour 100) en basses eaux : 12 000 chevaux, en hautes eaux : 16 500 chevaux.
- On dispose en réalité d’une puissance notablement supérieure : 16 000 à 19 000 chevaux « nets », parce qu’il existe vers le milieu du canal d’amenée un réservoir compensateur de 160 hectares où s’accu-
- Fig. 1. — Vue il’ensemblc de l’usine de Cusset.
- mutent les eaux surabondantes de façon à faire face aux besoins pour les heures où la consommation est maximum. L’usine est placée en travers du canal sur des piliers qui séparent les chambres des turbines. Celles-ci, au nombre de dix-neuf, occupent l’étage inférieur de l’usine formée d’un grand hall de 12 mètres de largeur sur 150 mètres de longueur.
- Les trois chambres du milieu sont réservées aux turbines des excitatrices (250 chevaux par unité), les seize autres aux turbines des dynamos génératrices (1250 chevaux).
- Les turbines, à trois couronnes d’aubes, sont suspendues par leurs axes verticaux sur un bain d’huile en pression qui en équilibre le poids1 et se
- 1 Toutes les turbines sortent des ateliers Escher Wyss et Cie de Zurich.
- trouvent commandées par des vannages cylindriques équilibrés.
- La régulation s’opère avec précision par le moyen de servo-moteurs à pression d’huile. La vitesse est réglée à 120 tours par minute.
- Sur l’arbre vertical de la turbine est monté un alternateur à induit fixe donnant directement du courant triphasé (50 périodes) sous une tension de 5500 volts. Le courant dessert indistinctement des moteurs ou des lampes après abaissement à 110 volts.
- Un tableau général réunit tous les appareils de mesure et l’usine n’exige qu’un personnel très restreint.
- La dérivation du Rhône à Jonage a été déclarée d’utilité publique par une loi du 9 juillet 1892.
- Commencés en 1894, les travaux ont été termi-
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- nés en 1898; on complète en ce moment certains ouvrages de la prise d’eau.
- Les difficultés d’exécution étaient considérables, et il a fallu, pour les vaincre, une persévérance qui fait le plus grand honneur à M. Railet, le promoteur du projet, et aux ingénieurs qui ont dirigé cette vaste entreprise. Les terrassements ont porté sur 5 millions de mètres cubes, les maçonneries sur 400000; on a employé 2300 tonnes de fers, fonte ou acier et 2 millions de journées avec un outillage de 00 kilomètres de voies ferrées, 26 locomotives, plus de 500 wagons, 7 excavateurs, etc., etc. Les dépenses atteindront 50 millions de francs.
- Malgré l’énormité de ce chiffre l’alïaire, dont les débuts ont longtemps excité des inquiétudes, paraît aujourd’hui appelée à un avenir satisfaisant. La
- Société lyonnaise des forces motrices du Rhône dessert déjà plus de 100 000 lampes et distribue 7000 chevaux de force motrice. Chaque mois, le nombre de ses abonnés augmente suivant une progression rapide. Les recettes s’élèveront pour l’exercice en cours entre deux et trois millions de francs et il n’est pas douteux que l’avenir ne réserve à cette entreprise un rendement élevé.
- L’énergie est livrée aux abonnés sous diverses formes, d’après un tarif par échelle décroissante de 720 francs le cheval-an, pour les puissances inférieures
- ou égales à ~ de cheval ; jusqu’à 250 francs le
- cheval-an, pour les puissances de 50 chevaux ou au-
- , T * i 720+250 .
- dessus. La moyenne est de--------=485 francs,
- Fig. 2. — Coupe du bâtiment des turbines.
- soit environ près de 500 francs le cheval-an.
- Ces chiffres sont élevés, néanmoins les avantages des moteurs électriques sont si considérables que le nombre s’en développe de plus en plus.
- 11 est vrai que la Société des forces motrices du Rhône a senti la nécessité de donner des tarifs plus élastiques; elle a fait homologuer un système de livraison de l’énergie au compteur qui permet à l’abonné de se servir du courant quand et comme il le veut, en payant seulement ce qu’il consomme depuis 21 centimes le cheval-heure pour les puissances 1
- de ^ de cheval; jusqu’à 7 centimes le cheval-heure
- pour les puissances de 50 chevaux.
- En outre, elle fait approuver, pour développer les industries textiles à domicile, un tarif à forfait de 75 francs par an et par métier.
- La Société vient de s’entendre, sur diverses questions litigieuses, avec les compagnies du gaz et elle
- livre aujourd’hui le courant pour la lumière à raison de 6 centimes et demi, 6 centimes et 5 centimes et demi l’hecto-watt-heure suivant les catégories. Les 100 000 lampes qu’elle alimente prouvent à quel point le public lyonnais apprécie ces conditions.
- On ne saurait faire trop ressortir la grandeur de cette entreprise dont les débuts ont donné lieu à de vives critiques. Le public a longtemps douté de la réussite, l’énormité des dépenses inquiétait les plus confiants et l’on se demandait si les auteurs d’un .aussi vaste projet parviendraient à leurs fins. Il fallait dériver un fleuve entier sur 18 kilomètres, rendre étanche un fond de gravier perméable où les eaux se perdaient par infiltrations souterraines, trouver le placement de la force dans une ville où les charbons arrivaient facilement par les voies ferrées et les voies .fluviales des bassins de Saône-et-Loire et de Saint-Etienne, lutter contre la concurrence du gaz dont le prix est descendu jusqu’à
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- LA NATURE.
- 20 centimes au mètre cube, etc.... Malgré des conditions si difficiles, l’œuvre est terminée, la force motrice est installée et un vaste marché s’ouvre h elle.
- Nous ne pouvons que constater ces heureux résultats qui sont la juste récompense d'efforts bien méritoires et d’une persévérance dont on trouve ailleurs peu d’exemples. R. de la Rrosse,
- Ingénieur ou chef dos Ponts ot Chaussées.
- LE SOMMET DU MONT-BLANC
- Il existe une question du sommet du Mont-Blanc, à propos de laquelle des flots d’encre ont été versés et d’àpres polémiques engagées. J’avais essayé une première fois d’indiquer les lignes principales du problème et comme ma solution, très scientifique cependant, n’a pas plu à tous les géographes étrangers, il faut que je complète les idées que j’avais indiquées.
- Le sommet du Mont-Blanc, ce n’est pas douteux, appartient à la France depuis 18G0. On l’attribue très souvent à la Suisse, qui cependant n’avait aucune parcelle du grand massif jusqu’à ces dernières années. Le dernier instrument diplomatique, intervenu entre les deux républiques, donne à la Suisse et à l’Italie une partie du mont Dolent, pyramide terminale du massif vers le Nord.
- (Officiel du 28 juin 4900.)
- Le mont Dolent (3830 mètres) est situé au croisement des chaînes de montagnes qui divisent le bassin de la Dranse en Suisse, de l’Arve en France, et de la Dora Baltea en Italie. Ce sommet est nettement séparé des sommets voisins par de profondes dépressions ; il reste indivis entre trois nations ou, si l’on aime mieux, de son sommet part une barrière hypothétique, séparant trois pays. La nouvelle frontière est tracée d’une façon rationnelle, sur la ligne de partage des eaux et déterminée par les formes du terrain. On n’a eu qu’à suivre les bornes anciennes et les inscriptions sur rochers avec armoiries de 1758. Les bornes avaient été placées par les ducs de Savoie et l’état du Valais, alors indépendant de la République helvétique.
- Les Suisses ont un pied dans le massif du Mont-Blanc: on les accuse de vouloir le prendre tout entier dans leurs livres et leurs réclames. Est-ce bien vrai? Les Genevois protestent contre cette légende et ont sur ce sujet une théorie qui ne manque point d’esprit. Ce sont, disent-ils, les Français qui ignorent souvent que le Mont-Blanc leur appartient. Non seulement ils reproduisent cette erreur dans leurs conversations, mais ils l’impriment dans des livres. Le dictionnaire de l’Académie française de 1835 dit : le glacier du Mont-Blanc est le plus remarquable de la Suisse. Quand vous ouvrirez la Légende des siècles de Hugo, vous verrez dans le Régiment du baron Madruce que ce poète, qui passait pour un peu serré, est très large du bien d’autrui. J1 donne aux Suisses les Alpes, du Pelvoux à l’Ortler. Mrae Michelet a commis semblable erreur. Mais aux femmes et aux poètes il faut beaucoup pardonner. Les gens graves sont aussi étourdis. Un des fondateurs du préhistorique cite des textes surprenants. A. Joanne, le guide exact et consciencieux, écrit en 1855 : « Tout voyage en Suisse devra comprendre le lac de Genève, Chamoni’x, l’Oberland ».
- J’espère qu’il a corrigé, depuis, cette bévue. Mais à tout prendre la thèse des Genevois est assez originale. Non seulement ils nient avoir jamais dit que le Dôme leur appartenait, mais ils se font fort de démontrer que ce
- sont les Français qui s’obstinent à leur faire ce cadeau.
- En cherchant bien on pourrait trouver chez eux, dans une réclame d’hôtel, une confusion possible et c’est tout. Il faut avouer que la thèse mérite attention ; les textes lui donnent un air de solidité.
- Si vous regardez du côté de l’Italie, la situation est plus grave. En 1898, à l’Exposition nationale de Turin, nous avons vu un relief pour les écoles, où la ligne frontière indiquait le Dôme où se trouve l’observatoire Janssen, comme glacier italien. Les habitants delà vallée d’Aoste, les Yaldotains, revendiquent pour eux une grande partie du massif. D’après eux, le Mont-Blanc était dans le département de la Doire, et malgré les traités intervenus, ils aiment à croire que le grand massif leur appartient. Ils l’impriment dans leurs journaux rédigés en français et dont le principal s’intitule (( le Mont-Blanc » et paraît à Aoste.
- C’est donc bien une question compliquée. La vraie solution trouve dans cette phrase sa meilleure formule : le sommet appartient aux touristes, aux guides, aux savants et aux ignorants qui ont bonne tète, bons poumons et bonnes jambes pour aller là-haut, ou trembler de froid ou admirer l’immense et prestigieux panorama, qui se déroule du Dôme aux quatre points de l’horizon. J’ai lu, dans la vallée d’Aoste, des articles enflammés et belliqueux sur le sujet qui nous occupe. Cela n’amènera pas de conflits diplomatiques. Mais je n’aurais jamais cru qu’il fût possible de tant s’échauffer pour quelques arpents de neige qui sont placés si haut dans le ciel bleu et froid. J. Corceiae,
- Agrégé de ITniversité.
- LA CONSTRUCTION DES ANGLES
- SANS RAPPORTEUR
- Bien que, normalement on recoure aux services du rapporteur pour la construction des angles, il s’en faut que cet instrument soit commode, en ce sens notamment qu’il est malaisé de mettre son centre exactement au sommet de l’angle à construire; et c’est pour cela qu’on a songé à combiner une table circulaire qui fournirait exactement et immédiatement, par simple lecture, la valeur des [ cordes pour des arcs de 0 à 90°, même avec subdivision en minutes au moins de 5 eira; - - "
- La table en question se présente sous la forme d’une feuille circulaire sur laquelle sont tracées les divisions des arcs et les longueurs de cordes, suivant la combinaison que reproduit la figure ci-jointe à une échelle très réduite. Cette table se compose d’une échelle de 500 parties égales, puis d’une échelle des arcs affectant la forme d’une sorte de spirale à trois spires, dont la troisième est du reste incomplète, et qui, par construction, comprennent respectivement les arcs dont la circonférence de rayon 1000 est comprise entre 0 et 500, entre 500 et 1000 et enfin entre 1000 et 1414, corde de l’arc de 90°. La ligne de foi de l’alidade, placée sur un arc, marque, dans l’échelle, des parties égales, autant de divisions que la valeur de la corde contient d’unités, l'indication de cette échelle devant toutefois, d’après ce que nous venons de dire, être augmentée de 500 unités pour les arcs de la deuxième spire et de 1000 pour ceux de la troisième.
- On doit comprendre dès maintenant comment on va construire un angle au moyen de cette espèce de table : on emploiera le procédé graphique en prenant, sur une échelle à réseau au 10 000e, pour rayons des deux arcs à décrire, la longueur 1000, puis une autre longueur égale
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- LA N A THi K.
- à la valeur (U* la corde correspondant dans la table au développement de l’arc en degrés et minutes. Si l’angle est de plus de 90'\ on construit son supplément de la même manière en le faisant adjacent au premier de 90°. Ou pense bien qu’inversement on peut, au moyen de cette même table, évaluer en degrés et en minutes un angle tracé : entre les deux cotés prolongés (si cela est nécessaire naturellement) on décrit l'arc de rayon 1000, et l’on mesure exactement la corde. La ligne de foi de l’alidade placée sur cette valeur telle quelle ou, s’il y a
- lieu, diminuée de 500 ou de 1000, indique la valeur de l'arc dans la première, la deuxième ou la troisième spire, suivant le cas. P. dk M.
- PERMÉABILITÉ DES MURS
- On croit encore communément que les murs de nos maisons constituent des cloisons hermétiques qui ne se laissent pas traverser par l’air extérieur ou intérieur. C’est encore là un préjugé très répandu. L’air passe à travers les murs, même à travers des murs épais. Non seulement l’air, mais encore les poussières et les microbes. On trouve des poussières et des microbes jusqu’à l’intérieur des murailles ; ils traversent plus ou moins les pores de la maçonnerie quand les matériaux sont de qualité médiocre. Dans les écoles d’ingénieurs, on montre la perméabilité des matériaux en chassant de l’air sous pression à travers une paroi de pierre. On a vu ainsi l’air filtrer à travers des murs factices de plus de 1 mètre d’épaisseur. A l’Exposition de 1878, on voyait une flamme projetée traverser un mur. 11 est donc bien certain que l’air peut circuler à travers des murs de 22 centimètres comme on en rencontre dans les constructions légères. Il est clair que l’influence de température entre l’intérieur et l’extérieur fait appel et augmente la rentrée ou la sortie du gaz.
- Un physicien allemand, M. Flagge, a recherché quel
- était le volume d’air qui traversait les parois d’une chambre, volume que l’on a l’habitude de nommer « ventilation spontanée ». 11 a trouvé que, pour des pièces à parois peu perméables, le renouvellement de l’air s’effectue à raison de huit centièmes du volume de la pièce par heure et par degré de différence entre les températures extérieure et intérieure. Ainsi, pour un écart de température de 14°, en une heure tout le volume d’air de la pièce serait renouvelé.
- Depuis, un chimiste, M. 11. Yolpcrt, a contrôlé l’exactitude du chiffre donné par M. Flagge, en déterminant d’heure en heure la proportion d’acide carbonique contenue dans une chambre vide ; il est certain, en effet, que la diminution de la tension en acide carbonique permet d’établir approximativement l’activité de la rentrée de l’air du dehors au dedans1.
- Four des pièces de 60 mètres cubes de capacité, avec dos murs en maçonnerie couverts de papier, ce qui est à très peu près le cas de nos chambres, le coefficient horaire de renouvellement a été trouvé de 0,025 par degré de différence de température et par heure, l’écart des températures extérieure et intérieure étant de 12°,6. Pour des pièces à parois vernies à l’huile, le coefficient s’abaisse à 0,017, et il s’élève à 0,055 pour des murs simplement blanchis à la chaux. Ces chiffres sont très inférieurs à ceux de M. Flagge; mais, même en admettant le coefficient de 5 centièmes, on trouve encore que, avec une différence thermique de 10°, tout le volume d’air serait renouvelé en deux heures. Cette différence de température se produit souvent en hiver. L’air des pièces est donc encore plus renouvelé qu’on ne pense par la ventilation à travers les murs, alors même que l’on se croit absolument enfermé dans une enceinte en apparence imperméable. J.-F. Galt..
- LES LOCOMOTIVES DE BANLIEUE
- AU CHEMIN' UK FER I)U NORU
- La Compagnie du chemin de fer du Nord distingue, au point de vue de la traction, les trains de banlieue ordinaire, et les trains de grande banlieue.
- Ces derniers, ayant à effectuer des parcours plus considérables, les machines qui les remorquent doivent nécessairement être munies d’approvisionnements également plus considérables. C’est pourquoi, tandis que les trains de banlieue ordinaire sont remorqués par des locomotives-tender, la traction des trains de grande banlieue était jusqu’ici réservée à des locomotives à tender séparé, La Compagnie du Nord a créé récemment un type spécial de locomotives-tender destinées au service de la grande banlieue. Nous allons passer en revue les différents types de locomotives affectées à ces divers services.
- Sans parler des petites locomotives-tender, type
- 1 Bulletin de la Société des ingénieurs civils de France, août 1901.
- Table circulaire pour la construction des angles.
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- LA NATURE.
- « Ouest », à deux essieux couplés et un essieu porteur, et à mécanisme intérieur, qui font le service des trains-tramways, les machines actuellement en service pour les lignes de banlieue ordinaire se rattachent à trois types principaux.
- Si nous procédons par ordre chronologique, nous rencontrons tout d’abord les locomotives dont la ligure 1 donne le diagramme. Ces machines sont à mécanisme extérieur, et sont montées sur trois essieux accouplés, l’essieu du milieu étant moteur. La plate-forme du mécanicien ainsi que le foyer sont en porte-à-faux derrière le dernier essieu. Les roues
- sont extérieures aux longerons, et ont un diamètre au contact de lm,425. La figure 2 donne le diagramme d’un type dérivé du précédent, et n’en différant que par l’addition, à l’arrière, d’un essieu porteur, muni de boîtes radiales. Cette disposition a permis de placer, derrière la plate-forme du mécanicien, un coffre à combustible, et d’accroître, par suite, les approvisionnements de la machine. La provision d’eau a passé, en effet, de 4000 à 5000 litres, et celle de combustible de 1800 à 2500 kilogrammes. Par contre, le poids utile pour l’adhérence a diminué de 39l,3 à 37l,85. Ce sont ces dernières locomotives qui
- Charbon,: 1800 Rj.
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- — Type 1881.
- Fig. 2.
- Fig-. 1. — Type 1876.
- sont affectées à la traction des trains de la Compagnie du Nord, circulant sur le chemin de fer de ceinture.
- Le deuxième type de locomotives de banlieue est représenté par le diagramme 3. Ce sont des machines à arrière-train articulé, cet arrière-train étant monté sur un bogie sans déplacement latéral. Le bogie supporte un demi-tender où se trouve la totalité des approvisionnements, c’est-à-dire 5000 litres d’eau et 2400 kilogrammes de charbon. Les trois essieux sont accouplés, et les roues sont placées à l’intérieur des longerons.
- Ce sont ces machines qui, pendant l’Exposition de 1900, ont fait le service des trains entre Paris-Nord et le Champ-de-Mars. Enfin, la Compagnie du Nord a créé, il y a quelques années, un type de machines d’aspect très gracieux, et qui sont représentées par le diagramme n° 4. Ces locomotives sont munies de deux essieux accouplés ; elles sont supportées à l’avant par un bogie sans déplacement latéral, dont les roues, placées à l’extérieur des longerons, ont un diamètre au contact de 0m,900. Les roues motrices, également extérieures aux longerons, ont un diamètre de lm,680. Le mécanisme est, ici, extérieur, afin d’éviter les essieux coudés, pour des machines destinées à remorquer des trains à arrêts fréquents, et les cylindres ont été placés dans l’axe du bogie.
- Ces machines, douces au roulement, et d’une
- stabilité excellente, même à des vitesses allant jusqu’à 80 kilomètres à l’heure, donnent de très bons résultats.
- Les locomotives affectées au service de la grande banlieue, se rattachent à trois types : le type « Mixte », le type « Outrance », et le type « Grande banlieue », ce dernier, nouvellement créé.
- La Nature a déjà donné ladescription des deux premiers de ces types, dans son numéro du 23 mai 1885.
- Rappelons que le type « Mixte » (diagramme 5 ), com -prend des locomotives à deux essieux accouplés placés à l’extérieur des longerons, à l’avant de la machine. Le foyer est placé au-dessus d’un essieu porteur. Le diamètre des roues motrices est de lm,830, et celui des roues porteuses, de même que celui des roues du tender, est de lm,2475. Le tender de ces machines, monté sur deux essieux, peut contenir 7000 litres d’eau, et 3000 kilogrammes de combustible.
- Les locomotives du type « Outrance », employées à la traction des trains de grande banlieue (diagramme 6), sont du modèle qui a figuré à l’Exposition de 1878 comme machines d’express. Les locomotives de ce type, modifié en 1889, servent encore aujourd’hui à la traction des express, concurremment avec les « compound » des premiers types.
- Comme les machines du type « Mixte », celles du
- ô'So
- --2,800 —
- Type 1880.
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- LA NATURE.
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- type « Outrance » sont à mécanisme intérieur et h deux essieux couplés, mais les roues motrices sont
- Fis. i.
- Type 1892.
- ici placées à l’intérieur des longerons, et ont un diamètre plus fort. La machine est supportée à l’avant par un bogie. Rappelons que c’est sur ce type de locomotives qu’a été expérimenté pour la première fois, en France, le dispositif du bogie articulé très répandu aujourd’hui. Le tender, semblable à celui du type «Mixte», contient, cependant, des approvisionnements encore plus considérables : 10 000 litres d’eau et 5500 kg de charbon.
- Le type « Grande Banlieue », représenté par le
- grammes de charbon. La disposition à deux bogies a pour but de permettre à la machine de marcher cheminée en avant et cheminée en arrière dans les mêmes conditions de stabilité, ce qui n’était pas le cas pour les locomotives-tender de banlieue, à bogie à l’avant, dont nous avons parlé ci-dessus.
- Le but qu’on se proposait d’atteindre, par la création de ces machines, était d’éviter les mouvements, dans l’avant-gare, des machines à tender séparé rentrant aux dépôts pour tourner sur des plaques d’un diamètre suffisant, et revenant ensuite s’atteler à leurs trains.
- Les locomotives du type « Grande Banlieue », marchent avec la même facilité dans les deux sens ; et pour perfectionner encore ce résultat, on a placé, dans la cabine, deux jeux d’appareils de manœuvre, qui se commandent par un dispositif spécial, de
- diagramme n° 7, date d’il 'y a quelques mois. Nous empruntons à un article de M. Du Bousquet, paru tout récemment dans la « Revue générale des chemins de fer », les quelques renseignements suivants sur ces nouvelles locomotives. La machine est supportée par deux bogies, l’un à l’aplomb de la cheminée, l’autre sous la cabine du mécanicien, et derrière le foyer. Ces deux bogies sont identiques, et sans déplacement latéral. Ils encadrent deux essieux couplés dont les roues, extérieures aux longerons, ont un diamètre au contact de lm,664. Le mécanisme, à simple expansion, est placé à l’extérieur, et les cylindres sont situés entre les roues du bogie d’avant.
- Les caisses à eau ont une capacité de 7000 litres, et les soutes à combustible peuvent contenir 3500 kilo-
- façon que le mécanicien ait toujours sous la main ces appareils, quel que soit le sens de marche.
- La chaudière est très élevée, l’axe du corps cylindrique étant à 2m,600 au-dessus des rails. Cette disposition a permis de placer le foyer au - dessus du deuxième essieu accouplé, et d’augmenter les dimensions de la boîte à feu.
- Notons enfin que, pour faciliter les réparations à la boite à feu, les caisses à eau sont articulées à l’avant, et peu-
- ______________________________to,s8i.
- Fig. 7. — Type « Grande Banlieue ».
- vent être soulevées en laissant à nu la paroi de la boîte à feu. Francis Dujardin.
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- NÉCROLOGIE
- Le docteur Charles Letourneau. — La Science française vient de faire une perte fort sensible en la personne de l’éminent sociologiste Letourneau, professeur à l’Ecole d’anthropologie, secrétaire général de la Société d’anthropologie, qui vient de succomber en quelques jours. L’œuvre de Letourneau est considérable. Depuis 1880, il a étudié, dans son cours de l’Ecole d’anthropologie, les faces les plus variées des problèmes sociologiques avec la méthode rigoureuse d’un naturaliste doublé d’un philosophe. 11 a résumé son œuvre en 12 volumes dans lesquels il a étudié successivement l’évolution de la morale, de la famille, de la propriété, de la guerre, etc. Ces ouvrages ont une réputation universelle et ont été traduits en de nombreuses langues étrangères.
- CHRONIQUE
- L indu%ti’ie du sel en Russie. — Le Conseil du Congrès des industriels miniers du sud de la Russie vient de publier les données statistiques sur l’industrie du sel en Russie. Le sel se produit dans les gouvernements de l'erm, Tauride, Astrakan, Ekaterinoslaw, Kharkov, Kherson, Orenbourg, dans le Caucase, territoires d’Ouralsk, Tourgai, Transcaspien, Turkestan, etc., tous se trouvant dans l’est de l’empire. Dans tout l’ouest de l’Etat (du méridien de Kharkov et au nord de la latitude d’Odessa), l’extraction du sel ne se fait que dans le gouvernement de Varsovie, à Ciekhocink, et ici d’une quantité insignifiante. Le sel provient ou des marais salants, ou des puits à sel gemme, ou encore de l’évaporation des saumures, c’est le sel raffiné. La forte partie du sel provient des marais salants. La production annuelle dans ces dernières années s’est élevée à 91 DI7 000 pouds, dont 2b 057 000 seulement de sel gemme et 41 025 000 pouds de sels des marais salants. Le total est complété par 24 057 000 pouds de sel raffiné. Cependant il faut reconnaître que la production du sel gemme augmente tous les ans, car elle ne dépend pas, comme l’extraction du sel des marais, du temps et de la température. L’extraction du sel gemme se fait dans les gouvernements d’Orenbourg, Ekaterinoslaw et Erivane et dans les territoires de Kars et Transcaspien. Le sel raffiné se produit principalement dans les gouvernements de Kharkov, Ekaterinoslaw, Wologda, Arkhangelsk et Varsovie, ainsi que dans les territoires de Daghestan, du Terek, gouvernements d’Enisseisk, Irkousk et dans le territoire Transbaikalien (de 5 à G millions de pouds en tout). Le sud de la Russie produit plus de la moitié de la production totale du sel de la Russie. Aussi, la production du sel dans le Sud, pour les six dernières années, a été, en pouds : en 1895 : 49570 085; 1890 : 45 169040; 1897 : 45 540 528 ; 1898 : 46 451 524; 1899 : 49004 728; 1900 : 05 517 001. En 1900, dans le sud de la Russie, 5 entreprises ont été occupées à l’extraction du sel gemme, 52 entreprises à l’extraction du sel des marais salants et 20 entreprises à la production du sel raffiné; en tout 77 entreprises. La Russie, par rapport à la population, produit et consomme moins de sel que les autres pays. L’Allemagne, par exemple, dont la population n’est que de 40 pour 100 de celle de la Russie, produit presque autant de sel que la Russie.
- Rencontre d’un train et d'un éléphant. — 11
- y a quelque temps le train spécial qui emportait, dans ses tournées périodiques, Tingénieur-contrôleur des che-
- mins de fer, sur la ligne « Assam Rengal Railway », traversait la grande forêt de Nambar, quand un choc brusque vint arrêter le convoi. 11 était minuit environ, et, dans l’obscurité, le mécanicien n’avait pu voir à temps un troupeau d’éléphants sauvages qui marchaient en suivant la voie ferrée, comme c’est leur habitude. La machine était venue se heurter contre l’un d’eux, et les roues de devant avaient déraillé, bien qu’on marchât à vitesse extrêmement réduite. In malheureux éléphant, atteint par la locomotive, avait une jambe de derrière brisée, et il put seulement se traîner jusque dans le fossé parallèle à la voie. Les huit autres bêtes du troupeau s’étaient enfuies affolées, en lançant de longs barrissements, y compris un jeune, qui avait été blessé, lui aussi, mais légèrement.
- Le plus grand immeuble d’Europe. — Les architectes américains semblaient jusqu’à présent s’être réservé le monopole des maisons géantes de dix, quinze et même vingt étages; désormais, leurs confrères anglais entrent dans cette voie. On vient, en effet, de commencer la construction à Londres, dans le quartier central d’Hol-born, du plus grand immeuble qui soit en Europe. On aura quelque idée des dimensions du nouveau caravansérail et du luxe des aménagements projetés, quand nous aurons dit que les devis dépassent la somme de deux millions de livres sterling, soit plus de cinquante millions de francs. La surface habitable sera de 910 000 pieds carrés et le nombre des pièces excédera sensiblement six mille. Chacune de ces chambres sera reliée téléphoniquement à un poste central et sera éclairée, ventilée et chauffée électriquement. Des appareils hydro-pneumatiques, au nombre de trente, mettront en communication rapide les onze étages du nouvel immeuble. Au centre, seront établis une spacieuse rotonde vitrée, formant hall, et un immense restaurant commun pour les 8500 locataires de la maison.
- Les grands voiliers américains : (( un schoo-ner à sept mâts ». — Il y a quelques mois, on lançait aux États-Unis un six-màts, d’une contenance de 5500 tonnes; mais les Américains semblent vouloir aller plus loin en augmentant le tonnage et la voilure. On signale, en effet, la mise en chantier d’un immense schooner à sept mâts qui sera, sans conteste, le plus grand bateau de son espèce qui ait jamais été construit. Le navire qu’un armateur de Boston fait gréer en ce moment et dont la mâture, mise bout à bout, représenterait une longueur de 580 mètres, a un déplacement qui atteint 10 000 tonnes et pourra emporter dans ses flancs quelque 7000 tonnes de marchandises. Les dimensions principales sont les suivantes : 120m,20 de longueur, 15m,25 de largeur et 8m,60 de creux sur quille; le tirant d’eau moyen étant de 7m,10. Son énorme voilure sera manœuvrée par des appareils à vapeur, ce qui permettra de réduire l’équipage à vingt hommes seulement. Le nouveau sept-màts coûtera 250 000 dollars.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 mars 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Propriétés du siliciure de carbone. — Les propriétés du siliciure de carbone ont été l’occasion d’assertions assez contradictoires. M. II. Moissan a entrepris l’étude de ce corps avec le concours de M. Dilthey. Comme l’un de leurs prédécesseurs, dans cette étude ils ont préparé le siliciure de carbone, au moyen du four électrique, en mettant en présence le silicium et la chaux, mais en
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- maintenant un excès de silicium. Ils ont obtenu une substance répondant à la formule CaSi2 de même composition que le siliciure préparé anciennement par Wohler, mais qui est pure et cristallisée. Ses propriétés diffèrent de celles du carbure de calcium. En effet, tandis que ce dernier corps dégage, an contact de l’eau, de l’acétylène, le siliciure est à peu près indécomposable par l’eau. Quelques décigrarmnes réduits en poudre mettent plusieurs mois pour se décomposer dans l’eau et produire quelques centimèlres d’hydrogène. Le siliciure de calcium peut se préparer en grande quantité au four électrique; il a une densité de 2,5, raye le verre avec facilité et, fortement chauffé, brûle dans le chlore et dans l’oxygène. C’est un composé stable qui s’attaque lentement par l’acide sulfurique et l’acide azotique concentré.
- Le fer oligiste naturel. — M. Ditte rappelle que le sulfate de fer calciné au rouge avec du sel marin donne une masse fondue qui se dissout dans l’eau en donnant des paillettes de sesquioxyde de fer; on a attribué la for malion de ces dernières à la solubilité de ces oxydes dans le sel fondu. 11 n’en est rien. Le sesquioxyde amorphe, pas plus que le sulfate ferreux sec ou hydraté n’y sont point solubles. En la circonstance une réaction a lieu à chaud entre le sel et les produits de la décomposition du sulfate; il se forme de l’acide chlorhydrique qui joue le rôle de minéralisateur et détermine la cristallisation de l’oxyde de fer. Or, le sulfate ferreux et le sel marin peuvent se trouver ensemble en diverses parties du sol. On s’explique donc aisément comment, au moins en certaines circonstances, a pu se former le fer oligiste naturel.
- Préparation en grand de Vhydrogène. — M. d’Ar-sonval ayant eu l’occasion d’emplover de grandes quantités d’hydrogène pour liquéfier ce gaz, s’est préoccupé de rechercher un procédé de préparation en grand de l’hydrogène. Le gaz d’éclairage, qui est un mélange composé d’environ moitié d’hydrogène et d’environ 40‘pour 100 de méthane, lui a paru tout indiqué. Pour les séparer, il suffit de l’efroidir le gaz d’éclairage au moyen de l’air liquide. M. d’Arsonval montre un appareil fort simple qui permet d’opérer ce refroidissement. Toutes les vapeurs se condensent ou se solidifient et l'on obtient de l’hydrogène presque pur. Si l’on veut extraire le méthane, il faut d’abord refroidir le gaz par un mélange d’acide carbonique solide dans l’acétone. On condense ainsi la benzine, les huiles essentielles et l’acide carbonique. Dans un deuxième appareil le gaz épuré laisse déposer le méthane qui contient en suspension de l’oxyde de carbone. M. d’Arsonval a simplifié encore sa méthode en envoyant dans la machine compressive de Lindet du gaz refroidi à — 80°. On liquéfie ainsi aisément le méthane et l’hydrogène pur se dégage. Avec une force motrice de 12 à 15 chevaux, on peut préparer 100 mètres cubes d’hydrogène en une heure.
- Application médicale des rayons actiniques. — M. d’Arsonval présente ensuite une Note de MM. Broca et Chatin relative à un appareil qui se prête admirablement aux usages médicaux des rayons lumineux. Les auteurs remplacent l’un des charbons de l’arc électrique par une tige de fer. On peut ainsi employer une intensité bien plus faible et supprimer dans la lentille de quartz la circulation d’eau. Néanmoins l’action actinique est extraordinairement puissante; il faut prendre des précautions pour éviter les accidents. Neuf cas de lupus ont été traités avec succès; le temps a été réduit au cinquième du temps habituel. . Cii. de Villedeuil.
- LE DRESSAGE DU CHAT
- En ce moment triomphe aux Folies-Bergère M. Léonidas, montreur de chats et de chiens savants et chez Barnum M. Farally qui amuse le public avec un orchestre de chats. On peut dire que le chat est l’ultime conquête du dressage ou plutôt du domptage ; car si le chat est un animal domestique familier de la maison, sa classification au point de vue zoologique, parmi les félins, en fait un animal féroce.
- M. de Buffon a écrit que le chat était un animal indomptable : « il ne permet à personne, ajoute le naturaliste classique, de modifier ses instincts de paresse et de brigandage ».
- Maître Minet a attendu tout près d’un siècle la réparation de cette injure ; lui aussi maintenant a les honneurs de la scène des music-halls et des pistes de cirque; un des premiers qui s’essayèrent dans le dressage de cet animal indépendant fut un clown du nom de Bonnetty : après lui vinrent Léoni Clarke, surnommé le « roi des chats », puis Tochow, Dourof, Léonidas, Farally, et d’autres dont j’oublie les noms.
- Le dressage du chat est beaucoup plus difficile et délicat que celui du chien; d’abord, les chats sont moins gourmants et puis toute violence est inutile; il ne faut avoir avec eux, comme disait Bonnetty, que des « rapports de politesse ». Encore, ne doit-on compter que sur leur bonne volonté.
- Pour dresser un animal quel qu’il soit, il faut l’étudier, connaître son caractère, ses habitudes, ses petites manies, ses goûts et au moyen de ces trois forces associées : la peur, la gourmandise, et l’habitude, on arrive à faire d’un chat, docile autant que peut l’être un chat, un animal sinon savant, du moins d’un dressage suffisant pour amuser... l’aimable société. Prenez un jeune chat n’ayant encore ni mauvaises habitudes ni mauvaises fréquentations.
- Mia est joueur comme tous les animaux de son âge, et semble avoir assez bon caractère. Il n’est pas gourmand et a horreur des corrections qui, pour lui, ne sont jamais méritées. L’effet des douceurs, ou les moyens coercitifs n’auraient donc aucune prise sur lui. C’est en jouant qu’il faudra lui apprendre quelques petits talents de société. Donc, tous les jours, à heure fixe, Monsieur Mia sera amené dans le môme endroit et placé sur une chaise qui devient une scène ; parfois le jeune élève montre peu de docilité et simule une fatigue extrême pour ne point répéter ; n’ayons garde de le contrarier, mais au moment ou il va s’assoupir et ronronner présentons-lui le fouet d’une cravache; c’est un joujou pour Mia, qui, faisant patte de velours, s’amuse comme avec un papier suspendu au bout d’une ficelle; élevons la cravache, le joujou s’en*va, Mia n’est pas content, il se lève sur son séant, et cherche avec scs petites pattes à saisir le fouet; élevons encore la cravache, cette fois Mia se lève tout debout, agile scs pattes de devant pour attraper le jouet.
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- LÀ NATURE.
- 004
- Victoire! l’élève se tient debout seul sans appui, la leçon ne pouvait être meilleure.
- Eh bien! répétez cet exercice tous les jours pendant plusieurs semaines et, au bout d’un certain temps, vous n’avez plus besoin de cravache, Mia,
- lorsque vous lui ferez signe, se dressera seul sur ses pattes de derrière, et quand il sera bien habitué à ce genre de travail, vous n’aurez qu’à le prier gentiment de venir à vous maintenant sur ses pattes de derrière, vous le soutiendrez pour les premières leçons,
- 1. M. Mia sur sa chaise attend son professeur. — 2. L’élève n’a point l’air de vouloir travailler. — 3. M. Mia prend ses dispositions pour ronronner à son aise. — 4. Hé ! Hé ! voici un joujou! — o. Mia s'amuse avec la cravache. --tî. Non ! maître n’enlevez pas le joujou ! — 7. Parti ! mais Mia est debout sur ses pattes de derrière. — 8. 11 est tout de même seul ; la leçon est donnée et... terminée. — 9. Mia furieux d’avoir été joué se sauve de peur d’être obligé de recommencer.
- après, un signe suflira, voilà la recette pour faire un chat... savant. Ne manquez jamais de caresser l'échine à l’animal, ne vous fâchez jamais, mais ne lui cédez jamais non plus. Ce premier résultat obtenu le travail devient plus rapide, l’animal s’habitue à marcher sur une planche, puis sur une corde tendue, à quatre pattes on le fait courir sur des dossiers de chaises, sur des goulots de bouteille, etc., etc.
- Combien Jules Lemaitre avait raison dans son beau sonnet de dire :
- ... Je salue en toi, calme penseur
- Deux esquisses vertus : scepticisme et douceur.
- Paul Mégnin.
- Le Gérant : P. Massox. Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
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- U N ATI MK.
- :> MARS
- LES MORTIERS
- Les bouches à feu, dénommées mortiers, lurent surtout en honneur du temps de Yauban. C’est, en
- effet, au « tir à ricochet a qu’il leur faisait exécuter que ce grand preneur de places fortes dut ses mémorables succès. Les plaçant en des endroits judicieusement choisis, il enfilait les faces des ouvrages et ne tardait pas à mettre hors de service le matériel d’artillerie de l’assiégé. Ce résultat obtenu, il n’y avait plus qu’à faire brèche et à donner l’assaut, ce qui n’était plus qu’une affaire de peu de durée. Les mortiers continuèrent à être employés avec non moins de succès pendant le siège de Sébastopol ; les Russes s’en servirent en grand nombre et firent pleuvoir sur les tranchées des assiégeants une pluie ininterrompue de bombes qui, arrivant sous de grands angles, ne laissaient rien à l’abri de leurs éclats. On avait organisé dans l’armée des alliés un service d’observateurs de nuit qui, voyant le sillage fait dans le ciel par la fusée, estimaient si la bombe devait tomber dans leur direction et, dans ce cas, poussaient le cri bien connu :
- Gare la bombe! A cet appel, chacun se blottissait contre le parapet de la tranchée ou s’aplatissait par terre afin d’échapper aux atteintes de l’explosion. Aujourd’hui, ces gros projectiles sphériques ont vécu. Quant aux 30' année. — Ier semestre.
- mortiers, qui les lançaient à si grand bruit, ils existent encore de nom, mais combien ils se sont transformés! Leur âme s’est allongée et elle a été rayée ; on les charge par la culasse tout comme les autres canons; même on les dispose sur des affûts à freins. Qu’il y a loin de ces nouveaux engins aux anciens mortiers lisses tirant sur des affûts rudimentaires! A proprement parler, on peut dire qu’il n’y a plus aujourd’hui de mortiers. Les pièces qu’on continue à dénommer ainsi, ne sont que des obusiers courts, les obusiers n’étant eux-mêmes que des canons de faible longueur. Toutes les bouches à feu sont actuellement de la même construction; les seules différences qu’elles présentent entre elles ne résident plus que dans le calibre et la longueur, ces deux données permettant l’une de faire varier le poids du projectile et l’autre d’augmenter ou de diminuer sa vitesse.
- C’est après la guerre de 1870 que les mortiers lisses disparurent et firent place aux mortiers rayés. On n’adopta pas immédiatement pour ces derniers le chargement par la culasse; on les chargea par la bouche et on assura l’obturation de
- l’âme par le projectile en munissant ce dernier de ceintures, dites à expansion, qui s’épanouissaient sous
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- Fig. 2. — Mortier de 2fc cm. de siège et de place de Skoda.
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- la pression des gaz de la poudre. L’Usine de Saiut-Ghamond fut une des premières à construire des mortiers rayés à chargement par la culasse. Celui que nous représentons (fig. 1) fut expérimenté à Bourges, il y a une quinzaine d’années, par le département de la Guerre.
- Cette pièce, du calibre de 22 centimètres, était sans recul et lançait des obus à grande capacité de 5 calibres de longueur, renfermant jusqu’à 50 kg. d’explosif.
- A l’Exposition universelle de 1900, on a pu voir une bouche à feu, présentée par la maison Skoda, de Pilsen (Autriche) et portant le nom de mortier de 240 millimètres de siège et de place (fig. 2). Cette pièce, qui peut être considérée comme le type des mortiers modernes, pèse 2150 kg. Elle est montée sur berceau et atteint par suite 5490 kg. La plateforme, avec corps d’affût, pèse 5550 kg. Le frein hydraulique permet un recul de 510 millimètres. L’obus est du poids de 155 kg. La charge est de 2k»,250 de poudre sans fumée et communique au projectile une vitesse initiale de 500 mètres.
- Ce matériel est transporté par deux voitures dont les avant-trains pèsent 550 kg. La première transporte le mortier et son berceau ; la seconde la plateforme avec le corps d’affût. Le poids à traîner est à peu près le même pour les deux voitures et est voisin de 4050 kg.
- Comme nous le disions précédemment, les dénominations des bouches à feu n’ont plus aujourd’hui grande signification. On en a la preuve en constatant comment on désigne dans les diverses armées les pièces courtes destinées au service de campagne. En Allemagne, on les appelle obusiers; en France, canons courts et, en Russie, mortiers. La dernière Exposition nous montrait, en effet, un mortier de campagne du système du général russe Engelhart, pièce des plus ingénieusement construite et pour laquelle le recul était limité par l’action de tampons en caoutchouc.
- En somme, on peut répéter qu’il n’y a plus de mortiers. Le nom peut exister encore en Autriche et en Russie; mais, en réalité, aucune des pièces qu’on continue à désigner de la sorte n’a le moindre rapport avec les engins qui permirent à Vauban d’aboutir à de si prestigieux résultats. Il n’y a pas lieu de s’étonner de cette disparition lorsque l’on constate les énormes progrès réalisés par l’armement moderne. En regard des bouches à feu actuelles, les anciens mortiers, même ceux dits « à plaque » dont les côtes maritimes étaient hérissées, ne sont plus que des engins d’une trop médiocre puissance. Certes les bombes étaient des projectiles respectables en raison de leur poids; mais la lenteur de leur tir, la faible vitesse dont elles étaient animées et leur peu de précision ne leur donnaient plus qu’une efficacité dérisoire. Il était naturel que bombes et mortiers disparussent. L*-colonel Delauxey.
- ORIGINES DE L’ART
- LES GRAVURES
- SUR LES PAROIS DES GROTTES PRÉHISTORIQUES ANCIENNES
- Les origines de l’art constituent un des problèmes le plus curieux de l'évolution de l’esprit humain, mais seuls les arts matériels, sculpture et gravure, ont pu laisser des traces qui sont venues jusqu’à nous.
- On sait que les manifestations artistiques les plus anciennes consistent en sculptures sur ivoire, représentant en ronde bosse des êtres humains et des animaux, que Oiette a exhumés, surtout à Bras-sempouy (Landes), découches archéologiques extrêmement anciennes.
- Dans les couches superposées à celles-ci et un peu moins anciennes (époque glyptique de Uiette, correspondant en partie à l’époque magdalénienne de G. de Mortillet), on a recueilli, en assez grand nombre, des gravures sur corne, ivoire ou os, représentant en général des animaux ou figurant des ornements variés, des signes très particuliers. Or, chose étrange, tous ces dessins sont exécutés avec une habileté surprenante. Les figurations d’animaux sont d’une précision et d’une justesse absolument étonnantes, les reproduisant tels qu’ils étaient en pleine vie, sans aucune stylisation, sans que la représentation ait rien de conventionnel ou d’incorrect. Et pourtant, si, très approximativement, bien entendu, on cherche à se rendre compte de l’ancienneté de ces figures, il faut arriver au chiffre de dix à douze mille ans avant Jésus-Christ pour leur attribuer un âge vraisemblable et probablement inférieur à la réalité !
- Ces fort curieux objets d’art sont connus depuis pas mal de temps. On a pu admirer les belles séries recueillies, dans la vallée de laYézère, par le marquis de Yibraye, Lartet et Christy, Massénat, etc., qui ont formé les belles collections classiques.
- Mais à côté de cet art mobilier, il existait un art immobilier, pourrait-on dire. Les préhistoriques ont exécuté sur les parois de certaines grottes des gravures, voire même des peintures, en tous points analogues aux gravures sur os, corne ou ivoire dont nous venons de parler, et que l’on peut rapprocher des gravures exécutées, par exemple, par les Bos-chimen récents sur les parois de certaines cavernes, mais les gravures de nos pays sont autrement artistiques, comme on va pouvoir s’en rendre compte.
- Jusqu’ici on n’avait signalé qu’un petit nombre de ces gravures dans les grottes. En 1875, à Alta-rnira, près de Santander (Espagne), M. de Sautuola avait observé, dans une grotte obscure, des peintures à l’ocre représentant surtout des bisons. En 1878, M. Chiron avait cru reconnaître des figures dans les traits nombreux gravés sur les parois de la petite grotte Chabot, près d’Âiguèze (Gard). Enfin, en 1895, sur les parois de la grotte de la Mouthe, près des Eyzies (Dordogne), à 100 mètres de l’entrée, M. E. Rivière avait vu et relevé un certain
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- nombre de figurations d’animaux gravées, parfois rehaussées de quelques traits de couleur rouge et absolument nettes (bison, renne, équidés). En 1896, M. Daleau avait vu quatorze gravures d’animaux profondément gravées à l’entrée de la grotte de Pair non Pair (Gironde), qu’il avait antérieurement complètement vidée des dépôts solutréo magdaléniens qu’elle renfermait.
- Enfin, l’été dernier, nous avons découvert, sur les parois de la grotte des Combarelles, près des Eyzies (Dordogne), un nombre considérable de figures d’animaux gravées, commençant à 125 mètres de l’entrée. Cette grotte forme un boyau de 235 mètres de longueur, s’ouvrant au fond d’un large abri creusé dans une falaise de craie compacte et s’enfonçant à peu près horizontalement dans la col line, en serpentant. La largeur varie de 1 mètre à 2 mètres environ, tandis que la hauteur oscille entre 2 mètres et 50 centimètres : il est des points où il faut ramper.
- Les figures sont tracées sur les parois de cette galerie où elles occupent une longueur d’environ 100 mètres de chaque côté, soit donc un développement total de près de 200 mètres. Elles commencent, en général, à 20 centimètres au-dessus du sol actuel de la galerie et montent presque jusqu’au plafond. Un bon nombre sont recouvertes d’un enduit stalagmitique, formant parfois une véritable nappe qui arrive à masquer certaines images en partie. Or, pour qui sait l’extrême lenteur de la formation de ces dépôts stalagmitiques des parois, ce fait seul indique la prodigieuse antiquité de ces figures.
- Sur ces parois, il existe un nombre incalculable de traits dont la signification échappe en bien des points. Puis, au milieu de ces traits, on peut en discerner certains, en général plus accentués que les autres, parfois même profondément gravés et qui donnent une fort intéressante silhouette, ordinairement d’un animal. Il y a aussi des figurations dont la signification échappe.
- Les images d’animaux sont tracées avec une netteté parfaite ; certaines, telle celle du cheval figurée ici (lig. 7), s'aperçoivent même à distance. D’autres doivent être examinées de plus près, mais elles ont ordinairement une précision suffisante pour qu’il soit possible de reconnaître l’animal figuré et de le calquer aisément — ce que nous avons fait d’ailleurs pour les 27 figures les plus intéressantes.
- Ayant exécuté nous-mêmes tous nos dessins, nous pouvons répondre de leur scrupuleuse exactitude. Rien n’a été laissé à la fantaisie ou à l’interprétation. Le moindre trait que nous avons figuré existe réellement. Ces quelques observations préjudicielles étaient nécessaires, tant ces images paraîtront invraisemblables à certaines personnes.
- Nous avons tenu à présenter à nos lecteurs plusieurs figurations, choisies parmi les nombreuses encore inédites que nous n’avons pu publier dans nos communications à l’Académie des sciences et à l’Académie des inscriptions.
- Telles les reproductions de deux parties de la bande de 10 mètres de longueur sur 10 centimètres de hauteur, sur laquelle nous avons figuré en croquis tous les assemblages de traits intelligibles que nous avons pu observer sur les parois de notre grotte et les animaux entiers ; ceux-ci mesurent de 50 centimètres à 1 mètre de longueur sur 15 à 75 centimètres de hauteur en moyenne.
- Ces deux reproductions (fig. 4et 5) donnent une idée du mode de travail des artistes préhistoriques. Tantôt, en elfet, comme sur la figure 4, on voit (à gauche) un enchevêtrement de traits et deux têtes de chevaux à peine indiquées, puis deux bouquetins superposés; celui de dessus ayant les pattes de derrière exagérément allongées. Enfin, à droite, un petit renne d’une exactitude frappante.
- La figure 7 montre un gros cheval qui porte, nettement tracée sur le dos, une réelle couverture. Un autre cheval en porte également une. On peut même constater l’existence d’une sorte de longe fixée sur la poitrine de cet animal. Toute cette figure, dont les traits sont profondément gravés, est entièrement recouverte d’un enduit de stalagmite.
- Abstraction faite de la figuration de l’animal lui-même, si précise et à la fois si simple et si savante, avec son caractère absolument vivant, la représentation de la couverture permet de tirer un certain nombre de déductions en ce qui touche à la domestication du cheval.
- A ce point de vue, il y a même plus. Sur les parois d’un boyau étranglé de la grotte — qui ne mesure qu’un mètre de hauteur et où on ne peut accéder qu’après avoir rampé sur une longueur de 40 mètres environ — il existe une intéressante figuration de 5 petits chevaux : l’un d’aspect vieillot à grosse tête, les deux autres semblant plus jeunes et ayant une petite tête. L’un de ceux-ci porte sur la joue, très nettement indiquée, une figure composée de deux traits doubles, perpendiculaires l’un à l’autre. Leur interprétation est très simple : comme sur nombre de gravures sur os de la collection Riette, il y a là une représentation de la pièce en corne qui remplaçait la branche montante du mors et telle qu’elle existe de nos jours chez les Lapons qui harnachent ainsi leurs rennes au moyen de ce chevêtre. Voilà donc une nouvelle preuve de la domestication du cheval. Telles, aussi les marques que deux chevaux portent gravées sur le ventre.
- Le cheval est d’ailleurs l’animal le plus fréquemment figuré dans notre grotte. Nous en avons, en effet, relevé 25 images entières, sans compter un grand nombre de têtes et de portions d’animaux.
- Parmi tous ces équidés ainsi figurés, plusieurs sont d’un type un peu particulier, plus élancés (tel celui de la fig. 5), parfois avec une queue glabre ayant à l’extrémité un pinceau de poils. Ils sont certainement d’une autre variété que le gros cheval.
- Les figurations de bovidés ne sont pas très nombreuses ; nous en avons relevé six. Les uns sont des bœufs ayant l’aspect ordinaire de ces animaux, un
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- autre est le singulier animal reproduit figure 6 avec une précision et un détail remarquables dans le rendu, par exemple des pattes. Incontestablement, cet animal a été reproduit de visu et marchant. Son étrange aspect a été un sujet de discussion parmi les paléontologistes. D’autres bovidés figurés ont les caractères fort nets du bison.
- La curieuse figure 5 se rapporte à un petit animal qui semble bondir et qui paraît bien être lin cervidé. Il est dessiné avec un luxe de traits dont cette petite réduction ne donne qu’une faible idée.
- Fig. 1. — Gravure de maniuiouüi. (Dimension : 0'",70 du largeui.)
- Il gîte aussi dans le fond de la grotte, en face des trois petits chevaux dont nous parlions plus haut. C’est une des figures, rares il est vrai, dont la gravure est rehaussée de quelques traits de couleur noire.
- Le renne a été reproduit tout aussi fidèlement. Nous avons vu trois figures qui ne laissent aucun
- Fig. 'i.— Gravure de mammouth. (Dimension : l',40 de largeur.)
- doute à ce point de vue. On peut s’en assurer en examinant le petit renne de la figure 4 dont nous parlions plus haut, et où l’on peut voir la forme du museau et surtout celle des cornes avec les digitations si caractéristiques de la ramure antéro-inférieure. 11 est peut-être moins beau que le grand renne dont nous avons déjà publié la figure, mais il a l’avantage d’être encore inédit.
- Enfin, la découverte la plus surprenante est celle de 14 figurations de mammouths, toutes aussi nettes que celles que nous donnons ici (fig. 1, 2 et 5). Là, à l’extrémité gauche de l’ensemble figuré, on peut 'voir un petit éléphant qui sur nature n’est pas bien gros. Il paraît entièrement couvert de poils épais,
- figurés par un nombre considérable de striations enchevêtrées. C’est absolument l’aspect en boule de certains petits animaux très jeunes. Le front n’est pas du tout aussi bombé que celui des animaux des figures 1 et 2 où la saillie puis, au-dessous, la concavité du front si caractéristiques du mammouth sont nettement indiquées ainsi que les longues défenses recourbées. Sur ces deux figures (de beaucoup plus grande dimension d’ailleurs que les précédentes : 70 centimètres et lm,20 de largeur, au lieu de 30 environ) les animaux sont moins poilus. Celui de la figure 1 n’a de longs poils qu’autour de la bouche, sur le haut du crâne et sous le ventre. Ils ne cachent pourtant pas ses grosses pattes massives. La trompe recourbée en arrière est soigneusement indiquée. Toute cette curieuse figure est recouverte d’un enduit épais de stalagmite.
- L’autre mammouth (fig. 2) ne paraît avoir guère de poils que sur la tête et sous le ventre. Il semble représenté en partie caché par des herbes. Sa large oreille est soigneusement indiquée. La trompe retombe droite.
- Sur une autre figure, extrêmement soignée également, comme gravure et détails de dessin, un grand mammouth dont l’œil a cette expression maligne de celui de l’éléphant, porte nettement gravé derrière lui un signe formé de deux barres inclinées l’une vers l’autre et qui rappellent absolument, suivant 1 ’ observation du professeur Ilamy, la figuration des crochets pointus dont on se sert encore de nos jours pour conduire les éléphants. C’est peut-être là une marque, un symbole ou une signature?
- Une seule figuration grossière, celle qu’on peut voir sur la figure 5 derrière le cheval de droite, pourrait être considérée comme représentant une face humaine ou un crâne vu de face.
- Nous avons pu relever aussi quelques signes difficiles à interpréter. Tels des signes triangulaires, tectiformes avec traits à l’intérieur et qui semblent figurer une maison. Puis, quelques petites cavités arrondies, régulières qui rentrent dans le type des cupules. Telles sont ces curieuses gravures dont nous avons pu relever 109 très nettes, sans compter d’innombrables traits.
- Leur étude détaillée soulève de nombreuses questions de technique (l’outil employé semble bien être le burin ou la pointe fine en silex) et surtout de sociologie pure.
- Quelle était la signification de ces figures? Pourquoi les avoir tracées à une si grande profondeur, en des points où il fallait s’éclairer probablement avec un galet creusé (analogue à celui découvert par Rivière dans la grotte de la Mouthe) et rempli de graisse avec une mèche en mousse?
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- Fig. 3. — Gravure de cervidé. (Dimension : D”,i3 de largeur.)
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- Quelle était l’idée directrice de ces primitifs dans la confection de ces dessins si multiples et si com-
- pliqués? Pourquoi les avoir tracés dans ce boyau qui fut probablement toujours inhabitable? Y avait-il là une idée fétichique ou religieuse quelconque ou totemiste? Autant de questions que nous ne pouvons que soulever.
- Il en est de même de la question d’art pur, plus étrange encore. Ce sont là, en
- 4. — Reproduction d’un point de lu pnroi de lu grotte. (Dimensions ; bouquetin, 0m,63 de largeur, renne, 0",o9 de largeur.)
- effet, œuvres sincères, vivantes, reproduction exacte la vue et une éducation de la main manquant ordi-de la nature et par suite nécessitant un dressage de nairement chez les primitifs et qui nécessairement
- avaient dû être acquis par les hommes qui ont I tout d’un coup vers le commencement de l’époque tracé ces figures. Et pourtant, on les voit apparaître | glyptique, déjà arrivées à leur apogée. Elles persistent
- 1 ig. 6. — Gravure de bovidé. (Dimension : ()m,90 de largeur.]
- l'ig. 7. — Gravure de cheval avec couverture. (Dimension : 1 mètre de largeur.)
- ainsi durant toute cette période, puis disparaissent avec elle : or cette disparition est définitive.
- De l’art paléolithique, il ne reste plus, en effet, dès le début du néolithique, que les manifestations convcn-
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- tionnelles, symboliques, stylisées ou simplement décoratives : des lignes brisées, des croix, une ornementation régulière, etc., ou bien encore des signes ou des figurations telles que celles du disque solaire, représenté sous forme d’un disque avec rayons extérieurs, parfois intérieurs. II apparaît en pleine époque magdalénienne, se retrouve sur des poteries néolithiques et beaucoup plus tard sur des monnaies gauloises. Quant aux figurations animales réalistes, pourrait-on dire, on n’en retrouve plus traces, pas même dégénérées et jamais plus elles n’ont réapparu. Si l’on ajoute qu’on ne les trouve guère, à l’époque paléolithique, que sur le. territoire de l’ancienne Gaule, et encore presque exclusivement dans le Centre et le Sud, on pourra imaginer alors que c’est l’œuvre d’une race très localisée, arrivée un beau jour, puis qui, ultérieurement, a disparu ou a émigré de nouveau. On voit donc quel intérêt présentent ces découvertes et quels horizons multiples elles ouvrent aux investigations des savants. Peut-être, pour cette raison, nos lecteurs nous excuseront-ils d’avoir un peu abusé de leur patience dans cette présentation des premières gravures de nos bien vieux ancêtres qui constituent, en somme, la plus ancienne manifestation connue des arts graphiques.
- I)' Cxpitan et abbé Breuil.
- LE AIN DANS L’ALIMENTATION
- DES BÊTES DE TRAIT
- La crise vinicole qui sévit actuellement en France, et qui résulte de ce qu’on produit beaucoup trop de vins ordinaires, après avoir abandonné à tort la production des vins de luxe, donne un intérêt tout particulier à des tentatives suivies faites par certains agriculteurs pour utiliser leurs vins en en donnant une ration à leurs animaux de trait. La Société centrale d’Agriculture de l’Hérault est une de celles qui naturellement s’occupent le plus de la question, et elle a signalé notamment un propriétaire du Midi qui alimente ses bêtes avec un mélange de son et de vin. 11 est bon de rappeler à ce propos qu’on s’est déjà occupé de cet emploi un peu bizarre du vin, et spécialement après les récoltes particulièrement abondantes de 1874 et 1875. A cette époque M. Monclar, Vice-Président de la Société d’Agriculture du Tarn, a donné pour ainsi dire la formule définitive de cette alimentation nouvelle. 11 faut habituer peu à peu les chevaux à ce régime, et, pour cela, on fait macérer d’abord seulement la moitié de l’avoine qu’on leur destine dans du vin, puis on met cette avoine dans le fond d’un baquet, et on la recouvre d’une même quantité de grain non trempé dans le vin: on diminue peu à peu la proportion d’avoine sèche, et le cheval prend l’habitude d’arriver à l’avoine au vin avec même un certain plaisir. On peut parvenir, en augmentant constamment la quantité de vin, à faire boire du vin presque pur aux animaux, et quelques-uns en deviennent fort gourmands.
- Soumis à ce régime, les chevaux trottent admirablement, bien qu’on leur supprime autant de kg. d’avoine qu’on leur donne de litres de vin. M. Monclar a même donné des lies de vin à des bêtes de trait, et elles s’y sont vite habituées sans paraître en souffrir aucun incon-
- vénient ; d’après lui, tous les vins seraient bons, sauf les vins tournés, et permettraient de remplacer entièrement l’avoine par des féveroles, de l’orge, et en donnant à ces grains l’action stimulante caractéristique qui leur manque. 11 faudrait voir cependant à l’usage ce que donnera l’alimentation au vin. I). B.
- LES CRUSTACÉS DE NOS CÔTES
- Mon excellent collègue de la Sorbonne, M. Georges Bohn, vient de soutenir une intéressante thèse sur les Crustacés (( décapodes », c’est-à-dire ayant 10 pattes, groupe qui comprend toutes les « grosses espèces » de nos côtes : les Crabes, les Homards, les Bernard-rilermite. La première partie en est réservée au mode de vie de ces crustacés, à leur « éthologie », comme on dit aujourd’hui; nous allons la résumer brièvement en ce qui concerne les espèces les plus familières.
- Les Homards, comme la plupart des animaux qui marchent sur le fond de la mer, recherchent les abris que présente ce fond; dans les régions rocheuses, ils se réfugient dans les anfractuosités des roches profondes; lorsque le fond est sableux, ils s’y creusent des trous et des cavités, parfois de véritables terriers à lapins. Ils vivent en ermites, manifestant les uns à l’égard des autres une grande méfiance; parfois ils se livrent entre eux à des combats acharnés; mais, le plus souvent, ils emploient leurs fortes pinces pour se défendre contre les animaux qui les menacent, ou pour attaquer ceux dont ils se nourrissent. Ainsi, quand ils sont dans leurs trous, ils saisissent, avec les pinces de la deuxième paire, les petits poissons qui viennent à passer et les dévorent tout vivants. Quand on examine un Homard dans un bac d’aquarium, on constate qu’il agite presque incessamment ses palpes buccaux en forme de plumes, et aussi les antennules, qui sont immédiatement au-dessous du rostre; les poissons de petite taille qui nagent dans le voisinage sont manifestement attirés par ces pièces colorées en mouvement; il y a là un appât pour les proies, appât dont se servent d’ailleurs beaucoup d’autres Crustacés. Quant aux longues antennes, elles se balancent et ne semblent pas très sensibles aux attouchements, bien qu’on les considère comme des organes de tact.
- Les Nephrops sont très voisins des homards; ils marchent et respirent comme eux; on les rencontre, par exemple, dans les plaines sableuses du bassin d’Arcachon, par 50 brasses de profondeur. M. Bohn a observé comment ils s’habillent avec du sable. Les pattes de la 4e paire vont et viennent, recueillant dans la concavité des pattes-mâchoires une sécrétion visqueuse qui sert à agglutiner le sable, et appliquent le ciment ainsi formé à la surface de la carapace en partie poilue. Les pinces des Nephrops présentent des dents d’un blanc éclatant qui font saillie au-dessus du revêtement de sable, ressemblant à de petits cailloux, et même des taches rouges, non recouvertes par le sable, et qui servent évidemment d’appàts.
- Les Callianasses vivent dans le sable où elles creusent des galeries. Voici comment se fait cette opération : les pattes-mâchoires, qui sécrètent la substance visqueuse agglutinant le sable, contribuent avec les pattes thoraciques à cette double opération ; celles de la première et de la deuxième paire fouissent le sable qui s’accumule dans une sorte d’auge formée par les pattes-mâchoires externes, et où il se convertit en ciment ; les pattes de la troisième paire sont transformées en véritables truelles ;
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- les pattes postérieures fonctionnent comme balais. Quand le travail est terminé, la Callianasse se trouve dans un tube dont les parois intérieures sont revêtues de ciment ; l’eau filtre à travers ces parois comme à travers une bougie Cbamberland, à tel point que, lorsque le sable est accidentellement vaseux, le contenu reste limpide. L’eau est d’ailleurs renouvelée fréquemment par suite des battements des pattes abdominales qui déterminent des chasses d’eau en arrière et la progression de l’animal en avant.
- Les Pagures, ou Bernard-l’Hermilc, vivent dans des coquillles vides de mollusques gastéropodes. Chez eux, on trouve toutes les couleurs de l’arc-cn-ciel quelquefois réunies sur le même individu. Le CUbanarius misan-Ihropus est le plus remarquable à cet égard; il présente le violet, le bleu, le vert, le jaune, l’orangé, le rouge, plus le noir, le brun et le blanc. Les parties qui sortent habituellement de la coquille sont d’un vert olivâtre souvent nuancé de violet ; les pattes antérieures sont tachées de blanc, et le rouge se montre sur les pattes-mâchoires. Les Pagures de petite taille sont extrêmement bigarrés et ce sont les couleurs les moins réfrangiblcs du spectre qui prédominent : le violet, le bleu et le vert. Chez d’autres Pagures, de plus grande taille en général et d’une teinte plus uniforme, ce sont, au contraire, les couleurs de la seconde partie du spectre qui l’emportent : le jaune, l’orangé, le rouge. L’orangé est la couleur dominante. H faut remarquer que les teintes bigarrées où domine le vert se rencontrent chez les Pagures très actifs de la zone littorale, et que le rouge est, en général, l'apanage des foi’mes sédentaires des eaux profondes.
- Les petits Pagures littoraux semblent peu s’inquiéter du choix de l’abri ; ils pénètrent dans les coquilles les plus diverses, suivant les hasards des rencontres. Pour cette opération, les yeux ne jouent qu’un rôle très secondaire ; ceux que l’on prive expérimentalement de leurs yeux continuent à vivre parfaitement dans les aquariums et ne mettent pas plus de temps que les autres à pénétrer dans les coquilles vides. Ce sont les pattes, surtout celles de la deuxième et troisième paires, dont la sensibilité tactile est très grande, qui reconnaissent les coquilles et leurs ouvertures. Dès que la reconnaissance est faite, l’animal évolue de manière à donner à son corps une position telle que l’abdomen y puisse pénétrer. Ils emploient leur activité à se déplacer et à se nettoyer.
- Les Pagures sont des visuels et des émotifs. Ils sont très sociables; on les trouve souvent réunis en nombre considérable; dans les aquariums, ils se livrent des combats, mais ceux-ci sont rarement mortels, et on peut les comparer plutôt à des jeux. Ils utilisent leurs livrées brillantes pour attirer les proies.
- Les Porcellanes vivent dans la zone littorale et se cachent sous les pierres. Elles se déplacent lentement quand on soulève les roches; elles sont très sensibles à l’action directe des rayons solaires, qui produisent au bout de quelques minutes une sorte d’engourdissement de l’animal. Ces animaux semblent pouvoir supporter, dans une immobilité complète et à l’obscurité, l’influence de la sécheresse : au bout de huit jours de dessiccation, elles peuvent pincer violemment, quand on essaye de les prendre.
- Certains Crabes sont nageurs : les plus connus sont les Portunes et les Carcins. Chez les premiers on trouve une tendance marquée à émigrer dans les profondeurs; beaucoup recherchent les fonds où ils peuvent s’enfouir, momentanément du moins. Ce sont de faibles nageurs. Les Carcins ou Crabes enragés sont aussi migrateurs. Ils marchent le plus souvent sur les fonds littoraux, et ils s’en-
- fouissent facilement là ou ils rencontrent du sable, du gravier ou de la vase; ils ne laissent apparaître qu’une partie du front, triangulaire ou ellipsoïdale, qui se détache en blanc ou en noir sur le reste de la carapace, simulant un caillou blanc ou noir sur le sable ; il y a là un fait de mimétisme protecteur des plus remarquables. L’enfouissement est un acte de défense, souvent effectué avec une grande facilité, surtout par les jeunes; dans certains milieux, il est la règle ; toutefois, le Crabe ne peut rester indéfiniment enfoui ; le soir en particulier il se dresse au-dessus de la vase par suite d’une disposition spéciale des pattes. A Arcachon, où les fonds sableux favorisent la vie fouisseuse, on observe un enfouissement estival; dans la dune du phare, plaine vaso-sableuse recouverte par l’eau des grandes marées, ils creusent, pendant les mois les plus chauds, des terriers, d’où ils ne sortent que la nuit; mais, dès septembre, ils commencent à les quitter, et, plus tard, ils vont gagner en bandes les fonds des chenaux ou les bordures des zostères; et c’est là qu’a lieu l’enfouissement hibernal bien connu.
- Parmi les Crabes littoraux, il convient de. citer les Gra-psidés. (( Le Grapse mélangé est un des décapodes sur lesquels un observateur patient pourrait étudier avec le plus d’exactitude les moeurs de ces animaux. Faibles et timides, ils cessent leurs courses, leurs jeux ou leurs combats, aussitôt qu’ils ont à redouter le moindre danger : ils s’arrêtent en fixant l’objet de leur crainte et ne tardent pas à se rassurer et à reprendre leurs exercices si on ne les inquiète pas, ou bien, dans le cas contraire, ils fuient avec vitesse au moindre mouvement que l’on fait pour les saisir. 11 est vraiment digne de la curiosité d’un naturaliste d’étudier les combinaisons que cet animal emploie pour se soustraire à son ennemi, quand il est poursuivi dans une de ces laisses d’eau séparées de la mer, telle qu’il s’en trouve sur nos rivages : il semble calculer ses démarches, il court dans un sens, revient, s’arrête, et, s’il rencontre quelque fente de rocher pour s’y placer, il menace de ses pinces, et ne fuit que quand il est assuré d’échapper au danger. Le Grapse mélangé abandonne plusieurs fois le jour sa demeure aquatique pour se promener au soleil. Il rôde pendant la nuit pour chercher les corps morts rejetés par les flots. La femelle, qui a des couleurs plus ternes, pond plusieurs fois l’année, chaque fois 4 à 500 petits œufs; alors elle se tient sous les pierres. )) (Risso.)
- Quand un Crabe est attaqué par des parasites, sa respiration est profondément modifiée ; son activité s’en ressent profondément; les mouvements deviennent plus lents; la croissance et les mues sont arrêtées; et sur la carapace qui se recouvre plus ou moins d’organismes fixes, le Crabe éprouve souvent le besoin de planter des algues. M. Giard a signalé depuis longtemps la curieuse habitude qu’ont les Portumnus varieejatus, porteurs d’un Entonis-cien, de placer une touffe d’algue sur le point le plus convexe de la carapace; M. Bohn a remarqué que les Carcins, porteurs d’un parasite appelé sacculine, se comportent de même ; mais l’habillement par les algues est la règle chez les Pachijyrapsus marmoratus attaqué par la sacculine ; dans les calangues rocheuses de la côte de-Provence, les Grapses vivent au milieu des ulves, et c’est toujours avec ces algues, et jamais avec des algues rouges, qu’ils s’habillent; parfois toute la carapace est dissimulée sous des algues vertes et des bryozoaires ; ceux-ci sont fixés aux poils qui garnissent les pattes et même sur la carapace. Henri Coupin.
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- LE PILVRE DE L’ILE TIERGE
- Depuis la plus haute phares a toujours été considérée comme une des plus importantes dans la vie des nations. Ces points lumineux sont, en effet, la sauvegarde des navigateurs : ils montrent le chemin des ports et indiquent les écueils dangereux ; aussi ont-ils été constamment le sujet de la préoccupation des ingénieurs et, aujourd’hui encore, il ne se passe peut-être pas d’année sans qu’un perfectionnement nouveau ne soit apporté à leur établissement.
- On sait que tous les nouveaux systèmes construits dernièrement sont établis d’après le principe des « feux-éclairs » qui permettent de lancer dans l’espace des faisceaux lumineux très intenses pendant un temps très court. Il existe un code que les capitaines possèdent toujours à bord qui les aide à reconnaître immédiatement le point où ils se trouvent, d’après la durée des éclipses de chaque phare et d’après la couleur de la lumière.
- Ce procédé des feux-éclairs présente,surl’ancien système des éclats réguliers ou séparés par de courts intervalles, l’avantage considérable de réduire le nombre des panneaux d’optique et par là d’augmenter la puissance de chacun d’
- antiquité, la question des
- ment, récemment adopté pour l’éclairage des phares,
- a été l’emploi de l’incandescence d’un manchon Àuër obtenue en volatilisant sous pression de l'huile de pétrole; cette vapeur minérale est produite par la chaleur perdue du brûleur. Ce système a l’avantage très sensible de produire une lumière extrêmement forte, sans avoir recours aux dispendieuses installations électriques uniquement employées auparavant. 11 est certain que l’incandescence ne remplace pas l’arc voltaïque dans toutes ses applications ; aucune source de lumière artificielle ne peut donner l’éclat intense du courant électrique, mais en bien des circonstances elle peut lui être substituée avec profit ; c’est le cas où, comme à l’ile Vierge, le phare est couvert par une autre unité plus importante.
- Le phare de l’ile Vierge, près d ’ Àlbertvrac’h , qui a été allumé pour la première fois le 1er mars, est particulièrement intéressant; il est le plus élevé de tous les monuments de ce genre. Son plan focal est à 75 mètres du sol. Jusqu’ici les phares les plus hauts étaient le fameux phare de Gênes, construit au seizième siècle et dont le plan focal est à 70 mètres
- Plan du phare de Pile Vierge. de hauteur> et
- eux. Un autre perfectionne- j celui de Barfleur-Gatteville construit en 1835, pour
- Fie. 1 et 2.— Phare de l’ile Vierge. Vue”d’ensemble et coupe longitudinale.
- Fig.
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- lequel l’axe du foyer lumineux est élevé de 71 mètres. Toutefois ces phares ne sont pas les tours en pierre les plus élevées du globe, ils laissent loin derrière eux la fameuse obélisque de Washington dont la pointe extrême atteint 169 mètres de hauteur.
- Le construction du phare de File Vierge fut commencée en 1897. Il a été installé dans le but de remplacer un ancien feu de troisième ordre établi en 1845 sur cet îlot.
- Le n’est pourtant pas une unité de premier ordre; il se trouve, en effet, dépassé par le feu de premier ordre dressé à Oues-sant. Il est constitué par 2 systèmes de lentilles identiques enveloppant 2 brûleurs à incandescence envoyant des rayons parallèles se confondant et pouvant fournir chacun un faisceau d’une puissance lumineuse correspondant à 30000 carcels. L’éclat total du phare est donc de 60 000 carcels.
- La tour qui porte le phare de l’îleYierge repose sur un sol granitique très résistant ; elle présente une forme tronconi-que dont la base offre une section circulaire de 16 mètres de diamètre. Comme on peut le voir sur la gravure qui accompagne ces lignes (fig. I), au-dessus du piédestal formé d’assises superposées et saillantes, se trouve le fût proprement dit qui supporte l’entablement
- sur lequel est établie la niche contenant les appareils et sur la coupole de laquelle un paratonnerre dresse sa pointe. La hauteur totale de l’édifice dépasse 82 mètres. Complétons ces chiffres en donnant des renseignements sur l’épaisseur de la maçonnerie : elle est de 4m,20 à la base du monument; pour le fût elle va en diminuant à partir de 3 mètres pour n’être plus qu’un mètre sous l’entablement supérieur.
- Les moellons granitiques, qui ont servi à la construction de la tour, ont été pris dans l’îlot même
- Fig. 1. — Détail de l’optique et du mécanisme du phare.
- sur lequel cette dernière s’élève; les revêtements extérieurs sont constitués par de la pierre de taille de Kersauton provenant des carrières de Logona. Il importait particulièrement de trouver le moyen d’éviter l’action de l'humidité dans la tour ; à cet effet on a dressé, à l’intérieur du monument, un revêtement de briques isolé de la maçonnerie par un certain vide formant matelas d’air et en recouvrant la surface interne de cette chemise de briques avec des plaques d’opaline laminées.
- Toutes les garanties que peuvent donner le calcul et la bonne qualité des matériaux ont été requises et il est certain que le monument est d’une solidité qui défiera les siècles. D’ailleurs, les noms de MM. Bourdelles, Considères, Pigeaud, Ribière et de Joly, qui ont étudié le projet et conduit les travaux, sont un gage qu’il était impossible de mieux faire.
- L’appareil éclairant est composé de deux optiques jumelles constituées chacune d’un brûleur et de quatre lentilles à facettes de 5m,55 de hauteur et de 0,70 de foyer; elles sont absolument solidaires l’une de l’autre et sont portées sur une même embase qui pivote autour d’un axe vertical et dont la stabilité a été obtenue en faisant plonger le support dans un bain annulaire de mercure. Grâce à cette disposition, le système est toujours vertical et peut tourner avec le minimum de frottement. Un mouvement d’horlogerie imprime à l’embase une rotation constante à raison de 20 secondes par tour, malgré le poids de 9630 kg du système mobile. Ce mouvement d’horlogerie est provoqué par une masse pesante de 100 kg qui descend re 8 mètres à l’heure.
- Afin de permettre la visite des appareils et leur nettoyage, l’axe de sustenlion de l’embase a été
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- disposé en forme de vis (fig. 4) ; il suffit de faire tourner cet axe, pour que l’ensemble du système descende dans la chambre inférieure. Toutefois un double jeu d’échelles solidaires de la portion tournante permet l’accès, même en marche, à l’intérieur des deux optiques.
- Les deux brûleurs, qui ont été étudiés spécialement pour le phare que nous décrivons, sont constitués par de larges manchons Auër alimentés par de la vapeur d’huile de pétrole sous pression ; ils peuvent cependant être remplacés par des lampes à huile de secours, à niveau constant, avec becs à trois mèches. Sur la figure 4, ce sont ces brûleurs à huile qui sont représentés. Us sont surmontés de fumivores qui entraînent les produits de la combustion vers la partie la plus extrême du campanile.
- Le phare de l’île Vierge a coûté 21)0000 francs, auxquels il faut ajouter 112000 francs pour le prix des appareils d’éclairage et des accessoires.
- A. DA Ccnua.
- TMINS A DEUX AUTOMOTRICES
- DU MÉTROPOLITAIN DE PARIS
- Tout en procédant avec activité à la construction des nouvelles lignes dont elle a obtenu la concession et dont elle prépare l’exploitation sur les mêmes bases que pour la ligne Yincennes-Porte Maillot, la Société du Métropolitain de Paris apporte d’ores et déjà, à l’exploitation de cette première ligne, des améliorations qui promettent d’être aussi profitables au public qu’à la Compagnie elle-même. On sait que l’accueil fait au Métropolitain par le public parisien a dépassé dès le début toutes les prévisions : c’est à 8 millions que se chiffrent les recettes pour la première année d’exploitation, ce qui représente une moyenne, fort élevée déjà, de 22 000 francs par jour. Ces recettes étaient destinées à s’élever encore à mesure que la Compagnie développerait les ressources dont dispose son exploitation pour faire face aux exigences croissantes du trafic. Les intéressés l’ont fort bien compris, et l’effet immédiat de la première mesure prise a offert l’éclatante démonstration de ce qui précède et la ratification méritée d’un succès qui ne sera pas le dernier.
- La mesure heureuse à laquelle nous venons de faire allusion réalise une augmentation notable de la capacité des trains en service sur la ligne Vincennes-Porte Maillot, et nous avions en vue déjà l’étude de cette transformation quand nous avons signalé, au cours d’une étude consacrée aux trains Thomson-Houston à unités multiples1, qu’une solution particulière de la commande des trains à plusieurs automotrices allait être mise en application au Métropolitain de Paris. C’est encore la Compagnie Française Thomson-Houston qui a réalisé l’amélioration demandée par la Compagnie du Métropolitain, et bien accueillie du public, puisque les recettes moyennes ont passé de ce fait de 22 000 francs à 28 000 francs par jour. On a dit que la capacité des trains du Métropolitain n’était limitée que par le degré de compressibilité des voyageurs; cette appréciation est évidemment exagérée, et on peut admettre que les capacités des anciens et des nouveaux trains sont dans les conditions comparatives suivantes. Les premiers trains comportaient 4 ou 5 voitures de
- 1 Voy. n° 1485, du 9 novembre 1901, p. 576.
- 50 places, soit un total de 200 voyageurs par train.
- Les nouveaux se composent de 7 voitures de 50 à 55 places, et admettent, par conséquent, un total de 550 voyageurs par train; 2 des voitures sont motrices, munies de 2 moteurs Thomson-Houston de 140 chevaux, et peuvent se placer à chaque bout du train ou l’une en tète, l’autre au milieu. La première disposition présente l’avantage de la symétrie, surtout appréciable dans un service de navette sans usage de boucles terminales.
- La seconde offre l’avantage, en cas d’extension à 8 du nombre de voitures d’un train, chiffre compatible avec la puissance des équipements électriques, de réaliser une répartition de l’effort moteur plus favorable que la première et n’entraînant aucun effet de compression dans le train. Les deux dispositions ont donné des résultats satisfaisants, mais c’est de la première qu’il est fait le plus souvent usage. Chacune des deux voitures motrices est à adhérence totale, c’est-à-dire que chacun de ses deux essieux porte un moteur de 140 chevaux.
- Les 4 moteurs étant ainsi répartis sur 2 automotrices, on peut faire à volonté un train lourd ou 2 trains légers, selon la nature du trafic et de l’exploitation choisie pour y satisfaire. Malheureusement l’exploitation ne permet pas, comme aux Métropolitains de Boston et de .New-York, l’écoulement d’une multitude de trains légers à intervalles de temps très réduits. Ce sont presque toujours les trains lourds qui font le service, et on n’use presque pas de la faculté de les décomposer en trains légers plus rapprochés. Quoi qu’il en soit, cette faculté demeure entière, ainsi que nous venons de le dire, grâce au système de commande réalisé par la Compagnie Française Thomson-Houston et déjà éprouvé par un service satisfaisant de plusieurs mois.
- Le principe de ce système est le suivant : Veut-on faire un train léger ou se servir d’une seule automotrice? On réalise les combinaisons série parallèle entre les 2 moteurs de l’équipement. Veut-on, au contraire, utiliser les 2 automotrices? On fait les combinaisons série parallèle avec les deux groupes de 2 moteurs. Les 2 moteurs de chaque groupe, c’est-à-dire de chaque équipement, sont alors réunis en parallèle par une connexion permanente, et les combinaisons série parallèle sont faites entre les deux groupes ainsi constitués, comme si ces groupes de 2 moteurs solidaires n’en composaient qu’un seul.
- Dans la combinaison série l’entrée du second groupe est reliée à la sortie du premier, et la sortie du second groupe est à la terre. Dans la combinaison parallèle l’entrée du second groupe est reliée à l’entrée du premier, et leurs sorties se font à la terre. La sortie du second groupe est donc mise en permanence à la terre au châssis de la voiture, et un seul câble est nécessaire pour effectuer successivement les combinaisons série et parallèle.
- L’inversion de marche du train lourd exigerait de plus l’adjonction de gros câbles permettant d’inverser les induits, si cette inversion se faisait par commande directe, c’est-à-dire sans servo-moteur. Mais pour l’effectuer sans gros câble, il a suffi à la Compagnie Thomson-Houston de faire usage d’un inverseur automatique analogue à celui de ses équipements à unités multiples. Les deux fils fins de cet inverseur complètent ainsi l’équipement, qui ne nécessite qu’un seul gros câble et deux fils fins dans la longueur du train. Bien entendu l’éclairage et le chauffage électrique des voitures peut être assuré par de petits fils aboutissant aux mêmes coupleurs ; 7 trains lourds à 2 automotrices sont déjà en service, et alternent avec les trains légers primitivement en service au Métropolitain.
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- Il reste à souhaiter, pour le public et la Compagnie exploitante, la réalisation d’un progrès qui sera plus sensible et plus efficace encore que celui de l’augmentation de capacité des trains : celle-ci a d’ailleurs été poussée à la limite permise par la longueur des quais, et on n’en constate pas moins l’insuffisance à certaines heures de la journée. Il reste à augmenter le nombre des départs, et nous espérons que les difficultés qui s’v opposent seront un jour définitivement écartées.
- L’exploitation a pu faire face, le dimanche 2 mars et le jeudi suivant, à une affluence de trafic exceptionnellement considérable : les recettes se sont élevées à 45 et 47 500 francs. A. B.
- LES POISSONS MOMIFIÉS DE L’ÉGYPTE
- Les anciens Egyptiens honoraient un grand nombre de divinités. Ils avaient notamment une vénération particulière pour un superbe poisson de la famille des l'ercoïdes, le Lates Niloiicus. Ce poisson sacré habite encore en quantités considérables les eaux du Nil dans la haute et la moyenne Egypte. Certaines villes, entre autres Esnèlt, vouaient un culte spécial à cette espèce ; aussi cette cité célèbre et très populeuse dans l’antiquité avait-elle reçu, depuis l’occupation gréco-romaine, le nom de Latopolis. Les habitants honoraient comme une divinité de premier ordre non seulement le poisson vivant, mais encore par d’ingénieux procédés de momification, ils s’efforcaient de le préserver de toute destruction. MM. Lortet et Ilugou-nenq ont étudié récemment ces singuliers poissons momifiés. M. Maspero, directeur des Antiquités Égyptiennes, a fait exécuter des fouilles à leur intention dans les environs d’Esnèh, et leur a procuré en bon état un certain nombre de Lates momifiés. Le résultat des recherches de MM. Lortet et Ilugounenq a été transmis récemment à l’Académie des sciences, et nous croyons intéressant de puiser dans leur communication les renseignements qui suivent.
- Ces poissons momifiés ont été ensevelis en quantités prodigieuses à une petite profondeur dans la plaine sablonneuse qui s’étend à l’ouest de la ville, jusqu’aux premiers contreforts de la chaîne Libyque. Toutefois les poissons sacrés se rencontrent aussi en grand nombre dans la nécropole humaine de la dernière époque ptolémaïque et de l'époque romaine.
- Ces animaux ainsi réduits à l’état de momie sont entourés soigneusement de bandelettes de lin teintes en jaune clair par le contact du liquide conservateur. Ils présentent toutes les tailles depuis quelques centimètres jusqu’à un mètre et demi de longueur et même plus. On rencontre aussi, à côté des poissons adultes, de singulières sphères de la grosseur des deux poings environ, formées de joncs entrelacés à des fragments de bandelettes de linge. Ces sphères sont creusées et renferment chacune plusieurs centaines d’alevins de Lates venant à peine de sortir de l’œuf et longs seulement de quelques millimètres. Certaines de ces pelotes ne renfermeront que de grandes écailles de Lates adultes. Ce sont, peut-être, les offrandes de malheureux solliciteurs de la divinité n’ayant pu se procurer les animaux nécessaires à leur acte de dévotion.
- Tous ces poissons, petits et grands, sont admirablement conservés. Beaucoup même, quand ils ont été nettoyés de la vase sacrée dans laquelle ils ont été plongés, semblent presque sortir de l’eau; les écailles présentent encore tout leur éclat et bien souvent même leurs vives couleurs. Quelquefois le globe de l’œil, absolument intact,
- laisse voir à l’intérieur le reflet doré et argenté de la membrane iridienne. Tous les individus d’une taille un peu considérable montrent sur un fies flancs une section longitudinale destinée à laisser pénétrer, à l’intérieur de la section abdominale, la saumure dans laquelle on devait les plonger.
- Quelle était la composition chimique du liquide conservateur des poissons sacrés? Ce liquide était très actif puisqu’il a préservé ces poissons de toute atteinte pendant tant de siècles. Et l’on sait si le poisson est putrescible. Les Égyptiens ne se sont jamais servis de leur préparation à l’asphalte pour conserver ces animaux, tandis qu’au contraire le bitume joue toujours le plus grand rôle dans la momification de l’homme et des autres vertébrés.
- Les analyses faites par M. Ilugounenq ont appris que les poissons subissent tout simplement une macération plus ou moins prolongée dans les eaux fortement saumâtres des lacs de natron situés dans différentes parties de l’Égypte ; puis qu’ils étaient ensuite entourés d’une couche de vase chargée de substances salées, maintenue par un bandage habilement appliqué. Par suite de la sécheresse de l’air et de l’action protectrice d’un sable sec chaud et presque toujours fortement salé, ces momies se sont si bien conservées, pendant vingt-cinq siècles au moins, que quelques-unes d’entre elles paraissent contenir encore presque autant de matières animales que certaines morues qui sont débitées sur nos marchés.
- Dans les profonds bassins formés par la première cataracte, le Lates niloiicus atteint une taille considérable. MM. Lortet et Ilugounenq en ont vu pêcher prè's d’As-souan des individus ayant plus de 2 mètres de longueur. Aucune différence morphologique ne les distingue de ceux qui étaient capturés par les anciens pêcheurs d’Esnèh. Tels ils-étaient il y a deux mille cinq cents ans, tels ils sont restés.
- D’après la compositions chimique des poissons sacrés, extrêmement riche en sels minéraux (55 pour 100), M. Ilugounenq conclut que, pour assurer la conservation si parfaite de ces animaux, les Égyptiens les enroulaient dans un mélange d’argile et de sable imprégnés d’une forte proportion de sels alcalins et particulièrement de chlorure de sodium. Cette terre, naturellement salée, provenait vraisemblablement des lacs salés ou lacs de natron qui, desséchés sur leurs bords, produisent le sable argileux chargé de sels. Ce sont ces derniers qui, avec l’aide d’un climat sec, ont assuré, pendant une si longue période, la conservation si remarquable des poissons. J.-F. G.
- DESTRUCTION DES TOXINES
- On doit à Mlle Sieber, qui remplace actuellement à l’Université de Saint-Pétersbourg le regretté professeur Nencki, d’intéressantes expériences sur la destruction des toxines. Le bioxyde de calcium détruit notamment les toxines diphtériques et tétaniques et un glucoside végétal, YAbrine. Il suffit d’un demi-gramme de bioxyde de calcium pour neutraliser en dix minutes jusqu’à 1000 doses mortelles de toxines diphtériques et tétaniques et une dose vingt fois mortelle d’abrine. Les oxydases d’origine animale ou végétale neutralisent aussi les toxines, mais n’exercent pas d’action sur l’abrine. Les oxydases jouissent d’un pouvoir neutralisant non seulement in vitro, mais chez l’animal auquel on injecte le mélange d’oxydase et de toxine. A. F.
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- LA NA ITRE.
- HOMMAGE A M. ALBERT GAUDRY
- Dimanche dernier, 9 mars, les élèves, les amis, les admirateurs de M. Albert Gaudry offraient, à l’occasion de son cinquantenaire scientifique, une médaille à l’éminent paléontologiste, honoré de ses confrères du monde entier, aimé de tous ceux qui l’ont approché, des plus savants comme des plus humbles.
- C’est au Muséum que M. Albert (iaudry, a, sans vieillir, pendant de nombreuses années, étudiant, aide-naturaliste, puis professeur, accumulé les découvertes, évoqué les mondes disparus et montré d’une façon éclatante, mais non sans luttes contre les derniers partisans de la fixité des espèces et des multiples révolutions du globe,
- « que les espèces fossiles n’ont pas été des entités immuables, isolées, mais de simples phases de développement de types qui poursuivent leur évolution dans l’immensité des âges » et « qu’il y a, dans la nature, quelque chose de plus magnifique que la variété apparente des formes, c’est l’unité qui les relie ».
- C’est au Muséum aussi, dans la bibliothèque de son laboratoire, ornée de plantes, de trophées, brillamment transformée pour un jour en salle de fête, d’où la vue embrassait la galerie de Paléontologie qu’il a créée, que le savant éminent et bienveillant, entouré de ses collègues de l’Institut et du Muséum, a reçu, comme un témoignage d’affectueuse admiration, l’œuvre du graveur Yernon.
- M. Edmond Perrier, directeur du Muséum, en rappelant les souvenirs et les luttes qui illustrèrent cette glorieuse maison, a montré l’essor que M. Gaudry y a donné à la chaire de Paléontologie. « L’atmosphère est ici, comme dans les temples antiques, toute frissonnante encore de la gloire des dieux ; notre sol est pe'tri de découvertes ; quand bruissent parmi nos cèdres, aux heures apaisées de la nuit, les murmures mystérieux et changeants de la brise qui passe, ce sont les strophes grandioses de Ruffon, les fières et majestueuses périodes de Cuvier, les poétiques idylles de Bernardin de Saint-Pierre, qu’ils éveillent en nos souvenirs, où résonnent encore les voix éloquentes et loyales de Quatrefages et de Claude Ber-
- nard ; quand arrive jusqu’à nous la rumeur des batailles philosophiques, cesontlesnomsdeLamarck, des Geoffroy Saint-llilaire, des Edwards qui scintillent dans le cliquetis des arguments, et sur le Walhall écroulé des anciennes légendes se dressent triomphantes les infrangibles découvertes de cette paléontologie née ici même, au début de l’autre siècle et qui est si rapidement devenue la prestigieuse évocatrice des mondes disparus. »
- « Vous rêviez de réunir dans une même enceinte toutes les formes animales antérieures au monde actuel, de les présenter dans l’ordre même où elles se sont montrées, de manière à faire apparaître à tous les yeux leur libation si longtemps contestée. Les voilà, dans ce magnifique palais, toutes rassemblées devant vous, ces créatures des âges passés, de l’humble trilobite , roi des temps siluriens, au gigantesque mammouth qui vit dompter par l’homme les premiers chevaux; les voilà, illustrant, grâce à vous, cet hymne immense de la vie dont nous commençons à peine à entrevoir la splendeur. » M. Marcellin Boule, assistant de Paléontologie, organisateur de cette fête en l’honneur de son savant maître, a retracé les résultats les plus importants des travaux de M. Albert Gaudry. 11 a montré ses efforts persévérants pour faire de la Paléontologie une science autonome ayant sa méthode et son but, distincte de la zoologie et de la géologie qui lui ont donné naissance. « Vous avez fourni, a-t-il dit, à la doctrine de l’évolution sa base la plus solide et cela presque au moment où Darwin publiait son livre sur l’origine des espèces. Je ne crois pas diminuer l’œuvre de l’illustre savant anglais en disant que la doctrine a été créée au Jardin des Plantes par Lamarck; c’est au Jardin des Plantes qu’au moment même où elle nous revenait d’outre-mer, vous lui apportiez le précieux concours de l’argument paléontologique. Grâce à vous, la doctrine est deux fois française. »
- « Vous avez pu retrouver des généalogies perdues depuis des milliers de siècles et, à la nature inerte, composée de formes immuables, vous avez substitué
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- LA NATl'IlK.
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- une nature animée, toujours en travail. Avant vous, la Paléontologie était la science de la mort, avec vous elle devient la science de la vie ! »
- Après avoir rappelé les recherches de M. Gaudry, sur les animaux fossiles de l'Al tique, ses fouilles à Pikermi et au mont Leberon, ses travaux sur les reptiles du Permien d'Autun, la publication des Matériaux pour /'histoire des temps quaternaires, M. houle a montré la part qui revient à M. Gaudry dans la découverte de l’homme fossile ; il fut réellement l’un des fondateurs de l’archéologie préhistorique. En 1859, les découvertes de Boucher de Perthes rencontraient peu de crédit, on craignait une supercherie des ouvriers; M. Gaudry partit pour Saint-Àcheul et là, avec des précautions minutieuses pour éviter toute cause d’erreur, il parvint à mettre à nu et à retirer neuf haches avec des dents d’animaux incontestablement fossiles ; le 50 octobre 1859, ces haches furent déposées sur le bureau de l’Académie des sciences, l’authenticité des découvertes de silex taillés par l’homme, dans les assises les plus anciennes du quaternaire, était établie sans aucun doute.
- Les Enchaînements du monde animal, synthèse et couronnement de tous ses travaux, occupent, dans l’œuvre de M. Gaudry, une place prépondérante. « Vous ne saurez jamais assez, mon très cher maître, a dit M. Boule, combien
- grande a été l’influence que vous avez exercée vers 1880 sur la jeunesse qui fréquentait les amphithéâtres d’histoire naturelle. Vos Enchaînements ont entraîné l’adhésion des naturalistes que les simples vues de l’esprit ou même les arguments tirés de l’anatomie comparée et de l’embryologie n’avaient pas convaincus. Les conclusions n’étaient basées que sur l’étude patiente des faits; c’étaient de vraies preuves que celles que vous apportiez. Elles ont été d’un poids considérable pour le triomphe des idées nouvelles. » M. Boule a retracé brièvement ensuite l’histoire du Musée de paléontologie que tout le monde appelle « la galerie de M. Gaudry » et auquel son nom restera, en effet, éternellement attaché.
- Aux qualités de l’homme de science, du philosophe, M. Gaudry joint celles de l’homme de cœur.
- Fig. 2. — Médaille offerte à M Albert Gaudry. (Face.
- « Nous vous aimons, lui a dit M. Perrier, et nous savons que c'est là votre plus grande joie. Nous vous aimons non pas seulement à cause de vos belles œuvres scientifiques, mais encore et surtout pour les hautes (qualités morales dont vous donnez à tous le bienfaisant exemple » et M. Boule a pu ajouter : « Votre bienveillance est proverbiale. Vous n’avez jamais manqué de faire valoir les mérites de tous les travailleurs que vous appelez si affectueusement vos camarades et qui sont très fiers de ce titre. Le chef-d’œuvre que M. Yernon vient de produire vous dira que vous n’ètes [tas seulement un des savants les plus admirés dans le monde entier, «pie vous êtes encore et surtout un des plus aimés».
- Plus de quarante académies et sociétés françaises ou étrangères avaient tenu à participer à cette fête, les unes en envoyant des délégués qui ont prononcé des allocutions, les autres en faisant parvenir des adresses de félicitation à M. Gaudry, qui déjà en 1900, président du Congrès géologique international à Paris, avait senti autour de lui l’universelle admiration des géologues.
- M. Liard, directeur de l’Enseignement supérieur, après avoir exprimé les regrets du Ministre de l’Instruction publique, empêché au dernier moment de présider cette cérémonie, a salué M. Gaudry au nom du gouvernement. 11 a fait l’éloge du naturaliste. du philosophe, de l’auteur de Y Essai de Paléontologie philosophique.
- M. Gaudry a remercié ses confrères français et étrangers, ses amis, ses collaborateurs. « Je pense aussi, a-t-il dit, que vous désirez apporter un témoignage d’intérêt à la Paléontologie, vous vous êtes souvenus qu’elle a été fondée dans le Jardin des Plantes par Cuvier. C’est là un titre de gloire que nul ne conteste à notre pays. Peut-être aussi vous vous êtes rappelé que, malgré son origine française, elle a eu beaucoup de peine à se faire accepter, et votre noble cœur tient à nous consoler des difficultés que nous avons traversées.
- « La Paléontologie est aujourd’hui presque le contraire de ce qu’elle a été à ses débuts, car elle a du, pour se fonder, prouver qu’il y avait eu des créatures différentes des créatures actuelles; maintenant, au lieu de s’attacher aux dissemblances, elle
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- s’attache surtout aux ressemblances parce <ju’elle s’aperçoit que, malgré leurs changements d’aspect, le monde passé et le monde présent ne font qu’un. Nous découvrons des enchaînements depuis les jours des trilobites jusqu’au temps où l’humanité apparaît. »
- Les élèves, les amis, les admirateurs de M. Albert Gaudry ont emporté un inoubliable souvenir de cette réunion où il fut glorifié comme savant et comme penseur, entouré d’affection comme le plus bienveillant des naturalistes. A. Thevenjn.
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- CHRONIQUE
- lissais «lu télautographe à 1 Hôtel des Téléphones. — M. Ritchie, l’inventeur du télautographe dont nous avons donné la description, il y a quelque temps1, a fait lundi 3 mars, à lTlôtel des Postes, de bien curieuses expériences avec son appareil. Nous avons assisté à cette séance intéressante. I/Àdministration avait mis à la disposition deM. Ritchie, la ligne de Paris à Lyon. Les appareils transmetteur et récepteur, situés devant les spectateurs, étaient reliés l’un à l’autre par une ligne qui passait par Lyon, de sorte que ces deux instruments, physiquement si rapprochés, étaient séparés par une o distance électrique » de 1024 kilomètres. M. Ritchie nous a confié qu’il n’avait jamais opéré jusqu’ici sur une aussi grande distance. On devait donc s’attendre à ce qu’un tel essai, entrepris sans aucun réglage préliminaire, ne donnerait pas de résultats bien concluants. C’est ce qui s’est vérifié. Les mots que M. Ritchie traçait sur le transmetteur se reproduisaient bien et même lisiblement au récepteur, mais les lettres étaient tremblées et visiblement déformées. Selon l’inventeur, ce défaut était dù à des phénomènes d’induction, causés par des lignes télégraphiques voisines de la ligne utilisée. On entendait distinctement, en effet, en branchant un téléphone sur la ligne, le ronron familier de l’appareil Raudot. Après quelques tentatives infructueuses de réglage, M. Ritchie, qui n’avait pas sous la main l’outillage nécessaire, a décidé de remettre son essai à plus tard, afin d’avoir le temps de se procurer ce qui lui manquait. Ajoutons que le télautographe, branché ensuite sur une ligne sans induction de 1500 ohms, se comporta merveilleusement bien.
- Le pays des fourrures. — Le Klondyke est le pays non seulement de l’or, mais encore des fourrures. Dawson City, la capitale de cet Eldorado boréal, exporte chaque année pas moins de 40 000 peaux, valant 1 750 000 fr. Dans ce stock de pelleteries la martre tient la première place avec un contingent de 25 à 5000 peaux. Les différentes variétés d’ours figurent dans le tableau pour 3000, les renardspour 2000, leslynxetles loups pour pareil nombre. Les castors sont encore relativement abondants : 2000; mais le vison ne fournit que 1500 peaux. Combien valent dans leur lieu d’origine ces fourrures que nous payons si cher à Paris? Le rapport du Conseil américain, auquel nous empruntons ces renseignements, est à cet égard très intéressant. En moyenne l’ours ne vaut que de 50 à 125 fr., exception faite seulement pour les exemplaires de très belle qualité, le castor de 21 à 37 fr., la martre vaut de 17 à 62 fr., le rat musqué très abondant sur le dos de nos élégantes, dans ces der-
- 1 Yoy. n° 1454, du 0 avril 1001, p. 208.
- nières années, 10 centimes; par contre le renard noir monte à 1600 fr. ; excellente affaire à ce prix, on le paie, en effet, en France plusieurs milliers de francs.
- Le (*«nimrrre des oignons liretons eu Angleterre. — Une partie de la péninsule armoricaine, surtout du coté de Roscolf, se livre sur une vaste échelle à la culture des oignons, grâce principalement au climat très doux de la région, et ces bulbes particulièrement savoureux sont vendus en Angleterre ; mais il y a pour cela toute une organisation curieuse à exposer. Vers la fin d’aoùt, ou au commencement de septembre, arrivent dans les ports anglais une série de petits voiliers ayant leur plein d’oignons : ils sont affrétés en vrac par les commerçants en oignons, qui s’y sont du reste embarqués en même temps que leurs produits et leurs (( domestiques », c’est-à-dire les aides qu’ils vont employer à la vente. On débarque, puis on s’installe dans une chambre et un magasin, parfois dans une chambre unique et avec tout le chargement odorant. On procède au triage et à la mise en grappes des oignons, dont on forme des tas de 4 kilogrammes environ, les queues étant entrelacées avec des brins de paille. On peut alors commencer la vente. Certains de ces commerçants ont des stalles dans les marchés publics, où ils vendent leurs oignons au poids, un penny ou 10 centimes par livre anglaise de 455 grammes, parfois moins. Mais le plus souvent cette vente se fait par colportage : les colporteurs sont les « domestiques », qui se rendent dans les différents centres, et même dans les toutes petites communes, par groupe de 4 ou 5, poussant une petite charrette à bras chargée de paquets d’oignons. Dès qu’ils ont atteint un lieu de vente, ils se séparent, emportant chacun, aux deux bouts d’un bâton, des paquets d’oignons qu’ils vont vendre de porte en porte : quand ils ont épuisé une première charge, ils vont la renouveler à la charrette, gardée par un jeune apprenti. On rencontre ces « gars » bretons jusque dans les hameaux les plus reculés ; au bout de deux à trois mois, le chargement d’oignons est vendu, et tout le monde revient à Saint-Brieuc ou à Roscoff jusqu’à la saison prochaine.
- La plus belle collection d’œufs d’oiseaux. —
- L’oncle Sam, qui aime tant les records, ne battra sans doute pas John Bull dans cette lutte ornithologique! Le British Muséum de Londres vient, en effet, d’entrer en possession de la remarquable collection d’œufs d’oiseaux que lui a donnée par testament le naturaliste Philip Crowlev, récemment décédé. Ce royal présent augmentera de 15 200 environ le nombre des spécimens analogues du grand établissement scientifique d’outre-Manche. En outre, certaines des pièces léguées sont très rares, témoin les œufs du grand pingouin et du canard bariolé du Labrador, espèces aujourd’hui disparues.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 10 mars 1902.
- Présidence de M. Bo.bqüet de la Gkye.
- Propriétés d'un corps nouveau. — MM. Moissan et Smiles font connaître le mode de préparation et les propriétés d’un nouvel hydrure de silicium. En attaquant le siliciure de magnésium par l’acide chlorhydrique étendu on obtient un mélange d’hydrogène silicié et d’hydrogène. Le gaz est spontanément inflammable. En condensant les produits de la réaction au moyen de l’air liquide, à une température de — 200°, MM. Moissan et Smiles ont obtenu
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- une masse solide qui, par distillation fractionnée, à des températures moins froides, leur ont fourni un gaz et un liquide. Ce liquide est un composé curieux qui prend feu spontanément dans l’air, brûle dans le chlore et décompose une solution de potasse en donnant de l’hydrogène pur et un silicate alcalin. C’est ce corps qui donne à l’hydrogène silicié ordinaire la propriété de s’enflammer au contact de l’air. Il bout à + 52° et se solidifie à — 158°.
- Lci glycosurie concomitante de l'asphyxie. — M. Bouchard résume une Note de MM. Lepine et Ballu relative à l’apparition de la glycosurie dans l’état d'asphyxie. Cette glycosurie est caractérisée par la présence de leucomaïne dans le sang; celle-ci, injectée à des animaux sains, provoque la glycosurie. Par une autre expérience, faite in vitro, les auteurs montrent que si l’on ajoute la leucomaïne à du sang, la destruction du sucre s’opère avec plus de lenteur que dans le verre contenant le sang normal. Ainsi se confirme ce fait que, dans la glycosurie, le sucre provient d’une diminution dons la réduction de cette substance.
- Un nouveau phosphate de soude. — M. A. Gautier présente une Note de M. Joulie signalant la découverte d’un phosphate de soude répondant à la formule P2 O8 Na3 113. L’auteur avait pensé qu’entre le phosphate acide et le phosphate neutre, il pouvait exister un composé intermédiaire. En mélangeant des solutions de ces deux phosphates, puis en évaporant dans le vide jusqu’au moment où la cristallisation commence et en mettant alors le liquide en étuve, on voit dans la masse se former un solide qui est le nouveau sel, lequel n’est peut-être que le produit de la combinaison des deux autres.
- Élections. — M. Winogradsky est élu correspondant de la Section d’économie rurale, en remplacement de M. Dé-montzey.
- Varia. — M. Bonnier dépose uneNote de M. Bauverie, signalant un cas de symbiose d’une hépatique avec un champignon fusarium fegafella. — M. Lippmann analyse un travail de M. Lesage relatif à l’étude de la fermentation lactique par la résistance électrique du lait.
- Cn. DE VlLLEDEUIL.
- LA SCIENCE AU THÉÂTRE
- I,'ENCLUME ET l'oiseau DE SIEGFRIED
- L’Académie nationale de musique continue à monter les œuvres de Richard Wagner et ses machinistes s’ingénient à réaliser à la scène les inventions de la légende allemande, ce qui n’est pas chose facile.
- En général, dans les théâtres qui ont abordé ce genre, on n’est arrivé qu’à être plus ou moins grotesque, à ce point de vue particulier, et l’Opéra de Paris n’apas toujours réussi, non plus que les autres, à éviter l’écueil, ce qui est à peu près impossible.
- Dans Siegfried, la dernière œuvre montée, il s’agit de représenter le combat du héros avec le terrible dragon Fafner qui garde l’anneau du Nibelung. On a donné au monstre une dimension assez considérable sans exagération, mais ses mouvements manquent forcément de naturel, et il serait préférable que le combat se passât un peu plus dans la pénombre.
- La machinerie de ce monstre n’a rien de bien particulier ; des globes électriques forment les yeux, dont les paupières sont mobiles, et des jets de vapeur sortent de la gueule, que fait mouvoir un homme dissimulé dans le corps de l’animal ; d’autres font mouvoir la queue, énorme, qui est du reste montée sur un bâti entièrement séparé et dissimulé aux yeux du spectateur par le corps, qui est vu de face.
- A un moment donné, l’animal se soulève péniblement, puis retombe; mais, nous le répétons, tout cela manque par trop de naturel et nous ne croyons pas intéressant d’insister sur cette partie de la machinerie. C’est à côté, dans des accessoires moins importants, que nous trouvons des applications intéressantes de la science au théâtre.
- C’est d’abord l’enclume qui, bien qu’en bois, et recevant un fer qui n’a pas été au feu, permet de donner l’illusion complète du travail de la forge avec des parcelles de fer enflammées qui volent de tous côtés. Un a eu, bien entendu, recours à l’électricité, et M. de Céris, chef du service électrique delà maison, a imaginé le truc suivant : le dessus de l’enclume est recouvert en A (fig. 1, n° 1) d’un bloc de fonte de o ou 4 centimètres d’épaisseur D (fig. 1, n° 2) dans lequel sont pratiquées des rainures assez larges et assez profondes pour qu’un lil de fer E, d’environ un demi-centimètre de diamètre, puisse y être placé sans toucher la fonte d’aucune part. Ces fils sont tous réunis à chaque extrémité par une traverse métallique T, isolée du bloc de fonte, qui les maintient solidement en place; ils sont disposés de façon à dépasser légèrement la surface du bloc. Cet ensemble est intercalé dans le circuit électrique du théâtre, l’un des pôles arrivant au bloc de fonte, l’autre aux fils. Comme il y a isolement entre ces deux parties de l'appareil, le courant ne passe pas; mais lorsque l’acteur frappe avec son marteau ou son épée, il établit un court circuit entre le bloc et les fils et, aussitôt des étincelles jaillissent, des particules de fer enflammé arrachées aux fils sont même projetées à chaque coup. Le courant doit s'interrompre naturellement, dès qu’on enlève l’objet, marteau ou épée, qui établissait le court circuit; mais comme il est très intense, il s’établit parfois entre les parties isolées de l’enclume un arc qui continue à brûler. Pour éviter cela, un machiniste, placé dans le trou du souffleur, suit la cadence du forgeron et, avec un interrupteur qu’il a sous la main, coupe la canalisation après chaque coup, pour la rétablir aussitôt.
- Cette enclume présente, en outre, la particularité de se diviser cn deux au moment où Siegfried essaie l’excellence du glaive rêvé; l’une des parties, A, reste fixe, tandis que l’autre, B, tombe à terre ; un simple verrou, qu’on a eu soin d’enlever au bon moment, retenait seul les deux parties l’une contre l’autre.
- Dans l’acte suivant, un oiseau doit traverser la scène, et, comme il a un rôle assez important, que l’attention du spectateur est forcément attirée sur lui, il fallait obtenir des mouvements de vol aussi
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- naturels que possible. M. de Céris a pris un oiseau en papier dont les ailes sont mises en mouvement par l’action d'un caoutchouc tordu ; tout le monde connaît ce petit appareil que,sous des noms divers, on vend dans tous les magasins de jouets. Mais, abandonné à lui-même, un tel oiseau aurait une marche assez in-cohérente;afin de la diriger, on l'attache à un fil fin qui traverse la scène et qui est absolument invisible, même pour la meilleure jumelle. L’une des extrémités du fil est enroulée sur un tambour placé d’un coté de la coulisse, tandis que l’autre bout s'enroule sur un petit treuil placé de l’autre coté et mù à une vitesse
- constante par un minuscule moteur électrique. La puissance de celui-ci est telle qu’il suffit d’appuyer avec le doigt sur le tambour qui porte le fil pour
- l’arrêter; mais il se remet en marche aussitôt qu’on cesse de faire frein.
- En laissant l’oiseau descendre par son propre poids, puis en retenant le tambour, pour que le treuil situé à l’extrémité opposée ait le temps d’enrouler du fil, on obtient des mouvements de descente et de montée qui, combinés avec le mouvement des ailes, donne bien l’aspect d’un vol en liberté. Pour ajouter à cette illusion, on a soin de faire passer l’oiseau à trois plans différents et, pour
- Fig'. 1. — Enclume de Siegfried. — 1. Ensemble de l'enclume. 2. Détail de la grille où s’établit la court circuit.
- Fig. 2. — Oiseau de Siegfried. — Ensemble du décor et détail de l'installation du mécanisme.
- cela, il faut en réalité trois installations semblables, une pour .chaque plan; mais, comme les trois maquettes de l’oiseau sont identiques et qu’il n’y en a jamais qu’un seul à la fois visible pour le spectateur, on a l’impression que c’est bien le même qui vole te en tous les points de la scène.
- Ces différents trucs sont en somme très simples,
- et c’est là, à notre avis, leur principal mérite, car au théâtre ce ne sont généralement pas les choses les plus compliquées qui produisent le plus d’effet. J. Chalmarès.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris.
- Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE.
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- LES MÉSANGES OU PARIDÉS
- Fig. 1.
- Mésange charbonnière.
- parfois la forme d’une boule de mousse, fixée à l’enfourchement d’une branche ou dissimulée dans un trou d’arbre ou sous les tuiles d’une masure. Parfois aussi il ressemble à une poire, à une bourse, à un cocon suspendu à l’extrémité d’une branche ou entre deux roseaux. Il est tapissé mollement de bourre de coton ramassée sur les bourgeons de peuplier ou de tremble et présente, assez souvent, une entrée et une sortie. La Mésange pond de 5 à 18 œufs blancs, tachetés de roux, dont le grand diamètre mesure 14 à 18 millimètres, et le petit 10 à 14 millimètres. Elle fait trois couvées par an. C’est donc un oiseau très prolifique.
- Il existe une soixantaine d’espèces de Mésanges, dont une douzaine particulières à l’Europe. Les unes, appelées sylvaines, vivent dans les bois ; les autres, qui portent le nom de riveraines, préfèrent le voisinage des eaux. Les plus communes en France sont la Mésange charbonnière, la Mésange noire, la Mésange nonnette et la Mésange bleue, ou Annonciade de Lorraine. Leur taille ne varie guère, puisqu’elle est comprise seulement entre 10 et 15 centimètres.
- Les mésanges ou Paridés font partie de l’ordre si nombreux des passereaux et forment à elles seules une famille. On les range parmi les conirostres, à cause de leur bec droit, solide et conique. Ce sont des déodac-tyles, parce que le doigt externe du pied est libre et n’est pas rattaché au médian par une membrane. Ces oiseaux sont omnivores ; mais ils se nourrissent plus volontiers d’œufs de papillons, de chenilles et d’insectes que de baies, de fruits, d’amandes ou de viande.
- Le nom de mésange éveille généralement l’idée d’un petit oiseau bleu et noir, très vif, qui tourne autour des branches les plus menues avec une adresse incomparable. Cependant, la robe des Mésanges présente une très grande variété de couleurs. Chez les unes, le dos est bleu ardoise; chez les autres, il est gris, brun et même rouge brique. Le ventre est tantôt blanc, tantôt jaune pâle ou jaune d'or. Les ailes sont grises, bleues ou brunes, rehaussées souvent de bandes d’un blanc vif ou d’un bleu très foncé. Presque toutes les Mésanges ont un collier noir autour de la gorge et une bande de même nuance sous le ventre.
- La longueur du bec est très variable suivant les espèces. Le nid de la Mésange est un petit chef-d’œuvre d’architecture. Il affecte
- Fig. 2
- Mésange noire.
- 30e année. — 1er semestre.
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- LA NATURE.
- Les Mésanges sont d’un caractère difficile. Elles sont querelleuses et bruyantes. Méchantes avec leurs pareilles, elles deviennent intraitables et féroces avec les autres oiseaux, sans distinction de taille. Qu’une chouette, par mégarde, s’abatte près d’une bande de mésanges ; aussitôt c’est la guerre déclarée ! une guerre sans merci, dans laquelle le gros rapace nocturne ne compte ni les coups de bec, ni les plumes perdues. Quant au rouge-gorge qui se fourvoie dans un vol de Mésanges, ce n’est pas quelques plumes qu’on lui enlève, c'est la vie qu’on lui ôte. Lorsque la pauvre bête est morte, il se trouve toujours une mésange sanguinaire pour la saisir entre ses deux pattes, pour la frapper à coups redoublés de son bec puissant, lui ouvrir le crâne et se rassasier de la cervelle mise à nu. Ainsi la voracité de cette bête minuscule la pousse jusqu’au meurtre. Aussi ne faut-il jamais introduire une mésange dans une volière. An contraire des animaux carnassiers, qui vivent presque toujours solitaires, les Mésanges aiment la société de leurs semblables. Elles vivent en troupes nombreuses, par quinze et davantage. On les voit voltiger sous la conduite d’un chef reconnu. Elles jasent et grincent continuellement. Leur cri désagréable a été comparé au bruit de la lime sur l’acier. C’est ce qui a valu le surnom de Serrurier ou de Manzingue à la Mésange charbonnière.
- Pour l’apiculteur, la Mésange est un ennemi redoutable. A défaut de larves ou d’œufs d’insectes, elle se nourrit volontiers d’abeilles. Elle ne se contente pas, comme son cousin le moineau, des insectes morts ; c’est aux vivants qu’elle s’attaque de préférence. Aussi convient-il de l’éloigner du rucher dès qu’elle s’en approche.
- Toutefois, il ne faut pas lui faire de mal ; car les services que la Mésange rend à l'agriculteur, justement à cause de sa voracité, sont bien supérieurs au mal quelle peut faire à l’apiculteur. On a calculé qu’une Mésange bleue, du poids de 12 grammes, absorbe par jour plus de 5000 œufs de papillons, représentant le 1/5 environ de sa nourriture. On a évalué qu’en détruisant les insectes et les œufs dont elle se nourrit, une seule Mésange conserve au cultivateur 4 litres de blé par année. Un couple de ces oiseaux produisant environ 40 jeunes, cela représente à peu près 160 litres de blé épargné. Détruire une seule nichée de 12 Mésanges, c’est jeter en pâture aux insectes malfaisants quelque chose comme 50 litres de blé, valant une douzaine de francs. Chaque Mésange tuéereprésente une perte de 1 franc pour lecultivateur.
- Voilà, je pense, une démonstration suffisante de la nécessité qu’il y aurait, chez nous, à protéger un peu plus les petits oiseaux.
- Qu’on y prenne garde, si des peines très sévères ne sont pas appliquées, il n’y aura bientôt plus de ces utiles auxiliaires de l’agriculture. 11 est à craindre qu’on ne se rende compte du mal fait, par les destructeurs d’oiseaux, que lorsqu'il sera trop tard pour y parer. E Hexriot.
- MÉTR0PH0T0GRAPHIE '
- or
- PHOTOGRAMMÉTRIE *
- Quelques mots sur un art qui, sans être tout à fait nouveau, est encore trop peu connu. Au milieu de tant de découvertes éclatantes, de tant de progrès dans toutes les branches des connaissances humaines ayant les unes une liante portée philosophique, les autres des applications immédiates aux besoins de la vie intensive de notre temps, il n’y a rien d’étonnant à ce que des œuvres d’un ordre plus modeste ou d’une utilité plus restreinte échappent à l’attention générale. Nous parlerons cependant de l'une de celles qui ont été inspirées à leur auteur dans l’espoir de voir utiliser, selon les prévisions d’Arago, la photographie pour l’étude géométrique beaucoup plus rapide, sans cesser d’être exacte, des édifices et du terrain. Il y a maintenant plus d’un demi-siècle que cet auteur, le capitaine (depuis colonel) Laussedat, recourant tout d’abord pour la démonstration de la méthode qu’il proposait, à des images destinées à la chambre claire2 parvenait à restituer les dimensions réelles de monuments et de leurs détails d’architecture, puis à exécuter les plans avec cotes de nivellement de groupes de constructions et du terrain environnant, entre autres ceux de la forteresse du mont Valérien et du fort de Vincennes. Comparés aux plans officiels de ces deux ouvrages levés par les méthodes régulières les plus perfectionnées, ceux du capitaine Laussedat, dessinés à la même échelle, furent trouvés identiques (superposables) dans toutes les parties qu’il avait pu découvrir de deux points de vue différents, convenablement choisis et dont la distance seule avait été mesurée.
- Nous rappellerons le principe bien connu du lever à la planchette. Avec ce très simple instrument qui comporte une alidade au viseur armé d’une règle s’appuyant sur la planchette, après avoir tracé, d’une première station, le long de la règle et sur le papier qui recouvre cette planchette, les directions de points bien reconnaissables du terrain, l’opérateur se transporte à l’un d’eux, qu’il prend à son tour pour station et dont il mesure la distance à la première ; il y oriente sa planchette en dirigeant la ligne, la règle de l’alidade, qui unit les deux stations (dont la distance mesurée a été rapportée sur le papier à une échelle convenablement choisie, 1/1000, 1/2000, 1/5000, etc.) sur la première station, enfin il trace les nouvelles directions des points déjà visés de la première. La rencontre, l’intersection des lignes dirigées de chacune des stations sur les mêmes points du terrain, détermine la position de chacun d’eux en projection horizontale.
- Or, il est aisé de concevoir que cette méthode est fondée sur la perspective conique ou centrale, chaque
- 1 Voy. année 1885, t. II, p. 39, télémétrographe.
- 2 En 1850 et jusque vers 1856, les procédés photographiques . étaient lents et incommodes et les objectifs encore bien imparfaits, d’un champ insuffisant surtout.
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- station étant un véritable point du vue, et (jue les « visées », dirigées sur les points remarquables, se trouvent déterminées avec une grande exactitude et « en nombre indéfini » sur les vues photographiées. 11 suffit donc de se représenter que ces vues sont prises à une distance bien déterminée elle-même, qui est la distance focale de la chambre noire, pour comprendre que les éléments que l’on a ainsi sous la main et que l’on peut « emmagasiner pour les utiliser à loisir » sont au fond les mêmes, beaucoup plus nombreux seulement, que l’on recueille lentement, péniblement, un à un, quand on opère sur place avec la planchette et à l’alidade'.
- A dater des expériences préliminaires, grâce aux progrès sensibles de la photographie, la méthode ne tarda pas à entrer dans la phase de l’utilisation espérée.
- En France d’abord (et il convient de signaler l’active collaboration et même l’initiative personnelle du capitaine depuis commandant Javary), successivement dans les pays voisins et enfin de l’autre côté de l’Atlantique, on est parvenu à des résultats de plus en plus rapides, dans des contrées où tous les autres procédés eussent échoué.
- Nous ne pourrions pas, sans dépasser les limites qui nous sont imposées, énumérer, en les commentant, tous les travaux accomplis en Allemagne ou par des explorateurs allemands en Asie et en Afrique, en Italie, en Autriche-Hongrie, en Suisse, en Russie d’Europe et d’Asie, au Canada, aux États-Unis, dont plusieurs spécimens ont été exposés en 1900 par le colonel Laussedat. Ce que nous pouvons et devons dire cependant, c’est que dans tous ces pays et dans beaucoup d’autres comme l’Espagne, le Portugal, la Roumanie, la Grèce, le Mexique, le Brésil, le Chili, la République Argentine, en Australie, dans plusieurs de nos colonies, on s’intéresse tellement à la méthode dite photogrammétrique, métrophotogra-phique ou photo-topographique que les publications faites à son sujet se multiplient chaque jour.
- Un savant géomètre à la fois savant linguiste, le professeur Dolezal, de Léohen, s’est fait depuis plusieurs années l’informateur le plus actif et le plus éclairé des progrès de cet art, relativement nouveau dans la plupart des pays où il est cultivé. La bibliographie qu'il publie régulièrement dans VAnnuaire photographique2 du I)1' Eder est déjà considérable et les commentaires dont il l’accompagne sont le plus souvent d’un haut intérêt.
- La méthode, en effet, après être devenue très sûre, très expéditive et, par conséquent, aussi très économique dans les levers de terrains, pour les études de chemins de fer, de canaux, d’irrigation, de délimitation de frontières, dans des pays très étendus et très accidentés (Alaska, Patagonie, etc.),
- 1 Recherches sur instruments, les méthodes et le dessin topographiques, par le colonel Laussedat, deux volumes in-8D, à la librairie Gauthier-Yillars.
- 2 Jahrbuch fïir Photographie and Heprodukstionstechnik, von Hofralh Dr Josef-Maria Eder, 1896 à 1900.
- a été appliquée à la météorologie mécanique (hauteur, direction, vitesse des nuages), à la cartographie (longitudes et latitudes terrestres), à l’astro-photographie, etc.,etc., et les Notices du professeur Dolezal dans l’Annuaire du D‘ Eder sont illustrées d’une quantité prodigieuse de figures représentant des photothéodolites dont plusieurs, un grand nombre même, sont d’une construction admirable.
- Nous pourrions faire remarquer à ce propos, et il suffirait de parcourir les Notices de M. le professeur Dolezal pour s’en convaincre, que la photo-grammétrie a donné naissance à une importante fabrication d’instruments de précision nouveaux.
- Nous terminerons ce rapide exposé par un dernier renseignement qui intéresse surtout les architectes, en particulier les membres de la Commission des monuments historiques et même les ingénieurs qui font exécuter d’importants travaux d’art. En Allemagne, depuis vingt ans, un Institut photogrammétrique a été créé par le ministre des cultes et placé sous la Direction du D1 Meydenbauer qui, en 1896, avait déjà réuni 4000 épreuves au moyen desquelles il avait exécuté ou fait exécuter les plans et les élévations et, dans certains cas même, des coupes de la plupart des monuments publics et des grands travaux d'art (églises, palais, ponts, via-ducs, etc.) de la Prusse et des pays annexés. A la même époque, le Dr Meydenbauer publiait un ouvrage, dont les éléments étaient empruntés à cette source, intitulé : Archives monumentales (.Das Denkmaler Archiv).
- Nous souhaiterions que ces indications engageassent en plus grand nombre nos compatriotes, ingénieurs, architectes, officiers, explorateurs, à s’intéresser sérieusement à une méthode née en France, où elle a sans doute des adhérents déjà très convaincus entre lesquels nous pouvons citer parmi les voyageurs : le I)r Gustave Le Bon et l’explorateur Rousson, puis le commandant Legros, l'ingénieur Monet, M. Léon Teisserenc de Bort (pour la météorologie), M. Contremoulins (pour la chirurgie radiographique), M. Gaultier (pour le cadastre), MM. Joseph et Henri Vallot, qui tous ont fait des publications intéressantes et des applications plus ou moins étendues de la méthode. Les derniers ont même entrepris une œuvre considérable, la construction d’une carte topographique détaillée du Mont-Blanc sur laquelle ils comptent faire le projet d’un chemin de fer pour atteindre le sommet, comme on a procédé d’ailleurs pour celui de la Iungfrau.
- Enfin, nous conseillerions à tous les touristes, à tous les amateurs de photographie, de se mettre au courant des principes très simples d’une méthode qu’ils pourraient si souvent appliquer, plus ou moins complètement, mais toujours utilement, en prenant quelques précautions qui n’exigent que très peu de temps sans qu’il soit même besoin de recourir à des instruments délicats et d’une construction onéreuse. Capitaine X.
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- LA NATURE.
- CHEMIN DE FER D’HANOÏ EN CHINE
- INAUGURATION DU GRAND PONT MÉTALLIQUE
- Un des derniers jours du mois de février, un événement des plus importants a eu lieu au Tonkin, important tant au point de vue de l’art de l’ingénieur qu’au point de vue purement colonial : nous voulons parler de l’inauguration de l’immense pont métallique qui doit donner passage à la ligne ferrée mettant en relation Hanoï avec la frontière chinoise et les premières villes delà province Konang-Si. Cette inauguration est d’autant, plus intéressante qu’elle sera suivie à bref délai de la mise définitive en exploitation de la ligne à laquelle ce pont donne passage, et aussi qu’un grand programme de voies ferrées est aujourd’hui en exécution dans notre colonie.
- Les voies de communication font encore réellement défaut au Tonkin, et, en de'pitde notre voisinage de la frontière de Chine, nous n’avons guère développé nos relations avec les riches provinces de l’Empire. Le
- Fleuve Rouge otîre une voie de pénétration relativement facile, mais le cours en est semé néanmoins de difficultés, et, d’autre part, les Anglais savent si bien les richesses du Yunnan, du Kouang-Si, du Kouang-Toung, que non seulement ils veulent établir des services de navigation sur le Si-Kiang, mais encore ils ne craignent point de faire des elïorts acharnés pour pousser leur réseau ferré de la Rirma-nie Supérieure : ils ont déjà amené ces voies jusqu’à Myit-Kina et jusqu’à Thibau. Empressons-nous de dire que leurs progrès ne peuvent être que fort lents, par suite des difficultés mêmes du terrain. Enfin, depuis 1895, nous nous sommes assez sérieusement préoccupés de la question des lignes ferrées du Tonkin, et, en traitant avec la Chine, nous avons spécifié « que les voies ferrées existantes ou projetées en Annam pourraient, après entente, être prolongées sur territoire chinois ». C’est comme suite à ce traité que, en 1896, le gouvernement impérial signa une convention pour la construction et l’exploitation d’un chemin de fer de Dong-Dang à
- Le nouveau ]>ont monstre d'Hanoi.
- Lang-Tchéou (ville du houang-Si). Depuis, une convention analogue fut signée pour une ligne de Laokay à Yunnan-Sen, et en même temps on décida la construction au Tonkin de diverses lignes qui devaient relier les frontières et les sections du territoire chinois avec la capitale ainsi que les principaux ports de notre possession indo-chinoise. Ce sont les lignes de Hanoï à Lang-Son et Lang-Tchéou, Hanoï à Laokay, Hanoï à Haïphong et Hanoï à Yinh.
- Le grand pont, dont nous reproduisons l’aspect général, donne passage sur le Fleuve Rouge à la première de ces voies ferrées, qui gagne la Porte de Chine par Lang-Son. De ce pont nous avions déjà parlé 1 ; mais, eu égard à son importance, nous n’avons pas voulu en laisser passer l’inauguration sans la signaler particulièrement ; nous pouvons du reste donner une photographie de l’ensemble de l’ouvrage. une fois achevé, photographie que nous devons aux constructeurs, MM. Daydé-Pillé. Cette photographie a du reste le grand avantage de faire comprendre la grandeur de cet ouvrage, qui se perd dans l’éloignement, et qui a effectivement un peu 1 Voy. n° 1378, du 21 octobre 1890, p. 321.
- plus d’un kilomètre et demi de longueur, exactement 1683 mètres. Nous n’avons pas besoin de rappeler que le principe en est le « cantilever ». Les travées, qui sont au nombre de 19, ont alternativement une longueur de 75 mètres et de 106m,20, à part les travées extrêmes qui ont 781,1,80 ; en réalité les travées de 106 mètres sont constituées par deux porte-à-faux, équilibrant une moitié d’une travée de 75 mètres, et, au centre, d’une passerelle de 51 mètres. Nous ne reviendrons point sur les détails assez complets que nous avions donnés, mais nous ferons remarquer que les piles ont dû être foncées à l’air comprimé et à une profondeur de plus de 30 mètres ; les installations autour de chaque chantier de ces piles devaient être abritées par des paillotes, autrement dit par des toits indigènes, mettant les travailleurs à l’abri du soleil et aussi de la pluie. Malgré ces difficultés et bien d’autres, le pont gigantesque a été terminé une année avant la date impartie, ce qui fait grand honneur aux constructeurs, MM. Daydé-Pillé.
- Cette construction, qui a coûté 6200000 francs, a nécessité l’emploi de 30 000 mètres cubes de maçonnerie et de 5800 tonnes d’acier. Daniel Rellet.
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- LES l'KOGRÈS ET L\ PUISSANCE DES MACHINES MARINES
- D'une façon générale, les progrès qui se font dans les appareils mécaniques s’accusent tout à la fois par une simplification dans les organes, une diminution du volume de ces appareils, et aussi par une augmentation de résistance des diverses pièces constitutives, grâce aux inventions de la métallurgie moderne. H y a déjà quelques mois nous avons pu comparer deux pompes d’épuisement construites aux Etats-Unis, à cinquante années de distance. Nous pourrions établir une comparaison analogue entre les machines marines des premiers steamers et celles des grands transatlantiques modernes.
- Dans cette recherche continue que l’on poursuit, pour les moyens de- transport par eau aussi bien que pour les transports par terre, d’une vitesse de
- Fiji. 1.
- Une machine de 5000 chevaux dans un navire de commerce.
- plus en plus considérable, on a accompli de véritables tours de force, et des perfectionnements sans nombre ont été réalisés soit pour la production même de la vapeur dans les générateurs, soit pour son utilisation dans les machines motrices, soit enfin pour la transmission du mouvement des moteurs aux propulseurs et pour l’établissement même de ces derniers. Suivre tous ces progrès est bien intéressant, et c’est ce qu’a fait récemment M. James Mac kechnie devant l’institution anglaise des Mecha-nical Engineers. Pour la consommation de charbon notamment, elle est tombée de 950 gr environ par cheval indiqué et par heure (en 1872), à 650 gr à peine en 1901 ; cette économie est due en grande partie à la pression supérieure à laquelle on fait travailler les chaudières, car la pression de 14 kg et plus qu’on adopte couramment à l’heure actuelle est près d’être le quadruple de celle qu’on osait employer en cette môme année 1872. Il est bien instructif de suivre M. Mac Kechnie dans les démons-
- trations qu’il donne de l’économie qu’on a réalisée en conséquence sur le transport de 100 tonnes, par exemple, à un mille de distance, et cela d'autant, que, par suite des améliorations apportées dans la forme même des navires, on arrive à leur faire prendre une charge plus forte par rapport à un tonnage donné. Tant et si bien qu’alors qu’un cargo-boat de 5000 tonneaux demande 5475 chevaux indiqués pour marcher à une allure de 15 nœuds, il suffira d’une machinerie seulement deux fois plus puissante pour assurer le déplacement à même allure d’un bateau d’une capacité triple (dans une comparaison de ce genre il n'est nullement utile de convertir les mesures anglaises) : or un navire de 8600 tonneaux de déplacement consomme 8 livres de charbon par 100 tonnes transportées à un mille de distance, et la consommation n’est plus que de 4,4 livres pour un steamer d’un déplacement de 26150 tonneaux.
- Ce que nous avons dit tout à l’heure de l’augmentation de la pression de service des chaudières suffi t
- Fig. 2.
- Machine de torpilleur de 5000 chevaux. (Même échelle que lig. 1. j
- à faire pressentir que les tôles de ces générateurs ont dù être constituées d’un métal de plus en plus résistant pour soutenir ces pressions nouvelles : au reste, et d’une façon générale, par suite aussi des accroissements de vitesse, tous les matériaux composant la coque ou bien la machine et les diverses parties d’un navire moderne demandent à être de qualité supérieure, parce que tous sont soumis à des efforts dont on n’avait point idée il y a quelques années. A l’heure présente, les pistons des machines marines se déplacent avec une vitesse vertigineuse, même s’il s’agit simplement de la machine d’un steamer ordinaire n’ayant aucune prétention à battre quelque record; pour un cargo-boat, cette allure est couramment de 162 mètres à la minute, et pour les transatlantiques, qui réunissent hebdomadairement les États-Unis à la vieille Europe, cette vitesse atteint 289 mètres. Avons-nous besoin de dire que les tiges de piston, et les manivelles qui se déplacent à pareille allure, doivent être faites du métal le plus résistant, ce qui n’empêche pas toujours les fractures en dépit des flots d’huile qu’on verse sur toutes les parties frottantes de ces machines. L’arbre de couche tourne lui-même avec une rapidité vertigineuse, et comme il est soumis, de plus, à maintes causes de secousse et de choc, il
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- a fallu complètement le modifier, dans son mode de fabrication comme dans la matière qu'on emploie pour le fabriquer : et le fait est que le Lloyd exige maintenant que ces arbres de couche aient une solidité de 56 pour 100 supérieure à celle qu’ils présentaient en 1890.
- Mais les efforts auxquels est soumise la machinerie, tout aussi bien que la coque d’un steamer de commerce, ne sont rien à côté de ceux que doit subir un de ces navires de guerre qu’on nomme des contre-torpilleurs, où tout, même l'armement défensif et quelque peu offensif, est sacrifié à la vitesse. C’est ce sur quoi nous voulons insister en donnant deux dessins comparatifs qui montrent bien que la machine d’un de ces bateaux est comme la quintessence d’une machine de steamer ordinaire, un peu à la façon de ces médicaments que l’on réussit à faire tenir sous un volume extrêmement réduit en les comprimant en petites pastilles minuscules. Les deux dessins dressés à la même échelle parlent assez à ce point de vue ; mais on comprend bien comme conséquence, et ainsi que nous le disions tout à l’heure, quelle différence il doit y avoir dans la résistance des matériaux constituant la machine du vapeur de commerce et ceux de la machine du contre-torpilleur, les deux appareils étant faits dans l’un et l’autre cas pour développer 5000 chevaux indiqués. Alors, par exemple, que dans le premier navire le nombre des révolutions n’est que de 80, il atteint 590 dans le second, et pour l’un l'effort subi par la tige de piston n’est que de 16600 kg par décimètre carré (ce qui est déjà fort respectable), tandis que dans l’autre cas l’effort correspondant est de plus de 55 000 kg ! Pour les manivelles et pour les diverses parties du mécanisme, les rapports sont sensiblement identiques. Empressons-nous d’ajouter que, par contre, si le coefficient de sécurité est de plus de 26 pour la tige de piston du navire de commerce, il n’est plus que de 12 à 15 pour celle du contre-torpilleur. On a donc peut-être exagéré le progrès dans la construction de ces bateaux de guerre à grande vitesse, en ce sens qu’ils n'offrent plus une sécurité absolue, et il n’est sans doute pas désirable qu’on les imite dans la construction des steamers de commerce, au moins en l’état présent des choses; d’autant plus que dans les torpilleurs, contre-torpilleurs, la machine occupe presque toute la place disponible. Mais il n’en reste pas moins acquis des transformations admirables et la possibilité de faire tenir, dans une coque presque minuscule, une machine trois et quatre fois plus puissante que celle que l’on installait autrefois avec une certaine peine dans un gros navire. Pour finir disons que la place, occupée aujourd’hui par les machines pour donner un cheval indiqué, n’est plus même la moitié de celle qui était nécessaire en 1895 dans un cuirassé, et cela sans parler des torpilleurs que nous devons classer tout à fait à part.
- Pierre de Mériel.
- ESSENCES EXOTIQUES
- L’an dernier, la maison Itoure-Bertrand, de Grasse, a envoyé quelques-uns des scs agents recueillir, dans 1rs pays d’origine, des échantillons authentiques et des renseignements précis sur les essences exotiques utilisées en parfumerie. Cette mission scientifique, aujourd’hui rentrée en France, a commencé la publication des documents qu’elle a rapportés; il y a certain intérêt à la suivre ici dans les premières étapes de son voyage, c’est-à-dire à Ceylan,dans les Indes Orientalesetlapresqu’iledeMalacea.
- Aous nous occuperons tout d’abord de la cannelle, dont la qualité la plus estimée provient, en effet, de Ceylan. Cette essence s’obtient par la distillation de l’écorce du Cinnamonum zeylanicum, arbuste de la famille des Lauracées qui atteint une hauteur de 2 mètres environ. Le fruit ressemble au gland du chêne et les feuilles sont d’une couleur jaune clair légèrement teintée de rouge. Malheureusement les indigènes falsifient presque toujours la cannelle qu’ils exportent soit par addition d’essence de feuilles, soit en arrosant avec cette dernière les « chips )) ou copeaux destinés à l’alambic. La fraude se reconnaît à la teneur élevée eneugénol et à la pauvreté en aldéhyde cinnamique de l’huile essentielle ainsi préparée.
- Dans l’ile de Ceylan croît également YAndropogon nar-dus, plante de la famille des Graminées qui fournit l’essence de citronnelle. Cette herbe, qui se plaît dans les terrains maigres, forme des buissons épais arrivant à hauteur d’homme. La principale récolte se fait en juillet-août et une plantation peut alimenter pendant dix années une distillerie. Avec deux coupes, le rendement d’un acre (40 ares 467) est d’environ I7k(r,500 d’huile essentielle. A Penang (lava) on pratique jusqu’à quatre coupes annuelles; mais par contre, au bout de quatre ans, on doit replanter.
- Une autre Graminée Y Andropogon citratus, qui pousse surtout à Tinnevelly (Indes), sert à fabriquer l’essence de lemon grass, substance importante, puisque l’ionone ou parfum artificiel de la violette en dérive indirectement. Du reste, l’administration anglaise voit d’un œil favorable l’arrachage de cette herbe qui durant l’été propage trop souvent l’incendie dans les forêts. Quant à l’essence de vétiver, qui s’emploie en parfumerie dans un grand nombre de mixtures, les chimistes ignorent encore sa composition exacte. On sait seulement que les racines distillées en Europe s’expédient de Tuticorin, port de la cote de Coromandel qui les reçoit lui-même des collines de Tr avancore.
- Terminons notre pérégrination par ics Indes Orientales d’où nous vient l’essence de santal, extraite du San-talum album et dont les usages pharmaceutiques sont assez nombreux. Les provinces suivantes fournissent annuellement de ce bois: Mysore, 1852 tonnes; Coorg, 102 tonnes; Coimhatore, 27 tonnes; A’ilgiris, 21 tonnes; Salem, 18 tonnes; et Arcot, 6 tonnes environ. Pour que le végétal se développe normalement, il lui faut un sol argileux ou une terre fine mêlée de gravier et bien drainée, des pluies modérées et des endroits recouverts de buissons entretenant un léger ombrage. La richesse du bois en essence dépend de l’altitude des plantations situées d’ordinaire entre 600 et 1050 mètres. D’autre part le santal semble être parasite, car il ne pousse bien que dans le voisinage d’autres arbres. Enfin on ne commence à l’exploiter qu’à Page respectable d’un demi-siècle et les coupes se font seulement tous les dix ans.
- —»<y<.— Jacques Boïer.
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- LA NATURE.
- LES GEYSERS AMÉRICAINS
- Un des nombreux correspondants de ce journal a posé, dans le numéro du 8 février, au sujet des geysers des États-Unis, une question à laquelle il est facile de répondre. J’extrais les notes suivantes de mon carnet de voyages de l’année 1891, époque à laquelle j’eus le plaisir d’explorer le Yellowstone Park ; j’y joins des reproductions photographiques.
- Le Yellowstone Park, dont les merveilles naturelles jouissent aujourd’hui d’une réputation universelle, compte environ 5500 sources chaudes. Les unes sont à écoulement continu et régulier, ce sont les plus nombreuses; d'autres jaillissent, par intermittence, d’une sorte de cratère et lancent alors dans les airs une colonne d’eau bouillante et de vapeur : ce sont les geysers au nombre de 80 environ.
- On observe tous les passages entre les sources thermales ordinaires et les geysers. Telle source, tranquille jusque-là, peut tout à coup se transformer en geyser et tel geyser peut perdre son caractère explosif et passer à l’état de simple source. Il paraît même que l’activité geysérienne a beaucoup diminué dans ces dernières années, ce qui inquiète fort les Américains, jaloux, à bon droit, de la réputation du Yellowstone Park. C’est ainsi que Fountain Geyser et le Beehive, dont l’activité était grande lors de mon voyage aux États-Unis, peuvent être considérés comme éteints aujourd’hui.
- L’eau qui sort de tous ces évents est à une température élevée, dépassant parfois la température d’ébullition. Elle dépose autour des orifices de sortie une roche siliceuse, la geysérite, dont la formation est accélérée par le travail d’une curieuse végétation d’algues multicolores.
- Les geysers des États-Unis varient beaucoup quant à la grandeur, la fréquence et la régularité de leurs explosions. Les plus grands sont Y Excelsior, le Monarque, 1 e Géant, la Ruche, le Splendide. Excelsior est le roi des geysers. Son cratère a 100 mètres de diamètre. Ses éruptions, très irrégulières, sont remarquables par leur violence. Des quartiers de rocs sont parfois projetés dans les airs à 80 mètres de hauteur. La quantité d’eau émise à chaque éruption est si considérable qu'elle élève de plusieurs pouces le niveau de la rivière voisine, la Fire Ilole.
- La colonne d’eau bouillante du Géant est moins volumineuse que celle d'Excelsior, mais elle s’élève aune hauteur beaucoup plus considérable : 250 pieds au début de l’éruption. Celle-ci a lieu régulièrement tous les six jours et dure une heure et demie (fig. 5).
- Le geyser le plus populaire du Parc s’appelle le Vieux fidèle (Old faithful) parce qu’il joue régulièrement aux mêmes intervalles. En 1891, c’était toutes les heures (exactement toutes les 65 minutes). Actuellement il n’entre en éruption que toutes les 75 ou 80 minutes. Son cratère est admirable. Ses concrétions de geysérite sont de toute beauté (fig. 2).
- Les petits geysers ont reçu, comme les grands, des noms pittoresques et imagés. On peut citer le
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- Spasm, toujours bouillonnant et qui soulève un Ilot de temps en temps; Y Economie, jouant toutes les dix minutes et dont l’eau retombe entièrement dans la vasque au fond de laquelle elle jaillit ; la Surprise, qui entre en activité au moment où le spectateur, absorbé par la contemplation du paysage, s’y attend le moins, etc. 11 me faut encore citer le geyser <les Pécheurs situé au bord du magnifiquelac Yellowstone. Son cratère est rempli d’eau bouillante, de sorte que les pêcheurs installés sur ses pentes peuvent faire cuire immédiatement les produits de leur pêche en les plongeant dans la source.
- Les sources chaudes ordinaires jaillissent, le plus souvent, au milieu de bassins circulaires d’où l’eau déborde pour courir au milieu de petits bassins secondaires formés par de délicates concrétions de geysérite. Les noms de ces sources, non moins poétiques que ceux des geysers, rappellent la beauté de leur coloration. Il y a le bassin d'Emeraude, le bassin de Saphir, la source Turquoise, la Gloire du Matin, etc. Une des plus remarquables est la Prismatic Spring située près du geyser Excelsior. Au milieu, près de l’évent, l’eau est d’un bleu foncé, qui passe au vert sur les bords pour devenir jaune orangé et rouge dans les parties moins profondes du bassin ; la geysérite est tapissée d’algues disposées en traînées ondulées. Le tout est noyé dans des nuées de vapeur blanche.
- Le Bol de Punch, aujourd’hui simple source (fig. 1) a été autrefois un geyser. C’est une sorte de réservoir circulaire couronnant un monticule de silice. L’eau y bout constamment et les bulles de vapeur, qui viennent s’échapper à la surface, pro-duisentun frémissement ondulatoire des plus curieux.
- J’arrive maintenant à la question posée par le correspondant de La Nature, mais je dois auparavant rappeler en quelques mots la théorie des geysers. Les observations de divers savants sur les geysers d’Islande nous ont appris que la température de l’eau d’un geyser, dans le canal d’ascension, varie suivant la profondeur et qu’elle est d’autant plus élevée que le point considéré est plus bas. L’eau située à la surface, étant refroidie par l’air environnant, se tient au-dessous du point d’ébullition, tandis que les couches plus profondes sont à une température supérieure, la pression quelles supportent les forçant d’ailleurs à rester à l’état liquide. Mais si, sur certains points de la colonne, une augmentation de chaleur, due par exemple à l’afflux de gaz ou de vapeur souterrains, vient à se produire, l’équilibre pourra être rompu : une certaine quantité de vapeur d’eau vaporisée subitement projettera dans les airs un nuage de vapeur avec la masse liquide située au-dessus. Les parties profondes, débarrassées de la pression qu’elles supportaient, feront elles-mêmes éruption jusqu’à ce que l'équilibre soit rétabli. On a construit, sur ce principe, des appareils de physique qui sont de véritables geysers artificiels.
- On comprend que toutes les causes, capables de
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- rompre l’équilibre de température ou de pression voquer une éruption. Il suffit parfois de frapper dans la masse d’eau d'un geyser, puissent pro- l’eau d’une source chaude avec un bâton, ou d’y
- Fig. 1. — Lu Bol de Punch.
- Fig. 2. — Cratère du Vieux Fidèle. Au premier plan, concrétions de geysérile ; dans le fond, d’autres geysers en éruption.
- jeter des corps inertes, tels que des mottes de L’introduction d’un morceau de savon est encore gazon, pour provoquer le phénomène geysérien. plus efficace. La découverte de ce moyen si curieux
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- LA ISA T LU K.
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- Fig. 5.
- Éruption du Géant.
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- a été faite par hasard et non pas, comme paraît le I croire le correspondant de ce journal, à la suite d’un raisonnement. En 1885, par une belle journée d’été, un Chinois, employé comme blanchisseur dans un hôtel du Parc, lavait son linge dans une source chaude. Tout à coup, celle-ci fit explosion à la manière d’un geyser et endommagea fortement le malheureux Chinois. Les touristes ont ensuite employé ce moyen pour forcer les geysers paresseux ou récalcitrants à jouer devant eux, mais cette pratique ne tarda pas à être prohibée. On peut se rendre compte assez facilement de l’action du savon. En se dissolvant, cette substance produit un fluide visqueux qui tend à ralentir le dégagement normal de la vapeur d’eau et à surchauffer le liquide au-dessus du point d’ébullition, ce qui ne tarde pas à hâter ou même à provoquer une explosion.
- Cette explication a été fournie par un géologue officiel des États-Unis, Arnold Hague, dans une brochure intitulée : Soaping geysers. Un appareil de démonstration, imaginé par Wiedmannpour l’étude des diverses catégories de geysers, obéit parfaitement à l’action du savon, tout comme une source éruptive naturelle. —— M. Boule.
- L’HYBRIDATION DES BLÉS
- De tout temps, les agriculteurs se sont préoccupés de l’amélioration des végétaux cultivés. Les premiers efforts des producteurs se sont portés sur la perfection des variétés existantes, en mettant en œuvre les puissants moyens de sélection. Quelques agronomes utilisèrent les modifications spontanées survenues sur les plantes ; d’autres demandèrent à l’hybridation des formes nouvelles susceptibles d’être utilisées par la culture.
- Les premières tentatives d’hybridation furent faites en 1787, en Angleterre, par le jardinier Andrew Knight, qui opéra sur des pois comestibles et créa un nouvel individu plus prolifique que les parents. Un peu plus tard, à la-lin du dix-huitième siècle, il tenta avec succès les premiers métissages du blé. Vers 1860, l’Ecossais Patrick Schireff provoquait artificiellement, au moyen de l’hybridation, des caractères nouveaux sur plusieurs bonnes variétés cultivées ; il féconda entre autres son blé Schireff blanc avec le pollen du Talavera, et obtint ainsi, par la fusion des deux, le blé King Richard. Enfin, depuis lors, 31. Henry de Vilmorin fit faire un pas considérable à cette importante question. Avec une persévérance admirable il poursuivit, sur son domaine de Verrières, la création et la fixation d’hybrides, qui, par la suite, devaient avoir un retentissement considérable dans toutes les cultures européennes.
- L’idée de faire intervenir le métissage, disait 31. Henry de Vilmorin, devait venir à quiconque cherchait à obtenir des variations dans des races de blés pour les doter de qualités supérieures à celles qu’elles possédaient. Le premier objectif du célèbre agronome avait été d’améliorer la paille du Chibdam
- d’automne à épi rouge (fig. 1, nos 1, 2, 5), tout en conservant la qualité du grain si apprécié des meuniers. Pour cela, il avait croisé le Chibdam avec le Prince Albert (nos 4, 5,6), et la réunion des deux donna le fameux blé Dattel (nos 7, 8, 9). Parmi les
- 10 ou 12 formes obtenues à la suite du croisement,
- 11 en choisit une qu’il sélectionna pendant cinq ou six années consécutives et qu'il fixa suffisamment pour la considérer comme une des races les plus régulières et les [dus uniformes.
- La pratique du croisement est la même pour toutes les plantes cultivées ; elle consiste à se substituer à la nature en opérant artificiellement l'incorporation du pollen, ou poussière fécondante d’une Heur, sur les organes femelles d’une autre Heur appartenant à une variété différente. Les difficultés à surmonter dépendent des propriétés individuelles des plantes et surtout de leur mode de fécondation. Dans beaucoup de cas, le végétal est fécondé non par son propre pollen, mais par celui d’une Heur de même variété ou de variété différente ; il s’agit alors d’une fécondation croisée, qui est favorisée par une action mécanique, comme le vent ou les insectes. Darwin a fait ressortir à juste raison le rôle des mouches dans la production végétale.
- Ces particularités justifient les précautions prises par les producteurs de semences de betteraves pour éviter les hybridations naturelles toujours si à craindre dans la culture de ces porte-graines. Pour le blé, il n’en est pas de même, la fleur est fécondée par son propre pollen, et l’acte physiologique de la reproduction s’accomplit dans l’intérieur des enveloppes florales, ce qui rend toute hybridation naturelle impossible ; on dit dans ce cas qu’il y a auto-fécondation. Aucun agent extérieur ne pouvant agir sur les ovules, les produits récoltés doivent avoir forcément une grande similitude avec les graines ensemencées.
- Dans les croisements, il faut distinguer les hybrides et les métis; ce sont deux termes que l’on est tenté de confondre, quoique en réalité il existe entre eux une assez grande différence. Le produit résultant de la fécondation est appelé hybride, s’il est issu de deux espèces différentes, et métis, s’il provient de la fusion de deux variétés de la même espèce ou d'une espèce et d’une variété. En culture, les deux expressions sont souvent synonymes et employées indifféremment l’une pour l’autre; ainsi, les blés comme le Dattel, le Lamed, le Champlan, le Briquet ne sont autre chose que des métis. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de véritables hybrides; mais, jusqu’alors, ils sont relativement rares et n’ont qu’un intérêt agricole tout à fait secondaire. Parmi eux, on doit citer le croisement du Ray-grass anglais avec la Fétuque des prés, réalisé par 31. Nielsen, et l’hybride de Blé-Seigle (nos 10, 11, 12), obtenu en 1891, par 31. C. Behrens, en fécondant des fleurs de Schirrif’s square headed, avec des étamines de seigle de Schlanstcdt.
- Les métis sont de beaucoup les plus intéressants;
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- c'est grâce à eux que M. II. de Vilmorin a pu doter la culture de nouvelles variétés réellement précieuses. L’opération du métissage comprend plusieurs phases : la suppression des Ileurs inutiles, la castration des pieds femelles, la récolte du pollen sur le pied mâle, la pollinisation, l’isolement des pieds fécondés.
- La pratique suivie diffère un peu avec les opérateurs. Jusqu'alors nous possédions en France des documents très incomplets sur cette question. Notre but est de faire intervenir ici, avec les travaux des principaux hybrideurs, nos observations personnelles et le résultat des remarquables recherches entreprises dans ces dernières années par sir Ilays, professeur d’agriculture à l’Université de Minnesota.
- Au champ d’expériences de Minnesota, les variétés à croiser sont introduites en pépinière et soumises à une sélection rigoureuse pendant deux ou trois ans, exactement comme s’il s’agissait d’une amélioration par simple sélection. On choisit, parmi les plants les plus robustes, les parents des croisés. En opérant ainsi, on élimine à coup sûr les sujets de rebut dont le rôle dans l’hybridation serait à peu près nul.
- Les individus devant servir au croisement sont élevés en pépinière, où il est alloué à chacun un espace d’environ 10 centimètres carrés. Vers l’époque de la floraison, les plants les plus beaux sont désignés par un point de repère, ordinairement une petite fiche de zinc attachée à l’extrémité d’un tuteur de bois ou de métal. La première préoccupation du praticien est la préparation des Heurs de l’épi femelle, ou le raccourcissement de l'inflorescence, qui doit être pratiqué de 24 à 48 heures après l’epiai-son. On coupe la partie supérieure, puis, avec des ciseaux très lins, on procède à l’ablation des épillets de la base, pour ne conserver que 4 ou 0 des épillets du centre de l’épi.
- La constitution de l’épillet montre qu’il existe, au milieu, des Heurs incomplètes, réduites le plus souvent à de simples glumelles qui seront toujours taxées d’infécondité ; leur présence est inutile et même rend les manipulations très difficiles; c’est pourquoi on doit les eide ver avec des pinces. Les gravures 15-14-15 et 10, véritables reproductions photographiques de sujets hybridés par nous, représentent : les nos 15 et 14, deux bons épis de la variété dite « Richelle blanche de Naples », pris comme pieds mères; les nrs 15 et 10, les mêmes épis dépourvus de leurs épillets supérieurs et inférieurs; enfin, les nos 3, 4 (fig. 2), des épillets isolés, le premier tel qu’il a été enlevé de son support, et le second prêt à être hybridé, c’est-à-dire dépourvu de ses organes lloraux inutiles.
- Au moment de la préparation du pied mère, on supprime dans toutes les Ileurs les anthères des étamines. L’émasculation est une opération très délicate dont l’époque d’exécution sera toujours déterminée avec soin. Si les Ileurs étaient touchées trop vigoureusement, elles seraient blessées et la fécondation ne pourrait avoir lieu; si les anthères étaient trop avancées, les poches à pollen se crèvent
- au moment de l’émasculation, il en résulte une autofécondation. La suppression des étamines se fera le plus possible avant l'apparition de la teinte jaune sur les anthères. Comme les fleurs s’épanouissent de bonne heure, une excellente précaution consiste à opérer la castration l’après-midi, en rejetant impitoyablement tous les organes trop avancés qui présenteraient un danger d’autofécondation. Dans le cas où la fleur femelle ne serait pas prête à être fécondée, l’incorporation du pollen n’aurait lieu que le deuxième ou troisième jour ; le plus généralement, la pollinisation se fait vingt-quatre heures après la préparation de l’épi. Toutefois, il est impossible, à ce point de vue, de poser une règle précise, car l’expérience n’a pas encore déterminé le meilleur moment ni la meilleure manière d'enlever les anthères. L’ablation des étamines s’obtient avec des pinces très fines à branches d’ivoire ou, mieux encore, avec des pinces à branches de baleine.
- L’épi ainsi préparé sera aussitôt mis sous abri pour garantir ses Heurs froissées contre l’apport d’un pollen étranger ; le meilleur pour cela est l’emploi de petits sacs de tulle ou de gaze fine, serrés sur la tige par l’intermédiaire d’un lacet ou d’un fil. Les nos 1,2 (fig. 2), où les épis sont protégés par une enveloppe de mousseline, font voir les dispositifs adoptés dans nos études. Pour prévenir les accidents de verse, on fera bien de palisser le pied hybridé à un tuteur. La figure 2 (n° 1 ) représente un plant isolé dans un pot et palissé contre une petite baguette de coudrier. On effectue la récolte du pollen à la complète maturité des étamines, époque qu’il est facile de déterminer exactement par le changement de couleur des anthères. 11 n’y aurait même aucun inconvénient à recueillir les organes mâles un peu avant de s’en servir, puisque le pollen garde ses propriétés fécondantes pendant quelques jours; mais il faudrait alors les conserver dans un endroit bien sec, à l’abri des agents extérieurs, de préférence entre deux verres de montre, analogues à ceux employés dans les travaux de micrographie.
- Le mode de pollinisation n’est pas toujours le même; dans la majorité des cas, on saisit les anthères avec des pinces très fines, puis on les dépose entre les glumelles, en ayant soin de provoquer la rupture des sacs à pollen au moment de leur introduction dans les organes lloraux, de telle sorte que la poussière fécondante tombe abondamment sur les stigmates. Patrick Schireff prélevait les anthères qu’il transportait dans les fleurs de la plante femelle préalablement castrée; il fermait ensuite les glumelles sur lesquelles il exerçait une légère pression des doigts. On arriverait au même résultat en faisant crever les anthères, en recueillant leur contenu entre deux verres de montre, et en effectuant le transport du pollen soit avec une petite spatule, soit avec un pinceau de blaireau très doux.
- Un croisement comporte deux sujets distincts, dont l’un joue le rôle de père ou porte-pollen, et l’autre remplit les fonctions de mère ou de porte-
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- LA N A TL l*E.
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- graines. Rien ne pouvant faire prévoir les résultats obtenus, l’opérateur devra s’entourer de toutes les garanties désirables. Afin de doubler les chances de succès, certains auteurs recommandent la fécondation réciproque, c’est-à-dire une contre-opération dans laquelle on prendrait pour mère la plante qui a servi de père la première fois.
- La pollinisation terminée, il faut, bien entendu, recouvrir l’épi de son sac de tulle, tout au moins jusqu’à la fécondation complète des Heurs pollini-sées, ce que l’on reconnaît facilement au dessèchement des stigmates et au développement de l’ovaire. Lorsque le grain est noué, on enlève l’organe de protection, mais on laisse l’épi palissé au tuteur et, au besoin même, si l’on craint des confusions, on repère chaque support à l’aide d’une petite fiche.
- A la récolte on obtient de 5 à 25 pour 100 de grai-
- Fig. 1. — .V* 1, 2, 3. Blé C.liihriiuu d'unloniiie Y» 7, 8, 9. Blé Dattel. — K" 10, 11, 12. Blé seigle. — IN”’ 13, JS01 13, 10. Les mêmes sans leur
- nés qui sont conservées à part, ensemencées Tannée suivante et soigneusement étudiées. Quelques-unes ne sont pas de véritables métis, ainsi que l’on peut en juger par leur ressemblance avec la plante mère. Tous les sujets ne présentant pas une fusion des deux variétés, ou n’ayant aucun des caractères de la plante mâle, sont soigneusement écartés. Par une sélection persistante, des épurations successives, on aboutit ainsi petit à petit à un type uniforme.
- Avec des plantes vivaces, la question de l’hybridation est bien simplifiée, les caractères recherchés, s’ils sont obtenus sur un individu issu de semis, étant transmissibles par bouture, greffe ou marcotte. La diffusion du nouveau produit peut donc se faire très simplement et très rapidement à l’aide d’un procédé de multiplication par segmentation. Il n’en est pas de môme pour les plantes annuelles, où la graine est
- 10 11 13 11 13 ld
- à é|ii rouge. — .Y* 1, S, li. Blé Prince Albert.
- 11. Epis de Birbelle Blunelic de Naples pris comme pieds mères, s éjiillels supérieurs et inférieurs.
- le seul élément de reproduction; on éprouve parfois de réelles difficultés pour arriver à la fixation.
- La fixation de nouvelles variétés de plantes annuelles demande des efforts constants pendant une période relativement longue. Ce n’est qu’au bout de fi ans d’une sélection rigoureuse que M. II. de Vilmorin a pu, avec son blé Dattel, arriver à un type suffisamment uniforme pour pouvoir le livrer à la culture.
- Les variations constatées à la suite du métissage, dans les descendants des croisés, sont quelquefois énormes ; on peut en avoir une idée en consultant le compte rendu de mars 1899, de l’Université de Minnesota, où le professeur Ilays publie le résultat de ses expériences d’hybridation et de sélection poursuivies sur les deux variétés de blé « Blue Stem » et « File ». Une centaine de grains issus du croisement, semés en 1895, produisirent des individus très dissemblables ; les uns donnèrent des liges velues comme dans « Blue Stem», les autres des liges unies comme dans « File », enfin, on en trouvait avec des
- barbes longues, alors que les parents n’en possédaient pas. Parmi les types barbus,il yen avait avec des balles chevelues, comme dans « Blüe Stem », d’autres avec des balles unies comme dans « Fife ».
- Les premiers croisements furent effectués en 1895, et les graines qui en dérivèrent furent semées en 1891. Un plant uniforme fut choisi parmi les sujets à balles unies et à balles chevelues; en 1895, on récoltait 72 pour 100 des premiers et 28 pour 100 des seconds. Les descendants donnèrent,en 1896. 76 pour 100 de chevelus et 82 pour 100 d’unis; en 1897, on arrivait à une proportion de 98 pour 100 d’épis parmi les chevelus et de 98 pour 100 parmi les unis. A partir de ce moment, la variété pouvait être considérée comme fixée et entrer dans la culture.
- L’élude de ces phénomènes fait clairement ressortir les variations qui peuvent exister cuire les individus issus d’un même croisement ; il n’y a donc rien d’extraordinaire que notre grand hybrideur français, M. 11. de Vilmorin, ait pu obtenir des
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- individus différents avec les mêmes parents. Les preuves en sont faciles à invoquer, si, dans la nomenclature des hybrides, on recherche l’origine des derniers types créés.
- Les Blés « Bordier » et « Lamed » dérivent tous deux du croisement du Prince Albert et du Blé de Noé ; le premier est caractérisé par un épi blanc, un grain blanchâtre ; le second, par un épi rouge et un grain jaune rougeâtre. Les hybrides à « Grosse Tête » et « Briquet » proviennent de la fusion des Blés Browick et Chibdam d’automne à épi blanc. Leurs caractères, sans être aussi différents, présentent également quelques variations ; le blé à
- Fig-, 2. — .V 1. Plant isolé dans un pot et palissé contre une baguette de coudrier. — N* 2. Épi hybridé protégé par une enveloppe de mousseline. — i\° 5. Épillet tel qu’il a été enlevé de son support. — IS" i. Epillet prêt à être hybridé.
- Grosse Tête a un épi compact, large, ramassé, renfermant un grain jaune, renflé, et le blé Briquet est pourvu d’un épi carré blanc à grain jaunâtre.
- Comme on le voit, d’après l'étude précédente, la pratique de l’hybridation, et surtout la fixation des nouvelles variétés annuelles, n’est pas aussi simple que l’on serait tenté de le croire; elle demande une connaissance approfondie des organes floraux à traiter, une sélection rigide des produits pendant plusieurs années successives. Néanmoins, elle tend aujourd’hui à se vulgariser, plusieurs cultivateurs ont déjà obtenu avec elle des formes de céréales intéressantes. En permettant de fusionner des variétés de valeur, d’obtenir de nouveaux sujets prolifiques, la fécondation croisée a déjà rendu de grands services à la culture, et est certainement appelée à jouer un rôle considérable dans l’avenir. Albert Vilcoq.
- Professeur (l’Agriculture.
- L’ARRHÉNÀL
- Il y a un peu plus de 2000 ans les Grecs avaient donné à divers médicaments et poisons dont ils connaissaient déjà les propriétés très actives, le nom d’àpaevtxov ou àpp?]vixôv, mâle ou puissant. Aujourd’hui un éminent chimiste dénomme arrhénal un médicament dont il vient de faire connaître les merveilleuses propriétés. Il s’agit d’un composé arsénical dont l’histoire qui commence dans l’antiquité classique est bien curieuse.
- En 1898, le professeur Armand Gautier, membre de l’Institut et professeur à la Faculté de médecine, après de longues recherches, était arrivé à reconnaître dans une substance due au grand Bunsen, et délaissée depuis 1843, l’acide cacodylique, des propriétés médicamenteuses tout à fait imprévues. C’était l’arsenic dépouillé entièrement de son action toxique, mais gardant ses propriétés bienfaisantes. 11 avait fait connaître ce très remarquable médicament, le cacodylate de soude ou diméthyl-arsinatesodique, qui permit de réaliser de nombreuses cures dans les affections pulmonaires ou dans les cas de maladies dépressives ou consomptives. Malheureusement le cacodylate ne pouvait être sans quelque danger administré autrement qu’en injections sous-cutanées, toujours désagréables et difficiles à donner régulièrement. Si on le faisait prendre par la bouche, il déterminait souvent des troubles gastriques ou intestinaux variés, de l’albuminurie, et toujours il communiquait à l’haleine une odeur alliacée des plus désagréables.
- M. A. Gautier, non satisfait de cette œuvre imparfaite, voulut trouver mieux. Après de longs tâtonnements, il arriva à un corps dont on n’avait jamais soupçonné la valeur thérapeutique. On l’obtint en faisant agir l’iodure de métbyle sur l’arsenic en présence d’un excès d’alcali. C’est une préparation assez délicate d’ailleurs. La composition de ce nouveau corps est différente de celle du cacodylate. Il ne renferme qu’un groupe méthyle, mais deux groupes oxysodiques. Or ce simple changement dans la composition des éléments constitutifs donne naissance à un corps doué de propriétés physiologiques inattendues, l’arrhénal, comme l’a nommé M. Gautier, ou méthylarsi-nate disodique dont la puissance thérapeutique se trouve grandement augmentée tandis que disparaissent les inconvénients que présentait l’emploi du cacodylate.
- Premier point et le plus important : l’arrhénal peut être pris par la bouche. Il n’a presque pas de saveur, ne détermine pas l’odeur alliacée de l’haleine. De plus, chose curieuse, il agit utilement sur l’estomac et les intestins. Il lui arrive souvent de calmer les troubles gastriques, de faire cesser les douleurs consécutives à la digestion stomacale. 11 ne détermine jamais aucun accident rénal et surtout pas d’albuminurie. On pourrait même dire : au contraire. Tel le cas de cette jeune fille, citée par M. Gautier, qui, à la suite de l’usage prolongé du cacodylate, eut de l’albuminurie qui guérit par l’emploi de l’ar-rhénal. Le mode d’administration est d’une merveilleuse simplicité. Il suffit de préparer, très soigneusement, bien entendu, et en employant un sel très pur (la chose est indispensable), une solution aqueuse à 5 pour 100. Vingt gouttes contiennent donc exactement 0sr,05de sel.
- Le traitement doit se faire par périodes de quatre jours. On commence donc par prendre 5 gouttes, ensuite 7, puis 9, enfin 10 dans un peu d’eau pendant le repas de midi et autant pendant le dîner. Au bout de ces 4 jours, on cesse pendant 4 jours également, puis on recommence en prenant, si on s’y est accoutumé, les 10 gouttes, dès le
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- premier ou le second jour de la reprise. Puis on continue de la même façon : 4 jours de médication, 4 jours d’arrèt. Sauf dans certains cas particulièrement graves, il est inutile de dépasser cette dose.
- Or, que fait ce médicament? La sensation qu’on éprouve d’abord, dès le premier ou le second jour, est un sentiment de bien-être, de force, d’invigoration, comme on dit, des plus nettes et des plus remarquables, bientôt l’appétit augmente et les digestions, si elles étaient un peu pénibles auparavant, deviennent plus faciles. Cette sensation non seulement dure pendant les 4 jours où l’on prend le médicament, mais elle persiste encore dans la période des 4 jours d’arrêt.
- Ces effets s’observent même chez les gens simplement fatigués ou surmenés. Ils s’accompagnent d’une amélioration très nette de tous les symptômes morbides, lorsqu’il s’agit de sujets atteints, par exemple, d’affections pulmonaires graves et chroniques, telle que la tuberculose.
- Comment donc agit l’arrhénal? Incontestablement, son mode d’action est très complexe. Il produit d’abord une assimilation plus parfaite, il détermine une rénovation plus active des tissus. Sous son influence, le sujet consomme plus d’aliments et, chose curieuse, il utilise mieux les aliments, surtout les aliments azotés, ce que prouve nettement la composition des urines. 11 se passe également ce fait, bien mis en lumière parle professeur Gautier, que, sous l’influence de l’arrhénal, il reste dans les tissus de l’individu une certaine quantité de substances nutritives en réserve, permettant à l’organisme de faire face à des dépenses imprévues de forces, sans être obligé de recourir à sa propre substance, bien d’étonnant donc à ce que le sujet soit plus fort et néanmoins qu’il engraisse.
- Mais il y a plus singulier encore, l’arrhénal ramène au taux normal la consommation d’oxygène et l’élimination d’acide carbonique qui résultent du jeu de la fonction respiratoire. Chez les débilités, les anémiques, les diabétiques, on sait que les combustions organiques sont ralenties, c’est-à-dire que les quantités d’oxygène consommé et d’acide carbonique éliminé par les poumons sont au-dessous de la Normale. L’arrhénal, dans ce cas, active les combustions organiques.
- Chez les tuberculeux, MM. Alb. Robin et Binet ont démontré qu’au contraire les combustions sont exagérées (ce que traduit très justement le peuple, en disant que le malade se brûle). Or l’arrhénal diminue les combustions.
- Une fort intéressante constatation, due aux Drs Widal, Merklen et Billet, permet d’entrevoir une partie du mécanisme par lequel l’organisme réalise, sous l’influence de l’arrhénal, ces curieuses réactions de chimie biologique. En effet, 24 heures après l’administration du médicament, les globules rouges du sang ont augmenté notablement de nombre. Le jour d’après, cette augmentation peut être d’un cinquième. Quant aux globules blancs, ils augmentent aussi notablement.
- Or, les globules rouges sont les grands vecteurs d’oxygène, et les globules blancs jouent dans l’organisme un rôle bien plus compliqué. Bar leur activité d’absorption de tous les corps étrangers, de tous les déchets et toxiques de l’organisme, par la variété de leurs sécrétions utiles à la vie des tissus, par . leur puissance d’action sur les microbes qu’ils englobent et détruisent, tandis qu’ils neutralisent leurs toxines, ils aident l'organisme à se débarrasser des poisons de tous genres qui l’encombrent et finissent par faire naître l’état morbide. L’arrhénal peut agir d’une façon puissante dans une foule de maladies.
- M. A. Gautier a d’abord cité les cas étonnants de gué-
- risan des formes les plus graves de fièvre intermittente (même les fièvres quartes) traitées par lui et M. Billet à l’hôpital militaire de Gonstantine, et qui avaient jusque-là résisté à tous les traitements ordinaires. La malaria semble vaincue. Puis, il a exposé les nombreux succès obtenus dans le traitement de toutes les formes de tuberculose, aussi bien pulmonaire que ganglionnaire, aussi bien aiguë que chronique. Chez ce s malades on observe des phénomènes d’amélioration très remarquables : l’appétit revient, l’expectoration diminue, et les signes d’auscultation s’améliorent notablement. Dans l’asthme, l’arrhénal donne d’excellents résultats. M. Gautier a cité un fait de guérison d’un cas fort ancien. Chez les bronchitiques, les emphysémateux, les effets sont très bons, même chez des sujets cardiaques. Je viens d’en observer un cas remarquable.
- Les anémies, presque de toutes natures, sont fort améliorées. Les états dépressifs, les troubles par surmenage du système nerveux sont très heureusement modifiés.
- Comme application toute spéciale, on peut citer les cas rapportés par MM. Alb. Robin et Variot qu’indique M. Gautier : plusieurs enfants atteints de grave chorée (danse de Saint-Guy) furent rapidement guéris par l’arrhénal. Dans maintes affections cutanées, les effets sont excellents, mais le traitement doit être continué fort longtemps; il est sans aucun inconvénient.
- Enfin deux faits dus à M. Gautier sont absolument surprenants. Dans l’un, par un usage prolongé de l’arrhénal, il lit disparaître une taie qu’un enfant avait depuis des mois sur l’œil, et dans l’autre, il fit cesser, en quelques jours, les vomissements incessants et incoercibles qui avaient mis en danger de mort une malheureuse femme enceinte. Enfin, dans les cas désespérés, chez des cancéreux, l’arrhénal a pu remonter notablement les malades et atténuer leurs douleurs.
- Les guérisons qu’il permet de réaliser dans des maladies fort différentes peuvent s’expliquer par ce qu’on sait déjà de son action intime sur l’organisme, et certes nous ignorons encore le plus grand nombre de ses effets latents et leur mécanisme intracellulaire.
- C’est donc une grande, une très grande découverte qu’a faite là le professeur Armand Gautier. La reconnaissance que d’innombrables malades guéris ou très soulagés lui devront, pourra s’augmenter encore au souvenir de son désintéressement. Lorsque, par de nombreux essais, il a été sûr de l’efficacité de son nouvel enfant chimique, il a publiquement exposé sa genèse, donné son mode de préparation, puis il l’a abandonné aux souffrants et aux malades. Voilà certes un bel et noble exemple, dont sont d’ailleurs coutumiers les savants français mais qu’il est toujours bon d’enregistrer et de publier bien haut. __<>a^— Dr Capitan.
- CHRONIQUE
- L’objectif le plus rapide. — H y a quelque dix ans on considérait comme très rapide un objectif travaillant à c’est-à-dire dont l’ouverture était le dixième
- de la longueur focale. Aujourd’hui on emploie couram-F F
- ment les anastigmats à —; et même à -• Pour l’atelier, 6,4 5
- F
- il y a des objectifs à portrait à ma's tout ceci est
- dépassé maintenant par un nouveau type imaginé par le Dr Ed.-F. Grün, de Londres. Il a employé des lentilles
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- liquides, c'est-à-dire composées d’une solution convenablement choisie et dont il garde le secret, renfermée entre des surfaces de verre judicieusement taillées. Par ce moyen, il est arrivé à construire des objectifs qui tra-F F
- vaillent à y et même à ÿ-p ; l’un d’eux, destiné à un cinématographe, a 0ra,03 de distance focale et 0m,0G d’ouverture! Il a obtenu, en le montant sur un appareil muni d’un obturateur de plaque, des instantanés sur la scène d’un théâtre, et de très beaux portraits dans des pièces éclairées seulement par trois ou quatre becs de gaz en posant une ou deux secondes. Nous reviendrons sur ce remarquable objectif quand nous aurons des détails plus complets.
- Les tramways souterrains de Londres. — Le
- Countv Council de Londres, en vue de décharger les principales artères du centre de la Cité, que quinze lignes d’omnibus, deux métropolitains et trois (( tubes » électriques ne suffisent plus à desservir convenablement, vient de demander au Parlement l’autorisation de construire une ligne de Tramways devant passer sous le Strand, entre llolborn et les quais de la Tamise. Ce sera la première amorce du réseau projeté, lequel desservirait ultérieurement Westminster, Cheapside et la Banque, avec plusieurs embranchements d’une longueur totale de 29 kilomètres. M. Allen Baker, vice-président du comité des moyens de transport à Londres, a déclaré que la dépense ne dépasserait pas 4 millions par kilomètre, pourvu que le tunnel soit percé à environ 1 mètre seulement au-dessous du niveau des rues. En attendant l'installation des usines électriques on emploiera la traction animale. Le souterrain sera accessible directement de la rue, sans ascenseur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 17 mars 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- L'acide phosphorique de la terre végétale. — M. Schlœsing expose les résultats de ses dernières recherches sur la terre végétale. En traitant celle-ci par les acides étendus, puis par l’ammoniaque étendue, on obtient un résidu dans lequel l’auteur a entrepris de doser l’oxyde de fer et l’acide phosphorique. L’oxyde de fer paraît provenir des enduits qui enrobent les objets à la surface du sol. L’acide phosphorique est associé à l’oxyde de fer, de telle sorte qu’il faut dissoudre cette dernière substance pour mettre en liberté l’acide phosphorique. Il résulte de là qu’il ne faut pas compter en agriculture sur les engrais où le fer est associé à l’acide phosphorique. De plus la méthode de dosage de cet acide, par l’attaque à fond de la* matière par l’acide chlorhydrique, doit être rejetée au point de vue de l’agriculture, parce qu’on dose alors un autre acide phosphorique inutilisable par les plantes, celui qui est associé au carbonate de chaux.
- La betterave fourragère. — MM. P. P. Dehérain rappelle que, depuis 1890, les agriculteurs ont introduit la culture de vaiiétés de betterave qui, à l’aide de fortes fumures, fournissent de gros rendements. Dès cette époque, il a appelé l’attention sur l’erreur que l’on commettait en suivant cette voie; il fait connaître aujourd’hui les résultats réalisés en France par la mise en pratique de ses vues. On semait à grands écartements des betteraves capables de devenir énormes, d’atteindre des poids de 3 ou 4 kilogrammes, mais ne laissant qu’un
- résidu très faible de matières sèches, c’est-à-dire de matière utilisable par le bétail. En semant les betteraves rapprochées et en substituant aux anciennes variétés des races nouvelles dites de mi-sucrières, on obtient des racines infiniment plus nutritives. Ce fait est établi non seulement par les recherches personnelles de l’auteur, mais aussi par des expériences effectuées par un grand nombre de cultivateurs groupés autour du syndicat central des agriculteurs de France qui, en 1900 et 1901, ont fait les essais d’après un programme tracé par M. Dehérain. Ces expérimentateurs, disséminés dans toutes les régions de la France, ont reconnu que la nouvelle méthode de culture, qui n’entraîne qu’un surcroît de dépense de 10 à 15 francs par hectare, donne une récolte produisant un excédent de valeur du rendement d’environ 200 francs par hectare, comparativement à celle qui correspond aux semis à grands écartements.
- Les micro-organismes des glaciers. — M. Janssen présente une Note de M. Binot, chef de laboratoire à l’Institut Pasteur, relative à l’étude du glacier du Mont-Blanc au point de vue bactériologique. On pouvait croire que l’atmosphère, dans ses hautes régions, ne contenait pas de germes. Or, les fouilles pratiquées en différents points du glacier, de manière à prélever des échantillons de glace provenant de profondeurs différentes, ont permis de constater dans toutes les couches l’existence de colonies microbiennes de diverses espèces.
- Élection. — M. Yermoloff est élu correspondant de la Section d’économie rurale en remplacement de sir Lawes.
- Varia. — M. d’Arsonval décrit un procédé d’application nouveau des courants de haute fréquence imaginé par M. Billenkin, chirurgien à Épernay, pour obtenir l’anesthésie nécessaire à la pratique d’opérations douloureuses dans les parties profondes du corps. — Ce procédé a en particulier l’avantage de réduire l’importance des hémorragies, par suite de la constriction des vaisseaux sous l’influence des courants de haute fréquence. — M. Marey présente un appareil de M. Contremoulin, permettant de régler l’emploi des rayons X en médecine, d’après une unité de fluorescence. Ch. de Villedeitl.
- AU NOUVEAU-CIRQUE
- UNE PANTOMIME ET-UN BILLET PAR LES ÉLÉPHANTS1
- En fait de dressage d’animaux, rien ne semble impossible depuis qu’on a vu, sur les scènes des music-halls ou dans les pistes des cirques, des phoques, des otaries, et même des morses jongler et exécuter des exercices d’équilibre avec autant d’adresse, de dextérité et d’élégance que le père Agoust lui-même ou Cinquevalli. Cependant, comme on n’a pas encore réussi à présenter en liberté une baleine, l’éléphant reste la plus grosse des bêtes auxquelles l’homme ait imposé obéissance et docilité.
- Si le dressage de ces énormes pachydermes remonte à la plus haute antiquité, jamais encore, je crois, on n’était arrivé à un fini dans le dressage, et à une perfection dans les divers exercices, comparables à ceux qu’un nègre, très habile helluaire, fait exécuter en ce moment à ses élèves au Nouveau-Cirque de la rue Saint-Honoré.
- Certains auteurs, qui ont écrit de gros volumes
- 1 Voy. n° 063, du 13 février 188(3, p. 169. .
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- très documentés sur le dressage des animaux, veulent imposer à tous les dresseurs la méthode coercitive, c’est-à-dire n’obtenir des résultats satisfaisants qu’au moyen des coups violents, des colliers de force, des pointes d’acier qu’on enfonce dans les chairs, etc. Ils prétendent même que la plupart des dresseurs d’animaux entretiennent sur une partie du corps de leurs élèves une plaie saignante — chez les éléphants, cette plaie serait derrière l’oreille. Il faut — toujours d’après ces auteurs — tout un arsenal renouvelé de l’Inquisition, sans quoi point de dressage.
- N’en déplaise à ces professeurs ès dressage, je ne crains pas de m’inscrire en faux contre leurs écrits ; depuis une dizaine d’années, j’ai suivi nombre de dresseurs ou de helluaires, et, sur dix, il en est à peine un qui emploie la « méthode coercitive ». Du reste avec certains animaux, les éléphants entre autres, cette méthode ne servirait de-rien;
- et serait même très dangereuse pour le cornac.
- La plupart des éléphants que des dresseurs, qu’ils s’appellent Bauer, Lockart, Maximilien Thompson, Mlle de Valsois, présentent au public, proviennent dé l’établissement zoologique de W. flagenlack, de Hambourg; là, les animaux sont choisis et dégrossis; il ne faudrait pas croire que tous les éléphants sont aptes à devenir savants; sur dix éléphants capturés dans les Indes ou en Afrique, il y en a quelquefois deux, mais plus souvent un seul capable d’être vendu à un « montreur d’animaux savants ». On ne choisit pour les présenter que les plus intelligents ; les « rogneux » sont vendus à des ménageries ou à des jardins zoologiques qui ne leur demandent aucun travail.
- L’éléphant est intelligent, il s’apprivoise très bien et répète très facilement ce qu’on lui a montré, mais il ne faut pas agir brutalement avec lui; non point que de temps à autre il ne faille le corriger, assez
- La valse-tourbillon par des éléphants;
- souvent même; mais les coups trop violents, les piqûres, ne serviraient qu’à le mettre en fureur, et alors malheur au pauvre cornac; l’éléphant, qui a de la mémoire, saura choisir le moment propice pour se venger, et il ne fait point de quartier. Au théâtre du Châtelet, il y a quelques années, le domestique d’un dresseur, lequel s’était montré brutal, a payé de sa vie un coup de pique à un éléphant. Le dressage est donc long ; il faut arriver à mettre dans cette énorme tête une série d’exercices ; mais il ne faut point changer l’ordre dans lequel on les fait exécuter. C’est donc un jeu de patience régulier et méthodique.
- Le dresseur, en ce moment au Nouveau-Cirque, est un nègre, il a la patience des noirs. Voilà plus de quinze ans qu’il a les mêmes bêtes, il les « travaille » chaque jour, aussi est-il arrivé à des résultats surprenants. A certains moments, si parfaits et si naturels sont les mouvements exécutés par les trois éléphants qu’on croirait — n’était leur grande taille — des chiens habillés de peaux d’éléphants. Vous imagineriez-vous qu’un éléphant, avec un corps aussi
- lourdaud, une tête aussi énorme, puisse arriver à danser légèrement un pas espagnol ou la valse-tourbillon, ayant comme partenaire une femme aussi jolie qu’audacieuse? Avec quelle grâce comique l’étoile de la troupe enlace avec sa trompe la taille de sa danseuse, comme le plus correct des gentlemen ! Les éléphants jouent ensuite une pantomime; mieux même que les chiens les'plus savants. Puis l’un d’eux saisit la jolie danseuse avec sa trompe, l’assoit bien doucement sur son dos ou sur sa tête et, enfin, promène autour de la piste cette même jeune femme, dont il a saisi, avec une délicatesse extrême, la taille avec sa trompe, la maintenant élevée au-dessus de sa tête.
- Vraiment, le spectacle n’est pas banal, et on peut dire sans exagération que ces éléphants savants sont les plus savants que l’on ait jamais vus.
- Paul Mégnin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahdre, rue de Fleurus, 9.
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- LA SÉCURITÉ EN CHEMIN DE FER
- RÉPÉTITION DES SIGNAUX
- Depuis quelque temps, les habitués du réseau des chemins de fer de l'Etat ne voient point sans étonnement circuler une locomotive portant, sur le toit de sa cabine, une sorte de perche inclinée munie d’un archet, qui rappelle assez bien les trolleys à archets de certaines lignes électriques : pourtant la traction électrique n’est pas même en essai sur les chemins de fer de l’Etat, et d’ailleurs, à examiner le (il mince qui forme l’archet de ce trolley incliné sur le coté, on voit immédiatement qu’il lui serait
- impossible de supporter le frottement sur une ligne aérienne, même à des vitesses réduites. 11 s’agit tout simplement d’expériences faites et poursuivies, avec plein succès du reste, sur une invention due à M. le capitaine du génie Netter, et qui a pour but de reproduire, dans la cabine même du mécanicien, les signaux optiques faits le long de la voie: nous entendons les fermetures de signaux, puisque c’est là en réalité ce qui a une importance primordiale, et ce qui ne devrait jamais échapper au mécanicien.
- Évidemment et théoriquement, il suffit d’un disque aux couleurs convenables (blanc et rouge, en France), mis en travers de la voie, pour que les agents du train constatent que la voie n’est point
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- Uqtétitcur tic signaux de chemin de fer et détail de l'appareil moteur de la tige.
- libre et arrêtent leur marche ; mais, en fait, il arrive fréquemment que les mécaniciens s'engagent sur une voie occupée déjà, et qu’il en résulte un accident. Quand on cherche ensuite les causes de la catastrophe et qu’on veut établir les responsabilités, il est le plus souvent fort difficile d'acquérir la certitude soit que le signal était resté ouvert et à tort, soit qu’il était bien fermé et que le mécanicien l’a violé consciemment, soit enfui que ce mécanicien a passé devant en se trouvant dans l’impossibilité matérielle de le voir. Cette dernière circonstance n’est pas aussi rare qu’on pourrait le croire, notamment en cas de brouillard, et de toutes façons on comprend combien il serait désirable que le passage d’une machine devant un signal fit automatiquement résonner un signal acoustique quelconque, sur la machine même, et sous les yeux du méeani-
- 30e année. — 1er semestre.
- cien : dès lors celui-ci n’aurait plus aucune excuse à faire valoir s'il franchissait ce signal.
- Les inventions se sont multipliées dans ce but, et en proportion des graves intérêts engagés ; nous ne pouvons les passer toutes en revue, mais disons que presque toutes présentent cet inconvénient qu'elles soumettent un organe de transmission au contact brusque de l'organe récepteur disposé sur la machine, et, comme cette rencontre se fait toujours à une vitesse assez considérable, elle produit un vrai choc qui a bientôt fait de mettre les appareils hors de service. La Compagnie du Nord français a imaginé ce qu’on appelle vulgairement son « crocodile », qui est constitué essentiellement par une poutre couverte d’une feuille de cuivre, placée dans l'entrevoie, et qui, par l’intermédiaire d’un commutateur solidaire des mouvements du signal, peut recevoir
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- le courant d'une pile placée le long de la voie : la machine porte une brosse métallique collectrice, et le courant lui arrive ainsi en faisant résonner un silllet avertisseur ; et comme le contact se produit 200 mètres avant le signal, le mécanicien a le temps d'arrêter son convoi. Toutefois ce dispositif repose uniquement sur un contact électrique assez coûteux, et susceptible de « ratés » dans un certain nombre de circonstances atmosphériques.
- Il est venu à la pensée de quelques inventeurs d’utiliser la rencontre d’un obstacle se dressant le long de la voie, pour obtenir un choc brisant un appareil intermédiaire fragile : en pareil cas, les inconvénients du choc ne sont plus à redouter, puisque, au contraire, on en tire parti, et il devient condition essentielle du fonctionnement du dispositif. Toutefois, nous ne voyons jusqu’ici que l'invention de M. Netter 1 qui réponde pleinement aux desiderata divers d'une combinaison de ce genre, la rupture se faisant toujours sans endommager les organes intermédiaires ni soumettre les signaux à des efforts le moins du monde sensibles ; l’électricité joue un rôle dans cet appareil, mais dans des conditions telles que tous les circuits sont sur la machine, et que, par conséquent, il ne peut se produire des dérangements qui passeraient inaperçus, ainsi que cela a lieu avec les « crocodiles » par exemple.
- Sur chaque disque de signal est rivée une tige T métallique qui vient se mettre transversalement à la voie avec ce disque, quand la voie est fermée : elle est disposée de manière qu’un lil de cuivre f très ténu, porté au bout du trolley de la perche à archet F, la rencontre si une machine passe devant le signal fermé; ce bl est extrêmement mince, et sa rupture n’intlige aucune secousse préjudiciable au disque ; cela ne l’empêche point du reste de résister parfaitement aux secousses du train, parce qu’il est un peu flottant, et que les vibrations n’ont par conséquent nulle action, sur lui. Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que la tige casse-fil ne pénètre pas dans le gabarit normal des véhicules, ce qui l’exposerait à être cassée constamment, mais qu’elle est cependant assez longue pour qu'on n'ait besoin que de donner un porte-à-faux peu considérable à la perche de la locomotive. Un courant électrique continu, emprunté à un petit accumulateur de 12 ampères-heure sous 20 volts, disposé latéralement à la cabine du mécanicien (et que nous verrons prêter constamment son courant pour les diverses manœuvres de l’appareil) passe dans le lil : si celui-ci vient à être coupé, immédiatement cesse le collage magnétique qu’il produisait sur un voyant, et le voyant tombe en V sous les yeux mêmes du mécanicien, dûment averti dès lors qu’il a franchi un signal ; mais, de plus, le voyant établit lui-même un contact, et un courant emprunté à l’accumulateur lait résonner une sirène disposée en S. Le signal optique est ainsi complété par un signal
- 1 Aidé de la collaboration de M. Queyroul.
- acoustique, et comme un lil métallique, enroulé au « cordeau » du chef de train, communique' avec une sirène placée dans le fourgon, le conducteur est, lui aussi, averti qu’on a violé un signal.. Il n’y a donc plus d’erreur excusable possible, mais une culpabilité nettement et sûrement déterminée si le convoi continue sa marche. Le cri de la sirène se fera entendre tant qu’on n’aura pas rétabli le passage du courant et ramené le voyant au collage, en replaçant un nouveau lil de cuivre, ce qui s'effectue aisément, même en cours de marche.
- Voici donc l’essence de l’ingénieuse invention : toutefois il est des circonstances, dans l'exploitation d’une voie ferrée, où les règlements, à tort ou à raison, prévoient le passage normal devant un signal fermé. Pour qu'on ne fût pas amené en pareil cas à caser inutilement le lil contre la tige T, M. Netter a disposé en M une manette grâce à laquelle le mécanicien peut envoyer le courant de l'accumulateur dans une série d’électro-aimants, dont nous allons indiquer le fonctionnement un peu plus en détail, et qui ont pour mission de décla-veter la fourche F de sa position relevée, et de l’abaisser, de l’eflàcer, de telle manière qu’elic ne vienne plus mettre le lil sur le passage de la tige T. Mais il fallait éviter que le mécanicien ne pût se donner le luxe de franchir un signal fermé, lors même que cela n'eût pas été imposé par les nécessités de l’exploitation : l’abaissement de la perche amène immédiatement la mise en action des deux sirènes, par suite de la rotation d’un disque de cuivre, solidaire de l’axe de rotation de la perche, et qui comporte en un seul point une touche isolante d’ébonite : tant que la perche est relevée, la touche interrompt le passage du courant de mise en marche de la sirène, et immédiatement après que la rotation commence, le courant trouve une portion quelconque du disque qui lui livre passage.
- La manette M pourrait à la rigueur suffire à effacer la perche, chaque fois qu'on va pénétrer sous un ouvrage d’art quelconque ne laissant pas passage à cette perche et menaçant de la briser ; mais cette pratique eût absorbé constamment toute l’attention du mécanicien, et il fallait nécessairement une combinaison automatique, qui est réalisée au moyen de ces électro-aimants dont nous venons de parler. Ce sont des électros à longue course de M. Guénée. Ils forment deux groupes Y, Z comprenant chacun un petit et un gros électro, et sont disposés sur le toit même de la machine, là où vient s’articuler la perche : il faut dire que tout le dispositif n’a guère plus de 30 centimètres de haut.
- Un peu avant que la machine pénètre sous chaque ouvrage d’art présentant une élévation insuffisante pour la perche, elle passe au-dessus d’un vieux rail placé dans l’entrevoie, de telle façon qu’une brosse C, disposée en dessous et à droite de la machine, vienne le frotter : il offre une « terre » à un circuit dépendant de l’accumulateur dont nous avons parlé déjà, et dont un des pôles est à la masse constam-
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- ment. Le courant passe donc dans le circuit, et vient agir sur le petit électro-aimant du groupe de l'appareil : aussitôt son noyau commence à monter et vient toucher une petite tige à ressort, formant contact, ce qui lance maintenant le courant dans le noyau du gros électro-aimant du môme groupe. Attiré vers le haut, ce noyau, qui est rattaché par articulation avec une des extrémités d’une sorte de lléau solidaire d’une poulie calée sur l’axe de rotation de la perche, relève cette extrémité du fléau, et, par conséquent, imprime à la poulie et à la perche une certaine rotation qui suffit précisément à effacer cette dernière. Notons que, pour permettre cet effacement, il a fallu déclavetcr la poulie, qui était maintenue dans sa position de relevage par un mentonnet spécial : il est nécessaire que la perche ne puisse pas abandonner sa position sous la simple action des secousses du train. Pour le déclavctage, il est ingénieusement assuré par l’action du petit électro-aimant sur ce mentonnet, action qui est transmise par un système de leviers et d’articulations des plus ingénieux, mais sur lequel nous ne pouvons insister. La poulie portant la perche ne comporte sur son pourtour que deux encoches, dans lesquelles le mentonnet peut rentrer, et qui correspondent respectivement à la position de relevage et à celle d’abaissement, la perche étant fixée dans cette dernière quand le mouvement du fléau dont nous avons parlé est terminé. Dès que la machine a dépassé le bout du rail d’entrevoie, le courant ne passe plus, et le système retombe sous son propre poids, la perche demeurant dans sa position et clavctée. Aussitôt que la machine sort du tunnel, elle passe par-dessus un autre vieux rail qui, cette fois, se trouve à gauche; et, au moyen d’une autre brosse À et du second groupe d’électro-airnant, un phénomène exactement inverse se produit : la perche, déclavetée d’abord, se relève promptement dans sa position normale. Comme chaque fois que s’abaisse la perche, la sirène résonne dans la cabine du mécanicien et dans le fourgon, le conducteur est à même de surveiller tout ce qui se passe d’irrégulier.
- M. Netter a même voulu prévenir un peu à l’avance le mécanicien de l’approche d’un signal fermé : et cela au moyen d'une troisième brosse B placée sous le milieu de la machine, et qui vient lécher un troisième bout de rail, mais isolé de celui-ci, et posé à 200 mètres en amont du disque : il est relié par un fil métallique à un commutateur fixé au disque même. Selon que la voie est fermée ou libre, ce commutateur relie fil et rail à la terre ou maintient l’isolement : dans le premier cas, le courant lancé dans un relais fait résonner la sirène d’avertissement ; dans le second, rien ne se produit.
- Nous n’insisterons guère sur cette dernière disposition, étant donné le fonctionnement sûr et simple de l’appareil que nous venons de décrire, et qui est essayé en service courant depuis plusieurs mois sur les chemins de fer de l’État français. D. Bellet.
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- LES PLUIES DE POUSSIÈRE
- ET LES GLACIERS
- Le 10 et le 11 mars 1901 il s’est produit, particulièrement dans l’Europe centrale, une de ces pluies de poussière dites pluie de sang dans la superstitieuse Sicile.
- Le phénomène a été particulièrement remarquable par son extension ; il s’est, en effet, manifesté depuis la Sicile jusqu’aux îles danoises de Falster et Laaland, à travers l’Italie et l’Allemagne.
- D’après l’analyse, faite par M. Stanislas Meunier, d’un échantillon recueilli à Palerme, cette poussière était formée principalement de sable quartzeux (59,14 pour 100) et de carbonate de chaux 25,91 pour 100) et renfermait des grains noirs et opaques de nature charbonneuse G Un savant allemand, le Dr Hiipke, a examiné une vingtaine d’échantillons de ces sédiments recueillis en des localités très différentes. Comme M. Stanislas Meunier, il signale la prédominance des sables quartzeux et la présence de particules de fer extrêmement ténues attirables à l’aimant. Ces sédiments éoliens présentaient la couleur du sable et des pierres du désert lybique. Aussi le I)r Hiipke, qui a étudié très soigneusement ces poussières, n’hésite-t-il pas à indiquer comme lieu de leur origine la région située entre Ghadamer, Tripoli et Tunis. Le volume de ces sables, apportés en Europe par le vent, est considérable ; d’après les recherches du Dr Hiipke, à Taormina, en Sicile, il serait tombé 2,1 grammes de poussière par mètre carré, à Livourne 4,5 grammes et en Corinthie on aurait trouvé 8 grammes par mètre carré ! Le travail de M. Hiipke vient d’être complété par un mémoire très complet publié par le Bureau central météorologique dans ses Abhandlungen de 1902. Une carte montre la distribution géographique du phénomène.
- Les Alpes Orientales, situées en travers de la marche suivie par ces nuages de particules minérales, ont été naturellement saupoudrées de ces poussières et de ce fait tous les glaciers et toutes les neiges ont été colorés en rouge très vif comme l’avaient été, pendant quelques heures, le sol, les maisons et les arbres à Palerme et à Naples. Dans une Note publiée dans le Globus, le professeur Richter, le savant et actif glaciairiste autrichien, a attiré l’attention sur les services que peut rendre cette coloration accidentelle pour la connaissance des lois qui déterminent l’écoulement des glaciers.
- Pour suivre les transformations du névé, puis l’écoulement de la couche de glace qu’il a formée soit à la surface, soit dans l’épaisseur du glacier, dans son mouvement vers l’aval, les glaciairistes avaient proposé de colorer une portion de glacier et de la mettre en observation pendant une série d’années. La chute des poussières sahariennes dans les Alpes Orientales épargne aux naturalistes les frais de cette expérience. Grâce à la coloration qu’elles doivent à la présence de ces particules minérales, les neiges de l’hiver 1901 sont désormais facilement reconnaissables ; il sera donc possible de suivre leur marche dans les glaciers et de résoudre d’intéressants problèmes de physique glaciaire.
- Il serait intéressant de rechercher si nos Alpes du Dauphiné et de la Savoie n’ont pas été touchées par cette pluie de poussière et de savoir si sur leurs glaciers elle n’a pas
- 1 Sur la pluie de sang, observée à Palerme dans la nuit du 9 au 10 mars 1901, Note de M. Stanislas Meunier, in Compte rendu. Académie des sciences, n° 14. Séance du 14 avril 1901.
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- IA NATl.’Il F.
- produit la coloration remarquable observée dans le Tyrol. C’est une enquête que nous nous permettons de recommander aux alpinistes lecteurs de La Nature.
- Chaules Rabot.
- LA. GALËRUQUE DE L’ORME
- Répandue par toute l’Europe, la Galéruque de l’orme s’est multipliée en France, depuis trois ans surtout, au point de constituer un véritable lléau. Des plaintes nombreuses se sont élevées de toutes parts sur ses méfaits, et nos pépiniéristes entrevoient l’avenir sous un jour sombre. Si Paris, en ellet, s’est, jusqu’ici, trouvé à peu près à l’abri des ravages de cet insecte, il n’en est malheureusement pas de même dès la banlieue, et le promeneur le plus distrait n’a pas été sans remarquer l’aspect la-mentable de nos routes. Tandis que tout, à l’entour, est verdoyant et plein de vie, que le chant des oiseaux respire la joie et quele chaud soleil indique l’été, les ormes dénudés ou aux feuilles brunies et dentelées (fig. 1, n° 4) font songer à l’hiver et dégagent un air de tristesse qui remplit l’àme. LaGaléruque, il est vrai, ne s’attaque pas aux autres
- arbres; mais, par contre, elle s'en prend à toutes les variétés d’ormes, qu elles soient cultivées ou non, dans les parcs, les pépinières ou les bois. L’action de cet insecte est partout la même; elle prive les feuilles de leur tissu chlorophyllien, ce qui cause leur dessiccation et leur chute. Aussi n’est-il pas rare de rencontrer des arbres dépouillés en pleine saison, comme ils le seraient au cœur de l’hiver (fig. 2).
- Les entomologistes connaissent depuis longtemps la Galéruque (Galeruca vraUvifi Yorst, ou Cal-mariensix Fabr., ou Xanthomelæna Schrank), ce
- Fi};'. 1. - .V 1. lusrete parfait giosoi; 1 u, N° 2. Larve grossie; 2 a, grandeur naturelle. — 5 «, grandeur naturelle. — N° i. Dégâts sur les
- coléoptère d’un jaune verdâtre, avec taches noires sur le corselet et élytres bordées de noir, long d’environ 6 millimètres (fig. 1, u° 1 et 1 û). Toutefois, quelques points de biologie sont encore en litige.
- Certains entomologistes pensent qu’il n'y a qu’une génération annuelle, et telle est l’opinion de M. Mé-négaux qui a beaucoup étudié cet insecte; d’autres estiment qu’il y en a deux, et que ce sont des
- femelles fécondées ayant passé l’hiver, qui pondent au premier printemps. Il est possible que les uns et les autres aient raison et que les différences constatées dans le nombre des générations dépendent des localités dans lesquelles on s’est livré à cette étude, et de la température plus ou moins favorable suivant les années et les lieux. Quoi qu'il en soit, au début du printemps, mâles et femelles secouent leur engourdissement, car ils ont passé la mauvaise saison comme ils ont pu, à l’abri des intempéries, dans des chambres, des cuisines, des greniers, ou simplement sous les feuilles mortes ou dans les crevasses des écorces, et se recherchent. ( >n peut, dès ce moment, les observer sur les bourgeons
- grandeur naturelle. — X” 3. Nymphe feuilles.
- iïrossie :
- et les jeunes pousses où ils déambulent d'un pas toujours lent, le mâle, distinct de la femelle par son abdomen plus étroit, au dernier segment échancré.
- L’accouplement ne tarde pas à s’opérer, si toutefois il n’a pas eu lieu déjà en automne, puis, quelque temps après, les femelles commencent à pondre. Les œufs, blancs et oblongs, sont groupés en rangées serrées à la face inférieure des feuilles, auxquelles ils adhèrent par la pointe. Généralement écloses vers la fin de mai, les jeunes larves (fig. 1, n° 2 et 2 a), de couleur jaune semée de taches noires si serrées que l’animal a l’aspect
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- I,A N A T EUE.
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- noirâtre, rongent le tissu chlorophyllien des feuilles. Trop faibles d’abord, elles respectent les nervures, même les plus fines ; mais, avec l’âge, leurs mâchoires prenant de la force, elles les attaquent à leur tour, et ne laissent que les grosses nervures ainsi que les parties trop épaisses de l’épiderme supérieur. Parvenues au terme de leur croissance, elles descendent le long du tronc ou se laissent choir, et se changent en nymphe (fig. 1, n° û et ô a) soit dans les fissures de l’écorce, soit au pied de l’arbre à la surface du sol ou un peu au-dessous.
- Chaque anneau de leur abdomen présente à ses extrémités des prolongements qui leur donnent un aspect dentelé.
- Ca nymphose a lieu dans l’intérieur d’une coque jaunâtre dont s’entoure la larve, et dure environ huit jours, avant de donner naissance à l’insecte parfait. Le terrain semble alors recouver t de petites graines jaunes,dont la couche atteint parfois une épaisseur de 0m,10 à 0m,15, ainsi que l’a constaté M. Wui-rion, il y a quelques années, dans le parc de Saint-Gratien.
- Pendant ce temps, les Galéruques adultes, leurs parents, achèvent complètement le travail de des truction commencé par les larves.
- Les remèdes employés sont pour la plupart inefficaces. Tous le sont d’ailleurs en ce qui concerne les œufs; ceux-ci, protégés par une coque épaisse, n’ont rien à redouter des pulvérisations de liquides corrosifs; les ormes, par contre, sont les seuls à en souiïrir bien souvent.
- Il faut donc songer à détruire les adultes, avant la ponte si possible, mais surtout les larves et les nymphes.
- Contre les adultes et les larves, le battage des branches, le matin, donne quelques résultats, en en faisant tomber des quantités sur des toiles éten-
- dues à terre, où il sera facile de les recueillir et de les détruire. Mais ceci ne peut se pratiquer que sur des arbres de petite taille.
- Les pulvérisations faites avec une émulsion de pétrole, avec du sublimé en solution très faible, ou du formol à 2 pour 100, de la nicotine, du sulfate de cuivre à 10 pour 100, du sulfate de fer à même dose, sont souvent encore employées et réussissent sur des arbres en buissons ou en taillis.
- Pour les ormes sé-
- ...........j culaires, on a con-
- J seillé d’enduire le
- tronc, à une certaine distance du sol, d’un large anneau de goudron où viendraient s’engluer les larves descendant à terre pour se chrv-salider. Le malheur est que beaucoup d’entre elles ne suivent pas ce chemin, mais se laissent tomber des branches les plus basses. Des procédés bien plus efficaces consistent à ramasser les feuilles mortes qui jonchent le sol au pied des arbres, et dans lesquelles on trouvera des multitudes de chrysalides, et à brûler le tout; ou encore à faire passer le rouleau pour les écraser; ou à retourner les gazons au pied des ormes pour enterrer les larves et les nymphes, ce qui les fait périr. Pendant l’hiver, on recherchera les retraites des adultes afin d’en détruire le plus possible; c’est le seul remède préventif que nous connaissions.
- Nous passons sous silence une foule de moyens de destruction plus ingénieux que pratiques. Ceux que nous venons de donner ne doivent être considérés que comme des palliatifs, dont, certes, il ne faut pas faire fi, mais se servir, faute de mieux. En terminant, nous émettons le vœu de voir un jour prendre pour la Galéruque de l’orme une mesure générale analogue à celle qui est en vigueur pour le Hannetonnage. Lucien Iciies.
- Fig. 2.
- Aspect d'un orme séculaire ravagé par les Galéruques au mois de juin.
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- LA NATURE.
- WAGONS BOERS
- Depuis que les multiples épisodes de la campagne du Transvaal ont accaparé l’attention du public, celui-ci a dû se familiariser avec toute une série de noms plus ou moins bizarres et que ses oreilles n’avaient jamais entendu prononcer auparavant. Wagon, laager, kopje, trek, river, etc., reviennent constamment sous ses yeux et, s’il devine quelquefois le sens de ces mots, il se fait plus difficilement une idée exacte des choses qu’ils représentent.
- Nous insisterons aujourd’hui sur le wagon (prononcez : ouag’gonn) qui joue un si grand rôle dans cette guerre et qui n’est pas, comme on a pu le croire tout d’abord, une voiture de chemin de fer, mais tout simplement un chariot, un fourgon, ou — si vous préférez — quelque chose comme ces voitures de bohémiens que nous voyons parfois stationner aux abords des agglomérations urbaines.
- Le wagon boer (prononcez : bour) se compose d’un corps de voiture confectionné en poirier sauvage, ayant une longueur moyenne de 6m,20 sur une largeur de
- 2 mètres et plus, et surmonté d’une bâche en toile qui repose sur quelques cerceaux. Les raies des quatre roues sont en acacia. Devant le corps de voiture est fixé un coffre et, à l’arrière ou sur un des côtés, est suspendu un tonneau qu’on tient constamment rempli d’eau ; une cage à poules se balance sous le plancher et il y a à l’intérieur un large cadre ou lit en cuir suspendu au moyen de cordes. Les jantes des roues ont 0m,15 de large et les cercles en fer 0m,3 d’épaisseur. Le poids d’un wagon est de
- 3 tonnes ; son prix de revient oscille autour de 5000 francs ; sa durée est d’une quarantaine d'années, et il faut estimer à quatre tonnes le fret qu’une voiture bien conditionnée peut porter à travers le veld.
- L’attelage se compose habituellement de 18 bœufs accouplés par paires, chaque paire (span) valant de 500 à 800 fr. et atteignant même parfois 1000 fr. Lesbêtes sont desbœufs à bosse (african oxen) dont l’allure ordinaire est le pas, mais qui peuvent prendre le trot quand ils sont chargés d’un service de poste. Ils sont attelés au moyen d’une chaîne longue de 21 à 22 mètres qui prend depuis le timon, et on a soin de toujours intercaler les jeunes bêtes qu’on peut avoir entre deux paires d’animaux dressés depuis plus longtemps. Leurs conducteurs leur attribuent certains noms, tels que : frenchman, english-man, etc., et leur adressent fréquemment la parole.
- Pour conduire un pareil attelage deux ou trois hommes suffisent : le plus important par ses fonctions est le « dra-wer » ou conducteur, qui dirige les bêtes depuis le siège de devant ; il a pour l’aider le « fore-looper », domestique hottentot qui guide plus spécialement les deux premiers bœufs de tête, et quelquefois un garçon en sous-ordre.
- Le drawerest armé d’un fouet en peau d’hippopotame, assoupli à l’extrémité la plus mince et d’une longueur de 2 mètres, qui lui sert à frapper les deux limoniers ; il touche les autres avec un fouet beaucoup plus long — car il mesure une quinzaine de mètres — à manche en bambou et à lanière en peau de girafe, avec mèche en peau d’antilope. Le poids de cet instrument est de 5 kg et son prix de revient de 15 shill., se décomposant ainsi : manche (5 mètres) 2 sh., lanière (10 mètres) 7 à 10 sh., mèche (1 mètre) 3 sh.
- Les conducteurs de chariot sont parfois tellement adroits dans le maniement de ce fouet gigantesque qu’il leur arrive (me contait le Boer qui a bien voulu me donner tous ces détails) de décapiter au passage, d’un coup de mèche ou de lanière, une perdrix tapie dans l’herbe ou
- d’enlever un bouchon placé sur une bouteille sans effleurer le goulot.
- Pour atteler les garçons passent les 18 colliers dans leurs bras, appellent chaque bœuf par son nom, puis garnissent en ayant soin d’apairer immédiatement les bêtes. Avec un personnel bien au courant il suffit de 7 minutes pour atteler et de 5 pour dételer; ce qui explique la rapidité étonnante avec laquelle les Iloers peuvent lever le camp à l’approche de l’ennemi et disparaître à peine signalés.
- Quand un campement doit durer pendant quelque temps on prend la précaution de l’entourer d’un cercle de mimosas épineux, les branches en dehors, pour le mettre à l’abri des fauves et des maraudeurs. Dans tous les cas les attelages sont dégarnis et abandonnés à eux-mêmes — sauf les deux conducteurs, qui sont toujours tenus à la chaîne.
- Les Boers campent ainsi pendant 5 mois quand ils vont hiverner dans le bas pays, moins froid que les plateaux de parcours qu’ils fréquentent durant l’été.
- Lucif.x Jacquot.
- TABAC ET CAFÉIER
- Il ne suffit pas de souhaiter qu’un fait désirable soit une réalité ; il faut avant tout prouver, par l’expérience la plus minutieuse, l’absolue certitude de ce qu’on affirme. Dans mon article sur le tabac et le caféier *, j’ai déclaré que les cigarettes faites de feuilles de caféier étaient inoffensives ; le résultat des analyses chimiques que j’ai entreprises suffisait pour démontrer cette innocuité. Cependant, j’ai pensé qu’il serait bien, par des expériences à la portée de tout le monde, de prouver l’innocuité réelle des cigarettes de caféier.
- Ceux qui fument ne produisent pas seulement sur eux-mêmes des sensations plus ou moins agréables, mais ils exhalent de la fumée qu’ils font respirer par les autres. J’en ai conclu qu’il fallait rechercher expérimentalement les effets de cette fumée.
- Pour mes observations j’ai disposé une cloche en verre de 55 centimètres de diamètre sur la même hauteur, munie dans le bas de deux tubulures et d’une 3e tubulure au sommet. Par un caoutchouc une des tubulures du bas est reliée à une pipe, la 2e tubulure du bas sert à la rentrée de l’air, la tubulure du sommet est munie d’un tube en caoutchouc adapté à un soufflet à soupape.
- Première expérience avec la fumée de tabac. — Sous la cloche en verre, j’enferme une cage contenant une dizaine d’oiseaux (serins et capucins) ; puis au moyen du soufflet à soupape, je fais pénétrer la fumée produite par la pipe bourrée de 2 grammes de tabac ; 3 minutes après l’introduction de la fumée de tabac, les oiseaux tombent asphvxiés, remis à l’air ils meurent en 44 minutes.
- Deuxième expérience avec la fumée de caféier. — Sous la cloche de verre, j’introduis la cage contenant de nouveau une dizaine de serins et capucins, puis je fais pénétrer la fumée produite par une pipe bourrée de 2 grammes de caféier; 12 minutes après cette introduction les oiseaux tombent étourdis, remis à l’air ils ne meurent pas.
- Troisième expérience avec la fumée de tabac. — Sous la cloche de verre, je mets un cobaye pesant 353 grammes; après l’introduction de la fumée de tabac, il tombe en convulsions ^iu bout de 25 minutes, ramené à Pair il meurt en trente-une minutes.
- 1 Yoy. n° 1490, du 14 décembre 1901, p. 26.
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- Quatrième expérience avec la fumée de caféier. — .T’introduis sous la cloche de verre un cobaye pesant 541 grammes, après 25 minutes de séjour dans la fumée de caféier il éprouve des tremblements; remis à l’air il ne meurt pas. Ces expériences démontrent que la fumée de tabac tue les oiseaux et les cobayes, tandis que dans les mêmes conditions avec la fumée de caféier les oiseaux et les cobayes ne meurent pas. 11 est certain qu’en fumant la pipe, le cigare ou la cigarette on fait éprouver par la salive une certaine infusion au tabac, dont forcément on avale une partie. 11 fallait se rendre compte des effets comparatifs des infusions de tabac et de caféier.
- Pour faire mes observations, je me suis procuré deux petits aquariums d’une contenance de deux litres.
- Cinquième expérience sur une infusion de tabac. — J’ai fait infuser à froid, pendant 12 heures, 5 grammes de tabac dans un litre d’eau ; après fdtration j’ai versé cette infusion de tabac dans un des aquariums, puis j’y ai mis des poissons (carpes et cyprins) pesant chacun de 10 à 40 grammes : ils y meurent en 15 minutes.
- Sixième expérience sur une infusion de caféier. — Dans les mêmes conditions j’ai fait infuser à froid, pendant 12 heures, 5 grammes de caféier dans un litre d’eau, j’ai versé cette infusion de caféier dans le deuxième aquarium, puis j’y ai mis des carpes et cyprins : ils y vivent pendant douze jours. De plus mes expériences ont porté sur divers tabacs et sur des cigares, notamment :
- 1° Un bout de cigare de deux sous, pesant 1 gramme et d’une longueur de 2 centimètres, a été infusé à froid, pendant douze heures, dans un litre d’eau : les carpes et les tanches mises, dans cette infusion y sont mortes en 31 minutes; 2° 5 grammes de scaferlati supérieur ont été infusés, pendant douze heures, dans un litre d’eau froide : les poissons mis dans cette infusion sont morts en 11 minutes; 5° 5 grammes de Maryland ont été infusés, pendant douze heures, dans un litre d’eau froide : les poissons mis dans cette infusion sont morts en trente minutes; 4U 5 grammes de Levant supérieur ont été infusés, pendant douze heures, dans un litre d’eau froide : les poissons mis dans cette infusion sont morts en vingt-cinq minutes; 5° 5 grammes de tabac (Combarieu) privé de nicotine ont été infusés, pendant douze heures, dans un litre d’eau froide : les poissons mis dans celte infusion sont morts en 15 minutes; 6° 5 grammes de tabac ordinaire ont été infusés, pendant une heure seulement, dans un litre d’eau froide : les poissons mis dans cette infusion sont morts en 14 minutes; 7° 5 grammes de caféier ont été infusés, pendant vingt-quatre heures, dans un litre d’eau froide : les poissons mis dans cette infusion y vivent en parfaite santé pendant au moins douze jours.
- 1er TABLEAU RÉSUMANT LES EXPÉRIENCES SUR LES EFFETS DES FUMÉES DU TABAC ET DU CAFÉIER
- 1° Oiseaux soumis à l’action de la fumce
- de tabac, meurent en...............44 minutes.
- Cobayes soumis à l’action de la fumée
- de tabac, meurent en...............51 »
- 2° Oiseaux soumis à l’action de la fumée de caféier, ne meurent pas.
- Cobayes soumis à l’action de la fumée de caféier ne meurent pas.
- 2“ TABLEAU RÉSUMANT LES EXPÉRIENCES SUR LES INFUSIONS DANS L’EAU DE TABAC ET DE CAFÉIER
- 1° Poissons mis dans une infusion de tabac
- meurent en.........................11 minutes.
- 2° Poissons mis dans une infusion de tabac (Combarieu) prive de nicotine, meurent en..................................15 »
- 5° Poissons mis dans une infusion de caféier, vivent............................12 jours.
- Toutes ces expériences répétées de nombreuses fois peuvent être vérifiées par tout le inonde, elles démontrent que le tabac des fumeurs tue les oiseaux, les cobayes et les poissons, tandis qu’exposés à la fumée du caféier ils ne meurent pas. Ce qu’il fallait démontrer. Jacques Barrai..
- LE PLUS PETIT REILLE DU MONDE
- C’est à M. Voges, de Buenos-Ayrcs, que revient l’honneur d’avoir découvert le plus petit bacille connu. Ce microbe est si petit qu’il faut l’agrandir plus de 1500 fois avant de commencer à le voir. Le bacille de l’influenza, si petit lui-même, est un bœuf en comparaison. Minuscule bâtonnet, il se trouve dans les plaies et abcès auxquels est sujet le bétail Sud-Américain. C’est lui qui répand dans les troupeaux la maladie appelée (( manquea ». Il s’attaque de préférence aux sujets jeunes et produit chez eux une claudication caractéristique. L’odeur nauséabonde qu’exhalent les plaies se retrouve dans les bouillons de culture de ce bacille. Les souris, les rats, les lapins résistent à son action, mais les cobayes succombent au bout de 24 à 48 heures ; après la mort, on retrouve le bacille dans le cœur et dans tous les organes. C’est un anaérobie, mais il se différencie des autres anaérobies, tels que les bactéries du tétanos et de l’anthrax, en ce que l’effet pathogénique est dû au bacille même et non à ses toxines. M. Voges a démontré ce fait en pratiquant sur des cobayes des injections de ces produits préalablement retirés par filtration des bouillons de culture. De plus, c’est en été seulement que ce bacille est dangereux, pas une seule fois en hiver on n’est parvenu à transmettre la maladie par injection à un animal quelconque. J. G.
- TRAVAUX PRÉPARATOIRES
- DU METROPOLITAIN
- CONSOLIDATION DU SOUS-SOL
- Nous avons étudié, dans de précédents articles, les différentes phases de la construction du Métropolitain et nous avons vu que la prochaine ligne qui sera mise en chantier est la portion de la grande circulaire qui s’étend entre les places du Trocadéro et d’Italie, en passant par le sud de Paris ; les travaux vont commencer incessamment. Nous y reviendrons en temps voulu. Il importe toutefois de parler dès maintenant de la préparation du sous-sol parisien en certaines régions que la ligne urbaine doit traverser : elle est particulièrement intéressante dans les XIIIe, XIVe, XVe, Ve et VIe arrondissements où s’étendent de vastes carrières aujourd’hui abandonnées comme exploitation, mais qui, pendant bien des siècles, ont servi à la construction des maisons de la surface. Ces carrières sont disposées en nappes qui s’étendent sur une surface considérable; en bien des endroits même ces couches de pierre sont superposées suivant deux étages.
- U existe dans ces carrières un grand nombre de galeries qui se ramifient suivant un canevas des plus fantaisistes; le service de l’inspection des carrières de la Ville de Paris a pour mission de les visiter
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- constamment et de les consolider afin d’éviter les effondrements qui pourraient intéresser la chaussée et les constructions de la surface.
- La méthode employée jadis pour l’exploitation de la pierre consistait à avancer sous le sol tant qu’on rencontrait les matériaux utiles; on procédait par galeries et on abattait sur les côtés en laissant des piliers destinés à soutenir le plafond, autrement dit le ciel de ces immenses chambres et couloirs. Une fois la pierre enlevée, on conservait parfois la galerie qui servait à la circulation et on remplissait les vides avec de la terre de déblai.
- Lorsque le ciel était suffisamment soutenu, il n’y avait rien à craindre, les éboulis ne pouvaient se produire ; mais en d’autres endroits, où les protections n’étaient pas suffisantes, les veines de pierres s’abattaient soit dans le vide des galeries, soit sur le matelas peu résistant des terres meubles et provoquaient souvent des zones d’effondrement plus ou moins étendues.
- En certains cas, ces effondrements affectaient des formes très curieuses, qu’on dénomme des fon fis (fig. 1 ) ; les terres ou les pierres se désagrègent en un seul point et viennent s’affaisser en laissant au-dessus d’elles une sorte de dôme qui peut atteindre de grandes hauteurs,
- 11, 15 et môme 17 mètres. Ces fonds sont sujets à des progrès constants; les portions, situées à la partie supérieure, se désagrègent peu à peu sous différentes influences et forment un grand tas sous la cloche. Si l’on n’y prenait garde, il pourrait même arriver que cette usure progressive se fît sentir à la surface; en ce cas, la rue s’ouvrirait subitement et entraînerait au fond du gouffre tout ce qui se trouverait à proximité de la zone d’effondrement. Pour parer à cet accident, les ingénieurs des carrières établissent des revêtements en pierres meulières à l’intérieur de ces cloches ; ils construisent de grands dômes dont la maçonnerie atteint, en certains endroits, 1 mètre d’épaisseur et
- même davantage. Telle est la matière du sous-sol pour certaines sections que doit traverser le Métropolitain; on conçoit que cette assiette n’était guère suffisante comme solidité et, sans aucun doute, si l’on n’avait procédé à des travaux importants de consolidation dans les carrières, on aurait eu à déplorer beaucoup trop souvent des accidents d’effondrement absolument désastreux.
- D’une façon générale, il existe deux systèmes de consolidation qui sont alternativement employés suivant la nature des carrières au-dessus desquelles
- la ligne doit passer.
- Lorsque la carrière est bien conservée, on se contente de percer une galerie suivant l’axe du chemin de fer et d’établir des murs de soutènement transversaux situés à droite et à gauche de ces couloirs (voir la partie de gauche du plan, fig. 3). Ces murs ont, en général, lm,20 de large et s’étendent comme profondeur à des distances variables, la moyenne est de 4 mètres ; mais ce chiffre n’est pas constant, car le travail consiste à remplacer les anciens déblais par delà caillasse; or, comme aucune règle n’a été suivie par nos ancêtres dans leur exploitation, on ne sait jamais au juste d’avance quelle quantité de maçonnerie doit être employée. On s’arrange de façon que les piédroits du futur tunnel trouvent toujours sous eux une masse inébranlable et solide. Lorsqu’il y a des vides on les remplit avec de la maçonnerie qui prend toute la hauteur de la galerie et qui s’appuie, autant que possible, sur des masses de pierres intactes de la carrière.
- A l’endroit des gares, on donne aux murs de soutènement des dimensions plus grandes et on augmente leur nombre, afin de pouvoir résister h l’augmentation des poussées horizontales que provoque nécessairement le surbaissement des voûtes sur l’emplacement des stations.
- On emploie le second procédé lorsqu’on traverse des zones d’effrondrement (voir la partie centrale du
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- plan, lîg. o). Celles-ci affectent des aspects un peu divers; en certains cas, les galeries n’existent plus, elles sont abîmées sous le poids de la pierre qui est tombée et qui obstruent tous les passages. En
- d autres endroits la galerie tient bon, mais ce sont les côtés qui se sont affaissés, la veine de pierre s’est écroulée sur les terres meubles d'apport. En ce cas il n’y a plus moyen de procéder aux consolida-
- Fij;. 2. — Consolidation du sous-sol du Métropolitain à l’endroit d’une station, en une zone d'effondrement.
- tions par le syslème des murs ; ceüx-ci ayant pour objet de remplacer les terres de déblais, ne peuvent être utilisés que là où il en existe. Il n’y a plus moyen d’agir par des travaux souterrains; il faut creuser des puits à partir de la surface jusqu’à atteindre le bon sol qui se trouve souvent au-des-
- sous du niveau des carrières. Ces puits présentent une section circulaire de lm,20 de diamètre et sont remplis de béton; ils constituent une sorte de colojine enterrée très solide (fig. 2). On les construit suivant une double file de 6 mètres d’écartement et dont l’axe correspond au tracé du futur
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- Métropolitain ; on les réunit deux à deux à l’aide d’un radier horizontal, en béton armé, placé immédiatement sous la maçonnerie des voûtes du tunnel à construire. Il s’ensuit que celui-ci repose sur un système indéformable et complètement indépendant de la disposition des anciennes carrières ; il peut y avoir des vides, des fonds et toute sorte d’accidents sous le radier en ciment armé, sans que la solidité du Métropolitain ait à en souffrir.
- La longueur de la ligne du circulaire que l’on est
- en train de consolider par les procédés que nous venons d’indiquer est de 3 kilomètres; cet ouvrage, bien qu’il n’apparaisse en rien, puisque jamais on ne verra une seule pierre de toute la maçonnerie exécutée, est d’un prix considérable ; rien que pour la section que nous venons d’indiquer les adjudications ont atteint, dans leur ensemble, la somme de 1 800 000 francs.
- Les travaux sont conduits avec une prudence et une science admirables par M. AVickersheimer,
- Fig. 3. —. Plan montrant les différents];procédés de consolidation pour la ligne du Métropolitain.
- A gauche : consolidation par murs de soutènement ; au milieu par puits; adroite, consolidation du sous-sol à l’endroit d’une station.
- inspecteur général des Carrières de la Seine, et M. Paul Weiss, ingénieur des Mines.
- A. da Cunha.
- IA MYOPIE EN FRANCE
- La myopie est-elle en progrès ou en décroissance? Le développement de l’instruction et le surmenage des jeunes gens avant l’âge de vingt ans, est-il la cause de cet accroissement? Telle est la question que nous nous sommes posée. Nous nous sommes servi, pour répondre à cette question, des constatations faites dans un ouvrage encore inédit, qui vient d’être couronné par l’Académie de médecine, tout récemment : « Répartition en France des diverses infirmités et maladies constatées par les Conseils de révision, pendant les périodes 1836-1845 et 1887-1896 », par Mme Turquan.
- Prenons d’abord les résultats généraux.
- Pendant la période 1836-1845, un nombre de 1 768193 jeunes gens ont été examinés par les Conseils de révision ; le nombre de ceux d’entre eux qui ont été exemptés de tout service, pour cause de myopie trop prononcée, a été de 6360, ce qui accuse une proportion de 3,6 pour 1000 examinés. Telle est la moyenne générale. Examinons comment a varié, pendant cette période décennale 1836-1845,
- la proportion moyenne des jeunes gens exemptés du service militaire pour myopie.
- Tableau n° 1.
- Classes. Nombre (le jeunes gens exemptés pour myopie. Nombre des jeunes gens examinés. Proportion des myopes exemptés p. 1000.
- 1836 768 177 000 4,54
- 1857 679 178 613 5,80
- 1858 670 174 607 5,84
- 1859 684 180 168 5,80
- 1840 655 176 778 5,60
- 1841 644 175 541 5,66
- 1842 595 180 409 3,50
- 1843 562 179 327 3,12
- 1844 555 173 462 3,17
- 1845 570 172 288 .5,50
- Sans vouloir discuter ici ce que pouvait valoir, au point de vue de l’intensité, l’infirmité qui exemptait à cette époque complètement du service militaire pour cause de myopie, — car la sévérité des Conseils de révision pouvait varier d’année en année, suivant le nombre des engagements déjà contractés, suivant les besoins du contingent, combinés avec l’effectif des classes, — contentons-nous de constater que la proportion générale des myopes jugés incapables de faire un service militaire, tendait abaisser assez sensiblement : plus de 4 pour 1000 en 1836, 3,8 en 1839, 3,3 en 1842, 3,17 en 1844.
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- Pour ce qui est de la répartition géographique, à cette époque, de tous les exemptés pour myopie pendant la période 1856-1845, nous nous contenterons de signaler les départements extrêmes. Proportions des myopes exemptés dans les Bouches-du-Rhône, 11 pour 1000 examinés; viennent ensuite, avec des proportions variant de 8 à 10 pour 1000, les Basses-Alpes (9 pour 1000), la Dordogne (8,1 pour 1000), le Loir-et-Cher (9,5 pour 1000). Viennent ensuite le Yar, le Vaucluse, la Seine-Inférieure. On voit que la Provence fournissait à cette époque déjà beaucoup de myopes. La Seine accusait une proportion de 4,5 pour 1000; le Doubs et les Côtes-du-Nord comptaient, au contraire, moins de 1 myope pour 1000 examinés; venaient après les autres départements bretons, le Finistère, le Morbihan, de 1 à 1,5 pour 1000, puis l’Auvergne : le Cantal et le Puy-de-Dôme comptaient également une faible proportion de myopes.
- Examinons maintenant comment se sont réparties les exemptions pour myopie, pendant la dernière période décennale connue, d’après l’ouvrage de Mme Turquan; mais auparavant il convient de remarquer, comme le fait l’auteur, que la statistique des myopes, à l’époque actuelle où tous les jeunes gens de chaque classe sont examinés par les Conseils de révision, répartis en trois groupes : les bons pour le service, les classés dans le service auxiliaire1, et les exemptés, n’est pas comparable aux chiffres de la période 1856-1845. A cette époque, une seule partie des contingents était examinée, et parmi les examinés, les uns étaient déclarés bons pour le service actif, les autres étaient définitivement exemptés. Voici les chiffres pour la période 1887-1896, avec indication du nombre de jeunes gens exemptés pour myopie excessive, et de ceux classés dans les services auxiliaires pour myopie plus légère.
- Tableau n“ 2,
- Contingent.
- Nombre des versés Proportion
- inscrits sur les exemptés dans les Total des
- listes du complète- services des mvopes
- Années. recrutement. ment. auxiliaires. myopes. p.'lOOO.
- 1887 516 090 768 901 1669 5,2
- 1888 308 245 655 900 1595 5,2
- 1889 295 707 564 947 1511 5,1
- 1890 510 975 631 1510 1941 6,2
- 1891 300 247 565 1379 1944 6,5
- 1892 277 425 611 1321 1952 7,0
- 1893 343 651 575 1805 2378 7,15
- 1894 530 158 531 1004 1535 4,7
- 1895 357 109 626 1427 2053 6,1
- 1896 531 368 484 1492 1976 5,9
- Pour une période de dix ans, 5 250155 jeunes gens ont été examinés, 6010 ont été définitivement exemptés de tout service, comme affectés d’une myopie excessive et 12 484 ont été versés dans les services auxiliaires comme affectés d’une myopie
- 1 Les ajournés finissent toujours par être rangés dans l’un de ces trois groupes : bons, services auxiliaires ou exemptés définitivement.
- moyenne : cela fait pour les premiers une proportion de 2 pour 1000 examinés, et pour les seconds, une proportion de 5,9 pour 1000, ensemble une proportion de 5,9 pour 1000 examinés. D’une manière générale le nombre des myopes semble avoir augmenté, sans que nous puissions dire si c’est parce que l’infirmité a augmenté ses ravages, ou si ces variations proviennent de la sévérité plus ou moins grande des Conseils de révision, se trouvant vis-à-vis de contingents plus ou moins nombreux par suite des variations des naissances qui se sont produites 21 ans auparavant.
- Tableau n° 3.
- Voici comment se classent les départements d’après les proportions des myopes à tous degrés examinés par les Conseils de révision. (Moyennes de dix années accumulées.)
- Proportion des myopes pour 1000 examinés.
- 1 à 2.
- 2 à 2,5.
- 2.5 à 3. —
- 3 à 3,5. —
- 3.5 à 4. —
- 4 à 4,5. —
- 4.5 à 5. -
- 5 à 5,5 —
- 5.5 à 6. —
- 6 à 6,5. 6,5 à 7.
- 7 à 8.
- 8 à 10. 10 à 15.
- 16.
- Vienne.
- Ille-et-Vilaine, Indre, Morbihan, Haute-Savoie.
- Ain, Allier, Corse, Côte-d’Or, Haute-Loire, Belfort, Savoie.
- Aisne, Cantal, Drôme, Eure, Isère, Jura, Saône-et-Loire.
- Hautes-Alpes, Ardèche, Cher, Creuse, Deux-Sèvres, Haute-Vienne.
- Charente, Charente-Inférieure, Dordogne, Eure-et-Loir, Maine-et-Loire, Orne, Pyrénées (Basses-), Pyrénées (Hautes-), Sartlie, Vaucluse.
- Doubs, Loire, Loiret, Lozère, Mayenne, Nord, Pas-de-Calais, Puy-de-Dôme, Tarn-et-Garonne, Var.
- Basses-Alpes, Aveyron, Corrèze, Gers, Indre-et-Loire, Lot-et-Garonne, Lot, Seine-et-Marne, Vendée, Vosges. Alpes-Maritimes, Calvados, Côtes-du-Nord, Marne, Haute-Marne, Meuse, Haute-Savoie, Seine-et-Oise, Somme (France entière).
- — Aube, Yonne.
- — Finistère, Meurthe-et-Moselle, Rhône.
- — Ardennes, Loir-et-Cher, Pyrénées-Orien-
- tales.
- — Ariège, Aude, Haute-Garonne, Manche,
- Nièvre, Oise, Tarn.
- — Bouches-du-Rhône, Gironde, Hérault,
- Landes, Loire-Inférieure, Seine, Seine-Inférieure.
- — Gard.
- Remarquons en passant, au sujet du tableau 2, que les listes de tirage au sort se sont trouvées réduites très sensiblement, à la suite d’une excessive mortalité en 1870-1871, des enfants nés avant 1870 et pendant la guerre frânco-allemande, et que le contingent de 1892 a été excessivement faible, (50000 naissances de moins) par suite de la faiblesse de la natalité en 1871. Par contre, la reprise vigoureuse de la natalité en 1872 et années sui-
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- vantes a eu pour effet de mettre beaucoup d’hommes, vingt et un ans après, à la disposition du ministre de la guerre, aussi les Conseils de révision ont-ils pu se montrer moins sévères.
- Toujours est-il que le nombre des myopes, pris dans leur ensemble, paraît être plus grand actuellement qu’il y a cinquante et soixante ans. Est-ce une raison pour indiquer comme cause des progrès
- de la myopie ceux de l'instruction? Peut-être; et cela serait bien établi si l’on pouvait prouver que les régions de la France où les progrès de l’instruction ont été le plus sensibles sont précisément les mêmes qui produisent aujourd’hui le plus grand nombre de myopes. Cela nous conduit à rechercher comment se répartissent en France, pendant la dernière période décennale 1887-181)0, les myopies constatées par les Conseils de révision, et comment se groupent les départements d’après la proportion des cas de myopie. Faisons d’ailleurs remarquer,
- pour émettre un jugement complet sur la myopie, chez les jeunes gens, qu’aujourd’hui hon nombre de soldats,et encore plus d’ofliciers, portent lorgnon, et qu’il est impossible, bien entendu, d’en supputer le nombre, de façon à constituer un nombre complet de jeunes gens myopes. Contentons-nous des résultats relevés sur les comptes du recrutement (voir le tableau n° 3, p. 207). Un coup d’œil jeté
- sur une carte montre que dans tout l’Est (forte instruction), dans l’Ouest (grand progrès de l’instruction), dans la Guyenne, la Gascogne, dans tout le Languedoc, sur toutes les côtes de la Méditerranée, la Bretagne, et, d’une manière générale, dans toutes les grandes villes : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Nantes, Brest, Rouen, Nancy, Montpellier, etc., la myopie a fait de très sensibles progrès. Quelques départements du centre de la France, Vienne, Indre, Allier, Haute-Loire, offrent encore une proportion faible de myopes. Une carte de France teintée d’après les variations de ces proportions en dira, à cet égard, plus long ([ue ce que nous en pourrions dire; mais dès maintenant, il ne parait pas douteux qu’il faille imputer aux progrès de l'instruction des enfants les progrès de la myopie. Une enquête directe, qui constaterait l’état de la vue de chaque enfant entrant à l’école, ou au collège, et l’état du même enfant, muni de ses certificats et de ses diplômes, après sa sortie de classes, ne pourrait que confirmer et préciser ce que l’analyse rapide des comptes rendus des Gonseils de révision et des travaux de Mme Tur-quan en ce qui concerne la myopie, parmi les nombreuses maladies et infirmités qu’elle a examinées, vient de démontrer. \r. Türquan.
- MER MÉDITERRANÉE
- Proportion pour 1000 examinés : rn-oùui‘ de 3 poitr lOOO.
- de 3 ce ____„___„
- de b à Si „-----„ —
- FI i
- il
- i
- de- 5 à- 6 pour' lOOO
- de. 6 ce 7_____________ ____
- plus- de- 7_____ „_____ ___
- Répartition géographique de la myopie en France. Proportion, pour 1000 examinés, des myopes reconnus par les Conseils de révision. 10 années accumulées de 1887 à 1890.
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- m
- A INJECTION D’EAU
- Maintenant que les distributions d’électricité se généralisent dans les travaux souterrains, il n'est plus permis d’hésiter à recourir à l’outillage mécanique et électrique pour le forage des trous de mines : aussi est-il tout à la fois utile et intéressant de faire connaître les appareils nouveaux qui semblent présenter de réels avantages en la matière.
- Tel est le cas pour la perforatrice rotative électrique et à injection d’eau, qui est construite par la maison Dunand, de Carouge-Genève. Montée sur un chariot léger, qui roule par quatre galets verticaux sur une voie fer-rée, elle peut commander des mèches rotatives de formes et de dimensions variables, et elle est disposée de manière à pouvoir travailler dans tous les sens et dans n’importe quelle position.
- Son bâti, dont on voit la forme caractéristique e n colonne, est en fonte d’acier et porte le porte-mèche et la vis d’avancement, qui sert à pousser la mèche plus avant dans le trou au fur et à mesure que celui-ci se creuse ; notons, comme détail intéressant, que, par intervalles, une certaine quantité d’eau est amenée dans la boîte qui donne passage à la vis d’avancement et l’empêche de s'échauffer. On peut voir immédiatement la façon dont le moteur électrique est monté sur la portion transversale du bâti; il peut coulisser dans deux rainures, ce qui permet de donner aussitôt une tension convenable à la courroie qui transmet son mouvement à la mèche de l’outil.
- Nous n’avons guère besoin d’expliquer que les mouvements de l’outil, dans les divers plans, sont permis grâce à ce fait que l’ensemble repose sur un plateau cylindrique, qui pivote lui-même sur une genouillère, par l’intermédiaire de deux boulons dont les tètes sont encastrées dans une rainure circulaire ; la genouillère elle-même pivote verticalement sur un arbre rond fixé dans le support vertical.
- La mèche se fait suivant des types extrêmement divers, tantôt en forme de foret hélicoïdal ou plat, à deux ou plusieurs tranchants, ou encore en fraise taillée, en tube d’acier trempé et taillé à son extrémité en dents de scie, en couronne de fonte d’acier malléable, garnie de dents en acier trempé ou doux. La rotation du porte-mèche est produite par une vis sans fin à un ou plusieurs filets, fixée à un arbre transversal sur lequel est adaptée la poulie de commande où passe la courroie venant du moteur : la vis sans fin actionne une roue hélicoïdale traversée par le porte-mèche, quelle entraîne au moyen de deux clavettes. De toute façon, porte-mèche et mèche sont creux et amènent un jet d’eau jusque dans le fond du trou : cette eau arrive par un
- tuyau qu’on voit à gauche de la figure, et qui se raccorde au conduit même percé dans la longueur de la vis d’avancement.
- D’après les chiffres qui nous ont été fournis par les constructeurs, le rendement de cet appareil est fort satisfaisant et sa manœuvre simple : dans les calcaires, il effectuerait en 4 minutes le même travail qui demande une heure à deux mineurs travaillant à la masse. Sans doute le prix d’achat d’un outillage mécanique est-il sensiblement supérieur aux dépenses d’établissement d’un outillage primitif; mais par contre, et c’est là un enseignement général bon à tirer comme conclusion, le travail effectué avec les nouvelles méthodes ne coûte le plus souvent que le tiers et fréquemment le quart de ce qu’il coûtait avec les anciens systèmes. D. L.
- CHRONIQUE
- La télégraphie sans fil & travers l'Atlantique. — Ouelques progrès intéressants ont été réalisés dans les transmissions télégraphiques sans fil effectuées à travers l’Océan. La station dePoldhu, dans les Cornouailles, s’est maintenue en communication constante avec le transatlantique « Philadelphia )) au cours de la traversée de ce dernier. Cinq messages en tout furent expédiés. La
- Perforateur Duiuind.
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- LA N AILLE.
- première dépêche fut envoyée à une distance de 400 km du Cap Lizard et la dernière à 2500. En outre, la lettre « S », désormais célèbre, fut transmise et enregistrée à à 5400 km de distance. C’est là un progrès indéniable, car le premier en date des signaux transatlantiques ne fut perçu à la station réceptrice que par le téléphone alors que cette fois la lettre « S » est venue s’imprimer sur la bande de papier même de l’appareil récepteur. La station de Poldhu contient un alternateur de 58 chevaux et un groupe de vingt mâts de 70 mètres de hauteur. Cette longueur est la plus convenable suivant M. Marconi, qui estime que pour franchir de [dus grandes distances il faut augmenter la puissance et non allonger les mâts. Il est même d’avis qu’avec cette longueur de 70 mètres, la distance qu’on peut franchir ne dépend que de la puissance, de façon qu’il sciait possible de faire faire le tour du monde à un message qui partirait ainsi d’une station pour revenir à cette même station. A ce sujet M. Marconi affirme, et son affirmation mérite d’être retenue et surtout contrôlée, que la courbure de la terre n’affecte en rien la propagation des ondes hertziennes.
- Prochain retour (le la comète de Haller. — Dans huit ans, période très courte pour un astronome, la comète de llalley sera de nouveau visible au firmament. Jadis on prétendait que l’apparition d’une comète était l’indice de la colère divine et présageait quelque grand malheur. 11 est curieux de constater qu’un fait saillant d’histoire correspondait souvent avec la venue de la comète de llalley. C’est ainsi qu’elle fut visible en 1066, année où Guillaume de Normandie conquit l’Angleterre. La première apparition qu’on ait authentiquement enregistrée date de 12 ans avant Père chrétienne. Depuis cette année, elle a fait 25 fois le tour de son orbite. Sa période de révolution oscille entre 74,5 et 79,5 ans, il est donc donné à bien peu d’entre nous de la voir deux fois. La révolution qu’elle accomplit actuellement est une des plus courtes. En décembre 1909 la comète se trouvera dans la région des llvades, et traversera ensuite le Bélier et les Poissons. Son passage se trouve lié astronomiquement à une pluie de météores au mois de mai. C’est en juin qu’elle aura son éclat maximum.
- La toxine des chauves. — Nous devenons chauves par le fait de l’action d’une toxine sur le bulbe pileux. C’est du moins ce que nous apprend un article du Medical Record. Cette toxine, à laquelle l’auteur donne le nom de « trichotoxicon », se trouverait dans l’air respiré. Si les poumons rejettent ce poison, la chevelure est conservée; mais s’ils retiennent la toxine et que celle-ci passe dans le sang, c’en est fait de nos cheveux. Et cette maudite toxine ne serait pas illusoire, puisque le médecin américain déclare qu’il a pu l’isoler et qu’injectée^ à des cobayes et des lapins ceux-ci auraient perdu leurs poils. L’explication qu’il donne, à l’occasion de l’infériorité relative du sexe fort au point de vue capillaire, est à retenir : l’homme, ayant une respiration surtout abdominale, ne vide pas les alvéoles de ses poumons ; l’air y séjourne, y stationne et le trichotoxicon s’y accumule, d’où la détérioration précoce de son revêtement crânien; la femme, au contraire, à type respiratoire costal, ventile largement ses poumons; elle n’emmagasine que peu de trichotoxicon, d’où sa luxuriante chevelure résistant, ou paraissant résister, aux années. Se non è vero....
- Balayeuse automobile électrique américaine. — Une balayeuse électrique a fait dernièrement son apparition aux États-Unis dans les rues de Cleveland, une des principales villes de l’Ohio. Le véhicule a été construit
- de manière à pouvoir circuler sur les rails des différentes lignes de tramways de la ville. Il se compose essentiellement d’un chariot-moteur à quatre roues, à l’avant duquel on a disposé un réservoir d’arrosage dont l’eau, refoulée par des pompes automatiques, est lancée en gerbes jusqu’aux trottoirs à droite et à gauche de la voiture. A l’arrivée se trouve la balayeuse, assez semblable à celles qui circulent dans les rues de Paris, mais beaucoup plus longue, puisqu’elle mesure tout près de 5 mètres. Elle est, en outre, actionnée directement par le moteur électrique du chariot, qui lui imprime un mouvement de rotation très rapide, de façon à chasser la boue et les détritus dans le ruisseau. Une dizaine de balayeuses automobiles, pouvant nettoyer 12 kilomètres à l’heure, fonctionnent déjà à Cleveland.
- Archéologue (( post mort cm ». — Un professeur de chimie à l’Université de Prague, le I)r von Jirusch, qui vient de mourir en Autriche sans famille, à la passion de la chimie joignait un amour égal pour les recherches archéologiques. Ce savant, doublé d’uu original accompli, a légué toute sa fortune, environ 75 000 francs, et tous ses biens au musée de Prague, sous la seule condition suivante. Ses meubles, ses effets, son linge, son argenterie, ses tableaux, sa bibliothèque, ses lettres, les manuscrits qu’il a laissés, tous les appareils de son laboratoire et scs affaires de toilette devront être soigneusement empaquetés, puis placés dans une cinquantaine de caisses en fer hermétiquement scellées, dont le musée aura la garde pendant deux cents ans. En 2101, tous les objets ayant appartenu au l)r von Jirusch seront exposés dans une salle spéciale et permettront à nos arrière-petits-neveux du vingt-deuxième siècle de se faire une idée exacte des mœurs d’un chimiste autrichien en l’an de grâce 1901.
- La fin partielle du monde. — Un savant américain, M. Léon Lewis, vient de publier un volumineux mémoire sur les immenses glaciers du pôle Sud et sur le cataclysme qu’ils pourraient bien produire un jour ou l’autre. A l’encontre du pôle Nord qui forme une mer, le pôle Sud est constitué par un vaste continent. De sorte que, alors que les glaces du pôle Nord peuvent librement s’écouler chaque année vers l’Équateur, celles du pôle Sud, au contraire, sont constamment retenues et s’amoncellent sans cesse. Ces glaces forment ainsi une muraille que M. Bordegrevind a estimée avoir 12 000 pieds de hauteur, à Bobertson-Bay, par exemple ; mais, en d’autres endroits, cette hauteur est encore plus considérable. Aussi longtemps, dit M. Lewis, que cette muraille qu’on appelle « Cap de glace » demeurera intacte, il n’y a rien à redouter; mais il n’est pas dit qu’un jour elle ne se brise sous l’action de plus en plus considérable des glaces de l’intérieur et alors qu’adviendrait-il à la suite de cette formidable débâcle? Et quelles en seraient les conséquences si elle venait à déboucher dans l’océan Atlantique? M. Lewis estime que la débâcle, remontant vers le Nord, traverserait l’Équateur et viendrait frapper la côte d’Afrique du golfe de Guinée au cap Vert; elle contournerait alors le continent africain et, continuant sa course vers le Nord, elle viendrait submerger la Grande-Bretagne, le Jutland, la Suède et la Norvège, la Finlande et la Russie du Nord, dévastant toutes ces diverses contrées sous un véritable déluge glacé. L’auteur ajoute que les icebergs du pôle Sud, arrivés au pôle Nord, formeront un cercle complet autour de ce dernier point et feront de ces parages une mer fermée. Il en résultera inévitablement un refoulement des eaux qui viendront alors s’épancher vers le Sud. 11 y aurait alors un second déluge qui
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- sévirait de nouveau sur la Norvège et la Grande-Bretagne et se ferait sentir sur divers autres pays d’Europe, notamment sur l’Espagne et le Portugal. M. Lewis appuie sa théorie sur le fait que déjà le monde a été bouleversé par un déluge de ce genre ; il dit qu’il est hors de doute qu'autrefois les continents s’étendaient beaucoup plus au Nord qifaujourd’hui. Les mammouths qu’on retrouva en Sibérie semblent avoir été surpris par un déluge glacé analogue à celui dont on vient de parler. En somme, nous serions menacés d’une catastrophe inévitable. Beaucoup de géologues contesteront les vues de M. Lewis.
- L’avantage des blindages modernes. — Nous voudrions donner une rapide indication qui va faire comprendre, chiffres en main, les avantages caractéristiques des plaques de blindages modernes, par rapport même à celles dont on faisait usage il y a seulement quelques années, et qui avaient déjà constitué un progrès considérable sur les précédentes. Nous visons spécialement la supériorité des plaques traitées au procédé Krupp et de celles où le nickel entre dans la composition de l’acier. Voici par exemple Y Inflexible, de la marine de guerre anglaise, mis à l’eau en 1881, et dont le cuirassement, long de 55"\50 et ne s’étendant que sur 54,5 pour 100 de la longueur du navire, pesait néanmoins 2489 tonnes, ce qui correspondait à 20,8 pour 100 du déplacement du navire. Prenons maintenant le Duncan, qui date de 1900 : ici le cuirassement ne pèse que 2052 tonnes, et pourtant la ceinture cuirassée s’étend sur une longueur de 87 mètres à peu près, ce qui est bien plus du double du chiflre donné pour le navire de 1881, et cette ceinture a presque même hauteur que la précédente. Avec les nouvelles plaques, on a donc pu doter le cuirassé de cette précieuse protection sur les 70,5 pour 100 de sa longueur, et le poids du cuirassement ne représente plus que les 14,5 pour 100 du déplacement même du navire.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 mars 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- U ostéomyélite aiguë. — M. Lannelongue rappelle qu’il y a vingt-cinq ans, il soupçonna qu’il serait facile pour la bactériologie de démontrer que l’ostéomyélite était une maladie d’ordre microbien. En 1880, il amena Pasteur à l’hôpital Trousseau où du pus fut prélevé sur un tibia nécrosé. Pasteur obtint des cultures et démontra que le staphylocoque engendrait l’ostéomyélite. Depuis cette époque, de nombreuses recherches expérimentales ont été effectuées et ont prouvé que le staphylocoque n’était pas le seul agent de l’ostéomyélite, qu’il fallait compter avec lui le colibacille et le bacille de la fièvre typhoïde. La question devait aller plus loin et il fut reconnu qu’à chacun d’eux correspondait une forme particulière de la maladie. Mais, à côté de ces formes, il en est une spéciale et aiguë, difficile à reconnaître ; celle-ci débute subitement; elle est accompagnée d’une hyperthermie considérable avec délire. Les enfants sont atteints de douleurs générales, donnant l’apparence du rhumatisme articulaire, du typhus ou de la pyohémie. Ces douleurs se localisent souvent dans l’extrémité d’un os. Dans neuf cas observés par M. Lannelongue, l’extrémité supérieure du fémur se trouvait atteinte quatre fois, l’extrémité inférieure une fois, l’extrémité inférieure de l’humérus une fois, les os crâniens trois fois. Il n’y a d’ailleurs aucune suppuration, l’intoxication étant
- trop intense pour permettre à ce moyen de défense de l’organisme de se manifester. La mort survient très rapidement dans ces conditions. M. Lannelongue a cru néanmoins que les os étaient malades, et, contre l’avis de médecins présents, il a pratiqué l’ouverture des os. Il n’a pas trouvé de pus et regrettait son intervention, lorsque, contrairement à l’attente, on vit les malades guérir. Le sang qui s’écoule des os a d’ailleurs donné des cultures qui ont permis de reconnaître non pas un bacille, mais plusieurs bacilles associés. C’est ainsi que dans un cas, le staphylocoque a été trouvé associé au colibacille, dans un autre cas, au streptocoque, et dans un troisième cas, au streptocoque et à un agent indéterminé. Ainsi l’on peut dire que l’ostéomyélite aiguë est une maladie poly-microbienne. Or, on sait que lorsque plusieurs microbes sont associés, on ne trouve pas dans la maladie le reflet de chacun ; ils ont alors une action spéciale qui exalte la virulence et aggrave les phénomènes d’infection. Les enfants ont gnéri quand on a ouvert la porte à ces agents d’infection. Il ne faut donc pas hésiter, dans des cas de ce genre, à opérer sur l’heure les malades.
- La casse des Vins. — M. Houx résume une Note de M. Laborde sur le moyen de rendre sûrement les vins réfractaires à la casse. Pour éviter cette maladie, M. Bouffard a proposé de soumettre les vins au traitement par l’acide sulfureux ; il pensait que l’acide sulfureux détruit l’oxydase qui produit la casse. M. Laborde donne des raisons qui tendent à faire rejeter cette explication. L’acide sulfureux préserve la matière colorante, mais ne détruit pas l’oxydase. C’est l’hydrogène de l’air, qui passant au travers des douves, détruit l’oxydase. Si, en effet, prenant un vin susceptible de casser on le colle aussitôt après la sulfuration, le vin peut casser. Il faut, avant de coller le vin, l’aérer abondamment.
- Mesures exactes de températures élevées. — M. Becquerel présente une note de M. Daniel Berthelot relative à la mesure de quelques températures élevées par une méthode optique déjà employée par l’auteur sous le nom de méthode interférentielle. M. I). Berthelot donne notamment la température d’ébullition du sélénium qui est spécialement intéressante. Le sélénium fondu est, en effet, souvent employé pour obtenir des bains donnant une température constante élevée ; celle-ci n’est que de 690° au lieu de 700° chiffre admis. Cii. de Villedeuil.
- U CELLUL0TYPIE
- M. Émile Bayard, l’artiste sympathique bien connu du publie parisien, vient de réaliser depuis peu un progrès destiné sans doute à produire, dans l’art de la gravure en taille-douce et celui de l’eau-forte, un changement sensible. 11 s’agit de la cellulo-typie1, très ingénieux procédé qui mettra à la portée de tous ces arts charmants si appréciés. Les jeunes gens, les personnes qui n’ont jamais appris le dessin pourront, grâce à la cellulotypie, se donner le plaisir d’exécuter de jolies épreuves gravées sans faire pour cela de grands efforts. La gravure en taille-douce est, comme on sait, l’un des procédés d’impression les plus remarquables pour la reproduction d’œu-
- 1 La gravure en laillc-doucc à la portée de tous : La cellulotypie, par Emile Bayard. Paris. Imprimerie des Beaux-Arts, 50, rue de Seine.
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- LA A ATI IV K.
- vrcs artistiques; mais malheureusement, pour en apprendre le métier, il faut de la patience et aussi un très long apprentissage, afin d’acquérir l'habileté
- par transparence. Elle devra appuyer énergiquement sur sa plaque pour indiquer les ombres et avoir une main plus légère pour marquer les contours ou d’autres détails de son dessin.
- Une personne expérimentée peut se contenter de prendre seulement les grandes lignes d’un dessin et le finir ensuite d’après sa propre inspiration pour achever les ombres ou en mieux marquer les détails.
- . Les outils dont on doit se servir avec
- les plaques cellulotypiques sont les mêmes que pour la taille-douce : 1° La pointe à tracer formée d’une tige d’acier emmanchée dans une baguette de bois ayant l'aspect d'un crayon ordinaire; -° la roulette, qui sert pour les ombres légères : grisailles ou demi-teintes (voy. fig. 2 : la jeune fille contemplant son œuvre achevée). Pour l’encrage de la planche terminée et son tirage, on doit opérer exactement de la même façon que pour la taille-douce.
- Fig. 1. — Jeune fille calquant un dessin sur une plaque ccllulolypique.
- nécessaire. Parmi les opérations délicates exigées pour exécuter une jolie gravure, la morsure à l’acide est l’une des plus compliquées, aussi les artistes désireux d’exécuter des gravures à l’eau-forte sont-ils le plus souvent découragés de leurs essais et renoncent à leur projet.
- Le manque de transparence du subjectif toujours formé soit de plaques de cuivre, soit de pierres lithographiques, rend en effet le décalque du dessin qu’on veut reproduire presque impossible. On doit sc contenter de simples reports souvent peu visibles sur la planche. Ces préparations, déjà complique'es pour une personne expérimentée, rend le travail impossible à celui qui ignore l’art du dessin.
- La planche cellulotypique semble avoir vaincu toutes ces difficultés. Elle peut se fabriquer de toutes les grandeurs souhaitées et remplace les planches préparées pour la gravure par un subjectif formé d’une matière incolore et transparente. Ces plaques ont encore l’avantage d’avoir un poids environ sept fois moindre que celles de cuivre dont on se sert aujourd’hui et leur prix est trois fois moins coûteux. La transparence de ces plaques constitue surtout leur grande supériorité, car, grâce à cette qualité, il est permis de calquer directement sur le modèle.
- C’est ainsi que nous pouvons voir (fig. 1) une jeune fille calquant sur une plaque cellulotypique l’œuvre dont elle désire se procurer plus tard quelques épreuves gravées. Elle a posé à plat tout d’abord la plaque transparente sur le modèle choisi et pris soin de la bien fixer, soit à l’aide de punaises, soit par des bandes de papier gommé, afin qu’elle ne puisse se déranger pendant son travail. La jeune et inexpérimentée, artiste guide aisément sa pointe en suivant les lignes du dessin qu’elle voit
- Les commençants d’ailleurs n’ont même pas à se préoccuper de ces derniers détails. Ils peuvent donner leurs plaques à un imprimeur en taille-douce qui se chargera
- Jeune lîlle regardant
- Fig "2.
- résultat de son travail cellulotypique.
- toujours du tirage de leurs épreuves. Ils économiseront ainsi les frais d’achat d’une presse.
- A LU LUT TlSSANltlEU.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauube, rue de Fleurus, 9.
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- N° 150tï. — 5 AVRIL 1902.
- LA NATURE.
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- GRAVURE SUR VERRE AU MOYEN DE LA GELATINE
- Certains corps adhèrent au verre avec une telle force, qu’en les séparant brusquement on enlève souvent des écailles vitreuses. J’avais constaté ce fait, il y a longtemps déjà, en étudiant un procédé qui me permet de souder le verre avec les métaux.
- C’est cette soudure que j’emploie pour adapter des robinets ou autres ajutages métalliques aux tubes destinés à renfermer des gaz sous de hautes pressions.
- Il suffit, en effet, pour souder une pièce métallique à un tube de verre, d’argenter ce dernier, de façon à le rendre conducteur de l’électricité, puis de déposer sur la partie argentée un anneau de cuivre galvanique, sur lequel on soude à l’étain un métal quelconque. Le cuivre galvanique, ainsi déposé, adhère si fortement au verre, qu’en l’arrachant, on enlève en même temps des parcelles vitreuses.
- Le silicate de soude, dont on se sert souvent pour réunir entre elles* deux pièces de verre,, présente les mêmes effets, mais l’arrachement de la surface des objets en verre devient particulièrement facile lorsqu’on emploie de la gélatine, soit à l’état de colle forte, soit de colle de poisson.
- Il suffit, en effet, de recouvrir une pièce de verre ou de cristal d'une couche de colle forte dissoute dans l’eau, pour constater que cette couche, en se contractant par l’effet de la dessiccation, se détache du verre en lui enlevant de nombreuses lamelles 30* année. — 1" aemealre.
- d’épaisseur variable. Le verre ainsi gravé présente une sorte de dessin régulier et décoratif qui rappelle les fleurs du givre déposé sur nos vitres. Lorsqu’on
- dissout dans la gélatine des sels lacilement cris-tallisables et n’exerçant pas d’action chimique sur elle, les figures gravées sur le verre présentent une apparence cristalline rappelant les feuilles de fougère.
- L ’ hyposulfite de soude, le chlorate de potasse, le nitre produisent à peu près les mêmes effets. Un grand nombre de substances minérales sont attaquées par la gélatine. Le verre trempé, dit incassable, est facilement gravé ; il en est de même du spath d’Islande, du marbre poli; un échantillon de
- cristal de roche, taillé perpendiculairement à l’axe et recouvert de colle de poisson, dont l’action semble particulièrement énergique, a été également attaqué en divers points et les parties enlevées offrent une apparence conchoï-dale.
- On peut rendre visible la contraction de la gélatine en recouvrant de colle forte des feuilles planes, de carton ou de plomb, qui se recourbent en se desséchant et prennent la forme d’un cylindre irrégulier. C’est, du reste, ce qu’on remarque sur le papier photographique à la gélatine.
- Cette gravure du verre, du cristal et de diverses substances minérales, sous l’action de la gélatine, peut être employée pour la décoration de nombreux
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- Fig. 1. — A. Vase en verre gravé par l’action de la colle forte additionnée de 6 pour 100 d’alun de potasse. — B. Vase gravé par la colle forte sans mélange.
- Fig. 2. — C. Vase en verre trempé gravé par la colle forte additionnée d’hyposulfite de soude. — D. Cristal de roche gravé par l’action de la colle de poisson.
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- objets, ainsi que le fait un habile praticien, M. Barbey.
- Si quelque lecteur de La Nature désirait essayer ce procédé de décoration, il obtiendrait une réussite complète en se conformant aux indications très simples dont voici le détail : Un dissout dans de l’eau ordinaire, chauffée au bain-marie, de la colle forte, dite colle de Flandre, en y ajoutant 6 pour 100 de son poids d’alun de potasse. Lorsque la matière est bien fondue, homogène et de la consistance d’un sirop, on applique à chaud, au moyen d’un pinceau, une première couche sur l’objet en verre. Si cet objet est en verre dépoli, l’action de la colle est encore plus énergique. Environ une demi-heure après, on applique une seconde couche, de façon à obtenir une surface unie, transparente et sans bulles d'air. La pièce est alors abandonnée à elle-même et quand la gélatine s'est durcie de façon à ne plus céder sous la pression de l’ongle, ce qui arrive après vingt-quatre heures environ, on place la pièce dans un endroit plus chaud, dans l’étuve d'un fourneau de cuisine, par exemple, où la température ne doit pas s’élever au-dessus de H- 40°. Lorsqu’on retire la pièce de l’étuve, après un séjour de quelques heures, la gélatine se détache avec bruit en enlevant de nombreuses lamelles de verre et la pièce ainsi gravée n’a plus besoin que d’être lavée avec soin et séchée.
- Les dessins obtenus ainsi ne sont pas toujours les mêmes, l’épaisseur de la couche de gélatine, le temps de la dessiccation et diverses autres conditions semblent agir pour modifier la forme et le nombre des lamelles arrachées.
- Il est indispensable, en outre, d'employer des objets en verre d’une épaisseur suffisante, car en recouvrant d’une couche de colle forte un verre, dit mousseline, l’action mécanique qu’il supporte pendant la dessiccation est si puissante qu’il se brise avec explosion.
- 11 faut donc éviter de laisser de la colle lorte se dessécher dans des vases de verre, sous peine de les retrouver corrodés et brisés au bout de peu de temps. L. Cailletkt,
- de l liistitul.
- BOTANIQUE ET CROYANCES
- Les croyances populaires, si bizarres qu’elles nous paraissent, reposent toujours sur une observation exacte, puis transformée par l’imagination au point d’en faire disparaître complètement l’origine. Remonter à celle-ci n’est pas toujours facile et demande des connaissances encyclopédiques très étendues, doublées d’une imagination déductrice digne d’Edgar Ppe. Les difficultés de ces études les rendent très attrayantes, mais elles sont beaucoup plus pénibles qu’on le croirait a priori : aussi faut-il savoir gré à des savants, comme MM. Iloussayc, Costantin1, Layard, Fergusson, etc., qui, dans ces derniers temps, se sont efforcés de résoudre certains points
- 1 Yoy. notamment : .1. Costantin. La nature tropicale (Alcan, édit.); Les végétaux et les milieux cosmiques (Alcan, édit.); Biologie et religion chez les primitifs (Revue Encyclopédique).
- fort intéressants de la biologie mythologique. Dans cet article nous ne parlerons que de quelques-uns.
- C’est un fait bien connu que, dans de très nombreuses régions de la terre, on adore certains arbres à l’égal d’un dieu; on leur donne des offrandes de cigares, de pain, de viande; on les recouvre de morceaux d’étoffes; on leur adresse des prières véhémentes. Des arbres sacrés se rencontrent ainsi chez les Ashantis, au Dahomey, dans l’empire de Bornou, voire même en Égypte, près du Caire, en Perse, etc. On aurait pu en trouver aussi en France, au quatrième siècle, aux environs d’Auxerre et près de Beauvais. En 1202, on voit encore le concile de Nantes condamner ceux qui se livrent au culte des arbres.
- Les arbres adorés sont des plus disparates et ne semblent avoir aucun lien entre eux. En les examinant en détail, on finit cependant par s’apercevoir que tous ont des particularités remarquables, bien faites pour frapper l’imagination; ces particularités sont, d’ailleurs, souvent très simples pour ceux qui s’occupent d’histoire naturelle, mais étonnent les profanes. Parmi elles, le parasitisme parait avoir joué un rôle prépondérant. L’exemple le plus typique — et celui qui, d’ailleurs, nous touche le plus près — se rencontre chez le gui, adoré par les Druides. Rappelons en quoi il consistait : « Aux yeux des Druides, rien n’est plus sacré que le gui et l’arbre qui le porte, si toutefois c’est un chêne Rouvre. Le Rouvre est déjà par lui-même l’arbre dont ils forment les bois sacrés; ils n’accomplissent aucune cérémonie sous le feuillage de cet arbre. Tout gui venant du Rouvre est regardé comme un envoyé du ciel ; ils pensent que c’est un signe d’élection que le Dieu même a faite de l’arbre. Le gui du Rouvre est extrêmement rare, et, quand on le trouve, on le cueille avec un très grand appareil. Avant tout, il faut que ce soit le sixième jour de la lune, jour qui est le commencement de leurs mois, de leurs années, de leurs siècles qui durent trente ans. Ils l’appellent d’un nom qui signifie remède universel. Ayant préparé, selon les rites sous l’arbre, des sacrifices et un repas, ils font approcher deux taureaux de couleur blanche, dont les cornes sont attachées alors pour la première fois. Un prêtre vêtu de blanc monte sur l’arbre et coupe le gui avec une serpe d’or, on le reçoit dans une saie blanche ; puis on immole les victimes, en priant que le Dieu rende le don qu’il a fait propice à ceux auxquels il l’accorde. On croit que le gui pris en boisson donne la fécondité à tout animal stérile et qu’il est un remède contre les poisons. » (Gaidoz.) Ainsi, on le voit, ce qui frappait l’imagination c’était de rencontrer le gui sur le chêne, où il est si rare que plusieurs botanistes en ont nié — à tort — l’existence, alors que son parasitisme est bien connu sur d’autres arbres. Majs simplement merveilleux sur ceux-ci, il devenait sacré sur le chêne, où il semblait avoir été déposé à dessein par une divinité.
- Transportons-nous maintenant dans l’Inde et nous rencontrerons comme arbre sacré le figuier des pagodes, dont l’aspect est des plus curieux. Des branches naissent des racines adventives qui descendent vers le sol, y pénètrent, puis se transforment en d’énormes colonnes qui non seulement nourrissent les branches, mais encore les soutiennent. Grâce à elles, les branches s’étendent au loin et donnent de nouvelles racines. De telle sorte que la tige principale peut périr sans pour cela que le végétal meure : il peut même s’étendre sur des surfaces considérables, soutenu par des milliers de colonnes et alors, comme le dit la légende hindoue, ressemble à un arbre « qui n’a ni
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- commencement, ni fin », qui a ses racines en haut, « ses branches en bas » et sur lequel « tous les momies reposent ». Os particularités, pour des esprits simples, suffisaient à en faire un arbre sacré. Toutefois, elles n’étaient pas les seules et si l’on tient compte de la biologie singulière du figuier des pagodes et des espèces voisines, le parasitisme — apparent d’ailleurs — y jouait un rôle important. « 11 peut fréquemment arriver que les graines de ces figuiers poussent sur le sol : elles donnent alors au début un arbre dressé, qui ne larde pas à produire des branches horizontales, puis de ces dernières pendent bientôt des racines adventives; celles-ci, une fois formées en grand nombre, la tige originelle n’a plus de rôle bien important, puisqu’elle ne sert plus guère à soutenir ou à nourrir le végétal : elle peut donc disparaître sans grand inconvénient et le végétal est tout entier horizontal. (Juelquefois cependant le développement ne s’opère pas ainsi, et les graines se trouvent transportées sur un arbre d’une autre espèce. Le mode de vie du figuier ressemble, dans ce cas, beaucoup à celui d’un parasite; en réalité, on a affaire à un épiphyte qui est simplement posé sur la plante servant de support, car il ne pénètre pas à l’intérieur de ses tissus. 11 n’est pas rare, dans certaines espèces, de voir partir de la plantule aérienne des racines qui, en s’anastomosant autour du tuteur, donnent à l’ensemble un aspect des plus singuliers. Des phénomènes d’épiphytisme analogues à ceux que nous venons de décrire peuvent s’observer quelquefois pour le figuier des pagodes. On conçoit qu’ils aient beaucoup frappé les peuples primitifs, qui attribuaient un sens mystique à tous les phénomènes naturels. La suite du développement de la plante est d’ailleurs bien en rapport avec l’étrangeté de ses débuts. Au bout de peu de temps, en effet, le nourrisson devient plus grand que le végétal qui lui sert d’appui, et ce dernier ne tarde pas à disparaître, étouffé au milieu de la forêt engendrée par son fils adoptif. On est bien tenté, dans ces conditions, de confondre ce mode de vie avec le parasitisme, et il est très vraisemblable que les anciens observateurs qui ont fondé les religions ne faisaient pas de différence entre ces deux modes d’existence. Les graines, qui ont été transportées sur un arbre, peuvent être également déposées sur un mur ou sur un temple : le figuier semble naître de la pagode dans ce cas. Ainsi s’expliquent les sculptures retrouvées par M. Fergusson à Sanclii, dans l’Inde, où se trouvent des restes très anciens de l’art bouddhique, car on y voit l’arbre divin dont les branches sortent par les fenêtres de l’édifice sacré. » (.1. Gostanlin). Dans l’Inde, d’ailleurs, la flamme du sacrifice est obtenue en faisant tourner rapidement, par un mouvement de va-et-vient, un bâton de figuier dans un trou pratiqué au centre d’une pièce de bois d’acacia, arbre sur lequel il vit en épiphyte. Et ce fait est à rapprocher de ce que disait Théophraste et Sénèque, que le meilleur arbre pour obtenir le feu, parce qu’il s’allume plus vite, sera une branche de lierre avec un morceau de laurier comme tarière. Or, le lierre semble être aussi un parasite.
- Le parasitisme, l’épiphytisme, la vie lianoïde ont donc frappé nettement les anciens. Certains arbres les ont séduits par d’autres caractères : ainsi l’arbre à pain, divinisé en Océanie en raison des services alimentaires qu’il rend; l’arbre AValleecher, par son isolement dans les savanes et les arbres merveilleux dont il est question dans les légendes de l’Éden, du jardin des Ilespérides, de l’Elysée, des îles Fortunées, de l’île d’Ogygie, de Yul-lima Thule, de la terre de Jouvence. L’un d’eux mérite
- une mention spéciale : c’est le cecropia qui, autrefois, a joué un rôle religieux dans l’Amérique du Sud. Son aspect n’a rien de remarquable et sa vie est des plus banales, du moins quand on l’observe superficiellement. Mais vient-on à l’agiter, on en voit sortir de véritables bataillons de fourmis qui vivaient à l’intérieur de la moelle de la tige et y avaient pénétré par des orifices ménagés à cet effet. Il faut avouer que cette sortie intempestive d’insectes était bien faite pour frapper l’imagination. Henri Coum.
- POUDRE SANS FUMÉE
- Dans les « Mémoires de l’Institut naval des Etats-Unis » M. Strauss donne quelques renseignements sur la poudre sans fumée en usage dans la rndrine américaine.
- Cette poudre est obtenue en dissolvant trois parties (en poids) de nitrocellulose dans un mélange de deux parties d’éther éthylique avec une partie d’alcool éthylique.
- La solution est complétée sous une pression de 14 kilogrammes par centimètre carré, ce qui lui donne la consistance d’une pâte translucide en petites masses. Cette pâte est ensuite comprimée en grains de gr#sseur convenable et, à l’état final, elle ne renferme plus que ‘2 pour 100 environ d’alcool.
- Le coton-poudre employé contient de 12,44 à 12,80 pour 100 d’azote ; le coton nitrifié à teneur plus forte en azote ne convient pas parce qu’il n’est pas suffisamment soluble dans la solution d’éther et d’alcool. Les grains de poudre ont la dureté de la corne, ils explosent sous le choc d’un marteau ; mais la partie frappée fait seule explosion. La poudre brûle à 180° C. ; pourtant, elle est beaucoup moins inflammable que les poudres ordinaires; aussi doit-on y mêler une certaine proportion de ces poudres, à grains fins, pour l’employer dans l’artillerie; dans le cas d’un canon de 152 millimètres, il faut ajouter au moins 100 grammes de poudre noire, ce qui ne va pas sans donner une certaine quantité de fumée lors du tir de la pièce. , M. R.
- LES FORCES MOTRICES DU RHONE1
- ii
- USINE DE CHÈVRES
- L’usine de Chèvres a été créée par la ville de Genève, entre 1893 et 1898, pour satisfaire à des besoins sans cesse croissants.
- Avant cette époque, diverses personnes avaient déjà envisagé le parti que l’on pourrait tirer du fleuve à pente rapide et à puissant débit auquel le lac Léman forme un si admirable régulateur, mais le moment n’était pas encore venu où l’électricité allait apporter une solution si générale au problème des transports de l'énergie. C’est seulement en 1892 que le mouvement se dessina d’une façon décisive. On était alors en possession des expériences de Creil, de Vizille et de Francfort, on commençait le canal de Jonage, de toutes parts les exemples se multipliaient.
- Une loi du 2 novembre 1892 autorisa donc la
- 1 Yoy. n° 1502, du 8 mars 1902, p. 210.
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- LA NATURE.
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- Fig. 1. — Barrage de Chèvres (vu d'amont).
- 'ville de Genève à établir, dans le lit du lleuve, le barrage et l’usine nécessaires à l’aménagement et à la transmission de la force.
- L’usine est située sur le Rhône, à 7 kilomètres en aval de la jonction (conlluent de l’Arve), sous le village de Vernier.
- Le barrage est formé de six vannes métalliques de 10 mètres chacune , séparées par des piliers en béton épais de 3 mètres ; une digue longitudinale longue de 137 mètres le sépare du bâtiment des machines et de diverses annexes (fîg. 1 ). Le barrage a 7 5 mètres de longueur, il repose sur un radier en béton large de 16 mètres, épais de lm,10, revêtu de madriers protecteurs contre les galets1 qui s’échappent entre les piliers. La manœuvre des vannes se fait à la main au moyen de treuils ; deux hommes exerçant chacun un effort de 17 kilogrammes relèvent les six vannes de
- 1 Le Ithùne à sa sortie du lac Léman est parfaitement limpide, mais il est fortement troublé, un peu plus loin, par les apports de l’Ârve qui charrie des galets allant jusqu’à 14 kilogrammes.
- 0m,75 par heure ou une seule vanne de 5m,70 en 45 minutes. Chaque vanne comprend un corps en tôle (18 plaques) raidi par 9 fermes paraboliques (éprouvées chacune à 50 tonnes), elle est équilibrée sur quatre câbles d’acier de 33 millimètres et supporte en charge une pression de 360 tonnes.
- Au-dessus des vannes court une passerelle de
- manœuvre. Ce barrage, commencé en 1893, a été fini en janvier 1894; il est entièrement constitué en béton au dosage de 200 kilogrammes de chaux par mètre cube (pour le radier et le sommet des piles 200 kilogrammes de portland) (fig- !)•
- La campagne de 1894 a été consacrée à la construction du bâtiment des machines, fondé sur le fond rocheux du lleuve dans l’enceinte de deux batardeaux; une seule pompe a suffi pour les épuisements.
- Il repose sur 18 travées de 7,n,50 (d’axe en axe) séparées par des piliers de 1m,50, le tout également en béton au même dosage que ci-dessus.
- L’usine de Chèvres possède 18 turbines, dont trois
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- Plan de l'usine,
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- LA NATURE.
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- Fig. 3. — Usine de Chèvres. Vue des alternateurs. Salle des machines.
- pour les excitatrices et le surplus pour les dynamos génératrices. Elles sont de deux types différents : celles des excitatrices (150 tours par minute) donnent une puissance de 150 chevaux; les autres ont une puissance moyenne de 1000 chevaux ; elles viennent toutes de la maison Escher, Wyss et C'% de Zurich.
- La hauteur de la chute de Chèvres varie de 8m,50 en basses eaux, à 4m,30 en hautes eaux. Il a donc fallu trouver une combinaison permettant de conserver une puissance à peu près constante malgré les variations considérables de la chute suivant les saisons. La difficulté se compliquait, en outre, delà nécessité de conserver dans tous les cas une vitesse de rotation assez élevée (80 tours au moins par minute) pour la commande directe des dynamos. Le problème a été heureusement résolu par la division de la chute en deux étages
- correspondant aux divers états du fleuve. A cet effet, chaque arbre vertical porte deux turbines
- Lune au-dessus de l’autre : l’inférieure est spécialement établie pour la période des eaux liasses, où elle marche seule sous la chute de 8m,50, en développant une puissance de 1200 chevaux.
- La turbine supérieure sert conjointement avec la précédente pendant les hautes eaux et elle est combinée de façon à donner, par cette marche en commun , à la chu te m ini-mum de itn,50 (eaux d’été), une puis-sance de 800 chevaux.
- Dans l’un et l’autre cas la vitesse de rotation demeure constante.
- Chaque turbine (fig. 4) possède son vannage avec sa commande en connexion avec le régulateur correspondant. Ce dernier est actionné par l’arbre de la turbine. Il agit sur l’appareil de réglage hydraulique à pression
- Fig. i. — Détails des ttirhines.
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- LA NATURE.
- d’huile (environ 15 atmosphères) d’une façon très prompte, les organes de réglage suivent instantanément les indications du tachymètre et la compensation se fait si rapidement que lorsqu’il se produit, par exemple, une variation brusque de 500 chevaux dans le travail des résistances, le nombre des tours varie de 3 pour 100 pendant quelques secondes et revient aussitôt à la vitesse normale.
- Le débit par unité varie suivant les saisons entre 11 mètres cubes et 21,nc, 500 par seconde. La puissance moyenne de l’usine est de 15 000 chevaux au moins.
- Au sommet de chaque arbre vertical (fig. 5) est montée la dynamo génératrice correspondante.
- Ce sont des alternateurs Brown et Thury donnant du courant diphasé à 45 périodes et 2750 volts.
- De l’usine partent les lignes primaires qui alimentent Genève (deux lignes souterraines) et plusieurs communes voisines (lignes aériennes).
- Chaque ligne souterraine comprend 4 conducteurs de 490 millimètres carrés de section utile, isolés dans un béton de hrai à la vaseline à l’inté-rieurd’un aqueduc maçonné.
- Les lignes aériennes (à 4 fils) ont des sections proportionnées à leurs débits (de 28 à
- 9gmmq)>
- 1900, savoir :
- Lignes souterraines., — aériennes ...
- Totaux...
- C Idsine- de- la Cvalouoremàrc/.
- ... distribution- d eau à h1?pression/
- Fig. 5. — Distributions d’éne:
- du réseau était au 1 er janvier
- PRIMAIRES SECONDAIRES ENSEMBLE
- 38 298m 38 967,n 77-265“
- 43 145 37 082 80 227
- 81 443 76 049 157 492
- Ce réseau de 160 kilomètres s’accroît rapidement, il doit bientôt se prolonger sur la rive sud du lac jusqu’à Corsier ; sur la rive opposée, il atteint Ver-soix et la frontière française (Fernex) (fig. 5).
- L’usine de Chèvres a distribué en 1899, 5000 chevaux pour l’électro-cbimie1, 4500 pour la force motrice et l’éclairage (55000 lampes), et plus de 1850 pour certains moteurs spéciaux, en tout 11450 chevaux. On prévoit le placement prochain de la totalité de l’énergie donnée par la chute.
- Le kilowatt-heure, compté à la sortie de l’usine (sans intérêt ni amortissement), a été produit en 1899 à 0fl',0047.
- La recette brute pour 27 500 000 de kilowatts vendus ayant été de 512444 francs, elle ressort à 0f 1,0186 par unité.
- Les dépenses d’établissement de l’usine de Chèvres s’élèvent à 8 500000 francs. Le budget du dernier exercice ( 1900)fait ressortir un bénéfice de 455 700 francs, soit un peu plus de 5 pour 100 du capital engagé.
- La progression des recettes ne fait d’ailleurs aucun doute.
- L’avenir de cette grande entreprise paraît donc assuré.
- La totalité de la force sera placée d’ici peu ; elle l’est déjà en grande partie. C’est ce qui explique. que l’on se préoccupe déjà d’aménager une nouvelle source d’énergie en aval de Chèvres, et
- justifie la confiance que ces sortes d’affaires inspirent à ceux qui sont témoins de leurs rapides développements. R. de La Brosse,
- Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées
- 1 II existe immédiatement à côté du barrage de Chèvres une grande usine de soude qui consomme 1000 chevaux (courant continu), une fabrique de parfums, une usine de carbure de calcium (la Yolta suisse), etc.
- Ces clients consomment d’importantes quantités d’énergie dans des conditions de prix avantageuses, grâce aux combinaisons auxquelles se prêtent particulièrement bien les industries chimiques.
- - Conducteurs électriquesprimaires aériens „L_________n_________n________h----souterrains .
- •gie, dans la banlieue de Genève.
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- LA NATURE.
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- LE PATINAGE MILITAIRE
- Dans tous les pays aux longs hivers où le sol demeure recouvert d’une épaisse couche de neige pendant plusieurs mois, les indigènes ont été naturellement amenés à inventer des engins leur permettant de circuler sur cette nappe molle aisément et sans enfoncer. Pour obtenir ce résultat, le seul moyen est de donner au pied un large point d’appui. De là, les raquettes usitées dans l’Amérique septentrionale et les ski employés dans tout le nord de l’Ancien continent. Ces derniers patins, qui ont été tout particulièrement perfectionnés en Norvège, aujourd’hui tout le monde les connaît au moins de nom. Rappelons seulement que ce sont deux longues et étroites lamelles en bois, légèrement recourbées à l’avant, et qui sont attachées sous la chaussure. Leur largeur ne dépasse guère une vingtaine de centimètres et leur taille atteint souvent 2m,50. Les ski sont un engin non seulement de stabilité, mais encore de vitesse. Un bon patineur peut parcourir une dizaine de kilomètres à l’heure et aucun obstacle ne l’arrête, à toute vitesse il dévale les pentes les plus raides, et, sans trop de peine, remonte des déclivités escarpées; à la descente se présente-t-il un escarpement abrupt, il le saute. Dans les dernières courses qui ont eu lieu à Kristiania, le vainqueur a franchi d’un bond un espace de 40 mètres. Bref, armé de ski, le Norvégien vole, pour ainsi dire, à travers les immensités neigeuses, quels que soient les accidents de terrain qu’elles présentent. Ni monts ni vallées ne sauraient l’arrêter. Frappé des avantages que présentent les ski, Nansen a appliqué cet engin à l’exploration polaire, avec quel succès, personne ne l’ignore. En 1888, il réussissait à traverser de l’est à l’ouest l’immense glacier qui recouvre le Grônland, une entreprise regardée comme impossible par les explorateurs les plus compétents et, en 1895, il atteignait avec ses patins la plus haute latitude à laquelle un homme fût jusque-là parvenu.
- Les exploits du célèbre explorateur norvégien rendirent les ski populaires dans toute l’Europe et bientôt des associations sportives se fondèrent dans les pays alpins pour développer l’emploi de ce patin. Des Ski-Clubs existent en Suisse, en Italie et à Grenoble. Tous les hivers des alpinistes suisses escaladent avec ces patins les plus hauts sommets des Alpes ; ils sont parvenus ainsi jusqu’à l’arête finale du mont Rose à l’altitude de 4000 mètres ; or de pareilles entreprises ne sont pas, il est vrai, sans danger, comme le prouvent plusieurs accidents récents. Le 26 février dernier, deux jeunes patineurs allemands sont tombés dans une crevasse d’un glacier du mont Rose. L’Italie compte, d’autre part, de nombreux fervents du ski. Les alpinistes génois parcourent avec ees patins les sommets des Apennins et des Alpes-Maritimes. Entraîné par son actif président, M. Kind, auquel nous devons la communication de l’une des intéressantes photographies reproduites ci-contre, le Ski-Club de Turin est par-
- ticulièrement actif, organisant de fréquentes excursions tantôt dans les Alpes Maritimes, tantôt dans les Alpes Grées ou Gottiennes. A la fin de décembre dernier, des alpinistes milanais ont franchi le massif du Bernina au col Sella (5304 m.).
- D’autre part, les avantages des ski ont attiré l’attention des militaires, et ces instruments de paix destinés à rapprocher les hommes sont devenus des engins de guerre. Ces patins ont été, croyons-nous, tout d’abord adoptés dans l’Europe centrale par des corps de l’armée allemande, par les bataillons de chasseurs stationnés dans la haute Alsace et qui doivent, en cas de conflit, opérer dans les Vosges. Nos voisins qui habitent un pays neigeux savaient depuis longtemps l’usage que les Scandinaves avaient fait du ski dans les guerres du commencement du siècle. Les armées norvégienne et suédoise ne possèdent point, comme on le. raconte, des régiments de patineurs, c’est-à-dire de corps spéciaux munis de ces engins; en cas de guerre d’hiver tous les hommes seraient armés de ces engins, car dans le nord ils sont aussi indispensables à la marche que la chaussure dans nos pays. Sans ski une armée serait immobilisée dans les neiges comme dans une fondrière. Ce qui est vrai, c’est que depuis quelque temps la Norvège, qui, elle aussi, a procédé à des armements militaires, organise des manœuvres d’hiver qui comportent naturellement l’emploi de ces patins. Dans le courant de février, un exercice de ce genre a eu lieu aux environs de Kristiania; 700 hommes d’infanterie, tous montés sur des ski, avaient pour mission d’attaquer une position défendue par de l’artillerie et de la cavalerie. Les photographies que nous reproduisons montrent le défilé des troupes après le combat ; grâce à ces patins les fantassins évoluent aussi sûrement que sur un sol ferme. La manœuvre, qui a duré trois jours, comprenait également deux nuits en bivouac. Le thermomètre marquait 24° de froid ! Ce n’est pas tout, en effet, que de faire mouvoir des troupes, il est non moins nécessaire, pendant une campagne d’hiver, de pouvoir les abriter et leur fournir un abri chaud dans lequel elles puissent se reposer. Sans cela, l’armée fonderait comme une boule de neige au soleil. En Norvège, le problème a été résolu par l’emploi de grandes tentes établies sur le modèle de celles des Lapons et qui peuvent contenir dix-huit hommes. Au centre de l’abri est établi un foyer dont la fumée s’échappe par un orifice au sommet de l’abri, orifice qui peut être fermé pendant la nuit. Blottis dans ces tentes, les hommes n’ont point souffert du froid et le lendemain étaient gais et dispos. Après trois jours de marche le taux des indisponibles n’a été que d’un demi pour cent, et tous des cas sans aucune gravité, de légères congélations dues à des imprudences durant les exercices.
- En présence des résultats obtenus par l’armée allemande et par les touristes en Suisse et en Piémont, les officiers italiens, chargés d’assurer la défense des Alpes, ont étudié l’emploi des ski. Pen-
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- LA NATURE.
- dant l’hiver 1900-1901 des marches et des exer- groupes de fantassins et d’artilleurs alpins. L’expé-cices avec patins ont été exécutés par de petits rience ayant eu un succès complet sous la direction
- Fig. 1. — Manœuvres d hiver de l’armée norvégienne. Un groupe de patineurs.
- (Daprès une photographie communiquée par M. Skarpmoen, photographe, à Kristiania.)
- tig. 2. Manœuvres de 1 année norvégienne. Une tente d'escouade. Fig. o. — Une escouade de chasseurs alpins italiens
- (D’après une photographie communiquée par M. Skarpmoen, munis de ski.
- photographe, a Kristiania.) (D’après une photographie de M. Cibrario.)
- du colonel Zavattari, commandant le 5erégiment alpin, un des officiers les plus distingués de l’armée ita-
- lienne, il fut décidé que pendant l’hiver 1901-1902 elle serait étendue à tous les régiments d’infanterie
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- Manœuvres d’hiver de Farinée norvégienne.
- Le défilé. (D’après une photographie communiquée par M. Skarpmoen, photographe, à Kristiania )
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- LA NATURE.
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- alpine et à l’artillerie de montagne et serait poursuivie pendant une durée de trente jours. Ces exercices ont compris trois phases : 1° cours préparatoires d’instruction des soldats; 2° entraînement intensif pour juger des services militaires que peut rendre le patin soit en temps de guerre, soit en temps de paix; 3° études des modiiications à apporter dans l’équipement des patineurs. Tout contre la frontière française, au village de Clavières, le premier village sur le versant italien du mont Genèvre, un groupe du 3e régiment d’Alpins a pendant un mois, du 7 janvier au 7 février, rempli ce programme dans des conditions extrêmement satisfaisantes. Officiers et soldats patinaient chaque jour pendant six heures au moins. Loin de rebuter les soldats, ce sport, nouveau pour eux, les divertissait et les surexcitait; c’était à qui ferait preuve de la plus grande audace. Aussi bien les officiers loin d’avoir à stimuler leurs hommes devaient, au contraire, sans cesse veiller à réprimer leur ardeur, afin d’éviter des accidents.
- Les expériences ont fourni des résultats très intéressants sur les vitesses comparées que l’on atteint soit avec le ski, soit avec la raquette. Munis de ski, des fantassins sont arrivés au sommet de la pointe Saurel, par des pentes de 15 pour 100, en 2h 28m, tandis que leurs camarades avec des raquettes ont employé, pour le même parcours, 3h5m. Au retour, la différence de temps a été beaucoup plus considérable; par les patineurs, la descente a été effectuée en 58 minutes, tandis que, pour les hommes qui se servaient de raquettes, elle a exigé plus du double : lh24m. De plus, et c’est là un avantage très important, à leur retour, les Skieurs étaient encore frais et dispos, alors que leurs camarades qui avaient employé des raquettes étaient fatigués, même épuisés. En rendant compte de ces manœuvres au Club alpin italien, le colonel Zavattari (Rivista mensile), insiste sur les services que les ski peuvent rendre en temps de paix aux montagnards. C’est ainsi que, dans les premiers jours de février, d’énormes quantités de neige étant tombées et les avalanches roulant sans cesse, la route du mont Genèvre fut complètement fermée, et les services de la poste et de ravitaillement, entre Clavière et Cézanne, auraient été suspendus sans le concours des patineurs.
- Cette année seulement en France on s’est décidé à suivre l’exemple donné par nos voisins. Il y a quelques semaines, un jeune et distingué of/icier de réserve du 159e de ligne, M. Mounier, qui avait longtemps séjourné en Norvège, a initié la garnison de Briançon à la pratique du ski. Dans le courant de février une vingtaine d’hommes du 159e ont effectué ainsi en treize heures le trajet de Briançon à mont Dauphin, une course de 62 kilomètres, en s’élevant jusqu’à l’altitude de 2588 mètres au col d’ïsoard. Quelques jours plus tard, un détachement atteignait le sommet du pic des Ayes (2241m). Dans cette excursion, comme dans celles effectuées
- par les alpins italiens, la supériorité du ski sur la raquette a été démontrée de la manière la plus évidente.
- Les officiers de la garnison de Briançon, qui n’ont pas une vie précisément fertile en distractions, ont adopté avec passion ce nouveau sport. Quelques-uns, comme le capitaine Clerc, sont devenus déjà d’excellents patineurs. L’accueil que l’initiative du lieutenant Mounier a reçu en haut lieu permet d’espérer que les expériences seront poursuivies l’hiver prochain et que les ski seront adoptés par les troupes alpines. L’emploi de ce patin peut rendre de très grands services non pas seulement au point ce vue militaire, mais encore au point de vue économique. Les troupes alpines enseigneront l’art de se servir de ces engins aux indigènes et leur fourniront le moyen de circuler aisément, alors que l’état des neiges ferme toutes les routes. Nos montagnards ne seront plus ainsi réduits à la condition d’hibernants. Très certainement l’introduction de ce patin dans nos Alpes apportera une notable amélioration à la situation de ces intéressantes populations. L’armée des Alpes fera ainsi l’éducation des braves gens au milieu desquels elle vit et leur fournira les moyens de soutenir le rude combat pour la vie. Charles Rabot.
- i:\VEMH DU BOIS EN FRANCE
- ET DANS I,E MONDE
- L’industrie forestière est, parmi les diverses cultures agricoles, une de celles qui provoquent le plus l’attention des pouvoirs publics. Sans être souvent d’un beau rendement financier, les forêts présentent, en effet, un caractère d’intérêt général en régularisant le régime hydraulique d’un pays, en lui conservant la fraîcheur et la variété. Un déboisement inconsidéré peut transformer en désert toute une région.
- Quelques chiffres montreront quel est, dans divers pays, l’état actuel de la culture forestière et quels doivent en être le développement ou la décroissance dans l’avenir.
- Pour nous en tenir aux pays d’Europe, les forêts couvrent actuellement une superficie qui, d’après des chiffres dignes de foi, peut être évaluée ainsi :
- De la superficie totale du territoire.
- Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande..................... 4 pour 100
- Ranemark ... 6
- Pavs-Bas ... 7
- Espagne . . 13
- Italie . . . 14
- Belgique ... 17
- Suisse ... 20
- Norwège ... 21
- Allemagne ... 25
- Empire d’Autriche.... ... 30
- Russie d’Europe ... 52
- Suède ... 40
- La France se tient dans une moyenne : le taux de boisement y est de 18 pour 100 environ. Notre pays, qui
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- LA NATURE.
- fut autrefois couvert de forets, est encore assez boisé. Un tiers environ de ces bois est géré par l’administration des forêts.
- Si l’on examine maintenant, d'après les statistiques officielles, quel est dans chaque pays le mouvement des échanges commerciaux à l’importation et à l’exportation, on peut aisément se convaincre que la plupart des pays d’Europe, surtout des pays industriels, ne produisent pas la quantité de bois qui leur est nécessaire, bien loin de là.
- L’Angleterre, avec sa très faible surface forestière, a évidemment besoin de faire, plus que tout autre, appel à l'étranger : elle achète à l’extérieur pour près de 500 millions de francs par an, représentant un cube égal à deux fois et demie la production française.
- D’autre pays, même bien partagés par la nature, font de même appel aux nations voisines: la Belgique pour 100 millions de francs, l’Allemagne pour 550 millions, la Suisse pour 15 millions, l’Espagne pour 50 millions, l’Italie pour la même valeur. La France importe 140 millions et exporte 40 millions se trouvant ainsi en déficit de 100 millions.
- En Europe, les seuls pays qui aient aujourd'hui un excédent d’exportation sont : l’Empire d’Autriche, la Nor-wège, la Suède, la Russie. C’est donc là, quant à présent, que se trouvent les réserves de bois auxquelles il faut joindre celles des Etats-Unis et du Canada, ce dernier territoire étant encore très boisé (58 pour 100 de la superficie pour l’ensemble de la colonie et 75 pour 100 pour certaines parties).
- Si l’on pousse plus loin l’examen, en comparant les mouvements commerciaux il y a vingt ans par exemple et les échanges actuels, on peut se convaincre que les besoins de bois d’œuvre ont augmenté dans cette période, et, comme, à coup sûr, la production forestière ne suit pas la même progression, on peut conclure que le monde, pris dans son ensemble, s’appauvrit en bois.
- Les besoins de bois augmentent considérablement dans le monde: c’est là le contraire de cette idée très répandue que, depuis l’introduction des métaux dans la construction, le l)ois ne se vend plus. Lorsqu’on énonce cette idée, il faudrait ajouter que ce qui ne se vend plus, c’est le bois de chauffage pour lequel la lutte est aujourd’hui bien difficile avec les combustibles plus économiques, la houille, le coke, le gaz, etc. Mais les bois d'œuvre s’emploient de plus en plus, et pour certaines catégories, notamment le bois destiné à la pâte de cellulose, le développement est immense. Les exportations de pâte de cellulose, qui étaient en Norvège de.8500 tonnes pour l’année 1875, s’élevaient à 515 000 tonnes en 1898 devenant, par conséquent, près de quarante fois plus importantes. Pour s’en tenir à la France, il y a chez nous grand excès de bois de feu, qui se vend mal, et insuffisance de bois d’œuvre.
- Pour produire une plus grande quantité de bois d’œuvre, il faudrait avant tout demander aux propriétaires un esprit de prévoyance mieux compris. Rien n’est plus tentant pour un propriétaire prodigue que de faire des coupes fréquentes, alors qu’il y aurait avantage à laisser croître les arbres pendant de longues années ; on retrouverait ainsi, par la suite, un grand avantage. Souvent, et même sans s’en rendre compte, le propriétaire compromet son capital dont la formation avait exigé de si longues années. Sans doute, l’Etat peut prendre contre les particuliers imprévoyants des mesures restrictives. C’est ainsi qu’à la suite de gaspillages constatés en Norvège, le gouvernement Suédois a interdit, dans certaines pro-
- vinces, de couper des arbres qui ne seraient pas parvenus à un degré de croissance déterminé. Dans quelles limites doit-on encourager ainsi l’intervention de l’Etat et quels seraient les résultats d’une réglementation étroite? Il ne nous appartient pas de répondre à cette importante question.
- M. Méiard, ' Inspecteur des forêts, auteur d’une intéressante étude sur l'insuffisance des bois d’œuvre dans le monde1, et auquel nous avons emprunté les principales données ei-dessus, conclut en disant que « la consommation du bois dans le monde est supérieure à la production normale des forêts accessibles. 11 y a dans cette production un déficit momentanément compensé par des destructions de forêts ».
- « On marche donc vers la disette », et l’examen sommaire que nous avons fait « laisse après lui un sentiment de tristesse et d’angoisse ».
- 11 est triste de songer aux richesses à jamais disparues, souvent sans grand profit pour le propriétaire. Il est à craindre que, par le Lût d’une consommation croissante, la situation ne s’aggrave encore par la suite, malgré l’élévation probable du prix des bois. 11 y a donc un grand intérêt à saisir de cette question l’opinion publique, à mieux aménager les forêts et à constituer sur les terres incultes de nouvelles réserves pour l’avenir. Paul A nié.
- TMMWAYS D’EXCURSIONS NOCTURNES
- On sait que certaines Compagnies de chemins de fer, en particulier dans les contrées réellement pittoresques, et surtout aux États-Unis, ont imaginé de mettre en circulation des voitures spéciales dites d’excursions, qui comportent toujours des plates-formes extrêmes, puis des larges baies laissant le voyageur jouir aussi pleinement qu’il est possible du paysage qui se déroule sous ses yeux. Fréquemment même les sièges sont disposés pour faciliter la vue, ils sont individuels et montés sur pivot, afin de permettre au voyageur de se retourner quand besoin est. La même chose s’est faite pour les tramways. Aux États-Unis principalement, certaines de ces voitures d’excursion sont de véritables salons qu’on loue pour une partie de plaisir.
- Mais voici que la Compagnie dite « Saint-Louis Transit C° », de la grande ville de ce nom, qui possède un réseau important où les tarifs sont du reste fort modestes, comme partout en Amérique, vient d’imaginer de nouvelles voitures d’excursions qui portent le nom justifié, ainsi qu’on va le voir, de « Clair de lune », Moonlight cars. Il ne. faut pas oublier que la température est extrêmement chaude à Saint-Louis, et que rien n’est reposant, après une journée fatigante, comme une promenade dans la campagne, par les clairs de lune resplendissants dont on peut jouir précisément durant les soirées de la saison chaude. Une clientèle importante fréquentait déjà les voitures d’été sans parois latérales, les voitures ouvertes; on
- 1 Insuffisance de la production des bois d'œuvre dans le monde, par A. Méiard, Inspecteur des forêts. Paris, 19Q0. Imprimerie Nationale.
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- a voulu donner h cette clientèle la vue du ciel et le plein air, et on a construit les moonlight cars, découverts, au sens propre du mot, sans le moindre toit, ce qui leur donne une apparence assez bizarre, d’autant qu’il s’agit, comme de juste, de tramways électriques. C’est tout au plus si l’on a disposé, en
- Le Tramway « Clair de Lune ».
- un certain point du véhicule, une sorte de portique sans toit supportant le trolley et les dispositifs électriques annexes.
- Ces voitures, longues de 14 mètres, comportent 16 banquettes transversales et peuvent transporter 96 voyageurs. Il n’y a point de lumières, sauf une sorte de veilleuse éclairant les appareils du wattmann, et des lampes extérieures. Les promeneurs peuvent gagner ainsi le lac Crève-Cœur, en respirant le grand air, et en jouissant de cette sensation exquise que donnent une soirée étoilée et la lumière argentée du clair de lune. I). B.
- MANUTENTION ÉLECTRO-MAGNÉTIQUE
- DES TÔLES
- Nous avons eu occasion de parler à plusieurs reprises des grues électro-magnétiques, destinées spécialement à la manutention des pièces métalliques de fer ou d’acier, et où on remplace les accrochages et les minutieux élingages par l’attraction d’un électro-aimant fixé à la volée de la grue, et dans lequel on lait pénétrer le courant au moment voulu. Comme ces appareils ne semblent guère avoir fait fortune en Europe, signalons-en une application des plus ingénieuses qui en est réalisée dans les chantiers de constructions navales de la « New-York ShipbuildingCompany », de Camden, dans l’Etat de New-Jersey.
- Cette application porte particulièrement sur la manutention des tôles, qui est plus compliquée qu’aucune autre, bien que souvent ces tôles n’aient pas en elles-mêmes un poids considérable; mais on comprend que leur élingage et leur accrochage à un crochet de grue sont compliqués, ou que leur transport à bras d’hommes nécessite un assez grand
- nombre de manœuvres. L’électro-aimant, qui affecte extérieurement l’aspect d’une sorte de boîte plate, est amené par la volée de la grne ou du pont-roulant (car on emploie les deux) au-dessus de la plaque et à peu près en son centre ; on fait passer le courant dans les enroulements, et l’on peut dire dès lors que l’accrochage a réussi. On procède au soulèvement en mettant en marche les organes de levage, et au besoin de transport, si la plaque doit être emportée, dans une antre partie de l’usine, de la salle où elle se trouvait. Notons que, pour pourvoir à toute chance de danger, au cas où les dynamos fournissant le courant viendraient à s’arrêter, l'installation de l'usine comporte une batterie d’accumulateurs assurant toujours un électro-magnétisme suffisant pour soutenir la charge en l’air.
- Ces manœuvres et manutentions de grosses pièces demandent un seul homme, tout au plus deux ; on économise, sur le temps et sur la main-d’œuvre, au moins 50 à 75 pour 100. La plaque ne glisse jamais, ce qui se produisait assez fréquemment avec un élingage fait au moyen de chaînes; nous devons dire en outre que plusieurs plaques peuvent être soulevées simultanément, ou au contraire une seule, grâce naturellement à la manœuvre d'un rhéostat. On a aussi la possibilité de soulever des plaques par la tranche, et l’ingéniosité en même temps que la pratique des mécaniciens de ces engins de levage les a amenés à pouvoir saisir excentriquement, pour ainsi dire, une plaque posée à plat, et à la laisser glisser de manière qu’elle se trouve debout sur sa tranche
- La grue magnétique soulevant une (oie.
- (comme les enfants le font pour une aiguille avec un barreau aimanté).
- Les électro-aimants de l’usine de Camden, qu’on emploie parfois par couple, ont une puissance qui peut atteindre jusqu’à 5 tonnes. I*. de M.
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- quantité de liquide par cet oriliee, le bras de levier aidant, cela fait légèrement soulever la porte d’évacuation : immédiatement alors, l’eau de la portion inférieure du bassin commence à s’échapper par l’ouverture qui se présente de la sorte, et comme celle-ci est suffisamment large, en un instant il se précipite assez d’eau dans le compartiment inférieur du réservoir mobile pour que son poids augmente et qu’il soulève alors largement la porte d’évacuation. Mais, pendant ce temps, l’eau qui avait siphonné dans le haut de ce même réservoir oscillant s’en écoule rapidement par un orifice à siphon, et, le poids venant à diminuer sensiblement, la masse même de la porte la ramène sur son siège, la pression du liquide et le courant aidant
- à ce mouvement. L’évacuation se trouve donc arrêtée jusqu’au moment où le niveau des eaux recommencera à monter dans le bassin.
- Peut-être l’invention a-t-elle quelques légers défauts, comme celui de laisser partir directement la quantité de liquide superficiel qui a été nécessaire pour donner la première impulsion à la porte tournante ; mais il est certain qu’elle est fort ingénieuse, car, en
- Soupape automatique de ü'op-pleili. — i. Soupape fermée. — 2. Soupape ouverte. réglant les différents orifices qui
- amènent ce liquide dans le haut du réservoir mobile, ou, au contraire, le laissent fuir, on est à même de régler exactement le temps durant lequel la porte demeurera ouverte et par conséquent les eaux seront évacuées. D. L.
- UNE SOUPAPE AUTOMATIQUE
- UC TROP-PLEIN
- 11 ne manque pas de circonstances où l’on a besoin d’un dispositif automatique assurant l'écoulement du trop-plein d’un bassin, par le fond de ce bassin, et quand de nouvelles couches de liquide viennent s’accumuler à la surface : ce serait le cas, par exemple, pour un de ces réservoirs dits septiques où l’on traite les eaux d’égout par filtrage, et surtout par l’action des bactéries, les eaux traitées descendant au fond du réservoir et devant être évacuées par là. C’est ce but qu’on a poursuivi et atteint dans un appareil dit « soupape Ridgway ».
- Nous avons figuré l’installation précisément sur un bassin de traitement d'eaux d’égout.
- L’orifice d’évacuation est percé dans la muraille de droite de ce bassin, muraille qui empêche les eaux du fond de s’échapper dans une chambre intermédiaire d’où elles peuvent gagner la galerie qui les emportera définitivement; normalement cet orifice d’évacuation est obturé par une porte oscillant autour d’un axe horizontal, et qui vient s’appuyer sur un arrêt convenable, tout en demeurant dans une position inclinée à 45° environ. Remarquons immédiatement qu’un bras métallique recourbé, et formant comme une console, est fixé sur cette porte, à sa face extérieure, et qu’il supporte un réservoir, également métallique, qui joue le rôle de flotteur, et qui est partagé en deux récipients séparés par une cloison horizontale.
- Supposons maintenant que les eaux se sont accumulées dans le bassin à un niveau qui dépasse une ouverture munie d’un siphon, que nous apercevons dans la muraille de ce bassin, et au-dessus de l’orifice d’évacuation dont nous parlions à l’instant : ces eaux vont immédiatement commencer de siphonner, et, en passant par le siphon, elles tomberont directement dans la portion supérieure du réservoir oscillant. Quand il s’est écoulé ainsi une certaine
- LA MÉMOIRE D’UN ÉLÉPHANT
- Notre collaborateur, M. Paul Mégnin, à propos de son article sur un «ballet par les éléphants1», a reçu l’intéressante communication suivante que nous reproduisons :
- « Dans votre très curieux article au sujet des éléphants du Nouveau-Cirque, vous citez le fait d’un cornac tué au Châtelet par vengeance, par un de ces pachydermes. Comme témoin oculaire du fait, voulez-vous me permettre de vous raconter exactement comment l’acci-
- 1 Yoy. u° 1504, du 22 mars 1902, p. 225.
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- dent s’est produit, pensant qu’il peut intéresser les lecteurs de La Naturel
- (( (/était pendant les représentations d’une reprise du Tour du Monde en 80 jours, M. Floury, le directeur actuel, avait loué à une ménagerie anglaise une élé-pliante du nom de miss Jenny. Cet animal, comme vous le savez, remplit un rôle assez important dans cette pièce ; d’une douceur extrême, miss Jenny était l’enfant gâtée du théâtre.
- « Au bout d’une soixantaine de représentations, le propriétaire du pachyderme écrivit au Directeur que Miss Jenny, animal savant, lui étant nécessaire, il le priait de vouloir bien la lui renvoyer, et, pour ne pas le mettre dans l’embarras, lui expédiait un autre éléphant avec son cornac. Celui-ci arriva, en effet, et le soir même, pendant la représentation, monta sur la scène pour se rendre compte de ce qu’il aurait à faire exécuter à son élève. Miss Jenny était près de sortir de scène ayant encore son palanquin sur l’échine ; lorsqu’elle aperçut dans la coulisse le nouveau cornac, elle devint subitement furieuse, repoussa les danseuses qui l’entouraient en train de lui donner des friandises et fondit sur le cornac qu’elle accula au fond des coulisses le labourant de ses défenses et s’apprêtant à le piétiner lorsque, fort heureusement, son conducteur, revenu de sa stupeur, — car tout ceci s’était accompli en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, — se jeta entre le malheureux et sa bête dont la fureur était terrible et parvint enlin à lui faire lâcher prise.
- « Nous eûmes l’explication de cette agression spontanée de Miss Jenny. Son cornac nous raconta qu’à Londres, environ deux ans avant ce pénible événement, celle-ci fut corrigée injustement par l’individu qu’elle venait de mettre en si piteux état, et de ce moment ne put le supporter. Afin d’éviter un accident on lui donna un autre dresseur.
- « On pouvait croire, après un laps de temps relativement long, l’incident oublié; mais l’éléphante en avait toujours conservé le souvenir, reconnaissant immédiatement son tourmenteur et cela parmi une figuration d’au moins 250 personnes.
- « Quant au cornac, blessé, conduit à l’Hùtel-Dieu, ayant le péritoine perforé en deux endroits, il réchappa pourtant de ses terribles blessures et regagna, quelque temps après, sa patrie qu’il n’aurait dû jamais quitter.
- (( Excusez, Monsieur le rédacteur, cette trop longue lettre et recevez l’assurance de mes meilleurs sentiments. )) Fl.Ol l’.Y,
- Ex-Secrétaire général du Châtelet.
- Ex-Directeur de la Porte-Saint-Mariin.
- —<-<>«-—
- LA FABRICATION INDUSTRIELLE
- DE L’ACIDE SULFURIQUE
- La réaction qui donne naissance à l’acide sulfurique peut s'effectuer dans un laboratoire par l’union directe de l’oxygène à l’anhydride sulfureux, si l’on a soin de se placer dans les conditions voulues de température et d’humidité. De cette réaction à la préparation industrielle, il semble qu’il n’y ait qu’un pas. Malheureusement, et bien que cette réaction soit exothermique, son extrême lenteur la rend inutilisable pour l’industrie et il a fallu trouver quelque artifice pour en activer la marche. Le procédé par oxydation directe, si séduisant en apparence lut abandonné, et on créa la méthode dite des chambres de plomb, dans laquelle l’anhydride sulfureux, produit parle grillage de certaines
- pyrites, passe dans des chambres garnies de plomb où il se trouve en contact avec des oxydes supérieurs de l’azote, qui lui cèdent leur oxygène et passent à l’état d’oxydes inférieurs. Ces derniers reprennent de l’oxygène à l’air ambiant pour le repasser à l’anhydride, et ainsi de suite. L’humidité est assurée par des jets de vapeur. On voit que les oxydes inférieurs sont là tout simplement pour véhiculer l’oxygène de l’air à l’anhydride et l’on explique ce fait (ou plutôt on le décrit), en disant qu’ils exercent une action catalytique ou de présence. Ce système est encore compliqué d’un procédé de concentration rendu nécessaire dans quelques applications par la dilution de l’acide produit dans les chambres. Tel qu’il est, le procédé a rendu et rend encore de grands services à l’industrie, on l’a beaucoup perfectionné du reste. Actuellement on utilise 95 à 98 pour 100 du soufre brûlé, la quantité de nitrate qui produit les oxydes d’azote n’est que le centième de la production totale d’acide, enfin le rendement par mètre cube de chambre est de 2,5 i kg au maximum, évalués en acide monohydraté. Cependant les partisans de l’oxydation directe n’avaient pas désespéré de trouver une solution. Pendant près d’un siècle, les recherches se multiplièrent et l’on essaya de donner corps à l’idée de l’oxyclation en présence du platine, dont l’action catalytique avait été signalée en 1817 par llumphry Davy. Platine ou oxyde d’azote, c'est toujours une substance catalytique à laquelle on fait appel, mais le platine et les autres substances solides présentent certains avantages : ils ne se désagrègent et par suite ne se perdent pas et leur action s’exerce même en l’absence totale d’eau, ce qui permet de produire l’anhydride lui-même et non l’acide étendu des chambres. D’ailleurs le platine n’est pas altéré chimiquement par la réaction et c’est ce qui fait dire que l’oxydation est directe. Mais toutes les tentatives, entreprises dans ce sens, échouèrent ou du moins n’aboutirent qu’à perfectionner la préparation d’un autre acide, l’acide fumant. M. Knietsch, dans une conférence à la Société chimique d’Allemagne, a donné la raison de ces échecs répétés et indiqué ce qu’il fallait faire pour les éviter. D’abord les gaz de grillage doivent être purs, car certaines impuretés, telles que le mercure, le phosphore et notamment l’arsenic, paralysent l’action du platine. L’excès de chaleur dégagé par la réaction est nuisible et doit être surveillé. La réaction cherchée se fait d’autant plus facilement que le mélange renferme une plus forte proportion d’oxygène. Au-dessus de 990°, il n’y a pas de réaction, au-dessus de 900- 100° l’anhydride est dissocié; dans l’intervalle et préférablement à 450° la réaction est possible. On est donc conduit à choisir la substance catalytique qui a le plus d’activité à cette température et qui se trouve être le platine.
- La méthode par contact est ainsi entrée dans le domaine des applications industrielles et est d’ores et déjà en lutte avec son frère ennemi le procédé des chambres. Mais il faudrait se garder de conclure à son adoption immédiate et au rejet de l’ancien système. L'avantage économique des procédés de contact n’apparaît nettement que dans les applications où il est nécessaire de concentrer l’acide des chambres, par la suppression de la concentration dans le platine et dans d’autres appareils coûteux. Dans certains cas il peut être préférable d’avoir recours à un procédé mixte et de se contenter d’un appareil de contact relativement restreint qui transformerait en anhydride sulfurique 70 pour 100 de l’anhydride sulfureux du gaz de grillages, le reste étant utilisé dans une petite chambre de plomb. J. Garcin.
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- CHRONIQUE
- Les légumes crus et l'épandage. — M. Baudin, ministre des Travaux Publies, s’est préoccupé de l’in-iluence que pouvaient avoir sur la santé publique les légumes et les fruits qui, ayant été arrosés par les eaux d’égout, étaient ensuite mangés crus par la population parisienne. Il a proposé par une lettre, adressée au président du Conseil, de prendre les mesures nécessaires pour éviter tout danger : « Il est à craindre, dit-il, que les fruits et légumes qui se sont trouvés accidentellement en contact avec des eaux insuffisamment épurées n’arrivent sur le marché contaminés de microbes ou de débris organiques susceptibles de les rendre malsains. » C’était l’avis de Pasteur, il y a vingt ans. « Les eaux de lavage emportent la plupart des éléments pathogènes et l’ébullition les rend absolument inoffensifs. Aussi peut-on affirmer que les légumes cuits et les fruits pelés n’olfrent aucun danger. Mais il n’en est pas de même des légumes et des fruits qui se mangent crus, comme, par exemple, les salades et les fraises. Il me paraît indispensable de parer au danger qui peut en résulter pour la santé publique et, pour arriver à ce but, je n’aperçois qu’un seul moyen, c’est de stipuler nettement dans les contrats de concession d’eau d’égout passés par la Aille l’interdiction pour les usagers de cultiver les fruits et légumes destinés à être mangés crus. » Conformément à cette proposition, le comité consultatif d’hygiène publique a nommé une commission qui a émis le vœu que, dans les contrats de concession d’eau d’égout passés par la Ville de Paris, il soit interdit aux usagers de cultiver des fruits et légumes destinés à être mangés crus.
- La force nécessaire au lancement des torpilles. — M. F. M. Leawit, au cours d’une récente réunion des Ingénieurs navals de F « American Society », a rendu compte à ses collègues d’une longue série d’observations faites par lui sur la force mise en œuvre pour le lancement des torpilles. Ce savant ingénieur a borné ses calculs aux trois types W’hitehead utilisés par la marine des Etats-Unis, qui se rapprochent d’ailleurs beaucoup des engins similaires qu’ont adoptés successivement les différentes flottes du monde. La plus petite torpille américaine mesure 5m,55 de long et la plus grande 5 mètres. Elles sont lancées par la détente de l’air comprimé, lequel est emmagasiné, au moyen d’une machine à 5 cylindres, dans des réservoirs cylindriques d’acier, où il se trouve à la pression de 700 kilogrammes par 6 cm2. L’expérimentateur a calculé qu’il fallait faire agir sur l’arbre du propulseur une puissance de 25 chevaux 6 pour imprimer à une petite torpille une vitesse de 27 nœuds et la lancer à 800 mètres. Pour les torpilles moyennes, la puissance employée est de 42 chevaux. Enfin, il faut développer jusqu’à 77 chevaux sur l’arbre des grandes torpilles qui peuvent parcourir un trajet de 1500 mètres à la vitesse de 35 nœuds 5.
- Action thérapeutique de la lumière bleue.
- — Une revue de clinique de Vienne annonce les remarquables résultats obtenus par le I)r G. Kaiser dans le traitement de la tuberculose humaine par la lumière bleue. Il a observé que les rayons émanant d’une lampe à arc électrique, et concentrés par un objectif comportant un bain de méthylène qui la colore en bleu, détruit le bacille de la tuberculose en 30 minutes environ. L’application de ce traitement aux malades est possible, puisqu’il a été reconnu que ces rayons bleus traversent les tissus
- humains; on a, en effet, obtenu des épreuves photographiques d’un cliché négatif éclairé par de tels rayons à travers un corps humain interposé. Les résultats obtenus dans le traitement de deux tuberculeux, arrivés à une période avancée déjà de consomption, ont accusé une amélioration considérable de leur état, et sanctionné pleinement les observations de laboratoire précé lemment citées. Ces observations ont permis aussi de constater les propriétés anesthésiques des mêmes rayons bleus, propriétés très marquées, utilisables pourvu qu’on ait soin de ne les employer mélangés d’aucun rayon rouge, mais qu’on les ait préalablement bien isolés.
- L'n coup de mine de 50000 lonncs. —Un coup de mine faisant sauter à la fois 50 millions de kilogrammes de roc en quelques secondes vient d’être exécuté en Angleterre aux carrières de Llanaelhaiarn. M. J. Sharpe, ingénieur en chef des travaux de la carrière, est l’auteur de ce formidable soulèvement de rochers, mais sa préparation avait été confiée à Edward Davies, qui passe pour un des plus habiles mineurs du pays de Galles. Ce dernier construisit un tunnel à une profondeur de 12m,50 sous le roc où on loge la charge explosive. Ce travail ne dura pas moins de sept mois; après quoi l’on hourra, dans le couloir ainsi pratiqué, 3500 kilogrammes de poudre de mine, à laquelle M. Sharpe mit le feu au moyen du courant électrique. En trois secondes, un véritable volcan projeta dans toutes les directions 50 000 tonnes de pierre.
- Les proportions du elicval. — Le colonel l)u-housset s’est livré à de longues et patientes recherches au sujet des proportions que la structure du cheval doit présenter. Pour parvenir à des résultats sans réplique, il n’a pas mensuré moins de 5000 chevaux et il en a déduit un animal moyen dont les proportions sont on ne peut plus harmonieuses. Voici, en effet, celles qui sont obtenues en prenant la tète comme unité de longueur comparative : la longueur du cheval, de la pointe de l’épaule à la pointe de la fesse, est de deux tètes et demie ; la hauteur du corps est égale à sa largeur; on trouve une tète poulies longueurs suivantes : du haut du garrot à la pointe de l’épaule, du milieu du ventre au milieu du dos, de l’angle dorsal de l’épaule à la pointe de la hanche, du sol à la pointe du jarret, de la pointe du jarret au-dessus de la rotule ; la croupe, de la pointe de la hanche à la pointe de la fesse, n’est que très légèrement inférieure à une tète ; le gi’asset, la pointe de la croupe et celle de la fesse, réunis par des droites, forment un triangle équilatéral ; la largeur de la tète est la moitié de sa hauteur ; valent également une demi-tête : la distance de la pointe de l’épaule au sommet du radius, celle du dessous du genou à la couronne périople, celle de l’œil au point supérieur du naseau; les deux os radius et tibia sont égaux; la hauteur de la croupe est égale à celle du garrot.
- ---<X^<’-
- ACADÉMIE DES SCIENCES >
- Séance du 1er avril 1902. ^
- Présidence de M. Bouqdet de la Ghye.
- La maladie due à la mouche Isé. — M. Laveran expose le résultat de ses recherches relatives à la maladie dont sont atteints les animaux piqués par la nagana ou mouche tsé. Cette maladie est caractérisée par l’apparition dans le sang de ces animaux d’un hématozoaire dénommé Trtjpanosoma Brucei. Sous l’influence .de l’injection de sérum de sang humain, le trypanosoma disparait; mais au bout de quatre à cinq jours le sérum
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- LA NATURE.
- est éliminé et le trypanosoma se montre de nouveau. Il faut alors pratiquer de nouvelles injections; l’on peut ainsi prolonger très longtemps la vie des animaux. Mais on conçoit qu’une méthode curative, basée sur ce fait, ne puisse être pratique à cause des quantités de sang humain dont il faudrait pouvoir disposer. M. Laveran a essayé de traiter, au moyen du sérum humain, des animaux de petite taille dans l’espérance de les utiliser ensuite; ses recherches n’ont pas encore abouti.
- Varia. — M. Stanislas Meunier adresse une Note de géologie comparée sur le fer météorique du Guatemala.
- Cii. de Yilledeuil.
- SERRURE MOZABITE
- La serrure mozabite, tout entière construite en bois, est un modèle d’ingéniosité qui fait honneur à l’esprit inventif des Béni M’zab. Nous allons essayer d’en donner la description, qui sera plus facilement saisie par le lecteur s’il veut bien se reporter à la ligure que nous avons dessinée pour La Nature.
- L ’ instrument complet comprend trois parties distinctes : la boîte ou serrure proprement dite, le pêne et la clef, que nous allons décrire successivement.
- Clef.— La clef est un morceau de bois dur (du cèdre, dans celle que nous avons sous les yeux) aplani sur ses deux faces supérieure et inférieure. A l’une de ses extrémités sont plantées quelques clavettes en fer ou en bois dur a, b, x, fixes, et d’une longueur égale à l’épaisseur du talon du pêne afin de traverser celui-ci sans le dépasser. C’est le nombre et la disposition de ces clavettes qui constituent le secret de la serrure.
- Pêne. — C’est une barre également en bois dur, glissant horizontalement et entaillée par-dessous de façon à réserver à chaque bout une butée en saillie. Elle est en outre pourvue, en haut, d’une sorte de queue ou talon percé de trous et qui prolonge une de ses extrémités. Les trous, qui traversent le talon de part en part, correspondent comme nombre et comme disposition aux clavettes de la clef et, également, aux chevilles de la serrure dont le dispositif est le suivant dans le cas actuel.
- Serrure. — Elle est formée d’une boîte creuse en bois blanc, ouverte latéralement et pourvue, en bas,
- d’une butée qui limite la course du pêne. Ransle haut sont pratiqués des logements où 1, 2, o se meuvent verticalement des chevilles en bois, celles-ci pourvues d’une tète assez large dont l'utilité est d’empêcher lesdites chevilles de tomber tout à fait.
- Quand la clef, une fois introduite dans la boîte, a ses clavettes engagées dans les mortaises du talon du pêne elle peut imprimer à celui-ci un mouvement horizontal de droite à gauche et de gauche à droite. Si l’opérateur vient à repousser le pêne à gauche jusqu'à la butée, les chevilles de la boîte se trouvent au-dessus des trous du talon, mais sont alors retenues en l’air par les clavettes de la clef. — Vient-on à retirer cette clef par un déplacement vertical, les chevilles descendent par leur propre poids, pénètrent dans les trous que viennent de dégager les clavettes de la clef et sont arrêtées à la fin de leur course par la saillie (ou tète) dont nous avons
- parlé plus haut. Dans cette position la partie supérieure de la boîte— et la serrure tout entière par conséquent — est solidement fixée au pêne. — S’agit-il au contraire d’ouvrir la serrure? L’opérateur pousse la clef dans la boîte, trouve facilement les mortaises et y engage les clavettes en imprimant à sa clef un mouvement ascensionnel. Quand le plat supérieur de la clef est arrivé en contact avec le dessous du talon du pêne, les chevilles se trouvent dégagées de ce pêne et remontées dans leur logement : c’est un peu le système de fermeture de la culasse mobile dans nos pièces de campagne. La clef, alors ramenée vers la droite, entraîne avec elle le pêne ; et les chevilles, glissant sur une partie pleine et lisse, demeurent suspendues. La butée inférieure gauche limite la course du pêne vers la droite et son arrêt avertit l’opérateur du moment où il peut descendre la clef et la retirer.
- Ajoutons que cette clef, toujours assez volumineuse, constitue à elle seule une arme défensive très sérieuse et qui peut devenir plus dangereuse encore quand ses clavettes en bois sont remplacées par des tiges de fer. C’est la « permission de dix heures » des Mozabites. L. Jacquot.
- Le Gérant : P. Masson.
- Serrure mozabite. — 1. Ouverte. — 2. Fermée.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- iV I 01)7. — 12 AVRIL 1902.
- LA NATlillL
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- LA PRODUCTION DES BASSES TEMPÉRATURES
- Le temps n’est pas encore fort éloigné où, dans les laboratoires, dans les cours de physique, le fait de congeler du mercure passait pour une expérience
- remarquable. Aujourd’hui, il n’en est plus ainsi, et les physiciens nous ont montré que par l’emploi judicieux des gaz liquéfiés, on pouvait sans trop
- Fig. 1. — 1. llelVoidissemeut de la gazoliiie par l'air liquide. — 2. \ase à air liquide. 3. Appareil pour volatiliser l'aeide carbonique dissous dans l'acétone.
- de peine obtenir des températures extrêmement basses, voisines de 200° au-dessous du zéro de nos thermomètres centigrades.
- Cependant si, théoriquement, pas un homme de science n’ignore comment de tels refroidissements peuvent être réalisés, beaucoup en revanche, pra-tiquement, se trouvent encore dans l’impossibilité matérielle de produire ces grands froids.
- Au contraire de ce que l’on pourrait supposer, pourtant, il n’est pas extrêmement difficile d’arriver à réaliser de très basses températures avec un outillage facile à se procurer. Comme M. le professeur d’Arsonval l’indiquait dernièrement à l’Académie des sciences, avec quelques précautions judicieuses, on peut aisément parvenir à produire des froids compris entre — 60°et— 195°.
- .'III'’ année. — lr semestre.
- Ainsi, en plaçant dans un vase poreux du chlorure de méthyle, par sa simple et naturelle évaporation au travers des parois, on amène la température à 60° au-dessous du zéro centigrade. Avec l’acide carbonique ou l’acétylène, il est aisé d’obtenir des températures de — 112° ou de -— 115°. Pour cela on dissout dans de l’acétone, refroidi au préalable, de la neige d’acide carbonique ou d’acétylène que l’on obtient aisément, l’une comme l’autre, à la température ordinaire et à la’pression ambiante, en ouvrant un réservoir contenant de l’acide carbonique ou de l’acétylène liquide. Le froid, produit par l’évaporation brusque d’une partie de la masse liquide, abaisse suffisamment la température pour transformer le reste de celte masse en une
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- neige qui, abandonnée à elle-même, fond ensuite lentement. Cette neige se recueille en dirigeant dans une sorte de bonnet formé par une serviette le jet d’acide carbonique ou d’acétylène s’échappant du réservoir renfermant le gaz liquélié.
- Très soluble dans l’acétone, surtout celle d’acétylène (à — 80°, l’acétone peut dissoudre plus de 2500 fois son volume d’acétylène), cette neige en se dissolvant provoque un nouveau refroidissement mesurant 20°, refroidissement qui, si l’acétone a été' au préalable suffisamment refroidi, conduit la température linale à — 115°.
- Le dispositif indiqué par M. d’Arsonval, pour obtenir par ce procédé l’abaissement de la température à —115°, est aussi simple qu’ingénieux.
- Il consiste à activer, par un courant d’air convenablement refroidi, l’évaporation de la neige d’acétylène ou d’acide carbonique. A cet effet, M. d’Arsonval utilise un double serpentin en étain qu’il obtient en introduisant à l’intérieur d’un tube de 10 millimètres de diamètre et long de 10 mètres un autre tube d’étain de même longueur, mais d’un diamètre de 5 millimètres seulement, puis en enroulant en spirale ce système qui est ensuite logé à l’intérieur d’une caisse de bois bourrée de laine de façon à le garantir contre tout rayonnement extérieur.
- L’extrémité supérieure du petit tube est mis en relation avec une soufflerie et son extrémité inférieure plonge au fond de la solution de neige-acétone. Quant au gros tube, il s’ouvre par son extrémité supérieure à l’air libre, et son extrémité inférieure vient s’engager dans le bouchon fermant le vase contenant le mélange de neige-acétone.
- On pressent dès lors le fonctionnement du système. L’air insufflé par le petit tube, traversant le liquide volatil, en provoque l’évaporation active, évaporation qui se fait, naturellement, avec une énorme absorption de chaleur. Il s’en suit que les gaz se dégageant sont à une très basse température. Mais ces gaz froids, pour s’échapper au dehors, doivent traverser le gros serpentin entourant le mince tube d’étain par où se fait l’insufflation de l’air qui, de ce chef, se trouve à son tour refroidi, aussi économiquement que possible, avant d’arriver au mélange de neige-acétone dont il doit provoquer l’évaporation.
- Pour les températures inférieures à 115° au-dessous du point de fusion de la glace, on doit recourir à l’emploi de l’air liquide que l’on produit aujourd’hui facilement avec les machines de Linde.
- Voici comment il convient de procéder pour obtenir ces grands froids que l’on peut du reste entre-tenir parfaitement constants.
- L’air liquide est introduit, pour éviter sa perte rapide par évaporation naturelle, dans un vase aussi imperméable que possible à la chaleur, vase constitué, comme l’on sait, par une double enveloppe de verre argenté, et maintenu par surcroît à l’intérieur d’une caisse bourrée de laine.
- Dans un autre vase à double paroi argentée et à large ouverture, également abrité dans une caisse garnie de laine, on introduit de l’éther de pétrole très volatil, liquide pouvant, s’il a été obtenu avec les précautions convenables, résister sans se congeler à une température de — 194°, qui est justement celle de l’ébullition de l’air liquéfié sous la pression normale. Dans ce bain d’éther, qui constitue le milieu à refroidir et à maintenir à température constante, on introduit une sorte de tube à essai en cuivre mince. Si l’on fait alors arriver dans ce tube, du vase qui le renferme, de l’air liquide goutte à goutte, par l’évaporation de cet air, on obtient le refroidissement de la gazoline, refroidissement que l’on entretiendra constant si l’écoulement de l’air liquide est convenablement réglé. Pour cela, M. d’Arsonval utilise deux dispositifs également simples. Le premier consiste à employer comme réservoir d’air liquide un ballon à double paroi, fermé par un bouchon traversé par deux tubes dont l’un plonge dans l’air liquéfié, et dont l’autre, auquel est adapté un tube de caoutchouc, est muni d’une pince s’ouvrant à l’air. En fermant plus ou moins, à l’aide de la pince, le caoutchouc, on force le liquide, par suite de la pression qu’exerce sur lui l’air volatilisé dans le ballon, à s’échapper par le tube de dégagement, d’où il vient s’écouler dans l’éprouvette de métal plongée dans le bain de gazoline. C’est exactement l’application de la pissette du chimiste.
- Quant à l’autre dispositif, plus commode encore peut-être, il consiste à faire usage comme récipient à air liquide d’un vase cylindrique présentant à la partie inférieure une tubulure que ferme une tige de verre. En soulevant plus ou moins cette tige, on règle la vitesse de l’écoulement du gaz liquéfié qui s’échappe alors sous l’action seule de la pesanteur.
- Telles sont les indications que donne M. d’Arsonval pour l’obtention des grands froids. En les suivant soigneusement, on peut les obtenir sans avoir besoin de faire une consommation excessive d’air liquide. « Avec des vases argentés cylindriques, d’un litre environ de capacité, a en effet reconnu le savant professeur, la perte par apport extérieur de chaleur, à la température de —194°, peut être réduite à 20 grammes d’air liquide à l’heure, quantité très faible, comme on le voit, et rendant l’emploi de l’air liquide très pratique. » .Georges Yitoux.
- LAMPES ÉLECTRIQUES ET INCENDIES
- A propos du dernier incendie de la rue d’Uzès à Paris, on s’est demandé si le contact prolongé d’une lampe à incandescence avec un tissu léger n’était pas susceptible de provoquer la combustion du tissu. Nous ne connaissons aucun exemple d’incendie occasionné par les lampes à incandescence. Le feu, quand il prend, résulte toujours d’un court-circuit et cela arrive plus souvent encore qu’il ne faudrait. Nous avons eu à étudier le cas dans toutes ses conséquences à plusieurs reprises, notamment dans un incendie qui s’était produit dans l’hôtel du regretté M. Édouard Hervé, de l’Académie française, rue de Lis-
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- bonne, à Paris. En ce qui concerne les lampes, à moins de circonstances spéciales, le danger n’apparaît pas bien grand. Le 5 avril 1888, M. Mascart fit à ce sujet des expériences devant la Société française de physique. Nous les résumons plus loin dans la Chronique de ce numéro. Nous les rappelons parce qu’un journal anglais, The Lancet, vient d’en faire connaître de nouvelles qui sont analogues. La lampe électrique est un appareil qui transforme l’électricité en lumière, mais très mal ;
- 6 pour 100 seulement de l’énergie électrique sont convertis en lumière, le reste l’est en chaleur. La quantité de calorique émise par le filament de charbon n’est donc pas négligeable ; elle est inférieure à celle que donne un bec de gaz, mais enfin elle serait assez grande encore, dit-on, pour enflammer des matières combustibles placées en contact. Ainsi le danger du voisinage ne serait nullement imaginaire. On emploie, dit le journal anglais, ces lampes dans les vitrines des magasins autant comme objet de décoration que comme moyen d’éclairer des étalages, sans se préoccuper de les disposer de manière à éviter des accidents. Or, dit The Lancet, nous avons trouvé par expérience qu’une lampe de 16 bougies fonctionnant à une tension de 100 volts, immergée dans une demi-pinte (environ 5 décilitres) d’eau, amène cette eau à l’ébullition en une heure. Si l’on entoure une lampe de coton, ce coton roussit et finit par s’enflammer. Dans une des expériences, l’inflammation fut accompagnée d’une détonation due à l’explosion de la lampe. On en conclut qu’une lampe à incandescence est parfaitement susceptible de causer un incendie, à proximité de matières inflammables. Une lampe en contact avec des objets en celluloïd les enflamme au bout de cinq minutes, et ce danger est particulièrement à craindre dans les magasins de jouets où l’on voit fréquemment des lampes à incandescence suspendues au milieu de balles en celluloïd pour enfants. Le celluloïd est, en effet, très inflammable. Telle est l’opinion du journal anglais.
- Il faudrait distinguer. A l’origine, on se servait surtout de lampes à incandescence de 10 bougies. Celles-là ne nous paraissent réellement pas bien dangereuses. Mais il est évident que, si l’on augmente l’intensité de l’éclairage, la chaleur de la lampe croit et le danger peut venir. Aujourd’hui, on a substitué, en général, aux lampes de 10 bougies des lampes de 16 bougies, et même de 52 bougies et souvent plus. On a, du reste, aussi l’habitude de faire fonctionner ces lampes sur des différences de potentiels plus élevées que la normale.
- Ces différentes lampes, placées près de tissus très légers, pourraient les échauffer assez pour déterminer l’inflammation ; mais, en général, il doit falloir encore qu’il y ait contact, la petite couche d’air qui sépare l’ampoule de l’étoffe peut protéger le tissu suffisamment. Le danger ne doit devenir réel que lorsqu’il y a contact absolu. Et, dans tous les magasins, il n’y a pas contact entre la lampe et la matière combustible. S’il y a contact, la lampe est d’intensité très faible, de 6 à 10 bougies. Nous croyons donc les craintes du journal anglais exagérées. Toutefois, elles méritent tout de même d’étre signalées parce que nous avons tous une tendance à exiger de plus en plus de lumière. Et l’on fait usage de foyers lumineux de plus en plus puissants. I)e sorte que ce qui autrefois n’était pas dangereux peut le devenir occasionnellement.
- Il est donc utile en tout état de cause de prendre des précautions. Sous les réserves indiquées, l’appel à fa prudence qui vient d’être fait en Angleterre légitime. —— J.-F. Gall.
- CHEMIN DE FER DE DJIBOUTI A HARAR
- Tous ceux qui s’intéressent aux progrès de l’in-iluence et du commerce de la France à l’extérieur viennent d’éprouver une grosse émotion à propos de ce que l’on pourrait appeler l’afïairc des chemins de fer Ethiopiens.
- En 1894, MM. Chefneux et llg obtinrent de l’Empereur Ménélik la concession d’une voie ferrée reliant flarar à notre colonie de Djibouti, destinée par suite à joindre le plateau abyssin à la mer. On se mit au travail, et, à la lin de 1900, les rails étaient posés sur une longueur de 120 kilomètres. Mais bientôt les ressources de la compagnie concessionnaire furent épuisées et pour poursuivre les travaux on ne trouva d’argent qu’en Angleterre. L’entreprise, que l’on regardait en France comme mauvaise, était jugée excellente de l’autre côté du détroit. De par leurs droits de créanciers, nos voisins allaient ainsi devenir maîtres du chemin de fer ; une fois ce résultat obtenu, ils ne cachaient pas leurs desseins: ils construiraient un embranchement reliant la ligne à Zeïla, leur établissement voisin, et dériveraient à leur prolit tout le commerce d’importation et d’exportation de l’Ethiopie. Djibouti, qui, en quatre ans, est devenue une ville prospère de 15 000 habitants, dont 2000 Européens, se trouverait ainsi ruinée. De plus, de ce fait, les Anglais acquerraient une situation prépondérante dans cette Abyssinie qu’ils serrent de tous côtés.
- L’affaire menaçait d’avoir, pour l’iniluence française dans ce pays, les mêmes conséquences désastreuses que le funeste abandon de l’Egypte en 1882. Pressé par l’opinion publique, le gouvernement est .heureusement intervenu et a sauvé du même coup et la compagnie et la colonie de Djibouti en même temps que notre situation en Ethiopie. Sur ce chemin de fer, qui a si vivement et si justement préoccupé l’opinion publique, il nous parait donc utile de donner des renseignements précis.
- La ligne part de Djibouti et doit aboutir à llarar. Sa longueur est de 525 kilomètres, mais le terrain est singulièrement accidenté. On part, en effet, de la cote 0 pour arriver, à llarar, à la cote 1856. Dès le kilomètre 7, à partir de Djibouti, la voie commence à monter pour s’élever à 842 au kilomètre 102. Aussi bien pour diminuer les frais d’établissement a-t-on adopté la voie de 1 mètre. On a pu ainsi éviter les pentes de 50 millimètres et presque partout les courbes d’un rayon inferieur à 150 millimètres. Mais, on a eu à franchir de nombreux ravins à sec la plus grande partie de l’année, mais qui, parfois, peuvent rouler une énorme masse d’eau. Sur ces torrents, des travaux d'art ont été établis : les principaux sont deux viaducs, le Cha-belé et'le Hpll-Hqllf longs respectivement de 156 et 142 mètres ;Me dèrnier s’élève à 28 mètres au-dessus du fond du vallon. Ajoutons que la voie a été < établie surdfes traverses d’acier; en très peu de temps 5les termites auraient détruit les traverses en bois.
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- LA ArA TL II F.
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- Fig. 1. — Lu gare de Djibouti.
- Fig. 2. — Viaduc du Holl-Holl.
- La construction du chemin de fer a présenté de grandes difficultés en raison de l’aridité du pays. Aux environs du viaduc de Chabelé le sol est sec comme une écaille de tortue et l’eau nécessaire à l’établissement des maçonneries comme à l’alimentation des ouvriers dut être apportée à dos de chameau d'une source distante de 12 à 15 kilomètres. Avec cela, les indigènes étaient toujours aux aguets, sautant sur-les malheureux ouvriers isolés, comme des fauves sur une proie.
- A plusieurs reprises même les naturels ne craignirent pas de venir attaquer les chantiers.
- Quoiqu’il en soit, les travaux ont été activement poussés; aujourd’hui la ligne est ouverte à l’exploitation sur une distance de 201 kilomètres et construite jusqu’au
- Fiiï- 3
- kilomètre 220. Dans quelques mois llarar sera donc atteint. Mais ce terminus n’est que provisoire. Le
- programme de la compagnie comprend le prolongement de la ligne jusqu’à Addis Ababâ, soit à 470 kilomètres plus loin. Le tracé de la voie a été déjà reconnu et n’implique la construction d’aucun ouvrage d’art important ; la différence de niveau entre llarar et Addis Ababâ n’est que de 890 mètres. Dans un avenir plus éloigné, peut-être même poussera-t-on jusqu’au Nil.
- Maintenant le chemin de fer payera-t-il, comme disent les Anglais? Les rapports commerciaux des agents diplomatiques et consulaires, français et britanniques, ne laissent aucun doute à cet égard. En 1900, la valeur des objets importés à Addis
- Carte du chemin de fer de Djibouti à llarar.
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- Ababà s’est élevée à sept millions et demi de francs, et celle des exportations à six millions et demi. Les marchandises exportées comprennent l'or (plus de
- deux millions de françs), l’ivoire (un million et demi), le café (un million et demi également). La plus grande partie de ces échanges se fera maintenant par la
- Fi", I. — Troupeau de moutons à tête noire.
- voie ferrée. Déplus, le chemin de fer exercera la même influence féconde qu’il a partout, c’est-à-dire qu’il amènera le développement des richesses du sol.
- Assurés d’une voie de transport facile et bon marché, par suite delà vente de leurs denrées, les indigènes produiront plus, et les productions du sol autour de
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- Jlarar sont le blé et le café. D’autre part, avec un peu d’initiative nos industriels pourront se créer un nouveau débouché en Ethiopie. Les cotonnades sont un des principaux articles d’importation (G millions de francs à Addis A baba) ; les plus recherchées actuellement viennent des États-Unis. Il serait peut-être facile de disputer aux Américains ce marché. Mais sortirons-nous de notre indolence1? En tout cas, la voie de pénétration sera bientôt achevée et pourra être pour nous un moyen d'influence et d’expansion. Charles Roseheyte.
- NOS CHEVAUX
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- On pourrait écrire — on l’a du reste fait — des volumes entiers sur le seul pur sang et son histoire à travers les âges. Nous sommes obligé d’être plus bref. D’où vient le pur sang? Si, par pur sang on entend les chevaux de la race qui est la mieux conservée, sans mélange depuis la plus haute antiquité et qui se font remarquer par des qualités exceptionnelles de beauté, de vigueur et de vitesse, seuls les chevaux de certaines familles arabes, de l’Yemen, de la Syrie, de la Perse, ceux du Nedji en particulier auraient droit à cette appellation. Mais, par extension, on donne le nom de pur sang aux chevaux anglais de courses, parce qu’ils descendent des chevaux arabes, et qu’on veille avec le plus grand soin à leur généalogie depuis la création de la race, créalion assez récente puisque c’est seulement sous les règnes de Jacques Ier, Charles 1er, Charles II et Jacques II que furent tentés les premiers croisements de chevaux indigènes avec des chevaux turcs pour fournir des sujets pour les courses qui étaient déjà fort en honneur. Ce n’est réellement que de la fin du règne de la reine Anne que date le cheval de course : un grand amateur anglais, M. Darley, acheta en 1702, en Syrie, un superbe étalon, bête remarquable, véritable Nedji, né dans le désert de Palmyre ; il le nomma Darley Arabian. La beauté, l’ardeur, la vitesse sans égale des produits de cet étalon excitèrent l’enthousiasme des Anglais et déterminèrent un véritable engouement pour le cheval arabe; on fit venir à grands frais de Perse, de Syrie et d’Afrique d’autres étalons de même race et une sélection continue pendant une longue suite de générations, dans lesquelles on employa toujours et exclusivement le sang arabe, permet de dire que la plupart des chevaux de courses anglais sont des arabes purs modifiés par le climat de la Grande-Bretagne.
- Un autre pur sang arabe, dont l’histoire est assez curieuse, fut le rival, même le rival heureux de Darley Arabian : il devint avec ce dernier la souche de tous les grands chevaux de courses anglais. Le bey de Tunis avait offert à Louis XYI un cheval qui fut dédaigné, ce roi n’ayant de goût que pour les courtauds anglais ; réformé, tombé de maître en maître, il en était arrivé à traîner le tombereau
- d’un charretier brutal, lorsqu’il fut rencontré sur le Pont-Neuf par un maquignon anglais, M. Coke,lequel l’acheta pour quelques louis, croyant voir en lui les restes d’un beau cheval. Vendu en Angleterre, à lord Godolphin, il servit de boute-en-train au haras de ce dernier. Un jour, peut-être par hasard, il saillit une jument arabe Roxane : le produit Loth fut si remarquable que Godolphin-Arabian fut élevé au rang de premier étalon, et, pendant plus de quinze ans, — il mourut âgé de 27 ans — les produits qu’il donna furent égaux et quelques-uns supérieurs à ceux de Darley Arabian.
- Éclipse, le plus fameux des chevaux de courses anglais, était de la descendance de Godolphin-Arabian par Régulas, père de sa mère Spiletta-, Marsh, père d’Éclipse, était.fils de Squirk. Je ne rappelerai pas la carrière d’JÉclipse, M. Pol de Flau-mont a écrit un gros livre très documenté sur ce remarquable animal. J’ai voulu simplement indiquer, dans un court préambule, la souche des pur sang avant d’aborder la question du pur sang en France.
- Ifélevage du cheval de pur sang en France, qui a pour souche originaire des chevaux d’outre-Manche, rivalise de nos jours avec l’élevage anglais, à ce point que nos champions battent couramment les chevaux anglais sur nos champs de courses de Longchamps et de Chantilly et même vont les battre sur leurs propres terrains, comme ont fait Fille de l'Air en 1864, Gladiateur et Rayon d'or en 1865, Charmant en 1877, tous quatre au comte de Lagrange, Plaisanterie en 1885, et Ténébreuse en 1888, dans le Césarewitch ou le Cambridshire, les Deux mille guinées de Nevvmarket, le Saint-Léger de Doncaster, les Oaks ou le Derby d’Epsom. Je citerai encore Verneuil et Tristan et plus récemment le Justicier en 1895, Elf à M. J. de Bré-mond qui enleva, en 1898, la Coupe d’or d’Ascot.
- L’élevage du pur sang, en France, date seulement de 1833, époque de la fondation de la Société d’En-couragement (Jockey-Club) à l’instigation de lord Seymour, noble anglais parisianisé, de M. Ch. Lafitte, deM. Delamarre, du comte Demidoft, du prince de la Moskowa, de M. A. Lupin, etc., etc. Voici quelques extraits de l’exposé que publia cette Société pour ses débuts :
- « Les soussignés, frappés de la décadence de plus en plus croissante des races chevalines en France, et jaloux de contribuer, en les relevant, à créer dans ce beau pays un nouvel élément de richesse, se sont réunis pour aviser aux moyens d’y parvenir.
- « Il ne leur a pas été difficile de constater les causes du mal; sans les énumérer, une entre autres méritait leur sérieuse attention : le manque d’encouragement accordé aux éleveurs de pur sang, réduit depuis longtemps cette industrie à l’inaction et à la stérilité : elle seule peut parvenir à doter la France et à l’affranchir enfin un jour du tribut annuel qu’elle paye aux étrangers. C’est donc à la propagation des races pures sur le sol français qu’ont dû tendre particulièrement les efforts des soussignés. »
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- Depuis longtemps des théories arbitraires servaient de guide à nos éleveurs.
- Les moyens qu’employa le Jockey-Club pour atteindre son but furent de rendre les courses fréquentes, d’y intéresser le public, d’engager le Gouvernement à augmenter la valeur et le nombre des prix, enfin de fonder lui-même les plus importants.
- D’abord il partagea avec l’Administration des haras le droit de donner des courses sur les hippodromes de Paris (Champ-de-Mars), de Versailles et de Chantilly : plus tard cette Administration y renonça et les Commissions de la Société d’Encouragement dirigeaient seules toutes les courses; elles distribuaient les prix, même ceux accordés par l’État. Le Jockey-Club était devenu ainsi puissance officielle. Il y a quelques années, à la suite d’une loi, le Ministère de l’Agriculture et l’Administration des haras, ont été investis de nouveau du droit de contrôle sur les courses et sur les hippodromes qui ne pouvaient être ouverts sans leur autorisation.
- A l’imitation de la Société d’Encouragement se sont fondées à Paris et en province des Sociétés de courses dont quelques-unes, celles de Vichy et de Bordeaux, sont très importantes et donnent d’utiles et très suivies réunions.
- Les chevaux de pur sang français ont leur « stud book » depuis 1852, qui est rédigé sous la surveillance d’une commission présidée par le Ministre de l’Agriculture. Grâce à eux, nos races légères de la Normandie, de Bretagne, de l’Anjou et de la Vendée ont été reconstituées et très améliorées et elles fournissent maintenant de remarquables sujets aux équipages de luxe et à notre cavalerie de ligne.
- Les principaux établissements d’élevage de pur sang en France sont : le haras de Dangu près de Gisors, fondé par le comte de Lagrange, aujourd’hui propriété de MM. Ephrussi; le haras de Victot, en pleine vallée d’Auge, fondé par Alexandre Aumont; le haras de Martinvast, près de Cherbourg, à M. le baron Schickler; les haras de Viroflay et de Vaucres-son, dans la banlieue de Paris, autrefois à M. Lupin, aujourd’hui à M. Abeille; le haras de Cheffreville, près de Fervacques, à 15 kilomètres de Lisieux, à M. le comte de Berteux; le haras de Chamant, près de Chantilly, à Mmi' la baronne de Forest, veuve de M. Albert Menier; le haras de Bois-Roussel, à quelques lieues d’Alençon, au comte Rœderer ; les haras de Villebon, près Palaiseau à M. K. Vander-bilt, le richissime américain, et de la Celle-Saint-Cloud, entre Vaucresson et Versailles, à M. Edmond Blanc, aujourd’hui au comte Le Marois ; le haras de Lonray, près d’Alençon, créé par M. Pierre Donon; de Lormoy, à Mme Say, en Seine-et-Oise ; du Perray, près Rambouillet, à Gaston Dreyfus; de Pepinvast, dans la Manche, à Mme la comtesse Le Marois; le haras de Meautry, entre Pont-l’Évêque et Trouville, à M. de Rothschild, etc., etc. *
- L’État possède plusieurs grands haras au Pin, à Tarbes, et de nombreux dépôts d’étalons sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir quand nous
- parlerons du cheval de service et du demi-sang.
- Le nombre des propriétaires de chevaux de courses qui n’élèvent pas et se contentent d’acheter des chevaux dans les prix à a réclamer » ou « à vendre aux enchères publiques » dans les établissements tels que le Tattersall ou Chéri, dans les ventes de yearlings à Deauville et à Saint-James, sont plus nombreux tous les ans. Quant aux chevaux de courses sortis des différents établissements, ils sont si nombreux que nous nous contenterons de citer parmi ceux qui ont le plus gagné d’épreuves : Fille de l'Air, Vermouth, Gladiateur, Plaisanterie, Atlantic, Xaintrailles, Saxifrage, Tristan, Narbonne, Le Destrier, Stracchino, Le Sancy, Stuart, Ténébreuse, Alicante, Semendria, Chalet, Boïard, Archiduc, Galant, Frontin, Aquàrium, Le Roi Soleil, Dolma-Baghlé, Andrée, Rue il, Clamart, Little-Duck, Perth, La Morinière, Gardefeu, Champaubert, Chêne-Boy al, Omnium II, Elf, etc., je les cite au hasard de ma mémoire.
- Pour le pur sang, il y a trois genres d’épreuves : la course plate, sur une distance qui varie de 800 mètres (pour les deux ans) à 6200 mètres; la course de haies, dont le parcours est coupé de haies mobiles de 100 à 120 centimètres. Le parcours le plus long est celui de la grande course de haies qui se court à Auteuil et a 5000 mètres; le steeple-chàse, dont le parcours est coupé de haies, de murs, de barrières, de fossés, avec ou sans eau, de banquettes irlandaises, etc. On appelle Omnium les épreuves dans lesquelles sont admis tous les chevaux au-dessus de trois ans quel que soit leur âge; handicap, une épreuve dans laquelle sont admis des chevaux de tout âge, à charge d’accepter un poids que leur impose un commissaire handicapeur dans le but de rendre les chances égales. Quant aux poules d’essais des poulains et de pouliches, dont le prix est augmenté des entrées payées par chaque cheval inscrit pour courir, ces épreuves sont disputées par des poulains de deux et trois ans engagés avant leur naissance ; les distances varient de 900 à 2000 mètres. Quant aux hippodromes parisiens et suburbains, en voici la liste :
- Les hippodromes deLongchamps, de Chantilly sont à la Société d’Encouragement, ou Jockey-Club, qui y donne exclusivement des courses plates ; les hippodromes d’Auteuil, à la Société des Steeple-Chases (course d’obstacles) ; l’hippodrome de Vincennes (courses plates d’obstacles, ou au trot) et de Saint-Cloud (courses plates et de trot), à la Société pour l’amélioration du demi-sang; les hippodromes de Saint-Ouen, Maisons-Laffite, Enghien, à la Société sportive d’Encouragement; l’hippodrome de Colombes, à la Société du sport de France; l’hippodrome de Compiègne, à la Société de Compiègne.
- La Société du sport de France fait courir, en outre des épreuves, tantôt à Vincennes, tantôt à Colombes. L’hippodrome de Saint-Germain est devenu un champ d’entraînement pour les chevaux de Maisons-Laffitte et appartient à la Société des steeples. C’est la Société
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- Fi". 1. — Haut-brion, vainqueur du Prix de la Ville de Nice.
- du sport de France qui a institué les courses d’apprentis jockeys en vue de former des cavaliers, les résultats en sont excellents. Enfin chacun de nos départements a au moins un champ de courses. Le meeting normand (série d’épreuves qui se disputent en Normandie) se court à Caen, Deauville, Boulogne, Dieppe, le Tréport. Le meeting niçois, à Nice, le meeting palois, à Pau, le meeting vichysois à Vichy et Moulins. Là ont lieu les épreuves les plus importantes de la province.
- Dans certaines épreuves, le Ministre de l’Agriculture se réserve le droit d’acheter les chevaux vainqueurs à un prix fixé à l’avance; depuis trois
- Fi". 5. — Dressage à l'obstacle, saut obtenu au bout de 3 séances.
- ans, notre Administration des haras a décidé de ne plus acheter des chevaux gris qui sont par suite exclus de ces épreuves. Cependant quelques-uns ont brillé sur le turf et donné des produits merveilleux. Le baron de Schickler a possédé le plus célèbre d’entre eux, Le Sancy, qui tenait sa robe grise de Strathconan, dont on a parlé dans le monde entier.
- Quelques chevaux de pur sang atteignirent des prix fabuleux : de Tristan M. C. J. Lefevre de Chaînant refusa 550000 francs. M. Ed. Blanc acheta en Angleterre pour la somme de 960 000 francs, sans les frais, Flyng-Fox, qui avait gagné dans la même année 1899 le Saint-Léger de Doncaster, le Derby
- d'Epsom et les deux mille guinées de Newmarket. Aa inimitiés fut acheté 200 000 francs par M. Robert Lebaudy; Saint-Grégoire, un poulain de trois ans, 100000 francs par M. Edmond Blanc; le cheval ne réussit point et courut dans la suite des prix à réclamer, etc.
- Les yearlings (poulains de 18 mois non encore entraînés) ont été achetés jusqu’à 50 000 francs, beaucoup dépassent 10000; Le Souverain, un yearling par le Sancy et Sylphine, provenant de l’élevage de M. Jean Joubert, fut payé 85 000 francs aux ventes de Deauville par M. le duc de Grammont. Les étalons dont les produits ont le plus rapporté sont : Le Sancy, The Dard, Gulliver, Le Pompon, Saint-
- Fig. 2. — Un poulain entraîné par Wobb.
- Damien en plat, Chalet, Clairon, Manôel, Border-Minstrel en obstacles.
- La production du cheval de courses, malgré la sagacité ou l’expérience des éleveurs, comporte de nombreux hasards. S’il naît dans un haras 40 ou 50 produits, le propriétaire réforme les non-valeurs en réservant, par un choix judicieux, les animaux qui lui paraissent les mieux venus. Ainsi, il diminue ses frais généraux. Il se trouve toujours, d’ailleurs, assez de sportsmen pour recueillir les « refusés » des grandes écuries. Ils arrivent ainsi à former (sans risquer les dépenses d’entretien d’un haras) des écuries secondaires qui se disputent, sur les hippo-
- Fig. 4. •— Vermont, vainqueur du cinquième Prix*de Paris.
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- dromes, les prix de second ordre et dont les représentants augmentent, par leur présence aux courses, l’intérêt du spectacle. Parmi ces réfor-
- mes des grandes écuries, il en fut qui réussirent très bien : Plaisanterie acheté 700 francs, Merlin 900 francs et plus récemment Limousin, le vainqueur
- j.'jo 5_ _ liciilrpo du prix du « Jockey-Clul> » à Chantilly en 1901.
- en 1901 du Prix de la Forêt, acheté 1100 francs. A la suite de la promulgation de la loi de 1X91,
- réglementant les courses, certains soi-disant sports-men, vivant du jeu et gênés dans leur industrie,
- Fi<;. fi. — Chantilly : Départ pour le terrain d’entraînement.
- essayèrent de faire croire que l’institution des courses était atteinte dans ses œuvres vives. C’est une erreur; au contraire, l’élevage en a profité et notre production chevaline s’est améliorée.
- Les courses et l’élevage ne sont donc pas en mal
- de mort parce que le jeu est moins facile qu’autre-fois ou parce que les bookmakers, subissant la concurrence du pari mutuel, font des bénéfices moindres.
- Lors de la discussion de cette loi sur les courses, l’honorable M. Develle, ministre de l’Agriculture, a
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- LA NATURE.
- reconnu qu’il était abusif que les petites sociétés de courses (dont les opérations intéressent peu l’élevage) fussent laissées libres d’instituer des réunions quotidiennes. Tout le monde a protesté contre cette tolérance excessive accordée au jeu. Le Ministre avait promis d’étudier la question et de restreindre le chiffre des journées de courses permises. Depuis on n’a plus rien dit ; mais les sociétés de courses se feraient de dangereuses illusions si elles croyaient que les Ministres de l’Agriculture qui se succèdent rue de Yarennes et l’Administration des haras ne veillent pas et avec juste raison. Faut, Mkcaiw
- EXPOSITION ANNUELLE
- DE IA SOCIETE FRANÇAISE DE P1IYS1QCE
- L’exposition annuelle de la Société française de physique a eu lieu comme d’habitude, à la suite des fêtes de Pâques, les 4 et 5 avril 1902, dans l’Hôtel de la Société d’encouragement, rue de Rennes, à Paris. Nous avons pu remarquer surtout cette année un grand nombre d’appareils qui, sans être entièrement nouveaux, présentent cependant quelques côtés intéressants.
- A l’entrée tout d’abord, ainsi que dans le péristyle, un brillant éclairage est obtenu par les appareils intensifs à gaz d’acétylène de la Compagnie universelle d'acétylène. Nous voyons aussi fonctionner les commutateurs tournants qui agissent sur les divers circuits alimentant les lampes de la cascade lumineuse que nous avons déjà décrite1. Une partie de la cascade, dans laquelle entrent 500 lampes à incandescence, produit un effet très curieux.
- Dans une première salle au rez-de-chaussée, éclairée du reste à l’acétylène par la Compagnie française de l’acétylène dissous, est installé un chalumeau que l’on fait fonctionner à l’acétylène et à l’oxygène: un opérateur obtient ainsi très facilement divers exemples de soudure autogène. Mentionnons également un appareil de M. No-don, auquel on a donné le nom de « soupape électrique » et qui constitue une sorte de redresseur-condensateur, basé sur les phénomènes électro-chimiques déjà mis en jeu dans les clapets électrolytiques de M. Pollak, et utilisé pour la transformation des courants alternatifs simples, ou polyphasés en courants continus. Dans la soupape de M. Nodon, une des électrodes est un cylindre d'un alliage d’aluminium et de zinc et l’autre électrode une plaque de charbon; l’électrolyte est une solution de phosphate d’ammoniaque. M. Fredet a présenté plusieurs dispositions qu’il vient d’employer dans la construction d’accumulateurs. Dans un premier modèle, les électrodes sont entourées d’une enveloppe en toile de plomb ou alliage de plomb; l’adhérence de la chemise aux deux faces de l’électrode est assurée par des rivets venus de fonte aux points de croisement des nervures de l’électrode. Dans un deuxième modèle, les électrodes sont séparées les unes des autres par des cloisons poreuses en porcelaine d’amiante, très perméables aux liquides. Ces premières dispositions semblent assurer des régimes de charge et de décharge excessifs, et éviter des chutes de matière active.
- M. 11. Pellat a imaginé un dispositif très ingénieux qui permet de rendre visibles les lignes de force d’un champ magnétique par le flux cathodique émis par un tube de Geissler. Parmi les divers appareils exposés par M. Ph. Pel-
- 1 Voy. n° 1496* du 25 janvier 1902, p. 115.
- lin, nous voyons le réfractomètre universel et de précision de M. Ch. Féry, qui donne directement, par simple lecture, les indices de réfraction des liquides compris entre 1,35 et 1,05, le spectroscope de M. Cornu, le métro-radioscope de M. Contremoulins, et la lanterne à projection à charbons inclinés en service au Conservatoire des arts et métiers.
- Dans l’escalier qui conduit au premier étage, la Compagnie universelle d’acétylène fait voir divers appareils producteurs d’acétylène pour l’éclairage, des réchauds de cuisine, et divers brûleurs. Elle fait ressortir les avantages que l’on obtient par des mélanges d’acétylène et d’air tant au point de vue des rendements lumineux qu’au point de vue de la bonne combustion ; le gaz de houille peut être enrichi par l’emploi de l’acétylène en proportions convenables. La même Compagnie a exposé également un nouvel appareil producteur d’oxvgène de M. Georges Jaubert, appareil dont nous donnerons prochainement la description.
- Nous trouvons ensuite divers appareils de mesure de la maison J. Carpentier, un potentiomètre pour mesures de forces électromotrices depuis 0,0001 volt jusqu’à 000 volts, un perméamètre pour l’étude magnétique du fer, et un manographe Hospitalier et Carpentier, dont nous avons déjà donné la description1. M. V. Chabaud, à côté d’un radiochromomètre et d’une lunette radiochro-mométrique de M. L. Benoist pour la définition expérimentale des diverses sortes de rayons X, fait fonctionner un interrupteur à mercure de M. Villard pour courants alternatifs, qu’il emploie à la production de courants redressés discontinus et en même temps à la production de courants continus pour l’alimentation d’un arc au mercure dans le vide. M. P. Ditisheim présente les résultats qu’il a relevés à l’observatoire de Neuchâtel sur une série de six chronomètres pour torpilleurs construits par lui en employant, pour la correction de l’erreur secondaire de compensation, le balancier système Guillaume, dans lequel sont appliqués des aciers au nickel. La régularité de la marche a été absolue et n’a dépassé en aucun cas la limite de 0S,50, qui était fixée par le règlement pour l’obtention des prix dans la classe des chronomètres de marine à suspension.
- Au premier étage, à l’entrée, MM. Radiguet et Massiot exposent divers appareils de haute fréquence (transformateur universel, spirales de haute tension du D' Guillc-minot, etc.), un appareil de projection universelle avec tous les dispositifs pour projection de diapositives, une cuve à alun pour absorber la chaleur, un prisme en avant de l’objectif pour redresser l’image. MM. Radiguet et Massiot ont construit un modèle au 1 /25e de la locomotive à bec coupe-vent P.-L.-M. à grande vitesse type 1894, et ils donnent toutes les pièces détachées ainsi que tous les renseignements techniques et instructions nécessaires au montage. La Société des anciens établissements Parvillée frères a installé les modèles les plus divers d’appareils pour applications domestiques, industrielles et médicales du chauffage électrique, des nouvelles lampes de chauffage à l’air libre, et des chaufferettes pour voitures de chemins de fer électriques et de tramways électriques.
- Dans la grande salle, nous voyons les effets résultant de l’action mécanique de la gélatine sur le verre et diverses substances2, mis en relief par M. Cailletet, de l’Institut. MM. Cartaud et Chéneveau présentent des photographies d’un certain nombre d’expériences sur les vibrations des
- 1 Voy. n° 1495, du 4 janvier 1902, p. 69.
- 2 Voy. n° 1506, du 5 avril 1902, p. 273.
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- nappes liquides de formes déterminées. M. Champigny a disposé une lunette d’approche avec constatation possible par échelle optométrique de la visibilité et du grossissement. M. E. Ducretet a fait fonctionner le téléphone haut parleur Gaillard, et un félégraphone Poulsen. M. et Mme Curie et M. Debierne ont présenté diverses substances radioactives; M. Brault a construit une machine statique genre Wimshurst à t> plateaux pour production de rayons X. MM Lecarme frères et Michel font voir des interrupteurs en dérivation pour bobines d’induction, des interrupteurs-turbines pour grandes bobines d’induction. La Société pour la fabrication des compteurs et le matériel d’usines à gaz a exposé un nouveau compteur Thomson, un nouveau compteur O'K, divers appareils de mesure, voltmètre et ampèremètre Meylan-d’Àrsonval. M. Hospitalier a fait fonctionner toute la soirée.son ondographe1 construit par cette Société, en recherchant à enregistrer divers harmoniques dans le courant alternatif distribué. M. J. Richard fait connaître les divers perfectionnements apportés au verascope, ainsi qu’un stéréoscope de poche, et indique les procédés adoptés pour obtenir des diapositifs et des agrandissements; nous voyons également divers modèles d’enregistreurs, des ampèremètres et voltmètres à cadre mobile, un voltmètre thermique enregistreur, à cadran, etc. La Compagnie française d’appareillage électrique a construit des interrupteurs et commutateurs à deux directions à ressort de rappel et point mort pour 110, 250, 500,
- 1000 volts et au delà.
- L’Exposition annuelle de la Société de Physique présentait cette année une grande quantité d’appareils de tout genre, que nous n’avons pu qu’énumérer rapidement, obligés qne nous sommes, faute de place, d’en omettre quelques-uns. J. L.
- CHAUDIÈRES MINES
- JÎA nr.OCK ET WJI.COX
- La présence d’une escadre américaine, dite de la Méditerranée, dans les eaux françaises et dont les journaux quotidiens nous ont entretenus au sujet d’une course sensationnelle entre les équipes des baleinières des navires de guerre en rade de Ville-franche, nous fournit une occasion pour parler des chaudières employées dans les marines américaine et anglaise, où, là comme ailleurs, on cherche le maximum de rendement avec un minimum de combustible.
- L’escadre américaine de la Méditerranée se composait, au commencement de cette année, de trois croiseurs : YAlbany, le Nashville et le Chicago, ce dernier portant le pavillon de l’amiral. Le magnifique croiseur Chicago de 5000 chevaux, quoique un peu ancien, n’en a pas moins une vitesse respectable. Ce résultat a pu être obtenu sans consommation excessive de charbon par le remplacement de la moitié des anciennes chaudières que possédait ce navire par six chaudières Babcock et Wilcox d’un type approprié à la marine. Si nos renseignements sont exacts, ce fut même la première application qui fut faite à la marine de guerre des chaudières de
- 1 Voy. n° 1480, du 5 octobre 1901, p. 293.
- ce système, si répandu dans les installations terrestres, et, à ce titre, il nous semble intéressant d’en donner une description sommaire. De nombreuses installations semblables ont été faites ensuite de ce modèle même de chaudières, puis le type en a été quelque peu modifié et perfectionné à partir de 1898, époque d’où datent les plus grandes installations sur des croiseurs et des cuirassés.
- Les chaudières du Chicago se composent d’un double faisceau de tubes droits formant la surface de chauffe. Ces tubes sont divisés en sections verticales et, afin d’assurer une circulation continue dans un sens déterminé, ils sont placés sous une inclinaison de 15° par rapport à l’horizontale, la partie la plus haute des tubes étant en avant du fourneau. Cette distribution de la surface de chauffe en éléments a pour résultat de constituer une chaudière absolument sectionnelle et à l’abri des dangers pouvant résulter de l’emploi des chaudières ordinaires, ainsi que des chaudières à grandes cloisons d’eau entretoisées.
- Chaque élément tubulaire est composé de tubes droits réunis à leurs extrémités par des boîtes en acier forgé, de forme sinueuse, désignées sous le nom de « collecteurs ». Les collecteurs s’emboîtent exactement les uns dans les autres, ne laissant entre eux que quelques petites fentes par lesquelles on fera passer, le moment venu, la lance du ramonage.
- Les éléments latéraux sont prolongés jusqu’au niveau inférieur des grilles, les tubes étant remplacés, dans la partie du foyer, par des boîtes en acier forgé de section carrée. Ces boîtes sont posées les unes au-dessus des autres et ont la même inclinaison que les tubes, elles remplacent l’ouvrage en briques, assurent une cloison froide, empêchent l’adhérence des mâchefers, et sont d’épaisseur suffisante pour supporter les effets de destruction des outils de chauffe.
- Un grand réservoir horizontal d’eau et de vapeur s’étend transversalement sur toute la partie supérieure de la chaudière et est relié par des tubes aux extrémités supérieures de chacun des collecteurs avant et arrière, il en résulte, pour chaque élément, une circulation distincte, le collecteur situé en façade dégageant la vapeur à la partie haute, le collecteur d’arrière amenant, au contraire, l’eau froide à la partie basse du faisceau tubulaire.
- Une boîte en acier forgé de section carrée est placée horizontalement et en travers à la partie inférieure des collecteurs d’arrière, auxquels elle est reliée par des tubes de même diamètre que ceux qui réunissent ces collecteurs au réservoir supérieur. Cette boîte, ainsi placée à la partie la plus basse de la chaudière et réunissant entre elles les diverses rangées de tubes, forme collecteur de vidange par lequel la chaudière peut être entièrement vidée. La circulation d’eau se fait de la manière suivante : dès que la chaleur agit sur les tubes inclinés et qu’il s’est formé de la vapeur, l’eau et la vapeur montent à la partie supérieure des tubes, dans les collecteurs d’avant, puis, par les tubes horizontaux
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- LA N A TL HL.
- dans le réservoir d’eau et de vapeur. Comme on le porée dans les tubes, ainsi que celle entraînée par voit, cette route est courte et directe.. L’eau éva- les bulles de vapeur, est remplacée par celle qui coule
- l’iix. 1. -- l.o croiseur américain Chicago, do l'escadre do la Méditerranée.
- directement du réservoir dans les collecteurs d’arrière. En débouchant dans le réservoir, l'eau et la vapeur butent contre une cloison plane qui oblige l’eau à se séparer de la vapeur et à descendre dans le réservoir; la vapeur, au contraire, passe autour de cette cloison, et se rend par son extrémité dans l’espace réservé à la vapeur, d’où elle est conduite par un tuyau sé-cheur perforé à la valve de distribution.
- Tous les tubes sont en acier sans soudure. Les collecteurs sont percés, en face de l’orifice de chaque tube, de trous de poing par lesquels on peut examiner le tube, le nettoyer, le tamponner ou le remplacer. Chaque trou de poing est
- fermé par un plateau tampon venu de forge avec son boulon. Ce plateau est dressé et est appliqué sur une
- lace également dressée du trou du poing par un étrier extérieur en acier forgé et un écrou, le joint étant fait à l’intérieur du collecteur au moyen d’une mince garniture. Si un tube vient à être défectueux , pou r quelque cause que ce soit, il peut donc être rapidement changé ou temporairement tamponné, puisque ses deux extrémités sont directement accessibles. Toutes les réparations peuvent être faites par les moyens du bord, les seuls outils nécessaires sont un burin et un dudgeon, dont le maniement est familier à tout mécanicien.
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- La position du réservoir d’eau et de vapeur dont Taxe est à la hauteur de la ligne d’eau de la chaudière, constitue une large réserve d’eau au point
- ou elle est le plus nécessaire et où les changements apportés au volume de cette eau aflcctent le moins les indications des tuhes de niveau d’eau.
- Fig. 5. — Chambre de chauffe du Chicago.
- Dans les chaudières du Chicago, comme d'ailleurs dans toutes celles de la marine américaine, les parois des foyers sont constituées par des tuhes carrés faisant partie intégrante de la chaudière.
- Lourdes marines d’autres puissances , et notamment pour l’Amirauté anglaise, elles sont, sur la demande de celles-ci, construites en briques.
- Les portes des fourneaux s’ouvrent encore de l’intérieur vers l’extérieur; mais,
- depuis quelques années, c’est le système inverse qui est généralement adopté.
- Depuis 1898, le type marine des chaudières Bab-cock et Wilcox a subi, ainsi que nous l’indiquons plus haut, certaines modifications. La première
- installation du type modifié a été Alert de la marine des États-Unis
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- Fig. L
- celle du croiseur . La chaudière a été retournée bout pour bout et, dans l’intérieur du fourneau, on a placé deux chicanes verticales de llam-me pour forcer tous les gaz chauds à traverser le faisceau tubulaire en trois ]tassages avant de s’échapper dans la cheminée, comme cela a lieu, du reste, dans les chaudières de terre de la même Compagnie. Cette
- disposition a permis de supprimer avantageusement l’économiseur-réchauffeur en reportant sur la chaudière elle-même une partie de la surface du réchauffeur; en effet, dans des installations marines, les avantages résultant de l’emploi des économiseurs ne
- Installation d'un groupe de chaudières marines Babcock et Wilcox sur le croiseur Alert.
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- compensent pas les ennuis dus à la destruction rapide des tubes de ces sortes d’appareils.
- Du fait du retournement de la chaudière, la partie supérieure des tubes se trouve maintenant relevée vers l’arrière. Il en résulte plusieurs avantages considérables : la chambre de combustion est sensiblement doublée ; les gaz du foyer sont entraînés à l’arrière du fourneau sans rayonner vers la chaufferie, qui devient absolument confortable; le réservoir d’eau et de vapeur est ramené sur la façade du fourneau, ce qui rend toutes les vannes et les accessoires facilement accessibles et réduit, en même temps, la longueur des canalisations de vapeur.
- Les chaudières du Chicago ont chacune 226 mètres carrés de surface de chautle et 5 mètres et demi de surface de grille ; elles peuvent vaporiser de 11 à 12 kilogrammes d’eau à 100° centigrades, et sous la pression atmosphérique par kilogramme de combustible. Selon qu’elles marchent à consommation intensive ou iiott, elles vaporisent de 50 à
- Fig. 5. — Coupe du croiseur Alerl.
- 70 kilogrammes d’eau dans les conditions indiquées ci-dessus par mètre carré de surface de chaulfe, sans que leur rendement, qui varie entre 70 et 75 pour 100, en soit notablement affecté.
- Depuis 1895, l’importance prise par les installations de ces chaudières marines a été considérable ; nous trouvons leur emploi dans 45 navires pour les diverses marines et particulièrement pour celles des États-Unis d’Amérique et de la Grande-Bretagne, comprenant 505 chaudières représentant 515105 chevaux-vapeur. L’Amirauté anglaise, pour la mise en chantier immédiate de deux nouveaux cuirassés de 18 000 chevaux-vapeur, a imposé aux constructeurs des chaudières Rabeock et Wilcox. T. Onu,ski.
- NÉCROLOGIE
- E. Renou. — Nous apprenons avec un véritable chagrin la mort de M. Tienou, un des plus anciens collaborateurs de La Nature. 11 a succombé le 7 avril au Parc Saint-Maur, atteint d’hémiplégie, à 1 âge de quatre-vingt-
- sept ans. M. E. Renou appartenait au corps des Mines; il était officier de la Légion d’honneur; on lui doit de très nombreux travaux géologiques, météorologiques et géographiques. Chargé en 1840 par le gouvernement d’une exploration scientifique dans le nord de l’Afrique, il en revint quatre ans après avec des documents nombreux et importants. 11 publia alors des études remarquées sur l’Algérie, le Maroc et la Tripolitaine. Ce fut lui qui dressa la première carte géologique de l’Algérie. A son retour, il s’installa à Vendôme, et se livra entièrement à la météorologie; il continua ses observations privées jusqu’en 1850. Membre fondateur de la Société météorologique de France, il vint se fixer à Paris en 1855.
- En 1864 et 1865, M. Émilien Renou fit avec grand succès, dans le grand amphithéâtre de l’Ecole de médecine, un cours public de météorologie. En 1860, en collaboration avec Sainte-Claire Deville, il fit partie de la commission de l’observatoire de Montsouris. En 1875, nommé titulaire du laboratoire des recherches à l’Ecole des hautes études, il alla demeurer au parc Saint-Maur, où il installa pour ses travaux personnels un observatoire privé.
- En 1878, le Bureau central météorologique de France, n’ayant pas à Paris d’observatoire proprement dit, s’adjoignit l’observatoire de M- Renou. Les observations officielles du Bureau furent confiées à M. Renou qui fut toujours considéré comme le météorologiste précis par excellence.
- Dès 1875, M. E. Renou commença à communiquer à La Nature des renseignements sur les instruinenfs d’observation météorologiques; à de nombreuses reprises, il nous a envoyé des articles dont on a pu juger la valeur. Notre bulletin météorologique était dressé, comme il l’est encore cette semaine, d’après les observations de M. Renou. Tous les mois, nous avons ponctuellement publié le résumé des observations météorologiques que l’éminent météorologiste nous adressait.
- Il a présenté à la Société météorologique de France un très grand nombre de mémoires, parmi lesquels nous devons citer ses Instructions météorologiques, qui, bien que rédigées il y a près d’un demi-siècle, constituent encore de nos jours le guide des observateurs.
- Sa mort laissera un vide qu’il sera difficile de combler. M. Renou était le représentant le plus autorisé de la météorologie de précision en France. Et l’homme avait la valeur du savant, d’une conscience scientifique à toute épreuve, d’une bienveillance et d’une sûreté de relations que l’on n’oubliera jamais. Nous tenons à adresser un dernier hommage à celui qui consacra avec un désintéressement rare toute son existence aux recherches de science pure et qui fut pour nous si longtemps un collaborateur éminent et dévoué. H. de P.
- CHRONIQUE
- Réunion des Sociétés savantes. — Le Congrès des Sociétés savantes, ouvert le 1er avril à la Sorbonne, vient de prendre fin. Il se tient depuis 19Ô0 alternativement à Paris et en province. Les séances ont été assez suivies cette année, notamment dans les sections d’Ar-chéologie et de Géologie, toutefois la séance de Mathématiques annoncée pour le mardi, n’a pas eu lieu faute de conférenciers et d’auditeurs, et ce fait joint à l’absence, dans un Congrès de cette importance, des sous-sections de Mécanique et d’Astronomie, est regrettable. On dit que certains membres influents vont s’occuper de remplir
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- ces lacunes, alin de donner jdus d'éclat au prochain Congrès.
- La chaleur des lampes à incandescence. —
- À propos de la chaleur des lampes à incandescence dont on parle beaucoup dans ce moment, nous croyons utile de rappeler les expériences entreprises en 1888 par M. Mas-cart qui présidait la commission spéciale de la sécurité dans les théâtres. 11 importe de noter qu’il s’agissait de lampes d’au moins 32 bougies. Pour voir à quel point les lampes elles-mêmes étaient capables d’enflammer les étoilés et les corps combustibles placés dans le voisinage, on a fait la série d’essais suivants : 1° Le globe d’une lampe à arc (système Cance) a été enveloppé par plusieurs épaisseurs d’une étoile légère de tarlatane verte ; 2° une lampe à incandescence de 52 bougies a été enveloppée de même, les plis de I’étotle étant serrés sous la lampe par une bride de caoutchouc ; 5J une lampe de 52 bougies a été coiffée d’un bonnet de coton à double épaisseur; 4° une autre lampe a été coiffée d’une calotte de soie noire couverte d’une calotte de velours noir; 5° une lampe a été entourée d’une couche d’ouate blanche dont on a enlevé la surface gommée; 0° deux lampes ont été couvertes de deux couches d’ouate gommée, blanche pour l’une et noire pour l’autre; 7° une lampe de 52 bougies a été placée dans un pli vertical formé par un vieux décor de théâtre ; 8° enfin une lampe de 300 bougies a été appliquée contre un vieux décor. Les résultats observés ont été les suivants: En vingt minutes, aucune carbonisation ni échauffement exagéré ne s’est produit dans les expériences 1, 2, 5, 7. Au bout d’une minute et demie, le décor de l’expérience 8 se carbonisait au contact du verre, et commençait à brûler sans flamme. Au bout de deux minutes, après distillation et carbonisation des couches d’ouate, les lampes 6 ont éclaté en enflammant l’enveloppe. En six minutes environ, la calotte de velours était carbonisée et commençait à brûler lentement; l’expérience a été prolongée plus longtemps sans briser la lampe, mais le verre était déformé. Le bonnet de coton était en partie carbonisé, au bout de dix minutes, aux points de contact, et la combustion n’avait pas encore commencé.
- Oscillations causées par un moteur à gaz. — M. Schardt a fait, au sujet des oscillations causées par des moteurs à gaz, une communication à la Société des Sciences naturelles de Neuchâtel. Dans le voisinage de l’usine à gaz de cette ville, on a construit un bâtiment où l’on a commencé par installer un moteur à gaz de 250 chevaux qui a pour mission de fournir du courant électrique, au cas où celui qui est produit par une chute d’eau viendrait à manquer. Dès qu’on procéda aux premiers essais, on constata que ce moteur communiquait à son bâti un mouvement d’oscillation se transmettant aux maisons voisines, mais le mouvement ne commençait à être réellement sensible qu’au premier étage de ces maisons. Dans les combles il donnait la sensation du balancement produit sur un bateau à vapeur. D’ailleurs toutes les maisons n’étaient pas affectées, mais seulement celles qui sont situées dans une direction faisant un angle de 50° avec la direction des pistons;, de plus des oscillations se manifestaient dans des batiments situés à 200 mètres de l’usine, alors qu’entre eux et cette-psine, il y a trois rangées de maisons qui ne souffrent nullement. On peut admettre qu’il se réalise là quelque chose d’analogue au phénomène de la résonance et des vibrations des barres métalliques.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 avril 1902.
- Présidence de M. Boüquet de la Grye. •
- L'heure à l'Académie. — Il est de tradition que les séances de l’Académie commencent à 5 heures précises. La tradition s’en va. Malgré la vieille formule : l’exactitude est la politesse des rois, on semble oublier que l’heure, c’est l’heure. Les séances commencent maintenant entre 3 heures et 3h40ra. Les Académiciens s’en plaignent et ils n’ont pas tort. Aujourd’hui, le l‘résident et le Vice-I'résident étaient au Bureau à 5h5m. On a dû attendre les secrétaires perpétuels jusqu’à 5h44m. Et la séance n’a commencé qu’à 3h45m. Comme elle n’a duré que 10 minutes on peut dire que le travail réel n’a été que de 15 minutes sur 00; soit 25 pour 100 de rendement! Autre temps, autres mœurs! 11 serait à souhaiter pour tout le monde que l’on en revint au temps des Dumas et des Élie de Beaumont.... A 3 heures précises, on entendait le coup de sonnette et la voix du secrétaire perpétuel: « Messieurs, la séance est ouverte ».
- Navigation. — M. de Bussy dépose sur le Bureau une « Etude sur les lois qui régissent cette fraction de la résistance à la marche des navires qui est due à la formation des vagues satellites. »
- Foyers séismiques. — M. de Montessus de Ballore signale, par l’intermédiaire de M. de Lapparent, une liaison étroite entre les foyers séismiques du massif de l’Armorique et de la Cornouaille anglaise d’une part et d’autre part les directions des anciens plis hercyniens. Au contraire, les dislocations calédoniennes d’àge plus ancien seraient aujourd’hui très stables.
- Cinématographe météorologique. — M. Mascart présente un petit livre cinématographique imaginé par M. Delalande Guérineau. Tout le monde connaît ces petits livres dont il suffit de faire défiler rapidement les feuillets devant l’œil pour reproduire des scènes en mouvement. M. Guérineau a eu l’idée de grouper ainsi les zones de haute pression barométrique sur la terre, des anticyclones relevés d’après leurs positions réelles quatre fois par jour pendant un mois. En faisant défiler les feuillets, on assiste aux mouvements et aux déplacements successifs des zones de pression. Peut-être pourra-t-on tirer parti de ce petit appareil pour ctudier les transformations cycloniques et anticycloniques à la surface terrestre.
- Les principes de la mécanique rationnelle. — M. Ch. de Freycinet fait hommage du volume qu’il vient de faire paraître sous ce titre chez Gauthier-Yillars. L’éminent académicien s’est proposé de réagir contre la tendance actuelle de donner à la mécanique une physionomie exclusivement abstraite, alors que par ses concepts fondamentaux autant que par les données physiques qui lui servent de base, cette science est au contraire concrète et doit avant tout sa certitude à l’expérience.
- L’oxylithe. — M. Georges F. Jaubert, par l’entremise de M. H. Moissan, transmet une Note sur un nouveau produit chimique qu’il dénomme « oxylithe » et qui est destiné à préparer l’oxygène à la minute par sa simple immersion dans l’eau, tout comme le carbure de calcium fournit dans les mêmes conditions de l’acétylène. Le composé étudié par M. Jaubert est le trioxyde, de sodium et de potassium. Les applications du nouveau produit sont évidentes. Ch. de Villedeuil.
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- r»oi
- LA N A TU K K.
- GÉNÉRATEUR D’ACÉTYLÈNE
- L'appareil dont nous donnons la description, dénommé « Étoile polaire », est d’une grande simpli-
- Fig. 1. — Vue d'ensemble de l'appareil.
- cité de construction, et dépourvu de tout danger, le gaz ne pouvant jamais s’accumuler ; son volume est très réduit, car un générateur capable de produire, sans recharge, 5 à 600 litres de gaz, n’a que 40 centimètres de hauteur sur 50 centimètres de diamètre environ.
- Ce gazogène est basé sur le principe du briquet à hydrogène et de la cloche à plongeur réunis ; mais sa principale originalité réside dans l’emploi d'un puissant ressort régulateur qui, appuyant constamment sur le carbure, par l’intermédiaire d’un plateau de fonte, force la chaux à passer à travers les mailles coupantes d’une grille, au fur et à mesure de sa formation. Dans ces conditions, on comprend que le carbure, étant continuellement et automatiquement débarrassé de la chaux produite, doit être attaqué d’une façon très régulière. Du reste, dans les nombreuses installations déjà faites de cet appareil, on a toujours constaté une régularité et une (ixité complète de la lumière, et cela sans l’emploi d’aucun gazomètre intermédiaire pour régulariser la pression, qui ne dépasse jamais d’ailleurs quelques centimètres d’eau.
- Pour faire fonctionner ce générateur d’acétylène, on sort l’appareil de son bac, on le retourne, et on met dans le cylindre-panier mobile G du carbure de calcium concassé de la grosseur d’une noix, — il est indispensable au préalable d’imbiber le carbure de glycérine, de façon à obtenir une usure plus régulière et beaucoup plus économique. On ferme le cylindre à l’aide du plateau P, qui forme couvercle et se fixe en pénétrant dans des encoches à baïon-
- nettes. On fixe le cylindre dans l’appareil en refoulant le ressort I\, et on plonge le générateur dans le bac qui doit contenir de l’eau jusqu’au niveau N.
- L’eau monte alors dans la partie conique jusqu’à la grille coupante JJ. Le cylindre supérieur, dans lequel se trouve le panier à carbure, formant cloche à plongeur, l’eau ne peut dépasser la grille JJ, à la surface de laquelle commence l’attaque du carbure.
- Le gaz formé va à la canalisation en passant sur le coté de l’appareil par le barboteur 0, tandis que la chaux, refoulée par le ressort, tombe diluée au fond du bac, laissant toujours ainsi du carbure neuf en contact avec l’eau sans agglomération spongieuse de chaux humide. La production du gaz reste dépendante de la consommation des becs, car dès qu’il se forme quelques bulles en excédent, l’eau est immédiatement refoulée de la grille JJ, amenant ainsi l’arrêt de la production gazeuse.
- Aujourd’hui que les craintes de danger, vraiment chimériques, que faisait naître l'acétylène il y a quelques années, sont à peu près passées, et où l’emploi de ce gaz, d’une puissance lumineuse si intense, tend de plus en plus à se répandre pour l’éclairage des communes rurales, des petits ateliers et des travaux en plein air, ce générateur d’une simplicité rustique, tout en étant construit avec solidité, peut rendre à la ville et à la campagne de grands services, son installation étant pour ainsi dire instantanée et son transport des plus faciles. Pour obtenir une production considérable de gaz, on accouple plusieurs générateurs sur la même canalisation ; on
- Fig. 2. — Coupe intérieure de Fapparcil.
- peut alors les faire fonctionner ensemble ou séparément selon les besoins. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1508. — 19 AVRIL 1902.
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- PHOTOGRAPHIE
- TIRAGE SAXS TRAiSSI’OSITIOX DES POSITIFS STÉRÉOSCOPIQUES SUR VERRE. - CHASSIS TUR1LLON
- Les amateurs de stéréoscope deviennent tous les menté l’arsenal des appareils en construisant divers jours plus nombreux et les constructeurs ont aug- formats pour clichés stéréoscopiques. Nous avons été
- Fig. 1. — 1. Éjiauasli'ojilie Gaumont pour tirage des vues stéréoscopiques sur verre sans transposition. 2. Appareil Guillou pour le même usage.
- des premiers à employer et à recommander le format 6x15 et nous avons la satisfaction de constater qu’aujourd’hui les meilleurs fabricants ont établi des appareils pour cette dimension. Parmi tous ceux qui font du stéréoscope, et qui le font même très bien, il y en a beaucoup, nous le voyons par notre correspondance, qui ne connaissent pas la raison pour laquelle il faut faire la transposition des images dans le positif.
- On ne doit pas oublier tout d’abord que les deux images sont prises sous des angles différents et qu’il faut nécessairement pour que le relief se produise que chaque œil voie l’image de l’objet comme s’il voyait l’objet lui-même, c’est-à-dire sous le même angle qu’il le voit dans la nature, et cela ne peut avoir lieu que si l’œil droit voit l’image prise avec l’objectif de droite et l’œil gauche celle prise avec l’objectif de gauche. Pour se rendre compte de l’opéra-30e anaée. — 1er semestre.
- tion à faire pour obtenir ce résultat il suffit, au moment de séparer le positif sur papier du négatif qu’il vient de donner, de bien examiner leur situation respective. Choisissons comme sujet un militaire portant l’épée au fourreau, au côté gauche par conséquent ; il est facile, en examinant la façon dont le cliché était placé dans la chambre, de constater que pour avoir vis-à-vis de chaque œil l’image qui lui convient, il faut que notre personnage ait la tête en bas et l’épée au côté droit. Si nous avons fait un positif transparent nous pourrons, en le faisant pivoter autour du plus grand côté de la plaque, remettre la tête en haut, mais l’épée n’aura pas changé de place, elle sera toujours au côté droit du sujet. Le moyen employé est donc mauvais. Quel que soit le genre de positif que nous ayons fait, transparent ou opaque, nous ne pourrons faire un redressement
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- POYET
- Fig. 2. — Châssis Turillon pour projections dans les deux sens.
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- complet des images qu’en faisant pivoter l’épreuve autour d’un axe fictif perpendiculaire à son plan et passant par un point situé entre les deux images au centre géométrique et la plaque par exemple.
- Mais si nous obtenons ainsi nos deux images complètement redressées, il est facile de constater que nous avons fait {tasser vis-à-vis notre œil droit l’image prise par l’objectif de gauche et réciproquement; nous sommes donc amené, {tour rétablir les choses dans leur état normal, à séparer nos deux images pour donner à chacune la place qu’elle doit occuper en face de nos yeux.
- C’est cette séparation qui est souvent gênante, surtout si l’on fait des positifs sur verre; on coupe le cliché ou bien on lait, avec des châssis spéciaux, le tirage par deux poses successives ; mais il y a un moyen, et c’est le plus ancien de tous, de ne {tas couper le cliché et d’obtenir le positif en une seule {•ose, c’est de faire faire le retournement des images par les objectifs, c’est-à-dire de photographier le négatif avec un appareil stéréoscopique. Au temps où le collodion humide était seul employé {tour faire des positifs sur verre on ne pouvait pas opérer autrement, la méthode remonte donc aux premiers temps de la photographie.
- Pourquoi l’a-t-on abandonnée 7 Probablement parce (ju’on trouve plus commode le tirage au châssis-presse. Et, en effet, s’il faut disposer un appareil, faire une mise en plaque et une mise au point pour chaque positif, cela devient assez compliqué. C’est précisément {tour éviter toutes les complications de ce genre que M. Gaumont a construit pour son « stéréo-spido » (> X 1 o un appareil complémentaire sur lequel il s'adapte et qui permet de faire un tirage automatique ; il lui a donné le nom à'Épana-strophe qui signifie « retour sur soi-même ». 11 se compose de deux boîtes À et B (fig. 1 ,nJ 1) en bois; la première A se glisse sur le stéréo-spido à la place du magasin et, sur l’extrémité restée libre, on ajuste dans un cadre ad hoc le cliché à reproduire, gélatine en dessous. On introduit alors cet ensemble dans la seconde boite B, où il s’encastre exactement et on l’y fixe par des crochets. Dans cette position les objectifs se présentent en face de deux trous pratiqués dans une cloison horizontale S, qui divise la boîte en deux ; ces trous peuvent être ouverts ou fermés par une vanne manoeuvrée de l'intérieur par la tige D. La tringle de manœuvre des diaphragmes est venue reposer sur une fourchette située à l’extrémité d'un levier dont l’autre extrémité E dépasse de la boîte, ce qui permet de la manœuvrer également de l’extérieur.
- À la partie inférieure de la seconde boîte on a glissé le magasin M du stéréo-spido qu’on a chargé avec des plaques spéciales pour diapositives.
- On opère alors comme on le fait habituellement pour les cônes d’agrandissement et on peut impressionner rapidement toutes les plaques du magasin en prenant seulement le temps de changer de cliché après chaque pose. L’appareil est disposé pour
- donner une image positive de la même grandeur que le négatif. La question du temps de pose est la seule qui présente une difficulté, mais on la résout facilement après quelques tâtonnements. Du reste M. Gaumont a prévu une disposition qui permet de la résoudre une fois pour toutes pour une série de clichés : il suffit d’étalonner ceux-ci en partant du plus dense par exemple. Pour cela on remplace le magasin par un verre dépoli et on dégage l’une des extrémités de la tringle de manœuvre des diaphragmes, de façon que le levier E n’en entraîne qu’un seul ; on laisse l’autre à la plus grande ouverture. Cela fait on place en face de l’ohjectif non diaphragmé l’une des images du négatif étalon, le plus dense de la collection, ensuite on fait passer successivement devant l’autre objectif l’une des images des autres négatifs et chaque fois on manœuvre le diaphragme jusqu’à ce que sur le verre dépoli on obtienne la même intensité pour les deux images qu’on y voit. Les numéros, indiqués par l’échelle placée {très du levier E, indiquent combien on doit poser de fois moins, pour chacun des négatifs essayés, que pour le négatif étalon. Si la méthode n’est pas rigoureusement exacte au point de vue mathématique, elle est très suffisante dans la pratique pour éviter des écarts de pose nuisibles au résultat final.
- Dans le même ordre d’idées M. Guillon, dont on connaît les cônes agrandisseurs à bon marché, a construit un dispositif analogue pour le tirage des positifs d’un petit appareil 6x lo dont il est le fabricant, mais il obtient des images légèrement agrandies à 7x7. Afin de ne pas limiter les avantages de ce mode de tirage à un seul type d’appareil, il adapte le système aux appareils qu’on lui confie. Nous avons représenté (fig. 1, n° 2) cette adaptation faite en vue de l’utilisation d’une stéréo-pochette Joux. Après avoir ouvert l’arrière D de celle-ci, on la glisse dans une boîte AB sur laquelle on place le porte-cliché P. Une planchette 0 percée de deux trous sert d’obturateur, et on met la plaque à impressionner en C à l’extrémité inférieure de la boîte B. On peut, suivant la demande qu’on en fait au constructeur, obtenir des positifs agrandis ou non.
- La dimension adoptée presque universellement pour les positifs destinés aux projections est de 8x10. Les châssis, ou passe-vues, qu’on adapte aux lanternes, sont toujours disposés de telle sorte qu’on ne peut y placer les clichés que dans le sens de la largeur. Il y a cependant beaucoup de sujets qui gagneraient à être projetés sur l’écran dans le sens de la hauteur; on est obligé, quand on veut donner une coupe rationnelle au tableau, de faire une réduction pour que le sujet puisse tenir dans le seul sens où on peut placer le cliché dans le passe-vues, tandis que le plus souvent il tiendrait facilement, sans réduction, dans l’autre sens. C’est là une gêne constante pour ceux qui s’occupent, de projections et M. Turillon a pensé y remédier en
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- construisant un châssis plus rationnel. Pour cela il a monté les coulisses destinées à recevoir le cliché sur une plaque circulaire (fig. 2) encastrée par ses bords dans une feuillure où elle peut tourner librement; un bouton, fixé sur le coté de cette plaque, permet de lui faire faire une révolution de 90 degrés et elle est arrêtée dans la position choisie par un ressort qui pénètre dans un cran pratiqué sur sa circonférence. Une légère pression permet de passer facilement d’une position à l’autre au moment de glisser le cliché dans la lanterne; il n’y a aucune perte de temps et on peut présenter les vues dans le sens le plus favorable. G. Mareschal.
- DÉCOUVERTE D'UN MAMMOUTH EN SIBÉRIE
- Éternellement gelé, le sol de la Sibérie a, comme on sait, les propriétés d’une glacière, et par suite a pu garder, dans un état de conservation parfaite, des cadavres de mammouth et de rhinocéros à narine cloisonnée, ces géants de la faune pléistocène. Le mammouth, qui a vécu dans nos régions en même temps que l’homme, était particulièrement abondant dans l’Asie septentrionale, si abondant même qu’aujourd’hui la récolte de ses défenses est une des industries les plus lucratives des naturels de l’extrême nord. Les habitants de la Sibérie septentrionale recherchent les dents de mammouth aussi activement que les indigènes de l’Afrique chassent l’éléphant actuel pour s’emparer de ses défenses; ils réussissent ainsi à fournir un stock assez important au marché de l’ivoire. Il v a déjà vingt ans, on évaluait à 40 000 au minimum le nombre des dents de mammouth utilisables, recueillies depuis la découverte de la Sibérie. En 1898 seulement, à la foire d’irkoutsk, il a été apporté 32 000 kilogrammes de cet ivoire fossile représentant une valeur de 52 000 roubles, soit 155 000 francs environ, et les apports à cette foire correspondent seulement à la production du bassin de la Lena et du nord-est de la Sibérie. D’après le chiffre indiqué ci-dessus, il est impossible de connaître le véritable prix du kilogramme d’ivoire fossile de bonne qualité; au marché d’irkoutsk les indigènes apportent toute leur récolte, les mauvais et les bons échantillons, et le prix indiqué se réfère à l’ensemble du stock.
- De temps à autre l’éboulement d’une berge sur les bords des rivières met à jour non plus simplement des défenses ou des ossements de mammouth, mais parfois des cadavres entiers de ces animaux. Ainsi, à la fin de 1900, sur les rives de la Beresovka, un affluent de la Kolyma, un Cosaque découvrit le corps d’un de ces éléphants préhistoriques encore intact, recouvert de sa chair, de sa peau et de ses poils. Dès que la nouvelle de cette trouvaille lui parvint, l’Académie Impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg envoya immédiatement une mission pour recueillir cette précieuse pièce. Cette expédition, composée de M. Otto Herz, conservateur des collections zoologiques de l’Académie Impériale des Sciences, et de M. Pfitzen-mayer, préparateur, partit de Saint-Pétersbourg, dans le courant de mai dernier, à destination de Sredné-Kolymsk, la localité habitée la plus voisine du gisement. Sredné-Kolymsk est situé à 12 000 kilomètres à vol d’oiseau de la capitale de l’Empire des tsars.
- Dix jours après son départ de Pétersbourg, la mission arrivait à Irkoutsk; descendant ensuite la Lena, elle parvenait, après une navigation de quatorze jours, à Iakoutsk.
- De cette ville, la dernière agglomération urbaine avant les solitudes de l’extrême nord, à Sredné-Kolymsk, il y avait encore à franchir une distance de plus de 5000 kilomètres à travers la forêt déserte et marécageuse, sans route et sans abri.
- En dépit de toutes les difficultés, les vaillants naturalistes ont réussi dans leur entreprise, comme l’annonce une lettre de M. O. Ilerz, publiée par les Petermanns MUlhcilungen. Ils sont parvenus à dégager le mammouth et à l’amener à Sredné-Kolymsk le I I novembre dernier. Malheureusement, au moment de l’arrivée de la mission, le corps n’était plus intact. Dans le sol glacé les chairs étaient demeurées si parfaitement conservées que tous les carnassiers des environs, dès qu’ils eurent flairé cette viande préhistorique, vinrent s’en régaler. Ours, loups et renards avaient trouvé dans cette magnifique pièce zoologique un garde-manger très bien garni, dont ils profitèrent très largement pendant tout l’hiver. Heureusement ces animaux n’ont enlevé qu’un petit nombre d’os, et les poils et la peau, morceaux peu comestibles, sont demeurés presque intacts.
- On peut, du reste, juger de l’état dans lequel se trouve ce mammouth, par ce fait que des déchets de nourriture se trouvent encore dans sa mâchoire, et que son estomac renferme des aliments non digérés et dont la nature est encore discernable. Leur examen complétera les renseignements que l’on possède déjà sur les espèces végétales qui constituaient la nourriture de ce géant de la faune pléistocène, par suite sur la flore et le climat de la Sibérie septentrionale à cette période géologique.
- L’extinction du mammouth a, comme on le sait, suscité de grandes discussions. L’état de conservation de ces momies faisait supposer que les animaux avaient été décimés par quelque cataclysme, en quelque sorte, congelés subitement. On faisait intervenir l’action de terribles»' tourmentes de neige, qui d’un coup auraient enseveli des troupeaux de ces éléphants. L’explication proposée actuellement est beaucoup plus simple. A la fin du pléistocène, il existait, croit-on, dans le nord de la Sibérie, de grands « glaciers morts » analogues à ceux que l’on voit aujourd’hui devant le glacier de Malaspina, dans l’Alaska. Les « glaciers morts » sont d’énormes masses de glace, isolées des glaciers « vivants », par suite du recul de la glace, et recouvertes de débris morainiques, sur lesquels une végétation s’est établie. Autour du glacier de Malaspina, des cônes de glace se trouvent surmontés de forêts de conifères. A l’époque du mammouth, le nord de la Sibérie devait présenter pareil aspect. En circulant à travers ces bois, sur le sol instable des moraines, en quête de leur nourriture, ces animaux tombaient parfois dans des crevasses dissimulées sous la verdure et demeuraient ainsi ensevelis dans l’intérieur du glacier. L’étude des conditions du gisement de Sredné-Kolymsk confirme cette manière de voir. D’après M. Herz, l’animal en pâturant aurait culbuté dans une fente du glacier remplie de boue et aurait été ainsi enseveli brusquement dans un magma glacé.
- L’exemplaire en question va être envoyé à Saint-Pétersbourg. De Sredné-Kolymsk à Irkoutsk, le transport sera long et laborieux, bien qu’en hiver le tramage facilite cette opération. Une fois amené à la station la plus rapprochée du Transsibérien, le monstre préhistorique retrouvera sa caverne de glace sous la forme d’un des wagons-glacières qui servent aujourd’hui au transport du beurre de l’Asie septentrionale sur les marchés de l’Europe. Cuarles Rabot,
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- LA NATLHL.
- LES PYGMÉES
- L’Uganda, dit sir Harry Johnston, dans un rapport officiel présenté au Parlement, est la perle de l’Afrique équatoriale. Dans la partie Est du Protectorat anglais, s’étend une superficie de 12000 mètres carrés au sol fertile, au climat salubre, couverte de magnifiques forêts, habitée par de rares indigènes. C’est là que se trouvait la grande forêt de Semliki, qui suit la côte ouest de l’Afrique depuis la Guinée portugaise jusqu’à l’embouchure du Congo. Là vivaient aussi les grands pachydermes, les grands carnassiers, les Anthropoïdes, le Gorille, le Chimpanzé, l'Orang en qui sir Harry prétend voir les premiers ancêtres del’hom-meL Deux races différentes se rencontrent sur les limites de cette forêt, les Ba-Nan-da d’intelligence peu développée, d’apparence simienne qui ont probablemen t donné naissance à la légende dont je viens de parler.
- Leur langage est le Lu-Konjo, rameau très archaïque du Bantu.
- Les Pygmées forment la seconde de ces races (fîg. 1). Ils sont de véritables nègres et peuvent dériver des Boschismen du Sud-
- 1 C’est sur la frontière de cette forêt que sir H. Johnston a tué un de ces animaux l'Okapi, où les zoologistes anglais pré-
- Fisi. 1. — Jeune lille.
- Afrique. Us étaient connus des Egyptiens dès les
- temps historiques; ils avaient sans doute été amenés par les trafiquants qui entretenaien t avec les habitants des relations suivies. Us se sont perpétués parmi eux (fig. 2). Sir H. Johnston croit qu’ils ont également vécu en Sicile, en Sardaigne et jusque dans nos régions pyrénéennes , o ù l’on a retrouvé quelquefois leurs squelettes, dit-il. Nous lui laissons la responsabilité de cette assertion. Ces Pygmées
- paraissent se rattacher à deux types différents. Un de ces types a la peau d’un rouge brun ; l’autre la
- peau franchement noire et les cheveux également très foncés. Peut-être ces derniers sont-ils aussi un peu plus grands. La taille moyenne, dont il faut toujours se métier, est pour les hommes de lm,40, pour les femmes de )m,27. Peut-être cette moyenne est-elle d’ailleurs élevée, car Johnston dit avoir mesuré des hommes de 1®, 2 7 et une femme n’atteignant même pas lm,22. Leur nez est très Fig. 2. - Pygmée. large, leur pro-
- gnathisme très
- marqué, le cou enfoncé, la région fessière comme
- tendent reconnaître un genre nouveau que M. Boule a décrit avec son talent habituel (n° I486, du 16 nov. 1601, p. 388).
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- LÀ NATURE.
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- Fig. 3. — Danse du pay
- chez les Hottentots, très développée1. Le système pileux est abondant sur tout le corps; et la barbe et les favoris particulièrement fournis. Les Pygmées n’élèvent aucun bétail; ils ne se livrent à aucune culture. Ils vivent des insectes de la forêt, du miel qu’ils y trouvent en abondance, de lâchasse surtout.
- Toute viande leur est bonne. Us mangent avec délices la viande de singe qu’ils tuent avec leurs flèches ou qu’ils prennent avec des pièges construits avec intelligence.
- Ils vivent dans des huttes coniques construites en branches recourbées dont les
- deux bouts sont fichés en terre et qui, comme toiture, sont chargées de feuilles. Ces huttes ont environ lm,22 de diamètre et autant de hauteur sur le côté, on laissait un trou très étroit, par lequel les Pygmées se glissaient en rampant. Les enfants à peine sevrés sont mis dans des buttes séparées d’une ridicule petitesse. La polygamie existe, mais il est rare que le Pygmée ait plus d’une femme.
- Un seul métal leur était connu, et encore l’a-vaient-ils obtenu des grands nègres leurs voisins; jusque-là, ils ne se servaient que
- d’armes ou d’ou- F*s- 4-
- tils en pierre.
- Les relations des grands et des petits nègres sont
- 1 Le savant et regretté M. de Quatrefages, dans son livre sur les Pygmées, cite comme point de comparaison une Boschismane mesurée par Barrow de lm,24, un Akka de lm,42 et une femme
- presque toujours pacifiques; elles sont cependant troublées par les déprédations des Pygmées. Ils s’abattent comme une avalanche sur les cultures de
- leurs voisins ; les bananes, le maïs, le tabac disparaissent avec rapidité ; mais si l’on a soin de les concilier par quelques petits présents, ils deviennent de paisibles voisins prêts à rendre toutes sortes de services. En général, ils sont d'un caractère timide, et à la moindre alerte, ils s’enfuient au fond de leur forêt. Les Européens ne peuvent les approcher et ils n’y parviendraient même
- jamais sans l’aide des grands nègres. Les Pygmées sont fanatiques de chants et de danses (fig. 3 et 4), les chants sont mélodieux; les danses sont grossières, les pantomimes plus encore ; elles exci-tent la joie bruyante des spectateurs.
- Les musiciens sont assis en rond. Leurs instruments sont des troncs d’arbres fermés aux deux bouts par des peaux. Ils s’agitent avec une incroyable frénésie frappant la terre avec leurs pieds, leurs mains, leurs coudes, toutes les parties de leurs corps. Ces représentations, disent ceux qui
- Autre danse. les ont Vues, Sont
- fort curieuses.
- Les Pygmées ne manquent pas d’une certaine
- de la même race de 1 mètre seulement. Des deux Akkas amenés en Italie, l’aîné, âgé de 14 ans, avait environ 1“,11; le plus jeune, qui devait être entre 9 et 10 ans, 1 mètre seulement.
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- LA NATURE.
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- intelligence. Ils apprennent avec assez de facilité mais leur prononciation est si défectueuse, qu’elle empêche trop souvent qu’on ne les comprenne. La jeunesse féminine s’attache volontiers aux grands nègres et quand Sir Fred Lugard, le premier organisateur de l’Uganda, traversa la forêt de Semliki, les soldats de sa garde soudanaise firent une vive impression sur elle. Beaucoup de jeunes Pygmées les suivirent et rien n’était plus risible que de voir ces petites femmes de lm,22 trottinant derrière ces géants de lm,8o. Leur costume ne les gênait pas ; dans leur forêt, elles vont absolument nues ; mais si par hasard, elles se trouvent en contact avec des Européens, elles se hâtent de revêtir un pagne en feuilles ou en écorce qu’elles quittent avec le même empressement dès le départ de leurs hôtes.
- Quel est l’avenir réservé à ces races sauvages? Il est malheureusement certain que c’est une lente disparition. Elles ne peuvent s’assimiler notre civilisation; il est évident qu’elles doivent disparaître devant elle. Mis de Nadahxac.
- LES JARDINS BOTANIQUES ALPINS
- Depuis une quinzaine d’années on voit surgir, dans les différentes montagnes de l’Europe, un certain nombre de jardins botaniques qui dépendent, les uns d’instituts universitaires, les autres de divers clubs alpins ou de sociétés d’amateurs. Tandis que les premiers ont un but strictement scientifique, les seconds ont la prétention d’intéresser le grand public, de faire, en quelque sorte, de l’extension universitaire et de la vulgarisation et de cultiver chez les alpinistes le goût de la flore alpine.
- Il importe donc de diviser les créations semblables en deux catégories comprenant : 1° la série des établissements qui sont purement scientifiques; 2° celle de ceux qui ont un but ornemental, alpiniste ou autre. Nous désignerons les premiers sous le terme de jardins botaniques alpins et les seconds sous celui de jardins alpins tout simplement.
- Dans la première catégorie rentrent les jardins suivants : La Fürsten Alp sur Trimmis (Grisons), établie par la Confédération suisse pour servir au laboratoire du professeur Stebler, à Zurich. Le jardin de Pont de Nant sur Bex, qui dépend de l’Université de Lausanne; celui de Champrousse, dans les Alpes du Dauphiné, avec sa succursale du Lautaret, qui dépendent tous deux de la Faculté des sciences de.Grenoble; le jardin du Pic du Midi, qui dépend de l’Observatoire du même lieu; enfin le jardin du Schachen, dans les Ajpes de la Bavière, qui est sous la direction du professeur Goebel, de l’Université de Munich et qui, tout en appartenant à l’Association allemande pour la culture, l’étude et la protection des plantes, est subventionné par le Club alpin allemand et autrichien et par plusieurs Sociétés scientifiques et universitaires.
- Dans la seconde catégorie rentrent les jardins de
- la Linnæa, à liourg-Saint-Pierre, dans les Alpes du Valais, fondé par l’Association pour la protection des plantes et appartenant à un Comité international subventionné par la Confédération suisse et par plu-I sieurs Clubs alpins1; de l&Ranibertia sur Montreux, qui appartient à une Société particulière; de la Daphnæa sur le Monte Baro, près du lac de Corne, appartenant à la section milanaise du Club alpin italien ; de la Chanousia au Petit-Saint-Bernard, qui dépend de l’hospice;de Plan Gorrel, près de Cour-mayeur, fondé par la Société de la flore valdûtaine; delà Roslania, sur Pignerol, fondé par la Société vaudoise d’utilité publique de Torre Pellice, dans le Piémont; du Ballon d'Alsace, établi à l’extrême limite du territoire français par la section de Belfort du Club Alpin français; enfin un assez grand nombre de jardinets établis par les soins dés Clubs alpins et des Sociétés de sport montagnard dans les environs des Cabanes-Refuges qui sont dispersées un peu partout dans les montagnes.
- Le premier essai d’un jardin à la haute montagne est dû au professeur Nâgeli de Munich. 11 fit, le 21 avril 1875, dans une séance du Club alpin, une conférence sur le sujet et fonda plus tard, en 1884, sur le Wendelslein, un jardin botanique qui n’eut qu’une durée éphémère. Le botaniste autrichien Kerner en établit un, de son côté, en 1875 déjà, à 2000 mètres d’altitude sur le Blaser dans les Alpes d’Innsbrück, mais il ne paraît pas qu’il y obtint des résultats, car on n’en entendit plus parler.
- En 1881, M. le D1 Stebler, directeur de la station fédérale du contrôle des graines à Zurich, fonda, avec l’aide du gouvernement fédéral, le jardin d’essai de la Fürsten Alp, près de Trimmis (1782m) où de multiples questions scientifiques et économiques sont à l’étude, en particulier l’amélioration des prairies alpines, l’état de l’influence de la fumure sur la composition du gazon, l’ensemencement et regazonnement des endroits dénudés par les agents atmosphériques, l’introduction de nouvelles cultures à la haute montagne, la sélection et production de bonnes graines fourragères, enfin des études biologiques, tératologiques et physiologiques, etc. Les graines récoltées dans ce jardin sont offertes en échange aux établissements similaires et aux jardins botaniques par le moyen d’un catalogue qui paraît chaque hiver. Des herbiers y sont établis pour l’instruction publique, etc.
- En 1888, l’Association pour la protection des plantes acheta dans les Alpes pennines, à Bourg-Saint-Pierre sur Martigny, à trois heures au-dessous de l’hospice du Saint-Bernard, un cône montagneux d’un hectare et demi, sur lequel un Comité international dont elle provoqua la formation établit un jardin pittoresque et naturel. Ce jardin, pour avoir
- 1 Le jardin de la Linnæa poursuit également un but scientifique et, sans être subventionné par aucune université, il a cependant comme président le Dr Ghodat, professeur de botanique à l’université de Genève, ce qui lui donne un caractère scientifique. C’est même, jusqu’à ce jour, celui de tous les établissements semblables qui a le plus profité à la science.
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- été classé ici parmi les jardins alpins proprement dits, n'en offre pas moins un caractère scientifique bien qu’il ne dépende directement d’aucune Université. De jeunes étudiants vont y étudier et y préparer leur thèse et plusieurs botanistes ont recours à lui pour les études auxquelles ils se livrent1.
- La Linnæa est à près de 1700 mètres d'altitude (1694 exactement) et le jardin lut inauguré le 29 juillet 1889. L’emplacement est, de l’avis unanime, des mieux choisis et répond à toutes les exigences. L’eau y est amenée par des tuyaux de fonte et jaillit jusqu’au sommet. Plusieurs plateaux naturels se superposent de la base au sommet, portés par des assises naturelles qui forment de gros rochers granitiques. De nombreux sentiers serpentent sur ses lianes, au nord, à l’est et à l'ouest et des bancs rustiques sont établis dans les endroits d’où la vue est la plus belle. Dernièrement on a construit un petit chalet de bois très rustique et qui sert d’abri comme de laboratoire ; et une quarantaine de rocailles sont disséminées partout, contenant près de 2500 espèces réparties tantôt d’après leur aire géographique, tantôt d’après leur groupement naturel. Il y a la rocaille des plantes alpines, celle des espèces du Jura, du Caucase, des Pyrénées, de l’Himalaya, etc., etc. Le sommet est occupé en partie par une série de grandes plates-bandes où les plantes les plus délicates sont cultivées avec le plus de soins tandis qu’un arboretum s’étend sur la pente orientale.
- Des rocailles spéciales sont destinées aux genres Campanula,Sedum,Sempercivum, Primula,Saxi-/raya, Alehemilla, et un emplacement pittoresquement arrangé groupe les cas d’albinisme, sur lesquels plane le nom de Christian Garnier, à la mémoire de qui cette rocaille a été dédiée, le fils de l’éminent architecte parisien s’étant spécialement intéressé à ce jardin.
- Des graines et des plantes sont adressées à la Linnæa de tous les pays du monde, de la Terre de Feu comme du Japon, de la Nouvelle-Zélande comme du Grônland. Elles sont élevées au jardin alpin d’acclimatation de Genève — mieux outillé pour les réussir — et transportées à Bourg-Saint-Pierre à l’état de jeunes plantes.
- Le Jardin botanique de Pont de Nant fut originairement fondé par la commune de Bex, sur le territoire de laquelle il se trouve ; depuis huit ans, l’État de Vaud l’a rattaché à l’Université de Lausanne et placé sous la direction du professeur Wilczeck qui y a établi un laboratoire avec un joli chalet d’habitation pour sa famille. Il est situé à 1300 mètres d’altitude et, par ce fait, il se trouve être le moins élevé de ceux qui sont dans la chaîne alpine. Tandis que la Linnæa s’étale au grand soleil des Alpes sur un cône de 60 mètres de haut, vrai petit sommet en miniature, le jardin de l’Université lausannoise est enfoncé dans un vallon profondé-
- 1 Le premier catalogue illustré des plantes cultivées à la Linnæa a paru l’an dernier; il contient un millier de plantes qui sont complètement acclimatées dans ce jardin.
- ment encaissé et très arrosé. 11 va de soi, dès lors, que les plantes de l’ombre, celles des bois, des marécages, y réussirent beaucoup mieux (qu’au jardin précité où l’on a beaucoup de peine à les maintenir. Les plantes n’y sont pas groupées d’après leur classification naturelle, mais selon la formule des associations physiologiques établie par le professeur Stebler, de Zurich. On y remarque un Saliclnm qui contient un grand nombre d’espèces, de variétés, de formes et d’hybrides de Saules.
- Ce jardin est un établissement biologique et renferme non seulement une collection de plantes alpines, mais encore de conditions alpines, ainsi que M. Stebler les a groupées dans les différents herbiers qu’il a préparés pour établir les associations naturelles telles qu’on les rencontre dans la nature.
- C’est en 1893 que fut établi sur la montagne de Champrousse (massif de Belledonne), sur Grenoble, le jardin botanique dauphinois. 11 est situé à 1875 mètres d’altitude, sur un terrain de 5000 mètres carrés, pittoresquement mouvementé, possédant un cours d’eau, de gros blocs de rochers épais et d’où l’on jouit d’une vue superbe.
- Etabli d’abord par la Société des touristes du Dauphiné, avec la collaboration de la Société horticole dauphinoise, ce jardin fut adopté peu après par la Faculté des sciences de Grenoble avec le professeur Lachmann comme directeur. On y planta un assez grand nombre de plantes de montagnes, d’arbustes et d’arbres d’ornement et des plantes de la plaine et l’on y créa deux champs d’expériences destinés à la culture des plantes alimentaires. On le divisa en quatre parties distinctes : 1° le jardin alpin proprement dit, comprenant, avec les plantes des montagnes, les espèces de la plaine, plantées et cultivées avec leurs congénères montagnardes comme sujets de comparaison ; 2° la culture des plantes fourragères et de gazonnement ; 3° les céréales (blés, orges, avoines, épeautres, maïs, sarrasin); 4° les légumes les plus variés choisis parmi les plus précoces et les plus nécessaires à l’alimentation.
- Des résultats encourageants ont été enregistrés deux années après, tandis que, d’autre part, on constatait beaucoup de déceptions. Notons les intéressants résultats obtenus sur quelques céréales et sur le lin de Pskoff qui, haut de 0m,80, arrivait à maturité. Le pois Émeraude, diverses mâches, des radis, les navets, les raves, les choux, les laitues pommées ont donné d’excellents résultats. Parmi les plantes vivaces, cultivées dans les jardins des plaines, les Lychnis Croix de Mail e{L. Chalcedonica), Delphinium nudicaule, de Californie, Ancolies, Phlox decussata, Inula glandulosa, Lupinus poli-phyllus, Lilium chalcedon'kum, plusieurs rhubarbes, ont fait merveille. Des plantes annuelles, telles que les Némophiles, les Coreopsis, les Soucis, le Gypsophile élégant, le Thlaspi amara, y ont admirablement réussi.
- En 1898, le professeur Lachmann établit un nouveau jardin alpin au Col du Lautaret, à l’altitude
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- Fi"'. 1. — Le Jardin de la Linnæa: vue prise du sommet.
- de 2058 mètres, sur un plateau légèrement incliné vers la route où passent annuellement plus de
- Fig. 2. — Entrée du Jardin botanique de la Linnæa, dans les Alpes de Valais.
- tarjït, mais il est sous la direction scientifique de M. Lachmann et peut être considéré comme une
- 15 000 voyageurs et à deux pas de l’hospice. Ce jardin est entretenu par le gérant de l’hôtel du Lau-
- Fig. 3. — La Rocaille des plantes des Alpes à la Linnaia.
- dépendance de la Faculté des sciences de Grenoble, qui l'utilise pour des études de comparaison^ou pour
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- Fig. 5. — Jardin botanique alpin de la Linnæa à Bourg-Saint-I'ierre (-1090 mètres d’altitude). — Les plates-bandes de plantes rares.
- des expériences diverses de physiologie végétale. I établi en 1899 par les frères Rouget sous la direction A l’Observatoire du Pic du Midi, le jardin fut | de M. Marchand, directeur de l’Observatoire. Mais
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- l’initiateur en fut M. Vaussenat, qui, dès qu’il fonda l’Observatoire au Pic du Midi, réserva un terrain pour son jardin botanique pyrénéen. C’est M. Joseph Rouget, jardinier-botaniste de grand mérite, et qui reste l’àme de l’entreprise, qui l’a menée à bonne lin. Ce jardin est situé à 2855 mètres, sur une plate-forme naturelle abritée des vents du sud et de l’ouest, dans un site pittoresque et rocheux.
- Le jardin a été divisé en deux parties distinctes :
- 1° jardin d’essai ou d’acclimatation, aménagé sur la partie supérieure, à peu près horizontale, du terrain ; 2° le jardin alpin proprement dit, installé sur les pentes qui entourent cette plate-forme. Un rapport très intéressant, publié par le directeur M. Marchand, ne laisse aucun doute sur la valeur de l’entreprise. L’auteur met ce jardin à la disposition des savants et des universités, comme un laboratoire et un champ d’expériences situé à une altitude exceptionnellement élevée1. Le jardin botanique du Schachen, en Ravière, est de trop récente création pour qu’il nous soit possible de fournir sur lui des détails précis. Disons seulement que le professeur Goebel, qui le dirige, et qui a visité celui de la Linnæa l’an dernier en notre compagnie, a de beaux et grands projets scientifiques.
- Quant au jardin du Rallon d’Alsace, il est essentiellement clubalpinesque et offre cependant un intérêt scientifique sur lequel il est inutile d’insister.
- Le jardin alpin des Rochers de Naye sur Montreux (Rambertia), situé à 2000 mètres, est extrêmement pittoresque et offre cet avantage qu'on peut s’y rendre en chemin de fer. Il est créé depuis 6 ans et offre déjà un grand intérêt. Quant à ceux des Alpes italiennes, la Chanousia,celui de Conrmayeur, la Daphvæa, il nous semble qu’après un très bel élan de zèle ils aient été plus ou moins abandonnés de leurs fondateurs. Reste celui de Pinerolo, dans les Alpes Cottiennes, la Rostania, ainsi nommé en l’honneur de feu le botaniste Rostan, médecin à Saint-Germain, dans le Piémont. Celui-là est situé à 1500 mètres, dans une situation très belle, sur un terrain admirablement choisi, arrosé par un cours d’eau cascadant et légèrement boisé de hêtres. Son directeur est le professeur D. Monnet, de Pinerolo, qui a tout le mérite de sa fondation. On y a construit en 1901 une jolie maisonnette pour les personnes qui veulent y étudier et, dans la suite, on espère y établir un laboratoire et un herbier. Henry Correvon.
- AMÉLIORATION DE LA BASSE SEINE
- En mars 1901, et à la date fixée par un de nos collaborateurs, je me rendis à Caudebec pour voir le mascaret le plus fort de l’année ; après une attente de quelques minutes sur le quai de la paisible petite ville,encombrée celte fois de curieux venus comme moi pour assister au phénomène, le flot apparut enfin, au tournant de la rivière, avec une exactitude qui faisait honneur aux
- 1 Le jardin botanique alpin de l’Observatoire du Pic du Midi, Bulletin de la Société Bamond, 1901, 1er trimestre.
- calculs de noire collaborateur. Toutefois, j’éprouvai une assez vive désillusion : sans doute le mascaret avait amené une masse d’eau produisant pour ainsi dire instantanément une dénivellation de six à sept mètres, c'était comme un gonflement subit qui, en moins de deux ou trois minutes, avait rempli la rivière; mais je n’avais pas vu la fameuse vague éeumante, barrant le cours du fleuve, et s’écroulant comme un mur liquide, dont toutes les descriptions parlaient jadis. J’allais réclamer; on m’avait trompé, cela ne devait pas être le vrai mascaret, quand j’eus la bonne fortune de rencontrer un des ingénieurs du service de la navigation de la basse Seine, qui me renseigna complètement. Le mascaret est pour ainsi dire à peu près disparu, ou plus exactement il s'est adouci jusqu’à ne plus présenter aucun danger pour la navigation, tout simplement par suite des travaux considérables exécutés pour rendre plus faciles la montée de la Seine et l’accès du port de Rouen. Ce sont ces travaux dont nous voudrions donner un aperçu, tout en indiquant ce qu’on a encore à faire pour améliorer la navigation maritime sur la partie inférieure du tleuve. Ils ont été effectués sous la direction de M. Relleville, ingénieur en chef, par MM. Godron et Cardin, ingénieurs,et nous emprunterons les renseignements (pie nous donnerons à ce sujet, à une étude qu’ils ont eux-mêmes préparée.
- Jusqu’en 1848 on était demeuré sans effectuer aucun travail pour améliorer la Seine entre Paris et Rouen. Sur la moitié de cette distance, le tleuve ne se présentait qu’à l’état d’estuaire, avec une largeur de 1000 mètres même entre La Mailleraye et Villequier, et l’on y rencontrait tous les inconvénients caractéristiques des estuaires abandonnés à eux-mêmes, bancs mobiles, chenal sinueux et variant sans cesse, défaut de profondeur d’eau. Des bateaux de moins de 200 tonneaux, et ne tirant que 5 mètres à peine, mettaient au moins quatre jours pour remonter à Rouen, s’échouaient sur les bancs à marée basse, étaient parfois abandonnés par les équipages à cause du passage du fameux mascaret et jusqu’àc-e que le danger fut loin.
- C’est en 1848 que l’on élabora un premier plan, qui avait pour but de construire des endiguements entre Villequier et Quillebcuf. Quand on en eut édifié seulement sur une longueur de quelque 28 kilomètres, on put constater une amélioration considérable, puisque l’on portait ainsi immédiatement de 5,n,50 à Gm,50 les profondeurs à pleine mer sur certains passages dangereux ; on continua donc le travail en le complétant par certains dragages, et en 1866 tous les endiguements jugés nécessaires étaient établis entre la Mailleraye et le confluent de la Rislc, sur une longueur totale de 65 kilomètres. La plate-forme de ces digues était arasée au niveau des hautes mers moyennes, et même parfois on avait adopté des digues plus basses.
- A partir de 1866, si l’on n’entreprit plus de travaux nouveaux, il fallut du moins consacrer tous les efforts et les fonds disponibles à l’entretien des digues existantes. Ces matériaux, essentiellement
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- gélifs, ne résistaient point à l’action des courants, et cela d’autant moins que le niveau des basses mers avait été abaissé considérablement par suite des travaux, et que le mascaret exerçait particulièrement son action juste au-dessus de ce niveau.
- On essaya d’abord de recharger simplement les digues, mais, depuis 1878, on décida fort heureusement de les protéger et de les consolider, parfois même de les refaire presque complètement en adoptant un prolil type, qui est également suivi pour tous les nouveaux travaux actuels. Le massif d’enrochements est revêtu de blocs sommairement arrimés, et protégé des eaux et des gelées par une couverte de 0m,20 à 0m,40 de béton régnant sur toute la hauteur de l’ouvrage. Partout où l’on peut craindre des affouillements, on établit au pied une risberme en béton de 5 mètres de large sur 0m,50 à 0ra,i0 d'épaisseur, risberme qui s’appuie sur un vannage en bois arasé un peu au-dessus des basses mers moyennes et fait de pieux et de palplanches ou de bordages. Notons que l’on emploie du ciment de laitier Là où la salure n’est pas encore sensible, et ailleurs du ciment de Portland.
- Mais, par suite même de l’extension du port de Rouen et des travaux locaux qui y ont été faits et au courant desquels nos lecteurs ont été tenus, les conditions de navigation de la Seine maritime devenaient insuffisantes, et l’on s’est mis depuis vingt années à exécuter des travaux qui comblent les lacunes des opérations primitives, et qui sont précisément menés vers leur achèvement par les ingénieurs distingués dont nous avons donné les noms plus haut.
- I)’une façon générale, les travaux entrepris comprennent, d’une part, des digues ayant pour but de remanier l’ancien lit et de prolonger cet endigueraient vers l’estuaire, et, d’autre part, des dragages complétant heureusement les résultats déjà acquis. On a donc établi toute une série d’endiguements nouveaux, qu’on continue du reste encore d’après le profil que nous avons indiqué, en s’efforçant de tracer les rives suivant les lois qui conviennent le mieux aux cours d’eau à fond mobile, et en réglant l’écartement de ces digues de manière à augmenter le volume d’eau introduit par les marées. C’est ainsi qu’on a procédé au rescindement du cap de Petit-ville, pour lequel on a eu à transporter et à manutentionner un cube de galets de dragage de 500000 mètres, représentant un poids de 980000 tonnes : ces galets étaient repris dans les chalands par un élévateur et transportés par wagons là où l’on voulait faire un cordon arrêtant les corrosions de l’eau. Entre Tancarville et La Risle, on a établi une digue de rive droite avec crête arasée au niveau des plus hautes mers, et on lui a relié par des épis transversaux l’ancienne digue basse pour conserver le lit mineur du fleuve. Actuellement on consolide cette grande digue « haute » en la dotant d’une banquette supérieure qui la protégera des dégradations dues à la houle. On est en train de reconstruire
- complètement l’ancienne digue des Meules, que les eaux avaient totalement détruite. Entre Tancarville et Quillebeuf, la Seine forme un coude brusque auquel les anciens endiguements n’avaient donné qu’une largeur de 500 mètres environ : cette largeur était trop faible pour laisser la marée se propager aisément, et l’on a décidé de remanier l’endi-guement, qui d’ailleurs était presque entièrement détruit du coté sud. On a adopté pour la digue à reconstruire un tracé en rescindement donnant une largeur de 750 mètres au sommet de la courbe ; là encore on emploie pour former le cordon de la digue un élévateur à godets qui reprend dans des chalands les galets dragués sur le banc des Flaques, à 15 kilomètres en amont, et les décharge dans des wagons qui les portent au lieu dàmiploi. La digue, dont la plate-forme sera à 9m,50 au-dessus du zéro des cartes marines, aura son talus protégé par un revêtement en moellons de béton artificiels faits avec les galets mêmes. Nous ne pouvons songer à décrire en détail tous ces travaux, mais nous tenons du moins à donner une idée de leur importance et de leur variété. C’est ainsi qu’on doit également, à l’heure actuelle, poursuivre activement le prolongement des digues en aval du confluent de la Risle, opération qu’on avait longtemps différée de peur qu’il n’en résultât des inconvénients pour le port du Havre. Au nord, le tracé prolonge celui de la digue haute dont nous avons parlé tout à l’heure, décrit une courbe convexe et s’arrête au méridien de Saint-Sauveur, en présentant une longueur de 6500 mètres. Au sud, le tracé se détache de la digue ouest de la Risle et s’étend sur 4800 mètres; l’écartement des deux tracés à leur extrémité est de 4 600 mètres. On se réserve de prolonger ultérieurement la digue sud jusqu’à Ronfleur. Notons que, pour la digue sud, on commence par établir une digue basse qui provoquera des colmatages, et c’est ensuite qu’on construira la digue haute en profitant de ces colmatages pour les travaux.
- Les endiguements ont rendu des services signalés en obligeant les eaux mêmes à enlever les matériaux suffisamment mobiles ; mais les dragages sont devenus nécessaires partout où l’équilibre s’est établi, et là où les terrains sont trop durs pour se laisser entamer par le mouvement des eaux. C’est ainsi que le service de la Navigation a été amené à faire construire tout[un matériel de dragues à godets, comprenant une drague marine dite Vilie de Rouen, qui peut enlever 500 mètres cubes à l’heure, puis un élévateur flottant, un élévateur fixe et une série de chalands : on a dragué de la sorte la passe des Meules, celle de Rardouville, et l’on continue actuellement les dragages du banc des Flaques, qui a donné une bonne partie des galets employés à l’établissement des digues. Déjà l’on a ramené le tirant d’eau sur ce banc à un mètre au-dessous du zéro des cartes marines, alors que les bateaux y trouvaient jadis la cote zéro de ces cartes. Enfin à l’heure présente, et comme nous l’avons indiqué en
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- parlant du remarquable matériel fourni par l’ancienne maison Satre, on poursuit activement des dragages dans les sables de l’estuaire proprement dit, au moyen de dragues à succion.
- Assurément on a consacré des sommes énormes à ces améliorations de la Seine maritime, sommes qui
- se chiffrent par 54 millions si l’on tient compte du programme engagé ; mais on a obtenu déjà des résultats vraiment précieux. Grâce aux approfondissements, le port de Rouen peut maintenant recevoir en vive eau moyenne des navires dépassant 7 mètres de tirant d’eau, et ceux-ci, aidés par le courant de
- • Haute '•ncr de.- uioc' h ecut
- Fig. 1. — Plan et profil fiu cours fie la basse Seine.
- flot, ne mettent que 7 à 8 heures pour venir de la rade du Havre. Rien plus, ils n’ont point à se préoccuper de la nuit, et ils peuvent en tout temps mar-
- cher avec pleine sécurité : c’est qu’en effet, depuis 1892, un balisage lumineux et des mieux compris, établi entre la Risle et la mer, est venu compléter le
- Fi". 2. — 1. Prolil d’une digue courante. — 2. Profil des digues nouvelles de l'estuaire.
- système des feux entre Rouen et Caudebec; tout l’estuaire est balisé par des bouées lumineuses en forme de bateaux, ayant une tenue suflisante quoique pouvant se déplacer aisément au fur et à mesure des variations des bancs, et éclairées au moyen de gaz d’huile, ce qui permet de ne remplacer l’approvisionnement que tous les quinze jours. Nous pourrions ajouter encore que les travaux d’endiguement
- ont reconquis sur la mer de vastes prairies d’allu-vions qui représentent une superficie de près de 8000 hectares et sont fort appréciées par les éleveurs. Si bien que les intérêts généraux se sont trouvés tirer parti autant que la navigation maritime des travaux considérables effectués dans la Seine Maritime. Daxiel Reflet.
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- UNE NOUVELLE CHARRUE VIGNERONNE
- Tous les praticiens sont unanimes à reconnaître la nécessité de donner des façons culturales multiples à la vigne. Sous l’influence de soins appropriés, le viticulteur conservera la bonne végétation de la plante et s’assurera un maximum de production. Les résultats cherchés seront atteints à condition de provoquer l’aération du sol, de l’entretenir dans un état constant de fertilité, et surtout de détruire toute la végétation adventice de la surface.
- Les labours produisent bien de très heureux effets, mais ils seraient insuffisants pour déterminer la complète disparition des plantes parasites, si leur action n’était complétée par des hersages, des sarclages et des binages. De là, la nécessité pour le vigneron de posséder un certain nombre d’instruments, notamment des charrues, des herses, des houes, et de se livrer à plusieurs opérations agricoles distinctes, qui sont souvent onéreuses et absorbent une partie de son temps.
- Pénétré de ces inconvénients, un propriétaire A gênais, M. Julius Salomon, vient de faire construire une charrue fort ingénieusement conçue, qui, selon nous, est susceptible de rendre des services dans les régions vignobles. Cette charrue, nommée « la Française », a une triple mission ; elle permet de labourer le sol sur une dizaine de centimètres de profondeur, de détruire toutes les herbes parasites, de fractionner les mottes et de niveler le terrain comme le ferait un hersage énergique. Il est inutile de nous arrêter sur les particularités de l’attelage, qui varient peu avec les divers modèles de charrues vigneronnes. Le point principal est de faire ressortir le côté original de l’instrument, dont l’ensemble a beaucoup d’analogie avec un araire à mancheron unique.
- Dans sa partie essentielle, « la Française » se compose d’une lame coupante a (nos 1 et 2), formant un angle de 54° par rapport à l’axe de la charrue. Sur cette lame prolongée ' en arrière en plan incliné
- et constituant en quelque sorte une première portion de versoir, se trouvent implantés des couteaux (b), chargés de découper la bande entière en une série de prismes partiels. La partie postérieure de la lame a est pourvue d’évidements (c), par où tombe immédiatement la terre émiettée, tandis que la bande entière soulevée par le plan incliné subit l’action des couteaux diviseurs. Ceux-ci ont un écartement moindre à leur origine qu’à leur sommet; c’est là une disposition heureuse, car il en résulte pour les prismes partiels une détente d’autant plus grande qu’ils s’avanceront davantage sur le plan incliné. En même temps, il se produit un mouvement de projection des terres dont la précipitation est subordonnée à la vitesse des animaux. Par suite de ces
- déplacements, de cette division de la bande, les phénomènes d’aération et d’oxydation sont plus intenses; la couche de la surface, plus énergiquement ameublie, s’oppose à l’action de la capillarité, et la terre conserve toute sa fraîcheur.
- La charrue « la Française», a également une action marquée sur la destruction des mauvaises herbes. La bande découpée horizontalement par le soc est enlevée sur la pièce faisant office de ver-soir, où elle est divisée et soumise aux mouvements de détente et de projection examinés précédemment. Les racines des plantes entraînées avec elle sont dépouillées de leur terre et déposées à la surface d’un sol meuble où elles ne tardent pas à se déssécher, exactement comme si elles avaient été coupées par une houe et divisées à la herse.
- Enfin, le coutre de l’instrument présente une forme et une affectation spéciales ; il est chargé d’abord de découper la terre verticalement, puis, dans sa partie supérieure g' (n° 1), forme la contre-lame d’un sécateur dont la lame h', reliée à un levier h, terminé par une poignée h", est mobile autour du point o. Le sécateur a pour mission de trancher pendant la marche les herbes susceptibles de venir s’accumuler dans l’angle formé par le coutre et l’age. En temps ordinaire, la branche de la lame
- Charrue vigneronne « la Française ». — 1. Élévation. — 2. Plan.
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- est appuyëe sur un support i, fixé au mancheron. Si l’ouvrier juge à propos de faire agir ce sécateur, il peut le manœuvrer sans se déplacer et sans perdre de vue la direction de son instrument et de son attelage. A notre avis, ce dernier organe est complètement inutile, les plantations de vignes bien entretenues n’ayant jamais une végétation parasite assez abondante pour former des obstructions gênantes ; d’ailleurs, la plupart des charrues vigneronnes actuelles sont dépourvues de contre. Le constructeur de « la Française » l’a Tort bien compris, puisqu’il n’a pas fixé son sécateur à demeure, et qu’une combinaison très simple permet de l’enlever de la charrue en quelques instants lorsque la faible dimension des herbes rend son emploi inutile. Après avoir été coupées par les couteaux (/;), les bandes, complètement désarticulées, retombent à plat derrière la charrue, donnant l’illusion d’un terrain nivelé à la herse. En somme, l’instrument en question produit des effets multiples tout en réduisant considérablement les façons et les frais. Cette charrue fonctionne déjà depuis trois ans dans plusieurs exploitations du département du Lot-et-Garonne où elle paraît appréciée. Les encouragements témoignés au constructeur, les résultats obtenus avec elle jusqu’alors, semblent être un gage de son succès pour l'avenir.
- Albert Vilcoq.
- Proies jour d'agriculture.
- CHRONIQUE
- i».' namo à haute tension. — D’après le « Bulletin technique de la Suisse romande », la Société Thury a construit, il y a peu de temps, une dynamo à courants continus de 25000 volts. L’inducteur est en fer laminé et tourne à l’intérieur d’un anneau fixe en deux pièces constituant l’induit. Les bobines induites sont au nombre de 48 et sont encastrées dans des rainures pratiquées dans l’anneau; elles sont isolées à l’aide d’un papier enduit d’un produit spécial. Chaque bobine élémentaire comprend 500 spires de fil de 0mm,5, isolé à la soie. Le débit est de 1 ampère. Le collecteur, qui est fixe, est formé de 90 segments isolés à l’air; deux balais métalliques glissent sur sa surface interne pour recueillir le courant continu. Entre deux segments voisins, il existe une tension moyenne de 500 volts ; pour éviter l’amorçage d’arcs, on a disposé une petite soufflerie qui alimente deux tuyaux dirigeant un vif courant d’air sur les extrémités des balais. La pompe à air est logée à l’intérieur de la poulie de commande de la machine excitatrice, qui est séparée, et fournit 8 ampères à la différence de potentiel de 80 volts lorsque la machine génératrice donne 25000 watts à 25000 volts à la vitesse angulaire normale de 600 tours par minute.
- Avulsion dentaire par suggestion. — Le
- • Dr Moiroud, dentiste des hôpitaux, vient de raconter la petite histoire suivante '. Un jeune homme de dix-sept ans a la première molaire supérieure gauche très cariée, avec périostite alvéolaire. M. Moiroud décide que l’extraction
- 1 Nous la résumons d'après la Revue de l'hypnotisme, du I)r Bertillon.
- est préférable au traitement conservateur. Mais le jeune homme n’est pas de cet avis et se refuse à toute opération. Le père s’en mêle sans succès. Nouveau refus catégorique. Le père, sachant son fils très sensible à la suggestion hypnotique, imagine de le conduire chez le I)r Bertillon, spécialiste bien connu en la matière. Ainsi fut fait. (( Tel jour, dit M. Bertillon au jeune récalcitrant, vous irez de ma part chez le I)r Moiroud. Celui-ci pratiquera une injection de cocaïne et vous enlèvera votre dent sans la moindre douleur. » Et le jeune homme, accompagné de son père, s’en alla tranquillement chez le dentiste. Comme mù par une force invincible, il se plaça de lui-même sur le fauteuil, dans la position la plus favorable. M. Moiroud fit simplement le simulacre de l’injection de cocaïne, attendit quelques minutes comme pour laisser le temps d’agir à l’anesthésique ; puis, plaçant son davier, il enleva la dent non sans être obligé de déployer une force très grande ; la molaire était implantée solidement, avec ses trois racines très écartées. Le jeune client ne broncha pas ; il ne témoigna aucune sensibilité et resta d’une immobilité absolue. L’opération terminée, il descendit spontanément du fauteuil. Alors seulement il parut se réveiller et reprendre son état normal. Il y a bien eu extraction sans douleur. Ce n’est pas la première fois. Cette observation est intéressante à deux points de vue. D’abord, la suggestion a produit une anesthésie absolue; ensuite, elle a permis une opération à laquelle le jeune homme était résolu à se soustraire. Donc, suppression de la volonté, suppression de la douleur. La suggestion reste donc une ressource dans beaucoup de cas, chez des sujets pusillanimes, pour leur faire accepter les explorations ou les interventions de petite chirurgie.
- Œuf artificiel pour réfrigération. — 11 s’agit d’une simple capsule ovoïde creuse, en cuivre nickelé, ayant la forme et le volume d’un œuf de poule. Cette capsule est composée de deux coquilles de capacités inégales, qui se vissent l’une dans l’autre. Le joint est aussi parfait que possible, de manière que l’étanchéité soit complète; il est d’ailleurs presque invisible. Pour utiliser cet œuf, on remplit presque complètement d’eau la plus grande des deux coquilles et on visse par-dessus la plus petite. L’œuf une fois fermé, ofl provoque d’une manière quelconque la congélation de l’eau emprisonnée. C’est alors qu’on peut le plonger dans les breuvages qu’on veut refroidir. Bien des gens, comme on sait, n’aiment pas à faire tremper dans leurs boissons des morceaux de glace naturelle, celle-ci pouvant renfermer des germes nuisibles. Ils utilisent alors l’œuf métallique qui évite tout contact avec la glace et le liquide à rafraîchir.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 avril 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- La séance est ouverte à 5 heures précises par M. A. Gau-dry bientôt remplacé par M. Bouquet de la Grye. M. le secrétaire perpétuel Darboux énumère les pièces de la correspondance qui comprennent : une invitation émanant de M. Pruvot à désigner un délégué chargé de représenter l’Académie à la cérémonie qui aura lieu le 9 mai à Banyuls, en l’honneur de la mémoire de M. de Lacaze-Duthiers; une Note de M. Dubois sur la combinaison de l’alumine avec le sesquioxyde de chrome. — M. le Pro-' fesseur Bouchard dépose une Note de M. Carrière, rela-
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- LA NATURE.
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- tive au traitement du rachitisme par l’huile de foie de morue lécilliinée. — M. Boutaricq signale, dans le département de la Gironde, une invasion d’insectes qui en raison des ravages causés peut être considérée comme un fléau. — M. Firmin Larroquc communique un travail sur les ondes hertziennes pendant les orages.
- M. le Président prend ensuite la parole en ces termes :
- « M. Alfred Cornu vient de mourir, emporté par une maladie dont rien ne faisait prévoir qu’elle dût se terminer si malheureusement. Il était entré à l’École polytechnique en 1860, puis à l’Académie des sciences en 1878, à 1 âge de 57 ans. À l’École polytechnique, c’était un professeur très aimé; au Bureau des longitudes, il donnait des Notices publiées dans Y Annuaire, écrites dans une langue parfaite. 11 était en pleine production et laisse un nom dans la science. Il sera regretté de tous les membres de l’Académie. »
- .M. le président lève ensuite la séance en signe de deuil.
- Cil. DE VlLLEDEülL.
- ALFRED CORNU
- La science vient de subir une irréparable perte ; Alfred Cornu nous a été enlevé dans la plénitude de sa force et de son talent, alors que la jeune école de physique pouvait attendre beaucoup encore de ses conseils et de ses directions, puisés aux sources intarissables de sa perspicacité, de son savoir et de sa bienveillance, en môme temps que la science elle-même était en droit d’espérer une longue continuation des admirables travaux qui ont illustré son nom.
- La vie d’Alfred Cornu pourrait être caractérisée en quelques mots; le succès, qui présida à ses débuts, lui tint fidèle compagnie; nommé à 26 ans professeur à l’Ecole polytechnique, grâce aux preuves éclatantes qu’il avait déjà données de son talent, il put, tout jeune dans une importante situation, développer loin de l’âpre lutte les beaux dons qu’il avait reçus, travailler sans fièvre à des oeuvres d’une classique perfection, qu’un penchant naturel le conduisait à rechercher sans cesse.
- C’est, en effet, par la perfection que son oeuvre se distingue de tant d’autres, et par la perfection qu’elle demeurera.
- Ceux qui ne l’ont pas connu personnellement, qui n’ont pas recueilli quelque chose de sa pensée ont pu s’étonner parfois de ne pas voir cet esprit éminent suivre le chemin hasardeux qui conduit à la découverte des phénomènes entièrement nouveaux ; pour qui le connaissait, cette disposition semblé toute naturelle. Avant d’asseoir la découverte, il faut errer longtemps dans les hrumes de l'hypothèse, il faut, pour une période souvent longue, renoncer à voir clair. Or, voir clair en toutes choses, ne laisser nul recoin de la pensée dans Ta pénombre fut, pour Alfred Cornu, le complément de sa perpétuelle aspiration vers tout ce qui est parfait, vers tout travail accompli.
- A un âge où l’on veut aller vite en besogne, où pour la plupart des chercheurs, les résultats ne sont jamais assez rapidement obtenus, Cornu
- s’imposait la lente préparation d’un des plus difficiles problèmes de la physique expérimentale, la détermination de la vitesse de la lumière. Et, dans ces dernières années, alors que de multiples occupations ne lui permettaient plus d’entreprendre des recherches qui nécessitent une aussi longue assiduité, nous le voyons encore s’attacher à une foule de problèmes dans lesquels était demeurée quelque obscurité, les reprendre sous une forme imprévue et originale, et, finalement, les abandonner sous la forme la plus limpide que l’on puisse imaginer.
- Né le 6 mars 1841, à Châteauneuf (Loiret), Alfred Cornu fut admis en 1860 à l’École polytechnique; en 1866, il sortit de l’Ecole des mines; en 1867, il était nommé professeur à l’Ecole polytechnique, dans cette chaire à laquelle, jusqu’à son dernier jour, il consacra peut-être le meilleur de son activité. La détermination de la vitesse de la lumière lui valait, en 1878, le prix Lacaze, décerné par l’Académie des sciences, qui lui ouvrait ses portes la même année, et dont il fut plus tard le président.
- En 1886, il était nommé membre du Bureau des longitudes ; le conseil de l’Observatoire de Paris et le conseil de perfectionnement de l’Ecole polytechnique le comptaient aussi dans leur sein. Nommé membre de la Section française de la Commission internationale du Mètre, il entra, en 1900, au Comité international des Poids et Mesures, où. il succédait à Joseph Bertrand. Par deux fois président de la Société française de Physique, il fut, d’une voix unanime, acclamé président du premier congrès international de physique, réuni à Paris en 1900.
- Entrer dans le détail des travaux d’Alfred Cornu serait difficile dans cette courte Notice; nous pouvons cependant en suivre les grandes étapes.
- L’optique l’attira tout d’abord; ses premières notes présentées à l’Académie en 1863 et 1865, se rapportent aux faisceaux réfléchis ou réfractés, et à la réflexion cristalline, à laquelle il consacra plus tard de longues recherches. Beaucoup plus tard, il devait étendre ses investigations à la réflexion vitreuse ét à la réflexion métallique, que bien des maîtres de la physique considéraient comme des phénomènes entièrement distincts. Us l’étaient, en effet, à quelques exceptions près, lorsqu’on s*e limitait à une région étroite du spectre; mais en étendant les recherches de l’extrême rouge jusqu’au lointain ultra-violet, Cornu montra que l’on passe insensiblement de l’un à l'autre, et, ainsi, fit disparaître une des nombreuses barrières artificielles qu’une science encore trop peu éclairée avait élevées.
- L’étude du spectre occupa Cornu pendant de longues années ; pour la première fois, on eut, par sa mesure des longueurs d’onde des raies de l’hydrogène, une série connue avec une précision suffisante pour qu’il fût possible d’examiner la validité des for-
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- LA NATURE.
- mules de répartition des raies d’un même corps. Aux nombres donnés par Cornu, la formule devinée par Ralmer s’appliqua avec cinq chiffres exacts, et cette extraordinaire coïncidence fut le point de départ des nombreuses recherches, déjà très fructueuses à l’heure actuelle, mais qui promettent plus encore pour l’avenir, dont l’objet est de grouper, dans des expressions algébriques, les raies spectrales d’un même corps ou de corps voisins. En même temps, l’absorption atmosphérique était minutieusement étudiée; par un grand nombre de photographies faites pendant plusieurs étés, dans la propriété de Courtenay, où Cornu aimait à passer les mois de vacances, il fixa la limite ultra-violette du spectre solaire aux basses altitudes, tandis que, dans des expériences de laboratoire, il montrait que l’air oppose un écran absolu à l’ultra-violet au voisinage de Op.,185.
- De telles recherches, au cours desquelles il était souvent conduit à scruter le ciel, devaient nécessairement attirer son attention sur les phénomènes optiques de l’atmosphère, dont l’étude, activement poussée par les physiciens français' de la première moitié du siècle passé, est un peu négligée aujourd’hui. Les splendides lueurs que l’on put observer vers la fin de 1883 fournirent à Cornu l’occasion d’utiliser la profonde connaissance qu’il avait des phénomènes de l’optique. Il montra que la lumière crépusculaire qui donnait alors une si merveilleuse douceur aux couchers de soleil, était due à une diffraction sur des poussières fines, et il devint évident que la formidable explosion du Krakatoa en était la cause première.
- Si l’optique fut l’étude de prédilection de Cornu, d’autres branches de la physique furent aussi enrichies de ses travaux ; une détermination de la constante de la gravitation, entreprise avec M. J.-B. Baille, en reliant les recherches de Cavendish aux travaux plus récents de Boys, de Poynting, de l’raun, donna les limites des nombres entre lesquels on peut encore hésiter aujourd’hui.
- Nous passerons rapidement sur certains travaux concernant l’acoustique ou l’élasticité, où Cornu a laissé une trace féconde, pour dire encore quelques mois d’une recherche où il semblait que tout eût été
- dit dans un célèbre mémoire d’IIelmholtz, et où Cornu a apporté une clarté subite et inattendue. Les conditions de résonance et de synchronisation des mobiles sont définies par une équation différentielle du second ordre, dont la solution est l’équation d’un mouvement pendulaire amorti. On avait tiré de cette équation tout ce qu’elle peut donner, lorsque Cornu s’avisa d’une représentation géométrique nouvelle très élégante. D’un coup, le problème fut transformé, et rebondit pour ainsi dire, dans de lointaines conséquences pratiques. L’auteur avait eu en vue la synchronisation des horloges, qu’il réalisa immédiatement, dans des conditions très parfaites; mais c’est dans ces derniers temps surtout que la solution qu’il avait donnée prit de l’importance ; l’extension de la distribution par courants alternatifs imposa la résolution d’un problème industriel d’une extrême difficulté, l’accouplement en parallèle des alternateurs. Par la méthode qu’il avait inaugurée, Cornu développa le problème pour ce cas particulier, et en facilita ainsi beaucoup aux constructeurs l’application pratique.
- Cet exemple, choisi parmi beaucoup d’autres, est très caractéristique d’une partie importante de l’activité de Cornu. Désireux de rendre son enseignement à l’Ecole polytechnique de plus en plus clair et de plus en plus attrayant, il en revoyait une question après l’autre, simplifiait les démonstrations, substituait, aussi souvent que cela était possible, la géométrie qui fait apparaître les relations, à l’analyse qui les cache trop souvent.
- De très bonne heure, le nom d’Alfred Cornu avait dépassé les frontières de son pays, et la plupart des académies et des sociétés savantes du monde entier l’avaient reçu dans leur sein.
- Admirateur passionné du génie de Fresnel, continuateur de l’œuvre de Eizeau, il était comme un vivant écho de la glorieuse période de l’évolution de l’optique; mais aussi, dans mainte direction de la recherche expérimentale, il restera l’un des plus parfaits modèles dont les jeunes générations puissent se proposer l’exemple. Ch.-Ed. Guillaume.
- Le Gérant : P. Masson.
- Alfheo Loiinu
- Membre de l'Institut et du Bureau des Longitudes.
- Paris. Imprimerie Laiilue, rue de Fleuras, 3
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- .V lût)'.).
- 2(i AVH1L 1 '.10-2.
- LA NATTRK
- LES MACHINES A JET DE SABLE
- Les machines à jet de sable deviennent chaque jour l’objet de nouvelles applications où l’action du sable est substituée très avantageusement à la main-d’œuvre. Elles peuvent notamment être utilisées pour les travaux suivants : gravure sur pierre, verre, cristal, marbre, en positif ou négatif; matage et mousselinage du verre ; polissage et décapage des métaux, tôles, fers, elc., pièces coulées; désablage des pièces moulées de toutes sortes, etc.
- Dans ces différents travaux, la sableuse opère avec une rapidité et une netteté que la main de l'homme ne peut égaler. Nous allons décrire, à titre d’exemple, l’un des types les plus courants susceptible d’être appliqué à tous les cas.
- Son installation comprend trois appareils distincts : un compresseur d’air, un réservoir à air destiné à rendre l’écoulement de l’air le plus homogène et le plus régulier possible, enfin la sableuse proprement dite.
- Cette machine, représentée en coupe dans la figure ci-contre est constituée, d’une manière générale, par un corps cylindrique en tôle divisé en quatre parties distinctes : une trémie supérieure C, une chambre de réserve D, une chambre d'évacuation E et la chambre de la tuyère F.
- La trémie reçoit de l’extérieur le sable destiné à opérer, elle supporte à sa partie supérieure un treillage métallique ne donnant accès qu’au sable et aux poussières fines ne pouvant nuire au fonctionnement de la machine. Sa base reçoit une soupape a que le poids du sable abaisse à l’arrêt et qui est appliquée sur son siège lors de la mise en fonction. Cette soupape permet d’alimenter la machine sans en interrompre la marche. La chambre de réserve 1) reçoit 30' année. — ier semestre.
- Coupe montrant les divers
- le sable provenant de la trémie lorsque le robinet g est dans la position horizontale, la soupape b étant à ce moment fermée par la pression qui agit dans la chambre E.
- La chambre d’évacuation est alimentée d’une quantité de sable déterminée qui, lors de la marche, est renouvelée automatiquement par la chambre de réserve 1) dont la soupape inférieure b équilibrée par une pression égale de part et d’autre (le robinet g
- étant tourné vers le bas) livre passage à une quantité de sable égale à celle qui trouve passage dans la tuyère F. L’évacuation normale du sable est assurée par un tuyau vertical traversant la couche de sable et conduisant l’air à la partie supérieure de la chambre E de façon à pousser le sable vers l’orifice c.
- Cette opération est facilitée par un entraînement brusque opéré dans la chambre F par l’entrée de la tuyère d’où le sable est projeté à l’extérieur dans de telles proportions qu’il doit être, pour ainsi dire, tenu en suspension dans la couche d’air qui l’entraîne, de façon à éviter l’engorgement du tuyau porte-jet. Les communications de ces différentes chambres sont assurées par un robinet g manœuvré de l’extérieur.
- La quantité de sable nécessaire est réglée de l’extérieur par le robinet c. A l’extrémité de la tuyère s’adapte, suivant le type de machine, un ou deux tuyaux flexibles en caoutchouc, portant à l’extrémité une buse en fonte d’où est projeté directement le sable sur la pièce à ouvrager.
- Cette machine d’un fonctionnement très simple donne des résultats très intéressants. Elle permet de percer des trous de 40mmde diamètre en 2 minutes et demie dans une couche de lave de 32cm d’épaisseur; une glace très dure de 14rara d’épaisseur est perforée en moins de 2 minutes. Un cadre de bicy-
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- Machine à jet de sable pour le décapage, le polissage et la gravure des métaux, organes de la sableuse.
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- LA NA TL H K.
- dette est entièrement décapé, après brasage, en S à 10 minutes ; une feuille de tôle fortement oxydée et mesurant 1 mètre carré est complètement décrassée et matée en 7 à 9 minutes. On vient de nettoyer ainsi le pont de l’Europe à Paris.
- Il importe de faire ressortir que la propreté du travail, sa finesse, sa régularité et sa rapidité sont des avantages précieux; ces nouvelles machines sont appelées à rendre de grands services à l'industrie. Ceouges Cave.
- À PROPOS PU SUNT-SUA1RE ÜË TURIN
- IMAGES PKODU 1TES l'Ail DES VAPEURS
- L’attention est ramenée en ce moment sur le Saint-Suaire de Turin par une étude d’une très haute portée, que présente sur ce sujet tant discuté M. Yignon, docteur es sciences. Ce travail, objet d’une communication à l’Académie des sciences1, et d’un ouvrage détaillé2, repose sur une discussion approfondie, aux différents points de vue historique, artistique, anatomique, documentaire et scientifique, de l’image que l’on observe sur ce tissu. Le Saint-.Suaire est la propriété de la maison royale de Savoie depuis le quinzième siècle. L’empreinte qu’il porte est attribuée au Christ et a été successivement rapportée soit à une cause surnaturelle, soit à une peinture banale du moyen âge, soit enfin aux taches laissées par la sueur et le sang du Christ sur son linceul. Les magnifiques photographies de ce document, obtenues par le chevalier Pia, en 1898, et authentifiées par les copies et descriptions qui s’échelonnent depuis le quatorzième siècle jusqu’à nos jours, ont permis l’étude détaillée que M. Yignon vient de faire.
- Nous regrettons de ne pouvoir donner ici un exposé, même très abrégé, des arguments si puissants qui tendent à prouver que l’image olferte par le Saint-Suaire est formée non par une peinture de main d’homme, comme on l’a prétendu, mais par une sorte de teinture due aux conditions particulières de l’ensevelissement, teinture brune reproduisant le corps et les traits du Christ en négalif, c’est-à-dire avec des teintes foncées pour les reliefs, des teintes claires pour les creux, et des demi-teintes pour les parties intermédiaires. Nous dirons toutefois que ceux qui n’ont pas encore vu la reproduction en positif, soigneusement tirée, ne peuvent se faire une idée de l’impression saisissante de douceur et de majesté qui se dégage de cette tcte, sur l’image où le Christ apparaît, avec un modelé réel, dans l’état où il a été mis au sépulchre. Et nous ne nous occuperons plus que du point de vue scientifique.
- M. Yignon avait déjà définitivement écarté les différentes hypothèses présentées jusqu’ici, et avait démontré, par l’observation directe, qu’il s’agis-
- 1 Séance du ‘21 avril 1902.
- 3 Le Linceul du Christ. Étude scientifique, par Yignon. Masson et G,e, éditeurs, Paris. — 15 francs.
- sait là d’une reproduction par projection à distance, lorsqu'il entra en relation avec M. le commandant Colson, répétiteur de physique à l’École polytechnique, qui avait étudié les actions que les radiations et les vapeurs peuvent exercer à distance sur une surface sensible, telle que la plaque photographique, La collaboration qui en est résultée a dirigé cette étude dans la voie des vérifications expérimentales qui ont fait aboutir leurs travaux à des conclusions si intéressantes.
- 11 ne fallait pas songer à invoquer l’elfet d’une radiation, car, au point de vue physique, on ne conçoit ni la possibilité d’une radiation émanant du corps dans le sépulcre, ni la présence, sur le Saint-Suaire, d’une substance capable d’être impressionnée par une radiation. Il ne restait donc qu’à se rabattre sur les vapeurs et à chercher ; \° dans quelles conditions une vapeur, émanant d’un corps pourvu de reliefs et de creux, peut donner à distance, sur un écran formé d’une substance convenable, une image du même genre que celle du Saint-Suaire; 2° si le mode d’ensevelissement du Christ avait réalisé ces conditions.
- Pour résoudre la première question, des recherches dans une voie nouvelle étaient nécessitées par l’insuffisance des moyens connus. M. Colson eut l’idée d’utiliser l’étude, qu’il avait faite, de l’action des vapeurs de zinc sur la plaque photographique, action qu’il a découverte en 1896' et que nous allons résumer. Une lame de zinc, décapée avec du papier émeri, et placée dans l’obscurité sur une couche de gélatino-bromure, y produit un effet qui devient apparent dans le révélateur sous forme d’une teinte grise, plus ou moins foncée, suivant que le contact a duré plus ou moins longtemps. Il suffit de quelques heures. L’action a lieu aussi à distance, même pour un écart de plusieurs centimètres ; elle doit alors durer plus longtemps. M. Colson a montré, par des expériences variées, qu’il s’agit là, non d’une radiation, mais d’un dégagement de vapeur de zinc, qui s’effectue ainsi à la pression et à la température ordinaires lorsque le métal est mis à nu. La vapeur s’emmagasine dans la couche de gélatine, puis s’y oxyde en présence de l’eau et du révélateur, d’où réduction du bromure et dépôt d’argent.
- M. Colson prit un relief en plâtre, représentant une tête de Christ d’une dizaine de centimètres de hauteur, et y déposa par frottement de la poudre de zinc fraîchement préparée ; cette tête fut placée sur la couche sensible d’une plaque Lumière, dans une boîte hermétiquement close; deux jours après, la plaque, retirée et soumise au révélateur, donna
- 1 Comptes rendus de l’Académie des sciences, 6 juillet 1890. Yoir aussi, pour le detail de cette étude sur le zinc, qui a été étendue au magnésium et à l’aluminium, le Bulletin de la Société française de photographie, 15 juillet 1890, 7 ma et 1er juillet 1897, 15 octobre 1900. M. le l)r Russell, vice-président de la Société royale de Londres, a fait connaître en juin 1897 les premières expériences qu'il a exécutées sur le zinc et d’autres métaux, et les a poursuivies sur un grand nombre de substances organiques.
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- LA NAT II! K.
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- une image négative, sur laquelle les endroits qui avaient été en contact avec la plaque étaient représentés par des teintes foncées, et les autres parties j
- par des teintes d’aulant plus faibles que l’écart était plus grand. En faisant une reproduction de ce cliché, par contact, sur une deuxième plaque, on a
- Fig. 1. — Fac-similé de l'impression chimique.
- Fig. ± — Médaille du Campo dei fiori (xvi* siècle?).
- Fig. 5.
- Négatif de l'impression chimique.
- obtenu une image inverse sur laquelle apparaît le modelé positif de la tète. On y constate, en particulier, que le modelé est d’autant moins marqué et d’autant plus flou que l’écart avec la plaque est plus grand.
- M. Yignon opéra, de son côté, sur une médaille recouverte de poudre de zinc, et disposée au-dessous de la couche sensible ; l’image obtenue met en évidence des différences de relief même très faibles. Le positif et le négatif sont représentés ci-contre.
- Ces deux expériences montrent, en outre, qu’il est indifférent de placer l’objet à reproduire en dessus ou en dessous de la couche sensible ; dans les deux cas, la vapeur se diffuse dans l’air en tous sens et arrive sur la couche avec une densité d’autant plus grande que la distance est plus petite. La possibilité d’obtenir la représentation du modelé d’un corps au moyen de vapeurs était donc démontrée. Il restait à chercher si, dans le cas du Saint-Suaire, les deux éléments indispensables, vapeurs et couche sensible, avaient pu exister : la réponse est affirmative.
- M. Yignon, en étudiant les détails de l’image sur les reproductions photographiques du Saint-Suaire, M. Colson, en expérimentant l’action des vapeurs ammoniacales sur l’aloôs et en approfondissant dans les textes latin et grec des Evangiles les conditions de l’ensevelissement du Christ, ont été amenés à des résultats en complet accord et des plus intéressants, dont voici le résumé.
- Comme le temps manquait, parce que le sabbat juif allait commencer, l’ensevelissement n’a été que provisoire et le corps a dù être déposé, sans avoir été lavé ni oint, dans un grand drap de lin préalablement imprégné d’une mixture d’aloès, de myrrhe et d’huile d’olives; ce long drap, qui constitue ce qu’on appelle en France le Saint-Suaire, et qui est plutôt un linceul (sindon en grec), enveloppait le corps dans la longueur en passant par-dessus la tête.
- Alors, les vapeurs ammoniacales provenant de l’urée que la sueur et le sang devaient contenir en forte proportion, d’après ce que l’on sait, après un supplice comme celui de la croix, sont venues agir sur la poudre d’aloès du linceul et ont déterminé l’oxydation de celle-ci en la brunissant d’après la loi des distances, d’où image négative comme avec la
- vapeur de zinc. L’huile joue aussi un rôle : elle est attaquée par les vapeurs alcalines et se solidifie en formant un mordant qui incorpore la teinte brune dans les fibres du lin. Ona donc une véritable teinture, montrant une image négative avec teintes brunes identiques à celles du Saint-Suaire. M. Yignon a réalisé la représentation d’un modelé au moyen de ces éléments.
- La production par les vapeurs d’images bien modelées est donc désormais un fait acquis ; elle est mise ainsi en évidence, pour la première fois, à propos d’une image vieille de près de vingt siècles, due aux circonstances tout à fait exceptionnelles qui résultent du caractère provisoire et temporaire de l’ensevelissement. N....
- LE CORAIL
- Cette belle pierre, d’un rouge si éclatant et si pur, redeviendrait-elle à la mode? Elle était tombée dans un complet discrédit. La verroterie commune, les perles à bon marché, l’avaient aisément supplantée. Et maintenant elle paraît revenir.
- L’antiquité la connaissait et l’appréciait. On savait qu’on la recueillait dans la mer, d’où on la sortait à l’état de masses arborescentes et dures, semblables à des arbrisseaux de pierre, déjà pourvus de leur couleur et de tout leur éclat. On savait encore qu’elle repoussait, puisqu’on en récoltait après plusieurs années, dans un lieu déjà ratissé et exploité. Son allure, sa croissance, portaient à la considérer vraiment comme un arbre, comme un végétai d’une sorte particulière, solide et dur, qui poussait sur le fond de la mer. On plaçait à côté d’elle d’autres êtres de natures diverses : les Gorgones, les Antipathes, les Madrépores, les curieuses algues encroûtées de calcaire, et on rangeait tous ces corps dans un même groupe. On traitait de « lithophytes » ces singulières productions de la nature, et ce nom exprimait justement l’opinion qu’on avait d’elles. On les recherchait toutes, soit comme ornement, soit comme curiosité ; mais le corail était de beaucoup le plus apprécié. Sa teinte purpurine, sa dureté, l’éclat et le poli qu’il acquiert aisément, lui donnaient la prééminence.
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- LA NA I I LL.
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- Un Italien, Marsigli, que les luttes politiques avaient chassé de son pays pour l’exiler sur les côtes provençales, et son ami Peyssonnel, médecin marseillais, furent, les premiers à reconnaître, voici un siècle et demi, l’organisation réelle du corail. Leurs observations, pourtant justes et sagaces, s’écartaient tellement des croyances d’alors, que Uéaumur, à qui ils les avaient soumises, ne voulut pas les accepter, et crut charitable de les inviter à plus de circonspection. Suivant eux, en effet, le corail n’était pas une pierre, et n’était pas davantage une plante marine. Ils racontaient ce qu'ils avaient vu, et leurs études, celles de Peyssonnel surtout, les entraînaient à le considérer comme un animal.
- Ayant pris du corail fraîchement récolté, ils l’avaient mis dans un bassin rempli d’eau de mer, et examiné avec soin. La pierre arborescente était enveloppée d’une chair moins dure, également teintée de rouge, et sur cette chair s’élevaient de nombreux animalcules munis de tentacules mobiles. Ces êtres tenaient vraiment à la chair, et celle-ci engainait la pierre ; elle la produisait comme l’organisme debeaucoup d’animaux produit la substance minérale de leur coquille ou de leur squelette.
- Peyssonnel venait de renverser l’une des plus lourdes erreurs de l’histoire naturelle. D’un seul coup, il mettait à sa vraie place tout un groupe important des êtres marins et il détruisait une équivoque gênante qui consistait à chercher où elle n’est pas la liaison entre les deux grands règnes de la nature.
- Un siècle entier passa sur cette découverte sans trop lui ajouter, tellement ces travaux furent pénétrants et approfondis. C’est vers le milieu du siècle dernier que l’histoire du corail s’augmenta d’acquisitions nouvelles, grâce aux patientes et persévérantes études d’un éminent zoologiste français, 11. deLacaze-Duthiers, qui vient de disparaître après une vie vouée sans répit à la science. Désormais, le corail était connu.
- La pierre rouge n’est pas autre chose que le squelette produit par des petits animaux, et destiné à les
- supporter. Cràce à lui, ils se dressent au-dessus du rocher auquel ce squelette s’attache, et ils se maintiennent sans s'affaisser dans l'eau qui les entoure. Ce squelette est rameux; son allure d’arbuste avait donné lieu à l’erreur d’autrefois. Il a un tronc et des branches noueuses. Celui-là se lixe sur un support solide, et celles-ci s’étendent autour de lui. Sa taille dépasse quelquefois quelques décimètres, l’épaisseur des principaux rameaux un centimètre et davantage. Tous portent de place en place, à quelques millimètres de distance, rangés sans ordre appréciable, des animaux semblables les uns aux autres, qui appartiennent, d’après leur structure, au type des
- polypes. Les bases de ces êtres s’élargissent et, s’épaississant, s'unissent entre elles,et donnent, par cette jonction, une lame qui entoure le squelette à la façon d’une gaine. Cette lame enveloppe ce dernier, suit ses branches et ses nodosités. Elle est, avec les polypes, la partie vivante et charnue, le « sarcosome » de l’assemblage. Sa face interne s’applique étroitement sur le squelette pierreux, et lui donne naissance; elle l’engendre, et elle ajoute sans cesse de nouvelles couches à celles qui existent déjà. Ces couches sont faites de calcaire teinté en rouge par une substance particulière; le sarcosome les dépose comme le munleau d’un mollusqùe produit la coquille qui protège l’animal.
- L’organisme de chaque polype est des plus simples. Il mesure o à 4 millimètres de hauteur sur 2 ou o de diamètre. Il se rétracte et se plisse, à la moindre alerte, avec la plus grande aisance, au point de se confondre presque avec le sarcosome, et de ne faire à sa surface qu’un mamelon à peine visible. Étalé, il porte à son sommet huit tentacules délicats, aux bords frangés, capables de s’agiter en tous sens. Le corps lui-même, de forme cylindrique, se borne à une paroi mince et transparente qui entoure une spacieuse cavité, découpée en huit compartiments par huit cloisons verticales. Cette poche interne s’ouvre au dehors, d’un côté, par une bouche percée
- Fig. 1. — lue colonie de corail, montrant ses polypes épanouis.
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- LA A’ATI IVL.
- au centre de l'espace qu’entourent les tentacules; de l’autre, elle se prolonge en un eanal qui s’enfonce dans le sarcosome, s’y ramifie, et unit ses branches aux conduits similaires venus des polypes voisins. Tous communiquent entre eux par ces intermédiaires. Leur assemblage est une colonie, un polypier où tous sont solidaires. Non seulement leur squelette commun les soutient également, mais encore les aliments saisis par les tentacules de l’un d’eux ne lui restent pas ; il les partage avec ses voisins. Leur nourriture se compose de menues proies, qui sont modifiées et rendues assimilables dans la cavitéanterne du corps. Ces] polypes produisent annuellement des œufs sur les cloisons minces qui découpent cette cavité intérieure. Les œufs, après fécondation accomplie, commencent à se développer sans quitter cette dernière. Ils s’y modifient en larves mobiles, semblables à des vers microscopiques dont la surface est couverte de cils vibratiles. Ces embryons tournoient dans la cavité maternelle, et, finalement, sortent par la bouche ; abandonnant leur singulier abri, ils vont à l’aventure. Ces êtres aussi élémentaires n’ont dans leur corps qu’un seul organe pour toutes les fonctions.
- Beaucoup de ces larves sont chassées, saisies et mangées, par des êtres marins plus forts qu’elles. Celles qui s’échappent se fixent, après leur temps d’existence vagabonde, à un rocher, à une coquille, et s’y modifient en polypes. Elles produisent des tentacules
- Fig. 2. — Lu fragment grossi d’une colonie de corail.
- Les polypes épanouis montrent leur bouche et leurs tentacules.
- Fig. 5. — Un polype de corail grossi, laissant échapper ses larves
- extérieurs et des cloisons internes. Puis chaque ’e, loin de rester solitaire, produit par sa base
- des expansions qui grossissent, se perfectionnent, et deviennent des polypes à leur tour. 11 bourgeonne et ce bourgeonnement donne lieu à une jeune colonie, encore minuscule et étalée sur son support. Le petit sarcosome commence, dès lors, à mettre en jeu son activité spéciale. Il exsude une ébauche de squelette calcaire et l’accole au support ; il lui ajoute sans cesse de nouvelles couches, et se dresse sur lui comme sur une saillie. La colonie continue à bourgeonner, le sarcosome à s’accroître et à déposer de nouvelle substance calcaire. Le squelette augmente, il s’allonge et s’engaine du sarcosome; il lui constitue un axe de soutien, et ce
- terme s’emploie souvent pour le désigner. Il se ramifie. Le polypier prend ainsi naissance; i! grandit sans cesse, et son origine lui vient de la larve minuscule engendrée par l’un des polypes d’un polypier voisin.
- La pierre de corail est ainsi le produit d’une association animale. Elle n’est point la seule ; d’autres êtres inférieurs, appartenant au type des polypes, se soutiennent et se protègent à l’aide de baguettes ou d’enveloppes calcaires, engendrées de la même façon. Mais elle est une des pluscaractéristiques et des mieux connues. Son histoire, sauf quelques variations de moindre, importance, s’applique à tout un groupe, et le principal intérêt lui vient du contraste entre la fai-
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- r»2«
- LA NATURE.
- blesse des polypes et la grande taille du polypier. Là comme partout, l’union fait la force. L’individu isolé compte peu; mais l’association et l’assistance valent bien davantage. L’homme devrait souvent chercher dans la nature et chez les plus petits ses règles de | conduite. l)r Louis Roule,
- Professeur ;i U niversité île Toulouse.
- LAMPES À INCANDESCENCE Â OSMIUM
- Nous avons déjà1 fait connaître le principe de la nouvelle lampe à incandescence électrique du Dr Auer von Welsbach qui a utilisé l’osmium comme corps incandescent. M. Robert Gabriel, ingénieur en chef de la Société autrichienne de l’éclairage par incandescence au gaz et à l’électricité, a fait dernièrement sur cette lampe une conférence à l’Union électrotechnique de Vienne. II a d’abord fourni quelques renseignements sur l’osmium. Ce métal se trouve presque toujours en combinaison avec l’iridium ; il a une densité de 22,5, fond à 2500°, et, à l’état incandescent, il dégage une lumière très vive et blanche. La poudre grise d’osmium a été réduite en une masse pâteuse avec laquelle on a pu fabriquer des fdaments de très faible diamètre sous une pression très élevée. La réduction du filament en osmium métallique est obtenue sous l’action du courant électrique dans un vase spécial rempli de gaz d’éclairage. Le courant traverse le filament qui devient incandescent et se contracte graduellement. Le filament ainsi préparé est placé dans un verre ampoule. D’après M. Robert Gabriel, la préparation des filaments est courante, et des lampes seront bientôt mises dans le commerce. M. Robert Gabriel a d’abord montré par comparaison avec une lampe à incandescence à filament de charbon qu’une lampe à osmium pouvait fonctionner 1100 heures environ sans grande variation d’intensité lumineuse.
- La figure 1, empruntée au Journal Zeitschrift fiir
- Fi lai net ts
- 900 1000 1100
- Heures.
- Fig. 1. — Intensité lumineuse des lampes à incandescence à différentes époques de leur durée.
- Elektrotechnik, donne les valeurs de l’intensité lumineuse à différentes heures de fonctionnement. La communication ne dit pas s’il s’agit de l’intensité horizontale; mais il est à supposer que c’est cette intensité qui a été déterminée dans tous les cas. Une lampe à filament de charbon donne au début une intensité lumineuse de 20 bougies, 16 bougies après 175 heures, 1 Voy. n° 1453, du 30 mars 1901, p. 286.
- 14 bougies après 275 heures, 12 bougies après 500 heures, 10 bougies après 750 heures, 0 bougies après 050 heures, et 8,8 bougies après 1100 heures. Des deux lampes à osmium examinées, l’une donne 14 bougies au début,
- Filaments dt
- Osmium
- 900 1000 1100
- 700 800
- SOO 600
- Heures.
- Fig. 2. — Consommation spécifique des lampes à incandescence, à différentes époques de leur durée.
- 10,5 bougies après 200 heures, 16 bougies après 475 heures et 15,5 bougies après 1100 heures; l’autre donne une intensité de 10,8 bougies au départ, 16 bougies après 250 heures, tombe à 14 bougies après 850 heures, et à 15,5 bougies après 1100 heures. Les variations d’intensité lumineuse sont, comme la courbe le montre, notamment moins elevées pour la lampe à osmium.
- Les lampes à incandescence à filaments de, charbon ont le grave inconvénient d’avoir des consommations spécifiques en watts par bougie qui vont en augmentant avec la durée de fonctionnement. Il arrive un point, que l’on a appelé le point de « cassage » de la lampe, où il est plus avantageux de remplacer une lampe par une nouvelle. La figure 2 nous montre deux courbes de lampes, dont les consommations spécifiques respectives étaient au début de 2,5 et 3,5 watts par bougie, et qui ont été en augmentant pour atteindre 3,5 et 3,75 watts par bougie après 400 heures, et finalement plus de 5 watts, et près de 4,5 watts après 1000 heures. Une lampe à osmium a eu une consommation spécifique sensiblement constante de 1,5 watts par bougie au départ, et après 1100 heures de fonctionnement.
- M. Robert Gabriel a également montré les variations d’intensité lumineuse et de consommation spécifique d’une lampe à osmium avec la différence de potentiel. Une lampe de 20 volts donne 22 bougies normales avec une consommation spécifique de 1,48 watts par bougie. A 25 volts, l’intensité lumineuse est de 46 bougies, et la consommation spécifique de 0,955 watt par bougie; à 50 volts, on a 99 bougies et 0,654 watt par bougie; à
- 55 volts, 171 bougies et 0,487 watt par bougie; à
- 40 volts, 275 bougies et 0,58 watt par bougie, et à
- 50 volts, 460 bougies et 0,552 watt par bougie ; à
- 50 volts, le fil d’osmium s’est fondu près de l’entrée de l’ampoule.
- Ces résultats prouvent très nettement la grande supériorité des lampes électriques à osmium. Pour utiliser les différences de potentiel des distributions actuelles 110 volts, il sera nécessaire de coupler 4 lampes en tension. Mais ces lampes devront être chacune d’une intensité lumineuse très faible pour ne pas obtenir au total une intensité lumineuse trop élevée et bien supérieure aux besoins. J. Laffargue.
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- LA N ATI H K.
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- LES INDIENS DU C\N\D\
- L’ÉLECTROTYPOGRAPHE
- Le gouvernement du Canada veille avec soin sur les Indiens de façon à en conserver la race; néanmoins, le nombre de ces naturels va sans cesse en décroissant, et le temps n’est pas éloigné où il n’en restera plus.
- Les diverses sortes d’indiens du Canada sont au nombre de huit : les Àbénakis, les Algonquins, les Amalécites, les Hu-rons,lesIroquois, les Micmacs, lesMontagnaisetlesBersimis.
- Les Abénakis sont distribués en quatre groupes : 49 sur la rive occidentale de la rivière Ilécantour, 574 à Saint-François du Lac, 19 dans le comté de Québec et 23 à Saint-Lrbain, comté de Cbarlevoix; total 4ti5. Les quatre cinquièmes sont catholiques. Ils travaillent la terre, font des objets de vannerie, vont à la chasse et servent de guides.
- Les tribus d’Algonquins sont au nombre de deux : l’une, composée de 59(5 personnes, est installée à Maniwaki, comté d’Ottawa; l’autre, forte de 190 têtes, est sur le lac Témiscamingue ; total 580. Ils sont tous catholiques. Les Algonquins, peu portés vers l’agriculture, lui préfèrent la chasse et la pèche ; ils font aussi le flottage des bois.
- 111 Amalécites sont établis dans le canton de Viger, comté de Temisconala, et 54 dans la paroisse de Saint-Pierre de Gharlesbourg, comté de Québec; total 145. Ils sont catholiques. Ils vivent de la vente des paniers, font un peu de chasse et de pèche.
- La tribu des llurons compte 448 personnes, toutes catholiques, sauf 4; elle est distribuée entre les villages de Lorette, des Quatre-Arpents dans le comté de Québec et de llocmont dans le comté de Portneuf. Les llurons font peu d’agriculture. Ils font de la chasse, de la pèche, et servent de guides aux nombreux touristes qui vont visiter les forêts et les lacs de la région de Saint-Jean. Dans les villages burons, cependant, une nouvelle industrie a fait son apparition, c’est celle de la fabrication des canots en toile.
- Les Jroquois sont de beaucoup les plus nombreux ; on en compte 1995 à Caughnawaga, 1557 à Cornwall et 450 à Oka ; total 5702. Les trois quarts sont catholiques et le reste est méthodiste. En dehors de l’agriculture, de la pèche et de la chasse, de la confection des crosses et des raquettes, ces sauvages s’emploient sur les chantiers de diverses sociétés industrielles, entre autres la ïron Bridge Company et la Hydraulic Company. Ils servent avec beaucoup d’habileté comme pilotes pour la conduite des radeaux de bois à travers les rapides de chez les fermiers et aux chemins de fer.
- Il y a à Maria, sur le côté ouest de la Crande-Cascapédia, 80 Micmacs et 541 sur la Ristigouche, dans le comté d Bonaventure. Ces 027 sauvages sont tous catholiques. Leurs occupations sont les mêmes que celles des Iroquoi Les Micmacs de Maria sont en train de disparaître; plus de la moitié des enfants meurent en bas âge et la plus grande partie des autres sont en proie à la consomption 11 n’existe que 55 Montagnais, installés sur la rivière des Kscoumains, affluent au nord du Saint-Laurent. Ils sont catholiques. Leur principale occupation est la chasse des animaux à fourrure et des phoques. Ils cultivent la patate et l’avoine.
- 451 Bersiinis vivent dans le comté de Saguenay, sur rive nord du Saint-Laurent. De même que les Montagnais ils chassent les animaux à fourrure. Ils sont ca'1 et ont une petite église que desservent trois capucins.
- En somme, le nombre total des Indiens répandus dans la province de Québec s’élève encore à 6519, mais chiffre décroît assez rapidement; il semble probable qu’à la fin de ce siècle, il n’en restera plus guère. L. Gexty
- Lacbine. Us se louent également
- MERAY-ROZAR
- On .1 pu voir fonctionner, ces temps derniers, à ^aris, une machine à composer, l’électrotypographe, qu’un grand nombre d’imprimeurs ont visitée et dont ils ont été émerveillés1. Nous l’avons vue nous-même et nous ne saurions en dire, en toute sincérité autre chose que ceci : c’est un chef-d’œuvre d’ingéniosité et, de plus, c’est un instrument très pratique, duquel on peut, pour toutes sortes de travaux typographiques, attendre les meilleurs services.
- Nous insistons sur ces mots : « toutes sortes de travaux typographiques », parce qu’à notre sens, d’après notre expérience personnelle, les machines existant déjà ont deux défauts capitaux, qui ne les rendent propres qu’à l’exécution de certains ouvrages.
- Tout d’ahord, la justification y est plutôt irrégulière, ou du moins pas assez facile. Il en résulte que les travaux de typographie très soignés ne peuvent être confiés à ces instruments qui fonctionnent bien, certes, mais auxquels à ce point de vue la composition à la main est préférable.
- En second lieu, la correction est une opération fort dispendieuse (relativement) avec les machines aujourd’hui connues et fonctionnant : pour les journaux notamment elle s’élève quelquefois à un tiers de la composition, qu’il faut refaire ligne par ligne.
- L’électrotypographe inventée par M. Meray-Rozar, à Nuremberg, n’a aucun de ces inconvénients ; elle justifie automatiquement, mathématiquement plutôt, et elle offre les plus grandes commodités pour les corrections. On l’utilisera donc à tout ce qu’on voudra.
- En résumé, c’est une machine double : ce sont même deux machines distinctes. L’une est une machine à écrire, l’autre une machine à fondre et à composer qui se complètent, indispensablement. Leur fonctionnement nous a paru également parfait. y Le principe de l’invention,- son originalité et son avantage dans les deux sens que nous indiquons plus haut,-résultent précisément de cette dualité d’appareils : l’appareil n° 2 ne fond et ne compose que ce que l’appareil n° 1 lui a transmis en état de parfaite « préparation ». Voici comment :
- La machine à écrire (fig. 4), qui est une machine d’aspect ordinaire, un peu plus haute, fait diverses opérations, produites par un seul dactylographe dont le jeu n’exige pas une dépense de force. Ce sont :
- 1° La reproduction, sur une feuille de papier, du texte en caractères ordinaires de machine à écrire ;
- 2° une série de perforations sur une bande de papier qui se déroule au fur et à mesure que l’on frappe les touches.
- 1 La machine à composer « L’Éleclrotypograplie » a été exposée pendant quelques semaines et a fonctionne dans les bureaux du journal Le Temps. C’est là que nous avons pu l’étudier. ,
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- LA NATIIiE.
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- La reproduction du texte peut être lue par le dactylographe à mesure qu’il écrit et lui permet de vérifier à chaque instant s’il ne s’est pas trompé.
- Quant aux perforations faites sur la bande, elles sont arrangées de façon à pouvoir former toutes les combinaisons difiérentes nécessaires pour représenter :
- 1° Toutes les lettres minuscules; 2° toutes les lettres majuscules; o0 tous les chiffres et signes de ponctuation ou autres, nécessaires dans la typographie courante.
- C’est cette bande perforée qui, se déroulant tout h l’heure sur la machine à composer, permettra à cette dernière de lire mécaniquement le texte ainsi matérialisé. La bande comporte 5 rangées longitudinales de trous auxquelles on peut donner dans l’ordre les numéros 1, 2, 3, 4, 5, 0, 0 et 7.
- La rangée 0, qui est perforée tout le long de la bande, sert uniquement à l’entraînement de la bande sur la machine à composer; les rangées 1, 2, 3, 4, 0, servent pour toutes les combinaisons de lettres minuscules.
- Ainsi les trous 3 et 4, placés seuls sur une rangée transversale, représentent la lettre b. Le trou 7, percé sur la même ligne transversale qu’une des combinaisons précédentes, indique que la lettre est une majuscule. Exemple : une
- rangée transversale comprenant les trous 3, 4 et 7 représente la majuscule B. Enfin, le trou G indique que l’on a affaire à un signe; c’est ainsi qu’une rangée composée des trous 3,4 et G représente le signe !
- Toutes les perforations sont exécutées mécaniquement à l’emporte-pièce, de sorte qu’elles sont excessivement nettes; les doigts de l’opérateur ne font qu’enclencher la biellette correspondant à la touche sur laquelle ils appuient; un petit moteur électrique ou autre produit l’effort nécessaire pour la perforation.
- Voilà donc les bandes perforées des trous qui correspondent aux lettres de l’alphabet, — mais la machine fait plus encore : entre les lettres, elle répartit elle-même l’espacement, c’est-à-dire qu’elle enregistre l’épaisseur correspondant à chaque caractère
- tel qu’il sera formé par la machine à fondre et composer et qu’elle enregistre également l’épaisseur des intervalles à laisser entre chaque mot.
- Cette opéra tien mathématique est assez difficile à faire comprendre en un article. En ingénieur qui a examiné cette machine, M. Ba-chon, en a donné cependant une description claire. Nous lui emprunterons quelques grands traits :
- « La machine, écrit-il, effectue l’espacement en
- Fifr. 1. — La machine à composer et fondre.
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- LA NA Tir» K.
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- enregisl rant d’abord automatiquement les épaisseurs.
- « Cette opération se fait au moyen d’un cylindre compteur, qui porte des rainures sur sa périphérie, rainures de longueur proportionnelle à l’épaisseur des lettres auxquelles elles correspondent. Au moment où l’on appuie sur une lettre, une languette pénètre dans la rainure correspondant à la lettre et c’est le déplacement de cette languette qui produit sur un système de roues compteuses un avancement proportionnel à la longueur de la rainure et par suite aussi à la largeur de la lettre. D’autre part, un deuxième cylindre en laiton, percé d’une infinité de petits trous, est placé parallèlement au cylindre compteur ; c’est le cylindre de justification; chacun des trous de ce cylindre correspond au résultat d’une des divisions qui peuvent se présenter entre le nombre des dixièmes qui sont à répartir pour justifier la ligne et le nombre des intervalles.
- « Ce cylindre est actionné par les roues compteuses, de façon qu’au moment où l’on appuie sur la touche de justification le trou correspondant à la correction à faire se trouve placé en face d’une pointe qui pénètre dans ce trou ; c’est le déplacement de cette pointe qui règle les perforations de justification. »
- Nous arrivons maintenant, — étant en possession d’une bande perforée, espacée, corrigée,
- — à la seconde partie du travail, exécutée par l’autre appareil ; fonte et composition.
- L’appareil, dont nous donnons une reproduction ci-contre (fig. 1 ), est muni d’un récipient contenant de la matière en fusion. C’est
- le côté le moins intéressant de l’opération : celui qui l’est davantage c’est le déchiffrage de la bande perforée par les organes les plus délicats de cette machine, car il y a, à la lettre, déchiflfrage. La machine voit, en quelque sorte, à la façon des aveugles, si l'on veut, d’après le système Valentin llaiiy.
- La bande perforée, comme on le voit (fig. 2), est engagée dans les dents d’un petit cylindre de cuivre et elle est maintenue bien adhérente à la tangente du cylindre par deux petits cylindres en caoutchouc placés de chaque côté à un petit intervalle de cette tangente.
- Au-dessus du cylindre de cuivre sur lequel se déroule la bande perforée, il y a, parallèlement aux sept trous horizontalement percés sur la largeur du papier perforé, sept petites tiges aimantées, ce sont les contacts électriques, qui
- fonctionnent comme les aimants d’un appareil Morse.
- Quand la bande se déroule, ces petites tiges, qui s’appuient légèrement sur le papier de la bande, entrent en contact avec le cuivre du cylindre chaque fois que l’une d’elles rencontre un trou ; il n’y a pas de contact sans trou, le papier étant isolateur.
- Ces petites tiges de contact (ou appareils déchiffreurs) sont reliées à un appareil électrique où le premier contact des tiges sur le cylindre de cuivre se répète. Cet appareil électrique met en mouvement une roue dentée irrégulièrement, et dont l’ensemble des dents forme une combinaison correspondant à celle des trous du perforage ; une de ces dents, par le contact électrique qui l’ac-
- Fig. 3. — La composition rangée en galée.
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- tionne, fait se détendre un ressort qui vient s’appuyer à l’endroit du porte-matrice où est le signe appelé ; cette matrice se détache du porte-matrice et vient automatiquement se placer devant le jet de plomb du creuset où se trouve la matière en fusion, puis reprend immédiatement sa place au porte-matrice et est remplacée par une autre, et ainsi de suite, tant que dure la fonte-composition.
- Sitôt la lettre fondue, elle est automatiquement, enlevée du moule, passe entre des lames d’acier et des fraises qui rompent le jet et enlèvent les bavures sur les quatre çôtés; puis la lettre, après avoir fait un tour d’un quart de cercle sur elle-même, d’horizontale qu’elle était dans le moule, se dresse verticalement et vient se placer, à la suite des précédentes sur une galée (iig. 3). Et ainsi de suite....
- Nous sommes forcé d’abréger : il y aurait encore force détails à donner, sur telle et telle partie de l’opération jusqu’à son achèvement absolu. Mais le nécessaire nous paraît se trouver ci-dessus. Il suffit d’y ajouter que la Meray-Rozar peut composer ainsi jusqu’à 5000 lettres à l’heure et que sa régularité de marche ne laisse rien à désirer. On l’a essayée longuement à Paris; elle a imprimé plusieurs petits articles pour le Petit Temps (c’est dans le hall de notre confrère qu’on la voyait) et la composition qu’elle a fournie, en corps huit (petits caractères), était d’une netteté et d’une perfection d’espacement extrêmes. Elle nécessite, dit-on, peu de frais d’entretien, les courants électriques étant de faible intensité. Bref, c’est certainement sinon la machine « définitive » du moins celle qui répond le mieux à nos désirs et besoins actuels. Paul Bluvsen.
- NOUYEAU CROISEUR RUSSE
- Il s’agit du Novik, qui vient d’être livré au gouvernement russe par les ateliers de Schiehau après avoir subi des essais particulièrement brillants, où il a donné une vitesse énorme pour un naviCe de ce genre, 26 nœuds. Les conditions requises par l’Amirauté russe imposaient précisément une allure d’au moins 25 nœuds avec un armement et une cuirasse aussi lourds que possible, tout cela combiné avec une bonne tenue à la mer et un déplacement réduit, un franc-bord peu considérable, et des superstr uctures offrant un but très peu apparent aux coups de l’ennemi. On a réussi à remplir ce programme compliqué et difficile, mais on est arrivé à cette particularité et à cet inconvénient inévitable que les machines de 18 000 chevaux ne sont pas entièrement au-dessous de la ligne de flottaison; elles ne sont donc pas complètement sous le pont protecteur de 50 millimètres, et sont défendues par un dôme cuirassé spécial. Les approvisionnements de combustible représentent 900 tonnes et assurent un rayon d’action de 1440 kilomètres à pleine allure. La longueur du Novik est de 106 mètres à peu près pour une largeur de 12m,20 et un tirant d’eau de 4m,99, ce qui est extrêmement peu, étant donnés la puissance des machines et aussi l’armement; ce dernier est composé de 6 canons de 12 centimètres, 12 de 46 millimètres, 2 de 36 millimètres, et 15 Baranovski de 5 centimètres, sans parler de 5 tubes lance-torpilles.
- TEMPÉRATURES NÉCESSAIRES
- POUR LA CONSERVATION DES ALIMENTS
- On a souvent besoin de connaître les températures qui conviennent à la conservation des aliments. Jusqu’à quel degré, par exemple, faut-il exposer telle ou telle substance pour qu’elle ne se gâte pas?
- Or, nous trouvons dans une publication américaine le
- r A
- 15- -
- 10- -
- _ Sucre, mief, sirops, huile, bière
- O - 'pois(séchés), mais, dattes, figues,etc.
- huîtres en coquilles
- Farine de sarraz/n, Farine de) — blé r Farine d'avoine, farine\r de maïs, cigares, tabac, vins)^~ tomates. - / Fraises, Framboises, châtaignes, - \ noix, cantaloups, melons d'eau, - Fruits secs,Fèves, poisson séché,
- - \sardmes.
- _ - - ' Citrons, concombres.
- Bière Ale et Porter, houblon - _ Bière de gingembre, bananes
- Fourrures, Fromage, melons - pèches
- Raisin, pommes de terre,oranges.
- Canneberges, asperges, carottes, -huîtres, poires. Q- Pommes- — Prunes, choux, céleri, oignons, panais, cidre, gadel/es.
- - - — fruits (conserves ), viandes,
- œufs .
- Gibier, volailles, poisson
- “5- -Fourrures, laines, etc.
- Foie, oféomargarine, sa ucisses
- jambons t côtelettes. ^
- Poisson d'eau douce...
- 1 a congeler) . ~
- Poisson d'eau salée., jq __ - Beurre .
- ( a congeler ) .
- Gibier ( à congeler J ,
- volailles (à congeler).
- -15- Poisson ( à congeler )
- i
- EGMoj^iz u,
- Thermomètre culinaire.
- croquis ci-joint qui fait connaître les principales températures pour la conservation de certains liquides et aliments et de quelques autres substances. Nous avons simplement transformé les degrés Fahrenheit indiqués en degrés centésimaux pour la facilité de la lecture.
- Les chiffres marqués sont, en effet, à très peu près, ceux qui sont admis en France pour la conservation des principales matières alimentaires. F. L.
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- LA NATURE.
- 551
- L’AIR ARTIFICIEL
- Les applications de l’oxygène deviennent de jour en jour plus nombreuses. Pendant longtemps, ce gaz fut confiné dans les officines des pharmaciens et les laboratoires des chimistes; mais, depuis un certain temps, il est devenu l’un des facteurs indispensables du développement de la grande industrie : il sert journellement à fondre le platine, à détremper les plaques de blindage à l’endroit où on veut les percer, à faire la soudure autogène, à vieillir les alcools, à oxyder les huiles siccatives, à obtenir la lumière oxhydrique et oxyéthérique, etc., etc.
- Tout d’abord, l’oxygène a été préparé par décomposition du chlorate de potasse, puis ce mode opératoire a été remplacé par celui au manganate ou à la haryte; enfin, depuis quelques années, on emploie avec succès la décomposition électrolytique de l’eau. L’oxygène obtenu par l’une ou l’autre de ces méthodes est alors comprimé à 120 atmosphères, puis emmagasiné sous cette pression dans des tubes d’acier où on le conserve jusqu’au moment de s’en servir.
- Cet oxygène comprimé possède un gros inconvénient, qui réside dans la difficulté qu’il y a à le transporter. En effet, pour emmagasiner 1 kg d’oxygène, il faut une bonbonne d’acier pesant environ 20 kg. Si l’on ajoute à ce poids mort considérable le danger que présente un récipient contenant un gaz à la pression de 120 kg, danger qui a contraint les compagnies de chemin de fer à soumettre l’oxygène a des droits de transport fort élevés et presque prohibitifs (tarif des explosifs), on comprendra que cette industrie naissante craigne de voir son développement enrayé.
- Peut-être sommes-nous en face aujourd’hui d’un nouveau procédé de fabrication de l’oxygène qui donnera satisfaction à l’industrie et à la thérapeutique. Il vient d’être inventé et longuement expérimenté par M. George-F. Jaubert.
- Certains métaux comme le sodium, le potassium, l’alliage liquide de sodium et de potassium, — pour la fabrication duquel M. Jaubert à découvert un mode facile de préparation — possèdent la propriété, quand on les chauffe dans un courant d’air, de fixer l’oxygène de ce dernier, sans se combiner à l’azote. On obtient de la sorte des oxydes qui contiennent 1, 2, 3 ou 4 atomes d’oxygène et qui possèdent des propriétés bien différentes : les uns se dissolvent dans l’eau froide sans donner lieu à un autre phénomène que celui de l’hydratation simple, les autres, particulièrement les oxydes supérieurs, sont décomposés par l’eau à froid, avec un violent dégagement d’oxygène pur qui peut varier de 150 à 225 litres au kilogramme. (La théorie indique 158 à 260 litres.) Ce sont ces corps que M. Jaubert a nommés « oxylithes » (pierre d’oxygène) et pour la fabrication desquels la Société d’Électrochimie a installé récemment dans l’Isère une importante usine utilisant une chute de 5000 chevaux.
- L'oxylithe est un corps absolument semblable,
- comme forme, au carbure de calcium ; il se présente en morceaux pesant une centaine de grammes ; sa couleur blanche seule en différencie l’aspect.
- Quand on verse de l’eau sur un morceau d’oxy-lithe, il se dégage immédiatement de l’oxygène; si l’on supprime le liquide, tout dégagement cesse aussitôt; il n’y a donc pas de surproduction.
- Cette absence de surproduction rendait facile la réalisation d’un gazogène automatique donnant un courant régulier d’oxygène pur. Un premier modèle fut établi dès 1898 par M. Jaubert et lui servit pour des analyses organiques, pour des analyses de gaz, ainsi que pour des expériences sur la respiration. Le procédé fut alors étudié'industriellement par la Cie universelle d’Acétylène qui établit les deux modèles de gazogène représentés par nos figures. L’appareil de laboratoire (fig. 2) construit par M. Jaubert, consiste en un réservoir de tôle A contenant de l’eau et surmonté d’une trémie R dans laquelle se trouve l’oxylithe en poudre. Cette dernière est distribuée au fur et à mesure des besoins par une soupape C, commandée au moyen d’une tige par une membrane flexible D, équilibrée par un poids, — variable suivant la pression à obtenir, — placé sur le plateau E. Au début, la pression intérieure étant nulle dans l’appareil, le poids abaisse la soupape et l’oxylithe tombant dans l’eau du réservoir amène aussitôt un dégagement d’oxygène, d’où une augmentation de pression qui se transmet à la membrane par le tuyau F. La soupape se ferme alors pour se rouvrir automatiquement dès que la pression aura baissé, c’est-à-dire dès que l’on aura consommé une certaine quantité d’oxygène. Les figures 1 et 4 réprésentent deux appareils construits par la Compagnie universelle d’Acétylène utilisant l’oxylithe sous forme de blocs comprimés. L’un est un appareil à grand débit pouvant produire 10000 litres d’oxygène à l’heure sous la pression de 30 à 40 centimètres d’eau, l’autre est un appareil à petit débit (300 litres à l’heure) mais permettant de préparer l’oxygène sous une pression de 80 centimètres à 1 mètre d’eau, pression nécessaire pour les chalumeaux ou lampes oxyéthériques. L’appareil à grand débit est formé d’un réservoir B de 500 à 600 litres, contenant l’eau, dans laquelle plonge un tube C terminé par un plateau incliné A, formant faux-fond.
- Si l’on vient à jeter un morceau d’oxylithe dans ce tube, il traverse rapidement la couche d’eau à cause de sa grande densité, glisse sur le plateau A, et l’oxygène se dégage dans les côtés de l’appareil. On le recueille par un tube I) qui le conduit au réfrigérant à tubes d’eau E, d’où il sort en F. Ce réfrigérant est utile pour les grands débits, il est destiné à recueillir la vapeur d’eau entraînée mécaniquement.
- L’appareil à petit débit de la figure 1 est basé sur le principe du briquet à hydrogène. Les pains d’oxylithe sont placés dans un panier perforé et l’eau les attaque par-dessous. Ce panier présente un
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- -détail ingénieux, les appareils de ce modèle étant plus spécialement destinés aux projections lumineuses, ils sont forcément astreints à un travail intermittent et, comme l’oxy-lithe s’altère à la longue au contact de la vapeur d’eau, on a paré à la perte qui en résulterait de la manière suivante : le panier est divisé en 6 à 8 cases, dont les fonds forment escalier, cette différence de niveau fait que l’eau attaque les pains d’oxylithe non pas simultanément, mais l’un après l’autre. On charge donc l’appareil en mettant un pain dans chaque case, et, la séance finie, on retrouve intacts les morceaux d’oxylithe qui n’ont pas été employés et que l’on conserve dans une boîte hermétique, pour la séance suivante, sente sur l’oxygène comprimé des avantages considérables. Tout d’abord, l’oxygène dégagé est chimiquement pur, il titre couramment 99,90 pour 100.
- Ensuite le poids mort est 4 à 5 fois moins grand, et le résidu liquide qui n’est autre chose que de la lessive caustique chimiquement pure, vient encore en déduction du prix de revient, ou peut être directement utilisé comme nous le verrons plus loin.
- Quant à la pression sous laquelle l’oxygène est obtenu, elle est rigoureusement constante, quel que soit le débit et sans employer de détendeur. Enfin, l’emballage est nul : une boîte de fer-blanc suffit et les chemins de fer transportent l’oxylithe au même
- tarif que les autres produits chimiques. On voit combien la fabrication de l’oxygène est facilitée par
- l’emploi de cette nouvelle substance.
- Les premiers travaux qui amenèrent M. Jaubert à s’occuper de cette question remontent à la fin de l’année 1897 ; ils avaient pour objet l’étude de la respiration et la recherche d’un procédé permettant à l’équipage des bateaux sous-marins de rester un temps indéterminé sous l’eau. Grâce à la nature alcaline du résidu de l’oxylithe dont nous avons parlé plus haut, il était permis de prévoir que l’acide carbonique engendré pendant la respiration, serait totalement absorbé et pourrait êlre remplacé par un égal volume d’oxygène. L’expérience vint en tous points
- confirmer cette hypothèse.
- La photographie que nous publions figure o, reproduit une expérience faite sur un cobaye, et qui prouva qu’un animal pouvait pendant plusieurs heures consécutives et sans en être incommodé, respirer le même air qui venait de traverser ses poumons et de s’y vicier. C’est à cet air ainsi régénéré et chimiquement pur — car l’oxylithe possède la propriété de détruire toutes les substances organiques, toxines ou autres, que M. Jaubert a donné le nom d’ « air artificiel ».
- Des expériences furent alors faites sur l’homme avec le même succès, puis étendues au scaphandre, grâce au concours du Ministère de la
- Fig. 1. — Appareil à petit débit, produisant l’oxygène sous une pression de 80 cm. à 1 m. pour lanternes de projection et soudure autogène.
- L’oxylithe pré- |
- Fiir. 2. — Appareil de laboratoire utilisant l’oxylithe en poudie.
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- b'ig. 3. — Expérience sur un c-oliaye respirant de 1 « air artdiciel ».
- Les tlèches indiquent le sens du courant gazeux mis en mouvement par une trompe à eau.
- marine. Il en résulta qu’une quantité d’oxylithe de 100 à 150 grammes, était suffisante pour entretenir la respiration d’un homme pendant une heure. Si Ton applique ce chiffre, donné par l’expérience, à l'équipage d’un hateau sous-marin, formé de dix hommes, on voit qu’il suffira par heure, pour entretenir l’exacte composition de l’air respi-rable, d’une quantité d’oxylithe pesant 1 kg à lks,500 et occupant un volume de 1/2 à 5/4 de litre. Comme on le voit, c’est un supplément de poids insignifiant en échange des avantages obtenus.
- M. Jauhert a fait plus, après avoir appliqué l’air artificiel à l’entretien de la vie humaine dans les bateaux sous-marins, il a cherché à s’en servir pour alimenter les moteurs qui servent à leur propulsion / Comme nos lecteurs le savent, tous les sous-marins, de façon à ne
- pas vicier l’air respirable nécessaire à l’équipage, sont actionnés, en immersion, au moyen d’accumulateurs électriques qui mettent en mouvement des dynamos commandant les hélices.
- Ces accumulateurs présentent certains gros inconvénients, tels que leur poids considérable, leur volume encombrant, la petite quantité d’énergie qu’ils peuvent fournir sous un poids donné et par conséquent le rayon d’action forcément limité qu’ils assignent au sous-marin. Si nous ajoutons à cela les dangers que présente le gaz hydrogène dégagé par les accumulateurs, tant au point de vue de l’explosion que de la respiration (danger réel qui a amené les pouvoirs publics à reléguer dans un fourgon spécial, les accumulateurs de certaines voitures de tramways), on comprendra que dans le cas particulier des bateaux
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- sous-marins, où toutes ces difficultés se trouvent encore accentuées, la question du sous-marin sans accumulateur se trouve à l’ordre du jour.
- Les essais déjà entrepris sont intéressants. Ils ont été renouvelés à plusieurs reprises par M. Jaubert, en présence des ingénieurs de la marine. On peut donc espérer qu’un problème important est résolu : renouveler dans un espace clos l’air indispensable tant à la respiration de l’équipage d’un sous-marin qu’à l’alimentation de ses moteurs. J.-F. Gall.
- CONFÉRENCES POPULAIRES DU MUSÉUM
- Notre collaborateur, M. Stanislas Meunier a donné dimanche 15 avril, dans le Grand Amphithéâtre absolument comble d’auditeurs, une leçon publique sur les coups de grisou dans les mines de houille, et c’était continuer la série des conférences d’actualités scientitiques inaugurées en 1894 et qui ont à diverses reprises attiré tant d’auditeurs au Jardin des Liantes. Ce fut certainement une bonne idée et qu’on n’avait jamais eue jusque-là, d’utiliser les magnifiques ressources du Muséum pour constituer un enseignement populaire où le public serait mis au courant de ce qui concerne les chapitres de la science dont relèvent les événements qui fixent pour un moment l’attention générale. M. Alphonse Milne-Edwards, alors directeur de l’Établissement, en comprit tout de suite la valeur et il ne cessa de seconder l’entreprise en mettant l’amphithéâtre en état, en assistant à toutes les conférences, enfin en en professant une lui-même. M. Stanislas Meunier qui avait commencé en 1894 par les « Tremblements de terre », à l’occasion de catastrophes sismiques qui désolèrent en même temps la Grèce et le Vénézuéla, continua en 1890 sur les « Pierres lombées du Ciel »,à propos du bolide de Madrid et en 1899 sur la « Question de l’eau à Paris », dont on se préoccupait à l’occasion des grands travaux d’adduction de l’Avre et de la Vigne. 11 prit part en 1895 avec MM. Milne-Edwards, llamv et bureau à une description orale de Madagascar dont nos soldats venaient d’achever la conquête et il trouva un collaborateur en M. Henri becquerel qui fit une conférence sur les Rayons X, au moment où M. Rœntgen venait de les découvrir.
- La conférence de dimanche dernier est la suite exacte des causeries précédentes; elle a été déterminée comme elles par des raisons d’actualité, plusieurs catastrophes récentes, l’une même du 2 avril près de Wigan en Angleterre, ayant rappelé l’attention sur les coups de grisou. Le conférencier y a résumé tout ce qu’on sait sur les gaz souterrains, et il a exposé les hypothèses qui prétendent en expliquer l’origine. Il a fait passer sous les yeux du public une merveilleuse série de projections à la lumière électrique dont la vue équivaut à une excursion au fond des mines, qu’elles reproduisent dans tous leurs détails, d'après nature et de la façon la plus exacte. Les auditeurs sont à même maintenant de se faire sur le fléau une opinion raisonnée, et d’apprécier la mesure dans laquelle on peut légitimement espérer le maîtriser.
- L’intéressante conférence de M. Stanislas Meunier avait été précédée d’une conférence de M. Edmond Perrier sur l’Histoire du Muséum, elle sera suivie de leçons analogues de M. boule, sur les grands animaux antédiluviens; de M. Delacroix, sur la composition des pierres en bordure de trottoir; de M. bouvier, sur le miel, etc. Ces conférences
- populaires du dimanche au Muséum, faites dans un esprit pratique, constituent une création digne d’intérêt qu’il y a lieu d’encourager. _ ___ I).
- CHRONIQUE
- Première eomète de 1902. — Une comète a été découverte récemment à l’observatoire du lac Geneva, en Amérique, par M. brooks, astronome qui a déjà trouvé plusieurs astres analogues. D’après les renseignements reçus par dépêche à l’observatoire de Paris, cet astre est brillant et offre une queue développée. Il se trouve dans la constellation de Persée ; dans la même région du ciel que Nova. Il n’est visible que le matin, avant le lever du soleil. Plusieurs observations sont nécessaires pour que l’on puisse connaître la nature de son orbite, et savoir si, devenant visible à l’œil nu, il prendra place parmi les grandes comètes. En 1901, on n’a découvert qu’une seule comète nouvelle qui était visible dans l’hémisphère austral.
- ï.e radium chez les aveugles. — Le radium a la propriété d’émettre constamment des rayons analogues aux rayons cathodiques et aux rayons de Rœntgen. On peut même percevoir ces effets lumineux lorsqu’on interpose un écran opaque entre l’œil et le radium. Le champ visuel est illuminé par la présence du radium. M. Javal vient de faire connaître à l’Académie de médecine les intéressantes expériences qu’il a faites avec le radium chez des aveugles, et qui lui ont permis de constater que chez ceux-ci la perception lumineuse est en raison directe de l’état de leur rétine. Les aveugles qui ont une rétine saine ont une grande sensibilité lumineuse.
- Expédition polaire canadienne. — I n capitaine canadien, M. Joseph Dernier, prépare en ce moment une expédition au pôle Nord; il compte y employer quatre années, en laissant dériver son navire trois hivers et deux étés, ce qui doit lui permettre, à ce qu’il croit, de se trouver finalement à moins de 250 kilomètres du pôle; distance qu’il franchirait par une pointe audacieuse. Son navire, qui sera analogue au Fram de Nansen, mais avec une plus grande puissance de machines et aussi une voilure [dus importante, aura 56 mètres de long sur 11 mètres de large et 5,n,50 de creux. Ce bateau sera chauffé partiellement électriquement et partie à la vapeur, il possédera un appareil distillatoire et deux fourneaux électriques pour la cuisine, un réseau téléphonique y sera disposé un peu partout se reliant même au nid de corbeau du sommet de la mâture. Précisément le mât principal sera muni d’une perche télescopique qui pourra être élevée jusqu’à une hauteur de 60 mètres pour établir des relations avec les rivages au moyen de télégraphie sans fil, et notamment avec Dawson City ou Hammerfest. L’expédition partira de Vancouver et touchera en dernier lieu à Port Clarence. Enfin, ce qui montre bien qu’on compte faire appel aux plus récentes inventions scientifiques dans cette expédition, c’est que la pointe extrême que l’on poussera finalement vers le pôle s’exécutera au moyen de deux automobiles de 5 chevaux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 21 avril 1902.
- Présidence de M. Bouqüet de la Grye.
- Exploration des grands fonds maritimes. — M. le prince de Monaco résume les résultats obtenus dans sa dernière campagne océanographique (1901). Cette année,
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- des physiologistes, MM. Richet et Portier, avaient pris place à son bord ; pour la première fois, des expériences de physiologie ont été effectuées en plein océan. M. Thoulet a étudié les échantillons des sols des fonds océaniens et sans doute la géologie va s’enrichir de faits nouveaux. En 11101 les appareils de dragage ont touché des fonds de 6000 mètres. Cette profondeur n’avait pas encore été atteinte; la drague en a rapporté des animaux de cinq groupes différents et d’espèces nouvelles dont un poisson. Pour donner une idée des difficultés d’une opération de ce genre, M. le prince de Monaco fait connaître qu’elle dure huit jours, beaucoup d’espèces nouvelles ont été ramenées d’autres profondeurs, notamment un grand requin noir pêché à 1800 mètres, dont on connaissait deux spécimens, capturés par d’autres navigateurs. On a pu rechercher et préciser la cause de la coloration verte des eaux de l’Atlantique entre les îles du cap Vert et le Continent; cette cause est d’ordre organique. MM. Richet et Portier ont étudié le venin des filaments pêcheurs des physalies. Ce venin, auquel ils ont donné le nom d’hypnotoxine, rend inerte l’animal touché par le filet et permet à d’autres filaments porteurs d’organes digestifs d’effectuer leur fonction. M. A. Gautier ajoute à ce résumé qu’il a eu l’occasion de soumettre à l’expérience des échantillons d’eau puisés à des profondeurs différentes dans l’océan au cours de la campagne de 1901. Il a pu constater que l’eau des couches profondes est moins chargée de sels et par suite plus légère que l’eau des couches superficielles. Un maximum de densité se présente à une certaine distance de la surface.
- Découverte de squelettes humains du quaternaire. — M. A. Gaudry présente une note de M. le Dr Verneau, président de la Société d’anthropologie de Paris, sur une découverte de squelettes faite dans la grotte de Raoussé, Roussé près de Menton, déjà explorée superficiellement en 1874 et 1875 par M. E. Rivière. M. le prince de Monaco a confié à l’abbé de Villeneuve le soin d’explorer méthodiquement la grotte en question. Celte exploration était particulièrement délicate, car le sol était constitué de plusieurs couches correspondant à des époques différentes. Afin d’éviter les mélanges de couches il a fallu vider successivement chacune d’elles de manière à connaître avec certitude la provenance des objets recueillis. L’explorateur a trouvé notamment des débris d’un grand cerf (cervus canadensis) et de l’hyène des cavernes. Les objets appartiennent à l’industrie paléolithique : ce sont des poteries très grossières ou des objets en calcaire du type dit Moustérien ; puis, enfin, toutes sortes de silex taillés. Enfin quatre squelettes gisant le premier à une profondeur de lm,90,le second à une profondeur de 7m,05 et les deux derniers dans une même fosse à 7m, 75. Ces deux dernière squelettes prouvent que l’homme quaternaire enterrait ses morts, au moins dans certains cas. La taille des deux squelettes associés est de lm,57 et lm,55. La partie supérieure de la tête est d’un beau type, mais la partie inférieure accuse un prognathisme accentué. 11 faudrait donc compter parmi nos ancêtres un négroïde.
- Possibilité de la production d’une image de cadavre sur son suaire. — M. Delage présente une note de M. Vi-gnon sur une cause susceptible d’expliquer la production d’une image du cadavre sur le suaire. Il a observé qu’un linge imbibé d’une solution d’aloès brunit sous l’influence des alcalis, ür, la sueur morbide contient de l’urée qui, par fermentation, donne du carbonate d’ammoniaque qui
- s’évapore; par suite, le corps d’un supplicié peut réunir les conditions nécessaires pour impressionner le suaire qui l’enveloppe.
- Varia. — M. le secrétaire perpétuel Darboux fait hommage à l’Académie, au nom de la famille de M. Joseph Rertrand, d’un volume contenant diverses notices biographiques dues à l’éminent secrétaire perpétuel décédé.
- Gu. LUS VlLLhDKCIl,.
- NIMU D’EAU DE PRÉCISION
- Il est bien des cas en mécanique où il est nécessaire de posséder un instrument permettant de constater l’horizontalité avec une précision extrême : dans la construction des machines et leur surveillance quotidienne par exemple, le montage des machines motrices, la mise en place des transmissions, des arbres de couche des navires, des tours, des ponts roulants, même des ouvrages d’art ordinaires.
- On recourt pour obtenir la solution désirable à des règles aussi parfaitement dressées que possible, à des niveaux à bulle d’air, à des lunettes, etc.; mais les règles se faussent et n’ont qu’une longueur assez faible, les niveaux à bulle se dérèglent et offrent surtout une ligne de base extraordinairement courte; pour les lunettes, le maniement en est fort délicat, on manque le plus souvent d’un champ de visée suffisant, et il ne faut pas oublier qu’il s’agit de réglages ne comportant que des fractions de millimètres. Le problème nous semble avoir été résolu de façon fort simple et fort élégante par le niveau d’eau de précision dû au capitaine Leneveu, chef de service des bâtiments et machines de l’atelier de construction de l’artillerie à Puteaux. Disons tout de suite que ce curieux appareil permet même de déterminer avec une grande précision l’épaisseur de feuilles de métal pour lesquelles on ne pourrait recourir aux méthodes usuelles.
- L’instrument est simple d'ailleurs : il se compose de deux fioles A R remplies de liquide, communiquant entre elles au moyen d’un tube flexible (disposition qui est déjà connue) ; mais, à la partie supérieure de chaque fiole, est disposée une tige pointue qui indique, par la course plus ou moins grande qu’il a fallu donner à chacune d’elles pour amener sa pointe au contact du liquide, la distance exacte existant dans chaque fiole entre le plan supérieur du liquide et le plan inférieur de la hase de la fiole. Pa.r la diflérence entre les deux nombres ainsi obtenus, on trouve avec une exactitude aussi parfaite que possible la distance qui existe entre les deux plans sur lesquels reposent les bases des fioles. Avec cette description, même si élémentaire, et la figure qui accompagne ces lignes, on est à même de comprendre fort aisément le fonctionnement de cet ingénieux appareil.
- Bien entendu, c’est là l’essentiel ; mais on a du prévoir certaines dispositions secondaires, qui ont bien malgré tout leur intérêt pratique. C’est ainsi que le couvercle des fioles est en entonnoir
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- avec vernier H, et sert de guide aux tiges mobiles graduées. De même, on a prévu des robinets pour interrompre quand il est besoin la communication des deux récipients, notamment au moment des transports. Le fourreau-guide supérieur de la tige
- porte une échancrure qui laisse voir les graduations de cette tige, et sur l’un des bords de cette échancrure se trouve un vernier donnant par lecture directe le 1 /20 de millimètre, et même le 1/50 quand il y existe un système de rappel micrométrique M de la tige graduée T: ce mécanisme permet de terminer mécaniquement, et avec une très grande précision, la mise en contact des pointes. Nous devons dire qn'on a prévu un curseur annulaire C, coulissant le long du récipient, et donnant le moyen de connaître un peu approximativement la hauteur du liquide dans le récipient, et de préparer pour ainsi dire le travail final. L’appareil porte également un niveau sphérique N, qui assure la verticalité du récipient.
- Aujourd’hui l’appareil Leneveu est bien connu et particulièrement apprécié. D. B.
- POMPE À DÉBIT CALIBRÉ
- Il est assez difficile de trouver en français une désignation simple pour ce curieux appareil d’invention américaine : cette pompe permet en effet d’extraire, en un coup de piston, d’un récipient quelconque, tonneau ou autre, un volume déterminé à l’avance du liquide contenu dans le récipient. Elle mesure donc exactement son débit; on sait, d’ailleurs, que les épiciers parisiens emploient, un peu dans ce but, des robinets aboutissant dans un récipient en verre, pour le débit du lait, du vin.
- L’appareil dont il s’agit, qui est dit à M. Comin-cavish, est bien une pompe, c’est-à-dire que le liquide est aspiré au moyen d’un piston. Mais on a
- monté solidairement, sur le bras de la pompe, deux segments parallèles, munis de trous qui se font vis-à-vis, et dans lesquels on peut faire pénétrer une cheville : le but de celte cheville est de limiter le mouvement de levée de la poignée de la pompe, quand on fait l’aspiration dans le tonneau pour chasser le liquide dans le récipient intermédiaire de la pompe. A coté de chacun des trous du segment, sont des indications de mesures de capacité, mesures anglaises, 1 gallon, 2 quarters, quar-ter, pint (ces indications et les emplacements des trous de chevilles pourraient être établis d’accord avec les mesures françaises). Il va sans dire que, pour établir cette graduation sur les segments, on a dit procéder expérimentalement. Bien entendu, au fond du récipient de la pompe, est une soupape qui s’ouvre pour laisser arriver le liquide pendant toute la durée du coup de piston, et suivant l’amplitude du mouvement de la poignée de la pompe. Quand, après l’arrêt imposé par la cheville, on aura aspiré un quarter de liquide, par exemple, on abaissera la poignée, ce qui fera fermer la soupape et en ouvrira au contraire une autre, qui fonctionne en sens inverse et laisse échap-
- I’ompc à débit calibré.
- per tout le quarter de liquide par le tube, recourbé en col de cygne, qui part latéralement au cylindre de la pompe. Nous n’insisterons pas davantage sur le fonctionnement de cet appareil, qui est simple et ingénieux. D. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- Mode d emploi cl \uo clc l'appareil Leneveu.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- X° 1510. — 5 MAI 1902.
- LA NATURE.
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- Fig. 1. — Vue générale de 1 hôpital Bretonneau.
- Il suffisait d’avoir aperçu les antiques bâtisses où l’Assistance publique de la Ville de Paris hospitalisait la plupart des enfants malades, pour comprendre 30* année — t" semestre.
- qu’une transformation complète s’imposait en la matière. La réalisation du projet de transformation qu’on caressait depuis longtemps, a été rendue pos-
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- LA NA TL RF.
- sible [nir la suppression du vieil hôpital Trousseau, jeté à bas pour une opération de voirie; il a été remplacé par deux hôpitaux nouveaux et par un ancien établissement complètement réorganisé. L'un des deux nouveaux hôpitaux, qu'on appelle l'hôpital bretouneau, est installé à Montmartre et l'on a cherché à y réunir tous les progrès de l'hygiène moderne.
- Le principe qu’011 a voulu suivre, c’est celui de l'isolement complet, dans des pavillons distincts, des différentes sortes de malades contagieux, puis des malades non contagieux, et enlin de ceux pour lesquels le diagnostic demeure encore douteux.
- 11 a fallu songer tout spécialement à une des plus redoutables maladies qui déciment l’enfance, la diphtérie, et Ton a prévu non seulement un pavillon pour les diphtériques, mais encore une installation particulière pour le personnel chargé de soigner ces malades, personnel qui ne doit avoir aucuns rapports avec le reste de l’hôpital. I)e même encore on a eu soin d’isoler le service de la chirurgie du service de la médecine, afin d’éviter toute introduction de ces germes d’infection si redoutables après une opération chirurgicale. Tout au plus a-t-on admis, comme une nécessité pour la circulation du personnel, des galeries vitrées réunissant les différents pavillons de contagieux.
- L’hôpital Dretonneau a été construit par M. llé-neux sur un terrain en forme de triangle isocèle d’une grande hauteur : l’entrée et la façade de l’établissement se trouvent sur la base du triangle. C’est là le groupe de bâtiments le plus important : il comprend tout à la fois l’administration et les services généraux.
- Sur la, gauche de cette entrée, voici les bureaux et l’habitation du directeur; mais ce qu’il y a de plus intéressant à signaler, c’est le. service de la consultation, où on a pris les mesures les mieux comprises pour assurer la séparation des malades qui passent à la visite, de manière que le contact des uns ne soit pas dangereux pour les autres : c’est ainsi qu’on a complètement banni les grandes salles d’attente en commun, où se coudoient toutes les maladies. Dès qu’il a franchi la porte du petit bâtiment, chaque petit malade est examiné sommairement, et, s’il semble suspect, on le conduit immédiatement dans une des stalles d’isolement d’une salle d’attente spéciale dite des contagieux : c’est seulement dans le cas contraire qu’il peut pénétrer dans une des salles d’attente ordinaires. Notons du reste que les stalles d’isolement, comme presque tout l’hôpital, ont des murs vernis, des plinthes arrondies, des carrelages en grès, un mobilier tout en fer, où les lavages se font dans les meilleures conditions possibles. Le bâtiment de la consultation comprend une salle d’opérations, un cabinet de dentiste, une installation fort complète d’hydrothérapie. bien entendu, les opérations qu’on y fait sont seulement celles qui ne présentent pas de gravité et ne nécessitent pas l’entrée à l’hôpital. Les malades pour lesquels la consultation est suivie de l’admission
- à l’hôpital passent toujours par la salle de bains, et changent même de vêtements avant que d’être conduits au pavillon dont ils relèvent.
- Dans le bâtiment de droite des services généraux, on trouve une lingerie, comprenant seulement une salle de repassage et de pliage, l’hôpital n’ayant pas sa blanchisserie particulière. Il y a une grande cuisine pouvant approvisionner les pavillons qui se trouvent en face dans l’intérieur de l’hôpital; elle comporte une circulation d’eau chaude chaullêe par la chaleur perdue du fourneau, et qui s’en va alimenter le service d’hydrothérapie et la tisanerie. Le plafond de celte cuisine esten verre perforé, qui assure l’évacuation des buées sans créer de courants d’air.
- Quand on pénètre au cœur de l’établissement, on aperçoit à gauche le pavillon de la médecine (pour les non-contagieux) et celui de la chirurgie, qui comprennent deux étages de salles égayées par des loggias-promenoirs pour les convalescents, et dont les vitrages sont ingénieusement décorés. Chaque pavillon est divisé en section des garçons et section des filles et possède une crèche avec lits pour les mères, puis des bains, et enfin des compartiments vitrés permettant d’isoler ceux des petits malades auxquels le calme est nécessaire. La salle d’opérations du bâtiment de chirurgie est très bien comprise. Un ascenseur hydraulique permet le transport des malades sur civière. En arrière de ces deux pavillons, il en est un autre pour la chirurgie des plaies suppurantes; il faut en effet, pour celles-ci, un isolement qui empêche la contagion des plaies saines chez les opérés ordinaires. A peu de distance est le pavillon des internes, accolé au mur de gauche de l’hôpital, et où ces internes trouvent une excellente installation.
- Exactement à l’opposé, et le long de l’autre grand côté du triangle isocèle que forme le terrain de l’établissement, se trouve la série des quatre pavillons pour contagieux, qui peuvent tous se suffire en possédant chacun lavabos, vestiaires, bains ; ils sont cependant desservis par une cuisine commune, complètement isolée du reste. Un des pavillons est aménagé en chambres à deux lits, formées de cloisons vitrées. En avanj de cette série est le pavillon des douteux, où l’on a considéré avec raison qu’il était indispensable de ne recevoir les malades que dans des chambres séparées, mais seulement par des cloisons vitrées, ce qui donne quelque distraction aux enfants.
- Quant au pavillon des diphtériques, il se trouve à l’extrémité du terrain de l’Hôpital ; il est presque entièrement divisé en chambres à un lit ; il a fallu le doter d’une salle d’opérations. En arrière de ce bâtiment est le logement des infirmières spéciales, relié au pavillon par une galerie vitrée.
- Il nous reste à dire un mot de l’installation du pavillon des morts. Il a une porte discrète sur une des rues latérales, et comprend une salle de repos avec 12 tables en ardoise pour recevoir les corps, puis une salle pour les familles, une salle de recon-
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- LA NATURE.
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- naissance des corps, une salle d’exposition de la bière, enfin un grand amphithéâtre, des laboratoires et salles d’autopsie et une étuve.
- Dans les salles d’opérations, on ne s’est pas contenté d’étendre sur les murs une couche de peinture se lavant bien jusqu’à lm,75 du sol, on a garni ces murailles de plaques d’opaline; le mobilier est extrêmement réduit, mais on peut parfaitement l’antiseptiser : c’est ainsi que la table d’opérations est en lave émaillée. Une petite annexe de la1 salle d’opérations contient les appareils pour le chauliage du linge, la stérilisation des instruments ef des pansements, la préparation de l'eau stérilisée, etc.
- On n’a pas eu à se préoccuper de l’éclairage de l’hôpital, tout simplement parce que la lumière électrique est fournie par une des compagnies parisiennes. Le chauffage est assuré par cinq chaudières à très basse pression et à régulation automatique ; l’air de l’extérieur passe dans des coffres où se trouvent des tuyaux pleins de vapeur, et entre dans les salles en chassant l’air qui les remplit déjà. Des cheminées de ventilation appellent du reste cet air vicié. Dans tous les services on a à sa disposition de l’eau de source, de l’eau filtrée et de l’eau chaude ; un réseau téléphonique met en communication les divers services avec le cabinet du Directeur et la chambre de garde des internes.
- Sans vouloir insister sur les dépenses de construction de cet hôpital, nous ferons remarquer que le prix de cet établissement représente un peu plus de 8000 francs pour chacun des 254 lits qu’il contient. C’est là évidemment un luxe que toutes les villes ne peuvent point se payer. Daniel Bsllet.
- CÔNE DE CIRCULATION
- POUR CHAUDIÈRES A VAPEUR
- Ce système porte le nom assez peu caractéristique de « Cône Matins », qui n’indique nullement le but auquel il répond, mais seulement le nom des constructeurs anglais de Manchester qui le fabriquent. Nous jugeons utile d’en faire la description, étant donnés sa construction toute spéciale et les avantages remarquables qu’on lui attribue. L’invention consiste à disposer dans le carneau d’unechaudièreun tube transversal, et compliqué de forme,qui se relie au bouilleur annulaire de la chaudière par en haut et par en bas : cela transforme le générateur en une sorte de chaudière aquatubulaire, mais ce, dans des conditions très particulières. Comme on peut le voir immédiatement par la figure que nous donnons, ce tube n’est pas précisément conique : il affecte plutôt la forme d’une couronne conique portant une tubulure supérieure et une tubulure inférieure qui se raccordent aux parois du bouilleur; de plus, chaque carneau contient une série de ces disques disposés à la suite les uns des autres. Les parois des couronnes sont d’ailleurs munies de nervures, ce qui facilite l’échange de chaleur. Ces cônes sont faits d’une fonte malléable
- susceptible d’une grande résistance à l’extension. On aura noté sans doute, en regardant la gravure, que le premier des cônes a une forme un peu particulière et désaxée, peut-on dire, sa demi-moitié inférieure formant comme un pont sur lequel passent les gaz avant que d’atteindre les cônes ultérieurs; mais sa présence n’est nullement une nécessité.
- Nous n’avons pas besoin de faire remarquer que forcément cette disposition augmente la puissance de vaporisation de la chaudière ; mais ce n’est pas cela surtout que l’on a poursuivi. Ce que l’on a cherché avant tout, c’est d’oldiger l’eau à faire un tour complet en quelques minutes, ce qui lui assure partout une température uniforme; et par suite
- Section d'un bouilleur avec cônes de circulation.
- môme de ce mouvement continu et rapide de l’eau, il est, paraît-il, pratiquement impossible qu’il se forme des dépôts dans les cônes, de même du reste que dans le bouilleur les incrustations et dépôts sont réduits à un minimum. On affirme, d’autre part, que la vapeur engendrée est bien plus sèche que d’ordinaire, et il ne se produit pas d’entraînements d’eau.
- On a fait de ces installations où une chaudière à deux bouilleurs était dotée de 16 cônes dans chacun de ses bouilleurs, et on est arrivé à réduire à quelque 450 degrés la température des gaz de la combustion parvenant à l’extrémité du carneau ; on a pu également remarquer, ce qui est précieux au point de vue de l’utilisai ion bien complète de la chaleur, que tous les gaz qui auraient pu s’éteindre sont rallumés avant que d’atteindre le dernier cône. On a enfin comparé, au point de vue de l'évaporation de l’eau, la puissance respective d’une chaudière ordinaire et d’une chaudière munie de cônes, mais au nombre seulement de 4, et l’on a constaté qu’avec ces cônes le niveau de l’eau avait baissé de 50 °/0 de plus que sans cet adjuvant.
- Cet appareil est certainement des plus intéressants, et il est à souhaiter qu’on le mette en essai dans beaucoup de générateurs pour qu’on puisse réunir des éléments complets d'appréciation sur ses mérites. I*. de M.
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- LA NATURE.
- LES CANONS JUMEAUX
- On sait que sur les navires de guerre actuels on se préoccupe de plus en plus de la question de protection, surtout en ce qui touche à l’artillerie. Il y a quelques années, les gros canons étaient seuls en tourelles. Aujourd’hui, on attribue également ce mode de protection aux pièces de moyens calibres. Quant aux petites bouches à feu, elles sont munies, bien entendu, de masques destinés à mettre à l’abri des projectiles ennemis et de leurs éclats les délicats organes de leurs affûts, ainsi que les canonniers préposés à leur service.
- À bord, la question de poids est primordiale ; plus on a de poids disponible, plus on installe de bouches
- à feu. Or, les organes de protection consomment pas mal de ce poids, et on a tout intérêt à l’économiser .C’est pour cette raison qu’au lieu de donner une tourelle à chaque bouche à feu de gros ou de moyen calibre, on réunit les canons par couples dans une seule tourelle. Une tourelle pour deux pièces est évidemment plus lourde qu’une tourelle pour un seul canon, mais son poids est notablement inférieur à celui de deux de ces dernières, et on arrive par ce moyen à réaliser une économie sérieuse.
- Allant plus avant dans cette voie, MM. Schneider et Cie, qui construisent une artillerie dont l’éloge n’est plus à faire, viennent d’établir un système qui permet de tirer deux canons sur un unique allât ; il en résulte que les deux pièces occupent un espace aussi restreint que possible, et peuvent par consé-
- Fig. 1. — Canons jumeaux de la centimètres, système de JIM. Schneider et Cie. — Position de chargement.
- quent être contenues dans la tourelle de dimensions minima, ou même ne nécessiter qu’un simple masque. D’où une économie de poids à la fois pour l’affût et pour la protection, en même temps qu’une diminution de l’encombrement.
- Les avantages, obtenus de la sorte, ne sont pas les seuls; il en est un autre dont l’importance est encore plus considérable. Les deux canons sont, en effet, montés dans un même manchon en acier, et, ainsi solidaires, ne nécessitent qu’un unique pointage; de telle sorte que la rapidité du tir venant à être de beaucoup augmentée, l’efficacité de ce tir reçoit un notable accroissement.
- Les « canons jumeaux », ainsi réalisés, sont du calibre de 0m, 15. Ce sont des pièces modernes par excellence. D’une longueur d’âme de 42 calibres, ils pèsent chacun 4700 kg, et lancent un projectile de 40 kg à la vitesse de 740 mètres. Ils sont munis de la fermeture de culasse à vis à un seul mouvement, avec
- les sécurités habituelles contre les mises de feu prématurées et les longs feux. Les deux mécanismes de mise de feu, qui fonctionnent à volonté soit électriquement, soit à percussion, ont leur commande placée sur le côté gauche de l’affût, à proximité de la main du pointeur. La disposition adoptée permet d’ailleurs de mettre le feu à un seul canon ou aux deux à la fois.
- Les deux bouches à feu sont, comme nous l’avons dit plus haut, montées dans un même manchon en acier. Celui-ci porte extérieurement deux tourillons autour desquels tout le système peut osciller. Les deux canons auront donc à chaque instant le même pointage, et, chacun d’eux ayant indépendants scs deux freins et son récupérateur à air comprimé, pourront tirer soit simultanément, soit l’un après l’autre. Grâce aux freins, le recul est des plus limités et n’atteint que 0m,375. Il y a lieu de signaler à cet égard que la disposition intérieure de l'un des freins
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- LÀ NATURE.
- r.ii
- est telle qu’il peut maintenir la pièce en batterie sans le concours du récupérateur. Il devient donc possible de continuer le tir dans le cas d’une avarie de cet organe : il suffit de pomper, après chaque coup, pour remettre la pièce en batterie.
- Le système, formé par les canons jumeaux et le manchon qui les entoure, oscille autour de deux tourillons, et c’est de cette oscillation que résulte le pointage vertical. Le mouvement est facilité pa»* l’interposition de couronnes de galets entre les tourillons et leurs sous-bandes et sus-bandes. Le volant de commande pour le pointage en hauteur est placé sous la main du pointeur. Ce volant actionne un secteur denté, solidaire du mancbon-aifùt, par l’intermédiaire d’un mécanisme irréversible comprenant une vis sans fin, une roue hélicoïdale et un pignon
- claveté sur l’arbre de la roue. Celle-ci transmet son mouvement à l’arbre par l’intermédiaire de rondelles de friction, afin d’éviter, lors du tir, les chocs qui pourraient se produire sur la denture.
- Le système, composé des canons jumeaux, du manchon et des mécanismes de pointage, est supporté par un châssis en acier moulé qui peut rouler sur une couronne de billes logées dans la sellette. C'est par ce roulement que le pointage en direction est naturellement obtenu. Afin de permettre de régler exactement la position du châssis, le chemin de roulement inférieur de la couronne de billes est fixé à la partie supérieure d’un écrou vissé dans la sellette.
- Le système est guidé dans son mouvement d’orientation par une couronne de galets cylindriques, placée h la partie supérieure de la sellette. Les axes des
- Fig. 2. — Canons jumeaux <1e lo centimètres, système de MM. Schneider et O. — Position de tir.
- galets sont reliés par des cercles en fer et leur ensemble repose sur de petits galets à axes horizontaux afin de faciliter le déplacement de la couronne.
- Le volant de manoeuvre pour le pointage en direction est également placé sous la main du pointeur. Ce volant commande, par l’intermédiaire d’un système de roues dentées, une vis sans fin qui engrène avec une circulaire immobilisée sur la sellette. Pour éviter les chocs qui se produiraient sur la denture, par suite du tir d’un seul canon, la vis est montée sur un arbre qui peut coulisser suivant son axe. Dans ce mouvement, l’arbre entraîne d’une part le piston d’un frein hydraulique à résistance constante destiné à absorber l’énergie communiquée à la masse et, d’autre part, comprime un ressort spirale qui devra ramener le système à sa position initiale. La sellette qui supporte le châssis est en acier moulé ; elle est fixée sur le pont du navire par une série de boulons.
- Les canons réunis, ne tenant guère plus de place
- qu’un seul, n’ont besoin que d’un masque pour la protection de l’affût et des servants contre les éclats des projectiles ennemis. Ce masque, du poids de 1800 kg et à faces et plafonds inclinés, est fixé sur le châssis par des attaches élastiques.
- Tel est le système des canons jumeaux que MM. Schneider et Cie viennent de mettre au jour. Cette invention, que caractérise une grande simplicité, jouit, comme nous l’avons montré, d’avantages inestimables en réalisant une grande économie sur le poids disponible à bord et en permettant d’augmenter dans de notables proportions l’efficacité du tir. Il est présumable que la disposition des canons jumeaux, qui vient d’être appliquée au calibre de 0m,15, pourra l’être dans un avenir prochain aux pièces du plus gros calibre. La puissance de l’artillerie navale fera un pas de géant le jour où un tel progrès pourra être réalisé sur les navires de guerre.
- lé-colonel Df.i.afnf.y.
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- LES DATES DE LA FÊTE DE PAQUES
- ET DES FÊTES MOBILES
- Si l’on excepte les quatre-temps et le premier dimanche de l’avent, toutes les fêtes mobiles ont leurs dates réglées, comme on sait, sur celle de la fête de Pâques. 11 suffira donc de connaître cette dernière date pour trouver celles des autres fêtes. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler ici les règles très simples qui permettent de faire ce calcul :
- Le mercredi des Cendres se pince exactement 10 jours avant Pâques. L’Ascension .— — 50 — après —
- I.a Pentecôte — — 19 — — —
- La Trinité - - 50 - —
- La Fête-Dieu - -- 60 —
- Les dates se déduisent facilement de ce tableau, si l’on fait attention que les mois de mars et de mai ont ol jours, le mois d’avril 50 et le mois de février *28 dans les années communes et 20 dans les années bissextiles.
- Quant à la date de la fête de Pâques, elle a été fixée par le Concile de Nicée au premier dimanche qui suit la pleine lune qui suit l’équinoxe du printemps. Les règles pour faire le calcul ont été réformées en 1582 par le pape Grégoire XIII, qui a établi le calendrier grégorien. L'objet de cette réforme a été de donner des règles de calcul bien précises et aussi approchées que possible des données, astronomiques relatives au mouvement de la lune. Cependant, il peut arriver que la date de la fête de Pâques, calculée d’après ces règles, ne corresponde pas exactement à la pleine lune astronomique. Les règles, en efiet, ne représentent pas le mouvement de la lune avec toutes ses irrégularités : elles ne le suivent qu’en moyenne. Or, si la pleine lune tombe le jour de l’équinoxe vers minuit, il suffirait de quelques heures ou même de quelques minutes de différence dans l’instant du phénomène astronomique pour que la date de Pâques fût reportée un mois plus tard. Il aurait alors fallu tenir compte non seulement du jour, mais encore de l’heure et de la minute de la [deine lune. De même si la pleine lune arrivait un samedi soir
- 1900 1905 1910 1915 1920 1925 1930 1935 1990 19VS 1950 1955 1960 1965
- Æ^ToJÇiEÎ7, O£
- Diagramme îles dates de la l'ète de Pâques de l’an 1900 à l’an 2000.
- avant minuit, il aurait fallu mettre Pâques le lendemain, et si elle venait après minuit, reporter Pâques à la semaine suivante. Aussi la date qui nous occupe n’est-elle pas réglée sur la Lune astronomique, mais sur une lune fictive qu’on appelle la lune ecclésiastique et dont les mouvements ne s’accordent qu’en moyenne avec ceux de la lune véritable. De même l’équinoxe dont il est ici question n’est pas l’équinoxe astronomique. C’est l’« équinoxe ecclésiastique )) invariablement fixé au 20 mars. De là résulte d’abord que Pâques ne peut tomber avant le 22 mars; car la date est la plus faible quand la pleine lune arrive le 21 et que ce jour est un samedi. La date est la plus reculée quand la pleine lune tombe le 20 mars, parce qu’alors il faut se reporter à la pleine lune suivante, et que cette pleine lune suivante arrive un dimanche, Pâques étant- alors reporté au dimanche suivant. Les lunaisons ecclésiastiques sont alternativement dé 20 et 30 jours ; on compte de 30 jours la lunaison qui précède Pâques, ce qui fait que, d’après ces conventions, la date la plus reculée serait de 50 +7 ou 37 jours après le 20 mars, soit le 26 avril. Cependant le concile de Nicée ayant décrété que la fête de Pâques ne serait jamais célébrée plus tard que le 25 avril, on comptera la lunaison
- de 20 jours seulement dans ce cas' exceptionnel, ce qui ramènera la date de la fête au dimanche précédent, soit le 10 avril. Il y a encore une autre exception dont nous parlons plus loin, et qui consiste à compter la lunaison de 20 jours quand elle se termine le 18 ou le 10 avril.
- Les règles données par Grégoire Xllf sont assez compliquées. Elles ont été établies pour un calcul de proche en proche, c’est-à-dire qu’on y suppose que l’on ne calcule pas la date de Pâques d’une année sans avoir calculé celles de toutes les années précédentes. Plusieurs mathématiciens ont cherché à traduire ces règles en formules, de manière à permettre le calcul direct pour une année quelconque.
- La formule de Gauss est célèbre, malheureusement elle exige l’emploi d’une petite table dressée d’avance. Au mois de décembre dernier, M. Casevitz a publié dans le « Bulletin de la Société astronomique de France » une formule qui permet de faire le calcul sans autres données que le millésime. Nous croyons intéresser nos lecteurs en leur faisant connaître cette formule qui s’applique à toutes les années postérieures à la réforme grégorienne (1582) jusqu’à l’année 4200.
- Soit n le millésime de l’année, m le nombre de cen-
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- LA NATURE.
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- taines de ce millésime et n' le nombre formé par les dizaines et les imités. Désignons par le symbole le quotient entier de a par b, et posons :
- [foMïMs}
- Divisons T par 50 et soit T' le reste :
- p — 36— T' siT'+15 ;,_66 —T' si T'> 15
- sera la date de la pleine lune pascale, toujours postérieure au 20 mars. Soit maintenant m’ le reste de la division de m par 4. Posons :
- j—pJr2+ + 5m'.
- Divisons / par 7 et soit j' le reste :
- P — p -j- 7 —f
- sera la date de la fête de Pâques dans le mois de mars. Si P dépasse 31, on retranchera 51 pour avoir la date dans le mois d’avril. Si on trouve le 20 avril, on reportera Pâques au 10 ainsi que nous l’avons dit plus haut. Enfin, pour satisfaire à la seconde exception prévue par le concile de Nicée, si ayant trouvé T = 17, on trouve de plus que Pâques arrive le 25 avril, il faudra reporter la date au dimanche précédent, c’est-à-dire le 18. Prenons pour exemple l’année 1905. .
- On aura :
- n — 1903 m — 19 «' = 3 m' = 3
- T = H (3— 19', + 100 + 4 + 0 = 110— 17C> = — 00 T' = — (3 = + 24
- 7 = 42 + 2 +
- J) ()(j — 24 = 42 + 5x3 = 44 + 3+ Il P = 42 + 7 — ü = 43.
- : 02
- Pâques sera donc le 45 mars ou le 12 avril.
- Nous donnons ici un tableau graphique qui indique la date de la fête de Pâques, pour toutes les années du vingtième siècle1. Maurice Fouciié.
- LE SOUTERRAIN DE MEUD0N
- Ainsi que nous l’avons dit à plusieurs reprises, en parlant des derniers travaux de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest, la principale cause qui a déterminé la construction de la gare des Invalides a été de pouvoir desservir les régipns de la Bretagne et de la Normandie par des trains aboutissant à cette tête de ligne. Il importait dès lors de créer deux tronçons nouveaux qui missent l’ancienne voie longeant la Seine en relation, avec les grandes artères du réseau. L’un d’eux relie Grignon à Eper-non sur un parcours de 16 kilomètres; cette ligne est achevée et prête à jouer son rôle. L’autre tronçon part de la gare des Invalides et aboutit à quelques cents mètres en deçà de la station de Versailles-Chantiers.
- I)’une façon générale, cette dernière, qui présentait de grosses difficultés d’exécution, à cause des zones qu’il fallait parcourir, a été exécutée sans encombre et nous n’aurions pas à y revenir si la
- 1 Ce tableau est dressé sur le même modèle que celui que nous avons publié pour le dix-neuvième siècle dans notre n° 830, du 27 avril 1889, p. 350.
- traversée en souterrain, sous Meudon, n’avait été momentanément entravée par des circonstances tout à fait exceptionnelles. Elles ont retardé l’achèvement de la ligne de 18 mois; mais aujourd’hui tout est terminé et la victoire est restée aux techniciens, grâce au talent et à la persévérance du très distingué ingénieur de l’Ouest, M. Rabut, à qui on avait confié la tâche délicate de diriger les travaux.
- Il est probable que si l’on avait pu prévoir les difficultés qu’on a rencontrées, on aurait attribué au tronçon un tracé sensiblement différent de celui qui a été adopté, quitte à lui donner un développement plus considérable. Quelques kilomètres en plus sont peu de chose pour une ligne d’intérêt général et l’on aurait évité ainsi le retard de la mise en exploitation, les dépenses considérables de réfection du tunnel et les difficultés d’exploitation d’un long tunnel en pente, d’une aération tellement difficile, qu’il a fallu s’adresser à la traction électrique pour éviter les gaz délétères sous la voûte.
- Le tunnel de Meudon, qui supporte au-dessus de lui une épaisseur de terrain de 75 mètres de hauteur, présente une longueur totale de 3560 mètres avec une pente de 8 millimètres par mètre vers Paris (tig. 2 et 4).
- Ainsi que pour tous les travaux de ce genre, deux chantiers ont été ouverts aux deux extrémités; le sol a été attaqué d’après les règles en usage dans la construction des souterrains. Les 1800 mètres du côté de Paris ont été exécutés assez facilement; le .terrain à percer était composé de calcaires grossiers et de sables moyens, semblable par conséquent au sous-sol qu’il a fallu traverser pour la contraction de la ligne n° 1 du Métropolitain. On a pu avancer très vite dans celte masse compacte et facile à percer; chaque jour, on progressait ;ous le sol de 5 à 6 mètres. Du côté de Versailles, les travaux furent exécutés également sans trop d’encombre et l’on croyait pouvoir terminer promptement l’ouvrage, quand, tout à coup, un accident impossible à prévoir vint ruiner ces belles espérances.
- Les couches de terres situées au-dessus de la voûte du tunnel, n’étant pas encore soutenues par de la maçonnerie, s’affaissèrent sous le poids d’une nappe de sable boulant, confinée dans l’épaisseur de la montagne. L’existence de cette nappe était certainement connue, mais l’on estimait qu’une épaisseur de 7 mètres de terrain solide entre son radier et l’intrados du futur ouvrage aurait suffi pour la soutenir. En réalité ces 7 mètres n’existaient pas; cette nappe liquide s'infléchissait suivant une règle inconnue, si bien qu’à l’endroit du souterrain, elle n’était séparée de la voûte que par 2 ou 5 mètres. Bref, les sables liquides envahirent les chantiers et menacèrent d’étendre leur ravage surt une distance considérable. En ce cas, il aurait fallu abandonner les travaux; c’eût été un véritable désastre. Ce n’est que grâce à la promptitude des mesures prises et à l’ingénieuse initiative du directeur des travaux que le malheur put être évité. L'éboulement fut limité
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- LA N AT LUE.
- .n \
- sur une distance de 40 mètres. Et c’est pour traverser ces quelques mètres qu’il a fallu déployer des méthodes de travail nouvelles, retarder l’ouverture de la ligne de 18 mois et dépenser plus d’un million, chiffre qui remet l'avancement à 25 000 francs
- le mètre courant. Ces données constituent d’ailleurs un progrès très sensible sur les ouvrages similaires exécutés antérieurement. En effet, lors de la construction du chemin de fer de Montauban à Brives-la-Gaillarde, on eut à déplorer un accident du même
- genre au tunnel de Marot, des infiltrations de sables mouvants envahirent les travaux sur une distance de 7 mètres. Il fallut sept ans pour les traverser.
- Les dix-huit mois employés pour percer les 40 mètres du tunnel de Meudon constituent donc un notable progrès dans les travaux de ce genre.
- Les sables boulants, qui ont donné tant d’ennuis à Meudon, se composent de sables dits de Fontainebleau unis à l/10e d’eau. Ce mélange constitue une masse dépourvue de toute consistance; il coule comme de l’eau par toutes les ouvertures ou fissures, et rien ne peut empêcher son invasion. D’ailleurs, sa
- densité est double de celle de l’eau, c’est ce qui explique la facilité qu’il a de démolir les voûtes et la pression qu’il exerce sur les parois qui lui sont opposées.
- L’effondrement du tunnel de Meudon est survenu d’une façon assez bizarre. Le poids de la nappe de sable, qui n’atteint pas moins de 20m de hauteur, a
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- LA NATURE
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- fait tomber dans le souterrain les terres qui la soutenaient; il s’est alors formé deux solutions, sortes de déversoirs espacés de 12 à 15m, par lesquelles le
- sable liquide s’est répandu. On se trouvait donc par le fait en présence d’une masse assez compacte relativement solide placée au milieu d’un effondre-
- Fig. 3. — État des travaux du souterrain de Meudon pendant la période de déblai des sables boulants.
- ment, séparant deux masses liquides de sables bou- cédé, quand on a vu qu’on n’était plus maître lants. La première opération à laquelle on a pro- d’arrêter l’invasion, a été de construire à 40m en
- fontainebleau
- Sables de
- Prolil en long du souterrain de Meudon,
- arrière, et de chaque côté du tunnel, un mur bouchant complètement l’ouvrage pour limiter l’envahissement dans le cas où les sables s’étendraient
- indéfiniment. Ces murs ont été une bonne précaution, mais heureusement ils n’ont pas servi.
- Le problème se résumait dès lors à traverser la
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- LA NATURE.
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- masse des sables boulants et à y établir une voûte en maçonnerie. A première vue il n’y avait pas de solution, puisque la nappe était inépuisable et qu’aucun procédé connu ne permet d’avancer dans des terrains mous. On ne pouvait penser à l’air comprimé, à cause de la densité du mélange. Un instant on s’ingénia à chercher les moyens de congeler toute la masse à traverser et à l’attaquer comme un terrain dur. Mais il fallut renoncer à cette conception chimérique.
- On adopta alors un moyen de travail d’une délicatesse extrême qui permettait de gagner chaque jour quelques décimètres cubes sur la masse liquide. En deux mots, le principe adopté consistait à enfermer derrière des cloisons étanches une petite portion de la masse de sables boulants effondrés et de gagner ainsi du volume derrière ces cloisons, sans les démolir. Nous verrons plus loin comment on réalisa ce programme qui, au premier abord, paraît absurde.
- Au lieu d’attaquer la masse liquide par les deux bouts, on préféra commencer le travail par le milieu
- Sa6/es~ - ' fluents
- Fig. 5. — Schéma montrant en plan la disposition des cloisonnements successifs pour l’enlèvement des sables boulants.
- de l’effondrement, c’est-à-dire dans la portion relativement solide. À cet effet, on construisit latéralement et en dehors du tunnel une galerie qui permit de gagner cette zone par laquelle on voulait commencer l’ouvrage. 11 y eut donc deux chantiers qui avançaient dans deux directions opposées.
- Voyons maintenant comment on procéda pour enlever les sables boulants. Soit TT, TT les limites du souterrain qu’il s’agissait de déblayer (fig. 5). Un des chantiers fut constitué en enfermant les sables éboulés derrière des cloisons en planches verticales AA', DR, RB', R'C, CG'; d’autres cloisons horizontales ou inclinées venaient au besoin délimiter la masse liquide. Il fallait empêcher le sable de passer à travers ces cloisons. Aussi étaient-elles faites à l’aide de pieux superposés et jointifs. Pour pouvoir gagner du volume derrière ces cloisons, on enfonçait, à l’aide d’un procédé spécial, des pieux dans l’épaisseur même de la cloison ; ces pieux étaient enfoncés de manière à constituer une nouvelle cloison dans la masse de sables boulants. En établissant deux cloisons verticales A'I)', AA' et deux cloisons horizontales, l’une en haut et l’autre en bas, on arrivait à emprisonner un certain volume de sables; on pouvait alors enlever les cloisons RB',
- RI) et déblayer les sables enfermés. On se trouvait ainsi devant une nouvelle série de cloisons AA', A'R', R'C, CC' et on pouvait continuer à avancer de la même façon. Au fur et à mesure que l’on gagnait du terrain à l’endroit de la voûte on établissait (fig. 5) la maçonnerie, afin de se garantir définitivement. La grosse difficulté était de faire traverser les poutres aux cloisons. Il est certain que si l’on avait pratiqué dans celles-ci des ouvertures pour le passage des poutres, tout le sable se serait écoulé par les fenêtres ainsi constituées et l’on aurait eu une nouvelle invasion. Voici comment on a procédé. On délimitait avec de la craie sur la cloison à traverser l’équarrissage exact de la pièce de bois à enfoncer (15 cm x 15 cm environ) ainsi que l’endroit où devait se faire la perforation. Puis on perçait à la tarière une série de petits trous rapprochés les uns des autres suivant la ligne marquée à la craie. On avait donc un élément de cloison qu’il serait facile de faire sauter, sous une pression suffisante. On employait des vérins de 20 à 50 tonnes pour provoquer la poussée des poutres contre les cloisons. L’extrémité de la poutre venant rencontrer l’élément de cloison, préparé à cet effet, le faisait sauter comme un bouchon qui allait se perdre, par derrière, dans le sable boulant. On pouvait alors faire entrer la poutre à la place qu’elle devait occuper. En mettant ainsi des poutres les unes sur les autres, on établissait les cloisons (fig. 1).
- En réalité l’ouvrage n’a pas été exécuté avec la régularité que nous paraissons indiquer. A chaque instant il fallait s’ingénier pour combattre l’invasion, boucher des joints non étanches, soit avec des coins en bois, soit avec de la paille.
- Afin de diminuer l’effort d’enfoncement des poutres, on a évidé celles-ci suivant leur axe, pour laisser le sable couler à travers ces conduits ainsi formés.
- On conçoit combien le travail de ce tunnel devait être pénible ; les ouvriers se trouvaient exposés aux dangers de nouveaux éboulements qui pouvaient se produire; l’aération des chantiers était difficile, enfin les hommes étaient couverts de boue et ils ne pouvaient marcher qu’avec beaucoup de difficulté. Aussi leur paye était-elle majorée de 50 pour 100.
- Comme on peut le comprendre, l’ouvrage ne progressait pas vite. La difficulté d’enfoncer les poutres et le nombre élevé des pièces de bois à manœuvrer ne permettaient pas de pousser rapidement le travail. A chacun des deux chantiers, on ne pouvait guère faire plus d’une chambre par semaine, c’est-à-dire gagner plus de 2 mètres cubes.
- Aujourd’hui les travaux sont terminés, la masse boueuse a été traversée avec succès et la maçonnerie est achevée. La Compagnie compte présenter l’ouvrage au service du contrôle dès le mois de mai et tout porte à croire que pendant l’été prochain on pourra commencer à mettre en exploitation les trains électriques de la banlieue et les trains à grande vitesse destinés aux régions de la Normandie et de la Bretagne. A. da Cdkha.
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- LA YALLONÉE
- Lorsqu’on examine des relevés statistiques relatifs au commerce de l’Asie Mineure, on y voit mentionnée souvent la vallonée. (jet article, qni se rencontre également en Grèce, assure un fret de retour précieux aux navires qui sont arrivés chargés de marchandises européennes.
- La vallonée (qu’on écrit aussi valonée) est la cupule très volumineuse du gland d’un chêne d’espèce, particulière, le quercus œqilops, qui abonde dans l’intérieur de l’Anatolie, et dont la production, dans la seule région de Smyrne, dépasse certainement 55 milliers de tonnes, représentant une valeur de 12 à 15 millions de francs. Ce produit est employé dans le tannage, ce qui n’a rien d’étonnant quand on songe à la quantité considérable de tanin que contient le chêne, et il a cet avantage de donner du poids et de la consistance aux cuirs qu’il sort à traiter, en même temps que de pouvoir fournir une coloration noire d’une excellente tenue. On ne se sert de ces cupules qu’après les avoir concassées et moulues de manière à en former une sorte de poudre. La vallonée occupe des milliers de personnes dans les ports d’expédition, où il faut procéder au nettoyage et au triage des envois de l’intérieur, et cette industrie réclame de vastes magasins pour ces opérations et pour la mise en sac. Les glands du quercus œqilops paraissent en mars et sont mûrs en août; pour venir à bien, ils demandent de l’eau en hiver et jusqu’au commencement de juin ; les arbres des régions mon tueuses sont meilleurs producteurs que ceux de la plaine. Pour qu’ils puissent mûrir, il est nécessaire que les glands ne supportent pas de grands vents au milieu de l’été, car souvent alors ils tombent. Les meilleurs crus sont Gundai, Pergame, Dikili, Aïdin, Bordo, puis en second lieu Dardannelles, Métélin, etc. La récolte commence en août et se termine en octobre : on bat les arbres avec de grandes perches, puis on étend la vallonée au soleil, on la débarrasse, des glands, et quand elle est bien sèche on la met en sacs, on la confie soit à des caravanes de chameaux, soit au chemin de fer, et on l’expédie sur les centres de triage, et d’exportation (Smyrne est un des principaux). Là on va se livrer au travail de la classification, tout en prenant des précautions pour assurer une dessiccation complète.
- 11 y a au moins 5 qualités de vallonée. D’abord la qualité extra, qui porte le nom, de « Uso Trieste », simplement parce qu’elle, est envoyée surtout sur le marché de, cette ville, pour les tanneurs italiens; les cupules en sont grosses, charnues et de belle couleur blanche, ce qui, avec le poids, est l’indice de la supériorité du produit. On ne peut recueillir qu’assez peu de, cette qualité, et l’on doit se rabattre sur la qualité dite criblée, qui se consomme en Allemagne, en Autriche et en Italie, et dont les cupules sont moins grosses. La variété la plus abondante est celle qu’on appelle ((naturelle» dont les éléments sont de grosseur très variable, mais bien triés, et qui s’exporte pour une grande partie sur l’Angleterre sous le nom d'uso anglais. Il y a ensuite les refus de vallonée, qui renferment des cupules défectueuses et un peu de toutes les couleurs, en même temps qu’une certaine proportion de glands, de terre et de corps étrangers : c’est à peu près la seule sorte qui soit achetée par nos tanneurs à cause de son bon marché, et nous devons dire que, en dépit de son infériorité, elle donne encore 17,19 et parfois 22° de tanin. Il y a enfin les brisures de val-Jonée, qui se sont détachées des cupules durant les manipulations. J. Leroy.
- MŒURS DES COLÉOPTÈRES COPROPHAGES
- I)E IA PI,ATA
- On apprend tous les jours quand on étudie de près les animaux. Les insectes en particulier offrent un champ d’études illimité. Rien de curieux comme leurs habitudes et leurs mœurs. Ainsi sont extrêmement intéressantes les mœurs des Coléoptères Copro pliages. Ces insectes remplissent dans l’économie de la nature un rôle des plus importants en enfouissant les matières excrémentitielles pour les faire servir à l’alimentation de leurs larves. Les mœurs des Bousiers d’Europe nous sont bien connues depuis les remarquables travaux de J.-11. Fabre (Souvenirs entomoloyiques). 11 n’en est pas de même des Copro-phages exotiques et l’on doit savoir gré à M. Brètlies, en religion frère Judulien, de nous décrire, dans une Notice publiée dans la lievista del Museo de la Ida la, ce qu’il a observé sur les Bousiers des environs de Buenos-Aires.
- On trouve d’abord toute une série d’insectes qui se contentent de creuser un puits dans la terre, de le remplir d’excréments en ménageant au-dessus une chambre d’éclosion où l’œuf est pondu. Tels sont les nids de YOnthophayus hirculus Mannerh. et du Gromphas inermis (fig. 1). On remarquera la grandeur de la chambre d éclosion; le puits est fermé par en haut et l'on peut penser que cette vaste cavité est destinée à fournir à la larve la quantité d’air nécessaire à son existence.
- Le puits du Scatophihis dasypleurus Germ. est creusé sous les excréments. 11 a la forme d’un boudin tordu et retordu dans tous les sens. La quantité de matériaux employés mise en ligne droite dépasserait 20 centimètres. Dans ce boudin sui yeneris sont espacés à peu près également, de 2 en 2 centimètres, dix œufs et même davantage.
- Une autre série de coprophages ne se contente pas d’un appareil aussi simple. Après avoir creusé un puits de profondeur variable, ces insectes établissent dans le fond une chambre spacieuse dans laquelle ils construisent une ou plusieurs outres de forme absolument régulière. Le nid que fabrique le ldia-nœus splendidulus F. est d’un fini extraordinaire (fig. 2) et la matière dont il se compose est l’ordure même, mais l’ordure dont le constructeur a rejeté tous les éléments grossiers, de digestion trop pénible pour la future larve. Ce pain, de forme parfaitement sphérique et de consistance très homogène, est surmonté d’une calotte d’un demi-centimètre de hauteur. Celle-ci recouvre une chambre conique où le Phanée a déposé son œuf. La calotte est formée de filaments grossiers dont l’enchevêtrement permet l’accès de l’air jusque dans la chambre d’éclosion. Aussitôt sortie de l’œuf, la larve, comme un rat dans un fromage, attaque d’une dent avide sa propre maison. Mais elle a soin d’en respecter la croûte. Si par hasard celle-ci se fendait, la larve boucherait l’ouverture au moyen du produit de sa digestion. Les
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- larves de certains Coprophages européens décrits par Fabre nous offrent le même instinct.
- Nous ne parlerons pas du Phanée Milon qui a été suffisamment décrit. Rappelons seulement que cet insecte s’attaque aux cadavres en décomposition et qu’il prépare pour sa larve une outre en terre renfermant des fragments de chair. Ce nid rappelle, par sa forme, celui de l’espèce précédente, mais la chambre d’éclosion est percée d’un trou pour faciliter l’accès de l’air.
- Les puits des Meyathopa n’ont que 10 centimètres de profondeur. Chacun renferme un nid en forme de poire à col un peu étranglé, de 2 à 2cm,5 de hauteur (fig. 5). La chambre d'éclosion se trouve au col de la poire. Comme tous les insectes suivants, les mé-gathopes n’emploient que les excréments pour leurs
- Nids de Coléoptères Coprophages (grossis du double environ 1, Gromphas inermis; 2 3, Megalhopn bicolor et Megnthopa intermedia ; 4, Gnnihon b,
- ment. De plus, par une exception qui rappelle le Phanée Milon, le Canthon bispinus Germ. nidifie indifféremment sous les cadavres et sous les excréments. Le puits du C. muticus Har. est profond de 10 centimètres et terminé par un atelier très spacieux rempli d’excréments émiettés et desséchés. Au centre de gef étrange édredon sont empilés six nids dont la forme rappelle ceux des Meyathopa. Enfin, chez le C. edentulus Har. l’abondance est encore plus grande : l’atelier renferme 9 outres de forme parfaitement régulière et de 7 millimètres de diamètre seulement (fig. 5). Cet animal reste auprès de ses nids jusqu’à ce que sa progéniture soit arrivée à perfection.
- M. Fabre avait observé que la plupart des Coprophages européens ont des larves bossues (fig. 6) et que cette bosse est remplie par un diverticule de l’estomac. Font seules exception les larves qui
- constructions. Ils présentent de plus un trait de mœurs assez rare dans le monde entomologique : ils restent dans l’atelier à coté du nid jusqu’à ce que leur progéniture soit arrivée à l’état d’insecte parfait. C’est donc pendant deux mois que les Meyathopa se condamnent à un jeûne absolu : l’amour maternel l’emporte chez eux sur les nécessités personnelles.
- Les nids des Bolbites onitoides Har. et de divers Canthon sont construits sur le même modèle. Notons seulement que chez le Canthon bispinus Germ., la salle ou atelier qui occupe le fond du puits renferme toujours deux nids. Ceux-ci sont de forme assez curieuse (fig. 4). L’insecte a tellement exagéré la calotte de sa sphère qu’il en a fait une seconde séparée de la masse des aliments par un étrangle-
- La chambre d’éclosion cl l’œuf sont représentés en coupe. Plumants splendidulus ;
- 'tin us ; 5, Gnnihon edentulus ; 0, Larve typique de Coprophage.
- vivent dans un boudin sans forme déterminée. Il en est exactement de même en Amérique ; chez les larves qui subissent leurs transformations dans un nid sphérique, ovoïde ou cylindrique et qui trouvent leur nourriture sans avoir besoin de se déplacer, l’estomac prend un développement énorme et constitue une bosse. Au contraire, la larve du Scatophilus qui doit, comme celles de nos géotrupes vulgaires, se déplacer dans un canal de forme indéterminée, est dépourvue de cette bosse, qui empêcherait sa progression. Elle a la forme des larves des Scara-beiens ordinaires. Il y a donc, des deux côtés de l’Océan, une relation tout à fait remarquable entre l’habitat et la forme de la larve. 11 est intéressant également de constater, malgré la distance, des mœurs analogues chez les Coprophages d’Europe et d’Amérique. TF L. Laloy.
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- ÉCLAIRAGE A L’ACÉTYLÈNE
- Les différents modes d’éclairage rivalisent actuellement d’éclat, et se plient à toutes les exigences ; l’un d’eux, l’acétylène, a pris une grande extension. Modestement représenté dès sa naissance par les lanternes de bicyclettes, il est entré successivement dans le domaine domestique, puis dans le domaine industriel; le voilà appliqué à l'éclairage des villes. En France, à l’heure présente, une trentaine de communes lui demandent l’éclairage et le chauffage. Un grand nombre de projets sont à l’étude, et seront probablement menés à bonne fin, car les frais
- d’établissement sont peu onéreux et les résultats remarquables.
- C’est pourquoi nous croyons utile de donner la description d’une usine, celle de Buchy (Seine-Inférieure) dont l’installation a été réalisée dernièrement par M. L’IIermite, constructeur-mécanicien à Lou-viers (Eure).
- Cette installation à chute de carbure brut dans l’eau est entièrement automatique, c’est dire que contrairement à la méthode allemande qui préconise une grande réserve de gaz, ce système emmagasine du carbure et ne produit l’acétylène qu’au fur et à mesure des besoins.
- L’usine est installée simplement dans un bâtiment
- Éclairage à l'acétylène de Buchy (Seine-Inférieure). — Vue intérieure de l’usine. — Vue en détail d'un gazogène.
- en briques de 7 mètres de largeur et 6 mètres de longueur, couvert en tôle ondulée, avec charpente en fer et cheminée d’appel. Nous trouvons successivement la salle des appareils de production et le magasin à carbure.
- Le principe employé parM. L’Hermitepour la production du gaz acétylène est donc la chute du carbure de calcium dans l’eau ; le carbure est brut ou tout venant. Le gaz est produit dans un gazogène dont nous allons voir toutes les dispositions ; il passe dans un gazomètre où la vapeur d’eau qu’il peut renfermer se condense déjà en partie, puis il traverse un des-siccateur. 11 se rend ensuite dans un épurateur qui fonctionne par oxydation du phosphure d’hydrogène, et sort par un dernier appareil qui a pour but de retenir toutes vapeurs acides pouvant provenir de
- l’épurateur ainsi que toute trace d’humidité. Les épurateurs sont à joints hermétiques à liquide gras pour éviter la saturation du gaz desséché. Nous trouvons après un compteur de fabrication qui enregistre le volume de gaz à la sortie. Un tableau de 4 manomètres à eau donne la pression dans les gazogènes, le gazomètre, les épurateurs et le compteur. On peut ainsi par une simple lecture suivre facilement à chaque instant toute la fabrication.
- La ligure ci-jointe représente les divers appareils dont nous venons de parler. Au milieu se trouve un des deux gazogènes servant à la production ; à droite on voit le deuxième gazogène R, et le gazomètre U ; à gauche sont placés les épurateurs, le compteur et les manomètres.
- Chaque gazogène est formé par un grand cylindre
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- LA NATURE.
- en tôle de lm,60 de diamètre et de l,n,70 de hauteur. A la partie supérieure est installé à l’intérieur un grand entonnoir dont le sommet arrive environ à moitié de la hauteur totale. Au-dessous se trouve un autre entonnoir renversé qui repose sur une grille E, où se fait la décomposition du carbure. En E sont des nettoyeurs expulseurs. Au centre de l’appareil est un axe vertical qui a toute la hauteur, et qui porte à son extrémité inférieure des malaxeurs agitateurs pour chasser la chaux hydratée. Cet axe est. muni à la partie supérieure d’un cran C où se place la manivelle pour le faire tourner; des entretoises soutiennent l’axe en ce point C. En Y est fixée une bague qui supporte la cuvette X ; celle-ci est libre* sur l’arbre et reste horizontale sans pouvoir subir aucune rotation. En W se trouvent tout autour de l'arbre 20 casiers dans lesquels est répartie la charge totale de 100 kilogrammes de carbure brut; ces casiers sont supportés d’un côté par une charnière solide a et de l’autre côté par un verrou 1* à jeu libre sans ressort. Au-dessus de la cuvette X, en N est un pignon fou sur la douille de la cuvette et qui n’obéit qu’au mouvement d’un engrenage d’une roue dentée montée sur l’arbre horizontal R. Le pignon N porte en O un buteur incliné qui en tournant horizontalement autour de l’arbre, [tousse les verrous P et le ca-ier s’abat par son propre poids en laissant tomber le carburé, comme le montre notre figure. À la partie supérieure en Z se trouve un couvercle que l’on peut soulever à l’aide de poignées. Ses bords reposent dans une rainure étanche abritant le carbure du contact de l’air.
- L’arbre horizontal R repose sur deux coussinets et arrive en T où se trouve également à faible distance l’extrémité du même arbre relié au deuxième gazomètre R. Sur chaque arbre est montée une roue à rochet portant une fausse dent à la 21e division, commandée par un levier L qui est lui-même réuni à une chaîne. Cette dernière passe sur une poulie et vient s’attacher à la cloche du gazomètre U. Le mouvement de descente de la cloche exerce un effort sur la chaîne ; il en résulte un mouvement du rochet T et par suite de l'arbre horizontal B. Le buteur O se déplace, ouvre un casier et le carbure tombe dans l’entonnoir. Lorsque la cloche lestée à 250 kilogrammes est au bas de sa course, elle exerce un effort d’environ 500 grammes seulement sur un des rochets et le fait déplacer d’une division. Par un simple déplacement d’un cran on peut actionner l’un ou l’autre des deux rochets, et par suite faire fonctionner tout d’abord l’un des deux gazogènes. 11 est à remarquer que le deuxième gazogène est mis en marche automatiquement dès que le premier a terminé sa production.
- Le carbure de calcium tombe dans l’entonnoir, vient en 11 où il traverse une couche de pétrole, dont le rôle est .d’isoler le carbure en réserve du contact de l’humidité de l’eau de surface, et tombe dans l’eau par un plan incliné. Le gaz se dégage aussilôt et sort à la partie supérieure du cylindre
- par l’ouverture que désigne une ilèche sur notre figure. Le deuxième gazogène est également réuni à un même tube central par un tuyau semblable. La chaux qui provient de la décomposition du carbure tombe à la partie inférieure, à travers la grille E, dans les faux fonds F où sont les nettoyeurs expulseurs inclinés; on voit sur la ligure en I un racloir fixe pour dégorger la grille. Tous les résidus sont évacués par l’ouverture S. L’arrivée d’eau dans le gazogène est assurée par un tuyau d’alimentation t branchée sur la canalisation d’eau de la ville; en r, r sont des robinets de niveau.
- Chaque casier contient 5 kilogrammes de carbure de calcium, qui tombent dans 1000 litres d’eau; il se dégage environ 1500 litres de gaz acétylène en un espace de temps variable suivant la composition du carbure. Ces 1500 litres de gaz s’emmagasinent dans la cloche du gazomètre qui peut en contenir 1800 litres. Il n’y a donc aucune surproduction. La cloche du gazomètre se relève, et redescend de nouveau au fur et à mesure de la consommation. Les deux gazogènes permettent sans recharge 40 descentes de la cloche dans une soirée; mais on peut sans inconvénient faire 5 ou 4 charges successives.
- En résumé, les opérations à effectuer à l’usine sont des plus simples ; il faut relever les palettes des casiers vides, les remplir à la pelle de carbure tout venant, malaxer et faire disparaître la chaux, remettre de l’eau dans lé gazogène jusqu’au niveau déterminé, et fermer les couvercles sur le carbure dans les casiers.
- Le nombre des abonnés est actuellement de 50. Les becs sont de débits variables depuis 10 litres à l’heure, jusqu’à 60 et même 80 litres, mais les plus employés sont ceux de 20 et 25 litres pour les particuliers; quant à la municipalité, elle emploie pour l’éclairage des rues le bec de 20 litres par heure.
- La carcel-heure est vendue aux abonnés à raison de 0lr,019. Les appareils ont été prévus pour assurer une consommation de 1000 becs qui ne tardera pas à être atteinte.
- Telles sont les principales dispositions de l’installation à gaz acétylène de Buchy; il nous a paru intéressant de les faire connaître. J. Laffabgue.
- CHRONIQUE
- I/intrllicence et le volume de la tète. — C’est une opinion assez répandue que l’intelligence est liée à la capacité crânienne, autrement dit au volume de la tête. La question a souvent été abordée par les savants, mais leurs recherches n’ont jamais rien donné de bien concluant, et cela tient probablement à ce que les deux grandeurs à compa»fer sont incommensurables. On peut bien mesurer la longueur et la largeur d’une tète, mais comment exprimer par un chiffre le degré d’une intelligence? Quoi qu’il en soit, ces difficultés n’ont pas effrayé M. Pearson. 11 a fait toute une série d’expériences qu’il décrit dans une conférence à la Société Royale de Londres. Pour éliminer, autant que possible, les erreurs que pouvaient introduire dans des mesures comparatives effectuées sur un grand
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- nombre de personnes les différences d’âge, d’éducation et d’alimentation, M. I'earson s’était adressé à un groupe homogène d’individus choisis dans le même milieu social, le groupe des étudiants de l’Université de Cambridge. Le Comité anthropologique de Cambridge fournit une série de mesures prises sur des étudiants dont les titres universitaires avaient été relevés d’autre part sur les registres. Le résultat déduit des mesures par une méthode personnelle à M. Pearson, et qu’il a décrite dans un Mémoire intitulé : sur la corrélation des quantités non mesurables quantitativement, établit que l’intelligence de l’étudiant, mesurée par ses succès scolaires, n’était pas en rapport sensible avec le volume de sa tète. D’autres expériences entreprises avec les élèves de divers collèges du Rovaume-Uni, vinrent confirmer ce premier résultat.
- I.cs plus liantes températures en Norvège*. — Le mois de juillet 1901 a été particulièrement chaud dans toute la Norvège. Dans la partie orientale du pays, la température moyenne pour cette période a dépassé de 5 à 0° la normale, sur la cote ouest cet excès a été de o° et dans le nord du royaume de 1 à 2°; 00 pour 100 des stations météorologiques ont enregistré, pendant le mois de juillet dernier, les plus hautes températures qui se soient produites depuis leur établissement. Dans ces conditions, le professeur Mohn, le savant directeur du service météorologique de Norvège, a cru devoir calculer une nouvelle table des températures maxima du royaume dans laquelle entraient les valeurs observées pendant l’été anormal de 1901. Retracé des lignes d’égale température maxima est remarquable : du Skagerrak auVaran-gerfjord (à l’Est du cap Nord), l’isotherme de 25° suit la cote ouest en passant par l’archipel côtier, l’isotherme de 50° a une marche à peu près parallèle, en coupant la région fjordienne et dans l’intérieur du pays se trouvent de petits îlots avec des maxima de 55° (Kristiania, Trondhjem, Yossvangen près Bergen, Gellivara (Laponie suédoise), Stockholm, Upsal). En ramenant les températures au niveau de la mer, M. Mohn a obtenu une carte sensiblement semblable, mais dans laquelle l’isotherme 55° comprend toute la portion de la Suède comprise entre la base du relief Scandinave et la zone littorale baltique, et une partie de la haute région montagneuse de la Norvège. La distribution des maximums absolus montre qu’ils sont absolument indépendants de la position en latitude et qu’ils sont seulement influencés par l’altitude et par la distance à laquelle la localité se trouve de la mer. Ainsi le Lindesnœs, l’extrémité méridionale de la Norvège, et le Cap Nord ont tous les deux des maxima de 50° et ces deux promontoires célèbres sont séparés par 13° de latitude.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 avril 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- La mesure de l'arc du Pérou. — M. Poincaré lit un rapport transmis à l’Académie par M. le général Bassot sur l’état des opérations de la mesure de l’arc du Pérou. M. le commandant Bourgeois et ses collaborateurs ont pu reconnaître définitivement le terrain convenant à la mesure d’une base et mesurer cette base à l’aide de la règle bi-métallique, sur toute sa longueur. Un segment de cette base, d’une longueur de 5 km environ, a pu être mesuré deux fois, les résultats concordent à O^OO?
- 1 Naturen. Bergen.
- près. Ils ont ensuite étalonné deux fils de l’appareil de Jaderin au moyen de la règle bi-métallique et ont mesuré deux fois la base avec cet appareil. M. le commandant Bourgeois a en outre procédé à la détermination de la longitude entre deux points principaux delà chaîne; une latitude a été déterminée au moyen de distances zénithales méridiennes d’étoiles observées pendant huit soirées ; enfin, l’intensité de la pesanteur a été déterminée en un point convenablement choisi. Cette détermination précieuse permettra de reconnaître si les Andes agissent sur la pesanteur comme l’IIimalaya et les Alpes.
- Culture des betteraves fourragères. — MM. P.-P. Dehérain et C. Dupont ont obtenu au champ d’expériences de l’école de Grignon, pendant la saison humide de 1901, de très fortes récoltes de betteraves fourragères, demi-sucrières roses et blanches. Ces récoltes ont atteint sur quelques parcelles, et dépassé sur d’autres, la valeur de 100 tonnes par hectare. Cette végétation luxuriante est due à l’énergie avec laquelle la nitrification s’est établie. On a dosé, en effet, dans les betteraves des quantités notables d’azote, s’élevant pour les roses à 183 kg par hectare constituant, pour la plus grosse part, des matières azotées propres à l’alimentation du bétail. Une partie cependant a persisté à l’état de nitrates et montre ainsi sous quelle forme l’azote a pénétré. Si pendant les années pluvieuses on a trouvé plusieurs fois, dans les eaux de drainage des terres de Grignon, des quantités de nitrates renfermant 200 kg d'azote correspondant à la dose énorme de 1200 kg de nitrate de soude par hectare, il n’en est plus de même pour les terres emblavées. En faisant la somme de l’azote des récoltes et de celui qu’entraînent les eaux de drainage, on trouve des nombres bien inférieurs aux précédents. C’est qu’en effet, les terres emblavées desséchées par la transpiration des plantes qu’elles portent, ne présentent plus un milieu favorable au travail des bactéries nitrifiantes; celles-ci ne fonctionnent dans les terres qui portent des récoltes que pendant les saisons très pluvieuses comme a été le mois de juillet 1901. Des expériences d’arrosage, exécutées les années précédentes, ont montré que la quantité de nitrates élaborée dans le sol et le poids des récoltes qu’il porte, croissent avec la quantité d’eau distribuée.
- Varia. — M. Stanislas Meunier adresse une Note sur les pôles orogéniques. L’Académie reçoit une invitation tendant à obtenir qu’elle soit représentée aux fêtes du centenaire d’Abel à Christiania.
- Décès. — M. le Président se lève et prend la parole en ces termes : « On vient de m’apporter une nouvelle inattendue et douloureuse. Notre confrère M. Filhol vient de mourir il y a quelques instants. Je ne saurais dire à quel point cette perle est cruelle pour l’Académie, pour le Muséum où M. Filhol occupait depuis longtemps la chaire d’anatomie comparée, et pour celui qui parle qui était son ami depuis vingt ans. Je lève la séance en signe de deuil. » A Cii. de Yilledeuil.
- NOUVELLE MACHINE A LAVER
- (( l’économique ))
- Favorablement accueillie en Norvège, son pays d’origine, cette machine à laver s’est répandue en Angleterre, en Hollande et en Allemagne : elle vient aujourd’hui offrir ses services à nos ménagères françaises. Son emploi permet une grande économie de temps, de savon et d'eau chaude, par suite de com-
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- LA NATURE.
- bustible; mais, par-dessus tout, une économie considérable de linge, de ce linge que le lavage à la main détruit si rapidement. Alors que nos grand'mères nous montraient avec orgueil, empilées dans leurs vastes armoires, des paires de draps ayant survécu à plusieurs générations, nous sommes effrayés aujourd’hui de la durée éphémère de notre linge; les procédés mécaniques de filature et de tissage y sont bien pour quelque chose — tout progrès se paie — mais c’est le blanchissage qui est le principal coupable. Après quelques séances chez la blanchisseuse, la fibre du linge est brisée par les coups de battoir, effilochée et amincie par le brutal frottement de la brosse de chiendent ; enfin, l’usage des produits chimiques, dont on force la dose pour gagner du temps, ne manque pas d’accomplir l’œuvre de destruction.
- Un inventeur norvégien, M. Isaksen, s’est dit qu’il était possible de laver le linge sans l’user, et a construit la machine simple et pratique représentée par notre gravure ci-contre. Cette machine se compose d’une caisse en bois blanc pouvant osciller sur un bâti fixe, le tout démontable et d’un transport facile. La caisse mobile porte sur ses deux faces latérales deux secteurs dentés en fonte, engrenant avec deux autres secteurs dentés montés sur le bâti fixe, ce qui permet à la caisse d’exécuter des oscillations de grande amplitude. Ces oscillations lui sont imprimées par un levier de manœuvre fixé sur l’un des côtés de la caisse, et terminé par une poignée à sa partie supérieure. Le linge, essangé à la manière ordinaire, est placé dans la caisse avec du savon et de l’eau chaude (2 seaux de 10 litres pour le modèle courant) ; on replace le couvercle sur son ouverture, qu’il ferme hermétiquement, grâce à deux verrous tournants, et l’on fait aller et venir le levier de droite à gauche et de gauche à droite, ce qui se fait sans aucune fatigue. Au bout d’un quart d’heure, on évacue l’eau sale par un trou de bonde percé au bas de la caisse. On peut faire une seconde opération, mais, cette fois, avec de l’eau bouillante; enfin, l’appareil se prête également
- bien au rinçage à l’eau froide et à la mise au bleu.
- Une petite essoreuse à cylindres de caoutchouc peut s'adapter sur le bord supérieur de la caisse. Le nettoyage du linge est assuré par son choc, plusieurs fois répété, contre des traverses en hois, à bords arrondis, disposées en chicanes en haut et en bas de la caisse, en même temps que l’agitation de l’eau force le liquide à pénétrer dans les moindres plis et replis du tissu. L’action des traverses est beaucoup moins violente que celle du battoir. On peut se servir de l’Économique pour nettoyer les tissus les plus divers : vêtements, rideaux, couvertures, et jusqu’aux objets les plus grossiers tels que les tapis-
- brosses. Par contre, on peut aussi lui confier sans crainte les fins lainages et les plus délicates guipures. Le premier venu peut la faire fonctionner sans aucun apprentissage. Mais ce n’est pas tout ; la machine offre encore trois avantages sérieux : d’abord celui de ne pas mouiller le sol, puisqu'aucune projection d’eau ne se produit par suite de sa fermeture hermétique ; les propriétaires ne pourront donc plus opposer leur véto aux ménagères qui désirent faire blanchir leur linge dans leur appartement. De plus, la plupart des bonnes, qui refusaient jusqu’ici de laver, considérant cette opération comme une corvée pénible, surtout en hiver, vont trouver, dans la machine norvégienne, une agréable collaboratrice, dont la manœuvre sera pour elles une distraction et un exercice hygiénique. Enfin, en cas de maladie contagieuse, l’Economique permettra à la ménagère de désinfecter sur place, à l’aide de produits antiseptiques, le linge contaminé et les objets de literie, au grand profit de l’hygiène.
- On voit que, sous sa forme rustique et modeste, la nouvelle machine est digne d’intérêt; elle vient nous permettre de réaliser pleinement le proverbe : « Il faut laver son linge sale en famille ». Arthur Gôod.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
- Machine à laver l’« Économique » fonctionnant sans mouiller le sol.
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- N° 1511. — 10 MAI 1 902.
- LA NATURE.
- 553
- LES « SHINOBU NO TAMMA » AU JAPON
- Les Shinobu no tamnui se rangent parmi les ' qui se sont développés, librement et naturellement.
- L’idéal des Japonais estd’unenaturediffé-rente de celui formé chez nous par l’habitude et l’observation journalière. Pour goûter ce qu’ils font, il faut, à défaut d’éducation, une accoutumance pour se faire aux lignes contournées, qui étonnent au premier chef. Par contre les Européens qui comprennent leurs idées, admirent aussi bien les produits qui sont l’objet de leurs soins assidus que les formes auxquelles les jardiniers japonais aspirent.
- Les Japonais sont des imitateurs fort habiles ; c’est le trait caractéristique de la nation; leur ambi-
- de formes diverses, qui paraissent momifiés, ne peu- I tion, en toutes choses, est de reproduire ce qui leur en vent avoir aux yeux des Occidentaux la beauté de ceux I semble digne. La preuve existe dans leurs peintures
- \
- et leurs sculptures et, à un degré moins élevé, dans I tamma ». Ces objets de n’importe quelle forme, faits le jardinage et notamment dans ces « Shinobu no | de fougères, les Japonais les aiment parce qu’ils re-30' année. — 1er wmestre. 23
- curiosités végétales quel’imagination des Japonais se plaît à produire. Ces arrangements, encore peu connus en France, ainsi que les spécimens d’arbres nains que l’on a pu voir dans les jardins japonais des expositions universelles de 1889 et 1900, sont souvent l’objet de critiques de la part de beaucoup de personnes, qui trouvent que le goût des amateurs et desj ardiniers japonais s’est égaré. On leur reproche notamment de vouloir maîtriser et contraindre la nature, au lieu de favoriser le développement normal des plantes. Il est évident que ces végétaux
- ^ pWvfrKk______ —^------
- Fijr. — Duvallia lnillata. — Suspension en forme de ballon.
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- présentent un peu de cette nature à laquelle ils sont attachées par les liens sacrés : l’histoire, les anciennes mœurs, et indirectement, par leur culte religieux. Depuis longtemps ils sont un ornement favori des auberges, des boutiques et des habitations. Les premiers voyageurs les ont admirés, et quelques-uns en ont rapporté en Europe et surtout en Amérique, comme curiosité japonaise.
- C’est véritablement une curiosité que ccs boules, cercles ou figurines, représentant des animaux et de préférence des singes, des oiseaux, des chevaux, ou bien encore de petites constructions : temples, maisons, lettres et enseignes de boutiques.
- Je dois à l’obligeance de M. Théo. Eckardt, de la maison Louis Bœhmer à Yokohama, la plupart des renseignements contenus dans cet article et les gravures qui l’accompagnent. Ces gravures représentent quelques-uns des types les plus simples du « Shinobu no tamma » parmi les milliers qui sont confectionnés pour l’exportation.
- La figure 1 montre une simple boule semblable aux suspensions plantées de Davallia en forme de ballon que l’on voit assez souvent dans les serres en Europe. De formes plus compliquées sont les motifs de la figure 2. C’est d’abord une enseigne : celle de la maison Louis Bœhmer et au-dessous des figurines diverses, imitant des oiseaux, singes et un temple.
- Les Américains font preuve d’un certain engouement pour ces objets de plantes vivantes. Leur exportation s’est tellement accrue pendant ces trois dernières années qu’il est à craindre que, dans un temps peu éloigné, les forêts japonaises se trouvent démunies de cette charmante fougère : le Davallia bullala.hes rhizomes qui atteignent lm,50 rampent sur le sol (comme dans nos bois indigènes le Polypode vulgaire, avec cette différence que ce dernier a de très courts rhizomes) et s’enroulent autour des troncs d’arbres. En septembre-octobre, cette fougère entre dans sa période de repos et perd ses feuilles, c'est alors que ses longs rhizomes sont recueillis; ceux-ci en se fanant deviennent souples et. se prêtent à toutes les fantaisies. Les Japonais façonnent des formes variées, à l’aide de fil de fer, de fil de laiton et de rameaux de bambou, qu’ils entourent d’un bourrelet de la mousse blanche des marais : le Sphagnum. Les rhizomes sont alors fixés à l’aide de ficelles préparées avec des fibres de palmier qui ont l’avantage de ne pas pourrir avant trois ou quatre ans. A partir d’octobre commence l’expédition de ces objets, qui peuvent subir un très long voyage sans aucun inconvénient.
- Au printemps les fougères entrent de nouveau en végétation et il n’y a qu’à bassiner journellement rhizomes et mousse pour obtenir une très jolie verdure.
- J’ai encore vu de ces « Shinobu no tamma ,) dans le j.ardin japonais d’un amateur à Boulogqe-sur-Seine, mais qui étaient confectionnés sur place. Le jardinier, japonais également, se fait expédier les rhizomes que l’on- emballe dans une simple
- caisse, quelque temps après leur récolte, et qui arrivent bien à l’état sec. 11 confectionne des carcasses représentant des bicyclettes, oiseaux, etc., en fil de fer entouré de bourrelets de mousse, ou d’autres objets : châteaux, voituretles à l’aide de planchettes et de Sphagnum sur lesquels il fixe des rhizomes de Davallia. Tout cela est véritablement curieux lors de la végétation de ces fougères ; j’ai vu notamment une bicyclette ainsi confectionnée, qui était un modèle de patience.
- Albert Maumené.
- Professeur tVIiorlicullure.
- LE TÉLÉGRAPHE SANS FIL
- BRAUN-SIEMEXS ET 1IALSKE
- MM. Slaby-Arco, dont nous avons décrit le système t, rc sont pas les seuls savants qui, en Allemagne, s’occupent de a question, très intéressante et en ce moment à l’ordre du jour, de la télégraphie sans fil. Depuis de longues années déjà, M. Fernand Braun, professeur à l’Université de Stras-
- Fig. 1. — Transmetteur.
- Fig. 2. — Récepteur.
- bourg, d’abord seul, ensuite en collaboration avec la Société Siemens et Halske, s’occupe de la nouvelle télégraphie et en général des vibrations électriques qu’il classe en trois groupes. Le premier groupe comprend les vibrations obtenues par le déplacement relatif d’aimants et de bobines. Ce sont les courants alternatifs industriellement employés pour la production de la lumière et la transmission de la force. Un second groupe de vibrations a été étudié par Fed-dersen. Ce sont celles consistant en oscillations produites par la décharge d’une bouteille de Leyde, liée ou non à une bobine d’induction. La fréquence de ces oscillations est comme on sait considérablement plus grande que la fréquence des courants alternatifs. M. Braun classe enfin, dans un groupe différent, le troisième, les oscillations hertziennes, dont la fréquence est de beaucoup supérieure à celle que présentent les vibrations de Fedder-sen. Jusqu’ici, presque tous les expérimentateurs ont utilisé les ondes hertziennes pour les transmissions télégraphiques sans fil. Leur emploi présenterait l’inconvénient de nécessiter l’absence de tout obstacle matériel entre les
- 1 Yov. n° 1502, du 8 mars 1902, p. 214.
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- deux stations correspondantes. D’après les expériences de plusieurs chercheurs, notamment du professeur Slabv, les obstacles interposés entre transmetteur et récepteur affaiblissent et suppriment souvent complètement les communications. L’utilisation des vibrations de moindre fréquence, produites à l’aide de bouteilles dej.eyde, ne présente pas, d’après M. Braun, les mêmes inconvénients. M. Braun prétend que, grâce à leur plus grande longueur d’onde, ces vibrations traversent les obstacles, même métalliques, pourvu, bien entendu, que ces derniers soient de faible épaisseur. Quoi qu’il en soit, M. Braun, depuis ses premières recherches et jusqu’à la dernière forme de dispositifs installés par MM. Siemens et Halske, a eu comme idée fondamentale l’adjonction de condensateurs, en plus ou moins grand nombre, dans le circuit vibratoire. — Notons en passant, que c’est grâce à l’adjonction de condensateurs que l’A. E. G. a pu dernièrement èommuniquer, grâce au système Slaby-Arco, à des distances allant jusqu’à 200 kilomètres et que Marconi a pu, en 1901, établir des communications télégraphiques sans fil entre Biot et Calvi (avril 1901) à la distance de 175 kilomètres environ et entre Sainte-Catherine dans l’ile de Wight et le cap Lizard (janvier 1901) à une distance de 500 kilomètres. C’est aussi par l’adjonction de condensateurs à son transmetteur que Marconi a effectué, le 12 décembre 1901, sa tentative transatlantique de communication télégraphique sans fil. Pour la moindre des distances indiquées, c’est-à-dire 175 kilomètres entre Biot et Calvi, la droite joignant le sommet, des antennes (60 mètres) des deux postes passe, d’après un calcul fait par le capitaine Ferrié, du génie militaire français, à 500 mètres au-dessous de l’eau. Dès lors, on peut se demander, puisque l’eau de mer a dù produire une grande absorption de l’énergie des rayons électro-magnétiques, si l’emploi des condensateurs a été avantageux, principalement parce que les ondes de grande longueur traversent presque sans absorption des obstacles tels que l’eau de mer, ou bien parce que, en augmentant par des condensateurs la capacité C, dans le circuit de décharge, on augmente l’énergie mise en mouvement par l’étincelle, ce qui permet de faire face aux pertes, par absorption, de la part des obstacles, tels que l’eau de mer.
- Les dispositifs de télégraphie sans fil de Braun sont aussi nombreux que variés. Nous avons dit quelle est la caractéristique du transmetteur Braun : l’emploi de grandes longueurs d’ondes, obtenues par l’adjonction de condensateurs. Nous ajouterons que dans les nouveaux dispositifs la transmission a lieu tantôt par conduction à la surface de l’eau et de la terre (d’après l’auteur du moins, qui a fait des essais sans antennes à 2 kilomètres environ sur l’eau) tantôt par radiation à travers l’air. Dans ce dernier cas, M. Braun, comme d’autres expérimentateurs, Marconi, Slaby, Guarini, a trouvé avantageux d’accroître la surface de l’antenne réceptrice. La raison en est évidente : en agrandissant la surface utile, c’est-à-dire exposée aux ondes, de l’antenne réceptrice, on augmente son pouvoir de capter un plus grand nombre de rayons électromagnétiques, c’est-à-dire l’énergie induite qui doit actionner le cohéreur.
- Enfin la dernière forme de l’appareil Braun-Siemens et Halske, et grâce auquel on a pu échanger des communications sans fil à des distances considérables, est représentée dans les figures 1 et 2. On y remarque l’absence de prises de terre, ce qui démontre que la transmission n’a pas lieu par le sol ou la mer. Le transmetteur Braun (fig. 1) est donc ainsi composé : le primaire d’une bobine
- d’induction (non indiqué dans la figure) est mis en circuit avec une source de courant électrique variable, constituée par une machine à courants alternatifs ou bien par une source de courant continu (dynamos, piles ou accumulateurs), rendu intermittent par un interrupteur, généralement l’interrupteur Wehnelt. Le secondaire de la bobine d’induction actionne un oscillateur, mis en série avec deux condensateurs (un du côté de chaque boule), et le primaire d’un transformateur spécial (à petit nombre de spires) dont le rôle est d’élever la tension, diminuée, par les capacités (condensateurs) reliées aux bornes du secondaire de la bobine, qui actionne l’oscillateur. Le secondaire du transformateur spécial est relié d’une part
- 1
- à l’anlenne, d’une longueur égale à y de la longueur
- d’onde de l’autre à un fil égal à l'antenne, fil qui
- peut être enroulé en spirale, ou bien remplacé par une plaque métallique constituant une capacité électrique.
- Le récepteur Braun-Siemens et Halske (fig. 2) est très semblable au transmetteur. Il en est, en quelque sorte,
- \
- l’inverse. Une antenne égale à ^ de la longueur d’onde
- traverse le primaire (à gros fil et petit nombre de spires)
- d’un transformateur spécial et aboutit à un fil long^»
- qui peut être enroulé en spirale ou remplacé par une plaque métallique, constituant, comme pour le transmetteur, une capacité électrique. En dérivation aux bornes du primaire du transformateur, il y a des condensateurs, dans le but d’accentuer à ces points la production de ventres de l’intensité de l’onde (ventres qui se trouvent là où il y a des nœuds de la tension). Le secondaire aboutit d’une part directement, de l’autre à travers un
- cohéreur, à un fil long fil qui peut être enroulé en
- spirale ou remplacé par une plaque métallique. Le cohéreur, comme d’ordinaire, est mis en circuit avec une pile et un relais, dont l’armature, attirée, ferme le circuit d’une batterie de piles, qui actionne un Morse et un frappeur (non indiqués dans la figure).
- Avec le dispositif Braun, MM. Siemens et Halske ont effectué de nombreux essais entre la côte allemande et des bateaux, et entre le continent et Helgoland, à des distances qui, d’après nos renseignements, vont jusqu’à 70 kilomètres environ, mais qu’on est en train de surpasser de beaucoup, si ce n’est déjà fait à l’heure qu’il est, le gouvernement allemand ayant ouvert un concours pour l’adoption d’un vaste réseau de télégraphie sans fil le long de la côte allemande pour les communications avec les navires de la marine marchande et de guerre de l’Empire.
- ________ E. Guarini.
- FOUILLES DES BA0USSË-R0ÜSSÉ
- étude d’un nouveau type humain par m. verneau
- Le Prince de Monaco ne se plaît pas seulement à explorer les profondeurs des Océans actuels ; il aime aussi à explorer les profondeurs des temps passés. Il a entrepris de fouiller les Baoussé-Roussé sur une si vaste échelle qu’ils deviennent un des points du monde destinés à jeter le plus de lumière ur l’histoire primitive de l’homme. .
- Le nom des Baoussé-Roussé (Roches rouges), est*
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- LA NATURE.
- bien connu des savants depuis les découvertes de M. Émile Rivière; une multitude de débris ont été retirés de leurs diverses grottes; c’est de l’une d’elles que provient le fameux squelette du Jardin des Plantes, désigné sous le nom de l’Homme de Menton. Le Prince de Monaco a choisi pour l’aider des savants français : l’abbé de Villeneuve dirige les excavations d’une manière méthodique, enlevant chaque couche l’une après l’autre de manière à bien fixer la succession des phases des temps préhistoriques. M. Marcellin Roule, si versé dans la paléontologie quaternaire, s’est chargé de l’examen des divers animaux fossiles. M. Emile Car tailhac, l’éminent correspondant de l’Institut, a travaillé au dégagement des squelettes humains que M. Verneau, assistant de M. Ilamy au Muséum, étudie avec son talent ordinaire. Il est impossible de former une réunion de savants plus capables de mener à bien la grande entreprise du Prince de Monaco.
- Une des grottes a particulièrement fourni à M. l’abbé de Villeneuve des résultats considérables. C’est la grotte des Enfants, ainsi appelée parce que, en 1874, M. Émile Rivière y a découvert deux squelettes d’enfants, qui font aujourd’hui partie des collections de l’Institut catholique dirigées par M. de Lap-parent. On voit dans la figure 5 la coupe des diverses assises et des foyers jusqu’au plancher rocheux de la grotte. Dans les sept premiers mètres, M. l’abbé de Villeneuve a trouvé de nombreux restes d’animaux, des instruments humains, et même deux squelettes d’hommes. Ces échantillons n’ont rien ajouté de bien nouveau à ce qui avait déjà été rencontré par MM. Émile Rivière, Verneau et d’autres dans les Baoussé-Roussé. Mais, à la profondeur de 7 mètres et au-dessous, M. de Villeneuve a fait des découvertes curieuses que l’esprit ingénieux du D1 Verneau vient de mettre en valeur. On est là dans une couche caractérisée par les restes de l’Hyæna
- spelæa et des instruments monstiériens ; rien n’est bouleversé ; on est donc certain d’être en plein dans l’âge de la pierre taillée. Or,M. l’abbé de Villeneuve a mis tout à fait à nu ce qu’il appelle la double sépulture ; comme le montre la figure I, il y a là deux squelettes : l’un d’une vieille femme, l’autre d’un jeune homme, placés à côté l’un de l’autre, en parfait état de conservation, les jambes repliées vers le haut du corps, avec des pierres destinées à protéger les têtes. On a beaucoup discuté autrefois sur la question de savoir si les hommes de l'âge de la pierre taillée honoraient leurs morts
- et les ensevelissaient. MM. Car tailhac et Emile Rivière l’avaient soutenu; les fouilles organisées par le Prince de Monaco confirment leur assertion qu’il n’est plus possible de mettre en doute.
- L’étude des têtes (fig. 2, n° 1, vue de profil; fig. 2, n° 2, vue de face) a permis au Dr Verneau de faire les observations suivantes :
- Regardées dans leur moitié supérieure, les têtes présentent des caractères très élevés ; elles sont bien développées, les fronts sont superbes. Mais, si on examine la moitié inférieure (cela se montre surtout sur la figure de profil, n° J), on remarque un prognathisme plus accusé que dans aucun des hommes fossiles néolithiques ou paléolithiques connus jusqu’à présent, même dans les sujets humains de Spy, en Belgique, que MM. Frai-pont et Lohest ont si bien étudiés et qui ont à certains égards des marques d’infériorité. Le menton est en rapport avec ce prognathisme ; il est droit, au lieu de faire saillie en avant comme dans les races supérieures. En outre, M. Verneau constate, de chaque côté de la base de l’ouverture nasale, une gouttière propre au nègre. Ainsi, dans un terrain de l’époque de la pierre taillée, à côté des restes de l’Hyæna spelæa dont les descendants habitent l’Afrique australe, on voit des sujets humains où le crâne a dans le bas des caractères de la race nègre, dans le haut des
- Fifr. 1.
- J,a double sépulture. (Photographie communiquée par M. Verneau.)
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- Fig. 2. — N° !. Tète d’un jeune homme avec sa mâchoire inférieure, vue de prolii. — 2. Tète dune vieille lemme, vue délacé.
- (Photographie communiquée par 3Î. Verneau.)
- N Sépulture/. slbondance de t rock as M Foyer' yiuzssajit (1)----------------
- <
- L Foyer (2)
- ------- Xuu'ou de (ri- fouille de .?/* R/merc . hile s u/hussc au fond île
- ta grotte , jUaUJU d Zr"go environ
- K Fui b le. ligne, cù: ce/uùv (3)fsil<u.i' - •- .
- J Foyer (4) . .
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- 3,20
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- 7Lv7V cavernes prestpic
- - sans ctulloutt.y
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- i6,10
- G Foyer puissant, (6)-FF Foyer sépu lture' (7)
- E. Sépulture double et’ petit monument abritant les tété,r EE Foyer (Q). U se, rceb'osse, au fond, de lu grotte jusqu'à se confondre avec te fgt/erff.
- Terres caillouteuse’ des cavernes
- Terra des cavernes . \
- ‘i‘" /-îcj--^ Y \
- . / . \ , £----—r -
- D Foyer ( 9) j iruiu.s'trie magdalénienne . Reste isole, du, /oijej' EE (9)-
- CC Douce lignes de ce/ul/r de foyers industrie, sileo ', jaspes, ostj'auail-
- lés se confondent’ air fo/ut a*>ee foyer D 110 e L11 --------
- B B Passages de, faunes , fort e/ne/non t eonerétumnés----~------------------
- A Foyer ruiné ; industrie , grès j cafeoure sites: rare (12)----------------
- * y - lUliuib' au dessus ilu- niveau de ta, mer : JO*n 'JO.
- Fig, 5. — Coupe de lu Grotte des Cillants, (liai* M. 1 abbé de Villeneuve
- caractères de la race blanche. Pouvons-nous dire que le T)r Verneau a trouvé un passage du type nègre
- au type blanc et que nous sommes en présence de deux êtres qui représentent ce passage? Cela serait
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- prématuré; il est du moins permis de dire qu'on vient de signaler un élément négroïde jusqu'à présent inconnu chez les hommes d’Europe paléolithiques ou néolithiques. Les anthropologistes et paléontologistes doivent des remerciements au prince e'clairé qui les aide à découvrir la mystérieuse histoire de l'homme préhistorique.
- Albert Galdry,
- —o<§.o— (te l’institut.
- UNE NOUVELLE RÉGION PÉTROLIFÈRE
- SIR LA MER BLAXIIIE
- De tous côtés, c’est vers les régions jusqu’ici les plus désertes et les plus deshéritées du globe que se port
- l’initiative des prospecteurs, des chercheurs de mines, auxquels les pays, ouverts depuis trop longtemps à la civilisation, n’offrent plus un champ assez vaste. Ainsi l’attention est, dans ce moment, attirée vers les parages inhospitaliers de la mer blanche, où l’on vante des gisements de plomb argentifères, depuis longtemps signalés dans la presqu’île de Kola, et où l’on cherche surtout à exploiter un grand district pétrolifère, dont la valeur industrielle peut encore demander confirmation, mais dont l’intérêt géographique et géologique parait, dès à présent, bien réel. M. Capdeville, ingénieur civil des Mines, qui vient de visiter les travaux de recherches exécutés dans ce district, a bien voulu me communiquer à leur sujet quelques renseignements encore inédits.
- Si l’on examine une carte géologique d’ensemble du nord de la Russie d’Europe (fig. 1), on y remarque aussitôt l’existence de plusieurs zones paléozoïques dirigées N.-S. ou N. 0.-S. E. que mettent en relief des bandes couvertes de hachures, sur notre carte. Les terrains paléozoïques (P) reposant sur de l’archéen (À), mêlé de granité, syénite, etc., etc., sont recouverts par un manteau de trias (t) et de jurassique, sans intérêt pour notre sujet.
- C’est dans une de ces zones paléozoïques, celle de Timan, que se trouve le nouveau district pétrolifère, le long de la rivière Oukhta (affluent de l’Ischma, ou Ijma,
- qui se jette elle-même dans la Petchora), entre l’Uuchta et le Mézen, sur les deux gouvernements d’Arkhangelsk et de Wologda, à environ 000 km. d’Arkhangelsk et 850 de Wologda. L’existence du pétrole dans ce pays n’était pas un fait inconnu. Les géologues Keyserling et Krusenslern, qui ont spécialement étudié la zone de la Petchora, Tschernvschew, qui a visité le pays en 1889 et 1890 et publié une description générale des terrains dévoniens en Russie, l’avaient déjà signalé dans le bassin de l’Ouchta. Keyserling a même décrit, sous le nom de Domanik, qui vient, parait-il, dumotru&e Dym(la fumée), une formation schisteuse spéciale, appartenant au dévonien supérieur, dont la teneur en matières bitumineuses est si grande que ces schistes brûlent facilement avec une flamme épaisse, et qui laisse suinter du pétrole. Ces terrains contiennent des argiles marneuses avec rognons calcaires, assimilées aux couches à goniatites de la région Rhénane.
- Voici, d’après M. Capdeville, les résultats des dernières explorations, obtenus soit par l’exploration directe des berges de rivières et des coupes naturelles où le pétrole se montre, paraît-il, de tous côtés, soit par une série de sondages atteignant en moyenne 150 à 200 mètres.
- Le principal niveau de pétrole semble exister, à l’état d’imprégnation régulière, dans une couche de grès marneux peu compacte et présentant quelques poches sableuses : grès contenant, d’après Tsclter-ystchew, la faune caractéristique du dévonien supérieur (frasnien moyen) et situé au-dessous de schistes domaniks calcaires et combustibles, eux-mêmes fortement imprégnés de matières goudronneuses, dans lesquels se retrouvent plusieurs petits niveaux adventifs de pétrole et de gaz combustibles. Comme nature physique de terrain imprégné, ce pétrole se trouve donc dans des conditions auxquelles nous sommes habitués dans beaucoup d’autres régions, remplissant sous pression les pores d’une formation perméable, au-dessous d’un toit
- schisteux imperméable, qui oppose un obstacle à son ascension, jusqu’au moment où l’on vient lui offrir une issue artificielle par des sondages.
- D’après la coupe de la figure 2, qui demanderait à être rectifiée par des observations plus précises, les sources de naphte se présentent le long d’un plissement dévonien, dirigé parallèlement à l’axe de la chaîne du Timan, sous une épaisseur de domanik variant de 1 à 30 mètres. Un ancien sondage, situé à l’ouest du district pétrolifère, a donné la coupe suivante. (Voir tableau p. 559.)
- Des sondages à la corde, qui vont être commencés en juin 1902 par des entrepreneurs pensylvaniens, montreront la valeur réelle de ce gisement très étendu et sur lequel s’édifient déjà beaucoup d’espérances, peut-être chimériques. Mais, quoi qu’il en soit, il présente un intérêt théorique, sur lequel je désirais appeler l’attention. Il confirme, en effet, par un fait de plus, un rapprochement
- Kanin.
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- Pétrole 'x
- îchangetsk
- Fig. 1. — Carte de la région pétrolifère.
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- depuis longtemps proposé par le grand géologue autrichien, M. Suess, entre ces deux régions d’Europe et d’Amérique, symétriques par rapport à l’axe de l’Océan Atlantique, auxquelles il a donné les noms de Bouclier Baltique et de Bouclier Canadien.
- Tableau de la coupe
- Profondeurs 0 mètre 10 mètres ‘20 — 50 — 40 —
- 50 —
- Pétrole 00 —
- 70 — Pétrole 80 —
- 00 —
- 100 —
- 110 — 120 — Pétrole 150 —
- 140 — 150 — 160 — Pitrole 170 —
- Pétrole 180 —
- | alluvions récentes sableuses.
- ! alternances de schistes argileux et calcaires.
- schistes calcaires, puis grès, grès et forte venue de gaz. schistes argileux.
- schistes calcaires et première venue de pétrole.
- alternances de grès et schistes argileux, schistes argileux et calcaires et deuxième venue de pétrole.
- alternances de schistes argileux et de grès. . , . ,
- schistes argileux et calcaires ; venue ue gaz.
- schistes calcaires, schistes argileux.
- schistes argileux. Troisième venue de pétrole, plus importante.
- | schistes argileux.
- schistes calcaires. Quatrième venue de pétrole, la j)lus importante, grès complètement imprégnés de pétrole.
- T, huile obtenue donne, parait-il, par une distillation moyenne industrielle, 40 pour 100 d'huile lampante. Sa densité à 18° C. est de 0,925. Son analyse est la suivante :
- Produits distillant à 120°. Benzine (poids
- spécifique 0,77) = ‘2,‘28 p. 100
- — à 180°. Benzine (0,79) = 1,0‘2 —
- — à 500°. Pétrole (0,815) = 58,85 —
- — à 560°. — (0,820) = 1,57 —
- Total 45,52 pour 100.
- Résidu : Huile de graissage (0,890) = 26,97 —
- Paraffine et goudrons = 4,66 —
- Coke =8 —
- Pertes (Eau, etc.) = 16,85 —
- Total 100,00
- Le Bouclier Baltique (c’est-à-dire la Laponie et la Finlande), qui, avec son enveloppe delaRussie septentrionale, constitue la Finnoskandia de Ramsay, semblait déjà remarquablement homologue à l’Amérique du Nord. La présence d’un champ pétrolifère, symétrique de celui de Pensylvanie, complète l’analogie, sans qu’il faille bien entendu en conclure une assimilation, qui n’a aucune raison d’être, entre la valeur industrielle du district de l’Oukta et celle du district pensylvanien.
- Les similitudes des deux régions sont curieuses à rappeler en deux mots. Voici en quoi elles consistent :
- Des deux côtés de l’Atlantique, on retrouve également un grand massif, un noyau de terrains archéens, plissés avant le silurien (Laponie et Finlande), avec une ceinture arquée de sédiments paléozoïques horizontaux, qui s’étend, symétriquement par rapport à l’axe atlantique : en Europe, à l’Est et au Sud ; en Amérique, au Sud et à l’Ouest. A la limite des deux formations, sur une ligne qu’on a appelée en Russie la ligne de glint, il existe une série comparable de grandes dépressions lacustres ou marines, qui, dans un cas, s’appellent la mer Blanche, les lacs Onéga et Ladoga, le golfe de Finlande; dans l’autre, les grands lacs Ontario, Érié, Michigan, etc., Winnipeg, lac des Esclaves et lac de l’Ours. Et ces deux lignes de dépression présentent le même caractère singulier qu’un de leurs
- bords est en terrain archéen, l’autre en terrain paléozoïque.
- A partir du massif central archéen, les divers terrains cambriens et siluriens se succèdent régulièrement ; puis, une discordance semblable amène les grès rouges dévoniens à déborder transgressivement, marquant la même extension considérable de la mer dévonienne des Montagnes Rocheuses à l’Oural. Plus tard, à l’époque carbonifère, la même svmetrie se réproduit encore; l’Est des États-Unis, comme l’ouest de l’Europe septentrionale présente des sédiments côtiers et des bassins houillers, tandis que l’Ouest de l’Amérique comme l’Est de l'Europe (Montagnes Rocheuses et Oural) offre les mêmes dépôts marins calcaires. Enfin, les plissements de la fin de l’époque carbonifère ont affecté, dans des conditions semblables, les zones limites des deux régions homologues.
- 11 est, dès lors, remarquable de trouver un grand niveau pétrolifère dans le dévonien supérieur russe comme dans le devonien pensylvanien, avec les mêmes alternances de grès et sables pétrolifères perméables, sous des schistes imperméables. Évidemment, des conditions analogues ont présidé, dans les deux cas, à l’accumulation profonde des liquides hydrocarburés, dans des grès et sables à peu près du même âge: soit qu’on y voie, comme c’est la tendance générale, une transformation encore mal expliquée de dépôts organiques; soit qu’on invoque tout autre cause plus profonde, dont le mode d’action reste également mystérieux. Ces lois de symétrie de notre globe, qui peuvent un jour nous éclairer plus complètement sur son mode de formation, de cristallisation première, sont une des constatations les plus intéressantes de la géologie moderne. Une petite probabilité de plus à l’appui de ces vastes théories orogéniques n’est donc pas à dédaigner. L. de Laixay.
- ÉTUDE BACTÉRIOLOGIQUE
- DU MASSIF DU MOXT-BLAiNC
- En juillet, puis en août et septembre 1900, j’ai entrepris, sur la demande de M. Janssen, une étude systématique de la flore microbienne du massif du Mont-Blanc. Cette étude microbiologique peut être divisée en trois chapitres : analyses des glaciers, analyses des eaux, analyses de l’air. Ces analyses, au nombre de 121, laites autant que possible en un même point, sont par suite comparables entre elles. J’ai recueilli purement, en divers points du massif du Mont-Blanc, un grand nombre d’échantillons de neige fraîche, de neige ancienne, de glace de superficie, de glace profonde; de glace exposée au soleil, ou au contraire à l’abri de ses rayons. Enfin j’ai fait des prises dans des couches d’àges différents.
- Dans oertaines crevasses, on peut, sur les parois verticales, suivre nettement la stratification annuelle des neiges. M. Janssen, qui avait fait cette remarque, avait pensé qu’on pourrait en tirer des conséquences intéressantes au point de vue de la conservation des germes dans la glace. Pour éviter les germes de la surface et arriver à une profondeur où la température varie peu quand les couches sont soustraites à l’action du soleil, j’ai pratiqué des trous dans chaque couche au moyen d’instruments stérilisés en suivant une technique spéciale destinée à éviter l’apport de germes
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- étrangers, et j’ai recueilli des échantillons de glace à une profondeur de 50 à GO centimètres dans chaque couche.
- Les germes (pion trouve au sommet du Mont-Blanc y ont été entraînés par les vents depuis les montagnes boisées et les vallées sous-jacentes. Une partie de ces germes est Gxée en route par la
- Fig. 1.
- Arrivée au sommet ilu Mont-Blanc.
- Le soleil est l’un des plus puissants agents naturels de destruction des germes. Ces analyses en donnent une preuve nouvelle dans ce fait qu’en un même lieu une paroi verticale à l'abri du soleil contient généralement plus de microbes que celle qui reçoit les rayons solaires.
- Si l’on examine les résultats fournis par les analyses des couches annuelles, on voit que la première couche contient beaucoup moins de germes que la superficie. Les microbes peu résistants, es espèces dépourvues de spores de la surface ont en grande partie disparu, détruits par les agents physiques naturels. Dans les couches, ce sont les bactéries sporulées, les levures, les streptothricées et quelques mucédinées à spores résistantes qui dominent. En analysant les couches plus anciennes, on voit le nombre de germes décroître d’une manière régulière.
- Au pied des glaciers, le nombre des germes de la surface est bien plus considérable : 6 à 65 par centimètre cube à la Mer de Glace; 9 à 27 au Glacier des Bossons, etc.
- Les eaux des glaciers sont fort pures, leur pureté
- surface du glacier qu’elle balaie. Bar l’action de la pesanteur, les germes en suspension se déposent sur la glace ou la neige ancienne qui en contient 1 à 2 par centimètre cube en moyenne. Dans la neige fraîche, par contre, le nombre est infiniment petit. J'ai pu recueillir, par trois fois, 8 centimètres cubes de neige fraîchement tombée sans déceler un seul microbe.
- Fig. 2. — Intérieur de l'Observatoire au sommet. M. llansky, astronome, et le Dr Binot.
- est en rapport avec la teneur en germes de la glace qui les produit en fondant. Comme celle-ci, ces eaux contiennent nombre de levures et streptothricées. Un échantillon d’eau, de la Jonction, contenait 5 germes seulement par centimètre cube, un du Plan Glacier, 8, alors qu’un ruisseau du pied du Glacier des Bossons contenait 95 germes et que l’eau de l’Arve, à Chamonix, peut en renfermer jusqu’à 7550.
- L’air du sommet du Mont-Blanc contient un très petit nombre de germes. J’ai pu faire l’analyse de 100 litres d’air sans mettre en évidence un seul microbe et le nombre de germes a varié entre 4 et 11 par mètre cube.
- Au contraire, dans l’intérieur de l'Observatoire de M. Janssen, construit tout au point culminant du sommet du Mont-Blanc, où j’ai passé cinq jours, deux analyses faites dans deux pièces différentes ont donné 540 et 260 germes. 11 est évident que ces nombreux microbes avaient été importés par les hôtes temporaires de l’Observatoire. C’est pourquoi j’ai fait les prises d’air du sommet aussi loin que possible de l’Observatoire et en ayant soin de me placer du côté de l’arrivée du vent.
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- D'une manière générale, le nombre des germes est d’autant plus considérable que l’on se rapproche de la vallée : 0 par mètre cube au Grand-Plateau, 8 aux Grands-Mulets, 14 au Plan de l’Aiguille, etc. Au Montanvert j’ai trouvé 41) germes, et sur la Mer de Glace 25 par mètre cube. On comprend, d’après ces chiffres, comment, dans ses mémorables expé-
- riences, M. Pasteur avait pu ouvrir un certain nombre de ballons de 200 à 250 centimètres cubes de capacité, dans ces deux derniers endroits, sans que le liquide nutritif qu’ils contenaient vint à s’altérer ensuite. 11 faut cependant tenir grand compte de la nature du terrain balayé par le vent avant son arrivée au lieu ou se fait la prise d’air.
- Fig. b.
- Analyse d’air au sommet du Mont-blanc.
- En lisant les détails de mes analyses, on pourrait constater que non seulement le nombre, mais encore la nature des germes s’en trouve très modifiée. C’est ainsi que l’analyse faite au Montanvert, dont les pentes sont couvertes de végétation, donne un
- Fig. G. — Analyse d'air sur la Mer de Glace.
- chiffre bien plus élevé, surtout par la haute proportion des mucédinées, que celle faite sur la Mer de Glace, le même jour à l’abri de tout vent.
- Dans toutes ces analyses, j’ai compté les germes en faisant la numération des colonies isolées en
- Fig. 7. — Analyse d’air au sommet du Mont-blanc.
- culture sur plaques. Pour faire ces isolements, j’ai employé des milieux artificiels spéciaux convenant particulièrement bien à la culture des divers germes saprophytes. J’ai étudié la plupart de ces colonies en en faisant une préparation colorée et repiqué toutes celles qui offraient un intérêt et qui n’avaient pas pu être déterminées directement. C’est ainsi que j’ai conservé en culture pure, depuis ces isolements, plus de 500 espèces microbiennes nouvelles ou difficiles à déterminer. J’ai pu, depuis, identifier un
- tiers de ces cultures, le reste est à l’étude. Cette collection fournit des types fort intéressants au point de vue biologique et morphologique et même pathogène.
- Dans la glace du sommet, j’ai pu isoler une race virulente du bacille pyocyanique. Un vibrion trouvé dans les eaux s’est montré exceptionnellement pathogène pour les animaux de laboratoire.
- Dans l’eau cristalline et admirable de pureté d’une fontaine de la route du Montanvert, j’ai
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- trouvé douze colonies de bacterium coli virulent par centimètre cube. La présence de ces germes est certainement due à la tiltration insuffisante de l’eau à travers les couches arables peu épaisses qui recouvrent le sol granitique de cette montagne sur laquelle vivent des troupeaux.
- En terminant, je tiens à exprimer toute ma reconnaissance àM. Janssen, qui m'a inspiré ce travail et m’en a fourni les moyens d’exécution avec une extrême bienveillance, à mon maître, M. Roux, qui a bien voulu suivre ces études et les diriger, enfin à M. Miquel, qui m’a fait profiter de son exceptionnelle compétence en ces questions. I)1 Jean Rixot.
- Chef de laboratoire à l'Institut l’astcur.
- LES VOITURES ÉLECTRIQUES DES POMPIERS
- I)E BERLIN
- Comme à Paris et dans plusieurs villes étrangères, le service d’incendie de Berlin s’est fait tout récemment construire des voitures électriques avec dévi-
- Voilure électrique (les pompiers (le Berlin.
- doir, pour les premiers secours en cas de sinistre. Ces véhicules étant fort différents de celui que nous avons décrit pour Paris, nous donnerons quelques détails à leur sujet.
- Un premier type de voiture pèse 1000 kilogrammes et porte une batterie de 600 kg. qui est susceptible de lui donner une allure moyenne de 15 kilomètres à l’heure ; le poids en ordre de marche est complété par les hommes qui y prennent place, et dont on évalue le poids total à 400 kg. La mise en mouvement est assurée par un moteur électrique de 4 chevaux de puissance, qui tourne à 1500 révolutions, et qui est relié par une double réduction d’engrenages à l’essieu moteur. La consommation moyenne de courant, à la vitesse de 15 kilomètres que nous avons indiquée, est de 45 ampères sous 85 volts. Un second type de véhicule peut donner une vitesse de 20 kilomètres en palier, et dans ce but il est mû par deux moteurs électriques commandant chacun un essieu ; ces essieux tournent dans des paliers à billes. La voiture pèse avec ses moteurs 4000 kg, le poids de sa batterie est de 1500 kg, et enfin, si on compte également 1550 kg pour les hommes et les outils divers qui doivent y prendre place, on arrive à un total général de 7 tonnes. Le coefficient de traction est de 50 kg par tonne, ainsi qu’on a pu s’en convaincre par des expériences
- effectives. Les deux moteurs sont de 9 chevaux, mais peuvent atteindre jusqu’à 12 chevaux exceptionnellement ; la batterie a une capacité de 14 kilowatts-heure cl elle permet un parcours de 20 kilomètres, à une allure de 20 kilomètres également, sans rechargement ; on estime que le coût du courant nécessaire à ce parcours est de 2 marks 10. La batterie est installée sous la voiture, ce qui abaisse considérablement le centre de gravité, et elle est portée par des ressorts doubles. Un seul homme assure toute la manœuvre et chaque pompier apprend à manœuvrer le controleur, si bien qu’il n’y a pas besoin d’un conducteur spécial.
- Le coût d'une voiture de ce genre est de 12000 marks; en un an, pour 200 sorties de 5 kilomètres en moyenne, ce qui revient à un parcours total de 1000 kilomètres, les dépenses ont été au total de 2500 marks : cela comprend d’abord 5 pour 100 d’intérêt du capital engagé, puis autant pour l’amortissement et le renouvellement (ce qui montre que la question a été étudiée au point de vue tout à fait pratique et on peut dire industriel), puis 105 marks pour le coût du courant, 680 pour l’entretien et le renouvellement des éléments, et enfin un certain pourcentage pour les pertes dans la batterie. Le kilomètre parcouru revient seulement à 2 marks 50, ou un peu moins qu’avec la traction animale. P. de M.
- UN APPAREIL AUTOMATIQUE
- POUR LE LEVER DES PLANS
- 11 ne manque pas de circonstances, notamment en matière militaire, où il est besoin de lever rapidement une petite carte d’une exactitude plus ou moins approchée, un itinéraire un peu grossier, suffisant néanmoins à renseigner, par exemple, sur le tracé d’une roule : et ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on a songé à se servir dans ce but de la rotation même d’un petit chariot, que l’on ferait rouler sur la roule à relever, et dont les roues auraient des mouvements différents l’une par rapport à l’autre, quand on passerait par telle ou telle courbe.
- Pour la mesure et l’enregistrement des longueurs parcourues, il s’agit essentiellement de recourir aux services d’un tachéomètre ; quant à l’enregistrement des courbes, il doit pouvoir se faire grâce à la comparaison des révolutions de l’une et l’autre roue. En se basant sur ces données essentielles, un collaborateur de Scientific American, M. II.-M. Giltaig, a combiné un appareil dont nous donnons un dessin, et que nous allons sommairement expliquer, bien qu’il soit encore sous une forme un peu fruste.
- L’appareil consiste en un véhicule à deux roues, où un crayon inscrit sur une table, et à l’échelle réduite de 1/10, le tracé de la route que parcourt le véhicule. Celui-ci est du reste de dimensions fort minimes dans l’appareil tel qu’il a été construit, mais les dimensions en pourraient être bien plus considérables, à condition que les relations demeurent les
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- mômes. Nous voyons doux grandes roues d’un décimètre de diamètre, et disposées à une distance d’un décimètre l’une de l'autre; elles sont chacune fixées à un essieu d’un demi-décimètre de longueur (à Lien peu près), qui porte à son autre extrémité une petite roue ayant seulement 1 centimètre de diamètre. Les deux essieux sont exactement disposés en alignement Lun de l’autre, et comme ils ne doivent
- point se toucher, c’est pour cela qu’ils ont chacun un peu moins d’un demi-décimètre.
- Les petites roues d’un centimètre, espacées d’un centimètre également, supportent une feuille de papier, qui repose bien sur une table dépendant du véhicule, mais qui vient au contact des roues par deux évidements à ce ménagés; elle est du reste maintenue à ce contact par deux contre-roues. Entre ces dernières, et fixé à leur axe, est un crayon vertical immuable, qui est pressé constamment contre le papier par un ressort antagoniste.
- Quand on fait rouler le petit véhicule, les grandes roues tournent, et les petites font les mêmes révolutions, en entraînant le papier suivant des courbes plus ou moins compliquées, courbes qui reproduisent naturellement les tournants mêmes de la route où roulent les grandes roues, puisque le papier est entraîné par la roue qui parcourt la portion circulaire extérieure de la courbe. Cela revient au même que si le crayon se déplaçait suivant cette courbure. Quant à l’échelle, elle résulte tout naturellement de la relation des diamètres des roues, grandes et petites.
- Là est l’essence de l’invention, qui pourra évidemment être perfectionnée, mais qui est ingénieuse. E. Lang.
- — 1
- CHEMINÉE D’USINE EN BOIS
- En principe, l’Américain emploie les matériaux qu’il a sous la main, car ce sont ceux qui coûtent le moins cher et permettent une mise en oeuvre immédiate. Nous avons vu qu’il fait des ponts, des aqueducs, des tuyaux, des trottoirs en bois; il fait aussi en bois de grandes cheminées d’usines. C’est le cas qui se présente à Mapimi, dans la province de Durango, pas exactement sur territoire américain, mais au Mexique, où, au point de vue industriel, les méthodes américaines font loi.
- Cette cheminée a été construite par la Compagnie minière de Penoles, il y a de cela quatre années, pour
- la modeste somme de 10 000 dollars mexicains; le bois s'imposait presque parce qu’il n’y a point de briqueteries dans toute la région : d’ailleurs un fût semblable en briques n’aurait pas coûté moins de 40000 dollars. Cette cheminée a 54 mètres de haut, et un équarrissage (si l’on nous permet ce mot) de 5 mètres; elle est faite de fortes planches de 2ni,50, mais tout l’intérieur est revêtu de tôle ondulée, pour empêcher les gaz chauds de carboniser le bois. Empressons-nous de noter que, pour éviter toute chance d’incendie généralisé, on a disposé tous les 12 mètres une plate-forme d’observation avec une prise d’eau : on est à même de combattre immédiatement un commencement de combustion, dont on serait certainement averti par la fumée qui se produirait. Ces plates-formes sont supportées par des arcs-boutants en charpente qui sont disposés autour de la cheminée, suivant les sommets d’un triangle; ces arcs-boutants prennent appui à terre sur des pilotis enfoncés dans le sol.
- Cheminée d’usine en bois.
- Les fumées des fours de l'usine arrivent par un carneau en maçonnerie à demi enfoncé en terre.
- La cheminée est en service depuis plus de trois ans, et son revêtement résiste aux fumées arsenicales. La construction en a été menée à bien en six semaines par des ouvriers indigènes, dirigés seulement par l’entrepreneur et un contremaître. C. N.
- Élévation de l’appareil automatique pour le lever des plans. 1. Vue de côté. — 2. Vue de face.
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- TRAVAUX SOUTERRAINS
- UOASTRlCTIO.X 1)E LA TAXERAE DU MOUHA'-ROUGE
- La première chose à faire dans une construction, c’est d’enlever de la terre en quantité suftisante pour permettre de faire les fondations. En règle générale on fait un grand trou à ciel ouvert et par un chemin en plan incliné, ménagé [tour les tombereaux, on enlève les terrassements; mais cette méthode n’est pas toujours possible et même le serait-elle que souvent il est plus commode d’opérer par galerie comme dans une mine. La construction du Métropolitain nous ont rendu maintenant familiers les
- travaux souterrains, mais il y a une dizaine d’années on considéra comme une innovation la méthode employée par M. 011er pour la construction des montagnes russes du Boulevard des Capucines : il enlevait 6000 mètres cubes de terre pendant qu’on travaillait à la superstructure. 11 a repris récemment le même mode de travail dans des conditions plus importantes et plus difticiles, qui le rendent particulièrement intéressant. Il s’agissait de construire sous la salle de bal actuelle du Moulin-Rouge à Paris un grand restaurant ayant plus de 7 mètres de plafond et environ 1000 mètres de superficie. Or, on se trouve à 42 mètres du boulevard, dont on est séparé par une maison de rapport. Ces détails ne sont pas
- de nature à arrêter M. 011er qui, avec la sùrelé de coup d’œil d’un ingénieur, et fort des résultats déjà obtenus, a dirigé dans la même voie, architecte et entrepreneurs. Tous les terrassements, [dus de 10000 mètres cubes, ont été enlevés en passant par dessous la maison et presque sans interrompre l’exploitation de la salle de bal. Celle-ci, qui a environ 1200 mètres carrés, a été seulement fermée pendant quelques semaines, à la morte-saison ; pendant ce temps on a enlevé son plancher et on a creusé de distance en distance 25 puits dont la profondeur a varié de 7 à 15 mètres, suivant la nature du terrain, pour trouver un bon sol de fondation. Chaque puits avait lm,50 de côté, de façon qu’un homme puisse s’y mouvoir et y travailler aux fondations et à la construction d'un pilier en ciment
- armé; ceux-ci sont constitués par une série de tiges de fer verticales autour desquelles on dispose un moule en bois où l’on coule ensuite le béton. Cela fait, on a remblayé les puits et on a disposé sur la tète des colonnes ainsi constituées une armature de poutrelles, également en ciment armé, destinées à former le plafond cloisonné de la future salle souterraine; puis on a remis en place le plancher de la salle de bal qui a été de nouvean livrée à l’exploitation (fig. 1). Pour l’enlèvement des terres on a commencé par creuser une galerie (non figurée sur notre gravure) de 42 mètres, pour relier le boulevard à la future salle de restaurant ; on a dù sacrifier momentanément les locaux du rez-de-chaussée et du premier étage de la maison de rapport en façade du boulevard, et au niveau de ce premier étage on a
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- LA NATURE
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- Fig. t. — Treuil de manœuvre des wagonnets.
- Eslacade recouvrant le trottoir et une partie de la chaussée pour le chargement des tombereaux.
- construit une estacade en bois, surplombant le trottoir et une partie de la chaussée, suffi santé pour livrer passage à un tombereau (fig. 2). Deux voies ferrées du système Decauville ont été établies le long de la galerie au fur et à mesure de son avancement et les wagonnets chargés de terre étaient amenés jusqu’au pied de l’esta-cade ; là ils passaient sur une plate-forme (fig. 2) pouvant en contenir deux à la fois et qu’un treuil, mû par un moteur électrique de 20 chevaux, montait à la hauteur du premier étage où ils étaient poussés jusqu’au-dessus du tombereau. Cette disposition permettait de manœuvrer par jour 500 wagonnets, ce qui représente un total de 150 mètres cubes de terre. Après l’achèvement de la galerie on attaqua le massif situé sous la salle de
- bal, alors en pleine exploitation, et on découvrit peu
- à peu tous les piliers foncés précédemment ainsi que les poutrelles du plafond (fig. 5). En sorte qu’une fois la terre complètement enlevée, l’ossature de la future salle existait dans ses parties principales. 11 reste maintenant à faire les murs et l’ornementation, à installer toutes les dépendances, etc.
- Cela demandera un certain temps, car l’architecte M. Bouvard a l’intention de faire des merveilles, si nous en jugeons par les maquettes qu’il nous a montrées. L’emplacement et l’organisation des cuisines, offices, laveries, ont été combinés de façon à permettre un service facile et rapide. Les travaux seront, très probablement, entièrement terminés au moment de l’ouverture de la section du Métropolitain
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- LA NATURE.
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- qui dessert Montmartre, et le restaurant souterrain sera le complément du chemin souterrain qui rend tant de services aux Parisiens. G. Chai.marks.
- CHRONIQUE
- Lr nouvel institut électro-mécanique «le Louvain. — On sait combien en Belgique on s’intéresse à l’enseignement industriel pratique, et nos voisins possèdent déjà une série fort importante d’écoles répondant à ce besoin. Précisément les Ecoles spéciales de Louvain viennent de créer un Institut qui complète fort heureusement cette branche de l’enseignement : des détails nous sont donnés à son sujet par une autorité en la matière, le Bulletin même de lTnion des ingénieurs sortis de ces écoles. Le but poursuivi est de familiariser les ingénieurs ou élèves-ingénieurs électriciens avec les essais électriques et magnétiques ordinaires, avec le, fonctionnement des dynamos de tous systèmes, mais aussi avec la connaissance de tous les engins mécaniques, comme une machine à gaz ou un moteur à vapeur, en même temps qu’ils apprendront à apprécier la résistance à la torsion d’un barreau d’acier tout comme sa perméabilité magnétique. Les cours théoriques d’électricité sont toujours finalement complétés par des applications mécaniques : établissement d’une dvnamo, d’un réseau d’éclairage ou de tramways. On a créé un cours annuel et spécial de constructions électro-techniques, et les élèves se livrent à des excursions multipliées durant leurs quatre années d’études. L’établissement est des mieux organisés au point de vue matériel, et le fait est qu’il possède d’abord une salle des machines de 50 mètres de longueur, où l’on trouve des moteurs à vapeur et à gaz, une série de dynamos et d’électromoteurs de tous types, à courant continu, alternatif, etc. On peut recueillir sur la distribution électrique une puissance de 40 chevaux. On a disposé une batterie de, 500 ampères-heure permettant de prendre le courant sous une force électromotrice convenable; c’est ensuite un petit atelier de machines-outils, desservi naturellement par un électromoteur, puis un laboratoire de mécanique appliquée pour la résistance des matériaux, de nombreux laboratoires pour la photométrie, l’électro-chimie, les essais électriques; certaines pièces sont même réservées aux essais délicats ou dangereux. Et,.bien entendu, les détails de ces diverses installations ont été soignés particulièrement pour ne donner aux élèves que les meilleurs exemples à suivre.
- Les richesses minières du Mexique. — On ne
- se fait pas idée, communément des énormes richesses que contenait et que contient encore le sous-sol du Mexique sous la forme de métaux précieux, or et argent. M. Baca estime que, de 1492 à 1881, les mines de cette ancienne colonie espagnole ont donné pour une valeur de plus de 22 milliards 769 millions de francs d’argent et d’or. Depuis lors, l’extraction a continué en dépit de la baisse de valeur de l’argent, et annuellement on en extrait pour plus de 570 millions, la production de l’or atteignant d’autre part quelque 50 millions.
- Poudre sans fumée américaine. — Le lieutenant Strauss a donné récemment des détails sur la fabrication de la poudre sans fumée dont se sert la marine des États-Unis. Elle est faite par dissolution de 5 parties en poids de nitro-ccllulose soluble dans un mélange
- de 2 parties d’éthyl-éther avec 1 d’éthyl-alcool. La solution est achevée sous une pression de 1400 kg par décimètre carré, elle est alors translucide en faible masse et a la consistance d’une pâte. On la comprime ensuite en grains de grosseur convenable, et presque tout le dissolvant est évaporé, bien que, dans l’état final, il reste 2 pour 100 d’alcool. Le coton-poudre employé contient de 12,44 à 12,80 pour 100 d’azote. Les grains de cette poudre ont à peu près la dureté de la corne, mais pas la souplesse; des particules feront explosion sous le choc d’un marteau, mais seulement celles-là mêmes qui sont directement frappées. Cette poudre s’enflamme à 180° C. : en fait, dans une charge, il faut l’additionner d’une certaine proportion de poudre noire à grain fin.
- Bouleau et électricité atmosphérique. —
- D’après certaines publications américaines, le bouleau serait essentiellement mauvais conducteur de l’électricité : et le fait serait généralement si connu qu’en temps d’orage les Indiens iraient toujours chercher un abri sous un de ces arbres. Au premier abord, la chose n’a rien d’invraisemblable, puisqu’il a été établi, et nous l’avons rapporté ici même, que les arbres des différentes espèces offrent des divergences considérables au point de la conductibilité électrique ; on peut donc admettre l’affirmation courante, dans la Tennessee par exemple, que jamais le bouleau n’est frappé par la foudre. Mais il est regrettable que cette information ne soit pas plus précise, et qu’on n’indique pas s’il s’agit du bouleau ordinaire, ou Betula alba, qui se trouve en Amérique tout aussi bien qu’en Europe, ou au contraire si l’on vise une des nombreuses espèces de bouleau qui sont spéciales au continent américain.
- Épreuves cinématographiques d'une barre de fleuve. — Pour la première fois certainement on vient de prendre, au moyen d’un cinématographe, des images successives d’une barre, d’un mascaret : ccs intéressantes photographies ont été faites à l’embouchure de la Severn, en Angleterre; la pellicule où on les a prises est longue de 45 mètres, et elle contient 2 400 vues successives : on ne s’est pas contenté de photographier la barre même, mais aussi le flot énorme qui suit et qui remplit si rapidement le lit du fleuve.
- Récifs magnétiques. — Il existe au large de la côte de Cornouailles des roches bien connues des navigateurs et qu’on nomme les Manacles; elles sont sur la route des navires se dirigeant vers les Etats-Unis, et elles ont une fâcheuse réputation qui semble méritée, car de nombreux naufrages s’y sont produits : c’est là que se sont mis à la côte les grands steamers Mohican et Paris, et l’on répète assez volontiers que ces roches ont une influence magnétique sur la boussole des navires qui passent dans le voisinage et qui se trompent par conséquent fort aisément de route. M. Preece, le célèbre électricien anglais, a voulu tirer au clair cette question si importante. Il est arrivé à cette opinion qui semble fort concluante que, si un navigateur suit le parcours de Cherbourg au Cap Lizard sans connaître les changements qui se sont produits au point de vue de la boussole dans ces parages durant ces cinq ou six dernières années, il a toutes chances d’aller se jeter sur les Manacles. L’influence de ces roches est de reporter l’aiguille du compas plus près du nord vrai : or, depuis une dizaine d’années, cette attraction et cette déviation spéciales ont varié de tout un degré, et un degré d’erreur, c’est énorme sur un parcours seulement de 50 à 60 milles. Avis aux navigateurs.
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- LA NATURE.
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- La planète Mars. — Los variations d'aspect do la planète Mars ont été l’objet, de discussions nombreuses. On était presque arrivé à croire que les changements subis par cet astre étaient le fait d’une illusion produite par un jeu combiné de phénomènes optiques et d’autosuggestion de la part des observateurs, mais les méthodes plus sévères et les instruments perfectionnés dont on dispose aujourd’hui ont amené la conviction que ces changements étaient bien réels. A quoi faut-il attribuer ces changements? L’hypothèse la plus plausible est qu’il existe sur Mars une végétation analogue à la nôtre, et soumise comme elle aux lois des saisons. Malheureusement celle hypothèse, suffisante dans bien des cas, n’explique pas les variations qui se produisent dans la zone équinoxiale et qui sont difficilement attribuables aux saisons. La disparition de certaines taches ne peut pas non plus être expliquée par la formation de nuages dans l’atmosphère martienne, car la présence de ces nuages se trahirait par une teinte blanchâtre, et cette teinte n’a pu être observée. Les problèmes soulevés par cette question restent donc encore irrésolus.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 niai 1902.
- Présidence de M. Bodquet de la Grye.
- Le kéralocone. M. Janssen entretient l’Académie d’un moyen propre à remédier aux inconvénients d’une déformation de l’œil connue sous le nom de kératocone. Chez les sujets atteints de cette infirmité, la cornée, au lieu d’ètre sphérique, s’allonge en avant et prend la forme conique. Le sujet est affligé d’une myopie excessive. Ayant été sollicité par des personnes amies de rechercher les moyens optiques susceptibles de rétablir dans un tel cas la vision normale, M. Janssen a eu l’idée de placer devant la cornée une lentille dont une surface reproduirait en creux la courbure réelle de la cornée et dont l’autre aurait la courbure normale. L’expérience a démontré l’exactitude de la méthode. M. Janssen a même observé qu’une lentille concave-convexe, plus facile à obtenir, peut remplacer la lentille théorique. On peut encore employer une lentille biconcave à rayons de courbure convenables; dans ce cas, il faut au sujet deux lentilles, une pour la vision à distance éloignée, l’autre pour la distance courte.
- Action directrice du champ magnétique. — M. Lipp-mann présente une Note de M. Pellat sur l’action directrice d’un champ magnétique sur le tube de Geissler. Si ce tube est convenablement orienté par rapport aux lignes de force du champ magnétique, la gerbe est déviée, se colle contre la paroi. 11 en est ainsi, du moins, avec les champs magnétiques d’intensité moyenne ; mais, avec un champ très intense, le faisceau occupe tout le tube, comme s’il n’y avait point d’action du champ. M. Pellat observe que, dans ce cas, la résistance au passage de la décharge a augmenté.
- La lutte contre le hlackroot. — M. Bonnier résume une Note de M. Prunet relative au développement du hlackroot qui cause en ce moment de grands ravages dans le sud-ouest de la France. M. Prunet a constaté que les circonstances atmosphériques sont dans un certain rapport avec le développement du hlackroot. Les pluies sont nécessaires pour que les vignes soient envahies par la maladie, de même que le brouillard propage l’oïdium et le mildiou. Cette constatation indique avec précision le moment où il
- est nécessaire d’employer la bouillie bordelaise pour arrêter l’envahissement par le hlackroot.
- Décès. — L’Académie reçoit la nouvelle de la mort de M. Fuchs, de Berlin, correspondant de la section de géométrie. Cn. de Yiuedeiïl.
- HENRI FILHOL
- La Science française vient de faire une grande perte : le professeur Filliol s’est éteint le 28 avril.
- Pierre-Antoine-Henri Filhol est né à Toulouse en 1845. Son père, maire de Toulouse sous l’Empire, chimiste éminent, correspondant de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences, directeur de l'École de médecine, fondateur du Muséum d’histoire naturelle, a joué dans le midi de la France un rôle important. Il a initié son fils A l’étude de l’histoire naturelle, et a collaboré avec lui au début de ses recherches dans les cavernes des Pyrénées.
- L’existence d’Henri Filhol offre un curieux exemple d’activité scientifique. Il fait ses premières études à Toulouse, puis il vient à Paris prendre les grades de de docteur ès sciences et de docteur en médecine. Il apprend qu’une mission est organisée parM. Bouquet de la Grye pour observer à Campbell le passage de Vénus devant le soleil. Campbell, c’est notre antipode, une île isolée dans l’océan Austral. Combien la vie doit y être différente de celle de Paris ou de Toulouse! Quels mystères peuvent se cacher dans ces régions lointaines? Filhol demande à partir, et il part avec M. Bouquet de la Grye, M. Ilattet M. Cour-rejolles, plus tard devenu amiral. Je suis sûr que tous quatre étaient d’aimables compagnons, ayant bon cœur et bel esprit, car ils sont restés amis très chers.
- Un dicton de Filhol est revenu souvent à leur pensée pour leur rappeler son ardeur; quand ils voulaient l’arrêter dans des recherches trop fatigantes ou périlleuses, il répondait : On ne va pas deux fois à Campbell. M. Bouquet de la Grye, en annonçant à l’Académie des sciences, dont il est aujourd’hui président, la mort de son ancien compagnon, a témoigné un profond chagrin. De l’île Campbell, Filhol a été à File Stewart, à la Nouvelle-Zélande, aux îles Fidji et dans la Nouvelle-Calédonie ; il est retourné par l’Amérique.
- Rentré en France, en même temps qu’il rédige les comptes rendus de ses voyages, il explore les gisements du Quercy, de Saint-Gérand, du Puy-en-Velay. En 1879, il est nommé professeur de zoologie à la Faculté des sciences de Toulouse. En 1885, il s’embarque sur le Talisman avec Alphonse Milne-Edwards, de Folin, Vaillant, Edmond Perrier, Fischer, Brongniart, Poirault; on peut dire que le bord était bien composé. Nos naturalistes draguent les fonds des mers le long du Portugal, de l’Afrique, autour des Canaries, des îles du cap Vert et des Açores. En 1885, Filhol devient sous-directeur d’un laboratoire des hautes études au Muséum d’histoire naturelle ; le Muséum le charge deux années de suite
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- de faire des fouilles à Sansan, dans la colline que Lartet a illustrée. Depuis 1894, il est professeur d'anatomie comparée au Muséum et organise l'admirable galerie que tous connaissent; on a dit qu’il avait su, avec de simples ossements, faire des vitrines aussi belles que celles des joailliers. 11 est élu, en 1897, membre de l'Académie des sciences. Toutes ses missions, ses fonctions ont été remplies avec un tel dévouement, il a publié tant de livres et de notes qu’on prétend que cela a abrégé sa vie.
- Cette somme immense de travail produite par Eilhol résulte d’une haute compréhension de la nature. Dans la seconde moitié du siècle dernier, l’histoire naturelle a changé de face : l’embryogénie, l'histologie, la bactériologie excitent justement l’admiration de tout homme de science. Mais, à côté des merveilles que révèlent les études faites dans les laboratoires, il ne faut pas oublier celles de ce laboratoire de la nature entière, qui embrasse toutes lès régions depuis le sommet des montagnes jusqu’au fond des Océans, et depuis les temps géologiques où la vie a commencé jusqu’à l’époque actuelle. Il y a là des spectacles d’une beauté et d’une grandeur incomparables.
- Eilhol a voulu aller à nos antipodes pour avoir une idée des manifestations de la vie dans l’ensemble du monde.
- Il s’est demandé d’où venaient les créatures de l’ile Campbell, perdue dans l’Océan austral, sans traces de lien avec les autres pays. Ses Phoques, ses étranges Manchots, ses Crustacés, ses Mollusques, ses Plantes, ses Roches ont captivé son esprit, avide de vues nouvelles ; il les a décrits avec amour, après en avoir rapporté de précieuses collections. Quand il a cessé leur étude, ayant besoin de trouver toujours de l’inconnu, il a prié M. Grandidier de l’associer à ses recherches sur Madagascar, et il a fait une importante publication sur les Lémuriens.
- Non content de suivre les êtres dans les plus lointains espaces, il a tâché de les suivre dans les profondeurs des Océans; quand, à bord du Talisman, il retirait de ces profondeurs d’innombrables et belles créatures, il n’avait pas seulement à admirer leurs dessins, mais aussi leurs couleurs; dans son livre la Vie an fond des mers, il a écrit : « L’observation est venue montrer que les animaux des grands fonds étaient parés de couleurs aussi vives, aussi variées
- que sont celles dont la nature a orné les animaux de surface ».
- Quelles que soient les magnificences du monde actuel, elles ne donnent qu’une idée très incomplète de la création ; il faut pénétrer dans les temps géologiques. C’est surtout à la paléontologie que Eilhol a consacré sa vie; c’est à elle qu’il doit sa renommée. Dans ses fouilles à Sansan, il a prouvé que les membres du Macrotherium étaient du même animal que la tête du Chalicotherium, ce qui signifie que des quadrupèdes d’ordres différents comme les Edentés et les Pachydermes ont des caractères communs.
- Il a décrit les Lophiodons d’Issel, les Carnivores de la Grive-Saint-Alban, les mammifères de Ronzon et ceux de l’admirable gisement de Saint-Gérand - le - Puy, don t Milne-Edvvards avait étudié les oiseaux et M. Vaillant les reptiles. Son œuvre capitale est certainement son travail sur les animaux des phosphorites du Quercy : Dacrytherium, Prodre-motherium, Quercy the-rium, Necrolemur, Ada-pis, Uyænodon, Edentés énigmatiques, Carnivores variés, etc. ; les Cynodictis ont offert tant de passages entre Chiens et Civettes qu’on ne sait plus où Civette finit, où Chien commence. C’est aussi dans les phosphorites que Filhol a fait l’étonnante découverte de Grenouilles et de Serpents conservés avec leur peau. Tous ses ouvrages sont accompagnés de planches. Personne n’a décrit et figuré un aussi grand nombre de Mammifères fossiles propres au sol de la France.
- En vérité, nous éprouvons de la reconnaissance pour ce chercheur infatigable. En rendant des services à la science, il en a rendu à notre pays, car la vue du grand et du beau, qui apparaissent partout dans la nature, ne peut manquer d’élever les intelligences.
- Filhol a épousé la fille de l’illustre Péligot. Puisse cette femme, charmante et dévouée, sentir sa douleur un peu atténuée, à la pensée que le nom de Filhol restera un titre d’honneur pour elle et pour ses enfants! Amîeiît Gaudry,
- de l’Institut.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9.
- Henri Fiuiol, membre de l’Institut.
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- N° 1512. — 17 MAI 1002.
- LA NATURE.
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- EMBRAYAGES A SPIRALE DE LINDSAY
- Les embrayages à spirale sont basés sur le principe du frein à corde employé dans un grand nombre de treuils. Si l’on enroule sur un arbre en mouve-
- ment une corde fixée par l’une de ses extrémités, il suffit d’exercer sur le brin libre une certaine tension pour développer, avec un faible effort, un frottement considérable de la corde sur l’arbre, et l’effet produit sera d’autant plus important que la corde
- Fig. 1. — Vue d’ensemble d'un embrayage à spirale de Lindsav.
- fera un plus grand nombre de tours sur l’arbre.
- Considérons deux arbres M et C (fig. 2), le premier étant animé d’un mouvement de rotation qu’il s’agit
- de transmettre au second. Sur l’arbre M est claveté un manchon en fonte durcie et polie autour duquel s’enroule une hélice en acier doux à section décrois-
- Fig. 2. — Vue de détail.
- santé. Celle-ci est fixée, par son extrémité la plus forte, sur un plateau A claveté sur l’arbre C ; sur l’autre on exerce une tension progressive au moyen d’un plateau mobile D actionnant un levier E dont la petite branche emprisonne la tête de la spirale. La tension de cette dernière produit un frottement considérable sur le manchon de l’arbre moteur et dé-
- termine, par suite, l’entraînement de l’arbre à conduire. L’embrayage se produit donc progressivement et sans choc, c’est-à-dire dans les meilleures conditions possibles. Contrairement à ce qui a lieu dans les autres systèmes d'embrayage, ceux-ci doivent être graissés et peuvent même fonctionner dans un carter rempli de lubrifiant. En outre, ils offrent le
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- 30e année. — 1er semestre.
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- LA NATURE.
- grand avantage de permettre un débrayage instantané. Lorsqu'il s’agit de transmettre de grandes puissances, le plateau mobile D est actionné par un cylindre hydraulique ou à vapeur.
- Les embrayages à spirale se font sous différentes formes selon les cas qui peuvent se présenter dans la pratique. En effet, s’il est facile de transmettre un effort constant sous une vitesse uniforme et à une masse peu importante, le problème est tout autre si l’effort doit varier brusquement, et si les machines à actionner comportent de grandes masses ou doivent tourner à de très grandes vitesses. Dans ce cas, 1’effort au démarrage devient considérable et peut atteindre alors plusieurs fois la puissance normale correspondant à la vitesse de régime. L’embrayage doit donc pouvoir transmettre cet effort considérable et, par conséquent, être très résistant.
- Le type d’embrayage que nous avons décrit plus haut peut transmettre les plus grands efforts à des vitesses ne dépassant pas 100 tours. Il en existe qui transmettent une puissance de 6000 chevaux à une vitesse de 20 tours. Pour de plus grandes vitesses, même de plusieurs milliers de tours, l’embrayage est beaucoup plus progressif. La spirale (£>,fig. 1), de section constante, est enroulée en forme de cône élastique indépendant que l’on pousse, pour embrayer, sur un cône en fonte trempée monté sur l’arbre moteur. L’entraînement est déterminé par un talon terminant la spirale et qui vient s’appuyer contre une saillie de l’arbre à conduire.
- Les embrayages de Lindsay permettent aussi de renverser à volonté le sens de rotation. Pour cela on monte sur un même arbre (fig. 2) deux appareils A et B actionnés par un plateau double central C. Fait-on agir la spirale A, par exemple, nn système de trois pignons dentés transmet à l’arbre à conduire un mouvement de même sens que celui de l’arbre moteur. Au contraire, est-ce la spirale B qui fonctionne, un système de deux grandes roues dentées transmet une rotation en sens inverse. La figure 2 représente une application de ce genre au renversement de mouvement d’un laminoir. Ce renversement s’obtient en 2 à 5 secondes, sans aucun choc et la production du laminoir se trouve considérablement augmentée. Les efforts réels à transmettre, dans les laminoirs, étant malaisés à déterminer à l’avance, les embrayages sont construits de telle sorte qu’ils puissent rompre un manchon de sécurité de section donnée; ils peuvent d’ailleurs toujours transmettre un effort supérieur à celui que l’arbre sur lequel ils sont montés pourrait transmettre lüi-même.
- Parmi les applications les plus intéressantes, il convient de citer celle faite aux usines du Creusot à un laminoir à bandages pour la transmission d’une puissance de 1200 chevaux à un arbre de 0m,260 tournant à 60 tours ; et celle faite aux usines Saint-Jacques, à Montluçon, parla Compagnie de Chatillon-Commentry et Neuves-Maisons, pour le renversement d’un laminoir à plaques de blindage, actionné par une machine à vapeur fournissant 3500 chevaux à
- la passe ; l’effort total est transmis par le renverseur à une vitesse de 20 tours, sur un arbre de 0m,400 directement lié au laminoir.
- On construit des embrayages à spirale extrêmement légers pour automobiles. C’est ainsi que pour une vitesse de 1200 tours et une puissance de 16 chevaux, le poids de l’embrayage atteint à peine 2k°,300. En outre ils ont l’avantage d’être fort peu encombrants. Georc.es Cave.
- LES VARIATIONS
- DANS LES
- PRÉCIPITATIONS ATMOSPHÉRIQUES
- Dans un ouvrage demeuré classique, le professeur Brückner a démontré, par une enquête critique très minutieuse des dates des vendanges et de tous les phénomènes météorologiques rapportés dans les archives et dans les documents historiques, que le climat éprouve des variations cycliques et d’une durée de trente-cinq ans. À chaque trente-cinquième année, se reproduit une phase de froid et d’humidité, une période de chaleur et de sécheresse.
- Dans ces deux derniers siècles, les dates moyennes approximatives des périodes de froid et d’humidité sont, d’après Brückner :
- 1705, 1740, 1780, 1815, 1850, 1880
- celles des périodes de chaleur et de sécheresse :
- 1720, 1700. 1795, 1850, 1800
- Les recherches de M. Richter sur le régime des glaciers ont confirmé l’existence des cycles de Brückner. Par leur nature même, les glaciers sont des instruments enregistreurs des variations climatériques. Lorsque les pluies sont abondantes, il tombe sur les hautes montagnes une plus grande quantité de neige; ces neiges transformées en glace augmentent le volume du glacier et déterminent un allongement de leurs langues terminales dans les vallées. Si, au contraire, il y a déficit dans les précipitations neigeuses, les glaciers n’étant plus suffisamment alimentés reculent et subissent une déperdition considérable. Quoique la répercussion du phénomène météorologique sur le glacier se produise généralement plusieurs années après la cause, les dates des crues éprouvées par les glaciers des Alpes durant les dix-huitième et dix-neuvième siècles coïncident assez bien avec celles des périodes de Brückner.
- Cette périodicité des variations météorologiques est confirmée par une étude du professeur Hann1 concernant les observations pluviométriques faites à Padoue de 1725 à 1900, à Klagenfurt de 1813 à 1900 et à Milan de 1764 à 1900.
- D’après le savant météorologiste viennois, dans ces trois stations, pendant un siècle, on compte en moyenne huit années très sèches, 51 à 70 pour 100 de la moyenne des précipitations, vingt-six sèches (71 à 90 pour 100 de la moyenne), trente-six années normales (91 à 110 pour 100 de la moyenne), vingt-deux années humides (111 à 130 pour 100 de la moyenne), six très humides (131 à 150 pour 100 de la moyenne), une année extrêmement humide (plus de 150 pour 100 delà moyenne). En résumé 34 pour 100 des années présentent un déficit et 29 pour 100 une augmentation. Cette proportion explique peut-être
- 1 Hann. U cher die Swankungen der Niedersehlagsmengen in grôsseren Zeilraitmeit, in Meteorologische Zeitschrift. Février 1902.
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- LA NATURE.
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- pour quelle raison les périodes de crues des glaciers sont plus courtes que celles des décrues. Aucune trace de l’influence des taches solaires sur ces variations n’a été relevée par le professeur Ilann, en revanche il a nettement distingué leur périodicité cyclique de trente-cinq ans.
- Le tableau suivant indique approximativement le milieu des périodes humides et sèches :
- Périodes humides. 1738 1773 1808 1843 1878 (1913)
- Périodes chaudes. 1753 1788 1823 1859 1893 (1928)
- Le défaut de concordance entre les dates données par Briickner et Hann n’est qu’apparent, car le premier a indiqué le début d’une période, tandis que le second se réfère au milieu de celle phase. En tout cas, les travaux des deux savants annoncent l’approche d’une période pluvieuse. En 1911, d’après Brückner, 1913, d’après' Ilann, nous passerons, suivant toute vraisemblance, par une série d’années humides et froides. Dans un avenir prochain, les chaleurs estivales s'atténueront, et nous n’aurons plus une suite d’étés torrides comme ceux que nous venons de passer. 11 pourra bien se produire des chaleurs excessives, mais ce seront des accidents. Toutes les probabilités sont en faveur d'une augmentation des précipitations. Les viticulteurs avisés devront tenir compte de cette prévision, quelque incertaine qu’elle soit. Une augmentation des précipitations amènera une nouvelle apparition du black-rol; en tout cas, elle diminuera la production vinicole. Il serait donc peut-être imprudent de se débarrasser à tout prix des stocks de vins qui peuvent se conserver. C’est ainsi que les recherches scientifiques qui au premier abord ne paraissent avoir qu’un intérêt spéculatif, présentent une incontestable utilité pratique. Charles Rabot.
- LA MONTAGNE DE SEL DE CARDON!
- (CATALOGNE)
- A la différence des fameux gisements de sel gemme de Bochnia et Wieliczka (Galicie) et de Berchtesgaden (Bavière), dont les profondes galeries souterraines sont visitées chaque année par des milliers de touristes, la saline de Cardona est tout entière exploitée à ciel ouvert, et n’est fréquentée que par un petit nombre de curieux. C’est cependant une des merveilles naturelles de l’Europe et son accès n’a rien de particulièrement difficile : une journée suffit amplement pour faire cette excursion depuis Manresa (fi5 km N.-O., 2 heures de chemin de fer de Barcelone), intéressante ville de 25 000 habitants, où la Fonda de Santo-Domingo est un fort suffisant hôtel, et où l’on trouve pour 40 à 50 pesetas de confortables voitures particulières (et aussi des diligences) qui, par une bonne route, mènent en cinq heures (3h 50 à la descente) au seuil même de l’exploitation. La permission de visiter est gracieusement donnée sur place (la saline appartient au duc de Medinaceli), sans autre formalité que la conduite d’un surveillant, fort pittoresquement costumé et armé d’un antique fusil, destiné, paraît-il, 5 effaroucher les maraudeurs que tenterait le vol très facile de l’utile substance.
- Car la montagne de sel de Cardona (telle est son appellation courante) ne porte nullement un nom
- trompeur : au fond d’un vallon tributaire du Cardo-ner, qui se jette lui-même dans le Llobregat (à Manresa), et au pied de la roche escarpée qui porte, environ 200 mètres plus haut, c’est-à-dire vers 450 mètres d’altitude, la débile mais pittoresque forteresse de Cardona, — édifiée par Charles-Quint et où le gouvernement espagnol actuel croit de son devoir d’entretenir encore une inutile garnison, — une énorme masse de sel pur a été mise à nu par les érosions atmosphériques : dans un anticlinal pratiqué au milieu du terrain éocène, l’amas de sel gemme apparaît d’abord plaquant les deux lianes du vallon, puis en barrant complètement le fond (fig. 1) sur une hauteur verticale de 80 à 150 mètres; le pourtour de l’affleurement mesure de 4 à 5 km de développement. Mais on ignore l’étendue réelle du gisement aussi bien en direction horizontale qu’en profondeur; l’exploitation qui se fait non pas en galeries comme l’indiquent certains guides, mais à l’air libre à même la montagne ou par des puits verticaux creusés en gradins (fig. 2) n’a nulle part encore atteint la limite du gisement ; elle remonte pourtant à une haute antiquité puisque Strabon la mentionne déjà.
- Faute d’avoir rencontré des fossiles dans les couches argileuses intercalées, on n’est pas d’accord sur l’origine et sur l’àge du sel de Cardona1 : M. L.-M. Vidal, ingénieur en chef des mines à Barcelone, pense qu’il est tertiaire (oligocène), à cause surtout de la concordance de stratification et de la similitude des plissements et cantonnements qui existent entre les assises de sel et les bancs de gypse, marnes et macignos oligocènes; les ridements du sel en angles très aigus sont en effet tout à fait surprenants à Cardona et absolument subordonnés au grand accident anticlinal qui a bouleversé toute la région et produit les plus singuliers redressements aussi bien à Cardona même qu’aux environs (à Suria, par exemple, sur la route de Manresa) ; — M. Carez, au contraire, penche à croire que le sel est triasique parce qu’il trouve que les plissements sont bien moins accentués dans les couches oligocènes que dans celles de la masse saline, et aussi à cause de la localisation du sel. MM. Bergeron et Depéret partagent cette manière de voir, tandis que MM. G. Dollfus et Stuart Menteath se rallient à l’opinion de M. Vidal. Le débat n’est pas tranché.
- De toutes manières, la plus remarquable particularité du gisement de sel de Cardona est un régime hydrologique qui y a produit de véritables grottes naturelles : un ruisseau souterrain circule dans l’intérieur de la masse et y provoque très fréquemment, par ses affouillements intérieurs aux dépens du sel, des éboulements qui retentissent jusqu’à la surface du gisement sous forme d’entonnoirs coniques nom-
- 1 Voy. Bull. Annales des mines, G® s., t. XX, p. G64, 1868; — Duboul, Bull. Soc. hispano-portugaise, t. II, n° 1, 1881; — Dieulafait, Revue scient., 8 juillet 1882; — Vidal, Carez, Dollfus. Bull. Soc. géolog. de France, C. R. de la réuuion extraordinaire de 1898, p. 725, 731 (décembre 1899).
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- LA NATURE.
- niés bofias ; en arrière et au sommet de la grande muraille de sel qui ferme le vallon, toute la surface de la montagne est criblée d'excavations de ce genre (fig. 5) qui lui donnent absolument l’aspect d’un glacier crevassé, surtout dans les parties où le sel est resté bien blanc; mais là où l’argile y a introduit des zones rubannées ou des bandes rouges, jaunes, noires, la configuration chaotique, les contournements et les couleurs diaprées du gisement en font une scène fantastique, absolument indescriptible quand le soleil allume d’irisations imprévues les millions de facettes de la roche de sel. Si, tournant le dos au cadre extérieur du gisement, on cantonne ses regards uniquement sur les bofias, on est positivement dérouté par l’impression de quelque chose
- d'ultra-terrestre, à quoi rien ne saurait être comparé. Le spectacle est unique et inoubliable.
- On pense que cette circulation d’eau sous la montagne de sel provient des pluies et ruissellements infiltrés dans sa partie supérieure ; mais, comme les bofias se manifestent aussi en amont dans les terrains gypseux et argileux qui recouvrent une partie inconnue de l’amas de sel, il se pourrait que l’origine du ruisseau souterrain dût être recherchée à une certaine distance en arrière, dans quelque perte ignorée du courant externe. Toujours est-il que Car-dona offre un type accompli de grottes de dissolution, cas spécial et assez rare de l’origine des cavernes, puisqu’il ne se présente que dans les terrains de gypse et de sel gemme, dont la solubilité
- Fig. 1. — Montagne de sel de Cardona. Fig. 2. — Mines de sel de Cardona.
- Grande muraille au fond du vallon. (Photographies de Fauteur.) Exploitation par puits à ciel ouvert.
- donne la prépondérance à l’action chimique de l’eau, à la corrosion, qui mange et fait fondre la roche comme du sucre (Eisleben et Mansfeld en Thu-ringe; mares de Meurthe-et-Moselle; éboulements du Cheshire; entonnoir d’Ain-Taïba, Sahara, pour le sel, — cloches des carrières de Taverny et Montmorency; Kraus- grotte près Gams en Styrie, etc., pour le gypse).
- D’ailleurs la continuité et l’aisance de la dissolution modifient constamment la forme tant extérieure qu’intérieure des aqueducs souterrains de la montagne de sel de Cardona, exactement comme dans les rares grottes de fusion que l’on a observées sous quelques glaciers (Àrolla, Valais ; Ruens-Braë, Norvège, etc.); le 25 avril 1901, il n’y avait plus qu’une seule grotte visible à Cardona : le ruisseau qui en sort à la température de 13°,2 C. et salé jusqu’à la
- sursaturation, bien entendu, n’y a pas creusé un bien ample tunnel (2 à 4 mètres de diamètre) ; on ignore son étendue, car la fréquence des éboulements résultant de l’inconsistance des parois et du sol et de la permanence du travail de dissociation du sel par l’humidité,rend très dangereuse, pour ne pas dire impossible, toute tentative d’exploration approfondie; la longueur de 1500 mètres qu’on lui a parfois attribuée est certainement exagérée et ne résulte d’aucune donnée sérieuse. J’ai pu cependant photographier au magnésium l’intérieur du canal de sel (fig. 4) dont la voûte est constellée de véritables stalactites de sel formées, comme celles de calcite des cavernes calcaires, par les infiltrations qui pénètrent dans les fentes de la masse saline. En aval le ruisseau serpente, toujours en plein sel, à travers les ruines d’une autre grotte récemment
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- Fig. 3. — Bofia sur la montagne de sel de Cardona. Au fond le rocher et la ville de Cardona.
- Fig. F. — Cardona. Grotte naturelle sous la montagne de sel. (D’après une photographie au magnésium.)
- éboulée et dont il ne reste plus que quelques témoins I sel; longtemps après avoir reçu le ruisseau à la sous forme de deux ou trois ponts naturels en blocs de I sortie du vallon, le Gardoner reste salé à haute dose-
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- A l’extérieur du reste la montagne subit également les morsures de la pluie; il y a une similitude absolue entre les rigoles, larges et profondes de quelques millimètres à plusieurs centimètres que les ruissellements creusent parallèlement et contiguës les unes aux autres sur toute la hauteur des escarpements salins, et les pareilles rainures de corrosion, que des eaux souterraines courantes très chargées d’acide carbonique ou humique ont pratiquées bien plus lentement sur les sols ou parois calcaires de certaines grottes, par exemple au Tindoul de la Vayssière (Aveyron) et à Adelsberg (Autriche) ; il est bien remarquable de voir le processus de l’action chimique ne différer que par la durée et nullement par la forme sur des roches aussi dissemblablement résistantes que le sel d’une part et le calcaire compact d’autre part. A Cardona, l’ensemble de ces sillons de corrosion donne aux murailles l’étrange aspect d’une pâte molle, que de gigantesques râteaux auraient de haut en bas couverte du réseau serré de leurs longues empreintes ; et ce n’est pas l’une des moindres bizarreries de cette prodigieuse localité.
- L’excursion de Cardona est le complément obligé de celle, depuis longtemps classique, du Montserrat; combinées ensemble, elles ne requièrent, de Barcelone, que deux jours et demi en tout. E.-A.Maktel.
- CRISES NERVEUSES CHEZ LES ANIMAUX
- La pathologie mentale commence à être bien connue chez l’homme, — où malheureusement les objets d’études abondent, — mais elle n’a pour ainsi dire pas encore été abordée chez les animaux. Ceux-ci présentent cependant franchement des troubles mentaux, depuis le chien qui est coléreux jusqu’au cheval qui « s’emballe » comme un fou, sans raison aucune. Un médecin vétérinaire, M. Lépinay, vient, à juste raison, d’atlirer l’attention sur cette question à la Société d’hypnologie et de psychologie ; il engage tout le monde à faire des observations sur ce sujet si intéressant et encore si peu « documenté » ; nous ne pouvons que nous associer à son vœu.
- Les troubles nerveux peuvent être provoqués, chez les bêtès comme chez nous, par différentes causes.
- Il y a d’abord les émotions morales vives. La peur qu'ont les chevaux des machines à vapeur, des automobiles, a fait naître, chez quelques-uns, des tremblements, des boiteries, des fausses paralysies, dont la véritable origine est passée souvent inaperçue. La peur de la correction chez les petits animaux, la joie de revoir le maître aimé ont donné naissance à des crises plus ou moins persistantes mises au compte de l’épilepsie. Une chienne, dont M. Lépinay rapporte l’histoire, est mise’chaque année en pension au moment des vacances ; au retour, il faut avoir bien soin de ne pas remettre en contact maîtresse et chienne, sans cela celle-ci présente une crise qui se répète pendant quelques mois.
- Voici un cas de troubles nerveux provoqués par la peur et relatés par le Dr Hygyer, au sujet d’un de scs serins. Le serin exécutait dans sa cage les trilles les plus variés, quand un chat entra brusquement dans la chambre et, se précipitant sur la cage, la jeta à terre. Le docteur accourut à temps pour mettre en fuite l’animal avant
- que l’oiseau eût été blessé ou même touché ; mais la secousse avait été telle que le canari gisait sans voix et sans mouvement, sur le plancher de la cage. On ne put le rappeler à la vie qu’en l’aspergeant d’eau froide. Il reprit alors ses sens et, au bout d’un instant, il se mit à sautiller et à voleter comme d’habitude. Mais il était devenu subitement muet. L’aphonie totale persista pendant six semaines; aussi soudainement qu’il l’avait perdue, il recouvrit la voix et se trouva en pleine possession de tous ses moyens musicaux.
- Un choc traumatique peut aussi produire de l’hystérie. Bien souvent un cheval victime d'un accident présente une boiterie, une paralysie, sans qu’aucun symptôme apparent puisse expliquer d’une manière plausible des manifestations aussi graves ; et lorsqu’on sacrifie le malade, l’autopsie ne décèle aucune lésion pouvant justifier la maladie : les compagnies d’assurance possèdent un grand nombre d’observations de ce genre.
- Le l)r Hygyer cite un autre cas ayant même origine. Un chat, âgé de neuf mois, fut mordu par un chien qui le poursuivait. Le chat s’affaissa aussitôt comme paralysé, et, à dater de ce moment, il ne marcha plus qu’en traînant l’arrière-train. Le tiers postérieur du tronc et les pattes de derrière étaient complètement anesthésiées aussi bien que la queue, qui avait perdu tout mouvement. Deux mois environ après l’accident, une servante, — aux idées fantasques, — voulant se rendre compte si les chats paralysés ictombaient toujours sur leurs pattes, comme les cbats bien portants, jeta la pauvre bête par la fenêtre du premier étage. Le chat tomba, en effet, sur ses pattes et, résultat merveilleux, au bout d’un instant, détala à toutes jambes. Du coup cette nouvelle émotion l’avait complètement guéri de sa paralysie!
- La foudre tombant sur une écurie a souvent produit des blessures ou des brûlures insignifiantes suivies d’accidents hystériques graves, le plus souvent une paralysie ou une contraction. Les accidents arrivés depuis quelque temps sur les plots électriques ont été tout spécialement étudiés par M. Huet et, dans ses relations, on y relève des troubles nerveux indéniables.
- M. Arueh, de l’École vétérinaire de Milan, a relaté les observations suivantes, qui rentrent dans le même sujet; il s’agit de chiens ayant présenté des troubles nerveux très accejntués sous l’impression de causes d’ordre moral.
- Un de ces animaux, qui avait déjà dans ses antécédents une maladie survenue à l’occasion du départ de son maître, tomba malade en voyant pour la première fois sa maîtresse tenant dans ses bras le nourrisson auquel elle venait de donner le jour. C’était une jeune chienne de deux ans et demi très intelligente et très caressante. Les troubles qu’elle présenta furent d’abord de la dysphagie, de la toux, delà polyurie, une altération de la voix et une humeur capricieuse; puis une paralysie progressive des membres s’établit, et la bête devint aphone. L’animal, ayant été sacrifié, on ne comtata, à l’autopsie, aucune lésion des centres nerveux.
- Dans le second cas, il s’agit d’un chien de 11 ans très casanier, obèse, affectueux et intelligent, qui fut atteint, pour la première fois, d’une attaque convulsive, sans perte de connaissance, à l’occasion d’une vigoureuse réprimande de son maître. Depuis ce jour, cet animal était repris de semblables accès chaque fois que son maître rentrait à la maison. Les accès de convulsions avaient remplacé les accès de joie habituels.
- La troisième observation se rapporte à un jeune ter-
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- lier de deux ans ayant présenté autrefois une paralysie dont il était guéri depuis un an. Sa maîtresse lui ayant donné pour compagne une pelite chienne, il perdit aussitôt sa gaieté et son appétit habituels, puis vinrent divers troubles paralytiques. Aucune médication ne fit rien, mais l’animal guérit très rapidement dès qu’il fut séparé de sa compagne. Henri Coum.
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- CHEMINS I)E FER ÉLECTRIQUES
- DE MILAN
- ha multiplication des voies ferrées à traction électrique est spécialement importante autour des agglomérations fort peuplées : ce mode de traction s’accommode aux besoins dos faubourgs et de la banlieue d’une grande ville, en donnant le moyen de mettre en circulation des convois aussi nombreux qu’il est désirable. Sans entrer dans des détails techniques, nous rappellerons que, du moment où l’on possède une station centrale électrique distribuant le courant le long de la ligne ferrée, il en coûte bien peu d’augmenter le nombre des voitures qui empruntent simultanément du courant aux conducteurs.
- Depuis deux ans les tentatives les plus intéressantes se poursuivent à Milan et dans la contrée industrielle qui entoure cette ville. Des trains, ou du moins des voitures de chemins de fer auxquelles la force motrice est fournie par des accumulateurs, circulent sur la ligne Milan-Monza ; on s’apprête maintenant à introduire des trains électriques sur la ligne Milan-Gallarate, et aussi sur les trois embranchements qui rayonnent de ce centre de Gallarate'vers les lacs Majeur, de Varese et de Lugano : ces embranchements se terminent à Arona, à Lave-no et à Porto Ceresio, les deux premiers points se trouvant sur le lac Majeur, tandis que l’autre est sur le lac de Lugano et que la ligne de Laveno touche au lac de Varese. Ces trois embranchements (qui ont des longueurs respectives de 25,30 et 33 kilomètres) sont plutôt des lignes de montagne, avec des rampes atteignant 20 pour 100, et elles seront surtout faites pour le trafic des touristes en été et en automne. Quant aux 40 kilomètres de Milan à Gallarate, ils forment une importante artère dans un pays très peuplé, et ils seront parcourus par un grand nombre de petits trains omnibus, et aussi par im service spécial express qui couvrira la distance de Milan à Gallarate sans un arrêt et en 30 minutes. On se trouve dans une région où, si le charbon coûte fort cher, du moins les chutes d’eau sont abondantes, et on a à sa disposition la rivière du Ticino, qui fournira une puissance de 11 000 chevaux : on est en train de construire la station hydro-électrique de force motrice, et tant qu’elle ne sera point achevée, on maintiendra en marche une station à vapeur provisoire. Le courant électrique sera produit dans la station à une tension de 12 000 à 15 000 volts. On transformera ce courant en courant continu. Les voitures roulant sur la voie ferrée prendront ce courant sur un troisième rail disposé latéralement à la voie de roulement, et cette installation fonctionnera au mieux. Chacune des voitures, longue de 18 mètres environ, haute d’un peu plus de 4 et large de 5, sera partagée en première et seconde classe, afin de pouvoir former par elle-même un convoi, et dans chaque classe on trouvera des compartiments pour les fumeurs et les non-fumeurs. La capacité de ces véhicules sera de 75 personnes pour les voitures motrices, et de 90 pour les véhicules remorqués. D. B.
- LES INDIGÈNES DU DÉSERT DE VICTORIA
- (AUSTRALIE OCCIDENTALE)
- Les indigènes que nous avons rencontrés dans l’ancien « Résert Victoria » où s’élèvent maintenant les villes de Coolgardie et Kalgourli étaient fort peu en relation avec les tribus dont les territoires avoisinent la mer; ils avaient donc conservé jusqu’ici leurs mœurs antiques et il est fâcheux, pour la science anthropologique, que les pionniers à la recherche de l’or se soient si peu préoccupés tout d’abord de les étudier de près, au lieu de les disperser et repousser par la violence. Il a suffi de bien peu de temps pour modifier l’état des choses, car en 1897-1898, on jetait à peine les fondations des établissements Européens actuels que déjà l’indigène était devenu rare et difficile à observer sur le territoire avoisinant ces centres, pendant que les quelques naturels qui vivaient près de nous, dans les villes naissantes, ne pouvaient plus servir de sujets d’étude, tant leur abrutissement était devenu profond au contact de la lie d’une population blanche qui les considérait comme un objet de moquerie et moins que des animaux inutiles. La présence de ces malheureux noirs était tolérée avec peine par l’autorité, à cause surtout des maladies que nous leur avions d’abord communiquées et qu’ils nous rendaient largement. C’est donc en dehors de ce cadre que mon fils P. Garnier et moi devions chercher des indications et la chance nous permit parfois, pendant nos séjours dans la tente, assez loin des centres, de nous trouver en contact avec de petites troupes d’indigènes, mais là encore nos observations étaient assez superficielles, car ces nomades s’arrêtaient bien dans notre camp pendant quelques heures, passaient la nuit non loin de nous et quand le matin on allait pour les revoir, ils avaient disparu depuis longtemps, sans souci des bons soins dont nous les avions comblés la veille dans l’espoir de les apprivoiser. Un indigène, nommé Degenbat, venu des bords de la mer du Sud en compagnie d’un missionnaire anglais, nous fut d’un grand secours pour satisfaire notre curiosité : il vivait à Coolgardie en catéchiste, c’est-à-dire au contact direct de noirs dont il avait appris facilement la langue, car son dialecte à lui (celui d’Espérance bay) était peu différent du leur ainsi qu’en témoignait le vocabulaire qu’il nous dicta, lequel est, encore inédit1 : nous avions choisi pour ce vocabulaire les mots autrefois recueillis par nous chez les Kanaks de la Nouvelle-Calédonie et de l’Océanie, ce qui devait nous faciliter la comparaison2 de ces langues; nous espérions trouver une analogie plus ou moins complète entre le langage de
- 1 Ce vocabulaire vient de paraître dans le n° XIV du Bul-letin de la Société neuchaleloise de géographie, qui m’avait fait l’honneur de me le demander : il est joint à un travail intéressant de M. lfuguenin sur la Polynésie.
- 2 Les migrations humaines en Océanie. Société de Géographie, 1870 : Béranger, libraire, Paris.
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- ces terres relativement voisines, mais il n’en fut absolument rien : il semble donc que les indigènes de ces contrées insulaires si rapprochées n’ont jamais été en relation continue et qu’elles sont séparées depuis une époque si lointaine que les langages se sont complètement modifiés : Les faits géologiques plus lents à s’effacer nous montrent cependant que ces terres furent unies. Mais, ce qui ressort avec évidence de nos études, c’est que toutes ces tribus de l’ouest australien, malgré leur faible densité et la grande étendue des territoires occupés ont une origine commune et que leur type est plus régulier que celui de la Nouvelle-Calédonie où l’effet d’immigration du type maori s’est plus vivement fait sentir. La vie errante de ces indigènes commande cette uniformité et cette vie errante elle-même est moins une question de goût que le résultat de l’obligation où ils se trouvent de se déplacer constamment pour trouver de nouvelles ressources comestibles.
- Ils savent à merveille où ils trouveront tel ou tel arbuste avec ses fruits mûrs et parcourront de longs espaces pour s’y transporter.
- De même ils ont des étapes où ils savent trouver de l’eau dans des crevasses des roches compactes, crevasses qu’ils ont même le soin d’agrandir péniblement. Les migrations des animaux, semblables aux leurs, et pour les mêmes raisons, ne leur échappent point; ils les utilisent à leur profit. Mais, dans ces migrations constantes les indigènes sont arrêtés par des limites de territoires qu’ils connaissent bien tous et qui marquent les propriétés respectives des tribus. Ils risquent leur vie à sortir des limites fixées, surtout s’ils s’aventurent dans les zones plus riches, plus peuplées des terres lluviales ou marines où l’indigène est plus nombreux et mieux armé. Là un indigène chargé d’un message gravé sur un morceau de bois peut passer en sécurité, mais non point une troupe de chasseurs: ces indigènes du désert intérieur, ainsi parqués, sont réduits aux pires conditions de l’existence : toujours en mouvement, sans villages, sans huttes, sans récoltes, presque sans eau; leur exis-
- tence est pour nous incompréhensible; ils sont, en réalité, comparables à des animaux sauvages plutôt qu’à des hommes de notre race r serpents, lézards, fourmis, écorces, racines, baies coriaces, rarement un gibier de poil ou de plume, voilà leur nourriture. Nous n’avons trouvé qu’une baie savoureuse, fournie par un arbuste abondant sur quelques points et qu’ils nomment « Currajong » ; le noyau de ce fruit est sphérique, rugueux comme celui de la pêche; la chair en est très sucrée; j’ai pu rapporter une provision de ces fruits que nous avions fait sécher au soleil; par les soins de M.le Ministre des Colonies et d’autres personnes, j’ai pu faire planter ces noyaux
- en Tunisie, en Algérie et dans nos jardins coloniaux, mais je n’en ai plus entendu parler, sans doute ces nouvelles conditions de terre et de climat ne leur ont pas convenu.
- Ces indigènes sont heureusement doués par la nature de façon à résister à cette dure existence ; l’acuité des sens de la vue et de l’ouïe est surprenante pour nous, de même que leur faculté de supporter la faim, la soif et des marches démesurées. Leurs mœurs ne comportent aucune douceur : quand il vient au monde, les langes de l’enfant sont un amas de cendres chaudes, brûlantes même ; c’est là, faute d’eau, comme un baptême, comme une expiation du péché originel, mais conforme à l’hygiène1 ; on célèbre ensuite l’arrivée de l’àge adulte en arrachant une dent de devant au jeune garçon et en lui perçant la cloison du nez ; enfin en lui faisant parfois subir plus tard une opération qu’on saurait à peine dire ici en latin, opération douloureuse, horrible, longue à se cicatriser, sans but encore défini et qui n’a jamais été retrouvée chez aucun autre peuple, opération qui, à elle seule, montrerait bien que cette race vit isolée depuis un temps incroyablement long sur cette terre, sans doute, comme je l’ai dit ailleurs, depuis les temps géologiques où de prodigieuses, puissantes et longues éruptions volcaniques calcinèrent et dispersèrent les assises calcaires qui unissaient ce conti-
- 1 .l'ai retrouvé la même habitude chez certaines tribus de la Nouvelle-Calédonie.
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- Fig. 2.
- Tombeau sur lequel des indigènes enfoncent des tiges fleuries.
- Fi
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- 3.
- Indigène poursuivant un opossum rélügié sur un arbre.
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- nent à ceux dont la mer les sépare aujourd’hui1. Môme dans les joies de ses fêtes, ce sauvage n’oublie pas les supplices et l’une de ses danses, le « Karo-bery », consiste à sauter sur un sol parsemé de cendres encore brûlantes pendant que leur visage ne cesse d’avoir un air joyeux.
- Les hommes portent les cheveux longs et la femme se les rase, mais elle recueille sa chevelure et en fait une ceinture que porte fièrement son mari. Pendant les nuits froides de l’hiver ils se jettent sur l’épaule la peau d’un Kangourou (lig. 1).
- Poulie de bois gigantesque.
- Nous donnons aussi (lig. 5) la vue d’un indigène montant sur un arbre à la poursuite d’un opossum et enlin (fig. 2) la vue d’un tombeau du pays.
- En résumé, rien de précis, selon nous, ne saurait être dit sur le passé et l’origine de ces indigènes, tant les documents recueillis les rattachent peu aux autres Océaniens; quant à l’avenir qui est réservé à ces sauvages, le mieux que l’on puisse prévoir pour eux, c’est qu’une fois l’or de leur sol épuisé par le travail des blancs, ceux-ci s’empresseront de disparaître et le désert, rendu à son isolement primitif, se repeuplera des débris de cette race misérable qui reprendra son existence vagabonde et ne conservera de nous et de nos mœurs qu'un souvenir confus de mauvais rêve. Jules Garnier.
- POULIES DE BOIS GIGANTESQUES
- Malgré la résistance évidemment plus grande des poulies métalliques, on emploie très souvent les poulies de bois : elles ont des avantages au point de vue du danger de l’éclatement, puis elles offrent une adhérence beaucoup supérieure qui empêche les glissements de la courroie ; on pourrait ajouter
- 1 Au nord de la Nouvelle-Zélande P. Garnier a trouvé des blocs de schistes anciens empâtés dans la roche éruptive volcanique auprès d’un océan île très grande profondeur.
- encore qu’elles se montent toujours au moins en deux pièces, et qu’on les met en place sans être astreint à démonter l’arbre sur lequel on veut les enfiler, ainsi que cela se passe pour les poulies métalliques.
- Toutefois il est rare d’en voir construire de dimensions semblables à celle que nous avons particulièrement en vue ici, et qui a été menée à bien par une maison spéciale, la Reeves Pulley Company de Colombus, dans l’État d’indiana. Elle a été faite en quatre morceaux symétriques correspondant aux quatre quarts d’un cercle, et elle est entièrement composée d’énormes pièces de chêne de l’indiana. Il faut dire que le diamètre de cette énorme poulie n’est pas moins de 4m,80, sa jante a une largeur de 78 centimètres ; son poids exact est de 6095 kilogrammes. Les quatre quarts de la poulie ont été réunis et serrés autour de l’arbre au moyen de gros et solides boulons.
- Elle semble massive, mais son poids même n’est pas ici un inconvénient. Aussi bien, il est vraiment curieux de constater que, en dépit des progrès merveilleux de la métallurgie, le bois ne perd pas ses droits, et qu’on en reconnaît même la supériorité à bien des égards et dans de multiples circonstances. C’est ce qui se produit notamment pour la fabrication des jantes de roues de bicyclettes, et, même au point de vue de l’automobilisme, il est encore nombre de gens qui préfèrent la roue de bois à la roue de métal. L. R.
- LES GHÆLÂNDS DE MER
- Une grave question se pose en ce moment dans le monde des ingénieurs : il s’agit de tirer un meilleur parti de cette voie navigable qu’on appelle le Rhône, en la réunissant au grand port de Marseille, qui est en fait complètement séparé du réseau français de navigation intérieure. Et, dans ce but, on voudrait créer un canal qui permettrait aux bateaux chalands de venir dans les bassins mêmes de Marseille, pour échanger leurs marchandises directement avec les navires de mer qui fréquentent ce port. On augure grand avantage de cette combinaison, mais nous n’avons guère besoin de faire remarquer qu’elle coûterait fort cher. Aussi le moment nous semble-t-il tout à fait opportun d’attirer l’attention sur un nouveau type de matériel naval mixte, que possède une de nos grandes compagnies de navigation intérieure, et qui permet de résoudre complètement le problème de la mise en communication de Marseille avec le Rhône, et par conséquent avec tout notre réseau navigable, sans qu’on ait à recourir à l’établissement d’un coûteux canal.
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- La compagnie dont nous voulons parler est la Compagnie générale de navigation, qui est généralement plus connue sous le nom de Havre-Paris-Lyon-Marseille, et dont on voit circuler en grand nombre les chalands sur la Seine et sur une multitude de nos canaux. Cette entreprise est en réalité le résultat de la fusion de deux compagnies, et maintenant ses services s’étendent depuis l’embouchure du Rhône, et même Marseille (comme nous allons le voir), jusqu’à l’emhouchure de la Seine, avec des ramifications sur les canaux de l’Est et sur Bordeaux. Voilà déjà des années que cette Société transporta sa tête de ligne d’Arles à Port-Saint-Louis du Rhône, en profitant du canal construit pour relier à la mer la partie du Rhône qui se trouve au-dessus des difficultés de l'entrée, et en mettant ainsi ses lignes intérieures en communication avec le trafic maritime. A la vérité, le port de Saint-Louis n’était que dans l’enfance, depuis dix années qu’il était ouvert; aucun navire n’était venu y débarquer des marchandises, parce qu’on ne savait comment luire parvenir ces marchandises dans l’intérieur; mais, depuis 1881, la Compagnie générale de navigation a usé de tous les moyens possibles pour y éveiller un mouvement commercial, et maintenant il s’y fait un trafic annuel de plus de 1 million de tonneaux de jauge.
- Cependant Saint-Louis du Rhône ne présente pas les facilités que réclame aujourd’hui un grand établissement maritime, et d’ailleurs il ne faut pas songer à faire concurrence à Marseille. C’est pourquoi la Compagnie générale de navigation a résolu de mettre effectivement le Rhône en communication directe avec les bassins de Marseille. Pour cela elle a imaginé de recourir aux chalands de mer.
- A la vérité, l’idée première ne lui appartient pas de ces chalands pouvant à la fois circuler sur les voies d’eau intérieures et sur mer, et qui par conséquent ne doivent point présenter des dimensions ni un tirant d’eau trop élevés, mais qui, en même temps, demandent à être construits assez solidement pour résister aux violences de la mer. On comprend que des bateaux de cette sorte ont toutes facilités pour sortir d’un fleuve, traverser une étendue de mer plus ou moins considérable et rentrer dans un autre fleuve ou gagner un port de mer, où ils pourront faire passer à bord des navires de long cours les marchandises dont ils sont chargés. Dans leurs déplacements ils sont remorqués, car ils ne présentent point des formes qui leur permettent d’être dotés d’une machine motrice.
- C’est aux États-Unis qu’est né ce nouveau matériel mixte, et maintenant il joue un rôle énorme le long des côtes du Canada et de l’Union américaine : ces chalands retnorqués, ou, comme on les appelle aussi, ces allèges de mer servent même couramment au cahotage entre ports plus ou moins voisins, et ils ont supplanté les anciens petits caboteurs à voiles. Un leur fait transporter des charbons, des minerais, des bois, des ciments, des engrais et autres matières encombrantes. Comme ils sont bas sur l’eau, et que
- par suite ils sont exposés à être balayés de bout en bout par les lames, leurs extrémités arrondies sont en dos de tortue pour n’offrir aucune prise et sont complètement pontées, ce qui empêche l’eau d’embarquer : c’est en somme la forme en dos de baleine, que nous avons signalée jadis pour les navires des Crands Lacs; quant à leur tonnage, il atteint fréquemment 1000 et 1500 tonneaux. Ils naviguent par files de quatre, cinq ou six, traînés par un puissant remorqueur au moyen de câbles qui vont passer sur des treuils de disposition toute spéciale; dans le but d’éviter des ruptures de remorques sous les efforts que pourraient exercer ces files de bateaux par temps un peu agité, à chaque secousse brusque, le treuil laisse filer un peu du câble; mais, en même temps, il admet de la vapeur dans un cylindre, et il arrive un moment où la pression de cette vapeur contre-balance la traction exercée par la remorque, ce qui a pour conséquence d’arrêter le mouvement du treuil; quand l’effort de traction vient à diminuer brusquement par suite d’un à-coup en sens inverse dans le remorquage, la pression de la vapeur et son élasticité font que le treuil enroule à nouveau une partie du câble qu’il avait laissé filer.
- Nous n’avons guère besoin d’insister sur l’économie qu’assure un transport de ce genre; il évite les transbordements, ainsi que nous l’avons dit; d’autre part, ces chalands n’ont besoin que d’un équipage réduit à sa plus simple expression, et leur construction coûte bien moins cher que celle d’un navire ordinaire susceptible de porter le même poids. Ce système est aujourd’hui introduit en Europe, et même sur une assez grande échelle. En Allemagne l’ouverture du canal de Kiel a donné une vive impulsion à l’emploi de ces « seeleichter », ainsi qu’on les nomme; plusieurs armateurs de Brême et de Hambourg ont des flottilles importantes de ces chalands dont le ionnage atteint 1000 tonneaux avec un tirant d’eau de 2m,75 à 3ra,50; ils sont munis d’un mât de charge et d’une grue à l’avant, possèdent souvent une dynamo électrique actionnant un treuil et même un servo-moteur pour le gouvernail. Rien que dans le port de Hambourg il en existe plus de 1200. Ces chalands vont en Hollande, en Danemark, et dans les porls méridionaux de Suède et de Norvège; l’extension projetée du réseau des canaux allemands va leur donner encore plus d’importance. On en trouve également un grand nombre en Danemark, puis quelques-uns déjà dans les provinces baltiques de la Russie, en Suède, en Hollande et aussi en Angleterre.
- Enfin nous avons vu qu’on a commencé d’employer ces chalands en France, et non seulement à l’embouchure du Rhône, mais aussi sur les côtes d’Algérie. Nous pouvons prendre comme prototype ceux de la Compagnie Havre-Paris-Lyon-Marseille, dont nous donnons une figure explicative, et qui vont souvent jusqu’à Cette et à Nice. Leurs dimensions varient de 48 à 59 mètres pour la longueur et de 6 à 7in,50 pour la largeur; leur creux est compris
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- entre 2m,80 et 5m,20. A vide, leur tirant d’eau est seulement de 0m,40, mais il atteint 2 mètres en charge, ce qui ne les empêche pas de pouvoir être considérés comme des bateaux de navigation intérieure ; au reste, comme on le remarquera du premier coup d’œil, on leur a donné à l’avant et à l’arrière des formes beaucoup plus fines que celles des chalands ordinaires. Par comparaison avec ceux ([ue nous avons cités plus haut, leur tonnage est assez modeste, puisqu’il ne dépasse point 500 tonneaux; mais c’est déjà en soi une capacité raisonnable. Ces bateaux sont munis de deux grues à double harnais, ce qui leur permet de manutentionner les marchandises par leurs propres moyens.
- Nous devons ajouter que la Compagnie qui possède ces chalands a fait aussi construire à titre d’essai (mais cet essai a donné pleine satisfaction) des barques mixtes d’une construction plus légère, et qui ne sont pas autre chose que des chalands de mer susceptibles de franchir les passages les plus difficiles du Rhône; elles ont 57 mètres de long sur 8 de large, et seulement 2m,80 de creux. On va en construire d’autres, et ce seront de nouvelles facilités pour le commerce direct entre Marseille, le Rhône et les canaux qui communiquent avec lui. 11 y a là une combinaison des plus heureuses qui permet d’éviter les dépenses d’établissement d’un canal maritime du Rhône à Marseille, et il faut y voir
- Les chalands de mer de la Compagnie llavre-l'aris-Lyou-Marseillc.
- aussi la manifestation d’une transformation des plus importantes dans le matériel de la navigation.
- PlEKIiE ItE MeKIEL.
- AGRICULTURE HALL DE LONDRES
- EXPOSITION D’AUTOMOBILES
- L’Exposition d’automobiles qui s’est tenue dernièrement à l’Àgricultural Hall, de Londres, est certainement la plus importante et la plus complète de toutes celles qui aient eu lieu en Angleterre. Plus de 500 maisons y étaient représentées, et la valeur des voitures et accessoires exposés s’élevaient à environ 8 000000 de francs.
- On a pu y voir toutes les applications de cette
- nouvelle industrie, depuis la bicyclette à moteur de 1 cheval, jusqu’aux camions capables de porter plusieurs tonnes et à des voitures de courses de 60 chevaux. L’Exposition des accessoires a été particulièrement intéressante. Comme dans les Expositions annuelles précédentes, la fabrication française a été remarquée au premier rang; mais il n’est pas douteux que cette nouvelle industrie a fait de grands pas en Angleterre depuis deux ans, et les fabricants français devront redoubler d’elforts s’ils veulent conserver la suprématie qui leur a été, jusqu’à présent, incontestée par l’étranger.
- 11 y a quatre ans seulement, une loi, abolie depuis par le Parlement, exigeait encore que toute automobile, circulant dans les rues de Londres, fût I précédée d’un homme à pied, portant, de jour, un
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- drapeau rouge, et de nuit une lanterne h verres de même couleur. De plus, la vitesse maxima autorisée était de 4 milles à l’heure !
- Après avoir visité l’intéressante Exposition de
- l’Agrieultural Hall, on ne peut réprimer un certain étonnement en voyant le progrès rapide fait depuis l’abolition de cette loi. Les automobiles sont, maintenant, tout à fait familières aux Londoniens, et les
- Fig. 1. — Voiture è air liquide. Coupe longitudinale.
- deux services d’omnibus, l’un à pétrole, l’autre à vapeur, qui font les trajets de « Putney » et d’ « Hammersmith » à « Piccadilly », ont le plus grand succès; car ils sont, pour les mêmes prix, plus rapides et plus confortables que les omnibus ordinaires. Parmi les automobiles intéressantes exposées, il faut citer la voiture à moteur Daimler de 22 chevaux, spécialement construite pour le roi et celle, semblable comme forme, mais à moteur électrique, destinée à la reine, et construite par la « City and Suburban Electric Carriage C° ».
- La voiture Gardner-Serpollet avec laquelle le record du kilomètre a été battu dernièrement à Nice, attirait particulièrement l’attention.
- La « Locomobile Company » des États-Unis avait un stand très complet de ses voitures à vapeur, et une des automobiles en vue a fait un service des plus durs au Transvaal pendant plus d’une année.
- Une pancarte mentionnait que le moteur de cette voiture a assuré, outre des transports rapides, le fonctionnement de projecteurs électriques, et que la chaudière a même été utilisée dans certaines occasions, pour fournir l’eau chaude destinée à la cuisine !
- Les roues « Singer» qui ont leur moteur et carburateur fixés à l’intérieur étaient appliquées à plusieurs motocycles et, quoi qu’on puisse reprocher à ce système la difficulté d’accès au moteur pour le nettoyage, ce modèle se répand de plus en plus.
- Quoiqu’à vrai dire aucune invention bien saillante ne se soit révélée à cette exposition, il faut pourtant mentionner quelques perfectionnements intéressants.
- L’anti-dérapeur « William ». — Cet appareil est destiné à prévenir les dérapages des roues d’automobiles sur routes glissantes. L’appareil que l’on peut adapter facilement à toute voiture se compose de deux bras en acier, dont une des extrémités est
- Fig. 2. — Motocyle Singer.
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- fixée, à charnière, sur l’axe des roues de derrière et dont l’autre porte deux roulettes métalliques en forme de lentilles. Les bras peuvent, à volonté, être relevés sous la voiture ou abaissés sur la route. Comme ils ne peuvent se mouvoir que dans un plan vertical, les roulettes prennent point d’appui sur le terrain et s’opposent aux glissements de coté.
- On remarquait aussi des bougies transparentes, en verre au lieu de porcelaine, permettant de voir l’étincelle et de se rendre compte ainsi du fonctionnement du trembleur sans rien démonter.
- Egalement, des bougies comportant un ressort fixé à la tige métallique passant dans l’intérieur. Cette disposition par le jeu qu’elic permet, évite les craquelures de la porcelaine dues à la dilatation. Le « Bowden’s Patent Syndicale » démontrait les avantages de l’application de câbles souples d’acier pour la commande des robinets et autres accessoires. On évite ainsi les tringles de transmission, car ces câbles flexibles peuvent suivre les contours du cadre ou du châssis et une bicyclette ainsi montée offrait un aspect particulièrement net.
- Enfin, on remarquait la voiture à air liquide exposée par la « Liquid air power and Automobile C° ».
- Cette voiture dont le prix est de 4000 francs, et dont on peut se rendre compte du fonctionnement par la coupe ci-jointe, se compose d’un réservoir à double enveloppe A dans lequel l’air liquide peut être versé par l’ouverture 1. Ce réservoir est entouré de laine pour le protéger autant que possible contre la température extérieure. L’intérieur de ce réservoir peut communiquer avec le piston C par l’intermédiaire du radiateur R.
- Pour mettre la machine en marche, il suffit d’ouvrir la valve 2. Une petite quantité d’air liquide pénètre alors dans le radiateur et s’y évapore rapidement. La pression ainsi formée se transmet au piston et la voiture se met en mouvement. Le courant d'air produit par la translation réchauffe le radiateur et l’air liquide se vaporisant de plus en plus, la pression atteint très vite 15 atmosphères.
- Le réservoir A peut contenir 80 litres d’air liquide, quantité suffisante pour un parcours de 60 kilomètres à une vitesse maxima de 20 kilomètres à l’heure.
- La Compagnie qui expose ce modèle prétend pouvoir livrer de ces voitures dans trois mois ; grâce à l’usine spéciale qu’elle fait construire pour la production de l’air liquide, elles seront, dit-elle, plus pratiques et moins dispendieuses que les voitures électriques actuelles. H. de Thjersant.
- CATASTROPHE DE LA MARTINIQUE
- La Montagne Pelée est la cause de la ruine de Saint-Pierre de la Martinique. Des signes précurseurs s’étaient déjà fait sentir à la fin du mois d’avril, puis le volcan entra en éruption dans la nuit du 3 au 4 mai ; de grandes quantités de cendres et de fumées furent projetées dans la campagne avoisinante. Le 5 mai, à 1 heure de l’après-midi, l’éruption continua et un torrent de
- houe brûlante descendit du cratère par la vallée de la rivière Blanche, détruisant des usines, faisant des victimes et causant de grands dégâts. Ce volcan n’avait donné aucun signe d’activité depuis 1851. L’ile est de constitution volcanique et se trouve traversée, dans toute sa longueur, par une crête montagneuse dont le principal sommet, celui de la Montagne Pelée, a une élévation de 1550 mètres. Cette origine volcanique rend l’ile fort exposée à des tremblements de terre. Le plus désastreux fut celui du 11 janvier 1850 qui détruisit presque complètement fa ville de Fort-de-France. En 1851, le trouble sismique se signala par la production de deux cratères à la Montagne Pelée par où s’échappèrent d’assez fortes quantités de houe et de cendres. Le sol de la Martinique est tantôt argileux, tantôt alluvionnaire, tufacé, ponceux ou rocailleux. 11 est donc probable que la boue doit prédominer dans ses éruptions volcaniques. L’ile est, en ce moment, dans sa saison chaude et sèche qui commence en avril et finit en juillet; ensuite vient la saison chaude et pluvieu-e qui commence en juillet et finit en novembre; cette dernière est ordinairement celle des grandes perturbations atmosphériques pendant laquelle on s’attend le plus aux vicissitudes météorologiques et géologiques. Cette fois l’exaspération volcanique est venue en mai. Tel fut le prodrome de la catastrophe.
- Puis le jeudi 7 mai, à 6h50, d’après un officier du navire Roraima, brusquement le volcan lança des flammes; une sorte d’ouragan de feu, de boue et d’eau bouillante s’abattit sur la ville et sur la rade. Dix-huit navires environ étaient mouillés dans le port. Tous les navires s'embrasèrent, sauf le Roraima. Un officier de service de ce navire alla à terre. La ville n’existait plus. Les cadavres étaient épars au milieu de la lave brûlante. Tout fut accompli en moins d’une minute. Les cendres ont été projetées jusqu’à Fort-de-France, à environ 20 km de Saint-Pierre.
- On a signalé en même temps de la Barbade que le même jour la soufrière de Saint-Vincent, petite île anglaise, avait fait aussi éruption. Cet ilôt se trouve à environ 160 kilomètres de la Barbade. Les détonations du volcan s’entendaient jusqu’à la Barbade et les cendres couvraient une partie de l’ile sur plusieurs centimètres d’épaisseur. L’ile de Saint-Vincent, possession anglaise, est sur un alignement volcanique. La soufrière, couronnée par un double cratère, s’élève à 1600 mètres et le grand Bonhomme, autre volcan voisin, à 1000 mètres. Tout tremble en ce moment dans cette région.
- Ceux qui cherchent une explication cosmique à ces phénomènes géologiques font remarquer que le premier signe d’activité de la Montagne Pelée a été observé le 27 avril. Or, c’était ce jour-là Lunistice; la première éruption le 3 mai, or, c’était Lunistice. Enfin la catastrophe est survenue le 7 mai, date qui correspond aux déclinaisons égales du Soleil et de la Lune, au Périgée et au Lunistice.
- L’événement, en tout cas, est de ceux que l’imagination la plus exaltée n’aurait jamais pu pressentir. Une ville qui disparaît en quelques secondes, ensevelissant sous des vagues de feu et sous les pierres brûlantes environ 50 000 personnes ! C’est un sinistre qui reporte la pensée jusqu’aux périodes préhistoriques. On a opposé aux horreurs de l’événement les ruines d’Herculanum et de Pompéi. Mais en l’an 7!) la catastrophe n’a pas été aussi subite; les habitants ont pu se sauver en très grande partie. A Pompéi, qui avait 12 000 habitants, il ne semble pas que plus d’un dixième ait péri. J.-F. Gai.l.
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- LA NATURE.
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- CHRONIQUE
- L’élevage îles Autruches dans l’Australie méridionale. — Après la colonie du Gap de Bonne-Espérance, qui était tout indiquée pour l’élevage raisonné et domestique de l’autruche, après l’Argentine, l’Australie a voulu aussi tenter de cette fructueuse industrie. On a été amené à cette tentative par la présence en Australie de l’ému, qui a Beaucoup de points de ressemblance avec l’autruche; M. W. Malcolm tenta l’expérience à Gawler, en fondant une ferme à autruches. Comme il y avait là une expérience intéressante on elle-même, le gouvernement suivit l’essai et, pour encourager l’industrie naissante, il offrit immédiatement, et à titre gratuit, 5000 acres (2000 hectares au moins de terrain) à quiconque s’engagerait à y grouper, dans l’espace d’une année, un troupeau de 250 autruches. Pour protiter de cette offre inespérée, M. Malcolm réussit à réunir dos capitaux et à former une compagnie prenant en main son idée atin de lui donner une nouvelle envergure : ce fut la South Australian Ostrioh Companv, qui lit venir et installa rapidement des oiseaux requis dans une ferme créée dans le voisinage et au nord de Port Augusta. Les affaires de la Compagnie ont prospéré, non moins que les oiseaux importés sur le continent australien; dès la tin de 1808, la ferme contenait 500 animaux et, à ce moment, les recettes delà vente des plumes, pendant un seul semestre, dépassaient 16000 francs. Ces plumes sont vendues à l’état Brut et expédiées sous cette forme à Londres, où elles trouvent aisément acheteur. Cet exemple commence à être suivi par d’autres personnes, et nous pouvons citer une seconde ferme qui vient de s’établir avec un troupeau d’une centaine de Bêtes, à 80 kilomètres au sud d’Adélaïde. _ .a ,_
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 niai 1002.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Troubles sismiques. — M. Michel Lévy fait savoir que M. Kilian a observé, sur le sismographe de Grenoble, une secousse du sol, le 6 mai à 3h 4m 49s. A cette date un tremblement de terre a été senti dans le sud-ouest de la France, et noté à 5h 5m 30s à Bordeaux. L’onde a donc mis 41 secondes pour se propager d’un point à l’autre. Le phénomène du 6 mai dernier affecte le voussoir effrondré en ovale de la Méditerranée qui a volcanisé la côte orientale d’Espagne. Il est intéressant de constater que c’est un voussoir analogue à celui des Antilles qui, deux jours plus tard, a été le théâtre d’une catastrophe.
- Préparation d'un nouveau corps. — M. Moissan a réussi à préparer un corps nouveau qui est un siliciure de lithium par l’union directe du silicium et du lithium. C’est un corps très actif, décomposé à froid par le fluor et le chlore et attaqué par le brome et l’iode avec la plus grande violence.il se combine de même avec facilité aux métalloïdes de la deuxième famille : oxygène, soufre, tellure. C’est également un réducteur des plus puissants qui décompose certains oxydes et les acides sulfurique, azotique et chlorhydrique. Enfin le siliciure de lithium décompose l’eau froide en donnant un mélange gazeux facilement inflammable au contact de l’air.
- Phénomènes concomitants du tremblement de terre de la Martinique. — M. Mascart fait savoir que tandis que l’éruption du Krakatoa a occasionné une onde atmosphérique dont le passage a été révélé par le baromètre et qui a fait deux fois le tour de la terre, l’éruption du 8 mai
- n’a pas produit d’effet sur le baromètre. Mais en revanche M. Moureaux a observé, sur les instruments magnétiques enregistreurs installés au Val Joyeux, des perturbations qui ont commencé à l‘2h6m et qui ont duré jusqu’à 8 heures du soir. Or, l’éruption a eu lieu à la Martinique vers 7h50m du matin; si l’on tient compte de la différence de longitude de 4h 14m, on voit que les perturbations observées au Val Joyeux se rapportent bien à l’éruption volcanique. M. Moureaux a observé que c’est la composante horizontale qui a été particulièrement atteinte. La déclinaison a également subi quelques variations.
- Propriétés de la lécithine. — M. Bouchard analyse une Note de MM. Desgrez et Aly Zaky relative à l’influence des lécithines sur l’organisme. Des recherches chimiques leur ont montré que ces substances déterminent une rétention du phosphore dans l’organisme. L’augmentation de poids observée sous l’influence de lécithines, provient non d’un ralentissement de la nutrition, par accumulation de graisse, mais porte sur un développement du squelette et du tissu nerveux.
- Le spectre de l'étincelle électrique. — M. Viol le présente une Note de M. Eginitis d’où il résulte que le spectre continu des étincelles, sur lequel se détachent les raies, disparaît rapidement quand on augmente la self-induction.
- Propriétés chromatiques des globules rouges du sang. — M. A. Gauthier résume un travail de M. Legoff, dont il ressort que les globules rouges du sang des diabétiques possèdent la propriété de se colorer par les couleurs d’aniline basiques, alors que les globules du sang normal se colorent par les couleurs acides. M. Legoff a rendu hvperglycémique le sang normal en l’additionnant d’une solution de glucose dans le sérum physiologique. Il a pu ainsi modifier les globules normaux et leur donner la propriété de se colorer comme les globules du sang des diabétiques. 11 est donc probable que le sang de res malades renferme une combinaison instable du glucose et de l’hémoglobine.
- Varia. — M. Jordan lit une Notice sur les travaux de M. Lazarus Fuchs, de Berlin, récemment décédé. — M. Stanislas Meunier adresse un travail sur l’alimentation en eau des laboratoires volcaniques. Cn. de Villedecil.
- LE PHOTO-PANORAMIQUE
- Nous ne voulons pas revenir sur la question du panorama complet traitée ici dernièrement à propos du photorama de MM. Lumière; il s’agit aujourd’hui d’un appareil d’amateur dont l’inventeur bien connu du « Photosphère », vient de terminer la conslructioii^Le panorama qu’il permet de photographier embrasse 120°, ce qui est bien suffisant dans la plupart des cas ; si on veut avoir le tour d’horizon complet on peut faire trois clichés voisins qui se raccordent parfaitement.
- Il faut se contenter de ce résultat si on veut obtenir un appareil portatif, comparable, comme volume, poids et prix, aux détectives ordinaires.
- Les appareils de ce genre sont basés sur le même principe que celui de M. Moëssart, qui consiste à faire tourner l’objectif autour d’un axe vertical passant par son point nodal. Dans ces conditions l’image reste fixe, bien que l’objectif se déplace vers les différents points de l’horizon et on obtient un cliché net.
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- Mais il faut, pour obtenir une netteté complète, que la surface sensible épouse exactement la courbe dont l’objectif est le centre; il faut donc employer des plaques souples, ou la pellicule en rouleau.
- En abordant la dimension de 0m,12 de haut sur 0m,27 pour ses clichés, l'inventeur ne s’est pas dissimulé qu'il était assez difficile d’obtenir dans ces conditions une surface bien régulière, correspondant toujours au plan focal. Il y est parvenu cependant en appliquant la pellicule sur une portion de cylindre en verre, disposée au foyer de l’appareil, de façon à la maintenir très exactement à la place qu’elle doit occuper pour avoir des images rigoureusement nettes. C’est là la principale particularité du nouveau système et elle a un grand intérêt, car elle entre pour beaucoup dans la perfection des résultats ob tenus; le prix de ces verres courbés est du reste insignifiant.
- L’appareil se compose de deux parties dont l’une porte tout le mécanisme et rentre dans l’autre qui constitue la boîte destinée à l’envelopper. On sépare la première de la seconde comme un tiroir pour faire le chargement de l’appareil.
- On voit (fig. 1, n° 2), sur chaque côté, Remplacement des bobines portant la pellicule : d’un côté celle qui est neuve L et de l’autre celle qui est vide M. En plein jour on déroule le papier noir qui forme la première partie du rouleau neuf, en la faisant passer sur le verre cylindrique, et on vient l’accrocher sur la bobine vide. On rentre alors l’appareil dans sa boîte et on tourne la clé D de la bobine L jusqu’à faire venir la pellicule en place. On emploie des bobines Lumière destinées aux appareils 9x12 et contenant la quantité de pellicule nécessaire pour 5,6 ou 12 clichés de cette dimension. Le photo-panoramique étant destiné à la dimension 12x27 représente par conse'quent trois clichés juxtaposés : on déroule donc la pellicule en conséquence, ce qui est facile puisqu’on peut suivre sur une petite fenêtre garnie, de verre rouge, le passage des numéros correspondant à chaque 9x12 du rouleau. Au moyen d’un levier d’enclenchement, manœuvré de l’extérieur, on immobilise la bobine magasin et, en donnant un léger tour de clé à la bobine réceptrice, on assure l’adhérence parfaite de la pellicule sur le verre.
- L’objectif (fig. 1, n° 1) est monté dans un petit tambour métallique A qui lui permet d’accomplir une révolution de 120° autour d’un axe métallique qui passe exactement par son point nodal. Un ressort tend à le maintenir constamment dans sa position extrême vers la gauche de l’opérateur; il est relié, par le levier B, à une pompe à air P de façon à régler sa vitesse de déplacement. Dans ce but un robinet est placé dans le fond du cylindre et on accélère, ou ralentit, la vitesse en donnant plus ou moins d’issue à l’air, ce qui s’obtient en déplaçant une aiguille R placée sur le côté de l’appareil et parcourant un cercle gradué.
- A l’arrière du tambour qui porte l’objectif se trouve soudée une boîte très plate V de forme triangulaire, ouverte à ses deux extrémités, dont le petit côté est tourné vers les lentilles et dont le grand côté, qui a pour dimension 0m,12, c’est-à-dire la hauteur de l’image, vient affleurer le verre derrière lequel est la pellicule. C’est par cette fente étroite que passe le pinceau lumineux, elle constitue, par le fait, une sorte d’obturateur de plaque ; quand l’objectif est tourné vers la gauche elle se trouve obturée automatiquement et ne s’ouvre que quand on a ramené celui-ci tout à fait sur la droite, où il reste accroché pour armer l’appareil.
- Pour obtenir un cliché il n’y a plus alors qu’à appuyer sur le bouton de déclenchement ; la fente se déplace rapidement tout le long de la surface sensible en y peignant tout le panorama embrassé par l’objectif pendant son déplacement. L’appareil que nous avons eu entre les mains est muni d’un objectif de Zeiss et les images obtenues sont absolument nettes. Le développement des pellicules ne nécessite pas de cuvettes d’une dimension supérieure au 15 X18 ; on saisit chaque extrémité de la bande et on lui imprime un mouvement de va-et-vient jusqu’à apparition complète et bien détaillée de l’image. On procède de la même façon pour le fixage.
- Le photo-panoramique est d’un maniement facile et donne des résultats d’un caractère tout particulier. G. Mareschai..
- Le Gérant : P. Masson.
- Appareil plioto-panoramique.
- 1. Objectif et obturateur. — 2. Vue arrière de la chambre ouverte.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1 515.
- 24 MAI 1902.
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- NOUVELLES LOCOMOTIVES FRANÇAISES
- Il n’y a pas longtemps que nous avons décrit le nouveau matériel de traction des chemins de fer français, matériel où l’on a su tirer parti de tous les progrès réalisés en la matière; mais des créations nouvelles sont à signaler dans certaines de nos grandes compagnies. La Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée essaye en ce moment des machines américaines dont nous entretiendrons nos lecteurs quand des essais concluants en auront été faits ; la Compagnie du Midi vient de mettre définitivement en circulation des locomotives qui, en dehors de leur intérêt technique, offrent cette particularité d’être les plus lourds engins des compagnies de chemins de fer françaises.
- Ce sont des locomotives à marchandises qui ont
- à répondre à un service tout spécial. Le réseau du Midi comporte des lignes à profil accentué, notamment celle de Béziers h Neussargues : sur ses 277 kilomètres de développement, on y trouve entre Béziers et Bédarieux une rampe presque continue de 0m,012 à 0m,015 par mètre, suivie d’une pente de 0m,15; une seconde section s’élève ensuite de 268 mètres à 1053 mètres au-dessus de la mer, et, outre de nombreuses courbes, on y rencontre des déclivités qui atteignent 0m,029 en tunnel et même 0m,035 et0m,057 en voie courante. Comme, d'autre part, la ligne est presque entièrement à voie unique, pour répondre à l’accroissement du trafic, il devient nécessaire d’y faire circuler des trains de plus en plus lourds. Un a atteint ce but pour le trafic voyageurs avec les locomotives compound à trois essieux accouplés, et grâce au
- Nouvelle locomotive des Chemins de fer du Midi.
- nouveau modèle de machine que nous allons décrire ; on a voulu réaliser pour le trafic marchandises un progrès analogue à celui auquel on est arrivé pour le service des voyageurs : on a adopté le type général des machines compound de Glehn à quatre cylindres, en remplaçant le bogie avant par un essieu à articulation bissel, afin d’utiliser pour l’adhérence la plus grande partie du poids total.
- Ce poids, pour la machine seule, est de 71 600 kg en charge, dont 64 600 pour l’adhérence ; le poids à vide étant de 64 700 kg. Le poids sur le bissel n’est que de 7 tonnes, tandis que les quatre essieux supportent une charge identique de 10150 kg. Pour donner immédiatement une notion précise des dimensions de ce monstre, nous dirons que sa longueur totale est de llm,235 pour une largeur de 3 mètres ; du rail au sommet de la cheminée il y a une distance de 4m,260, ce qui est assez coquet, et 2m,60 du rail à l’axe de la chaudière. Les 8 roues 30e année. — -1er semestre.
- accouplées ont un diamètre de lm,40, tandis que celles du bissel n’ont que 0m,850 ; l’empattement rigide est de 4m,900.
- Les cylindres de basse pression, extérieurs aux longerons, sont placés entre l’essieu du bissel et le premier essieu moteur, comme on le voit dans la photographie que nous devons à l’obligeance de la Compagnie des Chemins de fer du Midi ; ils actionnent le troisième essieu accouplé. Quant aux cylindres à haute pression disposés intérieurement aux longerons, ils ont une inclinaison de 12,5 pour 100, et actionnent le deuxième essieu tout en servant d’entretoises aux cylindres extérieurs. L’essieu arrière est au-dessous du foyer. La chaudière, timbrée à 15 kg, comporte 148 tubes à ailettes; sa surface totale de chauffe est de 256,21 m2, pour une surface de grille de 2,80 m2. La boîte à feu est en cuivre avec voûte en briques ; le foyer en acier, aveo entretoises en bronze magnésifère. Le coTps cylin-
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- drique de la chaudière est en acier Martin et de forme télescopique; la boîte à fumée est pourvue d’une toile métallique arrêtant les escarbilles et en empêchant la projection à l’extérieur.
- Au point de vue du mécanisme, nous ajouterons que les cylindres haute pression ont un diamètre de 0m,59 pour une course de 0m,65 ; les autres ont même course pour un diamètre de 0m,60; entre les deux cylindres II. P., est le réservoir intermédiaire, avec soupape de sûreté limitant la pression de vapeur à 6 kg par centimètre carré. Une prise de vapeur spéciale permet d’y envoyer de la vapeur vive, ce qui donne le moyen d’utiliser la haute pression dans tous les cylindres. Nous ne dirons qu’un mot de l’avant-train bissel, qui est relié au châssis principal de la machine par un boulon d’articulation situé à l’arrière des cylindres et par deux bielles horizontales situées à l’avant ; ces deux bielles convergent vers le centre d’articulation et entraînent le bissel. L’avant de la machine repose sur celui-ci par un pivot appuyant sur une crapaudine qui se trouve suspendue aux entretoises des glissières des boîtes de l’essieu par deux bielles inclinées assurant le rappel. Le déplacement transversal du bissel ne peut dépasser 5 centimètres de chaque côté.
- Dès ses premiers essais, en remorquant entre Réziers et Bédarieux un train de 460 tonnes environ et de 215 tonnes entre Bédarieux et Tournemire, une machine de cette nouvelle série (4001, 4002, etc.) a donné la vitesse moyenne de marche de 56 km sur des rampes de 0m,015, de 18 sur des rampes de 0"1,033, de 26 sur la dernière partie du parcours faite d’une rampe de 30 et de pentes de 53. Même sur des rampes de 0nl,035, la consommation de charbon ne ressortait qu’à 46ke,7 par kilomètre parcouru ; en moyenne, elle a été de 35ks,7 avec une vaporisation de 7,745 litres par kilogramme de combustible brûlé. Les ingénieurs de la Compagnie ont voulu comparer de très près les services rendus par une de ces machines avec ceux qu’on peut demander à une locomotive à simple expansion et à 4 essieux couplés, timbrées à 9 kg, et dont le poids adhérent est seulement de 54 tonnes ; et encore ces dernières ne remorquaient-elles que 120 tonnes au lieu que les autres en remorquaient 170. Ils sont arrivés à cette conclusion que la chaudière nouvelle vaporise, par kilogramme de charbon consommé, 9 pour 100 d’eau de plus que l’ancienne, et, en traînant une charge de 42 pour 100 supérieure, elle dépense 3 kg de moins par kilomètre, sur un parcours donné, ce qui correspond à une économie d’environ un tiers par tonne kilométrique remorquée.
- C’est, là un résultat bien intéressant qui fait le plus grand honneur à la Compagnie du Midi1, et aussi à M. de Glehn, le directeur de la Société Alsacienne de constructions de Belfort, qui a construit ces machines. Daniel Beli.et.
- 1 Nous devons citer particulièrement M. Mofl're, l’ingénieur en chef du Matériel et de la Traction, à qui nous devons les renseignements que nous avons utilisés ici*
- LÀ CAUSE DES Y0LCANS
- L’épouvantable malheur dont est frappée notre belle colonie de la Martinique appelle l’attention sur les phénomènes volcaniques et sur les causes auxquelles il semble légitime de les attribuer. Comme j’ai fait depuis de longues années des études très détaillées sur le volcanisme, j’espère intéresser nos lecteurs par quelques mots qui me paraissent résumer l’état de la question.
- Il faut tout d’abord distinguer deux choses essentiellement différentes dans une éruption, savoir : la raison déterminante de l’explosion souterraine et la présence dans les entrailles du globe de la substance explosive.
- Cette substance existe dans de nombreuses régions et nous savons qu’on doit la considérer comme étant une dissolution-de vapeur d’eau sous très forte pression dans de la lave en fusion. C’est, malgré l’imprévu de la comparaison, l’exacte reproduction d’une eau gazeuse où le gaz acide carbonique estdissous dans l’eau. On sait qu’une bouteille de cette eau étant donnée, il suffit, en la laissant verticale, d’en retirer le bouchon pour que tout le liquide s’extravase, et on sait aussi que le fait dépendant directement des lois de la dissociation tient à ce que l’acide carbonique, délivré de la haute pression qui régnait dans la bouteille, tend à se mettre en équilibre avec l’atmosphère, redevient gazeux, se détend et entraîne son dissolvant avec lui.
- Un volcan doit être regardé comme une gigantesque bouteille d’eau gazeuse : tant qu’elle est bouchée rien d’extérieur ne se manifesté, mais il suffit qu’une crevasse du sol vienne établir une communication entre les bas-fonds et l’atmosphère pour que l’explosion se produise projetant en l’air tout ce qui est sur son passage et déterminant, après la pluie des cendres et des lapillis, l’extra-vasement des laves.
- Donc, pour qu’un volcan fasse éruption il suffit qu’une communication s’ouvre vers l’extérieur et vienne diminuer la résistance du « bouchon » placé sur l’orifice volcanique.
- Mais la question est de savoir comment se constitue la matière explosive, la lave foisonnante dont nous venons de parler. On ne peut croire que cette lave soit originelle et qu’elle existe immuablement dans le sol, car le phénomène serait alors continu et non intermittent.
- Sans aucun doute, l’eau est procurée à la partie profonde par la surface; mais, à première vue, il semble y avoir incompatibilité entre l’admission de l’eau dans les laboratoires volcaniques et la haute pression qui y règne.
- Ici intervient une des plus grandioses harmonies de la nature qu’il soit donné à l’homme de contempler. Cette eau volcanique qui est nécessaire à la circulation vers le jour des matériaux internes, circulation qui constitue en somme un des facteurs essentiels de la physiologie tellurique, est amenée dans les régions très chaudes où elle s’incorpore par occlusion à la substance des laves, grâce au phénomène même qui donne naissance aux montagnes.
- Le croquis joint à cet article rendra le sujet très clair ; c’est une coupe théorique des régions externes de l’écorce terrestre et l’on y voit la superposition suivant la ligne M N, d'une région E où les roches sont imprégnées de leur eau de carrière et d’une zone plus profonde S qui est encore trop chaude pour que l’eau d’infiltration ait pu y pénétrer.
- La surrection des montagnes se rattache à l’ouverture de failles ou géoclases, comme FF, dont les deux lèvres jouent suivant le sens des deux flèches. On voit qu’elle détermine nécessairement en des points semblables à H
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- et à cause du rejet A B le recouvrement de roches pourvues d’eau par des roches R extrêmement chaudes1. Ces roches 11, surchauffées par leur intercalation entre les masses R et P, volatilisent leur eau d’imprégnation qui se trouve dans les meilleures conditions pour s’incorporer dans les masses du voisinage, en abaisser le point de liquéfaction et en amener la « fusion aqueuse » qui les transforme en laves foisonnantes n’attendant qu’une occasion pour faire éruption au dehors.
- Cette théorie que j’ai eu l’occasion, il y a quelques semaines, d’exposer publiquement dans mon cours du Muséum, semble jeter la lumière la plus vive sur un problème étudié sans succès depuis bien longtemps.
- En l’exposant, nous sommes ramenés à remarquer une fois de plus l’association, pour ainsi dire normale, dans le milieu terrestre, de cycles de phénomènes dont la coexistence amène de temps à autre les conflits les plus graves. L’évolution des êtres vivants, par exemple, a à compter avec les progrès des transformations terrestres. A la Martinique , des milliers d’existences humaines viennent d’être fauchées par un accident qui a dû prendre aux yeux
- Coupe théorique Je l’écorce terrestre montrant comment la matière foisonnante, rejetée par les volcans, résulte Ju recouvrement, lors des mouvements orogéniques Je roches pourvues d'eau de carrière, par des sorties poussées d'en bas et qui sont à très haute température. (L'evplication des lettres est dans le texte.)
- des témoins l’allure même de la fin du monde ; et cependant, le déchaînement volcanique considéré en lui-même, c'est-à-dire au point de vue planétaire, se borne au simple déplacement de quelques kilomètres cubes de particules qui obéissent à l’impulsion circulatoire sans laquelle le mécanisme terrestre cesserait de persister.
- Ce qui est remarquable, ce n’est pas que la surface du globe soit soumise à des éruptions et à des secousses sismiques, c’est qu’étant si facilement funeste à l’établissement et au développement de l’humanité, elle ait cependant permis le déroulement de l’histoire qui s’est faufilée pour ainsi dire, depuis l’origine, entre les causes possibles, à chaque instant renouvelées, de la destruction totale. Stanislas Meiwietï,
- t a 0_ Professeur au Muséum.
- LE BALLON DIRIGEABLE SEYERO
- La conquête de l’air vient de faire deux nouvelles victimes. 11 n’est personne, à Paris et dans le monde entier, qui n’ait appris avec un serrement de cœur
- 1 Les plis couchés, si bien étudiés dans ces derniers temps, donnent lieu au même résultat que les failles.
- la catastrophe où, le 12 mai, a sombré le ballon Pax, entraînant dans la mort son inventeur, M. Se-vero, et son mécanicien, M. Sachet, qui l’accompagnait. Brésilien comme M. Santos-Dumont et député au Parlement de son pays, l’activité de M. Severo, depuis une vingtaine d’années déjà, s’était orientée vers la conquête de l’air. Après une incursion infructueuse dans le domaine de l’aviation, il avait conçu et exécuté un ballon dirigeable. Le premier essai sans doute ne donna pas de résultats bien favorables -— il est infiniment rare qu’on réussisse ainsi du premier coup, — mais l’inventeur, sans se décourager, avait modifié, perfectionné son œuvre, et, malgré le mauvais temps, avait pu tenter quelques essais à l’état caplif, dans le parc aérostatique de M. Lachambre, le constructeur bien connu. Il ne restait plus qu’à donner au ballon le baptême de l’air et à réaliser l’épreuve décisive, celle qui devait montrer qu’il pouvait prendre son essor, marcher à une vitesse convenable et se diriger dans des conditions suffisantes de stabilité.
- On sait la fin tragique de l’ascension tentée le 12 mai, à 5 heures et demie du matin. Le ballon s’était enlevé sans difficulté, peut-être même un peu rapidement. Son conducteur voulait le diriger sur le champ de manœuvre d’Issy-les-Moulineaux, où il aurait pu évoluer à l’aise; mais, bien que lèvent fût très faible, il était manifeste que l’appareil ne parvenait pas à le surmonter; l’hélice d’arrière ne fonctionnait pas, et M. Severo, qui était à la machine d’avant, se déplaça même un moment pour aller vérifier ce qui se passait à l’arrière; on put voir alors le ballon lever le nez sans prendre néanmoins une inclinaison inquiétante. Il était entraîné vers Paris et se trouvait à 550 ou 400 mclrcs d’altitude au-dessus de l’avenue du Maine, lorsque tout à coup les spectateurs qui l’observaient du parc de M. Lachambre — et Mme Severo était parmi eux — virent une lueur à hauteur de la nacelle. Au même instant, le bruit d’une explosion se fit entendre, bientôt suivie d’une seconde détonation plus forte : le ballon venait d’éclater en prenant feu, et les restes solides de l’appareil tombaient avec une rapidité vertigineuse. Sous les débris et l’enchevêtrement de ce qui avait été la nacelle, gisaient les cadavres des deuxaéronautes. M. Severo était tombé debout; son corps avait des fractures nombreuses, mais il était sans traces de brûlures. Le mécanicien Sachet, au contraire, était affreusement brûlé et n’offrait plus forme humaine.
- On a formulé plusieurs conjectures pour expliquer cette terrible catastrophe; mais, avant d’essayer nous-même d’en dégager les causes probables, il est nécessaire de décrire le ballon Pax.
- Voici cette description rédigée avant que l’événement fatal vînt anéantir le résultat de tant d’années d’eflorls.
- Si l’on suppose enlevé le ballon proprement dit, l’appareil affecte l’aspect d’un haut et étroit chevalet composé de bambous solidement ligaturés. Desétré-
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- sillons en croix de Saint-André assurent l’invariabilité de forme et tout l’ensemble dessine une sorte de croissant en treillis dont les cornes s’élèvent comme la proue et la poupe d’un navire. La distance de pointe en pointe est de 30 mètres : c’est la longueur du grand axe du ballon lui-même. La partie inférieure du chevalet constitue la nacelle; vers ses extrémités se trouvent les moteurs à pétrole à 4 cylindres : le premier de 24 chevaux à l’arrière, le second de 40 chevaux à l’avant; on peut aller librement de l’un à l’autre en marchant sur le clayonnage serré qui forme le fond de la nacelle.
- Ces moteurs agissent, par l’intermédiaire d’embrayages à friction, sur des arbres verticaux en
- tube d’acier qui, à leur tour, par des engrenages d’angle, communiquent le mouvement de rotation à deux arbres horizontaux, également en tubes d’acier, aboutissant aux deux hélices propulsives disposées aux deux pointes du chevalet. Chaque moteur actionne en outre une couple d’hélices montées sur le même axe perpendiculaire au plan longitudinal de symétrie.
- Ces hélices latérales, suivant le sens de leur mouvement, impriment à l’aérostat une rotation dans le plan horizontal : elles servent donc de gouvernails en définitive.
- La nacelle étant ainsi constituée —et nous entendrons par là tout le léger échafaudage que nous venons de décrire, — on suspend au-dessus d’elle
- l’enveloppe du ballon au moyen de palans frappés sur la charpente du hangar et tout est prêt pour le gonflement. Or, à mesure que la forme du ballon se dessine, on s’aperçoit qu’elle ne présente pas l’aspect d’une surface dé révolution complète ; c’est une poire allongée, si l’on veut, dont on aurait enlevé une tranche, et ce vide, ménagé à la partie inférieure et limité bien entendu par deux cloisons méridiennes en soie vernie comme le reste de l’enveloppe, est exactement disposé pour qu’en s’abaissant, le ballon, lorsqu’il est plein de gaz, coiffe justement les parties hautes de l’échafaudage de bambou, sur lesquelles il est à cheval et qui disparaissent dans les flancs du monstre.
- A ce moment l’aéronef a son aspect définitif. Le ballon proprement dit a 50 mètres de long. Son plus grand diamètre, qui primitivement ne devait avoir que 42 mètres, a été porté à 45 mètres par l’ad-
- jonction de deux fuseaux supplémentaires. Ifallon-
- gement est donc très modéré = 2,5^ • Le ballon
- n’est pas complètement symétrique et le maître-couple est légèrement rapproché de l’avant. Ses deux extrémités coniques sont fixées aux pointes de l’échafaudage en bambou, en sorte que la longueur en est maintenue constante quels que soient les efforts auxquels l’enveloppe est soumise aux grandes vitesses. Les hélices propulsives sont exactement placées aux deux bouts du grand axe; on espère ainsi, en supprimant le couple de redressement qui se produit quand la propulsion agit au niveau de la nacelle, c’est-à-dire souvent à une dizaine de mètres en dessous de l’axe, diminuer beaucoup le tangage.
- Les deux arêtes courbes qui raccordent les cloisons méridiennes — ou joues de l’échancrure — au reste de l’enveloppe, sont fixées par des attaches au
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- Vue d'ensemble du ballon Severo.
- Fig. i.
- Coupe intérieure du ballon Severo.
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- treillis de la nacelle. Il en résulte que, lorsqu’une partie du gaz s’est échappée, ce qu’il en reste tendant les parties supérieures de l’enveloppe tirée d’autre part vers les parties basses, le ballon doit s’ovaliser, sans présenter les poches malencontreuses qui se manifestent d'ordinaire dans les ballons llasques. L’inventeur a pris néanmoins la sage précaution de disposer intérieurement deux ballonnets compensateurs à air, cubant ensemble le l/10e de la capacité totale et que remplissent deux ventilateurs mus par les machines.
- Une chemise en soie, renforcée par des ganses transversales, recouvre le ballon dont elle épouse la forme, et se rattache à la nacelle, en assurant la solidarité complète des deux organes.
- Le diamètre des hélices est de 5 mètres pour celle d’avant et de 6 mètres pour celle d’arrière; elles tournent à 150 tours par minute en marche normale. Leur forme est appropriée aux rôles un peu distincts (jue leur attribue l’inventeur : celle de l’avant ouvre la route et écarte l’air devant la masse du ballon ; celle de l’arrière, laissant l’espace libre derrière elle, a le rôle et l’aspect des hélices habituelles.
- Le volume total du gaz enfermé dans le ballon est de 2300 mètres cubes, donnant une force ascensionnelle totale de 2600 kg environ, avec l’hydrogène.
- I/enveloppc, la chemise et les suspentes pèsent. 500 kg.
- La nacelle et l'échafaudage............. 550 —
- Les moteurs et les différents mécanismes . . 1050 —
- Soit au total 2100 kg. Il restait 400 à 600 kg seulement pour le lest et les aéronautes. M. Severo comptait sur un équipage normal de trois hommes.
- Tel était l’appareil que M. Severo allait conduire dans les airs avec une confiance téméraire. Les dispositions adoptées pouvaient soulever de graves objections dans l’esprit des personnes expérimentées — mais quel est l’inventeur qui écoute les critiques? — On pouvait observer que, si les assemblages de bambou offrent une solidité d’autant plus grande qu’ils jouissent d’une certaine élasticité, les déformations qu’ils subissent se prêtent mal à l’installation de transmissions d’équerre comme celles que nous voyons ici ; dès les premiers essais M. Severo reconnut que les paliers chauffaient d’une façon dangereuse : il y porta remède en organisant des roulements à billes. Disons cependant que le feu n’a pas du être provoqué par un échaufïement de cette nature, car les parties en bois qui garnissaient les paliers ne sont aucunement carbonisés.
- Mais le défaut capital du système réside dans la proximité trop grande des moteurs et de l’enveloppe pleine de gaz. Si peu que le feu soit à craindre avec les moteurs de cette nature, il faut cependant s’en préoccuper. On se souvient de l’accident déplorable survenu en 1897 au ballon Wœlfert dont la nacelle et le moteur étaient rapprochés à l’extrême de l’enveloppe; le ballon brûla en l’air.
- Maintenant quelle est la cause initiale de la catastrophe? Faut-il supposer, avec quelques-uns, que l’enveloppe du ballon a crevé par suite de la
- tension exagérée due à la dilatation dans une ascension trop rapide et sous un soleil un peu fort? Nous ne le croyons pas. Le ballon était muni à sa partie inférieure de deux clapets automatiques placés à peu près au-dessus de chacun des moteurs. Un de ces clapets, il est vrai, avait été condamné par M. Severo ; mais celui qui restait devait suffire à évacuer les gaz en excès. En outre, la déchirure qu’aurait produite un tel éclatement n’aurait sans doute pas vidé le ballon aussi instantanément.
- 11 semble bien prouvé, au contraire, que c’est au feu qu’il faut s’en prendre. 11 est établi, en eilet, qu’on a vu tout d'abord une lueur dans la nacelle et l’on a constaté qu’à l’exclusion des autres parties de celle-ci, le moteur d’arrière et les pièces environnantes portaient seuls les traces d’incendie, de même que le corps du mécanicien était affreusement brûlé, tandis que M. Severo n’avait pas été touché. Le foyer primitif qui a provoqué l’explosion du ballon était donc bien près du moteur d’arrière, et il ne reste plus qu’à déterminer comment le feu a éclaté.
- Le moteur aurait pu flamber, comme il arrive parfois aux automobiles, et mettre le feu au mélange détonant formé par l’air et l’hydrogène évacué par le clapet de sûreté : d’où la première détonation entendue. D’ailleurs, juste au-dessus du moteur, se trouvait la cheminée verticale par où l’arbre de transmission pénétrait jusqu’au cœur du ballon ; c’était un chemin facile où les gaz enflammés ont pu s’engouffrer pour aller mettre le feu à l’enveloppe et provoquer la seconde explosion.
- Pour rendre cette explication plus plausible, on peut faire remarquer que l’un des fonds du réservoir à essence est dessoudé, en même temps que l’on relève les traces de carbonisation sur le bambou auquel ce récipient était attaché. Toutefois, une visite minutieuse du moteur a permis de constater qu’il n’y avait pas eu de retour de flamme au carburateur.
- Il est plus probable que l’explosion du réservoir a été consécutive au contraire. Par suite de la proximité du moteur et du clapet de sûreté, le gaz rejeté dans l’air, brassé par la rotation de l’hélice et par les évolutions du ballon, en même temps que par le mouvement ascensionnel, baignait nécessairement toute cette partie de la nacelle; il a pu prendre feu au contact du moteur, d’autant plus aisément que, par une imprudence inconsciente, M. Severo avait supprimé le grillage de sûreté dont le constructeur avait enveloppé l’allumage.
- Tels sont l’état de la question et les conclusions qu’on en peut tirer, en attendant qu’un examen plus approfondi des débris puisse permettre d’asseoir une opinion définitive.
- Quelle qu’elle soit d’ailleurs, on ne saurait trop déplorer la folle témérité des inventeurs qui, de gaîté de cœur, se lancent dans les aventures sans prendre tout au moins les garanties puisées dans l’expérience, et sans même s’être entraînés à la conduite d’un ballon ordinaire : M. Severo, croyons-
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- nous, avait fait trois ou quatre ascensions libres, ce j qui est insuffisant pour en posséder la technique. Or, si la conduite d’une ascension simple est chose difficile, combien plus encore celle d’un dirigeable !
- A plus forte raison ne saurait-on prétendre tirer d’un seul coup de son cerveau un vaisseau aérien. Les problèmes que soulèvent sa construction et son équilibre sont si variés et si complexes, qu’il les faut étudier un à un, vérifier les solutions par des ex-pe'riences multipliées et n’avancer que pas à pas dans cette voie dangereuse, pour peu qu’on y veuille innover. C’est à ce prix que l’on peut espérer voir enfin consommée la conquête de ce terrible élément qui coûte déjà tant de vies précieuses.
- G. Espitau.ier.
- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE
- ZOSSEN-JIARIEXFELDE
- Les spécialistes ont suivi avec intérêt les essais de traction électrique à grande vitesse qui vont se poursuivre sur la ligne Zossen-Marienfelde. Les ingénieurs de la Sluclien-Gesellschaft fïir Elelilrische Schncllbahnen ont organisé ces essais avec beaucoup d’habileté. Il est utile de jeter un coup d’œil en arrière et d’énumérer brièvement les résultats acquis.
- Rappelons d’abord que la ligne Marienfelde-Zossen mesure ‘25 km. Elle est droite et presque partout horizontale, la courbure maxima a au moins 2000 mètres de rayon, et il n’y a pas de pente qui dépasse le 1/200. Elle conviendrait donc par ces qualités aux essais de vitesse, malheureusement la voie est mauvaise. Les rails ne pèsent que 55,4 kg par mètre, et les traverses sont tantôt en bois, tantôt en métal. Il fallut passer outre cependant, car la réfection de la voie aurait englouti 625 000 francs. Mais ces imperfections se firent sentir pendant les expériences, et aux vitesses de 160 km les rails commencèrent à céder. C’est pourquoi l’on dut finalement interrompre les essais.
- Voici quelques détails sur les voitures. Chaque wagon est muni de bogies à trois essieux. Sur les quatre essieux extérieurs on a installé quatre moteurs électriques. La tension de ces moteurs variait suivant les Compagnies. Le type de la Compagnie Siemens développait 250 chevaux, soit 650 volts. L’échaufiément des transformateurs sur la voiture Siemens ne dépassait pas 55° C. Les roues motrices ont lm,50 environ de diamètre. Les voitures sont longues de 21 mètres et peuvent contenir 50 voyageurs. On lut très satisfait des bogies, le mouvement était silencieux et le passage d’un rail à l’autre ne causait aucune secousse. Mais ces avantages tiennent beaucoup aussi à l’excellente suspension des voitures. Les mouvements de lacet ne se firent sentir qu’à des vitesses inférieures à 97 km. Il semble résulter des essais que, pour des vitesses inférieures à 160 km, des rails pesant 42 kg par mètre sont suffisants.
- Le courant était fourni par l’usine d’électricité de Berlin, à Ober-Schoeneweide. Un feeder souterrain relie l’usine à Johannisthal d’où partent les conducteurs aériens. La distance au point d’attache du feeder est de 15 km environ. Les trois fils du courant triphasé ont 0m,008 de diamètre. Un fil neutre relie les rails aux transformateurs. Les fils de trolley sont tendus l’un au-dessus de l’autre, à 5m,50 au-dessus de la voie et espacés de 0m,90 environ. Le courant était fourni à 4000 ou 6000 volts, et la fré-
- quence était de 25 à 50. Pour les essais officiels on porta la tension à 14000 volts. II va sans dire que ces hautes tensions troublèrent le fonctionnement du télégraphe et du téléphone. Chaque voiture était munie de deux groupes de trois archets de contact qui appuyaient contre les fils de trolley avec une pression de 4 à 6 kg. Malgré les grandes vitesses, il y eut peu d’étincelles aux contacts des archets. Dans les essais de démarrage, on atteignit une vitesse de 97 km après un parcours de 2000 à 5000 mètres, l’accélération étant environ 0m,20 par seconde par seconde, ce qui n’est pas très rapide. Mais lesdémarrages rapides sont une cause d’usure prématurée, et, d’ailleurs, les stations ne seront pas très rapprochées sur les lignes à grande vitesse. Une question bien plus importante est celle du freinage. Les voitures sont munies de freins Westinghouse, de freins à main et de freins à courant renversé. La pression des freinsWestinghouse pouvait atteindre 5640 kg, soit 95 pour 100 du poids par sabot de frein. Les sabots et les bandages des roues chauffaient considérablement, et l’on essaya des sabots creux à circulation d’eau. Pour les grandes vitesses, il est à recommander de faire porter les sabots de frein sur des disques clavetés sur l’essieu afin d’éviter que les bandages ne viennent à glisser. Les freins à main, qui constituent des freins de secours, peuvent arrêter la voiture au bout de 720 mètres au plus, ce qui fait une accélération négative de 0m,60 par seconde par seconde. Le freinage par renversement de courant n’est pas à recommander, car cela détériore les moteurs. Les essais ont démontré qu’il fallait augmenter les moyens de freinage pour ces grandes vitesses.il fallut 817 secondes pour que la voiture lancée à une vitesse de 106-109 km à l’heure s’arrêtât d’elle-même sans le secours d’aucun frein, après un parcours de 8500 mètres. La mesure des quantités électriques et mécaniques se faisait à la fois sur les wagons et dans la gare centrale. Des contacts échelonnés le long de la voie actionnaient, au passage du train, des instruments qui enregistraient les temps employés au démarrage et au freinage.
- La puissance consommée dépend des vitesses de démarrage et de marche continue ; elle a varié entre 400 et 700 kilowatts. Avec 184 kilowatts on a pu soutenir une vitesse uniforme de 90 km et avec 520 kilowatts, 140 km Une vitesse de 200 km exigerait donc une dépense de 800 kilowatts.
- A 115-118 km, les machines à vapeur eurent à fournir 479 chevaux. Le rendement calculé a été de 90 pour 100 pour les moteurs, 85 pour 100 pour l’installation électrique, et 45 pour 100 seulement pour l'installation totale. Mais il faut observer que la puissance venait de très loin et que ce défaut pourra être évité dans des installations d’exploitation.
- La résistance de l’air fut déterminée à l’aide de manomètres à eau fixés à l’avant, à l’arrière et sur les côtés des voitures. C’étaient de simples tubes barométriques dont les extrémités sortaient par des trous percés dans les cloisons des voitures. Les résultats ne varièrent pas avec la forme et la position des trous, mais les profils plus ou moins arrondis des parties saillantes exercèrent une influence marquée.
- En définitive, il semble que l’utilité de ces expériences a surtout consisté à préparer l’organisation de nouveaux essais qu'on pourra conduire maintenant avec moins de tâtonnements. On va améliorer la voie et poser des rails plus lourds sur des traverses appropriées et plus rapprochées. Les dépenses afférentes à ces modifications seront en partie supportées par l’État. J. Gvrcix.
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- LA CATASTROPHE DES ANTILLES
- On compte bien peu dans l’histoire de l’humanité de catastrophes comme celle qui vient de se pro-
- duire dans la mer des Antilles : en quelques secondes, une manifestation volcanique a suffi pour faire dispa-
- Fig. 1. — Panorama du Saint-Pierre. (D'après une photographie de M. Firniin-Audré Salles.)
- raître toute une ville, avec sans doute bien des vil- quarantaine de milliers de personnes, autant qu’on lages environnants, et pour causer la mort d’une peut pour l’instant évaluer le nombre des victimes
- Fig. 2. — Carte de la Martinique et Chaîne des Petites Antilles.
- de cette catastrophe. Nous ne dirons pas qu’on n’avait rien vu de pareil depuis l’engloutissement de Pompéi et d’IIerculanum, en l’an 79 d’abord parce que l’éruption volcanique dont Pline le Jeune nous
- a laissé une description avait entraîné relativement la mort de peu de personnes, mais surtout parce qu’il ne faut pas oublier la terrible éruption de Krakatoa, dans les îles de la Sonde, qui elle aussi
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- a causé la mort d’une quarantaine de mille personnes. En dépit des dépêches multiples qui sont déjà parvenues, on n’est point à même de décrire par le menu la façon dont se sont passées les choses à la Martinique, et il y aura lieu d’y revenir quand il nous aura été possible de nous procurer à ce sujeE des renseignements absolument dignes de foi; mais nous voudrions dès maintenant indiquer les causes générales de cet épouvantable événement, et indiquer dans quelle région de nature particulièrement volcanique il s’est produit.
- C’est qu’en effet, et comme l’ont bien prouvé les dépêches reçues de divers points de la Mer des Antilles, les manifestations ignées se sont fait sentir non
- pas seulement à la Martinique, mais aussi, quoique avec moins de violence, dans tout ce qu’on nomme la chaîne des Petites Antilles, dans cette série de petites îles qui s’espacent du nord au sud et qui constituent les îles Sous-le-Vent : nous en donnons précisément une carte pour qu’on puisse y suivre le curieux développement d’une chaîne de volcans sortis du sein des eaux. Nous n’avons pas à rappeler les tremblements de terre, les éruptions, pluies de cendres, etc., qui ont été signalées le 7 mai à Saint-Vincent, à la Dominique, à Antigua, en même temps que se produisait l’effrayant ensevelissement de Saint-Pierre. Ce système nord-sud des Petites Antilles, qui se compose en réalité de deux
- Fig. 5. — Chaîne de mornes à la Martinique. (D’après une photographie de M. Fabre.)
- alignements distincts,comprend des îles elliptiques, dotées de hautes montagnes dont l’arête principale est disposée justement dans le sens général de la courbe d’ensemble des îles : à première vue et en présence, par exemple, de la chaîne des pitons de la Martinique dont nous donnons une photographie, on reconnaît l’origine éruptive de ces îles, dont les montagnes sont faites de porphyre et de lave, et leur sol, autour duquel se sont déposés des ourlets de dépôts océaniques, comme dit Reclus, se modifie encore de temps à autre sous l’influence de nouvelles éruptions. A Antigua, le port dit English Harbour n’est qu’un ensemble de cratères envahis par l’eau, à Saint-Christophe le Mont Misery possède un cratère qui est resté en repos depuis plus d’un siècle, mais dont les flancs sont demeurés sillonnés de
- fumeroles; à la Dominique, il a longtemps existé un lac d’eau bouillante, et, en 1880 notamment, de nouveaux cratères s’ouvrirent dans les montagnes. La Soufrière de Sainte-Lucie est encore un volcan actif, et à Saint-Vincent les troncs d’arbres carbonisés, qu’on rencontre dans les laves ou le travertin, racontent les éruptions successives qui ont désolé le pays et que l’exubérante végétation a eu bientôt fait de cacher. Si nous jetons un coup d’œil sur la Guadeloupe et sur la malheureuse Martinique, nous reconnaîtrons non moins facilement le caractère volcanique de tout le pays.
- A la Guadeloupe, le travail volcanique n’a pas cessé de se manifester, et nous pourrions citer comme noms caractéristiques la Rouillante, la Soufrière, la Grande Fente, etc. Quant à la Martinique, elle est
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- dominée par les hauteurs de la Montagne Pelée, qui menace directement Saint-Pierre, et ce sont les épanchements successifs de ce mont qui ont augmenté la surface de la partie nord-ouest de Pile; nous rappellerons d’un mot que ce volcan avait eu une éruption en 1851. Dans l’axe même de l’île, en se dirigeant vers le sud, et comme le montre la carte détaillée que nous donnons, s’alignent d’autres cônes d’éruption qui forment une sorte de chaîne continue, unis qu’ils sont par les coulées de lave : nous pourrions citer le Morne Jacoh et les fameux Pitons du Garbet. En examinant la carte, on verra précisément que Saint-Pierre se trouvait à peu près exactement au pied de la Montagne Pelée, allongé le long du littoral, offrant un port assez peu abrité d'ailleurs, mais fréquenté par une grande affluence de bateaux qui venaient charger le sucre, le rhum, etc. Le pays était charmant comme on peut s’en rendre compte en jetant un coup d’œil sur le panorama de Saint-Pierre, la végétation exubérante, et sur les terrasses des maisons de bois on jouissait d’une température exquise et des senteurs embaumées de cette nature tropicale.
- Ce sont sans doute ces constructions de bois, si bien comprises pour résister aux tremblements de terre, qui ont rendu plus rapides encore les épouvantables ravages de la pluie de feu qui est tombée sur la ville et les environs. Nous disons pluie de feu, mais en somme si l’on s’en rapporte aux récits des rares témoins de la catastrophe, et de la destruction totale de la ville et de ses habitants, et aussi à ce que nous savons déjà des éruptions volcaniques, il est bien évident que ce sont des cendres brûlantes, des gaz asphyxiants et des Ilots d’eau bouillante qui sont tombés sur Saint-Pierre, en même temps qu’une avalanche de scories et de roches incandescentes.
- En consultant un ouvrage remarquable, le Traité de Géologie, de M. de Lapparent, nous voyons que toutes ces manifestations sont coutumières des grands phénomènes volcaniques. Les signes précurseurs d’une éruption sont l’émission de vapeurs, des ébranlements du sol, des bruits souterrains, puis s’élève du cratère une colonne opaque d’une fumée où sont projetées de façon continue des pierres et des cendres qui peuvent atteindre à une hauteur de plus de 12 et 15 kilomètres. La cheminée du volcan est comme une mine en charge continue, suivant l’expression pittoresque de M. de Lapparent, et tout le pays environnant est soumis à un bombardement effrayant, pendant que des coulées de laves se précipitent sur les flancs de la montagne en suivant généralement les lits des torrents, et souvent avec une rapidité considérable. Parfois cette allure dépasse 5m,50 par seconde, le double de la vitesse des grands cours d’eau près de leur embouchure, et quelquefois même on a constaté des vitesses de 7 et 8 mètres. A la Martinique, le cratère a vomi de même des cendres, des pierres incandescentes, des gaz asphyxiants, mais pas de lave. Les habitants n’ont pu fuir la mort épouvantable qui
- les attendait. Et pourtant les signes précurseurs n’ont pas fait défaut. Dès le 27 avril la fumée sortait du volcan ; le 5 mai il y eut une première éruption qui renversa des usines en tuant plusieurs personnes. Comment n’a-t-on pas tenu compte de ces avertissements? Le péril était imminent et l’événement ne l’a que trop prouvé, il s’est produit avec une rapidité foudroyante. I). Lkbois.
- CRISES VOLCANIQUES
- On dirait que sous des influences encore obscures, peut-être d’origine cosmique, de temps en temps se produit un réveil des forces souterraines. Il y aurait des années à tremblements de terre et à éruptions volcaniques. Telle serait, par exemple, l’année 1902. La catastrophe de la Martinique avait été précédée en février dernier de la catastrophe du Chemakha. Un tremblement de terre d’une violence inouïe a bouleversé toute une région du Caucase et surtout la ville de Chemakha qui fut détruite de fond en comble. Les premières secousses se produisirent le 15 février dernier vers midi. On a estimé à 25 000 le nombre des habitants sans abri et à 5000 le nombre des morts. Déjà le sud du Caucase avait été fortement éprouvé au siècle dernier; après les secousses prémonitoires du 14 février, un nouveau volcan se serait révélé le 20 février. Les crises sismiques sont survenues en Transcaucasie en 1828 et surtout le 25 juillet 1856. A cette date le sol trembla et une centaine de personnes disparurent enterrées sous les décombres de leurs habitations. En juin 1859, il y eut 781 maisons détruites et 600 morts. Les secousses se propagèrent jusqu’à Erzeroum, en Arménie où un millier de personnes moururent au milieu des ruines de près de 2000 édifices. Depuis, les crises volcaniques se succédèrent : en 1869, en 1872, etc. En 1894, la ville d’Akhalkalaki, voisine de Chemakha, fut renversée.
- Aussi le 18 avril, au Guatémala, un tremblement de terre a renversé presque toute la ville de Quezaltenago : 2000 victimes. Autres secousses et autres ruines dans le voisinage à San Marcos, San Pedro, etc. Aussi de violentes secousses autour du lac Baïkal le 12 avril; puis les 10 et 11 avril dans le nord de la Finlande, etc. En même temps que survenait l’événement de la Martinique dans la zone volcanique du Sud de l’Europe, on notait des secousses : secousses sur les bords de la Méditerranée, dans les Pyrénées, à Murcie, à Bordeaux, à Grenoble et ces jours-ci encore dans la région d’Oléron. 11 y a évidemment suractivité volcanique. Aux États-Unis, le volcan l’Iowa lance de la fumée, au Mexique, le volcan Pico de Colima donne des signes inquiétants; les habitants des vallées au pied du volcan ont quitté leurs demeures. Le cratère fume et lance des flammes. En Europe encore le Vésuve à son tour semble prendre une nouvelle activité. Jusqu’ici, c’est la région volcanique des Antilles qui semble la plus menaçante. L’éruption du Mont Pelée, à Saint-Pierre, n’est pas calmée au moment où nous écrivons. La Soufrière de Saint-Vincent flambe toujours; l’éruption importante a fait plus de 2000 victimes; tout est ravagé. Bref, sans allonger inutilement cette nomenclature incomplète, il est permis de déduire des faits que, en réalité, nous traversons une période de suractivité volcanique. Peut-être n’en avons-nous pas encore fini avec les éruptions. Quand un centre volcanique entre
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- en activité, on voit par les événements anciens et actuels qu’un certain nombre d’autres points faibles se raniment à leur tour et deviennent dangereux.
- On connaît à l’heure présente environ 220 volcans en activité sur la surface terrestre, et ceux qui paraissent éteints sont toujours suspects. Le vieux Vésuve, par exemple, étaü considéré jadis comme une montagne inoffensive, et cependant survint en l’an 79 l’éruption qui ensevelit Ilerculanum et Pompéi. Ensuite le Vésuve parut dormir à peu près pendant trois siècles, de 1500 à 1051 ; ce fut un de ses grands repos. A côté, l’Etna, le Stromboli, fument presque toujours. En Irlande, I'HécIa est toujours en feu. Les bords du Rhin dans les provinces d’Eiffel, dans la Saxe, la Bohème, sont volcaniques et souvent traversés par des secousses, etc. L’espace nous manque pour insister sur ces faits bien connus. Nous voulions simplement rappeler en quelques lignes que, périodiquement, il y a comme un réveil des forces centrales et que nous traversons de véritables crises volcaniques. J.-F. Gall.
- ACIDITÉS DES MOÛTS, VINS ET TARTRES
- DOSAGE PAU YOLGMÉTIUE GAZEUSE
- 11 est possible que le calcimètre Bernard que nous avons décrit1, il y a peu d’années, joue, avec sa destination primitive, un rôle important dans diverses branches de l’agronomie. Mais dans le cas particulier de la viticulture, avec la crise actuelle qui détourne les propriétaires de créer de nouveaux vignobles, avec les Rupestris, les Berlandieri et les hybrides issus de ces deux cépages qui prospèrent dans des sols riches et calcaires, l’utilité du calcimètre tend à s’effacer. Mais une fois qu’un terrain est planté ou replanté en bons porte-greffes nourrissant un vieux cépage français, une fois que le vignoble devient productif, il faut songer à faire du vin solide et agréable. Dans ce but, la condition primordiale de réussite, surtout dans le Midi, consiste à disposer de moûts suffisamment acides, et pour le vin fait, sa qualité, sa santé, marchent à peu près parallèlement avec son acidité. M. Bernard avait fait servir son calcimètre au dosage de l’acidité des moûts et des vins. Nous-même avons employé, non sans succès, une méthode basée sur l’attaque des bicarbonates sodique ou potassique en faisant réagir sur ces sels pulvérisés et secs d’abord 20 cm3 d’une solution tartrique ou sulfurique titrée, puis opérant de même avec des vins ou des moûts bouillis, puis refroidis, et comparant enfin les volumes de gaz carbonique dégagés. Néanmoins, il nous a semblé possible d’éviter sinon la tare, du moins le calcul de proportion. Nous avons imaginé une réglette mobile s’adaptant à tous les instruments construits par M. Bernard : cette réglette, gravée sur cuivre, comprend 10 divisions, de 5 à 15 grammes d’acide tartrique par litre et chaque division se subdivise en dixièmes. On fixe la division centrale 10 au début d’une même série d’expériences en opérant avec une liqueur type ren-
- 1 Voy. n° 1095, du 26 mai 1894, p. 407.
- fermant 10 grammes d’acide tartrique au litre, et, cela fait, chaque opération dénote, par simple lecture, l’acidité tartrique de la liqueur éprouvée. Si même, après chaque tare soigneusement réalisée, on note la pression et surtout la température, on pourra une autre fois disposer la réglette dans sa position antérieure lorsque ces circonstances se reproduiront.
- La réglette est graduée pour une pression assez forte et une température plutôt élevée, correspondant à peu près à celle d’un cellier méridional à l’époque des vendanges. En hiver, par exemple, dans les mêmes stations, les acidités ordinaires voisines de la tare moyenne expérimentale seront nécessairement justes, mais les acidités très faibles marquées au haut de l’échelle se forceront et celles du bas s’affaibliront, le tout en apparence. L’erreur commise, dans les cas les plus défavorables, ne dépasse pas trois dixièmes. Dans ce cas même, il est facile d’arriver à la précision absolue, non par des corrections, mais en choisissant simplement pour faire la tare une liqueur acidulée dont la force corresponde à l’acidité moyenne présumée des liquides qu’on éprouve1.
- Au lieu de peser approximativement la charge de bicarbonate, il est plus commode de la mesurer à l’aide d’une petite cuiller en métal. Un la remplit à comble, on presse avec le pouce, on enlève l’excédent avec le tranchant d’une carte, on déverse dans la jauge et l’on répète l’opération. Au delà du strict minimum, la dose peut varier dans d’assez larges limites, sans modifier les résultats. Avec la même cuiller, on peut substituer au bicarbonate de sodium le bicarbonate de potassium finement pulvérisé : si le dernier est plus dense, il possède par contre un poids moléculaire plus lourd et les effets se compensent.
- On peut adresser deux légères critiques à l’appareil de M. Bernard. D’abord la main gauche de l’opérateur est nécessairement occupée à maintenir la poire mobile au niveau voulu ; puis toute trace de l’expérience disparaît et toute lecture devient impossible dès que cette poire a été déplacée de sa position ultime. Sur les conseils de divers chimistes spécialistes, un constructeur parisien fixé à Montpellier, M. G. Delporte, a réussi à remédier à ce double inconvénient sans pour cela copier servilement certains appareils, les uns aussi perfectionnés que coûteux, les autres plus commodes et précis qu’élégants. Son instrument reproduit sans modifications toutes les pièces en verre ou en caoutchouc propres aux anciens modèles de calcimètres. A quoi bon changer des dispositifs qui ont fait leur preuve? Mais à la base de la planchette, qui supporte le tube mesureur, se distingue un bouton métallique fileté com-
- 1 Éclaircissons ces données par un exemple. Nous sommes en hiver; dans le laboratoire règne la température de 15°; et il s’agit d’analyser des vins. Nous réglerons notre échelle sur la tare de 7,5 qui correspond au dégagement gazeux fourni par 20 c3 d’acide sulfurique décinormal à 4fr,9 par litre.
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- mandant une poulie reléguée derrière la planchette, et sur la poulie s'enroule un cordon qui, passant sur la potence supérieure, supporte enfin la chaînette de la boule mobile.
- Ayant chargé le vase à réaction à la mode ordinaire et ramené le creux du ménisque au zéro, l'opérateur, dès que le dégagement gazeux refoule la colonne d’eau, tourne le bouton de la main gauche, de sorte que la boule descend par son propre poids et se remplit d’eau en maintenant l’égalité des niveaux. Réaction et lecture finale s’opèrent comme dans l’instrument primitif, mais sans embarras ni fatigue, quelle que soit la lenteur de l’attaque.
- Rien entendu, le bouton peut être abandonné à lui-même sans que la boule, pleine ou vide, se déplace : un frein, analogue à celui des objectifs photographiques et facile à régler, s’oppose à tout entraînement spontané. l)e plus le grand caoutchouc qui prolonge inférieurement le tube mesureur s’engage dans un orifice creusé dans la planchette, de façon que le poids du tube rempli d’eau n’entraîne pas la poire mobile trop en avant.
- Dans le commerce des tartres on vend ces résidus au « degré », c’est-à-dire suivant leur richesse centésimale en bitartrate de potassium (vulgô « crème de tartre »), le reliquat étant principalement constitué par du tartrate de calcium, sel neutre de valeur marchan de bien moindre. On estime encore tant bien que mal le degré par le procédé « à la casserole », antique et grossier, ou on le mesure plus exactement en saturant l’acidité du tartre par une liqueur alcaline titrée jusqu’à virage à la phénophta-léine, mais alors les matières colorantes qui souillent les tartres rouges gênent un peu dans son observation un chimiste mal exercé.
- Avec la réglette dont nous avons parlé plus haut, combinée avec le modèle du calcimètre ci-dessus décrit, l’opération devient plus facile, plus exacte et à peine plus longue. Supposons au préalable la réglette mise au point par une tare soignée obtenue avec une liqueur tartrique à 10 grammes d’acide par litre ou une solution acidulée alcalimétriquement équivalente. Pesons à la balance de précision 500 mil-
- ligrammes de crème de tartre chimiquement pure; introduisons cette dose dans le vase à réaction en l’arrosant de 20 cm3 d’eau distillée ; chargeons notre jauge de trois cuillerées de bicarbonate sodique (50 à 60 centigrammes), bouchons le vase, partons du zéro et agitons. Le mélange et l’agitation produiront un dégagement gazeux, d’abord assez rapide, puis plus lent, qui, après quelques minutes, abaissera la base du ménisque bien près de la division 10 de la réglette, division qui, au bout d’un quart d’heure, sera atteinte, mais non dépassée, tandis que le dépôt de crème de tartre aura disparu.
- Voyons à présent comment, en pratique, nous utiliserons cette circonstance. Prenons dans ce but le même poids de 500 milligrammes de tartre brut parfaitement broyé; attaquons par la charge de bicarbonate indiquée avec même volume d’eau. A cause des impuretés du tartre, le niveau final effleurera la division 9,5 seulement, et nous pourrons dire que notre tartre renferme 95 pour 100 de crème et pèse 95°. Si, dans le cas d’un tartre pauvre, le dégagement gazeux n’atteint pas la division supérieure de la réglette, alors on double la dose de tartre, on la porte à 1 gramme et on divise le résultat par 2.
- L’attaque, il est vrai, n’est pas fort rapide; mais, au bout des cinq premières minutes d’agitation, le résultat se fait déjà prévoir, et l’on est certain de ne jamais se tromper par excès, ainsi que cela peut arriver avec les dosages alcalimétriques par virage. Délivré du souci de maintenir la boule mobile, le chimiste en règle approximativement la position dès que le dégagement se ralentit trop et vague librement à d’autres occupations pour revenir de temps à autre tourner le bouton et secouer la fiole jusqu’à parfaite immobilité de la colonne liquide.
- Nous croyons le calcimètre Rernard, modifié par M. Delporte, appelé à rendre de bons services aux chimistes viticulteurs entre les mains desquels il fonctionnera surtout comme acidimètre sans préjudice de son emploi éventuel en vue du dosage non seulement de la proportion brute de calcaire, mais de son assimilabilité éprouvée par une attaque lente aux acides faibles. Antoune de Saporta.
- Acidimètre à poulie muni de la réglette mobile. — 1. Vue de face. — 2. Vue d'arrière. — B. Bouton de manœuvre. — C. Cordon. D. Poulie d'enroulement. — 11. Réglette. — c. Cuiller-mesure; p. pince à jauge.
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- MESURE DE LA PRESSION DU SANG
- CHEZ L'HOMME
- La mesure de la pression du sang chez l’homme préoccupe depuis bien des années les savants et les cliniciens, car de sa connaissance dépend l’intelligence de ces complexes et multiples problèmes que la circulation sanguine nous pose à chaque instant, on pourrait dire sans exagérer presque à chaque pulsation.
- Nous possédons à cet effet de nombreux appareils et une quantité assez remarquable de données cliniques ; mais, comme la plupart des faits recueillis quasi empiriquement, ces données, quoique précieuses, ne peuvent nous renseigner tout au plus que sur la nature grossière des phénomènes étudiés.
- Les progrès de la technique physiologique ont avancé de beaucoup la question au point de vue de la circulation sanguine animale : les vaisseaux sanguins mis à nu peuvent être directement liés avec des manomètres appropriés et on peut de la sorte enregistrer la pression des ondes sanguines avec toutes ses variations.
- Chez l’homme, depuis les dispositifs si ingénieux deM.Marey,nous possédons des
- techniques assez précises ; mais bon nombre ne peuvent servir que pour des recherches de laboratoires, tel le sphygmomanomètre de Mosso qui donne même le graphique de la pression sanguine capillaire, et d’autres soulèvent dans leur application tant de coefficients d’erreurs, qu’on ne pourrait accepter qu’avec une certaine réserve les chiffres recueillis. II y a pourtant un appareil pratique à tous les points de vue, et dont les indications sont exactes ; je veux parler du sphygmomanomètre de Potain et que j’ai pu contrôler sur le chien avec mon ami Guillain, au laboratoire de mon maître François-Franck. On pourrait citer encore les appareils de Hürthle et surtout celui de von Basch et Gartner.
- Le professeur Scipione Riva-Rocci, de l’Université de Pavie, vient de construire un nouvel appareil pour la mensuration de la pression artérielle et qui pré-
- sente des avantages sérieux sur les autres appareils. Il élimine dans une large mesure le coefficient individuel dans l’appréciation de la valeur de la pression sanguine comme cela se passe, même pour un observateur avisé, avec l’appareil de Potain, qui rend des services journaliers dans toutes les cliniques de France et de l’étranger.
- Le principe de l’appareil de Riva-Rocci est le même que celui de Basch et de Potain, c’est-à-dire qu’on mesure la tension du courant sanguin par la force nécessaire pour l’arrêter. Von Basch et Potain se sont adressés à l’artère radiale, vaisseau sanguin d’un calibre moyen et sur laquelle en principe on peut difficilement exercer une pression réelle à cause de sa position anatomique; il entre en jeu des variations individuelles qui rendent presque impossible la mesure de la pression sanguine chez des individus dont l’artère est profonde, ou chez lesquels les tissus adipeux et musculaires empêchent l’exploration sphygmo-manométrique. Riva-Rocci s ’ est adressé à l’artère humérale, un vaisseau sanguin d’un calibre plus fort et qu’on réussit, à son avis, à comprimer exactement, sauf de très rares exceptions, et cela avec un dis-. positif qui rap-
- pelle les bandes hémostatiques d’Esmarch.
- Au lieu des bandes d’Esmarch, Riva-Rocci a employé un manchon formé d’un tube creux de para comme la chambre à air de la bicyclette, revêtu à l’extérieur par un fourreau d’un tissu inextensible, et en produisant la compression, non plus au moyen d’un tourniquet, mais par l’insufflation de l’air dans la chambre vide du manchon. En agissant ainsi, on gonfle le manchon qui, étant inextensible à l’extérieur comprime par sa surface intérieure la circonférence du bras où il est appliqué, de manière exactement proportionnelle à la pression qui existe dans le manchon, pression qu’on peut facilement mesurer en mettant la chambre du manchon en libre communication avec un manomètre quelconque1.
- ! Riva-Rocci. De la mensuration de la pression artérielle en clinique. La Presse médicale, 22 novembre 1899, p. 507.
- Procédé opératoire pour la mesure de la pression sanguine de l'homme avec l’appareil de Riva-Rocci.
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- LA NATURE.
- Il s’agit en somme de saisir et de mesurer, rétrécissant progressivement ce tube de para, le moment où le pouls de l’humérale et de la radiale disparaîtrait; il y a enjeu le même principe de tous les appareils hydrostatiques qui s’applique également ici, à savoir que la pression exercée vers le milieu du bras se transmet à travers les muscles relâchés, intégralement aux vaisseaux qui sont autour de l’os de cette partie du membre. Je reproduis exactement l’induction, d’ailleurs logique, de Riva-Rocci : c'est le principe même de sa technique.
- Le sphygmomanomètre de Riva-Rocci se compose : 1° d'un manchon compresseur, un tube creux de para d’une longueur de 55 à 40 centimètres lorsqu'il est relâché et mesurant 5 centimètres de diamètre ; il est revêtu par un fourreau d’étoffe résistante et qu’on peut détacher pour désinfecter le tube de para, avec une double armature de métal ; le tube peut être transformé en manchon hermétiquement clos et ne communiquant avec l’extérieur que par un porte-tube qui se trouve à coté de la petite armature ; — 2° d’un manomètre à mercure à branche unique. Ce manomètre, de construction particulière, a un réservoir en fer muni de deux raccords latéraux dont l’un porte la soupape d’échappement réglée par une vis de précision. L’étendue de la surface du réservoir à mercure rend inutiles les corrections du zéro de l’échelle, comme il y a lieu à faire pour les autres instruments de ce genre; de sorte que, les rapports étant une fois vérifiés, le manomètre n’a plus besoin de corrections ; la lecture peut se faire directement et assez facilement par suite des proportions relativement grandes données à l’échelle ; — 5° d’un appareil insuffiateur du type Richardson, auquel l’auteur recommande de rétrécir le filet protecteur de la deuxième poire pour empêcher qu’elle ne se dilate trop dans les pressions élevées et qu’elle ne se ronge trop rapidement.
- Il y a deux modèles de cet appareil ; le type transportable diffère du type principal que nous venons de décrire par la construction plus simple du manchon et surtout dans l’utilisation d’un manomètre anéroïde à boîte, les divisions du cadran Correspondant à un millimètre de mercure.
- Passons maintenant au mode d’emploi; .nous utilisons la technique transmise par le constructeur (.Zambelli et Omodei, Torino) en même temps que l’appareil ; il y a là une garantie pour suivre textuellement et rigoureusement les indications de l’auteur. Ajoutons d’abord que le sphygmomanomètre de Riva-Rocci peut mesurer soit la pression totale artérielle (sphygmomanométrie), soit la pression artérielle latérale (paratlibométrie).
- L’échelle du manomètre à mercure ayant été vérifiée une fois pour toutes, on adapte à l’un des raccords du réservoir la double pomme d’insufflation, et à l’autre un tube de caoutchouc à section réduite et à parois soutenues, long d’un mètre et demi environ, qui se rattache au siphon de la pince étau. Après avoir mis à nu le bras du sujet, on y applique
- tout autour et à plat le tube brachial à la hauteur de la moitié du ventre bicipital, de manière que la pince reste à la partie postérieure du bras. L’extrémité libre est ramenée à la partie antérieure et externe, de manière à se poser à plat sur la portion fixe de la pince, le levier étant soulevé ; on abaisse ensuite le levier de façon à retenir le tube entre les deux branches delà pince; en fixant sur l’extrémité libre, tout en tenant d’une main la pince, on adopte exactement le tube à la périphérie du bras, sans qu’il y ait pourtant compression. On serre ensuite les deux écrous à égale hauteur pour que les deux mâchoires restent parallèles, et quand l’opération s’effectue convenablement on obtient une fermeture suffisante pour être sur que l’appareil est bien fixé. Quand le tube brachial est en place, on fait plier l’avant-bras à angle droit sur le bras, en lui donnant un point d’appui et l’on s’assure, .par la palpation, du parfait relâchement des muscles du bras.
- On peut alors commencer l’opération, d’une main on tient le pouls ou radial, et de l’autre, on introduit lentement l’air au moyen du Richardson, en observant attentivement la colonne manométrique des oscillations. L’ampleur de celles-ci croît jusqu’à un maximum et ensuite diminue. En relevant le degré du manomètre auquel sont arrivées les oscillations maxima, on a la mesure de la pression latérale.
- En continuant à souffler de l’air dans l’appareil, il arrive un moment où le pouls radial devient très faible et disparaît, et en relevant la hauteur de la colonne manométrique au moment précis de la disparition absolue et définitive du pouls radial, on obtient la mesure de la pression artérielle totale : la vraie mesure de la pression sanguine.
- Riva-Rocci a contrôlé l’exactitude de cet appareil sur des animaux et dans des circulations artificielles dans les membres humains et affirme qu’on peut évaluer la pression sanguine à un millimètre près.
- J’ai eu l’occasion de voir et d’examiner l’appareil de Riva-Rocci, lors de la récente exposition internationale des appareils scientifiques au cinquième Congrès International de physiologie de Turin, et j’ai pu me rendre compte des réels avantages que présente ce nouveau sphygmomanomètre. Sa sensibilité et la mensuration objective qu’il donne des variations de la pression sanguine aortique font de cet appareil un précieux explorateur non seulement pour le diagnostic des divers états physiologiques morbides, et pour les modifications cardio-vasculaires dans des cas de pathologie, mais encore dans la connaissance des modifications psycho-physiologiques et de leur coefficient subjectif ou objectif, de même que de leur rapport avec les fluctuations des ondes sanguines, domaine qui, heureusement, a attiré l’attention des chercheurs depuis quelques années.
- N. Yaschide.
- Chef do Travaux du laboratoire de psychologie expérimentale de l'École des Hautes-Études.
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- NÉCROLOGIE
- Auguste Sewcro. — Le malheureux inventeur du « Fax » était né à Rio Grande de Norte, le 11 janvier 1804. Issu de la famille Albuquerque Maranhao, l’une des plus connues et estimées du Brésil, il avait fait de brillantes études et reçu tout jeune le mandat de député fédéral. 11 fut élu pour la première fois en 1895. Il venait d’être réélu pour la troisième fois, quand, passionné pour la locomotion aérienne, il quitta le Brésil. Il avait déjà, dans son pays, fait construire un premier ballon. Il travaillait à Paris depuis plus d’un an à réaliser le type qui lui paraissait devoir résoudre le problème. Après la construction du « Pax », il comptait réunir assez de capitaux dans son pays pour mettre en chantier un ballon encore beaucoup plus
- Auguste Scvpro.
- grand « Le Jésus ». Et il avait si confiance dans la réussite qu’il avait annoncé qu’il traverserait avec le grand ballon l’océan Atlantique et viendrait saluer ses compatriotes. Hélas! le rêve s’est évanoui. La fin horrible de cet homme d’initiative laissera dans notre pays une impression douloureuse. C’est encore un martyr de la science. Il laisse une femme qu’il adorait et sept enfants. Il nous sera permis d’adresser sur cette tombe encore en tr’ ou verte, à la famille de M. Severo, un dernier et pieux témoignage de respect et de douloureuse sympathie.
- A côté du nom d’Auguste Severo Albuquerque Maranhao, il est juste de placer celui du mécanicien Sachet qui a partagé son sort. A peine âgé de 25 ans, Georges Sachet avait aidé à construire le ballon de M. Roze; il avait passé des ateliers de cet aéronaute à ceux de M. Lachambre. M. Severo se l’était attaché et ils firent ensemble les premières expériences. Sachet avait aussi toute confiance dans le succès du ballon. Cruelle destinée ! la mort les a surpris tous deux et les a enveloppés dans le même linceul au moment où, pleins de vie et d'espérance, ils croyaient à la victoire. ________ J.-F. G.
- CHRONIQUE
- éruptions volcaniques et tremblements (le terre. — Voici un relevé des principales catastrophes produites par les éruptions volcaniques et les tremblements de terre avec les nombres correspondants des victimes : an 79, Pompéi et Ilerculanum, 50 000; 1667, Chemakha, au Caucase, 80 000 ; 1692, Port-Royal de Jamaïque, 5000 ; 1695, la Sicile, 100 000 ; 1705, Yeddo, au Japon, 210 000 ;
- 1751, llsinen-Hoa, en Chine, 120000; 1746, Lima et Callao, au Pérou, 18 000; 1751, Port-au-Prince de Haïti, 5000; 1755, Anito, en Équateur, 5000, et Lisbonne, 50 000; 1767, Martinique, 800; 1788, Sainte-Lucie, 900 ; 1797, les Andes péruviennes et colombiennes, 40 000; 1812, Caracas, 12 000; 1859, Port-Royal de Martinique, 700; 1842, Cap Haïtien, 4000; 1859, Anito, en Équateur, 5000; 1868, au Pérou, 20 000; 1885, Krakatoa, à Java, 55 000; 1895, Kamnïchi, au Japon, 51 000; 1902, Chemakha, au Caucase, 5000; au Guatemala, 700, et à Saint-Pierre de la Martinique, 40 000.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance di: 20 mai 1902.
- Présidence de M. Iîouqpet de i.a Grye.
- Les cendres rejetées dans l'éruption de la Martinique. — M. Michel Lévy annonce qu’il a eu l’occasion d’examiner un spécimen des cendres rejetées par le cratère de la Montagne Pelée le 5 mai dernier. Ces cendres ont une couleur grise. L’étude sommaire à laquelle M. Michel Lévy a dù se borner, faute de temps, lui a permis de constater qu’elles renferment des cristaux de Hornblende et surtout des débris d’un feldspath qui est de l’andésine. On distingue d’ailleurs une foule de grains sans forme; peut-être quelques-uns sont-ils constitués par du quartz.
- Action de la lumière sur les pierres précieuses. — M. de happai ent résume une Note de M. Chaumet relative à l’action de la lumière sur les pierres précieuses. L’auteur a observé que la lumière violette développe sur le diamant une fluorescence. Cette fluorescence présente une intensité beaucoup plus grande chez les diamants qui réunissent les qualités appréciées en joaillerie que chez les autres diamants. L’auteur a observé encore qu’un diamant jaune, taillé en facettes, qui donnait des reflets d’or, ne manifestait pas de fluorescence après avoir été soumis à l’action de la lumière violette, ou du moins que cette fluorescence se bornait à une illumination en rouge ' du bord des facettes. Mais, quelques heures plus tard, le diamant avait viré au brun et. avait perdu sa valeur vénale. Toutefois,.,cette altération ne fut que passagère et le diamant reprit bientôt sa teinte jaune naturelle. Mais l’action de la lumière violette n’est pas restreinte aux diamants; elle s’exerce également sur les rubis avec des degrés susceptibles d’être utilisés. En effet, les rubis de Siam et de Birmanie présentent une valeur marchande très différente, et cependant, il est parfois très difficile de les distinguer. Or, la lumière violette ne provoque sur les premiers qu’une faible fluorescence alors qu’elle excite une fluorescence très vive sur les secondes.
- Le chancre de la gomme des arbres fruitiers. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Brzenski, professeur à l’Université de Cracovie, sur le chancre de la gomme chez les arbres fruitiers. 11 résulte des expériences de l’auteur que cette maladie n’est pas due à des champignons, mais à des bactéries. M. Brzenski a pu inoculer la maladie; il montre qu’elle est contagieuse et se transmet par le greffon.
- Varia. — La Société Royale de Londres fait savoir qu’elle a suivi avec intérêt les efforts de M. Marey, pour constituer à Paris un établissement de contrôle des appareils employés en physiologie, et qu’elle contribue pour une somme de 50 livres aux frais de cet établissement.
- . Cfl. de VlLLEDEL'lL.
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- CROISEMENT DE VOIES FERRÉES
- Quand on songe aux conséquences d’une collision entre deux trains, on se dit qu’on ne saurait prendre trop de précautions dans l’exploitation des voies ferrées, et aussi dans les détails de construction qui réagissent sur cette exploitation. C’est en vertu de ce principe de prudence qu’on évite pour ainsi dire absolument en France les croisements où une voie montante viendrait à recouper une voie descendante. Cependant cette prohibition n’est pas absolue, car un recoupement de cette sorte s’impose souvent, quand une plate-forme se divise pour donner naissance à
- deux lignes indépendantes, et que, par exemple, les trains circulant sur la voie gauche du tronc commun, et destinés à gagner la plate-forme secondaire se déviant vers la droite, doivent venir croiser la voie droite de ce même tronc commun, voie qui, de son côté, se continue pour se dévier vers la nouvelle plate-forme de gauche. Mais on ne se résout à cette solution que s'il est impossible de faire passer une des voies à bonne hauteur par-dessus l’autre, et alors on prend des précautions toutes particulières de signaux et de ralentissement imposé.
- Nous pouvons cependant citer un exemple bien caractéristique où une double série de 8 voies se croisent de la façon la plus audacieuse, et ce au
- Un croisement à l'entrée de la pare de Newcastle.
- sortir même d’une gare importante où le mouvement quotidien est de 1155 trains.
- Cette gare est la station centrale de Newcastle-on-Tyne, et nous donnons une photographie en représentant l’entrée même, au point où se font les nombreux croisements dont il vient d’être question, Des 1155 trains dont nous avons parlé, et qui sont des convois non seulement de voyageurs, mais encore de minerais et de marchandises diverses, les uns, au nombre de 675, sont en provenance ou à destination du pont dit Iligh-Level et passent sur la gauche, tandis que les autres assurent les relations avec la région Est, et passent à droite. Un simple examen de la figure fera comprendre qu’un train partant par exemple du quai extrême gauche et se dirigeant sur l’Est, doit recouper toutes les voies
- venant des autres quais de la gare et conduisant les trains vers Iligh-Level Bridge; par conséquent, il est nécessaire que, en lui ouvrant la voie, on ferme toutes les autres voies dans la gare comme en avant de la gare. La commande des aiguilles de tous ces croisements se fait naturellement avec enclenchement, d’un poste de signaux qui se trouve sur l’extrême droite et qui contient 224 leviers; la manœuvre est assurée par 24 hommes répartis en trois postes. L’ensemble des voies et des croisements est dominé par un pont de signaux de 46 mètres de long. Et tout se passe au mieux, à ce qu’on nous affirme. P. de M.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahüre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1514- — 51 MAI 11)02.
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- LE CENTENAIRE DE L’INTERNAT
- Nos institutions les plus célèbres commencent à dater et les centenaires se multiplient. Il y a huit ans on fêtait le centenaire de l’Institut, puis celui de l'Ecole polytechnique et à peu de distance celui de l’École normale. Ces jours-ci c’était celui de l’Internat, centenaire qui ne concorde pas très exactement avec la date, puisqu’il tombait en février. Diverses circonstances ont obligé le Comité à reculer en mai la cérémonie : un retard de quelques semaines sur cent ans, cela ne compte pas.
- Je suis persuadé que dans le public, à part la clientèle des hôpitaux, les pauvres et les malheureux qui fréquentent les consultations ou qui viennent solliciter leur admission dans les salles, on connaît peu ou pas du tout le rôle que remplit un interne. L’origine de l’Internat est cependant bien
- Médaille du
- ancienne. Si la date de l’organisation nouvelle, du recrutement par le concours, ne date que de cent ans, il y a plus de trois siècles que l’institution existe. Au dix-septième siècle les chirurgiens étaient assistés de compagnons chirurgiens, les internes de l’époque. A l’Hôtel-Dieu ils étaient au nombre de douze, répartis, un pour la visite des malades sur le parvis, un pour la salle d’opérations, sept pour la salle des blessés, les autres à l’infirmerie ou dans divers services. Ces compagnons, nourris et logés à l’hôpital, portaient un tablier blanc; les assistants d’un ordre inférieur, les externes (c’est encore l’appellation de nos jours), portaient le tablier noir. Ceux d’entre eux qui remplaçaient les compagnons ornaient le noir tablier d’un ruban rouge.
- Les fonctions des compagnons chirurgiens étaient loin d’être des sinécures; couchés à l’hôpital, ils devaient être debout à 5 heures en été, à 6 heures
- maire de l'Internat.
- en hiver. Le règlement de l’Hôtel-Dieu en date de 1665 porte qu’ils devaient faire les pansements avec affection et douceur..., qu’ils ne devaient jamais s’absenter sans congé à l’heure des pansements.... Ail heures la cloche appelait au déjeuner. L’après-midi était consacré aux saignées (la vraie panacée de l’époque, on les faisait par centaines), à une nouvelle série de pansements, puis à la prière, au souper. A 8 heures précises du soir en hiver, à 9 heures en été, les compagnons devaient être rentrés en leur chambre et avoir éteint soigneusement leur chandelle. Le service assez rude, assez assujettissant des compagnons était de quatre années (comme de nos jours la durée de l’internat). Après ces quatre années le bureau de l’Hôtel-Dieu délivrait un certificat indiquant s’il avait bien et fidèlement servi les malades et s’était bien gouverné.
- Les chirurgiens-maîtres choisissaient parmi leurs élèves ceux qui devaient devenir des compagnons et plus tard leurs égaux et leurs émules. Jusqu’à la 30e année. — 1er semestre.
- Révolution, médecins et chirurgiens étaient nommés directement par l’administration et choisissaient eux-mêmes les élèves soit externes, soit internes, les premiers en nombre illimité, les seconds au nombre de treize seulement, un premier interne et douze internes ordinaires. Cet état de choses se maintint pendant toute la période révolutionnaire et dura jusqu’au 4 ventôse, an XI (25 février 180.2). C’est alors que fut rendu l’arrêté qui constitua, sur des bases nouvelles, le service de santé de la ville de Paris : c’est de cette date que part l’Internat qui atteignait en février ses cent ans d’existence.
- A Lyon l’Internat a des titres de noblesse plus anciens. C’est en novembre 1739 que le concours fut établi pour le recrutement des garçons chirurgiens et c’est en 1793 que ces assistants hospitaliers prirent le titre d’internes en chirurgie.
- Depuis l’organisation du service en 1802, bien des modifications de détail ont été apportées dans les règlements. : mais l’institution n’a pas subi de
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- LÀ NATURE.
- changement essentiel. Sa base fondamentale existe comme jadis. Les internes en médecine et chirurgie des hôpitaux de Paris sont recrutés par voie de concours, parmi les externes des hôpitaux. Ceux-ci sont des étudiants de première et seconde année qui ont eux-mêmes subi un concours. C’est donc par une double série de compétition que l’on arrive à l'Internat. Nommé pour quatre années, l’interne change de service tous les ans; il est l’assistant du chef de service; il a à répondre aux cas dits d’urgence, aux accidents qui peuvent atteindre les malades en cours de traitement; il est le second du médecin ou chirurgien et partage, dans une certaine mesure, avec lui, la responsabilité des services importants des divers hôpitaux.
- Bon temps que ces quatre années, car on n’a pas encore le souci de la profession, les charges de la famille; on voit l’avenir en rose, on travaille et on s’amuse et dans ces salles de garde on y crée ces amitiés solides qui durent toute la vie.
- L’Internat représente une grande école de perfectionnement à laquelle ne parviennent qu’un petit nombre d’étudiants, 25 à 50 jadis, une cinquantaine, à présent, chaque année. Pendant la durée de ce stage hospitalier le jeune médecin y acquiert les plus solides connaissances; il apprend la médecine, la clinique et prend, dès la première heure, l’habitude de l’examen des malades et des soins à leur donner.
- C’est dans ce milieu que se sont recrutés presque tous les grands noms de la médecine, professeurs de la Faculté, médecins des hôpitaux. Un certain nombre d’internes ont fourni un contingenta la classe de ceux que notre collègue Cabanes appelle si joliment les évadés de la médecine. Parmi eux on compte un prêtre, quelques rares financiers (Perdri-geon), des naturalistes (Lacaze-Duthiers, Filhol), des archéologues (Schlumberger). Beaucoup, on pourrait même dire beaucoup trop, ont versé dans la politique et ont occupé des postes de sénateurs, députés, voire même de ministres.
- En fêtant le centenaire de l’Internat, les organisateurs ont voulu faire en même temps œuvre de charité et apporter à l’Association des internes les moyens d’étendre les bienfaits de son assistance philanthropique. C’est une fête de famille et l’on devait songer aux déshérités de la fortune, aux veuves et orphelins de camarades tombés avant l'heure. Même dans le corps de l’Internat, où se sont recrutés les grands noms de la médecine et ceux qui sont arrivés aux faîtes des honneurs et de la fortune, combien vivent péniblement, élèvent modestement leur famille, combien meurent jeunes à la peine, ne laissant derrière eux que le souvenir de leurs vertus. C’est pour augmenter les ressources de cette association que le Centenaire a organisé des fêtes.
- Le Comité a eu la louable pensée de rendre, à l’occasion du centenaire, hommage à ceux qui sont morts victimes du dévouement professionnel, frappés par la fièvre typhoïde, les maladies contagieuses, notamment la diphtérie. Dans ce but un monument
- a été élevé dans la cour d’honneur de l’Hôtel-Dieu. C’est un haut relief encadré dans une des arcades du cloître, dû au ciseau du sculpteur Denys Puech. Peut-être, c’est un regret que je formule, aurait-on pu, si la cour de lTIàtel-I)ieu ne se prêtait pas comme architecture au décor, à la mise en place d'un véritable monument, choisir un autre hôpital. Lariboisière avec le vaste encadrement du quadrilatère de pavillons, la grande cour de l’hôpital de la Charité auraient permis de dresser un monument, plus grandiose. La pensée reste et cela suffit. Le grand artiste a, du reste, tiré le meilleur parti de l’emplacement. Le haut relief, qui forme le motif du monument, est la reproduction d’une scène de chirurgie qui se répétait jadis presque quotidiennement dans les hôpitaux d’enfants, avant que Doux nous ait donné son merveilleux sérum antidiphtérique. C’est une trachéotomie pour un cas de croup. L’interne de garde est là prêt à intervenir; il se penche sur une enfant pour faire la délicate operation. Il est assisté d’un de ses camarades et une religieuse maintient la pauvrette immobile.
- Ce motif a été heureusement choisi, car c’est la diphtérie qui a fait dans le corps de l’Internat et chez les étudiants le plus de victimes.
- L’inauguration de ce monument a eu lieu dimanche dernier, en présence de professeurs delà Faculté, de médecins des hôpitaux, de membres du Conseil municipal et d’une foule d’internes de Paris et de la province, d’anciens et de nouveaux. Le professeur Brouardel, président du Comité, a salué, au nom de leurs collègues, la mémoire de ceux qui sont noblement tombés. À l'appel de cette liste, hélas ! déjà bien longue de nos camarades frappés en pleine jeunesse, à l’heure riante de la vie, on pourra répondre, comme pour ces soldats tués à l’ennemi, « morts au champ d’honneur ». Comme souvenir de cette fête, chaque souscripteur recevra une jolie médaille gravée par Bottée. L’avers représente la Ville de Paris confiant à l’interne un de ses enfants blessé; le revers montre l’étudiant au travail et rêvant de tout ce que pourra lui donner l’avenir. Dr A. Cartaz.
- NOS CHEVAUX1
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- Aux âges préhistoriques, après la période glaciaire, le pays qui fut plus tard la Gaule, était habité par une multitude de chevaux sauvages qui formaient avec les rennes le principal aliment des populations de l’àge de pierre; dans la station préhistorique de Solutré (Saône-et-Loire) on a retrouvé un amoncellement de près de 50000 squelettes de chevaux. Je ne veux point refaire, après Piètrement, Pierre Mégnin et d’autres, l’histoire du cheval à travers les âges, le cheval a été connu en France dans les temps les plus anciens. Les hippo logues discutent encore sur l’origine de nos che-
- 1 Voy. Il» 1507, du 12 avril 1902, p. 294.
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- vaux ; ne considérons que ce que nous voyons.
- La région de la France qui fournit le plus de chevaux est sans contredit la Normandie. C’est dans les départements du Calvados, de la Seine-Inférieure, de l'Orne et de la Manche, qui faisaient partie de l’ancienne province de Normandie, que se trouvent les plus grands centres d’élevage, les foires les plus importantes. Dans toutes les riches vallées normandes ou l’on engraisse aussi de nombreux bestiaux, on élève et on fait naître des chevaux, on en vend et on en achète; mais ce sont les départements de l’Orne et du Calvados qui tiennent le premier rang.
- Les foires les plus actives sont celle de Bayeux dite des poulains qui a lieu le 2 novembre et où se trouvent réunis 2 a 5000 poulains de six à dix-huit mois (poulains de lait ou antennais),celle de Pozulé dans la vallée d’Auge, celles d’Alençon et d’Argentan pour les chevaux de quatre ans et au-dessus, celle de Mortagne et du Pin, pour les poulains, celle de Bernay, celle de Guibrav, celles de Brecey, de La Bouteville et de Saint-Côme dans la Manche.
- 11 n’y a plus à proprement parler de race normande; les chevaux normands sont tous des métis, à différents degrés, issus du croisement du pur sang, du demi-sang, du trois quarts de sang, d’étalons approuvés ou non avec des juments qui n’ont plus guère le cachet de la race locale. On peut les diviser en deux types : les trotteurs et les carrossiers.
- C’est le département du Calvados qui produit les trotteurs, variété de demi-sang normand qui est en voie, depuis quelques années, de se faire une réputation de premier ordre, battant les trotteurs orloff et les trotteurs américains sur nos hippodromes de trotting. Sur 250 étalons environ qui font la monte dans le Calvados (parmi lesquels un tiers à 1 Etat) il n’y a qu’une vingtaine d’étalons de pur sang, le reste sont des demi-sang. Les étalons trotteurs sont en assez petit nombre par rapport aux autres; mais, dans le monde spécial, ils sont les plus connus : Conquérant, Lavater, Tigris, Normand, Cherbourg, Phaéton, Niger, Hercule, Wormond, sont les principaux. Pour être acceptés comme étalons par les comités d’achat, les trotteurs doivent avoir fait leurs preuves sur les hippodromes de Caen, de Saint-Cloud, de Rouen, du Pin, de Cabourg, de Saint-Léon, de Pont-L’Évèque, et trotter un certain nombre de kilomètres dans un temps donné, temps qui varie (étant monté) delm458 à 1m 52s suivant que le cheval a o, 4 ou 5 ans et attelé de 1m 50s à 1m 55s pour 1 kilomètre.
- On a essayé, il y a quelques années, les étalons trotteurs étrangers, mais ils n’ont point donné de bons résultats. Les juments de la variété trotteuse subissent comme les étalons des épreuves de courses. Comme pour les étalons, leur type général se rapproche assez du pur sang corsé; la taille de l’étalon et des juments oscille de 4m,57 à lm,60; les uns et les autres ont le plus souvent le dessus correct et bien soutenu, les rayons supérieurs des membres longs en bonne direction et très musclés,
- des articulations solides et des tendons forts et bien détachés. Mais le type est loin d’être homogène; tantôt ils se rapprochent du pur sang par la longueur des lignes, la trempe et l’énergie ; tantôt, ils ont le développement musculaire et l’ossature de l'ancien cheval normand. Les types les mieux réussis sont ceux chez lesquels les détails de la conformation des ascendants se sont, pour ainsi dire, fondus dans un tout harmonieux. Quant aux carrossiers, ce sont des demi-sang un peu plus éloignés du pur sang que les trotteurs. Là encore il y a défaut d’homogénéité. Leur taille est variable de l‘u,5o à lm,Go; la robe dominante est le bai. La belle jument carros-sière d’autrefois, aux formes puissantes et athlétiques, à la tète expressive quoiqu’un peu forte et busquée, à l’encolure épa'isse, mais attachée haut, à la croupe large, à la poitrine ample, aux membres fortement musclés dans les régions supérieures, mais un peu grêles et quelquefois déviés en dessous des genoux et des jarrets, tend à disparaître, et avec elle le carrossier de grand type et aux grandes actions, pour faire place à une jument ayant moins de taille, mais plus de sang, moins massive et mieux trempée, mais malheureusement souvent plus légère de membres, plus étroite de poitrine et pas toujours correcte dans les aplombs; jument plus de selle et répondant mieux aux besoins de l’armée que la précédente.
- A côté de ces juments, les écuries les plus renommées possèdent des bêtes d’un beau type, ayant de grandes lignes, très distinguées, près du pur sang par leurs ascendants, et plus spécialement réservées à la production de l’étalon demi-sang trotteur. Les grands éleveurs du Calvados : les Lemonnier, les Lebaudy, les Brion, les Castellon, les Hervieux, etc., pour ne citer que les plus connus, sont arrivés, par des appareillemfnts et des croisements judicieux, et surtout par une sélection raisonnée, à produire des pouliches remarquables par leurs formes, leur origine et leur type, à former un groupe de juments tout à fait exceptionnel qu’on peut considérer comme la pépinière des reproducteurs de choix. Enfin, on trouve encore dans ces régions des chevaux communs utilisables seulement dans les travaux de culture du pays.
- Passons rapidement sur les chevaux de la Manche jolis, énergiques, résistants, mais il faut savoir les attendre. Ce département fournit, outre beaucoup de chevaux d’équipages, aux troupes à cheval de toutes les armes depuis la carrière jusqu’au trait, mais c’est le cheval de ligne qui domine, puis viennent les chevaux de trait et enfin les chevaux de tête pour officiers. Nous arrivons au Perche.
- « Le Perche aux bons chevaux » n’est pas le Perche géographique; c’est une région à part, vivant pour le cheval et par le cheval ; région de pâturages fertiles sentant déjà la Normandie. Le Perche aux bons chevaux est la tête des eaux de tout l’Ouest. De là descendent l’Iluisne^ dont la vallée est la grande artère du pays, la Sarthe, l’Orne Sao-
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- LA N AT U HE.
- naise, l’Eure, Llton, l’Avre, la Braye, l’Orne, etc. au commerce avec le dehors, avec l’Amérique sur-C’est un pays en pleine prospérité agricole, grâce tout. Les chevaux du Perche sont, au delà de
- Fig. 1. — Etalon boulonnais. Fig. 2. — Jument poitevine suivie de son poulain.
- l’Atlantique, l'objet d’une faveur croissante. Aux Etats-Unis on connaît surtout de la Erance, après Paris, ce petit pays qui s’étend du Loir aux sources des petits ileuves de la Manche.
- Les bons percherons ont été chantés dans les ballades anciennes :
- Ce biau sire de Trié,
- Sur son blanc destrier.
- Contre gent ennemie Allant pour guerroyer.
- La Ferté-Ber-nard, Bellême,
- Uegmalard, No-gent - le - llotrou sont les grands centres de vente : c’est là que les Américains viennent acheter ; ils arrivent au printemps, dès les premiers jours d’avril. Très souvent, ils amènent avec eux une
- partie de leur famille, pour qui le voyage en France est une partie de plaisir. Ils sillonnent ensuite le
- Perche, allant de borderie en bor-derie, familiers avec tous. Leur rondeur et leur allure bon enfant leur valent de vives sympathies. Il ne s’agit là que des grands marchands ; les petits ne sauraient mener les affaires de la sorte. Ils s’associent pour les achats et envoient l’un d’eux dans le Perche pour recruter les chevaux.
- La vente du cheval percheron à l’Amérique a fait beaucoup de jaloux; l’administration des haras a vu dans tout le Perche ses étalons complètement dé-
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- laissés. Même elle a dû supprimer quelques-unes de ses stations. Ainsi, dans Loir-et-Cher, Savigny, Mon-doubleau et autres stations sont ou vont être supprimées. L’administration se lamente; elle ne trouve
- plus dans ce pays le cheval d’artillerie qu’elle rencontrait. Ce qui lui arrive là est très naturel. La remonte paye un cheval d’artillerie de quatre ans 7 à 900 francs. Un cheval percheron de deux ans a déjà
- Fig. (). — Attelages primés au Concours hippique de Lyon.
- coûté cette somme en nourriture; mais il sera vendu le double ou le triple de ce prix. Devant un tel résultat, on aurait tort d’entraver une pro-
- duction qui contribue pour une si large part à enrichir le pays. 11 faut, au contraire, encourager partout l’élevage du cheval destiné à l’exportation.
- 'Présentation de chevaux inscrits sur les contrôles de l'armée au Concours hippique de Lyon.
- Fig. 7.
- Comment s’obtient et se maintient cette race percheronne? Par quels procédés une province aussi exiguë arrive-t-elle à livrer en aussi grande quantité les chevaux nécessaires au commerce?
- La plus grande partie des chevaux du Perche soit de pure race percheronne, comme dans la vallée de
- l’Huisne, soit mêlés de sang comme ceux du Merle-rault et du Mêle, sont vendus jeunes dans la région de Regmalard, où on les élève à l’étable jusqu’à dix-huit mois; à partir de cet âge jusqu’à trente mois, on les dresse peu à peu au travail de la ferme. A trente mois, le petit Perche et le Thimerois sont vendus
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- et envoyés dans les régions voisines de l’Eure et l’Eure-et-Loir, où, pendant un an, ils continuent le travail. Ici la nourriture est meilleure; elle s’améliorera encore, quand le jeune cheval, vendu en Beauce, ira prendre part à la culture de ce pays.
- C’est des foires de Bellême que partent, en moins grand nombre cependant que de Mortagne ou Lon-gny, les jeunes chevaux qu’on envoie en Beauce pour les sevrer et les élever. Ce procédé tient à ce que le Perche, s’il a des pâturages nombreux, produit peu de céréales; il ne s’en consommait guère jadis, mais depuis que les achats de l’Amérique ont donné une valeur si grande aux chevaux, on tire de la Beauce une grande quantité d’avoine destinée aux poulinières et aux jeunes animaux qui doivent rester dans le pays jusqu’au moment de la vente.
- C’est après son passage en Beauce et dans la plaine de Chartres que le percheron est jugé bon pour la vente à Paris. Il va au marché de Chartres, où il est acheté par tous les services de poste, d’omnibus et de camionnage.
- Il y a plusieurs espèces de percherons : « 1° les percherons légers (postiers de luxe) ; 2° le percheron de trait (cheval d’omnibus et de camion); a0 l’intermédiaire entre ces deux types, qui participe de l’un par sa légèreté et de l’autre par sa force musculaire. Ce dernier est le plus nombreux, mais il a bien dégénéré depuis quelques années ».
- Parmi les grosses races françaises, celle du Boulonnais occupe le premier rang, par son importance numérique. Elle forme effectivement une population agglomérée de 550 000 têtes environ, non compris les existences éparses, nombreuses aussi, qu’elle compte en dehors de son propre foyer. Elle n’est pas seulement dans la Somme, dans la Seine-Inférieure, dans le Pas-de-Calais et dans le Nord, on la retrouve tout à la fois dans les départements voisins, et partout où il y a de pénibles travaux, un rude labeur exigeant chez des moteurs animés une grande puissance. Elle se reproduit, dans une partie de la Haute et de la Basse-Picardie, dans la Haute-Normandie, en Artois et dans la Flandre française; elle s’y divise en plusieurs variétés qui se rattachent au même tronc, et qui prennent les appellations de : race bourbourienne, race picarde, race flamande, race cauchoise.
- Des nuances seulement séparent ces diverses branches qu’on peut réduire à deux ; la race de Irait au pas, c’est la variété flamande, et la race de Irait au trot, c’est la race boulonnaise proprement dite.
- On connaît le type de ce cheval dont la taille varie entre lm,00 et lm,65. Fort et puissant, d’une ossature massive, de robe claire presque toujours, plein de noblesse dans le port, courageux, doux de caractère et vif d’allures.
- A Page fait, qu’il soit attelé aux instruments aratoires ou aux voitures énormes de l’industrie, ou aux voilures plus légères du commerce, il tient partout supérieurement sa place. Il a la force, le poids de toutes les autres races de trait, et, de plus, il a la
- gaieté, la vaillance et l’harmonie dans la force. Autrefois le service du transport de la marée de Boulogne à Paris était fait exclusivement par des juments houlonnaises dites mareyeuses qui faisaient le service à raison de 100 à 120 kilomètres dans une journée et de 10 à 18 kilomètres à l’heure au trot soutenu.
- La Bretagne possède une excellente racedehacks, actifs, petits, connus sous le nom de bidets et doubles bidets (poney et coh). Ils sont très résistants, quelquefois ont très bonne apparence et pourraient, sans aucun doute, arriver à un haut degré de perfection, s’il existait la même bonne entente qui existe en général entre nos gentlemen de la campagne et les fermiers environnants.
- Le double bidet breton a été appelé assez justement « le Cosaque de la France ». Il fait de très bons croisements avec les petits pur sang anglais.
- Malheureusement tous les Bretons ne parlent pas encore français, et laissent difficilement leurs étalons sortir de chez eux. Cependant, depuis quelques années, un mouvement se dessine et on voit dans les foires de Normandie et du Perche quelques chevaux bretons amenés par des propriétaires.
- Nous n’en finirions pas s’il nous fallait parler en détail de toutes les régions de la France au point de vue de la production chevaline. Nous aurions voulu aussi dire quelques mots des chevaux du Midi et principalement de notre élevage chevalin dans la région tarbaise; nous aurons sans doute l’occasion plus tard de visiter les haras de Tarbes et nous pourrons donner une idée exacte de ce que sont les merveilleux chevaux du Midi, dont la réputation est faite dans la monde entier, et qui ont une excellente renommée due aux services qu’ils rendent à notre cavalerie légère. Paul Mkc.mx.
- IA DURÉE DES CHUTES DE GRÊLE
- En général, les chutes de grêle ne durent pas longtemps, et c’est fort heureux pour les agriculteurs. 11 ne faudrait pas croire, toutefois, qu’elles cessent toujours au bout de quelques courts instants, et qu’il est, par exemple, extrêmement rare de les voir se prolonger au delà d’une dizaine de minutes.
- La question offre de l’intérêt au point de vue pratique, puisqu’on se préoccupe beaucoup actuellement de protéger les récoltes contre la grêle; elle en présente aussi au point de vue scientifique, car une bonne théorie de la grêle doit nécessairement tenir compte des limites entre lesquelles peut varier la durée de ce météore.
- Quelques théoriciens, en lui attribuant une valeur trop faible, ont cru pouvoir conclure à la formation instantanée de la grêle. Outre que cette conclusion est invalidée par la structure de bien des grêlons, et en particulier de ceux qui sont composés d’un grand nombre de couches de glace très différentes les unes des autres, elle l’est encore par la longue durée de certaines chutes de grêle. La plupart d’enlre elles, dans un fieu déterminé, cessent, il est vrai, au bout de quatre ou cinq minutes au plus, mais il y en a aussi beaucoup qui durent dix minutes, un quart d’heure, et il s’en trouve même qui persistent une
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- demi-heure, une heure, une heure et demie, quelquefois davantage.
- On peut d’ailleurs ajouter que la cessation de la grêle dans une localité n’est pas toujours, tant s’en faut, une preuve que la production et la chute de la grêle ont elles-mêmes pris fin. La grêle n’est pas forcément terminée
- Thiers!
- CLEfVMONT . LiU65'
- f SclhoT
- Ambent'
- . 1. — Orages du 13 juin 1892 dans le département du Puy-de Dôme.
- Stations atteintes par la grêle et marche des orages.
- parce qu’elle n’atteint plus le lieu d’observation : souvent elle tombait avant de l’atteindre, et tombe encore après l’avoir dépassé, en accompagnant l’orage qui la produit et qui se déplace quelquefois très vite. Du sommet du Puy de Dôme, j’ai pu suivre des yeux, par le blanchiment successif du sol, des chutes de grêle qui ont persisté plus de deux heures, en se propageant tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, absolument comme les averses orageuses et comme les orages eux-mêmes. La figure 1 en donne un exemple remarquable. On y voit deux orages à grêle qui ont marché presque côte à côte et au même moment, dans des directions fort différentes : l’un du nord-ouest au sud-est en versant de la grêle, de midi à 2 heures, sur un parcours de 52 kilomètres; l’autre, du sud-sud-ouest au nord-nord-est, en donnant aussi de la grêle depuis 1 heure et demie jusqu’à 4 heures du soir sur une bande de territoire de •41 kilomètres de longueur.'Dans ces deux orages les grêlons étaient gros, puisque leurs diamètres variaient entre 0m,03 et 0m,08.
- Mais il n’y a pas que dans ces conditions que les chutes de grêle ont une si longue durée. 11 arrive encore que les orages, au lieu de se déplacer avec une rapidité plus ou moins grande, restent à peu près stationnaires dans la même région atmosphérique. Alors la grêle peut tomber, dans les localités qui se trouvent au-dessous, beaucoup plus longtemps qu’on le constate habituellement, et cela est assez fréquent. Durant l’année 1901, par exemple, on nous a communiqué 125 observations de chutes de grêle : 50 n’ont donné que quelques grêlons, 51 ont duré de une à cinq minutes, 24 de six à dix minutes, 9 de dix à quinze mi-
- nutes, 5 de seize à vingt minutes, et enfin 6 de vingt-une à trente minutes. Pour ces dernières, la plus remarquable s’est produite le 5 septembre de 10h 35 à 1 lh 6 du matin, sur le flanc est du massif des monts Dore, dans les environs du lac Chambon, où elle a été observée par mon frère. L’orage, qui marchait du nord-nord-est au sud-sud-ouest, a d’abord versé des plaques de glace, très espacées, qui avaient 0m,01 d’épaisseur, et 0“‘,06 à 0m,07 de longueur et de largeur. Ces plaques présentaient des bords irréguliers très nets, mais leurs arêtes étaient légèrement émoussées par un commencement de fusion. Au bout de deux minutes, ces plaques furent remplacées par de la grêle sphérique ou ovoïde, tombant serrée et généralement grosse comme des œufs de poule en même temps que d’autres grêlons beaucoup moins nombreux qui avaient les dimensions d’une petite noix. Entre le lac et le village de Chambon, cette chute de grêle dura, sans interruption, trente et une minutes, et causa des dommages considérables. Au delà du village, à 1 kilomètre dans la direction de l’ouest, on ne reçut que quelques grêlons.
- Ces longues et terribles chutes de grêle ne sont pas rares. Pour le département du Puy-de-Dôme et pour la période 1890-1901, j’ai fait le relevé de celles qui ont duré au moins une demi-heure, et j’en ai trouvé quarante-deux. Il y en a six qui ont persisté pendant quarante-cinq minutes, et trois une heure et demie.
- Leur authenticité n’est pas douteuse, car les Bulletins qui nous ont été transmis à leur sujet portent presque tous la durée de la grêle, celle de la pluie et aussi celle de l’orage même. Il n’y a donc pas à craindre qu’on ail commis quelque confusion entre les durées des trois phénomènes. Voici, d’ailleurs choisis de façon à mettre en
- évidence des particularités différentes, quelques extraits des notes fourmes par nos correspondants.
- Biliom. — 21 mai 1891. — Les gréions atteignaient jusqu’à O”*,05 de diamètre, et leur chute a duré une demi-heure, depuis 5 heures, jusqu’à 5h30m.
- Tralaigues. — 13 juin 1892. — Pendant l’orage, la
- Fig. 2. — Chutes île grêle. Chaque cercle correspond à l’observation d'une chute de grêle
- dont la durée est indiquée en minutes par le nombre inscrit dans le cercle.
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- grêle est tombée durant une demi-heure, grosse comme des œufs de poule, et a complètement détruit toutes les récoltes. De mémoire d’homme, on n’avait vu pareil orage.
- Aigueperse. — 50 juillet 1892. — La grêle a duré quarante-cinq minutes, et a enlevé la moitié des récoltes de la commune. Les grêlons, dont le poids atteignait 125 grammes, avaient la forme d’une tomate.
- La Tour-d'Auvergne. — 1er juillet 1895. — Grêle énorme, grosse comme des œufs de poule, depuis lh15m jusqu’à 2h 50m. Pluie forte pendant trente minutes, faible ensuite durant deux heures. Tonnerre et éclairs très intenses. Pertes : 50 000 à 60 000 francs.
- Beignat. — 19 mai 1894. — La grêle est tombée pendant quai ante-cinq-minutes, grosse comme des billes, et poussée par un fort vent de sud-ouest. La pluie a été torrentielle de 5 heures à 6h 50ra, et a donné une énorme quantité d’eau. 11 en roulait 0m,50 de hauteur dans les rues en pente, et il y en avait 2 à 5 mètres à l’intérieur de certaines maisons.
- Neuville. — 19 mai 1894. — La grêle est tombée grosse et sans interruption pendant une heure et demie. Presque toutes les récoltes sont détruites.
- Montmorin. 19 mai 1894. — La pluie, torrentielle pendant deux heures, est restée forte durant dix heures. La grêle, grosse comme des cerises, est tombée en tout pendant deux heures, en sept reprises différentes. Les vignes, qui occupent 80 hectares, ont perdu toute leur récolte, de même que les céréales. Terrains ravinés, chemins coupés, etc. Pertes : 200 000 francs.
- Aigueperse. — 17 juillet 1895. — La grêle, qui avait 0ra,04 de diamètre, est tombée pendant trois quarts d’heure. Elle a achevé de détruire les récoltes.
- Sainte-Christine. — 8 juillet 1896. — La grêle, qui est tombée assez drue, a duré quarante-cinq minutes. Les grêlons, petits, n’avaient que 0m,005 à 0m,007 de diamètre.
- Heume-l'Église. — 50 juin 1897. — La grêle est tombée pendant trente minutes presque sans pluie, et a détruit toutes les récoltes. Les grêlons avaient en général 0ra,02 de diamètre, mais il y en avait de bien plus gros qui pesaient jusqu’à 500 grammes.
- Domaize. — 10 septembre 1898.— Pendant quarante minutes la grêle est tombée, grosse comme des noix, sur les parties sud et est de la commune. Les récoltes de fruits, pommes, poires, noix, qui abondent dans cette région, sont totalement perdues. La pluie a duré quarante-cinq minutes
- La ligure 2, qui représente les quarante-deux chutes de grêle, semble indiquer que quelques contrées sont plus exposées que d’autres aux grêles de longue durée. Mais la brièveté de la période que nous avons considérée, et surtout les imperfections du réseau formé par nos stations, ne permettent pas de considérer le fait comme certain. Ce qui est plus clair, c’est que ces grêles ont été constatées à toutes les altitudes, depuis 500 mètres en basse Limagne, jusqu’à 1000 et 1200 mètres dans la région des monts Dore et des monts du Luguet. Leur excessive localisation, qui fait qu’une commune subit une grêle abondante pendant une heure et demie ou deux heures, alors que les communes limitrophes ne reçoivent que quelques grêlons, jette en outre quelque lumière sur la véritable origine de la grêle. Il devient impossible, par exemple, de la croire extra-terrestre, même de l’attribuer directement à une cause générale, et il est, au contraire, absolument logique et rationnel de la placer tout entière dans les cumulus, qui caractérisent déjà, à nos yeux, les orages. J.-R. Plumandon,
- Météorologiste à l’Observatoire du Puy de Dôme.
- LES CHASSEURS D’ARAIGNÉES
- La gravure qui accompagne ces lignes a déjà montré à nos lecteurs que les chasseurs dont nous voulons leur parler sont des insectes, des mouches à quatre ailes, des hyménoptères, disent les naturalistes.
- Les insectes pourtant sont la proie ordinaire des araignées dont ils constituent le menu de chaque jour; malgré cela certains d’entre eux ne craignent pas de les attaquer pour les donner à leur tour en pâture à leurs larves, après avoir eu soin de les mettre dans l’impossibilité de causer aucun mal à ces êtres débiles, sans pattes, aux téguments mous, incapables de se défendre.
- La mère prévoyante a su frapper au bon endroit l’araignée de son aiguillon. Une piqûre faite à certain ganglion nerveux a paralysé pour toujours la redoutable proie dont les crocs venimeux font de cruelles blessures, amenant chez les insectes une mort foudroyante. Iles espèces moins savantes, dit-on, réduisent les araignées à l’immobilité en les amputant de leurs huit pattes. Cette pratique n’aurait-elle pas pour but simplement de rendre le gibier plus transportable en supprimant des parties embarrassantes et peu succulentes? Ne serait-ce pas un nouveau perfectionnement ?
- Les personnages mis en scène dans notre dessin figurent en bonne place dans la si intéressante galerie d’Entomologie appliquée du Muséum d’Histoire naturelle1, et M. Bouvier, le savant professeur, avec sa bienveillance ordinaire, a bien voulu les mettre à notre disposition. Dans un large bocal, la mouche et l’araignée sont fixées sur un carton. En haut on lit : California Curiosities ; en dessous de la mouche : Tarentula Hawk, c’est-à-dire faucon de la tarentule, et en bas, au-dessous de l’araignée : Tarentula.
- L’étiquette collée sur le bocal porte la mention : « Eurypelma Heulyii (c’est le nom de l’araignée) avec laquelle le Pepsis ornata approvisionne son nid; Amérique septentrionale ». A l’intérieur du bocal, sur une feuille de papier que nous avons l’indiscrétion de déployer, on lit : « Insectes rapportés de l’Exposition de Chicago par le docteur Pozzi, donne'sau Muséum par le docteur Laboulbène (1894) ». Tel est l’état civil de nos personnages.
- Darwin, aux environs de Rio-de-Janeiro, avait observé les mœurs d’espèces analogues. Il nous montre la Guêpe (un Pepsis) se précipitant sur sa proie (une lycose), puis s’envolant immédiatement. L’araignée en essayant de fuir roule sur le sol et a juste assez de force pour se cacher dans une touffe d’herbe. La guêpe revenue la découvre après quelques recherches, s’en approche avec précaution et la pique par deux fois sur le côté inférieur du thorax. Des faits de ce genre se passent journellement chez nous. Lepelletier cite la tégénaire se précipitant de son repaire sur le pompile qui ébraide sa toile, et s’arrêtant devant lui, atterrée, incapable d’avancer ou de fuir. Le pompile s’élançant sur elle la pique de
- 1 Voy. n° 1466, du 29 juin 1901, p. 71.
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- Eunjpehna lleuUfù. — Tarenluln llawk.
- son aiguillon dont le venin la paralyse sur-le-champ.
- Les pompiles, en effet, que l’on voit fréquemment par la campagne le long des chemins et des talus,
- courant les ailes vibrantes, les autennes frémissantes, voletant toujours affairés, alimentent leurs larves avec des araignées, ne se laissant nullement intimi-
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- der par leurs crocs menaçants. C’est, comme dit Fabre, le pciralyseur et le tueur face à face, l’un armé de ses puissants crochets, l’autre de son aiguillon venimeux. S’ils.n’ont pas l’aspect terrifiant des grandes espèces exotiques, nos tueurs d’araignées indigènes ont pu être étudiés plus attentivement et leurs mœurs sont mieux connues.
- Le pompile annelé (Calicuryus annulât us) attaque la tarentule (Lycosa tarentula) dont la morsure, dangereuse même pour l’homme, tue rapidement un oiseau, et l’introduit paralysée dans un nid formé d’un trou sommairement aménagé et bouché par quelques gravats, après avoir collé son œuf vers la naissance du ventre. L’araignée qui ne présente aucune lésion visible, dont les extrémités des pattes seules montrent quelques légers frémissements, se conservera ainsi fraîche pendant environ sept semaines.
- Un autre pompile (Pompilus apicalis), quoique plus petit qu’elles, attaque les segestries. Retenue par un câble soyeux, l’araignée s’élance sur lui, mais il l’évite et s’élance à son tour sur elle lorsqu’elle revient se mettre à l'affût à l’entrée de son repaire, et il recommence l’attaque jusqu’à ce qu’il ait réussi à l’arracher de son embuscade pour la laisser choir sur le sol, où, embarrassée, nous dit Fabre, elle rassemble ses pattes et cherche à se dissimuler dans quelque anfractuosité, mais bientôt rejointe par son adversaire, elle est aussitôt poignardée.
- Le pompile alors explore les environs, marchant avec aisance sur les toiles, palpant des antennes les tubes inhabités de la tégénaire (il ne pénètre jamais dans le logis d’une araignée, occupé par celle-ci), et, quand il en a trouvé un à sa convenance, revient chercher sa victime, l’y monte à reculons, et, après l’y avoir introduit avec un œuf, le bouche de débris quelconques. Là, sur le tissu soyeux, dans le nid de l’araignée la larve du pompile va se développer, la dévorant tout à l’aise.
- D’autres pompiles se creusent des terriers (Pompilus octopus) et nourrissent leurs larves d’épeires qu’ils vont chercher au milieu de leurs toiles où ils courent allègrement sans jamais s’y empêtrer contrairement à ce que font tous les autres insectes.
- Les pélopées à l’abdomen longuement pédiculé alimentent aussi leurs larves d’araignées dans les cellules d’un nid construit en une maçonnerie de terre gâchée qui durcit en séchant1. (Chacune d’elles en contient un nombre variable suivant la taille et qui peut atteindre le chiffre de douze.)
- M. Maurice Maindron a observé à Ternate le Pelopeus lattis qui construit ses nids en terre sous les auvents, dans les maisons même, contre les murs, après les rideaux, où il est toléré par les habitants parce qu’il chasse et détruit les araignées qui tendent leurs toiles dans les appartements. Mais, fait judicieusement observer M. Maindron, dans ces toiles se prennent en grand nombre les moustiques dont le pays est infesté, et par suite ces araignées y rendent de réels services. I)e même _ 1 Voy. n° 1097, du 9 juin 1894, p. 21.
- que chez le pompile l’araignée saisie par le pélopée est immédiatement paralysée par un coup d’aiguillon.
- Les Aglénies construisent des nids en terre ressemblant à de petits pots moins gros que des noyaux de cerises, vernissés en dedans, contenant chacun sa petite araignée avec un œuf sur le flanc.
- L’histoire des chasseurs d’araignées n’est pas encore complètement connue, surtout en ce qui concerne la manière dont ils opèrent leurs victimes, et malgré les si belles observations de Fabre; mais telle qu’elle est, elle mérite d’être contée, et il nous a semblé qu’elle ne manquerait pas d’intéresser nos lecteurs. A.-L. Clément,
- Professeur (l'Entomologie agricole.
- LES ASCENSIONS EN CERF-VOLANT
- Une revue française citait dernièrement comme une expérience tout à fait nouvelle et extraordinaire l’ascension qu’aurait faite à Boston, en Amérique, une jeune femme, Mme Almenia Rice, enlevée dans les airs par un cerf-volant gigantesque. Telle qu’elle est décrite dans la revue en question, cette expérience paraît absolument fantaisiste. Le fait même d’une ascension en cerf-volant est chose peu nouvelle et ne présente aucune difficulté pratique. Nous ne ferons pas l’historique des ascensions en cerf-volant que nos lecteurs trouveront s’ils le désirent dans notre ouvrage sur les Cerfs-volants, et nous nous proposons simplement d’exposer en quelques lignes les différents procédés qui peuvent être employés pour réaliser cette expérience intéressante.
- La forme des cerfs-volants n’est pas indifférente et, tant au point de vue de la stabilité indispensable à la sécurité de l’expérimentateur, qu’au point de vue de la puissance portante de l’appareil, les cerfs-volants cellulaires sont infiniment supérieurs aux cerfs-volants plans ; pour la manœuvre, l’emploi d’une série de cerfs-volants, attelés en tandem sur un câble unique de retenue, est préférable à l’emploi d’un cerf-volant unique de grandes dimensions.
- M. Maillot, qui fit en 1886 une série d’expériences en vue de réaliser une ascension au moyen d’un vaste cerf-volant plan unique de 72 m2 de surface, enlevait un poids total de 145 kg. Cela représentait à peine 2 kg par mètre carré de surface portante. Le capitaine Baden-Powell, qui exécuta en 1894 des expériences fort intéressantes à ce sujet au camp de Pirbright, en Angleterre, et réalisa de nombreuses ascensions en cerf-volant, avait tout d’abord employé un cerf-volant plan unique de 46,50 m2 de surface qui ne portait guère plus que celui deM. Maillot, soit 2 kg à 2k®’,5 par mètre carré; il remplaça par la suite le cerf-volant unique par une série de 4 à 6 cerfs-volants plans, ce qui facilita beaucoup les manœuvres, mais ne lui fit pas gagner grand’chose sur la puissance portante de sesappareils.
- Au contraire, avec les cerfs-volants à cellules, nous voyons en 1897 le lieutenant Hugh. D. Wise, à Grosvenor’s Island, aux États-Unis, enlever un poids
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- total de 104*8,400 à l’aide de quatre cerfs-volants cellulaires reliés sur une même corde d’attache, d’une surface totale de 28,68 m2 seulement; il obtenait ainsi 5*8,64 par mètre carré.
- Nous citerons encore les expériences de M. L. Margrave, le célèbre inventeur des premiers cerfs-volants cellulaires, qui enleva 95*8,05 avec quatre cerfs-volants présentant une surface totale de 21,55 m2, ce qui faisait 4*g,52 par mètre carré.
- La supériorité des cerfs-volants cellulaires est donc bien évidente, et on peut évaluer à 5 kg ou 5*8,500 par mètre carré le poids qu’avec un bon vent de 7 à 9 mètres par seconde, il sera possible de soulever avec ces appareils. Remarquons que ce poids de 5*8,500 comprend le poids total à soulever, c’est-à-dire qu’il tient compte du poids du cerf-volant lui-même. Or, un cerf-volant cellulaire bien construit et robuste arrive aisément à peser 500 ou 600 grammes au mètre carré. Partant de là, et en adoptant les chiffres forts, pour enlever un homme du poids de 80 kg, la surface totale des cerfs-volants nécessaire se calculera facilement. Désignons, en effet, par S la surface cherchée, on a évidemment : SX 5*8,500 = 80 kg + 0*8,600 XS
- OA
- d’où S — — 27,60 m2.
- 0,5 -0,6
- 11 faudra donc une série de cerfs-volants donnant une surface totale de 28 m2, soit 4 cerfs-volants de 7 m2.
- Voyons maintenant comment on réalisera l’ascension; plusieurs méthodes peuvent être et ont été employées ; elles offrent chacune leurs avantages et leurs inconvénients. L’idéal, pour une ascension en cerf-volant, serait de pouvoir se faire enlever indépendamment du cerf-volant, c’est-à-dire que celui-ci étant en l’air à une certaine hauteur, l’expérimentateur devrait pouvoir monter ou descendre sans être obligé de faire exécuter les mêmes manœuvres au cerf-volant lui-même. Il faudrait de plus que l’aérohaute pùt, une fois enlevé, régler lui-même .sa hauteur, monter, s’arrêter, se porter à droite ou à gauche du lit du vent, par de simples changements d’orientation des surfaces des cerfs-volants, changements obtenus par l’aéronaute lui-même suspendu dans sa nacelle. Ces différentes conditions ont été plus ou moins réalisées, mais pas toutes ensemble.
- Dans le cerf-volant de Maillot qui, bien que n’ayant jamais enlevé un homme dans les airs, a été cependant expérimenté avec succès (fig. 1), l’aéronaute devait être assis dans une petite nacelle fixée sur le cerf-volant lui-même ; il eût donc été enlevé en même temps que celui-ci. La première condition n’était donc pas remplie; en revanche, des cordes fixées latéralement sur le pourtour du cerf-volant, et aboutissant à la nacelle, permettaient à l’opérateur de faire dévier celui-ci du lit du vent; d’autres cordes faisant varier l’inclinaison du cerf-volant eussent permis à l’aéronaute de régler sa hauteur dans une certaine limite : la condition de direction était donc remplie.
- Dans les ascensions réalisées par Hargrave et par
- le capitaine Raden-Powell, la nacelle était fixée inva- * riablement en un point de la corde de retenue, et l'ascension s’obtenait en laissant filer celle-ci ; donc la condition d’indépendance du eerf-volantet de la nacelle n’était pas remplie non plus, pas plus d’ailleurs que la condition de direction, l’aéronaute n’ayant aucun moyen d’agir sur l’orientation des cerfs-volants.
- Le lieutenant Wise, au contraire, fixait une poulie en un point de la corde de retenue (fig. 2) ; sur cette poulie passait une corde reliée d’une part à un treuil resté à terre, et d’autre part à la selle où s’asseyait l’aéronaute. Celui-ci était alors élevé en l’air par la corde du treuil passant sur la poulie, et pouvait par conséquent être élevé en l’air ou ramené à terre indépendamment du cerf-volant. La condition d’indépendance de la nacelle et du cerf-volant se trouvait donc remplie, mais non celle de la direction.
- Enfin, un autre expérimentateur américain,
- M. Ch. Lamson, qui fit, à partir de l’année 1896, un certain nombre d’ascensions en cerf-volant, suspendait sa nacelle sous la carcasse du cerf-volant avec lequel elle faisait corps ; l’ascension était donc absolument dépendante de celle du cerf-volant; mais, en revanche, la possibilité de direction était parfaitement obtenue, l’aéronaute pouvant, de la nacelle, modifier à volonté l’orientation de la voilure, et dévier ainsi notablement de la direction du vent. Ajoutons d’ailleurs qu’en agissant de même sur l’inclinaison des plans de sustention du cerf-volant, Lamson obtenait également l’ascension ou la descente à volonté. Il semble donc que de tous les expérimentateurs que nous avons cités, Lamson est celui qui a le mieux rempli les conditions du programme.
- L’inconvénient que présente la dépendancefabsolue de la nacelle et du cerf-volant, tient à ce que, en cas de rupture du cerf-volant, celui-ci peut chavirer en tombant à terre, tandis que, si l’indépendance est réalisée, et que la nacelle soit munie d’un parachute, le bris du cerf-volant ne peut entraîner d’accident grave; néanmoins, avec un cerf-volant bien construit et robuste, la rupture sera d’autant moins à craindre que la condition de direction sera mieux remplie, car l’aéronaute, en couchant plus ou moins les plans sustenteurs de son appareil, pourra, en cas de rafale, diminuer l’effort du vent et éviter ainsi tout accident. En fait, malgré les nombreuses ascensions déjà effectuées au moyen de cerfs-volants, aucun accident fâcheux n’a marqué jusqu’à ce jour ces expériences intéressantes. A notre avis, cependant, il y aurait intérêt à obtenir cette indépendance absolue entre les cerfs-volants porteurs et la nacelle. Voici donc comment, d’une façon en quelque sorte schématique, nous envisageons la solution rationnelle du problème des ascensions en cerf-volant.
- Un certain nombre de cerfs-volants, d’un système cellulaire quelconque, attelés en landem sur une corde de retenue commune, et présentant ensemble une surface de 50 à 55 m2, seraient enlevés au préalable à une hauteur de 250 ou 500 mètres par exemple. Sur la corde de retenue roulerait un galet à
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- gorge à l’axe duquel serait suspendue la nacelle ou simplement le siège de l’aéronaute. Celui-ci, muni de vastes plans de planement formant parachute, analogues à l’appareil d’Otto Lil-lienthal, serait alors absolument maître de ses mouvements; voudrait-il quitter terre? Il lui suffirait de présenter au vent la surface de ses plans pour être enlevé à la façon d’un postillon le long de la corde de retenue, mais d’un postillon dirigeable puisque, par l’inclinaison variable de ses plans de sustention, l’aéronaute pourrait à chaque instant modifier sa vitesse, s’arrêter, monter ou descendre, et même s’écarter notablement du lit du vent. Enfin, les cerfs-volants porteurs viendraient-ils à s’abattre ou la corde de retenue casserait-elle, que l’aéronaute, soutenu par ses plans formant parachute, ne courrait encore aucun danger.
- On voit combien ce procédé offrirait de facilité et de sécurité pour l’ascension et les différentes manœuvres que l’on peut se proposer et, ainsi comprise, une ascension en cerf-volant serait appelée à rendre les mêmes services qu’une ascension en ballon captif, avec un matériel infiniment moins encombrant et plus portatif.
- La méthode dont nous indiquons simplement le principe offrirait particulièrement un puissant intérêt en ce qu'elle constituerait une méthode d’étude expérimentale de Vaéroplane, cet appareil plus lourd que l'air qui renferme, croyons-nous, la solution complète du problème de la navigation aérienne. Elle permettrait, en effet, à un observateur audacieux d’étudier la meilleure forme des plans de sustention, l’inclinaison la plus convenable à leur don-
- Fig. 2. — Ascension en eerf-\ol;ni( du lieutenant AYise.
- ner, de se rendre compte des manœuvres pour conduire dans les airs un aéroplane; en un mot de faire son apprentissage de navigateur aérien.
- Nous sommes donc convaincus que les ascensions en cerfs-volants sont appelées à rendre de réels services, soit comme appareils d’observation remplaçant les ballons captifs, soit comme appareils d’aviation pour l’étude et le perfectionnement des aéroplanes. C’est pourquoi nous avons pensé qu’il n’était pas inutile de résumer en quelques lignes les travaux déjà faits dans cet ordre d’idées afin que le côté acrobatique n’en fasse pas perdre de vue l’intérêt scientifique ; il serait tout à fait déplorable que le nom de Mme Almenia Rice lit oublier ceux de Baden-Powell, de Wise, de Hargrave et de Lamson. J. Lecornu,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- Fig. 1. — Ceff-volant de M. Maillot.
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- UN NOUVEL APPAREIL D’ARTILLERIE
- MESURE DE LA. PRESSION DANS l’aME EN AVANT DU PROJECTILE
- Il existe divers appareils pour la mesure de la pression de la poudre dans Pâme des bouches-à-feu. Cette pression a, en effet, une grande importance puisque c’est de sa valeur et de sa variation que l’on déduit le tracé qu’il est nécessaire de donner à la pièce. Mais si l’on a créé des appareils pour la détermination des pressions qui s’exercent derrière le projectile, il n’en existe pas encore permettant de connaître celles qui agissent en avant par suite de la compression de l’air de l’àme. La connaissance de cette compression n’offre peut-être pas un grand intérêt pratique, mais il n’en est pas de même de
- son importance scientifique. On admet'que l’air en avant du projectile, lorsque celui-ci se déplace, tend à se répandre au dehors avec une vitesse égale à celle du son, mais cette assertion est discutable ; en tout cas, il ne peut y avoir aucun inconvénient à procéder à sa vérification. C’est afin d’arriver à ce but qu’un officier de nos amis a établi un projet d’appareil dont nous allons donner une description sommaire. Dans la recherche de son appareil, l’inventeur a cru devoir laisser de côté tout système de mesure directe de la pression de l’air, estimant que les effets, dus à l'inertie et se produisant dans le même sens que la pression à mesurer, masqueraient complètement la valeur de cette dernière. Aussi, s’est-il proposé d’emmagasiner automatiquement l’air comprimé se réservant d’en mesurer plus tard la pression.
- Appareil pour la mesure de la compression de l’air dans l’ame des bouches-à-feu en avant du projectile.
- 1. Bouchon en plomb. — 2. Projectile. — 3. Détail agrandi du bouchon en plomb. — 1. Détail agrandi du projectile. — b. Débouchoir.
- ti. Détails du bouchon et du projectile. — 7. Emploi du débouchoir.
- C’est dans le projectile lui-même que s’opère cet emmagasinage. A cet effet, le projectile (n° 2) présente un canal cylindrique d’un diamètre relativement faible, s’ouvrant en avant en tronc de cône et fermé en arrière par une rondelle de plomb matée et maintenue par une forte vis. Cette vis présente également un canal sur le prolongement de celui du projectile, canal qui s’élargit en arrière en une partie taraudée dans laquelle une petite vis est placée. Le projectile, ainsi disposé, est prêt pour le tir.
- Mais, avant de faire partir le coup, on dispose dans l’àme, en l’introduisant par la bouche, un fort anneau de bois (n°l) supportant, à l’aide de quatre fils de fer, un bouchon tronconique en plomb de dimensions légèrement supérieures à celles du tronc de cône du canal du projectile. Le bouchon est mis dans l’àme à la distance à laquelle on se propose de déterminer la compression de l’air.
- Dans ces conditions, lorsqu'on mettra le feu à la pièce, le projectile viendra rencontrer en son milieu le bouchon qui, par l’effet de l’inertie, se matera dans le tronc de cône du canal et emprisonnera l’air qui s’y trouvait. Afin de rendre le matage plus efficace et plus résistant, la surface tronconique du canal du projectile présente un certain nombre de rainures circulaires dans lesquelles le plomb pourra s’épanouir. Bien entendu, le projectile, tout en s’adjoignant le bouchon, brise et disperse les fils de fer et la couronne de bois qui supportaient ce dernier. Le projectile est tiré dans une chambre à sable d’où il est ensuite extrait et transporté à l’atelier. L'a, on enlève la petite vis du culot et on visse avec précaution à sa place un débouchoir particulier (n° 5) terminé par un manomètre qui n’est pas entièrement représenté dans la figure, mais qui n’offre rien de spécial. Par suite du vissage, il arrive un moment
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- LA NAT LUE.
- où le foret du débouchoir arrive en contact avec la rondelle en plomb ; puis cette rondelle est attaquée et ne tarde pas à être percée ; la pointe du foret l’ayant dépassé, l’air comprimé du canal du projectile peut alors se répandre et, passant dans la tige du foret, parvenir au manomètre. Des indications fournies par ce dernier instrument, on peut alors en déduire la pression primitive de l’air comprimé, en tenant compte, bien entendu, du volume occupé par cet air dans le canal du projectile et de celui dans lequel il s’est répandu pour arriver à exercer son action sur le manomètre.
- A l’aide d’un nouveau bouchon et le projectile ayant été remis en état, on pourra procéder à une nouvelle expérience et déterminer ainsi la compression de l’air de l’àme ,en un autre de ses points et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on ait recueilli suffisamment de résultats pour en déduire la loi de cette compression. L‘-colonel Delauney.
- CORRESPONDANCE
- IA DESTRUCTION DE SAINT-PIERRE A IA MARTINIQUE
- Nous recevons de notre collaborateur, M. Félix Colomer, ingénieur civil des mines, de passage à La Martinique au moment du désastre, la lettre suivante que nous croyons devoir publier en raison de son origine, bien qu’elle ne relate que des faits bien connus aujourd’hui.
- Fort-de-France, 11 mai 1902.
- I! semljle que l’Amérique Centrale soit actuellement le siège de nombreuses manifestations volcaniques. Le Mexique a commencé avec des tremblements de terre. Le Guatemala a suivi, également avec quelques secousses sismiques, l ue éruption volcanique s’est produite dans l’ile de Saint-Vincent, aux Antilles. On en redoute une autre à Sainte-Lucie. La plus terrible est celle de la Martinique qui a détruit toute la ville de Saint-Pierre, faisant plusieurs milliers de victimes.
- L’éruption s’est produite à la Montagne Pelée qui doit son nom à l’absence complète de végétation vers le sommet. Son altitude n’est pourtant pas considérable, mais le substratum géologique se prête difficilement au développement de la végétation. Les terrains sont fissurés. Ce sont des roches décomposées, plus ou moins boueuses, sur lesquelles n’est jamais restée aucune parcelle de terre végétale.
- Depuis 1851, le cratère n’avait manifesté aucun mouvement volcanique. On le croyait éteint. Les eaux s’étaient accumulées à son sommet, formant une soupape qui pouvait devenir terrible pour le dégagement des gaz en cas d’éruption. Les événements l’ont bien prouvé.
- Une première alerte se produisit le 5 mai. Une coulée de lave s’était échappée du cratère. La lave descendait par le ravin lorsque, subitement arrêtée par un barrage naturel, elle vint à remplir le ravin et à détruire complètement une usine. Le ravin est assez loin encore de la ville de Saint-Pierre. Il est très profond et son orientation est inverse de celle de la ville. Aussi les habitants affectaient de ne rien craindre. On venait même des environs pour voir le volcan-, on venait de Fort-de-France, comme si l’on ignorait qu’une éruption volcanique ainsi qu’une
- secousse de tremblement de terre n’est jamais seule à se produire.
- Le volcan continuait à gronder. Des nuages chargés d’électricité s’accumulaient à son sommet. Quelques éclairs étaient visibles, tandis que les détonations souterraines étaient terribles.
- Le 8 mai, à 8 heures du matin, une gerbe de feu sortit tout à coup du cratère, projetant de tous côtés de la boue, des laves et des cendres. La gerbe passa au-dessus d’un sommet voisin de la Montagne Pelée et plus élevé qu’elle, puis, changeant brusquement de direction, elle vint s’abattre sur la ville de Saint-Pierre.
- Les habitants furent non pas carbonisés, mais plutôt asphyxiés sur place. Toutes les victimes retrouvées sont privées de leurs vêtements comme dans une catastrophe de grisou. On cite le cas d’un officier de paquebot qui n’a échappé que par un pur effet du hasard. 11 tomba sur le pont du navire, se plaignant d’étouffer. D’autres cadavres vinrent recouvrir son corps. Reprenant enfin connaissance, il arriva à se dégager. Il avait été sauvé par les corps des camarades tombés sur lui.
- La gerbe de feu une fois sortie du cratère, le régime ordinaire de l’éruption s’est organisé, et en ce moment encore sortent de nombreuses flammes. De tous côtés des pierres ont été projetées. On remarque parmi ces pierres de petits quartz dont les arêtes sont parfois émoussées. Les plus gros blocs se trouvent en rade de Saint-Pierre. Le centre de la ville est plutôt couvert de petits débris. La pluie de cendres est venue jusqu’à Fort-de-France où une couche de 8 à 10 centimètres s’est déposée dans les rues. Presque toute l’ile est recouverte de ces cendres, et de loin en loin, dans la campagne autour de la ville disparue, des incendies se sont allumés. Les plantations de sucre sont ravagées et le bétail ne trouve plus rien à manger sur le sol dévasté.
- On prétend que l’éruption s’est produite sans tremblement de terre appréciable. Toutefois un événement aussi considérable ne va jamais sans être accompagné de plusieurs secousses. Les rues sont méconnaissables à Saint-Pierre. Des maisons se sont affaissées. Un raz de marée s’est d’ailleurs produit jusqu’à Fort-de-France, et certains courants marins ont augmenté, ce qui semblerait indiquer que le fond de la mer a subi diverses variations.
- Quoi qu'il en soit, le désastre a été terrible. Les bateaux qui se trouvaient en rade n’ont pas eu le temps de se sauver et ont tous péri dans les flammes. De nombreuses familles ont disparu. D’autres sont ruinées. Saint-Pierre était la ville la plus commerçante et la plus industrielle de toute l’ile. Félix Colomer,
- Ingénieur civil des mines.
- CHRONIQUE
- Exposition (l’Horticulture. — L’Exposition annuelle d’horticulture s’est ouverte samedi dernier non plus aux Tuileries, mais au Cours-La-Reine dans les belles serres construites pour l’Exposition de 1900. Le coup d’œil était vraiment féerique. La situation est charmante près de cette magnifique terrasse qui borde la Seine. Les fleurs, admirablement groupées et étagées dans les deux serres, saisissaient le regard par leur coloris et par la variété les formes. On a beaucoup remarqué la petite exposition du « Jardin Colonial » avec ses plantes singulières et ses fruits. Il convient aussi de citer les arbres séculaires que les Japonais travaillent de façon à les réduire à l’état d’arbustes minuscules. Un cèdre déplus
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- LA NATURE.
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- de cent ans tient dansja main. Ces arbres se vendent en ce moment à Paris, selon leur âge, entre 50 et ‘2000 francs. Le succès de ce Salon des fleurs va croissant chaque année.
- La catastrophe du <( Pax )). — M. Albert Cliar-honneaux, astronome à l’observatoire de Meudon, nous envoie la photographie ci-jointe prise après la chute. Il
- Aspect du moteur Bueliet de 24 chevaux du Pax dans l’avenue du Maine, après la chute.
- nous fait remarquer qu’elle est unique ; nous nous empressons de la reproduire à titre documentaire, bien qu’elle ne nous éclaire pas sur la cause de l’accident.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 mai 191)2.
- Présidence de M. Bouquet de la Ghye.
- Propriétés du bacille pyocyanique. — M. d’Arsonval présente une Note de MM. Charrin et Guillemonat, relative au mode d’action de divers microbes, notamment du bacille pyocyanique. La mort des animaux inoculés à l'aide de ce microbe n’est pas due seulement aux toxines qu’il élabore, mais surtout aux produits ammoniacaux qu’il dégage. Ces produits sont très volatils et peuvent causer des troubles sur des animaux placés dans le voisinage. Les produits colorés du bacille pyocyanique ne sont pas toxiques; on peut observer qu’à côté de la substance toxique, il sécrète des produits qui ont les propriétés d’une antitoxine.
- Propriétés de l'extrait de rein. — M. A. Gautier présente une Note de M. Gérard sur l’action biochimique de l’extrait de rein sur quelques composés organiques. Cet extrait contient un ferment qui déshydrate la créatine. Or, on a observé que chaque fois qu’un organe contient un ferment actif, il présente un autre principe qui exerce une action contraire. Le fait se vérifie pour l’extrait de rein préparé à froid qui transforme le glycogène en sucre par une réaction propre.
- Emploi de l'urée comme développateur. — M. Lipp-
- mann résume une Note de M. Reiss sur l’emploi de l’urée en photographie. Cette substance, additionnée d’un carbonate alcalin, développe faiblement les plaques impressionnées par la lumière; pure, elle est sans action. Ajoutée à uu développateur ordinaire, au pyrogallate ds potassium, elle augmente l’intensité de l’image.
- La température de l'arc électrique. — M. Lippmann fait savoir que M. Féry a déterminé la température de l’aic électrique au moyen d’un procédé déjà employé par M. Yiolle, et fondé sur la mesure des intensités des radiations lumineuses. Cette température serait d’environ 4000° et varierait avec la nature des charbons employés.
- Spectres d’étincelles. — M. Lippmann indique un procédé imaginé par M. de Gramont pour l’étude du spectre des étincelles. L’auteur montre comment les spectres d’étincelles avec self-induction facilitent l'analyse spectrale des composés, en éliminant le spectre de l’air, puis ceux des métalloïdes qui disparaissent l’un après l’autre.
- La respiration à basse pression. — M. Chauveau expose les résultats d’expériences, effectuées par M. Tissot, sur la respiration d’animaux placés dans une enceinte fermée et dont l’atmosphère est maintenue à une pression réduite. Dans ces expériences, la pression a été abaissée jusqu’à 0m,48. L’auteur a constaté que le débit respiratoire, c’est-à-dire le volume d’air qui passe parles poumons, ne s’accroît pas; il diminue même plutôt. Néanmoins les échanges respiratoires, c’est-à-dire l’absorption d’oxygène et l’émission d’acide carbonique, sont plutôt augmentés. Il ne peut en être ainsi que parce que les échanges à l’intérieur du poumon sont activés. Donc dans un air raréfié on n’a pas à craindre les phénomènes d’asphyxie.
- Dessiccation de graines. — M. Dehérain expose que M. Maquenne a reconnu qu’après dessiccation dans le vide et à froid, les graines se conservent sans donner lieu à aucun dégagement de gaz. Leur respiration intracellulaire se trouve donc ainsi annihilée, ce qui tient évidemment à l’arrêt de toutes les actions diastasiques qui s'accomplissent chez la graine humide. L’auteur conclut qu’en l’absence totale d’eau, il tend à s’établir un équilibre stable entre les divers principes qui constituent la graine et que celle-ci passe alors de l’état de rie ralentie à l’état de vie suspendue sans rien perdre de sa faculté évolutive qu’elle pourrait ainsi garder indéfiniment.
- Caractères du lophiodon. — M. C. Depéret, doyen de la Faculté des sciences de Lyon, expose que le lophiodon est le type de pachyderme le plus remarquable des temps éocèues. Il a vécu fort longtemps à travers la série de plusieurs étages sans subir de modifications importantes, sinon des variations de grandeur allant du rhinocéros au tapir. Jusqu’à présent on n’en connaissait qu’une tête, découverte par M. Meunier Chalmas et étudiée par M. Filhol. M. Depéret en présente six magnifiques spécimens découverts par lui à Livinière (Hérault). 11 observe dans la structure des crânes de la ressemblance avec les tapirs, par la dentition, et avec le rhinocéros par la forme de la région postérieure. L’auteur con-tate quelque ressemblance avec un animal bien plus ancien, le coryphodon, mais il lui parait hasardeux de dire que les deux animaux sont liés par une filiation directe. Les aubes caractères et affinités ostéologiques sont une énigme sur beaucoup de points. En résumé le lophiodon, lé rhinocéros et le tapir représentent trois rameaux parallèles dont le premier s’arrête à l’époque éocène, tandis que les deux autres ont survécu; il est probable qu’ils se rattachent à un ancêtre commun à découvrir. Ch. de Yilledeiil.
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- LA NATURE.
- ANËUOSCOPE ÉLECTRIQUE
- La direction du vent joue un rôle dominant dans les prévisions météorologiques. Et les amateurs de pronostics eux-mémes consultent toujours la girouette. Mais la girouette n’est pas toujours à la portée de l’observateur. Nous venons de voir un dispositif très intéressant, puisqu’il permet de lire chez soi dans son cabinet la direction du vent.
- Cet ingénieux appareil a été combiné par M.M. Sanson. La girouette traditionnelle reste, bien entendu; mais au lieu de tourner pour rien souvent, au-dessus des toits, elle fait savoir à portée de l’observateur ce qui se passe au-dessus de lui. Cet appareil a été construit par la maison Mildé et Cie. Il est d’une grande simplicité et son fonctionnement ne laisse rien à désirer. La ligure ci-jointe nous en représente les parties principales.
- La tige A, qui supporte la girouette B et qui est placée sur le toit de la maison, est fixée directement à un disque métallique C, qui porte quatre roulettes se déplaçant sur un deuxième disque D placé au-dessous. L’ensemble de ces disques est réuni dans une boîte entièrement fermée et se trouve à l’abri des influences extérieures.
- Sur le disque inférieur D sont fixées, en allant du centre à la périphérie, deux couronnes en cuivre H et G, puis tout autour des lames de cuivre E, F isolées les unes des autres. Aux couronnes H et G aboutissent les fils —f- et — d’une batterie de quelques éléments de piles. Les roulettes métalliques portées sur le disque C se meuvent, entraînées par les déplacements de la tige verticale et par suite de la girouette. Elles se déplacent sur les couronnes II et G et viennent à chaque instant établir, entre ces
- couronnes et deux des lames de cuivre extérieures, des contacts qui tendent à se déplacer suivant les directions du vent. Les diverses lames de cuivre sont réunies à l’aide de fils électriques en diverses parties d’un anneau Gramme, qui est placé à distance et fixé contre le mur. On le voit dans notre figure à la partie inférieure ; il est porté par la boite de piles. 11 en résulte que nos contacts roulants amènent le courant, dans un sens déterminé, à l’une des lames
- également bien déterminée, suivant le déplacement du contact. Toutes les variations de direction que subit la girouette siïr le toit se traduisent donc par un déplacement du point de contact de l’arrivée de courant des piles sur les lames de cuivre extérieures en relation avec l’anneau Gramme. Le courant, en entrant dans le fil, détermine dans le fer sur lequel est enroulé le fil, au point d’arrivée , un pôle magnétique Nord ou Sud suivant le sens du courant. Il suffit d’avoir extérieurement devant Y anneau une aiguille aimantée mobile autour d’un axe. Le sens du courant envoyé dans l’anneau sera choisi de façon que le pôle qui se forme dans le fer soit toujours de nom contraire à celui qui existe à l’extrémité de l’aiguille portant la flèche indicatrice. De la sorte l’aiguille se déplace aussitôt pour venir au-dessus de la partie de l’anneau qui reçoit le courant. On peut alors établir une graduation comme celle qui est portée sur l’appareil et qui indique les directions principales N, NE, NO, S, SE, SO, E, 0.
- Cet anémoscope ne possède pas un mécanisme compliqué, et il peut être utile dans de nombreuses circonstances. J. L.
- Le-Gérant : P. Masson.
- Anémoscope électrique.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 0.
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- bibliothèque;
- LA NATURE
- TRENTIÈME ANNÉE— 1902
- TREM1ER SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Abel à Christiania (Centenaire cl’), 351.
- Absorption des levures vis-à-vis des matières colorantes (Pouvoir d’), 112.
- Académie (L’heure à 1’), 303.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de'l’), 15, 51, 46, 63, 79, 95,111, 127,143, 158,175,191, 207, 222, 238, 255, 271, 287, 303, 318, 334, 351, 367, 383, 399, 415.
- Académies (Association internationale des), 95.
- Acétylène (Éclairage à 1’), 349.
- Acétylène (Générateur d’), 304.
- Acier Jupiter (Le nouvel), 207Î
- Actinies (La maternité chez les), 211.
- Actiniques (Application médicale des rayons), 223. »
- Aérostatique au long cours (Un voyage), 83.
- Air (La résistance de 1’), 210.
- Air arliliciel (L’), 331.
- Alcool (Exposition de U), 7, 35.
- Alcool industriel, 14.
- Alimentaire (L’industrie), 62.
- Alliages de strontium, 31.
- Alpes (La garde des), 105.
- Altitudes (La vie aux grandes), 39.
- Anémoscope électrique, 416.
- Anesthésie, 175.
- Anesthésie par courants de haute fréquence, 255.
- Angles sans rapporteur (La construction des), 218.
- Animaux porteurs (Les), 206.
- Antilles (La catastrophe des), 392.
- Araignées (Les chasseurs d’), 408.
- Arc du Pérou (Mesure de 1 ), 551.
- Arc électrique (La température de 1’), 415.
- Arc électrique parlant et chantant (L’), 208.
- Archéologue « post mortem », 270.
- Arithmographe Troncet (L’), 47.
- Arrhénal (L’), 253.
- Art (Origines de 1’), 226.
- Artillerie (Un nouvel appared d’), 413.
- Ascensions scientifiques (La vie aux grandes altitudes et les), 39.
- Asphyxie (La glycosurie concomitante de 1’), 239.
- Astronomiques en 1902 (Phénomènes), 94.
- Atmosphériques (Les variations dans les précipitations), 370.
- Aurores boréales (Origine des), 111.
- Automobile (Salon de U), 71, 78, 84.
- Automobiles (Agricultural Hall, Exposition d’), 380.
- Automobiles postales de Tunisie, 97.
- Autruches dans l’Australie Méridionale (L’élevage des), 383.
- Aveugle (Nouvel appareil pour lccriture de 1’), 177.
- B
- Bacille du monde (Le plus petit), 265.
- Bacille pyocyanique (Propriétés du), 415.
- Bagages à la gare d’Orléans (Manutention mécanique des), 87.
- Balayeuse automobile électrique américaine), 270.
- Ballon dirigeable Severo (Le), 387.
- Barnum à Paris, 27.
- Baryum et radium (Chlorures de), 95.
- Betterave fourragère (La), 255.
- Betteraves fourragères (La culture des). 351. ^
- Beurre de Sibérie (Le), 54. ,
- Beurre lacté, 143.
- Bicyclette (Les freins de), 155.
- Bicyclettes (Machine à essayer les), 127.
- Blackroot (La lutte contre le), 367.
- Blés (L’hybridation des), 250.
- Blindages modernes (L’avantage des), 271.
- Boers (Wagons), 262.
- Bois en France et dans le monde (L’avenir du), 282.
- Botanique et croyances, 274.
- Botaniques alpins (Les jardins), 310.
- Bouchons (Les vieux), 27.
- Bouleau et électricité atmosphérique, 366.
- Bouquet de la Grye (Hommage à M.), 190.
- Bouteilles (Fabrication mécanique des),
- 200.
- Bruxelles (Traction et éclairage électrique à), 14.
- Bureau de l’Académie (Renouvellement du), 95.
- 0
- Cadenas des coffres indiens (Les), 53. Calendrier (Un animal), 203.
- Canal transeuropéen (Le), 62.
- Canons jumeaux (Les), 340.
- Canonnières démontables à faible tirant d’eau, 3.
- Caprification (La), 59.
- Cartes de la région sud-américaine, 112. Cartes géologiques de l’Afrique tropicale, 207.
- Cellulotypie (La), 271.
- Céréales (Nouveau destructeur des), 163. Cerf-volant (Les ascensions en), 410. Chalands de mer (Les), 378.
- Chaleur (Défense de l’organisme contre la), 31.
- Charrue vigneronne (Une nouvelle), 317. Châssis Turillon, 305.
- Chat (Le dressage du), 127.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Chaudière au Transvaal (Le transport d’une), 133.
- Chaudières marines Babcock et Wilcox, 299.
- Chauves (La toxine des), 270.
- Chaux (Fusion de la), 127.
- Chemin de fer (La sécurité en), 257.
- Chemin de fer à crémaillère de Nilgiri (Le), 126.
- Chemin de fer de Djibouti à Ilarar, 291.
- Chemin de fer d’Hanoï en Chine, 244.
- Chemin de fer électrique Zossen-Marien-felde (Le), 391.
- Cheminée d’usine en bois, 363.
- Chemins defer électriques de Milan, 375.
- Cheval (Les proportions du), 287.
- Chevaux (Nos', 294, 402.
- Chien hyénoïde ou cynhyène peinte, 81.
- Chinchilla (Destruction du), 158.
- Chromique(Cristallisation de l’acide). 175.
- Chrysanthèmes (Une maladie des), 15.
- Ciment de bois (Le), 174.
- Cinématographe météorologique, 303.
- Cinématographiques d’une barre de fleuve (Épreuves), 366.
- Coke dans les usines de la Compagnie Parisienne du Gaz (Manutention mécanique du), 54.
- Coléoptères coprophages de la Plata (Mœurs des), 347.
- Comète de 1902 (Première), 334.
- Comète de Ilalley (Prochain retour de lai, 270.
- Composés (Préparation de nouveaux),
- 145.
- Concentration du vin (La), 99.
- Concours de jouets, 11.
- Concours de l’Académie des sciences, année 1901, 46.
- Cène de circulation pour chaudières à vapeur, 359.
- Congrès international de défense contre la grêle (Troisième), 38.
- Contact souterrain pour tramway électrique (Nouveau dispositif de), 107.
- Coordonnées des astres par la photographie (Détermination des), 191.
- Corail (Le), 523.
- Cornu (Alfred), 319.
- Corps (Préparations d’un nouveau), 385.
- Corps nouveau (Propriétés d’un), 238.
- Correspondance, 62, 414.
- Coupole pour ohusicr, 148.
- Courants de haute fréquence, 95.
- Cours d’eau superficiels et souterrains (Les), 15.
- Croisements de voies ferrées, 400-
- Croiseur russe (Nouveau), 350.
- Croiseurs auxiliaires des diverses nations européennes, 79.
- Crustacés de nos côtes (Les), 250.
- Cyathomètre (Le), 32.
- Cynhyène peinte ou chien hyénoïde, 81.
- Cytogenèsc expérimentale (La), 199.
- D
- Décharge disruptivc au sein d’un liquide éleclroly tique, 15.
- Dentaire par suggestion (Avulsion), 518.
- Dents humaines (Caractères des), 158.
- Diables de mer dans la Méditerranée, 118.
- Diocinescope audiphone, 1.
- Disque (Le jet du), 96.
- Distributeur automatique pour rayons X, 175.
- Douvres (Les nouveaux ports de), 131. Dynamite d’un rocher de 1500 m3 (Dislocation par la), 63.
- Dynamo à liante tension, 518.
- E
- Kclipsc solaire (Photographie d’), 159. Égyptiens et Chaldéens (Analyse d’ob-jets), 127.
- Élection à l’Académie des sciences, 159, 208, 239, 255.
- Électricité sur le brouillard (Action de
- , 1’), H8.
- Électromagnétique des tôles (Manutention), 284.
- Électrotypographe Mcray Rozar (L’), 327. Eléphant (La mémoire d’un). 285. Embrayages à spirale de Lindsay, 569. Empoisonnement par l'oxvde de carbone . (L’). 15.
- Énergie électrique à Paris (Distribution de 1’), 202.
- Essences exotiques, 246.
- Ethanc (Préparation de F), 191. Étincelle électrique (Le spectre de), 385. Etoiles temporaires (Périodicité des), 10. Exposition annuelle de la Société Française de Physique, 298.
- Exposition d’IIorticulture, 414.
- Extrait de rein, 415.
- F
- Fenêtres (Doubles), 122.
- Fermentation lactique par la résistance électrique du lait, 239.
- Figues de Smyrne (Les), 11.
- Filliol (Henri), 351, 567.
- Fin partielle du monde (La), 270.
- Fleurs au Japon (Arrangement des), 5.
- Forces motrices du Rhône (Les), 216, 275.
- Formique (Synthèse de l’acide), 159.
- Fouilles de Baoussc-Roussé. Étude d’un nouveau type humain, par M. Vcrneau, 555.
- F’our électrique de laboratoire, 206.
- Fourmis (Intelligence des), 78.
- Fourrures (Le pays des), 258.
- Foyers séismiques, 503.
- Fracture de l’avant-bras chez les automobilistes (La), 111.
- Freins de bicyclette (Les), 127.
- Frigorifiques (Machines), 75.
- Froid (Éléments de bonne conservation par le), 203.
- Fruits australiens traités à l’acide cyanhydrique, 14.
- Fruits par le froid (Nouveau procédé de conservation des), 129.
- Fuclis (M. Lazarus), 367, 583.
- Fulton (Un monument à), 112.
- G
- Galéruque île Forme (La), 260. Galets striés, 15.
- Gares (Curieux retour en arrière dans l’installation des), 63.
- Gaudry (Hommage à M. Albert), 236.
- Gaz d’éclairage (Liquéfaction du), 174.
- Gélatine sur le verre (Action de la), 191.
- Geysers Américains (Les), 247.
- Glacier de Rossboden (Simplon) (Ebou-lement du), 91.
- Gomme chez les arbres fruitiers (Le chancre de la), 399.
- Graines (Dessiccation de), 415.
- Gravitation dans l’nnivers (Amas de matières soumises à la), 126.
- Greffon (Influence du sujet sur le), 65.
- Grêle (La durée des chutes de), 406.
- Grenouille (L’homme), 79.
- H
- Havre (Outillage du port du), 59.
- Hélice et amarres, 159.
- Hélium (Liquéfaction de F), 206.
- Hiver de 1801-1802 (L’), 50.
- Hôpital Bretonneau, hôpital d’enfants à Paris, 337.
- Horticulture (Exposition d’), 414.
- Hôtels flottants, 78.
- Houille (Les microbes fossiles et la. formation de la), 43.
- Houille comparée à la fabrication de l’alcool (Formation de la), 134.
- Houille dans File Sakhalin (La), 201.
- Hydrogène (Préparation en grand de F), 223.
- Hydrures de sodium et de strontium (Les), 111.
- I
- Illettrés du monde civilisé (Les), 207.
- Image (L’évolution d’une). 163.
- Image de cadavre sur son suaire (Possibilité de la production de F), 335.
- Immeuble d’Europe (Le plus grand), 222.
- Indiens du Canada (Les), 527.
- Indoxyle et l’urée (L’), 207.
- Industrie alimentaire (L’), 62.
- Infécondité des sols tourbeux, 63.
- Influence de l’altitude sur les phénomènes respiratoires, 15.
- Insectes des violettes (Les), 113.
- Installation des gares (Un curieux retour en arrière dans F), 65.
- Institut électro-mécanique de Louvain (Le nouvel), 366.
- Intelligence et le volume de la tête (L’), 350.
- Internat (Centenaire de F), 401.
- Intoxication oxycarbonée (Traitement de F), 209.
- Intoxication respiratoire dans les fosses d’aisance (L’), 207.
- Isolant électrique (Un), 58.
- J
- Japon (Les a Shinobu no tamma » au), 353.
- Jouets (Concours de), 11.
- Juno (Salmo), 79.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- K
- Kaïiiile (La), 74. Kératoeone (Le), 507.
- L
- Lac glacé du Mont Perdu, 183.
- Lait inaltérable (Un), 167.
- Lampe à arc et scs premières applications (Une nouvelle), 158.
- Lampes à incandescence (La chaleur des), 303.
- Lampes à incandescence à osmium, 526.
- Lampes électriques Coopcr Hewitt, 191.
- Lampes électriques et incendies, 290.
- Laver « l’Economique » (Nouvelle machine à), 351.
- Lécithine (Propriétés de la), 159, 191, 383.
- Légumes crus et l’épandage (Les), 287.
- Légumineuses (Croissance des), 63.
- Légumineuses (Inoculation des sols destinés à porter des), 181.
- Lever des plans (Un appareil automatique pour le), 362.
- Liquide incongelahlc (Un), 95.
- Lithoporie (Le), 78.
- Locomotives de banlieue au chemin de fer du Nord (Les), 219.
- Locomotives françaises (Nouvelles), 385.
- Lophiodon (Caractères du), 415.
- Lumière sur les pierres précieuses (Action de la), 599.
- Lumière bleue (Action thérapeutique de la), 287.
- Lumière dans les milieux troubles (Polarisation de la), 142.
- Lune (Cornes de la), 98.
- M
- Machines marines (Les progrès et la puissance des), 245.
- Madagascar (Propriétés d’une plante de),
- 159.
- Magnétique (Action directrice du champ), 567.
- Magnétiques en 1902 (Éléments), 110.
- Maladie des chrysanthèmes (Une), 15.
- Mammouth en Sibérie (Découverte d'un), 307.
- Manographc de MM. E. Hospitalier et J. Carpentier, 69.
- Marey (Au Collège de France en l’honneur de M.), 124.
- Marey (Société Royale de Londres et M.), 399.
- Maritimes (Exploration des grands fonds) 534. ’
- Martinique (Catastrophe de la), 582.
- Martinique (Les cendres rejetées dans l’éruption de la), 399.
- Martinique (Phénomènes concomitants du tremblement de terre de la), 583.
- Mécanique rationnelle (Les principes de la), 503.
- Mer d’Azov en lac (Transformation de la), 115.
- Mésanges ou Paridés (Les), 241.
- Météorites du Muséum d’histoire naturelle (Les fausses), 19.
- Métrophotographie ou photogrammétrie,
- 212.
- Métropolitain (Le), 22.
- Métropolitain (Travaux préparatoires du), 263.
- Métropolitain de Paris (Trains à deux automotrices du), 234.
- Meudon (Le souterrain de), 343.
- Mexique (Les richesses minières du), 566-
- Microbes fossiles et la formation de la houille (Les), 43.
- Micro-organismes des glaciers (Les), 255.
- Mimosa (Floraison du), 66.
- Mine de 50 000 tonnes (Un coup de), 287.
- Momifiés de l’Egypte (Les poissons), 255.
- Mont-Blanc (Le sommet du), 218.
- Mont-Blanc (Etude bactériologique du massif du), 359.
- Mont Mac-Kinley (Le), 206.
- Montres suisses (Les), 150.
- Monument à Fulton (Un), 112.
- Mortiers (Les), 225.
- Moteur à gaz (Oscillations causées par un), 503.
- Motocyclettes en 1902 (Les), 140.
- Mouche tsé (La maladie duc à la), 287.
- Moulin-Rouge [ Travaux souterrains. Construction de la taverne du), 564.
- Moûts, vins et tartres (Acidité des), 595.
- Murs (Perméabilité des), 219.
- Muséum (Conférences populaires du), 334.
- Myopie en France (La), 266.
- N
- Nasale (La Prothèse), 101.
- Navigation. 303.
- Navire à grande vitesse « la Flèche » (Nouveau), 111.
- Navire moderne (Le personnel d’un), 127.
- Nécrologie, 94, 174, 222, 502, 519,351, 767, 399.
- Nerveuses chez les animaux (Crises), 374.
- Niveau d’eau de précision, 535.
- Nivellement général de la France, 127.
- Noir de fumée (Dessins sur), 175.
- Norvège (L’hiver en), 154.
- Notes numériques (L’art de donner des), 123.
- O
- Objectif le plus rapide (L’), 254. Observatoire d’Apia (L’j, 158.
- (Euf artificiel pour réfrigération, 318. Œufs d’oiseaux (La plus belle collection d’), 238.
- Oignons bretons en Angleterre (Le commerce des), 238.
- Oligiste naturel (Le fer),
- Oranges en Californie (Foire des), 87. Orchidées (Germination des), 107. Ostéomyélite aiguë (L’), 271.
- Oxylithe (L’), 505.
- P
- Pantomime et un ballet parles éléphants au Nouveau-Cirque (Une), 255.
- Papier pierre (Le), 30.
- Pâques et des fêtes mobiles (Les datesde la fête de), 342.
- Patinage militaire (Le), 279.
- « Pax » (Catastrophe du), 587, 415.
- Pendule se remontant seule, 144.
- Perforatrice électrique à injection d’eau, 269.
- Perroquets (Acclimatation des), 5.
- Pcrsée (L’étoile nouvelle de), 170.
- Personnel d’un navire moderne, 127.
- Pétard colorant (Le), 131.
- Pétrolifère sur la mer Blanche (Une nouvelle région), 358.
- Phare de File Vierge (Le), 232.
- Philatélie inconnue (La), 65.
- Phosphate de soude (Un nouveau), 239.
- Phosphorique de la terre végétale (L’acide), 255.
- Photographie à scs débuts (L’avenir de la), 161.
- Photographie composite, 15.
- Photographie, 505.
- Photo-panoramique (Le), 385.
- Photorama (Le), 171, 187.
- Pigeons voyageurs (Contrôle des courses de), 51.
- Pince de transport, 160.
- Planète (Nouvelle), 105.
- Planète Mars (La!, 367.
- Plaques de blindage (Fabrication des), 103.
- Pluies de poussières et les glaciers (Les), 259.
- Poissons (Pluie de), 206.
- Polaire canadienne (Expédition), 334.
- Pôles orogéniques, 351.
- Polytechnique (A l'école), 46.
- Pommes de terre (Les), 138.
- Pompe à débit calibré, 536.
- Pompe rotative (Nouvelle), 189.
- Pompiers de Berlin (Les voitures électriques des), 562.
- Ponts de New-York (Les grands), 126.
- Population en France (Mouvement de lai, 50.
- Positifs stéréoscopiques sur verre (Tirage sans transposition des), 305.
- Poudre sans fumée, 275.
- Poudre sans fumée américaine, 366.
- Poules nourries avec de la viande (Modifications organiques des), 51.
- Poulies de bois gigantesques, 578.
- Prairies artificielles (Etablissement des!,
- 111.
- Président de l’Académie (Installation du nouveau), 95.
- Pygmées (Les), 508.
- Q
- Quaternaire (Découverte de squelettes humains du), 335.
- Quinine (Un succédané des sels de),
- 175.
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- 420
- R
- Radiations de Rontgen et du radium (Propriétés des), 191.
- Radiations du radium (Les), 51, 145.
- Radiations lumineuses, 51.
- Radica et Doodiea, 192.
- Radio-activité induite, 15.
- Radio-conducteur (Nouveau), 195.
- Radium chez les aveugles (Le), 554.
- Rats par l’acide carbonique (La destruction des), 142.
- Rayons X (Distributeur automatique pour), 175.
- Rayons X (Mesure des), 255.
- Recensement allemand, 50.
- Recensement du Salon de l’automobile (Le), 78.
- Récifs magnétiques, 566.
- Renne dans l’Alaska (Acclimatation du), 109.
- Réseau ferré d’une compagnie métallurgique américaine (Le), 78.
- Respiration à basse pression (La), 415.
- Réveillon et capacité stomacale, 42.
- Ilbône (Contamination des eaux du), 207.
- Rhône (Les forces motrices du), 216, 275.
- Rucher dans une statue équestre en Virginie (Un), 207.
- S
- Sable (Les machines à jet de), 521.
- Saccharine et similaires, 147.
- Sang (Pression du), 127.
- Sang (Propriétés chromatiques des globules rouges du), 585.
- Sang chez l'homme (Mesure de la pression du), 597.
- Science au théâtre, 259.
- Séchage de l’air de souillage des hauts fourneaux, 15.
- Seine (Amélioration de la basse), 514.
- Sel de Cardona (Catalogne) (La montagne de), 571.
- Sel en Russie (Industrie du), 222.
- Sénégal à l’époque du miocène inférieur (Le rivage de la mer au), 65.
- Sérothérapie dans la fièvre typhoïde (La), 54.
- Serrure mozabite, 288. •
- Sérum Calmette (Le), 62.
- Severo (Auguste), 399.
- Sidérurgiques (Perfectionnements récents dans les procédés), 168.
- Siliciurc de carbone (Propriétés du),
- 222,
- Simplon (Tunnel du), 135.
- Sismiques (Troubles), 325.
- Sociétés savantes (Réunion des), 302.
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- Sodium et de strontium (llydrurcs de),
- 111.
- Soupape automatique de trop-plein (Une), 285.
- Sources (Origine des), 65.
- Spectres d’étincelles, 415.
- Stalactites à formation rapide, 154.
- Stalactites de formation actuelle, 121.
- Statistique des animaux en France, 110.
- Statistique des étoiles temporaires, 50.
- Strontium (Alliages de), 51.
- Strontium et sodium (Hydrures de), 111.
- Suaire de Turin (A propos du Saint-), 322.
- Sucres dans l’organisme (Rôle des), 95.
- Sulfurique (La fabrication industrielle de l’acide), 286.
- Symbiose d’une hépatique avec un champignon fusarium fegatclla, 239.
- T
- Tabac et le caféier (Le), 26, 262.
- Tantale (Préparation et propriétés du),
- 143.
- Télautographe à l’Hôtel des Téléphones (Essais du), 238.
- Télégraphie sans fil à travers l’Atlantique, 95.
- Télégraphie sans fil Slaby-Arco (La), 214.
- Télégraphie sans fil Braun-Siemens et llalske, 354.
- Télégraphiques américaines (Les lignes), 145.
- Température dans l’atmosphère (Distribution de la), 143.
- Température et d’humidité (Régulateurs de), 196-
- Température interne des tissus (La), 111.
- Températures (La production des basses), 289.
- Températures (Maintien des basses), 51.
- Températures (Mesure des hautes), 95.
- Températures de Norvège ( Les plus hautes), 351.
- Températures élevées (Mesure exacte des)
- 271.
- Températures sur quelques propriétés des métaux (Influence des basses), 145.
- Tentacules (Moyens d’attaques de certains animaux à), 143.
- Théâtre (La Science au), 115, 239.
- Thermiques à basse température (Machines), 145.
- Thermo-électrique ( Expérience sur le couple), 159.
- Timbres-poste (Fabrication des), 150.
- Torpilles (La force nécessaire au lancement des), 287.
- Tourbeux (Infécondité des sols), 63.
- Toxine des chauves (La), 270.
- Toxines (Destruction des), 235.
- Traction et éclairage électrique à Bruxelles, 14.
- Train à deux automotrices du Métropolitain, 234.
- Train et d’un éléphant (Rencontre d’un),
- 222.
- Tramways d’excursions nocturnes, 285.
- Tramways souterrains de Londres (Les), 255.
- Transmission à vitesse variable, 165.
- Trolley (Les omnibus électriques à), 213.
- Tuberculose (La prophylaxie de la), 127.
- Tunnels (Le record des), 102.
- Turbines (Les bateaux à), 193.
- ü
- Uranium (Régénérescence du pouvoir radio-actif de F), 51.
- Usine électrique du barrage de Poses (L’), 17.
- Urée comme développateur (Emploi de F), 415.
- Y
- Yallonée (La), 347.
- Vercingétorix en automobile, 49.
- Vermoulure (La), 172.
- Verre au moyen de la gélatine (Gravure sur), 275.
- Victoria, Australie Occidentale (Les indigènes du désert de), 575.
- Vie aux grandes altitudes et les ascensions scientifiques (La), 39.
- Vigne (Un parasite de la), 143.
- Vin (Concentration du), 99.
- Vin dans l’alimentation des bêtes de trait (Le), 250.
- Vins (Laçasse des), 271.
- Vitesse (Indicateur de), 123.
- Vitesse movenne en aéroslation (La), 18.
- Voiliers américains (Les grands), 222.
- Volcan aux Nouvelles Hébrides (Un nouveau), 62.
- Volcaniques (Crises), 594.
- Volcaniques et tremblements de terre (Eruptions), 399.
- Volcans (La cause des), 586.
- w
- Wagons-lits pour tramways, 126.
- Z
- Zodiacale et les aurores boréales (La lumière), 198.
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- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABETIQUE
- Aimé (Padi,). — L’avenir du bois en France et dans le monde, 282.
- Arnot (E.). — La philatélie inconnue, 65.
- Barrai, (Jacques). — Le tabac et le caféier, 26, 262.
- Daudry de Saunier (L.). — Le Salon de l’automobile, 71, 84. Iîeu.et (Daniel). — Canonnières démontables à faible tirant d’eau, 5. — L’outillage du port du Havre, 59. — Nouveau dispositif de contact souterrain pour tramway électrique, 107.
- — Machine à essayer les bicyclettes, 127. — Les bateaux à turbine, 193. — Les omnibus électriques à trolley, 215. — Le vin dans l’alimentation des bêtes de trait, 230. — Chemin de fer d’Hanoï en Chine, 244. — La sécurité en chemin de fer, 257. — Tramways d’excursions nocturnes, 283. — Amélioration de la basse Seine, 314. — Niveau d’eau de précision, 335. — Hôpital Bretonneau, Hôpital d’enfants à Paris, 337. — Chemins de fer électriques de Milan, 375.
- — Nouvelles locomotives françaises, 385.
- Binot (Dr Jean). — Étude bactériologique du massif du Mont-Blanc, 359.
- Bi.uysen (Paul). — L’électrotypographe Meray-Rozar, 527.
- Boui.e (M.). — Les geysers américains, 247.
- Boyer (Jacques). •— Le tunnel du Simplon, 135. — Essences exotiques, 246.
- Breüii, (L’abbé). — Origines de l’art, 226.
- Briet (Lucien). — Le lac glacé du Mont-Perdu, 183.
- Brosse (R. de la). — Les forces motrices du Rhône, 216, 275. Cailletet (L.). — Gravure sur verre au moyen de la gélatine, 275.
- Capel (L.). — La concentration du vin, 99.
- Capitan (Dr). — Origines de l’art, 226. — L’arrhénal, 253. Cartaz (Dr A.). — Les vieux bouchons, 27. —La sérothérapie dans la fièvre typhoïde, 34. — La prothèse nasale, 101. — La cytogenèse expérimentale, 199. — Le centenaire de l’Internat, 401.
- Caye (Georges). — Vercingétorix en automobile, 49. — Machines thermiques à basse température, 145. — Fabrication mécanique des bouteilles, 200. — Les machines à jet de sable, 321. — Embrayages à spirale de Lindsay, 369. Chalmarès (G.). — Concours de jouets, 11. — La science au théâtre, 115, 259. — Travaux souterrains. Construction de la taverne du Moulin-Rouge, 364.
- Ciiau-Tar. — Le cyathomètre, appareil contrôleur des liquides, 52.
- Clément (A.-L.). — Les chasseurs d’araignées, 408.
- Clèves (Victor de). — Réveillon et capacité stomacale, 42. Colomer (Félix). — La destruction de Saint-Pierre à la Martinique, 414.
- Corcelle (J.). — La garde des Alpes, 105. — Le sommet du Mont-Blanc, 218.
- Correvon (Henry). — Les jardins botaniques alpins, 311. Coupin (Henri). — Acclimatation des perroquets en Angleterre, 5. — Les . microbes fossiles et la formation de la houille. 43. — La caprification, 58. — La germination des orchidées, 107. — Les pommes de terre, leur mode de formation, 138. — Un animal calendrier, 205. — Les crustacés de nos côtes, 230. — Botanique et croyances, 274. — Crises nerveuses chez les animaux, 374.
- Couston (Fernand). — La vermoulure, 179.
- Cunha (A. da). — Le Métropolitain, 22. — Le contrôle des
- courses de pigeons voyageurs, 51. — La manutention des bagages à la gare d’Orléans, 87. — Le phare de l’île Vierge, 232. — Travaux préparatoires du Métropolitain, consolidation du sous-sol, 263. — Le souterrain de Mou-don, 543.
- 1). — Conférences populaires au Muséum, 334.
- D. (C.). — Mrae Clémence Royer, 174.
- Deiiérain et Demoussy. — Inoculation des sols destinés à porter des légumineuses, 181.
- Delauney (Lieutenant-colonel). — Le jet du disque, 96. — L’art de donner des notes numériques, 123. — Coupole pour obusier, 148. — Les mortiers, 225. — Les canons jumeaux, 340. — Un nouvel appareil d’artillerie, mesure de la pression dans l’âme en avant du projectile, 413.
- Demoussy et Deiiérain. — Inoculation des sols destinés à porter des légumineuses, 181.
- Dujardin (Francis). — Les locomotives de banlieue au chemin de fer du Nord, 219.
- Espitallier (G.). — Un voyage aérostatique au long cours, 83. — Transmission à vitesse variable, 165. — Le ballon dirigeable Severo, 387.
- F. (A.). — Destruction des toxines, 235.
- Flamel. —Doubles fenêtres, 122.
- Floury. — La mémoire d’un éléphant, 285.
- Fouché (Maurice). — L’étoile nouvelle de Persée, 170. — Les dates de la fête de Pâques et les fêtes mobiles, 542.
- Fraysseix (Marquis de). — Correspondance, 62.
- G. (E.). — La télégraphie sans fil Slaby-Arco, 214.
- G. (M.). — Hélice et amarres, 159.
- Gall (J.-F.). — L’arithmographe Troncct, 47. — Nouvelle planète, 103. — Indicateur de vitesse, 123. — Saccharine et similaires, 147. — Nouveau radio-conducteur, 195. — Perméabilité des murs, 219. — Les poissons momifiés de l’Egypte, 235. — Lampes électriques et incendies, 290. — L’air artificiel, 331. — Catastrophe de la Martinique, 382. — Crises volcaniques, 394. — Nécrologie. Auguste Severo, 399.
- Garcin (Julien). — Le plus petit bacille du monde, 263. — La fabrication industrielle de l’acide sulfurique, 286. — Le chemin de fer électrique Zossen-Marienfelde, 391.
- Garnier (Jules). — Les indigènes du désert de Victoria, 375.
- Gaudry (Albert). — Fouilles de Baoussé-Roussé. Étude d’un nouveau type humain par M. Verneau, 355. — Henri Filhol, 367.
- Genty (L.). — Fabrication des plaques de blindage, 103. — Les Indiens du Canada, 327.
- Glangeaud (Pu.). — La formation de la houille comparée à la fabrication de l’alcool, 151.
- Good (Arthur). — Nouvelle machine à laver « l’Économi-que », 351.
- Graffigny (Henri de). — Les motocyclettes en 1902, 140. Gréhant (N.).-— Traitement de l'intoxication oxycarbonée, 209.
- Guarini (E.). — La télégraphie sans fil Braun-Siemens et Halske, 354.
- Guédon (Yves). — Les automobiles postales de Tunisie, 97. Guillaume (Ch.-Ed.). — Alfred Cornu, 319.
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- IIariot (P.). — L’arrangement des fleurs au Japon, 7.
- Henriot (E.).— Les mésanges ou Paridés, 241.
- Iciies (Lucien). — Les insectes des violettes, 113. — La galé-ruque de l’orme, 260.
- Jacquot (Lucien). — Wagons boers, 262. — Serrure nio/.a-bite, 288.
- L. (D.). — Perforatrice électrique à injection d’eau, 269. — line soupape automatique de trop-plein, 285. — Pompe à débit calibré, 336.
- L. (F.). — Températures nécessaires pour la conservation des aliments, 330.
- Laborde (IF J.). — Nouvel appareil pour l’écriture de l’aveugle, 177.
- Laffargue (J.). — Radiations lumineuses, 51. — Un isolant électrique, 58. — Manograpbc de MM. E. Hospitalier et J. Carpentier, 69. — Nouvelle pompe rotative, 189. — Distribution de l’énergie électrique à Paris, 202. — Exposition annuelle de la Société française de physique, 298. — Lampes à incandescence à osmium, 326. — Eclairage à F acétylène, 349. — Anémoscope électrique, 416.
- Laloy (l)r L.). — La maternité chez les Actinies, 211. — Mœurs des coléoptères copropbagcs de La Plata, 317.
- Landrin (At.bert). — Uadica et Doodica, 192.
- Lang (E.). — Un appareil automatique pour le lever des plans, 362.
- Larbalétrier (Albert1. — La kaïnile, 74.
- Launay (L. de). — Transport d’une chaudière au Transvaal, 133. — Une nouvelle région pétrolifère sur la mer Blanche, 358.
- Lkbois (D.). — La manutention mécanique du coke dans les usines de la Compagnie Parisienne du gaz, 5i. — La catastrophe des Antilles, 392.
- Lecornu (J.). — Les ascensions en cerf-volant, 410.
- Leroy (J.). — Dislocation par la dynamite d’un rocher de 1500 mètres cubes, 63. — L’arc électrique parlant et chantant, 208. — Générateur d’acétylène, 304. — La val-lonée, 347.
- Libert (Lucien). — La lumière zodiacale et les aurores boréales, 198.
- Loverdo (J. de). — Machines frigorifiques, 75. — Eléments de bonne conservation par le froid, 203.
- Lugol (Dr). — La vie aux grandes altitudes et les ascensions scientifiques, 39.
- Malméjac (Dr F.). — Nouveau destructeur des céréales, 163.
- Mareschal (G.). — Photographie composite, 15. — Les freins de bicyclette, 155. — Le photorama, 171, 187. — Photographie, 305. — Tirage des positifs stéréoscopiques sur verre. Châssis Turillon, 505. — Le photo-panoramique, 383. — La montagne de sel de Cardona (Catalogne), 371.
- Martel (E.-A.). — Stalactites à formation rapide, 154.
- Marty (G.). — Régulateurs de température et d’humidité, 196.
- Mas (E.). — Les figues de Smyrne, 11.
- Maumené (Albert). — Nouveau procédé de conservation des fruits par le froid, 130. — Les « Shinobu no tamma » au Japon, 353.
- Mégnin (Paul). — Juno Salmon, ou l’homme grenouille du Nouveau-Cirque, 79. — Le dressage du chat, 22L — Au Nouveau-Cirque, pantomime et ballet d éléphants, 255. — Nos chevaux, 294, 402.
- Mériei, (P. de).— Usine électrique du barrage de Poses, 117.— La foire des oranges en Californie, 87. — Le progrès et la puissance des machines marines, 245. — Manutention électro-magnétique des tôles, 284. — Cône de circulation pour chaudières à vapeur, 339. — Les voitures électriques des
- pompiers de Berlin, 362. — Les chalands de mer, 378. — Croisement de voies ferrées, 400.
- Meunier (Stanislas). — Les fausses météorites du Muséum d’histoire naturelle, 19. — Stalactites de formation actuelle, 121. — La cause des volcans, 386.
- Mignot (A.). — La destruction des rats par l’acide carbonique, 142.
- Moureaux (Th.). — Éléments magnétiques en 1902, 110.
- N... — A propos du Saint-Suaire de Turin, 322.
- N. (C.). — Cheminée d’usine eu bois, 363.
- Nadaillac (Marquis de). — Les Pygmées, 508.
- Obalski (T.). — Chaudières marines Babcock et Wilcox, 299.
- Oustalet (E.). — La cynhyène peinte, ou chien hyénoïdc, 81.
- Par ville (Henri de). —La vitesse moyenne en aérostation. 18.
- — Les cornes de la lune, 98. — Le pétard colorant, 131.
- — Au Collège de France, en l’honneur de M. Marev, 24. — Nécrologie, R. Renou, 302.
- Pellegrin (Rr J.). — Les diables de mer dans la Méditerranée, 118.
- Périsse (Lucien). — Exposition de l’alcool, 7, 55.
- Planciion (Mathieu). — Pendule se remontant seule, 144.
- Pi.umandon (J.-R.). — Troisième congrès international de défense contre la grêle, 38. — La durée des chutes de grêle. 406.
- Quersant (L.). — Un lait inaltérable, 167.
- R. (L.). — Poulies de bois gigantesques, 378.
- R. (M.). — Poudre sans fumée, 275.
- Rabot (Charles). — Le beurre de Sibérie, 54. — L’éboulc-ment du glacier de Rossboden, 91. — Acclimatation du renne dans l’Alaska, 109. — Les nouveaux ports de Douvres, 131. — L’hiver en Norvège, 154. — Les pluies de poussière et les glaciers, 259. — Le patinage militaire, 279.
- — Découverte d’un mammouth en Sibérie, 307. — Les variations dans les précipitations atmosphériques, 370.
- Reverciion (L.). — Le record des tunnels, 102.
- Rocquigny-Adanson (G. de). — L’hiver de 1801-1802, 50.
- Roseheyte (Charles). — Chemin de fer de Djibouti à 11a-rar, 291.
- Roule (Dr Louis). — Le corail, 323.
- SLporta (Antoine de). — Acidités des moûts, vins et tartres. Dosage par volumétrie gazeuse, 395.
- Tiiévenin (A.). — Hommage à M. Albert Gaudry, 236.
- Tiiiersant (H. de). — Dessins sur noir de fumée, 175. — Agri-cultural Hall de Londres, exposition d’Automobiles, 380.
- Tissandier (Albert). — Le cadenas des coffres indiens, 33. — Yan Rosebeke, 94. — Un monument à Fulton, 112. — La ccllulotypie, 271.
- Turquan (V.). — La myopie en France, 260.
- Vandevyver.— Action de l’électricité sur le brouillard, 118.
- Vasciiide (N.). — Mesure de la pression du sang chez l’homme, 397.
- Vilcoq (Albert). — L’hybridation des blés, 250. — Une nouvelle charrue vigneronne, 317.
- Villedeuil (Cii. de). — Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences, 15, 31, 46, 63, 79, 95, 111, 127, 143, 158. 175, 191, 207, 222, 238, 255, 271, 287, 303, 318, 534, 351, 367, 383, 399, 415. — Concours de 1901 de l’Académie des sciences, 46.
- Vitoux (Georges). — Le diocmescopc audiphone, 1. — Fabrication des timbres-poste, 150. — La production des basses températures, 289.
- X. (Capitaine). — Métrophotographie ou photogrammétrie,212.
- Y. (Commandant). — La résistance de l’air et la loi de Duche-min, 210.
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES
- *
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Périodicité des étoiles temporaires (L'-Colonel Delauxey;. 10
- Les cornes de la Lune (II. de Parvim.e)............ 08
- Nouvelle planète (J.-F. Gai.i.).......................105
- L’étoile nouvelle de Persée (Maurice Fouché)......... 170
- Les dates de la fête de Pâques et des fêtes mobiles (Maurice Fouché)......................................7» 4 2
- Statistique des étoiles temporaires................... 50
- Phénomènes astronomiques en 1002 94
- Observatoire d'Apia.................................. 158
- Photographie d’éclipse solaire....................... 159
- Détermination des coordonnées des astres par la j>ho-
- tographic......................................... 191
- Prochain retour de la comète de llalley........i . 270
- Première comète de 1902 ..............................554
- La mesure de l'arc, du Pérou..........................551
- La planète Mars.......................................507
- Physique générale.
- Le diocinescope audiphonc (Georges Vitoux)............ 1
- Le cyalhomètre, appareil contrôleur de liquides (Chau-
- Tar). . ............................................... 32
- Radiations lumineuses (J. Laffargue)...................... 51
- Éléments magnétiques en 1902 (Tii. Moureaux)............. 110
- Éléments de bonne conservation par le froid (J. de Lo-
- verdo).................................................203
- La résistance de l’air et la loi de Duchemin (Commandant Y)................................................ 210
- Perméabilité des murs (J.-F. Gall)........................219
- La production des basses températures (Georges Vitoux). 289
- A propos du Saint-Suaire de Turin (N.)....................523
- L’air artificiel (J.-F. Gall).............................531
- Niveau d’eau de précision (D. B.)..................... . 535
- Radio-activité induite................................... 15
- Procédé de décharge disruplive........................... 15
- La régénérescence du pouvoir radio-actif de l’uranium..................................................... 51
- Un liquide incongelable....................'.......... 95
- Radiations émises par un mélange de chlorures de radium et baryum, rayons qui subissent la réflexion ................................................. 95
- Mesure des hautes températures........................... 95
- Les amas de matières soumises à la gravitation dans
- l’univers..............................................126
- Polarisation de la lumière dans les milieux troubles. 142 Influence des basses températures sur quelques propriétés des métaux.......................................443
- Les radiations du radium...............................145
- La liquéfaction du gaz d’éclairage.....................174
- Propriétés des radiations de Rontgen et du indium. 191
- Liquéfaction de l'hélium...............................200
- Mesures exactes des températures élevées...............271
- Œuf artificiel pour réfrigération......................518
- Températures nécessaires pour la conservation des
- aliments.......................................... . ,350
- Le radium chez les aveugles............................554
- Possibilité de la production d’une image de cadavre
- sur son suaire......................................535
- Action directrice du champ magnétique..................367
- Le spectre de l’étincelle électrique...................383
- Act ion de la lumière sur les pierres précieuses. . . 599
- Spectres d’étincelles..................................415
- Électricité théorique et appliquée.
- Usine électrique du barrage de Poses (P. de Mérlel). . 17
- Un isolant électrique (J. Laffargue)...................... 58
- Nouveau dispositif de contact souterrain pour tramway
- électrique (D. B.)......................................107
- Action de l’électricité sur le brouillard (Yandevyver) . . 118
- Nouveau radio-conducteur (J.-F. Gall)......................195
- Distribution de l'énergie électrique à Paris (J. Laffargue) ..................................................202
- L’arc électrique parlant et chantant (J. Leroy)........208
- Les omnibus électriques à trolley (Daniel Bellet) . . . 213
- La télégraphie sans fil Slaby-Arco (E. G.).................214
- Perforatrice électrique à injection d’eau (D. L.). . . . 269
- Manutention électromagnétique des tôles (P. de M.). . 284
- Lampes électriques et incendies (J.-F. Gall)...............290
- Lampes à incandescence à osmium (J. Laffargue).. . . 326
- L’élcclrolypographe Meray-Rozar (Paul Bluysex). . . . 327 La télégraphie sans fil Braun-Siemens et Ilalske (E. Gua-
- rim)....................................................554
- Les voitures électriques des pompiers de Berlin (P. de M.). 362
- Chemins de fer électriques de Milan (D. B.)................375
- Le chemin de fer électrique Zossen-Marienfclde (J. Gar-
- cix)....................................................491
- La traction et l’éclairage électriques à Bruxelles. . 14
- La télégraphie sans fil à travers T Atlantique. ... 95
- Emploi des courants de haute fréquence.................... 95
- Les lignes télégraphiques américaines..................... 145
- Une nouvelle lampe à arc et ses premières applications.....................................................158
- Expérience sur le couple thermo-électrique.................159
- Lampe électrique Cooper Hewitt............................ 191
- Four électrique de laboratoire.............................206
- Essais du télautographe à l’hôtel des Téléphones. . 238
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-
-
- m
- TABLE DES MATIÈRES.
- La télégraphie sans fil à travers VAtlantique. . . .
- Balayeuse automobile électrique américaine..........
- La chaleur des lampes à incandescence...............
- Dynamo à haute tension..............................
- Le nouvel Institut électro-mécanique de Louvain . .
- Bouleau et électricité atmosphérique................
- Le spectre de l'étincelle électrique................
- La température de l’arc électrique..................
- Photographie.
- Photographie composite (G. M.)......................
- L’avenir de la photographie à scs débuts prophétisé par
- Arago (L. de Launay).............................
- Le photorami (G. Mareschal)................... 171.
- Métrophotographie ou Photogrammétrie (Gapitaine X.).. Tirage sans transposition des positifs stéréoscopiques sur
- verre. Châssis Turillon (G. Marescual)...........
- Le photopanoramique (G. Maresciial).................
- L’objectif le plus rapide...........................
- Épreuves cinématographiques d’une barre de fleuve. Emploi de l’urée comme développateur................
- Chimie générale.
- Le lithoponc........................................
- La concentration du vin (L. Capel)..................
- Gravure sur verre au moyen de la gélatine (L. Caille-
- tet).............................................
- La fabrication industrielle de l’acide sulfurique (J. Garces) ...............................................
- Générateur d’acétylène (J. Leroy)...................
- Eclairage à l’acétylène (J. Laffargue)..............
- Acidités des moûts, vins et tartres. Dosage par volumétrie
- gazeuse (Antoine de Saporta).....................
- Le papier-pierre....................................
- Propriétés chimiques des radiations du radium. . .
- Alliages de strontium. ... .....................
- Les hydrures de sodium et de strontium..............
- Pouvoir d’absorption des levures vis-à-vis des matières colorantes...................................
- La fusion de la chaux...............................
- Préparation et propriétés du tantale................
- Préparation de nouveaux composés....................
- Synthèse de l'acide formique........................
- Cristallisation de l’acide chromique................
- Action de la gélatine sur le verre..................
- Préparation de l’éthane.............................
- L’industrie du sel en Bussie.....................
- Propriétés du siliciure de carbone..................
- I'réparation en grand de l’hydrogène................
- Propriétés d’un corps nouveau.......................
- Un nouveau phosphate de soude.....................
- Symbiose d’une hépatique..........................
- Fermentation lactique par la résistance électrique du
- lait............................................
- L’oxylithe........................................
- Poudre sans fumée américaine......................
- Préparation d’un nouveau corps....................
- Météorologie — Physique dn globe Géologie. — Minéralogie.
- Les fausses météorites du Muséum d’Histoire naturelle
- (Stanislas Meunier).............................
- Troisième Congrès International de défense contre la
- grêle (J.-R. Plumandon).............................
- L’hiver de 1801-1802 (G. de Rocquigny-Adanson) . . . . L’éboulement du glacier de Rossboden (Charles Rabot) . Transformation de la mer d’Azov en lac............
- Stalactites de formation actuelle (Stanislas Meunier) . . 121
- Le formation de la houille comparée à la fabrication de
- l'alcool (Pu. Glangeaud)..............................154
- Stalactites à formation rapide (E-.A. Martel)..........^54
- L’hiver en Norvège (Charles Rabot).....................151
- Le lac glacé du Mont-Perdu (Lucien Briet)..............185
- La lumière zodiacale et l’aurore boréale (Lucien Libert). 198
- Les Geysers Américains (Marcellin Boule)................247
- Les pluies de poussière et les glaciers (Charles Rabot). 259 Une nouvelle région pétrolifère sur la mer Blanche (L.
- de Launay)............................................558
- Les variations dans les précipitations atmosphériques
- (Charles Rabot).......................................570
- La montagne de sel de Cardona, Catalogne (E.-A. Martel' 571
- Catastrophe de la Martinique (J.-F. Gall)...............582
- La cause des volcans (Stanislas Meunier)................580
- La catastrophe des Antilles (D. Lebois)............... 592
- Crises volcaniques (J.-F. Gall).........................594
- La durée des chutes de grêle (J.-R. Plumandon) .... 400
- La destruction de Saint-Pierre à la Martinique (Félin
- Colomer)................ ............... .... 414
- Anémoscope électrique (J.-L.)...........................410
- Les cours d’eau superficiels et souterrains.............. 15
- Note de M. S. Meunier sur les galets striés.............. 15
- Un nouveau volcan aux Nouvelles-Hébrides................. 02
- Le rivage de la mer au Sénégal à l’époque du miocène inférieur...................................... 05
- Origine des sources. . :................................. 05
- Origine des aurores boréales............................ 111
- Le nivellement général de la France......................127
- Distribution de la température dans l’atmosphère. . 145
- Carte géologique de l'Afrique tropicale..................207
- Un coup de mine de 50 000 tonnes.........................207
- Le fer oligiste naturel..................................225
- La fin partielle du monde................................270
- Fer météorique du Guatemala..............................288
- Foyers séismiques........................................505
- Cinématographe météorologique............................505
- Les plus hautes températures en Norvège...........-. 551
- Pôles orogéniques........................................551
- Les richesses minières du Mexique.......................566
- Troubles sismiques.......................................585
- Phénomènes concomitants du tremblement de terre
- de la Martinique.......................................585
- Alimentation en eau des laboratoires volcaniques . 585
- Éruptions volcaniques et tremblements de terre . . 599
- Les cendres rejetées dans l’éruption de la Martinique. 599
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- Le tabac et le caféier (Jacques Barral).............. 26,, 262
- Les vieux bouchons (Dr A. Gartaz)......................... 27
- La sérothérapie dans la fièvre typhoïde (Dr A. Cartaz). . . 54
- La vie aux grandes altitudes et les ascensions scientifiques (Dr Lugol)....................................... 59
- Réveillon et capacité stomacale (Victor de Clèves). . . 42
- La prothèse nasale (Dr A. Cartaz)........................101
- Doubles fenêtres (Flamel)..................................122
- La destruction des rats par l’acide carbonique (A. Mignot). 142
- Saccharine et similaires (J. F. Gall)......................147
- Un lait inaltérable (L. Quersant)..........................167
- Radica et Doodica (Alb. Landrin)...........................192
- Régulateurs de température et d’humidité (G. Marty). . . 196
- La cytogenèse expérimentale (Dr A. Cartaz).................199
- Traitement de l’intoxication oxycarbonée (N. Gréhant) . . 209
- Destruction des toxines (A. F.)............................235
- L’arrhénal (Dr Capitan)....................................254
- Le plus petit bacille du monde (J. G.)...................263
- La myopie en France (V. Turquan)...........................267
- Étude bactériologique du massif du Mont-Blanc (Dr Jean
- Binot)..................................................359
- Hôpital Bretonneau, hôpital d’enfants à Paris (Daniel
- Bellet).............................................337
- 269
- 270
- 503
- 318
- 566
- 366
- 383
- 415
- 15
- 161
- 187
- 242
- 505
- 383
- 254
- 366
- 415
- 78
- 99
- 273
- 286
- 304
- 349
- 395
- 30
- 31
- 31
- 111
- 112
- 127
- 143
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- 159
- 175
- 191
- 191
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-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Mesure de la pression du sang chez l’homme (N. Vas-
- chide)...........................................597
- Le centenaire de l’Internat (Dr À. Cartaz).........401
- Influence de l'altitude sur les phénomènes respiratoires............................................ 15
- /,’empoisonnement par l’oxyde de carbone............... 15
- Défense de l'organisme contre la chaleur............... 51
- Modifications organiques des poules nourries avec
- de la viande........................................ 51
- Le sérum Calmette...................................... 02
- Origine des sources.................................... On
- Rôle des sucres dans l’organisme....................... 95
- La fracture de l'avant-bras chez les automobilistes. 111
- La température interne des tissus.................... 111
- La prophylaxie de la tuberculose...................127
- La pression du sang...................................127
- Le beurre lacté.......................................143
- Caractères distinctifs des dents humaines.............159
- Propriétés de la lécithine............... 159, 191, 583
- Un succédané des sels de quinine......................175
- Anesthésie............................................115
- La contamination des eaux du Rhône....................207
- L'indoxyle et l’urée..................................207
- L'intoxication respiratoire dans les fosses d’aisance...............................................207
- Application médicale des rayons actiniques .... 223
- La glycosurie concomitante de l’asphyxie..............239
- Les micro-organismes des glaciers.....................255
- Anesthésie par courants de haute fréquence .... 255
- L’emploi des rayons X en médecine.....................255
- La toxine des chauves.................................270
- L’ostéomyélite aiguë..................................2/1
- Action thérapeutique de la lumière bleue..............287
- La maladie duc à la mouche tsé........................287
- Avulsion dentaire par suggestion......................318
- L'intelligence et le volume de la tête................350
- Le kéralocone.........................................567
- Propriétés chromatiques des globules rouges du sang. 583
- Propriétés du bacille pyocyanique.....................415
- Propriétés de l’extrait de rein.......................415
- La respiration à basse pression.......................415
- mécanique. — Art de l’ingénieur. Construction.
- Le Métropolitain (À. da Cunha).........................
- L’arithmogl'aphe Troncct (J.-F. Gall).................. .
- La manutention mécanique du coke dans les usines de la Compagnie Parisienne du Gaz (D. Lebois) . . . L’outillage du port du Havre (Daniel Bellet) ..... Dislocation par la dynamite d'un rocher de 1500 mètres
- cubes (J. Leroy).......................................
- Manographe de JIM. E. Hospitalier et J. Carpentier
- (J. Laffargce)......................................
- Le salon*de l’Automobile (L. Baudry de Saunier). . 71,
- Machines frigorifiques (J. de Loverdo).................
- Manutention des bagages à la gare d’Orléans (A. da
- Cunha).........................................84,
- Les automobiles postales de Tunisie (\ves Güédon). . .
- Le record des tunnels (L. Revercron).................
- Indicateur de vitesse (J.-F. G.).......................
- Machines à essayer les bicyclettes (Daniel Bellet) .... Le pétard colorant; signaux de chemins de 1er (Henri de
- Parville)...........................................
- Transport d’une chaudière au Transvaal (L. de Launay).
- Le tunnel du Simplon ^Jacques Boyer)...................
- Les motocyclettes en 1902 (Henri de Graffigny). . . . Machines thermiques à basse température (Georges Cave).
- Les freins de bicyclette (G. Mares)....................
- Pince de transport (P. de M.)..........................
- Transmission à vitesse variable (G. Esritallier) .... Perfectionnements récents dans les procédés sidérurgiques (Paul Aime)............................................
- 22
- 47
- 54
- 59
- 63
- 69
- 84
- 75
- 87
- 97
- 102
- 123
- 127
- 131
- 133
- 135
- 140
- 145
- 155
- 160
- 165
- 168
- Nouvel appareil pour l’écriture de l’aveugle (Dr J. La-
- borde). . ..........................................177
- Nouvelle pompe rotative (J. Laffargue)................. 189
- Fabrication mécanique des bouteilles (Georges Caye). . 200
- Les forces motrices du Bhône (R. de la Brossf.) . 216, 275 Les locomotives de banlieue au chemin de fer du Nord
- (Francis Dujardin)..................................219
- Le phare de Pile Yierge (A. da Cunha)..................232
- Trains à deux automotrices du Métropolitain ..... 234
- Chemin de fer d’Hanoï en Chine. Inauguration du grand
- pont métallique (Daniel Bellet).......................244
- Les progrès et la puissance des machines marines (Pierre
- de Mériel)............................................245
- La sécurité en chemin de fer (D. Bellet)...............257
- Travaux préparatoires du Métropolitain (A. da Cunha) . 263
- Tramways d’excursions nocturnes (D. B.)..................285
- Une soupape automatique de trop-plein (D. L.) . . . . 285
- Chemin de fer de Djibouti à Harar (Charles Rosemeyte). 291 Chaudières marines Babcock et Wilcox (T. Obalski) . . 299
- Amélioration de la basse Seine (Daniel Bellet). . . . 314
- Les machines à jet de sable (Georges Caye).............321
- Pompe à débit calibré (D. L.)............................356
- Cône de circulation pour chaudières à vapeur (P. de
- Mériel).............................................. 539
- Le souterrain de Meudon (A. da Cunha)....................313
- Nouvelle machine à lax'er « l’Economique » (Arthur
- Good)...............................................351
- Un appareil automatique pour le lever des plans
- (E. Lang)..............................................362
- Cheminée d’usine en bois (C. N.)..........................563
- Travaux souterrains. Construction de la Taverne du Moulin-Rouge (C. Chalmarès)...............................( 364
- Embrayages à spirale de Lindsay (Georges Caye) . . . 369
- Poulies de bois gigantesques (L. R.)......................578
- Nouvelles locomotives françaises (Daniel Bellet). . . . 385
- Croisement des voies ferrées (P. de M.’ 400
- L'alcool industriel...................................... 14
- Le séchage de l'air de soufflage des hauts fourneaux. 15 Un curieux retour en arrière dans l'installation des
- gares................................................. 65
- Le réseau ferré d’une compagnie métallurgique américaine ................................................. 78
- Wagons-lits pour tramways.................................126
- Les grands ponts de New-York..............................126
- Le chemin de fer à crémaillère de Nilgiri.................126
- Ciment de bois............................................174
- Un distributeur automatique pour rayons X . ... 175
- Le nouvel acier Jupiter...................................207
- Rencontre d'un train et d’un éléphant.....................222
- Les tramways souterrains de Londres.......................255
- Oscillations causées par un moteur à gaz..................505
- Les principes de la mécanique rationnelle.................303
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique. — Paléontologie.
- L’arrangement des Heurs au Japon (P. IIariot) .... 7
- Les microbes fossiles et la formation de la houille (Henri
- Coupin)................................................ 43
- La caprification (Henri Coupin)........................... 58
- Floraison du mimosa dans le Midi et en appartement
- (Albert Maumené)....................................... 66
- La cynhyène peinte ou chien hyénoïde (F, Oustalet). . 81
- Les insectes des violettes (Lucien Iciies)..............113
- Les diables de mer dans la Méditerranée (Dr J. Pelle-
- grin)..................................................118
- La vermoulure (Fernand Couston)...........................179
- Un animal calendrier (Henri Coupin).......................203
- La maternité chez les Actinies (Dr L. Laloy)..............211
- Le dressage du chat (Paul Mégnin).........................223
- Les crustacés de nos côtes (Henri Coupin).................230
- Les mésanges ou Paridés (E. Henriot)......................241
- Essences exotiques (Jacques Boyer)........................246
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-
-
-
- 4-26
- TABLE DES MATIÈRES.
- La galéruque de l’orme (Lucien Iches)................260
- Botanique et croyances (Henri Coupin)...................274
- L’avenir du bois en France et dans le monde (Paul Aimé). 282
- La mémoire d'un éléphant (Fi.ouhy)......................285
- Nos chevaux (Paul Mégxin)....................... 294, 402
- Découverte d’un mammouth en Sibérie (Charles Rabot). 507 Les jardins botaniques alpins (Henri Correvon) .... 510
- Le corail (Dr Louis Roule)..........................525
- Mœurs des coléoptères copropliages de la Plata (I)r L. La-
- i.oy)................................................547
- La vallonéc (J. Leroy)..................................547
- Les « Shinobu no tamma » au Japon (Albert Malmené ). 555
- Crises nerveuses chez les animaux (Henri Coupin) . . . 574
- Les chasseurs d’araignées (A.-L. Clément)...............408
- Une maladie des chrysanthèmes........................... 15
- Croissance des légumineuses............................. 65
- Influence du sujet sur le greffon.................... 65
- L'intelligence des fourmis.............................. 78
- Analyses d'objets chaldéens et égyptiens................127
- Un parasite de la vigne................................ 145
- La destruction du chinchilla. . . 158
- Propriétés d'une plante de Madagascar ..................159
- Un rucher dans une statue équestre......................207
- Les animaux porteurs....................................206
- La plus belle collection d’œufs d’oiseaux...............258
- Les proportions du cheval...............................287
- Dessiccation de graines.................................415
- Caractères du lophiodon.................................415
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Les nouveaux ports de Douvres (Charles Rabot) . . . 151
- Le sommet du Mont-Blanc (J. Corcelle)................218
- Les Pygmées (M*1 de Nadah.i.ac).....................508
- Les indigènes du désert de Victoria (Jules Garnier) . . 575
- Le canal transeuropéen.............................. 62
- Cartes de délimitation du Chili et de la République
- Argentine.........................................112
- Le mont Mac-Kinley,point culminant de l'Amérique
- du Nord..........................................‘206
- La houille dans Vile Sakhalin........................207
- Expédition polaire canadienne.......................554
- Exploration des grands fonds maritimes...............554
- llécifs magnétiques..................................366
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Origines de l’art (Dr Capitan et abbé Biieuii.)........226
- Les poissons momifiés de l'Egypte (J.-F. G.)...........235
- Les Indiens du Canada (L. Genty).......................327
- Fouilles de Baoussé-Roussê. Étude d’un nouveau type
- humain, par M. Vcrneau (Albert Gaudry)..............355
- Archéologue « post mortem ................27()
- Découverte de squelettes humains du quaternaire . 334
- Art militaire. — Marine. — Guerre.
- Canonnières démontables à faible tirant d’eau (Daniel
- Iîei.let)............................................... 3
- Fabrication des plaques de blindage (L. Genty) .... 103
- La garde des Alpes (J. Corcelle).......................105
- Coupole pour obusier (L'-colonel Delauney).............148
- Hélice et amarres (M. G.)..............................159
- Les bateaux à turbine (Daniel Bellet)..................193
- Les mortiers (L'-colonel Delauney)........................225
- Poudre sans fumée (M. R.).................................275
- Le patinage militaire (Charles Rabot)..................279
- Les canons jumeaux (L'-colonel Delauney)..................340
- Les chalands de mer (Pierre de Mériel)....................378
- Un nouvel appareil d’artillerie. Mesure de la pression dans l'âme en avant du projectile (L'-colonel De-
- launey).............................................415
- Croiseurs auxiliaires des diverses nations européennes 79 « La Flèche », nouveau navire à grande vitesse . . 111
- Le personnel d'un navire moderne......................127
- Les grands voiliers américains ; un schooncr à sept
- mâts................................................222
- L’avantage des blindages modernes.....................271
- La force necessaire au lancement des torpilles. . . 287
- Navigation...........................................303
- Nouveau croiseur russe................................350
- Aéronautique.
- La vitesse moyenne en aérostation (Henri de Parvili.k). 18 Un voyage aérostatique au long cours (G. Espitai.lier) . 83
- Le ballon dirigeable Scvcro (G. Espitauer)..................387
- Les ascensions en ccrf-voiant (J. Lecornu)..................410
- Notices nécrologiques. Histoire de la Science.
- Van Rooscbeke (A. Tissandieii)......................... 94
- Un monument à Fullon (Albert Tissandeii).............112
- Mme Clémence Royer (C. D.)..............................174
- Le docteur Charles Letourneau..........................222
- E. Renou (H. de P.)....................................502
- Alfred Cornu (Cii.-Ed. Guillaume).......................319
- Henri Filhol (A. Gaudry)................................597
- Auguste Scvcro (J.-F. G.)...............................399
- Notices biographiques de JH. J. Bertrand................335
- Centenaire d’Abel à Christiania.........................354
- Décès de M. Filhol......................................551
- Décès de M. Fuchs.......................................597
- Travaux de M. Fuchs.....................................533
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Exposition de l’alcool (Lucien Périsse)............7, 55
- Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences, 15,
- 51, 46, 63, 79, 95, 111, 127, 143, 158,175,191, 207,
- 222, 238, 255, 271, 287, 503, 518, 334, 551, 367,
- 7»83, 599............................................ 4i5
- Concours de 1901 de l’Académie des sciences (C11. de
- Vii.ledeuil).......................................... 49
- Au Collège de France, en l’honneur de M. Marey (Henri
- de Parville)..........................................404
- Hommage à M. Rouquet de la Grye (Henri de Paiuii.le). 190 Hommage à M. Albert Gaudry (A. Thévenin) ..*... 256
- Exposition annuelle de la Société française de Pliv-
- sique (J. L.)........................“...........298
- Conférences populaires au Muséum (D.)....................534
- Agricullural Hall de Londres. Exposition d’Automobiles
- (H. de Thiersant).....................................389
- L’Association internationale des Académies .... 95
- Renouvellement du Bureau de l’Académie des sciences. 95 Elections à l’Académie des sciences, 159, 208, 239, 255
- Réunion des Sociétés savantes............................592
- L’heure à VAcadémie.......................................
- M. Marey et la Société Royale de Londres.................599
- Exposition d’Horticulture................................414
- Agriculture. — Acclimatation. Pisciculture.
- Acclimatation de perroquets en Angleterre (Henri Coupin).
- Les figues de Smyrne (E. Mas).............................
- Le beurre de Sibérie (Ch. Rabot)..........................
- 11
- 54
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 427
- lia Kaïnilc (Albert Larbalétrier)...................... 74
- La foire des oranges en Californie (P. de il.)......... 87
- La germination des orchidées (Henri Coupes)............107
- Acclimatation du renne dans l’Alaska (Charles Rabot). 109 Nouveau procédé de conservation des fruits par le froid
- vAlb. Maumené)......................................150
- Les pommes de terre, leur mode de formation (Henri
- Coupin).............................................138
- Nouveau destructeur des céréales (IP F. Mai.mejac) . . . 163
- Inoculation des sols destinés à porter des légumineuses
- (Deiiérain et Demoussy).............................181
- Le vin dans l’alimentation des bêtes de trait (Daniel
- Bellet).............................................250
- L’hybridation des blés (Albert Vilcocq)............... 250
- Une nouvelle charrue vigneronne (Albert Vilcocq). . . 317
- Fruits australiens traités à l'acide cyanhydrique. . 14
- Une maladie des chrysanthèmes.......................... 15
- Infécondité des sels tourbeux.......................... 63
- Etablissement des prairies artificielles.............. 111
- L'acide phosphorique de la terre végétale..............255
- La betterave fourragère ...............................255
- La casse des vins......................................271
- Les légumes crus et Vépandage..........................287
- Culture des betteraves fourragères.....................551
- La lutte contre le black-rot...........................567
- L’élcvagedes autruches dans l'Australie méridionale. 583 Le chancre de la gomme des arbres fruitiers .... 399
- Variétés. — Statistiques. — Généralités.
- Concours de jouets (C. Chalmarès)..................... Il
- Barnum à Paris (Paul Mégnin).......................... 27
- Les cadenas des coffres indiens (Albert Tissandier) . . 53
- A l’École polytechnique (Henri de Par ville)............ 46.
- Yercingétorix en automobile (Georges Cave)............... 49
- Le contrôle des courses de pigeons voyageurs (A. da
- Cunha)................................................ 51
- Correspondance..................................62, 414
- La philatélie inconnue (F. Arxot)........................ 65
- Juno Salmo, l’homme grenouille du Nouveau-Cirque
- (Paul Mégnin)......................................... 79
- Le jet du disque (Delauney).............................. 96
- L’art de donner des notes numériques (Delauney) . . . 123
- Pendule se remontant seule (Mathieu Planchon). . . . 144
- Fabrication des timbres-poste (Georges Vitoux) .... 150
- L’évolution d’une image (L. Jacquot).................163
- Dessins sur noir de fumée (H. de Thiersant)............. 175
- La construction des angles sans rapporteur (P. de M.). 218
- La science au théâtre (J. Chalmarès)............115, 259
- Au Nouveau-Cirque, pantomime et ballet d’éléphants
- (Paul Mégnin).........................................256
- Wagons boers (Lucien Jacquot)............................262
- La cellulotypie (Albert Tissandier)......................272
- Serurre mozabite (L. Jacquot)............................288
- Mouvement de la population en France.................... 50
- Recensement allemand.................................... 30
- Industrie alimentaire................................... 62
- Le recensement du Salon de l’Automobile ..... 78
- Hôtels flottants........................................ 78
- Statistique des animaux en France.......................110
- IHuie de poissons........................................206
- Les illettrés du monde civilisé..........................207
- Le plus grand immeuble d’Europe..........................222
- Le pays des fourrures....................................238
- Le commerce des oignons bretons en Angleterre. . . 238
- FIN DES TABLES
- *
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- Page 75, col. 1, ligne 21.
- Page 235, col. 1, lignes 12 et 13. Page 323, col. 2, ligne 25.
- Page 524, col. 2, ligne 8.
- Page 305, col. 2, ligne 34.
- ERRATA
- Au lieu de : 5 r,50 à 4 fr.
- Il faut : 7 à 8 fr.
- Au lieu de : 43 et 47 500 fr. Il faut : 35 et 37 500 fr.
- Au lieu de : Revenir.
- Il faut : Reprendre.
- Au lieu de : Quelques.
- Il faut : Plusieurs.
- Au lieu de : M. Delalande Guérineau.
- Il faut : M. Garrigou
- Lagrange.
- Page 382, col. 2, ligne 27.
- Page 582, col. 2, ligne 53.
- Page 384, col. 1, ligne 37.
- Page 384, col. 1, ligne 58.
- Page 587, col. 1, dans la figure. Page 399, col. I, ligne 40.
- Au lieu de : le jeudi 7 mai. Il faut : le jeudi 8 mai.
- Au lieu de : le 7 mai.
- Il faut : le 8 mai.
- Au lieu de : L.
- Il faut : M.
- Au lieu de : M Il faut : L.
- Les deux llèches doivent être retournées.
- Au lieu de : 50 000.
- Il faut : 12 000.
- V
- Paris; — Imprimerie Lauibe, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1489 (7 décembre 1901), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —®— Le 16 décembre s’ouvre au Grand Palais des Champs-Elysées le salon de l’Automobile et du Cycle. 11 y aura une section importante consacrée à l’Aréonautique. On y verra notamment le nouveau grand ballon dirigeable de M. Henri Deutseh, construit par M. Tatin, La fille de Paris. Ce ballon, tout gréé et gonflé, sera liissé sous la coupole du Palais à 15 mètres de hauteur; il a 60 mètres <ie long; sa poutre armée 30; debout sur ses suspentes il atteint 17 mètres de haut. On trouvera dans celte section toutes les nouveautés relatives à l’aéronautique.
- —$— Le sculpteur Marqueste, membre de l’Institut, est sur le ioint de terminer la maquette du buste d’Alphonse Milne-Edwards, 'éminent directeur du Muséum d’histoire naturelle, décédé il y a uu peu plus d'un an. Son exécution a été confiée à M. Marqueste par la direction des beaux-arts, sur la demande du successeur de Milne-Edwards à la direction du Muséum, M. Edmond Perrier, Il sera placé dans les galeries de zoologie du Muséum, comme un hommage à la large part que prit Alphonse Milne-Edwards à leur organisation.
- —®— Le 28 novembre, à 7 heures du matin, Jupiter et Saturne, les deux plus grosses planètes du système solaire, ont été très voisines l’une de l’autre. Leur distance était moindre qu’un diamètre apparent de la lune. Les deux planètes s’écartent dès ce jour lentement l’une de l’autre. Dans 60 ans seulement, en 1961, elles reviendront dans la même constellation pour occuper la même position. On sait que Jupiter a un volume 1280 fois plus considérable que la Terre et Saturne 720 fois. Leur distance réelle, puisqu’elles sont en ligne droite avec la Terre, peut être évaluée à 100000 rayons terrestres, chacun de 6571 kilomètres. C’est à peu près la distance qui nous sépare de Jupiter, la plus voisine des deux.
- —®— Les prix du concours de jouets ont été décernés le 2 décembre 1901 ; les dix premiers ont été les suivants : 1er prix : M. Chasles, ingénieur civil. Jeu des œillets. Prix offert par M. Gé-rôme. — 2e prix : M. Jules Bousquet. Pianiste automate. Prix offert par M. Frémiet. — 5e prix : M. Foucault. Jouet mécanique. Prix offert par M. Détaille. — 4e prix : M. Mouren. La Mouette. Prix offert par M. Coutan. — 5e prix : M. Dcsehaux. L’homme aux béquilles. Prix Félix Régamey. — 6° prix : M. Georges. Le nouveau haquet. Prix de 500 francs. — 7a prix ; M. Piehancourt. Oiseau mécanique. Prix de 500 francs. — 8e prix : M. Lavaud. Application de Vélecteur à la fabrication du jouet. Prix de 500 francs. — 9e prix : M. Serpet. Ballon Sanlos-Dumont. Prix de 500 francs. — 10e prix : M. Poulhiès. Ballon Santos-Dumont évoluant librement. Prix de 500 francs, offert par la Chambre de commerce de Paris.
- —Le Journal officiel publie la statistique par département des quantités de vins enlevées de chez les récoltants et des stocks existant chez les marchands en gros pour les mois de septembre et d’octobre. De l’examen de ces tableaux, il résulte que les départements dans lesquels les quantités de vins sorties des chais des récoltants (droits garantis ou acquittés) ont été les plus considérables, sont : l’Aude, avec 1172551 hectolitres; les Bouches-du-Rhône, 208 480; la Charente-Inférieure, 112 975; le Gard, 724 770; la Gironde, 694103; l’HérqpIt, 2 137 425; la Marne, 207 041); les Pyrénées-Orientales, 550 663; le Rhône, 261017; la Saône-et-Loire, 527 554; le Var, 201521; ce qui donne pour toute la France un total de 8 546 468 hectolitres. Quant au stock commercial à la fin d’octobre, c’est-à-dire la différence entre les entrées et les sorties inscrites aux comptes des marchands en gros, il s’élève à 572 615 hectolitres dans l’Aude; 200588 dans les Bouches-du-Rhône; 141161 dans la Charente-Inférieure; 440 733 dans le Gard; 2672 111 dans la Gironde; 1397 544 dans l’Hérault; 268 319 dans la Loire; 1643 948 dans la Marne; 180121 dans Meurthe-et-Moselle; 160 817
- dans le Nord; 562 283 dans les Pyrénées-Orientales; 1 172 018 dans la Seine; 254 421 dans Seine-et-Oise, etc., soit un total de 13693163 hectolitres pour toute la France.
- —®— La direction des antiquités de Tunisie a entrepris cette année, avec un plein succès, des fouilles méthodiques dans les ruines de Bougrana, ancienne Gigthis, qui fut jadis un port très riche de la région des Syrtes; on trouve les restes de monuments bien conservés à 2 ou 5 mètres dans le sable. Le premier objectif des fouilles fut le déblaiement complet du Forum. On déblaya successivement la voie d’accès passant sous la porte triomphale, des portiques régnant autour d’une place dallée, le temple du Capitole, rappelant, pour le plan, celui de Pompéi; puis des sanctuaires consacrés à Auguste Commode et à la Concorde Panthée, dont une statue colossale a été retrouvée presque intacte, et deux petits temples. On déblaie actuellement la basilique et le tribunal. Les nombreuses inscriptions dédies toires, trouvées au cours des travaux, fournissent de précieux renseignements sur l’affectation et le caractère des diverses parties du Forum et sur l’histoire de Gigthis. Ce Forum, aussi étendu et complet que celui de Timgad, est d’une ornementation plus riche ; les marbres les plus précieux et variés, les jaspes et l’onyx employés pour les colonnes, les chapiteaux et les bas-reliefs en marbre blanc ou en stuc découpé au fer ornaient les façades des édifices peints de fresques à l’intérieur.
- —g— On commence d’employer en Angleterre une machine dont nous ne connaissons pas le fabricant, mais qui rend de réels services pour l’extinction des incendies dans les cales de navires.^ Son fonctionnement est basé sur l’action de l’acide sulfureux, que l’on produit instantanément et que l’on injecte dans la cale : on sait que ce gaz arrête les combustions. L’appareil comprend une chambre où uu ventilateur peut comprimer de l’air et où se trouve une certaine quantité de soufre : si l’on enflamme ce dernier, en jetant dans la chambre un chiffon allumé, le ventilateur mis en marche chasse le gaz sulfureux dans la cale. On a prévu également un condenseur où, le feu une fois éteint, on peut faire passer les gaz jusqu’à refroi-dissement complet, de manière que les substances qui avaient pris, feu ne puissent plus ensuite senflammer quand on introduit de, nouveau l’air j ordinaire.
- —S;— Un récent procès, qui vient d’avoir lieu en Allemagne, a montré que, depuis plus de quarante ans, on y falsifie le café vert avec la plus grande facilité. On transforme, par exemple, les fèves du Brésil en fèves de Porto-Rico en donnant artificiellement aux premières la couleur vert-bleu caractéristique. Un de ces industriels, eu scrupuleux, a cependant été acquitté par le tribunal de Ham-ourg sur le rapport conforme des experts, sous le prétexte que cette falsification n’altérait en rien la qualité de la marchandise et que, du reste, par suite du long temps qu’elle était pratiquée, elle avait pris droit d exercice.
- —La Commission spéciale instituée par l’Association britannique pour étudier la question des variations de température à mesure que l’on s’enfonce dans le sol, donne les renseignements recueillis dans le puits pratiqué par le gouvernement prussien à Parnsdrowitz, près de Ratibor (Haute-Silésie). L3 profondeur totale est de 2003m,34. le diamètre décroît de 0m,092 à 0“",069 ; la moitié supérieure du forage est tubée. Les observations de température ont été faites tous les 31 mètres au moyen de thermomètres à mercure à déversement. La courbe des relevés est d’une régularité satisfaisante et l’augmentation moyenne de température a été trouvée de 1° C. pour SL'VlO. Il y a cependant quelque doute sur la lecture du 12° G. faite près de la Surface, à 6 mètres de profondeur ; selon le rapport cette température ne devrait être que de 8° C. Le résultat général est à peu près le même que celui fourni par les observations faites sur le forage de Sclüadebach pratiqué non loin de là et qui n’a que 256 mètres de moins de profondeur. /
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- N< HYKI.LKS SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’entonnoir « Le Stop » que nous avons décrit dans les petites Inventions du n° 1487, du 23 novembre 1901, est fabriqué par M. Besnard, 28, rue Geoffroy-Lasnier, à Paris.
- Communications. — M. J. Courroux, à Lusigny (Allier), nous adresse la lettre suivante : « Dans les communications du n° 1487 du 25 novembre 1901, on trouve une mention de M. P. Diamandi, de Genève, relative à un calendrier de son invention, permettant de trouver à quel jour de la semaine correspond une date quelconque comprise entre le 1er janvier 1700 et le 51 décembre 1992. Il existe un calendrier perpétuel qui donne le même résultat, avec une règle pour le calendrier Grégorien, indéfiniment valable, à partir du 15 octobre 1582, date du commencement; et une autre règle, pour le calendrier Julien, encore en usage en Russie, et valable à partir du 1er janvier, 45 ans avant l’ère chrétienne. Ce calendrier, qui date d’une vingtaine d’années, est dù à M. Ed. Lucas, professeur de mathématiques spéciales, au lycée Saint-Louis, à Paris, mort il v a déjà quelques années. On trouve ce calendrier au tome XÏI, planche llï, de l’Association française. »
- M. le DT Sée, à Nantes, à propos de notre article sur le roi des géants (n° 1487 du 23 novembre 1901, p. 415), nous écrit: « La Nature a donné en 1887 (tome I), une notice sur le géant autrichien Winckelmeler, d’une taille de 2”,60, taille non dépassée jusqu’à présent. Viennent ensuite, le chinois Chang,2“,49 (1882, t. II, p. 257); le norvégien Brussad,2m,44 (1882, t. II, p. 258); le grec Amanale, 2m,36 (1886, t. II, p. 201). Ce dernier avait, à 18 ans, 2 centimètres de plus que Beaupré. Il semble qu’il ne reviendrait à Beaqpré que le 5e rang ». Beaupré a sans doute été appelé le roi des géants existant actuellement.
- M. Ch. Colin, professeur d’école normale, à Apremont-la-Forêt (Meuse), nous indique une série d’expériences intéressantes à faire avec la chambre claire : Expérience I. Regardons à travers une vitre un cercle c placé parallèlement à la vitre, et considérons l’intersection de la vitre avec les rayons visuels aboutissant à la circonférence du cercle c. Nous obtenons une circonférence c'. Si la vitre est en avant de c, par rapport à l’œil, c' est plus petit que c ; si la vitre est dans le plan de c c' égal § c ; et si elle se trouve en arrière, c' est plus grand que c. Expérience IL Si la vitre et le cercle c ne sont plus parallèles, la figure e' est en général une ellipse. Conclusion : Pour que l’image F' d’une figure plane F soit égale à F, il faut que la vitre et la figure plane se trouvent dans le même plan. Expérience 111. Comment peut-on se rendre compte que les cercles c et c' sont dans le même plan ? Sur chacun des cercles écrivons un mot en caractères assez fins et fixons attentivement le mot du cercle c. Si c' n’est pas dans le même plan que c, l’expérience montre que le mot écrit sur c' n’est pas vu distinctement ; si les plans coïncident on voit à la fois et nettement les mots écrits sur c et sur c'.
- Ceci posé, regardons une coupe à l’aide d’un microscope muni de sa chambre claire, et mis au point. 11 est absolument indispensable que la feuille de papier, sur laquelle on va dessiner, se trouve dans le même plan que l’image sans quoi : 1° la figure dessinée ne serait pas égale à l’image, d’où grossissement incertain (expérience I) ; 2° il y aurait des déformations (expérience II) ; 5° il en résulterait une grande fatigue de l’œil, par suite d’accommodations différentes successives (expérience 111). Pour éviter tous ces inconvénients on emploie un sup-
- port dont la planche supérieure, qui porte la feuille de papier, peut s’élever, ou s’abaisser, ou s’incliner à volonté. Sur la feuille de papier nous écrivons en caractères fins un mot quelconque, puis nous regardons fixement l’image donnée par le microscope et nous déplaçons la feuille de papier jusqu’à ce que nous voyons nettement le mot écrit. A ce moment (expérience III) nous sommes certains que le support est à bonne distance.
- Reste à en régler l’inclinaison. Pour cela nous traçons sur la feuille de papier l’image du cercle vu dans le microscope et nous modifions l’inclinaison de la planche jusqu’à ce que l’image obtenue soit un cercle et non une ellipse (expériences I et II).
- Renseignements. — M. Ch. Ozenne, à Paris. — Il s’agit d’appareils frigorifiques quelconques.
- M. le DT J. D-upaigne, à Louveciennes. — Une tige telle que vous la demandez ne se trouve pas dans le commerce ; il faut la faire faire sur mesure et pour cela vous adresser à un constructeur d’objets semblables, par exemple au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. A. G., h S. — Nous ne pouvons vous donner de réponse avant de connaître les résultats des expériences annoncées.
- M. F. Crestin, à Saint-Pétersbourg. — A notre grand regret, il nous est impossible de nous occuper de cette question.
- M. le Dr Maere, .à Gand. — Nous n’avons pas d’adresse plus-complète ; mais elle doit suffire.
- M. H. B., h O. — Bec Auer à incandescence pour lampe à pétrole ou alcool, 9, rue du Louvre, à Paris.
- M. Gendot-Lezare, à Cezy. — Vous trouverez à la librairie Masson et Cia : un traité d’électricité médicale en deux volumes, par M. Lecercle, prix 16 francs; un traité théorique-et pratique du massage et de gymnastique médicale, par M. Masfort, prix 4 francs, et un traité de gymnastique de chambre, par
- M. Schreber, prix 5fr,50.
- M. P. Guyot, à Jelle-Saint-Pierre. — Un ouvrage a été publié par M. Th. Martin sur les inventions et recherches de Nikola Tesla ; adressez-vous au journal TheElectrical Engineerr 120, Liberty Street, à New-York.
- M. R. M., à Saint-Pétersbourg. — Nous n’avons pas-d’adresse plus complète ; tous nos regrets.
- M. G. Bougue, à Nancy. —* Nous avons signalé dans nos-Communications du n° 1487 du 23 novembre 1901, le calendrier rotatif de M. Diamandi, et nous en indiquons un autre dans la présente Boîte-aux-letlres.
- M. P. Sauvage, à Angers. — Nous n’avons pas de renseignements très précis sur cette question.
- M. L. Laporte, à Paris. — Nous n’avons pu trouver l’adresser-de l’inventeur de l’encre d’or que nous Avons fait connaître g il faudrait s’adresser à l’office des Brevets, au Conservatoira des arts et métiers.
- M. H. Bourgeois, à Bruxelles. — Le phénomène est connu-depuis longtemps. Le croisement des impressions conduit à-l’illusion de la sensation double.
- M. C. P., à Oloron-Sainte-Marie. — Vous pourrez vous procurer du sulfate d’indigo chez MM. Pelliot et Hofman, 26, rue du Roi-de-Sicile, chez MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, et à l’agence de produits chimiques, 5, cita Paradis, à Paris.
- M. Paris, à Chaumont. — Nous ne connaissons à ce sujet que l’ouvrage paru dans la collection des Manuels Roret et qui a pour titre : Coutelier ou Vart de faire tous les ouvrages de coutellerie, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- Société de chauffage à l'alcool, à Agen. — Pour polir les objets en cuivre, nous avons donné des recettes dans le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 5“ série, p. 122-123, à la librairie Masson et Cic ; nous avons également fait connaître une pâte à polir les métaux dans les Nouvelles scientifiques du n° 1484 du 2 novembre 1901. Enfin vous pouvez encore préparer la pâte suivante : 100 grammes savon de coco dans quantité suffisante d’eau, ajouter 10 grammes de tripoli, 5 grammes d’alun, 5 grammes de crème de tartre, 5 grammes de céruse. Bien pulvériser, mélanger et faire prendre en pâte.
- Accusés de réception. — Avis divers. — il/. A. Dolmans, à Tournai. — Nous avons fait plusieurs recherches dans la collection du journal, et nous n’avons pas trouver la recette que vous demandez. — il/. /{. M., à Lille. Nous avons donné l’adresse du constructeur en tète de la Boîte aux lettres du numéro même qui contient la description de l’appareil. — M. G. D., à Orléans; M. L. H-, à
- N. ancy. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Lebon, à Paris. Cetlo recette a été donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5° série, à la même librairie. — M. D. Rarnont, à Aurillac; il/. V. S., à Saint-Malo. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES MENTIONS1
- Manche & outil à magasin. — Les Américains sont très partisans des outils à combinaison, et en particulier des manches pouvant s’adapter instantanément à des outils divers : les grands magasins français commencent même à vendre de ces dispositifs. La pratique est excellente, car ce qui tient le plus de place dans un ensemble d’outils, ce sont les manches : c’est
- Manche à outil à magasin.
- donc déjà un grand progrès que de disposer d’un manche unique où les lames diverses se monteront par serrage d’un pas de vis. Mais dans l’instrument dont nous donnons une figure on a obtenu un meilleur résultat encore, au point de vue de la réduction de l’encombrement : le bois est creusé de façon à former un étui dont le chapeau se visse dans le corps, et où l’on peut loger une série d’instruments. D’abord trois lames de tournevis de calibres différents, puis une clef à écrous (bien entendu pour les écrous de faibles dimensions) et enfin un alésoir carré. Le manche n’a, sans les lames, qu’une longueur de 12 à 13 centimètres, le bois est d’ailleurs évidé de manière qu’il présenté encore toute solidité. L’ensemble forme une véritable trousse qui ne tient que fort peu de place. Cette ingénieuse combinaison a été imaginée par la Millers Faits Co, de Millers Falls, dans le Massachusetts.
- L'aimanto-Sotfége. — Une des conditions essentielles pour devenir musicien est de savoir déchiffrer un morceau de musique, savoir lire à première vue. A cet effet, le nouveau jeu, l’aimanto-solfège, sera très utile comme appareil de démonstration. 11 se compose d’un tableau (fig. 1) sur lequel sont fixées horizontalement des tiges en fer représentant les lignes de la portée, et qui sont aimantées dans toute la longueur; au-dessous se trouve un tableau noir pour écrire, par exemple un modèle de composition de 'musique. Une boite
- Fig. I. — Tableau (le démonstration.
- (fig. 2, I) renferme des notes découpées en tôle de fer, des Tondes, des blanches, des noires, des croches, double-croches, triple-croches, soupirs, etc. Un aimant (fig. 2, II) permet de saisir facilement une note quelconque, et de la fixer (III) sur les lignes de la portée placées sur le tableau. L’élève, en suivant le modèle tracé pai le professeur, commencera par écrire le morceau de musique, en prenant successivement à l’aide de l’aimant toutes les notes et accessoires dans la boîte et en les fixant sur les lignes de musique. Puis, avec un peu d’exercice, il arrivera bientôt à écrire lui-même directement quel-
- 1 f.a description des appareils est gratuite.’ La rédaction des Nourries scientifiques est étrangère aux annonces.
- ques notes et ensuite un morceau. Il sera du reste facile de corriger à volonté, par un simple déplacement dès notes mises en place. Ce jeu intéressera certainement l’élève et captivera son attention; il arrivera en peu de temps à lire et à écrire
- Fig. 2. — Détails, f. La boîte contenant les notes et les"accessoires, II. Prise des notes avec un aimant. III. Mise en place de la clef de sol.
- correctement la musique. — L’aimanto-solfège se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Science et éducation, discours et notices académiques, par M. Berthelot, sépateur, membre de l’Académie française, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences. 1 vol. in-18 jésus, broché. Société française d’imprimerie et de librairie, Paris, 1901. Prix : 3,r,50.
- Sous ce titre général, le présent volume traite de deux ordres de questions. Les unes sont relatives à l’éducation publique et au rôle que la science, envisagée par l’auteur comme base de toute moralité, doit y remplir dans les sociétés modernes. Les autres touchent à l’histoire des sciences contemporaines : des mathématiques avec Joseph Bertrand, de la zoologie avec Milne-Edwards, de la .botanique avec J. Decaisne et Naudin, de la minéralogie avec Mallard, de la physiologie avec Brown-Séquard. On y trouvera un exposé magistral des idées maîtresses de ces naturalistes sur les plus hautes questions de la philosophie scientifique.
- La tuberculose, par P. Guichard, assistant de radiologie au laboratoire des travaux pratiques de physiologie de la Faculté de médecine. — Les poissons; le greffage; mœurs des poissons; oiseaux et mammifères nuisibles-, les maladies des vers à soie; Vexpression des émotions chez les animaux et chez l’homme, par Henri Coupin, docteur ès sciences. — L'électricité et la foudre; histoire de la céramique; industrie du verre et du cristal; les ballons, par Gustave Tau-lest, professeur à l’Ecole Turgot. — L’optique par H. J)u-naxrès. — Les lumières artificielles; le chauffage domestique, par Guichard, ingénieur civil. Livrets in-8° des Conférences scientifiques et mondaines avec projections lumineuses des collections Molteni. Radiguet et Massiot, 44, rue du Château-d’Eau, Paris, 1901.
- MM. Radiguet et Massiot ont eu l’heureuse idée de publier une série de petits livrets contenant des conférences scientifiques sur les sujets les plus variés, et ils ont adopté à chacune des conférences les projections nécessaires pour les rendre plus intéressantes. Nous mentionnons ci-dessus les livrets déjà parus; mais nous signalerons en particulier le Mémoire sur la tuberculose que M. le D1’ Laborde a présenté récemment à l’Académie de médecine. M. B. Guichard a rassemblé 117 vues sur verre, destinées à la projection et qui représentent divers sujets microscopiques et macroscopiques. Ce travail vient d’être couronné au concours public ouvert par la Société de préservation contre la tuberculose par. l’éducation populaire.
- Cette nouvelle collection, en facilitant le travail de préparation des conférences, rendra de très utiles services.
- La mécanique à l’Exposition de 1900 : Le matériel agricole, par Max Ringelmann, professeur à l’Institut national agronomique. 1 brochure in-80. \T0 Ch. Dunod, éditeur, 1901.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- NOTES PHOTOGRAPHIQUES
- Coloration par virages.
- Au lieu de mettre des couleurs à l’albumine ou autres pour colorier les épreuves photographiques on peut obtenir certains tons par virages appliqués localement au pinceau. On prépare en conséquence trois virages : l’un à l’or, l’autre au platine et le troisième à l’uranium. Bain d’or : eau 120 cc; borax 1 gr. Au moment de l’emploi on ajoute 2 cc d’une solution de chlorure d’or à 1 pour 100. Bain de platine : eau 450 cc; chlorure double de platine et potassium 1 gr ; acide phosphorique 2 gr. Bain d’uranium I. Eau 120 cc; azotate d’urane 1 gr. 11. Eau 120 cc; cyanure de potasse 1 gr. On mêle I et II par parties égales au moment de l’usage. Pour placer ces virages à l’endroit voulu sur l’épreuve on fait usage d’un pinceau souple dont la monture ne contient pas de fil métallique. Pour un portrait par exemple on teintera d’abord le fond avec le bain d’or ; puis les cheveux, s’ils sont bruns, avec le même bain dans lequel on aura mis un peu plus d’or; s’ils sont noirs, avec le
- bain de platine. Le virage à l’uranium sera employé pour le visage, les mains, toutes les chairs. Pour obtenir d’autres tons, avec les papiers au bromure d’argent, voici, d’après M. Clerc, comment on opère. On prépare d’abord la solution I : Eau 100 cc; acide acétique cristallisable 10 gr; ferricyanure de potassium 1 gr. — A. Pour obtenir un ton sépia ou rouge on fera la solution II : Eau 100 cc; acide acétique cristall. 10 gr; acétate d’urane 1 gr. On mélange I et II dans diverses proportions, suivant le ton qu’on veut obtenir. Brun sépia : On prend de 1 50 cc et de II 100 cc. Brun rouge : de I, 50 cc et de II, 70 cc. Rouge feu : de I, 50 cc et de II, 55 cc. — B. Pour le ton bleu on prépare : 111. Eau 100 cc; acide acétique cristall. 10 gr; citrate de fer ammoniacal 1 gr. On conserve à l’abri de la lumière. Pour virer une épreuve en bleu on prend de solution I 50 cc, de solution III, 75 cc; on vire à une faible lumière, mais la lumière rouge n’est pas nécessaire. — C. Pour le ton vert on mélange les solutions déjà faites ; 1, II et III par parties égales, soit par exemple 50 cc de chacune d’elles. Il est toujours préférable d’opérer à la lumière d’une bougie et non en plein jour.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de Franoe
- observations 7 HEIKE* DI MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 novembre. 2° 2 N. E. 3. Couvert. 0,0 Très nuag. de 4 h. à 12 h. ; beau avant et après.
- Mardi 2G - - 4° ,5 N. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu'à 9 h. ; presque couv. ensuite.
- Mercredi 27 0U,5 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Très nuag. de 1 à 4 h. ; couv. de 21 à 24 h. ; beau le reste du temps.
- Jeudi 28 . — 2“.0 S. W. 2. Couvert. 0,0 Quelques éclaircies ; petit brouillard à 4 h.; gouttes à 24 h.
- Vendredi 29 3°, 7 N. N. W. 4. Couvert. 0,0 Très nuag. ; gouttes à 7 h. 35.
- Samedi 50 ' 5M S. W. 1. Couvert. 0,0 Couv. ; gouttes à 8 h. 1/2 et 9 h. 1/2.
- Dimanche l"décemh. 5°,5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert.
- NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1901.--SEMAINE I)U LUNDI 25 NOVEMBRE AU DIMANCHE 1er DÉCEMBRE.
- Lundi I Mardi | Mercredi I Jeudi I Vendredi I Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, ta direction du rent. Les courbes au milieu luiuqueui. courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer y. courbe plus mince, thermomètre a labn a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. •
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,e froid. — Le froid a commencé à se faire sentir assez vivement dans la semaine du 25 novembre au 1" décembre. Le 25 novembre, le thermomètre a marqué — 6° au puy de Dôme, — 7° au mont Ventoux et — 17° au
- Inc du Midi. On a signalé de la neige au mont Aigoual, et à Perpignan. A 'aris, le temps a été beau, la température moyenne a été de —0°,t>, inférieure de 6°,3 à la température normale. Le 2(1 novembre, le froid s’est maintenu. On a noté — 7° à Belfort, — 4° à Paris, — 4° au puy de Dôme, — 12° au mont Mounier. En France, le temps a été froid et neigeux en diverses régions. Le 27 novembre, la température est remontée ; la moyenne à Paris a été de 0°,2, inférieure de 4°,2 à la normale, avec un minimum de
- — 0°,1 le matin à 7 heures. Le 23 novembre, des neiges et des pluies ont été signalées dans le nord de l’Europe; on a recueilli29 mm d’eau à Constantinople, 6 à Alger et 4 au puy de Dôme. La température s’est abaissée dans le centre, excepté vers le littoral de la Manche. Le matin, le thermomètre marquait — 3° à Belfort, Clermont, — 5° à Ilaparanda, -+- 13° à Alger. On notait : — 7° au puy de Dôme, — 10° au mont Mounier, — 14° au pic du Midi. A Paris, une légère pluie est tombée dans l’après-midi. Le 29 novembre, la température était de 4° à Paris; le 30, le thermomètre marquait — 5° au puy de Dôme, — 6° au pic du Midi èt au mont Mounier. A cette dernière date, la neige est tombée à Marseille.
- PHASES DE LA Ll'.VE : P. L. le 2t>, à 1 li. 27 m. du matin.
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- N° 1490 (14 décembre 1901), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur eu. chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Encouragé par le succès de son dernier concours, le ministère de l’Agriculture annonce, pour le mois de mai 1902, un nouveau concours international de moteurs et appareils utilisant l’alcool dénaturé pour la production de la force motrice, de la lumière ou de la chaleur. Ce concours sera suivi d’une exposition publique.
- —(§)— Dans une conférence à la Société de géographie, M. de la Yaulx a établi comme il suit les bases du problème de l’aéronautique maritime : « 1° l’équilibre dépendant, c’est-à-dire l’équilibre obtenu au moyen d’organes en contact temporaire ou permanent avec la mer; 2“ la dirigeabilité partielle dépendante obtenue dans les mêmes conditions; 5° l’équilibre indépendant obtenu à n’importe quelle hauteur sans communication avec la surface liquide ; 4° l’application des trois méthodes précédentes aux systèmes de dirigeabilité complète et indépendante, autrement dit aux ballons dirigeables. L’expédition du Méditerranéen avait pour but la solution des deux premiers termes du problème, c’est-dire de l’équilibre dépendant et île la dirigeabilité partielle dépendante. L’expérience a réussi, ajoute M. de la Yaulx, puisque l’aérostat a pu se tenir pendant quarante et une heures immuablement fixé à la surface des flots, battant ainsi tous les records de durée terrestre établis au prix de mille difficultés. Bientôt on abordera la question de l’équilibre indépendant sans communication avec la surface liquide.
- —®— Le vin dans le monde. La dernière récolte de vin est estimée, pour le monde entier, à 143 millions d’hectolitres. Sur cettè quantité, la France (Algérie et Tunisie comprises) entre pour 54 millions, soit pour plus du tiers.
- —;®— La grande course à pied de six jours a été courue du 6 au 1S novembre dernier à Pittburg (Etats-Unis); 23 concurrents s’étaient mis en ligne et 9 seulement ont persévéré jusqu’au bout. Le gagnant a été un nommé Cavanagli qui a parcouru 506 milles, soit 814 kilomètres. Cela fait, en somme, une vitesse moyenne de 5655 mètres à l’heure, ce qui est relativement considérable. Il est vrai que le record reste toujours en la possession de Littlewood, qui, dans une des courses précédentes, avait parcouru 1003 kilomètres dans le même temps, soit 189 kilomètres de plus que n’a fourni le gagnant de cette année.
- —®— On va créer à Bakou, qui est pourtant le lieu d’élection du pétrole, et où par conséquent celui-ci devrait suffire à l’éclairage, une station électrique fort importante : elle comprendra 4 dynamos de 500 kilowatts sous 2000 volts chacune. Qu’on ne s’étonne pas trop de cet emploi de l’électricité dans un district pétrolier : il ne faut pas oublier, en effet, que dans toute cette région on vit au milieu de vapeurs essentiellement inflammables qui rendent l’usage des flammes particulièrement dangereux.
- —®— M. Lürmans a donné à la dernière assemblée des métallurgistes allemands, à Düsseldorf, une statistique intéressante des moteurs à gaz fonctionnant en Europe pour l'utilisation du gaz des hauts fourneaux. Les moteurs de ce genre sont encore très peu répandus •en Angleterre et aux Etats-Unis. En France, il existe un assez grand nombre de petits moteurs du type Seraing ou Otto, représentant une puissance totale de 8 à 9000 chevaux ; en Italie, il existe quelques unités d’une puissance totale de 1600 chevaux, et, en Autriche, sont en fonctionnement 2800 chevaux environ. L’usage de ces moteurs -est beaucoup plus répandu dans le Luxembourg, où leur puissance globale atteint 7600 chevaux ; en Belgique, où elle est de 7600 chevaux, et en Allemagne, où elle dépasse 36000 chevaux, soit 58 pour 100 de la puissance utilisée dans l’Europe entière. Cette force motrice nouvelle est utilisée, suivant les usines, pour actionner des compresseurs d’air ou des génératrices électriques.
- —(§)— Un journal anglais annonce qu’on vient de découvrir de grandes forêts de caoutchouc au Brésil sur les bords de la rivière Niera, affluent des Amazones. D’après la même information, une expédition aurait été immédiatement organisée par plusieurs maisons allemandes de Rio-de-Janeiro afin de procéder à l’exploitation du nouveau caoutchouc. Cette nouvelle est importante en raison de l’emploi de plus en plus considérable qu’on fait de cette substance en électricité, en vélocipédie et en automobilisme. Le prix du caoutchouc s’est beaucoup élevé en ces derniers temps; il serait à souhaiter qu’il revînt à ses anciens prix dans l'intérêt des nouvelles industries.
- —®— Au concours des vaches laitières qui a été ouvert à l’exposition de Buffalo, cinq sujets de la race canadienne-française se sont fait remarquer par la grande quantité de lait fourni : ce sont les vaches Liéna Flory, Rouen, Denise, Luna et La Bouchette. Elles ont donné respectivement les quantités suivantes : 181, 158, 167, 157 et 113 litres de lait, représentant comme bénéfices ; 1,23 — 1,43 — 1,27 — 1,10 et 0,77 dollars.
- —®— Le journal F American Agricidturist avait ouvert l’an dernier un concours entre les éleveurs de volailles sur le point de savoir quels seraient ceux dont les poules donneraient le plus d’œufs en l’espace d’une année. La victoire a été remportée par un certain Dimock, de Stafford Springs, dont 20 Livournes blanches à crête rose ont fourni chacune en moyenne 247 œufs. Venaient ensuite des Livournes brunes avec 241, des Plymouth-Rock avec 231 et des YVyandottes chamois avec 226.
- —®— Le réseau des chemins de fer de l’empire de Russie avait, en 1900, un développement de 49 453 verstes (la verste vaut 1067 mètres). Sur ce nombre, 3351 seulement sont à double voie. 7000 verstes reviennent à l’Asie russe. Actuellement 6741 sont en construction. On étudie le tracé de 2157 autres. Le nombre des locomotives était de 12187, dont 2343 pour les trains de voyageurs. Sur ces 12187 locomotives, 4766 ont été construites à l’étranger et 7421 en Russie.
- —®— D’après la Revue générale de chimie pure et appliquée, l’industrie du carbure de calcium traverse, en Allemagne, une crise intense, par suite de la forte surproduction. Les prix ont fortement baissé, de sorte que toutes les fabriques allemandes, autrichiennes, italiennes, Scandinaves et suisses ont été obligées d’arrêter tout travail, et cela vraisemblablement pour plusieurs mois. On sait que le carbure de calcium est presque exclusivement employé à la production d’acétylène ; or, 12000 à 13000 tonnes seulement ont été consommées, pour une production totale de 50000 tonnes. Seules les usines qui ont des contrats en cours travaillent actuellement. Ce sont les établissements de l’Aluminium Industrie Gesellschaft, à Neuhausen, en Suisse. Cette Société s’est engagée à fournir du carbure de calcium, pendant deux ans, au gouvernement prussien, qui l’emploie à la production d’acétylène, pour l’éclairage de voitures de chemins do fer. Un certain nombre d’accidents survenus dernièrement auront certainement une influence défavorable sur le développement de l’éclairage à l’acétylène.
- —®— On signale qu’un habitant de Saint-Pol-de-Léon a tué, près de Penpont, un merle blanc. Ce merle, mâle, a le bec jaune ordinaire, la tête, le cou et une partie du corps complètement blancs, le reste pie et la queue très noire.
- —®— Un Anglais a fait récemment le voyage de Londres à Marseille par les canaux. M. John Brown, à la suite d’un pari, était parti seul de Londres pour Marseille, dans un petit canot de 7 mètres de longueur, traversant la France en passant par les canaux. En arrivant à Marseille, au moment même où il entrait dans le vieux port, il s’affaissa, exténué de fatigue et de faim, dans son canot.
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- N( 1UVELLES scientifiques.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne le cyathomètre, appareil contrôleur des liquides, s’adresser à M. Montanari, 51, rue de Paradis, à Paris.
- Communications. — M. A. Mallet, à Paris, à propos de notre article sür « Les nouvelles dragues de la Seine maritime » (n° 1488, du 30 novembre 1901, p. 420), nous écrit : « On pourrait conclure de ' l’article paru dans le journal, que les dragues automobiles et les dragues suceuses sont d’usage récent. Il me paraît juste de rappeler que la « Grande Drague » du Havre, construite vers 1858 par les ateliers Mazeline, pouvait se déplacer au moyen de deux hélices et que, travaillant dans la rade du Havre, c’était une véritable drague marine. D’autre part, à peu près à la même époque, une drague porteuse et suceuse, du genre de celle que décrit La Nature, avec tuyaux d’aspiration latéraux, était employée au dévasement du port de Saint-Nazaire. Tout cela remonte à plus de 40 ans ».
- M. F. Crestin, à Saint-Pétersbourg, nous adresse la communication suivante : « C’est un fait connu, que pendant l’hiver en Russie, même sous le 60° parallèle, à Saint-Pétersbourg par exemple, nous avons chaud dans nos appartements, tandis que les Parisiens, à 11° plus au sud, gèlent dans les leurs. Mais ce que chacun ne sait pas, c’est la régularité du chauffage dans les maisons bien construites et ceci sans l’aide du chauffage central par la vapeur ou l’eau chaude, qui en général, dans les maisons d’habitation, ne donne pas toujours de bons résultats, mais simplement au moyen de poêles en maçonnerie, à revêtement de briques en faïence, dont le rendement est assez économique et qui emmagasinent la chaleur pour la rendre ensuite graduellement par le rayonnement, pendant 24 heures, au moins. Naturellement, outre le chauffage bien compris, les doubles-portes et les doubles-fenêtres jouent un grand rôle dans la conservation de la chaleur à l’intérieur des appartements. À Saint-Pétersbourg, les doubles-fenêtres sont fermées pour tout l’hiver, à partir de la mi-octobre jusqu’à la fin de mars, style russe, et la ventilation se fait alors principalement à travers les murs en briques, dont la porosité est très grande. Pour confirmer ce que je viens de dire, je puis vous citer l’exemple suivant. Dans un appartement au 2e étage ayant 20 fenêtres exposées au Sud, à l’Est et à l’Ouest, représentant une superficie de 272 mètres carrés et un volume de 870 mètres cubes et chauffé par 8 poêles, 1 cheminée et 1 fourneau de cuisine, un thermomètre à maxima et à minima a indiqué pendant la période du 15 octobre 1900 au 51 mars 1901 : température maxima =21° C. température minima = 17°,2 C., soit 3°,8 C. d’amplitude. A l’extérieur, le minimum de température, observé le 17 décembre 1900, a été de — 26°,8 C. L’humidité relative, peu considérable, a varié de 50 à 65 pour 100, ce qui prouve une bonne ventilation. Quant à la dépense de combustible, bouleau et sapin non complètement secs, à 20 pour 100 d’humidité, elle a été pour cette période de 167 jours de 11 200 kg, représentant un dégagement de chaleur de 32 480 000 calories, soitl2.87 kg par m3 de volume, avec dégagement de 37 333 calories. Pour éviter une fausse interprétation de ce*s chiffres, je dois ajouter, que sur les dix appareil de chauffage mentionnés, la moitié seulement fonctionnait chaque' jour en moyenne. » M. R. S., à Venise, à propos de l’article sur la calvitie (n° 1487, du 23 novembre 1901, p. 402), nous écrit : « Je désire vous faire part d’une récente opinion sur l’énorme différence de nombre de chauves, entre femmes et hommes. On peut même affirmer, que le cas de calvitie chez les femmes est absolument rare. Le nombre infini de maladies pouvant
- naturellement atteindre les deux sexes et chacun, ayant, pardessus le marché, leurs maladies particulières, on ne peut attribuer à elles la cause de la différence. Les cheveux ne croissent pas à l’infini. Ils peuvent atteindre un maximum de-lm,50. Or, les hommes habituellement coupent leurs cheveux très souvent (c’est la mode!); et on a calculé qu’à l’âge de-50 ans, en réunissant toutes les parties coupées on arriverait à la longueur de six mètres! Il est évident qu’obligeant le& cheveux à pousser jusqu’à cette énorme longueur, la sève capillaire s’affaiblit, jusqu’à produire leur chute. Cette hypothèse me semble une des meilleures. »
- M. E. Anadyr, à X., nous écrit : « Voulez-vous me permettre de faire la communication suivante aux lecteurs de La Nature. C’est l’hiver, la neige tombe, la cheminée d’une chambre où se trouve *un malade, rabat et en rend le séjour inhabitable. Que faire? la neige couvre le toit de 30 centimètres, par conséquent impossibilité de mettre un tuyau sur la cheminée! Le moyen à employer pour donner un bon tirage* et, par suite, supprimer la fumée, c’est de placer à l’intérieur de la cheminée un foyer immobile dans le genre de celui de 15 francs de la Compagnie du gaz et plutôt petit que grand, de manière que l’on puisse y poser une buse avec tuyau de 65 centimètres, le vide qui existera entre le dessus de l’appareil et le cadre de cuivre sera fermé par une bande de tôle ; c’est par cette ouverture que l’on pourra assujettir plus facilement la buse et le tuyau. Dans ces conditions le tirage deviendra excellent, et la fumée sera supprimée; même si une cheminée sans feu laisse échapper de la fumée provenant d’une autre cheminée, le même procédé réussit très bien. » Déjà indiqué, mais sommairement, par le général Morin.
- M. E. Marinot, au Creusot (Saône-et-Loire), nous écrit : « J’ai lu, avec le plus vif intérêt, l’article signé : G. Mares* paru dans le n° 1477 du 14 septembre dernier, relatif aux systèmes de bicyclettes à 2 vitesses. J’ai, en effet, étudié moi-même et construit en entier une bicyclette à 2 vitesses du système décrit par M. G. Mares, provenant de M. Bellan; mais je dois à la vérité de vous signaler que mes études ont eu lieu en 1889 (il y a plus de 12 ans), et que je l’ai construite en 1890 et commencement de 1891. En 1889, lors des premières apparitions de bicyclettes au Creusot, j’ai été, en effet,, frappé de certaines anomalies de constitution de ces machines et, après quelques courses sur une bicyclette d’emprunt, je résolus, ne trouvant nulle part de machine répondant à mes désirs, à en étudier une et à la construire moi-même. Outre les 2 vitesses, 4 et 6 mètres — changement instantané en marche— j’y ai apporté plusieurs autres modifications, dont voici les trois plus importantes : 1° Rayons tangents. A ce moment, les machines n’avaient que des rayons directs. L’étude m’a conduit naturellement à l’adoption de rayons tangents. Bien que ce système soit adopté par tous les fabricants déjà depuis-longtemps, il m’est difficile de comprendre qu’on ait pu fabriquer une seule bicyclette à rayons directs. 2° Chaînes démontables. Mes deux chaînes sont démontables maillon par maillon et instantanément; il n’y a aucun rivet. Ce système avait, à mon avis, une grande valeur, il y a 10 ou 12 ans, en raison des ruptures assez fréquentes de chaînes en pays montagneux, ruptures provenant généralement d’un mauvais métal. Avec 4 ou 5 maillons de rechanges dans ma sacoche j’étais à l’abri de tout ennui. Je n’ai eu d’ailleurs qu’une seule rupture sur un parcours total de 14 900 kilomètres, et le maillon a été remplacé dans une minute. 3° Frein, Je n’ai jamais compris une bicyclette sans frein ou avec un mauvais frein, et, à mon avis, tous les freins sur la roue avant sont mauvais et dangereux. J’ai donc étudié et construit le fieinde ma bicyclette pour qu’il agisse contre la partie métallique de la jante arrière au moyen de 2 patins munis de cuir. Afin que vous puissiez vous faire une idée de sa puissance, je dois vous dire que dans une pente de 50 à 55mm par mètre, à une vitesse de 42 à 45 km à l’heure, la chemin parcouru depuis l’action du frein, c’est-à-dire depuis l’apparition d’un obstacle, par exemple, jusqu’à l’arrêt complet est de 55 mètres; je pèse 91 kget ma bicyclette 21 kg. Ce frein m’a évité, dans plusieurs circonstances, des accidents qui auraient pu être terribles. Inutile de vous dire qu’à une descente, je puis avoir, à volonté, les pieds au repos. Il me paraît d’ailleurs impossible d’arrêter plus court puisque ce frein serrant à volonté, à tous les degrés, peut bloquer complètement la roue arrière et la faire, ainsi, patiner sur le sol. J’ai été très satisfait de cette bicvlette qui a fait, ainsi que je l’ai dit plus haut, 14 900 km sans aucun dérangement ni rupture. )>
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Bèdaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. Charles Janet, à Paris, nous a envoyé une série de brochures qu’il a publiées et qui ont pour titre : Essai sur la constitution morphologique de la tête de l’insecte. 1 brochure in-8. Paris. G. Carré et Naud, éditeurs. — Sur les nerfs céphaliques, les corpora allala et le tentorium de la fourmi (*y rmica rubra). Extrait des mémoires de la Société zoologique de France. — L’Esthétique dans les sciences de la nature. Extrait du Bulletin de la Société zoologique. — Sur les nids de la Vespa crabro, ordre d’apparition des premiers alvéoles. Conservation de la chaleur dans le nid, par Charles Janet. Extraits des Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences.
- M. A. et L. Lumière et M. Perrigot, à Paris, nous adressent une brochure qui a pour titre : « Sur la précision des images photographiques »,
- M. le Dr Gautier, à Paris, à propos de la communication de * M. le Dr Regand (n° 1486, du 16 novembre 1901), nous écrit qu’il a eu l’occasion de montrer dans des conférences, depuis 1893, un transformateur à courants alternatifs du même genre qu’il a fait construire par M. Patin, et qui répond à tous les besoins de la galvanocaustique et de la lumière. Ce transformateur est surtout remarquable par sa simplicité et son volume ; il ne mesure que 0m,18 de longueur sur 0m,05 d’épaisseur et se tient à la main très facilement.
- Renseignements. — M. L. Troussier, à Noirmoutier. — 1° L’objectif que vous avez doit vous donner des résultats à peu près aussi bons que ceux que vous proposez. — 2° Par temps couvert vous ne pourriez faire que des instantanés à des vitesses faibles d’obturateur. Êtes-vous bien sur que vos plaques ne sont pas voilées et que l’appareil ne prend pas un peu le jour?
- M. C. Dugast, à Ville-sur-Cousance. — 1° Une légère couche de pétrole à la surface de l’eau l’empêche de se congeler. — 2° Chaque appareil a ses avantages et ses inconvénients ; c’est à vous de faire un choix. — 5° Le vrai nickelage n’est obtenu que par un dépôt électrolytique.
- M. L. F., h Villaines-la-Juhel. — 1° Non. — 2° Le moyen le plus pratique de recourber un gourdin de bois vert pour en faire une canne est de le soumettre dans un moule en fer, à une pression très forte et sous l’action de la chaleur ; nous donnons à ce sujet quelques renseignements dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — 3°Nousavons publié plusieurs articles sur les nouveaux canons. — 4° La question est difficile à traiter.
- M. F. Dujardin, à Paris. — Il n’y a pas eu, depuis quelque temps déjà, de nouveau type de locomotive aux chemins de fer du Nord.
- M. S. L, à Paris. — 1° Pourfaire bien sécher le bois, on ne peut que le placer dans une pièce chaude, à l’abri de toute humidité. — 2° La solution d’émétique convient surtout pour les clichés dont le temps de pose a été mal calculé ; mais elle n’est pas nuisible lorsque la pose a été insuffisante.
- M. Chardin, à Pantin. — 1° On peut employer des tuyaux en acier ou en cuivre; le diamètre doit avoir environ 2 à 3 centimètres de diamètre. — 2° Nous n’avons pu nous procurer des chiffres sur les portées maxima de la voix suivant les diamètres de la nature du métal. — 5° Vous trouverez les formules des encres pour polycopies à base de gélatine dans le petit livre des Recette s et procédés utiles, 1". série, p. 150.
- M. M. J., à Liège. — 11 nous a été impossible de connaître la composition de la solution que vous demandez.
- M. A. Marouby, à Pau. — L’expérience est bien connue; remerciements.
- M. L. Roussel, à Montpellier. — On a essayé des dispositions analogues; elles n’ont pas donné de bons résultats.
- M. A. Kiamy, au Caire. — Photographies des monuments de tous pays : M. J. Kuhn, 220, rue de Rivoli ; M. G. Daveau, 3, avenue d’Orléans; M. Lévy et ses fils, 25, rue Louis-Ie-Grand; Société d’édition artistique, 32-34, rue Louis-le-Grand, à Paris.
- M. Collin, àAuxon. —Nous n’avons pu trouver cette adresse.
- M. Jacques Pariés, à Grignon. — Cette idée nous parait difficile à appliquer.
- M. A. J., à Cenomains. — Nous craignons que la description ne soit difficile à saisir; il faudrait un schéma, une vue d’ensemble, et il serait nécessaire de voir si la note peut convenir à notre publication.
- P. G. Maris, à Saint-Mandé. — 1° Votre observation est exacte. — 2° Nous avons indiqué l’adresse du fabricant entête de la Boîte-aux-Lettres, du n° 1489, du 7 décembre 1901.
- M. C. C., à S. — Ce projet a déjà été examiné à plusieurs reprises et expérimenté en petit les résultats en ont été mauvais. . _ .
- M. A. Pécou, à Paris. — Envoyez-nous la lettre que vous voulez adresser au médecin qui a signé l’article contre la coqueluche, et nous la lui ferons parvenir.
- M. A. P., à Bourg. — Soudures pour l’argent : 1° Soudure forte : argent, 67 parties ; cuivre, 25; zinc, 10.— 2° Soudure douce,'très fusible : argent, 48,5 parties; cuivre, 52; zinc, 16; étain, 3,5.
- M. A. Redier, à Morges. — 1° Machines à fabriquer les sacs : 'MM. Robin et Cie, passage River, 5, rue du Faubourg-du-Temple; M. Hachée, 122, rue du Faubourg-Saint-Martin ; L. C. Lhermite, 208, même rue, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas de fabricant de machine peseuçe-empaqueteuse automatique.
- M. H. Lamory, à Paris. — La Terre sera le plus loin du Soleil en 1902, le vendredi 4 juillet à 1 heure après-midi. La distance entre les deux astres sera alors de 152008 000 kilomètres. Ces chiffres changent constamment, mais peu d’année en année.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. R., à Paris. Il faut vous adresser directement au photographe, qui pourra vous indiquer les prix de ces différents appareils. — M. G. M., à Paris. Cet appareil ne se trouve plus dans le commerce ; il ne se construit plus. — M. L. B., à Paris; ili. J. D., à Argenteuil. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. L. Pivart, à Puteaqx; M. Gerand, à Paris. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. R. Pavon, à Cordoba. Remerciements pour votre communication.
- PETITES INVENTIONS1
- Breloque Calendrier perpétuel. — Nous avons déjà signalé, le 5 janvier 1901, ce petit calendrier réalisé par M. Maitruge. Il a été perfectionné depuis et mérite d’être propagé sous sa forme nouvelle. Il permet non seulement d’avoir toutes les dates de l’année d’un coup d’œil, mais encore de savoir en quelques secondes quel est le jour répondant à une date donnée dans le passé et dans l’avenir, et de résoudre aussi
- Breloque calendrier perpétuel.
- Fig. 1. — Calendrier annuel. Fig. 2. — Calendrier chronologique»
- les problèmes chronologiques usuels. Pour servir de calendrier, il suffit de placer le premier jour de janvier sous l’anneau qui sert de point d’attache. Les chiffres marqués dans le secteur représentent les dates des jours correspondants du mois. Pour février, on déplace le disque central et on l’amène sous l’anneau. Et ainsi pour chaque mois. Ceci a déjà été dit. Mais ce que réalise la nouvelle breloque, c’est qu’elle permet de remonter dans le passé ou de voir dans l’avenir. Dans le système décrit autrefois, on se servait d’une table accessoire, mais on égarait la table bien souvent, et l’instrument devenait muet au point de vue chronologique. L’auteur est parvenu à graver sur l’envers de sa breloque les chiffres de l’ancienne table. En sorte que cette breloque de 3 centimètres de diamètre devient un calendrier perpétuel complet. Si l’on veut savoir quel^ était, par exemple, le jour correspondant au 27 janvier 1858, on commence par chercher quel était le premier jour de l’année 1858. On cherche l’inscription 18° siècle; on fait coïncider avec cette inscription le secteur mobile commençant par deux zéros. On cherche le secteur dans lequel est inscrit 58 ; il correspond à un lundi. C’est le premier de l’an 1838. Alors par la méthode ordinaire, sur l’autre face, on déplace le disque de façon à faire coïncider le mois de janvier avec le lundi, et on lit : lundi 29; donc dimanche 28 et samedi 27. En quelques instants, le problème est résolu. Ce petit instrument qui s’attache comme une breloque est pratique et utile. C’est un vrai calendrier de poche. Et il coûte 1 franc ! Chez M. Maitruge, 52, rue de la Garenne, Courbevoie (Seine).
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La désinfection du linge.
- On ne saurait prendre trop de précautions pour la désinfection des linges contaminés dans les familles qui ont des malades. Cette désinfection est pratiquée d’une façon systématique dans les hôpitaux, dans les asiles ; mais, chez les particuliers, combien qui, sans souci du danger d’infection des blanchisseuses et de tous les intermédiaires, jettent tranquillement le linge dans un panier et le remettent tel quel à la lessive. II ne serait cependant pas plus compliqué de le donner mouillé que sec, et mouillé par des substances antiseptiques
- et désinfectantes, voire même désodorantes. La solution un peu concentrée de sulfate de cuivre, au centième, ou mieux au vingtième, n’altère pas du tout le linge et assure la désinfection ; il donne une légère teinte bleutée qui disparaît facilement par les grands lavages de la lessive. Le chlorure de chaux en suspension dans l’eau est encore un bon agent ; mais le meilleur, d’après les recherches du Dr Dardeau, serait la crésyline. C’est la substance qu’on emploie à l’hôpital Pasteur. Les linges, jetés dans des cylindres métalliques, sont arrosés d’une solution de crésyline à 2 pour 100 et y baignent pendant vingt-quatre heures. Ce laps de temps est suffisant pour assurer la désinfection avant le passage à la lessiveuse. La crésyline ne coûte pas cher (environ six sous le litre) ; c’est donc un désinfectant pratique. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)L MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE UE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 décembre . 5U,9 S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; très brumeux.
- Mardi 3 ....... 6°,4 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Coiiv. ; très brumeux. .
- Mercredi 4 2»,1 N. N. E. 2. Nuageux. 0,0 Nuag. de 7 à 14 h. ; couv. à 1 h. et de 15 à 20 h. ; beau le reste du temps; geléebl. ; très brumeux.
- Jeudi 5 — 3“.0 N. 1. Nuageux. 0,0 Très nuag. jusqu'à 15 h. ; couv. ensuite ; brouill. épais toute la journée.
- Vendredi 0 - 3°,7 S. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; faible brouillard ; givre foule la journée.
- Samedi 7 — 0°,1 S S. W. 2. Couvert. 0,0 Couv.; gouttes ou pluie fine de 16 à 18 h.; brumeux.
- Dimanche 8 8°,8 S. W. 3. Couvert. 0,5 Couv. ; gouttes à 1 et 12 h.; pluie fine à partir de 19 h.
- DÉCEMBRE 1901. --- SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 DÉCEMBRE.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Uaur en novembre 1901
- par M. E. Resou.
- Moyenne barométrique à midi 762"",82. Minimum 738“*,18 le 13, à 7 heures du soir. Maximum 771”'",54 le 29, à 8 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima 0°,77;des maxima 8°,12; du mois 4°,41 ; vraie des 24 heures 3°,73. Minimum — 6°,4 le 18. Maximum 13°,7 le 21. Il y a eu 15 jours de gelée dont 7 consécutifs du 2 au 8; et 4 jours de gelée blanche. Moyenne des minima sur le sol — 2°,81 ; minimum —10°,0 le 26.
- Tension moyenne de la vapeur : 4““,95. Minimum 2”,6 le 23 à 4 heures du soir, et le 24 à 5 heures du soir. Maximum 8““,6 le 21 à 3 heures du soir.
- Humidité relâtive moyenne 82°,2. Minimum 41 le 23 à 2 heures du soir. Maximum 1ÜÜ en 15 jours.
- Nébulosité moyenne 58. 6 jours couverts et 4 jours sans trace de nuage.
- Pluie 44““,7- en 18 heures, réparties en 4 jours. Il y a eu dans la pluie totale 0"“,6dû au brouillard. Plus 5 jours de gouttes qui n'ont pas marqué. r Un coup de tonnerre le 22 pendant une grosse pluie mêlee de grêle. Vents dominants du S. au S.-W., puis du N. au N.-E.
- Température moyenne de la Marne : le matin 6°,27 ; l’après-midi 6°,38; du mois 6°,33. Elle a varié de 4°,21 le 28 à 9°,18 le 1*'. Basse et claire.
- Relativement aux moyennes normales le mois de novembre 1901 présente les résultats suivants : Baromètre plus haut de 5“,12. Thermomètre plus bas de 2°,39. Tension de la vapeur moindre de 1°,38. Humidité relative moindre de 5. Nébulosité moindre de 11. Pluie plus faible de 32““,4.
- Relativement aux moyennes normales, Tautomne de 1901 présente les •résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Baromètre... 7b8“",76 -t- 0,78 Thermomètre . 9°,59 — 0,59
- Tens. de la vap. 7”“,61 — 0,45
- Moyennes. Écarts. Humidité relative . 82,1 — 2,4
- Nébulosité...... 55 — 4
- Pluie...........117",1 — 44,0
- Relativement aux moyennes normales, l’année météorologique 1901 présente les résultats suivants :
- Moyennes. Écarts. Baromètre. . .. 758"“,24 -t-0,23 Thermomètre . 10°,20 -t- 0,24
- Tens. de la vap. 7““,50 -+- 0,23
- Humidité relat. 76, l — 3
- Moyennes. Écarts.
- Nébulosité....... 56 — 3
- Pluie ...... 455",9 — 135.5
- Nombre de jours de pluie . . 139 — — d orages . . 26
- Erratum. Octobre, Baromètre minimum, au lieu de 739",98 le 4 à 4 heures du soir, lisez : le 6 à 4 heures du soir.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 2, à 9 h. 53 du soir.
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- N° 1491 (21 décembre 1901), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PAR VILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Les prix Nobel. Pour la première fois la distribution •solennelle des prix Nobel a eu lieu le 10 décembre à Stockholm. Chacun de ces prix s’élève environ à 200 000 francs. 'Les prix de sciences ont été décernés par l’Académie des sciences de Suède, le prix de médecine par l’Ecole de médecine de Stockholm, le prix •de littérature par l’Académie Suédoise ; le prix de la Paix par le Sortliing Norvégien décerné à Christiania. Le prix de physique est donné à M. Rœntgen, qui a découvert les rayons X; celui de chimie •au Hollandais Van t’Iloff, le savant auteur des « Etudes de dynamique chimique », etc.; celui de médecine au professeur Behring, xjui a découvert en principe le sérum antidiphtérique. Le prix de littérature a été décerné à M. Suily-Prudhomme et le prix de la Paix, de la valeur de 208 000 francs environ, a été réparti entre MM. Frédéric Passy et Henri Dunant, l’auteur de la convention de Genève. On le voit, la France a été bien partagée.
- 5—®— M. Costantin est nommé professeùr de culture au Muséum d'histoire naturelle, en remplacement de M. Maxime Cornu, décédé.
- —®— Le Salon de l’Automobile et du Cycle, inauguré par le Président de la République ét visité plusieurs fois par le roi des Belges, est très réussi cette année. Il s’agit même d’une exposition très importante. Tout le rez-de-chaussée du Grand Palais des Champs-Elysées et ses annexes sont envahis par les voitures, automobiles de toute marque, les moteurs, les bicyclettes, les motoeycles à pétrole... et encore par une nouvelle exposition de l’alcool, des moteurs à alcool, locomobiles agricoles,... sans compter les ballons. Il faut noter l’élégance des enseignes : on a fait de petites merveilles. Le Salon est orné de ileurs et les stands sont installés avec luxe. L’organisation du Salon fait véritablement honneur à son commissaire général, M. Rives. A partir de 4 heures du soir, le coup d’œil du Palais est féerique. Lustres, girandoles, lampadères, lumière d’or, lumière d’émeraude, lumière de rubis, etc. Aussi l’affluence est énorme et le dimanche on a beaucoup de peine à circuler.
- —®— La troisième commission du Conseil municipal de Paris a décidé d'inviter l’administration des Travaux à étudier l’installation dans Paris de deux usines d’incinération d’ordures ménagères. Le préfet de la Seine et le préfet de police ont admis en principe l’établissement de ces usines.
- —®— On sait le rôle que jouent les i;ats dans la propagation de la peste. Pour se défendre contre l’épidémie, il faut se débarrasser des rats et des souris. Au printemps dernier, le Conseil municipal mettait à la disposition du préfet de la Seine une somme de 5000 francs destinée à faire face aux dépenses de destruction des rongeurs dans les édifices municipaux. On devait attribuer uniformément une prime de 10 centimes à toute personne qui apporterait au service de 1 assainissement des habitations, un cadavre : rat ou souris. L’expérience ne réussit guère. Tous les spécialistes en la matière furent convoqués. On devait tuer les rats municipaux avec facilité. La vérité est qu’on parvint à déplacer et à éloigner les rongeurs, mais peu furent trouvés morts. Il faut donc reprendre le problème. Un industriel qui fait profession de détruire les animaux nuisibles va tenter de nouveaux essais. On opérera simultanément dans dix-huit marchés de Paris, aux abattoirs de la Villette et de Villejuif et dans les égouts. Si cette fois l’expérience réussit, nous en ferons connaître les résultats.
- —®— Le transatlantique « Kaiser Wilhelm der Grosse » a quitté New-York le 19 novembre dernier, ayant à son bord des lingots d’or pour une valeur de 56 millions de francs, dont 5 millions pour Berlin et le reste pour Paris. Il paraît que, tant que le change ne sera pas modifié, de semblables expéditions se continueront par tous les courriers. Les assureurs maritimes, qui, d’habitude, n’assuraient
- jamais pour plus de 20 millions, ont consenti, cette fois-ci, à reconnaître les 36 millions. L’or pour Berlin était dans des boîtes oblongues; celui pour Paris dans des petits tonneaux à cercles Je fer.
- —®— Que sera l’hiver 1901-1902? La température qui règne en Amérique en ce moment n’est pas rassurante. De l’ouest des Etats-Unis, le froid intense s’avance comme une immense vague en marche vers l’Atlantique. Il avait atteint, le 15 décembre, la longue ligne qui s’étend du nord de l’IUinois, en passant au sud-ouest à l’Arkansas. La température dans cette partie du pays s’est abaissée en vingt-quatre heures dans beaucoup de localités de 18° à 22° au-dessous du zéro du thermomètre centigrade. On annonce de nombreuses morts dues à la congélation. Le Bureau météorologique dit qu’il fait à Chicago un froid qu’on n’avait pas ressenti depuis vingt-cinq ans. La neige interrompt la circulation en certains endroits. Les météorologistes estiment que la vague de froid va atteindre le littoral et voyager au-dessus de l’océan Atlantique jusqu’en Europe.
- —®— Les armateurs français à la grande pêche de Terre-Neuve et Islande ont tenu dernièrement leur réunion annuelle à Saint-Servan. Le capitaine Faubournet de Montferrand, commandant la division navale dé Terre-Neuve y a donné lecture de son rapport sur la campagne de pêche de 1901. La pêche française est en progrès, au French Shore, sur les années précédentes. La pêche du hareng, notamment, est en progression, et tout fait prévoir que ce mouvement s’accentuera encore l’année prochaine.
- —®— M. Marconi, qui fait à Samt-Jean-de-Terre-Neuve des expériences de télégraphie sans fd, déclare qu’il a pu communiquer quelques minutes avec la côte d’Angleterre et qu'il a pu percevoir des signaux convenus faits du cap Lizard.
- —®— Avec la nouvelle ligne de la Valteline, qui sera inaugurée prochainement, la Lombardie détiendra le record des chemins de fer électriques : 215 kilomètres. La plus longue ligne était jusqu’à ce jour en Amérique : 59 kilomètres; puis venait le Fayet-Chamonix : 20 kilomètres.
- —®— On vient de découvrir au fond du lac Champlain (Canada) un navire qui y était coulé depuis 1777. Ce bateau avait été envoyé, pendant la guerre de l’Indépendance, de Québec au général anglais Burgoyne avec des vivres, des munitions et de l’argent. Mais il fut attaqué en route par des troupes américaines qui réussirent à le couler. Aussitôt que ce navire a été découvert, les scaphandriers se sont mis à l’œuvre et n’ont pas tardé à le désagréger à l’aide de pétards de dynamite. Ils en ont extrait nombre d’objets et d’ustensiles, entre autres 15 vieux mousquets. Mais la trouvaille la plus précieuse a été celle d’une caisse en fer toute rouillée, qui renfermait dans son intérieur 10000 souverains en or, soit une valeur de 250000 francs. Cette somme a été déposée à l’Allen National Bank de Fairhaven, en attendant qu’on sache à qui elle doit être attribuée.
- —®)— Le navire anglais Discovery, qui vient de partir pour une expédition polaire, est muni, comme plusieurs de ses devanciers, d’un moulin à vent (qui pourra d’ailleurs se monter directement sur la glace durant un hivernage) : cette fois le moulin est destiné à fournir la lumière durant la longue nuit polaire en actionnant deux dynamos, et avec le concours d’une batterie d’accumulateurs installée dans les fonds du navire. On a pris des dispositions pour que l’allure du mécanisme puisse passer de 500 à 2000 tours sans variation appréciable du voltage.
- —®— M. P. Carmody propose, dans le Journal of tropical médecine, un nouveau système de moustiquaire à l’usage des voyageurs dans les contrées tropicales : elle peut se fixer autour de l’ombrelle, du parasol qui fait normalement partie de l’équipement pour des expéditions ae cette sorte, si bien qu’on se trouve posséder un appareil combiné qui permet de se protéger du soleil le jour et des moustiques la nuit.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le dio-cinescope audiphone dont nous avons donné la description dans le n° 1489, du 7 décembre, se trouve chez M. Clermont-lluet, 114, rue du Temple, à Paris. —L’arithmographe Troncet est en vente à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, à Paris.
- Communications. — M. J. Sabatier, directeur du Comptoir de l’acétylène, à Paris, à propos de notre article sur les horloges publiques (n° 1488, du 30 novembre 1901, p. 429), nous fait connaître un appareil spécial pour éclairer les horloges. Cet appareil se compose d’une puissante lampe à l’acétylène, munie d’un réflecteur parabolique et supportée par une barre de fer scellée sous l’horloge, rappelant ainsi la disposition des drapeaux les jours de pavoisement national. L’appareil placé sous le cadran ne le cache pas aux regards, tandis que l’angle du réflecteur et la longueur de la barre sont calculés pour que le cône lumineux éclaire toute la surface du disque. Le petit modèle donnant une intensité lumineuse de 30 bougies pendant 5 heures à 5 centimes l’heure, les habitants du village sont plus favorisés que ceux de la grande ville où le cadran transparent sur lequel se projettent les ombres noires de la minuterie et de l’armature est absolument confus. Ce dispositif est également nécessaire pour les inscriptions des rues, pompe à incendie, signaux de danger, etc. La flamme de l’acétylène qui résiste au vent, est du reste protégée par le réflecteur.
- M. Bernùrd Brunhes, à Paris, nous adresse une brochure qu’il vient de publier sur 1’ « Observatoire du Puy-de-Dôme ».
- M. J. Rambal, président du comité-directeur du journal suisse d’horlogerie, à Genève, nous envoie deux exemplaires d’un numéro spécial publié à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de cette publication. Ce numéro contient un historique complet du Journal et une étude fort intéressante sur l’évolution de l’horlogerie suisse durant le dix-neuvième siècle ; ces notices sont accompagnées d’une série de belles planches hors texte. Nos lecteurs pourront se procurer ce numéro au prix de 4 francs, en s’adressant au Journal, 11, rue Pétitot, à Genève.
- M. L. G. V., à Vienne, nous adresse la lettre suivante :
- « Il est souvent intéressant de se rendre compte immédiatement du grossissement d’une lunette terrestre ou d’une jumelle quelconque. On ne peut toujours recourir à la mesure habituelle. Voici un moyen facile qui donne une valeur approximative. On fixe avec la lunette, ou l’un des côtés de la jumelle, en fermant un œil, un objet quelconque, bien apparent et se détachant bien, peu importe la distance (par exemple une maison blanche sur fond sombre dans le lointain ; une fenêtre ou arête de fenêtre pour plus de proximité). L’objet étant choisi, et bien en vue dans la lunette, on ouvre alors l’autre œil et l’on perçoit deux images : l’une grossie dans la lunette, l’autre naturelle dans le second œil. Or, facilement et sans grands tâtonnements, on arrive à superposer deux dimensions homologues de ces images, surtout si l'on a un point d’appui quelconque. La com-
- Îtaraison linéaire devient alors très facile et s’apprécie généra-ement à vue d’œil, le grossissement étant d’ordinaire 2, 3, 4,
- 6, rarement davantage. On trouve aisément de plus des points de repère facilitant la comparaison : par exemple le nombre de fenêtres, d’étages d’une maison, le nombre de carreaux, etc. Ce moyen n’est sans doute pas nouveau, mais en tout cas peu connu. I
- Le même correspondant nous communique l’illusion d’optique suivante : « Si Ton fixe d’une certaine distance (o, 10 mètres) un lustre ou un candélabre suspendu dans une église ou une salle, et parfaitement immobile, et si Ton ferme un œil, l’objet semble prendre un mouvement de rotation lent mais bien apparent. Le sens de la rotation dépend en général de l’œil que Ton ferme et change si Ton change d’œil, mais n’est cependant pas fixe, et change parfois de lui-même, quoique Ton regarde avec le même œil. L’illusion réussit avec tout objet présentant de nombreuses branches ou un enchevêtrement : comme un candélabre compliqué placé sur une cheminée, même un arbre dépouillé ou peu feuillu. Il serait intéressant que plusieurs personnes vérifiassent cette illusion, et que Ton tâchât de l’expliquer : elle provient sans doute du déplacement dù au relief se présentant au moment où on ferme un œil, et qui paraît se prolonger ».
- Renseignements. — M. G. M., 2° Cuirassiers. — 1° Mettez la dissolution de sulfate de fer à 9 pour 100 dans un grand baquet percé d’un trou au ras du fond, ce trou étant, à l’intérieur, garni d’une toile métallique serrée et fermé extérieurement par un bouchon. Jetez la semence dans le liquide, où elle doit baigner complètement. Agitez la masse et enlevez les grains qui surnagent. Lorsque les enveloppes sont ridées suffisamment, ôtez le bouchon pour faire écouler le liquide, qui pourra servir de nouveau. Etalez la semence pour lui permettre de sécher un peu. Ajoutez-y au besoin une petite quantité de cendres et de scories phosphatées. Remuez et mettez en terre le plus tôt possible. L’addition de cendres et de scories permettra l’usage du semoir. — 2° La durée de la trempe doit être de 20 à 25 minutes pour les céréales et de 10 à 15 minutes seulement pour les légumineuses. — 3° La solution à 6 pour 100 ne détruit nullement les facultés germinatives, au contraire. Les solutions de 1 à 10 pour 100 ont été expérimentées en 1900 (V. n° 1428 du 6 octobre 1900,. p. 300), et ce sont celles de 5 à 9 pour 100 q*i ont donné les meilleurs résultats. — 4° L’avantage du traitement appliqué à l’avoine est à peu près évident. Là, plus que partout ailleurs, la sélection des grains doit être soigneusement pratiquée.
- M. A. Fabre, à Yilleneuve-sur-Lot. -— Nous avons transmis votre demande à notre collaborateur en le priant de vous fournir ces renseignements.
- M. Eridan, à Acy-en-Maltien (Oise). — Vous trouverez despetites dynamos de ce genre chez M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire ou chez M. Chomeau, 35, passage du Havre, à Paris.
- M. L. Herbin, à Buenos-Airès. — Le traité de l’Agriculteur algérien de MVI. Charles Rivière et Lecq est édité par M. Chal-lamel, 17, rue Jacob, à Paris.
- M. E. D., à Rouen; M. L. Videcoq, à Paris. — L’adresse de M. le Dr Marage est 14, rue Duphot, à Paris.
- M. Elisée Duval, à Criquetot CEsneval; M. Alf. Uyst, à Liège. —Pour tout ce qui concerne le traitement de la surdité présenté par M. Marey, à l’Académie des sciences, il faut vous adresser à M. le Dr Marage, 14, rue Duphot, à Paris.
- M. A. Cochot, à Angoulème. — Vous trouverez les renseignements sur cette méthode dans le « Bulletin de l’Académie de médecine », à la librairie Masson et Ci6.
- M. E.P., à Chartres. •— Nous vous conseillons de consulter le « Traité de chauffage », de Ser, à la librairie Masson et Cie.
- M. P. L. Leisse, à Douai. — lin article est actuellement en préparation; si nous avons besoin de compléter, nous aurons recours à votre complaisance.
- M. D. L., à Nîmes. — Adressez-vous à la Société centrale de produits chimiques, 42, rue des Ecoles, à Paris.
- M. Dubard, à Nevers. — Le journal « La mise au point » est publié par la maison Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roeh, à Paris.
- M. B. B., h Paris. — Pour ce qui concerne les projections, renseignez-vous auprès de MM. Radiguet et Massiot, 44, rue du Château-d’Eau, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. B., h Paris. Nous avons donné l'adresse du fabricant en tète de la Boîte aux lettres du même numéro. — M. Leroy, à Nice. Cet appareil ne se trouve plus dans le commerce. — M. J. D., à Lille; M. T. B., à Marseille. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et C‘°. — M. Ledant, à Paris. Cette formule est donnée dans le même petit livre que ci-dessus,
- 5e série, à la même librairie. — M. G. Viant, à Bordeaux ; M. Dumont, à Bordeaux. Remerciements pour vos communications.
- Bans ta « Boite aux. lettres » la Rédaction accueille tes faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répoifdre à tontes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de ta livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Il
- PETITES INVENTIONS1
- Électro-lux. — L'appareil que-l’inventeur a désigné sous le nom Electro-lux est un appareil d’allumage qui est commodément disposé pour fournir du feu à tout instant. Il consiste en principe en une pile qui fournit du courant à un fil de platine a ; celui-ci devient incandescent et il suffit de présenter une allumette b formée d’une mèche imbibée d’essence pour avoir du feu à volonté. La pile est une pile au bichromate ; le charbon C en anneau est fixé sur le couvercle D du vase ; le zinc Z est porté par une tige à ressort T qui permet de l’enfoncer et de la retirer rapidement. Pour préparer le liquide excitateur, on met un litre d’eau chaude dans un récipient, on verse peu à peu 125 grammes de bichromate de potasse pilé en agitant avec une baguette de bpis jusqu’à complète dissolution ; puis on laisse lentement refroidir (une heure et demie). On ajoute ensuite très lentement 200 grammes
- Électro-Lux,
- 1. Vue d’ensemble.
- II. [Coupe intérieure. — III. Détails.
- d’acide sulfurique en agitant bien. Après le refroidissement on peut employer le liquide. On peut aussi se servir d’eau froide en remplaçant le bichromate de potasse par du bichromate de soude. Le niveau du liquide dans la pile doit atteindre le rebord supérieur du charbon. Sur le côté delà pile, est placé à l’aide d’un ressort un petit cylindre métallique L, dans lequel est fixé un tube vertical L On garnit ce récipient d’essence de bonne qualité et on place l’allumette b dans le tube. Pour utiliser l’allumette, il suffit de la retirer du tube et de la placer dans le trou en étoile a (fig. I) ; on appuie alors sur la tige T, le courant passe dans le fil de platine, et l’allumette s’enflamme. On peut également remplacer l’allumette par un tube c renfermant une mèche; cette dernière une fois allumée est placée dans le cylindre métallique et l’on dispose d’un petit bougeoir permettant de se déplacer. Cet appareil, comme on le voit, présente des avantages. 11 est nécessaire, pour le transporter a’un point à un autre, de le tenir toujours droit. On peut T accrocher au mur ; des crochets disposés à cet effet sont placés sur l’appareil. La mèche de l’allumette doit toujours être bien imbibée d’essence. Le platine de l’inflammateurpeut durer deux ans, et être remplacé facilement à volonté ; le zinc de la pile peut servir à 5000 allumages. — L’Électro-lux se trouve chez M. A. Marquer, 31, rue Marcadet, à Paris.
- Bicyclette & levier « Régina )). — En dépit des avantages sérieux qu’elles offrent, par süite même du principe suivant lequel elles sont construites, les bicyclettes à pédales-leviers ne sont pas extrêmement nombreuses : c’est pourquoi nous tenons à en signaler une qui est peu connue en France. Elle est de fabrication américaine et sort des usines Wadman Cycle Co. Il suffit d’un simple coup d’œil sur la figure qui représente cette machine, pour voir le procédé grâce auquel la force et les oscillations imprimées aux pédales se transmettent, sous forme d’un mouvement de rotation, à une grande roué à dents intermédiaire, disposée dans la fourche inférieure, puis à un pignon calé sur l’essieu arrière et qui engrène avec cette roue. On
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- comprend que les oscillations des pédales, qui ne représentent à peu près comme parcours que les 2/5 d’une circonférence, agissent sur le mouvement de sonnette aux deux extrémités duquel se rattachent des bielles : celles-ci se terminent, d’autre part, sur la roue à dents. Il est certain que de la sorte les pieds exercent leur effort suivant la meilleure direction ; le
- V/.
- Bicyclette à levier « Remua ».
- mouvement des genoux est assez faible, et l’on sait combien il est disgracieux, notamment pour les dames bicyclistes. De plus, les leviers mêmes permettent de retenir facilement le mouvement sur une pente; enfin l’engrenage est abrité sous une couronne qui empêche complètement qu’un vêtement vienne s’y accrocher. — Cette machine est construite par la Wadman Cycle Company,Utica, Etat de New-York [(Etats-Unis).
- L’anto-massenr Basmaison. — Le massage et l’application de ventouses rendent de grands services dans de nombreux cas. Mais il n’est pas toujours facile de recourir à l’un et à l’autre. L’auto-masseur Basmaison aplanit toutes les difficultés et permet de faire sans danger une application de ventouse et simultanément un massage des parties lésées. Il se compose, en principe, de cylindres AC métalliques parallèles, destinés à produire, par leur roulement sur la peau, un massage dont on
- Auto-n asseur. — Mode d'emploi.
- règle la pression à volonté. Un dispositif spécial rend hermétique à l’air l’espace B compris entre ces deux cylindres; et une ventouse V, placée au-dessus, que l’on peut faire agir à volonté en appuyant la main sur la poignée P et sur le ressort B, permet de faire le vide en faisant rouler l’appareil sur la partie malade. Il en résulte que l’action de l’auto-masseur est double; l'appareil amène le sang à la surface par l’effet de la ventouse, et par son roulement, il le fait circuler dans les vaisseaux. — L’auto-masseur Basmaison se trouve chez M. E. Moniod, 40, rue de la Glacière, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Le chemin de fer métropolitain de Paris, par A. Dumas, ingénieur des Arts et Manufactures. 1 vol. in-8. —: Le Génie Civil et Ch. Béranger, éditeurs, Paris, 1001. Prix: 7fr,50.
- Cet ouvrage est un exposé méthodique et complet de toutes les questions concernant le Métropolitain de Paris. Il constitue l'étude
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- la plus importante qui ait encore été écrite sur cette entreprise, ïl se divise en trois parties distinctes : 1° l'historique de la question et l’étude d'ensemble du réseau adopté ; 2° la description détaillée de la partie du réseau actuellement construite, des travaux auxquels elle a donné lieu et du matériel qui y est employé ; 3° l’exposé du projet de la ligne actuellement en construction. Enfin, l’auteur a ajouté à son ouvrage un appendice dans lequel est exposé le système général d’exploitation des six lignes actuellement concédées, tel qu'il a été lixé par la délibération du Conseil municipal en date du 14 juin 1901.
- Instruments et méthodes de mesures électriques industrielles, par H. Armagnat, 'chef du bureau des mesures électriques des ateliers Carpentier, 2e édit. 1 vol. in-B°. Taris, C. Naud, édit.
- Les méthodes de mesure électrique et les instruments sont aujourd'hui très nombreux ; ils oht tous fait leurs preuves et donné
- de bons résultats, dans les mains de leurs auteurs. Mais il n’en est plus de même lorsque des électriciens ayant à faire couramment des mesures veulent les employer ; ils ne connaissent pas en général les instruments, ignorent leurs qualités et ne savent pas souvent apprécier les limites de leur emploi. C’est donc un guide précieux pour tous les électriciens qui a été écrit par M. II. Ar-magnat, dont on connaît toute l’habileté et toute l’expérience consommée dans cette spécialité. Dans son ouvrage, en effet, il nous donne des indications détaillées sur les appareils généraux de mesures, nous en explique très nettement leur fonctionnement et l’emploi. Puis il nous décrit, sous le nom d’appareils industriels, les instruments d’usage journalier et il nous fait connaître des méthodes de. mesures qui emploient des combinaisons des instruments décrits précédemment.
- Les phototypes sur papier au gélatino-bromure, par F. Qué-nisset, in-18. Librairie Gauthier-Villars. Paris, Prix: l,r,25.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A y ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 décembre . 8U,9 W. S. W. 3. Couvert. 7,5 Couv. ; pluie dans la matinée.
- Mardi 1Ü 6\1 W. 0. Très niiagoiix. 1,6 Nuageux; pluie le matin.
- Mercredi 11 .... . 3U,3 W. N. W. 2. Nuageux. 0,8 Couvert jusqu’à 6 h. ; nuag. ensuite; beau après 17 h.;
- pluie le matin.
- Jeudi 12 1°.0 S. 5. Couvert. 0,0 Couv. ; pluie dans la soirée.
- Vendredi 13. . . . . 6®,7 S. 6. Couvert. 0,7 Beau à 1 h. ; couv. ensuite ; pluie dans la soirée.
- Samedi 14 5°,1 S. S. W. 3. Couvert. 8,5 Couv. ; pluie continue jusqu’à 7 h. du matin.
- Dimanche 15 2°,1 N. 4. Couvert. 3,6 Couv. jusqu’à 9 h. ; nuageux ensuite.
- DECEMBRE 1901. --- SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 DÉCEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vêtu. 'Les courues au milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblements de terre en Italie. — Dans la nuit du 12 au 13 décembre, on a ressenti deux légères secousses de tremblement de terre à Messine et une forte secousse à Tarente. Il n'y a eu aucun dégât matériel.
- Tempête de neige et de grêle. — Une violente tempête de neige, accompagnée de grêle, s’est abattue, le 10 décembre, dans les environs d’Epinal, sur le Hoheneck, à 1366 mètres d’altitude. La foudre est tombée lendant cet orage sur le café Bernez qui est situé sur la hauteur et l’au-lergi.ste a été grièvement blessé ainsi que sa femme et ses enfants. L’aubergiste put descendre pour aller chercher du secours, mais il a mis sept heures pour gagner un village voisin, la Schlucht. Quatre bûcherons de Ketournemer et le garde forestier Parmentier ont pu atteindre l’auberge. Mais des soldats du 152" régiment de ligne partis de Gérardmer en traîneau, et chaussés de raquettes oiit dû revenir à la Schlucht sans pouvoir arriver jusqu’au sommet du Hoheneck. Dans la soirée, une colonne de secours du 152* a réussi à atteindre le sommet de la montagne, malgré une couche de neige de 1“,50 et à ramener à Gérardmer la famille Bernez.
- Orages, pluies et tempêtes. — Les mauvais temps d’ouest se sont étendus dès le 9 décembre sur la Bretagne et ont sévi jusqu’à la mer Baltique. En Gascogne, le veut a soufflé fort du sud-ouest. La pluie est tombée à Cherbourg, où l’on a recueilli 24 mm d’eau, à Besançon (14 mm) et à
- Paris (8 mm). A la Tour Eiffel, à 6 heures du soir, le vent a atteint la vitesse de 28 mètres par seconde. Le 10 décembre, des mauvais temps ont sévi sur la Manche et se sont étendus jusqu’à Biarritz ; dans la Méditerranée, les basses pressions se sont propagées vers le sud du continent, où la baisse a été de 8 mm à Toulon et de 10 mm à Livourne. La neige a été signalée à Briançon. Au puy de Dôme, entre 10 et 11 heures du matin, on a enregistré un ve*nt d'une vitesse de 70 mètres par seconde. Dans la nuit du 10 au 11 décembre, il y a eu une violente tempête à Bordeaux ; la neige est tombée dans l’Est. On a signalé des pluies de tous côtés et de grands vents. A la Tour Eiffel, à 7h 15 du matin, la vitesse du vent était de 32 mètres par seconde. Le 12 décembre, des neiges et des pluies ont été signalées presque partout; en France, on a recueilli 15 mm d'eau à Limoges, 5 à Cherbourg, 4 à Toulouse et au Havre, 2 à Brest.
- Un violent orage a éclaté à Culoz (Ain) dans la nuk du 12 au 13 décembre, la neige est tombée en grande abondance, un grand nombre d'arbres ont été arrachés et transportés au loin. Dans la même ripit et dans les journées du 14 et du 15 décembre, une tempête d'une grande violence a sévi sur Paris, causant de nombreux accidents sans gravité. En Angleterre, à la même date, la tempête a été plus violente encore ; les arbres, les poteaux télégraphiques ont été arrachés. A Londres, le vent a soufflé avec force. Sur la Manche, les vagues s’élevaient à de grandes hauteurs ; à Folkestone, le bateau de Boulogne n’a pu quitter le port.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 11, à 5 h. 2 du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(§)— L’hiver astronomique a commencé le 22 décembre; « à la Saint-Thomas, les jours sont dans la balance ». Les jours augmentent, du 23 décembre au 1er janvier, de 5 minutes. Nous sommes en ce moment à 147 000 000 km du Soleil. Et en juin-juillet, à la distance la plus grande : 152 000 000 km. Différence : ’S 000 000 km.
- —®— A l’occasion de son jubilé, la Société nationale d’Agrieul-ture vient de remettre à M. Berthelot la grande médaille d’or qu’elle avait déjà donnée à Chevreul et à Pasteur.
- —(§>— Le professeur Behring, l’un des bénéficiaires du prix Nobel, a annoncé, au cours d’une conférence concernant la sérothérapie qu’il faisait à Stockholm, que ses expériences lui avaient démontré la possibilité d’immuniser les bestiaux contre la tuberculose. Le savant a déclaré qu’il consacrerait le montant de son prix Nobel à continuer ses recherches en vue de combattre la tuberculose bovine.
- —®— Le jury du concours de maisons de Paris avait six façades à primer : ses deux premières récompenses sont allées à deux maisons de cette petite rue Danton ouverte depuis peu derrière la fontaine Saint-Michel. Ces deux immeubles portent les numéros 1 et 3 et eurent pour architectes MM. Armand et Perronne. Les quatre autres maisons construites en 1900, et qui ont obtenu les prix suivants, sont celles qu’ont bâties M. Goy, 21, rue Monsieur; M. Hermant, 85 et 87, faubourg Saint-Martin; M. Legriel, 170, rue de la Convention, et M. Le Voisvenel, 81, avenue Malakoft.
- —®— La commission du Métropolitain du Conseil municipal de Paris a adopté récemment les conclusions du rapport de M. Félix Roussel sur la ligne de Montmartre place des Abbesses à la gare Montparnasse. Le tracé a une longueur de 5tm,542m. Il emprunte les voies suivantes : rues Boudon, Pigalle, Blanche, place de la Trinité, rue Saint-Lazare, rues de l’Arcade et Pasquier (voie dédoublée), rue Boissy-d’Anglas, place de la Concorde, traversée sous la Seine en aval du pont de la Concorde, boulevard Saint-Germain, boulevard Raspail (parties existantes et parties projetées), rüé de Rennes, place de Rennes, rue d’Odessa et boulevard Edgard-Quinet. Les stations seront, au nombre de quinze : 1, place des Abbesses et rue Houdon; 2, place Pigalle; 3, rue La Bruyère; 4, place de la Trinité; 5, gare Saint-Lazare; 6, boulevard Haussmann; 7, La Madeleine; 8, place de la Concorde; 9, rue de l’Université; 10, rue de Bellechassé; 11, rue de Grenelle; 12, rue de Sèvres; 13, rue de Yaugirard; 14, gare Montparnasse; 15, boulevard Edgard-Quinet. Cette nouvelle ligne constituera une sorte de transversale Nord-Sud.
- II existe déjà, parmi les lignes concédées, une transversale orientée pareillement, c’est la ligne de Clignancourt à la porte d’Orléans. Mais on estime que les deux lignes ne se feront pas concurrence, la première descendant vers l’Ouest pour desservir la gare Saint-Lazare et la gare du Quai d’Orsay ; la seconde, au contraire, s’infléchissant ver l’Est, pour prendre contact avec les gares du Nord et de l’Est. Le chemin de fer électrique de Montmartre à Montparnasse se caractérisera par son enfoncement à une grande profondeur (de 8 à 38 mètres) : les travaux seront exécutés sans éventrement de la voie publique, au moyen du « bouclier ». La voie sera établie en galerie maçonnée; pour traverser les couches aquifères, on la dédoublera et on la fera passer dans des tubes dejonte de 5“’,20 de diamètre intérieur. Les stations seront, en général, du type adopté pour les lignes métropolitaines. On y accédera au moyen a escaliers, de plans inclinés roulants ou d’ascenseurs. Ces trains seront composés de 2 à 4 voitures, roulant à une vitesse de 30 kilomètres à l’heure.
- A 712 trains par jour, on offrira 142 400 places aux voyageurs. Ceux-ci payeront les mêmes prix que dans le Métropolitain : 25 et 15 centimes, et l’on acceptera gratuitement les voyageurs du Métropolitain, à seule charge de réciprocité.
- —®— Récemment, les ingénieurs en chef des grandes compagnies des chemins de fér français (Etat, Paris-Lyon-Méditerranée, Nord, Orléans, Est et Ouest) étaient réunis à Béziers. II s’agissait d’expérimenter de nouvelles machines, dites « 4000 », que la Compagnie du Midi possède depuis quelque temps et qui sont spécialement destinées au service des trains de marchandises de Béziers à Neussargues, ligne très accidentée et qui comprend des rampes de 33 millimètres par mètre. Ces superbes locomotives sont d’une très grande puissance de traction. Elles peuvent remorquer en palier 100 wagons avec charge maxima de 10000 kilogrammes et marcher à 60 km à l’heure. Ce sont les machines les plus puissantes qui existent aujourd’hui sur les réseaux français. Elles Qnf été construites à Belfort. Les expériences ont été des plus concluantes et les ingénieurs des grandes Compagnies des chemins de fer français ont été frappés de la parfaite régularité des mouvements, de l’énorme puissance de traction, ainsi que de la vitesse de ces « monstres roulants ».
- —S>— Poursuivant ses fouilles à Torre-Annunziaia, l’ingénieur Matrone a découvert les restes d’une magnifique villa qui a appartenu à un très riche Pompéien, ami de Pline l’Aîné. Ces restes sont à une distance de 40 mètres de l’emplacement où a été trouvé naguère le squelette de Pline, avec des objets qu'on suppose lui avoir appartenu. Les restes de la villa portent les traces de jolies peintures, renferment des chapiteaux corinthiens. On a trouvé aussi une statue bronze, d’un travail très fini, représentant Cupidon portant un flambeau.
- —®— Un des derniers aéronautes du siège (il n’y en a plus que onze), vient de mourir. C’est M. Jacques Turbiaux, qui quitta Paris le 18 janvier 1871, dans le ballon : La Poste de Paris. Il emportait avec lui plusieurs pigeons, et 70 kg de dépêches. Deux passagers, M. Cléray, adjoint du 3e arrondissement, et M. Cavailhon, chargé du ravitaillement de Paris, l’accompagnaient. La descente eut lieu à Merœlo, dans le Limbourg hollandais, à quelques kilomètres de l’Allemagne. Plus tard, la Municipalité de Merœlo voulut commémorer la descente de l’aérostat et, quelques années après la guerre, éleva un petit monument en son honneur.
- —® — Le Comité de la Chambre des députés de Norvège pour les prix Nobel a établi les règles suivantes pour le concours de 1902: les candidats doivent être proposés au comité avant le 1er février 1902. Peuvent faire des propositions : les membres du comité Nobel norvégien, les membres des gouvernements et des assemblées nationales de divers pays, l’Institut de droit international, les professeurs de droit et de science politiques aux diverses universités, enfin les lauréats des prix Nobel. Le prix de la Paix pourra être conféré à des Sociétés et à des Instituts.
- —®— Une riche dame de Fribourg-en-Brisgau, qui est à la fois membre de la Société protectrice des animaux et adversaire déclarée du végétarisme, vient ae trancher ainsi ce conflit moral : Elle a versé une somme de 12 000 marks, pour être distribuée en prix, dont le premier est de 5000 marks, aux meilleurs appareils servant à tuer les moutons, les chèvres, les veaux et les porcs, avec le minimum de souffrance. Les appareils de « mort douce » devront être envoyés à la direction de l’abattoir de Leipzig avant le 28 février 1902.
- —®— M. le préfet de police de Pans a complété la brigade fluviale des agents de police, en la faisant accompagner par des « chiens plongeurs ». M. Lépine a confié en effet récemment, au poste du quai de la Tournelle, deux jeunes chiens de Terre-Neuve, âgés l’un de 18 mois, l’autre de 2 ans, et dont l’instruction spéciale a été immédiatement entreprise. Ils accompagnent, dans leurs tournées le long des quais, deux sous-brigadiers, à la personne desquels ils sont attachés et auxquels, déjà, ils obéissent fidèlement. On exerce les chiens à plonger et à ramener au bord un mannequin figurant un noyé ; Turc et César portent un collier nickelé sur lequel est gravée la mention : « Préfecture de police. — Brigade fluviale. »
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Edmond Agassire, à Moudon (Suisse), à propos d’une information sur les poulies de transmission parue dans le n° 1488, du 30 novembre 1901, nous adresse la lettre suivante : « Les poulies extensibles sont déjà connues, puisque la fabrique Weber d’Ister-Zurich d’automobiles les emploie depuis deux ans. L’automobile que cette maison m’a livrée au mois de septembre dernier en est pourvue, et, sous le rapport du changement de vitesse, cette disposition va très bien. La voiture est à 4 places, mais ne fait pas vis-à-vis; au reste, ils font plusieurs modèles suivant les désirs des clients. Les courroies, quoique bonnes, se rompent quelquefois, notre pays accidenté les fatigue beaucoup. La marche du moteur est très bien, mais n’a pas une vitesse supérieure à 3il km en palier; ce qui est suffisant pour se promener; du reste il est interdit de marcher plus vite, même en rase campagne chez nous. »
- M. Brindejonc, à Pleurtuit, nous envoie la lettre suivante : « Le récent article que vous avez publié sur les météorites me rappelle un fait déjà ancien, mais dont j’ai gardé un souvenir exact, et qui pourrait peut-être intéresser vos lecteurs. En 1866 des pêcheurs se trouvaient au bord de l’estuaire de la Rance, à Cancaval, près de Dinard. Le temps était orageux. Ils entendirent une violente explosion et virent un globe de feu tomber près d’eux, dans la mer. L’un d’eux se précipita et retira de l’eau, peu profonde en cet endroit, une masse noire encore chaude, de la grosseur des deux poings et très pesante. Cette masse s’était aplatie en frappant l’eau et avait exactement la forme d’un petit pain de boulanger, le dessous étant grisâtre, plat et lisse, et le dessus couvert d’une scorie noire. Mon père, docteur médecin, vit cette pierre le lendemain de sa chute. Malheureusement les pêcheurs la brisèrent pour la distribuer. Mon père en reçut un morceau pesant environ 200 grammes. J’ai eu ce morceau dans les mains pendant longtemps. 11 présentait des parties du plat inférieur et de la croûte supérieure. L’intérieur était cristallin et fibreux, gris noir. J’en ai fait une analyse sommaire et ai constaté qu’il se composait de fer très carburé contenant une forte proportion de nickel. La forme prise par le bloc en tombant dans l’eau prouverait que sa masse entière était en fusion au moment de la chute.
- Le même correspondant, à propos de notre article sur les deux soleils (n° 1488, du 30 novembre 1901, p. 419), nous écrit : « Votre article me suggère également le souvenir d’un fait d’observation de deux soleils dont j’ai été témoin oculaire en 1888 dans la province de Quang-Nam (Annam). Un soir de juillet le soleil allait se coucher, voilé par un nuage opaque de faibles dimensions. L’atmosphère était troublée. Dans un demi-cercle d’environ 15° de rayon autour du soleil se trouvaient une foule de petits nuages resplendissant de l’éclat de la nacre la plus belle, tandis que quatre arcs de grand cercle colorés du violet le plus intense partaient du soleil caché et semblaient se réunir au point opposé de l’horizon, formant un second soleil violet. La lumière était tellement vive que tout le paysage semblait violet, jusqu’aux limites de l’horizon. Je doute qu’il soit possible de voir un plus merveilleux spectacle. Les Annamites eux-mêmes, peu sensibles aux beautés de la nature, étaient stupéfaits et déclaraient n’avoir jamais rien vu de pareil. Le phénomène resta visible pendant près d’un quart d’heure. »
- Renseignements. — M. R. Houdaille, à Tours. — La température normale qu’on ne trouve que dans quelques livres, dans l’Annuaire de Montsouris par exemple, a été établie d’après les observations d’un siècle environ.
- M. G. S., à Grenoble. — 1° Non. 2° Nous ne pouvons accepter ces articles sans les avoir examinés.
- M. Neveu, à Paris. — Nous n’avons pas sur ce séparateur de gaz d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés; mais vous pourriez vous adresser à M. U. Le Verrier, ingénieur en chef des Mines, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers.
- M. R. Fallon, à Paris. -— Vous trouverez le moyen de polir l’ébonite dans les Recettes de l’Electricien de M. E. Hospitalier, à la librairie Masson et Cie.
- M. A. M. Shukoff, à Saint-Pétersbourg. — Pour vous procurer un exemplaire de la plaquette de M. Chaplain, en l’honneur de M. Berthelot, il faut vous faire inscrire comme souscripteur à la librairie Gauthier-Villars, à Paris.
- M. E. Maquet, à Aix ; MM. Monnot Bartholin et Cif, à Paris ; M. J. Lion, à Paris; M. E. M., à Paris; M. Boyer, à Paris; M. A. X., à Roanne; M. G. Bollaert, à Dunkerque ; M. Larue, à Nice ; Un abonné, à Oran ; M. Haire, à Montpellier ; MM. Bastard, Plunkett et Cie, à Paris. — Pour tout ce qui concerne les cigarettes dont il a été question dans l’article sur «Le tabac et le caféier» (n°1490, du 14 décembre 1901, p. 26), veuillez vous adresser à M. Jacques Barrai, 39, route d’Orléans, à Montrouge (Seine).
- Un lecteur, à Troyes. — 1° Les tuyaux, robinets et appareils d’éclairage se noircissent assez rapidement. — 2° Un ouvrage a été publié par M. Pellissier sur l’Eclairage à l’acétylène, à la librairie Naud, 2, rue Racine, à Paris.
- M. Buchet, à Paris. — Nous avons indiqué l'adresse du fabricant du cyàtbomètre en tête de la Boîte-aux-Lettres du numéro même qui en contient la description.
- Un abonné, à Saiiit-Cricq; M. P. Laf'ond, à Paris. — Voici les adresses des fabricants des principaux jouets qui ont figuré àu Concours de la Préfecture de police et que nous avons décrits dans le n" 1489 du 7 décembre, 1901, p. 11 : automates : M. F. Martin, 88, boulevard de Ménilmontant ; M. Perret, 11, rue du Perche; MM. Gavelle et Cie, 8, rue Greneta; M.'Plàn-tier, 19, passage Maurice; M. Gally, 143, boulevard de Ménilmontant; M. Lavaud, 36, boulevard Montparnasse, à Paris; M. Foucault, 34, rue Sablonville, à Neuilly-sur-Seine (Seine) ; M. Vitcoq, cité des Hautes-Bornes, à Montrouge (Seine). La chambre syndicale des fabricants de jouets a son siège social, 8 bis, place de la République, à l’Hôtel Moderne, à Paris.
- M. G. S., à Saint-Amour. — 1° Thermomètres à maxirna et à minima : M. J. Richard, 25, rue Mélingue; MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire ; MM. Brewer frères, 76, boulevard Saint-Germain, à Paris. •— 2° L’auteur a bien indiqué une solution au vingtième. — 3° Environ 24 heures.
- M. E. P., à Barcelone. — Vous trouverez des renseignements sur la sénilisation des bois dans l’article que nous avons publié (n° 1376 du 7 octobre 1899, p. 296) et sur les procédés employés pour la conservation des bois dans le Formulaire industriel de J. Ghersi à la librairie Naud, 2, rue Racine, à Paris.
- M. E. Marmiesse, à Bordeaux. — 1° Pour les meubles noirs, on emploie de l’encaustique et on frotte à la brosse. —2° Parmi les ouvrages de photographie, nous vous citerons l’ouvrage de M. A. Londe, à la librairie Masson, l’ouvrage de M. Ducom, à la librairie Naud; consultez également le catalogue des ouvrages de photographie de la librairie Gauthier-Villars.
- MM. E. Vandecrux et fils, à Roubaix. — Pour avoir les prix de ces appareils, il faut vous adresser au fabricant dont l’adresse est donnée plus haut.
- M. L. Solari, à Pont-Saint-Martin. — Moteurs à air chaud : M. J. Le Blanc, 52, rue du Rendez-Vous, M. L. Dondey, 149, rue Amelot, et M. E. Sergot, 44, rue des Vinaigriers, à Paris.
- M. L. F., à Saint-Mandé. — Vous trouverez ces renseignements dans le Manuel pratique de l’Ouvrier monteur électricien, à la librairie Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. R. de Lavallette, à Saint-Cyr-sur-Loire. — 11 n’a encore rien été publié sur les résultats donnés par ce filtre, nous allons prendre des renseignements.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à Paris. Nous avons donné la description de cet appareil dans notre dernier numéro. — M. L. îupart, à Brest. Consultez une agence de brevets. — M. Brevart, à Nîmes; M. Ludon, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Levant, à Paris ; M. Pavard, à Paris. Remerciements pour vos communications. — M. Pihon, à Lille. Nous allons rechercher des renseignements sur cette installation et nous vous les ferons connaître.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnes, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à re/ioudje à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- MANUEL DU CHAUFFEUR EN AÉROTEUF.
- Texte et dessins de A. Robida.
- 1. Comme à terre quelques fourrures et chaudes toisons sont tout indiquées. — 2. Idem pour les masques et œillères. — 3. Courses d’obstacles
- organisées par la préfecture avant de délivrer le brevet. Il s’agit de franchir lesdits obstacles placés au sommet de monuments ou de maisons, sans,
- rien décrocher. — 4. Une panne au 35* nuage, à 25C0 mètres, et pas d’auberge dans les environs. Se munir toujours d’une aéroclette de secours' afin de pouvoir aller recharger un accumulateur. — 5. Surtout ne pas occasionner de distractions au capitaine. — 6. Ne pas oublier des projecteurs électriques "et une sirène d’une grande puissance en cas de brouillard. — 7. Joyeux Pique-nique. Attention aux bouteilles vides et aux carcasses de poulets, il y a du monde à terre. — 8. Profiter dans la saison des facilités que donne l’aéroteuf pour la chasse. — 9. Veiller au maintien de l’équilibre et bien répartir les poids lourds pour éviter les panaches et culbutes. — 10. S’arrêter toujours aux premières
- sommations des employés de l’octroi a moins que pour rentrer dans les frais considérables de l’aéroteuf, on ne s’occupe un peu de contrebande.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Réparation des plaques émaillées. —Les plaques émaillées qu’on emploie couramment pour inscrire sur les murailles certaines indications, numéro des maisons, interdiction d’afficher, etc., ont un grave défaut. Sous un choc sec, même assez peu violent, une partie de la couche d’émail peut facilement se détacher en laissant apparaître le fond métallique. Voici une recette pour se fabriquer une sorte de peinture émaillée qui permettra de réformer le fond de l’inscription, et d’inscrire à nouveau les lettres ou portions de lettres disparues dans l’avarie. On pulvérise soigneusement 5 parties de gomme copal et autant de gomme dammar on les mélange avec 4 parties seulement de térébenthine de Venise, et on éclaircit cette pâte avec de l’alcool jusqu’à en faire un liquide épais. On ajoute enfin du blanc de zinc pulvérisé en quantité suffisante pour retourner à l’apparence à peu près pâteuse, la masse pouvant néanmoins
- s’appliquer. On recouvre ainsi convenablement les surfaces privées de leur émail, en ajoutant toutefois un colorant approprié à la nuance de la partie de la plaque à recouvrir. On laisse sécher et durcir et l’on polit ensuite.
- Gelée pour shampoing. — Le shampoing, entré aujourd’hui dans les habitudes courantes de toilette, rend de signalés services pour les soins de la chevelure : voici donc une formule qui pourra être utile, donnant le moyen de préparer ce qu’on nomme en anglais une gelée de shampoing, autrement dit une pàtequ’onfera dissoudre dans del’eau chaude. Dans 170grammes d’eau, on jette 110 grammes environ de savon blanc de Marseille coupé en copeaux, puis une trentaine de grammes à peine de carbonate de potasse; on chauffe au bain-marie jusqu’à fusion complète; on additionne ensuite de 55 grammes de glycérine, puis de 5 gouttes d’essence de fleurs de lavande et de 10 d’essence de bergamote. On éclaircit ensuite avec de l’eau, ainsi que nous l’avons dit.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE UE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 décembre. — 0°,4 S. S. E. 1. Couvert. 0,0 Nuag. jusqu’à 19 h. ; beau ensuite ; grains de neige à 7 h. 30 m. ; halo.
- Mardi 17 — 4°,2 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 21 h. ; couvert ensuite par brouillard.
- Mercredi 18 — 5°,0 S. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; givre ; brumeux ; grains de neige à partir de 22 h.
- Jeudi 19 — 0°,8 N. E. 0. Couvert. 0,0 Couvert; neige la moitié du temps.
- Vendredi 20 .... 0°,1 N. W. 2. Couvert. 2,5 Couvert, sauf quelques éclaircies çà et là; très brum.
- Samedi 21 0°,2 W. N. W. 2. Couvert. 0,0 Couvert; neige fine le tiers du temps.
- Dimanche 22 e O ! N. E. 1. Couvert. 0,2 Éclaircies çà et là ; brouillard jusqu’à 9 h. très brum. ensuite.
- DÉCEMBRE 1901. --- SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 DÉCEMBRE.
- Dimanche
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- La courbe supérieure inaïque la néô'dositc de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent-courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- li© froid et la pluie. — Pendant toute la semaine dernière le froid n’a cessé d’alterner avec la pluie et la neige. Dès le 15 décembre, on a annoncé qu’un froid très vif avait été ressenti à Saint-Paul (Minnesota) ainsi que dans le nord-ouest des Etats-Unis; le thermomètre est descendu, paraît-il, à —39° C. On annonçait que ces ondes froides devaient franchir l’Océan et traverser l’Europe. Dès le lundi 16 décembre, on constatait une baisse notable de température. Le thermomètre marquait 0° à Paris, —5° au puy de Dôme, — 10“ au mont Ventoux et —15° au pic du Midi. La température moyenne à Paris n’était que de 1°,9. On signalait des pluies et des neiges dans le nord-est et dans le sud ; on recueillait 30 mm
- d’eau à Biarritz, 3 mm à Brest, 1 mm à Lyon. Le 17 décembre, la température était de — 4° à Paris, et de —13° au mont Mounier. Une violente tempête a eu lieh dans la Méditerranée, et des pluies très abondantes sont tombées au cap Béarn (73 mm d’eau), et à Perpignan (42 mm). Le temps a été froid encore le 18 décembre ; on a noté à Paris — 5° ; la neige est tombée en abondance dans le nord de la France, et l'on a recueilli 19 mm d’eau à Nice, 13 mm à Cherbourg et 9 mm à Biarritz. Le 19 décembre, la neige est tombée à Paris dans la matinée; la température s’est relevée excepté dans l’ouest. La pluie est tombée en abondance dans le sud ; on a recueilli 35 mm d’eau à Marseille, 28 mm à Cette, 14 mm à Brest et 2 mm à Nancy. Il a neigé à Paris les 20 et 21 décembre.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 18, à 8 b* 44 du soir.
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- N° 1493 (4 janvier 1902), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g)— La Société des ingénieurs civils de France vient de procéder au renouvellement annuel de son bureau et de son comité. Ont été nommés : président, M. Jules Mesureur; vice-présidents: MM. L. Salomon, P. Bodin, H. Couriot, L. Coiseau; trésorier: M. L. de Ghasseloup-Laubat; secrétaires: MM. G. Courtois, L. Pé-rissé, J.-M. Bel, Marcel Delmas.
- _g)_ On annonce la mort de M. Ch. Maunoir, secrétaire général honoraire de la Société de géographie, celle de, sir Joseph Henry Gilbert, l’éminent chimiste de Londres, correspondant de l’Institut de France, à l’âge de 84 ans et celle de M. P. Hugon, cjui fut, en même temps que M. Lenoir, inventeur d’un type de moteur à gaz.
- —(§>— D’après le rapport de M. le Ministre du commerce sur l’application de la loi du 12 juin 1893 concernant l'hygiène et la sécurité des travailleurs dans les établissements industriels, le nombre des accidents survenus pendant l’année 1900 a été de 252 976. Le nombre total d’ouvriers existant dans les établissements où se sont produits ces accidents s’élève à 2 755 995 ; la proportion des accidents est donc de 64 par 1000 ouvriers employés. Dans ce nombre 1085 accidents ont entraîné la mort, plus de 200 000 ont entraîné une incapacité temporaire de plus de 4 jours.
- —g!— Le Kronprinz-Wilhelm de la North German Lloyd, est arrivé à New-York, ayant traversé l’Atlantique en 5 jours 15 heures 45 minutes. C’est le record du monde pour la traversée de l'Est à l’Ouest. . . .
- —g— Les travaux du Simplon avancent. Sur les 20 kilomètres qu’aura le tunnel commencé en 1898, on peut dire qu a la fin de l'année 1901, on a percé en gros 10 kilomètres, la moitié de la longueur. Du côté Suisse, la longueur du souterrain est de 6141 mètres; du côté Italien, par suite de causes diverses, la longueur n’est encore que de 4426 mètres. Les travaux exécutés par l’entreprise Brandt, Beaudeau et Cie doivent être terminés en mai 1904. Jusqu’ici, il y a avance sur le délai du contrat.
- —g— La louve que la ville de Rome entretenait dans le Cam-pidoglio, en souvenir de la légende de Romulus, est morte subitement ces jours derniers.
- —(g— Le premier sous-marin anglais, lancé dernièrement à Barrow, est sorti des chantiers de Y’ickertfils et Maxim. Il y en aura cinq de ce type qui est, en somme, le sous-marin américain Holland. Ses dimensions sont : 19ro,20; largeur, 5m,58. On lui a donné des lignes d’eau qui rendent la résistance minimum dans la marche à la surface pour laquelle il sera nui par une machine principale de type à gazoline capable de maintenir une vitesse maximum d’environ 9 nœuds sur une distance de près de 65 kilomètres. Quand il sera submergé, un moteur principal électrique lui donnera une vitesse de 7 nœuds pendant quatre heures. Ce moteur marchera au moyen d’accumulateurs pourvus d’appareils pour le chargement. Le bâtiment est éclairé par des lampes à incandescence portatives. Des réservoirs d’air comprimé fournissent l’air respirable et assurent la ventilation.
- —®— On se souvient qu’au dernier Congrès de Londres, M. le professeur Koch soutint que la propagation de la tuberculose à l’homme par le lait et la chair des animaux n’était pas plus fréquente que la tuberculose héréditaire et qu’il n’y avait pas lieu de prendre à son égard des mesures spéciales. De nombreuses protestations s’élevèrent alors de tous côtés. M. Arloing a institué cinq séries d’expériences avec du bacille recueilli chez l’homme et cultivé dans son laboratoire. Il possède aujourd'hui vingt-trois faits positifs dans lesquels un bacille d’origine humaine a contaminé de grands herbi-
- vores (taureau, génisse, âne, chèvre, etc.). M. Arloing a employé, dans tous ces cas, la voie veineuse; il a toujours obtenu non pas une inoculation locale, mais une généralisation tuberculeuse attestée par les lésions de la rate, du foie, des reins. Voici quelques-unes de ses conclusions : 1° on peut trouver et entretenir en cultures pures des bacilles humains, aptes à tuberculiser le bœuf, le mouton et le chien; 2° si l’on en trouvait d’incapables à produire ce résultat —’ et il y en aura — ils ne se rattacheraient pas, pour cela, à une tuberculose distincte; 5° il faut persister à admettre 1’unité de la tuberculose humaine et de la tuberculose animale à bacille de Koch. D’autre part, un vétérinaire de Leyde, M. le Dr de Jong, conclut dans le même sens que M. Arloing. Ses expériences le conduisent à conclure que le bacille de la tuberculose bovine est encore plus virulent que celui de la tuberculose humaine. La tuberculose bovine réclame, au point de vue hygiénique, des mesures plus radicales que celles que l’on jugeait utiles jusqu’à présent.
- —®— Les membres de la Société protectrice des animaux mangent-ils du foie gras? Si oui, ils ont grandement tort. Il n’est pas de torture plus diaboliquement féroce que celle qu’on impose aux infortunés volatiles destinés à produire ce mets recherché. Les malheureuses oies sont enfermées dans des cages disposées de telle façon qu’elles ne peuvent mouvoir que leur tête. On les gave alors de la nourriture la plus substantielle, et c’est ainsi que leur foie atteint des dimensions énormes. Il faut trois mois de nourriture forcée pour que la dégénérescence graisseuse du foie arrive au degré voulu pour satisfaire les gourmets les plus difficiles. A Londres, à l’occasion du dernier banquet offert au prince de Galles, les anti-vivisectionnistes ont adrèssé aux autorités compétentes une pétition pour leur demander d’exclure du menu le foie gras obligatoire.
- —®— Depuis le 1er janvier 1902, les cartes-télégrammes fermées, connues sous le nom de « pétits bleus >>, et qui sont très utilisées dans Paris pour la correspondance rapide, ne coûtent que 0fr,30 au lieu de 0,r,50. L’administration a supprimé les cartes ouvertes.
- —®— Les essais préliminaires du Silure, le dernier des bateaux submersibles construits à Cherbourg, ont eu lieu récemment et ont donné de bons résultats. Pendant une sortie de trois heures en rade, le Silure a fait une plongée de plus d’une heure. Le temps pour l’immersion a été de moins de 10 minutes. On compte le réduire à six minutes. Les appareils de navigation à la surface et sous l’eau ont bien fonctionné.
- —®— Le capitaine de frégate Brossard de Corbigny, envoyé par le Ministre de la marine, a terminé, au parc aérostatique de Lagou-bran, à Toulon, les expériences de son cerf-volant porte-amarre. Cet appareil a donné d’excellents résultats lors de la dernière bourrasque^ Sa surface peut être diminuée par des ris autant que l’exige la force du vent. Quand il est lancé à bonne distance et à portée verticale de la côte où il doit être recueilli par les sauveteurs, les lanceurs l’abandonnent sûrement et très simplement en envoyant le long de la corde de retenue un postillon armé d’un petit couteau; arrivé à la hauteur du cerf-volant, ce postillon, par un mouvement de déclic, coupe un fil mince accroché à la partie supérieure, ce qui fait renverser l’appareil et provoque sa chute, tout en conservant la tension à la corde de retenue. Une fois le cerf-volant arrivé à terre, on peut établir les communications en suivant les instructions qui peuvent être confiées au cerf-volant lui-même. On peut aussi, par un poids placé à droite ou à gauche, faire dévier l’appareil de 45° environ du lit du vent. Le lancement de ce cerf-volant est presque toujours favorisé par les vents qui viennent généralement du large et le poussent directement vers la côte.
- —®— Le ministère de l’Agriculture d’Angleterre publie un ordre aux termes duquel, à partir du 15 mars 1902, tout chien importé en Angleterre devra être isolé et gardé pendant six mois chez un vétérinaire.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les cigarettes de repos, dont il a été question dans le n° 1490, du 14 décembre 1901, page 26, se trouvent chez M. Naussac, spécialités pharmaceutiques, 8, rue Àubriot, Paris.
- Communications. — M. P. Apéry, chimiste expert de la Chambre de commerce française, à Constantinople, dont nous avons signalé la méthode de désinfection des cales des bateaux et de destruction des rats au moyen de l’acide carbonique dans le n° 1402 du 7 avril 1900, p. 311, nous écrit que sa méthode, après avoir été bien accueillie dans les congrès qui ont eu lieu pendant le laps de temps qui s’est écoulé depuis 1900, surtout dans le Congrès international d’hygiène maritime d’Ostende, où toutes les sections réunies ont voté une motion engageant les autorités de tous les pays à appliquer cette méthode comme la seule rationnelle, efficace et la plus .pratique, vient finalement de recevoir sa sanction pratique à Marseille. Les expériences faites dans le port de cette ville, à bord de deux bateaux, ont donné de très bons résultats; au bout de deux heures la désinfection a été complète, tous les rats tués et les marchandises retirées intactes.
- M. P. Vignon, préparateur de Zoologie à la Sorbonne, à Paris, nous envoie une brochure dont il est l’auteur et qui a [tour titre « Lé Concept de force devant la science moderne ». Cette notice est extraite de la « Revue de Philosophie ».
- M. Urbain Samatan, ingénieur à Yicima (Chili), à propos d’une chronique que nous avons publiée sur la ligne de tramways la plus longue du monde dans le n° 1468, du 16 juillet 1901, p. 110, nous adresse les renseignements suivants : « La ligne de tramways que vous mentionnez comme la plus longue du monde est celle qui relie Buenos-Aires à San Martin, ligne de 82 kilomètres de longueur. La ville de San Martin fait partie de la banlieue de Buenos-Aires; elle en est distante de 12 à 15 kilomètres; ce n’est pas un port, étant assez loin du Rio de La Plata ; en outre cette ville se trouve sur la grande ligne de chemin de fer de Buenos-Aires à Rosario. 11 n’y a aucun port du nom de San Martin dans l’Argèntine. D’autre part, les bateaux à vapeur des Rios-Parana et Uruguay ont leur tête de ligne logique à Buenos-Aires même. Il est probable que l’on a voulu parler du « tramway rural », exploité par locomotives depuis 1891, à peu près; mais qui, à l’origine de 1887 à 1890 ou 1891, fut exploité à traction animale. Cette ligne fut construite par M. F. Lacroze, fils de français, et à l’origine reliait Buenos-Aires à Zarate, petite ville sur le Parana; elle avait 100 km de long environ. Vers le kilomètre 60 un embranchement allait au bourg de San Andrès de Giles. M. Lacroze était convaincu que la traction animale était avantageuse, en raison du bon marché des chevaux et de leur alimentation. L’expérience lui prouva bientôt son erreur. On n’arrivait pas à transporter les marchandises, la cavalerie s’usait très vite et il y avait des frais énormes de cochers, palefreniers, etc. Malgré son administration vigilante, M. Lacroze, qui avait mis dans cette affaire une grosse fortune, vit qu’il allait à la ruine. Il ne s’obstina pas. Substituant la vapeur aux chevaux, il trouva la vraie solution. L’affaire est devenue brillante et, avec les bénéfices qu’elle donne, on a prolongé la ligne de San Andrès de Giles, à Carmen de Areco d’abord, et à Salto ensuite, c’est-à-dire 80 km de voie de plus. Cet embranchement est devenu ligne principale. Ajoutons que du temps du service avec chevaux, on marchait aussi vite que possible, au petit galop, en changeant de chevaux tous les 10 à 12 km. On
- allait ainsi à 15 km à l’heure, vitesse commerciale. Avec la vapeur cette vitesse atteint 30 km. On n’a eu rien à changer à la voie. Celle-ci, du type à écartement normal (lm,455), est constituée par des rails à patin de 15 kg le mètre, en acier, et reposant sur des traverses en bois. Les locomotives américaines du type Porter ont deux essieux couplés, avec bissel à l’avant et à l’arrière. Elles sont du type machine-tender et pèsent environ 15 tonnes. Les véhicules sont de construction américaine. Les voitures à voyageurs sont de simples tramways ordinaires; les wagons de marchandises, en bois, sont légers et solides; ils chargent 4 tonnes. En résumé, même dans le pays des chevaux à bon marché et d’alimentation également bon marché, il a été impossible de se servir de la traction animale, pour une ligne de grande longueur. Du reste, même pour le service urbain de Buenos-Aires, on a déjà substitué l’électricité aux chevaux sur beaucoup de lignes, et sous peu elle le sera sur toutes. »
- M. P.Passalsky, à Odessa, nous fait parvenir une brochure qui contient un travail sur les anomalies magnétiques dans la région des mines de Krivoï-Rog. Elle a été publiée par la Société des travaux typographiques de la Russie méridionale, 20, rue Ponschkine, à Odessa, en 1901.
- Renseignements. — M. S. L., à Paris. — A propos de la réponse que nous vous avons faite dans la Boite-aux-Lettres du n° 1490, M. Collin, à Auxon (Aube), nous informe que si vous voulez lui envoyer votre adresse, il vous fournira des renseignements sur la dessiccation des bois.
- M. Gury, à Paris. — 1° Cette question n’est pas de notre compétence, et nous ne pouvons, à notre grand regret, vous fournir le renseignement demandé. — 2° Remerciements pour votre intéressante communication.
- M. F. Brandon, à Fraisse. — Le groupe électrogène de faible puissance se trouve chez M. Chomeau, 33, passage du Havre, à Paris.
- M. E. Jaminé, à Tongres. — Dans l’information dont il est question, on a voulu parler des divers accidents et notamment des explosions qui surviennent dans les installations d’éclairage à l’acétylène. Vous pourriez consulter le Rapport du troisième congrès de l’acétylène, qui se trouve à la Société des publications scientifiques et industrielles, 26, rue Brunei, à Paris.
- M. A. Bellair, à Étrechy. — Pour reconnaître la présence du chrome dans un acier, il faut prélever un échantillon, le broyer finement dans un mortier, et le dissoudre dans l’acide azotique. On essaie alors les réactifs des sels de chrome : la potasse, l’ammoniaque, le carbonate de potassium, et le phosphate de sodium.
- M. Laigneau, à Manéglise. — Pour ne pas sécher, votre encre contient trop de gomme ou de sucre ; essayez d’y ajouter un peu d’eau-de-vie forte.
- M. C. B., à Saint-Chamond. — Pour détruire les cafards, on emploie de la pâte phosphorée formée avec du sucre en poudre, de la farine et du phosphore dissous. On met la pâte en divers endroits dans des soucoupes avec des morceaux de pain.
- M. Frater, à Montpellier. — Vous trouverez des lampes à acétylène pour appartements à la Cie universelle d’acétylène, 56, me de Chàteaudun, à la maison Ch. Roseaux et Cie, 218, me Saint-Denis, et au Comptoir d’éclairage et d’acétylène, 233, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. le DT Bruneau, à Châteauroux. — Nous ne pouvons vous dire s’il existe des revues consacrées à la gravure; mais vous trouverez dans la collection des manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Ilautefeuille, à Paris, un traité complet de la gravure par Villon.
- M. Paul Durand, à Rouen. — Le fabricant du cyathomètre est indiqué en tête de la Boîte-aux-Lettres du numéro même qui contient la description de l’appareil (n01490, du 14 décembre 1901).
- MM. Ternynck frères, à Roubaix. — L’arithmographe Tron-cet se trouve à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, à Paris, ainsi que nous l’avons déjà indiqué en tête de la Boîte-aux-Lettres, du n° 1491 du 21 décembre 1901.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. G., à Brest. Nous avons déjà donné cette adresse à plusieurs reprises. — M. L. Puyvat, à Grenoble. Une agence de brevets seule peut vous fournir ces renseignements. — M. Lebon, à Nice. Cette pile ne peut vous fournir qu’un débit très faible, et ne peut vous convenir. — M.~G. R., à Paris. Cette formule est donnée dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Ci<!. — M. A. Lesne, à Paris; M. J. Fagundo da Silva, à Lisbonne; M. J. Spiess, à Paris. Remerciements pour vos communications. — M. G. Aajean, à Epinal. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- H*
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JANVIER-FÉVRIER-MARS 1902. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- Bélier
- Cancer
- Poissons
- P îtit Chien
- Baleine
- Lièvre
- Hercnl
- Dauphin
- Pégas e
- et Antinous
- 21 y
- Balance
- £ Capricorne?
- Sagittaire
- Poi 3sonAnsttal
- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Étoiles par la X>nne, visibles à Paris.
- 1902.' Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Emersion. .
- Temps moyen. Temps moyen.
- Janvier 5 3423 B.A.C. 6,9 *16 h. 8 m, 2 17 h. 8 m, 1
- _ 5 5436 B.A.C. 6,9 17 h. 18 m, 2 18 h. 23 ni. 7
- , 12 cl Capricorne. 5,5 4 h. 50 m, 1 5 h. 58 m, 0
- — 12 c2 Capricorne. 6,4 5 h. 31 m, 9 ippuise b 7’4 du bord.
- 13 % Verseau. 5,2 6 h. 29 m, 7 7 h. 19 ni, 1
- 18 5671 Lalande. 6,7 5 h. 49 in, 1 ippuise b t'O du bord.
- — 19 248 Weisse (4‘) 6,4 13 h. 15 m, 2 14 h. I l m, 4
- 19 1361 B.A.C. 6,3 15 h. 28 m, 6 ippilse b PS du bord.
- 21 71 Orion. 5,5 8 h. 14 ni, 9 8 h. 59 m, 9
- 22 68 Gémeaux. 5,5 17 h. 12 ni, 0 17 h. 59 m, 6
- 23 2737 B.A.C. 6,6 6 h. 3 m, 4 6 h. 45 m, 1
- 24 x Ecrevisse. 5,1 6 h. 14 ni, 3 7 li. 7 ni, 3
- 24 w Lion. 5,6 17 h. 35 ni, 6 18 h. 15 m, 9
- 23 16 Sextant. 6,7 10 h. 21 m, 1 10 h. 35 m, 6
- 26 jp Lion. 5,7 18 h. 51 m, 3 19 h. 56 ni, 2
- 31 26 Balance. 6,5 18 li. 29 m, 8 19 h. 42 ni, 8
- Février 1 P2 Scorpion. 7.0 19 h. 25 m, 4 20 h. il ni, 9
- 1 P1 Scorpion. 2,9 19 h. 25 ni, 5 20 il. 41 m, 5
- 2 5663 B.A.C. 6,1 17 h. 32 m, 5 18 h. 47 m, 8
- __ 12 e Poissons. 4,3 8 h. 0 m, 8 8 li. 23 m, 6
- * L’étoile est sous l’horizon.
- 1902.' Nom de l'astre; Grandeur Immersion. Temps moyen.' Émersion. Temps moyeu.
- Février 13 609 B.A.C. 6,4 8 h. 40 m, 9 9 h. 41 m, 7
- — 14 <7 Bélier. 5,8 6 h. 13 m, 4 6 h. 50 m, 8
- 14 5671 Lalande 6,7 12 h. 23 ni, 2 *13 h. 13 m. 0
- — 15 1240 B.A.C. 6,2 11 h. 36 m, 1 12 h. 9 m, 0
- — 16 i Taureau. 5,4 6 h. 43 m, 0 7 li. 24 m, 5
- — 16 m Taureau. 5,2 14 h. 33 m, 4 ippuise b t’6 du bord.
- . 18 13577 Lalande. 6,1 12 h. 22 m, 6 ippuise b 6'7 du bord.
- 20 A1 Ecrevisse. 5,9 4 h. 48 m, 1 5 h. 3 m, 9
- — 20 A2 Ecrevisse. 6,1 6 h. 22 ni, 1 7 h. 23 m, 9
- — 20 60 Ecrevisse. 5,6 11 h. 28 m, 6 12 h. 28 m, 5
- — 22 36 Sextant. 6,4 14 h. 2 m, 5 15 h. 11 m, 7
- — 25 58 Vierge. 7,0 17 h. 8 m, 5 18 h. 23 m, 5 *
- Mars 4 B.D. 18° 5206 6,7 16 h. 4L m, 8 17 h. 44 m, 2'"
- — 15 8678 Lalande.' 6,8 6 h. 49 m, 4 7 h. 56 m, 0
- — 15 1468 B.A.C. 6,2 11 il. 3 m, 3 11 h. 49 in, 8
- — 16 1811 B.A.C. 6,6 10 h. 31 m, 3 li h. 28 m, 9
- — 17 26 Gémeaux. 5,4 9 h. 36 m, 9 10 h. 29 m, 0
- 18 68 Gémeaux. 5,5 6 h. 13 m, 0 ippuise b 12 du bord.
- — 20 w Lion. 5,6 8 h. 40 m, 6 9 h. 58 m, 5
- 22 p* Lion. 5,7 11 h. 34 m, 6 12 11. 38 m, 7
- _ 25 86 Vierge. 5,9 15 h. 27 m, 6 16 h. 40 m, 2
- — 28 v2 Scorpion 1,2 13 h. 53 ni, 3 15 h. 12 ni, 8
- — 31 18 577 A. Oe. 7,0 *13 h. 32 m, 9 li li. 29 m, 0
- Satellites de Jupiter.
- Emersion.
- Mars 25 I. 17 h. 4 m.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS1
- Appareil pour le massage. — Il est reconnu aujourd’hui que le massage est un moyen très efficace pour redonner aux muscles leur vigueur en rétablissant la circulation du sang ; il est recommandé dans un certain nombre de maladies et comme stimulant et fortifiant poui les personnes affaiblies.
- Appareil pour le massage. — 1. Vue de l'appareil. — 2. Mode d’emploi.
- L’appareil que nous décrivons permet d’effectuer facilement soi-même le massage. Il consiste en plusieurs galets en bois montés sur un arbre et que l’on peut faire rouler sur la peau à l’aide d’une poignée. La moindre adhérence à la peau fait une faible pression, suffisante pour accélérer la circulation. — L’appareil se trouve chez M. Mathieu, 151, galerie de Valois, au l'alais-Royal, à Paris.
- I/Auto-téléphone sonde. — L’application du téléphone à une sonde n’est pas absolument nouvelle, mais la disposition dont nous allons parler est peut-être une des formes les meilleures des appareils offerts aux chirurgiens. L’idée en revient au I)r Hodley. La sonde est employée de la manière suivante : Le téléphone receveur de la pièce de tête A est placé sur la
- Auto-téléphone sonde.
- tête de l’opérateur. Le patient à sonder est mis en contact intime avec le plateau B de la manière habituelle, à l’aide d’un tampon humide ou d'un bouchon de papier saturé d’une solution saline étendue sur la plaque B. Cette dernière est reliée par un fil au téléphone. La sonde C est introduite dans la chair du patient et quand la pièce métallique étrangère est touchée,
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- une chute de potentiel s’en suit et le téléphone vibre. La sonde porte également un fil qui la relie au téléphone. Aucune erreur ne peut être faite, ce qui aurait lieu si on employait une batterie en circuit. En employant l’auto-téléphone sonde, le corps constitue un électrolyte, la plaque un pôle de la pile voltaïque, et la sonde, l’autre pôle, en touchant un corps métallique différent de la sonde. La sonde est employée avec succès dans plusieurs hôpitaux de Londres; elle va être adoptée à Paris, et l’extraction d’aiguilles, pièce d’acier, cuivre, bronze ou plomb, et éclats de balle sera facilitée. — L’auto-téléphone sonde se trouve chez MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- NOTES PHOTOGRAPHIQUES
- Teintures noires pour appareils.
- Pour l’intérieur des chambres. — On fait dissoudre dans 1 litre d’eau bouillante 15 gr d’extrait de campêche; on ajoute ensuite 2 gr de chromate de potassium. On étend au pinceau.
- Pour l’intérieur des objectifs. — On prend du vernis de doreur qu’on trouve chez tous les marchands de couleurs et on y mélange du noir de fumée* de façon à obtenir une consistance sirupeuse. On étend avec le doigt. On peut faire aussi le vernis soi-même en dissolvant de la colophane dans l’alcool, dans la proportion de 1 pour 10 au bain-marie. La colophane est préférable à la gomme-laque qui donne toujours du brillant, tandis qu’on cherche, au contraire, à avoir un vernis aussi mat que possible. (
- BIBLIOGRAPHIE
- L’hygiène sociale, par Emile Duclaux, membre de l’Académie des sciences, directeur de l’Institut Pasteur, directeur de l’Ecole des Hautes Etudes sociales. 1 vol. in-8° de la « Bibliothèque générale des sciences sociales. » Félix Alcan, éditeur. Paris. Prix: 6 francs.
- Dans ce livre, les maladies sont envisagées non en elles-mêmes, mais au point de vue de leur répercussion sur la société pt de la facilité plus ou moins grande que cette société trouve à s’en préserver ou à les combattre. La tactique à opposer à la propagation de la maladie est. donc ditférente, selon que le malade est retenu chez lui ou qu’il peut circuler et disséminer autour de lui les germes de son affection. Tels sont les cas, parmi les maladies étudiées par M. Duclaux, de la variole et de la fièvre tvphoïde d'une part, et de la tuberculose, etc., d’autre part. M. Buclaux traite également de l’ankylostomiase ou anémie des mineurs, affection endémique que 1 nygiéne sociale peut victorieusement combattre, et de l’alcoolisme. Ce livre est le développement de conférences faites à l’Ecole des Hautes Etudes sociales, par le continuateur de Pasteur. L’application des nouvelles idées produites par la découverte des germes pathogènes aux faits sociaux font de l’œuvre de M. Duclaux un travail original et particulièrement intéressant.
- L’art de greffer; arbres fruitiers, forestiers ou d’ornement; plantes coloniales; reconstitution du vignoble, par Charles Baltet, horticulteur à Troyes ; 7° édition entièrement refondue. 1 vol. in-8°, avec 209 figures dans le texte. Masson et Ci0, éditeurs. Paris. Prix : 4 francs.
- La septième édition de l’Art de greffer a été l’objet, cette fois encore, de retouches instructives et intéressantes pour tous ceux qui s’occupent de jardinage, d’arboriculture, de pépinières, de plantations, de sylviculture, de parcs, de viticulture. L’auteur a d’abord ajouté une étude sur la greffe des végétaux de nos colonies, question tout à l'ordre du jour : Avocatier, caféier, cacaoyer, corossolier, litchi, manguier, mangoustan, muscadier, quinquina ont besoin désormais du greffage raisonné qui assure leur existence et leur reproduction. Le chapitre sur la vigne a été augmenté de nouvelles combinaisons de greffage à l’état ligneux et herbacé (le greffage contre l’invasion phylloxérique avait été recommandé à son début par l’auteur). M. Baltet a également augmenté sensiblement les chapitres consacrés aux arbres fruitiers avec toutes leurs exceptions de greffe et de surgreffe, aux essences forestières, aux arbustes, aux rosiers, aux plantes d’appartement.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Avis- — En raison des congés du 1er janvier, l’Imprimerie est restée fermée les trois premiers jours de cette semaine; le tirage du présent numéro ayant été fait avant les jours de congé, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets, et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. Il n’v aura qu'un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Sauvage, ingénieur en chef des Mines, professeur de mécanique à l’Ecole supérieure des Mines, est nommé professeur du cours de mécanique applkpM>£- aux gris au Goipervatoire -national des arts et'métiers. * ! •»
- —®— M. Mercadier, birectéur des Etudes à l’Ecole Polytechnique, est nommé commandeur de la Légion d’honneur. M. *S. Périssé, Président de l’Association des industriéls de France contre les accidents du travail, est promu officier de la Légion d’honneur.
- —g— La convention téléphonique franco-italienne est en vigueur depuis le 1èr janvier 1902. Paris peut communiquer avec Turin, Milan, Novare, Bergame ; la taxe est de 3fr,50 pour 5 minutes. Il Inauguration des lignes Paris-Milan et Paris-Turin a eu lieu le 1er janvier 1902.
- . —g:— La Société nationale d’horticulture de France, réunie en Assemblée générale, a procédé au renouvellement de son Bureau. Ont été élus : Président : M. Viger; 1er vice-président : M. Truffaut (Albert); vice-présidents : MM. Salomon, Defresne (H.), Vilmorin (Maurice Levêque de), Opoix; secrétaire général : M. Chatenay (Abel); -secrétaires : MM. Truffant (Georges), Nomblot, Le Clerc, Ozanne; trésorier : M. Lebœuf (Paul) ; trésorier adjoint : M. Marcel ; bibliothécaire : M. Gibault; bibliothécairer adjoint : M. Hariot.
- —g— On cherche à obtenir, rapidement la dessiccation du bois pour diverses utilisations dans l’industrie. Nous avons déjà fait connaître-, dans le n° 1370, du 7 octobre 1899, p._ 296, un procédé' de sénilisation rapide des bois par l’électricité, qui consiste à placer les bois dans une cuve aû fond de laquelle se , trouve un châssis à claire-voie, formant double fond, recouvert de plomb, et relié au pôle positif d’une dynamo. Par-dessus, on place des caisses carrées •et une garniture de plomb en communication a vec le pôle négatif de la source électrique. La cuve est remplie d’une solution de boro-césinate de soude. La « Revue générale de chimie pure et appliquée » nous apprend que ce même procédé donne de bons résultats en •employant un bain composé ae 10 pour 100 de colophane et de 75 pour 100 de carbonate de sodium. Sous l’influence du courant électrique, les liquides qui imprègnent le bois sont éliminés et montent à la surface du bain, tandis que le bois absorbe entièrement .la solution dans laquelle il est plongé. Après 5 à 8 heures, l’opération est terminée, et le bois abandonné, pendant une quinzaine de jours, dans un endroit sec, peut être immédiatement utilisé.
- —g— Un généreux donateur a mis à la disposition du roi d’Angleterre une somme de 5 millions, et le roi a décidé d’appliquer ce don à la fondation d’un sanatorium pour les tuberculeux.
- —g— Un inventeur de Bridgeport (dans le Connecticut), dont identifie Amertèan ne donne point le nom, a imaginé un procédé permettant de cuivrer galvanoplastiquement la surface des portes en bois, qui offrent dès lors une résistance particulière. On commeuce par faire baigner la porte de bois dans un mélange d’huile de lin et de gomme résineuse ; puis on la laisse sécher, on
- Kolit le bois et on étend un vernis à la gomme laque. On fixe des andes de cuivre sur les tranches de la porte, puis les deux faces de celles-ci sont recouvertes d’une poudre métallique ou de cire contenant de la plombagine. On plonge ensuite cette porte dans le bain galvanoplastique en reliant un des fds aux bandes métalliques dont nous avons parlé tout à l’heure, et on laisse agir le courant.
- —g— Un curieux et bizarre accident vient de se produire à la verrerie de Kohomo, dans l’Etat d’Indiana (Etats-Unis). Dix ouvriers transportaient sur leurs épaules une glace du poids de 22 000 livres, du four de recuite à la table de polissage, lorsque, tout à coup, elle éclata avec un bruit de tonnerre en se brisant en milliers d’éclats qui furent projetés de tous les côtés. Ce phénomène est, en somme,
- analogue à celui qu’on observe souvent chez le. verre trempé et même pour certains aciers. Mais le plus grave de l’affaire fut que les malheureux ouvriers furent horriblement blessés," surtout à la tête, aux bras et à la partie supérieure du tronc. Cinq d’entre eux ont été atteints d’une façon si grave qu’on a craint longtemps qu’ils ne succombassent.. .
- • —g— Le capitaine américain Perew, de fÇevv-Ÿorfc, a eu Aine idée qui n’a rien de banal. Quelle idée ! Partant de ce. principe que le seul reproche qu’on puisse adresser aux automobiles est de supprimer le cheval et d’avoir, par suite de cette:suppression, un aspect misérable et dépourvu d’esthétique, le capitaine .dispose en avant de son automobile un coursier en tôle dont le moteur fait mouvoir les jambes et la tête. De la sorte, la voiture automobile a tout à fait l’aspect d’une voiture attelée. La première fois que le capitaine est sorti dans les avenues de New-York dans ce singulier équipage, les promeneurs ont été littéralement stupéfiés ; on l’eût été à moins. •
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Espagne. — Des secousses de tremblement de terre ont été ressenties le 27 décembre 1901 à Gerôme, en Espagne. Les'dégâts ont été important?. Le sol a été crevassé sur une longueur de 40 mètres. Secousses le 2 janvier à Laruns, dans la vallée d’Ossau.
- Cyclone, trombe, inondations et tempêtes A l’Etranger.
- — fin cyclone s’est abattu le 26 décembre 1901, sur la ville de Naples, causant de nombreux accidents jet dégâts. Plusieurs maisons particulières de la ville et de la banlieue, ainsi que le bâtiment des gardiens des abattoirs, se sont écroulés. D’autres constructions ont été plus ou moins endommagées ; les établissements industriels Deluca, Godono, Alvazzi et Orini ont particulièrement souffert, et, dans le dépôt de machines de la gare Poggio-lleale, une certaine quantité de matériel, machines et wagons,' a été‘fortement détériorée. Une femme a été tuée et 36 personnes ont été blessées, dont 4 grièvement.
- A la même date, par suite des pluies, la rivière l’Aruo a subi une crue; elle a débordé dans la campagne, notamment aux environs de Pise et de Florence.
- .Une trombe s’est abattue sur Safi, au Maroc, le 30 décembre, couvrant la ville basse de 5 mètres d’eau, pendant dix heures. Tous les magasins de la rue principale se sont effondrés et les marchandises ont été entraînées à la mer. Plus de 200 personnes ont été noyées. La douane et tous les entrepôts ont complètement disparu. Les dégâts ont été considérables.
- De nombreuses inondations ont eu lieu également en Angleterre, surtout dans les bassins de la Severn et de la Trent, où il y a eu d’importants dégâts.
- Tempêtes et pluies en France. —Pendant la dernière semaine de 1901 et la première de 1902, il n’y a eu de tous côtés que tempêtes et pluies. Le 23 décembre; des neiges et des pluies étaient signalées dans le sud ; on recueillait 15 mm d'eau à Sicié, et 6 mm à Cette. Le 24 décembre, il est tombé 90 mm d'eàu à la Coubre, 62 mm au Mans, 17 mm à Brest, 11 mm à Nancy; le 25 décembre, la pluie a été générale, il y a eu 33 mm d’eau à Charleville, 30 mm à Cherbourg, 22 mm à Ouessant, 16 mm à Nantes, 6 mm à Paris. Le 26 décembre, pluie à Paris. Le 27 décembre, on a recueilli 30 mm d’eau à Biarritz, 10 mm au Havre, 5 mm à Brest et 5 mm à Paris'; le 28 décembre, il est tombé 14 mm d’eau'à Biarritz, 8 mm au Havre, 4 mm à Besançon, 3 mm à Brest, 2 mm à Paris Dans la nuit du 28 au 29 décembre une violente tempête a sévi sur la côte de Cherbourg ; la mer était démontée sur la Manche et à l’ouest du cap Hague. Le 29 décembre on a encore recueilli 49 mm d’eau à Dunkerque, 23 mm à Cherbourg, 11 mm à Nice, 10 à Lyon, 4 à Paris. A cette date, une violente tempête de neige a éclaté sur Briançon. Les 30 et 31 décembre, la pluie est encore tombée à Limoges (19 mm), "à Besançon (13 mm); à Gap (11 mm), à Lyon (8 mm), à Cherbourg (7 mm). Le 1*' et ie 2 janvier,' on a également recueilli 17 mm d’eau à Nantes, 12 mm à Besançon, 10 mm à Nancy, 1 mm à Paris ; les 3 et 4 janvier, il y a eu encore pluie à Besançon, Limoges, Lorient, Marseille, Biarritz, au Havre. ___________
- PHASES DE LA LUNE
- t P. I.. le 25 déc. 1901, à midi 23 m.
- ( D. Q. le 1" janvier 1902, à 4 h. 17 m. du soir.
- t 6
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de,l’année.]?
- Communications. — M. C. Gilault, à Poitiers, à propos de la communication de M. L. G. F., de Vienne, dans la Boîte aux lettres du n° 1491, du 21 décembre 1901, nous adresse la lettre suivante : « Cette illusion me remet en mémoire un fait d’ordre astronomique que j’ai tout d’abord pris pour une illusion et qui ne paraît point en être une. Voici de quoi il s’agit. Me trouvant à Saint-Malo le 17 août, avec ma femme et deux de mes neveux, il me prit fantaisie d’assister à un coucher de soleil sur la Manche. Nous avons été servis à souhait et avons joui d’un spectacle merveilleux. Tandis que je regardais le soleil descendre lentement à l’horizon, les yeux protégés par un lorgnon à verres teintés, je fus surpris de constater qu’autour du disque du soleil, immobile et sans séparation visible, une zone mobile dentée pr le côté externe tournait. Cette zone était aussi brillante que le soleil lui-même. Son mouvement était assez lent et, si mes souvenirs sont exacts, elle allait tantôt dans le sens des dents, tantôt en Arrière. Etonné, j’enlevai mon lorgnon, attribuant le phénomène à un effet de réfraction dans les verres. Je regardai avec un seul œil en fermant le lorgnon pour accentuer l’effet par la superposition des deux verres : même résultat. Je regardai enfin avec mes deux yeux à nu, tandis què j’en étais là, toujours persuadé que j’étais victime d’une illusion, l’un de mes neveux s’écria : « On dirait (( que le soleil tourne ! » Je fus fixé, — n’ayant communiqué aucune de mes impressions et trouvant à mes côtés un témoin irrécusable, je dus conclure à la réalité du phénomène. La couronne mobile n’était pas très large. Ce soir-là le soleil se déforma considérablement en approchant de l’horizon et les teintes du couchant furent féeriques. Le lendemain, nous reprîmes notre poste d’observation ; mais nous eûmes une mer très ordinaire, un cief aux teintes citrines orné d’un pain à cacheter sans la moindre couronne mobile. »
- M. Paul Gautier, à Montforl-l’Amaury, à propos de notre récente information mentionnant un merle blanc, nous écrit qu’on peut en voir deux dans la superbe collection d’oiseaux de M. Bar, à Montfort-l’Amaury. Ces deux oiseaux sont complètement blancs, l’un d’eux est encore au nid, en compagnie de ses frères noirs. M. Bar possède aussi un geai complètement Albinos, le bec et les pattes sont rouge corail.
- M. le Dr Hue, à Vannes, nous adresse une brochure qu’il vient de publier en collaboration avec M. le Dr Pignet, médecin-major et qui est relative à un nouveau procédé rapide pour l’analyse chimique de l’eau. Ces brochures et les produits nécessaires pour l’analyse se trouvent à la pharmacie centrale, 3, rue de l’Hôtel-de-Ville, à Vannes.
- M. Gury, à Paris, nous adresse l’intéressante communication suivante ; « Fréquemment, vous avez cité des faits tendant à établir que chez les animaux il y a plus que de l’instinct. Ce sont les chiens qui ont fourni le plus grand nombre d’observations. Permettez-moi de vous citer les faits d’un chat et venant à l’appui de la thèse. M. Lallement, le pêcheur le plus expert de Pont-Sainte-Maxence (Oise), avait dans sa cour un baquet plein d’eau de l’Oise, il y déposait les goujons devant servir d’appât pour la pêche au brochet. Son chat, très friand de poisson, v braconnait trop fréquemment. M. Lallement recouvrit le baquet d’un treillis en fil de fer à mailles assez larges, l’assujettit par une planche placée en travers, et chargée d’un poids. Quelques instants après, le chat avait transporté sur la planche les intestins d’un poulet récoltés sur un fumier, assez éloigné, un bout de l’intestin passant à travers le treillis pendait à fleur d’eau et le chat, accroupi à côté
- de son piège, attendait patiemment que le poisson attiré par l’appât vînt à portée de la griffe. Après avoir admiré l’ingéniosité de son chat, M. Lallement rejeta au loin ce qui servait d’amorce. Une demi-heure après, le piège était rétabli dans-les mêmes conditions. La conception, l’exécution d’un plan après réflexion et la persistance dans l’idée de ce chat ne montrent-ils pas plus que de l’instinct ? »
- Renseignements. — M. L. Chevallier, à Dijon. — L» photographie que vous nous avez envoyée représente un sujet charmant; mais nous avons déjà fait connaître plusieurs photo-hies obtenues par des procédés analogues. n Argentin, à Buenos-Aires. — Le programme des Ecoles Polytechnique et Centrale se trouvent dans toutes les librairies, notamment chez M. Croville-Morant, 20, rue de la Sorbonne, à Paris.
- M. D. D., à Bône. — Nous n’avons'pas pour le moment de renseignements plus précis et plus complets sur ce traitement des fruits; mais dès que nous en aurons, nous publierons un article.
- M. Fenal, à Pexonne. — Pompes à air comprimé : MM. Barbier et Vivez, 16, rue du Buisson-Saint-Louis; M. Carpentier, 73, boulevard Soult; M. Leclaire, 140, rue Saint-Maur, à Paris.
- M. Jeanson, à Tours. — Nous ne connaissons pas exactement les dimensions et données de ces moulins.
- M. Hubert Vitalis, à Lodève. — Nous avons donné l’adresse où l’on peut se procurer les cigarettes en feuilles de caféier en tête de la Boîte aux lettres du n° 1493, du 4 janvier 1902.
- M. Verzieux-Ducarre, à Lyon. -— Pour des appareils de production de l’ozone, adressez-vous à la Société industrielle de l’ozone, 11, rue de Rome, ou à la Compagnie de l’ozone,. 101, boulevard Murat, à Paris.
- M. G. Lepage?h Paris; M. Hangest, à Amiens. — L’arith-mographe Troncet est en vente à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, à Paris.
- M. L. D., à Paris. — Le nouveau produit Emailline J. F.r imitant d’une façon parfaite comme teinte les tissus des gencives, spécial pour appareils dentaires et qui a eu une médaille d’or à l’Exposition du travail de 1901, est fabriqué uniquement par M. Alex. Carpentier, chirurgien dentiste, professeur de prothèse dentaire, 7, rue de Chabrol, à Paris.
- M. A. M., à Maccagno. — L’adresse que vous demandez est la suivante : rue Nadéjdinskaia 1, apl, 58, à Saint-Pétersbourg.
- M. Legras de Naubercey, à Vienne. — 1° Nous tiendrons compte de votre observation pour les prochaines notes ou communications que vous nous enverrez. — 2° La librairie a bien reçu le montant de votre abonnement, payé par mandat en février 1901 jusqu'au 1er décembre 1901.
- M. E. Casoletti, à Turin. — Il n’existe pas encore d’ouvrages sur cette question.
- M. R. C., à X. — Il y a eu des accidents légers; mais on ne saurait dire que les sels de nickel sont réellement dangereux.
- M. E. Chibout, à Paris. — 1° Il faut compter sur une capacité de 6 à 8 ampères-heure par kg de plaques, au débit de 0,01 ampère par centimètre carré. — 2° La fin de charge d’un accumulateur genre Planté est indiquée par les faits suivants : l’électrolyte bouillonne, la différence de potentiel augmente-et monte même à 2,6 volts, la densité de l’électrolyte reste stationnaire.
- M. R. de Massia, à Toulouse. — 1° Nous pensons que ces lampes sont des Glow lampes, 14, rue Taitbout, à Paris. — 2° Adressez-vous à la Société l’Eclairage électrique, 27, rue de Rome, à Paris. — 3" Nous ne saurions rien vous affirmer.
- M. R. R., à Mantona; M. A. de Mouchy, à Lyon. L’adresse où se trouve l’arithmographe Troncet a été donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1491, du 21 décembre 1901 et nous la donnons encore plus haut.
- M. L. Mortier, à Paris. — Essayez de frotter le marbre avee une pâte formée de blanc d’Espagne et de chlorure de chaux, étendue et laissée à sécher au soleil.
- M. Eymard, à Bordeaux. — Remerciements pour votre envoi de photographies; nous avons déjà signalé des échelles, analogues.
- M. L. Gardés, à Montauban. — Nous sommes revenus à plusieurs reprises sur le sujet; la question est épuisée.
- M. Keim, à Saint-Gaudens. — Votre lettre a été transmise à M. Paul Barbier, constructeur du réchaud « Le réglable », 46, boulevard Richard-Lenoir, à Paris.
- M. T. D. M., à Gênes. — Pour les appareils à alcoolène, il faut vous adresser à M. Brangier, 55, avenue Victor-Hugo, à Boulogne-sur-Seine.
- Dans la « Boite aux lettres » ta liédaclion accueille les faits intéressants qui lui sont signalés jmr ses adonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à ré/ioudre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- LES JOUETS DU JOUR DE L’AN SUR LES BOULEVARDS
- 1. Le nègre en tricycle. — 2. L’éléphant. — o. La marchande d’oranges. — i. Le clown sauteur. — o. Le.pochard. — 6. Le boulevardier. 7. Le sergent de ville. — 8. Le ballon Santos-Dumont. — 9. Le baïfm dirigeable.
- On pensait voir cette année dans les petites boutiques du boulevard une quantité de nouveautés dues à l’initiative de M. Lépine, préfet de police, qui a eu l’heureuse idée de créer en novembre dernier un concours de jouets. Les nouveautés n’étaient pas fort abondantes, à vrai dire, mais dans ces jouets à bon marché on a pu constater un progrès, fort sensible, dans leur mécanisme. Les années précédentes, c’est surtout par un simple mouvement d’horlogerie, primitif maïs ingénieux, que les jouets pouvaient fonctionner, cette fois il n’en est plus ainsi. Au simple mouvement d’horlogerie on a ajouté, comme dans le Nègre en tricycle que l’on voit n° 1, une bielle qui actionne le bras et la main tenant un chapeau. Il peut ainsi, tout en pédalant, saluer gracieusement la foule. Un autre effet est obtenu d’une manière analogue pour l’aéronaute qui tourne autour de la Tour Eiffel avec son aérostat (n° 9). Ce sont des bielles qui commandent le mouvement des jambes. L’illusion est complète ; on croit voir l’aéronaute mettant lui-même en action son hélice, pour gagner le prix 100 000 francs.
- Le n° 2 représente un éléphant; c’est une bielle également qui fait mouvoir la tète du pachyderme. Le n° 3, la marchande d’oranges, fonctionne aussi par le même moyen mécanique. Le n° 4, le clown sauteur à quatre pattes, est muni, outre son mouvement d’horlogerie, d’une double bielle grâce à laquelle il peut sauter tout en tournant, mieux encore que ne saurait le faire le célèbre Footit du cirque.
- L’un des jouets les plus amusants de cette année est le Pochard (n° 5). Une bielle et un balancier, placés de chaque côté du mouvement central, actionnent les deux bras dont les mains tiennent d’un côté une bouteille, de l’autre un verre.
- Le mouvement inégal de ces pièces produit un balancement
- rythmé chez le pochard dont la tête est mobile. Les jambes se lèvent de la façon la plus comique.
- Le n° 6, le boulevardier fumant son cigare et le sergent de ville (n° 7), sont animés tous deux d’un mouvement commandant deux excentriques qui font mouvoir les bielles placées dans les jambes. Ils marchent ainsi d’un pas solennel, tandis que l’un porte son cigare à la bouche et l’autre lève gravement son bâton blanc de commandement actionnés tous deux par une bielle.
- Enfin, le n° 8, Le ballon de Santos-Dumont tournant autour de la Tour Eiffel. Ce jouet a gagné un des premiers prix au Concours de jouets. L’aérostat est mû par un mouvement d'horlogerie qui fait tourner son hélice.
- Il faut, pour mettre ce gentil jouet en exercice, introduire une clef vendue (ad hoc) dans l’ouverture visible sur la gravure, du côté opposé à l’hélice fixée à l’extrémité de l'aérostat, et la tourner. D’autres jouets amusants figuraient sur le boulevard, nous ne pouvons malheureusement'les représenter tous : l’un d’eux avait aussi grand succès. Une gracieuse dame, assise dans son automobile, était conduite par un joli chauffeur. Aussitôt la clef tournée, ils partaient tous deux : le chauffeur semblait fort occupé et la dame saluait le public en agitant son mouchoir. Ce jouet a un mécanisme analogue à celui du nègre en tricycle n° 1.
- Quelques-uns des jouets décrits, les nos 5, 6 et 7 entre autres, proviennent de la maison Mathieu, 151, galerie de Valois (Palais-Royal), à Paris.
- On peut se procurer le n° 8, nommé Le Santos du monde, chez M. L. Sertet, 15 et 17, avenue Ledru-Rollin, à Paris, les autres jouets ont été^choisis dans les boutiques du boulevard.
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- BULLETINS METEOROLOGIQUES
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France. DÉCEMBRE 1901. -- SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 DÉCEMBRE.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE UE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 décembre. — ov> W. S. AV. 1. Couvert. 0.0 Beau de 15 à 18 h.; très nuag. avant et après.
- Mardi 2 i 4°,0 S S. AV. 4. Couvert. 6,9 Couv. ; pluie la moitié du temps.
- Mercredi 23 . * . . . 5Ü,1 S. AV. 2. Couvert. 0,5 Couv. jusqu’à 7 h. ; nuag. ensuite ; pluie le matin.
- Jeudi 26 ô\7 S. AV. 3. Presque couvert. 0,1 Très nuag. ; gelée blanche.
- Vendredi 27 ... . 2»,1 S. S. AV. 2. Couvert. 4,0 Couv. jusqu'à 23 h.; peu nuag. à 24 h.: pluie de 2 h. 3/4 à 8 ii.
- Samedi 28 — 0°,0 S. 2. Couvert. 1,9 Quelques éclaircies ; petite pluie l’après-midi.
- Dimanche 29 7°.4 S. AV. 1/4 S. 5. Très nuageux. 3.9 Très nuag. ; pluie ou gouttes de 14 à 16 h.
- Lumli
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi
- Dimanche
- DÉCEMBRE I90I-JANVIER 1902. — SEMAINE DU LUNDI 30 DÉCEMBRE 1901 AU DIMANCHE 5 JANVIER 1902
- OBSERVATIONS HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 décembre. 9*,0 S. S. AV. 5. Couvert. 1,7 Couv. ; pluie de 4 h- à 6 h. 1/2.
- Mardi 31 7“,1 S. S: W. 5. Peu nuageux. » Peu nuag. jusqu’à 16 h. ; beau ensuite ; halo.
- Mercredi 1" janvier. 6°,0 S. S. W. 3. Très nuageux. * » Très nuag. jusqu’à 8 h. ; couv. ensuite ; gelée bl.; pluie l’après-midi.
- Jeudi 2 11*,3 S. AV. 3. Couvert. 1,3 Presque couv. jusqu’à 21 li.; nuageux ensuite; quelques averses.
- Vendredi 3 10",2 W. N. W. 5. Couvert. 0,1 Très nuag. jusqu’à 5 h. ; couv. ensuite ; bruine à 20 li.
- .Samedi 4 8*,9 AV. S. AV. 5. Couvert. 0,0 Nuag. de 9 à 19 h. ; couv. avant et après.
- ^Dimanche 5 6°,5 AV. S. AV. 2. Nuageux. 0,0 Nuag. ; un peu de pluie à 13 h. 30.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- | i* Jeudi
- V endredi
- Samedi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0( au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri i boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
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- N° 1495 (18 janvier 1902), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La Société géologique de France a composé de la manière suivante son bureau pour l’année 1902 : président : M. Ilaug, professeur adjoint à la Faculté des sciences; vice-présidents : MM. Boule, .assistant au Muséum; Gentil, chargé de conférences à la Faculté des sciences; Lugeon, professeur à l’Université de Lausanne; Mouret, ingénieur en chef des ponts et chaussées ; secrétaire-gérant : M. Ménin; •secrétaire pour l’étranger : M. Giraud, agrégé de l’Université ; vice-secrétaires : MM. Lemoine et Sage; trésorier : M. Boistcl, professeur •à la Faculté de droit; archiviste : M. Ramond, assistant au Muséum.
- —(§>— La Société météorologique de France, dans sa séance annuelle, a renouvelé son Bureau comme suit : président : M. Angot; vice-présidents : MM. Violle et le Dr de Valcourt; secrétaire général : !VI. Moureaux; secrétaire : M. Hauvel; vice-secrétaire, M. Besson.
- Parmi les nouveaux chevaliers de la Légion d’honneur, .nous mentionnerons avec plaisir deux noms estimés dans l’industrie automobile, ceux de M. le baron de Dietricli, de Lunéville, et de M. E. Mors, de Paris. A la suite du concours de l’alcool ont été nommés également chevaliers : M. Ringelmann, professeur à l’Institut agronomique, et M. Trillat, directeur du service de chimie appliquée à l'Institut Pasteur.
- —(Si— Des conférences publiques auront lieu au Conservatoire national des arts et métiers dans l’ordre suivant : dimanche 19 janvier, à 2h30 du soir dans le grand amphithéâtre : La navigation aérienne, par M. le commandant G. Espitallier ; les dimanches 2 e' f) février : Les machines-outils, par M. Gustave Richard, ingénieur civil des mines; dimanche 16 février : L’artillerie moderne, par 31. Paul Clémenceau, ingénieur des établissements Schneider et Cio; dimanche 2 mars : Les ponts métalliques, par 31. Itésal, ingénieur en chef de la Navigation de la Seine et des ponts de Paris.
- —®— On vient de célébrer en Angleterre, sans grand tapage, 4e centenaire d’un des événements les plus considérables de la science moderne. C’est, en effet, le 24 décembre 1801 que Trevithick et Vivian montrèrent la première locomotive digne de ce nom. Si Joseph •Cugnot fut le créateur, de la voiture automobile, Trevithick fut le vrai créateur de la locomotive, ayant eu le premier l’idée géniale de placer sa voiture sur des rails. L’expérience eut lieu sur la route de Camborne à Tchidy. La nouvelle machine put traîner une charge •de 10 tonnes et 70 voyageurs, à une vitesse de 8 kilomètres à l’heure. Au bout de quelques milles, le moteur eut une panne et un £>eu plus loin démolit sa cheminée, qui était en briques, au passage d’un pont. 3Ialgré ces incidents, le nouveau véhicule parvint à terminer son voyage d’environ 20 kilomètres. Plus de 50 ingénieurs, -directeurs de mines et notabilités du monde des chemins de fer assistaient à la célébration de cet intéressant centenaire organisé par la municipalité de Camborne.
- —(§)— La direction de l’Exposition de Saint- Louis a décidé d’offrir un prix de 200 000 dollars pour un ballon dirigeable qui fonctionnerait avec succès à l’Exposition. On s’attend à ce que ce concours se dispute entre 31. Santos-Dumont, sir Hiram Maxim, le professeur Langley et autres. On communiquera les conditions du concours à •chaque agent de l’Exposition à l’étranger. Deux cent mille dollars, un million de francs... c’est un chiffre!
- —(§)— On connaît les résultats du recensement de la population •opéré le 24 mars 1901. Le nombre total des communes s’élève actuellement à 36192, réparties en 290* cantons et 362 arrondissements; le nombre des cantons s’est accru de 9 unités. Le chiffre total de la population s’élève à 38 961 945 habitants. En 1896, il avait été évalué à 38517352. Il s’est donc produit, de 1896 à 1901,
- un accroissement de 444 613 habitants. L’accroissement constaté pendant la dernière période quinquennale (1891-1896) n’avait été que 175 027 habitants; l’augmentation de 1896 à 1901 est donc plus de deux fois et demie supérieure. D’autre part, le chiffre de la population comporte, pour la dernière période décennale, un accroissement de 619640 habitants, alors que, de 1886 à 1896, l’augmentation n’avait été que de 299 072 personnes. Ces nombres ne concernent ue les quatre-vingt-sept départements métropolitains, y compris la orsc. Il convient d’y ajouter les résultats des recensements spéciaux effectués par les soins des ministres de la guerre et de la marine, comprenant 69168 individus, ce qui porte le total de la population française à 39 031 113 habitants, en laissant à part la population fixée en Algérie, aux colonies, dans les pays de protectorat et à l’étranger.
- —®— La Seine a subi à partir du 8 janvier une crue assez forte par suite des pluies qui sont tombées en abondance dans son bassin supérieur. Lé niveau de l’Yonne s’est élevé brusquement de 2 mètres. La Marne, grossie par l’afflux du Grand-3Iorin, a fourni également à la Seine une grande quantité d’eau. Il n’y a pas eu d’inondations sérieuses, mais les quais, dans les parties basses a’Ivry et de Maisons-Alfort, ont été submergés. Toutes les parties basses du département de Saône-et-Loire arrosées par la Saône, la Loire, la Seille, etc., ont été inondées. La Saône a eu une cote de 5 mètres de crue à Chalon-sur-Saône et s’est étendue dans les prairies et les champs ensemencés sur plus de 100 kilomètres. La Crosne, la Seille sont sorties de leur lit et les prés n’ont plus formé que de vastes lacs; la Dheune a envahi les vignes qui s’alignent depuis Demigny, Chaudenay, Chagnv, jusqu’à Saint-Léger. Dans l’Aulunois, du côté du Creusot, le 3Iesprins est transformé en torrent, qui a entraîné tout sur son passage. A 3Iontecau-les-3Iines, la Bourbince a causé également de grands ravages. C’est à Digoin, sur la Loire, que l’inondation a été plus forte. De grands ravages ont été faits sur les rives et un grand nombre de maisons, situées dans les quartiers bas de la ville, ont été inondées. L’Arconce, l’Arroux et autres rivières du département ont également débordé.
- —®— Un rapport spécial a été adressé par un chef de gare de la Compagnie des chemins de fer de la ligne de Paris-Lyon-Méditerranée à ses chefs pour proposer de faire modifier les cornes d’appel en cuivre, employées pour l’annonce des trains dans les postes de « Block System » des gares et dans les postes intermédiaires des services de ce réseau. Chaque corne étant employée successivement par deux agents alternant et pour une durée de dix heures pour chaque agent, l’emploi de cet instrument occasionne, paraît-il, une grande fatigue de la gorge et des bronches chez ceux qiii s’en servent; il peut aussi contribuer à propager certaines maladies contagieuses de nature grave. La modification apportée à la corne d’appel consiste à en munir l’embouchure d’une poire en caoutchouc que l’on presse avec la main. Elle supprime ainsi complètement la fatigue de la gorge et des bronches ainsi que tout danger de contagion. Ce procédé a été appliqué dans plusieurs gares et a donné partout de très bons résultats. L’Académie de médecine vient d’émettre un avis conforme.
- —•Au commencement de janvier, le Vésuve est entré de nouveau en activité. Des flammes immenses se sont échappées des parois internes du cratère et, pendant quelques jours, des masses de lave et des blocs de rochers ont été projetés au dehors, mais n’ont pas dépassé les bords du cratère.
- —®— On nous écrit de Genève qu’un Anglais, 31. Ryan, vient de faire la première grande ascension de l’année. Parti de Zermatt, le vendredi 10 janvier, avec trois guides, il est rentré le 12 janvier, après avoir atteint le sommet du Weisshorn, soit une hauteur de
- 14500 mètres environ. C’est la première fois que lAscension de cette montagne a été tentée et réussie en plein hiver.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les moteurs dont il a été question dans notre article sur le « Salon de l’Automobile » se trouvent aux adresses suivantes : Moteur Lepape, 20, rue des Pavillons, à Puteaux (Seine). — Moteur Ixion, 199, boulevard Pereire, Paris. — Moteur Schaudel, 50, rue de Turenne, Bordeaux. — Moteur De Dion, quai National, Puteaux.
- Communications. — M. A. Carpentier, horloger à Dou-deville, nous écrit la lettre suivante : « Je relève dans l'intéressante communication de M. le marquis de Fraysseix sur les horloges (voyez n° 1492, du 28 décembre 1901, p. 62), ce passage : « Il serait si simple que nos pendules prissent « ce mode de piquage de l’heure, en modifiant les crans « d’arrêts de la roue qui lâche le marteau du timbre ». Or, les pendules généralement en usage sont de deux sortes : 1° Des pendules avec sonnerie à râteau; 2° les pendules avec sonnerie à chaperon. Dans les premières il serait assez facile d’obtenir le résultat cherché, non pas en limant les goupilles qui lâchent le marteau du timbre, mais en modifiant la forme du limaçon fixé sur la roue d’heure et en déplaçant l’une des goupilles qui soulève la détente. Mais la chose serait plus compliquée pour les pendules à chaperon (précisément les plus répandues) parce que le rouage est calculé de telle sorte que le marteau donne 90 coups pendant que la roue de chaperon fait un tour et que le piquage de l’heure préconisé par M. le marquis de Fraysseix exigerait 108 coups de marteau dans le même temps. On pourrait, il est vrai, obtenir exactement ce nombre de coups en portant de 10 à 12 le nombre des goupilles qui soulèvent le marteau du timbre, mais la roue suivante ne faisant plus un tour complet à chaque coup de marteau il serait nécessaire d’adopter des engrenages calculés de façon à conserver le même rapport de vitesse entre les différents mobiles. »
- M. F. Meurisse, commissaire central à Alais (Gard), nous adresse un Mémoire et une photographie concernant un nouveau manipulateur pour télégraphe Morse, dont il est l’inventeur.
- M. L. Lucien Libert, au Havre, nous envoie les deux premiers numéros d’un journal qu’il vient de faire paraître et qui a pour titre : « Annales de mon Observatoire ». Ce Journal est trimestriel et se trouve à Paris, 7, boulevard Saint-Germain, ou au Havre, 15, rue François-Millet.
- Renseignements. — M. G. Mercier, à Neuilly. — Pour donner à la porcelaine et à la faïence un aspect ancien, on les recouvre en général d’une couche légère d’un vernis approprié au ton.
- M. A. Boisset, à Paris. — Nous avons donné pendant l’Exposition l’état actuel des locomotives en 1900. En ce qui concerne les nouveaux types, nous tiendrons compte de vos désirs autant que possible; mais il est très difficile d’avoir des renseignements précis des Compagnies.
- M. Salcieux, à l’Ecole d’Agriculture de Brousse (Turquie d’Asie). — Pour tout ce qui concerne la règle à calcul circulaire, dont nons avons donné la description dans le n° 1480, du 5 octobre 1901, p. 298, il faut vous adresser à Pouech, constructeur, 314, rue des Pyrénées, à Paris.
- M. G. R., à Besançon. — Appareils pour pyrogravure : M. Delamotte, concessionnaire des appareils Manuel Perier, 19, rue d’Enghien; M. P. Berville, 25, rue de la Chaussée d’Antin; M. Joubert, 61, rue des Petits-Champs; M. E. Guyot, 46, quai de l’Hôtel-de-Yille, à Paris.
- M. L. F., à Paris. — 1° Nous pouvons vous indiquer le traite des machines à vapeur de MM. Alheilig et Roche, à la librairie Gauthier-Villars; nous vous conseillons de consulter les catalogues de cette librairie et de la librairie Dunod, quai des Grands-Augustins. — 2° Pour les ouvrages sur l’architecture, adressez-vous à la librairie centrale d’architecture, 5, rue Saint-Benoit, et à la librairie Aulanier et Cie, 13, rue Bonaparte. Le nombre des ouvrages est considérable, et il nous est impossible de vous en désigner quelques-uns en particulier.
- M. E. de Prusranowski, à Paritchi (Russie). — 1° La rédaction de l’Auto-Vélo se trouve, 10, rue du Faubourg-Montmartre, à Paris; le prix d’abonnement est de 20 francs par an. — 2° Ces voitures ont déjà été décrites successivement et antérieurement. Nous y revviendrons s’il y a lieu.
- M. M. Feyeitx, à Baba-llassen (Alger). — Nous ne pouvons vous indiquer que les adresses de quelques fabricants de turbines hydrauliques : MM. Burot et Gouverner, 75, rue de l’Assomption; M. Gandillon, 111, rue Saint-Maur, à Paris; MM. Laurent frères et Collot, à Dijon ; M. E. Lœwenbriick, à Maronne (Seine-Inférieure).
- M. Ch. Grangier, à Issoire. — 1° Appareils photographiques : M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch; Eeastman Kodak, 5, avenue de l’Opéra; Cie française de photographie, 7, rue Sol-férino ; M. Hanau, 27, boulevard de Strasbourg, à Paris. -— 2° Longue-vue : MM. Krauss et Cie, 51, rue Albouv; M.H. Morin, 3, rue Boursault ; M. Huet, 114, rue du Temple, à Paris.
- M. G.P., k Gabès. — l°Nous ne savons de quels laboratoires vous voulez parler; il faudrait préciser votre question. — 2° Le Journal que vous désignez n’est pas connu ; nous pouvons vous indiquer « le Journal de pharmacie et de chimie », édité par M. Doin, 8, place de l’Odéon, et le Répertoire de pharmacie et « Journal de chimie médicale », 45, rue de Turenne, à Paris.
- M. H. Pérol, à Périgueux. — Nous avons reçu la lettre dans laquelle vous nous annoncez un modèle de votre appareil que nous attendons encore; nous en publierons la description, s’il y a lieu, quand nous l’aurons examiné.
- M. Ch. Le Brun, à. Tinchebray. — M. Delamare-Debou-teville est décédé; la construction de ses appareils n’a pas été continuée.
- M. E. Seyert, au Mans. — Pour reconnaître la présence de l’oxyde de carbone, on se sert d’un papier au chlorure de palladium qui change de teinte ; ce papier se trouve chez M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard, à Paris. Le moyen lrf plus sûr est de mettre un oiseau en cage dans la pièce à explorer; s’il y a de l’oxyde de carbone à dose dangereuse, l’oiseau meurt.
- M. F. Toison, à Yincelles (Jura). — Nous avons décrit des bobines d’induction unipolaires et bipolaires dans le n° 1450, du 9 mars 1901, p. 257; ces bobines sont construites par M. Guerre, 53, rue de Villiers, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
- M. de Boulet, à Fort Wayne (Indiana) ; M. Joseph Fidao, à Smyrne ; M. le Dr Maere, à Gand. — L’adresse du fabricant de cigarettes en feuilles de caféier a été donnée en tête de la Boite aux Lettres du n° 1493 du 4 janvier 1902.
- M. Listeph, à Tbonon. — 1° La composition de ce produit n’est pas connue. — 2° Les 5 séries des Recettes et Procédés utiles sont en vente à la librairie Masson et Cie.
- M. Collin, à Auxon. — Nous avons indiqué votre adresse à M. S. L. dans notre Boite aux Lettres du n° 1493 du 4 janvier 1902, nous vous remercions des renseignements que vous voulez bien nous donner et que nous utiliserons peut-être un jour.
- M. A. Petit, à Chambéry. — Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur l’hélice ; mais vous pourriez consulter des ouvrages sur les appareils de navigation à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- L'abonné 1166, à Grenoble. — 1° L’aluminium fondu a une densité de 2,56 à 2,58, et le cuivre fondu une densité de 8,80 à 8,95 ; 2° Les soudures les plus employées pour l’aluminium sont les suivantes : 52 parties de cuivre, 46 parties de zinc,
- 2 parties d’étain, ou 70 parties de zinc, 15 parties de cuivre rouge, 45 parties d’aluminium ; 3° aluminium en feuilles : Compagnie française des métaux, 10, rue de Volney, M. E. Louyot, 16, rue de la Folie-Méricourt, M. Rupalley G, 56, avenue de NVagram, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Léon Dopcré, à Bruxelles ; M. E. Van Bredael, à Ostende. Nous avons déjà donné à plusieurs reprises l’adresse où l’on peut se procurer l’anthmographe de M. Troneet, dans les précédentes Boites aux Lettres. — M. F. Crestin, à Saint-Pétersbourg. Remerciements pour vos intéressantes observations au sujet de l’entonnoir automatique. — M. L. R., à Lille; M. Dumont, à Nantes. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie. — M. V. Desnos, à Nancy. Remerciements pour votre communication.
- Dans <a « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, el donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Séparateur d’eau et de vapeur. — M. Potter a imaginé récemment un nouveau séparateur d'eau et de vapeur qui mérite d’être mentionné. Il est formé d’une série de tamis, en toile métallique très fine, à travers lesquels passe la vapeur humide pour se rendre de la chaudière à la machine ou à l’appareil d’utilisation. Du tamisage de la vapeur humide il résulte un frottement des molécules de vapeur et des fines particules d’eau dont elle est chargée, contre les fils de la toile. Il s’en suit une élévation de température et un léger abaissement de la pression, circonstances qui amènent la vaporisation de l’eau et font l’effet d’une surchauffe. Le principe est très simple et sa réalisation facile.
- L’appareil pratique consiste en un tuyau de prise de vapeur,
- Séparateur d’eau et de vapeur Potter.
- de section quelconque, dans lequel sont disposées des toiles métalliques fines, séparées et maintenues par des cadres de forme convenable. Les cadres et les toiles sont solidement réunis entre eux et au tuyau par de longs boukns. Ce séparateur se dispose généralement dans la chambre de vapeur de la chaudière. Dans le modèle représenté, la vapeur entre humide par le large orifice latéral de droite et sort sèche par la tubulure supérieure de gauche. De petits orifices, percés à la base des chambres formées par le cloisonnement en toile métallique, permettent de faire disparaître l’eau qui s’y condense. — Pour ce qui concerne ce séparateur, s’adresser à M. A. G.. Jeffreys, 23, Billiter Street, à Londres, E. C.
- Le stéréo-lynx. — Le stéréo-lynx est un appareil qui permet de voir en relief et avec leur perspective véritable les monuments, paysages ou scènes reproduits sur des photographies et en particulier sur des cartes postales illustrées. Il consiste uniquement en un porte-lentilles placé sur le devant, et dans lequel sont montées les lentilles qui permettent de
- Le stéréo-lynx.
- regarder les objets, et en un porte-images placé à une faible distance en arrière. Le porte-lentilles et le porte-images peuvent se replier facilement, et l’appareil tout entier est contenu dans une boîte de faibles dimensions. Cet intéressant appareil, d’une grande simplicité, donne absolument l’illusion de la nature efjjpde la vie. — Le stéréo-lynx se trouve chez JIM. E. Plan et Cie, 2, rue Sainte-Apolline, à Paris.
- 1 La.description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Un crochet de suspension. — On peut assurément trouver que les appareils de fabrication américaine manquent de cette élégance qui est la caractéristique des productions françaises; mais, par contre, les Yankees sont particulièrement habiles à imaginer des appareils pratiques et assez simplement obtenus pour ne coûter que fort peu -à fabriquer. C’est le cas pour le crochet dont nous donnons une figure, et qui est destiné à permettre tout spécialement d’accro-cher un récipient quelconque à une échelle. Nos (r explications seront brèves, et si l’on veut bien exa- \ /I miner la gravure, on y verra que la portion supé-rieure de l’appareil, celle qui doit s’accrocher à un jf\
- des barreaux de l’échelle, est faite simplement d’un Jhn
- gros fil métallique replié de façon à former ressort mj»
- par en bas : on commence l’accrochage en faisant 'Sp'
- pénétrer le barreau entre les deux branches parai- jw#?
- lèles du haut, puis on fait tourner d’un quart de tour, et la suspension est assurée dans d’excellentes ln crocJlct conditions. I'our le crochet inférieur, la disposition jg est un peu analogue, mais ici les deux branches entre suspension, lesquelles on fait pénétrer l’anse du seau, du récipient quelconque, sont munies d’un crochet, et quand on opère le même quart de tour que tout à l’heure, l’anse du seau retombe en venant reposer dans la courbure des deux crochets. Et touticela est obtenu sans le moindre martelage, le moindre rivetage dans la fabrication. Les fabricants de cet ingénieux appareil sont la Taplin Manufacturing C° de New Britain, dans le Connecticut.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les arts et métiers chez les animaux, par II. Coupin, docteur ès sciences. 1 vol. grand in-8° illustré. Librairie Nony et G1. Paris, 1902. Prix : broché, 4 francs; relié, 0 francs et 8kfrancs.
- L’homme n’est pas le seul être au monde capable de faire des travaux remarquables. La plupart de nos arts et de nos métiers se retrouvent, en effet, chez les animaux et parfois avec une perfection admirable. M. Coupin a eu l’heureuse idée de présenter une sorte d’exposition universelle de ces travaux des animaux; il a pensé qu’elle serait intéressante pour les nombreuses personnes qui ne peuvent, au début du printemps, courir la campagne ou se mettre en quête d’occasions propices pour admirer de près les œuvres de ces artisans infatigables et ingénieux, qu’il connaît si bien. Les principales « professions » des animaux décrites sont classées sous des rubriques qui rappellent nos propres métiers.
- Essai, entretien, réparation des sonneries électriques et des tableaux indicateurs, par G. Bénard, constructeur électricien, in-8°. Librairie scientifique H. Desforges. Paris. Prix : 4fr,50, 1902.
- Comme suite à l’ouvrage dont nous avons parlé récemment, et qui traitait spécialement de la pose des sonneries et tableaux, M. G. Bénard vient de publier, dans le même esprit et avec la même méthode, un ouvrage essentiellement pratique. Dans ses quatorze chapitres, l’auteur passe en revue les divers types d’appareils et d’installations en donnant chaque fois le moyen de faire l’essai et la réparation s’il y a lieu. C’est le livre de quelqu’un qui met tous les jours, depuis de longues années, la main à la pâte, comme on dit, et qui ne sc perd pas en descriptions d’une technique savante, mais cherche surtout à mettre tout le monde dans son secret.
- L'avoine. Description, classification. Etude du grain des variétés françaises et étrangères, par Denaiffe, agriculteur, et par Sirodot, licencié ès sciences naturelles. I vol. in-8°. Librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle et J.-B. Baillière et fils, Paris.
- Dans cet ouvrage très documenté, 5IM. Denaiffc et Sirodot ont publié une élude complète de l’avoine, de sa culture, de son .commerce et de ses usages. Ils passent successivement en revue la culture, la production, la composition, les usages, les insectes, les maladies, les plantes nuisibles, les prix de revient, de vente, les transports, les douanes, octrois, l’emmagasinage agricole et commercial, le trafic national et international.
- Annuaire pour l’an 1902 publié par le Bureau des Longitudes. 1 vol. in-16 avec figures. Gauthier-Yillars, éditeur. Prix : 1 fr,50. Notices sur la télégraphie sans fil, parM. H. Poincaré; sur les courants polyphasés, par M. A. Cornu et sur l’application de la division décimale à la navigation.
- La-Tour Eiffel en 1900, par G. Eiffel, ancien président de la Société des ingénieurs civils de France. I vol. in-i°, avec planches hors texte en noir et en couleurs. Masson et Cio, éditeurs. Paris, 1901. Prix : 12 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Exposition internationale de Glasgow, 1901. Section française. Rapport général présenté à M. le ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes au nom du Comité de la section française. Président : M. Emile Dupont. Rapporteur général : M. Lucien Layus. Rapporteurs de groupes : MM. Paul Bourgeois, Georges Gornille, Lucien Gaillard, Paul Maunoury, Jules Mouilbau, Victor Muller, Alberl Pagès, Jules Prevet, Henri Simonis Empis. Raymond Vachet. 1 vol. in-4°. Paris. Comité français des Expositions à l’Etranger, Rourse du Commerce, rue du Louvre, 1901.
- Agendas Dunod pour 1902, 24° édition. Volumes in-10. Vv° Dunod, éditeur, Paris. Prix : 2fr,50 chacun :
- Chemins de fer, par Pierre Blanc, chef du secrétariat du matériel et de la traction de la Compagnie P.-L.-M. — Chimie, par E. Javet, chimiste du Ministère des Finances. — Electricité, par J.-A. Montpellier, rédacteur en chef de
- « L’Electricien ». — Usines et manufactures, par Paul Razous, ingénieur civil, inspecteur départemental au travail. — Mines et métallurgie, par D. Levât, ingénieur civil des mines. — Construction, par A. Derauve, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, et E. Aucamus, ingénieur des Arts et Manufactures. — Mécanique, par G. Richard, ingénieur civil des mines.
- Les bateaux sous-marins et les submersibles, par R. d’Eque-villev, ingénieur civil des constructions navales. 1 vol. in-16 de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Paris, Masson et Cie et Gauthier-Villars, éditeurs. Prix : broché, 2fr,50; cartonné, 5 francs.
- Génération de la voix et du timbre, par le Dr Guillemin, professeur de Physique à l’Ecole de médecine d’Alger. Préface de M. J. Viollè, de l’Institut. 2' édition. 1 vol. in-8°. Paris, Félix Alcan, éditeur. 1901. Prix : 10 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION' ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 janvier . . . 0°,2 S. S. W. 2. Très nuageux. 0,4 Nuag. le malin ; couv. l’après-midi.
- Mardi 7 '5°,5 ('.aime. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 21 b. ; nuag. à 22 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 8 - lu,l N. N. E. 0,1. Beau. 0,0 Quelques nuages ; couv. à 23-24 h.
- Jeudi 9 2\0 W. 3. Couvert. 0,0 Couvert.
- Vendredi 10 ... . 4°, 5 S. 2. Couvert. 0,0 Couv.; bruine à 19 b.
- Samedi 11 5°,5 S. S. W 2. ' Couvert. 0,0 Couv. ; gouttes à 10 h.
- Dimanche 12 5\0 N. 0. Beau. 0,0 Gelée bl. ; petit brouillard à 8 h. ; beau de 5 b. à 9 h.; couv. le reste du temps.
- JANVIER 1902. — SEMAINE DU LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 JANVIER.
- Lundi 1 Mardi | Mercredi i Jeudi iemimii Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inferieures. La direction du vent. Les courbes du milieu indiquent.y courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer y. courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouilles.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en décembre f OOl
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 752““,35. Minimum 729“",01 le 25, à 2 heures du matin. Maximum 769““,92 le 1", à i heure du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima 1°,62; des maxima 6°,i7 ; du mois 4°,05; vraie des 24 heures 5°,72. Minimum — 5°,6 le 18. Maximum 15°,0 le 31. Moyenne des minima sur le sol — 1°,17 ; minimum —10°,2 le 17. Il y a eu 14 jours de gelée dont 1 sans dégel et 6 jours de gelée blanche.
- Tension de la vapeur moyenne : 5"“,30. Minimum 3““,0 le 16 à 2 heures du soir. Maximum 9““,2 le 50 à 4 h. 5 du soir.
- Humidité relative moyenne 87°,1. Minimum 45 le 10 à 2 heures du soir. Maximum 100 en 10 jours.
- Nébulosité moyenne 79. Il y a eu 10 jours couverts. Le 17, la nébulosité moyenne est de 12.
- l'luie 50mm,6 en 87 h. 1/4 réparties en 19 jours; 3 jours de gouttes ou de
- grains de neige et 5 jours de petite neige; le 19, le sol est couvert d’un centimètre de neige. Givre assez épais le 18.
- 6 jours de brouillard le 5, il atteint 80 mètres 3 jours de transparence de l'air de 1500 à 3000 mètres.
- Vents dominants du S. au S.-YY.
- Température de la Marne moyenne : le matin 4°,42 ; l’après-midi 4*,57 ; du mois 4°,50. Elle a varié de 2°,50 le 22 à 5°,91 le 30. La rivière claire jusqu'au 18, très trouble ensuite. Basse au commencement du mois, s’élève progressivement jusqu'à la fin du mois.
- Relativement aux moyennes normales le mois de décembre 1901 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 6““,42. Thermomètre plus haut de 1°,23. Tension de la vapeur plus forte de 0“,23. Humidité relative plus faible de 2. Nébulosité plus forte de 8. Pluie plus forte ae 5““,0.
- Floraison du chimonauthus fragrans le 15.
- Errata au mois de novembre 1901. Ajouter 7 jours de brouillard général; le 7 il atteint 50 mètres d'épaisseur ; plus 2 jours de brouillard j artiel. Et aussi 5 jours de transparence de l’air de 1500 à 3000 Liètres.
- PUA iES DE LA LUNE ; N. L. le 9, à 9 li. 24 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Un décret élève à 19 le nombre des membres du Conseil •d'administration du Conservatoire national des arts et métiers, dont <i membres choisis dans les corps savants, les services publics et 'l'industrie, nommés pour quatre ans par décret, sur la proposition du ministre du commerce. En vertu de ce décret, M. A. Michel Lévy, ^membre de l’Institut, inspecteur général des mines, est nommé membre du Conseil d’administration. M. Michel Lévy est, en outre, nommé président de la Commission technique du laboratoire d’essais du Conservatoire.
- —MM. YVeber, Fischer, géologues de Zurich et deux alpinistes ont traversé les grandes Alpes de l’Oberland pour finir et commencer l’année. Partis à la Saint-Sylvestre, de Lœtschen (Grand Valais), ils sont revenus quelques jours plus tard sans accident, par l’hospice de la Grimesel. Ils ont marché d’abord au milieu des neiges pendant dix-neuf heures consécutives sur leurs longs patins de Norvège. Ils ont passé deux nuits au milieu des glaciers et ont été obligés de rester quarante-huit heures dans la cabane de l’Oberaorjoch arrêtés par une tempête. Ce n’est que le troisième jour qu’ils ont pu se remettre en route par un ciel superbe. Cette excursion a duré en tout cinq jours. Un vrai rêve, une féerie.
- —Par arrêté du ministre de l’Agriculture, en date du 11 janvier, le cours de cultures coloniales de l'Ecole nationale d’iïorticulture de Versailles a été transformé. A l’avenir, il comprendra, en même temps, l’étude des cultures méridionales, qui ont pris ces dernières années une importance si considérable et il portera le nom de « Cultures méridionales et coloniales ». Par un deuxième arrêté, M. Poirault, docteur ès sciences, directeur de la villa Thuret et Antibes, a été nommé professeur de ce cours. Le cours de cultures coloniales avait été créé, il y a trois ans, par M. Maxime Cornu, décédé l’année dernière.
- —(g)— Une association des plus intéressantes s'est formée il y a quelque temps. Elle porte le nom de Société nationale protectrice des pigeons voyageurs et a été reconnue par arrêté préfectoral. Son siège est à Tourcoing (Nord). Elle a pour mission de développer l'application de la loi du 4 mars 1898 qui défend la destruction du pigeon voyageur par n’importe quel procédé, en tous temps et en tous lieux. Tout chasseur ayant dans son carnier un pigeon voyageur et tout marchand qui vendrait un de ces volatiles sans indiquer le nom des personnes de qui il les tient tombent sous le coup de la loi. La Société nationale se charge de faire les enquêtes et les poursuites pour punir les délinquants et, afin de pouvoir agir le plus souvent possible, elle assure une prime de 10 francs aux employés d’octroi et agents de la force publique par procès-verbal suivi de •condamnation qu'ils auront fait dresser. Il suffit d’écrire à M. lé secrétaire général de la S. N. P., Grande-Place, à Tourcoing.
- —g— Le Syndicat professionnel de l’acétylène et des industries qui s’v rattachent, a renouvelé son bureau pour 1902 ; ont été élus : président: M. Cahen-Strauss, ingénieur; vice-présidents : MM. Four-chotte et Daix, ingénieurs; secrétaires : MM. Pierre Rosemberg et Guéroult ; trésorier : M. Goupil.
- —®— Le Conseil municipal de Paris vient de régler la question de la distribution du gaz dans la capitale. Il a, sans modifications notables, accepté les conclusions du rapport Spronck et le traité -avec MM. Chamon et consorts, qui comporte : l’abaissement du prix du gaz à 0fr,20 le mètre cube; le règlement de différends existant entre la Ville et la compagnie actuelle, et la prise de possession de l’actif par la Ville, le 31 décembre 1905; l’organisation d’un régime transitoire et l’établissement d’une régie intéressée à partir de 1906; le traitement du personnel de la régie intéressée sur le même pied que celui de la ville de Paris ; et la participation éventuelle des consommateurs aux bénéfices.
- —®— Dans sa dernière session, le Conseil municipal de Paris s’est de nouveau prononcé en principe contre l’installation du trolley électrique dans Paris. 11 a seulement fait une exception pour la ligne Boulogne-Montreuil.
- —®— Tremblement de terre au Mexique le 17 janvier. Les secousses ont été très fortes à Chilpancingo, petite ville de 5000 âmes située dans l’Etat de Guerrero à 55 lieues de Mexico et à 1600 mètres d’altitude. Il y a eu plusieurs morts et quelques blessés parmi lesquels le gouverneur de la ville. A Mexico plusieurs édifices ont été lézardés.
- —®— On vient de créer au Jardin Zoologique de New-York (qui est d’ailleurs particulièrement riche) un laboratoire et une chaire de pathologie comparée, qui pourront donner des résultats intéressants. De plus, cela aura l’avantage d’assurer un service médical régulier pour les animaux, dont les maladies seront ainsi soignées ou même prévenues dans les meilleures conditions.
- —(g)— La cathédrale de Westminster, entreprise à l’aide des souscriptions des catholiques anglais, sera terminée et inaugurée l’année prochaine. De style byzantin, elle est construite en briques et rappelle Saintc-Sophie.de Constantinople. Elle sera l’édifice religieux le lus vaste de l’Angleterre et même du monde entier, après Saint-ierre de Rome toutefois. Son dôme est surtout de dimensions colossales. Du haut de son campanile, beaucoup plus élevé qu’aucun autre monument de Londres, la voix de ses cloches dominera celle de toutes les autres églises de toutes les autres religions. Cette construction fait le plus grand honneur au cardinal Vaughan, qui en a été le promoteur.
- —(g)— On estime qu’il y a dans les mines de Pennsylvanie une uantité de charbon pouvant être évaluée à 5 milliards de tonnes, es mines appartiennent en majeure partie aux huit Compagnies de chemins de fer qui pénètrent sur le territoire minier. On pense que. cette année-ci, il y aura une extraction de 50 millions de tonnes.
- —(§)— Le dernier recensement de la population, de l’autre côté de la Manche, a montré qu’il y avait, pour l’Angleterre seulement, 1082 619 femmes de plus que d’hommes. Les chiffres officiels donnent. en effet, 15 721 728 habitants du sexe masculin contre 16 804 347 personnes du beau sexe. Cette disproportion en faveur du sexe féminin, se remarque toujours dans le pays où la population montre un fort accroissement. .
- —#— Les fouilles continuent au Forum romain à Rome pour la recomposition, avec les morceaux épars, des colonnes, des architraves, des frises, etc., que les fouilles depuis des années ont fait revenir au jour et que l’on replace en tout ou partie dans leur ordre primitif. Actuellement on s’occupe principalement de recomposer l’atrium de la maison des Vestales avec sa rangée de colonnes dont récemment on a mis à découvert les bases. Les fouilles relatives à la Via sacra se poursuivent activement. Entre le temple d’Antonin et Faustine et 1 ’Heroon de Romulus sont revenus au jour plusieurs tronçons de voie ancienne et des vestiges de constructions. D’autres tronçons de la Via sacra, à pavés polygonaux, ont été mis à découvert du côté de l’Arc de Titus, vers le point où la voie faisait un tournant et se trouvait coupée par deux murs colossaux de fondation. Au tournant de la Voie sacrée vers l’arc de Titus, on a trouvé un cuniculus à parois réticulées et à voûte solide, qui passait sous la voie même.
- —(§)— M. le Dr Capitan, professeur à l’Ecole d’anthropologie, fera le 28 janvier, à 8 h. 1/2 du soir, dans la salle des Sociétés savantes, une conférence sur <i les Origines dé l’art en Gaule », avec projections électriques.
- —®— Notre collaborateur, M. A.-L. Clément, vice-président de la Société centrale d'apiculture et de zoologie agricole, ouvre son cours d’entomologie agricole le mardi 28 janvier, à neuf heures du matin, dans le jardin du Luxembourg, au pavillon de la Pépinière.-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tous les renseignements relatifs à la chaudière électrique et à la cascade de pierreries, s’adresser à M. Judic, au théâtre du Châtelet, à Paris.
- Communications. — M. Léon Gruet, à Besançon, à propos de diverses pluies que nous avons mentionnées à différentes époques, et notamment à propos de la pluie de fourmis signalée dans le n° 1476 du 7 septembre 1901, p. 230, nous adresse la communication suivante : « A plusieurs reprises, les correspondants de votre intéressant Journal ont signalé des pluies étranges ; telles que de cendres, de sang, de grenouilles, de poissons, etc., etc. Dernièrement, l’un d’eux annonçait qu’après orage, une montagne se trouva couverte de fourmis ailées ou non. A ce sujet, je désire vous faire part de faits détaillés qu’il m’a été donné de bien constater. C’était au mois d’août 1885, au fort Sainte-Catherine, près de Toulon. Vers 4 heures du soir, après une journée orageuse, survint une averse assez courte, mais particulièrement tiède. Le sol resta parsemé de grosses fourmis mesurant 10 à 12 millimètres de longueur et ayant chacune deux ailes; elles paraissaient désorientées et marchaient en tous sens, mais sans chercher à voler. Or, à cette époque, les loisirs du service que nous valut la dernière épidémie de choléra, m’avaient permis d’étudier les insectes de la région; notamment les fourmis, qui m’intéressaient par leurs migrations, le transport de leurs œufs et larves, sortes de momies diaphanes plus grosses que les fourmis, lesquelles ne dépassaient pas 5 millimètres. 11 était donc de toute évidence que les nouvelles venues, par leur taille et leurs ailes, n’appartenaient pas au pays, et qu’elles avaient été apportées par le tourbillon orageux. En observant ces fourmis ailées, je ne fus pas peu surpris d’en voir, d’abord une, s’arrachant elle-même les ailes, au moyen de la dernière paire de pattes ; et je ne tardai pas à bien constater cette mutilation vingt fois et plus. Ensuite, elles se mirent en devoir de creuser le sol pour y pénétrer, chacune isolément sans s’être groupées. Le lendemain matin, la cour du fort était jonchée de ces ailes et le sol, bien que rocailleux et dur, était criblé de trous de 3 millimètres de diamètre dont les matériaux formaient un bourrelet de 1 centimètre de haut. Je ne vis aucun de ces trous sur les glacis environnants, dont la terre eût été plus friable. Le surlendemain, on retrouvait difficilement les traces de ces terriers; en tout cas, je ne revis jamais une seule de ces fourmis. Ces dernières questions n’ayant jamais été traitées, il serait désirable que ces faits précis provoquassent, de la part de nos entomologistes, une explication sur les motifs de cette amputation certaine, suivie d’enterrement probablement définitif; le tout volontairement. »
- M. E. Finet, à Paris, nous envoie les renseignements suivants : « Je viens vous soumettre le résultat d’expériences suivies que j’ai faites sur l’éclairage à l’acétylène et qui pourront rendre service à tous ceux qui emploient cette lumière. Un simple vase muni d’un bouchon en caoutchouc percé d’un trou donnant passage à un tube terminé par un bec. Dans ce vase j’introduis du carbure concassé (1 partie), j’ajoute de l’alcool à 90° (3 parties) et de l’eau (1 partie). L’attaque du carbure se fait lentement, régulièrement et le gaz acétylène produit juste la pression nécessaire pour alimenter un bec ordinaire. Il n’y a pas de développement de chaleur, on peut donc employer un flacon en verre quelconque et le tenir à la main.
- Ne pouvant y avoir de surproduction il n’y a pas de chance de
- nulsion du bouchon par excès de pression. Pour un nombre iecs supérieur il n’y a qu’à multiplier les proportions du mélange ci-dessus. J’ai obtenu 4 becs pendant trois heures avec un vase de moins d’un litre. J’ai voulu voir ce que devenait l’alcool après l’opération. Comme il n’y a pas d’échauffement l’alcool ne s’évapore pas. Pour m’en rendre compte j’ai fait passer le gaz avant de le brûler dans un flacon plein d’eau ; cette eau ne m’a donné que des traces d’alcool. Cet alcool peut donc servir à nouveau. On le retrouve dans le résidu de chaux d’où on le reprend en lavant cette chaux et en employant cette eau de lavage à recharger l’appareil. Dans beaucoup de générateurs à chute d’eau sur le carbure, l’alcool peut remplacer avantageusement les enrobages au pétrole qui ne garantissent le carbure qu’au moment de l’attaque. La puissance d’attaque de l’eau est diminuée par l’adjonction d’un liquide se combinant intimement avec elle et inerte, par rapport au carbure de calcium. Ce procédé permet donc de se procurer la lumière sans danger et sans appareil compliqué. L’été dernier j’avais emporté dans ma poche à la campagne un petit flacon contenant du carbure baignant dans de l’alcool (donc pas de production de gaz). La nuit, au moment de regagner la gare dans l’obscurité, j’ajoutai un petit verre d’eau et l’appareil était en marche.
- M. le DT Courmont, à Elbeuf, nous adresse une broehure-qu’il a publiée en 1894, à la librairie F. Alcan, et qui a pour titre : « le Cervelet, organe psychique et sensitif ».
- M. Desvignes de Malapert, Directeur de la Société du générateur à éther, que nous avons décrit, nous adresse la lettre suivante, à propos d’une communication de M. G. Lion (Boite aux Lettres du n° 1485, du 9 novembre 1901) : « La température correspondante à 1 atmosphère est, pour la vapeur d’eau, de 100° et non de 120°,64. A cette pression de 1 atm.
- 1 m3 de vapeur d’eau pèse 602er, 4 et non pas 1116 gr. A cette même pression de 36°, 1 m3 de vapeur d’éther, pèse 5+010 et non 6+500. Les quantités de chaleur absorbées sont donc respectivement pour 1 m3 de vapeur d’eau 0,6024 (6065 + 0,305» + 100) = 383 calories 72, et pour 1 m3 de vapeur d’éther 328 calories. Si, à 120°, il y a 1 atmosphère effective — pour l’eau — pourquoi donc compter l’éther à 56° seulement,, puisque l’éther à 36° et l’eau à 100° sont à la même pression’.^ Si l’on veut compter pour la vapeur d’eau à 120° une atmosphère effective — il faut aussi que pour l’éther à 36° on compte-une atmosphère effective. L’avantage à cette faible pressiomreste-donc à la vapeur d’éther, mais ce qui milite encore en faveur de ce dernier, c’est l’énorme disproportion qui existe pour toutes les températures entre les tensions de vapeurs des deux liquides, tensions qui croissent beaucoup plus rapidement pour l’éther que pour l’eau, puisque entre 35° et 120° la tension de la vapeur d’éther passe de 1 à 10 atmosphères, tandis que celle de la vapeur d’eau passe seulement de 1 à 2 atmosphères en montant de 100° à 120°. Les cylindres de la machine sont disposés de telle sorte que la détente adiabatique n’existe pas,, qu’en outre, ils sont toujours à une température égale — et même supérieure à celle du générateur — sans pour cela craindre le grippage des pistons. »
- Renseignements. — M. A. Stephan, à Breitenbach. — Renseignez-vous auprès du constructeur du moteur Lepaper dont l’adresse a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1495, du 18 janvier 1902.
- M. L. Lacour, à Yayres. — 1° Pour l’air liquide, adressez-vous à M. Desvignes, 99, avenue de la Bourdonnais, à Paris. —
- 2° Nous ne connaissons pas d’autre adresse que celle de la rue de Grammont, à Paris.
- M. Manuel G. de la Cagiga, à Santander. — Nous n’avons pas l’adresse de ce constructeur; mais vous pouvez vous adresser à la Chambre syndicale des fabricants de jouets, 8 bis, place de la République, Hôtel moderne, à Paris.
- M. Potel, à Oviedo. — Les détails de ce procédé ne sont pas connus.
- M. B. B. D., à Toulon. — Il serait nécessaire de consulter un chimiste.
- M. H. Munier, à Marly-le-Roi. — Votre idée nous parait possible ; mais l’instrument serait bien délicat."
- M. Delaurier, à Nîmes. — Il importe, pour être fixé sur les conditions de marche d’une djnamo, de relever l’intensité, la différence de potentiel, ainsi que la vitesse angulaire exprimée en nombre de tours par minute.
- M. Dupont, à Demours. — Un dynamomètre de transmission est nécessaire pour faire ces mesures.
- Voir la suite de£la Boite aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux lis renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de ta livraison.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. J. A., h Rouen. — 1° Le remontage est obtenu par un artifice à intervalles de temps déterminés; mais il est bien certain qu’il y a remontage. — 2° Nous ne connaissons pas l’adresse.
- M. A. Barrué, à Toulouse. — Pour vous renseigner, il faudrait faire une série d’expériences suivies sur votre appareil.
- H. L., à Paris. — A notre grand regret, il nous est impossible de faire des recherches bibliographiques sur une question.
- M. C. Couteau, à Vignes. — Le fabricant du moteur peut seul vous donner ces renseignements ; nous avons donné précédemment l’adresse de ce fabricant.
- M. H. Saugeron, à Ismaïlia. — 1° Les adresses que vous demandez sont les suivantes: Société d’Eclairage, de chauffage et de force motrice par l’alcool Denayrouse, 41, avenue de l’Opéra ; Compagnie continentale nouvelle, 59, rue La-fayette; MM. Fouilloud et Cie, 87, rue de la Roquette; M. Pré-voteau, 9, rue du Chemin-Vert; Compagnie générale de l’alcool, 9, rue du Louvre ; M. Paul Barbier, ingénieur, 46, boulevard Richard-Lenoir ; MM. Descamps et Cie, 2, passage Saint-Sébastien, à Paris ; M. Brangier, directeur du Syndicat de l’alcoolène, 35, avenue Victor-Hugo, à Boulogne-sur-Seine (Seine). — 2° Les recettes que nous avons données ont toutes fourni de bons résultats. Vous pourriez peut-être employer une colle formée de 1 partie de colle de poisson dans 4 parties d’acide acétique, chauffée au bain-marie. — 5° Nous ne connaissons pas de recettes pour réunir par des agrafes deux morceaux de porcelaine fêlés. Vous pourriez peut-être consulter l’ouvrage « Porcelainier, Faïencier », par M. Bertran, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. J. Dambielle, à Lyon. — Nous ne pensons pas qu’il existe d’autres appareils donnant des résultats supérieurs.
- M. J. Castro Aranja, à Pernambuco. — Il faut se servir du gaz acétylène avec précaution ; nous ne vous conseillons pas de l’emplover pour un chalumeau à souder.
- M. Fernand Arnould, à Salzinnes. — Il existe des ouvrages ayant pour titres : Forgeron, Machines-outils, Serrurier, Tourneur, dans la collection des manuels Roret, à la librairie Mulo, H, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. P. G., à Chàtillon. — 1° Le pétrole a été solidifié et on a fabriqué pour essais des briquettes de pétrole ; le prix du combustible est naturellement augmenté ; en général on n’emploie plus guère le pétrole en briquettes. — 2° Vous pouvez faire analyser des combustibles soit à l’Ecole des Mines, soit à l’Ecole de Physique et de Chimie, soit dans des laboratoires particuliers: M. F. Jean, 17, rue du Faubourg-Saint-Denis; M. Fribourg, 13, rue des Petites-Ecuries, à Paris. — 3° Nous ne pouvons faire les recherches de brevets ou de bibliographie.
- M. le Dr P. Le Damany, à Rennes. — L’adresse de M. Va-lière, constructeur d’un petit moteur à pétrole pour bicyclettes est la suivante: 197, boulevard Péreire, à Paris.
- M. A. Aurière, à Saint-Sylvestre. — 1° L’adresse que vous demandez est donnée ci-dessus. — 2° Adressez-vous à
- M. J. Sabatier, administrateur du Syndicat des Acétylénistes, 233, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. L. Desmazières, à Auby-lès-Douai. — Cette réparation est très difficile à faire ; nous pensons que le plus simple serait d’essayer l’application d’une feuille d’or à l’aide d’un fer chaud.
- M. H. Duhamel, à Paris. — L’encaustique est soluble dans l’essence de térébenthine.
- M. A. F., à Marseille. — Nous ne croyons pas qu’il existe de guide pratique ; vous pourriez toutefois vous renseigner à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, 'à Paris.
- Question. N° 1253. — M. H. S., à Anvers, désirerait savoir l’action des termites africains sur les diverses essences de bois européennes et africaines. Connaît-on un moyen d’éviter la destruction par ces animaux, créosotage ou autres? Il paraît que le Jarrath d’Australie, Eucalyptus marginata, est réfractaire aux attaques des termites; cela est-il exact? Cet arbre croît-il dans les forêts du haut Congo ? Ou ces forêts renferment-elles une autre espèce qui résiste aux dits insectes ?
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. Rosset, à Feydet. Ces renseignements ont été empruntés à des journaux étrangers; et nous ne pouvons répondre à vos questions. — M. W. Cheyko, à Bakou. Nous avons reçu vos brochures; remerciements.
- — M. G. Bataille, à Lille. Nous transmettons votre note à l’auteur de l’article. — M. E. Lamort, à Paris. L’adresse que vous demandez a été donnée en tète de la Boîte aux Lettres du n° 1495, du 18 janvier 1902. — M. G. D., à Paris; M. Durand, à Nantes; M. le DT Leblois, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. D. Rérard, à Paris. Consultez le même petit livre, 5e série, à la même librairie.
- — M. Lelong, à Marseille. Remerciements pour votre communication.
- PETITES INVENTIONS1
- Nouveau rail de tramway. — Étant donné le nombre considérable de rails des tramways qui ont été imaginés depuis que ces voies de transport se sont vulgarisées, nous n’eus-
- Xouveau rail de tramway.
- sions point parlé de ce type, s’il n’avait présenté des particularités qui le mettent nettement à part des systèmes antérieurs. 11 est connu en Angleterre sous le nom de rail De-merbes, et on l’essaye depuis quelque temps à Bradford. Il se compose d’une pièce principale en forme d’auge renversée, et dont le fond présente une dépression extérieure donnant passage aux boudins des roues. Cette auge vient reposer sur un massif de béton qui épouse sa forme intérieure et qui est relié à la fondation en béton de la chaussée; les pavés adjacents (ce qui est une légère complication) sont taillés en pente pour venir s’appliquer aussi exactement que possible sur les joues de l’auge. Quant à l’éclissage des rails successifs, il est constitué par une pièce affectant un peu la même forme que les rails proprement dits et se logeant à l’intérieur des bouts des rails : elle y est fortement serrée par deux broches pointues que l’on engage en sens inverse dans les trous des rails et de l’éclisse, et dont on rabat de plus les extrémités dépassant la surface des joues des rails. On affirme que ces rails peuvent durer 20 années, que les pavés en bordure ne subissent ni affaissement ni relèvement, que le montage se fait avec la plus grande simplicité, que l’eau ne pénètre point sous la tête du rail, et enfin que les dépenses d’établissement sont assez modestes.
- Pince à avoyer les scies. — Nous ne rappellerons guère ce qu’on nomme avoyer les scies, leur faire la voie,[dov.-
- Pince à a'.oyei* les scies.
- ner une certaine pente aux dents, en inclinant deux dents voisines en sens inverse : l’opération est longue et minutieuse, et cependant on n’obtient qu’un résultat irrégulier, quelque soin
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- qu’on y mette, quand on l’effectue avec une petite clef ordinaire. La difficulté réside dans l’angle d’inclinaison qu’il faut donner constamment identique, et de l’un et l’autre côté de la lame. La compagnie Tainter vient de combiner un instrument qui répond parfaitement à ce but, et qui a l’avantage de consister simplement en une petite pince extrêmement peu encombrante et fonctionnant avec une précision mathématique. Cette pince se nomme « Positive Saw set ». La partie essentielle, au point de vue de la précision du travail, est ce qu’on nomme l’enclume de l’instrument, petit bloc métallique qui se fixe à l’extrémité d’une des branches de l’outil au moyen d’une vis moletée, et qui présente un contour polygonal ; chaque face du polygone a l’aspect d’un talus offrant une pente déterminée et indiquée par un numéro correspondant; de plus, ces 10 facettes sont réparties en 5 groupes, parce que chaque groupe est composé de facettes qui ont une hauteur uniforme (avec une inclinaison variable), afin quelles corres-
- Sondent à une hauteur donnée de dents de scies. Comme, ’autre part, les lames peuvent être en une tôle plus ou moins épaisse, et qui est en relation, le plus généralement, avec le format de cette lame et les dimensions de ses dents, un dispositif automatique à ressort laisse un certain jeu dans les mâchoires de la pince, afin que toutes les épaisseurs de lames puissent s’y insérer. Avant donc d’avoyer une scie, on desserre la vis moletée de l’enclume, on fait tourner celle-ci jusqu’à ce que sa facette convenable vienne en face de l’ergot dépendant de l’autre branche de la scie ; puis on pince successivement les dents de la lame, de deux en deux, entre les mâchoires : l’ergot force chacune de ces dents à se courber en s’appliquant sur la facette de l’enclume, par conséquent suivant une inclinaison absolument invariable. Quand on est arrivé au bout de la lame, on la retourne, et l’on opère en sens inverse sur les dents qu’on a sautées dans la précédente opération.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 janvier . . - lu,0 S. K. 1. Couvert. » Brouill. toute la journée, de 200 mètres à 7 h.
- Mardi 14 0".4 N. E. 2. Nuageux. » Très nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 15 — 5°,1 N. 2. Beau. » Beau jusqu’à 15 h. ; puis peu nuag. ; couv. après 19 h.-; brumeux.
- Jeudi 16 0" 9 S. IV. 2. Couvert. " quelques éclaircies le matiu; couv. le soir; tr. atm. 4 à 5 km.
- Vendredi 17 ... . 5°,6 S. S. E. 1. Couvert. Couv. jusqu'à 20 h. ; beau ensuite; brouill. de 500 m. à 10 h.
- Samedi 18 0°,0 N. N. E. 2. Couvert. » Nuag. de 13 à 19 h. ; couv. av. et ap. ; br. jusqu’à 20 h., de 70 m. à 16 h. ; de 50 m. à 16 h., de 1000 m. à 15 h.
- Dimanche 19 3°,2 N. N. IV. 2. Couvert. » Presque couv., transp. atm., 2 km. ; br. dans la soirée.
- JANVIER 1902. — SEMAINE Dü LUNDI 15 AU DIMANCHE 19 JANVIER.
- La courbe supérieure indique, la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent• courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- lie temps. — Pendant la semaine du 13 au 20 janvier 1902, le temps a été très variable, presque toujours couvert, plutôt froid ; cependant dans les premiers jours il a été beau, le soleil s’est montré à quelques reprises. La température, à divers moments de la journée, a atteint 10 et 12°. Le 14 janvier, la pression barométrique a dépassé 780 mm sur la moitié nord de la France. Des pluies sont tombées à Dunkerque (4 mm) et à Boulogne (2 mm). Le thermomètre a marqué — 3U à Paris, Lyon, Clermont, et sur les stations élevées —10° au puy de Dôme, —12° au pic du Midi, — 17° au mont Mounier. Le 15 janvier, le baromètre est reste élevé sur l'ouest de l'Europe ; à Nantes il marquait 786 mm. ; à Paris, il a atteint 785"",5. Mais il a baissé rapidement dans le Nord ; à Ilaparanda il marquait le matin 726 mm. La température s’est en même temps fortement relevée dans le Nord; la hausse a été de 25° à Haparanda, 14° à Stockholm. Le thermomètre marquait le matin — 28° à Moscou, — 8° à Clermont, -+- 2° à Paris,
- 12° à Alger ; — 4° au puy de Dôme, — 5° au mont Yentoux, — 9° au pic du Midi. Les jours suivants, 16, 17 et 18 janvier, la hauteur barométrique a ét; comprise entre 775 et 780 mm sur l’ouest et le nord de la France. Des pluies sont tombées en Allemagne, en Autriche et en Norvège. Il n’a pas plu à Paris depuis le 7 janvier. La température moyenne à Paris a varié entre 4° et 4°,2, supérieure à la normale de 1°,9.
- Tempêtes à. Vienne. — De violentes tempêtes se "sont abattues les 15 et 17 janvier sur la ville de Vienne, en Autriche-Hongrie. Le vent a soufflé avec force, et la pluie est tombée en grande abondance. Deux personnes ont été projetées à terre si violemment qu’elles se sont fait des blessures au crâne qui ont entraîné la mort. Un grand nombre de personnes ont été blessées plus ou .riioins grièvement. Les dégâts matériels ont été considérables. Les communications télégraphiques et téléphoniques ont été interrompues dans plusieurs quartiers.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 17, à 6 h. 47 m. du matin.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —S— Le Conseil de la Société de géographie a renouvelé son bureau pour 1902. Ont été nommés : président : le général de division Derr.écagaix ; vice-présidents : le Dr Filhol, membre de l'Institut, et le baron Jules de Guerne ; secrétaire général : le baron Hulot.
- —®— La Société française de minéralogie a procédé au renouvellement de son bureau. Ont été élus pour 1902 : président : • II, Wyroubof; vice-présidents : MM. Léopold Michel, maître de conférences de minéralogie à la Sorbonne, et de Mauroy, ingénieur civil des mines; secrétaires : pour la France, M. Gaubert, assistant de minéralogie au Muséum; pour l’étranger, M. Richard, répétiteur «le minéralogie à l’Ecole centrale; trésorier : M. Léon Bourgeois, répétiteur à l’Ecole polytechnique ; archiviste : M. Blondel, répétiteur de minéralogie à la Sorbonne.
- —®— Le géologue Ivan Mouchkétof, qui a fait partie du Congrès géologique de Paris, et qui est surtout connu par ses travaux concernant la géologie du Caucase et de l’Asie centrale, vient de mourir à Saint-Pétersbourg.
- I .es gouvernements de Terre-Neuve et du Canada étu-«lient, en ce moment, les moyens d’empêcher les naufrages si fréquents qui se produisent dans le voisinage du cap Race en raison «les brouillards qui y régnent et des variations des courants qui s’y produisent. C’est par l’emploi de la télégraphie sans fil qu on se propose de réaliser un résultat si désirable.
- —®— l'ne importante veine de houille a été rencontrée dans le Sydney llarbour Collieries (Nouvelle-Galles du Sud), à une profondeur de 800 mètres. Le charbon en est d’une qualité supérieure.
- —®— Le nouvel observatoire qui vient d’être récemment terminé à Potsdam sur le Telegraphenberg, est fort bien organisé. Il comporte un bâtiment principal à coupole où sont installés les appareils d’observation. des laboratoires, des chambres obscures, etc., puis une installation annexe de production d’énergie électrique, de force et <lè lumière. La coupole a 21 mètres de diamètre, et sa rotation peut être obtenue par un moteur électrique à la vitesse d’un tour en 5 minutes, ou par un autre qui ne lui fait effectuer qu’une révolution en 24 heures, ou enfin à la main. Parmi les appareils est une lunette de 12m,50 de long çt pesant 7 tonnes.
- —W>— M. E. Gobbe, un ingénieur de l’école de Liège, a imaginé pour la compression de l’air et des gaz, un pulsateur à explosions, qui est comme un bélier gazeux, et qui appartient réellement à la famille des moteurs à gaz. Point de cylindres ni de pistons, simplement une chambre d’explosion communiquant par en bas avec deux conduites, l'une amenant l’air, l’autre le gaz ; le haut de cette chambre comporte une cheminée assurant un bon tirage. Enfin, une série de clapets permettent d'envoyer dans des conduites spéciales l’air et le gaz refoulés par suite de l’explosion.
- —®— On annonce, pour le 20 avril 1902, l’inauguration officielle et l’ouverture à Cognac (Charente) d’une importante Exposition internationale, sur la place d’Alger concédée, à cet effet, par l’administration municipale. Cette Exposition comprendra l’universalité des produits industriels, commerciaux, alimentaires et agricoles. La section agricole semble devoir prendre à l’Exposition de Cognac une importance et un éclat exceptionnel.
- —®— D’après la Gazette médicale de Paris, un médecin voudrait faire remplacer dans les hôpitaux la flanelle blanche par de la flanelle rouge. Il affirme, en s’appuyant sur des expériences personnelles, que la flanelle rouge a la vertu de ranimer les malades et de dissiper les grisailles de leur cerveau ! « Le rouge, dit-il, est anti-neurasthénique ; il brille comme une gaieté saine au milieu des âmes
- moroses, il illumine d’un jet écarlate les hypochondries les plus rebelles, les plus farouches mélancolies.' Pourquoi ne le point mire flamboyer sur la poitrine de nos malades? » Plein d’imagination, ce médecin !
- —®— La chasse du phoque a donné, pour l’été de 1901, les résultats suivants dans l’océan Pacifique : mer de Behring 10362; île Copper 5597 ; Japon 2150 ; Côte ferme 8533 ; soit au total : 24 422 phoques qui ont été tués.
- —®— L'Etat de Californie vient enfin de prendre des mesures et de voter un premier crédit de 1 250 000 francs pour préserver de la destruction une partie de ces gigantesques redwoods dont nous avons parlé ici et qui se trouvent dans le district de Santa Cruz. On espère qu’on pourra acheter toute la région où subsistent encore ces géants végétaux, d’autant qu’il s’est formé dans le pays, sous le nom de Sempervirens Society, un groupe d’admirateurs de ces merveilles de la nature, qui aident de tous leurs efforts à cette œuvre de conservation.
- —®— Dans le rapport annuel qu’il vient de publier, M. Thomas Fitchie, commissaire de l’immigration à New-York, fournit la statistique suivante des immigrants débarqués dans la grande métropole américaine du 1er juillet 1900 au 50 juin 1901. De l’Italie méridionale 86929 hommes, 24596 femmes; Polonais.25466 hommes, 12170 femmes; Juifs 23343 hommes, 10 894 femmes; Allemands 17 258 hommes, 12 442 femmes ; Slavons 19 509 hommes, 7622 femmes; de fltalie septentrionale 16 202 hommes, 4158 femmes ; Scandinaves 14 200 hommes, 9981 femmes.
- —®— Le Manchester Guardian annonce que, pour la cérémonie du couronnement, la «reine Alexandra aura à sa couronne le fameux diamant Koli-I-Noor, dont la valeur est estimée à 50 millions de francs.
- —®— Les journaux de Californie prétendent qu’on vient de découvrir, sur la réserve indienne de Navajo, une immense ville préhistorique. On y aurait trouvé un palais composé de plus d’un millier de chambres, dont quelques-unes en prfait état de conservation. Un grand nombre d’objets et d’ustensiles seraient déjà parvenus à l'université de Smithsonian. Les fouilles continuent.
- —1§>— La direction générale des Contributions indirectes publie la statistique de la dernière récolte du vin, et il en résulte que si l’étendue du vignoble français s'est accrue de 1900 à 1901 de 4894 hectares, ce qui l’a portée à 1 735 545 hectares, la récolte a été de 57 965 514 hectolitres contre 67 555000 en 1901. Le rendement à l’hectare a donc été en 1901 de 53 hectolitres. En Algérie, la récolte s’élève à 5563052 hectolitres pour 151 877 hectares. La production des vins de raisins secs a été de 57 673 hectolitres et celle des vins par addition de sucre et d’eau à des marcs de 540457 hectolitres. La fabrication des piquettes pour la consommation de famille est évaluée à 700606 hectolitres.
- —(§H- Montceau-et-Echarnant, l’une des vingt-deux communes du canton de Bligny-sur-Ouche, possède probablement le plus petit conscrit de France. Pierre-Edouard Augey, né le 21 juin 1881 à Montceau, où il est actuellement domestique, mesure exactement 1“,25.
- —®— L’homme le plus petit du monde en 1902 se nomme M. Paul, il est âgé de 15 ans et pèse 5 kilos et demi, poids d’un nouveau-né de moyenne constitution. Il est fort bien constitué, fort intelligent, et trouve chaque soir bon accueil sur la scène du Casino de Paris, où il se présente avec ses compagnons de la troupe minuscule Horvatti.
- — La Société astronomique de France a organisé des cours publics et gratuits d’astronomie qui ont lieu le mardi et le samedi soir à 8 h. 1/2, à l’observatoire ae la Société, 28, rue Serpente, à Paris. Ces cours sont ouverts depuis le 21 janvier.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans l’article sur La Kaïnite (n° 1495, du 4 janvier 1902), p. 74, lre colonne, ligne 55, il faut lire potassium au lieu de magnésium, et p. 75, 1 "colonne, ligne 21, il faut 7 à 8 fr. au lieu de 3tr,50 à 4 francs.
- Adresses relatives! aux appareils décrits. — Les
- adresses des constructeurs des moteurs pour bicyclettes sont les suivantes : M. Flinois, 249, rue de Flandre, à Paris; M. Clément, quai Michelet, à Levallois (Seine) ; MM. Bruneau et Cie, à Tours; M. Jussy, à Saint-Etienne (Loire) ; M. Brutus, 25, rue Germain-Pilon, à Paris. — Pour la pendule se remontant seule, s’adresser à M. Planchon, 4, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris. — L’appareil pour la conservation des fruits par le froid se trouve chez M. Douane, ingénieur-constructeur,
- . 23, avenue Parmentier, à Paris.
- Communications. — M. J. Léonhart, à Munster (Alsace), nous adresse les communications suivantes : « Dans son article si bien documenté, « Le record des tunnels » (n° 1495 du 18 janvier 1902, p. 102), M. L.Reverchon a omis de signalerune particularité amusante de la ligne du Gothard que je prends la liberté de vous communiquer à tout hasard. Peut-être vous intéressera-t-elle? Cela peut se poser sous forme de devinette : De Lucerne à Chiasso, la ligne traverse 79 tunnels; combien en passe-t-elle de Chiasso à Lucerne? Vous répondez naturellement : 79, évidemment, comme à l’aller!... Erreur; 78 seulement!—Et en voici la raison : la ligne est à double voie. L’une de ces voies, au sortir du tunnel hélicoïdal du Prato (côté italien), avant Faido, traverse un très court tunnel dont les déblais ont servi à former à côté de lui, et surplombant le cours du Ficino (Fessin), un remblai sur lequel passe la seconde voie, à ciel ouvert cette fois. Et voilà comment un voyageur, amateur de statistique, qui s’amuserait à compter les tunnels qu’il « fait » en allant de Lucerne à Milan ne trouverait plus son compte en revenant, et croirait s’être trompé! Et puisque j’ai la parole, laissez-moi — une fois n’est pas coutume — abuser un peu de vos précieux moments ! La petite expérience dont je veux parler pourra peut-être, un jour ou l’autre, servir à l’un de vos nombreux lecteurs ou à vous-même à amuser ses compagnons de voyage pendant le long trajet du Gothard — car c’est toujours de lui qu’il s’agit, — surtout s’ils sont déjà un peu blasés sur les beautés naturelles que leur offre le parcours. Maisj’y songe — mon expérience est toute d’actualité ! La Société astronomique de France ne vient-elle pas de demander au gouvernement de pouvoir reprendre au Panthéon les célèbres expériences de Foucault? Or donc, il s’agit de rendre apparent, dans les tunnels en spirale en deçà et au delà du grand tunnel, le tour complet que Ton fait sur soi-même, et dont, faute de repères extérieurs, les voyageurs emprisonnés dans les wagons ne peuvent se rendre compte. On n’a pas toujours sur soi une boussole, mais chacun a sa montre. Vous tendez donc entre les filets opposés du wagon et en son milieu une lanière en cuir, par exemple, que vous enlevez à votre valise. Au milieu de cette courroie,' et par un des trous si c’est possible, vous passez une ficelle au bout de laquelle est attachée une montre par son anneau. Au-dessus de la courroie en cuir, vous faites un nœud coulant à la ficelle et y passez un morceau de bois : crayon ou autre, qui formera point de suspension. Vous réglez la longueur de la ficelle de façon que la montre puisse osciller sans toucher les banquettes. Ces préparatifs doivent naturellement être faits d’avance. Vous voyez maintenant ce qui se passera. Au moment d’entrer dans un des tunnels à hélice, vous imprimez à votre montre un mouvement pendulaire perpendiculaire aux ban-
- quettes. Grâce à l’invariabilité du plan d’oscillation du pendule, quand le wagon aura fait un quart de cercle dans la montagne, la montre oscillera parallèlement aux banquettes pour déplacer graduellement son plan jusqu’à ce qu’il redevienne perpendiculaire au moment où le demi-tour sera accompli. Et encore une fois ces différentes phases se répéteront pendant le second demi-tour, et, nouveaux Galilée, les spectateurs-émerveillés affirmeront avec enthousiasme : « È pur si muove! )) L’expérience n’est-elle pas jolie et intéressante?... Comme je ne voudrais à aucun prix me donner les gants de l’avoir imaginée moi-même, je me hâte d’en reporter le mérite à mon aimable compagnon de voyage d’il y a un an, M. deBlonay, ingénieur de la traction sur la ligne du Gothard, qui la réalisa devant moi, et dont la conversation captivante et variée charma pour moi les longueurs du voyage. »
- M. Orner Julhen, à Bonneville (Haute-Savoie), à propos du Mont-Blanc que quelques personnes continuent à placer ei* Italie, nous envoie quelques fragments d’une lettre qui lui a été adressée par un Savoisien, M. L. B..., professeur de français à Radom (Pologne-Russie).... Cette intéressante communication est datée du 10 janvier courant :
- « .... Étant en Russie précepteur français chez un gentilhomme, c’est avec peine que j’entends chaque jour soutenir que le Mont-Blanc est en Suissel... Songez, Monsieur, combien cela m’agace, m’irrite même d’entendre dire à tout venant que le sommet dont nos Savoyards sont si fiers passe à l’étranger,..» en Russie même,... pour appartenir au territoire helvétique. J’ai beau leur expliquer l’histoire et la topographie de ce joli coin de France, ils s’obstinent dans leur erreur et, même à Radom que j’habite, tout le monde pense que je suis un Suisse parce que je çuis Savoyard.... »
- Voilà qui est suave : Suisse parce que Savoyard.... Avouons-humblement, nous Français, que certains de nos bons auteurs-littéraires ont bien jeté négligemment sur le papier quelques petites « bourdes » analogues. Ainsi Labiche, dans le Voyage de M. Perrichon... dans le Prix Martin.... Mais charitablement, n’insistons pas et continuons nos citations :
- « Aussi, Monsieur, vos intéressantes et patriotiques études sur la vallée de l’Arve, sur le Mont-Blanc, ainsi que plusieuis-articles récents de La Nature, m’ont fait extrêmement plaisir. J’ai au moins ainsi d’excellents témoignages; le journal e» mains j’ai pu prouver aux Russes et aux Polonais que \&'Mont-Blanc fut toujours jadis en Savoie ; puis, sous Napoléon Ier, il donna son nom à l’un des départements savoisiens (le second fut Le Léman, chef-lieu Genève); redevenu savoyard jusqu’en 1860, le fameux Géant des Alpes est français depuis cette époque....
- « Soyez sûr que tous les articles précités seront lus par tou? les Russes et Polonais de ma connaissance et que dorénavant — à Radom tout au moins — on sera convaincu que le pic savoyard du Mont-Blanc est en France.... »
- M. le Z)r Délia Rovere nous envoie une notice ayant pour titre : « De l’infection des animaux à sang froid par le bacille ictérode ». Cette notice est extraite du « Journal de Physiologie et de Pathologie générale ».
- M. E. Zobel de Ayala, à Manille, nous adresse des renseignements sur le tremblement de terre qui a eu lieu à Manille, au mois de décembre.
- Renseignements. — M. E. B., casino de Sarragosse. — 1° Il faut employer un vernis isolant, de la paraffine, par exemple. — 2° Pour étamer un métal, on le plonge dans un bain bouillant qui contient des composés solubles d’étain joint? à du zinc ou à de l’étain très divisé. On peut former un bain avec une partie de chlorure stanneux dissous dans 10 parties d’eau avec addition d’une solution très étendue de potasse caustique. On chauffe la solution et on y plonge l’objet avec une lame d’étain et des petits morceaux de zinc. — 3° M. le Dr F. Garrigou, 38, rue Valade, à Toulouse.
- M. A. Stephan, à Breitenbach. — Nous avons donné l’adresse du constructeur, M. Lepage ; demandez-lui quels sont les constructeurs d’automobiles qui emploient ses moteurs, il vous donnera des renseignements exacts.
- M. Lallement, à Blois. — Les appareils de mesure électriques de MM. Chauvin et Arnoux permettent de mesurer avec grande précision des intensités et des différences de potentiel très faibles.
- M. E. F., à Roubaix. — Ces questions ne sont pas de notre compétence; nous ne pouvons vous donner aucun renseignement.
- Voir la suite de la Boîte aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques
- Dans la * Boite aux lettres * la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- M. J. Léonhart, à Munster. — Nous avons transmis votre réclamation à l’administration.
- M. Th. Loyau, à Maisons-Laffite. —Nous avons publié plusieurs articles sur le percement du Saint-Gothard, notamment dans le tome II de 1876, tome 1,1880, tome 1,1882. — 1° Vous pourrez aussi consulter les comptes rendus de la Société d’En-eouragement. Il n'a pas été publié d’ouvrage spécial. — 2° Vous aurez ce renseignement en vous adressant au dépôt de la Société du Ripolin, 7, place de Valois, à Paris.
- M. L. Allais, à Gland. — Pour la mortaiseuse, que nous avons décrite dans le n° 1019 du 10 décembre 1892, p. 27, il faut vous adresser à M. Sinéty de Sigoyer, ingénieur, 4, rue Maubée, à Bayonne (Basses-Pyrénées).
- M. L. Russac, à Villeneuve-sur-Lot. — Pour le polissage de l’onyx, vous pouvez employer une pierre ponce dure, du carborundum, ou de la lave d’Auvergne, que l’on emploie dans ce pays pour polir la pierre.
- M. E. N., à Rhodes. — 1° Les deux appareils que vous signalez sont très satisfaisants; ils ont chacun leurs avantages. Vous trouverez aussi un autre modèle d’appareil chez M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — 2° Regrets de ne pouvoir vous fournir ce renseignement. — 3° Clichés sur zinc, d’après photographies : M. Reymond, 76, rue de Rennes, à Paris. — 4° Editeurs de cartes postales : M. Fernique fils, 31, rue de Fleuras, Société industrielle de photographie, 29, rue des Pyramides, M. A. Lévy, 39, rue du Faubourg-Saint-Martin, à Paris.
- M. Pintza, à Constantinople. — Nous vous remercions pour tous les renseignements que vous nous avez envoyés; mais nous ne pouvons à regret les utiliser.
- M. Don Juan Moreno Guelo, à Cordoba. — Couleurs au goudron : M. Detourbe, 7, rue Saint-Séverin, MM. Lefranc et C'% 18, rue de Valois, à Paris, Société des matières colorantes de Saint-Denis (Seine).
- M. Oct. Bosquet, à Rhisnes (Namur). — 1° L’adresse de M. Lepage, fabricant de moteurs, a été donnée en tètç de la Boîte-aux-Lettres du n°1495 du 18 janvier 1902. — 2° Veuillez ne pas oublier de joindre'la bande de votre abonnement à la demande de renseignements.
- M. H. P., à Montélimar. — 1° Adressez-vous à la maison Andriveau-Goujon, 4, rue du Bac, à Paris. — 2° Il n’y a pas de procédé donnant réellement de bons résultats.
- L'abonné 3025-964, à Castello-de-Paiva. — 11 nous paraît nécessaire de faire des essais sur la composition des couleurs; il faudrait consulter un chimiste.
- M. L G., à Villefranche. — Vous pourrez vous procurer tous ces renseignements auprès de M. Armengaud, ingénieur, agent de brevets, 21, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. l'abbé Edouard de France, à Arcachon. — Le bureau central météorologique de France, 176, rue de l’Université a, croyons-nous, publié des instructions analogues à celles que vous demandez; adressez-vous au Directeur, M. Mascart.
- M. L. Thélu, à Montreuil-sur-Mer. — Pour remettre ces piles en état, il suffit de placer les charbons et de les maintenir à l’aide de vis ou d’un support quelconque.
- M. R. Pavon, à Cordoue. — Toutes les adresses sont données en tête de la Boîte-aux-Lettres du n° 1495 du 18 janvier 1902.
- M. A. Flatiaux, à Paris; M. Leroy, à Rouen. — Consultez les adresses indiquées en tête de la Boîte-aux-Lettres du n° 1493 du 4 janvier 1902.
- M. Caillé, à la Houdière. — Les piles sèches sont en général des piles Leclanché dont le liquide est immobilisé dans du cofferdam. Ces piles donnent 1 volt utile.
- M. Caron, à Lagny. — Nous avons publié un article sur la destruction du puceron lanigère dans le n° 1460 du 18 mai 1901, p. 394.
- M. A. Otamendi, à Buenos-Aires. — Adressez-vous à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, pour les ouvrages sur les moulins à vent, et à la librairie Carré, 2, rue Racine, pour les traités sur les accumulateurs.
- M. le comte de Jonage, à Chamagnieu. — Vous pourriez employer de l’acide chlorhydrique très étendu, environ 15 à 20 centimètres cubes dans un demi-litre d’eau.
- Accusés de réception.— Avis divers. — M. D. R., à Lille. Nous ne pouvons décrire que les appareils déjà construits et qui ont fourni des résultats satisfaisants. — M. Leblois, à Nîmes. Nous ne pouvons vous donner de conseil ; il faudrait examiner sur place l’installation. — M. Lerang, à Paris; M. G. F., à Arras. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 1" série, à la librairie Masson et Cia. — M. Luriaon, à Orléans. Cotte formule est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5' série, à la même librairie. — M. Tomaselli Pial, à Padova. Regrets de ne pouvoir vous renseigner.
- PETITES INVENTIONS1
- Dynamomètre aérien. — Cette machine, construite par M. Th. Ballé, est à deux usages. Elle peut mesurer la force ascensionnelle d’un propulseur, le fléau restant immobile et horizontal, ou bien montrer quel est le poids qu’un propulseur, absorbant une force donnée, est susceptible d’élever à une hauteur connue dans un temps déterminé. Dans le premier cas, le centre de gravité de l’appareil est placé au-dessous du point de suspension du fléau. La balance agit alors comme une balance* ordinaire. On place à l’extrémité de l’un des bras du fléau le
- aulseur et son moteur M (au repos), et on fait l’équilibre à e de poids marqués C. On met le système en marche à une vitesse déterminée, connaissant la force développée par le moteur pour cette vitesse. Le bras où est fixé le propulseur tend à s’élever. On rétablit alors l’équilibre en retirant du plateau situé à l’autre extrémité le poids nécessaire. C’est ce poids qui indique la force ascensionnelle du propulseur. On établit enfin un rapport entre cette force ascensionnelle et la force absorbée et on note la
- vitesse. En répétant cette expérience et en comparant les rapports entre eux il sera facile d’établir des formules relatives au rendement
- tyran omèlre a rien.
- de ces propulseurs. Dans le second cas, le centre de gravité est ramené à l’aide du mobile (a) au point de suspension. La balance est folle. Ce point a une grande importance, car durant tout le trajet du propulseur l’équilibre doit être maintenu et on doit écarter toute force étrangère résultant de l’effort que ferait le fléau pour se maintenir horizontal.
- On établit alors l’équilibre, l’appareil étant au repos, puis on retire du plateau situé à l’extrémité opposée du bras de levier un poids déterminé et c’est ce poids que le propulseur enlèvera. On place alors le bras soutenant l’appareil de façon que le socle du moteur repose sur un taquet (b) situé à un point donné. On met en marche. On note le temps que met le propulseur à passer de (b) à (b') et sachant que le chemin parcouru est égal à la distance de b h b' diminuée de la longueur de l’appareil, on obtient le temps que met l’appareil à soulever un poids déterminé à une hauteur donnée. En répétant l’expérience pour différentes vitesses, on obtient divers résultats comparatifs dont en tire parti. — Pour tout ce qui concerne le dynamomètre aérien, s’adresser à M. Th. Ballé, 2, rue Racine, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- La Convention du Mètre et le Bureau international des Poids et Mesures, par Ch.-Ed. Guillaume. 1 vol. in-4° de 238 pages. Gauthier-Villars.
- Nous avons eu plus d’une fois l’occasion de consacrer des articles au bel établissement créé par la Convention du Mètre de 1875, et pour les travaux duquel la France a mis à la disposition de l’œuvre internationale le domaine du Pavillon de Breteuil dans le parc de Saint-Cloud. Mais une monographie complète consacrée à son histoire, à ses méthodes, à ses résultats, faisait encore défaut, au grand regret de tous ceux qu’inténssent les mesures précises, dont l’importance, dans la science et même dans l’industrie, croît de jour en jour. Notre collaborateur, dont près de vingt années se sont passées dans les laboratoires d’où est sortie l’organisation internationale du système métrique, était particulièrement bien placé pour l’entreprendre, et mener à bonne tin cette œuvre difficile. Le texte très clair qu'il nous donne aujourd’hui, en une fort belle impression, est rehaussé par de nombreuses gravures qui feront bien comprendre au lecteur curieux des progrès considérables de la Métrologie, les procédés par lesquels on atteint aujourd’hui le plus haut degré de précision dans les mesures physiques.
- 4 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Elementos de Fisica Modenia illustrados con 608 grabados de los mejores artistas, por el Doct.or R. Pedro Marcolain San Juan, de la Universidad de Granada. 4 vol. grand in-8°.
- M. Marcolain a adopté un titre modeste; en réalité, il s’agit d’un cours très complet de physique, bien qu’élémentaire. Il est tout à fait au courant de la science et mentionne jusqu’aux découvertes les plus récentes en électricité, en téléphonie, en électrochimie, en optique. Le plan de l’ouvrage est celui de nos livres français ; l’auteur a consacré un volume à chacun des grands chapitres de la physique. Les gravures sont bonnes, bien choisies et facilitent encore la clarté du texte. Les démonstrations sont claires. Les développements mathématiques ont été laissés de côté. En sorte que l’ouvrage est accessible non seulement aux étudiants, mais encore au grand public. L’auteur, du reste, a accordé une large place aux applications, de façon à instruire d’abord, mais à intéresser ensuite le lecteur. Physicien habile et très érudit, M. le l)r Pedro Marcolain Saint-Jean a écrit un ouvrage dont la réputation a franchi les Pyrénées.
- Législation des Chutes d’eau, sources, rivières, cours d’eau non navigables. Manuel pratique, par Paul Bougault,
- avocat à la cour d'appel de Lyon. 1 vol. in-8°. Alexandre Gratier et Cie, éditeurs, à Grenoble. Dépôt à Paris, librairie Desforges, 1902. Prix : 7 francs.
- L’alimentation en eau et l’assainissement des villes, par le Dr Ed. Imbeaux, ingénieur des ponts et chaussées, directeur du service municipal de Nancy. Vol. I : L’alimentation en eau. — Vol. Il : L’assainissement des villes. 2 vol. in-4°. Paris, E. Bernard et Cie, imprimeurs-éditeurs. 1902. Prix : 30 francs.
- Les applications pratiques des ondes électriques, par Albert Turpain, docteur ès sciences 1 vol. in-8°. C. Naud, éditeur. Paris, 1901.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1902, par Camille Flammarion. 1 brochure in-16. Paris, librairie Ernest Flammarion. Prix: l,r,25.
- L'électricité à la maison, par J. A. Montpellier, rédacteur en chef de Y Electricien. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : 4 fr.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN' THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 janvier . . — 1°,9 S. S. W. 2. Couvert. Y> Couvert jusqu à 19 h. ; puis nuag. ; beau après 22 li. ; brouillard le matin, très brumeux le soir.
- Mardi 21 2",9 S. S. W. 2. Couvert. » Beau jusqu’à 4 li.; couv. ensuite; gelée bl. ; très bruni.
- Mercredi 22 5Ü,0 S. S. W. 2. Couvert. » Peu nuag. à 11 h. ; couv. avant et après, quelquefois de la pluie line ; très brumeux ; brouill. dans la soirée.
- Jeudi 23 4",9 S. S. E. 2. Nuageux. 0,9 Couv. jusqu’à 20 b. ; nuag. ensuite; petit brouill. à 7 h.; très brumeux ensuite.
- Vendredi 24 ... . S. VV. 3. Couvert. » Couv. de 6 à 19 li.; peu nuag. avant; nuag. après; pluie line de 15 à 16 h.
- Samedi 25 2",3 S. W. 5. Peu nuageux. 1,9 Couv. de 9 à 15 h.; nuag. avant et après; quelq. averses de pluie et neige ; gelée bl. ; halo. .
- Dimanche 26 — (>‘\2 W. 2. Nuageux. 1,2 Nuageux jusqu a 19 h. ; couv. ensuite; un peu de neige entre 5 et 6 h. ; gouttes dans la soirée.
- JANVIER 1902. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 25 JANVIER.
- La courbe supérieure indique ia nébulosité de Où 10: les flèches inférieures, la direction du rem'. Les courues du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené A 0. au niveau de la mer): courue plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre ù l’abri à boule mouilles. -
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Pressions barométriques. — Pendant la semaine du 20 au 20 janvier, ou a eu à constater des pressions barométriques variables en France et à l'étranger. Le 20 janvier, ces pressions s’étendaient de la Hongrie à l’océan Atlantique; la pression était de 777 mm à Nantes. Le 21 janvier, des pressions supérieures à 775 mm existaient de l’Espagne à la France et à la Suisse. Il y avait une dépression au nord de la Scandinavie vers la Russie à Helsingfors (737 mm). Le 22 janvier, l’aire des pressions supérieures à 775 mm s’éteudait seulement de la Gascogne à la Suisse ; le 23 janvier, l'aire des pressions supérieures à 770 mm allait de la Gascogne à la mer Noire.
- I.a température et ses variations. — La température a subi de grandes variations. Le 20 janvier, dans la matinée, la température était de — 16° à Moscou, — 2° à Paris. 11° à Alger. Dans la journée, à Paris, la température maxima atteignait 4°,5 et la température minima 0°,3. Le 21 janvier, la température se relevait sur les régions du Nord, et atteignait —17°
- à Uléaborg en Finlande, -+- 3° à Paris, 13° à Malte ; le maximum à Paris dans la journée était de 4°.6. Le 22 janvier, on constatait un abaissement vers la Bretagne et le Pas-de-Calais, ainsi que sur la mer Baltique et sur la mer Adriatique. On relevait —23° à Uléaborg, -+- 5° à Paris, 10° à Alger, 10° à Monte Carlo. Le 23 janvier, la température s’est abaissée sur le iittoral de l’Océan dans l’ouest de l'Irlande.et en Italie. On notait -t- 5° à Paris, 10° à Alger, 13° à Malte, et en France h- 4° au puy de Dôme, 1° à Clermont, — 1° au pic du Midi, et — 3° au mont Mounier Le 24 janvier, la température était de —19° à Hnparanda, -+- 2° à Paris, 11° à Alger, + 3° à Clermont ; le 25 janvier, on notait — 12° au pic du Midi, —3° au mont Ventoux et 2° à Paris.
- 7a neige. — Une grande tempête de neige a passé par Mende pendant toute la journée du 23 janvier. Le même jour, vers midi, la neige est également tombée à Paris, mais en petite quantité ; le 26 janvier, il a aussi neigé à Paris. Dans la nuit du 23 au 26 janvier, la neige est tombée en abondance à Saint-Etienne et à Remiremont. L’épaisseur par endroits a atteint 1 mètre.
- PHASES DE LA LUNE : P. !.. lé 24, à 0 h. 15 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le Conseil de la Société chimique de Paris est composé <le la façon suivante pour l’année 1902 : président d’honneur : M. M. Berthelot; président : M. Moissan; vice-présidents : MM. Carnot, Auger, Haller et André; secrétaires : MM. Bertrand et Béhal; vice-secrétaires : MM. Moureu et Hébert; trésorier : M. Petit; archiviste : M. Desgrez.
- —S— Sous le nom d’Union française des acétylénistes, une association -qui doit réunir tous les partisans et amis de l’acétylène vient d’être fondée sur l’initiative de M. le général Sébert, membre de l’Institut et de MM. Piclion et P. Rosemberg. Le Comité central et le Bureau sont ainsi composés pour 1902 : président d’honneur : M. le général Sébert; président : M. E. Piclion; vice-présidents : MM. E. Fouché, E. Javal; secrétaire général : M. Pierre Rosemberg.
- —Jt>— Il est question de créer un diplôme d’aéronaute. Plusieurs membres de la Commission permanente internationale d’aéronautique insistent sur ce fait que le double but du brevet d’aéronaute est d’assurer la sécurité des passagers et en général des tiers, et de irévenir les mesures restrictives que les abus inévitables d’une iberlé- sans réglementation ne manqueraient pas de susciter à cet égard, comme il en a existé, dans des cas analogues, de trop fréquents exemples.
- —®— Rarement on aura vu année plus désastreuse pour les marins que celle qui vient de s’écouler. Une statistique publiée à Hambourg relate, en effet, que pour cette seule année 4018 navires ont été perdus corps et biens (732 voiliers et 286 vapeurs;. En outre, 5242 navires ont subi de sérieuses avaries. Il faut remonter loin dans les annales de notre port, pour trouver un nombre comparable de sinistres maritimes.
- —®— M. Tcisserenc de Bort a fait récemment un voyage en Danemark dans le but d’établir une stàtion de météorologie aérostatique dans le centre du Jutland, pays situé sur la trajectoire ordinaire des bourrasques venant de l’Atlantique. Cette station sera munie de cerfs-volants, de ballons cerfs-volants et de ballons-sondes. Cette création complétera celle du nouvel observatoire des Açores acceptée par les gouvernements de Suède et de Danemark.
- —®>— Encore les skis ! L’épreuve tentée par M. Monnier a donné des résultats satisfaisants. Partie de Briançon à 6 heures du matin par une tempête de neige qui a duré tout le jour, la 7e Compagnie du 159® a gravi le pic des Ayes jusqu’à la cote 2441 mètres. Six éclaireurs en ski la précédaient. Jusqu’aux chalets des Ayes (1750 mètres), les hommes en ski ont gagné sur la troupe près d’une demi-heure. Des chalets des Ayes jusqu’au pic, la montée s’élève rapidement sous bois par dés pentes de 40 à 45°, et où la neige atteint de 4“,50 à 5 mètres. La montée a duré deux heures èt demie, soit près de 300 mètres à l’heure, ce qu’on compte généralement en été. Pendant que les hommes, munis de raquettes, avançaient péniblement en enfonçant dans la neige jusqu’à la poitrine, les éclaireurs conduits par M. Monnier gagnaient la crête par de longs lacets où les skis laissaient des traces de 20 centimètres à peine, et ils y arrivaient un peu avant la Compagnie. A la descente, par le même chemin, les skis ont affirmé leur supériorité incontestable, même dans ces montagnes si accidentées, par une avance de plus d’une heure.
- —®— Le musée préhistorique du Collège romain vient de s’enrichir de plusieurs vases et de différents autres objets anciens de la
- iffus grande valeur archéologique. Ces trouvailles ont été faites par I. Randal Mac Iver au cours de ses fouilles à El-Arrach, en Egypte.
- —®— De nouvelles lampes électriques à incandescence pour des tensions de 500 volts et au delà viennent d’être essayées en Angle-
- terre à l’arsenal de Woolvvich. Le filament est formé de carbure de titanium; sur un faisceau de 50 lampes, la dépense moyenne a été^ au début, de 2,535 watts par bougie, et, après 4000 heures, de 3,35 watts par bougie. La durée moyenne des 50 lampes a été de 787 heures.
- —®— Ce n’est plus M. Berson, c’est le Dr Suring qui détient le record des altitudes. Il a fait récemment le récit de sa performance à l’Institut météorologique de Berlin. Au moyen d’un inhalateur d’oxygène spécial, le Dr Suring a pu atteindre 40550 mètres. Le savant aéronaute allemand attribue en grande partie le succès de son expérience aux dimensions exceptionnelles de son ballon, lequel cubait 8400 mètres et était gonflé d’hydrogène pur. Son diamètre était de 24m,50, sa circonférence de 62 mètres et son poids, avec les accessoires, dépassait légèrement 900 kilogrammes. Grâce aux inhalations d’oxygène comprimé, le Dr Suring et ses deux collègues n’ont eu à subir, à aucun moment, les dangereux effets de la raréfaction de l’air, bien que l’ascension ait été extrêmement rapide, 4800 mètres pendant la première heure et 2600 mètres par heure ensuite.
- — ®— A la suite de la suppression de leurs privilèges et de leur absorption par la Russie, un grand nombre de Finlandais ont résolu de s’expatrier. Actuellement, des pourparlers sont engagés pour que l’île de Malcolm, dans la Colombie britannique, leur soit concédée en toute propriété. Une Compagnie, ayant cet objet en vue, vient même d’être créée. L’ile de Malcolm jouit d’un climat qui ne pourrait qu’être favorable aux Finlandais. Sa superficie serait suffisante pour recevoir 3500 colons, dont chaque chef de famille aurait 80 arpents qui seraient concédés dans des conditions des plus favorables.
- —®— L’énergie électrique pour force motrice est vendue à Bâle et à Genève 50 centimes le kilowatt-heure, et à Zurich 45 centimes. Ce dernier prix doit prochainement être notablement réduit. A Lausanne, le prix du kilowatt-heure est de 24 centimes.
- —(g)— Une statistique récente montre les effets obtenus depqis 4881 par l’enseignement gratuit et obligatoire. En 4870, la proportion des illettrés était de 25 pour.400 pour les hommes et de o7 pour 400 pour les femmes; elle tombe en 4898 à 4 pour 400 pour les hommes et à 7 pour 400 pour les femmes.
- —®— M. Hild, doyen de la Faculté des lettres de Poitiers, a adressé à l’Académie des inscriptions et belles-lettres des photographies représentant une merveille archéologique et artistique découverte à Poitiers à 2 mètres de profondeur dans le sol. Il s'agit d'une statue d’Athéna en marbre, haute de lm,52, admirablement conservée dans ses parties intactes, malheureusement amputée du bras droit, qui tenait la lance, et aussi de la main gauche, qui tenait le bouclier ; mais celle-ci existe et ne constitue pas le détail le moins intéressant de ce beau morceau. Des trous de vrille sur les bras, à la jointure des épaules, au sommet du casque et dans le creux de la main indiquent que des ornements en bronze, peut-être même le bouclier en cette matière, complétaient le marbre. Le type est celui d’une œuvre archaïque ; l’exécution, soignée dans le détail du costume, du bras et de la main, est poussée jusqu’au raffinement et dénote un archaïsant aussi habile ouvrier qu’homme de goût. La tête est rajustée ; elle a été trouvée à côté du corps noirci dans la terre tandis que la tête était restée presque blanche.
- —®— M. Mercier, curé de Saint-Goussaud, a entrepris, sous le mont Jouer près Guéret, des fouilles qui ont amené des jiécou vertes importantes. A environ lm,50 de profondeur on a mis à découvert un camp fortifié gallo-romain très bien conservé, renfermant des urnes funéraires, des poteries et des ossements. On a trouvé en outre quantité de monnaies et de médailles à effigies visibles portant ces noms : Néron, César, Auguste, etc.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le lait inaltérable se trouve à la Société « Le lait », 44, rue Jouffroy, à Paris.
- Communications. — M. Albert Gaudry, membre de l’Institut, à Paris, nous adresse une Note ayant jiour titre : « Sur la similitude des dents de l’homme et de quelques animaux ». Cette note est extraite de « l’Anthropologie », tome XII, 1901.
- M. Maurice Picard, à La Cha.ux-de-Fonds, nous envoie deux photographies intéressantes d’une fenêtre, recouverte de givre, et dont les dessins, au lieu de former des fleurs comme à l’ordinaire, sont en lignes.
- M. A. Goret, à Neuilly-sur-Seine, nous écrit, à propos denotre récent article sur une pendule se remontant seule (n° 1497, du 1er février 1902, p. 144), et nous fait savoir qu’il a eu le premier l’idée de faire remonter une horloge ou une pendule par l’énergie développée dans un appareil thermique contenant un liquide très expansif sous l’influence des variations de la température. Il a, en effet; adressé, le 29 octobre 1896, le projet de cet appareil au président de la Société d’Encoura-gement, à Paris.
- M. L. Jacquot, à Thonon, nous transmet des faits intéressants relatifs à l’instinct des animaux : « J’ai un jeune chien de petite taille, de cette espèce qu’on comprend sous le nom générique de chiens-renards, et qui est aussi vigilant gardien pour la maison qu’affectueux pour les enfants. Quand par hasard, ce petit camarade rentre sans moi à notre domicile commun et qu’il trouve fermée la porte donnant du corridor d’entrée dans la cour, il revient sur ses pas, va gratter à la porte de l’huissier qui a son étude dans le corridor et, lorsque l’honorable officier public se présente à l’huis, il lui fait un signe familier de la queue, le conduit jusqu’à l’autre porte, et attend que son ami lui rende le service de soulever le loquet. L’huissier, qui pourtant n’aime pas les bêtes, a été si émerveillé de cette preuve d’intelligence (et, peut-être aussi, de cette marque de confiance), qu’il a pris tout de suite Kiki en affection. — L’autre histoire est une histoire de poule, et m’a été contée par mon voisin, un cultivateur : J’ai vu un jour, m’a-t-il dit, Un épervier planer aux abords de la ferme que j’habitais. Une mère poule était là, occupée à chercher de la nourriture pour sa jeune nichée : elle aperçut, à un moment donné, l’ombre de l’oiseau de proie, leva la tête et vit l’ennemi. Pousser un cri d’appel et grouper sa progéniture autour d’elle fut pour la mère vigilante l’affaire d’un instant. Mais il fallait aviser; la bête carnassière pouvait fondre sur elle à l’impro-viste, et la victoire ne serait certainement pas restée à la poule. Celle-ci poussa rapidement tout son petit monde vers un tas de fumier voisin, y blottit chacun des poussins, qu’elle recouvrit en partie de paille et de crottin, puis, lorsque tous furent bien dissimulés sous le fumier, à tel point qu’il m’était impossible à moi-même de les retrouver de l’œil, la maman-poule se dirigea vers la ferme avec lenteur, autant pour surveiller les mouvements de l’ennemi que pour attirer celui-ci dans la direction opposée au tas de fumier. »
- Renseignements. — M. E. Queillé, à Paris. — On enlève les taches de goudron sur un vêtement à l’aide d’essence de térébenthine ; vous pourriez essayer le même procédé pour le linge lessivé.
- M. B. Tancré, à Vefviers. — Vous trouverez tous ces renseignements dans la collection des Comptes rendus de l’Académie des sciences; adressez-vous à MM. Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Ch. de Fréminville, à Paris; M. L. Sestini, à Spezia. Veuillez vous renseigner auprès de M. Mignot, à la Société La Carbonique Lyonnaise, 50, grande rue de Monplaisir, à Lyon.
- M. Loubers, à Toulouse. — Nous ne connaissons pas la peinture lumineuse dont vous parlez.
- M. le Dr J. Gilbert, à Saumur. — Nous n’avons pas l’adresse de MM. Bougé et Fayet; mais vous pourriez la demander à M. G. Rives, organisateur du Salon du cycle, à l’Automobile Club, 6, place de la Concorde, à Paris/ M. Legros, à Fécamp, construit aussi un transformateur rotatif de courant alternatif en courant continu.
- M. E. J., à Paris. — Vous trouverez les résultats de ces courses dans la collection de « La Locomotion automobile », 4, rite Chauveau-Lagarde, ou de « La France automobile », 68, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- M. R. Hervineau, à Fontenay-le-Comte. — Vous pouvez vous adresser aux différents constructeurs de moteurs que nous avons signalés dans nos précédentes Boîtes aux Lettres.
- M. E. C., à Larmor. — 1° Librairie Mulo, 12, rue Ilaute-feuille, à Paris. — 2° Nous ne pensons pas qu’il existe d’ouvrage sur cette question.
- M. E. Jolyot, à Permesières» — Nous ne connaissons pas la construction dont vous parlez.
- Uabonné 5050-1161, à Lyon. — Il n’y a pas de moyens préventifs; il faut déboucher les conduites.
- M. Manchaca, à Bilbao. — L’arithmographe Troncet se trouve à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, à Paris.
- M. P. M., à B. — Nous connaissons le verre armé de M. Appert, 50, rue de Londres, à Paris.
- M. Howard Starrett, à New-York City. — 1° Vous trouverez un ouvrage dans la collection des manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Ilautefeuille, à Paris. — 2° Le prix de l’abonnement pour l’Etranger est de 26 francs (Union postale).
- M. Leullier, à Saint-Etienne. — L’auteur de la découverte est M. le Dr Bra, à Paris; ses communications ont été insérées dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences. Uais jusqu’ici il n’y a rien de bien certain.
- M. le Cte A. Amaldi, à Turin. — Nous avons publié un article sur les motocyclettes en 1902, dans le n° 1497 du 1er février 1902, p. 140, et nous avons donné toutes les adresses de^ constructeurs en tête de la Boîte aux Lettres.
- M. N. R. il/., à Gray. — Il n’y a pas de traitement déterminé à faire subir à ce vin.
- M. L. B., à Bologne. —-1° Pas deprocédé spécial. — 2° On distribue ces médailles. — 5° Adressez-vous à la Société Denay-rouse, 41, avenue de l’Opéra, à Paris. — 4° La pince à avoyer les scies se trouve à la Taintor M. F. G. C°, à New-York.
- M. E. Lacaille, à Blois. — Nous transmettons votre lettre à notre collaborateur en le priant de vous donner une réponse.
- M. Roussille, à Bruxelles.— L’appareil destiné à la recharge des accumulateurs d’allumage, dont il a été question dans le n° 1495 du 4 janvier 1902, p. 72, est fabriqué j>ar M. Thomas, à Agen (Lot-et-Garonne).
- M. Orlman, à Bruxelles. — 1° II faut consulter un chimiste. — 2° Les deux bagues montées sur l’arbre sont isolées de celui-ci.
- M. Beauvais, à Lunéville. — 1° Nous avons indiqué plusieurs poudres phosphorescentes dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 1" série, à la librairie Masson et Cia. •— 2° 11 y a un vernis spécial à étendre sur le métal, le bois ou le papier.
- M. le D' G., à N.-le-C. — Nous partageons entièrement votre manière de voir; nous allons tenter de réunir des documents exacts sur cette intéressante question.
- M. P. D. R., à M. — Le ballon fait partie intégrante du courant d’air dans lequel il se trouve emporté. La flamme d’une bougie allumée ne vacille que lorsqu’il y a élévation ou abaissement du ballon dans l’espace.
- M. Grospiron, à Houilles. — Votre eau est de l’eau superficielle; il faudrait creuser au moins de 15 à 20 mètres pour atteindre l’eau à grand débit. Consultez un ingénieur de sondage : M. Arrault, 60, rue Rochechouart ; MM. Planchin et Cie, 59, boulevard Saint-Marcel ; MM. Boutain et Ci0, 69, rue Michel-Bizot, à Paris.
- M. le Dr Voulgre, à Dax. — 1“ Nous ne pouvons vous renseigner en ce qui concerne l’impression de la musique. — 2° 11 y a le procédé de photogravure qui est très employé et rend de grands services. — 5° Vous trouverez probablement un ouvrage à ce sujet dans la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulo, dont l’adresse est donnée plus haut.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Huns la « Boite aux lettres « la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à taules tes questions, ni à insérer toutes les communications. — II .n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- }J. E. Nofflette, à Vic-Fezensac. — Nous ne pouvons vous donner de conseils à ce sujet.
- M. Espana, à Bordeaux. — Pour les annonces, il faut vous adresser à l’Office de publicité, à l’imprimerie Lahure, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Fraurff, à Rosiori. Nous ne connaissons pas les noms de ces Compagnies. — M. L. Russac, à Villeneuve-sur-Lot. Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous vous avons donnés précédemment. — M. Dubois, à Paris; M. L. G-, à X. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Girard, à Versailles. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — il. M. Labrosse, à Paris; M. D. L., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- PETITES INVENTIONS1
- Manivelle de sûreté pour les appareils de levage.
- — Quiconque a vu une charge descendre accrochée à un appareil de levage quelconque, cabestan, grue, treuil, etc., a dù remarquer qu’en pareil cas, la manivelle tourne en sens inverse de celui dans lequel on la met en rotation pour l’élévation de la charge : or, ce bras courbe, animé d’un mouvement toujours assez rapide lors même qu’on agit sur un frein, est susceptible de causer des accidents redoutables, en accrochant par exemple les vêtements d’un ouvrier ou en l’atteignant au passage. Frappé de cet inconvénient et de ce danger, un contremaître d’un atelier de mécanique, M. Ch. Fagedet, a imaginé une manivelle nouvelle pour tous les appareils de levage, manivelle qui présente la caractéristique et l’avantage de n’être actionnée que pendant l’ascension de la charge, et de demeurer immobile durant la descente.
- Pour obtenir ce résultat, la manivelle K est solidarisée avec un manchon conique c qui porte la roue d’encliquetage, et qui s’engage à frottement doux sur un second cène fixé à l’extrémité de l’arbre a de l’appareil, par l’intermédiaire d’une vis de serrage e, un ressort assure l’emboîtement des deux cônes par l’intermédiaire d’une plaque derrière le plateau d, et, par conséquent, l’entraînement de l’arbre dans le sens de la rotation de la manivelle. Evidemment, tant que le ressort agira, l’adhérence des surfaces emboîtées se maintiendra, et elle déterminera le levage
- Manivelle de sùrelé pour appareils de levage.
- de la charge accrochée à la grue ou au treuil ; de plus, si on s’arrête de tourner la manivelle, cette charge demeurera du moins suspendue, grâce au point d’appui formé par le cran d’arrêt d’un cliquet que l’on voit à l’arrière du mécanisme, au-dessus des dents portées par la projection du manchon extérieur.
- Quand on veut effectuer la descente de la charge, on n’a qu’à saisir un levier droit et court L qui se trouve en avant du mécanisme, cela permet de desserrer légèrement la vis de serrage dont nous parlionsv tout à l’heure comme assurant l’emboîtement, et simultanément de comprimer le ressort. L’adhérence des cônes diminue donc de ce double fait, et, sous l’influence même de la charge, proportionnellement du reste à son poids, un dësemboîtement partiel se produit qui va laisser l’arbre se détourner. Ce mouvement se réalisera plus ou moins vite suivant l’amplitude de celui qu’on aura donné au levier ; mais, en tout cas, la manivelle, qui est solidaire seulement du
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-telles scientifiques est étrangère aux annonces.
- cône extérieur, ne participera pas à ce mouvement, et demeurera immobile pendant la descente de la charge. Cet appareil fonctionne sûrement, avec une grande souplesse, et si par hasard l’ouvrier préposé à la manœuvre vient à lâcher, par inadvertance ou autrement, le levier de desserrage du ressort, il en résultera simplement l’extension de ce ressort et le retour de la vis à sa position première, ce qui aura pour résultat d’arrêter tout mouvement de descente. On sait au contraire qu’avec un frein, si le manœuvre lâche la main, la charge se met à descendre avec une vitesse vertigineuse, ce qui a les plus graves inconvénients pour le treuil lui-même, et donne à la manivelle ce redoutable mouvement de rotation à grande vitesse dont nous parlions en commençant. — La manivelle de sûreté se trouve chez M. Ch. Fagedet, 10, rue Delambre, Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Histoire abrégée de Vastronomie, par Ernest Lebon, agrégé de l’Université. 1 vol. petit in-8°, Paris, Gauthier-Villars, éditeur, 1902.
- Cet ouvrage a valu à son auteur, en 1901, le prix Furtado décerné par l’Académie française ; il présente, sous une forme toujours accessible, l’inventaire complet d’une science parfois aride à cause de son côté mathématique. Des portraits habilement choisis et d’une belle exécution procurent au lecteur la satisfaction de connaître les traits des grands hommes dont les noms lui sont le plus familiers. L’histoire écrite par M. E. Lebon est détaillée à partir de Kepler ; mais c’est surtout au siècle qui vient de s’achever, si fécond en résultats merveilleux en ce qui concerne l’astronomie, que l’auteur a consacré ses efforts. En raison de ce fait son livre est à la fois original et précieux, car il fournit une vue d’ensemble, à la date de ce jour, de l’astronomie et même de la géodésie, qu’on chercherait en vain autre part.
- Les tramways électriques, par Henri Maréchal, ingénieur des Ponts et Chaussées, 2e édition, entièrement refondue. I vol. in-8°. Librairie Ch. Béranger. Paris, 1902. Prix : 10 francs.
- En dehors des renseignements techniques sur les dispositions générales des tramways électriques, voie, tramways à conducteurs aériens, souterrains, à contacts superficiels à accumulateurs, matériel roulant, production de l’énergie électrique, cette deuxième édition de l’intéressant ouvrage de M. II. Maréchal sur les tramways électriques renferme de nouveaux chapitres sur l’exploitation et les dépenses, ainsi que sur les concessions et règlementation administrative. Ces dernières données seront très utiles à consulter par tous ceux qui s’occupent de traction.
- Eléments de cinématique et de mécanique, par Maurice Lévy, membre de l’Institut, professeur au Collège de France. 1 vol. in-8°. E. Bernard, éditeur. Paris, 1902. Prix : 10 francs.
- L’huître perlière; nacres et perles, par L. G. Seurat, zoologiste du Laboratoire colonial du Muséum, secrétaire [de la Société nationale d’acclimatation de France. 1 vol. petit in-8" de l'Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire. Masson et Cie, éditeurs. Paris, 1901. Prix: broché, 2fr,50; cartonné, 5 fr.
- La photographie des objets immergés, par A. L. Donnadiki , docteur ès sciences, professeur à la Faculté libre des sciences de Lyon, ancien professeur de l’Université, etc. 1 vol. in-81’. Charles Mendel, éditeur, Paris. Prix : 10 francs.
- Géologie de la République sud-africaine du Transvaal, par le D' G. A. F., Molencbaaff, géologue de l’Etat. 1 brochure in-8\ Extrait du Bulletin de la Société géologique de France. En vente au siège de la Société, 28, rue Serpente. Paris, 1901. Prix : 6 francs.
- A la conquête du ciel! Contributions astronomiques de
- F. -C. de Nascius en quinze livres. 1 brochure in-8°. Livre deuxième. 5e fascicule. Découverte de la loi des distances des planètes au soleil. Librairie Dugas, 1901.
- Les 'énigmes de l’univers, par Ernest IIaeckel, professeur de zoologie à l'Université d’Iéna. Traduit de l'allemand par Camille Bos. 1 vol. in-8°. Librairie C. Reinwald-Schleicher frères, éditeurs. Paris. Prix : 10 francs.
- La mécanique à l’Exposition de 1900. Les appareils de levage et de manutention, par B. Masse. 8e livraison. 1 brochure in-4°. Paris, YTe Ch. Dunod, éditeur, 1901.
- Prescriptions de sécurité relatives aux installations électriques. Section 1. Basse tension (moins de 230 volts). — Section IL Moyenne tension (250 à 1000 volts). — Section 11 î. Haute tension (plus de 1000 volts). 3 brochures publiées par l’Association des électriciens allemands, traduites par
- G. Stadler. Vve Ch. Dunod. Paris, 1901. Prix : 2 fr.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Âï
- Les garde-malades congréganistes, mercenaires professionnelles, amateurs, par les l)'s IIamilton et Félix Régnault. J vol. in-8°. Préface du I)r Maurice Letulle. Paris, Vigot frères, édit., 1901. Prix : 5 francs.
- Le cerveau, par le I)r En. Toulouse et le l)r Marchand. 1 vol. in-18 (Petite Encyclopédie scientifique du xxe siècle). Librairie 0. Reinwald. Schleiclxer frères, éditeurs, Paris. Prix : 2,r,50.
- Traité d'électricité industrielle, par R. Busquet, professeur à l'Ecole industrielle de Lyon, t. 11, 1 vol. in-10. Librairie .l.-B. Baillière et fils, Paris.
- Annuaire du Musée zoalogigue de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg. Tome VI, nos 2-5. 1901.
- La phonoscopie. Nouvelle méthode pour apprendre à converser sans le secours de la parole, par F. Legrand, pharmacien-chimiste. 1 brochure in-16. Chez l’auteur, 10, rue Ybry, à Neuilly-sur-Seine, ou à la librairie Montgenet, IIP, Vue Monge, Paris. 1902. Prix : 0tr,50.
- L'évolution de la rie, par le Dr Laloy, sous-bibliothécaire de la Faculté de médecine de Bordeaux. 5e édition. 1 vol. petit in-8°. Schleicher frères, éditeurs. Paris, 1902. Prix : 2,r,50.
- Comment on défend sa Jeunesse, par le Dr Scheffler, médecin-major. 1 brochure in-16. Edition médicale. Paris. Prix : 1 fr. 1901.
- Descendons-nous du singe? par E. Denoy. 1 brochure in-12. Librairie Scbleieher frères, éditeurs. Paris, 1901. Prix : 2 fr.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 février . . . - T\ô N. N. F. 2. Reau. 2.9 Quelques nuages le matin, puis nuageux ; couv. après 17 h.
- Mardi 4 — 0®,1 N. 2. Couvert. 0.0 Couvert ; très brumeux.
- Mercredi 5 0®,5 N. 1. Couvert. 0.0 Irrégulièrement nuageux.
- Jeudi 6 1°,1 S. E. 2. Couvert. 5,5 Couv. ; pluie de 3 à 11 h. et bruine à partir de 25 li.
- Vendredi 7 10°, o S. S. AY. 3. Couvert. 4,8 Couv. ; pluie à diverses reprises; brouill. de 500 m. à 14 h.
- Samedi 8 5°,2 AV. S. AV. 2. Couvert. 2,1 Couv. jusqu'à 9 h. ; nuag. ensuite.
- Dimanche 9 .... . 3°,5 S. AV. 2. Nuageux. 0,0 Ti'ès nuag. jusqu’à 19 h. ; beau ensuite ; gelée bl. ; halo.
- FEVRIER 1902. -- SEMAINE DU LUiN'Dt 5 AU DIMANCHE 9 FÉVRIER.
- Lundi Mardi I Mercredi | Jeudi | Vendredi I Samedi | Dimanche |
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- La coût be supérieure indique ta io non,.ne de 0 à 10; les fléchés inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu maïqucnt: courbe épaisse, les pressions bai omélrtaues (baromètre ramene à 0, au niveau de ta merj; courbe plus mince, thermomètre à fabri à boute sèche: courbe en pointillé, thermomètre a labn a boule mouillée.
- Béramé des observations météorologiques faites au Pare Saint-Maur en janvier I90t
- par M. E. Resoc.
- Moyenne barométrique à midi 763"“,92. Minimum 740““,44 le 23, à 6 heures du matin. Maximum 780““,90 le la, à 11 heures du matin.
- Moyennes thermométriques : des minima des maxima 7°,14 ; du
- mois 4°,49 ; vraie des 24 heures 4°,28. Minimum — 4°,t le la. Maximum 13°,1 le 2. Moyenne des minima au ras du sol — 1®,85 ; minimum —10°,9 le 15.- Il y a eu 13 jours de gelée à glace et 8 jours de gelée blanche.
- Tension de la vapeur : moyenne 5””,46. Minimum 2",4 le 26 à 11 heures du matin. Maximum 9“”,6 le 3 à 4. 5 et 9 heures du soir.
- Humidité relative : moyenne 86®,2. Minimum 44 le 14 à 1 heure du soir. Maximum 100 en 15 jours.
- . Nébulosité moyenne 74; aucun jour clair, 4 jours couverts.
- Pluie 14““,0 en 25 heures réparties en 10 jours plus 3 jours de gouttes ou bruine. Un peu de neige le 26 dans la matinée et chute de 45 mm le 30 entre 2 heures et 7 heures du matin. Un peu de grêle le 28.
- Vents dominants du S. au S.-W. puis du N. 11 a soufflé fort du S.-AV. du
- 1" à 9 heures du soir au 2 à 2 heures du soir et du N.-E. le 51 à partir de 11 heures du matin.
- Il y a eu 9 jours de brouillard : le 18 il atteint 70 mètres à 7 heures du matin et 50 mètres à 4 heures du soir, il est de 40 à 50 mètres le 19 à partir de 10 heures du soir. Un jour de transparence atmosphérique de 2 km le 1 à 10 heures du matin.
- Température moyenne de la Marne : le matin 5®,40; l'après-midi 5*,55; du mots 5°,48. Elle a varié de 4°,05 le 51 à 8®, 17 le 5. Très trouble au commencement du mois, elle s’éclaircit progressivement pour redevenir trouble le dernier jour. Un peu haute au commencement, son niveau s’abaisse lentement jusqu’au 27 pour se relever ensuite.
- Relativement aux moyennes normales le mois de janvier 1902 présente les résultats suivants : Baromètre à midi plus haut de 3“,27. Thermomètre plus haut de 2®,41. Tension de la vapeur plus forte de 0““,67. Humidité relative plus faible de 6. Nébulosité plus forte de 3. Pluie plus faible ue 19““,5.
- Floraison : le 5, nardosmia fragrans.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 8, à 1 b. 31 m. du soir.
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- M. HENRI DE PAR VILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— On vient d’élever en Angleterre un monument original à la mémoire de Joule, le grand physicien anglais, qui a déterminé la valeur de l’équivalent mécanique de la chaleur. D’après les plans laissés par Joule en 1889, à sa mort, sir Armstrong a fait construire à ses frais une horloge ayant six cadrans, un pour l’heure et les cinq autres pour la hauteur barométrique, la hauteur d’eau tombée, la force et la direction des vents et la température. Cette horloge sera-placée dans une tour, élevée.dans le parc public de Sale, petite ville des bords de la Mersey, où Joule s’est éteint.
- —8)— Les journaux quotidiens ont fait connaître les détails du naufrage du Sdntos-Dumont n° 6 dans la baie de Monte-Carlo. Le jeune aéronaute en a été quitte encore cette fois pour un bain froid a 500 mètres de la côte. On l’a secouru à temps. Mais le ballon a coulé et si on a pu le retirer du fond, il est dans un piètre état; il est probable qu’il sera bien difficile de le réparer. Le Santos-Dumont n° 7 est heureusement bien près d’être terminé et l’on espère qu’il pourra remplacer son prédécesseur, celui-là même qui avait gagné le grand prix Deutsch, d’ici à un mois environ. M. Santos-Dumont n’est nullement découragé par cette nouvelle aventure dont il profitera pour mettre son nouveau ballon ou tout au moins sa personne à l’abri des surprises d’un naufrage en pleine mer.
- —®— D’après les correspondances de Tiflis et de Bakou, un violent tremblement de terre a dévasté, du 13 au 14 février, la ville de Chémakha. La ville est. maintenant presque entièrement détruite. 11 ne reste plus qu’une douzaine dé maisons environ moins endommagées que les autres. L’église, la mosquée, les casernes et la trésorerie sont détruites. La prison et les bâtiments de l’administration du district ont beaucoup souffert. On a retiré plus de 200 cadavres des décombres. Plus de 25 000 personnes seraient sans abri et sans nourriture. De nouvelles secousses se sontfait sentir encore le 15et lelôfé-vrier. Un grand nombre de villages aux environs se sont effondrés.
- —®— Enqineer signale une combinaison nouvelle, désignée sous le nom de cônes Makin, qui aurait pour elfet d’améliorer considérablement la circulation dans les chaudières à vapeur et d’augmenter, ce qui est logique, la puissance de vaporisation, tout en empêchant les incrustations de se produire aussi facilement, et en accroissant le rendement par suite de l’abaissement de la température des gaz qui s’échappent du foyer. On dispose dans la chambre de combustion un certain nombre dé couronnes tronconiques creuses, en fonte malléable, et mises en communication avec la chaudière ar deux tubulures; grâce à son passage dans ces couronnes et à appel qui s’y fait, en quelques minutes, toute l’eau de la chaudière accomplit un tour complet. Les cônes ne présenteraient eux-mêmes aucune incrustation.
- —®— On annonce de Vancouver la découverte dans le district d’Atlin d’un filon de quartz aurifère d’une rare richesse. Le rendement atteindrait jusqu’à 25000 francs par tonne. Ce nerf de quartz a une longueur de plus d’un mille, mais on ignore encore sa profondeur.
- --®— D’après les nouvelles qui parvinrent du Manitoba et des territoires du Nord-Ouest, la récolte de blé donnerait de 39 à 44 hectolitres à l’hectare dans nombre de localités. On en conclut que la récolte totale sera vraisemblablement de 25 millions et demi «1 hectolitres ; peut-être pourra-t-elle aller jusqu’à 25. Il faut dire que la saison a été, cette année, véritablement des plus favorables pour tout l’Ouest. Il y a 40 000 fermiers dans cette région. Pour mener à bien la récolte, ils auront besoin de 25 000 ouvriers au moins et auront à faire la dépense de 3 millions et demi de kilogrammes de ficelle d’engerbage. C’est la récolte la plus considérable qu’on ait jamais vue; elle est phénoménale. La récolte de foin aux Etats-Unis a été, cette année-ci, inférieure à celle des années
- précédentes. Elle s’est élevée à 50 981000 tonnes; l’an passé, elle avait atteint 52 006 000 tonnes. La surface des prairies cultivées est de 17 millions d’hectares.
- —®— On emploie depuis quelque temps sur les chantiers américains une drague à poche et à commande pneumatique qui a été décrite par Engineering News, mais dont nous ne connaissons pas le constructeur. Son organe essentiel ressemble aux cuillers en deux coquilles se rapprochant ou s’éloignant l'une de l’autre, qui servent dans des engins de manutention du charbon : les deux moitiés de la poche en tôle se séparent, en s’ouvrant un peu à la façon d’une pince, quand elles sont sollicitées par deux bras obliques articulés sur une coulisse solidaire des mouvements d’un piston à air comprimé.- On descend la poche, au bout du bras d’une grue, au contact du Sol à excaver, les deux moitiés de la poche étant séparées, et, qûand elles se rapprochent, leurs couteaux d’acier entaillent ce sol et en enferment une partie dans le récipient métallique, qu’on remonte ensuite hors de l’eau pour le décharger. On construit même des grapins dont le fonctionnement est absolument identique et qui peuvent saisir de grosses roches.
- —®— A l’occasion de la grande exposition régionale et internationale que les sociétés d’agriculture du Brabant et du Hainaut organisent à Mons en 1902, avec l’intervention du gouvernement, des deux provinces et de la ville de Mons, des concours seront-ouverts à la Météorologie appliquée. On projette notamment de décerner des prix pour les objets suivants : Projet d’organisation d’un service de transmission rapide et économique des prévisions du temps dans les campagnes; moyens préventifs contre la grêle; moyens préventifs contre la gelée blanche. Pour le programme définitif, qui paraîtra sous peu, on est prié de s’adresser à M. Albert Mahieu, ingénieur, secrétaire général à Erquennes par Dour (Belgique).
- —®— Un très important gisement de pliosphate a été découvert en Australie, dans le nord-est du cap York. On l’a déjà reconnu sur une longueur de 2 kilomètres et' sur une profondeur moyenne de 12 mètres. Les échantillons ont donné a l’analyse 34,56 pour 100 d’acide phosphorique.
- —(S>— Les ferry-boats, les bacs, si l’on préfère, sont extrêmement nombreux aux Etats-Unis, notamment pour la traversée de l’IIudson dans le port de New-York ; et naturellement les attelages ont souvent beaucoup de peine à remonter les plans inclinés à pente rapide qui relient les ponts de ces bacs à la terre au moment de la -marée basse. Pour remédier à cet inconvénient et éviter des efforts anormaux aux bêtes de traits, plusieurs entreprises viennent d’installer des cabestans électriques sur les appontements, et cela permet de frapper un câble sur le timon des camions lourdement chargés : quelques tours du cabestan, et le véhicule a franchi le mauvais pas.
- —®— Les vitesses maxima atteintes par les trains réguliers de voyageurs, dans les principaux pays de l’Europe, sont les suivantes, d’après le « Mouvement géographique de Bruxelles » : France,
- 93.5 km par heure; Angleterre, 87,7; Allemagne, 82,7; Belgique, 79,6; Hollande, 75; Autriche-Hongrie, 75,2; Italie, 76,1; Russie,
- 61.5 ; Danemark, 57,8 ; Turquie, 42 ; Bulgarie, 35; et la Grèce, 33,7.
- —®— Staten Island, l’île qui se trouve en face de New-York, est ravagée par les moustiques dans certaines de ses parties, et le Dr Dpty, reprenant les expériences faites ailleurs, essaye de lutter contre les maudits diptères en répandant du pétrole à la surface des mares qui sont assez abondantes dans Staten Island, et en arrosant de pétrole également (au moyen d’une simple pulvérisation) les azons et les buissons qui avoisinent les maisons infestées, et ce ans un rayon de 3 mètres environ. Il parait qu’il obtient des résultats fort satisfaisants et que les habitants commencent à pouvoir dormir la nuit.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.]
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la pince de transport, décrite dans le n° 1498, du 8 février 1902, p. 160, s’adresser à M. Frank E. Sproat, Allegheny, Pensylvania (Etats-Unis). — Pour l'appareil à écrire de l’aveugle, s’adresser à l’inventeur M. Dussaud, 19, rue Guillaume Tell. Paris. — La nouvelle pompe rotative est construite par M. G. Anceaux, 10, boulevard de la Bastille, à Paris.
- Communications. — M. George A. Dorsey, à New-York, nous fait parvenir une Notice ayant pour titre : « Recent pro-gress in anthropology at the field columbian Muséum », extrait de the American anthropologist N. S. Vol. 3. Octobre-décembre 1901.
- M. le Dr F. Garrigou, chargé de cours à l’Université de Toulouse, nous adresse une copie de la lettre qu’il a envoyée à MM. les Députés, membres de la Commission nommée en vue de porter remède à la crise vinicole.
- Renseignements. — M. E. Montessuit, à Saint-Maur-les-Fossés. — Vous trouverez plusieurs ouvrages sur la question à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Decouflé, à Khroub. — 1° Allumeur électro-catalytique Wydts, 87, avenue Gambetta, à Paris. — 2° Poulies extensibles : M. Fouillaron, 54, rue de Villiers, à Levallois (Seine).
- M. G. Humbert, à Berrouaghia (Alger). — L’adresse du constructeur du moteur Lepape a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du n° 149o du 18 janvier 1902.
- Abonné 3222,- à Nice. — Nous n’avons pu nous procurer d’autres renseignements.
- M. E. Belleugre, à Courbevoie. — Nous ne pouvons vous donner l’adresse que de l’auto-lux, allumeur de gaz à distance, 90, rue de Cléry, à Paris.
- F il/. Mauny, à Cerisy-la-Salle. — 1° L’épaisseur des plateaux d’ébonite est de 3 à 4 millimètres. — 2° La distance est de 3 centimètres environ. — 3° Tubes de cuivre : M. Carpentier, 73, boulevard Soult; MM. Benoit, Singery et Cie, 74, rue Vieille-du-Temple; M. Boulay, 7, passage Saint-Pierre Amelot, à Paris.
- M. C. Choux, à Lyon. — Nous n’avons plus ces adresses.
- M. José Mesa, à Valladolid. — Pour avoir ces renseignements, il faut vous adresser aux constructeurs des divers moteurs.
- M. D. P., à Nœux-les-Boffles. — 1° L’alcool dénaturé se vend actuellement 0fr,40 le litre. — 2° Pour carburer l’alcool, il faut le mélanger avec un tant pour 100 d’essence suivant l’usage. En général, on emploie un mélange de 50 pour 400 d’alcool pour 50 pour 400 de benzine.
- M. Ch. Bonnet, à Paris. — Il serait nécessaire de faire une installation complète, ce qui ne serait guère pratique.
- M. P. W., à Paris. — Nous ne connaissons pas la formule de ce siccatif ; mais vous pouvez vous en procurer chez M. Aubert-Vallée, 8, rue Bleue, à Paris.
- M. E. Picot la Beaume, à Monaco. — Vous trouverez des renseignements sur Otto-Lilienthal dans les n°‘ 4 de janvier,
- 2 de février et 42 de décembre 4894, ainsi que dans le n° 2 de février 4895 de YAéronaute, bulletin mensuel de la Société française de navigation aérienne, 10, rue de la Pépinière, à Paris.
- if. A. B., à Beaumettes. — Nous ne connaissons pas d’ouvrages ni d’articles ayant paru sur ce sujet.
- M. l’abbé Edouard de France, à Arcachon. — 4° Nous
- avons publié un article sur la photographie des couleurs et les expériences de M. Lippmann dans le n° 924 du 44 février 4891, n. 461.
- M. P. B., à Bellevue. — Nous n’avons pas, sur la préparation de la gélatine pour le moulage, d’autres renseignements-que ceux que nous avons donnés dans l’article que vous mentionnez; mais vous pourriez consulter « Le Mouleur », dans la collection des Manuels Roret, à la librairie Mulo, 42, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Aulan, à Paris ; M. H. Perol, à Périgueux. — L’adresse est donnée en tête de la présente Boîte aux Lettres.
- M. Chanel, à Bourg. — Les piles au bichromate de potasse ou de soude peuvent fournir l’énergie électrique nécessaire ' pour alimenter 5 lampes de 8 bougies environ ; mais il faudra charger des accumulateurs. Voyez la description du groupe électrogène que nous avons donnée dans le n# 4464 du 25 mai 4904, p. 416.
- M. F. A., à Ville-Savary. — 4° Il nous est impossible de répondre à votre question. — 2° Fumivores : M. J. Ilinstin, 25, rue de Turin; MM. Muller et Roger, 408, avenue Philippe-Auguste, à Paris. — 3° M. Blottière, 41, rue Sedaine, à Paris, M. A. Borie, à Château-Labrousse. — Pour l’arithmographe Troncet, il faut s’adresser à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, à Paris.
- MM. Weszely istvan és Tarsa, à Budapest. — Nous n’avons-pas d’autre adresse que celle que nous avons indiquée précédemment; nous croyons du reste que cet appareil ne se fabrique plus.
- M. Bouvier, à Grand-Lemps (Isère). — L’adresse de cet appareil est donnée plus haut.
- M. le Dr Menier, à Tours. — Nous ne pensons pas que vous trouviez une turbine d’aussi faible puissance; adressez-vous cependant à MM. Laurent frères et Collot, à Dijon, ou à MM. Singrün frères, à Epinal (Vosges).
- M. Miguel G. Careaga y Escobosa, à Bilbao. — Vous aurez des télémètres en vous adressant à la maison Baille-Lemaire, 26, rue Oberkampf, à Paris. Vous pourrez voir également le télémètre de poche que nous avons décrit dans le n° 1473 du 17 août 1901, p. 486 et que vous trouverez chez: M. Pouech, constructeur, 314, rue des Pyrénées, à Paris.
- M. le Dr E. Pécault,à Segalas; M. A. Sommier, à Chambon-Feugerolles. — Motocyclette d’Ageron-Lesprillier, 23, aveque d’Italie, à Paris.
- M. l’abbé Edouard de France, à Arcachon. — l°Nous avons publié un article sur la photographie des couleurs procédé Lippmann dans le n° 924 du 44 février 4894. — 2° M. Pellin,. 24, rue de l’Odéon, à Paris. — 3° Les tables sont données avec les appareils; adressez-vous à M. Demichel, 24, rue Pavée, à Paris. — 3° Pour dégraisser un cheveu ou un crin, on emploie une solution de carbonate de soude.
- M. Paul Fabre, à Puerto-de-Mazarron. — Nous n’avons pas trouvé de traduction française; nous ne croyons pas qu’elle existe.
- M. Talion, à Riom. — Remerciements pour votre photographie qui est en effet très bien réussie.
- Questions. — JY® 1254. — M. M. Legrand, à Paris, nous pose les deux questions suivantes : 1° Les encres servant à la reproduction sur gélatine (Chapirographe, etc.), deviennent rapidement boueuses et absolument inutilisables. Vous rendriez service à beaucoup de lecteurs en donnant dans votre Boîte aux Lettres, soit l’indication d’une bonne encre fluide vendue dans le commerce, soit une formule pour en faire. Vous pourriez dire aussi quelles plumes sont préférables — fer, verre, ou autres. — 2° N’y a-t-il pas un produit chimique dont on pourrait enduire une feuille de toile, laquelle ne sécherait pas et resterait toujours assez humide pour copier des lettres sans mouiller les feuilles du copie-lettres, lesquelles feuilles seraient mises en contact avec la toile susdite?
- A’° 4255. — M. Tessier, à Saint-Remy, nous demande s’il existe un moyen de conserver bien blancs les bandages en caoutchouc des roues de bicyclettes.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Lebard, à Nantes. Nous avons bien reçu votre envoi; remerciements. — M. Dulona, à Nice. Nous ne pouvons traiter cette question tinan-cière. — M. L. R., à Paris; M. Girard, à Blois; M. G. Leroy, à Orléans. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Virard, à X. Ces renseignements sont donnés dans le même petit livre que ci-dessus,
- 3° série, à la même librairie. — M. Bemardo Teiæera de Car-valho, à Pernambouco; M. Em. Deroullede, à Curcpipe (Ile Maurice). Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Séchoir de ménage. — Le nouveau séchoir de M. H. Perol a pour but de supprimer l’emploi des cordes fixes dont on fait généralement usage dans les cuisines et autres pièces. Il se compose d’un solide cadre de bois de petites dimensions qui supporte des cordes tendues les unes auprès des autres. L’appareil redescend à hauteur convenable pour l’étendage et peut
- Séchoir de ménage.
- se monter au plafond à l’aide d’un système très simple de poulies. Dans ces conditions, le linge sèche très vite, puisqu’il se trouve à la partie la plus chaude de la pièce, il ne gêne pas la circulation et ce dispositif supprime l’emploi des bancs ou des échelles sur lesquels on est forcé de monter pour l’éten-dage sur cordes fixes. Il peut se placer dans un espace très restreint et offre sous un petit volume une grande longueur de corde. — Le séchoir de ménage^ se trouve chez 31. II. Perol, route de Lyon, à Périgueux.
- Fondations dans les sables aquifères. — On peut se rendre compte de l’importance que présentent les travaux de fondation quand on voit le développement pris par les méthodes à l’air comprimé : ce sont elles qui ont permis l’édification de constructions gigantesques, et aussi d’ouvrages divers, dans des terrains aquifères où il eût été autrement impossible de tenter même l’opération. Mais l’emploi de l’air comprimé est compliqué et coûte cher, surtout quand il s’agit de travaux qui n’ont pas une grande envergure, et c’est pour cela qu’on essaye de recourir à des procédés plus simples chaque fois que cela est possible.
- De nombreuses inventions se sont fait jour dans ce but, et nous avons eu occasion de les signaler ; mais nous ne voudrions pas manquer d’en indiquer une toute nouvelle qui est due à un ingénieur français, M. A. Casse.
- C’est en effectuant le fonçage d’un puits de captage d’eau, destiné à drainer une grande étendue de terrain formé de sables aquifères, que l’auteur eut l’idée de sa méthode : on sait qu’en pareil cas les terres ont une tendance redoutable à « venir », à s’effondrer, à couler dans la fouille au fur et à mesure que l’on creuse, et M. Casse n’avait réussi à atteindre la profondeur assez modeste de 5 mètres qu’en injectant de l’eau au moyen de lances isolées le long du cuvelage en fer qui constituait les parois du puits. Ce premier succès l’amena à pratiquer normalement ces injections, en disposant, à la partie inférieure des cuvelages pour fonçage dans les sables aquifères, une poche percée de trous destinés à laisser échapper de l’eau, et en établissant aussi, de distance en distance, des couronnes creuses, également percées de trous dans leur face antérieure, couronnes et poches étant reliées à un tuyau d’amenée d’eau sous pression. Cette eau, refoulée à A ou 5 atmosphères, sort par les orifices, le terrain à la partie inférieure du cuvelage est entraîné, et ce dernier, sous le poids d’une maçonnerie intérieure et aussi, si besoin est, d’une surcharge, descend infailliblement et d’autant
- {dus vite que les éjections d’eau sont plus actives : celles que ’on fait par les couronnes le long de la paroi extérieure du cuvelage, et que l’on commande ou que l’on arrête au moyen de robinets spéciaux, ont pour but de lubréfier pour ainsi dire
- 1 L* description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- cette paroi extérieure, si bien que la pression des terres ne peut
- {dus empêcher la descente du caisson. Les déblais se font à 'intérieur du puits, soit par pompe avec ou sans désagrégateur, soit par norias ou autrement, et on annule la pression intérieure
- Nouveau procédé pour faire un puits dans les terrains aquifères.
- des terres au fur et à mesure de la descente. Le procédé se comprend aisément.
- Sans cette méthode, si l’on voulait, par exemple, établir un mur de quai dans un terrain fluide, il faudrait reeçurir au fonçage de pilotis, ce qui n’est pas sans être coûteux et ne donne pas toujours une solidité absolue. Ici, on peut employer des caissons rectangulaires reliés par des murs de masque, et le tout sera foncé au moyen de cette méthode particulière par éjections.
- Les couronnes se font en deux types un peu différents, soit en fonte, soit en fer; généralement elles reçoivent l’eau par quatre tuyaux verticaux d’amenée, parce que cette disposition permet d’envoyer un courant plus fort du côté où le cuvelage aurait tendance à moins s’enfoncer, en ralentissant au contraire l’éjection sur Je côté où l’enfoncement est un peu exagéré. On comprend que les parois du caisson se font indifféremment en maçonnerie, en béton aimé, en métal; on peut môme, suivant ce procédé, conslruire aisément des sortes de palplanches en béton que l’on munit de poches d’éjections d’eau, et que l’on fonce naturellement par couples. Dans ce système il est bon d’exécuter les déblais à niveau d’eau constant, pour diminuer notamment les sous-pressions.
- M. Casse a donne sur le prix de revient de son procédé quelques indications que nous ne reproduirons pas ; mais il en résulterait nettement que les dépenses sont infiniment moindres qu’avec l’air comprimé et môme sensiblement inférieures à celles qu’entraînent des fondations sur pilotis et grillage. -Pour ces fondations, s’adresser à M. A. Casse, 457, rue de Livourne, à Bruxelles.
- RECE1TES ET PROCÉDÉS UTILES
- Briquettes de ethe. — L’inventicn est d’origine allemande, et elle a été signalée par le consul des États-lnis à Leipzig, M. Warner. On cemmence par réduire le ccke en particules qui n’ont qu’un millimètre de long, qu’on met en pâte par brassage et malaxage avec une solution concentrée d’acide résineux; on fait bien d’ajouter du manganèse, ce qui assure une dessiccation plus rapide. Bien entendu on moule la pâte comme on le fait {four les briquettes de poussier de houille.
- Savon pour la barbe. — Faire fondre 225 grammes de savon d’huile de palme (ce qui est le plus ordinairement la matière première des savons marseillais), et y ajouter successivement 4*r'l/2 d’essence de cannelle, 0*r,8 d’essence de carvi,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- (ou cumin des prés), la même quantité d’huile de lavande, moitié moins d’essence de thym, enfin 0er,9 d’essence de bergamote et 45 gouttes d’huile de menthe poivrée. Bien entendu on peut colorer ce savon, mais cela ne lui ajoute aucune qualité.
- Blanchiment du cuir. — Voici le procédé que recommande Borntraeger. On commence par faire digérer le cuir à 40° centigrades dans de la benzine, et cela durant une heure; puis on l’en retire, on fait évaporer la benzine dont il s’est chargé en chauffant au bain-marie, et l’on traite alors avec de l’aciae sulfureux liquide, de l’eau de javelle, etc. On obtient ainsi un produit excellent, de nuance blanche, légèrement rosée, qui fera le plus joli effet, notamment pour des couvertures d’albums et des articles analogues : bien entendu, il faut que ce cuir soit soigneusement séché avant emploi.
- Eau de violettes pour la toilette. — Comme la plupart des parfums et des composés analogues, cette eau ne contient pas la moindre parcelle de la fleur dont elle porte le nom. On la
- prépare en faisant dissoudre, dans 80 parties en poids d’eau de Cologne, une demi-partie de bois de sandal, 1 partie d’essence de bergamote, une demi-partie d’essence de géranium rose ; puis on ajoute à cette dissolution 64 parties de teinture d’iris et 16 parties de teinture de vaniline. On laisse reposer durant trois jours ; il ne reste plus alors qu’à ajouter tout doucement et en remuant constamment 96 parties d’eau de rose, et à laisser reposer encore deux semaines. On filtre ensuite, et l’on fait bien, pour donner une apparence convenable, de colorer avec un peu de chlorophylle ou de vert d’aniline.
- Ammoniaque à la violette. — Cette préparation, un peu bizarre au premier abord, est signalée par Pharmaceutical Era. On place du carbonate d’ammonium réduit en poudre grossière dans une bouteille, puis on mouille cette poudre avec une mixture faite de 75 grammes de teinture concentrée de racines d’iris, de 4 grammes d'esprit aromatique d’ammoniaque, et enfin de 12 grammes d’extrait de violette.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU GEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 février. . . — 3U,2 S. E. 1. Nuageux. 0,0 Peu nuag. jusqu’à 7 h. ; très nuag. ensuite ; forte neige de 10 h. 1/2 à midi.
- Mardi 11 - 3",0 S. W. 2. Beau. '2,6 Couv. à 1 h. ; quelques nuages ensuite.
- Mercredi 12 - 5°,0 N. E. 1. Beau. 0,0 Peu nuag. de 14 à 17 h. ; beau avant et après.
- Jeudi 13 — 2\6 N. E. 2. Nuageux. 0,0 Très nuag. ; halo et parhélies.
- Vendredi 14 ... . — 2\8 N. N. E. 5. Nuageux. 0,0 Nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite.
- Samedi 13 — 5\1 N. N. F„ 2. Nuageux. 0,0 Très nuag. de 4 à 18 h. ; beau avant et après.
- Dimanche 16 — 8\0 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau.
- FEVRIER 1902. — SEMAINE DD LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 FÉVRIER.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction au vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à Pabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La neige. Le froid. — La neige est tombée en abondance, à Paris, le lundi 10 février, de 10 heures du matiu à midi. On a également signalé une chute cle neige abondante à Arras le même jour dans la matinée. Une neige serrée n’a cessé de tomber aussi à Bruxelles et dans les environs, couvrant le sol sur une épaisseur de 0",30. La circulation des tramways a été interrompue. On a du reste constaté une dépression barométrique (730 mm) qui a passé le 10 février sur la Bretagne qui a amené de grandes chutes de neige dans le nord-ouest et le nord de la France. La température a été, le 10 lévrier, dans la matinée —3° à Paris, 15° à Alger, -4- 13° à Rome,
- — 5° au puy de Dôme, — 6° au mont Aigoual et — 12° au pic du Midi. Les 11 et 12 février, on a signalé des chutes de neige ou de pluie dans l’ouest et le centre du continent, ainsi qu’une baisse générale de température sur toute l’Europe. On constatait le matin — B° â Paris, 0° à Clermont-Ferrand,
- — 29° à Haparanda.
- Le 13 février, le baromètre est resté bas dans le nord du continent ; il est monté dans le nord-ouest et sud-est. On a signalé en France de fortes pluies dans le sud, et de la neige dans l’est; on a recueilli 32 mm d’eau à Nice,
- 28 à Cette, 6 à Lyon, 5 à Biarritz. La température était le matin de — 3° à Paris,^ -+-10° A Marseille, 16° à Alger. Le 11 février, des pluies sont encore tombées à Lyon (8 mm), à Toulouse (5 mm) et. à Nice (4 mm). La température est descendue à — 32° à Haparanda. A Paris, La température moyenne de la journée a été de — 0\t, avec un maximum de 2°,6 et un minimum de —3°,2. Le 13 février, la température s’est fortement abaissée; on a noté le matin —3° à Paris, — 6° à Clermont-Ferrand, — 12° au mont Ventoux et — 23° au pic du Midi. Le 16 février, il a neigé en France dans le Sud et l’Est; le matin, on notait — 8° à Paris.
- Crue de la Seine. — La S une a subi une crue du 8 au 12 février. Le 14 février, la teinte des eaux est devenue plus claire ; mais bien que, par suite des manœuvres de barrages, le niveau de la Seine se soit abaissé sur quelques points, les eaux ont continué à monter un peu plus loin, et se sont élevées presque jusqu’au sommet des berges et des quais dans la région de Villeneuve-Saint-Georges et de Choisy-le-Roi. La Marne a subi une grande crue le 11 février; bien qu’elle n’ait pas débordé, les riverains ont dû prendre les précautions d’usage.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 15, à 3 h. 6 m. du soir.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro,, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La nouvelle loi relative à la protection de la santé publique a été promulguée au Journal Officiel du 19 février 1902. Entre autres dispositions de première utilité elle interdit, par son article 28, à peine de 11 à 15 francs d’amende et même de cinq jours de prison selon les circonstances (art. 479 et 480 du Code pénal), « l’abandon de cadavres d’animaux, de débris de boucherie, fumier, matières fécales et, en général, de résidus animaux putrescibles dans les failles, gouffres, bétoires ou excavation de toute nature.... Tout acte volontaire de même nature sera puni de peines portées à l’article 257 du Code pénal. » (Un mois à deux ans de prison et 100 à 500 francs d’amende.) Ainsi se trouve enfin reconnu «t frappé d’une sanction pénale le grave danger de contamination des eaux souterraines des terrains calcaires qu’a signalé ici même, il y a dix ans, pour la première fois (voy. La Nature, n° 994 du 18 juin 1892, p. 43), notre collabQrateur M. E.-A. Martel, et sur lequel il n’a pas cessé depuis lors, dans chacune de ses explorations annuelles de gouffres et de cavernes, de multiplier de précises observations et d’attirer sans relâche l’attention des corps savants et des pouvoirs publics. Il faut souhaiter qu’en pratique l’application, qui n’est que trop tardive, de cette salutaire prohibition ne demeure pas lettre morte.
- -®- Très prochainement, va être inauguré, à Berlin, le premier Métropolitain aérien qui soit en Europe. Commencée en 1890, la ligne dont le développement total est d’environ 10 kilomètres, desservira les quartiers sud de la ville, allant d’une extrémité à l’autre, du pont de Varsovie à l’est, au jardin zoologique à l’ouest. En comprenant le prix d’acquisition du terrain, les dépenses nécessitées par l’établissement du Métropolitain aérien ont atteint 31 millions 250 000 francs. Sauf sur une distance d’un kilomètre, entre INolléndorf-Platz et le terminus du Jardin zoologique, où elle est souterraine, la ligne a été construite sur une sorte de viaduc métallique dont le tablier se trouve à 4m,50 au-dessus'du niveau des rues. Ce viaduc ainsi que les stations, particulièrement celle de Postdamerstrasse, ont été établis par les), ingénieurs et architectes de la Compagnie avec un réel souci de l’art. Les piliers, comme la superstructure, sont d’une élégance et d’une légèreté.qui en font presque un ornement pour la capitale allemande. L’énergie électrique est fournie par une usine centrale disposée à peu près à mi-route et pouvant débiter un courant très puissant. Elle renferme trois dynamos d’une puissance totale de 2700 chevaux. Les trains de trois voitures, pouvant transporter à la fois 172 voyageurs, seront lancés, à 2 minutes 1/2 d'intervalle, à la vitesse de 50 kilomètres à l’heure, de 5 heures du matin à minuit. Plus tard, le service sera prolongé, et le nombre des trains, actuellement de 28, •doublé ou triplé.
- —®— Le préfet de la Seine a désigné les six maisons primées au concours ouvert entre les architectes et les propriétaires des maisons construites en 1900. Ces six maisons sont : 1° un hôtel de la rue Octave-Feuillet; 2° la maison du 21, rue Monsieur: 3° celle du 85-87, faubourg Saint-Martin; 4° celle du 170 de la rue de la Convention ; 5° celle du 81, avenue Malakoff ; 6° celle du 3 de la rue Danton. Cette désignation n’est pas purement honorifique, puisque, d’une part, les six propriétaires seront exemptés de la moitié des droits de voirie afférents auxdites maisons, et que, d'autre part, les architectes et les entrepreneurs recevront les uns une médaille d’or, les autres une médaille de bronze. Le rapport du jury de concours est d’ailleurs fort élogieux.
- —®— Il y a bien quarante ans que l’on n’avait observé le 17 février une aussi grande quantité de neige dans les cantons de Saint-Auban. La couche a atteint plus de 3 mètres d’épaisseur. Le petit village de Thorenc s’est trouvé isolé du reste du monde pen-
- dant plusieurs jours. Les routes sont restées impraticables à une distance de 12 kilomètres à la ronde. La poste et le télégraphe n’ont pas fonctionné pendant deux semaines.
- —®— L’administration forestière évalue à 11 millions de francs le montant des dégâts commis dans les forêts des Vosges par les derniers orages, et le chablis à 750 000 mètres cubes.
- —®— Nous trouvons, dans un des derniers numéros de YEngineering, une statistique intéressante montrant les progrès de la navigation à vapeur et le déclin de la navigation à voile, l’une augmente sans cesse au détriment de la seconde. En 1891, il y a dix ans, la voile occupait encore la première place : ainsi sur un total de 19 millions de tonnes représentant la flotte commerciale du monde, les voiliers prenaient plus de la moitié, exactement 10 millions 217 000 tonnes. Deux ans plus tard, il y avait presque égalité de tonnage : 9 094000 pour la vapeur et 9 826000 pour la voile. En 1894, la navigation à vapeur dépassait la navigation à voile de 450 000 tonnes, et depuis l’écart n’a fait que s’accroître, chaque année, au bénéfice de la vapeur. Actuellement, les positions respectives sont les suivantes : 14 665 000 tonnes contre 8 119 000, donnant un total, vapeur et voile, de 22 782000 tonnes. En ce qui concerne le classement des diverses marines du monde en 1901, au point de vue du tonnage de leurs flottes marchandes à vapeur, nous voyons que l’Angleterre arrive en tête de la liste avec 7 millions 817 OOO.tonnes, puis viennent l’Allemagne avec 1 548 OOOtonnes, les Etats-Unis avec 915000 tonnes, la France avec 535 000 tonnes, la Norvège 499000, l’Espagne 455 000 et l’Italie 454 000 tonnes.
- —®— Notre flotte vient de s’accroître d’une très belle unité. La Société marseillaise de voiliers a pris livraison du quatre-mâts en acier Mistral, construit à Nantes par lés Ateliers et Chantiers de la Loire. Ce navire, qui jauge 5700 tonnes, est un des rares voiliers dotés d’un water-ballast, c’est-à-dire de caisses à eau remplaçant le lest.
- —(§)— . La publication American Machinist signale avec éloges le procédé Liébert destiné à fdeter, à obtenir les pas de vis, au moyen d’un fraisage : les machines dont il s’agit peuvent fileter à droite ou à gauche, à un ou plusieurs filets, et suivant un profil quelconque ; le filetage se fait généralement en une seule passe. Pour donner idée de leur productivité, nous dirons qu’elles demandent seulement 90 minutes pour une vis de 51 millimètres de diamètre de 500 de long et d’un pas de 12,6- millimètres.
- —®— Les temps nécessaires à la digestion complète*de divers aliments peuvent être ainsi fixés pour un estomac moyen ; poulet 2h 15; fricassée, 2h 50 ; dinde et oie, 2h 50; agneau, 2h3Î); mouton, 3h 15; veau, 4 heures; bœuf, 5 heures; lard, 4h 30; porc frais, 5h 15 ; saucisse, 5h20; lait, 2 heures; œufs à la coque, 2 heures; œufs durs, 5 heures ; œufs frits, 5h 50 ; pain, 5h 50 ; pommes de terre, 3h 50 ; pommes, 2 heures.
- —®— Le recensement de 1901 accusait à Paris exactement 9? 698 chevaux susceptibles detre réquisitionnés en temps de guerre. En 1902, le nombre des chevaux s’abaisse subitement à 90 796, soit donc 5902 chevaux en moins. Cette diminution provient de la substitution de la traction mécanique à la traction animale dans beaucoup de cas et de la diminution du nombre des chevaux en service dans certaines Compagnies par suite de la concurrence faite par le Métropolitain et les tramways de pénétration. La Compagnie des omnibus avait, l’an dernier, 16 579 chevaux dans ses écuries. Cette année, par suite du nouveau mode de traction employé sur toutes les lignes de tramways et de la diminution d’un ce'rlain nombre de voiture? sur plusieurs lignes, ce chiffre est tombé à 14 600, soit une diminution de 1979 unités. A la Compagnie des petites voitures les chiffres ont aussi fléchi, 10 870 chevaux en 1902 contre 1 1 618 en 1900, c’est-à-dire 748 en moins. Le reste du déficit, 3175 chevaux, est fourni par des particuliers qui ont licencié leur cavalerie et remplacé leurs chevaux par des voitures automobiles.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les transmissions à vitesse variable décrites dans le n° 1499, du 15 février 1902, p. 165, s’adresser à M. R. de Montais, à Beauvoir par Saint-Jean Froidmentel (Loir-et-Cher). — La lampe à arc parlant et chantant se trouve chez MM. Ilcller, Coudray et Ci0, 18, Cité Trévise, à Paris.
- Communications. — 31. L. de Montfleur, au Havre, à propos de la communication de M. Ed. Floury (n° 1498, du 8 février 1902), nous écrit que les lampes à incandescence ont été employées dans les costumes ou dans les .coiffures des danseuses clans le ballet « Namouna » qui fut donné à l’Opéra en 1880 ou 1881, mais certainement avant 1884.
- 31. Ramon Soler, à Barcelone, nous envoie une note sur une bicyclette de son invention qu’il appelle l’Andromobile. Dans cette note il étudie le rendement de l’homme considéré comme machine motrice. D’après M. Soler, les muscles passifs se fatiguent beaucoup plus rapidement que les muscles qui concourent au travail effectif de l’homme actionnant une bicyclette. Dans la nouvelle machine de M. Soler, cette fatigue des muscles passifs serait réduite au minimum.
- M. le Dr Sléphen Artault, à Dijon, nous envoie un opuscule ayant pour titre : « Biologie philosophique. La genèse de la cellule et son évolution ; la loi de limitation de taille et de vie moyenne. La sexualité. L’origine des bactéries. » Le mémoire est extrait du « Bulletin du Syndicat des Pharmaciens de la Côte-d’Or », 1902, n° 20.
- 31. le chevalier Edmond Marchai, secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique, nous fait parvenir une notice dont il est l’auteur et qui a pour titre : « Portrait en bas-relief placé par la Société italienne pour le gaz sur la façade de son édifice à Turin, à la mémoire de J.-P. Minkelers qui a découvert le gaz d’éclairage ».
- Le P. Marc Dechevrens S. J., à Bruxelles, nous adresse une brochure qui a pour titre : La génération de quelques courbés remarquables, par le campylographe du P. Marc Dechevrens. Elle a pour auteur le P. Potron S. J., Bruxelles, Polleuves et Centerick, imprimeurs.
- MM. Maruya et C'e, Libraires à Tokio, nous envoient leur catalogue mensuel le Gakuto (phare de la Science). Ce recueil contient, outre la liste de leurs publications, les réponses faites par 75 lettrés japonais aux questions qu’on leur a posées sur les chefs-d’œuvre de notre civilisation au dix-neuvième siècle.
- Renseignements. — M. le Dr Pellissier, à Toulon. — Ces enveloppes ferrées peuvent être très utiles.
- M. Mauny, à Cerisy-la-Salle. — 1° Nous ne pouvons vous répondre. — 2° Vous trouverez des ouvrages sur l’hypnotisme et les phénomènes psycho-physiologiques à la librairie Vigot frères, place de l’Ecole-de-Méaecine, à Paris.
- M. Chrisostome, à Paris. — En effet, le pic-vert frappe à coups de bec le tronc des arbres, et, reconnaissant au son les endroits creux où se nichent les 'vers qu’il recherche, perce l’écorce pour les atteindre.
- Un vieil abonné, à X. — L’indétermination que vous signalez existe, en effet, pour tous les points situés sur le 180e degré de longitude. Mais comme le long de ce méridien il n’y a pas de terre habitée, il n’en résulte aucun inconvénient pratique. Par convention, le jour change de nom quand on traverse le méridien, et tout est dit. Le pôle est aussi un point d’indétermination complète.
- M. D. Ostamendi, à Buenos-Aires. — Consultez le n° 52, du 28 décembre 1901 et le n° 4, du 25 janvier 1902 du « Journal
- de l’Architecture » éditée par la Société centrale des Architectes, chez M. Schmid, éditeur, 51, rue des Écoles, à Paris.
- M. C. /L, à L. — La réunion a eu lieu à la Société des ingénieurs civils, rue Blanche, à Paris.
- 31. B. Lavaud, à Haïti. — Nous n’avons pas eu sur cet appareil d’autres renseignements depuis l’article que nous avons publié ; nous croyons cependant que le procédé n’est plus exploité.
- M. Bonetti, à Bologne. — Nous vous avons répondu dans la Boîte aux Lettres du n° 1499 du 15 février 1902.
- M. Brice, à Lafrancheville. — Vous pourriez prendre un des filtres suivants : llowatson, 88, avenue de Neuillv, à Neuilly-sur-Seine (Seine) ; Eden-Filtre de MM. Grandjean et Prevet, 30, rue du Faubourg-Poissonnière; stérilisateur Lepage, 107r rue de la Convention, à Paris.
- 31. Daloz, à Bougie. — Pour les machines thermiques à basse température à acide sulfureux, il faut vous adresser à M. le professeur E. Josse, au laboratoire de machines de l’Ecole royale polytechnique de Berlin.
- M. C. B. F., à Saint-Chamond. — Nous ne croyons pas qu’il soit possible de durcir l’aluminium; mais il existe des alliages qui satisferont certainement aux conditions que vous demandez* Société des ateliers Thomé Génot, à Nouzon. — Pour la pince à avoyer les scies, il faut s’adresser à la Taintor M. F. G. C°, à New-York.
- M. Nicolas, à Paris. — Consultez l’Agenda Dunod relatif à la mécanique, à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augus-tins. La formule qui donne au frein de Pronv la puissance P dépensée est la suivante : P = 0,00134 n l p, n étant le nombre de tours par minute de la machine, et l la longueur en mètres du point de suspension du poids p en kg à la verticale passant par le centre de l’arbre.
- M. Eduardo Paria, à Villa Nova de Familicao. — 1° Nous avons déjà indiqué plusieurs adresses de fabricants. — 2° Vous trouverez des ouvrages sur la photogravure à la librairie Gau-tier-Villars, 55 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. Guillaumont, à Paris. — Nous ne pouvons vous renseigner; tous nos regrets.
- M. Ch. Uecoaflé, à Khroub. — Les tuyaux employés pour les nouvelles conduites d’eau sont toujours en fonte.
- M. de T., à Angoulême. — C’est dans une publication allemande que M. Broer a publié ses recettes ; il nous est impassible de retrouver cette revue.
- M. M. Feyeux, à Alger. — l°Le calcul donne un échauffe -ment de 379° C environ, en admettant que Pair obéit à la h i de Mariotte, qu’il n’y a eu aucun échange de chaleur entre l’air comprimé et les corps environnants, et que la température initiale est de 0°C. Avec 18° de tempéralure initiale on atteindrait 690°. — 2° Sous les mêmes restrictions, on trouve 160° de refroidissement à la détente, et pour 18° de température initiale, on atteindrait — 152°. Or l’éther bout à 35°.
- M. Pierre Yialla, à Montpellier. — Vous pourriez prendre du blanc de zinc, ou le lithopone, dont il a été question dans le n° 1495, du 4 janvier T 902, p. 78, et qui se trouve chez MM. T. Hardy-Milori, G. Rémond et C'Y à Montreuil-sous-Bois (Seine). Une peinture au goudron conviendrait également.
- 31. Ch. Beaumord, à Pernambuco. — II faut vous adresser directement au constructeur dont nous avons donné l’adresse en tète de la Boîte aux Lettres.
- M. P. L. R., à Paris. — Consultez « Les premiers principes d’électricité industrielle », par M. P. Janet, à la librairie Gau-thier-Villars.
- M. A. Felys, à Blois. — Lampe à alcool : MM. Schrœdter et C‘% 25, Faubourg Poissonnière, à Paris.
- 31. P. Courant, à Nantes. — Nous ne connaissons pas la composition de cette pâte.
- 31. L. Yidon, à Bourg-Argentai. — L’article que vous demandez se trouve dans le n*” 743, du 27 août 1887, p. 195*
- II a pour titre : La photographie et les faussaires.
- 31. le Fte Karl de Lesseux, à Bains-les-Bains. — II faut mettre environ 3 à 4 kilogrammes de sulfate de cuivre pulvérisé par hectolitre d’eau.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Jerueron. à Paris. Remerciements pour votre envoi ; mais nous ne décrivons que des moteurs construits et pouvant fonctionner. — 31. Salomon, à Agen. Nous n’avons pas perdu de vue votre charrue ; nous en donnerons la description dès que nous le pourrons. — M. Lelany, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr9 série,-à la librairie Masson et Cie. — M. Rebar, à Bordeaux. Ces recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. R. V., à Paris; M. L. R., à Lille. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à'répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Radiateurs Loyal. — Tout le monde sait combien il est important d'avoir un bon radiateur pour assurer le refroidissement de l’eau qui doit circuler autour du moteur. 11 existe déjà un grand nombre de radiateurs; les derniers modèles de M. Loyal offrent de nombreux avantages. Ils sont composés d’un faisceau de tubes de petites sections de 5 millimètres de diamètre, reliés entre eux par des ailettes gaufrées et soudées à
- Radiateur Loyal de lô tubes.
- chaud. L’air peut circuler facilement autour de chaque tube, et le refroidir en partie. Les ailettes recueillent également une partie de la chaleur; mais elles l’abandonnent bientôt à l’air. La maison Loyal construit trois séries de radiateurs, une série de 9 tubes pour les voiturettes (0m,45 de tube par cheval), une série de 13 tubes pour les voitures de 8 à 15 chevaux (0m,50 de tube par cheval), et une série de 20 tubes pour voitures de course (0m,20 de tube par cheval). —• Refroidisseurs Loyal, 204, rue Saint-Maur, à Paris.
- Appareil d’allumage à heure fixe. — Nous avons signalé à différentes reprises des appareils assurant, à distance, l’allumage ou l’extinction de becs de gaz, sous l’influence d’une opération centralisée dans un poste. Mais il existe à Zurich un appareil assez différent dans son principe, quoique pouvant donner en fait les mêmes résultats, et particulièrement
- Appareil d’allumage à heure fixé.
- intéressant en ce sens qu’il commande un bec, un brûleur, une lampe, considérés individuellement. Cet appareil consiste dans un mouvement d’horlogerie de fabrication supérieure, constitué de manière à ne pouvoir être influencé par les changements de température : la condition était nécessaire pour un dispositif qui est exposé à toutes les intempéries et monté tout uniment en haut de la colonne des becs de gaz, sous la lanterne même. Il est hermétiquement enfermé dans une boîte en cuivre, qui contient les soupapes d’admission du gaz, lesquelles sont, bien entendu, isolées complètement par des
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- cloisons étanches du mouvement d’horlogerie, afin d’éviter toute chance d’explosion. Comme on peut le pressentir déjà, ces soupapes sont commandées par le mouvement même d’horlogerie. L’appareil est disposé au centre d’un support en fer forgé de forme un peu spéciale, soulevant la lanterne «au-dessus du lampadère, et cette monture, qui affecte grossièrement la forme d’une lyre, est assez mince pour ne point porter ombre ; il y est fixé par deux boulons c c, et se relie à la conduite du gaz par des manchons filetés a et b.
- Le mouvement d’horlogerie est fait pour marcher vingt jours, mais on le remonte toutes les quinzaines pour qu’il n’y ait pas d’arrêts intempestifs. Comme il faut toujours nettoyer les lampes de temps à «autre, on profite de cette visite pour changer les heures d’allumage, en modifiant un peu, comme on le fait pour un réveil, le moment du déclenchement qui ouvre ou ferme la soupape. Par conséquent, le remontage et le réglage n’entraînent aucune dépense supplémentaire, et par contre on* n’a point à payer d’allumeur. Les lampes sont indépendantes, et les heures d’allumage ou d’extinction correspondent exactement aux besoins de la rue où est monté le bec de gaz; d’ailleurs, si on le veut, les opérations d’allumage ou d’extinction se font avec une simultanéité presque absolue. L’ouverture graduelle de la soupage ménage fort bien les manchons à incandescence, le gaz s’allumant peu à peu à. la veilleuse naturellement indispensable. Il y a des variétés de ce système, par exemple pour allumer ou éteindre d’abord un seul des deux becs de la lampe; enfin certains de ces appareils sont munis d’une clef permettant l’allumage à la main. Zurich, Genève, Lucerne, Winterthur possèdent déjà un grand nombre de ces installations. S’adresser à Actien-Gesellschaft fin* auto-matische Zund und Losschapparate, à Zurich.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Régime des diabétiques.
- Plaignez les malheureux affligés de cette infirmité, d’abord parce qu’elle est des plus sérieuses par elle-même et qu’elle expose à de graves dangers en cas d’autre maladie. Je dis infirmité, c’est qu’en effet le diabète reste souvent ignoré, ce qui prouve qu’il ne cause pas au début beaucoup de troubles dans l’économie. Mais un beau jour on se plaint de malaises, de soif vive; un médecin devine votre mal, fait examiner l’urine et l’on découvre du glycose en abondance.
- Alors commence la vie pénible : sous le coup de cette épée de Damoclès il faut se soigner, il faut éviter toutes les causes qui l’ont amené, surmenage intellectuel, soucis d’affaires; il faut surtout se soumettre à un régime sévère. Plus de sucre, plus d’aliments sucrés, plus de farineux, plus de féculents, le moins de pain possible. Et l’on vous condamne à ces horribles
- firoduits ne contenant plus les principes nocifs, ayant du pain es apparences, mais bons, comme on dit, à jeter aux chiens, pains de gluten, pains légumineux, gâteaux polvpharmaceu-tiques. On a, paraît-il, dépassé le but et défendu sottement des produits alimentaires qui peuvent se prendre en toute sécurité, eût-on les doses de sucre les plus fantastiques. C’est le Dr Mossé, de la Faculté de Toulouse, qui a repris une idée émise jadis par Dujardin-Beaumetz que la pomme de terre n’était pas un féculent comme un autre et qu’on pouvait parfaitement le permettre aux diabétiques.
- La pomme de terre, en effet, contient beaucoup d’eau, beaucoup de cellulose et quand un malade en a absorbé une quantité en apparence très considérable, il a, en réalité, absorbé très peu de fécule, beaucoup moins qu’avec une proportion bien moindre de pain. Mossé, fort de l’expérience suivie depuis des années et dont il a fait connaître les principaux résultats au Congrès d’Ajaccio et plus récemment à l’Académie de médecine, considère que la pomme de terre, loin d’être nuisible, est utile et nécessaire dans la cure du" diabète. Elle se substitue d’une façon avantageuse au pain que tout Français consomme en quantité. Mossé donne la pomme de terre de façon à remplacer la ration alimentaire du pain supprimé, c’est-à-dire trois fois plus de pomme de terre que le pain en poids.
- Sous l’influence de ce régime, le sucre diminue, alors même qu’on a affaire à des variétés différentes de diabètes, gras ou maigres; le sucre diminue et cependant les hydrates de carbone sont absorbés et utilisés dans l’économie.
- Mossé explique ces résultats par la composition chimique de la pomme de terre. Comme je le disais, elle contient beaucoup plus d’eau que le pain, mais elle contient aussi des sels de potasse et de soude dont l’influence se fait sentir très heureusement chez les diabétiques. La pomme de terre est donc un adjuvant utile du régime des diabétiques. Plus de pain, mais des patates en robe de chambre ou à tout autre assaisonnement. Dr A. C.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Imperméabilisation des souliers. —Dans 10 parties d’huile d’olive, on fait dissoudre 4 parties de suif, puis 1 de sperraaceti et autant de cire ; on étend sur les chaussures.
- Cire it modeler. — On se procure un mortier et l’on y jette simultanément 0 parties de cire blanche, 1 de saindoux et 1 également de craie ; on broyé et l’on malaxe sous le pilon jusqu’à avoir un mélange intime et homogène des trois ingrédients.
- Poudre pour faire pondre les volailles. — Il ne faut pas se faire d’illusions : chaque fois que, par un moyen artificiel, on surexcite la pondaison chez les volailles, on gagne en produit ce qu’on perd en durée, autrement dit, dans un langage moins mécanique, on épuise les animaux; et bientôt ils ne sont plus bons qu’à tuer... et encore. Néanmoins, comme on peut avoir un intérêt temporaire à activer cette pondaison, voici deux formules de poudres qu’on peut faire ingurgiter dans ce but aux poules. — lre formule : 2 parties de poivre de Cayenne,
- 4 d’épices (les 4 épices) et 6 de gingembre. On mélange bien, et l’on en ajoute une cuillerée à café à chaque demi-kilo de ce qu’on donne à manger aux volailles,- cela deux ou trois fois par semaine. On fait bien d’introduire dans leur ration de la viande fraîche finement hachée. — 2e formule : Coquilles d’œufs pulvérisées, 4 parties (en poids comme dans le cas précédent); piment en poudre, 4 parties; autant de sulfate de fer, puis 2 parties seulement de fœnugrec, un de poivre noir pulvérisé, 2 de sable, et enfin 6 de poudre de ces biscuits pour chiens qui contiennent de la viande. Il faut une grande cuillerée de la mixture pour la ration de 20 poules.
- Le netloijaye du marbre. — Prendre 2 parties de bicarbonate de soude, puis 1 partie seulement de ponce en poudre, et enfin la même proportion de craie finement pulvérisée. On passe à travers un tamis fin, ce qui arrête toutes les particules un peu grosses susceptibles de rayer le marbre ; puis ajouter au mélange pulvérulent assez d’eau pour former une masse pâteuse. On l'emploie à frotter vigoureusement le marbre, et on termine le nettoyage avec de l’eau et du savon.
- . BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 février. . . - 7°,1 N. Très nuageux. 0,0 Beau jusqu’à 6 h. ; couv. ensuite.
- Mardi 18 - 2°,1 N. N. E. 0. Couvert. 0,0 Couv. ; petite neige de 11 h. 10 à 14 li.
- Mercredi 19 0°,0 E. 1. Couvert. 0,4 t’ouv. jusqu'à midi et après 21 h.; beau le reste du
- Jeudi 20 * IM N. E. 1. Couvert. 0,0 t&Iïl ps • Couv. jusqu’à 11 h.; puis nuageux; beau après 12 h.;
- bruine à 4 b. ; petit brouill. à 6-7 h.
- Vendredi 21 ... . 0U,0 E. S. E. 1. Quelques nuages. 0,0 Couv. à 1 h. ; beau ensuite.
- Samedi 22 - 1»,5 S. E. 1. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 13 b., peu nuag. ensuite ; halo.
- Dimanche 23 4»,3 S. 2. Couvert. 0,0
- FÉVRIER 1902. — SEMAINE DU LUNDI 17 AU DIMANCHE 25 FÉVRIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 « 1(J : les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes ua luiliqueitt.
- courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre a taon a boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tempêtes de neige en Amérique. *— Une violente tempête a sévi depuis le 16 février pendant quelques jours à New-York et la neige est tombée en grande quantité. Tout trafic a été suspendu et les services des chemins de fer et des tramways ont été désorganisés, Un grand nombre de rues ont été bloquées, malgré l'usage des chasse-neige. La circulation a été presque interrompue.
- Des milliers de personnes habitant les faubourgs se sont trouvées dans l’impossibilité de parvenir en ville; 15000 ouvriers ont été employés à déblayer les rues. Dans les chemins vicinaux, la neige a atteint parfois une hauteur de 3 à 4 mètres.
- La tempête s’est étendue des Etats de l’Est jusqu’à la Caroline du Sud et elle a fait rage sur l’Atlantique. On a signalé un grand nombre de naufrages.
- Te temps*. — Le temps a subi cette semaine quelques modifications. Le 17 février, le baromètre descendait de 12 mm en Gascogne et en Bre-
- tagne et de 11 mm dans le Pas-de-Calais. La température s’abaissait en Irlande et dans le sud-ouest de la France ; le matin, on notait — 7° à Paris,’
- — 6° à Toulouse, —6° au mont Ventoux. Le 18 février, des neiges et des plaies étaient encore signalées sur le midi de la France. La température moyenne à Paris était de — 3°,8, inférieure de 7°,8 à la normale. La neige est tombée à Paris de midi 30 à 2 heures. Le 19 février, temps de neige. Le 20 février, temps pluvieux. Le 21 février^ le vent a soufflé généralement de l’est sur nos côtes, où il était faible ou modéré. Des pluies sont tombées dans quelques stations de l’Autriche et de l’ouest de l'Irlande. Eu France, on a recueilli seulement 6 mm d’eau à Perpignan et au cap Béarn. Le matin, le thermomètre marquait : — 19° à Moscou, —- 6° à Cracovie, 0° à Paris, •+-14° à Malte. On notait: —2a au puy de Dôme,
- — 5° au mont Aigoual, — 5° au mont Ventoux, —9° au pic du Midi. Le 22 février, il a plu à Toulouse (8 mm), à Biarritz (2 ir.m), à Perpignan (1 mm). La température moyenne à Paris a été de 4°,7. Pluie à Paris les 24 et 23.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 22, à 1 h. 13 m. du soir.
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- 1502 (8 mars 1902), du journal « LA NATURE
- M. HENRI DE PAR VILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Dimanche prochain, 9 mars, le Muséum d’Histoire naturelle sera en fête. Il célébrera le cinquantenaire scientifique de l’éminent professeur de Paléontologie, M. Albert Gaudry, membre •de l’Institut, vice-président de l’Académie des sciences. La* cérémonie •aura lieu à 10 heures du malin, dans la nouvelle galerie de Paléontologie, 5, place Valhubert. Elle sera présidée par M. Leygues, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts.
- —®— Le Concours général annuel d’animaux gras, organisé sous la direction de M. Menault, inspecteur général, a ouvert ses portes le 1er mars et les a fermées le surlendemain. Certains sujets de Espèce bovine ont atteint des poids invraisemblables. Un bœuf de Madagascar portant une forte gibbosité sur son dos, seul de son espèce, a particulièrement attiré l’attention. Le jury a accordé neuf prix d’honneur, consistant en un objet d’art. Ils se répartissent ainsi : Race bovine : bœufs et vaches, les deux prix, à M. Pierre Dodat, à la Ferté-Hauterive (Allier) ; bande de bœufs, à M. Alphonse Colas, à Saint-Jean-aux-Amognes, par Saint-Benin-d’Azy (Nièvre). Race ovine : Lot de moutons ou de brebis, races françaises, M. Paul Hermand, à Laloge (Aisne) ; lot de moutons ou de brebis, races étrangères, M. Auguste Masse, à Germigny-l’Exempt (Cher); bandes de moutons ou brebis, à M. Jean Dodat, à la Ferté-Hauterive (Allier). Race porcine : 2 prix à M. Victor -Rouland, à Evron (Mayenne). Volailles : prix à M. Louis Lebled, à Bousse (Sarthe). La prochaine Exposition du Concours agricole (animaux reproducteurs aura également lieu au grand Palais du 7 au 16 avril prochain.
- —(g)— On a inauguré le 1er mars à 6h25, heure de l'allumage des phares, celui de l’île Vierge, le plus haut du monde et dont la construction, commencée en 1897, n’a pas coûté moins de 412 000francs. Nous décrirons le nouveau phare dans notre prochain numéro.
- —Les animaux féroces vont avoir à Paris au Muséum un nouveau palais. Les aménagements les plus modernes et les plus confortables seront adoptés pour les difficiles pensionnaires de M. Perrier. Les bâtiments seront construits en rotonde et d’immenses cages ayant plus de la mètres de haut seront réservées aux pachydermes. Du reste, le diamètre des nouvelles constructions sera de la longueur des bâtiments actuels. On y réservera un laboratoire de psychologie zoologique, ayant pour objet l’élude du caractère et du sentiment chez les animaux.
- —Hécatombes de chiens en 1901 à la fourrière de Paris. 9961, tant pour Paris que pour la banlieue. Sur ce nombre, 1012 ont été réclamés par leurs propriétaires ; la sinistre boîte à gaz en a asphyxié 7638, qui ont été ensuite livrés à l’équarisseur et, sur les 1301 autres, la plupart ont servi à des expériences de vivisection. Il ne faudrait pas croire que la Ville ne tire pas profit des nombreux cadavres du plus fidèle ami de l’homme. Elle vend chaque peau 0tr,41, et c’est ainsi que, sans s’en douter aucunement, les chiens errants ont contribué, pour 3975fr,31 à l’équilibre du dernier budget municipal.
- __g>— M. Bergier vient, d’après le Génie civil, d’imaginer un
- procédé et aussi une composition qui permettent de revêtir intérieurement des tuyaux métalliques d’une couche de verre qui les protège de l’action des liquides y circulant, et qui s’y maintient fort solidement, parce que cette couche vitrifiée a une dilatation ^comparable à celle du métal. Le verre est composé de 100 kilo-’grammes de sable très sec, de 83 de potasse ou de soude, de 2 de nitrate de potasse ou de soude, de 15 de minium, de 5 dé marbre pulvérisé, de 0,10 de bichromate, de 0,05 d’oxyde rouge de cuivre et de la même quantité de régule d'antimoine. Le tuyau à revêtir de verre est chauffé au rouge blanc et placé sur une matrice sup-
- port, puis on y introduit le verre préalablement soufflé en forme de fuseau. On reprend à souffler pour que la masse pâteuse s’applique sur le métal, et s’il y a des branchements se reliant au tuyau principal, on y tire la masse au moyen d’une canne garnie de verre en fusion.
- —®>— On a mis assez couramment en service depuis quelque temps, en Angleterre, un laveur de grain du système Howes, qui comprend à la fois un laveur proprement dit et un séchoir, et qui donne des blés absolument propres et fournissant des farines tout à fait blanches et de belle qualité. Le laveur est un récipient conique avec une poche à soupape pour recueillir et évacuer les boues et impuretés, tandis qu’une décharge superficielle permet de laisser partir les grains trop légers et tous les déchets pouvant Botter. Après une opération de lavage, les grains de bonne qualité sont entraînés par un courant d’eau dans la partie inférieure du séchoir, où ils sont séparés de l’eau sur une tôle perforée. Ils sont alors mélangés par un agitateur rotatif et frappés par un courant d’air sec qui les sèche en les chassant vers le haut de l’appareil, d’où ils sortent finalement, par un canal supérieur, pour être emmagasinés.
- —®— Un inventeur allemand, M. Lehmann, a imaginé un système de voie ferrée légère du type monorail dont nous trouvons une description dans la publication Centralblatt der Bauver-ivaltang, et qui rappelle beaucoup un système français que nous avons eu occasion de décrire jadis. Chaque wagon, qui a besoin d’être maintenu en équilibre latéral soit par un homme, soit par une bête de trait attelée sur le côté à une tige transversale, repose sur le rail unique par deux roues disposées en prolongement l’une de l’autre. Ces roues sont montées dans le châssis du wagon par l'intermédiaire de chapes pouvant tourner autour d’un axe vertical. Les moyeux de ces roues sont à roulement à billes, de même que les boîtes des axes verticaux des chapes. Le rail se pose à plat sur le sol.
- —®— Le New-York Alhlelic Club s’est fait récemment construire une grande piscine de natation qui n’a pas moins de 23 mètres de long sur une largeur d’un peu plus de 7 mètres ; la profondeur y oscille entre 2m,50 sur les bords et 5m,10 milieu; cette piscine est couverte par un grand hall. Elle contient 400 mètres cubes d’eau; l’alimentation se fait normalement avec les conduites de la ville, mais après passage de cette eau à travers un filtre à sable et deux filtres à charbon; on a la possibilité d’en élever rapidement la température au moyen de nombreuses canalisations d’eau chaude débouchant dans le bassin.
- —(§)— M. Sivi, propriétaire à Bury (Oise), possédait une intéressante collection gallo-romaine dont la Société académique de l’Oise vient de se rendre acquéreur des principales pièces. Cette collection comprend un grand nombre d’objets provenant d’une nécropole gallo-romaine, découverte il y a quelques années dans la propriété de M. Sivi : vases en terre rouge et noire, biberons, gourdes, coupes, pots à boire décorés de plantes et de fleurs, quelques-unes présentant même des ornements en relief ; plusieurs pièces en verre irisé, barillets, petits ballons, verres à boire et enfin une très jolie aiguière, d’une grande élégance. Ces précieux spécimens de l’art gallo-romain seront déposés au musée de Beauvais.
- —(g)— Une maladie nommée « peste des écrevisses » sévit, en ce moment, sur les écrevisses des lacs et des ruisseaux allemands. Dans la région fluviale entre Berlin et Wrietzen, les écrevisses ont disparu, et celles qui habitaient le lac du Gamen sont attaquées. Le Dr Eckstein, professeur à la Faculté d’Eberswald, a reçu la mission de faire des recherches bactériologiques. La cause de l’épidémie est due à un bacille, le bacillus pestis Astaci. Le Dr Bruno Ilofer le caractérisa lors de la « peste des écrevisses » qui a sévi en 1878 et qui anéantit presque ces crustacés dans l'ouest de l'Europe.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la construction des angles sans rapporteur, s’adresser à M. Pouecli, 514, rue des Pyrénées, à Paris'.
- Communications. — M. A. T., à Mulhouse, en réponse à la deuxième partie de la question n° 1254 que nous avons insérée dans la Boîte aux Lettres du n° 1500 du 22 février 1902, nous écrit qu’il a reçu dernièrement la visite d’un voyageur de la maison Cari Schmidtkt, à Saarbrück, qui fournit un appareil à copier les lettres dont voici le principe : Dans une grande boîte en fer-blanc contenant de l’eau, on superpose plusieurs cartons préparés, qu’on y laisse pendant 10 minutes; puis on les retire et on les comprime sous la presse entre des cartons huilés. Les cartons préparés resteront assez humides pour pouvoir être utilisés pendant 15 jours et mouiller le papier du copie de lettres. Notre correspondant n’a pas expérimenté le procédé.
- Renseignements. — M. V. J. L., à Paris. — Nous attendons d’avoir des renseignements complets pour publier un article sur cette question. Remerciements.
- M. Félix Triaca, à Milan. Nous ne connaissons pas la pile dont vous parlez. Tous nos regrets.
- M. H. Pol, à Paris. — Nous n’avons pas, sur la photographie composite publiée dans le n° 1489 du 7 décembre 1901, d’autres renseignements que ceux donnés dans notre article. Veuillez nous indiquer le point particulier qui vous embarrasse.
- M. C. Veyre, à Lyon. — Nous ne croyons pas qu’il existe de livre donnant les renseignements que vous désirez; mais vous pouvez demander le catalogue de la maison Maiche, 568, rue Saint-Honoré, à Paris.
- M. H. Pojatzy, à Deutschlandsberg. — L’adresse que vous demandez est la suivante : M. E. Billet, à Marly-lez-Valenciennes (Nord).
- Association des élèves capacilaires de l’école Industrielle, à Morlanevelz. — Le « lithopone » décrit dans le n° 1495, du 4 janvier 1902, se trouve chez E. Hardy-Milori, G. Rémond et Cie, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- M. O. Leclerc, à Bruxelles. — L’adresse dont vous parlez a été donnée en tète de la précédente Boite aux Lettres.
- 4L Decouflé, à Khroub. — Nous vous avons répondu dans la Boîte aux Lettres du n° 1500, du 22 février 1902. Nous n’avons pas toujours toutes les adresses qui nous sont demandées, et nous sommes souvent obligés d’écrire pour nous les procurer ; c’est ce qui explique le retard.
- 4f. E. Tonnoir, à Bruxelles. — Il existe un grand nombre de fabriques d’alcools dénaturés. Nous vous citerons, entre autres, M. E. Bénard, 159, rue Etienne-Marcel; M. H. Boyer, 110 bis, rue Saint-Antoine, à Paris; M. Corbrion, aux usines d’Alfort (Seine), et M. Dufour, 122, rue de Lagny, à Montreuil-sous-Bois (Seine).
- M. le baron Prévost, à Paris. — 1° Nous ne connaissons pas le constructeur de l’appareil à acétylène que vous mentionnez ; mais nous avons commencé des recherches pour le trouver. —
- 2° Il n’est pas question de semi-carbazides dans les traités de chimie organique ; il faudrait consulter un chimiste à la Sorbonne ou à l’Ecole de physique et de chimie, 42, rue Lhomond.
- M. Roverano, à Saint-Raphaël. — Consultez le catalogue de la maison E. Sergot, 44, rue des Vinaigriers, à Paris. 11 nous semble plus économique et plus pratique d’employer un ventilateur hydraulique.
- M. J. Girardot, à Paris. — Vous trouverez une colle de ce genre dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5me série, à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. M. S., à Carthagène. — 1° Adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, 55 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris. — 2° Nous vous conseillons de consulter le « Volta », annuaire de renseignements sur l’Electricité, 55, rue Lafayette, à Paris. - 5° Compagnie française du celluloïd, 11, rue Bailly, à Paris.
- M. J. S., à Le Châtelard. — La peinture « Le Ripolin » ourrait vous convenir; adressez-vous au siège de la Société, , place de Valois, à Paris.
- M. C., Veron, à Rennes. — L’adresse du constructeur a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du numéro même qui en contient la description.
- M. E. B., à Saragosse. — Nous ne croyons pas qu’un ouvrage ait été publié sur cette fabrication ; il "a peut-être paru des articles dans des journaux techniques. Voyez toutefois à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. G. Potel, à Oviedo. — On a fait une série de recherches-qui n’ont pas encore donné de résultats.
- M. P. Lalanne, à Bordeaux. — Ces lampes ne se trouvent pas encore dans le commerce ; elles sont en essais dans le laboratoire.
- M. F. Gebhart, à Nice. — Vous pourriez peut-être consulter l'ouvrage « Teinturier, apprêteur et dégraisseur » dans la collection des manuels Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- Abonné 2254, à Avignon. — 1° Vous aurez tous les rensei-nements que vous demandez en vous adressant à M. Dussaud, 9, rue Guillaume-Tell, à Paris. — 2° Nous transmettons votre demande à la librairie Masson.
- M. G. K., à Lille. — Il ne faut pas faire fonctionner votre dynamo à une différence de potentiel supérieure à la différence de potentiel normale.
- M. Lecoq, à Vitry-le-François. — L’adresse que vous demandez est la suivante: M. le DrCartaz, 59, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. Duruy, à Brest. — Nous ne croyons pas qu’aucune étude de ce genre ait encore été faite.
- M. Borret, à Nancy. — Pour connaître les résultats que peut fournir cette pile, il faut la faire débiter à un régime donné, et mesurer l’intensité en ampères, la différence de potentiel aux bornes en volts, et la durée de marche.
- M. E. Borremans, à Forest-lez-Bruxelles. — Nous ne pouvons mieux faire que de vous adresser à M. Gandillot lui-même, 145, boulevard Pereire, à Paris.
- M. P. Ducoté, à Fleurville. — Vous pourriez vous adresser à l’une des maisons suivantes : M. D’Hu, 57, boulevard de Strasbourg; M. Ranelet,94,rue Montmartre; M. Tivolle,7,avenue Trudaine, à Paris. Vous trouverez une formule de bain pour dorure dans les Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson.
- M. P. Dupont, à Paris. — 11 convient d’abord de choisir un fer déterminé, et d’en faire une étude complète au laboratoire.
- M. D. L., à Paris. — Nous avons indiqué l’adresse des établissements Jussy, qui fabriquent la motosacoche, en tète de la Boite aux Lettres du numéro qui en contient la description (n° 1497 du 1er février 1902, p. 140). Gette sacoche se trouve maintenant aussi chez M. Cuillery, 15, rue du Louvre, à Paris.
- M, Félix François, à Saint-Etienne. — La nouvelle pompe rotative que nous avons décrite dans le n° 1500 du 22 février 1902, p. 189, est construite par M. G. Anceaux, 10, boulevard de la Bastille, à Paris.
- M. C. Choux, à Lyon. — Nous vous avons répondu dans la Boîte aux Lettres du n° 1500, du 22 février; nous n’avons pu retrouver les adresses que vous demandiez.
- M. D. R., à Paris. — Vous trouverez tous les appareils de mesure électriques industriels qui vous sont nécessaires chez MM. Arnoux et Chauvin, 186, rue Championnet, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — A/. L. R., à Paris.
- Nous ne pouvons vous renseigner; adressez-vous à une agence de brevets. — M. D. Buron, à Lille. Cette machine n'a jamais été construite. — M. Léon Dubat, à Brest. Il faudrait que nous connaissions le diamètre du cylindre que vous voulez employer pour pouvoir vous répondre. — M. D. L., à Paris; M. R. V., à Orléans. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cio. — M. P. Ledrant, à Paris. Consultez le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. G. R-, à Paris; M. L. Q., à X. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS*
- Nouvelle machine à cigarettes. — M. L. Tissier, le fabricant bien connu de machines à cigarettes, vient d’imaginer le nouveau modèle que représente la figure ci-jointe et qui emploie des tubes de cigarettes. Cette machine se compose d’une tige qui se déplace horizontalement à l’aide d’une petite crémaillère et d’une manivelle. A la partie antérieure est une partie en forme de cylindre, dite en bec de flûte, se déplaçant
- Nouvelle machine à cigarettes.
- dans une cavité où l’on met le tabac en le pressant un peu. On met d’abord un tube de cigarettes vide sur le bec de flûte en ayant soin de l’enfoncer jusqu’au bout ; puis on place le tabac nécessaire pour une cigarette dans la cavité de la machine en le tassant. On rabat le levier jusqu’à fond de course. On tient alors la poignée de la main gauche sans appuyer et de la main droite on tourne la manivelle jusqu’au fond de course. Le tabac est transporté dans le tube; en détournant la manivelle,la cigarette tombe toute faite. — La nouvelle machine à cigarettes se trouve chez M. L. Tissier, 36, nie Saint-Sabin, à Paris.
- Le jeu des œillets coureurs. — Parmi les jouets exposés au concours ouvert par M. le Préfet de police à la fin de l’an dernier, il en est un qui est basé sur une remarque assez curieuse : lorsqu’on fait vibrer une corde sur laquelle
- Le jeu des œillets coureurs.
- on a enfilé un œillet métallique, celui-ci voyage le long de la corde et le déplacement se fait toujours dans le sens de la petite base du tronc de cône qui forme cet œillet.
- Tout le monde peut se procurer un œillet métallique comme ceux qu’on met aux corsets et aux bottines, mais il faut le prendre neuf, avant qu’il n'ait été écrasé par le sertissage et on répétera facilement l’expérience; nous ne chercherons
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiquesjèst étrangère aux annonces.
- pas ici à expliquer la raison du déplacement qui découle des principes de la vibration des cordes. Toujours est-il que 31. Chasles, qui a remarqué ce fait, a basé là-dessus plusieurs jouets et a même obtenu le premier prix du concours.
- Dans le jeu représenté ci-contre on a tendu sur les bords d’une boîte carrée, dont le fond est enjolivé d’étoiles d’or, des cordes élastiques portant des œillets blancs ou noirs ; il s’agit, après avoir placé tous les œillets du même côté, de savoir lequel des deux joueurs sera parvenu à faire passer le premier les siens du côté opposé, en faisant simplement vibrer les cordes qui les portent.
- Il y a un règlement qu’on doit suivre, et le hasard des dés indique au joueur combien de fois il a le droit de toucher la corde avec sa palette pour la faire vibrer.
- M. Chasles a combiné également d’aulres dispositifs basés toujours sur le même principe; c’est ainsi qu’il a combiné également une figure de cotillon où les deux danseurs concurrents prennent chacun l’une des deux cordes attachées à un tambourin et où l’heureux valseur sera celui qui aura fait monter le premier son œillet jusqu’au tambourin.
- Le jury a été évidemment frappé de l’extrême ingéniosité que l’inventeur a déployée dans toutes ces combinaisons et de l’esprit d’observation qui lui a fait découvrir cette loi de la marche des œillets. — Pour le jeu des œillets, s’adresser à M. Henri Chasles, 7 bis, rue du Louvre, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les cerfs-volants, par J. Lecornu, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Mony et Cie. 1902, Prix : broché, 3fr,50 ; reliure percaline, 5 francs.
- Dans cet ouvrage bien documenté, M. Lecornu fait connaître en détail les cerfs-volants et leurs applications. Il étudie d’abord leur théorie et leur construction ; puis il considère le cerf-volant comme un sport, nous parle des postillons, des ascensions en cerf-volant, de la photographie aérienne avec les cerfs-volants. Il passe en revue les cerfs-volants météorologiques, les cerfs-volants électriques et indique le rôle qu’ont joué les cerfs-volants à l’Exposition de 1900. Il termine en montrant le rôle que peut jouer le cerf-volant pour l’étude expérimentale de l’aéroplane, et en mettant en évidence tous les services qu’il peut nous rendre. L’étude de M. Lecornu est importante et de nature à bien mettre en évidence que le cerf-volant peut être un instrument, et non pas seulement un jeu d’enfant.
- L’industrie française des instruments de précision, 1901-1902. Catalogue publié par le Syndicat des constructeurs en instruments d’optique de précision. Hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente. Paris.
- Agenda Charles Mendel du photographe et de Vamateur, 1 brochure grand in-8°. Ch. Mendel, 118, rue d’Assas. Paris. 1902. Prix : 1 franc.
- La Guyane française en 1902, par David Levât, ancien élève à l’Ecole polytechnique. 1 vol. in-8°. Paris. Imprimerie universelle, 9, rue des Saints-Pères. Paris.
- Essais et vérifications des canalisations électriques en fabrication à la pose et en exploitation, par Paul Charpentier, ingénieur électricien à la Société alsacienne de constructions mécaniques à Belfort. 1 vol. in-8°. Librairie polytechnique Ch. Béranger, éditeur. Prix : 15 francs.
- L’analyse des mélanges salins, par J. Girard, préparateur à la Faculté des sciences de Paris. 1 vol. in-16. Chez l’auteur, 15, rue Guy de la Brosse. Paris, 1902. Prix : lfr,50.
- Iowa geological survey. Vol. XL Annual report 1900 with accompanying papers. Samuel Calvin, State geologist, A. G. Leonard, assistant slate geologist. 1 vol. in-8°. Des Moines. Published for Iowa geological Survey. 1901.
- Annuül report of the Smithsonian Institution. Showing the operations, expenditures and condition of the institution of the year ending June 30, 1900. 1 vol. in-8\ Washington. Government Printing Office, 1901.
- Bulletin of the United States fish Commission. Vol. XIX for 1899. George M. Bowers, commissioner. 1 vol. in-A0. Washington. Government Printing Office. 1901.
- Lamarck the founder of évolution Lis life and work, with translations of his writings on organic évolution, hy Alphens S. Packard, professor of Zoology and Geology in Brown Universitv. 1 vol. in-8°. Longmans, Green and C°, London and Bombay, 1901
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Les vernis tirés du bois. — Le bois se compose de deux éléments, la cellulose et la lignine, une matière dont on ne connaît pas grand’chose au point de vue chimique : or, les l)rs Zühl et Eisemann, de Berlin, viennent de faire breveter un procédé ayant pour but d’utiliser cette lignine, extraite de sa combinaison avec la cellulose par ébullition avec un sulfite. On chauffe le bois en autoclave et à 250° C. en présence d’un volume double d’aniline : les substances incrustantes, la lignine, se séparent de la cellulose, et se trouvent à l’état de dissolution dans l’aniline. On les en enlève en distillant la plus grande partie de l’aniline et en ajoutant un précipitant convenable au résidu (il semble que ce soit de l’éther). Le produit recueilli, qui contient encore de l’aniline, constitue une masse pâteuse, d’un brun sombre, qui, étendue en couches, se sèche lentement et forme un vernis, un enduit brillant, dur en même temps qu’élastique.
- Pour détacher la soie. — Du moins pour enlever les taches de peu d’importance, on conseille d’y appliquer une mixture faite de 50 gr. de borax, de 14 de savon, d’un demi-litre-d’alcool, de 14 gr. de carbonate de magnésie, et enfin de 2 gr. de jaune d’œuf. Quand cet enduit est demeuré un instant sur la tache, on lave à l’eau chaude, puis on rince à l’eau froide.
- Pour protéger la peinture sur le fer. — Assez souvent malheureusement les enduits étendus à la surface du fer se pèlent et s’écaillent sous l’action des intempéries : pour obvier à cet inconvénient très grave, qui laisse le métal à nu et exposé à la rouille, la publication Kraft und Licht dit qu’on se trouve au mieux de commencer par laver le métal, puis de le recouvrir immédiatement d’une couche d’huile de lin bouillante ; pour les petits objets, on les chauffe d’abord, puis on les plonge dans cette huile. Celle-ci pénètre dans tous les pores du métal, en chasse l’humidité, et la peinture adhère ensuite admirablement sur les surfaces ainsi préparées.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A. 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 février. . . 5°,3 S. E. 2. Presque couvert. 0,0 Quelques éclaircies; pluie toute la soirée,
- Mardi 25 G®,3 E. N. E. 2. Couvert. 15,6 Couv. ; pluie de 1 h. à 5 h. ; à 17-18 h.
- Mercredi 26 5°,0 E. N. E. 2. Couvert. 0,9 Couv. ; pluie de 21 à 24 h.
- Jeudi 27 7®.4 S. W. 2. Couvert. 28,5 Très nuag. ; forte pluie de 1 h. à 6 h. ; un peu de pluie dans la soirée.
- Vendredi 28 ... . 5°,2 S. S. E. 2. Beau. 0,9 Nuag. jusqu'à 18 h. ; couv. ensuite ; halo.
- Samedi 1" mars. . . 5»,3 N. N. E. 1. Très nuageux. 0,0 Nuag. jusqu’à 17 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 2 — 0°,1 S. 1. Couvert. 0,0 Brouillard le matin; fceau.
- FEVRIER-MARS 1902 — SEMAINE Dü LUNDI 24 FEVRIER AD DIMANCHE 2 MAIS.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri ù boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La pluie. — La température s’est élevée cette semaine, et la pluie est tombée eu grande abondance. Le 24 février, des pluies sont tombées dans le nord-ouest de la France ; on a recueilli 15 mm d'eau au Mans, lia Brest,
- • 1 à Limoges. La température était de — 9° à Moscou, -+- 5° à Paris, 9° à Marseille, 17°. à Alger. A Paris, la température moyenne 8°, a été supérieure de 5°,5 à la normale (4°,5) ; la température maxima était de + 14°,7, et la température minima de 5°,1. Le 25 février, on a encore recueilli 26 mm d'eau à Cette, 14 mm à Paris, 4 mm à Bordeaux. La température a continué à monter. La pluie est encore tombée le 26 février; on a recueilli 7 mm • d’eau _à Nice, 5 à Biarritz, 1 à Paris; la température moyenne à Paris a été , de 7°,5. Le 27 février, il a plu à de nombreuses reprises dans Paris et il y a eu 28 mm d’eau ; la température s’est maintenue à 7°,6. Le 28 février la pluie est tombée encore en plusieurs villes. En France, on a recueilli
- 19 mm d’eau à Nice, 14àBesançon,12 à Cette, 4 à Nantes. On a signalé également un violent orage à Lyon. La température a monté dans le centre du continent; elle était le matin de —5° à Ilaparanda, -+- 5° à Paris, 7° à Vienne, 15° à Alger. On notait : -+• 1° au puy de Dôme et au mont Àigoual, — 10° au pic du Midi. A Paris le temps a été nuageux et doux. La température moyenne (8°,9),a été supérieure de 4°,1 à la normale (4°,8); la température maxima était de -t-14",3 et la température minima de 5®. Le' baromètre à 7 heures du-matin marquait 751m”,6. Le 1" mars, en France, on a recueilli 13 mm d’eau à Besançon, 12 à Biarritz, 11 à Limoges, 2 à Nice. La température s’est abaissée, excepté en Autriche. Le matin, le thermomètre mar-uait — 15° à Uléaborg, 0° à Paris, 13° à Alger, 15° à Brindisi. En rance, le temps a été doux; à Paris, il a été beau et le matin brumeux.
- La température moyenne à Paris a été de 7°,8 supérieure de 2°,8 à la normale (5°). La température maxima a été de + 13°,5.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 2, à 10 h. il m. du matin.
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- N° 1503 (15 mars 1902), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PAR VILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— A la séance du 5 mars de la Société internationale des Electriciens, M. le professeur d’Arsonval a présenté une étude des phénomènes électriques qui se produisent aux basses températures obtenues par l’air liquide. Il a exécuté, à cet effet, toute une série d’expériences. Il a montré que les phénomènes d’hystérésis ne varient pas, mais qu’au contraire les résistances diminuent dans de grandes proportions. Une résistance montée en tension avec des lampes donne à la température ordinaire une résistance trop grande pour que les lampes branchées sur une différence de potentiel de 100 volts puissent rougir seulement. Dès que la résistance est plongée dans l’air liquide, on voit tout de suite les lampes briller. M. le Dr d’Arsonval a insisté sur le rôle d’isolant que joue l’air liquide et il l’a mis en évidence par une expérience où les deux circuits primaire et secondaire d’une bobine d’induction pour courants à haute fréquence sont séparés l’un de l’autre par de l’air liquide. M. d’Arsonval a parlé ensuite de l’application de l’air liquide à la production de l’hydrogène pur, et a fait connaître diverses autres applications. Toutes les expériences exécutées avec une extrême habileté ont soulevé à tout instant les applaudissements de l’assistance.
- —g— Dans sa séance trimestrielle, tenue le 5 mars, l’Institut de France, toutes sections assemblées, a accordé, dans l’attribution du legs Desbrousscs, une somme de 20000 francs à M. Curie pour continuer ses beaux travaux sur le radium.
- —g— Le Conseil municipal de Saint-Just-en-Chaussée, près de Clermont, a décidé d’élever un monument aux frères Haüy. L’un, René Haüy, minéralogiste, fut membre de l’Académie des sciences (1743-1822) ; l’autre, Valentin Haüy, fut fondateur de l’Institution des Jeunes Aveugles (1745-1822). Tous deux sont originaires de Saint-Just. Une souscription publique est ouverte à cet effet.
- g— M. P. Janet a fait dimanche 9 mars une conférence au Conservatoire des Arts et Métiers sur les nouvelles applications de l’arc électrique. Après quelques considérations, suivies d’expériences intéressantes sur la théorie et le rôle industriel de la lampe à arc, M. Janet aborda la question tout actuelle de l’arc chantant. 11 rappela qu’il y a lieu de distinguer deux phénomènes, celui présenté par la lampe chantante découvert par M. Duddell, physicien anglais, qui est une application de la théorie des oscillations, et le phénomène qu’offre la lampe téléphonique découvert par le physicien allemand M. Simbn, dont la théorie est insuffisamment établie. M. Janet termina par quelques expériences brillantes qui ont été très adrinrées de son nombreux auditoire.
- —g— De fortes secousses de tremblement de terre ont été ressenties le 6 mars dans plusieurs villages de la province de Lucques en Italie. Il n’y a pas eu de victimes et les dégâts ont été
- feu importants. De légères secousses ont été également ressenties à lorence et à Ferrare.
- —g— Une Revue anglaise s’est livrée à une curieuse statistique •des chevaux qui circulent de jour et de nuit dans les rues de Londres et qui servent soit à la traction des omnibus ou des cabs, soit à la remorque des camions et autres voitures de livraison. La cavalerie de Londres s’élève à plus de 200000 tètes d’une valeur dépassant 198 millions de francs. Pour nourrir ces 200000 chevaux, il faut 4000 tonnes de foin, d’avoine, etc., par jour, et l’on a calculé que la distance couverte par eux chaque minute de l’année représentait 3950 kilomètres. L’omnibus est le véhicule que l’on rencontre le plus à Londres; il y en a près de 3000. Leur poids total atteint Si50 tonnes. Ils parcourent ensemble 255000 kilomètres et transportent une moyenne de 1 250 000 voyageurs par jour
- —g— M. Zewis a récemment étudié l'influence que peut avoir l’arsenic sur le cuivre quand on l’ajoute au métal en petite quantité : il a vu que, si la proportion oscille entre 0,24 et 1,80 pour 100, et surtout entre 0,24 et 0,75, on obtient des cuivres qui se laminent bien, se courbent et se battent à froid et à chaucf sans présenter le moindre signe de cassure.
- —g— M. Alton D. Adams n’est pas très favorable aux lampes Nernst. Il estime qu elles ne sont pas appropriées à l’éclairage des rues, parce qu’on ne peut les faire fonctionner en série, et que leur efficacité est au-dessous des lampes à arc ; de même, pour un éclairage très divisé dans les appartements, il leur préfère les lampes à incandescence, qui coûtent et consomment moins. Elles ne se recommanderaient, et encore relativement, que pour l’éclairage de vastes espaces à l'intérieur des bâtiments, pour la qualité de leur lumière et la pose des conducteurs.
- —g— On a procédé dernièrement au nettoyage décennal du pont de l’Eürope à Paris, près de la gare Saint-Lazare. Lé décapage du pont, c’est à-dire l’enlèvement des parties métalliques oxydées par la fumée des locomotives, a été effectué par un agent mécanique assez nouveau, le sable. En projetant du sable sur une surface oxydée, on amène la mise à nu complète du métal. Le système employé est celui qu’exploite la Société des nouvelles machines à jet de sable.
- —g— La lumière zodiacale a été nettement visible le lundi 3 mars à 7h 50 du soir à Chiddingtord dans le Surrey en Angleterre. La base du cône à l’horizon mesurait environ 16°, l’axe était dirigé vers les Pléiades, mais le sommet ne dépassait pas beaucoup a du Bélier. Le phénomène atteignit son éclat maximum vers 7h45; mais à 8 heures il n’était plus visible, à cause sans doute du brouillard qui est survenu par la suite.
- —g— M. F. Heard a fait dernièrement une conférence aux étudiants de l’Université de Chicago dans laquelle il a exposé un projet d’éclairage assez singulier. L’énergie nécessaire serait fournie par des moulins à vent dressés sur les points culminants de la ville. A l’aide de ces moulins on chargerait le jour des accumulateurs qui la nuit alimenteraient les canalisations d’éclairage.
- —g— La consommation du pétrole a atteint en France un chiffre considérable; eh 1804 on en importait pour 23 millions et demi de francs, et. en 1899, l’importation a dépassé 43 millions et demi; ce chiffre a sensiblement augmenté depuis.
- —g— Jugement du Tribunal civil de la Seine relatif aux droits de la critique scientifique. C’est bien de critique scientifique qu’il s’agissait et voici dans quelles circonstances le procès était né ; un Comité, pendant l’Exposition, s’était formé pour faire une étude sur « la Mécanique à l’Exposition ». La rédaction du volume relatif aux chaudières avait été confiée à un ingénieur, M. Bellens. Dans son étude, M. Bellens blâma vivement les dispositions adoptées pour ses chaudières par un exposant, M. Montupet, ingénieur-constructeur. Celui-ci, estimant que les critiques de l’écrivain technique portaient un grave préjudice aux produits de sa maison, l’avait assigné en dommages-intérêts devant la 5” Chambre. Le Tribunal a débouté M. Montupet. Attendu, a-t-il dit, qu’il y a lieu de remarquer que le point de départ des critiques qui font grief au demandeur est 1 exposition des chaudières faites par lui à l’Exposition universelle de 1900; que Montupet, en exposant scs appareils, faisait appel à la publicité et se soumettait par cela même au jugement et à l’appréciation de tous et devait subir toute appréciation faite avec modération et bonne foi; ... Attendu, d'autre part, que les critiques scientifiques formulées contre les chaudières de Montupet, tout en présentant ce dernier comme un homme de progrès, n’ont eu pour but que de signaler les modifications et améliorations qu’il faudrait y apporter. Le tribunal conclut que M. Bellens n’a pas excédé son droit de critique.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les régulateurs de température et d’humidité, décrits dans le n° 1501 du 1er mars 1902, p. 196, se trouvent chez M. Dorian, ingénieur-constructeur, 114, boulevard de Belleville, à Paris.
- Communications. — M. le prince Gagarine, directeur de l’Institut polytechnique de Saint-Pétersbourg, a bien voulu nous écrire : « La nouvelle pompe rotative de M. Anceaux, décrite dans le n° 1500 du 22 février 1902, p. 189, est l’invention du capitaine Imchenetskv, de l’Arsenal de Saint-Pétersbourg, mort il y a un an. Cette pompe, dont la configuration intérieure se rapproche de celle d’un cercle, mais qui porte le nom de cardioïde, a été brevetée il y a 25 à 50 ans. »
- M. G. Anceaux, à Paris, à qui nous avons communiqué la lettre précédente, nous a transmis la réponse suivante : « J’ai fait les recherches relatives au brevet Imchenetskv qui existe en effet sous le n° 157910 et remonte à 1880. La reproduction exacte du dessin déposé par cet inventeur montre que l’analogie existe seulement pour le tambour et la palette, mais l’alésage diffère totalement et dans les explications accompagnant ce dessin, M. Imchenetsky revendique exclusivement l’alésage ovale de son corps de pompe et recommande, pour avoir un bon fonctionnement, de garnir les plateaux de gutta-percha, ainsi que la partie en contact avec le tambour gutta-percha qui pourrait, dit-il, être remplacée par du cuir.
- • Toutes les pompes rotatives à palettes ordinaires ont la particularité d’avoir, apparemment et presque toutes, les mêmes organes, c’est-à-dire plateaux, tambour excentré, palettes, corps de pompe ; ces pompes offrent des inconvénients ou des avantages selon la disposition ou la forme des différentes pièces qui la composent et, dans une pompe à palettes ordinaire, le tambour étant tangent au corps de pompe, les sections pour le passage du liquide sont insuffisantes et on est obligé de descendre les orifices d’aspiration et de refoulement de telle sorte que le travail utile des palettes n’a d’action que sur le 1 /5 de la circonférence intérieure du corps de pompe. La pompe de M. Imchenetsky présente absolument les mêmes inconvénients que les anciennes pompes rotatives. Si on la construisait suivant son dessin, ma pompe Monopalette, à diamètre et vitesse égale, donnerait certainement un rendement double. » M. G. Anceaux, pour écarter tout soupçon de copie d’une invention quelconque, nous remet le dessin d’une pompe à palette fixe pour laquelle il avait pris un brevet en 1889. (N° 198125). Cette pompe avait l’inconvénient de donner une brusque secousse par suite de la communication qui s’établissait, pendant un très court espace, entre l’aspiration et le refoulement et il a cessé de la construire. C’est de ce brevet qu’il s’est inspiré pour faire sa pompe Monopalette actuelle, en reportant l’axe sur la bague et en mettant une palette mobile ayant une longueur constante dans toutes les positions; c’est cette longueur constante cherchée qui l’a amené à trouver la forme de l’alésage et de son corps de pompe.
- M. E. Capmartin, pharmacien à Blaye-sur-Gironde, nous envoie une série de cartes postales donnant des vues de châteaux historiques, et contenant chacune un précepte d’hygiène publique. Cette collection est établie pour la lutte contre l’alcoolisme et la propagande en faveur du vin naturel.
- Renseignements. — M. Furland, à Cognac. — On est arrivé à solidifier le pétrole, mais les détails de fabrication n’ont pas été publiés.
- M. A. Denis, à Saint-Quentin. — La formule, qui a été don-
- née par Scientific Américain, nous semble bien comprise : les-résines en poudre, en dissolution dans la térébenthine, ne peuvent pas se précipiter par le fait d’addition d’alcool : du reste celui-ci n’est introduit que pour éclaircir la pâte. Toutefois pour bien des recettes, il faut procéder par tâtonnement pour acquérir le tour de main. Bu reste la Deutsche Goldschmiede Zeitung conseille également pour l’imitation de l’émail au moven d’enduits : en bleu, 5 parties de vernis copal, 1 partie de blanc de zinc et 2 parties de bleu d’outremer; en blanc,
- 6 parties de vernis copal limpide, 5 parties de blanc de Vienne et un rien de bleu d’outremer.
- M. le Dr Romary, à Ablon. — Adressez-vous au secrétaire perpétuel, ou au président de l’Académie des sciences, à Paris.
- M. P. Ducoté, à Fleurville. — 1° Procédés de dorure :
- M. d’Hu, 57, boulevard de Strasbourg; M. Ranelet, 94, rue Montmartre; M. Tivolle, 7, avenue Trudaine, à Paris. 2» Vous trouverez une formule de bain pour dorure dans les recettes-et procédés utiles, 5' série, à la librairie Masson et Cie.
- M. E. Borremans, à Forest-les-Bruxelles. — Renseignez-vous auprès de M. R. Gandillot, 145, boulevard Pereire, à Paris»
- M. Barraud, à Montluçon. — Remerciements pour la re cette que vous nous avez envoyée.
- MM. Charcon et Bellanger, à Paris. — Nous ne connaissons pas l’adresse de l’inventeur de la godille électrique, mais nous-allons faire des recherches.
- M. Diderichs, à Jallieu. — Demandez des renseignements à VAmerican Machinist dont l’adresse pour l’Europe est : 54, Norfolk street. Strand London, Angleterre.
- M; D. C. — Il n’y a pas de moyens spéciaux pour détruire la Pentatone grise ou punaise des bois, si ce n’est de rechercher les pontes et de les écraser. On en détruit beaucoup en secouant le matin les végétaux infectés sur un drap. Les arrosages de substances amères, telles que la décoction de quassia amara, semblent les éloigner.
- M. G. Renou, à Montrouge. — 1° Cette question est prématurée, les différents systèmes d’éclairage par l’alcool n’ont pas encore fait leurs preuves. — 2° Consultez M. F. Minette, représentant de M. Sepulchre de Herstal-lez-Liège, 147, avenue Ma-lakoff, à Paris.
- M. Toni Mathieu, à Paris. — Nous ne connaissons pas de procédé pratique, en dehors du savon de paraffine que vous mentionnez.
- M. P. D., à Ca. — Vous pourriez vous procurer : Peinture sur verre porcelaine, faïence et émail par MM. Reboulleau, Magnier et Romain. Librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. J. Chelli, à Constantinople. — 1° On trouve des couveuses- • chez : Allon frères, 1, rue Saint-Martin; Amoult, 5 et 7, galerie Vivienne, à Paris; Gombault, à Merville (Calvados). —
- 2° Demandez le catalogue de la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris. Vous trouverez à la librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins (VIe) des livres tels que : Elevage et engraissement des volailles; la médecine des oiseaux, etc., par Mégnin.
- M. Jona, à Milan. — La distribution des diplômes se poursuit en ce moment et les récompenses sont envoyées à domicile.
- M. Guerquin, à Saint-Pétersbourg. — Les ouvrages de cette nature sont fort rares. Vous en trouverez à la librairie Baudrv,
- 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Bourgeaud, à Bilbao. — L'adresse de M. Dussaud est 19, rue Guillaume Tell, Paris.
- M. Tourangin, à Paris. — Vous trouverez des cycles de chambre de modèles variés chez Vauzelle et Morel, 21, rue du Quatre-Septembre, Paris.
- M. Fenal, à Pexonne. — Nous ne croyons pas qu’il existe un procédé pour empêcher les huiles de s’émulsionner à la cuisson.
- M. Picon, à Annecy. — L’adresse de M. Leclerc, inventeur de la bicyclette Brutus, est 25, rue Germain-Pilon, à Paris, L’adresse de M. d’Ageron-Lespillier est 25, avenue d’Italie, à Paris.
- M. Ch. Beuziger, à Einsiedlerlsof. — Le constructeur-inventeur est M. G. Anceaux, 10, boulevard de la Bastille, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Leroy. à Rodez. Les expériences seules pourront vous fixer sur la valeur de votre invention. — M. Dubois, à Paris. La résistance intérieure,de votre pile est trop élevée. — M. G. R., à Paris; M. V. P., à Nice;
- M. L. G., à Versailles. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et C‘®. — M. Belle fond. à X. Cette formule est donnée dans le même petit livre que ci-dessus,
- 4e série, à la même librairie. — M. L. D., à Bordeaux; M. V. M-, à Agen. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LA SOUS MARINE.
- Texte et dessins par A. Robipa
- Après le sous-marin-bateau la création du matelot sous-marin indépendant, automobile et autonome doit passer à l’ordre du jour. Le voici, «l’après les dernières indiscrétions, en son uniforme'à'la fois élégant et confortable, à éperon nasal olfensif et défensif. — 2. Premières applications. Patrouille de sous-marins en tournée d’inspection au fond des ports. — 3. Sous-marins employés aux réparations de câbles. —-f. Recherches scientifiques et autres. La galère ayant emporté de Troie en flammes les trésors du roi Priam. — 5. Sous-marins attachés aux laboratoires de pisciculture. Rien à craindre des mauvaises rencontres. — 6. En campagne de guerre! Engagement avec les sous-marins de l'ennemi. — 7. Aimement. Éperon tarière faisant passer proprement et silencieusement un mauvais quart d’heure aux navires ennemis. — 8. Le sous-marin porte-torpilles, autre mauvais quart d’heure, — non silencieux, — pour la flotte de l’adversaire.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ciment résistant aux acides. — La formule en est donnée par Pharmaceutische Rundschau, elle consiste à faire fondre une partie de gomme élastique avec 2 d’huile de lin, et on mélange avec la quantité nécessaire de cette argile Manche qu’on appelle bol; on pétrit constamment jusqu’à donner la consistance convenable. Pour rendre la dessiccation de ce ciment plus rapide et le faire durcir davantage, on l’additionne d’une demi-partie de litliarge ou de minium. Ce ciment résiste parfaitement à l’acide chlorhydrique ou à l’acide nitrique.
- Empois pour glaçage. — Une publication spéciale allemande, Praktischer Wegwciser, donnait l’autre jour toute une série de formules d’empois pour le glaçage du linge. — lre formule : 100 gr. d’amidon de riz, 5 gr, de borax pulvérisé et 3,5 d'acide borique en poudre. Passez avant emploi tous ces ingré-
- dients à travers un tamis de crin. — 2e formule : Amidon en poudre 455 gr., borax 85 gr., sel de cuisine 10, gomme arabique blanche 75, stéarine pulvérisée 75 gr. —3e formule : on fait fondre d’abord ensemble 2 gr. de paraffine dure et 1/2 gr. des permaceti ; puis on mélange avec 4 gr. de stéarine et G de paraffine dure. — 4° formule : Faire fondre, en brassant bien tout ensemble, 240 gr. de lard et 15 de beurre; on ajoute 5 gouttes d’essence de citron et une mixture faite de 15 gr. de glycérine et de 50 d’ammoniaque caustique forte. On bat le tout jusqu’à obtenir une masse écumeuse. — 5° formule : Un mélange fait de 40 pour 100 de stéarine et de 60 pour 100 de paraffine, mélange dont le point de fusion est à 45° C.
- Poudre dentifrice. — Prendre 1000 parties de crème de tartre, y ajouter 190 d’alun, 575 de carbonate de magnésie, autant de sucre (naturellement en poudre), 75 parties de cochenille, 90 d’essence de cannelle de Ceylan, 7,5 d’essence de girofle, et enfin 45 de menthe poivrée anglaise, "-f^à
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de Franco
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 mars .... 0°,1 Calme. Beau. 0,0 Nuag. de 13 à 16 h. ; beau avant et après; brouill. bas irrég. à 6-7 h. ; atm. claire après-midi.
- Mardi 4 - 0»,3 N. N. E. 2. Beau. 0,0 Beau; brouill. jusqu a S h., de 100 m. à 7 h. ; atm, cl. à 16 h.
- Mercredi 5 1°,1 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Pas trace de nuage ; gelée blanche.
- Jeudi 6 2\1 S. E. 1. Beau. 0,0 Beau ; gelée blanche.
- Vendredi 7 — 0“,5 N. 0, Beau. 0,0 Nuag. de 10 à 12 h. et après 20 h. ; beau le reste du temps.
- Samedi 8 6°,1 N. E. 2. Couvert. 0,0 Très nuag. jusqu a 14 h. ; couv. ensuite; gelée bl. ; tr. atm. 2 à 5 km à 16 h. ; brumeux le reste du temps.
- Dimanche 9 8°,2 W. S. W. 3. Couvert. 0,0 Couv. le matin, puis nuag. ; beau de 18 à 23 h. ; couv. ensuite; gouttes à 8-9 h.
- MARS <902 — SEMAINE DU LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 MARS
- La courbe supérieure indique la nébulosité de O à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Pare Saint-Maur en février 1900
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 754““,07. Minimum 740““,59 le 27, à 4 heures du matin. Maximum 766““,10 le 15, à 11 heures du soir.
- Moyennes thermométriques : des minima — 0°,56 ; des maxima 6°, 13 ; du mois 2#, 79; vraie des 24 heures 2°,30. Minimum —8°,y le 3. Maximum 147 le 25. Moyenne des minima au ras du sol — 5°,86 ; minimum —11°,2 le 16. Il y a eu 18 jours de gelée à glace dont 15 consécutifs, du 10 au à) et 3 sans dégel du 15 au 17 ; 2 jours de gelée blanche.
- Tension de la vapeur moyenne : 4”“,52. Minimum 1““,9 le 1" à 8 heures du soir. Maximum 9““,3 le 7 à 1 heure du soir.
- Humidité relative moyenne : 80°, 1. Minimum 41 le 11 à 5 heures du soir. Maximum 100 en 7 jours.
- Nébulosité moyenne 58. Un jour beau, 4 jours couverts
- Pluie 60"“,3 en 60 heures et quart réparties en 10 jours. Deux jours de pluie notable : 13“”,6 dans la nuit du 24 au 25 et 28””,4 dans celle du 26 au 27. Il y a eu 3 jours de neige les 2,10 et 18. Le 2< il y en a 4 centimètres sur le sol, elle disparaît dans la journée du 6. Un peu de grêle le 10. II y a en plus 3 jours de gouttes.
- Les vents dominants sont du N.-E., du S.-E. au S.-S.-E. et du S.-W. ; il a soufflé fort du N'.-E. toute la journée du 1".
- 3 jours de brouillard faible.
- Température moyenne de la Marne : le matin 2°,86 ; l’après-midi 3*,18 ; du mois 3°,02. Elle a varié de 0°,32 le 5 à 7°,53 le 28. Petite crue qui atteint son maximum le 15. Elle est trouble sauf dans les derniers jouis.
- Relativement aux moyennes normales le mois de février 1902 présente les résultats suivants : Baromètre à midi plus bas de 5”, 50. Thermomètre plus bas de i°,29. Tension de la vapeur plus basse de 0““,59. Humidité relative plus basse de 3””,4. Nébulosité plus basse de 8. Pluie plus forte de 26““,8.
- Relativement aux moyennes normales, l’hiver de 1901-1902 présente les résultats suivants :
- Moyennes. Écarts.
- Baromètre . . . 7o6“”,77 — 2,89 Thermomètre . 3°,58 -t- 0,77
- Tens. de la vap. 5““,09 -t- 0,10
- Floraison : perce-neige le 8.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
- Moyennes. Ecarts. Humidité relative . 84,4 — 2,3
- Nébulosité....... 7,0 -+- 1
- Pluie..............125““.9 -t- 12.3
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Des conférences publiques populaires auront lieu au Muséum d’Histoire naturelle, dans le Grand Amphithéâtre, le dimanche à 3 h. du soir, aux dates suivantes : le 6 avril, Le Muséum d’Histoire naturelle, par M. Edmond Perrier; le 13 avril, Le grisou et les catastrophes dans les mines de houille, l’origine et l’utilisation des gaz naturels souterrains, par M Stanislas Meunier; le 20 avril, La radio-activité de la matière, par M. Becquerel; le 27 avril, Les mouches à miel, par M. E.-L. Bouvier; le 4 mai, Les bordures de trottoir de Paris : ce qu’elles nous apprennent sur la biologie des roches, par M. A. Lacroix; le 11 mai, L’œil et la vision, par M. N. Gréhant; le 25 mai, Les créatures géantes d'autrefois, par M. Boule; le 1er juin, Tombouctou, par M. Hamy; le 8 juin, La culture du blé en France, par M. Dehérain; le 5 juin, La botanique au Muséum, par M. Bureau.
- —g— Le Itapport général sur l’Exposition de 1900 ne paraîtra qu’à la fin de l’année courante. Il aurâ plus de 40 000 pages in-8°, ce qui fournira près de 50 volumes. En outre, il y aura 121 rapports sur les classes; ils sont en cours d’impression. Et ces rapports comprendront encore au moins 25 à 30 volumes.
- —®— Le ministre de l’agriculture a constitué le jury du pro-cliain concours international de moteurs. et d’appareils utilisant l'alcool dénaturé. Voici les noms des présidents et secrétaires des diverses sections : Première division. — Président : M. Michel Lévy,
- . membre de l’Institut ; secrétaire : M. Ringelmann, directeur de la station d’essais de machines agricoles. Deuxième division (Appareils de chauffage et d’éclairage). — Président : M. Vioile, membre de l’Institut; secrétaire : M. Lindet, professeur à l’Institut national agronomique.
- —®— Le Congrès des intérêts du commerce et de l’industrie en matière de chemins de fer, organisé par la Mutuelle-Transports, Société d’Études pour l’amélioration des Moyens de transports, créée sous le Patronage des Syndicats professionnels, vient d’être inauguré le 21 mars à Paris.
- —®— Le Comité du Club français du chien de berger vient d[être renouvelé pour 1902. Ont été nommés : Président : M. Emmanuel Boulet; vice-présidents : MM. Jules Bénard et comte Roger de Marcy; Membres: MM. comte de Bagneux, Bizouerne, Brandin, de Céris, comte de Chézelles, Dabat, Deloncle, Deyrolle, Dutey-Harispe, Fortier, comte de Germiny, Gilbert, Guyot, Lhotelain, Marchand, Marquis de Martel, Menans de Corre, Menault, Prieur, Roussille, Sagnier, Sévrette, Thieulent, Touchard, Triboulet; secrétaire : M. Boutroue.
- —M. Bach a fait une étude fort précieuse, par ses indications, sur l’influence que les températures élevées peuvent avoir sur la résistance du bronze. Tandis qu’entre 15° et 25°, les éprouvettes essayées offrent une résistance à la traction de 2491 kg par centimètre carré et un allongement avant rupture de 17,4; si, d’autre part, pour une température de 100° la résistance ne diminue guère et que l’allongement augmente même, si en outre les conditions ne sont pas très sensiblement changées à 200°, plus haut se produisent des modifications considérables. A 300°, par exemple, la résistance tombe à 1610 kg, l’allongement netant plus que de 6,8 avant rupture; les chiffres correspondants ne sont plus que de 1113 et de 1,5 à 400°, et de 831 et de 0,5 à 850°. Il y a là des particularités à ne point perdre de vue dans les installations de vapeur surchauffée.
- —Deux Anglais ont fondé séparément deux établissements près de Nice pour la création d’une industrie qui a ôté pratiquée dans la province d’Oran, mais qui est encore inconnue en France. Il s’agit de l’élevage de l’autruche. Dans l’une des fermes,
- les oiseaux viennent de Californie; dans l’autre ils viennent du Cap. L’élevage des autruches est négligé dans l’Afrique du Sud depuis la découverte des mines d’or, et comme la demande pour les plumes est plus grande que jamais, l’essai peut présenter des chances de succès.
- —®— M. Drummond, ingénieur anglais du London and South Western Railway, a imaginé un nouveau dispositif pour empêcher la projection des étincelles hors du tuyau des locomotives. Il consiste en deux demi-capuchons en tôle d'acier fixés dans la boîte à fumée à l’extrémité du tuyau d’échappement.
- —<§)— La Compagnie Anglaise d’omnibus : « London Road Car Company » poursuit en ce moment des expériences de traction mécanique. Elle a adopté un modèle d’omnibus automobile assez élégant construit par la Thornycroft Steam Wagon Company, et dont le Motor Car du 1er mars 1902 donne une illustration. La chaîne est supprimée, et l’on a imaginé des dispositions spéciales destinées à amortir le bruit et les trépidations. La vitesse est d’environ 12 km à l’heure.
- —®— Les ateliers Parsons sont en train de mettre en place des turbines à vapeur à bord du nouveau contre-torpilleur Velox, petit navire de 63 mètres de long dont les éléments ont été calculés pour lui donner la plus grande résistance possible. La machinerie comprendra deux séries de turbines compound, les turbines à haute et à basse pression de chaque bord ayant leur arbre propre. De plus, on prévoit deux séries de petites machines marines ordinaires compound et à triple détente pour la marche à vitesse réduite. On a voulu celte combinaison parce qu’on estime que des engins combinés et étudiés pour la marche à grande allure ne sont pas économiques quand on marche à faible vitesse.
- —g— Dans un tunnel récemment creusé pour les mines de Bunker Hill (dans l’Etat d’Idaho), on a utilisé un outil fort ingénieux, autant que simple, pour enlever les débris des coups de mines’ et les charger dans les wagonnets amenés en tête de galerie : c’est ce qu’on nomme un « ramasseur », sorte de grande pelle contenant la capacité d’un tiers de wagonnet, ne portant qu’une poignée rudimentaire à l’arriére, mais par contre, sur les côtés, deux tiges articulées de traction. Quand on l’a enfoncée partiellement dans la masse des débris, on met en mouvement un treuil à air comprimé disposé à une certaine distance et sur une charpente, dans la galerie déjà creusée : sur ce treuil s’enroule une chaîne qui se rattache aux tiges fixées sur les joues de la pelle, et celle-ci est attirée en [se remplissant automatiquement de déblais. En continuant son mouvement, elle monte une rampe, atteint une plate-forme sous laquelle peuvent venir les wagonnets, et-se déverse dans un de ceux-ci par une ouverture à ce ménagée. On la ramène ensuite à la main sur le tas des débris. Avec ce procédé, on peut enlever quelque 50 mètres cubes en deux heures environ.
- —g— La publication Zeitschrift fur Bauwesen vient de décrire un ponton intéressant portant une cloche à plongeur que l’on emploie aux travaux d’entretien de l’Elbe. Le ponton, long de 30 mètres, se déplace comme une drague par chaînes et treuils. Quant à la cloche, qui est effilée aux deux bouts pour opposer moins de résistance au courant, elle comporte une chambre de travail de 5 mètres de long sur 2 de large. Elle est suspendue sur le côté du navire, à bâbord, et ses mouvements sont assurés au moyen d’une machine compound de 50 chevaux, et par l’intermédiaire d’un train. de vis sans fin et de roue dentée hélicoïdale, de roues de guidage et de chaînes Galle. L’amplitude du mouvement vertical est de 2m,80, la descente est étrangement facilitée de ce fait que la cloche comporte des réservoirs à eau ; sur la droite du ponton est ménagé un réservoir de 15 mètres cubes qui. sert à faire contrepoids à la cloche, ce water-ballast se vidant au fur et à mesure que les réser» voirs de la cloche se remplissent et que celle-ci s’enfonce.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’arrhénal se trouve chez M. Adriari, 9, rue delà Perle; M. Legrand, 183, faubourg Saint-Martin et chez M. Fraisse, 83, rue Mozart, à Paris.
- Communications. — il. R. Schutz, à Tempelhof, nous adresse quelques observations sur le procédé de préparation de l’acétylène (voy. Boîte aux Lettres du 25 janvier, n®1496). On lit dans la communication de M. Finet : « Cet alcool peut donc servir à nouveau. On le retrouve dans le résidu de chaux d’où on le reprend en lavant cette chaux et en employant cette eau de lavage à recharger l’appareil. » M. Schutz objecte que l’alcool, ainsi retiré.de la chaux, ne sera plus à 90°, et qu’en utilisant cet alcool saturé d’eau, on n’aura plus une production lente et régulière de gaz. M. Schutz pose alors les deux questions suivantes : 1° M. Finet sépare-t-il d’une façon quelconque l’eau de lavage de l’alcool extrait de la chaux ? 2° Au cas contraire, quel moyen employer pour obtenir la proportion du mélangé recommandée par M. Finet.
- M. J. Preys, à St-Maixent, écrivant au sujet de l’article sur les dessins au noir de fumée, qui a paru dans notre n° 1499 du Ie'mars, p. 175, nous informe qu’il pratique depuis longtemps l’art de la fumographie. Il a même réussi à exécuter des miniatures et autres œuvres difficiles qui lui ont valu des diplômes et médailles de vermeil à plusieurs expositions. Remerciements à M. Preys.
- M. Raionnent, à Lezeux, nous rappelle que nous avons publié. dans le n° 1426 du 22 septembre 1900, sous la rubrique « Petites Inventions », un nouveau procédé américain pour décacheter les lettres. Ce procédé n’est pas originaire d’Amérique. En France M. Raionnent l’a imaginé et en Allemagne on s’en sert depuis longtemps.
- Renseignements. — M. Hawksley, à Londres. — 1° Le plus simple pour vous serait de vous adresser à la. Société des lunetiers, 6, rue Pastourelle, qui possède également des bureaux à Londres. — 2° Nous ne connaissons pas l’adresse du fabricant du crayon anti-buée, mais la Société des lunetiers pourra vous renseigner. Nous avons ouï dire qu’une légère couche de glycérine a la propriété d’empêcher la formation de buée.
- M. Schutz, à Tempelhof. — Vous nous demandez si ces motocyclettes ne présentent pas quelques graves inconvénients, et vous nous posez diverses questions à ce sujet. 1° On peut se demander d’abord si le centre de gravité est toujours situé plus haut dans les motocyclettes. Nous en doutons, d’autant plus que dans les derniers types créés, on semble s’attacher à placer la selle aussi bas que possible, de façon que le cycliste puisse toucher le sol en étendant la jambe. En tout cas une des grandes causes du dérapage est supprimée, savoir, les embardées produites par le mouvement alternatif et irrégulier de la pédale. — 2° Cet inconvénient du dérapage n’est pas signalé comme spécial à la motocyclette. — 3° Les précautions prises varient avec chaque type, nous ne pouvons les énumérer ici. — 4° Même réponse qu’à la 5m° question. — 5° Les voitures-remorque, à joint de cardan ou munies d’un dispositif analogue, peuvent être attelées aux motocyclettes.
- M. P. de Martenne, à Bouin. — 1° Adressez-vous à M. F. Minette, 147, Avenue Malakoff, à Paris. —2° Adressez-vous à la Société d’éclairage et de force motrice par l’alcool, 41, Avenue de l’Opéra, à Paris. — 3° Les éléments d’appréciation ne sont pas encore bien nettement établis. Les essais faits à la récente exposition semblent démontrer qu’un poêle à alcool consomme
- 170 à 200 grammes d’alcool à 90® par bec et par heure. Certains types sont en état de porter à l’ébullition 1 litre d’eau en 8 à 9 minutes avec 2 à 3 centilitres d’alcool. —4° Adressez-vous à l’Institut sténographique, 150, boulevard Saint-Germain, à .Paris, qui a en effet publié l’ouvrage que vous citez.
- M. Pichard, à Paris. —Nous ne connaissons pas l’adresse de l’inventeur du nouveau procédé de décoloration par l’ozone dont vous voulez parler. Vous pourriez vous adressez à la Compagnie de l’Ozone, 101, boulevard Murat.
- AJ. Hauser, à Paris. — Vous trouverez dans notre n® 1265-du 28 août 1897, p. 208, un article intitulé : Images exhalées, qui traite à fond la question de ces « glaces mystérieuses ».
- M. A. Roisset, à Paris. — Le numéro de la Revue des Chemins de fer que vous demandez est le n° 4 du moi» d'octobre 1901.
- M. Aberson, à "Wageningen. — Quelques adresses de fabricants de motocyclettes : M. Ducommun, 18, boulevard Magenta ; MM. Verner, 40, avenue de la Grande-Armée, à Paris. Consultez d’ailleurs notre article sur les motocyclettes dans le n® 1497 du 1er février 1902, p. 140.
- M. F. Maltese, à Rome. — Remerciements, mais nous ne pouvons décrire que les appareils construits et qui ont fait leurs preuves.
- M. C. Fonck, à Remiche-sur-Moselle. — La poussière de plâtre est certainement dangereuse à respirer. Procurez-vous le masque en fer-blanc du Dr Letourbe qu’on peut trouver chez M. Vaast, fabricant d’appareils de chirurgie, 22, rue de l’Odéon, Paris.
- M. T.-H. Vasselin, à Paris. — Nous n’avons 'pas d’autres renseignements sur les vernis tirés du bois que ceux publiés dans notre n® 1502 du 8 mars.
- M. Louis Morin, à X. — 11 s’agit d’appartements clos dont on a bouché les cheminées.
- M. Jules Polo, à Nantes. — Nous avons bien reçu votre communication, et nous vous en remercions; mais le fait a déjà été publié il y a quelque temps, par M. Henri de Parville dans le Journal des Débats.
- M. C. L., à Saint-Fons. — 1° Pour les machines thermiques, il faut vous adresser à M. le professeur E. Josse, à l’Ecole royale polytechnique de Berlin. — 2“ L’adresse que vous demandez a été donnée en tête de notre dernière Boîte aux Lettres.
- Mlle Coupa, à Marseille. — L’adresse du fabricant des régulateurs de température a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du n® 1503 du 15 mars 1902.
- M. X., à B. — Vous trouverez des ouvrages de ce genre à la librairie Bernard, 25, quai des Grands-Augustins, ou à la librairie Dunod, 49, même quai, à Paris.
- M. Duront, à Paris. — La nouvelle motocyclette dont vous voulez parler est sans doute la motocyclette Querey, 119, rue de Montreuil, à Paris.
- M. L. Géry, à Géryville. — Nous allons publier prochainement un article sur cette question.
- il. B. C., à Paris. — Vous pourriez consulter : Les applications pratiques des ondes électriques par A. Turpain, docteur ès sciences, C. Naud, 3, rue Racine. Vous trouverez aussi des ouvrages chezM. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, et Dunod, 49, quai des Grands-Augustins.
- Frère Marie, à Caen. — 1® Fournitures pour lait stérilisé : M. Frédéric Fouché, 38, rue des Ecluses-St-Martin, Paris ; M. Haran, fournisseur des hôpitaux, 12, rue Lacépède, Paris. — 2° On taille le spath, nous ne connaissons pas de procédé pour le cliver.
- M. C.-G. Zisne, à Bucarest. — 1° Pour les radeaux pliants, adressez-vous à l’Agence métallurgique, rue de Paradis, 43, Paris, ou à la Compagnie des bateaux pliants, 9, place de la Madeleine, Paris. — 2° M. R. de Montais, à Beauvais, par St-Jean-Froidmentel (Loir-et-Cher).
- M. Bôuty, à Paris. — Vous trouverez aux bureaux de la Locomotion Automobile, 4, rue Chauveau-Lagarde, Paris, une notice sur le graissage et le démontage des voitures de Dion-Bouton et un guide de route sur leur conduite et entretien. Voùs y trouverez aussi les Moteurs modernes par F. Michotte, qui vous renseignera.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dumont, à R. Nous devons étudier cette question, et nous publierons un article, s’il y a lieu. — M. L. F-, a Nice. Nous ne pouvons nous charger d’entreprendre ces expériences. —. M. L. D., à Paris; M. Leroy, à Angers. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 4° série, à la librairie Masson et C‘“. — M. Leymarie, à Brive. Nous avons reçu votre lettre ; remerciements.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-. seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune'façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- GYMNASTIQUE
- Tout le monde sait les avantages de la gymnastique hygiénique. On en parle ; on vante les effets des exercices journaliers. Puis, l’âge mûr arrive ; il n’en est plus question, précisément au moment où ces exercices deviennent le plus nécessaires. Trop à faire ; le temps manque ! Alors, peu à peu, les articulations s’engorgent : on prend du ventre et l’on devient paresseux ; plus d’assouplissement, plus de mouvement. L’organisme s’empâte. Le rhumatisme fait son apparition, puis les mauvaises digestions, les maux de tète et d’estomac, la goutte...
- C’est fini de l’homme, il se plaint, il gémit. La faute à qui ? Est-ce que nous sommes faits pour l’immobilité, bâtis pour rester ainsi pendant des heures et des journées entières, le ventre et le poumon comprimés devant la table du travail ? Les fonc-
- DE CHAMBRE
- tions respiratoires et digestives sont atteintes. Nous ne respirons plus : c’est à peine si la cage thoracique se soulève, si le diaphragme remue un peu. Nous sommes figés, pétrifiés ! Et on le voit, du reste. Jambes débiles, bras squelettes. Pauvre homme ! S’il est ainsi à quarante ans, que deviendra-t-il à 60 ans? II ne serait pourtant pas difficile de se tirer d’affaire à bon compte avec un soupçon de volonté. Le gymnase, n’en parlons pas. Les haltères, c’est trop et c’est insuffisant. Les Américains et les Anglais, qui sont vraiment gens pratiques, ont inventé plus simple et mieux. La toilette faite, il pensent à leurs muscles et à leur santé. Tous les jeunes gens connaissent aujourd’hui un appareil qui ne dit rien qui vaille et qui, pourtant, malgré l’apparence, exerce une action capitale sur la santé.
- Exercices divers. — t à 5. Expansion de poitrine, muscle grand droit de l'abdomen. — 6, 7. Muscle deltoïde. — 8, 9, 10. Muscles, biceps. 11, 12. Muscles de la cuisse, assouplissement des genoux. — 13. Muscles de la jambe et muscle couturier, li, 13. Muscles obliques de l’abdomen et triceps.
- C’est le « sandow », Deux cordons de caoutchouc, munis de poignées, que l’on accroche au mur de sa chambre ou à une porte. Ce n’est rien et pourtant c’est la sauvegarde du corps.
- Le sandow, d’origine exotique, est vendu encore assez cher. M. Michelin a songé à démocratiser l’appareil en le fabriquant à prix réduit, il a bien fait ; car il serait important que tout le monde, hommes, femmes, jeunes gens, eussent tous leur « exerciseur Michelin » dans leur chambre ou dans leur cabinet de toilette. Deux pitons dans le bois de la porte pour accrocher les cordons de caoutchouc, et chaque matin, chaque soir, cinq bonnes minutes d’exercice. Vingt minutes même par jour en deux ou trois fois... chaque fois que l’on y pense. Est-ce trop de sacrifier un bon quart d’heure pour s’assurer contre les rhumatismes de l’avenir ?
- On tire sur les cordons, on exécuté une série d’exercices méthodiques qui vous donnent de la souplesse, rétablissent les fonctions languissantes, affermissent les jambes et vous font cadeau de biceps extraordinaires.
- Il est clair que les personnes sédentaires trouveront grand profit à se démener ainsi chaque jour attachés à leurs ressorts de caoutchouc.il faut exercer une traction lente et rythmique... sans jamais aller jusqu’à la fatigue. 11 est bon de changer souvent d’exercices pour faire fonctionner tous les muscles. Au bout de peu de temps, on s’aperçoit du bien-être et du rajeunissement. Les faibles doivent avant tout soigner l’expansion de la poitrine, et obliger les sommets des poumons à s’emplir d’air. En même temps que les ressorts de caoutchouc tirent les bras en arrière, les muscles de l’abdomen se contractent pour maintenir le torse droit, de sorte que chaque exercice a son rôle utile.
- Et cela se fait facilement, sans fatigue. Deux cordons de caoutchouc ! Un peu de bon vouloir, de la régularité et de la persévérance ! Et la récompense de ce petit effort journalier viendra vite, au bout d’un mois déjà, très apparente au bout de deux mois. Dr Z.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Contre les vomissements rebelles
- Les sujets nerveux présentent souvent, sans lésion bien marquée, une intolérance gastrique excessive, caractérisée par des douleurs, des vomissements répétés. Les préparations opiacées, la glace, la cocaïne rendent de grands services et suffisent, dans la majorité des cas, pour arrêter ces vomissements et calmer l’excitation de la muqueuse stomacale. Parfois ces moyens restent impuissants. Un médecin de Washington conseille alors d’absorber 500 grammes à un litre de bière légère, d’ale peu alcoolique et diluée. Il est rare, dit-il, que l’ingestion de cette boisson n’arrête pas la crise de vomissements, surtout si le malade n’a pas des habitudes d’alcoolisme
- ou d’intempérance. Quelques verres de bière, absorbés à une demi-heure d’intervalle, ont suffi, dans bien des cas, pour supprimer les accès de nausées et de révolte gastrique.
- Contre les verrues.
- Enduire tous les soirs de la pommade suivante les téguments, siège des verrues : acide salicvlique, 1 gramme ; précipité blanc, 5 grammes ; vaseline, 40 grammes. Conserver la pommade toute la nuit ; laver le matin à l’eau savonneuse chaude. Cette formule, employée par le Dr Gaucher, donne les meilleurs résultats; elle n’a pas l’inconvénient de tacher comme les préparations à l’acide pyrogallique. Chez les enfants, ce dernier agent peut exposer à des accidents toxiques ; il n’y a rien à craindre avec l’acide salicylique. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 mars . . . 8°,1 W. S. W. 1. Brouillard. 0,6 Couv. jusqu'à 15 h. ; nuag. de 16 à 18 h. ; beau ensuite ; petite pluie le matin.
- Mardi 11 - 1»,1 N. E. 0. Beau. 0,4 Quelques nuages de 16 à 18 h. et 21 h.; beau le reste du temps ; halo.
- Mercredi 12 0’’,9 N. N. E. 1. Nuageux. 0,0 Nuageux; halo.
- Jeudi 13 2\3 W. 1. Peu nuageux. 0,0 Nuag. de 4 à 7 b. ; beau ensuite ; halo ; gelée blanche.
- Vendredi 14 . . . . 3“,0 Calme. Couvert.' 0,0 Nuageux; gelée blanche.
- Samedi 15 8°,0 W. S. W. 3. Couvert. 3,3 Très nuageux; pluie le matiu ; halo. :
- Dimanche 16 6°,3 W. S. VV. 2. Couvert. 0,0 Couvert jusqu'à 8 h. ; nuag. ensuite ; beau à partir de 18 b. ; averse à 11 b. 1/2.
- MARS (902 — SEMAINE Dü LUNDI 10 AU DIMANCHE 10 MARS.
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- ^2£SSSSSS553Ss2BSSsE5s£isSBSsBSSaBSBsE5SBSBB SBSa^Ss^BSs^ÜâB^SB^îiiSSSSSSSBBSiB&sSBS&SSSSSSSj
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent, courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la merj: courbe plus mince, thermomètre à l'abri .. boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- lies pluies en Allemagne. — L’Institut météorologique de Berlin a fait installer, depuis bientôt dix années, un certain nombre de pluviomètres dans quelques régions de l’Allemagne, pour compléter les indications fournies par les stations pluviométriques. La publication de ces. données, relatives au Brandebourg et à la Poméranie, a été rédigée sous la direction de M. G. Hellmann. Des tables contiennent les hauteurs annuelles de la pluie qui a été recueillie en 269 stations. Elles sont résumées dans une carte dont les teintes variées, relatives à chaque station, donnent les pluies annuelles de 50 millimètres en 50 millimètres entre les valeurs extrêmes 450 millimètres et 750 millimètres. La hauteur moyenne annuèlle pour lés deux contrées en question est voisine de 610 millimètres. Les pluies diurnes varient beaucoup. Les fortes chutes d’eau sont bien plus fréquentes dans l'intérieur des terres que sur les côtes, où les orages sont moins fréquents. Les plus longues périodes de sécheresse comprennent environ 30 jours sur les côtes et 40 dans l’intérieur des terres, tandis que celles d’humidité vont de 25 à 30 jours.
- Tremblement «le terre en Turquie. — Un violent tremblement de terre a été ressenti le 12 mars à Biankari, dans le villayet de Kas'.amouni
- (Turquie d’Asie). Trois mille maisons de la ville, qui compte 20000 habitants, ont été détruites. Deux musulmans et deux chrétiens ont été tués; il y a eu plus de 100 blessés.
- E.e temps. — Au commencement de la semaine, des pluies sont tombées dons le nord-ouest et le centre de l’Europe ; le 10 mars en France, on a recueilli 5 mm d’eau à Besançon, 3 à Nancy, 1 à Paris. La température moyenne a été à Paris de 9°,5, supérieure de 3®,7 à la normale ; la température maxima a été de 14°,2 et la température minima de 6°,9. Le 11 mars,
- . la température s’est notablement abaissée ; le thermomètre marquait — 1° à Paris, à 7 heures du matin. La pluie est encore tombée à Besançon (3 mm), Limoges (4 mm), Lyon (2 mm). Le 12 mars, le temps a été beau à Paris; la température moyenne a été de 4°,4. On a signalé des températures de —5° au pic du Midi et de —20° à Moscou. Le 13 mars, on a recueilli 1 mm d’eau à Brest et à Biarritz. Le temps a été beau à Paris où la température moyenne a été de 7°,4. Les 14 et 15 mars, même temps; pluies en France à Lorient (25 mm), Brest (1 mm), à Cherbourg (19 mm), Dunkerque (11 mm), Paris (3 mm). Les pluies ont encore continué le 16 mars; ou a recueilli 10 mm d’eau à Lyon, 9 mm à Charleville, 4 mm à Biarritz ; à Paris, il est tombé une averse avec grêlons à 11 h. du matin.
- PHASES DE LA LUNE
- ( N. L. le 10 mars, à 2 h. 59 m. du matin, f P. Q. le 16 mars, à 16 h. 10 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Dans sa séance du 18 mars, la Chambre des députés a -voté un crédit de 25 000 francs en faveur du Bureau international pour l’unification et le contrôle des instruments enregistreurs et des instruments de précision fondé par M. Marey au Parc des Princes.
- —A propos d’une Note parue dans la Chronique du n° 1501 du 1" mars 1902, p. 207 et relative à « Un rucher dans une statue équestre en Virginie », notre collaborateur M. A. Clément nous fait connaître que nous avons à Paris même un exemple analogue. La statue de Casimir Perier au Père-Lachaise a abrité pendant de longues années une colonie d’abeilles. Elles pénétraient à l'intérieur par un trou dissimulé dans un pli du manteau. Quoiqu’il n’ait pas eu occasion de passer par là depuis quelque temps, notre collaborateur ne serait aucunement surpris que ces abeilles fussent toujours dans ce singulier logis qui paraît si peu approprié pour elles. La chaleur, en effet, doit y être étouffante l’été sous le métal, et le froid y doit être bien grand pendant l’hiver.
- —(g— On a trouvé à Coloma en Amérique, dans une vieille mine de cuivre, le corps pétrifié d une Indienne qui se trouve là depuis 500 ans au moins. La chevelure est nattée et encore souple, le poids du corps est de 22 kilogrammes environ. Ce cadavre est complètement fossilisé à l’intérieur. D’après le Dr Lee Smith, directeur du Musée historique de Buffalo, c’est la découverte ethnologique la plus importante qui ait jamais été faite en Amérique.
- —M. E. Thompson, professeur à Swampsco en Amérique (Massachusetts) vient de breveter une bougie d’allumage en quartz. Il revendique pour le quartz l’avantage d’avoir un faible coefficient d’expansion, ce qui permet de le chauffer au rouge et de le plonger impunément dans l’eau immédiatement après. Ces qualités du quartz ont déjà été mises à profit en France et en Allemagne pour la fabrication de fils très tins destinés à certains appareils de physique.
- —Le Concours international de moteurs et d’appareils utilisant l’alcool dénaturé, que le ministre de l’Agriculture a organisé, doit comprendre une épreuve internationale sur route pour les véhicules de tourisme et pour les véhicules industriels. A l’épreuve de tourisme pourront prendre part les mofocyles d'un poids maximum de 250 kg, les voiturettes de 250 à 400 kg, les voitures légères de 400 à 650 kg, et enfin toutes les voitures ayant vin poids supérieur à 650 kg. L’épreuve de tourisme comprendra trois étapes. L’épreuve des véhicules industriels ne comportera au contraire qu’une étape; les voitures y prenant part devront rouler constamment avec la charge constatée au départ et contrôlée aux différentes arrivées. En ce qui concerne les engagements, ils devront parvenir au ministère de l’Agriculture avant le 15 avril prochain. (Pour chaque engagement, il sera perçu : 1° Pour les véhicules de tourisme : 50 francs pour les motocycles pesant 250 kg et au-dessous ; 400 francs pour les voiturettes pesant de 250 à 400 kg ; 200 francs pour les voitures légères pesant de 400 à 650 kg ; 250 francs pour les voitures pesant plus de 650 kg ; 2° Pour les véhicules industriels : 50 francs pour les motocycles ou véhicules portant moins de 400 kg; 400 francs pour les véhicules industriels portant plus de 400 kg. L’objet de ce concours porte : 4° Sur la bonne utilisation de l’alcool, la dépense de liquide et d’alcool par tonne kilométrique brute pour les véhicules de tourisme, et par tonne kilométrique transportée pour les véhicules industriels, le bon fonctionnement en cours de route, en palier, sur pente et sur rampe, facilité et sécurité de l’allumage et de la mise en train, dépense d’eau et de graissage; 2° Sur la construction de l’automobile, sa bonne exécution, sa solidité, sa facilité d’accès, d’entretien et de réparation, sa commodité de chargement et de déchargement; sa promptitude et sa sécurité d’arrêt. Les véhicules devront porter leurs numéros
- d’inscription, peints de couleur blanche sur fond rouge d’une façon apparente et durable, de chaque côté, à l’avant et à l’arrière, en caractères ayant au moins 25 centimètres de hauteur pour les voitures et 15 centimètres pour les voiturettes, motocycles et bicyclettes automobiles. Les véhicules ne devront porter aucune marque de publicité. En ce qui concerne les mesures de sécurité à prendre, le règlement porte que les concurrents sont invités à ne pas dépasser la vitesse réglementaire et qu’ils devront, notamment, ralentir jusqu’à une allure très modérée dans les agglomérations, villages et villes, ainsi que dans les tournants et passages difficiles ou encombrés. En cas d’accident ou de dommages causés, les responsabilités civiles et pénales resteront à la charge des concurrents à qui elles incombent, étant bien entendu que l’Administration de l’agriculture décline toute responsabilité, de quelque nature quelle soit. La date à laquelle il sera procédé à ces épreuves n’a pas encore été fixée définitivement. Toutefois, l’itinéraire du concours a été ainsi établi : Voitures de tourisme : lra étape. — Départ 8 mai à huit heures du matin. — Place de la Concorde, porte Maillot, Suresnes, Saint-Germaiu-en-Laye, Pontoise, Méru, Beauvais, Bre-leuil, Amiens, Doullens et Arras (210 kilomètres). 28 étape.— 9 mai, départ à huit heures du malin. — Arras, Doullens, Saint-Pol, Hesain, Saint-Omer, Boulogne-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer, Abbeville (260 kilomètres). 3e étape. — 10 mai, départ à huit heures du matin. — Abbeville, Dieppe, Gournay, Gisors, Vernon, Mantes, Saint-Germain-cn-Laye, Paris (260 kilomètres). Voitures industrielles : Etape unique. — Départ à six heures du matin. —-, Beauvais, Méru, Pontoise, Saint-Germain-en-Laye, Paris (85 kilomètres) . Des récompenses consistant en objets d art et en médailles seront attribuées aux lauréats par le ministère de l’Agriculture.
- —(§)— On annonce de Broonce (Australie occidentale), que l’on a trouvé, dans les pêcheries de cette localité, une perle de telles dimensions qu’on peut la considérer comme la plus grosse du monde. Ce n’est pas seulement par sa grosseur que cette perle se distingue de ses devancières, mais encore par sa régularité et sa couleur, son eau comme on dit dans le langage des lapidaires. On l’estime à plus de 350000 francs.
- —g;— On ne se figure généralement pas la population considérable que font vivre les entreprises de chemins de fer : le fait est que, dans une seule année, les Compagnies des Etats-Unis, qui possèdent naturellement un réseau énorme, payent à tout leur personnel régulier un total prodigieux de 2 milliards 935 millions de francs de salaires et traitements.
- —(§;— La ville la plus salubre des États-Unis est, sans contredit, celle de Marion, de l’Etat de Iowa. Cette ville, de 4102 habitants, n’a, en effet, fourni que 6 décès pendant tout le cours de l’année 1900. Cela ne fait que 1,46 par 1000 habitants. Qu’il y a loin de ce résultat à ceux que présentent les grandes villes de l’Est! On constate pour ces dernières : Washington 21,71 pour 1000: Baltimore 21,02; Philadelphie 19,38; Boston 20,82, etc.
- —,§)— D’après les journaux de Crescenl-City, dans le comté de De Norte, on aurait découvert sur la limite des Etats de Californie et de l’Orégon, une très importante veine de minerai aurifère et argentifère qui, aux essais, a donné 45 dollars à la tonne. L’existence de cette veine a été reconnue sur une longueur de 1500 mètres et son épaisseur moyenne serait de 50 mètres. Les mineurs afiluent de tous les côtés.
- —®— Dans la nuit du 20 au 21 mars, un bolide présentant la forme d’un gros serpent allant de l’est à l’ouest avec une grande rapidité a été vu dans le ciel vers une heure du matin, à Nuits-Saint-Georges. Au moment où il fut aperçu, il descendait obliquement de la voûte céleste et paraissait être au-dessus du village d’Agencourt. Il fut perdu de vue à très faible distance du sol près de la gare de Nuits. Le sillon lumineux qu’il a laissé sur son parcours a pu être observé pendant cinq minutes environ.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du j'oumal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour l’appareil répétiteur de signaux, s’adresser à M. le capitaine Netter, 14, cité Yaneau, à Paris. — La perforatrice électrique à injection d’eau, se trouve chez M. Giroux représentant de la maison Dunand, 28, boulevard Haussmann, Paris. — Pour tout ce qui concerne* la cellulotypie, s’adresser à M. Emile Bayard, artiste peintre, 6, rue Schœlcher, à Paris.
- Communications. — Un de nos abonnés, chef d’une grande institution de Paris, nous écrit : « Je me permettrai de critiquer les conclusions que l’auteur de l’article sur « la cytogenèse expérimentale », paru dans le n°1501 du 1er mars, semble tirer des expériences de M. Leduc, de Nantes. Dans une première lecture, je n’avais voulu voir là qu’un exemple physique de la cellule, les conclusions étant d’ailleurs un peu voilées ; mais nos jeunes gens m’ont demandé s’il n’y avait pas de la témérité à conclure d’un simple fait d’attraction propre de la molécule à la formation de la cellule vitale, etc. » Notre correspondant a raison de provoquer une explication. La phrase de l’auteur prête à ambiguïté ; il s’est exprimé au figuré, mais il va sans dire qu’il ne s’agit que d’une imitation physique de la formation de la cellule.
- M. G. de Rocquigny-Adanson à Parc-de-Baleine (Allier), nous adresse deux brochures : « Papilio Machaon », description d’un papillon qui se trouve dans notre pays, et « Epoque de la floraison de l’Azalée pontique dans le centre de la France ».
- M. A. L. Herrera, à Mexico, nous envoie la suite de son article : « La imitacion del protoplasma » qui a paru dans la « Ciencia popular ».
- Renseignements. — M. 0. Cappieters, à Bruges. — Nous ne pouvons donner des renseignements sur ce liquide, sa composition est probablement tenue secrète.
- M. J. Desgeans, à Epernay. — Toute l’étude de M. Zewis peut être lue dans le Moniteur scientifique d’octobre 1901.
- M. Château, à Versailles. — Pour les fentes de parquets, voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, librairie Masson et Cic ; voir aussi les Nouvelles scientifiques du n° 1450 (9 mars 1901), p. 59.
- M. Yard, à Padoue. — 1° Cette information a paru dans YElectricien. Vous pourriez vous adresser directement à l’Université de Chicago. — 2° Procurez-vous « Peinture et vernissage des métaux et du bois », par MM. Finet et Lacombe, librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. S. Nicolaïdis, à Cetatea. — Nous ne pouvons donner notre avis; chaque appareil a ses avantages et ses inconvénients. Voyez notre n" 1497 du 1er février 1902. Nos renseignements contiennent d’ailleurs plusieurs adresses.
- M. M. Colas, à Hanovre. — 1° Vous pouvez vous procurer à la librairie Masson et Cie, le « Formulaire de l’Electricien », de M. E. Hospitalier; prix : 6 francs. — 2° Ces livres sont nombreux, renseignez-vous à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, Paris. — 5° Fabricants de planimètres : MM. Richard, 25, rue Melingue, à Paris.
- M. S. de Andrade, à Goa. — Adressez-vous à M. Douane, 23, avenue Parmentier, Paris.
- M. F. Ortmans, à Bruxelles. — 1° Les livres que vous demandez sont : « Enroulements et construction d’induits », par Arnold, librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, Paris; prix : 20 francs; « Dynamos à courant continu », par Fischer-
- Hinnen, librairie Fritsch, 50, rue Jacob, Paris; prix : 10 francs environ. — 2° Machines dvnamo-électriques, par Sylvanus. Thompson; prix : 30 francs; librairie Béranger. — 3° Les bougies a allumage sont de toutes sortes. 11 y en a en fer, en nickel, en porcelaine, etc.
- M. F, Hiard, à Paris. — Le compte rendu de l’Académie des sciences dont vous parlez est celui du G janvier 1902. Nous n’avons pas d’autre renseignement.
- M. G. de Visme, à Rouen. — II faut vous adresser an Ministère des travaux publics, ou au Service des phares, avenue du Trocadéro, Paris.
- M. Germain, à Nancy. — Nous n’avons pas entendu parler de cette sirène à pétrole. Le mieux serait de s’adresser à la maison Tellier, 52, quai de la Râpée, Paris.
- M. Chardin, à Pantin. — Le procédé de préparation de la viscose serait trop long à rappeler ici. II a paru tout dernièrement un article sur la viscose dans le Kaiserliche Techno-logische Mittheilung de Vienne; nous avons aussi publié un article dans le n0' 1288, du 5 février 1898, page 146.
- M. J. Doumic, à Paris. — 1° Un bon frein à tambour d’un fonctionnement sûr nous paraît préférable. Voyez à ce sujet le n° 1498 du 8 février, p. 155. — 2° L’élément d’appréciation que vous donnez est insuffisant. Essayez divers cadres et réglez-vous sur les principes suivants : pour répartir d’une manière rationnelle le poids du cycliste sur les différentes parties de la machine, les poignées du guidon doivent être à environ 5 centimètres au-dessous du niveau de la selle. Il faut toujours pédaler le talon bas. — 3° Le choix des deux développements dépend trop de la résistance musculaire et de l’entraînement du cycliste pour que nous puissions vous conseiller utilement.
- M. J. Clairac, à Madrid. — 1° Demandez ces renseignements à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, Paris. Consultez aussi l’Encyclopédie chimique de Frémy, à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, — 2° Vous pourriez vous adresser à M. G. Richard, 23, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- M. Alb. Lapointe, à Theley. — Si l’on approche une montre ordinaire d’une dvnamo, la spirale d’acier s’aimante et 1» montre s’arrête. Il est difficile, voire même impossible, de désaimanter complètement un fer aimanté. Le seul moyen infaillible est de le chauffer au rouge. Un moyen pratique consiste à soumettre le fer à des cycles d’aimantations complets d’intensité décroissante. Par exemple dans le cas d’une montre, on la fera tourner rapidement sur elle-même dans un même plan en l’éloignant lentement de la dynamo.
- M. B. M., à Rennes. —Vous trouverez des renseignements sur les étiquettes et les encres à écrire sur le zinc dans les petits livres des Recettes et procédés utiles, série 1, 2, 5, à la librairie Masson et Cie.
- M. O. Van Humbeck, à Ascencion. — Adresses de fabricants de moteurs à pétrole pour la navigation : M. Tellier, 52. quai de la Râpée ; M. Chaligny, 54, rue Philippe-le-Grand, Paris. Moteurs à alcool : M. Paul Barbier, 46, boulevard Richard-Lenoir, Paris.
- M. H. Lottin-Saguier, à Paris. — 1° On ne peut utiliser les vieilles piles. — 2° Vous pourriez essayer l’ammoniaque.
- M. H. Cavrel, à Rouen. — II n’existe pas de revue dans' le genre de celle que vous demandez. Vous trouverez des opuscules relatifs A l’électricité chez Desforges, 41, et à l’ancienne librairie Michelet, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. le lieutenant Cottcnest, à In-Salah. — Vos lettres ont été envoyées à M. Deburaux, capitaine du génie, à Orléans.
- M. H. Wintsch, à Thüringen. Nous avons déjà donné cette adresse : M. Wydts, 87, avenue Gambetta, à Paris.
- Réponse. — 1Y° 1254. — Si l’on expose à l’air pour quelques jours, dans un verre, du chlorure de calcium blanc fondu, qu’on trouve dans les maisons de produits chimiques, il se dissout dans l’humidité de l’air, et il en résulte un liquide clair comme l’eau. En introduisant, ou baignant, une feuille de toile dans ce liquide, je crois quelle reste toujours assez humide pour copier des lettres sans mouiller les feuilles du copie-lettres qui lui sont mises en contact. (Communiqué par M. C. Tenoccnio, à Genova.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Henri de Sevelinges, à Paris; M. Karl Eltig, à Marseille. Remerciements de votre envoi. — M. D. L., h Brest. — Consultez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. Lebon, à Lille; M. L. Very, à Arras. — Remerciements pour vos communications.
- Dans ia « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- AVRIL-MAI-JUIN 1902. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- Tlureau
- touche
- BéHer
- lJuill.
- >Canoer
- Poi ssons
- P îtit Chien
- O-rion
- Baleine
- Êr idan
- Lièvre
- Colombe
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- ge au* merr
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- Pass
- Hercnl
- Datqphm
- Poissons
- 'Ophiucus
- et Antinous
- Verseau
- Balance
- JUPITER
- j >Ju jL__
- Capricorne
- URANU
- Scorpion
- Sagittaire
- Poi ssonAust ?al
- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1902, Nom de l’astre. Grandeur. Immersion. Temps moyen. Émersion. Temps moyen.
- Avril 4 7717 B.A.C. 7,0 16 h. 5 m, 6 16 h. 14 m, V)
- — 11 ô5 Taureau. 4,6 9 h. 49 m, 9 10 h. 24 m, 9
- — 13 21 Gémeaux. 6,6 11 h. 29 m, 0 12 h. 19 m, 7
- — 14 A Gémeaux. 3,8 4 h. 55 m, 8 6 h. 9 m, 6
- — 14 68 Gémeaux. 5,5 12 h. 47 m, 0 *13 h. 22 m, 6
- — 15 27 Ecrevisse. 5,7 12 h. 3 ni, 7 12 h. 28 m, 4
- — 17 14 Sextant. 6,4 9 h. 18 m, 1 10 h. 9 ro, 8
- — 21 58 Vierge. 7,0 7 h. 26 m, 7 Appui,e à G’8 ta bord.
- — 21 a Vierge. 1,1 6,0 12 h. 2 m, 0 15 h. 6 m, 1
- — 25 5580 B.A.C. 11 h. 02 m, 7 12 h. 17 m, 3
- — 28 P1 Sagittaire. 4,2 16 h. 52 m, 7 17 h. 57 in, 1
- Mai 1 c1 Capricorne. 5,5 ’ ‘13 h. 16 m, 9 14 h. 14 m, 5
- — 1 c* Capricorne. 6,4 13 h. 52 m, 8 14 h. 58 in, 6
- — 12 12 Ecrevisse. 6,5 10 h. 57 m, 3 ippalse i fl'î do bord.
- — 15 36 Sextant. 6,4 9 h. 34 m, 6 10 h. 45 m, 6
- — 20 a4 Balance. 2,9 13 h. 53 m, 5 Appolse à VJ do bord.
- Juin 2 54 Baleine. 6,2 15 h. 5 m, 5 16 h. 0 m, 3
- — 15 86 Vierge. 5,9 10 h. 29 m, 8 11 h. 15 m, 7
- — 18 va Scorpion. 4,2 ' 9 h. 51 m, 4 11 h. 12 m, 0
- 20 6081 B.A.C. 1 Lï toile est sous l’horizon. 6,7 li h. 53 m, 4 ippalse b l'8 du bord.
- 1902. Juin 21 Nom de l’astre. Grandeur Immersion. Emersion. Temps moyen. Temps moyen. 18 577 A.Oe... 7,0 9 h. 15 m, 9 10 h. 35 m.
- 25 7717 B.A.C. 7,0 15 h. 56 m, 4 16 h. 37 m, 0
- — 28 113 B.A.C. 6,7 *11 h. 52 m, 2 11 h. 55 m, 5
- gatelliU s de Jupiter. OCCULTATIONS. ÉCLIPSES. 1902. Satellites. Immersion. Emersion. Commencement Fin.
- Avril 12 111 17 h. Oui. 49
- — 24 I 15 h. 45 m. 59 s.
- .Mai 3 I 15 h. 47 m.
- — 11. III 14 h. 52 m.
- — 11 11 h. 55 m.
- — 17 I 15h. 56m. lis.
- — 18 III 14 h. 45 m.
- — 19 I 14 h. 2ra.
- - 21 IV 13 h. 57 m.
- — 25 III 13 h. 28 m. 6 s.
- — 25 II 14 h. 28 m. 31 s.
- - 26 I lb h. 54 m.
- Juin 2 I 11 h. 12 m. 39 s.
- — 11 I Il h. 2 m.
- .— 12 II 13 h. 59 m.
- - 18 l 12 h. 29 m. 25 s.
- 23 III 12 h. 58 m. 15 h. 40 m. 8 s.
- — 25 I 14 h. 23 m. 57" s.
- — 26 II 14h. lui. 10s.
- — 27 I 12 h. 4 m.
- * L’étoile est sous l’horizon.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- Éclipse partielle de Soleil, le 8 avril 1902, invisible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Commencement de l'éclipse générale......................... 1 h. 40 m. 0.
- Plus grande phase de l’éclipse............................. 2 h. 14 m. 4.
- Fin de l'éclipse générale.................................. 2 h. 48 m. 6.
- Grandeur de l’éclipse = 0,065 le diamètre du Soleil étant un.
- Éclipse totale de Lune, le 22 avril 1902, en partie visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- F.ntrêe de la Lune dans la pénombre, 22 avril..... 5 li. 58 m. 3.
- Lntrée dans l’ombre, 22 avril..................... 5 h. 9 m. 4.
- Commencement de l’éclipse totale, 22 avril........ 6 h. 19 m. 5.
- Temps moyen de Paris.
- Milieu de l’éclipse, 22 avril................................. 7 h. 2 m. 1.
- Fin de l’éclipse totale, 22 avril............................. 7 h. 44 m. 7.
- Sortie de l’ombre, 22 avril................................... 8 h. 54 m. 7.
- Sortie de la pénombre, 22 avril...............................10 h. 5 ni. 9,
- Grandeur de l’éclipse = 1,337 le diamètre de la Lune étant un.
- Eclipse partielle de Soleil, le 7 mai 1902, invisible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Commencement de l’éclipse générale............................ 8 h. 51 m. 8-
- PIus grande phase de l’eclipse................................10 h. 43 m. 8.
- Fin de l’éclipse générale.....................................12 h. 55 m. 6.
- Grandeur de l’éclipse = 0,858 le diamètre du Soleil étant un.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 mars. . . . 4°,9 W. 2. Couvert. 0,0 Presque couvert, brouillard av. le jour; gelée blanche
- Mardi 18 8°,7 S. S. W. 1. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 18 h., puis nuageux, beau après 21 li. ; bruine ou pluie à 11 h.
- Mercredi 19 1°,9 N. 0. Beau. 0,2 Beau. Brouillard av. le jour, atmosphère claire à 16 h. ; gelée blanche.
- Jeudi 20 5®,4 S. S. W. 2. Quelques nuages. 0,0 Nuageux, gelée blanche; halo.
- Vendredi 21 ... . 7“,5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Éclaircies jusqu’à 4 h. et à 18 h., couvert le reste du temps; pluie à diverses reprises.
- Samedi 22 3V S. S. W. 2. Beau. 2,9 Très nuageux. Gelée blanche. Quelques averses avec grêle. Couvert le matin, nuageux le soir, pluies à diverses reprises, grêles ; orages au N.-E. entre 17h. 50 et 19h.
- Dimanche 23 4°,8 N. W. 1. Couvert. 0,0
- MARS <902 — SEMAINE DD LUNDI 17 AD DIMANCHE 25 MARS.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes au milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boute mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- 'I.es orages de grêle et la neige. — Dans un mémoire publié récemment dans le Bulletin du service météorologique d’Italie, M. V. Monti donne le relevé du nombre d’orages accompagnés de neige enregistrés aux diverses stations de 1881 à 1887. Les orages à neige sont très rares en Italie et 25 pour 100 à peine de ces orages sont accompagnés de grêle. Dans la plupart des cas, les orages à neige se produisent en hiver, mais il s’en produit parfois aussi hors saison sous l’action du refroidissement brusque causé par l’orage. M. Monti estime d’ailleurs que l’on ne dispose pas actuellement de données statistiques suffisantes pour élucider la question de savoir si le bombardement d’un nuage à grêle ne provoque pas la transformation de celle-ci en neige.
- Tempêtes et pluies. — Dans la nuit du 17 au 18 mars, un violent ouragan du nord-ouest a sévi dans la Méditerranée, dans le golfe de Gênes et dans les parages de la Corse et de la Sardaigne. De fortes pressions dans le sud-ouest du continent se sont étendues jusque sur les Pays-Bas et la Suisse. Le vent a été faible sur le littoral de la Manche et
- de l’Océan. En France, la pluie est tombée le 17 mars au Puy de Dôme (16 mm), à Besancon (3 mm) et à Brest (I mm). Le 18 mars, on a signalé un vent frais d’entre ouest et sud sur la Manche, la Bretagne, du nord en Gascogne et en Provence. Des neiges et des pluies ont eu lieu sur le nord et le sud de l’Europe. En France, on a recueilli 2 mm d’eau à Gris-Nez, 1 au Havre. Le 19 mars, des pluies sont tombées dans le nord, le centre et le sud du continent, ainsi que sur les Iles-Britanniques. En France, un peu de pluie est tombée seulement à Paris. Le 20 mars, pas de pluie en France; le 21 mars, pluies générales en France. Une pluie fine et pénétrante est tombée à Paris le 21 mars dans la matinée et le 22 mars toute la journée. Forte bourrasque les 23 et 24 à Paris et au nord de la France.
- Orage* de grêle en Espagne. — Une violente tempête, accom-agnée de grêle, s’est abattue sur Séville le 20 mars. La foudre est tom-ée en plusieurs endroits sur les tramways électriques, occasionnant de violentes secousses aux voyageurs. Les dégâts dans la ville et dans la campagne ont été importants.
- A Ubeda, province de Jaën, un violent orage a éclaté le même j our. Dans quelque» rues, la grêle a atteint 50 centimètres de hauteur. Quelques grêlons pesaient jusqu’à 250 grammes.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- -<g)— Mardi dernier, 1er avril, s’est ouverte à Paris, dans le .grand amphithéâtre de la Sorbonne, la session annuelle des Sociétés Savantes, au milieu d’une grande affluence de savants venus des départements. La session de clôture sera présidée par le ministre <le l’Instruction publique.
- —®— Tous les membres du Parlement ont reçu un exemplaire •en bronze de la plaquette de Chaplain, frappée à l’occasion du Cinquantenaire de M. Berthelot. En même temps nous recevions un magnifique exemplaire des documents publiés à l’occasion des fêtes, -sous le titre de : « Cinquantenaire scientifique » de M. Berthelot, 24 novembre 1901, avec portrait, etc.
- —®— Nous avons'le regret d’apprendre la mort de M. Jules Mesureur, président de la Société des Ingénieurs civils de France, membre de la Chambre de Commerce.
- —®— Notre collaborateur M. T. Obalski vient d’être chargé, par le Ministère de l’Instruction publique et par le Muséum d’His-toire naturelle, d’une mission scientifique au Canada afin de réunir •des collections pour nos musées nationaux et d etudier les grandes industries, entre autres celle de la pulpe à papier qui a pris au Canada un si prodigieux essor. Le projet de M. T. Obalski est d’explorer les territoires nord-est du Nouveau-Brunswick à la baie •d’Hudson. Le, Nouveau-Brunswick offre un vaste champ d’exploration géologique ainsi que la province de Québec si riche en mines ; tes chaînés montagneuses séparant les versants de l’Hudson de ceux du Saint-Laurent par ses lacs, rivières et forêts, peuvent fournir une ample moisson de documents zoologiques et botaniques. M. T. Obalski compte gagner Québec dès l’ouverture des fleuves et 'rivières du Canada à la navigation, puis revenir par les rives du 'Saint-Laurent, traverser les provinces de Québec, d’Ontario et gagner celle de Kewatin et la baie d’Hudson.
- . —®— Le plus petit vertébré connu est un poisson appartenant à la grande famille des Gobius. Son espèce et son genre sont inconnus jusqu’ici. Cet être microscopique a été découvert récemment dans un lac des îles Philippines par M. Smith, de Washington, qui l’a baptisé Mistichtys luzonensis. Le mâle mesure environ 12mm,5, et la femelle 13“m,5. Ce poisson, inconnu des naturalistes, sert à l’alimentation des indigènes qui en sont très friands.
- —®— Un médécin de Copenhague, M. Bang, a combiné dans un but thérapeutique une lampe à arc à charbons creux avec circulation d’eau à l’intérieur. Grâce à ce dispositif, on peut impunément toucher les charbons alors qu’il règne une température de 5000° au voisinage de l’arc. I/usure des charbons est, paraît-il, diminuée de beaucoup, ce qui pourrait contribuer à étendre l’emploi du système aux applications industrielles.
- —®— Sur le sommet de l’Apennin toscan, se trouvait, il y a peu "de jours encore, un petit lac, dit Lago-Santo. Le fameux naturaliste Amoretti, le visitant en 1722 et écrivant au professeur Spallanzani, l’appela le Lac Infernal, tant tut lugubre l’impression qu’il en éprouva. Son débordement suffisait à alimenter un énorme moulin et, continuant son cours vers le nord, grossi d’autres petits torrents, formait le fleuve Scoltena, qui, près de Modène, changeant de nom, devient le Panaro. De ce lac, il ne reste plus que le souvenir. Les récents tremblements de terre l’ont mis à sec.
- —®— Un phénomène tout à fait curieux s'est produit récemment à Bruten dans le Somersetshire. Vers 6 heures, immédiatement après le coucher du soleil, et au-dessus de l’endroit même où il venait de se coucher, on a pu voir se dresser verticalement unô belle colonne lumineuse, longue de 18° à 20°, et d’une largeur égale au diamètre du soleil. Sa couleur, d’abord blanc argentin, passa graduellement au jaune doré. A ce moment quelques légers
- nuages semblèrent passer derrière elle. Vers 6h 30 la colonne avait pris une teinte rouge foncé, qui devint de plus en plus sombre et finalement se fondit dans le ciel à 6h 40.
- —®— M. W. D. Boot, horloger à Dambury, dans l’Etat du Connecticut, a construit une machine à air comprimé qui est bien la plus petite que l’on connaisse, car elle mesure juste 2 centimètres de hauteur et ne pèse, avec son socle minuscule, que 30 grammes. M. Boot est bijoutier en même temps qu’horloger, aussi a-t-il établi son petit moteur avec les métaux précieux qu il a coutume de manier. Ainsi les tuyaux d’alimentation, dont le diamètre est d’un millimètre seulement, sont en argent, de même que la tige du piston et le cylindre. Quant au volant, qui en tournant à toute vitesse fait grand bruit, il est en or et mesure II millimètres. Un microscopique régulateur à boule de bronze surmonte le moteur. Pour mieux faire ressortir la petitesse de sa machine, l’inventeur lui a donné pour base une pièce en argent de 10 cents, monnaie un peu plus grande que nos pièces de 50 centimes.
- —®— De l’autre côté de l’océan Atlantique la mode est maintenant pour les gens riches de porter de la soie en toile d’araignée. A New-York, le prix d’une paire de gants s’élève à 100 dollars, 500 francs, et une robe revient à 1200 dollars; aussi, en vue d’abaisser le coût du nouveau tissu, un syndicat s’est-il formé qui va installer aux Etats-Unis plusieurs manufactures de soie d’araignée. Dans notre colonie de Madagascar, cette industrie a pris déjà une certaine extension. Les épeires malgaches et brésiliennes construisent des toiles de 3 et 4 mètres de diamètre, d’un fil jaune pâle très brillant et plus solide que la soie du bombyx. Ce sont ces espèces qu’on se propose d’acclimater aux Etats-Unis.
- —®— Les ingénieurs du service municipal de la Ville de Paris, directeurs des travaux d’infrastructure du Métropolitain, ont fait récemment la remise, à la Compagnie fermière du Métropolitain, du premier lot de la ligne Etoile-Place de la Nation. Ce lot, d’un kilomètre et demi de longueur, qui va de l’Etoile au boulevard Malesherbes, est entièrement terminé, et les ingénieurs de la Compagnie du Métropolitain vont sans retard procéder à la mise en place des rails et à l’installation des stations de la place des Ternes, dé la rue de Courcelles et du Parc Monceau.
- —®— On nous signale d’Amérique un nouveau dispositif breveté par M. Tillman, de Chicago, et grâce auquel les trains peuvent communiquer téléphoniquement avec la tète de ligne ou toute autre station. L’appareil de M. Tillman se branche sur les lignes télégraphiques qui longent la voie. Tout récemment un train muni de ce système a pu correspondre avec la gare de Chicago, distante de fiOO kilométrés environ. Il paraît que la conversation téléphonique et la transmission des dépêches peuvent s’effectuer simultanément et sans se gêner. Ces appareils ne sont pas très nouveaux, et ils exigent tous que le train s’arrête pour téléphoner.
- —®— Les études du grand dirigeable que L. Godard va mettre en construction sont terminées. L’ingénieur aéronaute va construire, en collaboration avec le lieutenant-colonel de Altamira, un ballon allongé de 3000 mètres cubes; son grand axe aura 54 mètres, son diamètre 14, la nacelle, fixée à 6m,50 du ballon par une suspension indéformable, aura 22 mètres de long, 2 hélices de II mètres de diamètre, fixées à chaque extrémité, seront actionnées par deux moteurs à pétrole de 50 chevaux chacun. Les aéronautes comptent réaliser en air calme 50 kilomètres à l’heure.
- . —®— Les Danois sont décidément des gens bien pratiques. Les microbes qui concourent à la maturation de la crème; en vue de la fabrication du beurre, sont l’objet chez eux d’un choix minutieux, tous les inconnus sont éliminés, et on leur substitue des bactéries d’élite, des « purs », qui sortent de bouillons de culture.spéciaux. De cette façon le beurre est bien fait, son arôme est bien défini, et il se conserve et s’exporte plus facilement.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- A.vis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. E. F met, à Paris, nous adresse les explications complémentaires demandées par M. Schutz dans notre Boite aux Lettres du n° 1504 du 22 mars : « Je prends trois parties d’alcool à 90° et une partie d’eau ; mon mélange ne titre donc plus 90° au commencement de l’opération. Suivant la quantité d’eau employée au lavage de la chaux, l’alcool récupéré aura un degré plus ou moins élevé. Si j’ai un alcoomètre, je le pèserai et le ramènerai au degré voulu ; dans le cas contraire, je verrai à vue de nez, en y projetant un petit fragment de carbure, si la proportion est bonne. Cette proportion n’a du reste rien d’absolu; car la production du gaz dépend également de l’état de division du carbure, un gros morceau ayant moins de surface d’attaque que s’il était concassé. On ne récolte naturellement pas exactement tout l’alcool contenu dans la chaux ; pour cela il faudrait la passer à l’alambic. J’ai choisi l’alcool comme étant le produit le plus commode ; on détiendrait le même résultat avec l’acide sulfurique (qu’on ne pourrait récupérer) ou tout autre corps soluble dans l’eau, mais n’attaquant pas le carbure, c’est-à-dire ne contenant pas d’hydrogène comme l’acide chlorhydrique, l’ammoniaque, etc., à moins que cet hydrogène soit déjà combiné avec du carbone comme les alcools, les éthers, les acides organiques, etc. »
- M. Fernand Prud'homme, à Paris, nous envoie des renseignements sur un nouveau tracé de profils par ombre projetée : « Divers artisans, notamment les ébénistes et les tourneurs, ont fréquemment à tracer des profils de colonnes, balustres, mou-limes. Il semblerait au premier abord qu’ils pourraient utiliser pour cela les silhouettes données par l’ombre projetée de ces objets. Mais si l’on opère par la méthode ordinaire, c’est-à-dire en interposant l’objet entre un écran et la lumière, on obtient des contours vagues et des déformations si grandes, malgré certains artifices de diaphragmes et de déplacement de lumière, que cette manière de faire est inutilisable quand la précision est nécessaire. Le procédé de dessin par ombre projetée peut cependant être employé dans ce cas, mais à la condition d’adopter un autre dispositif. En voici un que j’ai imaginé, et qui me donne de bons résultats. Sur une table on dispose l’objet horizontalement ou verticalement entre une glace plane étamée (une glace d’appartement convient très bien) et un écran en carton, tous deux verticaux, ayant leurs surfaces parallèles et choisis de grandeurs proportionnées aux dimensions de l’objet. De l’autre côté de l’écran est placée une lampe de manière que sa partie éclairante dépasse un peu la hauteur de l’écran et que la face de ce dernier en regard de la glace soit seulement éclairée par réflexion. On verra alors la silhouette de l’objet se projeter sur la face de l’écran tournée du côté de la glace. Cette silhouette sera très nette et sans déformation ni pénombre. On pourra ainsi en dessiner les contours avec un crayon sur une feuille de papier assujettie sur l’écran, du côté où l’ombre se produit. Au moyen de ce procédé, les dimensions de l’image varient peu par le changement de distance entre l’objet et l’écran. De sorte que l’on pourra trouver une position permettant d’obtenir à volonté le profil à peu près en vraie grandeur ou légèrement agrandi selon le besoin. Le même procédé peut être employé pour le dessin des ombres chinoises et des portraits silhouettes. »
- M. H. de Sevelinges, à Paris, nous envoie une orange double
- Jui présente une particularité curieuse : certains quartiers e la petite orange intérieure ont leur formation complète, y compris le zest qui a même sa couleur orange. M. de Seve-
- linges ajoute : « Comment la couleur peut-elle se produire à l’intérieur du nouveau fruit, à l’abri du jour ? Il ne s’agit pas là de chlorophylle qui, elle, reste blanche à l'abri dudit jourr comme dans les salades. »
- M. Frans Oog, à Maëstricht (Hollande), nous envoie une communication dont nous extrayons quelques lignes ; « Au cours des travaux d’exploitation de sable que 1 on poursuit dans la montagne de Saint-Pierre, à Maëstricht, les ouvriers ont mis à jour, février dernier, plusieurs parties d’un arbre entièrement silicifié et perforé de tarets. II a dû être très gros à en juger par les fragments que je possède. Le cœur de cet arbre est comme fouillé par un sculpteur. C’est, si je puis m’exprimer ainsi, toute une fourmilière de tarets ou une mosaïque en relief. » Ces spécimens de géants des forêts préhistoriques sont certes dignes de figurer dans un musée. Nous remercions M. F. Oog de son intéressante communication.
- M. Riemer, à Aujermünde, nous envoie une information extraite d’un journal allemand sur le service d’omnibus électriques organisé à Eberswald, dont nous avions parlé récemment. Cette installation n’a pas prospéré.
- Renseignements. — M. Lefèvre, à Paris. — Vous trouverez des ouvrages sur les turbines, à la librairie Bérenger^ 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. E. Gaudu, à Saint-Brieuc. — Vous pourriez prendre une-bicyclette Werner, 40, avenue de la Grande-Armée, Paris.
- M. le Capitaine Crémieux. — Nous ne pouvons nous char-
- er de cette commission, il faut vous adresser à la librairie
- arousse, 17, rue Montparnasse, Paris.
- M. le docteur Lucas, à Concarneau. — Adressez-vous à M. E. Bousson, 101, boulevard Sébastopol, Paris.
- M. Golachkine, à Derbent. — 1° Pour les freins de bicyclette, voyez notre n° 1498 du 8 février 1902. Vous pourriez essayer le frein de la Société Rassinier,199, rue Championne^ Paris. — 2° Cette question est peut-être d’ordre un peu trop industriel, cependant nous la poserons à nos lecteurs.
- M. H, M., 148e, à Verdun. — Nous n’avons rien publié sur cette plume. Le mieux pour vous serait de vous adresser directement à M. Edison, Usine de Menlo Park, OraBge, New-Jersey (Etats-Unis).
- M. l'abbé E. de France, à Versailles. — Longitude du phare d’Arcachon, 5° 55'1.2" O. Latitude 44° 38' 49" N.
- MM. Favre, à Saint-Imier. — Nous n’avons rien publié, du récent et nous ne possédons aucun renseignement précis sur cette industrie. Nous vous tiendrons au courant des informations qui pourraient nous arriver. Vous pourriez vous adresser à « l’Epicier » journal corporatif, 33, rue de la Verrerie, à Paris.
- M. Leconte, à Montrouge. — Pour avoir des renseignements sur cet analgésique, le mieux serait de vous adresser à MM. Chenal, Douilhet et C;e, 22, rue de la Sorbonne, à Paris.
- M. A. Sauve, à Rome. — L’arrhénal se trouve aux adresses données dans la Boîte aux Lettres du n° 1504 du 22 mars.
- M. le lieutenant Beauvais, à Lunéville. — Vous trouverez des poudres et peintures phosphorescentes chez MM. Menitz, 37, passage Jouflroy, à Paris; chez MM. Chenal, Douilhet et C‘% à l’adresse indiquée ci-dessus. La fabrication de ces poudres exige un certain tour de main.
- M. J. Polo, à Nantes. — Le fait dont il est question était déjà un peu vieux et ne rentre pas dans le cadre de ce Journal.
- Cercle militaire, à Antibes. — 1° Il n’existe pas de traités de chimie à l’usage des gens du monde; vous trouverez des traités de chimie élémentaire à la librairie Masson et Cie, à la librairie Béranger, etc. — 2° Des essais de conservation dans le vide ont donné de mauvais résultats. — 5° Vous pouvez vous adresser directement à M. Itasse, ingénieur chimiste, 71, rue de Provence, à Paris. Dans le commerce il y a un papier à copier qui se trouve à la maison Douvet, 7, passage Pecquay, à Paris.
- M. J. Coletti, à Trévise. — Les livres de cette nature se trouvent chez MM. Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augus-tins, à Paris.
- M. A. Gomez, à Saragosse. — Le Dr Marage habite 14, rue Duphot, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à
- X. Nous n’avons pas encore reçu l’envoi que vous nous annoncez. — M. Rebief, à Lille. — Nous prenons des renseignements et nous vous répondrons. — M. Leroy, à Paris; M. Dumont, à Orléans. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dubois, à Paris; M. Vindor, h Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraisO’n.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS*
- Avertisseur électrique d’incendie. — L’avertisseur d’incendie que représente la figure ci-jointe est constitué par une double ampoule en verre remplie de mercure à la partie inférieure. Deux fils de platine, destinés à former un contact, sont placés au milieu de la partie rétrécie. Quand la température s’élève au delà d’une certaine limite dans le local où ce dispositif est installé, le mercure se dilate, monte dans l’ampoule et établit le contact entre les deux fils de platine.
- Le circuit se trouve fermé sur les piles et sur la sonnerie qui fonctionne. Cet appareil est d’une construction simple, solide, et toujours prêt à fonctionner. — L’avertisseur électrique Avertisseur électrkiue d’incendie se trouve chez M. Heller, d’incendie. Coudray et C10, 18, cité Trévise, Paris.
- Carieuse attache de poulie. — Nous nous faisons un devoir de signaler au lecteur les diverses inventions nées un peu dans tous les pavs, et qui nous semblent soit avoir une réelle importance industrielle, soit présenter quelques avantages pratiques. C’est cette raison qui nous incite à décrire une bien curieuse poulie, combinée du reste plus spécialement pour le gréement des bateaux à voiles, mais qui est susceptible d’applications beaucoup plus nombreuses, chaque fois qu’on veut frapper une poulie sur un point fixe d’où il lui soit impossible de se détacher. On emploie parfois dans ce but des crochets doubles croisés ; mais ils empêchent la poulie de s’incliner aisément, autrement que dans leur plan même ou dans un plan perpendiculaire à celui-ci. La compagnie Boston and Lockport vient d’imaginer un dispositif original, qu’elle applique à une poulie tout en bronze de sa fabrication, et dont
- Attache de poulie.
- la construction est aussi simple que possible, comme on peut s’en rendre compte immédiatement. Tout est d’ailleurs arrondi dans la poulie en question, si bien qu’elle ne peut contribuer à couper lés cordages. Quant à l’attache sur le pont d’un navire, par exemple, elle se compose essentiellement d’un manillon qui pénètre par une traverse dans deux tourillons disposés à une des extrémités de la poulie, et qui, par son autre bout, porte une boule. Celle-ci entre dans une demi-sphère vissée sur le pont, et présentant un évidement diamétral qui laisse passage à la tige du manillon. Il est facile de comprendre
- Sue la combinaison de la boule et de la sphère- d’une part, et es deux tourillons d’autre part, foime un joint universel laissant la poulie librement s'incliner de tous côtés, sans que cependant elle puisse venir se coucher dans une position tout à fait horizontale. — Cet appareil se trouve chez la Boston and Lockport Block Company, Boston (Massachusetts), États-Unis.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Cuiller à dosage. — Une société américaine vient d’avoir l’idée originale que nous n’avions pas encore vu appliquer, de combiner une cuiller a dosage soit pharmaceutique, soit plus simplement destinée à des usages culinaires; ce petit appareil se présente sous une forme extrêmement peu encombrante, et il est certainement appelé à rendre de réels services. Ce sont trois cuillers en réalité réunies en une seule, chacune ayant un manche droit et plat et un récipient qui se rattache obliquement à ce manche; comme, d’autre part, la longueur de ces trois cuillers est de grandeur décroissante, elles peuvent se placer les unes sur les autres, et elles sont solidarisées au moyen d’une sorte d’œillet, qui perce le manche de chacune, et leur permet de se développer un peu en éventail en tournant autour de ce point commun comme centre. On peut donc se servir de l’une quelconque sans être gêné le
- «Cite
- Cuiller à dosage.
- moins du monde et sans cependant être exposé à égarer un des instruments.
- Ces cuillers sont graduées pour correspondre respectivement à un quart, une moitié et trois quarts d’une cuiller à café, ou, plus exactement, à 15, 30 et 45 gouttes.
- Le fabricant de cette cuiller est la Manufacturing C°, d’Everett (Massachusetts).
- BIBLIOGRAPHIE
- Formulaire de VElectricien, par E. Hospitalier. 1 vol. in-lfi. 19e année. 1902. Paris. Masson etCie éditeurs. Prix : 6 francs.
- Nous annonçons l’apparition de la dix-neuvième année de ce petit ouvrage qui «renferme les renseignements les plus utiles , pour les électriciens. De nombreuses additions ont été faites aux
- Sarties concernant la production, transformation, canalisation, istribution et applications de l’énergie électrique.
- Traité de Chimie photographique, par L. Matiiet. Notions générales de’chimie, méthodes analytiques, Théorie des procédés photographiques. 1 vol. in-8°. Ch. Mendel, éditeur, Paris, 1902. Prix: 8 fr.
- Analyse immédiate des aliments végétaux du bétail. Section du biologiste de l’Encyclopédie des aide-mémoire Léauté, par J. Alquier, Ingénieur-agronome. 1 vol. petit in-8°. Paris, Masson et Cie, éditeurs, 120, boulevard St-Germain; Gau-thiers-Villars, imprimeur-éditeur, 55, quai des Grands-Au-gustins.
- Analyse élémentaire des substances végétales. Section du biologiste de l’Encyclopédie des aide-mémoire Léauté, par J. Alqlier. 1 petit vol. in-8°. Paris, Masson et Cis, éditeurs et Gauthiers-Villars, 1902. ‘
- Nouveau manuel complet du peintre en voitures, vagons, omnibus, tramways, par V. Thomas, maître de conférences à la Faculté des sciences de Rennes. 1 vol. in-16. Encyclopédie Roret. L. Mulo, libraire-éditeur, 12, rue Hautefeuille. Paris, 1902. Prix : 3 francs.
- Les agrandissements simplifiés, par G. Naudet. 1 vol. in-8°, j Paris, II. Desforges, éditeur, 41, quai des Grands-Augustins, Paris, 1902. Prix : lfr,50.
- La question de l'eau potable devant les municipalités, par P. Guichard, président de la Société de Pharmacie de Paris. 1 petit vol. m-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Villars. Paris. Prix : broché, 2tr,50 ; cartonné, 3 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Km le Pôle Nord, par le M's—be . Nadaillac. Opuscule de -, 02 pages, extrait de la Revue des questions Scientifiques, chez Polleunis et Lentérick, Louvain.
- La coloration des métaux sans usage de couleurs, par J. Girard, préparateur à la Faculté des sciences de Paris. 1 vol. in-10. Chez l’auteur, 15, rue Guy de la Brosse. Paris. 1902. Prix : lfr,50.
- Agenda aide-mémoire des arts et métiers, 1902. 1 vol. in-8. J. Louhat et Cie, éditeurs, 15, boulevard Saint-Martin, Paris. Prix : 0fr,75.
- Die tàgliche Période der Erdmagnetischen Elemente, von D‘ IL Fritsche, directeur de l’Observatoire de Peking. Saint-Pétersbourg^! 902.
- Smithsonian Institution United States national Muséum. Bulletin n° 50. The Birds of north and middle america, by Robert Ridgway, curator, division of birds. Part I. 1 vol. in-8°. Washington, Government Printing Office, 1901.
- The Smithsonian Institution. Documents relative to itsorigïn and history. Vol I, 1855-1887. Vol. Il, 1887-1899. 2 vol. in-8°. Washington, Government Printing Office. 1901.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS . 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 mars. . . . 2\4 S. S. W. 2. Beau. 3,0 Nuageux jusq. 14 li., couv. ensuite; pluie à 3 h. 1/4 et de 18 h. 15 à 22 h. 30. Gel. bl., halo.
- Mardi 25 6°,2 W. 4. Quelques éclaircies. 1,8 Tr.nuag.de5àl2h.,puispeunuag:jusq. 18 h., tr.nuag. à 23-24 h. Beau le reste au temps. Goutt.â6h. 25. Halo.
- Mercredi 26 1",5 W. 1. N uageux. 0,0 Nuag. le ip.,puis tr.nuag., couv. ap. 16 h. Gel. bl. Halo, transp. atm. 3 km. à 8 h., atm. cl à 13 h.
- Jeudi 27 9°.2 W. S. W. 3. Couvert. 8,0 Couvert. Pluie jusq. 4 h. 1/2 et de 7 à 9 h., quelquefois des gouttes.
- Vendredi 28 ... . 9',5 S. W. 2. Peu nuageux. 0,2 Tr. nuag. jusq. 21 h., beaq ensuite. Halo.
- Samedi 29 7°, 7 S. W. 2. Couvert. 0,0 Beau à 1 h., couv. ensuite; pluie de 13 a 18 h.50.
- Dimanche 30 6°,3 N. E. 2. Très nuageux. 4,3 Nuag.à 6-7 h., couv. le reste du temps. Pluie de 11 b. à 14 li. 30 et à 17 b.
- MARS (902 --- SEMAINE DU LUNDI 24 AU DIMANCHE 50 MARS.
- Dimanche
- Mercredi
- Vendredi
- Samedi
- if/ cuoiaoïK^Baxn : : ^ 03 raisi B b i
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes au milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- E.e« grandes pluies en France. — M. A. Angot a fait le relevé des plus grandes pluies observées, depuis 1872, dans les quatre stations du Parc Saint-Maur, de Nantes, de Clermont-Ferrand et de Marseille ; il fait connaître les plus grandes hauteurs de pluies recueillies en une journée dans chaque station et ne donne que les hauteurs de pluie dépassant 50 millimètres en un jour : A Paris : 50*",6 le 25 octobre 1892. — A Nantes : 50““,3 le 13 juin 1898,54“",5 le 15 juin 1885. — A Clermont-Ferrand : 50“”,6 le 25 août 1895, 51““,6 le 26 septembre 1900, 10““,4 le 18 août 1888. — A Marseille : 50"“,1 le 25 mars 1890, 50”",3 le 31 décembre 1897, 50"”,4 le 18 septembre 1886, 52““,1 le 25 octobre 1891, 56““,7 le 26 octobre 1886, 59““,2 le 2 octobre 1898, 64““,1 le II octobre 4899, 65”“,9 le 27 octobre 1882, 68“",0 le 1« novembre 1892, 72”“,7 le 20 août 1896, 75”“,8 le 10 novembre 1886, 76"",6 le 21 septembre 1890, D0““,6 le 30 décembre 1888, 95““,8 le 13 novembre 1898, 104“",1 le 28 juillet 1896,115“",9 le 1" octobre 1897, 221",5 le 1*' octobre 1892.
- _ M. A. Angot fait remarquer que si l’on élevait un peu la limite inférieure des pluies qualifiées de torrentielles, en portant par exemple cette limite à 60 mm au lieu de 50 mm, on verrait que, dans les vingt ans considérés, ce phénomène n’aurait jamais été observé à Paris ni à Nantes, et l’aurait été une fois seulement à Clermont-Ferrand, tandis qu’à Marseille on l’aurait noté onze fois. Cette station est aussi la seule dans laquelle on ait observé des pluies dépassant 100mm en un jour.
- Tempêtes. — De violentes tempêtes ont eu lieu les 24 et 25 mars dans la Manche et dans l’océan Atlantique. Des contre-torpilleurs anglais, partis de Douvres le 24 mars, ont dû se réfugier à Portsmouth pour réparations urgentes; les rivets des plaques de l’avant avaient été arrachés par le vent. Le 25 mars une tempête du sud-ouest a sévi au Havre et s’est accentuée dans la soirée avec une mer très grosse; vers dix heures du soir, le sloop Etoile-de-la-Mer, de Vannes, capitaine Pierre Legregam, monté par cinq hommes, venant d’Angleterre avec un chargement de kaolin, en voulant entrer en relâche dans le port, a été pousse par l’ouragan dans la baie de Seine. Le navire est allé heurter contre la digue Saint-Jean, où il s’est brisé. Plusieurs personnes, accourues au secours des naufragés qui luttaient désespérément contre la tempête, les ont sauvés à l’aide de lignes et de grappins lancés de terre. Et c’est avec ce dernier engin que le capitaine Legregam, qui ne voulait pas abandonner son navire, a été arraché de son bord. II y a eu deux victimes. Le navire a été perdu. Cette tempête a sévi également sur les côtes de l’Océan.
- Pluie. — La pluie est tombée presque tous les jours de la semaine dernière, en petite quantité, mais d’une façon continue. Le 24 mars, on a recueilli 5 mm d’eau à Belfort, 3 mm à Paris, 2 mm à Brest; on a signalé un orage à Biarritz ; le 25 mars, il est tombé 22, mm d’eau à Bordeaux, 12 mm à Nantes, 10 mm à Gap, 2 mm à Paris. Le 26 mars, on a recueilli 30 mm d’eau à Limoges, 11 mm à Bordeaux, 8 mm à Besançon, 4 mm à Nantes ; le 29 et le 30 mars, jour de Pâques, pluie incessante*ù Paris.
- üeige. — La neige est tombée à Remiremont le 27 mars et a recouvert, entièrement la ville. '
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 24, à 3 h. 31 du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément - réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- -(§)— Conformément aux vœux que nous avions exprimés ici, le Parlement vient d’interdire la vente de la saccharine. La loi est formelle. L’emploi de la saccharine est interdit pour tous usages autres que la thérapeutique, la pharmacie et la préparation de produits non alimentaires. Il s’agit de la saccharine et de toute autre substance •édulcorante artificielle possédant un pouvoir sucrant supérieur à •celui du sucre de canne ou de betteraves sans en avoir les qualités nutritives. La fabrication ne pourra avoir lieu que dans des usines soumises à la surveillance permanente du service des Contributions indirectes. Les quantités fabriquées sont prises en compte et la vente ne pourra en être, faite qu’à des pharmaciens pour les usages thérapeutiques et pharmaceutiques. Sera puni d’uné amende de 500 francs au moins et 10 000 francs au plus quiconque aura fabriqué ou livré la saccharine et produits similaires en dehors des conditions prévues par la loi.
- —®— Avant Je se séparer la Chambre a voté une proposition qu’il est bon de faire connaître : la commission du budget a adopté,en etfet, sur le rapport de M. Plichon, le projet présenté par le Ministre de l’Agriculture, projet instituant un prix de '20000 francs en faveur de l’inventeur qui découvrira pour 1 alcool un dénaturant meilleur que le dénaturant actuellement employé et susceptible de donner toutes les garanties au Trésor.
- —gi— Le 2'2 avril, éclipse tcitale- de lune, en partie visible à Paris. Quand la lune se lèvera à notre horizon, vers 6h 58 elle sera déjà complètement éclipsée. La totalité continuera néanmoins pendant plus de trois quarts d’hèüre après le levér et la phase décroissante sera visible dans d’excellentes conditions L’entrée dans la pénombre a lieu à 3h58, l'entrée dans l’ombre à 5h9. Le milieu de l’éclipse se produira à 7h20, la sortie de l’ombre à 8h 55 et la sortie de la pénombre à 10h6. Souhaitons un.beau ciel pour ce soir-là.
- — JD— La Société astronomique de France a tenu, le 12 avril à 8h 50 du soir, son assemblée générale annuelle, sous la présidence de M. H. Poincaré, de l’Institut, à l’Hôtel des Sociétés savantes. M. Poincaré a exposé les progrès de l’astronomie en 1901. M. le commandant Bourgeois, chef de la mission géodésique française à l’équateur, a fait le récit de sa première année de voyage. Divers prix et médailles ont été décernés par la Société.
- —®— Le concours général agricole a. lieu actuellement à la Calerie des Machines, depuis le 9 avril, et se tiendra jusqu’au 16 avril 1902.
- —La Société d’Àcclimatation tiendra sa séance publique -annuelle le mercredi 16 avril, à 8 heures du soir, 41, rue de Lille. Conférence de M. Daireaux sur la Faune de l’Amérique du Sud.
- —®— Notre collaborateur, M. E. Oustalet, professeur au Muséum d’Histoire naturelle, a commencé son cours do zoologie (mammifères et oiseaux), le lundi 7 avril à dix heures un quart dû matin il le continuera les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, à la.même heure. Le professeur étudiera les oiseaux appartenant aux ordres des Passereaux, des Pigeons, des Gallinacés,-des Echassiers et des Palmipèdes.
- —#— M. Perrotin, directeur de l’observatoire du Mont-Gros, à Nice, vient d’adresser à M. Gréard, vice-recteur de l’Académie de Paris, un rapport sur les travaux de cet établissement. L’observatoire de Nice,, fondé par M. Bischoffsheim, a été donné à l'Université dé Paris, qui, l’administré. L’observatoire travaille à se relier avec le mont Moumer par la télégraphie sans fil. Des études ont été faites sur le mont Macaron et dans l’île Sainte-Marguerite (îles de Lérins), afin de s’assurer de l’action éventuelle des tramways électriques voisins sur l’aiguille aimantée. Sur le mont Macaron, à une distance de la ligne
- de 2km,5, l’aiguille ne cesse d’osciller tout le jour, sous l’action des tramways Nice-Contes, et ne se met au repos que la nuit, après le passage des derniers trains. Le phénomène est aussi intense à l’île Sainte-Marguerite, à la distance de 2km,5, et en dépit de la mer qui sépare ici l’aiguille des tramways Antibes-Cannes. D’après le rapport, ce fait tendrait à mettre hors de cause la plus ou moins grande conductibilité du sol, par suite de l’action des courants dits vagabonds, et semblerait montrer que la cause dominante, sinon exclusive, des perturbations, est tout simplement un phénomène d’induction, comme semble le croire M. Poincaré. Des expériences relatives à la vitesse de la lumière, entré l’observatoire et le mont Vinaigre (dans l’Estérel), à la distance de 45,954 kilomètres, ont été faites. 1700 mesures ont été prises; on compte en obtenir encore 4 à 500. Il sera ensuite procédé, par opérations géodésiques, à la vérification de la distance adoptée. Ce rapport se termine par une Note relative à un procès intenté par l’Université de Paris à la Compagnie Thomson-Houston devant le conseil de préfecture des Alpes-Maritimes. L’Université se plaint que les travaux pour l’établissement de la ligne de tramways Nice-Contes ont complètement, et pour toujours, arrêté le fonctionnement du Pavillon magnétique, construit et installé dans le but d’étudier le magnétisme terrestre, et plus particulièrement les variations de la boussole. Le commissaire du gouvernement a conclu à une .expertise..
- —®— Le moteur solaire, installé depuis quelque temps déjà à South-Pasadena, en Californie, donne, paraît-il, de bons résultats. . Rappelons à ce propos quelques détails de sa construction. Le système, en principe très simple, comporte un réflecteur, une chaudière placée au foyer de ce réflecteur et un tuyau qui conduit la vapeur de la chaudière à la machine proprement dite. L’ensemble du réflecteur et de la chaudière suit le mouvement du soleil à peu près comme le ferait un équatorial, les rayons solaires étant toujours réfléchis sur la chaudière. Le moteur solaire a une puissance de 10 chevaux. Il sert à des travaux agricoles.
- —®— MM. Merryweather and Sons, de Londres, ont construit ûne pompe à incendie dans laquelle la pression nécessaire au jet d’eau est exercée par du gaz acide carbonique. Le fonctionnement est aussi bon qu’avec la vapeur, et de plus le gaz à sur la vapeur l’avantage de pouvoir être préparé immédiatement en faisant tomber de l’acide sulfurique sur du bicarbonate de sodium. La nouvelle pompe fonctionne à Wallasey, non loin de Livcrpool.
- . —Jusquüci l’ascension des hautes montagnes de la Suisse semblait réservée à la bonne saison ; voilà que quelques intrépides alpinistes ont rompu avec cette tradition. On annonce, en effet, que M. Hector Allegra, président du Club Alpin de Domo-Dossola, parti d’Aoste avec trois guides, vient de réussir l’ascension du Mont Rose, d’une altitude de plus de 4600 mètres, la seconde cime des Alpes après le Mont Blanc. L’ascension a présenté les plus grandes difficultés, les provisions de bouche et les boissons ayant été gelées en route. C’est d’ailleurs la première fois qu’une telle entreprise a'été faite en hiver et couronnée de succès. >
- • —®— Dans les fouilles de la Bourse, à Paris, on a découvert une petite Vierge en terre cuite, qui porte la date de 1662 et était enfermée dans une boité protectrice en plomb; en même temps, deux médailles, commémoratives en cuivre, qui furent placées là lors de la pose des premières pierres de la sacristie et de l’infirmerie du couvent des Filles-Saint-Thomas, qui occupait jadis remplacement de la Bourse.
- —Signes de printemps ! Les hirondelles sont arrivées à Paris le 3 avril. Nous avons entendu le 4 avril le rossignol chanter au Bois de Boulogne. Il y a un peu d’avance cette année, le rossignol n’arrive guère que vers le 6 ou 7 avril. Les premières fraises en petits pots se vendent déjà aux halles de Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours crois-iant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les renseignements sur les chaudières marines Babcock et Wilcox, décrites dans le présent numéro, s’adresser à M. Thomine, ingénieur, 15, rue de la Chaussée d’Antin. Paris. — Le générateur d’acétylène « Etoile Polaire » se trouve chez M. Henri Racine, 88 bis, passage Choiseul, à Paris.
- Communications. — M. Michel de Sozaniski, à Lemberg, Leopol (Autriche), nous envoie une communication de M. le Dr Sedislas Stanetzki, relative à des expériences récentes effectuées avec des accumulateurs. De grands perfectionnements ont été apportés à ces appareils pour les rendre plus légers et plus résistants à la fois. Par suite de la pâte qu’il a employée, M. Stanetzki a trouvé que ses accumulateurs supportaient plus fortement les courts-circuits en reprenant plus rapidement la différence de potentiel normale ; à un débit de 14 ampères par kg de plaque la capacité atteint 12,85 ampères-heures, et 1 énergie fournie est de 23,70 watts-heures par kg de plaque. Ces accumulateurs peuvent se prêter facilement à la traction électrique.
- M. G. Conlinho, à Lisbonne, nous adresse la communication suivante : « Je viens de lire dans len° 1501 de La Nature du 1er mars 1902 l’article Nouveau radio-conducteur où l’on parle du contact unique, métal oxydé sur métal poli, comme étant un radio-conducteur très sensible, découvert dernièrement par M. Branly. Je tiens à revendiquer l’invention, puisque j’avais déjà employé, sans même connaître les expériences de MM. Branly et Lodge, dont vous parlez, le contact unique, acier sur or, argent ou platine, comme radio-conducteur, et reconnu qu’il était plus sensible que les radio-conducteurs de limaille. L’invention date des premiers jours de l’année 1900, et le brevet qui m’a été donné en Portugal porte le n° 5445 et la date 27 octobre 1900. Ma disposition de contact comprenait un électro dans le champ duquel se faisait le contact (aiguille à coudre) sur or, argent, etc., en tiges d’un demi-millimètre de diamètre. Le système est sensible au trembleur d’une sonnerie à une distance d’environ 6 mètres; l’électro permettait de chercher la force de contact qui donnait le maximum de sensibilité. Au cours de mes expériences j’ai aussi remarqué les faits suivants qui intéresseront peut-être vos lecteurs : 1' L’appareil était plus sensible quand l’air était plus chargé d’humidité. 2° La sensibilité augmentait aussi avec la réduction de la force électromotrice du seul élément de pile employé, ce qui permettait d’appuyer avec une force plus grande la tige d’acier. 3° En employant comme collecteur d’ondes le cadre d’une bicyclette, par exemple, j’ai pu transmettre les ondulations à travers plusieurs cloisons, et à une distance de plus de 20 mètres en employant l’étincelle (sans boules) à une petite bobine de Ruhmkorff, dont le bout extérieur était lié à une masse métallique quelconque, ou même seulement touché du bout du doigt. 4° L’appareil est très sensible à travers une grande résistance métallique, tel que le fil fin d’une grande bobine de Ruhmkorff : il peut fonctionner comme relais pour la télégraphie par fil aérien du câble, sans terre ; la transmission a été faite aussi par les conduites d’eau.
- 5° La sensibilité maxima était obtenue quand les surfaces des deux tiges croisées en contact étaient très propres, quoique robablement l’aiguille en acier avait toujours des traces ’oxvdation invisibles à la loupe. La propriété que je prétends revendiquer est absolument platonique, puisque je n’ai pas cru devoir faire breveter l’invention à l’étranger; donc, en vous priant de publier cette lettre, mon seul but est de faire con-
- naître des expériences assez intéressantes, et, peut-être, inconnues. » Nous ferons simplement remarquer à l’inventeur que le premier radio-conducteur oxydé à contact unique de M. Branly a été indiqué aux Comptes rendus de l’Académie des sciences de 1891.
- Renseignements. — M. le baron Nothomb, à Bruxelles. — Pour les cigarettes de caféier, s’adresser à M. Naussac, 8, rue Aubriot, à Pans. Nous avons déjà donné cette adresse en tête de la Boite aux Lettres du n° 1493 du 4 janvier 1902.
- M. le Dr Pitsch, à Paris. — Les abonnés au téléphone ne peuvent pas communiquer en cas d’incendie avec le poste le lus voisin, mais ils peuvent téléphoner au poste central, 9, oulevard du Palais, n° 115.96, service d’incendie, qui avertira alors, par son réseau privé, le poste le plus rapproché du domicile de l'incendié.
- M. J. L., à Paris. — Repolir une vitre déjà dépolie est une opération si coûteuse, qu’on préfère, en général, remplacer la vitre. Le procédé est identique à celui employé pour dépolir, on substitue seulement à la roue métallique une roue en liège.
- M. L. Poisson, à Montargis. — 1° Nous ne connaissons pas d’appareil semblable. — 2° Nous n’avons pas encore entendu parler de cette modification.
- M. F. Biron, à Paris. — Vous trouverez à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, de nombreux ouvrages sur cette question.
- M. de Beaupré, à X. — Nous avons reçu les renseignements complémentaires que vous avez bien voulu nous envoyer ; remerciements.
- M. H. S., à Verdun. — Les qualités que vous exigez du journal scientifique que vous cherchez se trouvent réunie» dans La Nature. Les journaux tels que 1 Eclairage Electrique, la Revue des Chemins de fer (49, quai des Grands-Auguslins, Paris) se consacrent à une spécialité.
- M. le Dr P. Rondeau, à Grasse — La lampe Rôrig pour la destruction des insectes est décrite dans notre n° 1264 du 21 août 1897. Pour tout ce qui concerne cette lampe, s’adresser à M. Denaiffe, marchand grainetier à Carignan, Ardennes.
- M. L. Desmazières, à Aubry-lez-Douai. — La recette, telle qu’elle est donnée, a fourni de bons résultats; cependant nous serons heureux de connaîire le résultat de vos expériences et les proportions que vous estimez les meilleures.
- M. C. B., h Paris. — Nous ne connaissons pas d’appareil pour amateurs basés sur des procédés autres que ceux que vous ‘ indiquez. L’article sur la cellulotypie paru dans notre n° 1505 du 29 mars répond-il à votre question?
- M. C. B., à Liège. — Constructeurs de moteurs à vent : M. Anceaux, 10, boulevard de la Bastille, Paris.— 2° La librairie Masson peut vous faire parvenir les numéros qui vous manquent à raison de 50 centimes le numéro.
- M. Auvray, à bouviers. — Le plus simple serait d’insérer une annonce dans les journaux de photographie, tels que la Photo-Revue, 118 bis, rue d’Assas, la Photo-Gazette, 3, rue Racine, Paris.
- Un abonné, à V. 1. J. — Adressez-vous pour ces renseignements aux bureaux Parisiens des journaux Anglais, Daily Mail, 248, rue de Rivoli ; Daily Telegraph, 7, rue des Filles-Saint-Thomas; Standard, 25, rue de la Paix, etc.
- M. J. Weiler, à Stuttgart. — Informez-vous chez le fabricant de ces pierres artificielles : MM. Cro'zier et Cie, 9, rue de Mogador, Paris, qui exploitent les procédés Girard-Meurer.
- M. le capitaine de la Ruelle, à Pans. — 1° Le journal le Chasseur Français, 42, rue du Louvre, Paris, pourrait peut-être vous renseigner sur ces poudres de chas^-e, ou bien vous pourriez vous adresser à M. Doignon, fabricant d’appareils pour l’essai des poudres, 85, rue Notre-Dame-des-Champs. — 2° Nous avons publié quelques renseignements dans notie n° 1416 du 14 juillet 1900, p. 106. — 3° L’article que vous cherchez doit être celui qui a pour titre : Nouvelles application- de la cellulose, il a paru dans notre n° 1599 du 17 mars 1900, p. 250.
- Question. — N° 1255. — M. Golachkine, de Derbent, demande si l’on pourrait fixer la couleur des tapis du Daghestan, teints actuellement à l’aniline, en ti empant ces tapis dans un bain approprié et il demande la composition de ce bain.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Luron, à N. Nous ne décrivons que les appareils ayant déjà fonctionné. — M. G. Dumont, à Paris. Consultez une agence de brevets. — M. Levant, à Paris; M. A. R., à P. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2' série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. R., à Lille. Remerciements pour votre envoi.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lut sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS*
- Réchauds à alcool. — L’alcool est actuellement très utilisé dans les lampes telles que celles que nous avons décrites à propos de l’Exposition de l’alcool, et également dans divers appareils, tels que des réchauds dont nous allons examiner quelques modèles. Nous citerons le réchaud Pigeon (fig. 1 ) qui est formé par un feutre absorbant placé dans l’intérieur d’un
- Fig. 1. — Réchaud Pigeon.
- récipient; il est inversable, inexplosible, sa consommation est 1 litre en 9 heures.
- La Compagnie générale de l’alcool fabrique un modèle spécial (fig. 2), auquel elle donne le nom de réchaud Hélios. Dans ce réchaud l’alcool est placé dans un récipient ; mais il est distillé
- Cendant le fonctionnement et c’est le gaz d’alcool qui brûle.
- ’alcool qui convient le mieux est l’alcool dénaturé à brûler. Pour l’allumage, on tire quelques gouttes d’alcool du réservoir et on les enflamme à l’aide d’une allumette. La chaleur produite gazéifie aussitôt l’alcool contenu dans un petit serpentin percé de trous et le gaz s’échappe en flammes bleues d’une grande intensité. La dépense est très faible; 10 minutes suffisent pour faire bouillir un litre d’eau. La même Compagnie fabrique également un autre modèle de réchaud qui utilise l’alcool solide, et auquel on a donné le nom de réchaud « Sprit-Boule ». L’inventeur a trouvé le moyen de mélanger l’alcool à un savon bien choisi et de le solidifier ainsi. On met alors dans des petites bonbonnières des provisions d’alcool solidifié suffisantes pour chauffer une tasse d’eau, de café ; des boîtes, des étuis contiennent des petites bonbonnières et des blocs ou cubes d’alcool solidifié pour des prix très minimes. Les boîtes renfermant environ 50,125, 250 et 500 grammes d’alcool sont marquées aux prix de 0 fr. 25, 0 fr. 75, 1 fr. 25 et 1 fr. 50. Pour le voyage et les excursions, ces boîtes sont très commodes, on n’a plus besoin d’emporter des liquides. La figure 3 donne une vue d’ensemble du réchaud « Sprit-Boule ». Il consiste en
- Fig. 2. — Réchaud Hélios.
- un petit récipient ouvert à sa partie inférieure et présentant des trous à la partie supérieure. Des supports permettent de le maintenir et de placer dessus les objets à chauffer. On prend une boîte qui contient deux brûleurs, un dans le couvercle et un dans la boîte proprement dite. On allume un de ces brûleurs et on place le réchaud dessus; quand on désire l’éteindre, on se sert d’une palette pour retirer le réchaud et éteindre le brûleur en le couvrant. On laisse refroidir l’alcool qui se consolide, on referme la boîte et on la conserve au frais. Avant de le rallumer une autre fois, il est nécessaire de gratter légèrement la couche de matière qui a pu se former au-dessus de
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- l’alcool. Ce réchaud fonctionne parfaitement sans possibilité d’explosion. Il s’agit d’un simple nec dont la flamme se transforme en gaz avec le concours de l’oxygène de l’air, et dont toute la chaleur est concentrée sur le point utile pour chauffer rapidement et dans des conditions économiques. Le prix de tous ces appareils est très réduit. Le réchaud Pigeon se trouve
- Fig. 5. — Réchaud Sprit-Boule.
- Le Réchaud. —> la boîte brûleir. — La palette.
- à la maison Pigeon, 34, rue de Rennes, et les autres réchauds se trouvent à la Compagnie générale de l’alcool, 9, rue du Louvre, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement de l'hyperhidrose
- L’exagération de la sécrétion sudorale aux pieds et aux mains constitue une infirmité aussi pénible pour le sujet qui en est atteint que désagréable pour ceux qui l’entourent. Elle n’est pas toujours le résultat des mêmes causes. Unna, le dermato-logiste bien connu, distingue à ce point de vue les pieds froids et les pieds chauds : il y a deux sortes d’hyperhidrose.
- L’une se monlre chez les sujets qui ont les mains et les pieds froids. A quelque moment qu’on l’examine, la peau des extrémités est glacée sans que toujours le patient éprouve une sensation de froid très marquée. Dans ce cas, la circulation se fait mal dans toute la région de la jambe et du pied, de la main et de l’avant-bras et le défaut de régularité du cours du sang ne peut compenser la perte produite par l’évaporation.
- Il faut dans cette forme d’hyperhidrose, que l’on pourrait appeler frigide, donner des excitants, pédiluves chauds, avec addition de gros sel ou de farine de moutarde ; frictions avec l’alcool camphré, les vinaigres aromatiques, etc. ; puis le pied ou la main bien séchés, étendre la pommade suivante :
- Huile de térébenthine............ 5 grammes.
- Ichtyol......................... 5 —
- Oxyde de zino.................... 2
- Axonge .... ..... 10 —
- Envelopper la main dans un gant, le pied dans une chaussette et user le matin d’une friction énergique après avoir enlevé la pommade avec l’eau savonneuse.
- L’autre variété d’hyperhidrose est caractérisée par les extrémités chaudes. 11 y a suractivité de la circulation et il faut la modérer, employer des astringents capables de contracter les vaisseaux et les pores de la peau. 11 faut alors employer des bains tièdes simples, faire une onction avec une pommade à l’ichtyol à faibles doses. Le matin, on lave comme dans l’autre cas avec l’eau savonneuse.
- Le permanganate de potasse est un agent parfait quand il y a de l’odeur prononcée comme dans certains cas. J’ai déjà indiqué ce moyen : il faut l’employer avec précaution, bien vérifier avant de faire des badigeonnages qu’il n’y a aucune écorchure, aucune excoriation de la peau.
- La lotion de 1 à 10 pour 1000 convient très bien; il faut procéder graduellement, en essayant tout d’abord les solutions faibles. Le perchlorure de fer est encore un agent très efficace en l’appliquant en badigeonnage mélangé à trois ou quatre parties de glycérine. La peau est tannée, durcie et la sécrétion est tarie ou bien diminuée.
- Parmi les moyens à la portée de tous et qui n’offrent aucun danger, on peut citer toutes les décoctions de plantes à base do tanin, feuilles de noyer, fleurs de roses de Provins, écorces de chêne, de ratanhia. Un bain de pieds dans une décoction concentrée et tiède amène souvent des résultats très heureux de cette pénible infirmité. Dr X.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour nettoyer le linoléum. — On commence par laver le linoléum avec un mélange fait en égales parties de lait et d’eau, puis on essuie et laisse bien sécher. On frotte alors, au moyen d’un chiffon, de manière à étendre un enduit fait de 5 parties <le cire jaune, de 11 d’essence de térébenthine et de 5 de vernis. Pour obtenir un beau poli, on recommande aussi soit une partie d’huile de palme, 18 de paraffine et 4 de pétrole lampant; soit 1 partie de cire jaune, 2 de cire de carnauba, 10 d’essence de térébenthine et 5 d’essence minérale.
- Pour enlever les taches de vernis. — Si elles sont sur une étoffe de laine ou de coton, lavez d’abord la tache avec une éponge imbibée d’essence de térébenthine, puis avec de l’eau de savon simplement tiède ; toutefois, si les taches sont un peu vieilles, il est assez nécessaire de les mouiller d’abord avec un eu de chloroforme, et de laisser passer un certain temps, avant 'appliquer l’essence de térébenthine. Pour les taches qui se trouvent sur de la soie, on procède de même, à cela près qu’on ajoute un peu de carbonate de magnésie à la térébenthine. De toute façon, il faut laisser agir un certain temps cette dernière, afin d’amollir le vernis ; et si une première opération ne suffit point, on peut la répéter sans inconvénient.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 31 mars. . . . 7°,1 S. 1. Couvert. 1,5 Couv. jusqu'à 13 h. ; nuag. de 14 à 18 h. ; beau ensuite ; un peu de pluie. ~~
- Mardi 1" avril. . . . 7°,0 S. 1. Couvert. 0,1 Très nuag. ; gelée bl.
- Mercredi 2 8”,8 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Presque couv. ; halo; gouttes à 24 li.
- Jeudi 3 b°,3 K N. E, 1. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 2u h. ; oeau ensuite; faible p’uic l’après midi.
- Vendredi. 4 . . . . 5”,3 W. S. W. 2. Peu nuageux. 0,1 Nuag. le matin ; quelques éclaircies le soir.
- Samedi 5 6°,4 S. W. 1. Presque couvert. 0,0 Nuag. ; halo.
- Dimanche b 5°,5 N. W. 4. Couvert. 0,1 Très nuag. le matin; nuag. le soir; petite pi. vers 4 h.
- MARS-AVRIL (902 --- SEMAINE DD LUNDI 31 MARS AD DIMANCHE 6 AVRIL.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure ludique la nébulosité de 0 a 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu inaïquent: courbe épaisse, les pressions barométriques I baromètre ramené à 0. au niveau de la mer y. courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri A boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- ©rues, et inondations. —'Les pluies récentes qui sont tombées en France au commencement du mois d’avril ont provoqué presque partout des inondations. Dans la région du Rhône, le Rhône a subi une crue importante. A Lyon, une partie de la passerelle de la Boucle en construction a été emportée et ses débris sont venus heurter les piles du pont de la Guillotière. Dans la région toutes les rivières ont été en hausse. On a signalé des inondations importantes et des glissements de terrain, notamment à ’Pont-de-Beauvoisin, Entre-deux-Guiers et Grenoble. A Pont-Saint-Esprit, le Rhône a atteint la cote de 4 mètres. Il a inondé la Barthe-lasse, les quartiers de Courtine, Champfleury, causant de sérieuses inquiétudes aux riverains. Un éboulement est survenu sur la ligne du Rhône au mont Cenis. A Saint-Étienne, il y a eu de toutes parts de nombreuses inondations. Un éboulement s’est produit sur la ligne du chemin de fer de Clermont-Ferrand à Saint-Étienne, aux environs de la gare de Noirétable. A Sainl-Laurent-du-Jape les eaux de l’Ardèche ont envahi la voie ferrée de la ligne Lyon-Nîmes. Tous les terrains avoisinants sont testés quelque temps sous les eaux, ces propriétaires ont dû se sauver au moyen de barques et pousser leurs troupeaux devant eux, à la nage, jusqu’à la terre terme. De nombreux accidents de personnes se sont produits.
- Les déçâts produits par la crue des eaux dans l’arrondissement d’Am-hert ont été considérables. Dans la commune de la Forie, à 5 kilomètres d’Ambert, le moulin de l’Anguille a été emporté. Le meunier, M. De-georges, a été emporté par les eaux. A Grenoble, tous les cours d’eau ont subi des crues considérables. A Voiron, à Moirans, on a signalé des glissements de terrain et des commencements d’inondations.
- La circulation a été interrompue entre Saint-Michel et la Prai (Savoie). A la sortie du tunnel des Sorderettes, entre Saint-Michel-de-Maurienne et la Praz s’est produit un éboulement. La tète du souterrain des Sorderettes a été complètement obstruée.
- Le transbordement des voyageurs a fonctionné sur une distance de 2 kilomètres. Les trains de luxe et les trains express venant d'Italie ou y allant ont été détournés par Vintimille. A Tarascon, le Rhône a atteint la cote de 4“,30. A Marseille le service des ponts et chaussées a signalé une forte crue du Rhône et de la Saône à Roquemaure. Le fleuve a débordé. La route de Montfaucon a été envahie, ainsi que les bas-fonds de l'ile de Miémart. A Privas plusieurs riverains ont été inondés et ont dû abandonner leurs habitations.
- La Seine a également subi une crue. Le 1" avril, à rhoisy-le-Roi, au Port-à-l’Anglais, à Vitry et au port d’ivry, les quais ont été submergés et de nombreux matériaux ont été emportés par les eaux; le niveau des eaux s’est également élevé sur la Marne ët les autres affluents. Au confluent de la Seine et de la Marne, les eaux ont atteint 1<*,60.
- Tempêtes. — De violentes tempêtes ont eu lieu le 30 mars aux Etats-Unis, et ont causé des dégâts impôrlants. A Pittsburg notamment, le vent a enlevé les toits d’un grand nombre de maisons, et les fils télégraphiques ont été renversés, ue même que les fils de téléphone. Une partie du toit d’une église de Knoxville, dans la Pennsylvanie, s’est effondrée; 45 personnes ont rêçu de très graves blessures.- On a également signalé une tempête à Hambourg.
- PHASES DE LA LUNE : I). Q. le 1", à 6 h. 32 du mitih.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —Le concours agricole s’est terminé le 16 avril; organisé dans la Galerie des machines, il a eü son succès habituel. Taureaux, vaches hollandaises, génisses de la race de Solers ont fait l’admiration des connaisseurs. La salle des Fêtes avait été transformée en un jardin colonial où s’épanouissaient les fleurs les plus rares. Produits coloniaux de toutes sortes, vins, etc. Les machines agricoles très nombreuses occupaient une partie de la galerie. En somme, le -concours organisé par les soins de M. l’inspecteur général Grosjean avait attiré un grand nombre de spécialistes, d’agriculteurs et d’amateurs.
- —(§)— L’Œuvre de la tuberculose humaine a inauguré dimanche dernier son troisième dispensaire pour les indigents; cet établissement est situé place-de la Nativité, dans le 12e arrondissement. Sa construction occupe près de 600 mètres carrés donnés par le Conseil municipal.
- —g)— Le colonel du régiment de sapeurs-pompiers de Paris nous communique la note suivante : « La plupart des incendies graves soht dus à ce que les sapeurs-pompiers sont prévenus beaucoup trop tard. Les moyens d’appel ont pourtant été multipliés sur la voie publique. Des avertisseurs sont placés tous les quatre à cinq cents mètres, de sorte que l’immeuble le moins favorisé est à 250 mètres de l’appareil. A de rares exceptions près, dans les quartiers de b périphérie, les secours sont toujours sur les lieux en cinq à sept minutes après que l’avertisseur a été actionné. On ne saurait trop recommander : 1° aux propriétaires de faire afficher l’adresse de l’avertisseur le plus proche; 2° aux particuliers de courir immédiatement à l’avertisseur dès qu’un incendie se déclare. Pour actionner l’appareil, il suffit de briser la glace en appuyant brusquement, avec le coude par exemple, et, après que la sonnerie a cessé, de crier distinctement la nature du feu, la rue et le numéro. Nous rappelons que l’état-major des sapeurs-pompiers est relié au réseau téléphonique urbain et porte le n° 115.96. Ajoutons [enfin que les secours contre l’incendie sont absolument gratuits. »
- —La Société des ingénieurs civils de France a nommé comme président M. L. Salomon, ingénieur en chef du matériel et de la traction de la Compagnie du chemin de fer de l’Est, en remplacement de M. J. Mesureur, récemment décédé.
- —®— Le paquebot Saghnlien, courrier d’Alexandrie, arrivé à Marseille la semaine dernière, a amené un géant qui mesure 2m,32 de hauteur. Cet homme, nommé Hassan-Ali, est d’origine arabe. Il est né aux environs du Caire et est âgé de 27 ans, très vigoureux, assez mince, quoique d’une charpente solide. Sa main, élevée, atteint la hauteur de 3m,02; son pied mesure 43 centimètres; l’index 13 centimètres et le médius 14 centimètres 1/2. Il jouit d’une santé des plus llorissantes. Hassan-Ali appartient à une famille de géants. Son père, qui vit encore, a 2m,04; sa mère Im,96. Il est marié à une Arabe dont la taille atteint lm,85. Enfin, Hassan-Ali est père d’un enfant de 4 ans qui mesurerait déjà lm,25 et pèse 37 kilogrammes.
- —®— La différence de longitude entre Paris et Greenwich est actuellement l’objet de nouvelles mesures. Deux astronomes anglais, MM. Dyson et Hollis, et deux Français, MM. Bigourdan et Renan effectuent des observations alternativement dans chacune des stations de Paris et de Greenwich. La différence de longitude donnée dans la connaissance des temps comporte une erreur possible de quelques kilomètres, il s’agit de réduire cette erreur à quelques mètres.
- —On nous a écrit d’Ajaccio (Corse) que le 26 mars dernier est mort à Scanafaghiaccia le berger Baptiste Poli âgé de ^20 ans. Il a conservé jusqu’au dernier moment sa lucidité d’esprit. Ce fait doit être accueilli sous réserves. .
- —®— Les derniers tremblements de terre et éruptions volcaniques du sud-est de la Russie ont produit une véritable révolution
- géologique dans toute une partie de la mer Noire et de la mer Caspienne. Sur certains points où la profondeur d’eau était presque insondable, on a vu surgir des rochers. Au port de lïrassnovodsk lui-même, les bateaux du plus faible tirant ne peuvent plus évoluer. Certains géologues parlent de la possibilité d’une disparition de la mer Caspienne.
- —(g)— A la suite des coups de vents du sud ressentis au mois de mars, quelques vols de sauterelles ont fait leur apparition en Tunisie. On a signalé la présence des acridiens le 12 mars à Mahris et le 13 mars aux Souassi. Quelques vols assez importants ont passé les premiers jours d’avril aux environs de Eloudiane et Gafsa; plusieurs ont avancé dernièrement jusqu’à Priana et les environs de Maktar et Cherichera. Aucun dégât n’a encore été commis. Partout les lieux de ponte ont été repérés soigneusement en vue de la destruction des criquets dès l’éclosion.
- —®— D’après les récentes statistiques dressées par l’Electro-technische Zeitschrift, il y avait en Allemagne, au 1er octobre 1901, 113 villes pourvues de la traction électrique. La longueur totale de voies munies de rails était de 3099 kilomètres, et la longueur totale de voies ferrées était de 4548 kilomètres; le nombre de voitures automobiles s’élevait à 7290, et le nombre de voitures remorquées à 4967.
- —(§)— Nos chasseurs alpins ont fait pendant l’hiver dernier dans les Alpes un hivernage qui mérite d’être mentionné. Le 13 décembre 1901, une compagnie du 30e bataillon de chasseurs alpins remonta le Barchelard, affluent de gauche de l’Ubaye, et coucha à Fours. Le lendemain, la troupe franchit le col de Reste-fond (2600 mètres) et atteignit Jantiers sur l’Ubaye à 8 heures du soir. La neige tomba dans la nuit en grande abondance, et 7 mulets, 1 cheval et 8 hommes, commandés par un soldat de lre classe, restèrent bloqués par les avalanches, qui remplirent la route stratégique de Fours à Barcelonnette sur plusieurs mètres de hauteur et sur les 15 kilomètres qui séparent ces deux points. Malgré des difficultés de toutes sortes, la subsistance des animaux fut assurée, et les huit chasseurs alpins n’ont pas eu à souffrir d’un hivernage qui a duré trois mois et demi, à près de 100 kilomètres de la garnison d’Embrun. Mais les chasseurs sur les ordres pressants de leur chef ont dû regagner la caserne et, bien que la route de Fours ne soit pas encore libre, hommes, mulets et cheval se sont engagés dans les neiges, ont franchi le col de Fours à Enchastrayes (2200 mètres) et sont arrivés sains et saufs le 4 avril à Barcelonnette et de là à Embrun.
- —(§)— Une statistique officielle anglaise nous fournit de curieux renseignements sur la production et la consommation du beurre dans le monde. Tout d’abord, nous y voyons que tous les pays producteurs réunis — à savoir : l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Australie — possèdent actuellement près de 64 millions de vaches, qui donnent 2 650 000 tonnes de beurre et de fromage par an, représentant 9 milliards et demi de francs. Ce sont les Etats-Unis qui ont le plus grand nombre de vaches, 16 millions environ, donnant 610000 tonnes de beurre. Puis viennent la Russie avec 10 millions de têtes (350 000 tonnes) ; l’Allemagne avec 9 millions de têtes (500 tonnes); l’Autriche avec 6 millions de têtes (170000), et la France avec 5 millions de têtes (200 000 tonnes). L'Angleterre n’occupe que le sixième rang avec ses 4 millions de vaches, quoique sa production soit à peu près égale à la nôtre. Par contre, UAngleterre doit prendre le premier rang au point de vue de la consommation. Celle-ci, en effet, atteint 14 kg par habitant et par an. Elle est de 12 kg par habitant en Australie, de llk*,5 en Belgique, de 11 kg en Suisse et au Canada, de 10 kg en Danemark, de 9 kg en Suède et aux Etats-Unis, de 8 kg en France. La consommation tombe à 3 kg par habitant en Portugal, en Espagne et en Italie. Elle tend à augmenter chaque année très sensiblement en France, en Angleterre, en Allemagne et en Suisse.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’« Épa-nastrophe » se trouve chez M. Gaumont, 57-59, rue Saint-Roch, Paris, et le châssis « passe-vue » chez M. Turillon, 125, boulevard Voltaire^ Paris. — Pour la nouvelle charrue vigneronne, s’adresser à M. Julius Salomon, château du Lac, à Agen (Lot-et-Garonne). — Pour la soupape automatique de trop-plein, décrite dans le n° 1506, du 5 avril, p. 285, s’adressera MM. Mather and Platt, Salford Iron Works, Manchester.
- Communications. — M. F. Crestin, à Saint-Pétersbourg, nous envoie quelques renseignements sur l’hiver qui vient de s’écouler dans cette ville. Si on compte à partir de l’embâcle de la Néva et jusqu’à la première apparition des freux (Corvus frugilegus) l’hiver a duré 151 jours, contre 105 pour la durée du précédent hiver et 114 jours pour la durée moyenne. Pendant plus de 60 jours, la température a été au-dessous de la normale, et elle a atteint — 50°,6 pendant la nuit du 22 au 23 janvier. La journée la plus froide a été celle du 26 décembre, pendant laquelle le froid était de 22°,5. Il y a eu 48 jours de neige, 7 de dégel et 35 journées à ciel relativement serein. La neige est tombée en grandes quantités et a formé une couche qui atteignait par endroits 106 cm. Jamais depuis 1892 on n’avait assisté à une pareille chute de neige. Du reste, le 31 mars, à l’heure où M. Grestin nous écrivait ces renseignements, l’hiver quoique officiellement fermé durait encore, car il neigeait toujours et la température était au-dessous de 0°.
- M. Guasco, à Paris, nous envoie une brochure dans laquelle il fait le procès des solutions dites d’aldéhyde formique à 40 pour 100 du commerce. Il constate que depuis quelques années une confusion s’est établie sur les deux produits aldéhyde formique et biformol ; le premier est un composé défini qui a pour formule Cil2O et qu’on peut obtenir par oxydation de l’alcool méthylique en présence du platine rougi. Malheureusement ce procédé fournit, en même temps que l’aldéhyde, un ensemble de produits indéfinis. Cet ensemble, qui contient ainsi de l’aldéhyde en proportion variable, reçoit le nom de biformol. Les solutions obtenues industriellement par oxydation d’alcool méthylique renferment donc des corps indéterminés. Il en résulte de grands dangers dans les applications bactéricides dont voici les deux principaux : 1° Possibilité d’intoxication. 2° Impossibilité de connaître la nature des corps employés et les proportions nécessaires pour obtenir des résultats comparables ayant un caractère défini.
- M. Poncet, professeur à Lyon, nous fait parvenir une Note intitulée : « A propos de la chloroformisation et de l’éthérisation » qui reproduit sa communication du 4 mars 1902 à l’Académie de médecine. Dans cette brochure, M. Poncet examine la façon dont se comportent respectivement le chloroforme et l’éther dans les applications à l’anesthésie, et conclut en faveur de ce dernier.
- M. Jaquette, à Boulogne-sur-Seine, nous informe qu’il a observé, le 26 juin, à Deauville (Calvados), l’apparition, après le coucher du soleil, d’une colonne lumineuse verticale analogue à celle décrite dans les Informations de notre n° 1506, du 5 avril. Les détails sont les mêmes dans les deux phénomènes, sauf celui relatif aux nuages. C’est la base de la colonne qui a disparu la première.
- M. P, Guynemer, à Paris, nous adresse la communication suivante : « Dans votre article « Botanique et Croyances » du n° 1506, du 5 avril 1902, p. 274, il semblerait qu’il y a eu confusion entre le banian et le ficus religiosa de l’Inde. — Ce dernier qui, malgré son nom, a plutôt l’aspect d’une sorte de peuplier, ne laisse pas descendre vers le sol de ees longs fila-
- ments qui grossissent peu à peu, forment des troncs secondaires, et arrivent à donner à un seul arbre l’aspect d’une petite forêt. C’est là la caractéristique du banian. Quant au motif pour lequel le ficus religiosa est vénéré, il est très simple : « C’est sous cet arbre que Gautama est mort, et est devenu Bouddha. » Le bouddhisme chassé de l’Inde y a laissé des traces, et quelques-uns de ses usages ont survécu par endroits, notamment celui-là. L’arbre paraît surtout recevoir des plantes parasites : Exemple le plus vieux de tous à Anuradhapoura (Ceylan) 2400 ans prouvés par la liste continue de ses gardiens officiels. Ses racines ne portent plus qu’un vieux tronc malade; mari deux autres arbres sont sortis de terre à une quarantaine de mètres du vieux et dans leur centre pousse un cocotier! Les habitants y ont vu une représentation du vieux culte phallique et les vénèrent doublement. »
- M. Baltet, à Troyes, nous envoie une brochure, dont il est l’auteur et qui a pour titre : « Les arbres, arbrisseaux et arbustes à fleurs de plein air. »
- M. P. Bernard, ingénieur agricole, à Amiens, nous fait parvenir une brochure qui traite le sujet suivant : « Le lin en France, son passé, son présent, son avenir, sa culture. » Cette notice est extraite du « Progrès agricole » ; elle est en vente au prix de 0,r,75, chez l’auteur, 37, rue Delambre, à Amiens.
- Renseignements. — M. A. B. Monteiro, à Rio-de-Janeiro. — 1° Pour le manganèse, adressez-vous à MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris. Nous n’avons pas de renseignements précis sur les commerces d’ocas, de bismuth et de monazites. — 2° Il n’v a pas encore d’ouvrage complet sur l’aluminothermie, adressez-vous directement à M. Hans Golds-chmidt, professeur à Vienne, Autriche.
- M. H. Van den Broeck, à Anvers. — Vous trouverez des-ouvrages de pyrotechnie à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille.
- Frère Prosper, à Paris. — Quelle est la cause des variations de l’éclat métallique de certains corps? Un même corps éclairé par la même lumière peut présenter, en effet, des teintes diverses selon son état physique. Newton admet que la teinte dépend uniquement de la couche superficielle de la substance qui décompose la lumière incidente. Et le corps est coloré parce que la lumière réfléchie n’est pas composée de rayons simples réunis dans les mêmes proportions que dans la lumière blanche. L’arrangement moléculaire superficiel fait la couleur; Gay-Lussac l’a prouvé après Newton en chauffant ou comprimant les corps. Les couleurs se foncent par la chaleur. Ainsi le vermillon, l’oxyde rouge de mercure, le minium passent au rouge carmin ou au violet. L’azotate de cobalt passe du rouge vineux au bleu. Faraday a pris une feuille d’or de 1/1200° de millimètre d’épaisseur, et il l’a rendue encore beaucoup plus mince en la plongeant dans une solution de cyanure de potassium. Cette feuille laisse passer de la lumière verte; mais,, chauffée fortement, elle devient incolore par transmission. Les feuilles d’argent du commerce ne laissent pas passer la lumière, mais au rouge sombre, elles deviennent translucides. La teinte des rayons réfléchis est aussi changée. Faraday a formé des dépôts pulvérulents par la décharge électrique à travers des fils métalliques dans l’hydrogène; il a vu le cuivre, l’étain, le zinc, le palladium, l’aluminium qui sont pourpre, blanc brillant, blanc gris par réflexion, devenir vert, brun, gris bleuâtre et orangé par transmission. Les corps ne présentent pas la même couleur quand ils sont polis ou non polis. II y a des corps qui changent de couleur quand on les regarde plus ou moins obliquement, parce que la proportion de lumière réfléchie spéculairement change. Comme tout dépend de l’état moléculaire superficiel, il va de soi que les corps présentent des teintes différentes quand ils sont en poudre ou en masse. Les métaux en poudre sont souvent noirs; ils absorbent tous les rayons. Ainsi le platine, le fer, etc. Au fond, le phénomène se rattache à la production des couleurs dans les lames minces. Nous ne connaissons pas d’autres expériences classiques que celles que l’on fait quelquefois pour les lames minces. On pourrait cependant en imaginer pour démontrer l’influence de l’état physique sur la couleur produite. Quant aux élytres des papillons, toujours le phénomène des lames minces expliqué dans les traités de physique, et qui rend compte de l’irisation du mica, de la couche d’oxyde qui recouvre l’acier recuit, des teintes du verre exposé à l’humidité, des ailes membraneuses de certains insectes, etc.
- M. Henry, à Limoges. —- Pour la destruction des limaces, consultez nos « Recettes et procédés utiles », lr° et 4e série, à la librairie Masson et Cie, Paris.
- Voir la suite de la Boîte aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés. et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — H n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- BOITE AUX LETTRES {Suite)
- M. G. Coste, à Montpellier. — Nous n’avons pas encore reçu de renseignements sur ces objectifs.
- M. E. Maucherat, à Moscou. — Prière de vous adresser lirectement à M. le Dr Garrigou, 38, rue Valade, à Toulouse.
- M. H. de Sevelinges, à Paris. — Nous avons signalé le cas de l’orange double, <jue vous nous avez envoyée, dans la Bpîte aux lettres du n° 1506 (5 avril). Un spécialiste complaisant voudra bien, sans doute nous renseigner à ce sujet. En attendant, nous hasardons cette hypothèse que le phénomène est peut-être dû à une coloration artificielle du zest obtenue par injection d’une teinture à base d’aniline. C’est là un moyen couramment employé pour la fabrication des oranges dites « sanguines ».
- M. Lavigne, à Oloron. — Il faut préciser la turbine avant que nous puissions faire des recherches.
- M. L. Gouillioud, à Montréal. — Nous n’avons pas entendu parler de ce métis végétal.
- M. Duroy, à Paris. — Il existe un disque en carton portant la réclame d’une maison et qui est disposé en table de multi-
- Slication ; adressez-vous à la maison Kratz-Boussac, IV, rue iartel, à Paris.
- M. A. Villarès, à Porto. — 1° Vous trouverez à la librairie encyclopédique Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris, des ouvrages tels que : « Amidonnier, traité des produits obtenus des plantes qui renferment de la fécule. Prix : 3 francs ». — 2° Maison de féculerie : MM. Barbereau et Bayvet, féculerie de Choisy-le-Roi (Seine).
- M. Chardin, à Pantin. — L’ammoniaque dissout assez bien les sels haloïdes d’argent, mais l’odeur et l’action énergique de ce produit sur la gélatine et la cellulose n’en permettent guère l’emploi à l’état de solution suffisamment concentrée.
- M. le lieutenant Toureng, à Dalou. — Les adresses relatives à Parrhénal se trouvent en tète de la Boîte aux lettres du n° 1504, du 22 mars»
- M. Wich, à Paris. — Nous n’avons pas de renseignements sur le télémètre Boulanger, mais nous allons faire des recherches.
- M. Gron, à Kamenetz-Podolsk. — 1° Vous pourriez vous renseigner à la Compagnie du gaz Riehé, 28, rue Saint-Lazare, Paris (9e) pour tout ce qui concerne le gaz des bois. Voici la composition centésimale des gaz des bois à la distillation sèche : oxyde de carbone 28,21, hydrogène protocarboné 25,32, acide carbonique 25,01, hydrogène 15,53, hydrogène bicarboné 7,93. On obtient, en outre, des produits liquides renfermant des carbures, des acides de la série grasse, de l’alcool méthy-lique et du goudron.
- Mme J. R., à Paris. — Pour tous renseignements relatifs à notre article sur la métrophotographie paru dans le n° 1504, du 22 mars 1902, p. 242, veuillez vous adresser à M. le colonel Laussedat, 3, avenue de Messine, à Paris.
- Questions. — N° 1256. — Un de nos abonnés, M. D. C.
- (Jura), nous adresse la photographie que nous reproduisons d’un ex-libris qui accompagne un volume de médecine ayant pour titre Traité des maladies des enfants, par Underwood. Paris, Barrois, 1786. Il nous prie de demander à nos lecteurs l’interprétation de ce rébus. Le volume sur le plat de la couverture duquel est collé l’ex-libris provient de la bibliothèque de feu le Dr Dumoulin, médecin des eaux minérales de Salins, fils d’un ancien libraire de Paris. 11 était compris, sans marque spéciale, dans un stock de vieux livres de médecine que le Dr Dumoulin n’avait probablement jamais ouverts.
- BIBLIOGRAPHIE
- Sur les principes de la Mécanique rationnelle, par C. m Freycinet, de l’Institut. 1 vol. in-8°, Gaulhier-Villars, imprimeur-libraire du Bureau des longitudes, de l’Ecole Polytechnique ; quai des Grands-Augustins, 55, Paris. .
- L’éminent académicien s’est proposé, dans cet ouvrage, de réagir contre une tendance qui s’est fait jour depuis une vingtaine d’années, et qui consiste à donner à la mécanique une physionomie exclusivement abstraite. M. de Freycinet montre que tant par ses concepts fondamentaux que par les données physiques qui lui servent de base, cette science est au contraire concrète et qu’elle doit toute sa certitude à l’expérience. Ce livre est écrit avec clarté et élégance, sans formules algébriques, et il est de nature à faire réiléchir ceux qui envisagent surtout la portée philosophique d’une science.
- Curiosités des lois et coutumes. Histoire des croyances, superstitions, mœurs, usages et coutumes (selon le plan du décalogue), par Fernand Nicolaï, avocat à la Cour de Paris. 2e édition. 3 vol. in-8°. Victor Retaux, libraire-éditeur, 82, rue Bonaparte. Paris, 1902. Prix : 18 francs.
- Ce livre intéressera tous ceux qui cherchent dans l’Histoire d'utiles leçons de Morale et de Psychologie. Son caractère anecdotique et l’énormité du sujet qu’il traite le rendaient d’une ordonnance difficile, M. Nicolaï a eu l’ingénieuse idée de prendre le décalogue pour plan de son ouvrage et son choix semble justifié, car le décalogue renferme en somme les lois élémentaires qui ont présidé aux civilisations naissantes et dicté leurs premières coutumes aux différents peuples. Malgré le caractère un peu spécial du sujet, cet ouvrage est d’une lecture attrayante.
- Pasteurisation et stérilisation du lait, par le Dr Henri de Rothschild. 1 vol. in-16, Octave Doin, éditeur. Paris, 19.01. Prix : i'r,50.
- A travers la matière et l'énergie, par le Dr E.-F. Blaise. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Ch. Delagrave. 1902.
- Traité de chimie photographique, 2me édition entièrement refondue par L. Matbet, tome I. Un vol. in-8° broché. Paris, Charles Mendel, libraire-éditeur, 118 et 118 bis, rue d’Assas.
- Plissements et dislocations de l'écorce terrestre en Grèce, leurs rapports avec les phénomènes glaciaires et les effondrements dans l’océan Atlantique, par Pu. Négris, ancien élève des Ecoles Polytechnique et des Mines, de Paris. Athènes. P. D. Sakellarios, imprimeur. Athènes, chez Charles Beck. Paris, chez Ch. Béranger, 15, rue des Saints-Pères, 1901.
- Analyse des matières agricoles, par A. IIcbert, docteur ès sciences, directeur du laboratoire œnologique et agricole de Béziers. 1 vol. in-16. V’c Ch. Dunod, éditeur. Pans, 1901. Prix : 2 francs.
- Publications de l’observatoire astronomique et physique de Tachkent, n° 3. Etudes sur la structure de l’univers, par \V. Stratonoff, astro-physicien de l’observatoire de Tachkent. Deuxième partie. Texte et atlas. Tachkent. Imprimerie de l’Etat-Major du Turkestan. 1901.
- Notes sur la langue internationale, par Paul Chapfellier. 1 brochure in-8°. Au secrétariat de la Société pour la propagation des langues étrangères en France, 26, rue Serpente. Paris, Prix : 1 franc.
- Annales de l’Institut national agronomique. Administration, .enseignement et recherches. N° 16. 24e année. 1897-1900.
- 1 vol. grand in-8°. Berger-Levrault et Cie. Paris, 1901.
- Droit au pôle Sud. L’idée de l’ingénieur Simpson Gerlett, par Émile Chambe. 1 vol. in-8°. Librairie illustrée Montgre-dien et Cie. Paris. Prix : 3 fr. 50.
- Notes zoologiques, par Galien Mingaid. 4e fascicule. Extrait du Bulletin de la Société d’étude des sciences naturelles de Nîmes, 1900. 1 brochure in-8. Nîmes, 1901.
- L'hypnotisme et les suggestions hypnotiques, par le Dr J, Vires, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Montpellier. 1 brochure in-8°. Coulet et fils, éditeur. MontpeUier. 1901. Prix ; lfr,50.
- Les mollusques des eaux douces de France et leurs perles, par Lionel Bonnemère. 1 vol. in-8°. Paris, Institut international de bibliographie scientifique, 1901.
- Photographie d’un ex-libris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- La fabrication de 'la peinture, par J. Girard, préparateur à la Faculté des sciences de Paris. Chez l’auteur, 15, rue Guy de la Brosse. Paris. 1902. Prix : 0fr,50.
- Annuaire de statistique démographique et médicale pour 1900 de la ville de Liège, par T. Hovex, chef du Bureau de l’Etat-civil. 5e année. Liège, Gustave Thiriart, imprimeur, 1901.
- Questions d'arithmologie, par G. de Bocqcig.ny-Adanson. 1 brochure in-8. Moulins, imprimerie Etienne Auclaire, 1901.
- Die Blitzschlage in Ungarn in den Jaliren, 1890-1900, von Ladislaus von Szalay. 1 brochure in-4°. Budapest Pesti Kdny vnyomda-Pr ész vény-Tarsasâg. 1901.
- Expériences d’électricité, I. Piles, aimants, machines électrostatiques, par G. Naudet. 1 brochure in-16. H. Desforges, éditeur. Paris, 1902. Prix : lfr,50.
- Smithsonian Institution. Procecdings of the United States national Muséum. Vol. XIII. 1 vol. in-8°, Washington, Government Printing Office, 1900.
- Jahres Bertcht des Wiener Aero-Club für 1901. 1 brochure in-16. Wien, 1902.
- El aîio meteorologico 1898-1899 y 1899-1900, por el P. Juan de dios Moratorio. 1 brochure in-8°. Montevideo. 1901.
- Comment devenir fort, par J. de Lerne. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris, 1901. Prix : 5 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES OC MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES ’ ' " ' ' 1 ..IM, —M — OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 avril. . . . 5°,9 N. N. E. 3. Quelques éclaircies. 0,0 Tr. nuag. jusq. 9 h.; puis nuag.; beau ap. 15 h.; gel. bl.
- Mardi 8 2°,0 N. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Peu nuag. le m. ; puis tr. nuag ; presq. couv. ap. 16 h. ; halo.
- Mercredi 9 4°,2. N. E. 2. Beau. 0,0 Irrégul. nuag. ; gel. bl.
- Jeudi 10 7U,3 N. N. E. 1. Couvert. 0,0 Quelques éclaircies de 6 à 10 h. ; couv. av. et ap. Goût, ou pi. à partir de 17 h. 40.
- Vendredi 11 .... 8U,9 E. S. E. 1. Couvert. 4,9 Couv. jusq. 15 h., puis nuag. ; beau ap. 20 h. ; pl. le m. ; ensuite gouttes |usq. 15 n.
- Samedi 12 6°,1 N. E. 0. Couvert. 0,9 Peu nuag. jusq. 6 h. ; éclaircies de 10 à 13 h. ; couv. le reste du temps. Brouil. sur Marne à 4 h. ; pl. dans la soir.
- Dimanche 15 9°,2 N. 2. Quelques éclaircies. 4,7 Nuag. jusq. 17 h. ; beau ensuite.
- AVRIL 1902 — SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 AVRIL.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillés.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Maur en mars 490*
- par M. E. Renou.
- Moyenne barométrique à midi 736““,27. Minimum 742“,97 le 21, à 5 heures du soir. Maximum 766”“,43 le 17, à 10 heures du matin.
- Moyennes thermomëtriques : des minima 5°,28; des maxima 15°,35; du mois 8°,31 ; vraie des 24 heures 7°,81. Minimum — 1°,8 le 11. Maximum 17°,7 le 19. Moyenne des minima sur le sol — 0°,43. Minimum sur le sol — 6°,9 le 11. 11 y a eu 5 jours de gelée et 12 jours de gelée blanche.
- Tension de la vapeur moyenne : 3““,83. Minimum 5”“,0 le 11 à 4 heures du soir. Maximum 10“",2 le 29 à 6 heures du soir.
- Humidité relative moyenne : 74°,7. Minimum 28 le 13 à 4 heures du soir. Maximum 100 en 7 jours.
- Nébulosité moyenne 52. Un jour sans nuage et un jour couvert. Il y a eu 7 jours de brouillard, le 2 il a atteint 60 mètres à 8 heures du matin, il est de 100 mètres le 4 à 5 et 7 heures du matin ; 3 jours de transparence atmosphérique de 2 à 3 km.
- Pluie 27“,2 en 43 heures 3/4 réparties en 13 jours, plus 3 jours de
- gouttes et 2 jours de grêle. Un coup de tonnerre au N.-E. à 5 h. 49 du soir, le 23, avec un peu de grêle et de pluie.
- Vent de S. à l’W., très dominant ensuite du N.-E; le 20, au milieu de la journée vent de S.-W. fort.
- Température moyenne de la Marne : le matin 8°,29 ; l’après-midi 8#,68 ; du mois 8°,48. Elle a varié de 7°,17 le _2 à 9°,45 le 29. Elle est claire, saiîf dans les premiers jours.
- Relativement aux moyennes normales le mois de mars 1902 présente les résultats suivants : Baromètre plus bas de 0““,88. Thermomètre plus haut de 1°,69. Tension de la vapeur plus forte de 0“,85. Humidité relative plus faible de 0“,2. Nébulosité plus faible de 6. Pluie plus faible de 13“,6.
- Floraison et oiseaux : le 3, crocus jaune ; le 6, tussilago i'arfara ; le 9, abricotier; le 14, troupe d’oies se dirigeant au N.-N.-E.; le 23, mahonia à feuilles de houx; le 27, lieris sempervirens, prunier à gros fruits jaunes; le 28, guignier hâtif ; groseiller sanguin; coucou.
- Errata au mois de février :
- Température : moyenne vraie des 24 h. : au lieu de 2°,20 lisez 2°,30.
- Relativement aux moyennes normales : au lieu de 1°,39 lisez 1°,29.
- Moyenne de l’hiver : au lieu de -h 0,73 lisez -+- 0,77.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 8, à 1 h. 59 du soir.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFAHGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Les membres du Conseil de la « American Institute of Electrical Engineers », à la suite d’un rapport présenté par le Comité d’étalonnage, viennent de décider à l’unanimité qu’il y a lieu d’adopter le système métrique dans les Etats-Unis et d’en recommander l’empïoi à tous les industriels américains.
- —®— Notre collaborateur, M. Marcellin Boule, professeur intérimaire au Muséum d’histoire naturelle, a commencé son cours de Paléontologie, le mercredi 9 avril à 3h30 du soir; il le continuera les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, à la même heure. Le Professeur étudiera cette année les Invertébrés fossiles en insistant sur ceux qui servent aux géologues pour déterminer l’âge des terrains.
- —®— La température du soleil fixée par les uns à 3000°, par les autres à 50000 et même 100000°, vient d’être mesurée à nouveau par M. AV. F. Wilson qui l’évalue à 6863° absolus. Ce chiffre tient compte des absorptions atmosphériques.
- —®— M. Bruliard, contremaître à la manufacture d’allumettes de l’Etat de Saintines (Oise), a imaginé un couvre-scie ingénieux qui empêche les ouvriers de se faire blesser par les scies circulaires eh poussant les bois à débiter. Le couvre-scie est constitué par trois papillons en métal ajouré et oscillant autour de leur point de rotation, formé par un boulon traversant une pièce métallique soutenue parallèlement au-dessus de la table de sciage. Ces papillons retombent toujours d’eux-mêmes, et ne découvrent la partie travaillante de la scie qu’en présence, du bois à débiter. Une pièce en forme de rocliet, qui normalement est soulevée par le bois même,, retombe quand la poutre ou la planche arrive près de la lin du sciage, et, en retombant, elle frappe forcément les doigts de l’ouvrier, qui est averti.
- —® — Les usines de la Société métallurgique de Moscou emploient couramment le naplite pour le chauffage de leurs fours Martin-Siemens : le brûleur dont on se sert est constitué par un tuyau central dans lequel on amène le naphte, puis par un tuyau extérieur se terminant en cône, et par lequel vient soit de la "vapeur, soit de l’air comprimé. D’ailleurs tout l’appareil est porté par une tuyère à circulation d’eau qui le refroidit.
- —®— L’ivoire recueilli sur la côte orientale de l’Afrique se monte annuellement à 800 000 kg dont 200 000 pour Zanzibar, 150 000 pour l’Egypte et 100 000 pour le Mozambique. Presque tout eet ivoire arrive à Zanzibar pour être de là expédié à Bombay, puis à Londres. L’ivoire provenant de la côte occidentale de l’Afrique, et surtout du Congo belge, est envoyé à Anvers. Quant à l’ivoire asiatique, il est presque entièrement absorbé par les Indiens, les Chinois et les Japonais, pour la fabrication d’objets artistiques. D’autres animaux que l’éléphant fournissent de l’ivoire, qui est utilisé par l’industrie, tels le mammouth, l’hippopotame, le morse, le cachalot, le narval et le sanglier. Il y a aussi l’ivoire végétal ou corozzo que fournit la graine d’un palmier d’Amérique (phytetophos macrocarpa). Enfin l’industrie fabrique de l'ivoire artificiel, comme le celluloïd.
- —®— Le Métropolitain électrique berlinois est ouvert depuis quelques semaines. Les deux premières journées, l’administration soit dans un but de spéculation, soit pour éviter les bagarres et habituer le nouveau personnel au grand nombre de voyageurs, avait doublé le prix des places, et cette mesure diminua l’affluence qui se chiffra cependant par 54 000 personnes dans ces quarante-huit heures. On a pu constater que les portes d’entrée des gares étaient beaucoup trop étroites, et qu’il fallait au moins deux guichets à chaque gare.
- —®— La fabrique allemande bien connue, Berliner Masehi-nenbau Aktiengesellschaft (anciens établissements Schwartzkoppffj, de Berlin, fabrique avec grand succès des pompes hydrauliques à quatre corps, qui rendent des services considérables pour la commande des machines d’épuisement installées au fond des mines. Le moteur de ces machines comprend deux groupes de 2 cylindres mobiles sur leurs pistons creux : les 2 cylindres de chaque groupe se meuvent toujours d’une façon concomitante, étant situés dans le prolongement l’un de l’autre. Ils sont-commandés par un seul et même tiroir de distribution. La somme des volumes d’eau refoulés par les deux pompes reste constante.
- —®— Récupérer l'étain et le fer des vieilles boîtes à sardines, cela peut sembler ambitieux. Néanmoins ce problème a été résolu par la maison Goldschmidt, d’Essen, en Allemagne, qui, à ce que nous assure Zeitschrift fïir FAektrochemie, traite journellement 50 à 60 tonnes de résidu dé fer-blauc par voie électrolytique.
- —®— La Compagnie américaine de Shenectady vient de construire une locomotive qui l’emporte sur toutes ses pareilles pour la puissance et les dimensions. Elle est destinée à remorquer de grosses charges sur la partie montagneuse du chemin de fer de Santa-Féet pèse 132 tonnes dont 118 forment poids adhérent sur les roues motrices. Ces chiffres ne comprennent pas le tender qui pèse 71 tonnes tout chargé, soit .en tout 200 tonnes environ. La machine mesure 21m,40 comptés depuis les organes d’attache du tender jusqu’à l’extrémité du chasse-neige, et sa hauteur mesurée des rails au sommet de la cheminée atteint 4m,55. Il y a 12 roues dont 10 accouplées. Les cylindres sont conipoundés en tandem, le petit cylindre a 44,5 et le grand 76,5 centimètres de diamètre et îa course commune est de 87 centimètres. Le foyer est long de 2m,75, large et profond de 2 mètres. La surface de chauffe totale atteint 455 mètres carrés.
- —®— Le pharmacien Danval, qui fut condamné en 1878 aux travaux forcés à perpétuité, vient d’être gracié. Il avait été accusé d’avoir empoisonné sa femme avec de l’arsenic, sur le rapport des experts qui étaient d’accord pour constater la présence de l’arsenic en proportions très faibles dans les viscères de la victime, et qui étaient également d’accord pour affirmer que l’arsenic n’existait pas normalement dans le corps humain. Il est utile de rappeler à ce propos que l’arsenic, d’après les recherches modernes, se trouve partout, sauf dans l’estomac et l’intestin. M. Armand Gautier en a trouvé récemment à l’état normal dans la glande thyroïde, dans la peau, dans les poils, dans les cheveux. Non seulement la présence de l’arsenic est normale dans le corps humain, mais encore l’arsenic est nécessaire à l'économie. M. Gautier a fait voir qu’il était apporté dans l’économie par les substances alimentaires, par les viandes, les végétaux, etc. Il y a départ d’arsenic dans le corps humain et remplacement. L’arsenic se localise surtout dans le système pileux. M. Steins a trouvé de l’arsenic dans le seigle, la pomme de terre, le navet, le choux, etc. M. A. Gautier en a trouvé dans le lait, etc.
- —®— Nous lisons dans l’Elehlrntechnische Zeitschrift qu’au 1er avril 1901 il y avait en Prusse 5529 machines à vapeur d’une
- Puissance totale de 196106 chevaux utilisées pour la production de énergie électrique destinée à l’éclairage, 120 machines d’une puissance de 26130 chevaux pour la force motrice, 33 machines de 8459 chevaux pour divers usages, et 956 machines d’une puissance de 260266 chevaux pour plusieurs emplois à la fois. Parmi les machines qui comptent pour divers usages, il y en a la plus grande partie qui servent pour l’électrolyse, et, parmi celles qui sont utilisées pour plusieurs emplois à la fois, il y a 913 machines à vapeur de 250490 chevaux pour l’éclairage et la force motrice, et 43 machines de 9776 chevaux pour divers travaux.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du j'oumal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour la machine à composer l’Electrotypographe, s’adresser à M. D. Wehrlin, gérant du Syndicat français d’études, 74, rue de la Victoire, à Paris. — Pour l’oxvlithe et ses applications, s’adresser à M. George-F. Jaubert, 155, boulevard Malesherbes, à Paris. — Niveau d’eau de précision : M. Morin, constructeur, 3, rue Boursault, Paris. — Pour la pompe à débit calibré, s’adresser à M. Marshall Comincavish, à Fort Naçne, Indiana.
- Communications.—M. le IP Félix Fée, àNantes, nous écrit: « Je crains qu’après avoir lu l’intéressante Notice « Wagons boers », publiée dans le n° 1505, du 29 mars 1902 (p. 262), vos abonnés ne se persuadent que c’est l’anglais qu’on parle dans les deux Républiques sud-africaines. River, Âfrican ox, French- et Englishman, Wagon appartiennent en effet à cette langue ; Fore-looper en est à moitié ; Drawer en a l’orthographe. U faudrait Rivier, Afrikansch os, Fransch- et Engelschman, Voor-looper. Je passe condamnation sur le mot Wagon, qui paraît être d’emprunt. Quant à Drawer, conducteur, je ne sais qu’en faire, ce serait en hollandais Drijver, en anglais Driver. Ge n’est pas d’ailleurs qu’on parle au Transvaal le hollandais dans toute sa pureté. Il y est devenu 1’ « Afrikansch-Hollandsch », dialecte simple et rustique comme la vie de ceux qui s’en servent, les Roers, ou mieux les Roeren, ce qui veut dire les cultivateurs, les paysans (allemand, Bauer, Bauern). De ce dialecte sont, outre Drawer (l):Trek (de trekken, holl., tirer), trait, route suivie par les bêtes de trait, qui tirent les chariots, Laager, camp de chariots (ail. lager, camp) et Kopje (ail. Kopfchen), petite tête, petite hauteur. Quant à Veld (pron. feld), c’est le Feld allemand, avec sa signification de campagne ou de plaine. »
- M. B. Spariosu, à Moster, nous envoie une brochure intitulée : « Ueber die Ursache der Wetter. Trübungen, als Grundlage einer Wetter Prognose » qui traite des perturbations atmosphériques et de leurs applications à la prévision du temps.
- M. Weinheltz nous informe que le 25 mars à Faro, en Portugal, on a pu voir une étoile en plein midi. Il demande si cet astre a été visible ailleurs dans les mêmes circonstances, et si c’était Vénus. Il aurait fallu nous donner la position exacte de cette étoile dans le ciel, pour que nous fussions à même de répondre. D’ailleurs notre correspondant n’a qu’à consulter les cartes donnant l’état du ciel ce jour-là pour Faro ou une ville voisine, ou bien relever sur une de nos cartes mensuelles la position de Vénus à Paris dans la journée du 25 mars, et déduire des différences de ongitude et de latitude sa position pour Faro.
- Renseignements. — M. le DT Dupaigne, à Louveciennes. 1° Les réponses à vos questions se trouvent dans les règlements administratifs, adressez-vous directement au Ministère des Postes et Télégraphes. — 2° Nous ne connaissons pas d’ouvrage tel que vous le voudriez ; consultez le livre de M. Montillot intitulé : Téléphonie pratique. Librairie Baillière et Fils, 19, rue Haute-feuille, Paris, prix : 20 francs.
- M. Deplanque, à Paris. — On trouve à la librairie Mulo, 12, rue Ilaulefeuille, des livres tels que : Caoutchouc, Gutta-Percha, Gomme factice, par M. Maigne. Prix : 5 francs.
- M. M. de Sozanski, à Lemberg. — Un résumé de votre communication a paru dans notre n° 1507 du 12 avril.
- M. Eberhardt, à Corgémont. — L’adresse de M. Gandillot est 143, boulevard Pereire, à Paris.
- .4. A. Attend. — 1° Le livre de M. Plumandon, Traité de prévision du temps, se trouve à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain. — 2° Les ouvrages traitant de sujets tels que l’hélice et le moulin à vent se trouvent chez M. Béranger, 15, rue des Saint-Pères, à Paris.
- Un abonné, à V. 1. J. — 1° Nous vous avons déjà répondu dans le n° 1507, du 12 avril. — 2° La photographie des étoiles est possible et on l’utilise beaucoup en Astronomie. Peut-être avez-vous négligé, ou votre appareil ne le permet pas, de mettre-au point sur l’infini.
- M. M. J. et G., à Genève. — 1° Vous pourriez, avant de couler le ciment, fixer sur le fond de votre récipient des boulons dont la partie à noyer dans le ciment serait ramifiée et épanouie, de façon à bien le saisir. Adressez-vous à MM. Vicat etCie, fabricants de ciments à Grenoble (Isère), qui pourront vous-renseigner, —2° Société du verre étiré, lü, rue Thimonnier, Paris.
- M. II. Manteau, à Gosselies (Belgique). — Remerciements pour les renseignements que vous nous envoyez; nous ne pouvons décrire tous ces appareils.
- L’abonné 15 494, à Paris. — Fabrication des cuirs, par II. Villon, librairie Béranger. Prix : 18 francs; et divers ouvrages à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille.
- M. le lieutenant Fondet, à Issoudun. — Votre communication met en relief certaines propriétés intéressantes de la pompe rotative Anceaux, et les idées que vous nous soumettez pourraient bien être le point de départ de quelques applications intéressantes. Nous en prenons bonne note et vou& remercions.
- M. Belondrade, à Saint-Louis. — Nous ne pouvons nous charger d’aucune commission. Les adresses relatives à l’arrhénal se trouvent dans notre n° 1504, du 22 mars 1902.
- M. F. G., à la Poueda. — Les ouvrages de ce genre se trouvent à la librairie Béranger, à Paris. L’encyclopédie de Frémy, à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, contient un volume sur la question.
- M. F. C. à Udine. — Le Ping-pong se joue sur une table de dimensions quelconques, les tables oblongues et dont le petit côté mesure au moins lm,25 sont préférables.
- M. Collin, à Auxon. — Voici les plus importants parmi nos-nombreux articles sur l’air liquide : n°‘ 1284 du 8 janvier 1898, p. 95; 1302 du 4 mai 1898, p. 369; 1309, du 2 juillet 18P8, p. 71 ; 1366, du 29 juillet 1889, p. 142; 1406, du 5 mai 1900, , p. 374; 1410, du 2 juin 1900, p. 12; 1431, du 27 octobre 1900, p. 237. — 2° Nous n’avons pas connaissance de pareilles applications et nous les croyons peu probables.
- M. E. Warnery, à Guebwiller .— Votre pompe nous semble amplement suffisante pour le travail que vous lui demandez.
- M. H. Gautié, à Montauban. — Adressez-vous pour tous ces renseignements à la librairie Béranger.
- M. Legros, à Chalon-sur-Saône. — Nous ne connaissons pas cet appareil. Vous pourriez adresser une demande de renseignements à la « California FruitC°», San Francisco (États-Unis d’Amérique).
- Mme la C’ss‘- de Dreux-Brezè, à Paris. — Adresses pour lampes à alcool, à titre de simple renseignement d’ailleurs : Société la Continentale Nouvelle, 39, rue Lafayette. Compagnie générale de l’alcool, 9, rue du Louvre.
- M. le Dr Debès, à Lussac-de-Libourne. — 1° Consultez nos Recettes et procédés utiles 2e série. Librairie Masson et Ck, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. On n’a qu’à recharger la pile quand elle est usée.
- M. Dufour, à Beyrouth, M. Guichard, à Sceaux. — Pour les cigarettes de café, s’adresser à M. Naussac, 8, rue Aubriot, Paris. L’adresse a été donnée en tète de la Boîte aux lettres du n° 1493, du 4 janvier 1902.
- M. le l'° J. de Brecey, à Dinan. — 11 n’y aura pas d’excursion cette année.
- M. Vermeiren, à Bruxelles. — Nous n’avons plus eu de renseignements sur ces voitures décrites il y a deux ans.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dupont, à Lille. — Il faut d’abord établir un projet de construction et le soumettre à la Société compétente. — M. Lepart, à Toulouse. — Nous n’avons pas encore entendu parler du fait que vous annoncez.
- — M. L. D., à Paris; M. Breuillot, à Nantes. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — M. Gréjean, à Poitiers; M. héraut, à Paris. —
- La recette que vous demandez est donnée dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la même librairie. — M. P. Lenfant, à X.; M. L. ü., à Paris. — Remerciements pour vos communications.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- ARBRES SÉDENTAIRES ET AMBULANTS
- Texte et dessins par A. Robida.
- 1. Inquiétudes. — Que me veulent ces hommes? — Est-ce pour me faire voir du fays ou pour me débiter en stères? — 2. Bien tranquille. Trop important personnage dans sa vieille forêt, à laquelle il lient par de trop lottes attaches, d’ailleurs, on ne l’emmènera jamais vivant voir Ja ville. — 3. En promenade. — Le monde est vaste et beau! Les voyages sont utiles à la jeunesse, mais tout de même je voudrais bien savoir où l’on va me caser? —4. L’arbre de l’Opéra. Celui-ci est un conquéianl; il lutte et annonce l’intention de Couvrir le monument de son ombre avec le temps. — 5. Forêt d’appartement. Ilélas! comment en nos villes posséder des chênes centenaires? — Le pays de Sada Yaro y réussit; dans des pots de fleurs des chênes géants contorsionnent leurs branches, arrosées d'une carafe d’eau de temps en temps. — 6. On est élégant à la ville. Petits arbustes de jardin en tenue d’hiver — 7. Les transplantés. Hélas! dans le fracas de la ville comme on regretw la bonne tranquillité de la campagne natale!— 8. Obstination. Les poteaux télégraphiques aux colonies repoussent à chaque printemps.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Ciments résistant aux acides. — Pour résister à l’acide nitrique le plus concentré, il suffit' de mélanger 2 parties d’amiante avec 3 de sulfate de baryum et 2 de silicate de soude. La üruggist's circular, à laquelle nous empruntons ce renseignement, signale un autre ciment, qui demande du reste, tout comme le précédent, une heure pour sécher (si l’on n’y met pas de silicate de potasse), et qui, lui, résiste aux acides même chauds : c’est un mélange de 2 parties de silicate de soude à 50° B, d’une partie de sable fin et d’autant d’amiante.
- Pour garder les fleurs fraîches. — Il faut d’abord les asperger à chaque instant avec de l’eau; de plus, on en maintient
- les tiges dans une mixture que l’on compose comme suit : dans 1000 centimètres cubes d’eau, on fait fondre 30 grammes de savon blanc et 5 grammes de sel de cuisine, puis, quand le savon est émulsionné, on ajoute un peu de borax en poudre. H faut chaque jour renouveler la mixture où baignent les tiges des ileurs.
- Vernis pour chapeaux de paille. — La saison d’été va arriver, nous signalerons la formule d’un vernis pour chapeau de paille, et pour tous les objets analogues en paille. Dans 800 parties d’alcool, on fait fondre 450 parties de gomme copal, 75 de sandaraque, et l’on ajoute 5 parties d’huile de ricin et 40 de térébenthine de Venise.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Renou (Parc Saint-Maur, altitude 49*,30). — Bureau central météorologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉBALES
- Lundi 14 avr il. . . . 7°,3 N. E. 2. Nuageux. D,0 Nuageux; halo.
- Mardi 15 li°,l S. E. 2. Très nuageux. 0,4 Très nuag. jusqu'à 18 h.; couv. ensuite; halo; petite pluie vers 2 h.
- Mercredi 16 10°,9 N. N. W. 2. Couvert. 0,4 Couv. ; pluie ou gouttes toute la journée.
- Jeudi 17 9’M W. N. W. 2. Couvert. 7,6 Couv. jusqu’à 10 h. ; nuag. ensuite ; pluie de 1 h. à 5 h.
- Vendredi 18 .... 9”,2 Cahne. Quelques nuages. 0,0 Peu nuageux.
- Samedi 19 11°,9 S. E. 1. Beau. 0,0 Feu nuageux.
- Dimanche 20. ... i 11\5 Calme. Couvert. 2,9 Couv. jusqu’à 15 h. ; nuag. ensuite; Pluie de 3 h. 1/4 à 4 h. ; petite pluie vers 2 h.
- AVRIL 1902 SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE *0 AVRIL.
- | Lundi .hardi ( Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche i
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à O, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Russie. — Un tremblement de terre a eu lieu le 11 avril a Irkoutsk et dans les environs. Vingt secousses assez fortes, suivies de quatre plus faillies, ont été constatées dans l’espace d’une heure. Les eaux du Baikal à l’est se sont soulevées. 11 y a eu îles dégâts matériels, mais aucun accident de personne. Dans la nuit du 17 au 18 avril, à Marghan, on a ressenti une forte secousse accompagnée d’un bruit souterrain.
- Variations de la pluie. — Dans les mémoires de l’Académie des sciences de Vienne, M. Hann a publié récemment un intéressant mémoire sur les variations de la pluie durant de longues périodes de temps. 11 discute les moyennes mensuelles et annuelles des hauteurs d’eau tombée pour les stations de Padoue de 1725 à 1900, Klagenfurt, de 1813 à 1900 et Milan de 1761 à 1900. Pour le dernier siècle (1801-1900) les extrêmes sont en pour 100 de la moyenne générale :
- Padoue. Klageufurt. Milan.
- Année la plus sèche .... 58 12 62 pour 100
- Année la plus humide ... 152 151 152 pour 100
- Les années sèches prédominent ; on en compte 31 pour 100 contre 29 pour 100 humides, et pour les années humides la hauteur d’eau dépasse beau-
- coup-plus la moyenne. M. llann détermine les époques moyennes de ces périodes humides et sèches et trouve quelles satisfont à une période de trente-cinq ans avec leur maximum (humides) et leur minimum (sèches) aux années suivantes. Années humides : 1738, 1773, 1808, 1843, 1878, (1913;; années sèches : 1753, 1788, 1823, 1859, 1893 (1928).
- Orages et pluies. — Le 14 avril a éclaté à Berlin un orage qui a causé des dégâts considérables. Dans le voisinage de la gare de Friedrieh-strasse, l’eau avait atteint un tel niveau que l’accès de la gare était devenu impossible. Dans la gare de Lehrte, à Berlin, la salle d’attente de la quatrième classe a du être évacuée, car le plafond menaçait de s’écrouler. Le remblai de la voie ferrée qui part de la gare de Poisdam, à Berlin, s’est écroulé d'un côté sur une certaine distance près du faubourg de Schœne-berg. Les pompiers ont été appelés pendant trois heures à plus de trois cents endroits pour protéger les habitants contre l’eau et le feu. Les plantations des grandes places ont été anéanties par la grêle. La foudre est tombée sur la locomotive d'un train en marche sur le chemin de fer circulaire et a bles<é le chautfeur et le mécanicien.
- Pendant la semaine du 14 au 20 avril, la pluie est tombée à de nombreuses reprises en France. Le 15, on a recueilli 34 mm d’eau à Lorient, 12 à Cherbourg, 7 à Brest, 5 à Perpignan; le 16, il est tombé 28 mm d'eau au mont Aigoual, 18 à Perpignan, 16 à Cliarleville, 12 à Clermont, 2 â Paris. Le 17 avril, on a recueilli 20 mm à Besançon, 6 mm à Paris, 4 mm à Dunkerque, et 32 mm au moût Ventoux.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le le, à 5 h. 35 du matin.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chei
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(g!— Une éclipse partielle de soleil, invisible à Paris, aura lieu 4e _ 7 mai, dans les mêmes conditions que la première éclipse qui a eu lieu le 8 avril.
- —®— Le record de la vitesse en automobile paraît appartenir jusqu’ici à la vapeur. La voiture Serpollet a fait récemment le kilomètre en 29 secondes 4/5, ce qui correspond à bien prés de 120 kilomètres à l’heure. Il semble difficile de dépasser de beaucoup ce chiffre considérable. On constate que malgré l’accroissement •de puissance des moteurs, l’augmentation de vitesse n’est plus en proportion. Les roues arrière motrices n’ont pas une adhérence suffisante; les aspérités de la route leur font quilter le sol et tourner à vide. D’où perte' de vitesse. Il faudra pour les voitures •de course modifier la répartition des poids.
- —®— Les omnibus à trolley que nous avons décrits ici se développent lentement, mais les applications commencent à se faire. On vient, en effet, d’inaugurer une ligne d’omnibus sans rails, de la •Croix-Rouge à Allauch, près de Marseille. La ligne est d’environ 3 kilomètres avec profil très accentué. Le service public commencera prochainement. Celte ligne est la troisième avec système trolley automoteur. Les premiers essais datent de l’Exposition à l’annexe de Vincennes. Depuis plus d’un an deux lignes sont en exploitation régulière, une près de Fontainebleau, l’autre à Ebersvvald, près de Berlin, l’n petit réseau comprenant diverses lignes est aussi en construction à Montauban. On projette encore une ligne d’omnibus à trolley entre Nice et la Turbie.
- —®— M. G. Schvvalbe, après s’être livré à une étude approfondie du crâne de Néanderthal, bien connu, est arrivé à une conclusion qui sera plus ou moins critiquée dans certains milieux. Pour lui, en etfet, si l’on tient compte des caractères qu’il présente, ce débris fossile appartient à une race qui se rapproche beaucoup plus des singes anthropoïdes que de l’homme. C’est donc la justification de l’opinion de King et de Cope qui faisaient du crâne de Néan-derthal le type d’une espèce distincte. La race de Néanderthal n’appartiendrait pas à l’homme paléolithique ou quaternaire : il se rattacherait à une race plus ancienne, plus voisine de celle de Spy ou de la Naulette. Pourtant l'Homo neanderthalensis peut constituer une race inférieure qui a persisté quelque temps à côté de l’Homo sapiens, plus récent, du pléistoeêne.
- —En Amérique, il paraît que les chemins de fer de North Western Union Pacific et Southern Pacific vont être munis d’appareils téléphoniques à l’usage des voyageurs. A chaque arrêt important tel que Chicago, Ohama et San Francisco, ces appareils seront raccordés immédiatement au réseau téléphonique ordinaire, et sans quitter leur train les voyageurs pourront communiquer directement avec les correspondants qu’ils désigneront.
- —K>— Les statistiques, dit le Cosmos, sont parfois très instructives. Voici aujourd’hui ce qu’elles nous apprennent sur la consommation par an du tabac dans tes divers pays. Les chiffres indiquent la consommation moyenne par tête d’habitant : Pays-Bas, 3400 grammes; Etats-Unis, 2110; Belgique, 1352; Allemagne, 1485; Australie, 1400; Autriche-Hongrie, 1350; Norvège, 1335; Danemark, 1125; Canada, 1050; Suède, 940; France, 933; Russie, 910; Portugal, 850; Angleterre, 680; Italie, 635; Suisse, 610; Espagne, 550. Ainsi, en Espagne, où presque tout le monde fume, la consommation est très faible, tandis qu’elle est énorme aux Pays-Bas. Il faut voir dans cet écart l’influence du mode de fumer, selon qu’il s’agit de fumeurs de pipe ou de cigarettes.
- —(§)— Une exposition rétrospective et moderne de la gravure sur bois depuis les origines jusqu’à nos jours s’est ouverte à l’Ecole des Beaux-Arts, à Pans. La section ancienne comprend les écoles
- française, italienne et allemande; la section‘moderne est consacrée à tout le dix-neuvième siècle.
- —®—. L’association des Industriels de France contre les accidents du travail ouvre un concours public international pour la création d’un monte-courroies fixe. Cet appareil, destiné aux poulies simples et non aux cônes ou poulies à etages, devra remplir les conditions suivantes : 1° Etre simple, robuste, peu encombrant, facile à installer et à manœuvrer ; 2° Ne présenter aucun danger dans son fonctionnement; 3° Convenir au plus grand nombre de cas possible [vitesse, largeur, position de la courroie, etc.); 4° Permettre de jeter bas la courroie, aussi bien que de la monter ; 5° Etre d’un prix modéré, qui en facilite l’emploi. Les concurrents devront faire parvenir, avant le 1er octobre 1902, au président de l’Association, 3, rue de Lutèce, à Paris, une Notice descriptive très complète, accompagnée, si possible, d’un modèle réduit de l’appareil, ou, tout au moins, de dessins suffisants.
- —®—- Quelques journaux rapportent qu’on vient de faire des essais dans l’armée allemande, sur l’emploi de l’acétylène dans le service télégraphique optique. Dans ce cas, l’acétylène mélangé à une certaine proportion d'oxygène donne une lumière trois fois plus intense que la lumière oxhydrique. L’éclat en est tellement puissant que. même en plein jour, des signaux peuvent être envoyés à plus de 8 kilomètres. La nuit, cette distance est presque triplée.
- —(®— Le journal anglais The Lancet possède un laboratoire où l’on étudie les questions qui peuvent intéresser la santé et la sécurité du gros public. Les travaux de ce laboratoire méritent souvent d’être signalées, par exemple les recherches récentes sur les dangers du timbre-poste. Le timbre que Ton humecte pour le coller sur l'enveloppe introduit dans l’organisme des substances étrangères qui peuvent être nocives, le fait est démontré par quelques cas d’empoisonnements encore assez récents. Or, le nouveau timbre anglais de 10 centimes, le plus usité du reste, est rouge, et le rouge comme on sait est généralement à base d'aniline. Les experts du Lancet ont trouvé que la teinture d’aniline employée était inoffensive et que de plus elle résistait très bien à l’air et à l’humidité. Voilà qui rassure le public anglais, du moins en ce qui concerne la teinture, mais ne reste-t-il pas les microbes? Tout compte fait, il vaut mieux jusqu’à nouvel ordre s’abstenir de mouiller soi-même les timbres et employer à cet effet une petite éponge ou quelque autre artifice.
- —(§>— D’après The Minerai Industry, la production du cuivre dans le monde a été en 1900 de 492 625 tonnes contre 484852 en 1899. En France, la production, cette même année, a atteint 6600, soit moins de 1,5 pour 100 de la production totale. C’est pourtant en France qu’ont pris naissance les procédés de traitement du cuivre que l’on exploite à l’étranger.
- —®— La compagnie de P.-L.-M., à partir du 5 mai prochain, mettra en service, à titre d’essai, des appareils garde-places, dans ses trains rapides dé jour, entre Paris et Marseille. L’emploi de ces appareils permettra aux voyageurs de s’assurer la possession indiscutée de la place qu’ils auront choisie. A cet etfet, il leur sera remis gratuitement, au moment du départ, un ticket spécial qu’il leur suffira d’introduire dans l’appareil placé au-dessus de la place de leur choix. En vertu d’une décision au ministre des travaux publics, les places dans l’appareil desquelles aura été mtroduit un ticket seront seules considérées comme régulièrement retenues; aucun autre mode de marquer les places ne sera donc admis dans les voitures des trains 1 et 2 munies des appareils garde-places. Les voyageurs auront également la faculté de se faire réserver à l’avance une place de leur choix, au départ des gares de Paris et de Marseille, moyennant le payement d’une taxe de location de 1 franc par place retenue d’avance.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- A.vis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le cône de circulation pour chaudières, s’adresser à MM. Makins, limited, Victoria Buildings Manchester. — Pour tous les renseignements relatifs à l’usine à gaz acétylène de Buchy, s’adresser à M. L’Hermite, constructeur-mécanicien, à Louviers (Eure). — La machine à laver l’Economique se trouve à la Société des Inventions économiques, 188, 190, faubourg-Saint-Denis, Paris.
- Communications. — M. H. Djameldjieff, lieutenant de l’armée Bulgare, nous envoie une Notice qui contient quelques considérations sur le vol de l’oiseau suivie d’une courte description d’un appareil d’aviation qu’il a inventé.
- M. Delaurier, à Paris, vient de réaliser un dispositif de sûreté sur lequel il nous envoie quelques renseignements. Cet appareil dénommé cône D est destiné à protéger les piétons imprudents qui n’ont pas eu le temps de se garer à l’approche d’une automobile ou d’un autre véhicule sans chevaux. Il a la forme d’un cône dressé sur sa base et se place à l’avant de la voiture à quelques centimètres du sol. Grâce à son extrême élasticité, toute personne venant à heurter la voiture est immédiatement repoussée de côté.
- M. L. Vuitton, à Paris, nous adresse quelques renseignements sur un générateur à gaz acétvlène qu’il a imaginé et dont le mérite principal est de pouvoir être facilement nettoyé et débarrassé de sa chaux. L’appareil se compose de deux compartiments ou réservoirs raccordés, et séparés par un robinet de large ouverture. Le réservoir supérieur a la forme d’un hallon et communique par un tuyau avec le gazomètre, une ouverture y est pratiquée par laquelle on laisse tomber le carbure. Quand l’appareil fonctionne, le robinet est ouvert et les deux réservoirs mis ainsi en communication sont remplis d’eau qui monte à un certain niveau dans le réservoir supérieur. Le carbure tombe au fond en traversant le robinet. Un tube à niveau muni d’un robinet indique la hauteur d'eau et permet de se rendre compte de l’état du liquide au fond. Si ce liquide est épais, c’est que le réservoir est plein de chaux. On ferme le robinet, on dévisse le raccord et on nettoie la cuve inférieure d’où on a préalablement retiré quelques gouttes d’eau par le tube à niveau pour éviter les éclaboussures.
- MM. Lumière frères et Seyewetz, à Paris, nous envoient un mémoire sur l’élimination par lavage à l’eau de l’hyposulfite de soude retenu par les papiers et les plaques photographiques. L’élimination de l’hyposulfite retenu dans les papiers s’obtient généralement en faisant passer un courant d’eau dans les cuves à épreuves. Avec des papiers au citrate ou gélatino-bromure, il reste encore des traces d’hyposulfite, même à la suite des lavages prolongés, qui ont d’ailleurs le défaut d’altérer les épreuves. Les auteurs ont cherché un traitement plus rationnel et ont fait plusieurs essais avec des papiers 13x18, d’où il appert que les procédés en usage consomment de l’eau inutilement, et que la façon la plus rationnelle de traiter les épreuves est contenue dans la formule suivante : Immerger sept fois successivement pendant 5 minutes, chaque fois dans une cuvette 30 x AO contenant environ un litre d’eau. Après chaque traitement, placer les épreuves les unes sur les autres dans une cuvette, l’image tournée vers le fond. Faire couler l’eau d’égouttage, presser fortement les épreuves à la main en faisant écouler le liquide exprimé, humecter les épreuves à nouveau avec un peu d’eau, les soumettre à une deuxième pression entre deux feuilles de buvard, en les plaçant les unes à côté des autres. Ce traitement, bon pour les papiers au citrate,
- convient également aux papiers au gélatino-bromure. Dans l’élimination de l’hyposulfite retenu dans les plaques, il im-
- Eiorte pour éviter une dépense trop grande d’eau, ae soustraire es plaques à l’action de l’eau qui a dissous l’hyposulfite. Le procédé qui semble le plus efficace tout en consommant le moins d’eau, consiste à immerger les plaques successivement dans 200 ce. d’eau pure pour chaque plaque 13x18.
- M. G. Boulenger-Daussy, à Albert, nous communique une recette ingénieuse et simple pour coller du papier sur le fer-blanc. D’après notre correspondant la difficulté de cette opération réside en ce que le suif intervient dans la fabrication du fer-blanc et lui laisse une surface onctueuse. Etendez sur le métal une légère couche d’une solution pas trop forte de potasse; il se formera du savon, la graisse sera neutralisée et,, au bout de deux minutes, le fer-blanc dûment essuyé pourra recevoir n’importe quelle colle, et tous les papiers tiendront solidement.
- M. E. Amaury, à Caudebec-en-Caux, nous envoie deux photographies du mascaret. La première a été prise le 10 avril, et est presque identique à celle que nous avait donnée M. Amaurv l’année dernière et que nous avons reproduite dans le n° libf du 27 avril 1901, p. 352. Le flot a peut-être un peu perdu en hauteur mais c’est imperceptible. La deuxième vue a été prise le matin à 10h24 par la brume et la pluie. Les deux épreuves sont très réussies, et nous regrettons de n’avoir pas la place pour les insérer.
- Renseignements. — M. L. F., à Versailles. — 1° Adressez-vous à M. Jaubert, 155, boulevard Malesherbes, Paris, pour tout ce qui concerne l’oxylithe sur lequel nous avons publié un article dans le n° 1509, du 26 avril 1902, p. 327. — 2° M. E. Bayard, 6, rue Schœlcher, à Paris, vous renseignera sur la cellulotvpie.
- M. Ÿérine, à Hong-Kong. — L’adresse de M. Hans Gold-schmidt, qui exploite le procédé dit Aluminothermie, est la suivante : Aluminothermie Gesellschaft, Essen-sur-Ruhr, Allemagne.
- Mme A. de Aguilar, à San-Salvador. — Il faut vous adresser à la Société « Le Lait », 44, rue Jouflroy, à Paris.
- M. A. B., à Bordeaux. — Vous pourriez envoyer une demande de renseignements à la Société zoologique de France, 28, rue Serpente, à Paris. H y a des marchands d’œufs en Allemagne.
- M. H. de Penemprat, à Sétif. — L’appareil à acétylène « l’Etoile Polaire» se trouve, 88 bis, passage Choiseul, à Paris.
- M. Desmedt, à Bruxelles. — La charge d’écrasement d’une bille d’acier trempé de 0m,060 de diamètre est de 60 000 kg. Pour d’autres diamètres la charge est proportionnelle au cube du diamètre. Vous serez dans de bonnes conditions de sécurité en prenant pour charge limite pratique le 1/10 environ de la charge d’écrasement.
- Mm° Alouis, à Paris. — Le pyrographe décrit dans notre n° 1304 du 28 mai 1898, se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- M. L. Monnoyer, à Bruxelles. — Le verre à vitre enfoui sous terre dans du sable aquifère ne s’altérera pas à notre avis.
- M. E. Cohen, à Philippopolis. — Avant que nous puissions reproduire votre lettre qui renferme quelques passages obscurs, il faudrait nous donner des détails complémentaires.
- M. L. Garcia, à La Paz. — Nous faisons part de vos désirs à M. Lachambre, 24, passage des Favorites, et à l’Aéro-Club, 84, faubourg Saint-Honoré, Paris.
- M. Féry Capitain, à Joinville. — Nous faisons prendre des renseignements sur le gaz Otto, et nous vous les transmettrons.
- M. Leterre. — Nous ne pouvons que vous donner des adresses pour moteurs à gaz : M. Otto, 155, rue Croix-Nivert, M. Grol>, 56, rue Lafayette, à Paris.
- M. G. Castelli, à Paris. — Adressez-vous au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch.
- M. A. Riquetty, à Saint-Louis. — L’adresse de M. Lepape est: 20, rue des Pavillons, à Puteaux (Seine).
- M. A. Tripier, à Souppes. — Consultez nos Recettes et Procédés utiles. Librairie Masson et Cie. Séries 1 et 5.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. L., à X.
- Cette adresse a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres du numéro qui contient la description de l’appareil. — M. Lepont, à V. Nous avons reçu votre notice; remerciements. — M. L. M., à Paris; M. Dupont, à Nîmes. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. L. R. D., à X. Voyez le petit livre indiqué ci-dessus, 3e série, à la même librairie. — M. Andard, à Blois. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Lampes sk acétylène pour pièges lumineux. —
- Les lampes pièges à acétylène ojnt déjà donné des résultats remarquables lors des expériences de directeurs de laboratoire d’entomologie agricoles, et de stations vinicoles. Le comptoir d’éclairage et d’acétylène vient d’imaginer un nouveau modèle de lampe qui peut être utilisé pour des pièges servant à exterminer, à cette époque de l’année, la cochylis, la pyrale, la noctuelle, la tenthrède, les bombyces, etc. Dans la lampe, dont on voit la coupe intérieure dans la figure 1, le carbure de cal-
- Fig. 1. — Coupe intérieure. Fig. 2. — Mode d’emploi. Lampe à acétylène pour pièges lumineux.
- cium est placé au fond et l’eau tombe goutte à goutte. La lampe est placée au milieu d’un bassin (fig. 2) formant réflecteur et l’ensemble est posé sur une petite table pour que la lumière s’étende au loin; 4 lampes suffisent par hectare. Dans le bassin, sur l’eau on verse une couche de 1 centimètre de pétrole. Les insectes volent tout autour et plongent dans cette auge où ils sont asphyxiés. On peut encore augmenter les résultats en ajoutant un réflecteur qui brûle les insectes happés ou entraînés par le courant d’air chaud. — Les pièges lumineux à acétylène se trouvent au Comptoir d’éclairage et d’acétylène, 233, rue Saint-Martin, à Paris.
- Chaînes d’attache de sûreté. — M. Lejay fils vient de construire diverses chaînes d’attache de sûreté qu’il nous
- Chaînes d’attache de sûreté.
- 1. Pour attacher. — 2. Chaîne fermée. — 3. Pour détacher.
- paraît utile de faire connaître. Ces chaînes sont composées de maillons de diverses grandeurs que l’on peut manœuvrer très aisément. Pour attacher avec cette chaîne (n° 1), il suffit d’introduire la branche terminée par les grandes mailles dans l’anneau; le crochet est placé perpendiculairement à celui-ci. On engage le crochet dans l’une des grandes mailles suivant la
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifique* est étrangère aux annonces.
- grosseur du cou de l’animal, de manière que cette maille tombe dans l’encoche du crochet, et on laisse retomber la chaîne dans sa position naturelle (n° 2). Pour détacher (n° 3), on tire sur les branches de façon que l’anneau en oscillant s’écarte du crochet; on saisit la petite maille d’extrémité, ou dégage la grande maille de l’encoche du crochet et on fait sortir la branche de l’anneau. La simple inspection des figures démontre l’impossibilité pour l’animal de se dégager quels que soient ses efforts, de traction, de déplacement de tête, de frottement. — Les chaînes d’attache de sûreté se trouvent chez M. Lejay fils à Charleville (Ardennes).
- Une petite machine à poinçonner. — Chaque fois que, sur un chantier, nous voyons des ouvriers se livrer péniblement à certaines opérations sur des tôles ou des poutrelles de fer, en recourant aux instruments les plus primitifs qui demandent parfois deux hommes dont l’un, par exemple, tiendra un ciseau à froid, tandis que l’autre maniera le marteau à deux mains, nous ne pouvons nous empêcher de faire une rapide comparaison avec ce qui se passe aux Etats-Unis, où l’on emploie couramment des machines, mues soit électriquement, soit par l’air comprimé, et qui permettent d’effectuer ces travaux avec une rapidité surprenante et sans peine. Voici précisément une petite machine à poinçonner, actionnée à l’air comprimé, et qui nous semble répondre admirablement aux besoins des petits ateliers et notamment de la serrurerie. Cette poinçonneuse minuscule est construite sous le nom de Caskey Portable Fneumatic Punch, par MM. Slocomb et Cie de Wilmmgton, dans l’Etat de Delaware. Les dispositions générales de cet appareil, qui avait été d’abord imaginé pour une mai-
- .Maclumi à j,o:m;o!iik;r.
- son de construction de torpilleurs, et pour le perçage des tôles minces des coques de ces navires, se comprennent immédiatement au simple examen de la figure ; un outil de ce genre est essentiellement portatif et on peut, par conséquent, le faire pénétrer partout pour percer les trous de rivets ou de boulons. La plus petite taille dans laquelle on fait cet outil est destinée à percer des trous dans des tôles de 4,7 millimètres et le poids n’en est que de 12 kilogrammes environ; cela explique suffisamment sa facilité de manœuvre et d’emploi et l’aisance avec laquelle on peut le mettre en position de travail, en le soutenant au moyen d’une petite courroie à porte-mousqueton, qui fait normalement partie de l’appareil, et qui se passe sur un crochet auquel on peut trouver aisément un point d’appui. L’instrument est muni d’un piston creux contenant de l’huile, prolongé par un tube fixe qui télescope dans l’autre : l’huile est poussée dans ce tube et va exercer une pression régulière et considérable sur le piston plongeur de la poinçonneuse proprement dite. L’air même qui a poussé le piston pour une opération de poinçonnage, est encore utilisé avant son évacuation à remettre de nouveau l’appareil en batterie, c’est-à-dire à le ramener à la position de départ, et il n’est évacué effectivement que lorsque commence un second poinçonnage. Il en résulte évidemment une économie d’air fort sensible.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Moyen d'éviter les bourdonnements d’oreilles dans l’absorption des sels de quinine M. Marage, le savant physiologiste qui a étudié d’une façon nouvelle l’étât et le traitement des maladies d’oreilles, propose un moyen très simple desliné à rendre de très grands services aux malades atteints de fièvres et traités par la quinine. On sait, en effet, les ennuis provoqués par ce médicament, surdité et bourdonnements d’oreilles qui en certains cas peuvent devenir extrêmement désagréables.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- XK
- L’auteur se base sur les travaux qu’il a faits antérieurement sur les otolithes de la grenouille. Ce liquide, de nature indéterminé, contient en dissolution différents sels, notamment du bicarbonate de chaux et du bicarbonate de magnésie avec des cristaux de carbonate en excès.
- 11 serait intéressant de savoir si le liquide de l’oreille est le même chez les mammifères, et en particulier chez l’homme, que chez les grenouilles. Malheureusement il a été impossible de déterminer sa composition, parce qu’on n’a pas pu en recueillir pur, il est toujours mélangé avec du sang; c’est même pour cette raison que bien des savants ont prétendu que le liquide de l’oreille interne de l’homme se rapprochait du sérum sanguin.
- Rien toutefois n’empêche de supposer que le liquide est identique chez l’homme et chez la grenouille. En ce cas on pourrait prévoir à peu près ce qui se forme dans l’organisme par l’absorption des chlorhydrates. La réaction qui se produira est d’ailleurs facile à répéter dans un laboratoire, sur le plateau d’un microscope. Qu’on mette, en effet, du chlorhydrate de quinine, ou tout autre sel acide, en présence des sels trouvés dans les otolithes de la grenouille, il se formera des chlorures de calcium et de magnésium solubles et il se déposera des cristaux de chlorhydrate de quinine.
- Il est probable que le même phénomène se-] répétera dans l’organisme et c’est ce qui expliquerait les phénomènes de surdité, et de bourdonnements après l’injection d’un sel de quinine ou d’un autre médicament donnant les mêmes réactions.
- D’après ce que nous venons de dire, il devient facile de déduire ce qu’il importe de faire pour éviter ces accidents. Au lieu d’adopter des sels de chlorhydrates qui agissent chimiquement sur le liquide de l’oreille, il suffit de s’adresser à des carbonates ou bicarbonates de quinine qui sont des sels absolument insolubles et qui ne peuvent, dès lors, donner lieu à aucune réaction. M. Marage s’est servi d’un composé voisin, l’éthylcarbonate de quinine, et il a pu constater que les tintements d’oreilles étaient extrêmement atténués. Ce n’est peut-être qu’une coïncidence; en tout cas elle s’accorde merveilleusement avec la théorie que nous avons indiquée.
- Ce sel a l’avantage de ne pas être dyspeptique et de pouvoir par conséquent, être absorbé sans inconvénient, notamment par les enfants. Il importe toutefois, avant de le prendre, de neutraliser les acides de l’estomac; il suffit pour cela de prendre d’abord du bicarbonate de soude. L’éthylcarbonate de quinine n’est pas un produit nouveau ; il est même très employé à l’étranger et notamment en Allemagne, où il a été étudié tout particulièrement par le professeur Von Noorden. Dr Ha...
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations faites au Parc Saint-Maur, altitude 49m,30. — Bureau central météréologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DD CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 avril. . . . 10°,7 S. W. 2. Très nuageux. 0,2 Très nuag. le matin; puis nuag.; beau après 18 h.; halo.
- Mardi 22 11°,4 S. E. 2. Couvert. 0,0 Nuag. jusqu’à 5 h.; couv. ensuite; pluie l'après-midi.
- Mercredi 23 10°,2 W. S. W. 2. Reau. 9,1 Nuag. ; lialo.
- Jeudi 24 10\3 N. 1. Presque couvert. 0,0 Très nuag. ; beau après 22 h. ; halo.
- Vendredi 23 ... . 9“.3 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Beau le matin; puis nuag. ; couv. après 16 h.; brouill. au ras du sol à 4 h. ; halo; gouttes à partir de22 h. Couv. ; pluie le tiers du temps; tonnerre au N.-W. de 14 h. 18 à 27".
- Samedi 26 11°,0 N. E. 2. Couvert. 12,5
- Dimanche 27 11°,1 N. E. 2. Couvert. 17,8 Couv. jusqu’à 21 h. ; éclaircies ensuite ; pl. jusqu’à 15 h.
- AVRIL 1902 -- SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 AVIÏIL.
- F.a courbe supérieure indique la nébulosité de 0 A 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les couches du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- r Tremblement «le terre de Guatemala. — Ua tremblement de terre a eu lieu à Guatemala , dans l’Amérique centrale; il a en partie détruit, outre la ville de Mazatenango, celles de San Juan, Santa Luca, Solola, Naliuala, Amatitlan et de Quezaltenango. Trois des écluses de la ville de Guatemala ont subi des dégâts. Les victimes ont été au nombre de 500. On évalue les pertes à cinq millions.
- tQl.es pluies. — Pendant la semaine du 21 au 27 avril, de nombreuse’» pluies sont tombées sur l’Europe. Le 21 avril, en France, on a recueilli ti mm d’eau à Cherbourg, 5 mm à Clermont, 5 mm à Toulouse, 1 mm h Nancy; le 22 avril, on a recueilli 10 mm à Lorient, 5 mm à Nantes, 9 mri à Paris; la pluie est tombée en abondance sur les Iles Britanniques. Le 23 avril, les pluies ont été générales en France; il est tombé 16 mm d’eau à Lorient, 14 mm à Limoges, 10 mm à Marseille. Le 21 avril, les pluies ont
- été abondantes dans le sud : 30 mm d’eau à Nice et à Cette, et 15 mm à Perpignan. Le 25 avril, il y a eu de grandes pluies en Italie; on a recueilli 37 mm d’eau à Cette; 10 mm à Marseille, à Bordeaux, à Nantes, 18 mm à Brest, 12 mm à Paris; le 26 avril il est tombé 17 mm à Paris, 35 mm à Gap, 24 mm .à Ouessant, 19 mm au Mans.
- La température. — La température a varié dans de grandes limites. Le 21 avril, elle était le matin de 11° à Paris, 15° à Rome et 18° à Alger; dans la journée elle s’est élevée à Paris à 17°,7 et la moyenne a été de 13°,2. Le 22 avril, le maximum à Paris a été de 19°,8 et la moyenne de 18°,5; on a observé le matin 14° à Rome et 17° à Alger. Le 24 avril, le matin, les températures ont été de 18° et 14° à Ateer et à Athènes; à Paris, la moyenne était de 12°,5 avec un maximum de 18°,1 ; elle a été de 13°,6 et de 12°,3 les 25 et 26 avril. Il s’est produit un refoidissement les 28 et 29 avril.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 22, à 6 h. 59 du soir.
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- M.
- N° 1511 <70 mai 1902), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Par un arrêté en date du 28 avril dernier, notre collaborateur, M. Th. Moureaux, a été nommé directeur de l’observatoire du Parc Saint-Maur, en remplacement de M. Renou, décédé. M. Moureaux dirige depuis vingt ans le service magnétique dans cet établissement; son nabileté professionnelle et la rigueur qu’il apporte dans les mesures particulièrement délicates que nécessite l’étude du champ magnétique terrestre, sont une garantie du soin avec lequel sera continuée la série des observations météorologiques du Parc Saint-Maur, dont la précision a été portée à un si haut degré par M. Renou.
- —(g)— Le 29 avril 1902, à l’occasion de la signalure de la dix-millième police d’abonnement, le Conseil d’administration du secteur de Clichy, à Paris, a offert un dîner à son personnel supérieur. En dehors Se MM. Siegfried, président du Conseil d’administration, Lalance, administrateur délégué, VYidmer, ingénieur principal, Brylinski, Buffet, Moret, ingénieurs, assistaient également à ce dîner M. Lauriol, ingénieur en chef du service de l’Éclairage de la Ville de Paris, M. Chrétien, inspecteur de l’éclairage électrique; M. Mildé, président du syndicat des industries électriques; MM. Pi-rani, Soubeyran, J. Laffargue, etc. On a tracé un tableau de la puissance électrique utilisée dans Paris par les 6 secteurs de distribution. Celte puissance correspondait au 29 avril 1902 à la puissance consommée par 1 853 376 lampes à incandescence de 10 bougies, dont 1 581 760 pour l’éclairage, 193 024 pour la force motrice, le chauffage et la charge des automobiles et 88 592 pour l’éclairage public et municipal; toute la puissance était répartie entre 26552 abonnés. Au 20 avril 1900, le nombre total des abonnés était de 19 284, et la puissance électrique consommée correspondait à la puissance utilisée par 1333 222 lampes à incandescence de 10 bougies, dont 1 150083 pour l’éclairage, 152407 pour la force motrice, le chauffage et la charge des automobiles et 30 732 pour l’éclairage public et municipal.
- —g)— Le nouveau Président de la Société des Ingénieurs civils, M. L. Salomon, a été installé dans ses fonctions à la séance du 18 avril 1902 ; à cette occasion, il a prononcé un discours dans lequel nous trouvons quelques chiffres intéressants. Appartenant à la Compagnie des chemins de fer de l’Est depuis 1870, ingénieur du matériel roulant de 1876 à 1886, directeur des services du matériel et de la traction depuis près de seize ans, il a résumé les transformations importantes et les progrès réalisés dans la construction du matériel pendant cette période de plus de trente ans. Au 1er janvier 1870, la longueur totale des lignes en exploitation était de 2857 km; au 1er janvier 1902, malgré la perte des lignes de l’Alsace-Lorraine, cette longueur totale était de 4862 km. Les parcours kilométriques des trains à voyageurs et à marchandises étaient de 22 947 458 km en 1869 et de 49 207 486 km en 1901 ; l'augmentation était de 114,4 pour 100. Les parcours kilométriques totaux des voyageurs étaient de 698 454 466 voyageurs-kilomètres en 1869 et de 1 685 624 533 voyageurs-kilomètres en 1901, avec une augmentation de 141,33 pour 100. Les parcours kilométriques totaux des tonnes de marchandises étaient de 1133 681 825 tonnes-kilomètres en 1869 et de 2076796578 tonnes-kilomètres en 1901 avec une augmentation de 83,19 pour 100. Au 1er janvier 1870, l’effectif des locomotives de la Compagnie de l’Est se composait de 900 machines, dont : 115 à roues libres, 36 du type Crampton, seules employées alors à la traction des trains express; 514 à 4 roues couplées, dont 16 machines-tenders ; 587 à 6 roues couplées, dont 2 à tenders-moteurs rappelant le système Verpilleux ; 51 à 8 roues couplées et 53 machines-tenders de gare. Au 1er janvier 1902, cet effectif est de 1379 machines, dont : 20 à roues libres, toutes du système Crampton, 416 à 4 roues couplées, dont 20 machines-tenders; 670 à 6 roues couplées, dont 150 machines-tenders; 188 à 8 roues couplées, et 80 machines-
- tenders de gare. Les 900 locomotives de 1870 étaient toutes à simple expansion ; le timbre des chaudières était de 8 atmosphères, exceptionnellement il s’abaissait à 6 ou s’élevait à 9; les surfaces de grille et de chauffe ne dépassaient pas respectivement 1,89 m2 et 190m2 et n’atteignaient ces chiffres que pour les seules locomotives à 4 essieux couplés. La charge par essieu était limitée à 12 tonnes. Aucune locomotive ne dépassait le poids total de 46 tonnes en charge, tender non compris. Les 1379 locomotives de 1902 comprennent 108 locomotives compound à 4 cylindres à 4 et à 6 roues couplées. Pour ces machines,le timbre est de 16 kg par cm*; la surface de grille est de 2,52 m2; la surface de chauffe est de 207 m2;Ia charge par essieu moteur dépasse 17 tonnes et le poids total de la machine en charge est de 65,5 tonnes. Par suite de la reconstruction de toutes les chaudières des machines construites antérieurement à 1870, aucune locomotive n’a un timbre inférieur à 8 kg par cm2. Ces chiffres font pressentir l’augmentation de puissance de traction du parc des locomotives du réseau de l’Est. Cette puissance peut s’évaluer par le poids du train monstre auquel serait attelé l’ensemble des locomotives et que celles-ci pourraient remor-uer sur une voie en palier. En 1870, le poids de ce train eût été e 390140 tonnes; en 1902, ce train fictif pourrait peser 760 240 tonnes. La puissance de traction du parc a ainsi augmenté d’environ 95 pour 100 alors que l’accroissement du nombre des locomotives a été de 58 pour 100 seulement.
- —H>— La Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest vient d’interrompre le service de ses locomoteurs électriques, qui jusqu’ici remorquaient, entre les Invalides et le Champ de Mars, les trains de Saint-Lazare. Ces trains, au* nombre de 4 par heure, dans chaque sens, sont maintenant conduits par des locomotives à vapeur jusqu’à leur terminus. La Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest compte en effet ouvrir entièrement en juin la ligne de Versailles, qui jusqu’ici n’était en service que jusqu’à Meudon-Val Fleury. Elle veut auparavant remettre en état ses 10 locomotives électriques, qui en assureront le service concurrement avec les deux trains automoteurs Sprague et Thomson.
- —®— La période de concours pour le prix de 4000 francs, fondé par M. Santos-Dumont en 1901, est ouverte depuis le 1ermai. D’après les conditions fixées par son fondateur, le prix sera décerné à l’aéronaute membre de l’Aéro-Club, qui du 1er mai au 31 octobre, partant du parc d’aérostation de Saint-Cloud, doublera la tour Eiffel et reviendra au point de départ, au bout d’un temps quelconque, sans avoir touché terre et par les seuls moyens du bord. L’Aéro-Club a décidé d’accorder au vainqueur du prix Santos-Dumont sa grande médaille d’or.
- —(§)— Il s’est produit en Algérie, dans l’Ouest oranais, un phénomène analogue aux pluies de sang en Sicile. Dès la matinée du 19 janvier 1902, sur tout le littoral aux environs de l’embouchure de ia Tafna, la terre et la mer étaient couvertes d’un brouillard épais, ui s’est maintenu dans des conditions sensiblement identiques pen-ant la journée du 19, la nuit entière et le 20 jusqu au soir. Alors seulement il a commencé à se dissiper. La lune n’était à ce moment brouillée que d’un léger halo. Le 21 au matin le brouillard avait complètement disparu. On put alors constater qu’il avait laissé sur les végétaux et arbustes une couche de fine poussière, abondante surtout sur les fenouils et autres grandes herbes. Les feuilles des jeunes pins paraissaient comme brûlées et desséchées par un fort siroco. Cette couche a persisté et on pouvait encore l’observer trois ou quatre jours après. D’où provenait cette poussière? Il semble bien que, comme dans tous les cas connus, elle ait été apportée dans les régions supérieures par un coup de vent. Et elle sera retombée ensuite, après avoir formé brouillard, sur tout le pays où le phénomène a été observé.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours crois-Ktnt que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les bureaux de la Société des machines à jet de sable, dont nous avons publié la description dans le n° 1509, du 26 avril 1902, p. 521, se trouvent 28, boulevard Magenta, et 55, rue des Marais, à Paris.
- Communications. — Le docteur L. Bouchacourt, à Paris, nous adresse une brochure qui traite de l’utilisation naturelle de la partie extra-embryonnaire de l’œuf. L’auteur commence par faire ressortir l’analogie que présentent les fonctions de digestion et de reproduction chez la femelle, analogie qui devient une identité pour les espèces inférieures. Chez certains groupes d’actinies (n° 1502 du 8 mars 1902, p. 211), une même cavité sert pour les deux fonctions, chez d’autres, d’ordre plus élevé, les poches incubatrices se forment aux dépens de l’estomac. On pourrait ainsi émettre cette hypothèse, que l’instinct génital se produit sous l’influence de modifications graduelles de cet instinct de nutrition primitif et universel qui se rapporte lui-même à la conservation individuelle. L’instinct de reproduction joue vis-à-vis de l’espèce le rôle de l’instinct de nutrition vis-à-vis de l’individu. D’ailleurs, les ressemblances entre l’appétit génital et l’appétit gustatif ont été signalées de tout temps par les naturalistes et les médecins, voire même par les moralistes et les philosophes. Les deux nutritions, celle de l’individu et celle de l’espèce, produisent l’une et l’autre une matière utilisable et des résidus. Dans la nutrition de l’espèce, le résidu est la partie extra-embryonnaire de l’œuf. Est-il complètement inutile? Pour résoudre ce problème, l’auteur signale d’abord l’universalité dans la série animale d’un acte instinctif qui consiste à ingérer la partie extra-embryonnaire de l’œuf. L’instinct qui pousse à cet acte persiste chez les animaux, malgré les efforts de l’homme, et on en retrouve les traces chez certains représentants de l’espèce humaine. Il doit donc avoir un but. Pour des raisons que l’auteur développe, ce but n’est ni l’utilisation alimentaire, ni la protection individuelle, ni la propreté. L’assimilation de la partie embryonnaire trouverait plutôt sa raison d’être dans les propriétés thérapeutiques du placenta. C’est ainsi que les coquilles d’œufs ont une action régénératrice sur l’organisme maternel. Certaines « poudres à faire pondre » doivent leur efficacité à ces mêmes coquilles. Chez les vivipares, les qualités thérapeutiques du placenta n’ont pas échappé aux anciens ; les médecins chinois les utilisent de nos jours, et elles sont mises à profit dans quelques médicaments modernes. L’ingestion du placenta paraît favoriser la montée laiteuse, quoiqu’elle soit incapable de la produire sérieusement. Enfin la placentophagie a un effet légèrement purgatif qui débarrasse les femelles de l’encombrement intestinal. Il est impossible, en ces quelques lignes, de rendre pleine justice à l’ouvrage du Dr Bouchacourt. Les idées qu’il contient sont favorablement accueillies par le monde médical, et les travaux indépendants de plusieurs autres savants sont venus les confirmer récemment.
- M. V. Aymé, à Hanoï, résume dans une brochure intitulée :
- « Essai de nomenclature minéralogique », quelques considérations qui lui sont suggérées par le système de nomenclature employé actuellement en minéralogie. Il fait observer que la chimie et la botanique ont chacune leur langue, et que cette langue est scientifique et définit bien les objets qu’elle énumère, alors que la minéralogie emploie pour désigner les minéraux des mots choisis au hasard qui ne renseignent en rien sur les propriétés et la composition de ces minéraux. Ce
- système oblige le minéralogiste à des efforts de mémoire considérables qui seraient mieux employés autrement. M. Aymé propose un système plus rationnel. Prenons, par exemple, le minéral appelé alstonite, composé de calcium, de baryum, de carbone et d’oxygène. On le désignera sous le nom de : calba-carbonite, mot formé avec les premières lettres du nom de chaque substance composante. Mais, comme en minéralogie, il faut rappeler non seulement la composition chimique, mais aussi la couleur, la forme cristalline, etc., on pourra ajouter un qualificatif indiquant la variété. C’est ainsi que les membres de la famille du quartz seront désignés comme suit : quartz hyalin, enfumé, morion, etc. M. Aymé donne ensuite les règles qui servent à former les mots de sa nouvelle nomenclature.
- M. Jacquot, qui accomplit en ce moment un nouveau voyage d’étude en Tunisie et en Tripolitaine, nous signale la récente découverte à Bizerte d’un document archéologique de haute importance : au cours des travaux entrepris à Ferry ville pour la construction d’un bassin de radoub, les ouvriers ont rencontré dans les terrains d’alluvion un vaisseau antique parfaitement conservé, mesurant environ 14 mètres de long sur 4 mètres de hauteur totale, dépourvue de sa mâture et orné à la proue d’une figure sculptée dans le bois. Cette belle pièce est conservée dans les bâtiments de l’Etat et M. Jacquot s’occupe d’en obtenir une reproduction.
- Renseignements. — M. E. Warnery, à Guebwiller. — Avec deux chevaux de puissance et une différence de niveau.
- 150
- de 25 mètres, le débit sera de -^==60 kg d’eau par se-
- zo
- condes, c’est-à-dire 60 litres.
- M. J. Bancelin, à Paris. — 1° Voyez sur la photographie en couleurs le n° 1101, du 7 juillet 1894, p. 91, n° 1337, du 7 janvier 1899, p. 87. Le n° 1595, du 17 février 1900, p. 188, contient la description d’un appareil photographique pour amateurs inventé par M. Ducos du Ilauron, 22, rue Rambu-teau. — 2° A la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, on trouve : Distillateur-Liquoriste, par MM. Lebeaud, de FoUte-nelle et Malepeyre, et d’autres ouvrages analogues.
- M. Lefebvre, à Montereau. — Le celluloïd peut se souder à lui-même. Pour le coller, prendre des rognures de celluloïd et les dissoudre jusqu’à consistance sirupeuse, soit dans l’acide acétique, soit dans le collodion, soit dans un mélange à parties 4 égales d’alcool pur et d’éther, soit enfin et mieux dans l’acétone du commerce. Etendre eette colle avec un pinceau sur les deux parties à réunir (très soigneusement nettoyées) et les maintenir solidement serrées pendant une heure. Elles seront ainsi rendues indécollables.
- M. de Th., à Nice. — lia été publié, en effet, dans quelque journal, un moyen d’empêcher les grenouilles de coasser la nuit, mais nous n’avons pu jusqu’ici mettre la main dessus. Nous l’insérerons si nous le retrouvons.
- M. R. P., à Romilly. — .Voici brièvement un procédé de pavage en ciment dont on dit du bien : 1° Faire un béton (parties égales de caillou, gravier, ciment) de 0m,10 à 0m,15 sur sol déjà aplani : laisser 24 heures ; 2° faire un enduit de 0m,05 à 0m,04 (ciment 2/5, gravier ou sable de rivière bien . criant à la main 3/5) ; 3° passer un rouleau léger quand le ciment a commencé à prendre.
- M. J. Van der Soot, à San José. — Nous ne connaissons pas le produit que vous nous signalez. S’il s’agit de cellulotvpie, adressez-vous à M. E. Bayard, 6, rue Schœlcher, à Paris. Si c’est « oxylithe » que vous voulez dire, il faut écrire à M. Jau-bert, 155, boulevard Malesherbes, Paris.
- M. M. D., à Sens. —Les Recettes et procédés utiles, 4e série, librairie Masson et Cio, contiennent la formule d’un produit qui rend le bois imperméable à l’eau. On l’applique avec un fer chaud après avoir posé dessus une bande de mousseline. La 5e série contient aussi quelques renseignements.
- M. E. Bourgeaud, à Bilbao. — L’adresse de M. Dussaud est :
- 19, rue Guillaume-Tell, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Bailly, à Bennes. I.e calcul est juste sauf une erreur de signe. — M. C. Ja-lèze, à Perpignan. Remerciements, mais l’article a déjà paru. —
- M. C. Daubry, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e et 5e série, a la librairie Masson et C‘“. — M. Bal-lendret, à Paris. Voyez le petit livre indiqué ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. Blinthorpe, à Liverpool. Le mode de fabrication que vous signalez a été abandonné depuis longtemps. —
- M. Bernard. Votre procédé est intéressant, nous vous remercions et l’utiliserons au besoin.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Obturateur photographique Hansen. — Dans les appareils de ce genre, il ne s’agit pas seulement de démasquer l’objectif; il faut surtout que la période où les lentilles sont complètement découvertes, c’est-à-dire où l’objectif travaille à pleine ouverture, soit la plus importante pendant la course des lamelles obturatrices. C’est ce à quoi M. Hansen s’est appliqué dans ce nouvel appareil.
- Un ressort monté dans un barillet entraîne deux roues dentées de même dimension. Sur celle de gauche, on voit un levier portant à son extrémité supérieure une fourchette qui entraîne l’un des volets ; ce levier est monté à frottement dur sur l’axe de la roue, de sorte qu’il est bien entraîné avec elle, mais ne
- Obturateur! photographique.
- l’empêche pas cependant de tourner quand il est arrivé au bout de sa course. Lorsqu’on opère le déclenchement de l’obturateur, cette roue, obéissant au ressort du barillet, part donc très vivement, et le levier entraîne le volet qui démasque toute l’ouverture. A partir de ce moment, le frottement dur fait frein et la roue tourne plus lentement. Le second volet qui fermera l’objectif ne partira de son cran d’arrêt que lorsqu’un bouton, qu’on voit près du bord de l’engrenage de droite, sera venu faire basculer le levier en équerre qui le retient. Dans notre dessin, l’obturateur est représenté au moment où il vient d’être déclenché. Quand il est armé, la fourchette est inclinée à droite, et le plus large des deux volets est maintenu (par le bouton qu’on voit en bas, à droite) dans l’encoche du levier en équerre. On obtient donc l’ouverture et la fermeture brusques de l’objectif ; il ne s’agit plus que de régler le temps qui s’écoule entre ces deux phases, temps pendant lequel l’objectif travaillera à pleine ouverture. On y arrive par le déplacement du bouton fixé sur l’engrenage de droite, c’est-à-dire celui qui provoque la fermeture; ce déplacement s’obtient facilement de l’intérieur de la boîte qui renferme le mécanisme, et on peut le provoquer soit une fraction de seconde aussitôt après l’ouverture, soit un laps de temps beaucoup plus long après.
- On peut également faire la pose en laissant l’objectif ouvert aussi longtemps que cela est nécessaire.— L’obturateur se trouve chez M. Hansen, 137, rue de Montrouge, à Gentilly (Seine .
- Anneau brise-gouttes. — Le petit appareil que représente le croquis ci-contre, constitue un anneau brise-gouttes : s’adaptant au goulot des bouteilles, il est destiné à absorber les gouttes de liquide qui coulent le long de la bouteille après chaque versement et, se coagulant à la surface, en rendent le toucher impossible. Constitué par un anneau en spirale formant ressort, auquel est fixée une bande de feutre, il s’adapte aisément à tous les goulots de bouteilles, grâce à son élasticité, et la puissance d’absorption du feutre lui assure un usage prolongé. Cet
- Anneau brise- gouttes.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- appareil est notamment utile pour les bouteilles de liqueurs, de sirops et de vins.
- L’anneau brise-gouttes se trouve chez M. Edouard Sclrweitzer, 49, rue de la Victoire, à Paris.
- Batteur d’œufs automatique. — Ce nouveau batteur consiste essentiellement en une tige verticale à vis sans fin, portant à son extrémité inférieure quatre anneaux. Un ressort placé intérieurement permet de faire tourner la vis sans fin, lorsque l’on appuie sur le manche de l’appareil. Les anneaux
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- Batteur d’œufs automatique. '
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- tournent dans le liquide et fouettent très énergiquement le lait, l’huile, les œufs. Il est à remarquer que le battage peut s’eflectuer avec une seule main, et que l’on a une main libre pour verser le liquide nécessaire. — Le nouveau batteur d'œufs se trouve chez M. Mathieu, 131, galerie de Valois, au Palais;* Royal, à Paris. j
- BIBLIOGRAPHIE
- L'achèvement du canal de Panama, parC. Sokberegger, ingénieur. 1 vol. grand in-8°. Librairie Dunod. Paris, 1902. Prix : 9 francs.
- Applications de la photographie à la physique et à la météorologie, par F. Qiénisset. 1 vol. in-16. Paris, Charles Mendel, éditeur. Prix : lfr,25.
- Les débuts de l'art, par E. Grosse, professeur de l’Université de Fribourg-en-Brisgau. Traduit de l’allemand par A. Dirr. 1 vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale, Félix Alcan, éditeur. Prix : 6 fr.
- Le laboratoire de l'amateur, par A. Delamarre, ingénieur civil, 1 vol. in-8°. Ch. Mendel, éditeur. Paris. Prix : lfr,25.
- Les agrandissements simplifiés, par G. N/üdet, 1 vol. in-18. Paris, librairie Desforges. Prix : lfp,50.
- Bulletin de la Société d’étude des sciences naturelles de Nîmes. Année 1900. Tome XXVIII. Novembre 1901.
- Les services géologiques du Portugal de 1857 à 1899, par Joaqcim Filippe Nery Delgado. Lisbonne, 1901.
- Leçons de l'oncle Jean sur l'histoire naturelle, illustrées par l’auteur Jean Friedel, licencié ès-sciences. 1 vol. petit in-8°. Imprimerie Berger-Levrault et Cie. Paris, 1901.
- Formules et recettes de Yélectricien, par G. Naudet, 1 vol. in-16. Paris. H. Desforges, éditeur. 1902. Prix : lfr,50.
- Le mal de mer. Comment on s’en préserve, comment on s’en guérit, comment on le soigne, par le Dr Madecf. 1 brochure in-16, à la Ligue contre le mal de mer, 82, boulevard Port-Rojal, Paris.
- Annual report of the Board of regents of the Smithsonian Institution for the Year ending June 30, 1899. Report of the U. S. National Muséum. Washington, Government Printing Office, 1901.
- Papilio Podalirius, par G. de Rocquigny-Adanson. 1 brochure m-8. Moulins, imprimerie Étienne Auclaire, 1901.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Caria idrografica d’Halia. Aterno-Pescara. Ministère di Agri-coltura, industria e commercio. Direzione generale delP agricoltura. 1 brochure in-8°. Roma. Tipogralia nazionale dî G. Bertero. 1900.
- Die Enlstehung des Lebens, von prof. J)r Liowig-Zehnof.is. 2e partie. 1 brochure in-8°. Tübingen, J. B. Mobr. 1900.
- Organographie der Pflanzen insbesondere der Archegoniaten und Samenpflanzen, par le Dr K. Ggebei., professeur à l’université de Munich, 2e partie. Océanographie. Iena. Imprimerie de Gustave Fischer, 1901.
- Samarkand la bien gardée, par Dcrrieux et Fauvelle. 1 vol. in-16 illustré. Librairie Plon, Nourrit et Cie. Paris, 1900.
- Prix : 4 francs.
- U. S. départaient of agriculture, Weather bureau. Report on the kite observations of 1898. 1 brochure in-8°. Washington government Printing office.
- Der Gesatig der Vogel, par Hacker. 1 vol. in-8°. Librairie G. Fischer, à Iena. 1900. Prix : 3fr,75.
- Proceedings of the Rochester Academy of science, vol. 3. 1 broch. in-8°. Rochester, N. Y. Published bv the Society, 1900.
- Der grosse Staubfall vom 9 bis 12 Marz 1901 in Nordafrika, Sud- und Mitteleuropa, von G.II ellmann und W. Meinardus. 1 brochure in-4°. Berlin, A. Asher et G°. Prix : 10 francs.
- Das Problem der Befruchtung, par le Dr Th. Boveri. 1 vol. in-8°. Gustave Fischer, éditeur, léna. 1902.-Prix : 2,r,25.
- Mittheilungen der præhistorischen Commission der Kais. Akademie der Wissenschaften. 1 vol. n° 5, 1901. Publié par l’Académie impériale des sciences de Vienne.
- Gartenfeinde und Gartenfreunde, von prof. II. Kolbe. 1 vol. etit in-8°. Berlin, Yerlag der Hofbuchhandlung von Karl iegismund. 1901.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météréologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0x9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 avril. . . . 5°,1 N. E. 4. Peu nuageux. 3,4 Nuageux; halo solaire.
- Mardi 29 4°,8 N. N. E. 3. Beau. 0,0 Peu nuag. à 17-18 h. ; halo solaire .
- Mercredi 30 7°,0 N. 2. Peu nuageux. 0,0 Peu nuag. jusq. 9 h. ; presque couvert ensuite. Gel. bl. ; petite pluie de 19 à 21 li.
- Jeudi 1" mai .... 8'J,3 W. S. W. 3. Couvert. 0,4 Très nuag. jusq. 18 h. ; nuag. ensuite ; pluie la moitié de la journée.
- Vendredi 2 8V W. S. W. 1. Très nuageux. 4,8 Très nuag. jusq. 10 h.; couv. ensuite; petite pluie vers 14 h. Couv. j. 13 h. ; nuag. de 14 à 19 h. ; beau ensuite ; qq. c. de ton. du N.-W. à l’E.-N.-E.vers 13 h. 1/2 av. pl. Grele.
- Samedi 3 9°,0 S. S. W. 3. Couvert. 0,4
- Dimanche 4 7°,1 S. W. 2. Nuageux. 6,0 Nuag., pluie dans la matinée.
- AVRIL MAI 1902 — SEMAINE DD LUNDI 28 AVRIL Aü DIMANCHE 4 MM.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à i'abri à boule sèche-: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tempêtes et orages. — Dans la semaine du 28 avril au 4 mai, les pluies sont tombées en abondance en France ; elles ont été accompagnées d’orages ët de tempêtes dans le centre, l’ouest et le sud. Le 28 avril, entre 5 et 6 heures du soir, un violent orage s’abattait sur Ajaccio et les environs. Un cultivateur, Jeau-Baptiste Pantaloni, se hâta, avec ses deux fils, de regagner sa demeure, située à Bastelicaccia. Comme il rentrait chez lui, la foudre, tombant sur la maison, partagea celle-ci en deux et carbonisa entièrement le malheureux Pantaloni, tandis que ses deux fils et sa fille restaient entièrement nus, leurs vêtements ayant été complètement brûlés par la décha 'ge. Les quatre autres enfants de Pantaloni et sa femme, qui se trouvaient dans la même pièce, n’ont eu que de légères brûlures.
- Le 29 avril, les fortes pressions ont continué à se propager dans l’ouest des Iles-Britanniques (Belmullet, 771 mm). Le vent a été encore très fort
- ou fort du nord-est sur la Manche, il a été modéré du nord eu Bretagne, faible de l’est en Provence. Des pluies sont tombées sur les côtes occidentales de la Norvège, sur l’Adriatique et le nord de l’Italie ; en France, il a plu sur la moitié sud : on a recueilli 93 mm. d’eaü au Puy de Dôme, 40 an mont Ventoux, 6 à Toulouse, 5 à Lyon et à Nice, 3 à Bordeaux.
- Les 30 avril, 1", 2, 3 et 4 mai, on a encore signalé de nombreux orages en France et à l’étranger, notamment dans le Danemark et en Belgique.
- Le 29 avril, une violente tempête a sévi aux Etats-Unis et a détruit le village de Glenrose, au Texas. 11 y a eu 5 morts et 40 blessés. A Mac Kees-port, la violence du vent a fait dérailler un train de marchandises. Les toitures des wagons ont été arrachées. Sur le Monongahela, un steamboat a fait naufrage. Trois matelots ont péri, cinq autres ont été grièvement blessés par la chute des mâts. Dans de très nombreuses usines, le travail a dû être arrêté par suite des dégâts causés parla tempête.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 30, à 11 h. 7 m. du soir.
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- ilf N* 1512 (17 mai 1902), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La France est en deuil. Le drapeau national a flotté trois Jours cravaté de noir. L’épouvantable drame de la Martinique a produit partout une émotion qui n’est pas près de cesser. Les dépêches se sont succédé brèves et précises, trop précises pour laisser place à l’espérance. Il ne reste plus rien de Saint-Pierre. Peut-être plus de 30000 personnes ont-elles disparu sous une pluie de feu et de cendres brûlantes. L’événement est épouvantable et n’a sans,, •doute pas d’analogue dans l’histoire.
- —®— L’année apparaît comme exceptionnelle. Il semble que notre globe subisse une recrudescence d’activité volcanique. Après l’éruption du Chamoka, il s’est produit des secousses sismiques dans beaucoup de régions. En Europe toute la région des Pyrénées a tremblé. Puis est vbnue la grande explosion de la Martinique, le tremblement de terre de St-Vincent. Les Anglais redoutent quelque événement dans les Antilles anglaises. Les températures en Europe et en Amérique sont anormales. Les oscillations des températures bien connues de mai sont très troublées. La température moyenne au commencement de mai a été de près de 9° au-dessous de la normale. A Paris, on a noté — 1° le 8 mai et il a gelé un peu partout. Il est tombé de la neige dans l’Est et le Midi; on a même observé à Paris quelques flocons de neige mêlés à de la grêle. Habituellement il y a réchauffement de la température au commencement de mai, ppis refroidissement vers les 11, 12 et 13 (Saints de glace). Il a été loin d’en être ainsi cette année. Il y a eu au contraire un petit réchauffement les 12, 13 et 14 mai. Nous n’avions pas eu de giboulées en mars ; c’est mauvais signe. Les giboulées sont venues en mai avec un caractère un peu différent. Evidemment, l’année est anormale.
- —(g)— Encore un martyrologe de la Science! Les journaux quotidiens ont annoncé la catastrophe du « Pax «survenue lundi 12 mai à 6 heures du matin. Pour la première fois le ballon s’élevait librement dans l’air et atteignait cnv'iro.ti 500 mètres de haut. Après un quart d’heure de lutte contre le vent assez marqué à cette altitude, le ballon lit explosion avec un bruit formidable et l’on ne vit plus qu’une masse de feu. Nacelle, machines tombèrent rapidement entraînant M. Auguste Severo et son mécanicien qui vinrent se briser sur la Chaussée du Maine. Cette catastrophe lugubre a profondément ému la population parisienne. Nous avions un article tout préparé sur le « Pax » et nous attendions pour l’insérer la première sortie de M. Severo. Nous le publierons dans notre prochain numéro comme un triste hommage à celui qui avait consacré ses labeurs et toute sa fortune au difficile problème de la navigation aérienne.
- —g)— Samedi 10 mai a commencé ce que l’on pourrait appeler la « semaine de l’alcool ». Les véhicules ont ouvert la série des épreuves automobiles organisées par le ministère de l’Agriculture, pour voitures, bateaux, moteurs fixes, appareils de chauffage et d’éclairage utilisant l’alcool. L’Exposition proprement dite s’ouvrira le 27 au Palais des Machines ; nous aurons a y revenir pour constater les progrès réalisés depuis novembre dernier.
- —®— Le 9 mai, conformément aux dernières volontés de M. de Lacaze-Duthiers, son corps a été inhumé dans un caveau creusé dans le roc sur le bord de la mer, à Banyuls-sur-Mer, près du laboratoire Arago. L’illustre zoologisie était décédé le 20 juillet 1901 et avait été inhumé provisoirement dans le cimetière de Banyuls. Assistaient à la cérémonie: M. Liard, directeur de l’enseignement supérieur, délégué du ministre de l’Instruction publique ; MM. Darboux et Yves Delage, délégués de l’Institut; des délégations de doyens, professeurs et étudiants des facultés des sciences de France, de Belgique et d’Espagne. Plusieurs discours glorifiant le grand savant ont été prononcés par le délégué de la Société des sciences de Madrid, le doyen de la Faculté des sciences de Barcelone, par M. Darboux, délégué de l’Institut, et par M. Liard.
- —(§)— La Société astronomique de France, présidée par M. H. Poincaré, a décerné à notre collaborateur M. Ch.-Ed. Guillaume, sous-directeur du Bureau international des poids et mesures, pour l’ensemble de ses beaux travaux le « prix des Dames ». Ce prix, décerné sous forme d’une très belle médaille, a été fondé il y a quelques années par un groupe de dames de l’Association dans le but de récompenser les services rendus à la Société soit par des travaux scientifiques qui « l’illustrent, soit par un concours efficace apporté à ses progrès. » Le prix Janssen a été donné à M“e Flammarion, la collaboratrice éminente et dévouée de son mari dans son œuvre astronomique, et en particulier dans les mesures d’étoiles doubles en 4876.
- —®— De fortes secousses de tremblement de terre ont eu lieu dans la nuit du 5 au 6 mai dans le sud-ouest de la France et en Espagne. A Bordeaux la secousse s’est produite vers 2h 50 du matin. Les oscillations, qui paraissaient suivre la direction du nord au sud, ont duré un peu plus de trois secondes ; elles ont été assez fortes pour faire remuer les chaises et trembler les lits, mais il n’y a pas eu de dégâts sérieux. A l’observatoire de Floirac, le tremblement de terre a été ressenti à 3h5m50s du matin. Les oscillations ont duré deux secondes environ; elles étaient dirigées dans le sens nord-oue't-sud-est. Le tremblement de terre n’a produit absolument aucun effet sur les instruments de l’observatoire. Les pendules ont conservé leur marche régulière et les constantes instrumentales n’ont pas varié. A Tarbes, à Bagnères-de-Luclion et à Lourdes deux oscillations assez fortes, dans la direction du nord au sud, ont ôtf, senties nettement. A Lourdes, un pan de mur en construction s’est écroulé. A Agen, à 3 heures du matin, l’oscillation du sol a eu lieu de bas en haut, la durée de la secousse a été d’une seconde environ. Une secousse de tremblement de terre a été également ressentie à Bayonne et dans les environs à 3 heures du matin. Le mouvement a été montant et descendant et s’est fait sentir de l’est à l’ouest. Sa durée a été d’environ quinze secondes. Deux secousses de tremblement de terre, dont une très forte qui dura dix secondes, ont été ressenties à Oloron. A Hendaye, le phénomène s’est produit à 3 heures précises. En Espagne, à Murcie, le tremblement de terre a eu lieu à 5h 45“ du matin ; la façade de la cathédrale et celles de plusieurs maisons ont été endommagées. Plusieurs personnes assurent avoir vu osciller le tour de la cathédrale. A Alberia, l’école et l’église menaçaient ruine. Le 8 mai, à 4,heuresffie l’après-midi, des secousses se sont produites à Alicante, à Etche; dans cette dernière ville elles ont été violentes et ont duré 15 secondes.
- —!§)— Dans la nuit du 2 au 3 mai, la neige est tombée à Remiremont, et a couvert les sommets des hautes Vosges. Le 7 mai, dans la matinée, il y a eu également pendant plusieurs heures une abondante chute de neige à Abbeville ; le froid était très intense. A Oyonnax, dans l’Ain, il a encore neigé le 8 mai: depuis le 1er mai, de la pluie glacée, de la neige ou de la grêle tombent sur les jeunes pousses dans les montagnes du Jura. La gelée sévit pendant la nuit. On a signalé encore d’abondantes chutes de neige le 8 mai, à Bagnères-de-Luchon, à Saint-Etienne, à Perpignan; aux environs de cette dernière ville une violente gelée a détruit complètement les récoltes de seigle, de fruits et de luzerne. La neige est tombée le 7 mai à Chartres. Dans le Calvados les arbres fruitiers ont beaucoup souffert du froid; la récolte de pommes paraît compromise. En Seine-et-Oise les 7 et 8 mai, il y a eu de fortes gelées et des chutes de grêle; la récolte est perdue. La neige est tombée en abondance à Saint-Gaudens et dans la région des Pyrénées. On signale également des gelées à Lyon, à Brest.
- —Une nouvelle société, dit-on, est en voie de formation pour capter et transmettre à New-York, soit à une distance de 650 kilomètres, une partie de la force motrice produite par les cataractes du Niagara.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Embrayages à spirale de Lindsay : M. Lelorrain, ingénieur, 42, boulevard Voltaire, Paris. — Le nouvel appareil photographique panoramique se trouve à la Compagnie française de photographie, 7, rue de Solférino, à Paris.
- Communications. — M. le médecin-major Teissière, à Castelnaudary, nous écrit : « L’ouverture du ventre d’une anguille nous a procuré la curiosité suivante : Dans une poche indépendante de l'intestin s’agitaient une foule de filaments mobiles semblables à des anguilles en formation. Malheureusement nous n’avons pu conserver que les plus petits, les autres ayant été jetés. Avons-nous affaire à une maladie parasitaire de l’animal ou à de petites anguilles? L’intérêt qui s’est attaché depuis longtemps à la reproduction de l’anguille et la rareté du fait que nous avons observé, nous ont donné l’idée de vous envoyer un échantillon des filaments recueillis et qui sont encore, au moment de l’envoi, extrêmement mobiles. » Nous venons de recevoir les échantillons en question. Ce sont, conservés dans de l’alcool, des filaments blancs longs de 15 a 20 millimètres. Un de nos lecteurs pourrait-il nous fournir quelques renseignements à ce sujet?
- M. I. Dharvent, à Rouen, nous adresse une brochure intitulée : Premiers essais de sculpture de Vhomme préhistorique. L’auteur a repris pour son propre compte une idée émise il y a une quarantaine d’années et soutenue par Boucher de Perthes, suivant laquelle les silex à reproductions anthropomorphiques ou zoomorphiques que l’on rencontre dans les anciens gisements, à côté des haches et couteaux préhistoriques, sont de véritables images de pierre sculptées par la main de l’homme. JJ. Dharvent a mis à profit ses loisirs et ses promenades dans les environs de Saint-Pol à rechercher les traces préhistoriques encore nombreuses dans la région. H possède maintenant une soixantaine de silex fort curieux qui sont reproduits dans les planches à la fin de l’ouvrage.
- M. G. B. M. Flamand nous fait parvenir une brochure qui traite de l’existence de gisements de nitrates dans l’archipel Touatien. Les analyses d’échantillons, les relations d’explorateurs et les renseignements indigènes tendent à démontrer que ces gisements ont une réelle importance, et qu’ils sont en général facilement exploitables, dans les conditions matérielles et économiques de la vie indigène.
- Renseignements. — M. F. Marey, à Lille. — Merci de votre communication, mais nous ne parlons pas des projets.
- M. G. A., à Aix. — Adressez-vous à M. le Dr Marage, 14, rue Duphot, Paris.
- Don Joaquim Ma Campdera, à Albacete. — 1° Les adresses de la Société des machines à jet de sable sont : 28, boulevard Magenta et 55, rue des Marais. — 2° Adressez-vous à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Chaptal, à Bénodet. — Telle que vous nous la rapportez, la nouvelle ne peut être qu’inexacte. A l’intérieur du tube, tout mouvement de translation du bouchon dû au champ magnétique semble inadmissible. A l’entrée du tube seulement il pourrait y avoir des effets d’attraction et de répulsion, mais non de projection.
- M. P. Legrand, à Paris; MM. Mimart, à Saint-Étienne. — Voyez le renseignement donné un peu plus haut.
- M. E. Paria. — L’adresse que nous avons donnée est exacte.
- M. V. A., au Mans; M. Renaud, à Sedan; M. P. Girard,
- à Lvon. — La machine à laver VÉconomique se trouve à la Société des Inventions Économiques, 188, 190, faubourg St-Denis, Paris.
- M. A. Lefebvre, à Amiens. — S’adresser pour l’œuf réfrigérateur aux éditeurs de Ice and Réfrigération, MM. Ricli and C°, 200, Broadway, New-York.
- M. Legrand, à Tilques. — 1° Le journal Ice and Réfrigération, mentionné ci-dessus, pourra vous renseigner. — 2° Adressez-vous à M. de Loverdo, 54 ter, rue. de la Tour-d’Auvergne, et à M. Douane, 25, avenue Parmentier, à Paris. Vous trouverez des renseignements sur les appareils frigorifiques dans le n° 1497 du 1er février, p. 129, n° 1495 du 4 janvier, p. 75, n° 1488 du 50 novembre 1901, p. 425, n° 1486 du 16 novembre 1901, p. 598. A la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, Paris, on peut se procurer des études qui ont paru dans le Portefeuille des Machines ; prix : 2 francs la livraison.
- M. S. Lelong, à Couillet. — Nous ne connaissons pas le-représentant européen de MM. Slocomb et Cie ; il faut leur écrire directement.
- M. L. Prendes, à Oviedo. — Les ouvrages sur le beurre se-trouvent à la librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue-Jacob, à Paris.
- M. L. Barrachin, à Paris. — L’adresse est donnée en tête de la Boîte aux lettres, du n° 1511, du 10 mai 1902.
- M. Bidart, à Paris. — Nous vous remercions du petit jouet très ingénieux que vous nous envoyez.
- M. Van der Loot, à San-José. — La cellulithe de Brunswig est fabriquée en broyant de la pâte de bois dans une raffi-neuse, jusqu’à ce que l’on obtienne une pâte homogène et sans trace de fibre de bois. On sépare ensuite cette pâte de la majeure partie de son eau par un égouttage pratiqué dans uno caisse pourvue d’un fond en toile métallique. On sèche soit à Pair libre, soit dans des locaux chauffés à 4°. Le produit se-contracte considérablement et forme des masses solides et dures comme de la corne que l’on vend sous le nom de cellulithe. Le journal La Papeterie, 9, rue Lagrange, Paris, pourrait vous donner d’autres renseignements.
- M. A. Munnier, à Vauconcourt. — 1° Société des applications générales de l’aluminium rigidifié, 50, rue Sedaine. M. H. Carpentier, 75, boulevard Soult, à Paris. — 2° Vous pouvez utiliser le bronze d’aluminium pour mors.
- M. E. D., à Leuze. — Vous voulez sans doute parler des appareils utilisant des résistances constituées par des dépôts-métalliques. La Compagnie des anciens établissements Parvil-lée frères, 29, rue Gauthey, à Paris, pourrait vous renseigner. Ces appareils sont aussi fabriqués par la Compagnie de chauffage par l’électricité qui exploite les brevets allemands Pro-metheus.
- M. F. Berthe, à Fauchery-sur-Vesle. — 1° La question n’est pas encore tout à fait approfondie. M. Bullier, dans un mémoire sur les applications de l’acétylène à l’éclairage (Bulletin de la Société chim., 5e série, toma XVII, p. 646), attribue 1» séparation du carbone à la décomposition des polymères de l’acétylène, ces polymères se formant à l’intérieur des becsr par suite de l’analogie de ceux-ci avec de véritables tubes à analyse des gaz, le débit étant très faible par rapport à l’accumulation des gaz dans ces becs. D’autres essais ultérieure semblent imposer quelques restrictions à cette théorie. Comme conseil pratique nous vous recommandons d’employer des becs-à flamme croisée et de ne pas réduire le débit au-dessous de sa valeur normale. — 2° Les vents du Sud sont en général plus violents. :— 5° Ceci n’est pas de notre ressort. Quand on croise une dame la règle est de lui laisser le côté mur afin de lui éviter autant que possible les éclaboussures des voilures, cette règle de politesse se trouve parfois en contradiction avec la règle pratique du trottoir qui recommande de tenir la droite. En France ces règles sont peu observées, les Anglais au contraire y attachent beaucoup d’importance. '
- M. Page, à Paris. — La désinfection des locaux qu’on soupçonne avoir, abrité des malades s’effectue par des grattages, lavages des murs ou par des fumigations d’acide sulfureux, plus fréquemment par des pulvérisations d’une solution antiseptique (sublimé, acide phénique, formol), etc.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Gamet, à Lausanne. Nous n’avons pu lire votre lettre, à notre grand regret. — M. P. Gomez, à Paris. La Notice sera insérée dans les communications. — M. de Brésilly, à Paris ; M. Fernand, à Lons-le-Saunier. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et Cie. — Mw° Paucelin, à Paris. Les Recettes et procédés utiles contiennent plusieurs formules culinaires.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les reh-
- seignemenis qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes tes questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS4
- Nouveau dispositif d'allumage par incandescence, pour moteurs à gaz. — Le dispositif dont nous allons donner succinctement la description se recommande par sa simplicité et la solidité de sa construction. Il est basé sur le principe de l’allumage libre et ne comporte ni soupape ni tiroir, ni aucun organe métallique d’entretien délicat et d’usure rapide. Au moment de la compression, le mélange tonnant pénètre dans le tube d’ignition en refoulant les gaz inertes qui s’y trouvaient et atteignant la partie incandescente de ce tube, s’enflamme et détermine l’explosion qui se propage de proche en proche jusqu’à la chambre du moteur. La figure 2 représente quatre parties principales de l’appareil : la chape A surmontée d’une cheminée ; le tube et son embase B, qui est représenté à moitié sorti de son logement dans la chape ; le support percé d’un canal d’inflammation qui relie le tube d’ignition à la chambre d’explosion du moteur, ce support n’est pas marqué d’une lettre dans la figure, il porte le plateau qui se visse sur le moteur; le verrou C qui assemble le tout. Pour remonter l’appareil le support s’engage entre les mâchoiies de la chape, le verrou se glisse dans les rainures des mâchoires, quelques tours de vis assurent la liaison de toutes les parties et appliquent fortement contre l’embase du tube une rondelle d’amiante qui garnit le fond d’une fraisure pratiquée à l’entrée du canal d’inflammation dans le support. La rondelle assure ainsi l’étanchéité. Dans la figure 1 on voit le brûleur qui s’adapte sous la chape et vient chauffer le tube vers son milieu ; la consomma-
- rouge soudé à l’argent où aboutissent les mèches de coton absorbantes. Cette chaudière est percée verticalement d’un tube central que l’on aperçoit dans la figure ci-jointe au centre du manchon. A la partie inférieure de la chaudière est fixé un tube fin qui se recourbe et se termine par un injecteur. Ce dernier projette le gaz d’alcool dans le tube central, aspire l’air nécessaire à la combustion, et le gaz mélangé d’air brûle au-dessus du bec Bunsen au contact du manchon. A ^intérieur de ce dernier est une tige de récupération qui ramène la chaleur à la chaudière. Dans cette lampe l’alcool monte par capillarité ; il n’y a donc pas de pression dans les récipients. Le bec est bas et peut se mettre à la place de tous les becs à pétrole. Il faut d’abord placer la tige et le manchon; à cet effet on prend la petite tige à fourche qui accompagne le bec et on l’enfonce dans le trou central de la tige en cuivre du bec, on fixe ensuite le manchon de façon que l’attache supérieure en fil d’amiante soit bien dans la fourche de la tige. On brûle alors le manchon ; pour cela on trempe la taupette ou allumoir spécial dans l’alcool, on l’allume et on met le feu au manchon en le touchant dans le haut avec la flamme. Le manchon brûle avec une grande flamme ; quand il a fini de brûler, on place le verre. Pour allumer le bec, on tourne le bouton de la lampe de droite à gauche, en faisant un tour. On place à l’intérieur du bec, par le trou ovale de la galerie, la taupette d’alcool enflammée ; on attend que le bec fasse entendre un
- f>etit sifflement. Après 50 a 60 secondes, e bec est assez chaud, on retire la tau-
- Ïiette, et on le présente au-dessus du verre, e bec s’allume. Si l’opération ne réussit pas, il suffit de fermer en tournant le bouchon de gauche à droite, d’ouvrir de nouveau et de rallumer. On obtient une intensité lumineuse de 55 à 60 bougies avec le bec n° 2 : la dépense est de 4 à 5 centimes par heure, on use par heure 0,1 litre d’alcool dénaturé se vendant de 0rr,40 à 0fr,50 le litre par bidons de 5 litres chez les épiciers et marchands de couleurs. Le bec n° 1 donne une intensité lumi-
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- neuse de 25 bougies; la dépense est de -y litre par heure. —
- La lampe à alcool Decamps, système Lecomte,-se trouve chez MM. A. Decamps et Cie, 2, passage Saint-Sébastien, à Paris.
- c il alcool Decamps, avec la taupellc d’alcool.
- tion du brûleur ne dépasse pas 40 litres à l’heure alors qu’avec les tubes en fer on arrivait facilement à une consommation six fois plus grande.
- Voilà pour l’allumage proprement dit, il s’agit maintenant de régler l’instant précis de cet allumage. Nous avons dit que les gaz inertes étaient refoulés à l’extrémité du tube d’ignition. Si on leur ménage un refuge plus spacieux, les gaz actifs pénétreront plus vite dans le tube, et il y aura ainsi avance à l’allumage, de même diminuer l’espace offert aux gaz inertes c’est retarder l’allumage. Voilà pourquoi l’on a ménagé une petite chambre de purge qui débouche dans le canal d’inflammation et dont on peut faire varier la capacité en ajoutant ou retirant des rondelles.
- Parmi les avantages revendiqués pour ce système, signalons les suivants qui nous paraissent importants : Faible consommation de gaz, remplacement immédiat du tube d’ignition sans que l’allumage en soit troublé, réglage très précis de l’instant de l’inflammation. L’appareil fonctionne également à l’essence avec une consommation de 35“ à l’heure ; à l’alcool pur (50“) et à l’acétylène (20 1.). C’est toujours le même appareil et le •même tube en porcelaine, le brûleur seul varie. Les trois types conviennent d’ailleurs indistinctement à l’allumage des moteurs à gaz pauvre, qui jusqu’ici devaient recourir à l’électricité. — L’allumeur par incandescence se trouve chez M. Henri Guillou, ingénieur-constructeur, 208, avenue du Maine, Paris, XIVe.
- Lampe & alcool Decamps, système Lecomte. —
- La lampe à alcool que nous tenons aujourd’hui à signaler est la lampe système Lecomte de la maison A. Decamps et Cie. Cette lampe brûle de l’alcool dénaturé ou de l’alcool carburé ; sa partie essentielle consiste en une petite chaudière en cuivre
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre pour écrire sur le celluloïd. — Aujourd’hui que l’on emploie le celluloïd à tant d’usages, il est intéressant de posséder une encre permettant d’écrire sur les surfaces essentiellement lisses que donne cette curieuse matière : la recette nous est donnée par Praktischer Wegweiser. On fait dissoudre 15 gr. de tanin pulvérisé dans 50 gr. d’acétone; puis, dans une quantité équivalente de cette même substance, on fait dissoudre également 10 gr. de chlorure de 1er sec : en mélangeant les deux solutions, on obtient l’encre voulue. Nous n’avons guère besoin de rappeler l’inflammabilité de l’acétone.
- Pour souder le cuivre au verre. — En réalité il s’agit plus exactement, et comme bien l’on pense, d’une sorte de ciment, qui a l’avantage de résister aussi bien au pétrole et à la chaleur qu’à l’eau (les montures d’objets en verre dans du cuivre étant précisément exposées souvent soit à l’eau, soit à la chaleur et au pétrole, comme c’est le cas pour les lampes). On fait bouillir 1 partie de soude caustique et 3 de colophane dans 5 parties d’eau ; puis on emploie ce liquide à préparer du plâtre de Paris, pris en quantité convenable. On peut rem-lacer le plâtre par de la chaux éteinte, de la céruse ou du lanc de zinc, mais alors le ciment durcit bien plus lentement.
- Enduit ardoisé pour tableaux noirs. — A 7 parties d’ardoise finement pulvérisée, on ajoute une partie de noir de fumée, et l’on mélange avec une solution de verre liquide faite à 1/8, et en quantité suffisante pour obtenir un enduit qui s’étende bien au pinceau. Comme surface d’application, le mieux est de prendre du zinc ou du fer-blanc, mais il faut commencer par rendre cette surface quelque peu rugueuse (pour que l’enduit y prenne) en la frotlant avec du grès ou de l’émeri grossier. On étend deux ou plusieurs couches, en lais-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES,
- sant toujours sécher avant que d’en appliquer une deuxième. Finalement, on se trouve bien de polir un peu la dernière couche.
- Pour champagniser le cidre. — La recette est donnée par la publication américaine que nous citons assez souvent Phar-maceutical Era (ce qui n’est pas étonnant, étant donné que les pharmaciens aux États-Unis vendent couramment des boissons). On prend 36 litres de cidre doux et on y ajoute 1,12 litre de miel qu’on a eu soin de filtrer tout d’abord ; on peut au besoin remplacer le miel par du sucre, dont on emploiera 900 grammes. On brasse bien la mixture, et on la laisse reposer huit jours dans le tonnelet où on l’a faite, après avoir bien bouché la bonde de ce tonnelet. On prend alors 140 gr. de lait écrémé, qu’on peut remplacer également par 37 gr. environ de colle de poisson, on le jette dans le tonneau, et l’on y verse immédiatement 1,54 litre d’alcool dilué. H n’y a plus qu’à
- laisser reposer et fermenter 4 jours, la bonde étant bien enfoncée à fond.
- Entretien des objets en fer. — Les Américains ont une méthode très simple pour assurer le bon entretien des objets en fer, tout en leur donnant une sorte de bronzage aisément obtenu. Ces objets sont d’abord enduits d’huile de lin, puis on les fait chauffer à l’air libre. Quand leur nature empêche de les soumettre à une haute température on les plonge dans une solution légèrement acide de chlorure de fer, puis on les trempe dans l’eau chaude, on les sèche, et finalement on les frotte avec de la cire ou de l’huile de lin. — On peut encore utilement préserver le fer contre la rouille en le trempant pendant quelques minutes dans une solutien de vitriol bleu, puis dans une solution d’hyposulfate de soude acidulée avec de l’acide chlorhydrique : on obtient ainsi un revêtement bleu-noir qui n’est affecté ni par l’air ni par l’eau.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météréologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 mai 8°,0 S. 1. Peu nuageux. 2,0 Couv. jusqu’à 4 h. ; nuag. ensuite ; gelée blanche ; halo ; pluie et grêle de 19 h. 50 à 45“.
- Mardi 6 6°,1 N. W. 2. Peu nuageux. 1,5 Quelques nuages jusqu’à 7 h. ; puis nuag. ; couv. de 12 à 2o h. ; beau ensuite ; pluie de 17 h. 40 à 18 h.
- Mercredi 7 5°,4 S. W. 0. Très nuageux. 0,1 Peu nuag. jusqu’à 6 h. ; puis presque couv. ; beau après 20 h. ; quelques averses.
- Jeudi 8 o°,0 N. N. W. 1. Couvert. 3,3 Beau jusqu’ à 6 h. et après 20 h. ; très nuag. le reste du temps ; quelques averses avec grêle à 16 h. 30.
- Vendredi 9 5U,6 N. 3. Couvert. 3,1 Presque couv. ie matin; puis nuag.; beau après 19 II.; gouttes et grêle à 11 h. 45.
- Samedi 10 4°,6 N. N. E. 3. Couvert. 0,1 Nuag. jusqu’à 17 h. ; beau ensuite; gelée blanche; halo.
- Dimanche 11 4°,4 N. 2. Nuageux. 0,0 Beau jusqu’à 6 b. et après 20 h. ; très nuag. le reste du temps; un peu de pluie à 11 h. 10 et midi.
- MAI 1902 -- SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 MAI.
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10: les /léchés inférieures, la direction du vent. Les courues du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de ta mer), courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche : courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé de» observations météorologiques faites au Parc Saint-Nflaur en avril 190*
- par M. Tu. Moureaux.
- Pression barométrique : Moyenne à midi 756"",05; minimum absolu, 748“”,08 le 1", à 5 heures du soir; maximum absolu, 761”“,48 le 7, à 11 heures du matin.
- Température : Moyenne des minima, 6°,43; des maxima 16°,03; du mois, 11°,23; vraie des 24 heures 10°,81. Minimum absolu, —0°,3 le 8; maximum absolu, 21°,7 le 19. Sur le sol, moyenne des minima, 3°,88 ; minimum absolu, — 4°,1 le 8. Il y a eu un seul jour de gelée et 5 jours de gelée blanche.
- Tension de la vapeur : Moyenne du mois : 6””,88 ; minimum 2“,8 le 7 à 4 heures du soir, et le 29 à 2 heures du soir ; maximum 11“",6 le 22 à 5 heures du soir.
- Humidité relative : Moyenne du mois, 71,0; minimum, 25 le 29 à 2 heures du soir ; maximum 100 le 12.
- Nébulosité : Moyenne du mois 62.
- Pluie : 64””,1 en 80 h. 30 réparties en'13 jours, et, en outre, 2 jours
- de petite pluie inappréciable au pluviomètre ; la pluie du 26 a fourni 27““ d’eau.
- Orages : On a entendu 2 coups de tonnerre le 22 entre 3 heures et 4 heures du soir, et 3 coups le 26, au N.-W., de 2 h. 18 à 2 h. 27 du soir.
- Vent dominant : N.-F..
- Température de la Marne: Moyenne le matin, ll°,96;le soir, 12°,54; du mois, 12°,25; elle a varié de 8°,82 le 1*' à 15°,02 le 25.
- Les valeurs des éléments météorologiques présentent les écarts suivants avec la normale : baromètre -+- 0”“,73; température -4-1°,04; tension de la vapeur -t- 0“”,75 ; humidité relative -+-1,8 ; nébulosité -+- 7 ; pluie -t- 21““,7.
- Floraison : Le l", gloclioma; le 8, groseiller; le 10, jacinthe sauvage; le 17, lamier blanc; le 18, cerisier d^ Sainte-micie, marronnier, bouleau; le 19, lilas commun, diélytra, silène; le 20, genêt commun, cognassier, noyer; le 21, chêne commun; le 2i, pivoine en arbre, rhubarbe, fraisier des bois, lilas de Perse; le 25, iris germanique; le 27, muguet.
- Arrivée des oiseaux : Le 6, hirondelle; le 10, rossignol; le 18, loriot; le 19, pic-vert ; le 26, coucou ; le 28, martinet. Le coucou a été entendu dès le 20 dans les bois de Boissy.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 7, à 10 h. 54 m. du soir.
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- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE Ei’AOMlWISTRATIOlSI. — L’échéance du 51 mai étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés •dont l’abonnement se termine avec le numéro du 31 mai (n* * 15 U) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur •renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précèdent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (î volumes, 1873 à 1882 —
- *883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction «t à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
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- —.§)— L’Exposition générale annuelle d’Horticulture, à laquelle •chaque année le public parisien fait un accueil si empressé, a ouvert ses portes le mercredi 21 mai. L’Exposition se tient cette année aux Serres du Cours-la-Reine. Un concert est donné tous les jours, de 3 à 5 heures, dans le jardin de l’Exposition. La clôture de l’Exposition aura lieu le lundi 26 mai, à 6 lieures du soir.
- —-®— Le Club Alpin Français avait depuis longtemps décidé de consacrer la journée du lundi de la Pentecôte à l’inauguration du monument qu’il a érigé à Chamonix, au pied du Mont-Blanc, à son ancien et regretté président, Charles Durier. La charmante ville de Lons-le-Saunier a été choisie, comme lieu de rendez-vous général de tous les Clubistes se rendant à Chamonix. De Lons-le-Saunier, le Club s’est rendu à Genève, par Saint-Claude et la Faucille. Trois jours ont été nécessaires à la visite et à la traversée du Jura, pendant lesquels les membres du Club Alpin ont pu admirer successivement, en gravissant les trois plateaux du versant français du Jura, d’abord le site grandiose des roches et grottes de Baume, aux portes de Lons-le-Saunier; les magnifiques cascades (notamment celles du Hérisson) qui abondent sur le premier plateau du Jura, ainsi que ses lacs si poétiques; puis, sur le second plateau, ils ont rencontré ces vallées profondes et sauvages des cours d’eau jurassiens, notamment les vallées de la Bienne et du Flumen, et les superbes sapinières du Jura ; enfin, sur le troisième plateau, ils ont été émerveillés par les splendides panoramas de ces sommets fameux du Crèt de la Neige, du Crêt de Chatam, du Colomby de Gex, du Noirmont, et surtout par le merveilleux panorama du pic de la Dole (1700 mètres). L’inauguration a eu lieu au milieu d’une grande affluence.
- —®— A l’occasion de sa retraite de doyen de la Faculté de médecine, les amis et les élèves de M. Brouardel doivent lui offrir une plaqûette gravée par Boty et frappée par la Monnaie. Cette médaille porte à l’avers, à la partie supérieure, le portrait en profil gauche de M. Brouardel; la base est occupée par un petit bas-relief représentant Hygie assise devant la colonnade de l’ancienne Ecole de médecine qui subsiste encore aujourd’hui encastrée dans les nouveaux bâtiments. Au revers, on voit un groupe de deux femmes vêtues à l’antique : la Science, son flambeau à la main, dévoilant la Vérité. Au-dessous de cette inscription est la dédicace suivante : « A Paul Brouardel, professeur de médecine légale, doyen de la Faculté de médecine de Paris, février 1887 — décembre î 901, président du comité consultatif d’hygiène de France. Publica privatis semper prætulit. »
- —®— La comète découverte par M. Brooks avait pour ascension droite au moment de l’observation 22h5m 405, et pour déclinaison 29® 12'N. Un télégramme ultérieur envoyé à l’observatoire de Harvard College donne comme nouvelles coordonnées 23!l8m16* et 27° 23' N. Le mouvement propre quotidien est par suite de 12 minutes en ascension droite et de 2 minutes en déclinaison. La comète a un éclat moyen et se trouve dans la partie supérieure du carré de
- Pégase, près de l’étoile 8 de cette constellation. Elle se rapproche du soleil et ne sera prooablement pas très remarquable, car elle n’est que faiblement visible pendant la dernière partie de la nuit. M. Brookes a maintenant 23 comètes à son actif.
- —<ü— En 1800, Londres avait 958 863 habitants; Paris, 547 755; Vienne, 231050, et Berlin, 182157. En 1810, Londres en avait 1 948417 ; Paris, 935 251 ; Vienne, 356 870, et Berlin, 322 620. En 1900, Londres en avait 4411 271; Paris, 2511055; Berlin, 1677 304, et Vienne, 1503972. La population de Berlin et de Vienne a donc augmenté plus rapidement que celle de Londres ou de Paris. Londres embrasse 505 kilomètres carrés de surface bâtie: Paris, 78 ; Berlin. 63, et Vienne, 178. A Londres, il y a 570000 maisons ; à Paris, 74829; à Berlin, 31 176; à Vienne, 32500. A Londres, chaque maison contient en moyenne de 7 à 8 personnes ; à Paris, 34; à Berlin, 54; à Vienne, 52.
- —®— Une découverte importante vient d’être faite à Timgad : dans une maison particulière M. Ballu a mis à jour de magnifiques mosaïques, très fines, représentant une Vénus nimbée et couronnée, aux bains, dont l’image est reflétée dans l’eau qui est accompagnée de deux figures de femmes, dont une, demi-drapée, verse l’eau contenue dans un vase ; l’autre figurine est nue et ornée de bijoux émaillés; elle reçoit dans un vase en forme de coquille une eau rejaillissante dans le bain. Les bras et pieds des figures sont ornés de bracelets en or.
- —Du 1er janvier au 10 mai 1902, le chemin de fer Métropolitain de Paris a transporté 21074970 voyageurs, en faisant une recette totale de 3648 8i5fr,05. Du 1er janvier au 10 mai 1901, le nombre de voyageurs transportés avait été de 17 063123, et la recette totale avait été de 2 938 670,r,95. Il y a donc en faveur de 1902 une augmentation de 4 011 847 voyageurs, et un accroissement de recettes de 710 204,r,10.
- Les importants vols de sauterelles signalés durant les dernières semaines d’avril dans le sud-ouest du contrôle de Tunis se sont répandus dans les premiers jouis du mois de mai dans la région de Djebibina-Bled-Djouggaz et de Bled-Bensaïdane. La lutte contre le fléau est rendue difficile par les broussailles qui couvrent ces contrées. Les indigènes du caïdat, sous la direction des cheikhs et du caïd, ont procédé à l’enlèvement des sauterelles accouplées; toutefois, les pontes ayant déjà commencé sur plusieurs points, ce travail a été interrompu. Des dispositions ont été prises par M. Tan-chon, contrôleur civil à Tunis, pour repérer les endroits où a eu lieu la ponte; le matériel nécessaire pour la défense ultérieure contre les criquets sera transporté sur place en temps utile. Dans la journée du 4 mai, des vols de sauterelles poussés par le vent du sud-ouest ont sillonné la région du Pont-du-Fahs, d El Aoudja, de Smindja et de Djebel-Ouch; ils sont parvenus jusqu’à Mohamedia; puis, ie vent ayant soufflé du nord, une partie des sauterelles du caïdat de Zaghouan ont été repoussées vers Maktar et Sainte-Marie-du-Zit. Les sauterelles ont été également signalées dans le centre, à Ksarellal, à Moynine et Enfidaville. Des pontes ont eu lieu sur ce dernier point.
- —®— Le 27 avril dernier, jour des élections législatives, à Lastic, dans l’arrondissement de Saint-Flour, un centenaire du village de Labastide, M. Antoine Durand, âgé de cent deux ans, s’est rendu à pied au scrutin, malgré la pluie torrentielle qui tombait alors.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l'année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La réglette acidimétrique Saporla et le calcimètre acidimètre à poulie se trouvent chez M. Georges Delporte, opticien, Grand’rue, Montpellier.
- Correspondance. — M. 011er nous écrit à propos de l’article que nous avons publié sur la Taverne du Moulin-Rouge : « On a omis de signaler le nom de M. Umbdenstock, architecte, qui s’occupe, avec M. Roger Bouvard, de la construction en question. »
- Nous prions M. Umbdenstock de nous excuser de cette omission bien involontaire. G. C.
- Communications. — M. V. Louynon, à Vichy, nous écrit : « J’ai lu avec plaisir l’article de M. Maurice Fouché dans le n® 1510 du 3 mai 1902 sur les dates de la fête de Pâques et des fêtes mobiles. Sur la demande d’une personne de mes amies, peu familiarisée avec les chiffres et que cette question intéressait, j’ai simplifié les formules données par M. Fouché, tout en faisant remarquer que les nouvelles formules que je vous adresse ne sont applicables que dans le cas où on restreint le problème à la recherche des dates du jour de la pleine lune pascale, pendant le cours du vingtième siècle seulement. Soit N le n°, dans le siècle, de l’année dont on cherche la date du jour de la pleine lune pascale ; désignons par la lettre P la date que
- nous cherchons. Posons : T = 21 —|- 11 N —
- Dans le calcul de l’expression J on ne devra retenir que
- la partie entière, c’est-à-dire le quotient entier de N par 19. . Divisons T par 30, soit t le reste.
- La date P sera donnée par l’une des deux formules :
- P = 36 — t (Si t <$ 15)
- P = 66 — t (Si t > 15)
- Prenons pour exemple l’année 1903.
- T = 21 + 33 + 0 = 54. t = 24
- P — 66 — 24 = 42.
- La pleine lune pascale P tombera le 42 mars ou mieux le 11 avril. Connaissant la date du jour de la pleine lune pascale, si on désire savoir à quel jour de la semaine correspond cette date, pour en déduire ensuite la date du jour de Pâques, on se servira de la formule suivante : Désignons les jours de la semaine par les chiffres placés au-dessous de chacun d’eux.
- Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dimanche
- 1 2 3 4 5 6 0
- posons :J = 3+ P-[-N-f Comme précédemment, dans le calcul de
- on ne retien-
- dra que la partie entière du quotient. On divisera J par 7 et le reste de la division donnera le jour de la semaine demandé. Appliquons cette formule à l’exemple précédent.
- J = 3 + 42 + 3 + 0 = 48 Le reste de la division de 48 par 7 est 6. Le 11 avril 1903 sera donc un samedi et Pâques sera le 12 avril. J’ajoute en terminant que les formules que j’ai employées sont faciles à retenir et que les calculs peuvent se faire mentalement.
- M. Cassasovici, à Braïla, nous annonce que deux Roumains,, le major Dimitriadi et M. C. Jonesco, pharmacien-chimiste,, viennent d’inventer un nouvel explosif, et il nous communique à ce sujet les renseignements suivants : « Les expériences qui se sont suivies le 22 et le 23 avril et auxquelles j’ai pris part ont fait connaître le grand avantage que cet explosif a sur tous les-autres découverts jusqu’à nos jours. — La galatzite (nom donné à l’explosif) a l’aspect d’une masse plastique, granuleuse, grasse et d’une couleur jaune. Elle ne se dissout pas dans l’eau, et la chaleur entre les températures de -f 210° et — 6° C. n’exerce sur l’explosif aucune influence. A 210° il brûle sans détoner; à — 6°, il gèle sans perdre ses propriétés. — L’action de la lumière est nulle et il ne se décompose pas instantanément et n’est pas toxique. Lorsque l’explosif est préparé, même s’il perd par évaporation une partie de son poids, on peut le renouveler en le trempant dans un liquide, de sorte que sa conservation est garantie pour assez longtemps. — Le kilo de galatzite coûte, préparé dans les laboratoires, lfr,50, et quand on la prépare en plus grande quantité, elle ne coûte que lfr,25. Elle est supérieure comme force d’explosion à tous les autres explosifs, comme par exemple la dynamite, la mélinite, le fulmi-coton, etc. Elle prend feu sous l’influence d’une capsule de fulminate de mercure introduite au milieu de la masse ayant une mèche Bikford. — Les expériences faites à Pocchanny (Roumanie) ont montré que pour obtenir les mêmes résultats il faut un kilo de dynamite pour 700 grammes de galatzite. Une grande maison belge a déjà proposé aux inventeurs de construire une fabrique pour la fabrication de cet explosif. »
- Renseignements. — M. Larade, à Alger. — Il est certain que les rayons X permettent de découvrir si, dans une caisse emballée, la vaisselle ou la verrerie est cassée. Mais nous ne croyons pas qu’on ait fait, à la gare de Lyon, une application de ces propriétés à la vérification des objets contenus dans les-colis.
- M. A. Loersch, à Neufchâtel; Cercle littéraire, à Torre Pellice; M. A. de Vençay, à Amiens; M. Ch. Faucon, à Rébénacq. — La machine à laver « l’Economique )) se trouve à la Société des Inventions économiques, 188, 190, faubourg Saint-Denis, à Paris. Cette adresse a été donnée en tête de la Boîte aux Lettres, dans le n° 1510 du 3 mai.
- M. G. de Artiach, à Arrigarriaga. — Les cylindres de phonographe sont simplement faits avec une cire un peu dure, d’après un procédé industriel. Vous pourriez vous renseigner chez MM. Pathé frères, 98, rue de Richelieu, à Paris.
- M. A. Codina, à Barcelone. — Les bureaux de la Société des machines à jet de sable se trouvent 28, boulevard Magenta, et 53, rue des Marais, à Paris. Cette adresse a déjà été donnée en tête de la Boîte aux lettres du n° 1511, du 10 mai 1902.
- M. A. Chenellement, à Metz. — Appareils d’éclairage pour ville : MM. Guichard et Cie, 24, rue de la Douane; M. Luchaire, 25, rue Érard, à Paris.
- M. J. Raufasle, à Saint-Girons. — Pour la Vivonnaise, roue de pleine eau à godets siphoïdes, décrite dans le n° 1454, du 6 avril 1901, p. 304, s’adresser à M. de Coursac, château de la Planche, à Yivonne (Vienne). Pour le tube broyeur Dana dont il est question dans le n° 1457, du 27 avril, p. 550, s’informer chez M. Davidsen, ingénieur, 5, rue Fénelon, à Paris.
- M. Willemart, à Ligny-en-Barrois. — Vous trouverez des billards dans le genre de ceux que vous cherchez chez M. Chau-vière, 27, boulevard des Capucines, à Paris.
- M. A. U., à La Varenne. — On enlève l’étain du fer-blanc et de ses rognures en traitant le métal par l’acide chlorhydrique qui transforme l’étain en chlorure ; ce chlorure est employé comme mordant dans la teinture. On peut aussi soumettre les rognures à l’action de la soude caustique et de l’oxyde de plomb. L’étain se transforme en stannate de soude, employé dans l’apprêt et la teinture des étoffes. On régénère le métal en décomposant le stannate par l’acide carbonique.
- M. G. Lavanchy, à Neuchâtel. — Pour tous les renseignements relatifs aux machines à jet de sable, s’adresser aux bureaux de la Société des machines à jet de sable, 28, boulevard Magenta et 53, rue des Marais, à Paris, comme nous l’indiquons plus haut.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. R. d’IIélié-court, à Paris. Nous prenons bonne note de vos renseignements et vous remercions. — M. Castres, à Àndrésy. Ce journal a, en effet,. puisé lés informations chez nous. — Un abonné. Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 3e série, libraire Masson et Cie. — M. P. Chalembert, à Nice, M. Grunberg, à Grenoble. Consultez le livre indiqué ci-dessus, lre et 5° série. Quelques renseignements dans le formulaire Ghersi pourront aussi vous aider.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Lampe agricole portative à acétylène pour pièges lumineux. — A propos de la description de la lampe à acétylène pour pièges lumineux que nous avons publiée dans les Petites Inventions du n° 1510du3 mai 1902, M. V. Vermorel, directeur de la station viticole et de pathologie végétale de Villefranche, et constructeur de matériel viticole, nous a envoyé une brochure qu’il a fait paraître sur « Les pièges lumineux et la destructioa des insectes nuisibles ». Dans cette brochure, M. Vermorel fait connaître les moyens déjà employés dans la lutte contre l’insecte, et cherche à provoquer des perfectionnements en amenant les agriculteurs à l’emploi des pièges
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de la lampe agricole portative à acétylène.
- lumineux. Nous avons surtout remarqué la lampe agricole portative que M. V. Vermorel a construite et il nous a semblé utile d’en donner la description. Cette lampe (fig. 1), à la^ quelle l’inventeur a donné le nom de « phare Méduse » est une lampe à acétylène dans laquelle le gaz ne se produit qu’au fur et à mesure de la consommation. Elle se compose (fig. 2) d’un récipient sphérique A, et d’un récipient B formé de deux cylindres superposés, l’un à la partie supérieure servant à renfermer le carbure de calcium, et l’autre à la partie inférieure faisant fonction de cloche à air. Un tube vertical t est placé au milieu et porte le robinet r et le bec à acétylène b. En C se trouve un chargeur cloisonné dans lequel est placé le carbure de calcium ; il est divisé en hauteur par des demi-disques formant cinq étages séparés ; une manette à anneau m permet de le placer aisément, lin plateau-piège D pour insectes est disposé au-dessous du bec de la lampe. Les deux parties A et B sont réunies entre elles par le couvercle y soudé au tube t et faisant partie de la pièce B ; ce couvercle s’emmanche à baïonnette sur le réservoir A, il porte au-dessus le cône h, support du plateau D, qui fait corps aussi avec le couvercle. Pour garnir le cylindre chargeur, il suffit de remplir de carbure de calcium le demi-cylindre portant la manette m, de manière que le produit ne dépasse pas le niveau des cloisons. On peut garnir le chargeur pour la durée présumée de l’éclairage, en garnissant seulement un, deux ou plusieurs compartiments; dans ce cas, il convient de mettre le carbure en commençant par les compartiments du haut du chargeur. On place ensuite ce dernier dans le générateur én tournant et on le fixe sous le taquet. On s’assure que le robinet r est en place et fermé : on enfonce alors la cloche dans le réservoir A et on l’empêche de remonter en tournant le couvercle-baïonnette dans son encoche. Le réservoir A doit être rempli d’eau jusqu’au niveau marqué par un indicateur n. LéVnettoyage se fait très aisément en démontant la lampe. Lorsque la lampe ne fonctionne pas, le bec simple est protégé par un petit tube de
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- cuivre muni d’un bouchon. Avant l’allumage, on ouvre le robinet r pendant 5 à 6 minutes pour laisser sortir l’air que la lampe renferme. On allume, on règle la hauteur de la flamme qui doit avoir 4,5 à 5 centimètres au maximum et ne doit pas souffler. La lampe peut reposer sur le sol ou être placée sur un piquet. On la place d’aplomb et on garnit d’eau le plateau B sur 2 centimètres de profondeur; enfin on verse sur l’eau 50, 100 et même 150 grammes de pétrole ou d’huile de schiste pour hâter la mort des insectes nocturnes. La dépense par soirée d’éclairage, environ 5 à 6 heures, atteint près de 0fr,05 pour le carbure de calcium, et 0fr,03 pour le pétrole en supposant qu’on ne récupère rien des 100 centimètres cubes employés, soit au total 0tr,08 par lampe et par soirée. Pour la
- Fig. 2. — Coupe iutéiieure de Ja lampe.
- destruction des ’pyraies, M. Vermorel a dû établir les pièges lumineux pendant 20 soirées à raison de 4 lampes par hectare. MM. Gastine et Vermorel ont fait connaître que pour une seule nuit favorable, ils ont détruit 64000 papillons avec 20 lanternes. — Les lampes agricoles portatives à acétylène se trouvent chez M. V. Vermorel, constructeur à Ville-franche (Rhône).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’hermophényl,
- Les préparations à base de mercure constituent un des antiseptiques les plus énergiques et les plus sûrs; peu de bacilles pathogènes résistent à leur action. Mais ces composés mercuriels ont de gros inconvénients, c’est de précipiter la plupart des substances organiques et notamment les albuminoïdes. C’est cette action qui les rend irritants pour les muqueuses, pour la peau, qui font que les injections intra-mus-culaires ou hypodermiques sont parfois douloureuses. En dehors de ce s inconvénients, un autre encore plus grave est le haut degré de toxicité de la plupart des sels qui en rend l’emploi fort restreint et fort dangereux.
- On a cherché à obvier à ces ennuis en créant des sels organiques, gallate, succinate, sulfovinate, etc., ou en produisant des combinaisons organo-métalliques dans lesquels la fixation intime du mercure à la molécule organique ne rend plus décelable la réaction habituelle des sels de mercure. Tels sont les salicylates, les b'enzoates et les peptonates. Mais là encore on se heurte à d’atltres difficultés : telle de ces préparations est insoluble ou peu soluble, telle autre très soluble contient alors peu de mercure et a des propriétés antiseptiques fort réduites.
- MM. Lumière, de Lyon, et Chevrotier sont parvenus à réaliser une combinaison mercurielle des plus stables, à laquelle ils ont donné le nom d’hei'mophényl (ep^o, mercure). C’est un mercure phénol disulfonate de sodium qui n’a plus les inconvénients des autres sels et a un pouvoir antiseptique et bactéri-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- eide remarquable. Préparé par l’action de l’oxvde de mercure sur une solution aqueuse, à l’ébullition, de phénol disulfonate de sodium, ce nouveau sel se présente sous la forme d’une poudre blanche très soluble dans l’eau, presque au quart. Les solutions de ce corps ont perdu la saveur métallique des composés mercuriels; elles sont très stables, permettant le passage à l’autoclave à 120° pendant vingt minutes sans se décomposer, par conséquent la stérilisation parfaite. Très énergiques, cependant, elles peuvent par contact détruire en quelques minutes les bacilles les plus résistants. L’hermophényl a un degré de toxicité peu élevé; il est dépourvu de propriétés irritantes; il est enfin rapidement éliminé pir le rein.
- Des essais nombreux ont été faits au point de vue de ses applications à la thérapeutique. Je n’indiquerai ici que ceux qui s’appliquent aux pansements, à la médication externe. Le
- Dr Bérard, de Lyon, a employé des mèches, des tampons de gaze à 1 pour 100 d’hermophényl et il a pu constater que le contact avec les muqueuses, avec les anses intestinales ne déterminait aucune irritation. Des pansements humides sur des téguments fins, chez de jeunes femmes, chez des enfants, n’ont amené aucune érythème, aucune rougeur. On a même pu utiliser des solutions à 1 pour 100 pour le lavage des yeux.
- Un avantage de l’hermophényl, c’est son incorporation facile avec les pâtes de savon. Le savon à 1 pour 100 est soluble, donne une eau très mousseuse. Les mains lavées avec ce savon sont plus aseptiques que lorsqu’on les a passées dans les solutions de sublimé, après lavage au savon ordinaire. L’ensemencement d’un bouillon stérile par immersion d *s mains a été négatif. C’est donc un agent très actif et qui devra se substituer aux autres composés mercuriels employés jusqu’ici. Dr X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météréologique de France
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0x9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 mai .... 5°,1 S. 1. Quelques nuages. 0,0 Nuag. le matin ; halo; couv. le soir; petite pluie dans la soirée; gelée blanche; petit brouillard.
- Mardi 13 6°,9 N. N. E. 2. Quelques nuages. 0,1 Nuag.; gouttes à 12 h. et 14 h. 30.
- Mercredi li 5°,U N. 2. Peu nuageux. 0,8 Nuag. le matin; très nuag. le soir; pluie de 3 b. 15 à 4 h. ; gelée blanche.
- Jeudi 15 6\7 S. S. W. 2. Très nuageux. 1,2 Couv. sauf quelques éclaircies de 8 h. à 11 li.; petite pluie à différentes reprises.
- Vendredi 16 ... . IG',8 W. S. W. 4. Couvert. 0,7 Quelques éclaircies à 8 h. et 9 h. ; pluie et gouttes ; halo.
- Samedi 17 12\0 S. W. 4. Couvert. 4,4 Couv. ; quelques éclaircies le soir; pluie presque toute la journée.
- Dimanche 18 8°,6 W. S. W. 4. Très nuageux. 13,5 Presque couvert le matin; très nuag. le soir; pluie le matin et à 23 b. 20.
- MAI 1902 -- SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 MvI.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Une secousse de tremblement de terre a été ressentie le 16 mai, à 3 heures du malin, à Aramits (Basses-Pyrénées)
- Un petit cyclone d Paris. — Le 8 mai est survenu aux Champs-Elysées, à Paris, un coup de vent, qui n’a pas été ressenti dans toute la région parisienne, a déraciné, vers 1 heure, un vieil arbre d’un mètre de circonférence, et l’a projeté du côté de la rue de l’Elysée, brisant une grille et renversant un candélabre. Un gardien de la paix, surpris par l’accident, eut h peine le temps de se garer et la rue a dû être aussitôt barrée, l’arbre obstruant en partie la chaussée.
- Pluie d’encre. — Après les pluies de poussière en Angleterre, les pluies de sang en Sicile, voici les pluies d’encre en France. Le 7 mai, à Saint-Maur-les-Fossés, on a pu voir tomber des flots d'une eau noirâtre. Le directeur de l’observatoire au Parc Saint-Maur a recueilli, en filtrant cette eau, une poudre noire extrêmement fine. II est probable que cette poudre provient aes incendies qui ont eu lieu à Lagny, dans la nuit du 3 au 4 mai, et qui ont consumé un magasin de bois et un atelier de menuiserie. L’expli-
- cation du phénomène serait alors la même que pour les pluies de poussière. Le vent, en passant au-dessus du lieu de l’incendie, a emporté et tenu en suspension les particules carbonisées qui s’y trouvaient. En s'apaisant, il a laissé retomber ces parcelles qui seraient arrivées au sol sous forme de poussière si la pluie n’était pas survenue par hasard. La poussière s’est alors combinée aux gouttes d'eau pour former la pluie d’encre.
- li» pluie. La température. — Les pluies ont été nombreuses encore cette semaine en France. Le 12 mai, on a recueilli 13 mm d’eau an ic du Midi, 10 à Cherbourg, 5 à Gap, 3 à Dunkerque. La température était asse, elle était de -t- 5° à Paris, 16° à Alger. On notait — 1° au puy de Dôme, — 2° au mont Ventoux, —11° au pic du Midi. Le 13 mai, on recueillait encore 9 ram d’eau à Rochefort, 3 mm à Dunkerque, etc. Le thermomètre marquait 7° à Paris, 16° à Alger; à Paris on notait un maximum de 14®,3. Le 14 mai, la pluie est tombée à Lyon (8 mm), à Besançon (4 mm', à Boulogne (4 mm), à Paris (1 mm) ; le 15 mai, il a plu à Brest (5 mm), à Boulogne (2 mm), à Bordeaux. (2 mm), à Paris (2 mm). La température s’est légèrement relevée le 14 et le 15 mai. Véritable tempête à Paris le 17, et le 48 jour de la Pentecôte, neige dans les Vosges.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 14, à 1 h. 49 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE I/ADMIWISTRATIOV. — L’échéance du 31 mai étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 51 mai (n* loi!) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur «renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (i volumes, 1873 à 1882 — <883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 Irancs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction •et à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Diréction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- -S- M. Jean Dupuy, ministre du Commerce, a inauguré samedi dernier, le Salon de l’alcool au Palais des Machines du Champ-de-Mars. L'Exposition est très réussie et amène un grand nombre de visiteurs. Nous en décrirons les principales nouveautés.
- —®— On a annoncé un peu de tous côtés que le volcan de Saint-Pierre-de-Varennes, situé au centre des monts du Morvan, entre les villes de Couches-les-Mines et du Creusot, semblait donner quelques signes de réveil. Vers les derniers jours de la semaine dernière, de sourds grondements, accompagnés de. trépidations du sol, auraient été perçus. Cette nouvelle qui s’est répandue dans le pays •est absolument inexacte. Le volcan de Saint-Pierre est éteint depuis longtemps et il ne paraît pas donner le moindre signe de vie.
- —@— On essaye sur le réseau du Nord des trains encore plus rapides que ceux qui existent déjà. La Compagnie a d’ailleurs prévenu qu’elle accélérerait certains de ses services. Il est question en ce moment d’établir un train-éclair entre Paris-Lille, qui fera le trajet de 247 km en trois, heures, soit avec une vitesse commerciale de 82 km à l’heure. Il faut dire que le train ne s’arrêtera pas en route. Il s’alimentera d’eau en marche, comme cela se fait couramment en Amérique. La vitesse de marche sera constamment supérieure à 100 km à l’heure. Ce train se composera du matériel à bogies des trains rapides du Nord et sera remorqué par les nouvelles locomotives de la Compagnie. Les personnes qui circulent sur le réseau du Nord ont déjà rencontré les trains d’essais qui donnent entière satisfaction.
- —®— La Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest a fixé au 31 mai la mise en service de la portion Meudon-Versailles rive droite de sa nouvelle ligne Invalides-Versailles, déjà ouverte jusqu’à Meudon. Le ministre des Travaux publics parcourra la veille cette ligne, que le service du contrôle a reçue le 27 mai, et sur laquelle des trains électriques d’essai circulent sans encombre depuis le 23 mai. Pendant quelque temps encore, la vitesse ne pourra être très grande sur la portion nouvelle en raison de la nécessité de « tasser la voie ». Il y aura un train à l’heure dans chaque sens et il mettra 40 minutes à parcourir le trajet Paris-Versailles. Mais on augmentera bientôt la vitesse, et il est probable qu’on créera des trains directs très rapides. On envisage pour le mois de juillet l’adoption de la gare des Invalides comme terminus pour quelques-uns des trains de Nantes et Rambouillet. Mais ils seront remorqués jusqu’à Paris par des loco-% motives à vapeur tant qu’à Versailles la gare des Chantiers ne sera pas équipée électriquement comme celle de la rive gauche.
- —Les pluies bizarres continuent. Il s’agit cette fois d'une pluie de rats. Ce,phénomène étrange s’est produit, paraît-il, à Bougie en Algérie peu de temps après le passage d’un cyclone, au grand effarement des Kabyles qui fuyaient de tous côtés en s’imaginant que ces animaux tombaient du ciel. Un grand nombre de rats restèrent
- empalés sur les piquets qui forment palissade autour des gourbis, les autres se sauvèrent dans la campagne. Ce fait est à rapprocher de l’invasion extraordinaire de rats qui vient d’être constatée dans la même région.
- —®— On vient, affirme-t-on, de mettre à l’essai en Allemagne une automobile blindée portant plusieurs canons et des mitrailleuses. La voiture peut fonctionner sur rails et sur les routes au besoin, de façon à constituer une forteresse mobile. Les expériences, paraît-il, auraient donné satisfaction aux inventeurs de l’automobile blindée.
- —<§>— Il s’est formé à Copenhague, annonce VEleveur, un « Comité pour l’extermination rationnelle des rats » qui s’efforce de susciter l’adoption de mesures internationales pour la destruction de ces rongeurs, non seulement propagateurs avérés de la peste, mais encore de maladies contagieuses parmi le bétail, qui ravagent les propriétés, dévorent les récoltes et causent des pertes se chiffrant annuellement par plusieurs milliards pour l’ensemble du monde civilisé. Ce comité a déjà fait beaucoup : outre qu’il a organisé une exposition d’engins à détruire les rats, il a pu, grâce aux ressources dont il dispose, donner une large extension au système des primes de destruction : il a payé, à raison de 0,r,14 pièce plus de 100000 rats détruits à Copenhague en 18 semaines. En Suède où le même système de primes est officiellement appliqué plus de 100 000 rats ont été détruits à Stockholm. Il serait bon qu’en France on favorisât par l’allocation généralisée de primes la production de semblables hécatombes.
- —®— On annonce de Saint-Jean-de-Terre-Neuve que la pêche des phoques est terminée. On a capturé 275 000 phoques, dont la valeur est évaluée à 2150000 francs. Ces chiffres sont presque aussi élevés que ceux de l’année dernière.
- —(§)— Le « Club Français du Chien de Berger » organise à Beauvais, avec la participation de la Société d’agriculture et de la Ville, son concours national annuel, le samedi 21 juin 1902, en même temps que le concours régional agricole. Les prix suivants y seront décernés s’il y a lieu : 2 vases de Sèvres offerts par M. le Président de la République; une médaille d’or offerte par M. le Ministre de l’Agriculture; 000 francs de prix en espèces; 20 médailles de vermeil; 15 médailles d’argent; 10 médailles de bronze et des diplômes. Une exposition de chiens de berger ou de bouvier, des races de Brie et de Beauce, aura lieu le matin â 9 heures, boulevard de la Gare et le concours au travail à lk 30 après-midi, place du Franc-Marché. Pour tous renseignements, s’adresser à M. Leroux, commissaire général du concours, professeur départemental d’agriculture, 15, boulevard de la Gare, à Beauvais (Oise), où les engagements seront reçu? jusqu’au 8 juin.
- —®— Le bureau météorologique des États-Unis vient d’expérimenter à Roanoke Island (S.-C.), en Amérique, un nouveau système de télégraphie sans fil imaginé par M. Fessenden. Les appareils ne ressemblent pas à ceux de M. Marconi et présentent même avec eux cette différence fondamentale qu’ils ne comportent pas de cohéreur, organe dont le fonctionnement est lent, et consomme beaucoup d’énergie, à ce que prétend M. Fessenden. Le même inventeur affirme qu’au cours de leur trajet les ondes qui viennent à rencontrer la surface terrestre ne pénétrent pas au delà de 0m,50 dans la mer et de 1 mètre dans la terre.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Errata. — Dans le n° 1513, p. 587, col. 1, dans la figure, les deux flèches doivent être retournées. — Chronique du n° 1515, p. 399 : nombre des victimes de Pompéi, lire 12000 environ au lieu de 50 000.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’ané-moscope électrique se trouve chez MM. Mildé et Cie, 60, rue Desrenaudes, à Paris.
- Communications. — M. L. Vanvincq, à Zutkerque, nous fait parvenir les réflexions suivantes au sujet des vers filiformes décrits dans la Boîte aux lettres du n° 1512 (17 mai) : « Je crois avoir lu il y a bien longtemps, chez un vieil auteur, que l’anguille est vivipare et hermaphrodite. Je ne puis pas vous indiquer la référence, il y a plus de quinze ans que cela est passé. Les paysans, dans la contrée, considèrent comme des anguilles jeunes certains vers filiformes qu’ils rencontrent dans leurs jardins à proximité des cours d’eau. Ils regagneraient la rivière pour achever leur développement. Il paraît qu’on trouve l’anguille en des lieux où elle ne peut s’ètre transportée d’elle-même, et où personne ne l’a mise. Ce qui m’a étonné, c’est la découverte de la propriété du sérum d’anguille que chacun connaît. L’anguille est une vipère d’eau. ))
- M. Vabbé Couteau, à Bordeaux, nous écrit : « Ce que j’ai lu sur les anguilles dans la Boite aux lettres du dernier numéro de La Nature, me donne l’idée de vous transmettre un fait dont je garantis l’authenticité et qui pourra intéresser vos lecteurs. A ja Roque-de-Thau, petit port sur la Gironde, on a retiré d’un puits peu profond situé à quelques mètres du quai, et appartenant à M. A. Couteau, négociant, une anguille mesurant environ 0m,40 de longueur, de la grosseur d’une bougie ordinaire, mais qui offrait une singulière anomalie. Le cou et la tête étaient non d’une anguille, mais d’un serpent. Le corps et la queue n’offraient absolument aucune différence avec le corps et la queue d’une anguille, mais rien qui ne fût d’un serpent dans le cou rétréci, et la tète aplatie dardant une langue fourchue. Dix personnes appelées pour voir ce phénomène ont décrit de la même façon l’être ambigu qu’elles ont eu sous lès yeux. Malheureusement la maîtresse de la maison, prise d’horreur pour ce « serpent », fit vider dans le chenal le seau qui le contenait. J’arrivai sur ces entrefaites trop tard pour voir le « monstre » ; je ne pus qu’en recueillir les descriptions, avec le vif regret de ne pouvoir conserver l’animal ou du moins le dessiner pour La Nature. Que faut-il penser de cette monstruosité ? Les naturalistes ont-ils connaissance de quelque fait analogue? Les couleuvres pullulent dans les rochers qui dominent le port. Est-on en face d’une couleuvre qui étant tombée dans le puits se serait « adaptée » au milieu? La mystérieuse reproduction de l’anguille ne permet pas de supposer un croisement. Quelque savant lecteur de La Nature pourrait-il donner des éclaircissements sur ce fait que je n’ai pas vu de mes yeux, mais dont je crois pouvoir garantir la. certitude absolue ? »
- Renseignements. — Un abonné, à Saint-Etienne. — Pour faire un bon écran pour projections, il faut prendre une toile solide qu'on tend sur un châssis et qu’on enduit d’une bonne couche de peinture à l’huile. On trouve cette peinture au blanc de zinc ou de céruse chez fous les marchands de couleurs; et la toile chez tous les marchands de toile. Pour tendre la toile
- on la mouille et on la cloue, avec des semences, sur le châssis elle se tend en séchant ; la peinture ne la détend pas.
- M. G. Soubirou, à Paris. — Nous vous remercions de votre envoi, et nous nous en occupons.
- M. le Dr Raeymackers, à Tirlemont. — 1° Fabricants de baromètres : M. L. Golaz, 23 bis, avenue du Parc de Montsouris> M. Baudin, 276, rue Saint-Jacques, à Paris.
- M. M. Dol, à Cagliari. —1° La propriété qu’ont les feuilles de ricin de tuer les mouches est signalée dans les « Recettes, et procédés utiles », lrc série ; consultez aussi la série-5, librairie Masson et Cie, à Paris. — 2° Voyez le même petit livre, séries 1, 4, 5, et pour les fourmis microscopiques, la 2* série. — 3® Le remède que vous citez nous paraît être, en effet, le seul efficace.
- M. Lesage, à Paris. — M. Lelorrain, ingénieur, 42, boulevard Voltaire, Paris, vous renseignera sur les embrayages-Lindsav. L’adresse est d'ailleurs donnée en tête de la Boîte aux. lettres du n° 1512 du 17 mai.
- M. le lieutenant du Crest, à Annecy ; M. Fastré, à Liège p M. G., à Bordeaux. — S’adresser pour tous renseignements-relatifs à la machine à laver l’Econoniique, à la Société dcs-Inventions économiques, 188, 190, faubourg Saint-Denis,. Paris, adresse déjà donnée en tête de la Boîte aux lettres dan& le n° 1510, du 3 mai.
- M. Hamdoullah, à Tunis. — Nous ne savons rien de plus-que ce qui a été publié dans l’article.
- M. E. Maucherat, à Moscou. — 1° Les bureaux de la Société drs machines à jét de sable sont 28, boulevard Magenta, et 53, rue des Marais, à Paris, adresses déjà données en tête de la Boîte aux lettres dans le n° 1511, du» 10 mai. — 2° 11 s’agit d’une petite brochure qui a été publiée^ Adressez-vous directement à M. le Dr Garrigou, 58, rue Valader à Toulouse.
- M. R. Araya, à Rosario. — On fait des recherches pour retrouver une description de cette expérience citée dans l’article du n° 1502 et qui a été faite à l’Exposition de 1878. L’auteur de l’article n’a pas sous la main les détails concernant l’expérience que vous citez et dont il ne se rappelle que le fait principal signalé dans l’article. Les expériences datent de 1878.
- M. A. Elosegui, à Tolosa. — Ce relèvement des filaments est une propriété inhérente à la laine. Toutefois il pourrait y avoir un procédé industriel pour empêcher ce relèvement nt conserver le brillant. Vous pourriez vous adresser à la Chambre Syndicale du commerce et de l’industrie des laines, 8, rue des Pyramides, à Paris.
- M. A. Labrosse, à Paris. — Nous transmettons votre lettre à M. le Dr Verneau.
- M. Vabbé Jeannerot, à Bussy. — Les rayons lumineux émis par un point et qui traversent une lentille, ne concourent pas en un même point. Les rayons qui tombent sur la périphérie sont plus déviés que ceux voisins de l’axe de la lentille et conséquemment le foyer des premiers est plus près de l’axe que celui des seconds. L’image de l’objet se répète en différents plans et n’est plus nette. C’est là ce qui constitue l’aberration de sphéricité. On la corrige approximativement en accolant des lentilles ayant des rayons de courbure appropriés. Le système aiosi constitué est dit aplanétique. Le défaut qu’on appelle astigmatisme réside dans la sphéricité imparfaite des surfaces réfringentes et dans l’inégalité du pouvoir réfringent dans les différentes parties du verre. Les verres bien homogènes et bien taillés sont donc à peu près exempts de ce défaut, qui s’évite aussi par l’emploi d’un verre au boro-silicate de baryum.
- M. A. Royer, à Angoulême. — Nous ne connaissons pas de procédé pour empêcher les tuyaux à gaz en caoutchouc de dégager une mauvaise odeur. Le caoutchouc de bonne qualité n’est pas très perméable. L’odeur du caoutchouc même peut être éliminée en recouvrant le tuyau d’une couche de noir animal et en le maintenant ainsi pendant 3 ou 4 heures à une température de 50 à 60° C.
- M. A. Doyen, à Ensival. — Vous trouverez des allumoirs électriques chez M. Carnier, 7, rue Fénelon, et M. Francesehi, 17, rue Réaumur, à Paiis.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. Renault, à Bruxelles. Vous auriez trouvé ce résultat dans n’importe quel traité de Physique. — M. de Freney, à Marseille. Il faut consulter un avocat. — Mme Hoorenian, à Lille; M. Dortigny ; M. Gomez, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — Un abonné. La formule donnée dans les Recettes est correcte, nous avons pu nous-même vérifier le fait.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Lanterne à acétylène pour eycles. — La nouvelle lanterne à acétylène que nous signalons nous paraît de nature à donner toute satisfaction aux cyclistes. Il s’agit d’une lanterne à acétylène à débit régulier sans surproduction, que l’on -peut fixer très facilement sur une bicyclette à l’aide d’un support universel, et que l’on peut aisément transformer en bou7 geoir. La figure ci-jointe représenté la lanterne munie du support universel qui la retient fixée sur la tige d’une bicyclette ;
- Lanterne à acétylène avec support universel.
- Coupe intérieure en cartouche.
- en cartouche, nous avons une coupe intérieure de l’appareil. A la base, un premier récipient À gradué renferme le carbure de calcium; au-dessus est placé un deuxième récipient B rempli d’eau. Un tube vertical dans lequel l’eau pénètre régulièrement laisse tomber quelques gouttes seulement à la fois sur le carbure de calcium. Le gaz acétylène se dégage au fur et à mesure de sa production et par un deuxième tube vertical se rend au bec papillon qui est placé dans le corps à réflecteur C. Cette lanterne, qui s’emploie également pour les projections et pour la photographie, donne une flamme régulière et fixe et se distingue par toutes les facilités d’entretien et de nettoyage qu’elle offre. — La lanterne à acétylène pour cycles se trouve chez M. H. Miller, à Hazebrouck (Nord).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’iode dans le paludisme.
- Il n’est pour combattre avec efficacité les accès de fièvre intermittente qu’un médicament, c’est la quinine. Dans les accès moyens, on se contente de l’ingestion de cachets de doses variables, de 50 centigrammes à 2 grammes ; dans les formes graves, il faut recourir à la médication hypodermique qui permet l’absorption plus rapide du médicament.
- Mais la quinine agit peu sur l’accès immédiat ; elle le modère et elle n’agit que sur l’accès à venir. Il s’.agitlà, en effet, d’une manifestation d’une véritable intoxication, frisson, algidité, sueur, vomissements, etc.... comme dans les graves maladies septiques. Et de fait, il est vraisemblable qu’au cours de ces accès violents l’organisme subit l’impression d’une toxine diffusée dans le torrent circulatoire et il s’efforce de l’éliminer par l’exagération de ses sécrétions. Cette théorie de la production de la fièvre par une toxine est certainement très plausible ; elle paraît même plus acceptable et répondre mieux à nos connaissances actuelles que la théorie qui explique l’accès de fièvre par l’excitation que produisent les microbes en traversant les vaisseaux de la moelle.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Un médecin de la marine, le Dr Régnault, convaincu de la réalité de cette hypothèse, a essayé de combattre l’empoisonnement au moment même où il se produit. lia recours, pour cela, à l’agent le mieux supporté par l’économie pour combattre les toxines, la solution d'iode îodurée.
- La médication iodée, dans le paludisme, est connue depuis longtemps. Mais cet agent n’était administré qu’à titre de reconstituant au même titre que le fer, l’arsenic. On le donnait avant les accès et surtout dans les formes de paludisme chronique. Tout autre est le procédé de M. Régnault; il le donne au moment même de l’accès. Une cuillerée à café du mélange suivant, dans un peu d’eau au début de l’accès; une seconde cuillerée un quart d’heure après si l’amélioration tarde à venir. Si le malade a des tendances à vomir, on ajoute à la solution quelques grammes d’éther. Voici sa formule :
- Teinture d’iode..........
- Iodure de potassium. . . Eau distillée............
- ââ 4 grammes.
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- En bon expérimentateur, prudent et sagace, notre confrère a essayé sa médication d’abord sur lui. Atteint d’accès de fièvre à forme gastrique bilieuse, pendant son séjour au Tonkin, il prit sans succès delà quinine. Il absorba alors la solution iodée et, au bout d’un quart d’heure, fut étonné de l’amélioration qu’il ressentait; les frissons, l’état d’angoisse qui les -accompagne, disparaissaient ; la peau devenait moite et les vomissements étaient arrêtés. Son remède, administré à des malades indigènes et européens, eut le même succès. Les soldats d’infanterie de marine avaient, paraît-il, vite remarqué la rapide amélioration produite par cette drogue et ils réclamaient toujours ce qu’ils appelaient « la quinine brune ».
- La médication indurée ne remplace pas la quinine. Dès l’accès passé il faut l’administrer, mais jamais en même temps, en raison de l’incompatibilité chimique des deux substances. La quinine préviendra les accès, enrayera les crises de fièvre; l’iode a l’avantage de calmer l’accès lui-même et de diminuer dans une large mesure le degré d’intoxication. Dr A. Cartaz.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Kalodont. — La réclame a dû apprendre à nos lecteurs qu’on entend par là une sorte de dentifrice aux qualités extraordinaires : sans vouloir faire concurrence au produit qu’on vend sous ce nom, nous donnerons du moins une formule qui a été publiée par Scientific American comme ayant les mêmes propriétés et les mêmes avantages. On la compose avec 300 parties de savon médicinal, puis 1000 parties de glycérine; dans ce premier mélange, on broie finement 500 parties de carbonate de chaux précipité et 160 parties seulement de magnésie calcinée. Il ne reste plus qu’à parfumer avec 4 parties d’essence de cannelle, puis autant d’huile de menthe poivrée; quant à la coloration, qui ne sert à rien qu’au plaisir des yeux, on l’obtient au moyen de 6 grammes d’une solution d’un demi-gramme de carmin dans 10 parties d’eau, avec addition en plus d’un demi-gramme également de carbonate de potasse.;
- Gelées aux fruits. — Il s’agit bien entendu de gelées qu’on peut appeler artificielles, puisqu’elles sont composées de gélatine et d’essence de fruits. On commence par préparer séparément 18 parties de gélatine moyenne qu’on pulvérise finement, puis 3 parties d’acide citrique qu’on met également et soigneusement en poudre ; d’autre part, on fait dissoudre dans une bouteille une partie de l’essence de fruit désirée dans 1 partie d’esprit-de-vin, et le tout se colore au moyen d’nn dixième de partie d’un colorant convenable, rouge de framboise, jaune citron, etc., et toutes nuances non vénéneuses comme on en trouve couramment, suivant bien entendu la coloration du fruit auquel la gelée est censée parfumée. Quand on veut préparer la gelée, on fait dissoudre la gélatine et l’acide citrique dans de l’eau bouillante, on y ajoute 125 parties de sucre, et enfin, avant refroidissement, on additionne de la mixture colorée d’essence de fruit.
- Pâte anti-rouille. — Prenez 50 parties d’émeri finement pulvérisé, 10 parties de graphite et autant de rouge d’Angleterre, puis 15 parties de ponce réduite en poudre fine également ; vous versez tout cela dans un pilon, et vous additionnez d’une quantité suffisante de suif et de pétrole pour faire du tout une pâte onctueuse. C’est là la pâte qu’on emploiera pour enlever la rouille par frottement sur les objets qui en sont plus ou moins couverts. On peut aussi disposer par avance la matière pulvérulente sur du papier, ce qui en facilite l'emploi, puisque alors on opère comme on le fait avec le papier de verre : on prend du gros papier d’emballage qu’on recouvre
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- d’une couche de vernis à l’huile de lin, et on projette la poudre sur la surface du papier, où naturellement elle se colle et demeure adhérente quand le vernis sèche.
- Pour enlever les taches de l ait et de cire. — On passe sur la tache un chiffon imbibé de benzine, puis on sèche avec une autre étoffe en frottant jusqu’à l’évaporation complète, et finalement on lave à l’eau tiède. Ce même traitement réussit, à ce que dit Scientific American, pour les petites taches de graisse ou de stéarine.
- Moulages en plâtre à patine d’ivoire. — Saus vouloir faire concurrence aux professionnels qui arrivent, en la matière, à des résultats surprenants, on peut essayer du procédé suivant pour donner une teinte de vieil ivoire à de vulgaires moulages en plâtre. Au moyen d'un pinceau, et en étendant de façon irrégulière, on applique à la surface du moulage une mixture
- de cire d’abeille dans de la térébenthine, par-dessus laquelle on passe de la terre d’ombre brûlée; on enlève avec un morceau de soie tout ce qui n’a pas été absorbé par le plâtre. Il faut du reste quelques essais préparatoires pour attraper le tour de main.
- Pour rendre plus durables les objets en caoutchouc. — La publication Allgemeines Journal der Uhrmacherkunst conseille la méthode suivante pour empêcher les objets en caoutchouc de devenir cassants avec le temps, ou plus exactement pour leur rendre leur souplesse. Cela consiste à préparer une solution, modérément forte d’alun dans de l’eau, où on laisse baigner les objets durant un jour ou deux. Et d’ailleurs, d’une façon générale, il est bon de laisser, autant que possible, le caoutchouc dans de l’eau propre, ou tout au moins de la laver souvent.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météréologique de France
- observations 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 mai .... 5°,0 N. W. 4. Couvert. 4,1 Très nuag. ou couv. ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 20 7°,6 W. 1 Éclaircies. 5,6 Très nuag. ou couv. ; pluie â diverses reprises; quelq. coups de tonnerre de 9 h. 30 à 50“ ; un peu de grêle.
- Mercredi 21 7°,2 N. W. 3. Couvert. Couv. le matin ; nuag. le soir; un peu de grêle.
- Jeudi 22 9’.1 N. W. 2. Quelques éclaircies. 0,8 Nuag. le matin; couv. le soir; pluie à partir de 15 h. 30.
- Vendredi 23 ... . 8”,4 S. 1. Couvert. 8,3 Couv. jusqu’à 19 h.; nuag. ensuite ; pluie jusqu’à 7 h. 30.
- Samedi 24 10°,5 S. 1. Couvert. 0,0 Nuag. de 16 h. à 21 h.; couvert avant et après; très brumeux ; rosée.
- Dimanche 25 13°,8 Câline. Couvert. 0,0 Très nuag, ; atm. trè brumeuse le matin, claire le soir; rosé»».
- MAI 1902 — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 MAI.
- Lundi I Mardi | .Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent.• courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mery. courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements «le terre. — Ou a ressenti, le 20 mai, une légère secousse de tremblement de terre à 10*09" du matin, dans le nord de la Californie. Plusieurs secousses de tremblement de terre ont eu lieu à des intervalles d’environ trois minutes entre 9 heures et minuit, le 20 mai, à Saint-Augustin, ville de la Floride. Les secousses étaient accompagnées d’une série de détonations ressemblant au bruit lointain d’une canonnade.
- La Floride est une presqu’île qui se projette vers Cuba et tout l’archipel des Antilles, actuellement secoué par les mouvements volcaniques.
- Dans la nuit du 22 au 25 mai, des oscillations ont été ressenties sur divers points de l’arrondissement d’Oloron et dans la ville même d’Oloron.
- Pluies, tempêtes, neige. - Les pluies et les tempêtes, souvent mêlées de neige, ont été continuelles dans la semaine du 19 au 25 mai. Le 19 mai, on a recueilli 41 mm d’eau à Belfort ; la neige est tombée en grande abondance sur les montagnes datis les environs de Saint-Etienne, dans le Ilaut-Bugey, dans les Vosges. On a signalé de violentes tempêtes à Brest, Auch, Culoz, Rodez. Le 20 mai, un violent orage s’est abattu dans la matinée sur Paris; vers 9 heures, la foudre est tombée, à trois reprises, sur la tour Eiffel. Dans les hauts cantons du Roussillon, la neige est tombée, et la couche a atteint en certains endroits 59 centimètres. Les Cévennes et le |
- mont Lozère ont été également recouverts de neige. De fréquents orages se sont abattus sur la région de Châlon-sur-Saône et ont causé des dégâts considérables. De fortes bourrasques avec éclats de tonnerre et grêle ont sévi sur Grenoble et les environs; la neige est tombée en abondance. Le 21 mai, la grêle est tombée drue et serrée aux environs de Tarbes ; plusieurs cours d’eau ont débordé. La neige est tombée encore le 22 mai aux environs de Saint-Etienne, à Néronde, à Saint-Germain-Laval, et à Saint-Symphorien-de-Laye. En Algérie, dans la région de Sétif, la température est egalement froide ; des gelées ont occasionné des dégâts aux récoltes. A Nancy et dans les environs, la Meurthe et la Moselle ont débordé, et ont causé de grands dégâts. Le 23 mai, à Ajaccio, une bourrasque de grêle est tombée et a tout détruit dans les vergers et les jardins.
- Un cyclone venant du Su l-Est, c'est-à-dire de la direction des Antilles, s'est abattu soudainement le 18 mai, à 4 heures de l'après-midi, sur le Texas. La ville de Goliad a été la plus éprouvée. Trois églises et une centaine de maisons ont été détruites. Il y aurait 209 morts et 10 ) blessés. L'ouragan, qui a été précédé d’une forte chute de grêle, n’a duré que cinq minutes; sur sou passage il a balayé une surface d’environ 300 mètres de largeur, où il a tout dévasté. Il s’est fait sentir jusqu’au Kentucky, traversant quatre Etats de l’Union. 11 a causé de grands dégâts dans plusieurs Villes, notamment à San Antonio.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 22, à 10 h. 55 du soir.
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