La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- LA NATURE
- ET I)E LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- Parts. Un an . . — Six mois
- ARONNEMENTS
- 20 fr. » Départements. Un an.
- 10 fr. )i — Six mois
- Union postale. Un an................................... 20 fr. »
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- Prix du numéro : 50 centimes
- LES CINQUANTE-HUIT VOLUMES PRÉCÉDENTS SONT EN VENTE
- AVF.C LES TABLES DES DIX PREMIÈRES ANNÉES ET DE LA 2e SÉRIE DES ANNÉES SUIVANTES
- Paris.
- Imprimerie Laiiu.u', rue de Fleuras, 9.
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- REVUE DES SCIENCES
- ÏT DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRE
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
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- ^jBIBUOTHÈÇüt:^
- TRENTIÈME ANNÉE
- 1903
- DEUXIÈME SEMESTRE
- PARIS
- MASSON ET C", ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, UOlLEVARIl SAINT-GERMAIN, 120
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- 50' ANNÉE. — N° 1515.
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- L’UTILISATION CHIMIQUE DES VARECHS
- EXTRACTION FRANÇAISE DE I.’lODE ET DU DROME1
- L'iode et le brome peuvent h peine être considérés en France comme des substances produites par l’industrie minérale; à part un peu d’iode
- extrait des phosphorites, la production (d’ailleurs très restreinte) de ces substances est uniquement alimentée par ce grand réservoir de produits chi-
- Les ramasseurs de varech, à Gruchy, près Cherbourg (Manche). (D’après le fusain de J.-F. Millet.)
- iniques qu’on appelle la mer : réservoir qui, il est vrai, s’enrichit, h chaque instant, de tous les éléments dissous dans l’écorce terrestre solide et entraînés jusqu’à lui par les eaux, mais qui, néanmoins, ne les présente sous forme utilisable qu’après un déplacement, une concentration organique ou chimique, dans laquelle ils se transforment. A l’étranger, les conditions sont différentes : en Allemagne, on retire le brome du gisement de Stassfurt, qui détient aujourd’hui presque le monopole de sa production; ailleurs, on extrait une quantité notable d’iode
- 1 Yoy. nos 1103, du 21 juillet 1894, p. 121; 1446, du 9 février 1901, p. 161 ; 1464, du 15 juin 1901, p- 45; 1468, du 13 juillet 1901, p. 103.
- 30e année, — 2e semestre.
- des nitrates naturels, notamment de ceux du Chili.
- La petite industrie dont il va être question ici, celle qui a pour base le traitement des varechs, la production de leurs soudes et de tous les dérivés qui en découlent : iode, brome, etc., est peu florissante aujourd’hui; j’en donnerai tout à l’heure les conditions actuelles; mais, en industrie comme en science, les recommencements sont fréquents; plus d’une méthode ou d’une idée que l’on avait abandonnées comme ayant fait leur temps, reparaissent un beau jour, un peu transformées, avec des airs de merveilleuses nouveautés. Ne fût-ce qu’à ce titre, il peut être intéressant de rappeler comment s’est constituée en France, vers 1850 à 1840, l’extrac-
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- LA N ATI; R K.
- tion lit* l’iode et du brome, qui, pendant quelques années, a fourni une ressource précieuse à la population pauvre de nos côtes bretonnes et normandes.
- Jusqu'à la découverte de l’iode, les varechs avaient été employés seulement pour fournir de la soude, utilisée comme fondant dans la fabrication du verre. L’iode, découvert en 1811 par Courtois et étudié peu après par Cay-Lussac, ayant trouvé quelques applications, ainsi que le brome (ou muride), isolé en 1826 par lialard dans les eaux mères des marais salants de Montpellier, diverses fabriques se fondèrent sur le littoral du Cotentin et de la Bretagne pour extraire ces métalloïdes, contenus dans les soudes de varech. Cos usines, groupées sous le nom de « Société des usines réunies de Cherbourg et de Tourlaville », prirent une importance remarquable, après que leurs fondateurs, mon grand-père A. De Launay et Yildieu, son associé, se furent adjoint Couturier, inventeur d’un procédé, breveté le 22 mai 1855, pour l’extraction tant de l’iode que du brome. Je trouve dans un rapport de Payen, à l’occasion d’une récompense décernée à ces industriels par la Société d’Eneouragement en 1859 C cette indication : qu’ils occupaient alors environ 1200 familles sur le littoral à la récolte et à l’incinération des algues2, et qu’ils traitaient par an 5000 tonnes de résidus sodiques, dont ils extrayaient : 1° 5500 à 4000 kg d’iode pur (sur 5000 qui formaient alors la consommation de la France) ; 2° plus de brome qu’on n’en pouvait consommer; 5° les divers composés de la soude; 4° le chlorure de potassium, utilisé à son tour pour transformer le nitrate de soude en nitrate de potasse et remédiant ainsi à la disette du salpêtre; 5° le sulfate de potasse; 6° les prussiates de potasse et de soude.
- L’ensemble de produits chimiques cristallisés produits par an montait environ à 5 ou 600000 kg.
- 11 est assez curieux de remarquer incidemment que le rapport de Payen, auquel j’emprunte ces détails, est immédiatement suivi, dans le même volume, par un rapport d’Arago, que j’ai analysé ici, il y a peu de temps, sur la découverte de Paguerre : découverte qui, on le sait, utilisait l'iode comme produit essentitd. L’iode consommé en France étant alors presque totalement fabriqué à Cherbourg et Tourlaville, on peut supposer que les produits sur lesquels a travaillé Paguerre, et qui lui ont permis de faire ses essais, sont venus de là.
- U serait oiseux de décrire en détail cette fabrication, qui ne présente plus qu’un intérêt historique et dont certains côtés pittoresques rappelaient cu-
- 1 Yoy. Bull, de la Société d'Encouragement à l'industrie nationale: 1839, p. 315, Rapport de Payen; cf. 1842, p. 419, Description du procédé de fabrication du prussiate de soude et du prussiate de potasse, par M. Detaunay; 1846, p. 134, Description du procédé d’extraction de l’iode et du brome. Eu 1840, c’est-à-dire postérieurement au rapport de Payen, M. F.-R. Tissier, fondateur de l’usine du Conquet (créée en 1829), a pris un brevet pour la distillation des varechs en vase clos.
- a Un beau fusain du peintre Millet, d’après lequel est faite notre figure, représente ce travail pittoresque des ramasseurs de varechs.
- rieusement les opérations des anciens alchimistes. En voici seulement le principe :
- Les eaux mères des soudes étant concentrées, on saturait leur carbonate alcalin par l’acide sulfurique, ajouté peu à peu jusqu’à ce qu’on ne vît plus se former le précipité de soufre produit par la décomposition des byposullites. Fuis on introduisait les eaux éclaircies dans de grands flacons de grès, où l’on làisait arriver du chlore gazeux qui décomposait les indurés et produisait un précipité d’iode en flocons bruns. Cet iode pulvérulent était sublimé dans des cornues en grès au bain de sable. Après quoi, on extrayait le brome en ajoutant d’abord du peroxyde de manganèse et de l'acide sulfurique et distillant. La potasse et la soude, retirées également des cendres du varech, étaient employées en partie à r des prussiates en traitant par voie sèche un mélange formé, pour moitié, de potasse, nitre, limaille de fer, charbon de bois, et, pour moitié, de sang desséché ou d’une autre matière organique.
- Qu'est devenue cette industrie nationale? Elle a été peu à peu, je l’ai dit en commençant, annihilée par la production étrangère de sels alcalins et, accessoirement, de brome, qui s’est colossalement développée en Allemagne, à Stassfurt. Nous sommes loin cependant de l’époque où le peu de brome obtenu à Cherbourg ne trouvait pas de débouché; cette substance, avec les grands développements pris par la photographie au bromure d’argent, se consomme aujourd’hui par quantités notables. Mais l’immense gisement de Stassfurt n’a pas de peine à lutter contre l'extraction coûteuse des sels potassiques et du brome contenus dans les varechs. Ses exploitants ont réussi, en effet, à faire tomber le chlorate de potasse de 60 à 15 francs les 100 kg et le brome de 60 à 4 francs.
- Prenons d’abord le brome. La fabrication de ce corps à Stassfurt, commencée en 1865, a suivi la progression suivante : 1865, 800 kg; 1867,
- 10 000 kg; 1870, 20000 kg; 1876, 50 000 kg; 1882, 170 000 kg; 1885, 400000 kg. En 1875, on estimait encore que la production du brome dans le inonde se divisait ainsi : Stassfurt, 50 000 kg; Amérique du Nord, 52 500 kg; Ecosse, 15 000 kg; France, 5000 kg. A ce moment, on extrayait le brome des soudes de varech au Conquet (près Brest), à Granville et à Pont-l’Abbé, par Je procédé Cour-nerie, très analogue à celui dont j’ai rappelé le principe plus haut. Aujourd’hui, l’on ne recueille plus, accessoirement, qu’une fraction du brome contenu dans les résidus de l’extraction de l’iode : les cours de cette substance n’étant plus rémunérateurs.
- Le prix du brome, qui était de 60 à 70 francs le kilogramme vers 1870, est en effet tombé à 5 francs en 1895, et varie actuellement entre 4 et 5 francs.
- L’iode, dont les applications se sont médiocrement développées, quoiqu'on s’en serve un peu en métallurgie et en médecine, est encore aujourd’hui extrait, en grande partie, des soudes de varech : une tonne de soude de varech donnant environ Akg. d’iodeet 400 gr.
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- LA NATURE.
- do brome ; le gisement de Stassfurl n’en renferme ]>as ; mais on en retire aussi, par une industrie purement minérale, des iodates et iodures contenus dans les nitrates de soude du Chili, et l’on en a extrait également des pbosphoriies, qui en contiennent, paraît-il, en moyenne 500 grammes à la tonne.
- 11 y a une vingtaine d'années, il existait, en France, quatre fabriques traitant les soudes de varech pour en tirer l’iode : à Cherbourg, à Granville, au Conquet et à Vannes; en outre, deux usines : l’une à Lille, l’autre à la Yillette, extrayaient l’iode des phosphorites. Toutes les usines de la Manche ont disparu; mais il en subsiste en Bretagne : au Conquet (usine Tissier-Levasseur, fondée en 1829), à l’Aherwrach et à Audierne (usine Léclnsc, Trevoïdal).
- La production totale de l’iode dans le monde était estimée, vers 1875, à environ 240 000 kg, dont 150000 en Angleterre, 55 000 en France, 55000 dans l’Amérique du Sud. L’apparition de l’iode du Chili sur le marché européen a complètement changé les conditions de cette industrie. La production française actuelle doit être d’environ 40000 kg, provenant d’environ 8 à 10 000 tonnes de soudes ou cendres de varech (soit 4 à 5 millièmes d’iode par unité de cendre). Le prix de l’iode, très variable, n’a guère dépassé 24 francs le kilogramme depuis plusieurs années, et se tient actuellement vers 21 francs. La production française est protégée par un droit d’entrée de 5 francs par kilogramme.
- Si on laisse de coté le raffinage des nitrates américains, (pii a pris une grande importance, et le traitement très restreint, au contraire, des phosphorites, l’iode est extrait des varechs, que l’on a commencé par calciner et lessiver à Beau chaude. Cette opération sépare l’iodure. de potassium, très soluble, des chlorures et sulfates. On décompose ensuite par de l’acide'sulfurique et des réactifs oxydants, tels (pie le bichromate ou le chlorate, pour mettre l’iode en liberté. Celui-ci est précipité, lavé, sublimé, puis combiné avec de la potasse, de la soude ou d’autres métaux. Les eaux mères, après la précipitation de l’iode, sont additionnées d’acide sulfurique et de manganèse pour obtenir le brome*par distillation.
- Ce procédé donne, à un dix-millième près, tout l’iode contenu, mais laisse perdre une grande partie du brome, dont l’extraction plus complète ne couvrirait pas les frais. On a proposé d’y apporter divers perfectionnements : par exemple, d’extraire directement l’iodure de potassium des eaux mères sans passer par l’iode, ce qui exige des cristallisations trop répétées, ou encore de faire le traitement direct sur les varechs mêmes, sans les incinérer ; ce qui permettrait de conserver les matières azotées et hydrocarburées comme engrais, mais entraîne des complications par les grandes masses sur lesquelles il faut opérer, et la difficulté de concentrer des liqueurs organiques.
- En dehors de l’iode et du brome, les usines qui traitent les varechs donnent, pour 400 parties de cendre ; 18 de chlorate de potasse; 15 de chlorure
- de sodium; 0 de sulfate de potasse; 2 de sulfate de soude; 0,5 d’iode; 0,075 de brome et 58,4 de résidus insolubles.
- Le point de départ de toute cette fabrication est, nous l’avons vu, la récolte des varechs représentée par notre figure. Ceux-ci renferment des proportions très variables d’iode suivant leur nature, suivant l’époque, le milieu, la durée du temps qu’ils ont séjourné dans la mer comme épaves, etc.
- Les goémons noirs sont à rejeter. Les goémons rouges, au contraire, sont beaucoup plus riches. Ces goémons sont, soit fauchés sur la rive, soit recueillis en épaves dans les vagues. On les sèche en fosse, puis on les calcine, et ce sont leurs cendres qui subissent le traitement complexe dont il a été question plus haut. L. De Laiway.
- DAXS LE DKP.UITEHEXT DE l’oknE
- M. Bresson vient de publier1 une carte du département de l’Orne contenant des renseignements statistiques intéressants sur l’état des forces motrices hydrauliques. On ne compte pas moins de 201 rivières ou ruisseaux dont on a capté ta force motrice.
- Il y a lieu de distinguer quatre groupes de rivières : La Sartlie, avec tes diverses rivières qui la rejoignent, charrie 8000 litres par seconde en eaux moyennes; la Mayenne a un débit de 10 800 litres par seconde, et l’Orne a un débit de 15500 par seconde ; l’ensemble des rivières côtières fournit 7500 titres par seconde. On peut compter au total un débit de 40 mètres cubes 400 litres par seconde. Le versant sud du département s’incline en pentes relativement douces et fertiles, le versant nord tombe brusquement, les chutes aménagées y sont meilleures. On remarque sur la Verre, près de Tinchehray, la chute la plus élevée du département, 12 mètres, produisant une puissance utile de 77 chevaux; la chute ta plus faible se trouve sur la Calabrière, petit affluent du Même, d’une puissance de 0,2 cheval. D’après des documents officiels, M. Bresson a établi que la puissance hydraulique disponible de l’Orne est de 10 278 chevaux en eaux moyennes, réparties entre 770 établissements; en 1880 on signalait, en effet, 25 retenues ayant déjà supprimé leur vannage, (une scierie venait de s’ouvrir le Ie' avril 1870), cependant en 1900 trois de ces établissements sont portés comme ayant un locataire. La puissance utilisée par ces 779 établissements était estimée en 1880 à 5480 chevaux. Le recensement de 1900 établit qu’il ne reste en activité que 512 moulins ou usines, appartenant à 444 industriels, et utilisant une puissance totale de 2400 chevaux. En 20 ans on constate donc une perte nette de 1000 chevaux ; dans 25 cas seulement on a eu recours à des machines à vapeur pour venir en aide à la puissance hydraulique. Le département de l’Orne compte 802 biefs ou retenues et dans le classement établi en 1900, il arrive le 50e sur la liste des 87 départements au point de vue de la force motrice utilisable rappportée à la surface. Les études de M. Bresson relatives aux forces motrices hydrauliques du département de l’Orne ont une véritable importance; il serait à souhaiter que des recherches semblables fussent aussi entreprises pour chaque département. .1. L.
- 1 'Snuvelliste de l'Orne du 4 mai 1902.
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- LA GROTTE DE BOUTIGUES
- Au delà du village de Saint-Front (Lot-et-(ia-ronne), une des stations du chemin de 1er de Uéri-.gueux à Agen, existe un vallonnement épanchant ses eaux dans la Lémance, affluent du Lot. Les pentes de cette dépression sont couvertes de chênes au pied desquels pousse la trufîe. Là, sur le versant exposé au midi, chacun peut, en s’élevant à même un maigre taillis vers les quelques maisons de Roufigues, dépendance de la commune de RlanqueTort, se faire guider jusqu’à un trou otirant l'aspect d'une sablière ouverte depuis peu, difficile à reconnaître autrement, et qui n’est rien moins que l’entrée d’une grotte, dont l’importance ne se soupçonne guère, de prime ahord.
- Une fois dans cette excavation, les yeux distinguent un couloir qui s’enfuit du côté de l’est. Un seuil ahrupt, de pierres sèches bien tassées, se présente à son tour, et on n’a plus qu’à dévaler doucement entre les parois d’un éclatement géolo-gique, ayant 2 mètres de largeur sur une hauteur de 5 à 0 mètres. Le ciel forme plafond ; des strates polies par les eaux esquissent d’énormes moulures horizontales, et on remarque à ce propos, chose fort intéressante pour un spécialiste, que la cimaise ainsi créée se perd sous le talus de descente, comme si le trou d’accès résultait d'un effondrement ayant oblitéré la continuation opposite.
- Ce couloir est des plus aisés à suivre ; il ondule en se prolongeant. A 45 mètres de l’orifice, il faut prendre garde à un puits sans issue, de 10 mètres de profondeur, où gisent, paraît-il, des carcasses de blaireaux. Un amas d’argile éboulee obstrue une sorte de praticable douteux. Des poches se creusent au
- niveau du sol. L’ombre accentue et souligne les reliefs de la stratification. Après avoir obliqué légèrement, la direction change, et à l’improvistc on marche droit au nord.
- Dans la concavité toute disloquée de ce coude se dissimule un passage à plat ventre menant par un raccourci au fond même de la grotte. La voûte, maintenant, s’élance ; on a affaire à une diaelase aiguë et sombre d’une quinzaine de mètres d’élévation. Vingt mètres plus loin, on reprend de l’ouest à l’est le tracé! primitif, si bien que le premier étage de
- la grotte de Rou-t ignés a des allures de point d’interrogation. Un passe, sans avoir à courber la tète, sous un grand pan de roc décollé simulant unétai. Le terrain, jusque-là régulier, se bouleverse. Deux gouffres, l’un de 52 mètres et l’autre de 18 mètres, vous jettent de Cha-rybde en Scylla. La boussole indique le sud-est. On évolue ensuite avec précaution, comme au voisinage des puits, à travers un chaos de blocs gigantesques, œuvre probable de quelque antique tremblement de terre. La fin de la caverne s’annonce par un double cul-de-sac et par les restes d’une pendeloque mutilée dont il ne reste plus que le tronçon supérieur. Un enduit stalagmitique essaie de rehausser la blancheur du calcaire. La distance parcourue est de 190 mètres. Au milieu de l’horreur de ces ruines enténébrées, un dernier puits permet de gagner sans échelle le deuxième étage.
- Les clous des souliers mordent la pierre, mais la bougie, tenue à la main, embarrasse plus qu’on ne croirait. Un mauvais pas sous terre semble plus sérieux qu’au grand jour. 11 s’agit ici d’une fente étroite, véritable cheminée, étranglée entre deux murs lisses et verticaux, où on se laisse choir en s’arc-boutant des reins et des genoux comme les
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- LA N AT II RK.
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- ramoneurs. La remontée exige line gymnastique [dus ardue encore. En bas, courte dégringolade vers une diaelase du même genre, quoique moins grandiose, que celle qu'on vient de quitter.
- Les parois en sont abondamment gluantes d’argile rougeâtre. Terroir ferrugineux : des gîtes de minerai s’exploitent à Cuzorn et à Saint-Front. Des deux voies qui s’offrent, celle de gauche circuit' sous le premier étage avec les abîmes duquel elle communique, et d'autre part, on rencontre un puits où l'oreille perçoit le bruit d'un ruisseau. Auparavant, le sol manque un instant sous les pieds : il faut se risquer, les jambes et les bras en croix. Le dédale provoqué par l'enchevêtrement des nombreuses ramifications de la grotte de Hou ligues commence
- alors à étonner le visiteur qui ne plaint plus ni ses émotions, ni sa peine.
- En effet, une galerie s'effondre mystérieusement à droite, tandis que vis-à-vis et assez haut dans la muraille, se dénonce un vide énorme, inattendu, tout à fait curieux, la salle Lucien Jlriel, ainsi nommée par M. l’abbé Marhoutin, à qui l’on doit sa découverte.... Il se détache de cette salle plusieurs couloirs : l’un d’eux aboutit au troisième étage en passant sous le second, si bien que, sans y penser, on se trouve au fond du puits [très duquel on écoutait tout à l’heure l'eau murmurer.... dette eau coule dans une diaelase inférieure dont l’exploration, par suite de la boue qui l’encombre, est une besogne d’égoutier. Le public peut se dispenser de pénétrer
- Fig. 2. — Entrée de la grotte de lîoutigues. (D'après une photographie de JE Lucien Briet.)
- aussi loin ; il lui suffira de toucher le puits « qui parle », comme firent sans doute les deux jeunes gens dont une inscription datée de 1820 relate la descente jusqu’à la source.
- On rampe sur des éboulis, à l’extrémité de la portion orientale du second étage, pour déboucher dans un boyau tapissé de concrétions étincelantes, tantôt blanches, tantôt rosées, mais n’enthousiasmant qu’à demi, étant donnée l’impossibilité d’y tenir debout. Au retour, il y a lieu de ne pas manquer la lézarde par laquelle on s’est glissé, car en continuant à marcher devant soi on pourrait se perdre dans une nouvelle diaelase qui s’en va assez loin en sens inverse.
- La tendance des eaux à s’infiltrer de [dus en [tins dans les entrailles du globe est un fait acquis. Au torrent quaternaire qui grondait jadis dans le grand couloir, des décollements opérés successivement dans la masse ont procuré une série de lits inférieurs où il s’est réduit petit à petit. Ce n’est [dus
- aujourd’hui qu’un maigre ruisseau s’écoulant à l’est, selon le thalweg, et qui voit la lumière du jour, à quelques centaines de mètres plus bas, sous la forme d’une source. La justification pourrait en être tentée au moyen de fluorescéine.
- M. E. Malbec, maire de Monclar-d’Agenais, et MM. les abbés Marhoutin, curé de Cours, et Cach, curé de Pujols, viennent d’explorer en tous sens la grotte de Boutigucs dont ils ont levé un plan complet.
- Comme je le supposais, après la courte visite que j'y avais accomplie avec ces messieurs précédemment, leurs investigations n’ont révélé aucune de ces salles superbement décorées dont maintes cavernes s’enorgueillissent, et l’ensemble se réduit à un vaste réseau de diaclases, parmi lesquelles la [dus intéressante à parcourir est celle d'en haut.
- Lucien Briet,
- Secrétaire général adjoint de la Société de Spéléologie.
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- LA NATURE.
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- 1*01 DUE MÉTALLIQUE
- SOLIDIFIEE PAR PRESSION
- Le (( flux )) (llow) des métaux, tels que le plomb, et même le fer eu l’acier, d’après le « Cassier’s Magazine », quand ils sont soumis à une grande pression, est un phénomène connu des ingénieurs dans certaines industries comme celles des tuyaux de plomb, des écrous étampés à froid, etc., lesquelles ont mis à profit cette propriété.
- En revanche, on connaît moins généralement la possibilité de transformer en masses compactes certaines poudres métalliques, au moyen de pression très fortes.
- Des expériences ont été faites à ce sujet tout récemment, à l’Institut des arts et métiers de l’Université Marti ilt, de Montréal, par les professeurs Andersen et A’icholson. Voici en quoi elles consistent :
- On prend de la tournure ou de la limaille de laiton, de fer, de cuivre, d’étain, et*., et on les transforme par compression en des barreaux solides, qui diffèrent peu, connue aspect et force de résistance, de ceux qu’on se procure dans les magasins du commerce ou qu’on voit dans les ateliers de machines.
- Pour les limailles ou les rognures, la pression doit aller jusqu’à 4500 kilogrammes par centimètre carré. La limaille est emprisonnée à cet effet dans un moule en acier de forme conique. L’effort de compression est continué pendant à peu près dix minutes, au bout desquelles on retire du moule la masse solidifiée. Comme on l’a dit plus haut, l’apparence de celle-ci est absolument semblable à celle d’une masse de même métal fondu ou laminé, et la résistance est tout à fait comparable. C’est surtout le laiton de Pittsburgh qui a donné jusqu’à présent les plus beaux résultats, vu la facilité avec laquelle il cède à la pression.
- Si certains corps sont désignés par le mot « solide », il ne faut pas croire que leurs molécules soient complètement dénuées de mobilité. Entre les liquides et les solides, ce n’est qu'une question de degré; il existe, en effet, des corps visqueux, plastiques, etc.
- Le journal du Franklin Instilute rappelle que le l)r Spring, de Liège, a démontré la fluidité des métaux, si l’on peut s’exprimer ainsi; au moyen d’expériences célèbres sur la manière dont se conduisent ces corps sous l’influence de pressions très énergiques. 11 fit voir d’abord tpie c’est au moyen de la pression seule qu’on peut faire « fluer » les métaux. C’est grâce à cette propriété qu’on parvient à frapper des monnaies et des médailles, même en acier. En second lieu, il démontra que les solides, métaux ou sels, sont doués comme les liquides et les gaz d’une élasticité parfaite, et qu’ils ne souffrent aucune diminution permanente de volume par l’effet de la pression. La traction, la torsion, la flexion peuvent déterminer certaines déformations permanentes dans un métal ou un alliage; mais, en ce qui concerne la diminution de volume, il n’existe pas de « limite d’élasticité » ; dès que la pression cesse, le volume revient à l’état d’origine. Toutefois le Dr Spring remarque qu’on peut considérer comme une sorte d’exception à cette loi les changements « allotropiques » que la pression détermine pour certains corps. Ainsi le soufre de prismatique devient octaédrique, et l’arsenic amorphe devient cristallin. Dans ces deux cas, la forme allotropique est plus dense que la forme primitive. D’après cette expérience, et d’autres qui l’ont suivie, le Dr Spring conclut que les transformations allotropiques par pression montrent que la matière prend
- l’état qui correspond au volume qu’elle est obligée d’occuper. 11 a fait voir ensuite que les limailles, ainsi que nous l’avons dit plus haut, se convertissent, par l’action seule de la pression, en une masse solide, comme si elles avaient été fondues, et que le mélange de deux limailles peut produire un alliage; ainsi la limaille de zinc et celle du cuivre, comprimées ensemble, donnent du laiton.
- Dans un travail exposé à la Société royale de Londres par Sir AV. Doberts-Austen, ce savant a démontré la mobilité moléculaire des solides au moyen d’une série prolongée d’expériences sur la diffusion de l’or dans le plomb, à des températures supérieures d’environ 250° centigrades à la température ordinaire. Graham avait fait voir jadis que l’or, l’argent et le platine se dissolvent dans les liquides, comme le plomb, l’étain et le bismuth, conformément à la loi de Fick, c’est-à-dire que les métaux solides se dissolvent dans les métaux liquéfiés, et que leur diffusion s’opère malgré la pesanteur, comme les sels se dissolvent dans l’eau. Cette loi est encore applicable aux alliages, car s’il n’en était pas ainsi, il ne serait pas.facile d’en obtenir d’homogènes. Au surplus l’idée de cette interchangeabilité de la matière dans les solides n’est pas nouvelle, et ce fait devait être connu, empiriquement du moins, il y a 2000 ans, par les Hébreux, étant donnée la façon dont ils débarrassaient l’or des impuretés qu’il pouvait contenir. Dans des temps plus modernes, Robert Boyle a exprimé l’idée que même l’or possède sa « petite atmosphère », sa tendance, très faible il est vrai, à émettre des vapeurs sous la température ordinaire. Quant aux expériences de Sir W. Roberls-Austen, on peut les résumer comme il suit.
- De l’or était placé au fond d’un tube rempli de plomb et maintenu à une température de 250° (environ 85° au-dessous du point de fusion du plomb). Au bout de 24 heures on constatait l’apparition d’une notable quantité d’or en haut du tube : or, on sait que l’or ne fond qu’à 11)49°.
- A 100° la valeur de la diffusion ne serait (pie la cent-millième partie de celle qui correspond à la température du plomb fondu.
- Du plomb solidifié, maintenu à la température ordinaire, pendant quatre ans, en contact avec de l’or, révèle incontes' ablement qu’il y a eu diffusion, mais elle est si faible qu’il faudrait un millier d’années pour qu’elle devint égale à celle que donne le plomb fondu au bout d’un jour. Colonel Lefèvre.
- AU CONCOURS DF. LA MU,F DE PARIS
- Nos édiles, qui ont le souci constant de sauvegarder le caractère esthétique de la Capitale, ont institué, il y a trois ans, un concours annuel relatif aux maisons élevées en bordure de la voie publique. L’année dernière, la Commission nommée pour décerner les prix a procédé pour la seconde fois à ses opérations; elle avait à choisir parmi les édifices construits en 1900 les six maisons considérées comme les plus réussies tant au point de vue du plan que de la façade.
- Pour ce dernier concours le jury était composé du directeur des services d’architecture de la Ville, de MM. Ballière, Ernest Caron, Froment-Meurice, Quentin-Baiichart et Tournade, membres du Conseil
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- LA' N AT U K il.
- municipal, de M. l’archileete-voyer en chef, enfin de MM. Ménot et Tournaire, désignés par les concurrents eux-mêmes.
- Un sait que les récompenses afférentes aux maisons primées viennent toucher à la fois les propriétaires, les architectes et les entrepreneurs. Les propriétaires sont exemptés de la moitié des droits de voirie pour la maison récompensée; les architectes reçoivent chacun une médaille d’or, et les entrepreneurs une médaille de bronze.
- La Commission d’examen a désigné les immeubles suivants et ce choix a été ratifié par un arreté du 1er lévrier 1002 signé par le Préfet de la Seine. Cette liste est établie par ordre alphabétique des noms des architectes.
- 1° lin hôtel : rue Octave-Feuillet; architecte, M. Arnaud; entrepreneur, M. Gilardi; propriétaire, M. de Bondeli.
- 2° Une maison de rapport : 21, rue Monsieur; architecte, M. Goy; entrepreneur, M. Bassinet; propriétaire, Mmc Ilainchelin.
- o° Une façade de magasin de nouveautés ; 85-87, rue du Faubourg-Sa i ut-Martin; architecte, M. Jacques Hermant; entrepreneur, M. Pradeau; propriétaire, « Les Classes Laborieuses)).
- 4° Une maison de rapport : 170, rue de la Convention; architecte, M. Legriel; entrepreneur, M. Pinardon; propriétaire, Mmc Marquant.
- 5° Une maison de rapport : 81, avenue Malakoff ; architecte, M. LcVoisvenel; entrepreneur, M. Loup; propriétaire, M. Patto.
- 6° Une maison de rapport : o, rue Danton; architecte, M. Perronne; entrepreneur, M. Luquet; propriétaire, M. Capiomont.
- Au premier abord, en regardant les dessins des maisons primées qui accompagnent ces lignes, on ne comprend pas quelle a été la ligne de conduite suivie parles juges, dans leurs opérations. Quelques-unes de ces façades, en effet, ne semblent pas retenir l’attention d’une façon spéciale. Elles ne pèchent par aucun défaut, sans doute, mais enfin elles n’offrent pas de cachet distinctif qu’on serait à même d’attendre de la part d’artistes d’élite dont la production marque le meilleur lot d’architecture de l’année.
- Il ne faut pas oublier cependant que la question des façades, malgré son importance, n’est pas à elle seule l’unique considération à laquelle les juges ont du s’attacher : ils ont eu également à s'enquérir de la bonne utilisation du terrain, de l’heureuse disposition du plan, du choix judicieux des matériaux, de la juste corrélation entre la forme et la destination du bâtiment, de la bonne exécution de la décoration intérieure; bref, toutes les qualités relatives à l’édification proprement dite ont dû être successivement envisagées.
- L’hôtel présenté par M. Arnaud (fig. o, n° 1), dit le rapport de la Commission, est très harmonieux dans l’ensemble de ses proportions, la silhouette de sa toiture et la forme de ses baies. Malgré la légèreté
- des lignes et l’heureuse inspiration des détails, l’ensemble forme une excellente façade d’hôtel particulier, d’un aspect résolu et confortable. 11 fait le plus grand honneur au jeune auteur, qui joint à son talent d’architecte la science d’un ingénieur très distingué.
- Le fait qui distingue la façade de la maison de rapport de la rue Monsieur (fig. 4, n° 2) est la
- NORD
- Chambre S!
- Chambre V
- Salle
- Billard
- Chambre 3
- Salle à
- manger
- Courette
- G Toilette
- Grande gah
- ïambrel
- Salon
- Salon
- Malakoff
- N? 81
- Fig. 1. — Plan de la maison de rapport, avenue de Malakoff, 81; M. Le Voisvenel, architecte.
- recherche de « l’art nouveau » dans la décoration. La grande difficulté de l’emploi de cette manière nouvelle de faire de l’ornementation est d’être judicieux et sobre.
- M. Goy a merveilleusement réussi. L'application des grands motifs de décoration qui embrassent les fenêtres de plusieurs étages superposés est toujours fort heureuse, car elle donne à l’édifice une tenue générale qui manque d’habitude aux maisons de rapport parisiennes.
- En récompensant i'édifice des « Classes Labo-
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- LA NATURE.
- rieuses », rue du Faubourg-Saint-Martin (lig. i, u° 1), la Commission a voulu montrer que tous les genres lui convenaient et, qu'il était possible de faire de la bonne architecture avec n'importe quel programme. Elle a eu raison. L’édilice de M. Jacques Dormant, qui avait déjà triomphé à l’Exposition avec ce beau palais du Génie civil, est un modèle de l'heureuse juxtaposition de la pierre et du métal dans une construction. Les lignes sont larges; l’ossature générale constitue à elle seule la base de toute la décoration ipic les motifs de sculpture ne font que souligner ou accentuer.
- La caractéristique de la maison de rapport, rue de la Convention (lig. i, n° o) est une très grande simplicité au point de vue de sa composition. Un 11e
- remarque sur la façade aucune recherche de motif général destiné à donner une forme d’ensemble. En revanche, les détails sont traités avec un goût parlait, et cette circonstance semble, à elle seule, avoir décidé du choix des juges.
- La maison de M. Le Yoisvenel, .avenue Malakolf (bg. 7), n° 2) est des plus intéressantes; elle est un bon exemple de ce qu’on pourrait appeler l’architecture moderne, si ce mot n'avait été appliqué à un style déterminé. Il y a une grande richesse en même temps qu'une grande sobriété sur la façade ; les motifs sont traités largement et sans faiblesse. La toiture couronne bien l’édifice et donne l’impression, ipii d’ailleurs ressort également de chaque détail, que la maison de rapport est faite pour des appar-
- Fig. 2. — Plan de la maison de rapport, rue Danton, 3; M. Perronne, architecte.
- tements de luxe. Par l’inspection du plan ffig. 1), on peut voir combien l’architecte a été bien inspiré dans l’utilisation de souterrain. Chacun des services peut se faire aisément sans contrarier les autres, tout en laissant à la réception les dégagements nécessaires.
- On n'a récompensé cette année que deux maisons d’anede ; celle de la rue Danton, construite par M. Perronne est une de ces dernières. C’est une réaction sur le choix du concours précédent qui 11’avait pour ainsi dire porté que sur des maisons à deux façades. Il est certain ([lie les terrains placés h l’intersection de deux rues sont toujours plus favorables pour l’édification d’édifices importants et d’une heureuse décoration. A ce point de vue, la maison de rapport de la rue Danton (lig. 5, n° 5) est très réussie. Elle est un bel exemple de l’heureux
- assemblage de la brique et de la pierre de taille. La portion arrondie de l’intersection des façades est fort gracieuse et, bien que la maison soit dépourvue d’ornementation importante, elle produit un effet imposant à tous les points de vue. La conception du plan est des plus heureuses (fig. 2).
- Il est possible de tirer un enseignement en regardant les façades et les plans des maisons que nous venons d’indiquer : les architectes de notre époque, inspirés sans doute par les propriétaires, ont pour souci principal de ne pas perdre un centimètre de la surface et de la hauteur qui leur sont accordées. Au point de vue de l’utilité et du rapport de l'argent engagé, c’est parfait, mais l’esthétique y perd ; et il est certain que si l’on arrivait à donner plus de mouvement aux constructions par des retraites successives, la beauté des maisons serait aug-
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- U A NATURE.
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- Fig. 3. — Élévation des maisons primées. — 1. Lu hôtel, rue Octave-Feuillet; M. Arnaud, architecte. — 2. Lue maison de rapport,
- avenue Malakoff, SI ; M. Le Voisvenel, architecte.
- 3. Une maison de rapport, rue Danton, 3; M. Perronne, architecte.
- 1 2 3
- Fig. i. — Élévation des maisons primées. — 1. Un magasin de nouveautés, 83, faubourg Saint-Martin; M. llermant, architecte.
- 2. Une maison de rapport, rue Monsieur, 21 ; M. Goy, architecte.
- 5. Uuc maison de -rapport, rue de la Convention, 170 ; M. Legriel, architecte.
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- LA NATURE.
- mentée; de même si l’on ne cherchait pas à sauver les moindres coins, on arriverait à procurer à nos appartemenls plus d’ampleur, plus d’aisance et plus d air. A. d.v Cumu.
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- LV CtPTURE DES COMÈTES
- ET CES PI,A "VÊTES E [,TK V-V EPTLMEA XES
- I n récent mémoire de M. Forbes, lu à la Société royale d’Edimbourg, a rappelé l’attention sur la théorie de la capture des comètes. Cette théorie a été formulée pour la première fois en 1879 par le professeur Newton1.
- On sait que les comètes se distinguent des planètes plus par la forme de leurs orbites que par leur aspect physique. Les belles comètes visibles à l’œil nu et accompagnées d’une queue sont l'exception. La grande majorité de celles qui ont été observées par les astronomes — et elles sont en nombre considérable — sont dépourvues de cet appendice brillant et se présentent dans le champ du télescope comme un simple objet lumineux d’un diamètre apparent plus ou moins grand et à contours plus ou moins diffus, ce qui les fait ressembler tantôt à une nébuleuse, tantôt à une simple étoile; sous ce rapport elles ne se distinguent guère des nombreuses petites planètes qui circulent entre Mars et Jupiter. Mais, tandis que les planètes décrivent des orbites à peu près circulaires et peu inclinées sur le plan de l’écliptique, les comètes, au contraire, décrivent autour du Soleil des ellipses qui peuvent être extrêmement allongées et se trouvent dans des plans qui font tous les angles possibles avec le plan de l’écliptique. Le sens de leur mouvement est indifféremment direct, comme celui des planètes, ou rétrograde. Une comète n’est visible que dans les portions de son parcours où elle passe près du Soleil; on ne peut donc pas la suivre pendant tout le cours de son mouvement, et il faut déduire la forme de son orbite de l’observation du petit arc voisin du « périhélie ». On conçoit que cette détermination soit difficile et laisse place à une assez grande incertitude, sauf dans le cas où la durée de la révolution est assez courte pour que la comète ait pu être observée plusieurs fois; on connaît alors très exactement la durée de révolution, et par la troisième loi de Képler, on en déduit la longueur du grand axe.
- En vertu de la loi de l’attraction universelle, un corps circulant autour du Soleil, comme une comète, peut décrire une ellipse, une parabole ou une hyperbole. La parabole est la forme limite entre les deux autres, de sorte qu’une ellipse très allongée et une hyperbole dont les asymptotes font un angle très petit ne diffèrent pas sensiblement d’une parabole dans la partie voisine du foyer, et c’est justement cette partie seule qu’il nous est donné d’observer. On conçoit alors qu’il soit quelquefois impossible de décider si l’orbite est elliptique ou hyperbolique. Lorsque ce cas se présente, et c’est ce qui arrive le plus souvent, Tes astronomes se contentent de calculer une orbite parabolique qui s’accorde suffisamment avec les observations. D’autres fois, il arrive que les observations ne peuvent être représentées que par une orbite elliptique ; on peut alors être sur que la comète décrit une courbe fermée : on dit qu’elle est « périodique » ; mais si l’on veut calculer le grand axe de l’orbite, on ne peut le faire qu’avec une approximation gros-
- 1 Yoy. n° 3M, du 3 janvier 1880, p. 69.
- sière, à cause de l’incertitude des résultats On pourrait aussi s’attendre à rencontrer des orbites hyperboliques; en fait, ce cas ne s’est jamais présenté; jamais la réduction des observations ne conduit à une orbite nettement hyperbolique : l’ellipse et la parabole suffisent à représenter toutes les observations. On en peut induire, avec assez de vraisemblance, qu’il n’y a pas rion plus d’orbites vraiment paraboliques et que celles qui nous apparaissent comme telles sont simplement des ellipses trop allongées [tour qu’on puisse les distinguer d’une parabole dans la petite portion où nous les observons. La conclusion serait «pie toutes les comètes décrivent des orbites fermées dans des temps plus ou moins longs, et que, par suite, elles font partie du système solaire et ont la même origine que le Soleil et les planètes.
- S’il arrive qu’une comète vienne à passer très près d’une grosse planète, comme Jupiter ou Saturne, elle subira de la part de cet astre une attraction qui pourra modifier considérablement la forme de, son orbite. La théorie de la capture des comètes, telle qu’elle avait été énoncée primitivement, consistait à supposer, contrairement à ce que nous venons de dire, que les comètes sont des corps circulant dans l’espace à peu près en ligne droite sans appartenir à aucun système. Si le Soleil constituait à lui seul tout le système solaire, un pareil corps venant à passer près de lui serait dévié par son attraction, décrirait dans son voisinage un arc d’hyperbole et s’éloignerait indéfiniment sur la branche d’hyperbole; la présence des planètes peut modifier complètement le pbéno-nomène. 11 peut arriver que le corps mobile passe assez près d’une planète pour que l’attraction de celle-ci transforme en ellipse son orbite primitivement hyperbolique. Alors, dans chacune des révolutions suivantes, ce corps reviendra passer au point où la perturbation s’est produite, et même, le plus souvent, ce point sera voisin de l’extrémité la [dus éloignée de l’orbite, que les astronomes appellent « aphélie ».
- Dans cette hypothèse, les comètes seraient des corps primitivement étrangers au système solaire, « capturés » par l’attraction des grosses planètes, beaucoup d’astronomes ne voulaient pas renoncer à l’idée que les comètes font bien partie du système solaire et ont la même origine que lui. Aussi la théorie de la capture des comètes fut-elle accueillie d’abord avec une extrême réserve. Cependant le principe même de cette théorie a fini par s’imposer et l’on s’est aperçu bien vite qu’il était facile de le concilier avec l’opinion généralement admise sur l’origine des comètes. Il suffit d’admettre que dans la nébuleuse primitive qui s’étendait bien au delà de l’orbite de Neptune, peut-être plusieurs milliers de fois plus loin, il s’est produit, en dehors des courants circulaires qui ont donné naissance aux planètes, des courants rectilignes dirigés vers le centre et constitués par des matériaux qui « tombaient » ; comme ces matériaux ne passaient pas juste au centre, ils contournaient celui-ci et remontaient à leur point de départ le long d’une ellipse extrêmement allongée et dont l’aphélie se trouvait sur les confins de la nébuleuse. Pendant que la nébuleuse poursuivait sa condensation, les matériaux dont nous parlons continuaient leur mouvement elliptique, sortant à chaque révolution de la nébuleuse. Ce sont ces matériaux qui plus tard sont devenus les comètes se mouvant sur des ellipses tellement allongées qu’elles nous apparaissent comme des paraboles. Dès lors, la « capture » n’a pas pour effet de transformer une hyperbole en ellipse,
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- LA NAT LL K.
- Il
- mais seulement une ellipse très allongée en une autre de dimensions beaucoup plus restreintes. L’Annuaire du Bureau des Longitudes a publié, dans les années 1885 à 1 896, la liste de toutes les comètes périodiques apparues, de 1801 à 1892, dont les éléments ont pu être déterminés avec quelque précision. Bette liste contient plus de 250 comètes, et le nombre s’en accroît tous les ans. Parmi ces comètes, il y en a lu qui sont périodiques et dont le retour a été observé, et 04 dont les orbites ont été trouvées elliptiques, mais dont une seule apparition est connue; les durées des révolutions varient de 5 à 2000 ans. Si l’on supprime celles dont l’orbite est tellement allongée que la détermination du grand axe est illusoire, il en reste 58 dont la durée de révolution est moindre de 1000 ans; il faut y joindre la comète de 1898, dont la durée de révolution est de 405 ans. Cela fait 54 comètes dont la distance aphélie peut être considérée comme connue au moins approximativement. Or, si l’on compare ces distances à celles des grosses planètes du système solaire, on trouve qu’elles se classent par groupes correspondant à celles des planètes, ainsi (pie l’indique le tableau suivant, dans lequel les distances sont exprimées en prenant pour unité la distance du Soleil à la Terre :
- Nombre des comètes.
- Il
- 1
- Distance Planète Distance
- aphélie. correspondante. au soleil.
- 4 à 0 Jupiter. 4,9 à 5,5
- 10,5 Saturne. 9 à 10
- 55,7 à 55,4 Neptune. 29,8 à 50,2
- Cet accord, particulièrement remarquable, se conserve avec les comètes dont une seule apparition est connue, quoique un peu moins exactement, à cause peut-être de l’incertitude de la détermination du grand axe. Mais, il y a plus : si l’on continue à grouper les comètes suivant leur distance au Soleil, on formera, en ajoutant les comètes précédentes, le tableau suivant :
- Nombre Distance Planète Distance
- des comètes. aphélie. correspondante. au soleil.
- 25 4 à ! 7,5 Jupiter. 4,9 cl 0,0
- 2 9,7 et 10,5 Saturne. 9 à 10
- 2 19,7 et 22 Uranus. 18,5 à 20,1
- 5 29,6 à t 57 Neptune. 29,8 à 50,2
- 2 47,6 à i 49,8
- 5 75,5 S i 89,1
- 8 101,1 à t 151,4
- 7 168 îi i 205
- Les quatre premiers groupes ont été manifestement capturés par les quatre planètes, Jupiter, Saturne, Ura-nus et Neptune. 11 est alors naturel de penser que les groupes suivants ont été capturés par des planètes inconnues circulant au delà de l’orbite de Neptune. On remarquera, dans le tableau précédent, les lacunes entre 57 et 47,6; 49,8 et 75,5; 89 et 101; 151 et 168. Ce tableau semble donc indiquer l’existence de quatre planètes ultra-neptuniennes circulant aux distances respectives: 47, 75,
- 100 et 168 onviron. On sait que les distances des planètes au Soleil, de Mercure à Uranus, sont liées par une
- 101 empirique connue sous le nom de loi de Bode. Aucun des nombres précédents ne s’accorde avec la loi de Bode ; mais ceci ne saurait constituer une objection, puisque la loi de Bode est déjà en défaut pour la planète Neptune.
- Le groupe le plus net est celui des huit comètes placées aux distances de 101 à 151,4; c’est à ce groupe que s’est surtout attaché M. Forbes, à cause du grand nombre d’éléments dont il se compose; l’existence d’une planète ultra-neptunienne à la distance 100 paraît, à cet astronome, devoir être considérée comme certaine; de
- [dus, la masse de cette planète doit être considérable et dépasse peut-être de beaucoup celle de Jupiter, à cause précisément du grand nombre des comètes capturées. Mais M. Forbes est allé plus loin. En s’appuyant sur des considérations que le défaut d’espace nous empêche de développer aujourd’hui, il est arrivé à déterminer la position probable de la planète inconnue et lui assigne une longitude d’environ 185°.
- Le dernier groupe parait aussi très net : il correspond à une planète dont la distance, d'environ 168, s’accorde moins mal que les autres avec la loi de Bode; celle-ci donne le nombre 154. Quant aux groupes de 2 et 5 comètes correspondant aux distances 47 et 75, il serait beaucoup [dus hasardeux d’en tirer une conclusion certaine, parce que ces groupes sont fort peu nombreux. 11 ne faut pas perdre de vue que la théorie de la capture des comètes n’implique pas nécessairement que toute comète capturée par une planète aura son aphélie à une distance égale à celle de la planète; c’est seulement une « probabilité ». On comprend, en effet, que la moindre perturbation peut suffire pour transformer une orbite presque parabolique en ellipse ou en hyperbole. Une comète parabolique peut [tasser assez [très d’une planète pour que l’attraction de celle-ci transforme son orbite en une orbite nettement elliptique, mais pas assez [très pour que l’aphélie de la nouvelle orbite soit ramenée à la distance de la planète. 11 n’v a rien dans toute la mécanique céleste qui s'oppose à ce que les cinq comètes dont nous [tarions aient reçu leur orbite elliptique de l’attraction de Neptune ou même d’une planète plus rapprochée. Enfin, il faut aussi songer que les perturbations des planètes peuvent s’exercer de toutes les manières, et même en sens inverse de ce que nous avons dit jusqu’ici. A coté de la capture d’une comète, il y a place pour le phénomène inverse qu’on pourrait appeler « l’expulsion » des comètes : il peut arriver que la perturbation transforme une orbite elliptique en une orbite hyperbolique. Alors la comète s’éloigne indéfiniment et est définitivement perdue; il peut aussi arriver que les perturbations allongent l’orbite au lieu de la raccourcir. Un voit qu’il convient d’être très réservé en ce qui concerne les conclusions qu’on voudrait tirer des distances aphélies des comètes relativement à l’existence de planô'.es inconnues, et que cette existence paraît n’acquérir une probabilité sérieuse que lorsqu’il s’agit d’un groupe de nombreuses comètes ayant leurs distances aphélies comprises dans un intervalle suffisamment étroit. Maurice Fouché,
- Agrégé des sciences mathématiques.
- —«<>«—
- I.ES CHEMINS DE FEU l’ancien ET LE NOUVEAU MÉTROPOLITAIN LES TRAMWAYS
- Le Conseil municipal de Paris vient d’envoyer en Amérique une Commission chargée d’étudier les moyens de transport employés dans les grandes villes des États-Unis. Les métropolitains et les tramways américains sont évidemment les plus développés qui soient. Mais il ne faudrait pas croire que Paris ne puisse trouver tout aussi Lien en Europe des exemples à suivre.
- 11 peut être intéressant d’étudier, au point de vue des moyens de transport, la ville de Berlin qui est
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- LA AA T LU K.
- le siège d’un mouvomonl urbain et suburbain assez eonsidéra])le, et qui en outre, par sa situation au centre de l’Europe, est traversée par de nombreux voyageurs. La superficie de Berlin est de près de 0500 hectares. Sa population s'élève actuellement à plus de deux millions d'habitants, si on joint au chiffre indiipié pour Berlin ceux de quelques communes qui t’ont absolument, corps avec la capitale de l’Allemagne.
- A l’heure actuelle Berlin possède deux métropolitains (dont l’un est exploité à l’électricité), un réseau de tramways très développé, une ligne de
- ceinture, et quelques lignes de banlieue assez fréquentées. Berlin est enlin le terminus de onze grandes lignes mettant cette capitale en relation avec les grandes villes de l’Allemagne et les pays d’Europe.
- Nous donnons un plan (pii permet de se faire une idée du réseau de Berlin (fig. 1). Les gros traits figurent les grandes lignes; les traits tins, les lignes spéciales de banlieue les plus fréquentées, le réseau de ceinture et le réseau du métropolitain à vapeur; nous avons marqué en traits pointillés le nouveau métropolitain électrique.
- Parmi les grandes lignes nous avons figuré d'une
- zs, (jjj^
- Fi«r. 1. — Plan du réseau de Berlin.
- façon plus accentuée celles dont les trains n’aboutissent à aucune gare terminus, mais traversent toute la ville sur le même viaduc que le métropolitain à vapeur ou « Stadtbalm ».
- Un voit que cette ligne transversale assure des relations directes entre les réseaux de l’Ouest de l’Allemagne et ceux de l’Est. Un pourrait la comparer à la nouvelle ligne parisienne des fiords de la Seine, qui bientôt réunira le réseau de l'Ouest et le réseau de l’Orléans.
- La création de la Stadtbalm, dont la mise en service remonte à l’année 1882, a été décidée en grande partie à cause de considérations stratégiques, qui avaient également décidé, antérieurement, la création de la ligne de ceinture ou Bingbalm. Celle-ci
- est naturellement d'une précieuse utilité pour l’échange des marchandises entre les différents réseaux.
- Au point de vue des lignes de banlieue, aucune comparaison n’est possible entre Berlin et Paris dont les services ont une importance et une intensité beaucoup plus considérables, mais il faut citer cependant la ligne de Wansee qui dessert des communes suburbaines très importantes et (pii assure, concurremment avec les trains de la ligne de Potsdam et ceux partant de la Stadtbalm, le trafic des environs de Potsdam, trafic très intense pendant toute la belle saison.
- Le principe appliqué à Berlin est de séparer autant que cela est possible le service de la petite banlieue des services de grandes lignes. C’est ainsi que ce
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- LA NAT U R K.
- 15
- chemin de fer de Wansce a des voies indépendantes, De même les trains qui desservent la banlieue de la et un terminus spécial accolé à la gare de Potsdam. ligne de Leipzig, au lieu d’aboutir à la gare d Anhalt
- Fi^. 2. — Le nouveau métropolitain. — Partie eu viaduc.
- arrivent au terminus spécial du Ringbahn, également accolé au Potsdam Ralmbof. Enfin les trains de banlieue desservant les bords de la Sprée et du Havel, à l’est et à l’ouest de Berlin, passent par la Stadtbahn, non pas sur les voies de grandes lignes, mais sur les voies du service urbain.
- Nous avons figuré sur notre plan la gare spéciale de la ligne militaire de Zossen, sur laquelle ne circulent que peu de trains à voyageurs.
- C’est sur cette ligne, entre Marienfelde et Zossen, que se poursuivent les importants essais de traction électrique à 250 kilomètres à l’heure1. La ligne de Wansee est aussi le siège d’essais de traction électrique; elle comporte un rail de prise de courant, et
- 1 Voy. n° 1515, du 24 mai 1902, p. 591.
- un des trains qui en font le service est déjà électrique. La transformation de tout le réseau de
- banlieue de Berlin est d’ailleurs décidée en principe.
- Si nous abandonnons les services de grandes lignes et de banlieue pour étudier maintenant le service de transport des habitants de la ville, nous devons nous occuper tout d’abord de la ligne de ceinture ou « Ringbahn » et de la ligne transversale ou « Stadtbahn ». L’une et l’autre sont à quatre voies, mais deux de ces voies sont exclusivement réservées au service local (sauf en ce qui concerne les trains de petite banlieue dont nous avons parlé précédemment). La Ringbahn, surtout dans la région du Sud-Est, [tasse à une trop grande distance de la ville pour être comparée à notre ligne de .petite ceinture. Sa
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- longueur développée est de 45 à 50 km (soit environ une ibis et demie la longueur de notre petite ceinture). Si elle était parcourue par des trains ne pénétrant pas dans l’intérieur de la ville, elle n’aurait qu’un très faible trafic et ne pourrait être en aucune façon comparée à un métropolitain. Il est, en effet, de toute évidence que les lignes circulaires extérieures aux agglomérations ne sont pas d’une extrême utilité, les régions suburbaines ayant beaucoup moins à faire les unes avec les autres qu’avec le centre de la ville.
- A Berlin on a séparé en deux le service du Ring-balin. Tous les trains parcourent la Stadtbabn, mais les uns font le tour de la moitié septentrionale de la Ringbalm ou « Nord-Ring », tandis que les autres font le tour par le « Sud-Ring ». En outre, les trains du Sud-Ring pénètrent dans l’intérieur de la ville jusqu’à une gare spéciale accolée à la gare de Potsdam.
- Les trains du Ringbalm sont à proprement parler assimilables à des trains de petite banlieue traversant la ville sur les voies de la Stadtbalm, au même titre que les trains qui desservent les bords du Havel et de la Sprée. Le service sur le Nord-Ring et le Sud-Ring comporte des intervalles de trains variant entre 5 et 50 minutes.
- Si l’on considère la Stadtbabn seule, on est frappé par son analogie avec la ligne Yincennes-Porte Maillot. Sa longueur est à peu près la même, et les services quelle'rend très comparables. Mais à ce point de vue le métropolitain de Berlin est tout à fait inférieur au notre, d’abord parce que la distance moyenne des stations y est de plus d’un kilomètre, alors qu’elle n’est que de 610 mètres environ sur la ligne Vincennes-Porte Maillot. Ensuite parce (pie, malgré le petit nombre des stations, la vitesse commerciale est intérieure. L’intervalle des passages est à peu près le même : il varie de 2 à 5 minutes, aux trains de petite banlieue et de la Ringbalm s’ajoutant des trains spéciaux qui ne font que traverser la ville.
- La Stadtbabn et la Ringbahn ont à lutter contre un concurrent des plus sérieux : le tramway électrique.
- Il y avait à Berlin, le 1er octobre 1901, 76 lignes de tramways appartenant à 7 Compagnies distinctes. Leur longueur cumulée était de 700 kilomètres; mais, comme beaucoup de lignes ont des parties communes et que quelques-unes sont a simple voie, cela correspond seulement à une longueur totale de voies de 650 km. La puissance nécessaire à la traction électrique des voitures est fournie par une dizaine d'usines dont la plupart appartiennent à la Berliner Elektricitàt Werke, qui, à elle seule, dispose de 22 670 kilowatts, soit 51 000 chevaux. La puissance totale de toutes les usines employées pour la traction des tramways à Berlin était au Ier octobre 1901 de 26 000 kilowatts. La puissance des batteries d’accumulateurs annexées à ces usines dépasse 5000 kilowatts.
- Sur 15 de ces ligues les voitures sont alimentées dans quelques parties de leur parcours par des conducteurs installés dans des caniveaux, ou par des
- accumulateurs. Toutes les autres lignes sont uniquement à trolleys. Les rampes ne sont pas bien considérables : on ne compte que 7 lignes pour lesquelles la déclivité soit égale ou supérieure à 4 pour 100. Les voitures motrices ont en général 2 moteurs de 20 chevaux. En certain nombre sont de longues voitures à bogies américaines, ou faites d’après des modèles américains. Les 5/4 des lignes sont à double voie. Il ne reste plus que quelques services à traction animale. Parmi les 7 Compagnies de tramways, l’une d’elles, la Brosser Berliner Strassenbahn Gesellschaft, possède plus des 2/5 des lignes. Son réseau mesure actuellement plus de 600 km.
- L’année dernière, elle a baissé à 10 pfennigs, soit 12 centimes 1/2 le tarif pour toutes ses lignes, et cela a eu pour effet de faire augmenter le chiffre de personnes transportées de 20 pour 100 sur l'année précédente. La recette pour 1901 a été de plus de 55 200 000 francs. Le rapport des dépenses au produit total de l'exploitation varie de 60 à 62 pour 100.
- La Brosser Berliner Gesellschaft, qui possède environ 2600 voitures dont 1200 motrices, emploie plus de 5500 agents. La consommation de courant par voiture motrice kilomètre était de 780 watts-heure, en 1900; elle s’est abaissée à 770 en 1901, à cause du perfectionnement d'instruction des mécaniciens.
- Pour se rendre compte de l’importance des transports à Berlin, il suffit de constater que la Compagnie de tramways dont nous venons de parler a transporté à elle seule près de 285 millions de personnes en 1901 ; qu’en outre des autres Compagnies de tramways il y a plusieurs lignes d’omnibus ayant encore un certain trafic; qu’enfin il a été délivré dans la gare de la Stadtbabn et de la Ringbalm près de 100 millions de billets dans la même année.
- Aussi depuis près de dix ans la maison Siemens et Ilalske faisait-elle de sérieux efforts pour obtenir l’autorisation d’établir des lignes métropolitaines à traction électrique dans la ville.
- Le projet de la ligne figurée sur notre plan et qui en quelque sorte complète un réseau circulaire dans lequel serait comprise la Stadtbabn a rencontré beaucoup d’obstacles. Ce n’est qu’en 1895 et en 1896 que des contrats furent passés entre la maison Siemens et Halske et les communes de Berlin, de Schoneberg et de Charlottenbourg, que traverse la ligne. En 1897 seulement aboutirent des démarches auprès de la direction des chemins de fer royaux et le service de la Police locale1.
- Une des grandes raisons qui ont retardé l’achèvement des projets fut la lutte que la Société du Métropolitain (émanation de la maison Siemens et Halske) dut entreprendre pour éviter de construire toute la ligne en souterrain, ce qui eût été beaucoup plus cher que de la bâtir en viaduc. On n’a cependant pas pu l’éviter pour les deux derniers
- 1 La durée de la concession, finalement accordée, est de quatre-vingt-dix années, à partir du 15 mars 1806. La construction a duré cinq ans et demi, et le réseau vient d'être ouvert à l’exploitation en février 1002.
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- kilomètres à l’ouest. Il est vrai qu’en cet endroit le métropolitain est dans la commune de Cliarlotten-bourg, commune la plus riche d’Allemagne, qui a facilement consenti à des compensations. La ligne plonge également sous le sol pour arriver à la station voisine de la gare de l'otsdam.
- Nous donnons (fig. 2) une photographie du métropolitain surélevé de Berlin (llochhahn) tel qu’il est établi dans la plus grande partie de son parcours ; nous donnons également (fig. 5) une photographie de la partie en souterrain (Untergrundhahn).
- Le réseau comprend o services distincts. Un dont les trains circulent de l’extrémité Est à l’extrémité Ouest, l’autre dont les trains circulent de chacune des extrémités à la gare de l'otsdam.
- Les trains se succèdent à 5 minutes. Mais il faut dire que l'exploitation du nouveau métropolitain électrique, sur lequel nous reviendrons dans un prochain article, n’a pas encore pris toute son extension. Jean de Thaz.
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- La catastrophe des Antilles. — Est-ce fini? N’v a-t-il plus de drame nouveau à redouter? Qui pourrait le dire? Après la catastrophe .du 8 mai, et après quelques jours de repos une nouvelle éruption s’est produite le 20 mai, puis le 26 mai. La première avait ruiné Saint-Pierre et enseveli ses habitants sous les cendres, dette fois il n’v eut pas de nouvelles victimes. Mais on s’accorde à dire que l’éruption du 20 a été encore plus violente que celle du 8 mai. Le spectacle était terrifiant, d’après les rares témoins de l’événement. Le versant opposé de la montagne a été dévasté. Et sur la région déjà ensevelie, il est tombé tant de débris volcaniques que l’on prétend que l’ancienne ville est enfouie sous une couche de plusieurs mètres de cendres. Depuis le 2G le volcan gronde et lance des flammes. Une coulée de boue a été signalée dans la direction de Basse-Pointe et, d’après le. géologue américain Hille, la montagne Pelée laisserait échapper maintenant de la lave. Cependant on dit que les phénomènes éruptifs diminuent d’intensité.
- La neige sur la lune. — A force de patientes observations et de déductions ingénieuses, et grâce au secours devenu maintenant si efficace de la photographie, les astronomes finiront peut-être un jour par trancher la question de l’habitabilité de la lune. M. Pickering, dans le Centurij Magazine du mois de mai, reprend cette intéressante question et expose les résultats de ses recherches. Rappelons que M. Pickering, en collaboration avec M. Percival Lowell, a fait une étude très remarquée de la planète Mars. Voici les résultats qu’il nous présente à la suite doses recherches sur la lune. Tout d’abord il confirme le fait déjà connu que l’activité volcanique n’est pas encore éteinte sur notre satellite, plusieurs petits cratères ont disparu, d’autres ont surgi. Ensuite, et ceci est fait pour étonner, il y a de la neige sur la lune, car beaucoup de petits cratères sont couronnés d’une substance blanche qui devient très brillante quand le soleil l’illumine, et l’on retrouve cette substance ou une matière analogue sur les grands cirques et les cimes des hautes montagnes. Ces taches changent d’aspect avec l’angle d’éclairement et donnent à penser qu’elles sont formées par de la gelée
- blanche distribuée avec plus ou moins de régularité. Une troisième constatation se rattache aux apparitions de taches variables qui semblent d’ailleurs ne se produire qu’entre les latitudes o5° N. et 00° S. Les curieuses modifications d’aspect de ces taches sont évidemment dues à quelque changement de la nature dans la surface réfléchissante, et l’explication la plus simple, d’après M. Pickering, est qu’il y a là des symptômes d’activité vitale quelconque. Cette activité se manifeste-t-elle sous les formes végétale et animale qu’elle revêt chez nous? Voilà ce que M. Pickering n’est pas encore en mesure de nous dire. En tout cas, affirme-t-il, les sélénographes ne devront plus se contenter de tracer des cartes de mornes rochers inanimés et des cirques isolés, ils devront aussi consacrer leur attention aux régions où de véritables changements se produisent, des changements qu’on ne peut expliquer par des déplacements d’ombre ou des effets de libration.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 juin 1902.
- Présidence de M. Bouquet ne la Gkyk.
- Troubles précurseurs des éruptions. — M. de Lap-parent présente une Note de M. Lagrange, d’Ucele (Belgique), d’où il résulte que les mouvements sismiques observés ont été plus importants en 1902. fin mai notamment après une période d’activité du. 1er au fi, une période de repos a succédé du 6 au 8. Les troubles ont alors repris. Il est donc permis d’affirmer que les manifestations sismiques ont été sans rapport avec l’éruption du 8 mai. De même il n’existerait aucune relation entre les phénomènes sismiques et les variations magnétiques.
- Fossiles sahariens. — M. de Lapparent fait ensuite savoir que dans les échantillons d’un grès ferrugineux tendre rapportés de la région du Sahara connue sous le nom de Touat, on a trouvé des fossiles appartenant au Dévonien inférieur présentant de l’analogie avec ceux de la Bretagne.
- Évolution de la vie. — MM. A. Gaudry et Boule ont rapporté d’un voyage en Amérique des débris de poissons trouvés dans le Silurien des montagnes Rocheuses. M. Léon Vaillant a étudié ces débris et y a trouvé des ostéoplastes que l’on distingue sur les coupes avec la plus grande netteté. Donc avant l’époque du silurien inférieur, des temps immenses se sont écoulés pendant lesquels la vie avait subi des variations, puisque l’on trouve déjà des os présentant le dernier type.
- Distribution du plankton. — M. Delage résume une Note de M. E.Young relative à la distribution du plankton dans les eaux du lac de Genève. Un précédent observateur a fondé une loi de répartition du plankton au cours de l’année, sur des pêches journalières faites en un même point à la même profondeur. M. Young à étendu le champ des recherches en opérant des pêches journalières, non plus seulement en un point déterminé du liquide, mais en des points différents et à des profondeurs différentes. 11 a pu ainsi constater que la loi de répartition proposée n’existait pas et mettre en évidence des sortes de cheminements de plankton.
- Procédé nouveau de vaccination. — M. Roux analyse une note de M. Besredka décrivant un perfectionnement au mode de vaccination des animaux de laboratoire contre la peste, le choléra, l’infection typhique. Lorsque l’on injecte le sérum préventif, on communique aux ani-
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- maux une immunisation rapide mais courte ; au contraire, si on injecte le corps microbien, on obtient une immunisation plus longue, mais au prix d’un malaise de l’animal. L’auteur a eu l’idée de mélanger le sérum préventif et le corps microbien et d’injecter ce mélange. Dans ces conditions, la substance active se fixe sur le corps microbien et l’on n’observe plus de malaise, tout en obtenant une immunisation solide, rapidement réalisée et de longue durée.
- Répartition du magnétisme terrestre à Madagascar. — M. Grandidier dépose une note du Père Colin, donnant les résultats de nombreuses observations magnétiques effectuées à Madagascar. Il en résulte que la plupart des roches de l’ile exercent une influence considérable sur l’aiguille aimantée. Ce travail jette la clarté sur les irrégularités inextricables auxquelles se heurtent les marins et les topographes dans ce pays.
- Élection. — M. Emile Laurent, professeur à l’Institut agricole de l’Etat, à Gembloux (Belgique), est élu corres-
- pondant de la section d’économie rurale, en remplacement de M. Mares, par 42 voix contre 5 données à M. Salmon, de Washington, et une à M. Godlevski, de Cracovie. Ch. de Yhxedeuil.
- POUR NOURRIR UN SERPENT PYTHON
- Un compte 55 espèces de serpents dans la famille des boas ; les deux principales sont connues sous le nom de python. Celles-ci sont toujours de grande taille, quelques-unes atteignent parfois une longueur de près de 10 mètres. Les pythons sont surtout remarquables par leur extrême appétit et par leur voracité. Dans la captivité, on remarque que cette voracité s’amoindrit de telle façon chez ces serpents que, pour les empêcher de mourir de faim, il faut quelquefois les alimenter par force.
- 11 y a déjà quelque temps qu’on possède dans le
- Alimentation forcée d'un serpent python.
- jardin zoologique de New-York un python qui ne mesure pas moins de 8m,90 de longueur. Il est gardé dans la galerie des reptiles. Un sait que les pythons peuvent vivre fort longtemps sans prendre aucune nourriture, il arrive cependant un moment où tout a une lin, même (tour le jeune d’un serpent. Le python du jardin zoologique, ayant déjà dépassé l’époque habituelle où il devait avoir besoin de se sustenter, semblait vouloir s’engourdir de plus en plus et ne faisait aucun effort pour se donner le moindre mouvement. Le gardien cherchait à l’exciter quelquefois, mais le reptile refusait absolument toute nourriture et restait indifférent à toutes les offres qu’on pouvait lui faire. Les directeurs du jardin furent obligés de prendre un parti pour vaincre le dégoût de leur pensionnaire et, par suite, lui sauver la vie.
- Ils tirent choix de deux lapins et trois petits cochons d’Inde, victimes désignées d’avance pour le python. Neuf gardiens enlevèrent le reptile de sa cage pour le porter et le maintenir au centre de la
- salle du palais des serpents. Lorsqu’on fut bien assuré» (pie le reptile ne pourrait s’échapper, l’un des hommes lui ouvrit de force la gueule de façon à la tenir béante. Un dixième gardien pouvait alors dans ces conditions y enfoncer délicatement les lapins et cochons d’Inde à l’aide d’un bâton et le serpent les absorbait bon gré mal gré. (Yoy. la gravure ci-jointe faite d’après- celle qui a été publiée dans le Scientifie American. )
- Pendant la durée de cette cérémonie gastronomique, le python lit tous ses efforts pour y résister et pour s’échapper des bras de ses gardiens. Us suffirent, parait-il, à peine pour maintenir leur pensionnaire et mener à bien l’opération.
- Le reptile fut porté ensuite et placé soigneusement dans sa cage, où il achève sans doute encore sa laborieuse digestion. ài.beht Tissaxdier.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- UNE CASCADE À ÉTAGES
- Fig. 1. — Village de la Frasnée. Le Drouvenant. (D’après une photographie de M. Janier )
- Si, en suivant le tramway de Lons-le-Saunier à | source que les géographes qualifient de « magnifique » Saint-Claude,
- vous descendez à Clair-vaux, vous êtes à quelques kilomètres d’un des plus jolis sites jurassiens et d’une des plus curieuses sources de cette région montagneuse si riche en merveilles hydrologiques .
- C’est, là, au petit village de la Frasnée, assis par 546 mètres d’altitude, à l’ouverture d’un hémicycle de rochers qui le dominent de 150 mètres, que naît le Drouvenant, affluent de l’Ain, à peu près aussi inconnu des Français que ce roi de Patagonie dont les journaux nous révélaient récemment l’existence en nous annonçant son décès.
- Cependant le Drouvenant est une jolie rivière qui, pour n’avoir qu’un développement de
- Fig
- Cascade du Grand Dard
- La caverne de laquelle sort cette source a été récemment explorée par MM. Kuss, Guérillot et quelques autres alpinistes de Lons-le-Saunier qui, au prix de grandes difficultés, en ont relevé le croquis sommaire que nous reproduisons ici.
- Cette caverne n’était jusqu’alors connue que par le puits vertical qui lui sert de vestibule et qu’on appelle le « Trou des Gangônes ».
- Nos explorateurs, bien que mal outillés pour ce genre d’excursion, n’ont pas hésité à descendre dans ce puits. Après une trentaine de mètres verticalement, ils tombèrent sur un plan incliné à 45°, formé d’éboulis et de boue, et le long duquel ils eurent le plus grand mal à se
- et des Chevrettes. La Frasnée (fond du rocher et source du Drouvenant).
- 13 kilomètres environ, n’en possède pas moins une | maintenir. En bas, un boyau creusé dans le rocher 30e année, — 2e semestre. 2
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- leur permit l’accès d’une salle au sol couvert d’un épais dépôt de Loue. Puis un autre passage à pic les amenait dans la grande salle au bout de laquelle ils trouvèrent la nappe d’eau alimentant la source en temps ordinaire. Cette nappe se continuait dans
- un canal impénétrable formé par le surbaissement de la voûte, et communiquant vraisemblablement avec un réservoir considérable et inaccessil.de, comme en ont les sources vauclusiennes.
- Au cours de [leur exploration nos touristes reconnurent plusieurs grottes latérales assez importantes comme dimensions, puisque l’une d’elles ne mesure pas moins de oo mètres de long sur 20 environ de hauteur, mais ne présentant pas d'intérêt particulier.
- Il résuit» de cette visite au Trou des Gangônes que l’eau du bassin du fond de la grotte s’écoule normalement par une pente assez rapide vers la cascade épanouie qui constitue la source habituelle du Drouvenant et dont notre croquis donne un tracé hypothétique.
- Mais que les eaux d'infiltration qui alimentent le bassin arrivent plus abondantes, comme cela se produit après les grandes pluies, l’émissaire habituel devient insuffisant. La masse liquide, cherchant une sortie, envahit les grottes et les salles, s’élance sur le plan incliné et monte jusqu’à l’orifice du trou pardessus lequel elle se déverse pour former une superbe chute de 90 mètres de hauteur appelée le Grand Dard.
- A moitié et au tiers de la hauteur de la grande cascade, des crevasses latérales communiquant avec la grotte livrent également passage à l’eau impétueuse. Ce sont les Grandes Chevrettes et les Petites Chevrettes.
- Cette disposition des crevasses du rocher détermine ce phénomène singulier de l’élévation progressive de la cascade à mesure que l’eau monte dans la grotte et dans le trou des Gangônes, à la façon des étages d'une maison.
- La source du Drouvenant présente une grande analogie avec celle, également dite du Dard, qui sort
- des grottes de Baume-les-Messieurs, dont elle est d’ailleurs assez peu éloignée. Dans l’une comme dans l’autre un réservoir souterrain, alimenté par les infiltrations du sol, s’écoule normalement à la base d’un rocher. Dans l’une comme dans l’autre, lors des crues, l’eau monte pour sortir en cascade par l’ouverture des grottes.
- Les grottes de Baume sont toutefois beaucoup plus vastes et leur régime hydrologique paraît plus avancé que celui des grottes du Drouvenant.
- Les grottes de Baume ont un historiographe savant et scrupuleux dans Edmond Renauld qui a mesuré et fouillé leurs 1280 mètres de développement. 11 leur a consacré un superbe mémoire dans les Annales de la Société de Spéléologie (juin 1896). 11 faut espérer que, à défaut du regretté explorateur, M. Fournier, son successeur, le savant professeur de la Faculté de Besançon, qui est en même temps un investigateur souterrain infatigable, donnera quelque jour des cavernes du Drouvenant une relation scientifique1.
- L. Reverchox.
- CONCOURS INTERNATIONAL DE L’ALCOOL
- APPAREILS MOTEURS
- L’exposition, organisée par le Ministère de l'Agriculture à la Galerie des machines, du 24 mai au Ier juin dernier, et sous la direction effective de M. Dabat, a remporté auprès du public un très vif succès tant par l’heureuse disposition de son ensemble que par les nombreux spécimens très intéressants qui y figuraient.
- Sans [parler des appareils d’éclairage et de chauffage exposés dans la Salle des fêtes, présentons aujourd’hui tout ce qui concernait les appareils moteurs. L’immense nef de la Galerie des machines, dans la partie comprise entre l’avenue de Labourdon-nais et la Salle des fêtes, était occupée dans sa partie centrale par une piste agréablement fleurie où circulaient les automobiles ; à gauche de cette piste on avait installé les moteurs fixes, et à droite les véhicules automobiles, derrière lesquels on apercevait les instruments servant à la production de l’alcool, depuis la charrue jusqu’à la colonne à distiller; une toile de fond du phis heureux effet marquait nettement le caractère agricole de cette exposition.
- Des épreuves pratiques, qui avaient occupé une grande partie du mois de mai, avaient servi à classer les appareils présentés au Concours International de
- 1 Grâce à une subvention du « Touring-Club », le « Syndicat du Jura pittoresque » vient de faire établir un sentier permettant aux touristes de monter facilement jusqu’au-dessus de ta cascade.
- * Forêt de •AvÀla Brochère
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- Fig. 5. — Gouffre des Gangônes. Source de la Framée.
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- moteurs et d’appareils utilisant l'alcool dénaturé. Nous allons en faire connaître les principaux résultats.
- Moteurs fixes. — Les essais ont été effectués à la station d’essais de machines agricoles de la rue Jenner, par M. Ringelmann, directeur de cette station ; ces essais étaient contrôlés par un jury dont le président général était M. Michel Lévy, membre de l’Institut.
- Dans les différentes catégories de moteurs fixes, les constructeurs dont les noms reviennent le plus souvent au palmarès sont les suivants :
- MM. Rrouhot, et G'e ont reçu un objet d’art pour l’ensemble des moteurs présentés par eux au Concours ; parmi ceux-ci il convient de citer le moteur de 16 chevaux, dont la consommation extrêmement réduite n’a été que de 255 grammes d’alcool carburé à 50 pour 100 par cheval-heure.
- La Société suisse de Winterthur accuse des consommations très réduites pour ses moteurs de 5 chevaux, de 19 chevaux et de 54 chevaux, ainsi que pour son groupe moteur et pompe Fafeur, lequel a consommé par cheval (en eau élevée) 827 grammes d’alcool carburé à 50 pour 100.
- La Compagnie Duplex avait exposé, dans les différentes catégories, des moteurs de 2, 8 et 10 chevaux, ainsi qu’une loeomobile et une loco-pompe.
- La Société l’Aster avait fait concourir un moteur de 6chevaux; M. Pruvost,un moteur de 8 chevaux, et enfin MM. Desmarais et Morane avaient exposé un moteur léger à 2 cylindres de 12 chevaux tournant à 1100 tours, analogue à celui qu’ils construisent pour les automobiles. Il convient encore de citer la loeomobile de 6 chevaux et la loco-batteuse de M. Eugène Reaupré, ainsi que le groupe électrogène L. Rardon qui a donné une consommation de 140 grammes d’alcool pur par hectowatt-heure.
- D’une façon générale le concours de 1902 n’a pas révélé de très nouvelles dispositions en vue de l’emploi de l’alcool; mais ceci tient évidemment au peu de temps qui s’est écoulé1 depuis le dernier concours de novembre 1901.
- Toutefois l’essai au frein des moteurs a été complété cette année par des analyses chimiques dont les résultats sont en concordance parfaite avec les essais dynamométriques. Ces analyses, qui portaient sur la composition des liquides employés et sur celle des gaz de l’échappement, ont été faites sous la compétente direction de MM. Sorel et Trillat, et un laboratoire spécial de chimie avait été installé, à cet effet à la station de la rue Jenner. Les résultats obtenus dans ce laboratoire, au moyen d’appareils spéciaux et de méthodes nouvelles, seront publiés dans un rapport général qui contiendra des tableaux et 'dés graphiques d’expériences de la plus grande utilité pour les constructeurs et aussi pour les acheteurs.
- Automobiles. — Le concours de véhicules auto-
- 1 Voy. n° 1489, du 7 décembre 1901. p. 7. el n° 1491, du 21 décembre 1901, p. 55.
- mobiles comprenait trois séries d’épreuves dont la délicate organisation est revenue à M. Famechon, le distingué commissaire général.
- 1° Course de vitesse. — Cette épreuve, pour laquelle avait été obtenue l’autorisation du ministre de l’Intérieur, a été effectuée sous le régime des règlements sportifs de l’Automobile Club de France; le parcours de 924 kilomètres était divisé en deux étapes : la première, de 412 kilomètres, passait par Coulommiers, Chalons, Réthcl, Saint Quentin et Arras ; la seconde, de 512 kilomètres, par Saint-Pol, Saint-Omer, Roulogne-sur-Mer, Abbeville, Dieppe, Yernon, avec arrivée à Saint-Germain. Cette course a eu lieu les 15 et 16 mai derniers.
- La voiture Panhard-Levassor pilotée par Maurice Farman (fig.l) a remporté la coupe de l’alcool; elle a couvert les 924 kilomètres du dur parcours imposé en 15h45, soit une vitesse moyenne générale de 72 kilomètres à l’heure, en déduisant bien entendu les traversées de villes neutralisées; cette môme voiture, dans la première étape, a atteint une vitesse moyenne de 78km,5 5 l’heure. Elle était du type Paris-Berlin allégé, c’est-à-dire pesant moins de 1000 kilos à vide. Les troisième et quatrième voitures apparte-tenaient également à la marque Panhard-Levassor. MM. Darracq et Cie ont obtenu la seconde place avec la voiture légère (400 à 650 kg) pilotée par Marcellin; vitesse moyenne, 67 kilomètres à l’heure.
- Enfin, la voiturette Renault, conduite par Crus (250 à 400 kg), a réalisé la vitesse moyenne de 54 km à l’heure (fig. 2).
- Parmi les 21 voitures qui ont achevé le parcours,
- 11 convient de citer : les 4 voilures Serpollet à vapeur chauffées à l’alcool, le tricycle de Dion-Bouton, la voiture belge Dechamps et enfin la motocyclette Buquet-Werner.
- 2° Epreuve de consommation. Tourisme. — Parcours de 750 km en 5 étapes : Paris, Arras, 210 km ; Arras, Boulogne-sur-Mer, Abbeville, 260 km; Abbeville, Dieppe, Yernon, Paris, 260 km. (15, 16 et 17 mai derniers.)
- En raison des circonstances atmosphériques très défavorables, 24 véhicules seulement ont effectué le parcours complet ; mais, justement pour cette raison, il faut leur décerner un brevet d’endurance et de bon fonctionnement.
- Le véhicule dont la consommation a été minima est la voiture Chenard et Walcker (fig. 5) pesant 1200 kg en ordre de marche, avec un moteur de
- 12 chevaux; sa consommation a été seulement de (F’SOOS d’alcool carburé à 50 pour 100 par tonne kilométrique. C’est là un chiffre excessivement réduit qui fait le plus grand honneur au système de la voiture et à son conducteur.
- Parmi les autres véhicules primés, il faut citer les voitures Bardon, les voitures légères Delahaye et de Dion-Bouton, le quadricycle Peugeot, les véhicules Georges Richard, Gillet-Forest, Gladiator, etc.
- Cette épreuve de consommation a été complétée par une série d’essais dynamométriques au labo-
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- ratoire de la rue Jenner, auquel ont pris part les 24 voitures primées. L’appareil qui a servi à effectuer ces essais (fig. 4) et dont on doit la construction à la libéralité de M. Dupuy, ancien ministre de l’Agriculture, qui est un automobiliste distingué, est basé sur le principe suivant :
- Ainsi qu'on le voit sur la figure, deux courroies de 50 centimètres de largeur sont disposées parallèlement sur 4 tambours en fonte munis de tendeurs dont l’écartement correspond à la voie moyenne des
- véhicules automobiles; les deux tambours d’arrière sont montés sur un même arbre qui porte d’un coté une poulie de frein permettant de créer une résistance supplémentaire et de l’autre côté un ventilateur destiné à envoyer de l’air sur les radiateurs de la voiture comme si elle circulait véritablement.
- On amène la voiture sur le chemin roulant en faisant reposer chacune de ses roues motrices sur chacune des courroies ; on attache à l’arrière du véhicule le crochet d’un dynamonfètre enregistreur
- Fi", t. — Voiture de course Panhard-Levassor. Fi". 2. — Yoiturette de course Renault.
- qu’un ingénieux dispositif permet d’élever h volonté suivant la hauteur du châssis au-dessus du sol.
- On met la voiture en marche, et, sous l’action du roulement des roues, le chemin mobile formé par les courroies se dérobe sous elles et la voiture fonctionne sur place.
- Une mesure au compteur de tours donne le chemin parcouru et celui-ci, multiplié par l’effort de traction indiqué au dynamomètre, fournit immédiatement la puissance réellement disponible à la jante du véhicule. Les résultats obtenus, tant au point de vue de la puissance que de la consommation, ont donné d’intéressantes indications qui vont servir de bases à une série d’essais industriels qui, etïectués avec tout le temps désirable, donneront des chiffres des plus utiles à l’industrie automobile.
- 5° Véhicules industriels. — Les épreuves de consommation réservées à ces véhicules ont eu lieu le JO mai sur le parcours de Beauvais à Paris : 85 kilomètres. Dans la catégorie des véhicules portant moins de 500 kg. de charge utile, la Société des établissements Georges Richard a obtenu la première place avec un petit camion muni d’un moteur de 5 chevaux 1/2, portant une charge utile de 500 kg environ; sa consommation kilométrique a été de Qnt,067, ce qui est extrêmement réduit.
- Dans la catégorie des véhicules portant plus de
- 500 kg de charge utile, les premières places ont été obtenues par le camion Bardon, portant 1180 kg de charge utile avec une consommation de 0llt,099 par tonne kilométrique, et par le camion de la Société Nancéenne d’automobiles, avec une consommation de 0lit,154 par tonne kilométrique.
- Il convient de citer encore parmi les véhicules
- primés le gros tombereau à bascule de la Société Nancéenne (fig. 6), ainsi que les véhicules Delahaye, de Diétrich et Gillet-Forest.
- Bateaux. — Malgré le nombre assez considérable d’engagements, deux bateaux seulement ont pris part au concours ; ils sortaient tous les deux des établissements Tellier pour la coque et étaient munis de moteurs Panhard-Levassor. L’un était le Centaure, de 8 mètres de longueur; l’autre, le Lutèce (fig. 5), de 15 mètres de longueur, était muni de deux moteurs de course donnant une puissance nominale de 60 chevaux. Ce bateau a atteint, dans les essais qui ont été effectués, le 20 mai, entre le Pecq et Conllans, sous les règlements de l’Hélice-Club, la vitesse remarquable de plus de 28 kilomètres à l’heure, avec une dépense de lut,l 4 par kilomètre.
- L’ensemble de ces épreuves a montré encore une fois que l’alcool pouvait avantageusement lutter dans les moteurs à explosion avec les pétroles étrangers.
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- LA NATUHL
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- Nul doute ([ne chaque aimée des progrès ne soient constatés, qui ne larderont pas à en répandre l’emploi et., par suite, à contribuer à l’abaissement des prix
- de vente, afin d’assurer l’essor définitif de notre combustible national. Lucien Périsse,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
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- LA NATURE.
- UN AVEUGLE OUI APPREND A VOIR
- Un journal médical de Vienne1 a publié dernièrement les résultats d’une expérience fort intéressante faite par M. lleller, directeur d’une institution d’aveugles près de Vienne. Ce maître habile a accompli le véritable prodige de rendre la vue à un jeune aveugle de naissance au moyen d’exercices appropriés fort longs.
- Il y a de cela trois ans, on lui envoya de Hongrie deux petits garçons de cinq et sept ans, deux frères, pour les préparer à recevoir l’enseignement dans son institution. M. lleller ayant tout d’abord conduit ses deux élèves à un médecin, celui-ci déclara (pie leurs yeux ne présentaient aucun défaut apparent et semblaient être absolument normaux. L’oculiste conclut de son examen que la cause de la cécité était d’origine cérébrale et qu’un traitement médical ne pouvait être d’aucune utilité.
- C’est alors que M. lleller, plein d’espoir dans la réussite, entreprit l’expérience suivante : il installa une chambre obscure et y lit placer un.disque* parfaitement éclairé par une lampe disposée à cet effet. A l’aide de ce disque mobile on apprit aux deux infirmes, Ernst et Bêla, à distinguer l’obscurité- de la lumière, ce qu’ils n’avaient pu faire jusqu’alors. Un élève de M. lleller, d’âge plus avancé, dirigea ces exercices. On ne tarda pas à s’apercevoir que le plus jeune enfant, Bêla, faisait des progrès beaucoup plus rapides que son frère. Quand il fut capable de voir le disque éclairé, on plaça devant celui-ci un objet .connu de l’infirme depuis longtemps; ce fut tout d’abord une grande clé avec laquelle il avait souvent joué dans sa première enfance. On lui dit alors que l’objet qui lui apparaissait contre le disque éclairé était sa grande clé et on lui en fit la description. En opérant de la même manière, on lui fit voir une boule et divers objets usuels qu’il distingua fort bien et ne confondit jamais dans la suite. Cela fait, on lui montra sur le disque des lignes droites, des angles, des circonférences et autres formes géométriques, puis enfin on passa aux lettres de l’alphabet et à la lecture qui lui fut enseignée.
- Durant toute cette première période des exercices, Bêla resta parfaitement aveugle hors de la salle d’expériences : même en pleine lumière solaire, il ne pouvait rien voir. Mais on parvint dans la chambre obscure à lui faire distinguer les couleurs. Pour cela, on plaça un verre rouge devant la lampe éclairant le disque, et quand l’enfant entra dans la pièce, il s’aperçut du changement et dit aussitôt : « Aujourd’hui, il y a une autre lumière )) ; on s’empressa de confirmer l’exactitude de sa remarque en ajoutant que cette « autre lumière » était rouge. Et il fut procédé de la même façon pour les différentes couleurs.
- Au mois d’octobre 1900, M. lleller conduisit à nouveau Bêla chez le médecin qui l’avait examiné avant les expériences. Ce praticien ne voulut pas croire tout d’abord à l’amélioration de la vue chez le petit infirme, mais après un examen minutieux, il fut obligé de convenir que la chose était parfaitement exacte.
- Dans la suite l’enfant parvint à distinguer des objets placés, non plus devant le disque comme au début, mais simplement dans une chambre quelconque et éclairés par la lumière du jour.
- Le premier examen des yeux, nous l’avons dit, n’avait rien révélé de particulier, mais un second, peut-être plus minutieux, amena la découverte d’une défectuosité de la
- rétine. Malgré cela, le médecin persista dans sa croyance que la cécité devait être, au moins partiellement, d’origine cérébrale.
- Bêla devait posséder tout d’abord, semble-t-il, un champ de vue appréciable, bien qu’assez restreint toutefois, et c’est pour cela, affirme le Dr Colin, de Breslau, que l’apprentissage de la vue a été possible chez ce sujet si curieux. Sans cette sorte de résidu visuel, on n’eùt pu obtenir un tel résultat, même avec de longs et persévérants efforts, car là où l’œil est entièrement détruit, il n’est au pouvoir de personne de le rendre apte à percevoir la lumière. Suivant le Dr Colin, très vraisemblablement le champ visuel du jeune aveugle était à l’origine trop petit pour lui rendre d’appréciables services ; aussi l’enfant négligea-t-il de se servir de son œil, trouvant plus aisé de recourir au toucher. C’est grâce à de patients efforts et à des exercices nombreux et fréquemment répétés qu’on parvint à étendre la capacité visuelle de Bêla autant qu’il était possible de le faire.
- Mais ce que l’on obtint avec cet enfant, ne pourrait-on l’obtenir avec d’autres aveugles, ceux tout au moins chez * qui la vision n’est pas complètement abolie ? En d’autres termes, n’y aurait-il point possibilité de rendre la vue à une catégorie déterminée d’aveugles comme on rend l’audition à certains enfants sourds-muets considérés par leur entourage comme sourds complets? Un sait en effet que, chez les infirmes de l’ouïe, la surdité est partielle, le plus souvent, et que, grâce à l’emploi d’instruments spéciaux, ou même simplement de la voix nue, on réussit à réveiller un sens qui n’était qu’endormi. C’est ainsi que tel sujet qui passait pour n’entendre pas ou ne percevoir que les bruits ou les sons les plus intenses, sans arriver toutefois à différencier les voyelles, y parvient au bout d’un certain temps, et réussit même à distinguer la plupart des consonnes et — ce qui est beaucoup plus surprenant — à saisir la parole, pourvu toutefois qu’on ait la précaution d’enfler un peu la voix ou de parler plus près de l’oreille.
- Les expériences de M. lleller sont fort curieuses et très encourageantes; il est à désirer qu’elles soient poursuivies par ce maître distingué et même reprises par tous ceux qu’intéresse le sort des aveugles. Et les muets parlant déjà, les sourds commençant à entendre, peut-être arrivera-t-il prochainement que les aveugles verront, suivant la parole de l’Écriture. E. Drouot.
- FREINAGE DES AUTOMOBILES
- DES VOITURES A CHEVAUX ET DES VÉLOCIPÈDES
- Quelques expériences récemment faites à New-York, en vue de déterminer la valeur des efforts de freinage employés dans ces divers véhicules, ont donné les intéressants résultats qui suivent. Non seulement les automobilistes y trouveront l’indication des chiffres qui intéressent leur sécurité et qui guident leurs efforts, mais le public sera intéressé également, et rassuré dans les limites du possible, en apprenant que la valeur des efforts de freinage des voitures automobiles, et par conséquent leurs moyens d’arrêt rapide, dépasse de beaucoup tout ce qui est réalisé dans les autres sortes de véhicules, dans les voitures à chevaux, les trains de chemins de fer, les vélocipèdes, etc. Il est facile, en effet, de réaliser sur les voitures automobiles des efforts de freinage de 300 à 505 kg par tonne, c’est-à-dire trois ou quatre fois les
- 1 Dan medicinische Wiener Wochenbevicht.
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- efforts réalisés dans le freinage des trains de chemins de fer.
- line voiture Uanhard pesant une tonne a été lancée à la vitesse de 10 milles (26 km) à l’heure, et arrêtée sur une distance de 7 à 8 mètres (ce qui fait environ 524 kg d’effort de freinage par tonne).
- Une voiture électrique Riker, d’un poids de 700 kg, ancée à la vitesse de 11 milles (c’est-à-dire 18 km), à l’heure, est arrivée au repos au bout de 14 mètres (effort de freinage beaucoup moindre, mais qui pourrait être amélioré). Une voiture automobile à vapeur Stanley, pesant 450 kg, a été amenée de la vitesse de 16 milles (26 km) à l’heure, au repos absolu sur une distance de 10 mètres environ.
- Une victoria attelée de deux chevaux et lancée à 15 milles (19 km) à l’heure, s’arrête difficilement en moins de 15 mètres, c’est-à-dire que l’effort de freinage dépasse difficilement la moitié des valeurs précédentes.
- Pour un train, il n’en atteint bien souvent pas le tiers *. les meilleurs diagrammes relevés sur les trains de ceinture ou des grandes Compagnies n’attestant qu’un maximum de 100 kg par tonne d’effort de freinage.
- La bicyclette a été dotée de nos jours de moyens de freinage excellents que nous avons décrits1. Nous n’v reviendrons que pour signaler la valeur moyenne du freinage réalisé, d’autant plus élevé relativement que le poids du véhicule est très réduit, et par suite son arrêt rendu très facile.
- Une bicyclette lancée à 52 km à l’heure peut s’arrêter en 18 mètres et même mieux; mais, dans les essais précédents faits à New-York par l’Auto-Club d’Amérique, on a omis de signaler dans les rapports le poids des bicyclettes soumises aux expériences : tels quels les essais de l’Auto-Club sont cependant une intéressante contribution à la question très importante et peu expérimentée des efforts de freinage réalisés sur routes. 11 serait juste d’en tenir compte dans l’élaboration des décrets réglementant les conditions de marche et de vitesse des différentes
- sortes de véhicules. L.
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- LE JARDIN COLONIAL
- L’étendue et la diversité de nos possessions d’outre-mer dont les climats, les sols et les conditions économiques varient à l’infini, placent notre nation au premier rang des peuples colonisateurs.
- Mais, comme on l’a dit si justement, il ne suffit pas d’avoir des colonies, il faut en tirer un parti utile. Or, c’est un fait établi que, si l’exploitation commerciale des produits naturels du sol doit donner quelques compensations aux premiers efforts des colons, elle ne saurait assurer, à elle seule, une définitive richesse de nos possessions d’outre-mer. Seule, l’agriculture, qui fait naître des ressources nouvelles et fait jaillir du sol des richesses qui y étaient latentes, a donné aux possessions coloniales une prospérité soutenue. Aussi tous les peuples qui nous ont précédés dans la voie de la colonisation se sont-ils préoccupés des moyens qu’il convenait de mettre en œuvre pour aider au développement de cette agriculture coloniale.
- C’est dans ce but qu’a été créé récemment, aux
- 1 Voy. n° 1480, du 5 octobre 1901, p. 500, et n° 1498, du 8 février 1902, p. 155.
- portes de Uaris, sur la lisière du bois de Yineennes, à Nogent-sur-Marne, le Jardin Colonial.
- Il n est pas sans intérêt de dire quels sont son but, son fonctionnement, ses moyens d’action. Un s’est demandé en effet, pourquoi cet établissement avait été créé à Paris et non aux colonies. La raison en est simple, c est que le but poursuivi n’est nullement d essayer d'introduire et d’acclimater, sous notre climat, des plantes des régions chaudes, pas plus que d’en expérimenter la culture.
- Ainsi que l’a défini le décret du 5 mai 1900, le programme du Jardin Colonial est tout autre. 11 est, d une part de poursuivre l’étude des produits si nombreux que renferment nos colonies et dont un si grand nombre reste encore sans emploi ; de faire, par des enquêtes, l’inventaire de ces produits, d’en déterminer l’emploi, d’en vulgariser la connaissance. C’est Là le rôle de ses laboratoires de botanique et de chimie.
- Le service des cultures, d’autre part, a dans ses attributions de cultiver et de propager toutes les plantes utiles. Ce rôle, appliqué aux plantes tropicales, est loin d'être aussi simple que s’il s’agissait de végétaux de nos régions, les semences de la plupart des plantes des pays chauds offrant la particularité de perdre avec une extrême facilité leur faculté de germer. C’est ainsi que les graines de cacaoyers, de girofliers, de muscadiers, pour ne citer que celles-là, perdent en quelques jours le pouvoir de pousser. S’il s’était donc agi de transporter directement de l’Amérique du Sud à la côte occidentale d’Afrique, des semences de ces plantes précieuses, le problème aurait été impossible à résoudre, car il n’est pas de services assez rapides pour permettre de transporter ces graines en bon état. Mais il converge vers la France une série de lignes de bateaux à service rapide. Les graines sitôt reçues sont semées, transformées en jeunes plantes, lesquelles sont ensuite expédiées aux jardins d’essai installés dans chaque colonie.
- Le rôle du Jardin Colonial, en matière de culture, ne consiste pas simplement à être un agent de transmission. Il provoque les recherches et les introductions des plantes nouvelles ou pouvant présenter pour telle ou telle colonie un intérêt au point de vue de l’exploitation de son sol.
- C’est par centaines de mille que les plantes sont expédiées chaque année dans les colonies. Dès aujourd’hui tous nos jardins d’essai sont pourvus en plantes utiles, qu’ils propagent dans la région.
- Enfin une des taches des plus intéressantes du Jardin Colonial est d’une part de renseigner le public sur la valeur des produits de nos colonies, sur l’emploi qui peut en être fait, sur l’intérêt qui s’attache à la culture des plantes qui les fournissent ; de l’autre, mettant toutes ces notions générales à la portée des jeunes gens qui désirent s’instruire des choses coloniales, l’établissement leur fournit un enseignement technique qui leur permet de discerner entre elles les diverses plantes coloniales, d’en connaître les
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- LA NATIKL
- produits et les rendements. Un accord intervenu entre le ministère de l’agriculture et celui des colonies établit <|ue les jeifnes gens qui sortent des écoles
- d'agriculture et d’horticulture peuvent accomplir un stage au Jardin Colonial et se préparer soit à diriger des exploitations privées, soit à remplir des fonc-
- Fig. 1. — Un coin du Jardin Colonial.
- Fig. 2. — Un groupe de serres.
- tions dans les services agricoles des colonies1.
- 1 Un récent décret institue au Jardin Colonial un enseignement supérieur de l’agriculture coloniale el en régie le programme el les conditions d'admission.
- Toutefois l’accès de ces études spéciales n'est pas exclusivement réservé aux jeunes gens déjà préparés par une instruction technique, et tous ceux qui désirent se consacrer à la culture coloniale peuvent
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- venir acquérir à l’établissement de.Nogent les notions techniques qu’il leur est indispensable de posséder pour réussir. Tel est dans son ensemble le but
- poursuivi. Son importance et l’iniluence qu’il devra exercer sur l’avenir et la prospérité de nos possessions d’oulro-mer n’échapperont à personne.
- Fig. 5. — Salle de collections.
- La direction de cet établissement a été confiée à celui qui en conçut le projet et l’exposa en une note 1 qui ne manqua pas d’attirer l’attention des pouvoirs publics. Grâce à ses études antérieures, ses nombreux voyages et les hautes fonctions qu'il avait remplies antérieurement, M. Dybowski, avait acquis
- une préparation qui lui permit de mener à bien, avec des ressources cependant extrêmement modestes, l’œuvre dont il avait conçu le projet.
- Disons un mot de l’installation matérielle du Jardin Colonial. Situé sur la limite du bois de Yin-eeimes, en un site charmant, il occupe une superficie
- de 4 hectares environ. Un parc dont l’accès est public réunit, pendant la belle saison, sur ses pelouses, toutes les essences de nos colonies dont la 1 Les jardins d’essai coloniaux, par J. Dybowski, Sept. 1897.
- culture peut, pendant les mois les plus chauds de l’année, réussir sous notre climat. La figure 1 donne une idée de l’aspect pittoresque que fournit au parc l’emploi de ces végétaux.
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- LA N AT L RE.
- L’espace réservé à la culture comprend des serres de multiplication et des serres de culture (fig. 2). Dans celles-ci, les végétaux sont cultivés en pleine terre et prennent tout l’aspect de plantes normalement venues sous leur climat. Une serre consacrée exclusivement à la culture des caféiers, une autre à la culture du cacaoyer, réunissent toutes les espèces et variétés de ces plantes. Les arbres lleurissent et fructifient, et nous avons pu voir couverts de Heurs, des caféiers, des cacaoyers, de la vanille, ce (pii, on en conviendra, n’est pas, sous le climat de Paris, un spectacle banal. A des laboratoires spacieux et bien installés fait suite une vaste salle de collections (fig. 5), où se trouvent réunis les échantillons de tous les produits utiles de nos colonies classés avec la plus grande méthode.
- Dès maintenant, cet établissement rend les plus grands services à la colonisation agricole et il est appelé à en rendre de considérables dans l’avenir. 11 n’est pas sans intérêt de constater que, cette fois, la France est en avance sur les autres nations. Elle est seule encore à posséder un établissement de ce genre, conçu sur un type nouveau, fait exclusivement en vue de favoriser le développement de l’agriculture coloniale et relevant directement du Ministère des colonies. L’Allemagne et la Belgique songent à créer des établissements similaires. J.-F. Gai.l.
- LES BACTÉRIES
- FABRICANTS I)E COLLEURS
- Un assez grand nombre de Bactéries produisent des matières colorantes, atix teintes parfois très vives, et présentant, dès lors, un grand attrait pour les microbiologistes ou même le commun des mortels appelés à en contempler des cultures.
- 11 y a, à leur égard, deux cas à considérer. Liiez les unes, les plus nombreuses, le pigment coloré reste à l’intérieur des éléments qui l’ont fabriqué ; ce sont alors les Bactéries elles-mêmes qui sont colorées. Chez les autres, le pigment formé dans le protoplasma diffuse, au fur et à mesure de sa production, dans le milieu ambiant; c’est alors celui-ci qui est particulièrement coloré, alors que les colonies des Bactéries elles-mêmes sont plutôt pâles et même incolores : c’est ainsi que le Bacillus fluorescens et le Bacille pyocyanique sont presque blancs, alors qu’ils colorent le milieü de culture en vert.
- Chaque espèce a sa couleur particulière : le jaune citron se rencontre chez le Micrococcus luteus, le jaune d’or chez le Bacillus luteus, le rouge vif chez de nombreuses espèces, le rouge rose chez le Micrococcus prodigiosus, le bleu de ciel chez le Bacille du lait bleu, le bleu vert chez le Bacille du pus bleu, le violet chez le Bacille violet, le brun chez le Bacillus brunneus, le vert chez le Bacille de la diarrhée verte, une fluorescence verte chez le Bacillus fluorescens liquefaciens. Une véritable palette de peintre... La nature de tous ces pigments est mal connue. On sait seulement qu’ils sont très différents les uns des autres. La plupart semblent appartenir au groupe des lipochromes, c’est-à-dire qu’ils sont combinés à des corps gras.
- Tous ces microbes fabriquent leur matière colorante aussi bien à l’obscurité qu’à la lumière, à la condition
- d’avoir de l’oxygène à leur disposition. La mdure chimique du milieu semble cependant agir sur le plus ou moins d’éclat de leurs teintes. La chaleur parait être une condition défavorable à la production du pigment coloré : en général, passé 55°, il se forme mal.
- La plus connue de ces Bactéries chromogènes est le Bacillus prodigiosus, dont les colonies d’un beau rouge apparaissent souvent sur diverses matières alimentaires, le pain par exemple. C’est aussi à lui que doivent être attribuées les taches « de sang » que l’on trouve parfois sur les hosties et auxquelles on reconnaissait jadis une origine divine, prodigieuse, — d’où son nom. Scs éléments sont assez variables de formes : tantôt régulièrement sphériques ou elliptiques, ils peuvent être aussi allongés en courts bâtonnets de 0[x,5 à 1 pi de longueur (le est le millième de millimètre) ; par une manière spéciale de coloration (méthode de Lceffler), on arrive à.reconnaître sur tout le pourtour des éléments quatre à huit cils vibra-tiles, grâce auxquels ils peuvent se déplacer dans un milieu liquide. Il se cultive à peu près sur n’importe quel milieu, mais, mis à l’abri de l’oxygène, il vit en anaérobie et ne fabrique pas de pigment. La production de celui-ci diminue aussi lorsque les cultures sont exposées à 30° ou 55°. Et si l’on cultive longtemps à cette dernière température, la faculté chromogène cesse complètement. Ces cultures dégagent une assez forte odeur d’ammoniaque et de triméthylainine.
- La matière colorante du Bacillus prodigiosus se trouve à l’intérieur des éléments. Ce n’est qu’à la mort de ceux-ci qu’elle les quitte et diffuse dans le milieu ambiant sous forme de granulations. Elle est insoluble dans l’eau, et légèrement soluble dans l’alcool et l’éther; les acides la font virer au carmin, puis au violet; les alcalis la font devenir jaune. La lumière la détruit assez rapidement.
- Le Bacillus prodigiosus envahit parfois toute une boulangerie : en 1843, d’énormes approvisionnements de pain pour les soldats furent ainsi atteints et devinrent rouges. 11 attaque aussi les grains de blé et en provoque l’altération.
- Non moins célèbre est le Bacillus syncyanus auquel est dù le phénomène du lait bleu. A la surface de celui-ci on voit apparaître des taches bleues qui ne tardent pas à se répandre dans la crème au fur et à mesure qu’elle monte : le beurre que l’on fait avec elle est verdâtre et dégage une odeur rance désagréable. On peut cependant fabriquer de bon beurre avec de la crème bleue en y ajoutant 0er,50 d’acide acétique par litre. Pour éviter la propagation de la maladie dans les étables, il suffit de laver les vases avec de l’eau très chaude : le microbe est, en effet, tué par une température de 60°. Sa présence est d’ailleurs inoffensive pour l’homme et les animaux.
- Au microscope, les bâtonnets du Bacille de lait bleu se montrent comme ayant une longueur de ‘J à 4 n, avec des bouts arrondis. Ils sont lentement mobiles, sauf dans le cas où ils forment de petites zooglées, réunis alors par une capsule de gelée qui les entoure. Dans certaines solutions, les bâtonnets présentent un aspect bizarre. Ils deviennent rubanés, sinueux et se renflent en ballon à l’une de leurs extrémités. Le pigment est insoluble dans l’eau ordinaire, l’alcool, l’éther. Il se dissout cependant un peu dans l’eau acidulée, mais les solutions pâlissent rapidement à la lumière. A côté du pigment bleu il y a une petite quantité de matière fluorescente verte.
- Le Bacillus polychroryogenes mérite d’être cité par la propriété, mise en lumière par Macé et Thirv, de produire facilement à la température ordinaire, sans intervention
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- d’actions chimiques ou physiques spéciales, des couleurs variées. Sur les milieux habituels, il donne, mais avec une inégale fréquence, le bleu, le violet, le rouge, le vert, le jaune, les diverses nuances spectrales. En outre, sur les milieux solides s’observent souvent des amas de formations cristallines d’un beau bleu indigo foncé, semblables de forme et d’aspect à l’indigo urinaire. 11 se rencontre dans les eaux de puits et les eaux de conduite.
- Le Bacillus violaceus se rencontre aussi dans l’eau ; il parait également exister dans l’air, car on l’a reconnu dans l’eau de fusion des gréions. 11 est immobile et a de ‘2 à 5 [j. de longueur. La matière colorante ne se produit pas quand on cultive la bactérie en milieu liquide. Elle apparaît, au contraire, dans les cultures sur gélose ; elle n’imprègne pas les cellules, mais la substance gélatineuse qui les réunit en zooglées. Insoluble dans l’eau, le pigment est soluble dans l’alcool absolu en donnant une solution d’un beau violet semblable au violet d’aniline. Lorsqu’on cultive le Bacille violet sur gélose pendant plusieurs générations, la production du pigment diminue et enfin disparaît; mais la propriété chromogène reparaît en ensemençant les mêmes bactéries sur pomme de terre.
- il. \an Tieghem a trouvé un Bacille vert dans la cavité, pleine d’eau, d’un chapeau de Polypore ; mais, depuis, il n’a pas été retrouvé, ce qui est regrettable, car on en aurait pu faire une étude approfondie; on aurait pu notamment voir s’il y a identité entre un pigment et la chlorophylle. M. Van Tieghem, admettant cette identité, en a conclu que les Bactéries devaient se rattacher aux algues et non aux champignons.
- Le Bacillus fluorescens liquefaciens abonde dans toutes les putréfactions, dans l’eau, l’air et la partie superficielle du sol. Son nom vient de ce qu’il fabrique une belle fluorescence verte. 11 apparaît sous la forme de petits bâtonnets, de Op.,4 à 1 |j.,5 de longueur, arrondis aux extrémités, mobiles et souvent réunis par deux. Dans les milieux solides, la longueur peut atteindre 5jj.,2. La nuance normale de son pigment paraît être bleue, mais, généralement, celui-ci vire au vert par suite de la présence de l’ammoniaque dégagée par le bacille.
- Un Bacille jaune se rencontre fréquemment dans l’air et vient souvent contaminer les plaques de gélatine de culture. Un autre apparaît quelquefois dans le lait cuit, auquel il communique sa couleur. Les espèces que nous venons de citer appartiennent toutes au genre Bacille, caractérisé par des éléments en forme de bâtonnets. On en trouve aussi, dans les Micrococcus, à éléments arrondis, tâtons, par exemple, le Micrococcus rose, très commun dans l’air, et qui forme souvent sur les plaques de petits boutons rosés, souvent mamelonnés au centre ; le Micrococcus orangé, une des espèces les plus communes de l’air: le Micrococcus jaune, qui apparaît souvent sur les tranches de pommes de terre, et le Micrococcus bleu, rencontré sur des pommes de terre cuites exposées à l’air. On peut aussi rencontrer des espèces chromogènes chez les Sarcines, les Cladothrix, etc.
- Une mention spéciale doit être faite pour le pigment pourpré de ces Bactéries que Winogradsky a réunies sous le nom de sulfobactéries, mais que certains cryptogamistes éloignent des Bactéries proprement dites pour les mettre dans la classe des .algues. Elles sont teintes, dans le protoplasma lui-même, par de la bactériopurpurine. Nous empruntons à M. Jean Friedel l’exposé de ses propriétés.
- La bactériopurpurine ne présente pas la même coloration chez toutes les espèces, ni même chez tous les individus d’une même espèce. Sa couleur est d’un pourpre
- bleuâtre ou brunâtre suivant les cas. Pour une espèce donnée la teinte est d’autant plus bleue que la végétation est mieux portante. Ce pigment, protoplasmique comme la chlorophylle, jouit comme elle de la propriété de donner lieu à des phénomènes d’assimilation, qui ont été mis en évidence par M. Engelmann. Les matières colorantes des algues rouges, bleues et brunes n’ont pas un semblable pouvoir; ces végétaux n’assimilent que grâce à la chlorophylle qu’ils possèdent, mêlée à leurs pigments particuliers. Les matières colorantes des bactéries chromogènes que nous avons étudiées plus haut ne sont pas non plus comparables à la bactériopurpurine, car elles sont absolument inertes et semblent plutôt des résidus de la vitalité des microbes, des produits de désassimilation.
- La bactériopurpurine n’est jamais mélangée de chlorophylle. Eu cas de dessiccation rapide à une chaleur modérée, elle conserve très bien sa couleur. Le spectre présente des bandes caractéristiques dans l’orangé, le vert, le bleu et le violet. La bande dans le rouge, si nette chez la chlorophylle, fait ici complètement défaut. Dans la région de l’infra-rougc on observe une large bande d’absorption ; or, le spectre de la chlorophylle possède des bandes dans l’ultra-violet, mais rien dans l’infra-rouge.
- Les Bactéries pourprées subissent toutes l’action de la lumière, et cette action est d’autant plus intense qu’elles sont plus colorées. A l’obscurité, elles sont immobiles et restent groupées en zooglées. À la lumière, elles sont, au contraire, douées de motilité. Pour un éclairage constant et un peu prolongé, le mouvement est, en général, en raison directe de l’intensité lumineuse. L’action de la lumière a besoin d’un certain temps pour se manifester; la durée nécessaire est assez variable suivant les espèces. M. Engelmann l’appelle stade d’induction photocinétique. Si l’on amène une diminution subite de l’intensité lumineuse, les individus qui nageaient librement se jettent brusquement en arrière, puis reprennent leur marche progressive en avant. Il convient de remarquer que ce phénomène si soudain est bien distinct de l’action générale de la lumière, puisqu’il n’exige aucune période d’induction. D’une manière générale, l’action est d’autant plus intense que l’aération est moins bonne, ce qui conduit tout naturellement à penser que la lumière doit modifier les échanges gazeux. Chez le Bacterium photo-melricum, une augmentation de la proportion d’acide organique agit comme un obscurcissement subit, les variations de tension de l’oxygène agissent comme des variations d’éclairement, mais avec une intensité moindre.
- Les diverses radiations lumineuses n’exercent pas la même influence sur les Bactéries pourpres. Si l’on projette un spectre sur le champ d’un microscope dans lequel on observe une culture, les Bactéries viennent se grouper en plusieurs amas dont la place concorde parfaitement avec la position des bandes d’absorption de la bactériopurpurine. On peut alors sécher la préparation, et l’on obtient un « bactériospectrogramme ». On constate que l’amas le plus considérable correspond à la bande d’absorption située dans l’infra-rouge. Les bandes de la portion visible du spectre se retrouvent également. On voit ainsi que les seules radiations utilisables pour les Bactéries pourprées sont celles qui peuvent être absorbées par la bactériopurpurine.
- 11 restait encore à montrer à quoi sert cette lumière que les organismes en question recherchent avec tant d’activité. 11 semblait naturel d’admettre que l’on était en présence d’une action assez semblable à l’assimilation chlorophyllienne; pour vérifier cette hypothèse, il fallait
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- mettre en évidence de très faibles quantités d’oxygène dans des préparations microscopiques. M. Engelmann a eu recours à des réactifs vivants très sensibles. 11 s’est adressé à divers microbes avides d’oxygène et les a introduits dans la lamelle avec des Bacillus photonietrieus. 11 a vu de la sorte, à la lumière, ces microbes se grouper autour de ces derniers pour « happer » l’oxygène émis au fur et à mesure de sa production. Henri Uoupin.
- LES CLOCHES SOLS-ll MINES DE BOSTON
- Le port de Boston vient d’installer un système de signaux sons-marins qui excite la curiosité et fait grand bruit de l’autre coté de l’Atlantique.
- Ce système consiste en une cloche immergée près de terre et mise en vibration à l’aide de l’électricité ; les mouvements vibratoires ainsi produits se propagent dans l’eau à assez grande distance wt permettent d’établir des communications entre la terre ferme et les bateaux qui entrent ou sortent du port. Cette invention est, dans son principe, analogue à celle de la télégraphie sans fil ; les ondes électriques qui se propagent à travers l’atmosphère sont remplacées par des ondes se produisant dans la masse liquide de la mer. La portée est loin d’être la même dans les deux cas ; alors que la télégraphie sans lil peut permettre de correspondre à plus de 185km,2, la cloche sous-marine ne peut guère porter un message au delà de 22km,2; mais on compte pouvoir plus tard augmenter considérablement cette portée.
- Ce système de communication a été inventé et installé par un savant millionnaire, le professeur Elisha Gray, qui, par une malheureuse coïncidence, vient de mourir alors que son œuvre était à peine achevée.
- L’installation est des plus simples. Dans une petite cabane, élevée près d’un phare, se trouve l’appareil électrique. En mer, à une centaine de mètres, on a
- mouillé la cloche sous-marine à une profondeur de 12 à 15 mètres. Un câble électrique relie la cabane à la cloche. 11 suffit de presser un bouton pour que le battant de la cloche entre en action et produise les vibrations de cette dernière. Ces vibrations peuvent être courtes ou prolongées de façon à reproduire des signaux semblables à ceux usités dans l'alphabet Morse. Elles sont tellement puissantes qu’un homme dans un canot les perçoit nettes et distinctes à une distance de 9km,2t>. Les grands bateaux et les transatlantiques peuvent les recueillir jusqu'à une distance de 22km,224 soit à l'aide d'un cornet acoustique, soit encore en faisant usage de disques métalliques disposés sur les lianes du navire et susceptibles de vibrer sous l’action vibratoire de la cloche. Les messages ainsi recueillis sont traduits comme un télégramme ordinaire expédié suivant les signes de l’alphabet Morse.
- L’appareil consiste en une grosse cloche pesant environ 500 kilogrammes supportée par une bouée; le tout, étant susceptible de flotter, est maintenu à une profondeur de 12 à 15 mètres à l’aide de chaînes d’ancre. Un flotteur indique à la surface de la mer le point où la cloche est mouillée. L’appareil de transmission des signaux, qui est établi sur la terre ferme, est mis en communication par un câble conducteur avec la cloche et commande au battant de cette dernière, en produisant, comme nous l’avons dit, des vibrations de durée longue ou courte.
- Un compte pouvoir augmenter la distance à laquelle les signaux seront envoyés à l’aide de stations flottantes supplémentaires, constituées par de solides pontons, mouillés de 22km,2 en 22km,2.La première station, établie à 22km,2 de la première cloche, recueillerait les signaux envoyés par cette dernière et les ferait reproduire, au fur et à mesure, par la cloche qui lui serait affectée. Une station flottante permettrait donc d’atteindre 44km,4; deux stations 66km,6, et ainsi de suite. Jusqu’à présentai n’a été établi à Boston qu’une seule station bottante et on estime que cela est suffisant pour le moment.
- Peut-être cette invention serait-elle susceptible d’avoir une application toute naturelle en ce qui concerne les sous-marins. Les bateaux de cette espèce, destinés à la défense d’un port, pourraient ainsi être en communication constante avec le commandement central qui serait alors à même de coordonner leurs efforts en vue d’une action commune. Un y songerait aux Etats-Unis. L. Geinty.
- A, flotteur ; li, bouée ; C, ancre ; D, câble relié au moteur ; E, ancre de Tond ; F, fond de la iner.
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- L’ANALGÉSIE
- PAR LES COURANTS DE HAUTE FRÉQUENCE
- En matière de chirurgie dentaire, quand il s'agit de supprimer la douleur souvent très vive des opérations, Ton ne recourt que fort exceptionnellement au chloroforme ou à l’éther. A juste titre, en effet, Ton estime que ces anesthésiques généraux, infiniment précieux quand il s’agit d’interventions graves et prolongées, en raison des dangers qu’ils présentent et des malaises post-opératoires qu’ils entraînent — malaises nécessitant des précautions et une surveillance spéciales -— doivent être absolument écartés quand il s’agit de l’avulsion d’une dent chez des malades devant, en général, reprendre immédiatement leurs occupations coutumières. Aussi, est-ce à l’action analgésiante de la cocaïne, ou à l’insens i b i 1 i s ation produite par le froid dû à une application de glace pilée ou à l’évaporation rapide du chlorure d’éthyle que l’on s’adresse communément, encore que ces divers procédés ne laissent pas de présenter leurs inconvénients, les injections de cocaïne, par exemple, n’étant pas toujours sans danger, et les autres modes d’anesthésie bien souvent n’amenant pas une suppression convenable de la douleur.
- Pour ces diverses raisons, les praticiens depuis longtemps recherchent un procédé d’insensibilisation à la fois rapide, efficace et inoffensif.
- Un tel problème, en dépit de ces difficultés, n’était pas insoluble; il vient, en effet, d’être mené à bien, et de façon fort élégante, par deux médecins habiles, MM. Régnier, chef du laboratoire d’électrothérapie à l’hôpital de la Charité, et Rydsbury.
- M. le professeur d’Arsonval avait déjà montré que la peau des sujets soumis à l’action des courants
- de haute fréquence devenait insensible. M. Régnier songea qu’il serait peut-être possible d’étendre cette anesthésie aux besoins de la chirurgie dentaire, et, avec l’aide de M. Rydsbury, à la clinique dentaire de la Fondation Pereire, à Levallois-Perret, il institua une série de recherches expérimentales.
- MM. Régnier et Rydsbury se posèrent donc le programme suivant : 1° arriver à pratiquer sans douleur l’extraction des dents, le curettage de la dentine d’une carie non pénétrante, douloureuse, d’une chambre pulpaire ou d’un canal dentaire et la réimplantation ; 2° obtenir une insensibilisation permettant d’ouvrir le sinus maxillaire, d’enlever l’épu-lis, et en dernier lieu s’assurer si le procédé adopté d’anesthésie peut s'appliquer à toutes les opérations courantes en chirurgie dentaire.
- La méthode suivie par les deux expérimentateurs pour réaliser l’insensibilisation dans l’extraction des dents et le curettage de la dentine est la suivante. Ils mettent en relation, par l’intermédiaire d’un conducteur simple, un dispositif de M. Gaiffe — comprenant une bobine de 50 centimètres d’étincelle avec interrupteur Contremoulin et condensateur à pétrole, relié à un résonnateur Oudin — avec une électrode appliquée sur la région à anesthésier, électrode constituée par un moulage en stent ou plus simplement en terre glaise rendu parfaitement conducteur par un revêtement intérieur d’une poudre métallique et d’une mince feuille d’étain. De plus, pour absorber la chaleur produite par le courant, cette dernière feuille est enduite d’une couche de pâte d’amiante humide.
- Un galvanomètre disposé sur le trajet du conducteur reliant le résonnateur et l’électrode permet de connaître à tout instant l’intensité du courant passant dans le corps du patient.
- Les choses étant ainsi disposées, l’appareil est mis en marche et le sujet est soumis durant plu-
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- sieurs minutes à l’action du courant. Quand celui-ci a api, l’insensibilisation est réalisée et l’on peut procéder à l’opération.
- Les résultats obtenus par cette méthode sont des plus encourageants, ainsi que l’établit nettement la statistique suivante soumise dernièrement à l’Académie des sciences,
- « Dans 14 cas d’extraction de dents monoradiculaires, disent les auteurs, nous avons eu : 13 fois l’insensibilisation complète ; 1 fois une insensibilisation relative avec une application électrique de 30 secondes seulement.
- « Dans 29 cas d’extraction de dents polyradiculaircs, nous avons eu : 12 fois l'insensibilisation complète ; 11 fois l’insensibilisation relative; 0 fois rien par faute de technique ».
- En d’autres termes, les dents monoradiculaires non atteintes de périostite sont enlevées avec l’indolence la plus complète, après une application de 3 à 5 minutes et avec une intensité de 150 h 200 milliampères. Pour les dents polyradiculaircs non atteintes de périostite, elles exigent une application un peu plus longue et une intensité de 200 à 250 milliampères. Quant aux dents atteintes de périostite aiguë ou chronique, enfin, elles sont plus rebelles à l’insensibilisation et n’ont pu encore jusqu’ici être insensibilisées complètement. Ces résultats si intéressants ne sont du reste point les seuls que la nouvelle méthode d’anesthésie ait permis d’obtenir. Depuis la communication de MM. Régnier et Dids-burv, un autre praticien distingué, M. Rillenkin, chirurgien à Épernay, a imaginé avec succès de mettre à profit les propriétés analgésiantes des courants de haute fréquence pour les besoins de certaines interventions chirurgicales importantes qui nécessitaient jusqu’ici l’emploi du chloroforme. C’est ainsi que tout dernièrement M. d’Arsonval pouvait annoncer à l’Académie des sciences que M. Rillenkin était'- arrivé à pratiquer, sans aucune douleur pour le malade, l’opération de l’ablation d’un fort paquet hémorrhoïdal. Voilà qui montre nettement quel est l’avenir de la méthode nouvelle.
- La nouvelle voie suivie semble vraiment féconde et il est permis d’espérer que dans un avenir prochain, au moins pour la majorité des besoins de la petite chirurgie, nous disposerons, pour abolir la douleur, d’un procédé nouveau à la fois inoffeusif et efficace. Georges Yitoux.
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- CHR0NIQUE
- Événements sismiques. — A la Martinique, il y a eu recrudescence dans l’éruption le 20 mai. Les habitants de Fort-de-France disent que l’activité du volcan suit les phases de la lune. Le tremblement de terre du Guatemala était survenu le 18 avril au moment où le volcan de Saint-Pierre commençait à gronder et à annoncer une éruption prochaine. Les secousses du Guatemala ont renversé du 18 ru 22 avril les villes de Quezaltenango, Amatitlan et d’autres encore en faisant des milliers de victimes. Or,
- voici, d’après un télégramme de San Francisco que le vapeur Palena, en passant devant le Guatemala, s’est trouvé en face d’une éruption du volcan de Tocano. La moitié de la ville de Tretalhulen aurait été détruite et il y aurait eu plus de 1000 morts. Une petite ville près de la capitale de Guatemala aurait été en même temps renversée par un tremblement de terre. On ne dit pas exactement la date de ces événements.
- Éruptions et taches solaires. — Sir Norman Lockyer, dans une lettre au journal anglais Nature, constate que la catastrophe de la Martinique s’est produite à une époque correspondant à un minimum dans le nombre de taches solaires. Ce fait a été pour sir N. Lockyer le point de départ d’une étude d’où il résulte que les troubles sismiques qui se sont manifestés depuis 70 ans ont toujours à peu près coïncidé, comme d’ailleurs les pluies dans les Indes Orientales, avec un maximum ou un minimum. On retrouve même, dans la succession des phénomènes, la période solaire établie par Lockyer, qui correspond approximativement avec le cycle météorologique de Bruckner. C’est ainsi qu’en 1867 et actuellement en 1902, c’est-à-dire à des dates séparées par exactement 55 ans, les phénomènes ont présenté une intensité particulière. En 1867, Mauna, l’Amérique du Sud, Formose, le Vésuve et, dans les Antilles, Saint-Thomas furent parmi les régions troublées. Au maximum 1871-1872 ce fut le tour de la Martinique et de Saint-Vincent. En 1885 eut lieu l’éruption du Krakatoa. A Tokio où les observatoires sismologiques sont des plus perfectionnés, la même concordance s’est vérifiée. Les travaux des bureaux météorologique des Indes Orientales permettent d’établir une corrélation entre les changements solaires et les variations barométriques tropicales.
- Le genévrier et son influenee sur les pommiers. — Le général Jacquet'possède, sur les bords du lac Léman, une propriété composée d’un parc d’agrément et d’un jardin potager. Comme il aime beaucoup les arbres il en a planté le plus possible et de toutes les essences. Il y a quelques années le jardinier s’aperçut qu’une maladie cryptogamique sévissait sur les pommiers et que ceux-ci dépérissaient visiblement, ne donnant plus que quelques fruits rares et d’aspect chétif. Le général ne savait à quelle cause attribuer la maladie dont souffraient ses arbres fruitiers, quand il reçut un beau jour la visite d’un de ses anciens canonniers — aujourd’hui chef de culture dans un grand établissement horticole. Lavenir (c’est le nom du chef-jardinier) visita le verger, puis parcourut le parc, et finalement tomba en arrêt devant un très beau pied de genévrier sabine, qui poussait dans la pelouse, à 200 mètres du jardin fruitier: « Voilà le coupable ! fit-il. 11 faut arracher cet arbuste et vos pommiers guériront ». La plante fut aussitôt coupée et, en effet, les pommiers les moins atteints reprirent peu à peu leur vigueur et recommencèrent à produire. Il était temps, du reste, car un certain nombre de propriétaires voisins s’apercevaient également que leurs pommiers dépérissaient aussi, à 7 et 800 mètres de distance. Il paraît que le genévrier sabine donne naissance à une larve qui se développe sur lui et qui, après sa métamorphose, vient piquer les pommiers. Avis donc aux amateurs de jardinage.
- L'influence (le la vitesse sur les dépenses d’un train. — On sait qu’en matière de navigation maritime les dépenses, et principalement la consommation de charbon, augmentent dans des proportions pro-
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- digieuses au fur et à mesure qu’on veut faire donner une vitesse plus grande aux navires : bien que les conditions ne soient pas exactement les mêmes, il est évidemment intéressant de rechercher quelle relation il peut y avoir entre les dépenses de charbon et d’eau pour la propulsion d’un train de chemin de fer et l’allure qu’on lui imprime. Des expériences de ce genre viennent d’être effectuées aux États-Unis.
- On a donc relevé à plusieurs reprises les consommations d’un convoi rapide qui franchit les 529 kilomètres séparant Burlington de Chicago, à une allure de 81 kilomètres, puis on forma un train de marchandises auquel on fit effectuer ce parcours, et à plusieurs reprises également, à une vitesse moitié moindre. En représentant par 100 la consommation d’eau et de charbon par tonne-kilomètre pour le rapide, on est arrivé à constater que la consommation correspondante du train de marchandises était figurée par les chiffres 68 et 54,5. Mais comme il fallait tenir compte d’autre part de ce que le convoi rapide exigeait l’emploi d’une machine plus lourde et plus coûteuse, en faisant état de tout, on a pu conclure que les dépenses sont sensiblement proportionnelles à la vitesse : ce qui justifie pleinement la pratique suivie dans bien des pays étrangers (comme en Belgique) de faire payer un supplément aux voyageurs pour l’usage des express et rapides.
- Sirène à gaz pour appeler en cas «l'incendie.
- — 11 existe à Cherryvale dans le Kansas une source de gaz naturel d’un débit extraordinaire, puisqu’on l’évalue à 13 millions de pieds cubiques par jour (551 000 mètres cubes), soit 4 mètres cubes par seconde. Cette source a été captée de façon que le gaz est livré à la consommation, soit pour le chauffage, soit pour l’éclairage, soit pour le travail d’une fonderie de zinc occupant 300 ouvriers. La compagnie locale des pompiers a eu l’idée d’utiliser la grande pression développée par le gaz à sa sortie pour faire installer, à son usage particulier, une sirène, dont le sifflet, d’une puissance exceptionnelle, peut s’entendre à plusieurs kilomètres de distance.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 juin 1902.
- Présidence de M. Bouqüet de la Grye.
- Découverte d'animal, fossile. — M. A. Gaudry annonce que M. Tournoüer, au cours d’une mission en Patagonie, a découvert le pvrothérium sur les bords du rio Descado.
- Océanographie. — M. le prince de Monaco présente un instrument nouveau construit en vue d’étudier les densités des nappes d’eau à différentes profondeurs et d’acquérir ainsi des données sur les courants sous-marins. Les anciens instruments employés dans ce but étaient lourds, parce qu’on supposait que les gaz dissous étaient à cette profondeur sous une pression considérable. Le nouvel appareil imaginé par M. le Dr Richard est léger; il peut s’accrocher en nombre considérable le long de la ligne de sonde. Le jeu des soupapes est réglé de manière que l’eau le traverse tant que la sonde descend et que les soupapes se referment dès que la sonde remonte en même temps qu’un thermomètre fonctionne. On a de la sorte une série d’échantillons d’eau dont on connaît la température recueillie à profondeurs différentes en peu
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- de temps. M. Thoulet a eu en mains les données d’un sondage d’une profondeur de 1485 mètres. Elles lui ont permis de constater qu’il existe dans la Méditerranée des variations de densité et de température qui sont contraires à l’hypothèse d’une immobilité des eaux profondes. Mais il faut attendre d’avoir pu comparer les résultats de séries de sondages pour avoir des données sur les courants.
- Réfrangibilité de l’œil. — M. d’Arsorival analyse une Note de M. Charpentier relative à -là rvariation du pouvoir réfringent de l’œil. Il a constaté que1 cette réfraction est fonction de l’éclairage et qu’elle augmente quand l’éclairage diminue. L’effet résultant de la variation peut atteindre deux dioptries. M. Charpentier démontre qu’en la circonstance la pupille n’intervient pas et qu’il s’agit d’un déplacement de la rétine qui se fait sous l’influence de l’éclairage. Il s’agit d’ailleurs d’un déplacement très faible qui ne dépasse pas un tiérs dé millimètre. Par quel mécanisme ce mouvement a-t-il lieu? L’auteur ne peut encore le dire, mais du moins il peut affirmer qu’il a éliminé dans l’expérience tout effet d’accommodation en injectant de l’atropine qui détermine la paraivsie des muscles agissants sur le cristallin.
- Transformation de la graisse dans l’organisme. — M. A. Gautier résume une Note dans laquelle M. Hanriot défend sa découverte de l’existence dans le sang d’un ferment qui saponifie les graisses. 11 explique que si l’émulsion de graisse ajoutée au sang ne se saponifie pas, ce n’est point parce que le ferment n’existe pas, ainsi qu’on l’a objecté, c’est parce que les molécules de graisse ne sont pas touchées par le ferment en raison de leur état vésiculaire; il montre encore qu’une autre expérience n’est pas plus concluante contre l’existence du ferment.
- Élection. — M. Amagat, correspondant de la section de physique, est élu membre de la section de physique, en remplacement de M. Cornu, par 52 voix contre 20 données à M. Curie.
- Varia. — M. Edmond Perrier fait hommage à l’Académie d’un volume contenant tous les discours qui ont été prononcés, le 9 mars 1902, au Muséum, lors de la cérémonie instituée en l’honneur de M. A. Gaudry. — M. Michel Lévy.présente une Note de M. Lacroix signalant l’analogie de certaines roches rejetées au cours d’anciennes éruptions de la montagne Pelée, avec le porphyre bleu de l’Esterel. — MM. Lépine et Boulud adressent une Note sur les leucomaïnes diabétogènes.
- Ch. de Yilledeuil.
- CRABES ET HOMARDS
- Le Musée américain d’Histoire naturelle vient d’enrichir sa collection d'un véritable « phénomène » marin. Il s’agit d’un crabe géant, originaire du Japon, qui mesure 5m,60 tout déployé. Ce crustacé appartient à une espèce particulière de crabes-araignées qui habite les eaux japonaises, lesquelles abritent d’ailleurs plus de 1100 espèces, au dire du professeur Jordan. Ses dimensions sont mises en évidence dans notre gravure où l’on voit, à côté du monstre, un crabe de grandeur moyenne. Son corps tiendrait à peu près dans une grande assiette de table et, ses deux tentacules armés de pinces à dents de scie cir-
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- conscrivent facilement l’espace qu’occuperait un homme étendu. Ses huit pattes, très extensibles, font penser h des pousses de bambou.
- Les crabes jouissent d’une faculté singulière, ils peuvent se confectionner un déguisement complet avec des fragments d’éponge et de varech.
- S’aidant de leurs pinces flexibles ils portent ces débris h leur bouche et les humectent d’une sorte de salive agglutinante, puis ils se les appliquent sur le corps et les font adhérer par un mouvement de va-et-vient. Ainsi paré, notre crabe va se tapir au fond et attend sa victime.
- Un autre ornement du Musée est un homard également gigantesque capturé sur les côtes des lligblands (New-Jersey) par des pécheurs. Il appartient h l’espèce dite « Homarus America -nus de Kay », et mesure 0m,90 environ. Son poids est de 17 kilogrammes. Exposé à l'aquarium de New-York, il ne vécut que quelques jours et fut acheté et préparé par le Musée. Parmi nos lecteurs il en est qui ont pu l’admirer à la section des États-Unis lors de la dernière exposition.
- Les problèmes relatifs à l’élevage du homard semblent avoir reçu une solution satisfaisante aux États-Unis. C’est du moins ce que nôus assure le « Scientific American » où nous puisons ces r e n seignements.
- M. Bumpus, professeur au Musée Américain, a fait sur cette question des recherches à VVickford à bord d’un laboratoire flottant, sorte de péniche munie d’un réservoir intérieur et aménagée spécialement pour ce genre de travaux. Il a trouvé que pour arriver à élever dans de bonnes conditions les jeunes homards à leur sortie de l’oeuf, le meil-
- Fig. 1. — LTn homard monstre.
- Fig. 2. — Crabe géant du Japon.
- leur moyen était de brasser continuellement l’eau dans laquelle ils vivent, sans quoi le frai qui, à certains moments, a une tendance à quitter la surface et à descendre s'entasserai Udans les cavités'du fond où les jeunes homards s’étoufferaient et s’entredévoreraient. L’idée de ce brassage continuel est due au Dr Meade. Des sacs cylindriques ayant 90 centimètres de diamètre sur lm,20 de long et contenant chacun quelques milliers de petits homards, furent immergés dans le réservoir du laboratoire. L’eau était brassée par des agitateurs placés dans les sacs et mus par un moteur à gazo-line. Les lames de l’agitateur faisaient circuler les aliments à la portée du frai. Ces aliments étaient des animaux pélagiques hachés menu. Au bout de 9 à J 6 jours, les jeunes homards avaient franchi la période critique de leur existence et passaient à l’état de homards adultes. Dès lors, on pouvait les laisser à eux-mêmes. Avec ce système, on arrivait h élever 16 pour 100 au moins du frai ; ce chiffre a pu souvent s’élever à 40 et a atteint 54. Avant ces expériences,
- on perdait 99 pour 100 du frai. Ces résultats encourageants ont déterminé la « U. S. Commission of Fish and Fishe-ries », à munir d’appareils d’élevage plusieurs stations échelonnées le long de la côte de New-England. Et ces mesures contribueront beaucoup à relever en Amérique le commerce du homard qui était tombé bien bas par suite de la rareté de ce crustacé. J. Garcin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1517. — 21 JUIN 1902.
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- GRILLES POUR COMRUSTIRLES MENUS
- On sait combien les combustibles menus sont difficiles à brûler, par la propension qu’ils ont à passer dans les intervalles des barreaux des grilles, ou encore à obturer par leur finesse même le passage de l’air qui doit assurer la combustion ; et cependant il y a grand intérêt à ne point les laisser perdre. Ce sont, en etïet, des houilles menues, qu’on est autrement oblige d agglomérer (ce qui entraîne des dépenses assez considérables), des tannées, des sciures de bois, qui encombreraient les usines et qui, d’ailleurs, ont une valeur sérieuse comme combustible, des poussiers de coke, des escarbilles, des fraisils de boîtes h fumée de locomotives, etc., dont il faut
- tirer parti. Nous avons antérieurement signalé certaines grilles qui ont pour but de permettre de brûler tous ces combustibles ; mais nous tenons à en citer un autre type qui est assez peu connu, et qui cependant semble rendre de très grands services partout où il a été installé.
- 11 s’agit du foyer imaginé primitivement par M. Ivudlicz, fondeur à Prague, mais construit en France et quelque peu perfectionné par M. Ch. Don-ders, fondeur à Nancy. Pour les chaudières à vapeur, ce foyer est formé d’une série de plaques en fonte juxtaposées, ayant 5 à 4 centimètres d’épaisseur, et percées de trous coniques présentant à l’entrée un diamètre de 20 millimètres et de 5 à 4 millimètres seulement à la sortie; par mètre carré de grille, on compte quelque 1500 de ces trous. En fait donc, la
- Grille Kudlicz. - 1. Vue d’ensemble d’un foyer. — 2, 3. Détails des barreaux.
- section de passage de l’air qui doit venir permettre la combustion du combustible qu’on dispose sur ces plaques est assez faible, puisqu’elle ne dépasse point 1 à 1,5 décimètre carré par mètre de grille. Mais ce foyer est destiné à fonctionner avec une soufflerie à jet de vapeur ou même à tirage forcé sous pression : en effet, ces plaques perforées jouant le rôle de grille forment la face supérieure d’un caisson plat en tôle et en fonte, tenant toute la largeur du fourneau proprement dit, et légèrement incliné vers l’arrière. Pour la commodité de la construction, le caisson peut même être composé de plusieurs caissons partiels ; mais tous sont reliés à l’avant à une boite à tuyères qui fait saillie sur le devant de la chaudière, et qui contient des injecteurs à vapeur appelant l’air extérieur. De la sorte, il arrive par les trous de la grille un mélange d’air et de vapeur qui soulève légèrement le menu combustible disposé sur les plaques et en assure la combustion dans d’excel-30e année. — 2* semestre.
- lentes conditions. (On comprend, sans que nous y insistions, que la vapeur des injecteurs est fournie par la chaudière même une fois en pression.) Le courant d’air très divisé qui vient passer constamment par les trous de la grille assure au mieux son refroidissement et empêche l’adhérence du mâchefer, qui s’enlève facilement ; comme il peut pénétrer par les orifices des plaques un peu de cendre dans le fond du caisson, la boîte à tuyères comporte un couvercle h charnières qui permet d’introduire dans le caisson une petite raclette avec laquelle on enlèvera cette cendre.
- On voit aisément que ce mode de combustion sous insufflation d’air permet de se passer de hautes cheminées ; la combustion est d’ailleurs complète et ne donne que peu de fumée, et de plus l’augmentation de la production de vapeur compense facilement la quantité de vapeur qu’on emploie à l’injection de l’air, du moins quand on brûle des menus de bon
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- LA NAT LU K.
- charbon. D’ailleurs, et comme le faisait remarquer notre savant collègue M. Brull, dans le rapport qu’il a fait au sujet de cet appareil devant la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, on pourrait sans doute alimenter la souftlerie au moyen d’un ventilateur, et économiser une bonne partie de la vapeur consommée actuellement avec les luvères. 1). Beixet.
- LES FLÈCHES ET LES AMES EMPOISONNÉES
- L’origine de» armes empoisonnées, pour emptover une expression consacrée, se perd dans la nuit des temps. Les peuples anciens les ont connues et s’en sont servis soit pour la destruction des fauves, soit pour combattre leurs ennemis. MM. le l)r A. Malbec et 11. Bourgeois ont montré, dans une étude intéressante récemment publiée, qu’il fallait remonter jusqu’à la période préhistorique pour trouver la première notion sur l’emploi des armes empoisonnées, à l’âge de la pierre polie.
- Isidore Geoffroy Saint-Hilaire présenta, en 1858, à la Société d’anthropologie, des flèches trouvées dans la grotte de Massat (Ariège). Les flèches étaient caractérisées par un petit sillon longitudinal vraisemblablement destiné à recueillir des substances vénéneuses. Depuis cette époque des découvertes similaii es se sent renouvelées, consistant en javelots, en harpons présentant la rainure caractéristique. Homère parle d’un poison végétal servant à enduire les flèches d’airain; les Scythes employaient le sang de vipère mêlé au sang humain ; les Germains, les \andales, les Daces, les Dahnates empoisonnaient leurs aimes de guerre. Quant aux Grecs et aux Latins, ils ne paraissent pas s’etre livrés à cette opération, que Pline l’Ancien qualifiait de « irremediabile scelus ».
- En dehors des poisons d’origine animale agissant par les plomaïnesct produisant la septicémie, ce sont l’Année, l'Hellébore blanc, l’If, etc., qui paraissent avoir été plus spécialement utilisés. De nos jours, les pays civilisés ont abandonné l’usage des armes empoisonnées, toutes les législations les ont proscrites et les peuplades primitives seules y ont encore recours. Ges engins sont à peu près les memes partout : ils consistent en fers de lances, en flèches ou en traits faits de bois dur, mais les poisons varient considérablement avec les contrées.
- Dans l’Amérique du Sud c’est le Gurare qui constitue le poison de flèches le plus important. Le premier échantillon en fut rapporté en 15115 par Waller Haleigh, mais c’est La Gondamine, en 1750, qui en reconnut la nature végétale. Les propriétés physiologiques en ont été, étudiées surtout par l’illustre Glaude Bernard.
- Le Gurare a pour hase de sa préparation le Strychnos ioxifera, mais d’autres plantes entrent également dans sa composition et lui communiquent des propriétés spéciales. G’est ainsi que le Gurare des Galibis n’est pas le meme que celui des Houcouyennes ou des Marpuros. La récolte de la liane à poison donne lieu à de grandes fêtes que De Humholdt a décrites et pendant lesquelles l’ivresse est obligatoire. Le curare est recueilli et conservé dans des pots de terre et des calebasses. Les flèches employées à la guerre étaient terminées par une pointe de fer et lancées à l’aide d’un arc; aujourd’hui, les peuplades de l’Amérique du Sud ne font plus usage que de petites flèches en Lois dur, pour la chasse aux petits oiseaux, et les lancent au moyen d’une sarbacane.
- Les poisons d’origine animale sont encore usités dans
- la Colombie : ils proviennent habituellement de macération de serpents venimeux, de tètes de fourmis venimeuses, de venin de crapaud ou de crotale. Les flèches sont faites, dans certaines régions, avec l’os d’une raie venimeuse qu’on fait tremper pendant vingt-huit jours dans ce liquide vénéneux.
- Dans l’Amérique du Nord, l’usage des flèches empoisonnées semble avoir disparu complètement. 11 y a pourtant été autrefois en honneur, chez les Comanches qui se servaient du suc du Yucca angustifolia, chez les Lipaws. les Apaches, les Moquis de l’Arizona. C’était encore le sang ou la tète des crotales qui avaient les honneurs de la préparation du poison.
- En Asie, les Esquimaux empoisonnaient leurs flèches d’os ou de pierre avec l’aconit ; les ïhihétains, les Kaftirs de l’Afghanistan avec des substances inconnues. Dans rindo-Chine française, les flèches empoisonnées n’ont pas encore disparu. On emploie deux sortes de poisons, dans la vallée du Dong-Naï, à cinq jours au nord de Bien-Hoa : l’un, qui est d’un effet très rapide, se prépare avec la sève de l’Ipoh, mêlée au suc d’un tubercule, dans laquelle on incorpore un liquide tiré des glandes à venin de serpents, de crapauds, de cent-pieds. L’autre, beaucoup moins efficace, provient de l’Ikoh. On peut avec ces poisons tuer un tigre en 5 minutes ou en 25, suivant qu’on s’adresse à l’un ou à l’autre. A Java, en emploie au même usage le Slrychnos Tieute (l’pa's Tieuté) et 1 ’Antiaris Ioxicaria (l’pas Antiar). On se contente aussi de laisser rouiller le fer des flèches dans la terre humide et de les faire macérer dans un mélange de jus de citron et de sel marin.
- Les Australiens et les Tasmaniens, au moment de la découverte de leurs pays par les Européens, se servaient de javelots intoxiqués avec de la chair putréfiée; les Lapons lançaient des flèches en os empoisonnées. Aux Hébrides ainsi qu’aux îles Salomon, les indigènes enduisent encore leurs flèches de vase qui renferme probablement des bacilles tétaniques. En 1875 et en 1884, des Européens attaqués sont morts de tétanos à la suite de blessures produites par ces flèches.
- Dans l’immense continent africain, les témoignages de l’emploi des armes empoisonnées sont nombreux. Dans le Sud, les Bosebimans et les Hottentots sont toujours munis d’une provision de poison et d’un pinceau pour enduire les flèches. La matière toxique proviendrait d'après Sparmaa, de plusieurs espèces de serpents venimeux; d'après d’autres, elle serait tirée de YHæmanlkm Ioxicaria, plante de la famille des Amanllidées. A Zanzibar, chez les Wakambos, c’est aux Slrophanlhus, de la famille des Apocynées qu’on a recours. Quelquefois le poison est de nature plus complexe, puisque chez ces mêmes Wakambos, les flèches sont enduites d’une substance provenant de huit plantes innommées, deux arbres, trois lianes et trois végétaux herbacés.
- A Madagascar, le Tanghi ne servait pas seulement de poison d’épreuve, mais on l’utilisait encore pour l’intoxication des flèches. Ghez les Somalis c’est l’Ouabaïo qui est en honneur.
- Dans l’Afrique occidentale — l’Afrique française peut-on dire sans exagération, — les armes empoisonnées sont nombreuses et très variées de formes, servant pour la guerre comme pour la chasse. Les peuplades du Haut-Niger, les Bambaras, les indigènes du Sénégal, de Sierra-Leone, du Dahomey, les Pahouins du Gongo, les habitants de la Haute-Sangha, se servent de Strophanthus. Dansl’Oubanghi le suc d’une Euphorbiacée est mis à contribution. En
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- Sénégambie, c’est une Légumineuse, qu’un utilise en même temps comme poison d’épreuve, le Tali ou Mancone, fourni par l’Erytlirophlœum guineense.
- M. Ed. Bureau, professeur au Muséum d’Ilistoire naturelle, a eu l’occasion d’étudier récemment les végétaux qui servent à empoisonner les armes en Afrique, à propos d’échantillons recueillis par M. Tlioiré, administrateur à la Côte-d’Ivoire.
- Les Strychnos sont assez nombreux; les uns vénéneux, les autres inoffensifs. Si le S. Scaja du Gabon, est un poison d’épreuves, par contre le S. itensiflora a son fruit recherché par les singes; le S. innocua, que les indigènes mangent sans inconvénient, agit comme vomitif violent chez les Européens, ainsi qu’a pu s’en assurer mon ami A. Chevalier. « Ça bon pour noir », lui disaient ses serviteurs, « pas bon pour blancs. Si toi manger comme nous, toi malade ». L’explorateur, ne tenant pas compte de l’avis qui lui était si pittoresquement donné, mangea trois fruits et eut à s’en repentir une demi-heure plus tard.
- A la C'de d’ivoire un violent poison de guerre est fourni par une Euphorbiacée, le Croton lobatus, proche voisin de lu plante qui produit l’Imile de croton des pharmacies et très intéressante par sa distribution géographique, caron la retrouve à la foisen Afrique et en Amérique. C’est une plante extrêmement vénéneuse que l’on écrase et qu’on répartit, après avoir ajouté un peu d’eau au suc, entre les guerriers d’une même tribu. Comme la flèche n’est plus de mode là-bas, et (pie les indigènes se servent de fusils que les Européens leur ont vendus, on trempe soigneusement les halles dans le poison avant de les introduire dans le canon. On y trempe aussi les couteaux, les machetés, etc., de telle sorte que toute blessure, si légère qu’elle soit, faite par une arme blanche ou par une arme à feu ainsi préparée, est une blessure mortelle.
- \oiis voyons que de tout temps, en tout pays, les armes empoisonnées ont été en usage. « La préparation du poison a toujours été mystérieuse et confiée soit aux chefs, soit aux prêtres, ce qui augmentait encore la crainte des blessures par les engins enduits de pareilles substances ; d’ailleurs le monopole de la fabrication du poison devant assurer la suprématie de la tribu, le secret était rigoureusement gardé. »
- Ces substances sont de trois ordres : poisons végétaux, poisons animaux ou venins, poisons septiques ou microbiens. Aux premiers appartient le Curare, le plus anciennement connu de tous, provenant de plusieurs espèces de Strychnos de l’Amérique du Sud ; l’lne, VOnaye produit d’un certain nombre de Strophanthus d’Afrique; le 77m-yhin, Tanghinia venenifera, Apocynée de Madagascar; YOuabaïo, Larissa Schimperi, Apocynée;de la Côte des Somalis; le Tali, Erythroplilœum guineense delà Guinée; Y U pas Antiar, Artocarpée de Java; le Strychnos Tien te, de la Malaisie, etc.
- Les poisons animaux sont empruntés au venin des serpents, des crapauds, des fourmis, aux corps en putréfaction qui agissent par leurs plomaïnes. Et ces ptomaïnes sont nombreuses, chaque période de la putréfaction en engendrant de nouvelles,
- A côté des poisons animaux, il faut placer les poisons microbiens, dont l’expérience avait fait voir la' virulence et l’énergie, avant que la bactériologie n’eùt montré leur mode d’action en établissant le rôle des micro-orga-nismes. Le bacille de la septicémie et celui du tétanos sont ceux qui paraissent être le plus fréquemment utilisés. P. IIariot,
- Préparateur au Muséum (l’Histoire naturelle.
- INOCULATION DES SOLS
- DESTINÉS A PORTER DES LÉGUMINEUSES
- Nous avons résumé dans un numéro précédent* les résultats constates dans les essais de culture de la luzerne, sur des terres sans calcaire, rime très chargée de débris végétaux, employée par les jardiniers parisiens sous le nom de terre de bruyère,'et l’autre provenant de la désagrégation des gneiss de Bretagne, et nous avons reconnu que, pour l’une et pour 1 autre de ces terres, l’addition d'une forte dose de terre de jardin, où croît vigoureusement la luzerne, avait augmenté la récolte.
- Cette augmentation a été due à l’introduction par la terre de jardin de bactéries productrices de nodosités et fixatrices d’azote atmosphérique. Ces nodosités sont de très petites dimensions ; on les voit cependant en place dans la ligure oi-joinle, [irise d’après une culture de luzerne dans une terre noire de la Limagne(fig. 1). Les bactéries productrices de nodosités existaient dans la terre de Bretagne et dans la terre de bruyère, mais elles étaient trop peu nombreuses pour assurer une végétation luxuriante; nous avons indique, en outre, comment la pratique agricole pourrait tirer parti des faits que nous avions constatés.
- La culture du trèfle n’est pas moins intéressante que celle de la luzerne; elle présente même cet avantage, qu’étant de courte durée, elle s’introduit aisément dans les assolements ; aussi n'avons-nous pas hésité, au printemps de 1900, à semer du trèfle sur les deux terres qui nous avaient déjà servi à la culture de la luzerne. Au début, dans la terre de bruyère sans addition, le Irèlle est très languissant; pendant le mois de mai, les pots sont très mal garnis; puis, tout à coup, au mois de juin, il devient vigoureux; les deux coupes de juillet et. de septembre ont donné en moyenne 22^,9 de trèfle sec. L’addition d’une dose massive de calcaire n’a pas exercé d’influence bien favorable, on a recueilli pour les deux coupes 25sr,8. Sur les racines du trèfle de ces deux cultures on trouve des nodosités formées d’un petit cylindre lilas surmonté d’un pointentent blanc.
- L’addition à la terre de bruvère de terre de jardin a été très favorable, les deux coupes réunies ont donné -41 2 de trèfle sec; en ajoutant à la terre de
- bruyère, à la fois de la terre de jardin et du calcaire, on a moins bien réussi, la récolte est restée à oti*1', 7.
- Les nodosités présentent la même apparence que celles qu’on voit sur les racines du trèfle de la terre de bruyère pure, mais elles sont plus nombreuses, et c’est, sans doute à l’accroissement des organismes fixateurs d’azote qu’est dîi le succès; il a encore suivi l’inoculation avec la terre de jardin, comme nous l’avons vu déjà pour la culture de la luzerne.
- 11 en a été tout autrement pour la culture du trèfle dans la terre de Bretagne sans calcaire ; sans aucune addition autre que du phosphate de potasse, elle a fourni au mois de juin 7^r,7 de trèfle soc;
- 1 Yoy. n° 1500, du 22 février 1002. p. 181.
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- avec du phosphate de potasse et du carbonate de chaux on est arrivé à 15 grammes. On est luonté à 17 grammes par addition du phosphate de potasse et de la terre de jardin, et en tin on est resté à 15 grammes pour le pot n° 00, qui avait reçu, outre le phosphate de potasse, la terre de la plate-hande du jardin oh croissait la luzerne et du carbonate de chaux. C’est là ce que montre la gravure ci-jointe (fig. 2). On voit très clairement que rinoculalion n’exerce pas une action bien mani-l’este : les trois vases 02, 05 et 00 ont à peu près la même apparence ; 05 inoculé a présenté, cependant, un petit avantage qui ne s’est pas maintenu, car en récoltant le trèfle le 5 juillet, sur las pots traités de la même façon que les précédents, on a trouvé la récolte maxima de 40®r,7 de trèfle sec pour la terre de bruyère, simplement additionnée de phosphate de potasse et de carbonate de chaux ; les pots inoculés avec la terre de la plate-bande de luzerne n’ont donné (jue 50 grammes et 51 grammes, quand à l’inoculation a été jointe la dose considérable de calcaire. Ce n’est pas seulement le poids du trèfle qui montre que l’inoculation a été inutile, c’est aussi la teneur en azote des diverses récoltes qui a été sensiblement égale.
- Ce résultat mérite qu’on s’y arrête : 1 a terre de Bretagne, sans autre addition que du phosphate de potasse a donné en juin 7 grammes, en juillet 24®',5 de trèfle sec; les récoltes montent à 15 grammes et à 40®r,7, quand du carbonate de chaux s’ajoute au phosphate de potasse, les nodosités sont aussi nombreuses qu’après l’inoculation de la terre de jardin, et il faut en conclure que ce n’était pas le manque de bactéries qui avait diminué la récolte de la terre de Bretagne sans calcaire, mais bien la nature du sol lui-même peu favorable soit à la plante, soit aux bactéries dont les germes existaient bien dans cette terre, mais sans y trouver les conditions favorables à leur multiplication.
- Quand, par l'addition du calcaire, on a rendu le
- milieu favorable, les bactéries productrices de nodosités se sont multipliées et ont rendu inutile l’inoculation avec une terre dans laquelle elles pullulent habituellement.
- Nous avons donc, dans ces expériences, une démonstration très claire de l’influence du milieu sur le développement de ces bactéries; mais en réalité nous n’avons fait que reproduire avec précision un fait observé depuis longtemps. Les praticiens ont reconnu bien souvent, en elfet, qu'une prairie naturelle, composée exclusivement de graminées ou de plantes d'autres familles que les légumineuses, s’enrichit de petit trèfle blanc après un simple chau-lage ; les graines ont été apportées par lèvent et, comme le milieu est devenu favorable, les bactéries productrices de nodosités, trouvant une plante hospitalière, s’installent sur les racines et assurent son alimentation en puisant dans l’atmosphère l’azote nécessaire à la formation des albuminoïdes.
- Nous avons, dans cette expérience sur la terre de Bretagne, employé comme engrais phosphaté du phosphate dépotasse. Mais ce n’est pas là un produit qu’on puisse utiliser couramment, et il importait de voir comment le trèfle se comporterait avec les engrais phosphatés habituels : nodules ou scories de déphosphoration, et bien que la saison fût très avancée, nous avons, à la fin de, juillet, ensemencé de nouveaux vases ; deux d’entre enx restèrent sans aucune addition, au mois d’octobre ils ne donnèrent en moyenne que 2®r,8 de trèfle sec; la terre de Bretagne ne renfermait guère d’acide phosphorique assimilable, car le dosage dans les cendres de cette petite récolte n’accusait que 25 milligrammes.
- Les nodules, bien pulvérisés, provenant des Ardennes élevèrent sensiblement la récolte, on recueillit en moyenne 6®r,f> de trèfle; le pot n° 25, qui est représenté dans la figure 2, donna même 8*r,4 de trèfle sec ; on voit combien il est supérieur à son voisin; la récolte renfermant en moyenne 42 milligrammes d’acide phosphorique, les nodules ont donc
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- été attaqués et leur acide phosphorique a été utilisé par le trèfle.
- Comment l'a-t-il été ? Ici se présente une très grosse difficulté qui n’est pas encore résolue. Pendant longtemps on a attribué à l’action du sol la dissolution des phosphates contenus dans les os, le noir animal ou les nodules; on invoquait l’action dissolvante de l’acide carbonique provenant de la combustion lente des débris végétaux que toutes les terres renferment, ou même celle de l’acide acétique <pie l’oxydation de ces débris végétaux peut produire dans les terres sans calcaire; dans ces derniers temps, on a fait jouer le rôle prépondérant à l’eau pure dissolvant de très petites quantités d’acide phospho-
- rique, se renouvelant constamment ; enlin, il y a maintenant une dizaine d’années, un agronome anglais, M. Iher, rappelant l’ancienne expérience du Sachs, qui avait vu des racines corroder le marbre sur lequel elles avaient buté1, attribua cette corrosion à de 1 acide citrique sécrété par les racines et pensa que le principal agent de dissolution des phosphates ne se trouvait pas dans le sol, mais dans le sue acide des racines.
- Cette manière devoir a été généralement acceptée, et l’expérience que nous avons exécutée sur le trèfle lui est favorable.
- Nous avons vu que nous avions obtenu un produit maximum de la culture du trèfle dans la terre de
- Fig. 2. — Trèlle au 1er octobre 1001; semis au 51 juillet litllj. Poids de matière sèche par pot le 11 juin: GO, 7 grammes; 62, 15 grammes; 05, 17 grammes; 00, 15 grammes.
- Bretagne, en ajoutant à la fois du phosphate de potasse et de la craie; pour savoir si celle introduction du calcaire serait encore favorable, quand au lieu de donner à la terre un phosphate soluble dans l’eau, comme le phosphate de potasse, on employait les engrais phosphatés insolubles, on a préparé en juillet des vases dans lesquels on introduisit à la fois des nodules et du carbonate de chaux ; le vase n° 25, qui a reçu ces deux substances, est représenté dans la figure 2. On voit aisément que Je trèfle est resté chétif; au 1er octobre, il ne pesait, après dessiccation, que 4 grammes. Loin d étre favorable, l’addition du calcaire a été déprimante, et, si l’on admet l’hypothèse de M. Iher, on en conçoit facilement la raison. Les acides sécrétés par la racine se sont partagés entre le carbonate de chaux ajouté et le phosphate des nodules ; la fraction de ces acides
- saturés par le carbonate de chaux n’a pu exercer son influence dissolvante sur les phosphates, la quantité d’acide phosphorique dissoute a diminué et la récolte a baissé.
- Ce n'est pas là, au reste, uue simple hypothèse, on a trouvé seulement 25 milligrammes d’acide phosphorique dans la récolte contre 42, quand la terre avait reçu la meme dose de nodules sans calcaire.
- Or, l’action déprimante du calcaire sur l’efficacité des fumures phosphatées est bien connue; les cultivateurs bretons, au moment où ils employaient surtout du noir animal, avaient bien remarqué qu’il fallait se garder d’ajouter à la fois du noir animal et de la chaux ; cette addition empêchait l’assimila-
- 1 Voyez une ligure reproduisant ces sillons : Traité de chimie agricole de Deliérain (Masson et Cie).
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- lion (lf l’acide phosphorique ; ou n’ohtenait plus du noir animal l'effet habituel; de là le dicton célèbre : « La chaux mange le noir. »
- La végétation luxuriante du vase 27, qui a donné I r>"' ,S de trèlle sec, après avoir reçu comme fumure phosphatée des scories de déphosphoration, soulève encore des difficultés d’interprétation.
- Un sait que cet engrais phosphaté, en usage seulement depuis une quinzaine d’années, provient de la fusion des fontes phosphoreuses en présence de chaux et de magnésie. La scorie (pii prend naissance renlerme, à l'état d’acide phosphorique, tout le phosphore de la fonte, mais elle'contient aussi de la chaux libre, et on pourrait être étonné que cette chaux ne paralysât pas l’action dissolvante des racines, si on ne savait que le phosphate contenu dans les scories est très attaquable et, par suite, aisément dissous par les acides des racines, comme le sont les phosphates des superphosphates, redevenus dans le sol insolubles dans l’eau, mais en conservant une forme gélatineuse qui facilite leur assimilabilité.
- Quoi qu’il en soit de ces interprétations, les faits eux-mèmes, (pii seuls ont de la valeur pour les praticiens, démontrent clairement qu’on réussira souvent à cultiver du trèlle dans une terre sans calcaire, en se bornant à lui fournir des scories de déphosphoration, qu’on emploie habituellement à haute dose de 500 à 1000 kilos par hectare; on réussira sans autre addition, car les bactéries productrices de nodosités sur le trèfle paraissent [dus répandues que celles propres à la symbiose avec la luzerne ; si cependant la récolte ne répondait pas aux espérances qu’on avait conçues, il conviendrait d’inoculer le sol avec de la terre provenant d’une pièce sur laquelle le trèlle croît vigoureusement; c’est ainsi que nous avons obtenu une bonne récolte de trèlle delà terre de bruyère; toutefois, l’inoculation nécessaire pour la luzerne ne paraît plus être qu’excep-tionnellement utile pour le trèlle.
- P.-P. DeIIÉRAIX, E. DeMOUSSY, de l'Institut Assistant
- Professeur au Muséum au Muséum
- LES VOLCANS DE LA FRANCE CENTRALE
- SONT-ILS COMPLÈTEMENT ÉTEINTS"!
- Les désastres de la Martinique attirent tout naturellement l’attention du public sur les anciens volcans de la France centrale. Le directeur et les éditeurs de La Nature ont bien voulu se rappeler qu’un de leurs collaborateurs et amis consacre, depuis vingt ans, une grande partie de son temps à l’exploration géologique et paléontologique de l’Auvergne. Ils lui ont demandé de répondre ici à cette question : Les volcans de la France centrale sont-ils complètement éteints?
- Cette consultation est particulièrement difficile : le pronostic ne saurait être absolu. Je ne veux pourtant
- pas me dérober et je dirai ce qui me [tarait probable ou simplement possible.
- Avant d’aborder la question elle-même, il faut d’abord en connaître exactement l’objet. La plupart des gens du monde, parfois même des géographes, appellent volcans d'Auvergne les volcans delà France centrale. C’est prendre la partie pour le tout, comme le montre la petite carte ci-jointe, où j’ai fait représenter, schématiquement, les principaux centres éruptifs du Massif central (tig. 1).
- Un premier district volcanique se trouve dans la région où la Loire prend sa source et effectue son cours supérieur. Il comprend les massifs du Mézenc et du Mégal, dans le Yelay. L’abondance d'une lave de nature très spéciale, le phonolite, donne à ces montagnes un aspect tout particulier. Les basaltes y sont aussi très répandus; ils forment des plateaux considérables, se reliant par une série de lambeaux isolés, ou témoins, au plateau des Coirons, situé dans le bassin du Rhône. Toutes ces coulées ont subi de grandioses ravinements. Tandis qu'au moment de leur sortie, elles représentaient les points bas, les fonds des vallées, elles dominent aujourd’hui les pays environnants ou couronnent des crêtes que séparent de profonds ravins. Cette disposition topographique suffirait à elle seule pour nous prouver qu’elles sont très anciennes. D’ailleurs, on ne reconnaît plus que difficilement leurs bouches de sortie.
- A l’ouest de cette première région, entre la Loire et l’Ailier, se place la Chaîne du Yelay. Elle comprend plus de 150 cènes ou restes d’anciens cènes volcaniques, qui s’alignent sur 60 kilomètres de longueur. Les cènes sont formés de projections et de scories. 11 en sort des coulées de basalte qui se soudent entre elles pour former de vastes plateaux. Comme ici les cratères sont assez bien conservés, il est facile de voir que cette seconde région est moins ancienne que la première.
- Entre le Mézenc et la Chaîne du Yelay, s’étend le Dassin du Puy, tout encombré aussi de roches volcaniques. Là viennent finir les coulées du Mézenc, ainsi que les coulées de la Chaîne du Yelay ; mais les environs du Puy ont une physionomie spéciale qu’ils doivent à la présence de grands amas de projections basaltiques agglutinés en une brèche dure, qui forme de pittoresques rochers et fait delà ville du Puy une des plus curieuses qui soient au monde (fig. 2).
- La chaîne granitique de la Margeride sépare le Velav de l’Auvergne. Ici se dresse d’abord le Cantal, le plus important des reliefs volcaniques de la France et l’un des plus grands volcans du monde.
- Sa forme de cène surbaissé trahit immédiatement son origine, même sur une simple carte géographique. La base de ce cène a 80 kilomètres de diamètre. Le sommet, ou partie centrale, est occupé par toute une série de pics disposés en un cercle figurant les ruines de l’ancienne région des cratères ou caldera. A partir de cette région centrale, des vallées profondes rayonnent vers tous les points de l’horizon.
- La plus grande partie du Cantal est formée par
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- LA N AT U UE.
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- une brèche andésitique aux couleurs variées, c’est-à-dire par un amas plus ou moins confus de blocs de lave cimentés par des scories, des cendres, des boues d’origine plus ou moins ignée, dont l’épaisseur atteint près de 1000 mètres et dans lesquelles s'intercalent souvent des coulées de laves compactes de natures variées1
- Vers le sud, les plateaux basaltiques du Cantal se prolongent par ceux de l’Aubrac, de la même manière que les plateaux des Coirons paraissent prolonger le massif du Mézenc dans le Vivarais. L’Aubrac est une traînée de volcans basaltiques à peu près démolis par l’érosion et qui se poursuivent, par des buttes ou témoins isolés, dans l’Aveyron, la Lozère et l’Hérault, jusqu’aux environs d’Agde sur la Méditerranée.
- Le massif du Mont-Dore est un grand volcan ne différant guère du Cantal, auquel le relient les hauts plateaux basaltiques du Cézallier, que par ses dimensions beaucoup moindres. Son diamètre ne dépasse pas 50 kilomètres. 11 a le privilège de posséder avec le puy de Sancy (1886 mètres) la plus haute montagne de la France centrale.
- Au nord du Mont-Dore et s’appuyant contre lui, commence la Chaîne des Puys. Elle est composée d’environ 60 montagnes coniques, isolées ou soudées entre elles par leurs bases. Le sommet de ces cônes se creuse souvent d’un cratère admirablement conservé, d’où s'échappent des coulées de laves qui semblent s’ètre épanchées d’hier et qui forment aujourd'hui des « cheires » rocailleuses, hirsutes, d’un aspect tout à fait désolé. Hien n’est plus étrange que le panorama de ces volcans de la Chaîne des Puys, vus du sommet du Puy de Dôme. Un se croirait en présence d’une topographie lunaire (fig. 5).
- Les divers centres volcaniques que je viens d’énumérer sont loin d’ètre du meme âge. Les laves les plus anciennes se trouvent dans la région des Coirons, du Mézenc, et aussi à la hase du Cantal et du Mont-Dore. Elles ont suivi de très près les grands mouvements orogéniques miocènes qui donnèrent au Massif central de la France les grands traits de son orographie actuelle.
- Le Cantal et le Mont-Dore sont un peu plus récents, au moins par leur masse principale. Ils datent surtout du pliocène. La Chaîne du Yelay, avec ses cratères à demi conservés, vient ensuite. Enfin les laves de ces diverses contrées étaient refroidies depuis des centaines ou des milliers de siècles, lorsque, à l'époque quaternaire, les volcans de la Chaîne des Puys s'embrasèrent à leur tour, en même temps qu’un certain nombre de nouvelles bouches éruptives s’ouvraient
- 1 Cf. Le Cantal, Guide du touriste, du naturaliste et de l’archcologue, par MM. Boule et Fargcs (Paris, Masson et C*®).
- dans le Yelay et le Vivarais, an milieu des ruines des volcans pliocènes. .
- Ces premières notions sur les diverses régions volcaniques dit centre de la France étant acquises, nous pouvons aborder la question qui nous préoccupe.
- Mais d abord à quoi reconnaît-on qu’un volcan est éteint / Lu volcan peut, à certains égards, être compare à un organisme vivant qui prend naissance, s accroît, donne des signes plus ou moins nombreux de son activité, voit cette activité diminuer peu à peu et, finalement, meurt. Mais de même qu il est très difficile d’avoir un critérium précis [tour la mort d un organisme, d’un être humain, par exemple, si hien que les Académies remet lent chaque année la question au concours, de même il est très difficile sinon impossible, dans l’état actuel de la science, de reconnaître si un volcan est complètement
- éteint ou s’il est simplement en léthargie. Pour les êtres vivants, il y a un phénomène qui ne trompe pas, celui de la décomposition. Pour les volcans, nous pourrions invoquer le phénomène analoguc.de l'état de destruction [dus ou moins avancé par les agents atmosphériques; mais ce critérium n’est pas absolu.
- On a essayé d’établir une sorte d’échelle des manifestations volcaniques. Un appareil éruptif n’a pas épuisé son activité après une évacuation violente de vapeurs, de projections solides ou de laves liquides. Les émanations gazeuses continuent; ce sont d’abord des fumerolles chaudes, chargées d’acide chlorhydrique, de chlorures, de gaz combustibles, de soufre, etc. ; puis des fumerolles froides, dont la température n’atteint pas 100" et qui donnent surtout de la vapeur d’eau, avec de l’acide carbonique et un peu d’hydrogène sulfuré. Enfin, plus tard, viennent les dégagements d’hydrocarbures gazeux, de
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- Fig. 1.
- Carte des massifs volcaniques de la France centrale.
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- LA NATURE.
- bitume, de pétrole, etc. Les mofettes, ou exhalai- le dernier ternie de l’activité volcanique, auquel on sons d’acide carbonique, sont considérées comme doit encore rattacher le phénomène hydro-thermal.
- Fi». 2.
- Vue île la ville du Puy plaute-Loire). Les deux rochers Saint-Michel
- et Corneille représenteutjes ruines d'un volcan de l'époque pliocène.
- Dykes ou anciennes cheminées volcaniques à moitié démolies par les érosions atmosphériques, dans le massif du Mont-Dore.
- On peut admettre qu’une région absolument dépourvue de tous ces divers phénomènes est à l’abri
- de l'activité volcanique ou que l’activité volcanique dont elle a été le siège ne s’y exercera plus. Appli-
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- LA NATIRE
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- ([lions ces deux ordres de considérations aux divers massifs volcaniques du Massif central de la France. Il en est un que nous devons tout d'abord écarter
- comme étant à.peu près sûrement à l'abri d'éruptions futures. C’est, le Cantal, avec son prolongement l’Aubrac. Ici, la dégradation des volcans est très
- Fit;. 4.
- Vue de lu cheminée volcanique, remplie de scories noires, du volcan quaternaire de Denise, prés du Duy 1 Haute-Loire.
- avancée; elle s’est opérée sans interruption depuis les temps pliocènes; il n’y a aucune trace d’éruptions quaternaires. Nous 11e voyons pas non [dus qu’il se soit produit de grands mouvements du sol depuis les dernières coulées; enfin nous n’v connais-
- sons pas de mofettes, et si les eaux minérales y sont nombreuses, elles sont presque toutes froides1.
- Ce ([ue je viens de dire pourrait s’appliquer également à l’Ardèche, au Mézenc et au Mont-Dore, si notre prudence n’était éveillée par un lait des [dus
- Fig. 5. - Vue panoramique de la partie nord de la Chaîne des l'uys, prise du sommet du Duy de Dôme. - 1. Nul de la Peule; Duy de Corne; 3, Grand-Suchet ; 4, Petit-Suchct ; 5, Clierzou; 6, Puy de Finisse ; 7, Puy de Parmi. ; 8, Puy des Goules ; D le harcom , 10, Puy de Lantegy; 11, Puy des Gouttes; 12, Puy Cliopme; 13, Puy de Louehadiere; 1 *, 1 uv de Jumos, la, lin de Chaumont, 16, Puy de la Nugèrc. (Dessin de M. Boule, d'après ses photographies.)
- graves. C’est que ces trois régions volcaniques ont eu des périodes de repos certainement beaucoup plus longues que la période de temps qui nous sépare des dernières éruptions. Le Mézenc, les Coirons, le Mont-Dore étaient déjà en grande partie démolis
- par les érosions lorsqu’un certain nombre de cratères s’ouvrirent et comblèrent le fond des vallées
- 1 II faut faire une exception pour Chaudesaigues, qui possède les eaux les plus chaudes de France (81°) et qui d’ailleurs esl un peu en dehors de la région.
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- actuelles de Ilots basaltiques dont ou peut encore admirer la fraîcheur. Pourtant, il semble que ce dernier effort ait épuisé l’activité volcanique de ces régions, car on n’y observe aucun dégagement de gaz, aucun phénomène thermique inquiétant.
- C’est surtout la Chaîne des Puvs qui doit nous préoccuper au point de vue de l'avenir. Non seulement les volcans y sont plus récents qu’ailleurs, mais encore ils nous otirent un cortège de phénomènes qui ne sont que l’écho prolongé des manifestations volcaniques. Actuellement sans aucun danger, ces phénomènes sont de nature à nous faire craindre que l’activité des feux souterrains ne soit qu’all’aiblie ; ce que nous pourrions prendre pour la mort des volcans n’est peut-être que leur léthargie. Je citerai la présence de mofettes, ou dégagements d’acide carbonique libre, sur divers points, comme à Royat, où se trouve une grotte du Chien identique à celle de Naples, au pied du Vésuve; des dégagements variés d’hydrocarbures, notamment de bitume, que l’on voit sourdre au puy de la Poix; le grand nombre et la température élevée des eaux minérales «pii jalonnent les anciennes cassures du sol1, etc.
- Autre fait inquiétant : on sait «pie la température augmente lorsqu’on s’enfonce dans la terre. Cette augmentation a été trouvée en moyenne de 1 degré par 7)7) mètres. C’est ce qu’on appelle le « degré géothermique ». Or, il résulte d’un sondage fait, il y a peu d’années, près de Riom, au pied de la Chaîne des Puvs, pour la recherche du pétrole, (pie, dans cette région, le degré géothermique n'est que de I 4m,fi0; cela annonce la proximité beaucoup plus grande, deux fois plus grande, d’un énorme foyer de chaleur'2.
- Certes, il y a bien longtemps que les volcans de la Chaîne des Puys dorment d’un sommeil qu’on souhaiterait être le dernier. Divers auteurs, s’ap-puvant sur des citations empruntées à Sidoine Apollinaire et à saint A vit, évêque de Tours, ont prétendu que les éruptions du volcan de Denise, près du Puy, ondes volcans de Clermont ont tymt au moins repris, sinon persisté, jusqu’au cinquième siècle de l’ère chrétienne. Lorsque je préparais mon ouvrage sur la Géologie du Velay, je me préoccupai de cette question et je priai M. Salomon Reinach de vouloir bien reprendre l'étude des textes invoqués.
- Sidoine Apollinaire écrit à saint Mamert, évêque de Vienne, pour lui annoncer qu’il vient, à son exemple, d’instituer les Rogations dans son diocèse afin de conjurer la colère divine, qui se manifeste par toutes sortes de calamités. La phrase la plus
- 1 Voy. Le Puy-de-Dôme, Guide du touriste, du unlitra-raliste et de l'archéologue, par MM. Bouler Glaugeaud, Bouchon et Vernière (Paris, Masson et Cis).
- * II y aurait aussi à faire intervenir les tremblements de terre, plus fréquents en Auvergne qu’on ne le croit. Mais de ce côté, nous n’avons pas de notions précises. La plupart des pays de l'Europe ont aujourd'hui des services séismologiqucs. Je ne parle pas du Japon où ce service est admirablement organisé. La France n'en a pas. Il appartient aux savants de l’Université de Clermont de se préoccuper de cette question.
- importante, ayant trait à cos calamités, a été traduite de la manière suivante : « Tantôt des llammes jaillissantes ensevelissaient, sous une montagne de cendres, les crêtes ébranlées des montagnes ». M. Reinach démontre qu’il faut traduire comme il suit : « Tantôt de fréquents incendies ensevelissaient sous une montagne de cendres les sommets branlants des maisons. » Le texte de saint A vit ne mentionne pas davantage de phénomènes volcaniques.
- Mais si l’histoire est muette, la préhistoire et la géologie ne le sont (tas. Nous disons que les dernières éruptions de la Chaîne des Duys et de quelques volcans du Velay ou du Vivarais sont relativement récentes, parce que la topographie du pays environnant était à ce moment identique à ce qu’elle est aujourd’hui; les changements survenus depuis sont insignifiants. Nous savons en outre, de différentes façons, que l’homme existait; la meilleure preuve c’est qu’il a laissé son squelette dans les cendres ou les coulées boueuses du volcan de Denise, près du Puy.
- Le temps qui nous sépare de la période d’activité de la Chaîne des Puys est peu de chose à côté du temps qui sépare cette période du moment où expirait l’activité du Cantal et du Mont-Dore. Ces grands volcans atteignaient alors des altitudes considérables, o(MM) mètres au moins; à l’époque quaternaire leurs montagnes n’étaient comme aujourd’hui (pie des ruines. Leurs cratères avaient disparu, leurs lianes étaient sillonnés de vallées profondes; il avait fallu des périodes d’années immenses pour accomplir ce travail, et c’est au moment où le modelé actuel était à peu près achevé, an moment où rien n’aurait pu faire soupçonner une nouvelle recrudescence des feux souterrains, (pie la Chaîne des Puys s’allume, qu’elle édifie 80 cratères et qu'elle inonde tout le pays de torrents de laves!
- Ces considérations sont de nature, je crois, à compromettre la belle assurance des personnes qu’un examen superficiel de la question pourrait entraîner vers un optimisme absolu.
- Je crois utile, en terminant, de répondre à une observation parue dans divers journaux, à savoir que les volcans d’Auvergne ne peuvent plus se rallumer parce qu’il ne saurait y avoir de volcans loin d’une grande nappe d’eau. 11 me suffira de faire remarquer que l’ancien lac tertiaire de la Limagne était depuis longtemps asséché quand commencèrent les premières éruptions de l’Auvergne.
- En résumé, rien ne prouve que les volcans du Massif Central soient complètement éteints. Si nous pouvons être à peu près tranquillisés sur le sort de plusieurs massifs très anciens, comme le Cantal, le Velay, l’Aubrac, etc., il n’en est pas de même, je crois, de la région de Clermont où le Pluton auvergnat paraît s’être réfugié et où il pourrait bien s’apprêter à nous jouer quelque mauvais tour. Sera-ce dans cent ans, dans mille ans, dans mille siècles? Nul ne peut le savoir! M. Roi'le.
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- FABRICATION MÉCANIQUE DES DYNAMOS
- Nous avons eu l'occasion dernièrement de suivre en détail le mode de fabrication actuel de machines dynamos en usage à la compagnie « La Française électrique » ; nous croyons intéressant de décrire les principales opérations qui se font toutes successivement à la machine. Les induits sont d’abord préparés; à cet effet, les tôles de 1er sont découpées, montées sur l'arbre, l’enroulement est mis en place ainsi que le collecteur. La carcasse inductrice est travaillée; les inducteurs, disposés à l’avance, sont lixés dans celte carcasse et il ne reste ensuite qu’à monter l’induit entre les inducteurs.
- Dans cet établissement, l'outillage joue un grand rôle ; un atelier spécial lui est consacré, et c'est là que passent tous les outils pour être apprêtés, ajustés et mis absolument en état de fonctionner. Dans l'usine, des machines de tous genres ont également été installées; et parmi eelles-ei nous devons citer des tours verticaux, des machines à aléser, à fraiser, à diviser, etc. Cet outillage permet de supprimer en grande partie le traçage; il n’y a plus de dimensions à apprécier, il n’y a qu’à repérer. Toutes les pièces obtenues sont interchangeables, et chaque pièce peut être exactement contrôlée par un chef'd'équipe. Ces dispositions évitent de plus de grandes pertes de temps pour le montage des pièces à travailler. 11 est possible également d'approvisionner des pièces quelconques pour les différentes machines ; on est certain qu’au montage elles n’auront pas besoin d’un ajustage complémentaire.
- Pour la fabrication des induits, les opérations successives sont les suivantes. Les tôles de fer, d’environ un millimètre d’épaisseur, sont d’abord découpées en cercles de diverses grandeurs, suivant le modèle de machine à fabriquer. On perce au centre le trou du logement de l’arbre et de la clavette ; tout autour du cercle on découpe des encoches sur une machine à diviser automatique. Les tôles sont passées au vernissage sous un rouleau semblable aux rouleaux encreurs des imprimeries ; une table mobile les enlève et on les laisse sécher.
- O11 monte toutes les tôles sur l'arbre et on les serre à la presse hydraulique. A cet effet, on se sert d’une règle ayant exactement les dimensions intérieures de l’encoche et qui fixe la position de toutes les tôles de l’empilage; on vérifie la largeur du fer induit à l’aide d’une jauge. Les tôles sont maintenues entre deux flasques de fonte au moyen de boulons; des ouvertures sont pratiquées pour ménager la ventilation. L’ensemble des tôles est elaveté sur une lanterne en fonte qui est solidement assujettie sur l'arbre.
- L’enroulement est ensuite fait en fils ou en barres de cuivre; toutes les sections sont faites sur des formes. La section est isolée avec de la toile, passée au vernis et séchée dans une étuve. Les sections sont montées dans les encoches de l’induit et isolées.
- Les collecteurs sont également fabriqués de la même manière. Des lames sont d’abord découpées dans des barres de cuivre, puis entaillées à la scie circulaire pour recevoir l’ailette de connexion qui est rivée et soudée. Un range ensuite toutes les lames, en interposant du mica, dans un anneau d'acier qui est serré à la presse hydraulique. Un prépare un manchon en bronze dans lequel on monte l’ensemble des lames avec l’adjonction de rondelles en mica. Mentionnons encore les porte-balais; un ressort assure une pression constante du charbon sur le collecteur, de plus le charbon est guidé dans une rainure et ne peut se déplacer latéralement.
- Les inducteurs employés pour les dynamos dont il vient d’être question sont à 4, (>, 8 pôles et au delà. Le bâti de la machine comprend une carcasse inductrice en acier coulé portant intérieurement 4, 6, 8... pôles alésés et extérieurement une base sur laquelle elle repose. Dans la carcasse sont percés des trous à chaque pôle pour maintenir les pièces polaires rapportées, des trous dans la base et des trous sur chacune des faces pour la fixation des flasques des paliers. Ces derniers entrent dans des embrèvements circulaires ménagés dans la carcasse inductrice.
- Pour exécuter ces différents travaux, les opérations sont multiples. Un commence par faire un traçage de la carcasse suivant un plan diamétral, et suivant un plan méridien. Un effectue ensuite sur la carcasse l’embrèvement pour les paliers et l’alésage des pôles, à l’aide d’un montage sur le plateau d’un tour vertical. Il faut ensuite raboter la base de la carcasse suivant un plan à distance déterminée de l’axe ; un second montage sur le tour est nécessaire avec points de repère pour l’outil de rabotage. Un perce ensuite les trous des pôles dans un troisième montage sur le plateau d’une machine à aléser ; on perce également les trous de la base. Il faut ensuite percer les trous pour les vis de support des paliers, et tourner sur le tour vertical le flasque du palier à un diamètre correspondant exactement au diamètre d’alésage de l’embrèvement de la carcasse. Un fixe ensuite le flasque sur un quatrième montage et on perce les trous du llasque à l’aide d’un gabarit analogue à celui qui sert pour le perçage des trous dans les faces de la carcasse. Un fait ensuite les pièces polaires, on trace et on perce les trous dans lesquels se fixent les vis qui traversent les pôles. L’arbre est également pris dans des barres d’acier; on alèse intérieurement les coussinets et on fait les rainures pour le passage des bagues. Un exécute les pattes d’araignée dans les coussinets au moyen d’une machine spéciale automatique.
- Les bobines de fils pour inducteurs sont enroulées sur des gabarits en bois correspondant à la section des pôles à l’aide de tours spéciaux dans lesquels le chariot qui tend le fil avance à chaque tour d’une faible longueur. Les bobines sont entourées de toile isolante et couvertes de vernis isolant, puis séchées dans l’étuve.
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- LA NA Tl UK.
- Fig. 1. — C, pôle inducteur
- Pièces constitutives d’une dynamo à 4 pôles. À, carcasse intérieure; B, partie en le monté; D, E, flasques; F, induit; G, tôles de 1er sur l’arbre; H, Bobine de lil pour
- r des pôles inducteurs; inducteurs avec novau de 1er.
- Fig. 2. — Machines à 8 pôles. 1, vue des tôles de fer de l’induit montées sur l'arbre; 2, induit terminé; 3,
- 4, vue d’ensemble de la dynamo.
- carcasse inductrice et bâti ;
- La ligure 1 représente les principales pièces qui servent h monter une dynamo à 4 pèles. On voit en
- A la carcasse intérieure, avec les parties en fer B des pèles, et les bobines des inducteurs placées autour
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- LA NATUR F
- Ta
- Fig-. 5. — Machines-outils. 1, tour vertical; 2, machine à découper.
- Fig. i. — Vue d’ensemble de l’atelier.
- dos pôles. En 1) et E sont les flasquesqui doivent être monté sur l’arltre est représenté en K. La machine fixés sur les côtés en avant et en arrière; l’induit complètement montée est représentée à droite.
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- LA NATURE.
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- Los machines à 6 polos ot h 8 polos sont exécutées exactement d’après les mêmes principes; il existe seulement quelques petites différences. Los pièces polaires sont maintenues par plusieurs vis et les paliers sont fixés a la carcasse par 6 vis au moins.
- La figure 2 nous représente d’une part les tôles de fer de l'induit d'une machine à 8 pôles montés sur l'arbre, et l’induit terminé après enroulement; et d'autre part, la carcasse inductrice avec les inducteurs et le bâti, ainsi (pie la vue d'ensemble de la machine terminée. Itans la figure 5 nous voyons un tour vertical et une machine a découper. La ligure 4 nous donne une vue d’ensemble de l'atelier. La machine dynamo à la sortie de l'a lober est soumise dans le laboratoire à des essais à liante tension pour apprécier la résistance des isolants, à des essais de résistances, h des essais de marche à vide, de rendement, d'échauffement et de surcharge.
- Les dispositions adoptées par la « Française électrique )) pour la fabrication mécanique des dynamos, ont le grand avantage d'assurer l'interchangeabilité de toutes les parties et, par suite, de pouvoir assurer très rapidement toutes les réparations nécessaires.
- J. Laffarcïk.
- Le Yictorium. — Il s’agit d’un nouveau corps simple découvert par sir W illiam Crookes. D’après la communication qu’il a faite à la Société Royale de Londres, l’élément en question, auquel il a donné le nom de (( Yictorium », est d’une couleur brun pâle; il se dissout aisément dans les acides. Son oxyde est moins basique que celui de l’yttrium, mais il l’est plus que l’oxyde de la plupart des métaux terreux appartenant au groupe du terbium. Comme propriétésebimiques, il se différencie de l’yttriuinsous beaucoup de rapports, mais on peut dire d’une manière, générale qu’il occupe une place intermédiaire entre, ce dernier élément et le terbium. Son poids -atomique ne serait pas éloigné de 117. La photographie du spectre donné par son oxyde montre certaines raies bien définies qui n’ont été observées avec aucun autre corps. On obtient ce spectre en faisant briller l’oxyde dans un tube où l’on a fait le vide. Sa lumière a été examinée avec un spectroscope de grande précision. Reportée sur une plaque photographique, elle a fait voir une série de rayons intéressants dans la région de l’ultra-violet. Dans le but d’examiner le négatif, on a construit un appareil qui permettra, dit-on, d’évaluer
- jusqu’au cent-millième de pouce; soit 7-— de millimètre.
- 1 4000
- Le service «les eaux «l’iin hameau. — Nous avons eu l’occasion de montrer que bien des petites villes, notamment en France, comprenant l’importance que présente une distribution d’eau, a toutes sortes de points de vue différents, ont installé un service des eaux pour leur agglomération ; mais nous ne connaissions pas encore d’exemple d’un hameau de quelque 200 habitants faisant effectuer un travail de ce genre. 11 s’agit du minuscule village de Trokvvood, dans le comté de Montgomery, qui fait partie de l’Etat américain d’Ohio : Trotwood compte 214 habitants. Ce hameau avait été cruellement éprouvé en 1898 par un incendie, et il résolut de se doter de
- moyens de défense contre le retour d’une pareille catastrophe, en même temps que de bonne eau de boisson. Dans ce but presque tous les habitants se cotisèrent pour former une Société ot réunir le capital nécessaire de de 15 000 francs. L’eau est fournie par deux puits de 0m,20 de diamètre forés à 8 mètres de profondeur, à travers de la glaise et dans un lit de graviers, ce qui constitue de bonnes conditions : l’eau y est pompée directement par une pompe verticale a deux corps actionnée par un moteur à pétrole et élevée dans un réservoir. Cette pompe possède un dispositif qui lui permet d’aspirer une certaine quantité d’air avec l’eau et de refouler cet air sous pression dans le, réservoir, ce qui assure la distribution du liquide. Le réservoir contient 15 000 litres, il dessert 5400 mètres de tuyaux, 10 bouches d’arrosage et enfin 9 bouches d’incendie. Il 11’y a nulle part de compteur, et le village jouit d’une abondante alimentation d’eau à peu de frais.
- L’émigration russe en Sibérie. — L’émigration russe en Sibérie a une grande importance au point de vue du développement minier et industriel de ces régions encore peu habitées. L’essor de l’industrie minière y est très gêné par la pénurie de main-d’œuvre. Or, il résulte d’un rapport très documenté, public par la chancellerie du Conseil de l’Empire russe, que cette émigration prend des proportions considérables. Ainsi, de IJ 250 émigrants en 1889, le mouvement passe, en 1890, a 7578, et à 82 150 en 1891 pour ne plus descendre au-dessous de 200 000, chiffre minimun du nombre d’émigrants qui franchissent annuellement la chaîne de l’Oural. L’aimée dernière, malgré les entraves causées par la campagne de Chine et l'encombrement qui en est résulté sur le Transsibérien, ce chiffre a dépassé 215 000. Celle constatation fait bien augurer du peuplement futur de la Sibérie et, comme conséquence, de l'essor certain donné a l’exploitation de ses richesses minières et industrielles. Si l’on examine les causes de cette migration, on les trouve principalement dans le manque de terres labourables, dont souffre la population rurale russe de la région dite des terres noires. Pour la répartition de la propriété foncière, on sait que le paysan russe1 est régi par le système communal, (pii consiste à faire, tous les deux ou trois ans, un partage des terres formant la propriété des paysans d’une même commune; comme la population russe croit dans des proportions considérables, le lot dévolu à chaque paysan se réduit d’année en année ou a chaque nouveau partage, et 11’atteint plus, dans certaines localités, que I à 2 hectares par foyer, ce qui, avec la productivité décroissante du sol qui s’épuise, devient insuffisant pour assurer l’existence des membres de la famille rurale. Lue autre cause du mouvement est dans les années de disette et mauvaises récoltes qui ont désolé certaines provinces de la Russie d’Europe. L’est ainsi que les années 1891, 1890 et J 898 ont été marquées pour les gouvernements les plus éprouvés (Tchernigoff, Poltava, Bessarabie, Tauride et le bassin du Volga) par un accroissement très appréciable de, l’émigration, qui a eu pour effet de séparer de la partie de la population la plus aisée le surplus de son prolétariat rural. Généralement l’émigrant dispose de faibles ressources, 100 a 200 roubles tout au plus, provenant de la liquidation de son inventaire. 11 est difficile de préjuger ce que sera l’émigration do, cette année : on ne connaît pas encore les prévisions de récolte en Russie d’Europe ; le transport de niatériel de guerre revenant de Chine continue à gêner le trafic du Transsibérien.
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- Al
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 juin 1002.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Perturbation magnétique. — M. Masoart annonce que M. Eginitis a constaté à Athènes, le 8 mai dernier, une perturbation magnétique accentuée à 1 h. 32 de l’après-midi. Cette perturbation a duré jusqu’à 0 li. 30. Son apparition coïncide avec l’instant de la grande éruption de la montagne Pelée. La perturbation a porté surtout sur la composante horizontale, un peu sur la déclinaison et très peu sur la composante verticale.
- Projections d'images sur étoffes par vapeurs. — M. Delage rappelle qu’il a récemment entretenu l’Académie d’expériences au moyen desquelles M. Yignon avait obtenu sur des étoiles imprégnées d’aloès des images d’objets recouverts d’une solution alcaline. Vn savant belge qui n’accordait qu’une confiance médiocre à ces expériences les a reproduites en variant la nature des vapeurs et des substances impressionnées. Il a successivement essayé l’acide chlorhydrique avec la teinture de tournesol bleue, l'ammoniaque avec la teinture de tournesol rouge, l’iode avec l’amidon, et il a obtenu des images de ligures géométriques bien déterminées. C’est donc un argument nouveau en faveur de la possibilité du dessin d’une figure humaine sur une étoffe, par projection orthogonale.
- Dessins d'animaux préhistoriques. — MM. Capitan et Breuil exposent de très belles reproductions grandeur nature de dessins et peinlures d’animaux découverts par eux dans la grotte de Font de Gaume (Dordogne). Cette grotte présente deux enlrées peu larges; elle se termine par deux culs-de-sac. Sur l’un deux s’ouvre une salle contenant 13 dessins colorés fort beaux de bisons reproduits en. vraie grandeur par l’artiste primitif. Les dessins au nombre de 80 ne commencent qu’à 70 mètres de l’ouverture et se prolongent jusqu’à 120 mètres. Four quelques-uns de ces dessins la peinture n’apparaît que sous une couche de stalagmites qui atteste l’ancienneté du travail. Indépendamment du bison, du renne, du cerf, de l’antilope et d’un équidé, on observe un mammouth. Or, vu l’époque de cette grotte, la représentation d’un mammouth est un fait à relever. La matière employée pour [joindre est un mélange de silice en poudre très fine avec de l’ocre et de l’oxyde de manganèse.
- Fermentation du fumier. — M. Dehérain présente une Note de M. Dupont,chimiste de la station de Grignon, sur les fermentations aérobies du fumier de ferme. Les hautes températures constatées à la partie supérieure des tas de fumier sont dues au bacillus mesenterieus ruber et à un autre bacille que l’auteur nomme bacillus thermophilus Grignogni. Le premier de ces ferments peut vivre jusqu’à 60°; le second donne encore des cultures actives h 70°. Ces bactéries produisent la combustion des matières azotées et des hydrates de carbone facilement attaquables, sucres, amidons, gommes; elles commencent seulement la décomposition de la paille qui se poursuit par fermentation anaérobie avec production d’acide carbonique et de méthane dans la partie moyenne et basse du fumier.
- L'arsenic dans l'organisme. — M. Roux résume un travail de M. G. Bertrand relatif .à la vérification des propositions énoncées par M. A. Gautier concernant l’absence d’arsenic dans l’organisme normal, si ce n’est dans la glande thyroïde, les poils, les ongles, les produits cornés. Les expériences de M. A. Gautier ont été répétées en Allemagne et les résultats n’ont pas été concordants.
- M. G. Bertrand montre que ces discordances tiennent à une application défectueuse de la méthode qu’il est parvenu d’ailleurs à rendre encore plus sensible. 11 a vérifié l’exactitude rigoureuse des faits annoncés par M. A. Gautier, dont 1 importance est capitale au point de vue des expertises médico-légales.
- Le sang des animaux immunisés contre le venin de cobra. M. Roux analyse une Note de M. Galmette sur 1 état du sang des animaux immunisés contre le venin de cobra. Le venin jouit de la propriété de dissoudre les globules rouges du sang de plusieurs animaux. Si on isole ces globules par l’action centrifuge dans le sang d’un animal immunise, et si on les lave, ils ne sont plus dissous par le venin de cobra; mais si l’on ajoute du sérum d’un animal normal ils sont dissous. Gu. nr; Vilieueiie.
- LES MARIONNETTES DE JOHN IIEWELT
- La marionnette, est si ancienne qu'il ne semblait pas qu'elle lût susceptible d’ètre perfectionnée; cependant M. de Saint-Génois s'est donné celle tache et il est arrivé à la faire vivre si réellement qu’on reconnaît immédiatement au geste., à la démarche, à l’expression de ligure même, le personnage qu’elle représente. Les moyens qu’il emploie ne sont pas compliqués et c’est surtout à la suite d’observations minutieuses qu’il arrive par de simples tils, attachés aux bons endroits, à donner la vie à ses pantins. Il les manœuvre seul et le plus souvent d’une seule main.
- Sa façon de les présenter n’est pas banale, ainsi qu’on a pu le voir dernièrement au Jardin de Daris; il a construit non seulement une scène appropriée à la taille de ses acteurs (0n‘,70 environ), mais tout un théâtre avec son manteau d’Arlequin, son rideau, ses loges d’avant-scène et même son orchestre. Dans les loges, il a installé des spectateurs et spectatrices qui jouent de la jumelle ou de l’éventail et dont les mouvements de bras et de tète semblent très naturels ; quant au chef d’orchestre, il se démène consciencieusement, suivant la règle de sa fonction, et ses musiciens sont tous en action; on jurerait que ce sont eux qui accompagnent le chanteur. Tout cela marche à la seule volonté de John Ilewclt (pseudonyme de M. de Saint-Génois) qui, monté sur une plate-forme dominant son théâtre miniature (fig. I), a sous la main, et sous les pieds, toutes les /icelles.
- Pour donner la vie à une marionnette, il ne faut jias craindre d’y mettre la quantité de (ils nécessaires, tout est là ; ce qu’il faut avoir ensuite, c'est l’habileté de les manœuvrer, et cela dépend beaucoup de la méthode avec laquelle on a su combiner le point d’attache de chaque lil.
- Il ne faut pas se dissimuler que les êtres vivants, et surtout les acteurs, sont animés de mouvements très complexes, et il faut essayer de les reproduire tous ou presque tous; c’est ce qui explique la multiplicité des tils nécessaires à la manœuvre d’un seul pantin (fig. 2), et on peut encore en ajouter si, comme dans les « Gringalets » qu’a montrés cet hiver M. de Saint-Génois, à l’Eldorado, on veut obtenir les jeux de physionomie, sur un sujet de plus d’un
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- Fi". 1.
- Théâtre de marionnettes de M. de Saint-Génois.
- mètre de liant dont la tète est presque grandeur nature; il Tant obtenir alors le mouvement des yeux, de la bouche, des jones même, et tout cela est possible : il s'agit seulement de ne pas s'embrouiller dans ses fils.
- Pour cela M. de Saint-Génois a imaginé nn mode d’attache particulier; il les divise en plusieurs séries, l'one commande les jambes, l’antre les bras, la troisième la tète et le tronc ; une quatrième an besoin correspond à des m o n ve m e n t s particuliers. Chaque série de (ils est reliée à une baguette d’environ 40 centimètres de long et chaque fil se trouve attaché à une place déterminée de la baguette ; ceux qui servent à effectuer de longs parcours, comme par exemple pour manoeuvrer la partie inférieure de la jambe, sont aux extrémités; il s’ensuit que, si on tient la baguette par le milieu, une faible inclinaison correspond à un assez grand déplacement. L’opérateur tient en général les trois baguettes d’une
- seule main et c’est par l’inclinaison plus ou moins grande de chacune d’elles, ou par des tractions avec les doigts sur un ou plusieurs fils, qu’il arrive à faire vivre son pantin.
- Il y a là évidemment un apprentissage qui ne se lait pas en un jour ; il faut surtout un grand esprit d’observation pour arriver à imiter à la perfection tel ou tel personnage politique, ou officiel, tel artiste connu du monde des théâtres.
- Toute l’installation de John Iiewelt tient peu de place et se glisse en scène, au moment voulu, quand il est en représentation sur un théâtre ; mais il peut très facilement s’installer dans nn salon et c’est un divertissement fout indiqué pour les soirées où la danse ne tient pas la place principale. G. Chalmarks.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laubre, rue de Fleurus, 9.
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- A° 1518
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- Fig. 2. — Vue des massifs d’Aguaga et Maria, montrant l’aspect raviné des terrains à couperose.
- La couperose bleue, ou sulfate de cuivre, est un des sels de cuivre les plus connus, les plus faciles à obtenir et les plus souvent utilisés. Il suffit de rap-30e année. — 2° semestre.
- peler, parmi ses applications ordinaires, la bouillie bordelaise pour le traitement des vignes, la galvanoplastie, le traitement des minerais d’argent mexi-
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- cains, la teinture en noir ou en lilas, etc., etc. Sa production est industriellement des plus simples et se réalise spontanément, dans la nature, sous les actions les plus diverses; on sait, en effet, (pie la plupart des minerais de cuivre naturels sont des sulfures plus ou moins complexes et <pie ces sulfures, par l’altération à l’air humide, donnent des sulfates hydratés, en même temps (pie des carbonates par l’action de l’acide carbonique; on conçoit, dès lors, «pie le sulfate de cuivre, — c’est-à-dire le vitriol bleu ou couperose, de ses noms vulgaires ; la cyanose, ou encore la brochantite, pour les minéralogistes,— doit se produire fréquemment dans les mines de cuivre, et l’on serait même porté à imaginer que c’est un minerai abondant, tout au moins parmi les substances oxydées et altérées qui forment en général les affleurements des filons.
- En réalité, tandis que les carbonates, malachite et a/urite, sont fréquents par grandes masses, il est très exceptionnel de rencontrer, dans les gisements naturels, des quantités un peu importantes de sulfate de cuivre ; on en trouve quelques échantillons dans les anciennes galeries de mines, par exemple sur les boisages romains que Ton découvre de temps à autre dans les exploitations antiques de Rio Tinto, en Espagne; on en a signalé dans les produits de fumerolles du Vésuve ; ailleurs, on en observe fréquemment des enduits minces, parfois même de beaux cristaux accidentels, comme à Iavapaï Mine, en Arizona; mais, pour en renfermer des quantités un peu notables, il n’est guère qu’une région au monde, c’est la partie ouest de l'Amérique du Sud, Chili et Bolivie, d’où viennent la plupart des cristaux de cyanose de nos collections (Terra Amarilla, Checo Chico, dans l’État de Colombie ; Lipes, en Bolivie, etc.). Cela tient à ce que ce sel, produit par une oxydation humide du sulfure, est, en même temps, très soluble dans l’eau, de sorte que, là où il a une tendance à se développer, il est, en même temps, aussitôt formé, entraîné par les eaux et disparait. Pour qu’il ait pu s’amasser en un point privilégié, il a donc fallu des circonstances très spéciales et assez contradictoires en apparence, réalisées seulement dans cette région quasi désertique du Chili, qui est, en même temps, si riche, on le sait, en gisements de cuivre. A ce titre, il peut être intéressant de signaler un amas nouvellement découvert en ce pays, amas qui, d’après les premières informations, semblerait, suivant ses inventeurs, en renfermer de très grandes quantités. C’est ce que je me propose de faire ici, sans prendre la responsabilité des affirmations qui nie sont communiquées et que je n’ai aucun moyen de vérifier, en insistant seulement sur le caractère géologique curieux de cette nouvelle mine et, pour sa valeur effective, faisant remarquer que des sondages très multipliés et très méthodiques doivent être effectués, avant de supposer la persistance à quelque profondeur d’un minéral qui a autant de chances, a priori, pour former seulement une croûte ou ui.e imprégna-
- tion très superficielle sur les pentes des ravins.
- Le gisement en question est situé au nord du désert d’Atacama, dans une région désertique des Andes, en un point nommé Copaquire, près de Hua-tacondo (province de Tarapaca); il est à environ 40 kilomètres à l’est de Tamarugal, point terminus de la ligne de chemin de fer qui dessert les nitrates de Lagunas et les conduit à leur port d'embarquement de Iquique, sur l’océan Pacifique. La sécheresse du climat, qui a permis le dépôt des nitrates, a également contribué aussi à celui du sulfate de cuivre. 11 existe là des collines de 100 à 200 mètres de hauteur, profondément ravinées par les eaux et dont nos vues peuvent donner une idée : collines sur la surface desquelles on trouve, de tous côtés, des terrains imprégnés de sulfate de cuivre, qui, prétend-on, renfermeraient en moyenne 2 ou même 2,5 pour 100 de cuivre. Ces terrains, mis en présence de l’eau, se désagrègent et tombent en boue par suite de la dissolution d’une partie des divers sels solubles qu’ils contiennent en abondance Aucun renseignement n’est donné sur leur nature pétrogra-phique réelle, qui serait intéressante à connaître pour essayer une théorie de leur origine; l’analyse, qui donne en moyenne 78 pour 100 de silice, 4 d’alumine et oxyde de fer, 5 de chaux, 0,60 de magnésie, ne permet pas de préjuger cette nature; mais les essais chimiques semblent bien indiquer qu’il y a eu, au moins en partie, altération surplace d’un minerai de cuivre sulfuré, sans doute d’une chalcopyrite disséminée dans cette gangue; car on y trouve des traces de sulfure de cuivre, avec les produits d'oxydation ordinaires de la chalcopyrite, qui sont, outre le sulfate de cuivre, les carbonates de cuivre, l’oxyde de fer et (peut-être par une réaction secondaire des sulfates sur la chaux), du sulfate de chaux. La proportion des terrains contenant du carbonate à ceux contenant du sulfate est, d’après les études, de 50 à 70.
- Il est donc possible qu’on soit là sur le « chapeau » d’un filon cuivreux ou d’un système de veines cuivreuses disséminées eu stockwerk dans quelque roche éruptive. Il y aurait eu hydratation, oxydation de la chalcopyrite et dissémination du sulfate de cuivre produit dans tons les terrains avoisinants, où ce sulfate aurait cristallisé et se serait, sans doute, concentré sur quel(pies points d’élection par suite du climat désertique. Cela ne signifie pas que toute la région (de 200 000 mètres carrés de superficie), où Ton trouve, dit-on, du sulfate à la surface, doive en contenir en profondeur, ni que toute cette région corresponde à un immense gîte cuivreux, comme on Ta supposé un peu vite d’après les premières constatations superficielles. Une substance aussi soluble que le sulfate de cuivre a dii, en effet, à la faveur des moindres pluies, se répandre sur toute l’étendue du sol, s’y infiltrer sur une légère épaisseur, et sa couleur bleue, qui en fait apparaître la moindre trace, ne peut manquer de contribuer à des exagérations naturelles sur l’étendue
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- dos gisements. Mais, en attendant les constatations que permettront des travaux en cours d’exécution, il est intéressant de rencontrer, dans cette vieille région cuprifère du Chili, cette masse, en tout cas fort curieuse, de couperose, (pie l’on se propose d’abattre à ciel ouvert et de traiter par dissolution, puis par cristallisation pour avoir le sulfate de cuivre pur ou, si le prix de la fonte le permet, par e'men-tation, pour en extraire le cuivre contenu.
- L. De Luxa y.
- BANC POUR LA
- PHOTOGMPHIE STÉRÉOSCOPIQUE
- A COURTE DISTANCE
- Le charme tout spécial que revêt l’image photographique, quand elle est sous forme stéréoscopique, justifie la vogue dont jouissent actuellement les appareils qui, sous un format restreint, permettent de reproduire et de contempler avec leur relief et leur aspect vrai, les sites et les objets photographiés. Ces appareils sont construits généralement pour reproduire des sujets de grandes dimensions ; ils se prêtent mal à la photographie de petits objets qui exigeraient, pour figurer à une échelle convenable sur les épreuves, qu’on put opérer de très près.
- À mesure que l’objet à photographier se rapproche de l’appareil stéréoscopique qui sert à le reproduire, on voit apparaître plusieurs difficultés :
- 1° Les images de la partie centrale du sujet s’écartent de plus en plus, l’une à droite, l’autre à gauche, des deux moitiés de la plaque sensible destinées «à les recevoir. De sorte que l’une des épreuves contient surtout la moitié gauche du sujet, l’autre contenant surtout la moitié droite. La partie commune aux deux épreuves (la seule pour laquelle apparaît le relief) se réduit alors à une bande de plus en plus étroite à mesure que l’on opère de plus près. La largeur de cette bande peut même tomber h zéro si l’on opère à une distance suffisamment faible. On a alors une épreuve évidemment inutilisable au stéréoscope. La figure 1 donne l’aspect d’une pareille épreuve. C’est celle d’un mouvement de montre photographié à la distance de 15 centimètres, à l’aide d’un vérascope ;
- 2° Même avant qu’on arrive à cette limite, une autre difficulté se présente. Dans le tirage de l’épreuve positive, qui nécessite, comme on sait, l’interversion des deux clichés droit et gauche, le décenlrement des points correspondants des deux images du sujet subsiste, mais en sens contraire. La distance qui sépare ces points sur l’épreuve positive devient plus faible que l’écart des yeux. De sorte que, quand cette photographie est placée dans un stéréoscope à lentilles, de foyer équivalent à celui de l’appareil photographique, les deux yeux doivent faire un effort de convergence d’autant plus grand que le décentre-ment est lui-même plus grand. 11 en résulte une difficulté croissante et même bientôt l’impossibilité
- d’obtenir la superposition stéréoscopique de la partie commune aux deux épreuves.
- On pourrait songer, pour éviter cet inconvénient, à écarter l’une de l’autre, en sens contraires, les deux épreuves positives, de manière à augmenter la distance des points correspondants des deux images, et, par suite, à diminuer l’effort de convergence des yeux. Mais cette manière d’opérer, outre qu’elle ne remédierait en rien à la première difficulté signalée, entraînerait dans la forme apparente de l’objet reconstitué au stéréoscope, une altération mise en évidence et étudiée en détail par M. Cazes1. Cette altération consiste en une augmentation progressive de l’épaisseur apparente de l’objet, comparativement à ses dimensions transversales. Cette augmentation d’épaisseur s’exagérerait en même temps que les déplacements latéraux qu’on ferait subir aux deux images, et, par suite, à mesure même que l’on opérerait de plus près. On arriverait alors bientôt h avoir, aux courtes distances, des objets reconstitués paraissant avoir une épaisseur deux ou trois fois plus grande que leur épaisseur réelle, comparativement à leurs dimensions hauteur et largeur. En résumé, par cette manière de faire, on aboutirait à un développement croissant du relief qui deviendrait bientôt exagéré et inacceptable en pratique.
- J’ai combiné, avec la collaboration de M. J. Richard, un dispositif de banc optique qui, tout en corrigeant le premier défaut, permet d’atténuer également le second d’une façon systématique, de manière à donner un relief pratiquement satisfaisant .
- L’appareil photographique P (vérascope, par exemple) (fig. 2) est placé sur un support SS' qui peut glisser le long d’une réglette R R' de manière à être amené à la distance voulue de l’objet à photographier. Le support SS' est formé de deux parties dont l’une S peut être élevée ou abaissée, par rapport à l’autre S', à l’aide d’une crémaillère et d’un bouton décommandé R placé latéralement. On peut, de cette.manière, régler l’appareil en hauteur. Le sujet, à photographier se trouve en C. Il peut être suspendu à une planchette verticale, comme le montre la figure, ou placé sur un petit rayon, formant étagère et adapté à cette planchette. Comme la planchette peut être déplacée horizontalement avec l’objet qu’elle porte, le long de la coulisse D, on a, par là même, la possibilité de régler la position de l’objet en largeur.
- La partie la plus intéressante de ce banc stéréoscopique est constituée par les deux coulisses transversales E E' fixées à la réglette R R' et par les deux disques F F' portés par la planchette G G' qui sert de support à tout le système.
- Les deux disques F F' sont traversés par deux axes de rotation H IF placés excentriquement non loin des bords de ces disques. On peut donc les faire pivoter autour de ces axes et les fixer dans une position quelconque au moyen de deux boutons de serrage 11', de manière que l’intervalle qu’ils laissent entre leurs
- 1 L. Cizes. Sléréoicopie de précision, p. 2ô. Pellin, éditeur, 21, rue de l’Odéon, Paris.
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- deux bords intérieurs en regard soit [tins ou moins large. I/extrémité postérieure R, de la réglette R R', guidée par la coulisse E, peut alors se déplacer, à droite et à gauche, d'une quantité variable avec l'écart que laissent ces disques entre eux.
- Quant à l’extrémité antérieure de la réglette, qui se trouve tout [très de l'objet h photographier, elle peut, grâce à la coulisse E' se déplacer également à droite et à gauche. Deux vis YY' règlent ce déplacement de manière qu’il soit égal à celui qui sépare les deux objectifs 0 0' sur l’appareil photographique (63 millimètres environ).
- Supposons la réglette poussée à fond, du côté gauche, contre la vis V et le disque F.
- L’axe de l’objectif droit 0' sera alors orienté vers le centre du sujet à photographier, si la vis Y est convenablement réglée. Si donc on fait une première pose avec cet objectif 0', en rabattant sur 0, pour le masquer, un petit obturateur à bascule L, on aura l’épreuve droite parfaitement centrée sur la partie correspondante de la plaque sensible.
- Cette première épreuve faite, poussons alors, à tond, la réglette R R' du côté droit, de manière quelle vienne s’appuyer, à la fois, sur la vis Y' et sur le bord intérieur du disque FL Ce sera, cette fois, Taxe de l’objectif gauche 0 qui sera dirigé vers le centre du sujet. Rabattons alors l’obturateur.sur l’objectif droit 0', de manière à le masquer, et faisons une deuxième pose à l’aide de l’objectif gauche 0. Nous aurons alors le cliché gauche sur lequel, à son tour, le cen-
- trage sera réalisé. Lorsque nous tirerons une épreuve positive de ces deux clichés, par les moyens ordinaires, le sujet sera donc parfaitement centré sur les deux moitiés droite et gauche de cette épreuve, et, lorsque nous placerons l’ensemble dans un stéréoscope, nous aurons, sans etlorts anormaux de
- e o n v e r gence des yeux, la superposition optique des deux images droite et gauche dans toute leur étendue.
- Des considérations géo-m é triques, dans le détail desquelles nous ne pouvons entrer ici, permettent de se rendre compte (pie, lors des deux poses faites avec les objectifs 0 0', ceux-ci travaillent avec un écart ficlil inférieur à celui qui les sépare sur
- l’appareil photographique . Cet écart est d’autant plus petit, pour une distance donnée du sujet aux objectifs, que l’écart entre les deux bords internes des deux disques FF' est lui-même plus grand. 11 résulte de là que le degré de relief obtenu au stéréoscope sera d’autant plus fort que l’écart des bords de ces deux disques sera plus petit. Si cet écart était tel que la partie postérieure R de la réglette se déplaçât, comme sa partie antérieure R', d’une quantité égale à l’écart réel des objectifs 0 0', ces deux objectifs occuperaient exactement la même position dans l’espace au moment des deux poses. Alors les deux clichés droit et gauche seraient identiques et le relief nul.
- En résumé, si l’on prend, avec cet instrument, une série de photographies stéréoscopiques d’un même objet en faisant seulement varier, de l’une
- Fig. 1. — Effet de déeentrement produit sur une photographie stéréoscopique prise à courte distance (15 centimètres).
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- LA NAT U UE.
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- à l’autre, l’écart des Lords intérieurs des deux disques F F', ces photographies présenteront un degré de relief systématiquement croissant depuis zéro jusqu’à une valeur ma.vi-ma qui sera fortement exagérée si la longueur de la réglette n’est pas trop considérable.
- J'ai pris, de cette manière, à l’aide d’un v é rase o p e , une série de 10 épreuves d’un même mouvement de montre photographié à la distance de 15 centimètres avec des écarts régulièrement décroissants des disques F F’.
- Ces épreuves, e x a m i n é e s l’une après l’autre, donnent l’illusion d’une montre qui, tout en conservant un diamètre constant , prendrait u n e épaisseur variable de zéro à plusieurs centimètres. Parmi ces épreuves, l’une donne l’illusion correcte de l’épaisseur vraie de la montre c’est celle qui a été obtenue avec un écart des disques FF’ correspondant à un écart fictif des objectifs égal à 6 millimètres environ.
- Nous donnons ici la reproduction de deux de ces photographies. La ligure 5 correspond au relief correct et la ligure T au relief exagéré1.
- Une pareille série d’épreuves à relief variable est particulièrement intéressante à examiner quand on
- 1 Ceux des lecteurs de La Sature qui possèdent un stéréoscope pourront voir ces épreuves avec les différences de relief indiquées, sans être obligés de les découper dans la page du journal, en y appliquant directement le système
- les fait déliler rapidement dans un appareil cinématographique binoculaire. On a l’illusion de l’épaississement ou de l’aplatissement continu de l’objet.
- Au lieu de chercher à reproduire toujours, par voie stéréoscopique, la sensation de l’épaisseur vraie de l’objet, il peut y avoir intérêt, pour certains sujets, à diminuer ou à exagérer cette épaisseur. On y arrivera par la manœuvre des deux disques FF’ en se souvenant qu’un rapprochement de ces disques
- tend à exagérer l’épaisseur apparente de l’objet reconstitué, tandis qu’un écartement tend à la diminuer. Par exemple, si l’on veut reproduire, par voie stéréosco-pique, une médaille dont les reliels-sont peu accusés, on diminuera la distance des disques FF’ et on aura ainsi une photographie
- qui donnera des reliefs et des creux plus accentués que ceux de la médaille elle-même. De même, dans une pièce de mécanique de structure compliquée et délicate, comme un mou-ve ment de montre, il pourra y avoir intérêt à exagérer l’épaisseur apparente, de manière à mieux faire saisir à l’œil les positions des pièces d’assemblage du mécanisme, les unes derrière les autres.
- optique de leur stéréoscope. Celui-ci s’enlève eu dévissant une simple vis, ou même, dans certains modèles, peut se rabattre autour d une charnière, ce qui permet de l’appliquer à l’observation d’une épreuve placée en dehors de l'appareil*
- Fig. 4. — La même avec relief exagéré.
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- LA A ATI RL.
- Nous venons de voir que l’appareil précédent est spécialement destiné à photographier de petits objets à courte distance. 11 est alors nécessaire de se préoccuper du déplacement des images fournies par les deux objectifs, ces images se formant d’autant, plus loin en arrière des objectifs, que l’on opère de plus près. Dans les appareils photographiques à soufllet, c’est par un tirage variable de ce soufllet qu'on amène les images à se former toujours sur la plaque sensible. Mais dans la plupart des appareils à main existant aujourd'hui dans le commerce, la platine sensible est placée une lois pour toutes dans le plan focal des objectifs : l’appareil est réglé pour l’infini ; pratiquement, l'image est au point pour tous les objets compris depuis l’infini jusqu’à une distance de quelques mètres de l’appareil. Quand on veut prendre une photographie à nue distance plus faible, on adapte aux objectifs des lentilles convergentes supplémentaires connues sous le nom de bonnettes.
- Le dispositif que j’emploie emprunte les deux combinaisons à la fois. J'annexe au vérascopc trois rallonges interchangeables qui s’intercalent entre la chambre noire et le magasin à plaques sensibles. Ces rallonges ont des épaisseurs respectivement égales à 1,2 et -i centimètres, de sorte qu’en les employant séparément, ou deux par deux, ou en les réunissant toutes les trois, on a 7 longueurs différentes de foyers conjugués. La ligure 2 montre le véraseope muni de deux de ces rallonges.
- En outre, on peut munir les objectifs de bonnettes MM’ , soit convergentes, soit divergentes dont chacune fournit, avec les rallonges, 7 nouvelles combinaisons de foyers. On a ainsi, avec trois rallonges et quelques paires de bonnettes, un nombre de combinaisons permettant de reproduire à une échelle convenable un sujet de grandeur quelconque.
- V’ La possibilité d’obtenir, à l’aide d’un appareil simple et facile h manœuvrer, des épreuves stéréoscopiques de petits objets, à courte distance, étend considérablement le champ ouvert à celui qui s’occupe de ce genre de photographie. Une simple Heur, un brin d’herbe, un bijou, un insecte, un échantillon minéralogique cristallisé, un médaillon, un bibelot quelconque sont autant de sujets qui abondent autour de l’amateur et qui lui fourniront matière à épreuves intéressantes qu’il contemplera avec le plaisir tout particulier que produit toujours, même chez ceux qui en ont une grande habitude, le relief stéréoscopique. Nous donnons ici, à titre d’exemple (fig. 5), la reproduction de la photographie d’une sauterelle perchée sur une branche de bruyère et photographiée à la distance de O1", 15.
- Ajoutons, pour ceux qui ne craignent pas d’aborder la photographie des couleurs (par la méthode triclirome, par exemple), que c’est précisément surtout dans les objets de petites dimensions (Heurs en particulier) qu’ils trouveront une foule de sujets. Il suffit d’annexer à l’appareil photographique employé les 5 écrans colorés pour prendre à la suite les uns des autres les 5 clichés nécessaires à la fabrication
- des positifs colorés. J’ai obtenu très facilement, dans ces conditions, de bonnes épreuves qui joignent au charme du relief stéréoscopique celui de la couleur.
- Enfin, avec le banc qui vient d’ètre décrit, rien n’est plus facile (pie de reproduire, au format de l’appareil que l’on possède, une épreuve stéréoscopique de format quelconque. J’ai reproduit de cette manière, au format véraseopique, une série d’épreuves du format commercial courant et même des épreuves loX 18 dont la plupart étaient des épreuves radiographiques obtenues h l’aide des rayons X.
- Il est non moins facile d’extraire d'une épreuve stéréoscopique un détail intéressant (tel que la tète d’un personnage dans un groupe) en l’anqdiliant de manière à lui faire occuper toute l’étendue du champ. H suffit, pour cela, d’employer toutes les rallonges et des bonnettes convergentes suffisamment. puissantes pour permettre de faire la copie du sujet à quelques centimètres de distance.
- ________ E. Golardeau .
- L’EMPLOI DES ENGRAIS CHIMIQUES
- DANS LE POTAGER ET I.E VERGER
- Nombre de jardiniers et d’horticulteurs ignorent encore les avantages «pie l’emploi rationnel des engrais chimiques pourrait leur procurer. 11 m’est arrivé d’entendre affirmer que le nitrate de soude, bon pour les céréales, ne vaut rien lorsqu’il est appliqué aux plantes potagères et que, en général, les engrais ch uniques d onnent aux légumes un goût détestable. J’ai cherché, maintes lois, à constater le fait ; mais j’ai hâte d’ajouter que je n'y suis point encore parvenu.
- Qu’on le veuille ou non, les légumes que je fais pousser valent autant que ceux que j’achète au marché, nonobstant l’usage du nitrate, du chlorure et dusuperphosphate.
- La seule différence que j’v trouve, c’est que j’en récolte davantage et qu’ils soûl pl'us beaux. Il serait difficile, en effet, de démontrer que l’on fait du mal aux plantes potagères en leur administrant, sous une forme particulière, l’azote, la potasse et l’acide phosphorique dont elles se nourrissent, lorsqu’on met à leur portée les aliments qu’elles peuvent le plus facilement s’assimiler. On court à des échecs, c’est incontestable, lorsqu’on répand les engrais chimiques au hasard, sans discernement, sans réflexion. Donnons à une plante quelconque plus d’azote qu’elle n’en demande et, en même temps, privons-la des autres aliments nécessaires : elle souffrira. Si nous lui donnons trop de potasse et pas assez d’azote, elle souffrira d’une autre façon. Répandons du nitrate sur des feuilles d’oseille ou sur des feuilles d’épinards, elles se décomposeront très rapidement, par suite
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- LA NATURE.
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- de l’action du sel sur les liquides acides contenus dans ces feuilles. Répandons-en beaucoup sur nos pommes de terre, nous leur ferons produire des fanes démesurément longues; mais les tubercules seront très aqueux et très rares.
- Au contraire, notre récolte sera plus abondante et de meilleure qualité si nous donnons à notre terre un mélange de 10 gr de superphosphate et de 20 gr de chlorure de potassium par mètre carré.
- Ces exemples suffisent pour montrer qu’il ne faut jamais donner à la terre des engrais qu’elle ne demande pas, ou qu’elle possède en quantité suffisante. Pour faire un emploi intelligent des engrais chimiques, il est indispensable de bien connaître le sol que l’on veut travailler, de savoir exactement les besoins de la plante que l’on veut cultiver. C’est très délicat. Heureusement pour nous, il se trouve des hommes compétents pour nous guider. Nos chimistes, nos professeurs d’agriculture sont gens de bons conseils qu’il faut écouter toujours et qu’il faut consulter souvent.
- 31. Dumont, professeur à Nomeny, divise les légumes en quatre catégories, d’après leur genre de nourriture, et il indique, pour chaque catégorie, l’engrais qui lui parait le mieux approprié. J’ai, d’autre part, trouvé différentes for-
- les rendements en poids. Les engrais chimiques trouvent leur emploi dans le verger aussi bien que dans le potager. La formule est un peu différente, voilà tout. Le procédé qui me réussit est le suivant ;
- Au commencement de l’automne, je fais creuser autour de chaque pied d’arbre une petite cuvette, dans laquelle je fais verser, à deux ou trois reprises, un litre ou deux de purin étendu d’eau. Chaque arbre reçoit ensuite du nitrate, du chlorure de potassium, du superphosphate et du plâtre en poudre (sulfate de chaux) d’après les proportions indiquées dans le tableau. La quantité varie de 1 demi-kg à l kg, suivant la grosseur du sujet. Après l’hiver, je fais arroser encore une ou deux fois.
- Deux années de ce traitement suffisent pour donner de la vigueur à des arbres qui n’en ont pas et pour les amener à produire de beaux et bons fruits. L. Hemuot.
- LE BEURRE DE K MUTÉ
- Un produit nouveau de nos colonies, le beurre de Karité, semblerait, si l’on en croit de récentes expériences, appelé à jouer dans notre alimentation un.rôle important ; aussi nutritif que notre beurre actuel, il aurait en outre l’avantage de coûter beaucoup moins cher.
- Dans tout notre Soudan, depuis nos possessions du
- mules appliquées à certains végétaux et donnant les meilleurs résultats. Je crois utile de les réunir toutes dans le tableau ci-dessous, en indiquant les quantités à employer par mètre carré.
- U convient d’appliquer ces mélanges lorsque la terre est légèrement humide. On les enterre par un binage si les racines sont profondément enfoncées dans le sol, et on les met en couverture pour les plantes à racines traçantes.
- Grâce à l’emploi des engrais chimiques, j’obtiens communément des poireaux de 5 à fi centimètres de diamètre et de 0m,80 à 1 mètre de longueur, ainsi qu’on peut le remarquer sur la photographie reproduite page 74. J’ai récolté aussi des choux énormes et des carottes d’une grosseur remarquable, tout en n’employant qu’une fumure ordinaire ou médiocre de fumier de ferme et quelques arrosages d’urine additionnée d’un volume d’eau égal au sien. La formule d’engrais indiquée ci-dessous pour les fraisiers a été donnée par un spécialiste des environs de Paris, qui évalue à 50 francs l’are le bénéfice résultant de l’emploi des engrais chimiques. Sa première expérience avait été très concluante, puisqu’elle faisait ressortir des augmentations de 48 pour 100 et de 8fi pour 100 dans
- Sénégal jusqu’au Niger, au nord du Dahomey, s’étend une vaste forêt où l’arbre dominant est le Karité. C’est de' cet arbre que les indigènes extraient le beurre. L’époque de la récolte varie suivant les différentes régions; elle a lieu généralement de juin à septembre. Actuellement les indigènes consomment ce produit sur place ; il est très recherché dans le pays. Mais la quantité nécessaire même pour l’exportation existe industriellement; tout compte fait, son prix de revient en France ne s’élèverait pas à plus de lfr,50 à lfr,fi0 le kilogramme.
- Le beurre de Karité se présente sous la forme d’un bloc consistant, analogue au beurre, mais de couleur blanche; il réunit tous les avantages, toutes les qualités de ce dernier. 11 n’a pas comme d’autres beurres végétaux analogues, par exemple la végétaline, tirée de l’intérieur de la noix de coco desséchée ou copiais, et déjà très emplovée en Allemagne, l’inconvénient de fondre à une température de 50°. Le beurre de Karité se conserve parfaitement jusqu’à des températures de 56 et 57°. H serait donc d’un emploi facile pour l’alimentation et pourrait en même temps fournir un appoint important à 1 industrie du savon, sous forme d’huiles de déchet.
- Quel sort l’avenir réserve-t-il à ce produit nouveau de nos colonies? C’est ce que nous saurons tôt ou tard.
- _________ Léon Bichat.
- au choix
- ESPÈCES ET CATÉGORIES DE PLANTES Nitrate de soude Sulfate Super- Scories Chlorure de potas- sium. Sulfate
- OU d ammo - phos- de
- d'ammo- niaque. uiuquc. phate. potasse.
- Gr. Gr. Gr. Gr. Gr. Gr.
- 1. Légumes feuillus : demandant surtout de l’azote et de / Salades, Epinards \ Choux 15 50 12,5 25 20 40 25 50
- 1 acide phosphorique.
- 2. Racines ( Pommes de terre, Carottes, Betteraves, ( Kadin, Navets, Rutabagas 50 25 40 50 10 à 20 10 à 20
- 3. Légumes secs $ Haricots, Pois ( Lentilles, Doliqucs *20 à 30 25 à 57,5 20 20
- 4. Légumes bulbeux Oignons, Ails, Echalotles, Poireaux . . 20 .10,6 30 57,5 10 10
- 5 Fraisiers 70 58,3 50 57,5 40 40
- G. Arbres fruitiers Plâtre : 500 Cr. 125 101,1 250 512,5 125 125
- 7. Plantes d'appartements . . . $ Palmiers, etc j (2 gr. du mélange pour 1 litre d'eau) 45 57,5 50 57,5 7,5 7.5 , !
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- LA NATURE.
- UN NOUVEAU POISSON UE NOS EAUX DOUCES
- Il ne s’agit pas ici d’une espèce étrangère, importée chez nous et acclimatée. Cette espèce est indigène; elle habite nos eaux et ne vient pas d’ailleurs. Seulement, on ne la connaissait pas encore. Je n’ai point trouvé mention d’elle dans les travaux fort nombreux que les spécialistes ont consacrés aux poissons qui vivent dans nos eaux douces. Elle était ignorée jusqu’ici. Je l’ai rencontrée, en faisant des recherches sur le développement embryonnaire des poissons, et sur les conditions normales de la biologie des alevins. Elle appartient au genre Atherina. Elle vit dans le Canal du Midi.
- Les Athérines sont des poissons remarquables à plus d’un titre. Leur structure particulière oblige les naturalistes à créer pour eux seuls une famille
- spéciale. Presque tous habitent la mer. Leur allure générale est celle des sardines, des anchois. Comme ces derniers, ils nagent par troupes nombreuses dans les eaux de surface. Si leurs habitudes sont semblables, si leurs dimensions habituelles les maintiennent ainsi parmi les. petits représentants de la classe dont tous font partie, leurs caractères distinctifs sont importants. Un reconnaît les Athérines, dès le premier coup d’œil, à la brillante et étroite bande argentée qui longe leurs deux lianes, de la tète à la queue. Les pécheurs de l’Océan prennent par quantités considérables, dans leurs filets, les représentants de Y Atherina presbyter Cuv., que l’on nomme d’ordinaire des « faux Éperlans », à cause de leur grossière ressemblance d’aspect avec ces excellents petits poissons à odeur de violette. Les deux sortes appartiennent pourtant à des groupes fort éloignés. Les Éperlans se rapprochent, par leurs caractères, des
- Fig. 1. —• Atherina presbyter Cuv. et Val. La longueur moyenne des individus est 14 centimètres.
- Truites et des Saumons ; les rayons de leurs nageoires sont mous (Malacoptérygiens). La famille consacrée aux seules Athérines se place à côté de celle des Muges, parmi les Acanthoptérygiens, dont la plupart des rayons qui soutiennent les nageoires sont durs, résistants, parfois terminés en pointe. Les pécheurs de la Méditerranée recueillent de même, en aussi grande abondance, les représentants d’autres espèces, de taille plus petite, 1 'Atherina hepsetus L. et Y Atherina Boyeri Ris. Ils donnent à ceux-là, dans leur patois, le nom de Sauclet, et à ceux-ci celui de Jolssur les côtes catalanes, de Cabassons sur les rives provençales. Ces derniers sont les plus exigus; la plupart ne dépassent point 8 à 10 centimètres de longueur. Leur chair, assez délicate, est estimée. Leur extrême abondance, à de certaines époques, lorsque les courants marins chassent leurs troupes vers les rivages, fait qu’ils encombrent parfois les marchés. Bien souvent les Éperlans servis sur les tables ne sont que des Athérines, tout comme
- les Goujons des fritures ne sont que de la menue blanchaille.
- Le Canal du Midi met en communication la Méditerranée avec le bassin de la Garonne. Il constitue la première étape dans le creusement, si souvent proposé et non exécuté encore, du Canal des Deux-Mers, qui relierait l’Océan à la Méditerranée, et permettrait aux navires de passer sans rompre charge d’une mer dans l’autre. Conçu et exécuté par Biquet, sous le règne de Louis XIV, il est resté ce qu’il était alors : un canal étroit et peu profond, à nombreuses et courtes écluses, réservé à la seule batellerie des barques à faible tirant d’eau, traînées par des chevaux. Aussi son trafic est-il peu considérable, la plupart des marchandises prenant la voie de fer. 11 est alimenté par les eaux de la Montagne-Noire, dernière pointe méridionale des Cévennes. Il comprend deux versants. Le plus court, parlant du bief de partage, descend vers la Garonne, et se joint à elle vers Toulouse. Le plus long traverse le département de l’Aude,
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- LA NAT LH E.
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- une partie de celui de l’Hérault, passe non loin de Carcassonne, de llé/iers, d’Agde, et se jette dans l’Étang de Thau, véritable mer intérieure et minuscule, qui communique avec la Méditerranée, à Cette, par un étroit goulet. La longueur totale du Canal est de 241 km.
- Les eaux du Canal du Midi, provenant des ruisseaux de la Montagne Noire, sont entièrement douces.
- Leur courant est faible. Elles contiennent les êtres habituels des rivières à fond vaseux et au cours tranquille : des barbeaux, des Carpes, des Tanches, des Chevaines, des Yandoises. Les biefs de la région d’Agde, peu éloignés de la mer, rouferment, en supplément, des poissons qui remontent aisément les lleuves : les Muges par exemple. Quelques Atliérines, échappées aux batides qui parcourent l'Étang de
- Fig. 2. — Atherina hepsetus L. La longueur moyenne des individus est de 12 centimètres.
- Thau, s’y introduisent aussi. Ce sont elles qui ont donné naissance à l’espèce nouvelle que je mentionne. Tandis que les Muges ne vont pas très loin dans l’eau douce, n’y font qu’un séjour temporaire et ne subis-
- sent aucune modification particulière, les Atliérines se sont répandues dans le Canal entier, jusqu’à Toulouse, et y habitent à demeure. Les individus qui ont ainsi changé de milieu se sont transformés dans
- Fig. 3. — Athenna Hiqueh, aov. sji. La longueur moyenne des individus est de 5 centimètres.
- des proportions considérables, au point de composer une espèce nouvelle, que je nomme Y Atherina lliqueti.
- Cette Athérine est plus petite encore que les plus petites. Athérines marines. Sa longueur moyenne varie de quatre à cinq centimètres. Sa tète est forte et ronde. Les yeux sont relativement exigus. Les .mâchoires sont presque inermes ; les dents ont une taille si faible qu’on ne peut les voir à l’œil nu. Elle habite, par troupes fort peu nombreuses, les lieux abrités, les berges couvertes de grandes plantes aquatiques, les abords des piles des ponts. Elle fraie en
- mai. Dès le mois de juin, on peut recueillir des alevins, déjà longs d’un centimètre.
- VAtherina Hiqueti olfre donc ce cas curieux d’une forme d’êtres, vivant dans les eaux douces, bien que le genre dont elle dépend soit fait surtout d’espèces marines. Elle n’est point la seule. Certains lacs italiens, ceux de Vico et de Bolsena par exemple, contiennent également des Athérines. Le prince C. Bonaparte, qui les a découvertes, a composé avec ces dernières une espèce nouvelle, 1.4. lacustris. Or, j’ai pu comparer entre elles, grâce à l’aimable obli-
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- LA NATURE.
- geance de deux savants professeurs italiens, MM. Car-ruccio et Relloli, ees deux espères des eaux douces. Toutes deux sont différentes.
- Un touche ici à l’un des problèmes les plus délicats et les plus importants de la biologie : celui de l’origine des espèces. 11 n’est [joint, dans la nature, de petit fait. Chacune des choses que nous vovons autour de nous et en nous-mêmes porte l'empreinte d’une grande loi, commune à toutes. Si l’on compare ces deux espèces des eaux douces aux espèces marines du même genre, on constate que VAthe-rina lacustris se rapproche surtout de l’.l. hepsetus, et l’.l. IUqueti de l’.l. Bogeri. Elles diffèrent de leurs parentes des mers par des dispositions assez importantes pour qu’on les en sépare, mais elles ont plus de ressemblances avec ces dernières qu'elles n’en montrent entre elles.
- L’origine exacte de l’.l. lacustris ne peut qu’être pressentie par le raisonnement; elle échappe à toute constatation objective. H n’en est point de même pour celle de l’.l. Iiiqueti. Cette espèce vit dans le Canal du Midi, et seulement dans ses eaux. Les autres rivières de la région n’en contiennent point. Les conditions particulières, faible courant, berges couvertes de plantes aquatiques et non ensablées, régime constant, que lui offre le Canal, lui permettent de subsister et de se propager. Or, ce canal est creusé depuis deux siècles environ. On l’a inauguré en 1081. Les circonstances actuelles des rivières et des ruisseaux régionaux existaient autrefois connue on les trouve aujourd’hui; elles s’opposaient de même à la vie de cette Athérine. 11 faut donc (pie cette dernière espèce ait pris naissance à la faveur des conditions spéciales que le Canal lui offrait. Les Atheriua Boyeri qui se sont introduites dans ces eaux nouvelles, en venant de l’Etang de Thau, ont pu s’adapter à elles, et leurs générations successives ont peuplé peu à peu le canal entier. Seulement elles se sont modifiées. Actuellement, elles diffèrent assez de leurs ancêtres pour que l’on soit conduit à composer avec elles un type spécial: l’.l. IUqueti. 11 est juste de dédier au fondateur du Canal une espèce d’êtres qui, en somme, lui doit l’existence.
- L’.4. IUqueti offre donc l’exemple curieux et remarquable d’une espèce de création récente, dans les conditions naturelles, et à l’écart de toute intervention étrangère. L’homme n’a eu d’autre rôle, ên cela, que de produire des conditions favorables. Il a creusé le Canal. Le reste est l’ouvrage de la nature, prise ainsi sur le fait. Louis Roi uk,
- Professeur ù P Université île Toulouse.
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- LES MARBRES DE L’ALASKA
- MM. Cronin et Shelden, de retour de Marblc Creek, dans l’ile du Prince de Galles, ne tarissent pas en éloges concernant la finesse des marines (ju’ils ont découverts à Shakan, dans l’ile du prince Édouard. Ces marbres sont, parait-il, aussi beaux que les plus beaux qui viennent d’Italie. ,
- M. Shelden dit à ce sujet au Franklin Institnte :
- (( Lorsque j’ai reçu les échantillons, j’ai constaté'qu’ils étaient infiniment supérieurs à tous ceux des marbres que nous exploitons aux Etats-Unis, et qu’ils ne le cèdent en rien aux [dus remarquables «pie nous livre Carrare.
- (( Quelle que soit l’abondance, «pielle «pie soit la qualité de nos produits en ce genre, on sait qu’ils ont toujours été évincés par les marbres italiens : ainsi dans l’année fiscale qui se termine en juin 1900, environ 40 000 tonnes de ces derniers ont été importés chez nous, fis vont être supplantés par ceux de l’Alaska, aussi beaux comme texture, couleur, etc., et pareils comme composition chimique.
- « Arrivé en mars dans l’Alaska, je découvris une montagne d’un marbre superbe d’apparence. Bien que convaincu de sa supériorité, je ne voulus pas me prononcer dans un rapport officiel sans avoir fait extraire et scier de gros blocs de cette matière, préalablement à tout envoi sur le marché de San-Francisco.
- « Ces blocs, pris à l’aftïeurement même de la mine, avaient subi l’injure climatérique pendant des centaines de siècles ; malgré cela leur grain était resté lisse jusqu’à 18 centimètres de profondeur. Je suis persuadé que la partie saine de ces marbres est en proportion toujours bien supérieure à celle de nos marbres des Etats-Unis. On sait, en effet, «piels déchets entraîne l’exploitation d’une carrière de marbre, étant donné qu’il faut fouiller parfois jusqu’à fi mètres de profondeur pour trouver la qualité sortable, sauf à rejeter le reste. II n’en est pas ainsi dans l’ile précitée de l’Alaska : on peut se contenter de creuser sous l’eau à une très faible profondeur pour avoir la plus belle qualité. Outre cela, Faire exploitable est supérieure à toutes celles ajoutées ensemble des États de l’Union. »
- CLEFS DE PENDULES ET DE MONTRES
- Les clefs d’horloges ou de montres ont été créées lors de l’invention du ressort moteur, c’est-à-dire vers la lin du quinzième siècle. Jusque-là, les horloges d'appartement marchaient avec poids et contrepoids. Il suffisait de tirer sur la corde pour opérer le remontage sans avoir besoin de clef. Le vieux Eroissart dit dans son Horloge Amoureuse : « Les [dons (poids) reliève et met à leur debvoir ». Ce n’est que postérieurement <[uc les poids furent relevés par une clef actionnant un tambour sur lequel s’enroulait la corde.
- Les clefs primitives sont de deux sortes, aussi bien [jour les horloges que pour les montres. Les unes, d'une seule pièce, ont la tète et le carré [iris dans le même morceau de métal. Les autres sont à manivelle : leur tête est montée à pivot sur une tige horizontale, à l'autre extrémité de laquelle est le carré posé verticalement (ce système donnait plus de force vu la longueur du bras de levier qu’il offrait). Ces clefs, entièrement en fer, furent les mêmes que celles que. nous voyons encore employées [tour remonter les horloges comtoises fabriquées de nos jours.
- lîour les horloges de table de la Renaissance, les clefs d’une seule pièce étaient généralement employées. Leur tète était quelquefois repercée et gravée comme celle des clés de montres dont nous allons parler pins loin.
- Vers le milieu du dix-septième siècle, on employa,
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- pour remonter les pendules, les clefs à anneau qui avaient exactement la même forme que celles d’aujourd’hui; la seule différence consistait dans leur dimension qui nous semblerait maintenant exagérée, mais qui alors était nécessaire pour remonter les énormes ressorts des non moins énormes mouvements de l’époque. Elles étaient en cuivre pour les belles pièces.
- Souvent les clefs à tète en anneau avaient un second carré, comme les clés de montre dont nous allons parler ; ce carré, monté sur la tète, servait à remonter le ressort du réveille-matin.
- Les clefs des pendules de voyage modernes, sans aucun intérêt, procèdent par leurs deux carrés de celles du dix-septième siècle.
- Nous n’allons plus maintenant nous occuper que des clefs de montres qui, contrairement aux clés d’horloges ou de pendules, ont une histoire artistique très intéressante. Elles ont changé de forme ou de style avec chaque époque, suivant dans leur ornementation le luxe décoratif des montres dont elles empruntaient souvent le décor.
- Les clefs à manivelle ont été le plus intéressantes au seizième siècle. Leurs tètes repercées et gravées d’ornements rappelant souvent les feuilles de fraisier étaient montées sur des tiges finement moulurées (fig. 1, n° 1), le manchon formant l’extérieur du carré était soigneusement tourné. Elles étaient généralement en cuivre; on en fit cependant en argent et en or.
- On retrouve dans ces clefs les mêmes motifs décoratifs que dans les boîtes et certaines pièces du mouvement. La figure 1 reproduit plusieurs de ces clefs appartenant à la collection de M. Paul Garnier et de M. J. Olivier.
- Aux dix-septième et dix-huitième siècles les tètes en métal des clefs à manivelle sont fondues et ciselées au lieu d’être seulement gravées et repercées : telles sont celles représentées figure 1, nüS 2 et 5, qui sont Louis XIV ou encore celle n° 4, même figure, qui est Louis XV ; cette dernière est en or. Sont de même métal les clefs représentées dans cette figure, nos 5 et 0, appartenant à la collection de M. J. Olivier. Elles ont leur tète ornée de délicieuses peintures sur émail.
- La figure o, n° 1, représente une clef à manivelle du dix-huitième siècle munie d'un crochet d'acier pouvant rentrer dans l’intérieur de la tète. 11 servait à suspendre aux rideaux du lit la montre par la chaîne à laquelle elle était attachée.
- Le n° 2 de la même figure n’était pas une clef, mais seulement un crochet destiné à l’usage que nous venons de signaler. Comme la clef représentée n° 7>, ces deux objets sont de l’époque Louis XV, en or ciselé et gravé, elles font partie de la collection de M. J. Olivier.
- Les clefs dont la tète fait corps avec le carré, décorées comme les clés des horloges du dix-septième siècle, dont nous avons parlé plus haut, étaient plus décoratives que les clés à manivelle. Nous en repro-
- duisons figure 2, nos 1 et 2, d’après une gravure ancienne de Michel Dlondus. Ce sont en définitive des tètes comme celles des clefs à manivelle et d’où procéderont les clefs qui se feront aux siècles suivants.
- Comme pour les clefs du seizième siècle, nous avons la bonne fortune de pouvoir présenter des reproductions de dessinsoriginaux datant de Louis XIV. La figure 2, nos 7), 4 et 5, reproduit des croquis de Daniel Marot, pris dans son ouvrage publié en 1712. Nous y trouvons des formes de clefs de montres absolument de même idée décorative que celle reproduite d’après nature, même figure, n° fi.
- Les nos o, 4 et fi de cette figure 2 montrent des types de clefs à deux carrés; celui du haut servait pour tourner les aiguilles de la montre, celui du bas plus gros, pour remonter le ressort du mouvement. C’est à cette époque que l’on fit les premières ciels avec un anneau en haut à la place du petit carré (lig. 2, n° 7); l'anneau fut fixe ou mobile. Celle place de l'anneau au haut de la ciel’ est restée la même jusqu’au commencement du dix-neuvième siècle, époque à laquelle on l’a placé au milieu du corps de la clef.
- Sous Louis XV et Louis XVI les clefs, suivant la mode des montres, se font sensiblement plus petites et n’en sont pas moins jolies et surtout moins précieuses.
- Non seulement on les faisait en or, mais encore on les ornait de délicieuses peintures sur émail, ou encore de pierres fines. Telles sont celles de la figure 2, nos 8 et fi ; ces petites pièces sont d’une mièvrerie exquise.
- Nous reproduisons (fig. o, nos 4 et 5) une clef vue des deux faces, inventée par Étienne Tavernier, horloger à Paris, né le 17> juillet 175fi. Cette clef indique le jour, le quantième, les phases de la lune, etc. Sa fonction est dos [dus simples; chaque jour, pour le remontage de la montre, le carré du mouvement rentrant dans la clef pousse une tige intérieure qui fait avancer chacune des indications d’un jour.
- Étienne Tavernier avait été élevé et instruit dans l’art de l’horlogerie par son père dont la spécialité, dit l’almanach Dauphin de 1772, était de construire des pièces de petite dimension, telles que montres en bracelet, bagues, pommes de cannes. Les clefs de Tavefnier sont admirablement exécutées ; le cercle qui entoure le cadran est en or rouge.
- Nous reproduisons (fig. o, nos fi et 7) une clé et un cachet appartenant à la collection de M. Albert Tissandier. Ces deux pièces de l’époque de Louis XM sont en cuivre doré. Elles représentent des montgolfières et sont d’un travail d’exécution assez naïf; ces pièces n’en ont pas moins un certain charme dans la composition décorative.
- Sous la Révolution, on trouve des clefs de montres selon le goût de l’époque et reproduisant des emblèmes patriotiques. La collection de M. Ch. Roblot va nous en indiquer certaines variétés.
- Une des plus curieuses (fig. 4, n° 1 ) est formée d’un
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- LA NAT LUE.
- bonnet phrygien sur le bord inférieur duquel est gravé « N’aimer que la Patrie ». Sur une autre se voient les attributs des trois ordres (n° 2); puis encore la devise « Liberté des mers » (n° 5); « Liberté, égalité» (nu 4)'; « Washington » (n° ô). Ensuite « Révolution du 18 août 1789 » ; le « Ça ira » est reproduit plusieurs lois. Tout cela est très truste et peu décoratif. De la même époque et appartenant à la même collection (fîg. 4,n° 6), est représentée une clef maçonnique ne différant des autres que par les emblèmes du compagnonnage, règle, compas, équerre et la branche d’acacia. Les breloques, reproduites sur la même figure (n° 7), sont aussi fort intéressantes : ce sont des triangles, des marteaux, des compas et des équerres en métal, fort bien exécutés. Tout cela était exclusivement emblématique et nullement décoratif.
- Sous le Directoire, on trouve la clef plus riche que
- sous la Révolution. La mode du dix-huitième siècle revint de porter des clés et des cachets suspendus à des rubans pendant sur la culotte, mais ces bibelots étaient exagérément plus gros que ceux portés au siècle précédent ; ils eurent un regain de vie. Ces
- clefs étaient généralement en or ou en cuivre doré avec pierre au milieu ; c’étaient surtout des topazes, des améthystes, du cristal de roche. Nous en donnons deux reproductions (tig. -4, nos 8 et 9).
- Le cachet accompagnait souvent la clef.
- 11 y eut des clefs de ce genre avec des parties ciselées en or de couleur et même des filigranes avec pierres fines, surtout des turquoises. Sous l’Empire, on a continué à fabriquer la clé et le cachet à peu près tels qu’ils étaient en faveur chez les Incroyables. Quelquefois les dispositions étaient telles que les clefs elles-mêmes, grâce à une combinaison de bascule, pouvaient en même temps servir de cachet.
- Fig. 1.— Ciels ù manivelles pour montres (seizième et dix-septième siècles).
- Fig. i..' — Reproduction de gravures représentant des ciels du dix-septième et du dix-huitième siècle.
- La ligure 4, nos 10 et 11, représente deux clefs de l’époque du premier Empire. L’une, entièrement en
- cuivre doré, porte l'Aigle ; l’autre, le portrait de l’Empereur sculpté sur nacre : ces pièces appartien-
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- LÀ NATURE.
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- lient h la collection de M. Ch. Rohloi. Souvent ces clefs Rome, etc. Cuis il y eut des clefs de la forme des clés représentaient le portrait de l’Impératrice, du roi de de serrures ; certaines, dont le panneton s'ouvrait, ser-
- Fig. 5. — Clefs de montres du dix-liuitième et du dix-neuvième siècle.
- vaient de cassolette. Il nous a été donné d’en voir une I l’inscription « J’ouvre les cœurs ». D’autres avaient en or qui avait, gravée à l’intérieur de la cassolette, J leur tète ou ronde mrpolygonale-qui, s’ouvrant, formait
- gentilles clefs en or avec cornaline, agathe, filigranes, pierres fines, etc. (fig. 5, nos 8 à 12) ou simplement
- médaillon (fig. 5, nos 10 et 11). Sous la Restauration on fit surtout pour les montres de dames d assez
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- LA NATURE.
- on or ou on ouivro, folios que nous los avons vuos sous la Révolution ol sous l'Empire et folios que nous los retrouvons jusqu'à leur disparition. D’autres rappelaient le décor dos montres d’or, chargées d’ornements ot de Heurs cloisonnés, d’émaux entièrement. blancs, ou do diverses couleurs, quelquefois translucides. Los cachots étaient fréquemment assortis à la clé (fig. o, n° 15).
- Le cachet a été fait depuis le commencement du dix-septième siècle ; on en a la prouve d’après les dessins de Daniel Marot (fig. 2, n° 10).
- Sous Louis-Philippe et sous Napoléon III, on lit des clefs en or avec des personnages ou des tètes d’animaux en ronde bosse, ot d’autres dont la tète était une branche de corail ou une améthyste ou qui n'avaient aucune décoration (fig. 4, n° 12).
- Depuis longtemps déjà on faisait la clef Rréguet à encliquetage (fig. 4, n° 15), ayant pour tète un simple anneau. Tout cela est sans grand intérêt.
- On lit enfin la llarette-clcf qui servait à accrocher la chaîne au gilet et à accrocher la montre.
- Le remontoir a donné le coup de mort à la pauvre clef de montre qui n’avait plus qu’à disparaître après une lutte de plus d'un demi-siècle contre le remontoir, et une existence de près de quatre cents ans. Mathieu Plaxcuon.
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- NÉCROLOGIE
- M. l’abbé Maze. — Nous apprenons avec un profond regret la mort de M. faillie Maze qui vient de s’éteindre à Paris après une longue maladie. M. Maze était un savant de valeur, d’une extrême modestie, attaché à la
- M. l'abbé M\zi:.
- rédaction du Cosmos, une des meilleures revues scientifiques de notre époque. Nous l’avons connu à l’Académie des sciences où, depuis plus d’un quart de siècle, il occupait en face du Bureau la place laissée libre par M. l’abbé Moigno. Chaque lundi, on le voyait arriver à l’heure très
- exactement et suivre attentivement les présentations et les discussions académiques. Mais il contracta l’influenza l’hiver dernier et il resta des mois sans qu’on le revît. U revint dernièrement et disparut encore. Et ce fut fini. Le mal l’avait terrassé. Esprit très distingué, mathématicien éprouvé, éminent météorologiste, il laisse des travaux très appréciés et des mémoires que l’on serait heureux de voir réunir.
- M. l'abbé Maze était né à Ronfleur en 1836 et avait fait d’excellentes études au petit séminaire de Fécamp avant d’entrer au grand séminaire de Rouen. Ordonné prêtre en 1865, M. Maze professa dans divers établissements de son diocèse les mathématiques et la physique. Après la guerre franco-allemande, pendant laquelle il fut durant quelques jours le prisonnier d’une des colonnes volantes du général de Bentseim, il fut appelé par M. l’abbé Moigno à collaborer au Cosmos. Et depuis trente ans il fut un des principaux rédacteurs de ce recueil.
- M. Maze avait presque achevé une importante histoire du thermomètre. 11 avait lu et annoté pour ce travail les 15 volumes des œuvres de Galilée et toute sa correspondance. En 1885, M. l’abbé Maze était devenu l’hôte des RR. RP. de l’Assomption qui avaient continué la publication du Cosmos. Bien que déjà malade, il fit l’année dernière le voyage d’Ajaccio où avait lieu la session de l’Association française pour l’avancement des sciences, et il présida avec sa compétence bien connue la section de météorologie. La science vient de faire en lui une véritable perte.
- Nous tenons à rendre ici un dernier et respectueux hommage à M. l’abbé Maze, et chaque lundi nous regarderons avec tristesse la place qu’il a occupée si longtemps dans la salle des séances de l’Académie des sciences:
- II. nz P.
- CHRONIQUE
- Les sous-marins. — Notre flottille de sous-marins se compose actuellement de quatorze unités en service, soit, à Toulon, deux sous-marins; à Cherbourg, trois sous-marins et cinq submersibles; à Rochefort, quatre sous-marins. Nous avons en chantier vingt sous-marins autonomes et trois sous-marins d’étude de types nouveaux, et ordre a été donné tout récemment de commencer les travaux de treize submersibles. Dans deux ans, notre flottille sous-marine comprendra cinquante batiments prêts au combat. Les autres puissances maritimes sont loin d’etre aussi avancées que nous dans la réalisation de la navigation sous-marine. Aux Etats-Unis, on construit un sous-marin dû aux plans de M. Holland. Ce sous-marin a des qualités sérieuses; cependant, ses qualités de stabilité de route ne valent pas celles de nos bateaux, il n’a pas de périscope. L’Angleterre a adopté le même sous-marin que les Etats-Unis; la Norvège, l’Allemagne, l’Autriche sont en pourparlers pour l’achat du même sous-marin ; la Suède étudie les plans d’un sous-marin inventé par M. Enrotli; l’Italie possède trois sojjs-marins dont les essais, interrompus pendant deux ans, recommencent maintenant. L’Espagne a délaissé la question depuis l’échec du Péral; le Portugal étudie un plan dû à un des ingénieurs de la marine. Le Rrésil a deux plans à l’étude et des essais ont été faits sur des petits modèles. Enfin, on dit qu’en Russie cinq sous-marins seraient en construction à Cronstadt.
- Éruptions et tremblements de terre. — Quelques remarques intéressantes sont à signaler dans l’article
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- EA NATURE.
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- du professeur Milne que publie le journal Nature et qui a trait aux éruptions volcaniques. M. Milne envisage, les rapports qui peuvent exister entre les éruptions et les tremblements de terre, et il essaye de démontrer, par des statistiques se rappportant à la période 1(192-1902, que ceux-ci peuvent souvent être considérés comme la cause déterminante de celles-là. En mouvement sismique, se propageant à travers les régions volcaniques, atteint un volcan qui, depuis des siècles peut-être, est sous pression, l’équilibre instable se rompt brusquement et le volcan éclate comme a fait celui de la Martinique. Les Antilles sont, en somme, une chaîne de montagnes, dont la plupart sont submergées; cette chaîne, d’après M. Milne, est extrêmement sensible aux perturbations sismiques venant de loin. Il y a là une ligne do faiblesse et d’instabilité toute particulière.
- Les arbres pétrifiés del’Ari*ona. —Nous avons parlé des arbres géants pétrifiés qui forment une véritable forêt de pierre en silex et en agates merveilleuses située dans l’Arizona, aux Etats-Unis1. Aux expositions universelles de 1889 et de 1900, on a remarqué de superbes échantillons de ces pétrifications qui excitaient l’admiration générale. Nous lisons dans la Revue horticole que la Chambre américaine vient de voter un projet de loi présenté par M. Lacey, de l’Iowa, le grand défenseur des beautés naturelles du nouveau monde, tendant à créer sur la ligne de Santa-Fé, un grand parc public dans lequel sera englobée la forêt, pétrifiée. Ce parc aura 810 hectares de superficie. 11 est situé à 2100 mètres au-dessus du niveau de la mer. Les arbres en question sont des conifères d’une espèce aujourd’hui éteinte. Ils atteignent parfois jusqu’à 45 mètres de hauteur et leur diamètre varie de 0m,20 à lm,50 à la hauteur d’un homme. Ce parc, où tout est pétrifié, a l’aspect le plus étrange, aucune espèce de végétation ne pouvant y pousser actuellement.
- Les pygmées préhistoriques en Silésie. — Les
- travaux de M. J. Thilenius, professeur à l’Université de llreslau, constituent un appoint précieux pour la science ethnologique en Europe. Le musée des Antiquités silé-siennes, à Breslau, renferme entre autres objets préhistoriques certains ossements formant quatre groupements distincts qui proviennent de différents points de la région comprise entre Breslau et 1e Zolten. Ces ossements sont malheureusement fort incomplets, mais on a pu s’assurer que ce sont les restes d’êtres humains tous adultes et appartenant à une race de taille exceptionnellement petite. La taille moyenne varie pour chaque groupe entre 1 “,-45 et 1"*,52 environ. M. Thilenius étudie ces restes et les compare à ceux de pygmées suisses décrits par le professeur Kullmann, de Baie, qui estime leur taille comme, variant entre l“,55 et l“,58; il cite aussi les ossements qu’on a trouvés à Egisheim (Basse-Alsace), près Colmar, qui ont appartenu, au dire du professeur Gutinann, à des hommes de très petite stature. Le musée de AVorms contient en outre les restes d’un individu dont la taille est 1™,44 environ. Tous ces restes sont ceux d’hommes bien conformés, les os ne présentent aucune dégénérescence pathologique, et il faut en conclure qu’on a bien affaire à une race de nains ou mieux de pygmées, car le terme nain s’applique plutôt à des individus exceptionnellement petits et appartenant à une race de taille normale. Ce petit peuple, dont l'origine remonte à des époques très reculées, aurait été contemporain des Romains et des Slaves. Mais toutes ses déductions n’ont
- 1 Yov. n° 842, du 20 juillet 1889, p. 119.
- encore rien de définitif, M. Thilenius va se remettre à l’étude et pourra bientôt sans doute apporter de grands éclaircissements à l’histoire des pvgmées de Silésie.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2ô juin 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Phénomène aclino-électriqne. — M. Mascart présente une Note de M. Notion faisant connaître que certains métaux éclairés avec des rayons ultra-violets acquièrent la propriété de décharger les corps électrisés.
- Découverte d’une variété (le poivre. — M. Moissan résume une Note de M. Barillé sur la composition d’un poivre rapporté récemment de Kissi, cercle de la liante Guinée situé sur la frontière libérienne, par M. Famechon. Les grains, généralement petits, sont distribués sur des grappes longues de Ûm,20 à 0™,25. Ce poivre, dénommé piper Famechoni, est voisin du piper cl nsi ; ses cendres contiennent, outre diverses substances, du manganèse; il est utilisable comme épice et comme condiment. G’est donc un produit de nos colonies susceptible d’étre employé.
- Préparation de corps nouveau. — M. Moissan présente ensuite une Note de MM. Chabrié et Jacob relative à l’action du chlorure de sélényle sur l’érythrite. Ces savants ont obtenu, dans cette expérience, un corps cristallisé fusible vers 155° qui constitue unè combinaison curieuse de l’érythrite.
- Mode d’action de la lécithine. — M. Bouchard expose, que MM. Desgrez et Al y Zaky se sont efforcés de pénétrer le mystère de l’action exercée par les lécithines sur la croissance des animaux et l’augmentation de poids. Tandis que l’influence favorable exercée sur les échanges nutritifs par ces substances doit être attribuée surtout à l’acide glycérophosphorique qui entre dans leur molécule, c’est au contraire à la partie basique, c’est-à-dire à la choline, que revient l’action exercée sur la rétention de l’acide phosphorique par l’économie. Les bases organiques influent d’ailleurs dans le même sens que l’acide glycérophosphorique; c’est par elles que le bouillon de bœuf agit sur l’organisme. Mais il est intéressant de constater que ces bases organiques, qui proviennent du dédoublement normal de l’allmmine, contribuent à la rétention de, l’acide phosphorique, c’est-à-dire à la synthèse des nueléines.
- Un hygromètre électrique. — 31, d’Arsonval analyse une Note de 31. Gordier, professeur à la Faculté des sciences de Lyon, sur une propriété de l’excitateur dont les houles sont reliées aux pâles d’une bobine de, Rhuin-korf. En soufflant sur l’une des boules, l’étincelle passe d’une manière continue et peut être allongée au moment où le dépôt de rosée se forme. L’auteur transforme l’une des boules en un hygromètre, en y faisant arriver un courant d’air dans de l’éther sulfurique. La houle se refroidit et le dép’t de buée se forme au moment où la vapeur de l’atmosphère devient saturante. Un peut ainsi saisir très exactement l’instant de la condensation.
- Propriétés du suc pancréatique. — M. Roux analyse une Note de M. Delezenne relative aux propriétés du suc pancréatique. D’après des expériences de Pawloff, le suc pancréatique jouit de la propriété de digérer les matières albuminoïdes. Mais il est beaucoup plus actif s’il contient une faible fraction de suc intestinal. L’auteur montre qu’en réalité le suc pancréatique pur est inerte par rapport aux substances albuminoïdes et que les résultats
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- LA NATURE.
- obtenus par PaAvloff tiennent à ce que, par suite du procédé opératoire employé par lui pour recueillir du suc pancréatique, la substance qu’il recueillait était toujours impressionnée de suc intestinal. Ch. de Yieledecil
- l N COLOMBIER GFANT
- Rien entendu, il s'agit d’un colombier américain. U se trouve en Californie, non loin de la rivière « Los Angeles », à l’entrée de la vallée San Gabriel, et les voyageurs qui vont de Los Angeles à Pasadena jouissent parfois du spectacle saisissant que présentent, de vastes troupeaux d’oiseaux tourbillonnant sous le ciel bleu, comme une rafale de gros lloeons de neige. Leurs évolutions doivent évoquer le souvenir des légions ailées de Modène qui furent jadis une des
- merveilles du monde. Les habitants de Modène furent longtemps célèbres par leur habileté à élever et à dresser des pigeons. Ce sport remplaçait chez eux la fauconnerie. Montés sur de hautes tours, ils dirigeaient au moyen de drapeaux de véritables escadrons dont les différentes couleurs se mariaient en de savantes manœuvres. A l’origine, ces escadrons étaient des escadrons de combat, car on attachait de petits éperons aux [lieds des oiseaux et les troupeaux ainsi armés se précipitaient les uns “dans les autres. Mais plus tard ce sport s’humanisa, et la bataille devint un carrousel.
- Le climat de la Californie méridionale, où règne un été perpétuel, est très favorable aux pigeons; d’ailleurs leurs ennemis naturels, les éperviers et autres oiseaux de proie, y sont fort rares. C’est ce qui expli-
- Un colombier géant.
- que en partie le succès de M. Johnson, propriétaire du colombier. D'après les renseignements que nous empruntons au Scientific American, le « ranch » de M. Johnson s’étend sur environ 4 hectares d’un terrain sablonneux qui fait partie du lit de la « Los Angeles ». Il y a donc abondance d’eau. C’est là que se dresse l’énorme colombier, l’abri et le « home » de quinze mille pigeons. Le bâtiment principal est long d’environ 18 mètres et haut de 6 mètres. L'intérieur et l’extérieur sont garnis de nids au nombre de cinq à six mille ; le tout facilement accessible pour permettre les nettoyages et fumigations nécessaires. La production du mois courant est estimée à 5000 et le bénéfice brut annuel est de 9000 dollars, soit 45000 francs.
- Les frais d’alimentation sont considérables, car les pigeons ne se dispersent pas pour chercher leur nourriture au loin et leur propriétaire est forcé de subvenir à leurs besoins. On leur sert trois repas
- par jour. Le repas consiste principalement en une pâtée d’avoine, de farine et de pain. Chaque semaine on nettoie le bâtiment de fond en comble avec de l’eau et de l’acide phénique sous pression, et les nids sont antiseptisés par un mélange de soufre et de poudre insecticide. Des centaines de kilos de paille sont utilisés journellement par les oiseaux pour leurs nids. On éparpille la paille sur le sol le matin et les pigeons ont vite fait de la ramasser. Les mœurs conjugales de ces intéressants volatiles sont des plus recommandables. Le mâle reste fidèle à l’épouse de son choix et partage avec elle les fatigues du couvage, dont il lui laisse, toutefois, la plus grosse part. Quel champ d’expériences psychologiques et autres pour les colombophiles que ce a ranch » aux quinze mille pigeons! J. Garcix.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Laiiuue, rue de Fleurus, 9.
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- N„ 1519. — 5 JUILLET 1902.
- LA NATURE.
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- ANALYSE RAPIDE DE L’EAU
- PROCÉDÉS PIGXET ET HUE
- La question de la potabilité des eaux constitue, à l'heure actuelle, une des questions les plus importantes et les plus délicates de l’hygiène, car l’usage de l’eau comme boisson habituelle se répand de plus en plus dans toutes les classes de la société, soit par goût, soit plus souvent par nécessité médicale. Cet emploi de l’eau présente de nombreux avantages, mais peut ofïrir parfois de graves inconvénients. On sait, en effet, que nombre de maladies, et des plus dangereuses, reconnaissent une origine hydrique; sans parler du choléra, de la fièvre typhoïde, de la dvsenterie, nombre d’embarras gastriques ou intestinaux n’ont pas d’autre cause. Il y a donc danger réel et sérieux ïi emplover une eau h l’état cru, comme boisson, lorsqu’on n’est pas certain de sa pureté. Les pouvoirs publics ont compris l’importance de cette question, et, pour doter d’eau une ville, une caserne, un établissement quelconque, on s’entoure de mille précautions parfois pourtant insuffisantes, car des contaminations accidentelles et fortuites sont sans cesse à craindre. Le danger est encore plus grand à la campagne où l'eau n’est soumise à aucune surveillance et où les causes de contamination accidentelle sont souvent plus fréquentes. Pour l’habitant de la ville comme pour l’habitant de la campagne, pour le voyageur, l’explorateur, le simple touriste même, il y aurait donc nécessité presque absolue de pouvoir vérifier facilement la bonne qualité de l’eau qu’il est appelé à boire.
- Il existe d’ailleurs des signes certains, caractéristiques de la contamination des eaux, mais qui ne peuvent être mis en évidence que par l'analyse chimique ou bactériologique, et ces analyses constituent toutes les deux des opérations longues, délicates, onéreuses, exécutables seulement dans un laboratoire par des mains exercées.
- Simplifier l’analyse bactériologique était impossible; mais restait l’analyse chimique parfaitement suffisante. « Si, comme le dit, en effet, le professeur Chantemesse, dans le diagnostic des qualités d’une eau potable, l’analyse bactériologique joue un rôle 30e année. — 2e semestre.
- important, elle ne joue pas un rôle exclusif », car la composition chimique de l’eau a une inlluence très grande sur l’existence, la nature, la virulence des microbes. « L’analyse bactériologique n’a d’ailleurs pas toujours donné des résultats probants, et M. Duclaux, directeur de l’Institut Pasteur, d’une part, M. A. Gautier, de l’autre, ont montré par des recherches exécutées dans diverses contrées où avaient sévi des épidémies de fièvre typhoïde et de dysenterie, qu’une analyse chimique, même sommaire, aurait suffi à déceler le caractère suspect de
- 1
- certaines eaux
- Nous nous sommes donc arrêtés à l’analyse chimique, et, après plusieurs années de recherches, nous basant sur l’emploi d’une forme nouvelle de préparation pharmaceutique appelée « comprimés » nous sommes arrivés à créer un procédé d’analyse, simple, rapide, pratique, permettant l’examen d’une eau
- par tout le monde, dans toutes circonstances sans aucune oon-
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- Analyse rapide de l’eau.
- naissance spi
- ciale. Cescompri-f £ Bl8U0THÈQüé~3
- més, rigoureuse- v' '
- ment dosés, d’une conservation indéfinie, remplacent les liqueurs et solutions titrées et "Tes appareils compliqués usités d’ordinaire.
- La série des comprimés nécessaires pour une analyse complète est de neuf seulement, plus deux petits flacons de
- réactifs liquides. Le matériel, très simplifié, se compose de quelques tubes à essai, verres, éprouvettes, etc..., le tout, matériel et réactifs, pouxrant être contenu dans une boîte facilement transportable de 55 centimètres de long sur 20 de large et 15 de haut. Les opérations sont au nombre de 7. Recherche et dosage : 1° des nitrites ou azotites; 2° des nitrates ou azotates ; 5° de l’ammoniaque libre et de l’ammoniaque albuminoïde; 4° des chlorures; 5° des matières organiques; 6° détermination du degré hydrotimétrique ; 7"recherche du fer, cuivre, zinc, etc.
- Nous ne croyons mieux faire, pour donner une idée de la simplicité de notre procédé, que d’exposer très succinctement le mode opératoire usité pour quelques-unes des recherches2.
- 1er Exemple. — Recherche et dosage des nitrites et des nitrates. — Mettre dans un verre à expé-
- 1 Dr Marais. Année médicale de Caen, 15 mars 1902.
- * Voir notre brochure, 2e édit. Maloine, éditeur, rue de l’École-de-Médecine, Paris.
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- LA NAITRE.
- fil»
- rience 100 cm' d'eau et un comprimé d'iodure, le faire dissoudre et ajouter ensuite un comprimé acide. Une fois les deux comprimés dissous, deux cas peuvent se présenter : ou bien le liquide reste incolore, même après cinq minutes d’attente : l’eau ne contient pas de nitrites ; ou bien il se développe une coloration bleue plus ou moins rapidement pendant cette même durée de cinq minutes : l’eau contient des nitrites. La rapidité d’apparition de la teinte bleue et son intensité indiquent, en se reportant à des règles établies par nous, la proportion de nitrites contenus dans l’eau.
- Si, en opérant dans les conditions ci-dessus, l’eau est restée incolore, ajouter un comprimé de zinc pour y rechercher les nitrates. Comme précédemment, deux cas peuvent encore se produire : ou bien l’eau reste incolore, même après cinq minutes d’attente : elle no contient pas de nitrates ; ou bien elle se colore en bleu, et ici encore la rapidité et l’intensité de la coloration servent à effectuer le dosage.
- La première recherche que nous venons d’exposer a une importance capitale au point de vue de la contamination des eaux, car « une eau potable ne doit pas renfermer d’azotites, indice de la présence de matières organiques en voie de transformation provoquée par les microbes1». Les nitrates, sans avoir la même importance, indiquent cependant une pollution certaine lorsque leur quantité dépasse une limite déterminée. Avec notre procédé, il est possible en dix minutes d’effectuer ces deux dosages et d’être renseigné en toutes circonstances, aussi bien dans la salle à manger d’un bétel moderne qu’au-près du puits d’une auberge de village.
- 2e Exemple. — Dosage des chlorures. — Mettre dans un vase 100 cm3 d’eau et un comprimé de chrome, l’eau se trouve colorée en jaune. Ajouter alors des comprimés d’azotate d’argent successivement jusqu’à ce que le liquide passe au rouge. Chaque comprimé correspondant à 10 milligrammes de chlore, autant de comprimés ajoutés, autant de fois l’eau contient 10 milligrammes de chlore par litre.
- 5e Exemple. — Détermination du degré bydroti-métrique, c’est-à-dire de la richesse de l’eau en. sels calcaires on magnésiens. — Mettre dans un petit tlacon d’environ 100 grammes 40 cm3 d’eau, y faire dissoudre un comprimé de savon et agiter. S’il ne se produit pas une mousse persistante, ajouter successivement des comprimés jusqu’à production de celle-ci par agitation. Chaque comprimé correspond à A degrés bydrotimétriques. Les deux opérations ei-dcssus ont aussi leur importance, au point de vue de l’industrie. Nul n'ignore, en effet, le rôle de la composition chimique de l’eau dans ses applications industrielles (lavage, chaudière, métallurgie, etc.).
- L’ingénieur et l’industriel trouveront dans ce procédé un moyen facile et rapide de vérification de l’eau qu’ils emploient. D1 Pigset, Hue,
- Médecin major de 1" classe. l'harmacien.
- 1 A. Chevallier et Er. Ihuilrinioîil. Dictionnaire des altérations et falsifications, p. 519.
- LE TÉLÉGRAPHE SANS FIL CERYERA
- Depuis environ un an, la presse scientifique d’Espagne et même de l’étranger a parlé longuement du système de télégraphie sans fil du commandant espagnol Jules Cervera Baviera et des nombreuses expériences effectuées en Espagne, sous les auspices du département de la guerre de ce pays, entre Ceuta (Afrique) et Tarifa (Espagne) à une distance de 5 4 kilomètres.
- On a dit au sujet du système Cervera plusieurs choses, qui seraient évidemment très intéressantes. Ainsi, par exemple, la presse politique du pays d’Alphonse XIII a
- I I I I II I h
- Fig. 1. — Transmetteur Cervera.
- prétendu que M. Cervera a pu correspondre à la vitesse de vingt-quatre mots à la minute, ce qui voudrait dire que le système espagnol est supérieur, du moins au point, de vue de la vitesse, au système anglais de Marconi.
- Enfin, ces jours derniers, on a annoncé en Espagne qu’une société s’était formée en ce pays pour l’exploita-
- tion du système Cervera, qui serait parvenu à appliquer, d’une façon pratique, l’appareil Hughes à la télégraphie sans conducteurs, obtenant ainsi des vitesses de transmission pas encore obtenues ni même espérées.
- En attendant la preuve certaine de la réalisation de tant de merveilles et les résultats des expériences à très longue distance, nous nous contenterons de consacrer quelques mots aux dispositifs (pie Cervera a emplovés entre Ceuta et Tarifa,-où des mâts d’une hauteur respective de 51 et 55 mètres étaient installés.
- Le transmetteur Cervera (fig. 1) est semblable à celui décrit par le capitaine du génie italien Délia Riccia dans la Rivista d'Artiglieria e Genio, septembre 1897. I n manipulateur et une batterie d’accumulateurs ou piles ou une dynamo à courant continu sont mis en circuit avec le primaire d’une bobine d’induction muni d’interrupteur (avec en dérivation, un condensateur). La source d’énergie et l’interrupteur peuvent être remplacés par une machine à courants alternatifs. Les bornes secondaires de la bobine d’induction aboutissent aux boules d’un oscillateur relié
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- LA NATURE.
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- à travers des condensateurs, respectivement à la terre et à l’antenne. Les condensateurs, dont le rôle a été discuté par nous dans YEleelrician de Londres, du U novembre 1900, ont pour but d’augmenter la capacité du svstème et par conséquent l’énergie de décharge donnée par C V 8 où C est la capacité et V, la différence de potentiel. La liaison à la terre, dans le dispositif transmetteur Lervera, n’est même pas nécessaire, comme elle n’est pas indispensable dans les autres systèmes que celui de Cer-vera, parce que le rôle de la terre est celui d’une capacité : elle peut être remplacée par d’autres agencements. Du reste, sa suppression diminue la portée de communication, mais elle n’arrète pas la transmission.
- Le transmetteur Cervera se caractérise par deux manipulateurs spéciaux et également intéressants. Le premier est un manipulateur à clavier. En pressant du doigt le bouton ou la touche d’ébonite qui porte la lettre ou le signe à transmettre, il se produit des traits ou des points qui représentent cette lettre ou ce signe de l’alphabet Morse. C’est un clavier d’une manipulation semblable à celle des machines à écrire. Dernièrement, M. Cervera a employé un manipulateur dans lequel il supprime absolument les étincelles de rupture du courant. M. Cervera obtient cela en mettant à la terre, d’une part directement et de l’autre à travers un condensateur, les deux points où l’interruption du courant a lieu. Le récepteur Cervera (fig. 2) se rapproche beaucoup de la dernière forme du récepteur Marconi, sauf qu’il est — à notre avis — plus compliqué. L’antenne est relié à la terre à travers le primaire d’un petit transformateur, dont les bornes du secondaire — divisé au milieu par un condensateur — aboutissent aux électrodes du cohéreur.
- La pile qui est dans le circuit du cohéreur actionne un premier relais fermant le circuit d’un second relais qui a quatre rôles : 1° Actionner un Morse; 2° actionner un frappeur pour décohérer le tube sensible (qui est d’un réglage facile et à limailles et électrodes de métal magnétique); 7f interrompre le courant de la pile du cohéreur (ce rôle est confié, à l’armature du frappeur); 4“ interrompre le circuit d’un électro-aimant qui règle par cohésion magnétique (par conséquent par la pression de la limaille) la sensibilité du radio-conducteur. Il est à remarquer que chacun des trois organes : Morse, frappeur, électro-aimant, a une source électrique à part, ce qui, avec la pile du cohéreur et celle du relais, fait cinq sources électriques dans le récepteur Cervera. Cela étant, il est difficile d'admettre, ou d’expliquer du moins, ce que des journaux quotidiens viennent d’annoncer, que, avec le système Cervera, on ait pu communiquer, comme nous l’avons dit, à une vitesse de 24 mots à la minute, tandis qu’avec le système Marconi, par exemple, on ne communique qu’à la vitesse de 10 mots (de 5 lettres) en movenne. Emu Ccuum.
- Nous avons signalé autrefois quelques cas de dispersion des mollusques par les oiseaux. En bivalve bâille au soleil : un oiseau met la patte entre les valves; le mollusque les referme et Je voilà attaché à la patte 'de l’oiseau qui l’emporte avec lui. L’expédition antarctique de la (( Bel-gica » a pu constater le transport de mollusques par des goélands, dans des conditions tout à fait particulières, qu’il nous paraît très intéressant de faire connaître.
- Dans le détroit que l’expédition a découvert au Sud de l’archipel Palmer, et qu’elle a baptisé du nom de détroit
- de Gerlache, les naturalistes ont trouvé un grand nombre de goélands dominicains (La ru s dominicanus). Ce goéland est un bel oiseau blanc avec les ailes et une partie du dos brun foncé et le bec et les pattes jaunes. 11 est grand amateur de mollusques et surtout de patelles, qu’il trouve sur les rochers au niveau de la mer. Une fois le mollusque détaché, le goéland le transporte sur un rocher où il le dévore en laissant naturellement la coquille. L’opération terminée, il retourne au rivage pour avoir une nouvelle patelle, qu’il revient déguster chez lui, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il soit rassasié. Dans un seul repas, un oiseau peut ainsi transporter 10 ou 12 patelles dont les coquilles forment un petit tas. Les goélands sont très nombreux dans ces parages : nombreux sont aussi les amas de coquilles le long des rivages des mers qu’ils habitent. Si l’on pense que ce manège dure depuis des milliers d’années, on ne sera pas surpris que les coquilles apportées par nos oiseaux forment parfois de véritables bancs, que la vase et le sable viennent cimenter pour former des assises coquillières.
- « Arrive le géologue », écrit M. Racowitza, le naturaliste de l’expédition, dans sa très vivante relation. (( D’un marteau savant, il explore les rochers du bord de la mer. Tout à coup il tombe en arrêt. D’une couche détritique, il vient d’extraire une coquille; fiévreusement, il continue ses fouilles et voilà une seconde coquille, une troisième, voilà tout un banc coquillier. En coup d’œil expert lui a suffi pour constater que les coquilles trouvées sont de même espèce que celles des mollusques actuellement vivants dans la mer. Il en conclut donc que le niveau de la mer se trouvait antérieurement au niveau de la couche qu’il vient de découvrir. Dans un important mémoire, il décrit minutieusement sa trouvaille et discute longuement si c’est la mer qui s’est retirée ou si c’est la terre qui s’est soulevée pour mettre à sec son banc coquillier. — Et l’Académie de lui décerner un prix, et les journaux scientifiques de proclamer sa découverte. — Il n’v a que le goéland dominicain qui continue à déguster tranquillement ses patelles sans se douter qu’il a fait commettre une grosse erreur » 1.
- Pour être racontée d’une façon humoristique et un peu ironique, la mésaventure du géologue n’en est pas moins une très grossière méprise et devra servir de leçon aux savants trop pressés de tirer des conclusions des découvertes qu’ils peuvent faire. Virgile Braxoicocrt,
- Secrétaire de la Société Linnéenne du .Nord de la France.
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- OXFORD ET CAMBRIDGE
- SOIXANTE-DIX AXS DE COEBSES A L’AVIRON
- Jamais les courses à l’aviron n’ont, eu chez nous la popularité qu’elles possèdent en Angleterre; et parmi les diverses courses qui se courent annuellement chez nos voisins, la plus célèbre est la lutte annuelle entre les deux grandes Universités.
- Nous avons pensé qu’il serait intéressant pour nos lecteurs de lire quelques renseignements à ce sujet; d’autant que cette lutte se reproduit à peu près tous les ans depuis 1829, et qu’il est curieux de rechercher à ce propos si des progrès sensibles ont été réalisés au point de vue du temps que l’on
- 1 Racowitza. « La vie des plantes et des animaux dans l’Antarctique ». Bruxelles, 1900.
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- LÀ NATURE.
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- met à ellectuer ce parcours, et de signaler aussi quelques-unes des observations qui ont pu être faites en ce qui touche l’efïort musculaire nécessité par cette course, qui ne dure pourtant que moins d'une
- demi-heure. D’ailleurs, à une époque où la machine joue un rôle de plus en plus prédominant, il est bon de montrer quels résultats peuvent donner les muscles de l’homme. Ajoutons enfin que cette course
- Fig. 1. — Les deux équipés concurrentes.
- Oxford-Cambridge est un véritable événement dans le monde anglais, et qu’à ce titre seul elle vaudrait bien qu’on lui consacrât quelques lignes.
- La première course date de 1829, comme nous le disions tout à l’heure, et elle n’eut pas lieu sur le parcours qui est devenu aujourd’hui classique, et qui s’étend sur une longueur de quatre milles anglais, entre Put-ney et Mortlake, dans la banlieue immédiate de Londres : aussi n’avons-nous pas de comparaisons à faire sur la vitesse des premiers trajets. Le parcours définitif ne fut adopté qu’en 1845, et entre temps il avait été organisé seulement cinq courses, où l’Université de Cambridge avait été victorieuse quatre fois, ce qui ne laissait en tout que deux victoires à l’Université d’Oxford : le succès ne se déterminait pas encore pour celle-ci, qui a depuis lors montré une supériorité bien marquée sur sa concurrente. Nous devons dire immédiatement que, si l’une des deux Universités l’emporte, ce n’est jamais que d’assez peu : le fait est que dans les courses antérieures à 1845, alors que le temps
- total mis par le vainqueur pour le parcours était de 29 à 56 minutes, l’avance du vainqueur sur le vaincu n’était que de 1 minute 5/4 au plus, et depuis lors la victoire n’a jamais été que de 45 secondes an maximum, la durée totale du trajet atteignant 20 à 25 minutes. En fait néanmoins, nous devons attirer
- l’attention sur ce que l’Université d’Oxford a été de beaucoup plus souvent victorieuse que l’Université de Cam-brige : si, en effet, nous parcourons le relevé de toutes les courses successives , relevé dont nous faisons grâce à nos lecteur s, nous voyons que, jusques et y compris l’année 1902, où la course a eu lieu comme de coutume un peu avant la fête de Pâques, la première des Universités compte à son actif 55 victoires, alors que Cambridge n’en a remporté que 25; nous passons sous silence l’année 1877, parce qu’il s’y est produit ce qu’on nomme un « dead heat », c’est-à-dire que les concurrents sont arrivés simultanément ex-æquo au poteau.
- On comprend qu’une des questions qui doit le plus nous intéresser ici, c’est, celle de savoir com-
- S 2S
- • Cambridge. o Oxford.
- Fi«. 2. — Durée des courses successives entre Cambridge et Oxford.
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- Lien de temps, le plus ordinairement, ces rameurs exceptionnels mettent à effectuer le parcours, et dans quelles conditions ils couvrent cette distance, au point de vue tant du poids des équipages que de la fréquence des coups d’aviron à la minute. Nous rappellerons d'abord que la distance de Putney à Mortlake est do 4 milles, ce qui correspond à (>456 mètres. Or, le temps le plus long employé par un gagnant dans la course n'a pas dépassé !26 minutes 5 secondes ; fréquemment la distance a été couverte en
- 20, même guère plus de 10 minutes, etentin l’Université de Cambridge a réussi avec son équipe de 1900 à parcourir ces quatre milles en 18 minutes 46 secondes, dépassant d’ailleurs de près d’une minute son concurrent. Si nous supposons seulement un temps de 19 minutes pour effectuer les 6456 mètres du
- parcours, cela lait une moyenne très remarquable de 558 mètres à la minute, ce qui en somme correspond à plus de 20 kilomètres à l’bcure. Nous devons ajouter que c’est la vitesse obtenue sur l'ensemble du parcours; en fait, souvent l’une ou l’autre des équipes dépasse de beaucoup cette moyenne pour le premier mille, alors que naturellement les rameurs ne sont pas encore fatigués par un effort réellement tout à fait considérable. C'est ainsi que, par exemple, dans la course de 1902, ce premier mille a été accompli par Cambridge en 4 minutes et 40 secondes, ce qui revient à bien près de 21 kilomètres à l’heure. Et, durant la course de 1901, une des équipes a réussi à couvrir
- le mille en 5 minutes 54 secondes. 11 faut dire qu’en pareil cas les rameurs arrivent à donner 57 1/2 coups d’aviron par minute, ce qui montre bien la rapidité qu’il faut atteindre quand on veut obtenir de grandes vitesses. Il va sans dire aussi que ce n’est
- que par suite d’un entrainement très prolongé que l’on arrive à cette rapidité du coup d'aviron, alors que normalement, et sans vouloir se presser, on ne frappe l’eau qu’une vingtaine de fois par minute, quand on ne songe qu’à se promener et qu’on ne rêve pas de « battre un record ». A ce propos nous ferons remarquer une dernière particularité, qu’ont précisément mise en lumière les courses en question et les périodes d’entraînement préalable qu’elles nécessitent. Comme cela se passe généralement dans
- les courses à l’aviron ou autres, les concurrents, ici les divers hommes de chaque équipe, sont soigneusement pesés; et,en dépouillant les relevés des poids des courses successives, on avait pu mettre en évidence que les canotiers de l’équipe de l’Université d’Oxford, qui ont en somme bien montré leur supériorité par leurs succès réitérés, étaient tous plus lourds que ceux de Cambridge : il était donc tout naturel d’arriver à cette conclusion que le poids constitue un avantage dans une course à l’aviron. Mais c’était là une pure constatation matérielle qu’il convenait d’expliquer logiquement, d’autant que presque toujours, dans la course Oxford-Cambridge, c’était l’équipe dont le poids était supérieur qui arrivait première. Or, on a constaté que, si l’en-
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- LA NATüKL.
- traînement commence par faire perdre du poids aux hommes qui y sont soumis, perte en poids qui résulte de ce (jue ces hommes voient disparaître leur graisse, bientôt il se produit un développement musculaire qui rapidement relève le poids jusqu’à lui faire dépasser sensiblement le poids primitif, la graisse étant remplacée, et bien au delà, par le muscle. Ajoutons que, quand l’entraînement se continue trop longtemps, ce qui revient à dire qu’il a été commencé trop tôt, ou si l’on n’y procède pas très méthodiquement, il se produit une nouvelle baisse du poids ; la courbe redescend après avoir passé par un point maximum, et tout simplement par suite de iatigue. Le succès appartiendra à l’équipe qui aura su se maintenir au poids maximum et stationnaire, et qui aura évité la fatigue après avoir acquis tout le muscle possible.
- Un le voit, ces sports, qui semblent frivoles, permettent de faire des observations assez curieuses sur la puissance musculaire et son développement méthodique. Pierre de Mériel.
- DÉVELOPPEMENT DES CHEMINS DE FER
- A COURANTS POLYPHASÉS
- Qu’il s’agisse d’automobiles, de sport ou de chemin de fer, le public se passionne toujours pour les épreuves où la vitesse seule entre en jeu, et les essais de Zossen, en Allemagne, ont soulevé partout une curiosité d’ailleurs assez légitime. On serait tenté de croire, après ces essais, que l’unique souci des électriciens est de réaliser des trains qui font du 200 à l’heure : tel n’est pas le sens des efforts poursuivis depuis dix ans en vue d’améliorer les services dans les chemins de fer, tant au point de vue de l’économie qu’à celui des facilités d’exploitation. Nous croyons devoir rappeler brièvement ces efforts.
- 11 est à peu près reconnu aujourd’hui que, pour les chemins de fer, proprement dits les installations électriques doivent faire usage de courants polyphasés. Nous ne nous arrêterons donc qu’à ces entreprises. Les premiers essais de traction par courants alternatifs, en Europe, furent entrepris par MM. Siemens et Halske, à Charlottenhourg, en 1892. La voie avait environ 360 mètres de longueur et comportait une seule courbe de 40 mètres de rayon. On installa deux trolleys et les rails servirent de troisième conducteur. La fréquence était de 50 périodes par seconde et la tension variait de 500 à 600 volts. Au démarrage le moteur était monté en triangle, et en étoile pour la marche normale ; le couple devenait ainsi six fois plus fort au démarrage. Chaque moteur était muni de bagues qui permettaient d’intercaler des résistances dans le secondaire. Ces épreuves démontrèrent la possibilité de l’emploi des courants alternatifs avec trolley pour la traction. La maison Brown-Boveri a monté la première installation pratique de traction par courants alternatifs. Les tramwavs de Lugano furent ouverts au public en 1895. Le courant est transmis sous 5000 volts et 40 périodes par seconde, la tension sur la ligne de contact est de 400 volts. Deux trolleys se suivant à 1 mètre d’intervalle conduisent le courant ; les rails servent de troisième conducteur. La ligne'fut complétée en 1897 et entièrement ouverte au trafic en 1898. Le succès de cette installation établit défi-
- nitivement qu’on pouvait appliquer les courants alternatifs à la traction.
- Le chemin de fer de la Yungfrau s’étend sur une longueur de 13 km environ, les deux points terminus ont une différence d’altitude de 2100 mètres. La rampe varie de 10 à 25 pour 100. Le courant triphasé arrive sous 7000 volts, et les moteurs polyphasés le reçoivent sous 500. La dernière section du chemin de fer comprend une partie verticale haute d’environ 70 mètres qui élèvera le voyageur à un niveau de 4166 mètres au-dessus de la mer.
- La ligne Stansstad-Engelberg utilise le courant sous 750 volts et à une fréquence de 32,5. Deux sous-stations, situées respectivement à 5 et 7 km de Stansstad, reçoivent le courant sous 5500 et le transforment. La vitesse est de 20 km à l’heure. On se sert d’une locomotive pour les fortes rampes, mais les voitures sont automotrices pendant le reste du trajet. Les locomotives remorquent en outre des trains de marchandises de 20 tonnes sur la partie inférieure de la route a une vitesse de 11,5 environ par heure.
- La station centrale de la ligne Burgdorf-Thoune est située sur la Kander qu’une conduite en acier dérive vers le lac de Thoune. Elle contient 5 turbines Girard de 200 chevaux a 300 tours qui actionnent les alternateurs Brown de 4000 volts polyphasés à 40 périodes. La tension est ensuitee élevé à 16000. C’est la première station de turbines où l’énergie est utilisée à la fois pour diverses applications dans la région avoisinante, et pour une ligne de chemin de fer importante. 11 résulte de cette double utilisation une économie considérable de production. La ligne Burgdorf-Thoune comporte 3 fils de 5 millimètres de diamètre portés par des inàts de 8 à 14 mètres en sapin. Le matériel roulant consiste en voitures automotrices à archets pour les voyageurs, et en locomotives à 2 moteurs de 150 chevaux qui transportent les marchandises à une vitesse de 20 km. Les voitures sont à double bogie, pèsent 32 tonnes au complet dont 10 pour l’équipement électrique. Les 320 chevaux sont répartis entre 4 moteurs de 80 chevaux à 600 tours pour la vitesse de 40 km. par heure. La résistance de démarrage sert aussi à régulariser la vitesse. Tous les détails de cette installation sont très soignés. Ces renseignements sont extraits de T intéressante conférence de M. Gérard a la Société des ingénieurs civils.
- Ce qui caractérise le chemin de fer de la Valteline, c’est d’abord l’emploi du triphasé à 3000 volts et un dispositif spécial pour graduer les vitesses. La puissance est prise à la station de Morbegnoqui contient trois alternateurs de 1500 kilowatts. Deux lignes aériennes de 8 millimètres constituent la ligne de contact, les rails forment la troisième ligne. Les sous-stations statiques se suivent à 10 kilomètres. Deux archets prennent le courant et portent à cet effet des contacts roulants en aluminium. Quatre moteurs, deux de lot) et deux de 75 sont installes sur la voiture pouvant d ailleurs fournir, s il y a lieu, le double de la puissance normale. La voiture automotrice pèse 54 tonnes. Le matériel roulant comprend aussi des locomotives à marchandises qui sont munies chacune de 4 moteurs de 150 chevaux et remorquent 200 tonnes à 15 ou 30 kilomètres. C’est pour les voitures de cette ligne que Ganz imagina de inontei les moteurs en cascade, dispositif qui permet, sans augmenter le courant, de fournir le travail normal sous demi-vitesse. Ce montage a le défaut d’ajouter les réactances des deux moteurs ainsi couplés et de réduire considérablement par là le facteur de puissance ; c’est en vue d’obvier à ces inconvénients qu’on a réduit la fréquence au chiffre exceptionnellement bas de 15 périodes. J. Garcin.
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- L'enseigne, [te*u à [tou tombée on désuétude, ost remplacée aujourd'hui jtar l'affiche et le prospectus. Cependant elle a, en ce moment, un regain d’actualité, sinon au [joint de vue commercial, du moins au point de vue archéologique et artistique.
- On sait que M. Édouard Détaillé a tenté d’organiser des concours [jour engager « les peintres, sculpteurs, graveurs et architectes à consacrer leurs talents à l’ornementation de la rue et à l’éducation du gros public, en reprenant la tradition, mais en l'adaptant à notre époque ».
- D’autre part, aux nombreuses publications déjà parues sur les enseignes vient de s’en ajouter une, de beaucoup la plus importante de toutes, duc à deux maisons d’édition célèbres, la « Librairie dauphinoise » et la « Librairie savoyarde », qui ont montré ici, une fois de plus, que la province pouvait rivaliser avec Paris. Le livre, dû à la collaboration de John Grand-Carteret pour le texte et de Gustave Gi-ranne pour l’illustration, forme un grand in-4° de 470 pages et de 591 dessins, sous le titre : L'enseigne : Son histoire, sa philosophie, ses particularités. — Les boutiques, les maisons, la rue, la réclame commerciale à Lyon.
- 47 pages (p. 597 à 444) sont consacrées à la bibliographie des monographies analogues, et j’ai été assez surpris, au premier abord, de ne point y voir figurer la ville de Blois; mais j’ai réfléchi que les trésors de la Renaissance qu’on y trouve à chaque pas avaient nécessairement fait négliger l’art inférieur et populaire de l’enseigne.
- Quelques croquis qui ont été communiqués autrefois par M. Gervais, conservateur du musée de cette charmante cité, où j’ai passé d’heureuses années grâce à l’amabilité de ses habitants, permettront à La Nature de combler en partie cette lacune.
- Voici d’abord (fig. 1) le « Coq Hardi », qu’on voit encore dans le faubourg de Vienne au-dessus de l’inscription : « Lespagne, successeur, sert à boire et loge à pied ».
- Cette enseigne, montrant le courageux volatile debout sur la croupe du roi des animaux, est fréquente à Lyon et dans les régions voisines. Elle fait allusion à une croyance antique, perpétuée pendant le moyen âge, d’après laquelle le lion ne craignait rien tant que les éclats de voix du coq et le battement de ses ailes ; mais les peintres ont souvent oublié qu’il fallait que le « Coq fût blanc ». Cette condition est formellement exprimée par Pline et par plusieurs vieux chroniqueurs français. Une enseigne tout à lait analogue, mais exécutée en bas-relief au lieu d’ètre peinte, se trouve sur le quai de la Mégisserie, à Paris.
- Le lion apparaît encore à Blois, mais celte fois suspendu à la tringle traditionnelle, dans la rue Saint-Lubin ; il sert d’enseigne à un savetier et montre aux yeux de tous d’une façon indiscutable la qualité exceptionnelle du travail de l’artisan, puis-
- que, malgré tous ses eflorls, il ne parvient pas à découdre la bot te qu’il tient entre ses grilles et sa gueule (fîg. o).
- De toutes les enseignes, celle qui représente le « Lion d’Or » est la plus répandue en Europe. Le « Lion d’Argent », le « Lion Blanc », le « Lion Noir », le « Lion Bouge» et « le Lion Vert », se voient quelquefois, mais rarement; et cela se conçoit, la couleur fauve de l’animal rappelant naturellement la couleur de l’or. C’est [tour la même raison que le « Cheval Blanc » sert si souvent d’enseigne aux hôtelleries. Blavignae, dans son Histoire (les enseignes d'hôtelleries, d'auberges et de cabarets, fait observer qu’il y a cent enseignes de cheval blanc, [jour une enseigne de cheval d’or, d’argent, de cheval rouge ou d’une autre couleur.
- C’est un sabotier qui, à Montrichard (fig 2), a pour enseigne un sabot avec l'inscription :
- AlJOlIUj’uiI JE I.ES VENDS
- Demain je les donne.
- rappelant l’enseigne classique du barbier ; « Demain on rasera gratis ».
- L’enseigne du « Bien nourri » se trouvait autrefois au-dessus de la porte d'un restaurant de la rue des Trois-Clefs, à Blois; elle était accompagnée de l'image d’un homme gros et gras et était fort bien choisie (fîg. 4); aussi je m’étonne de ne l’avoir vue citée dans aucune autre ville.
- La tour qu’on voit au fond de cette figure est l’ancien Hôtel des Monnaies de la cité royale, et s’appelle encore la Tour d’Argent; elle date du xmn siècle, et son couronnement du xvi3. La rue des Trois-Clefs tire son nom de l’enseigne d’un des nombreux serruriers qui l’habitaient.
- A Paris, les marchands de vin et restaurateurs adoptaient généralement pour enseigne un motif en fer repoussé et forgé encastré dans des grilles de fer qui fermaient la boutique sans empêcher le renouvellement de l’air; elles maintenaient ainsi à l’intérieur la fraîcheur, tout en faisant évaporer les odeurs de cuisine, tradition qu’ont conservée les bouchers.
- En voici trois exemples recueillis par 51. Albert Tissandier.
- La figure 5 « A l’Enfant Jésus », se trouve au n° oo de la rue Saint-Honoré, au coin de la rue de la Bourdonnais.
- L’enseigne de l’<( Épée de bois », déjà mentionnée en 1087, se trouvait au n° 45 de la rue des Petits-Champs, dans la maison du compositeur Lully (fig. 6). Elle a disparu en 1890. Comme dans la figure 5, on v voit (les grappes de raisin caractéristiques de la marchandise débitée — autrefois du moins.
- La figure 7, « A la Grâce de Dieu », se voit au n° 121 de la rue Montmartre, au-dessus de la porte d’un marchand de vin, connue la précédente.
- Cela me rappelle cette enseigne fantaisiste d’un restaurateur pendant le siège de Paris.
- Vrx A DIX-HUIT SOUS ET EAU DESSUS.
- IIosse-dëef, — Rat, GOUT I)E ffôuîos.
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- LA NA TU HE.
- De tout temps du reste le calembour et le rébus, qui en est une forme, ont eu un grand attrait pour le peuple français. C’est un exercice intellectuel à la portée de tous.
- Ne voyons-nous pas encore aujourd’hui un certain nombre de magasins de Paris où l’on vend
- tous les objets au même prix porter sur leurs enseignes : « Aux trois françois », quand les objets valent trois francs soixante centimes;
- « Aux trois françaises », quand ils se vendent trois francs seize sous (3 fr. 80).
- Dans un livre publié à Rouen au commencement
- Fig. 1. — Le Coq hardi.
- Fig. ~l. — Enseigne d'un sabotier.
- Fig. 3. — Un lion comme enseigne. Fig. -i. — L’enseigne du «Bien nourri».
- Enseignes de lu ville de Blois.
- du dix-septième siècle sous le titre ; Les Bigarrures et Touches du Seigneur des Accords, Etienne Tabourot relate l’enseigne d’un « imitateur pour les morts », c’est-à-dire d’un « clocheteur des trépassés », qui allait, de rue en rue, sonnant sa clochette, avertir les parents et les amis de venir assister aux obsèques d’un mort. Elle est ainsi, dit
- Tabourot : Un os, un sol neut, des poulets morts, autrement trespassés, qui se prononce selon leur dialecte (celui des habitants de Paris) : « os-sou neu poulets trespassés », c’est-à-dire ; « Aux sonneurs pour les trépassés ».... Selon le même dialecte ajoute le même auteur, on a fait celles-ci : Un os, un bouc, un monde sont pris pour dire : « Au bout du monde » ;
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- LÀ N AT L HL.
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- « Aux babillars», pour un homme ou un joueur qui bat des billards. A la place Maubert est celle-ci : « Au point d'or et moins d’argent », rapportée par
- un poing doré et une main argentée. Un G d’or et un G d’argent signifient de même : « J’ay d’or, j’ay d’argent », car on prononce « jé » au lieu de «j’ay ».
- « Aux chassieux », pour un plat de bois, quasi :
- 11 en est une qui peut passer pour un comble, c’est celle de Guillaume Godard, libraire sur le Pont au Change, devant l’horloge du Palais.
- Voici comment la décrit et l'explique Édouard Fournier1 d’après la gravure qui se trouve au verso du titre d’une édition des Heures de Nostre Dame à l'usaige de Paris, publiée par ce libraire eu iolô. — lro ligne: Un « salut» d’or, monnaie du temps; un os; NS; la Vierge Marie à genoux devant Jésus, crucifié. Ce qui signi-
- 1 Histoire des enseignes de Paris, p 272.
- liait : « Saluons Marie priant Jésus en croix ». — 2e ligne : N ; un os ; C ; une scie ; une anse ; deux
- éperons; une « sappe » ou prison. Ce qui signifiait : « En nos consciences espérons sa 5° li-Le signe abréviatil de « je » ; A ; Pieu le père; un monticule ; un cœur ; la note de musique « mi ». Ce qui signiliait : « J’ay à Dieu mon cœur mis ». — 4e ligne : Le signe abréviatif de « je » ; une poire ; un pare de chasse ou de pèche en osier ; À; X. Ce qui signifiait : « J’espère Paradis ». — 5e ligne : Un loup ; un ange ; A ; Dieu le père » ; C. Ce qui signifiait : « Louange à Dieu soit ».
- Albert de Rochas.
- des chats qui scient « Aux chats scieurs ».
- Fig. 7. — A la Grâce de Dieu. Enseigne parisienne.
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- LA NATURE.
- LES SOURCES
- li nous est arrivé Lien souvent, en faisant des enquêtes sur l’eau d'alimentation, d’entendre dire : « L’eau que nous lnivons est parfaite, c’est de l’eau de source. »
- Tout le inonde croit, en effet, que les eaux de source ne sauraient être souillées, tant il est vrai que l’eau de source évoque l’idée de pureté, on pourrait presque dire de virginité.
- La contiance absolue qui entoure encore les sources est vieille comme le monde; les anciens professaient, en effet, pour elles, une véritable vénération, ils en avaient même fait un culte.
- L’est pourtant une grosse erreur de croire que « eau de source » est synonyme d’« eau pure » ; les sources comme les nappes d’où elles proviennent peuvent être souillées. L’on se rendra mieux compte de ce fait, lorsque l’on saura comment les sources se forment.
- D’une manière générale, l’eau qui sert à l’alimentation de l’homme provient de la condensation des vapeurs de l’atmosphère, soit qu’il la recueille à l’état de pluie, soit qu’il la prenne au moment où elle ruisselle sur le sol, soit qu’il la cherche dans les nappes superiicielles ou profondes.
- Lorsque l’eau arrive au sol, une partie ruisselle et une partie s’infiltre dans les couches profondes, à travers des terrains perméables, jusqu’à ce qu’elle arrive à une couche imperméable au-dessus de laquelle elle se collecte. Mais l’eau ainsi collectée ne va pas rester immobile, elle va suivre la pente de l’assise imperméable et reparaître au our, le plus souvent, au point d’affleurement de cette assise même : la source est alors constituée.
- 11 est facile de se rendre compte maintenant comment les sources peuvent être souillées. Au moment de la condensation des vapeurs de l’atmosphère, la pluie entraîne avec elles toutes les poussières, tous les germes qui sont constamment en suspension dans l’air, elle arrivera donc au sol, déjà chargée d’une certaine quantité de souillures animales, végétales, microbiennes et minérales.
- Avant d’arriver au sol, ces souillures seront peu importantes ; mais dès que l’eau atteindra la couche de terre arable qui recouvre à peu près partout les terrains géologiques, elle va se souiller bien davantage, empruntant au sol toutes ses impuretés. L’on sait, en effet, que le sol est le grand réservoir où se transforment tous les déchets de la vie; il est constamment souillé par l’apport systématique ou clandestin des eaux ménagères, des eaux industrielles, des eaux d’égouts, des déjections humaines et animales.
- De nombreux savants qui se sont occupés de la répartition des souillures dans le sol, nous ont appris que ces souillures étaient surtout localisées dans les couches supérieures, que l’on en trouvait peu dans les profondeurs, et, ce (pii est encore plus important : que les souillures de la surface mettaient un temps très long pour atteindre les eaux des nappes même superficielles. Ces phénomènes sont dus à la capacité des terrains traversés par l’eau, à leur capillarité, et surtout à leur pouvoir absorbant que Duclaux appelle, avec beaucoup de raison, leur pouvoir sélectif. Les divers terrains, en effet, n’absorbent pas également toutes les substances, mais semblent faire une vraie sélection.
- Lorsque l’eau arrive au sol, une partie d’autant plus grande que le sol sera plus perméable s’infiltre, tandis que l'autre ruisselle.
- Nous ne nous occuperons ici que de celle qui pénètre dans le sol. En traversant la terre arable, elle entraîne
- toutes les matières organiques et minérales, tous les germes qu’elle peut renfermer, et arrive ainsi aux terrains filtrants. Sa marche à travers ces terrains sera plus ou moins rapide suivant que les pores seront plus ou moins fins. Plus elle filtrera lentement, plus la filtration sera parfaite. 11 est nécessaire, pour qu’il en soit ainsi, que le terrain soit bien homogène : alors, l’eau arrivera presque pure à la couche imperméable. Mais, si l’eau rencontre des terrains comme les calcaires, qui présentent presque partout d’énormes fissures qui les ont fait comparer à des murs formés de pierres sèches, elle s’engouffrera dans ces fissures semblables à de véritables conduites et arrivera à la nappe souterraine avec la presque totalité des souillures empruntées à la surface. On obtiendra alors une nappe souterraine souillée qui ne donnera que de l’eau souillée, soit quelle réapparaisse au fond, sous forme de source, soit qu’on l’atteigne à l’aide de puits.
- Pasteur et Joubert ont montré qu’il pouvait y avoir des sources pures à leur point d’émergence, et ces résultats ont été confirmés par tous les savants qui se sont, depuis, occupés de cette question. Mais, pour qu’il en soit ainsi, il faut que les sources proviennent de nappes profondes, c’est-à-dire bien filtrées et bien à l’abri des souillures de la surface.
- Il faut aussi remonter à la source vraie. Bien souvent, en effet, une source qui apparaît sous des alluvions au milieu d’éboulis calcaires n’est formée que par l’écoulement des eaux de la source vraie au travers de ces terrains rapportés. L’on conçoit maintenant qu’il puisse y avoir des sources bonnes et des sources mauvaises, c’est-à-dire plus ou moins souillées.
- Il ne faut donc pas, comme nous le disions au début de cette note, faire « eau de source » synonyme d’« eau pure », les sources n’étant que l’image des nappes d’où elles proviennent.
- Les eaux de sources et de nappes profondes seront toujours recherchées pour l’alimentation, parce qu’elles sont bien supérieures aux eaux de ruissellement, qui, restant à ciel ouvert, se chargent de toutes les impuretés de l’air et des divers terrains au-dessus desquels elles coulent, sans compter l’apport considérable de souillures que déversent les villes et certaines industries. Mais il ne faut jamais oublier, surtout lorsqu’il s’agit de l’alimentation en eau potable d’une ville ou d’une collectivité, qu’une source peut être souillée, et qu’il faut par suite, remonter les travaux de captation jusqu’à la source vraie et en assurer sur un grand périmètre la protection.
- En résumé, pour qu’une source puisse fournir une eau potable et pure, il faut qu’elle provienne d’une nappe profonde bien filtrée, bien protégée, qu’elle soit captée avec grand soin à son point vrai d’émergence et que la canalisation qui l’amène au groupe qu’elle doit alimenter soit irréprochable. 11 en est malheureusement rarement ainsi. Dr F. Mai.mk.iac,
- Pharmacien aide-major de l,e classe.
- LA MALADIE DES JEUNES CHIENS
- Nous avons appelé l’attention l’année dernière1 sur les expériences entreprises par M. Phisalix au Muséum, pour combattre la maladie des jeunes chiens. Il est bon de dire aujourd’hui ce que sont devenus les essais de vaccination entrepris par le savant expérimentateur.
- Que de petits chiens admirablement soignés meurent
- 1 Voy. n° 1460i du 20 juillet 1901, p. 114.
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- LA NATURE.
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- entre 0 et 9 mois de ce que l’on est convenu d’appeler la « maladie des chiens »! On est resté jusqu’en 1900 sans trop savoir ce que c’était que cette maladie dont les formes varient beaucoup : Coryza, bronchite, paralysie, etc. M. Phisalix a découvert que la maladie était due à un microbe déjà trouvé par M. Lignières et nommé Poste urelUi canis. Bien mieux, M. Phisalix a trouvé un vaccin dont nous avons déjà parlé en avril 11)01. H était intéressant de savoir si ce vaccin avait continué à fournir de bons résultats de 1001 à 1002. Ce vaccin consiste dans des cultures atténuées des coccobaeilles de la maladie.
- M. Phisalix a vacciné par sa méthode, depuis le 15 mai de l’année dernière, [dus de 1200 chiens. Toutes les vaccinations opérées en dehors du Muséum ont été faites par des médecins ou des vétérinaires auxquels on avait fourni le vaccin. Un certain nombre d’essais ont porté sur des élevages de meule ou sur des groupes de races différentes.
- Sur 1250 chiens vaccinés du 15 mai 1001 au 15 mai 1002, on a constaté que 57 avaient succombé à la maladie, 50 ont eu des attaques bénignes. Ce qui donne pour la mortalité le chilfre de 2,8 pour 100, et pour les cas d’atteinte légère celui de 2,4 pour 100. L’immunité persiste assez longtemps pour permettre aux animaux de traverser la période critique. Si l’on examine les résultats, on voit que, sur 57 chiens morts, 26 ont contracté la maladie après une seule inoculation,
- 11 après deux inoculations, et que, sur les 50 cas d’affec-tions bénignes, 17 se sont produits après la première et 15 après la seconde inoculation. Le nombre des animaux atteints est donc plus grand après la première qu’après la seconde vaccination.
- Comme quelques symptômes maladifs sont survenus après l’inoculation, plusieurs observateurs ont attribué les accidents au vaccin lui-même. 11 n’est pas impossible que des chiens très chétifs ou très sensibles soient rendus malades par le vaccin; mais ce 11’est pas le cas dans les essais dont nous parlons. Sur les 26 cas de maladie survenue après une seule inoculation, 20 se sont manifestés très rapidement du troisième au dixième jour, et chez quelques-uns la mort est arrivée en quatre ou cinq jours. Or, cette marche du mal est complètement différente de celle de la maladie provoquée expérimentalement.
- Dans les expériences, les symptômes ne surviennent qu’entre dix et vingt-cinq jours. Et, même, le vaccin introduit directement dans le sang 11’a pas provoqué la maladie. 11 est plus vraisemblable d’admettre que les animaux <pii sont morts si vite étaient déjà en incubation au moment où ils ont été vaccinés. Cette opinion est corroborée par le fait que, chez les chiens déjà malades, le vaccin 11’aggrave pas les symptômes. Ainsi, sur 55 chiens inoculés en pleine maladie, 29 ont guéri. Les 6 cas de mort se rapportent à des formes pulmonaires et nerveuses. Mais on ne peut pas dire que le vaccin en ait accéléré l’évolution fatale, puisque quelques chiens qui étaient gravement atteints ont guéri après la vaccination.
- En commençant la vaccination à deux mois, on aura beaucoup de chances d’avoir affaire à des animaux encore indemnes de toute infection. Depuis six mois, M. Phisalix recommande aux vétérinaires de procéder ainsi, et les résultats sont excellents.
- Jusqu’ici, à de rares exceptions près, la méthode de vaccination a été appliquée à des chiens de race pure de toutes catégories, et l’on sait que le tribut payé à la maladie par les races sélectionnées est considérable. La mortalité varie de 25 à 80 pour 100. En prenant comme
- moyenne le chilfre de 40 pour 100, on reste au-dessous de la vérité. Par conséquent, puisque l’on abaisse par inoculation cette mortalité à 2,8 pour 100, il est bien certain que la vaccination se montre réellement efficace. Ce résultat est donc très satisfaisant. On peut penser que désormais la vaccination des jeunes chiens entrera dans la pratique.
- A côté des recherches de M. Phisalix, il est bon de mentionner celles de M. Lignières sur les maladies à coceo-bacilles de môme ordre désignées sous le nom de (( Pasteurelloses » et qui frappent les espèces équine, bovine, ovine, porcine, canine et aviaire. Avec M. Spitz, M. Lignières a découvert un sérum préventif et curatif pour tous les animaux. Ils emploient des cultures mixtes. Ces vaccins guérissent le plus souvent la fièvre typhoïde du cheval, la pneumonie infectieuse et la maladie des chiens. Ces divers résultats sont très encourageants et ouvrent une voie nouvelle à la médecine vétérinaire.
- Henri de Parville.
- LA GALÉRUQUE DE L’ORME
- Il nous arrive de diverses parts des renseignements relatifs à la Caléruque de l’orme qu’il est intéressant de résumer ici.
- A la lin de l'hiver, 011 rencontrait partout, comme les années précédentes, des insectes parfaits sortant de leurs refuges pour gagner les ormes, chaque fois que le temps s’adoucissait un peu. Mais actuellement et malgré l’élévation de la température, dans beaucoup d’endroits on n’eu voit que fort peu sur les arbres, comparativement à ce qu’on observait aux époques correspondantes de ces dernières années. Il semblerait que la longue période de pluie et de froid que nous venons de traverser ait agi comme agent pondérateur, en les faisant périr en grand nombre, et soit venue au secours de nos pauvres ormes que nous étions la plupart du temps (il faut bien l’avouer) impuissants à défendre. Espérons donc que les ormes de nos promenades et de nos places publiques reprendront bientôt leur vigueur perdue. A.-L. Clément.
- TRAVERSES MÉTALL1QLES
- DE CHEMINS DE FER EN VIEUX RAILS
- Un peut dire, sans exagération, surtout en matière de chemins de fer, que l’audace des Américains le dispute à leur ingéniosité, qui leur fait toujours chercher et souvent trouver la solution économique des problèmes les plus difficiles.
- Un exemple curieux et pratique nous en est donné par la Compagnie de chemin de fer Lake Shore and Michigan Southern llailwag, et ce à propos d’une traverse métallique, où l’on a cherché les avantages caractéristiques de ce genre de traverses, tout en arrivant à les fabriquer à un prix remarquable de bon marché. En fait, l’invention est due à M. C. Huhrer, ingénieur de la voie de la division de San-dusky, sur le réseau dont nous venons de citer le nom.
- Le corps môme de la traverse est formé d'un vieux bout de rail à patin, coupé à la longueur convenable, et disposé sens dessus dessous, le patin en l’air ; sous ce rail est attachée une plaque métallique
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- LA N ATI H K.
- le supportant, plaque longue de 2m,o8 (comme le rail même), large de 0m,20 et épaisse de 6 millimètres. Le rail, qui est du poids d’un peu plus de 52 kilos au mètre courant, est fixé à la plaque au moyen d’agrales métalliques dont le dessin montre Lien la disposition. Ces traverses ont été mises en place depuis plus d’un semestre sur une portion de voie en courbe, à la place des anciennes traverses de bois, ce (jni a nécessité un bour-
- Traverses métalliques de chemins de 1er en vieux rails.
- qui n’a nullement été complique; 1 ingénieur de la voie estime du reste quelles demanderont un entretien bien moindre que les traverses ordinaires.
- En tout cas, si l’invention n’a pas encore pleine-
- ment fait ses preuves, elle n’en est pas moins fort ingénieuse, et elle est susceptible de permettre l’utilisation de vieux matériel, au moins sur ' des voies secondaires où le trafic n’est pas intense et surtout ne se fait qu’à vitesse assez réduite. Nous devons ajouter que l’inventeur songe à modifier et à améliorer sa combinaison : il arriverait même à supprimer la pla-que métallique disposée sous le champignon d u rail, et cela tout simplement en faisant passer le
- vieux rail (sans doute après réchauffage) dans un appareil spécial qui fendrait ce champignon et l’écraserait ensuite de manière à former une surface d'appui large de 20 centimètres. L. V.
- L’EXPLOSIÜN DE MÀRSÀT (PUY-DE-DOME)
- On se rappelle l’épouvantable explosion qui s'est produite,,le 12 juin, en gare de Marsat. Les conditions en ont été extraordinaires; témoin du fait, j'ai immédiatement voulu vous en faire part (et vous adresser une série de photographies prises par moi aussitôt après l’accident.
- La machine « La Langroise » r emorquait ce jour-là, sur la ligne Kiom-Yol-vie, un train composé de deux va-gons à voyageurs et d’un fourgon, soit en tout 18 tonnes au maximum. Cette locomotive, construite en 1880 dans la maison Carpet, pèse 17 tonnes; elle a six roues couplées et porte avec elle ses caisses à eau et à charbon. La chaudière, timbrée à 9 kilogrammes, a
- été remise complètement à lieu! en 1898 dans les ateliers de la Compagnie des Batiguolles. La boite à
- feu avait été entièrement refaite. Cette locomotive avait été en service, depuis cette époque, dans les Vosges,et nétait à Riom que depuis deux mois environ [tour remplacer, parait-il, une machine plus puissante en réparation. La compagnie d ’ exploitation avait reçu de l’administration des mines, après les essais régie-mentaires, le permis de circulation.
- En gare de Marsat, au moment du départ, le chauffeur venait de fermer la soufllerie pendant que le mécanicien, après avoir graissé quelques pièces, se disposait à monter sur sa machine, lorsque tout
- Fig. 1. — Partie tubulaire de la chaudière, envoyée à 197 mètres en avant du train.
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- à coup une formidable détonation retentit ; « la Langroise » venait de sauter ! Il ne restait plus de la machine que le châssis et ses caissons ; la chaudière entière avait disparu ! Celle-ci avait en effet été soulevée verticalement; puis, en l’air, le foyer s’était séparé de la partie tubulaire sur la ligne des rivets de raccord .
- La partie tubulaire, pesant près de 4 tonnes et demie, avait décrit une immense trajectoire au-dessus de la voie pour tomber, après deux ricochets, à 197 mètres en avant du train. En ce point, elle fut arrêtée par de gros arbres dont deux furent brisés, comme le montre la ligure T).
- Le foyer pesant 5700 kg fut renvoyé en arrière.
- Il passa pardessus le train pour tomber h 57 mètres de son point de départ.
- La boîte à fumée est restée intacte ainsi que les tubes d’admission de vapeur qui ont été sectionnés exactement au ras de cette boîte à fumée.
- Les causes de cette formidable explosion sont
- Fi
- fort difficiles à déterminer, le chauffeur et le mécanicien ayant été tués sur le coup. Il paraît cependant
- vraisemblable que, dans le trajet de Riom à Marsat, la machine a dû dépenser une quantité d’eau suffisante pour découvrir le ciel du foyer. Là, pendant la balte, le mécanicien voulut, sans doute, faire de l'eau au moyen de ses deux injecleurs pendant que le chauffeur activait le tirage pour faire monter la pression. Dès que l’eau arriva sur la plaque du ciel, il une
- tion énorme dfer vapeur, de 1;\ l’explosion. \ La photogravure (ftg. 2) montre l’écrasement du ciel du foyer ; les fermes et le ciel sont rabattus sur la plaque de raccordement des tubes. C’est très probablement à ce moment que la chaudière a été soulevée verticalement; l’état de la boîte à fumée, de la manivelle du frein et du
- Foyer de ta Langroise, envoyé a 5/ inelres eu arriéré du train.
- \
- surproduc/c'/
- Fi». 5. — Arbres déracinés par la partie tubulaire envoyée à 197 mètres en avant du train.
- premier vagon le démontrent clairement. Comment expliquer ensuite le décollement de la chaudière et
- Fig. 1. — Diagramme des projections des parties de la chaudière.
- du foyer? puis les projections symétriques de ces en avant k 197 mètres, l’autre en arrière à 57 mètres? deux pièces dans le plan vertical" de la voie, l’une II est intéressant de remarquer que les projections
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- do. toutes les pièces détachées se sont faites sensiblement dans ce plan. Les caissons d’ailleurs sont intacts et n'ont subi que l'ébranlement causé par l’arrachement de la chaudière. Le mécanisme a peu souffert. Enfin la femme du chef de station, qui se trouvait à quinze pas de la machine avec ses trois enfants, n'a pas eu une égratignure.
- Il y a un lait curieux à signaler et qui détruit peut-être l’hypothèse émise plus haut du ciel du foyer rougi, c’est que le plomb de sûreté n’a pas fondu. Quoi qu’il en soit, il ne peut y avoir de doute à ce sujet, 1 explosion a été occasionnée par un « coup de feu ». L'examen du foyer ne permet pas d’en douter.
- | La pression qui a projeté cette masse de 4500 kg | à 107 mètres a dû être formidable. Ex témoix.
- PARIS-VIENNE
- Paris-Vienne, la grande épreuve automobile dont les intéressés craignaient l’interdiction à la suite de la course Paris-Berlin, vient enfin d’être autorisée, après le succès obtenu par le Circuit du Nord à l’alcool organisé en mai dernier par le Ministère de l’agriculture.
- J/épreuve du 2(5 au 2!) juin dernier comprenait quatre étapes : Ghampigny-Belfort, 407 km ; Belfort-Bregenz, 281 km (parcours neutralisé); Rregenz-Salzbourg,557km,
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- Fig. 1. — Voiture légère Renault frères.
- Fig. *2. — Grosse voilure Mercedes.
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- Fig. 5. — Grosse voiture Panliard-Levassor.
- Fig. t. — Grosse voiture .Xapier.
- et Salzbourg-Vienne, 55fi km. Ces deux dernières étapes ont été. accomplies par des routes abominablement mauvaises, bordées de précipices, avec des cotes et descentes dont le maximum atteint à l’Arlberg 18 pour 100, semées de caniveaux et de dos d’àne des plus dangereux. L’épreuve réelle de vitesse n’a donc eu lieu que sur le parcours Paris-Belfort, le reste de la course devenant une épreuve d’endurance. Suivant leur poids, les voitures ont été classées en 5 catégories: 1° les grosses voitures ne dépassant pas 1000kg à vide; 2° les voitures légères ne dépassant pas 050 kg; 5° les voiturettes ne dépassant pas 400 kg; 4° les motocvcles ne dépassant pas 250 kg et 5° les motocvcles ne dépassant pas 50 kg. 147 véhicules sur 210 inscrits se sont présentés au poinçonnage la veille du départ. Sur ce nombre 25 marchaient à l’alcool et 4 à la vapeur. Dans cette même course Paris-Vienne a été courue la coupe du prince d’Aremberg, Paris-Belfort (407 km), pour les voitures à l’alcool, et la coupe Gordon-Bennet, Paris-Innshruck (050 km).
- C’est Bené de Knyff, montant une voiture Panhard et Levassor, 00 chevaux, avec moteur à l’alcool à 4 cylindres, qui a gagné la coupe du prince d’Aremberg, accomplissant son parcours en 4h 10m 50\ soit une moyenne de 00 à l’heure. La coupe Gordon-Bennet, détenue jusqu’à ce
- jour par des voilures françaises, a été gagnée dans Paris-Vienne, par Edge, sur voiture anglaise Napier.
- Dans le classement général, c’est Marcel Renault qui arrive premier, montant une Renault frères, de 24 chevaux, accomplissant les 1500 km en 15h40m41s.
- Le classement sera peut-être modifié après discussion rigoureuse des pointages. Aujourd’hui il peut être établi pour les 5 catégories comme suit : Grosse voiture : le Comte Zborowski, sur voiture allemande Mercédès, moteur Daimler, accomplissant le parcours en 10h10m55’. Pour les voitures légères : Marcel Renault, sur Renault frères, en 15h40m41s. Voiturettes : Guillaume, sur Darracq, en 19h 1011128\ Motocvcles : Osmont, sur de Dion-Bouton, en 24h41ra lfi\ Motocyclettes : Bucquet, sur Werner, en 2fih10m58\
- En résumé, pour les grosses voitures c’est un véhicule allemand qui arrive premier. Dans la coupe Gordon-Bennet, c’est une voiture anglaise ; dans les autres catégories, des voitures françaises.
- Ces résultats semblent montrer que pour des parcours aussi durs que ceux de Paris-Vienne, nos constructeurs ont trop sacrifié à la puissance motrice au détriment de la solidité des voitures. C’est une leçon qu’il faudra méditer en prévision des prochains concours. B. Poyf.t.
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- NÉCROLOGIE
- Louis Solignao.— Louis Solignac, l'ingénieur électricien bien connu, vient de s’éteindre à l’àge de 45 ans, à la suite d’une congestion cérébrale. Dès 1878, Solignac s’occupait d’éclairage électrique et procédait avec Jabloebkotï à l’installation de l’avenue de l’Opéra. Quelques années plus tard, il entrait à la Compagnie parisienne d’air comprimé et d’électricité et parvenait à installer la distribution par sous-stations d’accumulateurs dans le secteur qui était concédé à la Compagnie par la Ville de Paris. En 1895, il se livrait à l’étude des lampes à incandescence et réalisait de grands progrès dans cette fabrication. Solignac a imaginé un grand nombre d’appareils très ingénieux sur lesquels nous avons déjà attiré l’attention de nos lecteurs; nous rappellerons entre tous la lampe à arc à charbons horizontaux1. Enfin dans ses dernières années, Solignac s’est attaché à établir un nouveau modèle de chaudière tubulaire dont nous avons donné la description2; remodèle est actuellement en construction. La mort de Solignac nous cause un réel chagrin ; nous perdons en lui un ami sincère et un camarade dévoué qui laissera d’excellents souvenirs. J. L.
- CHRONIQUE
- I/éc*latement des siphons. — Le Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine avait chargé M. Michel-Lévy de donner son avis sur une plainte de la Chambre syndicale des fabricants d’eaux gazeuses de Paris signalant le danger que peut présenter l'adoption de modèles de siphons plus grands que ceux mis en service jusqu’à ces dernières années. Après-avoir constaté que les accidents sont très rares pendant la fabrication et plus rares encore lorsque les siphons sont livrés au consommateur, M. Michel-Lévv a fait remarquer qu’au point de vue du danger d’explosion après chargement il convenait d’examiner surtout la forme de meilleure résistance et la nature des matériaux employés. Un récipient cylindrique allongé, terminé par des fonds convenablement emboutis, d’épaisseur convenable et de verre résistant, est moins dangereux qu’un autre beaucoup plus petit et mal construit. 11 y a donc lieu, eu égard au très petit nombre des accidents et à la difficulté d’une réglementation efficace, de s’en tenir à la justice répressive jusqu’à ce qu’il soit prouvé qu’il y a un véritable danger pour la sécurité publique à s’abstenir de mesures préventives. Un membre du Conseil, M. Marquez, a dit qu’à sa connaissance les accidents causés par les siphons étaient rares, et ceux qui se produisent ont presque toujours lieu dans la fabrique même, au moment du chargement, ou peu après. II a ajouté qu’il existait une cause d’éclatement des siphons assez curieuse : les siphons en verre rouge sont plus sujets à éclater que les siphons en verre blanc ou bleu. Le conseil d’hygiène a adopté les conclusions du rapport de M. Michel-Lévy.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 30 juin 1902.
- Présidence de M. A. Gaudry
- Propriété des l’hydrure de silicium. — On sait que l’hvdrure de silicium liquide s’enflamme spontanément
- 1 \7ov. n° 464 du 22 avril 1882, p. 321.
- 2 \7oy. n” 1229, du 19 décembre 1896, p. 47.
- au contact de l’air; c’est lui qui rend l’hydrogène silicié ordinaire spontanément inflammable. MM. Moissan et Smils, qui ont découvert cet hydrure, ont déterminé la densité de sa vapeur et trouvé qu’il répond à la formule Si2 II6. 11 correspond donc au gaz éthane. Darde nouvelles expériences, MM. Moissan et Smils démontrent que ce corps possède des propriétés réductrices très énergiques.
- Fréquence des cas d'appendicite. — M. le professeur Lannelongue expose qu’il s’est préoccupé de rechercher la cause du grand nombre de cas d’appendicite qui s’observent actuellement, alors que cette maladie était encore-inconnue, il y a peu d’années. En réalité, l’appendicite n’était pas décrite, mais elle existait antérieurement. Seulement on la confondait avec la péritonite, lalyphlite, les maladies du foie, des reins, des ovaires. L’auteur a relevé sur une momie remontant à 5000 ans avant Jésus-Christ, les traces d’une maladie abdominale qui paraît avoir été l’appendicite. D’ailleurs, en se reportant aux registres de l’hôpital Trousseau, M. Lannelongue relève de 1885 à 1889, alors que l’on ne connaissait pas encore l’appendicite, 470 cas de péritonite; plus tard, dans le même laps de temps, 445 cas d’appendicite. On ne saurait d’ailleurs trouver dans un changement brusque des conditions générales d’alimentation, une raison d’un accroissement du nombre des cas d’appendicite. Cette maladie est microbienne ; elle a deux phases : une localisée à la paroi intestinale, prise pour une indigestion, un embarras gastrique, de la diarrhée simple qui guérit seule souvent ; une seconde où la maladie gagne le péritoine, et se compliquant de péritonite localisée avec ou sans abcès curable par opération ou de péritonite généralisée habituellement mortelle. Les causes d’appendicite sont nombreuses et variées; ce sont les corps étrangers qui peuvent érailler l’intestin, les pressions qui en congestionnant l’intestin l’irritent, modifient ses sécrétions, en un mot, permettent l’introduction des microbes dans les lymphatiques ou les parois de cet organe, la grippe qui exalte la virulence des microbes et fréquemment la présence des vers intestinaux. M. Quilliod, préparateur de M. Lannelongue, a trouvé ces vers dans 55 cas sur 128.
- Préparation industrielle de Voir liquide. — M. d’Ar-sonval annonce à l’Académie que M. Claude a réussi à combiner une machine qui permet d’obtenir 20 kilogrammes d’air liquide à l’heure avec une dépense de 25 chevaux. Cette machine est fondée sur un principe très différent de celui sur lequel repose la machine de Lindet. M. d’Arsonval a pu justement dire, en parlant de MM. Cailletet et Claude, que le premier et le dernier mot dans la liquéfaction de l’air ont été dits par des Français M. Cailletet ajoute que, de son côté, il poursuit dans les ateliers de la Compagnie des omnibus, avec de l’air comprimé qui lui est fourni par cette Compagnie, des expériences sur la liquéfaction de l’air.
- Pulvérisation des liquides par l'air chaud. — M. d’Arsonval décrit ensuite un appareil de M. le docteur Glover, permettant de substituer, dans le traitement des maladies de la gorge et du nez, les pulvérisations médicamenteuses effectuées au moyen d’un courant d’air chaud aux pulvérisations effectuées sons l’action d’un jet de vapeur. Cet air a l’avantage d’être stérilisé dans un serpentin très chaud; il est envoyé par une poire en caoutchouc sur une sorte d’aspirateur Giffard à air. On lance de cette manière des liquides non volatils qui permettent d’obtenir une parfaite homogénéité de température. Sur ce principe est basée toute une méthode thérapeutique nouvelle. Ch. de ViLi.cnr.iii,.
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- LA NAT DHL.
- APPAREILS TELEPHONIQUES
- SYSTÈME BERLIXER
- La Société française des Téléphones construit divers modèles d’appareils téléphoniques admis sur les réseaux de l’État et qui méritent d’ètre signalés. Ils comportent tous un même microphone auquel on a donné le nom de transmetteur universel. Ce transmetteur, dont le n° 1 de la ligure I représente une vue d’ensemble, est d'une très grande sensibilité et est en même temps très puissant. Il est formé par un boîtier métallique qui porte à la partie supérieure deux boulons permettant de le fixer sur un a p pareil téléphonique quelconque, et qui est muni à la partie inférieure d’un pavillon devant lequel on parle.
- Dans le boîtier se trouve d’abord devant l’embouchure une mince plaque vibrante en charbon ; à une faible distance est placé un bloc de charbon, fixé par une vis à la partie supérieure jr du boîtier, et portant sur sa face des entailles circulaires concentriques. Entre la plaque de charbon et le bloc dont nous venons de parler se trouve du charbon granulé. Toutes les dispositions ont été prises pour isoler électriquement le bloc de charbon du boîtier ainsi que les vis fixées dans ce dernier. Le bloc de charbon est mis en communication avec un des deux boulons extérieurs de l’appareil et la plaque vibrante avec l’autre. Sur la face extérieure de la plaque vibrante, est placé un disque de mica, maintenu par une rondelle en carton; enfin un couvercle vissé sur le boîtier porte un petit ressort muni d’un disque de feutre qui s’appuie sur le disque de mica. N’oublions pas de mentionner encore que le bloc de charbon est entouré aussi d’un anneau de feutre; le disque et l’anneau de feutre sont des amortisseurs pour éviter les crachements du microphone. Le n° 2 de la figure 1 nous
- d’un récepteur téléphonique de précision ; il est formé par un barreau aimanté en U. Sur chacun des pôles est fixée une pièce perpendiculaire à l’axe de l’aimant, et sur ces pièces sont placées des bobines, devant lesquelles se trouvent la plaque vibrante et un pavillon. Un dispositil rès simple permet d’avancer ou de reculer à volonté, pour le réglage, les noyaux des bobines de la plaque vibrante.
- Parmi les divers appareils téléphoniques réalisés avec le transmetteur et le récepteur dont il vient d’être question, nous mentionnerons des postes muraux, avec appareils combinés, et le poste mobile que l’on voit dans la figure 1 (n° 5), également avec appareil combiné et support pour placer celui-ci. On désigne sous le nom d’appareil combiné les appareils téléphoniques comprenant le transmetteur et le récepteur réunis sur une même barre d’assemblage avec poignée. Ces appareils sont destinés aux transmissions téléphoniques sur les réseaux de l’État.
- Nous citerons aussi les appareils téléphoniques domestiques de la Société (fig. 2). A gauche, nous voyons un modèle avec poignée AM que l’on peut adapter à une poire de sonnerie, et à droite un modèle que l’on peut accrocher à un bouton. On peut ainsi utiliser simplement une installation électrique déjà existante, et se servir des mêmes canalisations pour le service des sonneries ou des téléphones. Le téléphone est un instrument précieux qui rend de grands services, même dans les plus petites installations. J. L.
- Le Gérant : P. Masson.
- donne la vue extérieure
- Fig. 1. — Appareils téléphoniques Berliner.
- 1. Transmetteur universel. — 2. Récepteur de précision. 3. — Poste téléphonique mobile.
- Fig. 2.
- Appareils téléphoniques Berliner domestiques.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1520. — 1 2 JUILLET 1 902.
- LA NATURE.
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- LA. TRACTION AUTOMOBILE
- ET LES ROUTES
- Los routes qui, en France, sont les meilleures pour la traction automobile sont celles qui sont entretenues avec des matériaux durs : granit, basaltes, trap des Vosges, etc., et dont l'entretien est généralement fait avec des rouleaux à vapeur. La méthode qui consiste à réparer la route par morceaux sans rouleau est peu employée maintenant et était défectueuse à tous les points de vue.
- Lorsque les routes sont établies sur des fonds rocheux ou des terrains solides, une forme de 0m,50 d’épaisseur est presque toujours suffisante; elle ne l’est plus lorsque les routes traversent des terrains
- marneux comme on en rencontre fréquemment- dans le fond des vallées. Il faut alors que cette forme repose sur du blocage.
- Si les routes étaient partout solides, il n’y aurait pas à s’occuper du poids des tracteurs mécaniques; mais il n’y a pas d’exemple de routes solides sur tout leur parcours, s’il représente un nombre respectable de kilomètres.
- On ne peut pas demander «à l’Administration des ponts et chaussées de faire des travaux considérables pour les améliorer dans les parties tendres ; il faut donc étudier les véhicules mécaniques de façon à ne pas dépasser un certain poids, que l’on peut déterminer aujourd’hui pour les raisons suivantes : 1° la forme des routes s’est faite jusqu'à ce jour, et se fait encore, sous les charges qu’elles supportent ordinai-
- Lc nouveau tracteur Scotte.
- rement;on peut évaluer le maximum de ces charges de 8 à 10000 kilogrammes par véhicule à quatre roues. Un tombereau à sable cubant 2 mètres cubes pèse à vide environ 1000 kilogrammes et en charge 4500 kilogrammes; si c’est de la pierre meulière, on atteint 5000 kilogrammes. Cette charge, supportée sur deux roues (tombereau), est un maximum à ne pas dépasser. 2° La résistance des ouvrages d’art en général, ponts, caniveaux, viaducs, etc., est calculée pour supporter des charges d’environ 8000 kilogrammes par véhicule ; il est donc tout naturel que les routes fléchissent sur beaucoup de points quand on dépasse ces poids. Elles ne sont pas préparées pour la résistance à des poids supérieurs, ni comme sous-sol, ni comme matériaux, et on a constaté maintes fois que sur des routes pavées n’ayant jamais eu à supporter que des charges ordinaires, le pavé s’enfonce en comprimant le sous-sol; si on y fait circuler des véhicules trop lourds, la route se défonce.
- 30e année. — 2e semestre.
- Il découle de ce qui précède que, ne pouvant demander aux Ponts et Chaussées des dépenses se traduisant par des sacrifices d’argent à réclamer aux contribuables pour faire des routes très résistantes sur tout leur développement, il y a lieu de prendre les décisions suivantes : 1° limiter le poids des véhicules à traction mécanique ; 2° leur vitesse ; 5° établir la largeur des bandages des roues suivant les charges qu’ils doivent supporter.
- La vitesse des véhicules lourds a une très grande influence sur la conservation des routes ; l’expérience a prouvé qu’un véhicule dont le poids atteint 10000 kilogrammes les déforme, lorsque sa vitesse moyenne dépasse 10 kilomètres à l’heure et que les roues à bandages trop étroits pour des véhicules lourdement chargés coupent les routes.
- Il est prouvé aussi que les véhicules mécaniques « porteurs » dont le poids atteint de 12 à 15 tonnes en charge ne peuvent fonctionner dans de bonnes
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- LA NAT LUE.
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- conciliions que sur des voies spéciales, et qu’il faut alors entretenir tout particulièrement; on constate que l’entretien de ces voies est très onéreux dans ces conditions.
- 11 est donc tout indiqué que Ton devra demander aux constructeurs de véhicules mécaniques de ne pas dépasser le poids de 8 à 10 tonnes maximum en ordre de marche par véhicule à quatre roues, et comme avec ces poids on possède des machines puissantes, capables de remorquer de 15 à 25 tonnes, ces charges devront être réparties sur deux ou trois véhicules attelés au tracteur. U n’y a plus personne pour contester la parfaite direction de ces petits convois. On arrivera par ce moyen très simple à ne pas entraver la traction mécanique nouvelle et à conserver les roules en hon état. Celles-ci sont aussi très souvent détériorées par les sahots des chevaux; pour s’en convaincre il n’y a qu'à examiner sur une route en rampe la partie droite de cette route; si la route est fréquentée, celle partie est arrachée, désagrégée ; tandis (pie la partie gauche qui, dans ce cas, est la descente, est généralement en hon état, si elle n’a pas été coupée par la tolérance des bandages de roues, qui sont toujours trop étroits par rapport à la charge des voitures.
- Un tracteur muni de roues de 0m,25 de largeur et du poids de 8 à 10 000 kilogrammes, marchant à une allure de 0 à 8 kilomètres à l’heure, cylindre une route comme le ferait un rouleau compresseur. Cette expérience a été faite aux grandes manœuvres de l’Est, sous le contrôle de la Commission militaire, et elle a été convaincante. A cette allure de 8 kilomètres par heure, une mastodonte du poids de 15 à 18 tonnes, connue il en existe, démolit les routes les [dus solides, même avec de larges roues.
- La conclusion de cet exposé c'est que la traction mécanique future devra, lorsqu’elle transportera plus de 5 tonnes de « poids utile », être faite avec des « tracteurs » et non avec des « porteurs ».
- J. Scotte.
- TliLÉiaUPHIE SANS FIL
- X OU VEAl RÉCEPTEUR XIA R CO NI
- Dans une communication à la (( Royal Institution » de Londres, M. Marconi a fait connaître un nouveau récepteur pour la télégraphie sans fil, récepteur hase sur des principes entièrement nouveaux et différents des principes utilisés dans les divers récepteurs connus et employés jusqu’ici (cohércur de M.Branly, oscillateur de Hertz, etc.). D’après « l’Industrie Electrique »,quia publié un résumé de la communication de M. Marconi, les principes mis en usage sont les suivants.
- Une substance magnétique, soumise à une force ma-gnétomotrice périodiquement variable, présente des retards d’aimantation et de désaimantation nettement déterminés et connus sous le nom d’hystérésis. Si en même temps cette substance magnétique est soumise à l’action d’ondes électriques de très grande fréquence, comme
- celles qui interviennent dans la télégraphie sans fil, l'expérience montre que les phénomènes d’hystérésis sont réduits dans des proportions qui dépendent de l’amplitude et de la fréquence des ondes électriques.
- C’est ce résultat d’expériences que M. Marconi a utilisé dans les appareils suivants. Une bobine porte un circuit qui est traversé par une intensité constante; au centre dp la bobine se trouve un noyau en fils de fer recourbés en forme de demi-cercle. Le noyau est aimanté, et l’aimantation tend à rester constante. Mais, au-dessus de ce noyau, on fait tourner d’un mouvement uniforme un aimant ou un électro-aimant ; et les dispositions sont prises pour que les pôles nord et sud de cet aimant se présentent alternativement devant les extrémités du noyau. 11 en résulte que la force magnétomotrice du système magnétique tournant vient s’ajouter ou se retrancher de la force magnétomotrice qui agit déjà sur le novau. Ce dernier est donc soumis alors à une force magnétomotrice périodiquement variable et toujours de même sens; il en résulte que son état magnétique est changé suivant la fréquence correspondant à la vitesse de déplacement de l’aimant.
- On fait alors agir des ondes électriques de grande fréquence. Les variations d’aimantation et de désaimantation deviennent par suite considérables. M. Marconi emploie, pour révélercesvariations d’aimantation, une bobine spéciale, placée sur la première bobine, à l’intérieur de laquelle se trouve le noyau de fer, et cette bobine spéciale est reliée à un téléphone magnétique : elle devient le siège de courants induits, et le téléphone rend un son.
- M. Marconi a fait quelques observations sur les. sons rendus par le téléphone, à la suite des modifications instantanées de magnétisme produites par les ondes électriques, comme nous venons de l’indiquer. Les modifications qui interviennent sont très marquées lorsqu’il y a accroissement d’aimantation, plus faibles lorsqu’il y a désaimantation, milles lorsque l’aimant est immobile et qu’il n’y a dans le noyau aucune variation d’aimantation.
- M. Marconi a adopté aussi une autre disposition, qui lui a été inspirée par le télégraphone de M. Poulsen. Des bandes de fils de fer, formant un circuit fermé, aimanté par un électro-aimant permanent, remplacent le novau de fer. L’électro-aimant est fixe, et ce sont les bandes de fer qui se déplacent animées d’un mouvement uniforme ; ces bandes de fer sont entraînées par deux poulies sur lesquelles elles reposent, l’une d’elles tournant sous l’action d’un mouvement d’horlogerie.
- La bande de fer, en pénétrant d’abord dans la bobine d’aimantation, est soumise dans le champ magnétique à une augmentation d’aimantation, et, au contraire, en sortant, à une aimantation décroissante. Ces bandes de fer, soumises à ces actions successives, sont très sensibles aux actions démagnétisantes brusques et instantanées des ondes électriques. Ces variations agissent aussitôt sur la bobine induite, placée en cet endroit, et reliée au téléphone magnétique récepteur; dès la production d’ondes électriques de grande fréquence, le récepteur magnétique fournit des signaux Morse acoustiques.
- On ne possède pas encore de résultats bien complets sur le fonctionnement de cet appareil ; on a pu cependant, paraît-il, télégraphier jusqu’ici à la vitesse de 55 mots par minute. Mais l’inventeur promet des résultats bien supérieurs pour un avenir peu éloigné. Il était intéressant de faire1 connaître, même sommairement, ce récepteur qui est original et nouveau. ,1. L.
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- L’HEMILEÏA VASTATRIX
- DANS LES COLONIES FRANÇAISES
- Des mesures énergiques viennent d’être prises par le Ministre des colonies, sur l’initiative de M. Dybowski, inspecteur général de l’agriculture coloniale, pour défendre contre l’hemileïa vastatrix celles de nos colonies qui ne sont pas encore atteintes par ce fléau.
- L’hemileïa vastatrix est un champignon qui se déve-oppe sur les feuilles des caféiers et détruit rapidement les arbustes auxquels il s’attaque. 11 est pour les plantations de caféiers ce que le phylloxéra est pour la vigne, et se transmettant rapidement dans les plantations il y exerce des ravages terribles. C’est ce champignon qui a détruit en quelques années les caféiers de Ceylan, causant en la seule année 1878 des pertes évaluées à plus de 51) millions et pour les dix années suivantes à plus de 550 millions. En présence d’un tel fléau la culture du café fut abandonnée et remplacée par celle de l’arbre à thé. De il millions de kilogrammes en 1876 les exportations de café de Ceylan sont tombées actuellement à quelques centaines de tonnes seulement.
- L’hemileïa est donc un terrible fléau et comme sa présence était signalée dans plusieurs de nos colonies, il importait de défendre celles qui en étaient encore indemnes.
- Les plantations de caféier commencent, en effet, à prendre une certaine importance dans nos colonies. Certaines produisent déjà des quantités de cafés assez fortes et de qualité supérieure. C’est ainsi (pie la Nouvelle-Calédonie exporte des produits qui peuvent rivaliser avec les cafés de la Martinique justement réputés dans le monde entier. Au Congo, à la Guyane, à Madagascar, à la Réunion et depuis quelques années en Gochinchine et au Tonkin, nos colons ont engagé de gros capitaux dans les plantations de caféier et il importait de prendre des mesures pour éviter que ces capitaux fussent engloutis par le fait de l’hemileïa.
- C’est pourquoi dorénavant l’introduction des plants de caféier est interdite dans nos colonies. Les fruits et graines de caféier et des arbres d’abri ne pourront y être introduits que s’ils sont accompagnés d’une déclaration attestant qu’ils auront été soumis à un traitement préventif consistant en une immersion d’une demi-heure dans une solution de sulfate de cuivre à 1 pour 100. 11 résulte, en effet, des expériences faites au Jardin colonial et dans les jardins d’essai de nos colonies, que l’hemileïa ne résiste pas à ce traitement.
- D’autre part, lorsqu’une colonie est déclarée contaminée les mesures qui précèdent cessent de lui être applicables. De la sorte les colons auront toutes facilités pour importer des espèces nouvelles et notamment celles qui ont été découvertes récemment sur le continent africain afin de'rechercher si parmi celles-ci il ne s’en trouve pas qui, comme les caféiers de Libéria, peuvent résister à l’hemileïa.
- Il faut souhaiter que ces essais réussissent dans nos colonies actuellement contaminées : Madagascar, la Réunion et Mayotte, et que d’autre part les mesures énergiques, qui viennent heureusement d’être prises, permettent d’éviter la destruction des importantes plantations existant dans nos autres colonies et préservent de la ruine les colons qui les ont créées et sur lesquelles ils fondent de sérieuses espérances. Henri Gourdin.
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- CONCOURS INTERNATIONAL DE L’ALCOOL
- ÉCLAIRAGE ET CHAUFFAGE1
- L'exposition de l’éclairage et du chauffage était installée à la Galerie des machines dans la salle des Fêtes, qu’un vélum opaque transformait en une immense chambre noire. On a pu ainsi présenter des éclairages intensifs au moyen d’appareils destinés aux grandes surfaces extérieures, tandis (pie tous les appareils domestiques étaient groupés tout autour de la salle dans des stands agréablement, décorés. Les appareils d’éclairage ont été essayés au Conservatoire des Arts et Métiers au laboratoire de M. Ville ; les appareils de chauffage ont été essayés sous la direction de MM. Grouvelle, Lindet et Yillard et les liquides employés ont été étudiés au point de vue chimique par M. Trillat. Nous allons renseigner brièvement le lecteur sur les appareils qui ont obtenu les plus hautes récompenses.
- Appareils d'éclairage. — 11 y a deux classes de ces appareils suivant qu’il s'agit des lampes intensives, pour la plupart destinées à être employées à l'extérieur, ou des lampes domestiques, destinées à l’intérieur des habitations. Dans la première classe, il nous suffira de mentionner les progrès réalisés sur les appareils que nous avons décrits l’année dernière. Les nouveaux dispositifs de réglage d’air des lampes « La Washington » et « Kornfeld » ont permis d’atteindre la dépense très faible de 500 grammes d'alcool carburé à 50 pour 100 pour une intensité de 570 bougies, soit la carcel obtenue avec 5e* ,26 d’alcool carburé. M. Denayrouse a créé de nouveaux dispositifs permettant de maintenir automatiquement la pression nécessaire dans ses appareils intensifs, et d’éviter ainsi leur surveillance.
- En ce qui concerne les lampes Monopole et Stella exposées par M. Delamotte, l’intensité varie de 55 à 140 bougies suivant les modèles; les dispositifs adoptés rendent la manœuvre du robinet d'allumage et de réglage tout à fait automatique. Un grand nombre de ces lampes est employé pour l’éclairage des villes, des usines, des gares et même des casernes.
- La deuxième classe d’appareils d’éclairage comprend les lampes domestiques, qui se divisent en deux catégories suivant que l’éclairage se fait par un manchon incandescent ou par un bec à flamme libre. Chacun des systèmes a ses avantages et ses inconvénients : le manchon incandescent donne une lumière superbe, mais il est fragile et long à allumer. Le bec à flamme libre s’allume instantanément en donnant une flamme assez analogue à celle du pétrole, mais il exige l’emploi d’alcools earlmrés qu’il n’est pas possible de trouver partout comme l’alcool dénaturé ordinaire.
- Parmi les appareils à incandescence la première place est revenue à MM. Decamps et Cie pour leur lampe 5 récupération (fig. 1) qui emploie soit
- 1 Yoy. n° 1516, du 14 juin 1902, p. 18.
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- LA NAÎTRE.
- SA
- l’alcool pur, soit l'alcool carburé. L’alcool est amené par les mèches D au vaporisateur en cuivre rouge A placé sous le manchon ; le brûleur C travers»' la chaudière et est alimenté par un Bunsen B placé h la partie inférieure et dont le débit est réglé au moyeu d’un pointeau manoeuvré par un bouton de1 réglage en matière non conductrice de la chaleur. Tue petite ouverture latérale F permet l’introduction d’un tampon d’amiante imbibé d’alcool, ou topette, pour l'amorçage de la vaporisation au moment de l'allumage. Avec une légère modification du bec on peut brûler, dans les lampes Deeamps, do l’alcool carburé (Alcoho-Stellane) qui donne beaucoup plus de lumière que l’alcool pur avec une
- Fig. 1. — Lampe Deeamps et C1” (coupe).
- bons résultats économiques et parmi eux on peut citer les lampes à récupération Hantz, la Rcgina, Hélios et Eliot ; une mention spéciale doit être donnée au bec Landi dont les dispositions pratiques lui ont valu la médaille de vermeil du Touring Club de France destinée à récompenser un appareil permettant de substituer l’alcool aux lampes ta pétrole employées dans les auberges et petits hôtels où tous les voyageurs ont été à même de constater les inconvénients du pétrole fumeux.
- Signalons aussi la lampe Sol, destinée aux lanternes à projection, dont l’intensité lumineuse peut atteindre 100 bougies tout en employant un manchon de dimensions très réduites.
- Parmi les appareils d’éclaîfage à flamme libre nous devons attirer l’attention sur les lampes à disque épanouisseur du système Chalmel qui donnent avec un alcool carburé spécial, dit Alkolumine, un
- dépense par unité de lumière d’environ moitié.
- A côté du bec Deeamps il faut citer les becs de la Continentale Nouvelle et de M. Denayrouso, qui ont été décrits l’année dernière*. Les modèles de 1002 présentent des perfectionnements de détail qui en rendent le fonctionnement plus pratique en abaissant la consommation. Celle-ci est tombée dans les lampes Denayrouso à1*r, I d’alcool pur par bougie-heure, soit le 1/5 de la consommation constatée il y a trois ans au début des lampes à alcool, ce qui, joint à l’abaissement du prix de l’alcool, permet de dire que la dépense de Limité de lumière est actuellement le neuvième de ce qu’elle était en 1800.
- Fn grand nombre de becs à alcool ont donné de
- Fig. 2. — Porto (te la Coiiliiicnlalr Nouvelle.
- éclairage très analogue à celui des becs à pétrole perfectionnés.
- Appareils de chauffage. — Ces appareils comprennent trois grandes catégories : les poêles, les réchauds et les appareils industriels.
- Parmi les poêles, l’appareil qui a obtenu la médaille d’or est celui qui était présenté par la Continentale Nouvelle (tîg. 2). C’est un poêle d’appartement alimenté par 5 becs •« préférés » avec flamme en couronne. Une double circulation des produits de la combustion permet de faire dégager ceux-ci dans la cheminée à une température relativement basse après avoir chauffé l’air de la pièce ainsi qu’une bouillotte placée à la partie supérieure de l’appareil.
- Du reste, la plupart des constructeurs transforment leur réchaud de cuisine en poêle d’appartement
- 1 Vov. n° 1491, du 21 décembre 1901, p. 35.
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- LA NATLHE.
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- par l’adjonction simple d'un corps cylindrique su- l’air, mais sans dégagement dans une cheminée, périeur en tôle dans lequel s’elléclue le chauffage de En ce qui concerne les réchauas, il nous est im-
- Fig. 3. — Réchauds Polo, Floquet et Pierre.
- possible de décrire tous ceux qui ont été primés ; citons simplement les réchauds BarbierÇ Denayrouse,
- 1 tecamps, Delamotte,
- Desvignes, de Malapert, etc., et nous nous contenterons de parler de trois appareils ayant chacun des caractéristiques intéressantes. Disons toutefois que dans tous ces appareils l’alcool est transformé en vapeur avant d’ètre brûlé pour produire delà chaleur; l’alimentation de l’alcool peut se faire : per ascensum, per descen-sum, ou par vases communicants. Chacun de ces systèmes présente des avantages et des inconvénients pour lesquels il faut attendre la sanction de la pratique.
- Réchaud Polo(iig.o, n° 1 ). — L’alimentation du vaporisateur se fait par mèches P, c’est-à-dire per ascensum.
- Une petite mèche supplémentaire (bouton N) sert à mettre l’appareil en route en produisant les premières vapeurs.
- 1 Yen. ir 1W1, du 21 décembre 1901, p. 55.
- Elle est ensuite éteinte et dissimulée dans sa gaine, qui est elle-même fermée par une trappe horizontale 0. Un électeur L, représenté en cartouche, permet, au moyen d’une poignée-bouton, de régler le débit de la couronne des brûleurs C ; au-dessous de ceux-ci, une plaque en tôle émaillée blanche sert de réilecteur de chaleur.
- Réchaud Floquet (lig. 7), n° 2). — L’alimentation se fait per descens uni, c 'es f-à-dire par un réservoir en charge ; la vaporisation se fait dans un tube K, qui traverse la tlamme même des brûleurs. Les vapeurs d’alcool se mélangent à de l’air dans l’éjecteur M et sont envoyées ensuite dans un réservoir central C, qui porte à sa partie supérieure les trous des brûleurs. Le volant de gaz ainsi obtenu permet une grande sensibilité dans le réglage. Ainsi qu’on le voit en cartouche, une certaine position du robinet laisse tomber par L une
- Fig. L — Appareil à lu'u=er Fouiiloud et C".
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- LA 3N À T L R E.
- petite quantité d'alcool dans la coupelle qui sert à l'allumage.
- Réchaud Pierre (fig. 5, n° a). — Dans ce réchaud, le réservoir d'alcool 11 est circulaire et alimente le brûleur central par vases communicants, avec adjonction toutefois de 4 balais métalliques G logés dans les alvéoles du tube central. Le vaporisateur brûleur G porte à sa partie supérieure la couronne de chauffage et à sa partie inférieure une deuxième petite couronne de llammes qui assure la vaporisation tout en concourant au chauffage. Un réflecteur de chaleur en cuivre poli, F, sert de réflecteur de chaleur pour empêcher réchauffement du réservoir. Une manette l, très ingénieusement disposée, permet le réglage du débit d’alcool et la flamme variant d’intensité, suivant la position de la manette entre les points 0 (ouvert) et F (fermé).
- Au delà du point U la manette peut être poussée en comprimant un ressort antagoniste, et lorsqu’elle arrive au point A elle ouvre une sortie directe d’alcool pour l’alimentation de la coupelle d’allumage. Cette ingénieuse disposition a pour effet d’empêcher de répandre une quantité trop grande d’alcool qui pourrait être dangereuse au moment de l’allumage.
- Appareils industriels. — Cette catégorie comprenait les appareils à braser et à souder, les chalumeaux, les fourneaux de laboratoire, les fers à repasser, chauffe-fer et chaufferettes. Nous donnons (fig. 4) la vue en coupe du chalumeau à braser de MM. Fouilloud et C'e. Dans un réservoir placé sur le sol A est emmagasiné l’alcool carburé, au-dessus duquel une pression est créée par la pompe B. Sous l’influence de celle-ci le liquide monte dans le tube C, passe par un robinet de réglage et se rend par le tuyau en caoutchouc D, dans le brûleur proprement dit E. Un double pointeau, manœuvré par le bouton-robinet F, permet de régler la proportion d’air et de gaz d’alcool en vue de la température et de la nature de flamme à obtenir.
- En résumé, ce concours et cette exposition montrent que les constructeurs français ont fait, depuis quelques mois, des efforts considérables. Ils ont été encouragés, dans leur tâche difficile, par l'appui du Ministre de l’agriculture, qui a su intéresser le public à la cause de l’alcool et par le public lui-même, qui se convertit de jour en jour à l’emploi de ce nouveau combustible. Raymond Périsse.
- Ingénieur agronome.
- JARDINS CHINOIS ET JAPONAIS
- Les jardins en Chine sont encore peu connus par les Européens. Les voyageurs les décrivent à peine dans les relations qu’ils font de ce beau pays. 11 est vrai qu’on ne pénètre pas aisément dans la propriété d’un chinois riche. Ainsi, même actuellement, ne pouvons-nous guère avoir encore une idée des jardins chinois que par les belles porcelaines à l’émail incomparable qui nous viennent de Chine depuis plus de 500 ans, sur lesquelles ils sont fidèle-
- ment représentés, avec leurs fleurs, hoirs rocailles et leurs gracieux pavillons.
- Ce n’est, comme on le sait, qu’à la fin du quinzième siècle, à l’époque où les Portugais et les Hollandais pénétrèrent en Chine que les Européens commencèrent à entendre parler des jardins cfiinois et de leur aspect si pittoresque.
- Aujourd’hui, quand on visite, comme je l’ai fait dans mon voyage en Chine, des jardins à Canton, à Foo-chow, à Nanking et à Ychang sur les bords du Yan-tsé-Kiang, ou à Peking, on est frappé des ressemblances qu’ils peuvent avoir, surtout dans les parterres de fleurs, avec ceux que nous avons coutume d'appeler jardins à la française. Les parterres de fleurs paraissent en beaucoup de points semblables à nos anciens « Jardins de Curé » que nous voyons encore souvent en province. — Ces analogies peuvent s’expliquer par l’influence qu’ont pu avoir en Chine, à différentes époques, les Pères de la Compagnie de Jésus, ou les Pères Lazaristes qui vivent depuis si longtemps en ce pays. Sous le règne de l’empereur Üuan-li (dynastie des Ming), en 1601, le Père Ricci obtenait l’autorisation de s’installer à Peking. L’empereur lui donnait, sur son trésor, les sommes nécessaires pour son entretien et celui de ses serviteurs. Les mandarins et les lettrés venaient souvent visiter le Père Ricci qui, quatre ans plus tard, avait déjà plus de 200 adeptes, parmi lesquels on comptait nombre de mandarins distingués. Fin 1654, c’était le Père Jacques Rho qu’on chargeait de l’organisation de l'Observatoire de Peking avec l’aide du Père Adam Schall. L’empereur Kang-hi, qui régna 61 ans, aimait les sciences et lès arts, aussi protégea-t-il souvent les missionnaires de Peking. Ces Pères ont eu toujours, dans les missions où ils formaient des adeptes, des jardins qu’ils plantaient suivant le goût européen. Ils semaient dans leurs petits jardins des graines de leur pays et les faisaient soigner par de jeunes catholiques chinois. Il en est de même aujourd’hui.
- Sous le règne de l'empereur Kien-long, le Père Michel Benoist, mathématicien distingué de France, arrivait en Chine en 1744. Il fut appelé par l’empereur qui désirait avoir dans ses jardins du palais d’été, lé Yuen-Ming-Yuen, des jets d’eau semblables à ceux qu’il avait remarqués dans une peinture qui venait d’Europe et le chargeait d’en exécuter pour lui, afin d’orner ses parterres.
- Ces jardins étaient déjà connus par le Frère Atti-ret, jésuite français né à Dole en 1702. L’empereur Kien-long le chargeait de peindre pour lui des aquarelles qu’il faisait avec talent. Le Frère Attiret considérait le Yuen-Ming-Yuen connue un vrai paradis terrestre. Dans une lettre, datée du Ier novembre 1745, il observe que les nombreux canaux qui ornent les jardins ne sont point, comme en Europe, bordés de pierres taillées au cordeau, mais « tout rustiquement, avec des morceaux de roches dont les uns avancent, les autres reculent, et qui sont posées avec tant d’art qu’on dirait que c’est l’ouvrage de
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- la nature » ; plus loin, il dit (pie « les bords sont semés de Heurs qui sortent des rocailles; chaque saison a les siennes, etc. ».
- C’est dans ces lieux charmants que le Père Benoist eut à construire une machine hydraulique. En automne 1747, l’empereur Kien-long admirait, dans ses jardins, le premier jet d’eau ou « Choui-fu » qui fonctionna avec grand succès. Le Père Michel Benoist dut en faire d’autres dans les jardins de ville du Fils du Ciel et chez de riches mandarins.
- Si les parterres h compartiments des Chinois ressemblent parfois à nos parterres français, ils sont souvent garnis d’ornements qui nous sont inconnus et (pii doivent, chez les Célestes, être d’un usage très ancien. Ce sont des vases garnis de plantes auxquelles ils savent faire prendre les formes les plus inattendues. Les jardiniers chinois confectionnent d’abord, avec de légères lanières faites de bambou retenues par des fils de fer, des moules représentant une chimère, un oiseau, un cerf, une pagode, etc., leur fantaisie n'ayant pas de limite. Ces moules terminés, ils les lixent sur le vase et plantent des arbustes, souvent Yulmu* purnila de Chine, au feuillage menu et dentelé, dont les branches, patiemment conduites, les recouvriront peu à peu en entier. Pour un animal, les Chinois ajoutent des yeux de verre ; si c’est une pagode, elle aura des clochettes de bois doré, etc. Nous en voyons des exemples dans la gravure n° 5. La pagode est munie de ses clochettes, le cerf de ses yeux de verre. L’oiseau, sur son perchoir, formé de quatre arbustes entrelacés, est peut-être le plus original des trois spécimens représentés que j’ai dessinés d’après nature dans le jardin du monastère bouddhique de Honam, situé au bord de la rivière des Perles, «à Canton. A côté de ces vases si curieusement garnis, je voyais des ifs de 5 mètres de hauteur, taillés et torturés de manière h représenter des mandarins plus grands que- nature. Le promeneur, en parcourant les allées, passe une revue la plus étrange qu’on puisse voir, toute composée de ces personnages de verdure, étonnants d’aspect.
- La gravure n° 4, page 89, représente le jardin d’un riche mandarin de Canton, situé hors de la ville, près
- la rivière des Perles. On remarque sur les terrasses une quantité de vases garnis de ces arbustes fantastiques ayant les formes les plus diverses et les gracieux pavillons en bois sculpté découpés à jour, si aimés des Chinois. Un voit aussi, dans d’autres jardins de Canton, de nombreux vases garnis de ces poupées en fil de fer, toutes habillées de fleurs, dont la tète, les pieds et les mains sont en faïence émaillée. J’en ai parlé déjà dans ce journal1.
- Toutes choses artistiques dérivant au Japon des arts chinois, il n’est pas étonnant de rencontrer, en ce pays, des jardins offrant beaucoup d’analogie avec ceux de la Chine. Les Japonais savent aussi nanilier les arbustes et tourmenter les plantes de façon à leur donner des formes extraordinaires. Ils
- ont tellement perfectionné cet art que, sans doute, personne ne saurait les dépasser désormais.
- Jusqu’à présent, il était difficile de se procurer en nos pays de ces plantes si curieuses ; voici la première fois qu’elles apparaissent dans nos expositions d'horticulture. Cette année elles eurent grand succès. On pouvait encore en voir une belle exposition à Paris, chez M. Bing, dans son hôtel de la rue de Provence, et à l’hôtel Drouot à la grande vente qui eut lieu le 18 juin dernier, pour étudier ainsi toutes les espèces susceptibles de subir les procédés de nanification. Ces arbustes provenaient de la pépinière installée à Osaka (Japon) par l’horticulteur M. Yamanaka.
- La culture des arbres nains se pratique au Japon avec une véritable passion. Les noms des horticulteurs qui ont su *et savent encore les produire restent célèbres. I)e génération en génération, on garde et on se transmet ces curieux arbustes. C’est ainsi que nous voyons figure l,un thuya, d’arrangement Jikki, dressé par la famille Ito, de Tokio, qui est âgé d’environ 250 ans. Sa hauteur au niveau du pot est de 0m,74. Le Podocarpus, 0m,64 de hauteur, l’Acer Japonica, 0m,50, et le Pin, 0m,57, sont aussi fort intéressants par leur forme et l'arrangement de leurs branches (fig. 2). A la vente, le public, tenu sous le charme par ces arbustes dont les espèces variées.
- 1 Yoy. n° 950, du 9 mai 1891, p. 500.
- Fig. 1. — Thuya de 250 ans. (D'après une photographie.)
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- LA N AT LH K.
- Fig. 3. — Excentricités du jardinage chinois. (D’après nature.)
- Chêne, Prunier, Cerisier, Bambou, Azalée, Wistaria, Tamaris, Pin, etc., l'émerveillaient, atout payé fort cher. Le Thuya représenté (fig. 1) a été acquis pour
- 1510 irancs. Un autre, âgé de 120 ans, d’arrangement Mikoski, par Chotaro de Tokio, choisi par M"ie la princesse de Polignac et un par la grande
- «
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- Fig. 4. — Jardin d’un riche mandarin chinois, près Canton. (D’après une photographie.)
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- duchesse Vladimir, ont été payés 560 et 240 francs. Un Pin de 200 ans, un Erable de 80 ans, tous deux d’arrangement Kengaï, ont atteint 000 et 180 francs. La vente, composée de 200 plantes environ, a produit la somme de 26000 francs.
- Déjà nous avons parlé des arbustes naniliés du Japon1, mais nous avons cru devoir y revenir encore, maintenant qu'il est possible de les étudier chez nous et de les acquérir plus facilement. Nos jardiniers de France devraient essayer de produire quelques échantillons de ce genre en prenant modèle sur ceux des Japonais. Les premiers qui pourraient en fournir seraient assurés du plus grand succès. C’est dans les jardins de petite dimension surtout que ces arbustes nains feraient, tout comme au Japon, le plus charmant effet. Albert Tissandier.
- LE PRIX DES CHEVAUX
- Sous prétexte d’encouragement à l’amélioration de la race chevaline, les courses se sont étrangement développées en France, et l’on doit savoir que, comme conséquence, le pari aux courses est devenu une vraie plaie, bien qu’on ait prétendu le moraliser et en faire une sorte d’institution d’Etat assurant des revenus aux établissements de bienfaisance. Nous n’avons pas à démontrer qu’il en est du pari aux courses comme d’un véritable jeu de hasard, qui ne peut que ruiner sûrement ceux qui s’y livrent, en dépit de la base relative d’appréciation que fournissent les succès déjà remportés par les chevaux dans des courses antérieures; il est d’autre part permis de se montrer sceptique sur les résultats effectifs que peuvent donner ces sortes de concours spéciaux, au point de vue de l’amélioration véritable de la race chevaline et du développement des qualités qu’on doit demander à une bête appelée à un service régulier de selle ou de trait. Nous voudrions simplement chercher ce que peuvent valoir certains chevaux de course exceptionnels, soit par le prix qu’ils se vendent comme reproducteurs, soit par suite des sommes qu’ils ont remportées comme gagnants des grands prix.
- Nous citerons d’abord le cheval dont le prix de vente, à la suite d’un triomphe, ait atteint le prix le plus haut : nous voulons parler de Fhjing Fox, appartenant au roi d’Angleterre, et qui, en 1900, après le Derby, fut vendu aux enchères pour 39 375 livres sterling à M. Blanc, soit plus de 994 000 francs. C’est là un chiffre véritablement fantastique, et il ne faut pas s’étonner que ce soit un maximum : le fait est que le fameux étalon Ormonde ne fut d’abord vendu que 300 000 francs par son premier propriétaire, le duc de Westminster, et que c’est seulement dans une seconde vente qu’il atteignit le prix assez coquet de 789 000 francs. Les autres chevaux que nous pourrions encore citer, semblent, par comparaison, s’être vendus bon marché : c’est le vainqueur du Derhv de 1883, St-Blaise, qui se vend 530 000 francs, puis Galtee More, le gagnant du Derby de 1887, dont le prix atteint presque le même chiffre. Si nous consultons les relevés dressés par M. Lavalard, et présentés à la Société nationale d’Agriculture, nous verrons que le poids moyen d’un cheval de cavalerie de ligne oscille entre 450 et 480 kg, et, par conséquent, un cheval de course ne doit certainement pas dépasser 400 kg. Comme, d’autre part,
- 1 Yoy. n° 401, du 5 février 1881, p. 155.
- la valeur actuelle de l’or doit être estimée à 3 francs le gramme, il faudrait qu’un cheval de course se vendit quelque 1 200 000 francs pour valoir son pesant d’or. Empressons-nous de faire remarquer qu’il en serait différemment de son pesant d’argent : ce métal jadis précieux, devenu quelque peu un vil métal, ne vaut guère plus de 100 francs le kilogramme, par suite de l’énorme dépréciation qu’il a subie depuis un certain nombre d’années; tant et si bien que si l’on voulait paver en lingots d’argent un cheval comme Flying Fox, il en faudrait un poids représentant bien plus de 20 fois le poids même de l’animal. Certains chevaux valent effectivement à leurs heureux propriétaires plus que leur poids d’or, si simplement on considère ce qu’ils rapportent par les prix successifs qu’ils gagnent. C’est ainsi que le cheval Isinglass, lils d’une jument appelée Deadlock, qui avait été simplement achetée chez un fermier, a remporté dans son existence un total formidable vraiment de 57 455 livres sterling de prix, ce qui représente plus de 1 450 000 francs! Si donc on avait mis dans un des plateaux d’une balance ce triomphateur et dans l’autre plateau les prix qu’il avait gagnés monnayés en monnaie d’or, le plateau du métal aurait emporté fort sensiblement celui qui aurait supporté la bêle. Nous pourrions citer d’autres exemples, comme Donovan, qui a remporté plus de 1 380 000 francs de prix, ou encore Fhjing Fox, déjà plusieurs fois cité, dont les gains totalisés ont été de plus d’un million : bien que ces gains n’atteignent pas en fait le pesant d’or, on conviendra que le chiffre est assez joli. Et si nous ajoutons qu’un cheval comme Matcli-Box, qui n’a pas gagné effectivement le Derby, mais est arrivé deuxième, a pu être vendu pour la reproduction 382 000 francs au gouvernement autrichien, après avoir rapporté 300 000 francs de prix divers à son heureux propriétaire, on comprendra que bien des gens cherchent la fortune dans l’élevage et l’entrainement des chevaux de course. Mais qu’on n’oublie point que, pour un cheval qui gagne des sommes fantastiques comme celles que nous venons de citer, il y en a des centaines et des milliers qui ne rapportent guère plus qu’ils ne coûtent. P. oe M.
- LA ME D’UN XIPHOPAGE1
- L’étude des anomalies de l’organisme humain est précieuse, non seulement pour la biologie, mais aussi pour la psychologie et surtout lorsqu’elle touche au domaine si intéressant pour les recherches scientifiques, celui de la tératologie. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire nous a donné vers 1856, dans sa célèbre publication en trois volumes : «Histoire générale et particulière des anomalies de l’organisme chez l’homme et les animaux, etc., ou traité de tératologie », les archives complètes sur les caractères, la classification, l'influence physiologique et pathologique, les rapports généraux, les lois et les causes des monstruosités. C’est le recueil le plus complet qui ait paru sur la question et tous les auteurs y ont puisé largement à chaque nouvelle étude d’une monstruosité quelconque. On y trouve, en effet, de remarquables et curieuses observations.
- Les xiphopages constituent une catégorie tératolo-
- 1 Voy. n° 1457, du 27 avril 1901, p. 352.
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- LA NATURE.
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- ^iquo curieuse*, surtout à cause de l’existence parallèle et pour ainsi dire individuelle des deux organismes biologiques et en meme temps de deux vies mentales différentes. J’ai eu l'occasion, à ce propos, d'étudier expérimentalement avec mes collaborateurs MM. H. Piéron et Cl. Yurpas, un xiphopage vivant du sexe masculin, que la compagnie américaine Barnum and Bailey exhibait à Paris pendant tout l’hiver.
- Le xiphopage en question appartenait au groupe que les tératologistes désignent sous le nom de monomphaliens, ce qui veut dire en d’autres termes que le groupe était constitué de deux individus réunis par l’extrémité inférieure du sternum et qu’ils 11‘ont qu’un seul ombilic. Leur nom vient de la désignation grecque de l'appendice xiplioïde (çtcpôç) et du mot TTxysii;, qui veut dire uni, donc deux sujets unis par l’appendice xiplioïde. C’est à cette catégorie qu’appartenaient les fameux frères siamois.
- Le xiphopage est âgé de quinze ans et est d’origine chinoise ; Barnum and Bailey les exposent depuis quelques années et leur célébrité est de plus en plus croissante. Un professeur brésilien, le Dr Chapot-Prévost, le chirurgien qui a séparé avec succès un xiphopage de sexe féminin dont le cas est bien connu, avait examiné cliniquement et rapidement la physionomie des sujets. L’intervention chirurgicale constituait sa préoccupation principale.
- Nos recherches ont été faites, grâce à un ensemble de circonstances des plus heureuses, dans des conditions presque identiques à celles des laboratoires. Nous avons transporté avec nous tout un arsenal d’appareils et nous avions attaqué l’ensemble des phénomènes biologiques et psycho-physiologiques. L’interprète de l’ambassade de Chine, M. IL Tchienne, nous a été extrêmement utile et nous le remercions vivement pour l’amabilité avec laquelle il nous a secondé pendant nos recherches.
- Voici en quelques mots les résultats principaux de nos recherches.
- Les deux sujets ont une vie biologique indépendante; le cœur, la respiration, la taille, les mesures anthropométriques, la force musculaire, etc., sont différents chez les deux sujets. Il en est de même pour la vie mentale. Le tableau suivant résume et précise avec des chiffres à l’appui nos résultats.
- Les sujets sont considérés au point de vue de leur position respective :
- Liao-Toun-Chen à droite et Liao-Sienne-Chen à gauche.
- IN ombre de pulsations Près -sion sanguine Respi- ration Capa- cité pulmo- naire Force euh m. d. illus- tre m. g. Taille
- Liao - Toun -Chen. . . 90 14mm5 22 llil76 2ik* 5 18ke 9 lm3651
- Liao-Sienne-Chen . . . 82 15mm 17 lm27 17ke 5 21k« 5 Im5503
- 1 Dimensions anthropométriques supérieures à celui de gauche. * Inférieures à celui de droite.
- retix, plus grand comme taille; son cœur bat plus rapidement, sa capacité respiratoire est sensiblement [tins grande que chez le sujet de gauche. Liao-Sienne-Chen est gaucher; la main libre est plus vigoureuse que la main du coté de leur point de réunion, quoique au point de vue de l’habileté motrice il soit, comme le sujet, de droite, droitier. Le sujet de gauche, en échange, possède une sensibilité plus aiguisée au point de vue de la sensibilité tactile, thermique et douloureuse, tandis que ses fonctions circulatoires et respiratoires sont plus robustes. La coordination motrice est parfaite et par une entente préalable, en se mettant à coté l’un de l’autre, ils peuvent faire des mouvements extrêmement souples. Le pont membraneux qui les unit et dont le diamètre vertical mesure 8em,5 est très élastique. Sa circonférence, qui est à l’état normal de 21CI“,5, peut diminuer et augmenter d’un centimètre en moyenne sous l’inlluence de la respiration et surtout d'un effort musculaire. La distance qui sépare les deux sujets est en moyenne de, Gcm, elle augmente surtout sensiblement et atteint parfois 1 icm quand les sujets sont en marche. Le sujet de droite, le plus vigoureux, conduit le groupe et devance presque toujours Liao-Sienne-Chen. Pour marcher, ils se mettent à peu près sur le même plan et avancent légèrement allant un peu de coté.
- Au point de vue psychologique, il est à remarquer que les sensations générales telles que la faim, la soif et les différents besoins s’esquissent presque involontairement. L’habitude y est pour beaucoup, leur vie biologique étant si intimement liée, les représentations mentales qui les accompagnent ayant subi nécessairement le même rythme dans leur évolution automatique.
- L’examen sensoriel tactile du point d’union révèle des phénomènes psychologiques très curieux. Il existe une zone médiane insensible à n'importe quel ordre de sensations tactiles. De chaque côté de cette zone, les sujets accusent des sensations différentes distinctes toutes les fois que l’excitation est portée dans le domaine respectif. Les deux sujets accusent deux sensations au lieu d’une, quoiqu’on ne touche avec le compas de Weber qu’un point de chaque domaine sensoriel, toutes les fois que les excitations sont portées dans une région un peu supérieure de la zone médiane antérieure ; il parait y avoir une fusion préalable des sensations perçues et cela à condition d’exercer une pression assez forte (au moins 30 grammes) et que les deux points du compas ne soient pas écartés de plus de 15 millimètres. Les sujets accusent encore des sensations communes, quoique l’excitation tactile ne soit portée que dans un seul domaine sensoriel, et cela à condition d’exercer une pression dans le creux de l’arcade cartilagineuse de chaque côté.
- Au point de vue des émotions, les sujets les subissent indépendamment; Liao-Sienne-Chen est plus émotif que son frère. Si une émotion se prolonge, la peur d’être pincé, par exemple, — un souvenir désa-
- Liao-Toun-Chen, le sujet de droite, est plus vigou-
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- gréable qu'ils ont gardé lors des explorations de la sensibilité tactile, — on peut regarder sur les courbes graphiques et circulatoires des modifications notoires, quoique le sujet en question ne subisse aucune émotion. Les modifications sont souvent subconscientes, le sujet de gauche les subit plus facilement et plus rapidement que Liao-Toun-Chen. Les deux sujets possèdent en outre la faculté d'accommoder le système de leur respiration avec une spontanéité notoire. L’ellort respiratoire se répercute sur la respiration de l'autre sensiblement pour être décelable.
- L'attention des sujets est variable ; chez Liao-Toun-Chen, les temps de réaction, soit auditive ou tactile, sont [dus rapides, leur réaction sensorielle gagne quand les excitations ont lieu individuellement [tour chaque sujet. Liao-Toun-Chen est [tins
- Fig. 1. — Le xiphopage. On remarque le cône d’union. A droite, Liao-Toun-Chen ; à gauche, Liao-Sienne-Chen.
- l'harmonie intellectuelle n'est [tas parfaite. Ils se disputent parfois violemment. Serait-ce à cause de l’empreinte enfantine de leur caractère, ou à cause de leur différence d’humeur et de manière d'ètre? Cette dernière hypothèse est plus plausible, mes recherches expérimentales et celles de mes collaborateurs l’imposent nécessairement. N. Yascuide.
- Chef des travaux du Laboratoire de Psychologie Expérimentale de l’Ecole des llautes-Études.
- DE TIMBRES-POSTE ET CARTES POSTALES
- Dans les grandes maisons oit la correspondance est importante, la distribution des timbres-poste occupe toujours un certain temps; le contrôle de cette distribution est le plus souvent difficile, pour ne pas dire impossible. Le distributeur automatique
- attentif, plus éveillé et s’adapte facilement à un travail intellectuel.
- Tels sont les principaux résultats de mes recherches, que j’ai exposés avec mes collaborateurs MM. H. l’iéron et Cl. Yurpas, avec de nombreux documents «à l'appui dans des publications spéciales. Ajoutons encore que les sujets peuvent s’endormir et se réveiller individuellement et que la majorité de leurs actes psychiques est dictée par un automatisme psychologique admirablement et préalablement réglé. Leurs sensations internes sont suffisamment coordonnées pour les dispenser généralement des communications verbales.
- Quoique liés et destinés à vivre inséparablement, chez les deux sujets qui composent ce duo biologique et que les chirurgiens rêvent de séparer
- Fig. 2. — Le xiphopage.
- A droite, .Liao-Toun-Chen ; à gauche, Liao-Sienne-Chen ’.
- de MM. Thibaud et Ciea pour but d’assurer la répartition des timbres simplement en échange de jetons spéciaux qui auront été remis par le. caissier de la maison aux employés des différents services.
- Ces jetons ont la forme des sous dont ils représentent la valeur; ils sont timbrés au nom de la maison sur une face, et sur l’autre face ils portent un nom indiquant le service auquel ils ont été remis. Quand un employé a besoin d’un timbre, il fait fonctionner le distributeur. Il suffit de remettre chaque soir au caissier la justification des jetons employés et le restant des jetons non employés. Le distributeur répond donc à un besoin de la comptabilité des grandes industries et du grand commerce.
- Dans ces appareils, on a utilisé l’application du
- 1 D’après une photographie prise lors des expériences; les sujets gardent encore ies pneumographes, appareils qui ont servi à l'enregistrement de leurs mouvements respiratoires.
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- ressort à boudin à des objets légers, en général de failde épaisseur, tels que timbres-poste, cartes postales, billets de chemin de fer, etc. Ces ressorts sont formés d’un lil métallique nickelé, enroulé de façon à ne laisser qu’un faible espace entre chaque spire ; on ob-tient ainsi un grand nombre de spires [tour une faible longueur.
- Ce ressort porte à une de ses extrémités un axe avec un petit engrenage d'angle; l’autre extrémité est libre. Suivant le poids et la nature des objets à distribuer, le diamètre du fil varie.
- Les objets sont placés dans les spires et chaque ressort se déplace librement dans un couloir qui guide les objets. Un même a [tpareil contient axitant de couloirs que de sortes d’objets à distribuer. Les ressorts destinés à contenir des cartes postales sont d’un diamètre plus grand et ont des fils plus gros; les cartes postales ne se déplacent pas dans un couloir, elles sont maintenues p a r deux tiges latérales et guidées par une tige placée à U a v a n t.
- Tous les ressorts peuvent tourner sur eux-mêmes ; au moyen d’un double engrenage l’axe de chaque ressort à boudins est relié il des manivelles; des ressorts ramènent et maintiennent chaque manivelle dans la position du point de départ. Des blocs métalliques récepteurs de
- monnaie et placés dans l’axe de chaque manivelle font un tour sur eux-mêmes lorsque l’on tire une
- crémaillère engrenant avec les pignons qui terminent l’axe des blocs.
- Ces derniers ont un diamètre qui leur permet de tourner sans entraîner la manivelle correspondante. En introduisant dans une fente disposée à cet effet une pièce de monnaie de dimension déterminée, on augmente le diamètre des blocs, el en tirant la crémaillère le bloc contenant la monnaie tourne en entraînant la manivelle respective. Celle-ci en tournant fait faire un tour au ressort distributeur, e t l'objet placé dans la dernière spire du boudin tombe dans un petit récipient. Tout le mécanisme est renfermé dans une enveloppe extérieure ; et on n’aperçoit au dehors que les crémaillères, et les ouvertures pour l’introduction des pièces de monnaie.
- Ces nouveaux appareils distributeurs, dont le fonctionnement est bien simple semblent appelés à rendre des services pour la distribution des objets légers. Us ont été mis récemment en essai par la Direction des Postes et Télégraphes dans le Bureau central des Postes de la rue de Grenelle, à Paris. J. Leroy.
- lis. 1. — lue d’ensemble d’un distributeur automatique de timbres-poste. (Modèle horizontal.)
- Fig. 2. —Distributeur automatique, modèle vertical. Vue intérieure.
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- LA NAITRE.
- CHRONIQUE
- Classement de la course Paris-Vienne.. —
- Comme nous l’avions fait prévoir dans notre article1 relatif à la course automobile Paris-Vienne, diverses modifications ont été apportées dans les classements après l’établissement rigoureux des divers pointages. Pour les grosses voitures c’est Henri Farman, sur voiture Panhard et Le-vassor qui est classé premier prenant la place du comte Zborowski classé deuxième. A l’heure actuelle, d’après les nouveaux classements, les prix sont ainsi prévus : Le prix d’honneur de l’empereur d’Autriche est décerné à Marcel Renault qui a fait le trajet sur une voiture Renault frères et qui est arrivé premier des français. C’est le comte Zborowski qui remporte le prix du Président de la République attribué au premier des arrivants étrangers. René de Knyff remporte la coupe du prince d’Aremberg. Le prix des Dames est remporté par Henri Farman comme second des arrivants. Marcel Renault, entré premier à Vienne, remporte le prix d’honneur du prince de Furstemberg. Le prix d’honneur du comte de Schœnborn, pour le second des grosses voilures, est gagné par le comte Zborowski. Le prix d’honneur du comte Pallavicini, attribué à la seconde voiture légère, est décerné à Edmond. Les prix d’honneur des archiducs O thon, Louis et Victor, du baron de Rorn et le prix du Club qui doivent être décernés à la première voiturette, motocyclette, voiture à vapeur et deuxième voiturette, ne pourront être attribués que dans quelques semaines après l’examen complet des temps de parcours de chaque concurrent.
- La glace souterraine. — La formation de glace dans les grottes, glacières et autres cavités souterraines, est un phénomène assez mystérieux et que ne justifient souvent pas les conditions climatériques à la surface de la terre. M. Raleh, dans la Monlhly Weather Review, commente cette question météorologique et hasarde, pour l’expliquer, une hypothèse qu’il invite les physiciens à examiner. Toute évaporation d’un liquide amène en général un abaissement de température, ce fait est utilisé dans certaines applications industrielles. M. Baleli avance que l’évaporation qui s’opère dans les grottes, pourrait bien être la cause de la formation de glace.
- La locomotive compound. — Les ingénieurs viennent de fêter le vingt-cinquième anniversaire de la locomotive compound. On sait combien ce système est répandu non seulement en France, mais dans le monde entier. Nous sommes donc arrivés aux noces d’argent de la locomotive compound. Cependant, .au point de vue historique, il est bon de rappeler que M. Jules Garnier avait pris un brevet à la date du 9 février 1874, et fait des études d’application. La Société de Fives-Lille s’intéressa à cette invention, et l’un de ses ingénieurs, M. Bonnet, sous la direction de M. Garnier, en fit une étude complète d’application. Il en fut de même à la Compagnie de l’Est, où M. H. Flament, ingénieur principal des études, en fit aussi, avec M. Garnier, un avant-projet. Ces nouvelles locomotives étaient « en tandem », comme celles actuellement employées à la Compagnie du Nord. En même temps, au Congrès de la Société de l’Industrie minérale de 1875, M. Jules Garnier publia les principes de son invention, et en fit ressortir toute l’économie dans un tableau de marche théorique. Mais à cette époque la timidité des ingénieurs était fort grande lorsqu’il s’agissait de modifications quelconques à la locomotive, et M. Jules
- 1 Yoy. n° 1519, du 5 juillet 1902, p. 78.
- Garnier laissa tomber ses brevets devant cette résistance passive.
- La fabrication des tapis» de Smyrne. — On sait que les tapis de Turquie ont une réputation qu’ils méritent bien tout à la fois par leurs riches dessins, leurs magnifiques colorations et leur solidité à toute épreuve : aussi, malgré le progrès de l’industrie européenne en la matière, ces tapis ont-ils conservé leur supériorité et la demande en est plus intense que jamais. La chose est particulièrement vraie pour les fameux tapis de Smyrne, et c’est pour cela qu’il est intéressant de montrer quelle est actuellement la situation de cette industrie indigène, qui s’est transformée pour satisfaire aux besoins de l’Europe. Tous les tapis de Smyrne sont faits à la main, c’est probablement ce qui leur donne leurs qualités et leur supériorité. Leur fabrication occupe un nombre considérable de gens, presque uniquement des ouvrières, qui ont été formées à ce genre de travail depuis leur enfance, et qui y ont par conséquent acquis une habileté hors de pair. Elles se spécialisent suivant la région qu’elles habitent, puisque, comme nous allons le voir, les divers districts font des types différents de tapis. Ces types sont très variés, depuis ceux de haute laine, épais et veloutés, dont le poids atteint ôk(?,500 par mètre carré, jusqu’aux tapis minces et légers qui se font surtout remarquer par la vivacité du coloris et la beauté des dessins. Les principaux centres de fabrication sont Oushak, Roula, Giordès, Demirdji, Kutaya et Sparta. Oushak est certainement le pins important, et c’est là qu’on fabrique surtout les tapis de haute laine : il n’v existe pas moins de 1200 métiers produisant annuellement 190 000 mètres carrés, d’une valeur de plus de 5 millions de francs. Les tapis de Oushak se divisent en deux grandes catégories : les Eylan, qui sont de couleurs variées, et les Yaprak, qui sont seulement de deux nuances; ils sont subdivisés en trois catégories, Bashana, Tchifté-ilmé et Tekilmé, suivant leur valeur et la qualité de la laine et des colorants employés. Roula compte 900 métiers qui font travailler près de 2000 ouvrières et donnent par an 60 000 mètres carrés; Giordès en possède 1100, dont la production atteint 100 000 mètres; Demirdji, 450; Rutaya, 250, enfin Sparta, «500, qui fabriquent des tapis rappelant beaucoup ceux de Perse. Les prix de ces tapis sont très variables, mais les plus chers sont les Tekilmé de Oushak, qui valent jusqu’à 25 francs le mètre carré; toutefois il y a certains tapis qui se vendent encore plus cher. Fin somme cette industrie donne chaque année lieu à un mouvement d’exportation d’une valeur de plus de 6 millions de francs, qui se fait presque uniquement sur Londres, d’où les tapis sont ensuite revendus dans les diverses parties du monde.
- Chemin de fer viaduc de Boston. — On sait que la ville de Boston, une des plus élégantes des États-Unis, est aussi une des villes où la circulation est des plus actives et où l’encombrement des rues se fait le plus vivement sentir. On y a remédié il y a quelques années par la construction d’un tunnel, qui est un des plus remarquables au point de vue de sa disposition et de son aménagement électrique : c’est aussi un de ceux où les tramways sont lancés à la plus grande vitesse et à la plus grande fréquence : l’intervalle de temps entre le [tassage de deux trains 'consécutifs à la même station étant souvent inférieur à 15 secondes (exploitation genre tramways). Malgré cela la Compagnie des tramways de Boston, qui exploite la traction par tunnel, a encore plus d’un millier de voitures en service dans les rues, et, pour aider encore au dégagement de celles-ci, elle vient de construire
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- lin chemin de fer élevé d’une longueur d’environ 12 km, destiné à être exploité à la façon d’un métropolitain. Ce réseau est construit d’une manière assez analogue au chemin de fer aérien de New-York ; son aspect peut être comparé à celui de la plate-forme roulante de l’Exposi-sion de 1900, genre de structure à laquelle les Parisiens s’étaient assez vite accoutumés, et que les Américains adoptent, en général, sans hésitation, même dans les villes où l’esthétique a le plus de prix. Les voies sont à peu près à hauteur d’un premier étage, sauf aux stations terminales, où on écoule une partie des voitures au niveau de la rue et une autre à la hauteur d’un second étage. Les voitures ont une longueur de 12 mètres'environ, on y entre par des portes latérales placées au milieu de leur longueur et s’ouvrant à glissières. Les sièges sont disposés longitudinalement, et suffisent à 50 ou 60 voyageurs. Plusieurs voitures motrices sont associées dans un train, et le mécanicien les commande de la plate-forme d’avant, suivant le système à Unités Multiples Sprague, décrit dans un de nos numéros précédents1. La voie est en rails de 59 kg, établie en vue de vitesses assez considérables. La vitesse moyenne d’exploitation sera d’environ 20 km à l’heure. Le nombre de voitures sera d’abord de 100 et la fréquence sera comparativement assez faible au début, deux trains devant quitter chaque sous-station et v arriver dans un intervalle de 7 minutes. Cette ligne ne constituera, d’ailleurs, qu’une extension du réseau de tramways constitué par le tunnel et les voies urbaines de Boston, et elle sera exploitée par la même Compagnie, les trains passant de l’une à l’autre section selon les nécessités du trafic. Le prix total du réseau aérien a déqiassé 50 millions de francs.
- Une laiterie coopérative modèle. — Les Danois, depuis qu’ils ont vu que la culture du blé n’était plus rémunératrice, se sont lancés hardiment dans d’autres entreprises agricoles, et l’élevage et ses produits tiennent la première place dans l’industrie du pays : le beurre et le lait danois ont une répu'.ation bien méritée, et on comprend qu’il soit intéressant et instructif de jeter un coup d’œil sur la plus grande laiterie coopérative du pays. Nous voulons parler de celle de Haslev, dont le capital est de 1 100 000 francs, et où l’on traite annuellement, plus de 51 millions de livres de lait, fournis par 6200 vaches. Ce lait est recueilli journellement par une série de commissionnaires circulant en voiture, et, aussitôt, que ce lait arrive à la laiterie, il est pesé dans des machines automatiques qui peuvent en peser 1000 livres à la fois. Il passe ensuite à six séparateurs qui sont capables de traiter ensemble 24 000 livres par heure, et la crème séparée n’est employée que pasteurisée. Les seaux qui contenaient le lait sont envoyés à la salle de lavage, mais retournés sens dessus dessous, et le peu de lait qu’ils contiennent encore • s’égoutte dans un chéneau en étain, et est repris pour être traité, ce qui évite de rien perdre ; il va sans dire que les seaux sont lavés à l’eau bouillante avant de servir à nouveau. La crème, qui a passé par des réfrigérateurs, est transformée en beurre dans six barattes pouvant traiter 700 livres de crème à la fois. Disons de plus que la glace, employée dans la laiterie y est fabriquée dans des machines spéciales. Ajoutons enfin que cette usine agricole a un personnel de 140 employés, exporte parfois 66 000 livres de beurre par semaine, et produit quotidiennement 500 à 400 fromages d’espèces variées.
- 1 Yoy. n° 1472, du 10 août 1901, p. 170.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 7 juillet 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Action de la choline sur les glandes. — M. le professeur Bouchard dépose une Note de M. Desgrez, au sujet de l’influence de la choline sur les sécrétions glandulaires. La choline, qui s’extrait du jaune d’œuf, est également très répandue dans l’économie animale; M. Desgrez établit que cette base exerce une action manifeste sur les sécrétions salivaires, pancréatique, biliaire et rénale. Elle accroît le pouvoir diastasique de la sécrétion pancréatique. Or, la choline, comme la pilocarpine, présente un groupement commun de triméthylamine ; c’est donc à ce groupement que ces deux substances doivent leur action sur les sécrétions glandulaires. Il en résulte que l’analogie de constitution chimique entraîne l’analogie d’action physiologique. 11 est curieux que la choline, produit avancé du dédoublement des albumines, exerce une influence favorable sur les phénomènes fondamentaux de l’économie. MM. Desgrez et Zaky ont déjà mis en évidence cette influence en ce qui concerne les phénomènes nutritifs.
- Varia. — MM. les secrétaires perpétuels procèdent à un rapide dépouillement des pièces communiquées, parmi lesquelles on relève : une Note de M. Berthelot sur la relation existant entre l’intensité voltaïque et le débit électrolytique; une Note de M. Bouchard, sur le traitement local des localisations du rhumatisme; un Mémoire de M. Feneyi, relatif à la nature du cohéreur; une Note de M. de Forcrand, sur l’hydratation de l’oxyde de zinc; des communications traitant de l’influence de la température sur le développement parthénogénétique, de la cause des colorations changeantes des téguments, de la destruction des pyrales.
- Élection. — L’Académie procède à l’élection d’un membre de la Section d’anatomie et zoologie, en remplacement de M. Filliol, décédé.La Section avait présenté en 1" ligne : M. Bouvier; en 2e ligne : M. Henneguy; en 5e ligne : MM. Raphaël Blanchard, Houssay, Oustalef; en 4e ligne : MM. Janet et Pizon. M. Bouvier est élu par 59 voix contre 9 attribuées à M. Henneguy. La séance est levée en signe de deuil, à l’occasion de la mort de M. Faye. Cn. de Yilledeuil.
- HERVÉ FAYE
- Une des personnalités les plus marquantes de notre temps vient de disparaître. M. Hervé Faye, l'astronome éminent, est mort le 4 juillet à l’àge de 88 ans des suites d'une maladie organique dont il souffrait depuis des années. Il y a quinze jours encore il était venu à l’Académie des sciences, comme il en avait l’habitude. Il avait bien changé depuis deux ans ; courbé sur lui-même, très amaigri, on ne reconnaissait plus guère celui qui, par sa belle prestance, par sa tète expressive et animée, par son éloquence et sa netteté d'exposition, avait si longtemps charmé ses confrères et ses élèves. Il avait,'hélas! depuis un an au moins, un pied dans la tombe et l’on ne pouvait plus le contempler dans son fauteuil académique sans tristesse.
- Hervé-Auguste-Étienne Faye était né, à Saint-Benoît-du-Sault (Indre), le 5 octobre 1814. Il est mort à
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- LA NATURE.
- Passy, rue Cortambert, vendredi 4 juillet. Après avoir habité l’avenue des Champs-Elysées, il était revenu habiter Passy qu’il aimait et où il avait demeuré rue Nieolo pendant de très longues années, notamment pendant la guerre.
- M. Hervé Faye était fils d’un ingénieur des Ponts et Chaussées. A 18 ans, il entrait à l’Ecole Polytechnique, mais sur des conseils divers, il quitta l’Ecole avant les examens de sortie pour diriger un établissement industriel en Hollande et s'y marier ensuite. Il n’était pas fait pour l’industrie. Appelé par Arago, il entra à l’Observatoire de Paris. Novateur avisé, plein d’imagination, il réussit très vite à se faire un nom et se livra à l’enseignement en même temps qu’à l’observation. 11 parlait bien et on allait l’entendre avec empressement. Dès l’Age de 29 ans, il recevait le prix Lalande de l’Institut. Il fut chargé du cours de géodésie à l’École Polytechnique, puis nommé recteur de l’Académie de Nancy.
- Plus tard il fut nommé Inspecteur général de l’Enseignement secondaire pour les sciences. Mais Paris l’attirait. Il succéda en 1875 à Delaumay comme professeur d’Astronomie à l’École Polytechnique.
- Le 18 janvier 1847, l’Académie lui ouvrit ses portes par 42 voix sur 44. À la mort de Le Verrier, il fut désigné pour diriger l’Observatoire ; mais les services venaient d’être dédoublés ; la Météorologie était séparée de l’Astronomie et on créait le Bureau central météorologique, sous la direction de M. Mascart. Est-ce parce que M. Faye ne voulut pas accepter cette séparation? toujours est-il qu’il refusa la direction qui fut confiée à l’amiral Mouchez. Notre ami M. Bardoux, alors ministre de l’Instruction publique, le nomma Inspecteur général de l’Enseignement supérieur.
- En 1877, M. Faye accepta aux. élections du 14 octobre une candidature dans le XVIe arrondissement. H fut battu par M. Marmottan. Le maréchal de Mac-Mahon ne l’en choisit pas moins pour ministre pour remplacer M. Brunet au Ministère de l’Instruction publique, et ces fonctions prirent fin le 14 décembre 1877. Son ministère avait duré 21 jours. Il abandonna la politique qui ne l’avait pas plus favorisé que l’industrie.
- Faye fut nommé dès 1876 président du Bureau des
- longitudes dont il était membre du reste depuis 1862.
- Il inséra à cette époque de remarquables Notices dans l’Annuaire du Bureau des longitudes, entre autres une Note sur « la défense de la loi des tempêtes » (1875), et une autre sur « les orages et leurs formations ».
- Son œuvre scientifique est considérable. Il commença sa carrière de savant en trouvant la comète qui porte son nom, le 22 novembre 1845. Puis il aborda successivement l’étude de la nature des comètes, des étoiles filantes, la constitution physique du soleil, les problèmes soulevés par les mouvements de ses taches, la théorie des cyclones solaires et terrestres, etc. Son volume, le dernier paru en date sur XOrigine du monde, eut un grand retentissement comme d’ailleurs son beau livre sur les Théories cosmogoniques.
- Promu grand officier de la Légion d’honneur en 1889, il recevait huit ans plus tard du ministre de la guerre, général Billot, au banquet où se célébra le cinquantenaire de son entrée à l’Institut, le cordon de grand-croix. Cette soirée du 25 janvier 1897 fut l’apothéose du vieux savant. Une médaille gravée par Chaplain, commémoration d’un demi-siècle de labeur et de gloire, lui fut remise, au nom de l’Académie des sciences, par son Président en exercice M. Cha-tin. Les plus célèbres astronomes du monde avaient tenu à féliciter M. Faye ou à lui écrire pour lui envoyer l’expression de leur respectueuse sympathie. H la fin. La maladie avait commencé à marquer sur lui son empreinte. On ne le vit plus guère qu’àl’Académie, entouré chaque lundi de ses confrères, quelques-uns ses anciens élèves.
- Nous l’avons beaucoup connu dans l’intimité. Il était bienveillant, extrêmement érudit ; l’imagination toujours en éveil, il se passionnait pour toutes les questions de science. Il laissera de profonds regrets parmi tous les savants de sa génération. Absent de Paris au moment de ses obsèques, nous tenons à déposer néanmoins sur sa tombe notre gerbe de fleurs, souvenir ému et respectueux, pour honorer une dernière fois un savant qui jeta de l’éclat sur notre pays. Henri de Parville.
- Le Gérant : P. Masson.
- Hervé Faye, membre de l'Institut.
- avait alors 85 ans. Ce fut
- Paris. — Imprimerie Laiiurf, rue de Fleurus, 9.
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- N# 1521. — 19 JUILLET 1902.
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- NOUVEL APPAREIL DE STÉRILISATION DES EAUX
- L’un des facteurs les plus importants de la trans- l’eau d’alimentation. Tous les hygiénistes sont d’ac-
- mission des maladies épidémiques est certainement cord sur ce point. Partout où des épidémies de
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de l'appareil à stériliser les eaux, système Vaillard-Desmaroux.
- lièvre typhoïde, de dysenterie, de choléra ont été reconnues, il a été démontré que les germes de ces maladies avaient été transmis par des eaux de mau-vaise qualité.
- Aussi tous les efforts des municipalités se sont-ils portés depuis quelques années sur cette question si importante, d’assurer l’alimentation en eau potable des villes et des communes.
- Mais cela nécessite parfois des travaux considérables et des dépenses hors de proportion avec les ressources des agglomérations à desservir. De plus, lorsque sont arrivées les grandes chaleurs, la consommation se trouvant considérablement augmentée, les sources captées à grands frais deviennent 30e année. — 2° semestre.
- insuffisantes et l’on est obligé de recourir à l’eau de rivière, c’est-à-dire à une eau de qualité inférieure
- au point devue sanitaire. C’est ainsi que chaque année,pendantl’été, la population parisienne est alimentée, tout au moins partiellement, avec de l’eau de la Seine ou de la Marne, c’est-à-dire avec une eau qui n’est pas à l’abri des contaminations.
- Les hygiénistes ont donc été amenés à rechercher les moyens de débarrasser l’eau des germes pathogènes, des microbes dangereux qu’elle peut contenir. Pour cela, le moyen le plus simple est de faire bouillir l’eau destinée à la boisson. Pour être efficace, cette mesure de précaution doit être
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- Fig. 2. — Vue en coupe et en plan de l’appareil.
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- effectuée dans certaines conditions, soit sons pression, soit pendant nn temps suffisamment prolongé, 15 on 20 minutes an moins. D’autre part, l'eau bouillie a l'inconvénient, d'avoir perdu la plus grande partie des gaz qu’elle contenait, ce qui la rend lourde à la digestion et pauvre en matières extractives. De plus, elle possède un goût désagréable, et en outre, avant de la consommer, il faut la laisser refroidir. Le refroidissement se faisant le plus souvent à l’air, il eu résulte, outre une perte de temps importante, Ja possibilité de la contamination de l’eau exposée ainsi à recevoir les germes répandus à profusion dans l'air.
- Enfin, c’est un procédé onéreux qui exige l'emploi d'une grande quantité de combustible, ce qui le rend absolument inapplicable dès qu’il s’agit de fournir une quantité d'eau importante.
- Si la chaleur est l’agent le plus certain de la destruction des germes pathogènes, il est d’autres moyens qui ont permis d'obtenir d’assez bons résultats et l’on a proposé, depuis quelques années, un grand nombre d’appareils destinés à stériliser les eaux. Les uns sont basés sur des procédés mécaniques, les autres sur des procédés chimiques ou physiques. Si ces diverses méthodes ont des avantages, elles présentent toutes de sérieux inconvénients. Aussi cherche-t-on tous les jours à nous doter d’appareils plus parfaits, capables de produire une stérilisation complète de l’eau tout en lui conservant les propriétés qui caractérisent une eau potable, c'est-à-dire une saveur agréable, une température fraîche, et une teneur en gaz suflisante pour assurer Une digestion facile.
- De nombreux systèmes ont déjà été mentionnés dans.ee journal. Celui que nous allons décrire est dû à la collaboration de M. Yaillard, le savant professeur de bactériologie à l’école d’application du service de santé de la guerre et directeur des laboratoires du Yal-de-Gràee, et de M. Desmaroux, ingénieur de la Compagnie générale aérohydraulique. L’appareil dont il s’agit peut s’appliquer aussi bien à la stérilisation de grandes quantités d’eau pour agglomérations, qu’à la production d’eau stérilisée pour une seule maison ou une seule famille. Dans les deux cas le principe appliqué est le même. Aussi nous bornerons-nous à décrire ici un stérilisateur de 1000 litres, tels que ceux qui sont installés à l’École Polytechnique et à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.
- Employant la chaleur comme agent de stérilisation, MM. Yaillard et Desmaroux ont cherché à remplir les conditions suivantes
- 1° Stérilisation complète de l’eau à une température d’au moins 100°. — 2° Conservation à l’eau de ses caractères organoleptiques. —5° Production de l’eau stérile immédiatement apte à la consommation, c’est-à-dire à une température peu différente de celle de l’eau brute dont on dispose. — 4° Dépense minima de combustible. — 5° Appareil relativement neu coûteux, d’une installation simple, fonctionnant
- presque sans surveillance et muni d’appareils automatiques assurant une marche régulière.
- Le principe du stérilisateur qu’ils ont imaginé consiste à réchauffer progressivement l’eau à traiter, en refroidissant en même temps l’eau qui a été portée à la température de stérilisation, c’est-à-dire à 110° ou 115°. L’appareil se compose essentiellement des organes suivants : 1° Un ealéfactenr, où toutes les molécules de l’eau à purifier sont maintenues pendant un temps rigoureusement exact et toujours le même, à la température de stérilisation. — 2° Deux échangeurs récupérateurs de température.
- Le ealéfactenr comporte deux parties bien distinctes : d’une part, un petit générateur de vapeur se chargeant et se réglant automatiquement; d’autre part, un serpentin faisant corps avec la chaudière et constitué par une série de tubes horizontaux, disposés les uns au-dessus des autres et reliés deux à deux par des boîtes d’intercommunication.
- L’eau à stériliser arrive à la partie inférieure du serpentin qu’elle parcourt de bas en haut. Les dispositions de cet organe amènent l’eau à un état de division tel que toutes les molécules sont certainement touchées par la chaleur. Il résulte, en effet, de nombreuses expériences faites par le professeur Yaillard, au moyen de liquides colorés, qu’aucune molécule ne peut échapper à une caléfaction suffisante pour assurer une stérilisation complète.
- Les deux échangeurs sont identiques et composés de lames métalliques enroulées concentriquement de manière à laisser entre elles des espaces de 40 centimètres de haut sur environ 5 millimètres seulement de largeur et rigoureusement étanches. Ces espaces sont répartis en deux canalisations distinctes : l'une pour le liquide froid sc dirigeant vers le caléfacteur, l’autre pour l’eau échauffée sortant du serpentin et progressant en sens inverse. De la sorte deux courants contraires circulent d’une manière contiguë sur toute l’étendue du parcours. C’est dans le circuit, à travers les deux échangeurs, que se produit l’échange progressif de température entre l’eau à chauffer et celle qui sort du serpentin. La surface d’échange n’est pas moindre de 100 mètres carrés. C’est là un résultat très remarquable étant données les dimensions restreintes de l’appareil.
- fin sortant du serpentin, l’eau stérilisée traverse tout d’abord un troisième échangeur-récupérateur dit détartreur qui a pour objet de retenir les dépôts calcaires qui pourraient n’ètre pas intégralement recueillis dans les tubes du caléfacteur.
- Le dessin ci-contre (fîg. 2) indique la marche suivie par l’eau abstraction faite du détartreur dont nous venons de parler. Le chemin parcouru par l’eau froide à stériliser est teinté en gris, celui que parcourt l’eau chaude sortant du serpentin après avoir traversé le détartreur est indiqué en blanc.
- Pendant toute la durée de son échauffement l’eau a toujours circulé en vase clos; elle n’a donc pu perdre, par évaporation, qu’une partie très minime des gaz qu’elle tenait en dissolution. Pour la même
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- raison sa loueur en sels minéraux n’a pas changé. Elle a donc conservé tous ses caractères organoleptiques et ne présente pas, bien qu’absolunient stérilisée, les inconvénients de l’eau bouillie à l’air libre qui est dépourvue d’oxygène et dont la teneur en sel a été très notablement modifiée, ce qui la rend désagréable au goût et souvent d’une digestion difficile. Enfin l'eau sortant de l’appareil est froide et peut être consommée immédiatement.
- Ces appareils sont donc fort ingénieusement combinés et appelés à rendre de très grands services, car tandis que les petits modèles à débit relativement faible, 100 lit res à l’heure par exemple, peuvent servir pour de petites agglomérations telles qu’une maison de rapport, les grands modèles conviennent parfaitement pour assurer l’alimentation en eau potable d’agglomérations plus importantes, comme une école, un collège, un hospice, une caserne, etc. C’est ainsi que la Ville de Paris a doté de petits stérilisateurs l’école Roullect l’école Rorian, tandis que la caserne de l’École militaire, les écoles Polytechnique et Saint-Cyr possèdent des appareils susceptibles de débiter 1000 litres à l’heure. Deux navires de l’État, le « Calédonien » et la « Couronne » en sont également pourvus et les résultats obtenus jusqu'à présent sont des plus satisfaisants. Georges Cave.
- LE CHEVAL SAUVAGE DE LA DZOUNGARIE
- OU CHEVAL I)E PRJEVALSKI
- Depuis quelques semaines on peut voir à la Ménagerie du Jardin des Plantes un animal fort intéressant, un jeune étalon appartenant à l’espèce de Cheval sauvage dont on doit la découverte au général russe Nicolas Prjevalski1, le voyageur célèbre qui fit dans l’Asie centrale des explorations si intéressantes au point de vue zoologique comme au point de vue géographique. En 1879, alors qu’il n’était que lieutenant-colonel et qu’il parcourait les steppes de la Dzoungarie, région qui s’étend entre les monts Altaï et les monts ïian-ehan, et qui, du coté de l’est, se confond avec le désert de Gobi, Prjevalski recueillit de la bouche des Mongols des renseignements précis sur un Cheval sauvage que les indigènes désignaient sous le nom de Tdka et qui était inconnu des naturalistes. S’il ne parvint pas, malgré tous ses efforts, à rencontrer un seul animal vivant de cette espèce, il réussit du moins à obtenir d’un chasseur la dépouille d’un jeune individu qu’il rapporta à Saint-Pétersboufg. Cette dépouille, montée d'une façon très médiocre pour le musée de l’Académie, fut étudiée d’abord par M. Poljakoff qui en donna une description succincte et une figure et la rapporta à une espèce nouvelle d’Equidé, nommée par lui Equiis Przewalskii; puis par Prjevalski lui-même qui fournit sur ce Cheval sauvage des renseignements un peu plus complets et en publia une autre
- 1 Ou Przewalski, car le nom a été orthographié des «feux façons. Celle que j'adopte ici paraît être la plus correcte.
- figure, d’ailleurs aussi grossière «pie la première, dans la relation de son voyage au Tibet, dont une traduction a été publiée il y a une vingtaine d’années dans le Tour du Monde. Mais ces figures, qui ont été reproduites dans divers recueils, et la description qui les .accompagnait, ne pouvaient donner qu’une idée bien imparfaite de l'espèce; aussi n’est-il pas étonnant que plusieurs naturalistes se soient demandé si ce Cheval sauvage n’était pas une sorte d'Hémione ou bien encore un Cheval marron, c’est-à-dire un Cheval domestique ayant reconquis sa liberté.
- Deux autres voyageurs russes, les frères Grum-Grzimaïlo, qui explorèrent, après Prjevalski, les régions désertiques de l’Asie centrale, résolurent d’éclaircir cette question controversée de l’existence du Cheval sauvage de la Dzoungarie. A partir d’une localité nommée Gutschen, ils se détournèrent de leur itinéraire, poussèrent à travers le désert jusqu’à l’oasis inhabitée de Gaselmm qui est située dans la Dzoungarie. méridionale et où se trouve un lac salé. Ils firent de cette oasis le centre de leurs opérations, et, après plusieurs chasses infructueuses dans les environs, réussirent enfin à tuer quelques Chevaux sauvages dont ils préparèrent les dépouilles et même à capturer deux individus vivants.
- Plus récemment encore un riche propriétaire, grand éleveur d’animaux, M. Ealz-Fein réussit à obtenir également quatre Chevaux de Prjevalski, qu’il installa dans son vaste domaine d’Askania-Nova en Tauride, où il entretenait déjà des Zèbres, des Hémiones, des Antilopes, des Nandous et beaucoup d’autres Quadrupèdes et Oiseaux vivant dans un état de demi-liberté.
- D'autre part, en 1896, le musée zoologique de l’Université de Moscou reçut encore une peau et un crâne de Cheval de Prjevalski, qui faisaient partie des collections recueillies par l’expédition de MM. Roborowski et Koslotf.
- Enfin, dans les derniers mois de l’année 1900, M. Cari Ilagenbeck, le célèbre importateur et marchand d’animaux de Hambourg, organisa à grands frais une expédition en Mongolie ayant pour seul objectif la capture d’un certain nombre de ces Chevaux sauvages dont les Directions de tous les Jardins zoologiques et de tous les Musées de l’Europe étaient avides de posséder des exemplaires vivants ou morts. Les deux chefs de cette mission, MM. Waehe et Grieger, partirent de Hambourg à la fin de novembre 1900 et se rendirent d’abord à lliisk, dans le nord de l’Altaï, où, par l’entremise d’un négociant russe, ils enrôlèrent, à des salaires très élevés, une centaine de Mongols, avec lesquels ils gagnèrent la localité dc-Kobdo, en Mongolie, où ils arrivèrent à la fin d’avril 1901. Grâce à la connaissance du pays (pie possédaient les chasseurs indigènes et grâce à leur adresse, l’expédition put atteindre rapidement le but qu’clle poursuivait. En quelques semaines 51 Chevaux sauvages furent capturés vivants, les uns à 250 ou 500 verstes au sud et au sud-ouest de Ivobdo. d’autres sur les monts Ektab, prolongement
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- méridional de l’Altaï, d’autres dans le désert qui s'étend au sud de ces montagnes. Avec leurs yeux d’aigle, habitués à explorer l’immensité du désert, les Mongols avaient su découvrir à une grande distance les places où était rassemblée une borde de Chevaux; ils s'en étaient approchés avec la plus extrême prudence et avaient attendu pour agir que les juments eussent mis bas; puis ils s’étaient jetés brusquement sur la troupe, et tandis (pie les étalons et les mères s’enfuyaient pour la plupart, ils avaient réussi à prendre au lasso les poulains, figés de quelques jours seulement, qu’ils ramenèrent h leur campement. Lh ils leur donnèrent à chacun pour nourrice une des juments domestiques, qu’ils avaient eu soin d'emmener avec eux et qui, allaitant déjà des poulains, se trouvaient dans les conditions requises. Puis, quand les petits furent assez forts et un peu apprivoisés, on les ramena à Kobdo avec leurs nourrices et avec les autres individus (pie l’on avait réussi à capturer et parmi lesquels se trouvaient trois sujets presque adultes et un vieil étalon. Alors il fallut songer au retour. La caravane se mit en route à la fin de l’été, sous la conduite de MM. Waehe et Grieger, traversa l’Altaï par des chemins qui, de distance en distance, côtoyaient d’effrayants précipices, et arriva, sans avoir éprouvé de pertes sensibles, à Riisk où elle s’embarqua sur un bateau à vapeur et descendit la rivière Ria et le fleuve 01) jusqu’au point où celui-ci est traversé par la ligne du chemin de fer sibérien. Mais, dans ce trajet par eau, l’expédition fut assaillie par une tempête de neige qui dura deux jours et fit périr près de la moitié des Chevaux sauvages, dont 28 seulement purent être mis en wagon et parvinrent heureusement à Hambourg le 27 octobre 1901, d’où M. lla-genbeck en envoya quelques-uns au Jardin zoologique de Londres. C’est un de ces Chevaux, un jeune étalon âgé de treize mois environ, que je viens d’acquérir pour la Ménagerie du Jardin des Plantes et que j’ai fait installer dans un parc en compagnie d’une femelle de Poney des Shetland.
- Du reste le Muséum possédait déjà dans ses galeries, depuis 1896, la dépouille montée d’un magnifique exemplaire, bien adulte, de 1 ’Equus Prjevalski, donné avec d’autres Mammifères et Oiseaux de l’Asie centrale par S. M. l’Empereur de Russie. Ce Cheval avait été pris au mois de janvier 1894 dans le département de Gutschana.En lecompa-rant au sujet plus jeune qui vit actuellement dans la Ménagerie du Jardin des Plantes, il est facile de se faire une idée complète des caractères distinctifs de YEquus Prjevalski. Cette espèce vient d’être d’ailleurs l’objet d’une étude approfondie de la part de M. le professeur Th. Noak, de Brunswick *, qui a eu la bonne fortune de pouvoir examiner, l’un des premiers parmi les naturalistes, d’une part les individus vivants importés par M. Hagenbeck, d’autre part les dépouilles et les crânes acquis par MM. Umlouoff, de
- 1 Cette étude a été publiée dans le Zoologischer Anzeiger, 1902, n" 668 et 684.
- Hambourg, et (pii a recueilli en outre de la bouche des envoyés de M. Hagenbeck d’intéressants détails sur leur expédition. C’est au mémoire de M. Noack ainsi qu’à un article de M. Falz-Fein inséré dans le journal Natur and Ilaus1 et à un travail plus récent de 31. le professeur A. TichomirofP que sont empruntés en partie les éléments de cette notice dans laquelle je me suis servi aussi, pour une large part, de mes observations personnelles sur les spécimens des galeries et de la Ménagerie du Jardin des Plantes.
- Comme il est facile d’en juger d'après l’exemplaire (pii figure dans les galeries du Muséum, le Cheval de Prjevalski, lorsqu’il est adulte, mesure environ l'11,27 de hauteur au garrot et est, par conséquent, à peu près de la taille d’un double Poney, avec des formes moins lourdes qu’on ne pouvait le supposer d’après la figure publiée par Poljakoff. La tête assez forte, avec le chanfrein à peine busqué et les ganaches peu développées, offre la forme d’un cône tronqué et se termine par un museau court et obtus dont les lèvres renflées ne se rencontrent pas exactement, mais bâillent légèrement sur le côté. Les oreilles, dressées, se terminent en pointe aiguë et ont la forme et les proportions des oreilles d’un Cheval ordinaire : ce ne sont nullement des oreilles d’Ane. Les yeux, d’un noir profond, sont vifs et ont une expression intelligente, surtout chez les individus en pelage d'été, car chez le jeune en pelage d’hiver ils sont un peu cachés dans le poil, paraissent un peu bridés et donnent par suite à l’animal une physionomie moins éveillée. Le cou, qui a été trop relevé dans l’exemplaire monté dans nos galeries, est, en tamps ordinaire, porté obliquement ou même presque horizontalement. Il est épais à la base et la poitrine, aplatie en avant, paraît large relativement au train de derrière. Le garrot ne s’élève que fort peu au-dessus de la ligne dorsale qui est presque droite et se trouve sensiblement au même niveau que le point culminant de la croupe. Le corps, moins épais tpie chez un double Poney, est porté avec des membres de hauteur moyenne, plutôt courts dans la portion correspondant au canon.
- Fait important à noter, il y a, à la face interne de chacun des quatre membres une de ces plaques cornées que l’on désigne chez les Chevaux domestiques sous le nom de « châtaignes », tandis Ique, comme chacun sait, il n’y en a qu’une seule paire, aux membres antérieurs, chez l’Ane domestique et chez les Ilémiones. Enfin les sabots sont toujours plus forts que chez les Anes et de forme arrondie.
- Le pelage du Cheval sauvage ou Tâka est court en été, long et touffu en hiver, avec une masse de duvet laineux sous les poils soyeux ou « jarres ». Sur la nuque se dresse une crinière qui va en augmentant de hauteur depuis l’occiput jusqu’au milieu du cou et diminue en arrière, de telle sorte que la ligne supérieure du cou paraît un peu convexe, tandis qu’elle est presque droite en réalité. Quant à
- 1 V. IX, part. 9, p. 301.
- 2 Zoolog. Anzeiger, n° 670, 5 mai 1902.
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- la <jueue,c'est une vraie queue de Cheval, un peu grêle toutefois à la hase où elle paraît aplatie, d’autant plus que les poils sont plus allongés sur les cotés qu’au-dessus et divergent un peu. Ces poils sont d’une teinte brunâtre, de même que ceux de la crinière, qui chez les mâles adultes est plus allongée et moins droite que chez les femelles et les jeunes.
- La robe varie beaucoup, même chez les sujets de race pure et s’adapte, pour ainsi dire, à la couleur des terrains sur lesquels les animaux vivent; ainsi elle est toujours de teintes plus foncées, tirant davantage au rougeâtre et au bai chez les Chevaux sauvages qui remontent jusqu’à 2500 mètres d’altitude, sur les lianes de l’Ektag-Altaï que chez les Chevaux qui errent dans les plaines arides de la Rzoungarie.
- Chez ceux-ci elle prend ces tons clairs qui caractérisent la livrée de tant d’autres animaux des steppes et des déserts, desHémioneSjdes Gazelles ^et des Gerboises aussi bien que des Syrrhaptes, des Alouettes et des Traquets.
- L’individu a-dulte dont la dépouille figure dans nos galeries offre une coloration un peu plus chaude que le jeune Cheval de notre Ménagerie, chez lequel la tète, le cou, les parties supérieures du corps sont d’une teinte café au lait qui s’est beaucoup éclaircie depuis que l’animal a perdu son poil d’hiver. Cette teinte s’étend aussi sur une portion des membres dont
- la face antérieure s’obscurcit légèrement vers le bas tandis que la face interne, de même que le ventre, est d'un blanc presque pur. Le museau est également de couleur blanche, tandis que chez les
- sujets à robe foncée, il prend des tons rougeâtres ou jaunâtres, et les naseaux, comme les oreilles, n’ont qu’une bordure brune très étroite.
- M. le professeur Tichomirotf, qui a pu étudier non seulement le type de l’espèce et les dépouilles qui sont parvenues ultérieurement en Russie, mais encore deux chevaux de Prje-valski vivants, of-lerts au Jardin zoologique de Moscou, en 1901, par M. Assanoff, plus un jeune poulain âgé de 6 mois, a constaté la présence, chez tous les individus en
- pelage d’été, d’abord d’une raie longitudinale foncée, très étroite, mais se prolongeant jusque sur le milieu de la queue, ensuite de raies transversales dessinant des sortes de bracelets sur les articulations des membres. Ces caractères ne sont pas encore visibles sur le jeune étalon de la Ménagerie du Jardin des Plantes; mais sur l’individu a-dulte dont la dépouille figure dans les galeries du Muséum, on retrouve la « raie de Mulet » qui, du reste, avait déjà été observée par M. Noack sur la portion antérieure de l’échine de quelques spécimens. En revanche sur l’exemplaire des galeries de zoologie, les bracelets sont remplacés par une zone foncée au-dessus des sabots et par des taches sombres sur ce
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- qu’on appelle, à tort, les genoux. Il n’est pas inutile de rappeler que la raie de Mulet et les zébrures des membres existent parfois chez les Chevaux domestiques à robe claire.
- Les deux poulains que le jardin zoologique de Moscou a reçus de M- Assanof étaient âgés, au moment de leur arrivée, Lun d’un an, l’autre d’un an et quelques mois et offraient, l’un par rapport à l’autre, des différences de coloration ; le plus jeune était, en effet, d'une feinte isabelle nuancée de gris souris, avec les flancs, le tour des yeux et les naseaux de couleur beaucoup plus claire, presque blanche, tandis que l’autre, qui avait, en 11)01, à peu près le même âge «pie l’étalon qui vient d’ètre acquis par le Muséum, était d’une teinte isabelle tirant au brunâtre.
- A l'heure actuelle, après un an écoulé, c«'s deux poulains ont tous deux la tète et le cou d’une nuance un peu plus foncée «pie le tronc, mais ne sont pas encore ident’npies ; néanmoins le plus jeune commence à perdre les teintes grises Me son pelage. M. Ticlio-miroff en conclut que la robe change un peu dans la seconde année et devient plus franchement isabelle brunâtre, en même temps que la forme de la tète se modifie, le front, d’abord aplati, se voûtant un peu.
- D’après les renseignements que MM. Wache et Grie-ger ont fournis à M. Noac-k,les Chevaux sauvages sont très communs en Dzoungarie, dans les plaines «pii s'étendent à l’est de l’oasis deGatschum. Ils y forment des bordes «pii comptent jusqu’à un millier d’individus et qui ont pour chef un vieil étalon. Même en captivité, ils aiment à avoir pour compagnons soit des individus de leur espèce, soit des Chevaux domestiques avec lesipiels ils se croiseront sans doute très facilement. Le notre vit dans les meilleurs termes avec la jument des Shetland et commence à se laisser non seulement approcher, mais caresser. Les poulains allaités par des juments mongoles sont d’ailleurs moins farouches que les individus capturés alors qu’ils ont déjà acipiis toute leur taille. Ceux-ci s’ébrouent, couchent les oreilles et sont toujours prêts à mordre et à ruer. Je n’ai pu encore entendre le son de la voix de notre étalon, mais M. Noack nous apprend que le hennissement du Cheval de Prjevalski est identique à celui du Cheval domestique.
- On désigne souvent YEquus Prjevalskii sous le nom vulgaire de Kevtag que lui donnent les Kir-ghis. M. Matschie l’appelle « 'farpan », sans doute parce «pi’il le considère comme identiipie au Cheval sauvage ou marron qui vivait en Russie jusqu’à une époipie très rapprochée de nous, et dont le dernier individu a été tué, dit-on, en 1876, dans les steppes de la Tauride. Cette opinion a été adoptée par M. Kr. Falz-Fein, qui a été conduit ainsi à supposer «pie les domaines du Cheval de Prjevalski s’étendaient naguère encore non seulement sur toute l’Asie centrale, mais jusque dans l’Europe orientale et méridionale. Toutefois, comme l’a fait observer M. Noack, si les figures du Tarpan qui ont été publiées dans divers ouvrages populaires sont exactes, il n’y a certainement aucune analogie entre cet animal et le Kertag.
- Je rappellerai, pour ma part, que les renseignements, d’ailleurs assez vagues et souvent contradictoires, que nous possédons sur le Tarpan ne concordent guère avec la description que je viens de donner du Cheval de Prjevalski. Ainsi, en 1770, le voyageur Gmelin dit «pie les Tarpans sont des chevaux de petite taille, à la tète grosse, aux yeux vifs, à la crinière courte et « frisée », au poil long, bien fourni, semblable à de la fourrure et «« d’un gris souris » passant au noir sur les extrémités des membres; Rytschkow, dans sa Topographie du gouvernement d’Ürenbourg, décrit ces mêmes Éipiidés comme étant ordinairement d’une couleur ocracée ou bleuâtre, tandis «pie Pallas, dans sa Zoogmphia rosso-asiatica, leur attribue une robe d’un brun tirant au grisâtre, ou d’un brun pâle, avec la crinière, la raie dorsale et la «pieue brune. Il est vrai «pie, dans la relation de ses voyages, cet illustre naturaliste donne une description légèrement différente d’un jeune Tarpan femelle qu’il compare avec un poulain domestique du même sexe. 11 dit que le poulain sauvage avait plus de hauteur au garrot, les membres plus forts, la tête plus grande, les oreilles plus longues, couchées en arrière, mais avec les pointes plus marquées et recourbées en avant, le front très bombé, les sabots plus petits et plus pointus. Les poils, ajoute-t-il, étaient en général frisés, surtout à la croupe et à la queue, ceux du museau étaient plus longs et plus nombreux «pie chez le poulain domes-titpie, la crinière était également plus épaisse et descendait davantage sur le garrot, mais la «pieue avait la même forme que chez le poulain. Enfin la robe était de couleur isabelle avec la crinière noire et il n’y avait aucune trace de raie dorsale.
- Pallas constatait dans ce même ouvrage que les Tarpans étaient devenus beaucoup plus nombreux dans les déserts entre l’Oural et la Volga, depuis que le pays était inhabité, et qu’ils remontaient vers le nord pendant l’été pour éviter la chaleur ; mais déclarait «pi’après nuire réflexion il était porté à considérer les Tarpans comme des Chevaux marrons échappés des troupeaux des Kirghis et des Kalmoucks.
- Au contraire, pour 11. I). de lllainville, les Chevaux des déserts voisins du lac Aral étaient de véritables Chevaux sauvages. Cette opinion a été adoptée par Rrelun et par M. Fitzingcr «pii a même signalé, parmi les Tarpans, «leux races, les Tarpans bruns ou Tarpans à poils courts et les Tarpans blancs et hirsutes, et qui les considère comme les ancêtres de quelques-unes de nos pins belles races chevalines. 11 me parait probable «pie ce dernier auteur a réuni sous une même ruhritpie deux sortes de Chevaux : les uns, les Tarpans à poils courts, correspondant aux Tarpans de Pallas, qui sont peut-être «les Chevaux marrons ; les autres, les Tarpans hirsutes à pelage clair qui sont peut-être des Kertags ou Chevaux de Prjevalski ; car M. Fitzinger leur assigne pour patrie, outre les steppes de la mer Caspienne, la Tartarie et le plateau du Pamir. On suppose aussi «pie, dans bien des cas, il y a eu confusion entre le
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- Tarpan, le kertag et le Kiang ou le Koulan, c'est-à-dire une ou deux sortes d’Héniiones.
- Pour ce qui est des rapports du Cheval de Prjc-valski avec nos Chevaux domestiques, on ne pourra les établir qu’après une comparaison minutieuse des crânes de l'espèce sauvage avec ceux des différentes races domestiques; j’aurai l’occasion d’ailleurs de revenir sur cette question et je dirai seulement aujourd’hui que M. Noack a trouvé une similitude presque complète entre un crâne Mùpnts Prjevalskii et un crâne du Cheval allemand, du groupe des Poneys et que, d’autre part, le Kertag rappelle singulièrement par sa physionomie certains Chevaux mongols, très ditlérents des Chevaux turkmènes.
- Enfin je rappellerai que, même avant que le Cheval de Prjevalski ne fût aussi bien connu qu’il l’est aujourd'hui, M. Piette avait cru devoir attribuer à cette espèce les Equidés quaternaires dont les artistes de la période magdalénienne nous ont laissé de nombreuses représentations dans les grottes de Gourdan et de Lortet dans le midi de la France, et de Tayngen, en Suisse. Il y a certainement des raisons qui militent en faveur de cette opinion qui a été adoptée par M. le I)r Trouessart dans l’article « Cheval » de la Grande Encyclopédie et dans un article publié dans La Nature en 1890 !, article dans lequel il a résumé ce tpie l’on savait alors du Cheval sauvage de la Dzoungarie. Toutefois, certains traits du Kertag ne correspondent pas absolument avec ceux qui sont indiqués sur les dessins préhistoriques. E. Oustalet,
- Professeur au Muséum.
- LA CONDUITE D’EAU DE COOLGARDIE
- Les journaux anglais ont déjà donné certains détails sur une conduite d’eau gigantesque, qui devra envoyer 22500 m5 par jour aux mines d’or de Coolgardie-Kal-goorlic, dans le grand désert de Victoria (Australie de l’Ouest, par le 52e degré de latitude sud), région de chaleurs torrides, où il ne pleut presque jamais, et totalement dépourvue d’eau potable. Pas un ruisseau, pas un brin d’herbe, pas une plante; quelques eucalyptus clairsemés.
- La rivière qui fournira cet approvisionnement est l’Iielena River, par le moyen d’un barrage long de 215 mètres, actuellement construit à 11 km de la source, soit à 57 km de Perth, et à plus de 520 km de Cool-gardie. La hauteur de la crête du mur au-dessus du lit de la rivière est de 50™,5; au-dessous, la fondation descend de la même quantité en certains endroits dans le sol. L’épaisseur du mur, au niveau du fond du cours d’eau, est de 20 mètres; c’est d’ailleurs un maximum. Au sommet, la largeur n’est plus que de 4”,00, en y comprenant un rebord arrondi qui permettrait à l’eau de se déverser en nappe, sans mouiller le parement extérieur du mur.
- Il y aura huit stations pour remplacement des pompes; la [irise d’eau pour la première pompe doit être pratiquée à 6m,10 du fond du lit de la rivière. Le diamètre de la conduite (en acier, du type Fergusen) est de 0”,7fi; épaisseur moyenne, 7 millimètres.
- La cote de la rivière à l’endroit du barrage étant de 07”,00 au-dessus du niveau de la mer, le point le plus bas à partir duquel l’eau sera pompée aura pour cote
- 1 Voy. n° 885, du 17 mai 1890, p. 509.
- 07”,00 + 0”, 10 — 105”,70. L’altitude moyenne de Coolgardie est 427 mètres, et celle de Kalgoorlie (40 km plus à l’Est) 575 mètres. Celle du dernier réservoir, ou château d’eau, construit sur le mont Burgess, à quelque distance au nord de Coolgardie, sera de 485 mètres. La différence de niveau entre ce point et celui où sera installée la pompe la plus basse sera en conséquence de 580 mètres en nombre rond. En tenant compte des résistances passives, frottement de l’eau dans les tuyaux, incrustations et pertes de charge éventuelles, on a calculé que l’eflbrt de l’ascension totale peut se mesurer par une colonne d’eau ayant 800 mètres de hauteur.
- Le coût total est évalué à 75 millions de francs. Nombre de personnes en Australie n’avaient qu’une médiocre confiance dans l’entreprise ; même l’œuvre n’avait pas l’air d’enthousiasmer les mineurs intéressés. Pourtant, dans ce pays où l’été dure six mois et où la température s’élève parfois jusqu’à 42° centigrades à l’ombre, c’est
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- Comluitc d’eau de Coolgardie:
- l’eau qui leur manque le plus, soit pour les lavages de minerais, soit pour les chaudières des broyeurs, sans compter les besoins de la vie.
- Or le journal Waler du 15 mai dernier nous apprend ([lie d’après une correspondance de Perth, datée du fi avril, la première section de la conduite a été inaugurée en mars avec un succès complet.
- Les pompes ont marché trois jours sans s’arrêter ; le refoulement de l’eau s’est opéré sans encombre sur toute la longueur de la section, et les tuyaux ont remarquablement résisté. La deuxième section ne devait pas être prête avant le 50 avril, mais le résultat obtenu pour la première donnait toute confiance pour l’essai de l’autre, et le meilleur espoir pour le bon fonctionnement de la totalité. Une foule considérable assistait à ces épreuves, et elle en a témoigné sa plus vive satisfaction. A la date du 26 mars dernier, le réservoir du barrage avait reçu [dus de 2 800 000 m3 d’eau.
- On ajoute que la fabrication de la totalité des tuyaux est terminée, y compris ceux qui sont destinés à prolonger la conduite entre Coolgardie et Kalgoorlie. La distribution de ces tuyaux le long de la ligne est un fait accompli ; ils sont posés et joints sur une longueur de 208 km, et la tranchée qui doit les recevoir est achevée jusqu’à Coolgardie. La construction des stations de pompes et des réservoirs intermédiaires avance rapidement. N.
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- ROSERAIE DE L’HAY
- Le Paradis des roses! Où le chercher? Sur la Cote d’Azur? en Turquie? en Bulgarie? Non ; tout simplement aux environs de Paris, près de Sceaux. C’est une merveille, une féerie ! Celui-là seul qui aura pénétré dans la Roseraie de I’Hay saura ce que c'est qu’une rose. Un enchantement pour les yeux, une atmosphère de parfums qui rappellent l’Orient, et qui vous grisent. M. André Theuriet, de l’Académie française, a de sa plume magique décrit cet inimitable paradis.
- L’Établissement de l’ilay a été créé par M. Grave-reaux. 11 n’en existe nulle part de semblable. La
- fondation fait honneur à notre pays. Toutes les roses sont groupées là et la lloraison s’élance en guirlandes, en arcades, en portiques le long des armatures de fer. Toutes les couleurs, toutes les teintes éblouissent le visiteur charmé. Les espèces indigènes ou exotiques offrent une infinie variété de formes, de feuillages et de Heurs. M. Gravereaux est un sage, dit M. Theuriet. Sur le tard, enrichi par un long labeur, il a rassemblé dans le domaine de [l’Hay 0000 espèces provenant de toutes les parties du globe ; il a groupé une collection sans pareille. Il vient d’ailleurs de publier un catalogue méthodique et raisonné bien fait pour montrer l’importance de l’œuvre entreprise1. Ce catalogue est divisé en trois parties : la première est consacrée à la collection botanique (roses
- Fig. 1. — Wichuraianu lampants et grimpants. Roseraie de l'Hay
- sauvages) ; la seconde comprend la collection horticole (roses cultivées), et la troisième a trait à la collection spéciale des rosiers sarmenteux (rosiers grimpants et rampants, sauvages et horticoles). La classification a été faite d’après les remarquables travaux de M. F. Crépirt, directeur du Jardin botanique de Bruxelles, selon les sections de sa « Nouvelle classification des Roses » ; ces sections elles-mêmes ont été ensuite divisées en espèces, sous-espèces et variétés, hybrides et sous-genres.
- L’opération la plus délicate, l’identification de tous les rosiers de la collection botanique, a été commencée par le propriétaire de la Roseraie qui, nous n'en douions pas, mènera sous peu [l’entreprise à bonne fin, avec le concours de collaborateurs compétents et éclairés comme MM. F. Crépin, Bois, professeur à l’École coloniale, Cochet-Cochet, l’horticulteur spécialiste de roses, M. de Vilmorin, etc.
- La partie la plus considérable et la plus importante de la plantation est sans contredit la collection horticole où se trouvent réunies toutes les variétés de roses cultivées, anciennes et nouvelles, que le propriétaire du domaine de l’Hay a pu recueillir, tant en France qu’à l’étranger. Aussi la section du catalogue qui est consacrée à cette collection constitue-t-elle le travail le plus complet qui ait été entrepris jusqu’ici sur la matière.
- La culture et la vulgarisation- des rosiers grimpants et rampants se prêtent le mieux, dans notre région et notre sol, à la décoration des jardins et des habitations. Il y a une collection incomparable à l’Hay
- 1 Les roses cultivées à L’Hay en 1902, avant-propos de André Theuriet, de l’Académie française; lettre de M. Viger, ancien ministre de l’Agriculture. Aquarelles et dessins de Saint-IIuzard. — Librairies Pierre Crochet, à Grisy-Suisnes (S.-el-M.) et Jules Rousset, 36, rue Serpente, à Paris.
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- lion seulement de rosiers grimpants cultivés à Heurs doubles, mais aussi des plus beaux rosiers sauvages à Heurs simples, de ceux qui avaient tant d’attrait pour nos arrière-grand’mères, et auxquels les amateurs reviennent en grand nombre aujourd’hui.
- On ne peut se rendre compte que sur place du parti merveilleux que le propriétaire du domaine de l’Hay a su tirer de l’appropriation intelligente et artistique des rosiers grimpants. Voilà pour le côté esthétique, mais ce n’est pas tout.
- M. Gravereaux caresse une autre ambition : il voudrait développer la culture des rosiers à parfum, pour le plus grand avantage de l’industrie et du
- commerce français. « Chargé en 1901 par le ministre de l’Agriculture d’une mission ayant pour objet l’étude des roses des Balkans, M. Gravereaux a parcouru la Serbie, la Bulgarie, les environs de Constantinople et une partie de l’Asie Mineure. Dans ces régions où depuis un temps immémorial on s’est livré à la culture des rosiers à parfum et à la production de l’essence de roses, il a recueilli une importante collection des plantes sauvages du genre Rosa et il a rapporté de précieux documents sur les procédés employés dans les Balkans pour la distillation de l’essence. L’étude à laquelle il s’est livré lui a permis de divulguer certains procédés spéciaux de
- Fig. 2. — Tonnelle Je rosiers sarmenteux. Roseraie de l’Hay.
- culture, qui favoriseront, il y a lieu de l’espérer, le succès de cette industrie en France et dans nos colonies. » La quantité qui se distille sur notre territoire, à Grasse par exemple, et en Algérie, entre pour une part trop faible dans la consommation des usines à parfums, obligées, pour s’alimenter, de s’adresser aux pays d'ürient, principalement à la Bulgarie et à la Turquie.
- D’autre part, en Orient, on emploie pour la parfumerie la rose de Damas ou de Provins. Or, sa llo-raison est si rapide que la distillation au jour le jour doit s’accomplir avec une grande célérité, sous peine de voir les pétales perdre leur parfum. Il faudrait découvrir d’autres variétés à parfum égal au moins et remontantes.
- C’est à cette tâche que M. Gravereaux consacre, depuis plusieurs années, une très notable partie de ses efforts, et sa persévérance commence à être couronnée de succès. Il faut citer particulièrement la jolie et précieuse Rose nommée Rose à parfum de l’IIay. En 1894, M. Gravereaux féconda le rosier de Damas par la variété bien connue Général Jac~ queminot. Il mêlait ainsi deux odeurs déjà très suaves. Le produit, fécondé à son tour par la Rose rugosa germanica, donna une plante qui fleurit à lTIay pour la première fois en 1900. Cette plante était jolie, multitlore, délicieusement odorante; et elle était remontante, c’était là le point capital.... Le nouveau rosier est aussi rustique, aussi résistant au froid que les R. rugosa et Général Jacqueminot,
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- et d'une multiplication facile par boutures et par greffes. Dès l’année prochaine, la culture productive pourra en être tentée. On voit immédiatement tout le parti tjui pourra être tiré, pour l’industrie de la parfumerie, d’une rose dont la production sera incessante pendant toute la belle saison.
- Enfin, il convient de signaler le remarquable herbier de rosiers sauvages collectionné à l’Hay : il se compose d’environ cinq mille échantillons récoltés par les rhodologues les plus estimés ou provenant d’herbiers notoires. En outre, des échantillons de tous les fruits de rosiers sauvages sont conservés dans du bi-formol en flacons hermétiquement bouchés, de manière à avoir sous les yeux les fruits dans leur forme et leur couleur naturelles, en vue des travaux constants d’identification. Quant aux graines sèches de rosiers sauvages bien déterminés, elles sont généreusement distribuées aux établissements scientifiques et aux amateurs qui en font la demande au propriétaire de la Roseraie de l’IIay.
- d’elle est brièvement cette fondation presque Parisienne. Elle est charmante, cela va de soi, unique dans son genre, et elle affirmera en vieillissant toute son importance et son utilité. J.-F. G.xll.
- LES ANIMAUX QUI DANSENT
- La joie, le plaisir de vivre, la nécessité de prendre de l’exercice, peuvent parfois se manifester chez les animaux, comme chez l’homme, par des danses plus ou moins bien réglées. Ce sont surtout les oiseaux qui se montrent coutumiers de ces ébats chorégraphiques, lludson a observé à la Plata que le Rupicole ou coq de roche entretient une salle de danse en plein air consistant en un terrain uni, moussu, entouré de buissons et soigneusement purgé de pierres et de brindilles qui pourraient gêner les évolutions du danseur emplumé. C’est dans cette aire que les oiseaux s’assemblent, et cela, dans des circonstances ayant encore besoin d’être élucidées. Quoi qu’il en soit, lorsque la réunion est au grand complet, un mâle, au plumage et à la huppe orangé vif, s’avance au milieu de l’espace libre dans la partie centrale, et, les ailes étendues, la queue pendante, commence une série de mouvements analogues à un menuet. Peu à peu, le danseur se grise, s’emballe, et, s’animant de plus en plus, saute et tourne sur lui-même de la façon la plus extravagante. Bientôt, épuisé, il se retire, et, d’acteur, devient spectateur, tandis qu’un de ses camarades prend sa place.
- Quelque chose d'«analogue se rencontre chez le Tétras phasianellus. Dans l’Amérique du Nord, dit Darwin, de grandes compagnies de ces oiseaux s’assemblent à l’époque de la couvée, tous les matins, en un endroit déterminé et décrivent, en courant, des cercles de A™,50 à 0 mètres de diamètre, de sorte que le sol se dénude comme là où dansent les elfes. Dans ces « danses de perdrix », comme disent les chasseurs, les oiseaux prennent les postures les plus étranges; ils courent en cercle, les uns par la droite, les autres par la gauche.
- M. Bigy-Wither a consigné un exemple non moins curieux. Un jour qu’il se promenait dans les forêts du Brésil, son attention fut attirée par le chant mélodieux d’un oise.au, fait rare dans ces contrées. Les indigènes qui l’accompagnaient reconnurent tout de suite l’identité du
- virtuose et invitèrent M. Bigy-Wither à les suivre, lui promettant un spectacle curieux. Après s’etre glissée sans bruit à travers les lianes, la caravane arriva à une clairière où, en effet, la vue en valait la peine. Sur les pierres et les branches des buissons, étaient rassemblés de petits oiseaux à la livrée bleue relevée de points rouges, tous en proie à une sorte de danse de Saint-Guy. Tandis que l’un d’eux — le musicien — se tenait immobile sur une brindille, lançant dans l’air sa plus gaie chanson, les autres — les danseurs flattaient la mesure avec leurs ailes et leurs pattes, comme s’ils se « trémoussaient », tout en accompagnant leur camarade de gazouillis en sourdine. M. Bigy-Wither assure qu’à ce spectacle on ne pouvait douter avoir devant les yeux un bal avec concert, et où tout le monde même s’amusait énormément. 11 eut été bien intéressant de savoir comment tout cela finissait; malheureusement les oiseaux sont d’un naturel timide ; s’étant vus observés, ils s’envolèrent dans toutes les directions et ne reparurent plus.
- Certains Baies argentins et notamment l’Ypécaha, doivent aussi être cités. Le lieu de rendez-vous est, en général, une petite île bien proprette, entourée de joncs, au milieu d’un marécage. Tout d’abord un Ypécaha, prenant l’initiative, pousse dans l’air une sorte d’invitation répétée trois fois. Aussitôt, on voit les joncs s’agiter, et les Râles arriver dare-dare. Quand ils sont réunis à quinze ou vingt, ils se mettent à faire un concert de cris assourdissants qui ressemblent assez à la voix humaine exprimant la douleur. A un long cri perçant succèdent des notes plus basses, comme si, dans son premier éclat de voix, l’animal avait, pour ainsi dire, épuisé ses forces. Tout en poussant ces cris, les Ypécahas s’élancent de tous côtés, comme atteints de folie, les ailes étendues et vibrantes, le long bec largement ouvert et dressé verticalement. La représentation dure trois ou-quatre minutes, après quoi l’assemblée se disperse paisiblement.
- Les Jacanas, si singuliers pour leurs ailes à éperon et leurs longs doigts, se livrent aussi à un exercice du même genre. Réunis en un groupe compact et émettant des notes courtes, vives, rapidement répétées, ils déploient leurs ailes et dansent en les agitant rapidement ou en leur imprimant, du haut en bas, un mouvement lent et cadencé.
- Mais tout cela n’est rien à côté de l’exercice unique en son genre du Vanneau à ailes éperonnées. Sa danse — c’est ainsi que les indigènes eux-mêmes l’ont désignée — exige trois personnages ; elle leur plaît à un tel point qu’ils s’y adonnent presque toute l'année, surtout pendant le jour et les nuits de clair de lune. Mâle et femelle vivent par couple dans un espace spécialement réservé à leur usage. A un certain moment, on voit arriver un autre Vanneau qui entre dans le domicile conjugal comme s’il y était chez lui. Au lieu de le chasser comme il le ferait s’il s’agissait d’un autre oiseau, le couple le reçoit avec des chants d’allégresse et des manifestations de plaisir. S’avançant en même temps vers le visiteur, ils se placent derrière lui, et tous les trois commencent une marche rapide en poussant des notes ronflantes, en cadence avec leur mouvement : l’oiseau de tète émet, à des intervalles réguliers, des notes isolées sur un diapason liant, tandis que les deux conjoints d’arrière produisent une sorte de roulement de tambour. Quand ce défilé singulier a suffisamment duré, le visiteur relève ses ailes et s’arrête droit et immobile, en poussant des notes aiguës, les deux autres gonflent alors leurs plumes et s’alignent correctement de front. Pour terminer la cérémonie, tous les trois
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- baissent la tète jusqu’à ce que leur bec touche le sol et restent un moment dans cette posture, tout en mettant une sourdine à leur chant, de façon à ne plus produire qu’un simple murmure : c’est leur manière à eux de prendre congé de leur visiteur.
- l'n assez grand nombre d’oiseaux exécutent des danses curieuses et n’ayant pas, par suite, comme les précédentes, d’analogies chez nous. C’est le cas, par exemple, d’un pinson que l’on a qualifié pour cela d’oscillator. 11 décrit au vol une courbe parfaite d’une vingtaine de mètres. Arrivé au bout de sa course, il se retourne et repasse, mais en sens inverse, sur la ligne imaginaire qu’il a tracée précédemment. 11 recommence ce manège plusieurs fois de suite, ayant par suite l’air d’un pendule balancé dans l’espace au bout d’un fil invisible.
- Les Ibis à face noire de la Patagonie ont des mœurs encore plus folâtres. Le soir, après le souper, ils se rassemblent en troupe pour regagner l’endroit où ils vont passer la nuit. Mais, auparavant, ils semblent tout d’un coup atteints de démence : on les voit se précipiter simultanément sur le sol avec une grande rapidité, en faisant retentir l’air de leurs cris rauques, métalliques, qui s’entendent de fort loin. On croirait qu’ils viennent se reposer sur le sol ; mais, au moment de toucher terre, ils remontent verticalement, pour redescendre un moment après.
- Des exemples analogues abondent chez les oiseaux et ont frappé tous les observateurs. Le prince héritier Rodolphe d’Autriche a, par exemple, décrit le milan à ce point de vue : ce n’est qu’au printemps, à l’époque de l'accouplement, qu’on peut se faire une idée de la beauté de son vol. Le couple monte haut dans les airs et décrit des cercles. Tout à coup l’un ou l’autre, les ailes pendantes, se laisse tomber jusqu’à peu de distance de l’eau, part horizontalement en faisant des zigzags, revient vite en arrière, se secoue à la façon de la crécerelle, et exécute des mouvements singuliers dans toutes les directions.
- Brelnn a noté les mêmes faits chez le Busard Saint-Martin. Tandis qu’en temps ordinaire on ne voit voler que l’un des conjoints, on les voit, au temps des amours, voler tous ensemble, quelquefois si près l’un de l’autre qu’ils semblent vouloir s’aider dans la chasse. Souvent ils décrivent au même endroit des cercles qui se coupent. Tout à coup [le mâle monte presque verticalement, la tète dressée, vole plus vite qu’on ne l’eût attendu de sa part, fait la cabriole, se laisse tomber les ailes à moitié ramenées, décrit un cercle et remonte à nouveau pour recommencer. L’oiseau peut continuer ce jeu de longues minutes e! le répéter dix à douze fois en une demi-heure. La femelle essaye de se livrer à des exercices analogues; mais elle est toujours plus modérée que le mâle.
- Des faits identiques se montrent chez le Goirau. Il est très amusant, dit Naumanu, de le regarder jouer par un beau temps au-dessus de son nid; le couple monte en grands cercles, sans battre des ailes, puis le mâle monte plus haut que la femelle et redescend à côté d’elle, les ailes presque verticalement dressées en les secouant rapidement d'un mouvement spécial, pour remonter à nouveau, redescendre une deuxième fois et continuer ce jeu gracieux pendant des quarts d’heure.
- Les Grues s’amusent quand elles en ont envie, par des bonds joyeux, des gestes désordonnés, des postures étranges, des salutations, des danses et en étendant les ailes. Elles s’inclinent plusieurs fois de suite, lèvent les ailes, sautent, dansent, courent vite, de-ci de-là et
- expriment par les gestes les plus divers la joie immense qui les anime : mais elles restent toujours gracieuses, toujours belles. Les Grues couronnées, qui se tiennent dans un endroit sablonneux, commencent à danser toutes les fois que quelque chose de peu commun les occupe ou que leur bande s’augmente par l’arrivée d’un nouvel oise.au. Le danseur fait un bond quelquefois jusqu’à la hauteur d’un mètre, étale un peu les ailes et pose ses pieds en un mouvement de danse, plusieurs fois et l’un après l’autre. (Brelnn.)
- Citons encore le Casoar male, qui danse devant la femelle en exécutant des fugues rapides et des crochets d’une souplesse admirable ; la Corneille mâle, qui salue en dansant la femelle à laquelle il fait la cour, et le Condor qui, étendant les ailes et courbant fortement le cou vers le sol, tourne lentement sur lui-même comme s’il exécutait une valse lente.
- Au nombre des danses, on peut encore jusqu’à un certain point compter les gambades qu’exécutent tant de mammifères, depuis le chien joyeux de voir son maître, jusqu’aux Marsouins qui se jouent dans les Ilots autour des barques des pécheurs. llcxai Coum.
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- LE BLOCK-SYSTEM
- Sur un grand nombre de lignes de chemins de fer — sur celles en particulier où les trains sont fréquents et rapides — on a cherché depuis longtemps à éviter les collisions au moyen de signaux placés le long de la voie et dont l'ensemble constitue le blocli-system. Le principe est des plus simples. On échelonne le long de la voie à protéger des postes successifs, A, R, C, 1). Le train quittant le poste A est protégé en ce point par un signal à l’arrêt. Le même train arrivant en R trouvera le signal ouvert si la section RC est libre. xVussitot que le poste R est dépassé, la voie libre peut être rendue en A, et le signal de R est à l’arrêt pour protéger la section RC. La manœuvre sera la même pour tous les postes successifs, dont le nombre est déterminé par l’espacement à laisser entre les trains, c’est-à-dire par leur nombre et leur vitesse.
- Le système exige entre les divers postes un mécanisme de correspondance réalisé de diverses manières que nous rappellerons brièvement.
- A l’origine, on s’est, contenté d’établir entre deux postes consécutifs un échange très simple de signaux « voie libre » ou « voie occupée », suivant le cas. C’est ce qui est réalisé dans l’appareil Tyer (lig. T>, n° 1). L'appareil, tel que nous le représentons, est double et s’adresse à l'une ou l’autre voie, suivant le cas. En poussant sur les « boutons poussoirs », le stationnaire échange avec ses collègues du poste précédent ou du poste suivant un signal indiquant à l’un et à l’autre que la voie est libre ou fermée dans la section qui les intéresse. Cet appareil et tous ceux qui lui sont analogues n’établit, on le voit, aucune solidarité entre le signal et l’appareil de correspondance. Ouest donc à la merci d’une erreur provenant de négligence ou inattention du stationnaire.
- Pour remédier à ce grave inconvénient, on a réalisé ces dernières années des dispositifs qui empêchent
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- de mettre mal à propos le signal,à voie libre. A cet etîet, ainsi qu’on peut le voir (fig. 5, n° 2), l’appareil est analogue au précédent ; mais, dans ce cas, les leviers de manœuvre des signaux sont solidaires d’une règle horizontale qui est verrouillée tant que le poste suivant n'a pas rendu la voie libre. Cet appareil constitue le block-system enclenché et présente, par rapport au précédent, un grand supplément de sécurité. La difficulté est d’obtenir ce verrouillage à distance : lorsque les postes sont très rapprochés, ainsi que cela a lieu sur les lignes de banlieue très fréquentées, on peut avoir entre les deux postes une liaison mécanique. Sinon on emploie plus commodément une liaison électrique : dans ce cas, le stationnaire d’un poste, en manœuvrant son sémaphore, agit sur un courant électrique et dégage un électro-aimant solidaire de la barre de verrouil-
- lage du poste précédent ; ce qui permet de mettre à voie libre le sémaphore de ce dernier poste.
- Bien des appareils électriques ont été imaginés dans ce but. Nous nous contentons d'indiquer ici le principe de l'un d’eux. On connaît bien, à cet égard, le sémaphore Lartigue en usage sur plusieurs réseaux français.
- Pour avoir une garantie plus grande encore, on peut chercher à faire établir les signaux par le train lui-même. C’est ainsi que, depuis nombre d’années, diverses compagnies de chemins de fer ont adopté des appareils automatiques permettant au train de se couvrir lui-même; on sait que chaque bras sé-maphorique est précédé d’un signal d’avertissement ne commandant pas l’arrêt, mais seulement la marche prudente (c’est le signal que l’on voit aux abords des gares). Lorsque le premier essieu attaque la
- Moteur
- Sémaphore
- Fig. 1. Block-system automatique liait. Disposition des circuits de voie. — Fig. 2. Disposition d'un circuit de signal.
- pédale de l’appareil de fermeture automatique, le signal d'avertissement se met derrière le train dans la position « marche prudente ». Le type le plus répandu est l’appareil Aubine en usage sur plusieurs réseaux français.
- Ou encore le train peut annoncer son approche au moyen d’une pédale : les modèles en sont nombreux. Nous représentons ci-contre (fig. 5, n° 5) une pédale placée à l’intérieur de la voie, qui, en s’abaissant, produit la rupture d'un courant et fait fonctionner l’avertisseur d’un passage h niveau placé en avant du train.
- D’autres fois, notamment sur des lignes de montagne souvent menacées par les neiges, un mécanisme analogue enregistre dans la gare voisine le passage des essieux d’un train, comme un télégraphe Morse. On peut se demander pourquoi la solution ne serait pas généralisée, et pourquoi l’on ne rendrait pas le block-system complètement automatique; le train, en circulant sur la voie, produirait, au moyen
- d’un dispositif convenable, l’annonce de son arrivée, la mise à voie libre des signaux à l’avant, et la mise à l’arrêt en arrière. L'avantage du système est de rendre les erreurs impossibles et de faire l’économie du personnel de surveillance. Cet avantage est largement atténué par la possibilité d’un dérangement qui arrêterait les trains sans motif. Les signaux automatiques entraînent d’ailleurs des frais de construction et d’entretien plus élevés que les signaux ordinaires. Néanmoins leur usage s’est rapidement répandu en Amérique, où plusieurs ingénieurs de chemins de fer signalent leur bon fonctionnement et leurs avantages économiques.
- L'agent de transmission indiqué entre les divers signaux est encore l’électricité.
- Le block-system automatique avec transmission électrique présente deux variantes bien distinctes, que nous examinerons successivement.
- 1° Le courant circule dans les rails de la voie. — La voie est divisée en tronçons dont nous repré-
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- sentons l’un AA (fig. 1) isolé électriquement des voisins ; les rails d’une même file sont reliés électriquement en B. Une pile P, placée à une extrémité de la section, envoie le courant qui traverse le relais R ; la palette de l’électro-aimant est donc normalement attirée. Si un train, représenté par un de ses essieux T, circule dans la section considérée, il s’établit un court circuit, la palette de l’électro-aimant tombe. Ce mouvement de la palette est utilisé pour ouvrir certains courants au moyen de contacts dits « contacts d’avant », F, et en fermer d’autres dits « contacts d’arrière », G.
- On dispose (fig. 2), auprès du relais R et du sémaphore correspondant, une pile P' qui actionne un moteur mettant en mouvement le sémaphore S. Avec cette disposition, on voit que si un train circule sur
- la voie dans la section AA, le court circuit s’établit, le relais R se désaimante ; le contact avant FF coupe le circuit de la pile P' ; le moteur qui met le signal à voie libre n’est plus actionné et le signal tombe à l’arrêt entraîné par son poids. Lorsque le train est sorti de la section, les choses reprennent leur position première.
- C’est là d’ailleurs une indication en quelque sorte théorique. On fait, en effet, généralement manœuvrer les signaux au moyen d’un circuit de ligne. Le circuit de voie, fonctionnant comme le montre la figure 1, ouvre ou ferme le relais de voie qui ouvre ou ferme à son tour au moyen des contacts F et G des circuits spéciaux dans lesquels sont intercalés des relais de ligne commandant les signaux des gares. On voit, en un mot, que le principe du
- Fig. 3.— 1. Appareil Tyer pour double voie. —2. Appareil de block-system enclenché.— 3. Pédale pour avertisseur de passage à niveau.
- système réside dans l’emploi de circuits de voie dont les relais ouvrent ou ferment d’autres circuits dits circuits de ligne.
- On pouvait examiner à l’Exposition de 1900 la reproduction d’une installation de ce genre faite à titre d’essai par la Compagnie P.-L.-M. Cette installation était une variante du système Hall très répandu aux États-Unis d’Amérique.
- 2° Le courant suit un circuit autre que les rails. — C’est le système adopté au chemin de fer métropolitain de Paris. Pour cette ligne, le block-system automatique était d’un emploi tout indiqué en raison de la très grande fréquence des trains et de la régularité du service. Sur chaque voie d’une gare, il existe un signal d’entrée et un signal de sortie; la forme de ces signaux peut se voir dans toutes les stations ; ils se composent essentiellement d’une caisse avec deux fenêtres donnant 1 une un feu rouge et l’autre un feu blanc. Une palette, commandée par
- un électro-aimant, obture successivement l’une ou l’autre fenêtre.
- La commande des signaux se fait ici par des pédales et par un circuit électrique indépendant des rails.
- Un train arrivant devant un signal au blanc, c’est-à-dire à voie libre, dépasse ce signal et rencontre aussitôt une pédale actionnée par le bandage des roues. Cette pédale produit le contacfnécessaire pour interrompre le courant et mettre le signal à l’arrêt derrière le train. Lorsque le train arrive devant le signal suivant, le train met encore ce signal au rouge et en même temps, par une autre pédale, ouvre le signal antéprécédent à l’arrière. Le train est donc à chaque instant couvert par deux signaux de protection.
- La description complète des canalisations électriques commandant les signaux nous entraînerait dans des détails incompatibles avec le cadre de cette note. Il suffira d’indiquer que le principe est le même que
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- dans le cas précédent. Le train en passant sur nne pédale interrompt un circuit et désaimante un relais. Iles contacts avant et arrière ouvrent et ferment d’autres circuits (pii établissent la relation entre les divers signaux.
- On semble en Amérique .donner la préférence aux signaux automatiques avec circuit de voie. Le chef du service des signaux ayant sous ses ordres des électriciens et des lampistes assure, sous sa responsabilité, le bon fonctionnement des signaux et le bon état des canalisations. Moyennant une lionne organisation, on n’a pour ainsi dire pas de graves inconvénients de fonctionnement, et à ce point de vue le bloek-system que nous venons de décrire mérite l’attention. Ravi, Aimk.
- FLEURS DE BOIS
- On sait que certains végétaux se développent dans le voisinage d’autres plantes avec lesquelles ils vivent en union plus ou moins intime. Suivant le degré de cette
- intimité, ces végétaux prennent le qualificatif de commensaux, d’épiphyles ou de parasitaires. Le commensal vient s’établir chez le voisin et prélève une part de la nourriture de celui-ci; l’épi-phyte vit fixé sur son hôte, mais sans lui prendre aucun suc, et son action tantôt protectrice et tantôt nuisible est purement mécanique; le parasite, souvent plus terrible pour la plante que pour l’insecte, s’incruste au plus profond de celle-ci et se nourrit exclusivement de sa substance. Tous les parasites ne sont pas trop abondant sur le chêne, a une action plutôt bienfaisante. Mais la loranthe qui est, comme le gui, de la famille des loranthacées, exerce sur sa victime de véritables ravages qui donnent lieu au curieux produit que représente notre gravure et que nous appellerons Heurs de bois comme les indigènes de la Terre de Feu, pays d’origine de ce parasite que l’on rencontre surtout sur les versants du volcan de Fuego. Les Heurs de bois sont une excroissance qui se forme sur les branches d’un arbre quelconque à la suite du développement du parasite, dont les semences arrivent véhiculées par les oiseaux. Ces semences contiennent une matière visqueuse qui leur permet d’adhérer à l’arbre. Une fois fixée, la semence traverse l’épiderme, pénètre dans la partie libéro-ligneuse et son développement est la cause d’une tumeur qui prend une forme à peu près sphérique et dont la grosseur varie avec l’importance de la branche. Celle-ci s’atrophie parfois ou bien continue de croître bien qu’af-
- faiblie; de nouvelles semences arrivent et il en résulte un groupe de fleurs de bois. L’union est alors si intime entre les végétaux qu’en pratiquant une coupe transversale il serait presque impossible de dire où commence l’un et où finit l’autre. Le parasite ne dure d’ailleurs guère plus de 3 à i ans, mais il laisse des traces de son existence. Les fleurs ont un diamètre variant entre 2 et fit) centimètres.
- Ces fleurs ne sont pas, comme on pourrait le croire, constituées par les racines du parasite, qui n’en a pas d’ailleurs; elles sont formées par le prolongement do la partie ligneuse même du bois qui a forcé l’écorce. Leurs volutes sont du plus gracieux effet et rappellent la feuille d’acanthe classique, comme l’indique la figure dessinée par M. Soubirou, un de nos fidèles lecteurs qui a eu également la complaisance de nous envoyer le Bulletin scien tifique de Guatemala où nous puisons ce.s renseignements. Il y a la des transformations physiologiques et chimiques qu’il serait intéressant d’examiner de près.
- J. Garcia.
- CHRONIQUE
- Soudure au chalumeau st acétylène. — La
- Société de l’acétylène dissous cherche à utiliser la chaleur considérable que fournit l’acétylène pour combiner un chalumeau permettant la soudure directe et autogène des métaux. Jusqu’à présent on s’était heurté à de grandes difficultés, notamment au point de vue du réglage du mélange d’oxvgène et d’acétylène : suivant les proportions il se produisait soit une réduction, soit une oxydation du métal traité. On annonce que le succès vient de couronner des expériences exécutées avec un mélange de vapeurs d’éther et d’acétylène. On dispose les choses de manière que ce dernier gaz vienne barboter à travers de l'éther, il se charge par conséquent de vapeurs, ce qui supprime la nécessité de robinets réglant l’arrivée de chaque gaz. On obtient de la sorte nne flamme verte, qui n’est pas plus grosse que la pointe d’un crayon, et qu’on peut aisément diriger dans la direction exactement voulue. On affirme que la chaleur développée est, énorme, on dit même plus élevée que celle de l’arc électrique (ce qui nous semble douteux). On atteindrait 4000°! Fu tout cas, il va sans dire que cette flamme ne peut être employée pour l’éclairage des appareils de projection, puisqu’elle fond assez rapidement des substances même très réfractaires. En très peu d’instants cette flamme fait trou dans une barre de fer. On comprend que dans ces conditions la soudure de lames de fer peut être opérée en une minute : on commence par passer la lime sur les bords à réunir, puis on soude un point au milieu et deux autres aux extrémités de la ligne de soudure à faire; on n’a plus ensuite qu’à promener la flamme tout le long de la ligne de contact. Pour les plaques épaisses, on lime leurs bords en bec de clarinette, puis on promène une petite barre de fer au-dessus de la ligne à souder en la faisant fondre sous l’influence du chalumeau, de manière que le métal en fusion forme soudure proprement dite. Cette méthode ne réussit pleinement que pour le fer ou l’acier, mais pas encore pour la fonte. Ce procédé est appelé à rendre les plus grands services, notamment pour la réparation des craquelures superficielles, des fêlures, etc.
- Ce que coûtent les trains à grande vitesse.
- — Dans une communication faite récemment à un
- Flours do bois.
- nuisibles : le gui, s’il n’est pas
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- LA NATURE.
- Ml
- Congrès de Chicago, M. J.-H. Delano a présenté une étude fort intéressante sur les conséquences pécuniaires et autres de l’emploi des trains à grande vitesse dans l’exploitation des chemins de fer. Pour lui, il y a d’abord à tenir compte d’une augmentation de consommation de combustible, puis cette exploitation à allure rapide nécessite des machines supérieures comme construction, des matériaux meilleurs, un personnel plus exercé et plus sérieux; ajoutons ensuite une usure plus rapide du matériel roulant ou autre, avec des dépenses d’entretien plus considérables pour la voie comme pour les machines, etc. De [dus, les risques d’accidents, notamment de collisions, sont plus à redouter à tous les points de vue; enfin, les trains rapides circulant sur une ligne retardent l’ensemble du trafic, parce qu’il faut leur laisser la voie libre pour leur passage. L’accroissement de la résistance du train se manifeste dans la proportion de 8/13 au fur et à mesure que son allure passe de 50 à 60 milles (48 à 96 km) par heure, et, en pareil cas, l’augmentation de consommation de combustible atteint 62 1/2 pour 100. Et cette proportion est encore bien plus élevée si l’on se place au point de vue d’une voiture ou d’une tonne transportée. Dans cette même discussion où d’autres éléments fort intéressants ont été apportés, M. Clark, de la Compagnie Chicago Burlington Railway, a dit que, à une allure de 49kro,8 environ à l’heure, et dans des conditions données, la consommation de combustible atteint seulement 170 tonnes à peu près par voiture, et que, dans les mêmes conditions, mais à une allure de 77km,2 la consommation correspondante dépasse 528 tonnes.
- Digestibilité du lait cru, bouilli ou pasteurisé. — MM. Dranc et Price ont procédé récemment, à la station expérimentale agricole du Maryland, à des essais comparatifs sur la digestibilité du lait suivant qu’il est à l’état naturel, cru ou bien bouilli ou encore pasteurisé : ils alimentaient des veaux durant quinze jours avec ces trois sortes de lait. Ils sont arrivés à cette constatation que les veaux digèrent plus aisément le lait à l’état naturel que le lait pasteurisé ou bouilli, et que fréquemment le lait bouilli cause chez eux des troubles digestifs. Le coefficient de digestibilité de la protéine du lait naturel a diminué de 1,8 pour 100 par la pasteurisation et de 7,55 par l’ébullition; pour le beurre, ce coefficient a baissé respectivement de 2,55 et de 1,42 pour 100.
- Une visite du tunnel des usines hydro-électriques du Niagara. — Nos lecteurs savent qu’un grand tunnel a été creusé parallèlement aux chutes du Niagara pour servir de canal de fuite aux eaux qui ont été dérivées de la formidable chute, et qui fournissent la force motrice aux usines hydro-électriques installées en ce point. Or, on vient de visiter ce tunnel, qui a été mis en service en 1894, et où l’eau avait constamment couru depuis à une allure de 7m,50 à la seconde. Ce tunnel n’a pas, avec ses prolongements, une longueur de moins de 2200 mètres; sa hauteur est de 6m,50 sur une largeur un peu moindre, et il est constitué par 4 à 8 épaisseurs de briques, suivant la nature de la roche où il est creusé. On a arrêté, l’autre jour, le passage de l’eau pendant 5 heures et demie, et on l’a visité d’un bout à l’autre : on a trouvé tout son revêtement en excellent état, en dépit de l’action continue du courant d’eau qui s’v précipite.
- Le chemin de fer funiculaire de Glasgow.
- — Cette voie funiculaire est fort curieuse, en ce sens qu’il
- s’agit d’une section d’une voie ferrée ordinaire, traversant la ville du sud au nord, mais pour laquelle il a fallu assurer la traction des trains par cable sur une longueur de près de 2 kilomètres, trains qui pèsent couramment 250 tonnes : nous sommes bien loin par conséquent des funiculaires ordinaires, qui ne sont guère autre chose que des ascenseurs. La rampe que doit suivre la grande ligne en question présente exactement un développement de 1900 mètres; elle offre une pente de 1/40 sur 1500 mètres et de 1/45 pour le reste du parcours, qui est partiellement en tunnel. L’exploitation s’y fait à deux voies, et la remorque des trains est assurée par une machine à vapeur de 650 chevaux, enroulant un câble de 40 millimètres de diamètre et imprimant aux convois une allure de 6 mètres à la seconde.
- Un gigantesque haut fourneau au charbon de bois. — Les hauts fourneaux au charbon de bois deviennent de plus en plus rares, malgré l’excellence des produits qu’ils servent à fabriquer. Cependant on en a construit assez récemment un à Vares, en Bosnie, qui a près de 22 mètres de haut.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 juillet 1902.
- En raison des congés du 14 juillet, nous sommes obligés de renvoyer le compte rendu de cette séance au prochain numéro.
- LA. NOUVELLE GIROUETTE
- DE LA TOUR EIFFEL
- Le Bureau central météorologique a fait installer l’an dernier par M. Chateau, sur la tour Eiffel, une nouvelle girouette reliée électriquement cà la rue de l’Université. Cette girouette ayant subi maintenant l’épreuve victorieuse de l’expérience, il n’est pas sans intérêt de donner h son sujet quelques renseignements. Le système de transmission se compose naturellement de deux éléments : un transmetteur et un récepteur. Le transmetteur (2) est installé à coté de la girouette elle-même. Le récepteur (3) en reproduit les indications sur un enregistreur logé au Bureau central. Le principe employé dans le transmetteur et le récepteur est celui qui détermine les sonneries indécomptables des pendules dites à « râteau ».
- La girouette (1), formée de deux ailettes en cuivre et roulant à billes, transmet le mouvement de son axe à une came cylindrique sur laquelle peut retomber la branche d’un secteur denté en forme de crémaillère (A). Ce secteur, une fois tombé, peut être relevé par l’action de la palette d’un électroaimant (B) dans lequel une pendule (5) envoie des courants jusqu’au nombre de 52.
- Le récepteur est constitué par un système à crémaillère (C) identique à celui du transmetteur, mais qui retombe sur un point fixe. La branche inférieure du secteur à crémaillère est ici munie d’un traceur
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- qui décrit une courbe sur une feuille de papier enroulée sur tambour (D) et divisée dans le sens de la longueur en 52 parties égales correspondant aux 52 éléments d’une rose des vents.
- La feuille de papier se déplace dans le sens de la longueur à chaque chute de la crémaillère ou rateau. La pendule d’émissions déclenche à chaque demi-heure (ou plus souvent si l’on veut) un rouage qui émet 52 contacts à friction, ainsi qu'un contact destiné à amener la chute des crémaillères. Voici comment fonctionne le système représenté.
- Les appareils étant au repos, la pendule émet un courant instantané lequel, lancé dans un électro-
- aimant, produit à l’aller le contact qui fait passer un courant dans les électros R et C du transmetteur et du récepteur, pour faire tomber les crémaillères. Celle du transmetteur tombe sur la butée fixe qui limite sa course.
- Presque aussitôt après, le rouage des émissions se met en mouvement et lance, dans les électros latéraux (EE) jusqu'à concurrence de 52 au maximum, des (‘missions qui opèrent le relèvement, dent par dent, des deux crémaillères. Ce relèvement se lait de la quantité exacte dont est tombée la crémaillère du transmetteur, celui-ci étant disposé de façon que le passage des courants de la pendule soit interrompu
- La girouette enregistrante de la Tour Eiffel.
- 1. Girouette. — 2. Transmetteur. — 3. Récepteur. — 1. Relais. — 5. Pendule d’émission des contacts.
- dès que sa crémaillère est complètement relevée.
- Pendant le relèvement de la crémaillère du récepteur, le traceur de celle-ci inscrit sur le papier une courbe dont la longueur plus ou moins grande donne la direction exacte du vent. Cette série d’opérations se reproduit à chaque demi-heure ou en général à chacun des intervalles d’enregistrement.
- La pendule n’émet que des courants locaux agissant sur un relais (4). Il n’y a par conséquent aucun risque de détériorer les organes délicats des appareils par un fort courant d’accumulateurs ou de dynamo. Il n’y a pas non plus de danger de polarisation de la pile en cas de défaut de fonctionnement pour une cause quelconque. Le nombre des émissions est en effet strictement réduit à 52, données à une demi-seconde d’intervalle.
- Les ordonnées dont l’ensemble donne la physionomie générale de la journée, étant tracées parallèlement toutes les demi-heures (ou plus souvent si l’on veut) dans toute leur longueur, il en résulte qu’il n’y a jamais possibilité d’accumulation d’erreurs et que les indications de la girouette sont transmises à l’enregistreur d’une façon absolument exacte.
- Depuis son installation, cet appareil a donné d’excellents résultats dus aussi bien à la simplicité de son principe qu’à la qualité de sa construction.
- Il est destiné à rendre de sérieux services à la météorologie et, à ce titre, mérite d’être présenté aux lecteurs de cette revue. L. Revf.rchox.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Laiiurf, rue de Fleurus, 9-
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- N» 1522
- 2fi JUILLET 1902
- LA. NATURE
- Uf)
- CANONS À ECLIPSE
- Autrefois les navires de guerre ne se souciaient pas d’engager la lutte contre les forts et les batteries
- de cote ; il est vrai que les navires étaient en bois et ne pouvaient recevoir que de mauvais coups.
- Fig. 1. — Canon de 27 centimètres de côte, à éclipse, système Schneider et C‘% au moment du tir.
- C’est pour cette raison que, pendant la durée du maîtresses de la mer et à même de tenter atta-Premier Empire, les nombreuses flottes anglaises, ques sur attaques sur nos côtes, nous laissèrent
- Fig. 2. — La même bouche à feu éclipsée à la suite du tir.
- cependant tranquilles; Napoléon avait, en effet, hérissé nos frontières maritimes de nombreuses défenses capables de faire repentir l’ennemi de ses agressions.
- 30e année. — 2e semestre.
- Il vint cependant un moment où les navires parurent prendre une véritable supériorité sur les côtes ; ce fut lorsqu’ils furent pourvus d’un cuirassement qui les mettait presque complètement à l’abri des
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- projectiles. Il est vrai que les batteries de côte n’étaient alors munies que de pièces insuffisantes et pour la plupart démodées.
- Aujourd’hui, il n’en est plus de même; les fortifications côtières sont armées de bouches à feu, sinon égales à celles qui constituent l’armement des vaisseaux, du moins d’une puissance largement suffisante pour mettre ceux-ci hors de combat. De plus, la justesse du tir n’est pas la même pour le navire et pour la côte et l’avantage est tout entier du côté de cette dernière. Le réglage du tir venant de terre a même fait de tels progrès qu’on peut affirmer qu’un bateau, venant à se mesurer avec une batterie de côte, serait atteint au plus tard au troisième coup pour ne plus cesser de l’être par la suite. Aussi peut-on dire que la lutte entre canonniers marins et artilleurs côtiers est revenue aujourd’hui au point où elle était il y a un siècle, c’est-à-dire toute à l’avantage de ces derniers.
- Cette supériorité de la terre sur la mer est susceptible d’être encore accrue par diverses dispositions particulières qu’on peut donner à l’artillerie ; et, parmi ces moyens, le meilleur est, sans contredit, de cacher les canons à la vue des vaisseaux. Quel tir ces derniers peuvent-ils, en effet, diriger contre un but invisible, sans aucun point de repère pour opérer les corrections toujours nécessaires? Ur, il est deux sortes de batteries réalisant la condition de combattre sans être vues : il y a, d’abord, les batteries enterrées de mortiers et d’obusiers exécutant le tir indirect sous de grands angles et ensuite les batteries de canons à éclipse. Dans le premier cas, les bouches à feu restent complètement invisibles, mais la justesse de leur tir, exécuté sous de grands angles, est forcément imparfaite. Dans le second cas, la pièce n’apparait que juste pendant l'instant où elle fait feu et disparaît aussitôt ; et avec l'emploi de la poudre sans fumée, il sera presque impossible aux navires de déterminer la position de la batterie que rien ne viendra signaler. Réussiraient-ils à apercevoir l’un des canons pendant le court instant de son apparition qu’ils ne seraient guère plus avancés.
- Les canons à éclipse sont donc des engins des plus redoutables, d’autant plus qu’ils exécutent des tirs directs et de plein fouet dont les coups sont susceptibles d’attaquer les navires à la flottaison et par suite de les couler. Parmi les bouches à feu les plus remarquables de cette espèce, il y a lieu de signaler celle établie récemment par MM. Schneider et Cie. Nous en donnons les photographies que nous accompagnerons d’une courte description.
- Le canon est du calibre de 27 centimètres; sa longueur est de 7m,68 et son poids de 22055 kg. Il est muni d’une fermeture de culasse, système Schneider-Canet, à obturateur plastique, dont l’ouverture et la fermeture sont obtenues par la rotation d’une manivelle unique.
- Cette bouche à feu a une àme d’une longueur de 28 calibres ; la vitesse initiale de son projectile est
- de 670 mètres, ce qui est largement suffisant pour un canon de côte dont l’obus pèse 216 kg. La charge est de 41 kg de poudre sans fumée.
- Le canon est porté par un « balancier », solidement entretoisé, oscillant autour d’un axe de rotation formé par deux tourillons qui supportent les consoles de la « plate-forme châssis ». Cette plateforme reçoit tous les organes de l’affût, qui se composent des cylindres du frein et du récupérateur à air, des organes de pointage et de la pompe de mise hors batterie. Elle repose sur la sellette par l’intermédiaire d’une couronne de galets et supporte, à l’aide d’un certain nombre de montants, le masque circulaire horizontal. Ce dernier présente une échancrure longitudinale destinée à livrer passage au canon dans les mouvements d’éclipse et de retour en batterie.
- Sur le balancier vient s’agrafer la tige du piston du frein hydraulique à contre-tige centrale, qui absorbe une partie de la force vive de recul. Le cylindre de frein peut osciller autour de deux tourillons portés sur le plancher en tôle par l’intermédiaire de deux paliers fixes. A l’arrière du cylindre de frein se trouve le récupérateur à air qui doit assurer le retour en batterie.
- Le pointage en hauteur de la bouche à feu s’obtient en agissant sur une bielle articulée qui soutient l’arrière de la pièce. Le secteur de pointage est commandé par une manivelle et un index qui se meut sur un cadran divisé, et permet de lire à tout instant l’angle exact que fait l’axe du canon avec l'horizontale.
- Le pointage en direction s’obtient en faisant pivoter l’ensemble de la plate-forme, du balancier et du canon sur la sellette. En service normal, la direction de la pièce est donnée à la position d’éclipse complète; toutefois, comme il peut être nécessaire de rectifier le pointage, même lorsque le canon est revenu en batterie, le masque est pourvu d'une plateforme spéciale qui permet au pointeur de viser directement sur le but à atteindre au moyen de la hausse.
- L’amplitude du pointage vertical va de 15° positifs à 5° négatifs. Quant à celle du pointage latéral, elle s’étend sur un tour complet de façon à permettre de battre tous les points de l’horizon.
- Le poids d’un tel système n’e.st pas aussi considérable qu’on pourrait le croire à simple vue. Le canon pèse, comme il a été dit, 22 055 kg, l’affût 45505 et le masque 18 000, ce qui fournit un poids total de 85540 kg.
- MM. Schneider, et Cie énumèrent comme suit les avantages de leur canon à éclipse : 1° Sa puissance est suffisante pour qu’il puisse entamer la lutte à grande distance avec les batiments fortement cuirassés. 2° La protection complète que lui assure son masque le met dans des conditions très avantageuses pour prolonger longtemps le combat. 5° La bouche à feu s’éclipsant à chaque coup et l’emploi des nouvelles poudres supprimant tout nuage de fumée susceptible de fournir une indication, l’ennemi
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- rencontrera de grandes difficultés pour découvrir Remplacement de la batterie. 4° Les coups heureux de l'ennemi ne produiront que peu ou pas d'effet, car ils arriveront sur le masque horizontal avec une inclinaison trop faible pour le perforer. 5° Le personnel et tout le mécanisme se trouvant placés au-dessous du masque, la bouche à feu pourra vraisemblablement soutenir une lutte longue sans éprouver de perte ou d’avarie sérieuse.
- Ces diverses conclusions nous paraissent des mieux justifiées et il serait désirable que le gouvernement français en fit son profit, eu rendant de tels canons réglementaires, pour la défense des côtes. C'est ce qu'a fait, du reste, le gouvernement japonais, toujours si avisé pour tout ce qui touche aux choses de la guerre, en acquerront un grand nombre de ces puissantes bouches à feu. lA-eolonel Relauney.
- PHOTOGRAPHIE
- l’appareil sigriste a rendement maximum
- La rapidité des émulsions au gélatino-bromure d’argent a nécessité l’emploi des obturateurs permettant de ne laisser les objectifs ouverts que pendant une fraction de seconde. La question a été étudiée de tous côtés depuis une quinzaine d’années et, aussi bien au point de vue théorique qu’au point de vue mécanique, on est aujourd'hui à peu près fixé sur ce qu’on peut attendre des obturateurs montés près de l’objectif ou près de la plaque.
- Fui général dans les traités élémentaires de photographie, lorsqu’on représente des appareils, objectifs, obturateurs, etc., on a l’habitude de figurer la marche des ravons lumineux qui les traversent par deux lignes qui se coupent au centre de l’objectif. 11 en résulte qu’on se représente assez volontiers l’ensemble des rayons comme formant deux cônes dont les sommets se touchent au centre du diaphragme.
- Fui réalité il n’en est [tas ainsi : de chaque point de l’objet A, R, C (fig. 1) émane un faisceau de rayons formant un cône et tous ces cônes élémentaires ayant leurs sommets aux différents points de l’objet ont leur base commune au diaphragme; quant au faisceau qui émerge de l’objectif à l’intérieur de la chambre, il est constitué par un semblable système en sens inverse dont tous les sommets sont aux divers points de l’image, a, b, c.
- Fui considérant ce graphique on voit tout de suite qu’un obturateur, monté sur l’objectif, ne peut pas couper tous les faisceaux d’un seul coup en un point donné; il y aura toujours une période d’ouverture et une période de fermeture qui demanderont un temps appréciable, four la pratique on est arrivé à les rendre très courtes et à laisser entre elles un intervalle plus ou moins long, qui est le temps de pose utile, celui pendant lequel l’objectif travaille dans les meilleures conditions. Quoi qu'on fasse, il
- n’est pas possible de réduire ces diverses périodes au delà de certaines limites et c’est pourquoi nos obturateurs d’objectif les plus perfectionnés ne peuvent nous donner satisfaction pour les grandes vitesses : quand il s'agit par exemple d’obtenir nette l’image d’un sujet passant rapidement en travers et à courte distance. Il est vrai que le cas est plutôt rare et que les obturateurs des appareils les plus répandus sont suffisants pour la pratique courante : nous leur reprocherions plutôt d’aller trop vite, car il vaut mieux opérer à l’ombre qu’en plein soleil. Mais l’idéal est certainement d’avoir un instrument permettant les deux extrêmes et on ne peut arriver à ce résultat qu’avec un obturateur [tassant sur la plaque. Un construit généralement ces obturateurs au moyen d’un rideau opaque, muni d’une fente qui se déplace tout le long de la plaque. Dans ce cas toute la lumière agit dans les meilleures conditions; mais il est facile de se rendre compte (fig. 1) que le rendement n’est maximum que si les cônes élémentaires sont coupés à leur sommet ; pour peu qu’ils présentent à l’endroit où se fait la section une étendue appréciable, l’obturation n’est plus instantanée et cela a une grande importance non seulement au [joint de vue de la netteté, mais aussi d’une façon générale sur la qualité de l'image.
- M. Guido Sigriste, qui est peintre de talent autant qu'habile mécanicien et bon mathématicien, s’est parfaitement rendu compte des exigences d’obturateurs de ce genre, lorsque, pour les études de chevaux aux grandes allures, destinées k ses tableaux, il eut recours à la photographie. Après plusieurs années de tâtonnements et de recherches, il en est arrivé à la construction de son appareil à rendement maximum qui est un véritable instrument de précision. Il est parvenu h faire glisser, à 1/10 de millimètre de la [flaque, la fente par où la lumière passe [jour l’impressionner.
- Cette fente F est constituée par deux lames de bois taillées en biseau de façon que les bords soient tranchants; elle est reliée à la paroi portant l’objectif par un soufflet en peau qui la suit dans ses mouvements (fig. 2).
- Les pinceaux lumineux formant l’image sont, à leur émergence de l’objectif, toujours compris dans cette enveloppe ; mais leurs sommets ne peuvent arriver sur la plaque que successivement par la fente, à l’exclusion de toute autre lumière étrangère nuisible à la formation de l’image. Cette disposition permet à la lumière d’agir dans les meilleures conditions, même dans les cas les moins favorables'où, comme on l’a supposé ici (fig. 2), l’objectif admet des faisceaux très obliques; les bords de la fente étant taillés en biseau, de façon à présenter la partie évasée vers l’intérieur du soufflet, n’arrêtent aucun des rayons élémentaires.
- Il est clair que cette fente peut être plus ou moins large au gré de l’opérateur qui a la faculté de la faire varier sans ouvrir l’appareil, et que sa vitesse de déplacement peut être réglée à volonté, ainsi que-
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- nous allons pouvoir nous en rendre compte par un examen détaillé.
- L’aspect extérieur est celui d’une jumelle ordinaire (fîg. A, nus 1 et o) ; le viseur est constitué par un cadre M, un œilleton H et une mire E, disposés de telle sorte (pie la mise en plaque est tou jours rigoureuse-
- Fig. 1. — Marclie de rayons dans un appareil photographique.
- ment exacte, pour une distance donnée, quel que soit le décentrement de l’objectif.
- L’obturateur F (n° 2) est monté sur un châssis fixé h l’extrémité du soufllet S et coulissant sur l’arrière de la chambre de façon à parcourir toute la plaque. Les lames, qui forment la fente, peuvent être
- Fig. 2. — Coupe schématique
- montrant le mode de fonctionnement do l'obturateur Sigrisle.
- plus ou moins écartées l’une de l’autre en manœuvrant une vis Y (n° 5), dont la tète taillée en carré vient s’engager dans la cavité I), qu’on peut manœuvrer de l’extérieur au moyen d’une manivelle. Une lame mobile ferme automatiquement la fente quand l’obturateur a fonctionné, de façon qu’on puisse l’armer à nouveau sans découvrir la plaque.
- Il suffit, pour changer la plaque et armer l’obturateur, de manœuvrer le magasin P (n° 2) comme un tiroir ordinaire, en l’ouvrant et le refermant. Il entraîne dans sa première course l’équipage F auquel sont attachées les extrémités d’une cordelette enroulée sous la poulie qu’on aperçoit à la partie inférieure de la chambre noire (n° 2) et qui correspond au ressort contenu dans le barillet B (nos 5 et (j). Lorsque le tiroir est à fond de course, on le répousse, mais le taquet T a retenu l’obturateur qui reste en place.
- Deux boutons de déclenchement placés de chaque côté de l’appareil, et pouvant fonctionner indépendamment l’un de l’autre, permettent de dégager le taquet T ; la fente se met alors en mouvement
- sous l'action du ressort contenu dans le barillet et, afin qu’elle conserve une marche uniforme pendant toute sa course, deux ressorts compensateurs R, placés de chaque côté, lui opposent une résistance croissante, au début, se redressent ensuite, et, finalement, aident au mouvement.
- L’expérience a prouvé qu’on obtient ainsi une régularité très complète.
- La vitesse de déplacement de la fente dépend naturellement de la tension du ressort du barillet R; celle-ci est déterminée par la manœuvre d’un levier L (nos A et 6) qui traverse le cadran qu’on voit sur l’un des côtés de l’appareil (n° o). La manivelle dont nous avons parlé, pour le réglage de la fente, est placée sur le côté de ce cadran et, à chaque tour, fait avancer un index qui marque la largeur de la fente en demi-millimètres.
- La graduation qu’on a sous les yeux est en fonction des deux éléments importants à connaître : vitesse de déplacement, largeur de la fente. En un instant on peut changer l’un et l’autre, et d’un coup d’œil on voit immédiatement dans quelles conditions va fonctionner l’obturateur. Il suffit pour cela
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- (a0 4) de lire le nombre inscrit sur le cadran, dans indiquant, sur ce levier, la largeur de la fente. Les le secteur occupé par le levier L et en lace du chiffre chiffres donnés ont été vérifiés d’une façon très pré-
- Fig. 4. — SigrisU: à reiuk’munt ni;i\iiiiuni. — 1. Ensemble de l'appareil et de sou viseur.
- 2. Détail du magasin et de la lente obturatrice. — 3, 1. Ensemble de l’appareil et du cadran indicateur de vitesse.
- 5, 0. Détails de l’oblurateur.
- cise au moyen du chronographe électrique de d'Ar-sonval. L’appareil peut recevoir un objectif de marque quelconque ; il est tout indiqué d’y adapter les objectifs travaillant à grande ouverture si l’on veut obtenir des chevaux de course (11 g. 5) comme ceux ([lie nous reproduisons ici et [tour lesquels le temps de pose a été de 1/2800 de seconde; les chevaux n'étaient [tas à [dus de 5 mètres de l’appareil. Le procédé de reproduction que nous employons en typographie ne permet pas de se rendre compte de la finesse extrême des détails obtenus ; on distingue sur le cliché les clous sur le sabot et c’est cette partie de la bête qui
- est animée de la plus grande vitesse, puisqu'elle a son mouvement propre, au moment où elle est lancée en avant, et quelle participe en même temps au mouvement général de l’animal.
- Mais, comme nous le disions plus haut, on n’a pas souvent besoin d’exécuter des tours de force de ce genre et les avantages du rendement maximum se feront plutôt sentir pour l’amateur dans la facilité qu’il aura de pouvoir toujours obtenir un résultat sans beaucoup de lumière : en prenant une faible vitesse et une fente un peu large on arrive à faire de l'instantané dans un atelier. Le portrait du Shah de
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- Perse (lig. 5) a été obtenu dans ces conditions à l'ombre d'un vélum. Les résultats obtenus par l'emploi de l'appareil Sigriste ont toujours l'ait l'étonnement des connaisseurs et si nous n'en avons pas parlé plus tôt c'est que l’inventeur, qui voulait diriger lui-mème la construction de ses appareils, ne peut que depuis peu de temps le mettre dans le commerce, à cause de l’étude très minutieuse qu’il a voulu faire de tous les moindres détails; le retard qu'il a apporté à la construction du modèle définitif est une garantie de la perfection qu’il voulait atteindre. G. M.yrksch.vl.
- CLICHÉS A COULEURS SPECTRALES
- PAU lU'FI.i:\IO.N 1
- Les couleurs en question, je me hâte de le dire, n’ont aucun rapport avec celles des objets photographiés; elles sont simplement fonction de l’énergie actinique émise par ces objets et de l’intensité plus ou moins grande du développement.
- Le procédé, qui permet d’obtenir ces couleurs, est exactement le même que celui qui devrait donner la couleur naturelle des objets, phénomène qui ne s’obtient guère que de loin en loin, et encore très approximativement.
- J’ai été mis sur la voie de la cause qui produit mes clichés en couleurs en répétant les bulles expériences du chimiste américain Carey-Lea sur les diverses formes allotropiques de l’argent, et qui ont été publiées autrefois par le Bulletin de VAssociation belge (14e année, n° 7). L’une de ces formes m’avait surtout frappé, celle (pie Carey-Lea a nommée la forme intermédiaire jaune or, et dont la stabilité égale presque celle de l’argent normal.
- Depuis longtemps, j’avais remarqué qu’un développement vigoureux, accompagné de l’emploi d’un miroir de mercure permettant d’augmenter l’énergie lumineuse par sa réflexion sur la couche sensible, me donnait presque constamment des images d’une couleur jaune or, en tout semblable à celle des miroirs dorés que l’on obtient en étendant sur verre l’argent de la forme allotropique intermédiaire; même éclat et mêmes réactions chimiques.
- S’il arrive qu'au lieu de la couleur jaune or on obtienne de vives couleurs spectrales, l’humidification de la couche, suivie d’un frottement ménagé, fait que l’image, « sans rien perdre de sa vigueur », se transforme en la couleur jaune or, qui est celle propre à l’argent allotropique de la forme intermédiaire.
- 11 est de toute évidence que l’on est en présence d’un dépôt d’argent réfléchissant sur lequel une mince couche du milieu (albumine) joue le rôle d’une lame mince de l’ordre d’épaisseur de la longueur d'onde de la couleur observée.
- La meilleure confirmation à donner de ce fait consiste à faire disparaître, par le frottement, la lame mince, cause de la couleur, et, sur l’image sous-jacente bien polie, d’étendre une mince couche d’un liquide colloïde ; on verra, au séchage, de vives couleurs reparaître, qui,
- 1 Extrait du Bulletin de VAssociation belge de photographie, n° de juin 1902. Le même auteur a tait une communication ayant pour but de faciliter le moyen de répéter ces expériences, et celte communication a paru dans le Bulle-lin de la Société française de photographie, 1899, p. 409.
- comme les primitives, se transformeront sous la buée humide produite par le souffle.
- Tout ce qui vient d’être dit se rapporte aux plaques albuminées, celles [(réparées à la gélatine étant altérées par le frottement.
- On conçoit fort bien que l’argent puisse être réduit sous l’une de ses formes allotropiques. Mais quelle est la cause qui produit la lame mince sans laquelle la couleur n’existerait pas?
- £< Selon moi, elle est due à la propriété que possèdent, a un degré éminent, les particules de la forme intermédiaire de l’argent de sécher en contact optique. Au séchage, ces particules s’attirent, se soudent, forment bloc en un mot, et abandonnent à la surface de l’image, sur les deux faces, une couche mince et transparente d’albumine ou de gélatine ne renfermant plus aucune molécule d’argent réduit.
- Si l’on considère que la couche sensible possède généralement une épaisseur uniforme, ce qui n’existe pas pour l’image dans ses diverses parties, il s’ensuivra que la lame mince, elle aussi, variera d’épaisseur, ne correspondra pas partout à des longueurs d’onde égales, et qu’il pourra y avoir production de couleurs diverses.
- A l’»ppui de la communication ci-dessus, j’ai adressé à l’Association Belge la collection très complète de spécimens que j’ai présentée au dernier Congrès des Sociétés Savantes, et qu’elle a bien voulu admettre dans ses archives. Tous les membres de l’Association ont donc pu s’assurer de la scrupuleuse exactitude des divers faits que j’ai énoncés. A. Bla.nc.
- NOUNEAU GENRE DE « FAUX EN ÉCRITURE »
- Verba volant, scripla quoque?
- Généralement on connaît — de mauvaise réputation — la question des encres spontanément effaçables, quelquefois employées par les faussaires. Les Tribunaux s’en sont occupés de temps à autre. L’exemple type en est donné par cette encre. — Oh! de toute « petite vertu! » — baptisée (( encre des filous » ou des « amoureux » par feu Jobard, chimiste belge. On sait que cette encre, obtenue par la dissolution gommeuse de l’iodure d’amidon, possède la propriété de s’effacer peu à peu et spontanément à la longue. Mais heureusement pour les honnêtes gens, l’encre des filous ne se détruit réellement pas, elle ne fait que devenir invisible, latente; elle peut être restituée dans son intensité primitive par des applications ménagées de réactifs appropriés (eau chlorée et analogues). De même les encres truquées laissent presque toujours sur le papier, après leur effacement, des produits résiduaires, permettant la régénération de l’écrit ! L’antique adage latin : « verba volant, scripta manent » ou « les paroles passent, les écrits restent », serait donc toujours vrai.
- Or, il n’en est rien, malheureusement ! Voici, en effet, un procédé rendant irrévocablement délébiles des « scripta » quelconques.
- On trempe le papier destiné à l’écrit dans un acide dilué, de préférence l’acide sulfurique. L’acide est employé plus ou moins étendu d’eau, selon la durée (mois, années, etc.), souhaitée pour l’écrit. Le papier essoré est mis à sécher. Au besoin il est neutralisé très superficiellement par applications de vapeurs ammoniacales, d’eau de chaux ou analogues.
- Si l’on écrit sur un tel papier, avec une encre quelconque (voire même les plus officiellement indélébiles), qu’arrive-t-il ? Au bout d’un temps, variable selon la con-
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- centration de l’acide, l’hygrométricité, la température, etc., du milieu où l’écrit est conservé, le papier, moléculaire-ment miné et corrodé par l’acide demeuré dans ses pores, se désagrège spontanément. 11 tombe en poussière au moindre choc. L’écrit tracé sur le papier est donc détruit irrévocablement, sans restitutions chimiques possibles.
- On le voit, le phénomène ne tient pas à l’encre employée cette fois, mais bien à son support, devenu éminemment destructif. Et le support, rien ne peut le reconstituer, quand il s’émiette à la longue.
- J’estime qu’il est opportun de signaler au public les dangers éventuels de cette espèce de faux d’un nouveau genre; car le signaler publiquement, c’est en atténuer déjà la gravité possible. Un cas d’épidémie signalé est moins dangereux que s’il demeure ignoré.... G. L. R.
- NOUVEAU CHEMIN DE FER DE MONTAGNE
- On construit actuellement en Suisse une voie de montagne des plus intéressantes, par l’altitude à laquelle elle s’élève comme par les difficultés que rencontre son établissement, et dont pourtant bien peu de gens ont entendu parler : c’est celle de Tliusis à Saint-Moritz.
- Ce nouveau chemin de fer se construit dans ce canton des Grisons au sol si mouvementé, aux cimes admirables, et où l’on rencontre déjà des lignes audacieuses, comme celle de Landquart-Davos, dont le point culminant atteint 1654 mètres à Wolfgang. Nous dirons, pour ceux qui voudront localiser Tliusis sur la carte, que cette belle station de montagne, qui porte aussi le nom de Tosanna, est desservie par une voie ferrée qui part de Landquart, et donne par conséquent une commmunication facile avec le lac de Zurich et le lac de Constance par la ligne qui se bifurque à Sargans. Tliusis est le chemin tout indiqué par lequel on gagne normalement la station bien autrement célèbre de Saint-Moritz ; mais jusqu’à présent les transports entre ces deux points ne s’effectuent que par diligences postales en 12 heures environ.
- La ligne de Tliusis à Saint-Moritz n’aura un développement que de 65 kilomètres ; mais alors que son point de départ n’est qu’à 700 mètres, son point d’arrivée est à 1774 mètres, et de plus elle s’élève à une hauteur de 1825 mètres dans le tunnel de l’Albula (dont le creusement se poursuit à l’heure actuelle), tunnel qui lui permet de franchir la ligne de partage des eaux du Rhin supérieur et du Danube. Bien que, du coté du bassin de l’inn, le tracé soit relativement facile, cela n’em-pèclie pas que, en dépit de déclivités atteignant 55 pour 100 et de courbes dont le rayon s’abaisse à 100 mètres, il n’y aura pas moins de 16 kilomètres en tunnels et de 2kra,7 en viaducs entre les deux terminus : c’est du reste entre Tliusis et Tiefenkasten que les difficultés s’accumulent, 55 pour 100 de la longueur de cette section étant en tunnels et 15 pour 100 en viaducs. 11 est vrai que les déclivités ne dépassent point 25 pour 100, ce qui est pourtant respectable. Dans la section suivante, de Tiefenkasten à Filisur, on rencontre des viaducs en rampe de 20 et 25 pour 100 coïncidant avec des courbes de 100 et de 140 mètres de rayon. Entre Filisur et Bergin, on trouve des rampes de 50 pour 100 en tunnel, et un peu plus loin, vers Preda et l’entrée du souterrain de l’Albula, il a fallu gagner artificiellement un développement supplémentaire de plus de 5 kilomètres au moyen de lacets et de tunnels hélicoïdaux superposés de la façon la plus fantastique. La
- longueur du tunnel est de près de 6000 mètres, et on doit le creuser presque uniquement dans du granit compact ; il est estimé devoir coûter bien près de 6 millions, d autant que, sur certains points, il s’est produit des invasions d’eau, et que le terrain s’est brusquement ramolli sous cette influence.
- Le prix de revient de celte ligne, qui se réunira un jour par un embranchement avec celle de Sargans à Davos-Platz, est évalué à 22 millions, ce qui met le kilomètre à 550 000 francs : ce n’est certainement pas exagéré pour une ligne de montagne qui, il.est vrai, est à l’écartement réduit de 1 mètre. 1). L.
- LA VALLÉE DE CAMMUEIL
- La vallée de Campbieil, dans les Hautes-Pyrénées, est une ramification de la vallée de Iléas, qui s'embranche elle-même sur le long et célèbre couloir remontant de Luz à CavaTnie.
- Ouverte à hauteur de Gèdre-dessus, pour qui elle semble épancher son gave, la vallée de Campbieil, par suite de son orientation, établit une communication assez inattendue entre les arrondissements d’Argelès et de Bagnères-de-Rigorre, car le plus important des deux passages qui la terminent débouche, accessible aux chevaux, dans le vallon de Badet, au-dessus d’Aragnouet, le dernier village de la vallée d’Aure. C’est le col de Campbieil (2595 m.).
- L’autre passage, dit de la hourquette Badet, se trouve également au fond du Campbieil, mais sur la gauche, c’est-à-dire au nord, environ 5000 mètres d’altitude. Plus rude que le premier, moins direct aussi, il n’est fréquenté que par les chasseurs et les alpinistes. Le vallon de Cap-de-Long, avec lequel il se relie, mérite d’être considéré comme l’origine réelle, la véritable terminaison de la vallée d’Aure, puisque la Neste y débute dans le petit lac Badet pour traverser plus bas, au milieu de vastes sapinières, les lacs de Cap-de-Long et d’Orrédon, qui sont tous deux l’objet d’une excursion superbe et recommandée . C’est en aval d’Aragnouet que la Neste, après avoir décrit une boucle dont la concavité regarde l’Espagne, reçoit l’aflluent formé par la réunion des ruisseaux de Badet, de la Géla et de Saux, et s’infléchit vers les plaines qu’arrose la Garonne.
- Sur l’arête rocheuse qui sépare le vallon de Badet de celui de Cap-de-Long se dresse le pic Méchant (2944 m.). La limite des arrondissements d’Argelès et de Bagnères, à l’extrémité de la vallée de Campbieil, se confond avec celle des cantons de Luz et de Yieille-Aure et encore avec celle des communes de Cèdre et d’Aragnouet. Elle se détache de la frontière au pic de Troumouse pour toucher successivement le pic Gerbats, le pic de la Géla, les pics des Aiguillons et de Campbieil, le pic Badet, le pic Long, etc.
- L’entrée du Campbieil se creuse profondément, au contraire de la vallée d’Estaubé qui offre un seuil. Les touristes pour Héas la dépassent généralement sans y penser, quoique captivés un instant par les vertes pelouses de Gèdre-dessus, si délicieuses, avec
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- leurs chatmiiues perdues parmi des bouquets et des rideaux d'arbres. Et cependant, cette vallée, déjà fort curieuse pour qui voudrait étudier l’économie pastorale, renferme quatre pics superbes, dont les ascensions ont chacune leur attrait propre : le pic Long (5194 m.), aiguille granitique et vertigineuse, qui s'appela longtemps le pic Vierge ; le pic de Camp-bieil (5175 m.), de nature calcaire, aussi facile à vaincre que le Piméné et supérieur à lui en tant que belvédère; le pic lïadet (516J m.), dont l’arête et les escarpements sur l’Estibère-male constituent une vraie merveille; et enfin le pic des Aiguillons (2900 m.), au faîte duquel le touriste peut admirer par beau temps une éclatante apothéose du Mont-Perdu.
- L’enceinte entière comprend la tour d’Abeilla et trois autres sommets secondaires, le Dieuzeyde, l’Agudes et l’Espade; l’arête de Crabounouse ou de Bugarret, (pii épaule le pic Long à l’ouest ;. le pic Long, la hourquette du pic Long, le pic Badet, la liourqnette Badet et le pic de Campbieil; la crête de Lentilla, projetée à angle droit sur le pie des Aiguillons ; le col de Campbieil ; et finalement, en retour, le pic des Aiguillons et la crête de Camplong, dont l’éperon terminal, vis-à-vis la tour d’Abeilla, encadre l’orée.
- La vallée de Campbieil court du levant au couchant, sur une longueur de 9 à 10 kilomètres. Elle comporte un thalweg avec deux lieux dits le
- Fig. 1. — Vallée de Camjibieil. Pic des Aiguillons ou Soum des Salettes. (D’après une photographie de M. Lucien Briet.)
- Campbieil, partie basse, et le Saoucet, partie liante, séparés l’un de l’autre par un étranglement; sur cette ligne viennent aboutir les deux ravins de l’Esti-bère-bonne et de l’Estibère-male, ainsi que les pentes accédant à la hourquette Badet; d’autre part, une terrasse de pâturages, la montagne de Bassias, s’accole an Camplong. Tout cela est suffisamment indiqué dans la carte d’Etat-Major.
- Quelques auteurs, et à tort, orthographient Cam-biel ou Combieil à l’exemple du plan cadastral. Le patois de Barèges exige Campbielh, qui se transforme en français Campbieil, Ih égalant ill mouillé. Bien qu’on prononce cam, il faut un p à camp (champ), car tous les dérivés de ce nom comportent cette lettre. Exemples : campet, petit champ ycam-pari, champ transformé en pré, etc. Même racine
- latine que pour notre mot camp, campus, qui signifie le lieu où s’établit une armée.
- Comme le vallon qu’il féconde, le gave de Campbieil se dirige de l’est à l’ouest, en déviant sur la fin de son cours pour rejoindre le gave de Héas. 11 prend naissance dans le Saoucet, au moyen de fontaines que révèlent ou annoncent quelques petits marécages, et ses eaux, peu à peu tumultueuses et grossies, roulent et achèvent leur trajet, sans oser la moindre cascade. Des affluents lui arrivent de toutes parts : l’égout des neiges de la hourquette Badet, les ruisseaux de l’Estibère-male et de l’Esti-bère-bonne, les sourcellements de l’Agudes et de l’Espade, le débit du lac de Bassias. L’Estibère-male et le ravin de la hourquette Badet sont séparés par la crête d’Araille, qui jaillit du faux pic Badet, et est
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- parallèle à un autre chaînon, non dénommé, moins déchiqueté, issu de Crabounouse et se prolongeant entre les deux Estibères, de façon à s’arrondir en un fronton devant les granges. Estibère, estibe, estibette, (comparez en français estival, qui a rapport à la saison d’été), signifie une montagne couverte de pâturages. L’Estibère-bonne possède des gazons, et l’Estibère-male, ou mauvaise, n’est qu’une combe affreuse, emplie de glaces et de débris, à peine accessible, où les troupeaux n’ont pas à chercher leur nourriture.
- On s’aperçoit vite, à examiner attentivement la carte d’Etat-Major, que les hachures dont la vallée de Campbieil est criblée, ne rendent pas son relief
- aussi exactement qu’on devrait l’espérer et s’v attendre. Certes, bien des détails se justifient, paraissent soignés et notés à point, comme par exemple la surélévation de la montagne de Rassias, mais il n’en demeure pas moins incontestable que divers endroits pèchent gravement.... L’Estibère-bonne était l’Estibère-male avant la révision de 1890; depuis, la crête d’Araille persiste à se confondre avec le chaînon sans dénomination qui lui fait pendant.... La cascade de l’Estibère-male manque. Le pic des Aiguillons ou Soum des Salettes a l’air de deux sommités distinctes. La projection du pic de Campbieil, triangulairement dessinée, ne ressemble à rien, et le faux Badet, d’où la crête d’Araille se
- Fig. 2. — Vallée de Campbieil. Lac de Bassins. (D'après une photographie de M. Lucien Briet.)
- «-* détache, ne demande qu’à être mentionné.... D’ailleurs, une erreur regrettable a été commise par les officiers géodésiens : ils ont interverti le pic de Campbieil et le pic Badet, en les prenant l’un pour l’autre. Le jour où je fus mis au courant de ce quiproquo géographique par le vieux guide Theil, je me trouvais justement à 5175 mètres d’altitude, au sommet du pic de Campbieil, avec les pièces du procès sous les yeux.
- Le mole 'terminal du pic de Campbieil, de forme trapézoïdale, imite le toit à quatre pans d’une maison rectangulaire isolée. A la pointe méridionale de son arête viennent se greffer la crête de Lentilla et la crête de la hourquette Badet, perpendiculairement l’une à l’autre. La pointe nord, se montrant un peu plus élevée, est considérée comme le sommet authen-
- tique et seul acceptable; au surplus, c’est elle qui arbore le cairn, couronnement obligatoire et invariable des montagnes conquises par l’homme. Le pic de Campbieil n’est donc pas situé dans la vallée dont il porte le nom, mais en arrière, entre le vallon de Badet et celui de Cap-de-Long. Le pic Badet, au contraire, de la hourquette Badet à la hourquette du pic Long, délimite sans relâche la vallée de Campbieil, et la domine si bien qu’on ne distingue que lui, du chemin de Héas, aux abords de la maison Benqué, profilant sa corne sur le bleu céleste.
- Cette confusion n’a rien après tout d’extraordinaire. Antérieurement à l’élaboration de la carte d’Etat-Major, l’orographie des Pyrénées était un problème. Chacun avait du mal à s’y reconnaître. On s’embrouillait dans les données des naturels. Pour
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- les gens de Cèdre, le pic Radet était naturellement la cime derrière laquelle se trouvaient le vallon, le ruisseau et les pâturages de Radet, tandis que pour ceux d’Aragnouet, ce même pie, qui leur cachait la vallée de Campbieil et avoisinait le col par lequel ils s'y rendaient, ne pouvait décemment s’appeler que le pic de Campbieil : d’où les deux noms qui amenèrent la méprise et ont fait que le pic de Campbieil se trouve dans le vallon de Radet et le pic Radet dans la vallée de Campbieil, alors que ce devrait logiquement être le contraire. Qu’on se remémore, à ce propos, l’embarras de Ramond à la recherche du Mont-Perdu. « Le Mont-Perdu des habitants de Ca-varnie n’est autre chose que YAstazou des pasteurs d’Estaubé, tandis (pie l’Astazou des premiers est le Marboré des autres et en même temps Y Allant de tous. » Du reste, je ne constate toutes ces choses qu’à titre de simple renseignement et de pure curiosité, car cette bizarre erreur, commise sur notre meilleure carte, peut passer aujourd’hui pour un lait acquis, contre lequel il n’y a plus à réagir, et je lui reconnais force de loi, sans la discuter davantage. .
- Le col de Campbieil est dénommé port de Badet ou A'Aure dans la vieille carte de Roussel.
- Lucien Briet,
- Secrétaire gtuéial adjoint de la Société de Spéléologie.
- INDUSTRIE DU HENEQUEN
- AU MEXIQUE
- Parmi les diverses fibres textiles, le henequen tient line des premières places, et on l’emploie en quantité considérable, notamment aux Etats-Unis, pour la fabrication des cordages et des cordes, soit à l’état pur, soit mélangé à du coton ; il sert aussi à tisser de grosses toiles d’une grande solidité, des stores, des tapis des plus résistants, etc. Ajoutons que cette fibre est d’autant plus intéressante que presque tout ce qui s’en exporte du Mexique s’en va aux États-Unis, qui se sont fait une sorte de monopole dans la production des objets en henequen, et qu’il y aurait là une matière première à utiliser davantage en France.
- C’est au Yucatan pour ainsi dire exclusivement que se cultive cette plante, dont il s’exporte annuellement plus de 22 millions de piastres. Le henequen est de la famille des agaves; il croit dans les sols les plus arides en s’en trouvant au mieux, enfonçant ses racines dans un terrain qui ne semble qu’une masse de pierre : il en existe d’ailleurs diverses variétés, comme le sacqui ou henequen blanc, qui est le plus ordinairement cultivé, ou encore le chucamqui, qui atteint une grande taille, mais dont la libre est moins flexible. La plante se reproduit par des rejetons, qu’on appelle en espagnol du nom pittoresque de hijos (fils), et ce sont ces rejetons qu’on emploie pour créer des plantations de henequen. En automne, après la saison des pluies, on débroussaille, et l’on creuse des trous en ligne, à une distance les uns des autres de lm,5ü à 2 mètres, tandis qu’on laisse entre les lignes un espace suffisant pour la circulation des charrettes; ces trous ont seulement de 15 à 20 centimètres de profondeur, et l’on y enterre un drageon en le calant simplement avec des pierres. Il faut dire que ces drageons ont été antérieurement mis en pépinière, et qu’on ne les transplante que
- lorsqu’ils ont atteint 50 centimètres environ de hauteur, grâce à des arrosages.
- Dès la sixième ou la septième, parfoi^ même au bout de la cinquième année après la transplantation, le tronc de la plante atteint de 00 à 70 centimètres de circonférence; on en voit sortir une centaine de feuilles, épaisses, bulbeuses, grisâtres, armées d’épines sur leurs bords et d’un dard à leur extrémité. Sous la pellicule extérieure de teinte laiteuse et la peau cellulaire, se trouve le tissu spongieux, formé des fibres dont la résistance et le nombre augmentent avec l’âge de la plante.
- Les feuilles, pour être récoltées, doivent avoir atteint une longueur de lm,25 environ, et l’on ne coupe, du reste, que les feuilles basses, en laissant une vingtaine de feuilles à la plante (le chiffre fatidique est exactement de 22). En ménageant ainsi les pieds, on peut les conserver en production durant 15 ans. En même temps qu’on récolte, on enlève les épines dont nous avons parlé, et il faut que les feuilles soient portées aux machines quelques heures à peine après avoir été récoltées, afin que toute fermentation soit évitée. Le fil, la fibre proprement dite, se sépare de la pulpe au moyen de machines appelées raspadores (râpeuses) dont il existe un grand nombre de types : de cette préparation et aussi du séchage au soleil, dépend la blancheur des fils, qui en fait sensiblement varier le prix. Disons que généralement un millier de feuilles peuvent donner quelque 50 kg de fil.
- Si nous voulons nous rendre compte approximativement de ce que peut rapporter la culture de l’henequen, nous rechercherons d’abord ce qu’il en coûte pour établir une plantation et pour l’entretenir jusqu’à ce qu’elle commence de pouvoir être mise en coupe régulière. Au bout de cinq années, une plantation comprenant 100 000 pieds a coûté en moyenne (et même en poussant les choses à l’extrême) 6825 piastres (la piastre valant 2fr,40), dont 1800 francs rien que pour l’achat de 100 000 rejetons. Si maintenant nous supposons cette plantation exploitée durant six années après que les récoltes ont commencé, cela représente encore une dépense complémentaire de 29 500 piastres, dont 4000 pour la machine râpeuse et le moteur à vapeur qui la commande. Quel est par contre le rendement? il atteint environ 24 millions de feuilles pour les six années, ou 720 000 kg de fil pur, ce qui correspond à une valeur de 144 000 piastres. Et si l’on en déduit les frais divers, il reste un bénéfice de plus de 107 000 piastres, bénéfice énorme qui fait de la culture du henequen la plus lucrative des cultures du monde.
- C’est pour cela que nous serions heureux de la voir tenter sur certains points de Madagascar, du Sénégal ou d’autres parties de la cote d’Afrique. U. de M.
- ÉRUPTIONS ET TREMBLEMENTS DE TERRE
- Les faits groupés par M. Milne en vue d’établir sa théorie des concordances1 entre les éruptions et les tremblements de terre mettent bien en évidence l’instabilité toute particulière de la région des Antilles. En outre, ils nous donnent d’une façon rudimentaire l’historique de cette région depuis 1692 jusqu’en 1902. Nous allons donc les exposer brièvement en suivant l’ordre chronologique.
- 1692. — Le 7 juin, destruction de Port-Royal à la Jamaïque. Submersion d’un énorme morceau de terrain entraînant hommes et habitations. Les montagnes sont secouées et un lac se forme. A rapprocher de l’éruption du mont
- 1 Voy. n° 1518, du 28 juin 1902, p. 62.
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- Misère, à Saint-Cristophe, qui eut lieu la même aimée.
- 1718. — A Saint-Vincent, dans la nuit du 5 au G mars, il surgit de mer up morceau de terrain qui s’immerge à nouveau. — Le 24 mai, éruption de Morne-Garou.
- 17GG. — Fortes secousses à Antigua le il mars et le 17 à Grenade. Le 11 juin, mêmes phénomènes à la Jamaïque et à Cuba et, vers le milieu de juillet, à Sainte-Marie, dans l’Amérique du Sud. Le 15 août, tremblement de terre et violent orage à la Martinique, suivis vers la fin du mois d’une violente secousse. Le 18 août, c’est le tour de la Guadeloupe et de San-Yago à Cuba. Le G octobre, tremblement de terre et orage à Saint-Eustaehe, le 21 à Caracas et à Cumana, qui fut détruite. Le 12 décembre, légère secousse à la Martinique. — Cette année eut lieu l’éruption du Qualibou, à Sainte-Lucie.
- 1707. — Le 4 février, un tremblement de terre détruit Quito, anéantit 40000 personnes. Le mouvement se propage sur une grande étendue et il se forme d’énormes tissures. La fumée de Facto, distant de 75 lieues, s’arrête subitement. Vers cette époque, il se produisit une série de secousses aux petites Antilles qui persistèrent durant 8 mois jusqu’à l’éruption du volcan de la Guadeloupe, le 27 septembre, qui marqua leur fin.
- 1802. — Le 2 février, troubles à Antigua, à la Guadeloupe. Des perturbations se produisent dans les Antilles en février et mars.—Éruption de la Soufrière de la Guadeloupe.
- 1811-1812. — Le IG novembre 1811, fortes perturbations dans la vallée du Mississipi et dans les environs de la Nouvelle-Madrid. Les troubles se reproduisent presque toutes les heures jusqu’au tremblement de terre de Caracas qui détruisit cette ville et tua 10000 habitants.— Le 24 avril, éruption à Saint-Vincent dont le bruit se répercute jusqu’à Caracas. Cette éruption est d’ailleurs précédée d’une forte secousse dans les Antilles, dont plus de 200 à Saint-Vincent. Ces deux éruptions corespondent ainsi à de fortes convulsions sismiques dans la partie voisine du continent américain.
- 1855. — Le 20 février, un tremblement de terre se propage sur 1G00 kilomètres le long de la cote du Chili, il détruit des villes entières et la cote s’élève de 0m,5 à 1 mètre, l-n volcan entre en activité près de la pointe Bacalao et les Andes sont agitées sur 1G00 kilomètres environ. En novembre, les secousses à Conception sont suivies de la reprise du volcan Oroma, distant de plus de 040 km.
- Four abréger cette liste déjà longue, et que M. Milne lui-mème ne donne pas entière, rappelons seulement que les catastrophes récentes à la Martinique et à Saint-Vincent ont été précédées d’un très violent tremblement de terre à la Guadeloupe, le 19 avril, qui fut enregistré jusqu’à File de Wight. Ces documents, bien qu’incomplets, suffisent pour démontrer l’extrême sensibilité de la région des Antilles à toute « excitation » sismique, même quand celle-ci est d’origine lointaine. J. Garcin.
- LES CUCURBITACÉES
- GOURDES ET COLOQUINTES
- Dans la famille des cucurbitacées, on trouve les fruits les plus gros : « Le Potiron (Cucurbita maxi-ma), écrit M. G. Fraipont, qui parle des plantes aussi bien qu’il les dessine, est le géant des légumes : on dirait une monstrueuse orange tombée d’un arbre fabuleux et aplatie par sa chute. Extraordinaire cu-curbitacée, blottie sous de grandes et belles feuilles
- à pétiole poilu, il fut d’abord grande et belle Heur à corolle d’un jaune éclatant aux pétales pistillés, piqués dans un calice globulaire verdâtre qui entle, enfle, rejette les pétales jaunes dont il emprunte la couleur, grossit encore, jaunit davantage, devient une sphère aux tons orangés : son poids ne lui permet plus alors de rester suspendu, il s'affale sur le terrain, continue à engraisser, devient ventru, obèse, omnipotent, gonfle encore aux rayons du soleil avec lequel il semble vouloir lutter d’éclat et de grandeur1. » Telle est la vitalité de l’étrange végétal que ses tiges sar-menteuses et rampantes s'étendent en peu de semaines à 8 ou 10 mètres du point d’où elles partent et ses volumineux fruits arrivent parfois .à atteindre le poids de 100, J 50 et même 200 kilogrammes. La Citrouille (C. pepso L.), que le fameux Garo de La Fontaine aurait voulu voir suspendue au chêne, est moins volumineuse que son cousin le potiron, mais elle atteint encore une taille et un poids très respectables. Cette citrouille est très polymorphe, c’est-à-dire, en style de botanistes, qu’elle a donné naissance, par voie de croisement et de sélection, à un grand nombre de variétés qui forment aujourd’hui des races bien distinctes et bien différentes de la race d’origine. 11 est bien difficile de retrouver la citrouille dans ces pâtissons ou bonnets d’électeurs, sortes de coiffure ou plutôt de pâtisseries très bizarres, non plus que dans ces coloquintes d’ornement, aussi variées de formes que de coloris.
- Parmi les végétaux, dont les fruits constituent le principal ornement, les coloquintes sont des plus intéressantes. Leurs fruits ont en effet une écorce coriace, subligneuse, qui, quand elle a bien mûri, leur permet de se conserver pendant plusieurs années sans trop perdre leur vive coloration. Cette aptitude rend les coloquintes utilisables au double point de vue de l'ornementation des jardins et .de celui des appartements. Rien n’est en effet plus joli qu’un treillage garni à la fin de l’été de ces nombreux petits fruits aux formes singulières et parés des couleurs et des panachures les plus vives. Plus tard, après leur récolte, à l’approche des froids, ils ornent admirablement les cheminées et les divers meubles des appartements.
- Voici la coloquinte oviforme blanche, de la couleur et de la grosseur d’un œuf. La coloquinte orange, sauf l’épiderme qui est parfaitement lisse, ressemble à s’v méprendre à une orange. La jolie coloquinte bicolore, jaune et verte. Les couleurs sont très nettement tranchées, on dirait qu’on les a trempées dans un bain de teinture; elles ne représentent pas ces teintes fondues si agréables de nos poires ou de nos pommes. La « coloquinte poire rayée » ressemble à une sorte d’aérostat d’enfant, jaune et vert.
- La coloquinte galeuse mérite bien son nom : des verrues très saillantes en couvrent toute la surface et la rendent des plus bizarres.
- Mentionnons encore la coloquinte vivace (Cucur~
- 1 G. Fraipont. « Fleurs, plantes et fruits. »
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- bita perennis, A. Gray), bien moins cultivée pour ses lruits gros comme une petite orange, vert bariolé de blanchâtre et qui nouent rarement, que pour ses tiges susceptibles d’atteindre jusqu'à 10 mètres de longueur, traînantes ou grimpantes, mais qu'on étale souvent en cercle sur le gazon où elles simulent les brandies d'une étoile. Ses Heurs exhalent une odeur assez prononcée de violette.
- Ces coloquintes n’ont rien de l'amertume de la coloquinte officinale qui constitue un purgatif très énergique et très amer.
- Les gourdes ou calebasses ressemblent beaucoup par leur mode de végétation et par l’aspect de leurs
- fruits aux courges ou coloquintes dont nous venons de parler. Mais les gourdes, nullement comestibles, sont dépourvues des jolis coloris qu'on observe chez les courges proprement dites et en particulier chez les coloquintes. Elles ne sont pas non plus susceptibles des multiples emplois qu'on peut faire de ces derniers pour l'ornementation des appartements ; car, à la maturité, l’épiderme se ternit et se couvre plus ou moins de taches rousses ; seule, la forme reste ce qu'elle était à l’état frais, originale ou imposante par son volume. Mais, par contre, ces fruits présentent, à cause de leur dureté, une certaine utilité comme récipients à liquides ou autres
- Fig. 1. — 1. Coloquinte à anneau. — 2. Coloquinte poire rayée. — 5. Coloquinte vivace. — 4. Cougourde. — 5. Gourde massue longue. 6. Massue d'IIercule. — 7. Gourde de Corse. — 8. Coloquinte galleuse. — 9. Courge olive,
- matières : la poudre ou les graines notamment. Chez nous, on emploie la courge pèlerine moyenne et la courge plate de Corse pour faire des bouteilles à boisson; la courge pèlerine, très grosse, fait d’excellentes vessies natatoires et, dans les pays chauds, les indigènes en font des sébiles pour contenir leurs aliments. Lorsque le fruit s’est développé dans un pays chaud et qu'il y a bien mûri, l’écorce atteint presque la dureté du bois; elle se laisse alors polir et prend bien le vernis ou la teinture, et l’on peut même agrémenter son aspect en y gravant au besoin des arabesques ou autres figures, comme le font les indigènes. Avant d’utiliser une deces courges connue récipient à liquide, il faut en enlever les graines et la pulpe sèche, ce à quoi l’on parvient assez facilement en pratiquant un petit trou au sommet, qui servira
- de vidange, et en s'aidant d'un fil de fer crochu. 11 faut ensuite faire subir une petite [(réparation à l’intérieur ou autrement dit « l’affranchir ». Pour cela, on fait bouillir la gourde dans une lessive de cendre ou de potasse faible, puis on la rince vigoureusement, et l'on y met un peu d’eau-de-vie qu’on y laisse séjourner, pour que les parois s’en imprègnent. Dans les campagnes, dans le Midi surtout, où du reste on peut seulement obtenir des fruits bien lignifiés, on opère plus simplement ; on se contente de [donger les gourdes dans une cuve de vendange et on les y laisse jusqu'au pressurage, le fruit [(rend alors un bon goût de vin et aussi une agréable couleur brune à l’extérieur.
- Les plus curieuses de ces variétés sont celles dont nous avons figuré une partie ici. La gourde pèle-
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- rino, courge bouteille, est une des plus cultivées, parce que son fruit est dur, se tient bien debout et se pend très facilement à une bretelle pour être porté en bandoulière. C’est cette gourde ou bourdon qu’on peut voir pendue au bâton des pèlerins. Son volume et par suite sa contenance peut varier de 2 décilitres jusqu’à 8 et 10 litres. Rien différente est la courge plate de Corse qui s’emploie beaucoup aussi comme récipient à liquide. La variété à petits fruits sert à faire des tabatières et des bonbonnières.
- Rien de plus étrange que les gourdes siphons au long col recourbé, semblable à quelque gigantesque alambic d’alchimiste ou les massues d’Her-
- Fig. 2. — 1. Gourde siphon. — 2. Gourde poire à poudre.
- 6. Calebasse commune. — 7.
- comme notre crin, varechs, etc., à rembourrer les sièges.
- Les Anglais ont donné le nom de Lufali à ce produit. On le prépare en faisant rouir les fruits mûrs dans l’eau courante. Cette matière est utilisée depuis la plus haute antiquité dans les régions tropicales. Son introduction en Europe remonte à 25 ans environ. C’est un article commercial très important : la balle de 70 à 80 kilogrammes se vendant près de 400 francs. C'est en Allemagne surtout qu’on a cherché à mettre cette matière en œuvre. On a même voulu cultiver la plante; mais, sous le climat nébuleux de l’Allemagne, la Lutta n’a pas trouvé la quantité de chaleur nécessaire pour mûrir1.
- Nous ne dirons rien, ni du concombre, ni du me-
- 1 Revue des sciences naturelles appliquées, 1900, 1er semestre.
- cule, atteignant parfois 1 m,50 de longueur et demandant, pour être manœuvrées, de véritables hercules.
- L’anguine à fruits en serpents est une bizarre cucurbitacée exotique dont les fruits ressemblent à s’y méprendre à des serpents suspendus au milieu du feuillage.
- Terminons cette énumération déjà un peu longue par le très curieux Pipengaille (Luffa acutangula) ou torchon végétal. Cette gourde est cultivée surtout au Japon. Lorsqu’on cueille ses fruits après maturation complète, la pulpe se sépare de ses libres, et il reste une masse élastique et absorbante remplaçai! les éponges pour les ablutions, et pouvant servir tout
- — 3, 4. Gourde pèlerine. — 3. Coloquinte amère. Coupe. Pipengaille. — 8, 9. Anguines.
- Ion, dont les différentes espèces sont trop connues pour que nous ayons à le décrire. Nous rappellerons seulement que Rernardin de Saint-Pierre a écrit, à propos des fruits, cette phrase dont on s’est tant moqué à juste titre : « Il y a beaucoup de fruits qui sont taillés pour la bouche de l’homme, comme les cerises et les prunes ; d’autres pour sa main comme les poires et les pommes ; d’autres plus gros, comme les melons, divisés par côtes et semblent destinés à être mangés en famille. Il en est même comme la citrouille qu’on peut partager avec son voisin. » On ne saurait trop admirer l’ingéniosité naïve avec laquelle Rernardin de Saint-Pierre explique la taille et la forme des différents fruits !
- Virgile Brandicourt,
- Secrétaire de la Société Linnéenne du Nord de la France.
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- CHRONIQUE
- La locomotive Compound. —Dans une chronique précédente1, une erreur de typographie a fait disparaître quelques lignes qu’il importe de rétablir. Nous disions qu’on venait de fêter le vingt-cinquième anniversaire de la locomotive Compound. C’est, en effet, le 2 juin 1877 qu’avait lieu, avec l’inauguration du chemin de fer à voie normale de Bayonne à Biarritz, la mise en service régulier des premières locomotives Compound. Ces locomotives, du système Mallet, construites en 1876 au Creusot pour la ligne précitée, avaient 2 cylindres de diamètres différents et un appareil de démarrage pour fonctionner à volonté à simple ou à double expansion, disposition encore employée de [(référence aujourd’hui dans ce type de machines. Elles ont eu un succès complet à tous les points de vue. « C’est d’un petit chemin de fer d’intérêt « local, a dit (1888, p. 210) YOrgan, le journal alle-<( mand bien connu de chemin de fer, que la locomotive « Compound est partie pour se répandre dans toute « l’Europe. » 11 dirait aujourd’hui dans le monde entier. En effet, malgré une vive opposition, le système Com-pound, tant sous la forme primitive que sous d’autres, par les efforts persévérants de M. Mallet et par ceux d’autres ingénieurs entrés après lui dans la même voie, s’est développé avec une telle rapidité que le total des locomotives Compound, qui atteignait déjà un millier en 1889, est aujourd’hui, au bout de vingt-cinq ans, de près de 15000, dont les deux tiers du type inauguré en 1876. M. Mallet l’a, pour sa part, introduit, dès 1879, en Russie, en Espagne et en Autriche, et, un peu plus tard, en Suisse. Sur ce total, plus de 500 locomotives appartiennent au type articulé à 4 cylindres créé aussi par cet ingénieur et dont une des premières applications a été faite au chemin de fer intérieur de l’Exposition de 1889. On ne saurait passer ici sous silence les services signalés que le svstème Compound a rendus en amenant la création de nouveaux types de locomotives et en apportant de précieuses ressources pour l’accroissement de la puissance de celles-ci, comme l’a fait voir l’Exposition de 1900. La même année, 1877, furent mises en construction de nouvelles locomotives Compound munies d’un dispositif pour permettre de varier à volonté et séparément l’admission aux 2 cylindres, arrangement en usage aujourd’hui sur quantité de locomotives Compound à 2 et 4 cylindres. Une des machines dont il vient d’être question figura à l’Exposition universelle de 1878. Enfin, c’est en 1877 que l’Institut de France décerna à M. Mallet le prix de mécanique Fourneyron pour l’initiative prise par lui dans l’application du système Compound aux locomotives.
- I,a gare centrale de triage de Chicago. — Toutes les gares de triage ont besoin d’un grand développement, étant donné que les trains de marchandises s’v forment et s’v décomposent; mais celle de Chicago est un monstre du genre, ce qui s’explique par le nombre considérable de lignes ferrées qui aboutissent dans ce grand entrepôt des grains de l’Amérique, et aussi par le trafic énorme qui s’y fait. Cette gare a une longueur de 4 km sur une largeur de 200 mètres; elle est limitée latéralement par deux voies de roulement reliées aux grandes lignes entre lesquelles elle s’étend. Chacun des deux groupes de voies de classification par la gravité comprend 44 voies parallèles; à la suite sont les voies de trop-plein. Cette gare peut classer jusqu’à 8000 wagons par jour.
- 1 Ynv. n° 1520, du 12 juillet 1902, p. 94.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 juillet 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grve.
- Préparation de composés nouveaux. — MM. Moissan et Doit ont étudié les propriétés du siliciure de vanadium. Ce nouveau composé peut être préparé avec facilité au four électrique en chauffant un mélange d’acide vana-dique et de silicium. Il se produit dans cette réaction plusieurs composés distincts. Si l’on opère avec un courant d’une intensité de 1000 ampères, en présence d’un excès de silicium et pendant un temps très court, on obtient un siliciure bien cristallisé de formule Si* Va. Cette substance présente, de même qu’un certain nombre de corps préparés au four électrique, une grande dureté; elle n’est pas attaquée par les acides les plus énergiques, sauf par l’acide fluorhydrique. Le siliciure de vanadium est insoluble, si ce n’est dans le silicium fondu.
- Les gaz de l'atmosphère. — M. A. Carnot lit un rapport présenté au nom d’une Commission chargée de vérifier des expériences de M. Henriet touchant l’acide carbonique susceptible d’être extrait de l’air de Paris. MM. Ilenriet et Albert Lévy avaient annoncé qu’après avoir extrait d’un volume d’air de Paris tout l’acide qui y est contenu, en employant les procédés habituels de dépouillement, on peut, en soumettant cet air à un nouveau filtrage pratiqué très lentement, en tirer encore environ 50 litres d’acide carbonique pour 100 mètres cubes d’air. Les expériences, pratiquées en présence de la Commission, lui ont permis de constater que cet acide carbonique n’est pas un résidu ayant échappe au premier traitement et qu’il ne provient pas non plus de gaz adhérent au verre des appareils. Pour 'expliquer sa présence, on se trouve dans la nécessité d’admettre qu’il provient d’un composé carboné volatil qui se serait transformé par oxydation en acide carbonique. M. Ilenriet ajoute, dans une Note présentée à la séance, que ce composé parait être une formiamide mo-nosubstituée contenant un radical encore indéterminé.
- Les moustiques d’Algérie. — M. Laveran résume une Note de M. Soulié sur les moustiques recueillis en 54 localités d’Algérie où régnent les fièvres. On n’a trouvé que deux espèces d’anophèles ; quant aux moustiques du genre eulex ils sont incapables de transmettre le paludisme.
- Transmission des lésions organiques aux descendants. — M. d’Arsonval analyse une Note de MM. Charrin, Dela-inarre et Moussu, relative à la transmission aux descendants des lésions développées chez les parents. Les auteurs ont opéré sur des souris en état de gestation auxquelles ils ont fait subir des lésions mécaniques du foie ou des reins. Ces lésions pratiquées aseptiquement permettaient la survie de l’animal pendant un temps plus ou moins long. On le sacrifiait ensuite et l’on examinait le foie ou [es reins du fœtus. Toujours on a trouvé des lésions sur les organes homologues de ceux qui avaient été atteints chez la mère. Ce fait s’explique ainsi : chaque fois que des débris de cellules sont entraînés dans la circulation, l’organisme réagit et produit un poison capable de les détruire. Ce poison passe de la mère au fœtus et vient attaquer l’organe homologue. A l’appui de cette explication, les auteurs produisent une autre expérience. Ils ont non plus altéré les organes de la mère, mais ils ont injecté à celle-ci des extraits de foie ou de rein et ont occasionné des lésions de foie ou de rein chez le fœtus. Ces diverses expériences jettent une lumière nouvelle sur le mécanisme de l’hérédité des lésions organiques.
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- Les fusées para-grêles. — M. le Dr E. Vidal lit un mémoire sur l’emploi des fusées para-greles contre les nuages orageux et mentionne 22 expériences toutes favorables à son procédé. M. Vidal remarque que l’action des fusées qui viennent 'ébranler l’air à 450 mètres de hauteur, ne peut qu’être bien plus efficace que l’action du tore de fumée que l’on produit à l’aide de canons tremblons, tore qui ne dépasse pas 550 mètres d’altitude. Il demande : 1° qu’il soit créé dans toute la France un service d’information chargé de suivre pas à pas la marche générale des orages; 2“ que ce service soit confié aux professeurs départementaux d’agriculture dotés à cet effet de la franchise télégraphique entre eux et les maires; 5° que les observations soient concentrées au bureau central météorologique, que la carte des orages de grêle soit dressée pour toute la France et affichée. M. Mascart appuie les vues de M. Vidal en ce qui concerne l’utilité de continuer les expériences de lutte contre la grêle au moyen de fusées à détonateur, ce procédé paraissant le plus rationnel.
- Séance du 21 juillet 1902.
- Présidence de M. Boüquet de la Grye.
- Propriété de l’albumen. — M. A. Gautier a repris des expériences, remontant à un demi-siècle, sur l’albumen de l’œuf de poule. l:n savant étranger avait observé que si après avoir mélangé cette substance avec de l’eau on filtre et on laisse tomber le liquide goutte à goutte, on obtient un précipité membraneux. M. A. Gautier a étudié cette membrane et découvert qu’elle offrait, à très peu près, la composition de la fibrine; il a ensuite recherché si, comme pour la fibrine des vaisseaux sanguins, la coagulation n’était pas due à l’existence d’un ferment. Il a réussi à mettre en évidence l’existence de ce ferment.
- L’Iode dans le sang. — M. A. Gautier présente une Note de MM. Gley et Bourcet relative aux variations des quantités d’iode que l’on dose dans le sang. Ces quantités varient de 0mer,01 o à 0mgr,115 par litre dans le sang normal. L’amplitude de la variation est donc très considérable. La raison de cette variation paraît être la suivante : lorsque l’on dose l’iode dans le sang, on est obligé de pratiquer d’abondantes saignées sur l’animal en raison des faibles quantités d’iode à déceler ; or, à la suite d’une forte saignée, l’iode du sang disparaît pour se concentrer dans la glande thyroïde qui ne reçoit plus l’apport habituel.
- La conservation des graines. — M. Dehérain résume une Note de M. Maquenne relative à l’action du vide sur les graines, celles qui perdent plus d’eau conservées dans le vide à froid que conservées dans une étuve chaude ; de plus elles gardent leur pouvoir germinatif pendant un temps plus long que lorsqu’elles sont maintenues à l’air libre. C’est ainsi que des graines de panais se sont régulièrement développées après 3 ans 1/2 de conservation dans le vide sec, tandis que celles qui avaient subi le contact de l’air étaient mortes. De là un procédé de préservation des graines délicates.
- Éruption volcanique de la Martinique. — M. Michel Lévy donne communication d’une lettre et d’un télégramme de M. Lacroix, chef de la mission envoyée à la Martinique. 11 résulte de la constatation de la mission que l’éruption de la Montagne Pelée est caractérisée par l’abondance des dégagements gazeux, et que les habitants de Saint-Pierre ont vraisemblablement succombé sous l’effet d’un énorme dégagement de gaz à haute tem-
- pérature. Les fonds voisins de la cote ne paraissent pas avoir subi de changements appréciables ; les pluies torrentielles tombées récemment ont été la cause de grands ravages. Ch. de Yjlledeul.
- LE CENTENAIRE DE BICHAT
- La Société d’histoire de médecine de Paris a pris l’initiative de la célébration du centenaire de la mort de Richat. C’est là une louable pensée. Les honneurs posthumes n’ont pas manqué au grand anatomiste, et ce n’est que justice. Le nom de Richat apparaît comme un des plus illustres et des plus glorieux, et le nouvel hommage rendu aujourd'hui à sa mémoire sera accueilli avec satisfaction par le monde savant et par ses compatriotes.
- Fils d’un modeste médecin de Poncin, Marie-François-Xavier Richat est né à Thoirctte le 14 novembre 1771 S au cours d’une promenade de vacances que son père faisait avec sa famille. Il apprit à lire à l’école de son village, fit ses études au collège de Nantua, et débuta à l’École de médecine de Lyon où professait alors le célèbre Marc Antoine Petit. Il y resta jusqu’au moment du siège par la Convention, en 1795. Obligé de quitter la ville, il revint à Bourg, où on se rappelle son passage à l’hôpital, puis il gagna Paris où il devint en peu de temps et par un coup du hasard l’élève et le disciple favori du grand Desault.
- « C’était, dit Buisson, son collègue et son cousin, un usage établi dans l’école Desault que certains élèves choisis se chargeassent de recueillir, chacun à son tour, la leçon publique, et de la rédiger en forme d’extrait. On lisait cet extrait le lendemain, après la leçon du jour. Un jour où Desault avait disserté longtemps sur une fracture de la clavicule et avait démontré l’utilité de son bandage, en l’appliquant en meme temps sur un malade, l’élève qui devait recueillir ces détails se trouva absent. Bichat s’offrit pour le remplacer. La lecture de son extrait causa la plus vive sensation. La pureté de son style, la précision et la netteté de ses idées, l’exactitude scrupuleuse de son résumé annonçaient plutôt un professeur qu’un élève. »
- A partir de ce jour Desault se l’attacha comme élève, l’introduisit dans sa famille, le regardant comme son fils et le fit participer à toutes ses recherches. Cette protection fut malheureusement éphémère; en 1795, une mort subite enlevait Desault. Bichat termine alors, comme hommage à la mémoire de son maître, le Journal de chirurgie, et réunit les travaux du grand chirurgien en un ensemble documenté.
- C’est en 1797, à l’àge de vingt-six ans, qu’il ouvre
- 1 Toutes les Notices biographiques publiées sur Bichat, les plaques commémoratives indiquent la date du 11 novembre, ce qui est une erreur, .l’ai donné dans mon livre « Les médecins Bressans » le libellé de l'acte de naissance et de baptême copié dans les archives de la mairie de Thoirette. Bichat est né le 14 novembre.
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- son premier cours d’anatomie, puis, quelque temps après, un cours de médecine opératoire. En 1800 il est nommé médecin de l’IIôtel-Dieu. Il trouve là toutes les ressources anatomopathologiques dont il rêvait de faire la base de la thérapeutique et redouble d’activité. Mais ce labeur incessant devait lui être fatal; déjà en 1708 une hémoptysie grave l’avait arrêté pendant un temps assez long ; cet accident se renouvelle. Puis surviennent des troubles gastriques provoqués par les séjours prolongés dans les amphithéâtres. Épuisé,
- Bichat tombe un matin dans l’escalier de l’IIôtel-Dieu et perd connaissance. On l’emporte, mais il succombe en quelques jours, à l’âge de trente-un ans. Dix années de labeur acharné avaient fini par terrasser l’enfant des montagnes, mais elles lui avaient suffi pour laisser des monuments impérissables, son Anatomie générale, ses Recherches physiologiques sur la vie et la mort.
- Sa mort fut un deuil pour le corps médical et Corvi-sart, qui lui avait donné ses soins pendant sa courte agonie, pouvait écrire au premier consul ces mots qui sont gravés sur le piédestal de sa statue : « Bichat vient de mourir à trente ans ; il est tombé sur un champ de bataille qui veut aussi du courage et qui compte bien des victimes ; il a grandi la science médicale ; nul à son âge n’a fait tant et surtout si bien ».
- Il serait difficile d’étudier en quelques mots l’œuvre de Bichat. Ses travaux ont eu un retentissement considérable, et ont été le point de départ des études modernes d’anatomie et d’histologie. En se reportant aux conceptions du temps où il a vécu, Bichat apparaît comme une intelligence supérieure : il a été le véritable créateur de l’anatomie et de la physiologie générales. Notre compatriote bressan joi-
- gnait à ces grandes qualités du savant toutes celles qui font aimer l’homme. Ses élèves, ses collègues avaient un culte pour lui et les souvenirs, les notices de ceux qui l’ont approché le montrent comme l’homme le plus simple, le plus aimable et le meilleur.
- Bichat fut inhumé dans le cimetière de Clamart; mais, en 1845, le Congrès de médecine décida de lui élever un monument (c’est la statue qui est placée dans la cour de la Faculté de médecine) et de lui donner une sépulture au Père-Lachaise. Détail curieux, le procès-verbal de l’exhumation, rédigé par Sanson, Morel-Lavallée et Cloquet, fit constater l’absence de la tête. Elle était restée en possession du professeur Roux, par suite de circonstances qu’on ne connaîtra probablement jamais, et fut restituée à cette époque par Roux lui-même. Un monument simple indique au Père-Lachaise où repose le célèbre anatomiste.
- Les deux statues de Bichat, celle de la Faculté et celle qui s’élève à Bourg sur la place Gre-nette, sont toutes deux dues au ciseau de David d’Angers. Le grand sculpteur s’est inspiré du travail de Bichat sur la vie et la mort en le représentant dans une attitude méditative, scrutant de la main les battements du cœur d’un jeune enfant, tandis qu’à ses pieds est étendu un cadavre recouvert d’un linceul.
- La postérité a consacré la gloire de cet homme de génie, et la Société d’histoire de la médecine a voulu perpétuer cet hommage en faisant «pposer, à la date anniversaire, le 22 juillet, une plaque commémorative sur la maison de la rue Chanoinesse où Bichat a exhalé son dernier soupir. Dr A. Cartaz.
- Le Gérant : P. Masson.
- Statue de Bichat à Bourg (Ain).
- Taris. — Imprimerie Baiiuiie, rue de Fleurus, 9-
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- N" 1525. — 2 AOUT 1902.
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- LES ROCHERS DE LÀ TOUR (ARDENNES)
- Les conséquences de la fissuration naturelle des roches ne se bornent pas à la création des vides du calcaire, que les eaux et rivières souterraines* ont agrandis et agrandissent encore en cavernes plus ou moins amples, selon une loi géologique maintenant établie d’une manière définitive. Si le calcaire, en effet, représente la roche fracturée par excellence, celle qui offre aux infiltrations le plus grand nombre de lignes de moindre résistance, propices à l’introduction de l’eau, celle qui, en outre, par sa constitution lithologique est mieux en butte que toute autre aux coups de bélier de l’érosion mécanique et aux morsures acides de la corrosion chimique, elle n’a nullement le mono-
- Fig. 1. — Rochers de la Tour. (D’après des photographies de l'auteur.)
- pôle de ce craquelage, de cette subdivision en polyèdres irréguliers, qui est en somme une des principales causes destructives du relie! actuel du globe terrestre. Ce n’est certes pas une nouveauté scientifique, surtout en ce qui concerne les Ardennes, que de considérer la démolition des montagnes comme proportionnelle à l’importance de leurs fractures, de leur concassage (diaclases, joints de stratification, etc.). Mais il semble bien que ce principe géologique n’ait pas été jusqu’ici mis en évidence autant qu’il le devrait être et qu’il y ait intérêt à en faire connaître les meilleurs
- Fig. 2. — Rochers de la Tour. Base fendillée.
- exemples. Les roches les plus dures et les plus siliceuses elles-mêmes ne sont point exemptes de cette fissuration extrême qui, de façon inéluctable et fatale, facilite à l’eau son œuvre continuelle de dissociation : dans les formations de tout âge et de toute nature, les diverses espèces de fractures, — dont l’origine première est tantôt d’ordre tectonique (contrecoups des plissements de l’écorce terrestre), tantôt d’ordre physique (fissures de retrait par refroidissement des masses volcaniques), tantôt d’ordre purement mécanique (joints des calcaires écrasés sous leur propre poids), etc., — ont fait plus ou moins de la croûte superficielle de la terre, 30° année. — 2e semestre.
- Fig. 5. — Rochers de la Tour. Bloc principal.
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- l’équivalent d’une maçonnerie lézardée qui va se désagrégeant de plus en plus sans arrêt possible : par ces lézardes la « terre fait eau » de toutes parts et ses écailles se détachent d’autant plus facilement qu’elles sont plus petites, c’est-à-dire que le réseau de leurs lignes séparatives est plus serré. Le phénomène atteint son paroxysme dans les formations calcaires; et les « villes de rochers » (Mourèze, Païolive, Montpellier-le-Ydeux) et les canons des Causses Cévenols en présentent des exemples que peut nous envier l'Amérique. Les grès aussi se comportent de manière analogue, et la forêt de Fontainebleau en est une des meilleures preuves. Pour le granit, les fameux « puits de diamant », où Nordenskjôld a su si savamment trouver d’excellentes eaux potables dans les îles arides
- Fig. 4. — Rochers de la Tour. Ravina sous le bloc principal.
- du littoral Scandinave, établissent péremptoirement la pénétration des eaux douces parmi les cassures profondes de cette roche.
- J’ai montré ici même 1 comment la formation des porphyres, si durs, de l’Esterel a, sur les rivages de ce massif montagneux, effilé de longs promontoires, creusé de profondes calanques et excavé de véritables grottes ; elle a favorisé aussi la destruction des cimes de l’Esterel, décollant des polyèdres énormes de porphyre, préalablement disposés par leur crevassement à la désagrégation finale ; écroulés sur les pentes, ces blocs se sont émiettés dans leur chute et ont formé des manteaux de « clapiers », ou coulées d’éboulis, dont certains dépassent 10 hectares de superficie.
- 1 Le Cap Roux, n° 1207, 19 juillet 1896, p. 102, et Les calanques du Trayas, n° 1307, 18 juin 1898, p. 40.
- A l’autre bout de la France, dans les Ardennes, près Monthermé, à l’embouchure de la Semoy dans la Meuse, les schistes ardoisies et les quartzites du Cambrien à leur tour, font voir à merveille comment fonctionne ce processus de destruction du relief : vers 420 mètres d’altitude, au nord et à 280 mètres au-dessus de la rive droite de la Semoy, les rochers de la Tour sont le site le plus réputé 4de la région et le plus visité par les touristes; à l’extrémité d’un éperon saillant du plateau, ils se dressent en sentinelle, pareils à la proue d’un navire que couronneraient des tourelles ruinées : les photographies ci-contre font voir qu’en réalité l’érosion a laissé ici en saillie des témoins géologiques, en tous points semblables à ceux qui hérissent les crêtes et les terrasses des plateaux jurassiques ; horizontalement, de vrais joints de stratification subdivisent en plusieurs étages ces tours de rochers hautes de 10 à 20 mètres ; verticalement F entre-croisement de grandes diaclases en plusieurs plans conjugués a séparé ces monolithes les uns des autres, taillé leurs faces avec une semi-régularité, fendu de plusieurs coupures profondes la base commune qui les supporte, et isolé le tout de trois côtés entre deux ravinements. Le plus haut des rochers de la Tour est particulièrement curieux, comme formé de deux piliers qui laissent clairement comprendre les phases successives de leur dissection : d’abord la masse s'est séparée du reste des blocs ; puis elle s’est fendue elle-même en deux parties inégales; ensuite le morceau de gauche, horizontalement partagé en trois assises, a vu ses deux blocs supérieurs basculer vers celui de droite ; il en est résulté une arcade naturelle et un etfel de contre-fort que représente notre figure.... Enfin la prorogation des actions météoriques ne peut qu’accroître l'usure du contrefort, jusqu’à ce qu’il perde complètement l'équilibre et soit précipité dans la ravine et émietté parmi les éboulis qui ont tous pareille origine.
- Si connus que soient les rochers de la Tour, il m'a paru bon d’insister sur l’intérêt qu’ils présentent comme exemple, « dans les quartzites », de la démolition des cimes et de la lente atténuation du relief terrestre, par suite de la fissuration des roches et du travail des eaux d’infiltration. E.-A. Martel.
- DU PHÉNOMÈNE DE L’EMJ MORTE
- DAXS LES ATJTF.URS DE L’ANTIQUITÉ
- Parmi les marins de la Scandinavie, surtout ceux de la Norvège, on entend souvent parler d’un phénomène curieux, qu’ils appellent « dôdvand », traduction littérale : l’eau morte, et qui se montre près des côtes, surtout dans le voisinage des embouchures des grands fleuves.
- Ce sont les vaisseaux poussés par un vent faible ou bien les navires conduits à la remorque qui y sont le plus souvent exposés, mais parfois même des bateaux à vapeur l’ont éprouvé. Quand un navire vient à se trouver sur les eaux mortes, il est presque désemparé ; il perd
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- la marche et n’obéit même plus au gouvernail. Parmi d’autres phénomènes on j eut aussi observer des changements remarquables dans l’aspect de la surface de l’eau.
- Un exemple intéressant des effets étonnants de l’eau morte s’est présenté dans le voyage de M. le Dr Fritdjof \ansen avec son bateau Fram. Dans l’automne de 1895, au commencement de son voyage polaire, son navire fut soumis trois fois à un phénomène très accentué d’eau morte dans le détroit de Taïmyr, et M. N anse n en a fait la description dans son travail sur ce voyage. Quoique le navire allât à toute vapeur, le Fram pouvait à peine avancer à cause de l’eau morte et « il a entraîné toute la mer avec lui ».
- Cet événement a donné naissance à des recherches scientifiques sur la nature de l’eaifmorte. Ces recherches, patronnées par le gouvernement Suédois, sont dues à l’initiative de M. Y.Walfrid, de l’université de Stockholm, dont l’ouvrage doit paraître prochainement.
- Ce phénomène s’observa surtout dans les mers du Nord; a-t-il été constaté sur les côtes de la Méditerranée? Telle est la question que M. Y. YValfrid posait, par l’intermédiaire de la presse, aux mairies de nos pays méridionaux. L’auteur nous fera connaître dans son mémoire les réponses qu’il a obtenues ; mais, d’après l’enquête que nous avons faite, nous ne pensons pas que les faits à enregistrer soient nombreux.
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- Ce phénomène évidemment doit être aussi ancien que les mers, et il m’a paru intéressant, pour la solution scientifique du problème, de consulter les auteurs de l’antiquité; j’ai voulu savoir s’ils avaient observé ce phénomène dans la Méditerranée et quelle explication ils en avaient donnée. Or, voici ce que j’ai trouvé.
- Il y a dans la littérature ancienne de nombreux exemples de vaisseaux arrêtés subitement dans leur marche. Le vaisseau, qui portait les enfants de condition noble condamnés par Périandre à être châtiés, alors qu’il allait à pleines voiles, s’arrêta brusquement,.
- Le même accident arriva à la galère d’Antoine, lequel, pressé de parcourir la ligne de sa flotte pour exhorter les siens, se vit dans la nécessité de passer sur un autre bâtiment, si bien que la flotte de César, profitant du retard, eut l’avantage de l’impétuosité dans l’attaque. A ces faits, Pline l’Ancien en ajoute un autre qui se passa de son temps, et il nous raconte tout au long dans son Histoire naturelle comment le navire de l’empereur Caligula allant d’Astura à Antium, sans aucune cause apparente, se trouva retenu dans sa marche.
- Ces faits doivent-ils être rapportés aux phénomènes de l’eau morte, Mucianus et Trebius Niger attribuent l’arrêt des vaisseaux à un murex de forme spéciale et plus large que-celui dont les anciens tiraient la pourpre. On conservait religieusement au temple de Vénus à Guide des coquilles murex en souvenir du service qu’elles avaient rendu aux victimes de Périandre en arrêtant le vaisseau qui les portait.
- Pour d’autres auteurs et pour Pline en particulier la cause du phénomène est la rémora (echeneis rémora), tout petit poisson accoutumé à vivre dans les rochers, son nom rémora lui vient de la propriété qu’il aurait de ralentir et même d’arrêter la marche des navires en se tenant attaché à leurs flancs. Aristote en parle dans son Histoire des animaux (liv. III, ch. x'ii). « Qu’v a-t-il de plus violent que la mer, dit Pline *, les vents, les tourbillons et les tempêtes? Et où les hommes ont-ils travaillé avec plus d’industrie à seconder la nature, que sur
- 1 Edition de Littré, liv. XXXII, ch. r.
- les flots, avec leurs rames et leurs voiles? Ajoutons à tout cela la force indicible des marées, et la mer entière qui se change en un fleuve. Cependant toutes ces puissances, alors même qu’elles agissent dans le même sens, un seul et très petit poisson, appelé échénéis, suffit pour les contre-balancer ; que les vents soufflent, que les tempêtes se déchaînent, il commande à leur fureur, comprime ces agents formidables, et force les navires à rester immobiles, les navires que ne retiendraient pas les câbles les plus gros, les ancres les plus pesantes ; il met un frein à cette violence; il dompte la rage des éléments, et cela sans aucun effort, sans tirer sur le bâtiment, sans faire rien autre que s’v attacher. C’est bien peu de chose, et contre tant de forces combinées cela suffit pour empêcher les vaisseaux de marcher. Les flottes armées en guerre se garnissent de tours, pour que sur la mer même on puisse combattre comme de dessus un rempart. O vanité humaine ! ces proues garnies d’airain et de fer, afin de porter des coups redoutables, peuvent être enchaînées et retenues prisonnières par un chétif poisson d’un demi-pied! »
- Jamais la croyance aux pouvoirs magiques ne fut plus en vogue qu’à l’époque de Pline, et la propriété étonnante de la rémora n’était mise en doute par personne.
- « L’immobilité du vaisseau de l’empereur Caligula, continue Pline, n’avait pas été longtemps un mystère; on en avait compris aussitôt la cause, en voyant que de toute la flotte, la seule quinquérème de l’empereur n’avançait pas : à l’instant on plongea autour du navire pour chercher ce qui l’arrêtait, et l’on trouva un échénéis attaché au gouvernail; on le montra à Caligula. indigné qu’un tel obstacle eût ralenti sa marche et rendu impuissante la bonne volonté de quatre cents rameurs. Il est certain que ce qui l’étonna le plus, c’est que ce poisson qui, par son adhérence, arrêtait le navire, n’eut plus le même pouvoir lorsqu’il fut dedans. D’après ceux qui le virent alors et ceux qui l’ont vu depuis, il ressemble à un grand limaçon. »
- Mais là ne se bornait pas la puissance ralentissante de l’échénéis. Porté en amulette, il retardait les procès et les jugements, et jouissait d’une fâcheuse renommée dans la composition des philtres d’amour (Liv. XXXll,-chap. 50). 11 était d’ailleurs de mauvais présage, ce qui fut démontré, au dire de Pline, par la mort tragique de Caligula : cet empereur, en effet, à peine fut-il de retour à Rome, fut percé par les armes qui le gardaient .
- Telle est l’explication que les anciens ont donnée d’un phénomène qui semble se rapprocher de celui connu sous le nom d'eau morte. Je la donne telle que je la trouve dans les auteurs et simplement à titre de document, car il ne semble pas probable que telle soit l’origine réelle du phénomène observé, même de nos jours, par les marins. Il ne s’agit que d’une simple contribution historique. Nous laissons aux marins, aux météorologistes le soin de résoudre un problème encore obscur sur lequel il nous a paru bon d’appeler i’attention. Dr Icard,
- Lauréat <lo l'Institut.
- EFFETS BIZARRES DE LA PHOTOGRAPHIE
- LEUR CORRECTION PAR LE STÉRÉOSCOPE
- Dans un précédent article1 j’ai donné la description d’un banc optique destiné à faciliter la photographie des petits objets, à courte distance, à l’aide des appa-
- 1 Yoy. n° 1518, du 28 juin 1902, p. 51.
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- ro ils stéréoscopiques de construction courante, et permettant de faire varier systématiquement le degré de relief obtenu. Au cours de l’emploi de cet appareil, j’ai eu souvent l’occasion de comparer, avec soin et en détail, l’effet produit par la contemplation directe de l’objet lui-mème à celui obtenu par l’observation de ses photographies, soit à l’œil nu, soit à l’aide du stéréoscope. Cela m’a permis de relever fréquemment une particularité que l’on a déjà signalée, à plus d’une reprise, comme un défaut de la représentation graphique d'un objet par la photographie simple. J’ai été alors amené à opérer dans des conditions toutes particulières et produisant,
- d’une manière intense, le défaut en question.
- Supposons que l’on photographie simultanément des objets « géométriquement semblables », mais « de grandeurs différentes », en les plaçant à des distances de l’objectif' qui soient entre elles comme les rapports de similitude de ces objets. Ils seront tous vus sous le meme angle par l’objectif photographique. Ils se trouveront alors tous reproduits, sur la plaque sensible, avec des grandeurs identiques. Si l’on examine directement , à l’œil nu, cette épreuve plane, et si l’on n’a pas de termes accessoires de comparaison, on jugera « identiques en dimensions » ces objets « qui ne sont que semblables ». L’aspect
- Fig-. 1. — Photographie d’aspect faux.
- Les 3 flacons qui paraissent identiques sont, en réalité, de grandeurs très différentes.
- Fig. 1 bis. — Les 3 flacons de la figure 1 représentés
- avec leurs rapports réels de grandeur.
- Fig. 2. Photographies d’aspect laux.
- Les 5 flacons paraissent égaux et les 3 verres inégaux alors que c’est précisément l’inverse qui est vrai.
- Fig. 2 bis. — Les flacons et verres de la figure 2 représentés avec leurs^rapports réels de grandeur.
- de l’épreuve sera absolument faux comparativement h la réalité.
- Admettons maintenant que l’épreuve ait été prise en double avec un appareil stéréoscopique et que nous l’examinions au stéréoscope. Grâce à la sensation de profondeur donnée par cet instrument et à la variation de l’angle de convergence des yeux quand on passera de l’examen de l’objet le plus rapproché A h celui du plus éloigné Z, on reconstituera la vérité. On continuera bien à voir Z sous le même angle que A, mais comme la vision stéréoscopique fera sentir (pie Z est plus loin que A, on le jugera par là même, de dimensions plus grandes. Cet effet se produit avec une telle intensité que pour rendre l’impression exacte éprouvée dans ce cas, il n’est même pas suffisant de dire que le stéréoscope permet de se rendre
- compte que Z doit être plus grand que A ; il est plus exact de dire qu’il « le fait réellement voir plus grand », malgré l’identité de dimensions de ses images rétiniennes et de celles de l’objet le plus proche.
- La figure 1 représente trois flacons photographiés dans ces conditions. Ils paraissent identiques et rangés côte à côte à la même distance de l’observateur, à tel point que si l’on n’était pas prévenu, on ne songerait pas à mettre en doute la sincérité des trois étiquettes placées sur chacun d’eux et qui attribuent à tous les trois la contenance de 1 litre. Cependant, leurs contenances réelles sont respectivement, 2 litres, 1 litre et 580 cm3. On peut observer cette photographie, sans la découper dans la page du journal, en utilisant le stéréoscope que l’on possède, de la manière que nous avons indiquée
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- en note au bas de la page dans l’article précédent1 :
- Comme tout le monde peut ne pas avoir de stéréoscope pour l'aire cette expérience, j’ai adjoint, à la ligure 1, la ligure 1 bis qui montre les mêmes objets photographiés, mais en les plaçant, cette fois, côte à côte à la même distance de l’appareil photographique. On les voit alors avec leurs rapports réels de grandeurs. L’examen stéréoscopique de la ligure 1 donne la sensation de ces rapports réels de grandeurs, d’une manière aussi parfaite que l’examen direct de la ligure 1 bis a l’œil nu, mais les trois flacons apparaissent alors, en perspective, à des distances différentes de l’observateur, ce que la ligure 1 examinée à
- l’œil nu ne permet certainement pas de soupçonner.
- La figure 2 montre, d’une manière plus complète, l’inexactitude d’aspect d’une photographie faite dans des conditions analogues; elle contient deux types d’ohjets : flacons et verres de laboratoire. Sur cette photographie examinée à l’œil nu, on juge les trois flacons identiques en dimensions et les trois verres inégaux alors que c’est précisément l’inverse qui est vrai. La ligure 2 bis qui correspond à 2, comme 1 bis correspondait à 1, montre ces rapports de grandeurs réelles.
- La figure 3 exagère encore l’inexactitude d’aspect donnée par la photographie plane en laissant croire
- Fig. 5. - Photographie d'aspect faux.
- La houle de droite parait plus grosse que celle de gauche, alors qu’eu réalité elle a un diamètre trois fois moindre.
- Fig. 5 bis. — Les deux boules de la figure 3 avec leurs rapports de dimensions véritables.
- Fig. F. — Photographie d’aspect faux. Fig. 4 bis. — La garniture de là ligure i.
- Les pièces de la garniture de cheminée, placées à droite et à gauche de la pendule, représentée avec les rapports réels
- paraissent identiques en dimensions, alors qu’en réalité clics sont très différentes. de grandeurs des objets qui la composent.
- la plus grosse celle des deux sphères qui esta droite, alors qu’en réalité elle a un diamètre 3 fois plus petit que celle de gauche. On voit encore en 3 bis le rapport exact de ces dimensions. Mais l’examen de l’épreuve 3 au stéréoscope fait sentir que la plus grosse sphère est trois fois plus loin de l’observateur que la plus petite.
- Enfin la figure 4 montre, sur des objets d’un caractère plus familier, à quel point une photographie peut être trompeuse. Elle simule une garniture de
- 1 Yoy. n° 1518, du 28 juin 1902, p. 53 (note). Le stéréoscope qui conviendrait le mieux à l’observation de ces épreuves devrait avoir des lentilles de foyer correspondant à celui de l’appareil photographique soit O®,06 environ. On peut néanmoins avoir encore une reconstitution assez ' satisfaisante de la réalité avec les stéréoscopes courants du commerce; dont le foyer est plus long.
- cheminée dans laquelle les objets, placés à droite et à gauche de la pendule, paraissent parfaitement symétriques au point de vue de la grandeur et semblent rangés, bien en ligne, sur la tablette de la cheminée. L’examen stéréoscopique de l’épreuve montre qu’il en est tout autrement et révèle immédiatement à l’observateur que les dimensions en hauteur et en diamètre du chandelier de droite sont une fois et demie plus grandes que celles du chandelier de gauche, tandis que le vase de droite n’est, en ce qui concerne ses dimensions, que les deux tiers de celui de gauche. On y reconnaît aussi, sans hésiter, que les deux vases sont en carton découpé et que l'illusion de rotondité, que semble en donner le dessin plan, n’est qu’une apparence elle-même trompeuse. Enfin, au lieu detre rangés sur une même ligne, ces objets sont placés à
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- des distances très variables en profondeur, et la tablette de cheminée aurait dû avoir, pour les contenir tous dans la position où ils étaient placés pour la photographie, une largeur de plus de cinquante centimètres. La figure 4 bis montre les mêmes objets rangés, cette fois, en ligne, avec leurs rapports de grandeurs réelles.
- Comme conséquence de ces faits, on est amené à mettre en doute, pour un certain nombre de cas, la légitimité d’une méthode adoptée généralement dans les cours de dessin et qui consiste à prendre, à bras tendu, avec une réglette graduée, les mesures des dimensions relatives des divers objets à faire figurer sur le dessin. Il est clair q.u’un dessin fait dans ces conditions, bien que géométriquement exact au point de vue de la perspective, comme le serait une photographie, pourra néanmoins présenter un aspect faux par rapport à la réalité.
- J’ai cherché à vérifier expérimentalement cette conséquence en faisant exécuter par deux dessina-
- Fig. 5. — Dessin à la main Fig. 5 bis. —Dessin à la main exécuté des mêmes objets,
- saus l’aide d’aucune mesure. exécuté avec l’aide de mesures.
- teurs non prévenus d’avance, des dessins d’objets empruntés à la figure 2 (deux flacons inégaux et deux verres égaux). Après avoir installé le premier de ces dessinateurs à l’endroit même où était placé l’appareil photographique, je l’ai prié de prendre, à bras tendu, les mesures des dimensions des objets placés devant lui et de traduire le résultat aussi fidèlement que possible sur le papier. J’ai prié, au contraire, le second (qui, naturellement, n’avait pas été prévenu de ce qu’avait fait le premier) de ne prendre aucune mesure, mais de chercher à bien se rendre compte de la forme et des dimensions des objets par leur simple examen à distance et de traduire le résultat sur le papier de manière que le dessin donne la meilleure traduction possible des objets véritables. Les figures 5 et 5 bis montrent les deux dessins faits dans ces conditions : on voit que le résultat est bien le même que celui que donnent les photographies 2 et 2 bis. Le dessin 5 bis, exécuté d’après des mesures, est précisément celui qui a un aspect faux par rapport à la réalité.
- La conclusion de ceci paraît donc être que lorsqu’on aura à dessiner, d’après nature, un sujet dans lequel la perspective jouera un rôle très important, et dans lequel des objets figureront, les uns dans des premiers plans très rapprochés, les autres dans des arrière-plans très éloignés, il ne faudra pas croire qu’on obtiendra nécessairement le meilleur effet possible en traduisant strictement les résultats donnés par les mesures. 11 pourra y avoir intérêt à
- diminuer les résultats des mesures faites sur les premiers plans et à forcer, au contraire, ceux des mesures faites sur les derniers plans. A cet égard, la photographie peut être très utile aux peintres et aux dessinateurs, dans les cas embarrassants, en leur montrant immédiatement si l’épreuve photographique, prise du point de vue choisi, a un aspect assez peu correct pour qu’il y ait lieu d’appliquer des rectifications dans le sens qui vient d’être indiqué.
- Il n’est pas difficile d’ailleurs de s’assurer, sur des tableaux faits par des peintres de talent, que des rectifications de ce genre ont été faites, sciemment ou non par eux, dans l’exécution de ces tableaux.
- Les contradictions et inexactitudes relevées sur les figures précédentes mettent finalement en évidence, avec une grande intensité, ce fait déjà signalé à plus d’une reprise :
- « Dans la photographie plane, l’importance des premiers plans au point de vue de la dimension des objets qui y figurent, est fortement augmentée, au détriment de celle des derniers plans qui est fortement diminuée. La vision stéréoscopique rectifie ces défauts et rend naturelle une image qui, examinée à l’œil nu, serait inacceptable. »
- Dans une collection quelconque d’épreuves stéréoscopiques, on en trouve qui, vues à l’œil nu, montrent des objets peu intéressants du premier plan qui envahissent la moitié de la surface totale de l’image, tandis que les derniers plans, qui contiennent la partie intéressante du sujet, passent à peu près inaperçus à cause de la dimension trop restreinte de leur image. Avec le stéréoscope, l’aspect de ces épreuves est tout à fait transformé : spontanément, l’œil néglige les premiers plans pour aller chercher, au fond de l'épreuve, les particularités intéressantes du dernier plan. Ce fait est bien connu de tous ceux qui s’occupent de stéréoscopie. E. Coiardeau.
- LES DÉCHARGES ATMOSPHÉRIQUES
- La foudre est-elle un phénomène de décharge oscillante? Le Dr Lodge est pour faffirmative, et il soutient que l’étincelle gigantesque qu’est l’éclair obéit aux lois qui régissent la décharge de l’humble bouteille deLeyde.
- L’expérience ne semble pas toujours vérifier cette assertion, et un article tout récent du Dr Walter de Hambourg, publié dans la Physikalische Zeitschrift et reproduit dans The Electrical review, semble démontrer que dans beaucoup de cas le courant de décharge reste continu tout en étant très irrégulier.
- La photographie a établi depuis longtemps que l’éclair est constitué par une série de décharges qui suivent toutes le même chemin. Ce fait se vérifie simplement à l’aide d’un appareil qui se déplace pendant la pose1. Mais
- 1 On peut mentionner à ce propos une photographie transmise à l’Académie des sciences par M. Mascart. Elle est d’un physicien russe, M. Piltschikoff. On y voit marquée la double trace d’une décharge atmosphérique. Les deux traces, placées l’une au-dessus de l’autre, sont strictement parallèles. On ne saurait admettre qu’il s’agit en réalité de deux éclairs consécutifs. M. Mascart pense que c’est l’opérateur qui aura produit le double trait en déplaçant inconsciemment l’appareil.
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- comme c’est à la main que l’opérateur déplaçait son appareil il ne pouvait ainsi mesurer l’intervalle de temps qui séparait deux décharges successives. M. Walter, lui. produit un déplacement régulier par un mouvement d horlogerie qui actionne l’axe vertical de l’appareil.
- L’appareil photographique est fixé à cet axe, mais de façon à pouvoir être dirigé sur le pan de ciel que l’on veut explorer. La plaque employée mesurait 9 X 12 et on avait prévu deux chambres de réserve contenant chacune 12 plaques. Les observateurs se tenaient dans une petite cabane dressée sur le toit d’un grand édifice et percée de 8 fenêtres sur ses 4 côtés. Pour se garer de la pluie on n’ouvrait que la fenêtre qui donnait dans la direction voulue. L’une des épreuves obtenues montra nettement les traces de 5 décharges successives. Les temps qui séparaient ces décharges furent mesurés à l’aide des constantes de l’appareil et trouvés inégaux, le premier étant de 0,042 seconde et le second 0,11 seconde.
- Ceci exclut la possibilité d’une décharge oscillante, car les intervalles auraient été égaux dans cette hypothèse.
- La trace de la première décharge est ramifiée, tandis que les deux autres n’ont pas cette apparence.
- Ce phénomène assez curieux s’explique par certaines expériences intéressantes que fit M. Walter en 1899 sur la formation de l’étincelle électrique avec une bobine d’induction. L’étincelle ne franchit pas d’un coup l’espace d’air, mais procède par étapes successives sous les impulsions de force électromotrice que lui communique la bobine, un peu à la manière de coins qu’on enfoncerait à coups de marteau de part et d’autre d’un morceau de bois. Ses ramifications sont des décharges incomplètes positives, elles se fraient un chemin dans le diélectrique pour rencontrer les décharges négatives sur lesquelles il est curieux de ne constater aucune ramification. lTne fois la trouée effectuée les ramifications disparaissent, car le chemin qui s’est formé est celui de moindre résistance, voilà pourquoi dans la photographie les deuxième et troisième décharges ne présentent pas de ramifications.
- M. Walter a pu compter dans certains cas jusqu’à six décharges à intervalles très inégaux, les temps mesurés étant 0,151, 0,061, 0,075, 0,0019 et 0,103. Les deuxième et sixième décharges étaient beaucoup plus éclatantes que les autres; avec des oscillations périodiques amorties on aurait constaté au contraire une diminution graduelle d’éclat depuis la première jusqu’à la dernière.
- I n examen de l’épreuve montre que la photographie du paysage est double et que ce fait est dù aux deux décharges brillantes. Les vues multiples du paysage constituent un précieux indice de la présence de décharges multiples, quand celles-ci, masquées par un nuage ou pour d’autres raisons, ne sont pas visibles sur l’épreuve.
- M. Walter estime que dans tous les cas où il se produit une décharge entre un nuage et la terre, le nuage est positif par rapport à la terre. Il admet bien que le contraire se produise quelquefois, mais il v a alors absence complète de ramifications. Les résultats qu’obtient le Dl Walter n’ont pas été confirmés par de récentes expériences effectuées en Amérique où on est parvenu, paraît-il, à mesurer la période de la décharge qui serait de l’ordre de 0,02 seconde. Au cours de ces intéressants essais, l’image d’une goutte d’eau tombant au moment d’un éclair a été reproduite six fois sur la plaque, ün poteau de barrière, photographié de la fenêtre d’un wagon, a donné également plusieurs images. La grande majorité des électriciens est pour la périodicité, mais la question n’est décidément pas encore complètement résolue. J. G a ne in.
- LES MENES DE NICKEL DU CANADA
- Je me rendis plusieurs lois au Canada à partir de 1890 pour y étudier les gisements de nickel, leurs conditions géologiques et, ensuite, participer aux installations métallurgiques qui lurent organisées alors sous mon contrôle et avec mes procédés.
- La zone des roches nickélif'ères étant située au nord des grands lacs, je prenais pour m’y rendre soit la route par New-York, plus longue mais plus confortable et agrémentée par le passage aux chutes du Niagara et le spectacle des grands lacs, soit l’itinéraire par le détroit de « Belle-Isle » et le Saint-Laurent aux rives si majestueuses et si pleines des souvenirs de notre puissance passagère. Mais il me fallait, dans ce dernier cas, franchir l’Atlantique dans des latitudes élevées où la mer est toujours pénible, dangereuse par ses ouragans, ses brouillards et ses glaces flottantes, et nous admirions la hardiesse des hommes qui osèrent les premiers s’y aventurer.
- C’est en 1846 que le Dr Hunt signala le premier le nickel dans des roches recueillies par l’explorateur A. Murray, au nord du lac Huron; quand, plus tard, vers 1886, les tranchées du « Canadian Pacific rail-way » découvrirent dans ces parages de véritables gisements, on avait si bien oublié — en dehors du monde scientifique — le nickel de Murray que l’on crut être en face de simples mines de cuivre, tandis que ce métal est simplement mêlé au nickel. Une petite ville, Sudbury, près du lac Nipissing, province d’Ontario, s’élève déjà non loin des premiers centres d’exploitation. Elle comptait seulement alors quelques maisons de bois, mais de larges rues d’attente étaient déjà tracées, ce qui est presque toujours ici une utile précaution. Les nombreux lacs qui constellent le territoire sont admirables non seulement par la pureté et la transparence de leurs eaux, mais encore souvent par le pittoresque que leur donne la présence d’une foule d’îlots boisés et accidentés ; par ailleurs le pays est d’un accès très difficile, n’oflrant que des sites sauvages, couverts de forêts où les arbres et les broussailles se pressent en fouillis ; on ne rencontre que très rarement ici ces petits cours d’eau où le léger canot d’écorce de bouleau du peau-rouge peut circuler au loin et permettre de franchir ccs solitudes désolées. Le relief du sol n’est pas pourtant exagéré, il est formé d’une succession de collines de 550 mètres environ de hauteur, mais elles sont abruptes, rocheuses et leur pied plonge dans des marécages où les castors créent leurs étangs par des digues solides. Au moment de mes voyages, 600 lieues carrées de ces bois avaient été incendiées par les prospecteurs et les chasseurs, qui mettent la torche là où la hache est trop lente à frayer la route : l’incendie s’étend alors librement dans ces forêts solitaires, ne laissant derrière lui que les plus gros troncs d’arbres, noircis, -debout, d’aspect lamentable : ce sont des pins pour la plupart que de
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- nouvelles espèces remplacent, telles que : l'érable des rochers, le chêne rouge, le bouleau noir.
- Tout ce que je voyais dans mes excursions montrait avec évidence l’ensemble des roches et minéraux
- qui caractérisent au plus haut point les contrées métallifères : on est ici dans une vaste zone de l’étage « huronien », formée de syénite rouge quartzeuse en larges bandes, très régulières de composition, sauf
- quelques cas où la syénite rouge perd son quartz ou passe au gneiss ordinaire. Aux environs de Sudbury même, des grauwaekes, des quartzites, diverses variétés de diorites, des roches hornblendiques schi-stoïdes, des dia-bases, etc., se joignent aux syé-nites rouges1.
- Les gravures que nous donnons ont pour cadre le triste ensemble de ces forêts incendiées.
- Ce qui me frappa beaucoup c’est que, dans ce district de Sudbury, quelle que soit la nature de la roche observée elle est nickéli-fère, le plus souvent dans une mesure exploitable. Le fait étant le même à la Nouvelle-Calédonie où les serpentines, les cuphotides et autres roches en contact sont pareillement nickélifères, je vis là un rapprochement des plus remarquables, bien qu’à' Sudbury
- 1 Mines de Sudbury, par J. Garnier. Béranger, éditeur, Paris.
- le nickel soit exclusivement sulfuré, tandis qu’il est exclusivement oxydé en Nouvelle-Calédonie. Je pense donc aujourd’hui, comme je l’ai expliqué dans ce journal1 au sujet de l’Australie occidentale, que ces
- roches nickélifères anciennes de Sudbury, bien que d’apparence si diverse, ont une origine commune et que, comme en Australie, les aspects différents sous lesquels on les voit aujourd’hui, dérivent simplement d’une coordination naturelle de leurs éléments pendant la solidification de la masse primitive fluide, suivant les lois des affinités chimiques. Quel que soit ici l’habitat du nickel, il sé' présente; toujours sous la forme d’un mélange de pyrite de'enivré et de pyrite magnétique nickélifère (ehalcopyrite) ; il se concentre dans des bandes lenticulaires, plongeant 1 Voy. 11° 1463, du 8 juin 1901, p. 25.
- Fig. 2. — Aménagements de la mine Copper Cliff (1890).
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- autour delà verticale, qui se sont orientées vers le I sous l'influence magnétique des pyrites contenues; nord avant le refroidissement complet, sans doute | les parois de ces bandes métallifères ne sont pas
- Fig. 4. — Première fouille dans la mine Evans (1888).
- nettes, elles vont en se fondant de plus en plus dans la roche encaissante.
- Ce mode de gisement est d’ailleurs très analogue à ce que j’ai pu voir dans les terrains nické-
- lifères de Scandinavie et du Piémont (val Sesia).
- Nous remarquerons encore qu’ici certains gisements de nickel pyritcux, souvent les plus riches, semblent s’ètre concentrés dans des fissures de re-
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- trait en mélange avec des blocs de la roche encaissante à arêtes encore vives. La pyrite ne serait ici qu’un ciment ; on peut expliquer ce fait en pensant que, pendant la période de refroidissement de l’ensemble, la pyrite était encore fluide pendant que les roches ne l’étaient plus et se contractaient, laissant des vides dans lesquels s’écoulaient les pyrites. L’or et le platine accompagnent souvent ces formations nickélifères en quantité faible, mais exploitable, tandis que c’est l’inverse en Australie occidentale où l’ingénieur français Charra a trouvé dans les riches liions aurifères un peu de nickel et de cuivre. Dans ce dernier pays, comme en Nouvelle-Calédonie, la genèse des roches, avec isolement des gîtes de minerais, me semble avoir obéi aux mêmes lois comme je l'ai écrit ailleurs1.
- On voit souvent aux affleurements des gîtes de nickel une couche de sable siliceux, résidu de l’usure de la roche, celle-ci nous a donné à l’analyse :
- Silice . . . 55
- Oxvde de fer.... ... 35
- Cuivre . . . 0,0
- Nickel . . . 1,4
- Soufre....... . . . 5,6
- Platine . . . 0,075
- Total. 98,575
- Le platine est à l’état d’arséniure fusible, nouveau minéral découvert par M. Sperry, chimiste de la mine.
- La complexité du minerai canadien augmente naturellement les difficultés du travail métallurgique, et la séparation les unes des autres de toutes les matières précieuses, contenues en mélange intime, a exercé la patience et la science de nombreux métallurgistes; des méthodes nouvelles ont été le fruit de tous ces travaux auxquels j’ai collaboré pendant quelques années et qui, aujourd'hui, produisent des résultats économiques surprenants, ce qui doit forcer l’admiration pour l’audace industrielle de ces Américains du nord, servis, il est vrai, par de gros capitaux, qui osèrent entreprendre la mise en œuvre de ces minerais complexes et cela dans une contrée presque inaccessible à ce moment, d’un climat très rude, absolument dénuée de routes et même de sentiers, inhabitée, mais ayant, toutefois, le concours des nouveaux rails du « Canadian Pacific railway ».
- Jules Garnier.
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- NOUVEAU RADIO-CONDUCTEUR
- M. E. Branly vient d’imaginer un nouveau radio-conducteur en utilisant dans certaines conditions les contacts de métaux polis et de métaux oxydés. Ces métaux sont d’abord nettoyés et polis ; ils sont ensuite soumis à l’oxydation. A cet effet, ils sont placés dans une boite en fer qui est elle-même renfermée dans une étuve air
- 1 Australie occidentale, par J. Garnier. Béranger, éditeur, Paris, et Nouvelle Calédonie, nouvelle édition. Plon, éditeur, Paris, p. 577.
- chaud. Un thermomètre indique à chaque instant la température et permet de faire varier à volonté le degré d’oxydation que l’on recherche.
- M. E. Branly a fait de nombreux essais sur les contacts obtenus ainsi par les métaux oxydés et par les métaux polis. Le contact qui lui a donné de meilleurs résultats est le contact obtenu par un métal oxydé et un métal poli.
- Le radio-conducteur est formé de trois tiges métalliques de même nature, parallèles, verticales, de 1 à 2 millimètres de diamètre. Elles sont réunies à leur partie supérieure parmi disque métallique; leurs extrémités ont été nettoyées, polies et oxydées.
- L’ensemble repose sur un disque d’acier poli ; on obtient ainsi trois contacts montés en quantité. Il est nécessaire pour avoir un bon radio-conducteur que les trois pointes donnent un contact d’égale valeur: ce qui dépend essentiellement du degré d’oxydation et du poli des métaux. M. Branly fait les essais de chacun des contacts en les séparant successivement par une ‘feuille de papier. Un grand nombre de métaux donnent des résultats sensiblement constants ; des études ultérieures feront probablement connaître diverses propriétés pour plusieurs métaux. M. Branly emploie actuellement un trépied à pointes d’acier oxydées reposant sur un disque d’acier trempé et poli.
- De nombreuses expériences ont permis de constater que ce nouveau radio-conducteur offrait des propriétés satisfaisantes; M. Branly a remplacé alors par un appareil de ce genre le tube à limaille dans un récepteur de télégraphie sans fd. Des essais doivent être entrepris prochainement à grande distance par la Société française des télégraphes sans fd. J. L.
- SUR LA ROUILLE GRILLAGÉE DU POIRIER
- On observe assez fréquemment, au mois d’aoùt, sur les feuilles de l'oirier, des taches de couleur vive au milieu desquelles, à la face inférieure du limbe, on distingue des points noirs, saillants, coniques. Ce sont des sortes de bouchons semblables à des éteignoirs, qui recouvrent une cavité creusée dans le parenchyme de la feuille. Cette dernière cavité est remplie d’une multitude de petites spores auxquelles les botanistes ont donné le nom d’œcidiospores.
- Ces spores sont mises en liberté par un mode de déhiscence curieux : l’éteignoir se perce comme un véritable grillage, d’où le nom de Bouille grillagée donné à la maladie. Cette maladie, ordinairement peu grave, sévit surtout sur le Poirier et en particulier sur le Pijrus mali où elle est assez fréquente comme j’ai pu l’observer pendant deux années consécutives dans la Forêt d'Othe.
- Les botanistes enseignent que cette maladie est produite par une forme particulière d’un champignon qui vit sur le Genévrier Sabine. Si en effet on examine, dans les régions contaminées, le Genévrier Sabine, on remarque facilement au mois d’avril, sur des rameaux renflés, fusiformes, des excroissances gélatineuses d’un beau rouge orangé, longues quelquefois de 4 à 5 centimètres sur 5 millimètres de diamètre "environ. C’est le Gymnospo rangium Sabinæ de la famille des llrédinées.
- La couleur orangée de ces excroissances est due à ce qu’elles sont recouvertes de spores en général orangées, les Téleutospores, qui en germant produisent quelques petites spores nouvelles, les Sporidies, lesquelles transportées sur les feuilles de Poirier déterminent la Rouille grillagée du mois d’aoùt.
- On ignore, je crois, le mode d’hibernation de ce cham-
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- pignon. 11 existe d’ailleurs sur le Genévrier Sabine deux espèces de Gymnosporangium donnant la Rouille grillagée, l’une sur le Poirier, l’autre sur le Néllier et l’Aubépine.
- On aurait réussi avec cette dernière des infections sur le Pommier et le Poirier.
- Mais ce n’est pas absolument sûr, car je suis persuadé cpie les hôtes successifs de ces champignons ne sont pas absolument déterminés et peuvent varier.
- Ainsi l’on signale également, sur le Genévrier commun, deux espèces de Gymnosporangium produisant la Rouille grillagée, l’une sur l’Aubépine, l’autre sur l’Alisier, le Sorbier des Oiseaux, le Pommier.
- Or, dans l’observation dont je parle plus haut, je n’ai constaté aux environs des Poiriers contaminés aucune trace de Genévrier Sabine, mais seulement de nombreux genévriers communs largement infestés.
- Le ou les « gymnosporangium » du Genévrier commun peuvent donc aussi transmettre la Rouille grillagée au Poirier, comme ceux du Genévrier Sabine peuvent la transmettre indifféremment au Poirier et au Pommier.
- L’affection se développant chaque année de plus en plus à l’époque de l’année où nous arrivons, il nous a paru utile de la signaler aux horticulteurs et aux amateurs. On pourra l’étudier de près, examiner le mode d’infection, et finalement rechercher les moyens pratiques de lutter contre un mal qui pourrait exposer plusieurs de nos arbres fruitiers à des ravages considérables. Fromont.
- 11 est toujours intéressant de rechercher quelle est la situation de l’industrie du gaz dans les différents pays, alors que la lumière électrique fait une si vive concurrence à ce mode d’éclairage; cela est vrai surtout aux Etats-Unis, où les emplois de l’électricité se sont multipliés plus rapidement que partout ailleurs.
- Or, d’après les renseignements recueillis lors du recensement de la grande Confédération, on a constaté qu’il existe actuellement sur ce territoire 877 usines à gaz, dont 460 dans des agglomérations dont la population ne dépasse pas 10 000 habitants et 177 dans des villes de
- 10 000 à 20 000 âmes. Nous devons noter immédiatement (pie, dans 269 de ces établissements, ce qui représente une proportion de 50,7 pour 100, la fabrication du gaz est exploitée conjointement avec la production de l’électricité, ce qui prouve, comme nous l’avons toujours estimé, que le gaz a une place à tenir à côté du courant électrique. Le capital de toutes ces usines à gaz représente, au total, une valeur de quelque 2 milliards 800 millions de francs ; elles occupent plus de 22 000 ouvriers et 6000 employés et agents de toute sorte. La matière première employée dans la fabrication du gaz leur coûte annuellement 105 millions, et il faut dépenser de plus 75 millions à la mettre en œuvre et la convertir en produits qui se vendent 578 millions et demi de francs.
- 11 faut dire que, depuis 1890, le capital des usinés à gaz a plus que doublé, puisqu’il ne s’élevait qu’à 1290 millions il y a dix ans; les dépenses ont monté de 59 millions à 75 durant la même période, de 70 à 105 millions pour l’achat de la matière première, alors pourtant que la valeur des produits n’a augmenté que d’un tiers environ. La quantité de gaz vendue s’est bien accrue d’une manière considérable, mais le prix unitaire de vente a dû être abaissé très sensiblement.
- Nous ne devons pas oublier une caractéristique des plus importantes dans l’industrie du gaz aux États-Unis :
- c’est qu’on fabrique de plus en plus de ce gaz pauvre qu’on nomme vulgairement du gaz à l’eau ; la proportion de cette production à la production totale n’est pas de moins de 75 pour 100. Le volume du gaz vendu dans le courant d’une année par l’ensemble de toutes ces usines dépasse 1900 milliards de mètres cubes, et le prix de vente du mètre cube dépasse légèrement 18 centimes, ce qui accuse une réduction de 27 pour 100 par rapport au prix moyen de 1890; il y a d’ailleurs des villes, comme à Philadelphie, où le prix ne dépasse guère 14 centimes. Nous noterons que les sous-produits vendus par les usines représentent en valeur un peu plus du douzième du gaz même livré à la clientèle. 1). L.
- TREUIL DE REMORQUAGE AMORTISSEUR
- Nous lie voyons pas d’autre nom simple rendant bien la qualité maîtresse de l’appareil dont nous voulons parler, et que ses inventeurs et constructeurs appellent d’une façon un peu compliquée « Patent automatic Steam towing Machine » : ce qui signifie machine brevetée automatique et à vapeur de touage, ou plus exactement de remorquage. Cet appareil, ingénieux et simple, a pour inventeurs MM. Shavv et Spiegle, et il est fabriqué par l’American Ship Windlass C°.
- On a vu, dans l’article que nous avons consacré aux chalands de mer *, que le remorquage à la mer prend une importance considérable, les transports par ces chalands remorqués se développant chaque jour ; le grand journal anglais Journal of Commerce insistait récemment sur ce fait, qu'avant peu sans doute on expédiera des charbons de Grande-Bretagne vers les ports de la Méditerranée possédant des dépôts de combustible, au moyen de chalands charbonniers remorqués par convois. On envisage comme parfaitement possible pour un steamer de 5000 tonneaux, de traîner derrière lui trois autres bateaux contenant chacun un chargement équivalent, et cela sans qu’on consomme une quantité beaucoup plus considérable de combustible. Dès maintenant, on voit arriver aux docks de Liverpool des convois de 20 chalands, chalands qui n’ont souvent aucune forme marine, et qui sont tout uniment des sortes de bacs immenses et parallélépipédiques, qu'un remorqueur amène du rivage des mines au nombre de 20 par voyage. Ce voyage s’accomplit parfaitement, à condition qu’on ait à bord des chalands des hommes occupés à surveiller les amarres pour les à-coups qui peuvent se produire, et se produisent effectivement trop souvent, quand un coup de mer vient raidir brusquement l’amarre qui avait précédemment molli sous un autre coup de mer. On sait qu’alors l’inertie entre en jeu, et qu'on est exposé à voir des câbles énormes, même métalliques, se rompre sous la traction brusque comme des petites ficelles.
- Le danger est au moins aussi grand dans le cas, heureusement plus rare, où un grand navire comme un transatlantique désemparé se voit obligé de de-
- 1 Voy. n° 1512, du 17 mai 1902, p. 578.
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- LA NATLIIL.
- mander la remorque, et nous pourrions citer notamment l’exemple de La Champagne remorquée par le Roman à Halifax, et qui vit dans une seule journée ses remorques se briser trois fois, bien qu'il ne fit pas mauvais temps : et chaque lois ce fut au prix de grands dangers que les amarres furent rétablies. Normalement, les câbles de remorque sont tournés, comme on dit, amarrés d'une façon lixe sur un poteau quelconque, bitte, cabillot, etc., et rien par suite ne vient donner de l’élasticité au lien qui réunit le navire remorqueur au navire remorqué, à moins qu’on ne puisse laisser hier un peu le câble sur le cabillot au moment où un à-coup se produit : mais l’opération est fort dangereuse, pénible, et même le plus souvent impossible, quand il s’agit de gros bateaux qui nécessitent un amarrage des plus solides. II faudrait donc introduire dans la longueur du câble de liaison un dispositit amortisseur, et c’est en somme le rôle que joue très efficacement le treuil automatique Shaw et Spiegle.
- Si l’on examine la ligure que nous donnons du cabestan en question , ou verra immédiatement qu’il se présente sous l’apparence des treuils et cabestans à vapeur qui sont normalement installés à bord de presque tous les bateaux, et qu’il est disposé sur le pont du remorqueur : c'est sur le tambour de ce cabestan, et non plus sur une bitte d’amarrage, que vient se tourner le bout de la remorque. Le tambour supportera donc tous les efforts qui s’exerceront brusquement ou non sur le cable, en demeurant lixe si l’effort n’est pas soudain, et en tournant au contraire pour laisser filer un peu du câble, s’il se produit un des à-coups dont nous avons parlé tout à l’heure. L’effort de remorquage est supporté entièrement par la pression de la vapeur dans des cylindres de piston. En effet, le tambour sur lequel se trouve tournée la remorque porte d’un côté une roue à dents, calée sur son arbre, et qui vient engrener avec un pignon qui est, de son côté, calé sur l’arbre du moteur à vapeur qu’on voit disposé à la base du cabestan, ainsi que cela a lieu dans les cabestans à vapeur ordinaires; ce moteur possède une soupape régulatrice et d’introduction de vapeur dont l’ouverture est augmentée ou diminuée suivant l’effort même qui s’exerce sur la remorque.
- On comprend déjà le fonctionnement de l’appareil : en cours de route, si le navire remorqueur vient à exercer un effort de traction auquel résiste le bateau remorqué, sous la traction plus grande que subit rhaussière, le câble d’amarrage, le tambour commence à tourner, en laissant filer du câble : mais ce mouvement même de rotation ouvre la soupape régulatrice, et par suite introduit la pression de la vapeur dans les cylindres. Les choses continuent ainsi jusqu’à ce que cette pression de vapeur arrive précisément à faire équilibre à l’effort de traction. Si à ce moment, ainsi que cela se passe normalement, comme conséquence même des à-coups qui se produisent continuellement dans un remorquage, l'effort diminue sur la haussière, alors la pression de la vapeur a pour effet de mettre les pistons en mouvement et de faire tourner le cabestan et son treuil, en enroulant partiellement le câble, en ramenant à
- bord la longueur qui avait été filée. Bien entendu, les dispositions de la soupape d’introduction de vapeur sont telles, que le cabestan ne peut pas tendre à enrouler plus de câble qu’il 11e faut, et de même aussi il est impossible qu’il soit lilé plus de câble qu’il n’est nécessaire pour amortir l’effort supplémentaire et brusque qui vient à s’exercer sur la remorque. Le mouvement de cette soupape régulatrice est entièrement automatique.
- Nous ajouterons, d’autre part, qu’il existe une seconde soupape d'admission dont le fonctionnement 11'est pas automatique, et qui permet d’introduire de la vapeur dans les cylindres, de manière à les faire agir régulièrement comme dans un cabestan ordinaire : ce qui donne le moyen d’utiliser le cabestan automatique de remorquage à tous les usages habituels et aussi plus spécialement à raccourcir, quand cela est nécessaire, la longueur du câble de remorque, ou au contraire à l’augmenter. Cet appareil est assurément des plus ingénieux. 11 a du reste fait ses preuves pratiques sur un grand nombre de navires et de remorqueurs, et il permettra le développement rapide de la pratique dont nous avons signalé les débuts, et qui donne la possibilité de former ces convois de chalands pour les transports à la mer. L). Leroy.
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- LE CISELLEMENT DU RAISIN
- Les superbes grappes de Chasselas aux baies ambrées qui se touchent à peine, celles de Rlack Alicante dont les grains noirs et pruinés sont gros comme des mirabelles, n’ont pas poussé ainsi tout naturellement, mais sont le résultat de soins spéciaux et principalement d’une opération fort usitée et indispensable dans la production commerciale des raisins de choix, dans les treilles renommées de Fontainebleau, de Thomery et d’ailleurs, ainsi que dans les cultures intensives sous verre. Mais si les producteurs qui alimentent les marchands de primeurs et qui, au mois de juin, expédient encore des raisins conservés, en ont apprécié les bons effets, la plupart des amateurs et des propriétaires les ignorent et ceux qui les connaissent ne peuvent se résoudre à en faire l’application d’une façon rationnelle. Us ne peuvent donc avoir de ces beaux raisins de table qui sont en môme temps d’une plus longue garde.
- C’est que, généralement, les amateurs auxquels ces lignes s’adressent, éprouvent comme un serrement, de cœur en retranchant quelques grains d’une grappe et s’imaginent qu’elle ne parviendra plus à se garnir.
- Cette éclaircie peut faire supposer qu'une grappe ciselée sera moins volumineuse et, moins pesante à la récolte, alors qu’elle augmente dans de notables proportions la beauté, la valeur, la saveur des grains et leur conservation. Cela s’explique par ce fait que la sève se répartit en un moins grand nombre de baies qui acquièrent alors un plus gros volume, arrivent plus régulièrement k maturité, forment une grappe superbe, d’un aspect plus séduisant pour l’amateur et de meilleure vente pour le producteur.
- Le cisellement peut être commencé une quinzaine de jours après la floraison, les grains de raisin ont alors la grosseur d’une tête d’épingle, jusqu’au moment où ceux-ci atteignent le volume d’un petit |>ois.
- Lorsque la vigne est surchargée de grappes, on n’en laisse qu’une, deux au plus par bourgeon, en réservant toujours les plus belles, généralement celles qui se trouvent placées le plus près du sarment.
- On se sert pour l’égrenage de ciseaux assez longs, à lames courtes effilées et émoussées, de façon à ne pas abîmer les grains et la rafle et à éviter le contact des mains sur les grains. Les ciseaux de chirurgie boutonnés et courbés sur le plat peuvent aussi fort bien servir, et leur courbure permet à l’opérateur de mieux suivre le travail.
- On procède ainsi : le pédoncule de chaque grappe est saisi délicatement avec la main gauche ou à l’aide d'un crochet de bois pour ne pas le froisser. Tous les grains intérieurs et ceux petits ou avortés sont enlevés en laissant une partie de leur pédicelle, et on ne réserve que les plus beaux grains extérieurs de chacun des bouquets qui composent la grappe et qui sont plus directement frappés par la lumière ; l’extrémité de cette dernière, qui arrive moins bien à maturité, est un peu raccourcie également.
- La quantité de grains à supprimer varie selon les variétés : le I iers seulement est conservé pour les variétés à très gros grains, comme le Frankental H le Black Alicante, tandis que l’on élimine la moitié des baies du Chasselas, qui sont moins serrées et plus petites. Le cisellement terminé, l’espacement entre les grains doit être d’environ 1 centimètre et demi à 2 centimètres pour les premières variétés et d’environ 1 centimètre pour le Chasselas, ce qui n’empêche pas qu’au moment de la cueillette il n’existera plus aucun vide.
- Les figures J et 2 montrant une grappe de Chasselas de Fontainebleau avant le cisellement et la même après l’opération, donnent d’ailleurs une idée suffisante de la quantité de grains à enlever.
- Une petite remarque s'impose ; tandis que l’on mettra dix à douze minutes pour arranger une grappe qui pèsera un demi-kilo, cinq minutes suffiront lorsqu’on se sera habitué à cette opération, dont les maîtresses de maison peuvent parfois se charger lorsque leurs occupations le leur permettent, et elles seront largement dédommagées du temps passé, par la grosseur, la saveur et surtout la beauté que les grappes acquerront. Si l’on possède une très grande quantité de vignes et que le temps fasse défaut, on peut fort bien ne ciseler que les plus belles grappes* réservées sur les sarments devant être rabattus à la
- Fig. I.f— Grappe de Chasselas Fig. 2. — La même grappe
- avant le cisellement. apres le cisellement.
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- LA NATURE.
- taille d'hiver, qui seront mises de côté à la cueillette pour la conservation et la consommation hivernale.
- A Thomerv, cette besogne est confiée à des femmes. Comme il y a toujours dans chaque exploitation quelques centaines de mètres de treilles, plusieurs accessoires sont nécessaires aux ciseleuses : d’abord une sorte de chariot-escabeau long et haut d’environ un mètre et à roulettes, dont la planche supérieure large de 50 centimètres permet, en se tenant debout, d’atteindre le sommet de l’espalier ; un ou plusieurs bancs sur lesquels elles peuvent monter ou s'asseoir, pour atteindre les grappes placées plus bas, et eniin un auvent en toile, haut de 5 mètres, long de lm,5ft, que l’on adosse au sommet du mur et qui les garantit (le l’ardeur du soleil. De cette façon, elles peuvent travailler toute la journée. Albert Malmené,
- Professeur d'horticulture.
- CHRONIQUE
- Classement île la course Paris-Vienne. — La
- Commission sportive de l'Automobile-Club de France vient enfin de faire connaître le classement définitif de la course Paris-Vienne, qui est le suivant : 1. H. Farman (Panhard et Levassor), temps total, 16b30s 1/5. — 2. Zborowski (Mercedes), 16h 13m295 3/5. — 5. M. Farman (Panhard et Levassor), lfih 19m29s 2/5. — 4. Teste (Panhard et Levassor), 17b13m28s 4/5. —5. Pinson (Panhard et Levassor), 18h41s 2/5. — 0. P. de Crawliez (Panhard et Levassor), 18h5m20s 2/5. — 7. Chauchard (Panhard et Levassor), 18h5“45* 2/5. — 8. Edge (Napier), 19M6m21‘4/5. — 9. De Caters (Mors), 19h54ra58s 1/5. — 10. G. de Crawhez (Panhard et Levassor), 20h 6ra 56s 2/5. — 11. Jarrott (Panhard et Levassor), 20h44m12s. — 12. Leys (Panhard et Levassor), 20h5im52s3/5.
- Poussières) volcaniques et couchers de soleil. — On sait qu’à la suite de l’éruption du Krakatoa, toute une série de couchers de soleil, d’une splendeur inaccoutumée, a pu être admirée de différents points du globe. Ces effets crépusculaires ont été attribués à la présence des poussières volcaniques répandues dans l’atmosphère. Naturellement, après l’éruption de La Martinique, on était curieux de savoir si l’on retrouverait, comme après Krakatoa, des poussières éruptives sous nos latitudes. Les observateurs ont cherché et ils ont trouvé, paraît-il. Dans la Suisse Occidentale, les couchers de soleil ont été récemment enveloppés d’une brume lumineuse qui embrasait tout le firmament. A Frauenfeld, dans le canton de Thurgovie, la terre était couverte, après une chute de pluie, d’une fine couche gris-hleuàtre de cendres, semblable à celle que nous avions signalée il y a quelque temps dans la Suisse. On a pu observer des crépuscules analogues à Bombay, 23 jours après l’éruption, ce qui montre avec quelle rapidité les poussières ont dû être entraînées par les courants atmosphériques.
- L’accident de Satory. — Tous les journaux ont raconté le déplorable accident de Satory, près de Versailles, dans lequel un lieutenant du génie, des sous-officiers et plusieurs hommes ont perdu la vie. On bourrait une mine de poudre noire, quand l’explosion s’est produite. Le bourroir était en cuivre. La poudre résistait; on donna un coup violent et tout sauta aussitôt sous l’action d’au moins 40 kilogrammes de poudre. Du moins, c’est ce que l’on s’accorde à dire en attribuant
- l’inflammation à la production d’une étincelle. Deux cailloux auraient, pense-t-on, en se choquant, produit l’étincelle meurtrière. Evidemment, on ne saura jamais au juste ce qui s’est passé. L’explication donnée est cependant probable. On bourra avec une baguette de cuivre, parce que le cuivre est assez malléable et ne fournit pas d’étincelle sous le choc comme le fer ou l’acier. Cependant il est encore assez dur quelquefois pour qu’il puisse faire sortir une étincelle d’un caillou, ou élever par frottement la température. Nous préférerions beaucoup des bourroirs terminés par des cylindres en bois. Avec le fer, l’acier et même la fonte, le danger est des plus menaçants et l’étincelle facile à produire. Nous en avons eu un exemple terrifiant pendant la Commune en 1871, qu’il n’est pas superflu de signaler. C’était à Auteuil, dans une vieille maison dénommée « maison de Molière ». Les obus de Versailles sciaient en deux littéralement la façade intérieure du bâtiment, excepté vers midi. Un pompier d’un poste voisin avait ramassé un de ces obus, l’avait vidé de sa poudre et, pour en retirer les dernières traces, avait imaginé de projeter de toutes ses forces le projectile contre les pavés de grès de la cour de la maison de Molière. Au troisième coup, une détonation formidable ! Le soldat était en morceaux. Sa tête, séparée du tronc, avait été se loger sur les branches d’un rosier grimpant en fleurs. Un bras avait sauté dans une chambre du 1er étage, etc. Vision lugubre. La cause de l’explosion se devine. Le choc violent contre le grès avait déterminé une étincelle qui mit le feu à la poudre garnissant encore les parois intérieures du projectile. Ne jamais frapper un obus, même vide, sur un sol résistant. On ne sait jamais s’il ne reste pas à l’intérieur une patine de poudre. 11 faut avant tout noyer le projectile dans l’eau.
- Cultures à tenter en terrains salés. — D’une manière générale, on considère qu’il est fort difficile de tirer parti des terrains salés, surtout quand la proportion du sel marin y dépasse 1 pour 1000 : or, nous trouvons dans une publication italienne, Il Coltivatove, des observations faites plus particulièrement sur les terrains du littoral vénitien, et qui prouvent que l’on peut utilement mettre en culture des terres où la proportion de sel marin est largement supérieure; mais à condition qu’il s’agisse d’un sol bien cultivé, frais, parfaitement ameubli, riche en matières organiques. C’est ce qui se présente pour le littoral vénitien dont il s’agit, qui est très fumé, et où l’on ajoute même 20 à 25 kg de sel marin par mètre cube de fumier, aussi bien que l’on se sert d’eau salée pour étendre le purin des fosses et pour arroser les terreaux. Si d’ailleurs la proportion de 2 pour 1000 est dépassée, on recourt à un des procédés suivants : forage de trous dans le sol, quand on se trouve en présence1 d’une couche imperméable reposant sur un sous-sol perméable ; drainage au moyen de conduits ou de fagots, de débris divers; creusement de fossés profonds et serrés. L’eau s’écoule rapidement, et le sel quelle contient en dissolution ne peut être absorbé ni remonter durant l’été. En tout cas, les meilleures cultures à faire dans les terrains salés sont l’avoine, la pomme de terre, l’artichaut, l'asperge. Pour constituer des prés dans ces terrains, on aura recours au vulpin,- au brome, à la cretelle, à la houlque, au ray-grass, à la tléole, au paturin, au trèfle des prés et au trèfle blanc.
- Distribution de gaz sous pression. — 11 s’agit uniquement du gaz pauvre, qui a une puissance calorifique très faible à côté du gaz de houille, et qui, si on ne le distribuait pas sous pression, demanderait des con-
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- duites d’un diamètre très considérable. Aussi des installations viennent-elles d’être faites aux États-Unis, notamment à Philadelphie, où on le distribue par des conduites de 0m, 10, mais sous une pression de 2k*,10 par centimètre carré. Chez les consommateurs, branchés sur la conduite principale, il y a des appareils qui réduisent la pression et la ramènent à 0k*,15 ou 0kg,70, suivant qu’il s’agit d’alimenter des becs ou, au contraire, des fourneaux; c’est encore la pression supérieure que l’on utilise pour les brûleurs à incandescence.
- les variétés de pommes de terre et les diverses sortes de terrains. — Le professeur allemand docteur Von Eckenbrecker a récemment poursuivi toute une série d’expériences sur les diverses variétés de pommes de terre appropriées aux différentes natures de terrains. Il est arrivé à cette conclusion générale que les variétés à grand rendement, Président Kruger, Industrie, Gastold, se comportent sensiblement de la même manière partout ; mais la variété Stolper Wittc convient particulièrement bien aux terrains légers, tandis que Général Cronje et Unica sont mieux appropriées aux terres de consistance moyenne, et que les variétés Prince de Bismarck, Union des Cultivateurs et Phénix paraissent à recommander pour les meilleurs terrains argileux.
- Données statistiques sur le Uverpool Eleva-ted Railway. — Certaines lignes de chemin de fer anglais donnent un exemple de transformation de service que plus d’un chemin de fer français aurait intérêt à imiter. Nous ne développerons pas les bénéfices qui en résultent pour les actionnaires, mais celui qu’apprécie le public et qui se traduit toujours en définitive par un gain très marqué pour l’exploitation. Les données suivantes sont empruntées à une statistique de M. Swinburne relative au Liverpool Elevated Railway. La longueur des lignes est de 10 000 mètres et dessert 17 stations. La durée du parcours était, avec l’ancien matériel employé, de 52 minutes ; elle est, avec le nouveau, réduite à 20,4 minutes. L’augmentation de dépenses provenant de ce fait est loin d’en égaler les bénéfices : on peut réunir dans le tableau suivant les données comparatives des deux services (ancien
- et nouveau) réalisés sur cette ligne :
- Ancien régime. Nouveau régime.
- Vitesse moyenne............ 20 km par heure 51 km par heure
- Nombre de stations .... 16 16
- Distance moyenne........... 666 mètres 666 mètres
- Durée des arrêts........... Ils. 11 s.
- Watts-heure par tonne km . 68 wli. 8o wh.
- Accélération de démarrage . 0,41 m : s : s. 0,91 m : s : s.
- Ralentissement de freinage. 0.91 m : s : s. 1,26 m : s : s.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 28 juillet 1902.
- Présidence de M. Bouquet de i.a Gryf,.
- Art préhistorique. — M. Emile Rivière annonce qu’il a effectué de nouvelles recherches sur les figures préhistoriques de la grotte de la Mouthe; il a découvert de nouvelles représentations qu’il soumet à l’Académie. Il appelle l’attention sur cette circonstance, que les dessins de cette grotte sont uniquement des gravures à l’exception de deux dessins qui sont colorés avec de l’ocre.
- Effets thérapeutiques des courants de haute fréquence. — M. d’Arsonval rappelle qu’il a récemment signalé l’heureuse application des courants de haute fréquence faite par M. le Dr Billinkin, d’Epernav, pour obtenir des anesthésies locales telles qu’il a été possible de pratiquer, sans provoquer de douleur, des opérations de longue
- durée. La condition indispensable à réaliser est que les tissus que l’on doit entamer soient maintenus sous l’influence des courants de haute fréquence pendant toute la durée de l’opération. M. Billinkin a effectué une nouvelle application des courants de haute fréquence au traitement de certaines maladies d’veux, ophtalmies purulentes, iritis.... Cette tentative a été des plus heureuses.
- Origine parasitaire de certaines dégénérescences calcaires. — M. d’Arsonval résume ensuite une Note de MM. Charrin etDelamare, relative aux dépôts calcaires que l’on trouve quelquefois dans les organes ou dans les tumeurs et dont on ignorait l’origine. MM. Charrin et Delainare montrent que souvent ces dépôts sont l’œuvre d’un champignon (oospora non décrit) qui transforme les éléments calcaires en carbonate de chaux. Les auteurs ont reconnu que ce parasite peut engendrer des néoplasmes inflammatoires; toutefois il est à noter que ces altérations du squelette, exigent pour se développer, l’acidification préalable du terrain. Ces recherches montrent qu’à un moment donné de l’évolution de la maladie, il est parfois difficile de savoir quelle est la vraie nature humorale, cellulaire ou parasi.aire de celle-ci. On trouve bien le parasite dans les lésions osseuses, mais ce parasite n’aurait pu engendrer ces lésions si le terrain n’avait été modifié antérieurement.
- Concentration du vin. — M. Muntz fait connaître que MM. Baudoin et Schribaux ont imaginé un procédé qui permet de concentrer le vin soit en vue de réduire son volume, soit en vue du transport. Le vin est soumis aune distillation continue. L’alcool passe d’abord; on le recueille, puis l’eau s’échappe ; on évapore ainsi telle quantité que l’on juge convenable. On arrête l’opération et en versant l’alcool sur le résidu resté dans la chaudière on a du vin concentré. MM. Baudoin et Schribaux ont soumis ce vin à des dégustateurs qui ont constaté que le bouquet subsistait ainsi que le goût. On peut ainsi obtenir des vins analogues à ceux que l’on tire d’Espagne en vue des coupages.
- Produits de désassimilation. — M. A. Gautier présente une Note de M. Dombrowski, indiquant les corps rares que peut mettre en évidence l’analyse immédiate des urines. Ce sont : 1° des azotates à la dose de 2sr,5 à 5 gr. par 100 litres; 2° des ptomaïnes, c’est-à-dire sous ce nom de la cadavérine dont la présence dans les matières fécales a été discutée, et un corps répondant à la formule C7 H13 AzO2, homologue de celui dont la formule est Cli H13 AzO2 et qui a été trouvé à côté de la cadavérine dans les produits de la putréfaction ; 5° de la mannite à la dose de 2er,5 pour 100 litres.
- Varia. — M. Prillieux adresse une Note de M. Guyon, indiquant un moyen de combattre par une seule opération le mildiou et l’oïdium en incorporant le soufre à la bouillie employée. Cu. dp. Yilledeuii..
- ARBRES REMARQUABLES1
- Nous avons déjà eu l’occasion de parler de divers arbres qui étaient remarquables par leurs proportions ou par les formes bizarres qu’ils affectaient. Nous pouvons encore faire connaître deux nouveaux exemples qui ont aussi leur singularité.
- La figure 1 représente un chêne, situé dans la commune de Bois par Saint-Genis de Saintonge.
- 1 \’oy. n° 1467, du 6 juillet 1901, p. 95.
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- LA NATURE.
- D’après les renseignements qui nous ont été fournis par M. A. Maingueneaud, il mesure à ras de terre fim,40 de circonférence; à lm,80 de hauteur, il a h mètres, et à l’écartement des branches, il a
- 10 mètres de circonférence.
- La figure 2 montre un phénomène encore plus curieux, qui nous a été signalé par M. A. Brun.
- 11 existe actuellement en bordure de la route départementale de Gien à Chàtillon-sur-Loire un vieux saule surmonté d’un tilleul en parfaite venue. Le tilleul, âgé d’une dizaine d’années, a poussé sur la tête et à l’intérieur du saule. Les racines, plongeant à l’intérieur du saule, s'y nourrissent de détritus de toutes sortes qui y sont accumulés depuis des années, et il semble s’en bien trouver ; car il est facile de voir à
- sa frondaison et à l’écorce lisse et brillante de sa tige qu’il ne soutire en aucune façon de son étrange
- situation. Quant au vieux saule, il ne paraît pas se plaindre du voisinage du parasite, et tous les ans les deux compagnons verdissent également.
- L’intelligent propriétaire de ces deux arbres jumeaux a eu le soin, en élaguant le saule à périodes fixes, de respecter le tilleul; mais il est toujours à craindre qu’un coup de vent trop violent le déracine et l’arrache à son compagnon.
- C’est pourquoi, avant tout accident, nous avons cru bon de fixer les traits de ces deux arbres. J. Lebois.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiicrf, rue île Fleuras, 9-
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- N° 1524. — 9 AOUT 1902.
- LA NATURE.
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- GALETS STRIÉS ARTIFICIELS
- Dans un certain nombre de régions, et par exemple sur les fortes pentes des Préalpes du canton de Vaud, on remarque que les galets calcaires, associés à l'argile de la surface du sol, sont tous admirablement polis et recouverts de stries fines, rectilignes, et qui s’en-tre-croisent en differentes directions.
- Depuis très longtemps, ces galets striés ont été regardés, à la . suite de l’illustre Agas-siz, comme démontrant l’intervention, parmi les causes auxquelles sont dus les traits de relief du pays, de grands’glaciers maintenant disparus.
- Or, il résulte des études que j’ai poursuivies pendant près de dix ans dans cette belle région, que l’origine du poli et des stries des galets calcaires est absolument différente de celle qu’on avait imaginée, et se rattache directement au phénomène de la dénudation souterraine. Le terrain, composé d’argile sableuse renfermant des blocs calcaires, est traversé sans relâche par des eaux d’infiltration qui en dissolvent et en entraînent une partie. Le vide résultant de cette soustraction lente et incessante est comblé par un tassement progressif, dans lequel la masse argileuse polit le calcaire comme la « potée d’étain » des marbriers polit les dalles de pierre. En même temps et parla même cause, les grains de sable tracent sur les galets les fines stries si inexactement interprétées. Comme les conséquences de ce changement d’explication sont extrêmement nombreuses et importantes, non seulement- au point de vue géologique, mais en ce qui concerne la géographie physique de vastes régions et la météorologie de toute la terre à l’époque quaternaire, il a paru nécessaire d’en chercher le contrôle dans des expériences. Le succès a été assez net pour que j’aie cru pouvoir intéresser nos lecteurs en leur offrant un très court exposé de la question.
- 30e année. — 2e semestre.
- 11 est évident qu’on ne peut, dans un laboratoire, disposer que d’une pression très inférieure à celle dont la nature a fait usage; aussi, était-il indispensable d’employer, pour jouer le rôle de galets calcaires, des objets beaucoup plus faciles à entamer.
- Après diverses tentatives, je me suis arrêté à des « simili-galets » de plâtre, obtenus facilement avec le degré de poli nécessaire, en coulant du plâtre .à mouler très liquide dans des ballons de verre à panse sphérique ou ellipsoïdale et dont on se débarrasse, après la prise, en les brisant.
- D’un autre côté, pour réaliser des tassements énergiques et rapides, et pour représenter le calcaire qui, dans la réalité, est lentement dissous par les eaux, je mélangeai! sable quart-zeux, dont les grains doivent agir comme burins, une proportion suffisante d’une poussière soluble dans l’eau. Enfin, je dispose les choses de façon à pouvoir développer non seulement un tassement de haut en bas, mais des déplacements obliques.
- Comme le montre la figure 1 ci-jointe, l’appareil consiste en une caisse en bois qu’on a supposée privée d’une partie de sa paroi pour laisser voir dans son intérieur comment sont disposés des coins Cj, C2, C3, qu’on peut enlever, lentement ou brusquement, selon les besoins. La caisse est remplie d’un mélange S formé d’un volume de sable quartzeux avec un ou deux volumes de gros sel de cuisine. Pendant le remplissage, on dépose avec précaution dans la masse les boules de plâtre b jouant le rôle de galets et des plaques P de plâtre, imitant les roches en place. Une fois la caisse pleine, on recouvre le contenu d’un obturateur B, qu’on surcharge de poids de 20 à 50 kilogrammes.
- Pour provoquer le glissement, on fait arriver de l'eau au contact du mélange, tantôt sous la forme d’un jet de robinet ou de pluie d’arrosoir, tantôt par immersion de la caisse dans un réservoir. Le sel se dissout et la matière s’écroule : on relire les coins, et
- 10
- 1. —Appareil employé au laboratoire de géologie du Muséum pour réaliser l’imitation artificielle des galets et des surfaces rocheuses striés.
- Fig. 2. — Quelques résultats obtenus avec l’appareil précédent. Au premier plan, galets de plâtre striés. Au fond, plaque de plâtre burinée.
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- LA NATURE.
- pour mettre lin à l’expérience, on n’a qu'à enlever le poids et h ouvrir une porte latérale par laquelle le sable, entraîné par un filet d’eau, s’écoule lentement.
- On constate alors, comme le montre la ligure 12, que les boules de plâtre sont striées de façon à ressembler intimement aux échantillons naturels. Les stries ont, en général, quelques millimètres de longueur et sont rectilignes; elles commencent toujours et elles .finissent souvent en pointe. On reconnaît parfois que le petit burin a ([uitté le bloc pour le reprendre dans la même direction, après un glissement plus ou moins long. Très souvent, on trouve plusieurs stries qui se sont réunies en un faisceau, avec une direction commune. Le même spécimen renferme ordinairement des stries de directions différentes et qui peuvent s’entre-croiser sous des angles quelconques. Si les produits artificiels sont beaucoup moins riches en stries (pie les galets naturels, il est clair qu’on les enrichirait indéfiniment par une prolongation ou par une répétition suffisantes de l’expérience.
- En mettant dans l’appareil des plaques de plâtre P, obtenues par le moulage, dans une cuvette de porcelaine, et en conséquence parfaitement polies, on les a couvertes de stries. On a même obtenu les stries « saccadées» que les glacialistes ont regardées comme spécialement caractéristiques, et il résulte de tous ces faits que la démonstration qu'on désirait a été obtenue de la façon la plus complète.
- En conséquence, et tout le monde comprendra la portée de cette conclusion, il faut reconnaître que la découverte des galets striés ne suffit aucunement pour qu’on soit autorisé à proclamer, dans le pays où on la fait, l’ancienne existence des glaciers. Comme cependant c’est le seul caractère, que la plupart du temps on ait pu invoquer pour marquer sur les cartes l’ancienne extension du terrain glaciaire, il y a lieu de renfermer celui-ci dans des limites plus restreintes que celles qui lui sont d’ordinaire attribuées. Enfin, cette restriction elle-même doit préparer l’esprit à reconnaître qu’on a sans doute exagéré beaucoup le rôle des anciens glaciers dans la météorologie de l’époque quaternaire, d'autant plus qu’on a regardé comme exactement synchroniques des manifestations qui ont pu être mutuellement distantes de milliers d'années. Stanislas Meunier,
- Professeur au Muséum.
- DOSE MORTELLE D’OXYDE DE CARBONE
- CHEZ l/HOMME ET CHEZ LE CHIEN
- Il y a bien longtemps que je me suis posé cette question, et, pour la résoudre, j’avais projeté de faire des prises d’air, pour les analyser, dans les chambres dont l’atmosphère, viciée par la vapeur de charbon, avait été mortelle pour l’homme ; mais il est plus urgent de venir au secours des asphyxiés et d’ouvrir largement tes portes et les fenêtres que d’établir un appareil aspirateur des gaz, et jamais, jusqu’ici, je n’ai pu réaliser cette recherche.
- Aussi, j’ai reçu avec grand plaisir de mon savant collègue M. le professeur Angelo Mosso, de Turin, un volume intitulé : « La Respirazione nette (laiterie e l’azione dell’ ossido di carbonio », Milano, Tipografia Fratelli Trêves, 1900, dont la lecture m’intéressa au plus haut degré. Parmi les résultats nouveaux, je choisis ceux qui ont été obtenus par le professeur Lgolino Mosso, de l’Lni-versité de Genève, et qui répondent complètement et d’une manière très satisfaisante à la question que j’ai posée.
- Yoici un court résumé de ce travail : (( Pour connaître mieux l’action de l’oxyde de carbone sur l’homme, le professeur! U. Mosso s’est servi d’une chambre de fer (pii existe dam; l’Institut de physiologie de l’LTiiversité de Turin. La chambre a une capacité de 5800 litres; mais l’homme entrant dans la chambre, occupant environ 00 litres, il reste 5740 litres; une fenêtre de verre éclaire l'intérieur, une porte circulaire la ferme hermétiquement; quelques ouvertures servent à introduire le gaz, à l’application d’un manomètre et à mouvoir un agitateur de l’air.
- « Expérience Vf; 4 juin 1890. — Le nommé Théodore Scribante entre dans la chambre :
- à 5h50 on introduit 5 litres de gaz oxvde de carbone, à 5h 58 à 4h 10 à 4h 50 à 4h 40 à 4h 48
- C’est-à-dire 0,5 % ou ^4--ooo
- à 5h 10, il sort de la chambre; il déclare qu’il n’a ressenti aucun mal, bien qu’il soit resté un temps assez long : mais seulement 22 minutes dans l’air au maximum de sa toxicité.
- Expérience VL11; 13 juin 1899. — Scribante entre dans la chambre :
- à 5h50, il a 83 pulsations et 28 respirations par minute, à 5h 55, on introduit 5 litres d’oxyde de carbone, à 5h58, 81 pulsations et 28 respirations, à 4h 10, 5 litres d’oxyde de carbone, à 4h 15, 80 pulsations, 58 respirations, à 4h34, 7 litres d’oxyde de carbone, à 4h44, 82 pulsations, 28 respirations.
- 2 __________________
- 5 —
- 4 —
- 2 —
- 2 (En tout 18 litres.)
- à 4h45, 4 litres de gaz; en tout 0,35 % ou ---z:>
- à 5h J 6, 86 pulsations, 26 respirations, à 5h 20, il sort de la chambre dans laquelle il a séjourné lh 25 ; pendant 35 minutes, il a été soumis au maximum de l’action. Il dit qu’il a la tète lourde, mais qu’il se porte bien.
- Le premier symptôme de l’empoisonnement par l’oxyde de carbone est donc une légère augmentation dans la fréquence du pouls et une légère diminution dans la fréquence de la respiration, outre le mal de tête.
- Expérience XIII; 28 mars 1900. — Scribante a déjeuné à 12 heures : à I6h15, il entre dans la chambre, à 16h20, l’oxyde de carbone, provenant d’un gazomètre, passe lentement. Scribante agite l’air de la chambre.
- à 16h37, le gaz cesse d’entrer : 26 litres, 0,45 °/0 ou
- I ...
- ont pénétré.
- à 17h3, on m’avertit qu’on ne le voit plus respirer. J’entre dans la chambre : Scribante est immobile, avec
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- LA N AT U R K.
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- la tôle soulevée. Il est en position cataleptique. Les bras ne sont pas rigides, mais souples et facilement flexibles; ils ne se contractent pas ni ne tombent.
- Je tiçp Scribante en dehors de la chambre avec l’aide de deux hommes. Je le couche sur le sol, sur le plancher. Je vois qu’il ne respire pas, que le pouls radial est imperceptible.
- Je fais la respiration artificielle ; je soulève un moment le tronc pour que le sang arrive au cœur. Mon frère (le professeur Angelo Mosso) et ses aides font une active respiration artificielle par la méthode de l’acini.
- Ayant, dans le laboratoire, des tubes d’oxvgène comprimé, on lance un fort jet d’oxygène sur la face de Scribante.
- 17h 7. Nous sommes certains que le danger est passé : les mouvements de la respiration reparaissent d’abord lents et superficiels, puis plus fréquents et profonds. Scribante a eu de fortes contractions musculaires, des frissons et des secousses semblables à celles d’un accès d’épilepsie.
- Mon frère l’appelle par son nom; il ouvre les yeux, mais ne répond pas. Si l’on suspend l’administration de l’oxygène, la dépression revient.
- i7h 9. La conscience se rétablit. Il ne se rappelle rien. Pouls : 120 à la minute. » (Traduit de l’italien.)
- Cette expérience qui, heureusement, n’a pas été mortelle, fixe définitivement une donnée numérique de la plus haute importance : la dose toxique de l'oxyde de
- carbone pour l’homme est égale à
- Quelle est, chez le chien, la dose mortelle d’oxyde de carbone ?
- Je me suis proposé de rechercher si un chien peut
- supporter ce mélange à > et, pour résoudre la question, j’ai opéré de la manière suivante :
- Après avoir analysé l’oxyde de carbone qui renfermait 95,4 pour 100 de gaz pur, on compose, dans le gazomètre de laiton du Dr de Saint-Martin, un mélange de 644 cm3 d’oxyde de carbone pur et d’air : le volume total est égal
- à 150 litres et renferme exactement d’oxyde de
- carbone ; on introduit ce mélange dans un grand sac de caoutchouc dont on agite les parois pour obtenir une composition homogène.
- à 3h57, on fait respirer ce gaz à un chien du poids de 7k,500, à l’aide d’une muselière de caoutchouc et de soupapes hydrauliques, à 5h50, respiration très active, à 5h51, agitation, cris.
- à 3h5'2, l’animal aboie, il s’agite; les parois abdominales deviennent d’un rouge vif. à 4h5, émission d’urine.
- à 4h 10, le sac est vide; on unit la soupape d’inspiration au robinet du gazomètre qui renferme encore
- litres de mélange à
- 235
- *
- à 4h 15, l’animal crie, allonge les pattes, à 4h 16, respiration active, à 4h 17, allongement des pattes, à 4h20, respiration agonique.
- à 4h21m50’, arrêt de la respiration; le cœur continue à battre encore 2 ou 5 minutes.
- Ouverture de l’abdomen : le sang est rouge vif dans toutes les veines, le foie est d’un rouge vif. Avec un trocart et une seringue, on aspire dans la veine cave in-
- férieure 51 cm3 de sang, qui est injecté dans le ballon récipient uni à la pompe à mercure renfermant 50 cm3 d’acide phosphorique tribydraté.
- On obtient 7,4 cm3 d’acide carbonique et un résidu gazeux qui, introduit dans mon grisoumèlre, donne une réduction de 56 divisions, qui correspond à^L ou à 6,54 cm5
- i) , O
- d’oxyde de carbone, ce qui fait 21 cm3 d’oxyde de carbone pour 100 cm3 de sang.
- Une portion du sang veineux est agitée avec de l’oxygène pour la mesure de la capacité respiratoire que l’on trouve égale à 5,8, ce qui démontre que le sang était fortement oxycarboné, et ne pouvait [dus absorber qu’une très petite quantité d’oxygène, causes de la mort de l’animal.
- Cette expérience me permet d’affirmer que la dose mortelle de l’oxvde de carbone est la même chez le chien
- que chez l’homme : elle est égale à •
- La conclusion générale que je tire de cette concordance dans les résultats, chez l’homme et chez l’animal, est celle-ci : les nombreuses expériences que j’ai faites sur l’absorption de l’oxyde de carbone par le chien, et que j’ai publiées en partie dans le volume les Gaz du sang de l’Encyclopédie Léauté, et celles que je vais publier prochainement dans un autre volume de la même Encyclopédie, éclairent suffisamment la question de l’empoisonnement de l’homme par l’oxyde de carbone.
- Nestor Gréh.vnt, PrcMîsseiir au Muséum.
- ——
- L\ GLACE HYGIÉNIQUE
- La glace joue un rôle chaque jour plus considérable dans l’alimentation et il s’en consomme chaque année des quantités énormes ; la consommation annuelle de la glace, à Paris, peut être évaluée à environ 100 millions de kilogrammes. C’est qu’en dehors des restaurateurs et des limonadiers il est un grand nombre de commerces et d’industries qui en ont constamment besoin. Tels sont les bouchers, les charcutiers, les marchands de poissons, etc.... Tous ces commercants auraient à subir des pertes énormes, si pour une raison quelconque, la glace dont ils ont besoin pour conserver leurs denrées venait à faire défaut.
- Or, il faut le reconnaître, la France était fort mal alimentée en glace jusqu’à ces dernières années. Les stocks, récoltés dans les lacs et les étangs pendant les grands froids de l’hiver, étaient à peu près les seules provisions de froid disponibles pendant l’été. C’était là une ressource insuffisante pour faire face aux nombreux besoins à desservir. De plus la glace employée dans l’alimentation est le plus souvent en contact avec les denrées à conserver, ou, par une mauvaise habitude, est plongée dans la boisson même qu’elle doit rafraîchir. C’est pourquoi on est en droit d’exiger d’elle, au nom de l'hygiène, qu’elle ne contienne pas de microbes et surtout des germes pathogènes. Or comment espérer que la glace, récoltée à la surface des lacs et des étangs, soit pure et indemne de tout organisme nuisible; comment admettre,
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- LA NATURE
- par exemple, que la glace provenant des lacs des I sans danger par la population parisienne? Il est aisé bois de Boulogne ou de Yincennes puisse être absorbée | de se rendre compte des impuretés qu’elle contient
- Fis. 1. — Salle des pompes et compresseurs-
- en laissant londre un morceau de glace dans un récipient quelconque. Lorsque la glace est fondue on trou\e le plus souvent une eau sale et souillée.
- Qui donc voudrait faire de l’eau de ces lacs sa boisson habituelle ?
- La question de la glace se résumait donc ainsi : d’une part quantité insuffisante des réserves et surtout danger provenant de la mauvaise qualité de la glace au point de vue hygiénique.
- C’est pour répondre à ces besoins que s’est
- constituée en 1898 une société ayant pour but la fabrication de la glace au moyen d’eau préalablement stérilisée, seul moyen d’avoir une glace véritablement dépouillée de micro-organismes et pouvant
- Fig. 2. — Siille de manutention des blocs de glace artificielle.
- entrer sans danger dans l’alimentation. Depuis longtemps ou savait fabriquer la glace artificielle, et
- notamment en Amérique et en Angleterre des fabriques importantes fonctionnent depuis plusieurs années. En F r a n ce nous étions en retard ; pour obtenir un résultat, il faut produire de très grandes quantités de glace, ce qui nécessite des machines et des installations considérables. Aujourd’hui le problème est résolu et Paris est à peu près certain
- d'avoir toujours à sa disposition la glace nécessaire à son alimentation. Nous allons indiquer comment se fabrique la glace artificielle à l’usine de Billancourt qui produit chaque année plus de 50 millions
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- LA NATURE.
- de kilogrammes de glace alimentaire. Cette usine, hygiénique, est certainement l’établissement de ce appartenant à la Compagnie générale de la glace genre le mieux aménagé et le plus important sinon
- 5 e^WGTH£p(i£i£S
- Fi g. 5. — Grande salle des machines à ammoniaque.
- du monde entier, tout au moins de l’Europe.
- L’aspect en est monumental ; l'usine occupe une superficie totale de plus de 5 hectares ; les constructions proprement dites couvrent 1 hectare. Mais avant d’entreprendre la description des énormes machines i n s t a 11 é e s dans les salles, voyons au préalable, comment on procède pour fabriquer la glace.
- L’eau est prise dans une nappe souterraine au moyen de deux grands puits de 50 mètres de profondeur ; elle est élevée au moyen de pompes Mammouth fonctionnant sans clapets par injection d’air comprimé qui, projeté dans la colonne montante, entraine avec lui l’eau du puits et la
- déverse dans un immense réservoir construit sous le sol même de Lusine. L’eau est en premier
- lieu stérilisée. On la débarrasse d’abord des sels calcaires qu’elle contient en la faisant passer dans un gigantesque appareil épurateur, système D e s r u m eaux, pouvant fournir 500 mètres cubes par 12 heures de marche. L’eau est ensuite conduite dans des chaudières où elle se vaporise, puis, ù l’état de vapeur, traverse un filtre à coke où elle abandonne la plus grande partie des impuretés qu’elle contient. La vapeur d’eau, filtrée, passe ensuite dans une grande cuve où elle se condense, puis dans des bouilleurs où, au moyen d’un chauffage à la vapeur, on la
- Fig. 4. — Salle de condensation de l'ammoniaque.
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- maintient en ébullition pendant le temps nécessaire pour obtenir une stérilisation parfaite et la débarrasser de tout l’air qu'elle peut contenir. C'est là une condition indispensable pour obtenir de la place translucide. L’eau est encore filtrée pour enlever toute matière restant en suspension après l’ébullition. La congélation s’effectue dans une vaste salle où se trouvent les bacs de congélation, dont les parois ont été construites de façon à éviter toute perte de froid. L’isolement des bacs est obtenu au moyen de planchers formés d’une fondation en ciment sur laquelle sont dressées des briques de liège avec brai interposé formant des murs de 0IU,50 d’épaisseur; sur ces murs reposent successivement 4 planchers de sapin, séparés par des couches de papier isolant. Dans ces planchers sont ménagés en outre deux matelas d’air.
- Chaque bac peut contenir -4000 moules à glace ou mouleaux, et chaque mouleau produit un bloc de glace de 1 mètre de hauteur et pesant environ 140 kilogrammes. Les bacs contiennent un liquide salin susceptible de résister à la congélation, sans cesse refroidi par un système de tuyaux traversés par un courant d’ammoniaque qui passe de l’état liquide à l’état gazeux et engendre du froid. La tuyauterie contenue dans chaque bac a une longueur totale de 25 kilomètres. Le froid ainsi produit par évaporation abaisse à — 10° la température du liquide dans lequel plongent les mouleaux. Cette température peut être réglée à volonté, et descendre jusqu’à — 20°. Les mouleaux sont emplis automatiquement de façon à éviter tout contact étranger à l’eau qu’il faut congeler. La congélation dure en moyenne 00 heures. Au bout de ce temps les mouleaux sont enlevés des bacs au moyen de tiges mues par des pistons à air comprimé et fixées à des ponts roulants qui permettent de les conduire aisément jusqu’aux quais de démoulage. Pour séparer les blocs des mouleaux il suffit de plonger ceux-ci pendant quelques instants dans des cuves d’eau tiède. Puis on bascule les mouleaux et les blocs tombant sur une glissière inclinée se rendent-d’eux-mêmes dans les salles de manutention, vastes locaux de 100 mètres de long sur 10 mètres de large, garnis d’une .enveloppe isolante qui maintient constamment la température à— 1°. Des salles de réserve voisines permettent d’emmagasiner jusqu’à 10 millions de glace.
- La glace ainsi obtenue a en outre l’avantage de se conserver plus longtemps que la glace naturelle. L’usine de Dillancourt envoie tous les jours des wagons de glace à Orléans, Nevers, Tours, Lyon, etc....
- examinons maintenant comment se comporte l’agent producteur du froid, l’ammoniaque.
- L’ammoniaque arrive dans la salle de réfrigération à l’état liquide dans des tubes. Après s’être détendue dans la tuyauterie des bacs, elle reprend l’état gazeux. Llleest alors aspirée et comprimée par d’énormes pompes à compression d’une puissance de 400 chevaux. Actuellement trois de ces machines fonctionnent, une quatrième va être installée. En se comprimant, l’ammoniaque, encore à l’état gazeux,
- s’est échauffée. Pour la refroidir on la fait circuler dans une série de tuyaux d’orgues arrosés constamment par un écoulement d’eau froide. Elle se condense alors et redevient de nouveau à l’état liquide. Elle est prête à retourner aux bacs de congélation pour produire un nouvel abaissement de température en se vaporisant, elle est reprise par les compresseurs et ainsi de suite.
- L’usine comporte 5 chaudières multitubulaires pouvant donner 1200 chevaux. Les compresseurs, construits par la maison de La Vergne, de New-York, peuvent suffire chacun à la production de 120 000 kilogrammes de glace par 24 heures de marche. La salle des machines a 50 mètres sur 20 mètres et 10 mètres de hauteur.
- Dans une salle voisine sont installés les 2 compresseurs Mammouth de 80 chevaux chacun, qui produisent l’élévation de l’eau des puits à la surface du sol et des pompes aspirantes et foulantes élevant celle-ci au sommet de l’édifice. La production de l’usine est actuellement de 560000 kilogrammes par jour en moyenne, et pourra être portée à 500 000 kilogrammes lorsque les travaux d’agrandissement actuellement en cours seront terminés.
- On voit donc que dorénavant, grâce à cette colossale entreprise, la population parisienne est assurée de ne pas manquer de glace pendant les chaleurs, et d’autre part d’avoir à sa disposition une glace alimentaire et hygiénique. Georges Cave.
- LE CAMPANILE DE TENISE
- La chute récente de la tour Saint-Marc appelle l’attention de tous ceux qui ont le culte des souvenirs artistiques de Venise. Un premier campanile commencé sous le doge Pietro Orseolo en 976, en même temps que l’église actuelle, n’était encore parvenu en 1080 qu’au tiers de sa hauteur lorsqu’on observa un affaissement de la hase. 11 fut démoli et reconstruit à 100 pieds plus loin sur l’emplacement actuel reconnu plus ferme.
- En 1156, à la fin du dogat de Domenico Morosini, le campanile avait atteint le niveau des cloches à 200 pieds de hauteur. Le doge Orio Malipieri, à son avènement en 1178, le fit surmonter d’une flèche qui le couronnait très mal et qui fut compromise par les tremblements de terre de 1547-1548 sous Andrea Dandolo. Des réparations consolidèrent cette flèche jusqu’en 1510, époque à laquelle le doge Leonardo Loredan la fit démolir et réédifier telle qu’on la voyait dernièrement, avec sa toiture de feuilles de bronze; ses colonnes de vert antique et ses revêtements de marbres (l’Orient. En 1517, elle était terminée et couronnée de l’ange doré remplacé en 1822.
- La hauteur du campanile mesurait 99”,05 au-dessus de l’ancien parvis de briques de la Piazza, mais à la fin du dogat de Sébastiano Mocenigo en 1752, un nouveau pavage en dalles de marbre fut décidé et posé à 0™,45 de surélévation, ce qui réduisit la hauteur du monument à 98™,60. Cet exhaussement affecta l’aspect des palais voisins, enfouissant les colonnes déjà sans hases, mais il était urgent, le sol de Venise s’était lentement abaissé et il importait de placer son Forum à l’abri de l’envahissement des eaux. Malgré cette précaution la mer continuait
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- LA NATURE.
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- sa menace comme il fut constaté après par le mathématicien Zendrini, <pii le premier, à la tin du seizième siècle, eut l’idée de repérer le niveau moyen de l’Adriatique sur la banquette de marbre qui longe le pied du palais des Doges. Des observations postérieures établirent que le niveau de la mer s’élève de trois pouces par siècle. Le Palais ducal, bâti depuis cinq siècles et demi, aurait donc subi un enfoncement de 0m,445, supérieur à l’exhaussement donné au parvis de la place.
- Cet affaissement est mis en évidence, d’une manière curieuse, à l’époque des hautes marées: on sait, en effet, que l’Adriatique, à l’inverse de la Méditerranée, subit une marée moyenne de 1 mètre environ. Il arrive fréquemment vers la tin de l’année, lors des plus fortes marées, que l’eau se fait jour à travers les joints du dallage et les bouches des égouts de la place Saint-Marc ; elle ne tarde pas à s’étendre sur la Piazzetta, à rejoindre le Grand Canal et à permettre aux gondoles de déposer les Vénitiens devant les arcades des cafés.
- Le campanile, qui vient de s’effondrer si subitement,
- Campanile de Venise.
- après s’ètre dressé au-dessus de la ville pendant huit siècles, se composait de deux tours carrées, l’une formant axe à l’intérieur de l’autre. Une rampe douce les reliait en se développant sur les faces avec un palier d’une seule marche à chaque angle. Il fallait une dizaine de minutes pour gravir lentement les dix révolutions de cette spirale rectangulaire et parvenir à la galerie des cloches d’où s’offrait le coup d’œil féerique de la ville et des lagunes avec les Alpes pour horizon.
- La Loggietta, placée au pied du Campanile, semble avoir été anéantie par l’accident. Ce bijou artistique, dù au Sansovinoqui l’édifia en 1540, le revêtit de marbres rares, de bas-reliefs et de statues, servait de musée à quelques chefs-d’œuvre de l’école vénitienne, après avoir été le lieu de réunion des patriciens et le siège de la garde du Grand Conseil les jours de séance. L’affaissement du sol de Venise est un phénomène général auquel participe le pourtour nord de l’Adriatique tout entier, comme l’ont établi de Humboldt et les observateurs contemporains. Dans sa progression lente, ce mouvement menace, certainement, dans un avenir lointain, l’existence de l’ancienne Reine de l’Adriatique, avec ses souvenirs, ses monuments et les œuvres d’art qui en constituent l’incompa-
- rable et originale beauté. C’est pour la ville une menace de long terme, aussi le syndic de Venise a-t-il tenu à rassurer les inquiétudes de ses administrés qui peuvent dormir tranquilles sur les pilotis de leurs demeures en attendant d’avoir de l’eau jusqu’aux chevilles.
- Il n’en est malheureusement pas de même pour les palais et les églises qu’ébranlent dans leurs assises les actions marines et sismiques combinées. Ceux qui ont observé les étranges ondulations des mosaïques du pavé de Saint-Marc, le manque d’équilibre des colonnes du Palais Ducal reliées par de trop nombreux tirants de fer, reconnaîtront avec douleur quelles sérieuses précautions devront êtres prises pour assurer la conservation des œuvres qu’un glorieux passé a léguées à la postérité. E. G. T. ——
- LE JARDIN BOTANIQUE DE LA MARTINIQUE
- Devant l’immensité du désastre qui engloutit en quelques instants une ville entière, anéantissant d’un seul coup toute une population active et laborieuse, c’est à peine si l’on ose parler des pertes matérielles. Qu’on nous permette cependant d’évoquer ce qu’était le beau jardin botanique de Saint-Pierre. Sa fondation remonte au 19 février 1805.
- Les arbres plantés à l’origine y avaient atteint les plus belles dimensions. Ils fructifiaient abondamment. C’était là une précieuse ressource pour tous les Jardins d’Essai de nos nouvelles colonies. Grâce aux nombreux envois que faisait sans cesse le zélé directeur du jardin, la plupart de nos colonies sont pourvues maintenant en essences rares qui composaient ces magnifiques collections.
- De tout ce riant paysage, de ces scènes que reproduisent les gravures ci-jointes, il ne reste rien, absolument rien ! Et ainsi que l’a constaté la mission officielle qui vient de rentrer en France, on ne peut môme plus distinguer l’emplacement du jardin, pas plus que celui des avenues majestueuses qui y conduisaient, ou celui des maisons de la ville.
- Adressons du moins un pieux souvenir à la mémoire de ceux qui se sont dévoués à la formation de ce jardin si utile et qui a rendu de si considérables services au développement de l’agriculture coloniale et à la propagation des espèces' utiles dans nos colonies.
- En 1861 l’habitation domaniale de Tivoli fut annexée au Jardin des Plantes, créé par Castelneau d’Auros. L’arrêté préfectoral, qui en réglemente le fonctionnement, en détermine les attributions dans les termes suivants :
- Le Jardin des Plantes devra servir : 1° A favoriser, multiplier et améliorer la culture de toutes les plantes utiles et agréables, tant indigènes qu’exotiques, des épices de toutes espèces et des fruits de la colonie ; 2° A introduire et à naturaliser les végétaux étrangers ; 5° A enrichir notre agriculture locale d’une foule de produits applicables à la nourriture des hommes et des animaux ; 4° A fournir aux jardins des plantes de la métropole et des colonies, les plantes qui pourraient y manquer.
- Ce vaste programme avait été scrupuleusement observé par ses directeurs. Ceux-ci furent M. Be-
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- Fig. i. — Jardin des Plantes de Saint-Pierre (la Martinique) prés de la maison d’habitation.
- langer, puis M. Thierry aiujucl succéda M. Nollet, lion de 1882 de lT1istiL1.it national agronoinitjue. La ingénieur agronome, ayant fait partie de la promo- mort est venue le surprendre dans le jardin même
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- Fig. 5. — Jardin dus Plantes de Saint-Pierre (la Martinique). Route des Trois-Ponts (Tivoli).
- Fig, T. — Grande allée du Jardin des Plantes de Saint-Pierre (la Martinique).
- où il habitait, avec sa famille, un modeste mais riant pavillon perdu au milieu de palmiers et d'arbres
- gigantesques. 11 s’était dévoué avec une rare activité à la tâche qui lui avait été confiée. Il avait depuis
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- LA NATURE.
- 1900, sur les indications du service technique du ministère des Colonies, entrepris, d’accord avec le Jardin Colonial, une série d'expériences sur la possibilité d’importer en France des fruits Irais des Antilles. Après quelques tâtonnements, la méthode appliquée avait conduit au plus absolu succès. De récents arrivages reçus au Jardin Colonial avaient démontré que la plupart des fruits et en particulier les mangues, les avocats, les abricots d'Amérique, et les sapotilles, pouvaient être régulièrement importés.
- Déjà le résultat ayant été jugé définitif, on allait passer de l’expérience à 1 ’application commerciale, et un importateur de Paris avait passé des commandes fermes. La catastrophe réduit ces projets à néant.
- Par un hasard singulier deux jours avant que l’éruption de la Montagne Pelée ne détruisît le Jardin botanique de Saint-Pierre, une serre de transport, confiée à un jeune Martiniquais se rendant en France pour suivre les cours de l’Ecole supérieure d'Agriculture coloniale, lut embarquée à destination du Jardin Colonial. Elle y arriva sans encombre, et lorsque nous ouvrîmes cette serre renfermant tout ce qui devait rester désormais du Jardin de Saint-Pierre, nous constatâmes que les plantes étaient toutes poudrées de cette poussière que le volcan vomissait déjà quelques jours avant le cataclysme final.
- Est-il utile de dire avec quelle sollicitude ces plantes, véritables reliques du Jardin disparu, sont soignées? Elles seront propagées et ce sera le dernier souvenir que le Jardin de Saint-Pierre aura légué à nos jeunes colonies africaines qui lui devaient déjà tant de plantes précieuses. J. Dviiowski.
- LE VERRE ARMÉ
- Si nombreuses sont aujourd’hui les applications du verre, que l’on a peine à concevoir comment les anciens et nos ancêtres du moyen âge ont pu si facilement s’en passer. Certes le verre et ses propriétés sont connus depuis l’antiquité la plus reculée, mais ni les Egyptiens ni les Romains ne semblent avoir utilisé cette matière à autre usage qu’à la fabrication de petits objets d’ornement et à la confection de mosaïques. Ce n’est guère qu’au seizième siècle que l’on commence à l’employer pour les habitations et dans un but autre que décoratif. Quoi qu’il en soit, le verre est aujourd’hui devenu indispensable, et la commodité qui résulte de son emploi est telle qu’on cherche pour lui des applications auxquelles à première vue il ne semble guère approprié, étant donné son peu de cohésion et de ténacité.
- Pour remédier à ces défauts du verre, les inventeurs ont songé à lui incorporer une substance douée des qualités qui lui manquent. La Nature a décrit il y a dix ans1 un procédé américain qui consiste à insérer dans l’épaisseur d’un verre plan un réseau de 111 de fer ou d’acier. Depuis lors le verre armé a reçu la sanction de la pratique et on l’utilise en Amérique à toutes sortes d’applications. Les avantages qui résultent de l’emploi du verre armé sont nombreux. Si l’on vient à casser ou à couper un morceau de ce verre, les fragments restent jointifs et
- 1 Voy. n° 1027 du 4 février 1893, p. 157.
- adhèrent les uns aux autres ; cette cohésion procure une résistance à la flexion de beaucoup supérieure à celle du verre ordinaire. De plus si l’on chauffe le verre armé à une température de 70° environ, il se fend d’abord, mais les fragments restent toujours adhérents et il en est de même si l’on jette de l’eau sur du verre armé chauffé à 70°. Ces avantages ont leur importance et on les a appréciés dans certains cas d’incendie signalés par M. Appert, où la cohésion du verre armé a empêché la production de brèches formant appel d’air et activant la violence des flammes. On peut, grâce à cette cohésion, réaliser de vastes surfaces, construire avec cette matière des parquets, des toits, des plafonds, des cloisons, etc. La sécurité ainsi obtenue est telle que la municipalité de Aew-York a imposé l’emploi du verre armé dans les escaliers des maisons neuves, pour les fenêtres, jours ou baies qui pourraient y être ouverts. En France des essais ayant un caractère officiel ont été faits une première fois en août 1900 devant une commission (dite des incendies), instituée à Paris par le préfet de police, sur du verre de bohème fourni par M. Siemens. Ces essais ont été satisfaisants ; on les a renouvelés cette année avec du verre de la Compagnie de Saint-Gobain. A la suite de ces nouveaux essais, la préfecture recommande le verre armé au lieu et place de la tôle, même doublée de bois, pour les portes de communication de maison à maison.
- Mais ces nouvelles qualités ne sont communiquées au verre que grâce à des procédés très perfectionnés dans lesquels certaines conditions essentielles sont observées.
- En premier lieu verre et métal doivent être intimement unis et soudés, la moindre solution de continuité entraîne la destruction du verre, dans le cas de brusque changement de température. Le réseau doit être noyé dans le verre pour que l’air n’altère pas le métal. Enfin les coefficients de dilatation du réseau et du verre doivent être sensiblement égaux. La soudure intime ne peut se faire qu’à une température égale ou plutôt supérieure à 1000 ; du fait la fabrication par soufflage doit être écartée, car d’abord le verre ne se forme dans ce cas que par extension et d’une façon progressive, tandis que le réseau est de sa nature inextensible; ensuite certaines parties du verre sont à 800, c’est-à-dire à une température insuffisante. On ne peut donc guère employer que le procédé de laminage. Le fil qui forme le réseau doit être tréfilé dans certaines conditions particulières, il doit posséder un poli parfait et une certaine élasticité. On choisit généralement de l’acier doux contenant un peu de carbone.
- M. Appert, dans une communication récente à la Société d’Encouragement, donne la liste des brevets français et étrangers qu’on a pris jusqu’ici en vue- de réaliser ces conditions. Les inventeurs ont été nombreux, 187 brevets ont été demandés et accordés. Mais aujourd’hui la sélection s’est opérée parmi tous ces procédés dont on peut dire que deux seulement sont reconnus pratiques : le procédé Schuman, qui consiste à enfoncer le réseau dans une couche de verre encore fluide et malléable et préalablement laminée à l’épaisseur voulue et le procédé Appert où l’on interpose le réseau entre deux couches de verre laminées simultanément. Ces deux procédés se partagent les Sociétés d’Europe et d’Amérique qui fabriquent le verre armé. Ajoutons (jue des essais comparatifs, entrepris par l’Administration de la guerre aux Etats-Unis en vue d’établir les qualités respectives des verres Schuman et Appert, ont démontré la supériorité de ce dernier qui reste désormais le seul autorisé pour les fournitures de l’État en Amérique. J. G.
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- LA NATURE.
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- L\ DESTRUCTION DES FOURMIS
- La question des fourmis est toujours à l’ordre du jour. Si par les soins qu'elles donnent à leurs jeunes, parleurs combats, par leurs mœurs pastorales, par les habitudes d'esclavage de certaines d’entre elles, elles font depuis bien longtemps l’admiration des observateurs, elles sont d’autre part la terreur des ménagères, et les cultivateurs les considèrent, trop souvent, disons-le de suite, comme un véritable fléau.
- On les détruit partout et par tous les moyens possibles, et selon nous presque toujours à tort, surtout si l’on s’cn tient à nos espèces indigènes.
- A part quelques petites espèces qui s’introduisant dans nos maisons y sont en vérité parfois bien incommodes, et d’autres qui fréquentant les pucerons les excitent à une plus grande absorption de la sève des plantes, les fourmis sont essentiellement carnivores et par conséquent utiles. Michelet avait raison quand après avoir énuméré les défauts qu'on leur reproche il terminait en disant : « Leurs vertus, c’est de détruire tout ce qui nuirait à l'homme comme insecte ou chose insalubre ». On les rencontre partout transportant à leur demeure des insectes, morts ou vivants. Leur présence dans les forets n’est nullement nuisible, et il est avéré que celles qui établissent leur domicile dans les arbres, choisissent le bois mort pour y creuser leurs nids, et que les arbres qu’elles habitent sont spécialement préservés de l’atteinte des scolytes. Pourtant nous accorderons volontiers qu’il faille les détruire là où elles sont gênantes, nuisibles même. Les moyens connus pour atteindre ce but sont aussi nombreux que généralement insuffisants. Leur emploi judicieux peut néanmoins donner de bons résultats, mais avant de les indiquer, quelques mots sur le développement des fourmis ne seront certainement pas inutiles.
- Les fourmis appartiennent à l’ordre des « Hyménoptères », ce sont des mouches à quatre ailes. Celles que nous voyons courir partout en sont dépourvues, mais il faut voir en elles des individus femelles modifiés, dont toute l’organisation s’est adaptée aux fonctions d'ouvrières qu’elles sont appelées à remplir concurremment avec celles de « nourrices ». A certains moments la fourmilière contient en grand nombre des individus normaux, males et femelles pourvus do leurs quatre ailes, qui par un beau jour prennent leur vol en masse, « essaiment », et sont chargés eux de la conservation de l’espèce.
- C’est le vol nuptial après lequel les mâles meurent misérablement ou sont tués par les ouvrières comme devenus inutiles. Quant aux femelles quelques-unes sont recueillies par ces mêmes ouvrières qui leur arrachent les ailes, désormais sans usages, si elles ne se les sont [tas arrachées déjà, et les ramènent à la fourmilière où leur ponte va renforcer la colonie. Les autres, se réfugiant dans quelque trou, commencent à pondre un paquet d’œufs, s’enfoncent
- en terre à l'arrivée de la mauvaise saison, s’engourdissent jusqu’au printemps, et soignent alors leur progéniture.
- De l’œuf est sorti une larve qui deviendra nymphe, puis insecte parfait. Les premiers œufs produisent des ouvrières, les premières écloses suppléeront la mère dans les soins de la famille; celle-ci, nourrie par ses enfants, se consacrera désormais uniquement à la ponte, et la fourmilière se développera rapidement. Le nid sera agrandi au fur et à mesure des besoins, il diffère suivant chaque espèce; tantôt formé de chambres et de galeries creusées dans la terre, tantôt abrité dans un arbre creux d'arbre, un trou de mur, sous une pierre ou une racine. Chez certaines espèces il est surmonté d’un monticule de terre ou de brindilles, etc.
- Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des mœurs des fourmis, mais retenons, d’après ce qui précède, qu’elles se présentent à nous sous diverses formes et qu’à certains moments on trouve dans la fourmilière : lü des mâles et des femelles ailées, qu’on peut parfois détruire en masse par le llam-bage quand l’essaim s’abat quelque part : une poignée de [taille ou un journal enflammé suffit alors; 2° des femelles pondeuses qui ne quittent guère la fourmilière, et des ouvrières en nombre toujours considérable et que l’on rencontre partout au dehors : elles présentent parfois deux formes différentes; 5° des œufs, des larves et des nymphes.
- L’organisation interne des fourmis rappelle celle des abeilles, et autres insectes voisins, la ligure 1 en donne une idée suffisante. Elles peuvent être considérées en quelque sorte comme nuisibles en raison de leur piqûre, portant, comme les guêpes et les abeilles, un aiguillon à l’extrémité de l’abdomen (pas les mâles, bien entendu). Au moment de leur piqûre, elles déversent dans la plaie le venin de deux glandes qui alimentent cet aiguillon et dont l’action est parfois très énergique, comme chez la Myrmica rubra, par exemple. Chez certaines espèces, formica ru fa entre autres, l’aiguillon a subi des modifications anatomiques; elles ne piquent pas, mais le venin peut être projeté à une distance capable d’atteindre jusqu’à 50 centimètres. Aussi n’approchez des grandes fourmilières qu’avec précaution et prenez garde à vos yeux. Ces quelques notions nous -suffiront pour raisonner un pou les moyens de défense que l’on doit employer envers les fourmis.
- Tout d’abord se présente la destruction en bloc de toute la fourmilière quand elle n’est pas établie dans un mur, un parquet, ou tout autre endroit inacessible. Pour les nids dans le sol, on emploie fréquemment Véchaudage, moyen généralement insuffisant, l'eau se refroidissant avant d’atteindre le fond du nid. Mieux vaut l'enlèvement à la bêche : les matériaux recueillis dans un sac sont ensuite vidés dans l’eau bouillante ou enterrés et fortement tassés, on peut y joindre à ce moment un insecticide quelconque. Mais si l’on ne veut pas nuire aux plantes- dont on
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- I A NATURE.
- pourrait couper les racines, il sera bon bien souvent de n’enlever que le dessus du nid et de recommencer à plusieurs reprises.
- Il suffit parfois de tasser fortement le nid au moyen d'une lourde poutre qui écrase tout, contenant et contenu. Un conseille aussi d’en boucher les issues avec de la chaux imprégnée d’une décoction de coloquinte, ou d’arroser avec des substances vénéneuses : sublimé, sulfure de carbone, etc. Tous ces moyens sont bons, mais à condition d'être
- les fourmis, principalement celles des maisons. Là, tantôt on cherche à les attirer pour les mieux détruire, tantôt on cherche à les éloigner par un moyen quelconque.
- Une plante dans un pot, couverte de pucerons, les fait venir en grand nombre, de même qu’un pot à Heurs plein de terre sur laquelle on dépose un appât sucré, et que l’on recouvre d'une tuile ou d’une assiette; le trou inférieur doit rester libre. Du
- papier enduit de miel, des éponges
- renouvelés.
- Le labourage détruit les nids et rend le sol incommode à une nouvelle installation des fourmis qui n’y trouvent pas un abri confortable.
- Les larves et les nymphes sont l’objet d’une destruction plus spéciale; sous le nom
- impropre A'œu fs de fourmis elles sont indispensables pour le bon élevage des faisans et de divers autres gibiers, et leur récolte est d’ailleurs facile. Parmi les procédés employés il en est un qui ne manque pas d’élégance. Près des grandes fourmilières on prépare sur le sol
- milmrp
- FiS. 1. -eau; b,
- ganglion nerveux ;
- (/, cl, œsophage ; (j, intestin grêle; h, gros intestin; i,
- Anatomie générale des fourmis (d'après Ch. Janet).
- vaisseau dorsal (appareil circulatoire)
- suerees avec un mélange de sucre et de miel en attirent beaucoup, et de temps en temps on peut s’offrir le plaisir d’une immersion énérale dans bouillante.
- Mais c'est le plus souvent, de guerre lasse,vers
- b
- l’eau
- l’éloignement des
- e jabot ; /’, estomac ;
- réservoir à venin; j, aiguillon; h, langue.
- fourmis que les
- efforts se sont portés. Chaque inventeur est convaincu de l’efficacité de son procédé, mais il est nécessaire de convenir que jusqu’à présent aucun n’est infaillible. La liste en est bien longue, en voici quelques-uns : répandre sur le passage des fourmis
- et dans les endroits
- Fig. 2.
- 1,
- une aire circulaire bien nette, sans herbes ni pierres, tout autour on dispose des pots à fleurs renversés et légèrement soulevés par un petit caillou ; à défaut de pots on dispose simplement sur le sol de larges feuilles. Avec une pelle on emplit un grand sac du contenu des fourmilières et on vide le tout au milieu de l’aire préparée. Immédiatement les fourmis, uniquement préoccupées de sauver leurs jeunes, les transportent sous les pots ou sous les feuilles, là il est facile de les recueillir avant qu’ils n’aient eu le temps d’être transportés en lieu plus sur. 11 suffit souvent de renverser sur la fourmilière des pots à Heurs vides pour qu’à certaines heures de la journée tous les jeunes (larves et nymphes) y soient rassemblés par les fourmis.
- Ce sont là des moyens de destruction partielle, ils répondent bien au but poursuivi; mais c’est surtout hors de la fourmilière qu'on a à combattre
- 4
- JtK
- i
- Formica rula mâle (fourmi rousse) ; 2, fourmi rousse ouvrière ;
- 5, fourmi rousse femelle; -i, œuls; 5. larve;
- 6, nymphe île profil ; 7, nymphe lace ventrale; 8, Cocon. (Figures grandies 2 fois.
- qu’elles fréquentent : poudre de pyrèthre ; cendres de bois, de papier ou de carton tamisées ; borax en poudre mélangé de sucre; charbon de bois, braise; craie en poudre, blanc d’Espagne, plâtre fin ; sciure de bois ; poudre de cacao, marc de calé; sel marin, soufre en poudre. L’action de certaines de ces substances, dont la plupart ne peuvent guère agir que par leur pulvérulence, serait difficile à expliquer.
- D’autres agissent certainement par leur odeur, par exemple ; l’acide phénique, la benzine; le goudron, le pétrole ; un mélange d’acide phénique et de mélasse ; l’huile de cade, de genièvre, de poisson ; l’éther de térébenthine ; le tabac à priser trempé dans l’eau ; un os de jambon fumé; un citron pourri ; des cadavres de fourmis écrasées; de l’eau dans laquelle on a fait cuire des écrevisses; l’eau vinaigrée.
- Un grand nombre de plantes : cerfeuil, persil,
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- LA NATURE.
- basilic, feuilles d’absinthe, lavande, anis (en feuille), ienouil, pyrèthre, muguet, thym (trempé dans l’eau vinaigrée), etc., éloignent, dit-on, les fourmis.
- Pour préserver les arbres on conseille Panneau de glu et aussi un large anneau fait simplement à la craie appliqués sur le tronc à 1 mètre au-dessus du
- Fier. 3. — Essaim de fourmis fauves (formica fnsea).
- sol. Sur les semis, répandre de la sciure de bois moyens : une traînée de poudre qu’on enflamme pbéniquée. Et enfin, nous terminons par les grands et qui fait sauter toute la bande des fourmis.
- Fig. 4. — Fourmis jaunes (Lasius flavus) avec pucerons des racines. (Très grossies.)
- Du rhum dans lequel on a délayé du sucre en poudre versé sur leur passage et auquel on met le feu au bon moment. Puis la mèche soufrée.
- La plupart de ces moyens ont, croyons-nous, du byn, mais ce que nous recommanderons surtout c’est
- la persévérance. Devant cet infiniment petit « la fourmi » que parfois rien ne semble lasser, une patience à toute épreuve sera souvent nécessaire, nous la souhaitons de tout cœur à nos lecteurs, convaincu que là seulement est le secret du succès.
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- LA NATURE.
- Ne voit-on pas d’ingénieuses fourmis apporter grain h grain de la terre qu'elles déposent sur la glu ou le goudron, qu’elles traversent ensuite, ou bien, pour franchir une rigole remplie d’eau pour leur barrer le passage, s’accrocher les unes aux autres, formant un pont vivant sur lequel elles passent sans se préoccuper de celles du dessous qui se noient par centaines? A.-L. Clément.
- LES VOYAGES H KH UES MÉDICALES
- Le proverbe qui dit qu’on s’instruit en voyageant n’a jamais reçu d’applications pratiques plus nombreuses que de nos jours. De tous côtés on organise pendant la belle saison des excursions, des promenades. La Nature elle-même a convié scs jeunes abonnés à visiter de compagnie les plus beaux sites de notre pavs.
- Les voyages d’études médicales ont un autre but que celui d’une jolie excursion et d’un passe-temps agréable. Ils ont un intérêt scientifique et humanitaire. Jetez les yeux sur une carte géologique ou hydrographique de la
- kMinecourt
- ’CoionieScoiaire
- Vittel
- EPIKAL
- inirexévilie
- Gërardmer
- Remiremoni
- Plombières
- Ballon d Alsacej
- luxcuil
- SAONE
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- IBelfortj
- . Mor.tbelian
- DOUBS
- Parcours en Chemin <7ë7èr Parcours en Tramway Parcours en Voiture
- Mouchard
- Carte du voyage d'études médicales 1902.
- France. Vous serez frappés de la quantité de stations thermales ou minérales que l’on rencontre au nord, à l’est, au midi et surtout au centre de notre pays. Nulle contrée ne peut rivaliser avec la France pour sa richesse à ce point de vue. Tous les éléments de la thérapeutique la plus variée et je dirais la plus intensive s’y rencontrent dans les coins les plus pittoresques ; or ces éléments de médication puissante sont souvent mal connus des jeunes et vieux médecins. Il nous manque à tous, je parle au moins de la majorité, la leçon de visu. On a lu quelques notices sur telle ou telle eau, on en connaît les propriétés, les applications; mais de l’installation elle-même, des perfectionnements réalisés dans les dernières années, des desiderata nécessaires on ne sait rien ou à peu près.
- Frappé de ces inconvénients, dont il avait souffert, lui
- tout le premier, un de nos jeunes collègues s’est, dit qu’on pourrait faire pour les médecins, les jeunes et les étudiants, quelque chose, et ce quelque chose, il l’a voulu, bien voulu et réalisé. Avec la foi d’un Pierre l’Ermite, le l)r Carron de la Carrière a créé cette œuvre de voyages, secondé par le professeur Landouzy qui, jeune de cœur, d’esprit et de corps, alerte comme au temps de l’internat, s’est dévoué corps et âme à l’entreprise de notre camarade et s’est fait le cicerone érudit de la caravane.
- Le programme comporte la visite des principales stations minérales d’une région et là, après une visite minutieuse des sources, de l’installation des bains, des salles diverses de humage, d’inhalation, etc., le professeur Landouzy résume, dans une conférence des plus instructives et des mieux documentées, les indications, contre-indications de la source visitée, dans telle ou telle affection. Enthousiaste de tout ce qui peut contribuer à la grandeur et à la prospérité de notre pays, il continue depuis trois ans ce rôle de professeur en voyages, au grand avantage de tous.
- Les voyages d’études médicales ont débuté par les stations d’Auvergne ; l’an dernier ils conduisaient à celles des Pyrénées; cette année c’est à la porte de ce pays aimé d’Alsace, vers les belles montagnes des Vosges, que sont apppelés ceux qui feront partie de la caravane médicale. Un beau voyage et une étude intéressante, quoi de plus pour attirer de nombreux adhérents à cette œuvre scientifique, humanitaire et patriotique. Dr A. Cartaz.
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- NÉCROLOGIE
- Ci. Trouvé. — M. G. Trouvé, l’inventeur électricien bien connu, est mort à Paris, le 27 juillet 1902, à l’âge de 05 ans. Né en 1859, dans le département d’Indre-et-Loire, à La Haye-Descartes, G. Trouvé fit ses études au collège de Chinon. 11 rentra à l’Ecole des arts et métiers d’Angers, et, en sortant, il vint à Paris travailler tout d’abord dans l’atelier d’un horloger. En 1863, il fonda un établissement où il commença ses recherches personnelles. A partir de cette époque, G. Trouvé imagina et construisit toute une série de petits appareils d’une grande ingéniosité : papillons lumineux, lampe à incandescence pour danseuses, bijoux lumineux, lampes pour mineurs, bateaux électriques, fontaines lumineuses sans eau, etc. Ces divers appareils ont tous été décrits ici même au fur et à mesure de leur apparition. M. G. Trouvé construisit aussi avec une grande habileté le moteur électrique genre Siemens, pesant 220 grammes, qui permit à M. Gaston Tissandier d’effectuer, à l’Exposition d’électricité de 1881, ses premières expériences relatives à la direction des ballons1. M. G. Trouvé a été un inventeur fécond, doué d’une grande habileté, dont les recherches et les travaux ont été très utiles en de nombreuses circonstances. 11 était chevalier de la Légion d’honneur. J. L.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 août 1902.
- Présidence de M. Bouquet de i.a Grye.
- Dtcoinposition de l'acide carbonique par les feuilles. — M. Dehérain rappelle que l’on montre habituellement le pouvoir de dissociation de l’acide carbonique que possèdent les feuilles éclairées en les immergeant dans de l’eau chargée d’acide carbonique contenue dans un vase
- . 1 Voy. n° 428, du 15 août 1881, p. .168.
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- LA NATURE.
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- de verre exposé aux rayons solaires. L’expérience se fait de préférence avec des feuilles de plantes aquatiques; avec des feuilles de plantes aériennes les échecs sont fréquents. L’expérience ne réussit en réalité que lorsque la tension de l’acide carbonique est faible. Pour éviter les échecs, MM. Dehérain et Demoussy donnent à cette expérience fondamentale la disposition suivante. Les rameaux sont introduits dans une cloche à gaz qu’on retourne sur une dissolution saturée d’acide carbonique. A l’aide d’un tube on enlève la plus grande partie de Pair. Pour empêcher Réchauffement parle soleil, on immerge la cloche et sa cuve dans un grand vase de verre également rempli de la dissolution saturée d’acide carbonique. Celui-ci se diffuse peu à peu, surtout par l’agitation du liquide, gagne l’atmosphère des feuilles et s’y réduit. Au bout de quelques heures, cette atmosphère renferme 40 à 00 pour 100 d’acide carbonique. On avait émis l’opinion que le pouvoir de dissociation appartenant aux feuilles éclairées donnait lieu à la production accessoire de gaz combustibles; M. Dehérain fait savoir qu’il n’en est rien.
- Le pouvoir germinatif des graines. — M. Dehérain présente ensuite une Note de M. Jules Poisson, assistant au Muséum, sur la durée germinative des graines. Comme M. Maquenne, l’auteur reconnaît que la siccité de Pair a une importance capitale pour la conservation de la vie latente des graines des plantes vivant dans un milieu normal. Il faut faire exception pour les espèces dont les semences germent immédiatement ou peu après leur maturité, au risque de périr (cocaoyer, muscadier, poivrier, etc.). Mais le plus grand nombre desgraines, au contraire, gardent leur vitalité si elles sont soumises à une sorte d’étouffement s’opposant aux actions de la lumière, de l’humidité et de l’oxygène. M. Poisson insiste sur une particularité contradictoire des semences des plantes croissant naturellement dans les lieux humides et pouvant se conserver presque indéfiniment dans un sol marécageux, par. suite d’une adaptation au milieu nécessaire aux plantes aquatiques; il cite entre autres le coleanthus, etc.
- Le champignon des racines des arbres fruitiers. — M. Milieux expose qu’il a eu l’occasion d’observer les fruits parfaits ou perithèces d’un champignon qui se développe sur les racines des arbres fruitiers ou de la vigne, le dematophora necatrix. Les arbres atteints ne tardent pas à périr. Ces fruits sont semblables à ceux des sphë-riacées du genre rosellinia, et, par suite, le champignon qui cause la maladie du pourridië devra désormais porter le nom de rosellinia necatrix.
- La fermentation alcoolique et le bacille typhique.— M. le D1' Bodin, deRennes, et M. Pailheret, de l’école d’agriculture de Rennes, ont recherché si le bacille d’Eberth, existant dans un moût non fermenté et s’v développant bien, peut persister après que la fermentation alcoolique s’est produite. On sait que ce bacille ne peut continuer à vivre dans le cidre. A l’aide d’un moût artificiel non acide formé de peptone additionnée de glucose ou de sucre, ils ont constaté, après la fermentation alcoolique par les levures, que le bacille d’Eberth peut y rester vivant, à la condition que les produits qui se forment pendant la fermentation, sous la double activité des levures et des bactéries, n’interviennent pas.
- Varia. — M. A. Gaudry annonce que M. Martel a procédé à l’exploration d’une très grande grotte située à Stalden, près de Schwitz (Suisse), sur laquelle il fournit des renseignements d’ordre géologique expliquant certaines particularités de la configuration de cette grotte.
- Ch. de Villedeuil.
- PLAFONDS ET CORNICHES
- EX ACIER ESTAMPÉ
- Nous en sommes plus que jamais, à notre époque, aux procédés rapides de construction, par suite du prix élevé de la main-d’œuvre. On cherche aussi à n’employer dans les édifices que des éléments faits à la machine et à la grosse, dont le prix de fabrication et de vente se trouve par conséquent réduit au minimum. C’est dans cet esprit, et pour satisfaire à ce besoin, qu’il s’est créé des fabriques considérables de moulures en bois, qui livrent au mètre courant des types divers de moulures s’appliquant à presque tous les genres de décorations, et ne revenant qu’à un prix peu élevé. On s’est mis également à faire des plaques moulurées, des corniches en carton-pàte, qui sont d’une fabrication aisée et peu coûteuse, et qui rendent de précieux services.
- Cependant ces moulures en bois, ces plaques de carton-pàte ont un défaut commun : c’est un certain manque de solidité qui s’explique particulièrement bien par la matière dentelles sont faites, surtout pour le carton-pâte. Mais voici qu’un inventeur des États-Unis, pays où l’on aime plus que partout ailleurs les procédés de construction presque instantanés, a imaginé de faire en acier estampé toutes les moulures, toutes les plaques de revêtement, toutes les corniches possibles. Au point de vue décoratif, et en combinant la peinture sur place avec les reliefs et les creux de l’estampage, il va sans dire qu’on peut obtenir des résultats fort heureux, et quelque peu analogues ta ceux que donne, par exemple, cette sorte de linoléum qu’on nomme le lincrusta-walton. Nous reproduisons du reste quelques types caractéristiques de plaques en acier estampé pour plafonds, oii l’on rencontre une variété extraordinaire, et nous montrerons spécialement un plafond de style Louis XVI à motif central, qui est réellement d’un effet fort heureux : empressons-nous d’ajouter à ce propos que la rosace centrale de ce plafond, qui est assez compliquée de dessin, et qui surtout offre un relief des plus accusés, est faite en zinc, métal qui se prête plus facilement que l’acier à un estampage aussi marqué. Il va de soi que les pièces constitutives du plafond élégant qui est figuré ici sont des surfaces rectangulaires, dont l’assemblage, suivant des lignes droites constituant comme des rayons du cercle inscrit, disparait complètement sous une faible couche de peinture. D’une façon générale, tous ces revêtements de plafonds se font en sortes de carreaux de dimensions plus ou moins grandes, qui sont tout indiqués pour former des plafonds à caissons, qu’on les sépare ou non par des moulures en haut relief jouant le rôle des solives dans les anciens plafonds de ce genre. Nous n’insisterons pas sur la diversité des dessins et des ornementations qu’on peut obtenir dans ces plaques d’acier estampé, aussi bien que dans les moulures remplaçant les solives, ou même dans celles qu’on
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- LA NATURE.
- disposera verticalement dans les angles des pièces. La même maison américaine, ([ni est la maison
- Fig. 1. — Plafond acier estampé.
- Northrop, fabrique également des bordures [liâtes, mais à relief, pour entourer les plafonds, ou encore des corniches creuses et courbes, ou du type classique, pour former le cadre des plafonds : nous donnons des dessins de ces corniches, qui ont une très faible épaisseur, et qui sont parfois formées de moulures indépendantes rapportées convenablement les unes auprès des autres et constituant un ensemble des [tins heureux, qui figure, à s’y méprendre, les corniches de jdàtre ou de carton-pàte jusqu’ici uniquement employées.
- Il va de soi que les plaques d'acier où l'on estampe ces corniches, ces moulures, et aussi les plaques de dessin particulier qui se disposent le long des murailles en y figurant des boiseries, sont faites en acier doux d'une épaisseur très réduite, et qui ne pèse jtas [dus de o kg au mètre carré; la .mise en nlace de ces plaques se fait au moyen de clous, et sur des bandes de bois que l’on commence d’abord par
- ATr.T
- Fig. 2. — Plaque d’acier pour frise.
- fixer sur les parois horizontales ou verticales à garnir, en les espaçant de manière qu’elles répondent seulement aux besoins. Les plaques sont d’ailleurs assez légères pour que les clous ne soient que peu
- nombreux : on perce dans la feuille métallique, au moyen d’un poinçon, les trous nécessaires pour les faire pénétrer, et, quand ils sont mis en place et qu’on a passé une couche de peinture par-dessus, il est impossible de les apercevoir. Le plus généralement même les dessins sont combinés de telle sorte que les têtes de ces dons s'y perdent absolument.
- Etant donnée la façon dont ces plafonds et en général ces plaques sont disposés, à une certaine distance des parois qu’ils recouvrent, on comprend qu’ils permettent de masquer les conduites de gaz, les conducteurs électriques et téléphoniques, que l’on pourra pourtant visiter en cas de besoin, puisque les plaques se déplacent facilement par enlèvement des clous, qu’on remet ensuite aisément. L'air circule dans cet espace intermédiaire, ce qui est fort avantageux pour conserver les conducteurs à l’abri de l'humidité, et aussi pour empêcher les variations de température, dans les pièces. Les plaques d’acier sont enduites d’huile de lin et de céruse au moment de leur fabrication, et on peut considérer qu’elles ne se rouillent point. Ajoutons encore que des plafonds de ce type ne se détériorent pas, si des gouttières ou des fuites se produisent au-dessus d’eux : pour évacuer l’eau, on décloue une plaque et on laisse ainsi
- Fig. 5. — Corniche on mêlai estampé.
- cette eau s’écouler extérieurement : point de ces larges taches qui sont la désolation des propriétaires, et l’on en est quitte pour reclouer la plaque enlevée et faire un léger raccord à la place des clous. Il est évident que ces revêtements de plafonds ou de murailles sont fort à apprécier au point de vue des chances d’incendie et de la propagation du feu.
- Comme ces plaques d’acier estampé se font suivant une multitude de dessins et dans les dimensions les plus diverses, qu’il en est de même des moulures et des corniches, on arrive facilement à des combinaisons extrêmement variées, qui répondent en pratique à tous les besoins, et assurent une durée presque éternelle à la décoration des maisons où l’on recourt à ce nouveau produit de l’industrie moderne. I). Lebois.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie I.aiiuhk, rue de Fleurus. 3.
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- N° 1525.
- 16 AOUT 1 902.
- LA NAT U KL.
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- LE DJEBEL OÜENZ.V
- ET I.ES MINERAIS DE FER DE I.A FRONTIÈRE TUNISIENNE1
- Los recherches minières sont, depuis quelques années, très actives dans la zone frontière entre l’Algérie et la Tunisie et elles ont abouti déjà à la découverte de plusieurs beaux gites calaminaires ou phosphatés ; mais, parmi les trouvailles récentes, il n’en est probablement pas dont l’importance future soit plus considérable que celle des minerais de fer du Djebel Ouenza et de quelques autres amas voisins. L’éloignement des voies de communication a seul empêché, jusqu’ici, la mise en valeur de ces gisements; cet état de choses devant cesser prochainement par la construction de nouvelles voies ferrées, la mise en adjudication ou la concession des minerais reconnus, qui se fera un jour ou l'autre lorsqu’on aura triomphé de certaines difficultés administratives, ne pourra manquer d’aboutir à la création de centres industriels considérables dans ce pays. On s’en rendra compte aussitôt, si je dis que le seul gisement du Djebel Ouenza est évalué par le Service des Mines algérien à 100 millions de tonnes de bon minerai,
- Les rochers de minerai de fer du Djebel Zrissa, en Tunisie.
- c’est-à-dire que c’est
- un des plus grands gisements du monde entier. Outre cette valeur pratique, ces gites de fer présentent un très réel intérêt théorique, et c’est sur ce double côté de la question que je voudrais dire ici quelques mots, sans entrer dans des détails qui ne seraient pas à leur place*.
- L’histoire du Djebel Ouenza est curieuse et montre ce que peuvent encore offrir d’imprévu les richesses minières d’une région très connue, comme l’Algérie.
- 1 Yoy. la série des articles antérieurs sur les industries minérales françaises.
- - J’ai eu l’occasion de développer ces détails dans un livre actuellement à l’impression, sur les Richesses minérales de l’Afrique, où toutes les régions du continent noir sont tour à tour passées en revue.
- 30e année. — ïe semestre.
- A peu près à moitié chemin de Souk Ahras à Tebessa, environ à 50 ou 60 kilomètres de ces deux villes et du Kef, il existe là, sur une montagne de calcaire compact urgo-aptien, une masse d’hématite d’une grande extension, en relation avec laquelle étaient de petits filets cuivreux qui attirèrent l’attention et /£ motivèrent une concession pour cuivre et métaux/^^ connexes, dans l’été de 1900. On considérait alorsfe4/f suivant une théorie qui est encore très généralement adoptée, les minerais de fer oxydés, dont il existe&\ divers gisements dans le département de Constan-fine et la Tunisie, comme tout à fait indépendants
- des autres minerais métallifères, galènes, calamines, etc., et l’on n’avait vu, dans cette masse d’hématite, qu’une couche superficielle, il est vrai d’une grande étendue, mais rendue à peu près inexploitable par la distance considérable qui la sépare des ports d’embarquement.
- Cependant, pour s’assurer de la continuité des veines cuivreuses en profondeur, le Service des Mines avait engagé leur concessionnaire à aller les recouper, à un niveau plus bas, par une galerie en travers-bancs; contrairement aux prévisions, cette galerie resta dans le minerai de fer sur une grande partie de son parcours et démontra qu’au lieu d’un amas superficiel, il existait un énorme filon d’hématite, dont la largeur est de 150 mètres, la hauteur îninima de 50 mètres et la longueur de 1 ou 2 kilomètres : une véritable montagne de minerai excellent, dont le cube arrive au chiffre colossal de 100 millions de tonnes, indiqué précédemment.
- Je reviendrai tout à l’heure sur les conclusions géologiques à en déduire ; mais la conséquence pratique doit être d’abord mentionnée.
- Cette conséquence est qu’à l’heure actuelle, malgré la nécessité de construire pour l’exploitation une ligne de 260 kilomètres vers Bizerte ou de refaire totalement la ligne Bône-Guelma avec raccordement sur le Djebel Ouenza, ce qui entraînerait une dépense de 10 millions, malgré la redevance exigée par
- 11
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- LA NATURE.
- Ifi2
- l’État, qui ne sera pas moindre de Ufr,(>0 à 0r',7l) par tonne (soit de 00 à 70 millions pour les 100 millions de tonnes), trois groupes importants sont actuellement en instance pour obtenir la concession : l’un, composé des plus grandes usines métallurgiques de France et même d’Europe (le Creuset, Chàtillon-Commentry, etc.); l’autre, représentant l’importante Société de Mokta et Hadid, et le troisième, des linanriers marseillais. Ces groupes exploiteraient à raison d’un million de tonnes par an. Malheureusement, pour la mise en valeur immédiate, la question se trouve extraordinairement compliquée par la distinction subtile que la loi française établit entre les minerais de fer exploitables à ciel ouvert en minière et les minerais exploitables en mine proprement dite (ces derniers seuls «incessibles, les premiers appartenant au propriétaire du sol, qui, dans le cas présent, est l’État), ainsi que par un article de la même loi, semblant, d’après certains jurisconsultes, attribuer au concessionnaire d'une mine des droits éventuels à l’exploitation de la minière connexe. Les tribunaux, tant administratifs que judiciaires, peuvent, dès lors, se trouver être appelés à intervenir dans une série de litiges prévus ou à prévoir, plus qu'il ne conviendrait au prompt essor de cette grande industrie.
- Si nous revenons au coté théorique de la question, qui n’est pas lui-même sans un réel intérêt pratique ici et pour d’autres gisements analogues, je crois voir, dans le Djebel Ouenza, la continuation d’une idée que je soutiens, depuis plusieurs années, sur la genèse des minerais de fer et qui, après avoir d’abord troublé les idées reçues, rencontre chaque jour de nouvelles confirmations : cette idée, c'est que les hématites filoniennes sont, pour la plupart, un produit du métamorphisme soit du carbonate de fer, soit des pyrites, les carbonates eux-mêmes provenant à leur tour de pyrites plus profondes. Le passage des hématites aux carbonates se manifeste maintenant un peu partout, à l’Erzberg Styrien, à Rilbao, dans les Pyrénées,etc.; le passage direct de l’hématite aux pyrites est, lui aussi, connu depuis longtemps ; ce qui est plus contesté, c'est l’origine sulfureuse de nombreux carbonates de fer tiloniens et, par contrecoup, des hématites qui en dérivent, parce que les gisements en question, toujours encaissés dans les calcaires, ne passent généralement au sulfure ou ne commencent à se mélanger de pyrites qu’à une profondeur où les exploitations s’arrêtent ; mais, suivant la thèse que je défends, ce seraient les mêmes venues liloniennes, qui, dans les schistes, auraient donné des pyrites restées sous leur forme pyriteuse, tandis que, dans les calcaires, un métamorphisme secondaire et superficiel en aurait fait dériver des carbonates de fer plus ou moins oxydés, plus ou moins transformés en hématite. S’il en était ainsi, un gite comme celui du Djebel Ouenza ne serait que l’aflleurement, modifié par contact avec les calcaires, d’un grand amas pyriteux, pins ou moins mélangé de chalcopyrite, comme ceux de la province
- d’Huelva, et peut-être accompagné aussi d’aulres sulfures de zinc, plomb, etc. : gite, auquel on arriverait en descendant au-dessous de la zone de circulation des eaux, au-dessous du niveau hydrostatique.
- Ces considérations, ainsi que je le disais tout à l'heure, ne s’appliquent pas seulement au Djebel Ouenza. Egalement dans la même région, le Djebel bon Kadra, à 44 kilomètres nord de Tebessa, présente, dans les mêmes calcaires urgo-aptiens, un amas d’hématite accompagné, lui aussi, de veinules cuivreuses et même ici d’un peu de calamine, dont le cube est évalué à environ fi millions de tonnes et dont la concession est actuellement demandée par la Compagnie do Mokta et Hadid.
- Enfin, si l’on passe la frontière, le Djebel Zrissa, dont notre vue représente les beaux rochers d’hématite, me parait, lui aussi, représenter un autre cas d’un phénomène analogue. Là encore, on a trouvé des traces de calamine, de galène et de cuivre sans valeur pratique, au voisinage d’un amas d’hématite, estimé à 2 millions de tonnes, qui occupe tout le sommet d’un plateau calcaire. Cet amas a été considéré comme superficiel et sans relation avec les minerais de zinc, plomb et cuivre voisins ; il est possible, en effet, qu’on ait là un simple produit de reprécipitation secondaire ferrugineuse ; mais je serais peu surpris si, quelque jour, on s’apercevait qu’il existe, au-dessous de cet amas, une racine filonienne, sous forme de quelque grande veine d’hématite, passant au carbonate de fer, et qui elle-même, si on la fouillait assez profondément, plus bas que le niveau de la plaine voisine, pourrait bien, à son tour, se convertir en pyrite de fer, avec blende, galène et chalcopyrite accessoires.
- De toutes façons, on voit qu’il y a, dans cette région limitrophe entre l’Algérie et la Tunisie, une zone métallifère méritant d’attirer l’attention, et que la ligne projetée de Pont du Fahs à Kalàat-es-Senam contribuera à mettre prochainement dans des conditions d’exploitabilité possible. L. de Laixay.
- DÉFORMATION DU DISQUE SOLAIRE
- Le phénomène de la déformation apparente du disque solaire à l’horizon, par l’effet de la réfraction atmosphérique, a été peu commenté en général. Biot lui consacre quelques lignes dans son Traité d’Astronomie physique, où il écrit : « C’est, encore par un effet de réfraction atmosphérique que le soleil à l’horizon paraît ovale et aplati dans le sens vertical, même dans les temps les plus calmes et les plus sereins. Tous les points de son disque sont alors élevés par l’effet de la réfraction, mais ils le sont inégalement : les points inférieurs le sont plus que les supérieurs parce qu’ils sont plus près de l’horizon où la réfraction est plus forte. Le disque du soleil doit donc sembler aplati dans le sens vertical. » Au cours d’opérations topographiques effectuées à Bruo, en Bohême, le colonel von Sterneck eut l’occasion d’observer un lever de soleil qui présenta une suite de 15 déformations nettement caractérisées. Le soleil prit les aspects les plus variés; il fut successivement marmite, pot à tabac,
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- cuvette, champignon, ballon, ellipse et ne reprit sa forme parfaite que lorsqu’il fut bien au-dessus de l’horizon. il. Arctovski a consigné, dans un article intéressant du « Bulletin de la Société Belge d’Astronoinie », les observations de déformations solaires que tit M. Arctovski à bord de la Beh/ica, entre Rio de la Pial a et le détroit de Magellan, au cours de l’exploration antarctique Belge.
- èylfoAiru.
- Différents aspects du disque solaire au moment du courtier.
- Les figures données ci-dessus, empruntées à Nature, représentent les phases successives d’un coucher de soleil. Elles se rapportent aux observations de M. Arctovski, qui peuvent être prises comme types des observations de ce genre. On voit le soleil se déformer graduellement à commencer par la partie inférieure, à mesure qu’il s’approche de l’horizon.
- Vers o° de hauteur au-dessus de la ligne des eaux se trouvait un mince filet de nuage qui séparait la partie encore intacte de la partie déformée du soleil. Cette dernière prit une forme triangulaire, une pointe se forma et s’agrandit. La zone comprise entre le nuage et l’horizon avait ainsi la propriété de déformer le disque solaire ; le nuage était le siège des principales déformations.
- M. Morache nous signale la forme pentagonale qu’il observa un matin à Paulille. Quelques nouvelles observations méthodiques de ce phénomène ne seraient peut-être pas sans intérêt. J. Garcin.
- MODIFICATION D’UNE MACHINE A VAPEUR
- A TRIPLE EXPANSION
- 11 est parfois nécessaire de modifier rapidement le mode de fonctionnement d’une machine à vapeur. Dans des usines, par exemple où sont utilisées des machines à vapeur à condensation, on peut être amené à remplacer une machine à vapeur par une autre sans avoir le temps de mettre en marche les condenseurs; on fait alors fonctionner la machine avec échappement à air libre, en supprimant la condensation. Cette manœuvre est souvent faite et èmployée dans les stations centrales d’énergie électrique, où il devient nécessaire de doubler ou tripler en quelques minutes la puissance électrique disponible, à la suite d’un orage par exemple. Le « Bulletin de la Société des ingénieurs civils » du mois de juin 1902 mentionne, d’après un journal étranger le « Feilden’s Magazine », un cas encore plus intéressant de modification momentanée opérée sur une machine marine à triple expansion de grande puissance, à bord d’un croiseur.
- L’appareil moteur avait une puissance totale de 10 520 chevaux, dont la moitié pour la machine de bâbord et l’autre moitié pour la machine de tribord. Il était nécessaire de sortir de son cylindre le piston à haute pression dans cette
- dernière machine; on se trouvait en ce moment en stationnement dans un port sous les tropiques. On démonta d’abord le plateau du cylindre correspondant et on chercha à enlever l’écrou de 0m,15 de diamètre fixant la tige sur le piston. Malgré fous tes efforts, on ne put que faire faire un ou deux tours à l’écrou. L’ordre survint à l’im-proviste de partir le lendemain ; les efforts redoublèrent, il fut impossible de dévisser l’écrou. On dut se décider à partir avec la machine de tribord travaillant à pleine puissance. On chercha toutefois s’il n’était pas possible d’utiliser la machine de bâbord, en supprimant l’action du cylindre à haute pression; il restait encore les cylindres intermédiaires et à basse pression; on pouvait essayer de marcher en compound. Il fallut d’abord enlever la bielle motrice ; on démonta la coulisse de distribution, et on chercha à sortir le tiroir à haute pression qui était du tvpe cylindrique avec admission par l’intérieur. Comme pour le piston, on ne put enlever l’écrou qui fixait la tige au tiroir et on ne put sortir ce tiroir. Mais on s’aperçut qu’en enlevant l’arcade inférieure servant de guide à la tige du tiroir, on pourrait pousser le tiroir vers le haut et l’amener à une position telle que, les lumières allant au cylindre se trouvant démasquées, la vapeur de la chaudière pourrait passer directement dans les deux extrémités de ce cylindre dont le piston se trouverait en équilibre; dès lors la vapeur se rendrait directement à la boite à vapeur du cylindre intermédiaire qui agirait comme cylindre à haute pression. La machine fonctionnerait alors à double expansion seulement.
- On réalisa ces diverses opérations, on eut soin de réduire la pression de la vapeur à l’entrée de la machine de bâbord, et celle-ci fonctionna dans de bonnes conditions. A l’arrivée au port, on enleva le plateau du cylindre à haute pression, on coupa l’écrou, on le remplaça et la machine fut remise dans son état primitif. On voit qu’il est absolument indispensable de connaître à fond le mécanisme des machines à vapeur pour les modifier à volonté suivant les circonstances plus ou moins difficiles où l'on
- peut se trouver. J. L.
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- PHARES A ACÉTYLÈNE
- POUR AUTOMOBILES
- Une des conditions essentielles de la vitesse des voitures automobiles, pendant la nuit, est le bon éclairage de la route; les lanternes ordinaires, qui sont suffisantes pour signaler le véhicule au passant, ne permettraient pas à celui qui le dirige de distinguer nettement les obstacles à une assez grande distance pour les éviter. Aussi a-t-on recours à de véritables pbares qui projettent un puissant faisceau lumineux en avant de la voiture.
- L’emploi de l’acétylène était tout indiqué pour obtenir une lumière éclatante, et de nombreux constructeurs se sont occupés de la question.
- En général, on munit les voitures de deux phares placés à droite et gauche du véhicule et on pourrait avoir un générateur commun ; mais les constructeurs préfèrent rendre chaque appareil autonome et disposer la lanterne de façon qu’elle reçoive son propre générateur ; sauf parfois à prévoir un porte-caoutchouc qui permet d’utiliser le générateur pour alimenter un bec accessoire ou venir au secours de son voisin.
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- Nous examinerons quelques-uns des types de phares les plus employés actuellement ; nous n'aurons guère qu’à décrire les générateurs, car le système éclairant est le meme pour tous : un bec à flammes conjuguées placé au foyer d’un réflecteur et d’un système plus ou moins compliqué de lentilles simples ou de lentilles à échelons.
- Le générateur du phare Blériot (fîg. 1), est du même système que celui qui sert pour tous les appareils de cette maison : il nécessite l’emploi d’un carbure spécial connu sous le nom d’« acétyli-the», imaginé par MM. Létang et Serpollet, contenant de la glucose. Le produit ainsi obtenu a le grand avantage d’être moins sensible à l’humidité et de ne pas donner de résidu solide.
- Pour pouvoir être logé facilement dans la lanterne, le générateur a été construit en forme de cylindre qui se glisse, derrière le réflecteur, dans la cavité qui se présente lorsqu’on a relevé le couvercle du phare.
- On charge l’appareil en dévissant le couvercle B; lorsqu’on le soulève, il entraîne avec lui la clocheC, qui contient le panier où on place les morceaux d’acé-tylithe. Le fond est percé de trous et muni de cloisons verticales S qui empêchent le carbure de se tasser et facilitent l’accès de l’eau. La partie supérieure de la cloche se termine par un large tube A, dans lequel on introduit une cartouche en fer-blanc contenant du carbure ordinaire entre deux tampons d’ouate et qui fait l’office d’épurateur ; le gaz est obligé de le traverser avant de s'échapper par le robinet R. On verse de l’eau dans le cylindre E jus-
- qu'au point de repère et on remet la cloche en place en revissant le couvercle. On se trouve avoir en résumé la disposition du briquet de Gav-Lussac où le gaz chasse l’eau de la cloche à mesure de sa production; il suffit donc de fermer le robinet R pour
- arrêter celle-ci. On recommande néanmoins d’utiliser la charge dans les trois jours.
- Dans le système Ouvrard (fig. 2), le générateur utilise le carbure ordinaire. Le couvercle s’appuie sur un joint circulaire J, en caoutchouc, qu’il écrase quand on vient à rabattre l’anse qu’il supporte.
- Le carbure concassé est mis en B, puis on introduit l’eau en A par le bouchon fileté L. L’écoulement de celle-ci sur le carbure est arrêté par un pointeau C qu’on peut ouvrir progressivement au
- moyen d’un petit volant H : l’attaque du carbure se fait donc par en dessous. Un épurateur D est placé au-dessus du carbure, il contient de la pierre ponce concassée. C’est là que prend naissance le tube de dégagement dont l’extrémité inférieure est munie d’une crépineafîn d’arrêter l’entraînement des matières solides ; un autre épurateur semblable se trouve au-dessous du bec brûleur qui est également muni d’une crépine à sa partie inférieure. Une poche en caoutchouc K, communiquant avec le tube de dégagement, régularise la pression et un robinet G sert à régler le débit du gaz. Lorsqu’on ferme le pointeau C, l’eau cesse d’arriver et la flamme s’éteint au bout de peu de temps, faute de gaz.
- Le « Jupiter » (fig. 5), construit par MM. Des-
- Fig. 2. — Phare Ouvrard.
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- ponts et Godefroy, utilise du carbure quelconque, il fait corps avec la lanterne. Pour le charger, on enlève le réservoir à eau G qui est retenu au-dessus du cylindre K par des écrous à oreilles formant vérins. On remplit à moitié de carbure le panier contenu dans le cylindre K et on le replace sur son siège à ressort J ; il est traversé de haut en bas, en son centre, par un tube A percé de petits trous et habillé d’une mèche en coton. Ce tube est fermé par le bas et ouvert à sa partie supérieure qui aboutit au réservoir d’eau, mais se trouve hermétiquement obturé par un pointeau P contre lequel l’appuie le ressort J. Extérieurement, au moyen du bouton 1), on peut écarter plus ou moins ce pointeau pour laisser pénétrer l’eau dans le tube. O11 introduit l’eau dans le réservoir C par le bouchon à vis E, et on le remet en place au-dessus du cylindre iv; l’ajustage est tel qu’une légère pression sur les deux écrous assure une étanchéité complète.
- Dès qu’on ouvre le pointeau la mèche s’humecte et le dégagement d’acétylène commence. Pour éteindre on referme le pointeau et la production s’arrête. Un tube fixe en métal va
- du générateur au bec brûleur en passant par l'épurateur IL Deux particularités intéressantes sont à signaler pour le bec de cet appareil : la première, c’est que, s’il se casse et qu’on n'en ait pas de rechange, ou lien qu’on manque de carbure, il peut être immédiatement remplacé par un porte-bougie à ressort comme celui des lanternes de voitures. C’est un secours qui permet toujours de continuer la
- Fig. 3. — Le Jupiter.
- Fi". I. — Phare Ducellier.
- route dans de meilleures conditions qu’avec une lanterne ordinaire, puisqu’on utilise le système optique du phare. Un autre détail intéressant, c’est que si l’on change de bec, on peut, après l’avoir mis en place, le tourner de façon que le plan de la
- flamme se trouve orienté convenablement ; à cet eflet il est muni d'une monture analogue à celle des genouillères à gaz. Tous ceux qui ont monté un bec papillon et se sont aperçus, après le scellement, que la fente était mal orientée, comprendront tout l’intérêt de cette particularité.
- Le phare Ducellier (fig. 4) utilise un carbure quelconque, le
- générateur fait corps avec l’appareil, tous les conduits [sont métalliques; le panier à carbure est la seule pièce qui se sépare du générateur pour la
- charge et le nettoyage.
- Nous a v o n s représenté en cartouches, à deux échelles difléren-tes, les détails de l’appareil : en haut l’ensemble du système et en bas l’amorce des différents tubes dont nous allons indiquer l’utilité. Le panier à carbure B est traversé en son centre par un tube, percé de trous, de manière que l’attaque du carbure ait lieu par
- en dessous ; un tube capillaire E amène l’eau goutte à goutte d’un réservoir K par l’intermédiaire du tube A qui débouche dans la chambre J. Quand on introduit l’eau dans le réservoir par le bouchon à vis M, après avoir fermé le bouchon de vidange N et le robinet R du brûleur, la chambre J, remplie d’air qui ne peut s’échapper, laisse à sec l’orifice du tube A, et l’eau ne peut couler sur le carbure. Ce n’est
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- que quand on ouvre le robinet R que l’air peut s’échapper en passant par le tube A et le tube Z qui aboutit au bec : l’eau peut ensuite passer et le gaz se dégage par le même tube Z après avoir traversé la chambre d’épuration garnie de crin et de carbure. Lorsqu’on ferme le robinet R pour éteindre, le gaz passe par le tube recourbé Y et le tube A pour refouler l’eau dans la chambre J ; celle-ci ne peut plus tomber sur le carbure et la production de gaz ne tarde pas à s’arrêter. S'il y a un peu de surproduction le gaz passe de la chambre J à travers l’eau du réservoir K et se rend à la partie supérieure d’où son échappement est prévu par le tube I). Un second générateur, composé de crin et de carbure, se trouve sous le bec brûleur.
- Pour les voitures légères M. Üucellier a combiné des lanternes ne comprenant que la partie optique proprement dite qui peuvent se raccorder avec un générateur séparé.
- En passant en revue ces quelques modèles de phares nous n’avons pas la prétention d’avoir épuisé la question, nous avons voulu seulement renseigner nos lecteurs sur les applications de l’acétylène à la locomotion automobile en prenant comme type les appareils qui nous ont été signalés comme d’un emploi courant. A. Mares.
- LA TRAVERSÉE DU PAS DE CALAIS
- AU COMMENCEMENT DU SIÈCLE DERNIER
- Ouiconque a traversé le Pas de Calais sur un des steamers qui relient le réseau ferré anglais avec le réseau continental, sait quel mouvement intense il se fait quotidiennement à travers ce bras de mer : c’est surtout sur les paquebots de Calais à Douvres que l’on en peut juger. Ce trajet est parcouru annuellement, dans l’un et l’autre sens, par plus de 260 000 voyageurs; à cela il faut ajouter non seulement les bagages de ces voyageurs et les colis innombrables expédiés de France en Angleterre et vicc versa, mais encore plus de 160 000 sacs de dépêches. Ce dernier chiffre est d’autant plus important qu’il faut songer que chaque sac de dépêches pèse quelque 27 kg ; c’est donc un poids énorme d’environ 4 500 000 kg de lettres, journaux et imprimés divers qui sont embarqués, puis débarqués aux deux ports terminus du trajet.
- Aujourd’hui, ces transports sont effectués par de magnifiques steamers que nous avons décrits ici, et qui font la traversée à grande allure ; mais il est curieux d’en rapprocher les services qui existaient au commencement du dix-neuvième siècle, et à plus forte raison ceux qui fonctionnaient assez irrégulièrement à une époque particulièrement troublée, à la fin du dix-huitième siècle. Jusque vers 1820, la traversée n’était assurée que par de tout petits navires qu’on appelait packet-boals (d’où le mot de paquebot), fort solidement construits, mais jaugeant tout au plus 90 tonneaux, et qui ne pouvaient porter au maximum qu’une trentaine de passagers. C’étaient des voiliers gréés en cotres, et dont le tirant d’eau très faible leur permettait d’approcher de la cote pour débarquer leurs passagers sans entrer dans un port. Comme on se trouvait dans une période malheureusement foït agitée au point de vue militaire, ces packet-
- boals étaient armés sérieusement pour se défendre contre les corsaires. En cas de rencontre avec un navire de guerre, on se contentait de jeter à l’eau les sacs de dépêches lestés au moyen de boulets ou de gueuses de fonte. La marche de ces voiliers était relativement bonne, et, dans une même marée, en 5 heures environ, ils effectuaient la traversée entre Douvres et Calais; souvent, du reste, l’état de la marée ne permettait point au packet-boal de pénétrer dans le port, et passagers et correspondances devaient gagner la terre en canot. Un était loin des quais de marée qui assurent maintenant à toute heure l’accostage de navires dont le tirant d’eau est relativement considérable.
- Et si nous voulons donner une idée du peu d’importance qu’avait le mouvement des correspondances postales, même jusqu’en 1850, nous dirons que le transport de ces correspondances, depuis le point de débarquement jusqu’à Calais même, se faisait au moyen d’une de ces petites charrettes à chiens, comme on en rencontre tant dans les Flandres. Du reste, ce n’est qu’en 1851 que les deux services par semaine furent jugés insuffisants et qu’on établit un départ quotidien; même en 1851, on ne voyait passer par le l’as de Calais, entre Douvres et Calais, que 700 personnes tout au plus par semaine. P. de M.
- LE COMBUSTIBLE LIQUIDE
- La question du combustible liquide est partout à l’ordre du jour. On recherche de tous cotés si le combustible liquide peut remplacer la houille et s’il peut procurer une certaine économie.
- M. A. Lencauchez, dans son intéressante étude sur la production des gaz des gazogènes et des hauts fourneaux et leur emploi par les moteurs à gaz, étude qu’il a présentée à la Société des Ingénieurs civils1, a examiné, à ce point de vue, le pétrole et les huiles minérales. Le pétrole du commerce a une puissance calorifique de 10 700 calories kilogramme-degré par kilogramme; la tonne coûte 42 fr. à New-York, 75 fr. dans les pays où il n’est pas imposé, et en France 170 fr. La houille a une puissance calorifique de 7500 calories kilogramme-degré par kilogramme; le prix de la tonne est de 12 à 15 fr. en Angleterre et en Allemagne et de 25 fr. en France. En tenant compte des différences de puissance calorifique, on trouve qu’il faut lkg,420 de houille pour remplacer 1 kg de pétrole. Si on compare les prix de revient, on voit que le pétrole coûte 5,5 à 4 fois plus cher que la bouille en Allemagne et en Angleterre; on ne peut donc, dit M. Lencauchez, songer dans ces pays à faire du pétrole un combustible industriel. En France, le pétrole coûte plus d’une fois plus cher que la houille, sans droits de douane, et avec droits de douane 0fr, 17 le kg, soit 4,75 fois plus cher. Avec un moteur à gaz de gazogène, en France, la dépense est de 0,6 kg de combustible par cheval-heure, en admettant que l’on emploie de la houille anthraciteuse à 40 fr. la tonne ; la dépense par cheval-heure effectif sera donc de 2,4 centimes. Prenons un autre moteur semblable marchant au pétrole; la consommation sera de 0,5 kg de pétrole par cheval-heure et la dépense sera de 5,1 centimes, soit plus que le double de la dépense pour la marche au gaz.
- Tout le monde ne peut se procurer du pétrole au prix de 0fr,l7 le kg; les essences employées pour les auto-
- 1 Bulletin de juin 1902.
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- mobiles sont au prix de 0fr,40 à 0rr,5Ü le kg, sans droit d’octroi. M. Lencauchez conclut qu’à ces prix, qui sont les prix commerciaux les plus bas, le moteur à pétrole coûte 5 à 10 fois plus cher par cbeval-beure effectif que le moteur semblable marchant au gaz d’antbracite ou de coke d’usine à gaz.
- La « Revue générale de chimie pure et appliquée », dans une note sur l’économie que procure le combustible liquide, donne les résultats de diverses expériences et mentionne un rapport adressé récemment à son gouvernement par M. Phillips, consul des États-Unis à Cardilf (Angleterre). 11 est bon de les rapprocher des précédents.
- Dans un essai effectué à Londres avec un générateur fixe, on a obtenu avec le pétrole, en 59 minutes, une pression de 5k*,95 par centimètre carré. La même expérience, faite peu de temps après avec de la bouille, a demandé 1 b. 17 minutes pour obtenir le même résultat. L’examen de la chaudière, après l’expérience avec le pétrole, n’a pas révélé la moindre détérioration. Quant à l’économie de l’emploi de l’huile comme combustible, les expériences démontrent que 4 1/4 de barils d’huile fournissent la même énergie qu’une tonne de houille, coûtant près de 5 fois plus cher.
- 11 y a, en outre, une certaine économie de main-d’œuvre par l’emploi de l’huile, un chauffeur suffisant pour surveiller simultanément plusieurs foyers à huile. Mais il ne faut pas trop compter sur cette économie; car la surveillance des chaudières doit toujours être assurée strictement. Dans des conditions moyennes de prix de bouille et de main-d’œuvre, cet avantage se traduit par une économie de 0fl,98 par 100 kilogrammes de houille pour des générateurs ordinaires d’une puissance supérieure à 500 chevaux et supérieure à 1000 chevaux pour les générateurs pourvus de chauffeurs automatiques. De plus, la manutention des cendres et scories est entièrement supprimée, économie que l’on peut évaluer à 1/4 environ du chiffre précité, soit 0fee,245 par 100 kilogrammes. Dans les villes, on économiserait le transport des scories, qui représente environ 0fr,05 par 100 kilogrammes de houille consommée. On peut ajouter à ces chiffres une économie de 01*',02 par 100 kilogrammes de bouille consommée dans l’entretien des foyers. D’autre part, comme emplacement nécessaire pour les citernes dans les sous-sols, le pétrole reviendra peut-être un peu plus cher. Le rapport de M. T. Phillips contient d’autres considérations qu’il est intéressant de connaître. 11 constate d’abord que l’emploi du pétrole s’est généralisé dans la marine marchande : la Compagnie Hollandaise de Navigation ne brûle que ce combustible sur ses vapeurs; la Compagnie Hambourgeoise-Américaine a construit quatre nouveaux paquebots chauffés à l’huile minérale et en obtient les meilleurs résultats dans son service des Indes Orientales; la Nord-deutsche-Lloyd a deux grands navires du service local qui l’emploient; la Compagnie de l’Est-Asiatique, de Copenhague, se sert du pétrole sur deux navires du service de ce port et construit actuellement deux grands paquebots appropriés à la consommation de l’huile pour les chaufferies, et la Compagnie China Matuùl fait construire trois paquebots ainsi aménagés. Beaucoup d’armateurs vont transformer l’outillage de leurs navires, considérant que la nouvelle méthode pour la production de la vapeur est tout aussi sûre que celle au charbon, tout en présentant une notable économie.
- Les avantages de l’emploi du pétrole sont nombreux; on peut les résumer de la façon suivante. L’économie de main-d’œuvre est corisidérable ; il n’y aura plus de cendres
- à jeter par-dessus bord après chaque poste. La seule chose nécessaire sera de surveiller le manomètre des chaudières; les foyers seront alimentés de combustible automatiquement. On pourra réduire les postes pour le service du pont, vu la suppression de la poussière de charbon. La combustion complète assurée, il n’y aura point de fumée; chaque goutte d’huile a une valeur calorifique; il n’y a pas de déchet. Le combustible pourra être emmagasiné dans le double fond du navire, à l’avant, à l’arrière, dans des citernes au-dessous de la chambre des machines, en un mot, dans des endroits peu utilisables autrement. La rouille ne peut se produire là où le pétrole est emmagasiné. L’espace occupé actuellement, par les soutes à charbon, sera disponible pour la cargaison. Les derniers résultats obtenus démontrent que MM. Thornycroft, les constructeurs connus, ont pu évaporer 18,95 kilogrammes d’eau par kilogramme d’huile dans les générateurs du type des torpilleurs'; dans les chaudières du type ordinaire de locomotives, on obtient une évaporation de 15 kilogrammes d’eau par kilogramme d’huile.
- Le combustible liquide possède une chaleur concentrée supérieure à celle de la houille, pour les besoins industriels. Jusqu’à présent, le prix du combustible liquide ne lui permettait pas de rivaliser avec la houille. Les découvertes de pétrole de la Californie, et celles du Texas, assurent maintenant un approvisionnement illimité et à bas prix. Ces pétroles peuvent donner des résultats identiques à ceux de l’huile de Bornéo.
- On peut donc s’attendre à voir une grande expansion dans l’emploi du nouveau combustible. Le chemin de fer du Great Eastern, en Angleterre, a déjà un grand nombre de locomotives en service qui ne consomment que le pétrole. Les fonctionnaires de cette Compagnie n’ont aucune hésitation à déclarer que, grâce à ce combustible, la vapeur est produite plus vite et maintenue plus longtemps pour les rampes les plus rapides, et que l’on réalise une grande économie en réglant à volonté la quantité du combustible lorsque la machine descend une pente ou reste stationnaire. La durée des chaudières est augmentée, d’autant plus que les tubes ne s’encrassent jamais ; l’incommodité de la fumée et le danger des étincelles sont entièrement supprimés, sans compter que le matériel roulant est maintenu à un degré de propreté absolument impossible à réaliser avec le charbon.
- Ces diverses considérations font voir que les avis sont encore partagés au sujet de l’utilisation du pétrole. Nous pensons toutefois que le pétrole et les combustibles liquides en général sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important au point de vue industriel. J. Leroy.
- LES COMPTEURS ÉLECTRIQUES
- Les compteurs électriques donnent actuellement dans l’industrie toute satisfaction, et on peut affirmer que ce sont des appareils très précis et très exacts. Au mois de février 1902, M. Gaston Roux, directeur du Bureau du contrôle des installations électriques à Paris, donnait dans son rapport annuel les résultats des épreuves auxquelles avaient été soumis dans l’année 1901 un total de 2390 compteurs à Paris et un total de 400 compteurs en province. Pour Paris, i trouvait une proportion de 74 pour 100 de compteurs exacts, 6 pour 100 de compteurs avançant de plus de 5 pour 100, et 18 pour 100 de compteurs retar-
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- liant de plus de 5 pour 100; pour la province, la proportion des compteurs retardant atteignait 7o pour 100. Pour appuyer encore ces chiH'res, nous devons ajouter que les essais sont effectués d’une méthode très rigoureuse, très précise, à des puissances variées; on recherche également les puissances les plus faibles où les compteurs commencent à enregistrer la consommation. Et l’on ne considère comme compteur exact que celui qui a satisfait à toutes ces épreuves.
- Nous avons eu nous-mème l’occasion, à de nombreuses reprises, de procéder à de semblables essais, et nous avons également constaté que la plus grande partie des compteurs fonctionne avec une exactitude
- rigoureuse. Si nous avions une observation à formuler, nous trouverions, au contraire, que le réglage des compteurs est fait trop souvent avec un retard un peu élevé. Et toutes ces observations sont des plus justes, parce que le compteur électrique, au contraire des compteurs à eau, à gaz, est toujours apprécié et vérilié sur place, après installation sur le réseau électrique dont il doit enregistrer la consommation.
- Les compteurs électriques, dont les premiers modèles au concours de la Ville de Paris, en 1890, donnaient déjà toute satisfaction, se sont sans cesse perfectionnés et améliorés, et nous avons encore aujourd’hui à signaler de nouveaux perfectionne-
- Fig. 1. — Compteur O'K, modèle Z.
- l'ig. t. -- Compteur Thomson, modèle A.
- ments aux compteurs Thomson et Aron, dont l’emploi est universel.
- La figure 2 représente un compteur Thomson du nouveau modèle A que construit la Compagnie pour la fabrication des compteurs. Cet appareil, comme tous les compteurs de ce genre, est formé d’un moteur avec frein ; mais le disque A est placé à la partie supérieure. Le nombre de tours de l'induit est enregistré par un mouvement d’horlogerie. L’ensemble de toutes les pièces est placé dans une boîte extérieure que l’on voit figurée dans notre dessin. A la partie inférieure de la boîte en B est ménagée une ouverture que traverse l’arbre portant le collecteur sur, lequel viennent frotter les balais. C’est à cette partie essentielle du compteur, et qui est soumise à des nettoyages périodiques, que les con-
- structeurs ont apporté plusieurs perfectionnements.
- Le collecteur est constitué par de petites lames d’argent montées en hélice, afin de régulariser le frottement des balais; les 1 extrémités des lames sont découpées de façon à laisser entre elles des intervalles assez grands pour éviter les courts-circuits par suite des poussières. Les balais sont formés par une lame métallique pivotant autour d’un arbre; chaque balai est disposé de façon à éviter les soubresauts dus aux chocs. Un ressort flexible, fixé à l’arbre par sa partie inférieure, et aux balais à sa partie supérieure, assure le contact des balais sur le collecteur. Un dispositif spécial a été adopté pour caler l'induit, lorsque l’on doit transporter le compteur.
- Le collecteur, les balais cl le support inférieur de
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- m .
- Fig. 3, — Compteur Aron, à remontage automatique, pour distribution à 2 fils.
- l’arbre sont placés dans une boite 11 à fermeture indépendante. On peut ainsi, en enlevant cette boîte, procéder au nettoyage du collecteur et des balais sans toucher aux inducteurs et au disque du compteur.
- C’est là une heureuse modification qui sera très utile pour l’entretien des compteurs.
- Les mêmes améliorations ont également été apportées par la Compagnie pour la fabrication des compteurs au compteur O'K, modèle Z. Le collecteur et les balais, qui ont subi également les perfectionnements dont nous venons de parler, ont été aussi placés dans une boite spéciale B, fixée à la partie inférieure de l’appareil, sur la boîte principale qui recouvre les diverses autres parties ; elle peut être enlevée séparément avec toute facilité. Enfin la forme
- Fig. i.
- de l’aimant
- Compteur Aron, à remontage automatique, pour distribution à 3 fils.
- a été changée
- Fig. a. — Compteur Aron, pour distribution à b fils.
- il a été allongé à la partie inférieure, de manière que l’induit A fut entièrement placé dans le champ magnétique de cet aimant.
- Le compteur d’énergie électrique système Aron, construit par laCie Française des compteurs, a subi aussi, depuis quelques années, une série de perfectionnements (jui en ont fait aujourd’hui un appareil presque parfait. Le principe est resté le même; on utilise toujours l’influence du courant à mesurer sur la durée
- uilllili lllfl d’oscillation d’un pen-IPH 'hile. Mais on a pris
- .... ' des dispositifs pour le
- remontage automatique, avec des dépenses d’énergie électrique très faibles. Les balanciers actuellement utilisés n’ont qu’une longueur de 10 centimètres; ils effectuent environ 12 000 oscillations par heure.
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- Us sont au nombre de deux, munis chacun d’un mouvement d’horlogerie distinct. Les deux mouvements ont leur roue d’échappement en relation avec les roues dentées d'un train différentiel, dont la roue planétaire reste fixe ou tourne autour d’un axe, suivant que les rouages des mouvements défilent avec la même vitesse angulaire ou avec des vitesses différentes. Les balanciers portent des bobines de fil fin qui sont traversées par des dérivations prises aux bornes de la tension à mesurer; ces bobines se déplacent devant d’autres bobines placées dans le circuit principal. Les connexions des bobines sont établies de manière à augmenter le nombre d’oscillations d’un des balanciers et à diminuer le nombre d’oscillations de l'autre; l’influence du courant électrique intervient pour faire avancer un des balanciers et pour faire retarder l’autre. L’énergie électrique à mesurer est proportionnelle à la différence des nombres d’oscillations effectuées par les balanciers. La roue planétaire tourne alors en entraînant la minuterie du compteur proportionnellement à cette différence, et l’énergie électrique est enregistrée. La figure 5 montre la vue intérieure pour compteur à 2 fils.
- La différence des nombres d’oscillations est proportionnelle à l'énergie électrique à enregistrer à la condition que le synchronisme des balanciers soit assuré. Cette condition est difficile à remplir avec des balanciers d’une longueur aussi réduite. Pour annuler l’erreur, M. Aron a eu l’idée d’intervertir périodiquement leur ride ; ils avanceront et retarderont successivement l’un après l’autre. 11 en résulte que l'erreur finale est nulle. De plus, l’emploi de deux balanciers, influencés dans des sens alternativement opposés, met les bobines du compteur à l’abri de toutes les influences magnétiques extérieures.
- L’inversion de courant se fait toutes les 10 minutes automatiquement à l’aide d’un petit commutateur électrique, qui est commandé par un ressort moteur, et celui-ci est armé régulièrement par une roue qui est mise en rotation par le mouvement du compteur. Le remontage automatique est obtenu à l’aide d’un électro-aimant qui fonctionne au moyen d’un interrupteur automatique; le remontage a lieu toutes les quarante-cinq secondes environ.
- Le compteur Aron est utilisé également dans des distributions à 5 et cà 5 fils ; les figures 4 et 5 montrent les dispositions adoptées dans ces cas. Dans tout ce qui précède, nous n’avons parlé que des modèles de compteurs à courants continus ; mais il y a également des compteurs des mêmes modèles pour courants alternatifs et polyphasés. Il existe également plusieurs autres compteurs agréés par la Ville de Paris et qui sont en service sur les réseaux de distribution; nous ne pouvons les décrire tous. Nous nous contenterons de mentionner pour les courants alternatifs et continus les compteurs Vulcain, Japv, Le Mars.
- Il est facile de déduire des considérations précédentes que les compteurs d’énergie électrique sont aujourd'hui de très bons appareils, dont le fonctionnement pratique ne laisse rien à désirer. J. Laffargue.
- L’EÀU DE LÀ MER MORTE
- U y a certainement peu de nappes d’eau intérieures aussi intéressantes que le lac qui reçoit les eaux du Jourdain, non seulement pour les souvenirs historiques qui s’v rattachent, mais aussi à cause de l’aspect désolé et de la composition des eaux de cette petite mer. Précisément M. (1. Ainsxvorlh Mitchell lui a consacré récemment une étude dans laquelle nous [miserons quelques renseignements.
- Nous rappelons que ce lac curieux, dont les dimensions ont certainement diminué depuis l’antiquité, n’a que 75 à 74 kilomètres de long sur 15 de large; sa surface est très au-dessous du niveau de la mer, et il se trouve dans une cavité profonde dont le fond est rocheux et fort irrégulier. Toutefois la profondeur d’eau n’y est que de 5 mètres environ dans la partie sud. Comme il est exposé aux rayons d’un soleil ardent, l’évaporation y est intense et dépasse même sensiblement l’afflux des eaux du Jourdain : ce qui fait qu’on retrouve souvent des incrustations de sel formant comme un témoin des hautes eaux durant les périodes de crue du Jourdain. Au sud-ouest du lac, des collines de sel massif plongent dans l’eau; sur la côte ouest se rencontrent des mines de soufre, et des sources sulfureuses se font jour tout le long du rivage. Si nous ajoutons (ce qui est généralement connu) qu’il flotte sur la mer Morte de l’asphalte provenant de puits de la vallée de Siddim, on ne s’étonnera [tas delà composition étrange de l’eau de cette petite mer intérieure, eau d’un vert bleuâtre qui rappelle la coloration de l’eau de mer proprement dite, et que Lavoisier avait fort imparfaitement analysée en 1778.
- La densité spécifique de cette eau est d’environ 1,200 par rapport à l’eau distillée, peut-être même un peu plus, surtout quand il s’agit d’échantillons prélevés à bonne distance de l’embouchure du Jourdain : c’est beaucoup plus que la densité de l’eau de mer, pour laquelle on ne compte guère que 1,027. Bien entendu cela résulte de la grande quantité de matières salines qui s’y trouvent en dissolution, et dont le pourcentage dépasse 24 pour 100, par suite de l’évaporation constante et de la présence de roches salines baignant dans cette mer. Si l’on ne tient pas compte de la matière organique que l’on rencontre après combustion (environ 0,5 pour 100), et qui est formée sans doute de substances bitumineuses dérivées de l’asphalte, on peut relever comme constituants solides un peu plus de 0 pour 100 de chlorure de magnésium, 8,52 de chlorure de sodium et 5,40 de chlorure de calcium, puis 2,57 de chlorure de potassium, et 0,55 de chlorures de fer ou d’aluminium. Ajoutons encore 0,148 de sulfate de calcium, 0,020 de chlorure d’ammonium, 0,085 de silice et enfin 0,21 de bromure de magnésium. La proportion totale de ces divers sels est telle que, quand on sort de la mer Morte après s’v être baigné, la peau se couvre presque instantanément d’une mince couche de sel; de plus, cette eau a une influence extrêmement irritante sur les yeux et produit souvent des conjonctivites
- désagréables. IL B.
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- LE MORYÀN
- Le .Morvan est peu connu des touristes. Mais, tout d’abord, qu’appelle-t-on le Morvan? Suivant une définition locale fort ancienne, le Morvan comprend tout le massif montagneux formé de roches
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- éruptives, sorte d’ilot au relief tourmenté, surgissant entre les vallées de l’Yonne, de la Loire et de la Saône; de ce fait, il emprunte aux départements de la Nièvre, de la Côte-d’Ur et de Saône-et-Loire. De tous côtés il domine de grandes plaines fertiles : à l’Est, le Bazois, pays d’élevage du cheval, du mouton, des bœufs de la race morvandelle ; à l’Ouest, la Bresse et plus au Sud, le Charolais ; entin au Nord et au Nord-Ouest, les centres de production de lies vins de Bourgogne.
- Le chemin de fer s’arrêtait au pied du Morvan, il y a 15 ans, et pour continuer sa route, le voyageur devait utiliser l’antique diligence attelée de 4 et même de 6 chevaux, car l’équipage devait gravir des côtes longues et rapides : aujourd'hui les communications sont assez faciles et les beaux sites sont devenus accessibles à tous et à toutes : le chemin de fer fait le tour complet du massif et deux lignes ferrées le traverseront bientôt dans sa plus grande largeur. De hautes montagnes recouvertes de forêts séculaires, et dont plusieurs ont une altitude de 850 à 900 mètres, jalonnent les chaînes du Morvan, sorte d’étoile dont le centre est à peu près aux sources de l'Yonne, au mont Prenelav, 850 mètres d’altitude. Entre elles, des plateaux ondulés, d’altitude moyenne, 400 à 600 mètres, où se concentrent les villages; des vallées sinueuses rappelant celle de la Meuse, aux flancs escarpés et boisés d’où descendent une multitude de ruisseaux, torrents en hiver, qui se jettent dans la rivière aux eaux limpides roulant sur des blocs de granit ou de porphyre polis ; on y pêche de nombreuses truites saumonées.
- De loin en loin, un moulin; la vieille roue de bois continue à moudre le blé et, sur la porte, une branche de genêt appelle le voyageur à se rafraîchir ; dans une éclaircie de la forêt, un hameau aux toits de chaume, un troupeau et son berger dont la mélopée lente comme le pas du bœuf arrive jusqu’à vous ; une légère colonne de fumée bleue s’élève au milieu des arbres décelant la présence d’un charbonnier au travail. Après un coude de la route empierrée de porphyre noir, exempte de boue par les plus mauvais temps et de poussière en été, le paysage subitement s’élargit; la vue s'étend maintenant au loin et se repose satisfaite sur un damier d’arbres, de champs, de prairies. Au crépuscule, l’écho de la montagne répercutant le son des cloches annonce l’approche de l’hôtellerie et ranime le courage du touriste.
- Séparé du reste de l’humanité par ses montagnes et ses forêts, le Morvandeau est resté primitif; les légendes les plus extraordinaires se racontent aux veillées d’hiver pendant que les femmes filent le chanvre, et les traditions anciennes précieusement conservées règlent encore le protocole des cérémonies, mariages, baptêmes, et les phases de la vie agricole, semailles, fauchaisons, etc. Ces mœurs antiques ne sont point exemptes de défauts : dans la mort d’un enfant complètement élevé, le Morvandeau regrette surtout les frais inutiles de médecin et
- les dépenses faites pour l’éducation ; s’il lui naît un fils, il est fier, mais si c’est une fille, « lanière n’a rien fait ». C’est qu’il est pauvre le Morvandeau de la montagne, et que, pour ne pas mourir de faim, il travaille, aidé de toute la famille, du lever au coucher du soleil : la nature n’a mis à sa disposition qu’une mince couche de terre arable, en moyenne de 15 centimètres, sur laquelle il fait pousser des pommes de terre, du sarrasin, du seigle, de l’avoine et un peu de blé ; il y joint l’élevage de volailles, et s’il est riche, de [tores et de quelques vaches. Aussi, quand l’année est mauvaise, c’est la misère, et, en 1817, tous les habitants du haut Morvan, pris par la faim, désertèrent leurs foyers et se répandirent dans le pays bas plus riche et moins éprouvé.
- A cinquante ans en arrière de nous, un certain nombre trouvaient une source de revenus et tous du travail dans la coupe des forêts et le transport du bois, soit à la grande ville, soit à l’Yonne et à la Cure. Mais, la houille, le coke, le gaz et même le pétrole sont venus chasser le bois de nos cheminées, la construction remplace la poutre de chêne par la solive en fer et la métallurgie du fer n’employant presque plus de charbon de bois, les forêts bien placées ont perdu de leur valeur primitive et certaines autres ne peuvent plus être exploitées qu’à perte en raison des frais de transport. L’exportation du bois à Paris, du reste, n’est plus aujourd’hui que le cinquième de ce qu’elle était vers 1848.
- Divers essais, tous couronnés d’insuccès, sauf deux, ont été faits pour tirer sur place un parti du bois : des usines se sont montées pour la distillation en vase clos en vue de la fabrication de l’alcool méthylique ou esprit de bois, de l’acétone, de l’acide acétique, des acétates, de la créosote, du gaïacol, du crésylol, etc., mais il ne subsiste que l'usine de MM. Lambiotte, à Prémerv, qui traite 600 mètres cubes de bois par jour, et celle montée à Clamecy, qui cherche surtout à préparer la créosote et les phénols qui l’accompagnent. La fabrication de l’alcool éthylique en partant de la cellulose du bois a été tentée en grand, mais a échoué.
- L’industrie de la pâte de bois et du papier ne serait pas avantageuse, parce qu’on ne trouve pas dans le pays de chutes d’eau suffisamment puissantes. L’Yonne est de toutes les rivières de la région la plus importante, mais son débit est très irrégulier et, de plus, elle est comme son affluent la Cure affectée chaque année, pendant un certain temps, au flottage des coupes de bois; des étangs artificiels ont été établis vers les sources pour suppléer au manque d’eau. A Clamecy pour l’Yonne, et à Ycrmanton pour la Cure, on repêche les bûches que la rivière a apportées, et on les classe d’après les marques de propriété que chacune porte s.ur la tranche.
- Que le touriste recherche des points de vue, des paysages comme ceux que le peintre Pail expose chaque année au Salon, que les souvenirs historiques ou les sciences naturelles aient sa prédilection, une
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- ample moisson de souvenirs sera le fruit d’une excursion en Morvan.
- L’époque gallo-romaine a laissé de nombreuses traces de la lutte acharnée des Eduens contre l’envahisseur : la capitale des Eduens, Bibracte, était construite sur le plateau aux 22 sources, qui forme le sommet du Mont-Beuvray, à 810 mètres d’altitude. Elle fut détruite en partie après la bataille qui assura à César la définitive conquête de la Gaule par la défaite des Eduens, et, quelques siècles plus tard, les Sarrasins la pillèrent. La Société Eduenne, à Aulun, a fait exécuter des fouilles et constitué1 un musée des plus curieux, et aujourd’hui toutes les construc-
- tions ayant été dégagées des terres qui les recouvraient, on circule dans les rues de Bibracte où l’on trouve, sans trop de difficultés, des souvenirs de l’époque, monnaies, débris de poteries, etc. De Bibracte, la vue embrasse un des plus beaux panoramas du Morvan et s’étend très au loin. Par un temps clair, on distingue le Mont-Blanc à l’aide d'une longue vue. Les camps et les voies romaines abondent dans le haut Morvan.
- Les monuments gallo-romains sont très nombreux à Autan et aux environs, et pour la plupart ils sont bien conservés : temples, remparts, portes de ville, thermes, cirque, etc., et la Pierre de Couhars, sorte de
- Fig. I. — Les bords de l’Auguison. La scierie près Corbigny.
- pyramide de 15 mètres de hauteur, faite par la main de l’homme avec des pierres du pays et dont la signification ou le rôle sont encore inconnus. Certains prétendent qu’elle recouvre le tombeau de Divitiacus.
- Des stations de l’homme préhistorique ont été découvertes en maints endroits et des dolmens et menhirs subsistent en certains points.
- An point de vue géologique, le Morvan, que M. Michel 1 ,évy a si méticuleusement étudié, présente un grand intérêt. C'est, comme nous l’avons dit, un massif éruptif où l’on rencontre presque toutes les variétés des roches de cette catégorie et que, par la pensée, on peut diviser en deux parties ayant pour démarcation le méridien du mont Beuvray à la limite des départements de la Nièvre et de Saône-et-Loire. La partie Ouest présente, sur un sous-sol de
- micro-granulite, des granités blancs, roses, des porphyres à gros éléments, des porphyres euritiques à teinte foncée, des porphyres noirs, des porphyres globulaires, des felsophyres rougeâtres, des porphy-rites micacées, des orthophyres, des gneiss et des micaschistes. De très nombreuses fissures de faibles dimensions ont été remplies par de la granulite, du quartz souvent accompagné de pyrite de fer. A l’époque triasique, des eaux chargées de silice et de sulfures métalliques, principalement de plomb, ont injecté les couches en certains points et produit des amas de minerais, dont certains furent exploités avec succès : à Chitry-les-Mines, on voit encore les vestiges des mines de plomb et d'argent qui, pendant trois siècles, approvisionnèrent la France de ce dernier métal. Le travail cessa il y a 200 ans envi-
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- ron. A Saint-Prix, la municipalité a fait combler les puits d’anciennes mines de plomb argentifère pour éviter les accidents. Avec la galène, minerai de plomb argentifère, on trouve de beaux échantillons de fluorine de diverses teintes, de barytine, de mimétèse; des gisements de mispickel ont été signalés en différents points. En résumé, on trouve, dans la partie Ouest, beaucoup de roches, avec du mica noir pour les pétrographes, et peu de minéraux.
- La partie Est, au contraire, contient presque exclusivement des roches à mica blanc, c’est-à-dire tluoré : granulite, granulite gneissique, pegmatite. Et, naturellement, les minéraux associés aux roches
- Mo
- fluorées •: émeraude, tourmaline, zircone. Et que l’on ne croie pas que ces minéraux ne se rencontrent qu’en cristaux microscopiques. Le musée de la Société cl histoire naturelle d'Autun possède des béryls et des tourmalines longs de plus de 20 centimètres, que l’on trouve, entre autres, dans la pegmatite graphique à mieroeline de Montjeu, dans les pegmatites de Broyé, où l’on rencontre aussi la niobite. Les gneiss et micaschistes sont fréquents. Les granulites sont souvent parsemées de grenats et, en certains points, des échantillons gros comme des noix ont été recueillis. On ne rencontre plus, comme dans l’Ouest, de minerais en filons conerétionnés, à
- Fig. 2. — Thermes gallo-romains à Champvert, près Deuzc. Ruines de Champverl.
- part des petites poches de galène dans le gneiss gra-nulitique.
- La pegmatite de Saint-Symphorien de Marmagne a renfermé un filon aujourd’hui épuisé ou disparu A'Antimite, phosphate double d’urane et de chaux en cristaux jaunes à reflet vert-clair. Ce minéral est fort rare et c’était son seul gisement en France. Des mouches d’Autunite amorphe se montrent de temps à autre dans les pegmatites et dans le gneiss granu-litique. La chlorophyllite se rencontre à Ozon, et l’oxyde de chrome aux Ecouchets et à Montcenis.
- La période permo-carbonifère a laissé de nombreuses traces sur le sous-sol éruptif. Les schistes permiens de l’Autunois si riches en fossiles de poissons et de reptiles sont exploités depuis près de cent ans par plus de 20 usines qui les distillent
- pour en retirer l’huile de schiste pour éclairage, des huiles à graisser, des huiles lourdes pour la fabrication du gaz riche, de la paraffine et en même temps du goudron et des eaux ammoniacales. Pour permettre à cette industrie de lutter contre l’importation du pétrole, une prime de 2 francs par hectolitre d’huile lampante est accordée au fabricant par l’État. Pendant l’époque carbonifère de nombreux lacs de petite étendue ont été formés en différents points et deux mers carbonifères importantes baignaient les rivages Sud et Est du Morvan. La première nous procure les houillères de la Machine, près Decize et la seconde les bassins houillers d’Epinac et de Mon-ceau-les-Mines. A peu de distance du bord Est du Morvan, près de Couches-les-Mines, se trouve le Pic Drevin, montagne formée de couches triasiques
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- recouvertes par le lias inférieur et le lias moyen. Le sommet est formé par un chapeau de basalte, variété Limlmrgite, de lave volcanique par conséquent. Ce basalte est très compact, très dur, d'un aspect noir résineux avec de nombreuses inclusions de péridot.variétéolivine : il présente en certains points des petites géodes tapissées de cristaux de feldspaths zéolithiques. Sous l'influence des pluies, du basalte a été décomposé et l’on retrouve dans le sable d'un ruisseau voisin, les Mesvrain, les cristaux d'olivine arrachés à la roche.
- Si l’on définit par le mot volcan une fracture du sol sous l’action des forces internes pour livrer passage à de la lave, le Pic Rrevin est un volcan. Mais si comme certains l’avancent, un volcan pour mériter ce nom doit avoir projeté des cendres et des scories indépendamment de la lave, le Rrevin perd de son intérêt à notre époque de volcanisme.
- Quoi qu’il en soit, les habitants de la région sont persuadés avoir ressenti le 12 mai dernier des secousses de tremblement de terre accompagnées d’un grondement souterrain. Cependant aucune des caractéristiques d’un tel phénomène n’a été relevée et tout porte à croire (pie bruit et mouvement, pour autant qu’ils aient existé, proviendraient d’un jeu dans les failles régionales très nombreuses; lune d’elles orientée N.-N.-E. passe au pied du Rrevin.
- Des sources minérales se rencontrent à la périphérie, thermo-minérales avec arsenic à Saint-llonoré-les-Bains, simplement minérales;! Pougues-les-Eaux, Sautenay, Anthien.
- Souvent, on va fort loin pour jouir de la belle nature, et l’on oublie qu’à quelques heures de Paris se trouve le Morvan avec ses hautes montagnes, ses forêts, ses vallées délicieuses, toujours fraîches et vertes par le soin qu’a mis la nature à les irriguer. L’ennui qu’engendre la monotonie n’est pas à craindre et à chaque pas une surprise nouvelle récompense le touriste d’avoir visité ce coin de notre vieille Gaule. Mir.ox.
- CHRONIQUE
- Liquéfaction de l’air. — On voit fonctionner en ce moment, boulevard de la Yillette, dans les ateliers de la Compagnie des Omnibus, une nouvelle machine à liquéfier l’air réalisée par M. G. Claude. Elle est beaucoup plus simple et plus avantageuse que la machine Linde que l’on a pu voir à l’Exposition et sur laquelle nous avons insisté ici à plusieurs reprises1. Dans la machine Linde, l’air préalablement comprimé à très haute pression (220 atm.), se détend dans un réservoir clos. Le tuyau de détente est enfermé dans un tuyau concentrique par lequel l’air qui va se comprimer est en contact continu. D’où refroidissement progressif. Le calcul montre que le rendement de l’appareil dépend de l’écart des pressions dans le compresseur et dans le récipient terminal où l’on va puiser l’air liquide et le travail de compression dépend du quotient de ces mêmes pressions. 11 y a avantage par conséquent à faire le plus grand possible l’écart des pressions, et le plus petit possible le
- 1 Vov. n° 1431, du. 27„ octobre 1900, p. 557.
- rapport de ces pressions. Dans la nouvelle machine, l’air est d’abord comprimé à une pression beaucoup moindre, environ 25 à 50 atmosphères. 11 est envoyé se détendre sous le piston d’un cylindre, comme dans une machine à vapeur. Il effectue, par conséquent, un-travail extérieur utilisable qui vient en déduction du travail dépensé pour comprimer l’air. Dans le système Linde, le travail est intérieur et ne peut être, par conséquent, utilisé. Dans ces conditions, il est bien clair que le rendement est augmenté. M. Claude estime qu’il est à peu près doublé. On obtient, en effet, par cheval-vapeur-heure environ 1 litre d’air liquide, quand on en produit que un demi dans la machine Linde. 11 va de soi (pie l’idée n’est pas nouvelle. Depuis Siemens en 1881, d’autres inventeurs y avaient bien songé, mais on ne savait pas comment, à ces températures glaciales de — 180°, empêcher de se coller les organes mobiles. Le graissage était impossible. Depuis, Kohlrausch montra que certains éthers de pétrole ne gelaient pas à la température de — 190° à — 200°. On a utilisé cette propriété pour le graissage de la machine au début de l’opération et ensuite celle que possède l’air liquide lui-même de constituer un bon lnbri • fiant. Bref la machine fonctionne bien. Nous y reviendrons dans quelques mois, quand on aura mis dans le commerce des types définitifs pour l’industrie et des appareils de laboratoire.
- Paris-Pékin. — Avec le Transsibérien, il est devenu possible d’aller d’un trait à Pékin en 22 jours, temps qui sera réduit dans quelques mois, quand le train marchera la nuit à partir de Tachitao, à environ 18 heures. Or, il faut par mer au moins 45 jours. Voici l’itinéraire actuel ;
- De Paris à Moscou............... 2 jours 9h 50
- De Moscou en Mandchourie ... 11 jours 9h 19
- De Mandchourie à Kharbin ... 5 jours 5h55
- De Kharbin à Vladivostok. ... 1 jour 2(lh 7
- De Kharbin à Port-Arthur. ... 2 jours 10h 15
- Soit de Paris à Vladivostok ... 17 jours 18h 51
- De Paris à Port-Arthur.......... 19 jours 7h59
- Pour se rendre à Pékin, ou abandonne la ligne de Port-Arthur à Tachitao, d’où il faut trois jours pour gagner la capitale de la Chine. Voici le devis d’un voyage de Paris à Pékin dans les conditions les plus confortables qui se puissent imaginer, puisqu’il s’effectue dans les voitures
- (lu Nord-Express et du Transsibérien :
- De Paris à Saint-Pétersbourg .... 566 francs.
- De Saint-Pétersbourg à Moscou ... 70 —
- De Moscou à Pékin...................510 —
- Soit un total de 976 francs, qui représente le montant des billets de chemin de fer de lie classe et des suppléments Wagons-Lits de Paris à Pékin. Les frais de nourriture se calculant à raison de 15 francs par jour de Paris à Saint-Pétersbourg, et de 10 francs par jour à partir de Saint-Pétersbourg, le coût total du voyage par voie ferrée est de 1216 francs, alors qu’il faut compter environ 2200 francs par mer. D’ici quelques mois, l’augmentation de vitesse amènera une majoration d’environ 200 francs sur ces prix, mais il n’en restera pas moins une différence de 750 francs en faveur du Transsibérien.
- Découpage de la tôle par l’électricité. — A
- Chicago dernièrement on a eu recours à un ingénieux procédé électrique, pour réduire en morceaux faciles à transporter quatre grands réservoirs qu’on voulait enlever. Ces réservoirs, placés au 15e étage du grand Auditorium, étaient en tôle de fer épaisse d’un centimètre environ. 11 fallait les enlever sans gêner les différents services de l’immense établissement. On se servit d’un courant de 75 à 80
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- LA NATURE.
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- ampères sous 50 volts. lTn des pôles fut relié au réservoir, l’autre à un bâton d’anthracite ayant 50 cm de longueur et 2,54 cm de diamètre, et porté par un manche approprié. Le charbon fut mis en contact avec le métal du réservoir, puis écarté, l’arc qui en résultait avait de 0 à 9 cm de longueur, le fer fondait en projetant des gouttelettes jusqu’à 45 cm. Au bout de 4 sec. et demie la paroi était percée ; en promenant le charbon suivant une ligne droite on coupait ainsi 70 cm de tôle par minute. Pour couper 140 mètres on n’a usé que deux charbons de l'r,25.
- Culture sous tentes. — C’est une nouvelle méthode que les Américains commencent d’employer couramment, et qui remplace avantageusement, en coûtant beaucoup moins cher, la culture en serre. 11 va de soi que les tentes ont cet avantage d’étre aisément mobilisables, et par conséquent de pouvoir venir se placer sur les plantes à l’instant précis où celles-ci en ont besoin par suite des conditions atmosphériques : ces tentes protègent la plante à la fois de la froideur des nuits et d’une trop grande ardeur des rayons solaires; enfin elles empêchent l’humidité du sol de s’évaporer trop rapidement, et les arrosages deviennent moins nécessaires. C’est, avec ce procédé que les cultivateurs du Connecticut réussissent maintenant à récolter dans les meilleures conditions des tabacs de Sumatra.
- Moteur à gaz de 1 200 chevaux. —Nos lecteurs ont été suffisamment tenus au courant des progrès réalisés dans l'emploi comme dans la construction des moteurs à gaz, pour savoir que ces précieux engins ont supplanté en partie les machines à vapeur pour les petites forces; mais on s’est mis aussi, depuis quelque temps, à en construire de grande puissance, et ce n’est plus en dizaines, mais en centaines de chevaux qu’on peut évaluer cette puissance. fin voici un que nous voulons signaler, et qui est un énorme moteur de 1200 chevaux; empressons-nous de dire que son alimentation est assurée, non au gaz d’éclairage, ainsi que cela se faisait autrefois, mais avec une variété de gaz pauvre, un gaz spécial, qui n’est qu’un sous-produit de fabrication et dont on sait maintenant tirer un excellent parti : le gaz des hauts fourneaux. Ce moteur monstre a été construit parla Société anglo-belge John Cockerill, de Scraing, qui s’est précisément lancée dans l’utilisation des gaz des hauts fourneaux, et il est fait pour commander une machine soufflante, comme c’est le cas ordinaire dans les usines métallurgiques. Les deux cylindres moteurs y sont disposés l’un derrière l’autre, en tendern, ce qui assure, au point de vue de la régularité de marche, les avantages du cycle à deux temps, sans qu’on abandonne la simplicité caractéristique des moteurs à quatre temps; de plus, les efforts sur les organes en mouvement sont les memes qu’avec un cylindre unique. L’inflammation se fait au moyen d’une bobine, et la mise en marche du moteur est effectuée à l’aide d’un petit moteur électrique. Les cylindres ont un diamètre de Jra,50 pour une course de lra,40, c’est-à-dire qu’ils sont presque « carrés )) suivant l’expression classique. La marche normale est de 80 révolutions à la minute, ce qui correspond à un débit de 570 mètres cubes à la pression atmosphérique par la machine soufflante que commande le moteur. L’engin pèse dans son ensemble 257 tonnes, dont 55 rien que pour le volant.
- Le port de Berlin. — Comme nous avons souvent fourni des données sur le port de Paris (qui est en somme le port français offrant le tonnage le plus élevé), il est intéressant que nous mettions sous les yeux du lecteur des renseignements analogues pour Berlin. Le port de
- cette ville voit arriver annuellement 52 000 bateaux, représentant un tonnage de 4 008 000 tonnes, et partir un peu plus de 51 000 bateaux, mais avec un chargement de. 560 000 tonnes seulement (le fret de sortie manquant dans toutes les grandes villes). II faut ajouter, pour le transit, 5600 bateaux et un chargement de 1 091 000 tonnes.
- Les inexact il mie» du fil à plomh. — Nous avons eu déjà l’occasion de signaler les attractions que semble parfois subir le fil à plomb dans des circonstances qu’il est encore impossible de bien déterminer; en voici un nouvel exemple qui est particulièrement curieux. Il résulte d’une expérience faite par le professeur F. W. Mac Nair dans le puits très profond de la mine de cuivre de Tamarack. On descendit dans ce puits deux fils à plomb de 1275 mètres environ, dont les plombs étaient formés de deux poids en fonte de 22le 1/2; ils étaient suspendus à une corde de piano et plongeaient dans un récipient plein d’huile. Or, à leur sommet, les deux fils étaient à une distance de 16,52 pieds (ce qui fait en mesures métriques 4m,97) et, dans le bas, des mesures effectuées avec le plus grand soin obligèrent à reconnaître une distance de 16,45 pieds entre les deux fils. Par conséquent, tout en étant censés indiquer chacun la perpendiculaire, ils ne demeuraient point parallèles. On recommença l’expérience en plaçant les fils au sommet du puits, à une distance de 17,58 pieds l’un de l’autre, et l’on trouva au bas du puits un écartement très sensiblement supérieur de 17,65 pieds. On essaya avec d’autres sortes de fils et de plombs, mais sans obtenir des résultats différents. Enfin on ferma la bouche du puits et les ouvertures inférieures qui pouvaient créer des courants d’air : la discordance diminua, mais ne disparut pas complètement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 août 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Phénomènes magnétiques concordant avec Véruption de la Montagne Pelée. — M. Mascart résume une Note du Père Maidrev, de l’observatoire de Zi-Ka-Weï (Chine), relative à divers phénomènes notés le 8 mai dernier dans cet observatoire, au moment où se produisait l’éruption de la Montagne Pelée. On sait que la catastrophe qui a détruit la ville de Saint-Pierre a eu lieu quelques minutes avant 8 heures du matin. Or, à 7h 58m (temps moyen de Saint-Pierre), l’appareil bifilaire de la station de Zi-Ka-W’eï accusa tout à coup un accroissement de la composante horizontale. Cet appareil révéla une série de perturbations pendant une durée de huit heures. Ainsi une perturbation, dont le début à Paris comme à Lyon coïncide avec l’explosion de la Montagne Pelée, a été constatée presque sur le méridien opposé à celui de cette montagne. En outre il semblerait que l’ébranlement du sol ait mis 4 heures 27 minutes à se propager jusqu’en Chine, à moins que l’ébranlement observé ne soit dû à l’un des chocs postérieurs.
- L’hémoglobinurie. — M. Bouchard rappelle que plusieurs substances minérales ou pathogéniques introduites dans l’organisme détruisent les globules sanguins et que, par suite de cette destruction, l’hémoglobine mise en liberté dans le sérum passe dans les urines. Ainsi dans ces cas, il y a d’abord hémoglobinémie, puis hémoglobinurie. Mais d’autres organes que les globules sanguins contiennent de l’hémoglobine, les muscles, la moelle, etc. MM. Camus et Pagniez se sont préoccupés de rechercher s’il n’y avait pas d’hémoglobinurie d’autre origine. Ils ont reconnu que
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- l’injection d’extrait de muscle préparé à froid la fait apparaître, mais sans qu’il y ait d’hémoglobinémie.
- Association internationale pour l’observation des phénomènes sismiques. — M. Darboux donne connaissance des conclusions d’une conférence de sismologie qui vient de se réunir à Strasbourg. Les conférents préconisent la formation d’une association internationale de sismologie pour l’étude méthodique des phénomènes, l’institution d’observatoires répartis sur un certain nombre de points convenablement choisis, celle d’un bureau central pour grouper, discuter et publier les observations.
- Ch. riF. Vii.TjEdeuii, .
- SOLIDARITÉ CHEZ LES OISEAUX
- On a souvent prétendu que lorsqu’on venait à mettre une nichée de jeunes oiseaux dans une cage, les parents, après les avoir nourris quelques jours, les tuaient ou les empoisonnaient, préférant les voir morts plutôt que privés de leur liberté.
- L’occasion se présentant, j’ai voulu vérifier le fait. Une mésange charbonnière (Parus major) avait eu la mauvaise idée de faire son nid dans une caisse à fleurs, vide,à demi couverte d’une planche et placée sous un hangar.
- Dès que les onze petits qui formaient la nichée eurent pris leurs plumes, je les mis dans une petite cage. Pendant cette opération les jeunes oiseaux ayant poussé quelques cris, les parents effarés accoururent, venant jusqu’à portée de la main. A peine m’étais-je éloigné] que je les vis apporter de petites chenilles à leurs enfants captifs. Mais quel ne fut pas mon étonnement de constater qu’ils étaient aidés dans leur tâche par des rossignols de murailles (Motacillaphœnicurus), qui, comme les parents, s’en allaient récolter des chenilles sur les arbres voisins et les portaient aux petites mésanges.
- Pas un jour le zèle des parents et de leurs auxiliaires ne se démentit. Bientôt, jugeant que les jeunes oiseaux étaient de taille à commencer à manger seuls, je leur mis une pâtée qu’ils voulurent bien accepter. Au bout de trois semaines les jeunes mésanges mangeaient seules et cependant les parents et les rossignols de murailles continuaient à leur apporter la becquée. L’expérience était donc ter-
- Solidarité chez les oiseaux.
- minée ef la démonstration faite : les parents n’empoisonnent pas leurs enfants quand ils sont prisonniers. Ce qui a dû donner naissance à cette légende c’est que, sans doute, dans des opérations similaires on avait négligé de mettre, longtemps avant la séparation, à la portée des jeunes oiseaux, une nourriture appropriée et le sevrage ayant lieu d’une façon trop brusque, les captifs mouraient de faim.
- Mais un fait est surtout à retenir, c’est celui de cette solidarité qui unit les oiseaux au point de voir des représentants d’une espèce toute différente donner la becquée à des oiseaux retenus prisonniers.
- Il était intéressant de vérifier s’il s’agissait là d’un cas isolé ou si, au contraire, il se renouvellerait dans toutes les circonstances analogues.
- Quelques jours plus tard on me signala un nid de mésanges bleues (Partis cæru-leus). Dès que la nichée fut emplumée je la mis en cage. Cette fois les parents, malgré les cris des petits, ne vinrent pas ; mais ces appels furent e n’t e n d u s par d’autres oiseaux et je vis, non sans surprise, des mésanges charbonnières et les rossignols de murailles, prenant pitié des petits orphelins, remplacer les parents
- dans leur tâche jusqu’au jour où les petits purent manger seuls.
- Ces simples expériences permirent en même temps de se rendre compte combien les jeunes oiseaux s’habituent à la captivité quand elle leur est imposée dès le plus jeune âge. Lâchées, les mésanges revenaient avec insistance dans la cage où elles avaient été élevées. N’arriverait-on pas en deux ou trois générations à avoir des oiseaux familiarisés, comme le sont nos pigeons?
- Ces observations, qu’il serait intéressant de renouveler, semblent donc établir que chez les oiseaux le sentiment de solidarité existe d’une façon indiscutable et qu’il peut même être souvent plus grand que l’amour maternel lui-même.
- J. Dybowski.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiurf, rue île Fleurus, 9-
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- N° 1526
- 25 AOUT 1902
- LA NATUI1E.
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- i
- LES ONDES ÉLECTRIQUES ET LE CERNEAU HUMAIN
- Fis. 1. — Trois aides réalisant la télégraphie sans fil avec le corps humain comme antennes.
- Dans une Note présentée à l’Académie des sciences, le professeur Thomas Tommasina, de Genève, était déjà arrivé à la conclusion, que le corps humain peut servir comme antenne réceptrice dans la télégraphie sans lïl.
- Nous avons nous-même, à plusieurs reprises, vérifié l’assertion deM. Tommasina, et nous avons trouvé que le corps humain est une antenne réceptrice presque aussi parfaite qu’un fil ou une tige métallique.
- Il est moins conducteur que le métal, mais par contre il a une grande surface, ce t[ue la pratique démontre être très avantageux pour la réception des ondes dans la télégraphie sans (il.
- 30e année. — 2e semestre.
- Nous avons essayé notre corps d’abord comme antenne réceptrice, comme antenne transmettrice
- ensuite, en nous isolant convenablement du sol. Nous avons ainsi pu communiquer à des distances appréciables en envoyant et recevant les ondes par le corps humain
- (%• U-
- M.A.Frederick Collins, un jeune ingénieur électricien des FAats-Unis d’Amérique, va beaucoup plus loin. M. Collins a trouvé que les ondes électriques de grande fréquence — par exemple celles de certains éclairs — agissent sur le cerveau des animaux et des hommes avant et après la mort. Le cerveau agit comme cohéreur : il se cohère et puis
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- Fig. 2. — Réception des signaux à Faide d’un collecteur d’ondes composé de deux aiguilles enfoncées dans un cerveau.
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- LA NATURE.
- se décohère automatiquement. 11 y a même plus, le corps humain peut servir comme un récepteur complet dans la télégraphie sans lil. Nous avions l’antenne et le cohéreur. 11 nous manquait la pile. M. Collins la trouve dans le système nerveux.
- En expérimentant sur un chat vivant qu’on avait endormi, M. Collins et ses collaborateurs, parmi lesquels il y avait des professeurs et des spécialistes bien connus en Amérique, ont remarqué (pie le chat sursautait, sous l’influence des ondes électriques, comme lorsqu’on le soumet à un courant intermittent ou alternatif.
- On peut admettre que les ondes rapprochant les neurones ou les éloignant font passer ou interrompent le courant nerveux du cerveau, en produisant des extra-courants de fermeture et d’ouverture. Les nerfs servent de conducteurs et le récepteur c’est le visage lui-même qui par des signes de peur accuse, surtout chez les personnes nerveuses, l’action de la foudre.
- Sans décrire les nombreux essais de M. Collins, je reproduirai ses conclusions. 1° Les ondes électriques émises par l’éclair agissent de façon à rapprocher les neurones. 2° La matière cérébrale fonctionne comme un cohéieur lorsqu'elle est en vie aussi bien qu’après la mort. 5° Ce qui est souvent défini, la peur est due à l’action des ondes électriques sur le cerveau. 4° Les ondes électriques propagées par la décharge disruptivc de l’éclair peuvent produire des accidents caractéristiques suivis de mort.
- Ces faits intéressent les télégraphistes sans lil en particulier, et l'humanité en général.
- A ce point de vue, les ondes de grande fréquence qui possèdent un grand pouvoir de pénétration, comme les ravons X, devraient être remplacées par des ondes de liasse fréquence obtenues notamment par la décharge des bouteilles de Lcyde (système Braun de télégraphie sans lil) ou mieux encore par le système à courants alternatifs (sans étincelles) dont le lieutenant Poncelet et nous sommes les partisans.
- Mais il y a encore un point de vue qui doit attirer notre attention sur les expériences et les résultats de M. Collins. Comme YElectrical World le fait remarquer, les phénomènes que signale M. Collins sont de nature à éclairer la théorie de la télépathie.
- On ne s'attendait certes guère à voir apparaître ici la « télépathie » ou transmission de la pensée à distance. La remarque n’est qu’incidente, mais enfin, comme les savants tendent à admettre la possibilité de ce phénomène psychique, il est intéressant de chercher à l'expliquer. On avait déjà mis en avant pour s’en rendre compte la télégraphie sans fil. Les expériences deM. Collins donnent une certaine portée à cette hypothèse. D’après les essais que nous venons de rapporter, il est évident que la transmission de cerveau à cerveau peut s'effectuer à distance tout comme dans la télégraphie sans fil. Un des cerveaux met en action les ondes nerveuses. L’autre reçoit les ondes comme dans le récepteur sans fil, en mettant en contact les neurones. Encore une fois c’est là une hypo-
- thèse, mais d’une certaine valeur après les expériences de M. Collins. L’avenir aura ici comme toujours le dernier mot. Emile Giarem.
- LE CHLORHYDRATE DE TÉRÉBENTHINE
- SES MlLTIPLES AVANTAGES POUR LES MATIÈRES EXPLOSIBLES
- I
- Le chlorhydrate de térébenthine, qui, jusqu’à ce jour, n’avait pu être fabriqué d’une manière certaine et à peu de frais, et que l’on obtenait généralement impur, vient d’être étudié avec soin et de façon aussi rigoureuse que possible. Disons d’abord que le procédé de fabrication courante est trouvé, procédé qui mettra ce produit à fias prix sur le marché. Ce corps chimique est très stable et doué de diverses propriétés et applications fort différentes les unes des autres. La grande difficulté était d’éliminer les sous-produits qui se forment en même temps que le produit lui-même ; ces impuretés sont facilement reconnaissables par le fait qu’elles rendent le chlorhydrate de térébenthine acide et qu’elles émettent de l’acide cblorbvdrique : un procédé de. purification faisant disparaître tous ces sous-produits vient d’être l’objet d’un brevet. L’inventeur est M. Emile Callemberg, ingénieur-chimiste conseil à la fabrique de celluloïd à Lank-sur-Rhin. 11 avait autrefois été fait quelques essais avec le camphre artificiel, qui est du chlorhydrate de térébenthine, et on en avait étudié quelques curieuses propriétés, mais on s’était borné à des expériences de laboratoire, à cause des frais que cela entraînait et de l’installation qu’il aurait fallu pour obtenir en grand un produit pur; aujourd’hui c’est chose faite et le camphre artificiel a livré tous ses secrets, dont un des plus importants est d’amener une véritable révolution dans la fabrication des explosifs : le produit est obtenu chimiquement pur; blanc et transparent comme du cristal. Les émissions d’acide chlorhydrique qui exerçaient leur action néfaste sur les composants des divers explosifs, ont complètement disparu. On peut résumer comme suit les diverses propriétés du chlorhydrate de térébenthine.
- A). Dans les explosifs h base de nitroglycérine. — Il est soluble dans la nitroglycérine, à basse température, en toutes proportions : tout le monde connaît le danger de manipulation du terrible liquide, que le moindre choc, la moindre friction, une subite élévation de température peuvent faire détoner; le transport en est même si dangereux que c’est avec les plus grandes précautions que dans les fabriques les ouvriers le manipulent ; par l’addition du nouveau produit, cette extrême sensibilité disparaît, la nitroglycérine est moins sensible aux influences mécaniques et cela d’autant moins que la proportion de produit dissous est plus grande.
- Le chlorhydrate de térébenthine possède en outre la propriété de diminuer la température d’explosion de la nitroglycérine, ce fait est d’une utilité incontestable pour les explosifs de sécurité ; car on a pu se rendre compte par les méthodes connues, le calorimètre et le calcul de la température d’explosion, qu’une addition de ce produit donne des explosifs de sûreté dont la température d’explosion est au-dessous de celle des explosifs de sûreté fabriqués à ce jour ; on obtient 1512°, le maximum autorisé étant 1500°.
- Le chlorhydrate de térébenthine a la remarquable propriété d’abaisser le point de congélation de la nitroglycérine qui est -f 8°; des cartouches de dynamite renfermant
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- LA N A TU KL’.
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- 5, 4, 5 pour 100 du produit, sont restées plusieurs heures dans les mélanges réfrigérants dont la température allait de — 10 à — 15°, et cela sans subir aucune altération ; elles sont restées telles qu’elles y avaient été mises, avantage énorme dans nos climats où les cartouches de dynamite gelée font tous les hivers de nombreuses victimes.
- H). Dans les explosifs à base de nitroglycérine et de coton. — Le chlorhydrate de térébenthine mélangé avec la nitroglycérine dissout le coton nilré, et ce à la température ambiante et forme de ce fait une gomme-gélatine irréprochable ; actuellement pour gélatiniser le coton on est obligé de chauffer "la nitroglycérine, ce qui est coûteux et de plus dangereux : la dissolution du nouveau produit dans le liquide supprime ces frais et écarte le danger.
- Mais ce qui est plus curieux, c’est que le chlorhydrate de térébenthine, après y avoir ajouté un dissolvant qui disparaît une fois son action faite, mélangé avec de la nitroglycérine, peut alors dissoudre tous les cotons nitrés, à quelque degré de nilration qu’ils soient et même les cotons dits insolubles, et forme avec eux des gommes explosives, claires, élastiques, d’une homogénéité parfaite, ne se décomposant pas, pouvant être elles-mêmes employées comme explosifs, soit sans, soit avec addition d’autres ingrédients.
- Comparaison des gommes avec et sans chlorhydrate de térébenthine.
- Gomme .1. sans produit. Distance moyenne : 140 m.
- Gomme B sans produit. Distance moyenne : 120 m.
- Gomme M. H. sans produit. Distance moyenne : 105 m.
- M° 1 gélatiné sans produit. Distance inovenue : 00 m.
- Gomme .1. avec produit. Distance moyenne : 161 m.
- Gomme B. avec produit. Distance moyenne : 152 m.
- Gomme M. B. avec produit. Distance moyenne : 156 m.
- N° 1 gélatiné avec produit. Distance moyenne : 117 m.
- Ces moyennes, prises sur de très nombreux essais au mortier, montrent dans quelle énorme proportion la force de ces différents explosifs est accrue par l’addition du chlorhydrate de térébenthine.
- G). Dans les explosifs sans nitroglycérine. — Dans les explosifs à base de nitrate d’ammoniaque, de chlorate de potasse, une addition de chlorure de térébenthine (qui fournit du carbone lors de la décomposition) donne de grands avantages; il peut très facilement remplacer les mono, hi ou trinitronaphtalines ou benzols, les résines, etc., tous produits coûteux et il donne un rendement égal et même supérieur, comme il est facile de s’en assurer par le tableau ci-dessous :
- Explosif Favier contenant de la trinitro-
- naphtaline........................... 12i m.
- Explosif où la trinitronaphtaline est remplacée par notre produit............... 126 m.
- Dynamite faite de nitrate d’ammoniaque et
- de produit sans corps nilré..........11 7 m.
- Dynamite faite de chlorate de potasse et
- de produit sans corps nitré.......... 82 m.
- Dynamite faite de chlorate de potasse sans "produit et avec acide picrique .... 80 m.
- Autres dynamites :
- N° 1 sans produit. Distance moyenne : 90 m.
- N° 2 sans produit. Distance moyenne : 78 m.
- N° 5 sans produit. Distance moyenne : 68 m.
- 5° 1 avec produit. Distance moyenne : 110 m.
- N° 2 avec produit. Distance moyenne : 104 m.
- N0 5 avec produit. Distance moyenne : 84 m.
- Des essais faits au plomb ont confirmé ces résultats remarquables.
- Une autre curieuse propriété de ce corps consiste en ce que son point de fusion étant 78°, celui de la naphtaline 79°,2 après addition de 1/2 pour 100 de cette dernière au chlorhydrate de térébenthine, le point de fusion tombe à 40°, ce qui permet de l’incorporer à d’autres produits d’une manière intime et à basse température.
- ’ Une addition de 5 pour 100 de chlorhydrate de térébenthine faite à des substances hygrométriques, telles que le nitrate d’ammoniaque, le nitrate de soude, empêche l’humidité de les désagréger.
- Ge qui est surprenant, c’est qu’un mélange de chlorhydrate de térébenthine et de naphtaline, en des proportions fixes, est ininflammable, alors que les deux composants sont éminemment inflammables : il est inutile de souligner les grands avantages de cette propriété dont l’application à la fabrication du celluloïd ne sera certainement pas une des moindres.
- Terminons ce court exposé, en rappelant qu’autrefois on incorporait aux dynamites du camphre pour les rendre moins sensibles au choc; au bout de trois mois le camphre s’était évaporé. Avec le chlorhydrate de térébenthine, au contraire, on obtient les mêmes avantages et aucun inconvénient sous le rapport de l’évaporation.
- Tous ces essais ont été faits et contrôlés à la dynamiterie de Gugny (Société Française des Explosifs), en présence de l’inventeur, M. Callembcrg, du directeur de l’usine, M. Bouder, du chimiste, M. Wertheimer et du contremaître artificier, M. Weissfeldt. L. \Vf.ktiieimer,
- Docteur ès sciences, chimiste de la Dynamiterie de Cugny.
- UN PONT ROULANT DE HO MÈTRES
- Si l’on exige le chiffre exact de la portée effective de ce pont roulant, nous dirons qu’il a I09m,72; mais on nous permettra d'arrondir le chiffre, quoiqu’il soit déjà énorme et dépasse tout ce que nous connaissons en la matière. Comme de plus cet appareil est mu électriquement, c’est-à-dire suivant les procédés les plus modernes, on comprendra que nous ayons jugé intéressant de le faire connaître à nos lecteurs.
- Il se trouve dans les grands établissements que possède, sur la rivière Don, à Sheffleld, la fameuse maison de canons Yickers Sons and Maxim. Depuis un certain temps dans ces ateliers, comme dans les autres établissements de la même compagnie, toutes les commandes des appareils les plus divers sont réalisées électriquement; et il serait curieux de citer les innombrables applications qui ont été faites du courant pour le forage des canons, le percement des plaques de blindage, etc. Electriquement aussi est commandé, comme nous l’avons dit, le pont roulant géant dont nous donnons, page 180, une vue bien caractéristique. Il s'agissait de mettre en communication facile les chantiers principaux avec une annexe qui se trouve de l’autre côté de la rivière, et qui sert à mettre en réserve, pour les besoins quotidiens, au moins 10000 tonnes de fer et d’acier de toutes sortes qui servent de matière première à la fabrication. Il faut dire qu’en ce point le cours d’eau a plus de 56 mètres de largeur, et que l’on devait posséder un moyen de faire passer aisément par-
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- LA NA T UNE.
- dessus los charges considérables de métal à traiter dans l'usine.
- On a, dans ce but, construit un vrai pont canti-lever, qui supporte et l’on pourrait même dire constitue la voie de roulement d’un chariot porteur; ce pont a non point des piles fixes, mais des piliers métalliques montés sur des roues qui glissent sur une voie ferrée posée sur chaque rive du Don. L’espacement des deux voies est de 56m,90 ; mais de plus, du coté des ateliers principaux, le pont se complète par un porte-à-faux de 15m,70, pour que le chariot puisse venir déposer sa charge dans des wagons roulant sur des voies multiples. Du côté du grand dépôt de métal, nous retrouvons un porte-à-faux d’un peu plus de 59 mètres, afin que le chariot soit à même de venir à l'aplomb des divers tas de métal prendre directement sa charge. Comme de coutume, le pont roulant peut se déplacer dans le sens perpendiculaire à son axe, en même temps que la charge du chariot peut être abaissée ou élevée, et que ce chariot roule sur la voie supérieure du pont. Ces trois mouvements sont commandés par un seul mécanicien, qui se tient dans une cabine spéciale disposée sur une des piles du pont ; un seul moteur électrique, d’une puissance de 85 chevaux, donne tous ces mouvements. Ce sont des roues d’angles et des arbres qui transmettent sa force aux roues porteuses des piles sur la voie double parallèle à la rivière ; il existe des embrayages intermédiaires et aussi des freins. Le déplacement du « trolley » du chariot s’obtient grâce à deux câbles qui s’enroulent en sens inverse sur deux tambours solidaires disposés sur ce chariot, et l’un s’enroule quand l’autre se déroule ; l’élévation de la charge se fait par un autre tambour unique, qui se détourne tout simplement avec un freinage quand la charge doit descendre. Celle-ci est de 5 tonnes au maximum, et elle est levée à raison de 76 mètres à la minute;
- le chariot, lui, roule sur le pont à une vitesse de 215 mètres, et enfin le pont tout entier peut se déplacer suivant l’axe de la rivière à une vitesse qui atteint 50 mètres à la minute. Ce curieux et intéressant appareil donne satisfaction à tous les points de vue. Daniel Bellet.
- l’ont roulant de 110 mètres.
- Sous ce titre, le « Scientific American » du 19 avril dernier publiait un très intéressant article de
- M. Herman Mucker-
- __________________________ manu, à propos du
- Rhynchite du bouleau (Rhynchites Betulæ L.). Cet in--v~-/ ' secte, paraît-il, se
- .= fait rare en Améri-
- que, tandis que chez nous, au contraire, il est très commun, et cette année même, en mai dernier, avec M. Clément, dont les - dessins ci-contre sont faits d’après nature, nous l’avons trouvé en abondance ainsi que son nid dans les taillis de bouleaux voisins du lac Saint-Cucufa, derrière Vaucresson.
- C’est un petit coléoptère d’un bleu foncé, presque noir, légèrement velu et mesurant à peine 4 1/2 millimètres de long ; il appartient à la catégorie des Rhynchites « rou-leurs de feuilles » ou fabricants de cigares («g. l,n« 1,2, 7). La manière dont s’y prend la femelle, car c’est elle seule qui travaille à confectionner l’étui où doit reposer sa progéniture, a été décrite de diverses façons suivant les auteurs.
- Nous avons tenté de l’observer en captivité, mais nous n’avons pas réussi, malgré tous nos soins.
- Ainsi, d’après Brehm, « sur la moitié supérieure et un peu plus petite de la nervure médiane, ce coléoptère ronge, en remontant dans le sens du pétiole, la surface de l’un des côtés de la feuille, le côté droit, par exemple, en laissant intactes les nervures secondaires qu’il rencontre; après quoi, il procède de même sur le côté gauche... ». Le découpage de la feuille a lieu ensuite en commençant par
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- LÀ NATURE.
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- la moitié droite, puis par la moitié gauche (fig. 1, n° 5). Suivant M. Muckermann, voici comment les choses se passent : la femelle choisit une feuille suffisamment llexihle, en examine les bords avec soin, puis tout à coup s'arrêtant à la partie supérieure de l’un d’eux, celui du côté droit pour préciser, elle commence à tailler l'ébauche du nid futur. Delà, elle se dirige la tète tournée vers la nervure centrale, et découpe avec ses mandibules, ni e r v e i 11 e u s ement appropriées à cet effet, une courbe en forme d’S, dont le point terminal est la i îervur e centrale elle-même. S’attaquant ensuite à cette nervure, elle y fait une légère incision dans le but de ralentir l’afflux de la sève dans la partie située au delà de la meurtrissure, et partant de rendre la feuille plus maniable. Elle se rend alors au bord supérieur gauche de celle-ci, et taille, en revenant comme précédemment vers la nervure principale, une courbe en regard de la première, mais plus horizontale cette fois, et dont le point terminal sur la nervure se trouve plus haut que celui de l’autre côté. A notre tour, nous avons examiné avec soin les nids en construction, les feuilles découpées, mais non encore roulées, et bien que nous n’ayons pu surprendre l’insecte au travail, celui-ci s’étant laissé tomber à terre, à notre passage, nous ne serions pas
- éloigné d’admettre ceci, que parti du bord supérieur l’insecte l’entaille jusqu’à la principale nervure, remonte celle-ci sur un certain parcours dans le sens du pétiole, tout en la rongeant, puis la quitte pour tracer de là, sur la gauche, une courbe plus horizontale dont la limite finale serait le bord même de la feuille. Le Khynchite, tout en construisant son nid sur un plan donné, varierait-il un peu dans la manière de procéder ? C’est possible ; tout au moins, étant constaté quelques variantes dans les descriptions des auteurs, pouvons-nous avancer notre hypothèse comme plausible, encore qu’elle demandât confirmation.
- Quoi qu’il en soit, voyons comment l’insecte fabrique le cigare, futur berceau de ses enfants, dont nous n’avons que l’ébauche sous les yeux. L’étoffe pour le nid est prête, le « patron » est taillé ; il reste à confectionner. La femelle traverse la feuille pour revenir à son point de départ, à droite ; elle en saisit le bord avec les crochets de ses pattes, dont les fémurs agissent comme de puissants leviers, et marchant tantôt vers le bas, tantôt vers le milieu, en moins de quelques minutes elle enroule cette première moitié de feuille en une sorte de conduit dont l’ouverture est à la partie inférieure (fig. 1, n° 5). Elle fait un
- droit de la feuille
- Fig. 1. — Le Hhyncliite «lu bouleau (Rhyuchites Batulæ L.). — 1. Rhyuchites lîetulæ (gr. liât.). — 2. Rhyuchites Betulæ, au vol. — 3. Feuille présentant les deux incisions laites par la femelle. — 4. Cornets terminés. — 5. Cornet encore ouvert par le bas. — 6. Larve très grossie. — 7. Adulte très grossi.
- Fig. 2 et 3. — Le travail du Hhyncliite.
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- léger repas avec les bribes de nervures qui dépassent et se bâte d’enrouler la seconde moitié autour de l’étui déjà formé. Pour cette deuxième opération, elle tient ses pattes en sens inverse de la première lois. Au bout d’une demi-heure environ, le travail est terminé (iig. 1, n° 4). Le Rhynchite s’introduit ensuite en rampant dans l’intérieur du fourreau, détache un peu en trois ou quatre endroits la membrane superficielle de la feuille, et dans chacune de ces pochettes pond un œuf. Il ne reste plus qu’à clore l'orifice aussi hermétiquement que possible.
- Tout le monde a pu et peut observer facilement son travail. Ainsi que le démontre M. Muekermann, ce merveilleux insecte procède dans ses diverses combinaisons comme le ferait le meilleur mathématicien doublé du plus habile géomètre. En effet, il trace sur la feuille la courbe la plus appropriée et donne à l’étui la forme la plus convenable. Ayant à protéger ses jeunes larves (fig. J, n° 0) contre les intempéries, les brusques changements atmosphériques, la voracité des oiseaux insectivores, il ne pouvait vraiment mieux le faire qu’en adaptant à ses desseins une feuille flétrie, grâce au coup de stylet donné à la nervure centrale, d’apparence insignifiante, et roulée en un cornet aussi bien clos. Le Rhynchite ne pouvait choisir une courbe plus appropriée; les autres moyens eussent été inférieurs à celui-ci qui résout un problème des hautes mathématiques. Le cornet peut, en effet, être considéré comme une surface conique capable de se dérouler sur une autre qui sera plane et avec laquelle elle coïncidera en tous ses points (fig. 2 et 5). De plus, une telle surface peut s’enrouler de deux manières, soit que les lignes de convolution se trouvent situées en un point unique, ou en une série de points, sur une ligne droite ou sur une ligne courbe. Ici, il ne saurait être question que du dernier cas. Et même, étant donnée la série de points, le bord externe ne devra pas se trouver sur une ligne droite, car, dans l’enroulement de la feuille, les ouvertures supérieure et inférieure pourraient encore devenir ou non égales dans leurs diamètres respectifs. Dans le premier cas, c’est un cylindre et non un cornet qu’on obtiendrait; dans le second, l’ouverture plus large serait en dessus ou en dessous. En dessus, cela ne remplirait pas le but; en dessous, la largeur du coté o a correspondrait ou non à celle de l’autre bord a g, ou tout au moins la position oblique du conduit rendrait impossible l’enroulement de la seconde moitié de la feuille autour de la première. Et pourtant, le bord doit former une ligne courbe ; encore, cette courbe pourra-t-elle être ou concave ou convexe, ou en partie concave et en partie convexe. De tous ces cas possibles, les deux premiers ne sont pas pratiques, et il ne reste que la forme concavo-convexe dans laquelle soit la partie concave, soit la partie convexe sera plus longue. En réalité, notre petit architecte a choisi comme plus longue la concavité et il a bien fait. Car, « si l’on déroule la feuille et qu’on l’étende sur une surface plane, on trouvera que le bord
- extérieur et la coupure en forme d’S faite par l’insecte sont entre eux dans les mêmes rapports que les deux courbes des mathématiques supérieures, l’involute et l’évolule, c'est-à-dire que vw, tu, rs, pq, hu sont presque perpendiculaires au bord extérieur w, u, k, q, ni, et sont respectivement égales aux courbes correspondantes vyg, tgg, ryg, pyg, lyg (Iig. 2). Le Rhynchite coupe son S de manière que Ja longueur de la coupure et la distance qui la sépare du bord extérieur demeurent toujours les mêmes. M. le professeur Ileis, qui a également étudié la question, s’est en outre demandé à quelle sorte de courbe pouvait bien appartenir l’évolute du Hit. betulæ, et il est arrivé à cette conclusion que, dans le cas présent, elle n’est autre qu'un cercle inachevé dont les points terminaux se trouvent en g et en y. La courbe la plus horizontale doit d’ailleurs, d’après lui, être considérée comme un aplatissement très propice pour la première, laquelle possède une position beaucoup plus perpendiculaire. Puisque, en effet, la sinuosité extérieure gauche A, B, C, plus large, correspond à l'intérieure qui est plus petite (c’est-à-dire que ab et cd sont respectivement égaux à lui et ik), la seconde courbe en S doit nécessairement demeurer dans une position plus horizontale.
- Nous ne suivrons pas les auteurs que nous venons de citer dans leurs recherches pour savoir si c’est vraiment l’intelligence ou l’instinct qui préside au travail du Rhynchite géomètre. La question dépasse le but (pie nous nous sommes proposé. Lucien Ic.hes.
- LES SOUPAPES DE SÛRETÉ
- La soupape de sûreté est l’un des organes de la chaudière à vapeur dont le fonctionnement laisse le plus à désirer. M. J. Fournier, dans une note présentée récemment à l’Académie des sciences, a donné, à ce sujet, des explications qu’il importe de faire connaître. Dans une chaudière, réglementairement, la section du tuyau d’échappement doit être assez grande pour éviter tout accident lorsque le clapet est ouvert en grand, c’est-à-dire soulevé de son siège à une distance au moins égale au quart du diamètre de l’orifice d’échappement, fl n’en est pas ainsi dans les soupapes actuelles; la hauteur de soulèvement du clapet ne peut acquérir la valeur dont nous venons de parler que moyennant une augmentation dangereuse de la pression dans la chaudière. M. J. Fournier attribue cette augmentation de la pression uniquement à ce que les soupapes ferment en sens inverse de la pression dans la chaudière. La figure 1, n° 1, montre en coupe un type de ces soupapes. Le clapet est appliqué contre l’orifice du tuyau d’échappement et maintenu par un ressort ; la pression agit en tous les points du cercle déterminé par le contour de l’orifice du tuyau d’échappement. Il n’en est plus ainsi dès que la soupape est soulevée (fig. 4,n°2).La pression qui agit sur la face interne du clapet n’est plus la pression dans la chaudière, mais la pression de la vapeur détendue en partie. D’autre part, la tension du ressort de rappel augmente au fur et à mesure que le clapet est refoulé par la vapeur; il en résulte que la force nécessaire pour produire le soulèvement du clapet augmente d’une façon continue. Les accroissements successifs de la pression
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- dans la chaudière augmentent donc très rapidement, suivant les lois de l'écoulement et de la détente de la vapeur et de la loi de flexibilité du ressort.
- 11 en résulte donc, comme on le constate souvent en pratique, que la pression nécessaire pour faire ouvrir en grand le clapet est souvent supérieure de plusieurs atmosphères à la pression pour laquelle le clapet commence à s’ouvrir. L’équilibre de la soupape, à l’aide d’un contrepoids, atténue l’effet considéré, mais ne le supprime pas.
- Il n’en est plus ainsi avec une soupape fermant dans le sens de la pression, c’est-à-dire du dedans au dehors de
- Fig. 1. — N°* 1 et, 2. Soupapes fermant en sens inverse de la pression dans la chaudière.
- la chaudière ; les accroissements de pression définis plus haut sont toujours rigoureusement égaux. La figure, 2, n° 5, représente une soupape de ce dernier modèle ; un tube manométrique a l’une de ses extrémités en relation avec l’intérieur de la chaudière et l’autre extrémité fermée peut agir sur un levier L par suite d’une augmentation de pression dans la chaudière. Les pressions qui agissent sur le clapet sont la pression dans la chaudière et la pression
- Fig. 2. — ô et 4. Soupapes fermant dans le sens de la pression.
- atmosphérique, en tous les points de la surface du cercle défini par le contour de l’orifice d’échappement. Si la pression dans la chaudière augmente jusqu’à une valeur donnée, l’extrémité du tube manométrique, par l’intermédiaire du levier L, fait ouvrir la soupape (fig. 2, n° 4). La pression atmosphérique, qui agissait sur le clapet, est alors remplacée par la pression de la vapeur partiellement détendue; la pression est plus grande et tend à refouler le clapet vers l’intérieur de la chaudière, et, par suite, à augmenter la grandeur de l’orifice du tuyau d’échappement de la vapeur. La résultante des (tressions qui tend à appliquer le clapet contre son siège diminue au fur et à mesure que l’orifice d’échappement augmente. L’effort à exercer sur la tige du clapet, pour démasquer l’orifice d’échappement, devient de plus en plus petit à mesure que cet orifice grandit, contrairement à ce qui a lieu avec les soupapes précédentes. 11 est donc parfaitement (trouvé qu’avec la soupape fermant dans le sens de la pression et munie d’un tube manométrique comme ressort antagoniste, une même augmentation de pression dans la chaudière produit un même accroissement de l’orifice d’évacuation de la vapeur. J. L.
- IMPOSITION DE DUSSELDORF
- Dusseldorf est par excellence une ville d’exposition. Située au centre des deux provinces les plus industrielles de l’Empire allemand, le Rheinland et la W estphalie, elle a pris, depuis une vingtaine d’années, un développement considérable, et sa population qui en 1880 n’atteignait pas 100 000 habitants, dépasse aujourd’hui 220 000. D’autre part, située sur les bords du Rhin, elle offre des sites très pittoresques. C’est pourquoi lorsqu’on 1898 l’industrie allemande décida d’organiser pour 1902 une exposition régionale, Dusseldorf fut immédiatement choisie. D'ailleurs en 1880 une exposition analogue avait déjà eu lieu dans cette ville, et y avait fort bien réussi.
- L’exposition actuelle, ouverte depuis le 1C1 mai dernier, comprend une superficie de 550 000 mètres carrés dont 180 000 mètres carrés sont couverts de constructions, soit environ le triple de celle de 1880 et le double de l’exposition internationale de Glasgow de 1901. D’un coté l’emplacement de l’exposition est borné par le Rhin, de l’autre il est contigu au plus beau quartier de la ville, le llofgarten dont une partie est enclavée dans l’enceinte. Ainsi tandis que les terrains de l’exposition sont bornés au Sud par les magnifiques arbres du parc, tandis que le nouveau pont sur le Rhin les clôture de la manière la plus élégante, ils sont arrosés à l’Ouest par les Ilots du plus beau des lieux es allemands.
- Lorsqu’on pénètre dans l'exposition par sa porte monumentale, on trouve à la sortie du llofgarten une vaste place garnie de magnifiques parterres, d’un kiosque monumental élevé en son milieu et d’un grand panorama représentant le passage . du Rhin par Bliicher. On arrive ensuite à l’exposition proprement dite. Tout d’abord s’élève le pavillon des usines Krupp, d’une longueur de 155 mètres. Cette construction est très belle et avec ses tours, surmontées d,e coupoles blanches, avec le màt de navire de guerre tout équipé qui le surmonte, l’édifice a quelque chose de puissant et de belliqueux correspondant bien aux pièces qui s’y trouvent exposées : plaques de blindage, arbres de couche gigantesques pour la marine, canons, wagons de chemin de. fer, etc.
- Yis-à-vis ce pavillon .s’élève le palais des Beaux-Arts, seule construction en pierre de l'Exposition, car de même qu’à Paris en 1900, ce palais sera seul conservé par la ville. Sa façade classique de 152 mètres de long est tournée vers le Rhin et scs salons grandioses couvrent 6500 mètres. L’édifice est surmonté par une imposante coupole de 46 mètres de haut. Dans les salles sont réunies les meilleures œuvres des artistes allemands et une exposition rétrospective donne un aperçu du développement his-totique de l’art allemand occidental aux principales époques.
- Non loin du palais des Beaux-Arts s’élève l’énorme
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- Galerie des Machines qui avec ses grands lourneaux et ses liantes cheminées souligne le caractère industriel de rEx|iosition. bâtie tout en fer, en pierre et en verre, elle donne de ses trois ailes sur le Dlnn. L'architecture se plie à la construction en 1er et pro-
- duit un etfet original. Cette galerie a 280 mètres de long et 50 de large ; avec ses annexes renfermant les chaudières, les pompes, machines de condensation, réfrigérants, etc., elle couvre une surface totale de 20000 mètres carrés. C'est là qu’est installée la station
- centrale d’électricité comprenant 29 dynamos actionnées par 26 machines à vapeur d’une puissance totale de près de 14000 chevaux indiqués. Dans un autre batiment sont installés deux groupes électrogènes d’une puissance de 250 chevaux.
- Le courant électrique est distribué dans toutel’ex-position et utilisé tant pour le transport de la force motrice que pour l’éclairage. 24 groupes produisent du courant continu à 220 volts (569Gkilovvatts), 1 groupe du courant alternatif simple à 2000 volts (500 kilowatts) et 6 groupes du courant triphasé à 10 000 volts (5900 kilowatts).
- Il est intéressant de remarquerqueeinq constructeurs seulementont fourni les dynamos et à elles seules les usines Lahmeyer et Cie d’Aix-la-Chapelle en ont fourni notamment 17.
- Dans l’allée latérale, située plus au Nord, sont les bâtiments de la Gute-lioflhungshiitte, réunis avec ceux de la fabrique de moteurs à gaz de Ileutz. C’est un pavillon en fer à vitrages colorés, recouvrant une étendue de 5055 mètres carrés, et surmonté de deux tours imposantes de 45 mètres de hauteur. On y trouve des installations sidérurgiques fort remarquables, et notamment une
- machine souillante de hauts fourneaux actionnée directement par un moteur à gaz Otto de 1000 chevaux (4 cylindres de 250 chevaux chacun). Cette * machine sera installée après l’exposition aux usines d’Oberhausen, et sera alimentée par le gaz des hauts fourneaux. L’utilisation de ces gaz semble particulièrement intéresser l’industrie allemande, et on trouve à l’exposition de Dusseldorf un assez grand nombre de moteurs construits dans ce but. Adossés à ce pavillon, se trouvent les grands bâtiments de l’Union des intérêts miniers couvrant plus de 6000 mètres carrés. Le bâtiment principal contenant les modèles et les dessins est une construction imposante couronnée d’une coupole de 45 mètres de haut. C’est là une des parties les plus intéressantes de l’exposition, car elle atteste le colossal développement de l’industrie minière rhénane-westphalienne pendant ces vingt dernières années. On y voit notamment en activité une grande machine d’extraction de 600 chevaux avec tout le matériel qu’elle comporte, et une machine d’extraction de disposition nouvelle actionnée par une dynamo de 1200 kilowatts et une énorme pompe d’épui-
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- Fig. (j. — Salle des fêles. Fig. 7. — Palais des lleaux-Arts.
- Fig. 10. — Pavillon des moteurs à gaz Deutz,
- Fig. 11. — Village de Montagne.
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- sement horizontale de 5600 chevaux pouvant élever à 500 mètres, 25 mètres cubes d’eau à la minute. Un trouve également, dans ces galeries, des ventilateurs, des perforatrices et des baveuses fonctionnant par l'électricité ou par l’air comprimé.
- Le palais de l'Union allemande du béton prouve la facilité d’assimilation du béton à tous les styles et les applications multiples dont il est susceptible. A signaler notamment une reproduction du château de Rudeshem en pierre artificielle.
- En se dirigeant vers le palais de l’Industrie, on rencontre la grande salle des fêtes, vaste bâtiment encadré de grands arbres et pouvant abriter plus de 5000 personnes.
- Le palais de l’Industrie couvre près de 50 000 mètres carrés. U comprend, à sa par tie centrale,une grande coupole octogonale d’une hauteur de [dus de 60 mètres. L’intérieur est décoré par de remarquables peintures de Fritz Rocher. La façade ouest de ce « dôme central » est rehaussée d’un gigantesque portail.
- C'est dans ce bâtiment que sont installés les 25 groupes d’exposition ne faisant pas l’objet de constructions spéciales. Toutes les industries y sont représentées. L'exposition des industries textiles (filature, tissage, teinture et apprêt) est particulièrement intéressante. C’est que ces industries, déjà très développées dans les provinces rhénanes, ont à soutenir une lutte terrible avec la France et l’Angleterre malgré des droits protecteurs élevés. Il en résulte un effort considérable et incessant des industriels pour perfectionner les moyens de production.
- Il faudrait citer encore de nombreuses constructions fort intéressantes et des expositions curieuses. Nous nous bornerons à dire que dans son ensemble l’exposition de Dusseldorf, plus encore que celle de Paris en 1900, affirme l’effort gigantesque fourni par l’industrie allemande pendant ces dernières années, car un grand nombre d’industriels avaient renoncé à venir à Paris ne pouvant avoir à leur disposition la place dont ils avaient besoin et d’autre part les frais qu’ils auraient eu à supporter leur paraissant trop élevés. Aussi bien que n’étant qu’une exposition régionale, l’exposition actuelle est des plus intéressantes. Les Allemands ont tenu à montrer ce qu’ils savent faire quand ils ont leurs coudées franches et un grand espace à leur disposition. Il faut convenir qu’ils ont pleinement réussi. Georges Cave.
- CONCENTRATION DES TINS
- MM. Baudoin et Schribaux viennent d’appeler l’attention des viticulteurs sur un mode de concentration des vins, qui leur a donné de bons résultats et qu’il est utile de faire connaître. L’un d’eux, propriétaire d’un grand vignoble en Algérie, recevait en 1890 une demande de vins dosant 22 pour 100 d’alcool. Dans l’impossibilité de produire des vins d’une aussi grande richesse et ne voulant pas recourir au vinage, il pensa qu’il serait sans doute possible d’enlever une proportion plus ou moins
- forte de l’eau contenue dans le vin de ses récoltes. Tel fut le point de départ de la solution industrielle que MM. Baudoin et Schribaux ont brevetée dès le 27 avril 1891.
- Ils rejetèrent après étude la concentration par le froid et la concentration par la chaleur. On pratique en Bourgogne la concentration par congélation ; la glace, éliminée par turbinage ou compression, emporte environ 0°,5 à 1°,5 d’alcool et une certaine quantité de matières colorantes; de plus, le vin, fortement remonté en alcool, se dépouille assez rapidement et prend, au bout de quelques mois, la teinte jaune caractéristique des vins usés. Le second procédé leur a paru supérieur; c’est celui qu’ils ont appliqué et qui consiste à distiller le vin dans le vide à basse température1. Une réfrigération méthodique divise les produits volatils en deux parties : la première renferme, avec une certaine quantité d’eau dont on peut faire varier la proportion à volonté, la totalité de l’alcool, les bouquets et les autres matières utiles à conserver; elle est retenue et mélangée aux matières fixes; la seconde partie, qui renferme l’eau, est éliminée. Cette eau possède toujours une réaction acide; elle entraîne avec elle de l’acide acétique en quantité assez grande pour que, du fait seul de son élimination, les vins piqués subissent une amélioration marquée.
- La dégustation de spécialistes et l’analyse chimique d’échantillons préparés au laboratoire ayant démontré que la concentration du vin, par évaporation d’une partie de son eau, n’en altérait pas les qualités, MM. Baudoin et Schribaux ont construit un appareil industriel, à marche continue, où le vin reste pendant quelques secondes seulement en contact avec les surfaces chauffées.
- L’alcool, le sucre, le chlorure de sodium, le sulfate de potasse, et la matière colorante du vin naturel, se retrouvent intégralement dans le vin concentré. On constate, au contraire, que l’extrait et l’acidité volatile diminuent. La diminution de l’extrait porte sur le tartre, comme en témoignent les chiffres relatifs à celte dernière substance, aux acides fixes, aux cendres totales et à leur alcalinité. L’analyse microscopique de ce vin concentré n’y décèle rien d’anormal. Elle montre dans le dépôt une grande quantité de cristaux du tartre qui s’est précipité.par suite de l’enrichissement du liquide en alcool. Enfin, un dégustateur de profession l’a caractérisé ainsi : « Vin rouge, droit de goût, bien fruité, Espagne. »
- 11 est évident que la méthode appliquée aux vins faibles en alcool et pauvres en couleur en corrigera les défauts et en assurera la- conservation. Avec des vins plus riches, elle permettra d’obtenir de très bons vins de coupage susceptibles de remplacer les vins étrangers que l’on emploie à cet usage. j.-F. Gau,.
- TIRAGE DES DESSINS INDUSTRIELS
- A LA. LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- L’impression photographique à la lumière électrique rend les plus grands services dans les ateliers pour la reproduction rapide des dessins, des bleus. Ces documents sont indispensables et il est nécessaire de les préparer constamment, que le jour soit- clair ou sombre ; il faut donc songer à la lumière artificielle. M. G. Reist a présenté à ce sujet à l’(( American Society of Mechanical Ëngineers » une communication que nous trouvons résu-
- 1 M. le I)r Garrigou avait déjà, ici même, préconisé la concentration des vins par distillation dans le vide. Yoy.n°1495, du 18 janvier 1902, p. 99.
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- niée dans le Bulletin de juin 1902 de la Société des Ingénieurs civils de France, et qui donne des renseignements qu’il est bon de l'aire connaître.
- Les essais ont été faits dans les usines de la « General Electric C° » qui a dù chercher plusieurs combinaisons pour obtenir les meilleurs résultats ; car dans tous’ ses ateliers, celte Compagnie a de grandes quantités de dessins à fournir et elle serait souvent arrêtée dans son travail si elle n’utilisait pour la reproduction des dessins que la lumière du jour; il en résulterait des pertes de temps considérables.
- Pour la première installation, dans une salle on a suspendu au plafond neuf lampes à arc à 0m,45 les unes des autres; des réflecteurs articulés étaient disposés de façon à projeter la lumière sur des châssis placés sur des chariots. Avec du papier très sensible, le temps nécessaire pour l’opération variait de 6 à 8 minutes.
- Les essais suivants ont donné des résultats plus avantageux encore. On employait deux lampes à arc en vases clos de 5 ampères et fonctionnant à 110 volts. Chacune d’elles était munie d’un capuchon métallique légèrement plus grand que le châssis contenant le papier à impressionner. Ce capuchon était à parois paraboliques émaillées en blanc ; il recevait la lumière des lampes, déjà diffusée dans des globes opalins, et la réfléchissait en l’envoyant à la partie inférieure. Les lampes à arc étaient suspendues à un chariot roulant sur des barres horizontales. Au-dessous des barres étaient installés cinq châssis et les lampes étaient amenées au-dessus de chacun. On laissait ainsi les châssis en place pendant le temps nécessaire pour l’impression et on remplaçait ensuite les papiers impressionnés par de nouveaux papiers et ainsi de suite.
- Le temps nécessaire pour l’impression varie dans d’assez grandes limites suivant la nature du papier. On comptait environ trois ou quatre fois le temps qui serait nécessaire avec la pleine lumière du soleil. Avec le meme papier, s’il faut 55 secondes pour obtenir une impression, en plein soleil au mois de février on doit compter une minute et demie.
- La lumière électrique permet d’obtenir des épreuves sans perte de temps, aussitôt après l’achèvement du calque, à n’importe quelle heure et quel que soit le temps. En utilisant la lumière du jour, il faut compter qu’en hiver on ne peut plus faire de reproductions après 4 heures, et, dans bien des régions, le ciel est couvert environ 60 jours sur 100 pendant les mois de décembre et de janvier. Or, quand le ciel est couvert, il faut huit à dix fois autant de temps pour impressionner le papier que lorsque le ciel est clair ; lorsqu’il pleut, on est dans l’impossibilité à peu près complète d’opérer au dehors, à moins d’avoir des châssis disposés à l’abri de la pluie et encore le changement de papier demande beaucoup de temps, parce qu’on doit rentrer les châssis pour cette opération.
- On a calculé, d’après les courbes de la valeur acti-nique du soleil à divers moments du jour et diverses époques de l’année, qu’avec un papier assez sensible pour s’impressionner en huit secondes au soleil à midi au mois de juillet, le temps moyen nécessaire en janvier, entre 8 heures du matin et midi et entre 1 heure et 4 heures, serait de 2,55 minutes. De môme, en juillet, le temps moyen pour les mêmes heures, sauf qu’on irait jusqu’à 5h 1/2 du soir, serait de 0,59 minute, soit un temps moyen pour toute l’année, pour les jours où le temps serait clair, de 1,40 minute.
- Si on prend ces chiffres comme point de départ, on
- trouve qu’un opérateur peut faire en hiver 20,4 bleus par jour. En été, le nombre de jours couverts étant de 25 pour 100, le nombre moyen d’épreuves qu’on pourra faire sera de 57,5, soit à peu près le double du chiffre correspondant-à l’hiver. Le' prix de revient de l’impression à la lumière électrique n’est pas aussi élevé qu’on se le ligure. On compte l’énergie électrique à raison de 0fr,.624 le kilowatt-heure. On ne se sert des lampes que pour l’impression et on les éteint une fois le travail fini. Elles ne fonctionnent que 85 minutes par opération. Elles consomment chacune 550 watts-heure, et coûtent, par conséquent, 0'r,97 par jour pour les deux. On compte la main-d’œuvre à raison de 5tr,20 par jour. La lumière du jour permet de faire en moyenne 41,9 tirages par jour, et le coût de chaque épreuve est de 0fr,125; avec la lumière électrique, on peut faire 56,5 tirages, et le coût de chaque éprouve est de 0fr, 109. Le temps pour changer le papier est, en général, un peu plus grand avec la lumière du jour qu’avec la lumière électrique, parce qu’il faut déplacer le châssis pour l’incliner convenablement pour recevoir l’action solaire. On peut compter huit minutes, tandis qu’il n’en faut que sept avec l’éclairage électrique ; mais, si le temps est pluvieux, on peut bien compter vingt minutes si on opère avec la lumière naturelle. L’emploi de la lumière électrique peut également être combiné avec l’ancienne méthode pour obtenir un supplément de production ; il a, d’ailleurs, des avantages inappréciables dans les pays où il y a fréquemment du brouillard et dans les locaux dominés par de hautes constructions qui empêchent l’action solaire de s’exercer normalement.
- Enfin, d’après le « Bulletin des Ingénieurs civils », le « Raihvay Age», du 2 mai, a donné la description d’une machine continue à faire les reproductions. Cet appareil comprend essentiellement un cylindre à axe horizontal mu par une transmission ou par un moteur spécial sur lequel s’enroule sur la demi-périphérie le papier préparé avec le calque superposé. L’alimentation du premier est automatique, les calques sont placés à la main et enlevés de même. L’éclairage se fait par trois lampes, nombre suffisant pour une longueur du cylindre de lra,067. Des écrans réduisent la zone éclairée au tiers environ de la surface totale du rouleau; la vitesse de rotation est réglée suivant la sensibilité du papier. On recommande des lampes*de 25 à 50 ampères, du genre de celles dont on se sert pour la photogravure. L’appareil peut servir aussi pour les impressions à la lumière du soleil. L’em-placement qu’il occupe pour la longueur de cylindre indiquée ci-dessus est de lm,20 sur lm,2ü et lm,50 de hauteur. J. Durand.
- LE L\IT MTERNISÉ
- Ainsi que le démontrent des statistiques, le nombre des nouveau-nés auxquels le sein de la mère offre une nourriture saine et suffisante diminue journellement, et cela pour des causes de nature différente. Tantôt la jeune mère ne veut pas, pendant de longs mois, interrompre ses relations mondaines, tantôt la maladie ou un lait de mauvaise qualité ou de quantité insuffisante l’empêche d’allaiter son entant. La « remplaçante » elle-même—et il n’y a que dans les familles aisées qu’il peut être question de prendre une nourrice — n’est qu’un pis aller, préférable aux autres moyens assurément, mais encore
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- d'un choix difficile et dont le lait ne conviendra pas toujours au nouveau-né. Souvent, en ellet, on voit l’enfant dépérir, et l’on se trouve dans la nécessité de changer de nourrice. Celle-ci peut en outre être atteinte d’une maladie dont on 11e s’était pas aperçu dès le commencement de son allaitement et peut ainsi transmettre aux nourrissons les germes des mala-dies les plus dangereuses; elle peut tomber malade, son lait peut changer de qualité, enfin elle est exposée, connue la mère, à voir tarir la source trop tôt. .Mais si l’on a évité tous ces écueils et que l’enfant prospère, la « remplaçante » se pose en vraie maîtresse, et, sûre de son pouvoir, tyrannise toute la maison, menaçant au plus petit incident de déserter son poste.
- Infiniment [dus nombreuses sont les familles
- moins favorisées de la fortune, qui sont forcées d’élever leurs enfants au biberon. Nous 11’insisterons pas sur la multitude des produits alimentaires, tels i[ue farines, pâtes, mélanges de crème, biscuits et autres dont l'emploi comme aliments supplémentaires peut être indiqué dans certains cas, pour des enfants un peu [dus âgés, mais que la réclame tapageuse et souvent peu scrupuleuse, faite par leurs inventeurs, ne suffit pas pour faire sérieusement admettre comme « aliments physiologiques complets et idéaux ! »
- Lorsqu’on commença à donner aux enfants du lait de vache stérilisé, la mortalité des nourrissons diminua dans des proportions très considérables, et il est certain, malgré quelques insuccès attribués peut-être à tort, par certains auteurs, au lait stéri-
- lisé, que les laits stérilisés industriellement sont de beaucoup préférables aux laits simplement pasteurisés ou stérilisés chez soi. (Société d’Obstétrique, de Gynécologie et de Pédiatrie de Paris, 7 avril 1902.)
- Cependant la stérilisation seule 11e suffit pas pour approprier le lait de vache à l’alimentation des nourrissons. Sa composition diffère entièrement de celle du lait de femme. Il est deux fois plus riche en caséine que ce dernier, contient moins de sucre lactique et [dus de sels;, la quantité de matières grasses qui est de 50 grammes environ par litre dans le lait de femme, varie entre 18 et 55 grammes dans le lait de vache suivant leur provenance, la saison, la nourriture.
- D’autre part, aussitôt introduite dans l’estomac, la caséine du lait de vache, même celui mélangé d’eau, — opération par laquelle 011 lui enlève, avec l’excès de caséine, la moitié des matières grasses
- indispensables à l’alimentation, — se caille en grumeaux très denses, que l’estomac trop faible de l’enfant 11e parvient pas à s’assimiler, tandis que le lait de femme n’y forme que des flocons très légers et faciles à digérer.
- Aucun des innombrables essais tentés jusqu’à ce jour pour ramener le lait de vache à la composition exacte du lait de femme n’avait réussi ou plutôt n’avait donné de bons résultats. On avait, en effet, réussi à préparer par des procédés aussi compliqués et coûteux que peu recommandables des liquides n’ayant du lait que le nom et ressemblant plutôt à des produits pharmaceutiques ou chimiques.
- M. le D1 Gustave Gaertner, professeur à la Faculté de médecine de Vienne, a résolu le problème, d’une façon aussi simple qu’ingénieuse, par un procédé purement mécanique et sans employer ni crème condensée, ni présure, ni produits chimiques quel-
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- coin [nos. Comme le démontre l'analyse ci-dessons, I la composition du lait de Gaertner est presque iden- ! tique à celle du lait de la femme.
- Caséine. Matières grasses. Sucre lactique.
- Lait de la femme. 1,80 ]>. 100 3 ]>. 100 env. 6 |>. 100
- Lait maternisé de
- Gaertner. . . . 1,78 p. 100 5 à 3,2 p. 100 env. 6 p. 100
- Ce procédé a été approuvé sans réserve par un grand nombre de savants, notamment par MM. les professeurs Escherich et Biedert en Allemagne (tous les deux auteurs de procédés de malernisation du lait, qu'ils ont abandonné en faveur du procédé Gaertner), Widerhofer (Vienne), Boissard, Bolognesi, Bardet, Saint-Cène, Kaminski, à Paris. M. le I)1 I)u-claux l’a signalé dans les « Annales de l’Institut
- Pasteur » et il a été présenté à la Société de thérapeutique par M. Weber, membre de l’Académie de médecine. M. le Dr Tison a communiqué le résultat très favorable de ses expériences à la Société médicale des Praticiens et enfin M. Six a choisi le procédé Gaertner comme sujet de sa thèse présentée le 20 mars à la Faculté de médecine de Paris.
- Les avantages du lait maternisé Gaertner sont les suivants :
- 11 supprime la nourrice, sa composition est identique au lait de femme; il contient tous les éléments nécessaires à l’alimentation physiologique du nouveau-né, il doit être consommé tel qu’il est livré, sans coupage ni mélange ; introduit dans l’estomac il se caille en flocons légers essentiellement digestifs tout comme le lait de la mère; sa stérilisation enfin est parfaite.
- Fig. 2. — Appareils stérilisateurs du lait maternisé.
- Nous reproduisons plus haut les appareils servant à la production et à la stérilisation du lait maternisé, dont voici en principe le mode de préparation :
- 100 litres de lait de vache frais sont mélangés « provisoirement » avec 100 litres d’eau stérilisée. On obtient ainsi 200 litres de liquide qui ne contient plus que moitié de la quantité de caséine du lait de vache par litre (c’est-à-dire la même quantité que le lait de femme). Ce mélange, qui se trouve dans le grand réservoir (fig. 1), s’écoule par un robinet, et est amené pendant son passage sur un cône chauffé intérieurement à la vapeur à l’aide du conduit de vapeur, à la température de 55° C. De là le lait arrive dans le tambour de la centrifuge.
- La force centrifuge projette les parties les plus lourdes, c’est-à-dire la « solution aqueuse » de caséine vers la périphérie, tandis que les parties les plus légères, soit F « émulsion » des matières grasses, sont groupées autour de l’axe de rotation. En ad-
- mettant donc que l’on ait employé 100 litres d’eau et 100 litres de lait contenant 5,6 pour 100 de caséine et 5 pour 100 de beurre, on fera écouler par un orifice situé à la périphérie 100 litres de solution aqueuse entraînant la moitié (soit 1,8 pour 100) de caséine et les 100 litres de lait restant dans la centrifuge ou recueillis séparément par un tube plongeant dans l’intérieur du tambour contiendront la totalité du beurre (5 pour 100) et la moitié seulement (1,8 pour 100) de caséine. Des tubes à écoulement servent à recueillir séparément la solution de caséine et le lait maternisé représente la transmission pour mettre la turbine en mouvement. La vitesse de cette dernière est de 5 à 4000 tours par minute. Le lait employé ne contenant pas toujours exactement les proportions de matières grasses ci-dessus indiquées une « vis à crème », placée dans la paroi de la centrifuge, permet de régler les débits respectifs de petit-lait (solution de caséine) et de lait
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- gras (lait maternisé) suivant les indications journalières fournies par l’analyse du lait frais employé.
- La ligure 2 représente les appareils stérilisateurs, bain-marie-autoclaves, dans lesquels le lait est soumis à une stérilisation fractionnée, qui assure la destruction complète des microbes et des spores. Disons pour terminer que l’on ajoute au lait maternisé une certaine quantité de sucre lactique avant la stérilisation. La seule différence appréciable qui existe entre la composition du lait maternisé et celle du lait de la mère, consiste en ce que le lait maternisé contient plus de sels et surfont de phosphates; mais, ainsi que le dit M. le Dr Rardet dans la seconde leçon « des (‘aux et du lait considérés comme aliments alimentaires » *, ceci constitue « naturellement une supériorité ». A. Kraus,
- Docteur os sciences.
- L’ASSOCIATION FRANÇAISE
- pour i,'avance ment des sciences, a MON'TAUBAN
- Le ville de Montauban dans laquelle s’est tenue, ces jours-ci, la trente-deuxième session du Congrès de l’Association française, a fait à ses invités un accueil des {dus sympathiques. Ce ne sont plus les réceptions prineières et enthousiastes des débuts, les tètes somptueuses offertes par les villes..., comme peuvent se souvenir ceux, hélas! pou nombreux, qui ont assisté aux sessions de Lyon, Montpellier, Reims, etc.... Trop de congrès sont venus se mettre en concurrence avec ceux de l’Association; trop de charges pèsent sur les villes, grandes et petites. Mais si les réceptions sont moins grandioses et moins solennelles, l’accueil est toujours aussi cordial. On sait que l’Association vise à la décentralisation scientifique dans la meilleure acception de ce terme de décentralisation. Elle tend à mettre en relief les travaux des savants de province en les publiant, en fournissant à leurs auteurs des subventions dont le chiffre s’élève, certaines années, à plus de 30 000 francs.
- Près de trois cents membres de l’Association se sont réunis à Montauban, répondant à l’aimable invitation de la municipalité, de la Société d’archéologie et de l’Académie de Tarn-et-Garonne. Ce sont les membres de ces Sociétés qui ont pris l’initiative de cette réunion, qui l’ont organisée dans ses moindres détails. Si Montauban ne peut montrer à ses hôtes des industries très nombreuses, elle leur a offert la visite de monuments et de curiosités archéologiques fort intéressantes. Le côté pittoresque des promenades et des excursions est venu s’ajouter à ces études très en faveur dans la région. Sous la direction d’un érudit et d’un connaisseur de premier ordre, j’ai nommé le chanoine Potier, les membres de l’Association ont pu étudier, dans tous leurs détails, les monuments de la ville, connaître à fond l’histoire de ces manoirs féodaux de Bruniquel, Penne, Saint-Antonin, remonter aux siècles où la vieille église et le merveilleux cloître roman de Moissac venaient de sortir du sol, et abritaient l’abbé Anquetil et ses religieux. Peu d’entre les visiteurs connaissaient cette merveille, qui n’a de comparable que le cloître de Saint-Trophime, à Arles.
- C’est le bénéfice de ces sessions, en dehors de la question scientifique, de faire connaître les beautés pittoresques et artistiques de notre pays.
- 1 Bulletin général de Thérap., 50 avril 1897.
- 11 me {tarait intéressant de signaler une innovation qui a eu le plus grand succès et méritera d’être adoptée d’une façon définitive. Le conseil de l’Association a adopté la proposition de son secrétaire, M. Gariel, de traiter chaque année, en séance plénière, une question spéciale ressortissant aux travaux du groupe que représente le président. Cette année, M. Carpentier, membre du bureau des longitudes, étant président, on a choisi tout naturellement une question d’électricité : la Traction électrique urbaine et suburbaine. Cette idée a eu le {dus grand succès. Un rapport préliminaire avait été rédigé par M. Monmerqué, et, dans la discussion de ce rapport, sont intervenus les ingénieurs, les constructeurs. La question ne pouvait du reste venir {dus à propos à Montauban, où M. Kœchlin est en train de mettre en service un tramway à trolley automoteur du systèmo Lombard-Gérin.
- MM. Thévenet, Leboul sont venus défendre le système à {dots de M. Cruvellier sans retour d’électricité par les rails; M. Launay, celui de Diatto, dont les imperfections semblent dues surtout à une mauvaise construction; MM. Lavezzari, Blanchon préconisent l’emploi des accumulateurs. M. Lavezzari signale en particulier un système à contact mécanique à l’intérieur des rails ; il est très partisan des accumulateurs et affirme qu’on peut compter sur une longue durée de service, 150 sorties de 40 à 50 km à condition que le poids ne dépasse pas le tiers du poids total.
- En l’absence de M. Monmerqué M. Forestier, inspecteur général, a résumé et défendu les conclusions du rapporteur. Je n’entrerai pas davantage dans les détails de cette discussion qui a employé deux longues séances. Je signale seulement pour le public le vœu suivant, adopté à l’unanimité, c’est que, lorsque des conditions supérieures ne s’opposent pas à l’adoption du fil aérien, du trolley, les municipalités doivent en accepter l'emploi comme représentant la solution la plus économique et la plus avantageuse.
- A la fin du congrès, une centaine de membres sont partis en excursion pour visiter Itocamadour, Figeac, les châteaux d’Assier et de Bonaguil, le gouffre de Padirac, et parcourir les belles vallées du Lot et de la Gère. Les lecteurs de La Nature connaissent en grande partie cette région qu’ils ont visitée il y a trois ans : leur exemple a été contagieux et comme eux nous revenons émerveillés de ce voyage. I)r A. Guîtaz.
- Propagation des ébranlements sismiques. —
- On ne connaît {tas la loi de la propagation dans le sol d’un ébranlement sismique. D’après « Nature », M. E. Oddone a fait, pour déterminer cette loi, des expériences assez originales. Il a observé des mouvements sismiques artificiellement provoqués par un coup de mine, dans les carrières de granit avoisinant Baveno sur le lac Majeur. Ses observations ont été faites d’une petite cabane située à 1/4 km environ du lieu de l’explosion; comme instruments il avait : un sismomètre pour les mouvements horizontaux, un appareil pour déterminer le mouvement relatif de deux points distants de 5 mètres, situés sur un même rayon partant du centre de l’explosion, un instrument pour les perturbations aériennes ou vario-mètre et enfin un chronomètre, et un baromètre anéroïde. Pour calculer la vitesse de propagation on observait à 7,10 et 20 km, et avec des instruments à Pa-vie. Milan et Turin. Le sismographe révéla au début
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- l’existence d’une onde d’un dixième de millimètre d’amplitude, mais cette première onde fut suivie d’un système d’ondes d’amplitude moindre causées par la fragmentation d’un rocher qui se brisa en cinq morceaux quelque temps après l’explosion. Le variomètre indiqua une variation instantanée de la pression atmosphérique correspondant à 1/21 millimètre de mercure. Les observations faites de loin ne donnèrent rien; à lîaveno, distant de 7 km, aucun ébranlement ne fut constaté; le bruit même de l’explosion n’atteignit pas 15 km. Le calcul de l’énergie totale, dissipée par les ondes d’ébranlement à travers une surface hémisphérique de 1500 m. de rayon, donne un chiffre de 1,1 X 107 kilogrammètres, alors que l’énergie totale mise en jeu par la combustion de la poudre est de 258,4 X 107 kilogrammètres. Mais il est probable que le manque d’élasticité du granit a beaucoup contribué à absorber l’énergie et à empêcher la propagation. Il fut impossible de mesurer la vitesse de l’ébranlement puisque les instruments situés au loin n’avaient rien enregistré.
- Périodicité des éruptions volcaniques et des tremblements de terre. — 11 résulte des travaux de M. T. Espin, qui a recueilli et classé les données relatives aux époques des tremblements de terre et des éruptions, que ces phénomènes présentent une périodicité de huit à neuf ans environ. Cet intervalle se rapproche de la période de révolution du périgée de la lune, et même, en poussant plus loin les recherches, on a trouvé que l’activité volcanique est la plus grande quand la déclinaison positive du périgée est maxima.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 août 1902.
- Présidence de M. Bouqdet de la Grye.
- Association sismologique internationale. — M. Dar-boux rappelle qu’une conférence tenue à Strasbourg du 11 au lo avril dernier ayant émis le vœu qu’une association internationale de sismologie fut créée, la Société royale de Londres a saisi l’Académie des sciences de Paris du projet des statuts de cette association, en ajoutant qu’elle fixerait sa détermination après avoir pris connaissance de l’accueil fait en France à la proposition. M. le Chargé d’affaires d’Allemagne est intervenu en témoignant le désir de savoir si la France avait l’intention de participer à une union internationale de sismologie. La question prenan1 dès lors un caractère d’urgence, l’Académie nomme une commission composée de MM. Bouquet de la Grye, llarboux, Fouqué, de Lapparent, Janssen, Mascart, Marcel Bertrand et Michel Levv, dans le but d’étudier la question et de présenter un rapport.
- Les travaux de l'observatoire du Mont-Blanc. — M. Janssen annonce que l’observatoire du Mont-Blanc a été remis en état et que des travaux scientifiques vont y être commencés. M. Aubert doit y étudier le spectre ultraviolet. M. Tissot doit y poursuivre des expériences de physiologie se rapportant aux échanges respiratoires; M. Le Cadet observera certains phénomènes lumineux.
- Le lait stérilisé employé pour la nourriture des enfants. — M. Brouardel présente une Note de MM. Bordas et Raczovvki sur les propriétés nutritives du lait stérilisé que l’on emploie pour la nourriture des enfants. Ce lait est partiellement écrémé; la stérilisation serait diffici-
- lement praticable sans cet écrémage préalable. Cette opération fait disparaître du lait stérilisé une très forte portion de la lécithine, et, par conséquent, les enfants reçoivent un aliment insuffisant dépouillé notamment de la plus grande partie du phosphore qui devrait y exister. Les autours décrivent ensuite un procédé mécanique de traite industrielle. Ils sont parvenus à reproduire, dans l’aspiration, des alternances qui rappellent la succion du veau. De cette manière, on peut obtenir du lait non ensemencé des germes extérieurs. Mais il esl difficile d’obtenir la stérilisation complète des tuyaux de caoutchouc où le lait a précédemment circulé, et l’on reste exposé aux fermentations. M. Berthelot fait observer qu’en portant les tuyaux dans une étuve à 150° on obtiendrait une stérilisation absolue; or les tuyaux de caoutchouc résistent parfaitement à cette température.
- Botanique fossile. — M. A. Gaudry présente, au nom de M. Bernard Renault, une série de figures représentant des grains de pollen fossiles provenant du terrain Rouiller d’Autun. Ces figures forment le complément de celles (jue M. Brongniart a publiées autrefois.
- Action de l'acide carbonique sur les muscles. — M. Bouchard résume une Note de M. Lhotacq relative à l’action de l’acide carbonique sur la fonction musculaire. Lorsqu’un muscle est plongé dans l’acide carbonique son fonctionnement est ralenti, mais ce ralentissement n’est que momentané. Ces expériences confirment les recherches faites, dans un but différent, par un autre auteur.
- Varia. — M. Considère adresse un Mémoire sur" la résistance à la compression du béton frotté.
- Cii. de Villedeuii, .
- HORLOGE DÉMONTABLE
- Rien n’est plus simple en principe que de monter et de démonter tout le mécanisme d’une horloge; mais en pratique on rencontre de nombreuses difficultés dans l’assemblage des pièces. Pour fixer nettement les idées à ce sujet, MM. Stransky frères, à Paris, ont eu l’idée de construire une horloge avec des pièces pouvant se démonter et se remonter facilement. C’est un jeu de faire le montage de l’horloge, et en même temps on en apprend aisément le mécanisme intérieur.
- L’horloge se compose de la carcasse 1, du mouvement qui est lui-même formé d’une roue motrice avec une poulie (2), d’une roue moyenne (5), et d’une roue d’échappement (4). L’horloge comprend encore un échappement (5) avec l’ancre 5 a et la suspension pour le balancier o b, la cadrature constituée par une roue de renvoi (fi), une chaussée(7) et une roue de canon (8), ainsi que le poids avec la chaîne et le cadran avec les aiguilles.
- On place d’abord la carcasse ( I ) comme l’indique notre dessin, on pose la chaîne sur la poulie de la roue motrice (2), en ayant soin de laisser passer la moitié de la chaîne par un trou, et l’autre moitié par un autre trou qui se trouvent dans la plaque fermant le dessous de la carcasse pour que le crochet soit du côté gauche et l’anneau du côté droit de la chaîne. On fixe ensuite le pivot court de la roue motrice (2) dans le trou le plus bas de la planchette
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- de la carcasse (1), la roue moyenne (3), pignon vers le haut, dans le trou suivant, et la roue d’échappement (4), pignon vers le lias, dans le troisième trou ; les dents de chaque roue doivent engrener dans le pignon de la roue suivante. On met ensuite l’échappement (5) avec la partie portant la suspension (5 b) dans le trou de la planchette formant le fond de la carcasse ; la suspension doit glisser dans l’intervalle de deux planchettes, et l’ancre (5 a) engrène dans les dents de la roue de l’échappement (4). On place la planchette (9) avec le (il de fer vers le haut sur la carcasse de façon que le long pivot de la roue motrice (2) rentre dans le trou correspondant; on serre ensuite la planchette (9) peu à peu et ou fait
- entrer les pivots des autres roues et de l’ancre dans les trous respectifs.
- Les autres opérations pour le montage sont les suivantes : la carcasse étant placée, le pivot de la roue motrice en haut, on enfonce la chaussée (7) jusqu’à ce que les dents de celte roue touchent la planchette, on fixe ensuite sur le petit pivot du milieu de la planchette une des petites rondelles en cuivre (10), en y adaptant la roue de renvoi (6), pignon vers le haut, et les dents engrenant dans la chaussée (7). Pour éviter que la roue de renvoi ne tombe, on tourne le fil de fer de façon que le petit anneau rentre sur le bout du pivot qui dépasse.
- Sur la chaussée (7), on fait passer la roue de
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- Horloge démontable. Pièces diverses constituant le mécanisme.
- canon (8), en la faisant engrener avec le pignon de la roue de renvoi (6). On fait glisser à leur place le petit toit en tôle (12) et les petites portes 13 a et 13 b à gauche et à droite ; la carcasse est complètement fermée avec tout le mécanisme à l’intérieur.
- On place le cadran sur la carcasse, en faisant rentrer les quatre pieds dans les trous du cadran ; on ajuste ensuite les quatre goupilles en fil de fer (15 a, 15 b, etc.), dans les quatre trous à gauche et à droite et au dos du cadran.
- Pour mettre les aiguilles en place, on pose d’abord la grande aiguille (16) sur la partie dépassant la chaussée, juste sur le point de midi, on l’enlève sans déplacer le pivot. On pose la petite aiguille (17) sur la chaussée, au-dessus de midi, on replace la grande aiguille par-dessus, et on enfonce une ron-
- delle en cuivre (18) que l’on fixe à l’aide d’un écrou à vis (19) pour maintenir les aiguilles.
- L'horloge est complètement montée ; on l’accroche au mur en la disposant perpendiculairement. On ajuste le balancier à la suspension et le poids dans le crochet de la chaîne ; on met le balancier en mouvement, et on observe si le tic tac est régulier. Suivant que l’horloge avance ou retarde, on recule ou on avance la lentille du balancier. On remonte l’horloge tous les jours en tirant la partie de la chaîne qui ne porte pas le poids. L’entretien consiste à mettre de temps à autre quelques gouttes d’huile sur les pivots des petites roues. J. Lebois.
- Le G cran! : P. Masson.
- Paris.
- Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9=
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- LA NA Tl li IL
- L\ GRANDE GARE DE BORDEAUX
- Bordeaux est un nœud de voies ferrées fort important, étant donné que les lignes du Midi et de la
- Compagnie d’Orléans s’y rencontrent, en même temps que celles du réseau de l’Etat, réseau un peu
- Fig. 1. — Intérieur du grand liait de la gare de Bordeaux.
- secondaire, il est vrai, et à trafic assez modeste : il pour répondre au passage et la composition de faut donc une gare centrale de vastes dimensions trains extrêmement nombreux, qui partent d’une
- Fig. 2. — Vue générale de la gare.
- station unique pour se diriger dans les diverses directions. Par la situation même de sa gare sur la rive gauche de la Gironde, et relativement près du 30e année. — 2e semestre.
- cœur de la ville, la Compagnie du Midi était tout indiquée pour fournir une station commune à ces lignes, et, comme son ancienne gare était aussi
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- vieille que mal disposée, elle résolut, il y a quelque temps, de la remplacer par une station'entièrement neuve et susceptible de répondre largement à tous les besoins. I)e plus, alors qu’autrefois les batiments de départ et d’arrivée étaient installés de part et d’autre du groupe général des voies, ce qui obligeait pour le départ à traverser ces voies, aujourd'hui le plan adopté comporte les batiments de départ comme les bâtiments d’arrivée d’un même coté et, bien entendu, du côté de l’agglomération bordelaise. Tous ces bâtiments sont à la suite les uns des autres, formant une belle façade avec deux pavillons, dont l’un à peu près au centre de l’ensemble, et le long d’une sorte de place allongée où stationnent les tramways électriques venant dos différentes parties de la ville. Nous insisterons davantage tout à l’beure sur la disposition de ces bâtiments que fait comprendre le plan que nous donnons, mais nous noterons immédiatement les belles proportions de celle construction qui se développe sur une longueur de 500 mètres1.
- Derrière ce long bâtiment, s’étend la balle métallique où passent et se forment les trains, balle qui a été construite par les soins de la Maison Daydé Pillé. Assurément, au point de vue de l’art de l’ingénieur, c’est la partie la plus intéressante de la nouvelle gare, et nous demanderons la permission de nous y arrêter. Cette grande nef recouvre les sept voies affectées au service des voyageurs, et elle présente une largeur de 57m,70, pour une b auteur de 20 mètres mesurée à l'aplomb du faîtage et au-dessus des voies : sa longueur est naturellement, de 500 mètres, puisque, comme nous venons de le dire, elle s’étend derrière tous les bâtiments. Ce sont là des dimensions qui en font la [dus vaste balle existant sur les réseaux français, et on comprend dans ces conditions que nous ayons voulu la faire connaître à nos lecteurs. Elle compte 55 fermes espacées de 9m,20, fermes qui sont du type ogival à deux centres et sous-tendues par un tirant : les retombées en reposent, d’une part, sur les piliers en maçonnerie du bâtiment général, à l’aide d’appuis à rotules et à rouleaux qui permettent tontes les dilatations, et, de l’autre, sur des piliers en fer avec lesquels elles sont liées invariablement, et qui sont ancrés à leur base dans des fondations en béton. Ces fermes sont reliées entre elles par des [tannes et des sablières et, de distance en distance, des diagonales en fer rond les contreventent dans le plan de la toiture. La construction est surmontée d’un lanterneau vitré de 10 mètres de large et comporte en outre, insérées dans la couverture proprement dite, deux bandes longitudinales vitrées de 8 mètres de largeur. La couverture est exécutée partie en zinc et partie en verre coulé : le zinc, posé à dilatation libre, repose sur un voligeage, qui porte lui-même sur un lambris
- 1 Nous avons <lù faire dessiner une, vue perspective île cette gare, et non point en donner une photographie qui ne permettrait pas de voir l’ensemble du bâtiment.
- cloué sur des fourrures moulurées formant caissons; le verre repose sur des rayons de vitrage. Des passerelles établies sur le toit en permettent la visite facile. Les deux fermes de tête de la balle sont munies d’un masque vitré, et elles reposent de ebaque côté sur un masque en maçonnerie; dans l’entre-colonnement constitué par les piliers métalliques qui supportent les fermes, et par conséquent du côté opposé au bâtiment même de la gare, on a disposé des rideaux vitrés descendant jusqu’à 7 mètres au-dessus des trottoirs, 'et par suite permettant le passage des wagons sur les voies perpendiculaires aux voies de circulation, tout en préservant l’intérieur de la halle du vent et de la pluie.
- Pour une halle de cette importance, il a fallu naturellement prévoir des dispositions assurant la dilatation dans le sens transversal, et, dans ce but, il existe des chariots sur lesquels portent les retombées des fermes du côté des bâtiments, ainsi que. nous l’avons indiqué tout à l’heure ; mais, [tour parer aux effets de la dilatation dans le sens longitudinal, l’ensemble de la construction est, divisé en 5 tronçons, comprenant 7 travées pour les tronçons extrêmes et seulement 0 [tour les tronçons intermédiaires. Sur la ferme extrême de chacun des tronçons intermédiaires, les attaches des pannes sont effectuées au moyen de boulons posés dans des trous ovalisés, avec interposition de plaques en cuivre de 2 millimètres entre les goussets-attaches et les cornières des pannes. Au droit de ces joints de dilatation de la charpente métallique, correspondent d’autres joints dans le voligeage et les chéneaux.
- Pour compléter les . renseignements sur celte belle halle métallique, qui, ainsi que toute la gare, fait le plus grand honneur à M. l’ingénieur en chef Hausser, nous ajouterons que l’ossature en est en acier : on a employé 950000 kilogrammes de ce métal, sans parler de 565 000 kilogrammes de fer et, de 155 000 de fonte. Dans les calculs on a admis un travail maximum de 11 kilogrammes [tour l’acier. La dépense totale s’est élevée, y compris les fondations, à 97T 005 francs, ce qui ne fait ressortir le mètre carré qu’à un peu [dus de 57 francs. Le montage a été particulièrement difficile, car il ne fallait [tas songer à arrêter l’exploitation, la nouvelle gare se bâtissant exactement sur l’emplacement de l’ancienne. La maison Daydé Pillé a tranché la difficulté en combinant un échafaudage roulant qui n’occupait qu’une très faible place sur les trottoirs, mais qui se développait dans le haut jusqu’à former un vaste chantier et à couvrir les voies pour protéger les voyageurs de toute chute de matériaux ou d’outils.
- Cet échafaudage se composait de deux parties accolées, mais se mouvant séparément; la première se [daçait en avant de la ferme à monter et portait les appareils de levage, deux treuils, deux mats de charge et une grue roulante qui pouvait desservir toute la largeur d’une ferme et aussi l’étendue d’une travée. En arrière de cette première partie de l’échafaudage, se trouvait un cintre épousant la forme de
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- l’intrados des fermes, et sur lequel se faisait effectivement, leur montage et leur rivetage. La deuxième partie de l'échafaudage servait au montage des pannes, des sablières, des chevrons, des fers à vitrage ; elle se plaçait au droit de la travée à monter, et comportait une plate-forme en eontre-has pour l'assemblage des tirants et, au-dessus, une série de gradins permettant d'atteindre le niveau des diverses portions de la charpente. Tout ce montage s’est effectué au mieux et fort rapidement.
- Si maintenant nous examinons la gare proprement dite, nous vovons que le corps principal, du coté de Paris et par conséquent de la Gironde, est affecté au départ : il renferme dans sa partie centrale un grand vestibule où s’opère la distribution des billets, avec une salle de pesage et d’enregistrement des bagages sur le coté. A gauche, sont les salles d’attente des trois classes, puis un grand pavillon contenant les importants services postaux que réclame le mouvement considérable de correspondances (pii se fait par la gare centrale de Bordeaux. A droite, au contraire, sont installés un immense buffet et un bel hôtel Terminus, dans un pavillon qui forme presque le centre de l'ensemble des constructions de la station. Le corps de batiment, du coté de Rayonne, est affecté à l’arrivée, et l'on y trouve, après une salle d’arrivée et une sortie des voyageurs, et aussi une série d’installations communes au départ comme à l’arrivée, une immense salle de bagages donnant directement sur la cour qui fait bordure du batiment.
- Pour ce qui est de la circulation des voyageurs dans l’intérieur de la gare, entre les ([liais, on a adopté d’une façon absolue les couloirs, ce qui évite toute chance d’accident : on sait que c’est là une solution [tour ainsi dire absolue dans bien des pays étrangers, et dont on se montre particulièrement satisfait. Ces couloirs souterrains sont au nombre de trois, dont l’un au droit du vestibule de départ, un autre en face de la salle du buffet, et le dernier en face du batiment d’arrivée, si bien que l’on a toujours à sa disposition un passage pour se rendre rapidement sur le point de la gare où on a le désir d’aller. 11 va de soi que chacun a, comme affluents, une série d’escaliers aboutissant sur les divers ([liais. Ce sont des couloirs de 4 mètres de haut sur 2m,20 de large, établis dans un sol noyé par une nappe d’eau, et dont les parois latérales, comme celles des escaliers, sont revêtues en opaline ou en carreaux de grès vernissé.
- Nous ajouterons que toutes les fondations de la gare Saint-Jean ont été exécutées dans des fouilles en rigoles blindées, qu’on a asséchées au moyen de puisards établis en dehors de ces fouilles, mais communiquant avec elles. Sur certains points les fondations ont dû être descendues jusqu'à une profondeur de 7m,50, et à l’aide de piliers isolés reposant sur le rocher. L’ensemble de cette gare est fort élégant en même temps que puissant, et l’on a su y obtenir un mélange heureux de la [lierre et du métal. _________ Daniel Rem,et.
- CLICHÉS À COULEURS LÏPPMANNIENNES
- ET CLICHÉS A COULEERS SPECTRALES PAR RÉFLEXION
- Les personnes qui ont lu dans La Nature une Note concernant les Clichés à couleurs spectrales par réflexion ont dû se demander comment l'explication absolument exacte que j’en ai donnée, peut se concilier avec la théorie interférentielle de M. Lippmann.
- 11 peut paraître étrange, en effet, que par un procédé exactement le même, on puisse obtenir des couleurs concordantes aux objets photographiés et aussi, ce qui arrive presque toujours, des couleurs qui ne dépendent que de l’énergie actinique de ces objets et de la durée [dus ou moins prolongée du développement.
- C’est encore en invoquant la propriété du séchage en contact optique des particules de l’argent de la forme intermédiaire jaune or que l’on peut expliquer l’existence d’une anomalie qui est plus apparente que réelle.
- Lorsqu’une photochromie non développée a été produite dans toutes les conditions voulues pour obtenir la reproduction de couleurs exactes, la théorie interférentielle explique que la lumière incidente, interférant avec la lumière réfléchie par le miroir de mercure, a produit dans l’intérieur de la couche sensilde tout un système de plans superposés les uns aux autres, constitués par des particules du sel haloïde impressionnées par ta lumière, et dont l'ensemble constitue ce que l’on a appelé l’image latente. Si la révélation de cette image latente a eu lieu dans des conditions telles que l’argent ait pu être réduit sous son état normal blanc et brillant ; si le développement a été d’une précision telle que l’écart nécessaire aux divers plans ventraux et nodaux pour la reproduction de couleurs concordantes ait été scrupuleusement respecté, on aura réussi en proportion du degré d’achromatisme qu’on sera parvenu à donner à la couche sensible.
- Mais ces conditions sont bien difficiles à réaliser; la réduction de l’argent n’a pas facilement lieu sous sa forme normale et dans les circonstances où l’on opère, cette réduction s’arrête à la forme intermédiaire jaune or.
- C’est alors qu’au séchage intervient l’éminente propriété des particules de cette forme de sécher en contact optique ; il en résulte un effondrement des divers plans les uns sur les autres; ils forment bloc et abandonnent sur les deux faces de ce bloc une lame mince et transparente qui est la cause des couleurs observées. Par conséquent pas de couleurs Lippmanniennes, mais des couleurs spectrales par réflexion qui n’ont et ne peuvent avoir aucun rapport avec celles des objets photographiés. J’ai l’intime conviction qu’un grand pas sera fait dans la production des photochromies à couleurs concordantes, lorsque l’on pourra couramment réduire l’argent sous sa forme normale, mais il restera encore l’extrême délicatesse du développement et la difficulté d’obtenir un achromatisme parfait. Toutefois, ces difficultés n’étant pas des impossibilités démontrées, il faut travailler avec persévérance et se dire : labor improbus omnia rincil. A. Blanc.
- LE REFUGE FÉLIX-FAURE
- ET LA VANOISE1
- Entre les hautes vallées de la Maurienne et de la Tarentaise, s’ouvre à 2527 mètres d’altitude le col de la Vanoise. Il est fort long, très accidenté ; un vent 1 L’inauguration a eu lieu le 16 août 1002.
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- terrible le balaye souvent. Ces défauts sont rachetés par les richesses qu'il renferme. Les vallonnements qu’il présente sont très variés, les glaciers, qui l’entourent, sont admirables comme coloration, les
- Fig. 1. — A travors le col rie l.i Yanoise.
- aiguilles de rocher qui le dominent sont aussi élégantes que celles du Mont-Blanc. 11 est d’accès facile pour les touristes un peu entraînés. Nos soldats alpins y vont fréquemment en manœuvres : en raison de l’étendue de ses plateaux intermédiaires, ils peuvent faire des marches et des reconnaissances. Ils s’entraînent à leur difficile métier de gardiens de la frontière, en escaladant les croupes formidables qui
- Fig. 2. — I’ralognan, partie haute.
- l’environnent, et les éboulis dangereux, qui croulent de toutes parts.
- On aborde le col du côté de la Maurienne, par Termignon, un curieux village savoyard, aux mai-
- sons serrées les unes contre les autres, dominées par un curieux clocher octogonal d’ordre roman. On grimpe par un chemin muletier, hérissé de pierres, qui ondule à travers les forêts de sapins, les alpages fleuris, les eaux de ruissellement des glaciers.
- C’est dans ce chemin désert que les accidents sont le plus à craindre. Bans les cols des Alpes les tempêtes sont fréquentes, terribles et subites : le voyageur lutte contre la pluie, le vent, l’embrun. En quelques minutes, la solitude où il se trouve est remplie de nuages animés d’une vitesse vertigineuse; enveloppé d’une buée froide, grisâtre, il ne voit aucun objet distinct à 5 mètres. 11 ne sait de quel côté diriger ses pas hésitants : sa situation est critique. L’éboulis le guette et peut le précipiter dans l’abîme : le froid va le saisir, l’immobiliser pendant de longues heures. Le col de la Yanoise est dangereux en ces circonstances critiques. En juillet
- Fig. 3. — Alpages de la Vanoise.
- dernier, aux chalets de Chavières, à 2100 mètres d’altitude nous avons essuyé une tempête de neige, de grêle, d’éclairs. A 4 heures du soir, la lumière du jour était livide et faible. Le vent, arrivant par rafales puissantes, ne permettait pas à un homme armé d’un piolet de se maintenir droit sur la prairie. Cela dura toute la nuit : les murs et le toit de pierre du chalet tremblaient comme des feuilles. Au matin, d’énormes nuages couraient dans le ciel; mais les chemins étaient visibles, les hautes cimes, la Grande Motte, entre autres, brillaient comme des diamants avec leur couverture de neige fraîche.
- Cette neige descend très vite dans les vallées intérieures du col; elle s’y entasse en couches de 12 à 15 mètres, ensevelissant routes, torrents et lacs. En juillet on trouve sur les alpages des névés d’une puissance de 5 à 6 mètres. Le chemin qui dessert ce col avait besoin d’être muni à son point culminant d’un refuge. 11 existait depuis 1870 sous une
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- Fig. i. — Refuge Félix-Faure (“2527 mètres). (D'après une photographie Je l'auteur.)
- forme modeste et incommode : quelques personnes pouvaient y trouver asile. Il était humide, à peine visible pendant le beau temps.
- Lorsque le président de la République, Félix Faure, vint à la Yanoise, le 7 août 1807. avec un brillant état-major, où se trouvaient les généraux billot, Zur-linden, de Bois-delfre, Zédé, llagron, assister aux manœuvres de corps d’armée qui avaient lieu dans cette région, on dut creuser un chemin dans la neige à Entre-deux-Eaux. On eut beaucoup de peine à dresser des tentes pour abriter ces voyageurs démarqué.
- On eut alors l'idée de construire un refuge nouveau, placé sous le patronage du premier magistrat de l’État. Les sections du Club Alpin de Mou tiers et de Saint-Jean de Maurienne se mirent à l’œuvre.
- Les difficultés à vaincre étaient sérieuses : je ne parle pas des matériaux de construction. La pierre était à portée de main; dans le lac Bond ou le lac des Assiettes se trouvait un sable très tin.
- Les mulets n’eu-, rent à monter que le ciment et le fer, par des chemins ayant parfois (rente etquaran te centimètres de pente.
- Mais il fallait
- placer bien en évidence le refuge, voyageurs n’auraient pu apercevoir On a vaincu la difficulté de Félix-Faure se
- des principes nouveaux. Les fondations sont profondes, encastrées dans la pierre, les murs très épais. Le toit est remplacé par une terrasse inclinée en ciment armé : d’énormes pierres ou lauzes bien appareillées le recouvrent. Le moindre trou a été
- bouché : des volets pleins protègent les fenêtres. Les rafales tourbillonnent autour du « fort » sans l’entamer. A l’intérieur, des dortoirs confortables et secs, une salle à manger où le poêle ronlle même en été. On trouve là le gite et le couvert.
- Sur la façade de l’édifice on lit : Refuge Félix-Faure. Cela rappelle le souvenir de ce président, coiffé du béret
- sans quoi les sa silhouette, le refuge de la \ anoise ou dresse sur un rocher isolé. 11 présente des conditions de confort et de solidité inconnues jusqu’à ce jour dans les Alpes françaises.
- Le vent le secoue avec une violence horrible. 11 ne l’emportera pas, parce qu’il est construit d’après
- bleu des Alpins, qui suivit nos troupiers à travers les éboulis de pierre et les névés immaculées.
- Les perspectives de montagnes sont ici fort belles :
- à portée de main se dresse la Grande-Casse (5861m,) admirable sommet, mais bien dangereux. Les vagues vert d’émeraude de son glacier descendent jusqu’au lac Rond, glacé même en août. Ne vous fiez pas à lui sans guide : une petite croix est plantée à sa base. Elle vous dit qu’en 189b le glacier a été le théâtre d’une catastrophe. Quatre ascensionnistes l’avaient ail routé sans guide : deux, le lieutenant Porcher et l’adjudant Rozier, du I be chasseurs, disparurent dans une crevasse. Leurs compagnons, le lieutenant Messimy et un soldat échappèrent à la mort, roulèrent sur la glace et furent recueillis dans un très triste état.
- Plus loin se dresse la Grande-Motte, le long de laquelle grimpent les chamois : de l'autre côté c’est le
- Glacier et montagne Je la Grau Je-Casse. (D'après une photographie Je l'auteur.)
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- LA N AT U «K.
- Dôme de Chasseforèt, les pointes aiguës de la libellasse. Un redescend sur Pralognan, au milieu des rhododendrons éclatants, des alpages enneigés, des eaux blanches.... Nous connaissons si pou la France, qu'il est bien permis d’en décrire une des régions les plus étincelantes et que les Suisses sauraient mieux exploiter que nous. J. Corcelle,
- Agrégé de l’Université.
- NOUVEAU COMPOSÉ VOLATIL
- DANS I,’aIR ATMOSPHÉRIQUE
- MM. Albert Lévy et II. Ilenriet ont montré, dans une Note à l’Académie des sciences, qu’on obtenait des résultats très différents en dosant l’acide carbonique atmosphérique, soit par simple passage de l’air sur un alcali, soit par maintien de l’air et de l’alcali en contact très prolongé. A la suite de diverses recherches, M. Ilenriet était amené à conclure à l’existence d’un nouveau composé organique volatil dans l’air atmosphérique.
- L’Académie des sciences, désirant vérifier l’exactitude de ce fait, a nommé une commission, composée de MM. Armand Gautier, Haller, Ad. Carnot rapporteur, chargée de contrôler de près les assertions émises par les auteurs. M. Ad. Carnot a présenté à l’Académie un rapport dont les conclusions ont été adoptées. Nous allons donc faire connaître les résultats des recherches intéressantes de M. Ilenriet, d’après le rapport de M. Carnot.
- « L’Observatoire municipal de Montsouris a organisé depuis 25 ans un service journalier d’analyses de l’air atmosphérique, ayant pour objet le dosage des éléments qu’il contient en quantités variables, notamment de l’acide carbonique. Ces dosages ont été l’occasion de recherches spéciales commencées en 181)5 et continuées depuis cette époque, sous la direction de M. Albert Lévy, par ses collaborateurs MM. Ilenriet et Pécoul, recherches dont les premiers résultats ont été présentés dans des Notes insérées aux Comptes rendus de l’Académie les 6 juin et 15 août 1898 et auxquelles se rapporte une nouvelle Communication de M. Ilenriet, présentée le 10 février dernier. Les faits énoncés dans ces Notes peuvent être résumés ainsi : « Lorsque de l’air atmosphérique, pris à Paris ou dans la périphérie de Paris, a été soumis, comme il est d’usage pour retenir l’acide carbonique contenu, à l’action d’une solution d’alcali ou de liante placée dans plusieurs tubes à boules et qu’il lui a cédé la totalité de cet acide, c’est-à-dire une proportion de gaz carbonique voisine de 50 litres pour 100 mètres cubes d’air, il peut encore, par circulation répétée à travers du mercure et contact prolongé avec l’alcali ou la baryte, lui abandonner une nouvelle quantité du même gaz, quantité très variable, pouvant aller depuis 4 litres jusqu’à 50 litres et plus pour 100 mètres cubes d’air. Ce gaz carbonique, qui assurément ne préexistait pas, ne peut s’ètre produit que par la transformation d’un autre composé carboné volatil. La Commission nommée par l’Académie s’est réunie plusieurs fois au laboratoire de M. Albert Lévy et a assisté aux expériences suivantes de MM. Ilenriet et Pécoul. I)e l’air atmosphérique, prélevé par aspiration sur la place Saint-Gervais, à côté du laboratoire, passe bulle à bulle, à raison de 1 litre à l’heure, à travers une colonne de 20 centimètres de laine de verre, destinée à retenir toutes les poussières minérales ou organiques qu’il pouvait renfermer. Il trouve ensuite trois tubes à houles contenant une solution de baryte et
- se rend dans un ballon jaugé où l’on a fait le vide. Les deux derniers tubes d’eau de baryte ne servent que de témoins et conservent leur limpidité et leur titre primitif. Le titrage de l’eau de baryte du premier tube, avant et après le passage de l’air, fait connaître la quantité de gaz carbonique libre, ou préexistant dans l’air, qui a été ensuite reçue dans le ballon. L’air de ce ballon est aspiré dans un appareil à écoulement de mercure, imaginé par M. Pécoul et décrit dans les Annales de VObservatoire de Montsouris (t. I, p. 509) ; il traverse bulle à bulle une solution titrée de baryte de volume connu, revient au ballon et circule ainsi d’une manière continue dans l’appareil pendant un laps de temps de 21 heures. 11 se produit alors dans l’eau de baryte un précipité blanc, que la Commission a vérifié être bien du carbonate de baryum. A la demande de la Commission, de nouvelles expériences ont été faites en conduisant l’air : d’abord à travers de la laine de verre humectée d’eau et assez fortement tassée dans un tube de verre, sur Üra,50 de longueur; ensuite dans un grand barboteur à potasse de densité 1,50; puis dans un tube en U contenant de l’hydrate de baryte cristallisé en petits fragments transparents et humectés d’eau, sur une longueur de 0ra,50 environ ; enfin dans un barboteur à eau de baryte. A la suite de ces appareils, qui ne doivent laisser passer aucune trace de poussières, ni de gaz carbonique, l’air est reçu dans un ballon jaugé vide, de 0 litres environ. De là, il est dirigé dans l’appareil « circulus » de M. Pécoul, où la Commission a vu se reproduire les phénomènes déjà mentionnés plus haut. La Commission a constaté, dans ces expériences ; 1° que la solution de baryte du barboteur, placé à la suite des premiers appareils, était restée parfaitement limpide et que son titre alcalin était identique au titre primitif; 2° que l’air du ballon, en circulant pendant 24 heures à travers les tubes à mercure et dans un nouveau tube à eau de baryte, avait donné dans celui-ci un précipité de carbonate de baryum dont elle a constaté la nature et la proportion; 5° qu’en opérant sur de l’air prélevé le 27 juin sur la place Saint-Gervais, le carbonate de baryum, formé après élimination comjdète du gaz carbonique préexistant, correspondait à 21Ut,G pour 100 000 litres d’air: 4° que Pair du ballon, après avoir circulé de nouveau pendant 24 heures à travers l’eau de baryte titrée n’y produisit, plus aucun trouble ni aucun changement de titre; 5° à l’objection, soulevée par l’un des membres de la Commission, qu’il pourrait y avoir du gaz carbonique retenu par adhérence aux parois intérieures ou dissous dans le verre du ballon, malgré le vide qui v avait été fait, il a été répondu que, ce ballon ayant déjà servi à l’expérience précédente, où l’on avait constaté l’absence complète de gaz carbonique (conditions énoncées au 4°), il ne pouvait assurément pas non plus y avoir de gaz carbonique adhérent aux parois du même ballon, après y avait fait le vide. » IL Peiîaxd.
- L’USINE ÉLECTRIQUE DU MÉTROPOLITAIN
- ÜE l’ARlS
- Nous avons déjà1 parlé, à plusieurs reprises, de la construction de diverses lignes que poursuit avec activité, dans Paris, la Compagnie du Cliemin de fer Métropolitain ; nous avons également mentionné les
- 1 Yov. n° 1490, du 14 décembre 1901, p. 22 et n° 1505, du 29 mars 1902, p. 205.
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- trains à deux automotrices1 qui ont été adoptés par le service de, l’exploitation. Nous parlerons aujourd’hui de l’usine génératrice de l’énergie électrique et de la distribution effectuée dans les différentes parties du réseau.
- La distribution de l'énergie électrique est faite à l’aide d’une station centrale établie 40, quai de Jlercy, et à l’aide de sous-stations qui sont actuellement au nombre de deux : la sous-station de l’Etoile et la sous-station des Champs-Elysées, mais dont le nombre s’accroîtra au lur et à mesure des besoins.
- La station centrale du quai de Bercy se compose d’un bâtiment en façade pour l’administration et de l’usine proprement dite, située en arrière à une distance de I2 mètres. L’usine est formée elle-même par deux batiments réservés l’un aux chaudières et l’autre aux machines. Une travée parallèle aux chaudières constitue les soutes à charbons, qui peuvent contenir 2000 tonnes. L’usine a été installée entièrement par MM. Schneider et Ci(!, du Creusot.
- Les chaudières, actuellement au nombre de 50, réparties en 5 groupes, sont du type demi-tubulaire, à deux bouilleurs reliés au corps tubulaire. La surface de chauffe est de 244 mètres carrés, la vapeur est fournie à la pression de 10 kilogrammes par centimètre carré. Le tuyautage d’alimentation et le grand collecteur de vapeur sont disposés en boucle ; des vannes sont interposées pour permettre de localiser une avarie. L’eau.d’alimentation, refoulée par les petits chevaux, traverse des réchauffeurs tubulaires, des compteurs et des bouteilles où sont reliés les tuyaux collecteurs d’alimentation. Les cendriers débouchent dans une galerie établie dans toute la longueur de la chambre de chauffe et reliée à un monte-charge. Deux aqueducs, provenant de la Seine, fournissent l’eau d’alimentation et de condensation. Un transport souterrain, aboutissant sur le port, a été installé pour la manutention du charbon.
- Les machines à vapeur, actuellement au nombre de 4, sont des machines verticales compound et condensation; elles donnent une puissance indiquée de 21)00 chevaux à la vitesse angulaire de 70 tours par minute. Dans ces machines, la régulation a fait l’objet de dispositifs spéciaux. Chacune d’elles comporte deux régulateurs, l’un appliqué h la régulation agissant sur les déclics du petit cylindre, et l’autre intervenant par l’intermédiaire de servo-mo-teurs, pour éviter tout emballement résultant d’une décharge subite, et agissant alors sur une valve placée à l’admission de chaque grand cylindre. Une de ces machines commande directement une dynamo à courants continus de 1500 kilowatts à 600 volts, à induits à rainures, et enroulement à barres parallèles ; les inducteurs sont à 20 pôles, l’excitation est en dérivation. Trois autres machines à vapeur commandent également directement des alternateurs à courants triphasés de 1500 kilowatts à 5000 volts
- 1 Voy. n° 1505, du 15 mars 1902, p. 254.
- et à la fréquence de 25 périodes par seconde. Le volant et la dynamo de chaque machine sont montés entre les cylindres; un troisième palier est placé en tru le volant et la dynamo. L’ensemble de la machine est monté sur un massif de fondation de 11 mètres de longueur, 10m,50 de largeur et 12 mètres de profondeur.
- Dans l’usine se trouvent encore des groupes de transformateurs rotatifs à courants continus, et des groupes de transformateurs statiques à courants alternatifs triphasés avec commutatrices. Les transformateurs rotatifs à courants continus sont de deux sortes : les premiers, d’une puissance de 65 kilowatts, ramènent la différence de potentiel de 600 à 150 volts et servent à l’excitation; les seconds, d’une puissance de 200 kilowatts, servent de survolteurs et donnent une différence de potentiel variable de 0 à 125 volts, suivant les besoins de la charge d’une batterie d’accumulateurs. Le rôle des survolteurs est de faire intervenir efficacement les accumulateurs et d’assurer une charge à peu près constante aux groupes électrogènes. Les groupes de transformateurs statiques à courants alternatifs triphasés avec commutatrices, an nombre de deux, d’une puissance de 750 kilowatts, ont pour but de permettre d’utiliser directement à U usine les alternateurs à courants triphasés en abaissant d’abord la tension de 5000 à 450 volts et en transformant ensuite les courants triphasés en courants continus à 600 volts.
- Le tableau de distribution, placé dans la salle des machines, est divisé en deux parties; il reçoit, d’une part, trois cables de chaque alternateur à courants triphasés. Ces alternateurs sont couplés en parallèle et des câbles partent de l’usine à la tension de 5000 volts pour desservir la sous-station des Champs-Elysées et la sous-station de l'Étoile. Au tableau de distribution aboutissent aussi les câbles de la machine à courants continus à 600 volts. Aux bornes des barres de distribution est montée une batterie d’accumulateurs Tudor d’une capacité de 1600 ampères-heure, au débit de 1600 ampères, et pouvant supporter une intensité de 5000 ampères pendant quel»]ues minutes. Dans le circuit est placé sur-volteur dont nous avons parlé plus haut. Au départ du circuit à 550 volts, qui est relié aux rails de roulement, sont placés des disjoncteurs. Une dérivation est également prise pour alimenter l’éclairage.
- Aux Champs-Elysées, se trouve une sous-station provisoire qui comprend deux commutatrices de 750 kilowatts. L’énergie est transmise par une dérivation [irise sur les câbles à courants triphasés à 5000 volts et transformée à courants continus à 550 volts. Deux câbles partent de ces commutatrices et sont reliés aux rails de roulement.
- Les câbles à courants triphasés à 5000 volts provenant de l’usine génératrice du quai de Bercy arrivent à la sous-station de l’Étoile; mais, pour des raisons particulières, ils ne desservent encore aucun appareil. Dans cette sous-station, dont notre figure 2
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- Fig. I.
- Macliiiies à vapeur et électriques à ITsine du Métrojiolitain.
- Fig. ±
- Vue d'ensemble intérieure jte la sous-station de l'Étoile.
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- Fi^r. 3.
- Vue d’ensemble de la salle des machines à l’Usine du Métropolitain
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- LA NATURE.
- donne une vue d’ensemble, se trouvent quatre com-mutatrices de 750 kilowatts. L’énergie est fournie par la Société du Triphasé, qui transmet l’énergie de l’usine d’Asnières à 5500 volts, et par l’usine de la Compagnie de traction des Moulincaux1. On aperçoit dans notre ligure, à gauche, à la partie supérieure, l’arrivée des câbles à haute tension et au-dessous les transformateurs; à droite, se trouvent en bas les comnmtatrices, et dans le liant, le tableau de distribution où tous les circuits secondaires à courant continu sont couplés en quantité. En réalité, dans la sous-station, le tableau est installé derrière les commit tatrices, dans le fond de la salle. De ce tableau partent les câbles qui sont reliés aux rails de roulement, et le circuit pour l’éclairage. Aux bornes des barres du tableau est placée une batterie d’accumulateurs Tudor, d’une capacité de 1800 ampères-heure. Cette sous-station de l’Etoile, actuellement la plus importante, est située en sous-sol, entre les avenues lloclie et Wagram, environ à 12 mètres en contre-bas du terre-plein. La ventilation est assurée dans de bonnes conditions.
- Les considérations précédentes nous ont montré que le courant, après transformation, était transmis sous forme continue à la tension moyenne de 550 volts aux rails de roulement. Un des câbles est relié à un troisième rail en acier dur supporté par des isolateurs fixés sur des traverses spéciales. C’est sur ce rail que frottent des pièces en fonte qui transmettent le courant aux moteurs des voitures. Tous les circuits d’éclairage sont alimentés à la différence de potentiel de 550 volts ; les lampes sont de 110 volts et sont montées par 5 en tension.
- L’usine du quai de Bercy ne renferme actuellement que 5 alternateurs à courants triphasés de 1500 kilowatts chacun, et 1 dynamo à courants continus de 1500 kilowatts. Les projets sont dressés pour ijue l’usine soit achevée dans le premier semestre de 190-4; elle comprendra alors au total 5 groupes d’alternateurs triphasés de 1500 kilowatts chacun, 4 groupes de 2100 kilowatts, et I dynamo à courants continus de 1500 kilowatts; soit, au total, 8 groupes de générateurs électriques d’une puissance totale de 14 400 kilowatts.
- Nous pouvons citer quelques chiffres qui donneront une idée des résultats d’exploitation.
- Du 1er janvier au 20 juillet 1902, le Métropolitain a effectué le transport de 35 611 650 voyageurs, réalisant une recette totale de 5 816 865 francs. Les dépenses sont très réduites : on compte à peine 60 watts-heure par tonne-kilomètre; la consommation de combustible ne dépasse pas 1,55 kg par kilowatts-heure, et le graissage consomme 25 grammes d’huile par kilowatts-heure. Le fonctionnement ne laisse rien à désirer. L'entreprise est donc prospère, et on prévoit tous les services que rendra ce chemin de fer à la population parisienne.
- J. La f fa ne, hé.
- 1 Vov. n° 1474, du 24 août 1901, p. 198.
- PUCERONS ET FOURMIS
- On a vu souvent des fourmis prendre soin des pucerons, les transporter même dans leurs fourmilières, et nous avons observé nous-même plus d’une fois desAphides vivant sous des pierres au milieu d’un nid de fourmis; mais il s’agit ici d’un petit abri construit par une colonie de fourmis au-dessus d’un troupeau de pucerons bruns sans ailes. C’est en recueillant des champignons parasites des feuilles que M. W. Trelease a remarqué, sur un arbrisseau de la famille des Azaléacécs, Y Andromeda ligustrina, une petite masse rugueuse entourant une jeune tige, à lm,50 du sol. Semblable à un fragment de mousse desséchée, le nid était formé de tout petits morceaux de bois mêlés de débris de feuilles et agglutinés avec la salive des fourmis; long de 5 cm et large au milieu de •15 mm, il s’amincissait aux deux bouts, puis s’arrondissait brusquement, laissant une ouverture ronde à chaque extrémité; celle du haut avait 3 mm de diamètre, et celle du bas moins de 1 mm. Rien n’était visible extérieurement ; mais, en remuant la branche, M. Trelease vit apparaître à chaque ouverture la tète d’une fourmi. Avec la pointe d’un canif, il agrandit alors l’ouverture inférieure; plusieurs fourmis s’élancèrent furieuses et s’efforcèrent de mordre le doigt de l’observateur. Comme il ne les laissa pas regagner le nid, l’agitation ne fut pas de longue durée, et il put voir les pucerons, assez nombreux, recevoir les caresses d’une douzaine de fourmis, et leur donner en échange quelques gouttes de leur rosée mielleuse.
- Avec précaution, M. Trelease détacha la branche d’An-dromeda et l’emporta dans sa chambre, où il la mit dans un vase plein d’eau pour continuer ses observations. Les cahots du voyage, puis le repos à l’arrivée troublèrent les fourmis, qui sortirent à plusieurs reprises, deux ou trois ensemble, mais qui rentrèrent bientôt dans le nid. M. Trelease put les conserver ainsi pendant {très de deux semaines. Dans les premiers instants, les fourmis paraissaient mal à l’aise dans leur nouvelle installation; de temps en temps, quelques-unes sortaient en éclaireurs, et allaient explorer la branche et les feuilles, descendant même jusqu’à l’eau du vase; mais elles finirent par rester au repos. Lorsque les feuilles commencèrent à se flétrir, bon nombre de pucerons quittèrent leur abri et émigrèrent vers les parties plus succulentes de la tige, où quelques fourmis les suivirent, leur prodiguant constamment leurs caresses intéressées. Les Aphides n’offrant, pas d’individus ailés, ne purent être déterminés; les fourmis appartenaient à l’espèce Cremalogasler lincolata Say.
- Virgile Rkakdicoukt.
- TRAITEMENT SIMULTANÉ
- I)E l’oÏIUUJI ET DU MILDEW
- M. Guillon, directeur de la Station viticole de Cognac (Charente), a présenté à l’Académie des sciences (séance du 28 juillet) une Note sur la possibilité de combattre par le même traitement liquide l’oïdium et le mildew dans les vignes. Voici sa méthode.
- D'une façon générale, si l’on jette du soufre (sublimé ou trituré) dans une bouillie bordelaise ou bourguignonne, il reste à la surface et ne se mélange pas; il faut, pour faire •mouiller le soufre, opérer de la façon suivante :
- A. Bouillie bordelaise. — La bouillie bordelaise se prépare comme d’habitude ; seulement la chaux est préalablement malaxée avec le soufre avant d’être versée dans
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- la dissolution de sulfate de cuivre; 2 kilogrammes de chaux peuvent se mélanger à 10 kilogrammes et plus de soufre (3 kg suffisent). La bouillie bordelaise soufrée n’est pas modifiée dans son adhérence.
- La bouillie bordelaise est un peu moins adhérente lorsqu’on lui ajoute 0,25 pour 100 de colophane ou 1 pour 100 de mélasse. Une addition de 0,5 pour 100 de gélatine modifie peu les choses.
- IL Bouillie bourguignonne. — On procède à sa préparation comme pour la bouillie bordelaise : le soufre est mélangé au carbonate de soude. Seulement le soufre n’est pas entièrement mouillé : en ajoutant 0er,25 de colophane, le mélange se fait mieux. La présence du soufre ne modifie pas l’adhérence de la bouillie bourguignonne et ne l’empêche pas de s’altérer avec le temps.
- C. Verdet. — Le verdet sec est broyé et mélangé parfaitement au soufre, puis on ajoute par petites portions, et en agitant constamment, la quantité d’eau nécessaire. Le soufre ne modifie pas non plus l’adhérence du verdet.
- I). Bouillies diverses. — Les bouillies au carbonate d’ammoniaque et au carbonate de potasse n’ont pas l’adhérence modifiée par la présence du soufre, mais ce dernier n’est pas complètement mouillé. Il en est de même de l’eau céleste. Le soufre peut se mélanger au savon en prenant les précautions indiquées précédemment. »
- M. Guillon ajoute que, d’après ses observations, le soufre est simplement mélangé et n’entre pas en combinaison avec le cuivre, à la condition toutefois de pratiquer les pulvérisations immédiatement après la préparation des bouillies. Les expériences faites dans la région des Lharenfes ont démontré l’efficacité pratique des bouillies soufrées bien préparées pour combattre à la fois
- le mildew et l’oïdium. J.-F. G.
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- LES IDÉES NOUVELLES SLR LA GREFFE
- M. L. Daniel, maître de conférences à la Faculté des sciences de Rennes, poursuit depuis un certain nombre d’années des recherches sur la grelfe végétale, recherches qui ont modifié sensiblement nos conceptions sur cette opération et ses conséquences. (In admettait jadis qu’il n'était possible, pour obtenir de lions résultats, que do greffer l’une sur l'nulre deux plantes extrêmement voisines, au.point de vue botanique, comme le sont, par exemple, deux variétés d'une même espèce. M. L. Daniel a montré qu’en réalité on peut greffer ensemble deux plantes, choisies presque au hasard : le résultat dépend plutôt de l’habileté de l’opérateur que de la nature de la plante. On peut, par exemple, réunir par la grelfe deux espèces d’une même famille, de deux genres plus ou moins voisins et; même des plantes appartenant à des familles très éloignées. Il n’est pas non plus nécessaire, ainsi qu’on le croit généralement, de s’adresser à des végétaux ligneux : les espèces herbacées se laissent non moins bien grelfer que les arbres, cela même dès leur germination.
- Mais les principales conclusions de M. L. Daniel sont relatives à l’action qu’ont l’un sur l’autre le sujet, c’est-à-dire la plante enracinée, et le greffon, c’est-à-dire la plante insérée sur le précédent. On
- considérait jusqu’ici presque comme un article de foi que le greffon ne puisait dans le sujet qu’un surcroît. de vigueur, une nourriture plus abondante et ne se modifiait que peu et seulement sous l’inlluenee de celte suralimentation, sans changer ni dans sa structure, ni dans sa postérité. M. L. Daniel a montré d’une manière péremptoire que le greffon était souvent — pas toujours cependant — profondément modifié, et que le sujet lui-même était modifié par son influence. En un mot, par la greffe on obtient des types nouveaux : comme ils sont produits par l’influence de deux plantes distinctes, ils sont un peu comparables à ceux que l’on obtient par la fécondation croisée. Aussi M. Daniel considère-t-il ces types nouveaux comme des « métis », des « hybrides », mais asexuels ceux-là. Donnons quelques exemples :
- La tomate jaune ronde, la tomate rouge grosse hâtive, la tomate rouge naine hàlive constituent trois races fort distinctes l’une de l’aulre. La première a des fruits à épiderme et chair jaunes, déformé sensiblement sphérique, lisses et de taille assez petite. La lige est élancée et vigoureuse, les feuilles sont d’un beau vert et leur limbe est étalé. -— La tomate rouge, grosse a des fruits à chair et épiderme rouges, à forme aplatie, côtelés et de taille beaucoup plus grande. Sa tige est trapue, vigoureuse; les feuilles sont d’un vert plus pâle et leur limbe se replie sur les bords. — La tomate rouge naine hâtive se rapproche beaucoup de la précédente comme fruit, mais le port est différent et le limbe des feuilles reste étalé.
- Greffée sur la tomate jaune ronde, la tomate rouge grosse a pris le port élancé, la couleur et la disposition des feuilles du sujet. Il y a là une transmission très nette des caractères de la race sujet à la race greffon.
- Dans la tomate jaune ronde, greffée sur tomate rouge naine lnitive, on observe une transmission tout aussi remarquable dans les caractères du fruit. Sur un même greffon, on peut observer à la fois trois formes différentes de fruits : les uns étaient ronds, lisses et jaunes, comme ceux des témoins; d’autres élaient aplatis, lisses et jaunes; enfin d’autres étaient aplatis, côtelés et jaunes, combinant ainsi la couleur des fruits de la race greffon avec la forme des fruits de la race sujet. Tous ces fruits sont intermédiaires, comme grosseur, entre la taille des fruits de la tomate jaune ronde non greffée et de ceux de la tomate rouge naine hâtive normale.
- M. Daniel a pu aussi greffer la tomate rouge grosse sur diverses aubergines. L’un des greffons, placé sur aubergine longue violette, a pris un développement plus considérable que les autres. Tandis que l’appareil végétatif conservait, en dehors de la vigueur plus grande, ses caractères ordinaires, le fruit changeait complètement de forme et acquérait la forme allongée et lisse de celui de l’aubergine sujet. Toutefois, il était beaucoup moins long et moins gros.
- La greffe inverse de l’aubergine sur la tomate a donné un cas tout aussi original. Une aubergine
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- longue violette, greffée sur la tomate rouge grosse, a fourni à la fois trois sortes de fruits : des fruits normaux, lisses, allongés et légèrement piriformes, semblables à ceux des témoins ; des fruits ovoïdes et lisses, semblables à ceux de la « poule aux œufs » ; enfin des fruits aplatis au sommet, côtelés comme le fruit de la tomate.
- Le cas suivant est encore pins curieux. 11 existe, à Drouvaux, près de Metz, un néflier [dus que centenaire greffé sur épine blanche. Un peu au-dessous de la greffe, le sujet, c’est-à-dire l'épine blanche, a donné naissance à une branche de néflier. Cette branche diffère de la partie greffée (greffon) de l’arbre en ce sens qu’elle est épineuse et qu’au lieu de porter des Heurs solitaires, ces dernières sont réunies en une inflorescence portant jusqu’à douze
- fleurs blanches, mais semblables à celles du néflier. Les fruits sont des nèfles, mais ils sont assez petits et aplatis. Comme on le voit, tous ces caractères sont tout à fait intermédiaires entre l’épine blanche et le néflier. Les rameaux sont épineux comme ceux de l’épine; les fleurs sont disposées en corymbe comme celles de l'épine et elles ont la forme et la couleur de celles du néllier, bien qu’elles ne soient pas solitaires comme dans le greffon. Enfin, les fruits, quoique modifiés, sont des nèfles. Sur ces mêmes branches, il s'en est développé un autre qui a un feuillage intermédiaire entre le néflier et l'épine ; ses fleurs sont disposées en corymbe comme celles de l’épine blanche et elles ressemblent à celles-ci plus qu’à des fleurs de néllier. Leur couleur est rose et non blanche. Le fruit est petit, allongé, eou-
- Fig. 1. — Greffes d'aubergines sur tomates. A gauche, fruit normal de l'aubergine longue violette. Au milieu, fruit modifié arrondi côtelé. A droite, fruit modifié en forme d’œuf.
- leur de nèfle. Les jeunes feuilles sont semblables à celles de l'épine, mais elles sont tomenteuses comme celles du néflier, tandis que les feuilles normales de l’épine sont totalement glabres. Sur les vieilles pousses, les feuilles sont moins découpées et souvent elles sont entières comme celles du néflier. Enfin, cet arbre a produit également au-dessous de la greffe, une autre branche bien curieuse. La partie inférieure de cette branche est de l'épine blanche ordinaire, mais elle se transforme à son extrémité en un rameau tout différent, portant des feuilles duveteuses comme celles du néllier. La base de ce rameau est donc normale tandis que l’extrémité devient intermédiaire entre l'épine et le néflier.
- Pour terminer et ne pas multiplier outre mesure les exemples, nous ne parlerons plus que des greffes de choux.
- Le navet peut se greller sur chou à la condition
- de prendre pour sujets de jeunes choux de semis dont la tige soit de la grosseur d’une plume et d’y insérer en fente les racines non encore tuberculeuses de jeunes navets garnis de leurs rosettes de feuilles. Si l’on a eu soin de se conformer dans la plantation à la loi de niveau, le tubercule devient de bonne faille et reste tendu, bien que porté par une lige ligneuse. En faisant goûter quelques-uns de ces navets greffés sur chou cabus et apprêtés comparativement avec ceux des témoins, dans un même plat ou dans des plats séparés, à différentes personnes non prévenues, tous les convives ont élé unanimes à leur trouver une saveur plus agréable, plus sucrée et un goût de chou assez prononcé.
- M. Daniel a greffé le chou de Milan et le chou cabus sur navet jaune, en opérant sur des plantes jeunes comme précédemment. Dans les deux cas il a obtenu une pomme sur le chou et un navet dans
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- le sol. Os navets étaient un peu moins gros; leurs racines secondaires étaient beaucoup plus développées, montrant bien l’intluence exercée par un greffon plus avide de sève brute; malgré cela
- les parenchymes sont restés prédominants et le navet était resté très mangeable. Dans beaucoup de cas, le tubercule avait un goût intermédiaire entre le navet et le chou, de même que la pomme du
- Fig. 2. — Greffes rte choux. A gauche, chou rte Tours greffé sur chou rte Saiut-Brieuc à pomme rourte. A droite, chou rte Tours greffé sur chou rte Saint-Brieuc et ayant conservé la forme conique.
- chou présentait elle-même cette saveur mixte. Os légumes greffés ont paru plus agréables au goût.
- Quelquefois la greffe amène dans la formation des parties charnues une maturité plus précoce. Le changement dans la précocité relative des parties comestibles d’une plante donnée sous l’intluence d’un greffon plus tardif se prête à une application pratique intéressante : on peut, par exemple, obtenir une même race de navets à des époques différentes de l’année, par des greffes raisonnées faites à des époques opportunes.
- En greffant le chou de Tours, race de vigueur moyenne, à feuillage vert tendre, à pomme conique bien caractérisée, sur le chou de Saint-Brieuc, dont la pomme est ronde, le feuillage plus foncé et la vigueur plus grande, on obtient tantôt la pomme conique spéciale à la race greffon, tantôt la pomme ronde de la race sujet. Tous ces exemples, pris au hasard entre cent, montrent d’une façon péremptoire que le sujet modifie souvent, mais
- irrégulièrement, les caractères spécifiques du greffon. Une dernière question se pose : les modifications ainsi produites dans le greffon sont-elles héréditaires? Des expériences de M. Daniel à ce sujet on peut conclure que les hybrides et métis de greffe peuvent se grouper en trois catégories : 1° ceux qui se conservent intégralement par la greffe ou le bouturage ou par tubercule ; 2° ceux qui ne conservent qu’une partie des caractères acquis, à la suite de cette même multiplication végétative; 5° ceux chez qui l’impression est fugace et disparaît totalement quand on essaye de la multiplier par voie végétative. On arrive à des conclusions identiques en procédant, non par voie végétative, mais avec des semis.
- Tous ces faits, quoique irréguliers dans leur manifestation, sont intéressants au point de vue pratique ; mais ils le sont encore plus relativement à la biologie générale. Henri Cocpin,
- Fig. 5. — Néflier greffé sur Épine blanche.
- 1, 2. Rameaux à feuilles de deux sortes. — 3. Feuilles de Néflier sur une branche d’Épine blanche. — 4, 5. Fleurs de Néflier disposées en corymbe comme celles de l’Épine blanche.
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- IX NATURE.
- CHRONIQUE
- La comète Tempel. — La comète Tempel-Swift, découverte le 27 novembre 1869 par Tempel, n’a été bien connue que, lorsqu’elle fut retrouvée par Swift le 10 octobre 1880. Sa période étant de 11 ans, on l’a vue en 1891 ; on l’a à peine aperçue eu 1875, en 1886; en 1897 son intensité était cent fois plus faible qu’à ses apparitions antérieures de 1880 et 1891. A partir du mois de septembre prochain, grâce aux éphémérides calculées pour son retour en tenant compte des perturbations exercées sur son mouvement par les planètes Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter et Saturne (Lranus et Neptune sont trop éloignées), les puissants instruments astronomiques actuels permettent d’apercevoir cette comète dans le ciel et de la suivre pendant les premiers mois de l’hiver. Elle ne sera visible qu’au moyen des télescopes : en 1891, elle avait l’aspect d’une nébulosité grande, pâle et informe, avec une chevelure de 2' et une faible queue de W à 8'.
- I.» mue des Canards. — Les oiseaux sont en général malades pendant la mue; ils perdent leur vivacité habituelle et semblent abattus. Mais cette épreuve ne les incommode pas autrement pour la plupart. Les oies et les canards constituent une exception, car ils perdent pendant la mue jusqu’à la faculté de voler. Les Samoyèdes profitent de ce moment pour faire la cbasse aux oies sauvages, inapprochables à d’autres époques, et dont ils font ainsi une ample provision pour l’hiver. Mais si les oies sont à ce moment privées de tout moyen de défense, les canards, eux, ont une ressource : leur plumage prend, à l’époque de la mue, la couleur neutre et peu voyante de celui de la cane. M. Millais, naturaliste anglais, étudie consciencieusement le phénomène dans un livre qui vient de paraître1, il constate, en outre, que les plumes de la tète, du cou, de la poitrine et d’une partie du dos (en tout deux tiers du plumage) subissent une double mue, c’est-à-dire qu’ils se renouvellent deux fois ; pendant toute cette période le plumage change constamment et graduellement de couleur. La cane, qui doit défendre et nourrir sa couvée, ne perd pas en une fois tontes les plumes de ses ailes, mais les renouvelle graduellement comme font d’ailleurs la plupart des autres oiseaux. Mais où l’auteur nous surprend le plus, c’est quand il affirme, et l’affirmation a son poids quand il s’agit de M. Millais, que l’oiseau peut avancer ou retarder, à volonté, l’époque de la mue et que le canard peut même arrêter ou provoquer la sécrétion de matière colorante qui lui sert à son déguisement.
- Les ventilateurs électriques eomme jeu de hasard. — Depuis quelque temps déjà, il est de mode au Canada d’employer les ventilateurs électriques comme jeu de hasard, en remplacement de la roulette. Les joueurs de ce beau pays d’où l’étonnante nouvelle nous arrive, n’admettent même pas de doute que ce genre d’appareils ne convienne à merveille à cette application inespérée. L’armature métallique qui protège les ailettes du ventilateur est divisée en plusieurs secteurs peints, chacun, d’une couleur différente. Lorsque chaque joueur a choisi sa couleur et a fait sa ponte, on ferme l’inler-rupteur du courant et le petit électromoteur qui actionne le ventilateur commence à tourner. Lorsqu’il a acquis une certaine vitesse, on coupe le courant et on attend que les ailettes s’arrêtent complètement. Une ailette marquée
- 1 Histoire naturelle du canard, chez Longmans Green and O, Londres.
- d’un signe spécial indique le secteur et la couleur qui ont gagné, c’est-à-dire celle vis-à-vis de laquelle l’ailette s’est arrêtée.
- Pain frais et pain rassis. — Le pain frais est-il indigeste ? On le croit en général, mais le Lancet est d’un avis contraire. Que le pain soit frais ou rassis, affirme-t-il, sa digestibilité dépend de la mastication qu’on lui fait subir avant de l’avaler. Pour le pain rassis la mastication est plus complète, car il donne sous la dent des miettes dures qui pourraient blesser les parois du pharynx si elles n’étaient imprégnées de salive. Voilà pourquoi le pain rassis parait plus digestible. Le pain exige d’être bien mâché avant d’être avalé. Un chien avale en général sans le mâcher un morceau de viande, mais il triturera soigneusement un morceau de pain. Cela tient à ce que la salive ne contient que peu de principes qui puissent digérer la viande, alors qu’elle semble spécialement destinée à digérer le pain. Chose curieuse, le pain rassis n’est pas plus sec que le pain frais. Chauffez-le, il redevient tendre et pourtant la chaleur a dû emporter une partie de son humidité. Il faut croire que l’eau reste dans le pain rassis, mais qu’elle s’y trouve à l’état de combinaison, alors qu’elle existe à l’état libre dans le pain frais.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 août 1902.
- Présidence de M. Bouquet de i.a Grye.
- Les fonds maritimes des côles de France. — M. Thoulet, professeur à la Faculté des Sciences de Nancy et à l’Ecole supérieure de Marine, fait hommage à l’Académie d’un exemplaire de la carte bathymétrique et lithologique des côtes de France. Cette carte, comme les cartes topographiques, présente des courbes de niveau, c’est-à-dire, en l’espèce, des courbes d’égale profondeur.
- Les phénomènes éruptifs de la Marliniqtie. — M. le secrétaire perpétuel Darboux annonce qu’il a eu l’occasion de voir M. Lacroix, délégué de l’Académie et chef de la mission envoyée à la Martinique. M. Lacroix rend hommage au concours empressé que la mission a reçu du gouverneur et des officiers de la Marine. La Mission a été pénible et dangereuse non seulement à cause des circonstances climatologiques qui étaient très mauvaises, mais à cause de l’épidémie de fièvre typhoïde qui s’est déclarée à Fort-de-France, à la suite de l’afflux de la population d’une partie de l’ile. M. Giraud, membre de la mission, est tombé malade; mais heureusement son état n’inspire aucune inquiétude. Au sujet de la première éruption, M. Lacroix dit qu’on observe un secteur à l’intérieur duquel les êtres vivants ont été asphyxiés et les corps carbonisés; ce secteur est bordé de deux autres secteurs à l’intérieur desquels il y a eu asphyxie des êtres, mais non carbonisation des corps. Il paraît donc probable qu’il y a eu un énorme dégagement de gaz incandescent. Quelle était la nature de ce gaz? M. llerthelot incline à croire que c’est de l’hydrogène; la brûlure superficielle des corps se serait alors produite comme lorsqu’il y a un grand coup de grisou, et dans les régions avoisinantes du lieu de la déflagration il y a eu un énorme appel d’oxygène cpii a entraîné l’asphyxie des habitants. Enfin, sur le volcan, M. Lacroix a pu noter que les explosions successives s’étaient toutes produites dans une même région qui va se rétrécissant. M. Rollet de l’Isle, ingénieur hydrographe qui a opéré une grande quantité de sondages, a pu constater, d’une
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- LA NATURE.
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- façon certaine, que le fond de la nier n’avait pas subi de changement. Des raz de marée peu importants se sont produits sous l’intluence des variations brusques de la pression atmosphérique dues aux explosions.
- Varia. — M. Garrigou adresse une Note sur les procédés de concentration des liquides alimentaires et notamment des vins qu’il a précédemment indiqués.
- (’ll. DK Vu.LERECIL.
- LA. MÉCANOTHÉRAPIE
- ET LES ACCIDENTS DU TRAVAIL
- Le massage est certainement le grand adjuvant de la médecine post-opératoire, mais ce traitement, toujours fort long, est également très coûteux, car il doit être pratiqué, pour en obtenir tout l’elfet désirable, par des spécialistes expérimentés. 11 y avait donc intérêt .à remplacer dans certaines limites la main de l'homme, par une machine imprimant aux membres des mouvements destinés à donner les mêmes résultats (pie le massage.
- Ce problème a été résolu par le ])r Zander de Stockholm. Kukenberg, le premier, a appliqué le principe des balanciers aux appareils orthopédiques, qui élimine le poids du membre et additionne les moindres contractures musculaires, ce qui permet au malade ou au blessé d’obtenir, même dans les cas d’atrophie très prononcée, un mouvement d’une amplitude réelle.
- Les constructeurs Rossel et Sehwass, de Wies-baden, guidés et inspirés par le distingué chirurgien de Wurgbourg et le professeur Hoffa, ont particulièrement contribué au perfectionnement des appareils qui constituent le traitement mécanothérapique, et (pii, enserrant le membre blessé et faisant décrire à la partie malade une série de mouvements actifs ou passifs, amènent rapidement la disparition de U ankylosé, de la raideur ou de la douleur des articulations.
- C’est, ainsi que s’il s’agit de la fracture de l’olécrane (os du coude), la raideur inévitable après la longue immobilisation à laquelle est soumis le membre sera vaincue en quelques semaines par les mouvements réguliers et répétés pendant plusieurs heures de l’avant-bras, le bras étant maintenu en place dans l’appareil.
- Ce résultat est obtenu par un contrepoids et un balancier dont l’amplitude du mouvement est indiquée par une aiguille dynamométrique; cette amplitude varie évidemment selon la nature et la gravité des lésions et augmente graduellement à chaque séance.
- D’antres appareils agissent de même avec les doigts, les poignets, les pieds, le torse même, le traitement mécanothérapique étant indiqué après la fracture du col du fémur ou la luxation de la hanche.
- On conçoit le parti (pie pouvaient tirer de cette méthode les compagnies d’assurances, qui, h la suite de l’application de la loi d’avril 1898 sur les accidents du travail, devaient chercher par tous les moyens possibles à diminuer les lourdes charges qui
- leur étaient imposées. Un institut de mécanothérapie se fonda à Paris, sous la direction des docteurs Courtault et Vermeulen et réunit en quelques mois une centaine d’ouvriers venus de tous les points de la France pour obtenir leur rétablissement.
- Certaines grandes villes comme Bordeaux, Lille, Nice, possèdent bien des établissements similaires : Institut Zander, Gymnastique suédoise, etc., mais destinés surtout au traitement des maladies (arthritisme, obésité, dyspepsie, anémie, neurasthénie), et des faiblesses et mauvaises attitudes infantiles (scoliose, paralysie, etc.). Nul doute toutefois que leur usage ne s’étende rapidement au traitement des accidents.
- Par contre l’Allemagne possède depuis plusieurs années de nombreux instituts de mécanothérapie ; l’élan y lut donné par le 1)' Sehütz, de Berlin, qui fonda le premier « Institut ouvrier » pour y appliquer la « Médecine des accidents » ; situé à Shonhau-sen, près de Berlin, cet établissement a été monté avec la participation des compagnies d’assurances. Ce n’était d’ailleurs qu’un essai, qui lut suivi de l’installation de nombreux instituts similaires, tels que : Reu-Randhorf, près de Berlin, dirigé par le l)1' lient/ ; Bergmanstrout, près de Halle, dirigé par le l)1' Oberst, à la tête d’un personnel de 50 employés, établissement ayant coûté près de 2 millions; Ro-cheim, en Westphalie; Koenigschutte, en Silésie, etc. Et dans ces instituts construits en vue de traitements complets de toutes sortes d’accidents, on pratique, outre la mécanothérapie, les massages manuels, les douches, l’électricité, etc. ; ils ont été fondés presque tous par des « Corporations », assurances fonctionnant sous le contrêde de l’État. Un comprendra en effet quel intérêt ont les compagnies d’assurances à faire soigner l’ouvrier le plus promptement et le plus complètement possible pour éviter les degrés graves d’incapacité de travail et abréger la durée du temps de chômage pendant lequel l’ouvrier reçoit son demi-salaire.
- D’autre part, grâce à des appareils de contrôle et à un outillage spécial, les cas de simulation sont rapidement dépistés, si bien que les cas simulés d'infirmités, qui étaient autrefois en Allemagne de 20 pour 100, sont tombés aujourd’hui à 4 pour 100.
- La guérison des fractures des membres a suivi également la même proportion favorable ; d’autre part, les cas d’incapacité dépassant quatre mois de traitement, qui atteignaient 50 pour 100 du nombre des accidents avant l'application du traitement méthodique des accidents, sont tombés à 2 pour 100. Les magnifiques résultats sont dus aux ingénieux appareils dont les figures 1, 2, 5, I, 5 et 6 nous donnent un aperçu.
- Les raideurs articulaires, l’atrophie musculaire consécutive aux traumatismes sont des lésions fonctionnelles et organiques provoquées par une immobilisation forcée souvent, trop prolongée et la mécanothérapie intervient toujours avec succès. C’est ainsi que l’ankylose de la jambe (complication iné-
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- LA XATUKK.
- vitable do la fracture du membre) sera rapidement vaincue après quelques semaines de traitement, le membre étant fixé dans un appareil à balancier faisant décrire à la jambe des mouvements réguliers dont l'amplitude augmentera chaque jour.
- Lu ouvrier âgé de 50 ans gagnant un salaire moyen de 1000 francs recevrait, d'après de nombreux précédents judiciaires, si l’ankylose de la jambe persistait, une renie variant entre 5 et 100 francs, nécessitant pour les compagnies d'assurances le
- versement à la Caisse nationale des retraites d'une somme de 5500 à 7500 francs; tandis que l’anky-lose étant disparue, l'ouvrier ne touchera que son demi-salaire pendant la durée de son incapacité de travail. L’économie est donc pour la compagnie d’assurances, et en défalquant les frais de traitement de l’ouvrier à l’Institut mécanothérapique, de 5 à 7000 francs. Malheureusement (car rien n'est parfait en ce monde), la lionne volonté des ouvriers n'est pas à la hauteur de l’excellence du
- La mécanolhérapie. — 1. Traitement de la constipation, obésité, entéroptose, etc.
- 2. Traitement des raideurs articulaires (hanche, genou), etc. — 5. Traitement des raideurs articulaires de l’épaule. 4. Raideur et ankylosé des genoux. — 5. Grand appareil vibrateur de Zander. — 6. Ankylosé du coude.
- traitement et tel blessé qui a recouvré l’usage de son membre et dont les muscles fonctionnent normalement à sa sortie de l’institut, se présente devant le tribunal avec l’apparence d’un parfait invalide.
- Les intéressés devront donc réagir contre cette fâcheuse tendance à la simulation et nous ne saurions trop leur conseiller de faire examiner l’ouvrier, à sa sortie de l’Institut mécanothérapique, par un ou plusieurs de nos chirurgiens les plus autorisés, qui constateront la guérison ou l’amélioration survenue. Alors ce sera parfait, car l’ouvrier, comprenant l’inu-
- tilité de ses efforts de simulation, se remettra à ses occupations et produira bientôt le même travail qu’avant son accident, ce qui sera toujours plus utile pour lui et les siens que de se contenter de la rente plus ou moins élevée qui pourrait lui être allouée. D’un autre côté les assureurs pourront, tout en tenant leurs engagements vis-à-vis des assurés, continuer à distribuer de beaux dividendes à leurs actionnaires. Carolis Karl.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- LE RADIUM ET LA RADIO-\(ÏÏÏ\ITE
- C’est à M. II. Becquerel (jue l'on doit la découverte des rayons émis par l'uranium et ses composés; plus lard, Mme Curie, en France, et M. Schmidt, en Allemagne, trouvèrent que. le thorium jouissaitdes mêmes propriétés. Le rayonnement de ees corps tient à la fois des rayons X et des rayons cathodiques.
- Les rayons ura-niques se rapprochent des rayons X en ce qu'ils peuvent traverser certain s corps opaques à la lumière, qu’ils impressionnent les plaques photographiques, qu’ils excitent la fluorescence et enfin déchargent les corps électrisés; ils tiennent, en outre, des rayons cathodiques par leur propriété de transporter une charge électrique et, par conséquent, d’être déviés de leur route par la présence d’un champ magnétique ou électrostatique.
- L’uranium et le thorium n’émettent que des' quantités minimes de rayons et l’étude des propriétés de ces rayons n’a pu être faite que sur d’autres corps récemment découverts dans les conditions suivantes.
- M,nc Curie, en mesurant Xactivité des corps contenant de l’uranium ou du thorium, observa (jue la rapidité avec laquelle les rayons produits par ces corps déchargent les corps électrisés est proportionnelle à la quantité d’uranium ou de thorium qu’ils contiennent. Cependant certains minerais d’urane, et, en particulier, la Pechblende de Joachimstal, possèdent une activité plus grande même que l’ura-30e année. — 2° semestre.
- Fi<;. t. — lïa(lio<n'iiplii(‘ olilemio par les rayons du liadimn.
- Fig. 2. — Sulfure do, zinc rendu phosphorescent par les rayons émis d’une solution de chlorure île radium.
- nium. M. et Mme Curie furent donc conduits à admettre l’existence, dans ces minerais, d’un ou plusieurs
- corps nouveaux, s’y trouvant probablement en proportions très faibles, mais sans doute doués d’une activité énorme comparée à celle de l uranium. On soumit les minerais à un traitement chimique ayant pour but de séparer peu à peu leurs parties constituantes, en mesurant, après chaque séparation, l’activité de ces différentes parties afin de savoir toujours dans
- quelle fraction se trouvaient les éléments radio actifs qu’on se proposait d’isoler. Ce travail long et minutieux, où, ignorant totalement les propriétés chimiques des corps recherchés, on n’avait pour guide que l’électromètre permettant la mesure de l’activité, fut couronné de succès par les découvertes consécutives : 1° du Polonium, faite par M. et M,rfe Curie, en 1898; 2° du Radium, par M. Curie, Mme Curie et M. Bémont, la même année ; o° de Y Actinium, par M. Debierne, en 1899.
- —£>De ces trois corps, un seul, le radium, peut, jusqu’à présent, être considéré avec certitude comme un élément nouveau, distinct de tous les corps simples connus, possédant des propriétés voisines de celles du baryum, mais non identiques ; ayant un poids atomique frès différent de celui de ce métal et donnant à l’analyse spectrale une série de raies absolument caractéristiques.
- A la première nouvelle de l’existence du radium
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- dans la pechblende, les chimistes curent quelques doutes sur la réalité du nouveau métal dont la présence, dans un minerai aussi connu, eût pu passer si longtemps inap rçue. L’explication de ce l'ait se trouve aisément dans les chiffres qui 'donnent la quantité de radium contenue dans le minerai et dans les sensibilités comparées de la mesure de l’activité eL des mesures les plus sensibles employées en chimie.
- Le traitement d’une tonne de pechblende ne donne, en clfet, que 2 décigrammes de radium ; Lélectromèlre servant à mesurer l’activité de la pechblende aurait permis d’en déceler des quantités 1000 fois moindres, bar contre, l’analyse spectrale, considérée, à juste titre, comme la plus sensible pour les corps ordinaires, exige, pour montrer la raie caractéristique du radium, un produit en contenant au moins 1/10 000. On voit que l’élcclro-mètre est, dans ce cas, 500 000 fois plus sensible que la meilleure des méthodes d’analyse qualitative.
- .\l",e Curie vient d’obtenir, après un 'traitement fort long, environ 1 décigramme de chlorure de radium pur, débarrassé du baryum avec lequel en le trouve toujours, au point que la spectroscopic de ce corps, faite par M. Demarçay, ne dénote plus la présence d’aucune raie caractéristique n’appartenant pas au radium.
- Ce produit pur a été employé à la détermination du poids atomique du radium et a fourni le nombre 225 considérablement plus élevé que celui du baryum (157). Dans la table de classement des éléments de Mendeleef le radium se place avec le strontium et le baryum dans le groupe des métaux al-calino-terreux, avec lesquels il offre, au point de vue chimique, des analogies très grandes, et dans la même série que le thorium et l’uranium qui possèdent comme lui la propriété d’être radio-actifs. Ces trois éléments radio-actifs sont ceux de tous les corps simples qui ont les poids atomiques les plus tlevés.
- Ces derniers résultats obtenus par MIUJ Curie ne peuvent donc laisser aucun doute sur l’existence du radium comme élément nouveau. L’intérêt que présente ce corps réside surtout dans l’émission spontan é et constante des rayons qu’il produit sans qu’on puisse déterminer la source à laquelle est empruntée l’énergie dépensée dans ce rayonnement.
- Quelles que soient les hypothèses faites pour expliquer ce phénomène, on n’en trouve aucune, d’abord, qui soit justifiée par les résultats d’expérience, et l’on arrive, en outre, à cette conclusion qu'il y a contradiction apparente, peut-être réelle, entre cette émission intarissable d’énergie et le principe de Carnot universellement admis en physique.
- Le rayonnement du radium est tout «à fait de même nature (pie celui de l’uranium, mais d’une puissance considérablement plus grande, soit d’environ un million de fois ; les propriétés des rayons émis par ces corps ont donc pu être étudiés sur le radium d'une façon beaucoup plus sûre que ne le permettaient l’uranium et le thorium.
- La figure 1 est la reproduction d’une radiographie (pii a été obtenue au moyen des rayons du radium ; une bourse de cuir avec fermoir métallique, contenant un sou et une petite clef, était placée dans l’obscurité sur ' une plaque photographique; une substance radifère placée à une certaine distance émettait des rayons qui ne parvenaient à la plat pie photographique qu’après avoir traversé le porte-monnaie. La radiographie ainsi obtenue indique donc (pie les rayons sont très peu absorbés par le cuir et, au contraire, presque complètement par les objets métalliques. Cette figure montre bien la ressemblance des résultats obtenus par les rayons du radium avec ceux qu’auraient donnés, dans les mêmes conditions, les rayons boentgen.
- Toutes les expériences qu’on fait avec les rayons cathodiques et les ravons X, expériences aujourd’hui bien connues, se reproduisent très facilement aussi avec les rayons becquerel; il n’est donc pas utile d’insister longtemps sur ce point.
- Les rayons émanés du radium sont susceptibles de réagir sur les corps pour modifier leur état chimique : ils transforment l’oxygène en ozone, colorent en violet foncé ou en brun le verre et la porcelaine; en outre, ils agissent sur les tissus organiques comme le font les rayons ultra-violets et les rayons X, mais avec une puissance très grande, pour produire des sortes de brûlures profondes. Cette action des rayons becquerel sur les tissus organisés a été appliquée avec succès par le I)1 Oudin pour le traitement du lupus.
- Le fait que les rayons émis par le radium rendent fortement lumineux les corps fluorescents et phosphorescents, platino-cyanure de baryum, sulfate, double d’uranyle et de potassium, sulfure de zinc, etc., a pu faire penser qu’on arriverait peut-être un jour à produire ainsi, sans dépense d’énergie, une lumière artificielle assez puissante pour être utilisée. La question envisagée sous cette forme, au point de vue industriel, est loin d’être résolue; les chiffres que nous avons donnés (dus liant sur la quantité de radium que contient une tonne de pechblende (le minerai le plus riche), et le prix de revient du traitement de celle tonne, qui est d’environ 10*000 francs, suffisent à montrer, en dehors de toute autre considération, que la solution du problème de l’éclairage éternel et gratuit est encore malheureusement bien éloignée.
- (Jn peut néanmoins montrer quelques expériences brillantes basées à la fois sur la fluorescence ou la phosphorescence et une autre propriété du radium qui est d’induire dans les corps qui sont en sa présence une activité qui les rend temporairement semblables à lui-même. Si, dans un espace clos, on enferme un produit actif de radium avec d’autres corps et qu’on les laisse ensemble un certain temps, on trouve que les corps ainsi exposés ont pris une activité analogue à celle du radium et d’autant plus grande que l’espace où ils sont enfermés est plus étroit. La ligure 2 montre une expérience de ce
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- genre : doux ballons on verre sont réunis par un tube horizontal, dans l’un dos ballons so trouve une solution do chlorure de radium, dans l’autre du sulfure de zinc phosphorescent; les deux ballons sont complètement iermés, mis ainsi h l'abri de l’air extérieur. En maintenant ce système dans l’obscurité, on observe, après un temps plus ou moins long, que le sulfure de zinc est devenu fortement lumineux ainsi que tout le verre de l’appareil.
- Si ensuite on sépare les deux ballons, on voit que l’activité induite du sulfure de zinc ne subsiste qu’un certain temps; maintenu fermé le ballon reste lumineux, de moins en moins avec le temps, mais d'une façon appréciable encore pendant plus d’un mois ; en le laissant ouvert, au contraire, il perd presque toute son activité en un jour.
- Tous les corps ont ainsi, à un égal degré, la propriété d’acquérir l’activité induite, mais ils ne deviennent lumineux que s’ils sont fluorescents ou phosphorescents. Enfin, cette radio-activité induite semble, au moins dans certains cas, transformer les corps qui l’acquièrent au point de vue de leurs propriétés chimiques.
- Dans une expérience fort curieuse de M. Debierne, une solution d’un sel de baryum a été activée, et en opérant connue on le ferait si l’on avait un mélange de baryum et de radium pour séparer ces deux corps, M. Debierne est arrivé à obtenir un produit très actif ayant toutes les propriétés du radium, moins le spectre; mais cette transformation du baryum n’est que temporaire et en perdant peu à peu son activité le pseudo-radium reprend tous les caractères du baryum. D.vur. Baby,
- Chef des travaux pratiques à l’Ecole de Physique et de Chimie.
- LE CHLORHYDRATE DE TÉRÉBENTHINE1
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- SOS EMPLOI DANS LA FABRICATION DU CELLULOÏD
- Depuis longtemps le chlorhydrate de térébenthine, dénommé camphre artificiel à cause de sa similitude d’aspect et d’odeur avec le camphre naturel, avait été proposé pour remplacer ce dernier dans la composition du celluloïd.
- On lit de petits essais en laboratoire qui semblèrent réussis, mais, quand il se fut agi de l’application du nouveau produit industriellement, on s’aperçut vite que le chlorhydrate de térébenthine, tel qu’on l’obtenait à cette époque, ne pouvait convenir à la fabrication du celluloïd. Car le celluloïd fait avec le camphre artificiel montra rapidement le peu de valeur que lui donnait ce produit, et ce n’était pas engageant de refaire de nouveaux essais; les parties transparentes devenaient opaques et troubles; les parties colorées perdaient leurs couleurs; les couleurs minérales le rendaient cassant, ce qui prouve bien que ce produit, à moins d’être très pur, n’avait aucun point de comparaison avec le camphre naturel. Mais fabriquer le produit pur devenait très coûteux : après de nombreuses recherches on arriva cependant à obtenir le 1 Yoy. n° 1526, du 25 août 1902, p. 178.
- chlorhydrate de térébenthine chimiquement pur et les essais furent repris et cette fois couronnés de succès.
- I n procédé tout récemment breveté permet d’obtenir un produit qui surpasse en pureté ceux de laboratoire et dont le 'prix de revient est fort au-dessous du prix de vente du camphre naturel; l’inventeur est M. Callem-herg, ingénieur-chimiste conseil de la fabrique de celluloïd de Lank-sur-Rhin. On put alors reprendre les essais et comparer les produits obtenus avec le camphre naturel et le camphre artificiel et les nombreux succédanés que l’on trouve dans le commerce. Pour éliminer ces derniers, disons de suite qu’aucun n’a pu encore être envisagé comme remplaçant le camphre d’une manière complète ; il se trouvait toujours un côté faible qui en interdisait l’emploi. Tous ces succédanés, des éthers pour la plupart, perdaient leurs propriétés lorsqu’on les mettait en présence du coton-poudre, et cela déjà à basse température : les uns devenaient acides, agissaient sur les matières colorantes et autres composants du celluloïd et en rendaient l’emploi impossible ; les autres se comportaient vis-à-vis du coton plutôt en comburants qu’en dissolvants et s’excluaient d’eux-mèmes.
- De même avec le camphre artificiel, dont on n’avait pas encore trouvé le moyen de faire disparaître les sous-produits nuisibles à la fabrication du celluloïd.
- Seul le chlorhydrate de térébenthine pur, corps se présentant sous forme solide, transparent et blanc connue du cristal, pouvait rivaliser avec le camphre naturel et le remplacer dans toutes les combinaisons où ce dernier entrait.
- Bien plus, tandis qu’il fallait des cotons spéciaux solubles dans la dissolution d’alcool et de camphre, avec le chlorhydrate de térébenthine tous les cotons, à quelque degré de nitration qu’ils appartiennent, deviennent solubles au contact d’une solution de ce nouveau produit; et la marchandise obtenue ne le cède en rien comme beauté et comme consistance au celluloïd fabriqué avec le camphre naturel.
- Le chlorhydrate de térébenthine offre de plus l’avantage d’être meilleur marché que le camphre naturel.
- Une propriété remarquable du chlorhydrate de térébenthine est que, mélangé avec une substance spéciale, il donne un nouveau produit n’ayant aucune des propriétés des deux composants et qui de plus est ininflammable.
- Avantage énorme pour le celluloïd dont la grande inflammabilité est connue et dont la décomposition spontanée est à jamais supprimée par l’addition de ce produit.
- Enfin, dernier avantage, tandis que le camphre s’évapore peu à peu de ses combinaisons, le chlorhydrate de térébenthine, lui, est beaucoup moins volatil, ainsi qu’il a été facile de s’en rendre compte par de nombreuses expositions à l’air et en étuve au Laboratoire de la Dyna-initerie de Cugny. L. Weutiieimer,
- Docteur es sciences, elnnislc tlt: la Dynninilcrie do C.ufniy.
- UN COIN PITTORESQUE DE LA PROVENCE
- LES BAUX
- Les touristes qui visitent la Provence passent fréquemment, sans s’y arrêter, très près d’un des coins les plus pittoresques du midi de la France, je veux parler du village des Baux, inclus dans le petit chaînon montagneux des Alpines ou Alpilles, ainsi que le nomment aujourd’hui les félibres.
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- LA NATURE.
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- Certes, la visite des antiques cités d'Arles et d’Avignon est Lien faite pour séduire, mais le massif des Alpines, dont les hauts sommets n’atteignent pas 500 mètres, offre plus de charme, un pittoresque plus spécial, et évoque des souvenirs qui ne sont pas sans grandeur.
- C’est au pied de ces blanches collines, osées par le temps, hrfilées par le soleil, que se trouve le moulin de Daudet, dont les grandes ailes tournent tou jours ; c’est là que chantent surtout les cigales et que fut mangée la chèvre de M. Seguin; là aussi que .Mireille aurait vécu. Ces souvenirs viennent à l’esprit lorsqu’on parcourt la route, bordée de champs d’amandiers et d’oliviers, qui va d’Arles aux Maux.
- Et, en faisant l’ascension des Alpines, on songe aussi à la Tarasqiie et à Tartarin, dont on n’aperçoit pas la villa du baobab, mais dont on devine l’habitation à quelques kilomètres vers l’ouest, près de la tour du Roi René, dont les crénclures se profilent sur le ciel bleu. Tout cela serait suffisant pour retenir l’attention des touristes; mais il y a cent fois mieux.
- 11 y a là, au cœur de la montagne, une localité qui mérite une longue visite, tant par l’importance de ses ruines, l’originalité de son cadre, que par l’enseignement (pie procure son étude. Cette localité, c’est les baux.
- Je n’ai pas la prétention de m'immiscer dans le domaine archéologique et historique; il est cependant
- l’i”. 1. — l.rs f.o v;il d'Enfer. fl)';i|»ès uns il<! MM. .Ncnnloiii fnVrs.)
- quelques points qui méritent de fixer l’attention.
- Les Baux a été la capitale des Alpines et a compté jadis 5000 habitants ; aujourd’hui elle n’en a pas 200. Son nom a rayonné durant des siècles sur toute la Provence, mais c’est depuis longtemps une ville morte, dont la visite laisse une impression de tristesse, analogue à celle d’une nécropole abandonnée.
- La cité était construite sur un rocher escarpé, accessible seulement d’un seul coté et présentant sur les trois autres faces des à pics de plus de 100 mètres, en certains points. Elle était dominée par les ruines d’un château fort dont les tours et les crénelures sont très imposantes. Ce château, qui est en partie du onzième siècle, a été l’un des plus considérables de la région. Aux douzième et treizième siècles s’y tint une des cours d’amour les plus célèbres de la Provence. Il
- fut rasé par ordre du duc de Cuise à la fin du quinzième siècle.
- Au pied de ces ruines géantes, s’étendent les restes d’une ville qui dut être riche, si on en juge par les maisons aux façades élégantes dans le style Renaissance (pii y sont semées ; mais quels changements dans ce coin retiré, depuis 400 ans ! Aux constructions somptueuses et gracieuses de la Renaissance, ont succédé aujourd’hui de petites maisons basses, mal bâties, creusées en partie dans le roc et qui abritent une population plutôt pauvre. A côté d’une belle fenêtre aux délicates ciselures, s’en montre une autre en bois vermoulu, dont les carreaux sont formés par des réclames de papier à cigarettes le Nil ou par des gravures du Petit Journal. Où sont les splendeurs d’antan !
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- I,'homme actuel ne s'est pas contenté d’ajouter son action destructive à celle du temps et de saccager ces beaux vestiges du passé, il a ouvert des carrières au nord du village pour tirer quelques mètres cubes d’une pierre qui se trouve abondamment près de là, et a l'ait ainsi disparaître des parties importantes de l’ancienne cité. La Commission des monuments historiques a cependant arrêté le vandalisme, il y a quelques années, et empêché la disparition du cimetière gallo-romain, dont toutes les tombes aujourd'hui béantes sont creusées en plein rocher calcaire. En contemplant ces ruines, l'esprit se laisserait peut-être entraîner à la mélancolie, s’il n’était distrait par un spectacle d’un autre genre. Du sommet de
- yes rochers, dont la blancheur éclate au soleil, on découvre une partie de la Provence : au nord, c’est la plaine d’Avignon; au sud, la Cran, avec son pavage de cailloutis infertiles ; plus loin l'étang de lierre et la Méditerranée, dont l’azur va se fondre, à l'horizon, avec celui du ciel.
- Les Alpines apparaissent comme une grande muraille de 25 kilomètres de long et de direction est-ouest, unissant le Bhône à la Durance; elles sont entourées par des canaux d’arrosage qui les transforment en une île d'un nouveau genre.
- En remontant dans le passé, les géologues ont pu établir qu’à une époque assez rapprochée de nous (pliocène) les Alpines étaient entourées par la mer,
- Fig. 2. — Los Baux. Val d’Euler. Vue prise des eaux. (D’après une photographie de MM. Neurdein frères.)
- qui formait comme un grand fjord le long de la vallée du Rhône vers Lyon, et qu’elles étaient constituées par un pli de l'écorce terrestre, une sorte de ride E, 0, qui se continuait au delà des rives de la Durance par les collines du mont Leheron. La rivière s’est frayé peu à peu un passage vers Ürgon et a séparé ainsi des montagnes qui formaient jadis une unité géographique bien nette.
- Dans l’atmosphère d’une luminosité si douce de la Provence, le profil des Alpines rappelle, dit-on, les montagnes de la Grèce. Elles comprennent des calcaires variés, plus ou moins durs, entremêlés parfois de marnes, et dont certaines assises, assez tendres (mollasse marine helvétienne) particulièrement développées aux Baux et aux environs, sont exploitées, depuis le quinzième siècle à Eontvielle,
- dans de grandes carrières souterraines. Une partie des maisons et des monuments de la Provence sont construits avec ces calcaires, connus sous le nom de pierre d’Arles.
- Ce sont des roches tendres, friables, qui donnent, aux Baux et à la région occidentale des Alpines, leur physionomie si particulière. Tantôt, elles forment des mamelons, des crêtes déchirées, escarpées, arides; tantôt des empilements de blocs aux contours arrondis, des sortes de coulées de gros pavés ; puis ailleurs, des corniches et des surplombs hardis. L’architecte qui a sculpté cette pierre, c’est l’eau atmosphérique chargée d’acide carbonique; elle a dissout, troué, bossué, ajouré les calcaires, et les a transformés, par places, en une véritable dentelle de pierre. 11 y a là des pans de rochers qui rap-
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- pelle,nt les fines sculptures du Louvre. En d’autres points, l’eau a creusé des galeries de plusieurs centaines de mètres de long. La montagne est ainsi traversée de trous, de lentes, dans lesquels l’eau s’infiltre et disparaît, ainsi que cela a lieu dans tous les pays calcaires. Elle a formé aussi de longues galeries et des grottes (grottes de fées) de plus de 100 mètres de profondeur, dont certaines ont été habitées par l’homme de la pierre* taillée, et, plus tard, pendant la période gallo-romaine. Par certains cotés, ce coin des Alpines rappelle Montpellier-le-Yieux, par la bizarrerie de ses rochers sculptés.
- C’est aussi dans les vallons entourant les baux qu’a été découverte la bauxite, cette roche savonneuse, aux aspects si variés : blanche, verdâtre, panachée de rouge, et qui est exploitée activement comme un des plus riches minerais d'aluminium, et comme une des terres les plus réfractaires que l’on connaisse. Elle est expédiée fort loin, dans ce dernier but, à de nombreuses usines où elle sert d’enveloppe aux hauts fourneaux ou aux moufles qui sont portés à une température très élevée.
- Après cet exposé bien sommaire, on voudra bien avouer qu’un endroit qui permet d’étudier un point d’histoire intéressant, de faire la géologie et la géographie raisonnée d’une des régions les pins pittoresques de France, est bien fait pour attirer l’attention de ceux qui ne se contentent pas du plaisir des yeux, mais éprouvent le besoin de comprendre, et veulent avoir, par-dessus tout, la jouissance de l’esprit. En. Glangeaud,
- Professeur adjoint à lTniversilé de Clermont-Ferrand.
- LIQUEURS ET APÉRITIFS
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- La Commission de l’alcoolisme a fait récemment à l’Académie de médecine un rapport important à résumer sur les boissons spiritueuses. Le rapporteur est le savant professeur J.-Y. Laborde. Les conclusions ne tendent rien moins qu’à la suppression absolue des liqueurs et des apéritifs. Par extension de la loi du 21 germinal an XI et les titres I, II et III de l’ordonnance royale du 20 octdbre 1846, du décret du 11 juillet 1850, enfin de la loi du 26 mars 1872, les boissons spiritueuses et liqueurs dites « apéritifs », en particulier l’absinthe, le lutter, le vermout et les essences, devraient être assimilées aux substances vénéneuses. L’Académie de médecine n’a pas encore voté sur les conclusions de la Commission et elle ne le fera certes pas, après les vacances, sans amendement. 11 ne s’agit d’ailleurs que d’un vœu. C’est le Parlement qui décidera en dernier lieu. En tout état de choses, il est utile que le consommateur connaisse bien les arguments tutélaires que l’on fait valoir dans l’intérêt de la santé publique. Le public s’empoisonne et on ne veut pas qu’il en ignore.
- La liqueur d’absinthe, comme on le répète sans cesse, est celle qui tient la tète. On l’appelle dans le monde médical « la reine des poisons de ce genre ». On prépare l’absinthe, a dit M. Girard, par distillation de la grande absinthe, de l’anis vert, du fenouil; on colore le distillatum, qui ne renferme que les essences de ces [liantes, au moyen d’une teinture composée de petite absinthe, d’hysope et de mélisse citronnée, qui introduit dans la liqueur une nou-
- velle quantité d’essence et les principes fixés de ces plantes : les résines, les matières colorantes, les alcaloïdes, etc. En sorte que la liqueur est un [toison, d’abord par ses essences, ensuite par ses alcaloïdes. Sans compter l’alcool. Les expériences physiologiques si souvent renouvelées ne laissent aucun doute à cet égard.
- Les recettes pour fabriquer la liqueur d’absinthe sont du reste nombreuses. Ghaque distillateur a la sienne. J’en donne une seulement comme exemple :
- Alcool à Sô°............................. 100 litres.
- Eau.................................. Ht —
- Absinthe (grande) sèrlic................... 2 kilof,r.
- Absinthe (petite; sèche.................... 1
- Anis.........!.............................. 2 —
- Fenouil..................................... 2 —
- On distille de façon à recueillir 100 litres de produit; on colore avec 1 kg d’hysope fraîche et on ajoute : essence d’anis, 400 gr. C’est fait. On trouvera d’autres recettes plus économiques, si l’on est curieux, dans le rapport. En somme, on a recours aux ingrédients suivants, en partie ou en totalité, en dehors de l’absinthe : anis, hysope, mélisse, angélique, fenouil, badiane, coriandre, ortie, persil et quelquefois camomille et génipi.
- Ces diverses essences possèdent des actions spéciales sur le consommateur. L’essence d’absinthe conduit au syndrome épileptique bien caractérisé ; les antres essences sont des stupéfiants. Ce dernier groupe, bien que moins nocif, n’en apporte pas moins son tribut additionnel au danger d’empoisonnement. En fait, le mal principal, c’est l’absinthe. Il ne faudrait pas croire toutefois que les autres apéritifs ne soient pas toxiques, comme le bitter, le vermout. La composition des bitters, donnée en 1901 par M. Charles Girard, est d’une complexité touffue dont on ne se fait [tas généralement, l’idée. Les végétaux employés sont : absinthe, gentiane, galonga, iris, angélique, cala mus, santal, orange, quinquina, cardamone, augus-ture. Le nombre des essences est d’au moins 12; celui des alcaloïdes et glucosides d’au moins 15. Dans ce mélange, il faut principalement redouter l’absinthe, les aldéhydes, les alcaloïdes et les glucosides végétaux, d’une activité plus ou moins toxique. 11 en est absolument de même pour le vermout avec cette aggravation qu’il renferme une essence très dangereuse, l’essence de reine des prés ou aldéhyde salicylique, et encore, en plus, l’acide prussique qui accompagne cette dernière.
- Tout le monde sait bien que quelques gouttes d’acide prussique, quelques vapeurs absorbées ou aspirées déterminent la mort instantanée, foudroyante ! Quant à l’essence de reine des prés (ulmaria) qui, autrefois, était distillée de la plante elle-même, elle est aujourd’hui couramment fabriquée de toutes pièces par la chimie sous le nom d’aldhéyde salicylique ; c’est un des bouquets les plus recherchés pour donner du goût non seulement aux liqueurs dites «'apéritifs », mais encore aux boissons les [dus vulgaires et en apparence les [dus innocentes, telles que le vin blanc. Or, celte substance constitue presque à l’égal de l’essence d’absinthe un poison convulsionnant, provoque de véritables accès épileptiques, entraînant plus ou moins rapidement et presque fatalement la mort.
- L’observation sur les buveurs de bitter et de vermout a confirmé de tous points les expériences entreprises sur les animaux par MM. Magnan et Laborde. Vertiges, tremblements, crises épileptoïdes, anorexie, dyspepsie alcoolique, etc. Il s’ensuit qu’en s’adonnant à la consommation du vermout et du bitter, sous le prétexte d’éviter les dangers de l’absinthe, on court fatalement au-devant des mêmes accidents, parfois plus rapides et plus accen-
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- tués par ce l'ait qui* l’on se croit autorisé à absorber en toute sécurité une plus grande quantité de ces apéritifs.
- Et pour hâter l’intoxication, certains distillateurs ajoutent encore au mélange l’essence de Wintergreen au sali-cylate de méthyle, un « tétanisant ». On absorbe à la fois un tétanisant, un convulsionnant et un épileplisant ! line manque plus qu’un peu d’arsenic pour compléter le poison.
- Tels sont les poisons publics de choix! Il y en a d’autres moins actifs que le public ne semble pas connaître, ce sont ceux que l’on consomme sous le nom d’ « amers ». Ceux-là sont fabriques avec les végétaux suivants : calamus aromaticus, quinquina gris, oranges amères, citron, co-lumbo, cardamone, aloès; donc avec des essences, des alcaloïdes et des glucosides. D’après M. le l)r Célière, bien connu à la Compagnie d’Orléans, l’un de ces amers, à la réputation retentissante, engendrait chez les ouvriers consommateurs à grande dose (jusqu’à 12, 15 et 20 petits verres par jour) une paralysie complète des membres inférieurs (paraplégie) pouvant durer trois semaines, un mois. Suppression de l’amer, guérison. Reprise de la liqueur, de nouveau paralysie. Il ne faut donc pas que le nom d’ (( amer » trompe le public. C’est un poison.
- Les petites liqueurs familiales à essences, les liqueurs de dames, présentent anssi des dangers quand on en prend régulièrement. Un petit verre par jour après le repas, c’est insignifiant, dit-on, et cela fait faire la digestion. Comptez le nombre de petits verres ainsi absorbés au bout de quelques années! La liqueur la plus nocive parmi celles-là, c’est la liqueur de noyau. Elle est formée avec des noyaux d’abricots, des clous de girolle et de la muscade. Elle renferme de l’aldéhyde benzoïque, de l’acide prussique, des alcaloïdes et des glucosides. Action tétanisante au premier chef. Il suffit, rappelle M. La borde, de sentir un flacon débouché d’essence de noyau pour éprouver immédiatement un malaise et des accidents graves : état syncopal persistant, vomissements, vertiges, tremblements, etc.
- La fameuse liqueur de la Chartreuse est absorbée sur toutes les tables jusqu’à l’abus. Elle aussi n’échappe pas à la règle. Elle est formée de génipi, mélisse, hysope, menthe, balsamite, thym, angélique, arnica, cannelle, macis, coriandre, aloès, gin,Ile. Pas moins de 15 composants végétaux, parmi lesquels nous retrouvons le cortège habituel des essences, alcaloïdes et glucosides, l’absinthol et l’absinlhine fournies par le génipi, groupe qui constitue au point de vue physiologique et toxique les stupéfiants végétaux par excellence. On doit ajouter à cette liqueur, la plus ancienne et la plus réputée, toutes celles de provenance analogue, « la Semblable », la Bénédictine, la Trappistine, la fausse Chartreuse, etc.
- Quelquefois on fait un abus singulier du vulnéraire. Or, cette liqueur renferme 18 composants: absinthe, origan, la rue, tous les composants déjà mentionnés, et encore le basilic, le calament, la lavande, la marjolaine, le mélilot, le romarin. Il faut citer encore le kunnnel,l’eau-de-vie de Dantzig, le vespétro, le raspail, le gingembre, etc.
- Mais il est deux liqueurs qui possèdent une telle réputation d’innocuité, et même une réputation spéciale pour faire bien digérer qu’il faut nous y arrêter un peu. Du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, on en use et abuse. J’ai nommé l’anisette et le genièvre.
- L’anisette a pour végétaux composants l’anis vert, les amandes amères, le thé, le laurier, le tolu, l’amhrette, muscade, fenouil, badiane, coriandre. Nous retrouvons donc dans l’anisette l’acide prussique et l’aldéhyde benzoïque, sans compter les autres éléments toxiques. L’inno-
- cuité prétendue est tout à fait trompeuse. Le genièvre, de consommation courante dans le Nord, même à titre d’a-périlif, est formé de haies de genièvre et de houblon. Cela n’a pas l’air bien dangereux, mais l’extrait et l’essence de haies de genièvre exercent une inlluence prédominante sur la sphère fonctionnelle du cerveau et empoisonnent peu à peu les consommateurs.
- Pour ces raisons, la Commission alcoolique conclut qu’il est grand temps de ne pas laisser le public exposé aux tentations qu’on multiplie tous les jours. Elle a bieu raison, mais comment, en pratique, empêcher l’homme de s’empoisonner lui-mèine? IIemu de Pakville.
- MÉTROPOLITAIN ÉLECTRIQUE DE BERLIN
- En passant en revue, dernièrement, les moyens de transport de Berlin1, nous avons signalé l’existence dans la capitale de l’Allemagne d’un nouveau métropolitain, dont la mise en service était encore toute récente, et qui rentre dans la catégorie de ces « ele-vateds » ou « undergrounds » électriques originaires d’Amérique, qui, de plus en plus, vont se multiplier dans les grandes cités d’Europe.
- Nous disions qu’au point de vue des services ren-
- Postdamec Platz
- Stralauer
- Thor
- Zoologischer'
- Garten
- dus, la ligne berlinoise ne pouvait être absolument comparée à notre ligne Vincennes-Porte-Maillot, à cause du tracé tout à fait particulier de cette dernière, qui, réunissant le bois de Yincennes et le bois de Boulogne au milieu de notre ville, dessert plr.-sieurs centres importants de la circulation parisienne. Mai* on sait que notre réseau métropolitain est destiné à s’étendre très rapidement, et, d’autre part, il est bien évident que le métropolitain semi-circulaire de Berlin sera complété par des lignes radiales le reliant aux rues les plus fréquentées de la ville.
- Le métropolitain de Berlin est électrique, comme le nôtre; il est, dans plusieurs de ses parties, installé au-dessous du niveau des chaussées, comme notre ligne actuelle ; il comporte aussi des parties en viaduc, comme plusieurs de nos lignes futures, et notamment comme notre circulaire Nord, qui doit être mise en service dans le courant de cette année. Une étude comparative de ces deux chemins de fer urbains est donc intéressante. *
- Nous donnons (fig. 1 ) un tracé sommaire du métropolitain berlinois, qui en indique les stations. Le gros trait ligure la partie en viaduc, le trait interrompu représente la partie en souterrain, enfin le pointillé représente une extension vers Cbarloltenburg dont on achève la construction. L’examen de ce plan montre qu’il y avait trois terminus à relier entre eux.
- 1 Voy. n° 1515, du 7 juin 11*0*2, p. 11.
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- ‘210
- LA NAÏTBE.
- Fig. -2. — Le Métropolitain de Berlin. — Raccordement triangulaire à la sortie de la g;
- ire ue roisaaju.
- 1^11 LUI lUlU-lItj \ Ul lu
- A Paris, on a proscrit l'usage des lûl'ureatioiis : chacune des li- ,
- gués construites ou projetées est donc distincte de ses voisines, et l'on ne peut passer de l’une à l 'autre qu’en changeant de train.
- A Berlin on a employé un autre système: les
- trains quittant l'un des trois terminus se dirigent alternativement vers chacun des deux autres.
- Cela exige au point de raccordement des bifurcations reliant en triangle les trois directions. Pour éviter qu’un train venant d’une de ces directions n’empêche le passage d'un autre Irain s’y acheminant, on a placé les diverses aiguilles en des points de hauteurs différentes, a lin que les voies ne se coupent pas, mais passent les unes au-dessus des autres.
- Notre ligure 2
- Fis. 1.
- représente ce raccordement triangulaire qui constitue une des parli-
- cnlarilés les plus intéressantes de la ligne. En cartouche est représenté le plan schématique de ce raccordement ; les voies marquées en traits forts sont celles qui passent au-dessus des autres.
- Les constructeurs du métropolitain auraient voulu qu’il fût entièrement en viaduc, car l’établissement des voies au-dessous des rues est ren-d u particulièrement difficile à Berlin, où l’on trouve de l’eau pour peu que l’on creuse. 11 a cependant Jailli enfoncer les voies à l’extrémité ouest, notamment pour ne pas nuire à l’aspect del’église élevée en mémoire de Guillaume 1er, édilice qui pourtant, comme la plupart des monuments de la capitale alle-mande, aurait souffert tous les voisinages possibles sans qu’on ait eu le droit scs lignes architec-
- Station eu tunnel et en viaduc.
- de s’apitoyer sur le sort de
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- LA NA ÏLIil
- BJBLiOrHiQiif--
- Fig. o. — Coupes de divers tunnels de chemins de 1er souterrains ou métropolitains.
- 1. Chemin, de fer de Sceaux.
- 2. Central London. — 3. Glasgow. — L Boston. — 5. Tunnel du Métropolitain de l'ai'is. —G. Métropolitain de Berlin.
- Fig. G.
- Station dllallesclics Tlior.
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- LA NA Tl' UK.
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- turales. 11 faut ajouter <|ue la partie souterraine est sur le territoire de Chariotfenburg, commune la plus riche d’Allemagne, qui a su faire aux constructeurs des conditions assez avantageuses pour qu’ils renoncent au projet aérien, incontestablement désagréable [tour la population. Les lignes surélevées dans l’intérieur des villes sont à ce point gênantes, que les berlinois, dès l’ouverture du métropolitain, ont entrepris une campagne des [dus violentes contre la Compagnie. Les loyers de certaines rues autrefois extrêmement appréciées, comme la bulow-Strasse, ont considérablement baissé, car les locataires menacent de s’en aller. Aussi les propriétaires se sont-ils syndiqués, et, ayant concentré leur action sur l’immeuble de l’un d’entre eux, ils ont décidé d’entasser procès sur procès jusqu’à ce qu’ils arrivent au meilleur résultat possible. La politique, bien entendu, a réussi à se mêler un peu à l'affaire. Et les propriétaires du métropolitain sont fort ennuyés. Lien qu’ayant conçu leur ligue de façon à la rendre relativement peu bruyante, ils doivent tâcher de l’assourdir encore.
- Nous représentons (lig. 5) le viaduc berlinois dans des rues les plus larges qu’il travers:*. On peut imaginer que, déjà dans ces conditions spécialement favorables, le passage de trains à l’allure un peu excessive de 50 kilomètres à l’heure doit gêner les habitants. Qu’on se rappelle la plate-forme roulante de 1’exposition et l’article 450.
- Encore la plate-forme roulait tout le temps, à ce point ([lie son arrêt a peut-être empêché de dormir les riverains. Les trains de berlin, au contraire, passent seulement toutes les 5 ou 4 minutes, en coup de tonnerre, et quand on les arrête, le serrage des freins, le tremblement de toute l’ossature métallique qui supporte le choc font croire à un bouleversement de l’écorce terrestre.
- Le métropolitain de berlin n’est pas sous terre uniquement à Charlottenburg : il plonge aussi pour son arrivée à la gare de Potsdam. Il était en effet impossible de s’en tirer autrement à cet endroit, surtout en vue des prolongations éventuelles de la ligne.
- Nous avons cru intéressant de rapprocher, dans la figure 5, les dimensions de certains souterrains de lignes urbaines. Nous donnons un exemple de souterrain à gabarit normal (celui du chemin de fer de Sceaux), un autre exemple de métropolitain à vapeur (Glasgow), un des types de tubes métalliques adoptés à Londres, la coupe du tunnel normal du métropolitain de Paris, puis le profil des tranchées couvertes du [dus récent des métropolitains américains, celui de boston, et enfin le type de tranchée couverte adoptée à berlin. Un remarquera que ce dernier a été conçu de façon à réduire au minimum la dépense d excavation (il n’y a que 0m,12 entre le dessus des voitures et les traverses). Le massif de maçonnerie est protégé contre l’infiltration des eaux par une charge constituée par des feuilles de toile goudronnée.
- Les stations sont semblables aux deux types représentés par notre, figure 4. Les stations souterraines
- sont très économiquement conçues. Un y accède par iin escalier qui en général aboutit directement sur le (|uai. Les billets sont dans ce cas distribués à des kiosques situés sur la voie publique.
- Les gares surélevées sont pour la plupart d’une architecture assez compliquée. Notre figure fi représente la station d’Hallcschcs Thor, qui est une des plus jolies.
- La ligne métropolitaine de berlin offre des rampes très accusées, nécessitées notamment pour les passages du souterrain au viaduc. La déclivité maxima n’atteint pas moins de 51 pour 100 alors que sur la ligne de Vincennes-l'orte-Maillot il y en a de supérieures à 40 pour 100. Les rayons mi-nima des courbes, qui sont de 50 mètres et même 28 mètres à Paris, ne descendent qu’à 80 mètres à berlin. Il est vrai que la vitesse de marche est bien supérieure à la nùtre.
- Le métropolitain de berlin a été conçu sur des bases plus simples et généralement plus économiques que celles sur lesquelles s’édifie notre ligne parisienne. Au point de vue technique, il est aussi très supérieur, tant au point de vue de la vitesse adoptée et de la rapidité des démarrages et freinages, qu’au point de vue de l’équipement électrique des trains. Un est fort bien installé dans les voilures, dont les banquettes sont disposées le long des parois.
- Mais le métropolitain de Paris a, sur celui de berlin, l’avantage que les stations en sont bien plus rapprochées. J. de Tiuz.
- LE B\LL0N UNGE
- ET LES IDÉES DU CAPITAINE VOYEP.
- Les expériences de ballons dirigeables subissent en ce moment une accalmie à laquelle des accidents récents ne sont sans doute pas étrangers. En attendant, les ballons ordinaires, qui n’olfrent par les mêmes dangers, n’ont point cessé d’être pratiqués et voici précisément qu’un officier suédois, le capitaine Linge, vient d’essayer d’v apporter d’utiles perfectionnements.
- Nous ignorons si cet officier avait lu le travail très intéressant d’un de nos meilleurs théoriciens de l’aéronautique, le capitaine du génie Voyer, ou si tous les deux se sont rencontrés fortuitement sur le même terrain; mais, en bien des points, le ballon 1 nge semble la mise en pratique des idées émises par l’aérostier français, en vue de combattre l’instabilité verticale des aérostats qui force à une dépense de lest exagérée, si l’on veut se maintenir longtemps dans l’espace.
- Celte instabilité provient des ruptures d’équilibre dues aux modifications incessantes que subit l’état atmosphérique. La pluie, la neige, l’humidité, les altèrnatives d’ombre et de soleil, viennent agir sur le ballon et cette action est sensiblement proportionnelle à la surface de la calotte sur laquelle elle s’exerce.
- N’est-il pas possible d’arriver, par un bon dispositif du ballon, à réduire dans de fortes proportions l’importance de ces ruptures d’équilibre, afin de réduire aussi les sacrifices de lest qu’elles entraînent?
- « Le filet, écrit le capitaine Voyer1, favorise l’accumu-
- 1 Revue de l'Aéronautique, 1001.
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- I; A A A Tl UK.
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- lalion de la pluie ou de la neige sur l’héinisplicre supérieur; la partie inférieure de l’aérostat, la nacelle et ses agrès, n’en sont pas non plus à l’abri; l’eau descend par les cordages du filet et par l’étofiè du ballon jusque sur les aéronautes, imprégnant et surchargeant tout. Le rayonnement solaire, dont nous avons vu l’inlluence néfaste, s’exerce directement sur l’enveloppe du gaz, et rien n’en atténue l’action.
- Pour des ascensions de quelques heures, ces inconvénients ont pu être considérés comme secondaires : il ne saurait en être de même pour une ascension au long cours, et il serait de la plus grande importance de diminuer les valeurs des ruptures d’équilibre en s’attaquant à leurs causes elles-mêmes. »
- Tout d’abord, la pluie et la neige s’accumulent surtout autour du pôle supérieur qui offre un méplat d’autant plus accentué que le poids de la soupape tend encore à creuser l’étoffe. Le capitaine Vover propose de donner à cette région la forme légèrement tronçonique d’un parapluie.
- Cela conduit à modifier la forme générale de l’enveloppe et à transformer la sphère habituelle en une surface de révolution allongée suivant la verticale. On diminue ainsi le rayon de courbure vers la soupape ; en outre ou réduit d’une manière sensible la surface exposée à la pluie ou à la neige. Le capitaine Voyer propose une surface ovoïde obtenue en réduisant de 2/100 le rayon de chaque parallèle sur la sphère.
- Liant donnée l’influence des mailles du filet qui retiennent l’eau et la neige, il importe avant tout de supprimer cet organe et de le remplacer par une chemise en soie vernie qui, pour mieux protéger l’aérostat, doit descendre en gouttière un peu en dessous de l’équateur. Ce dispositif, préconisé par le capitaine Voyer, appliqué par le capitaine Unge, n’est pas nouveau. En 1880, M. Hervé, pour sa traversée de la mer du Nord, avait revêtu son ballon d’une chemise lisse ; notons également que la partie supérieure se terminait par un cône offrant une [tente moyenne de 40°, analogue au parapluie dont nous parlions tout à l’heure. Andrée, en 1897, avait également recouvert d’une chemise l’hémisphère supérieur de son aérostat.
- En dehors des avantages que la surface lisse de la chemise présente pour l’écoulement rapide de l’eau et de la neige, cet organe protège aussi le ballon contre les échauffements fortuits, et le capitaine Voyer propose d’accroître le bénéfice de cette propriété, en écartant la chemise de l'enveloppe du ballon et en laissant l’air circuler dans l’intervalle.
- Dans le système tel qu’il l’entrevoyait, la chemise rendue imperméable à l’eau par un enduit de vernis blanc — cet.e couleur étant calorifuge — entourerait le ballon de toutes parts, le protégeant ainsi contre les rayons directs du soleil et même contre la réverbération du sol qui s’exerce sur les parties inférieures. Un ventilateur refoulerait dans l’intervalle l’air nécessaire pour maintenir un matelas gazeux entre la chemise et l’enveloppe. Ce ventilateur exigerait, il est vrai, une certaine dépense de force motrice, mais cette force serait assez faible en tout cas.
- Cette conception offre quelque analogie avec la première forme donnée au ballonnet à air par le général Meusnier. On se rappelle que le père de l’aéronautique disposait la poche pleine d’hydrogène qui constituait le flotteur, le ballon proprement dit, dans une enveloppe extérieure plus grande, l’intervalle étant rempli par de
- l’air insufflé au moyen d’un énorme soufflet manœuvré dans la nacelle. On sait également que, depuis Dupuy de Lôme, on a renversé ce dispositif et que l’on construit le ballonnet sous la forme d’une poche à air placée au sein même du gaz léger.
- Le capitaine Voyer ne renonce pas d’ailleurs à ce genre de ballonnet intérieur qu’il emploie concurremment avec le matelas d’air extérieur, en lui réservant un rôle particulier. Le colonel Renard a montré, en effet — et depuis fort longtemps déjà — les grands avantages que présente un aérostat muni d’un ballonnet, au point de vue de la stabilité verticale et des manœuvres qui permettent alors de le maintenir sur la zone d’équilibre choisie, sans dépense de lest exagérée.
- C’est donc un organe qui s’impose lorsqu’on veut voyager le plus longtemps possible, bien qu’on l’ait fort peu utilisé jusqu’ici dans les ballons ordinaires.
- Telles sont les idées générales mises en avant par le capitaine Voyer et dont nous retrouvons l’application partielle dans le ballon du capitaine suédois l uge. Ce ballon, qui ne cube pas moins de 1500 mètres, a la forme d’un cylindre à axe vertical, terminé en haut et en bas par des calottes sphériques. Il est revêtu d’une chemise lisse dont les bords, tombant verticalement, forment gouttière et sous laquelle un léger matelas d’air protège le ballon proprement dit contre tout changement brusque de température, permettant d’escompter une dépense de lest beaucoup plus faible qu’avec les aérostats ordinaires.
- Le lest constituant les munitions qui assurent la durée du voyage, le capitaine Unge pouvait espérer battre ainsi tous les records précédents et notamment celui du mois d’octobre 1900 où M. le comte de la Vaulx est resté 50 heures en l’air. L’événement ne l’a pas permis : parti le 29 juillet à 4 heures du soir, le ballon « le Suédois » — ainsi l’a baptisé son inventeur — a traversé la Baltique et a pris terre à Novgorod, en Russie, à 750 kilomètres de son point de départ: il était resté 14 heures et demie seulement en l’air. C’est déjà cependant un fort joli résultat et le capitaine linge en peut envisager de meilleurs encore lorsqu’il connaîtra mieux son coursier.
- L'-Colonel G. Espitallikk.
- CERF-\0LANT PORTE-AMARRES
- I)E SAUVETAGE ET DE SDORT
- Dans les naufrages récents les plus sensationnels, tels (jue ceux de la Russie, du Kléber, etc., tout le monde a remarqué ce que les marins savent bien : l’impossibilité presque absolue d’envoyer à terre le va-et-vient de sauvetage. Les navires n’ont, en effet, aucun moyen pratique de jeter une amarre à grande distance. Les canons porte-amarres et les fusées, seuls engins pouvant être embarqués, sont si peu pratiques à bord qu’on ne saurait songer à les imposer aux navires de commerce. Trop difficiles à manier pour des marins civils, ils coûtent cher, et on ne peut même s’exercer au tir, tant à la mer (perte des projectiles et sans but) qu’en rade (tirs dangereux pour les voisins).
- La question du cerf-volant porte-amarres, qui eût si facilement abrégé les angoisses de la Russie et de tant d’autres navires, mérite donc, croyons-nous, d’être reprise avec soin. Nous avons essayé de
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- LA A Aï LH K.
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- le l'aire, en nous basant jusqu'au moindre détail, sur des expériences répétées.
- Le cerf-volant peut être quelconque, mais il sera toujours difficile d’en faire un bon, à bord, surtout dans la précipitation d’un naufrage. Après divers essais, nous employons une forme demi-plate, demi-boite, très facile à démonter, très rustique, analogue à un cerf-volant américain qui figurait en 1900 à \ïncennes, mais modifié et augmenté de voilure, au moyen d’une bonnette, pour les cas de petite brise d’exercice.
- Ces engins ont besoin certes d’un vent favorable, c’est-à-dire venant du large. Or ce sont justement ces vents-là qui souillent en tempête dans les naufrages dangereux. S'ils venaient de terre, la mer abritée ne serait plus un grave obstacle aux manœu-
- vres de sauvetage. Il faut aussi obtenir que le cerl dévie du lit du vent sans corde auxiliaire accolée à la retenue. On pourra dès lors faire descendre à terre le cerf-volant lancé du bord, à tel endroit d’accostage préférable pour le va-et-vient.
- C’est une erreur de croire facile l’abatage du cerf-volant par le bord, en lilant en grand la retenue. Il faut, en effet, pour cela, garder une forte réserve de cette corde; on ne peut donc profiter de toute la longueur qu'on a la chance d’avoir sous la main; car si cette réserve lâchée est insuffisante, ou si un obstacle momentané, une coque, etc., arrête le filage, le cerf-volant remonte aussitôt et tout est à recommencer.
- Nous avons disposé les attaches du cerf-volant de façon qu’un postillon à couteau coupe un fil à coudre
- ~i. Les mêmes après la coupure. — 5. Vue d'ensemble avant la chute.
- Fig. 1. — 1. Déclic à abattre et postillon à lames. —
- (fig. 1). Ce fil libère un déclic à bascule qui laisse échapper la bride supérieure du cerf-volant ; retenu seulement par la bride de pied, celui-ci tombe à terre sur le dos, tout en maintenant raide la retenue avec tous ses avantages de longueur.
- On évite ainsi, par la voie aérienne, les obstacles sans nombre de la côte : brisants, falaises, roches, vasières, et surtout courants latéraux.
- C’est en effet risquer bien des insuccès que d’employer la voie de mer; faire, par exemple, remorquer un flotteur par cerf-volant ou tout autre moyen analogue. Le flotteur, et surtout la corde qu’il traîne depuis le navire, sont soumis aux courants, abordent dans les obstacles n’importe où ; les sauveteurs pourront-ils aller les saisir?
- Un a proposé l’emploi de déviatcurs, flotteurs-plans obliques à la corde traînée. Cet ingénieux moyen, très bon sans doute pour un ballon libre, sans remorque à élonger, devient de plus en plus
- impuissant à mesure que la remorque traînée s’allonge et résiste, et il finit par se mettre en ligne droite entre le cerf-volant et le navire, et perd tout effet.
- Le déclic dont nous venons de parler (fig. 1, n° 1) résiste aux plus fortes tractions de la bride supérieure au moyen d’un fil à coudre demi-gros (a) passé en lacet dans les 5 grilles. La retenue peut avoir des nœuds sur son parcours ; le postillon-couteau (fig. 2), terminé en entonnoir, les franchit.facilement.
- Si on veut que le cerf-volant s’abatte en un point très dévié du lit du vent, on emploie le déclic à suspension (fig. 2, n° 1) porteur d’une bobine de liège (b), garnie d’une forte ficelle, suffisante pour haler le cerf jusqu’à 50 et 60° du lit du vent. Quand la bobine tombe sous l’effet du postillon-couteau (fig. 2, n° 5), elle déroule son fil fixé au point d’attache du cerf-volant et par l’effet du vent va plus à { l’intérieur des terres que l’aplomb du cerf lui-même ;
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- LA NATURE,
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- un sauveteur la saisit et entraîne le volant où il veut, ear ce dernier l'ait toujours face au vent, en oscillant librement autour de son seul point d’attache.
- Si pour une raison quelconque on préfère descendre le cerf autrement que par l’abatage du déclic, ou par la bobine, on peut le faire par surcharge : on a pour cela des postillons un peu grands, sans couteaux auxquels on attache des lests (sable, bouteille d’eau, etc.), qui par leurs poids et lancés l’un après l’autre forcent le cerf-volant à céder à la charge. Ces lests peuvent aussi être du pain, de la viande, etc., pour des navires échoués et secourus par un remorqueur au vent, à eux ou pour des gens pris dans un îlot par mauvais temps.
- Les cerfs-volants portent en tète un petit sac très apparent avec ce mot A ris. Ce sac contient une note
- des lanceurs indiquant s’ils ont ou non des amarres assez longues pour aller h terre, et aussi un petit code de 7> signaux simples pour savoir qui doit haler les cordes et quand on sera prêt à le foire soit à terre, soit à bord. Le sac contient aussi un anneau-tube de retour (lig. 2, n°2). C’est un simple anneau de clefs muni d’une visière (pour le passage des nœuds de la retenue) et porteur d’un étui vide. Les sauveteurs écrivent dans cet étui ce qu’ils ont à dire, ferment sur la retenue l’anneau, la visière tournée vers les lanceurs; tout cela est expliqué dans l’Avis; puis ils reculent le cerf face au vent pour bien raidir la retenue et le lâchent pour le faire remonter à son poste et laisser glisser le tube vers les lanceurs.
- La retenue est habituellement de 2 millimètres,
- Fijr. 2. — 1. IVrlic de suspension el bobine b. — 2. Anneau-tube de retour. — ô. Chute de la bobine b’.— 1. Donner la remorque.
- S. Boite à lames de postillon ouverte pour envelopper la retenue.
- dimension adoptée par la Société centrale de sauvetage des naufragés. Avec bonne brise, le cerf-volant, même sans bonnette, en absorbe facilement 5 à 600 mètres. S'il faut employer une retenue plus forte, on sera amené à atteler deux cerfs-volants en brochette au moyen de deux cordes d’attelage. On lance le premier cerf-volant qui sera le plus léger et le second dès que l’attelage est raidi ; ou encore on lance le premier comme à l’ordinaire; quand il plane bien, on le rapproche en rehalant la retenue jusqu’à pouvoir accrocher les lignes au second cerf-volant. On remarque, en effet, qu’un cerf-volant quelquefois capricieux au lancement, est au contraire sage au retour, au-dessus de la tête du lanceur, jusqu’à revenir, en planant, à toucher la main.
- Téléphonie, signaux, etc. — Un cerf-volant porteur d’un téléphone en aluminium et d’une retenue souple à 5 fils isolés peut servir à établir entre deux points par-dessus un obstacle une ligne téléphonique.
- Le téléphone sera porté à terre par le cerf-volant, à la disposition des sauveteurs.
- Remorque. — S’il s’agit de donner la remorque à un navire échoué, on suspendra au cerf une longue ligne terminée par un llotteur un peu lourd (bûche, gaffe, aviron). Il sera ainsi retenu à hauteur par cette ligne pendante, mais pourra la conduire jusqu’au navire grâce à la liberté des mouvements du remorqueur évoluant au vent du naufragé jusqu’à ce que ce dernier ait pu saisir la ligne traînante ou le flotteur. Les naufragés halent-bas le cerf et reçoivent la remorque au moyen de la retenue.
- En résumé le cerf-volant peut, dans bien des cas, combler le vide très regrettable que l’on constate dans les enquêtes sur les naufrages; à savoir : 1° que les navires, en dehors des canots si rarement utilisables, n’ont aucun moyen de se secourir eux-mêmes en cas de tempête à la côte; 2° que les engins actuels, grands canots insubmersibles, porte-amarres, etc., utilisés
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- LA A A TU 15 K.
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- avec succès et dévouement par nos côtiers, ne sont pas logeables à bord et coûtent trop cher; 5° <juc la portée des porte-amarres (7)00 mètres et 400 au maximum) est inférieure à celle des cerfs-volants, si faciles à manier, et d’indéfinie conservation.
- Les pouvoirs publics ne devraient-ils pas, en conséquence, s’intéresser au meilleur moven de ombler ce vide par voie de concours maritime officiel, et obliger ensuite les navires à rembarquement de cerfs-volants (ou de tout autre engin meilleur) permettant tout au moins au capitaine du navire naufragé de [trouver, au tribunal maritime, qu’il avait fait acte de bonne volonté et de prévoyance en embarquant au départ un moyen de [tarer aux difficultés du sauvetage de son personnel. Les marins sont insouciants; ne faudrait-il pas les obliger à la prudence? Ll IIrossaiid ni-, Lorriom.
- CHRONIQUE
- vHesses en nntumoVilost. — Depuis quelques années, les vitesses des automobiles ont été en augmentant sans cesse, ainsi que la puissance des moteurs employés. Nous donnons ci-après un relevé des vitesses atteintes dans une série de courses dont le trajet total dépassait 500 kilomètres :
- Années. | Course. Dis- tance en km. Temps. Vite? se rn km par heure. Conduc- teurs. Voitures
- 1893 Pa r i s - Iî o r -deaux-Paris.. 119-2 SB -- ce -21,120 l.evassor l'anhard i r h.
- 18% Paris - Marseille-Paris . . 1710 07h-i2'”58‘ 25,252 Mavade Panhard 6 ch.
- 1898 Paris- lî o r -deaux. . . . oTo 15h15-"il' 37,511 11. de Knvfl Pauhard 6 ch.
- 1898 Paris- Amsterdam-Paris. . 1302 53" im51* 15,110 Charron Panhard 8 ch.
- 1899 Paris-Ly on-Iïordeaux . . 380 llhi5'"20’ 19,179 Charron Panhard 12 ch.
- 1899 Tour de France -2300 12hô3“39* 31,011 11. de lût vil Panhard16 ch.
- 1900 Paris-Lvo». . 506 10l,5t>"'23’ 53,566 Charron Panhard 20 ch.
- 1900 Paris-Toulouse-Paris. . . 1318 20h50'" 9' 61,698 Lcvegli Mors 30 clt.
- 1901 Paris- li o r -deaux. . . . 3-27 tvir-if 83.068 Fournier Mors 60 ch.
- 1901 Paris-lie ri i 11. . 1106 15h33" IV 71,120 Fournier Mors 60 ch.
- 1902 Paris-Vienne.. 991 loh17'"l5* 62,711 Renault Renault ôOch.
- 1902 Circuit des Ardennes . . 512 86,867 .larcolt Panhard 70 ch.
- La vitesse moyenne maxima obtenue dans ces dernières années par des voitures automobiles pour des parcours supérieurs à 500 km a donc été de 8ttkra,8 par heure. On remarquera donc, d’autre part, que cette vitesse moyenne maxima, de 24km,4 par heure en 1895 avec une voilure de 4 chevaux, s'est élevée, d’année en année, jusqu’à la valeur actuelle; la puissance des voitures est passée également de 4 à 70 chevaux.
- I/intoxication saturnine chez l'enfant. —
- M. Dufour Lahastide, dans une thèse encore toute récente, signale les nombreux dangers d’empoisonnement par le plomb auxquels l’enfant est journellement exposé. Dès sa naissance ces dangers l’entourent, cachés sous les formes les plus diverses. En première ligne viennent les aliments : les nourrices qui par l’abus de divers topiques, fards, cosmétiques à base de litharge, teintures, etc., sont plus ou moins intoxiquées de plomb et peuvent communiquer
- par le lait ce poison à leur nourrisson pour qui l’intoxication est bien autrement grave que pour elles. Les préparations plombiques souvent employées par les nourrices contre les gerçures et les crevasses du sein, les biberons à bouts en plomb ou en caoutchouc vulcanisé plombifèrc, l’eau, le vin, les sirops, les aliments enfermés dans des récipients soudés ou étamés, les papiers qui enveloppent les bonbons, les bonbons eux-mêmes, etc., tout peut être une source d’intoxication. Dans une seconde classe de causes d’empoisonnement viennent les surfaces, les tissus et topiques plombifères. L’absorption du poison peut se faire par les voies respiratoires, par la peau. A ce point de vue ou peut citer comme étant dangereux la céruse dont on peint les appartements, les boiseries peintes, les tissus, lainages et soies chargés de plomb, les chaussures à cuir intérieur blanchi au plomb, les toiles cirées qui sur beaucoup de tables à manger, servent de nappes à la place du linge damassé, toiles qui peuvent contenir, d’après M. (iantier, 550 grammes de plomb par mètre carré, les jouets, boites à couleurs, cartes de visite glacées dont s’amusent les enfants. M. Dufour Lahastide cite le cas vraiment très curieux d’un enfant qui fut intoxiqué par des grains de plomb reçus dans un accident de chasse, et qu’on avait laissés dans la plaie.
- Toute0 ces causes diverses montrent quelle sagacité doit déployer un médecin qui examine un cas d’intoxication, [tour connaître l’origine du mal et prescrire un remède approprié.
- Appareil pour l'élevage des œufs et larves de poissons marins. — L’élevage des larves des espèces marines et leur développement complet jusqu’à l’état adulte présentent comme on sait de nombreuses difficultés. Après de longs tâtonnements et beaucoup d’insuccès on a fini par reconnaître que deux conditions sont essentielles quel que soit le système d’élevage adopté. 11 faut: 1° assurer l’alimentation des larves d’une façon méthodique; 2° entretenir dans l’eau qui contient le frai une agitation continuelle. Cette agitation de l’eau a été réalisée par les moyens les [dus variés. M. Browne se sert d’un disque plongeur animé de mouvements alternatifs d’ascension et de descente. M. Dannering utilise les courants de convection dus à réchauffement inégal de la masse de l’eau contenue dans un vase de verre. SIM. Fabre, Doumer-gue et Biétrix décrivent dans la Revue Maritime un dispositif qui leur a donné, paraît-il, d’excellents résultats : Les larves sont reçues dans quatre tonneaux de verre d’une contenance de 50 litres remplis d’eau de mer et placés côte à côte. Dans chacun d’eux plonge une tige en verre munie à son extrémité inférieure d’un disque également en verre qui peut prendre sur la tige une inclinaison donnée. Disque et tige actionnés par une transmission à pignon tournent lentement à raison de 50 tours à la minute, vitesse reconnue la plus favorable. L’agitation do l’eau ainsi obtenue est suffisante pour empêcher les larves de se déposer au fond du vase, et assez douce néanmoins pour ne pas les blesser. La question de l’alimentation méthodique comporte plusieurs difficultés. Le plankton que l’on introduit, préalablement filtré, pour éliminer les gros organismes qui auraient constitué un danger pour le frai, apporte avec lui des matières résiduelles, et d’autre parties êtres qui le composent peuvent être en partie plus ou moins altérés par leur récolte et leur transport et donner lieu à un dépôt dangereux. Il peut alors se produire une putréfaction rapide, caractérisée par une teinte bleuâtre de l’eau et susceptible d’entraîner la mort de toute la population mise en élevage. Les expérimentateurs ont pu
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- LA A A Tl HE.
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- éviter tous ces écueils, eu prenant diverses précautions parmi lesquelles nous signalons un procédé ingénieux qui permet l’oxygénation continue du milieu sans renouvellement d’eau. Ce procédé consiste simplement à « former » les tonneaux à l’avance en y introduisant des organismes verts dont la fonction chlorophyllienne est précisément d’entretenir les conditions nécessaires à la vie des êtres contenus dans les vases. Grâce à toutes ces précautions, les tonneaux étaient devenus en peu de temps des cosmos en miniature. Des colonies d’hydraircs venaient former sur la paroi du verre, le disque et son support, un tapis vivant qui donnait parfois naissance, à des annélides, des actinies et d’autres organismes (pii garnissaient le fond du tonneau tandis qu’une épaisse végétation de conferves recouvrait la couche verte primitive et contribuait à l’alimentation des principaux habitants.
- La traversée d’une drague. — Lorsque nous avons parlé récemment des nouvelles dragues employées sur la liasse-Seine, nous avons insisté sur celait, que l’on donne maintenant à ces bateaux spéciaux des qualités marines qui leur permettent non seulement de se déplacer durant leur travail de dragage, mais encore de faire de véritables traversées pour se rendre sur les lieux où l’on a besoin de leurs services. Voici un nouvel exemple bien caractéristique de cette façon de faire. 11 nous est fourni par une drague à godets, construite par la maison Smuhlers, de Rotterdam, et destinée à aller améliorer le port de Tsing-lao, dans la nouvelle possession allemande de hiaou-teheou, en Gliine. Grâce à ses deux hélices, elle s’est rendue à Tsing-tao par ses propres moyens, à une allure moyenne de 12 nœuds.
- La pierre lithographique en Asie Mineure. —
- La bonne pierre lithographique est toujours chose de prix, en dépit des nouveaux procédés de reproduction, et d’autant qu’on ne la rencontre qu’assez rarement dans le sol. L’Asie Mineure en contient des gisements importants. La province turque d’Hudavendighiar est particulièrement riche à ce point de vue, et nous pouvons citer les gisements de Michalitch, près du sommet de Dédé-Baïr (ou Dédé-Tépé), dans le Sandjak de Brousse, qui sont reconnus sur une distance de plus de 80 kilomètres. Une Compagnie s’est formée qui en a la concession sur 500 hectares : la pierre, qui commence à y être exploitée, est grise, dense et pure; malheureusement, il s’y présente des stratifications cristallisées. Nous pourrions signaler d’autres gisements et d’autres concessions à Tchatakaghil, dans la même région, à Dishkayah, à Dudakli, à Kyiajik, enfin près de Timl os.
- l’ne nouvelle locomotive monstre. — Elle sort des fameux ateliers Baldwin, et a été construite pour la compagnie Atchison, Topeka and Santa-Fé. Son poids total sans fonder est de 121,5 tonnes, dont un peu plus de 108 tonnes reposent sur les 5 essieux moteurs (la machine étant à 10 roues, toutes motrices, complétées par 2 petites roues porteuses à l’avant). Cette machine peut exercer sur la barre d’attelage un effort de plus de 51 tonnes à une allure de 10 kilomètres. Elle est du système compound tandem, avec soupapes à piston. Ses roues motrices ont lm,44 de diamètre; quant à la chaudière, le diamètre de son corps est de 1 ™,î)7 ; elle contient 465 tubes, longs de 5™,80; la surface totale de chauffe est de 494 mètres carrés. Quant au tender, qui est de dimensions proportionnées, il peut prendre 10 tonnes de combustible et près de 28000 litres d’eau.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Stance du 1er septembre 1002.
- Présidence de M. Bodqcet de la Grye.
- Mode d'action des venins. — M. Terrier analyse un travail de M. Launoy, son élève, sur le mode d’action des venins en général. On n’avait jusqu’ici que des idées assez vagues à ce sujet, mais on pensait que cette action était similaire pour les différents venins. M. Launoy a étudié ceux du cobra capella, de la vipère, du scolopendre, de la grande vive, du scorpion, de la guêpe. Il a reconnu qu’ils possédaient tous un principe toxique agissant d’une manière constante sur les substances albuminoïdes dissoutes. Ce principe désintègre la molécule albuminoïde et la transforme en albuinoses. D’autre part, si l’on fait agir simultanément de la trypsine et du venin de cobra sur des substances albuminoïdes en solutions alcalines, le pouvoir protéolytique du ferment soluble s’ajoute au pouvoir zymotique du venin sans que cependant la première action soit accélérée par la seconde.
- Varia. — M. Dchérain communique une Note de M. Lesage, professeur à la Faculté des sciences de Bennes, sur la difficulté d’isoler le bactérium coli de la dysenterie coloniale. — M. Jordan adresse un Mémoire de M. Maillet sur les fonctions entières et quasi entières et les équations différentielles, ainsi qu’un antre Mémoire du même auteur sur les équations différentielles et les ensembles. — M. Violle adresse de son coté une Note de M. Guillemin, professeur à l’Ecole des sciences d’Alger, sur le classement des accords binaires, les consonances et les dissonances spécifiques. — M. Considère envoie un nouveau Mémoire sur la résistance des bétons. ^ M. Leduc communique le résultat d’expériences sur Félectrolyse des mélanges des sels. — M. Bosc, professeur à la Faculté de médecine de Montpellier, fait part d’un mode de traitement préventif de la clavelée par l’emploi d’un sérum anticlaveleux. Cil. DE VlLLEOnUlL.
- NAVIGATION TERRESTRE
- C'est là une question qu’un des plus distingués collaborateurs de ce journal, M. Renard, a jadis traitée dans un volume fort intéressant intitulé Y Art Naval ; il a montré comment les Chinois savent avoir recours à une voilure pour aider à la propulsion de leurs brouettes sur les chemins en si mauvais état de l’Empire; il a pu également rappeler le chariot à voiles, le chariot-volant, comme on l'appelait, du Prince d’Orange. On peut citer aussi un chariot à voiles (pie, au commencement du siècle dernier, un prisonnier de guerre anglais, M. Molyneux-Shuldham, avait construit pour se distraire et faisait naviguer sur les routes tandis qu’il était détenu à Verdun.
- Tout cela c’est bel et bien de la navigation terrestre, puisqu’on emploie, pour assurer le déplacement sur le sol d’un véhicule, les mêmes procédés auxquels on recourt sur l’eau avec des embarcations à voiles. Nous ne dirons rien des Ice-Boats, de ces yachts à voiles dont les Américains sont fort amateurs, et qui, montés sur des patins, sur une sorte de traîneau, glissent de façon vertigineuse sur la glace; mais la glace c’est encore de l’eau, et pour ajouter un chapitre nouveau à l’histoire de la navi-
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- LA NATURE.
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- gation sur terre, nous citerons un exemple bien différent, celui d'un vrai yacht à roues qui roule sur le sol avec une grande rapidité, grâce à sa voilure. Empressons-nous de dire qu’il a fallu, pour rendre • possible cette application de la propulsion à la voile, que l'on disposât d’un terrain assez exceptionnel, d’une platitude à peu [très absolue.
- MM. lloyt frères, de Cleveland, dans l’État d’Ohio, possèdent une mine d'or près de la station de Rosa-mond, sur le bord ouest du Désert; et, comme il leur a été impossible de s’établir sur les lieux memes, où la vie est particulièrement dure, ils se sont installés à une quinzaine de kilomètres de là et sont obligés souvent de se rendre à leur mine : ce
- qui constitue un voyage assez pénible quand il faut le faire à pied, étant donné qu'il souille constamment sur la région et par la passe Tehuchepi, un vent d’une violence extraordinaire qu’aucun relèvement du sol ne vient briser. Sur les 10 kilomètres à franchir se trouve précisément un ancien lac desséché, rempli par une couche de sable durci, unie comme une glace. Eour tirer parti de celte circonstance, nos deux Américains ingénieux ont construit eux-mèmes, et un peu avec des matériaux de toute origine, le yacht, à roues qu’ils ont nommé la « Reine du Désert ». Nous en donnons une reproduction fidèle, prise du reste au moment où les deux armateurs et capitaines ont exceptionnellement
- Le yacht à roues de, MM. lloyt. à Cleveland. (Etal d'Ohio.)
- à leur bord quelques amis auxquels ils ont voulu faire les honneurs de leur embarcation terrestre. Les premières traversées de ce véhicule bizarre furent assez difficiles, parce que l'équipage ne savait pas encore le manœuvrer, et aussi que, les matériaux employés à sa construction ne présentaient pas toute la solidité désirable : si bien même qu’il se produisit un naufrage, où l’équipage fut blessé et quelques apparaux brisés. Mais depuis la construction a été consolidée, et elle supporte vaillamment tous les eflorts du vent.
- Ainsi qu'on le voit, ce yacht à roues possède une voile hauturière, puis un foc, et il paraît qu’il obéit très facilement au vent ; la charpente essentielle en rappelle assez celle d’un iee-boat, elle est montée sur des roues métalliques dont les plus grandes ont
- 76 centimètres de diamètre. La longueur de ce yacht est de 4,n,27 pour une largeur à l’avant de 2m,44, et son mât a une hauteur de 4m,57. La direction est assurée par un gouvernail qui n’est guère qu’un fort espar entrant dans le sable à l’arrière. La marche maxima de ce curieux chariot à voiles nous est donnée comme atteignant parfois 80 kilomètres, et l’on ne doit, pas se montrer sceptique, quand on songe à la violence du vent dans cette région désertique, el quand on se rappelle aussi que, le chariot, du Prince d’Orange, qui était fort lourdement construit,, a pu dépasser une vitesse de 50 à 40 kilomètres à l’heure sur un terrain peu favorable. P. df, Mériei..
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiik, rue de Fleurus, 9.
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- N# 152!).
- 15 SEPTEMBRE 1 902.
- LA NAÎTRE.
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- LE C.\L\0 DWBYSSINIE
- La Ménagerie du Muséum possède, depuis plusieurs mois, un Oiseau fort curieux, appartenant au groupe des Calaos, groupe qui constituait d’abord un simple genre dans la classification Jinnéenne, mais qui, par suite de la découverte de nombreuses espèces, de formes très diverses, a du être élevé au rang de famille distincte, sous le nom de Rucéro-tidés. Cette famille fait partie de l'ordre des Syndac-tyles, caractérisé, comme son nom l’indique, par une soudure plus ou moins intime des doigts antérieurs, au moins sur une partie de leur longueur.
- Elle comprend aussi les Martins-Pêcheurs, les Guêpiers, les Motmots, les Todiers et probablement les Rolliers, c’est-à-dire un assez grand nombre de groupes dont la distribution géographique est fort inégale ; car tandis que les Martins-Pêcheurs sont à peu près cosmopolites, que les Motmots et les Todiers ne se rencontrent que dans l’Amérique tropicale, les Rucérotidés, de même que les Guêpiers et les Rolliers, se trouvent exclusivement dans les régions chaudes et méridionales de l’Ancien Monde.
- Les Calaos peuvent être cités parmi les Oiseaux les plus étranges de la faune contemporaine; chez eux, en ellct, le hec, déjà très volumineux par lin-même, a, presque toujours, ses dimensions encore exagérées
- Calao d'Abyssinie, actuellement, vivant au Jardin des Plantes. (D’après une photographie de M. Sauvinet.) •
- par le développement d’une protubérance cornée, en forint' de casque, qui recouvre la base de la mandibule supérieure et s’avance souvent jusque sur le front. Cette protubérance ne fait défaut que chez les Calaos, généralement de petite taille, qu’on désigne vulgairement sous le nom de Calaos tocks, mais elle existe chez tous les autres Rucérotidés, au moins à l’àge adulte, et sous des formes assez variées pour que les ornithologistes aient pu trouver, dans l’aspect du casque, des caractères distinctifs des espèces et des genres.
- Abstraction faite des Calaos tocks, les Rucérotidés peuvent encore se subdiviser en deux catégories naturelles ; les Calaos ordinaires, qui sont de beaucoup les plus nombreux et qui ont les pattes courtes avec les doigts antérieurs contigus et même rattachés les uns aux autres dans leur portion basilaire, de ma-30e année. — 2e semestre.
- nière à constituer avec le pouce une sorte de pince et les Calaos marcheurs qui ne forment qu’un seul genre, le genre Bucorax ou Bucorvus et qui ont les tarses assez élevés et les doigts indépendants. Les premiers sont répandus dans les régions chaudes de l’Asie et de l’Afrique et en Papouasie, tandis que les seconds sont propres à l’Afrique tropicale et méridionale. C’est à la première catégorie qu’appartenaient deux Calaos de la presqu’île malaise, un Calao rhinocéros et un Calao à casque bombé qui furent donnés en 1885 à la Ménagerie du Jardin des Plantes par M. Paul Eauque et sur lesquels j’ai appelé, à cette époque, l’attention des lecteurs de là Nature c’est à la seconde au contraire, c’est-à-dire au genre Bucorax, que se rapporte le Calao que je leur
- 1 Yoy. n° 624. du 16 mai 1885, p. 575.
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- LA NATURE.
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- présente aujourd’hui et qui a été offert au Muséum par M. Pierre Rambaud.
- Les Bucorax vivent généralement isolés ou par couples et ne se montrent en petites troupes que lorsque leurs petits sont élevés. Ils ont le vol encore plus facile que les autres Calaos qui sont déjà beaucoup plus légers qu'ils ne le paraissent, grâce à la quantité d'air qui gonfle leurs tissus et pénètre jusque dans leurs os; souvent même on les voit planer à une assez grande hauteur. D’autre part, ils sont beaucoup moins arboricoles que les Calaos ordinaires et circulent de préférence sur le sol, à la recherche de leur nourriture qui est à la fois animale et végétale. Ils dévorent tour à tour des racines succulentes, des cadavres de petits Mammifères, des Vers, des Insectes Coléoptères et Orthoptères, des Grenouilles, des Lézards, des Serpents, des œufs d’Oiseaux, des Passereaux et des Rongeurs. Ils savent fort bien capturer et tuer les Serpents venimeux sans s’exposer à leurs morsures, en les frappant d’un brusque coup de bec et en se garantissant, immédiatement après, avec une de leurs ailes, étendue comme un bouclier.
- Au printemps le m;'de et la femelle s’appellent et se répondent en poussant, sur des tons différents, des cris qui se font entendre à un ou deux kilomètres et, à d’autres moments, ils ont un chant fort singulier, composé de deux notes distinctes, suivies d’une sorte de rugissement.
- On dit que dans l'Afrique australe ils nichent dans des troncs d'arbre, à la façon des Calaos ordinaires et pondent des œufs d'un blanc pur, au nombre de deux seulement par couvée.
- Les indigènes de l’Angola, voyant les jeunes Bu-corax marcher à une certaine distance derrière les adultes et ramasser furtivement les rares proies qui ont échappé à la voracité des individus plus âgés, s’imaginent que les premiers sont les esclaves des seconds et se trouvent, comme tels, forcés de se contenter des reliefs des repas de leurs seigneurs et maîtres. Du reste ce n’est pas la seule légende que les nègres racontent sur ces Oiseaux étranges qui sont presque partout en Afrique entourés d’un respect superstitieux et dont, comme l’a constaté le voyageur d’Anchieta, la vie est souvent mieux respectée que la vie humaine. On fait cependant dans certaines contrées de l'Afrique orientale, et principalement dans le Kordofan, une chasse assez active aux Bucorax, que l’on poursuit quelquefois à cheval et que l’on s'efforce de prendre vivants pour les expédier en Europe où ils résistent plus ou moins longtemps à la captivité dans les jardins zoologiques. Ces Calaos sont très faciles à nourrir et se jettent avec une égale avidité sur la viande et sur les fruits; mais il suffît devoir les regards de convoitise que l’Oiseau vivant actuellement dans un des parquets du Jardin des Plantes jette, à travers les mailles du grillage, sur «les Moineaux qui circulent au dehors pour deviner qu’il préférerait quelque proie vivante.
- On connaît actuellement deux espèces de Buco-
- rax : le Bucorax abyssiniens que Daubenton a figuré, il y a plus d’un siècle, sous le nom de Grand Calao d'Abyssinie et qui est répandu dans toute l'Afrique tropicale et le Bucorax cafjer, qui se trouve surtout dans l’Afrique australe. Ces deux espèces, (pie l’on a longtemps confondues, sont toutes deux de taille notablement plus forte qu’un Grand Corbeau et ont toutes deux le bec et les pattes noirs et le plumage d’un noir soyeux, avec un peu de blanc au bord de l’aile ; mais elles diffèrent l’une de l’autre par la forme du casque et par la coloration de la peau nue qui couvre le tour des yeux et la gorge. En effet chez le Buborax abyssiniens le casque est largement ouvert en avant tandis qu’il est, fermé chez le B. caffer, et chez le premier les parties dénudées de la tète et du cou sont en majeure partie bleues, tandis qu’elles sont rouges chez le B. caffer. C’est à la première espèce, au Bucorax abyssiniens, tpie se rattache l’Oiseau qui fait l’objet de cette courte notice. E. Oistàlkt,
- Professeur au Muséum.
- LÀ ROUE LIBRE
- i
- Historique. — On commence enfin à ne plus regarder comme des oiseaux rares les cyclistes qui planent dans les descentes. Les bicyclettes qui permettent le repos des pieds sur les pédales, substitué à leur mouvement giratoire inutilement perpétuel, se multiplient à vue d’œil. — Elles y auront mis du temps.
- On évalue à près d’un quart la proportion de celles qui ont déjà pris leur essor dans les rues de Paris, mélées à l’essaim tourbillonnant des machines à pédales serves.
- À Londres, comme on sait, le spectacle est tout différent. Ce ne sont partout que free wheel, véhiculant des gentlemen dont l’intermittente immobilité des jambes complète l’idéale rigidité. Mais ce qu’on sait peut-être moins, c’est que ce nom britannique couvre une invention toute française. 11 n’v a pas sept ans que la fabrique anglaise de cycles Whippet inaugurait un dispositif d’une frappante analogie avec 1’ a encliquetage N’oyelle », breveté en France dès 1890.
- On y retrouvait le même genre d’embrayage, le même frein à tambour, obéissant, par la meme tige de transmission, à la même commande à contre-pédale; tout, jusqu’aux mêmes défauts : bruyant cliquetis, temps mort et incertitude d’action des cliquets.
- Ces défauts disparaissent dans l’instrument de précision construit, en 1894, par M. Jahel, ancien officier mécanicien de la marine, sous le nom de « frein d’entraînement circulaire automatique ». Il était constitué essentiellement par deux couronnes concentriques d’encliquetage à galets, disposés en sens inverse : les uns entraînant le pignon moteur dans le sens direct; les autres opérant le freinage par expansion d’une bague d’acier dans un tambour, au moyen d’une simple contre-pression sur la pédale arrière ; et l’immobilité des pédales débravant instantanément la roue motrice.
- L’importation en Angleterre et en Amérique de ce nouveau modèle fut le signal d’une active émulation entre les constructeurs étrangers pour le copier en le déformant et inonder ensuite notre propre marché de ses plus mauvaises contrefaçons.
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- LA NATURE.
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- Au surplus, la première apparition de la roue libre en France remonte à des temps beaucoup plus anciens. J’en puis d’autant mieux témoigner que j’ai commencé à m’en servir sans interruption plus d’un quart de siècle avant qu’on ne parût se douter de son existence en Angleterre.
- Certes, le vélo à roues de bois cerclées de fer était, comme fabrication, à l’enfance de l’art. Ce qui ne l’empêcha pas de se prêter parfaitement à la première application connue, je crois, de la roue libre.
- lTn élève de Bréguet, M. Meunier, horloger à Aère rides, avait fait breveter, en 18(58, un bicycle « à double marche et repos sur les pédales », qui était non seulement à roue libre, mais à deux \itesses et, par surcroît, à mouvement rétrograde. La rotation directe des pédales donnait le développement simple, la rotation en arrière le développement double, et leur immobilité le débrayage spontané. Un frein sur bandage arrière, commandé à la main, permettait de régler très efficacement les ralentissements et les arrêts.
- Ce bievcle avait exactement, en un mot, malgré sa construction rudimentaire, les mêmes caractères et les mêmes modes de fonctionnement que les bicyclettes rétro-directes, autre genre de roues libres — comme les bicyclettes à leviers — et, comme elles, en ce moment à l’ordre du jour du cyclisme de montagne.
- L’apprentissage que je fis du bicycle Barberon et Meu-nier-me montra bientôt que le véritable profit qu’on en pouvait tirer tenait exclusivement au dispositif du repos facultatif sur les pédales, ou, comme on disait encore, de Y indépendance des pédales. Je sacrifiai donc le reste, et remplaçai par un encliquetage bilatéral l’encliquetage unique du type primitif.
- Et ce simple système, à peine modifié par son adaptation aux bicycles et bicyclettes dont je me suis servi pendant une longue suite d’années, m’a rendu, en un pays moyennement accidenté, d’excellents services.
- Ils n’étaient que les prémices de ceux que me réservaient le frein Julie! et autres systèmes plus perfectionnés.
- Les objections spécieuses, les jugements préconçus, qui mirent si longtemps obstacle à l’adoption définitive de la roue libre en France, ne pouvaient indéfiniment prévaloir contre un principe aussi indiscutablement rationnel que celui de l’observance simultanée des lois physiques et physiologiques, que l’accord entre l’alternance des périodes d’action et de repos du moteur humain et le mouvement uniforme et continu de sa machine.
- Les habituelles préventions du début contre les plus importants perfectionnements cyclistes finiront, une fois déplus, par céder à la force de l’exemple et de la démonstration pratique.
- On sait qu’on ne peut plus se passer de la roue libre une fois qu’on s’v est mis et (pie, plutôt que d’y renoncer, beaucoup préféreraient ne plus pédaler de leur vie. Aussi a-t-on pu dire avec raison que la roue libre ramènera à la bicyclette cent fois plus de fidèles que l’automobile ne lui en aura fait perdre.
- Dispositifs. — Un bon frein étant le complément inséparable et comme la clef de voûte de la roue libre, la seule objection plausible qu’on put élever contre elle était l’insuffisance, notoire on présumée, des freins existants.
- Ce sera l’honneur du Touriiig-Club d’avoir démontré combien était vaine cette objection, en organisant l’année dernière, dans le Dauphiné, le concours des freins de montagne, appliqués aux bicyclettes à roue libre.
- Le compte rendu de ce concours, publié dans la Revue du T, C. F. (15 septembre 11)01 ), et l’article sur « les freins de bicyclette », paru dans La Nature du 8 février dernier, montrent qu’un assez bon nombre de freins, et en première, ligne les freins de jante, permettent d’affronter sans risque les plus dures épreuves de descente en montagne.
- Les préférences individuelles pour les commandes de frein — à la main ou à contre-pédale — sont surtout affaire d’habitude. Chacune a ses avantages et ses inconvénients.
- La commande par le pied a l’avantage d’être simpiè et puissante, de laisser les mains libres et de permettre-, dans les longues descentes, l’action alternative de chaque pied. Mais elle nécessite un dispositif spécial, soit à rochets, soit à galets ou à billes.
- La commande à la main répond mieux au principe de la division du travail. Fit, comme il est de règle que toute bicyclette à roue libre ait un frein de, réserve, il est naturellement indiqué de la munir aussi des deux genres de commande.
- Par contre, la main ne peut être astreinte à un long travail continu. Fille doit être armée, pour le freinage en montagne, d’une double commande, « tout entière au guidon », permettant à la fois le calage du frein dans une position déterminée, les faciles variations de pression et le débrayage instantané.
- Quelques mots maintenant sur la valeur comparative des deux systèmes d’encliquetage — à dents ou à frottement — qui sont l’organe propre de la roue libre. Ici encore chacun a scs avantages et ses inconvénients particuliers.
- Le premier n’offre, pour ainsi dire, aucun danger, les cliquets ne faisant que glisser sur la surface des dents avant de buter dans leur fond. D’autre part, ils ont des défauts qu’on peut bien atténuer, mais qu’il est difficile, de supprimer complètement : bruissement désagréable, irrégularité, à-coups gênants dans la mise en prise des dents.
- Les galets et les billes n’ont pas ces inconvénients; ils en ont d’autres.
- S’ils sont mal trempés (et c’est la règle trop commune), ils se déforment, s’aplatissent, usent les paliers des rampes et peuvent finir par déterminer des accidents sérieux, par un bloquage subit, suivi de l’entrainement spontané des pédales, ou même par un débrayage intempestif. Pour rares que soient ces accidents, ils sont possibles. On les évitera par une bonne fabrication, la surveillance des pièces, le remplacement de celles qui clochent... et les soins du graissage.
- 11 est avéré que la parcimonie de l’huile n’est pas seulement la cause habituelle du grippage, mais qu’elle a été la véritable cause des accidents signalés.
- Il suffit d’avoir un peu pratiqué la roue libre pour comprendre à quel point se trompent ceux qui la confondent encore avec la roue folle — absolument indépendante des pédales, — dont une nécessité de construction a doté, pour ne pas dire affligé, bon nombre de bicyclettes à deux vitesses serves.
- Stérile et fâcheux compromis entre deux principes opposés, cette roue folle ne devient telle que par le jeu d’un déclic, placé entre les deux vitesses et commandé par une manette fixée sur le cadre.
- En fait, on n’en use guère, même dans les longues descentes droites. Et c’est le plus sur. Car il faut alors, chaque fois, abandonner la poignée du guidon et manœuvrer la manette, au moment précis où la roue motrice
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- passe — en pleine vitesse — de l’extrême folie à l'absolue servitude, et vice versa.
- Les désespérés de la vie trouveraient difficilement un plus ingénieux et plus sûr moyen de se rompre le cou que de s’essayer à cet exercice sur une route en corniche.
- . I)r Matthieu.
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- LES ROUTES PÉTROLÉES ET GOUDRONNÉES
- En grande partie sons l'inlluenee de l’automobilisme et de l’emploi des pneumatiques, qui soulèvent par leur passage des Ilots de poussières, certainement aussi malsains que désagréables, il se produit un mouvement en faveur d’une méthode d’entretien des routes qui donne une consistance particulière aux matériaux constituant ces routes, et les empêche de se transformer aussi aisément en poussière. Nous n’avons pas, du reste, à faire à nouveau le procès; de celle-ci; on doit savoir que, lors même qu’elle ne contiendrait point de microbes, les particules coupantes qui la composent, en s'introduisant dans la cavité nasale, dans les bronches ou les poumons, y dét erminent des déchirures minuscules qui sont parfaitement suffi santés p o u r fournir une porte d’entrée aux germes qui se trouvent cous 1 animent en suspension dans l'air.
- Normalement , pour lutter contre la poussière des
- rues et des routes, on n’a que l’arrosage, cl même dans les grandes villes possédant un gros budget, on n’y recourt que dans des conditions insuffisantes, puisque bien souvent, à Paris par exemple, des nuages de poussières volent sur les places et les boulevards. Ces nuages se produisent surtout sur les voies macadamisées où il se fait une circulation importante. L’eau coûte forcément très cher dans les villes, où il faut établir des canalisations pour la distribuer, lors même qu’il n’est pas nécessaire de la faire venir de distances considérables; et, d'ailleurs, l’eau ne pouvant être répandue à Ilot, sous peine de former de la boue, l'arrosage doit être recommencé très fréquemment si l’on désire qu’il soit quelque peu efficace. Sur les routes proprement dites (en dehors de certaines routes de montagne le long desquelles coulent des ruisseaux inépuisables), il ne faut pas songer à faire promener des tonneaux d’arrosage ou des cantonniers, armés de tuyaux. On a parfois essayé de l’eau de mer, comme cela se fait à Jersey, dans les rues de Saint-Hélier : l’eau de mer laisse une couche de sel
- Kijr. 1. —- Machine De Caïn]), pour l'arrosage 'les routes au pétrole.
- très hygroscopique qui maintient une humidité sensible à la surface des rues. Mais on reproche à cette couche de sel de former un revêtement brillant qui fatigue les yeux. (Nous noterons, à ce propos, qu’à La Havane on recourt à de l’eau de mer éleetrolysée. ) Les Américains, qui ne craignent pas les tentatives hardies, se sont mis à arroser leurs routes avec un liquide qu'ils ont en abondance et à bon marché, le pétrole, qui donne des surfaces résistant fort bien à la pluie, et où il ne se forme ni boue ni poussière. Nous nous empresserons de faire remarquer que, dès I89(>, et avant les premières expériences américaines, qui datent de 1898, un agent voyer du service vicinal du département d'Oran avait eu, lui aussi, l’idée d'huiler les routes; il avait essayé, dans ce but, d’abord des huiles d’olives indigènes grossières, puis du résidu de distillation du pétrole russe qu’on nomme astatki. L’application de l'idée du pétrolage des routes fut réalisée durant l’été de 1898, dans le
- comté californien de Los Angeles, dans u n e r é-gion essentiellement sècbe et poussiéreuse, où l’on avait voulu d'abord assurer l’arrosage des routes à l’eau ordinaire. En présence du succès qui se manifesta immédiatement, les essais furent étendus, et l’hydrocarbure, grâce à sa viscosité, rendit . partout les mê-
- mes services, en donnant une homogénéité précieuse aux matériaux superficiels des routes pétro-lées. Il forme à la surface de ces routes une couche d'une consistance particulière, qui est naturellement soumise à l’usure, mais qui ne demande pas à être renouvelée fréquemment. D’ailleurs, pour que le pétrole pénètre bien la surface de la route et s’incorpore aux matériaux constitutifs, il est nécessaire que cette roule subisse un hersage, peu profond il est vrai, qui en ameublisse la surface et prépare une sorte de poussière grossière avec laquelle le pétrole s’unira et arrivera à former comme une sorte d’asphalte. Souvent même, on se trouve bien de traiter au pétrole une route qui est déjà rendue poussiéreuse par la circulation normale. Nous ajouterons (pie les meilleurs résultats s'obtiennent sur les routes faites de glaises sableuses et caillouteuses, de granit décomposé, d’argile, et que le succès est douteux avec les routes en gros gravier, où les pierres les plus grosses ne tardent pas à percer le coussin de poussière agglutinée par le pétrole.
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- De plus, la vraie méthode consiste à appliquer du pétrole chaud et non du pétrole froid, qui forme des houles avec la poussière et ne se répartit pas uniformément. La pratique du pétrolage est tellement entrée maintenant dans les habitudes en Californie, qu’on a inventé une machine, une sorte de tonneau d’arrosage spécial, l'appareil De Camp, dont nous donnons une reproduction, et qui peut transporter 0000 litres de pétrole qu’une pompe permet de pulvériser à la surlace de la route à traiter. Les pétroles qu’on emploie sont des pétroles lourds contenant une lorte proportion d’asphalte. Le réservoir de l’appareil forme chaudière de chauffage ; nous n’avons pas besoin d'insister sur le moteur commandant la pompe de pulvérisa lion, qui se trouvent l’un et l’autre à l'arrière du véhicule, bien entendu, ce
- traitement est d’autant plus aisé à pratiquer aux Etats-Lins que le pétrole n’y coûte [tas cher : le prix en est de T»1' ,80 à i'1,7*0 les 100 litres .à Los Angeles, qui est le centre d’application de cette nouvelle méthode d’entretien des routes; à cela il faut ajouter lfr,2ù pour le transport à pied d’œuvre. Sur la plupart des voies soumises ce traitement, on se contente de pétroler une largeur de r>111,(>T), tout au [dus de om,à0 pour les voies de grande circulation. I ne première année, on étend par trois fois ou au moins deux fois l'hydrocarbure à la surface du sol ; la deuxième année, il sul'lit de deux pulvérisations, et enfin, la troisième, d’une seule. Le premier traitement demande quelque ôàOO litres au kilomètre, tandis que pour les autres il n’en faut que 0700 litres environ. Los cantonniers chargés de l'ei;-
- Kig. — Essais de péti'olage elleclués a Monte-Carlo.
- tretien ont ensuite à leur disposition quelques tonneaux de pétrole [tour réparer les déchaussements partiels qui peuvent se produire sous le passage des véhicules : ils ratissent toujours profondément avant ([lie d'étendre le liquide. Dès que celui-ci est sec, l’odeur disparait rapidement et la circulation se fait, même à grande allure, dans les meilleures conditions possibles.
- Malheureusement le pétrole coûte cher dans la plupart des pays de la vieille Europe, et l'on s’est demandé si l’on ne pourrait pas le remplacer par du goudron de houille, qu’il est aisé de se procurer partout en abondance et à bon compte. Des essais dans ce sens ont été faits dans le département de la Haute-Garonne, dont les routes sont particulièrement poussiéreuses; et d’autre part, M. Rimini, ingénieur à llavenne, s’est livré à des expériences analogues qui semblent avoir donné un excellent
- résultat : la surface de la route traitée devenait dure et compacte, et le goudronnage revenait à 500 francs le kilomètre [tour une voie de 4 mètres de large. Nous ne devons pas oublier de rappeler que, dès 1880, M. Christophe avait badigeonné au goudron un morceau de route à Sainte-Foy-la-Grande, et le résultat s'était montré favorable, à cela près ([ue le badigeonnage fait en damier, [tour être [tins probant, effrayait les chevaux.
- Mais, en ce moment, l’idée est reprise avec une ardeur toute nouvelle par M. le Rr Guglielminetti, de Monte-Carlo, et nous pouvons mettre sous les yeux du lecteur une photographie qu’il a bien voulu nous communiquer, et qui représente l’opération du goudronnage d'une chaussée de la principauté de Monaco. Cette application au balai d’une couche de goudron donne, quoique encore un peu récente, un résultat des [dus satisfaisants, et, quant à la dépense,
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- elle ressort à 500 francs le kilomètre si l’on suppose le goudron à 500 francs les 100 kg. La surface de la route devient très dure, au point meme d'ètre fort difficile à entamer, les eaux pluviales y glissent sans pénétrer, et, comme conséquence, on a une route non odorante, d'une coloration brunâtre, où il ne se forme ni boue ni poussière.
- A bbeure actuelle, et grâce au concours du Tou-ring Club de France, de la Ville de Paris, de la Société Parisienne du gaz, des expériences se poursuivent sur la route départementale à Champigny, tout {très de Paris; et cela non seulement avec du goudron, mais encore avec des huiles de goudron, des pétroles d’Amérique et aussi des huiles de schiste d'Autun, où l’on rencontre de l’asphalte. On aura ainsi des éléments de comparaison et d’appréciation des {dus convaincants. Pu:mie de Mériel.
- LIQUEURS ET APÉRITIFS1
- ii
- Nous avons résumé dernièrement les conclusions de M. Laborde, rapporteur de la commission de l’alcoolisme à l’Académie de Médecine, sur le pouvoir toxique déduit des expériences et des observations cliniques des apéritifs si répandus et des petites liqueurs anodines de famille. M. Riche a transmis, à la suite de cette communication, un travail très original de M. Baudran, docteur en pharmacie, sur un moyen de déceler directement le degré de danger, pour l’organisme, d’une liqueur quelconque.
- Partant de cette donnée, que l’alcool et ses produits, au lieu d’activer les combustions, les ralentissent en soutirant de l’oxygène aux globules sanguins, l’auteur a pensé que l’on arriverait à déterminer la toxicité relative des alcools, des essences et des liqueurs en les soumettant à une oxv-dation comparative, mesurée au moyen d’un agent chimique les attaquant'à la température ordinaire comme le fait le sang. Cet agent est le permanganate de potassium, réactif très sensible et légèrement alcalin comme le sang. Or, les chiffres trouvés se rapprochent très sensiblement de ceux qui avaient été donnés antérieurement par M. Riche, d’une part, et MM. Joffroy et Servaux, de l’autre. Plus l’oxydation exigée par une liqueur est grande et plus naturellement cette liqueur est toxique.
- En ce qui concerne les alcools et ses dérivés, M. Baudran les classe dans l’ordre croissant suivant, depuis le moins dangereux : alcools méthvlique, éthylique, propy-lique, acétone, alcools butylique, amylique, aldéhyde éthylique,furfurol. Les chiffres représentatifs de toxicité, d’après le permanganate consommé, sont : pour l’alcool méthvlique de 144, éthylique 265, propylique-463, etc.; et pour l’alcool amylique 780, l’àldéhydc éthylique 2090, pour le furfurol 21 850.
- On classe comme il suit dans l’échelle au permanganate : le rhum 220, le cognac 500, le marc de Bourgogne 650, le kirsch 750.
- En ce qui concerne les essences, on trouve : le romarin 200, le thym 250, la marjolaine 250, la sariette 250, l'alcool de vin 265, le fenouil 540, l’hysope 400, l’origan 400, la menthe 400, le mélisse 570, le genièvre 572, l’angélique 610, le serpolet 640, l’orange 650, la sauge 720, le citron 910, les amendes amères 920, la lavande
- 1 Yoy. n° 1528, du 6 septembre 1902 p. 214.
- 1000, l’anis 1130, le cumin 1190, la camomille 1450, le santal 1866, le néroly 2000, l'absinthe 2120, la badiane 2550, les girofles 5545, la cannelle 5550, le calamus 4255.
- Enfin, M. Baudran, appliquant la méthode aux liqueurs, alcool et essences comptés, dresse le tableau suivant de toxicité :
- Liqueurs dangereuses.
- Eau de Cologne. . . 2524
- Teinture de menthe. 2425
- Alcoolat de mélisse. 2528
- Alcoolat d’oranger . 2256
- Yulnéraircs .... 2052
- Absinthes 1850 5
- Kuinniel 1854
- Chartreuses .... 1149
- Vins.
- Pomard r>r>o
- Pontet-Canot.... 5 2 7
- Yin blanc ..... 287
- Liqueurs moins nuisibles.
- Curaçao...........J 096
- Cherry Brandy . . 1095
- Genièvre.............1068
- Prunelle.............1046
- Liqueur de menthe. 640 85 Yerinout............. 499
- Vins.
- Yin rouge .... 282
- Bière.................. 156
- Cidre.................. 142
- Si les chiffres de M. Baudran sont approximativement exacts, il est bien clair que l’on peut avec eux fixer la toxicité d’une liqueur quelconque et, par suite, la rejeter définitivement de l’usage ou tout au moins en limiter la quantité ingérée. Ainsi, le kummel serait un peu plus nuisible à la santé que la chartreuse, le curaçao plus que la prunelle, etc. Bref, le petit tableau précédent aidera les amateurs à s’éclairer sur le danger qu’ils courent à faire abus de telle ou telle liqueur. Mais, à parler franc, la meilleure des liqueurs n’en est pas moins un poison qui affaiblit l’organisme et le place dans des conditions déplorables pour lutter contre les maladies présentes ou à venir.
- Hemu de P.wivn.i.K.
- FREINS CONTINUS A ACTION RAPIDE
- L’action d’un frein continu sur un train n’est pas instantanée ; elle ne se produit pas non plus d’une façon simultanée sur tous les véhicules, mais elle s’établit d’abord sur le tender et le fourgon de tète, puis gagne, de proche en proche, jusqu’à la queue du train : le dernier véhicule est freiné avec un retard, par rapport au premier, qui dépend de la rapidité de propagation du serrage et de la longueur du train. Dans les freins àair comprimé automatiques, la cause qui produit l’application des freins est, on le sait, la dépression que le mécanicien détermine dans la conduite générale au moyen de son robinet de manœuvre; si cette dépression s’établit à raison de 50 mètres par seconde et que le train ait une longueur de 200 mètres, les freins du dernier véhicule ne seront appliqués qu’au bout de 4 secondes : avec une vitesse de marche du train de 70 kilomètres à l’heure, soit de près de 20 mètres par seconde, le chemin parcouru, à partir du moment où le frein se trouvera appliqué sur le tender jusqu’à celui où il le sera sur le fourgon de queue, atteindra dans ces conditions près de 80 mètres. 11 y aura donc là une cause de retard importante dans l’action retardatrice du frein. D’autre part, le manque de simultanéité de serrage produira des condensations— c'est-à-dire un tassement des véhicules d’arrière sur ceux de tète — qui détermineront des réactions violentes dans tout le
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- rain et pourront occasionner des ruptures d’attelage. C'est pour éviter ces ruptures, qui seraient la source de retards importants et d’accidents graves, que les diverses compagnies de freins continus ont étudié leurs dispositifs à action rapide.
- La Compagnie des freins Westinghouse s’est, occupée du freinage des longs trains, en France, dès Fan-née 1886; les premiers essais ont eu lieu sur des trains démobilisation de troupes, qui sont composés, normalement, de 50 véhicules. Dans le frein Westinghouse ordinaire, l’air que le mécanicien laisse échapper de la conduite générale pour déterminer le fonctionnement des triples valves doit passer entièrement par le robinet du la machine, ce qui retarde le serrage des véhicules de queue si le train a une certaine longueur; pour obtenir un échappement plus rapide de cet air, on a utilisé une des particularités de fonctionnement de la triple valve ordinaire qui lait que cet organe fonctionne en plein dans un serrage à fond, tandis qu’il ne fait environ que la moitié de sa course dans un serrage modéré : la course à fond a été utilisée pour faire communiquer directement (voir tig. I) la conduite générale avec le cylindre à frein 1 au moyen du tube 4 traversant le réservoir auxiliaire 2.
- Cette communication a [tour effet d’abaisser immédiatement la pression dans la conduite près de la triple valve, 5, du véhicule suivant, laquelle fonctionne également alors à fond, en faisant communiquer à son tour la conduite avec le cylindre à frein ; cette action se propage donc très rapidement sur toute la longueur du train, chaque cylindre à frein recevant l’air de la partie de la conduite du véhicule correspondant.
- Le frein Westinghouse à action rapide a permis de réduire de [très de 50 pour 100 la longueur et le temps d’arrêt des longs trains de mobilisation ; devant ce résultat, la Compagnie du chemin de fer du Nord l’a appliqué à scs trains à voyageurs, et la longueur des arrêts a [tu généralement être réduite de 20 pour 100. La compagnie d’Orléans transforme de son côté le frein Wenger, qu’elle avait adopté en 1885, en frein Westinghouse à action rapide, et elle applique en outre à son matériel à très grande vitesse une disposition, dite à haute pression, qui augmente encore de 20 pour 100 l’efticacité du frein à action rapide : voici comment.
- Pour obtenir l’arrêt d’un train dans le minimum de temps, il est nécessaire que la pression exercée sur les sabots de freins soit toujours la plus élevée possible, sans que cependant le calage des roues puisse se produire à aucun moment, car l’action retardatrice des freins serait diminuée par ce calage. D’autre part, le coefficient de frottement des sabots augmente lorsque la vitesse de marche diminue, ainsi que les expériences laites en Angleterre par Douglas Galton l’ont démontré ; par suite, la pression sur les sabots doit être toujours proportionnée à la vitesse et doit diminuer par conséquent lorsque cette vitesse diminue elle-même.
- Mais le frein automatique Westinghouse n’est pas modérablc au desserrage, c’est-à-dire qu’on ne peut pas y produire de diminution progressive de pression sur les pistons ; pour éviter le calage des roues aux faibles vitesses, on est alors obligé de modérer l’action des freins au début du serrage, de manière que le frottement, vers la fin de l’arrêt, ne puisse dépasser l’adhérence des véhicules. On voit donc qu’on n’utilise pas, au commencement du serrage, toute la puissance de freinage qu’on pourrait employer, et ainsi les arrêts ne sont [tas obtenus dans le minimum de temps. La Compagnie du frein de Westinghouse estime cependant que le frein automatique à action rapide est assez énergique pour la généralité des trains express; mais pour les trains exceptionnellement rapides, qui doivent aborder les appareils de voies et franchir des gares importantes sans ralentissement, un frein plus puissant lui [tarait nécessaire, ou tout au moins désirable, et elle a porté à cet elfel la pression dans les réservoirs auxiliaires de 5 kilogrammes à 7 kilogrammes, de manière à avoir cette dernière pression dans les cylindres au début d’un serrage d’urgence .'l’action retardatrice initiale est augmentée ainsi de 20 pour 100 ; pour que le calage des roues ne puisse se produire ensuite, dès qu’un ralentissement sensible de la vitesse est obtenu, une soupape de réduction, reliée au cylindre à frein, laisse échapper l’air de ce cylindre de manière à y réduire progressivement la pression jusqu’à A kilogrammes.
- La figure 2 montre une coupe longitudinale de cette soupape, et la figure 5 une coupe transversale par l’orifice d’échappement a et le tiroir 8. On voit que le cylindre à frein est en communication constante par un conduit avec le [liston 4, lequel est maintenu d’autre part dans la position indiquée sur le dessin, par le ressort antagoniste 1J, lorsque la pression de l’air dans le cylindre, et par suite sur le [fiston, est égale ou inférieure à A kilogrammes. Mais lorsque cette pression devient supérieure à ce chiffre, ce qui a lieu, nous venons de le voir, au début du serrage, le piston A s’abaisse en 7, et il vient mettre l’intérieur du tiroir 8, qui lui est solidaire, en communication avec l’atmosphère par le petit orifice a ; l’air s’échappe donc du cylindre à frein et cela jusqu’à ce que la pression dans ce dernier se soit abaissée à 4 kilogrammes : à ce moment, le ressort 11 fait remonter le piston 4, ainsi que le tiroir 8, et, par suite, fermer l’orifice a; la pression dans le cylindre reste alors stationnaire jusqu’à la fin du serrage.
- Pour un serrage modéré, la pression dans le cylindre à frein ne dépasse pas 4 kilogrammes, comme dans le frein ordinaire, et la soupape de réduction n’entre pas en action : cette disposition est donc très efficace.
- Ce frein extra-rapide, imaginé en 1894 par la Société des freins Westinghouse, a été appliqué, dès l’année 1896, sur le réseau du chemin de fer de Pen-sylvanie, où il a permis de réduire à 550 mètres la longueur d’arrêt d’un train de six voitures Pulmann, descendant, à une vitesse de 96 kilomètres à l’heure,
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- une ponte de !)mai,7 : cette longueur d’arrêt atteignait, dans les memes conditions de vitesse, de profil et déchargé, û()û mètres avec le frein'à action rapide ordinaire, et 780 mètres avec le frein automatique simple : le simple rapprochement de ces chiffres montre les progrès considérables réalisés dans le freinage des trains depuis l'invention de Westinghouse1.
- La Compagnie du frein à vide a imaginé aussi une disposition très simple qui transforme le frein automatique ordinaire en frein à action rapide.
- Le frein automatique ordinaire, connu ou France sous le nom de. (( frein dayton », a été décrit dans le journal2. Nous rappellerons donc seulement son principe de fonctionnement.
- Des cylindres à freins (lig. 4 et ô), placés sous les
- véhicules, sont reliés au moyen d’une conduite générale à un éjecteur combiné disposé sur la locomotive, et un certain degré de vide est entretenu, au moyen de cet éjecteur, dans la conduite et dans les cylindres, des deux cotés des [listons; le serrage des freins est produit par une rentrée d'air provoquée dans la conduite par le mécanicien, ou survenue à la suite d'une rupture d'un accouplement : une valve à boulet permet alors à cet air de pénétrer dans la partie inférieure des cylindres, en dessous des pistons, qui, en se soulevant, appliquent les sabots contre les roues.
- Ainsi, dans ce système, l’air extérieur qui, en pénétrant dans les cylindres, l'ait appliquer les freins, n'entre dans la conduite qui alimente ces cylindres que par l’éjecteur combiné placé sur la
- Fig. 1. Frein Westinghouse. Vue d'ensemble. — Fig. 2. Coupe longitudinale de la soupape. Fig. o. Coupe transversale par l’orifice d'échappement et le tiroir.
- locomotive : cette conduite n’est donc emplie que graduellement, et il en résulte pour les divers véhicules du train un retard au freinage qui est proportionnel à leur éloignement de la locomotive.
- Pour augmenter la rapidité d’entrée de l’air dans la conduite générale, on a monté sur cette conduite,
- 1 Les biographes de M. Westinghouse racontent que c’est à la suite d une rencontre de deux trains, dont il avait été le témoin involontaire, qu’il conçut le projet de son frein ; mais il avait été devancé dans cette voie par deux Français, M. Martin et M. Ycrdat du Tremblay, dont le premier brevet, remontant au 10 mars 1860, était ainsi libellé :
- «Une pompe disposée sur la machine fait le vide ou comprime de l’air dans une conduite ilexible qui parcourt toute la longueur du train ; sur cette conduite principale sont branchées des conduites secondaires communiquant avec des cylindres placés sous tes wagons : chaque cylindre renferme un piston qui actionne les sabots d'une voilure : ainsi, par la simple ouverture d’un robinet, on met en prise tous les freins, et l’on peut même graduer à volonté la pression. »
- Le 27 décembre de la même année, M. Martin prenait un
- et sons chaque, véhicule (fig. 4 et (>) une valve reliée d’autre part au cylindre à frein; lors d’un serrage d’urgence, donnant lieu à une grande rentrée d’air dans la conduite, cette valve met en communication directe la chambre inférieure de chaque cylindre avec l’atmosphère; l’air extérieur entre ainsi dans
- brevet de perfectionnement substituant un jet de vapeur d'entrainement aux pompes qui devaient produire le vide.
- En 1862, une locomotive et un teinter étaient mis, par la Compagnie des chemins de fer de l'Est, à la disposition des inventeurs, et des essais sérieux furent entrepris aussitôt. Mais la nécessité des freins continus ne semblait pas s'imposer à l’époque, les capitaux manquèrent, et les essais furent abandonnés. Pour reconnaître le mérite de l'invention de M. Martin, la Société d’encouragement pour l’industrie nationale lui décerna, en 1882, un prix de 2500 francs; de son côté, la Compagnie du frein à vide lui fit remettre, l'année suivante, une somme de 10000 francs.
- Le premier brevet pour un frein à air comprimé délivré à (!. Westinghouse date du 15 avril 1860.
- 2 Yoy. n° 615, du 20 septembre 1885, p. 266.
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- LA A AT LU K.
- chaque cylindre par un passade direct, et le freinage est considérablement accéléré.
- Voici comment s'opère le fonctionnement, de la valve rapide. L’air introduit dans la conduite générale par l'ouverture brusque de l'éjecteur produit des ondulations très vives qui ont pour effet de soulever la petite valve M (fig. (}) et de l’appliquer contre la valve C; les deux valves ne forment ainsi qu’une et, en se soulevant ensemble, elles mettent en communication la chambre A, où règne le vide, avec la petite chambre A, où existait la pression atmosphérique. Le vide s’établit ainsi dans cette dernière, et le clapet L se soulève sous l'action de l’air extérieur agissant sur sa face externe.Cet air entre donc en A,
- et de là en N, et presse ainsi les clapets M et C respectivement contre les butoirs F et C ; mais la valve M viont la première en contact avec le butoir C ; elle se sépare de la sorte de la valve C, et l’air extérieur passe dans le canal percé dans cette valve, puis dans la chambre F et la conduite K, pour entrer enfin dans la chambre inférieure du cylindre à frein, où il agit avec force sur le piston pour produire un serrage énergique du frein. En outre, l’air entrant dans la conduite par le clapet L vient renforcer les ondulations initiales produites dans cette conduite par l’éjecteur, et ces ondulations se communiquent plus rapidement ainsi à la valve du véhicule suivant, dont elles activent la mise en jeu.
- 11 est à remarquer que dans le cas d’un serrage modéré, les ondulations produites dans la conduite générale ne sont pas assez accentuées pour déterminer le soulèvement de la valve M; l’air passant par le canal de la valve C pénètre alors dans la chambre E, et de là dans la partie inférieure du cylindre : par suite, la valve à action rapide n’entre pas en jen.
- Ce système de frein à action rapide vient d’ètre adopté pour les trains à voyageurs de grandes lignes des diverses Compagnies de chemins de fer d’Autriche, à la suite d’essais entre les principaux systèmes de freins continus faits sur les pentes de la ligne de l’Arlberg, qui ont une inclinaison moyenne de près de 50 millimètres. Le programme de ces essais, effectués sur des trains de 20, 25 et 50 voitures, consistait à maintenir nue vitesse constante de 55 ki-
- lomètres sur les pentes ci-dessus, puis de produire, au commandement, des arrêts rapides, les freins étant préalablement modérément serrés. Les écarts en dessus ou en dessous de cette vitesse ont été très faibles pour les trains munis du frein à vide ; ce frein a été trouvé en outre très énergique, d’un fonctionnement très simple, et absolument modérable, tant au serrage qu’au desserrage.
- Sur une moyenne de huit arrêts, les résultats ont été les suivants :
- Vitesse du train au moment de fapplication du frein 55 km
- Longueur d'arrêt................................... 4dm
- Temps d’arrêt.................................... . 7* 1/2
- Un a constaté d'autre part, dans des expériences faites sur un train au repos, que le serrage des sabots
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- LA MIL HL.
- commençait à s'effectuer sur le trentième véhicule ls (>5/100 après l'application du frein, et que ce serrage était complet au bout de 5S 5-4/100.
- la' frein à vide Clayton, mis à l’essai pendant un an, avec un plein succès, sur un train express des chemins de fer de l'État français, a été adopté par cette Administration pour les lignes de tramways de la Vendée; il est aussi employé parla Compagnie des chemins de 1er départementaux, la Société des chemins de fer économiques et diverses Compagnies de chemins de fer et de tramways d’intérêt local. Le i rein à vide direct a été en outre longtemps en service sur le chemin de fer du Nord. L. Pieure-Giédoa.
- LES ALLUMONS AURIFÈRES
- DE LA COLOMBIE
- La République de Colombie, dans l’Amérique du Sud, est riche en gisements aurifères. Si ce n’était d’abord le climat, puis les difficultés des moyens de transport à travers des régions fort montagneuses, le pays serait devenu depuis longtemps déjà une petite Californie. On V exploite une assez grande quantité d’or par des moyens fort rudimentaires, et, lorsque le Gouvernement se décidera à installer quelques voies ferrées, l’extraction du métal précieux ne pourra qu’y gagner en s’accroissant dans une très large mesure.
- Comme ailleurs l’or existe soit en filons, soit à l’état d’alluvions. C’est de celles-ci que nous parlerons exclusivement aujourd’hui, afin de montrer de quelle manière elles ont pu se former aux dépens des filons.
- On trouvera en Colombie, moins qu’en Californie, des alluvions anciennes, c’est-à-dire des dépôts d’or roulé qui sont antérieurs aux éruptions de la période géologique dite tertiaire. Ces dépôts, comme chacun sait, se reconnaissent à ce fait qu’ils sont recouverts par des basaltes ou laves de l’époque tertiaire. Toutefois, certaines alluvions colombiennes correspondent à des lits de rivières anciennes qui n’existent plus aujourd’hui, le système orographique des environs ayant été bouleversé par une éruption volcanique, par un tremblement de terre ou par une série de secousses sismiques. Tels sont certains gisements de la province de Toliina.
- Ce qui est de beaucoup le plus fréquent, ce sont des dépôts de sables aurifères, soit au bord des rivières actuelles, soit à une certaine hauteur au-dessus des lits de ces rivières. Quelle que soit d’ailleurs la position de ces dépôts, il est évident que ce sont les rivières actuelles qui ont contribué à leur formation et voici de quelle manière.
- Au début, il y a des milliers d’années, les rivières avaient une pente et un débit plus forts que maintenant. Elles charriaient de gros éléments, des blocs entiers de roches, des arbres immenses arrachés au sol avec leurs racines (on en voit encore qui descendent aujourd’hui le rio Magdalena). En raison de ces apports considérables de la rivière, peut-être aussi sous l’action d’une secousse volcanique, la vallée a été barrée un jour en un point où elle se trouvait plus étroite. Qu’est-il arrivé alors? La vallée étant barrée, et les eaux continuant à affluer en grande quantité, il s’est formé des lagunes immenses. On voit encore actuellement quantité de ces lagunes autour des fleuves qui, coulant près des côtes, n’ont plus la forte pente des rivières de la montagne. Quelques-unes
- de ces lagunes ont des étendues de plusieurs kilomètres1.
- Ainsi à une période de torrents succède une ère d’eaux tranquilles. Eaux profondes d’ailleurs le plus souvent. Au fond de ces eaux il y a décomposition des roches formant le substratum de la vallée. Or ce substratum est composé en général de schistes anciens, et dans ces schistes se trouvent fréquemment de petites imprégnations de quartz, quartz renfermant des sulfures de divers métaux mélangés à l’or. Sous faction des eaux, il y a eu d’abord corrosion de la roche et oxydation des sulfures, fuis les oxydes se sont séparés au moment où l’eau recommençait à devenir courante, parce qu’ils étaient plus légers; l’or s’est concentré au contraire dans un sable bleu (ealiche) qui forme la base de presque toutes les alluvions, et qui est toujours la partie la plus riche de ces alluvions. L’or est ainsi resté sur place. On trouve, en effet, dans ces sables des pépites fort petites, il est vrai, mais qui n’ont pas été roulées, car leurs arêtes sont bien conservées.
- Les eaux sont donc redevenues courantes, avec une pente moins forte qu’autrefois, car le relief du sol a été quelque peu changé sous l’influence peut-être d’une faible secousse sismique. Le régime des apports va recommencer. Alors viennent de plus haut des roches enlevées soit aux filons, soit aux terrains encaissants de ces filons. Les galets charriés et mélangés d’argile 2 se déposent sur le sable bleu déjà existant. Ils forment des conglomérats (venero) sur des épaisseurs fort grandes, fuis, avec le temps, la grosseur des galets diminue et arrive à la consistance de sables, sables analogues déjà à ceux qui sont déposés encore par les rivières actuelles et qui contiennent, outre l’or, le platine c-t l’oxyde de fer magnétique, une certaine quantité de fer chromé, fait intéressant
- à signaler.
- Ainsi se sont formés les dépôts alluvionnaires. Ces dépôts se trouvent d’ailleurs surtout aux points où la rivière change brusquement de sens, où son lit tourne parfois à angle droit. Cela s’explique aisément. Ces points sont voisins probablement de celui où la réouverture du lit s’est faite. Là devait s’accumuler tout ce qu’apportait la rivière. C’est dans ces coudes brusques des rivières qu'actuellement encore se rencontrent les troncs d’arbres et les débris de toute sorte que charrie la rivière. Dans ces coudes on ramasse aussi un sable fin et riche qu’on peut toujours laver avec avantage.
- A la fin de la période du dépôt des sables et des conglomérats, il faut admettre qu’un mouvement géologique plus important a occasionné la submersion générale de toute la région, feut-étre y a-t-il eu jusqu’à une incursion de la mer. far là se justifie le dépôt d’argile qui recouvre en général les alluvions et les masque à la vue du prospecteur concurremment avec la végétation touffue de la forêt vierge.
- fuis le pays reprend son aspect primitif, les eaux s’écoulent de nouveau vers la mer. C’est alors que les rivières se sont creusé leur lit actuel, soit à travers l’argile, soit même à travers toute une couche d’alluvions, révélant à l’œil du chercheur d’or des formations aurifères de 8 et 10 mètres d’épaisseur, souvent même davantage.
- Sur ces alluvions il se forme encore aujourd’hui de nouveaux dépôts qui sont la répétition en petit de ce qui s’est fait autrefois.
- 1 La lagune Chimbouza, près du rio Patia sur l'océan Pacifique, couvre une superficie de plusieurs hectares.
- 2 Cette argile ne doit pas être trop abondante dans les conglomérats, car elle occasionne de grandes pertes d’or dans les canaux de lavage.
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- LA NAT U HE.
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- Actuellement, en raison du régime fortement pluvieux assez spécial et commun aux pays tropicaux, les rivières ont des crues très fortes, pouvant atteindre 3 et 4 mètres de différence de niveau. Le courant vient alors ronger les plages des alluvions plus anciennes ou bien emporte la partie supérieure d’un tilon de quartz qui a été oxydé et décomposé antérieurement par l’humidité du climat. Dans le transport la teneur en or s’enrichit et il y a en quelque sorte un enrichissement industriel par lavage sur d’immenses espaces.
- L’enrichissement est d'ailleurs toujours le même, et, si les teneurs ne sont pas très élevées, elles sont bien constantes, plus constantes que dans d’autres pays aurifères, la (iuyane par exemple. Pour une exploitation industrielle, ce n’est point un désavantage et, avec une teneur moyenne de 4 à 5 francs d’or par tonne, on peut installer soit une exploitation hydraulique, s’il va une amenée d’eau facile, soit des excavateurs avec canaux de lavage des sables extraits, soit enfin des dragues dans les lits de certaines rivières.
- Les deux premières méthodes d’exploitation se conçoivent d’après le mode de formation que nous avons donné pour les alluvions. 11 en est de même pour les dragages sur certains points. Toutes les vallées contiendraient, en effet, des alluvions en plus ou moins grande quantité. Si ces alluvions ont été enlevées ultérieurement, c’est par les rivières. Or il a pu rester une certaine quantité d’alluvions au fond des rivières, et si c’est la couche la plus profonde, c’est précisément la partie la plus riche en or. Feux Colomer,
- Ingénieur civil des mines.
- LA. ME AU FOND DES MERS
- L’expédition allemande de la Valdivia en 1898-99, dans l’océan Atlantique, la mer Antarctique et l’océan Indien, a augmenté considérablement nos connaissances océanographiques et biologiques. La masse énorme de documents rapportés n’a pas encore été soumise à une étude systématique ; mais déjà se dégagent de la relation du voyage1 une quantité de laits nouveaux, dont nous présenterons les plus intéressants à nos lecteurs.
- Les énormes masses d’eau situées entre la surface et le fond des mers présentent une faune extrêmement riche, où tous les ordres d’animaux marins sont largement représentés, par des formes en général fort différentes de celles de la surface. Au point de vue lloral, on peut distinguer trois zones : jusqu’à 80 mètres il y a de nombreuses algues et diatomées qui prospèrent sous l’influence de la lumière solaire et assimilent le carbone de l’air. De 80 à 550 mètres on rencontre une flore ombrophile représentée par trois genres de diatomées et par une algue unicellu-laire sphérique, Halosphœra viridis. Cette flore est la même partout, quelle que soit la température des eaux. Au-dessous de 550 mètres on ne trouve plus d’organismes végétaux ; mais les débris de ceux de la surface tombent au fond et y entretiennent la vie
- 1 C. Chun. .4ms den Tiefendes Weltmeeres, Iena, Fischer, 1900. 1 vol. grand in-8° avec 390 figures, 40 planches et 2 cartes.
- animale. Il y a en tous les points du globe une faune profonde presque identique à elle-même. Au contraire les formes animales et végétales de la surface varient suivant la température, la salinité et le poids spécifique de l’eau. C’est ainsi que les Péridinées (dont quelques-unes sont figurées dans La Nature, n° 1424, 8 sept. 1900, p. 257) ont des prolongements en forme de lames, de parachutes ou de cornes (genre Ceratium) qui les empêchent de tomber au fond. Ces prolongements, relativement courts dans les courants équatoriaux de 1’Atlantique, de densité absolue 1024, sont démesurément développés dans le courant de Guinée dont la densité absolue n’est que de 1022. Ces Flagellés, souvent pourvus de chlorophylle, absorbent du carbone et de l’azote et servent de nourriture aux êtres supérieurs. Dans la zone antarctique ils sont remplacés par des Diatomées qui remplissent le même rôle dans l’économie générale
- de la nature.
- La constance de la température des couches profondes permet un échange d’organismes entre les mers arctiques et antarctiques et explique l’identité de beaucoup des formes observées dans ces parages. Il y a, d’autre part, des êtres qui exécutent des migrations verticales pour trouver en toute saison les conditions qui leur sont les plus favorables. C’est ainsi que les siphonophores, très communs à la fin de l’hiver et au printemps, à la surface de la mer, aux environs des îles Canaries, en disparaissent en été et en automne et ne se retrouvent que dans les eaux profondes plus froides. On conçoit que des mœurs pareilles permettent à ces organismes de devenir cosmopolites et de vivre dans des mers fort différentes les unes des autres par la température.
- Parmi les animaux nouveaux découverts par la Valdivia, nous serons forcés de faire un choix et de ne signaler que les plus remarquables. Les épongés siliceuses sont ordinairement fixées au sol par un enchevêtrement de filaments ressemblant à du verre filé. Dans un genre nouveau, dénommé Monorha-phis, et pêché sur la cote des Somalis entre 1000 et 1600 mètres de profondeur, l’animal est porté par une tige transparente comme du verre, qui peut atteindre 5 mètres de long et avoir la grosseur du petit doigt. Cette aiguille, qui s’enfonce sans doute profondément dans le sol, est souvent couverte de polypes parasites. Les Ilydraires de mer profonde atteignent souvent des proportions gigantesques. Les Echinodermes ne sont pas moins intéressants. Voici une holothurie de haute mer, Pelagothuvia Ludwigi Ch. (fig. 1), qui avait déjà été vue par Agassiz, mais que les membres de l’expédition de la Valdivia ont pu étudier avec plus de détails. Cet animal vit aussi bien à la surface qu’à des profondeurs de 800 à 1000 mètres. Son corps, de couleur rose pale, est suspendu à un disque natatoire pourvu de 12 tentacules dont les latéraux sont les plus longs. Autour de la bouche, il y a une deuxième couronne de 14 tentacules très courts, terminés par des branchies ramifiées.
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- 1a* mollusque le plus remarquable a été pèehé près de Sumatra, par (il 4 mètres de profondeur. C’est un Gastéropode du genre Xenophora, qui a la curieuse habitude de fixer sur sa coquille celles d'autres mollusques qu'il dispose dans un ordre tout h lait régulier. Les Céphalopodes sont extrêmement abondants au-dessous de 1000 mètres, beaucoup d’entre eux appartiennent, à des genres nouveaux.
- Parmi les Tuniciers, il convient de citer un Ap-pendicularié géant. Les animaux de ce groupe sont d’ordinaire extrêmement petits. Or, le Balhochor-ilœus Charon Ch. (tig. 2), pêché dans l'Atlantique méridional par !2500 de profondeur, a Su milli-
- mètres de long. Ou reconnaît, par transparence dans le corps de l'animal, le pharynx Vh, auquel fait suite l’estomac E, entouré par un foie volumineux F. La bouche est située du coté dorsal, les deux fentes branchiales du coté ventral. Au corps, ainsi constitué, l'ait suite une queue pourvue de deux expansions latérales n servant à la natation. Au milieu, se voit la corde dorsale ch avec scs muscles m ; on sait (pie cet organe rattache intimement les Tuniciers aux Vertébrés.
- Pourvus d'armes offensives et défensives de diverses natures et d'organes du tact extrêmement développés, les Crustacés de tout ordre parcourent les profondeurs des mers en troupes innombrables.
- 4 / 4/cme/f/-
- 1. 1‘elagothnria Ludivigi Ch. pêchée dans l’océan Indien— i. Hrttlioclwrdœus Charon Ch. Appeiulii'uhu'ié de l'Atlantique méridional. 3. Nouvel Ilomolidc des côtes d’Alrique. (Figures réduites d'un tiers environ.)
- Nous citerons seulement un llomolide appartenant à un genre nouveau, qui, outre les pinces normales des premières pattes, en porte une autre paire à l’extrémité des membres postérieurs (lig. 5). Ce crabe remarquable a été pêché sur la cote orientale de l’Afrique par 1)77 mètres de profondeur. Il est pourvu de cornes ramifiées. M. Chun pense que les pinces postérieures lui servent à saisir des corps étrangers pour s’en couvrir et se cacher. Les formes voisines, vivant à la surface, agissent de même avec la cinquième paire de pattes recourbée sur le dos de la cuirasse.
- Les poissons des eaux profondes ont d’ordinaire des nageoires ventrales peu développées, le corps est allongé et terminé en pointe, beaucoup ont des formes absolument fantastiques. Les pèches de la
- Valdivia ont montré qu'un grand nombre d’espèces qu’on croyait vivre dans la vase nageaient au contraire à plusieurs milliers de mètres au-dessus du fond des mers. I)' L. Laloy.
- LA. FIXATION DE L’AZOTE
- UK I.’aTMOSI'IIIAIK
- Bien des chercheurs ont essayé de réaliser en grand la fabrication artificielle de l’acide azotique et des nitrates. C’est qu’en effet la question est du plus haut intérêt au point de vue industriel. Dans nos industries chimiques actuelles, les produits dérivés de l’azote tiennent une place prépondérante, il est peu d’applications auxquelles ils soient restés étran-
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- gcrs. L’acide azotique, dont la consommation totale annuelle aux Etats-Unis dépasse 100 000 tonnes, est utilisé pour la fabrication des explosifs, du celluloïd, des nitrates métalliques employés dans les arts; 21 000 tonnes de nitrate de potasse son! importées chaque année, dans les États-I ’nis. La fabrication des couleurs' absorbe annuellement 20000 tonnes d’azo-litede sodium. Et nous ne parlons pas de l'emploi comme engrais des nitrates de sodium et de calcium, car nous serions entraînés trop loin.
- Jusqu’ici ces industries s’alimentaient toutes à une seule source . les gisements naturels de nitrate formés comme on sait à la suite d'une lente nitrification qui est l'œuvre séculaire de patients mi-croorganismes.
- 'D’après Sir AV.
- Lrookes ces gisements, exploités d’une façon intensive, sont bien près de s’épuiser.
- De plus les nitrates utilisés dans les arts sont en généralirrécupé-r a blés, ils ne retournent point à la • terre dont les réserves s’appauvrissent, ainsi de plus en plus.
- < )r ce sont ces nitrates (pii font la richesse de l'agriculture. Quelques savants ont prévu qu’en 1950 il faudra par an 12 millions de
- tonnes de nitrates Ki<-, 1.
- pour que la ré-
- colte du blé atteigne le chitfre exigé. Pour toutes ces raisons et pour beaucoup d’autres il était donc très important de trouver un procédé pratique permettant de tirer l’azote directement de l’atmosphère.
- Ce desideratum vient d’ètre atteint, paraît-il, par deux inventeurs américains MM. Bradley et Lovejoy, dont les brevets sont exploités par la « Atmospheric Produet Company ». Une usine a été établie à Niagara. Pour fixer directement l’azote de l’atmo-sphère, on utilise l’action de l’étincelle électrique qui jaillissant dans l’air provoque la formation d’oxydes d’azote. Les modifications chimiques que subit l’air au voisinage de l’étincelle électrique ont été signalées pour la première fois en 1785 par Priestley et contrôlées plus tard par Cavendish. Dans les expériences
- de laboratoire la quantité de gaz ainsi produite est très faible et jusqu’ici personne ne semble avoir songé qu’il pouvait bien v avoir là les éléments d’un procédé industriel.
- Pour arriver à produire les oxydes en quantité suffisante, MM. Bradley et Lovejoy ont fait de patientes et coûteuses recherches ; ces recherches leur ont permis de fixer les meilleures conditions (pii doivent [(résider à la formation de l’étincelle ou de l’arc électrique. L’arc doit être produit dans un circuit à courant continu, sous haute tension ( 10000 volts environ), il doit être de durée très courte;
- aussitôt établi, il doit être rompu par l’écartement brusque des deux contacts entre lesquels il se forme. M. Bradley, pour satisfaire à ces diverses conditions, adopte une disposition très simple et que nous indiquons schématiq uc-ment. U prend une dynamo à courant continu dont il modifie convenablement les circuits. Le pôle négatif de cette machine est relié à un cylindre tournant à 500 tours par minute qui porte six contacts reliés en parallèle ou, plus exactement, 144 contacts disposés en six ran-Chambru à réactions. gees. Ces six con-
- tacts tournent en
- regard de six autres fixes et disposés en couronne à l’intérieur d’une chambre en fonte (fig. I ) haute de trois mètres qui entoure le cylindre. A travers cette chambre passe un courant d’air froid et sec. Les arcs se forment entre les contacts. On voit (fig. 2) que chaque arc est en série avec une bobine d’induction qui empêche que l’arc ne donne lieu à un courant exagéré de court-circuit. Le courant effectif est ainsi très faible, environ 0,005 ampère par arc. Ce dispositif fait 414 000 arcs par minute. 11 va sans dire que les moindres détails : la tension exacte, l’inductance requise, le nombre d’interruptions par minute, etc., n’ont, été fixés qu’après de nombreuses expériences.
- L’air sortant de cette machine est chargé de
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- 2 J/2 pour 100 d’oxydes. 11 passe ensuite dans des tours d’absorption. Ici le procédé diffère suivant le produit tjue l’on désire. En conduisant les gaz dans de l’eau pure on obtient de l’acide azotique, l'addition de soude ou de potasse caustiques produit les nitrates de sodium ou de potassium. D’après des chiffres donnés par M. le professeur Chandler, on peut, avec un kilowatt-année, dont le prix ne dépasse pas 100 Iran es, produire une tonne d’acide nitrique du commerce d une valeur marchande de plus de 400 francs. Or si l’on songe que plus d’un million de tonnes d’acide nitrique sont fabriquées annuellement par le traitement à l’acide sulfurique des nitrates naturels, on jugera de l’immense importance (pie prendra le nouveau procédé de fabrication dès sa naissance. Ajoutons «pie tous les produits
- Fig. 2. — Schéma du montage.
- obtenus sont chimiquement purs, ce qui est loin d’exister pour les autres procédés. On évite ainsi tous les frais adhérents au raffinage et à la purification des produits. J. Gxrc.ix.
- LE PYTHON DU MUSÉUM
- Les serpents sont très capricieux ; il en est qui mangent bien et d’autres qui jeûnent avec plaisir pendant des mois. Il en est même qui refusent systématiquement toute nourriture, alors même qu’on la choisit la plus tentante possible. 11 s’agit, bien entendu, de serpents en captivité. A Paris, à la ménagerie du Muséum on a cité une couleuvre de l’Amérique du Nord qui resta quinze mois sans prendre de nourriture, et un crotale qui n’accepta son repas qu’après vingt-six mois de jeune, M. Vaillant, professeur au Muséum, a mentionné un Pélophile de Madagascar, encore vivant aujourd’hui qui ne mangea rien du tout pendant vingt-trois mois et un Python qui n’accepta sa proie qu’après vingt-neuf mois passés. 11 y en a qui supportent ce régime économique, mais il en est qui finissent par en mourir. Tels deux Pélophiles qui, après trois ans et quatre ans de jeune, moururent tranquillement un beau matin. Après quatre ans? Quatre ans sans manger; pauvre Succi!
- Le 17 novembre 1899, entrait à la ménagerie du Muséum un superbe Python réticulé du Japon. C’est M. J. Pellegrin, chargé des reptiles au Muséum, qui a raconté son histoire à la Société zoologique. Ce serpent mesurait 6m,45 de longueur, sa coloration vive et brillante, son diamètre
- énorme, sa vivacité dénotaient un état de santé excellent. Le serpent se montrait d’ailleurs d’humeur agressive. On lui otfrit cependant les proies les plus diverses, et il les refusa obstinément : mouton du Dahomey, lapins, oies, canards, poulets. 11 les dédaigna ; quelquefois, il étouffait dans les replis de ses anneaux un de ces animaux, mais il l’abandonnait ensuite sans y toucher.
- Ce Python fut observé avec soin par .M. Pellegrin d’abord dans l’espoir de l'empêcher de mourir d’inanition comme ceux dont il vient d’être question, mais encore dans le but de savoir quelle est la réduction de poids de l’animal quand il meurt d’inanition ou, si l’on préfère, après quelle perte de poids, l’animal ne peut-il vivre. Il est évident qu’en pareille occurrence, le serpent se mange lui-même. Quand s’est-il assez autodévoré pour que la mort s’ensuive? D’après les vieilles expériences de Chos-sat, de Genève, faites également sur des animaux à sang froid, la mort survient quand l’animal a perdu de -40 à 50 pour 100 de son poids primitif, c’est-à-dire quand il a dévoré la moitié de lui-même.
- M. Pellegrin était arrivé de son coté à des résultats assez semblables chez les couleuvres à collier. Dans un lot de ces ophidiens soumis à un jeune absolu, la mort arrivait en moyenne après une perte de 58 pour 100 du poids primitif. Chez les animaux soumis à un jeûne relatif, c’est-à-dire non privés d’eau, le décès survenait après une perte de 45 pour 100 du poids initial, mais la durée de la vie était chez les couleuvres environ trois fois plus longue que chez les animaux privés à la fois d’eau et de nourriture.
- Le grand Python du Muséum ne mangeait pas, mais se baignait de temps en temps dans son bassin, ce qui naturellement devait malgré l’inanition prolonger son existence. A la longue on le vit perdre ses forces et maigrir considérablement. La couleur si vive du serpent disparaissait pour faire place à une teinte terne et grisâtre. Au commencement de cette année 1902, il était devenu d’une maigreur étonnante. Apathique, inoffensif, il demeurait inerte, sans mouvement, enroulé dans un coin de la cage.
- On essaya de le gaver au moyen d’œufs introduits dans la gueule; l’effet fut nul. Le corps se couvrit de fissures de mauvaise apparence, des lambeaux de peau se détachaient. La mort partielle et successive des organes précéda en quelque sorte la mort totale. Le grand Python mourut le 20 avril 1902, soit après 2 ans, 5 mois et 5 jours de jeûne.
- L’animal, dont le poids à l’arrivée était de 75 kilogrammes, ne pesait plus, mort, que 27 kilogrammes. La perte était donc de 48 kilogrammes, soit des deux tiers du poids primitif, ou de 66 pour 100. Perte énorme, bien supérieure à ce qui avait été relevé jusqu’ici. Par conséquent, il est permis d’avancer qu’au moins chez certains grands ophidiens adultes soumis volontairement au jeûne relatif, la mort peut ne survenir qu’après une perte de poids beaucoup plus considérable qu’on ne l’avait cru jusqu’ici. Fla.mfx.
- NÉCROLOGIE
- Le professeur Virchow. — Le professeur Virchow, un des plus grands savants de l’Allemagne, vient de s’éteindre à Berlin, à la suite d’une congestion pulmonaire. Né le 15 octobre 1821 à Schivelbein (Poméranie), il fut reçu docteur en médecine à Berlin en 1845, et devint, en 1847, prosecteur à l’hôpital de la Charité, à Berlin. Chargé du service des pièces anatomiques, il commença ses recherches et s’adonna à l’étude de l’anatomie
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- LÀ NATURE.
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- pathologique. En 1847, il fonda, avec Reinhardt, le célèbre recueil Archives d'anatomie et de physiologie pathologiques qui n’a cessé de paraître. Ce fut dans ces archives qu’il publia un Mémoire important sur les hases de la médecine scientifique. Virchow fit de nombreuses études sur la pathologie cellulaire, sur la notion générale de l’individualité de la cellule, ses manifestations pathologiques et leur rôle dans les maladies. Dans sa conception de la pathologie, Virchow rapportait tout aux troubles fonctionnels et aux altérations plus ou moins permanentes des cellules dont les tissus animaux sont composés. On doit à Virchow un grand nombre de travaux remarquables, notamment sur la thrombose et l’embolisme, sur les tumeurs, le typhus, les pneumonies, les phlébites, etc. Virchow prescrivit, en 1875, les règles de l’organisation sanitaire de Berlin, dans un rapport général sur les travaux de la ville de Berlin pour l’assainissement et la canalisation de la ville. Virchow fonda, à Wurtzbourg, une école d’anatomie pathologique qu’il dirigea, de 1849 à 1850. En 1850, il revenait à Berlin, comme professeur d’anatomie pathologique, et il a conservé cette chaire jusqu’à sa mort. Au mois d’octobre 1901, à l’occasion de ses quatre-vingts ans, à Berlin on célébra son anniversaire, et le monde scientifique lui rendit hommage. En 1900, Virchow était venu à l’aris, où il présida le Congrès médical international qui eut lieu à l’occasion de l’Exposition. Virchow était membre de l’Académie de Berlin, correspondant de l’Institut de France, commandeur de la Légion d’honneur. Dr 11. 1).
- ——
- CHRONIQUE
- Cil tiirlio-alternatcur de 1500 kilowatts. —
- Pour compléter ce que nous avons dit du succès des turbines à vapeur, notamment dans les stations centrales pour la commande directe des génératrices électriques, nous signalerons la mise en service à Ncwcastle-on-Tyne d’une turbine Parsons, couplée directement à un alternateur; le nombre des tours est de 1200 par minute, le courant est triphasé, la différence de potentiel oscille entre 5000 et 0000 volts. A pleine charge à peu près, la consommation est de 8,10 kg de vapeur par kilowatt-heure.
- I/hygiène des mouches. — On sait que la mouche ordinaire, la mouche dite domestique, peut parfaitement être l’agent propagateur d’une foule de maladies, telles que la tuberculose, la pustule maligne, la variole, etc. Comme le fait non sans originalité remarquer M. Brennan dans la Revue médicale du Canada, notre hygiène est liée en quelque sorte à celle des mouches, il faut s’occuper de celle-ci pour améliorer celle-là. Pour empêcher les mouches de se contaminer, il est important .d’observer la plus grande propreté soit à l’intérieur des habitations, soit au dehors. Avoir soin, par exemple, de recouvrir tous les récipients, seaux, vase à déchets, crachoirs, etc., d’un couvercle bien ajusté afin que les touches ne puissent y pénétrer. Ces récipients contiendront des désinfectants et seront nettoyés le plus souvent qu’il sera possible. Tout cadavre d’animal devra être enterré au plus tôt. Mais il faudra en outre garantir les mouches du contact des malades. Les personnes atteintes de maladies contagieuses : fièvre typhoïde, tuberculose, cancer ulcéré, charbon, etc., devront être protégées contre les approches des mouches, leurs aliments, leur linge, leurs expectorations, tout ce qui les entoure, devront être l’objet d’une surveillance attentive.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 septembre 4902.
- Présidence de M. Bodqcet de la Grye.
- Les éruptions de la Martinique. — M. Darboux annonce que l’Académie a reçu un nouveau Mémoire de M. Lacroix consacré à la description et à la recherche des causes de la catastrophe qui a détruit Saint-Pierre. Il constate que la mission, qui n’est arrivée sur le lieu de la catastrophe que près d’un mois et demi après l'événement, a eu les plus grandes difficultés pour recueillir des indications précises. Dans l’intervalle s’était produite l’éruption du 20 mai qui avait étendu ou parachevé les divers effets phvsiques, chimiques et géographiques de l’éruption du 8. On est réduit à discuter les récits; or ceux-ci ne sont presque jamais des constatations brutales des faits, mais sont au contraire des « interprétations ». M. Lacroix a recueilli des preuves que le dégagement de gaz incandescents qui a détruit la ville provenait du sommet de la montagne et non d’une crevasse qui se serait formée, puis comblée sur le Jlanc du volcan, ainsi que l’ont annoncé les membres de la mission américaine, il signale encore les effets désastreux produits par les torrents qui, sur les pentes déboisées du mont, se sont formés sous l’action de l’énorme précipitation d’eau qui a suivi les éruptions. Quelques-uns ont transporté des blocs de 10 mètres cubes. Toute l’ile a été recouverte de cendres, mais l’épaisseur de la couche est insignifiante. A la date du 51 juillet, la zone désolée s’étendait sur un rayon de 2 à 5 kilomètres autour du cratère, et sur un secteur dont il occupait le centre et dont la mer constituait l’arc. La ville de Saint-Pierre était située dans ce secteur. On relevait une fissure de l’écorce terrestre jalonnée par des fumerolles. En résumé une grande explosion avec coulée de laves reste toujours possible. De nouvelles fumerolles accusant une extension de la fissure apparaitront-elles? L’auteur n’a pas de renseignements sur ce qui est arrivé depuis le 50 août; mais il sait qu’à Ajoupa Bouillon, théâtre de la nouvelle catastrophe, il y avait déjà eu des fumerolles. Dans le cas de coulée, il parait probable que celle-ci se ferait par le lit de la rivière. M. Lacroix estime néanmoins que le massif entier de la montagne doit être évacué jusqu’à cessation des phénomènes, surtout si un cratère s’ouvrait sur les Bancs de la montagne.
- L’utilisation des principes minéraux par les plantes greffées. — M. Moissan présente une Note de MM. Daniel et Thomas sur l’utilisation des principes minéraux par les plantes grelfées. Cette question, étudiée au dix-septième siècle par Boyceau, puis par Duhamel, a été reprise récemment par M. Daniel qui a donné une théorie du greffage basée sur la difi'érencc des capacités fonctionnelles entre le sujet et le greffon et sur les variations de nutrition causées par le bourrelet. MM. Daniel et Thomas, à la suite d’expériences physiologiques laites sur des haricots élevés en serre dans des conditions déterminées, posent les conclusions suivantes : 1° la transpiration moyenne est plus grande dans les témoins que dans les plantes greflées; 2° la quantité totale de matière minérale absorbée est considérablement modifiée par suite du greffage; 5° le phénomène de la chlorose se trouve par le seul fait de la grefl'e profondément modifié.
- Varia. — M. Moissan dépose une Note de M. Simon sur un nouvel indicateur acidimétrique. — M. Dehérain dépose une Note de M. Victor Jodin signalant la propriété
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- LÀ NATURE.
- qu’ont les graines sèches de se bien conserver à la lumière, contrairement à l’opinion reçue.
- Décès. — M. le professeur Bouchard, invité à prononcer au nom de la Section de médecine l’éloge du professeur Virchow, synthétise dans une élégante allocution l’œuvre du célèbre savant allemand. 11 met en évidence que Virchow doit sa gloire à cette double particularité qu’il a imprimé à la médecine une direction nouvelle et qu’il a constitué une doctrine. Al. Bouchard fait justice de l’accusation d’hostilité à la France et à la science française qui a pesé sur le savant allemand ; celui-ci s’en est justifié publiquement. (ai. m: Vu.iÆnmi,.
- N01ÏYEÂU SYSTÈME DE NIYEYU
- Al. Eugène Joyeux, arehiteete-voyer, à Sèvres, nous lait connaître un nouveau système de niveau,
- dont le principe repose sur deux phénomènes physiques bien connus : l’horizontalité parfaite de la surface d’un liquide en repos, et l’égalité des angles d’incidence et de réllexion d’un rayon lumineux rencontrant une surface unie.
- Ce niveau se compose : d’une cuvette C en gutta ou en bois noirci de 20 ou 25 centimètres de longueur sur 8 de largeur et de 4 ou 5 millimètres seulement de profondeur, creusée comme l'indique la coupe transversale figurée en T. Celte cuvette se place sur un support quelconque à lm,50 environ du sol. On se sert d’une règle divisée R, contre laquelle glisse une mire à deux voyants A et R fixés aux extrémités d’une tige qui porte, au milieu de sa longueur, un trait AI. Ce trait doit être exactement à égale distance des lignes de foi tracées sur les voyants.
- .Nouveau système de niveau.
- La cuvette, étant calée convenablement et remplie d'eau jusqu’aux bords, constitue un miroir parfaitement horizontal, et si l’opérateur dirige l'un des grands cotés vers la tige de la mire tenue bien verticalement, il aperçoit en même temps une moitié du voyant,R et l’image A' de la moitié opposée du voyant A. En faisant monter ou descendre la mire selon (jne l’image lui paraît au-dessus ou au-dessous du voyant R, il arrive promptement à mettre cette mire an point, c’est-à-dire à amener l’image et le voyant R à la même hauteur de manière que les lignes de foi paraissent dans le prolongement l’une de l’autre.
- En regardant avec les deux yeux il doit voir ces lignes nettement superposées et ne formant qu’une même ligne droite horizontale.
- Dans cette position particulière, il est évident que le trait Al est dans le plan du miroir, c’est-
- à-dire exactement au même niveau que l'eau de la cuvette.
- Il est à remarquer que lorsqu’on élève ou l’on abaisse la mire, celle-ci étant au point, il se produit entre les lignes de foi de l’image A' et du voyant R un écart double du déplacement de la mire; il en résulte qu’une erreur d’observation des lignes de foi n’entraîne pour le point Al qu’une erreur moitié moindre.
- Lorsque la mire est un peu loin, pour bien observer les lignes de foi et s’assurer de leur superposition, il est bon de se servir d’une jumelle. La jumelle a l'avantage de faire disparaître le léger flou produit au bord du miroir par la capillarité.
- J. Lebois.
- Le Gérant : P. AIasson.
- Paris. — Iiiiiuiinciie Laiiuiie, rue de Fleurus, 9.
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- N* 1 57)0.
- 20 S K PT KM Hl! K 1902.
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- GOUVERNAIL PROPULSEUR PENDULAIRE
- Depuis l'époque où l'hélice a été inventée et adoptée par la marine, on peut dire que les moyens de pro-
- graphies grâce auxquelles on peut se Caire immédiatement, une idée tort nette de la disposition et de I aspect de ce gouvernail propulseur. s Nous disons gouvernail propulseur, (“I le l'ait, est, qu’il s’agit d’un propulseur monté à l’arrière d’un bateau à la façon d’un gouvernail, et qui donne au bateau la direction, tout en lui imprimant, un mouvement de propulsion un peu à la manière delà queue du poisson. Kt l’on peut dire que ce qu’a désiré M. Yogi, c’était, précisément d’imiter l’action de la queue du poisson, mais non point servilement, puisque l’homme ne dispose point de moyens lui permettant de renouveler l’œuvre de la nature. D’ailleurs, l’exemple qui nous est fourni par les poissons et les animaux nageurs peut à bon droit être considéré comme un idéal à atteindre, puisqu'un simple dauphin, (pii semble se jouer autour d’un transatlantique, arrive facilement à dépasser cette allure de 22 à 2û nœuds que nous obtenons si péniblement pour le navire. Pour arriver à la conception de son gouvernail propulseur, l’inventeur danois a longuement étudié le mouvement de la queue du poisson, et, il est en outre parti de cette observation très simple et connue de tous ceux qui ont fréquenté quelque peu les bateaux, qu’avec un
- Fi". 1. —Mouvement extrême de douille inclinaison du gouvernail
- pulsion des bateaux n’ont pas subi de modification importante : l’hélice s’est tellement montrée supérieure aux classiques aubes que, à part quelques navires faisant de courtes traversées côtières ou fréquentant le cours des lleuves, et pour lesquels les roues ne sont pas sans avantages, elle a pris une prédominance absolue. Un s’est contenté d’étudier ses formes et de les améliorer, en même temps que de recourir aux hélices jumelées, puis aux hélices triples, telles qu’on les installe maintenant couramment, sur les paquebots et aussi sur les navires de guerre. Cependant un ingénieur danois des plus distingués, M. II.-C. Yogt, de Copenhague, a tout récemment imaginé un nouveau système de propulseur, (pii n’a pas encore fait pleinement ses preuves, mais qui, essayé pratiquement sur une modeste échelle, a donné d’assez bons résultats, et, qui à coup sûr mérite d’ètre connu pour l’originalité de sa conception et de son fonctionnement. Il a bien voulu nous envoyer pour nos lecteurs d’excellentes photo-30e année. — 2e semestre.
- SlMiiiiiiiiliiissi
- Fig. 2. — Canot armé de gouvernail propulseur pendulaire.
- gouvernail assez grand, et à l’aide d’inclinaisons alternatives sur l’un et l’autre bord, on peut parfai-
- II»
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- temcnt arriwr à faire avancer un canot. Et c'est ainsi qu'il est parvenu à combiner son gouvernail, dont la palette a une forme soigneusement étudiée, et (pii possède ce qu'il nomme un double mouvement harmonique, c’est-à-dire un mouvement autour de deux axes.
- La construction d'un dispositif qui assure à la fois la propulsion et la direction est assez compliquée, et l'explication en est un peu minutieuse; mais elle deviendra malgré tout aisée à suivre si l'on se reporte aux dessins explicatifs que nous repro luisons. Le que l'on nomme le safran dans le gouvernail ordinaire, la lame propulsive I), peut être mis en oscillation comme un pendule dans un plan vertical, grâce au bras T qui est relié d’une façon fixe à l'arbre oscillatoire A, en formant angle droit avec cet arbre et en se dirigeant vers le bas, comme le montre la ligure. La pression que l’eau
- Fijç. 3. — Schémas de la commande du gouvernail. — 1. Détails de la commande. t. Mouvement d’oscillation à gauche. —3. Attache de la mèche et du satran.
- i. Kouo de rappel.
- exerce sur l’une et l'autre face de la lame, durant ces déplacements, la fera osciller alternativement autour de T ; il faut dire que ce bras T est une sorte' de tube dans lequel est logé ce qui joue le rède do la mècbe dans un gouvernail ordinaire (celle mèche t est fixée de manière immuable au safran, et elle est munie à sa partie supérieure d'un joint universel n, «pii se trouve exactement en face du prolongement de l’axe de ce que nous avons appelé l’arbre oscillatoire A.). Ce joint u est fort important, en ce sens qu’il permet à la mèche t de s’incliner à droite ou à gauche, pendant que l'oscillation du safran autour de T est transmise par l'intermédiaire de t et du joint universel u à l’arbre vertical de manœuvre tl. Au sommet de ce dernier, des ressorts E viennent assurer la combinaison de t{ avec une roue horizontale à gouverner R. Ces ressorts sont comprimés, et ils se décompriment ensuite au fur et à mesure qu'ils reçoivent un effort ou qu'ils le rendent par suite des oscillations du safran autour de T, oscilla-
- tions qui produisent cette sorte de mouvement d'éventail (pii assure le déplacement du bateau. Nous n'avons pas besoin de dire qu'il faut un moteur pour donner à l'arbre A les mouvements oscillatoires nécessaires. Empressons-nous d’ajouter qu’on a la possibilité de renverser complètement le safran du gouvernail, dans la position où le montre une des ligures, et alors, quand il oscille, son action s’exerce en sens inverse et il fait reculer le bateau au lieu de le faire avancer.
- Si nous examinons, d'autre part, les dessins selr-matiques qui fournissent des indications de détail sur la disposition de ce curieux propulseur, nous constatons (pic l'extrémité supérieure du petit arbre /t porte, fixée à elle, une sorte de disque, de roue a, (pie nous avons fait représenter en plan, et qui est réunie à un anneau R par des ressorts à boudin en acier R,, disposés radialement. L’anneau R est monté sur un support R2, et y est maintenu par des arrêts; mais il peut y tourner sous l’action d’une vis sans fin S, dont la rotation est commandée par des roues d’angle U, et qui vient engrener avec des dents ménagées à la périphérie de l’anneau R. La vis est calculée de manière à fixer cet anneau dans la position quelconque où on peut l’avoir amené par rotation. Comme on le voit dans une des fi «ni-
- P
- res ci-jointes, les ressorts radiaux dont nous venons de parler forment à leur extrémité des boucles qui se fixent, sur des ergots en relief, sur R et sur a, et rien n’est plus aisé que de les remplacer s'ils viennent à se briser. Les connexions assurées entre R et a sont telles que la position de l’arbre /, peut être modifiée quand cela est utile, par rotation de R2 au moyen de lavis sans (in S. La mècbe du gouvernail, qui est immuablement fixée en H au safran, se trouve montée, ainsi que nous l’avons dit, dans un tube T qui sert également de support à la partie'supérieure du safran, par l’intermédiaire d’un œil v ; nous n’avons pas à insister sur la forme particulière qu’il a été nécessaire de donner à la portion supérieure de l’arbre creux T pour ménager la place du joint universel que nous avons signalé. Notons que le safran est constitué d’uni' lame de métal laminé qui présente une élasticité précieuse pour en augmenter l’elïicacité.
- On doit saisir la façon dont les choses se [tasseront, suivant la rotation imprimée au plateau annulaire R et la compression des ressorts radiaux. Si l’anneau est fixé dans une position où les ressorts Rt ont tendance à maintenir le plan du safran dans sa position normale, à le ramener dans une position se confondant avec l’axe du bateau, et que l'arbre A soit alors mis en oscillation, il est évident que le gouvernail oscillera autour de l’axe de l’arbre A et aussi autour
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- do l’axe de la mèche t, sous rinlluence de la résis-lancc de l’eau. On peut dire alors que le tube T et le safran prennent une oscillation absolument semblable à celle d'un pendule, avec une vitesse passant du zéro à nn maximum, pour passer encore par zéro, et, ainsi de suite. D'ailleurs, durant ces oscillations, le safran peut prendre une certaine obliquité par rapport à l’axe du bateau, les ressorts tendant, constamment à le ramener dans ce qu’on peut appeler sa position moyenne. Si, par l’intermédiaire des ressorts lt2, on fait tourner l’arbre II jusqu’à 90° dans une direction ou dans l’autre, on arrive à faire obliquer le bateau sur tribord ou bâbord, puisque le safran se place alors dans une position beaucoup plus perpendiculaire à la direction de son mouvement, et, par conséquent, force bien plus sous l’eau dans une de ses périodes oscillatoires que dans la suivante. Et quant à la marche en arrière, on la réalise tout simplement en faisant tourner tA de 180°. (Nous signalerons sans y insister la possibilité que bon a de remplacer les ressorts à boudin Rt par des petits cylindres contenant de l’air comprimé, c'est-à-dire des amortisseurs pneumatiques.)
- Naturellement un moteur quelconque peut être employé pour imprimer à l’arbre oscillatoire A les mouvements nécessaires, et cela au moyen d’un jeu de cames ou de bielles sur lesquelles il n’est, besoin de rien dire.
- Dès maintenant on va être à même de juger pleinement de la nouvelle invention puisque l’on est en train de l’appliquer sur un navire de guerre de la marine russe : on estime sans exagération apparente qu’un propulseur de ce genre donne un rendement supérieur de 25 à 40 pour 100, à celui d’une hélice, et cela se traduit, naturellement, soit par une augmentation de vitesse, soit par une diminution de la force motrice que réclame le déplacement du bateau. Sans doute faut-il reconnaître que l'action de ce propulseur oscillant a pour résultat (au moins quand le bateau considéré ne possède qu'un de ces gouvernails) d’imprimer au navire une légère oscillation latérale suivant son axe; mais cette oscillation, que l’on retrouve, nettement dans un canot conduit à la godille, ne fait perdre que peu de route, et l’on nous affirme qu’elle disparaît quand le bateau est muni de deux gouvernails disposés symétriquement par rapport, à l’étambot. En tout cas, cette invention fait honneur à M. V ogt, et il est à souhaiter qu’on l’applique à des navires de ^belles dimensions, pour qu’il soit possible de juger pleinement, de son efficacité. Dam il, Bellet.
- AFFINAGE DU CUIVRE PAR L’ÉLECTROLYSE
- L’électricité a pénétré, on le sait, dans le domaine de la métallurgie pure. L’électro-métallurgie est déjà toute une science, un peu mystérieuse dans ses principes et qui nous réserve bien des surprises.
- Sa première étape a été marquée par l’application de l’électrolyse à l’affinage du cuivre.
- Depuis l'Anglais Elkington qui demanda le premier des brevets en 1860, des affineries nombreuses ont pris naissance. L’Amérique en possède de considérables. Sur le continent, l’Allemagne vient au premier rang, la France, au second, avec, ses usines de (iivet à la Compagnie française des métaux, de Pont-de-Cheruy (Isère), d’Eguillcs près de, Sorgues (Vaucluse), la [dus ancienne, de Dives (Calvados), la plus importante.
- En quoi consiste l’affinage ’?
- Le cuivre brut obtenu par les procédés métallurgiques’ ordinaires contient de 97 à 99 pour 100 de cuivre. Le reste est formé des corps suivants, en [importions [dus ou moins grandes, selon l’origine et le traitement : oxygène, soufre, arsenic, antimoine, étain, nickel, cobalt, bismuth, plomb, fer, zinc, or et argent. Ces impuretés enlèvent au métal une partie des propriétés qui rendent son usage si précieux dans l’industrie. Avant de transformer les lingots de cuivre en planches, tubes, fils, etc., il faut les affiner, c’est-à-dire amener la teneur en cuivre à 99,8 en 99,9 pour 100. La méthode la plus répandue consiste à fondre le métal et à le traiter dans des fours à réverbère. Cette méthode èst très difficile à appliquer dans certains cas, pour les cuivres arséni-queux notamment. Elle a en outre l’inconvénient de perdre l’or et l’argent que presque tous les cuivres contiennent en faible quantité. L’électrolyse, au contraire, permet de recueillir ces métaux précieux et donne un cuivre extrêmement pur, si l’opération est bien conduite. Les cuivres électrolytiques sont très appréciés pour les usages électriques et l’élaboration des laitons fins, destinés à la fabrication des étuis à cartouches.
- En atelier d’électrolyse comprend une série de plusieurs rangées de cuves d’assez grande dimension. Dans chaque cuve sont disposées les plaques du cuivre à affiner, coulées à 5 ou 4 centimètres d’épaisseur, appelées « anodes ». Entre ces anodes sont suspendues les « âmes » ou « catodes », minces planches de cuivre pur laminé ou précipité.
- Les anodes d’une même cuve communiquent entre elles, comme les catodes, par des conducteurs, et sont * reliées aux catodes de la cuve voisine (voir le schéma fig. 1). Les deux pôles d’une dynamo sont reliés aux " extrémités de cette sorte de circuit.
- Les cuves tapissées intérieurement de plomb sont, remplies de l’électrolyte, solution de sulfate de cuivre dans l’eau, avec addition d’acide sulfurique.
- Si on met en marche la dynamo, le courant électrique passe des anodes aux catodes, en traversant l’électrolyte. Sous l’action de ce courant, il se produit dans le liquide des réactions chimiques complexes ; certaines impuretés du métal passent en solution dans le bain, les autres se précipitent sous forme de boiies; dans tous les cas, le cuivre se dépose sur les catodes à l’état cristallin. Les anodes semblent se dissoudre, les âmes s’épaississent de sorte qu’au bout d’un certain temps, tout le cuivre brut s'est en quelque sorte transporté sur les âmes qui ont pris corps. On retire alors du bain les catodes, qui ont l’aspect de plaques bourgeonnées, d’un beau
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- rose jaunâtre. Elles doivent être refondues si on veut en faire des planches, car, passés directement au laminoir, les grains de enivre s'écrasent, mais ne
- se soudent [tas et se séparent en lames minces.
- Apres chaque opération, les cuves sont vidées et nettoyées. Les eaux de lavage entraînent les houes.
- déposées sur les parois et le fond. Ces houes, recueil- j précipités par le courant à l'état métallique, lies soigneusement, contiennent les métaux précieux i Nous devons ajouter que, pour une bonne marche,
- Fig. 2. — Disposition dos envos. Système Thoforn.
- l’électrolyte doit circuler doucement de cuve à cuve, par des dispositifs de siphons particuliers. Au bout d’une certaine campagne, le bain, d’un beau bleu au début, devient sale et verdâtre ; il est saturé d’impuretés. Pour continuer à obtenir de beaux dépôts, il faut le régénérer ou l’épurer par des moyens physiques et chimiques. Les solutions employées contiennent, suivant les usines, par litre de 50 à 40 gr. de cuivre,
- 50 à 100 gr. d’acide sulfurique.
- La densité de courant est très variable d’un endroit à l’autre. On a intérêt,, pour des fabrications intensives, «à l’augmenter jusqu’à la limite où les dépôts deviennent impurs. EnJEurope, on ne dépasse guère 100 ampères par mètre carré de catode; les
- Américains vont, à Anaconda, jusqu'à 200 ampères. Les cuves sont connectées par séries de 100 à
- 120; chacune absorbe 0,25 volt en moyenne.
- Pour précipiter une tonne de cuivre, il faut dépenser 20 chevaux environ durant 24 heures.
- Un des principaux inconvénients de ce genre d ’ industrie e s t qu’il immobilise un stock de cuivre assez considérable dont l’intérêt grève lourdement l’entreprise.
- La dépense d'énergie est importante, ce qui donne aux usines qui ont à leur disposition de la force hydraulique un avantage sérieux, quand leur situation locale n’augmente pas outre mesure les frais de transport.
- Le prix de revient des catodes en usine, frais gé-
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- néraux d'usine compris, ne dépasse i>uère 5 à 0 i'r. aux 100 kg. D’autre part, le cuivre électrolytique
- n’a <|u’une plus-value de 10 lr. eu moyenne sur le cours des cuivres ordinaires — au moins dans les
- conditions actuelles. L’opération ne serait pas très bonne au point de vue financier si l’on ne retirait comme sous-produit les boues argentifères. Il 1 a u t compter, enelïet, qu’une tonne de cuivre contient en moyenne de 0,5 à 1 kg d’argent et de 2 à 5 gr. d’or, qu’on ne paye pas dans l’acbat du cuivre brut et qui constituent au tond le bénéfice le plus clair de la transformation.
- A coté des affineries de cuivre ordinaires, certaines usines fabriquent aussi et directement, en partant du métal brut, des tubes de cuivre électrolytique.
- Voici du reste, en quelques mots, le principe (dû à •l’ingénieur anglais Elmore) de la fabrication.
- Dans un bain ordinaire, on fait tourner, entre des anodes de forme profilée spéciale, des mandrins métalliques auxquels le courant est amené par des frotteurs. A mesure (pie le cuivre se dépose, il est travaillé, écrasé par deux petits blocs
- d’agate très durs qui vont et viennent d’un mouvement automatique le long du mandrin. Ces blocs sont fixés
- à une sorte de double fourche, imaginée par Elmore, mais très heureusement modifiée par M. Schmitt, directeur de l’usine de Dives, qui en a fait un outil très ingénieux et très pratique.
- Quand les tubes ont atteint une épaisseur suffisante, ils sont enlevés et tournés entre o galets dont l’action hélicoïdale tend à décoller du mandrin le cuivre très malléable. La séparation du métal se fait ensuite très facilement.
- L’usine de Dives possède une installation unique, avec un hall d’électrolyse de 100 mè-Ires sur 60, qui lui permet de produire jusqu’à 10 tonnes par jour. Malgré des difficultés considérables — et spéciales à ce genre de fabrication — cette usine est arrivée à produire couramment un cuivre de pureté vraiment supérieure, ayant 100 et même 102 [tour 100 de
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- conductibilité. D’autres usines, au lieu d’agates, emploient la peau de chien, le parchemin. On a essayé, ces dernières années, de traiter par l'éleetro-lyse les mattes et minerais de cuivre, les essais n’ont pas donné ce qu’on en attendait. On vient de tenter une application de l’acide sulfureux dans les bains d’électrolyse,* brevetée par MM. Tozzizza. 11 y aura sans doute lieiy d’y revenir quand elle aura fait ses preuves. _________ Dejoun.
- IA ROUE LIBRE
- h*
- Avantages généraux. — La raison d’être de la roue libre, considérée aux points de vue physique et mécanique, est de supprimer tout travail inutile ou nuisible du cycliste chaque fois que sa machine tend à prendre une vitesse supérieure à sa propre vitesse normale : j’entends à celle qu’il obtient, sans se presser, par la cadence correspondant à la meilleure utilisation de son effort.
- On s’explique le dédain du coureur — qui ne va jamais assez vite — pour ce système, qui lui serait pourtant fort secourable dans les descentes.
- Cela dit, il est clair qu’un cycliste dont le travail est assujetti, dont les pieds sont rivés au mouvement continu de ses pédales, loin de pouvoir utiliser l’aide puissante que lui offrent, à chaque instant, la pesanteur, le vent, la vifesse acquise; loin de pouvoir, de cette façon, prolonger son étape en ménageant ses forces, les gaspille à plaisir.
- Dans les descentes en montagne, au lieu de profiter d’un surcroît de vitesse qui ne lui coûterait rien, il est obligé, suivant les degrés de la pente, ou de lâcher les pédales — au risque du fâcheux emballage, s’il manque de les retrouver à temps, — ou de s’essouffler en accélérant son tricotage, s’il ne veut que pédaler à vide, ou, presque toujours, de pédaler à contresens, en se livrant à l’escrime fatigante, souvent dangereuse, toujours négative et parfaitement absurde du contre-pédalage.
- Tout cela, pour arriver en bas aussi courbaturé que distancé de très loin par un compagnon montant une roue libre, qui serait parti avec lui du sommet.
- Celui-ci se sera laissé descendre dans l’attitude assise, les pieds immobiles sur le plan horizontal de ses pédales, savourant tranquillement la vitesse de son choix, ou même s’abandonnant, à l’occasion, à la poursuite de la vitesse-limite.
- « En montagne, dit M. le commandant Ferrus, le repos complet dans les descentes « double » à peu près les forces du cycliste, attendu qu’on descend autant qu’on monte et qu’il est presque aussi pénible de descendre à allure raisonnable (en contre-pédalant) une pente de 5 centimètres, par exemple, que de la remonter. »
- Mais ce n’est pas seulement en pays montagneux, c’est presque autant en pays modérément accidenté, ou simplement ondulé, que la roue libre se révèle au eveliste par des avantages insoupçonnés.
- Dans les pentes moyennes, c’est à peine s’il se sert — discrètement et par intervalles — de son ou de ses freins. La sécurité qu’il y irouve le porte plutôt à accélérer son élan, par une courte et rapide rotation des pédales — qu’un cycliste qui « pile » à jet continu ne saurait soutenir — et qu’il termine par une détente à fond, un vigoureux « coup de pédale allongé », qui débraie la roue motrice à son maximum de vitesse.
- 1 Vov. n" 1529, du 15 septembre 1902, p. 220.
- Quand, après un repos plus ou moins long, il la sent se ralentir, il la relève de la même façon, et arrive rapidement, grâce à ces coups de fouet successifs, au pied île la prochaine côte à gravir.
- Frais et dispos, il l’attaque d’autant plus allègrement qu’il s’est muni, à cette intention, de la meilleure arme : une bicyclette de moyen ou de faible développement. C’est là, dans son jeu, un nouvel et maître atout, les faibles développements étant interdits au cycliste à roue serve qui veut faire les descentes en vitesse.
- Ce dernier se rachètera-t-il au moins dans les parties planes de la route? Oui, dans une certaine limite, si elles sont longues, parfaitement unies, et si le vent souffle debout. Aon, dans les conditions contraires. Les moindres déclivités, une brise favorable, seront, pour le cycliste à roue libre autant d’occasions de regagner, par quelques rapides foulées suivies de repos, l’avance que la différence de multiplication aurait pu lui faire perdre.
- Bien plus, il est encore favorisé par les inégalités et le mauvais état des chemins, par les accidents de terrain, par toutes les causes de pédalage à faux, de contre-pressions involontaires, qui retiennent et retardent la machine quand son impulsion la porte à devancer le mouvement des pédales.
- Un des plus sensibles avantages du débrayage spontané, c’est de supprimer cette incessante absorption de force vive; c’est, comme le dit encore M. Ferrus, de « faire profiter inconsciemment le cycliste de toutes les accélérations positives que la machine tend à prendre sous l’influence de l’irrégularité du sol ».
- Ajoutez à cela : l’utilisation intégrale, dans les ralentissements, de tous les kilogrammètres emmagasinés dans la machine par sa vitesse acquise;
- La précision et la sûreté de la direction, obtenue par l’immobilisation des pédales dans les virages, les passages difficiles, sur un terrain gluant ;
- La faculté de rester soulevé sur la selle, pour éviter les secousses et les trépidations, dans la traversée des caniveaux, la descente des rues pavées, etc.;
- Le danger de chute écarté par l’arrêt instantané des pédales, en cas soit d’accrochage du bas du pantalon ou de la robe, soit du choc d’une pédale contre un obstacle inaperçu ou la bordure d’un trottoir.
- Avantages physiologiques. — Dans une étude sur « la meilleure bicyclette », récemment parue dans « l’Industrie des Cycles et Automobiles », l’auteur répond à ceux qui trouvent excessive l’évaluation à 50 pour 100 du bénéfice que procure la roue libre : « Cette proportion peut paraître exagérée si l’on considère que le parcours fait en roue libre ne représente guère, en moyenne, que 25 à 50 pour 100 du chemin total parcouru. Mais si l’on tient compte que les kilomètres faits en roue libre procurent un délicieux repos qui échelonne et répartit mieux l’effort à faire, on peut en déduire qu’elle permet de faire moitié plus de chemin sans beaucoup plus de fatigue. »
- Rien de plus juste et de plus exact que cette observation. Elle m’amène à rappeler, pour finir, les principaux avantages physiologiques de la roue libre. Ils sont intimement liés d’ailleurs à ceux du rendement mécanique, sur lesquels je me suis longuement étendu.
- Il est à remarquer que la plupart des grands progrès cyclistes tendent à atténuer ou supprimer les forces retardatrices du mouvement. Les roulements à billes et les pneumatiques ont atténué, dans une large mesure, les frottements et les vibrations provenant de la machine et du terrain. La roue libre fait plus : elle supprime radi-
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- calcinent la force retardatrice <|ue le cycliste puise dans son propre fond pour l’opposer obstinément soit à l’action de ses auxiliaires naturels, soit à la force vive que lui-mèine a produite.
- Aussi, la diminution de la fatigue qu’elle procure, et qui transforme de longues excursions en simples promenades hygiéniques, est-elle l’un de scs bienlaits les plus immédiatement appréciables.
- Et cette sensation d’allègement tient peut-être moins encore à la réduction effective du travail qu’à la méthode suivie pour l’accomplir.
- Cette méthode tient toute sa valeur de sa conformité aux lois de l’organisme vivant, lois tout aussi inéluctables que celles qui régissent le monde physique. La nécessité des repos périodiques dans le fonctionnement des organes est une règle constante, qui ne peut être transgressée sans dommage, sans retentissement plus ou moins marqué dans l’économie.
- La prolongation indéfinie du mouvement mécanique, uniforme et continu, imposé au cycliste, est une infraction flagrante à cette règle.
- Non, certes, que l’organisme humain ne soit d’une merveilleuse souplesse — que Y entraînement ne fait qu’accroître.
- Joint au régime végétarien, à l’abstention d’alcool et de boissons abondantes, l’entrainement augmente, en effet, notablement les réserves musculaires et l’aisance respiratoire. 11 ne va pas jusqu’à donner à l’homme, suivant une expression purement figurée, « uue seconde nature ». Tout comme la chaudière à vapeur, la machine humaine, si élastique soit-elle, a ses limites de tension. Si l’excès de cette tension ne la brise pas brusquement, elle peut en user rapidement les parties faibles, correspondant à des fléchissements organiques plus ou moins latents.
- La fatigue et la courbature, qui dénoncent — tel un manomètre — l’abaissement des forces musculaires, ne constituent pas pourtant le principal danger résultant d’un excès de travail continu.
- L’épuisement nerveux, qui les accompagne et les suit, est plus sérieux encore. 11 peut déterminer une perturbation profonde des fonctions cérébrales, comme en témoignent le délire et les hallucinations provoqués par ces matchs fous, poursuivis sans interruption pendant plusieurs jours et plusieurs nuits.
- Les elfets fâcheux les plus communs de ces outrances, on de simples abus d’efforts prolongés, sont ceux qu’entraîne le surmenage du cœur et des poumons.
- •Le fatal essoufflement, inconnu de ceux qui savent pratiquer la roue libre, en est le premier signe sensible. Il est bientôt suivi de sueurs plus ou moins profuscs, qui débilitent et exposent aux graves refroidissements.
- En résumé, si la mécanique est pour le cycliste une science précieuse, l’hygiène et l’intérêt de sa santé la priment de beaucoup.
- Chercher à améliorer sans cesse la bicyclette, choisir une machine résistante, à roulements parfaits, et l’entretenir avec soin, c’est bien. Ménager et faire durer le plus possible sa propre machine humaine, est infiniment mieux, car nous n’en avons pas de rechange. Dr Matthieu. ——
- d’essais entrepris par l’Automobile Club d’Amérique. Il importe aujourd’hui de ne pas laisser passer inaperçue la confirmation fournie aux chiffres donnés par la course du kilomètre qui a eu lieu à Deauville le 26 août.
- Le vainqueur a couvert le kilomètre en 20' 2/5, c’est à-dire à une vitesse moyenne de 150,550 km à l’heure. Or il disposait d’une longueur de tiÜO mètres, pour prendre son élan, longueur qui, si les comptes rendus sont exacts, a été jugée tout à fait suffisante. Il disposait, pour s’arrêter, d’une longueur moitié moindre, soit 500 mètres, que les concurrents ont unanimement jugée « un peu juste ». Ils ont dù cependant s’en contenter : voitures et conducteurs ont résisté au brusque ralentissement d’un freinage aussi puissant. Un bien simple calcul pour convertir ces chiffres et les comparer à ceux que nous donnions antérieurement et nous pourrons juger si les résultats sont du même ordre.
- Freinage. — En admettant que le freinage soit commencé, à la vitesse de 136,500 km par heure, au commencement des 500 mètres, la vitesse moyenne de parcours de ces
- 68 250
- 500 mètres est de 68,250 km à l’heure, ou -^7, mètres par
- o 600 1
- seconde =18,9 m : s. La durée de ce freinage égale
- 7 O O
- donc au maximum —— = 15,7 secondes.
- I O, J
- Le ralentissement dure donc 15,7 secondes, pour amener la voiture au repos à partir de la vitesse initiale de 156,5 km par h. ou de 37,8 m par s. La valeur, en mètres par seconde par seconde, de cette accélération négative, égale
- donc = 2,4 m. par s. par s.
- 15,7 1
- L’effort de freinage, en kg par kilogramme, e>t donc le
- quotient
- 2,4 _ 244 1Ë8Ï- TüÜü'
- 244 kg par tonne, c’est l’effort de freinage calculé pour l’arrêt en 500 mètres exactement, c’est le minimum imposé, et les concurrents qui se sont arrêtés en 244 mètres au lieu de 500 ont poussé le freinage
- jusqu’à
- 244 x
- 500
- 244
- 500 kg.
- Toutes ces valeurs sont de l’ordre de celles qu’avaient données les essais de New-York
- Accélération (tu départ. — En admettant de même que la prise de vitesse était complète au bout de 600 mètres de lancer, un calcul analogue au précédent conduirait aux valeurs suivantes de l’accélération et de l’effort accélérateur (ce sont encore des minima). Accélération : 1,2 mètre par seconde par seconde; effort accélérateur : 122 kg par tonne. A cet effort s’ajoutait pour le moteur l’effort de roulement et les multiples frottements à vaincre, qui en doublent peut-être la valeur.
- Il faudrait avoir recours à une hypothèse sur les coefficients de traction et les rendements, pour pouvoir calculer le travail et la puissance développés en réalité par le moteur du véhicule, d’une puissance nominale de 70 chevaux. A B.
- AUTOUR 1)U KINCHINJINGA
- L’ACCÉLÉRATION ET LE FREINAGE
- DES AUTOMOBILES
- Nous avons donné, il y a quelque temps1, sur l’importante question du freinage des véhicules, les résultats 1 Voy. ii° 1516, du 14 juin 1902, p. 22*
- Le Kinchinjinga ou Kangehenjunga, comme l’appelle M. Douglas Freshfield, est uue des plus hautes saillies du globe qui aient été mesurées jusqu’ici. Son altitude n’est pas- moindre de 8440 mètres, inférieure de 400 seulement aux pics les plus élevés dont on
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- connaisse l'altitude, et supérieure de 5056 mètres au Mont-Blanc. Ce colosse fait partie des Himalayas; mais, comme Beaucoup de pics dominateurs, il se dresse non point sur la ligne de partage des eaux, mais sur un de ses contreforts; la crête du Kinehin-jinga se détache à angle droit de l’arète maîtresse de rilimalaya, vers les plaines du (lange, le long de la frontière du Népal.
- En 181)9, un des membres les plus distingués de la Société de Géographie de Londres et du Chili alpin anglais, M. Douglas Ereshtield,a entrepris l’exploration de ce pic fameux, en compagnie d'un géologue, B1 professeur Garwood, et de M. Yittorio Sella, l’habile photographe amateur dont la réputation est aujourd'hui universelle. De ce voyage très curieux, annoncé ici même, il y a quelques mois, par M. E.-A. Martel,
- M. D. \V. Eresldield a publié dans le Geographi-cal Journal une relation très intéressante. Le célèbre alpiniste anglais n’a point songé un seul instant à livrer assaut au Kinehinjinga, de par ses 8446 mètres le géant hinialayen demeure inaccessible. L’altitude de 7000 mètres est la limite extrême à laquelle les grimpeurs les plus solidement constitués puissent parvenir, et encore jusqu’ici seuls deux membres de V « Alpine Club », sir Martin Comvay etM. Fitzgerald, ont-ils atteint celte hauteur, le premier dans le Karakorum, le second dans les Andes. Au lieu de dépenser son temps et ses forces en eiforts infructueux, M. Eresldield s’est appliqué à l'exploration scientifique du massif.
- L’expédition partit de Darjeeling, ci* sanatorium si connu des Indes, auquel conduit un chemin de fer
- de montagne. Par rapport à l’Himalaya, Darjeeling occupe une situation correspondant à celle du village de Saint-Beatenberg en face les Alpes Bernoises, embrassant un panorama qui rappelle les horizons neigeux visibles des Pré-Alpes Suisses.
- Passé le dernier village, situé à 2600 mètres, les difficultés commencèrent. On dut, d’abord, se frayer pondant cinq jours un sentier à la hache à travers une forêt inextricable de rhododendrons. Cet obstacle vaincu, à l’altitude de 4500 mètres, la caravane fut arrêtée par une elfroyable tourmente. Pendant quarante-quatre heures la neige tomba sans répit, recouvrant le sol d’une nappe épaisse d’un mètre. Blottis sous leurs tentes, les alpinistes souffrirent terriblement du froid et éprouvèrent de cruelles morsures. Néanmoins, quelques jours plus tard, M. Eresldield se remettait en route. En sept semaines il a réussi à exécuter le tour complet du Kinchin-jinga, connue on fait le tour du Mont-Blanc par le
- col de la Seigne et le col Eerret. Le trajet se composa d’une série d’escalades de crêtes, puis de descentes dans les vallées, si bien que le nombre de mètres gravis par la caravane s’élève à 22 500 !
- La vue du Kinehinjinga est surtout magnifique sur son versant nord-ouest (lig. I), se dressant en un gigantesque escalier couvert de glace et de neige au-dessus d’une profonde vallée toute blanche. Les pics qui font cortège à ce géant ne donnent pas, au contraire, l’impression de leur véritable hauteur, en raison de la haute altitude à laquelle se trouvent les vallées. Ces dépressions montent, en effet, jusqu’à 5000 mètres environ, aussi bien les cimes de 6400 à 7200 mètres ne des dominent-elles que de 1400 à 2200 mètres. C’est le même rapport que dans la haute Engadine, où le Bernina (4050 mètres) domine seulement de 2100 la vallée du Roseg ouverte à sa base.
- Le Kinehinjinga ou Kangchenjunga est situé sous
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- LA NATFBF.
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- le 27° di‘ latitude nord, soit environ sous le même parallèle que le Pie île Ténérill'e. Aussi Lien, malgré l'abondance îles précipitations atmosphériques, les glaciers ne couvrent-ils dans tout le massif dont fait partie celte liante crête qu’une surface de 450 kilomètres carrés, soit quatre fois et demie la superficie du seul glacier d’Aletseh dans les Alpes Bernoises, le plus grand glacier, il est vrai, de l'Kurope centrale. Ou pic dominateur rayonnent quatre grands lleuves cristallins, K* Zemu (fig. 2), le Talung, le Kang-elien, le Yalung. Le plus long, le Zemu, atteint un développement de 28km,8, 4 à 5 kilomètres de plus que l'Aletsch. L'est que dans celte région la glace ne peut se maintenir au-dessous de l’altitude de 5000 mètres.
- A de telles altitudes, la caravane anaturellement
- ressenti les atteintes du mal de montagne. Presque tous ses membres furent éprouvés, mais à des degrés très différents, sauf un fonctionnaire anglais du gouvernement des Indes qui accompagnait M. Freshfield. Lui ne fut jamais incommodé d’une manière sensible parla raréfaction de Pair; à la fin de l’excursion, il avait même gagné du poids. M. Garwood fut, au contraire, pendant quarante-huit heures, complètement incapable de se mouvoir; un coup de soleil l'avait rendu plus sensible aux atteintes du mal. D’autre part, M. Freshfield n’éprouva jamais un malaise aussi grand que celui qu’il avait ressenti une fois, au sommet du Mont-Blanc, pour avoir gravi d’un trait les derniers 500 mètres. A la fin de son excursion dans l'IIimalaya, cet alpiniste pouvait marcher, sans faire halte, à des altitudes comprises entre
- Fig. '1. — Le glacier de Zemu. Versant est du Kmchiiijinga.
- (D’après une photographie de M. Vitlorio Sella, communiquée par M. Douglas Fresldield.)
- 5000 mètres et 4800 mètres. Les premiers symptômes se manifestaient entre 4500 et 4800 mètres, mais le mal ne s’aggravait pas jusqu’à 0000 mètres.
- D’après M. Freshfield, l’accoutumance progressive au milieu et l’entrainement réduisent peu à peu les effets du mal de montagne ; déjà on arrive à 7000 mètres; nul doute que dans un avenir peu éloigné on ne [tuisse parvenir au sommet du Kin-ohinjinga. Chaules Rabot.
- LES INSECTES DES LIVRES
- M. Iliriart, bibliothécaire de la ville de Bayonne, avait fait, au congrès des bibliothécaires, en août 4 900, une communication très intéressante sur les insectes qui ravagent les bibliothèques. Il en était résulté une longue discussion d’où il ressortait que les insectes dangereux pour les livres sont si divers, si différents les uns des autres, que parmi les remèdes préventifs déjà essayés contre eux (naphtol, benzine, sublimé corrosif mélangé à
- la colle, rayons de bois imbibés de sulfate ou d’acétate de cuivre), il n’v en avait pas qui fussent d’une efficacité générale et qu’il faudrait étudier de près les mœurs de chaque catégorie d’insectes pour découvrir la précaution spéciale qu’il convenait d’opposer. On constatait en même temps que les procédés actuellement employés pour débarrasser les livres infestés (battage de volumes, vapeurs de sulfures de carbone) ne sont pas sans inconvénients pour la conservation des volumes imprimés, et sont, le plus souvent, inapplicables aux manuscrits.
- Le Congrès émit alors le vœu que des études expérimentales, conduites avec toute la rigueur des méthodes scientifiques et dues au concours de bibliothécaires, de chimistes et de naturalistes, fussent faites sur le mode de production et de propagation des divers insectes qui nuisent aux livres ; sur les moyens de remédier à leurs ravages, et sur les précautions à recommander, d’une part, aux industriels qui préparent le papier et le cuir destinés à l’impression et à la reliure des volumes, d’autre part, aux architectes qui choisissent les matériaux destinés aux planchers et aux rayons de bibliothèques.
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- M110 Marie Dellechet, bihliolhécaire honoraire du département des imprimés de la Bibliothèque nationale, qui avait pris part à la discussion institua immédiatement en faveur de ces études deux prix, l’un de 1000 francs, l’antre de 500 francs. Un autre membre du congrès, habitant l’Algérie où les bibliothèques sont si fréquemment dévastées, fonda également un prix de 1000 francs à décerner à l’auteur d’une étude plus spécialement consacrée aux insectes qui s’attaquent aux reliures des volumes. Ce dernier prix fut dénommé « Prix du congrès des bibliothèques ».
- D’après les conditions du concours qui furent arrêtées, avant la clôture du Congrès, les mémoires devaient être adressés, avant le 51 mai 1902, au secrétaire général, M. Henry Martin, conservateur adjoint à la bibliothèque de l’Arsenal. Le jury était composé du bureau du congrès et de MM. Edmond Perrier, Alfred f.iard, E.-L. Bouvier, membres de l’Académie des sciences; Jules Künckel d’Iler-eulais, assistant au Muséum d’histoire naturelle; docteur Marchai, professeur de zoologie à l’Institut national agronomique.
- Vingt-trois mémoires ont été envoyés. Ils ont été examinés très soigneusement par les chimistes et par les bibliothécaires et les autres membres du jury.
- Sur le rapport de M. Henry Martin le prix du Congrès des bibliothécaires a été décerné à M. Johann Bolle, directeur de la station d’essais chimico-agronomiques de Goritz (Autriche), qui a indiqué contre les insectes des reliures — insectes dont il a fait d’ailleurs une étude extrêmement approfondie — des moyens de destruction très pratiques et de nature à donner les meilleurs résultats. Entre autres moyens, M. Bolle préconise l’emploi du sulfure de carbone. 11 a construit un appareil grâce auquel on peut procéder à la destruction des insectes sans avoir à craindre les dangers d’incendie si fréquents pourtant avec le sulfure de carbone inflammable à 40 degrés.
- Le mémoire de M. Bolle était accompagné de « témoins » (pii prouvaient qu’en employant le sulfure de carbone on n’avait pas à redouter l’altération des couleurs. L’auteur a coupé en deux des images coloriées, a soumis une moitié de l’image seulement à l’expérience, puis a rapproché les deux parties : aucune différence n’apparait entre elles.
- Le prix Marie-l'ellechet, de 1000 francs, n’a pas été décerné. Le prix de 500 francs a été attribué à M. Constant Houlbert, docteur ès sciences naturelles, professeur au lvcée de Bennes.
- Dans son mémoire M\ Houlbert étudie, dans l’ordre systématique, près de cinquante espèces d’insectes et d’arachnides que, pour la plupart, il figure dans leurs différents états. H cite les principaux caractères des larves et des adultes, résume ce que l’on connaît de leurs moeurs, de leurs habitudes et du régime de chaque espèce, en s’étendant sur les faits qui concernent les dégâts commis dans les livres et les bibliothèques. H examine, avec un soin extrême, tous les moyens de destruction. Pour la vrilletle des livres, petit coléoptère long de 5 à 4 millimètres au plus, mais que les mandibules de sa bouche, très dures et terminées par trois dents aiguës rendent très redoutable, M. Houlbert recommande, comme M. Bolle, l’emploi des vapeurs de sulfure de carbone en fumigations. L’opération est tëès simple : il suffit d’enfermer les volumes infestés dans une boîte garnie d’une feuille métallique à l’intérieur, et fermant très hermétiquement ; dans un coin de la boîte, vers la partie supérieure (car les vapeurs de sulfure sont plus lourdes que l’air), est placé un flacon à large goulot contenant quelques centimètres cubes
- .de sulfure de carbone. Ce mode de destruction est préférable, selon M. Houlbert, à l’emploi de l’air surchauffé, car sous l’action de la chaleur le carton se dilate d’une façon inégale et les livres se déforment, de plus b* papier devient friable et cassant. Best préférable aussi à l'emploi du chlore gazeux, qui a le désagrément de décomposer les matières organiques en s’emparant de leur hydrogène. Quant aux vapeurs de formaldéhyde, elles ne lui ont pas paru donner des résultats plus énergiques que la vapeur d’eau pure. L. B.
- ---; o--
- L\MPE ÉLECTRIQUE PORTATIVE
- On a depuis longtemps cherché une lampe électrique simple, portative et pouvant convenir aux mineurs, c’est-à-dire donnant sous un faible volume et un poids restreint une intensité lumineuse suffisante pendant un temps de 8 à 10 heures. On a atteint en partie ce résultat jusqu’ici; mais nous pouvons signaler l’application qui a été faite d’une lampe spéciale aux mines de charbon de Bruav, dans le Pas-de-Calais. La Société anonyme d’éclairage et d'applications électriques d’Arras, dont l’administrateur-directeur est M. H. Catrice, a installé dans ces mines une lampisterie électrique, où les lampes électriques plombées, au nombre d’environ 500, sont remises aux mineurs; puis ceux-ci les rendent à leur sortie, et les- lampes sont de nouveau rechargées.
- Une des ligures ci-jointes donne une vue d’ensemble de la lampe : une boîte rectangulaire en tôle plombée renferme deux vases en ébonite demi-souple, qui contiennent chacun un accumulateur d’un modèle particulier désigné sous le nom de type (( Estampé ». Cet accumulateur emploie des grilles dites « grilles unitaires », qui ont des dimensions de 118 mm de hauteur sur 08 mm de largeur et <pii sont fabriquées de la manière suivante. On coule des lingots d’un alliage de plomb et d’antimoine à très faible teneur d’antimoine ; ces lingots sont passés sous un laminoir puissant qui les transforme en plaques de 2n"",l d’épaisseur. Ces plaques sont découpées en bandes de 120 mm de largeur; une première presse découpe des flans ou plaques avec des oreilles. Un balancier à friction, par un choc de 20 tonnes, transforme ensuite le flan plat en une sorte de gaufre, qui passe sous une poinçonneuse munie de 128 poinçons; chaque compartiment est ainsi divisé en quatre, séparés par une croix de 1 mm d’épaisseur. Les diverses passes que subit la grille pour arriver à sa forme définitive en rendent le métal homogène, élastique, résistant sans être cassant. Ce-tte grille est à la fois solide et légère; elle peut recevoir un poids de matière active double de son propre poids. La matière active dont sont garnies les grilles est constituée par du plomb chimiquement pur, qui est comprimé à une certaine pression dans les augets. Ce plomb spongieux est ensuite transformé dans les alvéoles mêmes en oxyde par une série de charges et décharges successives. La grille unitaire après formation pèse 510 grammes; à la décharge en une heure, elle a une capacité de 7,5 ampères-heure, et à la décharge en 15 heures, une capacité de 15 ampères-heure.
- La lampe électrique portative dont nous parlons renferme deux éléments d’accumulateurs, formés chacun d’une grille unitaire positive entre deux grilles négatives; cette batterie, à la différence de potentiel de 5,9 volts, fournit un débit de 0,8 ampère pendant 12 heures avec liquide mobilisé.
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- LA N A TU HE.
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- Sur le couvercle est fixé un socle en ébonite qui supporte un globe protecteur en verre épais; ce dernier est serré par un croisillon en acier, relié d’une part au couvercle de la boîte par [rois tiges, et portant d’autre part un crochet qui permet de prendre la lampe. Sur le socle en ébonite sont placés les supports destinés à recevoir les culots des petites lampes; celles-ci sont à filament droit, et donnent une intensité lumineuse de 1,5 bougie avec une consommation de 0,75 ampère. Le globe est recouvert sur une moitié d’un vernis réflecteur, mais laissant dilluser à l’arrière une certaine quantité de lumière. Sur le socle en ébonite se trouve un interrupteur pour l’allumage et l’extinction de la lampe. Dans l’épaisseur du socle est ménagée également une ouverture pour l'introduction de la brocbe de chargement. Les dispositions sont prises pour que la broche de chargement ne puisse être mise que si l’interrupteur est à l’extinction ; on évite ainsi d’en-
- l.;iiii|)C Pu mineur
- électrique. portant sa lampe.
- voyer directement dans la lampe le courant de charge.
- La recharge des lampes se fait à l’intensité de 1 ampère pendant 10 heures. Des tables spéciales sont disposées pour la recharge soit à MO, soit à 220 volts; tous les appareils, de réglage sont installés. Cette lampe est également utilisée dans les minoteries, distilleries, usines à gaz; elle sert aussi aux chauffeurs pour la visite pendant la nuit des organes des voitures automobiles, surtout en ce qui concerne le carburation et la bougie d’inflammation. J. L.
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- UN CURIEUX PHÉNOMÈNE D’OPTIQUE
- Le dimanche 2-4 août 1902 au soir, il s’est produit à Ohàteaudun un singulier phénomène d’optique météorologique. La journée avait été en partie pluvieuse, et l’après-midi surtout il avait plu sans discontinuer; mais, vers le soir, une demi-heure environ avant que le soleil ne se couchât, la pluie vint à cesser et à l’horizon Ouest, une longue et très étroite éclaircie permit au soleil de paraître pendant quelques moments avant qu’il ne s’abaissât sous la ligne d’horizon ; il était alors 0h 30m environ ; les nuages
- ne tardèrent pas à prendre aussitôt, et au fur et à mesure que l’éclaircie se faisait plus large, des tons du plus bizarre effet et, à l’opposé du soleil, au levant, tout à fait à l’horizon même, l’épais rideau de nuages noirs et pluvieux ainsi (pie le fond éloigné du paysage prirent une teinte verdâtre bien prononcée pendant quelques instants seulement, comme s’ils eussent été éclairés par la lumière électrique.
- Cet effet de lumière déjà singulièrement étrange à ce moment-là, devait l’être plus encore un peu plus tard, à 7 heures, pendant 3 minutes, à l’instant précis où le soleil disparaissait à l’horizon et nous envoyait alors ses derniers rayons, car sa lumière, réfléchie sur le sommet de nos édifices, parut verte, mais, cette fois, d’un vert foncé qui s’assombrit rapidement.
- 11 conviendrait d’ajouter aussi que, pendant l’intervalle de temps où se produisit ce féerique jeu de lumière, entre ()h 40” et 6h 5llm, un arc-en-ciel se dessina incomplètement à l’orient, car il n’v eut que les deux assises seules, touchant le sol, qui furent visibles jusqu’à une certaine hauteur au-dessus de l’horizon. Elles paraissaient très larges, les couleurs habituelles les composant se répétaient simultanément au moins trois fois ; celle de droite, située vers le S. E., était beaucoup plus belle que celle de gauche; elles ne furent pas non plus visibles longtemps et il nous semble bien que si la couleur verte n’y faisait pas totalement défaut, elle était tout au moins beaucoup allaiblie. Em. Rogeb,
- Directeur de la station météorologique de Giàleaudun.
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- LA TEIGNE DE CRIN
- Ainsi se nomme ce petit papillon aux ailes jaunâtres que l’on voit voler surtout le soir, dans nos appartements et que les ménagères confondent sous le nom de « mite » avec la teigne des draps et quelques autres insectes dont les larves attaquent les étoffes et les pelleteries. Si nous appelons aujourd’hui l’attention de nos lecteurs sur cet insecte c’est parce qu’il a été cette année particulièrement abondant, et partant qu’en beaucoup d’endroits, on aura à souffrir des dégâts causés par sa chenille ou « ver » si l’on ne prend dès maintenant les précautions nécessaires.
- Les naturalistes rangent la teigne du crin dans le genre Tineola Herrich-Schœffcr, et lui donnent le nom spécifique de : bisectella llummel, ou crinella Jreitschke, Duponchel. 11 est bien connu de vue ce petit papillon d’un fauve pâle, avec la tète plus foncée, mais ses mœurs sont certainement ignorées de beaucoup de personnes. Il atteint 14 millimètres d’envergure, se lient le jour dans les coins obscurs et vole le soir, puis après avoir pris ses ébats, vient pondre sur les vêtements, les fourrures, les meubles garnis de laine ou de crin, les fauteuils, par exemple, surtout leur dossiers. De ses œufs vont sortir de petites chenilles qui atteindront 1 centimètre. Elles sont blanches avec une ligne dorsale brun clair transparente. La tète est brun clair et le prothorax porte un écusson légèrement coloré partagé en deux taches.
- Quand la chenille a atteint tout son développe-
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- ment elle se lile un cocon soyeux auquel elle agglutine les débris des matières où elle a vécu, et s’y chrysalide, puis a lieu l’éclosion du papillon.
- Il y a ordinairement deux générations par an : la première au printemps, la deuxième en été; mais dans les appartements où la température reste à peu près constante, on voit souvent aussi voler ce papillon à d’autres époques, et même en hiver.
- Les collections d’histoire naturelle, surtout celle de papillons, ont parfois beaucoup à souffrir des ravages de la teigne des crins. S’en débarrasser n'est pas chose facile; la détruit-on dans sa maison, elle v revient du dehors.
- Les moyens préconisés sont cependant nombreux, citons entre antres : un mélange de plantes aromatiques, les essences de serpolet et de térébenthine, le phénol, la benzine, le poivre, la poudre de pyrèthre, le sulfure de carbone (d’un emploi dangereux à cause de sa volatilité et de son inllanmiabilité), etc. D’après lléau-mur, en frottant les meubles avec une toison grasse ou en les lavant avec l’eau dans laquelle on a fait bouillir une de ces toisons, on éloigne infailliblement les mites. Nous aurions plus de confiance dans les fumigations de tabac ou d’acide sulfureux quand leur emploi est possible.
- Mais ce que nous recommanderons surtout c’est de battre fréquemment les meubles et les vêtements en les exposant au grand jour. Les chenilles des teignes sont très lucifugeset n’aiment pas à être dérangées; une surveillance assidue est le seul moyen de se mettre à l’abri de leurs déprédations. A.-L. Clément.
- L’ENSACHEMENT DU RAISIN
- A la suite de l’article que nous avons consacré au cisellement du raisin1, plusieurs de nos lecteurs ont manifesté l’intention d’être renseignés sur les procédés qui permettent de conserver jusqu’au printemps ces belles grappes ambrées que le soleil patine de terre de Sienne. C’est une question que nous aborderons en indiquant les procédés de conservation
- 1 Yov. n° 15*25, du *2 août 190*2, p. 141.
- qui font la réputation des viticulteurs de Thomery et de Fontainebleau. Mais, avant tout, il faut s’occuper de soigner spécialement les grappes de raisin que l’on rentrera au fruitier. Nous nous occuperons d’abord de ces détails préliminaires.
- Il est nécessaire, en premier lieu, que ces grappes soient saines et indemnes des piqûres de frelons et de guêpes. Bien que ces dernières ne pullulent pas cette année, il est cependant prudent de soustraire ces belles grappes à leurs attaques, car c’est précisément celles-là qu’elles visent. Aux environs de Paris il faut de plus compter avec l’insatiable moineau qui picore les grappes à son aise et prépare de plus la pâture des guêpes et des mouches. On pallie à cet état de choses par l’ensachement des plus belles grappes, ou en les abritant par une toile.
- Pour assurer la beauté de celles qui seront consommées au fur et à mesure de leur maturité et en prévision de la conservation hivernale du raisin de choix, quelques opérations viennent compléter les bons etfets du cisellement. C’est d’abord l'effeuillage, opération qui a pour objet d’exposer les grains de raisin aux rayons solaires et ensuite les bassinages.
- On procède à l’effeuillage dès la véraison1 du raisin,i;en enlevant d’abord les feuilles qui se trouvent entre la treille et le mur et celles qui se pressent autour de la grappe; une dizaine de jours après on supprime celles qui font obstacle à la pénétration de la lumière et de la chaleur autour de la grappe. Ces feuilles ne sont pas arrachées, mais coupées en conservant une partie de leur pétiole. On réserve toujours quelques feuilles formant parasol au-dessus de celle-ci, qui ont pour but d’empêcher les rayons solaires de frapper directement le raisin, leur action devant s’exercer indirectement par réflexion. Sous cette influence les grains prennent une belle teinte dorée, une de leur face se macule d’une tache brune couleur terre de Sienne, qui leur donne nn cachet si particulier et la maturité est activée.
- C’est précisément à cause de cela que la partie inférieure de la treille est effeuillée davantage que la partie supérieure; les grappes portées par la pre-
- 1 Moment où, d’opaque qu'il était, le grain de raisin s’éclaircit et devient transparent.
- La teigne du crin. — 1. Papillon étalé grossi. — 2. Papillon au repos. — 3. La chenille de dos et de prolil, grossie. — 4. La chrysalide en dessous et de profil. — 5, 6. Cocons formés de débris de collection. — 7. Cocon montrant la chrysalide après la sortie du papillon. Les traits indiquent les grandeurs naturelles.
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- mière se conservent moins longtemps, on doit donc avancer sa maturité pour le consommer de suite. Au contraire, celles de la partie supérieure destinées et réservées pour la consommation hivernale sont plus saines et de meilleure garde. Un effeuillage trop rigoureux aurait pour inconvénient d’en hâter la maturation et, par ce fait, d’abréger leur durée de conservation. De plus, les grains trop dorés éclatent souvent au fruitier, ce qui déprécie les plus belles grappes. Nous ajouterons encore que l’effeuillage doit être effectué avec circonspection pour le raisin noir dont il peut faire rougir et durcir les haies.
- S’il fait très sec à ce moment quelques bassinages aideront puissamment au grossissement des grains
- et à l’amélioration de leur qualité. Les rosées et les brouillards légers produisent le même effet; mais, plus tard, à partir des premiers jours d’octobre, les pluies persistantes sont funestes pour le raisin de garde. Aussi, est-il excellent, et même indispensable pour le raisin, de placer au faîte du mur des auvents vitrés qui rejettent les eaux pluviales en dehors de la treille. C'est précisément parce que les eaux pluviales les atteignent que les grappes de la partie inférieure sont de moins bonne garde.
- Nous arrivons maintenant à l’ensachement des raisins qui a lieu normalement dans le courant de septembre, au moment où l’on procède à l’enlèvement des sacs (fui abritaient les pommes et les poires
- Fig. 1. - Dispositif mi-cylindriquo pour l’ensachement du raisin.
- en aidant à leur grossissement. Comme cette opération est assez longue, on ensache d’abord les plus belles grappes de la partie supérieure de la treille qui, plus tard, doivent être rentrées au fruitier et on peut se dispenser de la pratiquer pour celles que l’on doit consommer d’ici là.
- Les meilleurs sacs sont les plus résistants et ceux n’interceptant pas la lumière. À cet effet, les sacs faits de gros papier opaque ne sont guère à préconiser ; mais on a eu l’heureuse idée d’employer très récemment un papier tin, rigide et transparent, dit papier sulfurisé, qui offre maints avantages et est très économique. Cependant, on se sert surtout de sacs en crin et d’autres en fds métalliques galvanisés; ceux-ci ont l’avantage d’être d’assez longue durée, surtout les derniers, que l’on peut arriver, en
- Fig. 2. — Treille dont les grappes sont protégées par Je dispositif mi-cvlindrique.
- (‘il prenant soin, à utiliser six années de suite.
- Toutefois, les sacs en crin ne constituent pas un obstacle suffisant à la pénétration des coups de becs des moineaux et des aiguillons des frelons, tandis que ceux en lils métalliques ont le désagréable inconvénient de n’être pas suffisamment souples, de trop s’appliquer et de presser les grains de raisin. On a obvié à cette défectuosité en fabriquant des sacs en toile et en fils métalliques, munis à l'intérieur d’un cerceau en fil de fer qui maintient l’écartement des parois. La grappe se trouve donc isolée au centre, protégée du contact de ceux-ci et à l’abri des piqiires d’insectes. Enfin, un arboriculteur émérite, M. Trébignaud, a essayé avec succès un nouveau perfectionnement de ce sac, formant une sorte de cylindre dont, les deux extrémités sont constituées
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- par des rondelles en bois, la supérieure étant munie d’un trou laissant passer le pédoncule de la grappe.
- Tandis qu’avec les sacs ordinaires on fait pénétrer la grappe par la seule ouverture supérieure, qui se ferme à l aide d’une coulisse, ce dernier s’ouvre complètement sur le coté, à la façon d’une boite, qui emprisonne la grappe (A, fig. 1), dont le pédoncule se trouve encastré dans l’encoche (a). Afin «pie celle-ci ne supporte pas le poids de ce dispositif, un til de laiton (b) sert à le maintenir en l’attachant à l’espalier ou à un sarment de vigne. Lorsqu’il est fermé il se présente sous la forme que montre la figure I (RC). Nous ajouterons encore, que ces sacs tenant beaucoup de place, on les réserve pour les plus belles grappes. On intercale donc parmi eux, sur une même treille, les sacs ordinaires ou en papier sulfurisé, ainsi que le montre la figure 2.
- Mais lorsque l’on possède une treille importante, cela devient un travail très long que d'ensacher quelques milliers de grappes. Aussi se contente-t-on de tendre au-devant des vignes des toiles d’emballage à claire-voie sous lesquelles, à l’abri des rayons trop brûlants du soleil, les raisins acquièrent cette belle teinte dorée. Ces toiles sont posées surtout dans la partie supérieure, et ajustées en bas et en haut à l’aide de crochets, et assez soigneusement pour empêcher la pénétration des guêpes et des moineaux. L’inconvénient que l’on pourrait reprocher à ce dispositif est que, lors des années pluvieuses, l’eau ne ressuie pas assez vite et maintient une humidité préjudiciable à la bonne conservation du raisin. Si l’on a soin de placer un auvent au sommet du mur, cela n’a toutefois plus la même importance, puisque cette partie de la treille est ainsi abritée de la pluie.
- La récolte du raisin destinée à la conservation hivernale ne doit pas avoir lieu après le 15 octobre. Vers cette époque, nous donnerons les indications «pii sont nécessaires à la lionne réussite de ces opérations.
- Albert Maumènk,
- Professeur d'horticulture.
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- CHRONIQUE
- Les suites «l’un coup «le foudre. — Le cas
- de fulguration qu’a signalé, dernièrement, le Journal of larynyoloyy rhinoloyy and ololoyy mérite d’être rapporté. I n officier, frappé par la foudre au moment où il buvait dans un gobelet, de fer, resta pendant deux heures paralysé de tous ses membres sauf du bras gauche. Diverses parties du corps, les cheveux de la tempe gauche, les épaules, portaient des traces de brûlures dont une notamment s’étendait large de 5 centimètres, depuis la poitrine à droite jusqu’à la cuisse droite. Mais le [dus singulier c’est que le tympan de l’oreille gauche était perforé en deux endroits, comme le montra plus tard l’examen otoscopique. La membrane tyinpanique était en outre injectée de sang. La victime percevait néanmoins le tic tac d’une montre appliquée sur l’oreille, ainsi que des paroles chuchotées à un centimètre. Elle éprouvait dans l’oreille une sensation presque douloureuse et des tintements. Ajoutons qu’à la suite d’un traitement bien
- compris uni1 amélioration se manifesta très rapidement. Au bout de trois mois le sujet entendait des paroles chuchotées à plus de 4 mètres. Le cas de perforation tympa-nique par fulguration est très probablement unique.
- Les progrès de l’industrie métallurgique aux États-Unis. — Ouelques chiffres rapides vont faire sentir de la façon la plus nette l'admirable mouvement d’expansion de l’industrie métallurgique dans la confédération américaine. En 1850, la consommation de fer en gueuses, par tète d’habitant, n’était que de 27ke,6; on se maintint assez longtemps aux environs de ce chiffre; mais, en 1870, la proportion correspondante est de 17kg,5, c’est ensuite 80 kg par tète en 1880, 145 en 1890, 175 en 1000, et on a dépassé le chiffre de 210 en 1001. Et cette consommation est alimentée presque exclusivement par la production nationale, qui s’est organisée dans des conditions vraiment remarquables.
- Cuirassé russe. — 11 s’agit du nouveau cuirassé Kniaz Potemhin Tavrich ski, dont l’armement vient d’ètre terminé, et, au sujet duquel des détails nous sont donnés par la publication « Yuzhnaya Rossiya ».
- 11 a une longueur de 115m,l0 au total et de 115 mètres à la ligne de flottaison; sa largeur au maitre-bau est de 22™,20, soutirant d’eau de 8m,25 et son déplacement de
- 12 600 tonneaux. Les machines, alimentées par des chaudières Relleville, ont une puissance de 10 600 chevaux, elles lui imprimeront une allure de 16 nœuds; un des groupes de générateurs est chauffé au pétrole. L’épaisseur de son cuirassement oscille entre 20 et, 25 centimètres, pour se réduire à 76 millimètres aux extrémités. L’armement comprend 4 canons La net de 50 centimètres et de 40 calibres, 16 autres de 15 centimètres et 45 calibres, 14 de 7 centimètres, des llotchkiss et des canons revolvers, enfin 5 tubes lance-torpilles submergés.
- Lait contaminé. — l'n moyen simple de débarrasser le lait des germes tuberculeux dont il peut être infecté, consiste à chauffer ce lait. Si on le chauffe insuffisamment, le bacille échappe à la mort, si on le chauffe trop, on risque d’altérer 1e goût du lait et ses propriétés nutritives. M. J. Russell a essayé de déterminer la température ininima requise pour détruire le microbe. Il décrit, dans le Philadelphia Medical journal de novembre, les expériences qu’il fit avec du lait préalablement infecté de germes tuberculeux, puis pasteurisé dans un appareil courant du commerce. A près avoir été chauffé et maintenu dix minutes à 60° dans un vase clos, ce lait fut inoculé à divers animaux qui n’en furent aucunement incommodés. Mais les résultats furent tout autres quand on chauffa le lait à l’air libre. Probablement à cause de la pellicule qui se forme à la surface dans ces conditions, les germes contenus dans le lait ne furent’|Sis détruits à 60° même après quinze minutes de traitement. Mais cette seconde expérience n’infirme pas la première qui parait fournir une méthode pratique pour purifier le lait d’un germe dangereux.
- Les «Impôts «le magnésie «le l’ile d’Enbée. —
- La magnésie se rencontre en Hongrie, en Silésie, en Sty-rie; mais parmi les gisements les plus riches du monde, la première place semble appartenir aux dépôts d’Eubée. Deux Compagnies se livrent actuellement à l’exploitation de ces dépôts, une Compagnie anglaise dont les mines sont dans le, voisinage de Limni, dans une, propriété du monastère de Calataki, et une Compagnie grecque, qui possède des mines à la fois à Limni (dans l’ouest de l’ile) et à Mantudi, dans l’est. La première exploite uniquement en carrière souterraine, les veines y sont d’une grande
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- épaisseur et la magnésie d'excellente qualité ; une partie en est transformée en magnésie calcinée dans dix fours que possède la Société dans la haie de Saint-Jean, d’où se font les expéditions. En année moyenne, celles-ci portent sur 15000 tonnes de magnésie brute et 5000 environ de magnésie calcinée. Quant à la Compagnie grecque, elle exploite, elle aussi, souterrainement aujourd’hui, mais elle avait commencé par attaquer des veines en surface, qui sont maintenant totalement épuisées. Ici la production est beaucoup plus importante, puisqu’elle atteint annuellement 20 000 tonnes et plus de matière brute, sans compter la magnésie calcinée, qui ne représente guère plus de 1500 tonnes parce que la Société ne possède pas des installations bien comprises pour la calcination. Par contre, cette Compagnie s’est fait une spécialité des briques réfractaires, qu’elle envoie sur les marchés de. France, d’Angleterre, de Russie, de Hollande et de Belgique : dans ce but, elle a construit des fours spéciaux qui permettent de fabriquer annuellement plus de 1000 tonnes de ces briques.
- Le chemin de fer du C'ap au taire. — L’Angleterre poursuit avec une persévérance surprenante ce qui avait été la grande idée de Cecil Rhodes, la construction d’une ligne ferrée continue entre le Cap au Sud et le Caire au Nord, formant par conséquent comme la grande artère centrale du réseau ferré africain. La section qui mettra en relations Buluwayo avec le Zambèze progresse assez rapidement; les locomotives la parcourent presque d’un bout à l’autre, et certainement l’an prochain on pourra faire, en partant du Cap, plus de 2800 kilomètres sans descendre de wagon et eu se dirigeant vers le nord. Ces travaux sont du reste importants au point de vue technique, et l’on y trouve notamment un viaduc en acier, de 170 mètres de long, près de Victoria Falls. Dès maintenant on exécute les levers définitifs entre Victoria Falls et le Lac Tanganyika.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 septembre 1902.
- Présidence de M. Rouquet de la Grye.
- Les roches rejetées lors des éruptions de la Montagne Pelée. — M. Darboux expose que M. Lacroix, qui a déjà communiqué à l’Académie deux Notes étendues sur les faits recueillis par la mission des Antilles, dépose aujourd’hui une Note sur les roches rejetées dans les récentes éruptions volcaniques qui ont eu lieu à la Martinique. Les précédentes communications de M. Lacroix doivent être considérées comme un rapport préliminaire sur les travaux de la mission. Les recherches qu’il fait connaître aujourd’hui portent sur une grande collection de roches correspondant aux éruptions antérieures au 51 juillet, époque du départ de la mission. Il n’y a eu aucune coulée de lave, mais projection de laves sur un rayon de 800 mètres autour du cratère. M. Lacroix a éliminé tous les matériaux placés plus loin du volcan pour éviter toute description de roches anciennes.
- Lu culture du lupin. — M. Dehérain annonce qu’il a opéré, en collaboration avec M. Ilemoussy, des recherches sur la culture du lupin jaune qui, peu répandu en France, rend dans certaines terres sablonneuses de Prusse de tels services qu’il y est désigné sous le nom de « plante d’or des sables ». Contrairement à l’opinion généralement admise d’après laquelle le lupin jaune serait une plante calcifuge, il vit, fleurit et mûrit ses graines dans une
- terre contenant 4 centièmes de chaux comme celle du champ d’expériences de Grignon; mais, dans ces conditions, il ne porte pas sur scs racines de nodosités à bactéries et n’acquiert qu’un médiocre développement. Quand, au contraire, le sol renferme les germes des bactéries spéciales au lrtpin jaune, celui-ci atteint un magnifique développement. C’est ce qui apparaît très nettement sur une photographie que présente M. Dehérain. On y voit des lupins jaunes ayant crû dans une terre de la Creuse beaucoup plus forts (pie ceux provenant d’une terre de Bretagne. Dans ces deux terres, les racines sont couvertes de nodosités à bactéries, mais les unes sont beaucoup plus actives que les autres. En résumé, le lupin peut rendre les plus grands services dans une terre contenant les germes des bactéries, soit comme engrais vert, soit pour la nourriture des moutons et des chevaux ; ailleurs son semis parait d’autant moins profitable que toutes les tentatives d’inoculations de terres à l’aide de terres à bactéries efficaces n’ont donné que des résultats faibles, ou nuis.
- Varia. — M. Boussinesq dépose un travail sur l’extension du principe de Fermât concernant l’économie de temps au mouvement relatif de la lumière dans un corps transparent homogène, animé d’un mouvement de translation rapide. -Xmm. Baillaud et Montangerand adressent une Note sur la surface focale principale de l’objectif de l’équatorial photographique de l’observatoire de Toulouse. — M. Pierre Boley communique une Note sur la différence de potentiel au contact . — M. Chevalier envoie une étude sur les lianes à caoutchouc du Congo français. — M. André Poëy signale la probabilité de l’existence d’une relation entre les productions de taches solaires et les éruptions volcaniques. Ch. oe Yieleoeüil.
- MARBRES DE GRÈCE
- Ce simple titre suffit pour faire renaître en nous des souvenirs classiques, et pour évoquer tous les chefs-d’œuvre de la statuaire et de l’architecture grecque : le fait est que ce sont les carrières de marbre de la Grèce (pii ont fourni bien longtemps aux Grecs, et même aux Romains, la magnifique matière première qu'ils savaient si bien mettre en œuvre. Puis, par suite de toute une série de circonstances, et notamment de l’ouverture des carrières italiennes (par exemple de ces carrières de Carrare dont nous avons parlé ici), les marbres grecs furent délaissés durant des siècles, et c’est depuis une dizaine d'années que l’on a songé à tirer parti des richesses que contient encore le sous-sol de la Grèce.
- Il y a une cinquantaine d’années, un sculpteur bavarois avait bien remis en exploitation les carrières de Tinos, dans l’île du même nom, qui fait partie du groupe des Cyclades; mais il eut beau essayer de vendre ce marbre en le faisant passer pour ce qu’on nommait le « rosso Antico », il ne trouva guère d’acheteurs ; et même actuellement ces carrières ne sont pas exploitées, quoique entre les mains d’une importante compagnie anglaise, à cause des mauvaises dispositions des paysans. Les carrières de marbre grecques n’ont repris une certaine importance qu’à partir de 1894, au moment où un Anglais, Brindley,
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- découvrit entre Larissa et le Val de Tempe les célèbres gisements qui donnaient jadis le magnifique « Yerde Antico ». Ce marbre est amené par rail jusqu’à Yolo, puis envoyé sur l’entrepôt de Livourne ou dirigé directement chez les acheteurs. Ce sont très probablement ces carrières qui ont fourni jadis les colonnes de Sainte-Sophie de Constantinople, les riches décorations de Saint-Marc à Venise.
- Depuis 1896, s'est constituée une société qui a remis en exploitation les fameuses carrières du Pen-télique, oit l’on extrait d’admirables marbres bleus et blancs : c’est de là qu'autrefois est sorti le marbre des colonnes du Parthénon, tout aussi bien que la matière première d’une foule de monuments de l’ancienne Grèce. On tire bien encore du marbre des gisements memes qui étaient exploités dans ces temps lointains, mais on s'attaque plutôt maintenant à l'extrémité nord-ouest et sud-ouest de la montagne.
- Des installations fort importantes ont été créées snr ce point, notamment pour le sciage et le polissage. Nous aurions à citer toute une série de carrières à Skyros, d’où l’on extrait des marbres à grain extrêmement tin, qui ont le tort de ne pas se présenter souvent en gros blocs, et qui sont tantôt blanc pur ou blanc teinté de violet ou de jaune, tantôt veinés de rouge.
- Les carrières les plus considérables de l'antiquité étaient celles de Styra, qui sont réparties en nombre considérable au pourtour de la pointe sud de l’île d’Eubée : les marbres de couleur qu’on en tire ont cet avantage précieux de pouvoir se débiter dans tous les volumes et dans toutes les longueurs, et l’Angleterre y a pris ces temps derniers d’énormes colonnes pour certains de ses monuments. Les carrières de Paros, qui ont donné le marbre dont est faite la célèbre Vénus de Milo, ne sont pour ainsi dire pas exploitées, et l’on croit que quelques-unes des plus belles veines qu’elles contenaient sont totalement, épuisées. Et encore omettons-nous les marbres de Naxos, de Kapsia, d’Argos, de Laconie, etc. ; toutes ces richesses dorment enfouies, les constructeurs modernes préférant les poutres d’acier, les revêtements céramiques, le ciment armé, aux plus beaux marbres de la Grèce. P. rtc M.
- ET NOUVEAUX COMPAS A VIS «IMPERDABLES»
- Le compas de bonne fabrication est un instrument indispensable pour les travaux de dessin de précision. Aussi est-il utile de faire connaître les nouveaux perfectionnements qu’on leur a apportés pour les améliorer encore. M. L. Pape vient de construire un compas micrométrique à pièce de rechange. Par la réaction de la pente hélicoïdale d’une vis sur la flexibilité d'un ressort, il a pu obtenir un rappel très délicat. La stabilité de la branche qui est ainsi rappelée est assurée par une vis de blocage qui lui donne une fixité absolue. Le dessin n" 1 de la figure ci-jointe représente le compas muni du dispositif dont
- nous venons de parler ; dans le n° 2 on a légèrement fait tourner une vis et on a donné une faible inclinaison à la tige qui porte le crayon. En faisant varier ces inclinaisons, on obtient, des circonférences et des arcs de cercle rapprochés jusqu’à 1 /20e de millimètre . Dans le n° 5 nous avons représenté quelques traits obtenus avec ledit compas micrométrique. On peut hachurer facilement les courbes, on arrive à les tracer très serrées, sans à-coup avec une très grande précision . M. L. Pape a apport é un autre perfectionnement à ces instruments. Il arrive souvent que l’on perd les vis des compas, et la boîte que l’on possède est tout de suite désorganisée. M. L. Pape a imaginé des vis « imperdables » qui restent fixées après le compas; ces vis imperdables consistent en des vis à écrou à arrêt. Dans les nos 5 et A de notre figure, nous avons représenté ces vis. Pour pouvoir les placer à tous les endroits du compas, il a fallu transformer certaines de ses parties dites « canules » en petits étaux. Le serrage des jonctions des pièces de rechange est devenu meilleur, car le serrage d’un étau est plus logique et supérieur à la pression d’une pointe de vis. Le pivot du compas est aussi d’une grande fixité et son serrage se fait par traction, donnant ainsi le maximum de force et de stabilité. L'emploi des vis imperdables rendra de grands services ; leur adaptation à tous les compas est très facile. J. Leroy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Compas micrométriquo rl vis « imperdables ».
- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue àe Fleurus, 9,
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- N° 1551. — 27 SEPTEMBRE 1 002.
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- LOCOMOTIVES A PÉTROLE
- Voilà des années qu'on annonce périodiquement que des expériences ont été menées à bien, qui [trou-
- vent amplement le rôle précieux que peut jouer le combustible liquide [tour le cbaulïa^e des chaudières
- Fig. SJ. — Disposition générale et détails de l'installation à brûler le combustible liquide sur une locomotive.
- soit dans l’industrie, soit plutôt pour les bateaux ou pour les locomotives : on insiste avec raison sur la 30e année. — 2° semestre.
- commodité d’alimentation des foyers au moyen d’un combustible dont l’arrivée se fait automatiquement
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- sous l’aclion d’un simple robinet. On ajoute aussi, en Laveur de ce mode de chautlage, qu’il réduit de beaucoup l'espace occupé par les approvisionnements, en même temps «pie le poids qu’ils représentent, puisqu'on considère généralement que deux tonnes de pétrole sont équivalentes comme effet à trois tonnes de bouille. Nous ne prolongerons pas l'examen de ces avantages, car ils ont été souvent mis en lumière : mais on peut alors s’étonner que l’usage du combustible liquide ne se soit pas vulgarisé, sauf dans certains pays exceptionnels, comme la Russie, où les seules locomotives consomment [dus de 70 millions de ponds de. pétrole, alors qu’en 1880 la consommation correspondante dépassait à peine 5 millions de ponds (de 10 kg).
- La raison de ce fait, en apparence bizarre, qu'on s’est contenté longtemps de poursuivre des expériences sans entrer dans l’application pratique, résulte simplement des difficultés qu’on avait, en dehors de la Russie et d’un petit nombre de pays, à se procurer ce combustible qui semblait devoir faire merveille dans les loyers industriels et économiser une proportion énorme de main-d’œuvre. Et tout d’abord il
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- faut s’entendre sur ce que signifie exactement ce mot de pétrole : qu’on n’aille pas croire qu’il s’agit du pétrole lampant que nous utilisons à nous éclairer, ou même que l’on brûle parfois dans les petits fourneaux domestiques. Quand le pétrole (entendu au sens général) sort du puits d’extraction, il contient trois ou quatre composants principaux : en premier lieu l’essence, puis les huiles lampantes ou solaires, suivant les désignations qu’on leur donne, ensuite l’as-talki, ou résidu, et enfin de l’eau; l’essence et les huiles lampantes ayant une valeur beaucoup trop grande pour être employées à titre de combustible industriel, ce qu’on utilise pour cet usage c’est l’as-tatki, le résidu (pii demeure après distillation et séparation dos impuretés et de l’eau, et qui est formé de 88 pour 100 de carbone, d’un peu [dus de 10 d’hydrogène et pour le reste d’oxygène. Or, jusqu’à présent, il n'y avait guère que les gisements russes qui pussent donner de cet astatki, et il était entièrement consommé sur le territoire même de l’Empire. Dans ces conditions, on comprend qu’il était inutile de poursuivre l’installation de foyers à combustible liquide sur les locomotives ou à bord des bateaux, puisqu’on avait toutes chances de ne pouvoir trouver à les alimenter.
- C’est du reste pour cela que certains des inventeurs qui ont imaginé des foyers à pétrole avaient prévu la possibilité d’y brûler soit du pétrole, soit du charbon (c’est le cas même pour le type que nous citerons tout à l’heure). Mais les choses ont changé maintenant, depuis que, sur plusieurs points en dehors de Russie, on a trouvé des pétroles pouvant fournir à la consommation des résidus, des astatkis, pour employer malgré tout le mot russe qui est universellement connu : c'est tout à la fois à Bornéo et en Birmanie, dans le Texas et en Californie, qu’on a mis en exploitation de ces gisements qui pourront
- parer aux besoins industriels du monde entier. Grâce à ces ressources nouvelles, on a déjà installé des dépôts de pétrole (en entendant ce mot au sens que nous avons indiqué tout à l’heure) pour renouveler les approvisionnements des navires qui possèdent, des foyers de chaudière alimentés du combustible liquide : et cela [trouve bien qu’aujourd’bui on est à même de se procurer ce combustible pour le service des locomotives qui circulent sur les voies ferrées.
- Déjà des applications sont réalisées, tant en Angleterre ou dans d’autres contrées d’Europe qu’aux Etats-Unis, et l’étude de cette question est toute de circonstance. On ne s’étonnera pas que les Compagnies de chemins de fer du Texas, et particulièrement le Southern Pacific, se soient immédiatement lancées dans l'emploi de ce mode de chauffage, d’autant qui* le pétrole leur revient extrêmement bon marché, grâce au voisinage des gisements, le coût du baril descendant à vingt cents, autrement dit un franc ! En Californie, nous pourrions également citer la Northern Pacific Railroad Co, qui vient de faire construire des machines chauffées au pétrole, et présentant en outre cette particularité qu’elles sont à tubes d’eau.
- Tout récemment la Roumanie, qui possède des gisements pétrolifères trop peu connus, et susceptibles d’un réel avenir, s’est mise à adopter, elle aussi, des locomotives à pétrole pour ses chemins de fer de l’Etat. Mais comme ces machines sont munies du dispositif llolden pour chauffage au pétrole, dispositif dû à un ingénieur anglais et. appliqué aujourd'hui sur un certain nombre de locomotives appartenant à une des grandes Compagnies de la Grande-Bretagne, il nous semble plus logique d’étudier ce système sur les machines anglaises mêmes, dont nous pouvons donner une photographie. Nous choisissons comme type la machine (pii porte le nom suggestif de « IV-trolea ». Nous devons dire que M. llolden est précisément un des ingénieurs de la Compagnie Créât Eastern Railway, qui a tenté cette transformation dans le chauffage des locomotives ; il poursuit depuis longtemps la solution du problème, et voilà plusieurs années qu'il est arrivé à un type d’appareil qui donne-toute satisfaction, en permettant de brûler uniquement du combustible liquide ou de l'employer, au contraire, concurremment avec du charbon. Nous ajouterons tout de suite que, dans la pratique actuelle, et pour la traction des trains express, par exemple de Londres à Ipswich, on recouvre toujours la grille d’une couche plus ou moins épaisse de charbon, même quand on compte ne marcher qu’au combustible liquide, et par-dessous on dispose un lit de briques réfractaires cassées, qui protègent les barreaux de grille. Au-dessus de la faible couche de charbon, qui se maintient constamment en ignition, on injecte le combustible liquide très divisé : deux pulvérisateurs, en communication par des tuyaux flexibles avec un récipient à pétrole ou, suivant les cas, avec deux récipients placés latéralement de part et d’autre de la caisse à eau, pénètrent dans la boîte
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- ;'i fou par deux orifices ménagés dans la paroi avant du foyer, tout à coté de la porte; ces pulvérisateurs accouplés servent naturellement à projeter l’huile minérale, dans la boite à feu. Connue de coutume, dans l’intérieur de cette boite à feu, on trouve une voûte inclinée en briques réfractaires, qui a pour but de briser le jet et la fiamme, et de 1’empéeher de venir former chalumeau sur les tôles et de les fondre. Les pulvérisateurs tuyères ont une disposition un peu compliquée, mais qu’on saisira aisément, en ce sons qu’ils comportent un conduit central par lequel on fait arriver de la vapeur destinée à entraîner do l’air, puis une conduite annulaire permettant de lancer un courant annulaire de vapeur, qui vient, attirer le pétrole, amené par une conduite tout près de l’extrémité de la tuyère. Il se produit de la sorte un jet de pétrole, de vapeur et d’air mélangés, dans lequel le pétrole est complètement pulvérisé. C’est iine vraie poussière combustible qui parvient dansla boîte à feu, poussière qui s’allume et brûle dans les meilleures conditions si l’on a soin de régler l’introduction de l’air, de la vapeur, du pétrole, douanière qu’il y ait combustion complète, et que les produits gazeux sortant par la cheminée soient totalement incolores.
- Nous n'entrerons pas dans le détail un peu secondaire des tuyaux et tubes divers qui amènent vapeur, air et pétrole ; on les aperçoit assez nettement dans une des gravures ci-jointes, formant une sorte de double boucle en avant de la chaudière. Tout naturellement, on dispose, fixée à cette chaudière à bonne hauteur et sous la main du mécanicien, une boîte portant quatre robinets qui permettent les diverses manœuvres, et, de plus, des manettes montées sur les deux tuvaux d’arrivée du pétrole donnent le moyen d’en régulariser ou meme d’en arrêter complètement l'afflux. Parmi les quatre robinets dont nous venons de parler, nous en citerons un (pii a pour objet d’envover de la vapeur dans un tuyau en serpentin parlant de la chaudière et aboutissant dans les deux récipients à pétrole, où il va réchauffer ce combustible, ou plus exactement le rendre plus fluide, quand le froid aurait tendance à l’empêcher de s’écouler facilement dans les conduites.
- lus locomotives anglaises qui sont munies de ce dispositif fonctionnent de, la façon la [dus satisfaisante, et elles remorquent, facilement l'express de Cromer, dont le poids est souvent de 590 tonnes à 400 tonnes derrière le lender, et à une allure qui atteint fréquemment 90 Kilomètres à l'heure. Du reste, depuis un certain temps déjà, ces appareils Holden ont été installés par l'administration des Chemins de fer de l’Etat Autrichien sur les locomotives qui traversent le tunnel de l'Arlberg, et qui chauffent au pétrole durant ce passage, pour ne pas produire de fumées gênantes pour les voyageurs: elles reprennent, le chauffage au combustible solide et ordinaire dès qu'elles sont sorties du tunnel, et ce n'est, pas là un des moindres avantages du système Holden. Nous ajouterons que la combustion du résidu de
- pétrole ne donne comme produits d’évacuation que peu d’acide carbonique et d’oxyde de carbone, et que, comme ce pétrole n’a qu’un point d’inllammalion extrêmement élevé, son emmagasinage sur les locomotives ou ailleurs ne constitue réellement aucun danger : ce qui vient encore militer en faveur de l’adoption de ce moyen de chauffage, partout oîi il est possible, de se procurer eu abondance, le combustible liquide. Daniel Bellet,
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- L’ESSAIM DES PERSÉIDES
- ET la hauteur des étoiles filantes
- On sait que chaque année, avec les premiers jours du mois d’août, reviennent les étoiles filantes connues sous le nom de « Perséides » ou « larmes de Saint-Laurent ». C’est en effet vers le 10 août, jour de la Saint-Laurent, que cet essaim de météores atteint son maximum d’activité. Il a donné lieu, en 1848, à une très belle chute d’étoiles filantes et en fournit encore des milliers chaque année. Commençant très tôt, vers le 10 juillet, la pluie ne prend lin que vers le 20 août, avec maximum d’intensité, du 8 au 15 août. On jugera par là de la largeur de ce flux que la Terre, avec son énorme vitesse de 50 kilomètres par seconde, met près de 40 jours à traverser.
- Le point radiant des Perséides se trouve dans la constellation de Persée (d’.où leur nom). Comme ce point radiant apparent résulte de la combinaison des mouvements des météores et de la Terre autour du Soleil, il se déplace chaque jour. M. Denning, l’habile observateur de Bristol, en a donné les coordonnées suivantes d’après ses observations commencées en 1877 :
- Position. Position.
- Date. JR CD Date. JR CD
- 15 juillet 15° ,5 4- 48°. 0 5 août 55°, 1 -+- 55°,5
- 18 - 18°, 0 4- 50°. 1 5 — 57°, fi ' 55°,7
- 21 — 20°, 8 + ol°,l 7 — 10°, 2 -t- 5l)°,2
- 2i — 25°, 8 + o2°,2 10 - ii°,5 4- 50° ,0
- 27 — 27°, 1 4- 55°,2 15 — l(S°,5 4- 57°,5
- 50 — 50° ,5 + 5i°,l 16 - 52°,0 4- 58°,0
- 1er août 52°,7 -+• 51°,7 10 — 57°, i 4- 58°gi
- La figure 1 met en évidence ce déplacement qui s’effectue à travers les constellations d’Andromède, de Persée et de la Girafe.
- La pluie des Perséides se produisant en été, à la tombée de la nuit, est une des plus observées et des mieux connues. Elle a même été remarquée depuis une haute, antiquité. Les annales chinoises de Ma-Tuan-Lin la mentionnent dès l’année 850 et la décrivent « assez abondante pour qu’il ait été impossible | de compter toutes les étoiles ».
- La détermination de la hauteur des étoiles filantes n’est qu’une application du problème de la détermination de la distance d’un point inaccessible. Puisqu’une étoile filante est un phénomène de notre, atmosphère, c’est-à-dire se passant à une distance
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- relativement faible du sol, elle sera vue, par deux observateurs éloignés l’un de l'autre, en des points ditlérents de la sphère céleste. C’est ce déplacement angulaire apparent de la trajectoire ou parallaxe qui, combiné avec la distance des deux observateurs, fournira la hauteur du météore en question. Si on a pu noter les points d’apparition et de disparition et la durée de visibilité, on en déduira la longueur de la trajectoire visible et la vitesse. En pratique, les trois éléments : points d’apparition et de disparition et durée de visibilité sont les plus difficiles à déterminer à cause de la rapidité du phénomène et comportent parfois des erreurs considérables. Quant à la durée, il est rarement possible de lui assigner une valeur quelconque. D’après les meilleurs observateurs, une erreur de 2 degrés sur les points extrêmes de la trajectoire d’une étoile filante est courante et doit être considérée comme un minimum.
- Il faut donc s’attacher, pour la détermination des hauteurs des météores, à réunir des observations aussi exactes que possible1.
- L’observation a montré qu’une distance de 50 à 60 kilomètres entre les stations fournissait de bons résultats.
- On calcule aisément que, pour cette dernière distance, une étoile filante passant à 100 kilomètres de hauteur, éprouve, d'une station à l’autre, une déviation apparente d’environ 50 degrés. Quant à l’identification des météores, elle devient déjà difficile, surtout si l’on n’a pu noter l’heure avec précision dans les deux stations.
- Des bases plus étendues ont été parfois utilisées. Ainsi, en 1855, des observations simultanées, entreprises entre Paris et Orléans, révélèrent des météores éclatant à plus de 400 kilomètres du sol.
- En général, la hauteur des étoiles filantes est plus faible; elle est environ de 120 kilomètres à
- 1 Le cadre de cette note ne nous permet pas d’indiquer en détail la marche à suivre pour bien observer les étoiles filantes. On aura recours aux ouvrages spéciaux sur la question et en particulier aux publications de la Commission des étoiles filantes de la Société astronomique de France.
- l'apparition et de 80 kilomètres à la disparition.
- M. W. Denning a déduit, d’après un très grand nombre d’observations, les hauteurs suivantes pour les points d’apparition et de disparition des étoiles filantes et des bolides :
- Hauteur du point Hauteur du point d’apparition. de disparition.
- Étoiles (liantes.....128 kilomètres. 8f> kilomètres.
- Bolides .............110 — 48 —
- En France, il y a un an, on a entrepris des recherches du même genre pour l’étude systématique de l’essaim des Perséides, sous la direction de M. Flammarion. L’Observatoire de Juvisy a été choisi comme première station. La station auxiliaire, quoique un peu moins favorablement située au point
- de vue de la facilité des observations, fut choisie, pour divers motifs, à la Croix-de-Berny, près d’Antony (Seine). La distance entre ces stations n’est que de 9kn,,200. C’est, croyons-nous, une des premières tentatives de détermination de hauteurs faites avec une base aussi petite, il serait peu prudent, pour le succès de l’entreprise, de vouloir choisir des distances moindres. Les parallaxes, dues à l’écartement des dc',nx sta-tioji's', risqueraient tort de se confondre avec les erreurs d’observation. Voici les positions des deux stations :
- Observatoire de Juvisy : Longitude ... 0° 2' 0" Est.
- — — -.Latitude. . . . +48° 41'57".
- La Croix-de-Berny : Longitude............ 0° 1' 43" Ouest.
- — — : Latitude.............. +48° 45'52".
- Elles sont situées de part et d’autre du méridien de Paris, à peu près à la même distance.
- Les observations furent faites pendant les nuits des 11-12, 12-15, 15-14 août par MM. Antoniadi, Senouque et Touchet pour l’Observatoire de Juvisy et par MM. Blum et Chrétien pour la station de la Croix-de-Berny. Toutefois les observations simultanées ne furent pas faites constamment. Elles eurent principalement lieu dans la nuit du 15 au 14. En comparant les 59 trajectoires enregistrées à Juvisy avec les 44 notées à la Croix-de-Berny pendant
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- le même temps, on trouva 21 météores vus en double sur lesquels on put en choisir 8 suffisamment bien observés pour être soumis au calcul. C’est donc 16 pour 100 des météores relevés qui ont été sûrement identifiés. 11 faut attribuer ce résultat remarquable à la proximité des stations et à la convention préalable de porter principalement l’attention vers le zénith.
- La figure 2 contient ces 8 météores tels qu’ils ont été tracés sur les cartes : les trajectoires en traits pleins sont celles de Juvisy, les autres, en traits interrompus, celles de laCroix-de-Berny.
- Remarquons en passant que les deux météores J et K sont apparus à quelques secondes d’intervalle. Leur tracé d’une façon identique dans les deux stations parait un critérium de l’exactitude des observations.
- La discussion et la réduction de ces observations ont été entièrement faites par M. H. Chrétien, secrétaire de la Commission des étoiles filantes de la Société astronomique de France. Nous donnerons les ré-sultats ci-dessous. Les lettres de la première colonne se rapportent aux mé
- Fis. 2.
- Météores observés dans les deux
- téores qui se trouvent représentés dans la figure 2.
- Des observations aussi encourageantes, qui d’ailleurs n’étaient qu’une expérience préliminaire, ne pouvaient rester inachevées. En particulier, suivant une idée émise par M. IL Chrétien, il était fort utile et intéressant de faire la preuve des observations de deux stations en les vérifiant par celles d’une troisième station. Celte triangulation de l’espace oflre, en même temps, l’avantage, en combinant les stations deux à deux, de former trois groupes de deux stations. Ces nouvelles expériences viennent d’être réalisées il y a quelques jours à peine, du 9 au 12 août. Dans les trois stations actuelles, sises à Juvisy, Marcous-sis et Clamart, on a pu, malgré un ciel couvert les 10 et 12 août, enregistrer plusieurs centaines de trajectoires. Une première identification a montré qu’un très grand nombre de météores étaient notés dans deux stations et qu’une quinzaine environ étaient communs aux trois stations.
- Les calculs de réduction, fort longs, de ces multiples observations, sont en cours d’exécution ; on peut déjà affirmer qu’ils mettront en évidence un certain nombre de faits intéressants relatifs à l’essaim
- Hauteur Hauteur Longueur
- Météores. à l’apparition à la disparition. de la trajectoire.
- B. . . . 38 kilomètres 29 kilomètres. 9kl",800
- F. . . . 15 — 13 — 2k'”,250
- G. . . . 107 — 68 — 48 kilomètres
- II. . . . 96 — 22 — 81 —
- I. . . . 119 — 86 — 40 —
- .1. . . . 75 — 11 — 84 -
- K . . . 92 - 23 — 95 -
- L. . . . 30 — 21 — 11 -
- L’étoile filante la plus élevée esl apparue à
- 119 kilomètres et la plus basse à 15 kilomètres seulement.
- stations de Juvisy et de la Croix-de-Berny.
- des Perséides et, en tout cas, utiles pour l’organisation des observations déjà projetées pour le mois d’août 1903. E. Touchet,
- Secrétaire adjoint de la Société astronomique de France.
- LES ÉRUPTIONS DE LA MARTINIQUE
- conclusions nu rapport de la mission française
- M. Lacroix vient de communiquer à l’Académie des sciences le rapport qu’il a rédigé au nom de la Mission française envoyée à la Martinique. Nous
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- reproduisons textuellement les conclusions de ce rapport1 :
- « Nous résumerons rapidement, dit M. Lacroix, les caractéristiques de l’éruption actuelle. Jusqu’au 51 juillet, date de notre départ de la Martinique, elle a consisté exclusivement dans une phase explosive, elle n’a produit aucune coulée de lave. On n’a constaté ni fente béante (en dehors du cratère) ni changement de niveau du rivage, ni affaissement ou soulèvement notables dans l’intérieur des terres, ni modifications appréciables des fonds au voisinage de la cote; aucune secousse importante de tremblement de terre n’a été ressentie; les grandes explosions ont été accompagnées d’une dépression barométrique subite et de petits ras de marée, parfois meurtriers, au Carbet et se faisant sentir jusqu’à Fort-de-France. Les blocs de lave incandescente n’ont été projetés qu’à quelques centaines de mètres du cratère, mais l’aire de distribution des cendres et des lapillis s’est étendue sur toute la Martinique, lors des grandes explosions.
- « L’aire de dévastation complète a été, jusqu’au 51 juillet, limitée à une zone périphérique de 2 km à 5 km autour du cratère et à une zone comprenant toute la côte Ouest, entre l’ilot de la Ferle et les premières maisons du Carbet.
- « Une caractéristique importante de cette éruption réside dans la fréquence des poussées très denses de gaz et de vapeurs entraînant des cendres, qui ont coûté la vie à tant d’infortunées victimes. Les émissions boueuses ont été répétées et importantes, les manifestations électriques tout à fait remarquables. C’est au milieu de la zone dévastée, nettement dissymétrique par rapport au volcan, que se trouvent une grande quantité de fumerolles sul-fhydriques, dans la direction du Sud-Ouest et dans le prolongement de la large brèche ouverte dans le haut de la Montagne Pelée. Ces fumerolles jalonnent, dans la vallée de la rivière Blanche, une direction de fissures se trouvant vraisemblablement sur la prolongation de la fente du cratère; c’est sans doute à la position et à la forme de celle-ci qu’est due la direction des poussées obliques en évantail auxquelles nous avons attribué la destruction de Saint-Pierre. Cette direction de fissures se prolonge dans la mer et doit être la cause de la rupture du câble sous-marin français. Des paroxysmes, séparés par des périodes de calme relatif, ont été nombreux au commencement de l’éruption (8 mai, 20 mai, 26 mai, 6 juin), puis plus éloignés (9 juillet). Nous constatons que l’éruption se poursuit, mais il ne saura Hêtre question de faire aucune prédiction sur l'avenir. L’histoire des volcans andésitiques du Mont Pelé montre qu’ils se comportent dans leurs éruptions de façon différente ; les grandes explosions, comme celle du Krakatoa, ou la production de coulées de laves, sont dans tous les cas possibles, mais non nécessaires.
- « 11 sera particulièrement utile, au point de vue de la sécurité de l’ile (agrandissement possible vers le Nord et vers l’Est de la zone de dévastation), comme au point de vue scientifique, de suivre attentivement la marche ultérieure des événements et de voir si les fissures, se manifestant par des fumerolles, resteront localisées dans leur direction primordiale, ou bien si elles se continueront sur les lianes nord-est de la montagne, suivant un diamètre, ou encore se produiront en évantail dans diverses directions. Nous n’avons recueilli aucune indication à cet égard en dehors de l’existence de la sortie boueuse de
- 1 Compte rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, n° 10 (8 septembre 15)02).
- Trianon et peut-être d’une autre dans la vallée de la Basse-Pointe; mais, comme elles n’ont pas fonctionné pendant notre séjour, nous n’avons sur elles aucun document personnel.
- « Dans le cas oii le volcan entrerait prochainement dans une phase de coulées, il est vraisemblable, d’après la disposition du cratère, que celles-ci s’épancheraient dans la vallée de la rivière Blanche, c’est-à-dire vers la mer, dans la région de dévastation maximum.
- (( Nous avons appelé plus haut l’attention sur les désastres produits par les torrents dans tout le massif ch; la Montagne Pelée ; ils ont été la conséquence des condensations atmosphériques particulièrement intenses sur la Montagne Pelée pendant l’éruption, ou plus ou moins directement dus à des émissions d’eau boueuse. 11 est certain que les phénomènes torrentiels survivront à l’éruption actuelle et seront à redouter aussi longtemps que les flancs du volcan, formés par des matières éminemment en Ira i-nables, seront déboisés. De toute façon, l’évacuation des habitations situées auprès de leur cours inférieur s’impose.
- (( Au moment où ce rapport allait être déposé, parvient la nouvelle d’un nouveau désastre dans la partie est et sud-est de la Montagne Pelée. Les dépêches ne permettent pas encore de se faire une idée de leur étendue, de leur nature et de leur origine ; mais, dans tous les cas, elles indiquent une augmentation de l’activité du volcan et, ce qui est plus grave, le déplacement ou l’extension de la région dangereuse. La situation est donc aujourd’hui très différente de ce qu’elle était à la fin de juillet.
- « Cet événement rend de plus en plus nécessaire une étude minutieuse et surtout continue d’une éruption qui s’aggrave d’une façon inquiétante.
- « Il n’est pas douteux que l’évacuation du massif entier de la Montagne Pelée, que nous ne considérions pas comme indispensable il y a un mois, doit être aujourd’hui effectuée d’une façon complète et maintenue jusqu’à cessation des manifestations volcaniques.
- « La surveillance devra désormais être des plus actives sur la limite méridionale du massif, surtout s’il était démontré, une fois les causes de cette dernière catastrophe déterminées, que l’éruption a été due à un nouveau cratère produit sur une fissure latérale.
- « Les parties centrale et méridionale de la Martinique sont restées à l’abri de l’action immédiate du volcan ; mais, comme on l’a vu plus haut, le littoral a eu à subir l’effet de ras de marée, chaque fois que s’est produite une violente explosion du volcan. Bien qu’une explosion beaucoup plus violente encore que toutes celles qui ont été constatées jusqu’à ce jour soit nécessaire pour déterminer par contre-coup des dommages importants à Fort-de-France, on ne saurait prendre trop de précautions contre un ras de marée éventuel. Du reste, lorsqu’on arrive pour la première fois à la Martinique, on est frappé d’étonnement en voyant la plupart des villes et des villages de la côte construits presque dans la mer ou dans des marais au niveau de celle-ci, alors que presque toujours, et en particulier à Fort-de-France, il eût été possible de bâtir sur les collines voisines toutes les constructions qui, par destination, ne réclament pas la proximité immédiate du rivage. Cette observation est une indication des mesures à prendre d’une façon aussi générale que possible, quand la période troublée actuelle sera parvenue à son terme.
- « Notons, en terminant, que l’accumulation d’une grande quantité de réfugiés à Fort-de-France constitue à cet égard, ainsi qu’à beaucoup d’autres, un danger permanent et des plus sérieux. »
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- LA NATURE.
- LES SU'MONERIES DE L’ALASKA
- Chaque1 année, vers le printemps, on peut assister, sur les eûtes du Pacifique, à l’appareillage de petites iloltilles, se dirigeant vers les haies de l’Alaska. Ce, sont lus navires frétés par les saumoneries qui se, rendent à leurs stations d’altaehe, après avoir recruté dans les [torts le personnel spécial de mariniers, pécheurs et ouvriers nécessaires au fonctionnement de cette industrie.
- Les saumoneries de l’Alaska sont notamment exploitées par des associations de commerçants qui ont fondé, à l’heure, actuelle, 46 « eanneries » 1 et 0 « salleries ». Nous nous proposons, dans cet article, d'exposer avec quelques détails, les diverses opérations que comporte cette entreprise et qui comprennent : 1° la pèche du poisson; 2° sa mise en boites ou en barils; 5° l’emballage et l'expédition des produits à destination des centres de commerce.
- La pèche du poisson dans chaque saumonerie est confiée à un personnel d’environ 00 hommes divisé en équipes affectées à différents postes, distants parfois de 50 milles, de la « cannery » ou station centrale. De petits vapeurs, faisant le service entre ces postes, sont chargés de pourvoir à la nourriture des pécheurs et de transporter, en même temps, les stocks de poissons capturés, à la « cannery » ou à la « saltery » selon le mode de conservation utilisé par la maison. La pêche du saumon est effectuée à l’aide de, filets ou au moyen de trappes.
- Les filets employés sont les « gill-nels » (filets à ouïes) et les seines. Le « gill-net », long de 200 à 550 brasses, est constitué par des mailles variant de
- 15 à 25 centimètres, suivant l’espèce de saumon que 1 on cherche à capturer, soit 22 à 25 centimètres pour le king salmon (saumon royal), 15 à 16 centimètres pour le « silver salmon » (saumon argenté), 14,6 à
- 16 centimètres [jour le « red salmon » (saumon rouge) et le « lmmpback ». La pêche avec ce filet exige deux hommes montés sur un bateau léger, l’un étalant le filet muni de deux bouées, tandis que l’autre rame. Le filet est retiré dès que l’on suppose que, la quantité de poisson capturée est suffisante [tour emplir le bateau, ce qui arrive parfois avant que la moitié du filet n’ait été déployée. La seine est un filet plus long, ayant 800 à 1000 brasses. La maille, est en colon et non en fil, comme dans le « gill-net », mais elle est plus forte. Dans ce genre de pèche, une extrémité du filet est fixée sur la rive, tandis que des hommes montés sur une barque, et parfois sur un petit vapeur, déploient le filet. On a parlé de coup de filets ramenant dans une seine 75 000 saumons, mais les pécheurs s’estiment heureux d’en recueillir 5000 en moyenne, chaque fois.
- Quant aux frappes, elles sont constituées par de grandes fosses dans lesquelles le poisson se trouve
- 1 On désigne par « eanneries » les stalions centrales où s etlectue la mise en boîtes du poisson frais, et par « salteries » colles où l’on procède à sa salaison et à sa mise en barils.
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- fait prisonnier au moyen d’engins divers et est épuisé ultérieurement avec des filets. Parfois les saumons retenus dans ces trappes sonl si nombreux, qu’ils ne tardent pas à périr, si l’on néglige de les recueillir à bref délai.
- Le personnel de pécheurs engagés pour cette entreprise est payé d'après des modes différant suivant les pêcheries. Los uns reçoivent de 200 à 250 fr. pour la croisière, en plus de leurs gains à terre soit comme pécheurs ou ouvriers. Les aulnes sont rémunérés selon le nombre de caisses de boîtes de poissons figurant au tableau de la saison avec un supplément de 75 à 150 fr. pour gages mensuels. Ceux-ci reçoivent tant par cenl de saumons [iris, soit 15 fr. pour le « red salmon » et 50 fr. pour le « king salmon ». Mais d'une manière générale on peut dire que chaque homme s’en retourne dans ses foyers avec un gain de 1750 fr. pour moins de 6 mois de travail que comporte la saison et durant lesquels il a été nourri par les factoreries.
- Le poisson capturé par les pécheurs el enlevé par les vapeurs faisant le service entre les divers postes, est immédiatement transporté à la « cannery ». Il s’écoule rarement, [dus de 24 heures enlre le moment où le saumon est retiré de l'eau et celui oii il est travaillé et traité par les employés de la « cannery ». Si ce délai était [dus long, la chair du poisson ne manquerait pas d’être flasque ; [dus court, elle serait trop ferme. Les vapeurs, chargés de saumons, abordent le « wharf » ou jetée, qui horde la « cannery » ; le poisson est anssitèit débarqué sur le quai au moyen de fourches et livré cidre les mains des ouvriers, pour l’opération importante de la mise en boîte.
- L’opération de la mise en boîte comprend une série de phases que nous allons résumer brièvement. % Le poisson une fois débarqué est saisi par les « slimers » (boueurs) chargés de le « dévaser » et de le passer entre les mains du « butcher » en les alignant au nombre de 12 environ, sur une grande table, la queue tournée vers le « butcher » (boucher).
- Ce dernier prend le saumon par. la queue, de la main gauche et le décapite de la main droite, enlève successivement les nageoires supérieures, retourne le poisson sur le dos, coupe les nageoires inférieures, fend le ventre, retire les œufs et intestins et tranche laqueue. Le « butcher » accomplit cette besogne.en huit mouvements environ avec la régularité d'une machine. Un bon boucher peut traiter de 250 à 500 saumons par heure, soit 4 à 5 par minute.
- Le « slimers » s’empare alors de nouveau du corps du poisson, achève de le nettoyer complètement en le soumettant à des courants d’eau pure et le place sur une table-égouttoir, prêt à être dirigé sur la machine à couper. 11 y est, amené par des plateaux mobiles qui le mettent en contact avec un cylindre armé de fortes lames et se trouve ainsi parlagé eu cinq parties, dont les deux extrêmes ne sont pas utilisées. Les trois parties médianes, destinées à la
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- consommation, sont reçues dans une trémie qui débite la viande de saumon aux boîtes qui se présentent automatiquement à son ouverture intérieure pour être successivement remplies par une machine d’invention récente, destinée à remplacer le remplissage à main. Cette machine peut remplir de 05 à 75 boîtes par minute. Les boîtes ainsi remplies, après avoir été au préalable légèrement saupoudrées de sel, sont pesées par des ouvriers, ramenées au poids d’imelivre, débarrassées des éclaboussures et recouvertes d’une légère feuille de zinc destinée à p r é server leur contenu du contact de l’acide chlorhydrique, employé pour la soudure des fuites. Elles sont ensuite surmontées d’un couvercle, serties par une machine, soudées à chaud, puis ref roidies. Un obture alors le petit trou fait au couvercle pour l'échappement des gaz pendant l’opération de la soudure, puis les boites sont placées dans des auges remplies d’eau très chaude, pour permettre de déceler les fuites existantes parlesbullesd’air s’élevant à la surface.
- Après cette besogne préliminaire on procède à la cuisson. Les boites portées par
- des chariots sont soumises à une température de 200° Eahrenheit (90° C.) pendant 45 minutes, dans une étuve à vapeur. Elles sont immédiatement perforées avec un marteau muni d’une pointe pour l'échappement des gaz et impuretés, [mis successivement obturées. Ensuite a lieu une seconde cuisson à l'étuve à 240° Eahrenheit (115°C.), pondant une heure; enfin les boites sont lessivées, refroidies,
- Fig. 1. — La pêche au moyeu des trappes.
- Fig. 2. — Cannery à Quadra-Bay.
- éprouvées au marteau par un expert qui découvre à coup sur les fuites possibles d’après le son rendu par la percussion et livrées aux vernisseurs.
- En dernier lieu est effectuée l’opération de l'emballage des boîtes dans les caisses fournies directement
- par des entrepreneur s de San Erancisco, puis celles de l'embarquement à bord des navires des marchandises, opérations aux-quelles prend part tout le personnel disponible de la « cannery ».
- Les prix de vente des caisses de saumon livrées au commerce sont fixés par l’assemblée desreprésentants des diverses saumoneries et les produits souvent acquis d’avance par les courtiers. Ces articles sont dirigés notamment sur l’Angleterre ; en outre, PAmérique centrale et méridionale ainsi que les îles du Pacifique
- s'adjugeraient presque tout le stock des qualités inférieures. 11 est à remarquer qu« les conserves de « humpback » (saumon rose ou bossu) e t d e « silver salmon » (saumon argenté) presque blanches ne sont pas goûtées des consommateurs anglais qui estiment que la chair du saumon, pour être bonne, doit être rouge foncé, et qu’il a été jusqu’ici impossible de leur persuader que les produits légèrement colorés sont de première qualité, comme finesse et délicatesse.
- Ajoutons (pie, d’après le rapport de JL Kutchin sur les pêcheries de l’Alaska1 auquel nous empruntons les détails ci-dessus, le nombre de saumons,
- 1 Report ou tlie salmon fisheries of Alaska (1900).
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- pris durant la campagne 1900, s’est élevé à 21 555 497 contre 14 712 455 l’année précédente, représentant une valeur commerciale de 0219 887 dol-
- lars. ou 51 099 455 francs, pour 1 529 569 caisses et 29 480 barils, soit à peu près le triple du pro-dui* des autres' pêcheries américaines et anglaises.
- Fig. 5. — Cumiery à Petersburg, détxoits de Wruiigcl.
- Fig. i. — Üuuuery à Chilkoot.
- D’autre part le cliillrc d’honmies employés par les saumoneries se monterait à 8570, dont plus de la moitié au service de 1’ « Alaska Packers Asso-
- ciation », et leur salaire total à 1 519 880 dollars.
- Eniin les 44 « eanneries » et 0 « salteries » posséderaient, pour assurer les services de la
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- I. A NA T U 11 E.
- 2C(>
- pèche et de l'expédition, 79 steamers, in voiliers, 1279 haleaux légers, nn engins pour trappes, 2H» seines et 872 « gill-nefs ». A. I'ion.
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- ANCIENNES MONNAIES D’A HUENT
- MOYEN DE KKTAULIIl LES MENTIONS DISPARUES
- Voulant dernièrement établir des contacts en argent dans un dispositif électrique, je pris une vieille pièce de 1 franc, absolument usée, dans l’intention de la marteler pour en réduire considérablement l’épaisseur et y découper ensuite les petites plaques de métal qui m’étaient nécessaires. Cette pièce montrait du coté face les traces assez nettes d’un profil, el de quelques lettres très peu lisibles. Avec beaucoup d’atteniion, on pouvait arriver à supposer que c’était une pièce du Consulat de Bonaparte; mais il aurait fallu un numismate quelque peu au courant pour préciser et affirmer. Quant au revers, il n’y avait même pas à chercher à y distinguer quelque chose. Toute espèce de trace, j’insiste sur ce point, avait complètement disparu, et sa surface était absolument lisse et
- Pièce d'argent restaurée (revers et face).
- polie par l’usure. Je chauffai cette pièce au rouge sur une lampe à alcool, et commençai le martelage; mais quel ne fut pas mon étonnement en voyant, au bout de quelques reprises de martelage et de chauffage, à mesure que la pièce s’élargissait et s’amincissait, reparaître très nettement la plus grande partie des inscriptions des deux faces. Ces inscriptions se détachaient en couleur sombre sur le fond clair de la pièce, c’est-à-dire en cuivre et argent oxydé sur fond d’argent blanc, l’oxydation du cuivre de l’alliage étant rendue manifeste par la^colo-ralion verte de la flamme de l’alcool.
- La reproduction photographique que je donne ci-jointe est un agrandissement de 1,5 environ de la pièce ainsi restaurée. L’élargissement de la pièce, par rapport à la dimension originale, était aussi dans un rapport voisin
- de
- jO
- 1
- • Cette reproduction a été faite sans aucune retou-
- che du modèle, du cliché ou de l’épreuve. On lit facilement autour du prolil très reconnaissable les mots : Bonaparte premier consul et sur le revers, oîi rien n’était visible : république française, an xi. a. C’était donc une pièce au titre de 900 millièmes, sortant de la Monnaie de Paris.
- La couche d’oxyde qui rend ces légendes visibles est très mince, et un simple grattage au canif m’a permis de découvrir l’argent métallique en traçant la lettre A qui se détache en blanc au milieu de la reproduction du
- revers.
- Si l’on se demande à quelle cause attribuer ces diffé-
- rences d’oxydation, on peut supposer que les parties en relief, moins fortement comprimées par le coin pendant la frappe, sont restées plus poreuses et ont été plus facilement et plus profondément oxydables pendant le chauffage de la pièce, de sorte que, au battage, l’oxyde de la surface des parties comprimées se détache plus facilement el laisse l’argent à nu, tandis que les parties |)lus profondément oxydées gardent leur coupleur sombre. Il faut noter que tant la tète du marteau que le las en acier sur lequel j’opérais étaient en très bon état et bien unis, sinon absolument brillants et polis. Si ces surfaces avaient été rugueuses, elles auraient certainement bien plus irrégulièrement détruit les enduits d’oxydation.
- Il semble que cette méthode pourrait rendre à l’occasion quelques services à la numismatique. Il est vrai que la pièce est considérablement déformée et agrandie par le martelage, mais ces points sont de peu d’importance à coté des questions historiques qu’il s’agit quelquefois de résoudre. Si l’explication que je donne du fait est exacte, il ne serait d’ailleurs pas défendu d’espérer pouvoir peut-être arriver indirectement à appliquer une méthode analogue à des pièces d’or ou de bronze, l’our les pièces d’or, la présence du cuivre dans l’alliage suffirait peut-être déjà pour établir des différences de coloration suffisantes. Quant aux pièces de bronze, il faudrait chercher à obtenir leur imprégnation superficielle par un métal de couleur différente transporté à l’état de vapeurs, par l’étincelle électrique par exemple. Cette imprégnation serait plus facile et [dus profonde pour les parties où se trouvaient primitivement des reliefs et qui sont, comme je l’ai dit, restées plus poreuses. Un traitement approprié décaperait ensuite le métal des autres parties de la surface et rendrait le dessin visible.
- Ce phénomène de réapparition de l’image, dû à des différences de compression des molécules du métal, n’est pas sans quelque rapport avec ce que l’on observe dans les curieux miroirs métalliques japonais où des empreintes existent dans l’épaisseur même du métal et ne deviennent visibles que dans des conditions très particulières d’incidence d’éclairage. Gabriely.
- —«<£>«—-
- LES BAMBOUS
- Ee bambou est la reine des Graminées ; il le dispute en hauteur, en élégance et en noblesse de port aux plus beaux palmiers. Une forêt de bambous présente un aspect à la fois étrange, superbe et charmant dont ne peuvent donner l’idée nos forêts des régions tempérées. « Un lilliputien égaré dans un champ d’avoine, écrit le docteur Salira y dans la relation de son voyage à la Nouvelle-Grenade, éprouverait des sensations pareilles à celles d’un homme ordinaire au pied de cette végétation démesurée. On së trouve tout petit au pied de ces chaumes colosses qui balancent à 50 mètres dans l’air de légères aigrettes de verdure. Nul arbre, nul arbuste ne trouve place entre leurs touffes serrées'. Le sol, labouré par leurs puissants rhizomes, d’où sortent de jeunes tiges couvertes d’écailles veloutées, est couvert de mousses et de petites fougères. Bar un temps calme, le silence est absolu, car les oiseaux, les insectes n’habitent pas ces solitudes sans fleurs et sans fruits. Mais si le vent vient à s’engouffrer parmi ces milliers de tubes sonores, on entend là quelque chose d’inouï : froissements de feuilles, grincements de troncs, sifflements dans les tètes des arbres, grondements autour de leurs tiges. C’est un ensemble de bruits et de sons dont rien n’égale la grandiose harmonie. »
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- LA N ATI) HE.
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- Na gigantesque graminée sert aux usages les plus variés. Les bourgeons se mangent comme légume ou se conlisent dans du vinaigre. Leur croissance est extrêmement rapide : une fois qu’ils ont atteint 00 ou 90 centimètres de hauteur, ils grandissent de K centimètres en vingt-quatre heures. Le bambou est adulte à l’âge de quatre à cinq ans. 11 prend alors une couleur jaune paille; ses libres siliceuses durcissent et font feu sous la hache ; les deux ou trois premiers entre-nœuds de la baoC ne contiennent plus, comme auparavant, une eau cristalline et toujours fraîche, mais laissent échapper des concrétions de silice nommées tabaxies. C’est le temps de l’abattre. Là où croît le bambou, le bois est presque inutile. Rien de plus élégant qu’une maison construite en bambou. Les troncs juxtaposés forment les murs qui soutiennent une charpente de perches longues et résistantes, couverte de feuilles de palmier. La galerie qui l’entoure, la porte, les bancs, sont en bambou. Les chaumes, fendillés à la hache, ouverts et aplatis, servent à faire des revêtements, des cloisons, des soupentes, des lits. Fendus en quatre ou six bandes et entrelacés à des piquets, ils forment des barrières d’une symétrie charmante. On en fabrique des ustensiles de ménage : réservoirs pour l’eau (plus commodes et moins fragiles qu’en terre), boites à sel, boites à chandelles, porte-amadou. C’est dans des nœuds de bambou que l’on recueille le baume de Tolu, la résina caraiia, le beurre de Corozo, au doux parfum de violette. Les musiciens en font un guaclie, plein de graines d’Abrus precatorius, ou bien, en le perçant de trous inégaux, une flûte éolienne.
- Pour apprécier le parti que l’industrie pourrait retirer du bambou, il faut voir comment les Chinois le mettent en œuvre, depuis les solides charpentes jusqu’au treillis filigrané des tasses rotinées. L’un des ouvragesen bambou les plus remarquables a été le plateau, d’une seule tranche, mesurant 80 centimètres de diamètre, que l’empereur de la Chine offrit à Marie-Antoinette.
- Virgile Brandicocrt.
- LES HINDOUS
- DU JARDIN Il’ACCLIMATATION
- À une certaine époque, nos lecteurs s’en souviennent peut-être, et certainement on en retrouverait la trace dans les collections de La Nature, l’Administration du Jardin zoologique d’Acclimatation avait pris l’habitude de faire venir de temps à autre des caravanes d’indigènes des pays les plus divers, Hottentots, Somalis, Fuégiens, etc. : sans doute il ne s’agissait pas là de tentatives d’acclimatation, mais, pour ne pas être purement scientifique, le but poursuivi n’en était pas moins intéressant. S’il est bon pour la masse de faire quelque peu connaissance avec la flore et la faune de contrées lointaines, il est encore plus utile pour elle de voir de ses yeux des représentants de ces populations qui habitent sous d’autres climats, et dont elle se fait le plus souvent des idées étranges. Sans compter que, parmi les gens mêmes qui s’intéressent aux questions ethnographiques, il y en a beaucoup qui n’ont pas la possibilité de voyager.
- Aussi nous sommes-nous réjouis en voyant le jar-
- din d’Acclimatation reprendre ses exhibitions ethnographiques. Cette lois, ce sont des habitants de l'Inde immense que l’on a réunis sur la pelouse du Jardin : c’est ce qu’on appelle communément la Caravane Indienne, mais que uous demanderons la permission de désigner sous le nom général d’indous, pour éviter toute confusion avec des Indiens de l'Amérique du Nord.
- Tous ces indigènes ont été amenés par un imprésario, M. Hagenbeck, et ils sont originaires de la vaste région qu’on désigne sous le nom de Cote de Malabar. Mais il ne faut point s’y tromper, si ce sont bien tous des bidons, c'est-à-dire des natifs de l’Inde (cette désignation n’ayant aucune valeur ethnographique précise), ils sont fort différents de types, comme on peut s’en convaincre en examinant d’un peu près les gravures qui accompagnent ces lignes, et ils appartiennent bel et bien à des races diverses : rien ne présente autant de mélanges, du reste, que la population de l’Inde, et l’on n’est pas encore parvenu à tirer complètement au clair le problème de sa composition et de ses origines. Hans cette théorie considérable d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont passé sous nos yeux durant notre visite au Jardin d’Acclimatation, nous avons reconnu ‘des tvpes fort divers, et notamment cette caractéristique ethnique qui a fait supposer avec toute vraisemblance que des nègres africains sont jadis arrivés par mer sur la cote de Malabar. Mais nous n'avons pas l’intention de donner ici une étude ethnographique de l’Inde, et nous nous contenterons de signaler les choses intéressantes, amusantes ou curieuses que nous avons eu l’occasion de voir.
- Tous ces Indous ont été logés, pour la journée seulement, dans des huttes qui reproduisent les procédés de construction locale, et sont faites d’une charpente de bambou recouverte de feuilles ; et, dans ces diverses buttes, on peut assister à la vie quotidienne des habitants. Bien entendu, tous ne sont pas occupés, et beaucoup utilisent les quelques mots de français qu’ils ont appris ou l’anglais assez dénaturé qu’ils parlent parfois, pour conclure des petits marchés avec la foule qui les entoure. Mais voici, par exemple, un brodeur qui décore une étoffe d’une décoration sobre et élégante en travaillant au moyen d’une sorte de crochet qu’il enfonce perpendiculairement dans cette étoffe, et au moyen duquel il ramène à la surlace du tissu le fil de soie qu’il tient en dessous : c’est en somme tout à fait analogue au point de chaînette des machines à coudre ou à broder, et il est curieux de constater que ces primitifs avaient inventé cette disposition bien avant qu’elle fût réalisée mécaniquement. Plus loin c’est un décorateur de faïences, qui applique sur de volumineuses jarres globuleuses ces couleurs aux tons éclatants et pourtant harmonieux dont les Indous se sont transmis le secret de siècle en siècle : sans doute, dans ces procédés industriels, ne retrouve-t-on pas l’esprit de création constamment en éveil qui caractérise nos industries, il n’y a là que des traditions qui se eon-
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- LA NATUBF.
- servent presque immuablement ; mais on ne peut s’empêcher de reconnaître que les créateurs primitifs de ces motifs décoratifs, de ces procédés, ont su parvenir à une grande perfection. Nous recommanderons encore à l’attention des visiteurs, désireux de se rendre un peu compte de l’industrie indigène, l’examen de ce bijoutier qui travaille au repoussé, de cette femme qui fait de la dentelle au fuseau et sur un carreau, tout comme les habitants de l’Oberland Bernois ou de la région française de
- Mirecourl. Nous passons devant l’école, où des bambins un peu de toutes les nuances étudient, si cela peut s’appeler étudier, sous la férule du maître d’école : tout ce petit monde est peu vêtu, mais les parents ne le sont pas beaucoup plus, au moins les hommes : ils supportent du reste vaillamment la température peu estivale dont nous jouissons, car ils sont accoutumés, dans la région montagneuse qu'ils habitent, à des différences de température considérables. Des odeurs de kari et de cuisine épicée nous arrivent; c’est en effet la
- Fig. 2. — L’école enfantine.
- Fig. 2. — Le groupe des Indous.
- cuisine indoue qui est installée au bout du village, et qui nous initie aux mystères de la cuisson du mouton au riz.
- Mais, parmi ces indigènes, il y en a une série qui appartiennent à ce qu’on appelle parfois en France les baladins, les forains, les romanichels; ce sont des jongleurs, des prestidigitateurs, des magiciens, des acrobates, des bayadères, et certes ils accomplissent des exercices qui auraient leur place toute marquée aux Folies-Bergère ou au Nouveau-Cirque. Des bayadères nous ne dirons
- pas grand’chose : il laut voir ces poses et ces pas hiératiques, qui rappellent un peu les fameuses danses javanaises, et qui sont accompagnées par une musique bizarre et plaintive ayant une étrange parenté avec les modulations des musiques des cafés arabes ou maures. Les jongleurs sont très curieux, surtout quand ils mettent en mouvement, en haut d’une baguette, une grosse toupie qui semble obéir à leurs ordres : en fait, ils tirent parti de lois physiques,' notamment de l’inertie, dont ils ne eonnais-
- Fig. i. — Les danseuses.
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- LA NAT UK K.
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- sent certainement pas la formule, mais qu'eux ou qui entraînent les phénomènes les plus surprenants, leurs ancêtres dans le métier ont su observer, lois Les acrobates qui font partie de la troupe savent,
- Fig. 5. — Charmeur de serpent et prestidigitateurs.
- eux aussi, tirer parti de ces mêmes lois, et c’est en s’aidant de la décomposition des forces qu’ils parviennent à se maintenir, par une pression oblique d’une jambe ou des deux jambes, dans une position où il serait impossible de demeurer sans cet artifice. Les questions de centre de gravité, de déplacement de ce centre n’ont certainement aucun mystère pour eux dans la pratique, etla pratique leur suffit. C’est ainsi que, suspendu par un jarret au bout d’un long bambou flexible qu’il met en oscillation, l’un d’eux arrive à rester accroché avec une solidité à toute épreuve, à se livrer à des évolutions compliquées, simplement parce que, du bout du pied de l’autre jambe, il fait effort obliquement contre le bambou, et en même temps déplace le centre de gravité de son corps de manière à l’abaisser autant
- Fig. 6. — Jongleurs et équilibrâtes.
- ipie possible par rapport à l’extrémité de la perche. Nous avons parlé tout h l’heure prestidigitation
- et magie, et c’est là effectivement un amusement fort apprécié des foules indiennes : les représentants de la prestidigitation indoue que nous avons vus opérer au Bois de Boulogne le font avec une habileté consommée, et il y a notamment un certain panier à disparition, où s’enferme une jeune fille, qui ferait très bonne figuresurla scène de Robert Boudin.
- Enfin l’exhibition est complétée par un montreur d’ours lutteur, et surtout par un charmeur de serpents, qui, au son de sa llûte primitive faite d’un roseau emmanché dans une courge vide, appelle un vraicobra-capello qui sort d’un panier et se met à osciller à peu près en mesure. En somme tout cela c’est un peu l’impression d’un petit coin des Indes
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- L A N A TU U K.
- * pour ceux qui ne peuvent se payer le luxe d'un déplacement. Pierre de Méiiiii,.
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- CHRONIQUE
- Les anneaux mystérieux. — Petit tour de main emprunté au Scientific American. Vous prenez un anneau, obtenu par exemple en découpant dans une feuille de papier une bande étroite et encollant les extrémités. Avec une [taire de ciseaux, vous coupez en suivant le. milieu de la bande, dans le sens de sa longueur. Vous aurez ainsi deux anneaux distincts et identiques. Préparez maintenant deux
- I)
- anneaux pareils; mais, avant de coller les extrémités, faites une boucle telle (pie ['indique la figure À. Après collage, l’anneau aura l’aspect 15. Si cette fois vous coupez à nouveau suivant le milieu de la bande, vous aurez deux anneaux bouclés. Mais, de plus, ces anneaux seront imbriqués ou enlacés l’un dans l’autre (tig. G et P). Tout s’explique si l’on se reporte à la figure H où on voit les deux anneaux, non encore séparés. A l’endroit on se fait la boucle, la bande de l’anneau inférieur s’enroule autour de la bande de l’anneau supérieur et l’emprisonne pour ainsi dire.
- Les rayons solaires et l’étincelle électrique.
- — M. le professeur Garbasso de Turin, dans une Note communiquée au Nuovo Cimento, traite de l’action du soleil sur les étincelles électriques. Cette action a été déjà étudiée par le professeur Manuelli qui a observé que les rayons solaires, tombant dans le voisinage des électrodes, favorisent le passage de l’étincelle. D’après M. Gar-basso, la lumière même diffuse agit et avec beaucoup d’efficacité. Dans une première expérience, il compta jusqu’à 24 décharges en 30 secondes en plein jour contre 8,8 dans le même temps et dans l’obscurité. Une autre expérience fournit les chiffres 18,1 et 0,3. L’effet de la lumière semble durer quelque temps après l’illumination. Des expériences faites successivement avec une lentille et un miroir concave établirent qu’en concentrant la lumière sur l’une des électrodes, on obtenait un courant ininterrompu et cela même quand l’écartement des électrodes était suffisant pour empêcher dans l’obscurité le passage de l’étincelle. Ces propriétés des rayons solaires subsistent après qu’on leur a fait traverser le quartz ou le spath d’Islande ; mais quelques feuilles de mica, une plaque de verre, un récipient épais de 4 centimètres
- contenant de l’eau ou une solution d’alun empêchent les phénomènes de se produire. Ces résultats semblent indiquer que l’effet Manuelli est dù non à la présence de rayons ultra-violets, mais plus simplement à réchauffement des électrodes.
- Un bacille géant. — Nous avions déjà signalé, il v a quelque temps1 un bacille qui détenait le « record » de la petitesse, voici maintenant un microbe qui, parait-il, est le plus gros parmi les bactéries proprement dites. A Palinsbrug près de Nicuport, en Belgique, il existe à 3 kilomètres de la mer un fossé dont l’eau entretient une végétation curieuse hétérogène. Les plantes maritimes y voisinent avec les [liantes d’eau douce. Cela tient à ce que, de temps à autre, l’eau de mer arrive dans le fossé par une écluse destinée à alimenter une huitrière et forme avec l’eau douce (eau de pluie, etc.) un mélange qui reste en moyenne assez fortement salé, car sa densité est de 1,023. Mais la flore microscopique de ce fossé est plus remarquable encore que sa végétation pha-nérogamique2. M. Massard y a trouvé plusieurs espèces nouvelles. M. Errera, de son côté, y a découvert, à côté de beaucoup de thiobactéries, un labyrinthula et un spirille de grandes dimensions auquel il a donné le nom de spirillum colossus. La cellule de ce géant a 2,5 d’épaisseur. Elle forme généralement 1/2 à 21/2 tours de spire. Chaque tour a en moyenne 14-15 i_i.de haut sur 5-0 de large. La cellule est garnie à chaque bout de fouets qui sont longs et très mobiles. Les deux spirilles les plus volumineux, parmi ceux mentionnés dans la flore bactériologique la plus récente que nous possédions — celle de, Migula, — sont le Sp. volutans Ehrenberg et le Sp. (jujan-teum Migida. Le premier n’a que 1,5 u d’épaisseur environ, il forme 2 1/2 à 3 1/2 tours de spire ; la hauteur de chaque tour est seulement le double de sa largeur. Le second, qui ressemble davantage au Sp. colossus, a été trouvé par M. Kutscherdans le purin; il se distingue par la variété de ses formes qui vont de l’hélice à large tour jusqu’au bâtonnet droit. Ces deux organismes se trouvent dépassés comme dimensions par 1 eSp. colossus qui est sans doute la [dus grosse des bactéries proprement dites que l’on ait observée jusqu’ici.
- Ue port île Cènes. — On sait que le. port de Gènes est un concurrent redoutable pour les établissements maritimes français : or, c’est seulement depuis 1880 qu’a commencé, en réalité, son mouvement d’expansion. En 1870, ce mouvement représentait tout au plus un million de tonnes de marchandises embarquées ou débarquées, alors qu’en 1900 le chiffre correspondant est de 5 300 000 tonnes; en 1880, le duc de Galbera légua une somme de 20 millions de francs pour des travaux d’amélioration à faire au port, et comme conséquence des améliorations effectivement exécutées, le port prit un développement surprenant. Mais, dès maintenant, tous les travaux effectués ne suffisent plus, et comme l’ouverture, du Simplon viendra puissamment influer sur le trafic de Gènes, on se propose de créer notamment un nouveau bassin d’ancrage de 39 hectares, qui doublera la surface d’eau actuellement existante.
- Croiseur Suédois. — La flotte suédoise ne fait pas beaucoup parler d’elle : aussi est-il d’autant plus intéressant de signaler les unités dont elle peut s’enrichir. On vient de décider la construction en deux ans d’un croi
- 1 Yoy. n° 1505 du 29 mars 1902, p. 205.
- 2 Yoy. l’étude publiée dans le Recueil de l'Institut botanique, t. V, p. 547. Bruxelles, Lamertin.
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- U A NATURE.
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- seur qui coûtera 8 700 000 francs à peu près, et qui aura 115 mètres de long pour une largeur de 14"',50 au maître-bau et un tirant d’eau de 4"',88; son déplacement atteindra 4000 tonnes. Ses machines développeront une puissance de 12 000 chevaux et lui donneront une belle allure de 21,5 nœuds; son armement offensif sera constitué par 8 canons de 12 centimètres, 14 de 45 millimètres et deux tubes lance-torpilles.
- L’adoption de la traction électrique stu certaines lignes terrées Anglaises. — C’est la Compagnie « North Eastern lîailway » qui a décidé d’installer la traction électrique sur une partie de ses lignes, au nord de la rivière Tyne : la portion de réseau où se fera cette transformation intéressante s’étend de la gare centrale de Newcastle à Tynemouth, puis elle remonte au nord le long de la côte jusqu’à Monk Seaton, tourne à l’ouest et se divise en deux branches, dont l’une retourne à Newcastle, tandis que l’autre va sur Ponteland; il y a en outre des lignes secondaires. En somme, cette adoption de la traction électrique portera sur 3 kilomètres 1 /2 de lignes à 4 voies, 55 kilomètres de lignes à double voie, et 7 kilomètres de simple voie. Chaque train sera formé de 2 voitures motrices et d’une voiture remorquée, prenant ensemble 204 voyageurs : il y aura un moteur sur chaque bogie d’automotrice, moteur commandant les essieux par engrenage. La vitesse moyenne de marche sera de 55 kilomètres à l’heure, avec arrêt de 20 secondes à chaque gare. On compte mettre 47 trains en service. Sur la ligne, en partie en tunnel, qui dessert les quais de Newcastle, on utilisera des locomotives électriques pour des trains de 150 tonnes. Le courant sera fourni par la station de la Compagnie d’électricité de Newcastle : ce sera du courant triphasé à haute tension, à 40 périodes par seconde et 0000 volts.
- Un nouveau <* lient in «le fer vers l’Alivssinie. — Nous avons parlé du chemin de fer qu’une Compagnie française construit actuellement pour mettre l’Abyssinie en relations avec notre colonie d’Obock. Il paraît qu’on projette en ce moment une autre voie ferrée qui partirait de Berbera, dans le territoire de la côte des Somalis, et gagnerait un point tout près du Jlarrar, sur la frontière abyssinienne. La distance serait de 540 kilomètres à peu près.
- Propagation «les ébranlements si*»nii«|ii«‘M. —
- D’après M. Grablovitz, qui a fait sur cette question une communication à l’Académie dei Lincei, on peut distinguer trois sortes de mouvements dans un tremblement de terre : 1° Oscillations rapides, probablement longitudinales; 2° Mouvements lents et assez difficiles à définir; 5° Oscillations très lentes et probablement transversales. Ces mouvements n’ont pas en général la même vitesse de propagation: un instrument situé à la station d’observation enregistrera les premiers et troisièmes mouvements à des temps différents. L’intervalle entre ces deux temps permettra d’évaluer la distance du centre d’ébranlement. En partant des calculs de Cancani l’auteur a pu établir que chaque minute d’intervalle répond à une distance de 500 kilomètres. Ce chiffre toutefois n’a rien de définitif, d’après des données récentes les mouvements de la première catégorie se propagent avec une vitesse variable ; par suite la distance pourrait être comprise entre 200 et 529, chiffres qui nous paraissent bien précis pour des études de cette nature. D’ailleurs toutes ces considérations ne seraient valables que pour de grandes distances.
- Aiouvcau chemin «l«* fer éîeclriqtic aux États-Unis. — En chemin de fer électrique est construit entre Grand-Rapids et les deux ports de Grand-Haven et de
- Muskegon, établissements sur le lac Michigan. La longueur totale de cette ligue est de 07 kilomètres; le courant y est distribué par troisième rail, sauf dans la traversée des agglomérations : ce courant est continu sous une tension de 050 volts. 11 arrive du reste, aux sous-stations, sous forme de courant alternatif à 10 500 volts. Toutes les voitures sont automotrices.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 22 septembre 1902 Présidence de M. Bouqdet de la Giite
- La rotation de Saturne. — M. Deslandres adresse une Note sur la durée de la rotation de Saturne. L’auteur a déterminé cette durée en utilisant les données de l’analyse spectrale. Il a vérifié que le sens de la rotation est inverse de celui des autres planètes.
- Combinaisons du silicium et du cobalt.— M. Moissan dépose une Note de M. Lebeau sur les combinaisons du silicium et du cobalt; l’auteur a préparé un nouveau siliciure de cobalt. Les siliciurcs en question sont au nombre de trois; ils présentent une parfaite analogie de préparation et de propriétés avec les trois siliciurcs de fer.
- Décès. — M. le Président prononce les paroles suivantes : (( J’ai la douleur de vous annoncer la nouvelle-perte que vient de faire l’Académie. M. Damour, membre libre de l’Académie depuis vingt-quatre ans, est décédé cette nuit à l’àge de 94 ans ; il laisse des regrets à tous ses collègues. » M. le Président signale encore la dignité de la vie de M. Damour et lève la séance en signe de deuil.
- Varia. — M. Chevalier adresse une Note sur les lianes à caoutchouc du Congo français. M. le Ministre des Affaires étrangères donne connaissance de changements apportés aux conditions à réunir pour l’élection aux jdaces de correspondants de l’Académie des sciences, des lettres et des arts de Belgique. Ch. de Villedeuil.
- VENTILATEUR ÉLECTRIQUE OSCILLANT
- Tout le monde connaît les ventilateurs électriques, et un grand nombre de gens en font, usage ; il y a même des pays, comme aux Etats-Unis, où l’on en fait abus, et où ces courants d’air violents qui vous surprennent partout et vous arrivent durant des heures suivant une direction constante, déterminent un refroidissement, une vraie indisposition pour laquelle on a créé le nom d’électrofannite (du mot électro-fan, ventilateur électrique). Du reste, la direction invariable dans laquelle cette sorte de ventilateur envoie le courant d’air qu’elle aspire et qu’elle chasse ensuite, est un inconvénient réel du ventilateur électrique tel que nous le connaissons jusqu’ici, en ce sens que, si l’on veut profiter du refroidissement qu’il procure, il est indispensable de se mettre juste devant lui. Il vaudrait évidemment mieux qu’il chassât l’air un peu dans toutes les directions, afin de le répartir généreusement à tous ceux qui en ont besoin.
- C’est précisément le résultat qu’assure de la manière la plus ingénieuse l’appareil que nous voulons
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- LA NATURE.
- décrire : en effet, tout en se présentant à peu près sous l’aspect des ventilateurs classiques, il est animé constamment d'un mouvement oscillatoire dans un plan horizontal, de gauche à droite et de droite à gauche, dans lequel il décrit plus d’un tiers de cercle. Si bien que, placé sur un meuble le long du mur d’une pièce, il dirigera le jet d’air successivement sur toutes les parties de la pièce.
- En le voyant fonctionner, nous avions cru d’abord h la présence d’un commutateur qui changerait brusquement de temps à autre le sens de rotation des ailettes, le ventilateur oscillant alors sur un pivot par suite de la réaction de l’air; mais il n’en est rien. L’oscillation du ventilateur est d’ailleurs régulière, mais il tourne constamment dans le même sens, et l’électricité n'a rien à voir directement dans cette oscillation périodique de l’appareil. Cela tient tout uniment à des lames de persiennes, au nombre de trois, qui se trouvent en avant du corps principal du ventilateur, et qui s’inclinent en sens inverse de leur position primitive lorsque l’appareil arrive au bout d’une de ses courses simples. Ces lames sont montées dans une espèce de cadre vertical disposé en avant des ailettes rotatives, et elles portent en haut et en bas sur deux pivots, ménagés l’un dans une barre horizontale fixe dépendant du cadre dont nous venons de parler, et l’autre dans une barre parallèle, mais qui peut glisser de gauche à droite ou de droite à gauche, en forçant par conséquent les lames à s’incliner vers la droite ou vers la gauche. L’étendue de ce déplacement est réglée et limitée par deux vis de butée qui sont placées aux extrémités opposées de la barre et qui viennent frapper l’une ou l’autre par leur pointe sur une barre dépendant du cadre des lames, quand celles-ci se déplacent pour s’incliner dans un sens ou dans l’autre. Cette disposition empêche par suite les lames de prendre une inclinaison exagérée dont nous allons signaler les inconvénients tout à l’heure.
- Si donc nous supposons le ventilateur se mettant à tourner tandis qu’il est dans sa position extrême droite, les lames inclinées de droite à gauche et présentant par suite une partie de leur plat à notre œil, le courant d’air lancé par les ailettes viendra frapper le côté opposé des lames, tendra h les re-
- pousser, et, comme tout le svstème est monté sur un pivot, il se déplacera de la droite vers la gauche d’un mouvement continu : ce qui amène forcément les ailettes à exercer leur rôle de ventilateur vers les différents points de l’horizon. Si les choses demeuraient en état, le ventilateur continuerait de tourner sur son pivot, mais ce serait inutile, car d’ordinaire on le dispose sur un meuble qui est le long d’une des parois de la pièce h ventiler : aussi importe-t-il qu’il soit ramené de gauche à droite, par un mouvement inverse du précédent. À cet effet, la lame de persienne centrale porte à sa partie inférieure et solidaire d’elle une tige courbée à angle droit qu’on aperçoit dans la ligure ; quand le ventilateur a décrit une course suffisante, le bout de cette tige vient frapper une butée garnie de caoutchouc qui est disposée sur le pied de l’appareil, et cela a le double résidtat d’arrêter le mouvement d’oscillation, et surtout d’entraîner la lame centrale et les deux autres qui lui sont liées par la tige horizontale mobile, en les forçant à s’incliner de gauche à droite, dans une position inverse et symétrique de celle q u’elles occupaient auparavant. L’action du courant d’air chassé par les ailettes est donc inverse, et le ventilateur tend à se déplacer de gauche à droite, jusqu’à ce que la tige courbée rencontre l’autre butée et qu’une nouvelle oscillation de droite à gauche commence. La barre horizontale mobile a. vis de réglage dont nous avons parlé, en donnant à l’ensemble des lames telle ou telle inclinaison, empêche le ventilateur de prendre une vitesse trop grande et la tige courbée de passer par-dessus la butée.
- Le pied d’un ventilateur de cette sorte est évidemment un peu plus large que celui d’un ventilateur ordinaire, et il est essentiel que l’appareil se trouve dans une position horizontale, pour que le courant d’air n’ait pas un effort trop considérable à produire en faisant tourner l’appareil sur un plan incliné. Cet ingénieux ventilateur ne consomme pas plus qu’une lampe de 12 à 15 bougies, et il se met sur une distribution à 110 volts comme de coutume.
- I). Legrand.
- Le Gérant : P. Masson. l’avis. — Imprimerie I.aiiluk, rue de Fleurus, 9.
- Ventilateur électrique oscillant dans ses deux positions extrêmes. 1. Commencement d’oscillation. — 2. Fin du déplacement.
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- N° 1552. — 4 OCTOBRE -1902.
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- ÉPURATION DES EAUX D’ALIMENTATION POUR LOCOMOTIVES
- On a reconnu depuis longtemps les inconvénients <| ne présente pour les chaudières l'alimentation par des eaux calcaires si fréquentes dans l’industrie. Ces eaux donnent naissance sur les chaudières à des dépôts qu'il faut enlever par des piquages ; ces dépôts étant généralement mauvais conducteurs de la chaleur, le combustible est beaucoup moins bien utilisé et la vaporisation est moins régulière ; lorsqu'une chaudière couverte de tartre est soumise à un coup de feu, la tôle peut être amenée au rouge; et si, par une tissure, l’eau arrive au contact du métal ainsi
- surchauffé, il peut y avoir explosion. Les eaux calcaires provoquent d'ailleurs sur les tôles des corrosions qui amincissent le métal d'une façon quelquefois dangereuse.
- Ces inconvénients, iort sensibles pour les locomotives, ont amené les diverses Administrations de chemins de fer à étudier les moyens d’y remédier. Ce sont ces résultats, fournis à l’occasion de la dernière Exposition, que nous rappellerons brièvement.
- Quelles sont tout d’abord les matières nuisibles qui se rencontrent dans l’eau’? En premier lieu, des
- Fig. 1. — Coupe intérieure de l’épurateur automatique Desrumeaux.
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de l’épurateur Desrumeaux pour alimentation des locomotives.
- matières en suspension, notamment des matières organiques, puis des sels dissous, qui sont généralement les carbonates de chaux et de magnésie, les sulfates de chaux et de magnésie. On considère d’ailleurs comme mauvaises les eaux contenant du chlorure ou du nitrate de magnésium, très corrosifs.
- Les carbonates de chaux ou de magnésie sont éliminés au moyen d’eau de chaux ou de soude caustique. Le sulfate de magnésie est précipité par l’addition de soude caustique qu’on remplace quelquefois, dans un but d’économie, par le carbonate de soude.
- C’est assez récemment que l’on s’est proposé de corriger, dans des installations fixes, la mauvaise qualité des eaux. On se contentait auparavant et l’on se contente encore souvent d’alimenter les locomotives avec de l’eau impure, en empêchant autant que pos-30e année. — 2e semestre.
- sible les incrustations de se former. Les moyens employés dans ce but sont des plus variés.
- On peut d’abord ajouter à l’eau un peu de soude ou de carbonate de soude qui précipite les sels de chaux sous forme de boues. Certaines compagnies de chemins de fer se contentent d’ajouter la solution dans le tender.
- Un produit très employé pour empêcher les incrustations est l’extrait de quebracho Colorado. (Le que-bracho est un bois fréquent dans l’Amérique du Sud.) Les chemins de fer de l’Amérique du Sud, ainsi qu’un certain nombre de compagnies françaises, ont signalé les excellents résultats obtenus de cette façon.
- Le bois de campêche produit un résultat analogue au quebracho et les chemins de fer de l’Etat français l’emploient avec succès.
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- On utilise d’ailleurs, sur quelques réseaux, un mélange de campêche et de quebracho joints quelquefois en outre à une solution de carbonate de soude. L’extrait de châtaignier semble avoir donné à l’état exceptionnel des résultats analogues.
- Une Compagnie belge diminue l’adhérence des dépôts par l’addition dans la chaudière, après chaque lavage, de 1 kilogramme environ de pommes de terre. On a essavé quelquefois d’ajouter dans la chaudière du pétrole pour empêcher l’adhérence des dé-
- Réservoir
- IRéservoir de I décantation
- Filtres
- Cjtërhe jrq ud'eâü épurée
- Fi^. 3. — Appareil à Fonctionnement intermittent.
- pôts : le procédé semble assez discuté quoique l’idée qu’il met en application soit assez rationnelle.
- L’emploi du zinc est connu depuis longtemps pour prévenir les incrustations dans les chaudières. Il forme, en effet, avec le métal de la chaudière un couple voltaïque, mettant l’hydrogène en liberté en tous les points de la chaudière, et empêchant ainsi l’adhérence des dépôts. En ce qui concerne les locomotives, les essais ont été assez nombreux et n’ont donné que de très médiocres résultats.
- En somme tous les procédés précédents constituent des palliatifs, mais aucun d’eux ne donne des résultats complètement satisfaisants. Pour épurer l’eau d'une manière complète et rationnelle, il faut nécessairement employer des épurateurs fixes, et si le nombre n’en est pas plus grand dans les chemins de fer, cela tient sans doute à la dépense d’installation qu’ils nécessitent et au prix de l’épuration par mètre cube d’eau. Ce dernier prix est d’ailleurs très variable puisqu’il dépend du cours, à un moment donné, des réactifs employés et de la quantité qui est nécessaire suivant l’analyse de l’eau à traiter. Il n’est donc pas étonnant que le coût de la purification puisse varier couramment de 0fr,05 à 0fr,15 et quelquefois jusqu’à 0f,',50 par mètre cube.
- Le type d'appareil employé pour le traitement peut aussi inlluer notablement sur le coût de l’opération, soit par les frais d’amortissement dans le cas d’appareils coûteux, soit [taries frais de main-d’œuvre pour les appareils qui ne sont pas complètement automatiques. La première idée fut de construire des appareils dénommés aujourd'hui intermittents, c’est-à-dire dans lesquels on procède par opérations successives. Ainsi, dans le type de la figure 5 (État français), on remplit le réservoir de gauche de l’eau à épurer addi-
- tionnée de ses réactifs ; l’eau s’écoule à travers des filtres dans un bassin d’où elle est reprise par une pompe pour être remontée dans le réservoir d’alimentation. Il faut, dans ce procédé, manutentionner à la main les réactifs et les dépôts produits.
- Un a, dans ces dernières années, notablement développé l’emploi des appareils continus dans lesquels l’opération se produit sans intermittence.
- Parmi les appareils les plus employés, nous cite rons les suivants :
- Appareil Gaillet. — Il se compose d’une caisse rectangulaire garnie de chicanes. L’eau additionnée de ses réactifs entre par le lias et remonte à la partie supérieure en déposant les précipités formés : l’intervalle entre les chicanes augmente du bas au haut de l’appareil ; la vitesse va ainsi en diminuant, ce qui facilite le dépôt. Un filtre, placé à la partie supérieure, retient les dernières particules entraînées. Des robinets permettent l’évacuation des dépôts.
- Appareil Beranger-Stingl. — Ainsi que le montre le schéma de la figure A, l’appareil se compose d’une série de tubes accouplés deux par deux : l’eau descend par le tube intérieur et remonte par l’espace annulaire en déposant, pendant ce mouvement, la plus grande partie des précipités. Elle passe au couple suivant où le même phénomène se produit. Des robinets sont disposés à la partie inférieure pour l’évacuation des dépôts. Appareil en usage à l’Etat français et très employé par divers chemins de fer d’Autriche-Hongrie.
- Appareil Desrumeaux. — La figure 1 montre la disposition d’ensemble et le fonctionnement de l'appareil. L’eau arrive par le tuyau A dans un bac de distribution R ; la plus grande partie de l’eau descend
- eau naturelle
- et réactif
- d'eau pure
- Béranger Stingl.
- — Appareil
- par la vanne réglable C dans l’appareil d’épuration. On en distrait seulement une faible partie qui s’écoule par la vanne D dans l’appareil de préparation de l’eau de chaux placé sur la gauche. La chaux, destinée a être éteinte et à former le lait de chaux, est placée dans l’extincteur R, d’où elle tombe dans le saturateur J. La solution de chaux est évacuée par la goulotte K dans la colonne de réaction M où se rencontrent l’eau à épurer, l’eau de chaux et la solution de carbonate de soude (ou autre réactif soluble)
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- venant du réservoir G. Pour doser ce dernier réactif, il faut assurer l’écoulement constant. On y parvient en prenant le liquide par le ilotteur distributeur I.
- L’eau mélangée à ses réactifs descend par la colonne M et remonte le long des lames hélicoïdales N disposées de telle façon (pie les précipités restent adhérents sur elles. L'eau purifiée remonte à la partie supérieure et traverse le filtre Q.
- L’arbre du saturateur à chaux est mis en mouvement par la roue E actionnée par la chute de l’eau à épurer.
- La figure 2 montre l'application d’un épurateur de ce modèle à un réservoir d’alimentation.
- Parmi les appareils employés encore surtout à l’étranger, et que nous ne pouvons pas décrire ici faute de place, il faut citer les systèmes llowatson, Glark, Arehbutt-Peeley et Pervaux.
- Le système Pervaux est un procédé de filtrage après traitement chimique. Pans le procédé Arehbutt-Peeley, les matières récemment précipitées sont brassées par un courant d’air avec les matières provenant des opérations antérieures ; les parties ténues viennent adhérer sur les parties déjà précipitées antérieurement. De cette façon le procédé est assez rapide, et l’appareil peut fournir un assez bon débit.
- P.u i, Aimé.
- ACCIDENTS DE TOITURES
- ET D'AUTOMOBILES
- La plupart des accidents de voitures et d’automobiles procèdent de la même cause : un arrêt brusque du véhicule survenant en pleine vitesse. S’il s’agit d’une voiture, c’est le cheval emballé qui, après une course effrénée, s’abat de fatigue ou bute contre un obstacle quelconque. Pour un automobile à marche rapide, c’est un coincement des organes du mouvement ou la rencontre, par suite de fausse manœuvre, d’une borne, d’un arbre, etc.... Dans les deux cas, cocher ou chauffeur est lancé comme un projectile sur la voie publique où il se meurtrit d’autant plus grièvement que sa vitesse de projection est plus grande.
- Il peut être utile de soumettre à l’analyse les effets de semblables accidents.
- Considérons, par exemple, un automobile marchant à la vitesse de 50 kilomètres à l’heure, vitesse qui est bien souvent dépassée dans la pratique, mais qui mérite d’ètre étudiée parce qu’elle représente le maximum admis par le règlement du 10 mars 1899; la vitesse par seconde sera de 8ra,53. Si, pour une cause quelconque, l’automobile vient à s’arrêter brusquement, le chauffeur continuera le mouvement avec cette vitesse initiale de 8m,55; et si l’avant de la voiture, contre lequel il peut se heurter, ne modifie pas les conditions cinématiques de son déplacement, il décrira, sous l’action de la force d’inertie, d’une part, et de la pesanteur, d’autre part, dans l’hypothèse où la résistance de l’air n’interviendrait pas, une parabole dont le sommet correspondra au point de départ de la trajectoire. Dans le cas particulier où le centre de gravité du corps serait placé dans la voiture à lm,50 au-dessus du sol, le point d’intersection de la parabole avec la ligne du sol supposée horizontale, c’est-à-dire le point de chute, se trouvera à 4ra,62 de distance du point de
- départ, la durée du parcours de la trajectoire sera d’une demi-seconde et la vitesse au point de chute atteindra 9,9 mètres par seconde.
- Le corps, au moment où il rencontre le sol, supposé incompressible, perd instantanément sa force vive 1/2 /Ht'8 (ni étant sa masse et v sa vitesse). Pour un poids de 75 kg et une vitesse de 9"",9, la force vive perdue sera de 375 kilogrammètres ; si l’on songe qu’elle est équivalente au travail effectué par un poids de 575 kg, tombant de 1 m. de hauteur, véritable travail de marteau-pilon, et que, le corps ne portant généralement pas tout entier sur le sol, les effets du choc ne se trouvent pas répartis sur toute sa surface, mais se font sentir en quelques points seulement, on s’explique les graves conséquences que la chute peut avoir.
- La formule 1/2 m v - de la force vive montre d’ailleurs l’influence énorme qu’a la vitesse dans les accidents de ce. genre. La vitesse de chute, comme nous l’avons vu dans l’exemple précédent, dépasse sensiblement la vitesse de projection et le travail amorti est proportionnel au carré de la vitesse de chute. On peut donc dire que « le danger des accidents d’automobile croît plus rapidement que le carré de la vitesse du véhicule » si l’on entend par danger non pas la probabilité des accidents, mais la gravité de leurs conséquences. En représentant par 1 le danger correspondant à une vitesse de 10 km à l’heure, on voit que le danger se chiffrera par au moins 56 pour une vitesse de 60 km et 144 pour une vitesse de 120 km par heure. La progression est effrayante. Puisse-t-elle faire réfléchir les chauffeurs qui ont la témérité de se lancer à la vitesse de trains rapides sur des routes semées d’obstacles !
- Cependant il serait facile d’atténuer, par un moyen simple et pratique, les effets de projection des voitures et automobiles : il suffirait que le epeher ou le chauffeur fût maintenu sur son siège par une courroie ou une lanière passant devant lui à la hauteur de sa ceinture et s’accrochant de part et d’autre au dossier du siège; mais comme, au moment de l’arrêt brusque, le corps projeté en avant recevrait du fait de cette attache une commotion fort désagréable et peut-être même dangereuse, il serait nécessaire d’y intercaler un ressort à boudin dont la tension ou la compression, suivant la disposition adoptée, emmagasinerait la force vive du choc pour la restituer progressivement ensuite sans le moindre mal.
- Si la statistique entrait dans le détail de toutes les circonstances des accidents de voitures, elle démontrerait certainement que par les temps de pluie, quoique les chevaux soient plus exposés à s’abattre sur le pavé boueux et glissant, les accidents d’hommes sont plus rares, en raison de ce que les tabliers de cuir, ramenés sur les jambes et fixés de chaque côté du corps à la galerie du siège, contribuent à maintenir les cochers sur leur ban-quette. A. Becker,
- Ingénieur des Ponts et Chaussées.
- LA FLORE FOURRAGÈRE1
- DIJ NOUVEAU . MONDE
- Parmi les grandes régions à pâturages du monde, telles que les steppes de Russie, les pampas de l’Amérique du Sud, les plateaux australiens, etc.,., les plaines et versants de l’intérieur des États-Unis
- 1 D’après des photographies de la Division d’Agrostology du département de l’agriculture aux Etats-Unis.
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- avec leurs immenses superficies occupent une place importante. Si l'on considère qu'une des principales
- Fijr. 1. — Lo Texas Bine C.rass (Bon araclinifera) espèce native fourra gère.
- richesses de la Iié|Hil)liquc américaine consiste dans l'élève du bétail ( 100 000 000 tètes — bêtes à cornes, chevaux, moutons — représentant 1 829 000 000 dollars), et que la récolte des fourrages ne s’élevant qu'à 70000 000 tons (ton = 1015 kg), soit environ le quart de la consommation annuelle, les pâturages
- Fig. 2. — Envahissement des forêts par les dunes, à Cap Cod ^Massachusetts).
- et prairies naturelles doivent compléter le stock nécessaire à l’alimentation du bétail, il n’y a pas
- lieu de s’étonner qu’une section spéciale du Département de l'Agriculture (Division of agrostology) ait été créée avec la mission d'effectuer des recherches sur les plantes fourragères du pays et d’étudier les moyens et mesures efficaces en vue de la conservation ou de la reconstitution des pâturages.
- Cette Division, de fondation assez récente, a eu à s’occuper de plusieurs problèmes. Elle a dx\ rechercher notamment quelles étaient les espèces de plantes les plus appropriées à chaque région, celles plus susceptibles de résister à la sécheresse dans les terrains arides, de s’adapter le mieux aux sols surchargés de sels alcalins (alkali soils), de, fournir une pâture d’hiver au bétail dans les Etats du Sud-Ouest, de lixer les dunes de sables des cotes de l’Atlantique, du golfe du Mexique et du Pacifique. Mais parmi les questions à l’ordre du jour, celle de la restauration des pâturages, ruinés par les défrichements ou l’élevage intensif, a été un des prin-
- Fig. 5. — Tr.msplants de Bench Grass (Ammopbila armoria) à Cap Cod, en vue de la lixation des sables.
- cipaux objets d’étude. A la suite de nombreuses excursions, la section a pu constituer un herbarium de plus de 1000 graminées et 100 autres herbes, légumineuses ou composées; elle a publié enfin une série de brochures signées Lamson-Schribner, Shear, Griffïts, etc..., pour exposer les résultats de ses recherches et activer la solution des problèmes les plus urgents.
- D’une manière générale, on peut dire qu’aux États-Unis, les herbes caractéristiques des régions boisées, où l’eau provenant des pluies excède 25 à 50 pouces (pouce = 2cm,54), produisent un tapis de gazon permanent, tandis que celles des plaines sans arbres et des pentes dénudées de l’intérieur ne fournissent que des touffes disséminées. C’est ainsi que l’éleveur de l’Ouest ne connaît que les plantes buissonneuses (bunch grass), dont il prise pour son bétail les qualités nutritives, tandis que le « stockman » de l’Est estime, d’autre part,
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- à sa valeur, la pelouse où croît notamment le « kentucky blue grass » ou Poa pratensis.
- Parmi les régions boisées qui comprennent presque tous les états de l'Est, la portion de la cote du Paci-lique et certaines parties de l’intérieur, on rencontre principalement comme herbes fourragères d’une végétation prospère : les Poa serotina et Panicularia americana, quelques Muhlenbergia, le Calamagrostis canadensis et surtout le Poa pratensis. On trouve également quelques Danthonia et Festuca dans les prairies de montagnes, tandis que certaines espèces de Paspalum, d'Aristida et de Panicum, dans les états méridionaux de ces régions, ont pris la place des Festuca et des Poa.
- Dans les plaines et sur les pentes non boisées, les hérités fourragères qui croissent dans de bonnes conditions sont des espèces des genres Andropogon, Rulbilis, Cenchrus, llilaria, Routeloua, Muhlenbergia, Sporobolus, Pappophorum et Panicum pour le
- Fig. i. — Le grand désert rouge de Wyonmig.
- Sud-Ouest, quelques Agropyron, Festuca et Stipa pour le Nord-Ouest, certaines Aristida et Stipa pour quelques points de la côte du Pacifique, enfin-quelques rares représentants des genres Aristida, Routeloua, Elymus et llilaria dans le désert.
- En excursionnant sur les terres saturées de sels alcalins, notamment des sels de sodium et de magnésium, on a pu réunir, parmi les plantes fourragères s’adaptant le mieux à ces terrains, les Sporobolus airoides et Asperifolius, l’Agropyron tenerum, les Elymus condensa tus et simplex, l’Oryzopsis cuspi-data, le Distichlis maritima. Pour ces sols rencontrés surtout dans les états du Sud-Ouest, et le désert de Wyoïning, très pauvres en végétation, ces plantes constituent une véritable richesse; en outre plusieurs d’entre elles, malgré leur feuillage rude, sont bien mangées par le bétail.
- D’autre part, la question de la fixation des dunes et sables par les plantes lourragères a fait un grand
- pas. Des essais heureux ont été effectués en vue de s’opposer à l’envahissement des sables des rivages
- Fig. 5. — Plants iF« Alri|»le.\ canuscuus », détruits ]>ar le pâturage intensif (Arizona).
- (|ue l’on constate principalement sur quelques points des côtes de l'Atlantique, du Pacifique et des rives des Grands Lacs. A Provincctown, près du cap Cod (Massachusetts) notamment, ont été plantés sur de grandes étendues des pieds d’Annnophila arenaria, dont les qualités avaient été déjà particulièrement appréciées en France [tour la construction des dunes' de défense, dites dunes littorales, élevées le long du golfe de Gascogne, ainsi qu’en Hollande et au Danemark. Les propriétés fixatrices d’autres [liantes telles ([ue l’Elymus arenarius, le Panicum amarum et repens, l’Uniola paniculata, le Poa macrantha, le
- (Arizona).
- Redfîelda flexuosa, l’Oryzopsis cuspidata, le Calamo-vilfa longifolia, le Phragmites vulgaris, le Phalaris
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- arundinacea, le Spartina cynosuroides, le Panicum obtusum, l’Andropogon balepensis et le Stipa Vaseyi, ont été également heureusement éprouvées. Ces herbes peuvent se reproduire facilement par semences ou transplants; elles présentent cette particularité de fournir de nouvelles racines qui se dégagent latéralement des tiges à mesure de l’enlisement de la plante par les sables, de telle façon (pie certains pieds s’étendent depuis le faite jusqu’à la base de la dune; d’antre part, plusieurs d’entre elles sont, affirme-t-on, très bien acceptées par le bétail.
- Enfin les causes de la ruine de nombreux pâturages ont été attribuées notamment aux abus de l’élevage intensif, plutôt qu’à l’insuffisance d’humidité. Les graines des représentants de l’ancienne llorc dévastée ont été soigneusement recueillies pour être distribuées. Un a conseillé, en outre, l’alternance des pâtures, afin de permettre la repousse des herbes, ainsi que le tracé de sillons profonds pour arrêter les eaux d’orage et faciliter leur absorption par le sol. Enfin, les systèmes d’allocation et de contrôle des pâturages concédés, tels qu’ils sont pratiqués avec succès depuis quelque temps en Australie et au Texas, ont fait l’objet d’études particulières, pour le cas où leur application deviendrait nécessaire dans les États-Unis.
- Comme l’on voit, la tâche impartie aux « agros-tologists » était aussi vaste qu’intéressante, et il y a lieu d’espérer que, des résultats obtenus, se dégageront des enseignements dont pourront bénéficier, à l’occasion, d’autres pays. A. Pion.
- LES DÀMÀRS
- RÉSINES FOSSILES
- Les Pamars sont des sortes de résines produites par diverses espèces de plantes du genre Dammara, croissant surtout dans l’archipel Indien ; quelques-unes ne se trouvent plus guère qu’à l’état fossile.
- Le Dammara alba est un arbre ayant tout à fait le port d’un peuplier, mais d’un vert plus sombre; à l’instar de ce dernier, on le plante d’ailleurs, à Java, en forme d’allées. On le trouve aussi dans la zone moyenne des régions montagneuses des Moluques et des Célèbes, des Philippines, de Bornéo, de Sumatra; il est connu surtout sous le nom de Sapin de Java ou de Sumatra. Son produit est une résine, d'abord transparente, visqueuse, qui répand à l’état liquide une odeur aromatique qu’elle perd en partie en se desséchant, ce qui, en même temps, lui fait prendre la couleur du succin : c’est le Damar des Indes. Cette résine très dure brûle sans couler. Les indigènes s’en servent comme de poix ou de goudron pour le calfatage des barques ; les plus mauvaises qualités servent à faire des torches, car elle brûle sans couler. On en importe en France pour environ' 500 000 francs par an. On le récolte sur l’arbre lui-même ou, plus souvent, comme la suivante, à l’état fossile.
- Une autre espèce, le Dammara australis ou Kauri, habite exclusivement la Nouvelle-Zélande. D’après M. de Jouffroy d’Abbans, à qui nous devons les renseignements qui suivent, on ne la trouve que dans l’ile du Nord et son
- tiabitat y est fort restreint, car if ne descend jamais au-dessous de 58° de latitude sud. On a découvert quelques gisements de résine fossile entre 58° et 59° dans le district de Waikato où l’arbre a cessé de vivre depuis des siècles par suite du refroidissement du climat.
- Quelques bouquets de Kauris se voient encore dans une forêt à 40 milles au sud d’Auckland, mais ils ne se reproduisent pas dans cette localité, et il serait impossible d’v trouver un seul sujet. La région qui s’étend d’Auckland au Cap Nord est désormais le seul domaine du Kauri; c’est là aussi que se rencontrent les plus riches gisements de résines fossiles.
- La résine du Kauri était connue des Maoris longtemps avant l’occupation européenne : ils l’utilisaient principalement pour allumer ou activer leurs feux, ou pour l’accomplissement de certains rites religieux. Dès l’établissement du gouvernement colonial britannique (1841) un négociant résidant à Karorarika, dans la baie des îles, M. Bush y, fut le premier à s’occuper commercialement de ce produit. Les premiers envois annuels à Sydney ne dépassèrent pas 100 tonnes vendues au prix de 5 à 0 livres sterling. Au début, les Maoris étaient seuls employés à l’exploitation ; mais, depuis vingt ans, une population de 2000 à 2400 Européens s’adonne entièrement à cette occupation. Ces gum-diggers (chercheurs de gomme) sont bien la catégorie la plus pittoresque, mais non la plus recommandable, des colons européens aux antipodes. Ils se recrutent exclusivement parmi les aventuriers, les déclassés, les forçats évadés de Nouméa et les convicts. Sans domicile, ni résidence fixe, ils vivent sous la tente ou dans les buttes de raupo (Typha angustifolia). Ils campent de préférence sur les terres invendues de la couronne, redoutés des indigènes. Ils travaillent à l’aventure et à leur guise. Leur outillage n’est pas compliqué : une espèce de lance et une pioche. Rien n’est plus curieux comme de voir dans les gum-fields (territoires à gommes) le vieux chercheur de résine courbé vers le sol qu’il sonde avec une tige de fer d’un centimètre de diamètre, au manche de bois se terminant par une sorte de croix. La pratique lui permet de distinguer, au contact souterrain, la résine dure de la pierre ou de tout autre corps. Après un sondage heureux, il pioc.be en cercle pour dégager sa trouvaille. Quelquefois ils travaillent à deux, l’un sondant, l’autre creusant. Ces gum-diggers peuvent gagner de 15 à 20 francs par jour, mais en raison de leurs habitudes irrégulières et de leurs chances inégales de réussite, leur gain moyen par semaine et par homme ne dépasse guère 55 francs. Quand le chercheur est fatigué de sonder et de creuser, il traîne dans un sac jusqu’à sa hutte le produit de ses fouilles. Il en fait le nettoyage sommaire, et quand la quantité de résine lui parait suffisante, il la vend à des petits commerçants qui parfois procèdent au triage sur place. Mais le plus souvent cette opération n’est faite que par l’acheteur en gros d’Auckland qui emploie à cet effet un personnel expérimenté. Après un second nettoyage et le triage, la résine est empaquetée avec soin dans des caisses, afin d’éviter toute pression qui fragmenterait les morceaux. Elle est alors prête pour l’exportation. Les débris et les déchets forment aussi un article spécial d’exportation.
- La résine de Kaori est en morceaux de volume très variable dont le poids peut atteindre jusqu’à 7 à 8 kilogrammes. Elle est jaune foncée ou de teinte ambrée. Sa dureté est très grande et sa cassure vitreuse. Quand on la frotte, elle répand une agréable odeur térébenthinée.
- En Nouvelle-Calédonie, il y a diverses espèces de Damar,
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- notamment la üammarù lanceolala. Ce conifère, autrefois abondant, tend à disparaître, car depuis une trentaine d’années on le détruit d’une façon alarmante. Jadis il formait une immense forêt au voisinage de la baie du sud et d’importants gisements de résine fossile attestaient son existence séculaire en cette région. Le nom d’Anse des Kaoris, dans la baie de Pronv, celui de chantier des Kaoris, de rivière des Kaoris, rappellent combien étaient communs ces végétaux à cet endroit. Mais les dépôts de résine fossile furent pillés et les Kaoris massacrés. On raconte que des étrangers débarquaient clandestinement et faisaient sauter à la poudre et à la dynamite tout ce qui les gênait dans la recherche des gisements du produit fossile, et, parmi ces obstacles, il faut entendre tout d’abord les racines des Kaoris vivants et ces arbres eux-mêmes. 11 en résulte que là où s’étendait une vaste forêt des précieux conifères, 200 arbres subsistent à peine. Ce n’est pas tout. Les déprédations qui menaçaient de destruction complète les Kaoris revêtaient une autre forme. Des libérés s’étaient faits « gum-diggers » ; mais comme le métier est pénible et peu rémunérateur — les gisements fossiles étant moins abondants qu’en Nouvelle-Zélande — ils avaient imaginé de fabriquer de toutes pièces cette résine fossile. Ils s’y prenaient de la façon suivante. Choisissant les plus beaux arbres, ils fouillaient le sol au-dessous des racines et y pratiquaient des excavations d’un mètre environ de profondeur. Ils incisaient ensuite profondément ces racines par-dessous et recouvraient soigneusement les cavités qui se remplissaient d’une abondante sécrétion d’une limpidité parfaite. Un mois ou deux après, les fosses étaient ouvertes, et les opérateurs en retiraient des blocs de résine offrant toutes les apparences du produit fossile. 11 est évident que les arbres ne pouvaient résister longtemps à des saignées aussi énergiques. Aujourd’hui, l’exploitation des Kaoris calédoniens se fait par adjudication, et sous la surveillance de l’administration. Les arbres doivent avoir 55 à 40 centimètres de circonférence. On pratique des incisions intéressant toute l’écorce jusqu’à l’aubier. Chaque incision a la forme d’une niche, c’est-à-dire d’un quart de sphère dont la section plane est horizontale. Dans ces niches pratiquées dans le tronc se déverse le contenu des segments supérieurs des canaux sécréteurs. La résine très fluide s’y accumule et bientôt s’y concrète, au lieu de s’écouler à la surface de l’écorce ou sur le sol en se chargeant d’impuretés. (11. Jacob de Cordemoy.)
- Les Damars entrent dans la composition des vernis; les masses fossiles ont plus de valeur que les amas sécrétés récemment. Les plus beaux morceaux se laissent aussi tourner et sculpter comme l’ambre jaune. Hekiu Coltin.
- LES MENS DU LOT-ET-GARONNE
- La pénétration des eaux pluviales, sur les liants plateaux, s'effectue non seulement en raison de la perméabilité inhérente à tous les terrains meubles, mais encore au moyen de trous, de crevasses, disloquant la roche sous-jacente. Au cours des nombreuses explorations auxquelles son nom s’est attaché, M. E.-A. Martel, fondateur et secrétaire général de la Société de Spéléologie, en s’attaquant aux goules, avens, scialets, bétoires, chouruns, etc., effroi des paysans qui ne voyaient dans ces abîmes que des charniers naturels et sûrs, constata l’exac-
- titude de la théorie émise au seizième siècle par Bernard Palissy touchant l'origine des sources. Bien des gouffres réputés sans fond durent lui livrer leurs plus intimes secrets, et se traduisirent bénévolement soit en regards ouverts sur de merveilleuses et pittoresques rivières souterraines, soit en puits d’absorption où s’engloutissaient des eaux destinées à reparaître ailleurs.
- Dans le département du Lot-et-Garonne, où l’altitude est moindre que dans les Causses du Tarn et du Lot, les avens'manquent de profondeur, et sont [dus étroits aussi. En revanche, ils aboutissent généralement aux ruisseaux qu’ils drainent. Deux visites successives, exécutées dans cette région où je me trouvai appelé par les découvertes de M. E. Malbec et de ses vaillants collaborateurs, m’ont permis de me rendre compte de l’hydrologie occulte des terrains tertiaires.
- Ceux-ci, par suite de leur nature plus tendre, moins résistante, n’autorisaient aucunement à supposer que des vides sérieux pussent exister et se maintenir dans leur sein. 11 n’y a plus à douter aujourd'hui. Un des mémoires de la Société de Spéléologie, dû à la plume de M. Le Couppey de la Forest, décrit des lithoclases praticables dans la craie du bassin de Paris, et M. Martel, aux environs de Reims, vient de parcourir un kilomètre de galerie remplie d’eau courante.... A Nogent-l’Artaud, près Château-Thierry, en plein pays du gypse, du grès et du sable, un puits creusé l’hiver dernier est tombé également sur une caverne inattendue. L’écorce terrestre peut donc être considérée, à cause de son refroidissement latent et des troubles pour ainsi dire nerveux qui ne cessent de la travailler, comme criblée en tous sens, de toutes parts, et à diverses profondeurs, par des fissures plus ou moins importantes, parmi lesquelles nous ne connaissons que celles aboutissant à la surface du sol ou révélées par des forages. Et tous ces vides ont servi ou servent encore de réceptacles aux eaux infiltrées qui, après avoir souvent aménagé le passage, s’écoulent, tantôt libres, tantôt siphonnantes, pour sourdre en fontaines dont le régime nous importe fort, puisque nous les utilisons çà et là.
- Les grottes des plateaux bordant le Lot agenais sont creusées, horizontalement ou verticalement, à même un calcaire grossier auquel on a forcément emprunté pour construire (on ne voit d’édifices en brique que dans la vallée) et possèdent presque toutes, à 20 ou 50 mètres de profondeur, des ruisseaux, arrosant ou bien une galerie principale unique, ou bien des couloirs secondaires en sous-œuvre. Ainsi, , à Boutigues, l’eau circule dans un quatrième dessous, et à la Poulettie dans un second étage. On rencontre au fond de la grotte des Tournelles l’invariable et modeste courant, immédiatement perdu sous des éboulis, mais palpable de nouveau en un puits béant au milieu de la caverne. Ces ruisseaux voient le jour à peu de distance. Une des sources de la grande Masse, qui se jette dans la Garonne à
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- Port-Sainte-Marie, provient d’un écoulement souterrain jalonné par des avens, la gouffio de Nadal, les goufjios de l’Aouba et de la Lanterne. Du reste, le terroir est accidenté, et dans ses dépressions sans issue, qui ont l'air d'effondrements, l'eau du ciel s’amasse et disparaît assez vite.
- L’aven de Lassau, exploré pour la première fois le 16 mai 1902 par MM. Malbec et Marboutin et par moi-même, donne une parfaite idée de la circulation souterraine des eaux dans la région qui nous occupe.
- Lassau est un hameau composé de trois maisons, situé à une douzaine de kilomètres au sud de Ville— neuve-sur-Lot, entre les communes de Sembas et de
- Castella, et dépendant de cette dernière. Un des propriétaires locaux, Jean Harrère, s'aperçut un jour qu'une sorte de petite coupe se formait sous sa charrue, dans un champ proche de sa demeure. 11 n’y prêta guère attention, les labours ayant peu après égalisé le sol. L’année suivante, un puits s'ouvrit là subitement. On eut de la peine à dégager le bœuf d'attelage qui s’était enfoncé jusqu'aux cuisses. Le diamètre de ce trou n'avait rien d’effrayant; il avait 60 centimètres à peine, et, quoiqu’il n'atteignit que 9 à 10 mètres, on ne voyait pas le fond. Harrère n'osa, pas plus ({ne ses voisins, s'introduire dans cet abîme béant et il se borna à détourner les eaux de la route.
- Fig. 1. — Grotte des Touruelles. La salle des Colonnes. (D’après la photographie de M. Lucien lîriet.)
- Nous avons constaté, quant à nous, qui fûmes heureux d’y dégringoler les premiers, en compagnie de Mme Malbec, de M. et Mme Jauzenque et de Mlle Hélène Laffitte du Treilh, que l'aven de Lassau est, à moitié de sa hauteur, percé à travers une épaisse couche de terre argileuse, remplie de cailloux roulants, où il s'arrondit à l’aise. Un étranglement règne ensuite, occasionné par deux blocs qui ont longtemps aidé à maintenir la cloche aiguë inférieure close. Celle-ci se trouve évidée en plein calcaire. Une sorte de polissage orne un retrait anguleux et fait penser aux plis des étoffes tombantes. Grâce à l’étroitesse générale de l'ensemble, un adroit gymnaste peut descendre ou remonter sans échelle ni corde. Au fond, un trou en pente permet de s’aventurer à plat ventre, les jambes d’abord. 11 fallut
- agrandir au pic dans l'humus tombé ce trou qui, lors de notre exploration, ne mesurait que 20 centimètres. Un se relève aussitôt à l’entrée d'une salle large de 6 à 7 mètres et longue de 50 mètres environ.
- Cette salle s'encombre d’énormes fragments de roche. Son ancien plafond s’est détaché dans le sens de la stratification qui est horizontale, et a exhaussé le niveau d’autan. Peut-être une pareille secousse a-l-elle aidé à créer l’aven, en débouchant l’hiatus par lequel l’argile meuble a glissé petit à petit. Hien que la voûte ne présente que quelques rares concrétions en tuyaux de plume,d'écroulement paraît dater d'assez loin, car un glacé stalagmitique revêt à certains endroits la pierre. One les dernières strates de soutien se détachent un jour, et il se produira en haut une dolinc !
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- Un second passage, étroit comme le premier, ouvert sur une pente très raide et de peu de prise, mais courte heureusement, existe à l’extrémité de la grotte. Au-dessus, dans la paroi, des fissures indiquent que la roche est à la veille de s’écraser à son tour. Une fois en bas, on avance au milieu de débris dans une large galerie, orientée de l’est à l’ouest, qui n’était jadis que le prolongement du vestibule actuel. Bientôt, le ciel se façonne en véritable tunnel; un murmure significatif se fait entendre. Voici un ruisseau qui accourt et se perd sous les éboulis dépassés. Ce ruisseau suit une rainure de 1 mètre à 1"',50 de profondeur que ses méandres obligent à
- traverser plusieurs fois, non sans quelque peine.
- Des couloirs un instant praticables lui amènent des ruisselets. A l’un des confluents ainsi imaginés, la grotte possède une allure enthousiasmante. Quantité de stalactites [tendent de la voûte festonnée, et, entre des berges correctement aplanies, et toujours en contre-bas, le ruisseau sombre clapote avec entrain. A droite, un enfoncement; à gauche, un couloir; la maîtresse galerie se perd en se rétrécissant au milieu des ténèbres. Le débit du ruisseau, à l’époque pluvieuse où nous le découvrîmes, n’avait rien d’extraordinaire; on a de l’eau un peu au-dessus de la cheville. Par exemple, il y a des creux. 11
- Fig. 2. — Source de la Masse, à Laccnue. (D’après la photographie de M. Lucien Briet.)
- forme une belle source à 200 mètres de l’aven, au haut d’un penchant où s’élèvent les ruines du château de Savignac. Les voûtes suintent par places; des flaques séjournent sur l’argile gluante et molle dont la couche est épaisse au point que nous nous enlisions à chaque arrêt.
- Le ciel finit par s’abaisser, et on ne peut plus avancer que le dos courbé, et accroupi. Un atteint l’orifice du boyau déversoir ; [tour continuer, il faudrait ramper dans l’eau. La longueur totale de la grotte est de 250 mètres. Nous en sortîmes faits comme si nous nous étions littéralement roulés sur un lit de boue. J’y retournai néanmoins six jours après avec mon appareil photographique.
- L’aven de Lassau a été une poche d’eau, et, en réfléchissant aux divers conduits qui y aboutissent,
- on comprend que la sécheresse de beaucoup de plateaux soit due à des drains semblables. Quant à l’argile engluant la grotte, elle semble en partie apportée par les eaux, mais parait surtout suinter des voûtes et se déposer comme une buée lente. Croyant saisir la pierre, ou ne tenait souvent dans la main qu’une arête grasse où les doigts entraient et qui était parfois assez ferme [tour permettre un élan. Ajoutons que le calcaire décomposé par corrosion, une fois le carbonate de chaux éliminé, se résout en argile.
- Le seul des avens du Lot-et-Garonne qui ne nous ail pas présenté de ruisseau jusqu’ici est l’aven de l’Huis, commune de Beauville. Sa cheminée d’accès est identique à celle de Lassau, mais plus profonde (18 mètres). Toutefois, comme derrière les deux
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- puits sans eau qui terminent une de ses branches, existe une galerie inaccessible, on peut espérer rencontrer de ce coté la canalisation habituelle. Un admire, dans l'aven de l’Huis, une cascade pétrifiée qui, à sa façon de se répandre en flocons dans le vide, est un modèle du genre. Licien Riuet,
- Secrétaire général adjoint de la Société de Spéléologie.
- TRANSMISSIONS D’ENERGIE ÉLECTRIQUE
- A DISTANCE
- Dans ces dernières années, les principes sur lesquels sont basées actuellement les transmissions d’énergie électrique à distance n’ont pas sensiblement été modifiés; mais on a acquis des données précieuses qui permettent de lixer les idées. Dans une étude sur ce sujet, publiée dans Engineering Magazine, M. G. 11. Gibson fait ressortir l’importance de la transmission de l’énergie à grande distance dans le développement industriel d’un pays, puis il décrit sommairement quelques essais des grandes installations de transmission actuellement en exploitation. Suivant l’auteur, avec une perte de lli pour 100 dans la ligne, la dépense du cuivre est d’environ 100 francs par cheval ; pour ne pas dépasser ce chiffre pour une ligne de "250 kilomètres, il faut admettre des tensions de 50 000 à 00000 volts; ces tensions paraissent atteindre la limite supérieure permise par les propriétés électriques de l’air.
- Gomme exemples de grandes transmissions, M. Gibson cite l’installation des chutes de Snoqualmie, dans l’Etat de Washington. D’une puissance actuelle de 0000 kilowatts, la transmission se fait à courants triphasés à 50 000 volts à lignes aériennes en aluminium à Seattle, à une distance de 50 kilomètres, et à Tacoma (70 km). Les lignes étant doubles, on les a disposées en un seul circuit d’une longueur totale de 250 kilomètres; on a trouvé une résistance de 241 ohms, un isolement de 7000 ohms entre ligne et terre, et en utilisant un des alternateurs comme génératrice et un autre comme moteur, on a constaté la possibilité de transmettre une grande quantité d’énergie sur les 250 kilomètres avec une perte totale en ligne de 15 pour 100.
- La Compagnie de Fuerza Jlidro Electrica de San Ilde-fonso alimente la ville de Mexico à l’aide de 5 stations génératrices, situées à des distances de 10 à 50 kilomètres de la ville ; les tensions sont de 22 000 volts. Toutes les usines marchent en parallèle. Les mines du Cripple Creek District, dans le Colorado, ont une installation à courants triphasés à 20 000 volts pour transmettre à 40 kilomètres. La Trade Dollar Mining Company, à Silver-City (Idaho), a une transmission à courants triphasés à 20 000 volts pour franchir 45 kilomètres. La Missouri River Power Company, à llelena (Montana), a une transmission en courants triphasés à 50 000 volts jusqu’à Butte, sur une distance de 112 kilomètres; les poteaux sont distants l’un de l’autre de 10 à 52 mètres, et portent 5 lils disposés en triangle équilatéral de 2 mètres de côté. La Union Traction Company (Indiana), à l’aide d’une seule usine génératrice, dessert un réseau de chemin de fer électrique ayant 250 kilomètres de voie. L’énergie électrique est fournie sous forme de courants triphasés à 14 000 volts à 0 sous-stations, dont chacune comprend les transformateurs, et commutatrices nécessaires pour donner du courant continu aux lignes de trolley; dans chaque sous-station se trouvent également les batteries-tampons. Le prix de revient de l’énergie électrique dans cette dernière installation est
- de 0tr,010 par kilowatt-heure pris aux barres omnibus.
- Nous ajouterons quelques renseignements sur une intéressante transmission d’énergie effectuée à Saint-Georges, dans le département de l’Aude, et que M. J. Ber thon a fait connaître dernièrement dans le « Bulletin des usines électriques ». La Société méridionale du transport de force motrice a d’abord effectué une transmission d’énergie d’une chute d’eau, à une distance de 70 kilomètres, à un centre de distribution, d’où partent ensuite des dérivations ayant 50 et 40 kilomètres de longueur. L’usine génératrice est située dans les Corbières, à l’entrée des gorges de Saint-Georges, à 2 kilomètres d'Axat ; elle utilise une chute de l’Aude ayant un peu plus de 100 mètres de hauteur. Un long feeder part de cette usine et aboutit à une distance de 70 kilomètres au centre de distribution à Fabrczan, chef-lieu de canton du département de l’Aude. De ce centre de distribution se détachent trois dérivations principales : la première allant à Narbonne, à 50 kilomètres ; la seconde à Carcassonne, à 50 kilomètres ; la troisième à La Nouvelle, à 50 kilomètres. Ces dérivations fournissent l’énergie en tous les points placés sur leur passage ; mais elles ont surtout pour but d’alimenter les centres de distribution où la haute tension est réduite en moyenne tension; de ces centres secondaires partent les lignes de distribution proprement dites.
- Les courants triphasés furent choisis pour la transmission, et l’on adopta la tension de 20 000 volts. L’usine de Saint-Georges devait avoir une puissance de 5200 kilowatts; mais l’installation première comportait seulement 1000 kilowatts. Le feeder de 70 kilomètres fut calculé de manière que la perle en énergie fût au maximum de 20 pour 100, lorsque la puissance distribuée atteindrait 1000 kilowatts avec un facteur de puissance moyen de 0,85. La variation de tension devait atteindre 14 pour 100 environ, et osciller entre 17 200 et 20 000 volts.
- Le barrage est établi sur la rivière de l’Aude à environ 00 kilomètres en aval de sa source ; le barrage en maçonnerie a un couronnement en granit taillé, il forme un déversoir de 40 mètres de longueur. Un canal d’eau spécial à l’usine a été établi.
- L’usine génératrice est prévue pour 8 groupes électrogènes de 800 chevaux chacun, turbines et alternateurs accouplés directement par manchon semi-élastique ; actuellement 4 groupes sont en place et fonctionnent.
- Les turbines, construites par la Société des ateliers de construction de Vevev, sont à axe horizontal, à admission partielle, du genre Peltou, leur distributeur est à .4 orifices, un tiroir cylindrique coulissant sur ce distributeur par l’intermédiaire d’un roulement à billes et commandé par le régulateur automatique de vitesse ou à la main permet la plus ou moins grande introduction de l’eau. Les turbines, à la vitesse angulaire de 500 tours par minute, développent 800 chevaux. Le fonctionnement du régulateur automatique de vitesse est très satisfaisant ; pour une différence de charge brusque de 50 pour 100, la variation de vitesse n’est pas supérieure à 4 pour 100 et elle est inférieure à 10 pour 100 pour une différence de charge de 100 pour 100. Le rendement industriel des turbines est de 77 pour 100 à pleine charge.
- Les turbines commandent à l’aide de manchons élastiques des alternateurs à courants triphasés Alioth qui fournissent 700 kilowatts avec un facteur de puissance égale à l’unité; ces alternateurs sont à fer tournant, ils donnent 2000 volts à la fréquence de 50 périodes par seconde. Les machines excitatrices sont fixées en bout d’arbre. A la sortie de chaque alternateur sont placés des
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- coupe-circuits à fusibles en argent; puis chaque alternateur est réuni au tableau de distribution. Les barres omnibus du tableau sont reliées par des câbles aux transformateurs élévateurs système Alioth, qui sont groupés par 5 en tension pour porter la tension à 20 000 volts.
- À Fabre/an se trouve un kiosque qui renferme le tableau des tils d’arrivée et de départ avec les interrupteurs, coupe-circuits, ampèremètres et voltmètres. Dans les diverses localités, les transformateurs abaissent la tension de 17 000 à 130 volts pour Futilisation. Celte dernière installation a fonctionné depuis l’année dernière dans d’excellentes conditions. _________ J. L.
- i:\mh ut: ou poissoN-CH.vr
- Les pisciculteurs, les pécheurs à la ligne, les adjudicataires des cantons de pèche poussent des cris d’alarme en constatant le dépeuplement toujours croissant de nos rivières. Chaque année, la France doit acheter au dehors du poisson d’eau douce pour 0 ou 8 millions de francs, alors que le développement de nos lleuves, joint à la douceur de notre climat, permettrait à ces lleuves de suflire largement à l’alimentation publique.
- C’est en vain que certaines sociétés s’imposent de lourds sacrifices pour la repopulation des eaux ; malgré leurs déversements réitérés d’alevins, nous restons toujours tributaires de l’étranger.
- L’une des causes de la destruction du poisson, et la plus apparente, est le braconnage, mais elle disparaîtra lorsque les tribunaux, si justement sévères pour les délits de chasse, renonceront à leur indulgente faiblesse en faveur des braconniers de pèche, auxquels ils n’infligent aujourd’hui que des peines dérisoires. Mais la seconde cause de dépopulation des rivières est beaucoup plus grave, quoique moins visible ; je veux parler de leur empoisonnement par les eaux industrielles.
- Les cours d’eau ne servent pas seulement aux usines pour le transport des matières premières et des produits fabriqués; ils leur fournissent aussi leur eau d’alimentation pour les chaudières à vapeur et toute l’eau nécessaire à leur fabrication. Mais, une fois la fabrication terminée, ces mêmes cours d’eau se transforment en dépotoirs pour les eaux résiduaires, chargées de matières organiques promptes à se décomposer, d’acides dangereux ou d’autres produits chimiques. Ces eaux, souillant la rivière sur une grande partie de son parcours, rendent la vie impossible à la gent aquatique, et chassent au loin le poisson qui n'a pas été détruit sur place1. Il existe bien des règlements obligeant les propriétaires de fabriques à épurer leurs eaux au moyen de bacs de décantation, mais ici encore les infractions, difficiles à constater, ne sont que mollement réprimées, et nous voyons les tanneries, féculeries, fabriques de
- 1 Parmi ces maladies, on constate l’hémorragie des branchies par suite de l’irritation mécanique produite par le minerai de fer ou la poussière de houille, l’asphyxie causée par l’obstruction des branchies par des fibres de papier ; la cécité et la destruction complète du globe oculaire, par les eaux résiduaires contenant du fer; la destruction des écailles, les érosions de la bouche et du gosier par les alcalis ou les acides, etc.
- produits chimiques, etc., etc., continuer à Terni l’œuvre de destruction, de telle sorte que Ton peut prévoir une époque peu éloignée à laquelle, malgré la prodigieuse fécondité des poissons, ceux-ci n’existeront plus qu’à l'état de souvenir dans nos cours d eau dévastés. En présence de celte situation, on a cherché si Ton ne pourrait pas tenter d’acclimater chez nous des espèces capables de résister à cette pollution industrielle; l’attention s’est portée tout spécialement sur un poisson bien connu aux Etats-Unis, TAmiure ou Poisson-Chat (Cat-Fish). Parmi les 12 espèces appartenant à cette famille, on a choisi la plus facile à acclimater tout en étant la plus succulente, et TAmiure sombre (Amiurus nebuloms) est celui qui donna les meilleurs résultats. Comme le montre la gravure page 284, l’aspect du poisson-chat est des plus bizarres, grâce aux huit barbillons qui hérissent sa tète et dont l’un chez l’adulte est bifurqué. 11 porte en avant de la nageoire dorsale une arme terrible, représentée par une longue épine, très aiguë, qui le protège contre les poissons de proie, en particulier la perche et le brochet. Sa fécondité et sa rusticité lui permettent de se développer rapidement, aussi bien dans les eaux chaudes des étangs que dans les eaux plus fraîches des rivières. Très vorace, il se nourrit de vers, végétaux et petits animaux aquatiques ; mais, malgré cette voracité, il ne mange ni les autres espèces ni leurs œufs.
- Enfin, et c’est pour nous le point le plus intéressant, la chair du poisson-chat est tendre et savoureuse, avec une seule arête, comme chez l’anguille ; aussi, aux États-Unis, voit-on servir ce poisson à de nombreux amateurs qui le préfèrent à la truite.
- M. Mather, rédacteur en chef d’un journal sportif de New-York, auteur d’un remarquable ouvrage sur la pisciculture moderne, a travaillé à propager cette excellente espèce non seulement en Amérique, mais encore en Europe, et c’est en Belgique qu’ont été faits les premiers envois de ses alevins. Un philanthrope éclairé, M. Charley Pouliau, qui reçut et éleva ces alevins dans sa propriété de Lommel (Lim-bourg belge), ne put que confirmer la bonne opinion ({lie les Américains s’étaient faite sur le cat-fish ; pendant douze années, il étudia et réussit à acclimater cette espèce, puis il fit des déversements d'alevins dans le canal de la Meuse, et, certain du succès, offrit généreusement aux sociétés françaises de pisciculture 7000 alevins, dont le déversement dans nos eaux eut lieu vers la fin de Tannée dernière. Le 1er novembre 1901, nous fîmes deux déversements importants dans des pièces d’eau à Vigneux (Seine-et-Üise), ce qui nous permettra d’étudier en grand le poisson-chat, que nous n’avions élevé jusqu’ici que dans un aquarium. L’offre généreuse de M. Poutiau suscita, comme il fallait s’y attendre, des critiques de la part de quelques personnes qui, soit par jalousie, soit par ignorance, dénoncèrent le nouveau poisson comme une espèce malfaisante, destinée à anéantir nos espèces indi-
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- gènes. Cette erreur grossière provenait sans cloute d’une contusion laite entre le poisson-chat et un de ses proches parents, le silure glanis. Personne ne songerait à acclimater en France le silure, ce monstre qui, pouvant atteindre le poids de 250 kilogrammes, s'attaque non seulement aux poissons les plus gros, mais encore aux animaux domestiques et même à l'espèce humaine. Terreur des habitants des bords du Danube, le gigantesque silure ne peut être confondu avec i'amiure, de. taille bien plus petite et de mœurs moins farouches.
- Du reste, un de nos compatriotes, M. Grosjean, chargé il y a quatre ou cinq ans de faire une élude complète sur le poisson-chat, a appelé l’attention du
- ministre de l'Agriculture sur l’avantage que présenterait l’introduction en France de cette espèce, surtout dans nos eaux à courant lent et à fond vaseux. Le remarquable rapport de M. (Irosjean est resté lettre morte, et c’est à l’initiative privée que reviendra l'honneur d'avoir introduit en France cette intéressante espèce. La taille de I’amiure ne dépasse pas 40 à 50 centimètres; son poids atteint environ 1 kg. C’est à quatre ans qu'il arrive à sa taille moyenne, la même à peu près chez le mâle et chez la femelle. Les mâchoires sont bien garnies de dents; mais, comme l'ont démontré MM. J. A. Ryder et J. F. Drown, de la commission piscicole de Washington, il est carnivore et non carnassier ; s’il mange
- L’Ainiurc sombre ou poisson-chat. — L'Aiuiure adulte, vue latérale et de lace. — Grandeur naturelle des alevins d’un au.
- volontiers le foie haché, très favorable à son développement, on n’a jamais trouvé dans son estomac de débris de poissons quelconques.
- L’amiure fraie à l’âge de deux ans, en juin. Le mâle et la femelle établissent près du bord une cavité circulaire en forme de nid, dans laquelle la femelle dépose 5000 à 5000 œufs de 5 à 4 millimètres de diamètre et d’une teinte brun foncé, empêchant de les confondre avec les œufs orangés de la truite. Ces œufs sont reliés par une enveloppe collante qui les retient au fond. Une eau un peu chaude favorise l’éclosion. Pendant l'incubation, qui dure une huitaine de jours, c’est le mâle qui prend soin des œufs, agitant constamment l’eau autour d’eux avec ses nageoires; une fois les œufs éclos, c’est lui qui veille sur les alevins avec la plus touchante sollici-
- tude. D’après M.Crosjean, on ne connaît au poisson-chat ni maladies, ni parasites. Ce poisson se prend à la ligne et au filet.
- Le prix ducat-fish,aux États-Unis, est de 2 francs le kilogramme environ. Dans un seul marché de New-York, il s'en vend plus de 44000 kg chaque année. Ce seul chiffre montrera à nos lecteurs la place qu’il occupe dans l’alimentation newyorkaise.
- Il nous reste à attendre que, en vertu de l’adage : (( petit poisson deviendra grand », nos alevins de Yigneux soient devenus adultes et se soient multipliés; à ce moment, nous demanderons l’autorisation d’en déverser dans la Seine, à \this, puis dans d’autres régions françaises, à la grande joie des gourmets et de nos confrères les pécheurs à la ligne. Arthur Goon.
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- LA PHILATÉLIE INCONNUE1
- T.F.S TIMBRES DE PROPAGANDE
- Les tiniltres sont utilisés depuis une trentaine d’années |)our la propagande des idées et ce sont
- surtout les partis politiques qui s'en servent pour le triomphe de leur cause.
- Le plus ancien de cette sorte de timbres fut celui que créèrent les royalistes français à la suite de la guerre de 1870.11 représentait le comte de Chambord (n° 2) et fut tiré en une série de diverses couleurs.
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- 1, 4, 8, 9, 13, 14. Propagande catalaniste (Aragon, Valence, Catalogne). — 2. Propagande royaliste (comte de Chambord). — 3. Propagande carliste (don Carlos). — 5. Propagande anti-républicaine. — 6, 11. Propagande boerophile. — 7. Propagande boulangiste. — 10. Timbre de deuil finlandais. — 12. Timbre des navires-hôpitaux. — 13. Guerre hispano-américaine.
- L’éditeur en était un marchand de timbres-poste de la rue Jacob, M. Yervelle, et nous croyons savoir qu’il en a dernièrement vendu le stock à un philatéliste
- 1 Yoy. n° 1399, du 17 mars 1900, p. 225, n° 1479, du 28 septembre. 1901, p. 279 et n° 1493, du 4 janvier 1902, p. 65.
- bien connu, le Dr Voisin. Quelque temps après l’émission de la vignette précédente, il en fut imprimé une autre (n° 5), qui représentait la République sous les traits peu flatteurs d’une tête de mort et qui, par conséquent, constituait sinon une propagande royaliste, du moins une propagande anti-républicaine.
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- [.ors du mouvement boulangistc, des timbres à l'effi gic du général furent mis en circulation (n° 7) ; ils atteignirent depuis la valeur de 1 centime jusqu’à celle de 20 francs. C’est en Allemagne qu’ils furent tirés et leur aspect laisse beaucoup à désirer. Le parti nationaliste a fait de même usage de ce mode de propagande en répandant et en collant un peu partout le portrait de celui qui est à sa tête.
- Mais la propagande la plus étendue qui ait été laite à l’aide des timbres est celle à laquelle on s’est livré en Catalogne, en Aragon et dans la province de Valence, afin d’aboutir à la séparation de toute cette région d’avec la couronne d’Espagne (nos 1, 4, 8, 9, loet 14). Le nombre des vignettes, émises à cette occasion, a été considérable et se chiffre par plusieurs centaines. Elles servaient, en même temps, à recueillir des souscriptions pour la cause séparatiste. Ces timbres célébraient les gloires de Catalogne, d'Aragon et de Valence : Jofre, le premier comte catalan Eivaler, le général Prim, sans oublier les députés et autres personnages de date plus récente : Robert, Ortega, lbanez, Earaiso, Claris, Vicens Garcia, etc. D’autres vignettes donnaient les armes des provinces séparatistes ; il y en avait enfin qui demandaient l’union, la liberté et l’indépendance.
- Cette avalanche de timbres espagnols avait été précédée, dans le même pays, d’une émission, moins nombreuse, mais respectable encore, de vignettes patriotiques lancées à l’occasion de la guerre hispano-américaine. Ces dernières servirent à recueillir des souscriptions volontaires pour venir en aide au gouvernement. Tout patriote espagnol était dans l’obligation d'affranchir sa correspondance non seulement avec les timbres habituels, mais encore avec ceux des souscriptions volontaires et patriotiques. Nous donnons (n° 15) un des timbres qui furent employés par la ville de Valence ; du reste, chaque ville de la Péninsule avait les siens propres. Les anciennes colonies espagnoles de l’Amérique donnèrent aussi dans ce mouvement, entre autres le Mexique qui crut devoir, dans cette circonstance, donner à son ancienne métropole cette marque d’intérêt.
- Puisque nous sommes en Espagne, signalons aussi les timbres de 'propagande en faveur de la cause carliste (n° 5) avec le portrait du prétendant et la devise : Dios, Patria, Rey! (Dieu, la Patrie, le Roi!) Ajoutons enfin (pie c’est encore en Espagne, la terre classique des vignettes de propagande, que fut émis le timbre en l’honneur de Krtiger à l’occasion de la guerre Sud-africaine (n° U). Au-dessous de l’effigie du président, on remarque un canon Long Tom et tout autour l’inscription : Gloria para los Roers del Transwaal! (Gloire aux Roers du Transwaal!).
- Un timbre bien plus curieux fut émis, à l’occasion de cette dernière guerre,, à Leipsig (n° 6). Il représente un vieux Roer, dressé sur un promontoire, le Gap sans doute, et jetant à la mer certains pygmées qui ont tout l’air d’être des commerçants et des faiseurs d’affaires anglais. Au loin se trouve un continent (probablement l’Inde, car on y remar-
- que un éléphant) qui est la proie des flammes.
- L an passé, lorsque la Russie supprima les timbres-poste spéciaux à la Finlande, mesure qui faisait disparaître les dernières apparences de l’indépendance de ce pays, les Finlandais protestèrent en mettant dans la circulation des timbres dits de deuil (n° 10). Ces vignettes représentaient les armes de Finlande sur fond noir. Elles furent apposées sur les lettres par les protestataires, mais ces correspondances lurent taxées impitoyablement et il y eut, dans cette affaire, une longue lutte entre les particuliers et les employés de la poste, lutte qui se termina naturellement au détriment des premiers qui finirent par se lasser de payer taxe double.
- En ces derniers temps, nous avons vu le timbre de propagande féministe qui représente un jeune homme soutenant une plaque sur laquelle s’étalent les mots : « Droits de la femme », par opposition avec les nouveaux timbres-poste dits aux « Droits de l'homme ».
- Signalons encore les timbres du Sacré-Cœur, représentant un cœur enflammé sur écu tricolore, vignettes émises à la suite du vote récent de la loi sur les Associations. Enfin, lors des élections dernières, les timbres de propagande ont été employés sur la plus vaste échelle par les deux partis en présence; je citerai notamment celui qui représentait un jésuite s’appuyant sur un sabre, et celui qui fut répandu à profusion dans un arrondissement de Paris et qui représentait sous des traits peu flattés rbomme politique qui passe pour le grand inspirateur de la franc-maçonnerie.
- En résumé, les timbres de propagande ont le plus souvent un caractère politique et sont la manifestation de sentiments, en général, des plus violents. 11 est assez singulier de voir ces minuscules bouts de papier servir à alimenter les passions et à exciter les esprits. Toutefois, il y a d’heureuses exceptions et il arrive que la propagande s’attache quelquefois à des œuvres d’humanité destinées à produire des mouvements généreux et pacifiques. Nous signalerons à ce titre le n° 12 destiné à faire connaître l’œuvre si intéressante des navires hôpitaux qui, suivant la légende de cette charmante vignette, « accompagnent et assistent nos hardis pêcheurs dans les mers lointaines ». D. L. N.
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- NÉCROLOGIE
- M. Dantonr. — M. Damour, membre libre de l’Institut, est décédé le 21 septembre à Paris ; il était né à Paris le 19 juillet 1806. Entré au ministère des affaires étrangères, où il était arrivé au grade de directeur, il donna sa démission en 1854 pour se consacrer entièrement aux études minéralogiques, puis il fit plusieurs voyages dans l’Amérique centrale, l’Amérique méridionale et aux Antilles. Les plus importants de ses travaux consistent en des analyses chimiques de minéraux peu connus. 11 était possesseur d’une des plus riches collections d’instruments de silex de l’âge de pierre. Il a publié un mémoire sur la « Composition des haches en pierre
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- trouvées dans les tombeaux celtiques et chez les tribus sauvages ». Nommé Correspondant de l’Académie des sciences le 21 avril 18f>2, il fut élu membre libre le 25 décembre 1878. M. Ramour était officier de la Légion d’honneur depuis le 2 février 1854.
- CHRONIQUE
- Transporteur élévateur de wagons de 2» tonnes. — On peut voir en service à la gare du Grand-Pont, à Lausanne, un transporteur de wagons qui paraît être le plus puissant du monde entier. 11 permet d’enlever des wagons de 25 tonnes d’une hauteur de 14 mètres, il est composé d’une sorte de plate-forme munie de rails et supportée par un piston de 75 centimètres de diamètre et de 15 mètres de long; dans cette longueur de 15 mètres il y a fi tôles superposées et leur jonction est faite par recouvrement par des joints de fonte intérieurs. La course du piston est de 14 mètres. Sa construction ressemble à celle des arbres de commande des anciennes dynamos de Niagara (tôles d’acier de 15 millimètres d’épaisseur enroulées). 11 est mù par pression hvdraulique, la charge utile transportée est de 25 tonnes. Le poids de l’appareil, 20 tonnes; la charge totale soulevée, 45 tonnes. L’appareil est en service depuis trois mois. Le cvlindre dans lequel se déplace le piston est en tôles d’acier rivées de 12 millimètres d’épaisseur. Les garnitures sont en simples tresses de chanvre. L’appareil est guidé par 4 glissières cylindriques verticales. La commande de la pression hydraulique est faite par servomoteurs hydrauliques, l’effort à faire étant trop considérable pour être fait à la main. On utilise une lige à levier qui actionne le tiroir du servo-moteur, met en mouvement le piston qui commande les tiroirs d’admission ou d’échappement de la grande presse. Cette presse a été construite à Lausanne par la maison l)u Aillars et le piston en a été fait à Zurich par la maison Escher et Wvss. La gare qu’elle dessert fait les deux tiers du tonnage de Lausanne. La construction de cette gare elle-même présente un assez grand intérêt, et particulièrement la construction de sa terrasse en ciment armé, système llennehique, qui peut supporter une charge de 2500 kilogrammes par mètre carré. Là se fait le raccordement des lignes à voie normale de chemins de fer et des lignes de tramways à voie d’un mètre de la ville de Lausanne.
- Raisins sans pépin. — D’après M. Muller-Thurgau, qui a fait sur les raisins sans pépins des recherches consignées dans « Experiment Station Record », l’absence de pépins que l’on constate chez certaines variétés de raisins tient au fond à la non-fécondation des ovules d’où sort le fruit, soit que le tube pollinique n’ait pas pénétré dans l’ovule, bien qu’il ait pénétré dans l’ovaire, soit que le tube pollinique en pénétrant dans l’ovule ne l’ait pas fécondé, soit enfin que le pollen introduit dans l’ovule sain soit lui-même défectueux. Dans le premier cas le fruit se développe quand même, mais il reste petit. C’est ce qui se passe pour un certain nombre de races bien connues, notamment les variétés Aspirant, Pearl, Grobiesling, et pour les raisins de Corinthe du commerce. Dans le second cas, il peut se produire une fécondation imparfaite, comme chez les Sultanas, par exemple, et alors le fruit qui naît porte de petites graines et atteint des dimensions un peu plus considérables. Le troisième cas se présente pour les variétés Damas blanc,
- Madeleine angevine et Olivette noire qui avec du pollen fécond peuvent être fertiles. D’une façon générale, les raisins sans pépins sont sensiblement plus petits que les raisins ordinaires et mûrissent plus tôt que ceux-ci. Les parois cellulaires en sont plus minces et moins solides. Le pédicelle des raisins sans pépins est affaibli, son diamètre ne dépasse pas le tiers environ du diamètre normal. A l’époque des vendanges ces raisins précoces sont trop mûrs, ils se flétrissent et sont particulièrement exposés aux attaques des guêpes, des abeilles et aussi des champignons.
- Verrerie électrique, — On va ouvrir à Deutsch Matrei, dans le Tyrol, une verrerie où la fusion du verre sera effectuée par le passage du courant électrique : on a bien déjà fabriqué du verre électriquement dans certains établissements, comme par exemple à Ulettenberg, en Westphalic ; mais c’est là, croyons-nous, la première verrerie installée pour l’emploi unique de la fusion électrique. Cette verrerie empruntera 5000 chevaux de force à une usine de carbure qui, comme beaucoup de ses pareilles, se trouve forcée de ralentir la production de cette substance.
- Chauffage de locomotives au lignite. — On
- connaît la très faible puissance calorifique de ce combustible : cela n’empêche pas que, sur un réseau américain, on vient de mettre en service une locomotive à marchandises qui ne brûle que du lignite. Il est vrai que sa grille n’a pas moins de 5,20 m2 de surface et que sa surface de chauffe est de 252 mètres carrés.
- Traverses de eheinin de fer en aeier et béton.
- — On en fait en ce moment les premiers essais aux Etats-Unis : ces traverses sont formées de deux aciers profilés en U, dont les extrémités sont noyées dans du béton ; mais entre le rail et le bloc de béton, qui se trouve précisément à l’aplomb du rail, on glisse une semelle en bois injecté, et le tout est solidarisé par des crampons traversant la semelle et venant s’enfoncer dans des tampons en orme noyés au point voulu dans le béton. On coule également du béton entre les deux profilés.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 septembre 1902.
- Présidence de M. Bouquet de i.a Gkye.
- Préparation de corps nouveau. — AL Moissan et M. Doit présentent une Note sur la préparation et les propriétés d’un nouveau siliciure de vanadium. Ils ont précédemment indiqué l’existence d’un siliciure répondant à la formule YSi- préparé par réduction de l’acide vana-dique, au four électrique, en présence d’un excès de silicium. En faisant varier la proportion des deux corps de manière à introduire cette fois un excès de vanadium, ils ont obtenu un composé nouveau répondant à la formule Y2S(. La préparation est, il est vrai, assez délicate à cause de la grande volatilité des composés du vanadium. Ce nouveau siliciure est difficilement fusible à la température du four électrique. Sa densité, sa couleur, sa sensibilité plus grande à l’attaque par le fluor, le chlore et surtout le brome, sa facile décomposition par le silicium en fusion, suffisent pour le différencier des autres sili-ciures. Ces expériences établissent que les lois qui président aux équilibres dans les solutions, à la température ordinaire, s’appliquent aussi aux_ réactions du four électrique qui se produisent entre le silicium, te siliciure de
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- cuivre el le carbure de vanadium à leur température d’ébullition.
- Varia. — M. Berthelot dépose un Mémoire intitulé :
- « Recherches sur la limite d’intensité d’un courant de pile correspondant à la manifestation d’un débit électrolytique extérieur ». — M. Christomanos, professeur à l’Université d’Athènes, adresse une Note sur un tremblement de terre qui s’est fait sentir le 5 juillet dernier de Uaybach à Andrinople. L’auteur a étudié la région et indique une discordance statigraphique des terrains qui pourrait expliquer le phénomène. — M. Philippe Guye, de Genève, adresse une nouvelle Note sur la formation des gouttes liquides. — M. Léo Vignon communique un travail sur la saponification des éthers nitriques. Ch. oe Viceeiie™.
- UN DOLMEN DANS LA KAUTE-SAAOIE
- 11 n’est pas superflu de signaler un « dolmen » — ignoré de bien des gens — situé entre Genève et le Mont-Blanc. 11 se trouve pourtant dans une contrée universellement connue. Sur la ligne du chemin de fer de Genève à Cha-monix, peu après la gare d’Anne-masse, au pied du « Salève », se trouve la coquette station de Rei-gnier. Ce joli petit chef-lieu de canton de l’arrondissement de Saint-Julien-en-Genevois est entouré d'une « moraine » remarquable, provenant d’un ancien et immense glacier du Mont-Blanc, glacier dont nous avons précédemment entretenu nos lecteurs1.
- Lorsque le voyageur se dirige d’Annemasse vers Chamonix, entre la gare de Reignier et celle de Saint-Pierre de Rumilly, il aperçoit à gauche de la ligne ferrée cette pittoresque et vaste moraine ressemblant à une « ancienne mer » fantastique, jadis démontée, aux vagues pétrifiées. On y rencontre des blocs erratiques très gros et apportés de loin par l’ancien glacier qui recouvrait jadis la belle et large vallée de 1’ « Arve ». C’est dans cette moraine, à o kilomètres de Reignier, que se trouve le « dolmen » liguré ci-dessus.
- Pour y arriver, on suit la route2 de Rèignier à Bonneville pendant quelque temps; puis, arrivé au
- * Yoy. n" 1549, du l" avril 1899, p. 282.
- 2 Ce chemin est excellent, très praticable pour les cycles et les automobiles, son pavé est des meilleurs, la vue est magnifique de chaque côté de la route : nous la recommandons aux touristes et aux chauffeurs allant de Genève à Chamonix.
- kilomètre o, on prend un petit sentier sur la droite. A quelques mètres de distance on aperçoit « la Pierre aux Fées », car c’est ainsi qu’on désigne ce monument dans le pays. Il y a même, près de l’église de Reignier, un restaurant de la « Pierre aux Fées », enseigne qui ne laisse pas d’intriguer les voyageurs. Le dolmen en question est entouré d’arbres du coté de la route de Reignier, en sorte que l’on ne l’aperçoit pas de loin. La photographie ci-jointe a, pour cette raison, été prise en automne. L’aspect de ce « dolmen » est vraiment imposant ; il serait à souhaiter qu’il attirât l’attention et qu’il fût classé comme monument historique.
- Ce monument, comme la « Rierre-Pèse » à Saint-Saviol (Vienne), a été érigé sur trois assises parfaitement intactes ici. Plusieurs personnes peuvent aisément se tenir debout à l’intérieur du dolmen. Il est en « granit » très dur, et comme toutes les roches avoisinantes dans un grand rayon sont en
- général calcaires, il est permis de supposer que les pierres composant le dolmen ont été apportées dans la moraine par l’immense glacier de l’époque glaciaire. Il est, en effet, dif (icile de croire que des hommes aient pu transporter en ce lieu d’aussi énormes masses de rochers différents de ceux de la région voisine. Une légende, naturellement, a cours dans le pays sur le caractère mystérieux de « la Pierre aux Fées ». Les habitants ont, en effet, été frappés par la constitution géologique du « dolmen » ; aussi racontait-on jadis dans les fermes que les « Fées » toutes puissantes avaient apporté ces blocs de granit dans leurs tabliers, par une nuit d’orage!...
- Ajoutons que c’est l’unique monument de ce genre existant dans toute la Savoie. En outre, le lieu où il s’élève, la vallée de l’Arve, est la seule contrée du pays un peu digne du nom de plaine.
- Plusieurs personnes, habitant les environs, connaissent bien « La Pierre aux Fées ». On va quelquefois la visiter de Genève, de Thonon et même dÉvian; mais cette pierre gigantesque n’en est pas moins trop ignorée du grand public, bien qu’encore une fois elle soit située dans une région des plus fréquentées surtout durant la saison d’été et d’automne. 0. Jullien,
- Licencié ès sciences.
- Le Gérant : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleuras, 9.
- Un dolmen à Reignier (Haute-Savoie).
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- N* 1553. — 11 OCTOBRE 1902.
- LA NATURE.
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- LE TOUEUR A PÉTROLE
- Le réseau des voies navigables de la France s’est singulièrement modifié et amélioré depuis vingt-cinq à trente ans. Nous avons déjà parlé à plusieurs reprises de ces transformations et des résultats fort heureux qu’elles ont permis d'atteindre dans les transports par voie d’eau sur notre territoire. Cependant il est encore certains points de nos canaux et de nos rivières où des transformations s’imposent, et nous pouvons en citer une des plus utiles qui vient d’être accomplie sur le canal du Nivernais, grâce aux efforts éclairés deM. l’ingénieur en chef Mazoyer, qui a tant fait pour les voies navigables placées sous sa haute direction.
- Le canal du Nivernais, qui a son origine en Loire, au barrage de Dccize (où il se réunit au canal latéral à la Loire), et qui se termine à Auxerre dans l’Yonne, a une importance très grande, parce que, avec l’Yonne canalisée,il forme une voie transversale reliant les deux lignes de Paris à Lyon, par le Bourbonnais d’une part, et, d’autre [part,'par la Bourgogne.
- Malheureusement jusqu’à ces derniers temps, sur toute la longueur du bief de partage de ce canal (bief qui s’étend sur 3700 mètres, entre le bassin dit des Poujats ou encore de Baye et le bassin de Port-Brûlé), la traction ne pouvait s’opérer ni mécaniquement ni même à cols de chevaux : sur cette partie, la section du canal était établie pour une seule « voie de bateau », autrement dit les bateaux ne pouvaient point se croiser et devaient circuler alternativement dans l’un et l’autre sens, et les banquettes de halage étaient tellement étroites qu’on était dans l’impossibilité d’y faire passer des bêtes de trait ; le seul moyen de traction était donc le halage à bras d’hommes, il était obligatoire, en dépit de ses lenteurs et de son prix relativement élevé. Il ne fallait point songer, sous peine d’entamer 30* année. — 2e semestre.
- DU CANAL DE NIVERNAIS
- des travaux extrêmement coûteux, à modifier matériellement la situation en élargissant le canal et les banquettes, car le bief de partage du canal se trouve à une assez grande altitude, soit en profondes tranchées, soit même en souterrain, les souterrains de cette section étant ceux de la Collancelle. de Mouas et des Breuilles, qui ont des longueurs respectives de 758, 268 et 212 mètres. La photographie que nous reproduisons, et que nous devons h l’extrême obligeance de M. Mazoyer, montre comment est établi le canal. La solution unique du problème consistait donc à recourir à un système mécanique de halage des bateaux, mais à un système dont les frais d’installation et de fonctionnement ne fussent pas disproportionnés avec les taxes que l’on pourrait demander aux bateaux halés. Il était du reste naturel de songer au touage sur chaîne; de la sorte on aurait une force de traction suffisante pour assurer le passage de convois composés de trois bateaux. Il importait de plus que la vitesse du remorquage fût assez grande pour permettre d’effectuer deux passages par jour.
- Profitant des derniers progrès qui ont été constatés en matière d’automobilisme, et comprenant les facilités considérables d’approvisionnement, de conduite, d’alimentation, le faible prix d’achat du moteur à pétrole, M. Mazoyer n’a pas hésité à adopter pour le halage sur la section supérieure du canal un toueur à pétrole d’une construction aussi robuste que simple, et qui lui a été fourni par les ateliers Piat et Fougerol d’Auxerre, sur ses plans, et sous la surveillance de M. l’ingénieur ordinaire Roth. Le touage se fait naturellement sur chaîne noyée, et tous nos lecteurs connaissent le principe de ce système; quant au toueur lui-même, il est constitué d’une coque métallique aux formes un peu
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- Le toueur du canal de Nivernais.
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- LA NATLHF.
- carrées, formes qui n’ont qu'une importance toute secondaire, étant donné que la marche n’est pas très rapide et aussi que cette coque n’a qu’un tirant d’eau extraordinairement minime. A chaque extrémité, la co<pte est en pan coupé, ce qui lui permet de glisser sur l’eau sans former une vague qui augmente beaucoup la résistance à la propulsion. La chaîne entrant par un bout du bateau sort par l’autre, après être venue tourner sur une roue à empreintes qui donne précisément le point d’appui nécessaire au touage, et qui est mise en rotation par un moteur à pétrole du système Forest, moteur à quatre temps dont on est pleinement satisfait. Ce petit toueur, dont les proportions sont fort modestes, traîne aisément des convois de 5 bateaux, en effectuant le trajet total de 5700 mètres en 1 heure 40 minutes, ce qui correspond à une allure de 0,60 mètre par seconde. Quant à la consommation, elle ne dépasse jamais 24 litres par jour, et cela revient en moyenne (eu égard à la composition normale des convois) à 6 litres par bateau remorqué : les frais de combustible ressortent donc à 2lr,46 par bateau remorqué pour un parcours de 5700 mètres.
- Désormais, et depuis déjà quelques mois, le bief de partage du Canal du Nivernais est franchi par les bateaux avec une aisance qui ne fait point regretter les lenteurs du halage à col d’homme; aussi bien les mariniers n’ont pas à payer une redevance élevée en échange de la traction de leurs péniches ou chalands. L’État, qui exploite ce service en régie, c’est-à-dire à ses frais et par lui-même, perçoit sur les bateaux chargés une somme de 0fl',50 par coque de 100 tonneaux de jauge ou moins, et de 1 franc pour une coque d’une plus grande capacité et, en outre, une taxe de 4 centimes par tonne de chargement ; ([liant aux bateaux vides, ils sont toués gratuitement. Sauf le dimanche, il y a dans chaque sens deux passages quotidiens, et cette exploitation nouvelle se fait dans les meilleures conditions.
- Daniel Bellet.
- U FLORE
- DES MURAILLES ET DES CHAUMIÈRES
- Fixées au sol par leurs racines, les plantes semblent destinées à ne jamais quitter les lieux de leur naissance. Mais le Créateur prévoyant, qui voulait en remplir toute la terre, les a munies d’organes qui leur permettent de disperser leurs semences. Nous avons dit déjà quels moyens ingénieux et variés sont mis en œuvre pour arriver à ce résultat. Donc, les plantes voyagent et beaucoup même quittent la campagne, les prairies et les bois, pour venir s’établir en ville. Toutes n’y prospèrent pas de la même façon et, s’il en est qui occupent des situations élevées, il en est d’autres qui végètent misérablement entre les pavés, foulées aux pieds par les passants.
- Bien certainement elles ne viennent pas s’établir dans les rues les plus commerçantes et les plus fréquentées; la police les en aurait bientôt chassées. Mais dans les quartiers excentriques, rues tranquilles et souvent désertes,
- elles savent trouver de grasses sinécures et s’étalent orgueilleusement sur les sommets de bien des murs. Vigoureuses villageoises, aimant la chaux et la silice, qu’elles trouvent dans les anfractuosités des murs, elles s’accommodent de leur situation spéciale, se contentent de peu, lancent timidement une racine par ici, une par là, se fautilent tout doucement et finissent par s’implanter solides et prospères.
- Les murs de la contrescarpe ouest de la citadelle d’Amiens m’ont fourni un très curieux exemple de la puissance de pénétration des racines des plantes qui croissent sur les vieilles murailles. Sur ces murs de contrescarpe construits il y a trois siècles, se sont développées quantités de plantes de toutes sortes : les unes, vigoureuses giroflées ou plantureux résédas, se sont accrochées aux parois à pic, d’autres comme les graminées ou des arbres — érables-sycomores — ont pris possession du sommet et ont profité du peu de terre végétale qui s’y trouvait. Mais avec le temps les racines se sont allongées ; elles ont dù se frayer un chemin à travers les insterstices des briques. Et c’est merveille de les voir, ces racines, que les travaux de démolition de la citadelle ont mises à jour, cachées qu’elles étaient derrière deux épaisseurs de briques ; oui, c’est merveille de les voir avec toutes leurs ramifications et leurs radicelles. On dirait des serpents, un peu aplatis, de 7 à 8 mètres de longueur. Comment ces racines, dont les extrémités sont si délicates, ont-elles réussi à se propager dans cet étrange milieu si peu favorable à leur développement? Certaines de ces racines, qui sont à nu depuis deux ou trois ans, commencent à faire l’office de tiges et à donner naissance à des branches qui portent aujourd’hui des feuilles et des fruits. Les murs neufs, soigneusement rejointoyés, ne peuvent donner asile à aucune plante. Comment la vie végétale fera-t-elle son apparition sur ces murs qui vieillirent? La pierre ou la brique, en contact avec l’air, se recouvre bientôt de petites écailles, sorte de lèpre. Blanche ici, noire ou jaune ailleurs, cette rouille des siècles laisse sur les vieilles pierres la trace des années écoulées. Ce sont les lichens, poussière vivante qui attire et retient la poussière inerte des chemins et forme, au bout de peu de temps, un maigre terrain sur lequel viennent se développer les mousses, « premiers dons miséricordieux de la terre, voilant de leur silencieuse mollesse la nudité des rocs monotones ».
- Dès que les mousses se sont développées, leurs cadavres accumulés forment assez de terreau pour que les graminées aux fines racines puissent venir s’v implanter et augmenter la couche végétale.
- A peine les premières neiges sont-elles fondues que les murs commencent à fleurir. Les blanches étoiles du saxifrage à trois doigts apparaissent tout d’abord en compagnie des fleurs blanches, perchées sur leur longue tige, de l’Arabette. Mais la reine des plantes murales du commencement du printemps, c’est la giroflée, le mu-raillier. Audacieusement, elle établit ses épaisses touffes vertes, aux fleurs d’un beau jaune, sur le faîte des plus hauts édifices. Les frontons du séminaire d’Amiens en sont couronnés; elle a escaladé notre cathédrale sept fois séculaire et y a élu domicile.
- Les bonnes femmes qui vont dans les champs chercher de l’herbe pour leurs lapins pourraient faire, sur certains murs, une ample récolte de pissenlits et autres chi-coracées. Parfois on rencontre de véritables jardins suspendus. J’ai dans les yeux un mur couvert d’une foret de graminées au milieu de laquelle poussent : la rare laitue
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- vivace aux fleurs violettes, un lamier, un pastel et un sorbier des oiseleurs, de 2 mètres de haut, garni de ses grappes à fruits rouges. Des mufliers gueules de loups aux tiges nombreuses garnies d’abondantes fleurs d’un coloris varié couronnent le sommet de bien des murailles.
- Mo la croirait-on pas disposée par un artiste original la corbeille de Barbe de Jupiter (Centranthe rouge) qui s’épanouit dans la couronne surmontant les armes de la ville de Pontoise sculptées dans les murs de cette ville.
- Bien de plus gracieux que cette touffe de fleurs d’un si beau rouge s’échappant de ces vieilles pierres contemporaines de Saint-Louis.
- Quelles raisons ont pu amener les fougères à quitter les frais ombrages des bois pour venir embellir le pilastre de la porte de notre gendarmerie d’Amiens? D’autres fougères plus modestes égaient de leurs frondes vertes la nudité des ponts en pierre qui franchissent les canaux de la vieille cité picarde.
- Les Asplénium y cramponnent leurs tiges fines et noires comme des cheveux et le scolopendre — la langue de cerf — y étale ses feuilles d’un vert luisant.
- 11 serait long et fastidieux pour nos lecteurs de faire la nomenclature des plantes trouvées sur les murs. Des botanistes aussi savants que zélés ont tenté ce dénombrement, et nous avons sous les yeux le très consciencieux travail d’un instituteur d’une petite commune de Saône-et-Loire, M. Gagnepain, aujourd’hui préparateur au Muséum, qui a exploré 54 murailles et noté 115 espèces différentes de plantes* !
- Aussi intéressante que la flore murale est la flore cala-micole ou flore des chaumières. M. Gagnepain, déjà cité, a fait une étude méthodique des chaumières des communes environnant Cercy-la-Tour ; il a examiné 88 chaumières sur lesquelles il a pu déterminer 96 plantes différentes, non compris les graminées indéterminables qu’on rencontre sur chaque chaumière.
- L’herborisation des plantes des chaumières est bien spéciale. Elle se pratique à la jumelle ! On comprend, en effet, qu’il serait impraticable de grimper sur les toits pour reconnaître les espèces. Mais comme il s’agit de plantes poussant partout, et par conséquent facilement déterminables, on peut se contenter d’une simple inspection à la jumelle. Avec un bon instrument et l’habitude d’herboriser, il n’y a pas d’erreur possible. Dans le cas où une plante reste indéterminable comme espèce, on s’en tient au genre seulement, pour éviter d’introduire une erreur dans le travail.
- « Les chaumières sont couvertes d’une couche de paille de blé ou de seigle qui est battue au fléau et préparée sous les appellations de gui, glui ou glotte. L’épaisseur varie entre 15 et 20 centimètres. Pour empêcher l’infiltration des eaux à la jonction des deux versants, on met des faîtières de gazon prélevées dans l’endroit le plus herbeux du pré ou du bord du chemin. Les graminées vivaces qui composent ces gazons vivent chétivement la première année et disparaissent à la troisième pour faire place à des plantes annuelles. Souvent, autour de l’unique cheminée, on retrouve ces gazons indispensables qui jouent un grand rôle dans la fertilité des chaumes. »
- « Au Nord, la toiture se couvre rapidement d’un vaste tapis de Mousses naines, principalement de Bnjum argen-teum, Barbula muralis, etc., et de Lichens thallophytes, Collema, Parmelia, etc. En six ans, la prise de possession
- * Gagnepain : « La végétation calamicole et murale » ; extrait du « Bulletin de la Société d’Histoire naturelle d'Antun, 1897 ».
- est à peu près complète. C’est à cette exposition que se trouve la plus riche végétation phanérogamique. Certaines toitures y sont agréablement habillées des forêts minuscules de deux ou trois phanérogames : Draba verna, Seneco vulgaris, Stellaria media. Les relations de voyage nous apprennent que dans les forets canadiennes, les batteurs d’estrade s’orientent par l’observation des mousses qui recouvrent abondamment l’écorce vers le Nord. Si cela était nécessaire, il serait très facile de s'orienter par la végétation calamicole 1. »
- Puis viennent les plantes qu’y apportent le vent, les oiseaux ou l’homme lui-même : plantain, bourse à pasteur, véronique, pissenlit, coquelicot, géranium, pâquerette, orties, silène, et toute la tribu des plantes grasses : sedum blancs ou jaunes, jourbarbes, ces petits artichauts à la hampe fleurie d’un rose tendre.
- Avant les botanistes, peut-être, les poètes avaient remarqué les iris, les coquelicots, les jourbarbes qui font des pauvres chaumières des jardins suspendus.
- Écoutez, en terminant, ce qu’en dit Victor Hugo : « C’est une rencontre bien jolie et bien gracieuse qu’une chaumière au bord du chemin. De ces quelques bottes de paille, dont les paysans croient faire un toit, la nature fait un jardin. - A peine le vilain a-t-il fini son œuvre triviale que le printemps s’en empare, souffle dessus, y mêle mille graines qu’il a dans son haleine et en moins d’un mois le toit végète, vit et fleurit.*— S’il est de paille comme dans l’intérieur des terres, ce sont de belles végétations jaunes, vertes, rouges, admirablement mêlées pour l’œil. Si c’est au bord de la mer et si le chaume est fait d’ajoncs comme auprès de Saint-Malo par exemple, ce sont de magnifiques mousses, roses, robustes comme des goémons qui caparaçonnent la cabane. Si bien qvi’il faut vraiment très peu de temps et un rayon de soleil ou un souffle d’air pour que le misérable gueux ait sur sa tète des jardins suspendus comme Sémiramis. »
- VlRGILE BrANDICOCRT,
- Secrélaire de la Société linnéenne du Nord de la Franco.
- LES ARDOISIÈRES
- TRANSFORMATION DANS L EXPLOITATION
- Nos lecteurs se souviennent sans doute du remarquable article publié jadis ici sur les procédés curieux d’exploitation pratiqués dans toutes les ardoisières de la France, et aussi, croyons-nous, de l’étranger*. Mais, pour être curieux, ces procédés n’en étaient pas moins dangereux et primitifs, car il y a encore quelques années on exploitait exactement comme il y a cent ans, et on pouvait constater l’absence de tout moteur mécanique au « fond » ; comme conséquence, et par suite presque uniquement de la chute de blocs de pierre, l’industrie ardoisière demeurait plus meurtrière que l’industrie houillère, où l’on a pourtant à compter avec le grisou. Une transformation complète vient d'être apportée depuis peu de temps par la Société des Ardoisières de l’Anjou, à la fois dans la manœuvre des treuils, dans la perforation des trous de mine et dans l’exploitation même de la roche fissile.
- * M. Gagnepain, Op. cit.
- i Yoÿ. n“ 1105, du 21 juillet 1894, p. 121.
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- LÀ NATURE.
- iR)2
- Nous ne rappellerons que brièvement ce qui a été dit jadis au sujet de l’exploitation classique des gisements ardoisiers. Les couches de roche lissile, de schiste, susceptibles de se débiter en ardoises, sont presque verticales, et c’est aussi verticalement que l’on poursuit les travaux qui ont pour but de les exploiter; mais il y avait deux méthodes pour enlever la roche ardoisière. Tantôt on procédait suivant la méthode du fond à ciel ouvert, comme dans une carrière, d’où l’on remonte la roche débitée en morceaux maniables, après qu’on a déblayé toute la surface du sol en enlevant la cosse supérieure, le schiste décomposé. Le second procédé est celui « du fond en descendant sous voûte », qui.présente en somme tous les inconvénients et les dangers de l'autre système d’extraction. On fore un puits pour atteindre la bonne roche ardoisière, puis on commence à creuser une chambre dont toute l’excavation profite à la production des ardoises, puisque les blocs débités sont remontés à la surface du sol pour être ensuite fendus en ardoises. Au-dessus de la chambre (c’est ainsi que cela s’appelle techniquement) on laisse une certaine épaisseur de schiste ardoisier, qui présente une grande solidité, et dont les couches forment comme de longues poutres encastrées à leurs extrémités et opposant une grande résistance au cisaillement ; sous cette voûte, l’excavation descend constamment, pendant qu’on remonte les blocs de roche dans une sorte de benne qui glisse sur un câble oblique tendu au-dessus de la tête des ouvriers. Mais comme la voûte, si soigneusement établie qu’elle soit, se fatigue à la longue, d’autant qu’on n’a pas la possibilité de la visiter facilement quand la chambre atteint une grande profondeur, des blocs de pierre peuvent tomber sur la tête des ouvriers et causer des accidents fréquemment mortels. Et d’ailleurs, si les visites de la voûte y font constater des déplacements, des tissures, on a uniquement la ressource de faire évacuer la chambre, qui sera parfois rendue inexploitable par un effondrement important. Ces effondrements ont beaucoup de chances de se propager jusqu’à la surface, et d’entraîner la ruine de tous les travaux et notamment des machines d’extraction installées au jour pour chacune des exploitations. Nous pourrions
- ajouter que l’éclairage de ces vastes chambres est fort mal commode, et que les lampes à pétrole les plus grosses employées jusqu'ici n’avaient guère d’autre effet que d’empoisonner l’air de fumées.
- Aujourd'hui on n’a pas craint d’avoir recours à une transformation complété de la méthode, transformation qui révolutionne totalement cette industrie, et ne la rend pas plus meurtrière que les exploitations les plus courantes, au grand avantage des ouvriers comme des propriétaires d’ardoisières. C’est, la méthode sous voûte, mais en remontant. Là est la différence et là réside l’avantage, comme on va le comprendre facilement . Dans l’exploitation sous voûte en descendant, c’est en somme le sol, ce qu’on peut appeler le plafond inférieur, que l’on attaque constamment; ici, c’est le plafond supérieur, la voûte, tpie l’on exploite, en renouvelant par suite continuellement cette voûte, tandis qu’on fournit aux travailleurs une plateforme solide et bien simple pour circuler et surveiller la voûte, si tant est qu’elle en ait besoin, pour transporter les blocs jusqu’au pied du puits d’où ils seront remontés à la surface, enfin pour se livrer aux diverses phases du travail. Ce résultat est obtenu tout simplement au moyen de remblais que l’on apporte dans la chambre au fur et à mesure que l’on débite une couche supérieure du plafond proprement dit, remblais qui viennent remplacer le banc enlevé un peu auparavant. C’est là le principe que nous allons expliquer plus en détail, mais on comprend bien qu'un avantage immédiat en découle, puisque le ciel du chantier est constamment renouvelé et qu’il n’a pas le temps de se fatiguer, que, de plus, on l’a pour ainsi dire sous l’œil, et qu’enfin les parois ne peuvent avoir tendance à s'ébouler, leur hauteur étant extrêmement réduite.
- On commence donc par forer un puits, d’une profondeur de 150 à 500 mètres, en dehors mais dans le voisinage très proche de la veine, presque le long de ce qu’on nomme la paroi, et qui est le plan de contact entre la roche fissile et utilisable et celle qui ne l’est point. On ouvre alors dans la roche stérile une galerie de direction, une collectrice parallèle à la veine, et on embranche sur elle des travers-bancs, qui peuvent avoir peu de longueur, et qui atteignent la roche fissile ; chaque travers-banc tourne à droite
- Fig. 1. — Coupe d’un fond en descendant sous voûte.
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- LA NATURE:
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- ou à gauche, sans rejoindre le travers-banc voisin, car on réservera des piliers entre les diverses chambres qu’ils permettront d’attaquer et d’exploiter. Lorsqu'on parvient à la limite de la veine, sur chaque chantier on ouvre une chambre en « battant au large » vers l'autre limite de cette veine, et à partir des dernières galeries à angle droit se raccordant au travers-banc.
- Un constitue ainsi une chambre d'exploitation, qui se présente sous la forme d’une excavation en lame, ayant tantôt 2 mètres, tantôt 4 mètres de hauteur, suivant la nature plus ou moins résistante du schiste. C’est naturellement avec des lignes de mines qu'on mène cette excavation, et cela donne déjà de l’ardoise qu'on remonte au jour en suivant les galeries dont nous avons indiqué le creusement.
- Pour les débris inutilisables, parfois on est obligé de les remonter au jour, quitte à les redescendre ultérieurement pour des remblayages ; mais souvent l’ordre observé dans les travaux permet de les aller déverser immédiatement dans des chambres dont les excavations sont assez avancées pour qu’on ait à remblayer le plafond inférieur, afin d’attaquer une tranche supérieure. D’après ce que nous avons dit plus haut, on doit comprendre comment va se poursuivre l’exploitation : en somme, on procède par grandes tailles et par remblais complets. Pour détacher de la voûte un banc de 4 mètres, des ouvriers montés sur un pont de travail, une passerelle accrochée à la paroi de la chambre, font sur toute la longueur de celle-ci une foncée de 2 mètres de large sur 4 mètres de haut, et cette
- Fig. 2. — Exploitation eu remontant d’une chambre souterraine. — Coupe et plan.
- foncée, on la creuse généralement en dehors de la veine proprement dite et sur sa limite en partant des chantiers, pour ne pas pulvériser inutilement du schiste ardoisier ; on peut alors forer des trous de mines dans le banc, mines dont nous ne dirons pas grand’chose, sinon qu’elles sont tirées à la poudre noire, moins brisante que la dynamite. Le schiste tombe sur toute la longueur de la chambre et sur le sol ménagé par le premier travail : les blocs, qui parfois sont refendus, vont être évacués vers le puits d’extraction pour être montés au jour. Le premier banc terminé, on attaque de même façon le second, et, quand il commence à être avancé, on creuse en dehors de la veine un nouveau travers-banc qui se trouvera contre la nouvelle voûte, à une hauteur de 8 mètres au-dessus du précédent, et on le relie par une collectrice au puits d’extraction. De la sorte, et grâce à ce nouveau réseau de galeries, on peut tout à la fois enlever les blocs qui tombent du second
- banc et les monter au jour, pendant qu’on amène les déblais dans le bas de la chambre, pour en exhausser le sol d’un étage au moyen de l’accumulation de ces remblais : il va de soi que les déblais arrivent et sont déversés par les voies des travers-bancs supérieurs, tandis que le schiste fossile qui tombe de la voûte est chargé sur des wagonnets et emporté par le travers-banc du bas, dont le prolongement sous les déblais qui commencent de s’accumuler, est protégé et abrité par un boisage convenable. Les choses se continuent ainsi jusqu’à ce qu’on arrive, en remontant, à la couche de schiste non utilisable. D’ailleurs, quand on veut exploiter une veine qui a une grande épaisseur, on préfère diviser le champ d’exploitation en deux parties symétriques, en forant le puits vers le milieu de l’épaisseur de la veine, en traçant la collectrice suivant l’axe de cette veine, et en ouvrant les chambres de part et d’autre de la collectrice.
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- LA NAT U LL.
- Si nous ajoutons que la lumière électrique a été adoptée sur la plupart des exploitations ardoisières de la région d'Angers, et qu’en outre la Société des Ardoisières de l’Anjou, celle-là meme qui a inventé cette nouvelle méthode d’exploitation, a fait construire et emploie régulièrement pour le transport des blocs dans les chambres et leur chargement sur wagon, des treuils électriques fort bien compris, qu’un gamin suffit à manœuvrer, et qui ont toute la puissance voulue en donnant une sécurité absolue contre les descentes inopinées de la charge, on verra ({ue nous n’exagérions pas en disant qu’une véritable révolution était en train de s'accomplir dans l’exploitation des ardoisières. Pif.ure de Mériel.
- STÉRËOSCOPIE
- A .
- - De nos jours la stéréoscopie a pris une extension considérable. Quel plaisir, en effet, de revoir, grâce à un simple appareil, les beaux sites parcourus avec autant de vérité que si on les avait encore sous les yeux. Mais ne serait-il pas aussi agréable de pou-
- voir se procurer ce plaisir sans l’intermédiaire de la photographie, par le seul moyen du dessin? Cette partie de la stéréoscopie, si intéressante pourtant, est restée jusqu’à présent à peu près inexplorée; c est pourquoi j’espère pouvoir intéresser les lecteurs du journal en leur faisant part des recherches que j’ai faites à ce sujet.
- Plaçons devant nous un cube en perspective droite (fîg. 2, n° 1) de sorte que, vu avec l’œil droit seulement, le bord gauche de sa face postérieure ne forme qu’une ligne droite avec le bord correspondant de sa face antérieure. Regardons-le ensuite, sans déplacer la tète, avec l’œil gauche, et nous verrons toute la face gauche fuyant vers l’horizon.
- Il s’agit de déterminer exactement sur papier la profondeur de cette fuyante et l’écartement qu’il doit y avoir entre ces deux cubes sur n’importe quels points des deux tableaux du stéréogramme.
- J’ai constaté qu’à un écartement des prunelles de 72mm, lorsqu’on fixe un objet éloigné, correspond un écartement de 06 mm, lorsqu’on regarde un objet très
- rapproché et j’en ai conclu que, pour obtenir un relief parfait, il fallait tenir exactement compte de cette différence et que c’était là toul le secret de la stéréoscopie.
- Pour établir une vue stéréoscopique sur papier, il faut donc : « que les deux points de vue » (points de fuite) de chaque image soient à 72mm l’un de l’autre et que les objets placés dans le plan perspectif soient, ramenés à la base du tableau, écartés de G6m,n. Je dis ramenés à la base du tableau, car plus nous nous rapprochons de l’horizon, plus cet écartement se rapprochera de celui des points de vue.
- Voici un intérieur d’appartement dessiné d'après cette méthode, qui, vu au stéréoscope, donne un relief parfait (tig. 1 ). . ..
- Tout autre, est la construction d’un arbre pour obtenir le relief des branches. Je vais donc expliquer comment on peut placer, autour d’un pivot, des lignes allant dans toutes les directions « voulues » (fig. 2, n° 2).
- Elevons deux lignes verticales a b et a' b', sur chaque tableau du stéréogramme, en observant la règle précédemment indiquée (66r‘‘m l’une de l’autre ramenée à la base du tableau). Sur la ligne a b, à la hauteur c, traçons une branche c d.
- Nous voulons que cette branche, vue au stéréoscope, avance vers nous, comment faudra-t-il conduire la branche sur la ligne a' b' ? Traçons les horizontales c c' et d d\ reportons la hauteur me en e f et sur l’horizontale f g déterminons le point g en prolongeant c d. Fixons une distance de 45mm de g à i. Ce dernier point indiquera la direction exacte de la branche c’ d'.
- Nous voulons maintenant en construire une qui aille dans la direction opposée, soit la branche k /. Procédons exactement de la même façon, mais dans ce cas la distance sur la ligne o p sera de 85mm.
- I) où la règle : Deux lignes obliques partant du même point sur les deux tableaux du stéréogramme et dont les extrémités (prolongées jusqu’à leur rencontre avec une parallèle à la base du tableau menée à une distance de la naissance de la branche égale à la hauteur du tableau) sont écartées de 45'""' environ, en produisent une qui avance presque perpendiculairement vers l’observateur, tandis qu’à 85mm elle s’éloigne de même. Si donc on fait varier les distances entre 45 et 85mm, on pourra faire aller des lignes dans toutes les directions désirées. Pour mieux se rendre compte de ce phénomène, on n’aura qu’à compléter les carrés avec les branches c d et k l et les quadrilatères avec les branches c’ d'et k' l' ; au stéréoscope cette figure aura l’aspect de deux quadrilatères se croisant. Une image intéressante en résulte si au-dessus de ce carré on en construit un second, mais en donnant à la direc-
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- Fig. 1. — Intérieur d'appartement vu au stéréoscope.
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- LA NATURE.
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- lion dos lignes le sens tout à fait opposé. (Ces deux ligures sont exécutées en pointillé sur la 11g. 2, n°2). Je suis convaincu que le lecteur qui s’exercera à
- ce passe-temps y trouvera un réel plaisir et arrivera rapidement à dessiner d’intéressantes vues stéréoscopiques: il fera peut-être de nouvelles découvertes dans cette branche féconde en surprises.
- L. Stockhammer.
- LA CONSERVATION DES RAISINS
- A THOMERY1
- La culture rationnelle de la vigne à Thomery, à Fontainebleau et- dans les villages des environs, est renommée ; elle a fait, surtout depuis que l’on applique les procédés de conservation en usage aujourd’hui, la fortune de cette région. Un ouvrier possédant quelques ares de vigne a une chambre à raisin dans laquelle il conserve celui-ci jusqu’au moment où sa vente est rémunératrice. En effet, tandis que le raisin de choix vaut de 1 à 3 francs en septembre, il atteint parfois les cours de 10 à 20 francs le kilogramme au mois d’avril.
- Certains viticulteurs ont aménage des installations importantes qui leur permettent de conserver jusqu’à 100 000 grappes de beau raisin, d’autres 10000 tiroirs pour la conservation à rafle sèche et de 50 à 40000 flacons pour celle à rafle verte.
- Quand nous aurons dit qu’à Thomery et aux environs on conserve chaque hiver pour 2 millions de francs de chasselas doré, nous aurons fait ressortir l’importance d’une telle industrie.
- S’il est rémunérateur pour un viticulteur de vendre jusqu’en mai-juin des raisins récoltés de l’automne qui paraissent avoir été cueillis le jour même, il n’est pas moins agréable pour un propriétaire de faire servir sur sa table de belles grappes fraîches et veloutées, longtemps après la saison normale de la
- 1 Voy. n° 1530, du 20 septembre 1002, p. 252.
- consommation de ce fruit si délicat et si apprécié. Cela est possible et les procédés industriels sont applicables à la production de la plus modeste treille ;
- mais on les a entourés pendant si longtemps de mystère que beaucoup de personnes les croient insurmontables à pratiquer et craignent toujours les échecs.
- Nous avons tenu, pour cette étude, à nous documenter sur place et aux sources mêmes; nous avons eu, de plus, communication du texte et des dessins d'un travail original et inédit sur les procédés de conservation du raisin, préparé par M. François Char-meux, l’un des viticulteurs les plus réputés de Thomery et aussi Tun de ceux qui, ne négligeant pas les découvertes de la science, ont su les mettre * en pratique dans beaucoup de cas.
- Il y a deux procédés bien distincts lus directions. à employer pour que les raisins gardent pendant fort longtemps leur délicatesse et leur saveur : la conservation à rafle sèche, qui est la plus simple et la plus ancienne; la conservation à rafle fraîche ou verte, qui permet de consommer de beaux raisins jusqu’aux dernières limites possibles, mais qui exige une installation plus dispendieuse et réclame plus d’attention.
- Nous conseillons aux propriétaires comme aux producteurs de faire usage des deux; ils ont du reste chacun leur avantage, car si les raisins conservés à rafle fraîche ont plus d’apparence, ceux conservés à rafle sèche ont, par contre, plus de saveur.
- D’ailleurs, les règles générales que l’on ne doit pas perdre de vue sont applicables aux deux et doivent présider à toute installation fruitière. On a cherché en tous temps à les mettre en pratique et les Romains ne les ignoraient pas complètement, puisque pour garder du raisin ils plaçaient des grappes avec leur sarment dans des globes en verre dont ils bouchaient l’ouverture avec de la poix.
- Le raisin étant arrivé à maturité, il faut, pour le conserver, éviter la fermentation en le maintenant à une température basse et constante s’élevant de 2 à 4°. Les brusques variations ont un- effet nuisible et c’est ce qui explique pourquoi les clôtures des fruitiers doivent être établies de telle façon que les variations extérieures soient sans effet. Au moment des grands froids, il est nécessaire de chauffer la chambre à raisin à l’aide de grosses lampes à alcool ou à pétrole. La sécheresse de l’air est absolument nécessaire, l’humidité amenant la pourriture et le développement des moisissures. On combat cette dernière en faisant usage de chaux en pierres que l’on enlève dès qu’elle s'effrite ou préférablement de chlorure de calcium qui laisse libre l’acide carbonique favorable à la conservation, ou encore d’acide sulfurique mis dans une terrine avec des morceaux de pierre ponce. On arrête les moisissures en brûlant
- Fig. 2. — 1. Cube en perspective droite.
- 2. Construction, autour d’un pivot, de lignes allant dans toutes
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- LÀ NATURE.
- une mèche soufrée à tonneaux ou, plus simplement, du soufre.
- L’obscurité constitue également un facteur important, en empêchant le travail interne des fruits. Une clôture hermétique est de rigueur, car un air vif active leur maturation ; il est donc prudent d'éviter un courant d’air ou la pénétration directe de l’air du dehors. Pour ces raisons, le fruitier ou la chambre à raisin doit se trouver soit dans un sous-sol sain, soit au rez-de-chaussée, soit au premier étage, au milieu d’un batiment. Les fenêtres sont bien calfeutrées, avec de la ouate de tourbe, mauvaise conductrice de la chaleur, et les volets soigneusement fermés. Lorsqu’un bâtiment spécial se trouve dans une exploitation, cette construction doit être établie avec une double cloison et un chemin de ronde ainsi que le dit fort bien M. F.
- Charmeux, les murs enduits de chaux hydraulique à l’exclusion du plâtre ; en un mot présentant toutes les garanties voulues qui permettent de ne pas négliger les principes ci-dessus exposés. Si les basses températures sont nécessaires au fruitier jusqu’aux limites de la conservation, il faut toutefois éviter la pénétration de la gelée. Non pas que 1 ou 2 degrés de froid, lorsque le dégel s’opère lentement, puisse être nuisible ; mais parce que la congélation de l’eau des fioles amène précisément l’éclatement de celles-ci dont le contenu se déverse sur les grappes inférieures. Or les grappes mouillées sont à peu de chose près des grappes perdues. A cet effet, on place avantageusement, lors des froids rigoureux et persistants, de fortes lampes à pétrole brûlant pendant 24 heures et dont le rayonnement de la lumière et la distribution de la chaleur sont réglés par un manchon de tôle percé de trous et recouvert de mica. Les lampes à alcool sont également à préconiser ; les vapeurs d’alcool sont moins pernicieuses et tendent plutôt à favoriser la conservation.
- Afin d’éviter les variations de température, principalement dans un petit fruitier, dans lequel on pénètre fréquemment, on tend fort avantageusement un rideau fait de ouate de tourbe en avant des tablettes verticales.
- L’entrée au fruitier doit être interdite aux allées et venues continuelles pendant la période de conservation et l’on doit pour y pénétrer prendre des précautions aseptiques. A Thomery les fruitiers spécialement réservés à la conservation tardive sont rigoureusement consignés à tout visiteur. Seule une personne y a accès pour les soins à donner au raisin et choisit-elle encore le moment voulu pour y pénétrer.
- Si les soins à donner sur la treille aux raisins destinés à la conservation ont une grande importance, le choix des grappes, le moment de la cueillette et la façon de les traiter aussitôt n’influent pas moins sur leur bonne garde et on ne saurait trop en tenir compte.
- La cueillette est effectuée à partir du 25 septembre et se poursuit jusqu’à l’époque des premières gelées sérieuses du 10 au 15 novembre ; on ne coupe pas indistinctement toutes les grappes, mais on choisit d'abord les plus belles, les plus saines, qui se trouvent généralement à la partie supérieure ; on les réserve pour la conservation à rafle fraîche. Toutefois, celles de la base, qui mûrissent les premières, étant imparfaitement abritées contre les pluies automnales par les auvents, ne sont pas comprises dans les grappes de choix. Il ne faut pas oublier, en effet, que les grappes qui sont mouillées sont de moins bonne garde et doivent être livrées à la consommation ou au commerce en premier.
- Pour les mêmes raisons s’il faut éviter de procéder à ce travail par un temps pluvieux, les grappes doivent être sèches et non chargées de rosée ; on ne doit pas non plus effectuer la cueillette par une forte
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- chaleur lorsqu’il s’agit de vignes cultivées en espalier. Un temps couvert est celui qui convient le mieux. Ces grappes sont coupées au ras du sarment à l’aide de forts ciseaux ou d’un sécateur, pour la conservation à rafle sèche ; on réserve, au contraire, une partie du sarment pour celle à ralle fraîche.
- La pruine, qui forme un velouté si séduisant sur les grains, doit être rigoureusement ménagée, car elle aide à la bonne garde du raisin et en augmente la valeur.
- D’ailleurs il faut éviter de blesser les grains, car la moindre piqûre occasionne au fruitier une pourriture contagieuse. Au fur et à mesure de leur cueillette les grappes sont posées délicatement dans des paniers, qui, à Thomery, sont eux-mêmes placés sur des « crochets à raisins » (fig. 1) pour être portés au fruitier. Là les grappes sont soigneusement visitées et expurgées des grains douteux ou avariés ; puis elles sont étalées dans de grandes boites sur un lit de feuilles de vigne ou de fougère
- bien sèche, ou encore de ouate de tourbe. Ces tiroirs ou claies sont superposés les uns au-dessus des autres sur une sorte d’étagère (fig. 2) qui peimet de les glisser à volonté. Ils sont généralement longs de 0m,80 à 0m,90, larges de 0m,60, profonds de 0m,12; et contiennent environ 6 kilogrammes de
- raisins. Dans la suite il faut, lors des visites, éplucher les grappes altérées par un commencement depourriture;les grappes enlevées dans un tiroir sont remplacées par d’autres. Mais les précautions qu’il convient de prendre pour la conservation à rafle fraîche ne sont pas aussi indispensables pour celle à rafle sèche, plus facile à conduire.
- Ce procédé pri-mitif donnant néanmoins d’excellents résultats a été et avantageusement perfectionné depuis quelques années.
- C’est ainsi que l’on peut conserver pendant de longs mois des grappes saines dans des caisses en interposant, entre chaque rangée, une épaisseur convenable de tourbe pulvérisée.
- Fig. 5. — Dispositif pour la conservation du raisin à ralle sèche.
- On peut avantageusement remplacer la tourbe pulvérulente par de la ouate de tourbe, dont les propriétés aseptiques sont très connues. Des expériences auxquelles s’est livré M. François Charmeux, à qui revient le mérite de cette utilisation, lui ont permis de constater que, si les sarments et la rafle se desséchaient quelque peu, les grains restaient absolument Irais, avaient l'épiderme aussi tendre
- que celui des raisins conservés à rafle fraîche, et étaient généralement plus sucrés que ces derniers.
- C’est alors que M. Charmeux innova le dispositif que montre la ligure 5. Les grappes cueillies avec leur sarment sont suspendues en passant ceux-ci dans des anneaux mobiles ou sur le bâti dejcet agencement. Elles ont ainsi l’avantage de ne pas se déformer comme lorsqu’on les étale sur un objet quelconque.
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- LA NATURE.
- Après quelques semaines d’observation, donnant lieu à des éliminations successives, on enveloppe le tout de ouate de tourbe qui ne détlore pas la pruine des grains et qui permet de les découvrir à volonté pour en surveiller la conservation et supprimer les grains qui s’abîmeraient.
- Cette méthode est excellente ; les grappes se conservent fraîches plus longtemps que "par le procédé primitif. Si on ne veut pas couper les sarments on peut fort bien suspendre chaque grappe à l’aide d’une attache et en la présentant dans une position inverse à celle qu’elle a sur la Vigne.
- La conservation des raisins à rafle sèche est toujours à recommander par les excellents résultats qu’elle donne. Le procédé perfectionné décrit ci-des-sus a l’avantage d’ètre simple et de pouvoir être fait avec une installation économique. Nous la conseillons aux propriétaires qui désirent prolonger la consommation de leur récolte jusqu’en janvier-février ; et aux producteurs qui ne veulent pas faire de grands frais d’installation ; car le raisin devient très sucré, acquiert un goût exquis très prisé des gourmets, que perd parfois, surtout à l’extrême limite, celui conservé à ratle fraîche pourtant d'apparence plus séduisante. #
- Mais on ne peut toutefois pas contester les avantages de cette dernière méthode de conservation qui fait la renommée de Thomery et à laquelle nous consacrerons un prochain article.
- Albert Maujiexé,
- Professeur d'Horticulture.
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- CONCENTRATION DE L’ACIDE SULFURIQUE
- Les emplois de l’acide sulfurique sont si nombreux, qu’il nous est impossible de les citer tous. 11 sert dans l’épuration des graisses, des huiles minérales et végétales,
- Fig. 1. — Coupe verticale du concentrateur à acide sulfurique.
- dans le blanchiment des toiles, dans le tannage des peaux et l’épaillage des laines, dans le décapage du cuivre et du fer-blanc, dans l’affinage de l’argent et de l’or, dans la fabrication du papier parchemin, pour la fabri-
- cation de l’alun, de la soude, du sulfate d’ammoniaque, du sulfate de cuivre, du sulfate de fer, des engrais, des eaux gazeuses, de l’éther, des couleurs artificielles et en général de toutes les matières explosives, enfin la pliar-
- Fig. 2. — Coupe horizontale du concentrateur.
- macie l’emploie comme astringent, caustique et rafraîchissant, notamment dans l’élixir de Ilaller, dans le caustique sulfo-safrané de Velpeau, etc., etc.
- On se fera une idée de l’importance considérable de l’acide sulfurique à 60° B par les chiffres ci-dessous de sa production annuelle :
- Angleterre. . . 025 000 tonnes
- France . . 250 000 —
- Allemagne. . . . . . 115 000 —
- Autriche . . . . . . 50000 —
- Belgique. . . . 55 000 —
- Pays divers. . . 20 000 —
- Total.
- 1 095 000 tonnes.
- Ce fut en Angleterre, à Richmond près de Londres, que le chimiste Ward créa en 1740 la première fabrique d’acide sulfurique à la cloche qui se vendait 51fr,25 le kilogramme ; la première chambre de plomb fut construite en 1740 à Birmingham par deux industriels, Roebuck et Garbett, alors le prix de l’acide sulfurique descendit à 7fr,50 le kilogramme.
- En France, c’est en 1700 à Rouen qu’un Écossais, IIol-ker, établit la première chambre de plomb ; son petit-fils, Jean Ilolker, rendit continue la fabrication de l’acide sulfurique, et, en 1815, il créa une société avec Chaptal et Darcet pour l’installation d’une usine à Nanterre. Tels sont les débuts de la fabrication de cet acide qui joue aujourd’hui un rôle si considérable dans l’industrie.
- Dans sa fabrication l’acide sulfurique est obtenu à un degré variant de 52 à 00° B, il doit être concentré îi 00° B, c’est-à-dire avoir une densité de 1,8420.
- La concentration de l’acide sulfurique se fait par ébullition, afin d’çn chasser l’eau; il se dégage d’abord de la vapeur d’eau, la température s’élevant de 200° à 358° ; vers la fin de l’opération la vapeur d’eau entraîne des vapeurs acides qui forment ce qu’on désigne sous le nom de « petites eaux ».
- Pour la concentration, on a imaginé un très grand nombre d’appareils en plomb, en grès, en verre ou en platine ; pas un seul de ces procédés ne donne satisfaction complète. Il est .vrai que le problème à résoudre
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- LA NAT LUE.
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- était très complexe. Aussi nous parait-il utile de faire connaître le concentrateur Cltapuis, dont nous avons observé le parfait fonctionnement pendant plusieurs mois.
- Le concentrateur Chapuis est basé sur un principe nouveau et diffère essentiellement de tous les appareils inventés jusqu’ici : il chauffe du dedans au dehors, il plonge au milieu de l’acide sulfurique à concentrer.
- L’acide sulfurique à concentrer est contenu dans une cuve C,C (fig. 1) en verre ou céramique, entourée d’une seconde cuve A en métal émaillée, d’aussi grandes dimensions qu’on le juge utile, noyée dans une garniture calorifuge B en laine de verre et liège ; un couvercle en métal émaillé I ferme la cuve à l’aide d’un joint en amiante serré par des boulons. Le concentrateur Cbapuis D,E en platine mince, à grande surface, sous un volume restreint, est fixé au couvercle par une bride et des boulons en métal émaillé : une large tubulure G met en communication le concentrateur en platine avec un foyer soufflé, dans lequel on brûle de la bouille à longue flamme; ce foyer est disposé de telle façon que le platine n’est jamais en vu»1 d’un brasier ardent et ne se trouve en contact qu’avec des gaz chauds ou des flammes claires fortement brassés dans l’intérieur de l’appareil, assurant de la sorte une température considérable. Une cheminée centrale II partant du concentrateur évacue les gaz encore très chauds dans un autre concentrateur de surface plus grande où ils abandonnent l’excédent de leurs calories.
- La figure 2 représente la coupe horizontale du concentrateur Chapuis; en A la cuve contenant le calorifuge, en C la cuve contenant l’acide sulfurique dans lequel plonge le concentrateur E,l),Il. Avec un concentrateur Chapuis en platine pesant de 9 à 10 kilogrammes on peut concentrer de 5 à 6000 kilogrammes d’acide sulfurique en vingt-quatre heures, avec une dépense de combustible de 8 à 9 kilogrammes par 100 kilogrammes d’acide à 6fi° B. On peut donc affirmer à la suite d’une longue série d’essais que par l’usage du concentrateur Cbapuis : 1J il y a une économie importante réalisée dans la consommation du combustible ; 2° on obtient une économie considérable sur le prix de premier établissement, le concentrateur Chapuis étant construit en platine mince à grande surface sous un volume restreint ; 3° il y a usure insignifiante de l’appareil, chauffé intérieurement par un tourbillon de flammes claires et de gaz chauds ; 4° on n’a jamais de soubresauts de l’acide en concentration et les « petites eaux » n’ont qu’un degré moyen très bas de 8° B ; 5° enfin on obtient de l’acide sulfurique à 66° B plein.
- A notre avis le concentrateur Chapuis en platine constitue un perfectionnement important dans la fabrication de l’acide sulfurique, et nous ne pouvons résister à commettre une indiscrétion en disant que l’inventeur est Mlle Chapuis, une jeune chimiste, dont le nom est fort connu dans l’industrie du platine. Jacques Barrai..
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- FLÈCHES DE CHASSE DES CHINOIS L\ï
- M. le Dr Ch. Broquet a récemment fait connaître à la Société d’Anthropologie de Paris les flèches dont les Chinois de la presqu’île de Leî-Chau (Quang-Tong) se servent pour chasser les oiseaux et les animaux de petite taille (renards, civettes, chats sauvages, etc...); ils utilisent des sarbacanes comme armes et des flèches comme projectiles. La sarbacane est constituée par un bambou creux, long de 4™,87 d’une circonférence de 0ra,09 à l’extrémité la plus grosse (que l’on peut appeler buccale, car c’est
- celle où le chasseur appliquera sa bouche pour souffler et expulser la flèche), de 0“,Ü5 à l’autre extrémité terminale qui est entourée d’une petite virole en cuivre. Les flèches longues de 0"1,05 sont constituées par une tige de bambou léger et solide ; leur extrémité est taillée en fer de lance ou terminée par une tige de fer de 0“,08 à 0m,10 de long, attachée au bois de la flèche et taillée elle-même en fer de lance à son extrémité. Des plumes sont attachées sur le bois en deux endroits : à la base, sur une longueur de 0m,10 à 0“,12 environ et à l’autre extrémité, à 0m,10 environ de la pointe en fer de lance, sur une longueur de ü,n,05 à üm,06. L’épaisseur de ce revêtement de plume est telle que la flèche remplit le calibre intérieur de la sarbacane et glisse avec frottement sur les parois du tube sous l’influence de l’air insufflé par le chasseur ; le gaz ne pouvant diffuser autour de la flèche, produit le maximum d’effet de propulsion. Le poids de la flèche est de 15 grammes. Voici comment procède le Chinois laï pour chasser avec ces armes :
- Le chasseur, se tenant à l'affût dans des fourrés ou dans des bois, introduit une flèche dans la sarbacane, par la grosse extrémité et appuie l’autre extrémité du long tube de bambou soit sur une branche d’arbre, soit sur l’épaule d’un aide; il applique sa bouche sur l’orifice du tube, vise l’animal qui passe ou l’oiseau qui vient se percher, et souffle avec force; la flèche est projetée hors de la sarbacane et va frapper l’animal visé. La force de propulsion qui varie avec le souffle de chasseur est en général assez grande pour produire un résultat efficace à vingt et trente pas.
- L’obligation où se trouve le chasseur de se mettre à l’affût ou de faire reposer l’extrémité de sa sarbacane sur une branche d’arbre ou sur une épaule, résulte de la grande longueur du bambou flexible (4-“,87) qui ne lui permet pas de le diriger convenablement et rapidement dans une direction donnée comme il le ferait avec une sarbacane française ou avec d’autres armes. On pourrait comparer le maniement de ces sarbacanes à celui des fusils de rempart dont se servent les soldats chinois, qui présentent une longueur telle qu’il faut les appuyer sur une muraille ou sur les épaules de robustes guerriers pour pouvoir s’en servir avec efficacité.
- Les sarbacanes doivent être frottées à sec au retour de la chasse et être conservées ensuite à l’abri de la chaleur et de l’humidité. Sans ces précautions le bois du tube se fendille et, par suite de la déperdition de l’air, le projectile perd toute force de propulsion et de pénétration.
- CANAUX ET VÉGÉTATION LUNAIRES
- Quelques points sont à retenir dans l’article de M. Pickcring sur les canaux et la végétation lunaires, qui a paru dans le Century Magazine. En 1888, l’auteur émettait l’opinion que les canaux de Mars étaient dus aux differentes phases de la végétation sur cette planète et non à la présence de masses d’eau. En 1892, des observations faites à Aréquipa montraient que parfois les canaux traversaient les mers, ce qui compliquerait l’hypothèse suivant laquelle les mers seraient liquides. Plus récemment, l’hypothèse de la végétation a été reprise par quelques astronomes, notamment par M. Lovvell. L’existence de canaux lunaires d’aspect changeant viendrait encore à l’appui de cette opinion, puisque l’eau ne peut exister sur la lune qu’à l’état solide ou gazeux. Or, sur trois des quatre dessins de la surface lunaire, qui accompagnent l’article de
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- LA NATURE.
- M. I’ickering, on perçoit la trace de canaux, tandis que sur le quatrième ces canaux sont invisibles. Les dessins ont été exécutés par un même astronome, au cours des observations de la lune faites à la Jamaïque à l’occasion de l’expédition de l’observatoire d’Harvard College ; ils se rapportent au cratère d’Eratostbène et sont contrôlés par quatre photographies que l’auteur reproduit également. Les canaux lunaires sont plus facilement observables que les canaux martiens, ils sont visibles de tous les points de la terre, leurs changements sont très rapides et peuvent être suivis de façon continue : on peut, semble-t-il, assister à la formation et à l’évanouissement d’un canal, fait qu’on n’a jamais pu réaliser pour les canaux de Mars. Leur étude contribuerait donc à préciser l’interprétation de ces derniers.
- Se plaçant à ce point de vue, l’auteur, en s’aidant des photographies, décrit et commente lesvariations d’aspect qu’ont présentées les canaux au cours des observations. L’absence d’eau liquide semble détruire l’hypothèse que ces canaux sont dus à delà végétation. Mais il se pourrait que la vapeur d’eau ou la gelée blanche, déposée sur la végétation, suffi-
- sent pour lui assurer la vie. D’ailleurs la végétation lunaire possède sur la nôtre deux avantages marqués : 1° Puisque la gravité est moindre sur la lune que sur la terre, les feuilles et les branches n’ont besoin pour pousser que du sixième environ de la force qui leur serait nécessaire si elles étaient transportées sur notre globe. ‘2° Comme il n’y a pas de vent sur la lune, la végétation au ras du sol semble le régime des plantes lunaires qui ne grimpent pas sur les roches comme les nôtres de la flore arctique et de la flore antarctique.
- Les idées de M. Pickcring ne semblent être encore que les éléments sommaires d’une théorie que l’auteur sera sans doute à même de compléter et de préciser par des travaux ultérieurs. J. Garcix.
- LA VISION ET LES ORGANES LUMINEUX
- DANS LES PROFONDEURS DE LA MER
- Les animaux qui vivent dans les mers profondes, c’est-à-dire sous une pression de plusieurs centaines
- Fig. 1. Vision et organes lumineux. — 1. Poisson provenant du golïe de Guinée et de l’océan Indien. 2. Céphalopode recueilli au sud du Cap de Bonne-Espérance. — 3. Cératide.
- d’atmosphères, dans un milieu où les rayons solaires ne pénètrent jamais et dont la température est très peu supérieure à 0° sont soumis à des conditions très particulières. Aussi ces êtres nous surprennent-ils toujours par l’étrangeté de leurs formes, qui semblent les produits de la fantaisie ; cependant, de même que les faunes de la surface, celles de la profondeur sont parfaitement adaptées à leur genre de vie. D’une part, on conçoit que l’uniformité des conditions de température, de luminosité et de pression se traduise par une uniformité correspondante des faunes profondes; d’autre part, ces conditions ne se sont modifiées que très peu depuis les époques géologiques. Aussi pouvait-on s’attendre à trouver vivantes au fond des mers un certain nombre d’espèces qu’on est habitué à regarder comme fossiles.
- Les Eryonides sont des crustacés ressemblant au homard. On les trouve à l’état fossile dans les schistes jurassiques de Solenhofen. Actuellement ils habitent les mers profondes ; leurs yeux se sont atro-
- phiés et un certain nombre d’espèces ont même perdu leurs cavités orbitaires. En revanche, leur corps s’est couvert d’une véritable toison de poils servant au toucher. L’expédition de la Valdivia a pêché dans les profondeurs de l’Atlantique et de l’océan Indien un ostracode (Halocypris) long de plus d’un centimètre et entièrement aveugle. Il y a également des poissons dépourvus d’yeux ; ils vivent sur le fond de la mer, alors que ceux qui nagent entre deux eaux ont toujours des organes visuels bien développés.
- D’ailleurs, même chez les animaux des grands fonds, l'atrophie des yeux est plutôt exceptionnelle; le plus souvent ces organes sont conservés et même de très grandes dimensions. Dans certains cas, l’œil a perdu sa forme sphérique, pour devenir cylindrique. Cette disposition bigarre s’observe chez des céphalopodes recueillis par la Valdivia au sud du cap de Bonne-Espérance (lig. 1, n° 2). La même expédition a découvert un certain nombre dp poissons pré-
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- sentant nne disposition semblable. L’nn d'eux (tig. 1, n° 1) ne rentre dans aucun groupe connu; il provient du golfe de Guinée et de l’océan Indien.
- Chez d’autres poissons les yeux cylindriques ne regardent plus en avant, mais sont dirigés directement vers le haut. Enfin on a trouvé de jeunes poissons dont les yeux sont portés sur de très longs pédoncules, et chez certains scopélides il y a au sommet du crâne un organe recouvert par une cornée transparente, et qui n’est autre qu’un troisième oeil (œil pariétal).
- La complexité de ces organes visuels prouve que, même dans les grands fonds marins, il y a encore de la lumière. Celle-ci est fournie par d’innombrables animaux phosphorescents. Protozoaires, Hydraires, Vers,
- Crustacés et Poissons répandent dans les ténèbres des océans des lueurs qui leur servent à se diriger ou à attirer des proies.
- Elles sont produites tantôt par des sécrétions phosphorescentes, qui engluent tout le corps, tantôt par des organes nettement localisés.
- Voici un poulpe pêché dans l’océan Antarctique par 1500 mètres de profondeur (fig. 2). Il a pu être photographié sur la Valdivia aussitôt après sa capture, alors que ses organes lumineux bril-laient encore. Ceux-ci sont au nombre de 24, les uns forment une couronne autour des yeux, les autres sont placés sur la face ventrale et sur les bras. Leur éclat varie du rouge ardent au blanc pur. Chacun consiste en une petite cupule revêtue d’un pigment noir et recouverte d’une lentille transparente.
- Parmi les poissons, les Cératides portent, en avant de la tête, une longue tige surmontée d’un organe lumineux. L’espèce que nous représentons a été pêchée par la Valdivia, par 1500 mètres de fond, en face de Oar-es-Salam (fig. 1, n° 3). Les Pédiculés, sorte de poissons plats qui vivent sur la vase du fond, portent sur le museau un organe bilobé sessile et quelquefois pédiculé qui sert très vraisemblablement à produire de la lumière et qui doit être rapproché de celui des Cératides.
- On voit, par ces quelques lignes, que l’éclairage du fond des mers est assuré par ses habitants eux-
- mêmes, et que le sens de la vue trouve à s’y exercer. Celui-ci est d’ailleurs très variable suivant les espèces. Certains poissons, tel que le Megalopha-ri/nx, ont une bouche énorme et des yeux très petits ; chez d’autres, la bouche est petite, il faut par suite plus d’adresse pour attraper les proies, les organes de la vue sont alors très grands.
- Les appareils tactiles sont extrêmement développés chez certains habitants des profondeurs et suppléent à ce que la vue peut avoir d’insuffisant. Nous avons déjà parlé des poils des Eryonides. 11 y a des crevettes de mer profonde (2000 mètres) qui, longues
- de 0m,28, ont des an-tennes de lm,50 de longueur. Chez d’autres, les pattes sont en même temps très développées. Chez certains poissons, la mâchoire inférieure porte de longues barbes, en même temps que les nageoires sont transformées en filaments tactiles du plus curieux effet. 11 faudrait un volume pour énumérer toutes les adaptations auxquelles donne lieu la vie dans les profondeurs de la mer et pour signaler seulement tous les divers changements et modifications dont nous trouvons tous les jours des exemples nouveaux. 11 me suffit d’avoir montré que les formes, souvent bizarres, que nous y rencontrons, ont toutes leur raison detre et que, si nous ne pouvons encore les expliquer toutes, du moins ne pouvons - nous nier la finalité qui, ici comme sur le reste du globe, a présidé au développement de la vie. I)1’ L. Lai.oy.
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- CHRONIQUE
- I.e danger des calorifères. — La lin tragique d’Émile Zola a suscité de véritables craintes parmi une partie de la population. Il en est ainsi chaque fois que l’oxyde de carbone accomplit traîtreusement son œuvre de mort. On se rappelle l’intoxication de M. et Mme Tarbé des Sablons. Toujours les émanations de l’oxyde de carbone ! Malheureusement le public songe au danger pendant quelques semaines; puis il oublie trop vite.que le gaz assassin est toujours prêt à faire de nouvelles victimes. Et pourtant les cas de mort par oxyde de carbone sont nombreux et bien connus. Un nouveau locataire arrive dans
- Fig. 2. — Poulpe pourvu d’organes lumineux.
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- LA N A TU HE.
- lin appartement du rez-de-chaussée ; il se couche plein de vie et ne se réveille plus. Au premier étage au-dessus de lui, son voisin avait allumé un poêle mobile. Il y avait fissure dans le tuyau de la cheminée et communication avec la cheminée du rez-de-chaussée. Et le gaz toxique était descendu et avait envahi la chambre inoccupée depuis des mois. Ailleurs tuyaux fendus et communications entre deux appartements. Encore des victimes. Les propriétaires et les architectes ne surveillent pas assez les cheminées. Ce sont surtout les calorifères à air chaud qu’il faut redouter. Il est rare qu’il n’y ait pas de fissures entre la chambre de chauffe et le foyer. L’air circule dans les tuyaux d’amenée souvent chargé d’oxyde de carbone. Au bout d’une dizaine d’années, et souvent bien avant, les tuyaux de chauffe sont oxydés, pourris et personne ne s’en préoccupe. L’intoxication s’ensuit le plus souvent et même la mort. Il faudrait absolument surveiller attentivement nos appareils de chauffage non seulement au début de l’hiver, mais encore de temps en temps pendant qu’ils sont en service continu; surtout ne jamais allumer un calorifère, un poêle à la fin du jour sans en avoir vérifié la marche. La nuit, on dort et l’on ne peut s’apercevoir d’un commencement d’asphyxie. Il convient de se souvenir que tout foyer peut être dangereux, puisqu’il peut dégager de l’oxyde de carbone comme un robinet de gaz entr’ouvert dégage cet autre gaz asphyxiant, le gaz d’éclairage.
- Déformations du disque solaire. — Nous avons signalé récemment1 certains aspects bizarres du soleil au moment du coucher, il aurait été juste de mentionner à ce propos les travaux de M. Prinz, de l’observatoire royal de Belgique, qui a fait une étude assez complète de ces phénomènes. Il les décrit dans une notice extraite de Y Album Jubilaire belge de photographie. Dans une des photographies qu’il reproduit, on voit très nettement le disque déformé du soleil se détachant sur un fond noir circulaire qui en fait ressortir le contour elliptique. Les images originales obtenues par M. Prinz présentent sur les bords du disque de nombreuses indentations qui se correspondent aux extrémités d’un même diamètre horizontal. Elles sont produites par des couches d’air de densité et de réfrangibilité différentes, disposées parallèlement. Les strates sont souvent invisibles, mais peuvent être devinées sur la plaque ; d’autres fois elles apparaissent sous forme de bandes de transparence variable. Au fur et à mesure de la descente du soleil derrière ce rideau de strates horizontales, de nouvelles encoches naissent et se succèdent sur le bord du disque. « L’apparence, dit M. Prinz, est celle de flammes qui courent symétriquement des deux côtés de l’astre, pour se joindre au sommet en un jet lumineux. Ce dernier se détache et s’évanouit, pour faire place à celui qui lui succède immédiatement. Il arrive que ces flammes sont de dimensions appréciables et l’on peut admettre que ce sont elles que l’on a parfois prises pour des émissions issues du soleil lui-même, alors qu’il disparaissait sous l’horizon. » Il se produit ensuite une succession de phases que l’auteur schématise dans une série de croquis presque identiques à ceux que nous avons déjà donnés. Mais, outre ces modifications de forme, il se produit des modifications de couleur, dont les auteurs parlent peu, et qui sont dues à la dispersion atmosphérique. Quand le soleil arrive au dernier quart de sa course, son image, projetée sur le verre dépoli d’un héliographe, se montre nettement bordée
- 1 Voy. n° 1525, du 16 août 1902, p. 162
- de violet à la partie supérieure et de rouge à la partie inférieure ; il semble que l’astre soit vu à travers un prisme de faible pouvoir dispersif. Et, en effet, la partie du segment atmosphérique, traversée par les rayons d’un astre, fonctionne dans ce cas comme un demi-prisme ordinaire. Les observations de Jupiter faites par M. Ricco, directeur des observatoires de Catane et de l’Etna, et celles de Vénus faites par M. Prinz lui-même confirment entièrement cette manière de voir. Comme le dit fort bien l’auteur, ces phénomènes offrent aux amateurs, et en particulier aux amateurs photographes, un vaste champ d’expériences attrayantes par leur difficulté même et les documents recueillis sur cette question pourraient éclaircir plus d’un point resté obscur d’optique atmosphérique. Au début de son mémoire, M. Prinz donne des indications pratiques à ceux qui voudraient se livrer à quelques recherches.
- La traction multiple aux États-Unis — On
- vient de décider une application nouvelle, aux États-Unis, du mode de traction double ou multiple, dont nous avons décrit ici même1 les particularités, sous les noms de trains Sprague ou trains à automotrices multiples Thomson-Houston. Le problème qui se présentait était la traction des trains de marchandises dans le tunnel des chemins de fer de Baltimore à Ohio. On sait que les trains de voyageurs étaient déjà remorqués par des locomotives électriques de grande puissance, et que le service se taisait de la manière suivante : les locomotives à vapeur remorquaient les trains jusqu’à l’entrée du tunnel, et là, sans autre manœuvre, on attelait devant la locomotive à vapeur la locomotive électrique qui devait remorquer l’ensemble, et qui, sa tâche finie à l’autre extrémité du tunnel, était de nouveau dételée et se préparait à remorquer un nouveau train. Deux locomotives suffisaient à la remorque des trains de voyageurs, par un service continuel de navette entre les deux extrémités du tunnel. Mais pour la remorque des trains de marchandises, elles cessent d’être suffisantes et comme nombre et comme poids. C’est ici alors qu’intervient la traction par motrices multiples, qui permet seule d’assurer l’adhérence nécessaire au tracteur, étant donné le poids considérable du train qu’il doit remorquer. Les trains de marchandises passant sous le tunnel de Baltimore à Ohio pèsent jusqu’à 1500 tonnes, y compris la locomotive à vapeur : la remorque se fera comme précédemment par les nouvelles locomotives électriques, c’est-à-dire qu’on les attellera en tète du train complet, et qu’elles devront remorquer la charge de 1500 tonnes, augmentée de leur propre poids. Or, la remorque dans un des sens se faisant sur rampe de 1,5, l’effort à développer est si considérable et le poids adhérent doit être si élevé, qu’on a dù faire deux locomotives séparées, munies chacune de 4 puissants moteurs, et commandées toutes deux d’une plate-forme unique. L’étude et la fourniture de ces locomotives ont été faites par la General Electric C°, et le mode de commande est celui que nous avons décrit à l’occasion de l’étude des trains Thomson-Houston des chemins de fer de l’Orléans et de l’Ouest; nous n’insisterons donc pas sur la description de ces locomotives, malgré les différences de détail qui les caractérisent. Chacune des unités composant le tracteur pèse 75 tonnes. La vitesse réalisée en rampe de 1,5 sera de 14kn,,4 par heure. L’avantage considérable qu’on recherchait réside dans la suppression absolue des fumées dues aux locomotives à vapeur.
- 1 Voy. n° 1485, du 9 novembre 1901, p. 576.
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- LA NATURE.
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- l.3t poussière dans les grandes villes. — A
- mesure que l’on s’approche des grands centres d’habitation, la quantité de poussière que l’air tient en suspension s’accroît énormément. D’après Sir James Chrichton Browne, qui retrace dans une conférence à la Sanitary Institut quelques expériences faites avec l’appareil du I)r Aitken, l’air de Londres contient J 50 000 parcelles de poussière et celui de Paris 210000 alors que dans l’Argi-leshire, en Écosse, il n’y en a guère que 200. L’air des villes est imprégné de poussière et de suie. Pour en combattre les effets délétères, il faut ventiler et arroser largement les rues. Le vent et la pluie sont les grands destructeurs de la poussière et il faut leur ménager un large champ d’action en isolant les maisons, en élargissant les rues, en imposant une limite à la hauteur des édifices, etc.
- I,c bassin d'expériences de l'arsenal de
- Washington. — L’habitude se généralise de plus en plus de juger des formes d’un navire que l’on veut construire, en soumettant à des essais de déplacement un petit modèle qui reproduit exactement à l’échelle les formes adoptées. C’est dans ce but que l’arsenal de Washington possède un bassin d’essais de 145 mètres de long et de 12 de large, où le modèle à essayer est remorqué à une vitesse uniforme par un chariot en forme de pont-roulant, qui repose sur deux voies placées de part et d’autre du bassin.
- Nouveau croiseur allemand. — Il s’agit du croiseur Prinz Friedrich Karl, lancé aux chantiers Blohm et Voss de Hambourg. Long de 11901,80, large de 19®,80, tirant 7®,39, il déplace 9050 tonnes et ses 17 000 chevaux-vapeur de puissance lui donneront une allure qu’on estime à 21 nœuds. La ceinture cuirassée court de bout en bout, elle est haute de 2m,48 et son épaisseur varie entre 10 centimètres et 8 centimètres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 6 octobre 1902.
- Présidence de M. Boüquet de la Grte.
- Recherches paléontologiques en Patagonie. — M. Albert Gaudry annonce que M. André Tournouër vient de partir pour la Patagonie pour y effectuer de nouvelles recherches paléontologiques. M. A. Tournouër a déjà accompli trois voyages dans ce pays. Avant de quitter la France, il a remis à M. A. Gaudry une Note résumant les résultats tirés des fouilles pratiquées pendant ses trois premiers voyages. Dans le premier, il a suivi la chaîne des Cordillères entre 40 et 32° de latitude sud; il a rencontré l’astropotherium. Dans le second voyage il a visité l’extrême sud de l’Amérique de Punta Arenas à Santa Cruz; enfin, dans le troisième, il est remonté de Santa Cruz au Deseado et a retrouvé le pyrotherium. On avait au Muséum des squelettes d’animaux de l’Amérique du Sud, mais c’étaient des squelettes d’animaux récents que l’homme a pu voir. Les animaux découverts par M. Tournouër appartiennent au tertiaire et même au tertiaire inférieur. Une partie de ces animaux paraît se rattacher au crétacé. Ils donnent lieu de constater une si grande différence, entre les animaux de l’Amérique du Nord et ceux de l’Amérique du Sud, qu’ils font penser que le développement de la vie n’aurait pas été le même sur l’hémisphère austral que sur l’hémisphère boréal.
- Un carnassier fossile gigantesque. — M. A. Gaudry présente ensuite une Note de M. Marcellin Boule sur un carnassier gigantesque dont les débris viennent d’être trouvés dans l’argile plastique de Vaugirard. Il a pu reconstituer la mâchoire qui mesure 0®,48 de longueur. M. M. Boule a reconnu que ce carnassier présentait le plus grand rapport avec un animal découvert aux États-Unis dans tes Montagnes Rocheuses qui a été décrit sous le nom de « pachyhyœna gigantea ». Ainsi à la même époque géologique, en Amérique et en France, les animaux apparaissent dans le même état d’évolution, tandis qu’il résulte des découvertes de M. Tournouër que cette évolution a été différente dans les deux hémisphères.
- Varia. — M. Tyson, astronome de l’observatoire de Greenwich qui s’occupe actuellement de la détermination de la différence de longitude de Paris-Greenwich, est présent à la séance et reçoit les souhaits de bienvenue de M. le Président. — M. Balland adresse une Note sur les plantes fourragères. — M. Edmond Perrier dépose une Note de M. Launoy exposant de nouvelles recherches sur la sécrétion des venins chez les animaux venimeux. — M. Michel Lévy remet un livre de M. Lacroix contenant des travaux de minéralogie se rapportant à des matériaux provenant de Madagascar. Gti. dc Villedeui..
- LES MALADIES DE L’AIR COMPRIMÉ
- On peut comprendre sous ce titre un peu synthétique les affections temporaires ou plus ou moins durables que contractent les ouvriers travaillant dans l’air comprimé à grande profondeur, c’est-à-dire là où la pression doit être maintenue fort élevée. La question est intéressante, étant donné que ce genre de travaux est de plus en plus fréquent. Elle avait déjà donné lieu à des recherches de M. Hersent, à Bordeaux. Mais M. B. II. Blytha a fait récemment à ce sujet une communication devant la Société des ingénieurs civils anglais.
- Il a eu occasion de poursuivre des constatations curieuses sur la matière, lors des travaux de construction du nouveau pont de Glasgow, dont les fondations ont été descendues jusqu’au roc, autrement dit à une profondeur de 35 mètres environ au-dessous du niveau des hautes mers. Dans le premier des puits creusés, qui ne descendait en fait que jusqu’à 32 mètres, on avait d’abord établi une pression d’air oscillant entre 5k&,02 et 4k«,09 par centimètre carré ; mais on s’aperçut qu’il était impossible de travailler sous cette pression, et un homme qui était descendu dans le puits demeura 48 heures sans connaissance après en avoir été remonté. On constata finalement que la limite de sécurité qu’on ne devait point dépasser était de 2ke,45 par centimètre carré. Au reste, dans certains des tunnels à grande profondeur actuellement en creusement à Londres, on a constaté qu'une pression de plus de 5 kg entraînait une proportion énorme de maladies et même de mortalité.
- La cause immédiate des indispositions qui frappent les hommes, c’est un pourcentage anormal d’acide carbonique, tout simplement parce qu’on obtient difficilement le mélange de l’air frais avec l’air vicié. Cet
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- LA NATURE.
- empoisonnement de l’atmosphère est particulièrement intense dans l’argile londonnienne bien plutôt que dans le sable. Les indispositions sont légères quand on fournit 225 mètres cubes d’air par homme et par heure, mais les cas de maladie sont extrêmement nombreux quand le débit tombe à 50, h 60 mètres cubes avec un front de taille dans l’argile. Le I)r Wainwright a remarqué que, dans le premier cas, la proportion d’acide carbonique est seulement de 0,06 à 0,07 pour 100, tandis qu’autrementelle peut monter de 0,08 à 0,10 pour 100.
- Avec un front de taille d’argile, le pourcentage en acide carbo-nique monte de 25 pour 100 : cela tient du reste à un phénomène mécanique tout naturel; avec un front de taille dans le sable, des fuites énormes se produisent qui forcent les ouvriers à admettre en quantité l’air comprimé.
- Dans les travaux des tunnels métropolitains de Londres, on employait comme remèdes l’ergot de seigle et la morphine , notamment en injections.
- Peu de temps après la sortie des caissons, les ouvriers sont atteints d’une sorte d’asphyxie, par suite du déplacement subi par l’oxygène du sang. En somme, la conclusion générale des ingénieurs anglais est que les maladies de l’air comprimé sont fonction de la pression, de la quantité d’acide carbonique présente sur les travaux et du temps pendant lequel s’en poursuit l’absorption. L. Carré.
- UNE MAISON A NEW-YORK1
- C’est bien un des monuments les plus caractéristiques de New-York que cet énorme édifice de
- 1 Voy. n° 1234, du 23 janvier 1897, p. 117.
- 21 étages, surnommé Fiat Iran Building (maison en fer à repasser), auquel sa forme bizarre et ses grandes dimensions n’enlèvent pas u»e certaine beauté architecturale. Elle occupe l’angle formé par les deux rues « Broadway » et « Fifth Avenue », à l’endroit où celles-ci se raccordent avec 25'd Street.
- En plan, sa forme est celle d’un triangle rectangle aux angles arrondis dont la base aurait 25 mètres, la hauteur 67, et l’hypoténuse 70. La charpente, qui est naturellement tout entière en métal, est très lourde; on l’a consolidée partout où les dispositions imposées le permettaient en reliant par des contre-fiches les poutres des planchers aux colonnes en fonte placées sur les piles. Ces précautions étaient nécessaires non pas tant pour faire supporter le poids mort à la charpente que pour permettre à celle-ci de résister à l’effort des vents. On conçoit, en effet, l’énorme pression qui s’exercera de ce chef sur un édifice que n’abrite aucun édifice voisin, qui présente au vent 6000 mètres carrés de surface, et auquel sa forme amincie semble donner peu de résistance, C’est pourquoi la charpente a été établie de façon à pouvoir supporter 'une pression de 244 kg par m2. Sa résistance et sa rigidité la rendent indéformable, et si le vent l’ébranle, ce ne sera qu’en déplaçant la masse dans son ensemble.
- Les deux étages en sous-sol ont respectivement 3m,58 et 4m,10 de hauteur; le rez-de-chaussée a 7m,70 et les autres étages 3m,90. La hauteur totale est donc de 80 mètres environ, J. G.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue ae Fleurus, 9.
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- N° 15 34.
- 18 OCTOBRE 1 902.
- LA NATUIÎE.
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- ATTELAGE AUTOMATIQUE DES WAGONS
- APPAREIL BOIRAULT
- Il y a eu déjà plusieurs tentatives pour réaliser l’attelage automatique des wagons et supprimer la manœuvre dangereuse et longue qui oblige un homme d’équipe à s’introduire entre les tampons pour accrocher la barre de traction; jusqu’à présent, aucun système n’a paru réunir les conditions nécessaires pour être adopté par les Compagnies. En Amérique, il y a cependant plusieurs types utilisés, mais pas d’une façon générale; on a pu voir dernièrement
- l'un d’entre eux adapté aux voitures du Cirque Bar-num : ils présentent certains inconvénients qui ne permettent pas de les adopter chez nous. La Compagnie des chemins de fer de l’État français vient de faire des essais avec un nouveau système, dû à l'un de ses agents, M. Boirault, et, à la suite des résultats très encourageants qui ont été obtenus, elle a commandé un certain nombre d’appareils destinés à des expériences sur un train complet de marchandises. M. Boirault semble, en effet, avoir résolu complètement le problème, car son appareil répond entièrement à toutes les données du programme, telles qu’elles ont été posées par les ingénieurs compé-
- Attelage automatique des wagons. — 1. Appareil déclenché montrant les verrous fermés.
- 2. Même appareil armé, montrant les verrous ouverts. — 3. Disposition de l’appareil sur un wagon.
- tents des diverses Compagnies de chemins de fer.
- L’installation se fait sur les voitures sans rien modifier au matériel et en conservant l’ancien mode d’attache qui peut être employé à tout instant ; Taxe de traction reste indépendant du système d’attache ; aucune disjonction imprévue ne peut survenir ; l’accouplement se fait d’une façon absolument automatique sans le secours de la main ; cette automaticité peut être supprimée instantanément si c’est utile ; le découplement s’obtient en tirant sur une poignée placée sur les côtés du véhicule et l’homme d’équipe reste toujours en dehors dé la voie ; enfin le système est assez rustique pour ne craindre ni les intempéries ni les chocs brusques de la manœuvre.
- Jusqu’à présent l’attelage automatique en question n’a été construit que pour des voitures de trains de 30e année. — î° semestre.
- marchandises ne comportant pas de frein à air ; mais des dispositions spéciales ont été prévues pour assurer aussi le raccord automatique des conduites de frein dans le cas où cela serait nécessaire.
- L’appareil se compose (fig. 1, n° 1) d’une plaque d’accouplement formant la partie antérieure d’une sorte de cadre extensible dont les côtés forment glissières ; à l’intérieur du cadre se trouve un fort ressort R constitué par une lame d’acier roulée en spirale; comme on le verra plus tard, sa compression et sa torsion sont utilisées toutes deux pour des effets différents. L’appareil pèse environ 50 kg et s’appuie sur le crochet de traction de la voiture (fig. 1, n°o) où il est maintenu en place par une traverse qui épouse l’œil de ce crochet ; il subsiste un certain jeu qui permet de ne pas s’inquiéter de la petite dilïérence
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- LA NATURE.
- SOfi
- de niveau provenant de la charge plus ou moins grande des wagons voisins.
- Les chaînes desûreté se fixent une fois pour toutes h des anneaux situés de part et d'autre de la plaque d'accouplement. Celle-ci comporte (fîg. 1, nos 1 et 2) deux forts verrous Y passant dans des ouvertures où viennent s’engager les oreilles B et C delà plaque correspondante. Afin que, malgré la différence de niveau ou de direction qui pourrait exister, les oreilles entrent toujours dans les ouvertures où coulissent les verrous, il y a au lias de chaque plaque deux guides G et II, l’un en creux, l'autre en relief, présentant des plans inclinés qui leur permettent de pénétrer toujours l’un dans l’autre pour des plaques opposées.
- Toute la manœuvre consiste à armer ou à désarmer les verrous. Pour la première opération il suffit de tirer sur l’une des chaînes fixées aux extrémités d’un levier L et dont les poignées aboutissent de chaque côté du wagon, à portée delà main.
- La traction ainsi opérée a pour but de retirer les verrous qui sont solidaires du levier L et de rendre libres les ouvertures Y. Le ressort R agit par torsion sur ce levier et ces verrous, il tend à les tenir constamment fermés; pour les maintenir dans la position d’ouverture, où les place la traction sur la chaîne, un levier A est articulé sur le levier L et suit son mouvement ; il traverse une ouverture pratiquée dans l'épaisseur de la plaque d’accouplement et une encoche M, ménagée vers son extrémité, vient buter contrô les bords de cette ouverture dès que la traction a été suffisante pour dégager les verrous ; ceux-ci sont ainsi maintenus dans la position d’ouverture, ils sont armés. Pour les faire refermer, il suffira de soulever de bas en haut l’extrémité du levier A, pour dégager l’encoche. Ceci peut, à l’occasion, se faire à la main : quand on veut, par exemple, empêcher deux wagons voisins de s’accoupler, ce qui supprime l’automaticité et répond à l’une des conditions du programme. Mais en temps ordinaire le soulèvement du levier A se fait automatiquement par un petit plan incliné N, ménagé sur l’oreille B qui pénétrera dans l’ouverture la plus voisine de l’encoche M sur la plaque correspondante. (Les appareils représentés en regard l’un de l’autre sur notre gravure (fîg. 1, nus I et 2) indiquent bien la façon dont se fait l’accouplement des organes symétriques de chaque plaque.) Aussitôt que le levier A est dégagé le ressort agit et les verrous viennent s’engager dans les oreilles B et C, ce qui constitue un attelage très solide, plus solide que la barre ordinaire, ainsi que l’ont établi les expériences faites à la gare de Chartres. Lorsqu’il s’agit de séparer deux wagons, une simple traction sur la poignée de la chaîne suffit; les verrous sont retirés et en même temps armés ; l’appareil est disposé pour un nouvel attelage automatique. Le ressort B, très élastique et très robuste, en agissant par compression, donne beaucoup de souplesse à tout l’ensemble, qui, par le fait, a résisté à des chocs auxquels n’ont pas résisté les organes ordinaires.
- Quand deux wagons à réunir ne sont pas munis
- du système automatique, il suffit de supprimer celui-ci sur la voiture qui en est nantie ; pour cela un seul homme suffit, il le soulève simplement du crochet de traction et le laisse pendre verticalement sur celui-ci, rendant libre l’usage de la barre d’attelage qui, elle aussi, est restée en place. Les deux systèmes peuvent donc être employés en même temps, ce qui est absolument indispensable, car aucun inventeur n’aurait la prétention de faire réformer du jour au lendemain le matériel existant.
- 11 faut que la substitution se fasse petit à petit au fur et à mesure des besoins, ou des moyens des Compagnies. Celles-ci ont le plus grand intérêt h voir un appareil de ce genre se généraliser, car il éviterait de nombreux accidents, qui lui coûtent très cher, et les manœuvres de composition de trains se feraient trois fois plus vite : le temps, c’est de l’argent, surtout dans l’industrie. G. Ciialmarès.
- IA STATION TRANSATLANTIQUE MARCONI
- AU CAP BRETON
- Ce fut le 12 décembre 1901 que Marconi tenta son premier essai de communication transatlantique sans fil entre la station de Poldhu, en Cornouaille, et Saint-Jean-de-Terre-Aeuve, en Amérique. A la suite de ces essais, il v eut de nombreuses discussions. En février 1902, les officiers du steamer Philadelphia ont certifié que Marconi a reçu des dépêches sans fil à 1555 milles de l'oldlm. Malgré celte preuve, tout le monde n’est pas encore convaincu de la possibilité de la télégraphie sans fil transatlantique. C’est en vue de fixer définitivement sur les possibilités réelles de la lélégraphie sans fil à de grandes distances, que Marconi vient de faire installer un grand poste au cap Breton en Amérique. Dans ce poste, dont l’extérieur Cot représenté par la figure ci-jointe, tout est grandiose; énergie, machines, antennes et mâts. La puissance dont on fera usage, pour actionner les transformateurs est de 40 chevaux, fournie par un moteur à pétrole. De grandes capacités donneront aux ondes la longueur voulue. La différence de potentiel pourra produire des étincelles de 50 centimètres. Amis empruntons à un récent article du Scientific American quelques renseignements complémentaires sur la station du cap Breton.
- La station à Glace Bay, au cap Breton, est située fur un promontoire qui se trouve à environ 24 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le support des antennes est constitué par quatre tours de 70 mètres en bois, haubanées et disposées de façon à constituer un carré. Les quatre plates-formes supérieures des tours sont reliées par quatre gros câbles du meilleur fil d’acier et qui ont environ 8 cm4 de section. L’antenne dorft Marconi fait usage au cap Breton est la même que celle que nous avons employée dans nos expériences de télégraphie sans fil entre Bruxelles et Anvers avec notre répétiteur automatique à Malines, de décembre 1900 à mars 1901. line antenne semblable a été, depuis, adoptée avec succès par Ducretet. L’antenne Marconi du cap Breton est constituée par 150 câbles reliés aux câbles horizontaux. Les câbles convergent vers le bas à 50 mètres de distance des câbles horizontaux et entrent ensemble dans le poste. L’antenne Marconi a la forme d’une pyramide renversée.
- On peut expliquer de différentes façons l’utilité que
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- Marconi attribue à l’inclinaison des antennes dans ses expériences de télégraphie sans fil à grande distance en mer. Cette inclinaison de l’antenne nous semble, en effet, utile et parfois même indispensable : 1° si, comme un savant anglais l’a fait remarquer, les ondes voyagent, en étant réfléchies plusieurs fois et successivement par la mer et par la couche conductrice d’air raréfié se trouvant à la partie supérieure de l’atmosphère; 2° si, comme un officier français l’a fait remarquer, les ondes se propagent par les cables sous-marins qui servent d’antenne intermédiaire ; 3° si, comme nous avons des raisons de le croire, les ondes traversent la mer. Dans ses essais trans-
- ita station transatlantique Marconi au cap Breton.
- atlantiques, Marconi fera usage de son ihtector magneli-cum capable de transmettre plusieurs centaines de mots à la minute.
- M. Vvogan, l’ingénieur- qui a dirigé l’installation du poste du cap Breton, a déclaré à un rédacteur du Scientific American que la puissance de la nouvelle installation est plus grande qu’il ne faut pour communiquer avec l’Europe et qu’elle pourrait même amplement suffire pour communiquer avec cap Town en Afrique du Sud.
- Emile Gcium.
- LÀ COMÈTE
- Nous avons donné à plusieurs reprises, dans nos « Informations », des renseignements sur la marche de la comète qui attire l’attention des observateurs depuis quelques semaines. 11 n’est pas superflu de résumer ici en quelques lignes ce que l’on sait aujourd’hui du nouvel astre.
- Le lrr septembre dernier, à 4 heures du matin, M. l'é-rine découvrait à l’observatoire de Lick, en Californie, dans la constellation de Persée, une pale nébulosité télescopique de 9e grandeur. Dès le lendemain, avant que la nouvelle en fût parvenue au bureau de Kiel, en Europe, M. Borrelly la découvrait à son tour, et indépendamment, à l’observatoire de Marseille. Ce fut la comète b 1902. Quelques jours plus tard, MM. Borrelly et Fabry écrivaient à l’Académie des sciences de Paris : « La comète est assez brillante; elle a un noyau allongé et une queue de 8' à 10'. Le noyau paraît se dédoubler par instants et former deux petits noyaux associés ». A l’observatoire de Besançon, M. Chafardet suivit la comète.- Pour lui, le 5 septembre, la chevelure de l’astre mesurait environ 3' avec un noyau de 9* grandeur. On distinguait une queue en forme de balai de direction S.-O. d’une longueur de 7'. La plupart des observatoires confirmèrent la découverte. L’astre était facile à examiner, car il était alors dans la constellation de Persée
- en ce moment, pendant toute la nuit, au-dessus de nos tètes. A 1 observatoire de Lyon, M. Guillaume, le 8 septembre, vit la comète avec une queue divisée en trois aigrettes. Le 15 septembre, MM. Benoit et Chrétien ont estimé l’astre à la 8” grandeur à l’observatoire de Juvisy. Les jours suivants on l’apercevait aisément avec une jumelle. Loin de diminuer, comme on l’avait cru tout d’abord, l’éclat allait en augmentant assez vite, et d’autant plus que la comète se déplaçait rapidement au milieu des étoiles. Le 1er septembre, elle se trouvait, comme nous l’avons dit, dans Persée, puis, le 25, dans Cassiopée, et la voici dans le Cvgne.
- Le 24 septembre, elle était encore à 210 millions de kilomètres du Soleil et à près de 85 millions de kilomètres de la Terre. Le 5 octobre, elle s’était approchée de nous à 55 millions et encore de plusieurs centaines de mille dekilomètresle 8 octobre,distance minima. Elle s’éloigne de •nous depuis celte date, mais se rapproche du Soleil. Elle sera devant le Soleil, à la distance la plus rapprochée, le 23 novembre, si les calculs sont exacts. Elle passera alors aussi près du Soleil qu’elle a passé près de la 'ferre. Elle va être intéressante à observer en novembre, car son embryon de queue et même son noyau pourront subir des modifications et des transformations qu’il sera important de noter. Le Soleil exerce une répulsion de nature mal déterminée sur les comètes et tend à faire fuser la matière cométaire. Le fait a été observé plus d’une fois et M. Faye, en particulier, a établi toute une théorie sur la répulsion solaire. La matière des comètes est si ténue que son voisinage avec l’astre central peut, en effet, exercer des déformations complexes. Au delà du 23 novembre, l’astre s’en ira peu à peu dans l’hémisphère austral.
- En ce moment, la comète b 1902, plus connue sous le nom des deux astronomes qui l’ont découverte « comète Périne-Borrelly », est bien visible à l’œil nu, quand les brumes d’automne permettent de l’apercevoir entre les nuages. Elle est à notre zénith dans la constellation du Cygne qu’elle va bientôt dépasser. C’est pour l’œil de l’observateur une nébuleuse assez étendue, assez brillante, avec un noyau dont l’éclat est d’environ de 6e grandeur ; on aperçoit une petite queue dirigée naturellement à l’opposé du Soleil. L’éclat change du reste selon les soirs, selon la pureté de l'atmosphère essentiellement variable à celte époque de l’année.
- La comète Périne-Borrelly ne mérite pas, du reste, une biographie bien étendue. C’est une nouvelle venue sans doute qui n’a pas encore d’histoire. Fille n’a fixé un peu l'attention du public que par cela seul qu’on espérait voir notre ciel enfin éclairé par une belle apparition. Les astronomes découvrent chaque année plusieurs comètes dont on ne parle guère parce qu’elles sont télescopiques. Elles ne comptent, à vrai dire, que pour les observatoires. Le public s’en soucie peu. Il lui faudrait un astre resplendissant comme la génération actuelle en a vu autrefois et comme nous n’en voyons plus. Les belles comètes sont devenues absolument rares. Nous n’en avons pas eu une seule depuis depuis plus de seize ans. On dirait que c’est fini pour nous de ces phénomènes splendides.
- La plus belle comète que nous ayons pu admirer remonte à 1858. C’est déjà bien loin. C’était la comète Donati. Sa queue s’étendait sur une grande partie du ciel. Du reste, on en connaît, dans le passé, dont la queue traînait encore sur l’horizon quand le noyau brillant était au zénith. Certaines queues de comètes embrassaient dans l’espace plus de 70 millions de lieues. En 1744, la comète de Cheseaux étala, dans l’espace, six queues
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- LA NATURE.
- disposées en éventail. Lit comète de 1811, celle qui donna « le vin de la comète », fut aussi extrêmement brillante. On put la voir éclairer le ciel très longtemps, depuis avril jusqu’à fin septembre.
- La liste des comètes brillantes, depuis 1858, n’est pas longue. Nous en avons eu de belles en 1851, 1852, en 1874, puis en 1881 et 1882. Depuis, nous n’avons plus été favorisés d’aucune apparition remarquable dans notre hémisphère. Dans l’autre hémisphère, les habitants ont eu deux comètes assez éclatantes, en 1887, en 1901, et c’est tout. Henri de Parvim.e.
- IA POULARDE DE BRESSE
- La poularde de Dresse a une très grande réputation : on lui l'ait l’honneur de l’admettre sur les tables princières. Mais, si on la mange avec plaisir, on ne se préoccupe guère de son pays d’origine, de son mode d’éducation, des efforts tentés pour augmenter sa finesse et sa blancheur. Nous voudrions fixer ces points obscurs et donner quelques renseignements inédits sur une de nos spécialités agricoles.
- Son lieu d ’ origine, c’est la Bresse, celle qui s’étend en plaine ondulée autour de Bourg. Les lignes principales du paysage ont une grande uniformité, parfois un peu de tristesse. Rien n’est aussi régulier que les campagnes bressanes avec leurs immenses champs de blé et de sarrasin, leurs maisons grises ou jaunes. L’air lui-même manque un peu de vivacité. Il y a dans l’atmosphère une certaine mollesse qui n'est pas sans influence sur le caractère même de l’habitant. C’est surtout un bon et doux pays, avec ses grands bœufs paisibles, ses moissons blondes, ses chapons blancs.
- Existe-t-il une race de volaille bressane? Des spécialistes comme Cornevin, MM. Paradis et Montoux, répondent par l’affirmative. Les signes distinctifs de la race sont : le tarse gris et mince, la finesse du squelette qui permet la production d’une forte quantité de viande, les oreillons d’un blanc pur, parfois sablés de rouge, la crête d’un bon développement, dentée avec régularité. La meilleure variété est celle de Beny; elle a été obtenue en prenant toujours les sujets au plumage le plus blanc. Elle a de remarquables dispositions à l’engraissement
- et arrive très vite à avoir une chair délicate et fine.
- Son éducation est fort simple : les jeunes poulets restent en liberté jusqu’à l’àge de six mois; on les voit voleter en troupes considérables dans la cour des grandes fermes. Ils reçoivent pendant leur vie libre une nourriture abondante pour qu'ils soient en bonne forme au moment de la mise en cage. Les épinettes qui leur servent de seconde demeure sont placées dans un endroit très obscur. Les poulets y sont entassés de telle sorte qu’ils ne peuvent faire aucun mouvement. Dans ce nouvel état social, ils sont bien soignés : on confectionne pour eux une pâtée de farine de blé noir, d’orge, de maïs blanc, de ce maïs blanc dont on tapisse les larges auvents des maisons et des granges. On y ajoute du riz et du lait; trois
- fois par jour, la fermière gave avec sa main les volailles : c’est l’opération de l’embo-quage.
- Toute la Bresse engraisse des poulets; m a i s u n phénomène semblable à celui qui existe pour le vin se produit dans la qualité. Il-y a des terroirs privilégiés, où les grains, l’air, la nourriture des premiers mois donnent à la chair de la poularde des qualités qu'elle ne peut acquérir nulle part ailleurs . L a poularde fine se fait, par exemple, à Saint-Étienne-du-Bois. C’est là que vont tous les prix des concours spéciaux qui se tiennent chaque année à Bourg vers Noël. Les produits sont parfaits, très blancs, après bain de lait, et nuage de poudre de riz.
- Cette industrie est très lucrative : il n’est pas rare de voir des éleveurs payer une fermé de 1000 à 1200 francs avec le seul produit de leur poulailler. Un a craint un moment la ruine de cette industrie : une épidémie ravageait les basses-cours; l’école pasteurienne a découvert un remède. Mais si les galli-nacées échappent à la maladie, ils n’échappent pas à la broche, ayant beaucoup d’amis. Des volaillers parcourent les villages avec de longues et hautes charrettes, chargées de cages; ils apportent leur butin aux plumeuses, qui emmaillotent les bêtes à sacrifice. Le soir même les poulardes s’envolent dans toutes les directions : à Paris, sur la côte d’Azur, en Russie, en Angleterre, en Suisse. Paris a la grosse part. Sur deux millions- de kilogrammes expédiés à Rourg-en-Bresse, elle en réclame à elle seule la moitié.
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- L A W T I I; K.
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- Après Paris vient la Suisse, l'Angleterre. L'exportation est eu progrès constant, grâce à la rapidité des transports. Avec une organisation syndicale centralisant les renseignements et organisant la réclame, les résultats seraient meilleurs. Les statistiques dressées par les gares de départ et le prix moyen du kilogramme de viande nette qui est de trois francs, nous trouvons pour la région de la vraie poularde un ehillre d'affaires de six millions de francs. Cecliiflre est extraordinaire si l’on réfléchit que l’élevage d’exportation est concentré dans un nombre restreint de communes. Depuis quelques années, on fabrique aussi des conserves de volailles par le procédé de
- stérilisation Appert. C’est là une industrie agricole intéressante par elle-même, et aussi par les enseignements qu’elle donne. Elle est un exemple frappant des résultats auxquels on a pu aboutir en développant dans un pays l’industrie à laquelle la nature l’a destiné. Dans le cas qui nous occupe, c’est une industrie de luxe qui exige pour réussir une forte tradition, de la patience et de l’intelligence. Je crois (pie notre agriculture devrait s’orienter de ce coté. Le blé pousse partout : grâce à un lotissement spécial des propriétés, il pousse ailleurs sans exiger des déboursés onéreux comme chez nous. Restreignons avec prudence sa culture, et développons
- 10". 2. — Le concours de volailles grasses à Bourg.
- les produits rares et précieux que donne la terre française.
- Je ne veux pas oublier de dire que la poularde de Bresse, concurrente de celle du Mans, j’allais dire concurrente victorieuse, parce qu’elle est de ma région, a rencontré des partisans de diverses natures. Les spécialistes vantent ses qualités de chair et sa facilité à l’engraissement. Les gourmets, qui, en cette matière, ont voix au chapitre, ne lui ont point ménagé les éloges. Berehoux et Brillat-Savarin ont parlé de cet être honnête et succulent qu’enveloppe un blanc justaucorps de line graisse. Du reste sa réputation n’est [dus à faire : c’est en raison de sa célébrité et de l’amour persistant qu’on lui témoigne que j’ai jugé utile de faire sa biographie. J. Coiicelle,
- __ a Agrégé de lTuivcrsité.
- MINES DE BORACITE
- Les gisements de ce biborate de chaux que l’on nomme souvent boracite, ne sont pas très nombreux : ils sont donc intéressants à connaître, surtout quand ils ont une histoire aussi curieuse que ceux de Sultan-Tchaïr. Ces mines se trouvent en Turquie, dans le sandjak de lvarassi, et dans le merkiez-cza de Balikesser : la découverte, quelque peu accidentelle, en est due à M. Dema-zures, un architecte français qui, en 1850, avait été chargé de la construction d’un phare à la pointe de Sera-glio : pendant son séjour à Constantinople, il avait fait la connaissance d’un certain M. Grappler, qui l’avait invité à venir visiter sa carrière de marbre à Panderma. Or, pour maintenir les plaques de marbre pendant le sciage, M. Grappler employait ce qu’il ne croyait être que du gypse, et M. Demazures, en examinant ce gypse, s’aperçut qu’il contenait une autre substance dont il n’était pas à
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- même de déterminer la nature, tante de réactifs. Il envoya donc un échantillon à Sainte-Claire Deville, qui lui annonça qu’on se trouvait en présence d’un biborate de chaux contenant de il) à ii pour 100 d’acide borique.
- Celui-ci n’était pas alors d’un usage aussi courant que maintenant, néanmoins MM. Grappler et Deinazures comprirent l’importance de cette découverte, se mirent en quête des gisements d’où l’on avait extrait ce gypse, et bientôt ils obtenaient une concession temporaire de vingt ans, ils achetaient 5 à 4 hectares de terrain où ils savaient devoir rencontrer cette substance. Aujourd’hui l’exploitation, qui appartient à une compagnie anglaise, s’étend sur 200 hectares au moins. On y consacre un capital de plus de 60 000 000 de IV. L’exportation annuelle dépasse 0000 tonnes à raison.de 21,75 f'r. ; elle se fait par I’an-derma et principalement sur llouen, Liverpool, Marseille, Hambourg, Saint-Pétersbourg et Trieste. P. dk M.
- LE LANGAGE DES ALCHIMISTES
- On ne peut pas nier (pie la chimie est fille de l’alchimie, et que ce sont les alchimistes, en dépit de leur arsenal d’animaux empaillés, et du fond de leur cabinet où ils préparaient le plus souvent des mixtures ridicules, qui ont fait les premières découvertes où la chimie moderne a trouvé ses hases.
- Or, si la chimie, pour la simplicité de son enseignement et surtout pour la facilité des déductions que cela permettait, s’est créé tout un système de notations, que l’on a du reste étrangement perfectionné depuis quelques années, il va de soi que les alchimistes, qui vivaient du mystère même dont étaient entourés leurs travaux, leurs réactions, ne manquaient point de se servir d’une langue spéciale, langue écrite et faite de signes, qui leur permettait d’en imposer au vulgaire, et de désigner commo-
- A Air cf Fer.
- A Feu.. O Or.
- 1—V Fccu-. h Plomb .
- Ô Antimoine'. b -v Afercure-,
- o° Arsenic-. 9- SicbZimé- corrosif.
- DO Bismuth-. 9, Afercure précipité-.
- 9 Curare-. Oo Nickel .
- 'Xj CO o ' ^iO O ; 6 0 Huile-, è.eai Gnalrer.
- iD Flcdinc-. + Aczde.
- vJ Argent-. © Salpêtre-.
- $ Soufre- * Vtncagre.
- Ftcarxs. OrïstaL.
- ô Zinc- . Précipité-.
- % Chazioe caxistiguc-. 9^9 Purifié,
- * Sel cpr}ijriorvicu>. SlcblÙTbê.
- e,8 8 . •tP
- Jléalg. gt . Sel, Alcali- ccscstiqzie-.
- Ln tangage des alchimistes.
- dément les produits chimiques ou autres qui sortaient de leurs creusets. On doit même ajouter que, par ce langage mystérieux, ils pouvaient cacher le vide, le non-sens même de nombre de leurs écrits. Ils se créèrent, en somme, toute une série de symboles pour désigner soit des substances, soit des opérations de leur art, symboles dont on peut parfois retrouver l’origine, mais qui, souvent, ne sont que l’œuvre de la fantaisie. C’est ainsi que, reprenant les traditions des Chaldéens, les alchimistes associèrent fréquemment par la pensée un métal à une planète : l’or représentait l’éclat jaune du soleil, comme le fait remarquer M. Lewis Hoavc, dans une curieuse petite brochure publiée à ce sujet; dans l’argent, ils retrouvaient les reflets blanchâtres de la lune; le fer leur rappelait les armes de Mars ; le plomb, qui perd si vite son poli, le sombre Saturne. Même à notre époque, le vif-argent a gardé son nom de Mercure, le messager toujours fuyant des dieux, et l’on sait que l’on
- emploie encore couramment les expressions à’extrait de saturne ou de saturnisme. On ne s’étonnera donc pas, en jetant un coup d’œil sur le petit tableau que nous avons fait dresser d’un certain nombre de symboles d’alchimie, de voir une foule de substances et de corps figurés par des symboles de planètes. Peu à peu des signes nouveaux s’introduisirent ; souvent des transformations se produisirent qui masquaient l’origine première du signe; fréquemment aussi des symboles furent imaginés de toutes pièces sans qu’on put s’expliquer le motif qui avait fait choisir ce signe bizarre en apparence.
- Mais il ne faut pas trop sourire en regardant ces figures compliquées et baroques, car il faut se rappeler que, comme nous le disions, l’alchimie a été la première manifestation de la chimie moderne, et que cet empirisme, ces expériences fantastiques où l’on voyait de la sorcellerie, ont finalement donné naissance à une des plus belles manifestations de la science moderne. L. L.
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- LA N AT LI»L.
- POUDRE DE LAIT
- Tout le monde connaît le lait condensé ou concentré, qui rend de grands services parce qu’il olîre à peu près toutes les matières constitutives du lait sous un faible volume, et sous l'apparence d’une substance presque pâteuse que l’on retransforme en lait en lui rendant l’eau que la concentration lui a prise. Mais on a voulu mieux faire, et dessécher le lait en une matière pulvérulente d’un transport et d’une conservation encore plus faciles.
- De nombreux essais ont été poursuivis dans cette voie; mais on se heurtait à une grande difficulté, en ce sens que la dessiccation complète était impossible sans une élévation de température relativement considérable, qui changeait la nature des matières solides contenues dans le lait, les rendait insolubles, et en diminuait considérablement la digestibilité. Le IL Joseph 11. Campbell vient de créer une Compagnie, dite « National Nutrient Company », et des usines qui appliquent sa méthode, méthode grâce à laquelle on obtiendrait dans les meilleures conditions du lait en poudre. 11 s’agit, bien entendu, de lait écrémé qui contient encore une proportion fort importante de substances solides nutritives. 11 est évident qu’une poudre, une sorte de farine de ce genre, peut constituer un appoint précieux à l'alimentation, et cela à un prix qui la mettrait à la portée de toutes les bourses.
- Dans les trois usines de la Compagnie spéciale, voici comment se fabrique la poudre de lait, le natrium, ainsi qu’on le nomme. Le lait passe d’abord dans un récipient de concentration, récipient en cuivre étamé : il est du reste auparavant agité et chauffé par des jets d’air stérilisés ; quant aux récipients à concentrer (qui fonctionnent en réalité par groupes de 4) ils comportent un dispositif de circulation d’eau chaude qui passe extérieurement et même intérieurement. On y a ménagé également des ajutages en éventail qui distribuent de l’air stérilisé au-dessous de la surface du lait : cet air arrive sous pression, et on le laisse échapper quand les récipients sont chargés de lait; il emporte de la vapeur d’eau. On comprend que, dans ces conditions, le lait est bien plus brassé que s’il subissait l’ébullition. Au fur et à mesure qu’il se concentre la température s’abaisse, et finalement il est réduit au 1/16° de son volume primitif.
- On ouvre un robinet, et il tombe à l’étage inférieur du bâtiment dans de vastes tambours rotatifs, à surface parfaitement lisse et étamée, dont les extrémités sont coniques. Au fur et à mesure que le tambour tourne (à raison de 2 tours par minute), la masse pâteuse est emportée collée aux parois jusqu’à moitié de la course, puis elle se détache quand elle se trouve au point le plus haut de cette course, et elle retombe en rencontrant un courant d’air qui emporte encore l’humidité qu’elle peut contenir. Peu à peu, la pâte devient même par trop épaisse pour être soutenue par adhérence aux parois du tambour et elle forme une masse durcissant constamment qui roule sur elle-même, pétrie encore qu’elle est par l’action des extrémités coniques du tambour qui la font retomber sur elle-même. On la porte alors au tambour sécheur, où la dessiccation s’achève. Ici, un arbre central porte des bras qui viennent plonger dans la masse, et brassent et divisent encore les masses de lait déshydraté en les exposant intimement à • l’action d’air stérilisé et desséché. Le produit est alors sec et dur, et on le fait passer dans un concasseur broyeur qui l’amène à la consistance de farine grossière. On l’empaquette alors, et il peut s’expédier partout en se conservant fort bien, du moins à ce que l’on affirme. D. B.
- LE POTTO DE BOSMAN
- En revenant en France pour y prendre quelques semaines de repos, M. Haug, missionnaire protestant au Gabon, qui avait déjà enrichi les collections du Muséum de nombreux spécimens, a ramené plusieurs animaux vivants qu’il a généreusement offerts au Jardin des Plantes. Parmi ces animaux se trouvaient un jeune Chimpanzé qui est arrivé fort souffrant, mais dont la santé s’est heureusement rétablie, deux autres Singes à pelage teint de couleurs vives, appartenant à l’espèce que les naturalistes désignent sous le nom Cercocebus colla ris et un Lémurien fort curieux de l’espèce dite Potto de Hos-man ou Pérodictique potto (Nycticebus potto Geolf. ou Perodicticuspotto Gr.).
- Les Lémuriens qui offrent certaines analogies avec les Singes dans leurs formes extérieures et dans la disposition des extrémités de leurs membres, munies toutes d’un pouce opposable aux autres doigts, se distinguent par d’importantes particularités dans leur mode de développement., la structure de leur charpente osseuse, dans la dentition et dans le régime. Aussi ont-ils dù être retirés de l’ordre des Quadrumanes, dans lequel ils avaient été primitivement rangés, pour constituer un ordre distinct qui compte des représentants non seulement dans l’ile de Madagascar, mais dans l’Asie méridionale et insulaire et dans l’Afrique tropicale. Dans ces dernières contrées cependant les Lémuriens sont bien moins répandus qu’à Madagascar, où ils se présentent sous les formes les plus variées et contribuent à donner à la faune de file un cachet tout particulier ; en Afrique même, ils ne se rapportent qu’à deux ou trois genres, le genre Galago et les genres Pérodictique et Arctocèbe qui, peut-être, devront être ultérieurement réunis.
- Les Galagos, de même que les Chirogales de Madagascar, sont des animaux de petite taille, à la queue longue et au pelage bien fourni, qui ofïrent la physionomie d’un Écureuil ; au contraire, les Péro-dictiques et les Arctocèbes sont à peu près de la grosseur d’un Chat et ont des formes lourdes et la queue très réduite. En outre, chez ces derniers, les mains postérieures ont un index de longueur normale et pouvu d'un ongle pointu comme une alêne, tandis que les mains antérieures paraissent mutilées par suite de l’atrophie presque complète de l’index et constituent une sorte de pince, le pouce étant très écarté des autres doigts. Chez les Pérodictiques le moignon, ou plutôt le simple tubercule qui représente le second doigt, ne porte plus même le rudiment d’ongle qu’on trouve encore chez les Arctocèbes.
- Le Pérodictique potto mesure à peine 50 centimètres de long, y compris la queue, qui n’a pas plus de 5 centimètres et qui n’est pas toujours visible, l’animal la portant souvent rabattue contre la partie postérieure de son corps. 11 est revêtu d’une fourrure assez abondante, d’un roux bridé
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- LA NATURE.
- tirant au brun sur le milieu du dos et la face externe des membres et passant, au contraire, au fauve pâle sur les parties inférieures. La queue est velue, mais les oreilles, d'ailleurs fort courtes, sont dénudées, et sur la nuque il existe, en outre, une bande presque entièrement dépourvue de poils oïl la peau, de couleur jaunâtre, est,, pour ainsi dire, collée sur les apophyses des vertèbres cervicales qui dessinent ainsi une ligne âpre, [dns ou moins prononcée. Il arrive souvent, en revanche, que, sur le sommet de la tète, des poils s’allongent considérablement et émergent du reste de la fourrure. Celle-ci est toujours d’une teinte plus uniforme chez les adultes que chez les jeunes, où la région dorsale et la face externe des membres sont parsemés de poils gris.
- Cet animal étrange habite le Gabon, une partie du Congo et la Côte-d’Or. Dans cette dernière contrée il fut observé dès les premières années du dix-huitième siècle par Guillaume Bos-man, qui résida quelque temps à Elmina en qualité de sous-gouverneur des établissements hollandais et qui publia un Voyage à la Guinée dans lequel nous lisons le passage suivant :
- « Sous le n° 4, vous avez la ligure d’un animal à qui les nègres donnent le nom de Potto, et qui est connu parmi nous sous celui de Luyaerd, sans doute à cause de sa nature lente et pesante, car pour courir ou plutôt ramper dix pas il lui faut un jour entier.
- « Certains auteurs rapportent qu’un de ces animaux étant monté sur un arbre, il n’en descend point qu’il n’ait entièrement mangé non seulement le fruit, mais aussi les feuilles; par conséquent, il en descend gras et luisant, et pour grimper sur un autre arbre ; il a besoin pour cela d’un si long temps, qu’étant monté dessus il a perdu toute sa graisse ; et si ces deux arbres étaient un peu hauts ou qu’ils fussent fort éloignés l’un de l'autre, et qu’il ne trouvât rien à manger entre les deux, il lui faudrait mourir
- de faim à mi-chemin. Ce que je viens de vous dire de cet animal, je l’ai avancé sur le témoignage d’autrui, sans vouloir être caution si cela est véritable, bien que ce ne soit pas une chose étrange aux nègres.
- « C’est un animal si hideux et si vilain que je ne crois pas qu’on pût trouver son pareil dans aucun endroit du monde... ; en voie, ses pattes de devant ressemblent très bien aux mains d’un homme; sa tête, à proportion de son corps, est extrêmement grosse ; celui sur lequel on a tiré cette
- ligure était couleur de Rat ; mais il était encore tout jeune ; c’est pour cela qu’on lui voit la peau luisante et noire, au lieu qu’étant devenu vieux, comme j’en ai vu en 1699 à Elmina, il est d’une couleur rousse et son poil se met comme en llocons de laine. Je n’ai autre chose à dire de cet animal, c’est qu’on ne saurait le regarder sans frissonner, n’ayant rien de sin gulier ([ue sa vilaine ligure, a
- En 1851 M. Bennett, dans un mémoire inséré dans les Proceedings de la Société Zoologique de Londres, établit nettement les dilfé-renees qui séparent les Nycticèbes asiatiques du Potto de Bosman pour lequel il créa un genre particulier en l’appelant Pérodictique de Geoffroy (Perodicticus Geojfroyi) et, à des dates beaucoup plus récentes, en 1869 et en 1874, de nouvelles observations biologiques sur le môme animal furent publiées successivement en Angleterre par M. Skues et en France par M. le professeur Alph. Milne-Edwards.
- Dans les derniers temps de son séjour à Cape Coast, ayant acquis d’un indigène une femelle de Pérodictique et son petit qui venait de naître, M. Skues les garda pendant un mois dans sa chambre et réussit à les apprivoiser. « D’ordinaire, dit-il, ces animaux passaient la journée à dormir, la mère était perchée sur le haut d’une porte et ayant son petit accroché par les quatre mains aux poils de son ventre. Aus- '
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- Fis. 2.
- sitôt que le jour baissait ils descendaient de leur reluge et se promenaient toute la nuit dans la chambre. Dans les premiers temps la mère transportait sa progéniture avec elle, mais plus tard elle l’abandonna et laissa le jeune courir à son gré.
- Je les nourrissais avec des ananas et des bananes, mais je ne pus jamais leur faire accepter ni pain n lait. Quoiqu'il y eût des Insectes dans la chambre, comme cela arrive trop souvent dans les pays tropicaux, je ne
- vis jamais les Poltos bien faire la chasse : un jour, cependant, je surpris la mère en train de dévorer une collection d’insectes que j’avais préparée; elle y allait de si grand cœur qu'une partie des spécimens avait déjà disparu lorsque je m'aperçus du larcin. »
- M. Skues transporta ensuite ses pensionnaires à Accra, mais là, étant constamment malade de la lièvre, il ne put les soigner avec autant de sollicitude qu’à Cape Coast. Aussi le petit ne tarda pas à mourir, avec tous les symptômes d’une fièvre intermittente, et la mère, embarquée à bord du steamer qui ramenait son maître en Angleterre, succomba à son
- tour, avant d’arriver à l’escale Quelques années plus tard M. A
- l'otlo do Bosman. (Ü’aprcs une uhotographic de M. Sauvinet.)
- eut 1 occasion d’étudier urtc femelle de Pérodictique que le Jardin zoologique d’acclimatation avait reçue
- de Sierra-Leone. En l’observant à différentes heures du jour et de la nuit il put se convaincre que ce que Bosman rapporte delà lenteur des mouvements du Potto n’est nullement exagéré. « Jamais l’animal ne manifesta la moindre agilité. Pendant la journée il restait constamment blotti dans la boîte qu’on lui avait donnée pour demeure, le corps roulé en boule, la tête cachée entre les jambes de devant, les mains cramponnées à un perchoir ou au bord de la cage. 11
- ne sortait jamais avant que la nuit ne fût avancée et descendait alors, avec des précautions infinies, pour manger les fruits et le riz cuit préparés à son intention ; puis, son repas terminé, il regagnait sa demeure, s’accrochait à une branche et y demeurait des heures entières dans une immobilité complète. Lorsqu’on l’excitait avec une baguette, il rentrait encore davantage sa tête entre ses bras, en faisant saillir ses apophyses cervicales, se cramponnait avec plus de force à son point d’appui et, quand on venait à le saisir,
- cherchait à mordre, mais ne songeait point à se servir de ses mains pour se défendre. Il rampait
- I'olto de Bosman. (D'après une photographie de M. Sauvinet.)
- de Ténériffe. Milne-Edwards
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- plutôt qu’il ne marchait, tenant les pattes écartées, relevant les coudes au-dessus du dos, à la façon d’un Reptile, appuyant sur le sol ses mains dont le pouce se dirigeait en sens inverse des autres doigts, tendant le cou et avançant la tète. En dépit de sa maladresse apparente il s’accrochait aux moindres aspérités et suivait les corniches les plus étroites. »
- Le Pérodictique rapporté par M. Rang est tout aussi apathique, tout aussi lent dans ses mouvements, et ne se laisse pas plus facilement tirer de sa retraite. Aussi n’est-ce pas sans de grandes difficultés que M. Sauvinet, assistant au Muséum, a pu exécuter, à la lumière du magnésium, les photographies qui servent à illustrer cet article et qui montrent ce Potto dans différentes attitudes, soit cheminant la tète en bas, soit s’arrêtant surpris et regardant le public avec ses grands yeux effarés d’animal nocturne.
- E. Oustalet,
- Professeur au Muséum.
- ALTERNATEURS DE 10000 CHEVAUX
- DE L’üSINE CANADIENNE DU NIAGARA
- En s’inspirant de l’expérience acquise avec les alternateurs de 5000 chevaux de la première usine de Niagara, une Société canadienne entreprend l’installation, sur la rive opposée du fleuve, d’une immense usine hydroélectrique à unités génératrices beaucoup plus puissantes, et qui dilféreront essentiellement des unités de l’ancienne usine par les traits caractéristiques suivants :
- Leur « puissance » est portée de 5000 à 10 000 chevaux, l’encombrement et le poids sont loin d’augmenter dans les mêmes proportions, de sorte qu’il en résulte une notable économie dans la construction des machines et de l’usine elle-même.
- Les dimensions comparées sont les suivantes :
- 10 000 cli. 5000 ch.
- Diamètre d’induit 3,81 m . »
- Longueur d’induit 1,20 . . ))
- Entrefer (ou jeu entre l’induit et
- l’inducteur) 1,91 cm. ))
- Diamètre extérieur total .... 5,6 m .
- Poids des inducteurs tournants . 64 t. . . . 56 t.
- Poids par cheval 6,4 kg. . J>
- Poids de tôles actives des induc-
- teurs 40 t. . . ))
- Poids de tôles actives de l’induit 55 t. . . »
- Poids total environ 110 t. . . . 77 t.
- Les lacunes laissées intentionnellement dans ce tableau sont dues au fait que la position relative des éléments (inducteur et induit) diffèrent dans les deux machines, et que leurs dimensions diamétrales ne peuvent pas utilement se comparer :
- Dans l’ancien type comme dans le nouveau, c’est le système inducteur qui tourne; mais, au lieu de tourner, comme dans le nouveau à l’intérieur de l’induit, il tourne extérieurement à celui-ci, étant formé d’une étoile à 8 bras supportant un anneau portant 8 pôles inducteurs radiables à sa surface intérieure. Cette disposition, connue sous le nom imagé de (( disposition en parapluie », est destinée à éviter l’arrachement des pièces polaires par excès de vitesse périphérique (47 mètres par seconde) ; la force centrifuge exerce sur les pôles intérieurs, au lieu
- d’un effort d’arrachement, un effort qui tend à les appliquer encore davantage sur la jante à laquelle ils sont i n térieuremen t hou lonnés.
- Les alternateurs de la première usine étaient « diphasés » et construits pour une tension de « ‘2500 volts » aux bornes. La distribution de courant aux abonnés distants de plus de 1,0 km est faite par courants alternatifs triphasés à 12 000 volts, après une transformation (système Scott) qui doit changer le nombre de phases ainsi que la tension du courant des alternateurs.
- Les alternateurs de 10 000 chevaux de l’usine canadienne seront enroulés, au contraire, en « triphasé », et pour la production directe de 12 000 volts.
- La première zone de distribution étant alimentée à cette tension directement, les suivantes seront alimentées à 22 000 volts, 40 000 et jusqu’à 00 000 volts. Les transformateurs élévateurs de tension ordinaire seront donc de o types distincts.
- La (( fréquence » de 25 périodes a été conservée. Le nombre de tours de rotation reste 250 par minute, ce qui conduit à la vitesse périphérique fort élevée de 50 mètres par seconde. 11 en résulte, en même temps qu’une meilleure utilisation des matières, une difficulté plus grande de construction, résolue déjà, il est vrai, dans nombre d’alternateurs commandés par turbines à vapeur à grande vitesse. L’inducteur tournant n’est plus composé d’une poulie à la périphérie de laquelle sont boulonnées des projections polaires enroidées : mais c’est une masse continue de tôles assemblées entre elles par queues d’aronde et à la périphérie de laquelle sont ménagés des encoches recevant les enroulements inducteurs et les maintenant plus solidement immobilisés que dans l’ancienne construction, de sorte .que l’arrachement d’une partie quelconque de l’inducteur tournant par force centrifuge est beaucoup moins à redouter.
- La nouvelle usine ne sera prête à entrer en service qu’au bout d’une année au moins, mais il était intéressant de faire connaître dès maintenant les analogies et les différences des anciennes et des nouvelles machines, et de faire observer combien peu profondes sont, en somme, les modifications apportées aux conditions de la première installation, eu égard à l’époque à laquelle celle-ci fut faite, et à l’état de l’industrie électrique à cette date. L. R.
- LÀ NOCTUELLE DU FRÊNE
- L’année 1902 aura été féconde, malheureusement trop féconde en insectes de toutes sortes, attaquant non seulement nos arbres à fruits, mais aussi nos taillis et nos arbres forestiers. De tous côtés on ne voit que mortalité d’arbres et, bien souvent, elle est précédée d’un envahissement de larves et de chenilles, enchevêtrant de leur soie, feuilles et bourgeons en formation.
- Le printemps a débuté par l’éclosion des chenilles processionnaires du chêne (Bombyx processionnea), puis par celles dites spongieuses (Liparis dispar) dont les œufs ont passé l’hiver sous une couche feutrée, placée à 0m,50 du sol, sur les tiges des chênes et des châtaigniers et qui, à peine écloses, se sont répandues sur les feuilles naissantes des taillis. Enfin, au même moment, nos ormes, qui l’an passé ont tant souffert, étaient encore ravagés par la larve de la galéruque, puis par l’insecte lui-mème, coléoptère dont les mœurs sont maintenant bien connues.
- Les arbres fruitiers ont été ensuite atteints, le pommier tout particulièrement, par la chenille de l’Yponomeute, dont les dégâts cette année ont acquis une telle intensité
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- LA NATURE.
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- que dans bien des départements de l’Ouest, la presque totalité des arbres semblaient recouverts de toiles d’araignées. Une larve également, dont les dégâts d’un autre genre n’ont pas été moins considérables, est celle de l’hyméno-ptère, Tenthrède limace (Erioeampa limacina). Elle était répandue en si grand nombre sur la plupart des arbres fruitiers, que bien des vergers n’ont plus eu, dès le mois de juillet, ni feuilles, ni fruits. Cette larve à corps mou et visqueux, se rencontrait par dix ou douze à la fois sous la feuille, laquelle, privée de sa chlorophylle, noircissait aussitôt et tombait à terre.
- Cette nomenclature succincte serait plus que suftisante pour démontrer tout le mal que nous avons éprouvé cette année, et cependant, ce n’est pas tout, puisqu’il la fin de septembre, pour clore sans aucun doute cette triste série, tous les frênes, les têtards surtout, dans certaines contrées, sur des kilomètres et tout le long des routes, sont ravagés non seulement par la Noctuelle (Noctua fraxini), mais aussi par la chenille arpenteuse (Abraxas pantaria, Lép. phalénide). Ces chenilles existent en si grande quantité sur cette essence, que, de toutes les feuilles sans exception, il ne reste plus que les nervures, la plupart enserrées dans des fils de, soie des plus solides. 11 est curieux de voir actuellement des frênes, complètement ravagés et n'offrant plus de nourriture, abandonnés par les chenilles qui se laissent tomber à terre, en se suspendant à leur soie, pour se diriger ensuite vers d’autres sujets, de même espèce, encore feuillus.
- Que deviendront nos arbres, si, pendant deux ou trois années, ils doivent encore être privés de feuilles sans lesquelles toute vie végétale est impossible, et cependant que fait-on? Le nombre des larves et chenilles est tellement grand depuis quelque temps, que les habitants des campagnes eux-mèmes n’y font plus attention et passent indifférents devant un arbre dépouillé d’une façon complète. On dirait que la loi sur l’échenillage, remontant à plus d’un siècle, peu en vigueur malheureusement de nos jours, n’a été faite que pour faire enlever de temps à autre quelques bourses et toiles soyeuses se trouvant à portée de la main sur des arbres à basses tiges, haies ou buissons; ce n’est certainement pas suffisant, et, puisque l’équilibre est pour ainsi dire rompu par suite, sans aucun doute, de la trop grande destruction des petits oiseaux et l’absence d’hivers rigoureux, il faut suppléer à la nature par l’emploi de remèdes énergiques, malgré les grandes difficultés qu’ils pourront présenter. A. Aimé.
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- LE NOUVEAU TRANSATLANTIQUE GEANT
- C’est encore l’Allemagne qui vient de le faire construire : il sort des fameux chantiers Vulkan, et pour le compte de la Compagnie Norddeutscher Lloyd, qui possède pourtant déjà le Kaiser Wilhelm (1er Grosse, dont nous avons donné une description des plus complètes, et le Kronprinz Wilhelm, qui est, lui aussi, un magnifique bâtiment.
- On doit se rappeler que, jusqu’à présent, le géant des mers était YOcéanic, transatlantique anglais qui, en dépit de son énormité (704 pieds ou 214m,50 de longueur totale), n’est point un navire de grande allure : il navigue seulement à 20,72 nœuds, mais en portant 1710 passagers. D’autre part, le record de la vitesse (pour employer un mot d’origine sportive qui a conquis partout droit de cité) était détenu par le Deutschland, qui a donné parfois un peu plus de 25 1 /2 nœuds, suivi de bien près, à quelques dixièmes de nœud, par le Kronprinz Wilhelm. Quant au
- Kaiser Wilhelm (1er Grosse, il n’a guère dépassé 25 nœuds. Nous ne dirons point que c’est là une allure lente, tant s’en faut; mais enfin il ne peut disputer la palme aux deux autres. Or, ceux-ci sont, ou plutôt vont être dépassés largement par le nouveau transatlantique allemand, qui se nomme Kaiser Wilhelm II, et dont les dimensions sont supérieures à celles du magnifique Oeeanic.
- En effet, sa longueur totale atteint 215m,54 pour une largeur de 21 m,94 : la proportion entre ces deux dimensions est sensiblement plus élevée que dans les navires construits jusqu’ici ; cela contribuera à diminuer le roulis du paquebot. La profondeur entre la quille et le pont-promenade inférieur est de 10 mètres. En charge, il déplacera 20 000 tonnes, ce qui est moins que YOcéanic, mais son tonnage de jauge sera de 20 000 tonneaux, et il reprend ici sa supériorité. 11 pourra prendre à son bord 1888 passagers, ce qui est formidable pour un bateau de grande vitesse, et son équipage se composera de 600 personnes. Sans entrer dans les détails d’aménagement, sans parler des appartements de luxe, nous signalerons une salle à manger pouvant recevoir simultanément 554 hôtes.
- La machinerie comprend quatre machines à quadruple expansion, quatre cylindres et trois manivelles, du système équilibré, et développant ensemble une puissance indiquée de quelque 40 000 chevaux : chaque machine est dans un compartiment étanche. Un groupe de deux machines commande une hélice de 6°*,95 de diamètre, par l’intermédiaire d’un arbre de 0ra,645 en acier au creuset. La vapeur est fournie par douze chaudières doubles et sept simples, marchant à 15 atmosphères, présentant 10 000 mètres carrés de surface de chauffe, et alimentées par 124 foyers qui fonctionnent à tirage libre, mais avec le secours de ventilateurs. On compte que l’allure sera de 24 nœuds environ, et jusqu’ici les chantiers Vulkan n’ont jamais été au-dessous de leur estimation ; au contraire. D. B.
- LE CAROUBIER ET SES FRUITS
- Les caroubes tendent à devenir d’un emploi courant dans la nourriture animale. Malgré les caractères d’actualité qu’elles semblent avoir aujourd’hui, leurs propriétés nutritives sont connues depuis fort longtemps. Les auteurs anciens, Homère, Pline, Théophraste, vantaient déjà leur valeur alimentaire mise à profit par certaines peuplades de la Lybie extérieure. Nos principaux agronomes français, ont, de leur côté, l'ait ressortir les services que la caroube rendait à quelques régions européennes pour la nourriture humaine et la nourriture animale. Olivier de Serres, l’abbé Rozier, en parlent dans leurs ouvrages. Plus tard, le comte de Gasparin lui consacre plusieurs pages dans sa remarquable Encyclopédie agricole. Enfin, plus récemment, MM. Sivadicr, Audibert, Joubert de Pana, Fleury, Ferouillat, le duc d’Ayen, Bonzom, Delamotte et Rivière se sont distingués parmi les ardents propagateurs du caroubier, de sa culture et de l’utilisation de ses fruits.
- Le caroubier (Ceralonia silica) est un grand arbre de la famille des légumineuses, qui croît à l’état spontané en Provence, dans nos colonies algériennes, en Italie, en Egypte, en Espagne jusqft’à des altitudes assez élevées. Sa rusticité lui fait accepter les terrains les plus médiocres, les sols rocheux, caillouteux, les
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- LA NATURE.
- pentes abruptes, les tissures de rochers presque complètement dépourvues de terre végétale et tous les sols arides soumis pendant l’été à un excès de sécheresse. Les plantations algériennes et tunisiennes, les seules intéressantes pour nous,englobent de grandes surfaces. La circonscription de Bougie exporte, en moyenne annuellement, à elle seule, 20 000 quintaux de caroubes, qui, au point de vue commercial, représentent une valeur de plus de 160000 francs.
- Le système radiculaire de l’arbre est très étendu et très puissant, c’est d’ailleurs grâce à ce caractère, que le caroubier peut prospérer aussi avantageusement dans les terrains brûlants. Le tronc, contrarié et tortueux, dépasse rarement une dizaine de mètres de hauteur. Arrivé à une certaine limite, il se divise en longues brandies divergentes, constituant dans leur ensemble une tète élargie, étalée, dont les dimensions en largeur sont souvent disproporti onnées par rapport à la hauteur totale du sujet.
- Les feuilles sont persistantes, alternes, composées de 6 à 10 paires de folioles, de 4 à 5 centimètres de long et de 5 à 4 centimètres de large ; elles sont glabres, luisantes, verdâtres et très coriaces. Si on envisage les particularités sexuelles, on remarque que le caroubier est dioï-que, c’est-à-dire pourvu, sur chaque individu pris isolément, d’organes uni-sexués mâles ou femelles. Les Heurs apparaissent en automne, d’octobre à décembre, sur le vieux bois; les mâles, réunies par paquets de 50 à 60 condensés sur un axe commun, les femelles, disposées en grappes. Ces dernières donnent nais-
- sance à des gousses brunes, longues, épaisses, coriaces, mesurant de 15 à 20 centimètres de long, et environ 0,025 de large. La gravure ci-contre donnera une idée des principaux caractères distinctifs d’une brandie de caroubier et de ses fruits.
- Le caroubier fait actuellement l’objet d’une véritable culture (j,ue l’on essaie, à juste raison, de vulgariser dans nos colonies africaines. Les caractères floraux nécessitent l’intervention du greffage avec des variétés fertiles et prolifiques. Sans cette précaution, on aurait dans toutes les plantations une trop grande quantité de pieds mâles improductifs, et des pieds femelles d’une t i jf,puissance productive inférieure. Cependant, il ne pourvu de fruits. faudrait pas tomber dans
- une exagération inverse et se hâter de conclure à la suppression complète des sujets mâles ; on doit toujours en conserver quelques-uns, environ un dixième de la totalité de la plantation, pour assurer la fécondation des Heurs femelles.
- La création de la plantation a pour origine un semis exécuté dans des conditions particulières. On répand les graines vers le mois de février, dans une terre bien préparée, et on repique les jeunes plants en pépinière peu de temps après leur apparition, en leur donnant par la suite tous les soins qu’ils réclament. Les plantations se font à inter-v ail es équidistants avec de bons sujets de 4 ans. liés l’âge de 8 ans, l’arbre commence à rapporter une centaine de kilogrammes-de fruits ; sa production augmente ensuite à peu près-régulièrement pour se maintenir sur les individus-adultes d’une quinzaine d’années, à un minimum dn
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- LA NATURE.
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- 500 kilogrammes. Pendant sa végétation, le caroubier n’est attaqué par aucun parasite, et, comme d’autre part sa longévité est très grande, sa résistance à la sécheresse excessive, il constitue une espèce arbustive intéressante pour les pays chauds.
- Les caroubes renferment une moins grande quantité de substance protéique que les graines de céréales, mais elles accusent par contre, à l’analyse, une très Porte proportion de matières hydro-carbonées, dent la moitié est représentée par des sucres de canne et du glucose. Ces fruits constituent des aliments de premier ordre utilisés couramment aujourd’hui pour la nourriture de nos animaux domestiques. Ils servent encore quelquefois dans l’alimentation humaine et
- jouissent aussi de propriétés thérapeutiques spéciales. Certaines peuplades orientales les utilisent pendant les années de disette, en les réduisant en pulpe et en les associant au froment et à l’orge pour confectionner du pain. Par un traitement particulier, on obtient avec eux un succédané du café auquel on a donné le nom de karouba. Les Egyptiens les font entrer dans la préparation des iruits confits, notamment du tamarin. En écrasant les gousses et en les laissant fermenter, on prépare des sirops de ménage, et une sorte d’eau-de-vie.
- Le fruit du caroubier est utilisé en médecine comme rafraîchissant et laxatif. Sa pulpe entre pour une forte proportion dans les sucs de réglisse de
- Fi?. 3. - Allée
- Calabre. En Allemagne, il est associé aux espèces pectorales. Les Arabes considèrent les caroubes sèches comme favorables au traitement des affections bronchiques. Pour eux, l’extrait d’écorce de caroubier, administré à la dose de 50à 50 centigrammes par jour, est un puissant antidiarrhéique.
- Les feuilles servent quelquefois au tannage des cuirs, le tronc de l’arbre fournit des gommes employées dans l’industrie de la chapellerie, la graine donne une matière colorante qui sert à la teinture des étoffes. Enfin, les Orientaux prétendent qu’avant sa complète maturité, le fruit sécrète un suc particulier pouvant guérir les verrues et faire disparaître les taches de rousseur.
- La richesse du fruit en sucre permet de l’utiliser industriellement soit pour l’extraction du sucre cris-
- de Caroubiers.
- tallisé, soit pour l’obtention de l’alcool. Dans les deux cas, il reste un résidu ou tourteau, riche en principes nutritifs, susceptible d’ètre consommé par les ruminants, à l’instar des tourteaux de graines oléagineuses.
- C’est surtout dans l’alimentation animale que la caroube est appelée à rendre de très grands services. De nombreux essais ont déjà été tentés avec succès. A Gibraltar, à Malte, la cavalerie et les mulets de l’armée anglaise en reçoivent journellement une quantité notable. En Algérie, en Espagne, en Italie, on en fait un usage constant. D’après M. Lavalard, la ration des chevaux de Naples en comporterait 5 à 6 kilogrammes. À la Compagnie Algérienne des omnibus de Saint-Eugène, on a remplacé, dans la ration des chevaux, l’avoine et l’orge par 6 kilogrammes de caroubes. La composition des caroubes, et par suite
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- LA N A TU HE.
- leur valeur nutritive, varie dans d’assez vastes limites suivant leur degré de maturité et de dessiccation. Afin de donner une idée de la valeur du fruit, nous invoquerons les analyses suivantes, publiées tout dernièrement par M. Dugast, directeur de la station agronomique d’Alger.
- 1“ Constitution du fruit
- Gousses 88,38 lour 100.
- Graines 11,62 —
- Total . 100,00 —
- 2“ Composition : Fruits entiers
- Gousses . Graines. caroubes
- Eau 20,iO 11,20 10,08
- Matières azotées. 5,75 18,50 5,47
- Saccharose .... 25 )) 20,52
- Glucose 11,20 » \ 10,t-
- Amidon et cellulose s aecluritialdc . » 50,05
- Matières grasses . . 0,57 2,01 0,80
- Matières pecliqucs . 5,28 )) 2,88
- Cellulose 8,1 i 5,55 7,50
- Cendres. ... 2,17 5,0 'i, 55
- Corps indéterminés. 27,10 )) 25,01
- Malgré le peu d’expériences directes entreprises jusqu’alors, il paraît y avoir unanimité de la part des praticiens pour considérer la caroube comme un aliment de premier ordre.
- Le caroubier offre donc, aux régions sèches de l’Algérie et de la Tunisie, des ressources d’une très grande importance qui ont été mises admirablement en relief dans un mémoire, véritable plaidoyer en faveur de l'arbre et de ses fruits, présenté à la Société des Agriculteurs de France, où M. le duc d’Ayen, son auteur, n’a pas craint d’affirmer que la caroube pouvait en Afrique remplir le rôle de la betterave en France. Albert Yilcoq,
- Professeur d'agriculture.
- CHRONIQUE
- I.'exposition de Saint-Louis. — Au moment où se terminent, d’une part, l’Exposition de Lille et, de l’autre, l’Exposition de Dusseldorf, il s’en prépare une autre à Saint-Louis, aux États-Unis. Ce sera du reste une Exposition importante, car la station centrale qui fournira force motrice et éclairage contiendra quatre générateurs Westinghouse, d’une capacité de 8000 kilowatts, commandés directement par des moteurs à vapeur. Détail particulier et intéressant après les frais considérables qu’on est arrivé à imposer aux exposants dans des « foires » du même genre, on ne fait rien payer ici pour l’espace occupé, et il est même possible qu’on ne lasse point payer non plus la lumière ni la force motrice. L’étendue consacrée à cette exposition sera considérable, et le seul Palais de l’Électricité couvrira une superficie de 52 000 mètres carrés.
- Une montre monstre. — Elle vient d’être construite (avec des outils fabriqués spécialement dans ce but) par la Manufacture américaine Waltham, et comme pièce de démonstration, agrandie 10 fois, d’un type de montre courant. Elle ne possède pas de cadran, et, comme il ne s’agit point de la mettre dans une poche, son mouvement est disposé sur un piédestal en bronze :
- de sa base au sommet du remontoir, il y a une distance de üm,06. La plaque de pilier a un diamètre de 0“,45, le mouvement est épais de 04 millimètres; la roue du balancier a un diamètre de 164 millimètres, et le ressort Bréguet, qui règle son action, n’a pas moins de 2m,44 de longueur pour une épaisseur de 0“,08 et une largeur de 0m,25. Les rubis formant les pivots ont 20 millimètres de large, et enfin le grand ressort est long de 7 mètres et large de 2,9 centimètres.
- Les charniers de la Clyde. — On connaît de réputation les fameux chantiers de la Clydc, les grands établissements anglais de construction maritime : voici quelques chiffres éloquents qui justifieront cette réputation. Pendant un mois seulement, en mai 1902, on y a mis à l’eau 25 steamers, 5 grands voiliers, 2 yachts à vapeur et enfin 6 yachts à voile représentant ensemble plus de 61 000 tonneaux de jauge !
- Le jçax naturel en Angleterre.— On a trouvé du gaz naturel à lleathlield, dans le Sussex, en creusant un puits pour un service d’eau : on n’a point rencontré l’eau cherchée, mais du gaz, sous une pression de près de 10 kilogrammes par centimètre carré, et cela à une profondeur de 90 à 120 mètres. Depuis cette découverte, qui est récente, une partie de ce gaz est employée à l’éclairage d’une gare du London, Brighton and South Coast llaihvay. Une compagnie s’est formée pour exploiter cette richesse naturelle dans tout le district, et vendre le gaz comme éclairant et agent de force motrice, à l’instar de ce qui s’est fait aux Etats-Unis : un nouveau forage, descendu à 120 mètres, donne du gaz sous une pression de 14 kilogrammes et à raison de 400 000 mètres cubes par jour. Ce gaz contient 72,5 pour 100 de gaz de marais, 5,5 d’hydrocarbures supérieurs, 4 d’oxyde de carbone et 18 d’oxygène. La compagnie va poser des conduites de distribution vers divers centres industriels, et compte sur une production d’au moins 1 400 000 mètres cubes par jour.
- Nouveau chemin de fer électrique aux États-Unis. — La construction en est entreprise par la compagnie Westinghouse, entre les centres de Washington, Baltimore et Annapolis. C’est une ligne à grande vitesse, où le courant sera distribué sous une tension de 15 000 volts; mais ce courant sera ramené à 1000 volts seulement avant que d’atteindre le conducteur sur lequel les voitures feront leur prise d’énergie. Celles-ci seront munies de moteurs à courant alternatif d’un nouveau type, que l’on dit être parfaitement susceptibles d’assurer des variations de vitesse. L’allure atteindra de 65 à 70 kilomètres à l’heure ; les véhicules seront dotés de 4 moteurs, d’une puissance individuelle de 100 chevaux. La longueur totale de cette ligne sera de 79 kilomètres.
- Les pierres précieuses aux États-Unis. — Si
- nous consultons les Rapports du Service Géologique de la Confédération américaine, nous voyons que, dans le courant d’une année, le sol des Etats-Unis donne pour une valeur de 1 900 000 à 2 000 000 de francs de pierres précieuses : ce n’est pas énorme, mais cela représente une variété prodigieuse de pierres, depuis des diamants (il est vrai pour 500 francs environ) jusqu’à des opales, du corail fossile, des améthystes, des agathes mousseuses ou autres. La production la plus importante est celle des turquoises (600000 francs au moins), puis celle des saphirs (450000 francs); viennent ensuite les tourmalines, le quartz cristallin, etc.
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- LA N A TU ILE.
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- I.es fumées dans les grands centres. — On
- sait qu’en Angleterre, à Londres et dans les grands centres manufacturiers, les fumées industrielles, noires, épaisses et prolongées, et dont on ne limite pas comme chez nous la production par des règlements sévères, sont devenues un véritable fléau. Aussi n’est-il pas étonnant de voir à la Hritish Association nombre de communications déposées à ce sujet. M. Raworlh, entre autres, a préconisé le système fumivore Wilson qui consiste à injecter dans les foyers et au-dessus du feu un mélange d’air et de nitrate de soude. Quelques expériences avec une chaudière Babcoek, effectuées à Kidderminster, dans une région où le charbon était à la fois impur et de mauvaise qualité et par conséquent très fumigène, semblent avoir démontré la supériorité de ce système. On ne s’explique pas très bien comment agit le nitrate de soude, il faut croire qu’à la suite de l’injection il se forme des centres de chaleur dans la masse des gaz qui enflamment ceux-ci et favorisent par ce fait leur combinaison avec l’air injecté. Quant au rendement de la chaudière, l’influence de ce système ses rait plutôt favorable. La dépense en nitrate est d’environ 50 à 40c“3 par tonne de charbon brûlé. Dans une conférence à la Sanatory Institut, M. Sliaw, après avoir donné quelques statistiques alarmantes sur la production quotidienne de fumée à Londres, qui est telle qu’en été cette
- ville perd de la lumière et de la chaleur du soleil, et
- 1
- qu’en hiver cette perte peut s’élever à recommande un
- système de purification spécial, dont il ne fait qu’ébaucher la théorie. La fumée, provenant d’une maison ou d’un pâté de maisons, passerait dans une chambre où elle serait purifiée avant d’ètre mise en liberté dans l’air. L’établissement de ce système comporte un double problème : d’abord réaliser une canalisation efficace qui concentrerait les fumées provenant de plusieurs maisons sans nuire au tirage des foyers, ensuite trouver un moyen de précipiter dans la fumée les parcelles de suie qu’elle contient. Ces parcelles se déposent lorsqu’on soumet la fumée à une agitation prolongée, d’autre part M. 0. Lodge a démontré, il y a quelques années, qu’on pouvait les précipiter en les traitant par l’électricité dans un vase clos. Voilà donc quelques renseignements qui pourront guider les inventeurs.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 13 octobre 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- MM. Forster de Berlin et Blaserua assistent à la séance.
- Un manuscrit de Lavoisier perdu et retrouvé. — Le journal de laboratoire de Lavoisier a été légué par Mme de Bumfort, veuve en premières noces de l’illustre savant, à François Arago. Ce journal se composait de 14 volumes; lors de la mort d’Arago, on ne trouva que 15 volumes. Leur contenu a déjà été l’objet d’un travail de M. Berthelot Le volume manquant, qui n’était autre que le tome 2 de la série, vient d’ètre retrouvé à la bibliothèque de Perpignan; il avait été donné à cette bibliothèque par Arago. M. Berthelot a profité de la circonstance pour parachever son travail sur les manuscrits de Lavoisier. Il communique le résumé des expériences relatées dans le volume si heureusement récupéré.
- Parthénogenèse artificielle.- M. Delage expose le résultat de ses recherches sur la parthénogenèse artificielle des œufs d’échinodermes poursuivies pendant les derniers mois au laboratoire de Boscof. Il faut remarquer que, dans toutes les expériences de fécondation d’œufs à l’aide de réactifs chimiques, les résultats sont très incertains. 11 y a des variations énormes dans la proportion des œufs traités et des œufs qui aboutissent. La segmentation de l’œuf réussit seulement 10 à 60 fois sur 100; quant à la réussite complète, c’est-à-dire à l’apparition des larves, elle ne se produit que 5 fois sur 100. Il est donc difficile, observe M. Delage, de prétendre que l’on a remplacé l’action du germe par celle d’un réactif. Mais l’auteur ajoute qu’en employant comme réactif de l’eau de Seltz préparée avec de l’eau de mer, on peut obtenir une réussite complète et assurée dans tous les cas, à la condition d’opérer sur des œufs parvenus à une certaine phase de leur développement. L’action de l’acide carbonique ne doit durer qu’une heure. La segmentation se produit alors et les larves qui apparaissent bientôt sont grosses et vivaces. M. Delage en a ainsi développé qui ont aujourd'hui une survie de 52 jours ; il ne reste plus, pour les conduire au terme de l’évolution, qu’à les nourrir tout en les préservant de leurs ennemis.
- Germination du pollen. — M. G. Bonnier fait connaître des expériences faites par M. Rieher sur la germination du pollen. Celte germination peut se produire dans l’eau légèrement sucrée et être impossible dans l’eau pure. M. Rieher met des grains de pollen dans l’eau pure : point de germination. 11 ajoute un stigmate de la même plante : la germination a lieu et les grains de pollen dirigent tous leurs tubes polliniques vers le stigmate. Ils ne germent pas, au contraire, si l’on met en leur présence le stigmate d’une plante d’autre espèce. Un stigmate émet donc une substance qui entraîne la germination des grains de pollen.
- Propriétés du pentafluorure d’iode. — M. Moissan décrit ses nouveaux travaux sur le pentafluorure d’iode. Il a obtenu ce composé en faisant agir directement le fluor bien exempt d’acide fluorhydrique sur l’iode sec. On obtient ainsi un liquide transparent, d’aspect huileux, qui se solidifie à -(- 8° et bout à 94°. C’est un composé très actif qui, chauffé, se dédouble facilement en donnant du fluor et de l’iode; par suite, il se comporte presque toujours comme le fluor. Le bore et le silicium sont attaqués à froid; le carbone à une température plus élevée. Au contact du sodium, la réaction devient explosive. Le pentafluorure d’iode décompose l’eau froide, en donnant de l’acide indique et de l’acide fluorhydrique. Les composés organiques sont de même attaqués énergiquement. La pentavalence de l’iode se trouve démontrée.
- Le calcaire d’Alexandrie. — M. A. Gaudry présente une Note de M. Four tau sur la constitution géologique des environs d’Alexandrie et des roches des bains de Cléopâtre, près d’Alexandrie. Il a étudié la superposition des terrains et les fossiles de chacun d’eux. Il signale l’existence d’un calcaire à hélix et ajoute, contrairement à l’opinion qui avait été soutenue, que la période glaciaire n’a point fait sentir ses rigueurs dans les lieux où se trouve aujourd’hui Alexandrie.
- Variations de l’individu. — M. Edmond I’errier préente une Note de M. Gravier sur une anémone pélagique appartenant au genre Cérianthe ; cette anémone est un animal de fond; elle est même fouisseuse et s’enveloppe d’un étui ; on la rencontre surtout dans la Méditerranée. Mais on rencontre quelquefois dans la mer du Nord, par
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- LA NATURE.
- exemple, des anémones flottantes du genre des Araclmactis. Un voyageur a trouvé, dans le golfe de Californie, des Cérianthes arrivées à maturité complète et flottantes. I)e telle sorte qu’il est possible que des larves achèvent leur maturation entre deux eaux, sans tomber au fond pour y devenir fouisseuses, si cette maturation peut s’opérer dans certaines conditions qui l’accélèrent.
- Ch. df. Yu.i.edeuii,.
- NOUVELLE JUMELLE PLIANTE1
- A CHAMBRE NOIRE
- Il serait toujours agréable de pouvoir porter avec soi une jumelle non seulement pour le théâtre, mais également pour les promenades et les excursions. Le principal obstacle qui s’oppose à l’emploi de la jumelle est l’encombrement et le poids ; un grand nombre de jumelles pliantes ont été construites, elles donnent sous un petit volume un appareil intéressant, mais présentant des inconvénients qui ont nui à leur adoption définitive.
- M. L. Petit vient de mettre dans le commerce, sous le nom de « La Mignonne », une jumelle de fabrication très ingénieuse et très soignée qui s’ouvre et se ferme instantanément comme un porte-monnaie ordinaire à fermoir, et ne tient guère plus de place dans la poche que ce dernier. L’appareil se compose d’un bâti plat et léger portant, à sa partie supérieure, les oculaires qui sont fixés sur des coulants d’une longueur suffisante pour diriger les rayons et servir de diaphragmes placés à l’endroit convenable. Ces oculaires peuvent coulisser au moyen d’une vis de mise au point de précision à molette. A la partie inférieure se trouvent les objectifs, montés sur un pivot établi suivant la ligne passant par leurs centres, ce qui permet de les faire basculer autour de leur axe de façon à pouvoir les amener à occuper une position perpendiculaire au plan du bâti, ou bien au contraire à les placer dans le plan même de ce dernier, suivant que la jumelle est ouverte ou fermée. Le tout est enfermé dans un étui plat en métal recouvert de cuir et muni sur ses parties
- latérales de peti+s'soufflets qui permettent son extension et en'fôrit’une véritable chambre noire dans laquelle/ est logée la jumelle. Cet étui est d’une forme élégante; on a évité les angles et obtenu un objet pratique aussi réduit que possible sans avoir rien sacrifié au but même qu’il doit remplir. Un petit bouton en forme de T arrondi, épousant la forme de l’étui, fait une légère saillie extérieurement, et permet, après avoir ouvert l’étui en pressant simplement sur son fermoir, de faire basculer les objectifs dans la position de travail ou de repos.
- Cette jumelle présente dans son emploi le grand avantage de ne rien changer aux habitudes acquises; sa mise au point est celle des jumelles du modèle
- habituel, et c’est même là une des caractéristiques importantes de cet appareil, car c’est, à notre connaissance, la première jumelle pliante où l’on a su conserver la vis, qui est incontestablement la méthode la plus simple et la plus exacte du réglage des foyers. Cela permet de s’en servir aisément d’une seule main.
- Cette jumelle est d’une bonne puissance ; son grossissement réel est de 3 fois 1/2, ce qui est grandement suffisant pour le théâtre. Le constructeur a combiné, en outre, pour ce même modèle, des verres spéciaux d’un grand pouvoir, donnant un grossissement de 4 fois 1 /2 : dans ces conditions, cet instrument peut déjà rendre de réels services aux touristes, aux amateurs de courses et même aux officiers.
- I)’une manière générale, cette jumelle présente optiquement toutes les qualités requises, achromatisme, centrage parfait, parallélisme des verres, diaphragmes et chambre noire faisant en même temps parasoleil. Le nettoyage des objectifs est simple et n’exige aucun démontage. La construction de cette jumelle est solide et ne comporte pas d’aluminium. L’épaisseur du plus grand modèle est de 15 millimètres fermée, et le poids est approximativement de 150 grammes; un autre modèle réduit pour dames, du format d’un porte-monnaie, ne pèse que 120 grammes environ. J. Durand.
- Le Gérant : P. Masson.
- Nouvelle jumelle pliante « La Mignonne ». 1. Vue d’ensemble. — 2. Mode d'emploi.
- 1 Voy. n» 1238, du 20 février 1897, p. 191.
- Paris.
- Imprimerie I.aiiuiie, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1555.
- 25 OCTOBRE 1902.
- LA NATURE.
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- LA CATASTROPHE DU BALLON LE « BRADSKY »
- Les catastrophes de ballons se succèdent de façon lamentable et les brillants succès auxquels on a applaudi n’ont eu que des lendemains malheureux.
- Après la chute efïroyable de Severo, nous avons à enregistrer celle où M. de Bradsky et l’ingénieur Paul Morin viennent de trouver une mort affreuse,
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du ballon en l’air.
- Le baron de Bradsky était né en 1866, à Zwickau, en Saxe. Après avoir servi comme officier de cavalerie, il s’était mis à voyager et, tenté par les problèmes de la navigation aérienne, il vint s’établir à Paris dans le but de donner un corps à ses idées. C’est dans les ateliers de M. Lachambre, comme 30e année. — îe semestre.
- Fig. 2. — Détails du ballon. Poutre armée avec hélice propulsive à gauche et hélice élévatrice à droite. — Détails du moteur. — M. de Bradsky à droite, M. Morin à gauche.
- Severo, qu’il mit en construction un ballon dirigeable de son invention, et c’est aussi du parc aérostatique de Yaugirard qu’a eu lieu le départ, le 15 octobre, à 7h50 du matin.
- L’intention de l’inventeur était de gagner, par ses propres moyens, le champ de manœuvres d’Issy-les-Moulineaux, où il aurait pu évoluer à l’aise; mais, dès le début, il fut évident que le ballon obéissait mal et ne réussissait pas à dominer le vent de 6 à 7 mètres qui soufflait du Sud-Sud-Ouest.
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- LA NATURE.
- Sous l’effet du gouvernail, l’aérostat tournait sur lui-même sans avancer et bientôt le vent l’entraînait sur Montmartre. Les aéronautes, pour éviter la butte, jetèrent du lest et montèrent à une altitude assez élevée; toutefois ils se trouvaient à une hauteur modérée, 100 mètres environ, quand, auprès de Stains, ils interrogèrent un habitant, M. Aubert, et lui demandèrent de leur indiquer un emplacement découvert et propice à l’atterrissage. Pour gagner cet emplacement, situé hors de la route du vent, vers Goncssc, il fallut changer la direction de l’aérostat.
- C’est au moment où l’énorme machine essayait d’évoluer que la nacelle se détacha tout à coup du ballon. La rupture des lils d’acier qui servaient de suspentes commença sur l’avant où la traction était d’autant plus forte que le ballon pointait vers le ciel. La rupture gagna de proche en proche et, tandis que l’enveloppe pleine de gaz s'enfuyait vers le ciel, la lourde poutre armée s’abattait comme une tlèche, s'enfonçant en terre, la pointe en avant, et les aéronautes s’éerasaiejit sur le sol.
- L’accident de Severo était dû au trop grand rapprochement de la nacelle et du ballon, ce qui avait permis au feu du moteur de se communiquer au gaz qui s’échappait par les clapets de sûreté. La catastrophe nouvelle a été provoquée, au contraire, par la rupture des suspentes dont l’ensemble était bien loin de constituer un tout solidaire.
- Voici en quoi consistait le ballon de Bradsky. Le ballon en soie, gonflé à l’hydrogène, avait 54 mètres de longueur, pour un diamètre maximum de 6m,10. Il cubait 850 mètres cubes et présentait la forme d’un cylindre terminé à l’avant par une ogive et par une calotte sphérique à l’arrière.
- Indépendamment de la soupape située au zénith, le ballon portait à sa partie inférieure, en arrière du moteur, la manche de gonflement et les clapets automatiques de sûreté. 11 n’avait pas de ballonnet, mais possédait quelques cloisons intérieures.
- Autour de l’enveloppe couraient, le long des méridiens horizontaux, deux membrures en bois destinées à assurer au ballon une certaine fixité de forme, tout au moins dans sa partie supérieure, lorsque l’enveloppe était insuffisamment remplie.
- C’était ù ces membrures que s’attachaient les suspentes en cordes à piano qui descendaient directement à la quille.
- Cette quille, de 17 mètres de longueur, était en tubes d’acier. Au milieu, un plancher en clayonnage permettait d’y circuler sur 5 mètres de long. Au bout de cette passerelle, vers l’arrière, se trouvait un moteur de 16 chevaux à 4 cylindres, au pétrole, actionnant, par un embrayage à friction, l’arbre de l'hélice propulsive à deux ailes, de 4 mètres d’envergure, située à l’arrière. Le même moteur donnait également le mouvement à une hélice horizontale placée sous la quille. M. de Bradsky se proposait, en effet, de lester son ballon jusqu’à l’équilibre et même avec une certaine prépondérance de poids, l’hélice horizontale étant susceptible alors de produire les mou-
- vements ascensionnels et d’assurer la sustentation.
- Le gouvernail enfin, de 5 mètres carrés, était placé dans l’axe du ballon et à l’arrière.
- Ce dispositif était complété par deux ailerons en soie, disposés le long des membrures, de part et d’autre du ballon, et maintenus par de légères armatures d’acier et des haubans. Ces ailerons, qui présentaient une surface de 74 ms, devaient s’opposer au tangage; en cas de chute, on pouvait espérer qu’elles agiraient à la manière d’un parachute.
- Enfin, contre les chances d’incendie que la catastrophe de Severo avait appris à redouter, on avait une première garantie dans l’écartement de 4ni,50 existant entre la nacelle et le dessous du moteur ; mais on avait pris également quelques précautions en enfermant l’allumage du moteur dans un carter hermétique et en faisant déboucher l'échappement par un grand nombre de petits trous percés au bout de longues cheminées en tubes horizontaux.
- Tels étaient les différents organes de l'aérostat qui ne réalisait guère de progrès sur les types connus. La forme sphérique de la poupe est désavantageuse et produit des remous. Le gouvernail était insuffisant tt sa position dans le remous du ballon est reconnue mauvaise depuis longtemps.
- L’absence de ballonnet ne permettait pas d’assurer une forme permanente et symétrique au ballon.
- La suspension enfin, composée uniquement de suspentes directes avec deux seuls fils d’acier tendus obliquement pour toutes balancines s’opposant aux déformations, n’assurait aucune solidarité à l’ensemble du ballon et de la nacelle.
- Il est dès lors facile de s’expliquer l’accident.
- Lorsque les aéronautes, pour se diriger vers un terrain propice à l’atterrissage, voulurent changer de direction, la rotation se fit assez brusquement, occasionnant une certaine torsion de la suspension ; en même temps, le gaz, dont une partie s’était échappée au cours de l’ascension au-dessus de Montmartre, ne remplissant plus l’enveloppe, se précipita en masse vers la pointe-avant qui se releva. Dans cette position inclinée, la suspension, par suite de son indépendance, ne suivant pas le mouvement, la plus grande partie du poids de la nacelle s’est trouvée porter sur les suspentes d’avant qui, sous cet excès de charge, ont cédé.
- Le mode d’attache de ces suspentes était défectueux. Quelques-unes de ces ligatures se sont défilées, sans même que le fil se soit rompu ; mais qu’il y ait eu rupture ou défilage de l’attache, le vice primordial est dans le mode de suspension dont les éléments n’offraient aucune solidarité et ne se prêtaient aucun mutuel appui.
- Vouloir faire une ascension heureuse avec de pareils systèmes, c’est compter sur une chance problématique qui ne favorise pas tout le monde.
- Il est plus téméraire encore de penser qu’un inventeur écoutera les conseils de l’expérience.
- L‘-colonel G. Espitallier.
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- LA NATURE.
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- UNE PASSERELLE POUR LA CAVALERIE
- Les échos des manœuvres, cette année, nous ont apporté le récit des tentatives les plus diverses pour
- franchir les cours d’eau par des moyens de fortune ingénieux et quelquefois bizarres. Cela semble indiquer tout l’intérêt qui s’attache à la découverte d’un procédé, réellement pratique, pour passer rapidement les rivières sans attendre l’arrivée de l’équipage de ponts : une avant-garde, un parti de cavaliers, ne peuvent pas s’éterniser sur la rive ; leur action est toute de promptitude; dans la découverte ou dans la poursuite, nul obstacle ne doit pouvoir les arrêter.
- Une bonne troupe de cavalerie aura la ressource, dans les cas pressants, de se jeter à la nage ; mais c’est un moyen extrême qui n’est pas sans inconvénient et mieux vaut, pour les hommes tout au moins, leur assurer le passage à sec.
- On s’en préoccupe dans toutes les armées. Dès 1895, on adoptait, en Allemagne, un matériel léger qui sans doute n’était pas parfait, puisqu’on modifiait, en 1901, les bateaux pliants qui constituaient les corps de support. Chez nous, la recherche du mieüx a fait qu’on n’a rien adopté de réglementaire jusqu’ici; mais voilà qu’on a, à l’instigation du général Donop, expérimenté cette ‘année, avec un certain succès, divers matériels de ce genre, entre autres une passerelle extrêmement simple due à la collaboration
- des deux sections techniques de la Cavalerie et du Génie, et une autre imaginée par un officier d’administration du Génie, M. Yeyry, qui y travaille depuis sept ans déjà. Les résultats obtenus avec ces deux systèmes, notamment aux manœuvres de cavalerie que dirigeait le général Donop, en présence du ministre de la Guerre, et aux manœuvres de la 19e division d’infanterie, à Rennes, ont été encourageants.
- Nous pouvons aujourd’hui donner quelques renseignements sur le matériel Yeyry.
- La passerelle proprement dite est assez légère pour qu’on en puisse charger 20 mètres sur une seule voiture à deux chevaux; et, si l’on veut disposer de moyens plus complets, une voiture à quatre chevaux ou deux voitures à deux chevaux suffiraient à transporter 51 mètres de tablier et quatre bateaux légers, démontables, constituant les supports tlottants nécessaires dans la plupart des cas, le tout ne pesant pas plus de 1600 kilogrammes. Or, une ou deux voitures ne sont pas pour alourdir outre mesure une troupe de cavalerie, et l’on n’hésitera pas à l’en munir sans doute, s’il est nettement démontré que les avantages de cette adjonction réglementaire compensent amplement les inconvénients de cette servitude supplémentaire.
- Le matériel Veyry comprend tout d’abord un tablier continu d’une largeur fort réduite : cette largeur est de 0m,65 et permet aux hommes de passer
- à la file indienne. Le tablier peut être posé sur des supports flottants formés de bateaux démontables, placés à 9 ou 10 mètres d’écartement. Mais on peut également franchir des distances beaucoup plus con-
- Fig. 1. — Système d’un bateau pliable et démontable pour ponts légers. 1. Plan. — 2. Coupe suivant a b. — 3. Détails.
- Élévati O
- Cablegarde- eoTjxr ç/*
- Fig. 2. — Détails et assemblages des poutrelles.
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- sidérables, lorsqu’il n’est pas possible d’installer des supports intermédiaires, au-dessus d’un ravin profond ou d'une rivière à berges élevées. Dans ce cas, on tend, d’une rive .à l’autre, deux cinquenelles en câble d’acier de 10 millimètres de diamètre, résistant chacune à une traction de 4300 kg, et ne pesant pas plus de 400 grammes le mètre courant.
- On pousse alors de la rive la passerelle dont les bords sont munis de petits galets qui roulent sur les cinquenelles, jusqu’à ce que le tablier couvre entièrement la brèche. On a ainsi un véritable pont-chaînette que soutiennent les deux câbles métalliques. L’armature du tablier se compose de deux fdes parallèles de poutrelles, dont
- chaque élément a 3m,50 de longueur. Cet clément est constitué par deux madriers de0m,12x0m,034, accolés de part et d’autre d'une âme a (lig. 1) en tôle d’acier de 2 millimètres. Aux extrémités, la pièce
- est taillée en biseau sur 0m,60 de long environ. Deux poutrelles successives chevauchent de la longueur du biseau, ce qui constitue une sorte de joint en trait de Jupiter. 11 suffit, pour solidariser les deux pièces, de les entourer, aux extrémités du joint, par deux colliers b, rivés respectivement sur Tune et sur l’autre, et que l’on clavette quand le serrage est obtenu. Comme on le voit, la longueur utile de la poutrelle est de 3,50 — 0,60 = 2m,90.
- Fig. 3. — La construction du tablier.
- Fig. 4. — I/épreuve d’une passerelle.
- Chaque collier porte sur ses faces latérales des douilles c où s’engagent les crochets recourbés qui terminent les pièces destinées à assurer l’écartement. Ce sont de simples traverses d en fer rond, ou des entretoises en croix e qui se ferment pour le transport. Le tablier proprement dit, ou platelage,
- estformé de panneauxàclaire-voiede2m,50x0m,65, composé de deux cours de frises se recoupant et inclinées de 45° sur Taxe du pont.
- Dans les douilles, situées sur la face externe des colliers de poutrelles, on engage une sorte de chandelier / ou montant vertical, maintenu par une cia-
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- vette et dont l'extrémité supérieure, formant un anneau ouvert en spirale, reçoit le câble d’acier de 4 millimètres de diamètre destiné à servir de garde-corps. Au niveau du tablier, le chandelier porte un mentonnet qui appuie sur le panneau et le maintient au contact de la poutrelle. A l’extrémité inférieure du chandelier se trouve enfin le galet dont nous avons parlé plus haut, qui permet de pousser par roulement le tablier sur des cinquenelles faisant ensuite l’office de câbles-tendeurs.
- Le rôle de ces câbles exige qu’ils soient très solidement amarrés à chaque rive. 11 en est de même, quoique à un degré moindre, pour les cables de garde - corps.
- Dans ce but, on se sert soit d’un chevalet à trois pieds pesant 7ks,50ü, soit d’un pieu cabestan, dont le chapeau forme un véritable treuil manœuvré au moyen d’un tourne-à-gauche.
- Ce pieu, fortement enfoncé en terre et maintenu par des haubans obliques, pèse 21 kilogrammes.
- Tout cet ensemble présente une résistance très suffisante pour franchir 20,
- 50 et môme 40 mètres, en laissant prendre,bien entendu, une flèche correspondant à la portée ; mais les charges utiles décroissent rapidement avec la longueur et, dans le cas le plus général, on fera reposer le tablier sur des llotteurs constitués au moyen de bateaux pliants et démontables qui s’amarrent à l’amont sur une cinquenelle tendue en travers de la rivière.
- On pourrait employer des bateaux quelconques saisis sur le cours d’eau ; mais il est plus prudent de se munir de petits pontons, spéciaux dont M. Yeyry a combiné un modèle convenable (fig. l).La carcasse est formée de cadres en bois solidement étrésillonnés, qui s’assemblent au moyen de goujons ou de clavettes et (|uc recouvre une enveloppe en toile imperméable attachée par des courroies à boucle.
- Chaque bateau, pour le grand modèle, présente en plan une partie rectangulaire de 2m,50 de long et 1111,06 de large, terminée à l’une de ses extrémités par une proue triangulaire de 1 mètre de long. Le creux est de 0,u,55; et l’on admet que l’enfoncement doit être limité à Üm,55 afin que l’eau ne puisse passer par-dessus bord en aucun cas, et que le tablier, en son milieu, ne soit pas noyé lorsqu’il fléchit sous la charge. Le déplacement est alors de 1 m5 environ. Le poids du bateau est de 86 kilogrammes environ, ce qui laisserait 900 kilogrammes
- de force portante.
- On assujettit le tablier sur ce bateau, au moyen d’étriers à clef, saisissant à la fois le bord du bateau et chaque poutrelle. Les éléments du bateau se replient les uns sur les autres et occupent fort peu de place pour l’arrimage sur les véhicules.
- Le même matériel permet de constituer une passerelle plus large en accolant deux ou trois tra-vures, ce qui réduit, il est vrai, la distance franchissable avec les éléments dont on dispose ; on peut également construire une « portière », en réunissant deux bateaux au moyen d’un plancher, et installer un bac à traille susceptible d’assurer le passage de lourdes charges, telles que les fourragères et les canons eux-mêmes qui accompagnent la cavalerie.
- Enfin M. Vcyry fait remarquer qu’on pourrait constituer par les mêmes moyens des ponts volants allant d’un navire au rivage, pour assurer un embarquement ou un débarquement commodes, problème qui s’est souvent posé. Nous aurons sans doute l’occasion de décrire la passerelle des sections techniques qui est plus simple encore et parait satisfaire à toutes les conditions exigées d’un pareil matériel. Georges Béthuys.
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- LES ASCENSEURS ÉLECTRIQUES
- Les ascenseurs électriques ont fait depuis quelques années de grands progrès; leurs dispositifs simples les ont fait adopter à Paris dans le plus grand nombre des constructions nouvelles. L’énergie électrique a pu être fournie très aisément par les réseaux de distribution: les constructeurs, par d’heureuses modifications, sont arrivés à en rendre le maniement simple et le fonctionnement satisfaisant . Leur marche économique est également une raison qui les a l'ait préférer aux autres ascenseurs hydrauliques, à air comprimé, aérohydrauliques. Dans un précédent article1 sur les ascenseurs électriques, qui a paru au moment même où, par suite de l’augmentation du prix de l’eau distribuée à Paris, s'effectuait la transformation des ascenseurs hydrauliques, nous avons examiné déjà les moyens de transformation, et nous avons vu les dispositifs adoptés pour les ascenseurs hydro-électriques. Nous avons trouvé à cette époque que le coût d’une ascension complète, montée et descente, avec un ascenseur à trois personnes dans un immeuble de six étages, était de 0tr,165 avec un ascenseur hydraulique, 0fl’,077 avec un ascenseur à air comprimé, 0fr,045 avec un ascenseur hydroélectrique, et 0fl',025 avec un ascenseur à treuil électrique. L’énergie électrique dépensée était comptée au prix maximum de 0fr,061 l’hectowatts-heure ; P,air comprimé était vendu à raison de 5f,',85 le kilomètre de course effectuée. Depuis cette époque, de nouveaux dispositifs ont été imaginés pour utiliser à la fois l’air comprimé, l’électricité et l’eau sous pression (ascenseurs aéro-électriques, aéro-hydro-électriques), afin d’atteindre des dépenses moins élevées. L’ascenseur électrique direct est reconnu aujourd’hui comme le plus économique, dans lequel la dépense est proportionnelle à la charge.
- Dans ce qui va suivre, nous passerons en revue les principaux modèles d’ascenseurs électriques utilisés actuellement dans Paris,ceux que nous avons pu examiner et sur lesquels nous avons pu nous procurer des renseignements auprès des constructeurs. Sans vouloir insister sur les qualités essentielles des ascenseurs, manœuvres, sécurité, etc., nous serons cependant amenés à parler des manœuvres électriques, et. des appareils de sécurité.
- Nous examinerons donc successivement :
- 1° Ascenseurs sans puits avec équilibrage et avec treuil électrique;
- 2° Ascenseurs avec puits et avec compensateurs mus électriquement ;
- 5° Ascenseurs hydro-électriques (ascenseurs en transformation).
- Les prix de revient que nous avons indiqués plus haut pour la dépense d’une ascension avec divers ascenseurs sont encore sensiblement vrais aujour-
- 1 Yov. n° 1165, du 14 septembre 1895, p. 243.
- d’hui; ils sont cependant un peu élevés pour l’air comprimé, qu’il faut réduire à 0tr,047 et même à 0f,',05 dans les ascenseurs de MM. Samain et Cie. Pour les appareils électriques, le chiffre indiqué est plutôt supérieur au chiffre obtenu dans la moyenne des installations.
- 1° Ascenseurs sans puits avec équilibrage et avec treuil électrique.
- Dans ces ascenseurs, la disposition générale consiste en un treuil électrique sur le tambour duquel viennent s'enrouler des câbles qui maintiennent suspendue la cabine de l’ascenseur, et passent sur une transmission supérieure. Un contrepoids, dont les câbles s’enroulent sur le même tambour en sens inverse de ceux de la cabine, équilibre le poids à vide de la cabine, plus la demi-charge. Le moteur n’a donc à fournir comme puissance que la puissance nécessaire à l’élévation de la moitié de la charge ; le travail est le même pour faire monter la cabine en pleine charge ou pour la faire descendre à vide. Le moteur travaille donc le plus souvent à une puissance voisine de celle pour laquelle il est calculé, condition pour obtenir un bon rendement.
- Dans quelques installations, on se contente d'équilibrer simplement la plus grande partie du poids de la cabine par un contrepoids placé sur le retour du câble; souvent même, lorsque la disposition des locaux ne s’y prête pas, on supprime le contrepoids.
- La figure 1 représente l’installation d’un ascenseur de ce genre faite par la maison Abel Pifre, qui construit des ascenseurs de toutes puissances.
- Le treuil se compose d’un tambour fileté sur l'arbre duquel se trouve calée une roue hélicoïdale en bronze commandée par une vis sans fin en acier accouplée avec le moteur électrique. .L’ensemble de la vis et de la roue tourne dans un carter étanche rempli d’huile. Le tambour est entraîné par la roue hélicoïdale avec interposition de pièces élastiques afin d’éviter de transmettre aux câbles de suspension les vibrations provenant du moteur et de la vis. Les moteurs électriques peuvent fonctionner sur courants continus (110, 220, 440 volts) ou sur courants alternatifs simples et polyphasés. Sur l’accouplement du moteur à courant continu et de la vis sans fin est placé un frein électro-magnétique dont la bobine est montée en dérivation aux bornes de l’excitation du moteur. Ce dernier est pourvu de deux enroulements inducteurs, un enroulement shunt branché sur 110 volts et un enroulement en série avec l’induit pour le démarrage. Sur les courants alternatifs simples, on emploie des moteurs asynchrones à induit fermé, dont le couple moteur est suffisant au démarrage ; ce résultat est obtenu à l’aide d’un enroulement inducteur auxiliaire et d’un rhéostat placé dans le circuit de la partit' mobile. Au moment du démarrage les résistances sont supprimées graduellement par le moteur en marche et l’enroulement inducteur auxiliaire est coupé.
- Les manœuvres pour la mise en marche de l’ascenseur se font de la cabine soit au moyen d’une
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- corde sans lin, soit au moyen de boutons électriques.
- La corde sans tin est attachée sur la poulie de commande des appareils ; elle porte des olives de grosseurs croissantes et traverse une boîte solidaire de la cabine. Cette boîte entraîne la corde et met l’appareil à l’arrêt quand elle rencontre l’olive correspondante à l’étage indiqué. Chaque porte pa-lière est munie d’un système immobilisant la corde de manœuvre et empêchant de mettre l’appareil en marche quand l'une quelconque des portes est ouverte. Des serrures automatiques, commandées par la cabine, condamnent l’ouverture des portes quand la cabine ne se trouve pas arrêtée en face. La poulie de commande des appareils actionne un commutateur inverseur qui ferme le circuit du moteur et établit le courant dans le sens de montée ou descente et dans la bobine du frein. Au moment du démarrage, les résistances sont placées dans le circuit de l’induit, et elles sont mises en court-circuit automatiquement par des électro-aimants au fur et à mesure de l’élévation de tension. Un dispositif de sécurité, placé sur l’arbre du tambour du treuil, entraîne à fin de course la poulie de manœuvre pour ramener l’appareil à l’arrêt au cas où, pour une cause fortuite, la corde de manœuvre se trouverait rompue.
- On emploie plus généralement aujourd’hui la manœuvre à boutons. Pour cette manœuvre le circuit des boutons passe par des interrupteurs actionnés par les portes palières, par des interrupteurs commandés par la cabine pour l’arrêt automatique aux étages, et par les bobines d’un commutateur inverseur électromagnétique remplissant le même but que le commutateur inverseur de la manœuvre à cordes. Quand on appuie sur les boutons, divers relais électriques sont actionnés; ils produisent le couplage du moteur dans un sens ou dans un autre, enlèvent les résistances des démarrages, et commandent la bobine du frein pour obtenir l’arrêt.
- Avec un dispositif spécial, il suffît d’appuyer sur un seul bouton pour que la cabine se mette en marche, en montée ou en descente, et vienne s’arrêter automatiquement à l’étage correspondant au bouton pressé.
- Enfin, on a adopté des dispositifs tels que, lorsque la cabine de l’ascenseur vient de s’arrêter à un étage, il soit impossible de remettre l’appareil en marche par les boutons extérieurs tant que les voyageurs, placés dans la cabine, n’ont pas quitté celle-ci et refermé la porte palière. Ce système est adopté uniquement par la maison Edoux et Cie, qui a pris du reste un brevet à ce sujet.
- Le plus sérieux reproche qu’on puisse faire à l’ascenseur électrique est d’être suspendu ; un cable peut sc rompre à l’improviste. Les ascenseurs doivent donc être munis d’un parachute efficace dont le fonctionnement offre toute garantie. 11 convient de dire que jamais un parachute mécanique ne présentera la sécurité d’un piston hydraulique dont la vitesse de descente est réglée par la vitesse d’un volume d’eau s’écoulant dans un tuyau d’une section
- déterminée. La maison Edoux et Cie emploie un parachute à billes dont le fonctionnement n’offre aucun aléa. Cet appareil (fig. 5) est constitué par un guidage taillé en forme de crémaillère. La cabine porte une pièce en fer solidement fixée sur son côté et munie d’un certain nombre de cavités dans lesquelles peuvent se loger des billes en acier. Le diamètre des billes est un peu inférieur à la profondeur de ces cavités; cette pièce peut donc se mouvoir le long de la crémaillère sans qu’il se produise de coincement tant que la vitesse permet aux billes de circuler dans le chemin sinueux formé par le parachute. Mais, dès que la vitesse de la cabine dépasse celle que peuvent atteindre les billes, il se produit un coincement et la cabine reste bloquée par une des billes. A chaque vitesse critique correspond un profil de crémaillère dont les dents s’allongent d’autant plus que la vitesse est plus grande.
- La Compagnie des ascenseurs Otis installe également des ascenseurs électriques directs sur courants continus, alternatifs simples ou polyphasés, avec manœuvre à un seul bouton. Le moteur électrique (fig. 2), peu volumineux, se place soit à côté de la cage de l’ascenseur, soit au-dessous dans une cave, ou au-dessus du plafond de l’escalier, ou de la trémie. La difficulté dans les ascenseurs à grande vitesse réside dans l’obligation d’avoir aux paliers d’accès des arrêts réguliers sans secousses, aussi bien à vide qu’en charge. De très bons résultats sont obtenus en ayant un ralentissement de vitesse avant d’arriver au palier, ralentissement obtenu dans les ascenseurs Otis au moyen d’un changement de régime dans la marche du moteur et en bloquant la machine à l’arrêt au moyen d’un frein à bande de cuirs. En Amérique il existe des ascenseurs électriques sans treuil, dits ascenseurs express, qui atteignent des vitesses de 5m,50 par seconde.
- La nouvelle manœuvre employée par la Compagnie Otis, manœuvre à un bouton, supprime la boite d’arrêts automatiques des systèmes actuels ainsi que les boutons de montée et de descente placés dans la cabine, les remplace par de simples boutons électriques placés verticalement l’un au-dessus de l’autre en nombre égal à celui des paliers à desservir. En poussant l’un de ces boutons, la cabine se met immédiatement en marche pour se rendre et s’arrêter d’elle-même à l’étage. Pour la manœuvre extérieure, chaque porte palière est munie d’un bouton électrique analogue à celui de la cabine et produisant les mêmes eflets. Ces boutons intérieurs et extérieurs n’ont point d’action tant que la cabine n’est pas au repos et que toutes les portes ne sont pas fermées. De plus les boutons extérieurs sont neutralisés aussitôt que l’un quelconque des boutons de la cabine est actionné. Il s’ensuit qu’il est impossible, à l’arrêt de la cabine au palier, de rappeler l’ascenseur en appuyant sur un bouton de descente. Pour pouvoir faire redescendre la cabine de l’extérieur, il faut que la personne dans la cabine ait ouvert et fermé la porte palière. i
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- La maison Samain et Cie construit aussi divers modèles d’ascenseurs électriques directs à courants continus et alternatifs ; ils ont des freins de sécurité spéciaux et les manœuvres s’elfectuent à l’aide de
- boutons électriques ou de câbles, mais par l’intervention de servo-moteurs hydrauliques au lieu d’électriques .
- Nous signalerons également, sans nous y arrêter,
- la manœuvre électrique pour ascenseurs que MM. Houx, Combaluzier et Cie ont imaginée alin de rendre impossible la remise en marche intempestive.
- ,A1M. Guyenet et de Mocomble avaient été conduits également, en 1898, h étudier l’application directe
- d’un treuil électrique à engrenages droits .à un ascenseur à piston hydraulique.
- La maison Pilre construit des ascenseurs et monte-charge à treuil électrique de toute puissance, depuis le monte-plats mû par un moteur électrique de 0,5 cheval jusqu’aux ascenseurs en
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- Fig. 4. — 1, ascenseur Fifre à compensateur mû électriquement; 2, détail du compensateur;
- 5, ascenseur Sumain à compensateur électrique avec moteur à courant continu; 4, compensateur avec moteur à courants alternatils.
- Fig. 5. — Ascenseur hydro-électrique l'il're à accumulateur.
- tringle de manœuvre; B, corde; G, cylindre; 1), tuyau d’évacuation; E, réservoir; F, tuyau d’aspiration; G, moteur électrique; 11, pompe, I, tuyau de reloulement; J, distributeur; K, tuyau de communication; L, accumulateur hydraulique.
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- service dans les grands magasins parisiens. Elle a installé aux magasins de « La Samaritaine » un ascenseur à treuil électrique élevant une charge de 1000 kg, so?t 15 personnes environ, avec une vitesse de 1,25 mètre par seconde; le moteur électrique a une puissance de 50 chevaux.
- La maison Edoux et Cie a installé 15 ascenseurs dans la gare d'Orsay, à Paris; ces appareils sont établis pour une charge de 500 kg à la vitesse de 1 mètre par seconde, ou une charge de 1000 kg à la vitesse de 0,5 mètre par seconde. La consommation est de 12 ampères sous 500 volts; ce qui correspond à une dépense de 0,2 heetowatts-heure pour élever une charge de 1000 kg à une hauteur de 5 mètres. Au prix de 0fr,06 l’hectowatts-heure, la course coûte 1,2 centime, et en comprenant la descente à vide de la cabine, 2,4 centimes.
- La Compagnie Otis construit des ascenseurs à petite ou à grande vitesse (0,50 mètre à 5,50 mètres par seconde), pour des poids de 200 kg jusqu’à 8 tonnes, exigeant des moteurs électriques de 2 à 100 chevaux. Nous citerons les ascenseurs de 580 kg à la vitesse de 1 mètre par seconde, qui ont été installés dans les nouveaux bureaux du secteur de Clichy, rue des Dames, à Paris. Par la pression d’un bouton numéroté, l’ascenseur démarre, accélère son allure dès le départ, ralentit avant l’arrêt, s’arrête exactement sans secousse au palier désiré, aussi bien à vide qu’en charge. Dans une installation à Lyon, un ascenseur consomme 15 ampères à 220 volts en pleine charge et environ 50 ampères au démarrage ; le prix d’une course, montée et descente, revient à moins de 0r',02, si le prix de l’hectowatts-heure est de 0fr,06.
- 2° Ascenseurs avec puits et avec compensateurs mus électriquement. — Les ascenseurs à compensateurs électriques ont l’avantage de permettre de limiter la vitesse de descente en réglant l’écoulement d’eau par un tuyau d’une section déterminée. La figure 4, n° J, montre les dispositions adoptées par la maison À. Pifre. La cabine est portée par un piston en acier A plongeant dans un cylindre en fonte D ayant une longueur égale à la course de la cabine ; ce cylindre est relié par un tuyau T à un cylindre de compensateur C ayant même volume, mais de longueur réduite; la capacité formée par les deux-cylindres est remplie d’eau et constitue ainsi une balance hydraulique. Un piston D, chargé de contrepoids, se meut dans le cylindre du compensateur et porte à sa partie supérieure un écrou fileté monté sur une vis d’un pas convenable ; cette vis est portée par une crapaudine fixe et ne peut que tourner sur elle-même. Un moteur électrique M, par une courroie et à l’aide d’engrenage d’angle, fait tourner la vis dans un sens ou dans un autre. Le mouvement de rotation de la vis fait monter ou descendre l’écrou, et par suite le piston du compensateur ; ce qui provoque le déplacement de la cabine.
- MM. Samain et Cie emploient également un compensateur hydro-électrique : la cabine est poussée
- par un piston plongeur A qui se déplace dans un cylindre hydraulique B fixé dans un puits (fig. 4, n° 5). Le compensateur se compose en principe d’un piston plongeur D, qui peut monter ou descendre dans un cylindre fixe C. Le piston plongeur D monte ou descend sous l’action du moteur électrique M à courant continu qui lui transmet le mouvement à l’aide d’une vis E qui prend son point d’appui sur un sommier supérieur et s’engage dans le piston par un écrou fixé au sommet de ce dernier. Les cylindres C et B sont reliés par un tuyau et sont remplis d’eau. Les contrepoids P,P de l’équilibrage se déplacent avec le piston sur des courbes extérieures construites mathématiquement.
- D’autres arrangements ont été pris avec les moteurs commandés par courants alternatifs (fig. 4, n° 4). Le compensateur donne à l’ascenseur la puissance d’ascension nécessaire. Le cylindre C du compensateur et le cylindre B de l’ascenseur sont réunis par un tuyau et le distributeur E, qui assure les mouvements d’arrêt et de montée. Le moteur électrique M à courants alternatifs ne fonctionne qu’à la descente ; il est relié à la cabine en dessous à l’aide d’un câble en acier; le câble s’enroule sur un treuil spécial.
- 5° Ascenseurs hydro-électriques. — Les ascenseurs hydro-électriques sont employés de préférence lorsqu’il s’agit de transformer avec le minimum de frais un ascenseur hydraulique existant. On les emploie aussi lorsque l’installation comporte plusieurs ascenseurs ou monte-charge électriques.
- Lorsque les immeubles présentent une hauteur suffisante, on place souvent dans les combles des réservoirs reliés par une conduite descendante aux distributeurs des ascenseurs hydrauliques. L’eau employée pour l’ascension est recueillie pendant la descente dans une hache dite de retour d’eau, placée en cave. Une pompe, actionnée par un moteur électrique, aspire l’eau de cette hache et la reioule dans les réservoirs placés aux combles. Les pompes centrifuges, accouplées directement avec le moteur, sont généralement utilisées. Dans d’autres installations, pour avoir une forte pression, on a recours à l’emploi d’un accumulateur hydraulique qui remplace le réservoir supérieur. La figure 5 montre les dispositifs de la maison A. Pifre. Lorsqu’on met l’ascenseur à la montée, l’accumulateur descend et refoule l’eau dans le cylindre de l’ascenseur ; dans son mouvement de descente l’accumulateur ferme un interrupteur qui envoie le courant électrique aux bornes du moteur par l’intermédiaire d’un rhéostat automatique.- Après l’arrêt de l’ascenseur, l’eau sous pression fournie par la pompe remonte l’accumulateur et quand celui-ci arrivé en haut de sa course, il ouvre l’interrupteur; le moteur est arrêté ainsi que la pompe. Dans le cas d’un réservoir supérieur, l’interrupteur est commandé par un flotteur agissant dès que le niveau a baissé d’une hauteur déterminée.
- Dans les installations importantes, qui nécessitent un moteur puissant, la manœuvre du rhéostat de
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- démarrage s'effectue à l’aide d’un servo-moteur hydraulique commandé par l’eau sous pression prise sur la conduite de refoulement de l’accumulateur. C’est sur ce même principe qu’ont été établis par la maison Edoux et Cio les quatre grands ascenseurs de 1000 kg à une vitesse de 1 mètre par seconde de l’Hôtel Terminus du quai d’Orsay. Un groupe de 5 pompes électriques alimente 2 accumulateurs hydrauliques conjugués, commandés automatiquement. Les ascenseurs de l’Hôtel Moderne, établis également par la maison Edoux et Cie, sont aussi actionnés par pompes électriques et accumulateurs hydrauliques.
- Mentionnons également plusieurs autres installations importantes et intéressantes à connaître. A la raffinerie Say se trouvent 5 accumulateurs hydrauliques de 120 tonnes chacun, à la pression de 50 kg par centimètre carré : ils sont alimentés par une batterie de 4 pompes électriques et actionnent 18 ascenseurs monte-charge soulevant des poids de 5000 kg à la vitesse de 0,50 mètre par seconde.
- A la Banque de France, il existe 45 élévateurs de colfres-forts et 5 monte-charge qui fonctionnent à l’aide de 2 accumulateurs hydrauliques de 150 tonnes à la pression de 55 kg par centimètre carré. Les accumulateurs hydrauliques sont alimentés par une batterie de 2 pompes électriques: l’installation comporte une pompe de secours à gaz et une autre à air comprimé. Enfin, nous citerons encore l’installation de la maison Edoux et Ck‘, à l’Hôtel Continental, comprenant 2 accumulateurs hydrauliques de 80 tonnes à 20 kg par centimètre carré actionnant 4 ascenseurs soulevant 600 kg à la vitesse de 0,60 mètre par seconde; 2 pompes électriques alimentent les accumulateurs. Une installation semblable a été faite à la Compagnie générale des voitures, à Aubervilliers, pour 2 élévateurs de 5000 kg et 2 de 1500 kg.
- L’installation d’ascenseurs hydrauliques avec alimentation par pompes et accumulateurs d’eau sous pression comporte quelquefois deux pompes distinctes, dont l'une est actionnée par la vapeur ou l’air comprimé et l’autre par un moteur électrique. Il est alors possible de pouvoir entretenir et réparer, s’il y a lieu, une des pompes sans arrêter l'installation. C’est ainsi qu’a été exécutée par la maison A. Fifre l’installation des ascenseurs au Grand Hôtel de Paris, où il faut obtenir un service permanent de jour et de nuit. Cette installation, pour l’alimentation de 4 ascenseurs de 600 kg avec une vitesse de marche de 1,5 mètre par seconde, comporte une pompe à piston actionnée par un moteur électrique de 55 chevaux et une pompe Worlhington à vapeur de 55 chevaux également. La mise en marche de l’une ou l’autre de ces pompes se fait automatiquement par l’accumulateur. La pression de l’eau motrice est de 20 kg par centimètre carré.
- Telles sont, à ce jour, les principales applications de l'énergie électrique pour le fonctionnement des ascenseurs. J. Laffakgue.
- LE PALMIER A CIRE
- Le palmier à cire des Andes (Ceroxylon andicola) est un des végétaux les plus remarquables de la,terre. Tout est étrange dans cet arbre. On le croirait fait pour les rives brûlantes du Pacifique, et il se plaît dans les climats tempérés ou froids. 11 prospère dans les montagnes de la chaîne des Cordillères, entre 1800 et 5000 mètres d’altitude. Où les palmiers les moins frileux périraient ou prendraient forme naine et rabougrie, celui-ci dresse un stipe de GO mètres de hauteur, élégante colonne ouvragée que couronne un vaste chapiteau de panaches. I)e l’aisselle des feuilles et du tronc exsude une matière grisâtre et nacrée : c’est de la cire aussi pure que celle des abeilles, mais un peu plus cassante.
- M. Ed. André raconte avec enthousiasme* l’effet que produit sur le voyageur la rencontre de ces arbres dont le tronc ressemble à une (( colonne d’ivoire cerclée d’anneaux bruns )).
- Pour les étudier de plus près, il en fit abattre deux. « Deux colosses, dit-il, s’écroulèrent bientôt avec fracas sous les coups répétés de nos haches. Ils se brisèrent en plusieurs morceaux et laissèrent échapper une moelle blanche, en longs copeaux spongieux. Je mesurai l’un de ces troncs, il avait 60 mètres de longueur. Sa circonférence à la base était de lra,84 et pris du sommet 0m,75, exemple remarquable de gracilité pour une si grande élévation. Entre les feuilles brisées, longues de 5 à G mètres, glauques en dessus et blanches en dessous, les régimes de fruits longs de 2 mètres, qui d’en bas nous avaient paru si petits, gisaient éparpillés et brisés. Leurs innombrables baies à pulpe douce, grosses comme des grains de chasselas, avaient roulé de toutes parts sur le sol. D’après mes calculs, ils étaient âgés de 150 à 200 ans. »
- Le bois du palmier à cire est souple et fort et s’altère difficilement, ses fibres sont fines et dures comme des fils d’acier bruni ; on en fait des charpentes pour les maisons. L’église de Salento, décrite par M. André, est une construction unique. Saiff la couverture en tuiles, elle est bâtie en bois de ceroxylon. 11 suffirait de gratter les colonnes de la nef de ce modeste édifice pour récolter de la cire propre à mouler des cierges qui serviraient à l’autel. La récolte de la cire se fait de deux manières.
- La première, aussi barbare qu’expéditive, consiste à jeter bas les arbres et à gratter l’écorce, au risque de dépouiller rapidement la contrée de ce précieux palmier. L’autre mode d’opérer, le seul rationnel et honnête, est de racler la cire, en grimpant sur les arbres. Une solide courroie, passée à la ceinture d’un grimpeur habile, se fixe au tronc sur lequel s’appuient scs jambes et, au moyen d’une raclette aiguisée, il fait tomber en descendant la cire, dans son tablier. L’épaisseur de l’enduit cireux, parfois roussi par un petit lichen, varie entre un tiers et un demi-millimètre d’épaisseur. Chaque arbre peut fournir de 8 à 12 kg d’une cire blanche ou jaunâtre. Un péon peut ainsi * récolter de 50 à G0 kg de cire par mois. Elle se vend généralement pour faire des allumettes-bougie à 2fr,50 le kg. La lumière fournie par cette cire est abondante, assez pure, donnant peu de fumée et une résine à odeur agréable. Elle se clarifierait avec grande facilité. Il est à souhaiter qu’on arrive à une exploitation rationnelle de cet arbre si intéressant. V. Braxdicouut,
- Secrétaire de la Société Liimécune du Nord de la France.
- 1 Le Tour du Monde, 1879.
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- LA NATURE.
- DÉFORMATIONS SOLAIRES ET RAYON YERT
- La note sur la déformation du disque solaire, parue récemment ici1, était particulièrement intéressante. Depuis plusieurs années, je suis régulièrement le coucher du soleil dans la mer et il m’a été donné, à maintes reprises, d’observer les déformations du disque solaire et le phénomène du rayon vert.
- Le regretté M. Cornu avait bien voulu présenter, le 14 novembre 1898 à l’Académie des sciences, une Note que je lui avais adressée, et dont l’extrait suivant a été inséré dans les Comptes Rendus :
- « De mon lieu d’observation, situé sur le revers de la colline de Sainte-Adresse, je découvre la mer au sud et à l'ouest et l'embouchure de la Seine à l’est. Bien souvent j’aperçois le soleil disparaissant
- Fig. 1. Déformations solaires observées. — .V 21. Le soleil disparait en B, mais 11e paraît pas se coucher à l’horizon. N" 33 et 51. Le soleil semble attiré par l’eau.
- dans la mer et bien des fois je constate que le dernier rayon qu’il lance est du plus beau vert.
- « ...En outre, le spectacle est souvent accompagné de déformations du disque solaire, déformations des plus curieuses, imitant depuis la forme d’un ballon jusqu’à celle d’une ligne brisée. »
- L'observation de ces déformations est assez rare, car, le plus souvent, le soleil se perd dans les brumes avant de disparaître à l’horizon et c’est au moment où le soleil semble toucher la cime des flots que les déformations sont les plus curieuses. Je ne peux guère faire de ce phénomène qu’une douzaine d’observations par an. Je reproduis ci-dessus les dessins les plus curieux que j’ai pris : le 21 mars 1898 (fig. 1 à 8) ; le 22 mars 1898 (fig. 9 à 14) ; le 16 décembre 1898 (fig. 15 à 20) ; le 15 mars 1899 (fig. 21 à 24); le 14 mars 1899 (fig. 25 à 50); le 25 mars 1902 (fig. 51 à 56).
- A cette dernière observation, l’intérêt était très grand ; le soleil semblait aspiré par l’eau et sa lumière, pendant les dernières secondes, vacillait
- 1 Yoy. n° 1525, du 10 août 1902, p. 101.
- connue celle d’une lampe qui s'éteint faute d’huile. Je joins à ces quelques lignes une reproduction de dessins pris par Biot et Mathieu, à Dunkerque.
- Quant au rayon vert, je l’ai observé à plusieurs reprises. Le 15 mars 1899, il a duré 112 secondes 1/2, et le 14 mars 1899, 564 secondes. A cette dernière date, beaucoup de personnes ont été frappées de la coloration verte si prolongée. Le 25 mars de cette année, j’ai encore revu le phénomène pendant 107 secondes.
- On sait que le rayon vert est dû à la décomposition de la lumière solaire par la vapeur d’eau atmosphérique qui fait office de prisme. Dans l’ordre de décomposition apparaît d’abord le rouge, puis l’orangé et le jaune et enfin le vert. 11 peut même se faire que l'on arrive jusqu’au bleu. M. Cornu avait pu reproduire le rayon vert et le rayon bleu dans son laboratoire de l’École polytechnique.
- En tout cas, on ne saurait trop recommander aux personnes qui habitent le bord de la mer de regarder le coucher du soleil dans les Ilots. Elles pourront, en dehors de la majesté du spectacle, faire d’intéressantes constatations. Lucien Libert.
- Fig. 2. — Apparences singulières du soleil à l’horizon. (D’après Biot et Mathieu.)
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- LA NATURE.
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- LANCEMENT DU « KLËIÎER » A BORDEAUX
- Samedi, 20 septembre, a été mis à l’eau, à bordeaux, le Kléber, croiseur cuirassé construit dans les Chantiers et Ateliers de la Gironde. Nous n’aurions
- pas entretenu nos lecteurs de ce lancement, opération qui constitue par elle-même un fait vulgaire, s’il n’avait été fait dans des conditions particulières et uniques, croyons-nous.
- C’est, en effet, la première fois qu’un navire de guerre de cette importance glisse snr un ber, pour
- Fig, 3. — Le croiseur dans le fleuve après son évitage. (D’après une photographie de MM. Panajou frères.)
- prendre contact avec l’élément liquide, complètement terminé, armé et ses chaudières sous pression. Le Iüéber est un croiseur cuirassé dont les plans sont dus à M. Bertin, directeur du Génie Maritime, Chef du Service technique au Ministère de la Marine. Voici ses dimensions : Longueur entre perpendiculaires : 150 mètres; largeur au fort, 17m,88; creux au Pont des Gaillards, 10m,70; tirants d’eau, avant 6m,425, milieu 7m,05, arrière 7ra,675; surface du maître-
- couple, 97m2,870; déplacement, 7735 tonneaux. La puissance totale, y compris celle des machines de servitude et des pompes, est de 17 400 chevaux. La propulsion est assurée par trois hélices et la vitesse doit atteindre, d’après le marché, 21 nœuds au minimum. Les chaînes des ancres mesurent près d’un kilomètre de longueur et pèsent 62 tonnes. L’artillerie, tout entière à tir rapide, se compose de 26 pièces : 5 canons de!64mm, 4canonsdel00mm, 10 canons de 47mm,etc.
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- LA NATURE.
- Le poids total est de 0500 tonnes. Le moment était vraiment impressionnant lorsque ce monstre de fer, cheminées fumantes, en équilibre sur une semelle de 0m,60 de largeur, s’est élan é dans le fleuve, quand sa propre sirène eut donné le signal du sciage de la savatle. Après une immersion presque complète le navire se releva et on put admirer son élégance et constater qu’il était bien dans les lignes du projet. Les journaux locaux ont évalué à 40 000 le nombre de personnes venues pour assister à l’opération ; le soleil était de la fête et le fleuve en face des chantiers était couvert d’embarcations de tout tonnage d’un effet des plus pittoresques. Les assurances pour les risques du lancement et jusqu’à la remise du bateau à l’Etat, s’élèvent à la somme de 17 millions. L’équipage comprendra 578 hommes : un contre-amiral, 8 aspirants, 545 maîtres, quartiersTmaitres et marins. Le succès de cette opération fait honneur à l’industrie locale et à l'initiative des ingénieurs qui l’ont menée à bonne fin. A. Gaston Corme.
- LES FRUITIERS
- ET LES ENGRAIS POTASSIQUES
- Les fruitiers dont nous voulons parler sont des cerisiers et des pruniers, et les expériences qu’on a faites sur leur fumure ont été effectuées en Allemagne : nous en avons trouvé le compte rendu dans la publication Deutsche Landwirtschofliche Presse.
- Pour les cerisiers les uns recevaient, par arbre et par an, une quantité de 1050 gr de chlorure de potassium et 1750 gr de superphosphate; d’autres, 1750 gr de superphosphate également et 1015 gr de sulfate d’ammoniaque; enfin, pour la troisième série, l’engrais se composait uniquement de 1055 gr de sulfate d’ammoniaque. Or, le rendement était respectivement et en moyenne, pour un arbre des 5 séries différentes, de 0,52, 5,4 et 2,0 kg de cerises (sans le poids des queues). Si l’on considère les 5 dernières années de culture, on verra que, pour les arbres sans fumure aucune, le rendement moyen a été successivement de 1,50, 4,55 et 2,0 kg; les chiffres correspondants sont de 2,25, de 5,04 et de 5,00 kg pour les arbres ne recevant que du purin; puis de 1,25, de 5,16 et de 5,40 kg pour ceux qui recevaient de l’engrais sans potasse. Enfin les rendements atteignent 4,01, 7,28 et 0,52 kg pour les fruitiers auxquels on donne de l’engrais avec potasse.
- Les expériences exécutées par le chimiste Liercke sur des pruniers de l’espèce Victoria n’ont pas été moins intéressantes et concluantes. Ces essais ont été poursuivis durant 6 années, si bien qu’on peut considérer comme absolument établies les conclusions qu’il est possible d’en tirer. Du fait de l’usage d’un engrais potassique, le rendement a été augmenté de 20,4 kg, ce qui, à 50 pfennigs, donne 8,82 marks1; et, si l’on en déduit 5,60 marks pour la fumure durant 0 années, il n’en reste pas moins 5,22 marks de bénéfice. Or, dans les mêmes conditions, mais avec des engrais sans potasse, l’augmentation de rendement est seulement de 11,5 kg, et le bénéfice net ne ressort plus «u’à 1,11 mark. Si l’on veut les chiffres absolus de récolte, nous dirons que l’arbre sans fumure aucune ne donne pour 6 années que 5,5 kg de fruits, le
- 1 Le mark vaut l,r,25.
- maximum pour une année exceptionnelle ne dépassant point 1720 gr. Avec l’engrais sans potasse, le rendement total atteint. 10,8 kg, et la meilleure moyenne annuelle s'élève à 7500 gr (ce qui prouve l'avantage de la fumure pour les fruitiers). Enfin, pour les arbres qui reçoivent un engrais potassique — composé de 500 à 700 gr de sulfate de potasse, de quelque 750 gr de superphosphate et de 550 à 750 gr de sulfate d’ammoniaque, — le rendement des 0 années est de 54,7 kg, et l’on arrive à un maximum annuel de 15025 gr.
- Nous ajouterons que, dans l’arbre fumé à la potasse, non seulement le tronc et les branches se développent plus qu’avec aucun autre engrais, mais encore le bois prend une force de résistance bien supérieure, il ne souffre plus du froid dans les hivers rigoureux, les rameaux latéraux ne sont point exposés à périr ni les fleurs ou les fruits à tomber. P. de M.
- CHRONIQUE
- Records de vitesse des trains français et américains. — On a signalé ici dans les « Informations » le très remarquable record de vitesse d’un train express appartenant à la Compagnie des Chemins de fer du Nord et assurant la correspondance avec les paquebots anglais. Par suite d’un retard du train anglais de Londres à Folkestone, dù à un éboulement dans le tunnel de Seven-Oaks, le train anglais avait subi un retard de 20 minutes, ce retard se répercuta sur le service du paquebot, et le train français quitta Boulogne, pour Paris, avec un retard de 46 minutes. 11 a, dans le trajet de Boulogne à Paris, rattrapé ce retard, en maintenant une vitesse moyenne de 110 kilomètres n l’heure, et il a pu arriver à l’heure réglementaire, c’est-à-dire à 9h15ra. Il est intéressant d’en rapprocher les records des meilleurs express américains. Il est vrai que ceux-ci ne visent pas à battre le record français sur une faible distance, mais qu’ils prétendent tenir le record de toutes les grandes distances. Les meilleurs express du Pensylvania Railroad et du New-York Central font en 20 heures le trajet de 1500 kilomètres qui séparent New-York de Chicago, c’est-à-dire qu’ils maintiennent, sur cette longue distance de 1500 kilomètres, une vitesse moyenne de 75 kilomètres à l’heure. Revenant maintenant aux chemins de fer français, on ne peut pas trouver pour eux des distances égales aux précédentes, mais on peut du moins trouver des distances comparables : Par exemple le « Sud-Express » va de Paris à Bayonne en 9h45m, ce qui correspond à une vitesse moyenne, arrêts compris, de 80km,600 pour un parcours de 785 kilomètres, qui dépasse la moitié de celui de New-York à Chicago. Sur un trajet de longueur comparable, nous pouvons aussi mettre en ligne le « Méditerranée-Express » qui, pendant la saison d’hiver, quitte le quai de Calais à 1 heure du soir, pour arriver à Nice le lendemain matin à 9 heures. Cela fait vingt heures pour 1400 kilomètres, ou 70 kilomètres à l’heure, et il faut noter que ce train traverse en quelque sorte au pas la ville de Calais, qu’il entre à Paris par la gare du Nord, où il séjourne 28 minutes, et qu’il gagne ensuite lentement la gare de Lyon par la Ceinture, d’où il repart après vingt minutes d’arrêt. Rappelons que c’est ce même train qui, au retour, va en 5h 10™ de Paris à la gare maritime de Calais (298 kilomètres), soit à 94kra,100 de vitesse commerciale.
- Nouveaux cuirassés russes. — On vient de commencer aux chantiers Nevski, à Saint-Pétersbourg, la construction de deux nouveaux croiseurs russes conçus sur
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- les mêmes plans, le Izumrud et le Jemchug. Ils auront lOo^TG »le long pour une largeur de 12m,2Ü au maître-bau et un tirant d’eau de 4m,88 à pleine charge. Leur déplacement sera de 5100 tonnes; leurs machines de 17 000 chevaux de puissance, leur imprimeront une allure de 21 nœuds.
- Une ville d'inventeurs. — C’est un peu le nom que mériterait la petite ville de New Dritain, dans l’État de Connecticut ; depuis qu’existe le service des brevets aux Etats-Unis, il n’y a pas eu dans ce centre moins de 1447 brevets pris. Si l’on calcule sur les 10 dernières années, on verra qu’il y a eu un brevet par 507 habitants. L’un de ceux-ci, M. Iront, n’a pas eu moins de 121 créations brevetées.
- Les Universités de 'l'okio et de Kyoto. — L’organisation de l’enseignement, et en particulier de l’enseignement supérieur, est d’autant plus intéressante qu’elle date de bien peu d’années et que cette organisation a été réalisée par les Japonais, avec le concours de l’Europe du reste. L’Université de Tokio, par exemple, offre aux étudiants les mêmes avantages qu’une grande Université occidentale : on y trouve ce qu’on nomme des Collèges (mettons des Facultés) de Droit, de Médecine, de Génie civil, de Littérature, de Sciences et d’Agriculture, qui ont tous le meilleur État-Major de Professeurs et une installation matérielle parfaite. D’ailleurs l’Université est complétée par une série d’Ecoles spéciales. 11 est bon de dire que les Japonais veulent multiplier leurs universités, et qu’ils en ont notamment fondé une il y a 5 ans à Kyoto, qui comporte 4 Facultés, Droit, Médecine, enfin Génie civil et Sciences (ces deux dernières n’en faisant qu’une en réalité).
- Une ancre gigantesque. — fille vient d’être forgée à Charleston, dans les ateliers de l’arsenal : elle pèse un peu plus de 8 tonnes et a coûté près de 10 000 francs. Sa longueur totale est de 4m,58, et sa largeur d’une pointe à l’autre atteint 2m,89. La chaîne qui la maintiendra aura un développement d’un peu plus de 500 mètres, et elle sera composée de maillons qui pèseront individuellement 27 kilogrammes.
- Le platine aux États-Unis. — Le platine est un métal extrêmement rare, l’Oural en fournit la plus grande partie : aussi son prix a-t-il monté depuis quelque temps et se maintient-il fort élevé ; il est donc intéressant d’en mettre à jour de nouveaux gisements. Or, on annonce qu’on vient d’en découvrir aux États-Unis dans l’État de Washington, près de Princeton, et à la mine Olympia, près du Mont Kennedy. D’autre part, on affirme que l’or du Yukon contient une forte proportion de ce métal, et que les mineurs, dans leur ignorance, rejettent des “pépites et sables de platine représentant dans leur ensemble une grande valeur.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 octobre 1902.
- Présidence de M. Bouqdet de la Grye.
- Eruption volcanique. — M. le Ministre de l’instruction publique donne communication d’un rapport du Ministre de France à Tokio, sur une éruption volcanique terrible survenue dans une petite île japonaise distante de 512 milles de Yokohama. Cette île, située par 40° de latitude nord et 140° de longitude ouest de Paris, n’avait que 7 km de circonférence, et était habitée seulement par un groupe de 150 habitants qui, sans doute, ont tous péri. La nouvelle
- de la catastrophe a été apportée à Tokio par un paquebot japonais, qui a passé à proximité de File au moment de l’éruption, mais les officiers de ce navire n’ont pu fournir auoun détail ni porter aucun secours aux habitants, car la mer, autour de File, était le théâtre de phénomènes extraordinaires et terrifiants. Des colonnes d’eau étaient soulevées. Un vaisseau de guerre japonais a été envoyé sur le lieu du sinistre, mais on n’a pas encore de nouvelles.
- Parthénogenèse artificielle. — M. Delage, qui dans la dernière séance a fait connaître les résultats décisifs auxquels il était arrivé en soumettant des œufs d’astéries à un traitement par l’eau de mer chargée d’acide carbonique, puis à un lavage à l’eau distillée, expose aujourd’hui ses vues sur le mode d’action de l’acide carbonique en la circonstance. Les propriétés de l’acide carbonique sont les suivantes : 1° gaz acide; 2° gaz anesthésique; 5° gaz n’entretenant pas la respiration; 4° gaz augmentant la pression osmotique à l’intérieur des liquides dans lesquels il est dissous. Or tous les acides, à l’exception d’un seul, l’acide chlorhydrique, sont contraires à la parthénogenèse. Une à cinq gouttes de cet acide favorisent la parthénogénèse des œufs d’astérie, mais faiblement. Ce n’est donc pas à la fonction acide qu’il faut attribuer l’effet produit par l’acide carbonique. Ce n’est pas davantage à sa propriété anesthésiante, car d’autres anesthésiques essayés, le chloroforme, le chloral, la cocaïne, la morphine, ne donnent aucun résultat. Enfin cet effet n’est pas dû à l’augmentation de la pression osmotique dans l’eau de mer, car il n’y a pas de changement observé si l’on ajoute à l’eau de mer acidifiée, de l’eau distillée, de manière à ramener la pression osmotique à sa valeur normale. La propriété parthénogenétique de l’acide carbonique semble au contraire exaltée, car les larves obtenues sont de plus belle venue. On continue de réaliser la parthénogenèse en ajoutant de l’eau distillée dans une proportion qui peut atteindre le tiers du volume primitif. Suivant les idées de Loeb, la parthénogenèse est due à une action excitatrice du liquide. M. Delage observe qu’accepter cette explication c’est un peu se payer de mots, car il faudrait pour que Faction excitatrice fût établie qu’elle se produisît pendant que les œufs sont soumis au traitement. Or, dans ces expériences, c’est seulement après que Faction de la substance a cessé, lorsque les œufs ont été lavés à l’eau distillée et reportés dans l’eau de mer naturelle, que la parthénogenèse apparaît. D’autre part, il convient d’observer que pour que l’expérience réussisse, il faut employer des œufs arrivés à la période d’évolution comprise entre le moment de la division de l’œuf et celui de l’apparition des globules polaires. M. Delage se croit donc fondé à attribuer le pouvoir de l’acide carbonique à une action inhibitrice. Les œufs sont empoisonnés, leur développement normal est arrêté : il y a vie latente. En repassant dans l’eau de mer ce développement reprend, mais avec un changement dans la direction de l’activité.
- Varia. — M. A. Gaudry fait hommage à l’Académie d’un volume qu’il a consacré aux découvertes paléontolo-giques de M. Tournouër, en Patagonie. — M. Laveran annonce qu’il a découvert, sur la tortue d’eau Damonia Reevisii, deux hémogrégarines, deux trypanosomes et une coccidie intestinale. — M. Mascart présente une Note de M. Houlevigue, signalant la possibilité de préparer des lames minces par projections cathodiques de métal. -M. Raton de la Goupillère présente un ouvrage de M. Georges Moreau, ingénieur, intitulé théorie des moteurs à gaz.
- Ch. DE VlLLEDEUlL.
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- LA NATURE.
- LES POISSONS GÉANTS
- I.E TARPON
- Le Tarpon, dont je vais faire une description sommaire, appartient comme le saumon, l’alose, l’esturgeon et autres, à la catégorie de poissons qui ne sont, à proprement parler, ni des poissons d’eau douce ni des poissons de mer, attendu que leur habitat préféré se trouve h l’endroit où les fleuves ou rivières se jettent dans la mer et où leur eau est par conséquent plus ou moins chargée de sel marin.
- Ce géant des poissons de rivière mesure généralement 2 mètres de long, et il n’est pas rare d’en trouver de 2m,50 à 5 mètres. Son poids varie entre
- 100 et 200 kilogrammes. Sa chair est assez ferme; elle rappelle un peu celle du thon, et si la pèche de cet animal n’était aussi dangereuse, par suite de sa très grande force et de la facilité avec laquelle il fait chavirer une embarcation de petite dimension, on s’y livrerait certainement beaucoup plus dans les pays où ce poisson abonde, tels que la Floride, où on le rencontre dans presque toutes les rivières, à leur embouchure principalement. Cette pêche se fait au moyen du harpon, à peu près comme celle de la haleine ; mais, outre le danger de se noyer par suite des mouvements brusques de l’animal au moment où il se sent frappé, il y a encore celui d’être dévoré, avant d’avoir pu sortir, de l’eau, par les bandes de requins qui fréquentent les mêmes parages, sans parler des alligators à museau de bro-
- Uu poisson géant. Le tarpon.
- chet qui y foisonnent également. Le tarpon a à peu près la forme du hareng, ainsi qu’on en pourra juger par la photogravure ci-dessus reproduisant une photographie de deux de ces animaux pêchés sous mes yeux dans la rivière Indienne, sorte de long bras de mer qui s’étend tout le long de la côte Est de la Floride, depuis Jacksonville jusqu’au lac Worth.
- J’avais fait, peu de temps auparavant, la connaissance de ce poisson, dans des circonstances qui étaient bien propres à le graver dans ma mémoire, car il avait failli me noyer. Je revenais un soir dans une petite chaloupe à vapeur, le long d’une magnifique rivière qui aboutit dans le voisinage de Tampa, ù l’extrémité sud-ouest de la Floride, avec un ingénieur de mes amis ; nous étions allés reconnaître un gisement important de phosphate de rivière à quelques kilomètres de distance dans les terres, quand tout à coup nous fûmes projetés fortement l’un sur l’autre par un mouvement brusque de notre embar-
- cation, qui manqua de chavirer, et en même temps nous fûmes couverts d’eau des pieds à la tête. Nous vîmes alors un tarpon qui gambadait autour de nous et qui, probablement pour prendre le frais, avait jugé utile de sortir hors de l’eau, comme le font beaucoup de poissons de nos rivières. En retombant dans l’eau à quelques mètres de nous, il avait failli nous noyer. Depuis lors, j’eus souvent l’occasion d’en voir sauter hors de l'eau et de constater qu’en y retombant à plat, de toute leur longueur, ils produisent le bruit que fait un cheval ou un bœuf qu’on jette à la mer.
- Heureusement pour nous que cette espèce de monstre marin ne fréquente pas nos rivières et qu’il faut aller pour le rencontrer dans les eaux chaudes du golfe du Mexique. A. Ladireau.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue ae Fleurus, 9.
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- .V 1 550. — 1" NOVEMBRE l!M)2.
- LA N AT U H K.
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- UNE
- À STÉNOGRAPHIER
- 1,4 STÉXODACTYI.E
- main qui écrit, pour ce travail, en quelque sorte immatériel, de la transcription des idées, il semblait que toute intervention mécanique fut impossible.
- Les machines à écrire ont déjà imposé leur supériorité là où il semblait que le travail de l'homme fût sans concurrence. Entre l'esprit qui conçoit et la
- La machine à écrire a détruit ces préjugés : elle a nettement démontré la supériorité de l’écriture mécanique. La machine à sténographier ne pouvait
- l'i”. 1. Sténodactylo Lnfanrio, machine à sténographier. — 1. Vue d’ensemble de la machine au tiers de la grandeur naturelle.
- 2. Machine dans sa gaine. — 5. Exemple d'écriture.
- tarder à venir...., la voici. On aura mis longtemps à résoudre le problème, du moins aussi complètement qu’on le résoud avec la « Sténodactvle Lafaurie ». Les autres machines sont largement dépassées; il ne
- reste rien ou presque rien des tentatives américaines, anglaises, italiennes, quelques-unes déjà anciennes.
- Aux difficultés de l’écriture rapide venaient s’ajou-
- Fig. 2. — Alphabet de la machine à sténographier.
- ter, pour la sténographie mécanique, trois nécessités nouvelles : simplicité, légèreté, silence. La simplicité et la sûreté de marche des organes mécaniques pouvaient seules donner au sténographe toute confiance dans le fonctionnement de son appareil, au moment où il accepte la responsabilité de la transcription d’un discours. Il fallait aussi que l’instrument fût silencieux et qu’il fût léger pour être 30' année. — ?® semestre.
- aisément transporté sur place. Le clavier de la « Sté-nodactyle Lafaurie » porte dix touches affectées aux dix doigts de la main. Sa disposition est telle que les doigts viennent se placer naturellement sur les touches au point où elles doivent être frappées. Rappelons ici, pour mémoire, une particularité : de la théorie des combinaisons, qui a été le point de départ de l’inventeur, pour la constitution de son alphabet
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- 1° Le nombre des combinaisons de m objets n à n
- m (m-1)......( m-n -b 1)
- est : ---------------1--------
- 1 2 .... n
- 2° Le nombre des combinaisons de m objets n à n est le même que celui de ni objets m-n à m-n.
- Ces formules mettent à la disposition de l’opérateur avec les combinaisons des cinq doigts d’une main, c’est-à-dire de cinq touches, ol combinaisons ditlérentes.
- La main gauche écrit les consonnes et la main droite les voyelles. Les deux mains frappent simultanément le clavier de l'appareil. Les al combinaisons de consonnes et les a l combinaisons de voyelles diversement juxtaposées donnent un nombre de syllabes tel qu’il permet d’enregistrer phonétiquement tous les sons utiles.
- La « Sténodactylo Lafaurie » a trouvé dans cette simultanéité d’écriture la possibilité de suffire à la reproduction phonétique intégrale de la parole avec un nombre très restreint de combinaisons. En limitant leur nombre et en fixant, leur forme, elle a facilité le travail de l’élève et évité l’arbitraire, qui est la base défectueuse de toutes les méthodes manuscrites.
- Nous avons dit que le mécanisme de la Sténodac-tyle est extrêmement simple. A chaque action du doigt sur une ou plusieurs touches, correspondent trois effets successifs :
- 1° Déroulement et enroulement du papier;
- ,2° Encrage des touches ;
- r>° Impression sur la bande de papier.
- L’affectation des doigts aux touches demeurant constante, on numérote ses doigts comme sont numérotées les touches à partir du pouce.
- A gauche : 5, 4, 5, 2,1... 1, 2, o, 4, 5 à droite.
- J,a combinaison complète ci-dessus représente, sur la bande de papier, l’impression des dix touches frappées simultanément.
- Les combinaisons de chiffres, que l’on trouve sur l’alphabet (fig. 2), représentent simplement, pour l’articulation et le son correspondants, les doigts et les touches qui servent à les écrire, et chaque ligne horizontale sur la bande de papier correspond à une syllabe entière qui se lit degauche à droite, comme d’usage.
- L’écriture est strictement phonétique : l’élève recherchera, dans chaque syllabe, quelles sont les articulations (consonnes) et les sons (voyelles) qui ont frappé son oreille et il s’appliquera à les reproduire simultanément, à l’aide des combinaisons de ses doigts, correspondant, dans l’alphabet, aux voyelles et consonnes qu’il veut écrire, sans tenir aucun compte de l’orthographe.
- La Sténodactyle dépasse en vitesse tous les besoins de la sténographie. Elle imprime une syllabe, c’est-à-dire trois lettres, tandis que la machine à écrire en inscrit une seule. Elle ne se préoccupe ni de l’orthographe, ni de la ponctuation. L’opérateur, qui atteint 70 mots dictés sur la machine à écrire, en écrira plus de 200 sur la Sténodactyle.
- Le groupement logique des combinaisons de doigts, dans l'alphabet Lafaurie, en facilite beaucoup l’étude. La lecture demeure absolument indépendante de l’écriture.
- On lira parfaitement, au bout de quelques heures, et les premières expériences d’écriture ont donné une vitesse de 150 mots à la minute, après 4 mois d’apprentissage, à raison d’une heure par jour environ.
- Ces remarquables résultats ont mérité le meilleur accueil à la « Sténodactyle Lafaurie » dans le monde sténographique. Un comité de patronage s’est immédiatement constitué qui ne comprend que des noms qui font autorité en matière de sténographie.
- En élevant de 100 à 150 mots à la minute le niveau moyen des connaissances sténographiques commerciales, la Sténodactyle multiplie les applications de l’écriture rapide. En assurant la division du travail entre la lecture et l’écriture, elle réalise une économie de temps très grande dans les travaux de sténographie.
- Les applications de la machine à sténographier seront donc multiples. Il faut noter encore ici que la machine, très peu encombrante et légère, se transporte sans peine et qu’elle fonctionne dans l’obscurité. Aussi pourra-t-elle rendre des services là où la sténographie ordinaire reste impuissante. Outre les services particuliers qu’elle est appelée à rendre à la sténographie professionnelle, elle pourra devenir, pour le commercant, le financier, l’armateur, le complément indispensable delà machine à écrire.
- La presse l’utilisera dans tous ses services ; son emploi au téléphone donnera copie des messages échangés, ce qui facilitera son emploi dans les communications entre les gares de chemins de fer. Elle sera utilement enseignée aux aveugles, qui trouveront en elle une utilisation pratique de leurs facultés remarquables d’ouïe et de toucher.
- Elle paraît donner enfin une solution définitive et inattendue d’ailleurs à cette interminable controverse de l’unification sténographique, qui n’ajamais pu être obtenue, malgré tant de discussions. Pour peu qu’on le veuille, on pourra maintenant établir une méthode de sténographie internationale et universelle.
- J.-F. Gau..
- LEVURE ARTIFICIELLE
- ET ACIDE LACTIQUE
- Un journal technique et spécial allemand, la Zeitschrift fur Spiritusindustrie, vient de publier des renseignements intéressants sur la préparation de la levure artificielle au moyen de l’acide lactique, ou plus exactement sur les conditions dans lesquelles on peut employer l’acide lactique même impur dans la préparation d’une levure donnant une excellente fermentation et un rendement élevé en alcool.
- Le I)r Lange a démontré que, dans la préparation de la levure artificielle pour distilleries, l’acidification produite par les fermentations secondaires peut être remplacée par l’addition d’acide lactique au moût de culture de la le-
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- LA N A TUBE.
- vure. Or, on avait pu utiliser dans ce but non point de l’acide lactique pur, mais de l’acide lactique du commerce, dont la teneur en acide butyrique est sensible, tout en demeurant fort au-dessous de 5 pour 100. Et l’on se demandait comment il se faisait que les légères quantités d’acide butyrique, qui se trouvent dans l’acide lactique incomplètement pur, n’eussent pas une action nuisible sur la levure. Des expériences furent donc entreprises en vue de déterminer le chiffre auquel pouvait s’élever la proportion de cet acide butyrique sans nuire à l’action de l’acide lactique.
- Or, on observa que, au fur et à mesure qu’on augmentait la proportion d’acide butyrique employé dans la préparation de la levure artificielle, non seulement celle-ci ne devenait pas plus mauvaise, mais encore elle était rendue plus résistante aux causes d’infection : on arriva, de la sorte, à pouvoir ajouter à l’acide lactique jusqu’à 50 pour 100 d’acide butyrique. C’est lTnion des distillateurs allemands qui s’est livrée à ces expériences, et elle est parvenue à cette conclusion qu’on ne se trouve point mal, tout au contraire, d’additionner la levure de iortes quantités d’acide butyrique : sans doute cet antiseptique diminue l’activité des cellules de la levure, mais l’inconvénient est amplement compensé par l’action destructive exercée sur les organismes qui troublent la fermentation. La levure artificielle, préparée de la sorte, demeure plus pure que celle qui est acidifiée au moyen de l’acide lactique pur, elle produit une meilleure fermentation, donne plus d’alcool; et l’on comprend que ces avantages soient précieux, surtout dans les distilleries mal installées où l’on travaille des matières premières défectueuses, et où les contaminations peuvent être fréquentes. 1). L.
- BICYCLETTE DE CÔTES « LA SYEA. »
- L’emploi de leviers, au lieu de manivelles, pour actionner la roue motrice d’une bicyclette, est certainement déjà ancienne; nous croyons même qu'elle est antérieure à l'emploi de la multiplication par chaîne et cependant, tandis que les machines de ce dernier type sont innombrables, c’est à peine si l’on en trouverait une dizaine d’autres en France. Cet échec de la machine à leviers tient à des causes multiples qu’il serait trop long d’examiner ici, mais dont les principales sont la construction toujours un peu plus compliquée et demandant plus de soin, le prix par conséquent [dus élevé; ensuite la nécessité d’avoir la roue libre, ce qui, il n’y a pas beaucoup plus d’un an, était par la plupart des cyclistes considéré comme très dangereux. On en est revenu sur ce dernier point depuis qu’on a pu se procurer de bons freins et avant peu on ne voudra plus de machines à roue serve.
- Voici donc la principale objection levée; la question de prix est secondaire, car on pourra facilement rester dans des limites raisonnables, et la question de construction peut être résolue par nos excellents mécaniciens.
- 11 reste à trouver un système pratiquent nous savons que ce n’est pas l’ingéniosité qui manque chez nos constructeurs. 11 est donc très probable que d’ici à quelques mois nous aurons à examiner des ma-
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- chines françaises à leviers ; mais en attendant c’est à l’étranger qu’il nous faut aller les chercher et elles y sont aussi très rares ; nous parlons, bien entendu, non pas d’essais isolés, mais de bicyclettes se construisant industriellement.
- Nous pouvons dès maintenant signaler dans ce genre une machine suédoise « La Svea », qui a fait ses preuves (fig. 2). Nous l’avons eue à notre disposition récemment et nous avons été surpris de la façon avec laquelle nous avons pu, à développement égal, monter, sans la moindre fatigue, dos cotes que jamais nous n’avons pu aborder avec une bicyclette à manivelles.
- Mais notre seule impression n’était pas suffisante pour que nous soyons fixé sur la valeur de cette machine. M. le comte de Saint-Seine, lieutenant de vaisseau, qui la possède depuis près d’un an et a fait sur les routes accidentées de Bretagne des excur-
- I-'iï. 1. — Schéma indiquant le mode d'enlrahioment de la roue motrice.
- sions très dures, par tous les temps, avec parfois 20 kg de bagages, nous confirme dans notre opinion : c’est là une véritable machine de touriste.
- Au premier abord, elle paraît délicate et compliquée; en pratique on reconnaît que tous les organes sont très robustes et ne nécessitent pas plus d’entretien et de réparations que ceux des machines ordinaires. Le mode d’entraînement de la roue motrice par l’action des pédales comporte trois chaînes; pour plus de clarté nous avons indiqué (fig. 1) par un schéma le principe sur lequel il repose. Supposons deux cylindres E et H indépendants l’un de l’autre et tournant librement sur un axe xy. Sur chacun des bouts extérieurs de ces cylindres nous enroulons des cordons A et B dont une extrémité est fixée sur le cylindre, l’autre allant à la pédale; sur les bouts intérieurs nous enroulons, en sens inverse des premiers, les extrémités d’un seul cordon G 1) qui passe sur un galet P, ayant une position fixe. Dans ces conditions, on voit que, si on appuie sur la pédale attachée à l’extrémité A, le jeu des cordons
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- LA NATUItK.
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- fora remonter la pédale attachée à l'extrémité de 11 et réciproquement ; les pédales sont donc solidaires : l'une doit toujours monter d une quantité égale à la descente de l'autre. Quant aux cylindres, ils seront toujours animés d'un mouvement inverse; par conséquent si l’on suppose qu’un embrayage à rochet leur permette d’entraîner la roue R dans un certain sens seulement, il y aura toujours l’un des deux cylindres qui, sous l’action de la pédale, produira cet entraînement; on remarquera que cet entraînement se produira quelle que soit la course de la pédale, qu’on peut, à chaque instant, faire aussi grande ou aussi petite qu’on le désire.
- Tel est le principe du moyeu de la Svea ; il est bien entendu que la coupe de cet organe ne donnerait pas du tout une figure comparable à notre schéma : les
- deux parties du moyeu sont concentriques et l'embrayage sur la roue motrice est tout à fait particulier ; nous ne saurions entrer ici dans les détails de construction qui nécessiteraient de trop longues explications. Nous signalerons cependant le mode d’enroulement des chaînes sur le moyeu M (tîg. o, n° 1); en considérant seulement le côté droit par exemple, on voit que la chaîne 11 passe sur un guide L, en forme d’escargot, disposé excentriquement sur le moyeu dont il est solidaire ; il en est de meme pour l’autre côté. En raison de cette disposition, la valeur du rayon varie à chaque instant, et la plus grande longueur doit correspondre à la position la plus défavorable de la jambe, celle pour laquelle l’eflort à produire est [dus pénible.
- La troisième chaîne E est simplement guidée
- Fig. 2. — Bicyclette à leviers « La Svea ». Vue d’ensemble.
- (fig. 5, n° 2) par un galet Y situé sous le cadre et faisant office de poulie de renvoi; elle remonte constamment la pédale opposée à celle sur laquelle on appuie. Il n’est jamais indispensable, comme on peut s’en rendre compte par l’examen de nos gravures, d’appuyer à fond sur la pédale; à tout instant l’action peut cesser d’un côté [tour être reprise de l’autre. Ceci explique l’avantage des machines de ce genre pour monter les côtes, puisqu’on supprime ainsi le fatal point mort des machines à manivelles. Dans celles-ci, en effet, on est toujours obligé d’achever une demi-révolution pour chaque pied ; au moment où l’une des pédales arrive en haut de la course, l’autre en bas, il n’y a aucune action possible et la machine n’avance qu’en vertu de la vitesse acquise. 11 faut donc pouvoir faire un effort assez puissant pour que celle-ci soit toujours suffisante pour dépasser le point mort, sans quoi on s’arrête forcément. Avec les leviers, au contraire, pourvu qu’on se main-
- tienne à une allure qui permette l'équilibre, on avance toujours, et on sait que les cyclistes même peu exercés arrivent à rester en selle même à des allures très réduites.
- Après avoir examiné le mode d’attache de l’une des extrémités des chaînes motrices sur le moyeu, il nous reste à voir où aboutit l’autre extrémité. Examinons le côté droit de la machine (fig. 5, n° 2). On voit que le point d’attache aboutit à un levier A formant angle droit avec celui B qui porte la pédale, il a la même longueur (0m,25); mais ce point d’attache est mobile. La chaîne se termine, en effet, par un étrier portant un galet R qui vient se loger dans l’un des crans à pente arrondie (fig. 5, n° 5) ménagés le long dn levier ; la partie utilisée de celui-ci peut donc varier à volonté et, par suite, l’effort à produire pour faire avancer la machine sera d’autant plus faible que le point d’attache aura été choisi plus bas. La quantité de chaîne déroulée, pour une course com-
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- LA A A Tl HE.
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- plète de la pédale, varie naturellement avec la position du point d'attache sur le levier, c'est ce qui constitue les changements de vitesse : au cran intérieur correspond un développement de 3,u,80 et on a le choix ensuite entre quatre autres vitesses jusqu’au maximum de 9m,20, c’est ce dernier qui est le plus employé et on peut le conserver même pour les cotes peu accentuées.
- Ce déplacement du point d’attache de la chaîne sur le levier peut se faire, sans quitter la selle, en appuyant sur un Itou ton placé sur le guidon; c’est là une des parties les plus ingénieuses de la machine.
- Chaque coté est, à ce point de vue, indépendant de l’autre : il y a un bouton sur chaque côté du guidon actionnant le déplacement de la chaîne correspondante. En général on met la même multiplication pour chaque pied; mais, dans les cas où l’on aurait une jambe plus faible que l’autre, on pourrait faire la compensation en lui donnant un développement plus faible. Pour s’expliquer la façon dont se fait le déplacement du point d’attache il faut se rendre compte des différentes positions que peut prendre l’étrier qui termine la chaîne et porte le galet H (lig. 7>, n° a), suivant l’inclinaison du levier. Notre
- Fig. 5. — Détail du mécanisme de « La Svoa ». 1. Enroulement des chaînes de chaque côté du moyeu.
- 2. Leviers des pédales et des chaînes d’entraînement.
- 3. Mode d'attache de la chaîne permettant le changement de vitesse. — 4. Détail de la transmission à air comprimé.
- gravure représente à peu près la position intermédiaire, mais l’inclinaison est à certains moments très accentuée soit vers l’avant, lorsque la pédale est au bas de sa course, soit vers l’arrière, lorsqu’elle est en haut. Dans ces positions extrêmes, la traction opérée par la chaîne sur le galet H tendrait à le faire sortir du cran où il se trouve; mais deux petits crochets C sont disposés sur l’étrier de façon à se loger dans les trous ménagés sur la face antérieure du levier. Dans la position représentée ici, la traction s’exerçant normalement, les crochets n’agissent pas; mais si on se représente l’étrier et le levier formant un angle aigu, au lieu de former comme ici un angle droit, on se rend compte que l’un des crochets C, celui du haut ou celui du bas, suivant le sens de l’inclinaison,
- entrera dans un des trous et maintiendra le galet en place. Il suffira donc, pour que le galet puisse passer d’un cran à un autre, de supprimer l’action du crochet C, et pour cela il suffit d’appuyer sur le bouton placé sur le guidon. On comprime une poire en caoutchouc P (fig.5,n° 4),qui, par un petit tube T, transmet la pression à une ampoule K logée dans l’étrier et disposée de façon à dégager le crochet C : aussitôt le galet glisse au cran suivant. Il ressort de là qu’il faut choisir une certaine position de la pédale suivant qu’on veut augmenter ou diminuer la vitesse ; c’est l’affaire d’une demi-heure pour se mettre au courant, mais il faut être sur la machine pour que le système fonctionne automatiquement. On peut toujours changer la vitesse en descendant de machine;
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- LA NATURE.
- il faut alors déplacer à la main le galet R, ce qui est très simple et pourrait même suffire pour le tourisme; c’est dire qu'un dérangement dans le système automatique ne serait pas bien gênant. Malgré son apparente fragilité, ce système fonctionne parfaitement et si par suite d’un accident on est obligé de remplacer un bout de tube en caoutchouc sur les parties mobiles, voire même la poire P ou l’ampoule K, c’est fait instantanément.
- La machine est munie d’un frein F (tig. 3, n° 2) situé près de la poulie de renvoi de la chaîne E.
- J1 agit sur le bandage de la roue arrière quand les deux pédales étant au même niveau on se soulève légèrement sur la selle, c’est le poids du cycliste qui exerce la pression nécessaire pour que le frein agisse ; la manœuvre est, comme on le voit, des plus simples. Mais comme l'effet s’exerce sur le bandage et qu’il est utile de le ménager en descendant de longues cotes, il est bon de se munir, en outre, d’un frein sur jante arrière, dont l'installation se fait comme sur les autres machines. (i. Marks.
- LE JEU DES BÊTES
- Les Bêtes sont connue les enfants; elles ne savent guère s’amuser seules. Jamais elles ne sont si joyeuses que lorsqu’elles sont réunies à plusieurs et peuvent se livrer en commun à des gambades folles et jouer à cache-cache. C’est ainsi que Grischow rapporte qu’un Griffon noir jouait si volontiers et si gentiment avec une Martre apprivoisée que c’était un vrai plaisir de les voir. Tous deux se donnaient la chasse, le chien aboyait et la Martre déployait toute la souplesse dont elle était capable. Souvent elle s’asseyait sur le dos du chien, comme un Singe sur celui d’un Ours. Quand le chien était fatigué de son cavalier, il savait bien s’en débarrasser en allant plus loin que la corde à laquelle la Martre était attachée. Quelquefois les deux se brouillaient : alors la Martre se cachait dans un petit tonneau et le chien attendait à côté que son amie redevint de bonne humeur, ce qui ne lardait pas. La Martre, les yeux malicieux, sortait de son tonneau et souffletait soti ami, ce qui était le signal du recommencement du jeu. Beckmann a raconté des faits analogues au sujet du Blaireau. Son camarade de jeu était un chien d’arrêt très intelligent que l’on avait habitué dès sa jeunesse à fréquenter toutes sortes d’animaux sauvages. Ce chien et ce Blaireau se livraient à de véritables tournois et on venait de loin pour assister à ce rare spectacle. La lutte consistait essentiellement cil ceci : après avoir secoué plusieurs fois la tète, le Blaireau fonçait tout droit, comme un sanglier, sur le chien éloigné d’environ quinze pas, et, en passant auprès de lui, il essayait de lui donner un coup avec sa tète. Le chien cependant sautait élégamment par-dessus le Blaireau, attendait une seconde et une troisième attaque et fuyait alors devant son adversaire dans le jardin. Si le Blaireau réussissait à saisir l’une des pattes postérieures du chien, il se produisait une forte bataille qui ne dégénérait cependant jamais en lutte sérieuse. Quand le Blaireau trouvait que le jeu avait assez duré, il se dirigeait à reculons, se dressait tout droit en tremblant, hérissait ses poils et glissait ensuite de-ci de-là, comme un Dindon gonflé. Quelques instants après, les poils retombaient, le Blaireau se laissait lentement aller sur le sol, secouait quelquefois la tète, poussait
- des hou (jou gou conciliants et le jeu recommençait.
- On peut voir des associations encore plus bizarres, Mllc Minna Haas possédait un faon apprivoisé qui se lia d’amitié avec deux grands dogues, avec lesquels il aimait beaucoup jouer. Quand il voulait s’amuser, il s’approchait des chiens couchés devant la porte, leur donnait un coup avec une patte et commençait à courir. Si les chiens n’avaient pas envie de jouer, le faon les taquinait jusqu’à ce qu’ils sortissent de leur apathie.
- Les hôtes prennent souvent pour partenaire de jeux des enfants ou même des grandes personnes. « fendant que je me trouvais encore en Tunisie, dit E. Alix, mon chien Sfax, alors tout jeune, adorait jouer à cache-cache avec les bambins du pays. C’était surtout au milieu des dépôts d’alfa que les parties s’engageaient. Se faufilant entre les hottes, Sfax décrivait les zigzags les plus compliqués; puis, au moment où les cinq ou six gamins qui le cherchaient croyaient le pincer, on le voyait apparaître sur une hotte à vingt mètres de là, tantôt devant, tantôt derrière, tantôt à droite, tantôt à gauche; il restait ainsi, l’air à la fois heureux et narquois, jusqu’à ce que ses compagnons de jeu fussent à deux ou trois mètres de lui; alors agitant joyeusement la queue, il repartait pour décrire d’autres zigzags et ainsi de suite, quelquefois pendant plus d’une heure ». On sait aussi combien les chats et les chèvres aiment à jouer avec les petits enfants : en ai-je fait, pour ma part, de ces parties fantastiques avec Mimine, ma chatte, et ses petits, quand j’étais jeune ! Brclim a donné une charmante description du jeu des jeunes chats. « L’amour du jeu chez le chat se manifeste à un âge très peu avancé, et la mère fait tout son possible pour le développer. Elle devient enfant avec ses enfants, par amour pour eux, tout comme la mère humaine veut jouer avec les siens. Sérieuse 'en apparence, la chatte se tient au milieu de ses petits, mais elle résume la question dans laquelle Gessner reconnaissait déjà un indicateur de l’état d’âme. Les petits ne comprennent pas encore ce langage sans paroles, mais le mouvement les excite ; leurs yeux s’animent, leurs oreilles se dressent; l’un ou l’autre essaye, d’un mouvement lourd, d’agripper le bout de la queue; l’un arrive par devant, l’autre par derrière, un troisième essaye de grimper par-dessus le dos de sa mère et fait une cabriole, un quatrième a vu les oreilles de, la mère bouger et s’en occupe, un cinquième sans faire attention, tette. Mais la vieille chatte, très tranquille, se plie à toutes les exigences de ses petits. »
- Hans les steppes russes, les poulains, dans le seul but de s’amuser, suivent au galop les voitures pendant des heures et des journées entières. Mais ce sont là des cas assez exceptionnels. Le plus souvent les hôtes jouent avec des individus de môme espèce qu’eux et, plus spécialement, avec leurs parents et leurs enfants. Le chien en est un exemple connu de tout le monde. « Le chien qui en voit venir un autre s’accroupit quelquefois en pleine rue d’un mouvement suint et se tient immobile et attentif. Gel instinct de se tenir aux aguets, si fréquent chez les Spitz et les Griffons, est évidemment rudimentaire, car aussitôt que l’autre chien se rapproche, celui qui guettait se redresse et va tranquillement à la rencontre de son camarade. (11 arrive aussi que les chiens se cachent ; j’ai vu aussi un jeune fox-terrier sauter d’un bond derrière un coiu de maison, d’où il se mit à guetter un de ses congénères qui s’approchait.) L’invitation au jeu se fait alors : l’un des deux chiens s’appuie de la façon caractéristique qu’on sait sur les deux pattes de
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- LA N A TU KL.
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- devant, position qui permet de se retourner rapidement pour prendre la fuite. Celui qui est prêt à fuir se jette parfois à moitié à droite ou à gauche avant de fuir réellement : pendant ce temps, l’autre offre souvent un exemple charmant de feinte: il regarde de côté et fait semblant de ne s’intéresser nullement : puis la course commence ; l’un des deux se sauve à toute vitesse, tandis que l’autre le poursuit avec un zèle plus grand encore; si le poursuivant a pu se rapprocher de sa proie imaginaire en lui coupant habituellement le chemin, il essaye, en l’attaquant de côté, de l’attraper par la nuque ou les pattes postérieures, comme'font les chiens quand il s’agit de proie réelle. L’autre, tout en fuyant encore, tourne la tête et essaye de se défendre en mordant. Ce jeu dégénère souvent en une petite bataille. Les partenaires Unissent par se tenir l’un à côté de l’autre, haletants, la langue pendante, jusqu’au moment où l’un d’eux se retourne rapide comme l’éclair et recommence le jeu. » (K. Groos.)
- Le fuma est l’animal le plus joueur du monde. C’est du moins l’avis d’Hudson, auquel un Anglais raconta qu’il fut obligé de passer la nuit à la belle étoile dans les pampas de la l'iata. 11 y avait clair de lune; à neuf heures du soir environ arrivèrent quatre Pumas, deux adultes et deux petits de taille moyenne. Comme il savait que le Puma n’attaque jamais l’homme, il les regarda tranquillement faire; les Pumas sautaient tout près de lui, se poursuivant et se cachant, comme de petits chats et sautant plusieurs fois par-dessus l’observateur couché immobile.
- Les singes, les louveteaux, les petits renards, les marmottes, les fourmis, les éeureils, les phoques, les belettes sont aussi des joueurs endiablés, llrehm dit au sujet de ces dernières, « qu’aussitôt que ces charmantes petites bêtes ont grandi, elles jouent souvent avec leur mère, et que c’est un spectacle aussi étrange que joli de les voir s’amuser en plein soleil sur les prés, sourtout là où il ne manque point de couloirs souterrains et de trous de taupe. Voici apparaître une petite tète dans un trou; les petits yeux clairs examinent avec curiosité le voisinage. L’un après l’autre elles quittent leur trou et s’amusent dans l’herbe; elles se taquinent, se mordillent, et déploient toute la souplesse caractéristique de leur espèce. )> On a même vu des Belettes jouer avec des Corbeaux. « lue Belette, rapporte un garde-chasse, Aordlinger, avait choisi comme asile un fossé ; rapide comme l’éclair, elle en sortit, parcourut les feuilles mortes qui couvraient le sol et exécuta une attaque feinte contre l’un des corbeaux. Elle força celui-ci à s’élever un peu au-dessus du sol et exécuta les bonds les plus souples et les plus osés, se tournant et se retournant comme un poisson sorti de l’eau. Puis elle retourna au fossé, mais revint aussitôt. Ensuite elle s’assit, attendant l’attaque du corbeau; celui-ci, tendant le bec, s’avança vers la belette sans pouvoir l’atteindre; quant à la belette, elle se garda bien de laisser mettre à l’épreuve son habileté en s’offrant au bec de l’un ou des deux corbeaux ; ce jeu dura pendant dix minutes ; finalement ils furent dérangés par mon basset qui obligea les corbeaux à s’envoler. »
- Des cas analogues peuvent se rencontrer chez les Oiseaux. C’est ainsi, comme le dit Waller, que le Pic joue non seulement pour lui-même, mais demande aussi à son maître de jouer avec lui.
- Les exemples d’oiseaux jouant avec des enfants ne sont pas rares. Ainsi, au sujet des Cigognes apprivoisées, Scheitlin dit qu’elles se lient facilement d’amitié, surtout avec les enfants et qu’elles jouent volontiers avec ceux-
- ci: elles étendent leurs ailes, poursuivent leurs petits amis et aussitôt qu’elles en ont attrapé un par la jupe ou par la manche, elles se sauvent à leur tour, tout en tournant la tète de temps en temps pour voir si les enfants les poursuivent; si ceux-ci les attrapent par l’aile, elles s’arrêtent immédiatement et poursuivent à leur tour les enfants. Elle jouent donc « au chat » comme les enfants.
- Comme dernier exemple, nous donnons le suivant, relatif à une Pie et racontée par A. Günzel : « Le matin, pendant les récréations, elle visitait les endroits où jouaient les enfants; elle préférait surtout les jeux des garçons et aimait à observer comment ils se battaient. Elle exprimait son contentement en sautillant ; les garçons aimaient beaucoup à jouer avec elle; elle leur tendait sa longue queue et, si on voulait la prendre, elle sautait de c à té, en sorte que personne ne pouvait réussir à l’attraper. Elle aimait aussi beaucoup qu’on la taquinât et suivait tous ceux qui avaient essayé de l’attraper pour qu’ils répétassent le même jeu. »
- On assure aussi que les Fourmis jouent à cache-cache, mais la chose demande confirmation. IIkmu Coup in.
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- CARTOUCHE HYDRAULIQUE DE MINE
- 11 s’agit du dispositif explosif Tonge, qui vient de recevoir la médaille Shaw à la Society of Arts de Londres; c’est une appropriation de la presse hydraulique à l’exploitation de la houille. Cette cartouche consiste en un cylindre d’acier long de 0ni,50 et ayant 7G millimètres de diamètre : suivant un diamètre du tube, sont disposés une série de 8 petits béliers hydrauliques du type télescopique, et, quand ils sortent de leur logement, la section du cylindre se trouve doublée. Pour employer cette cartouche, on commence par creuser à la base du front de taille l’évidement ordinaire, puis on creuse d’autre part, suivant la ligne du toit, un trou, d’un diamètre de 82 millimètres et d’une profondeur d’un peu plus d’un mètre; on y enfonce la cartouche, en la calant convenablement. On peut alors introduire l’eau dans le cylindre et sous les béliers, et faire agir la pression au moyen d’une pompe à main : on obtient ainsi une pression de 47 tonnes par décimètre carré. Au bout de 10 minutes de cet effort, la masse de charbon se sépare du front de taille par larges blocs, presque sans déchets ni poussières, ce qui constitue une différence notable avec ce qui se passe quand on emploie des explosifs. Le coût de l’opération est aussi élevé, mais le charbon a une valeur marchande de beaucoup supérieure.
- LE PENDULE DU PANTHÉON
- Depuis le mercredi 22 octobre, le grand pendule de Léon Foucault oscille de nouveau sous la coupole du Panthéon. 11 y a un demi-siècle que cette expérience célèbre avait été réalisée pour la première lois par le physicien français1. On sait le bruit que lit, en 1851, la démonstration par le pendule du mouvement de rotation de la terre. Léon Foucault lit l'exposé de ses vues et décrivit ses premiers
- 1 Cette reconstitution du pendule de Foucault a été faite sous les auspices de la Société astronomique de France. Le projet fut proposé par M. de Fonvielle dans la séance de la Société du 8 janvier 1902. M. Flammarion voulut bien se charger de sa réalisation et M. A. Bergct étudia l’installation.
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- L A N ATI 15 E.
- aii
- essais dans son feuilleton scientilique du Journal des Débats du 51 mars 1851, auquel nous renverrons le lecteur. L'expérience du Panthéon eut d'autant plus de succès que l’on ne possédait jusqu’ici qu’une seule preuve directe de la rotation de la terre, assez peu accessible d’ailleurs au grand public. Nous voulons parler de la déviation vers l’est de la chute des corps. La vitesse horizontale d’un corps entraîné dans le mouvement de rotation du globe est évidemment d’autant plus grande que le corps est situé haut au-dessus du sol. Quand il tombe et arrive au bas de sa course, il possède un peu d’avance.
- Newton avait très bien pressenti ce résultat. Le calcul indique que pour une hauteur de chute de 158 mètres, une pierre doit dévier vers l’est de 27 millimètres, en touchant le sol. Le contrôle fut fait par M. Ileich dans les mines de Tuyberg. Un trouva effectivement tout près de 28 millimètres. Mais cette preuve de la rotation est difficile à aussi bien délicate à Dans l’ex-du pendule, la démonstration est nette, accessible à tout le monde. On voit positivement la terre tourner.
- Le principe sur lequel s’appuie Foucault est simple à saisir. Le plan d’un pendule qui oscille
- reste invariable quand même se déplace le point de suspension de ce pendule. Un pendule est attaché à un cadre mobile; on le fait osciller, on déplace le cadre et toujours le pendule continue à osciller dans le même plan. Le plan ainsi tracé est immuable; c’est un point de repère invariable, un peu comme l’aiguille d’une boussole qui pointe toujours dans la même direction, bien qu’on déplace l’instrument. Si un pendule était installé par hypothèse au pôle dans le prolongement de l’axe du globe et mis en mouvement, oïl verrait la terre se déplacer sous lui. Le plan d’oscillation semblerait tourner en 24 heures
- montrer
- qu’assez
- réaliser.
- périenee
- Fig. 1. — Détail des plaques commémoratives de l’expérience de Foucault.
- dans le sens des aiguilles d’une montre. An [tôle opposé, il va de soi que le sens de la rotation serait renversé A une latitude intermédiaire entre le pôle et l’équateur, le phénomène se complique un peu. La verticale au point d’attache du pendule ne se confond plus avec l’axe terrestre. La verticale du heu fait un certain angle avec l’axe du globe. Aussi le plan des oscillations pendulaires subit quelques modifications. Foucault trouva que dans ce cas « la vitesse du plan d’oscillation du pendule autour de
- la verticale est à peu près égale à la vitesse de rotation de la terre multipliée par le sinus de la latitude du lieu où l’on se trouve. Cette loi du sinus montre d’ailleurs (pie sous l’équateur l’expérience ne donnerait aucun résultat. Au pôle, la déviation est égale à la rotation de la Terre ; puis elle va diminuant au point de s’annuler à l'équateur pour augmenter de nouveau jusqu'à l’autre pôle.
- Foucault, pénétré de la valeur de sa conception si originale, commença par opérer sur une toute petite échelle. Le premier pendule employé n’avait pas plus de 2 mètres de haut; il consistait en une sphère de laiton pesant 5 kg suspendue par un fil d’acier à un support en fonte solidement scellé au sommet de la voûte d’une cave.
- On mettait le pendule en marche. Une demi-heure plus tard, l’effet de déviation était très net. Cette cave où expérimenta d’abord Foucault était celle de la maison qui appartenait à sa mère. Elle était située au coin de la rue d’Assas et de la rue de Yaugirard. L’hôtel a été démoli et fut remplacé par une maison de rapport. Le propriétaire a fait graver sur la façade de la maison portant le numéro 28 de la rue d’Assas cette inscription :
- 1 11 parait que les Académiciens de Florence avaient déjà observé vers 1660 le déplacement du plan d’oscillation du pendule; mais sans soupçonner la cause du déplacement.
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- « Ici s’élevait un hôtel où mourut, le II lévrier 1868, Jeun-Bernard-Léon Foucault, membre de rinstitut, né à Paris le 19 septembre 1819. „C'est dans cel hôtel qu’il réalisa, en 1851, la première expérience qui démontra la rotation de la Terre par l’observation du pendule. » Nous reproduisons ci-dessous la maison de la rue d’Assas.
- Le même appareil lut transporté à l’Ubservatoire de Paris, installé, dit Foucault, avec l’autorisation de M. Arago, dans la salle de la Méridienne et à 11 mètres de hauteur.
- Fnlin, tout était prêt pour une démonstration sur une grande échelle, pour une expérience que tout Paris put voir. 11 est clair que, en employant un
- Fig. 2. — La maison ilu n° 28 de la rue d’Assas.
- très long pendule, on pourrait multiplier les ellèts. La durée d’oscillation est en effet directement proportionnelle à la racine carrée de la longueur.
- L’expérience ca-___________________________________
- pitale de Foucault réussit du premier coup et tout Paris courut au Panthéon. On a décrit ici cette première installation1. A l’Étranger comme en France on vou-
- - , , r i;
- lut répéter partout
- cette expérience mémorable. On la répéta en 1851, àla cathédrale de Cologne, à l’Université de Gœttingne, puis aux cathédrales d’Amiens, de Reims, au Conservatoire des arts et métiers, et plus récemment à la tour Saint-Jacques, etc.
- Le dispositif adopté en 1902 par M. A. Bergct, du laboratoire de M. Lippmann, est à très peu près celui
- 1 Yoy. u” 750, du 20 novembre 1887, p. 400.
- de 1851. On s’est même servi de la balustrade en bois d’acajou de Foucault retrouvée par M. Nénot. Seulement, on a remplacé la sphère de laiton par une
- houle en plomb, de poids égal, de 28 kg, celle-là même qui avait servi à M. Mau-mené, le regretté physicien chimiste, pour le pendule de Reims. La suspension du fil a été aussi modifiée. On a pincé le lil d’acier comme dans une libère saisie dans une plaque de bronze. Le fil a été introduit à chaud dans cette filière; refroidie, la filière le serre étroite-ment,assurant une suspension absolument symétrique.
- Le fil d’acier est une corde de piano mesurant 67 mètres de long et 0mm,72 de diamètre dont a fait don la maison Pleyel et Lyon. La durée d’oscillation du pendule est de 8,2 secondes comme du temps de Foucault, soit 16,54 pour l’oscillation
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- complète. L'amplitude des oscillations va naturellement en diminuant. Aussi les oscillations durent de 5 heures à 6 heures, mais naturellement de pins en plus réduites. Le pendule oscille au-dessus d’une tahle blanche sur laquelle on a tracé des rayons de 10° en 10°. On a entouré le cercle des divisions d’un petit remblai de sable pour que le stylet de la houle en allant et venant marque bien son passage. Autour de la balustrade plus de 100 personnes peuvent suivre aisément chaque oscillation. Le pendule une fois mis e.i marche oscille au-dessus d’un diamètre perpendiculaire à Taxe du Panthéon. Il met exactement ai minutes pour arriver à la première division ; au bout de 8 heures, il devrait se trouver au-dessous de la neuvième division et sa direction serait alors exactement perpendiculaire à sa direction de départ1. Quand on suit le pendule on le voit dévier sur la gauche de am"',0 à chaque retour. La rotation est donc nettement visible pour le public.
- Telle est sommairement l’expérience du Panthéon. Tout le monde en ce moment peut voir tourner la Terre tous les jeudis et les dimanches dans l'après-midi.
- Henri de Tarville.
- LÀ CONSERVATION DU RAISIN
- A RAFLE FRAICHE, A THOMERY
- I
- INSTALLATION ET PRÉPARATION DU FRUITIER
- 11 nous parait intéressant de faire connaître, dans ses détails d’application, ce procédé dont la découverte est absolument française, ce qu’il convient de mettre en relief, sans fausse modestie, étant donné que Ton est souvent porté à donner plus de valeur à ce qui vient de l’étranger et à ne pas considérer les expériences laites en Trance.
- Jusque vers le milieu du siècle dernier, on gardait le raisin aussi longtemps que possible par le procédé à ralle sèche que nous avons décrit récemment dans cette Uevue. La découverte de la conservation à ralle fraîche, qui devait faire la fortune de Thomery, ne date donc pas de bien loin et est due à M. Larpenteur, viticulteur dans celte localité. En février 1848, M. Larpenteur avait, dans une coupe remplie d’eau, posée sur une étagère, des sarments portant des grappes de raisin absolument fraîches. Cela n’était pas dù au hasard, mais bien par expérience (car M. Larpenteur était un chercheur et un « curieux ») que cet essai de conservation avait été tenté. Il montra le résultat de sa tentative à M. llose
- 1 Le. pendule de 18M, après quelque? mois de fom liomie-menl, se brisa à la partie supérieure. Puis le Panthéon fut rendu au culte. A ce propos Foucault exprime naturellement ses regrets de l'aventure, d’autant plus que des expériences devaient être entreprises par MM. Wartnumn et Maarignac avec le général Dufour. Ces savants voulaient vérifier un fait curieux. A Genève, ils avaient constaté qu’un pendule lancé dans le plan méridien avait employé 2h 22m 53s pour dévier de 25°. Lancé dans la perpendiculaire, il allait plus vite et ne mettait plus que 2h G'“ 55’.
- Charmeux, dont le nom devait par la suite être intimement lié à la viticulture moderne, et à M. Yal-leaux, qui purent constater que les grains de raisin étaient encore aussi gonllés et pleins de sève que s’ils étaient demeurés sur la treille.
- Le procédé de la conservation du raisin à ralle fraîche était trouvé. MM. Rose Charmeux et Yalleaux étudièrent alors la possibilité de son exploitation en grand. Us firent fabriquer des tuyaux en zinc longs de 1 mètre, munis latéralement de 24 goulots dans lesquels les sarments devaient être introduits et soutenus pour baigner dans l’eau. Ces appareils étaient accrochés aux murs du fruitier. Mais on dut abandonner ce système par trop primitil il cause de ses nombreux inconvénients, et Rose Charmeux lui substitua un appareil en terre cuite du même genre dans lequel on maintenait le niveau de l’eau à l’aide d’une carafe complètement remplie, renversée et dont le goulot pénétrait dans un oritice ménagé à cet effet.
- Ce dispositif n’était pas encore parfait. Il était coûteux, fragile, pesant et poreux. Lors des variations atmosphériques des suintements avaient lieu et les gouttelettes d’eau tombant sur les grains amenaient fatalement leur pourriture. C’est alors que, devant ces inconvénients, M. Rose Charmeux eut l’idée d’employer des llacons contenant environ 125 centilitres d’eau. Ces bacons en grès vernissé étaient ajustés sur des planchettes horizontales fixées le long des murs ou à des montants en bois. Toutefois l’opacité du grès ne permettait pas de se rendre compte de l’état de l’eau et de la quantité contenue dans chaque bacon.
- Cette défectuosité amena, en 18b5, M. Rose Charmeux, qui s’ingéniait à perfectionner cette façon de conserver le raisin, à faire usage des bacons en verre que quelques-uns de ses confrères devaient commencer à utiliser dès 1807. Ces bacons en verre, modifiés de forme, bien entendu (caries premiers n’étaient pas assez commodes en raison de l’étroitesse du goulot pour l’introduction des sarments et surtout pour l’extraction de celui-ci dont le bois gonflé était plus gros), constituent toujours la hase du matériel employé aujourd’hui. On croyait alors qu’il était nécessaire de boucher cette ouverture, afin d’éviter la pénétration de moins d'air possible, tandis que Ton a reconnu depuis, outre leur commodité, l’avantage des hou teilles à très large goulot ou même sans goulot. La ligure 2 montre précisément les appareils qui furent successivement employés et ceux utilisés actuellement.
- Les menuisiers de la région s’ingénièrent à trouver les dispositions les plus pratiques pour placer ces bacons, d’où les nombreux modèles <pii existent actuellement et qu'il sérail trop long de décrire.
- Les genres de bacons reconnus comme étant les plus commodes et qui sont préférés aujourd’hui sont ceux ipie montrent les nos 7, 8 et!), figure 2. Tout [Misés, ces bacons reviennent avec la charpente à 150 francs le mille. L’aménagemént intérieur du fruitier est encore aujourd’hui sensiblement le même
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- LA NAIT Ht
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- que celui qu'innova Hose Charmeux, el pour lequel il prit un brevet eu 1877. La tigure I, n° 1, montre précisément le plan d’un fruitier, et la ligure 1, j\os 2 et 5, les coupes longitudinales et transversales. Ce plan est prévu pour une pièce rectangulaire; mais le genre d’installation est applicable avec les moditications nécessaires pour les chambres à raisin d’une autre forme ainsi que nous avons pu le voir à Thomery.
- Des châssis et bâtis verticaux (lîg. 1, n° 5) sont posés le long des murs et dans le sens de la longueur du fruitier (ligure 1, n° 1), qui forment autant de compartiments distancés d’environ lm,50 à Im,50. Sur ces bâtis sont fixés les râteliers, munis d’échancrures ou d’anneaux en iil de fer galvanisé pour recevoir les fioles, dans lesquelles baigneront les sarments portant les grappes de raisin. Ces supports ou râteliers horizontaux sont légèrement penchés en avant pour imprimer une inclinaison aux fioles de façon que les grappes de raisin retombent d’elles-mèmes et soient dégagées de tout contact.
- On conçoit que, de cette façon, la disposition est régulière et (pie chaque grappe demeure isolée, ce qui est une des conditions essentielles pour bien réussir. Toutes les chambres de conservation sont ainsi comprises dans leurs grandes lignes, avec cependant quelques modifications de détail, ou dans la forme des fioles dont il existe des quantités de mo-
- dèles aujourd'hui et dans la manière de les suspendre ou de les fixer aux supports.
- Tandis que pour la conservation industrielle des raisins, dans une grande exploitation chaque viticulteur possède plusieurs fruitiers ainsi aménagés, les propriétaires peuvent n’y consacrer qu’une pièce ou une partie de celle réservée à la conservation des fruits. Par exemple, une des parois de cette pièce peut être exclusivement consacrée à l’installation des étagères pour les fioles en verre.
- M. Hose Char-meux a également imaginé, pour la conservation du raisin sur une petite échelle, ou pour la consommation particulière, un dispositif fort ingénieux que montre la figure 1, nos 4 et 5, et qui permet de superposer cinq ou six rangs de bouteilles. Avec ce support construit en fer galvanisé, il est loisible de placer selon sa grandeur 50 à 500 flacons et parfois plus, contenant de 150 à 1200 grappes. Ces fioles sont toujours légèrement penchées en avant et îa disposition en tronc de cône du support perinef de bien isoler les grappes. Ce porte-fioles mobile a l’avantage de pouvoir être placé dans un endroit quelconque de la chambre à conservation.
- Il est entendu que le fruitier est construit ou aménagé pour éviter la pénétration du froid et de l'humidité ainsi que nous l’avons dit dans notre ar-
- Fig. I. - 1. Plan d'une chambre à raisin. — 2. Coupe en long d'une chambre à raisin cl disposition d'une étagère. — 3. Coupe en travers d’une chambre à raisin. — i. Détail de l’appareil mobile. — 3. Appareil mobile.
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- LA N ATI; HE.
- ticle sur la conservation da raison à rade sèche.
- Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’y a pas à Thomery que des bâtiments construits exclusivement et faisant office de fruitiers. Dans chaque maison du propriétaire d’un enclos, une ou plusieurs pièces de l'habitation situées au sous-sol, au rez-de-chaussée, au premier étage, plus rarement au second ou sous les combles, sont réservées à la conservation du raisin à rade fraîche et aménagées à cet effet. Très souvent le premier étage est com pl élément consacré à l’installation des chambres à raisin. En plus des volets soigneusement clos, il y a une double fenêtre fermant hermétiquement et dont les joints sont souvent bouchés par des bandes de papier.
- Parfois l’intervalle entre les deux fenêtres est encore empli d’ouate de tourbe.
- On tend aussi à substituer de petites chambres aux grandes pièces. Un y trouve, enelfet,degrands avantages pour la facilité de la conservation et des soins à donner. Si quelques grappes se trouvent contaminées, comme cette maladie s’étend très facilement, on la combat plus facilement et on éprouve moins de perte. Les chambres «à raisin sont consignées à tous avec un soin jaloux et les photographies que nous avons pu prendre pour l’illustration de cette étude sont certainement les premières montrant directement, d’après nature, l’installation d’une travée de l’une de ces nombreuses chambres. Ainsi que l’on peut s’en rendre compte par la figure 5, les flacons sont prêts à recevoir le raisin, et déjà quel-
- ques grappes y sont placées. On aperçoit, dans le fond, les volets clos, la double fenêtre, et en premier plan, sur le parquet, la burette qui sert à remplir les flacons. C’est aussi le dernier type des installations modernes, et celui considéré comme le plus pratique et le meilleur. Les llacons se trouvent enclavés dans
- des bâtis composés d’un assemblage de quatre planches dont les deux supérieures sont percées de trous ronds à cet effet. La base de ces llacons s’appuie contre les planches du bas et cette disposition leur donne l’inclinaison et la fixité voulues. De plus, leur direction se trouve alternativemenl sur l’une et sur l’autre face de ces râteliers qui sont vissés sur les montants de cette installation. On évite ainsi les anneaux de fils de fer et les crochets qui sont toujours attaqués et rongés par les vapeurs sulfureuses. On voit donc combien il est facile, à chaque p r o p r i é taire ou producteur, d’aménager ainsi une chambre d’une habitation pour conserver, dans d’excellentes conditions, une provision de raisin frais et velouté qui sera livré à la consommation pendant 1 hiver. Un menuisier intelligent peut trouver une combinaison commode et peu coûteuse d’installation.
- La mise en état et la préparation du fruitier bien avant la rentrée des premières grappes sont des opérations que l’on ne doit pas négliger. On y procède généralement dans le courant du mois d’août, en choisissant une période de sécheresse 11 est, en effet, malsain de laisser les chambres à raisin ouvertes lors
- Fig. 2. — Modèles de récipients utilisés depuis 1848 pour la conservation du raisin à rafle Fraîche. 1, appareil en terre cuite; 2. appareil en zinc; 5 et i, premiers flacons eu grès; 5,6, 9, 10, flacons en verre; 7, 8, 11, derniers modèles de disposition et de flacons.
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- des jduies à cause de l'humidité qui y pénètre trop facilement. Annuellement, on vérifie les cloisons, pla-fondsetparquets, de façon à bou-cher les fentes ou trous qui livrent passage aux rongeurs ; la solidité des porte-bouteilles ; on élimine les flacons fêlés ou fendus et l’on procède à un nettoyage complet de chaque pièce et du matériel, de même que l’on fait effectuer tou-tes les réparations. Ces opérations doivent être terminées à la fin d’août et le tout être d’une rigoureuse propreté. 11 faut avoir vu un fruitier bien tenu, et être au courant de la délicatesse de ce procédé de conservation, pour se rendre compte que ces recommandations ne sont pas inutiles.
- C’est lorsque ces travaux préparatoires sont achevés et avant la récolte que l’on procède au remplissage des flacons, ce qui doit toujours être fait Lien avant la rentrée des premières grappes.
- Ceux-ci sont propres ayant été vidés, nettoyés aussitôt la sortie des dernières grappes de raisin et retournés dans les râteliers de façon à éviter la pénétration de la poussière qui souillerait leur contenu. L’eau dont on se sert à cet effet doit être très pure, par conséquent stérilisée ou filtrée, de façon à en empêcher la corruption et à la conserver ainsi pendant toute la durée de la conservation du raisin. Afin de lui maintenir la pureté désirable on mettait, il y a quelques années,
- soit une pincée de sel gris ou de charbon de bois en poudre, soit un morceau de charbon de bois dans
- chaque flacon,ce qui n'allait pas sans inconvénients et perte de temps. La quantité d’eau de pluie nécessaire est maintenant plus rapidement préparée, à Thome-ry, en la recueillant, en été, dans un réservoir placé au grenier et en vidant dedans plusieurs sacs de charbon de bois. On obtient ainsi une eau convenable d’une façon simple et économique, qu’une canalisation amène près du fruitier.
- Les personnes qui ne pourraient ] trendre ces précautions doivent donc, ou s’en tenir à l’ancienne façon d’opérer, ou faire bouillir préalablement cette eau, ou bien encore, l’additionner d’alcool ou de quelques ;outtes d’acide phénique comme antiseptique. Le remplissage des bouteilles se fait de façon à effleurer la base du goulot (À, fig. 4), de sorte qu’après le placement des deux ou trois sarments, celle-ci monte jusqu’en haut, mais sans se répandre (C, fig. 4).
- On se sert à cet effet d’une sorte de grande burette contenant de 2 à 4 litres, à bec effilé et recourbé, lequel est introduit dans le flacon et enlevé d’un coup sec pour éviter de répandre de l’eau sur les parquets ; ces derniers sont même recouverts de grosse toile d’emballage pour plus de précaution. En quelques heures, on a vite rempli plusieurs milliers de flacons.
- Fig. 4. — Remplissage dos flacons.
- A, C, niveau normal do l’oau; II, niveau trop bas.
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- LA N ATM K.
- ami
- Si, malgré les toiles, de l’eau se trouvait répandue, il faut l'éponger et l’essuyer avec soin, car cela peut se traduire par la pourriture des grappes des rangées inférieures. Selon le degré d’altération du raisin et de la température du fruitier, très souvent l’évaporation et l’absorption de l’eau ont lieu à un degré assez élevé. 11 n’y a pas lieu de s’en inquiéter si cela se produit plusieurs mois après la rentrée du raisin ; on enfonce alors davantage les sarments dans les bouteilles et on en ajoute un ou deux sans grappes qui font remonter l’eau de quelques centimètres.
- Au contraire, si cela se manifeste quelques semaines après la mise en bouteilles, et que l’eau diminue, comme le montre en II la figure i, il convient de procéder à un nouveau remplissage des flacons avec d’infinies précautions; le raisin est alors dans la période critique de son nouveau traitement, et il importe que le bec de la burette ne blesse aucun grain, ni qu’aucune goutte d’eau ne soit répandue.
- Albert Maumexé,
- _________ Professeur d'IiorticuUm'o.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 octobre 1902.
- Présidence de M. Bouqüet de la Grye.
- Récolte du blé en 191)2. — MM. Dehérain et Dupont ont constaté que la récolte du blé sur le champ d’expériences de Grignon avait été cette année exceptionnellement abondante : 54 hectolitres à l’hectare, soit 45 quintaux. Ce rendement qui n’avait jamais été atteint est dû à l’extrême humidité du printemps.
- L'éruption de la Montagne Pelée du 50 août. — M. Maurice Levy donne lecture d’une lettre de M. Lacroix écrite le 10 octobre de Fort-de-France. D’après les renseignements recueillis par M. Lacroix le désastre du 50 août a été épouvantable à cause du nombre des victimes, mais la région dévastée est bien moins grande que lors des précédentes éruptions. Beaucoup de maisons au Morne-Bouge sont intactes et les personnes qui s’v trouvaient ont été sauvées. La catastrophe paraît due à un nuage de vapeur d’eau chargé de cendre chaude et accompagné de phénomènes électriques accessoires. M. Lacroix a pu constater qu’un cône s’était élevé à l’intérieur du cratère et dépassait aujourd’hui le sommet de la montagne. 11 a pu effectuer une ascension qui lui a permis de constater tpie les projections de masses gazeuses partent de l’espace situé entre le cône et les parois du cratère. Ces projections atteignent dans l’atmosphère une hauteur de 10 kilomètres. M. Lacroix a déjà installé un observatoire dans une situation avantageuse ; il va s’occuper d’en installer un second qui permettra de surveiller le volcan d’un autre côté.
- Les expériences du « Méditerranéen ». — M. L. Caille-tet présente une Note de M. de La Yaulx sur l’expérience du Méditerranéen II.
- Les moustiques d'Égypte. —M. Laveran communique une Note de M. Camboulin, de Port-Saïd sur les anophèles de l’isthme de Suez. Il en a étudié trois espèces : 1° un petit moustique rappelant le culex et qu’il appelle anophèles multicolor; 2° un insecte très noir ressemblant à l'anopheles Thebaldi; 5° l’anopheles Pharacensis dont il a suivi toute l’évolution au moyen de cultures.
- L'origine des tubercules végétaux. — M. Bonnier présente une Note de M. Noël Bernard sur l’origine des
- tubercules végétaux. L’auteur remarque que la pomme de terre peut être considérée comme une tumeur formée sous l’influence plus ou moins lointaine d’un champignon parasite attaquant les racines. Mais une bouture de branche, placée dans une solution de sucre de glucose, peut former des tubercules aériens. 11 faut une solution concentrée. L’auteur a obtenu également des tubercules aériens à l’aide d’une solution de glycérine et de chlorure de potassium au centième. M.N. Bernard conclut que s’il y a des tubercules dus à des parasites, il y en a d’autres qui se produisent sous une influence interne.
- , Ch. de Yii.ledecil.
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- LE CONCOURS DE JOUETS t902
- Le succès du concours des jouets organisé l’an dernier par M. Lépine, préfet de police, a engagé les petits fabricants et inventeurs français à se constituer en Société, sur l’initiative de l’un d’eux, M. F oucault, et le nombre des adhérents fut rapidement nombreux.
- C’est cette Société qui convie cette année le public à venir visiter ses créations nouvelles et anciennes ; elle a organisé, dans ce but, une exposition très complète (qui restera ouverte jusqu’au 10 novembre) aux Champs-Elysées dans les locaux et dépendances du Jardin de Paris. Le public répond avec empressement à l’invitation des organisateurs, et, le dimanche, il y a plus de 10000 visiteurs.
- Les modèles nouveaux n’abondent pas; nous retrouvons toujours les automates, les tirs, les chemins de fer, les tramways.... Parmi ceux-ci, une voiture à trolley, éclairée par de nombreuses petites lampes à incandescence, circule au centre de l’exposition et attire tout d’abord l’attention; un autre, plus intéressant, fonctionne un peu plus loin par le système des plots ; il traîne derrière lui une balla-deuse qu’il va chercher au dépôt et qui s’attache automatiquement à la voiture motrice. Les ballons dirigeables ne manquent pas non plus, naturellement; un inventeur a même imaginé de placer, en guise de nacelle, un baleau à voile tout gréé; c’est, nous dit-il, le modèle d’un aérostat qu’il se propose de construire en grand pour tenter une traversée : si le ballon ne va pas, on n’a qu’à se laisser choir dans la mer..., et vogue la nacelle! M. Maugin a appliqué l’hélice à la locomotion sur terre; il construit un petit tricycle léger (n° I), muni à l’avant d’une hélice en carton mue par un faisceau de caoutchouc et cela fonctionne très bien. Le constructeur a reconnu que dans ce cas il est préférable de mettre l’hélice à l’avant, tandis que dans les jouets du même genre : mouches d’or, ballons, etc..., qui fonctionnent dans l’air, suspendus par un fil, le résultat est meilleur-en la plaçant à barrière ; il a remarqué aussi que, dans ce dernier cas, le sens de la rotation dépend de la position d’équilibre du mobile : s’il est incliné, la tête en haut, la rotation se fait dans un sens; tandis qu’elle a lieu dans le sens opposé si l'inclinaison est vers la terre. Il y a là des problèmes de mécanique intéressants à résoudre.
- Parmi les petits automates à bon marché de
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- M. Martin, nous remarquons le clown qui marche sur les mains et le petit pianiste (n° 2) où il a poussé le sentiment delà vérité jusqu’à tenir compte du mouvement relatif des mains : celle qui exécute la liasse va moins vite que celle qui fait le chant. Le résultat est obtenu au moyen de deux excentriques de rayons différents; une boîte à musique complète l'illusion. Une des nouveautés les plus intéressantes est le cerceau démontable (n° o) de M. Vigneron; c’est, un instrument que les enfants ne trouvent jamais assez grand; mais on n'a pas toujours à sa porte, surtout dans les villes, l’espace nécessaire pour s’en servir et, quand il faut prendre voiture ou tramway, c’est bien encombrant! Avec celui-ci le transport devient très facile : on le démonte en quatre segments qui, rassemblés ne tiennent pas plus de place qu’un parapluie. Au moyen de viroles placées à l’un des bouts des segments on fait rapidement le raccord et, lorsqu’on ajuste le dernier, l’ensemble forme ressort pour maintenir les raccords en place; on obtient ainsi un cercle parfait et très solide. Chez le même constructeur, nous trouvons la machine à confettis (nu 4); c’est un petit emporte-pièce monté h ressort et sur lequel il suffit de frapper pour découper les minuscules disques de papier qu’on utilisera au carnaval. On peut ainsi fabriquer soi-même sa provision dans le cours de l’année en utilisant tous les papiers de couleur dos prospectus. Le clown au chapeau (n° 5), construit par M. Sertet, est un jeu d’adresse très intéressant : l’une des jambes est maintenue horizontalement par un ressort, à l’extrémité du pied se trouve un crochet auquel on suspend le chapeau; on abaisse la jambe en appuyant dessus avec le doigt et on lâche brusquement; le chapeau est projeté en l’air et vient retomber sur la tète, du clown... si on a bien calculé son affaire, tout est là. On peut ainsi organiser des parties où le hasard n’a rien à voir.
- Le moulin à vent (n" (>) (qui marche sans vent) présente une modification sur ses congénères à ficelle où l’enroulement se fait tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre : il tourne toujours dans le même sens. La ficelle est attachée à l’intérieur à un ressort à boudin, elle passe ensuite sur un tambour qui est solidaire de l’axe du moulin; par de petites saccades données sur cette ficelle, on remonte constamment le ressort qui entretient ainsi le mouvement de rotation. La boule merveilleuse (nos 7 et 7') de M. Top, est un dérivé du bonhomme Chopinard que nous avait présenté l’an dernier M. Foucault. A l’intérieur, on a placé une petite masse de plomb suspendue sur l’axe par une de ses extrémités ; lorsqu’au moyen de la manivelle, placée à l’intérieur, on a tordu le faisceau de caoutchouc tendu à l’intérieur suivant l’axe de la sphère, on abandonne celle-ci à elle-même : le contrepoids tend à garder une position fixe et c’est la sphère qui tourne avec des mouvements désordonnés, dus au balancement du contrepoids. On utilise ce mouvement pour jouer aux
- quilles sur une table, c’est peu bruyant et amusant. Parmi les jouets militaires, nous avons remarqué une ingénieuse mitrailleuse (n° 8) d'un mécanisme très simple imaginé par M. Gasselin, un artilleur, paraît-il. Les projectiles sont mis les uns derrière les autres dans un magasin placé sur le côté, ensuite il suffit de pousser sur la tige qui sort de la culasse pour obtenir un tir continu et assez précis jusqu’à une portée de 5 à b mètres. Le mécanisme comprend seulement un ressort à boudin fixé au bout de la tige de manœuvre; un crochet, placé à la partie supérieure du canon et immédiatement avant le magasin, retient ce ressort qui se comprime quand on pousse la tige; mais lorsqu’il est à peu près complètement comprimé et qu’on continue à pousser la tige, le crochet qui l’arrête se soulève, il y a alors brusque détente et le projectile est lancé.
- La magicienne (n° 9) de M. Iloulet est une gracieuse petite poupée montée sur une boîte à musique; la jupe est composée d’une infinité de feuilles de papier multicolores placées verticalement et présentant leurs tranches, elles sont articulées à la partie supérieure et on peut, sortir l’une d’elles en la soulevant avec le doigt, on y lit son horoscope. M. Passeman a imaginé un billard (n° 10) qui constitue un jeu d’adresse intéressant; au centre dn tapis est une pièce de canon, constituée par un simple tube dans lequel on place une bille après avoir armé le ressort qui doit la lancer ; de même que dans les tourelles à éclipses de nos forteresses ce canon est monté sur une plate-forme mobile à laquelle on donne un mouvement de rotation, plus ou moins rapide, à son gré; au moyen d’un bouton, placé sur le côté de la table, on peut provoquer le déclenchement du ressort, et lancer la bille, quand on le désire; il s’agit de choisir le bon moment afin d’atteindre les autres billes immobiles sur le billard.
- Le joyeux buveur (n° 11 ) de M. Gavarny est aussi simple qu’original : c’est un tableau à deux faces sur lesquelles d'un côté on voit un tonneau sous le robinet duquel est une bouteille ; de l’autre côté le goulot de la bouteille aboutit dans la bouche du joyeux buveur. L’endroit, où est dessinée la bouteille est symétrique des deux côtés et on a fait un découpage à jour, puis collé deux feuilles de gélatine transparente. Quand on tourne le tableau d’un côté on voit la bouteille se remplir, et elle se vide quand on la tourne de l’autre côté : c’est tout bonnement du sable coloré en rouge qui par son propre poids passe d’un côté à l’autre du cadre.
- M. Chasles, qui eut l’an dernier le premier prix avec son jeu des œillets, nous apporte cette année une application de l’électricité statique, c’est le Jeu des Sylphides (n° 12), cela consiste à maintenir en l’air des feuilles de collodion, ou des fleurs légères, au moyen d’une baguette en ébonite.
- Tout le monde sait qu’un bâton de cire ou d’ébonite, frotté au préalable, attire les corps légers et les repousse ensuite : c’est là le principe du jeu. On frotte la baguette, on la met un instant en contact avec le petit
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- volant do collodion, ou la lleur, pour lui communiquer une polarité semblable, et, partir dece moment, il y aura toujours répulsion dos qu'on approchera la baguette; on peut donc, en manœuvrant adroitement.
- diriger le petit volant vers un point donné. Le jeu consiste à le l'aire passer d'un camp dans un autre ; mais gare à l'humidité et aux courants d'air.
- La petite Voiture sableuse (n° la) de M. Fou-
- 1. Tricycle — 2. Pianiste.— 3. Cerceau démontable. — 4. Machine à confettis. — 5. Clown. — (5. Moulin à vent. — 7 et 7' Houle merveilleuse-8. Mitrailleuse. — 9. Magicienne. — 10. Pillard. — 11. Joyeux buveur. — 12. Jeu des Sylphides. — 13. Voiture sableuse.
- cault est le modèle d’un tombereau qui doit .être présenté tt la ville de Paris pour l’épandage du sable dans les rues ; une trémie débouche dans un couloir incliné qui est placé à l’arrière de la voiture. On utilise le mouvement de rotation des roues du véhicule pour communiquer, au moyen d’une excentrique, un mouvement de va-et-vient saccadé à ce
- conduit et le sable est projeté régulièrement de tous côtés. En attendant que le service de la voirie adopte ce procédé il fera la joie des amateurs de tas de sable. G. Ciiai.mahès.
- Le Gérant : P. Masson.
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- Paris
- primerir I.uiiiii:. rue de Fleurus, 9.
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- X» 1557.
- H NOVEMBRE 1902.
- LA NATURE.
- O.),')
- PRODUCTION PROVOQUÉE
- DES PLANTES À FLEURS DOUBLES
- La fleur double, dans le sens horticole du mot, est celle chez laquelle s'est produite une augmentation du nombre des pièces de la corolle, soit par une sorte de prolifération naturelle des pétales, comme c’est le cas dans le Pavot, le Fuchsia (fig. 1), la Pivoine; soit, plus souvent, par la métamorphose des organes sexuels en pièces pétaloïdes. Il est rare que cette métamorphose se lasse complètement; presque toujours les organes femelles y échappent, et,
- souvent,quelques étamines en sont aussi préservées.
- Ainsi, dans les Œillets, les Rosiers, les Giroflées, les Pétunias à fleurs doubles, on retrouve le pistil intact et quelques étamines bien conformées. Si le pollen de ces étamines n’est pas toujours apte à féconder sa propre fleur, il féconde très bien, dans un grand nombre de cas, les fleurs d’autres plantes de même espèce. Chez les Bégonias,qui portent des fleurs unisexuées, les
- fleurs femelles restent toujoRrs simples, les fleurs mâles, seules, deviennênt doubles.
- Enfin, les horticulteurs considèrent généralement comme des fleurs doubles celles des espèces si populaires appartenant à la famille des composées ; Dahlia, Zinnia, Soleil, Œillet d’Inde, Chrysanthème, 30* année. — ta semestre.
- Fig. 1. Fuchsia : Exemple de duplicature par prolifération des pièces pétaloïdes, sans métamorphose des organes sexuels qui sont complets et bien apparents. — Fig. 2. Bégonia « Louise-Robert » en pleine végétation : Exemple de duplicature dans une plante monoïque. A, fleur mâle dont les étamines se sont totalement métamorphosées en pièces pétaloïdes. B, fleur femelle normale. — Fig. 3. Bégonia « Louise-Robert » sur le déclin de sa végétation : Exemple de réapparition 'd’une partie des étamines dans la fleur mâle, dont la duplicature est fort réduite. A gauche, Heur femelle normalp.
- Reine-Marguerite, etc. Chez ces espèces la duplicatrice, toute spéciale, qui atteint le capitule, n’est qu’une métamorphose des fleurs centrales, courte-ment tubulées, de ce genre d’inflorescence, en fleurs ligulées pétaloïdes.
- Il est évident que la duplicature des fleurs n’est
- pas toujours un caractère ornemental. Le Volubilis. l’Althæa, la Campanule à fleurs doubles ne sont point choses enviables, et, s’il y a des fleurs doubles légères, élégantes, il y en a qui sont de véritables monstruosités. Mais, question d’esthétique à part, la duplica-ture a des avantages considérables ; les plantes qui en sont atteintes ne se fatiguent point à fructifier, à donner des graines; elles réalisent, de ce chef, une économie de force qui leur communique une grande propension à fleurir : du même coup, leur floraison devient plus abondante, plus prolongée, car chaque fleur double dure plus longtemps qu’une fleur simple, chez laquelle une fécondation précoce, épuisante, sonne tôt l’heure finale, l’heure où se flétrissent les organes désormais inutiles.
- On conçoit donc que les horticulteurs cherchent toujours à développer la dupli-cature chez les plantes d’ornement, puisque, obtenir ce genre de déformation, c’est développer parallèlement la floraison, dans sa masse et dans sa durée.
- La production spontanée des végétaux à fleurs doubles est rare; on suppose qu’il n’en existe pas ou
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- LA NATURE.
- presque pas à l’état naturel. Dans les jardins même, la duplicature initiale d’une espèce est presque toujours lente à se manifester, et l’on cite peu d’exemples où elle ait été provoquée d’emblée d'une génération à l’autre. C’est à la longue qu’elle se produit, spécialement dans les terres riches, bien cultivées, procurant aux plantes une sorte de suralimentation, puis une surproduction de tissu cellulaire qui se traduit par l’accroissement des branches, feuilles, pétales, etc., en étendue ou en nombre.
- Carrière croit que l’hybridation peut provoquer rapidement la duplicature; il base son opinion sur ce fait que des graines d’un Œillet simple, mais issu du croisement entre l’Œillet barbu et l’Œillet superbe, produisirent, du premier jet, une proportion considérable de plantes h Heurs doubles.
- On sait, d'autre part, que l'Œillet, de Chine, croisé soit avec l’Œillet d’Hedwig, soit avec l’Œillet barbu, a procuré plusieurs types à fleurs doubles. Malheureusement, nous avons peu de faits analogues parmi les autres végétaux. Chez les Bégonias, par exemple, où les espèces très nombreuses ont été l’objet d’hybridations si diverses, il n’y a pas une de ces hybridations qui ait provoqué, de suite ou à longue échéance, l’apparition d’individus à Heurs doubles.
- Mais, si la duplicature initiale d’une espèce se produit lentement, dès qu’un spécimen en est atteint, l’homme est maître de provoquer l’apparition d’un nombre illimité d’autres individus à Heurs doubles. Pour cela, il doit pratiquer une rigoureuse sélection, une culture isolée du premier spécimen à Heurs doubles ou en voie de duplicature. Il faut tenir ce spécimen à l’écart des plantes de même espèce à fleurs simples, pour le soustraire à l’influence de leur pollen. Au besoin, le jardinier opère lui-même l’autofécondation (la fécondation par elle-même de la plante sélectionnée) afin de s’assurer que les graines produites donneront bien des plantes semblables à leur unique générateur.
- Ces graines étant semées, les plantes nouvelles formées, une seconde sélection s’impose : tout le groupe des individus à fleurs doubles est cultivé isolément, à l’exclusion des quelques spécimens à fleurs simples qui, par atavisme, ont pu naître dans l’ensemble. Continuée pendant plusieurs générations, la sélection finit par fixer définitivement la duplicature; elle lui communique la stabilité d’un caractère spécifique, à condition qu’elle ne soit pas troublée, au moment de la fécondation, par l’immixtion d’un pollen étranger.
- L’intervention d’une fleur simple n est cependant pas toujours contraire à la duplicature dans la descendance d’une fleur double, mais son influence varie selon le sexe dont on lui fait jouer le rôle; en voici quelques preuves ; Dans une expérience, des graines de plusieurs Bégonias doubles, fécondés par des Bégonias simples, ne me donnèrent que des Bégonias simples, tandis que des graines d’un Bégonia simple, que j’avais fécondé avec soin par le pollen d’un Bégonia double, me donnèrent une remarqua-
- ble proportion de Bégonias doubles. Dans chaque expérience, l’influence du pied male s’est donc montrée prépondérante à l’endroit de la conformation des Heurs. Un autre exemple bien connu de cette influence majeure du mâle, dans la reproduction de certains caractères organiques, nous est fourni par les Giroflées : pour avoir des graines de Giroflée produisant des individus à fleurs doubles, on les récolte exclusivement sur des pieds à fleurs simples, cultivés en petit nombre au milieu d’une grande quantité de giroflées â fleurs doubles. Mais, d’une manière générale, les descendants à fleurs doubles s'obtiennent en plus grande abondance quand les deux générateurs : pied femelle et pied mâle sont l’un et l’autre atteints de duplicature.
- Ces conditions peuvent se réaliser d’autant plus aisément que — nous le rappelons — la métamorphose en pièces pétaloïdes atteint rarement la totalité des étamines, ou, si elle l’atteint, ce n’est que pendant un temps limité. Ainsi, dans nombre de Bégonias tubéreux doubles, les fleurs mâles sont parfaitement doubles, sans trace d’aucune étamine, pendant toute la première période de la végétation, de juin au 15 août (fig. 2) ; puis, en fin août, septembre au plus tard, la nature reprenant ses droits — surtout si on l’y aide un peu par une culture en pot et sous verre — des étamines commencent à se former (fig. 5). C’est avec ces étamines-là qu’on peut préparer de nouvelles générations de Bégonias doubles, en déposant leur pollen sur les fleurs femelles voisines, toujours simples, et, mieux encore, en apportant ce pollen sur les fleurs femelles de pieds distincts, doubles ou simples.
- Résumons-nous : la duplicature initiale des plantes est surtout une affaire de longue haleine, de culture soignée, de forte nutrition par une fertilisation copieuse et appropriée des terres. Accidentellement, la duplicature peut être provoquée tout d’un coup par une hybridation heureuse; mais, lorsqu’on l’a saisie et fixée à l’aide de la sélection, elle nous assure, à condition de continuer la culture sélectionnée des descendants à fleurs doubles et leur pollinisation spéciale, une postérité ininterrompue d’individus présentant ce caractère précieux. Georges Bellair,
- Jardinier en chef des parcs nationaux.
- L’ÉCLIPSE DE LUNE DU 17 OCTOBRE 1902
- Il y a eu en 1902 deux éclipses de lune, la première s’est produite le 22 avril et elle s’est passée en grande partie sous l’horizon orientale. A la tour Eiffel où nous nous étions rendus, quelques membres de la Société astronomique et moi, le phénomène s’est perdu dans les nuages et les brumes. Peu s’en est fallu qu’il n’en fût de même pour celle du 17 octobre, car la journée du 10 octobre a été à Paris l’une des plus vilaines de ce maussade automne. Fort heureusement le ciel s’est éclairci dans la nuit et le phénomène a pu être observé à son début. L’éclipse était visible à l’horizon occidental et, contrairement à ce qui s’était passé le 22 avril, c’est la première partie du phénomène qui était visible. La lune se couchait à Paris à
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- LA NATURE.
- non
- fih2(> et le milieu de l’éclipse totale se produisait à t>h 12.
- La sortie de l'ombre ne pouvait donc être observée qu’en des contrées plus occidentales. Dès ôh 45 la région de la « Mer des Dluies » commence à s’assombrir par suite de l’envahissement par la pénombre et jusqu’à 4h2(i, moment de l’entrée dans l’ombre, celte diminution de l’éclat de notre satellite n’a fait qu’augmenter. A cette heure le disque lunaire commence à s’échancrer dans la région de (irimaldi. A ce moment l’éclat de la lune étant encore très grand il était fort difficile d’apprécier la couleur de l’ombre, je l’ai comparée à la couleur de la lumière cendrée 2 jours avant le premier quartier.
- Dès ih 45 les nuages commencent à apparaître ; à 4h 45, sous une belle éclaircie, j’ai pu prendre une vue avec une jumelle. Lne grande partie delà Merdes Dluies et de la Mer des Nuées avait disparu ; l’ombre était franchement brunâtre.
- linéiques minutes après la lune disparaissait dans un voile de brumes et je n’ai pu la revoir avant son soucher.
- Aux environs de Paris le temps a été plus favorable, notamment à Sergines (Yonne) où l’un de nos correspondants, M. Aubert, a aperçu, vers 5h15 du matin, la lune réduite à un mince filet lumineux. Lucien Libert.
- L’OPALINE ET SES APPLICATIONS
- Lorsque nous avons décrit récemment le nouveau et magnifique phare de l’ile Vierge1, nous avons eu occasion de dire que, pour empêcher sur les parois internes de l’immense fût les condensations atmosphériques qui sont si fréquentes et si gênantes dans les constructions édifiées au hord de la mer, on a revêtu ces parois de plaques d’opaline laminée. Nous nous réservions de revenir sur cette substance, dont nos lecteurs ont sans doute entendu parler en dehors même du phare de l’ile Vierge ; et nous voudrions signaler les applications très remarquables qu’on en fait dès maintenant, celles qu’on en peut réaliser, et donner aussi quelques détails sur celle substance en elle-même.
- Notons immédiatement que, si beaucoup de maisons fabriquent des plaques vitrifiées qui servent h former revêtement sur les murailles, l’opaline vraie est une spécialité d’une de nos plus grandes et de nos plus célèbres usines françaises, la Manufacture des Glaces et Produits chimiques de Saint-Gobain, Chauny et Cirey. Utilisée presque uniquement en plaques, l’opaline se présente à l’état laminé sous l’apparence d’une matière vitrifiée de teinte blanche légèrement bleuâtre, qui n’est en somme que de la glace brute rendue opaque par l’addition d’une certaine proportion de lluorure de calcium. Il va de soi que, tout en se mettant aimablement à notre disposition, M. le Directeur de la Manufacture de Saint-Gobain n’a pas pu nous livrer les détails de la fabrication de cette opaline, qui constitue une spécialité où le tour de main doit , présenter une sérieuse importance. Les fabricants insistent du reste sur ce fait qu’elle ne contient dans sa composition aucun oxyde métallique, et sur ce quelle offre des qualités
- 1 Yoy. n° 1505. <’u 15 mars 1002. p. 252.
- de résistance exceptionnelle à l’usure et aux actions chimiques, particularité éminemment favorable aux applications hygiéniques et de propreté dans les divers édifices. Cette résistance est au surplus fort à apprécier dans les constructions au bord de la mer, où l’air marin et les intempéries exercent des ravages redoutables. D’une grande dureté, inattaquable aux acides, elle possède une puissance isolante identique à celle du verre, et ou comprend qu'elle doit pouvoir, dans ces conditions, se substituer avantageusement au marbre pour les tableaux des installations électriques, puisqu’elle se vend normalement sous la forme de plaques de grandes dimensions offrant une surface absolument lisse et de l’entretien le plus facile. Il va sans dire qu’elle ne peut s'imprégner d’aucun liquide ni se tacher, alors que ce double défaut est assez caractéristique du marbre.
- Elle est tout indiquée pour remplacer sinon la porcelaine, qu'on arrive à fabriquer en carreaux de bonne qualité, du moins tous les produits émaillés qui se craquellent assez aisément à la surface, et qui sont particulièrement susceptibles à la gelée, dont les attaques laissent l’opaline tout à fait indifférente. Semblable produit arrive évidemment à son heure, à un moment où l’on commence enfin de comprendre qu’au point de vue hygiénique, surtout dans les constructions où passent des malades, où se trouve accumulée une population nombreuse, il importe au plus haut degré que les murailles offrent des surfaces lisses et impénétrables, que l’on puisse laver à grande eau aussi souvent que cela est nécessaire. Nous avons signalé le parti que l’on tire de l’opaline pour le revêtement intérieur des phares, et on trouve cette opaline au phare d’Ailly, près de Dieppe, au phare de la Cancbe, tout aussi bien qu’à celui de l’ile Vierge : dans l’un de ces phares, on a même remplacé par un revêtement d’opaline un enduit de ciment qui se détériorait constamment. C’est en opaline ([ne sont faits les revêtements des salles d’opération de l’hôpital Bretonneau, ou encore les [tassages souterrains de la nouvelle grande gare de Bordeaux, dans un cas [tour assurer une propreté absolue, et dans l’autre [tour rendre particulièrement lumineux des corridors dont l’éclairage naturel laisse à désirer. Une foule d’écoles à Paris, un nombre considérable d’établissements hospitaliers ont leurs murailles revêtues de larges plaques de celte substance où les germes sont dans l’impossibilité de pénétrer; de même des établissements de bains (où la vapeur détériore ordinairement si vite toutes les peintures), des abattoirs, des lavoirs, des chalets de nécessité, des laiteries, des écuries. On en fait également des dessus de toilette, des tables de café, des tablettes à instruments chirurgicaux, etc.
- Les emplois de l'opaline (qui a le seul défaut de coûter assez cher) se multiplient d’autant [dus que, en raison même de sa nature vitrifiée, elle peut se mouler sous les formes les plus diverses et pour répondre aux usages les [dus variés. Ces^moulages sont
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- LA NATURE.
- particulièrement indiqués pour l'appareillage électrique. On en fait des larmiers, des gorges, des baguettes, des dalles moulées ; elle se bombe sans aucune difficulté. Son épaisseur courante est de 10 à 12 millimètres, mais on la fournit aussi depuis 6 millimètres seulement jusqu’à 55; quant aux dimensions, elles peuvent atteindre 10 m-. Les plaques présentent une surface lisse destinée à former la face extérieure du panneau, et une face brute et rugueuse facilitant l'adhérence de cette plaque vitrifiée au mortier, quand on la pose effectivement sur mortier.
- Ceci nous amène tout naturellement à parler des conditions dans lesquelles s’effectuent les revêtements d’opaline : et nous pouvons même mettre sous les yeux du lecteur un échafaudage tout spécial imaginé par un ingénieur de la Compagnie de Saint-Cobain pour la pose du revêtement en opaline à l’intérieur de l’immense tour du phare de File Vierge, et qui peut servir à tous les travaux analogues. Tant qu’elles n’ont que 5 0 décimètres carrés, les plaques se posent au ciment : la face rugueuse est nettoyée et débarrassée de toute matière grasse, puis mouillée et enduite à la truelle d’une couche de mortier de 5 à
- Échafaudage pour pose d’un revêtement d’opaline.
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- millimètres d’épaisseur. Ce mortier doit être fait de ciment de première qualité à prise lente et de sable à gros grains aussi siliceux que possible. Four les plaques d’une superficie supérieure, on les assujettit simplement contre les murs à l’aide d’agrafes ou au moyen de moulures en bois, en métal ou en céramique, et, pour parer aux mouvements de la maçonnerie, on appuie les bords des plaques sur des tasseaux ou des tringles en bois. Si les plaques sont posées en feuillure dans la maçonnerie même, on interpose une lamelle de plomb dans le joint inférieur qui supporte la charge. Pour poser ces plaques sur toute la surface intérieure
- du phare de File Vierge, on a employé l’échafaudage volant et tournant que fait très bien comprendre le dessin que nous donnons. C’était un plancher formé de solives et de planches de dimensions suffisantes pour occuper tout le vide de la tour, mais présentant un évidement qui laissait passage à l’escalier ; il oflrait également une ouverture centrale munie d'une trappe par où on montait les matériaux nécessaires au travail. Ce plancher était bien relié à un palan central qui permettait de le soulever; mais, afin d’éviter tout accident et tout balancement de la plate-forme pendant
- que les ouvriers y travaillaient, celle-ci reposait sur les marches de l’escalier, ou du moins sur certaines marches, par quatre bois debout et de longueur différente : le plancher était donc absolument fixe et donnait toute sécurité. Quand on voulait le remonter pour entamer la pose d’une rangée supérieure de plaques,le palan servait quelque peu à l’alléger, mais le soulèvement était en réalité opéré par quatre ouvriers qui se mettaient aux quatre « bois debout », et les soulevaient d’ensemble en montant un même nombre de marches de l’escalier. C’était comme une sorte de vis qui se déplaçait dans un écrou, et quand on avait monté de la hauteur voulue, il suffisait de laisser reposer à nouveau sur les marches. Cet appareil est fort ingénieux et nous semble susceptible de rendre des services dans bien des circonstances analogues.
- Four en Finir avec l’opaline, nous ajouterons encore qu’elle se laisse percer assez facilement avec un foret triangulaire humecté d’essence de térébenthine, et que l’on est parvenu, sans lui enlever ses qualités hygiéniques, à la décorer fort richement au moyen d’émaux et de couleurs vitrifiables.
- Daniel Bellet.
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- LA N A T l] H K.
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- l'N’ COMPLEMENT
- A L’HISTOIRE DES CHEMINÉES DE FÉES
- La Nature a plusieurs fois entretenu ses lecteurs des Cheminées de Fées et ils savent très Lien (pie sons ce nom fantaisiste on désigne un très intéressant trait de structure de maintes vallées de montagnes auquel des auteurs plus prosaïques préfèrent appliquer la désignation de Pilastres de terre. Ce sont des cônes formés de terre caillouteuse qui de dimension très variable, et (jui peut dépasser 50 mètres, se présentent d’une façon constante comme couronnés d'une dalle plate placée horizontalement à leur sommet. Nous avons en France de jolis exemples de Cheminées des Fées et La Nature a spécialement parlé de celui qu’on rencontre dans le vallon de Saint-Gervais, dans la H au te-Savoie. 11 y en a dans Lien d’autres parties des Alpes comme à Ritton, près de Hautzen, et on en a décrit jusqu’en Amérique.
- Le dessin joint à cet article représente une expérience que j’ai réalisée à mon laboratoire au Muséum et qui m’a procuré la reproduction en miniature des accidents qui nous occupent : reproduction exacte à tous égards et dont l’étude permet de préciser beaucoup de particularités des accidents naturels de façon à pouvoir définir les conditions mêmes dans lesquelles ils se sont produits. C’est en effet le bénéfice ordinaire qn’on retire de l’application de la méthode expérimentale à l’étude des questions géologiques et l'on me permettra de le constater, parce qu’il y a des personnes dont l’opinion est différente et qui restent en principe opposées à ce merveilleux procédé d’étude.
- Pour faire l’expérience, on commence par composer un mélange de sable fin avec de petites pierrailles et des éclats de roches, puis on l'accumule en tas dans une très large cuvette jdate en porcelaine qu’on incline convenablement. Sur le tas on lait alors tomber une
- pluie factice en mettant en communication, «à l’aide d'un tube de caoutchouc, le robinet des eaux de la ville avec une petite pomme d’arrosoir.
- Les différentes particules mélangées éprouvent alors des effets différents, d’après leur taille, leur forme et leur poids. Les petits grains légers sont emportés les premiers et les plus lourds résistent le mieux; les éclats rocheux plats se disposent bientôt d’eux-mêmes horizontalement, et, à partir de ce moment, ils jouent le rôle de parapluie pour les particules qu’ils recouvrent. Ils se constituent très rapidement à l’état de chapiteaux de petits pilastres, ayant avec les Cheminées de Fées, et comme le montre la ligure, les analogies les plus complètes. J’ajouterai qu’en mélangeant d’une certaine quantité de plâtre en poudre la matière caillouteuse sur laquelle on opère, on obtient des spécimens qui se conservent facilement. On enverra de ce genre dans la Collection de Géologie expérimentale exposée au Muséum d’histoire naturelle et c’est une occasion pour recommander à nos lecteurs une visite à cette collection qui est récemment ouverte et qui reçoit très fréquemment des accroissements nouveaux.
- En examinant les produits de l’expérience, produits si simples qu’il pourrait paraître superflu de les préparer, on leur reconnaît un sérieux intérêt quant à l’idée qu’il convient de se faire du mécanisme de la dénudation subaérienne, et spécialement de l’histoire du creusement des vallées. A ce dernier point de vue surtout, il convient de constater que les Cheminées de Fées ne peuvent résulter (pic de pluies peu écartées de la verticale puisque ces pyramides friables ne sauraient subsister que là où les eaux de ruissellement ne sont pas trop abondantes. Un courant transversal un peu fort les désagrégerait et les détruirait : leur présence sur les lianes des vallons dans les pays de montagnes ({ne nous citions tout à l'heure, comme à Saint-Gervais, à Ritton, sur le
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- LA N AT LUE.
- Zuni-Plateau ilu Nouveau-Mexique où M. I lutton les a si Lien étudiées et ailleurs encore, montre avee évidence que, contrairement à l’opinion si souvent émise, les vallées ne sont pas l’œuvre de torrents on de lleuves torrentiels.
- Ces cheminées sont, au contraire, le produit d’une espèce de ciselure très délicate de la surlace du sol par des eaux incapables du transport horizontal de masses un peu considérables, et il faut remarquer qu’à cet égard l’utilité de l'expérimentation apparaît tout spécialement par la précision jetée sur les conditions du phénomène. En effet, tout ce qui concerne la constitution du terrain désagrégeableest désormais défini et, en même temps, tout ce qui a trait à la l'orme la plus favorable du sol. Si la surface du sol est horizontale ou presque horizontale, l'effet est nul, à cause du séjour de l'eau au pied des pilastres de terre; et, à l’inverse, sur un terrain trop incliné, les pyramides ne peuvent persister à cause de la trop grande vitesse des tilets d'eau sauvage. Un terme moyen est favorable, et la {tente naturelle d’éboulc-nient des matériaux meubles, de 35° à 40°, parait la meilleure. Il résulte de là aussi la notion d’une période dans le creusement des vallées, où la production des piliers de terre peut se déclarer et que, par conséquent, elle caractérise. C’est pour cela que dans la plupart des cas on ne constitue {tas des Cheminées de Eées par l’arrosage du sol hétérogène. Si les blocs contenus ne sont pas plats et si la pluie se fait obliquement, ou si le sol n’a pas la cohésion nécessaire, les blocs sont déchaussés et ils descendent verticalement pendant que les particules linos sont emportées par les eaux de ruissellement.
- Lorsque l’on a suivi pas à pas, comme je l’ai fait, les résultats de cette sorte de lavage vertical, on en voit jaillir l’explication d’une série de phénomènes qui ont été souvent mal compris, et par exemple celles de la présence de certains blocs rocheux, parfois très volumineux, sur un terrain qui contraste avec eux à tous les points de vue. Un exemple remarquable en a été procuré il y a peu de temps dans Paris par la découverte, dans le diluvium de la rue Lacépède, de gros blocs de grès facile à identifier avec la pierre à paver exploitée à Orsay et à Fontainebleau et qui dépend des formations oligocènes. M. le Dr Capilan en a donné un beau spécimen au Muséum. L'étude des lieux, éclairée par la notion que nous venons d’acquérir, démontre que ces blocs, devant les progrès de la dénudation pluviaire, ont dû descendre verticalement de 75 mètres environ, correspondant à l’ablation lente de toute la formation des sables supérieurs, puis de celle des marnes du terrain de gypse, du travertin de Saint-Ouen et d’une partie des sables de Beauchamp. C’est un bel exemple de la compatibilité d’une dénudation très active avec la persistance apparente de la surface du sol, qui ne cesse pas un seul instant d’ètre habitable et recouvert de végétation. Stanislas Meunier,
- Professeur au Muséum.
- RÉSISTANCE DES AËHICULES A LA TRACTION
- Cette question est de première importance, étant donné que les constatations que l’on peut faire en la matière sont à même de mener à des modifications et à tics améliorations considérables dans la disposition des véhicules.
- Le problème vient d’ètre étudié, au moins sous certaines de ses faces, par le professeur Baker, de l’Université de l’Etat d’Illinois, qui s’est livré à une série d’expériences sur la résistance à la traction, {tour essayer d’arriver à évaluer séparément les différentes pertes par frottement qui se produisent dans les véhicules tirés sur les grandes routes ordinaires. Pour le professeur Baker, le frottement de l’essieu est indépendant de la vitesse de traction; mais il semble diminuer à peu près en raison inverse de la racine carrée de la pression. Pour les véhicules ne portant qu’une charge légère, le coefficient de frottement de l’essieu est environ de 2 pour 100 du poids ; tandis qu’avec des véhicules lourds il arrive à être en moyenne de 1 1/2 pour 100, et qu’enfin, avec des voitures légères lourdement chargées, il descend à 1,2 pour 100. Tous ces chiffres ont été relevés quand le graissage était bien assuré, et il a été reconnu que, quand la lubrification n’est pas surveillée, le coefficient peut être six fois plus fort dans les divers cas étudiés.
- Si nous abordons maintenant la résistance provenant de la surface de roulement, nous voyons, toujours d’après les expériences de M. Baker, que des grandes roues permettent un déplacement facile à toute vitesse, et sur des routes de terre aussi bien que sur des voies de macadam ou de sable. Il semble bien que la résistance varie en raison inversement proportionnelle de la racine carrée du diamètre de la roue. Avec de bonnes routes, la largeur du bandage employé a été reconnue n’entrainer que des différences très faibles dans la résistance à la traction ; quand, au contraire, les routes ne sont pas en bon état, on arrive à cette conclusion que, suivant les circonstances particulières, l’avantage reste tantôt aux bandages étroits, tantôt aux bandages larges. Toutefois, sur terre de culture, un bandage de 12 centimètres de large est toujours meilleur qu’un bandage de 3 ou 4 centimètres. Ces expériences de M. Baker ne donnent pas une solution définitive, mais elles viennent fort à point au moment où les automobilistes discutent les avantages respectifs des petites et des grandes roues. L. L.
- LA MUNI A
- Les cimes de la Munia et du Yignenude, sur la frontière franco-espagnole, Manquent de part et d’autre ce puissant massif pyrénéen où le Mont-Perdu trône parmi maints pics grandioses, comme un monarque au milieu de ses pairs. Par leur nature de même que par leur situation, ces deux montagnes, qui semblent jouer un rôle de connivence auprès du géant calcaire, se réclament simultanément de l’intérêt qu’on lui voue, en raison, celle-ci, du majestueux Meuve de glace qu’elle épanche, celle-là, de l’amphithéâtre qu’elle couronne, le plus imposant et Je {dus large de tous les sites de la région. Indiscutablement, le grand glacier d’Ossoue a quelque peu fait pour exalter le Yignemalc aux dépens de la Munia, mais le Yigne-male doit surtout son auréole à la chance d’avoir su s’attacher un fervent pyrénéistc avec lequel il a pour
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- LA NATURE. *
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- ainsi dire convolé en de justes noces. Le comte Henry Russell, avide de rallier à cette montagne les ascensionnistes, — elle est sa propriété en vertu d’un Rail emphytéotique — l’a agrémentée de plusieurs grottes-abris dont, chaque lune d'août, il fait volontiers les honneurs, bienheureux Yignemale! Son attitude maîtresse, le névé aérien autour duquel pointent scs quatre dents, d’épouvantables précipices, la mise en scène des Oulettes de Gaube, placent ce pic au premier rang des attractions de la chaîne, mais s’il est ici permis à chacun d’avoir une opinion inusitée et personnelle, je ne cache pas, quant à moi, que j’eusse accordé la préférence au pic de la Munia, si quelque circonstance m’eût mis en demeure et dans l’obligation de m’éprendre de l’un ou de l’autre.
- Du fond de la vallée de Héas, aussitôt la Peyrade, la Munia apparaît, emplit l’horizon de sa majesté blanche, jusqu’à l’oratoire de Notre-Dame. Au delà de cette chapelle, que l’on suive le ravin de Touyères ou la combe de Maillet, la noble montagne s’occulte derrière de formidables soubassements pour reparaître, et dans tout l’éclat de sa splendeur, une fois que l’on a atteint l’aire du cirque. D’un mamelon reconnaissable par la statue de la Vierge qui s’y dresse, le panorama tourne au merveilleux. L’esplanade enclose par le fer à cheval dont la Munia occupe le centre se compose d’une série de pâturages dits « montagne de Troumouse » où des ruisselets murmurent, où un lac s’évapore, où l’ossature sous-jacente perce, où des intumescences ondulent à l’aise, où des coueylas ou cabanes de bergers ont des parterres d’aconits, où une crevasse pénètre comme un coin, où le sol, doux au pied, aimable au regard, héberge de nombreux troupeaux : c’est un jour de soleil dans une saison triste ; c’est l’aumône de Dieu à la pauvreté montagnarde, d’autant plus généreuse, inattendue, qu’elle tombe tout à coup, comme un louis d’or de la fenêtre des cieux, au milieu de sites stériles, farouches, repoussants, moroses, dans le sein desquels la nature entend être enfin seule, loin du bruit, pareille à une mère lasse de ses enfants les plus adulés, que nous sommes!
- Aucun des pics qui lleuronnent la crête du cirque de Troumouse ne s’efforce violemment de l’emporter sur ses confrères. Un vent d’égalité souffle dans cette assemblée de cimes. La Munia se distingue plutôt par sa position et les neiges qui la surchargent que par sa hauteur. Elle s’inscrit entre deux passages, le col de la Munia et la brèche de Serre-Mourène, suffisamment praticables. Un coin de ciel découpé par l’arche surbaissée d’un pont, telle est la silhouette de la Munia. Sur ce chapeau original se tuyaute une dentelle d’aspérités; le sommet occupe à peu près le centre. Des gradins poudrés à frimas s’étagent immédiatement. Le Mar boré, le Mont-Perdu, la Munia, œuvres du même architecte, sont signés d’un paraphe identique. Un glacier verse une cascade de séracs bleuâtres. Le mur d’enceinte de l’hémicycle qui lambrisse le tout se macule de bavures occasionnées par les fontes printanières ; il s’y accole des talus d’ébou-
- lis rapides et très étendus, la « table des matières » de la montagne, comme a dit Ramond, qui s’arrondissent en cuvette, où le petit lac de Las Aires réfléchit.
- Contemplée en sens inverse, la Munia est plus gigantesque encore. Elle jette un éperon, du côté du Rarrosa, qui crée deux cirques dans un seul. Sous le col de Las Louseras, les pentes sont interrompues à mi-chemin par une banquette abrupte, tandis que vers la Géla, la masse entière se condense en un môle, piédestal féerique offrant et dédiant aux nues terrasses sur terrasses neigeuses.... C’est le fragment le moins connu, le moins fréquenté de la Munia — j’entends par les alpinistes et non par les chasseurs d’Aragnouet, —* celui qu’on serait bien embarrassé de dessiner en grand et avec exactitude sur les cartes. 11 s’éloigne tant des chemins habituels....
- La Munia se profile en forme de cône auquel, du littoral de la « mer de glace » du Mont-Perdu, on n’attacherait aucune importance, si ce n’était le plus haut point du pâté de montagnes immobilisées là. A l’ouest, c’est-à-dire du faîte du pic de Barroude, la muraille du cirque de la Géla emplit tellement le tableau qu'on ne voit guère qu’elle.
- Toute la gloire de la Munia consiste donc à dominer Troumouse, ce croissant monstrueux dont elle unit les deux branches, Serre-Mourène et Bounéou. Culmen schisteux, on y rencontre çà et là d’excellente ardoise; l’ensemble, plus ou moins pur, veiné, maelé, varié, en décomposition, se dispose par lits verticaux dont les pointes aiguës expliquent l’étroitesse de la crête et les difficultés de son ascension. Cette stratification debout fait partie d’un alignement qui de la Munia passe par le port de la Canaou, la couronne murale d’Estaubé, l’arête du Marboré, les Sarradets et le couloir de la Fourca, où la roche se tâche, se hérisse, désireuse et ravie de rompre avec des habitudes calmes et reposées. Le marbre blanc vient au-dessous, et si vieux qu’il a pris le ton jaune des anciens ivoires. Certains éclats calcaires renferment des pyrites. Pour base, du granit. Le ravin de Touyères, prolongation de la vallée de Héas, se creuse en plein sol primitif et possède des mines de plomb argentifère qu’on a exploitées jadis sur les deux versants.
- L’altitude de la Munia atteint 5150 mètres. Le nom de ce pic parait dériver de mœnia, pluriel qui veut dire murailles fortifiées. Du latin ont été extraites quelques dénominations locales, les Parets (pàrietes) de Pinède, par exemple. Un desservant de la chapelle aurait-il désigné ainsi le pourtour du grand amphithéâtre? En tout cas, celui qui l’a inventé a vu juste. A l’époque de l’exploration du pays de Barèges, on ignorait ce nom. Ramond désigne assez confusément la Munia sous l’épithète de « montagne de Troumouse », erreur très grave de sa part, puisqu’il confondait la circonférence avec le cercle, la montagne de Troumouse n’étant tout simplement dans la langue et l’esprit des naturels que la-suriace gazonnée du cirque.
- Ajoutons à propos de mœnia et de Munia qu’il ne
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- LA N ATI; K K.
- faut pas a priori rechercher l’étymologie des noms corruption due aux promeneurs étrangers du mot dans leur similitude. Munia est tout simplement la Mouno. La Munia en patois barégeois s’appelle Et
- ~1
- Fig. 1. — Le pic de la Munia, vu du pêne de Col, dans le cirque de Troumouse.
- Soum d'èra Mouno, c’est-à-dire le Soum de la Mouno. Le nom de la dernière maison de lléas — celui de l’ancienne famille propriétaire — a jadis rejailli sur le pic.... Le pont de Lartigue à Sia, le bois de llenqué à Cèdre, etc., sont du reste baptisés par la chaumière qui les avoisine. Puis, l'Astazou n’a-t-il pas été transformé en la Stazona, la Frazona, par certains auteurs?
- La dernière maison de lléas appartient actuellement à François Lavignolle, guide-chasseur, que l’on qualifie familièrement de Francès de la Mouno. Ce furent les premiers visiteurs de lléas qui révélèrent la Munia. En exécutant sa fameuse promenade de 1788,
- M. de Saint-Amans s’étonna d’une « haute montagne toute chargée de neige, toute couverte de
- glaciers azurés », qui rehaussait la perspective, mais il ne s’en approcha, et en compagnie de Ha-mond, ijue dix ans plus tard. Le vainqueur du Mont-Perdu et son ami se bornèrent à gagner le pied des parois de la Munia, sous le couloir de la « Clef du Curé », décrit d’une façon très reconnaissable. M. de Chansenque ne crut pas devoir renchérir sur ce maigre exploit. Il faut nous reporter au temps de Packe et de Ifussell pour savoir quelque chose de la superbe cime qu’avaient préalablement conquise les seconds
- Fig. 2. — Ascension de la Munia. Aspect géologique du soubassement du pic. (D’après une photographie de M. Lucien ISriet.)
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- L A NA T NI K.
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- du lieutenant-colonel Corabœui, agissant en vued’ef- Au mois d'aoùt 1820, les officiers géodésiens Pey-fectuer l’opération de la triangulation de la chaîne. tier et llossard firent de la Munia un point de premier
- Fig. 5. — Cirque de Trouinousc. Le coueyla de Las Aires.
- ordre visant le Balaitous, le Pic du Midi de Bigorre, Montespé et le tue de Maupas, et usèrent à son égard de ce nom indéterminé de Trou-mouse que leur chef répéta dans son Mémoire, et qui créa plus tard une confusion regretta h le.
- Beaucoup ont cru qu'il s'agissait au lieu de la Munia du pic de Trou-mouse, c’est-à-dire de celle des pointes de la crête de Serre-Mourène oîi se détache Paré te frontière continuant par le pic de Barroude et les ports communs aux vallées d’Aure et de Biel-sa. Or, nos vaillants ingénieurs géographes s’étaient parfaitement établis sur la Munia, non pas au faîte même, mais à l’est de ce faite, et en contre-bas, sur
- un piton secondaire où leur signal est encore debout, tourelle de pierres sèches haute de deux mètres et
- mince comme un l ut de colonne . Un honnête talus de débris macadamisés par le séjour des neiges existe en arrière ; on plonge dans le cirque et le vallon de Barrosa,et à qui regarde le Pic du Midi et le Balaitous qu’on distingue à merveille, le faite de la Munia sert sur a gauche de tara tonnerre. « Notre tente a été établie à 15 mètres du signal, dit Peytier dans son rapport cité par M. Béraldi, sur une pente d’éboulis de 5(1 à 40 degrés, à l’abri du vent d’ouest ». Quand on se trouve sur les lieux, ces deux lignes sont frappantes. Peytier ajoute
- Fig. ,i. — Oûte de Troumouse. Passage du « Cheval-ltouge » de Bounéou. (L)’aprcs une photographie de M. Lucien Briet.)
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- L A NA T U HL.
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- que quelques fragments de rochers, durant les orages qu’il essuya, roulèrent à côté de sa tente : il ne s'était donc pas établi sur le sommet même d’un pic, car autrement les pierres n’auraient pu que se détacher au-dessous de lui.... Les diverses pointes de la crête de Serre-Mourène portent toutes des tourelles, bâties peut-être durant les opérations de 1848, mais celle du Signal est de beaucoup la plus caractéristique.
- Le lieutenant Pcytier a dû profiter de l’occasion pour escalader la Munia sur laquelle les souffrances endurées au Balaïtous le dissuadèrent sans doute de s’établir, d’autant plus qu’il lui était loisible de travailler aussi bien à l’endroit choisi et préféré. L’honneur de la première ascension se trouverait ainsi enlevé à Charles Packe, avant lequel, a écrit le comte Russell, aucun touriste n’avaitgravi le vrai sommet de la Munia. Packe et Lequeutre, ayant tous deux publié des Guides, ont donné une courte description de la course de la Munia par Serre-Mourène. Le comte Russell chercha sa voie par le nord et par le glacier, alors que le névé s’élevant à droite vers le col de la Munia était le chemin logique. Les lacs de la Munia lurent notés ensuite sur les cartes avec leurs curieux alentours par M. Schrader et deux ans plus tard, en 1877, le versant méridional espagnol était également entrevu dans la personne du cirque de Barrosa, si bien que les alpinistes purent désormais s'aventurer en suffisante connaissance de cause....
- Du sommet de la Munia, on voit Iléas, alors que de Pique-Longue du Yignemale on n’aperçoit ni Cau-terets ni Gavarnic. Lucien Briet,
- Secrétaire Général Adjoint de la Société de Spéléologie.
- À PROPOS DE Là COMÈTE
- Nos lecteurs connaissent déjà1 la comète Perrine-Borrelly qui, il y a quelques jours encore, brillait d’un pâle éclat au-dessus de nos tètes.
- L’annonce de sa découverte a été acceptée avec d’autant plus de curiosité et d’intérêt, que la présente année semblait devoir être classée parmi les plus pauvres en comètes. On en avait vu 10 en 1898, 5 en 1899, 5 en 1900, et, l’année dernière, le resplendissant éclat de la Comète australe — la plus belle depuis celles de 1882 et 1887 — avait fait oublier le petit nombre de ces astres éphémères.
- On sait que l’on catalogue les comètes en leur donnant comme numéro le millésime de l’année suivi des lettres a, b, c... au furet à mesure de l’annonce de leurs découvertes transmises à P Observatoire central de Kiel. La première comète de 1902 ou comète 1902 a avait été découverte, dans la constellation de Pégase, par M. llrooks, le 15 avril, à l’Observatoire du Lac Geneva,en Amérique.
- Cet astre, très faible, avait un mouvement rapide vers le Sud et ne put être observé après le 7 mai, date de son passage au périhélie.
- La comète actuelle, la seconde annoncée à l'Observatoire de Kiel, a reçu le numéro 1902 b. Or, en réalité, cette comète est la troisième de 1902.
- La seconde de cette année » été découverte et exclusi-
- 1 Yoy. n° 1534 du 18 octobre 1902, p. 307.
- vement observée par un astronome de la Nouvelle-Zélande, M. John Grigg, membre de la section des Comètes de la Biiiish Astronomical Association, du 22 juillet au 2 août. Life fut trouvée le 22 juillet, à 18h 50m, temps moyen de Greenwich, à la position suivante :
- Æz=ll'-55m (D^q-THV.
- C’était un objet nébuleux qui n’existait sur aucun des
- Fig. 1. — Aspect télescopique de la comète 1902 b le 10 octobre 1902, à 9h30“ du soir.
- catalogues et atlas célestes appartenant à l’observateur. La nuit suivante la même nébulosité fut revue, mais elle s’était déplacée de 24' vers le Sud et de 7' vers l’Est. Selon toute apparence, M. Grigg avait découvert une nouvelle comète. 11 en fit part à l'Observatoire de Mel-
- Fig. 2. — Photographie de la comète 1902 b le 10 octobre 1902, de 11h lo'“ à 12h45m.
- bourne et adressa une note à l’Association de la Presse de la Nouvelle-Zélande qui la mentionna dans les journaux de l’ile.
- L’astre fut) suivi jusqu’au 2 août ; mais les observations, faites avec un équatorial de 5 pouces 1/2 de Wray (grossissements de 25 et 60), furent souvent contrariées parle mauvais temps. Voici trois des positions observées.
- A\ CD
- 25,8 juillet (’J [’. m. Greenwich) 1 P' il)'" -f 6"56;
- 26,8 ' 12h 0m + 5« 50'
- 29,8 12h 20m -f 4° 20'
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- LA NATURE.
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- M. Grigg, à raide de ces données, calcula une orbite ayant les éléments suivants :
- T = 20 juin 11)02 i= 18°2i'
- =2170 48'
- « -- 202° -45' log <i = 9,7241
- Un devra donc, jusqu’à nouvel ordre, conserver la notation 1902 b pour la comète découverte le 1er septembre dernier par M. Terrine, astronome à l’Observatoire Lick (Galifornie) et indépendamment par M. borrelly, le 2 septembre, à l’Observatoire de .Marseille.
- Dès le 5 septembre, on suivit un peu partout la visiteuse céleste et, le lendemain, on possédait assez d’observations pour déterminer son orbite. Voici les éléments provisoires calculés par MM. A.-À. Nijland et Elis Strômgren à l’aide de ces premières observations :
- Orbite de M. A.-A. Nijlaml. Orbite de M. Elis Strômgren.
- T = 4902 novembre 14,405 1902 novembre 25,215
- w = 175° 55',8 155° 55',2
- 11= 720 18,0 50« 10', 0
- i = 160°50',0 1570 8',2
- log q — 9,59920 9,00094.
- Une orbite a également été déterminée par M. Bigour-dan, à l’Observatoire de Paris, d’après ses propres observations.
- Nous ne reviendrons pas sur les observations précédemment publiées dans cette Revue. Vers le 21 septembre, la comète devint visible à l’œil nu et le 15 octobre, malgré un fort clair de lune, on la distinguait encore assez bien.
- Le 11 octobre, à 1 heure du matin, j’ai estimé son éclat total, par de nombreuses comparaisons avec les étoiles visibles, de la 4e grandeur et demie.
- Le 10 octobre, la comète se présentait sous l’aspect d’une nébulosité assez intense avec noyau, entourée d’une faible chevelure. La queue, très faible, se devinait sur une longueur d’un demi-degré environ. Le dessin (fig. 1) la représente à 9h 50ra du soir, vue dans une lunette de 8imm munje d’un oculaire grossissant 20 fois environ.
- J’ai pu, le même soir, en prendre la photographie (lig. 2) qui confirme assez bien l’aspect de la vision directe. La pose a été de une heure, de 1 I1' 45,n du soir à 0h45m du matin. Objectif à portraits de 81"’“ de diamètre et 54“m de longueur focale. L’épreuve reproduite ici est un agrandissement de 4 fois le phototype original.
- Ajoutons que M. A. Senouque, à l’aide du grand télescope de 1 mètre de l’Observatoire de Meudon et une pose d’un quart d’heure, a obtenu d’intéressantes photographies dont une, du 28 septembre, décèle une triple queue. La plus longue de ces trois queues a environ 42'.
- Lé 21 octobre, la comète, dans Ophiuchus, était encore de la 4e grandeur et demie et des photographies du 24 montrent une queue de 2 degrés et demi environ.
- Quoi qu’il en soit, nous voilà bien loin de la superbe comète, avec queue de 45° ou 20° comme l’ont représentée, il y a quelques jours, plusieurs journaux bien... informés.
- On a pu prendre de nombreuses photographies de son spectre. Leur étude apportera sans doute de nouveaux éléments à la connaissance de la constitution physique, encore si énigmatique, de ces messagères de l’Infini.
- Em. Toi’chkt,
- Secrétaire adjoint de ta Société astronomique de France.
- LA CONSERVATION DU RAISIN
- A RAFLE FRAICHE, A THOMERY1
- II
- CUKIl.I.KTTK KT SOINS A DONNKIl Al RAISIN
- Le raisin destiné à la conservation à ralle lraîche a été préparé, ainsi que nous l'avons indiqué, par le cisellement, l’ablation des grappes trop nombreuses et, [tins tard, par la mise en sacs ou l'abri de toiles et par un effeuillage gradué*.
- On ne peut fixer une date précise pour la cueillette du raisin étant donné que cela dépend de l'exposition du sol et surtout de l’état de la maturité. C’est ainsi que cette année la récolte est bien plus tardive que d'habitude. On commence généralement ce travail dans la seconde quinzaine de septembre3, tandis qu’il y a quelques années on y procédait bien plus tardivement. C’est que l’on a reconnu que les raisins rentrés les premiers étaient ceux qui restaient les derniers au fruitier parce qu’ils présentent les meilleures conditions de conservation.
- Les grappes les plus saines et suffisamment mûres sont les seules choisies pour la conservation, ce qui implique que l’on doit repasser à chaque treille à plusieurs jours d’intervalle. Les sarments portant celles-ci sont coupés au sécateur, les feuilles enlevées et chaque grappe minutieusement expurgée, à l’aide de ciseaux, de tous les grains endommagés. On réserve sur chaque sarment deux ou trois yeux au-dessous de la grappe, deux au-dessus (A, lig. 1) et deux grappes au maximum. Sur les jeunes vignes le rameau porte, parfois, trois ou quatre grappes; comme une telle longueur serait incommode on le sectionne au-dessus de la seconde (C, fig. 1); si ces grappes se trouvent tellement rapprochées qu’il est impossible de conserver assez de bois au-dessous on réserve une plus grande longueur au sarment au-dessus et on plonge cette partie dans le llacon (E, lig. 1). On procède également de cette façon lorsque la grappe se trouve trop rapprochée du cep .et qu’il faut ménager une partie du sarment pour la taille.
- 11 convient, en elfet, en effectuant la cueillette, de réserver du jeune bois pour la fructification de l’année suivante, en conservant au moins deux yeux sur chaque rameau latéral et trois ou quatre sur celui qui termine le cordon de vigne. La ligure 4 montre précisément par des traits comment la coupe des sarments peut être faite et la ligure 5 (1*, l,,l)"l)"'j la même treille après la récolte. Les grappes qui restent, si elles ne sont pas consommées de suite, ou conservées à ralle sèche, peuvent, si elles sont belles et à la rigueur, être conservées à ralle fraîche en attachant le pédoncule à un tuteur (T, lig. 2) ou en le passant dans un bouchon (R, lig. 2). Les producteurs négligent généralement de les disposer ainsi, mais les propriétaires peuvent utiliser avantageusement
- 1 Voy. n” 1550, du 1er novembre 1902, p. 540.
- - Voy. les h°» 1525, du 2 août, et 1550 du 29 septembre 1902.
- 3 Voy. n° 1555, du 11 octobre 1902, p. 295.
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- LA N A T UH K.
- 5(>4
- Fin
- ce procédé, surtout lorsqu’il s’agit de belles grappes produites par de jeunes vignes. Au fur et à mesure de la cueillette et de leur préparation, les grappes sont s o i g n e u -sement déposées dans des claies (lig. f>), de façon qu’elles ne puissent glisser ni être froissées et placées soit sur une sorte de civière nommée bard (lig. 5), soit dans de petites voitures à roues caou tchou tées, adoptées depuis deux ou trois ans à Thomery et contenant six claies de raisin; soit encore dans des tapissières ou voitures aménagées h cet effet pour 18 à 20 de ces claies, représentant la récolte d’une matinée ou d'une soirée. Chaque claie contient de dix à quinze kilogrammes de raisin et est placée immédiatement sous un hangar ou dans la voiture.
- Au moment de la récolte des raisins les rues de Thomery sont sillonnées de toutes parts par des voitures et des hards de raisin et sont du plus pittoresque effet.
- La mise en flacons a lieu le jour meme. A cet effet, les grappes d’élite provenant des espaliers à l’exposition sud, sud-est et est, sont réservées pour les fruitiers des sous-sols et rez-de-chaussée, qui sont préférables pour la longue garde; ou, à défaut de place, pour ceux du premier étage, tandis que les chambres du second ou des combles servent pour le raisin de second choix ©u celui récolté tardivement qui sera li- 1 vré le premier à la consommation ou à la vente. Il serait imprudent de mélanger ces diverses qualités
- Secliouncuient des sarments.
- et le raisin cueilli à d’autres expositions. Chaque claie est donc portée au fruitier et là le viticulteur
- procède à la mise en bouteilles en raccourcissant les sarments avec le sécateur qu’un aide lui passe après avoir de nouveau examiné et épluché les grappes. On doit évincer, malgré leur beauté, les grappes qui auraient pu être abîmées en les mettant de suite en observation.
- On commence par disposer les grappes les plus volumineu ses dans les flacons supérieurs, en protégeant celles-ci de la main gauche [tour leur éviter tout contact. 11 ne faut pas mettre
- par flacon [tins de deux à trois sarments portant un total de quatre à cinq grappes, car il importe que le raisin ne soit pas trop serré et qu’il soit facile à visiter. Ce travail dure chaque jour parfois jusqu’à une heure très avancée de la nuit. Il va sans dire qu'un nettoyage sérieux doit suivre chaque série de mise en bouteilles, de façon qu’il ne renferme aucun corps susceptible de fermentation et de pourriture.
- Il importe de ne pas différer ce travail au lendemain, car un retard de quelques heures pour procéder à des opérations urgentes peut compromettre une partie de la récolte. Ajoutons qu’il y a avantage à ce moment
- d’aérer le fruitier nuit et jour, maison laissant peu pénétrer la lumière, en évitant les courants d'air et en le fermant s’il pleut ou s’il fait humide.
- Nous avons examiné dans un précédent article les conditions générales que devaient, présenter les cham-
- l’iaeement tics grappes sans sarment.
- liard et claies pour le transport des raisins au fruitier.
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- LA NAT U HE
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- ]>res à raisin au sujet de la température, de l’humi- ! en tenant compte des circonstances et du local utilisé, dité et de rohscurité1. 11 faut s’attacher à les appliquer | Chaque chambre doit posséder un thermomètre et un
- Fig. 6. — Disposition des sarments dans les fioles de, verre.
- hygromètre, ce dernier marquant au maximum 70°; lorsqu’il dépasse cette limite il faut combattre 1 Yoy. n° 1555, du 11 octobre 1902, p. 295.
- l’humidité avec soin. Les périodes pluvieuses sont donc à craindre, car malgré toutes les précautions l’humidité’pénètre et est plus dangereuse que le froid.
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- LA NA TU UE.
- Lors do l'inspection journalière des fruitiers que l’on fait à la lumière d'une lampe, on procède à l'ablation des grains et des parties de grappes attaquées ou menacées de pourriture en supprimant meme des grappes entières, mais en évitant d'enlever les sarments avec, car l'eau s’égoutterait sur les grappes inférieures. Dans n'importe quel cas ces sarments sont coupés au ras de la bouteille et les fractions qui restent dedans sont déversées avec l’eau à la (in de la saison. La pourriture de quelques grains n'est pas dangereuse, car il suffit de les enlever pour assurer l’assainissement de la'grappe; mais il est un autre cryptogame que l’on désigne à Thomery sous le nom « d’eurdrit », qui se montre,lors des périodes d’humidité ou de long dégel, en manifestant sa présence d’abord par quelques points jaunâtres [tour se propager ensuite rapidement, si bien que fous les grains deviennent complètement rouges. II l'aul alors employer les grands moyens, enlèvement de toutes les grappes attaquées et menacées, emploi de pierres de chaux pour combattre l’humidité et brûlage de mèches soufrées ou de soufre. Ce dernier traitement doit d’ailleurs être appliqué toutes les fois que l’on perçoit l’odeur de moisi et un vase doit contenir en permanence des pierres de chaux lors des périodes humides et pluvieuses.
- Nous insisterons particulièrement sur ce fait que la moindre imprudence peut causer des pertes irréparables. Les fenêtres et autres ouvertures étant fermées, en profitant d’un temps sain, ne devront, eu aucune circonstance, être ouvertes pendant toute la durée de la conservation du raisin. Il faut surtout résister à la tentation d’aérer, même pendant dix minutes, lors d’une belle journée ensoleillée d'hiver; la température s’élèverait vite dans le fruitier et cette brusque transition provoquerait l’attaque des raisins par ce terrible cryptogame « l’eurdrit », et, quelques jours après, ceux-ci seraient simplement bons pour la cuve.
- Il est nécessaire qu’une température basse et régulière soit maintenue. Les variations sont absolument néfastes à une bonne conservation. C’est pourquoi les locaux dans lesquels ces conditions ne peuvent être obtenues ne sauraient convenir pour une conservation tardive, qui est surtout menée à bien, par cela même, dans les pièces du sous-sol et du rez-de-chaussée.
- L’humidité est défavorable dans les premiers mois de conservation, elle l’est moins en avril-mai et quelquefois les raisins des sous-sols sont perlés de rosée sans qu’il y ait aucun dommage. Il faut donc bien se garder d’ouvrir pour combattre cette humidité, car en cette circonstance le remède serait pire que le mal.
- Si les soins exigent à un moment donné un peu de lumière du dehors, cela n’offre aucun inconvénient; on ouvre extérieurement les volets en profitant d’un temps clair et froid, mais les fenêtres doivent rester rigoureusement closes.
- Le dessèchement des grains, s’il enlève la valeur marchande, estmoinsàcraindre ; car leraisinconserve,
- malgré son apparence moins flatteuse, toutes ses qualités. Cette particularité se présente lorsque les fruitiers sont presque vides. Dans ce dernier cas, il n’y a qu’à porter les grappes dans le fruitier voisin. Cela indique assez que les chambres de petites dimensions sont préférables aux vastes locaux et plus faciles à diriger.
- En tenant compte des détails d’application, qui ne constituent pas des difficultés insurmontables, il est possible à tous de conserver des raisins ayant gardé l'aspect, qu’ils avaient lors de la cueillette, et leur ratle, toujours fraîche, étant constamment alimentée d’eau, les grains ne se flétrissent, ne se rident pas, l'épiderme reste au contraire bien tendu. Nous ne doutons pas que les propriétaires puissent garder ainsi, dans une petite pièce, même dans les villes, leur provision de raisin tout au moins jusqu’en lévrier-mars. C’est ce que nous essayons d’ailleurs actuellement à Paris.
- Tels sont, dans leur ensemble, les règles et les procédés d'application presque totalement, inconnus, même de quantité de professionnels, de cette méthode de conservation du raisin de table, qui a fait et fait encore la renommée et la prospérité de Thomery, et que l’obligeance de M. François Charmeux et une documentation sur place, nous ont permis de faire connaître ici dans tous leurs détails. Altîeht Mai menk,
- Professeur d’horticulture.
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le Rédacteur en chef,
- Permettez à un ancien chimiste de l’usine Desmazures à Maisons-Laffite de compléter l’article du N° looi, page 509, intitulé « Mines de lloracite ».
- La boracite est non un borate de chaux, mais un borate de magnésie très anciennement connu en Hanovre. Le minerai traité à l’usine Desmazures est un biborate de chaux venant de Panderma près de Brousse (Asie Mineure), il se trouve non dans des carrières de marbre, mais dans un gypse bitumineux. Les plus purs échantillons sont en forme de rognons ou de dents d’éléphant, les morceaux volumineux sont rares et M. Desmazures n’a jamais pu réussir à en trouver des blocs assez volumineux pour être travaillés comme du marbre. M. Desmazures qui n’était pas architecte, mais ingénieur des phares Ottomans, découvrit ce minéral de la façon suivante : dans une maison où il était de passage dans un voyage qu’il faisait sur la cote, il vit une domestique qui récurait de la batterie de cuisine avec une pierre blanche, tl lui demanda ce que c’était que cette pierre. Elle répondit que c’était une. espèce de plâtre qui était plus dur que l’autre et fondait au feu. Il y avait, justement un feu de bois dans la salle, M. Desmazures s’assura du fait, et en conclut que ce n’était ni du gypse ni du calcaire. U en emporta un morceau à Constantinople où un pharmacien reconnut, par un essai très facile, qu’il s’agissait d’un borate. C’est plus tard que M. Sainte-Claire Deville lui déclara que c’était un minéral nouveau non dénommé. (Quelques années s’écoulèrent, et M. Price décrivit la « pricéite » Américaine, borate de chaux qui eût dû s’appeler soit Pandermite, soit Desmazurite. Mais il fallait tenir cachée l’origine du minerai traité alors à
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- LA NATURE.
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- Maisons-Laffito. Les Anglais avaient par l’acquisition de la concession Larderelli (Toscane) le monopole du Borax et de l’acide borique, dont l’usage médical était alors à peu près inconnu. La guerre commerciale menaçait de ruiner l’industrie française tout en faisant faire des pertes énormes à l’anglaise, lorsque le grand producteur anglais Townsond (de Glasgow) vint s’entendre avec M. Desma-zures, et faire sur simple parole un trust rémunérateur. C’est alors que je m’occupais des applications médicales et hygiéniques de l’acide borique et qu’un de mes élèves, le I)r Baumfeld, fit sa thèse sur ce sujet. On sait le succès qui s’ensuivit. M. Desmazures consacrait la majeure partie de ses ressources à aider les savants et les inventeurs qui trouvaient le meilleur accueil et le plus désintéressé dans son usine. 11 m’est agréable de rappeler le souvenir de cet homme de bien dont le nom méritait d’être conservé. Il me paraît aussi très utile de faire remarquer combien peuvent être utiles les connaissances minéralogiques même sommaires, qui naguère faisaient partie du programme d’enseignement des lveées et qu’on a eu le tort de supprimer. 1)' Goiïhcki.
- -^C~—
- CHRONIQUE
- Moteurs à gaz de grande puissance. — Pour compléter ce que nous avons dit récemment à propos d’un moteur à gaz de 1200 chevaux, nous devons signaler une communication intéressante de M. Herbert Humphrey devant l’Association Britannique : l’auteur a cherché à faire un relevé de tous les moteurs à gaz d’une puissance de plus de 200 chevaux actuellement en service ou près de l’ètre bientôt, et il est arrivé à un chiffre de 258, représentant une puissance totale de 98955 chevaux-vapeur. Dans cet ensemble, la plus grosse part est fournie par la maison allemande Deulz, de Cologne, puis vient la Compagnie Westinghouse, d’East Pittsburg, aux Etats-Unis; c’est ensuite la Société, allemande également, qui exploite le brevet (EcheJhæuser, puis la Société Cockerill, avec le moteur Simplex, qui est du à des ingénieurs français; enfin les maisons Korting et Crossley entrent dans cette statistique pour un chiffre assez considérable. Disons encore que la Société Cockerill, qui se fait une spécialité des moteurs à gaz de hauts fourneaux, est en train d’en construire un en double tandem qui aura une puissance, vraiment très élevée, de 2500 chevaux.
- Gisements diamantifères en Guyane anglaise. — Le professeur Harrison, géologue officiel du gouvernement, annonce qu’on vient de découvrir des diamants dans trois régions de la Guyane anglaise : au nord, sur le cours supérieur de la rivière Barima et à quelque 90 kilomètres au sud-est de lanna, puis dans le bassin du Mazaruni supérieur, et principalement le long de la rivière Putareng; enfin dans le district d’Omai, sur la rivière Potaro, qui est un tributaire de l’Essequibo. On compte déjà une douzaine de sociétés qui se sont mises à prospecter les terrains que l’on est en droit de considérer comme diamantifères.
- Traitement électrique pour le saturnisme.— On vient d’installer à Stoke-on-Trent, en Angleterre, ville industrielle où il se trouve un nombre considérable de fabriques de poteries, qui recourent au plomb pour l’émail de 'leurs produits, des bains électriques pour le traitement par l’élcctrotbérapie des coliques de plomb et de la paralysie. L’installation est à même de donner des bains de courant continu ou de courant alternatif, et cela en empruntant son électricité aux canalisations de la
- distribution urbaine, mais en la faisant passer par une batterie d’accumulateurs. 11 y a, bien entendu, une machine pour convertir en alternatif le courant continu que reçoit la batterie. Des commutateurs convenables permettent de faire arriver aux bains soit le courant continu, soit le courant alternatif, et les bains sont disposés pour un traitement général ou seulement pour le traitement spécial des bras.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 5 novembre 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- Préparation de nouveaux composés. — M. Dille résume une Note de MM. Donard et Labbé relative ;r une matière albuminoïde nouvelle extraite par eux des grains de maïs. On a déjà retiré du maïs une sorte de gluten. Les auteurs ont desséché de la farine de maïs, puis après l’avoir lavée à la benzine pour en extraire la graisse, ils l’ont traitée à l’alcool isoamylique et ont soumis encore le précipité à l’action de la benzine. Ils ont obtenu une substance blanche amorphe, soluhle dans les alcools éthylique, propylique, buthylique, méthylique, insoluble dans l’eau pure, mais soluble dans les solutions alcalines. La farine de maïs contient 4 à 5 pour 100 de cette matière.
- Analyse de l’air de mines. — M. le professeur Gréhant donne lecture d’une Note résumant ses recherches sur la composition de l’air d’une mine de houille qu’il ne désigne pas. Il a opéré sur 9 échantillons de gaz recueillis dans les galeries; il a trouvé, à l’aide de son grisoumètre, une proportion de formène comprise entre 5,5 et 7,5 pour 100. Cette dernière proportion correspond à un véritable mélange détonant. L’acide carbonique a varié entre 1 et 1,8 pour 100. Enfin, au lieu de 20,8 d’oxygène pour 100, on en trouve 16 à 18 pour 100. C’est donc une diminution de l’air respiratoire comprise entre 4,7 et 2,8. L’auteur conclut qu’il serait utile d’établir dans toute mine de charbon un laboratoire d’analyses eudiométriques et gri-soumétriques, afin de régler la ventilation de façon que l’atmosphère dans laquelle vivent les ouvriers mineurs soit toujours renouvelée d’une façon suffisante.
- Varia. — M. Collet, professeur à l’Université de Grenoble, adresse une Note sur la pesanteur le long du parallèle moyen. — M. Pellat communique une Note sur la force électromotrice qui intervient dans un élément de pile thermo-électrique. — M. Martel décrit le fonctionnement et le mode d’alimentation de la fontaine de Vaucluse. —M. Armand Gautier présente un travail de M. Istrati sur l’oxydation de l’aniline et trois composés cristallisés nouveaux qu’elle donne. — M. le prince de Monaco fait hommage d’un ouvrage qu’il vient de composer sur les épisodes de ses campagnes maritimes, dans lequel il a relaté quelques faits ‘de biologie marine de nature à intéresser les savants. — M. Haller dépose une Note de M. Guntz relative à la formation de quelques azotures, notamment de deux azotures de fer. Cir. de Villedeck..
- LE NAVIRE LE PLUS RAPIDE I)U MONDE
- Il nous semble que ce qualificatif appartient bien et dûment, au moins pour l’instant, à un yacht à vapeur qui vient d’être construit par un ingénieur de New-York, M. Charles I). Mosher : celui-ci avait jadis construit un autre petit vapeur nommé Ellide,
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- dont nous avons en occasion de parler au moment des essais; mais le nouveau venu, qui est bien nommé Arrow, la Flèche, dépasse de beaucoup, par son allure vertigineuse, et son prédécesseur et meme toutes les récentes constructions que nous connaissons. VArrow est doté d’une machine alternative, ce qui est particulièrement curieux à une époque où l’on cherche à remplacer ce genre de moteur, et il a parcouru le mille nautique, sur hase mesurée exactement, en 1 minute 52 secondes, ce qui correspond h une vitesse de 59,15 nœuds marins à l’heure : une conversion aisée nous dira que c’est lù une allure de 72kn',47 h l'heure, ce qu’on estimait, il y a encore peu de temps, comme fort rapide pour un convoi de chemin de 1èr, et ce qui est autrement considérable pour un bateau, qui rencontre dans sa marche des résistances énormes. Ce résultat est d’autant plus admirable que ce navire est de faibles dimensions, puisque sa longueur ne dépasse pas 52m,72; sa largeur est de 5m,80 et son tirant» d’eau normal de lm,06, pour un déplacement de 6h tonnes. Comme de juste, étant donné qu’on poursuivait avant tout la vitesse, on s’est attaché à alléger, autant que possible, la construction; et cela ressort immédiatement de la constatation de ce faible déplacement, de ce poids très minime pour une coque de près de 40 mètres de long et renfermant, en outre, une machinerie ds 4000 chevaux. Les lignes de cette coque rappellent d’assez près celles des contre-torpilleurs, mais avec beaucoup plus de finesse; la section transversale la plus forte se trouve très à l’arrière, et, même à la plus rapide allure, il ne se forme pour ainsi dire pas de-vague à l’avant.
- Pour réaliser la légèreté voulue, on a eu recours à des matériaux composites pour la coque : acier au-dessous de la ligne d’eau, aluminium au-dessus, sauf cependant à l’aplomb des chaudières et de la machinerie, où l’on a employé uniquement de l’acier. On a disposé extérieurement un doublage en acajou qui offre une surface extrêmement lisse et aussi peu résistante que possible à la propulsion. Ajoutons que cette coque, en partie en aluminium, est renforcée longitudinalement par des sortes de tirants faits de plaques d’acier.
- La puissance motrice est fournie par deux chaudières Mosher à tubes d’eau, présentant une surface de grille de 11 mètres carrés et de 510 mètres de surface de chauffe, chaudières qui peuvent donner
- de la vapeur à une pression de 51 kilogrammes; mais cette pression a été limitée, durant les essais, à 28 kilogrammes, parce que les inspecteurs de la surveillance des appareils à vapeur n’ont pas voulu permettre davantage.
- Les machines jumelles ont été étudiées spécialement pour ces hautes vitesses; elles sont à quadruple expansion, avec des cylindres ayant respectivement 279, 452, 609 et 815 millimètres de diamètre, et une course commune de 581 ; le nombre des révolutions varie entre 540 et 600 ; et, même à une pression ne dépassant pas 24 à 25 kilogrammes, on réalise une puissance totale de 4000 chevaux. Entre les cylindres à vapeur sont installés une série de réchauffeurs, et chacun d’eux est susceptible de fournir l’équivalent thermique du travail dépensé durant l’expansion, ce qui maintient la vapeur dans son état de surchauffe pendant tout le cycle qu’elle parcourt ; celte vapeur est desséchée et cela évite les condensations dans les cylindres. L'échappement.
- final se fait dans un condenseur qui offre une surface refroidissante de 250 mètres. L’eau d’alimentation, avant d’arriver aux chaudières, passe par des réchauffeurs à quatre étages, et atteint de la sorte une température de 550°. C’est cette disposition, avec la construction adoptée pour la coque, qui explique le faible poids de ce petit bateau par unité de puissance ; c’est à elle qu’on doit l’économie considérable dans la production de la puissance motrice et la vitesse fort élevée de marche.
- Et encore les essais qui ont donné cette allure admirable que nous avons citée tout à l'heure, ont été menés sans la surveillance du constructeur; déplus, les agents chargés de la conduite des machines et des chaudières n’avaient pas pleine confiance dans l’outil qu’on avait mis entre leurs mains, et n’étaient pas sans inquiétude sur la sécurité de son fonctionnement. Si bien même que les quatre soupapes de sûreté furent ouvertes brusquement avant la fin du parcours sur hase mesurée. VArrow était, du reste, à l’eau depuis pas mal de temps, et, par conséquent, sa coque n’était pas absolument propre ; on estime que, dans de meilleures conditions, il aurait certainement atteint l’allure de 40 nœuds !
- Pierre de Mériel.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue ue Fleurus, 9.
- Le Yacht « Arrow ».
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- y 1558. — 15 .NOVEMBRE 1902.
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- UN DEMI-SIÈCLE DANS LA CONSTRUCTION DES LOCOMOTIVES
- Il v a peu de temps, parmi de vieilles publications, nous avons trouvé par hasard une sorte d’atlas renfermant des planches et des ligures de locomotives, et dont l’ancienneté môme fait l'intérêt. Cet atlas porte le titre un peu compliqué que voici : « Atlante di 8 tavole al quadro dei progressi prin-cipali delle strade lerrate ne! decennio 1840-1850 e
- Fig. 1. — La locomotive Bavaria.
- dei risultamenti delle corse di prova cou le locomotive di concorso sull’ J. R. strada ferrata sul Sem-mering in Austria (seconda edizione corretta ed ampliata. Vienna, 1852). » Pour être compliqué, ce titre ne s’en comprend pas moins bien de quiconque a quelque teinture d’italien : il s’agit d’une comparaison sur les progrès accomplis dans l’exploitation
- # \v
- Fig. 2. — Ancienne machine des ateliers de Wiener-Neustadl.
- des voies ferrées de 1840 à 1850, et aussi des résultats du concours ouvert [tour le choix de locomotives destinées au chemin de fer du Semmering. 11 est toujours intéressant de jeter un coup d’œil en arrière en matière de chemins de fer, mais surtout à une époque où les locomotives se sont autant
- transformées qu’à l’heure présente, et quand il est possible de faire porter la comparaison sur un demi-siècle.
- Il va de soi que nous ne relèverons pas dans cet atlas les dessins et les détails bien connus, et déjà tant de fois donnés, sur les premières locomotives,
- 'lH.
- Fusée ou autres. Mais nous reproduirons ici quatre locomotives présentées au concours du Semmering, locomotives datant toutes de 1851, et sortant d’ateliers dont la plupart existent encore, ce qui permet de comparer leurs machines de 1851 avec celles de 1902.
- Voici d’abord la locomotive appelée « Bavaria », qui avait été construite par la maison Maffei, dont l’exposition a été si remarquée à Paris en 1900 : cette Bavaria, dont l’apparence nous semble quelque peu enfantine aujourd’hui, offrait certaines particularités 30e année. — 2* semestre.
- qui sont assurément ignorées de nos lecteurs. Sa surface de chauffe était de 148 m* (les données sont naturellement fournies en pieds), la longueur de ses tubes de 4m,50 et ils étaient au nombre de 229. Les autres dimensions étaient de 0m,50 pour le diamètre des cylindres, de 65 pour la course des pistons, et de lm,05 pour le diamètre des roues; enfin le poids de la machine, y compris son tender, était de 68 tonnes ; on va voir pourquoi nous tenons à donner le poids avec le tender. C’est qu’en effet le poids de ce dernier jouait son rôle dans l’adhérence
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- r»7o
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- totale, par suite du bizarre accouplement des roues. En réalité, il u'y avait (jue deux paires de roues, les roues arrière de la machine, qui fussent accouplées
- Fia
- — at2tx -
- * Gk
- — Schéma de la locomotive Bavaria.
- directement. Mais la première paire .accouplée, et par conséquent la troisième paire de la machine, était reliée* à la deuxième par une chaîne d’un type analogue à celui qu'on emploie maintenant couramment dans les automobiles (ce qui est quelque peu surprenant). De plus, une chaîne semblable reliait la dernière paire motrice proprement dite à la première paire du fonder, disposition fort rare et assez curieuse, dont nous ne connaissons pas du reste l'effet utile. Nous n’insisterons pas davantage sur cette machine, renvoyant le lecteur aux illustrations qui accompagnent ces lignes; toutefois, nous rappellerons que les plus récentes locomotives sortant des ateliers Maffei, et qui présentent aussi une particularité, celle d’ètre du système articulé Mallet, ont une
- des roues, il est exactement le mémo (pie dans la machine précédente. Enfin le poids de celte curieuse locomotive était de (il tonnes en ordre de marche.
- Ici encore nous pourrions faire une comparaison intéressante avec les machines exposées en 1000 par les ateliers de AViener-Neustadt : la surface de chauffe n’en est que de 152 mètres, mais il ne faut pas oublier que la qualité supérieure des matériaux a permis d'aborder des pressions autrement élevées; la longueur des tubes est de 4"',ll, et leur nombre de 220 ; enfin les roues ont 2 mètres et le poids de la machine est de 06 tonnes, deux chiffres qui parlent, éloquemment de la transformation accomplie durant ce demi-siècle dans la construction des locomotives.
- nra
- <---------------------------6, ao
- Fis. O.
- --2^ô--->*----3,fc>-------A---29,20 - -
- Schéma de la locomotive de Wiencr-N’eustadl.
- Schéma de la vieille locomotive de Seraing.
- Dans la troisième locomotive du concours, nous apercevons une disposition qui ne se retrouve dans aucune locomotive moderne, mais qui était assez courante vers 1850, 1840 et un peu plus tard, et dont un exemple classique est la « Caroline du Sud ». Nous voulons parler de la combinaison des deux cheminées placées respectivement aux extrémités de la machine, ce qui formait en réalité deux locomotives indépendantes, que le chauffeur alimentait par le côté en se tenant sur unepIate-forme latérale, tandis que le mécanicien demeurait comme de coutume entre le fonder et la machine proprement dite.
- longueur de plus de 18 mètres, alors que la machine de 1851 n’en avait guère plus de 14, sont munies de roues de lm,54, et présentent une surface de chauffe de 160 m2, avec un poids de 1 11 tonnes en ordre de marche.
- Voici maintenant une locomotive qui sortait des ateliers de AViener-Neustadt , machine-tender à quatre essieux accouplés, mais suivant un dispositif absolument différent du précédent, puisque chaque couple d’essieu a ses cylindres propres. La vue seule , .
- de la vieille lithographie (pu représente cette ma- j*.----------------------- *5?
- chine suffit à faire comprendre combien elle diffère des types aujourd'hui couramment adoptés. Connue on peut s'y attendre, les tubes sont fort longs, puisqu’ils n’ont pas moins de fi"1,05, et la surface de chauffe atteint 165 m2 environ, pour un nombre de 180 tubes. Le diamètre des cylindres n’est que de 0m,50 pour une course de 60, et quant au diamètre
- h.
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- Fig. 8. — Schéma de la machine Vindobona.
- Cette locomotive bizarre pour nous avait utie surface de chauffe de 170 mètres, un ensemble de 540 tubes de 5in,20 de long, et des cylindres de 0m,50 de diamètre pour une course de 62. Le diamètre des roues était de lm,05 et le poids de la machine dépas-
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- sait légèrement 50 tonnes, ce qui était moins que pour les précédentes, mais encore beaucoup pour l'époque.
- Le quatrième et dernier type que nous ayons à signaler, et qui portait le nom de « Yindobona », sortait des ateliers de la Société privilégiée de la voie ferrée de Vienne Cloggnitz ; au reste cette machine ne présentait pas les particularités très nettes une nous avons pu relever chez les autres. Cependant nous n'avons guère besoin d’insister sur la différence qui sépare un pareil engin de ceux que nous sommes accoutumés à voir aujourd’hui. Los quatre roues porteuses de la locomotive étaient également motrices, et leur diamètre était seulement de 0m,!H ; les tubes de la chaudière, au nombre de 28(5, avaient une longueur de 5"‘,40 et la surface de chauffe était de 140 mètres. Les cylindres avaient un diamètre de 0m,41 pour une longueur de, course de 55 seulement, enfin le poids ne dépassait pas 47 tonnes.
- Ce que nous avons dit tout à l’heure de quelques-unes des machines actuelles qui sont construites dans les ateliers d’où sortaient ces machines de 1851, suffit évidemment à faire saisir la transformai ion curieuse qui s’est produite, dans les dispositions générales comme dans les combinaisons de, détail des locomotives ; mais, pour l’accentuer encore, il faut songer à ces monstres (pii circulent sur les voies américaines, à cette énorme machine dont nous avons signalé dernièrement la mise en service sur le réseau du Midi, et enfin à ces admirables locomotives du Nord français, dont la longueur est de plus de 18 mètres, et dont le poids atteint bien près de 110 tonnes. Daniel Beu.et.
- UN PHÉNOMÈNE DE PHOSPHORESCENCE
- DANS i/of.FAN INDIEN
- M. Musseau, lieutenant du Yang-Tse, a donné récemment dans la Revue maritime des renseignements sur une phosphorescence qu’il a observée abord du Yang-Tsé dans la nuit du 8 février 1002.
- Vers 8 heures du soir, le paquebot faisait route pour Malié. A ce moment la mer prit une teinte verdâtre; on eût dit qu’elle était éclairée par un immense projecteur reposant au fond de l’abîme, le sillage du navire donnant, en effet, une véritable illusion de fontaines lumineuses; à 8h 50, cette teinte verdâtre devint beaucoup plus claire, la quantité de lumière émise beaucoup plus considérable ; la mer était absolument laiteuse. Bien que la nuit fût très noire auparavant, la quantité de lumière émise était tellement considérable que l’on y voyait aussi clairement qu’au moment d’une pleine lune ; cette lumière blafarde fatiguait l’œil, la mer était transformée en une véritable plaine couverte de neige. A 9 heures la mer reprit la teinte verdâtre qu’elle avait abandonnée à 8h50, et vers 9h 15 le phénomène était terminé. A 10 heures, nouvelle reprise et dans le même ordre; cette fois le phénomène ne se termina qu’à minuit. I)e 2 heures du matin au lever du soleil, la mer fut constamment laiteuse.
- M. Musseau a remarqué une coïncidence rigoureuse entre cette phosphorescence de la mer et le passage d’un violent
- cyclone sur l’ile Maurice dans 1c même moment. A son arrivée à Maurice, le 21 février, il apprit, en effet, qu’un cyclone avait passé sur cette île le 0, et il fut frappé de la concordance de cette date avec celle de la phosphorescence observée le même jour. D’après les observations fournies à Maurice par l’observatoire des Pamplemousses, la baisse barométrique (dont le minimum a été 740,(5 le 0 à 5 heures après-midi) a commencé le 8 à minuit 45 minutes, le baromètre était alors à 755,2. Peut-être existe-t-il entre, les deux phénomènes un lien de, commune origine, si, comme certains météorologistes le croient d’ailleurs, l’électricité atmosphérique n’est pas étrangère à la formation des cyclones. Il faut ajouter que, l’eau de mer puisée à plusieurs reprises le long du bord, pendant que le phénomène était le plus intense, n’a donné à l’examen microscopique, pratiqué par le médecin du bord et plusieurs médecins des colonies passagers, aucune, indication anormale, et qu’il a été impossible d’y découvrir aucun animalcule phosphorescent. Cette observation de M. Musseau présente un véritable intérêt. L. G.
- CHARIOT TRANSPLANTEUR
- NOUVEAU SYSTÈME
- Dans le but de meubler rapidement les jardins pour jouir vite de grands ombrages, on a été amené depuis un temps immémorial à effectuer, à l’aide de procédés les plus divers et avec d’assez nombreuses difficultés, la transplantation de forts sujets avec leurs mottes susceptibles de produire instantanément l'effet que l'on attendait d’eux. Mais ce n’est guère que depuis un demi-siècle que ces transplantations sont pratiquées d'une façon plus rationnelle, à l’aide de chariots spéciaux dont ceux du type actuel, construits par M. Soignant, furent adoptés par le service des promenades et jardins publics de Paris loi s de sa création. En effet, vers cette époque, les plantations d’alignement étaient dans un piteux état et nullement en harmonie avec les œuvres don! on étudiait et dont on poursuivait l’exécution. On comprit, fort justement, que de grands arbres devaient former l’encadrement des larges voies et des vastes places que l’on créait, en apporter ainsi un élément de salubrité d’une grande importance.
- C’est à ce service, institué par Alphand vers 1855, ainsi que le fait remarquer fort justement M. Luquet, que l'on doit cette innovation qui permit, lors de la transformation du bois de Boulogne, de former, à l’aide d’essences de choix en beaux sujets, ces massifs d’arbres, ces groupes et ces isolés jetés en vedette, qui font l’admiration de tous.
- Comme bien on pense, on s'empressa d’imiter ce nouveau procédé et de le mettre à prolit non seulement dans les services spéciaux des grandes villes de France, de l’Europe et même de l’Amérique, mais encore dans les grandes propriétés particulières. Actuellement, l’usage du chariot est devenu journalier, chacun voulant jouir vite [des nouvelles plantations. Mais si, pendant fort longtemps, le type du chariot, transplanteur tel qu'il avait été conçu et construit au début, avec les quelques légères modifications apper-
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- tées depuis, comme la substitution heureuse de quatre treuils de côté mus par des manivelles latérales aux deux treuils, l'un à l’avant, l’autre à l’arrière, à leviers pour les forts arbres, avait suffi largement et convient encore dans beaucoup de cas aujourd’hui, certaines transformations étaient devenues nécessaires depuis une dizaine d’années. Ces types de chariots oldigent à transporter dans une position verticale des arbres qui ont de fi à 8 mètres de hauteur et parfois plus, ou à mettre sur pied un personnel nombreux si on doit les incliner pour éviter des obstacles : ponts, fils téléphoniques, télégraphiques, trolleys, etc., dont les réseaux se
- resserrent et se multiplient depuis une dizaine d’années. Lorsque, par de multiples causes, il est impossible d’incliner les arbres suffisamment, il faut soit effectuer de nombreux détours pour éviter ces obstacles, soit, après de longues et ennuyeuses formalités, obtenir de couper sur le passage les fils de fer gênants et être accompagné par un personnel spécial de l’administration pour réparer immédiatement les dégâts, ce qui ne se fait pas sans grands frais, ainsi que nous l'avons constaté de nombreuses fois.
- 11 importait donc d’apporter au modèle utilisé jusqu’à ce jour des améliorations telles que le transport des arbres de grandes dimensions puisse être
- effectué soit dans la position verticale, soit dans une position oblique ou horizontale, au gré de l’opérateur et suivant les besoins, sans que les manœuvres à effectuer au cours du transport [tour ces chargements exigent un nombreux personnel. D’autre part, il était nécessaire que ces manœuvres successives laissassent la motte intacte puisqu’elle est indispensable pour la reprise de l’arbre. Le nouveau système de chariot (fig. 5), que M. Reusnier présentait à la dernière exposition d’horticulture de Paris, répond précisément h ces desiderata. Un dispositif ingénieux de treuil et de cordages permet, lorsqu’on le veut, d’incliner l’arbre en arrière jusqu’à l’horizontalité du tronc, et de le maintenir dans n’importe quelle position, tandis qu’une combinaison de chaînes soutient la motte dans son mouvement de rotation. Un seur
- homme effectue cette manœuvre, alors que six sont nécessaires avec le type de chariot ordinaire, ce qui se résume par une simplification d’exécution et une économie très notable de main-d’œuvre. Ce chariot est donc recommandable comme fonctionnement; mais il nous faut ajouter, pour être exact, que les pièces de son mécanisme compliqué le rendent très lourd et en élèvent notablement le prix d’achat. Cela en borne donc l’emploi pour les transplantations dont le transport est rendu difficultueux à cause de l’encombrement des voies que l’on doit suivre.
- La description très intéressante de M. Luquet des détails du mécanisme et du fonctionnement de ce chariot permet de se rendre compte de son utilisation et en même temps d’en comprendre le mécanisme d’une façon simple.
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- La motte de l’arbre étant préparée et solidement entourée d'un clayonnage de fascines, le chariot étant installé sur des madriers qui se trouvent au-dessus du tronc, on glisse sous la motte et de chaque côté deux madriers h (fig. 1 ) sous lesquels sont placées les deux chaînes de fond a b que l’on accroche de chaque côté à celles du treuil i j. Cinq madriers c cl sont ensuite posés à raison de deux à l’avant et de cinq à l’arrière de la motte, et retenus par des chaînes e /’, lesquelles sont reliées par le cric g placé en avant pour le serrage du tout.
- L’arbre est alors enlevé par la manœuvre des treuils à la hauteur nécessaire pour permettre d’accrocher la chaîne centrale k à l'anneau / fixé au bâti du chariot. La chaîne demi-circulaire n est elle-même accrochée à l’arrière de la motte, et, comme elle est
- lourde, elle est soutenue en o par deux chaînettes sur la chaîne e du cric.
- Le clayonnage de la motte étant complet et renforcé par quelques fascines au-dessous, les chaînes k et v, x, sont placées et ensuite accrochées sous la motte, et celle-ci est descendue jusqu’au moment où elle repose sur celle k, (pii doit, autant que possible, se trouver dans Taxe. Le rôle des chaînes v et x, qui se relient au levier y au-dessus, est de maintenir le clayonnage et d’empêcher le glissement de la chaîne k lors de l’inclinaison de l’arbre et de son maintien dans cette position.
- La manœuvre nécessaire pour obtenir cette inclinaison se fait ensuite assez simplement. Les cordages m et m' (fig. 2) s’appuyant sur le cylindre, pour obtenir l’obliquité ou ramener l’arbre dans la position
- verticale, s’enroulent aux treuils q v et fixent solidement celui-ci. La chaîne de fond b (lig. 5) est ôtée et l’arbre reposant complètement sur la chaîne k, en faisant mouvoir les treuils i, à l’arrière du chariot, et la chaîne a, perd son équilibre, ce qui permet de lui faire prendre l’inclinaison voulue, par la manœuvre des deux treuils d’avant q r, en le soutenant par les cordages m m' (fig. 5). Si l’arbre couché était insuffisamment incliné et touchait, par cela même, la traverse d’arrière, il faudrait accoupler les deux chaînes des treuils de côté d’avant j avec celles du fond b, puis on accrocherait les deux chaînes d’arrêt p. c. (lesquelles sont indispensables pour cette manœuvre) dans la première maille S des crochets du treuil. Puis, pour empêcher le glissement de la chaîne des treuils, qui soutiennent les madriers c d, on relève l’arbre à l’aide des treuils j, suffisamment hauts pour l’incliner comme on le désire et le dégager de la traverse d’arrière.
- En déroulant les cordages mm'au fur et à mesure, à l’aide des deux treuils d’avant, l’arbre peut être amené dans une position absolument horizontale et maintenu ainsi pendant le transport.
- Lorsque l'obstacle est franchi, ou bien lorsqu’on est arrivé à destination, il n’y a qu’à faire manœuvrer les deux treuils q r (fig. 2), pour ramener la tige verticalement. La figure 4 donne le détail de l’un des treuils et de Tune des manivelles pour le fonctionnement de ce chariot.
- Ainsi qu’on le conçoit aisément, on procède à ces différentes manœuvres en moins de temps qu’il en faut pour l’écrire. Nous sommes persuadé que les ingénieurs à la tête d’un service urbain de plantations, les architectes paysagistes, les entrepreneurs de jardins et toutes les personnes qui on t à faire exécuter des plantations de grands arbres avec obstacles à franchir sur le parcours, ou à les faire passer sous les porches (comme cela nous est arrivé à Paris pour.
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- de très gros arbres que l’on devait l'aire pénétrer dans le jardin par une porte cochère qui n’avait guère plus de \ mètres de hauteur et une largeur insuffisante), apprécieront les perfectionnements de ce chariot et les services qu’il peut rendre dans ces conditions particulières. Nous ajouterons, toutefois, tjne son emploi doit être limité principalement à ces cas spéciaux, bien qu’il puisse être utilisé pour les transplantations ordinaires, et au transport des arbres de force moyenne, dont le tronc mesure de 00 centimètres à I mètre de circonférence. Pour des arbres beaucoup plus gros, il néces ite des moyens de traction [tins puissants, car il est plus lourd. C’est pourquoi les chariots de modèle courant sont toujours préconisés, surtout pour les très gros arbres, lors-qu’aucun obstacle u’empèche pas de transporter ceux-ci dans leur position verticale. Ai.bkht Maoiknk,
- Professeur d'horticulture.
- LES EXPÉRIENCES DU MÉDITERRANÉEN
- ET LES ASCENSIONS AÉRO-MARITIMES
- L’objet de cet article n’est pas de raconter par le menu les péripéties du récent voyage du Méditerranéen n° 2 au-dessus de la mer dont toute la presse a copieusement narré les détails au jour le jour, mais de préciser sur quelques points le but poursuivi et la nature des expériences entreprises.
- MM. de la Vaulx et Henri 11 rvé, qui en sont les promoteurs, avaient eu bien soin d’indiquer qu'il ne s’agissait nullement de diriger un ballon et d’atteindre un point déterminé. Cela n’a pas empêché certains journaux de parler d’un échec, sous prétexte que les voyageurs n’avaient point atterri en terre africaine et avaient été rejetés sur le rivage français. Ce reproche est excessif, assurément, et montre qu’il n’est pas inutile de fixer l’objectif réel de l’expédition.
- Le Méditerranéen n’est en aucune façon, en effet, un ballon dirigeable susceptible de tenir une route choisie d’avance, et de remonter vent debout; on se propose uniquement de déterminer avec lui les moyens capables d’assurer la sécurité et l'équilibre d’un ballon ordinaire au-dessus de la nappe liquide, et, en outre, de dévier sa route sur celle du vent afin de permettre, le cas échéant, d’aborder une côte, au lieu d’être emporté indéfiniment vers la pleine mer.
- Les appareils qui tendent vers ce but datent d’hier : leur auteur, M. Hervé, les a tout juste essayés, en 1886, sur la mer du Nord, et, l’année dernière, sur la Méditerranée*. Or, ce n’est qu’après une expérimentation longue et persévérante qu’on peut espérer en connaître le fonctionnement et en perfectionner les divers organes. Il importe d’ailleurs, comme dans toutes les recherches scientifiques, d’opérer de proche en proche, par étapes
- 1 Yov. h’ 1-480, du 10 novembre 1001, p. 501.
- successives, et les résultats partiels, obtenus dans chaque série d’épreuves, peuvent être excellents sans que le public s’en aperçoive ; ce public serait mal venu à s’en plaindre : ce n’est pas pour lui qu’on travaille. Voilà ce qu’il était essentiel de dire tout d’abord, et, maintenant, nous pouvons rappeler en quoi consiste le problème.
- Rien n’est plus précaire, on le sait, que l'équilibre d’un ballon flottant librement dans l’atmosphère. Pour lutter contre les ruptures accidentelles de cet équilibre, causées par les modifications incessantes des circonstances atmosphériques, l’aéro-naute n’a d’autres ressources (pie de jeter du lest ou de lâcher du gaz, en sorte que l’ascension est pratiquement terminée lorsque tout le lest disponible est épuisé. Dans des conditions exceptionnelles, un pilote particulièrement habile, comme M. de la Vaulx lui-même, a pu, en 1900, établir le record de la durée de l’ascension en restant près de 36 heures en l’air; mais on ne saurait compter toujours sur une pareille chance. Et cependant, qu’est-ce que 36 heures lorsqu’on est engagé vers la pleine mer, et comment serait-on sûr, en un si court laps de temps, de gagner un point d’atterrissage en terre ferme? Il faut donc, si l’on veut s’aventurer au-dessus des flots; avoir les moyens de prolonger à son gré l’ascension, en prenant appui sur la nappe liquide elle-même, qui devient ainsi une surface d’équilibre où le ballon pourra se maintenir à peu près indéfiniment, sans avoir à redouter le contact brutal des flots ou la violence des vents.
- Tel est le premier point abordé par les expérimentateurs du Méditerranéen. 11 n’est pas inutile tout d’abord d’atténuer les variations de poids que peut subir le ballon et, en particulier, d’empêcher la pluie ou l'humidité de s’accumuler sur sa calotte supérieure. Dans ce but, le Méditerranéen n° 2 se terminait par un cône, assez aplati d’ailleurs, dont le sommet portait la soupape. Mais cette légère modification de forme, déjà expérimentée en 1886 par M. Hervé, n’était qu’un point de détail dans les dispositions prises, et la stabilisation comportait des appareils que nous allons indiquer maintenant. Supposons que, suspendu sous la nacelle, au bout d’un câble plus ou moins long suivant la hauteur à laquelle on veut se maintenir, on laisse plonger dans la mer un flotteur allongé, tel qu’un gros serpent flexible ou une chaîne de carènes n’offrant qu’une résistance limitée au mouvement dans l’eau. La poussée de l’eau sur les parties immergées déleste d’autant l'aérostat, et ce délestage varie automatiquement lorsque varie la longueur immergée, c’est-à-dire suivant que le ballon tend à se relever ou à s’abaisser. On a donc ainsi un délesteur automatique et son rôle justifie le nom de « stabilisateur » qu’on lui a donné. Plus il est gros, moins les variations de la partie immergée sont grandes pour compenser un alourdissement ou un allègement déterminé, et moins le ballon oscille verticalement de part et d’autre de sa position
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- d’équilibre : ]>lus F équilibre est stable en définitive.
- En outre, le stabilisateur, comme nous l’avons dit, doit posséder une autre qualité e opposer le moins possible de résistance au mouvement, pour que la vitesse du ballon soit aussi peu retardée que I possible.
- Toutefois, le meilleur stabilisateur ne saurait à lui seul assurer un équilibre parfait et empêcher, notamment, les rafales de rabattre le ballon qui peut ainsi venir au contact des vagues. C’est pour compléter son action que M. Hervé a imaginé le « gréement triangulaire de stabilisation » qui, outre le stabilisateur tombant à peu près verticalement (ce qui suppose sa résistance faible), comprend encore un autre organe plongé dans l’eau et chargé de constituer, au contraire, une véritable résistance à l’arrière. La remorque qui rattache cet organe à la nacelle est assez longue et forme, avec le câble du stabilisateur et la ligne d’eau, ce qu’on appelle le « triangle de stabilisation ». 11 est facile de se rendre compte qu’ainsi gréé, le ballon se trouve appuyé par le vent et ne saurait subir de rabattement notable. Tout rabattement, en effet, se ferait par rotation autour du point résistant et aurait pour résultat d’enfoncer le stabilisateur en créant par cela même un délestage antagoniste. L’économie du système repose ainsi sur l’indépendance de l’organe résistant et de l’organe stabilisateur.
- Pour compléter le réglage de l’équilibre et maintenir le ballon à une hauteur déterminée, il peut être nécessaire de faire varier la quantité de lest qui charge la nacelle. Or, la mer est un inépuisable réservoir de lest liquide : il suffit de savoir l’y puiser. M. Hervé a combiné dans ce but le « compensateur » ; c’est un gros et long cylindre métallique qu’on suspend au câble du stabilisateur. Une manœuvre pneumatique permet de le remplir d’eau par aspiration, tandis qu’un tuyau souple qu’on abaisse au moment voulu serf au contraire à le vider pour le délestage. Le compensateur est placé tout près de l’eau, ce qui évite le travail qifil faudrait dépenser pour remonter l’eau jusqu a la nacelle; cette position a, en outre, l’avantage de charger le câble du stabilisateur et de le tendre dans une position très rapprochée de la verticale, ce que l’on recherche.
- Cette première partie du problème ainsi résolue, on peut aborder le second point qui consiste à se dévier de la route du vent. On ne saurait avoir l’ambition d’aller ainsi dans toutes les directions, pas plus d’ailleurs qu’un navire à voiles ; il suffit que le secteur abordable soit assez ouvert pour que, dans la plupart des circonstances, on puisse gagner un point d’atterrissage, alors que le vent souffle vers la mer libre. C’est une simple modification convenable de l’organe résistant, dont nous parlions tout à l’heure sans le définir, qui permet d’obtenir ce résultat. M. Hervé a imaginé deux sortes de dévia-teurs. Les uns, dits à minima, sont des personnes
- f? tr * OtO
- tà lames verticales; les autres, dits à maxima, sont composés de lames placées horizontalement, les unes derrière les autres, comme les feuilles d’une jalousie. Si le déviateur se présente symétriquement par I rapport à sa remorque et à la direction du mouvement, il ne provoque aucune dérive. Dans cette position, le mode d’action est essentiellement différent pour chacun des deux types. Le déviateur à minima présente ses lames par la tranche, opposant ainsi une résistance minima au mouvement. Le déviateur à maxima a, au contraire, ses lames perpendiculaires à la remorque et oppose au mouvement, par conséquent, sa résistance maxima.
- Pour obtenir une action de dérive, il suffit, au moyen de commandes attachées aux extrémités du cadre du déviateur, de donner à celui-ci une certaine obliquité sur la route suivie. Les filets liquides rencontrent alors obliquement chaque lame, réagissent sur elle et donnent naissance à une composante dérivante.
- Jusqu’à présent, les expériences du Méditerranéen n’ont porLé que sur les déviateurs à minima, de manière à définir complètement le rôle et le mode d’action de ces déviateurs qui peuvent donner une déviation de 505 à droite ou à gauche de la direction du vent.
- Les déviateurs à maxima ont été expérimentés en 1886, au cours de l’ascension deM. Hervé au-dessus de la mer du Nord. Ils sont plus puissants que les premiers, avantage compensé par quelques inconvénients et notamment par un ralentissement plus considérable. L’angle de la déviation obtenue atteignait 70° à 80°.
- Dans la dernière ascension, effectuée en partant de Palavas, la durée de l’ascension n’a pas permis de mettre les déviateurs à maxima en expérience, parce qu’on avait tenu à compléter les intéressantes observations auxquelles donnait lieu la manœuvre du déviateur à minima. On se mit cependant en devoir de retirer celui-ci de l’eau et de lui substituer le premier; mais, tandis que s’exécutait cette manœuvre nécessairement assez longue, le ballon s’était rapproché de la côte et, devant un atterrissage imminent, il fallut renoncer à entamer cette nouvelle série d’épreuves. En s’y prenant plus tôt, alors que le ballon était encore en pleine mer, il n’est pas douteux que la grande puissance déviatrice de ce nouvel appareil aurait permis de rentrer directement à Palavas, et ce retour au point de départ n’aurait pas été sans terminer brillamment l’ascension aux yeux du public. Les aéronautes ont préféré donner à leurs expériences une marche plus méthodique et, au point de vue scientifique, on ne peut les en blâmer. C’est un essai qui sera repris dans une nouvelle série d’épreuves. Dès à présent, les résultats obtenus, les observations recueillies et qui portent sur le mode d’action du stabilisateur, du déviateur à minima et du compensateur sont fort intéressants. 11 faut y joindre l’étude des manœuvres combinées entre le ballon et le croiseur,
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- pour la prise et le largage de la remorque. Sans être très démontée, la mer était assez agitée pour permettre d’observer comment s'y comportait le stabilisateur. Un a remarquer notamment que les embardées verticales du ballon ont pour effet de lui communiquer un mouvement ondulatoire analogue à celui d’un câble posé sur le sol, et dont on agite d'un rythme violent et alternativement de haut en bas l’extrémité tenue à la main.
- Les ondulations sont d’autant plus sensibles que le serpent flotteur est plus flexible; et, tandis qu’on aurait pu croire que cette flexibilité était une qualité qu’il convenait de pousser à son extrême limite, l’expérience permet de conclure qu’il est un moyen terme à ne point dépasser. Fait à noter, le mouvement ondulatoire dont il s’agit ne se produit pas quand le stabilisateur est simplement remorqué par un bateau ; il n’a point de rapport avec la boule et il est donc bien dû aux embar dées du ballon. Les expériences ontégalement permis de constater que chaque type, chaque modèle de déviateur a son régime particulier, et que son emploi doit varier avec les circonstances de vent et de mer. L’efficacité de ces appareils est d’autant plus grande que le calme est plus grand et le vent plus régulier. Far vent faible et mer belle, on emploiera les déviateurs à maxima qui offrent plus de résistance, mais donnent une déviation plus grande.
- Far vent frais et mer agitée, les appareils à minimn donneront un meilleur rendement. Enfin, par un
- vent violent et mauvaise mer, il conviendrait accélérer le mouvement relatif du ballon et M. Hervé propose dans ce but l’adjonction d’un propulseur qui sera ultérieurement essayé.
- Les expériences déjà faites ont ainsi nettement défini le rôle et le mode d’action des appareils et c’est là un résultat considérable. Elles ont, en outre, montré l’efficacité des dispositifs nouveaux introduits par M. Hervé dans l’arrimage de la suspension et des appareils de manœuvre, notamment des treuils légers remplaçant fort avantageusement les palans habituellement usités et qui ne sont pas sans présenter de multiples inconvénients. Les palans à six brins qui seraient nécessaires exigent des cordages six fois plus longs que la distance à parcourir ; en dehors de la lenteur de la manœuvre,
- cette grande longueur de cordage est difficile à arrimer à bord de la nacelle et forme des éche-veaux qui s’enchevêtrent aisément.
- La disposition des treuils a subi également sur le Méditerranéen n° 2 des améliorations notables. La figure 5, où le trapèze d’attache est représenté abattu sur la nacelle, montre en a et a' les treuils latéraux destinés à la manœuvre des déviateurs et des divers engins, tandis qu’en b se trouve le treuil du stabilisateur. Hans les essais précédents, cet engin était
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- Agencement de la suspension. A droite : châssis dos treuils (arrière) ; à gauche : châssis du moteur (avant).
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- directement attaché au centre delà suspension. Dans | est laite au bout d’une antenne c, qui l’écarte de la l'expérience de La la vas, au contraire, son attache I nacelle ; mais l’adjonction de cette antenne présente
- Fig. 5. — Le hangar ilu ballon.
- un autre avantage; elle peut, en elïét, pivoter autour de son point de jonction avec la grande base du trapèze où se trouve le treuil, ce qui permet au ballon de s’orienter indépendamment du stabilisateur dont les déplacements relatifs, dans l’ancienne disposition, gênait les mouvements des aéronautes et la manœuvre des autres appareils.
- Tels sont, très résumés, les principaux points sur lesquels ont porté les expériences de cet automne. Elles seront complétées
- par des expériences ultérieures. Ces épreuves nouvelles porteront tout d’abord sur les déviateurs à maxima, mais aussi sur un organe non encore essayé et qui
- Fig. i. — Eu mer, pendant la marche au déviateur.
- permettra de faire un pas de plus dans cette étude : nous voulons parler de l’emploi d’un moteur que le
- ballon emportera dans sa nacelle. Ce ne sera pas une surcharge inutile ; car, grâce à lui, les manœuvres seront tellement facilitées qu’on pourrait au besoin emmener un aéronaute de moins ; mais il est du reste possible de prélever ce poids sur la réserve de lest qui n’était pas moindre de 500 kg dans la dernière ascension. Quoi que l’on fasse, les appareils de stabilisation et de
- déviation sont lourds et l’emploi d’un moteur permettra de les manier avec plus d’aisance et plus de rapidité. Ce seul rôle suffirait à justifier l’adjonction de
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- cotte machine nouvelle ; mais on peut en attendre encore d’autres services, en l’attelant sur un propulseur aérien. Ces services, nous ne ferons que les énoncer rapidement : 1° en cas de calme plat, le propulseur permettra de se déhaler dans une direction quelconque; 2° dans le cas le plus général où lèvent porte le hallon dans une direction déterminée, il permettra d’augmenter notablement l’angle de la déviation obtenue avec les appareils spéciaux dont nous avons parlé plus liant1.
- Nous savons bien que certaines personnes préconisent dans le même but l’emploi d’une voilure. Est-
- ' ' - L ^ttobais^X-
- Fig. 5. — Vue schématique.en plan du trapèze de suspension. aa, treuil des déviateurs; b, treuil du stabilisateur; c, antenne.
- il bien nécessaire d’insister sur l’inefficacité de ce dispositif et de rappeler les expériences très concluantes qui ont été faites par le colonel Renard à ce sujet? La surface de voilure qu’il est possible de disposer sur un ballon sera toujours très petite par rapport à celle du ballon lui-même, ce qui rend son action relative extrêmement faible, d’autant plus faible même qu’on est forcé de l’amurer au plus près. Dans ces conditions, il est à
- fi. — Vue perspective des déviateurs à maxima.
- peu près impossible d’obtenir une déviation dépassant i 0 h 12°, tandis que le déviateur à minima peut donner 50°. En outre, la présence d’une voile peut être dangereuse sous les rafales, car elle exerce une action rabattante sur le ballon attaché au bout de la remorque oblique qui le relie à l’organe de ralentissement nécessaire dans tous les cas.
- Un propulseur mécanique, une hélice par exemple, a une action inliniment plus efficace sous une surlace beaucoup plus petite, et son rendement est d’autant meilleur que le vent, soufflant transversalement, lorsqu’on lutte contre lui sous un grand angle, balaye et renouvelle les couches d’air dans lesquelles se meuvent les palettes du propulseur.
- 1 Voulant expérimenter ces appareils jusqu'à leurs extrêmes limites, on avait emporté un stabilisateur dont le poids atteignait 0 à 700 kg.
- M. Hervé se propose d’expérimenter, au lieu de l’hélice ordinaire, un « propulseur lamellaire », ainsi nommé parce que chacune de ses palettes est fractionnée en un grand nombre de petites lames de persienne. Il serait prématuré de décrire plus en détail cet appareil puisqu'une expérience ult rieure nous en fournira l’oscasion. Ll-colonel G. Esimtaluer.
- LES REFUGES POUR PIÉTONS
- Il est certains points de Paris où la circulation est souvent fort difficile, non point à raison du grand nombre des piétons, mais à cause de Pal'lluonce des voitures. La gène du public provient, en effet, de la difficulté qu’il éprouve à traverser certaines voies par trop fréquentées par les cochers. L’est pour cette raison «pie le préfet de police, M. Lépine, a institué des agents «pii, munis de bâtons blancs, ont pour mission d’arrêter momentanément les voitures afin de permettre l’écoulement du Ilot des piétons pressés. Pertes, l’idée a été des plus heureuses et il est hors de doute que l’institution des agents des voitures ne soit toujours maintenue dans l’avenir.
- C’est aussi dans le but de faciliter la traversée des voies carrossables qu’il a été construit des refuges, grâce auxquels les piétons trouvent un abri momentané qui leur permet, en opérant par bonds successifs et en profitant des moments favorables, de poursuivre leur route.
- Ces refuges existent en grand nombre dans la capilale et sont certainement des plus utiles. Cependant il semble «pi’ils aient été tracés un peu au hasard, sans qu’aucun principe ait présidé à leur établissement. C’est dire qu’ils sont loin d’échapper à la critiipie. Voici, par exemple, ceux de l’avenue des Champs-Elysées. Ils consistent en de petits cercles, se montrant par couples, aux centres desquels s’élèvent les poteaux des globes électriques. Pour traverser l’avenue, il est nécessaire de passer du trottoir au premier refuge, puis du premier refuge au second et enfin de ce dernier au trottoir opposé. 11 est donc nécessaire d’effectuer trois passages successifs. Le premier et le troisième peuvent s’effectuer d’une façon relativement aisée, car le piéton n’a à tenir compte «pie de voitures circulant dans une seule direction, toujours la même. Mais il n’en est pas ainsi pour l’accomplissement du pas-
- sage intermédiaire qui doit s’opérer
- sur une voie
- Par-
- courue par les voitures aussi bien dans un sens que dans l’autre. Cette traversée est, par suite, des plus périlleuses. Il eût, sans aucun doute, beaucoup mieux valu n’établir qu’un seul refuge «pie «l’en mettre deux. Mais il eût été évidemment préférable d’en construire trois. Un principe auquel les refuges devraient être assujettis serait donc de permettre au piéton de traverser les voies en n’ayant à se préoccuper que de voitures circulant dans un même sens. C’est en conformité de cette règle que les petits refuges destinés à la traversée des larges avenues devraient toujours se présenter en nombre impair et jamais en nombre pair.
- Par ailleurs, il serait infiniment désirable de voir adopter, pour l’établissement des refuges, un autre principe qui, sans nuire en rien à la circulation des véhicules, aurait le grand avantage de donner aux piétons toute facilité de se mouvoir, tout en leur procurant la plus grande garantie contre les accidents. Ce principe peut ainsi s’énoncer : dans tous les points où les voies s’élargissent, c’est-à-dire dans les places et carrefours, il faut donner aux voitures ce qui leur est nécessaire, mais toute la surface qui ne leur est pas indispensable doit se
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- convertir eu refuge pour être à l’entière disposition des gens <pii vont à pied.
- (le principe a été appliqué à la place du Théâtre-Français qui oll're un grand refuge rectangulaire autour duquel les cochers circulent. A la place du Carrousel, il en est de même, quoique l’espace attribué aux voitures soit beaucoup trop large et oblige le plus souvent les piétons à renoncer à la ligne droite et à se mouvoir sur les trottoirs latéraux. La même critique peut être adressée à la place Vendôme ; à quoi bon laisser un pareil champ aux voitures et obliger les gens qui sont à pied soit à faire un énorme détour en suivant les maisons, soit à traverser la place au risque d’être pris en écharpe par les
- véhicules? Il eût fallu prolonger le refuge de la colonne de façon qu’il s’avançât en pointe d’un côté jusqu’à la rue de la Paix et de l’autre jusqu’à la rue de Casti-glione; de celte façon, les piétons eussent pu facilement gagner ce refuge et traverser la place en ligne droite et, par conséquent, en le moins de temps possible.
- Mais le point de Paris qui oll're le plus de prise à la critique est certainement la place du Palais-Royal. Dans ce vaste espace.il n’existe (pie trois maigres refuges : l’un du côté de la rue de Rivoli qui entoure la descente du Métropolitain et les deux autres près de la façade du Palais-Royal. Tout le reste est abandonné aux voitures alors que ces dernières n’auraient besoin que d’une voie
- rectangulaire parcourant les quatre cotés de la place et de deux voies tracées suivant les diagonales. Logiquement, il devrait donc y avoir quatre grands refuges triangulaires sur la place du Palais-Royal.
- Un a accumulé les refuges sur la place de l’Opéra, et ils sont assez convenablement tracés. Peut-être pourrait-on en placer encore un autre sous forme d’une bande étroite dans l’axe du boulevard et de la longueur des deux grands refuges existants afin de permettre aux gem à pied de traverser directement au lieu d’être dans l’obligation de faire un long détour.
- Avec la place de la Concorde nous arrivons àune question délicate. On connaît cette immense place à laquelle on a donné le plus bel aspect en la meublant des statues des principales villes de France, d’un obélisque et de fontaines superbes. Je crois que toute la partie centrale de cette place aurait dû être réservée exclusivement aux piétons ; on l’a bien transformée en un refuge, mais ce dernier est coupé en tous sens par des voies carrossables. 11 en résulte que les voitures y arrivent (le tous les côtés et que les accidents y sont d’une fréquence déplorable. Et ce ne sont pas seulement les personnes qui vont à pied, les voitures elles-mêmes en sont les victimes. Il y aurait donc un immense avantage, dans l’intérêt de tout le monde, à faire de tout le centre de la place un endroit fermé aux véhicules. Ces derniers circuleraient tout autour dans une large voie, présentant, de même qu’aux Champs-Elysées, des petits refuges pour leur traversée par les piétons. De cette façon, les voitures n’allongeraient leurs
- parcours que d’une quantité insignifiante et leur sécurité, ainsi que celle des gens à pied, y gagnerait considérablement. En outre, toute la place de la Concorde pourrait être transformée en un square qui lui donnerait le plus riant aspect et permettrait de la traverser à l’abri des rayons du soleil qui, pendant l’été, donnent lieu à tant d’insolations en cet endroit.
- En somme, il semble qu’il y ait encore bien des progrès à réaliser dans l’établissement des refuges pour piétons. 11 faudrait d’abord que les petits refuges, destinés à la traversée des voies, fussent toujours en nombre impair. D’une façon générale, les places ne devraient offrir aux voitures que les voies strictement nécessaires et il faudrait réserver aux piétons tout le reste de leur surface; dans bien des cas, il serait même avantageux pour tout le monde de n’accorder aux voitures que la circulation autour de la place, tout le centre étant réservé aux piétons ou pouvant être transformé en square.
- L'-colonel Delaü.ney.
- FOI]R A INCINÉRER
- L’Administration générale de l’Assistance Publique de Paris s’est depuis longtemps occupée de la destruction des ouates et pansements provenant de ses Hôpitaux. Autrefois, ces débris étaient simplement jetés à la rue, où quiconque les ramassait pour en retirer les parties utilisables, au grand détriment de
- IN IDlES
- Refuge proposé
- Refuge actuel.
- Fig. 5. — l'iace de la Concorde.
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- LA NATURE.
- la santé publique qui pouvait se trouver atteinte de maladies redoutables par le contact de ces débris contaminés. Il fut décidé que ces débris seraient brûlés dans les loyers des chaudières que possède tout hôpital un peu important.
- De cette façon, ces débris malsains furent anéantis sans danger pour la santé publique, mais non sans inconvénients pour les chaudières dont les tôles se trouvaient corrodées rapidement au contact des gaz dégagés par les produits pharmaceutiques contenus dans les ouates et pansements. Il fallait renoncera ce procédé très hygiénique mais dangereux pour le matériel à vapeur. La maison J. Le Diane et Fils, de Paris, a construit un four spécial pour cette incinération, et elle a réalisé aux hôpitaux d'enfants, R retonneau et Trousseau, deux installations, qui se
- recommandent par la simplicité, le peu d’encombrement, le mode économique de construction, et la grande facilité de fonctionnement.
- Ce four se compose d'une devanture en fonte, dans laquelle sont ménagées trois portes superposées. La porte inférieure donne accès à deux grilles inclinées. La porte du milieu donne accès à une dalle inclinée placée contre la devanture, laissant un passage aux gaz entre son extrémité et le mur formant le fond du four. Une autre dalle inclinée est placée au-dessus de la précédente, mais ne laissant de passage aux gaz que du côté de la devanture, ce qui produit un retour de Ranimes. La porte supérieure donne accès à une dalle horizontale et à une grille inclinée. Celte dalle provoque un nouveau retour de Ranimes, alin de forcer les gaz à passer par la grille inclinée avant
- Four ù incinérer J. Le Blanc.
- de s’engager dans le carneau, et de là dans la cheminée. Cette dernière précaution est prise dans le but d’empêcher les ouates ou autres détritus enflammés d’ètrc enlevés dans la cheminée en cas d'un tirage trop violent.
- Chacune des trois portes est munie d’un regard permettant de voir dans l’intérieur du four sans en ouvrir les portes.
- Le fonctionnement du four se fait de la façon suivante : Un feu de charbon est allumé sur la grille inférieure ; les détritus à incinérer sont placés sur la dalle par la porte du milieu, de sorte qu’immédia-tenient ces détritus sont séchés au contact des flammes ; ils s'enflamment à leur tour et tombent dans la grille inférieure où ils deviennent à leur tour combustibles. Ils sont aussitôt remplacés par d’autres débris, et le four a dès lors une marche continue qui ne s’arrête qu’avec l’épuisement des détritus à
- incinérer, et sans addition de charbon. Comme l’indique ce qui précède, ce four, d’un fonctionnement excessivement simple, peut être conduit par le premier venu. Son nettoyage est facile, grâce aux trois portes dont il est pourvu. On en retire facilement les cendres, qui sont très fines et qui ne contiennent absolument plus que les matières minérales des produits brûlés.
- Un autre avantage, et l’un des plus importants de ce four, est sa fumivorité. C’est à peine en eflet si, à l’extrémité de la cheminée, il se dégage une très légère fumée blanche.
- Ce résultat est obtenu par le brassage des flammes •à l’intérieur du four au moyen des trois retours de flammes dont il est pourvu, et parla grande quantité d’air aspiré, qui assure la combustion rapide et complète de débris excessivement difficiles à brûler.
- J. Leroy.
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- T. A NATURE.
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- VOIES FERRÉES SANS POUSSIÈRE
- Nous avons parlé dernièrement des expériences si intéressantes qui se poursuivent pour supprimer la poussière sur les routes ; mais sans y être aussi abondante et redoutable, par suite même de la surface de roulement qu’y trouvent les véhicules, la poussière est fort gênante également ,sur les voies ferrées. En dehors même de la commodité des voyageurs, ce qui légitimerait déjà bien des efforts, il ne faut pas oublier que les nuages de poussière qui jaillissent du ballast et se soulèvent au passage des trains, pénètrent dans les parties inférieures, dans les organes des véhicules et des locomotives, usant bien des pièces de mécanisme par les angles aigus des
- particules de pierre, amenant réchauffement des coussinets et des boites en formant avec la graisse une substance épaisse qui est loin de favoriser les roulements. Quant à l’abondance de la poussière qui se produit sous le passage des trains de plus en plus rapides qui circulent sur les chemins de fer, pour en juger il suffirait de faire en été le voyage de Paris à Tours, sur le réseau d'Orléans, où le ballast est composé de sable de la Loire, excellent pour ce qui est de son élasticité et du matelas qu’il constitue pour les rails et les traverses, mais contenant une forte proportion de poussière qui se soulève en nuages sous le passage des convois.
- Il ne faut pas se faire d’illusions, et il est bien certain que ces poussières jouent le rôle de substances rodantes sur les rails eux-mêmes. Au sur-
- Apparpil Nichol pour l'arrosage des voies ferrées.
- plus, les Compagnies n’ont pas toujours la possibilité de se procurer des ballasts exempts de poussière ou de sable fin, sous peine de dépenser beaucoup trop en les faisant venir de régions assez éloignées. C’est pour cela que la Compagnie française des Chemins de fer du Midi, sur la ligne |de Bordeaux à Bayonne, où elle ne peut guère employer que du sable assez fin pour le ballast de la voie, a essayé une des premières le répandage d’huiles lourdes de pétrole, dans le but d’éviter les soulèvements de poussière en agglutinant pour ainsi dire le sable des Landes : le premier mois le résultat fut excellent; mais, au bout de trois mois, la poussière recommençait de plus belle. L’application avait été certainement insuffisante et, de plus, l’huile de pétrole avait été appliquée à froid, alors quelle aurait eu une action beaucoup plus efficace à chaud; enfin peut-être aussi la matière première coûtait-elle cher.
- Les raisons mêmes que nous avons citées, à propos
- des routes de terre, ont fait que l’expérience n’est poursuivie sur une grande échelle et avec persévérance qu’aux Etats-Unis : et nous pouvons reproduire une vue d’un appareil imaginé spécialement pour l’arrosage au pétrole des voies ferrées, appareil qui a été combiné par M. James H. Nicliol, ingénieur adjoint de la Division West Jersey and Seashore du Pennsylvania Railroad.
- L’installation se présente en réalité sous l’aspect d’un train d’arrosage comprenant un wagon réservoir ordinaire qui transporte le pétrole, puis une plate-forme sur laquelle sont disposés les tuyaux et canalisations de projection : le tout traîné à allure réduite par une locomotive. La plate-forme est normalement abritée par une sorte de tente mettant à l’ombre les agents chargés de manœuvrer les robinets et tuyaux, mais ici nous avons reproduit une plate-forme où la tente avait été enlevée afin qu’on pût mieux juger de l’installation. Sous cette plate-
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- LA NA TU R K.
- forme, s’étend un gros tuyau qui se relie à Lavant, par une canalisation flexible, avec le robinet d’évacuation du réservoir à pétrole; de cette conduite centrale part un branchement qui amène l'hydrocarbure dans un tuyau transversal fixé au milieu du wagon, en dessous, normalement à son axe et à la grosse conduite. Ce tuyau transversal est du reste sectionné en trois pièces; l’une s’étend sous le wagon meme, entre les roues, et des ouvertures ménagées par en dessous laissent échapper le pétrole, qui tombera sur le ballast entre les rails, sans pouvoir mouiller ceux-ci (que cela rendrait glissants), des plaques métalliques étant prévues pour empêcher cette projection de l'huile sur les rails. Les deux autres sections de ce tuyau transversal se trouvent de part et d’autre du wagon, et s’étendent en porte-à-faux sur les cotés de la voie, de manière à pouvoir arroser le ballast latéralement : ces sections sont articulées au moyen d’une articulation universelle qui permet, grâce à une chaîne commandée par une roue à main, de les soulever plus ou moins suivant la distance à laquelle on veut arroser, de les relever meme complètement au besoin.
- De la sorte on a la possibilité d'arroser au pétrole une partie du talus, du remblai ou de la tranchée où l’on passe; les hommes qui dirigent la manœuvre ont sous la main quelques robinets qui leur donnent le moyen de laisser arriver ou non le pétrole dans les divers tuyaux. On dispose même de tuyaux d’arrosage mobiles qui peuvent se brancher à l’extrémité de la grosse conduite longitudinale, et arroser des parties de la plate-forme de la voie où ne passe point le train d’arrosage. Ajoutons qu’une autre conduite vient de la chaudière de la locomotive et fournit de la vapeur pour réchauffer le pétrole et le projeter par les orifices d’arrosage.
- Il va de soi que l’huile qu’on emploie de la sorte est un produit à « point d’éclair » extrêmement élevé, pour que les escarbilles des locomotives tombant sur la voie ne puissent pas l’enflammer; elle est assez peu odorante, et au bout de quelques jours toute odeur a disparu. Lors d’une première application de pétrole, la dépense ressort à environ 140, 150 francs au plus par kilomètre; mais ensuite les arrosages n’ont pas à être faits avec autant d’abondance, et annuellement les applications de pétrole n’entraînent qu’une dépense de 50 francs à peu près. En échange, on arrive au résultat le plus précieux : non seulement la poussière disparaît complètement, mais encore on voit mourir toute la végétation des herbes folles qui envahit volontiers le ballast, au grand dommage de son drainage naturel ; bien plus encore, il se forme sur le ballast une sorte de croûte qui arrête la pluie, et même une partie du pétrole se glisse jusqu’aux traverses et y dépose un enduit complémentaire qui a une action préservatrice fort efficace. Pierre de Mériel.
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- CHRONIQUE
- Le pas des liéliees et son influence sur la vitesse des navires. — On comprend qu’il est important d’élucider la relation qui doit exister entre ces deux termes, car il en peut résulter des modifications sérieuses dans l’inclinaison des ailes des propulseurs sur le moyeu. L’Amirauté anglaise poursuit des expériences à ce sujet sur quatre navires de la classe l)mke, dont les ailes d’hélices peuvent être fixées suivant une inclinaison plus ou moins prononcée. Or, on a constaté que, pour le Drake proprement dit, où le pas est de 7“,4(i, la vitesse a été de 25,05 nœuds avec 110 révolutions seulement, tandis qu’il en a fallu 126 et même un peu plus au Gond Ho])e pour atteindre cette même allure, parce que le pas n’était que de 0n\94.
- Les seiches du lac Krié. — Le lac Erié, un des grands lacs des Etats-Unis, présente nettement le phénomène étudié d’abord sur le lac de Genève par Saussure et, de nos jours, par Forci, et connu sous le nom de « seiche ». Les pressions barométriques, qui peuvent varier considérablement entre ses deux extrémités, les grands vents, y donnent lieu à des oscillations d’une amplitude très considérable : d’autant plus, pour les vents, que le grand axe de cette nappe d’eau, qui n’a pas moins de 590 à 400 kilomètres, coïncide presque avec la direction prédominante des vents. Le professeur Henry a minutieusement étudié les variations de niveau du lac Erié, et a vu une montée de lm,50 se faire en neuf heures à Buffalo; en septembre 1900, il a même relevé le chiffre de 2ra, 10.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du K) novembre 1902.
- Présidence de M. Ai.dkrt Gaddiiy.
- État de la Montagne Pelée. — M. Michel Lévy annonce qu’il a reçu une lettre de M. Lacroix contenant quelques détails précis et nouveaux sur l’état de la Montagne l'elée. M. Lacroix a pu faire l’ascension de la montagne par le côté Nord-Est et arriver au sommet, c’est-à-dire au bord du cratère. 11 a trouvé le lac du Palmiste rempli de cendres; la température de l’eau y était de 70°. Arrivé au bord du cratère, où un bruit assourdissant se faisait entendre, il a eu la chance de voir tomber, à la suite d’un éclair terrible, une pluie qui a dégagé l’atmosphère des brouillards qui l’obscurcissaient. Il a aperçu nettement le cône intérieur et a constaté qu’il était constitué de roches fendillées, et qu’il dépassait de 50 mètres les bords du cratère. Les fentes laissent échapper des lumées blanches, mais les grosses colonnes d’acide sulfureux proviennent surtout de la rainure existant à la base du cône. Cette rainure est en partie comblée jusqu’à 150 mètres du sommet. M. Lacroix ajoute que le cône devait exister lors de sa première visite cet été, mais qu’il n’était pas aussi élevé.
- Oriyine des monuments mégalithiques de Bretagne. — M. Lannelongue expose que M. Zambacco, au cours d’un long séjour en Bretagne où il recherchait la lèpre, a été frappé par l’aspect des monuments mégalithiques de ce pays qui lui ont rappelé les caractères de monuments phéniciens d’Orient. Il a pu, d’une manière certaine, relever un ensemble de signes, d’images, de marques que l’on retrouve sur les deux séries de monuments. Ces ima-
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- LA NATURE.
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- ges sont suffisamment caractéristiques pour que M. Zam-bacco puisse conclure que les constructions mégalithiques de Bretagne ont été élevées par les Phéniciens au cours de leurs voyages dans ce pays.
- Alliages de cuivre et de magnésium. — M. Troost présente une Note de M. Boudouard sur les alliages de cuivre et de magnésium. Il a constaté que dans ces alliages la couleur du cuivre n’intervient pas tant que la proportion de ce métal ne dépasse pas 70 pour 100; ces alliages conservent jusqu’à cette teneur la couleur blanche du magnésium. Ils sont très fusibles; leur point de fusion est inférieur à la température de fusion du magnésium. Ce n’est que lorsque la teneur en cuivre atteint 75 pour 100 que la température de fusion atteint celle du magnésium, c’est-à-dire (555°. M. Boudouard, en examinant la courbe de fusibilité des alliages, y a constaté l’existence de 5 maxima correspondant aux trois compositions définies CuMg2, CaMg et Ca2Mg. Ces résultats sont analogues à ceux trouvés autrefois par M. Debray pour les alliages de cuivre et d’aluminium.
- Le rubis artificiel. — M. Moissan rappelle que les essais de reproduction synthétique du rubis d’Ebelmcn, comme ceux de MM. Fremy et Vcriieiiil, 11’ont donné que des lames hexagonales minces ou des petits cristaux. M. Yerneuil est arrivé aujourd’hui à fondre le rubis naturel ou l’alumine contenant des traces de sesquioxyde de chrome et à préparer ainsi une masse de véritables rubis d’un poids de plusieurs grammes. 11 arrive à ce résultat en maintenant le produit fondu dans une région de la flamme du chalumeau oxhydrique à température constante et en provoquant l’accroissement de la goutte fondue au moyen de couches superposées de bas en haut. Pour cela il projette, sous forme d’un véritable semage, la poussière d’alumine chromée sur la goutte de rubis maintenue à l’état liquide. Enfin la fusion produite dans ces conditions ne sera bonne que si la goutte plus ou moins volumineuse de rubis fondu n’est supportée que par un fil d’alumine très mince. Ce fil est formé d’alumine agglomérée ou rouge au moyen de quelques centièmes de potassium. Pendant toute la durée de l’opération la température doit être maintenue au-dessous du point de fusion de l’alumine.
- L’arsenic dans le règne animal. — M. Pioux résume une Note de M. Gabriel Bertrand qui s’est préoccupé de rechercher si l’arsenic, qui existe dans certains organes des mammifères, existe dans tous les types d’animaux, si on doit le considérer comme un élément primordial de la cellule ou s’il apparaît à un moment donné. 11 a fait porter ses recherches sur les animaux les plus divers recueillis au cours d’une croisière océanienne : éponges, astéries, holoturies, oursins, squales, cétacés, oiseaux. Chez tous ces êtres, la présence de l’arsenic a pu être décelée et ferait partie, à son avis, de toute cellule. M. Gautier fait des réserves sur ce dernier point, attendu qu’il a trouvé l’arsenic dans la peau et dans les produits cornés ou pileux annexes de la peau, mais pas dans d’autres organes. Mais ayant observé que l’arsenic et l’iode a se poursuivent » dans la nature et ayant décelé des quantités appréciables d’iode dans l’eau de mer, il y a recherché l’arsenic. U a pu doser l’arsenic dans l’eau de mer, ce qui explique la présence de l’arsenic dans les animaux marins. Ses recherches à ce sujet seront prochainement communiquées.
- Ch. de Yilledeuil.
- LA
- CULTURE ET LE COMMERCE DES DATTES
- Parmi les fruits exotiques qui ont pris définitivement place dans notre alimentation, il en est peu qui aient une valeur alimentaire aussi considérable que la datte : aussi donne-t-elle lieu, dans tous les pays de production, à un commerce des plus importants, à une culture très soignée, autant sinon plus pour la consommation indigène que pour l’exportation sur les marchés étrangers.
- Parmi les pays producteurs de dattes, le Maroc, particulièrement la contrée qu’on nomme le Tafilet, tient une place importante ; on y produit d’ailleurs un grand nombre de variétés de dattes, peut-être 200, depuis la datte dite Majhol, qui est seule exportée, a une coloration brune et possède une saveur sucrée intense, jusqu’aux dattes que préfèrent les indigènes, et qui sont beaucoup plus petites et plus sèches; certaines même se vendent fort bon marché et servent à la nourriture des chevaux et du bétail.
- Pour créer une plantation, 011 coupe un certain nombre de rejets au pied d’un vieux palmier femelle, et on les met en terre dans un sol argileux et blanchâtre (il faut toujours laisser une dizaine de rejets à l’arbre auquel on emprunte ainsi des plants, et ne s’adresser qu’à un dattier d'au moins 10 ans). Dans ce sol, qui doit être un peu léger si l’on veut que la plantation prospère, on dispose les plants à au moins om,60 les uns des autres. On ne leur donne aucun engrais durant la première année, mais on les irrigue avec abondance 4 ou 5 fois par an, davantage si possible : l’irrigation n’est de première importance que pendant cette première année, et jusqu’à ce que les jeunes arbres aient bien et dûment pris racine. On éclaircit alors de manière à mettre les arbustes à 9 ou 10 mètres de distance. (On ne recourt pas en pratique aux semences, car on n’obtient guère de la sorte que des arbres mâles.) Par la suite on fume régulièrement et abondamment, et, avec de bons soins, les dattiers atteignent environ 2 mètres au bout de 10 années : cela semble peu, mais il faut réfléchir qu’ils vivront ensuite pendant plusieurs centaines d’années, et en poussant constamment. Notons que l’on ne procède aux premiers élagages de l’arbre que quand il dépasse 4 ans.
- Il commence à porter des fruits à partir de 15 à 15 ans, et à ce moment la récolte est de 9 à 10 kc; cette quantité augmente jusqu’à atteindre parfois 250 kg pour les plus beaux arbres, et quand ils ont 20 ans. Les dattes sont cueillies avant d’être mûres ; des femmes les étendent au soleil et les tournent continuellement pour les faire sécher ; la pluie, tombant à ce moment ou même quand les fruits sont encore sur l’arbre, les gâterait complètement. Les dattes pour l’exportation sont enfermées, sans être tassées, dans des paniers, et transportées principalement à Fez par des caravanes de mules, transport qui dure de 10 à 14 joursjpour une distance de
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- L A N A T I I* K.
- moins de 260 kilomètres. A leur arrivée, les plus belles dattes sont triées et mises dans des boîtes en bois, garnies de papier et fermées d’une toile brune, (pii en contiennent quelque 20 kg. L’expédition se fait alors sur Londres principalement, et ordinairement vers la mi-décembre; et le quintal, qui vaut sur les lieux de production à peine 6fr,60, revient à plus de 50 francs, une fois parvenu à Londres; il se vend du reste parfois jusqu’à 120 francs et plus pour les premiers envois qui font prime. Au surplus, ces fruits subissent encore un triage et un classement en parvenant sur le marché de consommation.
- Quant aux dattes de qualité inférieure réservées à la consommation locale, elles sont souvent, lorsqu’elles doivent être achetées comme aliment de voyage, pressées en une masse qui devient presque aussi dure que du biscuit de mer : ce sont du reste des dattes peu sucrées, mais qui ont une valeur alimentaire précieuse.
- Nous n’avons guère besoin de signaler les plantations de dattiers que possède l’Algérie, d’autant que nous avons eu occasion de décrire les travaux faits jadis, notamment dans l’Oued-Rhir, pour fournir à ces arbres l’eau en abondance qu’il leur faut, surtout aux débuts, suivant le dicton arabe : « La tête dans le feu, les pieds dans l’eau ». On retrouve du reste le dattier dans toute une immense bande de terrains (pii s’étend depuis l'Atlantique jusqu’au Golfe Persique; et c’est ainsi qu’à Rassorah, par exemple, on fait un commerce des plus importants de ce fruit succulent. Ici la récolte a lieu en septembre, après que producteurs et acheteurs se sont entendus sur les prix, qui oscillent du reste entre 250 et 600 francs les 2500 kg environ. L’exportation se fait principalement sur Londres et New-York, mais aussi sur l'Inde ; et, tandis que les dattes à destination des pays européens sont empaquetées dans des boîtes qui sont apportées démontées par les chargeurs, les dattes qui se consomment dans l’Inde partent enfer-
- mées dans des paniers tressés, et sont du reste de qualité inférieure. Nous pourrions encore parler delà culture du dattier dans la vallée du Nil, où elle est assez rémunératrice, et donne quelque 8 tonnes de fruits par hectare, ce qui correspond à un produit net de 710 francs par an.
- Mais pour ceux de nos lecteurs qui voudraient satisfaire leur curiosité et visiter des palmeraies en exploitation, nous en signalerons qui sont assez voisines de la France et qui sont d’un accès tout particulièrement facile : nous voulons parler de celles d’Elche, en Espagne, sur la magnifique côte orientale de la
- péninsule Ibérique. Elche est une ville de près de 20 000 habitants, qui est un des coins les plus pittoresques de toute l’Espagne ; c’est d'ailleurs une ancienne colonie romaine, ce qui n’a pas lieu de surprendre, étant donnée l’habileté avec laquelle les Romains savaient choisir les points où ils s’établissaient. Au reste c’est par les Maures que la culture des palmiers dattiers a été introduite dans la région ; mais, depuis un certain nombre d’années, la forêt créée par les envahisseurs arabes s’est étrangement développée, parce que les marchés européens se sont ouverts tout grands aux dattes d’Elche, qui sont particulièrement savoureuses, comme nous avons pu en juger personnellement en Espagne. C’est une vraie forêt en effet que forment ces magnifiques arbres, qui ont souvent une hauteur de plus de 20 mètres; à leur pied courent des canaux d’irrigation admirablement compris, mais où l’on n’a fait que suivre les traditions laissées par ces Maures qui avaient transformé l’Espagne au temps de l’occupation. Et un voyage bien facile pourra conduire jusqu'à Elche ceux de nos lecteurs qui seraient curieux de juger de l’exactitude de la vue que nous donnons d’un coin de l’admirable forêt d’Elche. I). R.
- Le Gerant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Faiiuhk, rue île Fleuras, 9.
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- N° 155!). — 22 NOVEMBRE 1 002.
- LA NATURE.
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- CASSEUR DE PIERRES MÉCANIQUE
- [1 suffit de suivre un certain temps une de nos grandes routes nationales ou départementales, pour
- constater le rôle que le casseur de pierres joue dans son entretien; tout le long de ces routes, en effet, ce
- Fig. 1. — Le concasseur de pierres sur son chariot.
- ne sont que des tas de cailloux soigneusement disposés sur les accotements, en pyramides tronquées dont le cantonnier s’efforce de maintenir la forme régulière, afin d’empêcher surtout que les cailloux qui les composent ne se dispersent et ne se perdent partiellement, avant qu’on en ait besoin pour les réparations locales ou pour les grands empierrements du printemps. Le fait est que ces voies, qui sont faites d’une sorte de macadam, par conséquent d’une association habile de cailloux et de sable, demandent une quantité considérable de pierre cassée, et il faut que cette pierre soit cassée aussi régulièrement que possible suivant un format qui répond aux meilleures condi-30' année. — ÎB semestre.
- tions de formation du macadam. G est pour cela que l’on impose aux casseurs de pierre qui travaillent,
- armés de leur massette, sur le bord de nos routes, de produire des pierres qui passent dans une jauge d'une dimension déterminée, et qu’on ne leur tolère qu’une faible proportion de pierres plus grosses ou plus petites que ne le veut la jauge.
- Evidemment, ces casseurs de pierres ne sont payés qu’un prix fort modeste, en dépit d’une cer-’ taine habileté qu’il leur faut pour arriver à casser les cailloux avec régularité ; mais il va de soi qu’il serait plus économique de recourir à des machines, en réservant l’homme pour des travaux où l’on fait réellement appel à son intelligence : on sait, du
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- Fig. 2. — Détails du concasseur Champion.
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- LA NATURE.
- reste, par des exemples innombrables que le travailleur est beaucoup mieux payé quand, de machine, il devient conducteur de machine. Les Américains, qui adoptent bien autrement que nous le machinisme, d’autant que les salaires sont très élevés chez eux, ont voulu se servir de machines pour le cassage des pierres destinées à l’empierrement des routes. Ils se sont particulièrement préoccupés de la question ces dernières années, parce qu’ils s’aperçoivent maintenant que les voies de terre ont leur raison d’être en dépit de la multiplicité des voies de fer, et qu’ils se sont mis à construire de bonnes routes un peu dans toutes les parties de la Confédération. Et ce mouvement a fait naître une compagnie dite « American Road Machine Co », qui se charge de la construction des routes au moyen d’appareils méca-ques qu'elle a imaginés et qu’elle fabrique, charrues pour enlever la terre végétale sur l’emplacement de la route, concasseurs remplaçant le casseur de pierre classique, tombereau automatique répartis-sant uniformément les cailloux sur la voie, tonneaux spéciaux d’arrosage, etc. Nous nous occuperons particulièrement du concasseur, qui est intéressant par sa construction et son fonctionnement, autant que par la façon dont on l’emploie.
- Disposé sur un solide bâti, ce concasseur, appelé « Champion crusher », est monté le plus souvent sur un chariot à quatre roues, ce qui permet de le transporter rapidement là où il est besoin; il est muni d’un volant-poulie recevant la courroie du moteur qui le commande : ce moteur peut être une machine à vapeur pour les installations importantes ; quand, par exemple, on centralise en un seul point le cassage des pierres pour un ensemble de routes. Ce sera tout aussi bien un moteur à pétrole pour une installation mobile, moteur que l’on montera aisément, lui aussi, 'sur le chariot. On comprendra immédiatement l’action de ce concasseur, quand nous aurons dit que les grosses pierres à concasser sont jetées dans l’appareil en P et qu elles tendent à descendre en subissant des compressions, ou plus exactement des chocs successifs, entre la pièce O et la pièce N, la première étant fixe tandis que la seconde dépend d’une mâchoire mobile qui se rapproche par saccades de l’autre. Cette mâchoire mobile oscillante RA, solide pièce venue de fonte, est munie d’une épaisse lame 0 en acier trempé; la lame N, disposée en face de 0, est de même nature. Le mouvement du volant-poulie se transmet à la mâchoire mobile d’abord par l’intermédiaire de son arbre, qui comporte dans sa partie centrale une double came, indiquée en F : donc, chaque fois que le volant a fait un demi-tour, la came vient agir sur le galet de contre-frottement EÀ et sur l’espèce de gâchette DA, qui est à même d’osciller autour de l’arbre S comme centre. Chaque mouvement d’oscillation de cette gâchette DA vient chasser la pièce de forme spéciale G, qui est, elle aussi, à surface trempée, et peut se disposer suivant une inclinaison plus ou moins grande d’après l’amplitude du mouvement
- que l’on vent donner à la mâchoire mobile : c’est elle, en eifet, qui vient chasser cette mâchoire en pénétrant brusquement dans le logement qui lui est prépare'. D’ailleurs, chaque appareil est muni d’un jeu de ces pièces G, de format varié, pour permettre de casser les pierres en morceaux plus ou moins gros. Ajoutons enfin que la tige J et les ressorts antagonistes KU ont toujours tendance à ramener la mâchoire mobile en arrière ; celle-ci est comme animée d’un mouvement continu de vibration, qui la fait venir frapper les pierres s’écoulant sous la gravité entre les plaques P qui forment le châssis du concasseur.
- Cet appareil casse donc les cailloux avec beaucoup de régularité ; de plus, il est complété par ce fait que les pierres, en sortant des mâchoires, tombent sur une chaîne à godets qui les élève, puis les fait passer dans un crible, lequel sépare automatiquement les poussières et les pierres trop petites, pour décharger au besoin les cailloux dans les tombereaux qui iront les transporter sur les routes. Ce type de concasseur est abondamment graissé, tout en ayant scs parties frottantes abritées de la poussière, et il donne pleine satisfaction. Daniel Rellet.
- TINS FLUORURES
- M. À. Hubert, docteur ès sciences, vient d’attirer l’attention sur une nouvelle falsification des vins qui tend à se généraliser depuis deux ans. On ajoute du fluorure de sodium aux vins pour les guérir de la casse ou les préserver de cette maladie. On vend effectivement un peu partout des « anticasse » sous les noms les plus variés. Et ces « anticasse » renferment des fluorures. Les négociants qui emploient ces produits ne se rendent généralement pas compte de la gravité de la fraude, car les vendeurs accompagnent leur marchandise de bulletins constatant qu’il s’agit de mélanges composés de chlorure de sodium, d’un bisulfite alcalin, de tanin et d’acide tartrique. Or, on oublie avec intention de mentionner le fluorure de sodium.
- On ajoute : « Pas de décoloration comme avec les bisulfites ou les méchages, pas de mauvais goût; stérilisation presque absolue, composé inoffensif non reconnaissable à l’analyse, car après av; ir produit son effet, il se volatilise ». On comprend qu’un pareil anticasse ait de la vogue.
- Ce prospectus est fallacieux, car il est parfaitement établi que l’absorption des fluorures est dangereuse. Ce sont des toxiques. En Suisse, il est survenu l’année dernière des accidents. Aussi les journaux suisses ont prévenu les négociants et le public d’avoir à se méfier des produits divers dits « anticasse ».
- Du moût de raisin livré au commerce, en automne 1900, avait été conservé avec du « remarcol » (fluorure de sodium) et son absorption rendit malade un grand nombre de personnes. Et le fait se reproduisit plusieurs fois.
- Même absorbés en petite quantité les fluorures provoquent des nausées, de la salivation et des troubles intestinaux. Une dose élevée peut amener la mort. L’emploi dans les vins dépasse rarement 0*r, 1 par litre; les accidents à cette dose sont peu perceptibles, mais l’ingestion continue détermine fatalemen t des troubles plus ou moins graves dont il est difficile de trouver l’origine.
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- L’est faussement que l’on a prétendu d’ailleurs que l’on ne pouvait révéler la présence du fluorure de sodium dans le vin, parce qu’il était volatil. 11 y a plus de deux ans que M. Hubert a indiqué un procédé de recherche fondé sur la précipitation du fluor par le chlorure de calcium dans le vin alcalinisé par du carbonate d’ammoniaque. Ce chimiste a fluorure des vins à raison de 5 grammes de fluorure de sodium par hectolitre. Deux mois après cette addition, il colla et filtra à deux reprises le vin et l’examina. La réaction du fluor se montra aussi sensible que le premier jour.
- M. Hubert dit fort bien : « Si les chimistes des laboratoires municipaux, des stations œnologiques veulent rechercher le fluor dans les vins de la dernière récolte *, leur fonction ne sera pas une sinécure, et, en même temps, ils rendront service aux consommateurs».
- Prenons donc garde aux vins fluorures. .(.-F. Gai.l.
- LES CRÉPUSCULES ROUGES
- Tout le monde a pu observer les lueurs crépusculaires des 28, 29 et 50 octobre. Ces illuminations ont été si brillantes que beaucoup de Parisiens ont cru qu’un immense incendie s’était déclaré dans les quartiers ouest de la ville. Le phénomène a été observé dans d’autres régions de la France, du nord au sud, et M. À. Perrotin a pu le suivre à l’Observatoire de Nice où il a été vraiment féerique. Il y a juste dix-neuf ans, en 1883, les Parisiens avaient été surpris par les mêmes lueurs d’un rouge de sang dans les soirées des 26 et 27 novembre. On peut lire dans les journaux du temps que l’illumination du ciel était d’une splendeur incomparable. En 1885 comme en 1902, tout l’horizon du nord-ouest au sud-ouest était rouge, en feu, si bien que cette année-là aussi on crut qu’un immense incendie dévorait tout le sud de Paris.
- C’était l’année de la catastrophe du Krakatoa, la plus puissante manifestation de l’énergie volcanique que nous connaissions. L’éruption atteignit son paroxysme les 23 et 26 août et couvrit de poussières une étendue immense. On affirma que les vents avaient apporté ces poussières jusqu’en Europe. Aussi attribua-t-on les phénomènes crépusculaires de la fin de novembre et même de janvier 1884 à l’existence de ces poussières en suspension, aux hautes altitudes. La diffraction des rayons solaires à travers l’atmosphère chargée de ces fines particules rend bien compte des effets lumineux constatés à peu près à toutes les latitudes.
- En 1902, nous avons eu malheureusement l’éruption du Mont Pelé. Bien qu’il n’y ait qu’une comparaison lointaine à établir entre l’ampleur des forces intérieures mises en jeu dans les îles de la Sonde et à la Martinique, quelques personnes ont pensé que cette fois, comme en 1883, nous pourrions revoir les beaux couchers de soleil. Peut-être les poussières en suspension projetées par la Montagne Pelée, poussées par les courants atmosphériques, parviendraient-elles à nos latitudes? Et, en effet, le phénomène s’est produit à la fin d’octobre. On pourrait donc admettre définitivement une relation de cause à effet entre les éruptions volcaniques et la production des feux crépusculaires. Et, pourtant, qui prouve qu’il n’y a pas là qu’une simple coïncidence!
- En 1883, M. Perrotin, sur la demande de M. Dumas, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, alors à Cannes, se livra à une enquête sur la cause des lueurs et fut conduit à conclure que les illuminations crépusculaires
- 1 Feuille vinicole de la Gironde, 15 novembre.
- étaient dues à la diffraction produite par les poussières extrêmement ténues projetées quelques mois auparavant par le trop fameux volcan du détroit de la Sonde. Aujourd’hui le savant directeur de l’Observatoire Bischoffsheim, dans une Note à l’Académie, fait remarquer que ce qui vient de se passer en 1902 paraît donner raison aux partisans des causes volcaniques ; toutefois, il ajoute de sages réserves. L’explication admise pourrait bien être bonne, mais elle pourrait bien ne pas l’être non plus. C’est aussi notre opinion dont nous voudrions en quelques lignes faire connaître les raisons.
- A Nice, on a noté les crépuscules rouges dès le 27 ; mais, à cause du mauvais temps, on ne les a bien vus que le 50. Ce qui frappa d’abord, ce fut la couleur rouge vif du soleil sans déformation de l’astre ; puis le crépuscule fut extraordinairement lumineux teinté de bleu et de rose, suivi enfin vers l’ouest d’un embrasement général de l’horizon dont l’aspect, dit aussi M. Perrotin, rappelait d’une manière frappante les lueurs rougeâtres d’un immense incendie qui prend dès le début une extension rapide. A l’instant de son plus grand éclat, la nappe lumineuse rouge, à peu près circulaire (sansravons comme pour les aurores), s’élevait de 20° à 25° au-dessus du soleil couchant, peut-être même plus haut selon l’estime de M. Javelle. Le maximum eut lieu 45 m., la fin 1h 20 après le coucher du soleil. Tel est le fait.
- M. Perrotin ajoute: « S’agit-il vraiment d’un phénomène dû aux poussières volcaniques ou simplement d’un phénomène météorologique? » A l’appui de cette seconde hypothèse il insiste sur ce point que les crépuscules rouges de 1902 et ceux de 1885 sont venus, à très peu près, dans les mêmes mois de l’année.
- A cette remarque, on nous permettra d’ajouter qu’ils sont venusaussiau bout d’un intervalle de 19 ans, c’est-à-dire aux déclinaisons minima de la lune qui oscillent entre 18° et 28". En 1885, la déclinaison minima était de 18°. En 1902, elle est de même 18°. Si l’on admet une action de la lune sur l’atmosphère, il peut y avoir déformation de la masse atmosphérique, abaissement en latitude des régions à vapeur d’eau et par suite phénomènes généraux de diffraction. L’hypothèse météorologique peut se soutenir mieux qu’en 1885. Mêmes époques de l’année, mêmes conditions lunaires. On peut même se demander si éruptions et crépuscules ne dérivent pas ensemble d’une cause unique et si tous ces phénomènes ne se tiennent pas.
- Les partisans de la théorie des poussières objecteront que l’on a vu en 1885 les corpuscules colorés apparaître au Cap, aux Indes, en Égypte et en Europe progressivement de septembre à novembre, ce qui impliquerait bien l’action des poussières. Mais, en 1902, les apparitions se seraient fait bien attendre, puisque l’éruption date de mai et que la Martinique est bien plus près de nous que Krakatoa. En sorte que, en définitive, les deux hypothèses peuvent se défendre. Et peut-être sont-elles même vraies simultanément. Nous ne pouvons en si peu de place développer les raisons qui militent en faveur de chacune d’elles, mais il nous semble que les causes météorologiques des crépuscules rouges ne doivent pas être rejetées désormais aussi vite qu’on l’a fait. Avant de conclure il faudrait remonter dans le passé et savoir si les lueurs crépusculaires sont apparues après chaque grande ruption volcanique ou si tous les dix-neuf ans environ on n’a pas noté, dans quelque observatoire, la présence de crépuscules lumineux extraordinaires. Henri de Par ville,
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- LE CROCODILE DANS
- D’après les auteurs de l’antiquité, le Nil recèle, dans ses flots impétueux, deux espèces de crocodiles :
- Fi". 1. — Horus vainqueur du crocodile.
- l’une atteint parfois des proportions gigantesques; l’autre, au contraire, n’arrive jamais à un développement considérable. Ces témoignages sont confirmés
- Le dieu Sehek.
- par les naturalistes modernes qui ont décrit le grand crocodile sous le nom de « champsé » et le petit
- L’ANCIENNE ÉGYPTE
- sous celui de « suchus ». Le champsé a le corps allongé comme celui des lézards, la tète oblongue et le museau déprimé ; la queue, au lieu de paraître la continuation du dos, est, dès la naissance, en contre-bas de celui-ci et se distingue très nettement du tronc, particularité que les Égyptiens ont toujours observée en l’exagérant un peu.
- Ce reptile qui, au sortir de l’œuf, mesure à peine 20 centimètres, parvient quelquefois jusqu’à 10 mètres de longueur. Sa teinte générale est d’un vert bronzé un peu sombre sur lequel s’enlèvent, çà et là, quelques taches noires. Essentiellement carnassier et très féroce, quand la faim le presse, il s’élance sur les animaux de grande taille, bœufs, ânes, chevaux, etc., l’homme lui-même est' souvent la proie de ce saurien. Mais si, dans l’eau, son élément favori, le crocodile se montre plein d’audace, sur la terre ferme il est plus timide et ne s’aventure jamais bien loin du fleuve. Tous les oiseaux, toutes les bêtes le fuient ; seul le « trochilus ' » vit en paix avec lui, parce que se nourrissant des insectes qui encombrent la gueule de ce reptile, celui-ci
- Fi". 5. Le suclms.
- en éprouve un grand soulagement et ne lui fait aucun mal. Cet horrible monstre était désigné, par les Egyptiens, sous le nom de « emsahou », d’où sont venus le grec « champsa » et l’arabe « timsab »; c’est le Léviathan de la Bible.
- Le « suchus » diffère du « champsé » en ce que sa tête est plus aplatie, plus effilée, son corps moins trapu et sa queue semble, jusqu’au bout, être le prolongement du dos. 11 s’en distingue aussi par la taille qui atteint à peine 2m,50. Les textes le nomment « souk » dont on a fait suchus. De nos jours, ces dangereux amphibies ont disparu de l’Egypte ; à Ouadi-llalfa seulement, on commence à en retrouver la trace. Dans l’antiquité, leur nombre était si considérable, qu’au quatrième siècle avant notre ère, ces animaux dévorèrent plus de mille soldats de l’armée de Perdiccas, lorsque ce général leur fit traverser le Nil, en face Memphis, pour marcher contre Ptolémée Lagus. Suivant Hérodote, une partie des Égyptiens considéraient le crocodile comme sacré, mais d’autres lui taisaient une guerre acharnée. On a reconnu que les populations adorant le crocodile
- 1 Pluvian d’Égypte.
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- vivaient sur les territoires s’étendant loin du Nil, à l’abri des attaques de ce terrible carnassier. Ce dans 1 intérieur des terres, situation qui les mettait n’estqu'à l’époque de l’inondation, toujours attendue
- Fiff. 4. — Le Champs».
- avec impatience, que les habitants de ces districts voyaient arriver une multitude de crocodiles qui, entraînés par les Ilots, se répandaient avec eux dans les campagnes desséchées par le soleil ; aussi avaient-ils une grande vénération pour un animal dont la vue était le prélude d’une ère de prospérité. Dans le nome Arsinoïte qui, en raison de son éloignement du Nil, serait inhabitable sans les dérivations de ce fleuve, le retour des eaux fécondantes et celui de l’animal intimement lié à ce phénomène étaient acclamés avec plus d’enthousiasme encore que dans le reste de l’Égypte ; aussi les Àrsinoïtes, tenant le crocodile en
- grand honneur, en tirent le dieu tutélaire de leur cité et, à l’époque romaine, frappèrent des médailles portant son effigie. Au rapport d’Hérodote et de Strabon, ils le nourrissaient, danslelacMœris, de la chair des victimes et autres aliments prescrits. Les prêtres l’avaient apprivoisé et le nom-maient « su-chos ». A ses oreilles brillaient des anneaux d’or et ses pieds de devant étaient ornés de bracelets. Quand des étrangers se présentaient porteurs
- de viandes ou de gâteaux, les prêtres, préposés à la garde du monstre, lui écartaient les mâchoires et
- introduisaient dans sa gueule les friandises qui lui étaient destinées. Comblé de soins pendant sa vie, il était, après sa mort, déposé dans les cryptes du labyrinthe. A Ombos, également situé loin du Nil1, sur la côte arabique, les crocodiles étaient aussi très vénérés. Les Om-bites en entretenaient dans de grands réservoirs creusés dans le roc. Lorsque ces animaux enlevaient des enfants, leurs mères s’en montraient toutes joyeuses, considérant comme le comble du bonheur d’avoir mis au monde ce qui servait de pâture à leur dieu. Coptos et deux autres villes du nom de Crocodilopolis rendaient pareillement hommage au
- redoutable sau-rien. A sa mort on l’embaumait de la même manière qu’àArsinoéet on le déposait dans un endroit affecté à sa sépulture. De nos jours on voit encore, à Maabda, sur la rive droite du Nil, en face Man-lalout, une nécropole de crocodiles sacrés. C’est un dédale de galeries souterraines 1 Ombos est, aujourd'hui, au bord du Nil qui coule sur
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- LA NATURE.
- dans lesquelles, mêlées à des ossements humains, à des débris d'oiseaux et de quadrupèdes, gisent par milliers des momies de crocodiles de toute espèce et de toute dimension.
- A l’époque oîi les Grecs visitaient l’Égypte, on expliquait, par les plus fantaisistes récits, ce culte rendu à une bète cruelle. Quelques Égyptiens l’attribuaient à la faculté que possède le crocodile de prédire l’avenir. Ils racontaient qu’un jour, l’un des Ptolémées, présentant son offrande à un crocodile sacré, celui-ci refusa de la recevoir parce qu’il connaissait la lin prochaine de ce prince qui, en effet, mourait peu de temps après. La raison fournie par Eusèbe paraît la plus vraisemblable. 11 nous dit qu’en adorant la crocodile les Égyptiens entendaient reconnaître les bienfaits dus à l’inondation dont cet animal était toujours le précurseur, idée qu’ils exprimèrent par des crocodiles remorquant une barque dans les canaux d’irrigation. Il n’en était pas de même des populations habitant les bords du fleuve; constamment exposées aux attaques de ce monstrueux reptile, elles en avaient une peur effroyable. La lettre d’un scribe à son élève montre à quel point sa présence était redoutée : « Je te dis comme le preneur de poissons peine plus que tout métier qui ne travaille pas sur le fleuve ; il est mêlé aux crocodiles. Si les tou lies de papyrus viennent à manquer et que le crocodile soit là, en vain il crie au secours, la terreur l’aveugle. » Un cherchait à le conjurer par des formules magiques ;
- Viens à moi, ù seigneur des dieux!
- Kepousse de moi les crocodiles sortis du fleuve.
- Traité en ennemi, il était chassé à outrance et on ne se faisait aucun scrupule d’en manger. Un bas-relief de l’ancien empire nous montre des individus montés sur un canot et lui donnant la chasse avec de fortes lances. Un autre moyen, moins dangereux, consistait à le pêcher à l’aide d’un hameçon amorcé avec de la chair de porc. Dans Apollinopolis, où une loi obligeait chaque citoyen à manger du crocodile, on les prenait dans des filets que l’on suspendait à des « perséas1 ». Là, après quelques lamentations, ils étaient fustigés, coupés en morceaux et dévorés. Pleins de haine pour ce reptile qui, en avalant des créatures humaines, les privait de sépulture, les Tenlyrites osaient seuls l’attaquer de front et le forçaient à rendre les corps qu’il avait dérobés. Ces sentiments contraires, témoignés à un même animal par des populations voisines les unes des autres, amenaient souvent entre elles de nombreuses rixes qui, parfois, dégénéraient en combats sanglants. Juvénal a décrit les démêlés des habitants de Coptos, dorateurs du crocodile, avec ceux de Tentyris ses plus mortels ennemis. Il raconte comment ceux-ci, à la suite d’un festin, mangèrent tout cru un mal-
- remplacement d’un vieux canal d'irrigation. On retrouve encore des traces de son ancien lit, à une grande distance, vers l'ouest.
- 1 Amandiers d’Égypte.
- heureux Coptite qui, dans sa fuite précipitée, glissa dans le sang et se laissa choir au milieu d’eux. Image de Set1 qui, pour échapper à Uorus, avait pris la forme d’un crocodile, ce saurien personnifiait l’ardeur dévorante du soleil dont les rayons altèrent les campagnes et répandent la stérilité. Les Égyptiens en firent un emblème de destruction et de ténèbres. Il était consacré à Sebek2. C’est généralement avec un caractère typhonien que ce reptile se révèle à nous dans les monuments. Au temple d’Edfou, où sont reproduits les épisodes de la lutte entre Set et Horus, nous voyons trois crocodiles, alliés à Typhon, conduits et enchaînés par le fils d’Isis3 et un quatrième percé de sa lance. A Den-dérah, de nombreux bas-reliefs nous montrent encore Horus, transperçant le crocodile de son glaive.
- Dans le rituel funéraire le défunt ne cesse d’invoquer la protection des dieux contre le crocodile :
- « Mettez-moi en possession de vos charmes magiques, s’écrie-t-il, sauvez-moi du crocodile de cette terre de vérité! » Comme emblème du séjour infernal il est, avec d’autres animaux typhoniens, placé à l’entrée des svringes royales. Dans les zodiaques, nous le voyons fréquemment associé à l’hippopotame. Cependant, le crocodile n’évoque pas toujours une idée pernicieuse ; en certains cas, il apparaît avec un caractère plutôt bienfaisant. Une composition symbolique de l’île de Philæ représente un crocodile jouant un rôle analogue à celui de la vache Hathor. Ainsi que la divine génisse, il transporte sur son dos une momie vers la montagne funéraire. Au tombeau de Seti 1er, le crocodile « Abou-Sahou » est le gardien de l’image d’Osiris et le protecteur des âmes pures, instruites des secrets de l’autre monde. Nous trouvons même le mot Sebek dans la composition de certains noms propres du moyen empire. Tels sont ceux des Pharaons « Sebek-emsaouf, Sebek-IIotep » (concilié à Sebek); une princesse, sœur d’Ame-nemha IV, était appelée « Sebek-Neferou-ra ». Suivant Horapollon, les yeux du crocodile représentaient l’aurore, parce qu’en montant des profondeurs ils émergent au-dessus des flots avant toute autre partie du corps. Voulant montrer combien grande était leur vénération pour le crocodile, les Ombites lui rendaient hommage dans le même temple qu’au dieu Horus. Ce monument était divisé en deux parties égales, dans le sens de la largeur. A gauche s’élevait le tabernacle de Sebek, sombre dieu du mal, emblème des ténèbres; à droite, celui du rayonnant Horus, divinité bienfaisante, d’où n’émane que lumière et que beauté, Dans l’hymne au Nil, le crocodile est célébré en termes lyriques :
- Tous les cœurs sont eu allégresse!
- Les enfants de Sebek, les fils de Neit,
- Le cycle divin, qui réside en toi, prospèrent !
- Les artistes égyptiens ont fort bien rendu ce rep-
- 1 Set-Typhon, dieu du mal.
- 2 Une des formes de Typhon.
- 3 Horus, fils d’Isis.
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- tile ; les « champsas », sculptés à Khom-ümbos, sont d’une vérité saisissante. Toutefois, en dehors de quelques amulettes, il ne semble pas qu’ils en aient fait une grande application dans l’art monumental ou dans l’art industriel. A Home, le crocodile ne parut, pour la première fois, que 58 ans avant J.-C. Scaurus en montra cinq au peuple, à l’occasion de son édilité. Quelques années plus tard, lorsqu'il triompha de Cléopâtre, Auguste en amena un grand nombre qu’il lit combattre dans les jeux du cirque, llélioga-bale en nourrissait. Ce saurien caractérisait si bien l’Egypte, que les poètes hébreux employaient la même expression « rahab » pour désigner le crocodile et son pays. Lorsque au temps d’Auguste on établit, tà Nîmes, des soldats égyptiens, cette ville lit graver sur ses médailles et conserva toujours dans ses armoiries, comme symbole de son origine coloniale, le crocodile attaché à un rameau de palmier.
- P. IlirroiATE Boussac.
- LE PONT DU MUR
- Parmi les œuvres de l’Ingénieur, celles qui ont l’avantage de retenir avec le plus d’intérêt la curiosité du public sont ces ponts de grandes porte'es lancés soit d’une rive à l’autre d’un fleuve, soit d’un versant à l’autre de quelque vallée profonde. Ces travaux gigantesques méritent d’ailleurs largement l’intérêt qu’on leur porte; les difficultés de conception et d’exécution ne peuvent être vaincues ([ue grâce à une hardiesse sans doute téméraire, car le moindre accroc dans la manœuvre des masses métalliques, mises en mouvement dans des conditions aussi peu sûres, suffirait pour compromettre l’ouvrage.
- Les premiers grands travaux métalliques de ce genre qui ont soulevé l’admiration furent le pont sur le Douro, en Portugal, puis le pont de Garabit, et le pont sur le Forth, en Ecosse; ce dernier détient toujours le record, tant au point de vue de la portée des fermes — 500 mètres — (pie du poids de la partie métallique mise en œuvre.
- Le pont du Viaur, qui vient d’être inauguré, est le plus considérable que nous ayons en France, il surpasse celui de Garabit. En effet, la portée de celui-ci est de 175 mètres, tandis que celle du récent ouvrage est de 220 mètres. Ce dernier est situé dans le Tarn, sur la nouvelle ligne de Carmaux à Rodez dont l’exécution était décidée en principe depuis longtemps, mais qui fut toujours retardée à cause des difficultés provenant de la présence, sur son parcours, de la profonde vallée du Viaur qu’il fallait traverser, sous peine d’allonger le tracé d’une façon fort dispendieuse.
- Après bien des études et des recherches, on finit par accepter le projet présenté par la Société de construction des Batignolles et qui avait été établi dans les bureaux de M. Godfernaux par M. Bodin, le très distingué professeur de construction de
- machines à l’École centrale. Le système proposé reposait sur le principe des fermes articulées que ce même ingénieur avait été le premier à étudier et qui reçut sa première consécration dans la galerie des Machines à l’Exposition de 1889. Comme on le sait, le principe des trois articulations des fermes, une à la clé et une à chaque retombée, permet une répartition mobile des charges et entraîne, par conséquent, une diminution du poids mort, c’est-à-dire du poids du métal à employer.
- I)’une façon générale, toutes les portées, quelles (pie soient leurs dimensions, sont réalisables en construction métallique; mais, dès qu’on arrive à certains chiffres, le poids d’acier à employer devient tellement considérable que l’exécution de l’ouvrage reste pratiquement impossible. Le rôle de l’ingénieur consiste en ce cas à trouver le moyen de diminuer la masse métallique de façon à rendre exécutable un ouvrage que les conditions du problème semblent rendre irréalisable. C’est ainsi (pie le système des rotules, appliquéàla construction de grandes fermes métalliques, est venu apporter une solution élégante à bien des cas jugés auparavant comme inabordables.
- Une seconde particularité du pont du Viaur réside dans les procédés d’équilibre employés au point de vue de la conception du projet. Si on considère les deux portions C B A, G' B' A du pont (fig. 5), on conçoit, étant donné le poids élevé de l’ouvrage, qu’une poussée formidable s’exercera au point de jonction A des deux demi-fermes. Afin d’éviter ce travail énorme qui nécessiterait une quantité de métal élevé en ce point d’articulation, l’auteur a eu l’idée de contre-balancer le système de chaque demi-ferme par des portions métalliques D C B, D' C' B', lesquelles constituent de véritables contrepoids au métal employé pour la construction de l’arc proprement dit. L’ensemble du pont n’est sans doute pas complètement équilibré; la partie relative à l’arc est plus lourde que les portions extérieures à lui ; mais, grâce au système d’articulation placé en B et en B', le poids des parties D C B, IF C' B' vient diminuer considérablement le travail de la partie centrale et rend possible, par conséquent, l’articulation A sous un poids réduit de métal. Toute la portion qui sert de contrepoids, au lieu d’être inutilisée, a été disposée au contraire de façon à pouvoir supporter le tablier et à prolonger le pont d’une longueur de 70 mètres de part et d’autre de l’arc central. Deux petites poutres droites de raccordement de 25 mètres reposent, d’une part, sur les extrémités du système en équilibre et, d’autre part, sur les maçonneries qui constituent les arrière-culées. I)e sorte que la longueur totale du pont, qui est de 460 mètres, comprend une partie métallique de 410 mètres de longueur.
- Afin de donner au pont une stabilité parfaite, les • deux fermes qui constituent l’ouvrage ont été établies avec un fruit de 25 pour 100 sur la verticale ; il s’ensuit que l’écartement des arcs, qui n’est que de
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- 5m,89 à la partie supérieure, atteint, à l'endroit des appuis, une valeur de 55ra,59.
- Une particularité du viaduc du Yiaur, et qui constitue une innovation dans la construction des ponts, réside dans la construction des garde-corps qui bordent la voie sur ses deux cotés. Ceux-ci ont été constitués par des poutres de 1"’,80 de hauteur retenues, de distance en distance, par des contre-forts solides capables d’empêcher les trains de quitter le tablier en cas de déraillement.
- Les proportions considérables du pont du Yiaur ne peuvent être saisies qu’imparfaitement en regardant son dessin (lig. J) et il importe d’établir un point de comparaison pour donner une idée des dimensions de cet ouvrage qui pèse plus de 5(>00 tonnes, c’est-à-dire à peu près la moitié du poids de la tour
- Eilfel. La hauteur des pièces métalliques au-dessus des points d’articulation R et B' atteint 55 mètres, c’est-à-dire la hauteur des tours de Notre-Dame. Disons enfin que la distance verticale de 115 mètres qui séqiare le niveau du rail du fond de la vallée représente trois fois la hauteur de l’Arc-de-Triomphe.
- La conception de cet ouvrage était sans doute la réalisation d’une grande difficulté vaincue; avoir trouvé le moyen schématique d’établir ainsi, entre deux points distants de près d’un demi-kilomètre, une élégante ossature capable de supporter le tablier et les rails, constitue assurément un fort beau travail ; mais cela ne suffisait pas encore à la réalisation de l’ouvrage, il fallait de plus en exécuter la construction, dresser toutes ces poutres métalliques les unes sur les autres, mener à bien enfin
- Fig. 1. — Vue d’ensemble du pont du Viaur. (D'après une photographie de >1. Aillaud.)
- ce gigantesque travail sans occasionner d’accident. Cette partie de l’ouvrage constituait le côté le plus laborieux de l’opération.
- Il était impossible de songer à établir un échafaudage en bois pour la construction de l’arc du milieu ; il eût fallu employer un nombre de mètres cubes de bois considérable et d’un prix tellement élevé que l’on aurait sans doute renoncé à la mise en œuvre de l’ouvrage. D’ailleurs on dispose aujourd’hui de moyens qui permettent de réunir les pièces des ponts métalliques en porte-à-faux, sans intervention d’échafaudage de soutien.
- Nous avons vu des exemples de cette manière d’agir, notamment dans la construction des passerelles au-dessus de la Seine, à l’Exposition de 1900.
- Pour le pont du Yiaur, on a commencé par construire les deux parties extérieures à l’arc à l’aide d’un échafaudage en bois qui, après avoir été utilisé pour un côté, a été démonté, puis transporté sur
- l’autre rive pour la construction du second côté. Une fois ces deux masses métalliques établies et bien assises sur le sol, on s’est occupé d’établir en porte-à-faux les pièces qui constituent l’ossature métallique de la partie centrale, en retenant les portions mises en place à l’aide de forts tirants solidement fixés dans le sol. Puis, sur les éléments déjà posés, on a placé de chaque côté du pont des échafaudages roulants composés chacun de deux grandes poutres qu’on pouvait faire glisser sur la partie du tablier déjà construite (fig. 2). Ces échafaudages volants étaient à plusieurs étages, de façon que les ouvriers pussent sans difficulté fixer les pièces métalliques nécessaires à la prolongation de l’ouvrage.
- Les deux chantiers progressaient donc, de jour en jour, l’un vers l’autre dans le vide. Il en a été ainsi jusqu’à ce qu’ils soient arrivés à se rencontrer; alors on mit en place l’articulation de clé.
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- Une fois que tous les éléments métalliques (lu pont ont été posés et rivés, on a procédé aux épreuves de résistances relatives aux surcharges, fixes et mobiles.
- Les premières ont consisté dans le maintien, au milieu de l’ouvrage, de deux locomotives à 4 essieux et de 14 tonnes chacune munies de leur tenders
- Fig. 2. — Échafaudage volant du nouveau pont sur le Viaur. (D’après une photographie de îl. Aillaud.)
- pesant chacun 12 tonnes, soit au total 52 tonnes. Les épreuves de charges mobiles ont été obtenues en faisant passer un train de voitures pesant 2670 ki-
- logrammes par mètre courant. Ces différents essais ayant donné pleine et entière satisfaction, le pont a été remis à la réception officielle et doit
- Fig. 5. _ Dispositif schématique relatif au nouveau pont du Viaur.
- incessamment être livré à l’exploitation courante.
- Tel est le bel ouvrage que le Ministre des travaux publics, M. Maruéjouls, inaugurait il y a quelques semaines, en grande pompe, entouré de MM. Pérouse, directeur des chemins de fer au Ministère
- des travaux publics; Aucoc, président du Comité d’administration des chemins de fer du Midi; Lax, inspecteur général des ponts et chaussées, et des représentants de la Société de construction des Bati-gnolles, ouvrage qui, nous ne saurions trop le répé-
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- ter, constitue aujourd’hui l’entreprise la plus hardie et la plus originale parmi tous les ponts actuellement construits en France. A. da Cunha.
- LES SUCCÉDANÉS DU CAFÉ ET LE GOMBO
- Peu de produits alimentaires ont autant de succédanés que le café, ce qui n’est pas étonnant, étant donné son prix élevé et son goût délicieux; la plupart d’ailleurs ne reproduisent qu’imparfaitement son arôme délicat. Mais la couleur y est et l’imagination fait le reste....
- A part la chicorée que tout le monde connaît, et dont l’emploi est très répandu, on a essayé, pour remplacer le café, une multitude de substances dont l’énumération se
- Gombo à fruit long.
- passe de commentaires : les graines des céréales (avoine, orge, riz, blé, seigle, maïs), seules ou imprégnées de bière, de rhum ou d’eau-de-vie, les marrons, les châtaignes, les fèves, les pois, les haricots, le sarrasin, les carottes, les graines du huis, du dattier, de l’amandier, le souchet comestible, l’arachide, le grateron, la fougère mâle, l’iris faux-acore, le houx, le genêt d’Espagne, les ligues et même les œufs de morue, mêlés à la peau de cet intéressant poisson,
- Tous les produits que nous venons de citer ne sont plus guère employés, — comme les châtaignes et le sarrasin, — ou ne sont plus que d’un usage très restreint, — comme la ligue et le malt de céréales. D’autres sont plus importants et quelques détails sur eux ne seront pas inutiles.
- On fait un café assez présentable avec les glands doux fournis par le chêne d’Espagne, fruits que, d’ailleurs, on mange en Espagne, en Portugal et en Corse. A défaut de glands doux, on emploie les glands du chêne ordinaire, que l’on enterre pendant quelque temps pour en faire disparaître l’amertume. Pour obtenir une tasse de ce
- café au degré voulu de concentration, il faut 15 grammes de glands doux torréfiés et moulus.
- Dans le midi de l’Europe, dans le bas Languedoc et à Montpellier notamment, on se sert pour le même usage des graines du pois chiche que l’on torréiie jusqu’à ce qu’ils prennent la teinte dite « aile de hanneton ». La décoction n’en est peut-être pas très bonne, mais elle est inoffensive.
- En Angleterre, on utilise de la même façon la graine de l’astragale boetique. Dans plusieurs parties de la France, on s’adresse au lupin à feuilles étroites, dont les graines, par la torréfaction, acquièrent un arôme très agréable, qui en fait un des meilleurs succédanés du café. Le (jaernera vaifina la, arbre de la Réunion, produit des sortes de grains de café qui donnent également une boisson rappelant le café ordinaire; mais, de même que dans la plupart des succédanés du café, il n’y a pas trace de caféine.
- Le (( café nègre » est fourni par le Cassia occidentalis, arbrisseau de la famille des légumineuses. (( Cette plante, dit M. H. Lecomte, dans son beau livre sur le café, croit dans les régions chaudes de l’Asie, de l’Amérique et de l’Afrique. Elle répand, partout où on la rencontre, une odeur très désagréable qui justifie le nom qu’on lui a donné d’herbe puante ou de bois puant, et qui en fait connaître de loin la présence. Le café nègre, préconisé par M. Bélanger, figurait déjà à l’Exposition universelle de 1855, au nombre des produits de la Guadeloupe, et, dans la notice accompagnant ces produits, on lit, sous la signature du I)r Desbonne : « Les graines sont recueillies et « torréfiées ; on en prépare, après les avoir réduites en « poudre, une infusion caféifonne fort agréable. Cette infu-(( sion pourrait, en certaines occasions, être succédanée de « celle du café, et est, certes, plus agréable que le café de « chicorée ». Malgré tout le bruit que l’on crut devoir faire, à un moment donné, autour de cette substance, l’emploi en a toujours été très restreint, et, d’ailleurs, au début, le prix de revient était beaucoup trop élevé. L’analyse. des graines, elfectuée par M. Clouèt, a donné les résultats suivants : matières grasses, 4,945 ; acide tanni-que, 0,9; acide malique, 0,06; acide chrysophanique, 0,915; sucre, 2,100; matière colorée particulière (achro-sine), 13,580; gomme, 28,8; amidon, 2; cellulose, 54; eau, 7,02; matières fixes (sels), 5,6. ï’ar la torréfaction du café nègre, il se développe, comme d’ailleurs dans celle du café véritable, aux dépens du sucre, une matière brune qui est un véritable caramel et il se dégage une odeur rappelant tout à fait celle du café que l’on brûle. 11 est probable que le café nègre pourrait être employé au même titre que la chicorée. »
- Un autre succédané intéressant du café est le gombo ou ketmie comestible qui se présente sous la forme de fruits secs longs de 0m,7, que l’on voit souvent chez les marchands de produits exotiques. «.J’ai bu, en Orient, dit M. Léon Dattier, l’infusion des semences de la ketmie, bien souvent préparée avec plus que de la négligence, et toujours elle m’a paru une très agréable boisson, offrant une supériorité marquée sur les qualités inférieures du café, et quelquefois égalant presque le moka. Mais, pour obtenir ce résultat, il faut employer des semences bien choisies, arrivées à parfaite maturité et torréfiées avec beaucoup de soin. Le procédé qui m’a le mieux réussi consiste à renfermer les graines dans un brûloir à eafé et à chauffer pendant tout le temps que la crépitation se fait entendre. Dès qu’elle cesse, il faut les étendre sur une table de marbre ou sur tout autre objet qui puisse les re-
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- froidir avec rapidité. Un pile et l’on passe au filtre. J’ai essayé de ne pousser la torréfaction que jusqu’à un degré suffisant pour colorer en noisette claire l’intérieur de la graine: alors la fécule qu’elle contient demeure soluble. Après l’avoir réduite en poudre fine et passée au tamis, on la mêle avec du lait ou de l’eau sucrée ; si on procède alors comme lorsqu’on veut obtenir une bouillie de farine, on obtient un produit assez semblable au chocolat, très agréable au goût et conservant une bonne partie de l’arome spécial qui distingue la graine. »
- 3Ne quittons pas cette intéressante plante sans rappeler qu’on peut l’utiliser à bien d’autres préparations culinaires, du ealalou notamment. Voici quelques recettes :
- Recette de la Louisiane. — Mettez dans une casserole une assez grande quantité de saindoux. Quand celui-ci est bien chaud, jetez-y 500 grammes de poitrine de bœuf et 500 grammes de jambon ou de lard fumé jusqu’à ce que l’un et l’aulre soient bien revenus, bien dorés. Entre temps, épluchez une demi-livre de crevettes ; pre-nez-en les tètes et pilez-les dans une casserole, en mouillant avec de l’eau bouillante passez dans une passoire fine et ajoutez environ trois litres d’eau bouillante. Versez ce liquide sur la viande, en ajoutant en même temps des queues de crevettes et de homard, du sel, du poivre, du piment et un bouquet de persil, thym et laurier. Au moment de servir, on jette environ 125 grammes de poudre de gombo.
- Recette, de la Martinique.— Faire revenir 250 grammes de jambon. Ajoutez au bouillon 250 grammes de gombo coupé, six crabes dépourvus de leur carapace, de l’oseille, des épinards, du sel, du poivre et un peu de piment. Ajoutez un peu de beurre et mélangez bien le tout ensemble. Faire cuire assez longtemps. Ce plat se mange tel quel ou avec du riz cuit à l’eau, salé et égoutté.
- Recette turque. — Faire cuire un quartier de mouton dans du saindoux, puis le couper en morceaux et remettre dans la casserole. Mettez-y du gombo frais ; arrosez avec une sauce tomate aromatisée et du jus de citron. Laisser cuire pendant environ deux heures.
- Le gombo est d’un usage journalier en Égypte, en Syrie, en Grèce, en Turquie, aux Indes, dans la Louisiane, aux Antilles et dans toute l’Amérique du Sud. Les fruits voyagent fort bien et arrivent en France en excellent état : à Paris, son usage commence à se répandre.
- Henri Corna.
- CENTENAIRE DES TROTTOIRS PARISIENS
- On n’y pense guère à ce centenaire... et pourtant on ne comprendrait pas une rue moderne sans ses trottoirs. Au bon vieux temps, on désignait sous ce nom le passage situé au même niveau que la chaussée et où trottaient les piétons pressés. Le vrai trottoir surélevé au-dessus de la chaussée date seulement d’un siècle. Il y a toujours eu cependant, en général, une partie de la chaussée plus ou moins nettement destinée aux piétons.
- Ainsi que l’attestent les fouilles de Pompéi, les Romains connaissaient déjà l’usage des trottoirs, formés simplement à cette époque d’une file de grosses pierres servant à maintenir la construction du coté de la chaussée. En outre, des bornes élevées jalonnaient, de loin en loin, cette succession de dalles afin d’empècher les roues des chars de les escalader. Puis d’autres blocs s’échelonnaient au milieu de la voie pour que les promeneurs puissent passer d’un trottoir à l’autre sans mouiller leurs sandales, quand l’orage transformait la rue en ruisseau. Toutefois
- les cités du Moyen Age ignorèrent ce perfectionnement des communications urbaines et il faut arriver au dix-septième siècle pour voir les trottoirs faire leur réapparition à Londres.
- Mais, en France, si le Pont-Veuf fut doté de quelque chose d’analogue, si à partir de 1782 on réserva aux alentours de certains théâtres une bordure en pierres de taille revêtues de petits pavés en grès, et si le fermier général de Laborde imagina d’établir le long de la rue Le Peletier une bande de terrain pour permettre aux passants de se garer des carrosses, ce fut seulement en 1802, sous l’administration du préfet de la Seine, Frochot, qu’on posa des trottoirs à Paris, rue Laffitte puis rue du Temple.
- Le système adopté, dû à l’ingénieur irlandais Dillon, se composait d’une bordure en pierres calcaires, protégée de distance en distance contre le choc des véhicules par des (( bonifiions,)), sortes de blocs semi-circulaires qui avançaient sur la chaussée. Un pavage constituait le revêtement de F aire et, comme il n’existait pas de pente douce devant les maisons, le piéton devait monter et redescendre à chaque instant. Cet état de choses, plutôt mal accueilli du public, dura jusqu’en 1825, année où l’administration imposa l’obligation du trottoir aux rues Bayard et Jean-Goujon, alors en construction.
- Peu après, le Conseil Municipal encouragea par une prime les possesseurs d’immeubles à édifier des trottoirs devant leurs portes: la ville prenait à sa charge un tiers de la dépense pour les dalles en granit et un cinquième pour celles en lave. Les propriétaires des rues Saint-Lazare, de la Chaussée d’Antin, Richelieu et Saint-Honoré donnèrent les premiers un exemple vite imité. Par la suite, divers perfectionnements s’introduisirent dans ce domaine. On fit des trottoirs continus devant les maisons; on les construisit en pavés, en briques,puis en granit; en 1850 l’asphalte, préconisé par Darcy, détrôna presque partout le granit. Fit tous les jours on cherche du nouveau.
- Quoi qu’il en soit les premiers trottoirs parisiens dignes de ce nom remontent seulement à 1802. H y a un siècle. Jacques Rover.
- PRODUCTION DES GRAINES DE REITERATES
- BOUTURAGE, GREFFAGE, SECTIONNEMENT
- Depuis longtemps les producteurs de graines de betteraves se sont ingéniés à obtenir des semences d’élite présentant toutes les garanties voulues sous le rapport de la régularité des racines et de leur richesse saccharine. Les procédés généalogiques créés par Vilmorin, les sélections physique et chimique, permettent incontestablement d’aboutir à de bons résultats, mais les semences obtenues de la sorte, sont grevées de si grands frais qu’elles ne peuvent être livrées à la vente; elles donnent des planchons qui, cultivés la seconde année, deviennent la souche des graines commerciales.
- Par les procédés ordinaires le rendement moyen des plants est relativement faible; il n’excède pas 250 à 500 grammes au maximum. S’il était possible, tout en respectant les lois de l'atavisme et en conservant scrupuleusement toutes les qualités de nos bonnes betteraves actuelles, d’augmenter la puissance prolifique des planchons, de la pousser par exemple
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- à I i ou 15 kg, on conçoit] que l'on aurait réalise de très gros progrès dans la voie de la production économique des semences. De cette idée sont nées les nouvelles méthodes de reproduction, appelées improprement asexuelles, dues à Briein de Prague, qui consistent à multiplier les betteraves à sucre par bouturage, grellage et sectionnement. En France, le système a déjà rallié quelques adeptes, parmi lesquels MM. Gorain et Hélot, dont les travaux ont été communiqués à plusieurs reprises à la Société Nationale d’agriculture.
- La préparation des plants demande un certain temps et un matériel spécial. Lorsque, vers le mois de lévrier, le chimiste a déterminé la teneur en sucre des sujets déjà sélectionnés sous le rapport de leurs caractères extérieurs, on installe les racines choisies à plat, sur un plan incliné aménagé dans une serre ehauflée au thermo-siphon, à une température constante d’environ 15 degrés; on les recouvre légèrement de terre et on les arrose tous les jours. Sous
- rinlluenee de la chaleur et de l’humidité, les bourgeons ne tardent pas à se développer. Au bout d’un certain temps, ils fournissent les éléments nécessaires aux opérations.
- Le bouturage consiste à détacher avec un canil bien tranchant les jeunes pousses développées de la betterave, à les placer en terre dans des conditions de chaleur et d’humidité favorables à la formation des racines; il s’agit en somme de les traiter à l’instar des boutures herbacées ordinaires.
- La bouture de M. Gorain (tig. ti), est un bourgeon dont on a conservé la plus grande surface possible d’épiderme. Elle diffère de la bouture allemande (lig. 7), qui est caractérisée par l’absence complète de tout tissu radiculaire. Aussitôt sa séparation, le fragment de chair adhérent est pansé au charbon de bois, puis, la bouture est repiquée en terre ou sous châssis et convenablement arrosée. Quand la reprise est assurée, que le jeune végétal est suffisamment armé pour la lutte, on le transplante ne
- tig. 1. Gouge à greffer les betteraves. — Fig. 2. Prélèvement des greffes. — Fig. 3. Procédé Gorain. Deux greffes sont insérées à la périphérie de la partie décolletée. — Fig. 4. Procédé Hélot. Insertion des greffons sur le côté. — Fig. 5. Procédé Bcrthault. Les greffes sont faites à 3 à 4 centimètres du bord extérieur. — Fig. G. Bouture Gorain. — Fig. 7. Bouture allemande.
- pleine terre. La racine se forme, et celle-ci, récoltée l’automne suivant, est conservée en silo pour donner des planchons l’année d’après. M. Gorain relire en moyenne de chaque racine nue douzaine de boutures qui fournissent des graines la même année. La figure 12 représente une de ces boutures arrivée à complète maturité.
- Dans l’opération du greffage, on détache de la betterave d’élite, à l’aide d’une gouge (fig. 1), une trentaine de greffons foliacés pour les implanter sur une betterave sucrière ou fourragère faisant office de sujet. Les greffons sont enlevés avec un morceau de chair conique d’environ 20 millimètres de long sur 8 millimètres de large. Le sujet, recruté parmi les planchons du poids moyen de 250 à 500 grammes, est très énergiquement décolleté avant de recevoir les greffes. L’insertion des greffons se fait, soit sur le coté d (lig. 4), soit dans une région voisine du sommet b c (fig. 5), soit à quelques centimètres du bord extérieur e (fig. 5). M. Gorain pratique à une faible distance de la périphérie, avec une gouge plus petite que la précédente, une entaille de la forme du greffon. 11 insère deux greffes sur le même sujet en les
- comprimant légèrement dans les cavités aménagées pour les recevoir, et, pour les y fixer, il ligature le tout à la laine, imitant le jardinier qui vient d’écus-sonner un rosier. Les sujets greffés sont ensuite plantés en serre à 20 centimètres d’écartement en tous sens ; ils sont maintenus dans les conditions de chaleur et d'humidité énumérées précédemment jusqu’au moment de leur reprise, époque où on profite d’une belle journée pour les mettre en pleine terre. La soudure des deux individus réunis ne tarde pas à devenir extrêmement intime. Il suffit pour s’en convaincre de jeter les yeux sur les ligures 15, 14, représentant des betteraves extraites des cultures de M. Gorain, à Offekerque, et de M. Hélot, à Noyelles-sur-l’Escaut. La première est une grelle double, exécutée en mars (1899), sur un planchon. et arrachée dans les premiers jours d’août, après maturité. Un avait placé sur les bords opposés du sujet deux greffes qui se sont développées, ont fleuri et fructilié. La seconde provient d’une greffe réalisée dans l’exploitation de M. Jules Hélot, devant une commission où se trouvaient MM. Stanislas Têtard et Henry Sagnier. Sur cette betterave, arrachée avant
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- la maturité, on distinguo facilement le porte-greffe du greffon. Le premier est resté A peu près inerte, tandis que le second au contraire s’est développé au
- point de former une racine aussi volumineuse ipie la nourrice. Iht collet, surgissent en effet quatre tiges vigoureuses, qui sont des excellents indices
- Fig, 8 et 9. Cultures de M. Goraiu. Reproductions photographiques de la partie souterraine de 2 boutures ayant fructifié dans l’année-Fig. 10 et 11. Cultures de Grignon. Racines de 2 boutures, l’une (n° 10), montée à graines; l’autre (n* 11), non montée.
- Fig. 12. Cultures de Grignon. Bouture montée à graines.
- de la puissance prolifique du nouvel individu. betterave-mère peut encore être sectionnée en un
- Après avoir donné des boutures ou des greffes, la certain nombre de parties. Chaque partition, pansée
- Fig. 13. Photographie d’une greffe double provenant des cultures de M. Gorain.
- Fig. 11. Betterave greffée extraite des cultures de M. Hélot. — Fig. 15. Sujet provenant du fractionnement de la betterave-mère.
- au charbon de bois comme la base des boutures Gorain, est plantée en serre à 20 centimètres en tous sens et donne un pied-mère se comportant à la façon d’une betterave entière. La figure 15] est une
- reproduction fidèle d’une section de betterave-mère récoltée dans les cultures expérimentales de Grignon, au moment de sa maturité.
- Par l’application rationnelle des méthodes précé-
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- LÀ NATURE.
- doutes, M. Gorain prétend al)outir à une surproduction de graines et à l’amélioration des races de betteraves à sucre. Diverses expériences ont déjà été entreprises dans plusieurs de nos exploitations agricoles du Nord. Les résultats obtenus semblent jusqu’ici faire ressortir la supériorité du nouveau mode de reproduction. Albert Vu,coq,
- Professeur d'agriculture.
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- LES CHRYSANTHÈMES
- La Société nationale d’horticulture vient de donner son annuelle exposition d’automne. Une exposition tlorale à cette saison, alors que nos jardins ont déjà revêtu leur parure d’hiver? cela peut paraître bizarre aux profanes et — chrysanthèmes à part — on se demande quelles fleurs la science horticole moderne peut bien faire venir en pleine terre? On y voit des œillets, des orchidées, des némésies, des phlox, des bégonias, des clématites, des cyclamens, des violettes, des dahlias cactus, si bien que, sans la température plutôt fraîche, et si l’on n’avait aperçu les arbres des Champs-Elysées, avec leurs feuilles jaunies, on aurait pu croire à un retour au printemps.
- Dirai-je aussi que la Société d’horticulture avait réuni la plus belle collection de fruits, venus en serre ou à l’air libre, qu’il soit possible de rêver ! pommes, poires, pêches, raisins d’une succulence à faire venir l’eau à la bouche, mais qu’il fallait se contenter d’admirer.
- Quant aux chrysanthèmes, les mille et quelques variétés étaient tout simplement merveilleuses. Ils sont aujourd’hui très à la mode les chrysanthèmes, et on a bien raison de les cultiver avec soin, car ces plantes donnent une profusion de fleurs aux tons divers qui oui l’incomparable avantage de se développer à une époque de l’année où sans eux nos jardins auraient déjà la tristesse de l’hiver. Sous la culture d’habiles et persévérants horticulteurs, ces fleurs d’automne produisent des capitules surprenants de variétés, au triple point de vue de la contexture, de la coloration et de la taille. Et l’on se demande ce que pourront bien être dans une quinzaine d’années les variétés de ce s plantes si la science horticole continue à les modifier d’une manière aussi étonnante qu’elle le fait depuis longtemps déjà.
- Quels furent les parterres les plus admirés, il est difficile de le dire. Tous présentaient les plus jolis coloris qu’il soit posible de rêver : chrysanthèmes de l’Inde, de Chine ou du Japon, grandi flores ou matricaires des Indes et leurs variétés portant les noms les plus divers et les plus actuels.
- Fait assez curieux, c’est à un officier qu’est due principalement en *France la culture des chrysanthèmes : introduites en Europe, vers 1789, par un voyageur marseillais, ces fleurs n’étaient guère connues et appréciées que des seuls botanistes, lorsqu’on 1827 un officier en retraite, le capitaine Bernet, qui s’occupait en amateur de jardinage, eut l’idée de faire des semis de chrysanthèmes au jardin du Roi de Toulouse, devenu le Jardin des Liantes. Le capitaine Bernet réussit, l’essor était donné ; on fît dans la suite de très nombreux semis, de rigoureuses sélections, une infinité de croisements, et c’est ainsi que les horticulteurs, à force de patience et de sagacité, ont déterminé la formation de ces innombrables variétés de chrysanthèmes cultivés qui ont été si admirés à l’exposition de la Société nationale d’horticulture.
- P. M.
- CHRONIQUE
- La population on Franco. — D’après le rapport sur le mouvement de la population de la France en 1901, la balance des naissances et des décès se solde par un excédent de 72 598 naissances, alors que l’année précédente avait fourni un excédent de 25 988 décès. Ce résultat est dû à une augmentation de la natalité et surtout à une notable diminution de la mortalité : il y a eu, en 1901, 29 977 naissances de plus qu’en 1900 (857 274 au lieu de 827297) et 08409 décès en moins (784870 contre 855285). Ajoutons que, dans la presque totalité des départements français, la natalité a été plus considérable qu’en 1900, et la mortalité plus faible. En 1901, l’accroissement proportionnel de la population ressortit à un taux sensiblement plus élevé que durant la période décennale 1891-1900 : l’excédent des naissances représente
- 0,19 pour 100 du chiffre de la population légale, tandis que l’accroissement annuel moyen, calculé pour la période décennale 1891-1900, ne dépassait pas 0,00 pour 100. L’année 1901 marque ainsi une amélioration par rapport aux trois années précédentes : 1900, qui avait donné un excédent de décès, 1899 et 1898, qui avaient fourni des excédents de naissances notablement plus faibles. Cependant, la situation du pays, au point de vue de l’accroissement de sa population indigène, reste toujours peu satisfaisante; en effet, malgré l’excédent notable de naissances observé en 1901, l’excédent calculé sur la période triennale 1899-1901 représente seulement 0,07 pour 100 habitants, au lieu de 0,15 pendant la période quinquennale précédente.
- La plus puissante locomotive anglaise. —
- La Compagnie Great Western Railroad vient de. mettre en service une locomotive d’express qui dépasse en puissance tout ce que possédaient encore les lignes britanniques: c’est une machine à dix roues dont 0 sont accouplées, tandis que les quatre autres supportent un bogie. Les roues motrices sont également chargées et ont un diamètre de 2"',04 ; les cylindres ont une course considérable de 7G2mm pour 457mm de diamètre; le corps de la chaudière présente un diamètre extérieur de lm,47 àlm,52, pour une longueur de 4“,48. La surface de chauffe est de 222 m2.
- La voilure d’un voilier géant. — On vient de construire aux Etats-Unis un nouveau voilier à 7 mâts, le schooner Thomas H. Lawson’, or, pour sa voilure, il ne faut pas moins de 5995 mètres carrés de toile pour les 25 voiles de ce géant, et encore en emploiera-t-on presque autant pour les prélarts, les tonds, les enveloppes de la voilure, etc. Quant au gréement proprement dit, sans parler des câbles en métal, il demandera 5000 kg de cordage de Manille de la meilleure qualité. Il va de soi que ces voiles gigantesques sont soumises à des efforts énormes par suite de leurs proportions, et qu’il faut des matières premières d’une grande résistance ; aussi les coins des voiles sont-ils garnis d’une sextuple épaisseur de toile.
- Le pétrole dans l'Alaska. — Décidément cette contrée de l’Alaska, demeurée si longtemps dans l’abandon, possède des ressources imprévues: voici qu’on vient dans un forage exécuté à Cotella, sur la côte sud, de trouver une source jaillissante de pétrole qui a envoyé durant quelque temps l’hydrocarbure à plus de 60 mètres avant qu’on pût se rendre maître du jet. Ce pétrole est, paraît-il, d’excellente qualité, et l’on affirme qu’on peut s’attendre à en trouver sur une étendue de plus de 45 kilomètres dans cette région.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du Al novembre 1902.
- Présidence de M. Albert (îaüdry.
- Les impuretés de F or;/gène du commerce. —La vente de l’oxygène comprimé dans des tubes est devenue courante dans ces derniers temps. Naguère cet oxygène était préparé au moyen de certains corps absorbant l’oxygène atmosphérique à une température donnée et le restituant à une température plus élevée. La nature des impuretés dépendait alors de l’étanchéité des appareils. Aujourd’hui on prépare l’oxygène par éleclrolyse de l’eau; par suite, on peut dire, a priori, que c’est l’hydrogène qui trouve des facilités pour passer dans les tubes de compression. M. Berthelot, en étudiant l’oxygène comprimé du commerce, a reconnu que 8 litres de ce gaz à la pression ordinaire contenaient 4 cm3 d'hydrogène, soit environ 1/2000.
- L’éruption de la Martinique. — M. Darboux annonce qu’il a reçu de M. Lacroix une lettre confirmant les détails déjà donnés à M. Michel Levy. L’éruption n’a pas eu d’arrêt depuis le mois d’aoùt; elle a continué par petites explosions. La nuit, lorsque le brouillard se dissipe, le cône est lumineux. Il se transforme sans cesse; c’est un amas de matières sans cheminée centrale. La saison est maintenant plus favorable pour les observations, mais il fait très chaud ; par suite l’ascension de l’observatoire, installé à 18 km de toute habitation sur un monticule de 500 mètres de hauteur, est extrêmement pénible. Les cendres augmentent les désagréments de la marche. M. Lacroix annonce qu’il a fait construire une casemate, afin de fournir un refuge aux observateurs en cas d’éruption.
- Le mal de Caderas et celui de Nagana. — Ayant observé que le mal de Caderas et le mal de Nagana sévissent sur les mêmes espèces animales, l’un dans l’Amérique, l’autre dans l’Afrique du Sud, qu’ils se manifestent par les mêmes symptômes et qu’ils sont dus tous deux à des trypanosomes présentant la plus grande ressemblance, M. Laveran a entrepris d’identifier les deux trypanosomes. Il a été conduit à une conclusion négative. En effet, le même animal peut avoir les deux maladies et présenter dans le sang les deux trypanosomes ; en outre, l’immunisation contre le Nagana ne protège pas l’animal contre le Caderas. Enfin le sérum des animaux immunisés contre le Nagana est très actif sur le trypanosome de cette maladie; il est inerte sur le trypanosome du mal de Caderas.
- L’arsenic dans la nature. — M. Armand Gautier rappelle qu’au moyen de ses procédés d’investigation qui lui permettent de doser des quantités d’arsenic centésimales,
- 11 a pu montrer que l’arsenic s’élimine par la peau, les poils, la corne, les ongles. Il a recherché l’arsenic chez les oiseaux et ayant naturellement identifié les plumes avec les poils, il a essayé de le trouver dans les plumes. Mais, à son grand étonnement, il ne l’a point rencontré dans les grandes plumes des ailes et de la queue ; il l’a rencontré, il est vrai, dans le duvet du poitrail ou du ventre, à la dose de 0n’er,H2 d’arsenic pour 190 grammes de matière sèche. L’arsenic est-il propre dans la nature aux animaux à sang chaud? Pour résoudre cette difficulté, M. A. Gautier s’est adressé aux algues marines et terrestres dans lesquelles il a déjà signalé la présence de l’iode. Selon sa prévision, l’arsenic y accompagne l’iode. Enfin, dans
- 12 litres d’eau de mer puisée à 50 kilomètres des côtes, il a dosé 0msr,05 d’arsenic, dans le résidu laissé sur un filtre de porcelaine. Or, si l’on réfléchit qu’il n’y a guère que 1 à 2 centigrammes de plankton par litre d’eau de
- mer, on voit que le plankton est très riche en arsenic. L’eau qui avait filtré au travers de la porcelaine contenait encore de l’arsenic. D’où vient cet arsenic dans l’eau de la mer? Des grani'es, ainsi que le démontre M. Gautier par des dosages d’arsenic dans le granité accusant une teneur d’environ 0/10 000 000e.
- Le sommeil et l’anesthésie par les courants électriques. — M. d’Arsonval annonce que M. Leduc, poursuivant ses expériences relatives à l’action anesthésique des courants, est arrivé à produire sur des animaux le sommeil et l’anesthésie à l’aide de courants continus interrompus 150 et 200 fois par seconde. Le sommeil et l’anesthésie sont réguliers.
- Varia. — M. Cannevel, ingénieur civil, présente un pendule permettant de reproduire l’expérience de Foucault en faisant usage d’un piton de suspension quelconque. L’appareil et ses accessoires sont contenus dans une boîte de petites dimensions; il est d’un prix modique. Il fonctionne pendant trois heures et convient spécialement aux démonstrations scolaires. Cu. de Yn.i.KOEua.
- «TILLY-BÉBÉ»
- LA DOMPTEUSE DE LIONS AU CIRQUE MEDRANO
- Depuis quelques années, Témancipation des femmes a fait des progrès indéniables ; nous avons des doctoresses en médecine, en droit, en sciences et en lettres; et la femme aujourd’hui est représentée dans toutes les professions ; si à Paris nous n’avons pas encore vu la femme cocher de fiacre, elle existe à New-York. Pourquoi donc, puisqu'il y a des femmes acrobates, des femmes clowns, des femmes gymnasiarques, n'y aurait-il pas aussi des femmes dompteuses? Elles sont rares, il est vrai, et ce n’est que d’une quinzaine d’années que date leur entrée dans la... carrière ou plutôt dans les cages. On m’a parlé de Miss Senide, mais j’ai vu maintes fois, tant à la Foire au pain d’épice qu’à la Foire de Neuillv, la célèbre Nouma Hawa, dont la ménagerie pouvait rivaliser avec celle des Pezon, des Bidel ou des Juliano ; le dompteur mondain Mark essaya bien d'initier quelques-unes de nos élégantes les plus en vues aux secrets du dressage ou plutôt à la présentation des bêtes féroces : mais aucune ne persévéra dans cet art délicat et dangereux. L’an dernier Medrano, le joyeux Boum-Boum, nous présenta à son cirque du boulevard Rochechouart Miss Àzulina et son ours savant, cette année il a découvert la dompteuse de lions : Miss Tilly-Bébé. Je me hâte cependant de dire que Tilly-Bébé n’a pas eu le mérite de dresser ses douze lions : ce « numéro » appartenait déjà à une femme qui, sous le nom de Comtesse X..., avait fait une triomphale tournée en Allemagne, en Russie et dans les pays Scandinaves.
- Permettez-moi d’abord de vous présenter Tilly-Bébé : Tilly-Bébé, MUe Mathilde Rupp, n’est pas une enfant de la balle, il n’y a que deux ans qu’elle travaille « les lions » ; auparavant elle était secrétaire sténographe d’un avocat célèbre de Vienne ; il faut dire qu’elle avait reçu une excellente instruction
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- à l’Institut commercial de Vienne. Sitôt qu’elle pouvait s’échapper de l’étude de son avocat, c’était pour aller au Jardin zoologique de Vienne, et là elle restait en contemplation muette devant les grands fauves. A force de voir ainsi et d’étudier les lions de l’Atlas ou les tigres du Bengale, Mlle Rupp sentit venir la vocation ; elle se rendit compte que les mœurs de ces rois du désert ou de la jungle, ne devaient pas être aussi féroces qu’on se plaisait à le dire, car ils paraissaient doux avec leurs gardiens : il est vrai que ceux-ci n’employaient point la brutalité avec leurs pensionnaires.
- M1Ie Rupp vit également, dans les ménageries de passage à Vienne pour les foires, des belluaires qui ne ressemblaient en rien aux gardiens du Jardin zoologique : ils étaient, eux, plus féroces que leurs lions. Et, dans ce cerveau d’enfant, — la future
- dompteuse avait à peine vingt ans, — celte idée germa qu’on pourrait tout aussi bien obtenir par la douceur ce que d’autres s'efforcaient d’obtenir par la violence. Mais qui voudrait d’elle, faible femme, comme aide parmi ces dompteurs fameux? En hasard, — la venue à Vienne de la comtesse X, — lui permit de mettre son projet à exécution : bravement, Mathilde Rupp demanda à la dompteuse masquée de la prendre avec elle, et son engagement fut tôt signé. En peu de temps la jeune fille s’accoutuma si bien à ce nouveau métier, qu’elle devint aussi habile que son professeur, qui lui céda ses douze lions. Tilly-Bébé fit place à Mathilde Rupp, et notre dompteuse partit à travers l’Europe à la conquête du succès et de la fortune. Le succès, elle l’a obtenu; la fortune viendra, car un dompteur qui sait conduire fea barque, et travaille conseien-
- Tilly-Bébé au milieu do ses bêtes féroces.
- eieusement, ne manque pas de beaux] et brillants engagements.
- Le numéro de Tilly-Bébé est vraiment curieux et intéressant, et cette jeune fille qui semble presque une enfant, va et vient au milieu de ses douze lions comme si c’étaient des chiens ou des chats. Certes, vous avez déjà vu des dompteurs faire exécuter à leurs élèves des sauts, des pyramides, le jeu des tonneaux. Vous avez vu Bidel mettre sa tête dans la gueule de son grand lion, prendre un tigre sur ses épaules et jouer avec lui, et cela vous a donné le frisson. Quand on voit Tilly-Bébé faire son petit Bidel et introduire sa mignonne tête dans l’énorme gueule de Carlos, vous vous demandez si vous n’êtes pas le jouet d’une illusion. C’est pourtant réel, Tilly-Bébé — ce pseudonyme est bien trouvé; car Mlle Rupp est un vrai Bébé, — ne craint rien, efelle n’a même pas à la main la plus petite cravache : ses lions semblent l’aimer et la regardent avec de grands yeux pleins de douceur. Elle a son secret, comme l’àme
- du sonnet d’Arvers; et bien que les femmes ne soient pas réputées pour leur facilité à garder les secrets, Tilly-Bébé n’a pas voulu dévoiler le sien.
- On a fait courir sur les secrets des dompteurs une foule d’histoires plus ou moins véridiques; on a notamment dit qu’ils mêlaient des narcotiques aux viandes des repas.
- Je crois que tout simplement, la confiance et l’étude du caractère de chaque animal est le grand motif de l’autorité des dompteurs ; de plus il ne faut commander aux fauves que les exercices qui leur plaisent et ne point les rebuter; Tilly-Bébé est femme et, comme telle, elle saisit vite les particularités d’un caractère. Ce doit être son secret, car elle a souri quand je lui fis cette observation. Et maintenant bonne chance à la dompteuse Bébé, que l’avenir lui soit favorable comme le présent! Paui. Mégnix.
- Le Gérant : P. Masson.
- Péris. — Imprimerie Laiiurf., rue de Fleuras, 3.
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- N° 1540. — 20 NOVEMBRE 1 902.
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- LE GMND CARNASSIER FOSSILE DE YAIGIRARD
- Tous les Parisiens, qui aiment à se promener aux environs de la capitale, connaissent la grande carrière de A'augirard, près d'Issy, à quelques pas de la porte de Versailles. Là on exploite deux formations géologiques très différentes. En haut se trouvent les couches du Calcaire grossier, qui servent à la construction des maisons et qui sont remplies de coquilles marines. Elles reposent sur des argiles plastiques utilisées pour la fabrication des briques et des tuiles et dont l’origine est différente, puisqu’elles ren-
- ferment des coquilles d’eau douce, des débris de végétaux, des ossements d’animaux terrestres : un Crocodile, des Tortues, un grand Pachyderme, le Coryphodon, etc. Ces fossiles se rencontrent à la base de l’argile, à un niveau très voisin du fameux conglomérat de Meudon où l’électricien Gaston Planté avait trouvé autrefois les ossements d’un oiseau gigantesque, le Gastornis.
- Les ouvriers arrivent rarement à une telle profondeur, aux époques de grande sécheresse seulement.
- Mâchoire inférieure do Pachyhyæna de 1 argile plastique de Vaugirard au 1/4 environ de la grandeur naturelle.
- Les parties plus pâles sont en plâtre. On a tracé en pointillé le contour des dents qui manquent. Au-dessous, et à la même échelle,
- on a représenté une mâchoire de Lion actuel.
- Au mois d’août 1897, ils rencontrèrent à ce niveau quelques dents et de nombreux fragments d’os. Ces débris furent recueillis par M. Eugène Elleau, rédacteur au Ministère des Travaux publics, qui voulut bien me les remettre pour les collections de Paléontologie du Muséum. Deux dents intactes me frappèrent d’abord par leur forme et leurs dimensions. Elles dénotaient un mammifère carnassier énorme, différent de tous ceux que nous connaissions. Avec beaucoup de patience et de soin, je rapprochais les fragments osseux et j’obtins des portions considérables des deux mandibules d’une même mâchoire inférieure. Par un hasard des plus heureux, les parties qui manquaient cà l’une se trouvaient à l’autre, de
- 30e année. — 2e semestre.
- sorte que j’ai pu restaurer la mâchoire, en comblant les vides avec du plâtre.
- Sur ces entrefaites, M. Munier-Chalmas, professeur de géologie à la Sorbonne, à qui j’avais montré cette reconstitution, voulut bien me remettre des os des membres recueillis par lui, de 1894 à 1896, sur le même point de la carrière. M. Marcel Bertrand, professeur à l’École des Mines, a de son côté trouvé quelques fragments. Il n’est pas douteux que tous ces débris se rapportent à une même espèce; ils proviennent même probablement d’un même individu, car un os déterminé n’est jamais représenté que par un seul échantillon.
- La mâchoire inférieure, trouvée à Vaugirard,
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- mesure 47 centimètres de longueur. La mâchoire inférieure du Lion des cavernes, qui était plus grand que le Lion actuel, ne dépassait guère 28 centimètres. Celle du Grand ours des cavernes, beaucoup plus gros que les ours actuels, atteint exceptionnellement 40 centimètres.
- L’animal fossile, auquel cette mâchoire a appartenu, présente les caractères d’un groupe de Mammifères de l’époque tertiaire que les paléontologistes américains désignent sous le nom de Gréodontes, et que les paléontologistes français appellent volontiers des Subdidelphes. Ce dernier terme est plus expressif, car il rappelle que ces Carnassiers primitifs ont un certain nombre de caractères qui les rapprochent des Marsupiaux actuels ou Ridelphes. On retrouve ces caractères sur notre mâchoire. Comme chez les Marsupiaux carnivores, par exemple chez le Thyla-cine qui vit aujourd’hui en Tasmanie,, les molaires de l’animal de Vaugirard ne sont pas différenciées en carnassière et tuberculeuses, et l’angle de la mâchoire est fortement dévié vers l’intérieur.
- Ces molaires sont fortes, épaisses, toutes établies sur le même plan, contrairement à ce qui a lieu chez les Carnassiers actuels où les prémolaires, la carnassière et les tuberculeuses sont toujours dissemblables.
- Jusqu’à présent on n’avait jamais trouvé en Europe des dents fossiles présentant les caractères de celles du grand Carnassier de Vaugirard. Mais en Amérique on a signalé depuis longtemps des formes semblables ou extrêmement voisines. Le célèbre et regretté paléontologiste de Philadelphie, Cope, a extrait d’une couche fossilifère des montagnes des Wasatch, dont l’âge est sensiblement le même que celui de l’argile plastique de Paris, des ossements dénotant un animal très voisin du noire, plus petit toutefois que celui de Vaugirard puisque sa mâchoire n’a que 55 centimètres de longueur. 11 avait donné à cet animal le nom générique de Pachyhyæna, probablement pour rappeler qu’il avait des dents épaisses, destinées à broyer les os, comme celles des Hyènes.
- En 1892, deux autres habiles paléontologistes américains, MM. Osborn et Wortman, ont décrit, sous le nom de Pachyhyæna gigantea, quelques molaires provenant également des Wasatch, mais dénotant un animal beaucoup plus grand. Autant qu’on puisse en juger par des figures, ce fossile ressemble beaucoup à celui de Vaugirard.
- Les quelques os du squelette recueillis par M. Munier-Chalmas ne sont pas moins curieux que la mâchoire. Us nous apprennent d’abord que le Pachyhyæna de Paris, comme ses congénères américains, avait proportionnellement la tête beaucoup plus grande que le corps. Ils accusent un animal dont la taille ne dépassait guère celle d’un Lion ou d’un Ours actuel.
- Nous avons un tibia, deux morceaux de cubitus, des fragments d’un calcanéum, d’un astragale, plusieurs os des doigts. Ces derniers sont fort différents
- de ceux des Carnassiers actuels. Les pattes des Pachyhyæna se rapprochaient plus des pattes des Ongulés que de celles des Onguiculés ; les surfaces d’articulation des phalanges, moins arrondies que chez les Carnassiers actuels, ne se prêtaient pas à des mouvements aussi étendus. Les phalanges unguéales, au lieu d’être comprimées latéralement, sont aplaties et fendues à leur extrémité. Ce sont plutôt des sabots que des griffes. La fameuse loi de corrélation des caractères, établie par Cuvier, souffre ici une nouvelle exception. D’ailleurs notre gros animal ne devait pas rechercher les proies vivantes. Il n’avait probablement pas besoin d’attaquer. Il devait faire sa nourriture des cadavres des gros Pachydermes, ses contemporains. Ses molaires étaient disposées pour broyer des os plutôt que pour déchirer de la chair.
- La présence du genre Pachyhyæna dans l’argile plastique des environs de Paris confirme les rapprochements qu'on avait déjà établis entre les terrains éocènes de notre pays et ceux de l’Amérique du Nord. L’évolution de la vie, et particulièrement l’évolution des Mammifères, s’est faite parallèlement dans le Nouveau et l’Ancien Monde, du moins en ce qui concerne l’hémisphère boréal. On ne saurait être aussi affirmatif pour ce qui touche à l'hémisphère austral.
- M. Boule.
- LES LUEURS CRÉPUSCULAIRES
- On ne saurait trop recueillir des faits pour aider à l’explication des crépuscules rouges. M. E. Eselangon, de l’Observatoire de Bordeaux, les a vus dès le 25 octobre ; on les voit encore à Nice. En Suisse, les couchers et les levers de soleil ont été magnifiques dans un ciel pur jusqu’aux 15 et 16 novembre. A Bordeaux, le 50 octobre, le ciel tout entier était illuminé. Le 1er et le 2 novembre, l’illumination était encore considérable, quoique plus faible. Le 5 novembre, quoique le ciel fût très pur, M. Eselangon ne découvrit plus trace du phénomène. Cette disparition subite est à noter. Mais il est une autre circonstance digne de remarque. Après le 2 novembre, plus de lueurs crépusculaires du soir; mais dans les matinées du 5, du 8 et du 11 novembre, le ciel s’est montré très vivement et très richement coloré; la teinte seulement était un peu plus jaune. La proportion de lumière polarisée n’a pas paru anormale. En somme, à Bordeaux, caractéristique des observations : 1° cessation brusque des lueurs du soir; 2° continuation pour les heures du matin. Ces remarques, d’après M. Eselangon, semblent difficilement conciliables avec l’hypothèse des poussières cosmiques d’origine quelconque. Le phénomène devrait, dans ce cas, se montrer indifféremment le soir et le matin. Quelques observateurs affirment avoir vu des crépuscules rouges l’année dernière et même dans les années où il n’y avait eu aucune éruption volcanique. Et ils s’accordent à penser que les lueurs crépusculaires sont de simples phénomènes météorologiques survenant en automne. C’est possible, mais il n’est pas moins certain que, en 1902 comme en 1884, le phénomène a pris une extension considérable. Ce sont précisément ces crépuscules extraordinaires qu’il s’agit d’expliquer. J.-F. G.
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- LE THÉ A CEYLAN1
- L’Ile deCeylan, qui pendant de longues années fut l’un des gros producteurs de café du monde, a vu toutes ses plantations de caféier ravagées en 1878 par l’hemileïa vastatrix, et, ainsi que nous le rappelions récemment2, les planteurs impuissants à enrayer le lléau ont abandonné à tout jamais la culture du caféier et lui ont substitué celle de l’arbre à tbé. Les résultats obtenus aux Indes, dans la seconde moitié du siècle dernier, étaient des plus encourageants et le climat exceptionnel de Ceylan semblait devoir se prêter merveilleusement h cette culture. Les premiers essais furent couronnés de succès et rapidement d’immenses plantations de thé furent créées et de très gros capitaux (875 millions environ) furent engagés dans ces entreprises.
- Les Anglais, grands amateurs de thé et jusqu’alors tributaires de la Chine pour la majeure partie de leur consommation, comprirent l’intérêt qu’il y avait pour eux à s’approvisionner dans leurs colonies et à faire profiter leurs colons des sommes énormes qu’il leur fallait verser chaque année aux producteurs chinois. Voulant engager avec ceux-ci une lutte acharnée, ils commencèrent par s’organiser le mieux
- Lu Chine, les exploitations sont de faible étendue et l’esprit d’association n’existant pas, la routine dominant tout, les procédés de culture et de préparation du thé sont encore des plus primitifs et n’ont guère changé depuis des siècles. Les Anglais, au c mtraire, créèrent à Ceylan des exploitations considérables dans lesquelles furent appliqués tous les perfectionnements dont était susceptible la culture de l’arbre à thé. Mais le plus intéressant fut la transformation complète des procédés de préparation des feuilles et la substitution de machines fort, ingénieuses aux méthodes primitives usitées en Chine, ce qui permit de diminuer les frais et d’augmenter la production3. Dès lors toutes les opérations, faites à la main jusqu’alors, devenaient mécaniques.
- En décrivant quelques-unes de ces ingénieuses machines, nous indiquerons comment se prépare le thé de Ceylan qui, non content du succès qu’il rencontre en Angleterre, a commencé à être vendu en France depuis deux ans et paraît devoir y trouver un assez important débouché, bien que les préférences des consommateurs français semblent rester au thé de Chine dont la qualité est bien supérieure.
- Plus vigoureux dans les plaines que sur les plateaux élevés, l’arbre à thé a des feuilles de plus en plus petites à mesure qu’on s’élève, mais la qualité étant en raison inverse des dimensions de la feuille, les thés les plus aromatiques et les plus fins sont pro-
- 1 Yoy. n° 1440, du 29 décembre 1900, p. 05.
- 2 Voy. n° 1520, du 12 juillet 1902, p. 85.
- 3 Ces machines sont construites en Angleterre par les maisons Marschall, Sons et C° de Gainsborougli et Davidson et C0 de Belfast.
- duits par les feuilles provenant des plus hautes altitudes.
- L’arbre commence à rapporter dès la troisième année de sa plantation. La cueillette se fait toute l’année. Tous les 8 ou 10 jours des ouvriers, principalement des femmes et des enfants, passent dans les champs de thé et coupent les bonnes feuilles. La récolte journalière par ouvrier varie de 5 h 4 kg pour les pieds jeunes, à 7 à 0 kg pour les arbres de 7 à 8 ans.
- La main-d’œuvre est extrêmement bon marché et les prix de cueillette sont d’environ 6 à 8 centimes par kilogramme de feuilles. 11 faut environ 4 kg de feuilles vertes pour obtenir un kilogramme de thé fabriqué. Une plantation peut fournir, en année moyenne, de 750 à 900 kg de thé fabriqué par hectare, et certaines plantations couvrant plusieurs milliers d’hectares on voit quelles quantités de feuilles
- Fig. 1. — Machine pour rouler les feuilles de thé.
- doivent être traitées dans les grandes factoreries.
- La première opération, après la cueillette, est la flétrissure, légère dessiccation nécessaire pour faciliter le roulage. Elle s'effectue dans de vastes greniers disposés le plus souvent au-dessus de la salle des machines. Ces greniers doivent être bien aérés et éclairés par de nombreuses fenêtres pouvant produire des courants d’air. En outre, souvent des ventilateurs amènent l’air chaud provenant des étuves.
- Les. feuilles sont étalées en couches minces sur des claies en toile ou en bois superposées et légèrement inclinées. Selon le degré d’humidité de l’atmosphère, l’opération dure de 20 à 25 heures. Les feuilles deviennent un peu gluantes, très souples et prennent une couleur brune. On les fait ensuite tomber sur le sol et, au moyen d’ouvertures pratiquées de place en place dans le plancher et de bovaux en toile* on les envoie aux routeurs mécaniques installés àO’étage inférieur.
- Ces rouleurs sont de plusieurs types, mais leur
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- principe est toujours à peu près le meme. Au-dessus d’un plateau animé d’un mouvement circulaire est disposée une boite sans fond animée également d’un mouvement circulaire, mais de sens contraire. Les feuilles flétries sont poussées par une trémie latérale dans la boîte qui leur imprime un mouvement continuellement retardé à la partie inférieure par suite du déplacement du plateau.
- Les feuilles sont en outre pressées par une pièce disposée à la partie supérieure de la machine. La masse étant constamment retour-née sur elle-même, les feuilles s’enroulent isolément. Au bout d’une demi-heure on ouvre un orifice pratiqué dans le plateau, et les feuilles imprégnées d’un liquide âcre et visqueux sont recueillies dans un panier. On leur fait alors subir un tamiscu/e mécanique pour les classer par grosseur, la durée de la fermentation et de la dessiccation n’étant pas la même pour les grosses et les petites feuilles.
- Les plus grosses subissent un nouveau roulage, différant un peu du premier par la durée de la pression exercée par la pièce supérieure. Un certain nombre de grosses feuilles sont brisées. On procède à un nouveau tamisage, puis, pour les plus grosses feuilles, à un 5e roulage suivi d'un dernier tamisage.
- Ainsi classées, les feuilles sont soumises, par catégorie, à une fermentation qui, détruisant les principes âcres qu’elles contiennent, permet de les conserver et leur donne, en outre, de la couleur et du parfum.
- Les feuilles sont étendues dans un endroit frais,
- sur le sol, en couches de 8 centimètres d’épaisseur environ, et recouvertes d’une toile mouillée pour éviter un trop fort échauflèment de la masse. Au bout d’un temps variant de 1 heure à 2 heures et demie selon les catégories, les feuilles prennent une
- coloration cuivrée, deviennent moins gluantes et ont acquis une odeur agréable.
- Pour débarrasser les feuilles l’h u m i d i t é qu'elles renferment encore, on les porte ensuite il an s une étuve sèche, dite sirocco. Le type le plus répandu, construit par la maison Davidson et CiG, est formé d’un grand bâti en tôle. Le foyer est entouré d’une enveloppe munie d’orifices à travers lesquels passe la fumée qui ne s’échappe à la partie inférieure qu’après avoir contourné l’enveloppe et léché des tuyaux plats communiquant d’une part avec l’air extérieur, d’autre part avec la partie supérieure du sirocco. Il se produit ainsi un courant d’air chaud qui passe sur quatre châssis suj)portant les feuilles à dessécher et qui peuvent être facilement retirés de l’appareil au moyen de glissières se prolongeant à l’extérieur. Au-dessous des châssis sont disposés des volets contrariés qui rejettent hors des parties chaudes les poussières des feuilles qui, en se consumant, dégageraient une odeur et une fumée nuisibles au parfum du thé.
- Les feuilles sont sorties k plusieurs reprises et remuées, jusqu’il ce qu’elles crient sous la main et ne contiennent plus trace d’humidité. La température à laquelle on les soumet varie de 95 à 104°. Les
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- châssis contenant les grosses feuilles sont successivement descendus de plus en plus près du foyer.
- Cette opération, qui dure environ 20 minutes, est très délicate, car trop desséché le thé est brillé, pas assez il reste humide et ne pourrait se conserver.
- Ces appareils fournissent 75 kg de thé l'heure et certains modèles peuvent même donner un rendement dépassant 160 kg.
- La préparation du thé est maintenant terminée, il ne reste plus qu’à procéder à un triage et à classer les feuilles suivant les qualités, ce qui, ainsi que nous l’avons dit, revient à les classer par grosseur.
- Cour cela on se sert à Ceylan d’appareils mécaniques constitués par k ou 5 cribles dont les mailles sont de plus en plus fines à mesure qu’on descend. Le thé, retenu par chacun d'eux, sort par des orifices aménagés à cet effet.
- On passe les feuilles une seconde fois au sirocco avant leur emballage dans des caisses en bois garnies intérieurement de feuilles de zinc pour [•réserver le thé de l’humidité et empêcher son parfum de s’évaporer.
- Tels sont les procédés grâce auxquels l’industrie du thé a [tris un développement si rapide à Ceylan et qui permettent d’exporter chaque année plus de 60 millions de kilogrammes.
- Par suite de l’importance prise par la culture du thé dans ses colonies, l’Angleterre, bien qu’ayant beaucoup augmenté sa consommation, a pu diminuer considérablement ses achats en Chine. C’est ainsi qu’en 1850 l’Angleterre ne consommait que du thé chinois, alors qu’ac-tuellement celui-ci n’entre guère ([ue pour un dixième dans sa consommation annuelle qui est passée, dans la même période, de 35 millions à plus
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- de 140 millions de kilogrammes. Les huit dixièmes de la consommation anglaise proviennent de ses riches colonies des Indes et de Ceylan.
- L’est là un exemple que la France devrait bien suivre, car si notre consommation de thé est bien inférieure à celle de l’Angleterre et ne dépasse guère 800000 kg'par an, elle est suffisante cependant pour otlrir un sérieux débouché à ceux de nos colons qui voudraient entreprendre la culture de l’arbre à thé. Le ïonkin et Madagascar sont particulièrement propres à celte culture.
- M. Prud’homme, directeur de l’agriculture dans notre grande île de la côte africaine, estime que « le thé pourra être cullivé dans presque tout Madagascar, et surtout sur le versant oriental où les chutes d’eau sont fréquentes. Le climat très Immidede la côte Est lui sera très favorable et assurera certainement un rendement élevé pour des produits de moyenne qualité, alors que dans la zone d’altitude moyenne, aux environs de Sabotsy et d’Ankeramadinika, sur la route de Tamatavc à Tananarive, ainsi qu’aux abords de la forêt, les planteurs de thé obtiendront un produit abondant et de qualité supérieure ».
- Souhaitons donc que ces conseils éclairés soient entendus et espérons que dans quelques années nous pourrons à notre tour nous approvisionner de thé dans nos propres colonies. Henri Gourdin.
- LA ROTATION D’IMNUS
- Il y a 120 ans déjà, le 13 mars 1781, William Ilers-chel découvrit la planète Uranus et porta du coup les limites du système solaire à 733 millions de lieues du Soleil. Le monde, (pii met 84 de nos années terrestres à graviter autour du Soleil, est à peine de sixième grandeur et seules les bonnes vues parviennent à le distinguer dans le ciel.
- Cette année, vers le mois de juin, j’ai eu la bonne fortune de l’apercevoir à l’œil nu, plusieurs soirs de suite, dans la constellation d’Ophiuchus. Un fait très intéressant a été constaté au sujet de cette planète. Lassell lui a découvert 4 satellites en 1851 et leur existence a été continuée, en 1875, par des observations faites à l’observatoire de Washington. Ces satellites ont reçu les noms d’Ariel, Umbriel, Titania et Obéron. Or, ces quatre mondes ont un mouvement rétrograde, c’est-à-dire en sens inverse du mouvement des autres planètes et de leurs satellites, Neptune et son satellite Triton étant toutefois exceptés.
- Le mouvement des satellites d’Uranus a lieu aussi dans un plan presque perpendiculaire à celui dans lequel la planète se meut. L’axe de rotation d’Uranus est presque couché sur le plan de son orbite, et le Soleil tourne en apparence, dans le ciel de la planète, de l’ouest à l’est et non de l’est à l’ouest.
- Les puissants instruments montrent Uranus sous forme d’un petit disque bleuâtre; mais, à cause de l’éloignement, il est difficile de distinguer des détails sur la planète. Cependant, en 1884, les observations faites à l’Observatoire de Paris par les frères Henry ont montré qu’il existe sur la planète Uranus des bandes semblables à celles que l’on distingue sur la planète Jupiter. Mais le peu de netteté de ces détails n’avait point permis de déterminer la vitesse et le sens de la rotation.
- En effet, jusqu’en 1890, on se contentait de mesurer le déplacement d’un point brillant ou obscur du disque d’un astre par rapport au contour apparent, et d’en déduire la vitesse de rotation. On a maintenant, dans l’analyse spectrale, un excellent mode de détermination de la rotation des astres.
- L’analyse spectrale avait servi tout d’abord à déceler la composition de l’atmosphère d’Uranus ; elle avait montré que, par ses facultés d’absorption, cette atmosphère diffère de la nôtre et ressemble à celles de Jupiter et de Saturne; de plus, elle avait prouvé qu’il existe, dans l’atmosphère de cet astre, des gaz que l’on ne retrouve pas dans la nôtre.
- Mais, de 1880 à 1889, on a commencé à déterminer la vitesse de rotation du Soleil aux points où il n’y a pas de taches et à vérifier pour cela la méthode de Doppler-Fizeau. Cette méthode, qui est, avec la détermination de la vitesse de la lumière par le système de la roue dentée, l’un des titres de gloire de l’illustre physicien, repose sur le principe suivant : « Chaque radiation lumineuse, prise individuellement, isolée parla pensée, devient, si la source à laquelle elle appartient s’éloigne, un tout petit peu plus rouge, et, si elle se rapproche, un tout petit peu plus violette ».
- L’analyse spectrale a permis d’isoler ces radiations sous forme de raies, et, si la source de ces radiations se déplace, les raies se déplacent vers le rouge ou vers le violet, selon que cette source s’éloigne ou se rapproche. Le phénomène est indépendant de la distance à laquelle se trouve la source considérée. Dans les spectres d’étoiles, on a trouvé des raies où il y avait des radiations de période connue, comme celles qui caractérisent, par exemple, l’hydrogène et le sodium, et on a remarqué que, dans certains spectres, ces raies présentent parfois un léger déplacement, phénomène que Fizeau avait attribué au mouvement du corps céleste considéré. Une formule simple donne la vitesse en fonction du déplacement des raies. On l’a vérifiée pour les deux bords solaires. En 1893, M. Deslandres a appliqué la méthode à la rotation de la couronne solaire.
- En 1895, M. Poincaré a démontré que, pour les planètes, le déplacement du spectre des deux bords doit correspondre à 4 fois la vitesse au bord. M. Deslandres a alors entrepris la vérification de ce principe pour Jupiter dont la vitesse de rotation est déterminée avec précision depuis longtemps. « Mais la disposition de Fizeau, dit M. Deslandres *, ne convenait plus avec la petite image de l’astre et la longue pose du spectre, les bords étant notablement moins intenses et deux points voisins de l’image ayant des vitesses radiales très différentes.
- « J’ai été conduit alors à la méthode dite de l’inclinaison des raies qui fait concourir à la recherche, non les deux extrémités d’un diamètre, mais le diamètre entier, en s’appuyant sur des propriétés géométriques simples des corps en rotation. Elle exige un seul spectre de l’astre qui est juxtaposé à un spectre terrestre de comparaison, et l’on mesure non plus le déplacement relatif des raies, mais leur inclinaison relative. »
- M. Deslandres, en une série de remarquables travaux, a donné, en 1895, la loi de rotation des anneaux de Saturne, et, en 1900, celle de Vénus.
- L’éclat d’Uranus et de Neptune était trop faible pour permettre l’application des dispositions précédentes ; mais M. Deslandres a démontré que la méthode spectrale leur était encore applicable, à condition de faire concourir à
- 1 Comptes rendus. Tome XXXV, n° 12, page 472.
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- la recherche non plus un diamètre de l’image, mais l’image entière de l’astre.
- Profitant de la dernière opposition de la planète en juin, M. Deslandres s’est proposé de photographier le spectre d’Promis. Il s’est servi d’un spectroscope comprenant un collimateur de ü",,‘27, une chambre de 0m,50 et un prisme de (50° en llint, dans la position dite diminuante, pour que le cercle de l’image fût aplati dans le spectre. La l’ente était large de l it) p. et recevait les deux tiers de l’image. Le spectroscope était mobile autour de l’axe commun de la grande lunette et du collimateur, de sorte que la fente pouvait prendre une orientation quelconque dans le plan focal. La pose nécessaire était d’une heure et demie à deux. Au milieu de l’opération, on ajoutait le spectre du fer, au-dessus et au-dessous du spectre de la planète, de telle sorte que les différences d’inclinaisons fussent faciles à mesurer.
- M. Deslandres n’a pu obtenir que sept bonnes épreuves ; la planète ne s’éleva guère au-dessus de l’horizon, par suite de sa position dans üphiuchus et ne fut observable que de la lin d’avril à la mi-juillet. Néanmoins, ces épreuves montrent que le bord Est d’iranus s’éloigne pendant la pose, alors que, pour les autres planètes plus voisines du Soleil, ce bord Est se rapproche.
- 11 semble donc démontré, à l’heure actuelle, que la planète Uranus tourne dans le sens rétrograde comme ses satellites et qu’il y aurait, dans le système solaire, deux groupes de planètes très distincts : le premier, comprenant toutes les planètes du Soleil à Saturne, qui tournent avec leurs satellites dans le sens direct ; le second, comprenant Uranus, Neptune et leurs satellites, qui sont doués d’un mouvement rétrograde. Lucien Libert.
- IA SÉROTHÉRAPIE DE LA COQUELUGHE
- La coqueluche est une affection éminemment contagieuse; aucune mère ne l’ignore et il faut les voir fuir avec leurs bébés quand elles entendent dans leur voisinage les quintes de toux si caractéristiques. La précaution est utile, la contagion est si facile et la maladie si pénible, si longue, sans compter les formes graves où elle s’accompagne de complications plus sérieuses et plus dangereuses les unes que les autres.
- L’infection coqueluchcuse semble toute locale et l'agent microbien, cause de cette vilaine maladie, réside au début presque uniquement dans les voies respiratoires supérieures. C’est là, dans ce milieu, dans les sécrétions pha-ryngo-laryngées, dans les crachats qu’on l’a cherché sans pouvoir pendant longtemps l’isoler. Un médecin belge semble avoir été plus heureux et c’est en cultivant ces produits de sécrétion qu’il a pu mettre au jour l’agent du contage. Il recueille les parties visqueuses des crachats, les dilue dans l’eau stérilisée et, après une série de lavages, mélange les parties les plus consistantes avec du bouillon stérilisé. L’ensemencement de ces résidus, sur des plaques d’agar ou dans des bouillons de culture, a fourni des colonies, nombreuses, d’un bacille identique à celui que le microscope fait découvrir dans les crachats.
- Cet élément pathogène de la coqueluche est un bacille en bâtonnets à forme ovoïde et extrémités arrondies, aérobie et se colorant bien par la solution dite de Gram, ce qui permet de le reconnaître facilement dans les divers produits de sécrétion. La virulence est considérable ; soit qu’on l’injecte en nature, soit qu’on utilise ses toxines, les effets sont des plus graves chez les animaux soumis à ces expérimentations. Ils se caractérisent
- par des phénomènes de septicémie aigue, d’autant plus violents que la quantité de culture injectée a été plus considérable ou portée directement dans le' torrent circu-lv.toire. Je ne crois pas que M. Leuriaux ait jamais pu, par les badigeonnages de la gorge ou par des injections à doses modérées, obtenir des troubles quelconques ressemblant de près ou de loin à la coqueluche.
- Ces recherches, sur le détail desquelles je ne peux m’étendre longuement, ont eu une application pratique : c’est là le point intéressant. L’agent microbien étant nettement défini, M. Leuriaux a pensé qu’il serait facile d’obtenir un sérum capable de neutraliser les effets funestes du bacille et de guérir la coqueluche ou tout au moins d’atténuer la gravité de cette maladie. C’est ce qu’il a fait. Utilisant les données générales sur l’atténuation des virus et sur l’immunisation des animaux, il a eu recours au procédé de Roux pour l’obtention du sérum antidiphtérique. 11 se sert du cheval, un des rares animaux capables de fournir de grosses quantités de sérum. Des injections sous-cutanées de bouillon de culture, progressivement augmentées comme dose et comme quantité, permettent en trois ou quatre mois d’obtenir une immunisation complète. La dose première injectée est de deux centimètres cubes et portée petit à petit jusqu’à cinquante centimètres. Quand le cheval a absorbé ainsi presque un litre de toxine, on peut le regarder prêt à fournir le sérum ; à ce moment on fait la première saignée et on mesure le pouvoir bactéricide et antitoxique du sérum.
- C’est ce sérum que le médecin de Bruxelles a injecté chez un assez grand nombre de coquelucheux (66) sans obtenir de mécomptes (il n’a eu que cinq échecs) et sans aucun accident. 11 faut intervenir le plus tôt possible, dès que le diagnostic de coqueluche est bien établi. La quantité de sérum à injecter varie avec l’âge de l’enfant, de cinq centimètres cubes pour lés tout jeunes enfants, et de dix pour les autres. Si la première injection est insuffisante, on peut en faire une seconde ; mais, en général, quand l’affection est traitée très près du début, une seule injection suffît.
- Dans les coqueluches simples et qui viennent d’éclater, le sérum a guéri les enfants en cinq à huit jours. Dans les formes graves ou anciennes, la guérison complète est plus lente à obtenir, mais les quintes sont toujours diminuées et les autres symptômes amendés.
- Ces résultats sont dignes d’attention, mais ils demandent, avant d’entrer dans la pratique courante, à être minutieusement contrôlés. Il ne manquera pas, hélas! d’occasion pour les médecins d’enfants de juger de la valeur réelle de cette méthode et de scs avantages. Je ne crois pas qu’elle ait été encore appliquée en France : si l’on songe qu’à Paris seulement le chiffre des morts par la coqueluche s’élève à plusieurs centaines d’enfants, ce sera un véritable bienfait que de posséder un moyen d’enraver dès le début une maladie aussi grave.
- D1 A. Uartaz.
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- LA NOUVELLE ACADÉMIE DE MÉDECINE
- L’hôtel de la rue Bonaparte que les académiciens viennent d’inaugurer en présence du Président de la République, constitue la dernière station de voyages nombreux que la docte Société a été obligée de faire dans la capitale. Connue on le sait, elle fui constituée par la réunion de cinq Sociétés savantes
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- fondées à différentes époques : Y Académie royale de chirurgie (1731 ), la Commission royale des remèdes particuliers et eaux minérales (1772), la Commission royale des épidémies et épizooties ( 1776), la Société royale de médecine (1778), et le Comité central de vaccine (1809). Primitivement installée rue de Poitiers, elle subit ensuite les effets des bouleversements politiques et reçut enfin, comme logement provisoire, une ancienne église de la rue des Saints-Pères, où elle resta soixante-six ans.
- Il est probable quelle y serait encore pour bon nombre d’années, s’il ne s’était produit, vers la même époque, différents événements heureux qui, par leur réunion, permirent de trouver les fonds considérables nécessaires à la construction de l'édifice actuel.
- Ce fut d’abord un legs de M. Demarquay, membre
- de l’Académie, qui par testament laissait à hCoociété une somme de cent mille francs « pour l’aider à trouver un local plus digne d’elle ». Ce fut un premier encouragement; à partir de ce jour, les académiciens n’eurent de trêve avant d’avoir trouvé le moyen de réaliser leur désir. Ils ouvrirent une souscription entre eux et réunirent ainsi une somme de 70000 francs. A celle-là, ils ajoutèrent des reliquats divers, des intérêts accumulés, des legs de toutes sortes et réalisèrent un total de 560 000 francs. Ce produit peut sembler élevé à première vue, mais on n’ignore pas que la Société considérée comme personne civile peut recevoir des dons de toute nature. Quelques-uns même sont assez singuliers. C’est ainsi qu’un beau matin l’Académie se vit l’héritière d’une personne originale, nommée Mlle Ernesti, qui lui léguait un mil-
- COUR DE L’ÉCOLE DES BEAUX-ARTS
- Fi'r. 2; — Plan du rez-dc-cliaussée.
- lion cent mille francs, sous l’obligation de créer une maison de retraite où trouveraient abri un coiffeur, douze danseuses et des musiciens. On conçoit l’embar-
- ras des académiciens devant cette obligation. Mais la somme était tentante à recueillir. Aussi fallut-il transiger avec les héritiers de façon à ne pas remplir les
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- LA N A TU HE.
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- charges un peu gênantes imposées par la donatrice. A ces différents produits en faveur de la construc-
- tion nouvelle, il faut ajouter encore des secours provenant de divers côtés et surtout les efforts du
- Fig. 3. — Vue intérieure de la salle des séances.
- ÉCOLE DES BEAUX-ARTS
- Fig. i. — Plan du premier étage.
- EjMotiJt.u, GSt,.
- Dr Bergeron, qui plaida la cause de l’Académie auprès du Président Félix Faure dont il était le médecin. On obtint de l’Etat un terrain situé rue Mi-
- chelet; puis, le ministère ayant besoin de ce dernier pour y construire son École de chimie, proposa une transaction qui fut acceptée et offrit l’emplacement
- ECOLE DES BEAUX-ARTS
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- LA NATURE.
- de la rue Bonaparte, à coté de l'École des Beaux-Arts, à l’endroit où se trouvaient dés dépendances du Mont-de-Piété. L’Etat ajouta encore 107 000 francs pour les dépenses du mobilier.
- On peut donc dire que la nouvelle Académie revient' à 1 615 000 francs, en y comprenant la valeur du terrain estimé à 650 000 francs. Telle est la somme mise à la disposition de M. Hochet, le très sympathique architecte de l’Assistance publique, à qui fut confié le soin de mener l’œuvre à bien.
- Les difficultés de construction étaient fort grandes h cause du terrain dont on disposait, très étroit sur la rue (le monument n’a (pie 27 mètres de façade) et très étendu en profondeur (50 mètres), avec cette servitude très désavantageuse de ne pouvoir ouvrir aucune baie sur les longs murs. L’édifice est en effet enclavé entre une maison de rapport et la cour de l’École des Beaux-Arts qui n’a point autorisé de fenêtres sur son domaine.
- Le peu d’étendue de la façade ne permettait guère de dessiner un porche central flanqué de deux portions symétriques. L'architecte eut alors la très heureuse conception de porter le motif principal de l’édifice sur le coté et de laisser une surface suffisante pour y installer une colonnade qui supporte le faîtage (fig. 1). Celle-ci est montée sur un soubassement très élevé, condition très propice qui donne au palais un cachet de dignité et de grandeur compatibles avec sa destination.
- Ainsi qu’on peut le voir sur le plan, le rez-de-chaussée (fig. 2) est réservé à des services accessoires, à des bureaux, etc... et ne mériterait guère de nous arrêter, si nous ne trouvions dans le fond du bâtiment les installations réservées au service de la vaccine. Ainsi (pion le sait l’Académie, moyennant une allocation annuelle de 20000 francs, est chargée par l’État de subvenir gratuitement aux besoins de la vaccine non seulement pour Paris, mais encore pour la province et les colonies. A cet effet, on a disposé des laboratoires spéciaux dans lesquels on s’occupera exclusivement de ce service ; les écuries pour les génisses sont couvertes de greniers à fourrages et débouchent sur une grande cour en communication avec la rue par un large passage que ferme une porte cochère. On trouve aussi une salle d’attente pour les personnes qui viennent se faire vacciner et une salle, dite de vaccination, ménagée de façon à pouvoir recevoir la génisse sur laquelle on prend directement le virus variolique.
- Derrière le vestibule d’accès sur la rue Bonaparte (lig. 4), se trouve un grand escalier d’honneur qui mène au premier étage et débouche sur la salle des Pas perdus. Cette partie de l’édifice est d’une décoration et d’un dessin parfaits ; aucune ligne contrariante ne vient jeter une note discordante sur la belle architecture du monument.
- On a placé dans les salles des Pas perdus une série de socles — un peu trop nombreux — soutenant des bustes d’académiciens décédés ; ces bustes sont de tous les genres, en marbre, en bronze, en
- terre cuite, il y en a des grands, des petits ; quelques-uns sont de véritables œuvres d’art, d’autres, au contraire, n’en sont pas.
- Au milieu de la salle des Pas perdus, est situé le tambour d’entrée de la salle des séances à laquelle on accède par deux plans légèrement inclinés. Construite en hémicycle, cette salle comporte deux parties distinctes, de dimensions très différentes; la première, réservée aux membres de l’Académie, est disposée en gradins sur lesquels sont installés 110 pupitres ; derrière, on a ménagé deux grandes loges pour le public. On sait, en effet, que les séances de l’Académie sont publiques et ouvertes à tous. Elles sont encore assez suivies par de vieux médecins qui sont d’une fidélité constante aux réunions, par les auteurs des présentations, par les candidats, par des curieux, des dames et des journalistes. La deuxième partie de la salle est réservée aux membres du Bureau et à l’orateur. La décoration est heureuse et rappelle, sur des motifs, les noms des cinq sociétés qui ont contribué, par leur groupement, à la fondation de l’Académie de médecine. L’ensemble de cette salle des séances est d'un bel effet, c’est là évidemment la partie la plus réussie du nouvel édifice.
- Ajoutons qu’il n’y a ni tapis ni tentures; cette décision a été prise par hygiène sans doute, mais aussi par économie d'entretien. Les frais de nettoyage d’une grande salle couverte d’étoffes sont considérables ; à l’Opéra on ne dépense pas moins de 50 000 francs par an pour ce chapitre.
- Autour de la salle des séances, on trouve aménagées des salles diverses d’une décoration fort riche, réservées aux séances du conseil, au secrétaire perpétuel, etc... Du cùté de la rue on a installé la bibliothèque qui se compose d’une grande salle de lecture, contenant des tables et d’immenses casiers, et le dépôt des livres. Ceux-ci très nombreux — il y en a plus de 200 000 — sont répartis dans des casiers disposés suivant quatre étages de deux mètres de hauteur chacun, que desservent deux petits escaliers en colimaçon situés aux deux extrémités des couloirs superposés. Ce sont les bibliothécaires seuls qui pénètrent dans ces escaliers, de sorte que l’inconvénient de la difficulté de circulation dans ces parages resserrés disparaît, puisqu’il n’y aura jamais que deux ou trois personnes occupées en cet endroit. A côté du dépôt des livres, on a réservé une salle qui servira de musée, et dans laquelle on placera les objets curieux ou intéressants qui sont la propriété de l’Académie. Le monument qui est appelé à loger l’Académie est convenable. Ce n’est pas un palais assurément, mais il n’en remplit pas moins le but que désirait atteindre M. Demarquay, dont l’initiative et la libéralité furent le premier effort en faveur de son édification. L’Académie qui est une institution privée, puisqu’elle ne relève que d’elle-même, joue dans le monde médical un rôle à la fois scientifique, consultatif et exécutif. Elle est scientifique par le genre des communications qui lui sont adressées et par les discussions qui ont lieu dans son sein. Son action
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- consultative est marquée par ce l'ait qu’elle est léga-lement consultée par le ministre, au sujet des eaux minérales nouvelles, des épidémies, des médicaments.... Ses avis ne sont pas tou jours écoutés peut-être autant qu’il le faudrait, mais comme il s’agit souvent d’encourir des responsabilités graves, on est bien obligé de venir les lui demander.
- Le rôle exécutif de l’Académie est caractérisé par son service de la vaccine et par l’analyse des eaux minérales. Elle a aussi à distribuer des prix dont le montant annuel dépasse une centaine de mille francs. On sait que l’Académie dispose aussi d’un prix de 800000 francs. 11 reviendra à celui qui aura découvert le moyen de guérir la tuberculose. On peut prévoir que les intérêts accumulés du prix en augmenteront sensiblement la valeur. Le jour où il sera décerné sera en tout cas un jour heureux pour le nouvel llùtel de la rue Bonaparte qui fait un réel honneur à son architecte, M. Rochet. A. i»a Cunha.
- LES EFFETS DE LÀ LUMIÈRE SOLAIRE
- SUR LA PROPAGATION DES ONDES ÉLECTROMAGNÉTIQl ES
- Au cours de plusieurs expériences de télégraphie sans fil à grande distance, faites entre une station transmettrice située à Poldhu, sur les côtes de la Cornouailles, et une station installée à bord du steamer Philadelphia, voyageant de Southampton à New-York, M. Marconi a eu l’occasion de s’apercevoir, pour la première fois, des différences considérables dans les distances auxquelles il est possible de déceler les ondes électriques pendant le jour, en comparaison des distances auxquelles l’effet peut être obtenu pendant la nuit. M. Fleming a transmis à cet égard une note de M. Marconi à la Société royale de Londres.
- Le transmetteur de Poldhu était semblable, en principe, à celui que Marconi a employé précédemment dans ses expériences, mais l’antenne était plus élevée et le potentiel auquel elle était chargée était beaucoup plus élevé qu’à l’ordinaire. L’antenne transmettrice était constituée par cinquante fils de cuivre nus, suspendus verticalement à un lil horizontal tendu entre deux arbres d’une hauteur de 48 mètres et distants de 00 mètres. Ces cinq lils étaient à la distance de 1 mètre et convergeaient vers la terre où ils étaient reliés à l’appareil transmetteur. Le potentiel de ces conducteurs au moment de la charge pendant la transmission était suffisant pour produire des étincelles de 0m,50 de longueur entre leur partie supérieure et un conducteur mis à la terre. À la station réceptrice à bord du bateau, on fit usage d’un récepteur Marconi avec transformateur, le tout bien accordé à la longueur d’onde du poste transmetteur. L’antenne réceptrice était constituée par quatre fils verticaux, suspendus presque verticalement au mât du bateau d’une hauteur d’environ 60 mètres et reliés à leur partie inférieure au récepteur.
- Les assistants de Marconi qui se trouvaient à Poldhu étaient chargés de transmettre une succession de S et une courte dépêche, à une vitesse déterminée, pendant 10 minutes, en distançant chaque série de signaux d’un intervalle de 5 minutes aux heures ci-après : de 24 heures à 1 heure ; de 6 à 7 heures ; de 12 heures à 13 heures ; de 18 heures à 19 heures de chaque jour du 22 février au 1er mars inclus. A bord de la Philadelphia, Marconi n’a perçu aucune différence entre les signaux reçus le jour et
- cçux reçus la nuit jusqu’à ce qu’on arrivât à 800 km.
- A des distances plus grandes que 1000 km les signaux transmis pendant le jour firent complètement défaut, tandis que ceux des heures nocturnes restèrent absolument réguliers jusqu’à 2300 km et ils furent encore déchiffrables jusqu’à la distance de 5350 km de Poldhu.
- 11 est intéressant de remarquer que pendant la période de l’année à laquelle eurent lieu les expériences de Marconi, la lumière diurne va rapidement en croissant à Poldhu, de 0 à 7 heures, et, à bord de la Philadelphia, Marconi observa qu’à environ 1000 km les signaux reçus étaient encore déchiffrables à 6 heures et qu’ils devenaient toujours moins distincts jusqu’à cesser complètement à 7 heures. L’intensité des signaux semblait donc diminuer en proportion de l’accroissement de la lumière solaire à Poldhu. Un semblable affaiblissement dans les signaux ne se manifesta pas de 24 heures à 1 heure.
- M. Marconi a répété ces essais entre la station de Poldhu et une station réceptrice (semblable à tout point de vue à celle existant à bord de la Philadelphia) placée à North Ilaven, Poole, Dorset, etc. La distance entre North Haven et Poldhu est d’environ 240 km, dont 175 sur mer. On remarqua que les signaux transmis de Poldhu pouvaient être parfaitement reçus pendant la nuit, lorsque quatre fils verticaux de 12 mètres étaient employés en relation avec l’appareil récepteur, tandis qu’à parité de conditions, pendant le jour, il fallait des antennes réceptrices de 18m,5 pour obtenir des signaux aussi nets que pendant la nuit.
- D’après Marconi il faut chercher la cause de cette différence de résultats, dans le fait que la lumière solaire produit la « desélectrisation » de l’antenne transmettrice. Les oscillations électriques de l’antenne transmettrice doivent donc être protégées de l’action de la lumière afin qu’elles soient aussi puissantes que dans l’obscurité.
- La desélectrisation d’un corps métallique chargé d’électricité négative, par l’effet de la lumière diurne, a déjà été remarquée par plusieurs observateurs. (Elster et Seitel. Wied. An. p. p. 58-40-497, Kighi, vol. 1, p. 559) et puisque chaque oscillation doit charger négativement, pour une demi-période, l’antenne transmettrice, l’effet desélectrisant de la lumière peut être suffisant pour produire la diminution dans l’amplitude des oscillations.
- Marconi n’a trouvé aucun avantage à soustraire l’oscillateur à la lumière ; il serait intéressant de voir si les effets pendant le jour augmentent en recouvrant les antennes transmettrices de substances opaques à la lumière. Nous avons des raisons de croire que l’expérience serait favorable.
- Sur les petites distances, l’effet de desélectrisation n’existe pas ou n’est pas appréciable. Cet effet n’est notable que pour les grandes distances où l’on fait usage d’appareils très puissants et de potentiels très élevés.
- 11 convient d’ajouter que tous les physiciens ne pensent pas comme M. Marconi. Ainsi, par exemple, M. J. Jolv a fait observer que l’effet remarqué par le jeune électricien italien pourrait être attribué à ce que les ondes électriques provenant de l’Angleterre, s’avancent, pendant le jour, en sens opposé au courant éthéré de la terre, et pendant la nuit, dans le même sens, de façon qu’on se trouverait dans des conditions analogues à la transmission du son avec un fort vent du même sens ou de sens opposé.
- Le professeur Olivier Lodge n’admet pas celte explication. D’après lui, l’effet observé par Marconi est dû à la conductivité et, par conséquent, opacité partielle de l’air sous l’influence des radiations solaires ultraviolettes. Mais peu importe la théorie en ce moment. C’est le fait en lui-même qu’il est bon de faire connaître. Emile Guarini.
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- LÀ PROGRESSION DES
- Au moment où la saison sportive prend lin et oii les vélodromes ferment leurs portes, il nous a semblé intéressant de jeter un coup d’œil sur les performances accomplies dans le courant de cette année et de rechercher les raisons de l’étonnante progression des records cyclistes.
- U y a dix ans, — c’était alors l’enfance de la bicyclette, — on ne croyait jamais pouvoir atteindre les 40 km dans l’heure; aujourd’hui nous sommes presque aux 80 kilomètres. Quelles sont les causes de cet accroissement de la vitesse des coureurs de demi-fond ? Elles sont nombreuses, mais les principales consistent dans l’accroissement de la multiplication des bicyclettes de course et surtout dans la supériorité de l’entraînement mécanique des cou-
- RECORDS CYCLISTES
- reurs. Lorsqu’on organisa les premières courses de demi-fond, pour forcer les coureurs à marcher à l’allure la plus vite, on les lit précéder par un autre cycliste qui, lui, eut pour mission de mener le train et de couper l’air; ce cycliste était relayé par un autre tous les deux ou trois tours de piste. Comme il fallait atteindre des vitesses plus grandes, on inventa les machines multiples, les tandems, les triplettes (fig. 1), les quadruplettes ; et les records furent élevés sensiblement, quoiqu’on ne parvint guère à dépasser 50 kilomètres.
- C’est alors que lit son apparition le moteur à pétrole, qui devait amener une véritable révolution dans l’entrainement cycliste. Placés derrière des tandems actionnés par des moteurs de plus en plus puis-
- Fig. 1. — Coureur cycliste
- sants, les stayers (c'est ainsi que l’on désigne les coureurs de demi-fond), littéralement tirés par leurs entraîneurs, arrivèrent à couvrir des distances de plus en plus grandes (fig. 2). À la fin de l’année 1901, le record de l’heure appartenait au coureur allemand Rohl avec 66km,742.
- L’année 1902 devait voir modifier de nouveau l’entraînement mécanique. Le tandem à pétrole, portant deux hommes, était un engin lourd et il semblait difficile d’augmenter encore sa vitesse en augmentant la puissance du moteur. Il fut détrôné au commencement de cette année par la bicyclette à pétrole, la motocyclette, qui semble actuellement si pleine d’avenir. 11 est évident qu’on ne se servit pas, pour l’entraînement sur piste, de la motocyclette du touriste ; on construisit de fortes motocyclettes avec des moteurs puissants de 8, 10 et même 12 chevaux, et capables de réaliser des vitesses de locomotive. Ce ne fut pas tout : on
- entraîné par une triple-lie.
- garnit l’arrière de la motocyclette d’un coupe-vent, sorte d’immense panneau d’abri en carton on en cuir, véritable guérite derrière laquelle le coureur fut absolument à l’abri et n’eut plus à lutter contre la résistance de l’air, qui est le facteur de ralentissement le plus fort quand on arrive à de grandes vitesses. Le courant d’air créé par la machine d’entraînement munie de coupe-vent aspire absolument le coureur qui n’a plus qu’à faire tourner ses jambes assez vite pour pouvoir suivre la motocyclette (fig. 5). Pour arriver à ce résultat, les coureurs de demi-fond ont augmenté d’une façon considérable le développement de leur bicyclette, qui atteint parfois plus de U mètres.
- Dans de pareilles conditions, le record de l’heure a subi en une année dix assauts couronnés de succès dont voici le tableau (voy. tableau n° 1, p. 414).
- A la fin de la saison cycliste 1902, le record du monde de l’heure, sur piste, est donc détenu par
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- le coureur français Contenet1, à qui appartiennent dans les temps suivants1 (voy. tableau n° 2, p. 414). également tous les records de 10 à 100 kilomètres La distance couverte par Contenet dans l’heure
- Fig:. 2. — Coureur cycliMe entraîné par un tandem à pétrole.
- Fig. 3. — Coureur cycliste entraîné par une motocyclette munie de coupe-vent.
- sur une simple bicyclette équivaut à peu près à la
- 1 Au moment où nous mettons sous presse, nous apprenons que la Commission sportive de l’Union Yélocipédique de France, après pointage des feuilles de chronométrage, aurait abaissé le dernier record de Contenet de 300 mètres: il serait alors de Tl1"",597.
- distance de Paris à Beauvais; pour accomplir ce trajet le rapide de la Compagnie du Nord met 1 heure 18 minutes.
- 1 Ces records seraient également contestés à partir du 50e kilomètre.
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- LA NATURE.
- TABLEAU N- 1
- Date. Coureur. Nationalité. Distance.
- 50 octobre 1001 Dickentmann Hollandais 65kra,821m
- 5 novembre — Robl Allemand 0Gkm,742m
- 20 avril 1002 — — 67k,n,555ni
- 4 mai — Lin ton Anglais 68km,410m
- 10 — — — — 7 lkm,G60ra
- 15 — — Robl Allemand 72km,560m
- 20 juillet — biniou Anglais 75km,550m
- 7 septembre — Michaël Américain 75lm.275m
- 27 octobre — Conlenet Français 75k“\402m
- 50 — — — — 77km.807ra
- TABLEAU N° 2
- 10 kilomètres 7 minutes 54 secondes 4/5
- 20 15 — 58 — 4/5
- 50 25 — 10 — 1/5
- 40 - 51 — 25 — 2/5
- 50 58 — 45 —
- 00 40 — 51 — 2/5
- 70 54 — 1 — 2/5
- 80 1 heure 1 — 41 — 2/5
- 00 - 1 — 0 — 44 —
- 100 1 — 17 — 25 — 5/5
- Et maintenant, que nous réserve l’avenir? Où s’arrêtera-t-on dans cette ronde folle? Il arrivera évidemment un moment où, même en augmentant le développement des bicyclettes et l’abri présenté par les motocyclettes à coupe-vent, on ne pourra plus accroître le train. Quelle sera la limite? Mathématiquement on ne peut la préciser et nous ne serons pas étonnés de voir l’année prochaine un coureur couvrir dans l'heure 80 et peut-être même 100 kilomètres. Il semble cependant que la véritable limite sera constituée par le danger que présentera une telle tentative. A ces allures infernales, le moindre accident — un raté du moteur, un dérapage, une rupture de chaîne ou une crevaison de pneumatique — occasionne une cabriole terrible. Déjà la plupart des stayers ont été victimes de chutes dangereuses. Quelques-uns s’en sont tiré avec de cuisantes écorchures; plusieurs déjà y ont trouvé la fin de leur brillante, mais dangereuse carrière. Suivre roue contre roue, sur une frêle bicyclette pesant à peine 9 kilogrammes, une automobile qui va à l’allure d’un train rapide, ce n’est plus un sport, c’est une folie ! Ne serait-il pas préférable de revenir au vrai sport, celui où c’était l’homme doué des meilleurs muscles et de la plus grande endurance qui était vainqueur et non celui ayant à sa disposition la meilleure machine d’entraînement?
- AV. DiîancouPiT.
- NÉCROLOGIE
- Frédéric Krupp. — M. Krupp est mort le 22 novembre dans sa villa Iluggel, près d’Essen, d’une attaque d’apoplexie. Il était né le 17 février 1854, et il dirigeait depuis 1884 la fonderie que son père avait fondée à Essen. On sait le développement extraordinaire que prirent les établissements Krupp connus dans le monde entier. En perfectionnant la fabrication de l’acier fondu en grandes masses, M. Krupp obtint, en quelque sorte, un véritable monopole pour la production des canons, des cuirasses et
- des armes. Il fut le fournisseur de toute l’artillerie allemande. Son industrie qu’il amena à un degré de prospérité incomparable, son service de renseignements aussi finirent par faire en quelque sorte de cette entreprise gigantesque une institution d’Etat. M. Krupp était l’unique propriétaire de 547 mines de charbon en Allemagne, de plusieurs mines de fer à Bilbao, des aciéries et des fonderies d’Essen, des chantiers maritimes de la Germania, à Kiel ; des usines de Magdebourg. Il occupait 45 000 ouvriers en 1002. D’après les statistiques fiscales, sa fortune s'élèverait à plus de 188 millions de francs. 11 sera remplacé, dit-on, à la tète des usines, par son cousin, M. Arthur Krupp, de Bœrndorff. Sa mort met en deuil
- toute l’Allemagne. J.-F. G.
- ——
- CHRONIQUE
- Phénomènes célestes dns aux éruptions. —
- Après l’éruption de Krakatoa, certains effets d’optique atmosphérique vinrent parfois troubler étrangement l’aspect naturel du ciel. C’étaient d’abord des colorations anormales du soleil et de la lune, phénomènes d’ailleurs de peu de durée et qu’on ne put observer que d’un nombre limité de stations. A Batavia, à Ceylan et en d’autres endroits des Indes Orientales, le soleil était bleu au zénith et passait graduellement au vert et au jaune à mesure qu’il s’approchait de l’horizon. Un phénomène qui a persisté plus longtemps, et que bon nombre de personnes ont observé, a été la halo qui entourait le soleil et parfois aussi la lune. Le halo solaire, teinté vert et argent et bordé de mauve, accompagnait le soleil dans sa course quotidienne ; celui qui entourait la lune fut surtout observé vers le milieu de décembre, il était teinté d’orange. Enfin, on peut ranger dans une troisième catégorie de phénomènes les couchers et levers de soleils anormaux qu’on a signalés un peu partout après l’éruption de la Martinique, comme après celle de Krakatoa, et qui présentent avec les levers et couchers de soleils réels des différences notables : le moment de leur maximum et le point du ciel où ils se produisent ne sont pas les mêmes que pour les levers et couchers réels, leurs couleurs régulièrement distribuées ne sont pas les couleurs pures du spectre. Enfin, les masses colorées qui les constituent ont une texture spéciale qui ne permet de les identifier ni avec des milieux transparents ni avec des nuages. M. Maunders, dans Knowledge, se demande si l’on doit aussi attribuer aux éruptions ces étranges nuages lumineux découverts par Cerarski, et que M. Jessie a étudiés si minutieusement. A l’époque où ce dernier les observait de Berlin, leur période de visibilité s’étendait du 25 mai au 11 août, elle coïncidait presque avec la période de crépuscule continuel pour la latitude de Berlin. Ces nuages avaient une apparence striée et floconneuse. Leur lumière d’un blanc argenté, teintée de bleu au zénith et de jaune rouge à l’horizon, était empruntée au soleil, qui vers cette époque n’est jamais à plus de 18° au-dessous de l’horizon Nord, et dont ils recevaient les rayons pendant la nuit à cause de leur grande altitude. On a pu établir, en effet, par des photographies comparatives de ces nuages, prises de différentes stations, qu’ils se trouvaient à environ 84 kilomètres, c’est-à-dire à une hauteur dix fois plus grande que celle atteinte par les plus légers cirrus. De 1885 à 1880 on pouvait les observer avant minuit, mais après cette époque on ne les apercevait qu’aux premières heures du matin. Ils paraissaient suivre, avec un peu de retard, le mouvement de rotation de la Terre.
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- LA NATURE.
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- Longueur exploitée des chemins de fer français en octobre 1902. — Au 2 J octobre 1902, la longueur exploitée des chemins de fer français était la suivante : Lyon 9250 km, Nord 5705 km, Ouest 5742 km, Orléans 7157 km, Est 4895 km, Midi 5574 km, État 2910 km, Est-Algérien 897 km, Bùne-Guelma 1105 km.
- Les richesses minérales du Japon. — Le Japon est beaucoup mieux doté au point de vue minier et minéral qu’on ne le pense généralement : en effet, bien que beaucoup d’exploitations soient encore dans l’enfance, comme celles du fer, la production annuelle du pays durant le dernier exercice a été de 104 millions de francs, dont 02 pour le charbon, 7 pour l’or, 40 pour le cuivre, 10 millions pour l’argent, etc.
- Moyen original de se débarrasser de la fumée des grandes villes. — La méthode vient d’être indiquée par M. Shaw, qui a fait une communication sur la suppression des fumées dans les agglomérations à l’Owens College, à l’occasion du récent congrès d’hygiène tenu à Manchester. Pour lui, on pourrait recueillir toutes les fumées dans des carneaux plus ou moins multipliés qui desserviraient les diverses maisons et usines de la ville, les gaz ainsi recueillis étant alors envoyés à une usine de traitement ; ou bien les fumées de chaque bloc de maisons seraient dirigées dans une chambre de traitement spéciale au bloc de constructions, et où les gaz abandonneraient toutes leurs particules charbonneuses avant que de s’échapper dans l’atmosphère.
- La poste aux lettres aérienne. — L’invention est due à M. Piscicelli Taeggi; elle est en ce moment soumise au ministre des Postes et Télégraphes d’Italie, et elle a pour but d’assurer l’expédition des lettres, des journaux et des différentes correspondances postales au moyen d’un réseau aérien de quatre fils, tendus sur poteaux à la façon des fils télégraphiques, et sur lesquels rouleront à une allure de 400 kilomètres à l’heure des petits chariots mus électriquement, à la manière de ce qui se passe dans le système connu sous le nom de telphérage. Chaque convoi circulant sur la voie aérienne à cette vitesse très grande aurait un poids de 55 kg. Une foule de questions se posent au sujet de la possibilité de réalisation d’une semblable entreprise, mais il est déjà intéressant et bien caractéristique de constater qu’on ose songer à une pareille transformation dans les moyens de transport ordinaires.
- Fleurs en écailles de poissons. •— On a réussi à faire des Heurs artificielles de fort jolie apparence au moyen de coquilles marines où l’on ne gardait que la nacre, colorée de nuances diverses; il paraît que, depuis un temps immémorial, les Indiens du Venezuela et du Brésil septentrional fabriquent de même des bouquets de fleurs artificielles au moyen d’écailles de poissons. Ils profitent pour cela des teintes extrêmement variées et brillantes des poissons qui habitent les mers de ces régions. Ils collent ces écailles soit entre elles, soit à des fils métalliques, en recourant à de la colle de poisson. Cette industrie s’est du reste transplantée dans certaines parties des Antilles, et notamment à Cuba.
- Photographie sur peau humaine. — Les journaux américains nous apprennent qu’un habile photographe de New-York vient d’inventer le moyen de reproduire des photographies sur la peau humaine. Cette découverte a eu, paraît-il, beaucoup de succès et déjà un certain nombre de jeunes femmes et de jeunes filles appartenant à la meilleure société new-yorkaise, ont
- fait photographier, qui sur l’épaule, qui sur la poitrine, le portrait de leur mari ou de leur fiancé. Cette nouvelle mode a remplacé celle du tatouage qui avait déjà de nombreux adeptes dans la liante société américaine. La photographie sur la peau présente cet avantage qu’elle peut s’effacer avec un certain produit, alors que le tatouage est à peu près indélébile. En cas de divorce il est très facile de remplacer un portrait par un autre, et la ressemblance est garantie!
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 24 novembre 1902.
- Présidence de M. Ai.dert Gadohy.
- La vitesse de la lumière. — M. Perrotin, directeur de l’observatoire de Nice, annonce qu’il vient de terminer ses expériences relatives à la détermination de la lumière poursuivies depuis deux ans à l’observatoire de Nice. La vitesse était déduite du temps employé par la lumière à parcourir une ligne de 92 kilomètres (aller et retour); les opérations ont été souvent pénibles, toujours délicates. 11 a pu grouper 1100 mesures effectuées dans des conditions très variées ; elles lui donnent le nombre 299 800 kilomètres avec une erreur de 80 kilomètres. Une détermination antérieure lui avait donné le nombre 299900 kilomètres avec une erreur de ± 80, de telle sorte que le nombre 299880 peut être considéré comme exprimant la vitesse de la lumière dans l’air avec une erreur de ± 50 kilomètres. M. Perrotin ajoute que ce nombre se vérifie à l’aide de la parallaxe du soleil déduite des observations de la planète Bros.
- Soudure de la Corse au continent. — M. Deperet annonce la découverte dans une grotte de Catalogne des vestiges d’un rongeur connu sous le nom de Lagomys que l’on trouve en Corse. Cette découverte montre qu’à l’époque du pliocène la Corse était rattachée au continent. Mais le lagomys s’est éteint sur le continent dès le début du quaternaire tandis qu’il a survécu plus longtemps en Corse.
- La faune momifiée d'Égypte. — M. Chauveau présente un travail de MM. Lortet et Gaillard, de Lyon, sur la faune momifiée de l’ancienne Egypte. Des fouilles ont été pratiquées en vue de ces recherches et M. Maspero a fourni les animaux trouvés aux auteurs. On rencontre, parmi les animaux momifiés, des mammifères, des reptiles, des poissons, des batraciens, des invertébrés qui constituent un témoignage précieux de la faune d’il y a 7000 ans. Ces animaux sont, en effet, admirablement conservés; ils ne diffèrent en rien des types actuels. Le bœuf Apis est représenté aujourd’hui par le bos africanus du sud de l’Afrique. Une seule exception paraît devoir être faite pour l’ibis ancien qui a les pattes plus longues que l’ibis actuel.
- Les poissons de Bornéo. — M. Edmond Vaillant présente un travail sur les poissons de Bornéo. 11 a eu l’occasion d’étudier une collection composée de 700 spécimens de poissons recueillis par une mission néerlandaise qui a traversé cette île. Parmi ces 700 spécimens on compte 21 espèces nouvelles qui habitent des cours d’eau très rapides, aussi comptent-ils beaucoup d’espèces rampantes ou de poissons qui se fixent sur les pierres.
- Varia. —M. A. Gautier présente une Note de M. Trillat sur le dosage de la glycérine dans les liqueurs fermentées. — M. Bouchard dépose une Note de MM. Camus et Pagniez sur l’hémoglobinurie et sa production artificielle.
- Ch. he Vim.ehecii,.
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- L A NATURE.
- UN AMI DE « LA NATURE »
- Nous recevons de M. JoseC Jan Fric la jolie lettre suivante. Nous l’en remercions et c’est avec plaisir que nous accédons à son désir de la voir publier ici avec la photographie qu'il a fait prendre h notre intention.
- « En voyant la photographie ci-jointe vous serez certes bien surpris.
- Quel est ce bonhomme et pourquoi cette pile de livres?
- « Cet homme, monsieur le rédacteur, s’appelle Jermàr et vit à Prague; il est commissionnaire de la librairie Bursik et Kohout (ci-devant Jan Otto) et cette pile de livres représente trente années de votre estimé journal, La Nature.
- « Je suis un de vos plus anciens abonnés. J’avais douze ans environ lorsque, me rendant à l’école, je m’arrêtai devant l’étalage de la librairie Otto où je remarquai le premier numéro de La Nature. Je ne pouvais m’en séparer et me décidai enfin h entrer dans le magasin, où je demandai, non sans gêne, le numéro du journal qui m’intéressait tant.
- On me promit de l’envoyer à domicile et le lendemain un jeune et alerte commissionnaire frappait à notre porte apportant le journal. C’était Jer-
- La collection de La Xature et Jermàr, de Pragues.
- noir. Depuis ce jour-là chaque semaine il nous l’apporta.
- « Les numéros s’entassaient, puis passaient chez le relieur et, peu à peu, les volumes formèrent cette pile plus haute aujourd’hui que le brave commissionnaire qui, trente années durant, n’a pas manqué une seule fois d’apparaître, chaque semaine, avec un numéro du journal ami.
- « Jermàr a vieilli, mais c’est gaiement encore qu'il nous apporte, ainsi que vous le voyez, un des derniers numéros de la trentième année de La Nature.
- « Une grande partie de ma vie est écoulée et c’est avec émotion que je considère cette série de volumes où, à chaque page, je retrouve des souvenirs des jours passés. Bons jours, jours de peines, de travail, de chagrins, c’est toute une partie de mon passé que je fais revivre en feuilletant ces livres.
- « Enfants, c’est avec joie que nous examinions chaque nouveau numéro où nous trouvions tant de
- lectures captivantes et instructives, et plus tard et toujours votre journal a été pour nous un ami dont la lecture nous était chère.
- « Lorsque, il y a quelques jours, j’entendis frapper à ma porte et que je vis entrer le bon vieux Jermàr, je ne pus résister au désir de le faire p hotographier et, avec lui, les volumes de votre cher journal.
- « En vous priant, monsieur le rédacteur, d’agréer toutes mes félicitations à l’occasion du trentième anniversaire de la fondation de votre journal, je me permets de vous offrir cette photographie ; peut-être pourriez-vous l’utiliser en la faisant paraître dans le dernier numéro de la trentième année. Je pense que cela intéressera vos lecteurs .
- <( Veuillez agréer, monsieur, l’expression de mes sentiments d’admiration et de reconnaissance. »
- Josef Jax Fric,
- Fabricant d'instruments de précision.
- La Nature a été fondée, en effet, en 1872. Le présent numéro est le dernier de la trentième année de ce journal. Nous espérons bien que notre aimable correspondant, M. Josef Jan Fric, continuera à lire longtemps encore son journal de prédilection. H. de P.
- Le Gérant : P. Masson.
- ,’aris. — Imprimerie I.aiicuk, rue de Fleurus, 9.
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- LA NATURE
- TRENTIÈME ANNÉE— 1902
- DEUXIÈME SEMESTRE
- INDEX ALPHABÉTIQUE
- A
- Académie de médecine (La nouvelle), 407.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de T), 15, 31, 47, 63, 79, 95,111,127, 143, 159,175, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 287, 303, 319, 335, 551, 367, 383, 599, 415.
- Académie des sciences de Belgique (Communication du ministre des Affaires étrangères relative à P), 271.
- Accidents de voitures et d’aulomobilcs. 275.
- Acide carbonique par les feuilles (Décomposition de T), 158.
- Acide carbonique sur les muscles (Action de P), 191.
- Acier estampé (Plafonds et corniches en), 159.
- Adino-électrique (Phénomène), 63.
- Air (Liquéfaction de T), 174.
- Air atmosphérique (Nouveau composé volatil dans P), 198.
- Air comprimé (Les maladies de P), 503.
- Air de mines (Analyse de P), 367.
- Albumen (Propriété de P), 127.
- Alchimistes (Le langage des), 310.
- Alcool (Concours international de P), 18, 85.
- Alternateurs de 10000 chevaux, 314.
- Ami de « La Nature » (Un), 416.
- Amiure ou poisson-chat (L’), 203.
- Analgésie par les courants de haute fréquence (L’j, 29.
- Ancre gigantesque (Une), 335.
- Anesthésie par les courants électriques (I/), 599.
- Animaux qui dansent (Les), 106.
- Anneaux mystérieux (Les), 270.
- Antilles (La catastrophe des), 15,
- Appendicite (Fréquence des cas), 79.
- Arbres remarquables, 145.
- Ardoisières (Les), 291.
- Armes empoisonnées (Les llèches et les), 54.
- Arsenic dans la nature (L’), 599.
- Arsenic dans l’organisme (L’), 47.
- Arsenic dans le règne animal (L’), 585.
- Art préhistorique, 143.
- Ascenseurs électriques (Les), 526.
- Ascensions aéro-maritimes (Les expériences du Méditerranéen et les), 574.
- Association française pour l’avancement des sciences (1/), 190.
- Association sismique internationale, 191.
- Aurifères de la Colombie (Les alluvions), 254.
- Automobiles (L’accélération et le freinage des), 247.
- Automobile et les routes (La traction), 81.
- Automobiles (Les vitesses en), 222.
- Avens du Lot-et-Garonne (Les). 279.
- Aveugle qui apprend à voir (Un), 22.
- Azote de l’atmosphère (La (ixalion de P). 256.
- 1*
- Bacille géant (Un), 270.
- Bactéries fabricants de couleurs (Les), 26. Ballon Uuge (Le), 218.
- Ballon le « Bradsky » (Lacatastrophe du). 321.
- Bambous (Les), 266.
- Bassin d’expériences de l’arsenal de Washington (Le), 503.
- Berlin (Le port de), 175.
- Berlin (Les moyens de transport à), 11. Béton frelté (Résistance à la compression du), 191.
- Bétons (Résistance des), 223.
- Betteraves 'Production des graines de), 395.
- Beurre de Karité (Le), 55.
- Bicliat (Le centenaire de), 127. Bicyclette de côtes « la Svca », 539. Bloek-systcm (Le), 107.
- Boracite (Mines de), 309.
- Botanique fossile, 191.
- c
- Café et le Gombo (Les succédanés du), 394.
- Calao d’Abyssinie (Le), 225.
- Calcaire d’Alexandrie (Le), 519.
- Calcaires (Origine parasitaire de certaines dégénérescences), 145.
- Calorifères (Le danger des), 501.
- Campbieil (La vallée de), 119.
- Canards (La mue des), 206.
- Canaux et végétation lunaires, 299.
- Canons à éclipse, 113.
- Cap au Caire (Le chemin de fer du), 255.
- Carnassier fossi le de Vaugirard ( Le grand ), 401.
- Carnassier fossile gigantesque (Un), 503.
- Caroubier et scs fruits (Le), 315.
- Cartouche hydraulique de mine, 545.
- Cascade à étages (Une), 7.
- Casseur de pierres mécanique, 585.
- Champignon des racines des arbres fruitiers, 150.
- Chantiers de la Clyde (Les), 318.
- Chariot transplanteur, 371.
- Chemin de fer électrique aux États-Unis (Nouveau), 271, 518.
- Chemin de fer de montagne (Nouveau), 119.
- Chemin de fer vers l’Abvssinie (Nouveau), 271.
- Chemin de fer viaduc de Boston, 94.
- Cheminées de fées (Un complément à l’histoire des), 357.
- Chemins de fer à courants polyphasés (Développement des), 70.
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- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Chemins de fer français (Longueur exploitée), 415.
- Cheval sauvage de la Dzoungarie (Le), 99. Chevaux (Le prix des), 90.
- Chiens (La maladie des jeunes), 74. Choline sur les glandes (Action de la), 95. Chrysanthèmes (Les), 598.
- Clavelée (La), 223.
- Clefs de pendules et de montres, 58. Clichés à couleurs Lippmanniennes, 195. Clichés à couleurs spectrales, 118. Cloches sous-marines de Boston (Les), 28. Colombier géant (Un), 64.
- Colonial (Le jardin), 25.
- Combustible liquide (Le), 166.
- Comète Tempe! (La), 206.
- Comète (La), 507.
- Comète (A propos de la), 562.
- Comètes et les planètes ultra-Ncptu-niennes (La capture des), 10.
- Compas micrométriques, 256.
- Composé volatil dans l’air atmosphérique (Nouveau), 198.
- Composés nouveaux (Préparation de), 126, 567.
- Compteurs électriques (Les), 167. Coqueluche (La sérothérapie de la), 407. Corps nouveaux Préparation de), 65, 287.
- Correspondance, 566.
- Corse au continent (Soudure delà), 415. Côtes de France (Les fonds maritimes des), 206.
- Couchers de soleil (Poussières volcaniques et), 142.
- Couperose au Chili (Une mine de), 49. Courants de haute fréquence (Effets thérapeutiques des), 145.
- Crabes et homards, 51.
- Crépusculaires (Les lueurs), 402. Crépuscules rouges (Les), 587.
- Crocodile dans l'ancienne Egvptc (Le), 588.
- Croiseur allemand (Nouveau), 505. Croiseur suédois, 270.
- Cucurhitacées, 125.
- Cuirassé russe, 254.
- Cuirassés russes (Nouveaux), 554.
- Cuivre par électrolyse (Affinage du), 245. Cuivre et de magnésium (Alliages de), 585.
- Cultures à tenter eu terrains salés, 142. Cultures sous tentes, 175.
- ])
- Damars, résines fossiles (Les), 278. Dattes (La culture et le commerce des), 385.
- Décès, 271.
- Décharges atmosphériques (Les), 154. Désassimilation (Produits de), 143. Dessins d’animaux préhistoriques, 47. Dessins industriels à la lumière électrique (Tirage des), 186. Diamantifères en Guyane anglaise (Gisements), 567.
- Distributeurs automatiques de timbres-poste et de cartes postales, 92.
- Djebel Ouenza et les minerais de fer sur la frontière tunisienne (Le), 161. Dolmen dans la Ilaute-Savoie (Un), 288. Dompteuse de lions au cirque Medrano (La), 599.
- Drague (La traversée d’une), 223. Dusseldorf (L’exposition de), 183. Dynamos (Fabrication mécanique des),43. Dysenterie coloniale, 223.
- E
- Eau (Analyse rapide de F), 65.
- Eau de Coolgardic (La conduite d’), 105.
- Eau morte Du phénomène de F), 150.
- Eaux (Nouvel appareil de stérilisation des). 97.
- Eaux d’un hameau (Le service des), 40.
- Elections à l’Académie des sciences, 16, 51, 95.
- Electricité (Découpage de la tôle par F), 174.
- Elevage des œufs et larves de poissons marins (Appareil pour F . 122.
- Emigration russe en Sibérie (L‘), 46.
- Energie électrique à distance (Transmissions d ), 282.
- Enfant ; L intoxication saturnine chez F .
- 222.
- Engrais chimiques dans le potager et le verger (Emploi des), 54.
- Engrais potassiques (Les fruitiers et les). 554.
- Enseignes (Les), 71.
- Éruptifs de la Martinique (Les phénomènes), 206.
- Éruption volcanique de la Martinique,
- 127.
- Eruption volcanique, 335.
- Eruptions de la Martinique Les). 261.
- Éruptions de la Montagne Pelée (Les roches rejetées lors des', 255.
- Eruptions et taches solaires, 50.
- Éruptions et tremblements de terre. 62.
- 122.
- Eruptions (Troubles précurseurs des>, 15.
- Éruptions volcaniques (Relation entre les taches solaires et les), 255.
- Eruptions volcaniques et des tremblements de terre (Périodicité des), 191.
- Éruptives du porphyre (Analogies de roches), 51.
- Explosion de Marsat, Puy-de-Dôme [/), 76.
- Exposition de Saint-Louis J/), 518.
- F
- Faune momiliée d’Egypte (La), 415.
- Faux en écriture (Nouveau genre de), 118.
- Faye (Hervé), 95.
- Fermât (Extension du principe de), 255.
- Fermentation alcoolique et le bacille typhique (La), 159.
- Fila plomb (Les inexactitudes du), 175.
- Flèches de chasse des Chinois Laï, 299.
- Fleurs de hok, 110.
- Fleurs en écailles de poissons, 415.
- Flore des murailles et des chaumières (La), 290.
- Flore fourragère du Nouveau Monde, 275.
- Focale principale de l’objectif de l’équatorial de Toulouse (Surface), 255.
- Fonctions entières, équations différentielles, ensembles, 223.
- Fossiles sahariens, 15.
- Fondre Les suites d’un coup de), 254.
- Four à incinérer, 379.
- Fourmis (La destruction des), 155.
- Freinage des automobiles, voitures à chevaux et vélocipèdes, 22.
- Forces motrices hydrauliques dans le déparlemcnt de l’Orne (Les), 3.
- Fossile (Découverte d’animal), 31.
- Freins continus à action rapide, 250.
- Fumées dans les grands centres (Les), 519, 415.
- Fumier (Fermentation du), 47.
- Funiculaire de Glasgow (Le chemin de fer), 111.
- Fusées paragrèles (Les), 127.
- G
- Galénique de Forme La), 75.
- Galets striés artificiels, 145.
- Gare centrale de triage de Chicago (La), 126.
- Gare de Bordeaux (La grande), 195.
- Gaudry (Discours en l’honneur de M.), 51.
- Gaz aux Etals-Unis (L’industrie du), 159.
- Gaz de l’atmosphère (Les). 126.
- Gaz sous pression (Distribution de), 142.
- Gaz naturel en Angleterre (Le), 518.
- Gènes (Le port de), 270.
- Genévrier et son influence sur les pommiers (Le), 50.
- Girouette de la tour Eiffel (La nouvelle), 111.
- Glace hygiénique (La), 147.
- Glace souterraine (La), 94.
- Goélands dominicains (Les), 67.
- Gomho (Le), 594.
- Gouvernail propulseur pendulaire, 241.
- Graines (La conservation des), 127.
- Graines (Le pouvoir germinatif des), H 9.
- Graines sèches à la lumière (Conservation des), 240.
- Graisse dans l’organisme (Transformation de la), 31.
- Grèce (Les marbres de), 255.
- Greffe (Les idées nouvelles sur la), 203.
- Greffées (L’utilisation des principes minéraux par les plantes), 259.
- Grilles pour combustibles menus, 53.
- Grotte à Stalden (Suisse) (Exploration d’une très grande), 159.
- Grotte de Boutigues (La), 4.
- II
- Haut fourneau au charbon de bois (Un gigantesque), 111.
- Hélices et son influence sur la vitesse des navires (Le pas des), 582.
- Hemilcïa vastatrix dans les colonies françaises (J/), 83.
- Hémoglobinurie (I/), 175.
- llenequen au Mexique (L’industrie du),
- 122.
- Hindous du Jardin d’Acclimatation (Les), 267.
- Horloge démontable, 191.
- Hygromètre électrique (Un), 63.
- I
- Images sur étoffes par vapeurs (Projections d’), 47.
- Indicateur acidimétriquC) 239;
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-
-
-
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Individu Variations du 1',, 510.
- Inoculation des sols destinés à porter des légumineuses, 55.
- Insecte géomètre (ITii",, 180.
- Intensité voltaïque et le déliit éleclroly-tique 'Relation entre 1’), 05.
- Iode dans le sang (I/), 127.
- J
- Jardins chinois et japonais, 80.
- Jeu des hètes (Le), 542.
- Jouets 1902 Le concours de , 350.
- Jumelle pliante Nouvelle;. 520.
- K
- Kinclnnjinga, 247.
- « Kléber » à Bordeaux (Le lancement du], 535.
- Krupp (Frédéric). 414.
- L
- Lait contaminé, 254.
- Lait cru, bouilli ou pasteurisé 'Digestibilité du), 111.
- Laiterie coopérative moderne l ue . 95.
- Lait maternisé (Le), 187.
- Lait stérilisé Le), 191.
- Lampe électrique portative, 250.
- Lécithine (Mode d'action de la), 05.
- Lésions organiques aux descendants (Transmission des). 120.
- I.eucomaïnes diabétogénes, 51.
- Levure artificielle et acide lactique, 538.
- Lianes à caoutchouc du Congo français. 255, 271.
- Liqueurs et apéritifs. 214. 250.
- Liquides par air chaud (Pulvérisation des). 79.
- I.iverpool elevated Raihvav (Données statistiques sur le), 145.
- Livres (Les insectes des), 249.
- Locomotive anglaise (La plus puissante'. 598.'
- Locomotive Compound (La), 94, 120.
- Locomotive monstre (Unenouvelle), 225.
- Locomotives (Épuration des eaux d'alimentation pour), 275.
- Locomotives à pétrole, 257.
- Locomotives au lignite (Ohaull'age de;, 287.
- Locomotives (Un demi-siécle dans la construction des), 509.
- Longitude Paris-Greenwich (Différence de), 305.
- Lumière (Vitesse de la), 415.
- Lumière solaire sur la propagation des ondes électro-magnétiques (Les effets de la), 411.
- Lune (La neige sur la), 15.
- Lune du 17 octobre 1902 (L'éclipse de), 554.
- Lupin (La culture du), 255.
- M
- Machine à vapeur à triple expansion (Modification'd’une), 103.
- Magnésie de l’île d’Eubée (Les dépôts de), 255.
- Magnétiques concordant avec l’éruption de la Montagne Pelée (Phénomènes). 175.
- Magnétiques (Perturbations), 47. Magnétisme terrestre à Madagascar (Répartition du), 10.
- Maison à New-York (Une), 504.
- Maisons primées au concours de la Ville de Paris (Les), 0.
- Mal de Caderas et celui de Nagana (Le), 59!).
- Manuscrit de Lavoisier perdu et retrouvé (Un), 519.
- Marbres de l’Alaska (Les), 58. Marionnettes de John llewelt, 47. Martinique (Le jardin botanique de la),
- 151.
- Martinique (Les éruptions de la), 239. 59!).
- Mécanolhérapie (La), 207.
- Médicales (Les voyages d’études), 158. Méditerranéen et les ascensions aéro-maritimes (Les expériences du), 574. Mer Morte (L’eau de la), 170.
- Mers (La vie au fond des), 235. Métallurgique aux États-Unis (Les progrès de l'industrie), 254.
- Métropolitain de Paris (L’usine électrique du), 198.
- Métropolitain électrique de Berlin, 215. Mildew et oïdium (Moyen de combattre
- le), 143, 202.
- Minéralogiques à Madagascar (Travaux), 305.
- Monnaies d'argent (Anciennes), 266. Montagne Pelée (État de la), 382. Montre monstre (Une), 318.
- Monuments mégalithiques de Bretagne (Origine des), 582.
- Morvan (le), 170.
- Moteur à gaz de 1200 chevaux, 175. Moteur à gaz de grande puissance, 367. Mouches (L'hygiène des), 239. Moustiques d’Algérie (les), 126.
- Munia (La), 558.
- N
- Navigation terrestre, 223.
- Navire le plus rapide du monde (Le), 367.
- Nécrologie, 62, 79, 159, 286, 414. Nickel du Canada (Les mines de), 135. Niveau (Nouveau système de), 240. Noctuelle du frêne (La), 314.
- 0
- Observatoire du Mont Blanc (Les travaux de F), 191.
- Océanographie, 31.
- Œil (Réfrangibilité de F), 31.
- Oidïum et du mildew (Traitement simultané de F), 202.
- Oiseaux (Solidarité chez les), 176.
- Ondes électriques et le cerveau humain (Les), 177.
- Opaline et ses applications (U), 355. Optique (Un curieux phénomène d’),
- 251.
- Oxford et Cambridge, 67.
- Oxvde de carbone (Dose mortelle d’), î 46.
- Oxvgène du commerce ^Impuretés de I’ , o99.
- P
- Pain frais et pain rassis, 206.
- Paléontologiques en Patagonie (Recherches), 305.
- Palmier à cire (Le), 331.
- Pancréatique (Propriétés du suc), 63.
- Paris-Pékin, 174.
- Paris-Vienne, 78, 142.
- Paris-fiennc (Classement de la course), 94.
- Parthénogenèse artificielle, 535.
- Pas de Calais (La traversée du), 166.
- Passerelle pour la cavalerie (Une;, 523.
- Pendule du Panthéon (Le), 345.
- PcntaJluorure d'iode (Propriétés du), 319.
- Perséides et la hauteur des étoiles filantes (L’essaim des), 259.
- Pétrifiés de l'Arizona (Les arbres), 63.
- Pétrole dans l'Alaska (Le), 598.
- Phares à acétylène pour automobiles, 163.
- Phénomènes célestes dus aux éruptions, 414.
- Philatélie inconnue (La), 285.
- Phosphorescence dans l’océan Indien (Un phénomène de), 371.
- Photographie (Effets bizarres de la). 131.
- Photographie, l'appareil Sigriste, 115.
- Photographie stéréoscopique à courte distance (Banc pour la), 51.
- Photographie sur peau humaine, 415.
- Pierre lithographique en Asie Mineure (La), 223.
- Pierres précieuses aux États-Unis (Les),
- 318.
- IMankton (Distribution du), 15.
- Plantes à fleurs doubles (Production provoquée des), 353.
- Plantes fourragères, 503.
- Platine aux États-Unis (Le), 355.
- Poisson de nos eaux douces (Un nouveau), 56.
- Poissons de Bornéo (Les), 415.
- Poissons géants (Les), 356.
- Poivre (Découverte d’une variété de), 63.
- Pollen (Germination du), 319.
- Pommes de terre et les diverses sortes de terrains (Les variétés de), 143.
- Pont du Viaur (Le), 391.
- Pont roulant de 110 mètres (Un), 179.
- Population en France (La), 598.
- Poste aux lettres aérienne (La), 415.
- Potentiel au contact (Différence de), 255.
- Polto de Bosman (Le), 311.
- Poudre de lait, 311.
- Poudre métallique solidifiée par pression, 6.
- Poularde de Bresse (La), 308.
- Poussière dans les grandes villes (La), 503.
- Provence (Un coin pittoresque de la),
- 211.
- Pucerons et fourmis, 202.
- Pygmées préhistoriques en Silésie (Les), 63.
- Pyrales (Destruction des), 95.
- Python (Pour nourrir un serpent), 16.
- Python dit Muséum (Le), 238.
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-
-
- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- R
- Radio-conducteur (Nouveau), 138. Radium et la radio-activité (Le), 209. Raisin (Le cisellcment du), 141.
- Raisin (L'ensachement du), 232.
- Raisins à Thomrrv (La conservation des), 295, 350, 303.
- Raisins sans pépin, 287.
- Ravons solaires et l’étincelle électrique (Les), 270.
- Records evelistes (La progression des),
- 412.
- Refuge Félix-Faure et La Yanoise (Le),
- 195.
- Refuges pour piétons (Les), 378. Rhumatisme (Traitement et localisation du), 95.
- Richesses minérales du Japon (Les),415. Rochers de la Tour (Ardennes) (Les), 129.
- Roches rejetées lors des éruptions île la Montagne Pelée, 255.
- Roseraie de l'Ilay, 104.
- Roue libre (La), 220, 250.
- Rouille grillagée du poirier (Sur la), 138.
- Routes pélrolécs et goudronnées (Les), 228.
- Rubis artificiel (Le), 383.
- S
- Sang des animaux immunisés contre le venin dn cobra (Le), 47.
- Satory (L'accident de), 142.
- Saturne (La rotation de), 271.
- Saturnine chez l'enfant (L’intoxication),
- 222.
- Saturnisme (Traitement électrique pour le), 507.
- Saumoneries de l’Alaska (Lcsl, 203.
- Seiches du lac Érié (Les), 382.
- Silicium (Propriétés de Fhvdrure de), 79.
- Silicium et du cobalt (Combinaisons du), 271.
- Siphons (L éclatement des). 79.
- Sirène à gaz pour appeler en cas d’incendie, 31.
- Sismiques (Association internationale pour l’observation des phénomènes), 170.
- Sismiques (Événements), 50.
- Sismiques (Propagation des ébranlements), 190, 271.
- Solaire (Déformation du disque), 103, 502.
- Solaires et rayon vert (Déformations), 552.
- Sommeil par les courants électriques (Le), 599.
- Soudure au chalumeau à acétylène, MO. Soupapes de sûreté (Les), 182.
- Sources (Les), 74.
- Sous-marins (Les), 02.
- Station transatlantique Marconi au cap lirclon (La), 306.
- Sténodactylo (Une machine à sténographier, la), 357.
- Stéréoscopie, 294.
- Sulfurique (Concentration de P. eide), 298.
- T
- Tapis de Smyrne (La fabrication des), 94.
- Téguments (Cause des colorations changeantes des), 95.
- Teigne dn crin (La), 251.
- Télégraphie sans fil Cervera (La), C0.
- Télégraphie sans fil, nouveau récepteur Marconi, 82.
- Téléphoniques (Appareils), 80.
- Térébenthine (Le chlorhydrate de), 178,
- 211.
- Thé à Ceylan (Le), 403.
- a Tilly-Réhé », 599.
- Toucur à pétrole du canal de Nivernais (Le), 289.
- Traction automobile et les routes (La), 81.
- Traction électrique sur certaines lignes terrées anglaises (L’adoption de la), 271.
- Traction multiple aux États-Unis (La). 302.
- Train (L’inlluencc de la vitesse sur les dépenses d’un), 50.
- Trains à grande vitesse (Ce que coûtent les), 110.
- Transatlantique géant (Le nouveau), 315.
- Transporteur élévateur de wagons de 25 tonnes, 287.
- Traverses de chemin de fer en acier et béton, 287.
- Traverses métalliques des chemins de fer en vieux rails, 75.
- Treuil de remorquage amortisseur, 133.
- Trottoirs parisiens (Centenaire des), 595.
- Tunnel des usines hydro-électriques du Niagara (Une visite du), 111.
- Turbo-alternateur de 1500 kilowatts (Un), 239
- U
- Universités de Tokio et de Kioto (Les), 355.
- Uranus (La rotation il'), 406.
- Y
- Vaccination (Procédé nouveau de), 15. Varechs (Utilisation chimique des), 1. Véhicules à la traction (Résistance des), 358.
- Venins (Mode d’action des), 223.
- Venins (Sécrétion des), 503.
- Venise (Le campanile de), 151. Ventilateur électrique oscillant, 271. Ventilateurs électriques comme jeu de hasard (Les), 206.
- Verre armé (Le), 154.
- Verrerie électrique, 287.
- Yictorium (Le), 46.
- Vie (Évolution de la), 15.
- Ville d’inventeurs (Une), 535.
- Vin (Concentration du), 143.
- Vins (Concentration des), 186, 206.
- Vins fluorures, 386.
- Virchow à l’Académie (Éloge de), 240. Virchow (Le professeur), 258.
- Vision et les organes lumineux dans les profondeurs de la mer (La), 500. Vitesse des trains français et américains (Records de), 334.
- Voies ferrées sans poussière, 581. Voilure d’un voilier géant (La), 598. Volcans de la France centrale sont-ils complètement éteints (Les), 38.
- w
- Wagons (Attelage automatique des), 305.
- X
- Xiphopage (La vie d’un), 90.
- Z
- Zinc (Hydratation de l’oxyde de), 95.
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-
-
-
- LISTE DES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABETIQUE
- Aimé (A.). — La noctuelle du frêne, 314.
- Aimé (Paul). — Le bloek-system, 107.— Épuration des eaux d’alimentation pour locomotives, 273.
- B. (A.). — L’accélération et le freinage des automobiles, 247.
- B. (IL). — L’eau de la mer Morte, 170. — Poudre de lait, 511.
- — Le nouveau transatlantique géant, 315.
- Barrai. (Jacques). — Concentration de l’acide sulfurique, 298.
- Bary ?Paci,). — Le radium et la radio-activité, 209.
- Becker (A.). — Accidents de voilures et d’automobiles, 275.
- Bellair (Georges). —Production provoquée des plantes à (leurs doubles, 553.
- Beu.et (Daniel). — Grille pour combustibles menus, 53. — Un pont roulant de 110 mètres, 179. — La grande gare de Bordeaux, 193. — Gouvernail propulseur pendulaire, 247.— Locomotives à pétrole, 257. — Le loueur à pétrole du canal de Nivernais, 289. — L’opaline et ses applications, 555. — Un demi-siècle dans la construction des locomotives, 369. — La culture et le commerce des dattes, 583.
- — Casseur de pierres mécanique, 385.
- Bétiicvs (Georges). — Une passerelle pour la cavalerie, 525.
- Biciiat (Léon). — Le beurre de Karité, 55.
- Blanc (A.). — Clichés à couleurs spectrales par réllexion, 118.
- — Clichés à couleurs Lippmanniennes, 195.
- Boule (M.). — Les volcans de la France centrale sont-ils complètement éteints, 58. — Le grand carnassier fossile de Yaugirard, 401.
- Boessac, (P. IIiri'OLyte). — Le crocodile de l’ancienne Egypte, 388.
- Boyer (Lacques). — Centenaire des trottoirs parisiens, 395.
- Brandicourt (Virgile). — Les goélands dominicains, 67. — Les cueurbitacées, gourdes et coloquintes, 123. — Pucerons et fourmis, 202. — La flore des murailles et des chaumières, 290. — Le palmier à cire, 351.
- Briet (Lucien). — La grotte de Boutigucs, 4. — La vallée de Campbieil, 119. — Les bambous, 266. — Les avens du Lot-et-Garonue, 279. — La Munia, 358.
- Carré (L.). — Les maladies de l’air comprimé, 303.
- Cartaz (Dr A.). — Le centenaire de Bichat, 127. — Les voyages d’études médicales, 158. — L’Association française pour l’avancement des sciences à Montauban, 190. — La sérothérapie de la coqueluche, 407.
- Cayf. (Georges). — Nouvel appareil de stérilisation des eaux, 97. — La glace hygiénique, 147. — L’exposition de Dusseldorf, 183.
- Crai.marès (G.). — Les marionnettes de John llewelt, 47. — Attelage automatique des wagons, appareil Boirault, 305. _____ Le concours de jouets 1902, 550.
- Clément (A.-L.). — La galéruque de Forme, 75. — La destruction des fourmis, 155. — La teigne du crin, 251.
- Colardeau (E.). — Banc pour la photographie stéréoscopique à courte distance, 51. —- Effets bizarres de la photographie, 131.
- Colomer (Félix). — I.cs alluvions aurifères de la Colombie,234.
- Cohbigny (Commandant Brossaiir de). — Cerf-volant porte-amarres de sauvetage et de sport, 519.
- Corçelle (J.). — Le refuge Félix-I'aurc et la Yanoise, 195. — La poularde de Bresse, 308.
- Cornié IA. Gaston). — Lancement du Kléber à Bordeaux,535.
- Couimn (Henri). —Les bactéries fabricants de couleurs. 26.— Les animaux qui dansent, 106. — Les idées nouvelles sur la grelfc, 203. — Les Damars, résines fossiles, 278. — Le jeu des bêtes, 342. — Les succédanés du café et le Gomho, 594,
- Cuniia (A. da'. — Les maisons primées au concours de la ville de Paris, 6. — Le pont du Yiaur, 591. — Lanouvelle Académie de médecine, 107.
- D. (I)r IL). — Le professeur Virchow, 258.
- Deiiérain (P.-P.) et Demoussy (E.). — Inoculation des sols destinés à porter des légumineuses, 55.
- Delauney (L'-colonel). — Les canons à éclipse, 113. — Les refuges pour piétons, 578.
- Demoussy (E.) et Deiiérain (P.-P.). — Inoculation des sels destinés à porter des légumineuses, 55.
- Drancuurt (YY.). — La progression des records cyclistes, 412.
- Drouot (E.). — Un aveugle qui apprend à voir, 22.
- Dujour. — Affinage du cuivre par l’élcctrolysc, 243.
- Durand (.1.). — Tirage des dessins industriels à la lumière électrique, 186. — Nouvelle jumelle pliante, 520.
- Dyrowski M.). — Le jardin botanique de la Martinique, 151. — La solidarité chez les oiseaux, 176.
- Esi’itallif.r (L'-coloncl G.). — Le ballon Ungc et les idées du capitaine Yoyer, 218. — La catastrophe du ballon le « Iîradsky », 321. — Les expériences du Méditerranéen et les ascensions aéro-maritimes, 574.
- Flamel. — Le python du Muséum, 238.
- Fouché (Maurice). — La capture des comètes et des planètes ultra-neptuniennes, 10.
- Fric ! Josef-Jan). — Un ami de La Sature, 416.
- Fromont. — Sur la rouille grillagée du poirier, 158.
- G. (L.). — Un phénomène de phosphorescence dans l’océan Indien, 571.
- Gall (J.-F.). — Le jardin colonial, 23. — Roseraie de l’IIay, 104. — Concentration des vins, 186. — Traitement simultané de l’oïdium et du mildew, 202. —Une machine à sténographier, la sténodactyle, 357. — Les vins fluorures, 586.
- Garcin (J.). — Crabes et homards, 51. — Un colombier géant, 64, — Développement des chemins de fer à courants polyphasés, 70. — Fleurs de bois, 110. — Éruptions et tremblements de terre, 122. — Les décharges atmosphériques, 134. — Le verre armé, 154. — Déformation du disque solaire, 162. — La fixation de l’azote de l’atmosphère, 236. — Canaux et végétation lunaires, 298. —Une maison à New-York, 504.
- Garnier (Jules). — Les mines de nickel du Canada, 155.
- Genty (L.).— Les cloches sous-marines de Boston, 28.
- Glangeaud (Pu.). — Un coin pittoresque de la Provence, 211.
- Good (Arthur). — L’amiure ou poisson-chat, 285.
- Gorecki (Dr). — Correspondance, 566.
- Gourdin (I1enri> — L’Hémileïa vastalrix dans les colonies française5, 83. — Le thé à Ceylan, 405.
- Gréiian r (Nestor). — Dose mortelle d’oxyde de carbone chez l’homme et chez le chien, 146.
- Guarini (Émile). — Le télégraphe sans (il Cervera, 66.— Les ondes électriques et le cerveau humain, 177. — La station transatlantique Marconi au cap Breton, 306. — Les effets de la lumière solaire sur la propagation des ondes électromagnétiques, 411.
- Giédon (L.-Pierre). — Freins continus à action rapide, 250.
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-
-
-
- 422
- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- Uariot (P.). — Les llèches cl les armes empoisonnées, 34.
- IIenriot (E.)'. — L’emploi des entrais chimiques dans le potager et le verger, 54.
- Htk et Piuckt (IL). —Analyse rapide de l'eau, 05.
- Icuii) (I)1'). — Du phénomène de l’eau morte dans les ailleurs de l’antiquité, 151.
- Iciiks (Lucien). — Un insecte géomètre, 180.
- .lui.lien (0.). — l!n dolmen dans la Haute-Savoie, 288.
- Karl (Cadoi.cs). — La méeanothérapie et les accidents du travail, 207.
- Kiîaüs (A.). — Le lait maternisé, 187.
- L. — Freinage des automobiles, voitures à chevaux et vélocipèdes. 22.
- L. (IL). — Nouveau chemin de fer de montagne, 119. — Industrie du gaz aux Etats Unis, 139. — Levure artificielle et acide lactique, 338.
- L. (L.). — Le langage des alchimistes, 510. — Résistance des véhicules à la traction, 358.
- Laiiureau (A.). — Les poissons géants, le tarpon, 330.
- Laffargue pIosEPii). — Les forces motrices hydrauliques dans le département de l'Orne, 3. — Fabrication mécanique des dynamos, 43. — Nécrologie, Louis Solignac, 79. — Appareils téléphoniques, système Berliner, 80. — Télégraphie sans fil, nouveau récepteur Marconi, 82. — Nouveau radio-conducteur, 138. — Nécrologie, G. Trouvé, 158. — Modification d’une machine à vapeur à triple expansion,' 165. — Les compteurs électriques, 107. — Les soupapes de sûreté, 182. — L’usine électrique du Métropolitain de Paris, 199.
- — Nouveau système de niveau, 240. — Lampe électrique portative, 250. — Transmissions d’énergie électrique à distance. 282. — Les ascenseurs électriques. 526.
- Lai.oy (IF L.). — La vie au fond des mers, 235. — La vision et les organes lumineux dans les profondeurs de la mer. 300.
- Le bois (.1.). — Arbres remarquables, 143. —Plafonds et corniches en acier estampé, 159. — Horloge démontable, 191.
- Lefèvre 'Colonel). — Poudre métallique solidifiée par pression, 6.
- Legrand (Dé . — Ventilateur électrique oscillant, 271.
- Leroy (D.). —Treuil de remorquage amortisseur, 139. — Le combustible liquide, 166.
- Leroy (J.). — Distributeurs automatiques de timbres-poste et cartes postales, 92. — Nouveau compas micrométrique et nouveau compas à vis imperdables, 256. — Four â incinérer, 379.
- Libert (Lucien). — Déformations solaires et rayon vert, 332.
- — L’éclipse de lune du 17 octobre 1902, 354. — La rotation d Uranus, 406.
- Malméjac (Dr F.). — Les sources, 74.
- Mares (A.). — Phares à acétylène pour automobiles, 163. — Bicyclette de côtes « La Svéa », 539.
- Mareschal (G.). — Photographie, l’appareil Sigriste à rendement maximum, 115.
- Martel (E.-A.). — Les rochers de la Tour (Ardennes), 129.
- Matthieu (Le Dr). — La roue libre, 226, 246.
- Maumenf: (A.). — Le ciscllcment du raisin, 141. — L’cnsache-ment du raisin, 252. — La conservation des raisins à Tho-mery, 295, 546, 363. — Chariot transplanteur, 371.
- Mégnix (Paulj. — Les chrysanthèmes, 398. — Tilly Bébé, 399.
- Mériel (Pierre de). — Oxford et Cambridge, soixante-six ans de courses à l’aviron, 67. — Le prix des chevaux, 90. — Industrie du henequen au Mexique, 122. — La traversée du Pas de Calais au commencement du siècle dernier, 166.
- — Navigation terrestre, 225. — Les routes pétrolées et goudronnées, 228. — Marbres de Grèce, 255. — Les Hindous du Jardin d’Aeelimatation, 267. — Les ardoisières, transformation dans l’exploitation, 291. —Mines de boracite, 509. — Les fruitiers et les engrais potassiques, 334. — Le navire le plus rapide du monde, 567. — Voies ferrées sans poussière, 381.
- Meunier (Stanislas). — Galets striés artificiels, 145. — Un complément à l’histoire des cheminées de fées, 557.
- Miron. — Le Morvan, 170.
- N. — La conduite d’eau de Coolgardie, 103.
- N. (1). L.). — La philatélie inconnue, les timbres de propagande, 285.
- Oustalet (E.). — Le cheval sauvage de la Dzoungarie ou cheval de Prjcvalski, 99. — Le calao d’Abyssinie, 225. — Le potlo de Rosman, 511.
- Par ville (Henri de). — Nécrologie, M. l’abbé Maze, 62. — La maladie des jeunes chiens, 74. — Hervé Faye, 95. — Liqueurs et apéritifs, 214, 250. — La comète, 307. — Le pendule du Panthéon, 543.— Les crépuscules rouges, 387.
- — Les lueurs crépusculaires, 402.
- Péiiand (IL). — Nouveau composé volatil dans l’air atmosphérique, 198.
- Périsse (L.). — Concours international de l’alcool, appareils moteurs, 18.
- Périsse (Raymond). — Concours international de l’alcool, éclairage et chauffage, 85.
- Pig.net (Dr) et Hue. — Analyse rapide de l’eau, 65.
- Pion (A.). — Les saumoneries de l’Alaska, 263. — La ilore fourragère du Nouveau Monde, 274.
- Pi.ANCiiox (Mathieu). — Clefs de pendules et de montres, 58.
- R. (G.-L.). — Nouveau genre de faux en écriture. 118.
- R. L.;. — Les insectes des livres, 249. — Alternateur de 10 000 chevaux de l’usine canadienne du Niagara, 514.
- Rabot (Charles). — Autour du lvinehinjinga, 247.
- Reverchox (L.). — Une cascade à étages, 17. — La nouvelle girouette de la tour Eiffel, 111.
- Rochas (Albert de). — Les enseignes, 71.
- Roger (Em. :. — Un curieux phénomène d’optique, 251.
- Roule (Louis). — Un nouveau poisson de nos eaux douces, 56.
- Scotte (J.)-. — La traction automobile et les routes, 81.
- Stockaiammer (L.). — Stcréoscopie, 294.
- T. (E.-G.), — Le campanile de Venise, 150.
- Tissandier (Albert). — Pour nourrir un serpent python, 16.
- — Jardins chinois et japonais, 86.
- Touchet (E.). — L’essaim des Perséides et la hauteur des étoiles filantes, 259. — A propos de la comète, 562.
- Traz (Jean de). — Les moyens de transport à Berlin, 11. — Métropolitain électrique de Berlin, 215.
- V. (L.). — Traverses métalliques de chemins de fer en vieux rails, 75.
- Vaschide (N.). — La vie d’un xiphopage, 90.
- Vilcoq (Albert). — Le caroubier et ses fruits, 515. — Production des graines de betteraves, 395.
- Villedeuil (Ch. de). — Séances hebdomadaires de l’Académie, des sciences, 15, 31, 47, 63, 79, 95, 111, 127, 143, 159, 175, 191, 207, 223, 239, 255, 271, 287, 503, 319, 555, 351, 367, 583, 599, 415.
- Vitoux (Georges). — L’analgésie par les courants de haute fréquence, 29.
- Wertheimer (L.). — Le chlorhydrate dé térébenthine. I. Ses multiples avantages pour les matières explosibles, 178. — IL Son emploi dans la fabrication du celluloïd, 211.
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- TABLE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- La capture des comètes et les planètes ultra-noplu-
- niennes (Maurice Fouché)............................... 10
- Déformation du disque solaire (.1. Garcix)............... 162
- L’essaim des Perséidcs et la hauteur des étoiles (liantes
- (E. Touciiet)..........................................259
- Canaux et végétation lunaires (J. Larcin)................299
- La comète (Henri «e Parvili.e)...........................307
- Déformations solaires et rayon vert (Lucien Libert). . . 552
- L éclipsé de lune du 17 octobre 1902 (Lucien Libert). . 554
- A propos de la comète (Em. Touciiet).....................562
- - La rotation d’Uranus (Lucien Liiieiit....................406
- La neige sur la lune..................................... 15
- La comète Tempel.........................................206
- Surface focale de l’objectif de l'équntorial photographique à Toulouse....................................255
- La rotation de Saturne...................................271
- Déformations du disque solaire...........................302
- Différences de longitude Paris-Greenwich.................503
- Physique générale.
- Clichés à couleurs spectrales par réflexion (A. Blanc), ........................................... lis, 195
- Le radium et la radio-activité (Paul Baiiy)...........209
- Sléréoscopie (L. Stockhammer)............................294
- Le pendule du Panthéon (Henri de Parvili.e)..............343
- lin phénomène de phosphorescence dans l’océan Indien
- (L. G.)................................................571
- Le viclorium............................................. 46
- Projections d’images sur étoffes par vapeurs. ... 47
- Liquéfaction de l’air....................................174
- Les inexactitudi s du fil à plomb........................175
- Extension du principe de Fermai..........................255
- Différence de potentiel au contact.......................255
- Formation de gouttes liquides............................288
- La vitesse de la lumière.................................415
- Électricité théorique et appliquée.
- Fabrication mécanique des dynamos (J. Laffargue).. . 45
- Le télégraphe sans fil Cervera (Émile Guarini)....... 66
- Développement des chemins de fer à courants polyphasés (J. Garces)................................ 70
- Appareils téléphoniques, système Berliner (J. L.). . . 80
- Télégraphie sans fil, nouveau récepteur Marconi (.1. L.). 82
- Les décharges atmosphériques (.1. Garcin).................154
- Nouveau radio-conducteur (.1. L.)..........................158
- Les compteurs électriques' (.1. Laffaiigue)................167
- Les ondes électriques et le cerveau humain (Emile Gua-
- rini)...................................................177
- L’usine électrique du Métropolitain de Paris (.1. Laffargue)...................................................198
- Métropolitain électrique de Berlin (J. de Traz). . . . 215
- Affinage du cuivre par l’électrolysc (Dujour)............ 243
- Lampe électrique portative (J. L.).........................250
- Ventilateur électrique oscillant (D. Legrand)..............271
- Transmissions d’énergie électrique à distance (J. L.).. . 282
- La station transatlantique Marconi au cap Breton (E. Gua-
- rini) ..................................................306
- Alternateurs de 10000 chevaux de l’usine canadienne
- du Niagara (L. R.).....................................514
- Les ascenseurs électriques (J. Laffargue).................326
- Les effets de la lumière solaire sur la propagation des
- ondes électromagnétiques (E. Guarini)..................411
- Répartition du magnétisme terrestre à Madagascar. 16
- Phénomène actino- électrique.............................. 65
- Relation entre l'intensité voltaïque et le débit électrolytique ............................................... 95
- Nature du cohéreur........................................ 95
- Découpage de la tôle par l'électricité................. . 174
- Phénomènes magnétiques concordant avec l'éruption
- de la Montagne Pelée. . . . ’..........................175
- Les ventilateurs électriques comme jeu de hasard. . 206
- Éleclrolyse des mélanges des sels.........................225
- Un turbo-allernateur de 1500 kilowatts....................239
- Les rayons solaires et l’étincelle électrique.............270
- U adoption de la traction électrique sur certaines
- lignes ferrées anglaises...............................271
- Nouveau chemin de fer électrique aux Etats-Unis,
- ................................................ 271, 518
- Verrerie électrique.......................................287
- Limite d’intensité d’un courant de pile correspondant à la manifestation d'un débit électrolytique
- extérieur............................................ 288
- La traction multiple aux Etats-Unis.......................302
- Traitement électrique pour le saturnisme..................367
- Photographie.
- Banc pour la photographie stéréoscopique à courte distance (E. CoLARDKAU)............ 61
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- m
- TABLE DES MATIÈRES.
- Photographie, l'appareil Sigristc à remit ment maximum
- (G. Maresciial)....................................... 115
- Clichés à couleurs spectrales par réflexion (A. Blanc). . 118
- Effets bizarres <le la photographie. Leur correction par
- le stéréoscope (Ê. Colyrdeau)......................... 151
- Clichés à couleurs lippmannicnncs et clichés à couleurs
- spectrales par réllexion (A. Blanc)...................1115
- Photographie sur peau humaine.............................415
- Chimie générale.
- I,'utilisation ehimiipic des varechs. Extraction française
- de l’iode et du brome (L. de Launay).............. 1
- Analyse rapide de l’eau (Dr Pic.net et Hue).......... (’>5
- I.e combustible liquide (.1. Ef.iioy)................ IGG
- Le chlorhydrate de térébenthine, ses multiples avantages pour les matières explosibles (L. M'ertheimer). 171) .Nouveau composé volatil dans l'air atmosphérique
- (11. Perand)........................................ 1D8
- Le chlorhydrate de térébenthine, sert emploi dans la fabrication du celluloïd (L. Wertiieimeiè..............211
- La fixation de l’azote de l’atmosphère (J. Garcin . . . . 25G
- Concentration de l’acide sulfurique ,1. Barrai.)..... 21)8
- Le langage des alchimistes (I . L....................510
- Poudre de lait (D. B.)...............................511
- Levure artificielle et acide lactique (1). L.).......538
- L’opaline et ses applications (Daniel Bellkt)........555
- Four à incinérer (J. Leroy).............................579
- Fins lluorurés (J.-F. Gau.).............................586
- Préparation de corps nouveau............................ 05
- Propriétés de l’hydrure de silicium.................. 79
- Préparation industrielle de l’air liquide............... 79
- Hydratation de l'oxyde de «inc.......................... 95
- Préparation de composés nouveaux............... I2G, 507
- Les gaz de Vatmosphère................................. 126
- Propriété de l’albumen..................................127
- Les dépôts de magnésie de Vde d'Euhée................254
- Combinaisons du silicium et du cobalt................271
- Préparation de corps nouveaux...........................287
- Saponification des éthers nitriques.................... 288
- Le gaz naturel en Angleterre............................518
- Propriétés du pentafluorure d’iode......................519
- Le platine aux États-Unis............................. 535
- Alliage de cuivre et de magnésium....................583
- Le rubis artificiel.....................................383
- L’arsenic dans le règne animal..........................583
- Les impuretés de l'oxygène du commerce..................399
- L’arsenic dans la nature................................599
- Météorologie — Physique du globe Géologie. — Minéralogie.
- Les volcans de la France centrale sont-ils complètement
- éteints (M. Boule).................................
- Une mine de couperose au Chili (L. de Launay). . . .
- Les sources (ï)r F. Malméjac).........................
- La vallée de Campbicil (Lucien Briet).’...............
- Eruptions et tremblements de terre (.1. Garcin). . . . Les rochers de la Tour (Ardennes) (E.-A. Martii.). . .
- Les mines de nickel du Canada (Jules Garnier).........
- Galets striés artificiels (Stanislas Meunier).........
- Le Djebel Ouenza et les minerais de fer de la frontière
- tunisienne (L. de Launay)..........................
- L’eau de la mer Morte (D. B.).........................
- Le Morvan (Miiion)....................................
- Les allnvions aurifères de la Colombie (Félix Colomer).
- Autour du Kinchinjinga (Charles Badot)................
- lin curieux phénomène d'optique iEm. Biiukr'..........
- Marbres de Grèce (P. de M.)...........................
- Les éruptions de la Martinique, conclusions du rapport
- de la Mission française............................
- Les avens du Lot-et-Garcmie (Lucien Biuei.............
- Mines de boraeile ;P. de M.).......................51 9
- Cartouche hydraulique de mine........................515
- Un complément à l'histoire des cheminées de Ices (Stanislas Meunier;......................................557
- Un phénomène de phosphorescence dans l’océan lu lien
- (L. G.).......................................... 571
- Les crépuscules rouges Henri de Paiivii.lk)..........587
- Le grand carnassier fossile de Yaugirard (M. Boni:). . 401
- Les lueurs crépusculaires (J.-F. G.'................ 402
- Troubles précurseurs des éruptions................... 15
- La catastrophe des Antilles........................... 17
- Evénements sismiques................................. 50
- Eruptions et taches solaires. ....................... 50
- Analogies des roches éruptives du mont Pelé arec le
- porphyre bleu de l’Eslerel......................... 51
- Perturbation magnétique.............................. 47
- Les marbres de T Alaska.............................. 58
- Eruptions et tremblements de terre................... 62
- Un hygromètre électrique............................. 65
- La glace souterraine................................. 94
- Les fusées para-grcles............................. 127
- Eruption volcanique de la Martinique..................127
- Poussières volcaniques et couchers de soleil..........142
- Exploration d’une grande grotte à Stalden [Suisse). 159 Phénomènes magnétiques concordant avec l'éruption de la Montagne Pelée........................... 175
- Propagation des ébranlements sismiques . . 190, 271
- Périodicité des éruptions volcaniques et des tremblements de terre...................................... 191
- Les travaux de l'observatoire du Mont-Blanc. . . . 191
- Les phénomènes éruptifs de la Martinique.............206
- Les éruptions de la Martinique............... 259, 599
- Les roches rejetées lors des éruptions de la Montagne Pelée..........................................255
- Taches solaires et éruptions volcaniques.............255
- Tremblement de le>re de Laybach à Andrinoplc. . 288
- Travaux minéralogiques à Madagascar..................505
- Les pierres précieuses aux Etats-Unis................518
- Le calcaire d'Alexandrie........................... 519
- Eruption volcanique............................ . 355
- L’éruption de la Montagne Pelée du 50 août. . . . 350 Gisements diamantifères en Guyane anglaise. . . . 567
- Les seiches du lac Érié..............................582
- État de la Montagne Pelée............................382
- Le pétrole dans l’Alaska.............................398
- Phénomènes célestes dus aux éruptions................414
- Les richesses minérales du Japon.....................415
- Physiologie. — Médecine. — Hygiène.
- 58-
- 49
- 74
- 119
- 122
- 129
- 135
- 145
- 161
- 170
- 170
- 235
- 247
- 251
- 255
- 261
- 279
- Un aveugle qui apprend à voir (E. Drouot)............ 22
- Les bactéries fabricants de ctmleurs (Henri Coupin) . . 26
- L analgésie par les courants de haute fréquence (G.
- Yrroux).............................................. 29
- Les (lèches et les armes empoisonnées (P. IIariot). . . 54
- La vie d’un xiphopage (N. Yaschide) . .................. 91
- Dose mortelle d’oxyde de carbone chez l'homme et chez
- le chien (Nestor Gréiiant)...........................146
- Les voyages d’études médicales (Dr A. Cartaz) .... 158
- Le lait maternisé (A. Kraus)........................... 187
- La mécanothérapie et les accidents du travail (Carolcs
- Karl)................................................207
- Liqueurs et apéritifs (Henri de Parville).......214, 230
- Les maladies de l’air comprimé (L. Carré) ...... 303
- La sérothérapie de la coqueluche (J)r A. Cartaz) . . . 407
- Procédé nouveau de vaccina lion......................... 15
- Béfrangibilité de l'œil................................. 51
- Transformation de la graisse dans l'organisme . . 31
- Leucomaïnes diabétogènes................................ 51
- L’arsenic dans l'organisme.............................. 47
- Le sang des animaux immunisés contre le venin de
- cobra................................................ 47
- Mode d’action de la lécithine........................... 63
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-
-
-
- TABLE DES MATIÈRES.
- 425
- Propriétés du suc pancréatique........................
- Fréquence des cas d'appendicite.......................
- Pulvérisation des liquides par l'air chaud............
- Action de la choline sur les glandes..................
- Traitement local des localisations du rhumatisme . Influence, de la température sur le développement
- par thé nogéné tique,..............................
- Cause des colorations changeantes des téguments, . Digestibilité du lait cru, bouilli ou pasteurisé. . .
- Les moustiques d'Algérie,.............................
- Transmissions des lésions organiques aux descendants ................................................
- L’iode dans le sang...................................
- Effets thérapeutiques des courants de haute, fréquence Origine parasitaire de certaines dégénérescences
- calcaires..........................................
- Produits de désassimilation...........................
- La fermentation alcoolique et le bacille typhique .
- L’hémoglobinurie......................................
- Le lait stérilisé employé pour la nourriture des
- enfants............................................
- Action de l'acide carbonique, sur les muscles ....
- Pain frais et pain rassis.............................
- L’intoxication saturnine chez, l’enfant...............
- Mode d’action des venins..............................
- Difficulté d'isoler le bactérium coli de la dysenterie,
- coloniale..........................................
- Traitement de la clavelée.............................
- L’hygiène des mouches.................................
- Les suites d'un coup de foudre........................
- Lait contaminé................................... .
- Le danger des calorifères.............................
- Analyse de l’air des mines............................
- Le mal de coderas el celui de nagana..................
- Le sommeil et l’anesthésie par les courants électriques ..............................................
- Mécanique. — Art de l'ingénieur. Construction.
- Les forces motrices hydrauliques dans le département
- de l’Orne (J. L.)..................................
- Poudre métallique solidifiée par pression (Colonel Lf.fkvre) Les maisons primées au concours de la ville de Paris
- (A. OA Ccniia).....................................
- Les moyens de transport à Berlin. Les chemins de fer, l’ancien et le nouveau Métropolitain. Les tramways
- (Jean de Iraz).....................................
- Freinage des automobiles, des voitures à chevaux et des
- vélocipèdes (L.)...................................
- Grilles pour combustibles menus (Daniel Beu.lt) . . . Traverses métalliques des chemins de fer en vieux rails
- (L. V.)...........................................
- L’explosion de Marsat (Puy-de-Dôme) (ll.x témoin) . . .
- Paris-Vienne (II. Poyet)............................
- La traction automobile et les routes (F. Scottk). . . . Distributeurs automatiques de timbres-poste et de cartes
- postales (J. Leroy)...............................
- Nouvel appareil de stérilisation des eaux (Georges Gave)
- La conduite d’eau île Coolgardie (N.)...............
- Le block-system (Paul Aimé).........................
- La nouvelle girouette de la tour Eillel (L. Reverchon).
- Nouveau chemin de fer de montagne (D. L.)...........
- Industrie du gaz aux États-Unis (D. L.).............
- Treuil de remorquage amortisseur (D. Leroy).........
- Le verre-arme (F. G.)...............................
- Plafonds et corniches en acier estampé (D. Ledois) . . Modification d’une machine à vapeur à triple expansion
- (J- L.)...........................................
- Phares à acétylène pour automobiles (A. Mares). . . . Un pont roulant de HO mètres (Daniel Bellet). . . .
- Les soupapes de sûreté (J. L.) .....................
- Tirage des dessins industriels à la lumière électrique (J. Durand).........................................
- Horloge démontable (J. Lebois).........................101
- La grande gare de Bordeaux (Daniel Bellet)............193
- La roue libre (Dr Matthieu)....................226, 246
- Freins continus à action rapide (Pierre Guédo.m) .... 230
- Nouveau système de niveau (J. Lebois)..................240
- L’accélération et le freinage des automobiles (A. JL). . 247
- Locomotives à pétrole (Daniel Bellet)..................257
- Épuration des eaux d’alimentation pour locomotives
- (Paul Aimé).........................................273
- Accidents de voitures et d’automobiles (A. Becker) . . 275
- Le toueur à pétrole du canal de Nivernais (Daniel
- Bellet).............................................280
- Les ardoisières; transformation dans l’exploitation (Pierre
- de Mériel)..........................................291
- Attelage automatique des wagons, appareil Boirault
- (G. Ciialmarès).....................................305
- Bicyclette de côtes « La Svea » (G. Mares)............339
- Résistance des véhicules à la traction (L. L.)........359
- Un demi-siècle dans la construction des locomotives (D.
- Bellet).............................................560
- A'oies ferrées sans poussière (P. de Mébiel)...........381
- Gasseur de pierres mécanique (Daniel Bellet) .... 386
- Le Pont du Viaur (A. da Cuniia)........................501
- La nouvelle Académie de médecine (A. da Cuniia). . . 407
- L’influence de la vitesse sur les dépenses d'un train 30 Sirène à gaz pour appeler en cas d'incendie. ... 31
- Le service des eaux d’un hameau........................ 46
- L’éclatement des siphons............................... 79
- Classement de la course Paris-Vienne................... 94
- Chemin de fer viaduc de Boston......................... 94
- Soudure au chalumeau à acétylène.......................110
- Ce que coûtent les trains à grande vitesse.............110
- Une visite du tunnel des usines hydro-électriques du
- Niagara.............................................441
- Le chemin de fer funiculaire de Glasgow................441
- Un gigantesque haut fourneau au charbon de bois. 444
- La locomotive compound.........................01, 426
- La gare centrale de triage de Chicago..................420
- Distribution du gaz sous pression......................442
- Données statistiques sur le Liverpool Elevaled Rail-
- way............................................... 443
- Moteur,à gaz de 1200 chevaux...........................475
- Résistance du béton frcllé.............................494
- Les vitesses en automobiles............................222
- La traversée d'une drague..............................223
- Une nouvelle locomotive monstre......................223
- Résistance des bétons..................................223
- Les progrès de l'industrie métallurgique aux États-
- Unis ..............................................254
- Le chemin de fer du Cap au Caire ........ 255
- Un nouveau chemin de fer vers T Abyssinie .... 274
- Transporteur-élévateur de wagons de 25 tonnes . . 287
- Chauffage de locomotives au lignite..................287
- Traverses de chemin de fer en acier et en béton. . 287
- Les fumées dans les grands centres...................349
- Records de vitesse des trains français et américains 354
- Moteurs à gaz de grande puissance....................367
- La plus puissante locomotive anglaise................398
- Longueur exploitée des chemins de fer français en
- octobre 1002...................................... 415
- Moyen de se débarrasser de la fumée des grandes villes............................................445
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique. — Paléontologie.
- Crabes et homards (J. Gaucin)...................... 51
- Un nouveau poisson dans nos eaux douces (Louis Boule) 56 Les goélands dominicains (Virgile Brandicourt) .... 67
- La maladie des jeunes chiens (Henri de Parvillf.) ... 74
- La galéruque de l’orme (A.-L. Clément)............. 75
- Jardins chinois et japonais (Albert Tissandier).... 86
- Le cheval sauvage çle la Dzoungarie ou cheval de Prje-valski (E. Oustalet).............................. 99
- 65
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- 79
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Roseraie de l’IIay (J.-F. Gall)......................104
- Les animaux qui dansent (IIexiu Collin).............. 106
- Fleurs de bois (J. Garcin)...........................110
- Les cucurbitaeëes, gourdes et coloquintes (V. Brasdicourt) 125 Sur la rouille grillagée du poirier (Fromont). . . . 158
- Arbres remarquables (J. Lerois)...................... 145
- La destruction des fourmis (A.-L. Clément)...........155
- Solidarité chez les oiseaux \J. Dybowski)............176
- Un insecte géomètre (Lucien Iches)................... 180
- Pucerons et fourmis (V. Brandicourt)................. 202
- Les idées nouvelles sur la grclfe (Henri Codpin). . . . 205
- Le calao d’Abyssinie (E. Oustalet)...................225
- La vie au fond des mers (l)r L. Lai.oy)..............255
- Le python du Muséum (Flamel).........................258
- Les insectes des livres (L. II.).....................249
- La teigne du crin (A.-L. Clément).......................251
- Les bambous (V. Hrandicourt)............................266
- Production provoquée des plantes à Ileurs doubles
- (G. Bei.i.air).......................................555
- La llore fourragère du Aouvcau Monde (A. Pion) . . . 275
- Les ltamars, résines fossiles (Henri Cour in)...........278
- La llore des murailles et des chaumières (V. Brandicourt . 290
- La vision et les organes lumineux dans bs profondeurs
- de la mer (Dr L. Lai.oy).............................500
- Le potto de Bosman (E. Oustalet.........................511
- La noctuelle du frêne (A. Aimé).........................514
- Le caroubier et ses fruits (Albert Yilcoq).......... 515
- Le palmier à cire (Y. Brandicourt)......................551
- Les poissons géants, le tarpon (A. Ladurkau)............556
- Le jeu des bêtes (Henri Coupin).........................542
- Chariot transplantcur nouveau système (Albert Maumené). 571 Les succédanés du café et le Gombo Henri Coupin). . 594
- Les chrysanthèmes (l'.-M.)..............................598
- Le thé à Ceylan (Henri Gourdin).........................405
- Fossiles sahariens..................................... 15
- Evolution de la rie ... 15
- Distribution du planhlon................................ 15
- Découverte d'animal fossile............................. 51
- Décomposition de l'acide carbonique par les feuilles. 158
- Botanique fossile.......................................191
- La mue des canards..................................... 206
- L’utilisation des principes minéraux par les plantes
- greffées.............................................259
- Lianes à caoutchouc du Congo français. . . . 255. 271
- Un bacille géant........................................270
- Raisins sans pépin......................................287
- Recherches paléontologiques en Patagonie................505
- Un carnassier fossile gigantesque.......................505
- Plantes fourragères.....................................505
- Mode de sécrétion des venins............................505
- Parthénogenèse artificielle..................... 555, 519
- Germination du pollen...................................519
- Variations de l’individu................................519
- Les moustiques d'Egypte.................................550
- L’origine des tubercules végétaux.......................550
- La faune momifiée d’Egypte..............................415
- Les poissons de Bornéo..................................415
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Dessins d’animaux préhistoriques...................... 47
- Les arbres pétrifiés de l’Arizona..................... 65
- Les pygmées préhistoriques en Silésie................. 65
- Art préhistorique..................................... 145
- Origine des monuments mégalithiques de Bretagne. 582
- Art militaire. — Marine. — Guerre.
- Les cloches sous-marines de Boston (L. Gknty) .... 28
- Canons à éclipse (L'-coloncl Delauney;....................115
- Gouvernail propulseur pendulaire (I)aniei, Bei.i.eï>. . . 241
- Le nouveau transatlantique géant (I). B.).................515
- Une passerelle pour la cavalerie (Georges Bëthuvs) . . . 525
- Lancement du « Kléber » à Bordeaux (A.-Gaston Corme). 555 Le navire le plus rapide du monde (P. de Mér ei, . . . 567
- Océanographie............................................. 51
- Les sous-marins........................................... 52
- Cuirassé russe............................................254
- Croiseur suédois..........................................270
- Le bassin d’expériences de l’arsenal de, Washington. 505
- Nouveau croiseur allemand.................................505
- Les chantiers de la Clyde.................................518
- Nouveaux cuirassés russes.................................554
- Une ancre gigantesque.....................................555
- Le jias des hélices et son influence sur la vitesse des
- navires................................................582
- La voilure d'un voilier géant............................ 598
- Aéronautique.
- Le ballon l'ngc et les idées du capitaine Voyer (L'-Colo-
- nel G. Espitallier)....................................218
- La catastrophe du ballon le « Bradsky » (I,'-Colonel G.
- Espitai.uer).......................................... 521
- Les expériences du Méditerranéen et les ascensions aéromaritimes (L' Colonel G. Espitallier).................574
- Les expériences du « Méditerranéen »......................550
- Yoüces nécrologiques. Histoire de la Science.
- M. l'abbé Maze (II. de P.)......................... 62
- Louis Solignac (J. L.)................................ 79
- Hervé Paye (Henri de Parville)........................ 95
- Le centenaire de Bichat (Dr A. Farta/)................127
- G. Trouvé (J. L.)................................... 158
- M. Damour.............................................287
- Frédéric Ivrtipp (J.-F. G.)...........................414
- Le professeur Virchow.................................258
- Eloge de Virchow à VAcadémie..........................240
- Décès de M. Damour....................................271
- Un manuscrit de Lavoisier perdu et retrouvé.. . . 519
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- Une cascade à étages (L. Reverciion)............... 17
- Le refuge Félix-Faure et La Yanoisc (J. Corcelle) . . 195 Un coin pittoresque de la Provence. (Pu Glangeaud). . 211
- La Munia (Lucien Briet)............................558
- Les fonds maritimes des cotes de France............206
- Soudure de la Corse au continent...................415
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Un dolmen dans la Haute-Savoie (0. Jui.lien).......288
- Le crocodile dans l’ancienne Égypte (P. Hippolyte Boüs-
- Séances hebdomadaires de l'Académie des sciences (Ch. de Yhledeuil), 15, 51, 47, 65, 79, 95, 1 11, 127, 145, 159, 175, 191,207, 225.259,255, 271,287, 505, 519,
- 555, 551, 567, 585 ................................... 599
- Concours international de l’alcool (L. Périsse)....... 18
- Concours international de l'alcool (Raymond Périsse).. . 85
- L’exposition de Dusseldorf (Georges Caye)................185
- L’Association française pour l’avancement des sciences,
- à Montauban (I)r A. Cartaz)........................... 190
- Elections à l’Académie des sciences . . . . 16, 51, 95
- Discours prononcés en l’honneur de M. Caudry. . • 51
- Association internationale pour l'observation des phénomènes sismiques. . .'................................176
- Association sismologique internationale..................191
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- TABLE DES MATIÈRES.
- 427
- Changements apportés aux conditions à réunir pour l'élection aux places de correspondant de l'Aca-
- mie de Belgique..................................
- L'exposition de Saint-Louis.........................
- Agriculture. — Acclimatation. Pisciculture.
- Le jardin colonial (J.-F. Gall).....................
- Inoculation des sols destinés à porter des légumineuses
- (P.-F. Dhiérain et E. Dejioussv).................
- L'emploi des engrais chimiques dans le potager et le
- verger (Ë. Hexriot)..............................
- Le beurre de Karité (L. Biciiat)....................
- L'hémiieïa vaslatrix dans les colonies françaises (Henri
- Gourdin)............................... ....
- L’industrie du lienequen au Mexique !1’. de M.j. . . .
- Le eisellement du raisin (Auiert Malmené)...........
- Le jardin botanique de la Martinique ;J. Dybowski]..
- Concentration des vins J.-F. Gau.)..................
- Traitement simultané de l’oïdium et du mildew (J.-F. G. . Les idées nouvelles sur la grcll'e Henri Coupin). . .
- L’ensachement du raisin (Auiert Maumenk)............
- Les saumoneries de l'Alaska (A. Pion)...............
- La ilore fourragère du Nouveau Monde )À. Pion).. . .
- Lamiure ou poisson-chat (Arthur Gooii...............
- La conservation des raisins à Tliomery [Auiert MaumenkL
- 295, 346.........................................
- La poularde de Bresse (.1. Corcille:................
- Les fruitiers et les engrais potassiques (P. de M.). . .
- La culture et le commerce des dattes (IL B.)........
- Production des graines de betteraves. Bouturage, greffage, sectionnement (A. Vilcoq).....................
- Le genévrier et son influence sur les pommiers. . .
- Fermentation du fumier..............................
- Découverte d'une variété de poivre..................
- Une laiterie coopérative modèle.....................
- Destruction des pyrales.............................
- La conservation des graines.........................
- Cultures à tenter en terrains salés.................
- Les variétés de, pommes de terre et les diverses sortes
- de terrains......................................
- Concentration du vin..........................143,
- Moyen de combattre le mildew et l'oïdium............
- Le pouvoir germinatif des graines...................
- Le champignon des racines des arbres fruitiers.. .
- Culture sous tentes.................................
- Appareil pour l’élevage des œufs et larves de poissons marins.........................................
- La culture du lupin.................................
- Lianes à caoutchouc ................................
- Récolte du blé en 1902..............................
- %'ariétés. — Statistiques. — Généralités.
- Pour nourrir un serpent Python (Auiert Tissanuier). . 16
- Les marionnettes de John Ilewelt (G. Ciialmarès) ... 47
- Clefs de pendules et de montres (Mathieu Plaxciion). . 58
- Un colombier géant (J. Garcin)...................... 64
- Oxford et Cambridge, soixante-dix ans de course à l'aviron 67
- Les enseignes (Auiert de Rochas).................... 71
- Le prix des chevaux (P. de M.)...................... 90
- Nouveau genre de « faux en écrilure »...............118
- Du phénomène de l’eau morte dans les auteurs de l'antiquité (l)r Icard)......................................130
- La glace hygiénique (Georges Cave)...........................147
- Le campanile de Venise (E. G. T.)...................151
- La traversée du Pas de Calais au commencement du
- siècle dernier (IL de M.).................................166
- Cerf-volant porte-amarres de sauvetage et de sport
- (C* Iîrossaro de Corrigny)................................219
- Navigation terrestre (P. de Mériel)..........................223
- Les routes pétrolées et goudronnées (P. de Mériel) . . 228
- Nouveau compas mieromélrique (J. Leroy)......................256
- Anciennes monnaies d'argent, moyen de rétablir les
- mentions disparues...................................266
- Les Hindous du Jardin d’Acclimalalion (Pierre de Mériei.) 267 La philatélie inconnue, les timbres de propagande (I). L.N.) 285
- Flèches de chasse des Chinois Laï.......................299
- Une maison à New-York (J. G.)...........................303
- Nouvelle jumelle pliante à chambre noire (J. Dur in d . 319
- Une machine à sténographier, la sténodactylo (J.-F. Gai.i,). 357
- Le concours de jouets 1902 (G. Ciialmarès)...................350
- Correspondance |Dr Gorecki).............................367
- Les refuges pour piétons (L'-colonel Delauaev) .... 378
- Centenaire des trottoirs parisiens (Jacques Boyer) . . . 395
- « Tilly-Béhé ». La dompteuse de lions au cirque Mc-
- drano (Paul Méuxin).......................................399
- La progression des records cyclistes (W. Draxcourt). . 412
- Un ami de La Nature (Joskf J an Fric)...............416
- L’émigration russe en Sibérie................................ 46
- Classement de la course Paris-Vienne ...................142
- L’accident de Sa tory...................................145
- Paris-Pékin..................................................174
- Le port de Berlin.......................................175
- La pierre lithographique en Asie Mineure .... 223
- Les anneaux mystérieux..............................270
- Le port de Gênes.............................................270
- La poussière dans les grandes villes.........................303
- Une montre monstre.......................................... 318
- Une ville d'inventeurs.......................................335
- Les Universités de Tokio et de Kioto.........................535
- La population en France......................................598
- La poste aux lettres aérienne................................415
- Fleurs en écailles de 2>oissôns. .......................415
- 271
- 318
- 23
- 55
- 54
- 54
- 83
- 122
- 141
- 151
- 186
- 203
- 203
- 252
- 263
- 275
- 283
- 363
- 308
- 334
- 585
- 395
- 50
- 47
- 63
- 95
- 95
- 127
- 142
- 143
- 206
- 143
- 159
- 159
- 175
- 222
- 255
- 255
- 550
- FIN OES TABLES
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- ERRATA
- ♦
- Page 36, col. 1, ligne 9.
- Page 36, col. 2, ligne 47.
- Page 57, légende de la ligure
- Page 55, tableau des engrais.
- Page 62, col 2, ligne 9.
- Au heu de : (iig. 2).
- Il faut : (Iig. 2, rangée
- du bas).
- Au lieu de : deux d’enlre eux.
- Il faut : (fig. 2, rangée
- du haut), deux d'entre eux.
- Avant: Tréile au 1er oc-
- tobre 1901.
- Il faut : Première ran-
- gée.
- Avant : Poids de ma-
- tière sèche.
- Il faut : Deuxième ran-
- gée. Trèlle semé au printemps.
- Cé tableau contient 6 colonnes qui doivent être numérotées de 1 à 6. Les mots Au choix placés au-dessus des colonnes, se rapportent à deux colonnes successives : 1 et 2, 5 et 4, 5 et 6. L’engrais de la colonne 1 exclut celui de la colonne 2 et réciproquement, et ainsi dç suite.
- Au lieu de : né à Honlleur; en 1836.
- Il faut : né à Rolleville,
- près du Havre, en 1835.
- Page 62, col. 2, ligne 10.
- Page 100, col. 1, ligne 58. Page 171, col. 1, ligne 6.
- Au lieu de : petit séminaire de Fécamp.
- Il faut : petit séminaire d’Yvetot.
- Au lieu de : M. Emlouoff. Il faut : M. Emlauff.
- Au lieu de : Est.
- Il faut : Ouest.
- Page 171, col. 1, ligne 7. Au lieu de : Ouest.
- U faut : Est.
- Page 172, légende de la figure 1. Au lieu de : Auguison.
- Il faut : Auguison.
- Page 173, légende de la ligure 2. Au lieu de : Douze.
- Il faut : Decize.
- Page 250, col. 1, ligne 56. Au lieu de : le sulfure de
- carbone inllammable à 46°.
- Il faut : le sulfure de
- carbone inllammable, d’après Braun, à 170°, son point d’ébullition étant de 46».
- Page 311, col. 2, ligne 22. Au lieu de : régime.
- Il faut : régime alimen-
- taire.
- Page 312, col. 2, ligne 8. .4m heu de : en voie, ses
- patles.
- Il faut : ses pâlies.
- Page 327, col. 1, ligne 50. Au lieu de : adopté uniquement.
- Il faut : adopté.
- Paris. — Iiii|ii'iincric Laiurs, rue de Fleurus, ü.
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- N' 15/5 (7 juin 1902), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —®— L’Académie des Sciences, dans son dernier Comité secret, a élu une Commission chargée d’organiser une mission qui ira étudier sous sa direction les phénomènes éruptifs de la Martinique. La mission est déjà désignée; elle comprendra M. Lacroix, du Muséum, M. Rollet de l’Isle, ingénieur hydrographe, et M. Giraud, géologue bien connu et collaborateur de La Nature; les trois savants s’embarqueront pour la Martinique le 9 juin et séjourneront dans la région pendant plusieurs mois. Leur étude s’étendra sur toutes les Antilles.
- —®— On nous rapporte qu’une neige grise et cendreuse vient de tomber dans les environs de Berne. Cette neige a laissé, après la fonte, un résidu de poussière qui a formé une couche sur la campagne. Un phénomène analogue a été constaté en 1883 dans plusieurs contrées de l’Europe et notamment en» Suisse, quelques jours après l'éruption du Krakatoa. Doit-on en conclure qu’il existe quelque relation entre le phénomène signalé et la catastrophe de la Martinique? Remarquons que la Martinique est bien plus près de nous que ne l’est le Krakatoa.
- —#— À l’occasion de l’Exposition universelle de 1900, la famille de M. Henri Schneider a fait don à la Société des Ingénieurs civils de France, et conformément aux volontés qu’en avait exprimé M. Henri Schneider avant sa mort, d’une somme relativement considérable. Cette donation a été faite en vue de distribuer, par les soins de ladite Société, 7 prix de 5000 francs chacun pour les 7 catégories ci-dessous, chaque prix de 5000 francs étant destiné à récompenser l'auteur de l’ouvrage, publié en France depuis une période de quarante ans, écrit ou traduit en français, jugé par la Société des Ingénieurs civils de France le plus utile au développement, en France, de la branche d’industrie faisant l’objet de la catégorie du prix. Ces sept catégories sont relatives : la lre à la métallurgie, la 2e aux mines, la 3e à la construction mécanique, la 4” aux- grandes constructions métalliques, la 5e aux constructions électriques, la 6* aux constructions navales, la 7e à l’artillerie et aux défenses métalliques de terre et de bord. Les auteurs d’ouvrages répondant aux conditions du règlement et qui désirent concourir, sont priés d’envoyer les ouvrages en question à la Société 'des Ingénieurs civils de France, 19, rue Blanche, avant le 1er juillet prochain, dernier délai.
- —g)— L’Union nationale des Sociétés photographiques prépare sa XI' session qui se tiendra à Chambéry, du 6 au 12 juillet prochain. Le programme comprend : 1° un concours de photographie avec une très nombreuse liste de récompenses à décerner (médailles et plaquettes en vermeil, argent, bronze) ; 2° de nombreuses excursions : Les Charmettes, Chalies-les-Eaux, Aix-les-Bains, mont Revard, abbaye de Hautecombe, gorges de Ballandon, col de la Vanoise, Brides-les-Bains, Annecy et ses environs. Les renseignements concernant les hôtels de la ville de Chambéry, ainsi que ceux relatifs aux heures favorables pour photographier ses monuments et les sites voisins, seront fournis directement par la Société photographiqùe de la Savoie, qui indiquera également les conditions à remplir pour profiter du rabais de 50 pour 100 qui est accordé par le P.-L.-M. S’adresser au secrétaire, 72, place Saint-Léger, à Chambéry.
- —®— A la suite de la catastrophe du Pax qui a coûté la vie à l’aéronaute Severo et à son mécanicien, on a dit que M. Henry Deutsch, de la Meurthe, avait suspendu les travaux ae la Ville de Paris, construit sur les plans et sous la direction de l’ingénieur Victor Tatin. M. Deutsch est revenu sur sa décision. Désireux de ne pas arrêter l’essor de la locomotion aérienne, et préoccupé de limiter autant que possible les dangers résultant de la nature et des dispositions des moyens de propulsion, M. Deutsch a l’intention de deman-
- der, avant toute expérience, l’avis de la commission de l’Aéro-Club, composée des personnalités les plus autorisées.
- —®— Le Dr Rollet, professeur d'ophtalmologie, médecin des hôpitaux de Lyon, a fait récemment subir l’opération de la cataracte à un loup calabrais d’une ménagerie. Le loup fut terrassé et solidement garrotté; le professeur Rollet, entouré des étudiants de son service, lui injecta alors une certaine quantité de morphine, puis l’anesthésia en le coiffant du bonnet à chloroformisation. Après l’ablation des deux cristallins, le chirurgien, au lieu d’employer le pansement ordinaire pour empêcher le « malade » de voir le jour, a pratiqué l’occlusion des paupières au moyen d’une suture avec des fils métalliques.
- —®— Le préfet de la Seine vient de saisir le Conseil municipal d’un mémoire concernant la destruction quotidienne des ordures ménagères de Paris. L’enlèvement et l’expédition dans la banlieue des ordures de toutes sortes coûte annuellement à la Ville 3 millions 455000 francs. Selon la solution proposée, Paris serait divisé en quatre secteurs comprenant chacun cinq arrondissements. Dans enaque secteur, une usine serait construite, qui brûlerait les ordures d’un arrondissement et broierait celles des quatre autres, de manière à les transformer en engrais utilisables par les maraîchers de la banlieue. De plus, une petite usine supplémentaire serait installée dans les sous-sols des Halles et brûlerait les résidus de notre grand marché. Les ordures ménagères seraient amenées aux usines par des voitures spéciales de la ville. Les attelages de ces voitures seraient fournis par un concessionnaire, que regarderaient également les opérations d’incinération, de broyage et de vente des sous-produits. Ce système exigerait une dépense de premier établissement de 10 millions de frais (usines et voilures), puis une dépense d’exploitation de 2 909 000 francs par an, tous frais généraux et d’amortissement compris. Il en résulterait pour la Ville une économie annuelle d’environ 500 000 francs. Les dépenses qui sont nécessaires ne permettront pas de réaliser de sitôt le système proposé. Aussi le préfet se borne-t-il, pour le moment, à demander l’essai des méthodes d’incinération et de broyage dans divers quartiers de. Paris.
- —Coût d’un voyage au Japon. L’Exposition nationale industrielle du Japon qui va se tenir à Osaka en 1903, du 1er mars au 31 juillet, attirera probablement l’année prochaine plus de visiteurs que de coutume au pays des chrysanthèmes, et certes le voyage sera bien tentant. Aux pittoresques attractions du paysage et des coutumes japonaises viendra s’ajouter l’intérêt qu’éveille en nous le spectacle d’un pays qui s’ouvre peu à peu à tous les perfectionnements de notre civilisation. Le Osaka Asahi vient d’établir le compte de ce que coûtera, pour un étranger aisé, un séjour de quelques semaines au Japon ; ses calculs sont fondés sur les statistiques des dernières années. D’après ces statistiques, un étranger débarquant à Yokohama et restant cinq semaines dans le pays dépensait en moyenne 2000 yen environ, soit 5000 francs, répartis comme suit : 105Ô yen pour frais d’hôtel, 750 yen pour achats divers et 200 de faux frais. Si on débarque à Kobe ou à Nagasaki, on se tire d’affaire avec 1600 yen pour cinq semaines ; soit 875 pour frais d’hôtel et de voyage, 600 pour achats et 125 pour frais divers. A Kobe, les personnes compétentes établissent des chiffres plus modestes ; selon eux, 5 à 600 yen suffisent pour un séjour de 40 jours au Japon. Il est évident que tout cela est relatif et dépend de la situation de fortune et des goûts des voyageurs. Cependant il est toujours utile de posséder quelques éléments d’appréciation pour ces voyages lointains.
- —®— La Société royale météorologique de Londres a l’intention de lancer des ballons captifs pendant les périodes où le brouillard londonien sévit avec le plus d’intensité. Elle se propose de déterminer l’épaisseur de la couche et d’effectuer diverses mesures relatives à l’humidité et à la température aux diverses altitudes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. le Dr Verdun, professeur de parasitologie à la Faculté de Lille, à qui, sur sa demande, nous avions envoyé les filaments découverts par M. le médecin-major Teissière (Boîte aux lettres du n° 1512 du 17 mai), nous écrit : « J’ai reçu en temps et lieu les échantillons que vous avait adressés M. le médecin-major Teissière. Malheui’eusement les objets n’ont pas été fixés par l’alcool, de telle sorte qu’au moment où je les ai examinés ils étaient en pleine voie de désagrégation et ne formaient qu'une sorte de bouillie. Tout ce que je puis dire, c’est que ce sont des parasites de l’anguille, probablement des Ascaris : Deux espèces principales, A. labiata Rud. et A. ecaudata Duj. ont été décrites chez l’anguille. La seconde se rencontre dans la cavité péritonéale et non pas dans l’intestin de ce poisson (cas actuel). L’état des échantillons ne me permet pas de faire une détermination spécifique ; mais M. le major Teissière pourrait reprendre ses recherches et fixer complètement les échantillons qu’il découvrirait de nouveau. »
- M. Albert Charbonneaux, astronome à l'Observatoire de Meudon, à propos de l’accident du « Pax », et à propos de la • photographie qu’il nous a envovée (N° 1514 du 51 mai 1902, p. 415), nous transmet les détails suivants: « Le très regrettable accident survenu à M. Severo et à son mécanicien, M. Sachet, à bord du ballon dirigeable « Pax » a intrigué beaucoup de monde sur les causes qui ont pu contribuer à la catastrophe, mais personne n’a songé à analyser d’une façon précise le peu de débris qui restent du ballon, afin d’en tirer une conclusion qui, quoique hypothétique, repose néanmoins sur quelques bases solides édifiées par différentes expériences. Ayant examiné ce qui reste du « Pax », j’ai été amené à conclure que, contrairement à ce qu’ont annoncé les journaux, l’accident primordial n’est pas dû à l’hydrogène, mais au moteur. Voici, suivant moi, les phases différentes de la catastrophe, phases que je développerai une par une. Une fuite d’essence s’étant produite au tuyau d’arrivée de l’essence au carburateur, il y a eu production d’une couche gazeuze qui s’est enflammée par un court-circuit survenu à l’allumage du moteur. Cette inflammation de l’essence a gagné le réservoir dont un des fonds s’est dessoudé et a communiqué le feu à une masse d’hydrogène qui s’était formée autour du ballon, d’où il s’en est suivi une explosion qui a déterminé la chute. Faisons l’analyse de chacun de ces faits. — 1° Fuite d'essence. Une fuite d’essence n’a rien d’extraordinaire, elle peut survenir d’un écrou mal serré ou se desserrant par les trépidations du moteur ; cette fuite est très fréquente dans les moteurs à pétrole. — 2° Formation d'une couche gazeuze. L’essence fuyant s’est évaporée et a formé une couche horizontale de gaz à cause de l’énorme pression qui était donnée par les vitesses en composante du ballon. D’après mes calculs, la vitesse en composante de l’aérostat a été de 15m,8 par seconde. — Or, cette vitesse a déterminé sur la masse gazeuze dont la densité était de 0,771, une pression énorme de 55 kilog. par centimètre carré. — Or, il faut 12 kilog. seulement de pression à l’essence pour qu’elle s’enflamme. On voit donc nettement le danger que cette masse présentait. D’autre part, d’après une expérience à laquelle je me suis livré, si on enflamme un jet gazeux d’essence, quel que soit l’endroit enflammé, la flamme revient toujours au point d’origine. D’où il s’en suit que l’essence s’étant enflammée à l’allumage du moteur, le feu s’est communiqué au point d’origine, c’est-à-dire au tuyau du carburateur, et a gagné le réservoir. J’avance comme preuve à mes dires,
- que j’ai examiné attentivement cette partie du « Pax » et que-j’ai pu me rendre compte que l’intérieur seul du tuyau d’essence était couvert de noir de fumée ainsi que l’intérieur seul du réservoir; j’ai remarqué en outre que le carburateur a été seulement léché par une flamme, il y a un peu de noir de fumée à l’extérieur; mais ce qui est indéniable, c’est le court-circuit à l’allumage. On peut s’en rendre compte d’après la photographie, les contacts sont fondus de même que l’ébonife qui les supporte et ce qui prouve bien que c’est un court-circuit c’est que l’ébonite n’est attaquée qu’aux endroits des contacts. — 5° Inflammation de l'hydrogène. Le feu s’étant communiqué au réservoir d’essence, un des fonds a été dessoudé et la flamme est sortie librement dans l’air ; or, il existait encore une zone dangereuse, c’était celle qui était donnée par la couche d’hydrogène qui entourait l’aérostat ; cette couche devait être énorme à cause de la grande vitesse avec laquelle le ballon s’est déplacé, le gaz s’est donc enflammé et a communiqué le feu au ballon. — 4° Explosion et chute. Le ballon, étant en feu, il s’est produit une grande ouverture par laquelle l’air a pu rentrer librement, le ballon a brûlé jusqu’à ce que le mélange d’air soit suffisant pour déterminer l’explosion, ce qui d’ailleurs a été très rapide et fatal pour les deux aéronautes-victimes de leur invention. Cette explication physique de l’accident semble concorder avec les résultats d’un de mes confrères, M. Marcel Madrassi, ingénieur-chimiste, qui s’est livré à des analyses approfondies de l’étoffe de différentes parties du « Pax » : étoile intacte, roussie, brûlée. L’analyse de l’étoffe intacte et brûlée n’a donné aucun résultat,, mais l’analyse de l’étoffe roussie a donné une quantité fort appréciable de carbure répondant à la composition d’un pétrole léger de Bakou, qui fut celui employé par M. Severo dans son moteur. En conclusion, le regrettable accident du« Pax » n’est survenu qu’après une sui te de choses toutes naturelles dans laquelle il faut éliminer toute inexpérience et tout vice de construction ; c’est une chose fréquente dans les moteurs à pétrole qui sont montés sur des bâtis peu stables, que de voir Se dévisser des écrous par suite des trépidations brusques auxquelles ceux-ci donnent lieu. »
- Renseignements.— Un jeune abonné, à Vilaines-la-JuheL
- — 1° En Amérique, aux États-Unis, l’air est parfois si sec qu’il suffit de toucher un objet pour qu’il se dégage des étincelles. Si, debout sur un tabouret isolant, vous êtes en communication avec l’un des pôles d’une machine électrostatique, toute personne qui vous touchera tirera des étincelles. Dans ces conditions, approchez de votre bouche un objet métallique isolé de votre corps, mais non du sol, les étincelles jailliront de votre bouche. — 2° Le Journal de Physique répond un peu à votre signalement, mais il n’existe plus. — 5° Les prix varient avec les appareils ; consultez des fabricants expérimentés, tels que : M. Relier, 18, cité Trévise; M. Ducretet, 75, rue Claude-Bernard; MM. Radi-guet et Massiot, 44, rue du Château-d’Eau. — 4° Le potassium et le sodium jetés dans l’eau s’enflamment. Mais toute substance qui s’enflamme à l’humidité ne peut que détériorer l’organisme.
- M. N., à Bruxelles. — Remarquez que le calcul est juste en adoptant T'= — 6. D’ailleurs M. Fouché dit : fi Divisons T par 50 et soit T’le reste ». Or, on peut écrire :
- __ 66 60___________6 9___________6^
- 50— 50“ 50 5Ô “ 50
- et dans ce cas le reste est — 6. Mais il est tout aussi légitime , m 90 , 24 „ , 24
- de mettre : o + ^
- et, dans ce cas, le reste est bien + 24. En résumé le quotient
- T .
- exact ^ = Q se trouve entre deux nombres entiers — 2 et
- oO
- — 5 et il n’v a pas de raison « algébriquement » pour prendre l’un plutôt que l’autre. *
- M. H. Morin, à Saint-Denis. — M. Duboin est maître de conférences à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand.
- M. Vauthier, à Reims. — Le problème dépend de l’inclinaison sur la normale que vous donnez à ces rayons. Soient deux cercles concentriques de rayons r et r', r > r', les points d’attache des rayons sont sur les cercles. Soit i l’angle que fait votre rayon avec la normale menée par le point d’attache, x la longueur cherchée de ce rayon, on a r - = r2 + x* -f 2xr cos i, équation du second degré en x que l’on peut résoudre connaissant i, Mais il vaut mieux mesurer la longueur sur un graphique. Nous ajoutons que nous ne voyons pas en quoi ce petit calcul peut vous servir dans la pratique.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la liédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signales par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se. rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le hindi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- M. Solvay, à Dombasle-sur-Meurthe. — Constructeur de la pompe rotative décrite dans le n° 1500 du 22 février : M. G. Anceaux, 10, boulevard de la Bastille, à Paris.
- M. J. Maury, à Paris. — Consultez le petit livre des « Recettes et procédés utiles », lre série.
- M, Manuel G. de la Cagiga, à Santander. — Pour la scie diamantée, dont nous avons donné la description dans le n° 1319, du 10 septembre 1898, p. 225, il faut vous adresser à M. Félix Fromholt, fabricant de scies, 44, rue Montmartre, à Saint-Ouen (Seine), ou 32, boulevard Ornano, à Paris.
- M. L. Jully, à Saint-Pierre. — Remerciements; mais nous n’avons pas reçu les échantillons.
- M. L. J., à Paris. — Votre observation est très juste; nous avons publié un erratum.
- M. C. C., à Riom. — 1° L’ampérage varie avec le nombre de piles et la résistance du circuit. — 2° Soient associés en quantité n groupes de m piles reliées en série, le courant
- tïl£
- total a pour valeur I =--------— où e est la force électromo-
- mr -f- R
- n
- trice et r la résistance d’une pile, et où R est la résistance du circuit extérieur. — 3° Vous trouverez des piles sèches et des éléments hermétiques chez M. Mors, 5, rue Saint-Guillaume, à Courbevoie.
- Ml]e Imer, à Lausanne. — L’adresse est donnée en tète de la Boîte aux lettres du n° 1510 du 3 mai 1902.
- M. Ch. de hunden. — Adressez-vous pour ces deux renseignements à MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris (3e).
- M. Alagèze, à Neuilly. — 1° Ce sont là des recherches que nous ne pouvons entreprendre. Consultez une agence de brevets telle que : M. Armengaud aîné, 21, boulevard Poissonnière ; M. E. Barrault, 17, boulevard de la Madeleine. 2° Nous n’avons rien fait paraître sur ce sujet.
- M. G. P., à Rouen. — Nous avons déjà cherché mais ne trouvons pas une recette qui ait été donnée récemment pour la conservation des œufs. Connaissez-vous celle de M. Karl Reinhard de Kaiserslautern donnée dans le n° 1465 du-22 juin 1901?
- M. E. Jourdan, à Remiremont. — Les Recettes et Procédés utiles, série 4, à la librairie Masson et C!c, contiennent quelques données sur l’élevage des escargots. 11 existe aussi sur cette question une brochure publiée par Borneman, éditeur, 15, rue de Tournon. Prix : 0fr,50 environ. Enfin, M. Boisseau, à Dan-nemoine, près Tonnerre, possède un beau parc à escargots.
- M. J. Vacher, à Treignac. — L’idée est intéressante, mais quana on en arrive au réglage des appareils de ce genre, les difficultés imprévues surgissent de tous côtés. La rupture du circuit se produirait-elle bien franchement et au moment même de l’occlusion de la lumière ? D’autre part le radiomètre, quelque léger qu’il soit, a de l’inertie et ne se met pas en marche immédiatement, de même il ne chauffe et ne se refroidit pas instantanément. Dans un appareil il faut que les organes soient bien appropriés à leur rôle.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Colleignes. à Saint-Cloud. La réponse a déjà été insérée deux fois dans la Boîte aux lettres. — M. Rizier, à Odessa. Echantillons et notice arrivés. Remerciements. —M. P. Laurier', M. de Brésilly, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, séries 2 et 4, librairie Masson et C''. — M. Struye, à Gand. Cette industrie entraînerait des frais exagérés de main-d’œuvre.
- PETITES INTENTIONS1
- Thermoscope différentiel de M. Looser. — M. Loo-ser a imaginé un thermoscope double dans le but de faciliter dans les cours élémentaires de physique, la démonstration des phénomènes classiques de la chaleur. M. Guillaume a présenté dernièrement cet appareil à la Société française de physique. Deux manomètres à alcool coloré E, E, placés à côté l’un de l’autre, sont réunis chacun par un tube de caoutchouc D étroit à un récipient en verre A. Un robinet C, placé entre le réservoir et le manomètre, permet d’établir ou non la communication avec l’atmosphère. Le récipient A peut prendre différentes formes suivant les expériences à réaliser; il peut être sphérique, hémisphérique B, avec godet placé verticalement B’, avec une paroi plane placée verticalement ou horizontalement, transparente ou dépolie. A l’aide des réservoirs à face plane horizontale, on fait des expériences sur la conduction de la chaleur dans des ’pla-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction^ des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ques posées directement sur le réservoir, et sur lesquelles on place de petites cuves en zinc remplies d’eau bouillante. Des expériences comparatives pourront montrer que la conductibilité du bois n’est pas la même suivant les diverses directions prises par rapport à la fibre. On pourra également rendre évidente la chaleur absorbée par l’évaporation de quelques gouttes d’éther. Dans les réservoirs à godets, on immergera un cylindre de cuivre et un cylindre de plomb de même masse préalablement échauffés dans une même quantité d’eau placée simultanément dans les deux godets et on montrera la différence des
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- Thermoscope différentiel de_M. Looser.
- chaleurs spécifiques des deux corps considérés. Ces mêmes réservoirs à godets permettent aussi l’étude des chaleurs de combinaison, de l’énergie produite par le courant électrique passant dans des fils ou des électrolytes. Pour la chaleur de combinaison des corps gazeux, il existe un réservoir à doubles parois avec tubulure latérale allant de l’enveloppe extérieure au manomètre, et un réservoir intérieur à boules ouvert aux deux bouts et soudée l’enveloppe et dans lequel on fait arriver les gaz par les deux extrémités. Deux vases spéciaux sont disposés pour montrer les variations de température qui sont produites par la compression ou l’expansion des gaz. Le theimoscope Looser est un instrument très utile pour l’enseignement. —Ce thermoscope se trouve chez MM. Radiguet et Massiot, 15, Boulevard des Filles-du-Calvaire, Paris.
- Oiseau mécanique — IIy a déjà longtemps qu’on a construit sous ce nom de petits aéroplanes soit comme jouets, soit
- Oiseau mécanique.
- comme sujets d’études; ils sont généralement constitués par des ailes en papier montées sur deux légères baguettes en bois entre lesquelles est tendu le caoutchouc moteur. Mais cet ensemble, qui ne ressemble du reste guère à un oiseau, a l’inconvénient d’ètre d’une extrême fragilité et de ne résister que peu
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- de .temps à l’action brusque du moteur. M. A. Benoit a voulu faire mieux et plus solide ; il y est parvenu en formant la •carcasse de l’oiseau, corps, queue et ailes avec du fil d’acier et en recouvrant le tout d’une soie légère et résistante ; il se rapproche ainsi de la véritable forme de l’oiseau et obtient une grande solidité. Ce n’est pas la première fois du reste que nous voyons l’acier remplacer avantageusement des matériaux en apparence plus légers, et notamment l’aluminium en tubes; on arrive à un ensemble beaucoup plus résistant à poids égal. Le moteur est constitué, comme toujours dans ces sortes de machines, par un faisceau de fils de caoutchouc tordus:
- c’est jusqu’à présent Le moteur le plus puissant par rapport à son poids; malheureusement son action utile est d’une durée extrêmement courte. Ce moteur agit sur deux leviers constituant les ailes et leur imprime une série de battements énergiques et rapides qui déterminent le vol. On aide au départ en lançant l’oiseau en l’air, de façon à ne pas employer toute l’énergie initiale du moteur à vaincre l’inertie au départ, mais à la réserver pour obtenir la progression dans l’air. C’est cet oiseau qui est employé à l’Opéra pour les représentations de Siegfried. — On peut se le procurer chez M. A. Benoit, 23, passage Verdeau, à Paris.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- VENT PLUIE EN
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 1)E 0 A 9 MiLLUi 1-. 1 HLS
- Lundi 26 mai .... 11°,7 E. 2. Nuageux. 0,0 Nuageux ; rosée.
- Mardi 27 13°,1 Calme. Quelques nuages. .0,0 Très peu nuageux jusqu’à 19 h. ; beau ensuite ; rosée.
- Mercredi 28 16®, 9 S. 1. Beau. 0,0 Beau; rosée; petit brouillard à 4 h.
- Jeudi 29 15°,0 N. W. 0. Très nuageux. O O Très nuag.; fort orage de 18 à 24 h. avec forte pluie et
- Vendredi 50 16°,9 S. 1. Nuageux. 16,5 grêle ; rosée. Très nuag. ; éclairs à 1 h. au N. N.-N.-E.; pluie dans la
- soirée.
- Samedi 51 16°, 1 S. S. E. 5. „ Très nuageux. 1,9 Éclaircies; pluie de 10h. 50 à 12 h. 50; gouttes l’après-
- midi.
- Dimanche 1er juin . . 17°,7 S. 2. Nuageux. 1,1 Nuag. le matin ; couv. le soir ; petite pluie à 18 h.
- MAI-JUIN 1902 -- SEMAINE DU LUNDI 26 MAI AU DIMANCHE Ie' JUIN.
- La courbe supérieure ludique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Une secousse de tremblement de terre a été ressentie le 26 mai 1902 à Temesvar, en Hongrie. Les habitants ont été pris de panique, il n’y a eu aucun accident. Les 29, 50 et 51 mai, plusieurs secousses ue tremblement de terre ont eu lieu en divers points de la Grèce.
- Température. — Dans la semaine du 26 mai au l” juin 1902, la température s’est relevée. Le 26 mai, à Paris, la température moyenne a été de 15°,9 avec un maximum de 21°,7 et un minimum de 11°,5. Le 27 mai, on notait une température moyenne de 15°,5 à Paris, 25° à Alger. Le 28 mai, la température moyenne était de 16° à Paris, 20° à Alger, 15° au Puy-de-Dôme, 6° au mont Ventoux, 5° au pic du Midi. A Paris, on a observé un maximum de 25°,2. Le 29 mai, la température était de 19° à Paris et a atteint 26°,8.
- •rages. — Le temps chaud a amené un grand nombre de pluies d’orage dans toutes les régions. Nous citerons notamment les orages sur-
- venus sur Paris et les environs le 29 mai, vers 7h 50. La grêle est tombée en abondance pendant près d’un quart d’heure. C’est la banlieue ouest qui semble avoir surtout souffert. Les dégâts ont été particulièrement importants à Suresnes, Puteaux, Courbevoie, Asnières; à Bois-Colombes, on a ramassé des grêlons qui pesaient plus de 15 grammes. Pendant plusieurs heures les éclairs et les coups de tonnerre se sont succédé presque sans interruption. La foudre est tombée sur plusieurs points, à Paris: à 11 heures du soir sur l’Hôtel des Postes, rue Jean-Jacques Rousseau; les pendules ont toutes été arrêtées. Elle est tombée, vers minuit, sur l'usine Deist, fabrique de produits chimiques et engrais, à Saint-Denis ; en quelques instants de vastes hangars renfermant des tourteaux et des matières grasses ont. été détruits.
- La grêle a causé également de grands dégâts à Ivry, Villejuif, Vitry, Choisy-le-Iïoi et Thiais ; les grêlons ont haché les récoltes, les blés et les foins sont perdus.
- Un orage violent a également éclaté à la même date sur Bordeaux et les environs et a causé des dégâts considérables.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 39, à 12 h. 10 du soir.
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- 1516 (14 juin 1902), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— L’association amicale des ingénieurs électriciens, dont le
- Îrésident honoraire est M. E. Sartiaux et le président M. Maurice eblanc, a fondé un office de renseignements techniques au siège -social, 11, rue Saint-Lazare, à Paris. Cet office publie chaque mois un bulletin qui donne un exposé sommaire des revues ou articles rédigés en langues française et étrangères, et des brevets pris dans différents pavs sur l’électricité et les questions qui s’y rattachent; «ne Notice bibliographique y est jointe.
- —31— Le préfet de police de Paris, agissant conformément à «ne délibération du Conseil d’hygiène de la Seine, vient de rendre uhe ordonnance ayant pour objet d’étendre les dispositions du décret de 1897, sur le transport par chemins de fer des matières dangereuses, au transport et au dépôt sur la voie publique des récipients de gaz comprimés. Aux termes de cette ordonnance, dans le ressort de la préfecture de police, les fabricants, commerçants et agents de transports ne pourront faire transporter ou déposer sur la voie publique des récipients contenant des gaz comprimés à une pression de plus de 15 kg par centimètre carré que moyennant la stricte exécution des conditions suivantes : 1° l’oxygène, l’hydrogène, le gaz d’éclairage de houille et les autres gaz comprimés à une pression de 15 kg par centimètre carré ne pourront être transportés à une pression supérieure à 200 kg; 2° les envois ne pourront être faits que par des personnes possédant un manomètre réglé et en connaissant le maniement. Ces personnes devront, chaque fois qu’elles en seront requises, adapter le manomètre au récipient, pour permettre de vérifier si la plus haute pression prescrite n’est pas dépassée; 5° les récipients devront être des cylindres d’une seule pièce, en acier ou en fer forgé, d’une longueur maxima de 2 mètres et d’un diamètre intérieur maximum de 21 centimètres ; ces récipients seront soumis, au préalable, aux frais de l’expéditeur, à une épreuve officielle constatant qu’ils supportent, sans fuites ni déformations permanentes, une pression égale à une fois et demie celle des gaz qu’ils contiennent ; cette épreuve sera renouvelée tous les trois ans ; 4° le transport des gaz comprimés devra avoir lieu dans des voitures couvertes ou à panneaux pleins ou dans des voitures spécialement aménagées à cet effet. Dans le dernier cas, les récipients devront être protégés par un revêtement en bois ou par une bâche ; les récipients ne devront jamais être violemment projetés ni être exposés aux rayons du soleil ou à la chaleur du feu. Un délai de six mois, à dater de la publication de la présente ordonnance, est accordé aux intéressés pour se mettre en règle avec les prescriptions de l’article précédent.
- —®— Encore une victime de la Science! Le 9 juin, M. le lieutenant de vaisseau Baudic, directeur du parc d’aérostation de la marine à Toulon, faisait une ascension libre par vent fort de l’ouest. Le ballon était suivi par deux torpilleurs. Tout à coup l’aérostat s’élèva brusquement pour redescendre aussitôt. Les torpilleurs augmentèrent leur vitesse et, quand ils arrivèrent sur le point de la chute, ris trouvèrent le ballon surnageant à moitié dégonflé, mais il n’y avait plus personne dans la nacelle. On a vainement cherché pendant toute la journée le corps du lieutenant Baudic, tout jeune, récemment décoré et marié depuis à peine deux ans. On ne pressent pas jusqu’ici la cause de cette nouvelle catastrophe.
- —®— On sait que les routes laissent beaucoup à désirer en Amérique. Yoici le moyen qu’a trouvé la National Good Roads Association pour remédier à cet état de choses ; elle envoie à travers le pays des délégués crui font des conférences avec démonstrations pratiques sur l’art de faire de bonnes routes. Un groupe d’ingénieurs et d’ouvriers, convoyés dans un train spécial, parcourt les différentes villes et construit dans chacune une section de route pour l’édification de la municipalité. Toutes les critiques et discus-
- sions à ce sujet sont formulées, au préalable, dans une conférence à laquelle on invite les intéressés.
- —(§)— La Compagnie des chemins de fer de l’Ouest vient d’essayer, sur sa ligne électrique Invalides-Versailles, un nouveau système de chauffage électrique. Une voiture à plate-formes et à couloir a été munie de 2 séries de 5 chaufferettes de 0m,80 sur 0°“,14 en cuivre jaune estampé. Chaque série est alimentée directement par le courant de la ligne sous 550-600 volts, et chaque appareil prend un ampère, ce qui fait en énergie 550 watts pour la série des 5 chaufferettes et 1100 watts par voiture. En calculant le prix de l’énergie à 15 centimes le kilowatt-heure, la dépense est de 16,5 centimes à l’heure, soit 2,64 francs pour 16 heures de marche; ce qui n’est pas beaucoup, si l’on pense que chaque voiture contient 40 voyageurs. La température moyenne à la surface des chaufferettes est de 70° pour 0° de température ambiante ; si celle-ci était de 12°, la température moyenne atteindrait 73°. D’ailleurs on a pris des dispositions spéciales pour que la température des chaufferettes ne s'élève pas au-dessus d’un certain maximum.
- —®— Les alliages de fer présentent d’intéressantes propriétés magnétiques. Le fer allié à 2 1/2 pour 100 de nickel ou à 5 pour 100 de manganèse reste fortement magnétique, mais il perd cette qualité si on lui incorpore simultanément les deux métaux en conservant les mêmes proportions. Deux alliages de fer ont des propriétés magnétiques supérieures au fer doux de Suède. Le premier contient 2 1/2 pour 100 d’aluminium, et le second autant de silicium.
- —®— La « Deutsche Magnalinne Gesellschaft », de Berlin, a fait breveter un alliage d’aluminium et de magnésium qui, tout en conservant les qualités de malléabilité et de ductilité propres à l’aluminium pur, possède sur celui-ci l’avantage de pouvoir être travaillé plus facilement aux outils coupants et à la lime. L’alliage renferme 2 à 10 pour 100 de magnésium et, après la fonte, il faut le passer plusieurs fois au. laminoir en le réchauffant chaque fois vers 400°-500°. Si l’on ne prenait pas cette précaution, l’alliage ne se distinguerait en rien de l’aluminium.
- —®— Un grand nombre d’orages d’une grande violence ont eu lieu dans la nuit du 3 au 4 juin. A Reims, le tonnerre a grondé pendant deux heures, la pluie est tombée en abondance et la foudre a frappé la cathédrale, la caserne du 22e régiment de dragons, où un cheval a été foudroyé, et la maison d’un charbonnier, où un autre cheval a été tué. La vallée de l’Ardre, vers Courmas, et les environs ont été inondés. Les' jardins ont été détruits ; les eéréales et les vignes ont beaucoup souffert. A Avernay, Ay, Hautvilliers, Champillon, Dizy, les dégâts ont été considérables.
- L eau est tombée en grande abondance et a atteint près d’un mètre de hauteur dans les villages d’Avernay et d’Ay; les caves ont été inondées, et la plaine environnante couverte de limon; les dégâts sont évalués à plusieurs millions. A Arras, la foudre est tombée dans différents quartiers, causant des dégâts importants ; l’église de Boyelles a été incendiée, une ferme d’Ayette a été détruite, et trois chevaux asphyxiés ; les récoltes ont été hachées par la grêle à Brebières. Cet orage a éclaté également sur Chalon-sur-Saône et les environs; la grêle a ravagé les cantons de Buxy et de Givry; les grêlons pesaient de 50 à 500 grammes. A Saint-Jean-des-Vignes, pays de culture maraîchère, les dégâts dépassent un million. Le canton de Bourbon-l’Archamhault a été ravagé tout entier par une trombe de grêle et de pluies ; toutes les récoltes ont été anéanties. La pluie a été accompagnée de rafales de vent terribles qui ont brisé des quantités d’arbres. Un violent orage s’est également abattu sur la commune de Javaugues, aux environs de Brioude; les chemins ont été ravinés, les récoltes perdues, de nombreux arbres arrachés, des maisons se sont écroulées; la flèche du clocher a été emportée à 20 mètres.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les appareils moteurs : Brouhot et Cie (moteurs), à Vierzon (Cher); Société suisse de "Winterthur, représentée par la Société des Industries économiques (moteurs Charon), 40, rue Laffitte, Paris; Société des établissements Panhard et Levassor (automobiles), 19, avenue d’Ivry, Paris; Darracq et Cie (automobiles), à Suresnes (Seine); Renault frères (automobiles), à Billancourt (Seine); Chenard etWalcker (automobiles), à Asnières (Seine); A. Piat et ses fils (chemin roulant), 85, rue Saint-Maur, à Paris; Société des établissements Georges Richard (automobiles), 25, avenue de la Grande-Armée à Paris ; Société Nancéenne d’automobiles, chemin des Grands-Moulins, 2, à Nancy; Tellier (bateaux), quai de la Râpée, 52, à Paris.
- Communications. — M. H. Rally, à Paris, à propos de l’information publiée dans le n° 1514 du 51 mai 1902 et relative à l’accélération des trains du Nord, nous adresse quelques explications complémentaires montrant les progrès constants réalisés par cette compagnie : « A dater du 5 juin, tous les services ont été accélérés, même ceux de banlieue, car on gagne 1 minute de Paris à Enghien et 2 de Paris à Pontoise. I)e Paris à Calais on gagne 10 à 15 minutes; le trajet est réduit à 5 h. 20 pour Calais et à 2 h. 50 pour Boulogne, ce qui donne des vitesses commerciales de 90 km à l’heure et une vitesse de 92k“,2 entre deux arrêts (Paris-Amiens, 150km,6 en 1 h. 25). Sur la ligne de Cologne, nous trouvons le Nord-Express, avec 90 km de vitesse commerciale entre Paris et Jeumont (257km,9), et une vitesse de 92km,8 entre deux arrêts (Paris-Saint-Quentin, 155km,l en 1 h. 59). Sur cette même ligne, le train 512 de Bruxelles-Paris, quoique ayant de nombreux arrêts, a une vitesse très élevée (Tergnier-Compiègne, 47km,5en 50 minutes, soit près de 95 km à l’heure). De Lille à Paris (250km,9), le train 504 venait à Paris en 5 heures avec une vitesse commerciale de 85km,7 ; le train 517 va maintenant de Paris à Lille en 2 h. 45, avec une vitesse commerciale de 91 km,2 et une vitesse de 98km,5 entre deux arrêts (Paris-Arras, 191km,6 en 1 h. 57). D’une façon générale, les grands rapides du Nord ont des vitesses commerciales de 90 km et au-dessus et des vitesses réglementaires de marche de 100 à 105 km à l’heure. Inutile d’ajouter que le maximum de 120/125 est fréquemment atteint. Je citerai aussi le Méditerranée-Calais, qui n’est en service que l’hiver et qui a deux marches suivant que la correspondance du P. L. M. arrive ou n’arrive pas à l’heure en gare de Paris-Nord. La marche n° 1 donne 91km,4 de vitesse commerciale entre Paris et Calais (297km,2 en 5 h. 15) et la marche n° 2, 95km,9 (trajet en 5 h. 10). Entre deux arrêts nous trouvons pour la marche n° 1, île Paris à Amiens, 96km,7, et pour la marche n° 2, 99km,2, soit en chiffres ronds 100 km de vitesse utile à l’heure. La Compagnie du Nord est aujourd’hui à la tête du monde entier pour l’ensemble de ses services. Ces magnifiques résultats nécessitent une voie en parfait état, des machines et du matériel de premier ordre et un entraînement rationnel et progressif de tout le personnel. Je terminerai en disant que les machines 2640 de M. l’Ingénieur en chef du Bousquet, qui sont justement admirées, donnent ces marches élevées avec la plus grande aisance, l’une d’elles ayant remorqué un poids utile de 305 tonnes, entre Paris et Tergnier, à la vitesse moyenne de 101 km à l’heure. »
- M. L. de Tombay, à Bruxelles, nous écrit : « Au très intéressant rapport de M.D. Lebois sur la catastrophe des Antilles qui a paru dans le n° 1515 du 24 mai, p. 592, je me permettrai d’ajouter quelques causes du désastre selon la théorie d’un de nos plus
- éminenls géologues belges, M. Renard. Voici d’abord en quelques-mots la succession des phénomènes qui paraissent s’être déroulés-sur la Montagne Pelée : 1° Formation du squelette andésitique de-cette montagne, constitué par une roche à 56 pour 100 de silice avec cristaux de sanidine et de pyroxène ; 2° éruption de h* liparite, roche à 75,67 pour 100 de silice, où de grandes-tablettes hexagonales de mica et de très gros cristaux de quartz bipyramidés avec de la sanidine sont disséminés dans-une pâte vitreuse ; 5" épanchement de basalte à anorthite et de dolérite; 4° éruptions des deux cônes principaux rejetant de grandes masses de fumée, de cendres, etc. Le territoire de la Martinique, comme celui des autres îles avoisinantes, est agité-incessamment par des tremblements de terre, il en est résulté-une pression énorme sur les parois de la cheminée de la Montagne Pelée; de plus, les gaz intérieurs aidant, les matières ignées pressées sur les côtés et poussées par en bas écartèrent avec une violence inouïe les roches qui fermaient le cratère, et ces-matières roulant sur les flancs de la montagne la déformèrent tout à fait. Par l’issue du cratère les cendres s’élancèrent ainsi que lesjgaz asphyxiants ».
- Renseignements. — M. Ribaucour, à Versailles. — Vous-pourriez vous procurer le Formulaire du Médecin de campagne, par Gautier, petit livre de 5 francs que vous trouverez, chez M. Coccoz, 11, rue de l’Ancienne-Comédie, à Paris.
- M. Girault, à Montargis. — Il faudrait vous adresser à MM. Chenal, Douilhet, 22, rue de la Sorbonne, ou à MM. Poulenc frères, 92, nie Vieille-du-Temple, à Paris.
- M. F. A. Boudin, à Edimbourg. — Nous avons reçu vôtre-intéressante communication et vous en remercions.
- M. P. I. M. — L’évaporation simple du sublimé ou d’une autre substance serait insuffisante pour débarrasser vos meubles-des mites. Il faut mouiller les étoffes avec du formol. Votre tapissier semble avoir raison, car ici il faut atteindre la masse ; toutefois on peut essayer de plusieurs applications répétées à la surface.
- M. H. R., au lycée d’Annecv. — Nous n’avons pas parlé de-ces appareils pour soutirer le vin mousseux, qui sont d’ailleurs assez répandus. Vous en trouverez chez M. Michel, 42, rué-Servan, à Paris.
- M. E. de Mallmann, à Paris. — Remerciements pour les renseignements que vous nous adressez; nous publions plus haut les rectifications nécessaires.
- M. le Dr J. Clairac, à Madrid. — Cette lampe n’est pas encore dans le commerce.
- M. J. F., à Rio. — Voici un procédé rapide et pratiqué de déceler l’acide salicylique dans le vin : prendre dans un tube à essai environ 20 centimètres cubes de vin, ajouter 15 à 20 centimètres cubes d’éther sulfurique, agiter vivement puis, lorsque les deux liquides se sont séparés, aspirer l’éther au moyen d’une pipette, le laisser retomber dans une soucoupe; l'éther ne tarde pas à s’évaporer laissant, s’il y a lieu, un résidu salin que l’on dissout en faisant tomber une ou deux gouttes d’eau distillée ; on ajoute alors une goutte d'une solution au 4 00e de perchlorure de fer qui donnera aussitôt un beau violet intense, si le vin renferme de l’acide salicylique.
- M. L. D., à Paris. — Le nouveau produit, désigné sous le nom Emailiène J. F., dont il a été question dans la Boîte aux Lettres du n° 1494 du 11 janvier 1902, est tout à fait distinct des produits dont vous parlez.
- M. C. B., à Paris. — Il n’y a aucun doute sur l’exactitude de l’erratum.
- M. Chauvet. — Voici quelques ouvrages sur les fourmis r « Species des hyménoptères d’Europe» (Beaune, 1882) ; Ber-thelot, « Les Cités des fourmis» (1877). La librairie Desforges, 41, quai des Grands-Augustins, à Paris, vous renseignera sur les autres ouvrages parus. Nous publierons sous peu une étude sur les fourmis. 1
- M. Hueler, à Drusenheim. — Nous avons eu l’occasion de voir récemment la nouvelle machine à deux vitesses, roue libre et frein sur jante, construite par la maison Clément, quai Michelet, à Levallois (Seine) ; elle paraît devoir donner entière satisfaction aux exigences des personnes usant de la bicyclette en pays accidenté.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. de Liançay\ à Toulouse. L'idée est bonne, mais ne divulguez rien avant d’avoir
- Îtris les brevets. — M. Reversy, à Calcutta. Nous avons avisé la ibrairie. — M. Dodgers, à Dublin. Consultez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, lre, 2e et 4e séries. — M. Rose, à Paris; M. Vauaand, à Marseille. Voyez le même petit livre, 2e série. — Frère Âmédée, à Nagasaki. Il faut donner l’adresse exacte.
- Dans la « Boite aux lettres » la Bédaclion accueille les faits intéressants qui lui sont signales par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- AU MUSÉUM. — Texte et dessins de A. Robida.
- j. Cervus megaceras. Un animal préhistorique excessivement modem style. — 2. Le Pareixaurus, tout à fait la grenouille d’un jeu de tonneau de l’époque tertiaire. — 5. Dinoceras mirabile. Est-il eu train d’éclater de rire, est-il en train de se fâcher? — i. Quelques oiseaux jouant les Comiques parmi toutes ces férocités. — 5. Clyptodon des pampas, inventeur des premières maisons. — 6. La baleine. On en ferait pour les bains de mer une jolie petite villa d’un style bien marin. — 7. Maxtodon augmtidens. Ne l’agacez, il voudrait mordre encore! — 8. L'Elephas grave et austère. C’est lui qui ne descendrait pas à solliciter un petit pain de seigle comme ses descendants d’à côté. — 9. Mégathérium de Cuvier.
- "JJn peu lourd par la base, mais l’air si bon enfant. — 10. Ils sont admirablement rongés! Est-il vrai, Monsieur, que c’est pendant le siège de Paris qu’on a mangé toutes ces bêtes ? — 11. Hallucination à la fin de la visite.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les fraises el le rhumatisme.
- La fraise est excellente contre la goutte et le rhumatisme ; c’est là un préjugé populaire, et pas un jardinier ne contestera le bien fondé de celte assertion. Grosse ou petite, fraise de culture ou fraise des bois, des quatre saisons, fraise de Bordeaux, fraise du LP Morère, St-Joseph, Napoléon, toutes les variétés sont bonnes, au dire des bonnes gens qui vous conseillent ce remède fort agréable. Préjugé de gourmand, en tout cas, car sauf les malheureux auxquels ce fruit exquis donne de l’urticaire, qui n’apprécie à sa valeur la jolie fraise parfumée? Le préjugé remonte loin, car si mes souvenirs sont exacts, Sydenham, qui donnait aux rhumatisants, pour consultation, le conseil suivant : «patience et flanelle », engageait les goutteux à s’abstenir de bien des choses, mais à manger des fraises.
- La racine, ou plutôt le rhizome, du fraisier était conseillée dans le même but ; elle possède en effet des propriétés diurétiques.
- Eh bien, l’idée d’attribuer aux fraises une vertu médicatrice contre la goutte n’est pas sans fondements, et qu’elle nous vienne de Sydenham ou d’un autre, elle est fondée sur des propriétés réelles. On aura mis du temps à en découvrir la nature, mais le point vient d’être éclairci par deux chimistes, MM. Portes et Desmoulières qui ont décelé dans le suc savoureux de la fraise, et l’on peut dire de presque toutes les variétés, un agent des plus efficaces contre le rhumatisme, l’acide salicylique. Les proportions, assurément, n’en sont pas considérables, c’est évident; sans cela la fraise ne serait plus la fraise : ce serait le cachet pharmaceutique. Maison peut en extraire bien nettement de l’acide salicylique cristallisé. Je vous fais grâce du procédé. Conclusion : rhumatisants et goutteux, vous absorberez juste ce qui vous convient en mangeant à bouche que veux-tu la fraise, la jolie fraise, la fraise des bois. Dr A. Cartaz.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 juin .... 12°,6 S. W. 1. Couvert. 0,0 Nuag. ; halo ; rosée ; petite pluie à 16 h.
- Mardi 3 18U,Ü N. N. W. 2, Quelques nuages. 0,1 9,8 Peu nuag. jusq. 16 h. ; couv. ensuite ; orage et pluie dans la soirée.
- Mercredi 4 12°,9 W. N. W. 3. Couvert. 8,2 Couv. jusq. 14 h. ; puis nuag. ; beau ap. 17 h. ; pl. jusq. 13 b. 45.
- Jeudi 5 13°,9 S. 1 . 2. Quelques éclaircies. 0,0 Très nuag. jusq. 20 h. ; beau ensuite; quelquefois des gouttes)
- Vendredi 6 12°,6 W. N. W. 2. Peu nuageux. 4,3 Peu nuag. le m. ; couv. le s. ; pluie à partir de 17 h. 40; rosée ; halo.
- Samedi 7 12°,9 S. W. 3. Couvert. Couv. le m. ; tr. nuag. le s. ; pluie jusq. 13 h. et à 20 h.
- Dimanche 8 11°,2 s. w. r. Très nuageux. 5,0 Nuag. jusq. 7 h.; presq. couv. ensuite; pluie à partir de 22 h.
- JUIN 1902 -- SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 JUIN.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites au Parc Saint-Haur en mai 1901
- par M. Tu. Moireaix.
- Pression barométrique : Moyenne à midi, 757””,69; minimum absolu, 745“",78 le 18, à 4 heures du matin ; maximum absolu, 769”",41 le 23, à 8 heures du matin.
- Température : Moyenne des minima, 6°,17 ; des maxima, 13°,79 ; du mois, 10°,98 ; vraie des 24 heures, 10°,37. Minimum absolu, — 1°,3 le 8 ; maximum absolu, 26°,8 le 28. Sur le sol : moyenne des minima, 4°,14; des maxima, 56u,2 ; minimum absolu, — 4°,1 le 8 ; maximum absolu, 45°,2 le 28. Il y a eu 2 jours de gelée et 3 autres jours de gelée blanche. La gelée du 8 a atteint un grand nombre de végétaux : acacia, ailante, figuier, platane, cedrela, vigne, pommes de terre, fleurs diverses.
- Tension de la vapeur : Moyenne du mois, 7"”,26; minimum, 3”“,6 le 13, à 6 heures du soir; maximum 13““,7 le 51, à 6 heures du soir.
- Humidité relative : Moyenne du mois,, 76“",9; minimum, 34 le 12, à 2 heures du soir ; maximum 100 en 7 jours.
- Nébulosité ; Moyenne du mois, 66. Brouillard le 7 et le 12.
- Pluie : 82"“,3 en 77 h. 13 réparties ert.23 jours, et, en outre, 3 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre ; 2 jours de forte pluie : le 17, 17“” en 13 h. 13, et le 29,16"",4 en 1 heure. Le 7, entre 11 heures et 11 h. 43
- du matin, pluie d’encre constatée non seulement à l’Observatoire, mais dans les différents quartiers de Saint-Maur ; des flocons de neige étaient mélangés à cette pluie ; la neige était plus abondante dans la région ouest de Paris, à Versailles, Trappes, Yillepreux.
- Orages : On a noté 3 jours d'orage, les 3, 7, 8, 20 et 29 ; éclairs au N.-E. le 31, à 11 h. 30 du soir; 9 jours de grêle, les 3, 4, 5, 8, 9,19 (abondante), 20, 21, 29.
- Vents dominants : D'entre S.-W. et N. par N.-W.
- Température de la Marne : Moyenne le matin, 12°,50 ; le soir, 12°,92. De 12°, 83 le 1", elle s’est abaissée à 11°,07 le 11 pour remontera 18°,58 le 31.
- Les valeurs des éléments météorologiques présentent les écarts suivants avec la normale : baromètre -t- 0““,48 ; température — 2°,56 ; tension de la vapeur — 0”“,42 ; humidité relative -+- 6,9 ; nébulosité -t- 13; pluie -+- 36“,4.
- Floraison : le 2, cytise; le 5, aucolie; le 6, épine-vinette; le 7, aubépine; le 8, marguerite des prés; le 15, alisier, julienne; le 26, sureau; le 27, seringa; le 30, églantier, ceauothus, sainfoin; le 31, acacia.
- Phénomènes divers : le 5, premier ohant de la tourterelle. On n’a vu que quelques hannetons isolés celte année.
- Printemps de 1902 (mars, avril, mai) : écarts des éléments météorologiques avec la normale : baromètre -t- 0"”,11 ; température -+- 0°,05; tension de la vapeur-t- 0"“,27 ; humidité relative -+- 3,0; nébulosité -+- 5; pluie -t- 44””,o.*
- PHASE DE LA LUNE ; N. L., le 6, à 6 h. 20 du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- . —(B)— M. Vieille, déjà répétiteur à l’Ecole Polytechnique, vient «d'être nommé professeur titulaire de physique, en remplacement du regretté >1. A. Cornu. M. le commandant du génie Colson est nommé frépétiteur titulaire.
- —®— Le 10 juin, a eu lieu dans la matinée, à Paris, l’inauguration •delà deuxième ligne du Métropolitain. Assistaient à cette inauguration : MM. Bienvenu et Dietté, ingénieurs-directeurs des travaux; le directeur de la Compagnie du Métropolitain, les ingénieurs de la Ville de Paris, ainsi que de nombreux conseillers municipaux. Les membres du cortège sont descendus sous terre place Chchy et ont parcouru à pied le lot de la grande ligne circulaire Nord, qui s’étend de la place Clichy à la place d’Anvers, avec les trois stations de la place Blanche,-de la place Pigalle et du square d’Anvers,
- —®— L’institut Pasteur a établi trois succursales dans nos colonies : une à Saint-Louis du Sénégal, une à Tananarive et une à Saigon, qui a été fondée par le Dr Calmette, actuellement directeur de l’Institut Pasteur de Lille. Le directeur de l’Institut Pasteur de Saigon, le Dr Métin, s’est appliqué tout spécialement à l’étude de la dysenterie. Il vient, paraît-il, de découvrir un coecobacille de cette maladie. Il aurait obtenu, dit-on, un sérum efficace contre la dysenterie.
- —®— La Belgique va avoir son Institut Pasteur. C’est le Conseil proviiîcial de Brabant qui a décidé la création de cet établissement. Son opportunité avait été maintes fois discutée au sein des diverses sociétés savantes belges et jusqu’à cette heure son édification avait
- Raru devoir être ajournée en raison du voisinage et de la large ospitalité que l’Institut de Lille offrait à nos voisins.
- —(§)— La mission archéologique italienne a découvert un nouveau palais à Mycènes. Des fouilles entreprises tout récemment à Ilagia-Triada, dans le voisinage de Pliaestos, ont mis à jour une partie de sous-sol, une porte extérieure et des murs ornés de fresques dont l’un présente une série de spirales entrelacées avec des plantes en fleurs. Parmi les objets déjà découverts se trouvent 300 sceaux mycéniens portant des lettres de l’alphabet crétois pré-hellénique; une plaque avec inscription analogue à celles de Knossos et un certain nombre de figurines en terre cuite d’un type très primitif. Cet édifice était vraisemblablement le palais de campagne des rois de Pliaestos.
- —S)— Les Américains ne plaisantent pas sur le chapitre de la prophylaxie tuberculeuse. Des instructions sévères ont été données à tous les médecins sanitaires, pour que désormais tous les tuberculeux arrivant aux Etats-Unis, s ils sont reconnus tels à l’instant du débarquement, soient renvoyés d’où ils viennent par le bateau qui les aura amenés et aux frais de la compagnie de navigation. Les villes de Rockland et de Liberty, dans le comté de Sullivan, viennent de faire mieux. Le séjour dans ces localités est, paraît-il, très recherché par les tuberculeux de New-York. Mais ceux-ci sont si bien surveillés qu’en ces derniers temps vingt tuberculeux, se promenant dans les rues de Liberty, étaient arrêtés et condamnés à 25 francs d’amende chacun pour avoir craché sur la voie publique. Les autorités de Rockland ont pris un arrêté encore plus draconien. Une amende de 50 dollars est imposée à toute personne dirigeant un hôtel, une maison meublée, un sanatorium ou tout autre établissement recevant des phtisiques. Est condamné à la même peine quiconque reçoit dans sa maison ou son logement un phtisique n’appartenant pas à ses relations immédiates de famille. Enfin il est interdit à toute personne atteinte de tuberculose de faire visite à ses parents ou à ses amis dans la ville de Rockland.
- —®— MM. les Dr* Malherbe et Roubinowitch ont soumis récemment à l’Académie de Médecine un procédé nouveau d’anesthésie générale par le chlorure d’éthyle. Ils ont rapporté le résumé de
- 700 observations de narcose par ce procédé qu’ils ont pratiqué sur des malades dont l’âge a varié de deux mois à soixante ans. Ils ont administré le chlorure d’éthvle à l’aide d’une simple compresse pliée en quatre épaisseurs et placée dans le creux de la main. Ils projetaient ensuite 2 à 3 centimètres cubes de liquide sur la compresse qu’ils appliquaient rapidement sur le nez et la bouche du patient en l’invitant à faire des inspirations rapides et profondes. Le sommeil s’obtient dans ces conditions en 10 ou 15 secondes. On peut les continuer ensuite au moyen du chloroforme si l’opération doit être de très longue durée. La tension artérielle, diminuée rapidement par le chlorure d’étliyle, reste affaiblie pendant la durée du sommeil et revient très vite à la normale au moment du réveil. Ce mode d’anesthésie peut être utile dans les opérations de courte durée, telles qufc la réduction des fractures ou la luxation d’un membre.
- —®— En Allemagne, comme en France, le Parlement a décidé, en deuxième lecture, d’interdire l’usage de la saccharine, qui ne doit être employée que dans un but médical. L’autorisation de fabriquer la saccharine devra être demandée au Conseil fédéral.
- —®— Les recherches de M. Caro, physicien de Berlin, sur l’acétylène carburé pourraient bien être suivies d’applications importantes pour l’industrie automobile. Dans une conférence faite à Eisenach, devant une réunion de 1 ’« Acetylene Yerein » allemand. M. Caro a annoncé que l’acétylène qu’on fait barboter dans du pétrole se carbure tout comme l’air ordinaire,, et que le mélange qui en résulte a une puissance calorifique supérièure à belle de l’acétylène pur dans le rapport de 6 à 4. Il est incontestable qu’on aurait là un agent très puissant et dont l’emploi réduirait notablement le poids par cheval dans les moteurs d’automobiles. Il subsiste toutefois quelques difficultés, par exemple celles que soulève l’emploi toujours dangereux de l’acétylène et celles qui résultent de la tendance qu’à le pétrole à se séparer de l’acétylène aux températures inférieures.
- Il vient d’être-accordé à M. B.-E. Bail un brevet pour un dispositif d’une originalité vraiment remarquable. L’inventeur s’est donné pour but de charger les accumulateurs par le courant alternatif. Pendant la période de courant positif, les éléments d’accumulateurs sont ajoutés et retirés en nombre proportionnel à la force électromotrice variable. Puis le courant est redressé par un commutateur spécial et la même série d’opérations se reproduit. Le commutateur est actionné par un moteur synchrone.
- —®— Sur les instances du professeur Angelo Mosso, le physiologiste bien connu, la reine Marguerite d’Italie a consenti à laisser transformer un chalet qu’elle possède sur le mont Rosa à 4560 mètres d’altitude en un observatoire physiologique où l’on étudiera l’influence de l’atmosphère des hautes régions sur la vie animale.
- —<§)— On recommande toujours aux électriciens de ne jamais toucher les câbles électriques lorsqu’ils sont à une tension supérieure à 100 volts. Dernièrement, au dépôt des tramways électriques de Bastille-Charenton à Saint-Mandé un chauffeur, dans la salle des machines, a voulu couper un fil électrique avec un couteau; la mort a été instantanée.
- —S>— Le rapport récent du Conseil de la Société lyonnaise des Forces motrices du Rhône donne des renseignements intéressants sur les résultats de l’exploitation de cette industrie. Le nombre d’abonnés à la force motrice, qui était de 634 au 31 décembre 1899, de 1246 au 31 décembre 1900, atteignait 1737 au 31 décembre 1901; les puissances distribuées étaient respectivement de 2943 , 6955 et 9680 chevaux. Le nombre d’abonnés à l’éclairage était de 1368, 2905 et 4695 avec 58 364, 104 234 et 142 520 lampes à incandescence de 10 bougies. L’énergie électrique totale produite par l’usine de Cusset a été successivement de 3 012114, 9 593 220, et 16 millions 904 000 kilowatts-heures.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année. '
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le Théâtre des Marionnettes, s’adresser à M. de Saint-Génois, 48, rue des Ecoles, à Asnières.
- Communications. — M. E. Violard, à Mustapha, nous adresse une étude où il passe en revue les différentes industries d’art qui existent en Algérie. Ces industries sont celles des tapis, des broderies, de la céramique, de la sparterie. M. Violard préconise la création d’un Office du travail indigène, qui se tiendrait au courant de l’état des travaux, fournirait les modèles de la bonne époque, conseillerait l’emploi des matières premières et sè tiendrait en rapport constant avec les musées ou expositions permanentes de la métropole ou même de l’étranger. La-.brochure est publiée par l'imprimerie Baldachino-Laronde-Viguier, à Alger.
- üri ancien abonné de a la Nature » nous transmet le fait suivant : « M. de M. S., demeurant à Neuilly-sur-Seine, a un poulailler dans son jardin. Le 4 mai dernier, il a trouvé dans le nid d’une de ses poules un œuf de dimensions extraordinaires. Cet œuf pesait 150 grammes, son grand axe mesurait 76 millimètres et son petit axe 67 millimètres. Curieux de savoir ce qu’il pouvait contenir, M. de M. S. le perfora à ses deux extrémités et en fit ainsi sortir un jaune entouré de son blanc. Il s’aperçut alors que le premier œuf en renfermait un second de grosseur normale dont la coque était complètement formée et résistante. Vous jugerez peut-être qu’il serait intéressant de communiquer ce fait aiix nombreux lecteurs de La Nature afin de savoir si pareil phénomène a déjà été observé ».
- M. A. Gobert, à Bruxelles, nous envoie une note éditée chez J. Goemare, imprimeur, à Bruxelles, et qui a pour titre : Modifications aux procédés employés pour la congélation des terres. Ces procédés utilisés pour le fonçage des puits ont deux graves inconvénients qui sont l’arrêt de la circulation du liquide incongelable dans les tubes congélateurs et la difficulté de constater cet arrêt. Pour remédier à ces inconvénients, M. Gobert propose un dispositif de circulation qu’il décrit et dont une planche à la fin du recueil donne une idée.
- M. Boulenger-Daussy, à Albert, nous adresse ces quelques lignes : « Quand on ne dort pas, on aime en général à savoir, sans trop se déranger, l’heure qu’il est; et on attend que la pendule vous le dise. Mais si elle sonne la demie, on en a encore pour une demi-heure avant d’être édifié; il est la demie de quoi? Depuis ^ix ans j’ai recours, à cet égard, à un truc dont je me trouve assez satisfait; je vous le soumets à tout hasard. La pendule de ma chambre à coucher ne diffère en rien des instruments similaires ; elle sonne l’heure qu’elle marque et marque l’heure qu’elle sonne, l’heure qu’il est réellement. Mais dans mon cabinet, sous ma chambre, j’ai une autre horloge dont je perçois bien le timbre de mon lit. Celle-là marque bien l’heure qu’il est, mais sa sonnerie retarde de 7h5Ü. Ma pendule sonne la demie; presque aussitôt, l’horloge d’en bas sonne 5 heures, par exemple. J’ajoute mentalement 71‘50 à 5 heures, et je sais qu’il est minuit 50 minutes. En sorte que l’une des deux horloges sonne toujours la demie, et l’autre l’heure à calculer, ou l’heure vraie. J1 y a deux cas où toute deux sonnent un seul coup ; cela me dit qu’il est 1 heure du matin (l’horloge faussée sonnant la demie de 5 heures), ou bien 8h 30 (l’horloge faussée sonnant 1 heure du matin). Or, puisqu’il est nuit, ce ne peut-être que 1 heure du matin, car s’il était 8h 50 on verrait clair, il ferait jour. Je suis donc renseigné à toute demie de l’obscurité, sans autre manœuvre que
- d’écouter. Quand on doit se lever tôt, cela peut servir; et avec l’habitude, la petite addition à opérer mentalement est simple, d’autant plus qu’on n’est pas dérangé. »
- M. M. Worms et Rosa, à Lisbonne, nous font parvenir une brochure qui a pour titre « A photographia das cores » et qui résume les recherches faites jusqu’ici sur le problème de la photographie en couleurs.
- ne
- M.
- pouvons mieux Lhermite, con-
- Renseignements. — M. E. P. A. à R.... — Pour le nettoyage et blanchiment des gravures, il existe plusieurs procédés-décrits dans les Recettes et procédés utiles, à la librairie Masson et Cie. On peut : 1° Laisser tremper quelques heures dans un mélange d’une partie d’eau de javelle et de 4 parties d’eau et rincer à l’eau claire ; 2° Placer la gravure entre deux feuilles de papier blanc saupoudré extérieurement de chlorure de chaux et laisser séjourner sous une pile de livres : le chlorure de chaux agit ainsi comme décolorant sans détruire la pâte du papier ; 5° Tremper la gravure pendant vingt-quatre heures dans l’eau oxygénée à un demi-volume, additionnée d’un peu d’ammoniaque, de façon à réaliser un liquide à peine alcalin; rincer à l’eau : c’est le meilleur procédé. Pour faire disparaître les piqûres dues à la moisissure, il faut laver les feuillets tachés avec une solution d’hypochlorite de potasse aussi exempte de carbonates que possible. Enlever l’excès de réactif par des lavages réitérés à l’eau distillée. Il sera bon, en vue de la conservation future, de pratiquer un collage du papier à l’aide d’une solution très faible d’ichtyocolle additionnée d’environ 1 pour 100 de chlorure de zinc. Nous conseillons d’essayer au préalable ces recettes sur des échantillons qu’on ne craindra pas de sacrifier.
- M. J. Vàudeperre, à Rome. — Nous faire que de vous adresser directement à structeur mécanicien à Louviers (Eure).
- M. A. Roisset, à Paris. — 1° Le livre à l’Exposition de 1900 » est publié par 49, quai des Grands-Augustins, Paris, VIe.:
- — 2° Remerciements.
- M. H. Nermanta, à Romorantin. — 1‘ phique Turgot, 79, rue Turbigo, à Paris, peut être obtenu de différentes manières.
- M. N. Rarrère, à Lourdes. — Pour les fentes de parquet, consulter les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie-Masson et Cie.
- M. Bonnet, à Lyon. — Ces lampes ne sont pas encore dans le commerce.
- M. Vergnaud, à Mantes-la-Ville.—Vous pourriez protéger vos réservoirs par une couche épaisse de 15 centimètres environ et constituée par du charbon ou du liège tassé, ou encore par de la bourre de laine. La Société des lièges agglomérés Denniel et Cie, 24, rue Dauphine, à Paris, s’occupe de ces travaux.
- M. Menu, à Bucarest. —10 Adressez-vous à la Cie Universelle d’açétylène, 56, rue de Châteaudun. — 2° On trouve à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris:
- « Dictionnaire pratique de chimie photographique », par H. Four-tier, prix 8 francs; « Traité encyclopédique de photographie », 6 vol. 72 francs, chaque vol. 14 francs.
- Un abonné, à Cabourg. — La difficulté que vous signalez provient de ce que vous supposez vos quatre piles Leclanché
- couplées en séries. Dans ce cas en effet . ’ ? — 2,90 repré-
- r 4x0,5 1
- sente l’intensité maxima en ampères que peut fournir la batterie, chaque élément ayant 1,45 volt de force électromotrice et 0,5 ohm de résistance. Cette faible résistance ohmique exige un couplage en quantité dont le résultat en ampères est :
- : « Les locomotives la librairie Dunod, Il coûte 30 francs.
- Comptoir photogra-— 2° Cet éclairage
- 1 ,4o
- 11,60 soit 12 ampères.
- M. le capitaine Larrazet, à Châteauroux. — On emploie généralement de la mousse de platine, mais cette substance a l’inconvénient de s’encrasser rapidement au détriment de son pouvoir concentrant. Vous trouverez de la mousse de platine, chez M. Godard fils, 7, rue du Bouloi, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Devaux, à Libourne. C’est là une question de priorité où nous ne pouvons intervenir. — M. d’Haze, à Angers. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e et 4e séries, à la librairie Masson et Cie. — Mme CItainier, à Versailles. Voyez le même petit livre, 5e série. — M. Pk.,k Ba.... Remerciements, mais ce sujet ne rentre pas dans le cadre du journal. — M. Dessonnes, à Buenos-Aires. Nous ne saurions nous occuper de longues traductions.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Hedaclion accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle rie s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Il
- PETITES MENTIONS1
- Bouchon verseur. Bidon mesureur d'alcool. —
- Les deux petits accessoires peuvent être très utiles dans les manipulations de l’alcool. Le bouchon verseur s’adapte très facilement sur une bouteille et permet de verser doucement l’alcool. Celui-ci en effet est obligé, pour sortir, de traverser un tube divisé en deux parties et ne peut s’écouler trop rapidement. 11
- Bec verseur.
- est également nécessaire de connaître la quantité d’alcool qui est versée; le bidon mesureur facilite cette opération. 11 est formé d’un récipient à double fond dans lequel l’alcool doit passer avant de s’écouler au dehors par le tube incliné. Si l’alcool arrive en quantité trop grande, il se déverse en partie
- Bidon mesureur.
- dans un petit tube qui le rejette dans le récipient. Enfin, à l’intérieur du bidon se trouve un tube>ertical en communication avec le double fond. — Le bouchon verseur et le bidon mesureur se trouvent à la Compagnie générale de l’alcool, 9, rue du Louvre, à Paris.
- Ballon dirigeable. — En attendant que les grandes personnes aient réalisé l’aéronef pratique qui ne culbute pas lamentablement à la moindre brise, voici pour nos enfants, les aéromen de demain, un ballon dirigeable qui peut évoluer avec sécurité dans l’air calme des appartements. C’est un jouet, mais un jouet où quelques problèmes de Mécanique sont réso-
- LE FRANÇAIS
- Ballon dirigeable.
- lus d’une façon intéressante. La force motrice s’obtient naturellement par un caoutchouc qui actionne au moyen d’engrenages deux hélices à l’avant et à l’arrière. Ces hélices tournent oii sens contraire l’une de l’autre, mais elles concourent toutes
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- deux à la propulsion en avant, grâce aux gauchissements inverses de leurs palettes. L’idée de deux hélices avant et arrière tournant en sens contraire est heureuse, et si elle n’est pas nouvelle, du moins elle a été peu utilisée jusqu’ici ; on dit qu’elle trouvera son application dans un prochain modèle de grand ballon. La marche peut être ralentie ou accélérée en tordant convenablement les fils de fer qui supportent les palettes et ce procédé peut servir aussi à égaliser l’action des deux hélices. La direction se réalise de même en ployant à droite ou à gauche le fil qui supporte l’hélice arrière. Ce système est ingénieux, mais il comporte des frottements qui seraient inadmissibles ailleurs que dans un jouet. Le ballon proprement dit est muni d’un filet, il mesure gonflé 85 centimètres de long sur 45 de diamètre et se gonfle au moyen jd’un soufflet. Nous parlions de sécurité tout à l’heure; mais comme les grands ballons celui-ci a ses dangers, car il est gonflé au gaz d’éclairage ou hydrogène, et malheur aux jeunes imprudents qui 1’approcheraient d’une flamme !
- En dessous du mécanisme est une nacelle pour lester et équilibrer. Le ballon évolue bien et ses mouvements de tangage ne rappellent pas trop ceux de son prédécesseur le San-tos-Dumont. — Le ballon dirigeable est fabriqué par M. A. benoit, 25, passage Verdeau, à Paris.
- Porte-vêtement automatique à bascule. — Le
- porte-vêtement” est un objet de première nécessité, et tout le
- Porle-vêtement à bascule, plié et ouvert.
- monde en a besoin pour suspendre les habits dans les armoires et placards. Les modèles de porte-vêtement actuels ne remplissent pas leur but par suite de la forme rigide à laquelle le vêtement est obligé de se conformer, et il en résulte que ce dernier prend une forme mauvaise ou un mauvais pli. Le porte-vêtement automatique dont il est question se plie par un simple mouvement pour s’accrocher sans tenir de place, lorsqu’on ne s’en sert pas. 11 s’adapte à la forme du vêtement qu’il est chargé de porter et en conserve la forme et la coupe, en évitant le moindre faux pli, par le simple jeu de ses branches, qui basculent et s’installent par le poids de l’habit. — Ce porte-vétement se trouve chez M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité pratique d’électricité industrielle, par E. Cadiat et L. Dubost. 1 vol. in-8°. 6e édition. Paris. Ch. Béranger, éditeur, 1902.
- Dans la 6e édition de leur traité pratique d’électricité industrielle, MM. E. Cadiat et L. Dubost sont restés fidèles au programme qu’ils s’étaient imposé dès le début. La distribution générale, la répartition des chapitres n’ont pas été changées. Des détails ont été supprimés et remplacés par des faits nouveaux ; le chapitre relatif à la transmission de l’énergie a pris un grand développement, de nombreux renseignements ont été ajoutés à la question des tramways; l’électrocliimie, les fours électriques, ont fait l’objet d’une étude plus approfondie.
- La mécanique à l’Exposition de 1990, publiée sous le patronage et la direction technique d’un Comité de rédaction sous la présidence de M. IIaton de la Goupillière, inspecteur général des mines. — Les automobiles et les cycles, par M. Paul Sencier. 10e livraison. VTe Ch. Dunod, éditeur, Paris. 1902.
- Pratique de l’art photographique, par L.-P. Clerc et G.-H. Niewenglowski. Nouveau tirage. 1 vol. in-8°. II. Desforges, éditeur, 41, quai des Grands-Augustins, Paris (0e). 1902. Prix : 3 francs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Méthodes d’analyse des laboratoires d’aciéries Thomas à l’usage du personnel des chimistes et des manipulateurs, par Albert Wencélius, chef de laboratoire aux établissements de la Compagnie des forges de Chàtillon, Commentry et Neuves-Maisons. 1 petit vol. in-16. Paris. Ch. Béranger, libraire-éditeur, 1902.
- Les frontières de la science, par Albert de Rochas. 1 vol. broché in-8°. Librairie des sciences psychologiques, 42, rue Saint-Jacques, Paris. 1902. Prix : 2fr,50.
- L’hérédité acquise, par M. J. Constantin. 1 vol. in-8" écu cartonné de la collection Scientia. C. Naud, éditeur, 5, rue Racine, Paris. Prix : 2 francs
- Le monde invisible, lettre de M. Sully-Prudhomme, par Jules Rois. 1 vol. broché in-8°. Ernest Flammarion, éditeur, Paris. I'rixj 3fr,50.
- L’année scientifique et industrielle. 45e année (1901), par Émile Gautier. 1 vol. in-8°. Paris. Librairie Hachette.
- L’âge de la pierre, par Georges Rivière. 1 vol. in-16 broché, de la « Bibliothèque d’Histoire et de Géographie universelles ». Librairie C. Iteinwald, Schleicher frères, éditeurs, 15, rue des Saints-Pères, Paris (6e). Prix : 2 francs.
- Annuaire météorologique pour 1902 de l’observatoire royal de Belgique, publié par les soins de A. Lancaster, directeur du service météorologique de Belgique. Bruxelles. 1 vol. in-16 broché. Rayez, imprimeur de l’Académie royale de Belgique, rue de Louvain, 112. 1902.
- Les jeux des animaux, par K. Groos, professeur à l’Université de Bàle. Traduit de l’allemand par A. Dirr et A. Yan Gennep. 1 vol. in-8°, broché. Paris, Félix Alcan, éditeur, 1902. Prix : 7tr,50.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION et force DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 juin .... 10®,0 N. N. W. 2, Couvert. 5,5 Presque couv. ; pluie de 1 li. à 8 h. du matin.
- Mardi 10 8®,4 N. E. 2. Couvert. 0,1 Couv. jusqu’à 21 h. ; beau ensuite ; gouttes à 8 b.
- Mercredi 11 8®,9 Calme. 0. Couvert. 0,0 Très nuag. le matin; nuag. le soir; rosée.
- Jeudi 12 11»,9 E. S. E. 2. Éclaircies. 0,0 Très nuag. ; petite pluie le soir ; halo ; rosée.
- Vendredi 13 13®, 1 S. S. W. 3. Couvert. 0,3 Très nuag, ; pluie fine de 7 à 8 li. ; halo.
- Samedi 14 9°,9 W. N. W. 2. Couvert. 1,7 Très nuag. ; pluie de 6 h. à 8 h. et de 21 il. à 23 h. ; tonnerre à 20 h. 15 : 20 dans l’W.
- Dimanche 15 11®,1 S. S. W. 2. Nuageux. *4 Très nuag. ; pl. l’après-midi avec petite grêle à midi 35.
- JUIN 1302 - SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 JUIN.
- Lundi I Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi | Dimanche |
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- E,a pluie. La température. — La pluie est tombée en abondance et dans toutes les régions pendant la semaine du 9 au 15 juin. La température s’est également notablement abaissée et est restée de beaucoup inférieure à la normale. Le 9 juin, le vent a soufflé très fort de l’ouest sur les côtes de Provence. Des pluies ont été signalées dans le nord et l’ouest de l'Europe. En France, on a recueilli 8 mm d'eau à Besançon, 5 mm à Nantes, 4 mm à Biarritz, 1 mm à Dunkerque; à Paris, il y a eu de faibles averses. Dans la matinée, le 9 juin, le thermomètre marquait 1® au Puy de Dôme, 0° au mont Aigoual, — 5° au pic du Midi ; à Paris, la température moyenne a été de 11°,8, inférieure de 4®,5 à la normale avec un maximum de 16°,2 et un minimum de 9°. Le 10 juin, les pluies ont été générales en France; il y a eu de la neige au pic du Midi et au mont Mounier. En Bretagne, la température est descendue à 7° ; à Paris, la température moyenne a été de 11®. Le 11 juin, on a recueilli 22 mm d’eau au mont Ventoux, 16 mm à
- Biarritz, 6 mm à Belfort, 5 mm à Nancy. Le temps a été froid à Paris ; on a constaté un minimum de 5®,5 et la température moyenne n’a atteint qi e 10®,2. Le 12 juin, il est encore tombé 16 mm d’eau à Gap, 11 mm à Nice ( t à Brest, 1 mm à Cherbourg; plusieurs orages violents ont eu lieu aux environs de Paris.
- Le 13 juin, les pluies ont été à peu près générales en France; on signale un violent orage qui a éclaté sur Lyon vers 11 heures du soir. Les 14 et 15 juin, pluie continuelle à Paris et averses de grêle aux environs.
- Tremblements de terre en Italie. — Deux légères secousses de tremblement de terre Ont été ressenties le 13 juin dans la matinée, I’ùne à Catane, et l’autre à Mineo. Deux autres secousses ont eu lieu à Cataue dans la nuit du 13 au 14 juin.
- Dans la nuit du 14 au 15 juin, des secousses de tremblement de terre, accompagnées de grondements souterrains ont eu lieu à Syracuse et dans diverses localités environnantes.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 13, à minuit 3 du mali.i.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —S— La Société des Ingénieurs civils de France a décerné, le vendredi 20 juin, en assemblée générale, ses trois grands prix aux •auteurs des travaux les plus remarquables qui ont été faits depuis un an. C’est à son vice-président, M. Coiseau, qu’elle avait réservé le prix Alphonse Couvreux, pour ses travaux sur le port de Bilbao, dont les digues de près d'un kilomètre, commencées il y a sept ou huit ans, s’achôvdnt seulement. M. Gouvy, dont les études et les travaux gur la métallurgie dans l’Oural méridional sont bien connus, a reçu le prix annuel de la Société,, .une médaille d’or gravée par Cliaplairi. L'automobilisme a été couronné dans les travaux de nos deux collaborateurs MM. Périssè et Turgan, titulaires ex æqun du prixGilfard.
- —®— Il faut remonter dans le passé jusqu’en 1879 pour rétrouver un mois de mai aussi froid que celui que nous avons eu cette année. En France, en Belgique, en Angleterre, après une chaleur anormale de 21 à 22° fin d’avril, nous avons eu des froids de —3 à —4° la nuit dans la première quinzaine de mai. Du reste les mois de mai ont été plus froids, depuis quelques années, que normalement. A Bruxelles surtout l’abaissement de la température en mai a été évidente en 1885, 1887, 1897, 1898, 1899. En 1900, la tem-r pérature moyenne du 11 au 20 mai. a été trop basse de 4°,5. Mois de mai, joli mois de mai, quand nous reviendras-tu?
- —(S)— On vient de faire à Bordeaux l’essai d’un nouveau coupe-circuit pour rendre sans danger la rupture des fils de traction des tramways à trolley. Les passants sont exposés, en effet, à recevoir des décharges quand un fil rompu vient à pendre entre deux poteaux. M. Gaston Bellangé a imaginé le dispositif suivant bien simple. A chaque, poteau de suspension des fils, il dispose à cheval sur le fil une boîte en porcelaine. Le fil de ligne est coupé et chaque bout relié de part et d’autre à deux tiges placées en regard dans la boîte. Du mercure emplit l’espace libre de façon que son niveau'couvre les deux tiges. En temps normal, le courant passe par les tiges et le mercure. Si le fil vient à se rompre et à pendre, la boîte descend le long du fil et le mercure ne recouvre plus les tiges. Le courant ne passe plus. Il reste à savoir comment ce dispositif se conduira en service courant.
- _ —g;— Au Congrès de la tuberculose, tenu à Londres en juillet 1901, le professeur Koch, de Berlin, affirmait, contrairement à ce <jui était généralement admis, que la tuberculose ne saurait être transmise de l’homme à la vache, et réciproquement. Le professeur Nocard, de Paris, combattit cette opinion en objectant aux éxpériences de Koch des expériences anciennes de Chauveau et les siennes propres. Quelques jours après le congrès, un médecin de Paris, le Dr Paul Garnault, écrivait au professeur Koch et offrait de se faire inoculer pour prouver l’erreur du médecin allemand. Le professeur Koch refusa de tenter l’expérience; le Dr Garnault vient de tenir sa promesse. Le mardi 17 juin 1902, il a été procédé, aux abattoirs de la Fillette, par devant les Drs Marcel Baudoin, Barlerin et Demeurisse, à la tentative d’inoculation de tuberculose !k>vine, pratiquée par le Dr Garnault sur lui-même et sans aucune intervention, des témoins. Les événements nous fixeront bientôt sur les conséquences de l’inoculation.
- —®— L'Association française pour la protection de la propriété industrielle vient de tenir son premier congrès à Lille, sous la présidence de MM. Faueheur, président de la Chambre de commerce, et Pouillet, ancien bâtonnier.
- Le Congrès a pris les résolutions suivantes : En ce qui concerne les brevets d’invention : 1° sur le rapport de M. Bert, le Congrès a décidé à l'unanimité qu’il y avait lieu de remplacer la taxe annuelle de 100 francs par une taxe progressive commençant à 25 francs pour la première annuité et augmentant de 25 francs chaque année jusqu'à 375 francs pour la quinzième annuité; 2° sur le rapport de M. Josse, il a émis le vœu que la nullité d’un brevet pour défaut
- de nouveauté ne devait pas entraîner, de plein droit, la nullité des certificats d’addition si ceux-ci renferment un perfectionnement réel et brevetable ; 3° sur le rapport de M. Plé, le GOngrès a décidé qu’il n’y a point lieu de modifier la législation française en ce qui concerne l’obligation d’exploiter les inventions brevetées; 4° sur le rapport de M. Fayollet, le Congrès a décidé, à l’unanimité, que la faculté de maintenir un brevet d’invention secret pendant un an, comme cela vient d’être admis par la loi du 7 avrd 1902, est regrettable et devrait être supprimée le plus tôt possible ; 5° sur le rapport de M. Taillefer, le Congrès a émis le vœu que la cession des brevets ne donne plus lieu au payement préalable et par anticipation des annuités non échues, que tous les contrats concernant la propriété ou l’exploitation des brevets soient transcrits, par extrait, à l’Office national de la propriété industrielle et que le mot « breveté » ne puisse être employé sans l’indication du numéro du brevet. — En ce qui concerne le nom commercial, sur le rapport de M. Mack, le Congrès a approuvé les principes de la proposition présentée par l’Association française pour la protection de la propriété industrielle, aux termes de laquelle tout industriel ou commerçant aura la faculté de céder, à ses successeurs, l’usage de son nom, comme signature commerciale, à la condition que chaque cession soit enregistrée sur un registre du commerce dont la publicité devra être assurée d’une façon complète. — En ce qui concerne la protection des dessins et modèles industriels, sur le rapport de M. Maillard, le Congrès a été d’avis que la loi du 11 mars 1902 n’a point abrogé la loi du 18 mars 1806 et que celle-ci peut encore être invoquée pour les dessins ou modèles employés dans l’industrie, qu’ils soient ou non protégés par la loi nouvelle.
- —®— Le réseau de tramways électriques qui dessert les alentours de Nice a maintenant une longueur totale de plus de 145 kilomètres. Le courant est amené tantôt par caniveau et tantôt par trolley. Le matériel roulant se compose de 4 locomotives, 110 voitures automotrices et 60 voitures de remorque, et 50 voitures automotrices en plus viennent d’être commandées. On transporte sur la ligne du ciment, du charbon et des matériaux de construction. Des commutatrices transforment le courant amené par caniveau. La station centrale est distante de 32 kilomètres environ et on a prévu une station de secours île 200 chevaux fournis par des moteurs à vapeur.
- —®— M. Bateau, l’ingénieur au corps des mines bien connu, vient de poursuivre, de concert avec la maison Sautter-Harlé, la construction d’une série de ventilateurs commandés par des turbines à vapeur, ainsi que des pompes centrifuges à haute pression, qui donnent des résultats surprenants ; et cela grâce à l’énorme vitesse de rotation des turbines. Ces ventilateurs permettent d’atteindre des pressions de 6 mètres de colonne d’eau, au lieu des 50 à 60 centimètres qu’on ne dépassait pas encore récemment; pour les pompes, un appareil n’ayant que 8 centimètres de diamètre donne le moyen de réaliser l’élévation dej’eau à 300 mètres.
- —®— Dans toutes les applications où il s’agit d’exercer une pression, l’emploi des outils pneumatiques, qui permet de produire directement cette pression, conduit à de notables simplifications et c’est pourquoi ces outils se répandent de plus en plus dans l’industrie. Donnons à ce propos quelques chiffres relevés- dans les chantiers de la maison Cramp, à Philadelphie, qui a récemment construit des navires de 14000 tonneaux dont tout le rivetage a été fait uniquement par des riveuses pneumatiques. On connaît les imperfections du rivetage à la main et au marteau, ce procédé est long, coûteux et donne souvent des résultats médiocres. Le rivetage pneumatique coûte 40 pour 100 moins cher. Ainsi pour des rivets de 2em,54 les prix du rivetage à la main et pneumatique sont dans le rapport de 35 à 15. On voit que l’économie est considérable, surtout si l’on sait qu’un navire de 14 000 tonneaux exige pour sa construction la mise en place de 647 000 rivets.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Errata. — Dans le n° 1515 du 24 mai 1902, p. 585, col. 1, ligne 28, au lieu de 10150 kg, il faut 16150 kg; col. 2, ligne 7, au lieu de 0m,15, il faut 0m,015. — Dans le n° 1517 du 21 juin 1902, p. 27, dans la légende de la figure 2, il faut ajouter : « Première rangée », avant « trèfle au 1er octobre 1901 », et « Deuxième rangée. Trèfle semé au printemps », avant « poids de matière sèche par pot le 11 juin ».
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le banc pour la photographie stéréoscopique à courte distance a été construit par M. J. Richard, 25, rue Mélingue, Paris.
- Communications. —M. le commandant Bertelli, à Brescia, nous fait parvenir une brochure intitulée : Icaro o Pegaso, où, après avoir développé quelques théories fondées sur le vol des oiseaux, il décrit un aéroplane de son invention. Cette brochure est publiée par l’Union typo-lithographique de Brescia, Italie.
- M. Mettey, à Audincourt, nous écrit : « J’ai l’honneur de vous adresser par ce même courrier une plante qui, comme vous pourrez vous en rendre compte par un petit examen, me paraît présenter un cas remarquable de croissance. C’est un pied de renoncule âcre (communément appelé bouton d’or) qui
- a poussé dans un terrain sablonneux entre les villages de Saint - Maurice et de Longevelle (Doubs), à quelques pas du Doubs et de l’ancienne voie romaine connue sous le nom de chaussée de Jules-César. Le pied mère, les racines et la plupart des tiges et leurs fleurs à un seul rang de pétales, sont du type de renoncule tout à fait ordinaire, telle qu’elle croît en abondance dans les prairies (un grand nombre de ces tiges ont été coupées pour per-mettre l’envoi par la poste). Par contre, un certain nombre d'autres tiges se sont, dès leur naissance, unies par quantité de cinq, six, sept, peut-être même davantage, pour former par l’assemblage de leurs tiges, qui se sont comme aplaties et soudées ensemble, une seule feuille d’une largeur de quelques centimèüés et de hauteur variable, de laquelle on voit émerger de distance en distance des bourgeons et des. petites feuilles analogues à celles qui poussent sur les tiges à 1 état ordinaire. Ce cas de tiges unies et soudées ensemble se trouve reproduit trois ou quatre fois dans ce pied (le plus bel échantillon a été détaché par inattention, mais il est facile de se rendre compte qu’il appartenait à la même souche). Le point qui m’a paru le plus remarquable est qu’à l’extrémité de chacune de ces feuilles produites par la réunion de plusieurs
- tiges se sont ouvertes de magnifiques fleurs de renoncule qui,, celles-ci, sont doubles, c’est-à-dire ont plusieurs rangs de pétales et sont réunies par deux directement à la feuille commune, sans l’intermédiaire d’aucune tige. Cette plante a poussé en plein air et sans être entravée par quoi que ce soit qui ait pu la déformer ou la gêner dans sa croissance. Je crois que ce cas de croissance extraordinaire intéressera bien des lecteurs de La Nature ».
- M. X. Raspail, à Paris, nous adresse une étude intitulée « Le Hanneton en 1901 », qui a paru dans le Bulletin de la Société Nationale d’acclimatation de France. Il existe en ce moment une tendance générale à se désintéresser de la question du Hanneton, sans doute à cause de la mortalité exceptionnelle qu’on a pu constater chez ces insectes en 1901. Cependant le danger n’a pas disparu par le fait de cette mortalité. Ainsi un hanneton femelle n'ayant effectué qu’une ponte est capable de fournir une descendance représentée à la 15e année par 52 768 femelles pouvant produire le chiffre énorme de 2 621 440 vers blancs-C’est dire que la guerre au hanneton doit être poursuivie sans relâche. Pour détruire ce fléau, le meilleur moyen et le plus-simple est de ramasser les vers blancs mis à découvert par la bêche ou le soc de la charrue et de pratiquer le hannetonnage sans interruption pendant toute la durée de la présence de l’insecte parfait dans l’air.
- Renseignements. — M. Renou, à Montrouge. — 1° Le résidu est tout bonnement de la chaux et peut s’utiliser comme telle : engrais, chaulage, etc. ; seulement il faut en avoir assez. — 2° Nous réservons pour plus tard notre opinion sur ce produit.
- M. C. Àrocena, à Azcoitia. — Nous n’avons pas de données-sur ce procédé. Peut-être en trouverez-vous la description dans un des ouvrages de la librairie Mulo, 12, nie Hautefeuillev à Paris.
- M. le Vte de Louvencourt, à Paris. — « A la Carte postale illustrée », 42 bis, boulevard Bonne-NouveUe : les cartes qu’on n’aurait pas en magasin sont fournies dans les 48 heures.
- M. le DT J, Clairac, à Madrid. — Ces lampes ne sont pas encore dans le commerce.
- J/. Chardin, à Pantin. — l°Les Recettes et procédés utiles (2e série) donnent une table de solutions saturées pour bain-marie, permettant de dépasser 100°. Nous pourriez prendre soit de l’acétate de soude, soit du chlorure de calcium ou de zinc.. — 2° Il faudrait savoir pour quelle application vous voudriez, utiliser ces désinfectants.
- M. Steiner. — L’adresse de M. J. Barrai est : 59, route-d’Orléans, à Montrouge.
- M. L. Carazza, à Milan.'— Il faut vous adresser à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, à Paris.
- M. M. Nothomb, à Merlemont. — L’ouvrage de M. Le-cornu : Les Cerfs-Volants, à la librairie Nony, 65, boulevard Saint-Germain, vous donnera tous les renseignements nécessaires. Prix : 5fr50, broché.
- M. R. Caron, au château de La Roche. — Pour nettoyer les objets en plâtre, consultez les Recettes et procédés utiles (lre série), librairie Masson et Cic.
- M. Moquillon, à Lusignan. — Adressez-vous directement à M. De Launay, 154, boulevard Haussman, à Paris.
- M. L. Béranger. — 1° L’analyse a montré que les œufs contenaient en effet plus de phosphate par suite de cette nourriture donnée aux poules, mais l’augmentation est négligeable. Cette alimentation spéciale des poules poui'rait bien aussi contribuer à les faire pondre; voyez sur ce sujet la communication du IP Bouchacourt, n° 1511, du 10 mai, et aussi le n° 1501,, du 1er mars, qui contient la recette d’une poudre à faire pondre. — L’effet de cette nourriture sur le chien, comme sur tous les animaux, est de développer la charpente osseuse.
- M. L. Bazin, à Chenêve. — Vos observations sont justes; nous essaierons d’en tenir compte.
- M. Lola, à Constantinople. — Adressez-vous à M. Coccoz,. libraire, II, rue de l’Ancienne-Comédie, qui vous fixera sur le choix d’un livre de ce genre.
- M. Girin, à Paris. — Pour les lampes Nernst, s’adresser à la Société d’éclairage et de force, 26, rue Laffitte.
- Accusés de réception. (— Avis divers. — M. E. Lang, à Manchester. Voyez la Boîte aux lettres du n° 1495, du 4 janvier, sur le chrome. — M. A. Désiré, à Caen. Echantillon'et notice arrivés, remerciements. — M. Davenport, à Detroit; M. Rousse, à Montreux. Consultez les Recettes et procédés utiles, 3' série, à la librairie Masson et Cie. — Mmo Tarrin, à Nantes. Le procédé se trouve décrit dans le petit livre cité plus haut., 2e série.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui, sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage eu aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Appareil distillatoire pour l’eau. — Ce petit appareil, qui est de fabrication américaine, nous semble assez ingénieusement combiné, au point de vue pratique, pour mériter d’être signalé : empressons-nous de dire qu’il a été spécialement étudié pour les laboratoires de chimie, par conséquent aussi pour l’usage des pharmaciens, et même pour les usages domestiques, là où l’on se voit forcé de distiller l’ean d’alimentation. On s’est arrangé de manière à ce qu’il ne soit pas susceptible de se dessouder, et à ce que son fonctionnement soit aussi automatique que possible. 11 comprend à sa partie inférieure le récipient où l’on met l’eau qui doit subir la distillation : aux bords de ce récipient vient se fixer sans soudure, et par agrafage, une sorte de couvercle en entonnoir renversé, obtenu du reste par estampage et fermé lui-même par une plaque métallique plate; dans sa partie supérieure sont ménagés des orifices donnant issue à la vapeur de l’eau qui bout dans le récipient principal, sous l’action d’un brûleur quelconque disposé sous lui. Le haut de cet entonnoir vient pénétrer dans le fond du condenseur, où s’échappe la vapeur par les orifices dont nous avons parlé. Cette vapeur frappe le fond du récipient supérieur, qui est rempli d’eau circulant constamment et maintenue par conséquent à basse
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- température; elle se condense, et s’écoule sous forme d’eau distillée par un tuyau ménagé dans le fond du plateau condenseur. Nous avons dit que l’eau assurant la condensation se renouvelait continuellement : le fait est qu’elle arrive à droite par un tube en caoutchouc branché sur une conduite d’eau; comme, d’autre part, il y a un tuyau de décharge que l’on voit à gauche du récipient, l’excès de liquide peut être évacué, mais après s’être échauffé partiellement en assurant la condensation de la vapeur, et c*est cette eau de décharge qui va venir, au moins en partie, subir la distillation, si bien qu’on utilise au mieux son élévation de température.
- En effet, la conduite de décharge aboutit dans l’orifice d’un petit entonnoir, relié à une sorte de tube siphonnant qui aboutit dans le fond du réservoir de distillation. Quand le liquide atteint du reste dans celui-ci un certain niveau déterminé à l’avance, l’eau qui descend du plateau supérieur est évacuée, sans pénétrer dans le réservoir du bas, par une décharge qui se présente sous la forme d’un tuyau horizontal à la gauche et en dessous de l’entonnoir. Cet appareil, tout en cuivre, peut, avec un diamètre de 28 centimètres environ et une hauteur de 33 centimètres, fournir à l’heure 2,80 litres d’eau distillée en brûlant 0,28 mètre cube de gaz.
- Il est fabriqué et vendu par la Mac Kerma Brothers Brass Company, de Pittsburg.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Colle résistant h l’ean. — On fait tremper dans de l’eau, et pendant 12 heures, 1 bg de colle forte de Cologne, et, d’autre part, pendant le meme temps, 150 gr de colle de poisson dans un mélange d’alcool à brûler et d’eau. On fait ensuite dissoudre les deux solutions tout ensemble dans un récipient approprié et au bain-marie ; on peut au besoin éclaircir avec de l’eau chaude si le mélange se présente trop épais. On additionne finalement de 100 gr de vernis à l’huile de lin, et,
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- pendant que la colle est encore chaude, on la filtre à travers un linge.
- Brillant pour parquets. — Ce brillant, sorte de vernis à l’huile, s’obtient en faisant dissoudre 1,5 partie de gomme laque en écailles, 0,8 de sandaraque, 2 de copal de Manille, 0,5 de résine et 0,15 d’huile de ricin dans 6,5 parties d’alcool à 96°.
- Vernis pour chapeaux de paille. — Voici à ce sujet deux formules données par la publication Farben Zeilung. — lr« Formule : résine raffinée, 4 parties; copal de Manille, 4 parties; térébenthine de Venise, 0,5 partie; huile de ricin, 0,2 partie; huile de térébenthine française, 0,8 partie; enfin, alcool à 96°, 12 parties. Comme on le voit, c’est un vernis fin et incolore. — 2e Formule : il s’agit d’un vernis beaucoup moins fin. Résine raffinée, 5 parties; copal de Manille soluble dans l’alcool, 6 parties; huile de térébenthine française, 2 parties, et alcool à 96°, 13 parties. De la colophane ordinaire à la place de la résine et du copal commun donneront un vernis de coloration brune.
- Vernis élastique pour cuir. — Dans 900 parties d’alcool, faire dissoudre 30 parties de résine, autant d’huile de térébenthine, autant de gomme brute, puis 60 parties de sandaraque, et enfin 120 de gomme laque en écailles. Si l’on veut du vernis noir, on ajoute au tout 15 parties de bon noir de fumée, d’abord brassé dans un peu d’alcool ; pour obtenir une coloration différente, on emploie un autre pigment.
- Sirop de bananes. — Ce sont des recettes quelque peu de confiserie, mais qui seront néanmoins bien venues à rentrée de la saison chaude. On coupe les fruits en tranches et on les place dans un récipient; puis on les saupoudre de sucre, on ferme le vase qu’on entoure de paille, et on le met dans l’eau froide; finalement on fait chauffer celle-ci jusqu’au point d’ébullition. On retire ensuite, on laisse refroidir et l’on verse le sirop en bouteilles.
- Ginger ale. — Pour peu qu’on ait fréquenté les pays de langue anglaise, on a vu quelle consommation considérable il s’y fait, pendant la saison chaude, de ginger ale, traduisons bière au gingembre. Voici la formule de cette bière d’après une publication américaine : 30 grammes d’extrait soluble de gingembre, 15 gouttes de teinture de piment, 120 grammes de sirop de citron concentré, 4gr,5 d’extrait de vanille, autant d’acide citrique en solution, une dizaine de grammes de gomme battue, et enfin assez d’un sirop ordinaire pour donner un poids total de 960 grammes.
- Encre pour écrire sur le celluloïd. — Nous avions déjà donné dans le n° 1512 du 17 mai, la formule d’une encre pour écrire sur le celluloïd. En voici une autre que nous communique M. le Dr Ordes, de Genève : Disssoudre de l’encre de Chine dans de l’acide acétique en quantité sulfisante pour avoir une encre fluide ou épaisse à volonté. Se servir d’une plume d’oie.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Crachoirs économiques.
- Sur l’avis du conseil d’hygiène, la préfecture de police a fait placarder, sur tous les murs de Paris, de petites affiches invitant le public à ne pas cracher dans les rues, pour éviter la dissémination de la tuberculose. L’idée est bonne en soi, bien qu’elle ait peu de chances d’étre mise en pratique. Cependant il semble que, sinon dans les rues, au moins dans les voitures publiques, les wagons de chemins de fer, on s’observe un peu plus à ce point de vue. Politesse ou propreté, l’hygiène y trouve finalement son compte, bien petit, bien misérable, mais il y a à tout un commencement. La routine est si forte. Mais dans les maisons, dans les appartements, la contagion est encore bien plus facile, si l’on ne recueille les crachats.
- Les tuberculeux crachent beaucoup, ce sont les plus dangereux, mais les sujets atteints de catarrhe, de diverses affections bronchiques, ne se font pas faute d’expectorer aussi et si leurs crachats ne contiennent pas le bacille le plus terrible, ils contiennent une série de microbes plus ou moins délétères, agents de la suppuration, microbes de la coqueluche, germes ou champignons divers. Où faut-il recueillir ces crachats? dans des vases contenant des liquides antiseptiques. Mais il faut encore un vase approprié et il faut avoir soin de bien désinfecter le contenu avant de le jeter hors de la maison.
- Le Dr Donnadieu vient de conseiller une sorte de crachoiç
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- fort économique et qu’on change trois à quatre fois par jour, facilement et sans dépenses, grosse question, pour bien des ménages. Une de ses malades avait étalé sur une assiette une large feuille de papier épais; dès que le papier avait reçu plusieurs crachats, elle le jetait dans son poêle. Moyen simple et désinfection parfaite. Le Dr Dunnadicu eut l’idée de transformer cette feuille-crachoir en un véritable récipient. 11 pliait la feuille suivant le procédé de la fabrication des cocottes en papier. Qui de nous ne s’est amusé à fabriquer ainsi un bateau, un panier, une cocotte; une des combinaisons de ce pliage d’une feuille de papier est la caisse en papier. Cette caisse devient un crachoir qu’on peut remplacer sans frais et détruire facilement.
- Un autre médecin, le I)r Bolov, a conseillé, d’une façon tout
- aussi ingénieuse, :de se servir de petites boîtes en carton ou en papier dur qu’on peut faire presque aussi aisément que les cocottes en papier.
- L’idée est dans l’air, car je l’ai vue mise en pratique chez une malade bien avant que nos confrères y eussent songé. Elle se se servait de ces petites boîtes de carton qu’utilisent diverses industries, les pharmaciens en particulier, pour envelopper des boites plus fragiles d’échantillons. Elles sont faites d’un carton a ssez résistant et coûtent un prix fort modique. La malade jetait dans le fond de la boîte un peu de sciure de bois mêlée à de la poudre de sulfate de cuivre et deux ou trois fois par jour remplaçait le crachoir. C’était propre, antiseptique et peu coûteux. Boites en carton, boites en papier durci, caisses en gros papier, voilà des crachoirs à faire connaître au public intéressé. Br A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OHSEJWATION5 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 juin. . . . 9°,1 S. S. W. 2. Couvert. 5,2 Couv. jusqu’à 14 h. ; très nuag. ensuite ; pluie la matinée.
- Mardi 17 11",1 S. S. E. 1. Très nuageux. 1,0 Très nuageux ; gouttes à 10 et 20 h. ; rosée ; éclairs au N.-AV. à 1 h. uu matin.
- Mercredi 18 8°,9 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Nuag. de 5 à 18 h. ; beau avant et après ; rosée.
- Jeudi 19 15°,6 S. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 14h.; nuag. de 13 à 18 h. ; couv. ensuite; rosée ; halo.
- Vendredi 20 12°,0 AV. S. \V. 2. Couvert. 0,6 Couv. le matin ; nuag. le soir ; pluie par reprises.
- Samedi 21 13", 9 W. S. VV. 2. Couvert. 1,5 Très nuageux; pluie l’après-midi.
- Dimanche 22 13°, 9 S. S. W. 1. Beau. 3,0 Nuageux ; rosée ; halo à 9 h.
- JUIN 1902 — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 JUIN.
- La courbe supérieure indique 'a nébulosité de 0 à 10: les flèches intérieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent.* courbe épaisse, les pressions* barométriques I baromètre ramené à 0, au niveau de la mer y. courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Quelques secousses de tremblements de terre ont été ressenties le 17 juin, dans la région montagneuse de l’arrondissement d’Olorou en France, notamment à Lurbe, à Asasp, à Oloron et à Arette.
- Un violent tremblement s’est produit à la même date, avec des bruits souterrains très prononcés, à Melilla, près de Cadix, en Espagne ; le phénomène a duré deux secondes.
- La neige. — La neige est tombée en abondance le 17 juin et jours suivants à Montlouis et Saillagouse, dans l’arrondissement de I'rades ; de fortes gelées et un froid très vif ont sévi dans la contrée.
- La pluie et la température. — Pendant la semaine du 16 au au 23 juin, ou a eu encore à signaler d'abondantes pluies et des abaissements notables de température. Le 16 juin, on a recueilli 10 mm d’eau à Iîiarritz, 5 nnn à Paris, 3 mm à Besançon, 2 nun à Brest. Le .17 juin, il est tombé 5 nnn d’eau à Boulogne, 4 mm à Besançon, 3 mm à Bordeaux, 1 mm à Paris. Le 18 juin des pluies sont tombées Ci Belfort (6 mm d’eau), et à Charleville (5 mm) ; ou a également signalé des orages à Lyon, à Nice et au
- mont Mouuicr. Le 18 juin, un violent orage a éclaté à Arras; la grêle est tombée en abondance et s’est répandue de tous côtés ; on avait l’illusion d’une vaste plaine couverte de neige. Des dégâts considérables ont été produits dans les récoltes. Le 20 juin, pluie toute la journée à Paris et dans les environs. En Allemagne, le temps a été aussi très mauvais; il a plu, il a grêlé et le vent a été très vif. On a annoncé partout de violents orages. On a recueilli 20 nun d’eau à Nice, à Besançon, 4 mm d’eau à Nantes, 2 mm à Paris. Le 21 juin, on a signalé de tous côtés des pluies abondantes. A Paris, il est tombé aussi plusieurs averses.
- La température était de 9° à Paris le 16 juin matin ; elle a atteint un maximum de 14°,1 et la moyenne a été de’ 10°,2, inférieure de 6°,8 à la normale. On a noté — 10° au pic du Midi, — 1° au mont Aigoual et — 6® au mont Mounier. Le 17 juin, la température moyenne a été de 11° à Paris; on a noté — 5° au pic du Midi, — 2“ au mont Ventoux et 0° au puy de Dôme La température s’est sensiblement élevée le 18 juin ; on a noté le matin 9® à Paris, 2° au mont Aigoual, — 1° au pic du Midi. Le 19 juin, la température moyenne à Paris était dél3°,l. Le 20 juin, la température moyenne a été de 13",4, et le 21 juin, elle était de 14u,8, toujours inférieure de 2°,7 à la normale.
- PHASES DE LA LUNE
- ( P. L. le 21 juin, à 2 h. 26 m. du matin, i Solstice, le 22 juin, à 9 h. 23 m. du matin.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le Comité consultatif d’Hygiène publique de France, dans sa séance du lundi, 23 juin, a procédé à l’élection de membres auditeurs. Ont obtenu sur 32 votants : M. Ed. Bonjean, 29 voix; M. Thierry, 28 voix; M. Binot, 27 voix; M. Brouardel (Geo), 26 voix; >1. Boulloche, 23 voix; M. Courtois-Suffît, 20 voix.
- —g)— M. Rauline, architecte de la basilique de Montmartre, a terminé les fondations destinées à recevoir le clocher carré qui doit compléter l’ensemble architectural du Sacré-Cœur et s’élever en arrière du grand dôme central. Ce clocher aura 120 mètres de hauteur au-dessus du sommet de la Butte-Montmartre. Dans les premiers
- Ijlans la hauteur prévue était de 75 mètres. Il a donc lallu doubler a largeur et la profondeur du cube de maçonnerie que représentent •ces fondations dont la base est à 34 mètr.es sous terre. M. Rauline va entreprendre 1 la construction du clocher qui, maintenant, doit atteindre à la fin de 1902 le niveau de l’église haute située au-<lessus de la crypte de la basilique. L’achèvement total de ce clocher de 120 mètres, destiné à recevoir la cloche la Savoyarde, demandera encore cinq à six années de travail.
- —®— Le 25 juin, sur la place Clichy, à Paris, un passant en traversant la chaussée a posé le pied sur un plot du tramway électrique qui va de la Trinité à Enghien. Il est tombé aussitôt et a. eu le pied grièvement brûlé ; la bottine a été calcinée. Le courant était resté sur ce plot ; il y a eu court-circuit par le corps du passant qui a appuyé un pied sur le plot et l’autre sur le rail servant de retour au courant.
- —(&)— A l’occasion du centenaire de l’Ecole technique de Char-lottenbourg, dont nous avons parlé ici, une souscription a été ouverte dans le monde savant allemand, qui a donné un peu plus de 2 250 000 francs. On emploiera 62 500 francs à la construction d’un monument destiné à célébrer le centenaire, mais tout le reste sera consacré au bénéfice de l’industrie allemande. Et cela entendu dans le sens le plus large, un comité composé de 24 membres pris parmi les autorités scientifiques de l’Empire devant disposer à son gré de son budget pour des encouragements, des prix, des publications de rapports, des subventions à des écoles, etc.
- —®— Une nouvelle industrie est sur le point de s’implanter en Algérie. Il s’agit de la fabrication d’un produit dit « café de figues » obtenu par la torréfaction de figues ou autres fruits difficiles à conserver. Ce produit, d’une grande valeur nutritive, sert comme colorant du café, dont il corrige l’amertume et les propriétés excitantes. Il se fabrique déjà en Autriche-Hongrie où il est très apprécié, ainsi qu’en Allemagne d’ailleurs. A la suite d’études poursuivies par certains commerçants et industriels qui sont allés en Autriche-Hongrie pour examiner sur place les détails de fabrication, deux usines viennent d’être installées à Aomar et à Bougie, où la culture du figuier a atteint un grand développement. La population kabyle tirera grand bénéfice de cette nouvelle industrie qui va l’inciter à développer ses plantations.
- —®— Pour contrôler la chaleur qui se dégage des parties frottantes dans les machines, un inventeur a eu l’idée d enduire ces parties d’une peinture de sa composition, dont la couleur varie quand on la chauffe. Cette peinture est un amalgame des iodures de mercure et de cuivre. Rouge à la température ordinaire, elle noircit aux environs de 60°. Voilà un moyen de contrôle qui paraît très sur.
- —h'United Service Gazette publie quelques renseignements sur le nouveau fusil anglais. Ce fusil tient à la fois du Lee-Enfield et du Mauser, il est à chargeur et emmagasine 5 cartouches. Le mécanisme de la culasse est du modèle Mauser; il peut être démonté et remonté sans tournevis. La hausse ressemble à celle des
- armes de stand. Le canon est de 12,6 cm plus court que dans l’ancien modèle, et pour rétablir l’équilibre on a diminué le poids de la monture en y perçant des trous. La plaque de couche est en aluminium.
- —g)— D’après quelques journaux allemands, un chimiste de Hambourg aurait découvert un liquide qui, mélangé avec un peu d’eau, ne se distingue pas du pétrole en apparence, Ce produit donnerait, brûlé dans une lampe à mèche ordinaire, une lumière blanche éblouissante au moins deux fois plus intense que celle du pétrole. De plus, il ne serait pas explosif. Une Compagnie se serait formée à Londres pour exploiter cette découverte.
- —®— La maison Morwood fils, de Sheffield, vient d’imaginer et de construire un nouveau carburateur permettant d’employer les pétroles du commerce dans les moteurs à gaz ordinaires, et sur lequel le professeur Ripper, de l’Université de Sheffield également, a fait de nombreuses et concluantes expériences. Ce carburateur se compose essentiellement de trois cylindres concentriques : quand une explosion vient de se produire dans le moteur, les gaz chauds en pénètrent dans le bas du cylindre extérieur et chauffent le pétrole contenu dans le cylindre médian, et qui coule par des trous dans le cylindre intérieur. Il se fait en même temps un appel d'air du cylindre du moteur, et de l’air traverse le pétrole des deux cylindres intérieurs pour se charger de vapeurs d’hydrocarbure et former mélange explosif.
- —Un inventeur anglais, M. Welin, vient d’imaginer et de faire construire par les ateliers Grangemouth and Greenock Dockyard "Co, un nouveau système ingénieux de porte-manteaux : nous voulons dire ces appareils qüi permettent de mettre à l’eau une embarcation installée sur le pont d’un navire. Les deux bras de l’appareil, aux extrémités desquels le canot est suspendu par des câbles passés sur des palans, peuvent tourner autour d’une articulation qui est disposée vers leur base, mais cela en prenant aussi un mouvement de translation, grâce à un segment denté qui est fixé à la base de chaque bras et engrène avec une crémaillère. De la sorte, l’embarcation s’abaisse tout en s’éloignant du flanc du bateau, et vient reposer automatiquement pour ainsi dire sur l’eau. Il faut 16 secondes pour une mise à l’eau.
- —®— Une intéressante exploration vient d’être faite dans une des plus belles grottes de Suisse, près du village de Stalden; dans la vallée de Muotta, non loin de Schwytz. D’après la Nouvelle Gazette de Zurich, l’exploration a été accomplie par quatre alpinistes, MM. Arthur Wchrli, Saxer, Zimmermann et Widmer Oster-vvalder, de Zurich. Entrés dans la grotte le vendredi, avec des provisions pour huit jours, des cordes, des échelles et des lampes à acétylène, ils en sont ressortis le dimanche suivant à midi, après s’être avancés de gouffre en gouffre jusqu’à 2750 mètres de l’entrée ; ils ont trouvé des salles décorées de stalactites et des torrents souterrains très puissants.
- —®— Le journal Studies, de l’Université de Chicago, contient la description d’un appareil électrique très simple qui maintient constante la température d’un bain au millième de degré près. La chaleur est fournie par le courant électrique qui passe dans le bain même, si le liquide est conducteur, et, s’il ne 1 est pas, dans des fils plongés dans le bain. Un système de tubes contenant un liquide à très grand coefficient de dilatation est aussi immergé dans le bain ; l’expansion de ce liquide modifie ou interrompt le courant par l’intermédiaire d’un mécanisme approprié. On pourrait croire que ce dispositif, extrêmement sensible, donnerait lieu à des fluctuations considérables de température par suite des ouvertures et fermetures successives de courant ; il n’en est rien cependant, car les périodes se succèdent si rapidement (2 à 3 fois par seconde) qu’un thermomètre différentiel sensible au 2 millième ne décèle aucunu variation.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans la notice nécrologique que nous avons publiée sur M. l’abbé Maze dans le n° 1518, du 28 juin 1902, p. 62, col. 2, ligne 9, au lieu de : né à Honfleur, en 1856, il faut : né à Rolleville, près du Havre, en 1855; ligne 10, au lieu de : petit séminaire de Féeamp, il faut : petit séminaire d’Yvetot.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tous les appareils téléphoniques système Berliner, s’adresser à la Société française des Téléphones, 29, boulevard des Italiens, à Paris.
- Communications. — M. L. Court, à Avignon, nous écrivant à propos des récentes communications sur les anguilles, nous envoie un article découpé dans le Chasseur Français du 15 août 1901, qui renferme des données sur ce mystérieux poisson. L’auteur, M. C. de Lamarche, commence par établir que l’anguille ne se reproduit en général que dans la mer, en automne. Au printemps a lieu la montée des jeunes anguilles qui sont alors de tout petits poissons en nombre incalculable ayant de 2 à 5 centimètres de longueur et quelques millimètres de diamètre. Elles s’installent dans les rivières, les ruisseaux et les étangs. Comment s’opère la reproduction? C’est ici que les savants ne sont plus d’accord. D’après Yarrell et Young les anguilles sont simplement ovipares comme les autres poissons. Claude et Des-maret affirment que l’anguille fraie dans la vase. Les oeufs sont réunis par une matière visqueuse et forment de petites pelotes. Les petits éclosent et restent attachés les premiers jours à ces pelotes, puis ils se débarrassent de leurs liens et s’en vont dans les fleuves. Les travaux de deux naturalistes espagnols, MM. F. «le Villoch et F. Molina, vinrent infirmer ces assertions. M. de Villoch, ayant remarqué que les anguilles se réunissent dans des cavités pour se reproduire, installa des abris artificiels où il put surveiller à loisir les évolutions de ces poissons. Durant ses expériences, il ouvrit, à différents intervalles, le ventre de 140 anguilles, et put ainsi suivre le travail de la conception. Le 55e jour les petites anguilles sont formées. Enfin une nouvelle théorie paraît réunir les suffrages d’un grand nombre de savants. D’après M. Grassi, l’anguille ne sei'ait que l’état parfait du leptocéphale, qui serait à l’anguille ce que le têtard est aux batraciens. M. Grassi a observé directement en aquarium la transformation du leptocéphale en anguille. Du mois d’août au mois de janvier, l’anguille pond dans la mer et les leptocéphales se montrent de février en septembre.
- Un abonné de vingt ans nous envoie, avec quelques cerises de forme singulière, les explications qui suivent : « Depuis une semaine les cerises que l’on met sur ma table présentent une particularité bizarre et que je n’avais jamais remarquée. Elles sont légèrement étranglées par le milieu et le noyau est coupé par le milieu, l’amande des noyaux est desséchée. Je vous envoie par la poste quelques cerises, afin que vous puissiez juger par vous-même et m’indiquer la source de cette particularité. »
- M. J. B., à B., nous transmet une intéressante description : « Je viens vous signaler un phénomène étrange que j’ai remarqué le mercredi, 4 juin. Par un sentiment de curiosité occasionné par des bruits que l’on faisait circuler dans le pavs, je me suis mis à observer le soleil vers 6 h. 5/4 du soir. A peine étais-je en observation, que je vis le soleil prendre un aspect très étrange. D’abord, je pus, à l’œil nu, regarder le soleil, les rayons disparurent et l’astre semblait tourbillonner, ou, pour mieux m’exprimer, l’astre ne tournait pas, mais, dans son intérieur, on vit se mouvoir comme en un tourbillon des
- vapeurs vertes, violettes, etc., semblant s’échapper de l’astre-lui-même, se répandre en dehors et donner des lueurs colorées. Puis, à un moment donné, le centre de l’astre devint presque noir, ce spectacle était terrifiant.... L’année dernière, courant de juin, nous vîmes tout à fait au Nord, à l’heure du soleil couchant, comme un immense clou ou rayon isolé de lueur blanche ; les marins trouvèrent cela singulier et affirmèrent n’avoir jamais, rien vu de pareil. »
- Renseignements. — M. Listeph, à Thonon-les-Bains.
- 1° Consultez les Recettes et Procédés utiles, 5e série, à b# librairie Masson. — 2° Nous ne croyons pas qu’on puisse réaliser cette expérience avec du courant alternatif, car le courant qui, dans l’expérience, se superpose simplement au courant continu de la lampe pour produire les phénomènes auditifs, est alternatif et se combinerait avec le courant de la lampe, si ce dernier était alternatif aussi. 11 en résulterait une déformation qui troublerait le fonctionnement. Mais on peut toujours-essayer.
- M. Himalaga, à Lisbonne. — 1° D’anciennes expériences de M. de Parville démontrent que le plaqué d’argent convient le mieux pour ce genre de miroirs. Les pouvoirs réfléchissants des métaux polis diffèrent peu les uns des autres, mais l’argent est nettement supérieur à tous. — 2° Vous pourriez adresser vos diverses demandes à l'Office des renseignements techniques, 11, rue Saint-Lazare, Paris.
- M. H. Normand, à Romorantin. — 1° L’éclairement intense* se réalise au théâtre soit par des contacts dissimulés dans les planches, soit par des piles que portent les personnes illuminées, soit par des jets de lumière provenant de la scène, des coulisses ou de la salle, etc. ; il est probable que le personnage que vous citez est éclairé par l’un de ces moyens. Voyez à ce sujet le n° 1496 du 25 janvier, page 115. — 2° Cie Universelle d’acétylène, 56, rue de Chàteaudun, Pai’is.
- M. H. Lenain. — Nous ne croyons pas qu’une maison consente à vous envoyer ce que vous demandez. Le plus simple serait de se faire envoyer des catalogues ou même quelques appareils. Voyez l’adresse donnée plus haut.
- M. L. Hiaumel, à Paris. — Nous n’avons rien publié de récent sur les différentiels, dont vous trouverez d’ailleurs l’explication dans tous les traités d’automobiles, entre autres : « Voitures automobiles », par Milandre et Rouquet. Bernard, éditeur, 29, quai des Grands-Augustins.
- M. F. Martin, à Balaruc-les-Bains. — 1° Nous préparons sur ce sujet un article dans La Nature. — 2° Adressez-vous aux bureaux de la Société du gaz Otto, 97, rue de Richelieu, Passage des Princes, Paris.
- M. G. Le Marié, à Laval. — Le plastoscope se trouve chez: M. Tissot, 18, Galerie d’Orléans, à Paris.
- M. Febray, à Joinville. — Nous publions un erratum.
- M. E. R., à l’Estaque. — L’arganier est un arbre dont 1» seule espèce connue habite le Maroc et appartient à la famille des sapotaeées. Les caractères du genre arganier sont : fleurs régulières et hermaphrodites à deux calices, cinq étamines, ovaire à cinq loges, fruit en drupe. Les arganiers sont desarbrisseaux épineux, à petites feuilles coriaces, alternes, à fleurs latérales, pédonculées. Le bois en est dur et résistant et le sommet touffu. Le fruit est gros comme une pomme reinette. De l’amande renfermée dans le noyau on extrait une huile très appréciée des Marocains, et qu’on peut employer pour la savonnerie et l’éclairage. — Vous pourriez trouver de plus amples renseignements à la Librairie agricole de la Maison rustique, 26, rue Jacob, Paris.
- M. le Ute de Monzon, à Torrc de Olaso. — Nous n’avons pas d’autre adresse que celle indiquée.
- M. Huguenin, au Locle. — L’adresse est donnée en tête de la Boite aux Lettres du n° 1511 du 10 mai.
- M. le comte de Sapinaud, à Lallut. — M. Pineau, à Bordeaux. — L’adresse se trouve en tête de la Boite aux Lettres du n° 1510 du 5 mai qui contient l’article.
- M. J. Thiessen, à Maestricht. — Fabrication de l’alcool et des lcvùres, par Dejongho, prix : 20 francs. — Dictionnaire de Chimie industrielle, par Villon et Guichard. — Encyclopédie de Frémy. Librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — J/. G. Spatharis. à Constantinople. Echantillons arrivés, mais la notice est insuffisante. — Madame Lustel., à Ostende. Voyez les Recettes et procédés utiles, 5e série, librairie Masson et Cio. — M. Percher, à Blois. L’erreur est rectifiée dans les errata à la fin du volume. — Madame Ilulby, à Boulogne. Consultez le petit livre indiqué plus haut, lre, 5e et 4e séries.
- Dans la a Boite aux lettres » la Réduction accueille les faits intéressants qui i”i sont signâtes par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui liii sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scienlifi pies, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JUILLET-AOUT SEPTEMBRE 1902. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
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- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 180Î. Nom de l'astre. Grandeur, Immersion. Émersion.
- Temps moyen. Temps moyen
- Juillet 2 ô5 Taureau. 4,6 *14 h. 8 m, 5 14 h. 57 m, 2
- 19 p1 Sagittaire. 4,2 11 h. 7 m, 4 12 h. 11 m, 0
- 20 P* Capricorne. 3,3 17 h. 6 m, 1 *17 h. 53 m, 5
- 21 8 Verseau. 6,8 9 h. 57 m, 2 10 h. 48 m, 0
- — 22 c* Capricorne. 6,4 8 h. 53 m, 4 9 h. 19 m, 5
- — 24 12 Poissons. 6,5 11 h. 59 m, 7 12 h. 24 m, 0
- __ 26 Ç1 Poissons. 5,5 13 h. 27 m, 2 ippalse i 6’5 du bord.
- — 29 1239 B.A.C. 6,7 12 h. 37 m, 6 13 h. 19 m, 5
- — 29 7524 Lalande. 7,0 14 h. 16 m, 3 15 h. 0 m, 9
- — 29 1272 B.A.C. 6,0 15 h. 35 m, 5 16 h. 26 m, 1
- — 50 m Taureau. 5,2 14 h. 49 m, 1 15 h. 37 m, 0
- — 31 11 713 Lalande. 6,6 15 h. 20 m, 4 16 h. 1 m, 8
- * L’étoile est sous l’horizon.
- 1£>02. Nom de i’astre. Grandeur. Immersion. Emersion,
- Temps moyen. Temps moyen.
- Août 10 a1 Balance. 3,7 8 11. 45 m, 8 9 11. 44 m, 4
- — 10 a2 Balance. 2,9 8 h. 58 m, 5 9 h. 47 in, 2
- 18 c* Capricorne. 5.5 17 h. 4 m, 9 *17 h. 41 m, 4
- 22 274 B.A.C. 6,5 12 h. 25 m, 4 15 h. 2 m, 4
- — 25 1119 B.A.C. 6,4 10 h. 15 m, 9 Appulse b 5'! du bord.
- Sept. 13 6992 B.A.C. 6,7 6 h. 49 m, 1 ippalse b 31 du bord.
- — 13 j32 Capricorne. 5.3 6 h. 58 m, 4 AppuEe i î'8 du bord.
- — 15 7717 B.A.C. 7,0 12 h. 3 m, 1 13 h. 15 îp, 8
- — 17 21 Poissons. 6,1 11 h. 53 m, 1 12 h. 22 rft, 3
- — 21 1119 B.A.C. 6,4 16 h. 40 m, 6 17 h. 56 m, 4
- — 22 ôi Taureau. 4,2 9 h. 3 m, 1 9 h. 34 ni, ?>
- — 22 82 Taureau. 5,1 9 li. 18 m, 5 10 h. , 8 ni, 6
- — 22 8561 Lalande. 6,5 13 IC 42 m, 1 14 h! 21 m, 5
- — 23 115 Taureau. 5,7 10 h. 45 m, 4 11 h. 15 m, 1
- . — 23 119 Taureau. 4,6 15 li. 11 m, 6 ippalse bi t du bord.
- : — 23 120 Taureau. 5,9 13 h. 26 ni, 9 14 h. 8 m, 8
- — 24 21 Gémeaux. 6,6 12 11. 44 m, 8 13 h. 39 m, 0
- '— 24 26 Gémeaux. 5,4 17 h. 42 m, 3 18 h. 54 m, 2
- — 25 68 Gémeaux. 5,5 15 h. 47, m, 1 14 h. 47 m, 1
- — 27 ü) Lion. 5,6 13 h. 36 m, 6 ippalse b l’8 du bord.
- I/étoile est sous l’horizon.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- JUIN 1902 — SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 JUIN.
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- 1520 (12 juillet 1902), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- —®— Le 6 juillet a eu lieu au sommet du Puy de Dôme une cérémonie commémorative de l'inauguration de l’Observatoire fondé en 1876. A cette occasion M. Bernard Brunhes, le nouveau directeur de l’Observatoire, a fait répéter l’expérience de Pascal. Deux plaques rappelant ces deux événements ont été offertes par la Société des amis de l’Université et posées sur la façade de l’Observatoire. L’Académie des sciences était représentée par son président, M. Bouquet de la Grve, et par M. Mascart, directeur du Bureau central météorologique de France.
- —Dans les règlements spéciaux qui régissent la chasse dans le Protectorat de l’Ouganda, on vient de placer le fameux Okapi que nous avons décrit dans le n° 1486, du 16 novembre 1901, p. 388, sur la liste des animaux qu’il est absolument interdit de chasser ou de tuer sans permission écrite du Commissaire général.
- —#— La'traction électrique se développe rapidement en Allemagne. Par exemple, trois sociétés d’électricité allemande, parmi lesquelles la Maison Siemens et Halske et l’Allgemeine Electricitàts Cesellscbaft, viennent de recevoir la concession de tout le réseau de banlieue de Hambourg.
- —Un médecin américain, M. Enfield, a été témoin d’un de ces phénomènes bizarres dus aux caprices des décharges atmosphériques. La foudre frappa- une maison où il se trouvait en visite, et l’on put constater quelle axait traversé une pile d’assiettes en en brisant alternativement une sur deux et en respectant la deuxième, absolument comme si cette pile avait formé condensateur.
- —La haute société Turinoise vient d’inaugurer le bal d'Au-tomobiles. Plus de 40 voitures assistaient à une fête donnée récemment et à laquelle présidait la princesse Letitia. Il n’y a pas eu d'accident à déplorer.
- —L’observatoire Yerkcs possède un appareil calorimétrique sensible au millionième de degré ; on est parvenu à mesurer la chaleur qui nous vient des étoiles Vega et Arcturus et des planètes Jupiter et Saturne. Les intensités relatives sont entre elles comme les nombres 0.51, 1,14, 2,38 et 0,37.
- —Décidément, les Expositions ne « payent plus ». La Compagnie qui avait entrepris l’Exposition Pan-Américaine de Buffalo u’a même pas l’argent nécessaire pour faire tirer les diplômes, et ce seront sans doute les exposants récompensés qui auront à en faire les frais.
- —M. Crowden vient d’essayer à Hoostell, en Westphaiie, un tracteur à pétrole curieux par ce fait qu’il est muni de roues motrices- à jante libre, et que le mouvement n’est pas transmis à ces roues par leur essieu. Chaque roue est constituée tout uniment par une jante en acier coulé comportant un bandage en fer ; à l’intérieur de celle jante roule un galet qui, lui, reçoit son mouvement du moteur par une chaîne, et son adhérence sur la jante (qui forme comme un rail sans (in) est assurée par le poids même du véhicule. Empressons-nous d’ajouter qu’on a prévu deux petits galets pressés par des ressorts aux deux extrémités d’un diamètre horizontal, pour garantir le guidage de chaque roue. Ce tracteur fonctionnerait fort bien même avec une lourde charge remorquée.
- —g)— On exécute actuellement à Luxembourg un pont en maçonnerie gigantesque, puisqu’il comporte une arche centrale de 84 mètres d'ouverture, et qui est d’autant plus intéressant pour nous que tout le projet en est uniquement dû à M. l’ingénieur en chef Séjourné, professeur à l’Ecole des ponts et chaussées. La portée en est exactement de 84m,65 à la naissance des fondations de l’arche centrale; du fond de la vallée qu’il franchit à l’intrados de la clef de voûte, il y a une distance verticale de 42 mètres ; l’épaisseur de la voûte à la clef est de lm,44. Il se compose du reste en réalité de deux ponts parallèles, entre lesquels l’espace libre est recoux-ert par un plancher en béton armé.
- —ft— On sait qu’en photographie l’emploi d’un diaphragme contribue à donner plus de netteté à l’image, surtout si l’objectif est défectueux ou si son ouverture est trop grande. En raisonnant par analogie on verra qu’on peut appliquer le principe du diaphragme à l’œil humain. Avec lage le cristallin s’aplatit et la vision devient confuse. Un Anglais, M. Andrexvs, s’est fabriqué des lunettes constituées par deux petites plaques métalliques percées chacune d’un trou ayant un demi-millimètre de diamètre. Il affirme qu’avec cet appareil il peut se passer complètement des lunettes ordinaires qu’il a l’habitude de porter.
- —S— La Société helvétique des sciences naturelles tient cette année ses assises à Genève, où elle a été fondée en 1815. La réunion a été lixée aux 7, 8, 9 et 10 septembre.
- —(§) - La Commission pour le Prix Galileo Ferraris, institué en 1898, composée des représentants du Comité Exécutif de l’Exposition générale italienne de Turin 1898, de la Chambre de Commerce, de l’Académie Boyale des Sciences, et du Musée industriel italien de Turin, a décidé de renouveler un Concours International pour le prix susdit, à l’occasion de l’inauguration, dans la seconde moitié de septembre prochain, du monument qui sera érigé à Turin en l’honneur de cet illustre sax-anl. Ce prix consiste en 15 000 francs, plus les intérêts échus et à courir depuis 1899 jusqu’au jour où le prix sera assigné. Il sera conféré à l’auteur d’une invention constituant un notable progrès dans les ’ applications industrielles de l’électricité. Les concurrents pourront présenter soit des mémoires, soit des projets et des dessins, soit des machines ou des appareils relatifs à leur invention. Le Jury, qui sera nommé par la Commission désignée plus haut, aura tous les pouvoirs pour faire exécuter des expériences pratiques relatives aux inventions présentées au concours, et aux machines et appareils respectifs. Les concurrents pourront présenter leur demande et consigner les travaux, les machines, les appareils, et tout ce qui peut concerner leur invention, jusqu’au 15 septembre 1902 au plus tard, au Secrétariat de la Commission, près le Comité Administratif de la lre Exposition Internationale d’Art décoratif moderne 1902, au Palais de la Chambre de Commerce de Turin, via Ospedale, 28.
- —®— M. René Kœchlin, ingénieur à Paris, a transmis à la Société industrielle de Mulhouse une brochure relative à un projet qu’il a dressé avec MM. Poterat, Havestad et Contag pour l’établissement d’une force motrice sur le Rhin, entre Â’ilfer et Ott-marsheim. L'eau serait amenée, au moyen d’un barrage transversal, du Rhin dans un canal d’environ 8700 m. de longueur, sur lequel seraient placées les turbines motrices actionnant des dynamos chargées de transporter la force motrice à distance. La pente du Rhin étant d'à peu près 1 pour 1000 sur ce parcours, on disposerait d’environ 8m,04 de chute qui, au moyen d’un système spécial de barrage à vannes, resterait sensiblement constante, quel que soit le débit du Rhin. La puissance, perte de charge déduite, serait au tableau de distribution, de 21 850 chexaux, et l’on a admis que 11 350 chevaux seraient transportés à Mulhouse et que 10500 chexaux seraient affectés à l’éclairage et au transport de force motrice dans d’autres localités. Toutes les éventualités du cours très variable du Rhin sont prévues, telles que les crues, le charriage des glaces, l’obstruction des bancs de sable, etc. Les frais de premier établissement seraient d’environ 18 millions de francs, et le rendement financier serait assuré par la vente des deux tiers seulement de la puissance disponible à raison de 92",05 par cheval et par an.
- —f?)— M. le professeur Ch. ’Whitney Carmen est l’inventeur d’un appareil électrique qui projette sur un écran les images agrandies de dessins de toutes natures exécutés sur des substances opaques. Cet appareil supprime les procédés indirects de la lanterne à projections.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Appareils d’éclairage : Société « La Washington », rue Saint-Honoré, 173, à Paris; Denayrouse, 70, boulevard Victor-Hugo, à Neuilly-sur-Seine; Delamotte, 33, rue de Chàteaudun, à Paris; Decamps et L'\ 2, passage Saint-Sébastien, à Paris; La Continentale Nouvelle, 39, rue Lafayette, Paris; Tito-Landi, 23, avenue de la République, Paris; llantz et Cie, 14, rue de Chevreul, à Paris; « La Régira », 40, rue de la Tour-d’Auvergne, Paris; Compagnie générale de l’alcool, 9, rue du Louvre, Paris; Eliot, 11, passage Charles-Dallery, Paris; Chalmel fils et gendre, 50, avenue Raumesnil, à Paris. — Appareils de chauffage : La Continentale Nouvelle, 39, rue Lafayette, Paris ; réchauds Polo, « La Régina », 40, nie de la Tour-d’Auvergne; Floquet, 291, rue Saint-Denis, Paris; E. Pierre, 90, boulevard de Ménilmontant, Paris; P. Barbier, 46, boulevard Richard-Lenoir, Paris; Denayrouse, 70, boulevard Victor-Hugo, à Neuilly-sur-Seine; Decamps et C,e, 2, passage Saint-Sébastien, à Paris; Delamotte, 33, rue de Chàteaudun, à Paris; Desvignes de Malapert, 13 bis, avenue Philippe-Auguste, Paris; Fouilloud et Cie, 87, rue de la Roquette. — Pour les distributeurs automatiques de timbres-poste, s’adresser à M. P. Thibaud et Cie, 69, rue Sainte-Anne, à Paris.
- Communications. — M. José Gallegos, à Guatemala, nous envoie une brochure intitulée : Mcujnetismo universal qui contient une série d’articles publiés dans Je journal El Tele-grafo, à Guatemala.
- M. V. Machado, à Lisbonne, nous fait parvenir une Note extraite du Jornai de sciencias mathematiens, pliysicas e naiuraes, de Lisbonne, et qui traite de curieuses propriétés des nombres révélées par l’étude des carrés magiques.
- M. J. Dusmet, à Madrid, nous transmet la description d’un œuf assez semblable à celui mentionné dans le n° 1517, du 21 juin. L’œuf dont nous entretient M. Dusmet est gros comme un œuf à deux jaunes, phénomène assez fréquent, du moins en Espagne, à ce que nous assure notre correspondant; il a son blanc, mais le jaune est remplacé par un œuf complet ayant son blanc et son jaune.
- M. M. de. S-, à Paris, nous écrit : « J’ai lu avec intérêt, dans La Nature du n° 1517 du 21 juin, la communication d’un de vos anciens abonnés sur les œufs doubles. On m’a apporté, il y a Dix ans, un gros œuf pesant 172 gr; son grand axe mesurait 0m,087 et son petit axe O"1,060. J’en enlevai la calotte à l’aide d’un acide, et je vis'à l’intérieur un second œuf très bien formé, à coquille encore plus dure que celle du premier. Le phénomène a dù se former ainsi : par une circonstance inconnue, un œuf ne s’est pas pondu; un second est arrivé dans l’oviducte et l’a recouvert ; puis l’œuf double a été pondu. H y a quelques années, une revue anglaise, le Strand Magazine, a donné la photographie d’un œuf double trouvé en Irlande. »
- M. Guérin, directeur du laboratoire central chimique du Guatemala, nous envoie une brochure qui contient les observations météorologiques relevées dans ce pays au cours de l’année 1901. Cette brochure, qui a pour titre Observaciones meteorologicas, est publiée par la Typographie nationale.
- M. A. Kossovsky, à Odessa, nous fait parvenir les Annales de Vobservatoire de l'université d'Odessa et la Revue météorologique pour l’année 1900, deux ouvrages brochés in-4°, publiés par la Société desaéditions typographiques de la Russie méridionale.
- M. A. Baillet, à Saigon, nous informe qu’il est possesseur d’un escargot à coquille senestre : la spirale de la coquille, au lieu de tourner de gauche à droite, va de droite à gauche,
- M. Roesch, à Belfort, nous adresse : La pêche et les poissons dans le territoire de Belfort, par Ch. Roesch, brochure extraite du bulletin de la Société belfortaine d’émulation * Contribution à l'étude des Desmidiées et Hydrodictyées des environs de Belfort et Contribution à l’étude des Diatomées du territoire de Belfort et des environs, par Ch. Roesch et L. Meyer (deux ouvrages en un et deux fascicules respectivement extraits également du bulletin mentionné plus haut). Le bulletin n° 14 contient la description et le croquis d’un petit appareil pour éclairage électrique destiné à la photographie-microscopique. A l’aide de cet appareil très simple, entièrement métallique et que son poids maintient parfaitement fixe, oa obtient un mouvement de la lampe éclairante dans six directions différentes. C’est ce qui a permis à M. Roesch d’employer l’objectif à immersion homogène à l’huile au 1/16 de Vérick.
- M. Cousin, à Domfront, nous transmet le fait suivant: « Le-
- 22, me trouvant en chemin de fer, aux environs de Sillé-le-Guillaume, j’ai observé vers 4h,5 un arc-en-ciel assez pâle de la. largeur ordinaire, mais extrêmement surbaissé, si bien que la flèche de l’arc ne m’a pas paru avoir plus que le 1 /5 ou le 1 /G de la corde. Peut-être le fait est-il normal, mais il m’a bien surpris et j’ai cru devoir vous le signaler. »
- M. le baron Nothomb, à Merlemont, nous écrit : « Voudriez-vous signaler à votre correspondant, M. H. Rally, à Paris (voy_ Boîte aux lettres du 14 juin), le train n° 1280, Amiens-Laon,. qui bat tous les records: 104k,5 à l’heure. La distance indiquée sur l’indicateur est de 108 km, que le train parcourt en 62 m.; comme on force les fractions, il se pourrait, dans le cas-le plus défavorable, que la distance réelle ne fut que 107 km; dans ce cas la vitesse commerciale atteinte serait encore ; 103k,645, c’est-à-dire supérieure à toutes celles indiquées par votre correspondant, vitesse qui constitue probablement le record du monde. H est d’autant plu; étonnant que M. Rally n’ait pas remarqué ce train, qu’il se trouve p. 175, presque exactement au-dessous du Nord-Express (Cologne-Paris). J’ai pris récemment le train inverse n° 179; il n’a, à aucun moment, dépassé 110 km à l’heure et est arrivé une minute avant l’heure aussi bien à Saint-Quentin qu’à Jenmont ; sa marche & du reste été accélérée de 5 minutes depuis cette époque. »
- Renseignements. — }J. le C'e d'Aucourt, à Blainvilliers. — 1° Environ 150 kg. — 2° Le temps de charge peut varier de 1 if 8 heures, suivant les applications, dans les services de tramways ils sont parfois réduits à 5-15 minutes. — 3° Vous pourriez vous adresser à la Société industrielle d’articles d’éclairage,. 15, boulevard Richard-Lenoir, à Paris. Nous publions dans ce numéro un article sur l’éclairage et Te chauffage à l’alcool.
- M. Chardin, à Pantin.— Nous n’avons pas la liste que vous demandez; les liquides sont, en réalité, peu conducteurs de la chaleur ; leur conductibilité apparente n’est que l’effet de la propagation de la chaleur par convection ; une échelle de conductibilités réelles ne serait donc pas d’une grande utilité-pratique.
- M. F. Bérenger, à Marseille. — Adressëz-vous à M. Douane,.
- 23, avenue Parmentier, ou à M. Ducommun, 18, boulevard Magenta, à Paris.
- m. Delescluze, à Maromme. — Les recettes et procédés utiles, l18, 2e et 4e séries, à la librairie Masson et Cie, donnent' plusieurs formules pour substances ignifuges. On peut ignifuger le bois en le trempant dans une cuve électrolytique au sullb-borate d’ammoniaque.
- M. Elosegui, à Tolosa. — Vous pourriez adresser votre demande à M. Blazy, président de la Chambre syndicale du commerce et de l’industrie des laines, 8, rue des Pyramides, ;* Paris.
- M. Collier, à Vascœuil. — 1° M. Chomeau, 53, passage du Havre, ou MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, pourraient vous renseigner.— 2° Nous ne connaissons pas de livre où ce sujet soit traité à part. Le traité de M. Baudry de Saunier sur les Automobiles, à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, contient un chapitre assez complet sur l’allumage.
- M. G. L., à M. — Comme ouvrage français sur les lépidoptères d’Europe, nous pouvons citer « Godart et Ruponchel », livre ancien épuisé, qui vaut 6 à 700 francs. La librairie Baillière, 19, me Hautefeuille, publie un Allas dont le texte est dù à M. l’abbé de Joannis.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 5 des Nouvelles scientifiques.
- Dans ta « Boite aux lettres » la tied action accueille les faits intéressants qui l’ii sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scienlifi, pies, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni a mserer toutes les communications. -—Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOl;VELUES SCIENTIFIQI ES.
- BOITE AUX LETTRES [Suite]
- M. Vasseur, à Lorient. — Le fait est très connu, et, généra-iement, à moins de défaire le bourrage des meubles, on ne parvient pas à se débarrasser de ces insectes. On pourrait essayer, s’il ne s’agit que de quelques meubles, de les enfermer dans une pièce et de les soumettre à des fumigations d’acide sulfureux où, si les garnitures ne sont pas trop délicates, de les traiter avec du formol dissous dans l’eau à la dose de 5 pour 100.
- M, Hawthorne, à New-York. — Nous donnons de notre mieux et gratuitement des renseignements sur les questions de notre compétence ayant un caractère d’intérêt général et qui peuvent être utiles à nos lecteurs, mais nous ne saurions entreprendre de longues recherches ni accepter pour ces recherches une rémunération quelconque.
- M. Leroy, à Mortagne. — Nous n’avons rien de précis comme renseignement sur ce métal ; nous ferons des recherches.
- M. Goffin, à Bruxelles, — Ne suffirait-il pas d’un tube en verre avec à l’intérieur une simple étiquette en papier sur laquelle vous pouvez écrire soit à l’encre, soit autrement. Un bouchon de liège ou de caoutchouc fermerait hermétiquement le tube. Pour fixer le- tube à la plante, se servir d’un lil de fer galvanisé. Vous pourriez trouver d’autres renseignements chez M. Kratz-Boussac, 14, me Martel, à Paris.
- M. A. Boisset. — Bemerciements, mais le train que vous mentionnez est cité également par M. H. Rallv, dans sa communication du n° 1516, du 14 juin.
- M. A. Petre, à Vilvorde. — Vous pourriez vous adresser à M. A. Bellamy , 115, me Réaumur.
- M. P. N. il/., à Barcelone. — Le lithopone se trouve chez MM. T. Hardy-Milori, G. Rémon et Cie, à Montreuil-sous-Bois, Seine.
- M. Gyger, à Belfort. — M. de Loverdo, 54 1er, me de la Tour-d’Auvergne, pourrait vous renseigner.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. le Mi% de
- Pareja, à Barcelone. Nous ne pouvons sortir du domaine scientifique. — M. Libron, à Alger. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson. — M. Barraud, à Athènes, M. S. A., à Nice. Voyez le petit livre indiqué ci-dessus, 4” série. — M. Bourne, à Plymouth. Voyez l’avis donné plus haut à M. Petre.
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- PETITES MENTIONS1
- Nouveau raccord de tuyau. — Nos lecteurs doivent savoir par expérience que dans les types courants de raccords pour tuyaux de caoutchouc et autres, l’assujettissement du tuyau même sur le manchon de cuivre ne s’effectue pas très aisément ni solidement, bien que le plus souvent on se voie obligé de recourir à une ligature extérieure en fd de fer difficile à faire; nous pourrions ajouter que le tuyau, sous les efforts de traction, est exposé à se courber à angle droit au point où il n’est plus soutenu par le manchon, et cela entraîne au bout d’un certain temps une cassure complète. Voici un
- raccord nouveau qui semble répondre à ces divers inconvénients, et qui permet naturellement de monter un tuyau sur un raccord à vis de prise d’eau, tout aussi bien que de réunir l’une à l’autre deux sections de tuyaux au moyen d’un raccord intercalé. 11 est de fabrication anglaise et se vend sous le nom de Boreas; nous en donnons une vue extérieure et une coupe longitudinale, en même temps qu’une coupe transversale suivant la ligne de la coupe longitudinale.
- Comme on va le comprendre immédiatement à l’examen de ces figures, le manchon de cuivre est introduit dans le tuyau de caoutchouc ; mais, auparavant, on a enfilé sur ce manchon un écrou également en cuivre, muni d’un pas de vis intérieur, et, sur le tuyau, un autre manchon de forme assez spé-
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ciale, dont la partie droite s’évase largement et qui, à sa hase, est fileté extérieurement. On dispose alors autour de l’extrémité du tuyau et au-dessus de la partie du manchon de cuivre qui y est enfoncée, une sorte de garniture conique en quatre pièces qui se voit très nettement dans la coupe transversale. Si maintenant nous rapprochons l’écrou et le manchon extérieur et que nous les vissions l’un dans l’autre, il est évident que le plan incliné qui se présente à l’intérieur du manchon, en montant sur l’autre plan incliné, extérieur celui-ci, qui se présente sur les pièces de la garniture conique, va avoir pour effet de serrer étroitement ces pièces sur le tuyau, en comprimant ce dernier contre le manchon intérieur de raccord. On obtient de la sorte un joint parfait, qui empêche complètement le tube de pouvoir quitter son siège même sous une violente traction ; de plus, ce tube, maintenu qu’il est dans ses flexions par l’espèce d’entonnoir que forme la partie élargie du manchon, ne peut se plier en formant des angles brusques, et il est mis à l’abri des cassures dont nous parlions plus haut. — Get appareil fort ingénieux, qui se visse et se dévisse aisément grâce aux surfaces molletées qu’offre l’écrou extérieur, est fabriqué par MM. Lacy llulbert and Co, 25, Victoria Street, Westminster, Londres.
- Nouveau dispositif de serrage. — MM. George, lur-ton, Platts et Cie, de Shef'field [Railway Briffer, Spnng and File Works], fabriquent actuellement un nouveau toc ou dispositif de serrage peur les pièces qui doivent être travaillées au tour. La figure de gauche nous montre l’appareil au repos, la figure de droite en fait voir l’usage. On commence par le glisser'sur
- l’arbre ou l’objet à tourner G, puis on porte l’arbre sur le tour. La tige reçoit du taquet d’entrainement 1) fixé sur le plateau, le mouvement de rotation du tour, mouvement qui (fans la figure est dirigé en sens inverse des aiguilles d’une montre. Les mâchoires A, B se ferment sur l’arbre et l’entraînent dans la rotation; la résistance de l’arbre au mouvement d’entraînement, résistance due à l’outil qui le travaille, ne fait que serrer davantage les mâchoires. Les passes assez fortes pour arrêter le tour et faire sauter la courroie n’ont jamais pu faire lâcher prise, à l’appareil ni même le faire glisser sur l’arbre. Toutes les parties de cet outil sont faites en acier de première qualité, celles qui portent les stries sont trempées.
- PHOTOGRAPHIE
- Anli-halo.
- On a déjà publié de nombreuses formules destinées à composer un enduit pouvant s’appliquer au dos des plaques sensibles pour éviter le halo. 11 y en a beaucoup de bonnes comme efficacité, mais en général leur emploi n’est pas très commode : soit que l’enduit ne sèche pas assez vile, soit qu’il s’écaille ou soit difficile à enlever au moment du développement, M. Helain a fait dernièrement une communication intéressante à ce sujet à la Société française de photographie. 11 a remarqué que le chlorure d'ammonium dont les cristaux présentent une très grande élasticité, améliore notablement l’adhérence du verre et permet de sécher plus rapidement et
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- jiliis nettement l’enduit sans risquer de l’écailler par la suite. La première formule est ainsi composée :
- Noir de fumée............... 10 grammes.
- Dextrine jaune............. 100 —
- Chlorure d’ammonium.......... 0 —
- Eau......................... 00 —
- On dissout d’abord le noir de fumée dans un peu d’alcool, on ajoute ensuite l’eau dans laquelle on a fait dissoudre le chlorure d’ammonium et enfin on ajoute la dextrine en remuant de façon à obtenir une peinture bien homogène; il est bon d’attendre 24 heures pour que la dissolution soit plus complète.
- On peut remplacer le noir de fumée par de « l’écarlate crocéine » ; les proportions sont les mêmes. Les deux formules donnent également de très bons résultats.
- Ceux qui préfèrent acheter les plaques Anti-halo toutes
- préparées peuvent les trouver dans le commerce, il y en a de différentes marques. Ici le produit destiné à empêcher la réflexion sur le verre est mis immédiatement sous la couche sensible et l’efficacité est beaucoup plus grande que quand l’enduit est mis de l’autre côté du verre, cela se comprend aisément. Mais il n’est pas toujours très facile après développement de se débarrasser de cette couche colorée. Tout récemment MM. Lumière viennent de mettre en vente une plaque spéciale qui donne des résultats parfaits; ils donnent en même temps un produit destiné à enlever la coloration. C’est un sel qui dégage aussitôt qu’il est dans l’eau de l’acide sulfureux, il faut donc faire Je bain immédiatement au moment d’y plonger la plaque. On peut faire cette opération soit après le fixage, soit quand la plaque est sèche. La décoloration est rapide et très complète. MM. Lumière appliquent leur procédé aux plaques orthochromatiques sensibles au vert et à celles sensibles au rouge. On a donc actuellement ce qu’on désirait depuis longtemps, la plaque sensible anti-halo et orthochromatique. G. M.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0x9 ÉTAT DU CIEL PLUE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 30 juin. . . 190,1 E. 2. Quelques nuages. 1,0 Beau jusq. 7 h. ; miag. ensuite ; ccuv. de 20 A 23 h. ; rosée ; éclairs au S. S. E. A 22 h.
- Mardi 1" juillet . . . 20»,4 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Peu nuageux ; rosée.
- Mercredi 2 15°,1 N. N. E: 2. Couvert. 1,6 Couv. de 4 b. à 15 h.; nuag. av. et ap.; beau de 19 h. A 24 Ii. ; rosée; pluie de 5 b. 15 A 0 h. 40.
- Jeudi 5 U°,0 E. N. E. 1. Beau. 0,0 Peu nuag. de 9 h. à 10 h. et de 19 h. à 22 h. ; beau le reste du temps; halo.
- Vendredi 4 10°,i S. W. 0. Beau. 0,0 Peu nuag. de 10 b. à 12 h. et de 17 à 19 h. Beau le reste du temps ; rosée.
- Samedi 5 19”, 0 N. 0. Beau. 0,0 Quelques nuages ; rosée.
- Dimanche G. 21°.l N. E. 1. Beau. 0,0 Beau; rosée.
- JUIN-JUILLET 1302 -- SEMAINE DU LUNDI 50 JUIN AU DIMANCHE 6 JUILLET.
- Lundi I Mardi | Mercredi ) Jeudi | Vendredi ; Nunedi | Dimanche |
- issaiBsl
- La courbe, supertcwe indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Orages. — Un violent orage s’est abattu le 30 juin sur la partie du département de la Gironde s'étendant au sud-est de Bordeaux jusqu’au delà de La ltéole. A La Uéole, il y a eu sur la place du Turou une épaisseur de grêle de 50 centimètres. Le désastre s’est étendu jusque sur le département du Lot-et-Garonne. Dans la soirée un orage s’est également abattu sur Gahors et ses environs, s’étendant sur un rayon dé 20 kilomètres. Pendant quatorze minutes une pluie torrentielle et des grêlons énormes ont dévasté totalement les récoltes. Le blé, le talmc sont perdus; la vigne a été complètement abùnée. Enfin les orages ont dévasté la partie du département de la Dordogne qui s’étend entre Le Buisson et les Evzies. Un orage a eu lieu le l,r juillet dans la région du nord. La foudre es’t tombée sur la mairie de Saint-Pol-sur-Mer. On a eu deux morts à déplorera Roubaix, celles d'un trieur, Louis Delattre, Agé de 45 ans, et de son neveu, âgé de 12 ans, qui s’étaient réfugiés sous un arbre sur lequel la foudre est tombée. Le j ("juillet, la grêle est tombée en grande abondance à Agen et dans les envi- i
- rous, et a causé des dégâts importants à la vigne. Le 2 juillet, il y a en également de violents orages à Saint-Quentin et à Dreux. La pluie et la grêle sont tombées pendant toute la nuit du 2 au 3 juillet. Les éclairs et le tonnerre ne discontinuaient. Toutes les récoltes sont perdues.
- Les orages oui également été très nombreux à l’étranger. Le l*'juillet, à Valladolid, en Espagne, une tempête a causé de grands dégâts ; la foudre a tué une paysanne.
- A Bruxelles, le 1" juillet, un viol iit orage a terminé une journée exceptionnellement chaude. La foudre e .t tombée en de nombreux endroits. L’église de Fainillcureux (llaiuaut), a été complètement incendiée. Il n’en reste plus que les murs branlants. Les secours ont dû être interdits à cause du danger présenté par la tour du clocher qui menaçait de s’écrouler. Les cloches sont tombées sur la partie ancienne de l eglise et sont restées suspendues sur la voûte en briques. On évalue les dégâts à 150000 francs.
- Tremblement de terre. — Un violent tremblement de terre s’est produit le 5 juillet à Saloniquc. Plusieurs maisons ont été détruites.
- PHASE DE LA LUNE : N. 1... le 5, A 1 h. 8 du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le Ministère de l'Agriculture vient de fonder un « Office de renseignements agricoles ». Cette institution répond à une nécessité urgente de notre époque. Il sera possible désormais de mettre les cultivateurs au courant des besoins des divers centres de consommation, de leur fournir des données sur les époques les plus propices à la vente, etc. En somme, l’Office de renseignements agricoles est à la fois un service de consultation pour les populations agricoles, un service d’études et de vulgarisation. On ne peut qu’applaudir à la fondation de ce nouveau et important rouage administré if.
- —®— Il y a juste un an. la Commision chargée de recevoir au nom de l'Université les observatoires de Nice et du Mont Mounier, s’était rendue sur place pour accomplir sa mission. Elle a tenu à fêter cet anniversaire dans un dîner donné en l’honneur de M. R. Bischoffshejm, le généreux donateur de ces beaux établissements astronomiques. Convives : MM. Darboux, Bischoffsheim, Poincaré, Troost, Lippmann, Mascart, général Bassot, Lœwv, L. de Meurville et le directeur de La Nature ; c’est-à-dire ceux-là soûls qui avaient accompli le voyage de Nice.
- —L’application des détentes successives de la vapeur commence à se faire industriellement dans les turbines, où elle paraît devoir donner les mêmes avantages que dans les machines à piston. Les constructeurs des turbines Parsons comptent recourir à ces avan-tagespour leurs machines de 5000 chevaux du Métropolitain de Londres. Il en est de même de la turbine Laval, et on peut voir en ce moment à Paris, aux ateliers Bréguet, la partie haute pression d’une turbine de 2000 chevaux construite par cette maison d’après ces principes. C’est une turbine de Laval à disques multiples, où la vapeur subit plusieurs détentes successives en raison deâ variations du diamètre des canaux quelle traverse. Elle tourne à 2000 tours, et pourra commander directement des alternateurs de dimensions et <le réaction d’induit très faibles. La consommation qu'elle permettra d'atteindre, et même de dépasser, est de 6 kg environ par cheval-heure effectif. Ces valeurs permettent d’espérer que la turbine ne sera plus condamnée à l’avenir pour la valeur élevée de sa consommation. et qu’elle prendra une place de plus en plus importante dans l’industrie, et surtout la grosse industrie.
- —®— La production de l’aluminium aux États-Unis s’est élevée à 3217 500 kilogrammes pour l’année 1901. Malgré une demande croissante, le prix de ce métal est resté sensiblement le même durant l’année.
- —®— Plus que centenaire! On vient d’annoncer la mort de Mu* de Lisle du Tiicf âgée de 105 ans, étant née le 10 germinal an VI, autrement dit le 7 avril 1798. Elle avait vu trois siècles. Elle avait été dame d’honneur de la duchesse de Berry, elle avait été présentée à Napoléon à Nantes et admise à la Cour de Charles X ; enfin elle a vécu pendant les deux Républiques! Elle est morte ayant encore toute sa lucidité. Voici bien un cas authentique de centenaire. C’est pourquoi nous le relevons.
- —®— Un nouveau système de pavage en granit fondu vient de faire son apparition en Amérique. La chaussée ainsi établie présenterait évidemment sur le macadam, la pierre ou le bois d’Australie l’avantage d’une grande résistance. Pour l’établir, on réduit en poudre le granit naturel au moyen de puissants broyeurs et on met cette poudre dans des fours spéciaux qui permettent d’atteindre une température de 1700°. Le granit une fois fondu est découpé en blocs cubiques d'une très grande finesse de grains.
- —®— Si l’on chauffe du fil d'amiante très fin, les fibres se fondent et se transforment en filaments mous, flexibles et soudahtes, et donnant sous l’action de la flamme une lumière d’un blanc éblouissant. Ces qualités de l’amiante sont mises à profit dans la
- confection d’un nouveau manchon que décrit M. Scubermann dans le journal allemand Chemische Zeitung. Ce manchon ressemble d’ailleurs à celui du bec Auer, mais il a cette qualité de résister parfaitement aux chocs et aux secousses. Il conviendrait à l’éclairage à l’acétylène. Un filament imprégné de nitrate de baryum et ue pesant que 0*r,02 donne avec un simple bec Bunsen à acétylène une lumière de 13 bougies.
- —®— On vient de démolir le marteau-pilon de 125 tonnes construit par la Bethlehem Steel Company, qui avait figuré à l’Exposition de Chicago. Le marteau est inférieur à la presse hydraulique pour la production des pièces forgées en acier. L’alésage du cylindre de ce marteau géant était de lm,93, la course du piston mesurait 4m,90 et pouvait atteindre 0m,l. La pression était de 8k?.500 environ par centimètre carré. Le marteau se trouvait à environ 29“,0 au-dessus du sol, et sa base avait 11m,0 de largeur.
- —(g)— Les autorités militaires en Angleterre s’occupent sérieusement d’utiliser les automobiles pour le service du train. A Woolwich on dresse à cet effet une escouade de chauffeurs. Les voitures sont du type Thornycroft, et quelques-unes circulent déjà à Londres où elles excitent considérablement la curiosité du public.
- —®— La « Rodes Company », de Hartford (Etats-Unis), a imaginé un appareil de changement de vitesse ou, si l’on veut, de transmission de vitesse dans un rapport variable, qui trouvera certainement son emploi en automobilisme, mais qui est surtout utilisé pour réduire la vitesse de rotation des moteurs électriques. L’arbre récepteur (qui porte naturellement un volant) entraîne un disque présentant une dépression en forme de couronne creuse, où roulent deux galets : ceux-ci peuvent venir frotter, quand on les met en prise,l’intérieur d’une autre couronne creuse dépendant d'un second disque qui fait face au premier. Mais ce qui fait que cette transmission par friction change la vitesse, c’est que les deux galets ont leur axe mobile, et qu’on peut les incliner plus ou moins, de manière par exemple qu’ils roulent tout à fait vers l’extérieur de la première couronne et au contraire vers le bord interne de la seconde. On comprend que, dans ce cas, le second disque tourne plus vite que le premier, et d’ailleurs ce second disque est solidaire d’un arbre qui entraîne le mécanisme à commander.
- —®— Sur la ligne de chemin de fer de Pensylvanie un train a récemment parcouru 705 kilomètres sans s’arrêter. C’est, croyons-nous, la plus longue étape etfectuée jusqu’ici. Pour emporter la quantité de charbon nécessaire on avait dû agrandir le tender.
- —®— Avant l’avènement de la quinine, l’héliotrope était, paraît-il, assez couramment employée contre les fièvres. Ce médicament était tombé dans l’oubli depuis longtemps, mais tout récemment le I)r Filotoff de Moscou, dans un mémoire présenté à l’Académie russe de médecine, rappelle ses propriétés fébrifuges et affirme qu’au double point de vue économique et médical, il pourrait remplacer au besoin la quinine. Sa préparation consiste simplement en une macération des tiges et des feuilles dans de l’eau-de-vie.
- —®—• M. le Dr IL Bordier, agrégé à la Faculté de médecine de Lyon, obtient des résultats intéressants par un procédé thérapeutique qu’il appelle galvano-faradisation rythmée. Pour agir sur la nutrition d’un muscle atrophié ou simplement affaibli, il soumet périodiquement ce muscle à l’action d’un courant dont le circuit comprend, disposés en séries : le secondaire d’une bobine, une pile, un milli-ampèremètre, un rhéostat à liquide et un métronome rythmeur de courant. Les expériences effectuées sur le bras droit d’un sujet dont les deux bras étaient primitivement de grosseur égale ont amené au bout de deux mois des accroissements de volume de l’ordre de 1 à 3 centimètres. Les séances duraient dix minutes et avaient lieu trois fois par semaine.
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- Nouvelles scientifiques.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — 31. Paul Berner, à la Chaux-de-Fonds, nous écrit : (( Dans son étude sur les « Crises nerveuses chez les animaux)) publiée dans le n° 1512, du 7 mai 1902, p. 574, M. Henri fait remarquer que la pathologie mentale, qui commence a être bien connue chez l’homme, n’a pour ainsi dire pas encore été étudiée chez les animaux, et il forme le vœu que des observations soient faites sur ce sujet. C’est ce qui m’engage à vous transmettre la curieuse observation suivante, faite par un naturaliste bien connu, M. Xavier Kaspail. Il y a quelques années, M. Raspail fît l’acquisition d’un chien Spaniel Clumber, nommé Gyp, d’une nervosité excessive, inabordable, pour les personne autres que ses maîtres, et doué avec cela d’une intelligence peu commune et d’une mémoire étonnante. M. Raspail possédait déjà un Saint-Germain, auquel Gvp manifesta immédiatement son amitié par toutes sortes de gentillesses, sans se rebuter de la froideur avec laquelle Kébir (c’était le nom du Saint-Germain) les accueillait. Un après-midi, M. Raspail partit à la chasse accompagné de ce dernier, lorsque, arrivé à proximité d’une route, il entendit le passage d’une automobile en même temps qu’un cri sourd, et il eut la douleur de voir son pauvre chien étendu sans vie dans une mare de sang. « Rentré à la maison, Gyp me reçut, dit M. Raspail, avec ses exubérantes démonstrations habituelles, puis, me quittant pour les renouveler autour de son vieux Kébir, il parut tout désappointé de ne pas le voir, courut à la porte, flairant partout, et revint tout préoccupé de cette absence inusitée. Le lendemain matin, aussitôt libre, son premier soin fut de courir à la niche de Kébir et, son flair si délié ne lui ayant pas révélé la présence de ce dernier dans les environs, il s’assit tristement sur la dernière marche du perron où, toute la matinée, il resta attentif au moindre bruit du dehors. Autant pour le distraire que jour atténuer chez moi la pénible impression de la veille, je l’emmenai l’après-midi dans les bois et, sans m’en apercevoir, je me rapprochai justement de l’endroit où l’accident était arrivé. Je voulus maintenir Gyp à mes côtés, mais il était trop tard, son nez puissant l’avait conduit droit sur la mare de sang mélangée de débris de cervelle, qu’il se mit à flairer en s’en approchant craintivement. Sur un énergique rappel, il vint me rejoindre, et ayant successivement rencontré quelques pièces de gibier, il reprit vite sa bonne allure ordinaire; aussi je le ramenai convaincu que s’il n’avait pas oublié Kébir. du moins ses regrets étaient déjà bien atténués. Mais à peine de retour il disparut, et on le retrouva dans le potager, occupé à sentir la brouette sur laquelle on avait ramené le cadavre et dont les planches gardaient quelques traces de sang. Que se passa-t-il dans cette cervelle de chien ? Toujours est-il qu’à partir de cet instant il refusa sa soupe et même le lait et la viande. Le lendemain, M. Raspail, le trouva très abattu, à peine capable de se lever. Le surlendemain, en présence de son obstination à refuser toute nourriture et, ce qui était plus inquiétant, tout liquide, je décidai de lui faire prendre, coûte que coûte, une certaine quantité de lait, lorsque la personne chargée de ce soin poussa une exclamation en me montrant l'intérieur de la gueule absolument décolorée, avant l’aspect repoussant de la lividité cadavérique. La conjonctive, l’intérieur des oreilles, la peau, ordinairement rosée, avaient la même décoloration ; à ce moment, si on l’abandonnait à lui-même, il se laissait tomber, la déperdition des forces étant déjà telle qu’il lui était impossible de se tenir debout. Devant de si rapides et si graves désordres physiologiques il était urgent de recourir
- immédiatement aux reconstituants afin d’éviter que la mort ne survînt dans une syncope analogue à celle des anémiques. Et, après une médication énergique et huit jours de soins, Gyp complètement remis, jouissait de l’excellente santé qu’il avait avant cette terrible crise. De cette observation, que j’ai réduite à ses points essentiels, il reste à dégager l’étiologie d’une maladie dont l’évolution fut de si courte durée, malgré l’extrême gravité de son début. Évidemment, le diagnostic à porter est celui d’anémie aiguë. A quelle cause attribuer une affection aussi rapide à se produire qu’elle fut prompte à disparaître, si ce n’est à l’impression morale éprouvée par ce chien que sa nervosité et son état psychique particulier prédisposaient à la ressentir avec d’autant plus d’intensité? Il est évident qu’il n’apparaît pas d’autre facteur pathogénique. Si, en effet, en tenant compte de l’intelligence et de la mémoire dont ce jeune chien est incontestablement doué, on considère-qu’il était déjà énervé par l’absence anormale de son vieux camarade, il est facile de comprendre que lorsqu’il s’est trouvé sur la route en présence de ce sang, dont la finesse de son flair lui révélait l’origine, et qu’il a retrouvé, sur la brouette, les mêmes émanations, il a dû avoir l’intuition soudaine de ce qui s’était passé, et la vérité lui est apparue avec une brutalité telle que l’épouvante ressentie l’a frappé dans les rouages essentiels de son organisme. »
- M. P. Tavernier, à Bordeaux, nous écrit : « Je lis dans La Nature du 5 juillet, que je viens de recevoir, un paragraphe relatif au café de figues : ce n’est pas l’Algérie qui est à la tête du mouvement industriel pour la fabrication du café de figues, mais bien nous qui avons fondé notre Société de Torréfaction du Sud-Ouest, dans le but de torréfier les figues à la fin de 1899, c’est-à-dire il y a trois ans. Depuis cette époque, le mouvement s’est accentué, et plusieurs industriels ont commencé à fabriquer cet intéressant produit. Le gouvernement lui-même s’est vivement préoccupé de la question et a même favorisé des essais ».
- M. Pelitdidier, à Remiremont, nous envoie le catalogue du Musée industriel du Collège de Remiremont. Ce Musée a été fondé par M. Petitdidier dans le but de réunir les échantillons des produits de chaque industrie, avec des notices explicatives et, si possible, des modèles d’usines et d’appareils. Ainsi, prenant au hasard un numéro dans le catalogue nous lisons : XLYI1I. — Tonnellerie mécanique. Don de M. A. Fruhensholtz, de Nancy : 11 pièces de la fabrication d’un tonneau. On conçoit les services que peut rendre une pareille collection dont l’idée fait honneur à l’initiative de M. Petitdidier.
- Renseignements. — Mme L., à Saint-Cyr. — Pour les mastics ignifuges, consulter les Recettes et procédés utiles, l'e série, librairie Masson et Cie.
- il/. L. Plassard, à Paris. —Nous transmettons votre question à l'auteur.
- M. C. L., à Giromagny. — 1° S’adresser pour les câbles porteurs aériens à MM. Teste, Moret et Cic, 31, nie Dussoubs; à MM. G. Gradock et Cie, 76, avenue de la République, à Paris, — 2° Librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins.
- M. L. Neuville, à Paris. — Si le courant est continu, il faut intercaler des résistances dans le circuit, mais c’est là un moyen ruineux, surtout dans le cas dont il s’agit.
- M. H. P., à Lons. — Vous pourriez vous adresser à M. Sau-mont, 41, rue de Turenne, à Paris.
- M. R. 31., à W. — La librairie Dunod où s’édite l’Encyclopédie chimique de Frémy, 49, quai des Grands-Augustins, ou bien la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris, pourrait vous renseigner.
- M. C. Perriquet, à Birtouta. — 1° Les chiffres varient avec les fabricants et la puissance exigée; ils oscillent autour de 450 gr par cheval-heure tant pour l’alcool que pour le pétrole, mais ce nombre n’a rien d’absolu. — 2° Ces moteurs ont généralement une puissance supérieure à eur puissance nominale.— 3° Ce sujet est traité dans les livres spéciaux tels que : voitures automobiles par Baudry de Saunier, et ne trouverait pas sa place ici.
- M. C. Rrindejonc, à Val-en-Pleurtuit. — Nous ne connaissons pas ce produit, si vous avez quelques données, veuillez bien nous les transmettre.
- J/. F. Marchand, à Paris. — Outre les informations données, dans le n° 1520 du 12 juillet, voijs trouverez d’utiles renseignements dans le catalogue du concours.
- M. H. Normant, à Romorantin. — Nous ne connaissons pas d’appareil qui vous donnerait d’une façon économique la solution que vous cherchez.
- Voir la suite de la Boîte aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui loi. sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux tes renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scieniifi pies, mais elle ne s'engage eu aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la da>e de ta livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES [Suite)
- ^ M. Chethille, à St-Pierre-lès-Elbeuf. — Le problème n’est pas si résolu que vous le croyez. On en est aux essais. Pour la devanture d’une maison, le pétrole peut suffire; mais pour les routes, on étudie divers mélanges d’huiles lourdes, etc. Au reste, nous traiterons bientôt la question.
- M. F.-B., à Chamblev. — 1° Adressez-vous à M. Mareschal, 83, rue Demours, à Paris. — 2° M. E. Carré, M. E. Lévy, successeurs, fil bis, boulevard St-Germain, à Paris.
- M, Cyr Watiiez, à Roubaix. — 1° Deux numéros du bulletin que vous citez ont déjà paru ; adressez-vous à l’Office de renseignements techniques, 11, rue Saint-Lazare, à Paris. 2* La conférence de M. Janet a paru dans la Revue générale des sciences pures et appliquées du 15 mai 1902. Diverses communications ont été faites à ce sujet aux Académies de Paris et de Londres. L’Office mentionné plus haut vous donnera des renseignements précis.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Comtois, à Paris; M. Rouîtes, à Nantes; M. Parize, à Nancy. Consulter les Recettes et procédés utiles, séries 1, 3, 4, à la librairie Masson et Cie. — M® Périn, à Ostende. Il faut prendre la hauteur moyenne. — M. Devalisse, à Bruxelles. Consultez l’Annuaire du Bureau des Longitudes. — Mme Stieyelmann, à Hambourg. Voyez le petit livre indiqué plus haut, 3e série.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement des coliques hépatiques.
- Le véritable traitement de la colique hépatique, c’est de la prévenir, d’empécher l’engorgement du foie, la formation des calculs, mais si la crise éclate brusquement, à un moment quelconque, que doit-on faire? La douleur est violente, pongitive, s’exacerbe avec le moindre mouvement; puis, surviennent l’état nauséeux, les vomissements de bile, la prostration, tout un cortège de phénomènes qui ne se suecè-. dent pas en quelques instants et peuvent malheureusement durer des heures.
- Pour combattre efficacement la crise, supprimer la douleur, en attendant qu’on puisse favoriser par d’autres moyens la sortie *du calcul et le calme de l’étranglement spasmodique des canaux biliaires, on n’avait rien jusqu’ici que l’injection de morphine. Aussitôt la morphine absorbée, Je calme survient, le malade s’endort; mais la crise est-elle de longue durée, il faut, au réveil, recourir à nouveau à l’injection hypodermique. Les crises sont-elles fréquentes, voilà de par la médication nécessaire, un malade sur la pente, affreusement glissante, de la morphinomanie. Et pour combattre un mal, voici qu’on en crée involontairement un autre, plus redoutable, et plus difficile à guérir.
- S’il existait un moyen réellement efficace de calmer ces douleurs angoissantes, sans recourir au poison opiacé, on n’aurait plus d’excuse de se servir de la précieuse petite seringue. Eh bien, ce moyen existe et il est fort simple. Peut-être n’est-il pas aussi rapidement et sûrement efficace, mais il est sans danger. Le Dr Chambard a essayé dans les cas de coliques hépatiques les applications de salicylate de méthyle, en badigeonnages sur la région du foie. Le salicylate de méthyle est un calmant des plus remarquables dans les crises de douleurs rhu-* matismales; il agit à titre de révulsif léger et d’anesthésique par l’acide salicylique. C’est dans les mêmes conditions qu’il agit dans la colique hépatique; les salicylates donnés à l'intérieur préviennent souvent le retour des crises. 11 s’en absorJ e moins par la surface tégumentaire, mais cela suffit pour calmer l’horrible douleur.
- Le Dr Martin a utilisé dans le meme but l’amvlénol du salicylate d'amyle et il en a, paraît-il, obtenu de très lions effets chez des malades venus pour traiter à Vichy leur maladie de foie. Chez plusieurs d’entre eux, sujets à des coliques hépatiques violentes, il a pu calmer les douleurs et enrayer les crises. On pratique un large badigeonnage de la région hépatique avec 2 grammes d’amylénol; on applique par-dessus du taffetas chiffon, puis une légère couche d’ouate. Au bout de quelques instants la douleur est engourdie. Le malade peut reposer et au réveil il n’y a plus qu’un peu de gène du côté droit.
- Le moyen est, comme on le voit, très simple et n’a pas les inconvénients de la morphine. Dr A. 0.
- L’adrénaline.
- Voici un nouveau médicament à classer dans la catégorie déjà nombreuse de ceux que nous a révélés la méthode thérapeutique du jour, l’opothérapie. C’est le principe actif de l’extrait de capsules surrénales; son nom lui vient du terme
- anglais <( adrenal glands » correspondant à notre terme anatomique de capsules surrénales; il a été découvert par un médecin de New-York, le Dr Takamine. Etonnantes, les propriétés de cette substance qui accumule au centuple, au millième, les vertus de l’extrait de capsules. On avait annoncé que l’extrait avait un pouvoir vaso-constricteur considérable ; quelques gouttes isolées sur une muqueuse amenaient la rétraction, l’effacement complet jusqu’à la paroi sous-jacente, la décoloration par un resserrement de tout le réseau capillaire et permettaient ainsi dans certaines régions d’opérer sur un tissu absolument exsangue.
- L’adrénaline est en proportions infinitésimales dans chaque capsule, mais comme il suffit de quelques gouttes d’une solution à un ou deux millièmes, son prix élevé, deux cents francs le gramme, ne peut guère arrêter le praticien. Ses propriétés ischémiantes tiennent du prodige. Vous badigeonnez la muqueuse nasale avec quelques gouttes de solution : cette muqueuse pâlit, se rétracte, et vous pouvez tailler, couper, sans qu’il s’écoule presque une goutte de sang.
- Possédez-vous un de ces coryzas terribles où le nez est bouché à ne pouvoir admettre le moindre filet d’air, où la tète éclate, où le malaise est indéfinissable, un tampon d’ouate imprégné d’un peu d’adrénaline (j’entends, bien entendu, toujours de solution au millième), vous ouvre le nez à plein canal, vous enlève l’enchifrènement et arrête l’hypersécrétion, et jugule instantanément le terrible rhume de cerveau.
- C’est merveilleux, mais attendez, il y a un petit correctif. L’adrénaline a un pouvoir vaso-constricteur énorme; c’est-à-dire qu’il amène le resserrement immédiat et complet de tous les petits vaisseaux et une sorte de dessèchement des muqueuses. Mais cette action a une durée limitée et il est de règle qu’à la constriction vaso-motrice succède un relâchement, une hyperémie, lesquels seront d’autant plus marqués que la constriction aura été plus forte. C’est ce qui arrive avec l’adrénaline. Vous arrêtez votre rhume de cerveau, vous décongestionnez des cordes vocales subitement prises et vous permettez à un chanteur de tenir sa partie pendant la soirée, mais quelques heures plus tard votre coryza revient plus intense, votre nez sécrète à torrents; votre larynx s’enroue à nouveau par retour de la congestion. Vous empêchez, dans une opération, l’écoulement du sang; mais on s’expose, si on ne prend pas de précautions, à des hémorragies secondaires. 11 faut donc se mettre en garde contre trop d’enthousiasme. L’adrénaline a des vertus merveilleuses, mais il faudra en user avec prudence, mesurer la dose d’après les sujets; il faut, en un mot, étudier encore celte substance très précieuse de façon à pouvoir la gouverner à son gré, sans accidents ou sans troubles consécutifs. Dr A. C.
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- Le Thioxydant.
- Il résulte des essais faits par MM. Lumière sur diverses matières oxydantes que celles qui peuvent être utilisées le plus efficacement comme éliminateurs de l’hyposulfitc de soude sont : l’eau oxygénée, le percarbonaïe de potassium et le per-sulfure d’ammoniaque commercial exactement neutralisé ou mélangé à diverses substances à réaction alcaline.
- L’emploi des deux premières substances présente, comme nous l’avons vu, divers inconvénients d’ordre pratique. On peut donc considérer que le persulfate d’ammoniaque convenablement utilisé constitue un éliminateur d’hyposulfite de soude d’un emploi très pratique1. Aussi avons-nous déterminé dans quelles proportions on peut avec ces substances réduire la durée du lavage des plaques et des papiers photographiques, pour obtenir une élimination suffisante de l’hyposulfitc de soude.
- Lavage des papiers. — Au sortir du fixateur on lave les papiers pendant deux minutes environ à l’eau courante en les tenant constamment en mouvement. On retire les épreuves de l’eau, on les met en tas dans une cuvette, puis on les prèsse fortement avec la main pour exprimer le liquide retenu par le papier. On place ensuite les épreuves pendant cinq minutes dans la solution d’oxydant, à J pour lût) en employant 50 centimètres cubes de liquide pour une épreuve 9 X 12. On retire enfin les épreuves du bain oxydant, puis on les lave deux minutes à l’eau courante. Dans ces conditions le liquide d’égouttage recueilli, lorsqu’on retire les épreuves de l’eau, ne donne plus sensiblement la réaction de l’hyposulfitc de soude (action sur le nitrate d’argent), et nous avons constaté que celte réaction est d’une sensibilité telle qu’elle peimet de déceler la pré-
- 1 C’est l’un de ces mélanges auquel a été donné le nom de « Thioxydant Lumière » et qui a été mis récemment dans le commerce.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- sence de I centimètre culte (l’hy[»«snlfite dissous dans 1 mètre culte d’eau. L’élimination de l’hyposulfite est suffisante.
- Lavage des plaques. — Le traitement des plaques est encore plus simple que celui des papiers. En sortant les plaques du fixateur on les lave deux minutes à l’eau courante puis, on les place.dans une cuvette renfermant 100 centimètres cubes de solution oxydante, à 10 grammes par litre où on les laisse cinq minutes environ. On lave finalement les clichés encore deux minutes à l’eau courante, puis on les fait sécher.
- BIBLIOGRAPHIE
- La Haute-Savoie, guide du touriste, du naturaliste et de l'archéologue, par Mauc le Roux. 1 vol. in-10 de lu collection des guides Boule. Masson et Cie, éditeurs.
- Les guides publiés jusqu'à ce jour sont loin de répondre aux désirs des voyageurs instruits, et fou peut dire qu’aujourd lmi ces derniers constituent une fraction importante du gros public. Aussi JI. Boule a bien compris les tendances modernes en publiant des livres savamment documentés, copieusement illustrés et qui n’en sont pas moins pour cela faciles à lire. A ceux qui veulent profiter de leurs vacances pour faire "quelques excursions, le guide de la Haute-Savoie rendra d’utiles services.
- Transport de l'énergie à grandes distances par l'électricité, par F. Loppé, ingénieur des arts et manufactures. 1 brochure in-8°. E. Bernard et Cie, imprimeurs-éditeurs. Paris. 1902.
- Dans cette intéressante brochure, M. F. Loppé parle des divers systèmes de transmission et examine successivement les distributions par courants continus en série et les distributions à courants alternatifs. En ingénieur pratique, il donne des renseignements utiles sur la construction (les lignes aériennes et donne la description de quelques installations en fonctionnement.
- Les câbles sous-marins. Fabrication, par Alfred Gay, ingénieur à la Société des téléphones. 1 vol. in-16 de la collection des aide-mémoire Léauté, Gauthier-Villars, imprimeur-éditeur, Masson et Cie, éditeurs, Paris.
- Électromoteurs. I courant continu, par G. Roessler, professeur à l’Ecole supérieure technique de Berlin. Traduit par E. Samitca, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. in-8°. V” Ch. üunod, éditeur. Paris. 1902. Prix : 6fr,50 broché, 8 francs relié.
- Étude pratique sur les différents systèmes d'éclairage, par J. Defays et II. Pittet. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Gauthier-Villars, Paris. Prix : 2fr,50 broché, 5 francs cartonné.
- Traité pratique d'électricité, par Alfred Soulier, ingénieur électricien. 1 vol. broché in-8°. Garnier frères, libraires-éditeurs, Paris.
- Dans cet intéressant petit livre, M. A. Soulier a réuni une série de renseignements très pratiques sur les piles, les machines, les accumulateurs, les sonneries, les téléphones, les allu-moirs, l’éclairage électrique. Dans la dernière partie, il traite de la bobine de Ruhmkorlf, des rayons X, et de la télégraphie sans fil.
- La mécanique h l’Exposition de 1900. — Les moteurs hydrauliques, par M. Rateau, ingénieur des mines, 5e livraison. Appareils de sécurité, par Henri Mamï. 98 livraison. VTe Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1902.
- L’Électricité à l'Exposition de 1900. — Electrochimie et électrométallurgie, par André Brochet. 12° fascicule. VTeCh. Dunod, éditeur. Paris. 1902.
- Le développement automatique à deux cuvettes, par H. Emery. Notes et communications extraites de la Photo-Revue. Un petit in-8° broché. Charles Mendel, éditeur, 118, rued’Assas, Paris. Prix : 0rr,60.
- Les différents états des corps, par Jules Meyer, ingénieur des Arts et Manufactures, directeur de la Manufacture des glaces de la Compagnie de Saint-Gobain, à Waldhof Mannheim. lre partie. Equivalents chimiques. Densités des corps.
- Luxembourg, Imprimerie de la Cour, V. Bück. Léon Bück successeur, 1902.
- Manuel pratique de la culture des champignons et de la truffe, par Raymond Brunet. 1 vol. in-16 de la collection des Manuels Roret. Librairie Mulo, 12, rue Ilautefeuille. Paris. 1902. Prix : 2,r,50.
- Manuel pratique de ta culture de Vartichau t, de l'asperge et du cardon, par Raymond Brunet. 1 vol. in-16 de la collection des Manuels Roret. Librairie Mulo. Paris. 1902. Prix : 2fr,50.
- L’illustration photographique des cartes postales, par L. Tranchant. 1 vol. in-16. II. Desforges, éditeur. Paris. 1902. Prix : lfr,25.
- Madagascar au début du vingtième siècle. 1 vol. grand in-8°. Société d’éditions scientifiques et littéraires. F. R. de Rudeval et Cie, 4, rue Antoine-Duba (VIe). Paris. 1902. Prix : 20 francs.
- è
- Nicolas Pépoff, l’envoyé du tsar, par George Lefaure. 4 vol. in-8° de la Bibliothèque des grandes aventures. Librairie illustrée Montgredien et Cie. J. Tallandier successeur, 8, rue Saint-Joseph, Paris (2e). Prix : 5fr,50.
- A la conquête du ciel! par F. C. de Nascius. Livre deuxième (fascicule 2e et dernier), in-8° broché. Imprimerie-librairie Guist’hau, Dugas successeur. Nantes. 1902.
- United States geological surveu, Charles D. Walcott, Director. Twentieth ahnual report 1898-99. — Part II. General geology and paleontology. — Part III. Precious métal mining. Districts. — Part IV. Hydrography. — Part F. Forest reserves. — Part VII. Explorations in Alaska in 1898. 4 vol. grand in-8°. Washington, Government Printing Office, 1900.
- Nutritions investigations ameng Fruitarians and Chinese at the California Agricnltural Experiment Station 1899-1901, by M. E. Jaffa M. S. Assistant professer of Agriculture. Universitv of California. Washington, Government Printing Office, 1901.
- Eightheen annual report of the Bureau of American ethno-logy to theSecretary of theSmithsonian Institution,] 896-97, by J. Wr Ponvel, Director. In two parts — part 2. 2 vol. grand in-8°. Washington, Government Printing Office, 1899.
- Résumé des observations météorologiques laites d l’observatoire du Pare ünint-Maur en juin 190t,
- par Th. Moureaux.
- Pression barométrique : Moyenne à midi, 756“”,43; minimum absolu, 745“"",03 le 12, à 7 heures du soir; maximum absolu, 764*“,55 le 24, à 9 heures du matin.
- Température : sous l’abri : Moyenne des minima, 10°,71 ; des maxima, 21°, 10 ; du mois, 15°,91 ; vraie des 24 heures, 15°,34. Minimum absolu, 5°,5 le 11 ; maximum absolu, 29°,5 le 50. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 8°,59; des maxima, 42°,81 ; minimum absolu, 3°,2 le 11 : maximum absolu, 52°,8 le 29. Dans le sol gazonné : moyenne du mois à 10 heures du matin, à 0*,30 de profondeur, 15°,26; à 1”, 15°,79. De la Marne : moyenne le matin, 17°,09; le soir, 17°,77; de 19°,20 le 4, elle est tombée à 14u,341e 18 pour remonter à 21°,26 le 30.
- Tension de la vapeur : Moyenne du mois, 9'"”",51 ; minimum, 5’",6 le 10, à midi ; maximum 14““,8 le 3, à 1 heure du soir.
- Humidité relative : Moyenne du mois, 73°'“,6; minimum, 33 le 28, à 3 heures du soir; maximum 100 en 8 jours.
- Nébulosité : Moyenne du mois, 57 ; l'atmosphère a été absolument pure toute la journée du 26.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 481 heures, durée effective de l’insolation, 204 heures; rapi>ort, 0,42.
- Halos solaires : les 1, 2, 6, 12, 13, 19, 22, 29.
- Pluie : 48“m,0 en 65 heures réparties en 15 jours, et, en outre, 3 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre ; un seul jour de forte pluie ; le 4,14“”,5; 16 jours de rosée.
- Orages : 3 jours : les 3, 14, 28; éclairs sans tonnerre, les 2, 16, 29, 30; il est tombé un peu de grêle le 15.
- Vent dominant : S.-W.
- Les valeurs des éléments météorologiques présentent avec la normale les écarts suivants : baromètre, —1““,75; température —1°,03; tension de la vapeur, —0“”,63; humidité relative, 0,0; nébulosité -(- 3; pluie —9*“,6.
- Floraisons : le 1", hémérocalle jaune ; le 7, lilipeudule, valériane; le 8, tradescantia de Virginie; le 15, weigelia ; le 17, violette marine; le 18, digitale; le 21, jasmin blanc; le 25. pavot commun; le 25, genêt d’F.spague, le 21, canna; le 29, iris blanc, pois vivace; le 50, douce-amère, corvopsis linctoria, millepertuis à grande fleur.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Avis. — En raison des fêtes du 14 juillet, l'Imprimerie est restée fermée les deux premiers jours de cette semaine; le tirage du présent numéro ayant été fait avant les jours de congé, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets, et rien ne manquera ainsi à la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- M. J. LAFFARGUEr secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Rateau, ingénieur ordinaire des mines de lre classe, a été nommé professeur d’électricité industrielle à l’Ecole nationale supérieure des mines, en remplacement de M. Potier, membre de l’Académie des sciences, admis à faire valoir ses droits à la retraite.
- —De nouvelles éruptions ont encore eu lieu de la Montagne Pelée, à la Martinique; la troisième et la plus violente s’est produite le 12 juillet vers minuit. Depuis le 7 juillet, de formidables détonations partaient du eratère, accompagnées de flammes intenses et de phénomènes électriques prononcés. De grandes quantités de pierres et de cendres ont été projetées sur les communes de Morne-Rouge, Macouba et Ajouba-Bouilion. Un gros nuage noir a été aperçu au-dessus de Fort-de-France, dégageant, comme toujours, des étincelles électriques. Au moment de l’éruption, la mission scientifique anglaise était à bord du Sloop, en rade de Saint-Pierre : la montagne lançait des nuages de fumée épaisse qui étaient suivis d’avalanches incandescentes et de décharges électriques; le Sloop a été couvert de cendres et de pierres de la grosseur d’une noix; tout à terre était couvert de cendres, line dépêche, partie de la Martiniqüe à la date du 18 juillet, fait connaître les premiers résultats des observations recueillies par la mission scientifique française. L’éruption du mont Pelé du 9 juillet a permis à la mission de constater des modifications dans la nature des projections du volcan. Des pierres ponces ont été mélangées aux cendres qui ont recouvert la région antérieurement dévastée. L’écroulement du cratère dans la direction de la Rivière-Blanche a bouleversé la topographie de cette région et a fait disparaître une partie des apports dus à l’éruption du 5 mai. On a constaté d’abondantes famées dans le voisinage de la Rivière-Sèche et de la Rivière-Blanche. La température élevée, mais variable, des eaux boueuses de là Rivière-Sèche, est due à des fumerolles. Le cratère continue à fumer, sans explosions importantes.
- —<D— Une série de violentes secousses sismiques a commencé te 17 juillet au matin à Saint-Vincent. Plusieurs édifices de Saint-Vincent, dans les Antilles anglaises, ont été ébranlés ; la population, prise de panique, s’est enfuie. Toutes les maisons de commerce de îvingstown ont été abandonnées. c .
- —#— Le Campanile de Venise, la tour Saint-Marc qui vient de s'écrouler dernièrement, se dressait sur la place Saint-Marc, à ôO mètres environ de l’église et à 10 mètres du palais royal. Il fut hàtî en 888 et reconstruit eh 1329’. Il était entouré du lion légendaire, du palais des Doges, de la demeure royale, de l’église aux cinq coupoles byzantines et de l’horloge des Maures; il dominait la place du haut de ses 98 mètres, couronné de l’ange de bronze et or aux ailes éployées. On prend toutes les dispositions pour là reconstruction de ce clocher ;la somme nécessaire est évaluée à 0 millions.
- —g)— M. Pierpont Morgan a olfert au Muséum d’histoire naturelle la collection de pierres précieuses formée par M. Kutiz de New-York, pour l’exposition panaméricaine de Bulfalo, en 1901. Cette collection, qui a obtenu les plus hautes récompenses à cette exposition, est constituée par. un grand nombre de pierres précieuses taillées, accompagnées de magnifiques échantillons de minéraux cristallisés appartenant aux mêmes espèces : tous proviennent de gisements américains. Cette série’remarquable sera exposée dans deux vitrines spéciales, à l’entrée de la galerie de minéralogie.
- —®— Le Conseil d’hygiène publique et de salubrité du département de la Seine, réuni le 12 juillet, à la préfecture de police, a célébré la commémoration du centenaire de sa fondation. La séance était présidée par M. Lépine, préfet de police, qui a rapidement esquissé l’historique de la savante assemblée dont il est le président de droit. Il a rappelé notamment comment le premier préfet de police, le comte Dubois, créa le 7 juillet 1802 (18 messidor
- an X) l’institution salutaire qui, durant tout un siècle, a rendu tant de précieux services à l’hygiène et à la santé publique.
- —®— La Commission du Vieux Paris vient d’adopter à l’unanimité le projet de M. André Hallays pour- la création d’un concours photographique annuel d’amateurs, concours ayant pour objet de recueillir un choix de vues des plus beaux sites parisiens et de les conserver dans les archives historiques de la ville de Paris. Le programme proposé, en trois parties, est le suivant : 1° Berges de la Seine dans Paris dans les meilleures. conditions de pittoresque et de vie avec leurs ports, leurs ponts, leurs verdures, les bateaux-lavoirs, bains, péniches, pêcheurs, petits artisans, etc. — 2° Marchés aux Heurs, grands et petits, célèbres et peu connus. — 3“ Maisons du seizième siècle avec le ‘plus de détails architecturaux et décoratifs. Les conditions et détails du concours seront publiés ultérieurement. . .
- —g— Un concours universel de photographies inédites , de montagnes est ouvert par le Club Alpin français entre tous les photographes amateurs ou professionnels. Des plaquettes, médailles ou diplômes seront distribués aux lauréats. Le programmé détaillé du concours est déposé au siège du Club Alpin Français, 30, rué du Bac, A Paris, où les envois devront être parvenus franco avant le 30 novembre 1902. -
- —g— On disait que la bicyclette n’avait plus la vogue.’.C'çst une erreur, car il y a en ce moment en France 1 25Ô 000 bicyclettes payant l’impôt. Et il en est qui passent à travers les mailles du'fisc. Pour l’année 1903 la taxe est évaluée à sept millions et demi; A raison de 0 francs par machine, on arrive bien au chiffre minimum de 1 250 000 bicyclettes. On estime que l’augmentation d’une année à la suivante est de 500 000, d’après Le Vélo. Le quart de la taxe revient aux communes où le vélocipédiste est domicilié. Les budgets municipaux touchent donc de ce chef 1 875 000 francs. La taxe pour les voitures, chevaux s’élève en tout à 680 000 francs. Les communes tirent donc trois fois plus de recettes de la bicyclette que de tous les autres, moyens de locomotion. Il est vrai que la part allouée aux communes pour la taxe des voitures et chevaux n’est qiie d'un vingtième, mais enfin la bicyclette n’en enrichit pas moins lés municipalités. Et l’on voudrait nous faire croire que la bicyclette se meurt !
- —g— L’Aérodrome que‘notre confrère Henri Arrault vient de créér à la Porte-Maillot, a inauguré le 15 juillet son superbe ballon captif d’un volume de 3250 mètres cubes. Chaque jour les ascensions continueront de 9 heures du matin à minuit.
- —8— Renchérissant sur les premiers résultats obtenus par l’application de l’accumulateur Edison aux automobiles, que nous avons fait connaître, les journaux américains nous informent que de nouveaux progrès ont été accomplis sur les mauvaises routes si fréquentes aux États-Unis, et, avec des rampes variant de I à 12 pour 100, une voiture portant une batterie et deux hommes a couvert la distance de 156 kdomètres.
- —g— MM. Gall et Villedieu annoncent, dans le Moniteur scientifique, qü’ils sont arrivés à établir une méthode pratique, ôt peu coûteuse pour blanchir tous les textiles én quelques heures, avec un mode de lessivage rapidé qui leur est propre: ce perfectionnement est obtenu grâce à un nouveau produit qu’ils ont inventé et qu’ils appellent « oxyline ». ' .
- —g— M, Nies, dans VElectrical World, examine le danger que peut présentér pour la vie humaine et pour l’isolement dés’ canalisations, la mise à la terre du point neutre d’uné distribution. 11 étudie l’effet île ce procédé dans, diverses' applications, et conclut qu’il est recommandable dans la plupart des cas; les différences ue potentiel entre le sol et les fils de ligne acquièrent en effet ainsi une valeur fixe, les contacts accidentels avec le sol sont immédiatement révélés et le danger n’est pas accru.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les stérilisateurs Vaillard-Desmaroux, décrits dans le n° 1521, du 19 juillet 1902, p. 97, sont construits par la Compagnie générale aérohydraulique, 135, rue d’Alésia, à Paris (XIVe). — L’appareil à rendement maximum se trouve chez le constructeur M. Sigriste, 59, boulevard Victor-Hugo, à Neuilly-sur-Seine, et chez M. J. Ducom, 37, rue Lafayette, à Paris.
- Erratum. — Dans l’article : Le cheval sauvage de la Dzoungarie, n° 1521, du 19 juillet 1902, p. 100, lre colonne, ligne 58, au lieu de : M. Umïouoff, il faut M. Umlauff.
- Communications. — Mm° E. Lazzaro, à Salonique, nous écrit : « Vous apprendrez sans doute avec intérêt que d’assez fortes secousses de tremblements de terre viennent de se faire sentir dans les environs. Elles ont commencé le 5 juillet, à une heure et demie de l’après-midi, et ont continué jusqu’au 7. La plus forte a été celle du 5 après-midi, 4 heures et demie. - Elle a duré, ainsi que plusieurs personnes et moi-même l’avons évaluée, 22 secondes. Quelques maisons ont été lézardées èt des pans de murs sont tombés. D’après les informations que nous avons reçues, le mouvement s’est étendu depuis Drama jusqu’à Vodena, soit du 24° 12' à 22° long. Greenwich en passant par Serrés et Salonique, et le mouvement le plus violent s’est produit en un village situé entre ces deux dernières villes, nommé Jouvenza. Il a été détruit. Je vous adresse ces informations ayant souvent entendu dire qu’il est bon de noter ces mouvements sismiques en vue d’études générales de ces phénomènes. »
- M. le Fle (le Ponton d'Amé court, à Nancy, nous écrit : « Le n° 1520 de La Nature du 12 juillet courant, contient un article très intéressant sur la traction automobile et les routes. Les conclusions en sont tout à fait conformes à la réalité, c’est-à-dire que le poids total de chaque véhicule doit être limité à 10 tonnes avec une vitesse moyenne de 10 kilomètres à l’heure, en donnant aux bandages une largeur suffisante. Toutefois l’auteur conclut qu’il est impossible à un véhicule porteur, pour remplir ce programme, de transporter plus de 3 tonnes utiles. Cela est exact pour le véhicule à vapeur, mais ne l’est pas pour le véhicule automobile à alcool ou à essence. Pour s’en convaincre, il suffit de se reporter à votre n° 1516, du 14 juin dernier, dans lequel vous avez reproduit une gravure d’un camion actionné par un moteur à alcool, qui, avec un poids mort de 4 tonnes, peut en porter 5 et même 6. Ce poids utile de 6 tonnes paraît être la limite de charge d’un porteur pour toutes les raisons excellentes indiquées dans l’article du 12 juillet. »
- M. de la Chenelière, à Cienev, nous écrit : « A propos de la communication de M. le baron Nothomb, sur la vitesse du train n° 1280, d’Amiens à Laon, j’ai cherché dans l’indicateur a la page indiquée, et j’ai remarqué que le train 1280 accomplissait le parcours de 108 kilomètres non en 62, mais bien en 82, 8h 7“ à 9h 29m, ce qui fait ressortir la vitesse seulement à 79. Du reste, la vitesse de 104 kilomètres est bien près d’être atteinte par le train facultatif 67 de Paris à Londres. Ce train accomplit le parcours de 131 kilomètres, de Paris à Amiens, en 77 minutes (12h15m à lh32m), ce qui équivaut à la magnifique vitesse de 102 kilomètres par heure. »
- M. Morache, à Pacdille, nous informe qu’il a été témoin le 6 juillet d’un lever de soleil singulier. L’astre qui a surgi de la mer avait la forme d’un pentagone régulier, une pointe en haut et la partie inférieure des côtés de droite et de gauche légèrement infléchie. L’anomalie signalée par M. Morache est
- assez fréquente, elle est due à la réfraction des rayons solaires qui, au moment du lever, traversent sous une incidence rasante les couches atmosphériques. Ces effets de réfraction donnent parfois au soleil la forme la plus étrange.
- M. L. Astruc, à Béziers, nous envoie une reproduction grandeur naturelle d’une dent de poisson fossile. « Cette dent, nous informe M. Astruc, est dans un état de conservation remarquable; l’émail au-dessus et au-dessous, les stries qui la terminent sur les bords, tout est bien conservé. Je suis persuadé, d’après toutes les personnes compétentes qui ont vu cette dent, qu’elle est d’une grande valeur. » La dent que nous signale M. Astruc est celle d’un carcharodon mégalodon de l’époque miocène. A en juger par le dessin, c’est en effet un très bel échantillon.
- MM. Rocca, Tassy et de Roux, à Marseille, nous présentent quelques observations au sujet d’un passage de l’article publié dans le n° 1518 du 28 juin, page 55, sous le titre « le Beurre de Karité » et la signature de M. Léon Bichat. Voici le passage en question : « Le beurre de Karité n’a pas, comme d’autres beurres végétaux analogues, par exemple la végétaline tirée de l’intérieur de la noix de coco desséehée ou coprahs, et déjà très employée en Allemagne, l’inconvénient de fondre à une température de 50° ». Voici maintenant ce que nous écrivent à ce propos nos correspondants : « Nous nous permettons de vous faire connaître que le mot La Végétaline est notre marque de fabrique, déposée par nous-mêmes en France à la date de juin 1897. Nous avons donné cette marque au beurre de coco épuré comestible, de même qu’il existe en AUemagne, en Angleterre et ailleurs, des marques de fabrique appartenant à d’autres industriels pour désigner le beurre de coco épuré de leur fabrication.... Le nom de « Végétaline » est donc notre propriété exclusive et nous nous sommes permis de vous adresser cette lettre aussi bien dans le but de vous éclairer complètement à ce sujet, que pour défendre la propriété de notre marque. »
- Renseignements. — M. S., à P. — Nous ne pouvons nous occuper que d’appareils tout construits et qui ont fait leurs preuves.
- M. L. Ratault, à Montchanin-les-Mines; M. de Langre, à Paris. — La réponse de l’auteur que nous avons consulté, lèvera vos doutes.
- M. Monnoyer. — Adressez-vous à M. Hue, pharmacien de lre classe, à Vannes (Morbihan).
- M. Duiroyard, à Paris. —11 n’y a aucun inconvénient à prendre une douche en pleine transpiration ; souvent même on provoque la sudation.
- M. E. F aria, à Villa Nova de Familicad. — Adressez-vous à M. le Dr Garrigou, 38, rue Valade, à Toulouse.
- M. Monnet, à Fort National. —• Voyez à ce sujet l’article de M. de Parville dans le Journal des Débats du 17 juillet, et le n° de juin de la Revue d’Hygiène, librairie Masson et Cie.
- il/. T. N., à Lille. — L’adresse demandée est 1, rue de la Bourse, à Paris, et le prix de l’abonnement est de 10 francs par an.
- M. le Mis d’Urre d’Aubais, à Constantinople. •— 1° Le courant d’un accumulateur variera avec la résistance du circuit dans lequel il se trouve.— 2° Ün accumulateur ayant 60 ampères-heure de capacité, par exemple, pour une déchargeen 10 heures, aura une capacité sensiblement moindre si l’on réduit le temps de cette décharge en forçant le courant. La capacité varie d’ailleurs avec la quantité de matière active dans l’élément, et celle-ci est évidemment liée à l’épaisseur des plaques, mais suivant une loi qui varie elle-même pour chaque type particulier d’accumulateurs.
- M. G. Guïotton, à Tien-tsin (Chine). — Votre lettre a été transmise à l’ingénieur en chef de la Société autrichienne de l’éclairage par incandescence au gaz et à l’électricité, à Vienne.
- M. F. Cous tan, à Perrégaux (Algérie).— Votre lettre a été envoyée à destination.
- M. C. Millelire, à Jannina. — C’est précisément pour éviter ces complications dues à l’inégalité des jours que les astronomes ont imaginé un soleil fictif dont le mouvement est régulier et qu’on appelle le soleil moyen. L’intervalle entre deux passages au méridien de ce soleil est le jour moyen et sert d’unité de temps civil.
- Accusés de réception. — Avis ^divers. — M. E. Bazan, à Séville. Il faudra attendre encore au moins deux mois. — Jflle Ta-niouska, à Odessa. Reçu notice, remerciements. — M. C'ahen, à Paris, M. Widor, à Lyon. La formule est donnée dans les Recettes et procédés utiles, |lre série, à la librairie Masson. — En jeune abonné, à Nantes. Cela n*us est impossible, regrets.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouveau sécateur-eueilleur. — Ce nouveau sécateur, grâce à sa construction spéciale, a le double avantage de réunir aux qualités du sécateur ordinaire celle de sécateur-eueilleur, ne différant du sécateur ordinaire que par l’addition d’un ressort en acier trempé A. Il permet la taille des arbres et, en général, tout ce qui se fait habituellement à l’aide du sécateur, car l’addition du ressort, qui est d’ailleurs démontable, ne gène en aucune façon. L'avantage de cet appareil sur tous les articles similaires est qu’il ne nécessite qu’une seule main pour cueillir et maintenir la fleur ou le fruit coupé ; on peut donc, ayant toujours une main libre, confectionner aisément un bouquet, tout en évitant les égratignures, piqûres ou déchirures occasionnées par les épines. Le sécateur-eueilleur est encore très apprécié pour cueillir certains fruits qui ne doivent pas être touchés avec les doigts et dont le duvet doit être conservé. On fabrique également une douille spéciale se montant à l’extrémité d’un manche et permettant de transformer le sécateur-eueilleur en échenilloir ou en cueilleur à distance. Le nouveau sécateur-eueilleur se trouve chez M. Dalphin, à l’établissement horticole de Yillemomble (Seine).
- La fixette. — La fixette est une nouvelle application du bouton à pression bien connue comme fermeture de gants. Elle constitue un serre-nœud empêchant le haut des bottines et des souliers de se dénouer ; chacun sait combien il est désagréable de s’arrêter fréquemment en cours de route pour renouer ses lacets de chaussures défaits : la fixette peut rendre des services. Elle se compose d’un simple ruban élastique
- La Fixe)
- aux deux bouts duquel sont fixées les deux parties du bouton métallique ; le nœud se fait comme à l’ordinaire, et les deux extrémités de la fixette sont ensuite rabattues sur le nœud, enserrant celui-ci comme dans une pince, rendant le dénouement absolument impossible. Les avantages de la fixette sont : l’élégance en raison de sa petitesse ; l’efficacité absolue ; enfin et surtout, elle ne déchire pas le bas des jupes, jupons ou pantalons. La fixette se fait en noir et en jaune ; elle se trouve à la maison Ed. Sehxveitzer, 20, rue Taitbout, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Engrais pour plantes en pots.— Cet engrais a été imaginé par le professeur P. Wagner, de Darmstadt, et on le compose en dissolvant 30 grammes de phosphate d’ammonium, 25 gr. de nitrate de soude, autant de nitrate de potasse et enfin 20 gr. de sulfate d’ammonium dans 100 litres d’eau.
- - Ciment résistant à l'humidité. — En broyant un peu de bichromate dans une colle épaisse (seccotine entre autres), on obtient un ciment qui permet de réunir parfaitement des morceaux de porcelaine ou faïence. (Ne pas préparer le mélange longtemps avant de s’en servir.) Après dessiccation dans l’obscurité, on expose à la lumière pendant un temps assez long, car le
- ciment est peu perméable pour les rayons lumineux, il devient insoluble et résiste admirablement à l’humidité. Un boj en porcelaine contenant une éponge de toilette toujours humide reste parfaitement recollé depuis 6 semaines. Si l’on tente de mélanger le bichromate dans tout le tube de seccotine, on arrive à un insuccès. Quoique renfermé dans son récipient d’étain la colle se durcit après quelques jours. (Communiqué par M. le comte d’Aucourt.)
- Encre à marquer le linge. — A de l’encre de Chine un peu épaisse ajouter une colle de gélatine bichromatée, on obtient une encre qui, exposée à la lumière, devient insoluble ët résiste aux lavages avec l’avantage de ne pas brûler le linge. (Communiqué par M. le comte d’Aucourt.)
- Poudre à nettoyer les gants, t- Mêler les ingrédients suivants dans les proportions indiquées : CO parties de bol blanc, 50 parties de poudre de racine d’iris, puis 7 1/2 parties de savon pulvérisé,' 15 parties de borax également en poudre et 2,5 parties de chlorure d’ammonium. Pour employer cette poudre, on humecte les gants avec un linge mouillé, puis on gratte de la poudre sur leur surface, et on brosse ensuite quand le tout est bien sec, et pour enlever la poudre.
- Pour polir l’acajou. — On recommande tout simplement, avant de se livrer au polissage proprement dit, de frotter l’acajou avec de l’huile, de préférence de la bonne huile siccative où l’on aura fait tremper et dégorger de la racine d’arcanette jusqu’à ce que l’huile soit devenue d’un beau rouge sombre.
- Enduit imperméable pour bottes et souliers. — Cette préparation est recommandée par une excellente publication, National Druc/gist. Elle consiste à faire fondre ensemble, sur un feu doux, oO parties d’huile de lin, 15 parties de graisse de mouton,- autant de cire jaune et enfin une à 3 parties de résine. Quand la mixture est devenue bien homogène, on lui laisse faire un bouillon, mais non prolongé, puis on retire du feu, et c’est quand"elle n’atteint plus qu’une température d’environ 60° C., qu’on l’applique sur les chaussures à imperméabiliser.
- L’enduit doit être renouvelé de temps à autre, et la première fois qu’on traite ainsi des chaussures, il est bon d’en passer deux couches; de toute façon, l’application se fait au moyen d’un pinlpeau, et il importe de faire pénétrer l’enduit sur les bords des souliers, près de la couture dans l’angle que forme la * semelle.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,a gelée à Troyes. — A Troyes, dans ta nuit du 11 au 12 juillet, le thermomètre est descendu à 0° ; en certains endroits il a gèle.
- Orages. — Dans les semaines du 6 au 13 juillet eÇ du 13 au 20juillet, un grand nombre d’orages se sont abattus en diverses régions de la France. Le 11 juillet, des orages de grêle ont lait de grands dégâts dans les cantons de Thuir (arrondissement de Perpignan), Arles-sur-Tech, Prats-de-Mollo (arrondissement de Céret). A Amélie-les-Bains, les vitres et les lucarnes ont été brisées ainsi que plusieurs vitrines de magasins. A Llo et à Saillagouse (arrondissement de Prades), une trombe d’eau et de grêle s’est abattue et plusieurs maisons ont été inondées. A la même date, de violents orages ont éclaté dans le département de la Loire. A Firminy, la foudre est tombée à trois reprises. A Charlieu, une véritable trombe d’eau et de grêle a haché les récoltes, brisé les vignes, enlevé des toitures de maisons, renversé des poteaux télégraphiques. Dans le canton de la Pacaudière, d’énormes grêlons ont détruit une grande partie des récoltes.
- Un orage des plus violents s’est abattu le 15 juillet, dans la matinée, sur Paris, de 9 heures à 11 heures. La foudre est tombée deux fois à Montmartre, sur deux endroits de la rue Yéron. Le premier coup a éclaté à 9b 30. La foudre est tombée sous la forme d’une boule de la grosseur d'un ballon d’enfant au milieu de la rue Yéron. Elle s’est dirigée vers le seuil de la porte du n" 11 qui est occupé par un marchand de vin. Puis elle a éclaté et disparu sans laisser de traces. Dans la rue des Abbesses, qui est parallèle et un peu plus élevée, on a vu au même moment un trait de feu très vif et très rouge suivre pendant une ou deux secondes la file des maisons limitrophes de la rue Véron. Le second coup est tombé sur une cheminée de la rue Véron et a occasionné quelques dégâts. Mais personne n’a été blessé. La foudre est également tombée sur la cheminée de l’ustie de M. Nivette, tèinturier, rue de Crimée, provoquant un commencement d’incendie, qui a pu être rapidement éteint par les pompiers.
- Le 15 juillet également, un violent ouragan a passé sur Chalon-sur-Saône, dans la matinée, de 6 à 7 heures, a brisé des arbres, renversé des maisons; une pluie torrentielle a inondé les rues.
- Le 16 juillet, un grand orage a eu lieu à Saint-Etienne, la pluie est tombée en abondance ainsi que la grêle, les éclairs et le tonnerre ont fait rage. Une partie de la ville a été inondée ; les services des tramways électriques et à vapeur ont été suspendus. Les dégâts ont été considérables.
- Température. — La température a été très élevée eit France, surtout le 14 juillet. On a noté à Paris une moyenne de 22°,8 avec un maximum ci* 32°,7; la température a atteint 36° à Clermont-Ferrand, à Toulouse; 35° à Nancy, 34° à Bordeaux, 33° à Paris.
- Sécateur-eueilleur.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédtcton des Nou-relies scientifiques est étrangère aux annonces.
- PHASES DE LA LUNE
- j P. Q., le 12, à 0 h. 36 du soir. ( P. L., le 20, à 4 h. 54 du soir.
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- BULLETINS METEOROLOGIQUES
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint~Maur, altitude 49m,30). — Bureau central météorologique de France.
- JUILLET (902. - SEMAINE DU LUNDI 7 AU DIMANCHE 13 JUILLET
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT , DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 7 juillet. . . . 20°,1 N. E. 1. Peu nuageux. 0,0 Rosée; peu nuag. jusqu’à 14 h.; beau ensuite; brumeux.
- Mardi 8 20u,8 N. E. 0. Peu nuageux. 0,0 Rosée: peu nuag. de 7 à 9 h.; beau ensuite; brumeux.
- Mercredi 9 19°,0 S. 0. Beau. 0,0 Rosée; peu nuag. à 22-23 li. ; beau le reste du temps; „ éclairs au S.-S.-E. à partir de 23 h.
- Jeudi 10 lo°,l W. N. W. 3. Couvert. 0,7 Eclairs du S.-S.-E. à PE. à 1 h.; très nuag. jusqu'à 20 h.; beau ensuite; pluie à 5 b. et à 20 h.
- Vendredi. il ..... li°,l W. N. W. 3. Quelques éclaircies. 0,9 Très nuag. jusqu a*15 h.; puis nuag.; beau après 19II.
- Samedi 12 13°,1 E. 1. Beau. 0,0 Rosée; nuag. de 10 h. à 13 h. et à 19 li. ; beau le reste du temps.
- Dimanche 13 12°,7 E. N. E. 1. Nuageux. 0,0 Rosée ; halo et arc circumzénithal ; très nuag. entre 7 et 13 b.; peu nuag. avant et après.
- JUILLET 1902. -- SEMAINE DU LUNDI 14 AU DIMANCHE 20 JUILLET
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMETRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi li juillet. . . 17°,1 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Rosée ; beau.
- Mardi 13 22",4 N. E. 2. Nuageux. 0,0 Rosée; orage de 8h.25 à 10 h. 55 avec pluie; halo; nuageux le matin; beau le soir.
- Mercredi 16 18*,1 ' N. N. E. 2. Peu nuageux. 7,4 Rosée ; halo ; peu nuageux.
- Jeudi 17. 16°,4 N. 2. Beau. 0,0 Rosée ; beau le matin ; nuageux le soir.
- Vendredi 18 15°,3 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Très nuageux; gouttes.à 5. h. 45 et 7 h.
- Samedi 19 13° ,6 N. E. 2. Beau. 0,0 Rosée; halo à 14 h. Beau de 4 h. à 7 h.; nuageux le . reste du temps. ...
- Dimanche 20 ... . 13%5 N. 2. Couvert. 0,0 Rosée; couvert; gouttes; pluie de 20 h. 30 à 24 h.
- Mardi
- Mercredi
- Yeudredi
- . Samedi
- Dimanche
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inferieures, la dwection du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer$; courbe plus mince, thermomètre à Vabri à boule 'sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à Vabri à boule mouillée.
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- 1523 (2 août 1902), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g)__ M. Albert Gaudry, de-l’Inslitut, l’éminent professeur de paléontologie au Muséum d’histoire naturelle, a été admis à la retraite sur sa demande et pour ancienneté d’âge et de services. M. Gaudry a été nommé professeur honoraire.
- —g>— Le 27 juillet a. eu lieu à Clermont (Oise), f’inaugura-tion d’un monument élevé à la mémoire de l’astronome Cassim de Thury. M. Wolff, membre de l’Institut, a représenté le ministre de l’Instruction publique à cette cérémonie.
- —(§)— M. Trouillot, ministre du commerce et de l’industrie, a soumis à -la signature du Président de la République un décret réglementant l’emploi de la céruse dans les travaux de peinture en bâtiment. Ce décret est ainsi conçu : « Article premier. La céruse ne peut être employée qu’à l’état de pâte dans les ateliers de peinture en bâtiment. — Art/2. Il est interdit d’employer directement avec la main les.produits à base de céruse dans les travaux de peinture en bâtiment. — Art. 3. Le travail à sec.au grattoir et le ponçage à sec des peintures au blartc de céruse sont interdits. — Art. 4. Dans les travaux de grattage et de ponçage humides, et généralement dans tous les travaux de peinture à la céruse, les chefs d’industrie devront mettre à .la disposition de leurs 'ouvriers des surtouts exclusivement affectés au travail, et ën prescrivant l’emploi. Ils assureront le bon entretien et le lavage fréquent de -ces vêtements. Les objets nécessaires aux soins de propreté seront mis à la disposition des ouvriers gur le lieu même du travail. Les engins et outils seront tenus en bon état de propreté, leur nettoyage sera effectué sans grattage à sec. — Art. o. Les chefs d’industrie seront tenus d’afficher lé texte du présent décret dans les locaux où se font le recrutement et la paye des ouvriers- »
- —g—• Dans les départements de la Vendée, des Deux-Sévres et de la Charente, beaucoup de communes ont été envahies par la sauterelle dite : caloptenus italicus, qui, l’an passé, a fait tant de ravages. Le printemps de cette année, froid et pluvieux, a retardé de plus d’un mois l’éclosion, et il est à supposer que les plantes, telles que choux, betteraves et autres auront assez de force de végétation pour supporter la morsure de cet acridien. Quoi qu’il en soit, les préfets viennent de prendre des arrêtés pour la destruction de ces insectes encore à 1 état de larves, en recommandant les moyens indiqués par M. Kunckel d’Herculais, délégué dans la région par le ministère de l’Agriculture. L’éclosion se produit généralement sur les talus de chemin de fer et les larves bien souvent couvrent la voie. A la gare de la Jarrie près La Rochelle, le cendrier des machines vient d’en détruire un grand nombre. Il nous faut aussi parler des grosses sauterelles vertes et des brunes, véritables locustides carnassières, que l’on ne doit pas détruire, puisque elles-mêmes sont des ennemies du criquet.
- —g)— L’Académie impériale des sciences de Vienne a décidé, dans sa séance générale du 26 juin, de charger un de ses membres, le professeur Hugo Schuchardt, de Gratz, de suivre le mouvement qur tend à l’adoption d’une langue auxiliaire internationale, et d’en rendre compte à l’Académie. Cette décision a été prise à la suite de démarches faites auprès de l’Académie par plusieurs de ses membres (notamment les professeurs Mach et Gomperz) en faveur de la Délégation pour l’adoption d’une langue auxiliaire internationale dont le secrétariat est à Paris, 6, rue Vavin. Le professeur Hugo Schuchardt est un des plus illustres philologues de l’Europe ; l’Institut de France lui a décerné en 1884 le grand prix Volney et il a depuis longtemps émis une opinion favorable sur la possibilité e*t l’utilité d’une langue internationale artificielle.
- —g)— Un nouvel accident est encore survenu avec les plots des tramways électriques, à Paris. Un passant se trouvait dernièrement sur la place de la République, lorsque traversant la ligne du
- tramway de l’Est-Parisien, il posa le pied sur un plot. Il reçut une commotion violente et fut renversé. Des passants le relevèrent et le transportèrent dans une pharmacie où l’on constata qu’il ne portait aucune blessure apparente ; mais, quand il revint à lui, il lui fut impossible de proférer une parole. On a dit que par un accident le courant électrique était resté sur le plot. Dans ces tramways, en effet, le courant électrique ne doit être sur les plots que lorsque la voiture se trouve au-dessus.- Dès que la voiture est passée, le courant électrique doit être supprimé. Un dispositif _a même été imaginé pour établir un court-circuit et couper la ligne si le courant se trouve encore sur le plot au moment même où l’extrémité de la voiture passe au-dessus. Il serait nécessaire de veiller strictement au bon fonctionnement de ces tramways pour éviter de terribles accidents.
- —g)— Une statue de bronze grecque, de haute valeur, vient d’être découverte en des fouilles faites dans une propriété particulière, près de Torre-Annunziata, au sud de Pompéi. Cette statue représente Hercule au repos, assis sur un bloc de pierre et le bouclier appuyé à l’épaule. De style lysippe, soit du quatrième siècle avant Jésus-Christ, elle rappelle le fameux Hercule Farnèse. Une autre trouvaille archéologique a été faite ces jours-ci dans la nécropole des anciens Picenum, à la porte même d’Ancône. C’est une tombe, toute blanchie intérieurement, contenant un squelette féminin et quantité d’objets. Ainsi on en a retiré des tissus d’or, un vase à onguent en argent, une planchette, un miroir circulaire, une breloque, deux bracelets, quatre anneaux de coffret, deux fragments d’anneau de doigt, tous en bronze; un fuseau terminé en tlèche, un cylindre tourné, une coquille d’œuf, des mascarons, des feuilles de palme et d’acanthe en os, une petite amphore à anses, trois lacrymarium ellipsoïdes en terre cuite, une autre amphore très élégante en albâtre, une lance et des écailles de pierre. Ces objets sont allés enrichir le musée d’objets antiques d’Ancône.
- —(g)— Le Bulletin technologique décrit un procédé nouvea* et fort simple de détartrage, dû à M. Kopp : on affirme que le résultat de la méthode est excellent. Cette méthode consiste à chauffer la tôle à désincruster èn un certain nombre de points seulement : la chaleur se localise, l’inégale dilatation détermine des lignes de rupture, et le tartre tombe sous forme d’éeailles, qui sont du reste projetées assez loin. Le chauffage local se fait au moyen du dard d’un chalumeau, qui donne une flamme effilée, et comme cette flamme n’est appliquée que peu de temps et que la conductibilité du métal dissémine la chaleur, aucun effet mauvais n’en résulte pour les tôles. On se trouve bien d’employer un chalumeau un peu spécial et à 3 lances, et aussi d’humeeter un peu le tartre.
- —g)— Le transatlantique Deutschland était jusqu’ici le détenteur du record de la vitesse en mer. Ce record vient d’être battu mais de bien peu, 0,02 nœud seulement, par le Kronprinz-Wilhelm qui a couvert la distance New-York-Plymoulh (4979 km) en 3 jours 11 heures et 32 minutes, ce qui correspond à une vitesse de 47,3 km à l’heure.
- —g)— Bon nombre de personnes seront étonnées d’apprendre qu’il existe des animaux couturiers. Le Cisticole Schœnicole, qui habite le Sud de l’Espagne, de l’Italie, la Grèce et l’Algérie, utilise du fil provenant de toiles d'araignées et du duvet de certaines plantes, pour coudre et assembler solidement les feuilles qui lui servent à la confection de son nid. Il a soin de percer à l’avance des trous dans ces feuilles. L’Orthotome à longue queue fait aussi ce qu’il veut avec son bec. L’un des nids de cet oiseau, observé par Hutton, avait des parois formées de roseaux, de coton, de fils de laine solidement entrelacés, sa cavité était tapissée de crins de cheval et il était placé entre les deux feuilles d’une branche d’Amalthée cousues au moyen d’un fil de coton tissé par l’oiseau lui-même.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans l’article sur l’emploi des engrais chimiques dans le potager et le verger, publié dans le n° 1518, du 28 juin 1902, p. 54, il y a lieu d’apporter quelques modifications. Le tableau donnant différentes formules d’engrais, contient 6 colonnes qui doivent être numérotées de 1 à 6. Les mots au choix, placés au-dessus des colonnes, se rapportent à deux colonnes successives : 1 et 2, 3 et 4, 5 et 6. L’engrais de la colonne 1 exclut celui de la colonne 2 et réciproquement, et ainsi de suite.-.
- Adresses relatives aux'appareils décrits. — Pour le treuil de remorquage amortisseur, s’adresser à M. G.-E. Solev, 19, Castle Street, Liverpool.
- Communications. — M. l’Administrateur délégué de la Compagnie française de l’Acétylène dissous, à Paris, nous écrit : (( La chronique que vous avez bien voulu consacrer dans votre n“ 1521, du 19 juillet, p. 110, à notre chalumeau à acétylène, contient une indication inexacte. Nous faisons usage d’acétylène et d’oxvgène, mais nous n’employons nullement l’éther. La chaleur développée par le chalumeau oxy-acétylénique est, comme vous le dites, énorme, ainsi qu’il résulte de la rapidité avec laquelle on fond des substances très réfractaires, mais la Compagnie française de l’acétylène dissous n’a indiqué aucune valeur numérique pour la température obtenue. Tout ce qu’on peut dire est que la température est supérieure à celle du chalumeau oxhydrique et comparable à celle de l’arc électrique, puisque notre chalumeau réalise, comme ce dernier, la fusion de la chaux qui résiste au dard oxhydrique. »
- M. Bally, dont le nom avait été mal orthographié par suite d’une erreur de lecture, adresse un complément à sa communication insérée dans la Boîte aux Lettres, n° 1516, du 14 juin :
- « Dans le n° 1520, du 12 juillet, M. le baron Nothomb vous prie de me signaler le train 1280, Amiens-Laon, comme battant tous les records que j’ai indiqués. Si je n’ai pas parlé de ce train, c’est qu’il y avait une erreur d’impression sur l'Indicateur. Le-trajet Amiens-Laon est effectué non en 62, mais en 82 minutes,, ce qui donne encore près de 80 kilomètres à l’heure, chiffre remarquable pour une ligne qui, bien que parcourue à grande vitesse par le Calais-Bâle, est une ligne transversale coupant la grande artère Paris-Cologne à l’importante gare de Tergnier où il faut ralentir. Les renseignements complets et surtout les distances très exactes que j’ai données montrent que j’ai eu d’autres renseignements que ceux fournis par l'Indicateur. Je dois pourtant rectifier la marche du train 67 (Méditerranée-Calais). Ce train a, lui aussi, été accéléré depuis le 3 juin et sa marche prévue est celle-ci :
- Paris-Calais : 297km,2, en 5h5.
- Vitesse commerciale : 96,4
- Vitesse moyenne de marche : 98,5 Plus grande vitesse entre deux arrêts : Paris-Amiens, 150km,6 en lh 17 ; soit 104km,8 à l’heure. Ce train est actuellement le plus rapide du monde entier. Votre correspondant dit aussi qu’il a pris le Nord-Express et que la vitesse n’a pas dépassé 410 kilomètres à l’heure. C’est très possible. J’ai dit que le maximum de 420/125 était fréquemment atteint; je n’ai pas dit qu’il le fût toujours. La Compagnie du Nord a fait construire des machines extrêmement puissantes qui lui ont permis d’augmenter la vitesse sur les rampes, sans pour cela dépasser sur les pentes le maximum réglementaire ; c’est-à-dire quaujourd’hui la vitesse réelle se rapproche beaucoup plus qu’autrefois de la vitesse moyenne théorique. Néanmoins, avec
- la marche des nouveaux trains, le moindre retard (et il s’en produit encore souvent, surtout avec les trains de marée) exige, pour être regagné, une allure ultra-rapide. Je répète-donc que le maximum de 120/125 est fréquemment atteint, et je puis assurer que, bien que l’on cherche à rester dans les limites prescrites, on a cependant constaté la vitesse de 132 kilomètres à l’heure. Que votre correspondant me permette encore de lui dire en terminant que le Nord-Express, dans lequel il a voyagé, est un train remarquable non seulement par ses vitesses qui sont de : 92,8 Paris-Saint-Quentin et 89,3 Saini-Quentin-Jeumont (cette dernière en rampe presque continue de 2 et 3 millimètres par mètre), mais encore par le tonnage remarqué qui atteint parfois près de 500 tonnes. » L’erreur de l’Indicateur a sans doute été rectifiée, car M. Chenelière (voir Communications du n° 1522, du 26 juillet 1902) trouve 82 minutes pour le trajet Amiens-Laon; et nous trouvons comme lui.
- M. L. Dumas, à Ciney, nous envoie une étude qui a pour titre : Les cyclones et VAgriculture et les Saints de glace. C’est un extrait de L’ingénieur agricole de Gembloux que publie l’imprimerie typographique et lithographique Latour-Beugnies, à Ciney.
- Renseignements. — M. Vallon, à La Varenne. — Adressez-vous à la Société de la « Glow-Lampe », 8, boulevard des Capucines, Paris.
- M. J. D. L, àM. — Le plus simple serait de s’adresser directement à MM. Andersen et Nicholson, professeurs à l’Université Macgill, de Montréal, Canada.
- M. E. Ledac, à Bordeaux. — 1° Pour le soudage de l’aluminium, voir les Becettes et Procédés utiles, 1", 4' et 5e séries; à la librairie Masson. — 2° Adressez-vous à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à P,iris.
- M. M. Dugas, à Pont-Audemer. 11 n’existe pour les-monteurs électriciens que les cours du soir pendant l’hiver. Vous pourriez vous adresser à MM. Mildé fils, 51, avenue Niel, à Paris, qui ont fondé une école d’apprentissage.
- M. L. D. Iconomopoulos. —; Adressez-vous pour ces deux questions à M. Huë, pharmacien, à Vannes (Morbihan).
- M. L. Bussac, à Villeneuve-sur-Lot. — M. Bert, 7, boulevard Saint-Denis. M. Delage, 90, boulevard Richard-Lenqir, à Paris.
- M. Berthou, à Lyon. — Informez-vous auprès de M. Douane,. 25, avenue Parmentier.
- M. G. Coste, à Montpellier. — 1° Ces appareils se trouvent chez MM. Grosjean, 12, rue des Patriarches ; Péret, 23, passage Alexandrine ; Walter-l’Ecuyer, 158, rue Montmartre; Prest, 4 et 6, rue de Lappe, à Paris. — 2° Les opticiens ont souvent des instruments d’occasion. 31. Secrétan, 41, quai de l’Horloge» à Paris, a en ce moment une bonne lunette d’occasion, prix : 200 francs environ, objectif 20 “m. Voici d’autres opticiens î 31M. P. Gautier, 56, boulevard Arago ; Mailhat, 59 et 41, boulevard Saint-Jacques, à Paris.
- M. Boissoneau, à Paris. -— 11 n’y a pas de température fixe pour bains, on choisit celle qui convient le mieux à son tempérament et au but qu’on a en vue. En hydrothérapie, la température de l’eau chaude administrée sous différentes formes, bains, douches, etc., varie de 35 à 45°, limite supérieure qu’il ne faut pas dépasser.
- M. Michaud, à Reims. — La formule suivante donnée dans les Becettes et Procédés utiles pour l’étamage de la fonte, pourrait convenir : dissoudre dans de l’acide chlorhydrique 89 parties d’étain, 6 de nickel et 5 de fer, on obtient ainsi un étamage plus blanc et plus dur que l’étain et adhérant fortement à la fonte. Voir aussi la recette pour l’argenture artificielle des Lois et métaux donnée dans la 5me série des Recettes et Procédés utiles, librairie Masson et Cie, et dans laquelle, bien entendu, on ne fait pas usage d’argent.
- M. G. S., à Beauvais. — 1° MM. Brewer frères, 76, boule-1 vard Saint-Germain; mais il faudra commander le calcimètre à l’avance et il coûtera 50 francs environ. — 2° Vous pourriez vous adresser à M. J. Richard, 5, rue Lafayette, ou à 31. H. Secretan, 13, place du Pont-Neuf, Paris; mais nous doutons que vous puissiez trouver cet instrument à meilleur compte.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Lanthenay, à Nîmes. Envoyez-nous aussi les chiffres que vous obtiendrez au cours de l’expérience. — M. Dombes, à Neuilly. Les angles opposés sont supplémentaires. — M. Steiger, à Cannes. Les Recettes et procédés utiles, 4,e série, à la librairie Masson et Cie, donnent trois formules. — M. de Gébert, à l’Ile Maurice. Voyez le même petit livre, 5' série. — M. A, Aimé, à Niort. Remerciements pour votre communication que nous publions.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui. sont signales par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres repues avant le hindi qui précède la date de la livraison.
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- DANS LE MÉTROPOLITAIN
- Texte et dessin de A. Robida.
- 1. L'ne erreur. - C’est ici le Métropolitain? — iSon, la descente à côté. — 2. Une gare. Faite, en le voit bien, jour avaler beaucoup de voyageurs. — 3. Ces serpents à sonnettes électriques indiquent les gares secondaires. Des lignes amusantes et bien nouvelles, d’ailleurs. — 4. Au guichet. Hurrali ! le Métropolitain va vite ! Les voyageurs courent aux abords des gares, se précipitent dans les escaliers, trottent dans les couloirs,' galopent en passant aux guichets. — 5. Sur le quai de la station. Les voyageurs sont électriques aussi et ne tiennent pas en place. Les affiches-réclames empêchent peut-être un peu de voir le jaysage. — 6. Dans le wagon pris d’assaut. Coup de tampon du départ. — 7. Les voyageurs du couloir. Essais de compressibilité des voyageurs comme on l’a dit ; on n’est pas encore parvenu à savoir combien chaque wagon pouvait en contenir, cela dépend de la proportion des maigres et des obèses.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Sel frigorifique « Boreol ». — On sait la difficulté que l’on éprouve pour se procurer de la glace, ou simplement de l’eau fraîche, pendant l’été, aussitôt qu’on s’éloigne des grands centres possédant des fabriques de glace artificielle. On a bien la ressource d’employer des mélanges réfrigérants; mais, pour les faire, il faut généralement réunir plusieurs produits chimiques différents exactement dosés et dont l’emploi n’est pas toujours très commode. Pour remédier à cet inconvénient, M. H.
- Desmarest a trouvé un sel unique obtenu par la cuisson à 120° d’un sel de soude, dont la puissance frigorifique est considérable et qu’il suffit de mélanger avec 60 pour i 00 d’eau pour obtenir un bain réfrigérant ayant, au minimum, une température de 16° centigrades inférieure à celle de l’eau employée pour le mélange. Ce produit cristallisé, appelé « Boreol », ne contient aucune trace d’ammoniaque, n’a pas d’odeur et se conserve indéfiniment. Avec 1 kilogramme de Boreol, il est ossible de rafraîchir environ 3 litres d’eau à une température e + 10°. — Pour tous renseignements concernant le,Boreol, s’adresser à M. Coûteux, 57, rue des Archives, Paris.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE BN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 21 juillet. . . U*,l N. 3. Quelques éclaircies. 6,5 Presque couv. ; pluie cesse vers 5 h. 30 et quelquefois des gouttes; halo solaire, grand halo et halo circonscrit.
- Mardi 22 12",1 W. 2. Couvert. 0,1 Rosée ; couv. ; quelquefois des gouttes.
- Mercredi 23 13%2 S. W. 2. Couvert. 0,3 Couv. ; pluie à plusieurs reprises entre 4 et 10 h.
- Jeudi 24 14*,3 S. E. 1. Très nuageux. 0,3 Rosée ; très nuageux.
- Vendredi 23 16*,0 W. 0. Quelques éclaircies 0,0 Rosée ; très nuag. ; halo solaire.
- Samedi 26 19*,5 S. S. E. 2. Quelques nuages. 0,0 Nuag. jusqu’à 19 h.; beau ensuite; grande poussière; éclairs du S. à l’E. à partir de 22 h.
- Dimanche 27 ... . 17°,8 S. W. 4. Quelques éclaircies. O O * Très nuag.; éclairs au S.-E. jusqu’après 1 h.; gouttes à 5 h. 5 et 10 m.
- JUILLET 1902. — SEMAINE DU LUNDI 21 AU DIMANCHE 27 JUILLET
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mery. courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre a l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- La pluie en France. — Dans la semaine du 21 au 27 juillet, les pluies ont été peu abondantes, mais presque générales. Le 22 juillet, on a recueilli 17 inm d'eau à Charleville, 8 mm à Nancy, 4 mm à Lyon, 4 mm à Dunkerque. Le 23 juillet, il est tombé 6 mm d’eau au Havre, 4 mm à Nancy, 3 mm à Dunkerque, 2 mm à Brest, 1 mm à Paris. Le 24 juillet, on a recueilli 4 mm d'eau au Havre, 4 mim à Belle-Isle et 4 mm à La Coubre.
- Le 23 juillet, il est tombé 6 mm d’eau au Mans, 6 mm à Limoges, S mm à Lyon, 2 mm à Charleville ; des orages ont été signalés à Lyon et au mont Aigoual. A Paris, le temps a été très nuageux toute la journée; il est tombé quelques averses aux environs de Paris. A signaler encore d’autres pluies le 26 juillet : 3 mm d’eau à Cherbourg, 2 mm à Brest, et le 27 juillet : 23 mm d’eau à Clermont, 9 mm à Besançon, 2 mm à Cherbourg. Pluie à Paris et aux environs le 27 juillet.
- Orages. — Inondations. — Un 'violent orage s’est déchaîné le 21 juillet dans l’après-midi, sur la ville de Kief, en Russie; de gros arbres ont été déracinés : une pluie diluvienne, accompagnée de grêle, a causé l’inondation de beaucoup de sous-sols servant de logements; on y a trouvé 13 personnes mortes. Dans beaucoup de rues, l’éau était à la hauteur de près d'un mctre au-dessus du sol, et, dans certaines parties de la rue principale, elle atteignait plus d’un mètre. Le talus du chemin de fer a été en partie emporté ; la circulation des trains a dû être suspendue. A 8 heures du soir, il tomba une nouvelle averse qui transforma les rues en torrents.
- La pluie était accompagnée de grêlons qui brisèrent toutes les vitres.
- Le 21 juillet, aux Etats-Unis, un ouragan a ravagé la ville de Baltimore. Une église a été détruite, les quais du port ont été démolis, les toitures des maisons enlevées. A la même date le Mississipi a débordé en amont de Saint-Louis ; l’eau a recouvert les récoltes. Les dégâts ont été considérables ; ils sont évalués à plus de 30 millions de francs.
- Une violente tempête de vent et de grêle a sévi le 26 juillet à Cologne et aux environs. A Merkenich, des maisons et des granges ont été jetées bas. A Jülich, beaucoup de cheminées d’usines ont été renversées ; il y a eu deux morts et de nombreux blessés. Un réservoir d’eau, en forme de tour, s’est effondré. Dans une chambre de chaudières, un incendie a éclaté.
- A Kirchberg, on signale de nombreux blessés. A Eschweiler, les bâtiments d'une tannerie ont été détruits.
- Une tempête d’une grande violence s’est abattue et a soufflé toute la journée sur l’Angleterre, samedi 26 juillet. A Londres, une des estrades élevées à l’occasion du couronnement s’est effondrée par suite de la violence de l'ouragan et a blessé dans sa chute trois personnes ; un cheval attelé à un cab a été renversé et le cocher a été projeté de son siège.
- Tremblements de terre. — Il se confirme que depuis le 24 juillet des secousses sismiques se succèdent entre Santander et les Asturies, accompagnées de bruits souterrains.
- Un cratère s’est ouvert le 27 juillet dans les monts Pico de Europa, à la limite des provinces de Santander et des Asturies, en Espagne. Il a projeté une colonne énorme de vapeur. A la suite des tremblements de terre qui viennent d’avoir lieu, ou redoute une éruption.
- PHASES D.i LA LUNE : Néa U.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment» de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Dimanche 3 août, a eu lieu à Dole l’inauguration de la statue de Pasteur au milieu d’une affluence énorme. Partout arcs de triomphe, guirlandes de fleurs, écussons portent ces trois mots : •« Au bienfaiteur de l’humanité ». Pourquoi une statue à Dole? Il y en a une à Arbois depuis l’année dernière. C’est que si Pasteur a passé à Arbois la plus grande partie de son existence, c’est à Dole qu’il est né le 27 décembre 1822. Déjà, il Y a dix-neuf ans, le 14 juillet 1883, la municipalité Dôloise avait fait placer une plaque commémorative sur la maison natale de Pasteur, et l’illustre savant avait prononcé à cette occasion un discours plein de charme et de modestie que nous regrettons de ne pouvoir reproduire. La cérémonie de dimanche était présidée par le Ministre du commerce. L’Académie des sciences était représentée par M. Roux. Les discours ont été très applaudis- C’est à côté de la maison de Pasteur, sur la grande promenade de la ville, cours Saint-Mauris, que se dresse le monument du sculpteur Cariés et de l’architecte Cbillot. Tout le monde a pu voir le monument cette année à Paris au Salon des artistes français.
- —!g)— On nous écrit de Bagnères-de-Bigorre que dimanche dernier, la ville était en fête pour célébrer la conquête du mont Perdu et des Pyrénées par le naturaliste Ramond. A cette occasion, on découvrit” le buste de cet homme universel devant une nombreuse assistance présidée par M. Marchand, directeur de l’observatoire du Pic-du-Midi, assisté de MM. Schrader, président du Club alpin, Paul Ramond, petit-fils du grand, savant, les autorités municipales, etc.
- —L’Académie de médecine a procédé récemment à l'élection de deux correspondants nationaux dans la section de physiologie, pathologie interne et thérapeutique. Notre collaborateur M. le Dr Calmette, professeur à la Faculté de Lille, directeur de l’Institut Pasteur de cette ville, a été élu, au premier tour de scrutin, par 46 voix sur 51 votants. Le deuxième correspondant a été M. Perrin, professeur à la Faculté de Marseille, qui a été élu par 32 voix sur 51 votants.
- - —®— Un legs, consistant en un titre de rente française 3 pour 400 de 200 francs, a été fait à l’Etat par M. Iluiard, à la condition que cette somme de 200 francs soit donnée, en totalité ou en partie, à titre de récompense, au maître ou à la maîtresse d’école, instituteur, institutrice ou professeur, qui se sera distingué en enseignant l’hygiène élémentaire dans les écoles ou dans les classes d’adultes. Trois récompenses seront décernées chaque année, en juillet, sous le nom de prix Huiard, et consistant en un prix de 100 francs et en deux prix de 50 francs chacun. Pourront prendre part au concours : les instituteurs et institutrices publics exerçant dans les écoles primaires élémentaires et les cours complémentaires; les instituteurs, institutrices, professeurs des écoles primaires supérieures ; toute personne appartenant ou non à l’enseignement public qui aura fait un cours régulier dans les classes d’adultes. Le nombre des candidats présentés par l’inspecteur d’académie et le préfet est limité à trois par département. Dans chaque académie, le recteur propose au ministre un candidat pour chacune des trois récompenses parmi les personnes présentées dans chacun des départements de l’académie. La liste des lauréats est dressée par la commission des cours d’adultes instituée au Ministère de l’instruction publique.
- —(g)— On continue à expérimenter le pétrolage des routes. On a essayé avec succès en Italie, et récemment à Monaco. Ces jours derniers, M. Henry Deutseh (de la Meurthe) a fait exécuter des expériences à Saint-Germain-en-Laye sur la route des Quarante-Sous à la grille d’Hennemont ; 750 mètres ont été humectés de pétrole. On fera une seconde application dans un mois, et l’on pense que l’enduit graisseux sera suffisant pour protéger la chaussée pendant un an contre la poussière et la Doue. On évalue à 2 tonnes par kilomètre le pétrole nécessaire. La tonne coûte 200 francs. C’est donc 400 francs de pétrole qu’il faudra employer ; au total 500 francs
- avec la main-d’œuvre. C’est un prix fort. Si le service des Ponts et Chaussées entreprenait le travad, il obtiendrait l'exonération des droits très élevés qui frappent les hydrocarbures en France, soit 90 pour 100. Alors le kilomètre ne reviendrait plus qu’à 150 francs environ, dépense que compenserait largement la résistance à l’usure que le pétrolage donne aux chaussées. Les routes sont très protégées par le dépôt de pétrole. On a du reste employé en Algérie, dans le voisinage d’Oran, des huiles lourdes de Kassan (Russie) qui ont conduit à des résultats économiques pour l’entretien des routes. Dans les essais de M. Deutseh. à Saint-Germain, pour l’épandage, on s’est servi tout bonnement d’un tonneau métallique placé sur un foyer alimenté au charbon de bois. Quand le pétrole est porté à une température de 60°, on le recueille dans des arrosoirs et on le répand sur la chaussée au préalable balayée avec un très grand soin. Avec des brosses, on étend le pétrole le plus également possible ; et c’est fini ! Plus de poussière et plus de noue !
- —®— La distribution des prix du lycée Saint-Louis a eu lieu dernièrement sous la présidence de M. Violle, membre de l’Institut, qui a fait un intéressant discours sur les bienfaits de la science. Il a rappelé à ce sujet un souvenir personnel : « C’était ici même, a-t-il dit, dans la classe de physique. Notre professeur, l’éminent physicien Lissajous, m'appelle au tableau. Il s’agissait d’expliquer comment on mesure la densité des liquides par la méthode du flacon. Rien de plus simple. Je commence hardiment : « On place un flacon vide « sur le plateau de la balance,... — Non, monsieur. » Je m’arrête tout déconcerté. Le professeur répète sa question; et je répète ma réponse, d’un ton plus timide cette fois : « On place un flacon... ! — « Non, monsieur. » Pour le coup je reste bouche close. Et alors le maître reprend d’un ton grave que j’entends encore : « Non, nion-« sieur, on essuie d’abord le flacon ». La leçon n’a pas été perdue, veuillez le croire; et, quand je fais une expérience, mes flacons sont toujours scrupuleusement essuyés. »
- —®— Dans le numéro même, on trouvera quelques détails sur le Campanile de Venise qui s’est écroulé dernièrement. L’auteur de l’article est pessimiste et fait valoir les raisons pour lesquelles un certain nombre de monuments sont menacés pour l’avenir. Or, un nouvel acçident vient de confirmer déjà son opinion. A la suite d’une rafale et d’un eoup de tonnerre, sont tombés le grand vitrail latéral et le chapiteau de la colonne du milieu de la basilique de Saint-Jean et Paul, le Panthéon de la République de Venise. On va s’occuper immédiatement de consolider l’édifice tout entier.
- —(§)— M. Henry de la Vaulx se rendra le 15 août prochain à Palavas-Ies-Flots, où il commencera immédiatement les préparatifs de ses nouvelles expériences de stabilisation et de déviation. Le « Méditerranéen n° 2 », en soie française, cube 3400 mètres. L’aérostat est muni d’un ballonnet à air de 1100 mètres cubes et d’un propulseur lamellaire, de 7 mètres de diamètre, actionné par un moteur de 22 chevaux. L’aérostat s’élèvera de Palavas le 12 septembre, très probablement. M. Henry de la Vaulx ne sait encore si un croiseur suivra les évolutions du « Méditerranéen n° 2 » qui aura à son bord, outre son pilote, MM. Henri Hervé, inventeur des stabilisateurs‘et paradèrives; G. de Castillon de Saint-Victor, et, peut-être, le lieutenant de vaisseau Henri Tapissier. Les expériences prochaines seront d’un grand intérêt, car la déviation déjà obtenue l’année dernière sera certainement et notablement augmentée par Faction du propulseur.
- —®— Un anniversaire à rappeler. Le 31 juillet 1901, deux météorologistes allemands, Berson et Süring, élevés de Berlin à bord du ballon Preussen (8400 m3) gonflé à l’hydrogène, atteignaient l’altitude énorme de 10 500 mètres. Température minima : — 40°. Berson et Süring détiennent le record mondial de la hauteur. Le record français est détenu par M. Jacques Balsan qui, le 23 septembre 1900, s’éleva à 8558 mètres, à bord de son ballon le Saint-Louis (3000 m3) gonflé au gaz d’éclairage.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les plafonds en acier estampé, s’adresser à M. Giroux, 28, boulevard Ilaussmann, Paris.
- Communications. — M. L. Dumas, à Huy, nous envoie une Note sur Les volcans, publiée par l’imprimerie Charpentier et Emond, à Huy.
- M. Léon Dufau, aux Trois-Rivières, à la Guadeloupe, nous adresse les renseignements suivants : « Depuis le commencement de la période volcanique (27 avril) dont Saint-Vincent, la Martinique et la Dominique ont plus ou moins ressenti les effets, il ne s’ést rien passé d’anormal à la Guadeloupe. Les fumerolles de nos volcans n’ont pas augmenté d’activité; nos sources chaudes ont eu quelques variations de température zt, mais on constate ces variations, sans intervention de phénomènes sismiques apparents. Nos rivières coulent une eau absolument limpide. Pendant tout le mois de mai, le temps est resté lourd, sec, orageux. Je ne crois pas qu’il y ait eu de variations barométriques sensibles. Avec les éruptions de La Montagne Pelée, à la Martinique, il y a toujours eu ici, autour du massif de la Soufrière, coïncidence d’état électrique très violent : éclairs rouges, violets, grondements sourds, peu de pluie. Il y a au Camp Jacob (Saint-Claude) une station météorologique dont vous devez recevoir les bulletins. Après la destruction de Saint-Pierre, des cadavres sont venus échouer jusque sur les rivages de nos dépendances de Sainte-Marie-Galante; les pierres ponces étaient visibles en bancs dans le canal des Saintes ; les habitants des Trois-Rivières en ont recueilli des quantités sur le rivage. La pluie de cendres a été apparente ici : les feuilles des caféiers, maniocs, étaient grises (Trois-Rivières, extrême sud de la Guadeloupe). La veille de l’éruption du 8 mai, par conséquent le 7, on a èntendu les détonations toute la journée et la nuit, dans toute la Guadeloupe. L’éruption du 20 a été également entendue ici, et, de plus, visible vers 5 h. 1/4 du matin; de la terrasse de la propriété (altitude 170 mètres) on a parfaitement distingué, dans le sud, grâce au petit détroit existant entre « terre d’en haut » et « terre d’en bas » (Saintes), la colonne de fumée colorée de rouge lancée par la Montagne Pelée (distance 120 kilomètres environ). »
- M. H. Lenoir, à Yaucresson, nous informe qu’il a vu un arc irisé se projeter sur un nuage de poussière. Voici ce qu’il nous écrit à ce sujet : « Je venais de Paris et j’avais presque terminé de monter la côte de Vaucresson que traverse la route de Rocquencourt après le passage à niveau ; par cette belle matinée d’été, le soleil étant derrière moi, les arbres du bois, éclairés en plein devant moi, étaient d’une nuance verte très intense; lorsque tout à coup, dans un tourbillon de poussière s’élevant du sol, j’ai fort bien remarqué une traînée rouge très caractéristique et obliquée vers le sol. Il n’y a là certainement pas eu d’illusion, car la poussière n’était pas colorée sur tout le nuage. De plus, comme dans les arcs-en-ciel la poussière était plus lumineuse du côté intérieur de l’arc que de l’autre. Je n’ai pu distinguer d’autres couleurs, la durée du phénomène ayant été instantanée. »
- M. R. de Goeij nous adresse une brochure qui a pour titre : Le rythmique du combat du Cid contre les Mores : Le Cid de Pierre Corneille. Cette brochure se trouve à la librairie Fischbacher, 33, rue. de Seine, à Paris. .
- M. H. Bruyant, à Orbais-L’Abbaye, nous fait parvenir le compte rendu, publié par le Champenois, d’un orage particu-ièrement violent qui a sévi dans les Ardennes le 22 juillet :
- « Un orage épouvantable a éclaté sur le village des Hautes-Rivières. La foudre est tombée en plusieurs endroits, sans causer heureusement d’incendie ; mais, en revanche, beaucoup-de fenêtres furent littéralement brisées. Les fds du téléphone et du télégraphe furent anéantis et la foudre a causé de nombreux dégâts à la maison où est installé le service de la poste.. Les effets de la foudre ont été si violents, que les ouvriers des différents ateliers ont éprouvé une forte secousse. Le tonnerre est tombé entre autres, chez M. Stévenin-Badré, maire; entrant par le devant de la maison et sortant par-derrière, laissant partout les traces de son passage; personne, heureusement, n’était dans la maison. A la poste, le bureau a été complètement mis sens dessus dessous; les tiroirs des tables ont été enlevés, ainsi que le mécanisme du téléphone ». Ajoutons, pour abréger, que la foudre a envahi la maison d’un autre habitant en exerçant de nombreux ravages. Une dame, Mme Adnet, a été blessée et il a fallu lui amputer la jambe.
- Renseignements. — M. le lieutenant Albin, à Rochefort.
- — 1° Nous n’avons pas l’adresse que vous demandez. — 2° Le mieux est de s’adresser à l’Institut Encyclopédique, 1, rue de l’Assomption, à Paris, spécialement organisé pour des recherches-de ce genre.
- M. A. Focsaneanu, à Bucarest. — Papiers photographiques Hélios, 52, rue de Bondv, à Paris.
- M. G.-A. Schœn, à Mulhouse. — Nous n’avons, pour le moment, d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés; dès que nous en aurons d’autres, nous les ferons connaître.
- M. Vimcenet, à Bruxelles. — Vous pourriez vous adresser à MM. Petitjean, 17, quai Valmy, à Paris.
- M. van Assche, à Gand. — Nous ne connaissons pas l’adresse que vous demandez, mais les Recettes et procédés utiles, l,e série, donnent la composition d’un mastic qui joint et lie si fortement les carreaux avec leurs cadres que ni l’air ni l’eau ne peuvent pénétrer.
- M. R. Rondeau, à Paris. — Vous voulez, sans doute, parler de la lampe Solignac, pour laquelle il faut s’adresser à la Société des lampes homogènes, 19, rue Didot, à Paris.
- M. K. Gron, à Kainenetz-Podolsk. — Le moteur que vou& mentionnez est simple et robuste, et d’un entretien facile, quand on est bien au courant de son fonctionnement. II nous-paraît devoir vous donner satisfaction.
- M. G. Brindejonc, à Val-en-Pleurtuit. — Nous n’avons pas de renseignements sur ce produit. Peut-être en trouveriez-vous en consultant la maison Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, Paris, ou en compulsant les œuvres de E. Gri-maux, qui ont paru chez MM. Alcan, 108, boulevard Saint-Germain ; Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, et GuiUau-min, 14, me de Richelieu, à Paris.
- M. F. Boulard, à Bourg-le-Roi. — M. A. Philipp, 50, rue de la Folie-Méricourt, à Paris, pourra probablement entreprendre ce travail.
- M. E. Benoot, à Menin. — Pour coller le celluloïd, voir la formule donnée dans la Boîte aux lettres, du n° 1511, du 10 mai 1902.
- M. Debos, à Bruxelles. — 1° M. Hué, pharmacien à Vannes (Morbihan). — 2° MM. Poulenc frères, 122, boulevard Saint-Germain, à Paris, vous fourniront des oléomètres. — 5° La librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris, pourrait vous renseigner.
- M. Henri, à Turin. — Nous avons déjà décrit des appareils de ce genre; remerciements.
- M. C. Marini, à Rome. — Pour les cigarettes de café, s’adresser à M. Naussac, 8, rue Aubriot, à Pans.
- M. Azema, à Saint-Martin-le-Château. — Vous avez dû faire quelque erreur ou bien l’expérience n’est pas suffisamment précise, car on démontre en géométrie que le cercle est de toutes les figures planes ayant même périmètre, celle dont 1» surface est maxima.
- M. A. Morren, à Bruxelles. — L’appareil photographique à rendement maximum se trouve chez le constructeur M. Sigriste, 59, boulevard Victor-Hugo, à Neuilly-sur-Seine et chez M. J. Ducom, 57, me Lafayette, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Macé, à Lucerne. Nous préférons le premier procédé qui est moins coûteux.
- — Un lecteur assidu, à Fougues. Cet appareil n’est pas encore dans le commerce. — Mme Hooreman, à Bruxelles. Reçu notice et échantillons. Remerciements. — M. Cardonnes. La formule est déjà donnée dans les Recettes et procédés utiles, lre série. — M. O'Gor-man, à Cork. Voyez le petit livre indiqué ci-dessus, 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- La montre Memento. — Cette nouvelle invention consiste en une montre ordinaire (fig. 1 ) ; autour du cadran de cette montre, on a ménagé un certain espace libre, de sorte que l’on peut inscrire sur la face même de la montre, en regard de chaque heure, les rendez-vous, les notes dont on veut se souvenir dans la journée. Une partie du boîtier est destinée également aux inscriptions; cette partie (fig. 2) est recouverte d’un émail spécial, couleur ivoire, coulé au feu, inaltérable et robuste. Comme il faut à tout moment de la
- ' Fig. 1. — La montre « Memento ». Mode d’emploi.
- journée savoir quelle heure il est, on a en tirant sa montre, le moyen tout involontaire de penser à ce que l’on doit faire. Le double fond intérieqr du boîtier se découvrant par un dispositif rationnel avec la plus grande facilité et émaillé dans les mêmes
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- prendre sur la montre des notes avec la plus grande facilité. S’adresser à la Manufacture des montres « Memento », à La Chaux-de-Fonds (Suisse).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement des névralgies.
- Les névralgies sont tantôt sous la dépendance d’une lésion, ou d’un trouble fonctionnel des centres nerveux, tantôt au contraire elles sont liées à une inflammation même du nerf, a des névrites périphériques. Quelle qu’en soit la cause, elles sont, les unes comme les autres, caractérisées par des douleurs dont tous nous connaissons plus ou moins la violence et l’intensité. Rien de plus rebelle au traitement, et dans certaines formes très douloureuses on va jusqu’à des opérations chirurgicales graves.
- Voici un nouveau procédé de traitement fort ingénieux imaginé par un chirurgien des hôpitaux de Lyon, le Dr Cordier. ün sait que dans certains cas de sciatiques rebelles, on a conseillé et pratiqué l’élongation du nerf. Le nerf, mis à nu par une dissection rapide, est soulevé et tiré de façon à étendre en quelque sorte ses fibres. M. Cordier s’est inspiré de cette idée ; il a pensé qu’en agissant Ule même sur le réseau périphérique, sur les plus petites ramifications nerveuses, on ferait céder les douleurs. Pour amener la distension de ce réseau nerveux, il a recours à des injections gazeuses, à des insufflations d’air très simples à faire, indolores et sans danger : c’est une supériorité sur l’élongation qui nécessite une véritable opération avec anesthésie ; c’est un procédé qui, facile à mettre en œuvre par n’importe quel médecin, permettra de supprimer les injections de morphine, Yultima ratio pour calmer la douleur.
- Le procédé, ai-je dit, est simple; il suffit, pour faire cette insufflation d’air de l’aiguille qui sert d’ordinaire pour les injections hypodermiques. Une poire en caoutchouc peut à la rigueur servir d’insufflateur. Il vaut mieux prendre une petite soufflerie comme celle de l’appareil Potain. L’air est peu chargé de microbes; il peut donc être injecté tel quel. Pour rassurer les timorés, il est facile d’adapter entre la poire et l’aiguille un tube en verre rempli d’ouate stérilisée pour arrêter, si besoin est, les agents microbiens. Inutile, bien entendu, d’insister sur l’asepsie obligatoire de l’aiguille, de la peau, sans oublier celle des mains de l’opérateur.
- L’aiguille est enfoncée dans le tissu cellulaire sous-cutané ; une certaine quantité d’air, variable suivant les régions, est injectée lentement. 11 se forme une boule, produite par la distension de la peau, mais cette distension n’est pas douloureuse ; le malade sent quelques fourmillements, une impression désagréable de gonflement et c’est tout.
- Pour amener la distension réelle et l’élongation des fines terminaisons nerveuses, M. Cordier recommande de faire alors un massage énergique pour diffuser l’air à distance : c’est peut-être le temps le plus désagréable de cette petite intervention qui, on le voit, est simple et ne laisse, au bout de quelques heures, aucune trace.
- Les résultats sont encourageants. Sur 25 cas de sciatique, l’auteur de cette innovation thérapeutique n’a eu que deux insuccès, ce qui est admirable pour une affection aussi rebelle. Dans un cas de zona ayant résisté aux médications les plus diverses, une seule injection de 50 centilitres d’air amena la disparition radicale des douleurs; de même dans plusieurs cas de névrites consécutives à des traumatismes. Le procédé est simple, sans danger, et est à recommander. Dr A. C.
- Fig. 2. — Partie intérieure du boîtier destinée à recevoir les inscriptions.
- conditions, permet grâce à sa grande surface d’y conserver des adresses, des horaires, comme aussi de nombreuses notes à lire à dates fixes. Les inscriptions s’effacent à volonté sans laisser aucune trace ; il suffit de les frotter avec le doigt, un chiffon de toile ou du papier légèrement humecté d’eau. La montre « Memento » paraît avoir une bonne marche; elle est garantie exempte de tout vice de construction. Le mouvement très solide, avec échappement à ancre, présente l’avantage d’être non-magnétique; il est muni de tous les perfectionnements les plus récents apportés dans le domaine de l’horlogerie et de divers dispositifs spéciaux qui contribuent à sa précision et à sa solidité. Elle a la grandeur normale d’une montre d’homme; son diamètre extérieur mesure 53 millimètres; elle est très plate et tient peu de place en poche. Elle est munie d’une longue chaîne double à l’extrémité de laquelle est fixé un porte-mine. Cette chaîne est assortie à la montre; grâce à sa disposition, elle permet à une personne en marche de
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- La diarrhée chronique.
- La constipation est un des fléaux de la vie pour bien des gens, que dis-je, pour la généralité. On n’a pour s’en convaincre qu’à lire à la quatrième page des journaux la, liste innombrable de pilules purgatives, de poudres laxatives, d’eaux et de composés similaires. Nos aïeux étaient déjà fortement affligés de cette paresse de l’intestin et dans les comptes d’apothicaires de l’époque figuraient des quantités invraisemblables de médecines et de lavements édulcorants et laxatifs. M. Pur-gon avait beau jeu à cette époque ; il régnerait encore de nos jours si on ne savait se passer ae lui.
- Par opposition à la catégorie des côtés pruneaux vient celle beaucoup plus restreinte des côtés riz. Peut-être quand l’état de laxité est trop prononcé, cette catégorie »st-elle plus a plaindre que l’autre. En tout cas la diarrhée chronique est plus difficile à guérir que la constipation, alors même qu’elle, ne tient "à aucun état grave, à aucune lésion sérieuse de l’intestin. Chez les sujets atteints de cette affection, la moindre émotion, le moindre coup de froid, la fatigue, amène une diarrhée plus ou moins abondante. À peine les aliments sont-ils ingérés qu’il faut courir où vous savez. Les médica-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- menls habituels, laudanum, bismuth, astringents, donnent quelquefois une amélioration temporaire ; souvent, dans ces formes de diarrhée chronique idiopathique, ils ne produisent aucun effet. Quelle est la cause de cet état de trouble intestinal ? On l’observe surtout chez les arthritiques, chez les nerveux et il semble bien que cette diarrhée chronique soit due à une insuffisance de la digestion stomacale, au passage trop rapide des aliments dans l’estomac. Les aliments ne subissent pas le travail de digestion qui doit les modifier, et c’est à l’intestin qu’est dévolue cette surcharge de besogne, d’où révolte se traduisant par l’exagération des sécrétions.
- Le Dr Soupault, qui a étudié avec soin cet état particulier, est convaincu que c’est l’insuffisance des acides de l’estomac qui en est la cause. Les malades pèchent par hypochlorhvdrie ; ils
- manquent de la quantité nécessaire d’acide chlorhydrique pour leurs digestions. Conclusion : il faut leur en donner. Et en effet l’administration d’acide chlorhydrique fait merveille contre cette diarrhée. Dix à quinze gouttes d’acide pur officinal, diluées dans un peu d’eau, au commencement du repas, assurent la digestion parfaite et suppriment les évacuations précoces et répétées. C’est probablement par un apport d’acide et par une stimulation des sécrétions de l’estomac qu’agit l’acide citrique. Dans les pays chauds, en dehors de tout autre moyen, le jus de citron modifie très avantageusement les états diarrhéiques. Toute diarrhée n’est pas évidemment tributaire de cette méthode : mais quand il s’agit bien de troubles digestifs liés à la cause de diminution d’acidité stomacale, cette médication réussit à merveille. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 BEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 28 juillet. . . 14",0 S. W. 2. Beau. 0,0 Rosée; gouttes à 14 h. Nuageux de 9 h. à 21. Beau le reste du temps.
- Mardi 29 15",0 W. S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée ; nuageux jusq. 20 h. ; beau ensuite.
- Mercredi 30 15*,1 S. S. W. 2 Quelques nuages. 0,0 Rosée; peu nuageux.
- Jeudi 31 15*,1 N. 3. Nuageux. 0,0 Faible rosée; très nuageux de 4 h. à 15 h.; peu nuag. le reste du temps.
- Vendredi i” août. . 14",0 N. E. 3 Nuageux. 0,0 Halo à 17 h. Éclairs de 22 h. à 24 h. du N.-E. au S.-E. Nuageux.
- Samedi 2 13",9 N. N. W. 3. Beau. 0,0 Faible rosée; éclairs à 1 h. au N.-E., nuageux de 11 h. à 17 h.; beau avant et après.
- Dimanche 3 11",6 S. 2. Couvert. 0,0 Rosée; pluie l’après-midi. Très nuageux.
- JUILLET-AOUT 1902. -- SEMAINE I>U LUNDI 28 JUILLET AU DIMANCHE 5 AOUT
- Jeudi j Vendredi | .Samedi
- Dimanche J
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent.y courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à Cabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ln température h Paris. — Pendant ta semaine du 28 juillet au 3 août, la température a été peu élevée et variable à Paris. Le 28 juillet, elle était le matin de 1 i° à Paris et offrait un maximum de 23°,8 avec un minimum de 9°,5. Le 29 juillet, on notait le matin 13°; la moyenne était de 15°,8, inférieure de 2°,5 à la normale. Le 30 juillet également, la moyenne de 17°,2 était inférieure de 1°,1 à la normale; on notait un minimum de 9’,2. Le 31 juillet, l’écart avec la normale n’était que de 1°,2 ; la moyenne était de 17°,1.
- Tremblements de terre. — Depuis le 21 juillet, de légères éruptions se sont produites à la Soufrière, près de Kingston (Saint-Vincent) et on a ressenti un tremblement de terre accompagné d’un raz de marée dans le nord-est de l’île. Depuis la même date, on entend fréquemment des grondements souterrains à San-José de Costa Rica et à Alajuela. Des cendres sont tombées sur un village près du volcan de Poas.
- Une secousse de tremblement de terre a été ressentie le 28 juillet dans le Nebraska, dans l'Iowa et dans le Dakota méridional. Elle n’a causé aucun dégât. Trois secousses ont été ressenties dans la vallée de Sompoc (Californie), ouvrant des crevasses et causant une grande panique.
- Des vibrations sismiques ont eu lieu également sur divers points de la Californie du Sud. Quelques-unes ont été très fortes : le 27 juillet, une première secousse a duré plusieurs minutes, et l’on a pu noter ensuite quatre chocs distincts. Aux puits de pétrole de Careago, un grand nombre de réservoirs ont été brisés, inondant toute la région de pétrole. A Los Alamos, beaucoup de maisons se sont effondrées et les dégâts dans ce district sont très considérables.
- Une violente secousse de tremblement de terre s’est produite le 31 juillet dans la matinée, un peu après une heure, à Alamos (Californie), et a détruit complètement les maisons en briques de la ville. Nombre de personnes ont été projetées hors de leur lit. La panique a été considérable ; les dégâts sont sérieux, mais personne n’a péri. On a ressenti trois autres secousses de 7k 25 à 7k 30 du matin.
- Une autre secousse a eu lieu à 7k 30 du soir le 1" août à Alamos également. A la même heure, il y a eu des secousses à Santa Barbara, Loupoc et Santa Maria.
- On évalue à 751e nombre des secousses ressenties depuis le 27 juillet.
- Le président de l’Université de Californie, informé par téléphone, a conseillé à la population de s’enfuir. Celle-ci a suivi immédiatement ce conseil.
- PHASES DE LA LUNE
- i D. Q., le 28, à 5 h. 21 du matin. ( N. L., le 3, à 8 h. 2d du soir.
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- M.
- 1525 (16 août 1902), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— La session de 1902 de l’Association française pour l’avancement des sciences, ouverte le 7 août à Montauban, s’est terminée le 14 août. A la séance d’inauguration, M. Capéran, maire de Montauban, a souhaité la bienvenue aux membres du Congrès. M. J. Carpentier, président du Congrès, a lu un discours plein d’érudition sur la télégraphie sans fil. M. le Dr Cartaz, notre collaborateur, secrétaire du Conseil de. l’Association, a fait le compte rendu de l’exercice 1901-1902. Cette session de Montauban a été très suivie.
- —@—. On a signalé en Italie de nombreuses secousses de tremblement de terre : le 4 août, à 111* 35 du soir, à Carracra, à Massa, -à Sienne, Florence, Padoue, Rome et Rocca di Papa. Dans la même nuit du 4 au 5 août, vers minuit, on a ressenti, à Gênes et à Pise, des secousses de tremblement de terre, d’une durée de 3 secondes, avec léger grondement. Il n’y a eu aucun dégât. Un léger tremblement de terre a eu encore lieu le 5 août à Turin. Le clocher de San Stefano continue à pencher de plus en plus et sa chute est attendue d’heure en heure. Il est impossible de sauver la cloche, <{ui fut rapportée de Constantinople par le doge Francesco Morosini. Les maisons environnantes ont été abandonnées. L’église San Giovanni Paolo, également en mauvais état, a été fermée temporairement, mais il n’y a pas danger de chute immédiate. Une secousse de tremblement de _ terre a été-ressentie également en Portugal, dans la journée du 5 août non seulement à Leiria, mais dans tout le centre du Portugal, et sur la côte.
- *—9— L’administration des postes et télégraphes semble enfin résolue à améliorer le service téléphonique. Elle a d’abord décidé, afin d’éviter les rentrées intempestives des téléphonistes dans les conversations échangées entre abonnés d’un même réseau, que, sauf dans les cas exceptionnels, ces communications resteraient établies jusqu'au moment où fonctionnerait le signal de « fin de conversation ». Mais il nous semble qu’il y aurait d’autres mesures, peut-être encore plus urgentes à prendre : il faudrait d’abord exiger que les téléphonistes répondissent immédiatement aux appels des abonnés, que les communications fussent établies ou qu’une réponse fût donnée aussi rapidement que possible ; enfin les communications ne devraient pas être coupées à tout instant. Il arrive actuellement bien souvent qu’un abonné appelle pendant 2 et 3 minutes sans avoir de réponse. On lui réplique souvent que la ligne n’est pas libre, et •on ne s’est pas donné la peine de s’en assurer. Il est en communi-» cation, il parle, et la ligne est coupée tout à coup sans aucune raison. En un mot, tous les abonnés des téléphones de Paris sont d’accord pour trouver déplorable le fonctionnement du service téléphonique.
- —®— En ce qui concerne les fouilles dirigées par M. Gauckler, directeur des arts et antiquités, et conduites sur place par M. Sadoux, Inspecteur des antiquités et des arts, à Gigthi (Bougrara), dans le Sud tunisien, on a terminé le déblaiement méthodique et la mise en état du forum, et on a entrepris le dégagement de la curie et de la basilique, d’un important édifice qu’on a supposé être un marché, et d'un petit temple. M. Sadoux a découvert et déblayé un temple de Mercure, dont les dispositions architecturales présentent un intérêt particulier; J’ornementation en est remarquablement soignée. Le déblaiement de cette construction est seulement commencé, mais les mosaïques géométriques qui pavent le sol et des débris de stucs peints à fresques permettent déjà de se rendre compte du luxe et de l’élégance de cette habitation.
- ' -9- Un vieux loup calabrais atteint de cécité, hargneux et méchant, a été récemment opéré de double cataracte à Lyon par M. Rollet. Fixé solidement par le cou et la queue au moyen dun lazzo, il fut immobilisé, puis attaché par les pattes de façon à ne pouvoir nuire. Une injection de jmorpnine préalablement faite, le
- carnassier était encapuchonné du bonnet à chloroformisation et rapidement endormi. L’opérateur enleva alors successivement les deux cristallins devenus opaques et remplaça le pansement ordinaire, qui doit, pendant quelques jours, priver de la vue les opérés, par une ingénieuse suture assurant l’occlusion des paupières. Le loup encore tout endormi fut replacé dans sa cage.
- —(§)— On annonce de Saint-Marcel, près Chalon-sur-Saône, la mort de M. Sarre, âgé de 103 ans. Il était né le 9 pluviôse an YIII (28 janvier 1800). Jusqu a son dernier moment, Sarre avait conservé sa lucidité d’esprit. Il avait été cantonnier jusqu’à quatre-vingt-quinze ans.
- —9— Comme l’a dit Lombroso et comme le croit M. W. Nor-vood East, le criminel constituerait une race humaine spéciale, il aurait des caractères physiques et moraux spéciaux. Chez lui la sensibilité à la douleur serait moindre d’après les réactions sensitives que provoquent l’extraction des dents, les petites opérations chirurgicales ou encore les accidents variés, les fractures. La sensibilité physique diminuerait d’une classe à l’autre du criminel accidentel au criminel occasionnel et enfin au criminel professionnel. Chose curieuse, l’influence de l’éducation sur la sensibilité physique ou morale est nulle.
- —®— La mer Baltique a été traversée récemment pour la première fois par un ballon suédois. Cet aérostat a été lancé de Stockholm le 31 juillet, dans la matinée, et il est descendu heureusement à Novgorod, à 800 kilomètres de son point de départ, après un voyage de quatorze heures. II était monté par le professeur Unge, qui fait des études aérostatiques afin de diriger les ballons. M. Unge était accompagné de deux voyageurs, l’ingénieur Frænket et le capitaine d’artillerie Svedenborg. Son massacre par les Esquimaux n est qu’une fable rééditée déjà plusieurs fois,
- — I/Automobile-CIub d’Amérique a élu un Comité chargé d’étudier et de poursuivre la construction de routes d’acier. Ce comité n’avait pu jusqu’ici faire exécuter ses commandes à cause de la forme spéciale de l’acier laminé qui doit constituer la route dans ce projet dû au général Stone. Mais M. Schwab, surnommé le roi de l’acier, s’est intéressé à cet effort du comité et lui a offert de lui fournir promptement l’acier ayant la forme requise, et même d’en fournir 1 mille (1,6 km) pour rien. Trois routes vont être posées sous peu. Rappelons à ce propos la route d’acier de Valencia en Espagne, qui est en service depuis dix ans déjà.
- —®— Quelques journaux se sont beaucoup occupés récemment du vanadium. Ce métal a valu jusqu’à 130 000 francs le kg, il n’en vaut maintenant que 150 environ, et cela est fort heureux, car on vient de trouver pour ce métal une application industrielle. Ajouté au fer ou à l’acier dans les proportions de 3 à 5 pour mille, il double, prétend-on, les coefficients de résistance ae ces métaux. L’acier ainsi traité devient tellement dur qu’il permet de réduire de moitié l’épaisseur des plaques de blindage. Ces effets, extraordinaires pour une si petite quantité de vanadium, s’expliqueraient par ce fait que le métal est très avide d’oxygène et réduit tous les oxydes qui peuvent exister dans un bain d’acier en fusion: c’est à ces oxydes qu’ort attribue la rupture des aciers les mieux préparés. L’acier au vanadium acquiert son maximum de dureté à 700-800, par le recuit et par la trempe. Ainsi une raboteuse faite de ce métal continuerait à mordre sur le fer ou la fonte, alors même que son travail ait fini par la porter au rouge. On conçoit toutes les applications qu’on pourrait tirer de cet alliage.
- —8— D une statistique officielle dressée à New-York, il résulte ue 53 personnes ont été tuées et 1259 blessées dans les accidents e chemins de fer qui se sont produits aux Etats-Unis pendant les, trois premiers mois de l’année 1902.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Phare Blériot, 16, rue Duret; phare Ouvrard, 19, rue Tandou; phare Jupiter, 46, rue des Amandiers; phare Ducellier, 50, rue des Vinaigriers, à Paris. — Compteurs électriques Thomson et O'K : Compagnie générale des compteurs, 16 et 18, boulevard de Vaugirard, à Paris; compteurs électriques Aron Compagnie française des compteurs, 200, quai de Jemmapes, à Paris.
- Communications.— M. X., à Fontainebleau, nous adresse les renseignements suivants, à propos de la Galéruque des Ormes : « La ceinture d’ouate entourant à hauteur d’homme le tronc des ormes, me paraît être le moyen le plus efficace, et je suis persuadé que si j’avais songé à l’employer dès l’apparition des insectes, le mal eût été très circonscrit.il n’y a que six jours que j’ai mis en pratique ce procédé sur un seul gros orme et j’ai certainement détruit plus de 20 000 larves. Voici ce qui se passe ; les chenilles, qui sont peu agiles, tombent presque toutes des branches sur le sol, soit qu’elles aient été secouées par le vent, soit par toute autre cause. Aussitôt à terre, elles se dirigent vers le seul arbre dont les feuilles lui conviennent et en remontent lentement le tronc. Quand elles rencontrent la ceinture d’ouate, elles sont arrêtées, s’embarrassent dans les filaments où elles demeurent accrochées, ou bien s’insinuent entre la bande cotonneuse et l’écorce. En détachant cette bande avec précaution on voit, à hauteur de la corde qui a servi à la fixer autour du tronc, un véritable turban de chenilles haut de 5 à 4 centimètres sur une épaisseur presque égale ! Il suffit alors de les faire tomber avec un balai et de les inonder soit d’eau bouillante, soit (s’il y a des plantes au pied de l’arbre) d’une solution de savon noir ou de nicotine. Quant à la bande d’ouate, elle est littéralement remplie de larves dont la plupart, paraissant avoir pris leur parti d’être prisonnières, se sont déjà roulées sur elles-mêmes en forme de G et attendent leur transformation en nymphes. On bat la bande avec une petite baguette, les insectes tombent et on les régale d’un broc d’eau bouillante. Si donc on avait opéré ainsi dès l’éclosion des œufs de Galéniques, je crois qu’on serait parvenu à les détruire presque toutes. La preuve, c’est que parmi mes ormes, j’en ai un, dont le tronc est entouré d’un assez beau lierre. Les araignées ont tissé leur toile entre les feuilles de ce lierre, les toiles ont joué le rôle de l’ouate, les chenilles s’y sont prises dès leurs premières chutes et l’arbre est beaucoup moins mangé que les autres. Mais, les larves ainsi prises, sont toutes transformées en nymphes et je ne sais comment les tuer. L’eau de savon ou nicotinée, mortelle pour les larves, me paraît sans effet sur les nvmphes, et je ne puis pas asperger le lierre d’eau bouillante ! il serait fort à souhaiter qu’on connût un produit destructeur de ces nymphes et qui ne fût pas nuisible aux plantes, car, sous un de mes ormes au pied duquel est un massif de fleurs, la terre, ou plutôt le paillon, est couvert d’une couche de petits corps jaunes d’or qui ne sont autre chose que des nymphes de Galéniques. Je suis sûr qu’avec une solution efficace, on détruirait sous cet arbre la valeur de 5 ou 4 litres de ces vilains insectes. Les oiseaux paraissent dédaigner cet insecte ; je n’ai jamais vu les merles, qui sont assez nombreux dans mon jardin, chercher leur pâture sous les ormes; les moineaux n’ont par l’air d’y faire attention, non plus que les fauvettes et les rossignols. Peut-être en sont ils dégoûtés, car un seul orme pourrait nourrir pendant plusieurs jours tous les moineaux des Tuileries. »
- M. Ch. Durand, à Coïmbra, nous écrit : « Je possède un livre très curieux, intitulé « Dictionnaire des Inventions », et et qui fut publié à Bruxelles, par Ilanicq et Cie et j’y ai trouvé
- le suivant article ; Jumelle. Cette pièce d’artillerie, inventée par un fondeur de Lyon et décrite par le père Daniel, dans sa « Milice Française », ne fut pas longtemps en usage. Elle était composée de deux canons qui, séparés l’un de l’autre vers le haut, se réunissaient dans le milieu. Ces deux canons étaient fondus conjointement, avec une seule lumière; on les chargeait tous deux en même temps avec deux barres de fer attachées ensemble et éloignées l’une de l’autre suivant la distance des deux bouches. » C’est, on le voit, l’idée mère du canon que nous avons décrit il y a peu de temps. (Voy. n° 1510, du 3 mai 1902, p. 340.)
- M. le Dt Bribosia, directeur de l’Institut Ophtalmique de Namur, et membre de la Société philatélique Internationale, nous informe qu’il désire faire des échanges de timbres avec des collectionneurs des pays étrangers, abonnés comme lui à La Nature. Prière de lui écrire, 4, boulevard Cauchy, à Namur,. Belgique.
- Renseignements. — M. Michaud, à Paris. — Nous avons publié sur cette question une Note dans les Informations du n° 1524, du 9 août 1902; nous préparons également un article que nous ferons paraître dès que nous aurons les documenta suffisants.
- M. E. B., à Saragosse. — Un mélange de cire vierge et d’huile de lin serait probablement suffisant.
- M. H. V. D. P., à Bruxelles. — Votre question revient en somme à peu près à celle-ci : Pourquoi y a-t-il des périodes-pendant lesquelles il ne pleut que le jour et d’autres où il ne pleut que la nuit. Le fait a déjà été observé mais dans l’état actuel de la science météorologique une explication serait peut-être prématurée.
- M. W.B., à G. —Pour cette question du mouillage du lait,, voir les Recettes et Procédés utiles, 4” série, à la librairie Masson et Cio.
- M. Bollinckx, à Bruxelles. — Adressez-vous à M. Huë, pharmacien, à Vannes (Morbihan).
- M. Charpentier, à Bois-Colombes. -- Nous avons fait desrecherches, mais nous ne trouvons pas d’article sur la question.
- M. Charles Durand, à Coïmbra. — On n’a rien publié à cet égard depuis Auer. On trempe les manchons dans un sel de thorium, auquel on ajoute une petite quantité d’un sel de cérium. Il n’y a aucun document précis à cet égard. Le « Moniteur scientifique » de Quesneville a publié un article-à ce sujet en 1901.
- M. le D' E. Destort, à Lyon. — Votre lettre a été transmise-à l’auteur de l’article.
- M. Pottier, à Allonnes. — La note de M. Guillon a été insérée dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, publiés par la librairie Gauthiers-Villars, 55, Quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. F. Affilié, à Saint-André-les-Eaux. — 1° On n’a encore rien publié à notre connaissance sur ce sujet, en dehors des descriptions et récits qui ont paru dans les journaux. — 2° Bien des hypothèses semblent plausibles pour expliquer l’éclatement des siphons plongés dans l’eau froide immédiatement après l’introduction des sels. On pourrait d’abord soutenir que le refroidissement amène une condensation qui crée un vide, le siphon éclaterait alors sous la poussée atmosphérique. On pourrait également dire que, par le fait de la chaleur que dégage la combinaison des sels a’une part, et du refroidissement simultané d’autre part, le verre, mauvais conducteur de la chaleur, est soumis à des tensions moléculaires inégales qui diminuent sa résistance, et finit par céder au point le plus faible. Mais, parfois, un siphon éclate lorsqu’on le refroidit, même longtemps après l’introduction des sels ; dans ce cas, il se pourrait que l’augmentation de gaz libre qui résulte du refroidissement, augmentation causée par la moindre solubilité de l’acide carbonique aux basses températures, vînt accroître la pression intérieure et contribuer ainsi à l’éclatement. — 3° Nous avons déjà recommandé le formol contre les mites. On dit aussi du bien du mélange suivant : dissoudre dans 500 parties d’alcool, 10 de naphtaline, 10 d’acide phénique, 5 de camphre, autant de citron, 2 parties d’huile de thym, autant d’huile de lavande et autant d’huile de savinier. — 4° Pour les circulaires dont vous parlez, s’adresser à l’Office de publicité, 9, rue de Fleurus. — 5° MM. Emringer et Marchand à Boligny par le Bourget (Seine), Guéret frères, 72, boulevard de la Gare, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Longereau, à Enghien. Reçu échantillon, remerciements. — Mm® Fescari, à Rome; M. Dietrich, à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, 5* série, librairie Masson et C‘®. — M. de Barozzi, à Paris. La question n’est pas de notre compétence, il faut consulter un avocat.
- Dans la • Boite aux leiires » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui soîit demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS*
- Appareil respiratoire « Le Spiro )) en cas d'incendie. — Dans les incendies, le plus grand nombre des accidents arrivent parce qu’au début, alors que le foyer est de faible étendue, les personnes présentes sont surprises par la fumée, .aveuglées, asphyxiées et ne peuvent s’enfuir du local
- envahi. Le nouvel appareil respiratoire portatif que nous signalons est destiné à rendre les plus grands services. 11 consiste uniquement en une sorte de sac avec une fenêtre placée devant et formée de mica ; l’armature est métallique. Il suffit de se coiffer de cet appareil; il permet de voir dans la fumée la plus épaisse, de
- . ... , , respirer, d’enten-
- Appareil resp.rato.re « Le Spiro >,. dre* et de se faire
- entendre. L’appareil est ininflammable ; l’enveloppe extérieure est ignifugée et imperméable à l’air et à l’eau. A la hauteur de la bouche est fixé un volet spécial ayant pour but de tamiser l’air vicié et de le rendre respirable. — L’appareil Le Spiro, système Debaucheron, est en vente chez M. A. Giroult, 16, rue Coquillière, à Paris.
- Fermeture des portes. — La Compagnie CaldweL de New-York vient de réaliser un dispositif très simple qui a pour but d’empêcher les portes de claquer en se fermant.
- D’ordinaire ce but est atteint par le jeu d’un piston et d’un système de soupapes. Rien de tel dans le nouvel appareil qui se compose d’un heurtoir et d’un tampon en caoutchouc. Les dessins montrent les trois phases du fonctionnement. Dans la figure 1, la porte, munie de son heurtoir et mue par un ressort (non figuré) qui lui a donné une grande vitesse acquise, est sur le point de se fermer bruyamment. Le bouton du heurtoir métallique vient buter sur le tampon lequel pivote et prend la position horizontale indiquée dans la figure 2; ce tampon arrête et repousse légèrement la porte, puis retombe sollicité par son propre poids. La porte ainsi debarrassée de sa force vive peut dès lors se fermer sans autre obstacle. Bien entendu il y a là des difficultés de réglage, mais elles sont toutes résolues dans les appareils livrés par la Compagnie.
- Fig. 2.
- Fermeture des portes.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les générateurs d’électricité à l’Exposition universelle de 1900, par C.-F. Guilbert, ingénieur électricien. 1 vol. gros in-8°. Paris, C. Naud, éditeur. 1902. Prix : 50 francs.
- L’ouvrage de M. C.-F. Guilbert est remarquable à tous points de vue. Il renferme les renseignements les plus complets sur les machines électriques (dynamos à courants continus, alternateurs, convertisseurs) à l’époque de l’Exposition universelle de 1900. II est destiné à fixer nettement les idées des ingénieurs et des industriels sur la construction des machines électriques. L’auteur a divisé son ouvrage en trois grandes parties qu’il traite sueccessivement :
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou>-velles scientifiques est étrangère aux annonces.
- I. Alternateurs ; II. Convertisseurs ; III. Dynamos à courants continus. Il ne se contente pas de donner simplement les descriptions des principaux générateurs électriques ; mais il fait précéder les parties descriptives de chaque groupe d’un résumé historique et de Notes faisant connaître les propriétés générales ou les renseignements théoriques nécessaires. Dans l’ouvrage se trouvent des courbes périodiques, des différences de potentiel relevées avec l’oscillographe Blondel. Des tableaux renferment les constantes, les dimensions principales et les résultats d’essais des machinés. L ouvrage de M. Guilbert est une source de documents de grande valeur sur les générateurs d’électricité en 1900.
- Poudres et explosifs. Dictionnaire des matières explosives par le Dr J. Daniel. 1 vol. grand in-8°. YTe Charles Dunod, éditeur, Paris. Prix, broch. : 30 francs; relié, 31fr,50.
- L’ouvrage considérable de M. Daniel, précédé d’une préface de M. Berthelot, constitue une véritable encyclopédie des explosifs presque innombrables qui ont été inventés depuis un quart de siècle. C’est un manuel pratique qui rendra d’utiles services aux ingénieurs et aux industriels, ainsi qu’aux spécialistes qui s'occupent d’artillerie.
- Les canalisations électriques, par le Dr F. Teichmüller, 1" partie. Traduit de l’allemand par Pierre Breuil. I vol. relié in-8°. Librairie Béranger. Paris, 1902. Prix : 15 francs.
- Dans cette première partie, l’auteur s’est proposé d’étudier le fonctionnement et le calcul des canalisations à courants continus, question importante et qui appelle encore de nombreuses études. Il examine successivement 1 influence du courant sur les conduites, l’influence des canalisations sur le fonctionnement des récepteurs de courant et passe en revue les canalisations électriques ainsi que les conduites pour voies électriques.
- Notes et formules de l’ingénieur. 1 vol. relié in-8° publié sous la direction de Cii. Vigreux, Cii. Milandre et R.-P. Bouquet. E. Bernard et C‘% Imprimeurs-éditeurs. Paris, 1902. Prix : 12,r,50.
- L’Électricité à l’Exposition de 1900, publiée sous la direction technique de MM. E. Hospitalier et J.-A. Montpellier. Compteurs électriques, par .MM. J. Montpellier et Aliamei. 14* fascicule. YTC Ch. Dunod, éditeur. Paris. 1902.
- La mécanique à l’Exposition de 1900. 10* livraison : Les machines-outils, par M. G. Richard. In-4° broché. Librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, 1902.
- Les champignons parasites de l’homme, par E. Bodin. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie des aide-mémoire Léauté. Masson et Cie, éditeurs, Gauthier-Yillars, imprimeur-éditeur.
- Le scaphandre, son emploi, par M. Dibos. 1 vol. cartonné, petit in-8° de la collection des aide-mémoires Léauté. Gau-thier-Villars, imprimeur-éditeur. Masson et Cie, éditeurs. Paris.
- Les combustibles solides, liquides, gazeux, par H. J. Phillips, traduit de l’anglais par Joseph Rosset. 1 vol. broché in-8°. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris. 1902.
- Éloges académiques avec un éloge historique de Joseph Bertrand, par G. Darboux, par Joseph Bertrand. Librairie Hachette et Cie, Paris. 1902.
- Tir des fusils de chasse, par Journée, lieutenant-colonel au 69e régiment d’infanterie, 2* édition, Gauthier-Yillars, éditeur. Paris, 1902.
- Le tir en temps de paix et en temps de guerre, par le Commandant breveté F. Dézot. 1 brochure in-8°, Librairie militaire. R. Chapelot et Cie. Paris, 1902.
- La photographie dans la navigation et aux colonies, par A. Le Mée. 1 vôî. in-16. Charles Mendel, éditeur. Paris.
- ' Prix : 2",50.* ' /
- Travaux du Congrès de physique, par Cii.-Ed. Guillaume et L. Poincaré, vol. IV, broché in-8°. Gauthier-Yillars, imprimeur-libraire. Paris, 1901.
- Congrès international de chronométrie, publié sous les auspices du Bureau du Congrès, par E. Ficiiot et P. de Vanssay. 1 vol. broché in-4°. Gauthier-Yillars, imprimeur-libraire. Paris, 1902.
- Coefficient économique des machines à vapeur. Surchauffe de la vapeuzf par M. P. Poignant. 1 brochure in-8°. Libraires associés, éditeurs, 13, rue de Buci. Paris, 1902. Prix : l,r,50.
- Étude géologique et Minière dès provinces chinoises voisines du Tonkin,fpàr M. A. Leclère. 1 vol. grand in-8°, broché. Y” Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1902.|
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- U
- Les scieries et les machines à bois par Paul Razous. 1 vol. guand in-8°. YIe Charles Dunocl, éditeur. Baris, 1902. Prix : 15 francs.
- Le mixte et la combinaison chimique, par E. Ruiiem. 1 vol. broché in-8°. C. Naud, éditeur. Paris, 1902.
- Manuel pratique de la culture du qroseillier, du cassissier, du framboisier, par Ray.mono Brunet. 1 vol. broché in-18 jésus de la collection de l’Encyclopédie Roret, L. Mulo, Libraire-éditeur. Paris, 1902. Prix : 2 francs.
- Manuel pratique de la culture du melon, de la citrouille et du concombre, par Raymond Brunet. 1 vol. broché in-18 jésus de la collection de l’Encyclopédie Roret. L. Mulo, libraire-éditeur. Paris. Prix : 2 francs.
- L’évolution de l'opinion publique sur les courses de taureaux, parpH. Maréchal. 1 vol. in-8° broché. Paris. Charles, éditeur, 8, rue Monsieur-le-Prince. 1902.
- Études esthétiques, par Georges Leciialas. 1 vol. in-8* broché. Félix Alcan, éditeur, 108, boulevard Saint-Germain. Paris, 1902. Prix : 5 francs.
- Die météorologie der Sonne und das Wetter im Jahre 1890, zugleich wetterprognose fiir die Jahre 1900 um 1910, dargelegt von professor K. W. Zenger. 1 brochure in-8" I’rag. In commissien bei Fr. Rivnaé. 1901.
- Smithsonian Institution. Publications of the Bureau of American ethnology. J. W. Poavell, director. 17 Part 1 et 2-18. Part 1. 3 vol in-80. Washington, Government Printing Office 1898,
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 août.... 14*,8 S. 0. Couvert. 2,0 Presque couv. ; un peu de pluie dans la soirée..
- Mardi 5 15”,2 S. 2. Couvert. ' 0,3 Presque couv. ; un peu de pluie dans la soirée.
- Mercredi 6 18*,4 S. S. E. 2. Peu nuageux. 0,0 Nuag.; rosée; halo ; éclairs sur plusieurs points du N. à E. à partir de 20 h. 15 m.
- Jeudi 7 17*,6 S. W. 2. Quelques nuages. 0,0 Éclairs à l’horizon au N.-N.-E. à 1 h. ; tonnerre au S. à 4 h. ; nuag. ; gouttes à 10 h. Nuag. le matin; très nuag. le soir; rosée; un peu de pluie dans la soirée. Couv. le matin, puis nuag. ; beau après 19 h. ; un peu de pluie le matin.
- Vendredi 8 15»,9 S. S. W. 2. Nuageux. 0,0
- Samedi 9 12»,6 N. N. E. 2. Couvert. 5,1
- Dimanche 10 ... . • 10*,9 S. S. W. 1. Très nuageux. 0,1 Rosée ; halo; peu nuag. jusqu’à 6 h. ; puis très nuag. ; couv. après 4 h.
- AOUT 1902. — SEMAINE DU LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 AOUT
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à tabri à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites
- À l’observatoire du parc Saint-Maur, en juillet 190t.
- par M. Th. Modreaux.
- Pression barométrique : Moyenne à midi, 759"“,35; minimum absolu, 750“",17 le 26 à 1 heure du soir; maximum absolu, 765““,83 le 28, à 11 heures du soir.
- Température : Sous l’abri, moyenné des minima, 12°,55; des maxima, 24°,15; du mois, 18°,35; vraie des 24 heures, 18°,22; minimum absolu, 7°,2 le 12 ; maximum absolu, 32°,7 le 14. Sur le sol gazonné : moyenne des .minima, 9°,93; des maxima, 50°,00, minimum absolu, 4°,0 le 12; maximum absolu, 59’’,8 le 29. Dans le sol gazonné ; moyenne du mois à 10 heures du matin, à 0“,30 de profondeur, 14°,70; à 1 mètre, 16°,46. De la Marne : moyenne le matin, 21°,46; le soir, 22°,31 ; le maximum a été de 24°,70 le 9, et le minimum 19°,60 le 21.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 10”",24; minimum-6““,4 le 11 à 5 heures du soir et le 12 à 1 heure du soir; maximum 16*“,6 le 15 à 9 heures du soir.
- Humidité relative : moyenne du mois, 67,15 ; minimum, 24 le 9 à 4-5 heures du soir; maximum 100 en 4 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois, 43.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 435 heures ; durée effective de l’insolation, 275 heures ; rapport, 0,57.
- Halos solaires : les 3, 13,15, 16, 19, 21, 25. Dans celui du 21, le halo
- circonscrit était visible aux trois quarts de son étendue. Colonne lumineuse verticale le 3 au lever du soleil.
- Pluie : 18““,0 en 16h 30“ réparties en 6 jours, et eu outre 6 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre; 24 jours de rosée.
- Orages : un seul jour, le 15 ; deux jours d’éclairs, les 9 et 26.
- Vent dominant : W.-S.-W. ; N.-E.
- Les valeurs des éléments météorologiques présentent avec la normale les écarts suivants : baromètre, -+ 1”“,26; température: -+- 0°,23; tension de la vapeur, —0"",70; humidité relative: —5,7; nébulosité —10; pluie — 36“",4.
- Ce mois est remarquable par une grande sérénité du ciel, et surtout par une sécheresse exceptionnelle. Dans les soixante dernières années, la pluie en juillet n’a été que quatre lois inférieure à celle de cette année, en 1857, 1864, 1876 et 1885.
- Floraisons : le 2, bourrache, œnothère odorante; le 3, passcroso; le 7, clématite commune ; le 8, lychnis éclatante, tabac ordinaire, sumac de Virginie, gaura ; le 9, chrysanthème d’été ; le 10, yucca lilaine.Hosa, verge d'or, helianthus cucumerifolius; le 13, tilleul commun; le 16, helianthus rigidus, fenouil, leucanthemum des étangs ; le 17, tilleul argenté; le 19, yucca glo-riosa; le 25, guimauve, echinops sphoerocephalus; le29, absinthe; le 30, stevia à feuilles de saule ; le 31, phlox pyramidalis.
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M° 1526 (23 août 1902), du journal « LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le Congrès de l’Association française de Montauban, avant •de prendre fin, a émis des vœux pour un ensemble de mesures à prendre contre l’alcoolisme dans les chantiers et les administrations et pour la réunion d’une commission internationale en vue d’adapter la télégraphie sans fil aux prévisions de la sécurité pour la navigation. Le Congrès de 1903 se réunira à Angers avec un bureau ainsi constitué : MM. Levasseur, de l’Institut, président; M. Picard, président du Conseil d’Etat, vice-président ; M. Sabatter, professeur à la Faculté des sciences de Toulouse, secrétaire.
- —®— Un congrès de la houille blanche va se tenir à Grenoble du 7 au 15 septembre. Organisée par le Syndicat des propriétaires •et des industriels possédant ou exploitant des forces motrices hydrauliques de Grenoble, cette réunion aura lieu sous la présidence d'honneur de MIL Guillain et Hanotaux, anciens ministres, du préfet et du maire de Grenoble et de M. Noblemaire, directeur du P.-L.-M. Le rendez-vous est fixé à Grenoble pour le dimanche 7 septembre. Après la visite des usines environnantes, le congrès se transportera dans les vallées du Drac, de la Romanche, de l’Arc, de l’Isère et de l’Arve pour étudier les chutes d’eau les plus intéressantes. Les principales usines qui seront visitées sont celles de Laneey. Champ, Chapareillan, les Clavaux, Rioupéroux, Livet, La Motte, Engins, Saint-Michel de Maurienne, Moutiers et Chedde. Après la dislocation, une excursion facultative de quatre jours, par Cnamonix, Brigue, Saint-Maurice, Aigle, Lausanne et Genève permettra aux congressistes de visiter les travaux du'tunnel du Sim-plon, les nouvelles usines de la vallée du Haut-Rhône et les installations électriques de Lausanne et de Genève.
- —®— On prévoit la prochaine adoption par les Etats-Unis du système métrique décimal. Une proposition de loi a été déposée à la Chambre des représentants, tendant à ce que les poids et mesures du système métrique soient adoptés comme types légaux à partir du 1er janvier 1903, en matières administratives ou publiques, et définitivement à partir du Ier janvier 1904.
- - (g!— Le Journal officiel a publié un rapport sur les travaux du bureau d’essais' de l’Ecole nationale supérieure des mines en 1901. Le nombre des échantillons soumis à l’analyse en 1901 s’est élevé à 702, parmi lesquels les argiles, barixites, kaolins et silicates viennent en tète avec 133 analyses, puis les minerais de fer avec 106 analyses. Les minerais de chrome n’ont donné lieu qu’à une seule analyse, ceux d’antimoine à trois, ceux d’étain à quatre. Les autres minerais ont des chiffres d'essais divers variant de 10 à 80. Les pyrites de fer ont été analysées cinquante et une fois. Le bureau d’essais a analysé aussi de nombreux combustibles minéraux et bitumes, de provenance française, anglaise, russe et chinoise, des eaux minérales de provenance exclusivement française, enfin des •eaux ordinaires destinées soit à la consommation, soit à l’alimentation des chaudières à vapeur. Les eaux potables n’ont été analysées qu’au point de vue de la composition chimique et de la teneur en matières organiques : l’examen bactériologique est fait par d’autres laboratoires spécialement outillés dans ce but.
- —g— M. le Ministre de l’agriculture vient d’adresser aux préfets une circulaire leur prescrivant la défense absolue de tuer les hirondelles, et les invitant à stimuler le zèle du personnel de surveillance en vue de l’application rigoureuse de cette mesure.
- —®— Au 1" janvier 1901, on comptait à Paris, comme propriétés bâties : 84882 maisons, 1316 usines, 2589 propriétés mixtes. Total 88 587. Le XVIIIe arrondissement venait en tète avec 7182 immeubles, et le 1er en dernier avec 2118 seulement. Quant aux usines, elles sont nombreuses dans le XIe arrondissement (671 immeubles] et rares dans le VIIIe (24 immeubles). Il n’existait à Paris en 1862 •que 66578 maisons ou usines; en 1878, on en comptait 74 740,
- puis 83 717 en 1889. L’augmentation est sensible; mais elle ne s’est pas produite régulièrement dans tous les quartiers. Pour les 66 000 maisons de 1862, la valeur locative était de 417 millions;
- fiour les 74 000 maisons de 1878, elle était de 579 millions ; pour es 83 000 immeubles de 1889, 775 millions; et pour les 88 000 immeubles de 1900, 879 millions.
- —®— D’après quelques renseignements adressés de Fort-de-France à un négociant de Marseille, la situation commerciale et industrielle de la Martinique serait loin d’être aussi mauvaise qu’on l’a dit. Le désastre a été énorme, la destruction de Saint-Pierre est complète: mais toute la partie nord de l’île n’a pas été comprise dans le désastre. Les usines à sucre de la Basse-Pointe, de Vivé et du Lorrain n’ont pas eu à souffrir; toutes, sauf l’usine Guérin (Rivière Blanche) n’ont subi aucun dommage.
- ®— A propos du tremblement de terre de Salonique sur lequel Mme Lazzaro nous a envoyé quelques renseignements, il est intéressant de signaler le rapport du commandant du torpilleur russe Abrek. Cet officier croisait à une distance assez grande de Salonique quand la machine du torpilleur reçut comme un choc très violent et s’arrêta net. Il fallut 2 heures pour la remettre en marche. Le commandant de Y Abrek ne sut qu’en arrivant à Salonique la nouvelle qu’un violent mouvement sismique se produisait au moment même de l’arrêt de la machine.
- —®— Phénomènes volcaniques et sismiques. Quelques journaux rapportent que deux grands rochers situés à Calatayud, dans l’Aragon, sont tombés en détruisant les maisons et blessant plusieurs personnes. Un cratère s’est formé dans les montagnes avoisinant le pic de l’Europe, qui séparent la province de Sanlander des Asturies. De ce cratère jaillit une colonne de vapeur et l’on craint une éruption. Une dépêche des Açores signale une terrifiante éruption sous-marine près de Ileta, dont les habitants ont été fort effrayés par l’apparition de roches incandescentes projetées du fond de la mer. D’après une dépêche de San José, à Costa Rica, les volcans de cette région ont manifesté une activité anormale qui s'est fait surtout sentir aux alentours de Tenaba. De New-York arrive la nouvelle qu’une secousse a été perçue, le 28 juillet, peu de temps après midi, dans les Etats de Nebraska, Iowa et S. Dakota,, secousse inoffensive d’ailleurs. Dans la vallée du Lompoc, en Californie, trois secousses ont été enregistrées depuis le 27 juillet. Des fissures se sont produites et ont épouvanté la population.
- —®— Au moment où l’on parle de supprimer la Galerie des machines, au Champ-de-Mars, à Paris, il n’est pas superflu de rappeler les chiffres les plus remarquables relatifs à ce chef-d’œuvre de la construction métallique. La Galerie des machines est longue de 422m,79 et large de 150 mètres. La partie centrale, qui a 110m,60 de largeur, est constituée par des fermes composées de deux axes appuyés sur pivot à la base et au sommet, l’articulation de la clef est à 45 mètres du sol. Cette partie centrale se compose de 19 travées, dont les deux extrêmes ont 25?”,29, et celle du centre 26m,40 les autres ayant 21m,50. Les galeries latérales ont 17m,50 de longueur. Les galeries centrales et latérales couvrent une surface de 63mï,418.
- —®— On signale dans Rature l’apparition d’un brillant météore, qui a pu être observé le 15 juillet (fans le sud de l’Angleterre de 106 localités différentes et distribuées sur une étendue considérable. Grâce aux descriptions de M. Denning (qui a observé de Bristol) et de plusieurs autres observateurs consciencieux, la trajectoire a pu être déterminée approximativement. A son apparition, le metéore était à 140 km environ de hauteur et au moment de son extinction qui eut lieu au-dessus du Pas-de-Calais à 84 km. II a dû passer sur le territoire français et les habitants de nos côtes du Nord pourraient fournir sur ce météore d’intéressants renseignements. Son éclat, au moment où il fit explosion, égalait celui de la lune, paraît-il. Les calculs de sa vitesse ne sont pas d’accord, mais elle aurait été voisine de 55 km par seconde.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —Pour l’horloge démontable, s’adresser à MM. Stransky frères, 20, rue de Paradis, Paris.
- Communications. — M. Ch. Constant, à Boulogne-sur-Seine, nous signale le passage d’un magnifique bolide qu’il a pu observer dans la soirée du samedi 9 août vers 91120. Ce bolide, animé d’une grande vitesse, a traversé le ciel du nord-est au sud-ouest, laissant une traînée lumineuse des plus brillantes et d’une extraordinaire netteté, qui est restée visible pendant 50 secondes.
- M. Delauney, à Lyon, nous informe qu’un chimiste allemand est parvenu à conserver les œufs à l’aide de l’acide fluosilicique qui bouche les pores de's coques. On est déjà arrivé au même résultat en employant du silicate de soude.
- M. R. Meigniez, à Saintes, nous écrit : « En feuilletant le numéro 1517, du 21 juin, de La Nature, j’ai vu qu’il était question dans la Boîte aux Lettres qu’un abonné de votre journal, habitant Neuilly, avait trouvé dans son poulailler un œuf pesant 150 grammes; le fait, quoique étant assez rare, se produit quelquefois ; pour ma part, je puis vous dire que j’ai récolté plusieurs fois des œufs du poids énoncé plus haut, même un jour j’ai trouvé dons mon poulailler de la Flèche un œuf rare pesant 170 grammes; j’ai voulu me rendre compte combien il fallait d’œufs ordinaires pour équilibrer ce monstre, il en fallait trois. Ce gros œuf était comme vous l’expliquez dans la communication indiquée : intérieurement, était contenu un œuf de dimension ordinaire. )>
- M. E. Finet, à Paris, nous écrit : « Dans votre n° 1524 du 9 août M. A.-L. Clément signale le pétrole comme substance propre à éloigner les fourmis. Je viens vous signaler un fait qui m’a permis de me débarrasser de ces insectes. Je venais de neO tover au pétrole ma chaîne de bicyclette et pour la faire sécher l’avais attachée à un clou le long du mur en plein soleil. Au bout d’une demi-heure mon étonnement fut grand de trouver ma chaîne couverte d’un millier de fourmis. L’odeur du pétrole les avait attirées de très loin et en les examinant je vis qu’elles étaient comme grises; se tenant sur leurs pattes de derrière elles faisaient avec celles de devant des gestes désordonnés ; mais elles ne quittaient pas la place, et je pus les écraser facilement sur le mur. J’ai recommencé l’expérience en imbibant simplement le mur de pétrole ; le résultat fut bien moins satisfaisant. Les fourmis paraissent surtout attirées par le mélange dégraissé et de pétrole. Chaque fois que ces petites bêtes m’incommodent je recommence donc à me servir de ma chaîne et je m’en trouve bien à condition que le soleil soit de la partie. Ma petite remarque peut rendre service surtout pour les plantes encaisses ou en pots; car si les fourmis n’attaquent pas les végétaux elles pulvérisent la terre autour des racines et forment des galeries par où l’eau d’arrosage s’écoule au fond sans avoir suffisamment imprégné la terre. »
- M. J. Champagne, à Périgueux, nous écrit : « Je possède depuis le mois de février, 4 cistudes d’Europe (cistudo luiaria) dans ma cage garnie de sable, avec une cuvette photographique 24 X 50 dans laquelle je mets de l’eau et des poissons pour leur nourriture. Une des cistudes a pondu un œuf sur le sable sans faire de trou ni aucune des comédies indiquées dans Brehm et autres auteurs. Depuis 5 jours que ce fait s’est produit, la tortue n’a pas pondu d’autre œuf. Je crois que cela pourra intéresser ceux de vos lecteurs qui s’occupent d’erpétologie. Brehm indique que la cistude pond 9 à 11 œufs à la fois. »
- M. G. Duclou, à Bordeaux, nous adresse une note suri’Epam-prement ou écimage tardif de la vigne en Gironde, publiée par MM. Féret et fils, éditeurs à Bordeaux.
- M. L. N. Vollu, à Bio-de-Janeiro, nous fait parvenir une brochure intitulée: La trigonométrie universelle où cette science est exposée dans un dialogue qui est censé se tenir entre le maître et l’élève, à la façon d’un catéchisme. La brochure est publiée par la typo-lithographie, L. Malafaia, à Rio-de-Janeiro.
- Renseignements. — M. Ch. Budin, à Mouy. — Nous n’avons pu jusqu’ici retrouver l’article en question, ne pourriez-vous préciser vos souvenirs?
- M. Charpentier, à Bois-Colombes. — Voyez la réponse donnée ci-dessus.
- M. A. Dupont, à Valmondois. — Adressez-vous au Comptoir de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Th. Jochim, à Saint-Pétersbourg. — L’adresse relative au générateur d’acétylène « Etoile Polaire » est donnée dans la Boite aux Lettres du n° 1507, du 12 avril 1902.
- M. le Docteur N., à N. —l°La maison Postel-Vinav, 219,rue de Vaugirard, à Paris, vous fournira des appareils de télégraphie.
- — 2° Nous ne saurions vous renseigner sur ce point.
- M. A. de Vertury, à Paris. — Nous avons donné l’adresse de la machine à laver « l’Economique », dans la Boîte aux Lettres-du n° 1510, du 5 mai 1902.
- M. L. Monnoyer, à Bruxelles. — Le verre à vitre, enfoui sous du sable aquifère, s’altérera à la longue, l’eau finira par décomposer le verre en acide silicique et alcali libre. L’acide silicique s’hydrate en partie et entre en solution. Le verre potassique est moins attaquable par l’eau que le verre sodique, mais la différence décroît avec l’accroissement de la proportion de chaux en présence. La résistance du verre à l’action de l’eau dépend de la présence des silicates doubles de soude ou de potasse et de chaux. Cette résistance est autre à l’action de l’eau, chaude qu’à celle de l’eau froide. De tous les verras, celui contenant du plomb est le moins attaquable par l’eau bouillante.
- M. G. L., au Havre. — On n’a encore rien publié, à notre connaissance, sur cette question, mais vous pourriez vous adresser à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. Samuel, à Bruxelles. — Les Recettes et Procédés Utiles, 4e série, à la librairie Masson et Cie, donnent la composition d’une liqueur qui colore le fer ou l’acier en noir mat et qui convient pour le bronzage des armes.
- M. C. R., à L. — Vous pourriez vous renseigner auprès d’une agence de brevets : M. Armengaud aîné, 21, boulevard Poissonnière ; M. 11. Josse, 17, boulevard de la Madeleine, àParis.
- M. L. Desmazières, à Auby-lès-Douai. — Vous pourriez vous adresser à M. Estève, 41, rue de la Chapelle, ou à M. Sayn, 82, avenue Philippe-Auguste, à Paris.
- M. F. Jgurbide, à Barcelone. — Nous avons reçu votre ouvrage ; remerciements.
- Mme la C™ de Gramont, à Magnanville. — L’adresse du Dr Soupault est 66, rue de Monceau, à Paris.
- M. P. Lacôte, à Niort. — Les Recettes et procédés utilesr lre série, à la librairie Masson et Cie, donnent le moyen d’enlever les bulles d’air d’un tube barométrique.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Mme Radier, à Boulogne-sur-Mer. Nous transmettons votre lettre à la librairie Masson. — M. C. Spatharis, à Constantinople. La formule indique en effet 15 grammes, mais ce chiffre nous paraît un peu élevé. — M. de Russcher, à Paris. Un dictionnaire allemand-français quelconque vous renseignera. — M. Guichard, à Brest. Consultez les-Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie.
- — M. Deverny, à Bruxelles. Voyez le même petit livre, 5e série.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé pour blanchir les suifs et matières grasses. — Au heu de l’exposition au soleil, qui a toujours l’inconvénient de risquer de faire rancir ces graisses, il vaut mieux liquéfier celles-ci à une chaleur douce, puis y ajouter un cinquibme en poids d’une mixture faite par parties égales de kaolin et d’eau. On brasse bien un certain temps, puis on laisse la matière grasse se séparer. Le kaolin a l’avantage de coûter bon marché et d’être facile à se procurer.
- Farine maltée pour enfants. — Sans vouloir garantir que c’est la composition de la spécialité qui se vend sous ce nom, ,nous reproduisons la formule donnée par Scienlific American. Mélanger intimement par brassage 50 gr de malt pulvérisé, 60 gr de gruau d’avoine en poudre extrêmement fine, puis 120 gr de sucre de lait et 450 gr de farine ordinaire torréfiée.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifi,pies, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Roue A rai] sans lin.— Dans les « Nouvelles scientifiques » du n° 1520 du 12 juillet 1902, nous avons publié une information relative à un tracteur à pétrole de M. Crowden. Ce tracteur est curieux, disions-nous, par ce fait qu’il est muni de
- roues motrices à jante libre. Chaque roue est constituée par une jante en acier coulé comportant un bandage en fer; à l’intérieur de cette jante roule un galet qui, lui, reçoit son mouvement du moteur par une chaîne, et, son adhérence sur la jante,
- Fig. 2. — Premier modèle, essais de fonctionnement.
- qui forme comme un rail sans fin, est assurée par le poids même du véhicule. A ce sujet, M. L. Izart, à Levallois, nous a écrit pour nous faire connaître un modèle de roue à rail mobile sans fin, dont il est l’inventeur. La figure 1 donne la vue
- Fig. 3. — Bicyclette munie à l’arrière d'une roue à rail sans fin.
- d’ensemble d’une roue de motocycle, de voiturette, de voiture légère, de fiacre à traction animale. La figure 2 représente le premier modèle, lors des essais de fonctionnement, et la figure 3 représente une bicyclette munie d’une roue. M. Izart a obtenu, en pratique, des résultats absolument probants, au point de vue du fonctionnement, qui est irréprochable, même dans les virages les plus rapides. L’économie dans l’effort de fraction est très grande, par suite de la réduction dans la résis-
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- tance au roulement. Les avantages du système sont d’autant plus marqués que les chemins à parcourir sont mauvais, à ornières, mal pavés, mous, boueux, pierreux, cahoteux, rocailleux, sablonneux, et qu’ils présentent des trous, des monticules, neige, verglas; toutes ces difficultés sont vaincues aisément avec la nouvelle roue.
- Dans certaines circonstances, M. Izart a pu, en traction animale, par exemple, augmenter le chargement de près du double, sans augmenter la force motrice. On a pu, en charge, en vitesse, sans inconvénient,, sans danger, sans secousses, franchir des barres de 8 à 10 centimètres de hauteur, les deux roues en même temps, les barres distancées les unes des autres de quelques mètres sans ressentir de forte secousse. — Avec une bicyclette quelconque, munie d’une roue à rail mobile à l’arrière seulement (il n’est que meilleur d’en mettre une également à l’avant), un cycliste amateur, de force moyenne, sans exagérer l’effort moteur, a pu gravir des pentes jusqu’à 14 centimètres par mètre avec un développement de 7m,50. — Pour tout ce qui concerne la roue à rail sans fin, s’adresser à M. L. Izart, 15, rue Froment, à Levallois (Seine).
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Les lecteurs de La Nature qui suivent ces courtes notes d’hygiène et santé ont présentes à la mémoire les indications que j’ai données sur le traitement de l’entorse. Rien de supérieur au massage mis en œuvre dès le moment de l’accident, mais cela va sans dire, par une main exercée. L’entorse entraîne parfois des désordres graves et des manœuvres brutales auraient pour effet d’aggraver certainement le mal plutôt que de Je calmer. Le massage doit être lent, doux, méthodique, puis repris quelques heures plus tard, après un repos du membre bien immobilisé et assoupli, calmé par des compresses résolutives.
- Il est rare qu’avec un massage bien fait, l’entorse, si elle n’est pas compliquée, ne soit guérie en trois ou quatre jours. C’est, à mon avis, le procédé le plus sùr et le meilleur. Il parait qu’il y a mieux; quelques spécialistes électriciens, dont MM. Charrier et Planet, préconisent l’emploi de l’électricité qui supprimerait, plus rapidement encore que le massage, le phénomène douleur. Il faut avoir recours aux courants faradiques. Supposons une entorse tibio-tarsienne, la plus commune et le type des entorses.
- On applique sur la malléole interne (la cheville) un des tampons-électrodes, charbon recouvert de peau de chamois; on promène l’autre doucement sur la malléole opposée. De préférence, il faut appliquer l’électrode négative sur la région la plus douloureuse. Cette application ne doit pas dépasser cinq à six minutes la première fois. 11 est rare, disent les auteurs que je cite, qu’après une seule séance, le malade ne puisse déjà se lever et marcher et ce, sans douleurs, sans trop de boiterie. La douleur a été, pour ainsi dire, supprimée du premier coup. Si elle n’est pas supprimée, comme dans quelques cas, d’une façon absolue, elle est au moins toujours considérablement atténuée. La tuméfaction, le gonflement qui surviennent toujours dans l’entorse diminuent également sous l’influence du passage du courant.
- Rapidité du résultat, simplicité de l’exécution, telle est la formule de ce traitement qui peut, en tout cas, être, dans les cas complexes, combinée avec le massage. Dr A. C.
- Lavages de l'intestin a l'eau oxygénée.
- Les entérites chroniques, chez l’enfant, et l’on pourrait dire aussi, chez l’adulte, sont quelquefois rebelles aux traitements les plus énergiques. La dysenterie, en particulier, mine, épuise les sujets qui en sont atteints, sans que les potions, lavements de tous genres amènent une sédation et l’arrêt de cette diarrhée incoercible.
- Deux médecins d’hôpitaux, l’un Bordelais, l’autre Parisien, MM. Rocaz et Roger, ont eu en même temps l’idée de recourir dans ces cas à l’emploi de l’eau oxygénée. C’est un des agents antiseptiques les plus puissants que l’on ait sans être irritant ni toxique. D’après des expériences bactériologiques des plus précises, il suffit de quelques gouttes d’eau oxygénée pour stériliser un litre de bouillon de culture. Dans les plaies putrides, dans les gangrènes, l’eau oxygénée amène une désinfection rapide, une modification énergique des tissus.
- Pour l’employer dans.le tube intestinal, il faut, au préalable, la neutraliser. L’eau oxygénée à 12 volumes est en effet acide. M. Roger la prépare de la façon suivante : il en verse 100 cm3 dans 900 cm3 d’eau bouillie contenant 5 grammes de chlorure de sodium, 3 grammes de phosphate de soude et 50 centigrammes de bicarbonate de soude. On a de la sorte un liquide
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- alcalin, ayant avec l’action antiseptique une propriété reconstituante, comme le sont les sérums.
- Ce liquide est administré deux à trois fois par jour en lavages, c’est-à-dire en grands lavements de un demi à un litre, portés très haut dans l’intestin, au moyen d’une sonde molle, le malade étant couché dans son lit. Généralement, les douleurs cèdent après un ou deux lavages, la fièvre tombe et la diarrhée s’arrête en peu de temps.
- De toutes les médications employées, c’est celle qui a donné les résultats les plus rapides et, dans la majorité des cas, les plus décisifs. Il est permis de supposer que d’autres affections intestinales, diarrhées chroniques, entéro-colite inuco-mem-braneuse, pourraient être avantageusement modifiées par ce procédé. C’est une médication à essayer. I)r A. C.
- Traitement des brûlures.
- Dans les brûlures étendues, on cherche à la fois à combattre la douleur horrible, causée par la mise à nu du derme ou des tissus profonds; à prévenir ou à modifier l’infection résul-
- tant de la mortification, de la destruction des parties atteintes. Il faut à la fois un antiseptique et un analgésique. Cette double propriété serait réalisée, d’après un médecin russe, le Dr Goldstein, en employant des solutions plus ou moins concentrées de permanganate de potasse. Le permanganate est, en effet, un agent antiseptique énergique, par l’action destructive qu’il a sur les matières organiques. On l’emploierait même pins fréquemment comme pansement chirurgical sans l’inconvénient de tacher le linge d’une façon presque irrémédiable.
- Dans les brûlures, il agit d’une façon plus efficace que les remèdes habituels et il peut être employé sans danger, mêma quand il s’agit de brûlures sur grandes surfaces ; il ne détermine aucun accident d’intoxication. On badigeonne très légèrement les parties brûlées avec une solution un peu concentrée, et très rapidement les douleurs sont calmées. Au contact des matières organiques, le permanganate se décompose en oxygène à l’état naissant, potasse caustique et oxyde de manganèse; d’après M. Goldstein, l’oxygène et la potasse auraient une action anesthésique, et l’oxyde de manganèse serait l’agent antiseptique. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49“,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 août. . . . 15',1 W. N. W. 2. Très nuageux. 0,0 Rosée ; nuageux.
- Mardi 12 10“ ,9 S. S. W. 2. Couvert. 0,0 Rosée ; presque couv. ; pluie de 8 h. 45 m. à 15 h.
- Mercredi 13 ... . 15“,3 S. E. 1. Couvert. 4,8. Petit brouillard à 4 h. ; forte bruine à 1 h. ; cou v. le matin ; très nuag. le soir.
- Jeudi 14 13»,9 S. S. W. 1. Couvert. 0,1 Rosée ; pluie la matinée ; très nuag. ; orage de 4 h. à 5 h. 40 m. avec forte pluie.
- Vendredi 15 ... . 15°,2 N. 0. Presque couvert 32.4 Brouillard à 1 h.-4 h. matin ; très nuag. jusqu’à 9 h. nuag. ensuite ; beau de 16 h. à 24 h.
- Samedi 16 17*,0 E. S. E. 1. Quelques nuages. 0,0 Ilosée ; quelques coups de tonnerre à 20-21 h. au N. W’.; beau le matin ; nuag. le soir.
- Dimanche 17 ... . 17»,7 S. W. 5. Couvert. 0,9 Gouttes à 5 b. 30 m., 6 b. et 14 b. ; très nuag. le matin; nuag. le soir; halo lunaire à 21 h.
- AOUT 1902. -- SEMAINE Dü LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 AOUT
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10 ; les flèches inférieures, la direltion du veut. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mery. courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Le 10 août, on a ressenti une forte secousse de tremblement de terre à Skagwai, dans l'Alaska.
- I,» chaleur h Séville. — A Séville, dans la journée du iO août, au soleil, le thermomètre est monté à 56°.
- Ta neige h Remireniont. — Le 12 août, dans la soirée, la neige est tombée sur plusieurs sommets des luutes Vosges.
- Pluies et température en France. — Dans la semaine du 11 au 17 août, il y a eu de nombreuses pluies en France. Le 11 août, on a recueilli 9 mm d’eau à Dunkerque, 1 mm à Boulogne ; le 12 août, il est tombé
- 3 mm d’eau à Paris, 4 mm d’eau à Clermont, 1 mm au Havre, 7 mm d’eau à Belfort. Le 14 août, on a compté S mm d’eau au Havre, 2 mm à Belfort, 2 mm à Limoges; le 15 août, pluie à Nancy (5 mm d’eau), à Charleville (5 mm). Un orage dans la soirée à Paris a donné 25 mm d’eau. Le 16 août, orages à Cherbourg (11 mm), à Lyon (5 mm) et au Havre (5 mm).
- La température a subi un notable abaissement à Paris; le 11 août, dans la matinée, ie thermomètre marquait 13°; la moyenne 14’’,6 était inférieure de 5°,4 à la normale. Le 12 août, il y avait 11° dans la matinée et la moyenne n’était que de 13°,8, inférieure de 4°,1 à la normale. La température moyenne à Paris le 14 août, a été de 15°,5 inférieure de 2°,3 à la normale ; le 16 août, elle a atteint 21°,5 et était supérieure, de 3°,6 à la normale.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 11, à 4 h. 33 in. du maiiii.
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- N° 1527 (30 août 1902), du journal « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —-®— Une nouvelle Académie vient d’être fondée à Londres par Charte royale en date du 8 août. Elle porte le titre de « Académie Britannique pour le développement des études historiques, philoso-phiq ues et philologiques ». Cette Académie a été créée sur la demande de ta Société royale ; elle a ses analogues dans les autres pays et manquait en Angleterre. Il fallait que cette section des Lettres et d’Histoire fût représentée à l’Association internationale des académies pour l’Angleterre.
- —®— Le Journal des Savants, qui compte 257 ans d’existence, va se transformer. Sa rédaction ne sera plus, comme par le passé, exclusivement réservée à des membres de l’Institut. On admettra la collaboration de personnalités savantes n’appartenant à aucune descinq Académies. La direction du journal, dont le premier numéro transformé
- faraitra le 15 janvfer prochain, appartiendra à M. Gaston Paris, de Académie française, assisté de MM. Léopold Delisle, de l’Académie des Inscriptions, Berthelot, de l’Académie des Sciences; Jules Guif-frey, de l’Académie des Beaux-Arts, et Dareste, de l’Académie des Sciences morales et politiques. Il réservera quatre de ses pages à une « Chronique de l’Institut », où les séances et les travaux des cinq Académies seront mensuellement analysés pour le public.
- —L’île Tori Sliima, qui fait partie d’un groupe s’étendant entre l’île Bonin et le Japon, a été ensevelie, entre le 13 et le 15 août, par une éruption volcanique. Tous les habitants, au nombre de 150, ont péri. On procédait, au moment où la catastrophe s'est produite, à 1 enlèvement d’un dépôt de guano. L’île étant recouverte de débris volcaniques, toutes les maisons ont disparu. L’éruption a continué pendant quelque temps, accompagnée d’éruptions sous-tnarinés darts le voisinage de l’île. -
- Une nouvelle éruption de la Montagne Pelée s’est produite le 21 août ; elle a été accompagnée d’une obscurité complète et des
- Ïioussiéres volcaniques ont été projetées en quantités abondantes sur es navires qui étaient distants de 8 km. Le 21 août, c’était équilune.
- —Un raid d’ensemble remarquable vient d’être exécuté par GO éclaireurs du 47° régiment de ligne; ils ont fait 100 kilomètres en moins de trente heures, sac au dos, en tenue de campagne, sous la conduite de deux officiers. Le seul record du genre avait été accompli par le commandant Driant avec son bataillon, 100 kilomètres en 55 heures.
- —La période de froid anormal que nous venons de subir depuis la fin d’avril donne un intérêt particulier aux observations faites sur la température des eaux superficielles de l’Atlantique durant le mois d’avril. Nature emprunte à la carte des pilotes pour juin, publiée par le Meteorological Office, les renseignements suivants résultant de 4150 observations. Il semble y avoir eu absence complète de glaces autour des bancs de Terre-Neuve; dans cette région, l’eau de mer est restée à une température supérieure de plusieurs degrés à la température usuelle. A l’ouest du 55® méridien, de 50 à 55° de latitude nord, la température est aussi restée supérieure à la moyenne; mais à partir de la côte de Virginie sur l’est, le long de ce qu’on peut considérer comme le Gulf-slream, il y a diminution de température et les eaux de la moitié de l’Atlantique ont été à une température au-dessous de la movenne. Au nord du 50e parallèle, les termes de comparaison font défaut, ce qui est très regrettable, car il n’est pas douteux que la condition de la mer, immédiatement à l’ouest de l’Islande, n’exerce une influence appréciable sur notre climat.
- —On a lancé, le 21 août, à Belfast, en Angleterre, un nouveau transatlantique Cedric, de 21 000 tonnes, appartenant à la Compagnie VYhite-Star-Line. C’est le plus grand vapeur existant : sa longueur totale est de 213m,50. Il peut transporter 3000 passagers.
- —(g)— Depuis la catastrophe du ballon Severo, on ne voit plus paraître dans les airs de ballon dirigeable. Est-ce à dire que l'on ait renoncé à toute expérience? Ce serait une erreur de le croire. Il existe d’abord les deux ballons Santos-Dumont n° 7 et n° 8 qui doivent évoluer prochainement. Il y a, dans le hangar du parc de .l’Aéro-Club, la « Ville de Paris », construit pour M. 11. Deutsch par M. V. Tatin. Cet aérostat tout terminé n’attend pour sortir que son enveloppe de ponghée. Il y a toujours à Colombes le ballon « Roze ». Enfin citons encore à Moisson le dirigeable de MM. Pierre et Paul Lebaudv, au parc de Vaugirard le dirigeable de Bradsky, puis le dirigeable Mary. Ajoutons encore les dirigeables de M. Tierr, puis Smitter et Debayeux. Enfin, il y a le « Méditerranéen II », de M. H. de la Yaulx, qui doit poursuivre en septembre de nouvelles expériences d’aéronautique maritime. Ce ballon peut prendre rang parmi les dirigeables puisqu’il sera muni, outre ses engins déviateurs, d’un propulseur lamellaire imaginé par M. Henri Hervé. Attendons-nous donc à voir évoluer plusieurs ballons dirigeables de septembre à novembre.
- —U— Un phénomène assez singulier a pu être observé à Blun-dellsands, petite ville du littoral anglais ; au moment' dé la marée montante on vit jaillir du milieu d’un tas de boue qui remplissait un petit bras de mer, des jets de flammes et de fumée; en même temps il se répandait une forte odeur de soufre. Rien ne pouvait renseigner sur l’origine de ce feu, si ce n’est que la surface de l’eau d'où sortaient les flammes paraissait couverte de parcelles d’une substance bleuâtre. On s’approcha et quelqu’un remua-la boue d’où jailliront immédiatement de grandes flammes jaunes longues de 30 centimètres environ. Puis vint la marée qui mit fin au phénomène, mais l’odeur de soufre persista pendant quelque temps encore. '
- —(§)— Engineering publie une carte de la région, qui va être desservie par la Yorkshire Electric Power Go. Cette région s’étend sur 4150 kilomètres carrés et contient 2 millions d’habitants. On y utilise une puissance totale de 2 millions de chevaux et la- côm-pagnie peut s’attendre à un chiffre d’affaires formidable. .Elle va construire 4 stations centrales situées respectivement à, Ihornhill, Metldey, Wath et Bingley, et 16 sous-stations. La station do Thornhiil, située dans un centre plus populeux et qu,i pourra distribuer plus de puissance non convertie ou transformée que les autres, sera construite la première. On commencera par 4 unités dtr 1250 kilowatts et 2 de 2500, après quoi les unités seront dé 5000. Les eaux d’alimentation et de condensation seront tirées de la Rivière Calder, qui longe les limites de remplacement. On s’est arrangé de façon à desservir directement par les sous-stations, une étendue considérable, sans transformation de courant. La tension sera transmise à 10 000 volts. Les sous-stations distribueront soit du continu à 500 ou 550 volts, soit du triphasé à 350-560 entre fils. On utilisera dans les sous-stations des transformateurs statiques ou rotatifs, suivant les cas.
- —M— En ordonnant des poursuites contre certains commerçants, le tribunal de la Seine vient de nous rappeler que l’usage de toute dénomination des poids et mesures autres que ceux qui font partje du système métrique est interdit par la loi du 4. juillet 1837. On ne peut employer les mots « un sou », « une livre .», « un pied »,
- « un demi-setier », sans contrevenir à la loi et sans s’exposer à, 10 francs d’amende.
- —S>— Dernièrement un train spécial (et par conséquent, empressons-nous de le dire, peu chargé) a franchi en 80 minutes la', distance de 89,4 milles qui sépare Philadelphie de Jersey City, en marchant notamment à une allure de 90 milles à l’heure (autrement dit de 144 kilomètres) sur une distance de .6 milles.
- —(§)— On ne se figure pas ordinairement la quantité considé-' rafale de vin que produisent maintenant les Etats-Unis : dans le courant de l’année 1901 cette production a pu atteindre 103 mil--lions de litres, dont la moitié environ pour la seule Californie.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans l’article « Le Morvan » (n° 1525 du 16 août 1902), il y a lieu de faire les corrections suivantes:
- Ï>. 171, lr“ colonne, ligne 6, au lieu de: Est, il faut: Ouest; igné 7, au lieu de: Ouest, il faut : Est; p. 172, légende de la figure 1, au lieu de: Auguison, il faut: Anguison; p. 173, légende de la figure 2, au lieu de: Deuze, il faut : Decize.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — L’Institut de méeanothérapie est situé 32, rue Notre-Dame-des-Victoires, à Paris.
- Communications. — M. J'abbé Soreau, à Nantes, nous écrit : « Un de mes amis photographiait, il y a quelques jours, dans son jardin, les domestiques de sa famille. 11 s’est produit sur ses trois clichés un phénomène fort bizarre et qui nous semble difficile à expliquer : Le banc de bois, devant lequel ou sur lequel se trouvaient les jeunes filles, apparaît à travers le corps et les vêtements. Vous pourrez vous rendre compte du fait d’après les trois épreuves que je joins à cette lettre. Je dois ajouter qu’il n’v a là aucune supercherie : Je tiens du reste les négatifs à votre disposition. » Les phénomènes de photographie apparente à travers les obstacles sont plus fréquents que ne le pense M. l’abbé Soreau. Nous avons traité le sujet dans le n° 1272 du 16 octobre 1897, page 308.
- M. C. H. Hinton, à New-York, nous fait parvenir une brochure intitulée : The récognition of the 4,h dimension et qui résume une conférence faite par l’auteur à la Philosophical Society de Washington. M. Hinton montre par quelles étapes on peut s’élever à la notion de la quatrième dimension. 11 aborde ensuite des problèmes de physique et de cinématique et cherche à éclaircir les mystères qui entourent la constitution de l’éther en introduanist l’hypothèse d’un espace à 4 dimensions.
- Le ministère de Tagriculture du Mexique nous envoie la seconde partie d’un ouvrage intitulé : Las plagas de la agri-cultura qui contient la description des insectes et autres fléaux qui s’attaquent aux produits agricoles. La brochure est publiée
- Sar l’Imprimerie du ministère 15, Calle de San Andres, à exico.
- M. Âvel, à Biarritz, nous écrit : « Le 16 août, à 3 heures moins 14 minutes, un phénomène météorologique s’est accompli devant moi; c’est une pluie sans nuages. Au zénith, le ciel était pur, quelques cumuio-nimbus se tenaient à l'horizon de la mer, mais très loin. Tout à coup, une pluie violente se mit à tomber; une buée pâle se montrait au zénith; cette pluie a duré une demi-minute, mais a été excessivement abondante ».
- M. Delaon, à Abbeville, nous envoie la photographie d’une diatomée grossie 500 fois. On sait qu’il existe 170 genres de cette algue microscopique, avec une foule d’espèces. L’algue que possède M. Delaon est du genre pleurosigme, la photographie montre assez bien les stries qui ornent la surface de la membrane cellulosique. Ces stries font de certaines espèces de diatomées des objets commodes pour apprécier les qualités d’un microscope. Particularité curieuse, au milieu de la diatomée on distingue bien nettement, sur la photographie, le profil d’un visage humain, auquel on peut trouver, même à la loupe, une abondante chevelure.
- Renseignements. — M. Declerq, à Grammont. — S’adresser à M. Hue, pharmacien à Vannes (Morbihan).
- M. le Dr Coulaud, à Saumur. — 1° L’article sur les maisons démontables que vous citez a paru dans le n° 1443 du
- 19 février 1901, page 113. On trouve des maisons démontables à la Société française de constructions portatives et transformables, M. Cornély directeur, 80, rue Taitbout, à Paris. — 2° Les chèvres ne pourraient sans inconvénient, suivant nous, se nourrir de végétaux sulfatés pendant un temps prolongé.
- M. Mougin, à Chambéry. — Qu’entendez-vous par faible tension de vapeur? L’éther, le pétrole, l’alcool, le sulfure de-carbone ont des tensions de vapeur supérieures de beaucoup à celles de l’eau pour les mêmes températures.
- M. E. S, à M. — Les taches de diamidophénol sur les vètements nous paraissent bien difficiles à enlever. S’il s’agit de vêtements de laine, on pourrait essayer de l’acide chlorhydrique sauf à traiter l’étoile ensuite avec de l’ammoniaque si la couleur de l’étoffe passait. Il sera bon de faire des essais au préalable avec des échantillons sans valeur.
- M. L. Porteu, à Rennes. — A cause de la cherté du combustible liquide en France, et étant donné que son application au chauffage est encore relativement récente, vous ne trouverez probablement pas des constructeurs français pouvant vous livrer immédiatement les appareils que vous cherchez. Vous pourriez néanmoins vous adresser à la Société industrielle d’emboutissage, 116, rue du Landv, à la Plaine-Saint-Denis (Seine) ou à la Compagnie générale des appareils économiques, 42, rue du Louvre, à Paris; M. Godillot, 2, nie Blanche, à Paris. Comme maison américaine nous citerons : W. S. Rockwel and C°, Havemeyer Building, New-York.
- M. Rollin, à Lyon. — Voyez la réponse donnée ci-dessus.
- M. Koch, à Chàteau-du-Loir. — On entend par baromètre-holostérique un baromètre entièrement métallique, dans la construction duquel il n’entre aucun liquide. L’étymologie du mot indique son sens, peut-être un peu trop indirectement.
- M. F. Pingray, à Béziers. — Le mieux serait de vous adresser à la Société française de timbrologie, 138, nie do Rivoli, à Paris. Journaux de philatélie : Le Collectionneur de iimbres-pos'te, mensuel, abonnement lfr,50 par an, 6, boulevard Montmartre; le Philatéliste français, mensuel et illustré, 2 francs, 16, avenue de l’Opéra, à Paris, etc.
- M. H. Normanl. — 1° Compagnie américaine des phonographes Edison, 39, boulevard des Capucines. — 2° Pour les lampes Nernst, s’adresser à la Société d’éclairage et de force, 26, rue Laffitte, à Paris. — 3° La lampe que vous citez n’est pas connue, vous pourriez vous adressr à P Office de renseignements techniques, 11, nie Saint-Lazare* à Paris.
- M. H, Olivier, à Marseille* — 1° L’adresse de l’auteur est : 134, boulevard Haussmann, à Paris. — 2° Nous n’avons pas cette adresse.
- M. P. Delaon, à Abbeville. — 1° Vous trouverez à la librairie Coccoz, 11, rue de l’Ancienne-Comédie, à Paris : Précis de technique microscopique et bactériologique, par Mangin, et autres livres du même genre. — 2° Merci de votre envoi auquel nous consacrons quelques lignes dans les Communications.
- M. le Dr S., à Carcassonne. —Nous n’avons pas cette adresse, mais M. Golaz, fabricant d’actinomètres, 23 bis, avenue du Parc de Montsouris, à Paris, pourrait peut-être vous renseigner.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Stahl, à L» Haye. Regrets, mais la question est déjà traitée. — M. l'abbé De-lanne, à Savone. Ce sujet n’est pas de notre compétence. — M. Du-mayne, à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, 3e et 5e séries, à la librairie Masson et Cie. — M. F. Gilmore, à Rochester. Reçu échantillons, mais la notice est insuffisante.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vernis fin pour pianos et autres meubles. — Nous disons pour piano, parce qu’on demande toujours un vernis extrêmement fin pour les caisses de ces instruments de musique. C’est d’un vernis à l’alcool qu’il s’agit. On fait dissoudre, dans 1000 parties d’alcool à 95°, 65 parties de gomme mastic et 250 de gomme laque en écailles ; quand la dissolution est bien achevée, il est bon de la secouer après y avoir ajouté un dixième de son volume en benzine. On laisse ensuite reposer quelques heures et on décante pour enlever la benzine.
- Ciment pour bandages. — Faire une première solution de 30 gr de caoutchouc coupé en menus morceaux dans 600 gr de chloroforme. Préparer d'autre part 30 gr de caoutchouc coupé de la inertie façon, qu’on fait fondre avec 12 gr de résine; puis on ajoute 90 gr de térébenthine de Venise, et on fait dissoudre le tout dans 60 gr d’huile de térébenthine. Finalement on mélange les deux solutions.
- Dans la « Boite aux lettres » la déduction accueille les faits intéressants qui lui. sont signâtes par ses abonnés. et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scienlifi lues,- mais elle ne s'engage en aucune façon à, répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — U n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- l u râtelier pratique pour étables. — Les mangeoires ordinaires ont le désavantage de ne pouvoir présenter à la fois aux animaux le fourrage, tel que paille, foin, luzerne, etc., et le barbotage destiné à leur boisson. Après qu’ils ont bu, il faut nettoyer préalablement les auges, avant d’y déposer ce fourrage. Mais alors ils le gaspillent plus ou moins, et une assez notable quantité tombe sous leurs pieds dans le fumier. La mangeoire double représentée dans la figure ci-jointe permet d’éviter ce double inconvénient. A cet effet, deux longues
- Mangeoire double.
- tringles inclinées sont fixées par le bas à l’extrémité de chaque auge et par le haut au plafond de l’étable. Chacun des 2 râteliers opposés est suspendu à ces deux tringles au moyen d’un petit étrier ad hoc, et c’est autour de ce double étrier qu’on peut soit le relever quand il ne doit pas servir, soit le rabattre. Dans la position relevée, il est maintenu par deux crampons pénétrant dans les tringles. Lorsqu’on veut donner le fourrage on rabat les deux râteliers qui se font face, et c’est entre les deux que le fourrage est réparti. Chaque râtelier est long de 3“,5, et haut de 0m,7 ; la distance entre les barreaux est de O”,25.
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel du chauffeur-mécanicien et du propriétaire d’appareils à vapeur, par Henri Mathieu, contrôleur principal des mines, inspecteur des appareils à vapeur de la Seine, 2e édition. 1 vol. in-8". Librairie polytechnique Ch. Béranger, éditeur, Paris. 1902.
- Les chaudières et les machines à vapeur sont devenues actuellement des appareils indispensables dans l’industrie. Mais il est de toute nécessité, pour éviter des accidents terribles, que ces appareils dangereux soient conduits avec prudence et en toute connaissance de cause. C’est pour apprendre au chauffeur-mécanicien et au propriétaire d’appareils à vapeur à connaître complètement toutes les parties des chaudières et des machines, ainsi que leur conduite, et leurs manœuvres, que M. Henri Mathieu a écrit en 1890 la première édition de cet excellent manuel. Cet ouvrage a une grande valeur pratique ; car depuis de longues années, M. Mathieu est appelé par ses fonctions à constater que les accidents sont le plus souvent dus à une conduite défectueuse résultant de l’ignorance ou de la négligence. L’instruction seule pouvait améliorer cet état de choses, et depuis 1886, M. Mathieu, avec l’autorisation de M. le Ministre des Travaux Publics, a bien voulu se charger de professer à Montmartre un cours professionnel à la Fédération des chauffeurs mécaniciens électriciens; ce sont les conférences faites à ces cours qui ont été réunies pour constituer le manuel du chauffeur-mécanicien.
- Le Voila. Annuaire de renseignements sur l’électricité et les industries annexes. 1 vol. gros in-8°. Paris, Société fermière des annuaires, 1902.
- Cet ouvrage, qui en est à sa troisième année, contient des renseignements techniques, statistiques et commerciaux ainsi que des tables analytiques et alphabétiques qui facilitent les recherches ; il est d’une grande utilité pour les électriciens.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- La mécanique à l’Exposition de 1900, 13e livraison. Les machines frigorifiques, par M. G. Richard. 1 vol. in-8° broché. Librairie Dunod. Prix de la collection : 60 francs.
- La grande industrie chimique minérale : Soufre, azote, phosphore, alun, par E. Sorel. 1 vol. in-8°. C. Naud, éditeur. Paris, 1902.
- Traité encyclopédique de photographie, par C. Fabre. 1" et 2e fascicules du 2e vol. (supplément C), brochés in-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris, 1902.
- Manuel pratique de la bicyclette, par L. Baudry de Saumer. 1 vol. in-8°. VTe Ch. Dunod, éditeur. Prix : 3fr,50.
- Législation minière et contrôle des mines, par T. Cuvillier. 1 vol. broché in-8°. Y’e Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1902. Prix : 12 francs.
- Cours de topographie, par Alfred IIabets. 1 vol. in-8° relié, Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1902.
- Pétrographie. Introduction à l’étude des roches au moyen du microscope, par Alfred IIarker, traduit de l’anglais par O. Chemin. Ch. Béranger, éditeur. Paris, 1902.
- Les ferments industriels d’Extrême-Orient, par H. Neuville. 1 vol. broché, petit in-8° de l’Encyclopédie des aide-mémoire Léauté. Masson et Cie, éditeurs. Gauthier-Villars, imprimeur-éditeur, Paris. Prix : 2fr,50.
- Manuel théorique et pratique d’électricité, par M. Chassagny, professeur de physique au lycée Janson-de-Saillv. 1 vol. in-16 cartonné. Hachette et Cie, éditeurs, Paris. Prix : 4 francs.
- Manuel de photographie pratique à l’usage des débutants, par Ach. Delamarre. 1 vol. broché in-18. H. Desforges, éditeur, Paris. Prix : 0rr,40.
- Les négatifs sur papier au gélatino-bromure d’argent, par Acir. Delamarre. 1 vol. in-18 broché. II. Desforges, éditeur. Paris. Prix : 1 franc.
- L’année photographique1901, par Albert Reyner. 1 vol. in-8°. Charles Mendel, éditeur, Paris, 1902. Prix : 3 francs.
- La photographie pratique, par L.-P. Clerc. 1 vol. grand in-8°. Charles Mendel, éditeur, Paris, 1902. Prix : 3fr,50.
- Le Képhir, ferment et boisson thérapeutique préparés avec du lait de vache, par W. Podwyssotsky. Traduit du russe ar M"e S. Broido et Mme P. Eliacheff . 1 vol. broché in-8°.
- . Naud, éditeur. Paris, 1902.
- La photographie des couleurs simplifiée, par L. Tranchant. 1 vol. in-18. II. Desforges, éditeur. Paris, 1902.
- Sinus et sinusites maxillaires, par J. de Croës. 1 vol. broché in-8°. A. Maloine, éditeur. Paris, 1902.
- Annales de l’Observatoire d’Athènes, publiées par Démétrius Egimilis, tome III, 1 vol.. in-4°. Imprimerie Royale Raftanis-Papageorgiou. Athènes, 1901.
- Annuaire de l’Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-Arts de Belgique. 1 vol. in-8°. Rayez, imprimerie de l’Académie royale de Belgique, rue de Louvain, 112. Bruxelles, 1902.
- Les lois de la Géographie par Carlos de Mello, professeur de géographie à Saint-Paulo. 1 vol. broché in-8°. R. Fried-lander und Sohn, éditeurs. Berlin, 1902. Prix : 10 marks.
- La bonne vache laitière, ses caractères, moyens de la reconnaître, par Henri Blin. 1 vol. in-8°. Les fils d’Emile Deyrolle, éditeurs, 46, rue du Bac, Paris, 1902. Prix : 3fr,50.
- Le procédé à la gomme bichromatée suivi d’une instruction sur l’emploi du papier charbon velours et du papier Farinaud, par II. Emery. tin petit in-8° broché. Charles Mendel, éditeur, 118, rue d’Assas, Paris. Prix ; 0fr,60.
- Ttvenly-first annual report of the United States geological, survey to the secretary of the interior. Ch. D. Walcott, directeur. Part I.-Director’s report; including triangulation primary traverse, and spirit leveling. — Part VI. Minerai ressources of the United States, 1899, metallic products, coal’ and coke. David T. Day chief of Division. 5 vol. in-4°. Washington, Government Printing Office, 1901.
- Annual report of the Board of regents of the Smithsonian. Institution showing the operations, expenditures, and condition of the Institution for the Year ending june 30, 1897. Report of the U. S. National Muséum. Part II. Washington, Government Printing Office, 1901.
- Magnelismo ed Elettricilà. Principi e applicazioni esposti ele-mentarmente da Francesco Grassi. 5e édition, 1 vol. in-16 cartonné. Llrico Hoepli Editore-Libraio délia real casa, Milan. 1902.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- r.9
- Report of ihe Commissioner for the y car ending J une 50, 1900. l'ait. XXVI. T. S. Commission oi'lish and fisheries, XVashington. Government printing Office. 1901.
- Paléontologie und Descendenzlehre von Ernst Koken, jirofes-sor (1er. Géologie und l'alæontologie, in Tültingon. 1 brochure in-8° Verlag von Gustav Fisclier in lena. 1902.
- Notes on the construction of Ihe riolin, par XV. Covkntry. M. I. C. E. 1 vol. in-10 broché. Ihilau and Go. 57 Solio Square, XV. Londres, 1902. Prix : 2/0.
- Electrocultur .Erhohiiny der Erute.-Ertrüye aller Kultur-Pflanzen durch Elehlrische Behandlung, par Xon Dr Sellw Lkrustrôm, professor an der Lniversitiit Ilelsinglbrs, uherzetzt von l)r Otto Pringslieixn. XV. Junk. Berlin, N. XV. 5. 1902.
- Flora von Deutschland Œsterreich und der Schweiz: Funfter Banil. 5 vol. in-8° brochés, par XYalter Migula, professeur, liera Friedrich von Zerschwitz. 1902.
- Bulletin of the American Muséum ofNaiural liistory. Vol, XV. Part. 1. Ptiblished by order of the Trustées. 1 vol. in-8” broché. New-York. 1901.
- A bibliography of the analytical chemistry of manganèse, 1785-1900, by Henry P. Talbot and John XV. Brown. 1 vol. in-8° publié par la Smithsonian Institution. XVashington. 1902.
- Experiments with ionized air, by Carl Barus. Hazard professor of physies at Brown University. Published by the Smithsonian Institution. 1 vol. in-4° broché. XVashington, 1901.
- The political Freshman, by Büshrod Washington James. 1 vol. in-8°. Bushrod Sillary, Philadelphia, Pa. 1902. Prix : 7tr,50.
- Corso di geologia, di Antonio Stoppani. 5e édition revue et augmentée par Alexandre Malladra. Vol. 2, fascicule 8e, in-8". Imprimerie Bcrnardoni di C. Rebeschini. Milan, 1902.
- Chemical Societies of the 19,h century, by Henry Carrington Boltox. Une brochure in-8° publiée par la Smithsonian Institution. Washington. 1902.
- Index to the literature of ihe spectroscope 1887-1900, by Alfred Tcckermanx. 1 vol. in-8° publié par la Smithsonian Institution. XVashington. 1902,
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION et force de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 août. . . . 14°,9 S. 2. Couvert. 0,0 Rosée; très uuag. jusq. 17 h. ; beau ensuite; gouttes à 14 h. Rosée; lialo lunaire; quelques coups de tonnerre de 7 h. 50” à 55”; pluie de 7‘ à 8b30; gouttes ensuite.
- Mardi 19 17“,1 S.’ S. XV. 2. Couvert. 0,0
- Mercredi 20 .... 16°,8 S. XV. 2. Très nuageux. 3,4 Halo lunaire ; rosée ; très nuag. la matinée ; nuag. de 15 à 20 li. ; beau ensuite ; pluie de 13 li. à 13 h. 40.
- Jeudi 21 •. 12°, 9 S. S. XV. 2. Très nuageux. 1,5 Itosée ; nuageux.
- Vendredi 22 ... . 14°,6 N. T. Nuageux. 0,0 Rosée ; nuag. de 4 à 15 li. ; beau ensuite,
- Samedi 25 14°,2 S. E. 0. Beau. 0,0 •Rosée ; halo ; beau le matin ; nuag. le soir.
- Dimanche 24 ... . 16°,3 S. 2. Couvert. 0,0 Rosée; quelques éclaircies; pluie de 13 h. 25 à 20 h.; quelques éclairs vers 21 b.
- AOUT 1902. -- SEMAINE DU LUNDI 18 AU DIMANCHE 21 AOUT
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du veut. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Ouragan. — Un violent ouragan de grêle s’esl abattu, le 17 août, dans ta soirée, vers 7‘ 20", sur la ville de Ccmnnentry et ses environs. Des toitures de maison ont été entièrement enlevées ; les vitres de l’hôtel de ville, de la caserne de gendarmerie et de presque toutes les maisons du centre de la ville ont été brisées par les grêlons, qui avaient la grosseur d’uu œuf.
- - E>a pluie. — Le 17 août, des pluies sont tombées sur l'ouest et le centre de l'Europe; en France, ou a recueilli (1 mm d'eau à Clermont, 4 à Brest, 2 à Dunkerque. Le 18 août, des pluies ont eu lieu dans le nord-ouest de l’Ejirope ; en France, on a recueilli 26 mm d’eau à Boulogne, 21 à Lorient, 20 à Cherbourg. Le 19 août, on a recueilli 14 [mm d'eau à Besançon, 7 mm
- au Havre, 3 mm à Paris, 2 min à Clermont. Le 20 août, il a plu à Besançon (9 mm d'eau), à Paris (1 mm)'et à Charleville (1 mm).
- Un typhon à Hanoi. — Une trombe d’eau d’une grande violence provenant d'un typhon qui venait de ta direction de Manille, s’est abattue sur Hanoï dans la" journée dû 12 juillet. La quantité d’eau tombée en vingt heures et enregistrée au pluviomètre a été de 55 centimètres, niveau qui n’avait jamais été constaté au Tonkin jusqu’à .ce jour. Les principales rües de la ville ont été transformées en.tleuves. .Les dégâts ont été considérables. Un grand nombre dè maisons en construction se sont écroulées. Des égouts tout récemment construits se sont effondrés sous l’action et le poids des eaux. Devant la gare,du boule’vard Gambetta il y avait 1“,50 d’eau. Les chantiers de l’Exposition ont été complètement noyés. La ligne du chemin de fer a été coupée sur trois points, a Gia-Lam et sur le grand viaduc qui traverse la ville.
- PHASES DE LA LUNE ; P. L. le 19, à 6 h. 13 m; du matin.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Un raid sensationnel vient d’avoir lieu, le 27 août, de Bruxelles à Ostende, sur une distance de 132 kilomètres. Cette che--vauchée, organisée par le comité des fêtes internationales d’Ostende, et à laquelle ont pris part des officiers délégués par presque toutes Ses armées d’Europe, avait pour but non pas de démontrer la supériorité de la cavalerie de tel pays sur tel autre, les concurrents ayant été sélectionnés dans chaque nation, mais de mettre en évidence la grande et incontestable amélioration qui s’est produite depuis un demi-siècle dans le recrutement des chevaux de troupe, amélioration due à l’infusion du sang de la race pure dans les races indigènes. Les -concurrents étaient au nombre de 61, dont 1 sous-lieutenant russe, A lieutenant anglais, 17 officiers français, 31 Belges, 7 Hollandais, •2 Suédois, 1 Norvégien et 1 Suisse. Yingt-neuf officiers ont pu seuls fournir les 132 kilomètres du parcours. Les 10 premiers ont été les suivants dans l’ordre de classement : lieutenant français Madamet en 45h 54m; lieutenant français Deremetz en 7h 22m; lieutenant français Haentjens en 7h 55rn ; lieutenant français Romieux en 7h 35“ ; capitaine norvégien Smitli Kielland en 8h55m, lieutenant hollandais de Beaufort en 7h56m; lieutenant belge Joostens en 8h 14m; lieutenant suédois Gibson en 8h 29'“ ; lieutenant belge Marchand en 8h 31m ; lieutenant hollandais Maris en 8h 47”. L’opinion générale est que tous les cavaliers ont montré une superbe énergie et une endurance remarquable ; mais que la course était trop dure pour les chevaux, étant donné surtout l’état des routes défoncées par la pluie. Des chevaux même bien entraînés et bien sélectionnés ne peuvent fournir des parcours aussi sévères et aussi prolongés qu’en des laps de temps assez longs. La vitesse moyenne du premier arrivé a été de 19kra,l30 par heure; c'est un train qui ne doit pas être dépassé pour arriver au bout de l’épreuve.
- —g— Le 26 août, à Deauville, a eu lieu la course du record du kilomètre pour les automobiles. La piste avait été installée sur la terrasse de Deauville; les concurrents avaient 600 mètres pour prendre leur élan, et 500 mètres pour l’arrêt; on avait eu soin de recouvrir ces 500 mètres d’une épaisse couche de sable dans lequel les roues des voitures venaient s’enliser. Le record du kilomètre en voiture à 2 places seul a été abaissé de 4,8 seconde par Gabriel sur une voiture Mors de 70 chevaux ; il a effectué un kilomètre en 26 secondes 2/5, à une vitesse de 136,350 kilomètres à l’heure, alors que M. Jarrot l’avait effectué sur une voiture Panhard en 28 secondes 1/5.
- —S— M. Bernhard de Hambourg-Liibeck a, paraît-il, découvert que l’aluminium affile à merveille les instruments tranchants. Ce métal possède ainsi toutes les propriétés de la pierre à aiguiser dont il a d’ailleurs la structure ; si on frotte une lame d’aeier sur de l’aluminium ce dernier donne en quelque sorte une masse onctueuse et à grains très fins qui adhère fortement à l’acier. Le fil qu’on obtient par l’emploi de l’aluminium est absolument uni et sans aspérités, au lieu que des couteaux soigneusement repassés à la meilleure pierre à rasoirs présentent des inégalités très visibles avec un microscope grossissant mille fois.
- —g)— Il existe en Suisse une industrie que l’on désigne sous le nom « d’industrie des étrangers » ; cette industrie a trait à tout ce qui se rapporte aux hôtels, pensions, logis fréquentés par les touristes pendant l’été. L'Economiste français donne la statistique des hôtels installés en Suisse par ordre d’importance et les répartit de la façon suivante : jusqu a 20 lits, 127 hôtels; de 21 à 50 lits, 540 hôtels ; de 51 à 100 lits, 380 hôtels ; de 101 à 200 lits, 161 hôtels ; de 201 à 300 lits, 32 hôtels ; plus de 300 lits, 20 hôtels. Il est d’autres hôtels qui ont jusqu’à 600 lits et au delà. La statistique fédérale, en comptant tous les hôtels de moins de 50 lits
- arrivait, en 1899, à un total de 1896 établissements. En comptant tout, elle arrive à un total de 104876 lits; en 1902, le capital engagé dans l’industrie hôtelière en Suisse'doit approcher de 600 millions.
- —g)— Lord Kelvin propose d’utiliser la puissance hydraulique de la rivière Guenesse, en installant des barrages avec turbines en un nombre suffisant de points convenablement choisis tout le long de la rivière. On aurait ainsi une foule de petites stations génératrices, assez économiques à exploiter et dont la puissance totale pourrait être réunie et transportée à grande distance. L’emploi du courant alternatif n’est pas possible ici, car il faudrait une station spéciale pour centraliser les courants provenant de chaque barrage et pour régler leurs phases. Lord Kelvin a vu que l’occasion était bonne d’adopter une distribution par courant continu à haute tension en série. La puissance serait ainsi distribuée aux divers centres d’utilisation par un seul câble qui réunirait dans son circuit génératrices et réceptrices.
- —g— Le capitaine Newman a formé le projet de traverser l’Atlantique en canot à vapeur. Il vient de quitter New-York et compte arriver en 20 jours à Southampton. Son fils, âgé de 16 ans, l’accompagne. Le bateau a 11 mètres de longueur, et le combustible employé est le pétrole. Il paraît que c’est la première fois qu’un canot à vapeur tente une pareille traversée, les canots à voiles l’ont effectuée à maintes reprises.
- —g) - La ville de Brunn en Moravie s’est décidée à recourir au traitement chimique pour l’épuration de ses eaux. Le système employé est celui de M. Bayer qui utilise comme réactif épurateur un mélange contenant 20 à S0 parties de chaux, 10 de poussière de zinc et 1 de charbon. Le dernier produit étant obtenu par la distillation sèche dans des cornues à gaz de détritus d'abattoir et de voirie. Les eaux usées sont mélangées intimement au réactif et passent dans un bassin de décantation où les boues précipitées se déposent. Au sortir de ce bassin, les eaux encore légèrement troubles passent sur un filtre composé de couches superposées de briques sur champ de gros coke, de coke fin et de charbon épurateur rangées par ordre ascendant. L’efiluent du filtre est ainsi amené à la rivière. Cet effluent, d’après les derniers essais de M. Bayer, est clair, incolore et inodore dépourvu de germes de putréfaction mais non complètement débarrassé des matières organiques, et il ne faut le mélanger à l’eau de rivière qu’après plusieurs semaines de repos. Les boues provenant, du bassin de décantation sont rofoulées directement dans des presses à filtre qui les transforment en tourteaux, lesquels soumis à la distillation sèche, régénèrent une partie des matières qui composent le réactif. On peut donc recouvrer une partie des frais.
- —g)— Le musée d’histoire naturelle de New-York tient depuis quelques années le registre de tous les bisons survivant actuellement aux Etats-Unis. L’espèce est sur le point de s’éteindre, et il n’existe plus sur tout le continent américain que 1204 buffles dont 340 à letat sauvage.
- —g— M. Sabourain, inspecteur du service des tubes pneumatiques de la Seine, a imaginé, pour obtenir la fumivorité dans les foyers des chaudières tubulaires, de faire charger le charbon frais à l’avant de la grille sous une voûte surbaissée en briques réfractaires, recouvrant la partie antérieure de la grille; un écran en tôle, disposé sous la grille, oblige l’air à passer presque uniquement par la portion avant de cette grille. Le charbon distille dans la portion correspondante du foyer, et les gaz provenant de cette distillation brûlent sur la partie arrière, où l’on repousse de temps à autre le charbon incandescent transformé en coke.
- —g)— Des expériences, récemment exécutées en Italie, sont venues encore montrer la supériorité des chaudières aquatubulaires : on opérait sur des navires absolument identiques comme machinerie et à tous les points de vue. Les chaudières cylindriques n’ont donné que 8800 chevaux et une vitesse de 18 nœuds, tanuis que les générateurs Niclausse ou Belleville ont donné 10000 chevaux et 19 nœuds.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnes que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. R. Catoir, à Nayses, nous écrit : « Je me permets de vous signaler une illusion d’optique dont les causes sont simples, mais qui est assez curieuse comme effet, et dont je me suis aperçu récemment par le plus grand des hasards : j’avais copié un dossier à la machine à écrire, et, au moyen de papier carbon, j’en avais pris un second exemplaire en même temps sur papier pelure. Or, ayant posé la copie transparente sur l’autre de façon à faire coïncider toutes les lettres, la première s’est très légèrement déplacée par un mouvement tournant, et immédiatement on a l’impression d’une série de cercles concentriques autour du point de rotation. 11 est nécessaire pour que l’illusion soit bien apparente, que l’angle entre les lignes des deux copies soit très petit, et on peut d’ailleurs prendre le point de rotation où l’on veut, en posant un doigt sur la feuille transparente, et en lui imprimant un léger déplacement angulaire. »
- M. À. Anilioinoz, à l’honon, nous envoie la description d’un instrument destiné à déterminer, le long des côtes, les points où on fait les sondages. Voici ce qu’il écrit à ce sujet : « On a en général d’excellentes cartes des côtes, mais il convient devant ces côtes de multiplier les points de sondages. L’instrument permettra de déterminer rapidement des quantités de points. Que l’on veuille, par exemple, faire un sondage au point D où l’on se trouve, on considère sur la rive deux points A et B figurant sur la carte et dont par conséquent la distance entre eux est connue. Avec l’instrument, on prend l’angle a que les rayons dirigés sur ces deux points font entre eux, et simultanément on prend l’angle p que fait la boussole avec le rayon AD. Les deux angles étant connus, voici comment on reportera le point D sur la carte : sur la ligne A B on décrit un segment capable de l’angle a, puis du point A on trace la ligne AN parallèle à l’aiguille de la boussole, c’est-à-dire dans la direction du nord magnétique; puis avec la ligne AN on fait au point A un angle p, et on prolonge la ligne qui le détermine jusqu’à sa rencontre avec l’arc du segment ; le point d’intersection sera le point D cherché. Ayant sur la carte une série de points échelonnés ABCN, on voit combien d’observations peuvent être faites en un jour, d’autant plus que deux mêmes points AB peuvent servir de base à plusieurs observations. Les points ABC doivent être choisis le plus près possible de la rive pour avoir un angle a horizontal. »
- Renseignements. — M. R. Catoir, à Nayses. — 1° A la première occasion, nous soumettrons les branches de rosier à un naturaliste. — 2° Remerciements pour votre 'communication.
- M. H. Brun, à Port-Louis (Mauritius). — 1° Nous transmettons votre demande à la librairie Masson et C‘e. — 2° Pour l’anémoscope électrique, s’adresser directement à MM. Mildé et Cie, 60, rue Desrenaudes, à Paris.
- M. A. Synave, à Rue. — Nous avons lu votre mémoire; nous ne parlons des diverses inventions de ce genre que lorsqu’elles ont été réalisées et ont donné satisfaction dans toute une série d’essais.
- M. C. Koch, à Paris. — Il faut vous adresser à M. Huë, pharmacien à Vannes (Morbihan).
- M. E. Raguillet, à Barcelone. — L’adresse que vous demandez est la suivante : Caldwell Mfg C°, Rochester (New-York),
- IJ. S. A.
- M. L. Solari, à Pont-Saint-Martin. — Société de manufacture des laves émaillées d’Auvergne, 83, rue du Bac, à Paris.
- M. Chauchat, à Forges-les-Eaux. — Vous pourriez essayer de laver l’albâtre à l’eau de savon, puis à l’eau pure, en évitant les éraillures. Sécher avec une peau de gant.
- M. Cané, à Barcelone. — Nous n’avons plus d’adresse relative à ce produit. Adressez-vous à l’Office de chimie appliquée, 69, rue Louis-Blanc, à Paris.
- M. C. M., à Albi. — Vous pourriez vous adresser à la Compagnie Française d’éclairage et de chauffage par l’acétylène, 12, rue Blanche, ou à la Compagnie du gaz nouveau, 6, boulevard des Italiens, à Paris.
- M. A. T., à Bar. — 1° La force électromotrice d’un élément Leclanché neuf est de 1,48 volt, 100 éléments en tension donneront 148 volts, et 200 éléments deux fois autant. — 2° Cette solution est bizarre, nous ne pouvons la discuter ici, mais vous trouverez dans les Recettes de VElectricien, librairie Masson et Cie, des renseignements sur les piles Leclanché.
- M. G. Leclerc, à Sedan. — Beaucoup de prestidigitateurs, mettent à profit les phénomènes de catalepsie, mais l’état cataleptique du sujet que représente votre cboquis ne saurait seul expliquer l’étrange position qu’on lui fait prendre, et qui nous paraît contrevenir aux lois de la mécanique. Nous inclinons à croire qu’il y a dans cette expérience à la fois de la catalepsiè et de la prestidigitation.
- M. E, H., h G. — Pour les plafonds et pièces de tout genre en acier estampé, s’adresser à M. II. S. Northrop, 40, Cherry Street, New-York.
- M. Barail, à Nancy. — Il faut vous adresser à MM. Lucas frères at Cabane, 25, rue des Cendriers, ou à M. Brûlé, 51, 55, rue Boinod, à Paris.
- M. Blum, à Oued-el-Aneb. — Nous ne connaissons pas de produit qui vous donnerait par ce procédé une eau potable. Le moyen qui semble indiqué ici est de faire bouillir l’eau. L’ébullition chasse l’anhvdride carbonique et détermine ainsi la précipitation du carbonate neutre Quand on n’a que des eaux trop calcaires, le meilleur moyen de les améliorer en grand consiste à les faire tomber à plusieurs reprises en lames minces ou filets, ou bien à les battre avec une roue de moulin, mue au besoin par une machine à vapeur si la chute manque. On amène ainsi une eau naturelle à ne contenir que 0,10 gr de carhonate de calcium par litre.
- M. H., à Paris. — Vous pouvez vous procurer ce vaccin contre la maladie des chiens du Dr Phisalix chez MM. Bézine et Cie, dépositaires du vaccin, 20, rue Lebrun, à Paris.
- M. Legros, à la Réunion. — 1° Vos questions sur l’air liquide sont trop nombreuses pour que nous leur répondions ici. Voyez sur cette question nos articles publiés en 1900, n0! 1410, du 2 juin 1900, p. 12; 1451, du 27 octobre 1900, p. 337. Nous vous signalons aussi les Comptes rendus de l’Académie des sciences, séance du 50 juin 1902, où l’on trouve une communication relative à un nouveau dispositif de M. Claude. — 2° Il n’y a pas de fabrique d’air liquide; ce ne sont que des essais pour le moment; voyez n° 1525, du 16 août 1902, p. 174.— 5° Remerciements, et nous prenons bonne note de votre aimable proposition.
- M. Duchateau, à Saint-Trond. — Il est reconnu que le gaz d’éclairage agit défavorablement sur les plantes d’appartement; est-ce par sa lumière, est-ce par les produits que dégage sa combustion ? Nous ne saurions le dire.
- Un abonné en voyage. — 1° On sait que les guêpes s’emparent des mouches et autres insectes dont ils font une sorte de bouillie pour leurs larves. — 2° Les Recettes et Procédés utiles,
- 4e série, à la librairie Masson et Cie, donnent une formule pour bronzer ou noircir l’acier.
- M. L. Scalini, à Baveno. — Pour le pavage en granit fondu, s’adresser à la Reconstructed Granité C°, 14, Dey Street, à New-York.
- M. le Dr J. L., à Peuroux. — Vous pourriez vous adresser directement à M. Schribaux, directeur de la station d’essais de semences, 15, rue Claude-Bernard, à Paris.
- 1 M. A. S., à B. — Pour le verre armé, s’adresser à MM. Appert frères, 30, rue Notre-Dame-de-Nazareth, à Paris.
- M. È. Bech, à Francfort. — Pour cet usage, il semble que la lanoline soit supérieure, car elle est absorbée plus facilement.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M, de Meynard, à Lue-sur-Mer. Voyez les Recettes photographiques de ce numéro.
- — M. P. Stein, à Paris. Simple faute d’ortliographe qui ne change pas le sens. — Mme E. Weman, à Hambourg. Consultez les Recettes et Procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie. — M. E. T., à Barcelone. Le procédé est vieux ; voyez le petit livre énoncé ci-dessus, 5"' série.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signales par ses abonnes, et donne de son mieux les i en -
- seignemenls qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifi lues, mais elle ne s’engage en aucune façon a repondi e a toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de ta livi aison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS'
- Extincteur automatique Oarden. — La Société française de la Grenade Harden, déjà bien connue par les services que rendent journellement ses appareils, vient de construire un extincteur automatique. Il consiste simplement en un cylindre d’un volume déterminé suivant les modèles 3 ou 6 litres. Ce cylindre est destiné à renfermer une solution de bi-carbonate de soude jusqu’à 4 ou 5 cm. de l’orifice. A la partie supérieure est placée une bouteille contenant l’acide tartrique, maintenue dans une garniture de fil de cuivre qui se trouve adaptée
- Extincteur automatique Harden.
- au bouchon de fermeture ; cette bouteille est fermée par simple application d’un bouchon en plomb en forme de champignon. En cas d’incendie, il suffit de prendre l’appareil, de s’approcher du feu, de retourner l’appareil en le prenant par la poignée du dessous, et d’ouvrir le robinet. En retournant l’appareil, le bouchon de plomb est tombé de son propre poids, l’acide s’est mélangé au bi-carbonate de soude, et l’acide carbonique s’est aussitôt dégagé. En ouvrant le robinet, et en dirigeant l’appareil sur le feu, le gaz acide carbonique est projeté et éteint le feu. — L’extincteur Harden se trouve à la Société française de la Grenade Harden, 53, rue des Mathurins à Paris.
- Bourre-pipes à usages multiples. — L’usage de la pipe
- exige plusieurs appareils; un fumeur a eu l’idée de4 les réunir tous ensemble pour former le petit appareil que nous décrivons. Il se compose d’un grattoir A permettant de frotter les allumettes, d’un gratte-pipe B, d’un débourre-pipe C, d’un couteau 1), d’un cachet E, pouvant aussi servir de bourre-pipe, d’une loupe G pour allumer à l’aide des rayons du soleil et d’une boussole L. Ce petit appareil se trouve chez M. Dreyfus 67, rue de Chabrol, à Paris.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Toile sensible. — Pour rendre une toile sensible on commence par la laver dans de l’eau chaude, puis on la repasse en interposant un titsu quelconque entre elle et le fer. On la tient plongée ensuite pendant cinq minutes dans un bain composé de 3 gr de bromure de potassium, 1 gr d’iodure de potassium, 1 gr de bromure de cadmium et 240 cm3 d’eau. On expose jusqu’à apparition d’une faible image, puis on développe dans le révélateur tenu à 30° et composé de 5 gr d’acide pyrogallique, 22 cm3 d’acide citrique et 220 cm3 d’eau. Après lavage, on vire aussitôt dans : 1000 cm3 d’eau, 25 gr de sulfocyanure d’ammonium et 1 gr de chlorure d’or. On fixe ensuite dans l’hyposul-fite de soude pendant quinze minutes, puis, après un bon lavage, on repasse ati fer modérément chaud.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Décoloration des plaques. — Pour la décoloration des plaques lumière anti-halo, faire à sec un mélange intime des poudres suivantes : Acide tartrique, 60 gr ; sulfite de soude anhydre, 40 gr; poudre de zinc métallique, 10gr. Projeter dans de l’eau une pincée de ce mélange et y plonger aussitôt le cliché.
- Plaques desséchées. — M. Howard Former augmente, paraît-il, la rapidité des plaques en les desséchant. Le même, procédé accroît la finesse des détails de l’image. Bien que sèches, les plaques contiennent encore une quantité notable d’eau à l’état de combinaison; d’après l’auteur, de très petites différences dans cette quantité d’eau résiduelle suffisent pour modifier le résultat ; c’est ce qui expliquerait que le négatif varie avec l’état hygrométrique au moment de l’exposition. On obtient la dessiccation en plaçant les plaques dans une étuve à 90° un peu avant leur exposition ou simplement sur un bain de sable. Pour les travaux scientifiques qui exigent une grande finesse dans les détails, cette méthode est surtout recommandable.
- Séchage sur verre. — Pour glacer les épreuves, on peut les étendre sur du verre; mais parfois l’épreuve colle au verre. Pour éviter cet inconvénient, u suffit de verser sur la plaque nettoyée quelques gouttes de pétrole qu’on étend avec un linge jusqu’à ce que toute la surface soit bien sèche. 11 sera bon aussi, avant d’appliquer les épreuves sur le verre, de les passer dans un bain d’alun ou de formol à 5 pour 100.
- Affaiblisseur. — La Photographie Rundschau indique un affaiblisseur proposé par M. Schleusmer. Il est formé d’une solution légère (jaune pâle) de bichromate d’ammonium additionnée de quelques gouttes d’acide sulfurique. Cette solution enlève le voile en quelques secondes. Lorsque ce bain agit trop lentement, on y ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique ou bien de bichromate. Les résultats sont d’autant meilleurs que la solution agit plus rapidement. L’action de cet affaiblisseur semble être due à la présence de traces de chlorure de sodium dans l’eau qui sert à faire la solution. L’action de ces traces est de convertir en chlorure d’argent une partie de l’argent de l’image. Il serait peut-être avantageux de remplacer l’acide sulfurique par l’acide chlorhydrique. Dans tous les cas, il est bon de faire passer la plaque dans un bain fixateur après l’avoir affaiblie.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le guaco.
- Sous le nom de guaco, huaco, les indigènes de l’Amérique du Sud désignent un certain nombre de plantes dont ils préconisent le suc contre la morsure des serpents venimeux. Ils en distinguent deux variétés principales, l’une à tige verte, l’autre à tige pourpre : cette dernière, connue si,us le nom vulgaire de morado, est la plus renommée comme antidote.
- Le véritable guaco, mékania-guaco, est une liane qu’on rencontre surtout sur les plateaux élevés du Mexique et des régions environnantes, sur les bords de la rivière Magdelena. On peut retirer des tiges et des feuilles un principe résineux assez actif".
- En 1856, le Dr Pascal avait signalé les heureux résultats obtenus par les applications externes de la décoction et de la teinture dans différentes maladies de la peau. H fit des essais nombreux dans les services des hôpitaux de Gènes, puis de Lyon sur des malades atteints de pityriasis, de dartres et d’ulcères.
- Le Dr Butte vient de reprendre expérimentalement l’étude du guaco et il a cherché à vérifier si quelques-unes des propriétés attribuées à cette plante étaient bien fondées. H a constaté avec surprise que le guaco en possédait une très particulière, c’est d’être un anesthésiant des filets sensitifs nerveux; administrée à l’intérieur ou appliquée sur la peau, la décoction de tiges et de feuilles ou la solution d’extrait amène l’insensibilité graduelle de la région, par une sorte d’engourdissement, de paralysie des centres sensitifs. Cette singulière propriété suggéra à l’auteur l’idée de l’employer dans les affections où cette sensibilité est accrue,exaltée, comme les névralgies, les prurits généralisés. 11 constata que le guaco donné à l’intérieur amenait la sédation de ces états pénibles; la démangeaison, la douleur se calmaient rapidement. 10 à 20 centigrammes d’extrait par jour calment les névralgies et les prurits rebelles : il suffit de prendre cette dose au moment du repas. On peut également l’employer en lotions sur les parties irritées, dans l’eczéma, l’urticaire.
- Des préparations de guaco ont été employées aussi dans le choléra : c’est, je crois, notre collègue Bourneville, qui, le premier, en fit l’essai et non sans succès pendant l’épidémie d’Amiens et de Paris en 1865-1866. Dr A. C.
- Bourre-pipes à usages multiples.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Traitement de la variole.
- La variole est une maladie qui devrait être depuis longtemps rayée de la nomenclature pathologique et ne paraître qu’à l’état de question historique ancienne dans les traités de médecine. Le vaccin de Jenner peut nous affranchir de cette contagion; mais voilà, on ne se fait pas vacciner, ou mieux on ne se fait pas revacciner. Et puis il y a la ligue des opposants, des anti-vaccinateurs. Alors de temps à autre apparaissent des cas de variole et un beau jour éclate une petite épidémie et la statistique municipale enregistre cinq, dix décès et plus par semaine ; des morts qui eussent absolument pu être épargnées à notre pays si peu riche en hommes.
- Donc, il faut, quand ce fléau réapparaît, traiter les malades. On s’était bien trouvé d’une méthode que j'ai indiquée jadis, de séquestration du malade à l’abri de toute lumière autre que la lumière rouge. Les carreaux de la fenêtre sont passés au rouge, les rideaux sont rouges, tout est rouge, tenture, couver-
- tures. Cet isolement de tout autre rayon lumineux favorise l’évolution plus simple de la maladie.
- Le Dr Barbary a pensé que l’on pouvait faire mieux. II conserve ce traitement photophile, il isole le malade dans le rouge, mais il y ajoute une médication antiseptique interne et externe très méthodique. Deux fois par jour des lotions sur tout le corps avec une solution au sublimé à 1/2 pour 1000; vaporisation d’une solution de même nature, mais plus faible, à 1 pour 4000 sur la face et les parties les plus envahies par l’éruption ; badigeonnages avec une solution alcoolique de salicylate de soude.
- La médication interne consiste en la prise d’une potion phé-niquée et d’un peu de salol en y ajoutant de la quinine si la fièvre est un peu forte. Comme alimentation, du lait coupé de café ou d’eau de Vichy.
- Grâce à ces moyens suivis ponctuellement, les malades ont guéri rapidement, sans suppuration et surtout, ce qui est important, sans marque de cicatrice plus ou moins profonde.
- U* A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- VENT
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN TUERUOMÈTRE DIRECTION ET FORGE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 25 août .... 13", 3 W. N. W. 1. Couvert. 7,4 Couvert jusqu’à 7 h.; puis nuageux; beau après 19 h.
- Mardi 26 12",1 N. N. E. 1. Très nuageux. 0,0 Rosée ; Beau jusqu'à 5 h. ; puis très nuageux ; couvert
- Mercredi 27 . . . . . 14°,2 14°,5 S. E. 1. Couvert. 5,1 après 11 h. ; pluie dans la soirée. Brouillard éieve avant le jour ; couv. jusqu’à 9 h. ; puis nuageux ; beau après 19 1».; un peu de pluie le matin.
- Jeudi 28 N. 0. Beau. 2,1 Rosée ; Beau.
- Vendredi 29 15°,5 Calme. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 9 h.; puis peu nuag.; presque couv. après
- 14 ii.; orage de 4 h. à 4 h. 35 du soir et à 20 h.; halo.
- Samedi 3 ) 15°,0 S. 1. Couvert. 5,5 Couvert le matin ; très nuageûx le soir ; pluie de 3 h. à
- 7 h. 15.
- Dimanche 3! 15°,2 S. W. 2. Couvert. 0,2 Couvert; quelquefois des gouttes; pluie de 15 h. 25
- jusqu’après 22 h.
- AOUT 1902 — SEMAINE DU LUNDI 25 AU DIMANCHE 31 AOUT
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10. les flèches inférieures, la direc un du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ratnené à 0, au niveau de la mer,; courbe plus mince, thermomètre à l'abn à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements «le terre. — A la date du 25 août, les instruments sismiques, de l’observatoire de Messine ont enregistré plusieurs secousses de tremblement de terre.
- Orages. — Le 27 août, vers 5 heures et demie du matin, à Paris, le ciel, jusqu’alors assez clair, a été obscurci assez rapidement par des nuées noires. Vers 7 heures, une pluie torrentielle s’est mise à tomber ; de véritables trombes se sont abattues sur la ville. Les bouches d’égout ne sufii-saienl pas à absorber les flots qui roulaient dans les ruisseaux et qui refluaient sur les chaussées et sur les trottoirs. Vers 8 heures une légère éclaircie s’est produite ; la pluie a cessé de tomber, mais le ciel est resté sombre et obscurci. C’est sur le parc des Buttes-Chaumont que la pluie est tombée avec le plus de violence ; après deux heures de pluie, le pluviomètre indiquait une hauteur de 50 millimètres d’eau. On a relevé 36 mm à la Villette, 36 mm à Pantin, 21 mm à la Tour Saint-Jacques, 7 mm au parc de
- Montsouris. L’orage à Paris a causé plusieurs accidents : rue de Turbigo, les galeries souterraines des travaux du Métropolitain ont été envahies par les e;\ux, ainsi que les caves et les cuisines d’un restaurant situé au n* 74. Devant la maison, une excavation de 3 mètres carrés s’est produite sur le trottoir. Une autre excavation de 4 mètres de long, de 0“,70 de large, de 0“,90 de profondeur, s’est produite sur la chaussée, boulevard de Charonnc, à la hauteur du n* 25. La circulation des tramways a du être interrompue sur cette voie. Sur le quai Jemmapes, du n* 70 au n* 88, toutes les caves ont été envahies. Deux plaques d’égout ont été emportées par la violence de l’eau. Le même jour, à Limoges et à Lille, ont eu lieu aussi l’obscurcissement céleste et des pluies torrentielles : à Lille, le phénomène s'est compliqué d’un violent orage. Au Havre, même observation, par fort vent d’ouest : la mer est devenue très grosse et les bateaux de pêche sortis au point du jour ont dû se hâter de rallier le port.
- Le 29 août de violents orages de pluie et de grêle se sont abattus à Rodez et à Perpignan ; les vignobles ont été endommagés.
- PHASES DE LA LUNE : D. (J. le 26 à 11 b. 14 m. du matin.
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- NI 529 (13 septembre 1902), du journal « LA NATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(fü— De nouvelles éruptions ont eu lieu à la Martinique à la fin du mois d’août. Le vapeur français Salvador, arrivé à Pointe-à-Pitre, venant de Fort-de-France, aperçut le 30 août au matin une violente éruption du Mont Pelé. Des cendres tombèrent sur le pont •du navire, au moment où il approchait des Saintes. Le vapeur anglais Corona, venant de Fort-de-France, a aperçu également les éruptions qui se sont produites le 30 août, à 9 heures du soir, au Mont Pelé. Le Morne-Rouge a été entièrement détruit. Un raz de marée a balayé le Carbet; 1500 personnes ont péri. Un sloop, arrivé récemment de Saint-Vincent à New-York, a rapporté que le cratère était inactif ; mais des détonations furent entendues le 30 août, et ce sont encore les plus fortes qui se soient encore produites. Dans la journée du 31 août, la population de Pointe-à-Pitre a été prise de panique par suite d’une pluie de poussières volcaniques. D’après de nouveaux renseignements de Port-(Tastries (Sainte-Lucie), lâ Montagne Pelée a été constamment en éruption depuis le 15 août. Une forte pluie de cendres est tombée dans la nuit du 25, et, le 26, il s’est produit une violente éruption. On a entendu des grondements souterrains venant d’une grande distance, tandis que le cratère du volcan s’embrasait et qu’une pluie de cendres couvrait le pont des navires passant au large. Dans la nuit du 30 août, il s’est produit trois éruptions distinctes. Il était impossible d’approcher de Saint-Pierre par mer. Les habitants du Carbet, terrifiés, fuyaient vers l’intérieur. Le Lorrain a été envahi par une trombe d eau chaude. A Basse-Pointe, des crevasses se sont ouvertes dans le sol et de nombreux objets ont été jetés à bas des tables à l’intérieur des habitations. A Fort-de-France un raz de marée a obligé les habitants à s’enfuir dans l’intérieur. Les dégâts n’ont pas été sérieux. Le 30, à minuit, la Montagne Pelée avait repris son état normal. De nouvelles éruptions ont eu lieu encore à la Montagne Pelée le 3 septembre dans la soirée; A la même date, une grande explosion s’est produite à la Soufrière (Saint-Vincent) ; elle a été terrible et a duré du 3 septembre 9 heures du soir jusqu’au 4 septembre à 5 heures du matin; elle enveloppait toute l’îie d un nuage de fumée. La population, affolée, s’est réfugiée de tous côtés, cherchant des abris sûrs. De légères secousses de tremblement de terre augmentaient encore la panique. Entre 2 et 3 heures du matin, on entendait toujours des explosions très fortes qui se succédaient rapidement ; en même temps, le volcan grondait d’une façon terrible, des éclairs brillaient sans interruption et un nuage de feu se répandait hors du cratère, illuminant la nuit opaque. Beaucoup de personnes, dans la crainte d’un raz de marée, se sont réfugiées sur les collines. Toute la partie nord de l’îie a été abandonnée. De gros nuages floconneux planaient sur la Soufrière, indiquant de violentes perturbations. M. Lacroix, directeur de la mission scientifique qui avait été envoyée pour étudier les manifestations volcaniques, a été chargé par le ministre des colonies d'aller organiser un service d’observation permanente. M. Lacroix doit partir le 16 septembre.
- —®— D’après des nouvelles de Managua (Nicaragua), le volcan Masaya est de nouveau en activité ; on a entendu de fortes détonations.
- —®— D’après un journal américain, M. le professeur Perrine, de l’observatoire Lick, a découvert, le 1er septembre, une petite comète invisible à l’œil nu. Cette comète dont la queue n’est pas très prolongée, avait pour ascension droite 49° et 55° de distance polaire. Elle paraît se diriger vers le nord-ouest. En même temps, on apprenait de Marseille que M. Borelly venait de découvrir une comète dans la constellation de Persèe; cet astre est le même que celui dont nous parlons. M. Borelly a constaté l’existence d’un noyau brillant au centre de la nébulosité.
- —(g)— Pendant une. tempête qui a sévi à Baltimore, en Amérique, il est tombé par endroits une pluie de poussière de pierre ponce.
- On croit que cette poussière provient des volcans des Antilles. Parmi d’autres phénomènes qui semblent indiquer la présence de matières volcaniques dans l’atmosphère aux Etats-Unis, signalons les couchers de soleil à Chicago qui ont eu dernièrement une coloràtion rouge très accentuée. Les tempêtes ont été assez fréquentes récemment en Amérique. A New-York, la pluie a inondé le nouveau tunnel de la « Rapid Transit C° » et a exercé de nombreux ravages. En un endroit du tunnel le gaz accumulé dans les égouts fut chassé par l’irruption des eaux. Par une cause inconnue ce gaz prit feu, et l’explosion qui en est résultée éventra la rue sur une longueur de plus de 30 mètres.
- —®>— Une course spéciale du record du kilomètre a eu lieu le
- 2 septembre au Bois de Boulogne, devant le shah de Perse; elle a été organisée par l’Automobile Club. Le départ a eu lieu à l’arrêt. Les résultats ont été les suivants : voitures à 2 places r Serpollet, 48’ 1/5; voitures à 4 places : Mercier, voiture Gladiator, lm 11* 1/5; voitures légères à 2 places ; Baras, voiture Darracq, 49* 1/5; voitures légères à 4 places : Tranchant, voiture Gladiator, lm 36* 4/5. Yoiturettes : Henriot, lm 3* 2/5. Motocycles : Osmont, motocycle de Dion, 49* 3/5. Motocyclettes ; Derny, motocyclette Clément, 1“ 5* 3/5.
- —®— Le 7 septembre, au vélodrome du Parc des Princes, le coureur Michaël a fait à bicyclette dans une heure 75,273 • kilomètres. La dernière performance appartenait jusqu’ici à Tom Linton qui avait parcouru en 1 heure 73,o50 kilomètres.
- —®— Le cuirassé d’escadre République a été lancé à Brest le
- 4 septembre à 5 heures du soir devant de nombreux spectateurs ; il avait été mis en chantier le 2 décembre 1901. Il est construit entièrement en acier; il mesure 155m,80 de longueur, 24m,25 dè largeur; en pleine’charge son tirant d’eau arrière maxima sera de 8m,376 et son déplacement de 14 865 tonnes. Ses machines à triple expansion et d’une puissance totale de 17 475 chevaux actionneront
- 3 hélices; la vitesse maxima prévue sera de 33,3 km par heure. Son armement comprendra ; 4 canons de 305 mm; 18 de 164“m,7 ; 26 de 47 mm; 2 de 57 mm; ceux des 5 derniers calibres, à tir rapide, et
- 5 tubes lance-torpilles dont 3 aériens et 2 sous-marins. Son état-major se composera de 42 officiers èt son équipage de 751 hommes. Le République est le premier cuirassé d escadre du programme naval de 1900, il a été construit sur les plans de M. Bertin, directeur du génie maritime. On prévoit son achèvement pour les premiers mois de 1905 et son entrée en service à la fin de la même année. Son prix de revient sera de 35 236 042 francs.
- —®— MM. Richet et Marcille ont communiqué à la Société de biologie les résultats d’expériences montrant que le principal avantage du chlorure de méthyle sur les autres anesthésiques est d’être absolument inoffensif à l’égard de la fonction cardiaque, quçlle que soit la dose administrée. Contrairement à ce qui se passe avec le chloroforme, qui paralyse le cœur presque en même temps que la respiration, et quelquefois même plus tôt, avec le chlorure de méthyle la paralysie respiratoire, due à l’intoxication du bulbe, précède toujours de 7 à 8 minutes la syncope cardiaque ; aussi ne peut-on jamais donner assez de chlorure de méthyle à un animal pour le tuer par le cœur, la syncope respiratoire empêchant l’intoxication de s’étendre jusqu’au myocarde. Le chlorure de méthyle présente cependant’ un inconvénient au point de vue de la pratique de l’anesthésie chirurgicale : c’est qu’avec son emploi la résolution complète est très difficile à obtenir; néanmoins, étant donnée sa complète innocuité, cet agent mériterait d’être expérimenté par les chirurgiens.
- —®— On vient de construire d'Enzéli à Téhéran, en Perse, une route de 209 kilomètres de long, dont les dépenses d’établissement se sont élevées à 10 millions et demi de francs ; il a fallu, pour la mener à bien, exécuter un volume énorme de 540 000 mètres cubes de terrassements.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le nouveau système de niveau, s’adresser à M. Eugène Joveux, 10, avenue de Bellevue, à Sèvres (Seine-et-Oise).
- Communications. — M. E. Roger, directeur de la station météorologique de Chàteaudun, nous fait connaître que depuis le 24 juin dernier, il lui a été donné de pouvoir observer de très belles lueurs crépusculaires, une demi-heure environ après le coucher du soleil, dans la partie N. 0. et 0. N. 0. du ciel. 11 nous écrit : « Je vous donne ci-dessous les dates et les heures où elles étaient dans leur plus grande beauté et la direction dans laquelle elles apparurent ; elles présentèrent ces jours-là de fort belles radiations allant du rose tendre au rouge presque pourpre en passant par l’éclatant vert émeraude (et elles ont toujours concordé avec de belles journées et un ciel fort beau dans la soirée principalement).
- En juin :
- Le 24, vers 8h 50“ soir, surtout \
- Le 25, de 8h 30“ à 8h 40m, surtout t au N. 0.
- Le 26, de 8h 35“ à 8h 50“, surtout t un peu N. N. 0.
- Le 27, de 8h 55“ à 8h 50“, surtout )
- (Le 50, beau jeu de lumière du plus brillant effet, dans un immense réseau de ciro-cumulus moutonnés, voilant le ciel presque en entier, au coucher du soleil, à partir de 8h 1 0“ du jour, et qui se continua avec alternatives jusqu’au delà de 9 h. même.)
- En juillet :
- Le 1er, vers Oh., de couleur rose orange au A’. 0. un peu A. A. 0.
- Le 4, de 8h 35“ à 8h 45“ au N. 0., avec dedans de beaux rayons verts.
- Le 5, de 8h 45“ à 8h5I“, s’étendant en forme d’éventail jusque près du zénith, surtout au N. 0.
- Le 7, vers 8h45“ au A. 0.
- En Août :
- Le 8, entre T 45“ et 8 h. soir, fort belle/au N. 0., et s’étendant presque jusqu’au zénith.
- Le 9, entre 7h 45“ et 8 h. soir, à l’O. A. 0. et aussi un peu A. 0., très belle, accompagnée de beaux rayons verts bien apparents, s’étendant en forme d’éventail jusque près du zénith.
- Le 17, un peu après 7h 30“, vers 7h 55“, à l’O. A. 0. (le 19, entre 7 h. et 7h 20“ du soir, il y eut une fort remarquable et superbe coloration des nuages).
- Le 21, à l’O. A. 0., à 7h 50“, avec rayons verts.
- Le 25, à l’O. A. 0., de 7h 15“ à 7h 50“, avec rayons verts.
- Et enfin ce jour 28, à l’O. A. O., vers 7k15m, avec rayons verts.
- Enfin, en terminant, je vous dirais aussi que, jusqu’au 26 août, les martinets étaient encore présents et n’avaient pas, par conséquent, quitté nos pays. C’est étonnant, ils partent ordinairement fin juillet, premiers jours d’août! »
- Renseignements. — M. Niderlinder, à Toulon. — Le mercure peut agir, et d’une façon très efficace, par les vapeurs qu’il émet même aux basses températures. Mais ce traitement, s’il se prolongeait, pourrait devenir dangereux pour les volailles qu’il est destiné à protéger.
- M. R. Coste, à la Maillerie. — Cette affection à laquelle les
- enfants sont sujets est dite essentielle et non paralytique, si elle n’est accompagnée d’aucune lésion du système nerveux. Elle est due soit à l’influence d’un sommeil prolongé qui empêche l’enfant de se rendre compte du besoin qu’il a, soit à une contractilité exagérée de la vessie qui fait que celle-ci se vide très vite et avant que le sphincter vésical ne puisse s'y opposer, soit à une paralysie du sphincter vésical auquel manque la nuit l’aide des muscles volontaires [tour tenir fermé le col de la vessie. Le traitement est très variable. Le plus souvent la belladone ou les médicaments qui en contiennent contribuent à diminuer l’excitabilité exagérée de la vessie. Administrer ce remède (extrait de belladone ou sulfate neutre d’atropine) à doses successivement croissantes en surveillant bien ses effets. Si la belladone est impuissante ou n’est pas tolérée, on peut essayer d’autres stupéfiants ou même le bromure de potassium. Mais lorsque la maladie a pour cause une paralysie du sphincter vésical, il conviendra d’employer des préparations de strychnine, la noix vomique, etc. A ces médicaments on associera les toniques, l’hydrothérapie, les douches périnéales, l’électrisation de la vessie. Si le système nerveux est en cause, le traitement local est inutile.
- M. P. Mougin, à Chambéry. — 1° Vous pourriez essayer l’essence de térébenthine qui est très peu soluble dans l’eau et bout à 156°. Sa densité est -0,864. — 2° Nous recevrons volontiers l’exposé de ces travaux, à la condition toutefois qu’il soit succinct.
- M.M. Couturiery à Paris. — Aous ne retrouvons pas les recettes-pour feux de Bengale dans les n°sde l’époque que vous signalez, mais les Recettes et Procédés utiles, 4e série, à la librairie Masson et Cie, contiennent plusieurs formules.
- L'abonné n° 3705-1959, à Strasbourg. — Comme vous le dites fort bien, les plaques orthochromatiques conservées s'altèrent après un temps relativement court, et ce fait qui tient probablement à l’action de la substance orthochromatisante serait de nature à expliquer vos insuccès. D’après votre lettre ceux-ci ne paraissent pas dus à des fautes opératoires.
- M. P. Caron, à Saint-Aazaire. — Aous n’avons pas de renseignements sur la mélasine.
- M. L. Desmazières, à Aulv. — 1° Aous avons donné une recette pour coller de l’étoffe sur du métal dans le n° 1458 du 4mai 1901. — 2° Voyez la recette contre les verrues donnée dans le n° 1504 du 22 mai 1902. — 5° Vernis à la gomme laque ; mettre 500 grammes de gomme laque blanche en feuilles dans une bouteille contenant 2 ou 5 litres. Verser 1 litre d’alcool à 40° B. Agiter fortement chaque jour deux ou trois fois en exposant la bouteille à une douce température. Après quinze jours, filtrer sur du coton et décanter. Voyez également les Recettes et Procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.—4° Pour la teinture en rouge du cuir mince, vous pourriez consulter : Chamoiseur, teinturier en peaux, etc., à la librairieMulo, rue Hautefeuille, 12, à Paris.
- M. F. Llanch, à Figueras. — Vous voulez sans doute parler des glaces platinées décrites dans le n° 928 du 14 mars 1891, et pour lesquelles il faut s’adresser chez MM. P. et H. Dodé, 99, boulevard de Charonne, à Paris.
- M. J. G., 'a Paris. — La Compagnie Universelle d’acétylène, 36, rue de Chàteaudun, s’occupe des installations d’éclairage pour villes.
- Mme Vigoureux, à Versailles. — Aous n’avons pas trouvé l’article en question et ne pouvons vous renseigner sur le produit que vous signalez.
- M. Volland, à X. — Vous pourriez demander ces renseignements à notre collaborateur M. Espitallier, 100, avenue du Che-min-de-Fer, Rueil (Seine-et-Oise), qui s’est occupé de constructions en carton-pierre.
- M. S. Karsatoff, à Lausanne. — Aous ne connaissons pas l’adresse relative à la (( chaufferette japonaise » au charbon.
- M. J. Dubois, à Paris. —La réouverture des cours de l’externat de l’Ecole spéciale des travaux publics aura lieu le lundi,
- 6 octobre prochain. - Les examens d’admission commenceront le lundi, 29 septembre. Pour tous renseignements s’adresser au directeur de l’Ecole, 12, rue du Sommerard, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — .V. Pembroke, à Lincoln. Reçu les catalogues. Remerciements. — M. Grandidier, à Meaux. Aous ne comprenons pas les termes de l’énoncé que vous nous soumettez. — M. Delmy, à Brest. Remerciements, mais la formule est donnée dans les Recettes et procédés utiles, 3° série. — M. le 0e de Yinens, à Dieppe. Voyez le petit livre indiqué ci-dessus, 5e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dartoy, à Knocke. Aous n’avons pas encore reçu l’échantillon.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signales par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- DERNIERS BREVETS D’INVENTION
- Texte et dessins par Henriot.
- N* 46867. — La photographie sans plaques : l'image esfdirectement reproduite, tuée et collée sur carton, ce qui évitera bien des ennuis aux débutants, et même aux vétérans.
- 37 481. — Cheminée d’appel pour volcans, entraînant les gaz, roches et scories hors des territoires habités.
- N° 20 357. — Cigare hygiénique, à base d’acide phénique, désinfectant l’intestin et lançant aussi des feux d’artifice.
- N* 35 666. — Ascenseur mobile pour montagnes, permettant aux alpinistes de se hisser au-dessus de la montagne sans la gravir.
- ,N° 76 376. — Pantalon à roulette et ferré pour les ascensionnistes qui descendent d'un certain côté.
- N* 877 999. — Automobile de chambre, bre veté, permettant de promener les paralytiques dans les salons.
- * 452 297. — Scaphandre en caoutchouc, avec réservoirs d’air, permettant de recevoir impunément le choc d’un tramway mécanique.
- X" 77 987. — Para-plot, évitant les accidents et permettant d’accumuler l’électricité des rails de rue pour pouvoir ensuite renouveler chez soi les piles des sonnettes électriques.
- JS” 48 766. — Petit canon téléphoni-
- Îue, s’ajustant à tous les appareils.
- e canon envoie une telle détonation dans l’oreille de la demoiselle des téléphones que celle-ci n'hésite pas à vous donner aussitôt la communication.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- La théorie de Vaccumulateur au plomb, par le Dr Friedrich Dolezalek. Traduit de l’allemand par Ch. Liagre, directeur de l’usine de la Compagnie des accumulateurs Blot. 1 vol. in-8°. Librairie polytechnique Ch. Béranger, éditeur. Paris. 1902. Prix : 8 francs.
- Nature harmonique de l’espace, par JosepidI’ila Igurbide. 1 vol. grand in-8° broché. Imprimerie de Fidel Giro, à Barcelone.
- La mécanique à l’Exposition de 1900. Les régulateurs, par L. Lecornu. Les machines marines, par G. Richard, 7e livraison. 1 brochure in-4°. Librairie VTe Ch. üunod. Paris. 1902.
- L’électricité à l’Exposition de 1900. Éclairage électrique, par A. Bainvijlle, 10e fascicule. librairie V,e Ch. Dunod, Paris. 1902.
- L'hygiène du sabot des chevaux des villes, par Paie Waldteufel. 1 vol. relié in-16. L. Laveur, éditeur, Paris.
- Promenades au Dahomey, par Lucien Heudebert. 1 vol. in-8*. Dujarric et Cie, éditeurs. Paris. 1902.
- La science curieuse et amusante, par Ferdinand Faideau. 1 vol. broché grand in-8°. J. Tallandier, éditeur. Paris. Prix : 4 francs.
- Mode de fonctionnement économique de l’organisme, par A. Imbert. 1 vol. relié in-8° de la collection Scientia. C. Naud, éditeur. Paris.
- Les phénomènes électriques chez les êtres vivants, par M. Men-delssohn. 1 vol. relié in-8“ de la collection Scientia. C. Naud, éditeur. Paris.
- Les fleurs du Midi, par P. Granger. 1 vol. relié petit in-8° de la Bibliothèque des Connaissances utiles. Baillière et fils. Paris, 1902.
- Manuel pratique de la culture du fraisier, par Raymond Brunet. 1 vol. broché in-16 de la collection des manuels Roret. Librairie Mulo. Paris. 1902. Prix : 2 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" septembre 17°,0 S. 2. Eclaircies. 5,0 Très nuag. jusqu’à 19 h. ; beau ensuite; pluie à 6 h. 50 et à 14 h. 55.
- Mardi 2 15',2 E. S. E. 2. Couvert. 2,2 Brouill. le matin ; forte rosée ; qq. nuag. jusqu’à 5 h.; très nuag. de 6 h. à 15; couv. ens.; gouttes la mat. et le soir.
- Mercredi 3 20%2 . S. S. E. 3. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 9 h,; nuag. de 10 b. à 19 h.; beau ensuite.
- Jeudi 4 14°,8 S. S. E. 2. Nuageux. 0,0 Rosée ; éclairs dans la soirée ; pluie de 20 h. à 23 h. 50; très nuag.
- Vendredi S 15°,0 S. 1. Nuageux. 4,7 Pluie à 2 h. et 12 h. 15 à 13 h. 40. Orage de 12 h. 15 à 13 h. 37. Très nuag. jusqu’à 18 h.; beau ensuite.
- Samedi 6 10°,5 N. 0. Très nuageux. 9,7 Brouill. le matin ; forte rosée ; nuageux.
- Dimanche 7 12°,9 N. E. 0. Presque couvert 0,0 Rosée ; très nuag. le matin ; beau le soir.
- SEPTEYIBRZ I902. -- SEMAINE DU LUNDI 1er AU DIMANCHE 7 SEPTEMBRE
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direc ion du vent. Les courbes du milieu indique, t : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labrx a boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE'
- Tremblements de terre. — Une violente secousse sismique a eu lieu le samedi 30 août à 9 heures du soir à Carupano, sur la côte vénézuélienne. La secousse était accompagnée d'un grondement qui a été perçu tout le long du littoral de la mer des Antilles.
- Le 2 septembre, à 5h 40 du matin, une secousse de tremblement de terre, précédée d’un grondement souterrain, a été ressentie à Molidia.
- Dans les premiers jours de septembre, on a ressenti des secousses faibles et répétées en plusieurs points de la Grèce. Le 5 septembre, à miuuit, il y a eu un violent tremblement de terre dans la Locride.
- Dans la nuit du 7 au 8 septembre, vers 2" 30 du matin, uife secousse d’une durée de 2 ou 3 secondes a été ressentie à Bayonne, à Pau et dans les environs.
- Tempête dans l’Afrique du Sud. — Une violente tempête a eu lieu dans la nuit du 31 août au 1" septembre à Port-Élizabeth. Dix-huit 11a vires se sont échoués sur la côte; deux remorqueurs ont sombré. Le nombre des victimes a été considérable.
- Orages. — Les premiers jours du mois de septembre ont été signalés par de grands orages, parfois même de véritables tempêtes. Les 2 et 3 septembre, la pluie est tombée en abondance dans la région de Bourges. Dans l’arrondissement de Saint-Amand, un grand nombre a'arbres ont été brisés, des cheminées se sont effondrées. A Cannes, un violent orage a éclaté sur la région du golfe Juan. Aux environs de Privas, une trombe a’eau est tombée sur les montagnes ; la rivière d’Ouvèze a débordé sur plusieurs points. Le 3 septembre, il a plu à Dunkerque (8 mm), au Havre (7 mm), à Brest (4 mm), à Paris (2 mm). Le 4 septembre, on a recueilli 12 mm d’eau à Bordeaux, 3 mm à Limoges, 2 mm à Charleville. Le 5 septembre, les pluies ont été générales en France, et accompagnées de violents orages. A Paris, la pluie est tombée en abondance de 1 heure à 4 h. 1/2. Le même jour, à la suite d’un orage, à Limoges, tout un quartier a été inondé par la Vienne, qui a débordé.
- Le 3 septembre, une tempête très violente a sévi sur les îles Britanniques. A Belfast, plusieurs quartiers ont été inondés ; la plupart des rues de Liver-pool sont restés quelques jours sous l'eau. Plusieurs usines ont dû fermer, et ont éteint leurs feux.
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 2, à 5 h. .28 m. du malin.
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- M. HENRI DE PAR VILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Un monument va perpétuer, au Muséum, la mémoire de Alphonse Milne-Edwards. Ce monument, qui sera placé dans la grande galerie de zoologie, sera très simple : une stèle, surmontée d’un buste par Marqueste. L’initiative de cet hommage est due au regretté M. Filhol, professeur d’anatomie comparée au Muséum, décédé il y a quelques mois. M- Bouvier, professeur d’entomologie, s’est plu à remplacer M. Filhol et a tenu à mener à bonne fin l’édification de ce souvenir touchant à son maître et à son ami.
- —#— La création à Paris d'une école d’arts et métiers est décidée; le département et la ville sont d’accord pour l’acquisition des terrains nécessaires pour la construction de l’Ecole, et le ministre des finances est favorable au projet. L’Ecole sera nationale comme les autres écoles des arts et métiers; mais son organisation différera sur plusieurs points importants. L’Ecole nouvelle ne recevra que des externes et comprendra quatre années d’études.
- —8— La session de l’Association Britannique pour le progrès des sciences s’est ouverte le 11 septembre à Belfast, sous la présidence de M. James Dewar, le savant anglais dont les travaux sur la liquéfaction des gaz sont bien connus.
- —8— La Société du Simplon annonce que le tunnel sera complètement percé à la fin de 1903. II faudra ensuite quatre mois de travaux pour le placement des rails. La Société compte voir le tunnel complètement achevé dans la première quinzaine de mai.
- ’ —M. Santos-Dumont va recommencer prochainement ses
- expériences. Son ballon nouveau aura un allongement très faible, il mètres de diamètre pour 25 mètres de longueur. Il aura la forme d’un œuf avec des bouts effilés, de sorte qu’il sera susceptible de prendre une vitesse notable, utilisable dans des voyages aériens de durée, exécutés en tenant compte de l’état du temps. Il y aura 10 plaees dont 8 seront réservées à des voyageurs et 2 à l’équipage composé de M. Santos et sans doute de M. Aimé. Le ballon est commandé à M. Lachambre. D’autres expériences de direction aérienne vont également avoir lieu prochainement. M. Bradsky s'est installé dans le hangar de l’infortuné Severo ; il doit faire conduire à la corde son ballon jusqu’au champ de manœuvres d’Issy eu auront lieu les expériences sous la direction de l’aéronautê Mann.
- —8— Un nouveau concours de jouets, semblable à celui que M. le préfet de police avait institué l’année dernière, aura lieu dans le courant du mois d’octobre, au Jardin de Paris. C’est la Société •des petits fabricants et inventeurs français qui l’organise sous la dénomination : « Concours et Exposition de jouets et articles de Paris, dit Concours I.épine ». Un bureau de renséignements a été installé au Jardin de Paris ; il est ouvert tous les jours de 2 heures à 5 heures, les jeudi et dimanche exceptés. On peut aussi s’adresser à M. Alcide Groc, ingénieur, 86, rue Saint-Dominique, à Paris.
- ”8— La marine anglaise poursuit ses essais sur les sous-marins; les cinq premiers modèles sont identiques aux six sous-marins Holland que la marine des Etats-Unis construit actuellement. Us sont longs de 19m,30, larges de 3m,60 et leur déplacement, lorsqu’ils sont immergés, est de 120 tonnes; les éléments de la coque sont en acier et suffisamment résistants pour supporter la pression <le l’eau jusqu’à une profondeur de 30 mètres. Des cloisons étanches divisent la coque pour assurer la sécurité en cas de collision. Lorsque le navire est en état de marcher à la surface, un pont supérieur de 9m,40 de longueur émerge au-dessus de l’eau; la tonnelle de commandement est située au-dessus de ce pont ; elle a un diamètre de 81 centimètres et est protégée par des plaques d’acier d’une
- épaisseur minima de 10 centimètres. A la surface, le sous-marin est mû par une machine de 160 chevaux à gazoline, qui actionne Une seule hélice; la vitesse doit être de 9 nœuds. En immersion, le moteur est électrique, il a une puissance de 70 chevaux, la vitesse est de 13 km à l’heure. Le rayon d’action est de 740 km à la surface; la batterie des accumulateurs peut donner sous l’eau un parcours de quatre heures à 13 km à l’heure. Le moteur à gazoline peut recharger les accumulateurs. L’intérieur de la coque est divisé en 3 compartiments par des cloisons étanches ; dans le compartiment de l’avant est un tube lance-torpilles situé à la pointe avant et s’ouvrant à 60 centimètres au-dessous de la ligne ae flottaison : ce tube peut servir à la décharge de 5 torpilles de 45 centimètres de diamètre et de 5“,55 de longueur. Le compartiment central comporte dans son double fond le principal water-ballast; au-dessus du double fond, mais plus bas que l’axe du navire, sont placées les batteries d’accumulateurs et une série de récipients à air comprimé pour renouveler l’air intérieur. Le dernier compartiment est réservé au moteur à gazoline qui tourne à 320 tours par minute et dont le poids est de 590 kg. La première opération à effectuer pour faire plonger le sous-marin consiste à remplir le swater-baüastS ; lorsqu’ils sont pleins le navire est à fleur d’eau, le kiosque dépasse seul la surface. Pour l’immersion complète, on fait agir une paire de gouvernails horizontaux situés à l’arrière. A la profondeur voulue, le bâtiment est ramené en route automatiquement ou à la main, au moyen d’un dispositif analogue à celui de la torpille Whitehead. Lorsque le-sous-marin est en immersion complète, son poids est un peu plus léger que celui de l’eau qu’il déplace et il est maintenu sous l’eau uniquement par ses gouvernails horizontaux.
- —8— Un orage d’une grande violence a ravagé le 10 septembre, dans la soirée, le canton de Vinay (arrondissement de Saint-Marcellin}, dans l’Isère. Plus de dix communes ont été entièrement dévastées. Les vignes ont été anéanties. Les noyers qui fournissent la principale récolte du pavs sont entièrement dénudés. Les oiseaux, assommés par la grêle, tombaient sur le sol. On a ramassé des grêlons pesant 240 gr. et ayant le volume d’une pomme de terre. Plusieurs ne pouvaient entrer dans un verre à vin. A Vinay, l’usine de soieries Moyrond a eu ses châssis servant de toiture brisés et ses pièces de soie coupées sur les métiers. La campagne, sur une étendue de plusieurs kilomètres carrés, offre l’aspect désolé d’un territoire dévasté. Les pertes sont considérables. D’autres orages ont été également signalés dans les régions du Centre et du Sud-Est. A Largentière; à Privas (Ardèche), les récoltes ont été hachées. A Lyon, vers 6 heures du soir, la pluie mélangée de grêle est tombée en grande abondance; le 12 septembre, à Paris, à 5h 30, pluie torrentielle pendant près d’une heure.
- —®— On annonce que la petite île Bermuja, située dans la partie sud du golfe du Mexique, a subitement disparu, sans laisser de traces. M. le commandant en chef de la division navale, après avoir inspecté l’endroit ou se trouvait Bermuja, n’a découvert ni récifs, ni écueil d’aucune sorte; les volcans du Mexique, du Yucatan, du Guatemala et de Nicaragua sont en pleine éruption.
- —8— Il vient de se fonder, sous la présidence d’honneur de M. Cunisset-Carnot, une grande association dite : Société nationale des Chasseurs de France et des Colonies, au titre de Saint-Hubert-Club de France (S. H. C. F.). Son siège social est à Paris, 25, quai Voltaire. Cette Société a pour but l’étude et la mise en pratique des meilleurs moyens pour améliorer la chasse, combattre le braconnage, aider les chasseurs en tout ce qui peut leur être utile et leur procurer de nombreux avantages matériels.
- —8— On a fait récemment en Chine un recensement approximatif de la population. On est ^arrivé au chiffre de 426 millions d’habitants environ.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d'informer nos abonnes que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le gouvernail propulseur pendulaire, s’adresser à M. Henric Christian Vogt, ingénieur, Noisomhedsvei, 1, Copenhague. — Pour le nouveau compas micrométrique et les compas à vis imperdables, s’adresser à M. L. Pape, 72, rue des Archives, Paris. — La lampe électrique portative se trouve à la Société anonyme d’éclairage et d’applications électriques, à Arras (Pas-de-Calais). —• Les cerfs-volants porte-amarres de sauvetage et de sport* décrits dans le n° 1528, du 6 septembre 1902, p. 219, se trouvent chez M. Chaffaroux, 4, rue Saint-Martin, à Paris.
- Communications. — M. A. Grellon, à Bournemouth, nous écrit : « Etant en séjour à Bournemouth, sur la côte anglaise, j’ai vu, le 9 août, entre 9 heures et 9 heures et demie du soir, à l’est du point que j’occupais, une longue traînée lumineuse traverser le ciel étoilé; j’ai cru d’abord à une étoile filante, mais l’éclat de ce trait de feu était d’une intensité considérable, et, phénomène remarquable, la lueur lumineuse est restée comme suspendue en l’air pendant près d’une demi-minute comme ces chenilles de feu d’artifice, puis s’est éteinte. Les personnes autour de moi l’ont également constaté. Ce phénomène doit se rapporter à celui que vous signalez dans votre n° 1526, du 25 août, et tout fait supposer que le corps qui a traversé si brillamment l’espace était non une étoile filante, mais un bolide. J’ai cru intéressant de vous déclarer ce fait qui vient corroborer le signalement qui vous a été fait de ce phénomène remarqué en France. » Nous ferons remarquer à notre correspondant que le météore dont il est question dans le n° 1526 a fait son apparition le 13 juillet, alors que celui-ci date du 9 août.
- M. B. B., à D., nous soumet deux formules pour laver le charbon (végétal épuré) des filtres qui ont longtemps servi, ces formules seraient utiles pour les personnes qui ne disposent pas d’un four pour purifier le charbon. Mais elles exigeraient pour être contrôlées des expériences que nous ne saurions entreprendre. Quelque lecteur versé dans la matière voudra peut-être bien nous éclairer. Voici les deux formules : 1° Lavage dans une eau additionnée de 1/10 d’acide sulfurique ou chlorhydrique ou bien encore du chlorate de potasse. Ensuite nouveaux lavages répétés deux ou trois fois dans l’eau filtrée; 2° après avoir lavé deux ou trois fois le charbon à l’eau filtrée, le faire calciner dans une casserole en fer destinée à cet usage. Ce dernier moyen paraît plus radical, mais il est long et ennuyeux.
- M. Em. Touchei, à Paris, a observé, le samedi 9 août, vers 9h 20“ du soir, étant près de l’église de Vanves, un très beau bolide entre la Grande-Ourse et le Bouvier. Le météore, beaucoup plus brillant que la planète Vénus à son maximum d’éclat, a illuminé le paysage. Il était d’un blanc bleuâtre et a présenté une sorte d’explosion à la fin de son passage. Il a laissé une belle traînée jaune, en forme de fuseau, qui a persisté pendant plus de 30 secondes. Voici les coordonnées des points extrêmes de la trajectoire de ce beau bolide :
- Ascension droite. Déclinaison.
- Point d’apparition 198° -f- 55°
- Point de disparition 205° +19°
- C’est le même météore qui a été décrit par M. Ch. Constant, de Boulogne-sur-Seine, dans les Communications de la « Boîte aux Lettres », du n° 1526, du 23 août, p. 46. Notre correspondant prie M. Ch. Constant et toutes les personnes qui ont
- observé- cet ‘intéressant phénomène, de lui communiquer les renseignements les plus précis sur la position de la trajectoire ar rapport aux étoiles visibles, à l’adresse suivante : M. Em. ouchet, secrétaire de la Société astronomique de France, 28, rue Serpente, à Paris. Ajoutons que ce même bolide a été vu à l’Observatoire de Juvisy et qu’on pourra calculer, .à l’aide de toutes les observations réunies, sa hauteur dans notre atmosphère, et la longueur de sa trajectoire visible.
- M. Dolto, à Marseille, nous envoie la photographie d’un cyprès-dont les racines se sont développées dans la toiture en pierres-d’une vieille chapelle, servant toutefois au culte èt située à-Istres (Bouches-du-Rhône).
- Renseignements. — M. Caron, à Saint-Nazaire. — MM. Bassée et Michel, 37, boulevard Bourdon, à Paris, fabriquent des piles à la mélasine.
- M. B. D., à Lyon. — Nous avons reçu votre lettre adressée au constructeur de la lampe à alcool, dont nous avons donné la description, et portant la mention aux bons soins de l’auteur de l’article, à la librairie Masson et C'\ Nous l’avons transmise au constructeur; mais nous avons dû l’affranchir de nouveau. Nous vous prions donc, ainsi que tous nos correspondants, de nous adresser dorénavant simplement les lettres au journal, en indiquant de faire suivre, mais sans mettre d’autres formules ; autrement nous sommes obligés d’affranchir de nouveau les lettres pour pouvoir les transmettre.
- M. Hurbin, à Glagrou. — Pour le guaco, s’adresser à M. le docteur Cartaz, 39, boulevard llaussmann, à Paris.
- M. B. Maresch, à Brada. — L’adresse du « Journal des Savants » est 79, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Matheron, à Dombrowa. — Le lait maternisé ne se trouve pas encore dans le commerce. Adressez-vous à M. le Dr Kraus, 10, rue Marbeuf, à Paris.
- M. J. G. Y., à Oliag. — 1° Vous pourriez vous adresser à l’auteur : M. Lecornu, Promenade du Fort, à Caen. — 2° L» librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, Paris, qui a publié l’encyclopédie Frémy, doit avoir des documents sur les publications relatives à ces sels. Vous pourriez aussi consulter un chimiste à la Sorbonne ou à l’Ecole de physique et de chimie, 42, rue Lhomond, à Paris.
- M. Beck, à Biarritz. — Renseignez-vous au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch.
- M. E. Dumas, à La Pyramide. — L’appareil à acétylène « L’étoile polaire », se trouve 88 bis, passage Choiseul, à Paris.
- M. E. S., à Paris. — Nous ne connaissons pas l’adresse du fabricant de la pile « Million », mais nous allons la chercher.
- M. Miliaut, à Anvers. — Nous ne connaissons pas le non* du président de cette nouvelle Académie; il suffit d’ailleurs d’adresser une demande de renseignement à la « Royal Society », à Londres.
- Mme Rataboul, à Carcassonne. — Les Recettes et procédés utiles, série 4, à la librairie Masson et Cie, contiennent quelques données sur l’élevage des escargots. Il existe aussi sur cette question une brochure publiée par Borneman, éditeur, 15, rue de Tournon, à Paris. Prix : 0,r,50. Enfin M. Boisseau, à Dan-nemoine, près Tonnerre, possède un beau parc à escargots.
- M. C. de Lacharrière, au château de Bailly. — Appât pour la carpe et tous les poissons qui prennent les farineux : délayer de la farine de seigle avec de l’eau chaude ; émietter dans cette eau de la mie de pain en quantité égale à la farine ; ajouter un peu de miel et pétrir le tout avec de l’asa fœtida.
- M. P. M., à Brioude. — Pour empêcher de se geler en hiver l’eau des lanternes à acétylène, additionner l’eau d’alcool dénaturé, le dégagement gazeux ne se fait que plus régulièrement.
- Question. — N° 1256. — On demande l’adresse du fabricant ou la composition d’un produit dont on enduit des feuilles fie papier, lesquelles étant pressées sur un imprimé quelconque prennent, par ce contact, un calque suffisamment visible des caractères d’imprimerie et des dessins tirés aux encres grasses employées en typographie. Ce procédé existe et permet la copie instantanée de tout document imprimé. J’ai vu autrefois un produit annoncé à Paris dans ce but ; mais je n’ai jamais pu le retrouver (L.-Ch. Baltet, à Troyes).
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Delmas, à Vitry. L’eau savonneuse suffit. — AJ. E. Ayuirez, à Mexico. Consultez les Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et C18. — M. Jougues, à Hanoï. Le transport ne pourrait s’effectuer sans danger. — Mms Barthélemy, à Paris. Voyez le petit livre indiqué plus haut, 5e série, à la même librairie. Il y a plusieurs recettes. — M. Dorment, a Montréal. Ces appareils sont inconnus en France.
- Dans la « Boile aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scieutifi /nés, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1 -
- Canot pliant. Système Doyen. — La structure de ce système de canot est formée de leviers articulés en bois et ferrés à la partie des axes; elle est recouverte d’une toile spéciale imperméable pour former l’étanchéité. Cette toile vient s’appuyer sur des planchettes fixées à la partie inférieure du canot afin de la soutenir lorsqu’il y a pression. Le fond du canot est formé d’un plancher pliant pour supporter les per-
- Canot pliant, système Doyen.
- sonnes en toute sécurité et sans effort sur la toile. La disposition des leviers forme des losanges articulés qui sont reliés par des traverses, ce qui constitue les sièges; par cette disposition le poids sur les sièges favorise la tension de la toile, qui est agrafée aux axes des diagonales des losanges, immobilise les articulations et rend le canot rigide, lorsqu’il est déplié. Les rames sont construites en plusieurs parties, facilement démontables. Les dimensions du canot varient suivant le poids à supporter, mais on construit deux types courants pour deux et quatre personnes dont la longueur est de 2m,40 sur 0m,85 de largeur et 0m,50 de profondeur. Son poids varie de 12 à 18 kilogrammes ; lorsqu’il est plié son volume forme une valise carrée de 0m,85 sur une épaisseur de 0“,25, laissant une partie vide à l’intérieur servant à renfermer la toile, les rames et les accessoires. Ce système de construction présente l’avantage de réaliser un canot léger et résistant, se pliant et se dépliant facilement. Deux bretelles y sont adaptées pour le porter à dos d’homme. Ce canot est employé avantageusement dans les colonies pour la traversée des rivières, surtout pour le transport des marchandises. Sa légèreté et la facilité de transport le font utiliser par l’armée. — Le canot pliant se trouve chez M. Doyen, constructeur mécanicien, k79, rue Jolly, à Bruxelles. >
- Assemblage instantané de voies ferrées. •— Il ne
- s’agit ici que d’un dispositif applicable aux voies portatives et légères, les voies ferrées fixes étant trop exposées à des efforts latéraux et en même temps se montant dans des conditions trop particulières pour que ce mode d’assemblage puisse y être pratiqué, mais les voies portatives sont d’un emploi si courant et si précieux qu’il est bon de signaler tous les procédés permettant de simplifier leur mise en place.
- Quand on veut leur donner un peu de tenue dans le sens latéral, on ne se contente point d’en poser les tronçons les uns au bout des autres, il faut éclisser ces tronçons, ce qui est d’autant plus malaisé que les rails de ces voies n’ont qu’une hauteur très faible au-dessus du sol. Pour obvier à cette difficulté, des constructeurs d’Avignon, MM. Caizergue, ont imaginé un dispositif dont nous donnons une figure et qui permet pour ainsi aire l’accrochage instantané des tronçons de voie les uns au bout des autres par simple glissement. En effet, chaque tronçon comporte à son extrémité une traverse métallique plate : l'un des rails se prolonge plus loin que son voisin, dépasse la traverse de la demi-largeur même de cette dernière, et, de ce côté, le bout extérieur de la traverse demeure abso-
- 1 I.a description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- lument plat; de l’autre côté, au contraire, le rail se termine à la moitié de cette traverse, et celle-ci d’autre part ne se prolonge pas extérieurement : elle se redresse même et se recourbe immédiatement, de manière à former une sorte de manchon, de peu de hauteur d’ailleurs, qui vient enserrer la base du patin du rail. Supposons maintenant qu’on rapproche ce tronçon de voie de l’extrémité d’un second tronçon qui présentera des dispositions identiques, mais en sens inverse : le rail le plus long de la première section de voie viendra appuyer sur la moitié de la traverse qui appartient à la seconde section ; mais ce rail se glissera sous le manchon formé par le bout de la traverse. De l’autre coté de la voie, les choses se passeront exactement de même façon, quoique en sens inverse, et les deux tronçons se trouveront solidement assemblés, tout comme si l’on avait procédé à un éclissage. L'opération ne demande
- Voies assemblées.
- Voies séparées.
- Assemblage instantané des voies ferrées.
- qu’un instant, et de plus on comprend que la fabrication des traverses à bouts dissymétriques n’exige pas une main-d’œuvre considérable ni par conséquent coûteuse. — S’adresser à MM. Caizergue frères, constructeurs à Avignon.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour coller le papier aux étoffes et au métal. — M. Jenke recommande tout particulièrement l’emploi de feuilles de gutta-percha pour coller le papier aux étoffes et au métal, et cela de la façon la plus simple, uniquement au moyen de la chaleur. On met entre le papier et l’étoffe une feuille mince de gutta de même grandeur que le papier ; on protège celui-ci au moyen d’une autre feuille de papier qui sera sacrifiée, et on appuie sur le tout un fer bien chaud. La chaleur traverse, fait fondre partiellement la gutta, et le papier adhère avec une solidité toute particulière.
- Désinfectant sans odeur. — 11 est recommandé par les publications américaines. Dans 69 parties d’eau, mettre 4 parties de chlorure ferrique, 5 parties de chlorure de zinc, autant de chlorure d’aluminium, 4 parties de chlorure de calcium, et enfin o parties de chlorure de manganèse. On peut même doter cette mixture d’un parfum assez agréable et ne nuisant nullement à ses qualités en y ajoutant un peu de thymol.
- Encre blanche. — A part les encres faites d’acides qui sont susceptibles de décolorer les papiers, et qui doivent différer suivant ta nature du pigment du papier sur lequel on veut écrire, les encres blanches sont en général de vraies peintures. On en peut fabriquer une en broyant très finement, sur un marbre, de l’oxyde de zinc et en y incorporant un mucilage fait avec de la gomme adragante. On doit éclaircir la mixture de manière que cette peinture coule bien de la plume quand on veut l’employer pour écrire ; on ajoute au liquide un peu d’essence de girofle pour empêcher la moisissure d’attaquer le mucilage, et on secoue de temps à autre la bouteille contenant cette encre, afin que le colorant y demeure en suspension.
- Dépôt de pellicules iridescentes sur papier. — Faire dissoudre, en employant la quantité suffisante et nécessaire de benzol, 2 parties de copal, autant de sandaraque, 4 parties de gomme dammar et enfin une partie de rosine. Après dissolution complète, ajouter une partie d’alcool absolu, et enfin une mixture d’huile de bergamote et de romarin, en en prenant une quantité égale à la moitié environ du volume total de la première dissolution. On met au bain-marie, et l’on fait évaporer jusqu’à obtenir la consistance d’huile de ricin, ce qui prouve que le composé est prêt à être employé. On a préparé, d’autre part, à l’avance, un récipient que l’on a rempli presque jusqu’au bord avec de l’eau tenant en solution 1 pour 100 environ de colle forte : et c’est à la surface de cette eau qu’on déposera une faible quantité du mélange, au moyen d’une barbe de plume, par exemple. Le mélange s’étend instantanément et forme une mince pellicule aux plus belles couleurs chatoy antes. Le difficile est ensuite de passer une feuille de papier sous la
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- pellicule pour qu’elle s’y dépose, et il faut là un tour de main qu’on acquiert par la pratique et qu’on ne peut guère indiquer par écrit. —
- Formules de cold-creams. — lr0 Formule : mêler ensemble 425 parties d’huile d’amandes, 185 parties de lanoline, 02 parties de cire blanche et autant de spermaceti ; malaxer jusqu’à obtenir une masse homogène ; faire, d’autre part, une solution de 4 1/2 parties de borax dans 300 parties d’eau de roses, et incorporer la solution dans la masse crémeuse. — 2e Formule : Mélanger 125 grammes de gomme adragante et 100 grammes d’acide borique dans 140 grammes de glycérine; y ajouter 50 grammes d’huile d’amandes exprimée, autant de glvconine et 5 décigrammes d’essence de lavande, matières qui ont été bien incorporées les unes aux autres auparavant. Il ne
- reste plus ensuite qu’à additionner le tout de quantités successives d’eau, jusqu’à obtenir un poids total de 1000 grammes, et surtout une gelée claire de bonne consistance.
- Poudre effervescente à l’orgeat. — Ces poudres effervescentes, qui sont fort employées aux Etats-Unis, ont pour but de donner des boissons piquantes, gazeuses et parfumées. Pour composer une poudre à l’orgeat, on amalgame soigneusement et intimement 450 grammes de sucre en poudre fin avec 90 grammes de carbonate de magnésie et enfin 30 grammes à peu près d’acide citrique ; puis on y incorpore peu à peu 3 gouttes d’essence d’amandes amères, et ce qu’il faut d’essence de vanille pour donner un léger parfum. On mélange bien le tout, on passe au tamis et l’on met dans un flacon bien bouché jusqu’au moment d’employer.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- ODSERVATlONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL i PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 8 septembre . 12®,5 N. E. 2. Peu nuageux. » Rosée; peu uuag. de 7 à 9 h., beau avant et après.
- Mardi 9 15®,0 E. S. E. 2. Quelques éclaircies » I’resq. couv. jusq. 20 h., beau ensuite; quelquefois des gouttes.
- Mercredi 10 15®,6 S. 2. Peu nuageux. » Rosée ; uuag. de 6 à 21 h. ; beau av. et ap.
- Jeudi 11 13®,7 S. 0. Couvert. » Éclaircies jusq. 4 h. et à 24 h. Couv. le reste du temps; pluie à div. reprises ; éclairs à l’E. à 20 h., au S. à 22h.
- Vendredi 12 14®,9 S. S. E. 1. Couvert. 14,3 Presque couvert ; pluie à diverses reprises ; orage au N.-E. de 16 h. 15 à 45".
- Samedi 13 11°, 3 N. 1. Peu nuageux. 8,0 Rosée ; uuag. jusq. 18 h. ; beau ensuite.
- Dimanche 14 6°,9 S. S. W. 2. Très nuageux. » Rosée ; beau jusq. 6 h. ; puis tr. uuag. ; couv. après 9 h.
- SEPTEMBRE 1902. -- SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 SEPTEMBRE
- La courba supérieure indique lu nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direc ion du venl. Les courbes du milan mu optent : courbe épaisse, les pressions barométriques fbaromètre ramené à 0, a i niveau lie la mer); courbe plus mince, thermomètre à lab:i à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites
- à l’observatoire du parc Saint-Maur, en août 1901,
- par M. Th. Moüreaux.
- Pression barométrique : moyenne à midi, 757“",3l ; minimum absolu, 749",47 le 16 à 10 heures du soir; maximum absolu, 764",30le 22, à 9 heures du matin.
- Température ; sous l'abri, moyenne des minima, 12°,21; des maxima, 22°,65; du mois, 17°,43; vraie des 24 heures, 16°,89; minimum absolu, 7®,0 le 12 ; maximum absolu, 28°,3 le 16. Sur le sol gazouué : moyenne des minima, 9°,73; des maxima, 43°,93, minimum absolu, 4°,1 le 12; maximum absolu, 55u,8 le 5. Dans le sol gazonné : moyenne du mois à 10 heures du matin, à 0“,3Ô de profondeur, 17°,25 ; à 1 mètre, 16°,68. De la Marne : moyenne le matin, 19°,66; le soir, 20°,19; maximum 20°,89 le 7; minimum, 18®,60 le 14.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 10",63; minimum 5",0 le 11 à 2 heures du soir ; maximum 15",8 le 29 à 5 heures du soir.
- Humidité relative : moyenne du mois, 75,8.; minimum, 32 le 2 à 4 heures du soir ; maximum 100 en 9 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois, 59.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 442 heures; durée effective de 1 insolation, 174 heures; rapport, 9,39.
- Halos solaires : les 1, 6, 10, 23, 26, 29; lunaires : les 17, 18, 20.
- Pluie : totale du mois, 74””,6, eu 44 heures réparties en 15 jours, et en outre 5 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre. Le 14, une averse a fourni 30"“,5 d’eau de 3 h. 53 du matin à 5 heures du soir. 19 jours de rosée. Faible brouillard, les 13. 15, 27.
- Orages : 6 jours, les 7, 14, 16. 19, 27, 29; 3 jours d’éclairs, les-l, 6, 24.
- Vents dominants : d'entre S.-W. et N.-W.
- Les valeurs des éléments météorologiques présentent avec la normale les écarts suivants : baromètre,—0”",48; température : —0\76 ; tension de la vapeur, —0"“,41; humidité relative, -(-0,8; nébulosité -h 9; pluie -+- 19"”,2.
- Floraisons : le 10, hibiscus syriacus; le 13, tanaisie à feuilles persillées.
- Phénomènes divers ; les derniers martinets ont été vus le 4.
- Pour la saison d’étéqjuiu, juillet, août), les écarts avec la normale sont les suivants : baromètre, — 0"“,32 ; température — 0’,52 ; tension de la vapeur, — O",53 ; humidité relative, —1,6 ; nébulosité, + 1 ; pluie,— 26“,8.
- PHASES DE LA LUNE : I'. Q. le 9 à 10 h. 21 m. du soir.
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- N° 1531 (27 septembre 1902), du journal «LA MATURE»
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Un emploi de professeur de physique est actuellement vacant, à l’Ecole polytechnique. Les candidats à cet emploi devront adresser leur demande au général commandant l’Ecole avant le 12 octobre, en y joignant l’exposé de leurs titres, de leurs travaux et de leurs services.
- —®— Le 17 septembre a eu lieu, à Turin, en présence du représentant de M. Baccelli, ministre de l’agriculture, des autorités et de nombreux congressistes italiens et étrangers, l’inauguration du 5e Congrès de l’Association internationale pour la protection de la propriété industrielle. Des discours ont été prononcés, notamment par le représentant du ministre, le maire de Turin, et M. Pouillet, au nom des congressistes étrangers, ainsi que par’les représentants des gouvernements d’Autricbe-Ilongrie, ae France, de Belgique et de Suède, et par M. Morel, directeur du bureau international de Berne.
- —A la demande du Conseil d’administration de la Britisb South Àfrican Company, — la Chartered de Cecil Rhodes, — l’Institut Pasteur vient de déléguer un de ses membres pour aller fonder un institut à Buluwayo, en pleine Rhodesia. M. le Dr Loir, ancien directeur de l’Institut Pasteur à Tunis, et actuellement chef de laboratoire à l’Institut de Lille, a été désigné pour remplir cette mission.
- —®— Dès le 6 septembre, M. Bigourdan a déterminé, à l’Observatoire de Paris, les coordonnées célestes de la nouvelle comète, fort intéressante, que nous avons annoncée dans nos Informations du n° 1520 du 13 septembre 1902. Elle est rétrograde, elle tourne autour du soleil en sens inverse de la terre, c’est ce qui explique la rapidité de son rapprochement. Elle s’approche également du soleil avec une rapidité très grande; vers la tin du mois elle en sera à une distance de 50 millions de kilomètres. A ce moment, elle sera à une distance de la terre égale à environ 100 millions de kilomètres. Son éclat sera environ 12 fois plus considérable que lors de la découverte, ce qui permettra très probablement de la voir à l’œil nu. Son mouvement paraît elliptique ; son inclinaison n’est que de 30° sur l’orbe de la terre.
- —(g)— Encore un accident sur un plot de la ligne des tramways électriques de Pantin-Opéra ; le 10 septembre, vers 10 heures du soir, un omnibus de la ligne YVagram-Baslille s’engageait sur la place de l’Opéra, lorsque l'un des deux chevaux frappa du sabot un plot de la ligne électrique Pantin-Opéra, au coin de la rue du 4-Septembre. Le plot était encore électrisé, et la malheureuse bête reçut une terrible secousse. Elle fut soulevée du sol et retomba lourdement, brisant les traits et manquant de renverser la voiture. On essaya de relever l’animal; il ne bougeait plus. Tout à coup il se dressa sur ses pieds et se mit à hennir pitoyablement, le cou allongé, les yeux hagards, les jambes chancelantes", secoué d’une violente trépidation. Puis il retomba, se releva, fit quelques pas et tomba de nouveau. Ce malheureux cheval, pendant une heure, râla sur le pavé, agité d’un tremblement nerveux.
- —g!— Les fouilles de Timgad en Algérie viennent de donner des résultats intéressants. On a découvert deux nouveaux établissements de thermes, dont un très considérable. Dans ce dernier, une grande piscine déblayée a laissé voir une mosaïque de toute beauté représentant Neptune armé d’un trident, se tenant debout dans un char attelé de quatre chevaux marins ; des dauphins et autres poissons marins accompagnent le char divin. Le dieu, plus grand que nature, est représenté debout, tenant, de la main gauche, les rênes de quatre coursiers marins lancés au galop et qu’il excite de son trident, qu’il agite de la main droite. Des dauphins et des marsouins se précipitent au fond des ondes. Le mouvement des vagues et leurs nuances diverses sont exprimés par de véritables émaux de
- différentes couleurs. On a également mis à jour le baptistère de la petite basilique byzantine fouillée l’année dernière. C’est une jolie petite piscine ronde entourée d’un péristyle ayant jadis soutenu la ' toiture ou le dôme qui la recouvrait. Elle est au bas d’un escalier de trois marches qui terminait un couloir par où on s’y rendait en sortant de la basilique.
- —<S>— Le Méditerranéen n° 2 est parti de Palavas le 22 septembre à 4 heures du matin. Poussé par la brise, il a dévié d’abord vers Port-Yendres, puis, sous l’impulsion du vent du nord, il a pris la direction du sud. Le 23 septembre, à 9 heures du matin, il était à 40 km de Palavas, dans la direction de Bizerte.
- —®— Le journal allemand Prometheus rapporte que les vignes impériales de Tiflis qui s’étendent sur 155 hectares dans le Caucase ont été pourvues de canons pour le tir contre la grêle. 11 y a 15 stations et pendant 1901 ces stations ont été en activité 18 jours.
- 11 n’y a pas eu de grêle en 1901, alors qu’antérieurement cinq ou six averses de grêle ravageaient régulièrement lès vignes chaque année.
- —®— Un architecte Algérien, M. Neige, aurait découvert que la sauterelle sécrète une substance spéciale, d’une belle couleur brune analogue à la sépia et pouvant être employée, comme cette dernière, pour la peinture. On obtient cette substance en pressant le thorax d’une sauterelle à jeun ; additionnée d’eau elle peut couvrir une surface d’environ 1 dm2. Elle est imputrescihle, fixe à la lumière et brillante, en sorte qu’il n’est pas nécessaire de l’additionner de gomme. Il est indispensable, paraît-il, d’opérer sur uni* sauterelle à jeun depuis deux ou trois heures, afin que le tube digestif soit bien dégagé.
- —®— Engineèr vient de -signaler une voiture-filtre régimentaire assez ingénieuse, due à M. Bailev Denton. Elle comporte un premier réservoir à eau non purifiée qu’on charge, en puisant l’eau à une source quelconque, au moyen d’une pompe installée sur la voitûre. Quand on se met en marche, on débraye le levier à main, et on embraye la commande de la pompe sur un excentrique dépendant du moveu d’une des roues du véhicule. L’eau impure est donc, pendant la marche, chassée à travers le filtre, et quand on arrive à l’étape, elle est filtrée, purifiée et emmagasinée dans le réservoir d’alimentation.
- —®— M“® Charlotte Cardinal, née à Herchies, près de Lens, en Belgique, le 29 fructidor an VII, a célébré, le 15 septembre, dans sa ville natale, le 104e anniversaire de sa naissance. Son grand-père était né en 1715, sous le règne de Louis NIV.
- —®— Le capitaine Newman, dont nous avons signalé, dans le n° 1528, le départ de New-York en canot à vapeur, a réussi à effectuer la traversée de l’Atlantique. II est arrivé en Angleterre le 15 août après avoir été très éprouvé pendant le trajet, car il y a eu un fort courant. Il paraît qu’il a maigri de 15 kg et que son petit-fils, qui l’accompagnait, a été malade pendant une grande partie du voyage.
- —(g)— Les propriétés du cohéreur sont mises à profit dans un instrument que vient de combiner le P. Odenbach S. J., directeur de l’Observatoire météorologique de Saint-Ignace, à Cleveland (Ohio), en Amérique. Cet instrument a pour fonction de signaler l’approche d’un orage lointain. Une table, dressée par l’inventeur, montre qu’il a pu, avec son appareil, prédire un orage dix ou douze heures à l’avance. Le dispositif qu’il adopte dans ses expériences ressemble assez aux installations de télégraphie sans fil, mais le cohéreur, dit graphitique, a été l’objet de quelques modifications ; il consiste essentiellement en deux aiguilles métalliques surmontées par un bâton de graphite simplement posé sur elles. Le bureau des Etats-Unis va expèrimenterl'appareil que l’inventeur dénomme « cèraunographe ».
- Il est juste de rappeler que depuis deux ans M. Tommasina emploie, dans le même but, un système analogue qui donne en Italie d’excellents résultats.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le ventilateur électrique oscillant, s’adresser à la maison Chapel, constructeurs-électriciens, passage du Havre et rue Caumartin, Paris.
- Communications. M. Aujol, à Paris, nous écrit : « Veuillez me permettre de vous signaler un phénomène qui, certes, intéressera plusieurs de vos lecteurs. J’ai vu dernièrement, rue Brézin, chez un marchand de volailles, un coq à quatre pattes très bien constitué. Cet animal, qui se portait à merveille et se prélassait à la devanture dudit marchand de volailles, ne semblait nullement gêné par ce double don de la nature et ne paraissait pas s’inquiéter de la curiosité dont il était l’objet. »
- M. Chaptot-Prévost, à Rio-de-Janeiro, nous adresse sa brochure : Réponse à la critique faite par M. Doyen de mon mémoire intitulé « Chirurgie des tératophciges » dans laquelle le savant chirurgien soutient : 1° Que les critiques de M. Doyen sont quelques-unes injustes et les autres absolument non f'on-déés. 2° Que les idées de M. Doyen sur la tératogénie des monstres doubles ne sont pas d’accord avec les faits établis d’une façon indiscutable par Serres, Dareste, Fol et Duval, 5° Qu’il a bien opéré un thoraco-xiphopage (Maria-Rosalina), tandis que M. Doyen a opéré un xiphopage vrai (Radica-Doodica). 4° Finalement que M. Doyen a dù recourir en définitive à la méthode originale de l’auteur, pour obtenir l’hémostase de la plaie du foie chez les sœurs hindoues.
- J/. R. Peujade, à Caylus, nous fait parvenir une brochure dont il est l’auteur et qui a pour titre : Essais de prévision des cyclones, des tempêtes et de la pluie. Cette brochure se trouve à la librairie Naud, rue Racine, à Paris.
- M. A. Laporte, à Toulouse, nous envoie un carré magique de 100 cases. Pour rappeler la définition d’un carré magique (Vov. sur cette question le n° 458 du 11 mars 1882, p. 237), considérons la suite naturelle des nombres 1, 2, 5, etc., jusqu’à n-. La surface d’un carré quelconque pourra être décomposée en n2 petits carrés dans chacun desquels nous pourrons inscrire l’un des nombres considérés. On aura ainsi un carré composé de chiffres rangés en colonnes verticales et lignes horizontales. Pour qu’un tel assemblage soit un carré magique, il faut qu’il satisfasse à trois conditions : J0 L’addition des nombres appartenant à une colonne verticale quelconque doit toujours donner un même nombre. 2° Ce dernier doit se retrouver également quand on ajoute entre eux le nombre d’une ligne quelconque. 3° La somme des nombres qui composent chacune des deux diagonales doit également reproduire ce même chiffre qui, d’après ces définitions, ne dépend que du nombre n, c’est-à-dire du degré du carré. En effet, soit S la somme des n2 nombres et C le nombre constant défini plus haut. On a évidemment
- S=zCn,
- car la somme des chiffres d’une colonne quelconque est C et il y a n colonnes. D’autre part
- g _ + 1 )
- Dans le carré dont il s’agit ici « = 10. Donc C = 505 comme on peut le vérifier. Mais ce carré possède une autre propriété que nous signale l’auteur. « 11 est tel que les chiffres 1, 2, 3, 4, 5, 0, 7, 8, 9, 0 figurent sans répétition dans toutes les bandes soit verticales, soit horizontales et dans les deux grandes
- diagonales. 11 est unique dans son genre, car il n’y a que lui qui possède la curieuse propriété d’avoir ses unités magiques.
- M. J.-L. Kessler, à Clermont-Ferrand, nous adresse une brochure intitulée : Conception nouvelle d'une cosmogonie universelle compatible avec la science actuelle, et que publie la Typographie G. Mont-Louis, à Clermont-Ferrand.
- M. A.-L. Herrera, à Mexico, nous communique une étude sur Le protoplasma de métaphosphate de chaux, publiée par l’Imprimerie du gouvernement fédéral, à Mexico.
- MM. Caston Darboux et Galien Minjaud nous font parvenir une brochure intitulée : « Les deux formes larvaires de Laria obtecta (Say) » qui est un extrait du Bulletin de la Société d’étude des sciences naturelles de Nîmes. Les auteurs-ont découvert que la larve de Laria obtecta (Say), qu’il ne faut pas confondre avec Bruchus fabæ de Rilev, existe sous deux formes larvaires distinctes et successives. Dans le premier état elle est pourvue d’yeux, de mandibules et d’appareils locomoteurs qui lui permettent de chercher et de trouver l’Odyneim ou la graine de haricot dont elle fait son abri. Elle passe alors au second état et ses organes sensitifs et locomoteurs disparaissent. C’est sous cette dernière forme seulement que les-entomologistes semblent l’avoir connue jusqu’ici. La brochure est publiée à l’Imprimerie coopérative La laborieuse, à Nîmes.
- Renseignements. — M. R. Henry, à Noisy-le-Sec. — 1° Vous pourriez vous adresser à l’auteur de l’article, M. P. Gué-don, 55, avenue Ledru-Rollin, à Paris, — 2° L’adresse donnée dans l’article est : « The Atmospheric Products C“, Niagara, ü. S. A. »
- M. Campdera, à S. Juan. — Consultez l’Industrie des: résines, par E. Rabatié, à la librairie Masson et Cie, Prix : 2fr,5fL M. J. Haguet, au château de Vivières. — Voyez sur cette question des « sourciers » la très longue réponse que nous avons donnée dans la Boite aux Lettres du n° 1440 du 29 décembre 1900.
- M. R. Catoir, à Nayses. — Les branches de rosier que vous-nous avez envoyées ne contenaient qu’une chenille desséchée, l’Acronycla aceris, espèce commune qui vit sur beaucoup d’arbres fruitiers et autres.
- M. E.Rigotard, à Chantesse. —l°Le brou de noix s’emploie dans la teinture pour obtenir sur laine des couleurs brunes ou fauves dites « de racine » ; les anciens l’utilisaient déjà pour teindre les cheveux. Les menuisiers s’en servent pour donner au bois blanc la couleur du noyer. Conservé un Ou deux ans dans l’eau, il acquiert plus de qualité pour la teinture. Macéré dans l’eau-de-vie, il fournit une liqueur stomachique. — 2° Vous ourriez vous adresser à la Chambre syndicale de la teinture,
- , rue des Pyramides, à Paris.
- M. A. Floch, à Alger. —Fabricants de longue-vue : MM. Se-crétan, 15, place du Pont-Neuf ; Gautier, 5fi, boulevard Arago, à Paris.
- M. Levasseur, à Tlemcen. — Vous pourriez vous adresser au « Home décor », 42, rue de Paradis, ou à M. Ch. Leroy, 5, faubourg Saint-Martin, à Paris ; M. J. Serni, 15, rue Brézin, à Paris, s’occupe de photographies sur bois.
- M. Durantin, à X. — Cette préparation n’est pas un vin à proprement parler, mais un médicament que beaucoup de médecins recommandent.
- M. le C' P. de la Villc-Baugé, au château de Candé. — La Société des anciens établissements Parvillée, 29, rue Gauthey, à Paris, et la Société du familistère de Guise (Aisne), s’occupent du chauffage à l’électricité et vous fourniront des renseignements.
- L’abonné 3563-5560, à C. — 1° Les caméléons dévorent les mouches et les insectes, c’est pour cela qu’en Espagne, on en garde dans les maisons. La libi’airie Baillière, 19, rue Haute-feuille, à Paris, pourra vous renseigner sur l’ouvrage à consulter, à Paris. — 2° Adressez-vous à M. Lachambre, 24, passage des Favorites.— 5° Nous ne connaissons guère, sur cette question, que le livre VI de la partie militaire de l’Encyclopédie dçs connaissances civiles et militaires, où l’on trouve un chapitre consacré aux principes de la construction des ballons. Librairie Fanehon, 25, nie de Grenelle, à Paris. — 4° Nous transmettons votre lettre à la libi’airie.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Chabriot, à Lyon. Nous ne pouvons parcourir tous ces documents. — M. de liresves, à Leipzig. On néglige ce détail dans la pratique. — M. Loem, à Paris. Voyez les Recettes èl Procédés utiles, 4e série, à la librairie Masson et Cie. — Mme Perdrai, à Edimbourg. Voyez \es séries 1, 2, 5 des Recettes indiquées ci-dessus. — M. Leroy, à Montreux. Remerciements, mais nous ne pouiTons utiliser ces renseignements que plus tard.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui l"i sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rat lâchent à des sujets scientifi. pies, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- 67
- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- OCTOBRE-NOVEMBRE-DÉCEMBRE 1902. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- i iDée 21 u iNov.
- Pï ssajje au méridien, à mil
- lOct.
- l Janv
- Bélier
- Cancer
- 1 Nov.
- IDée
- P îtit Chien
- Baleine
- Êridan
- Lièvre
- Colombe
- Hercn 1
- Pégas e
- Poissons
- 'Ophiucus
- et Ai itinoüs
- Verse atL
- Balance
- SATURNE
- Capricorne
- iJanv:
- Sagittaire
- Poi ssonAust 'al
- xxm
- PRINCIPAUX PHENOMENES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- 1902. Nom de l’astre. Grandeur, Immersion. Émersion.
- Temps moyen. Temps moyen
- Oct, 12 c1 Capricorne. 5,5 9 h. 59 m, 9 10 h. 15 ni, 4
- — 12 z! Capricorne. 6,4 10 h. 0 m, 7 11 h. 15 m, 8
- — 11 12 Poissons. 6,5 12 h. 15 m, 0 Appube b 3 0 du bord.
- — 16 Ç* Poissons. 5,5 10 h. 50 m, 7 11 h. 24 m, 1
- — 19 1272 B.A.C. 6,0 10 h. 22 m, 4 Appuis* à i n du bord.
- — 19 7815 Lalande. 6,3 11 h. 55 m, 7 13 h. 4 m, 8
- — 19 S1 Taureau. 4,2 17 h. 22 m, 1 18 h. 27 m, 5
- — 19 B2 Taureau. S,1 17 h. 58 m, 8 18 b. 55 m, 2
- — 19 6* Taureau. 4,6 19 h. 5 m, 5 Appuis* 1 4'6 du bord.
- — 21 11 713 Lalande. 6,6 10 h. 3 m, 8 10 h. 40 m, 2
- — 21 11 859 Lalande. 6,1 11 h. 18 m, 7 12 h. 19 m, 6
- — 21 12693 Lalande. 6,6 14 h. 48 m, 2 15 h. 48 m, 5
- — 22 51 Gémeaux. 5,1 11 h. 22 m, 7 Appulse à i't du bord.
- — 22 X Gémeaux. 3,8 12 h. 57 m, 6 13 h. 56 m, 4
- — 24 x Ecrevisse. 5,1 *11 h. 50 m, 0 12 h. 22 m, 3
- — 25 16 Sextant. 6,7 15 h. 28 m, 9 16 h. 32 m, 2
- Nov. 9 7717 B.A.C. LO 5 h. 42 m, 1 7 h. 1 m, 9
- — 11 21 Poissons. 6,1 7 h. 4 m, 6 Appuis* b 0’7 du bord.
- — 15 1119 B.A.C. 6,4 9 h. 9 m, 1 Appulse b 4’$ du bord.
- - 18 BD +• 16° 1363. 6,1 15 h. 52 m, 7 Appuis* b î'6 du bord.
- * L’étoile est sous l’horizon.
- 1902. Nom de l’astre. Grandeur. . Immersion. Emersion,
- Temps moyen. Temps moyen.
- Nov. 20 60 Ecrevisse. 5,6 12 h. 13 m, 1 13 h. 17 m, 2
- — 20 x Ecrevisse. 5,1 18 h. 57 m, 4 20 h. 7 m, 0
- — 23 u Lion. 4,4 14 h. 18 m, 8 15 h. 12 m, 1
- Dec. 4 6992 B.A.C. 6,7 7 h. 41 ni. 7 *8 h. 59 m, 0
- — 4 P* Capricorne. 3,3 7 h. 48 m, 2 *8 h. 46 m, 8
- — 8 12 Poissons. 6,5 5 h. 51 m, 5 7 h. 11 m. 1
- — 8 13 Poissons. 6,4 7 h. 51 m, 9 ippulse b 4 8 du bord.
- — 10 V Poissons. 5,5 7 h. 19 m, 3 8 h. 52 m, 7
- — 13 1272 B.A.C. 6,0 7 h. 9 m, 3 7 h. 52 m, 6
- — 15 7813 Lalande, 6.3 8 li. 51 m, 8 10 h. 2 m, 9
- — 13 B1 Taureau. 4,2 14 h. 7 m, 5 15 li. 9 m, 8
- — 13 B2 Taureau. 5,1 14 h. 42 m, 4 15 h. 55 m, 4
- — 13 S* Taureau. 4,6 15 h. 45 m, 3 Appuis* b 3'7 du bord.
- — 14 119 Taureau. 4,6 16 h. 38 m, 0 Appulie b fl I du bord.
- — 14 120 Taureau. 5,9 16 h. 58 m, 3 17 h. 20 m, 9
- 15 11 713 Lalande. 6,6 *4 h. 47 m, 8 5 h. 24 m, 5
- 15 11 839 Lalande. 6,1 5 il. 53 ru, 2 6 h. 43 m, 5
- — 15 12 095 Lalande. 6,6 8 h. 49 m, 1 9 h. 21 ni, 2
- — 15 21 Gémeaux. 6,6 13 h. 51 ni, 5 15 h. 0 m, 6
- — 15 26 Gémeaux. 5,4 18 h. 54 m, 5 18 h. 59 m, 0
- 16 X Gémeaux. 3,8 *5 h. 53 m, 7 6 h. 59 m, 1
- ; 16 68 Gémeaux. 5,5 12 h. 44 m, 2 13 h. 29 m, 3
- 17 2872 B.A.C. 6,4 11 h. 45 m, 2 12 h. 48 ni, 6
- — 17 A1 Ecrevisse. 5,9 17 h. 15 m, 1 17 h. 25 m, 7
- — 17 Ai Ecrevisse. 6,1 18 h. 51 m, 6 19 li. 50 m, 2
- — 20 3873 B.A.C. 6,3 14 h. 54 m, 9 15 h. 20 m, O
- L’étoile est sous l’horizon.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- f>8
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS.
- ECLIPSES.
- 1902. Satellites. Immersion. Émersion. Commencement.
- Fin.
- Oct . i III 8 h. 45 m. »
- 2 IV 7 h. 13 m. 30 s.
- 4 I 10 h. 26 m.
- 6 I 8 li. 25 m. 15 s.
- 11 11 7 h. 49 m. 40 s.
- — 13 I 6 h. 46 m. 10 h. 20 m. 35 s.
- — 18 IV 8 h. 23 m.
- — 20 I 8 h. 59 in.
- 22 I 6 h. 44 m. 45 s.
- 23 111 5 h. 11m. 18 s.
- — 25 11 7 h. 29 ni.
- . 29 I 5 h. 2 ni. 8 b. 40 m. 6 s.
- — 30 III 5 b. 40 m. 13 s. 9 h. 13 m. 12 s.
- Nov. 4 IV 7 b. 11 m.
- 5 II 5 b. 2 m. 49 s.
- — I 6 h. 57 m.
- — 6 III 7 h. 55 m.
- __ 7 1 5 b. 4 m. 16 s.
- _ 12 11 7 h. 41 m. 4 s.
- — I 8 b. 54 ni.
- — 14 I 6 h. 59 m. 33 s.
- — 19 II 4 h. 49 ni.
- — 21 I 5 li. 21 m.
- — 26 II 7 b. 33 ni.
- — 28 I 7 h. 19 m.
- — 30 I 5 h. 18 m. 48 s.
- B U LL ET1N MÉ
- OCCULTATIONS
- ECLIPSES.
- 1902. Satellites. Immersion. Emersion. Commencement. Déc.
- Fin.
- 5 III 5 h. 19 m. 2 s.
- 7 II 4 ln 54 m. 51 s.
- I 7 h. 13 m. 57 s.
- 12 III 5 b. 2 m. 5 h. 48 m. 22 s.
- 14 I 5 h. 48 m.
- 19 III 5 b. 42 m.
- 21 II 5 b. 19 ni.
- 23 I 5 h. 52 m. 52 s.
- Éclipse totale de Lune, le 16 octobre 1902, en partie visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 16 octobre .... 15 h. 28 ni. 8.
- Entrée dans l’ombre, 16 octobre........................16 h. 26 m. 5.
- Commencement de l’éclipse totale, 16 octobre..............17 h. 28 m. O.
- Milieu de l’éclipse, 16 octobre...........................18 h. 12 ni. 8.
- Fin de l'éclipse totale, 16 octobre.......................18 h. 57 ni. 5.
- Sortie de l’ombre, 16 octobre.............................19 b. 59 m. 2.
- Sortie de la pénombre, 16 octobre. . . ..................20 h. 56 m. 7.
- Grandeur de l'éclipse = 1,462, le diamètre de la Lune étant un.
- Éclipse partielle de Soleil, le 30 octobre 1902, en partie visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Commencement de l’éclipse générale........................18 h. 8 m. 0.
- Plus grande phase de l’éclipse............................20 b. 9 m. !».
- Fin de l’éclipse générale............................... 22 h. 11 m. 7.
- Grandeur de l'éclipse = 0,696, le diamètre du Soleil étant un.
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49»,30). — Bureau central météorologique de France.
- VENT PLOIE EN
- OBSERVATIONS THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- 7 HEURES DU MATIN de 0 à 9 MILLIMÈTRES
- Lundi 15 septembre 12“ ,0 S. S. W. 2. Couvert. 0,2 Rosée ; presque couv. ; il a plu avant 4 h.
- 13”,6 S. W. 5. Couvert. » Couv. jusqu’à 18 h.; très nuag. ensuite; pluie de 17 h. 15 à 30"*.
- Mercredi 17 11'*,9 S. W. 2. Beau. 0,8 Rosée; nuag. de 8 h. à 18 b.; beau avant et après; pluie de 12 li. 6 à 15».
- Jeudi 18 7",8 S. 1. Nuageux. 0,7 Rosée; nuag. jusqu’à 16 h.; beau ensuite.
- Vendredi 19 6*,0 N. N. E. 2. Beau. » Rosée; quelques nuages à 12-13 h.; beau avant et après;
- halo lunaire.
- Samedi 20 5“,6 N. E. 2. Beau. » Rosée; nuageux à 13-14 b.; beau avant et après; halo
- lunaire.
- Dimanche 21 ... . 7“,0 N. E. 1. Quelques nuages. » Rosée; beau; transp. atm.; 4 km. à 7 h. ; un peu brum.
- ensuite.
- SEPTEMBRE (902. - SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE 21 SEPTEMBRE
- , jmmz. m r a .. ___
- imam'* m * mmr.éAmwjimwA. kmwm'Ammw+mm'Amm'Am
- ----
- La courbe supérieure indique la nébulosité de Où 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent. courbe épaisse, les pressions baro nié triques (baromètre ramené à 0, ait niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre a laon a houle sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. _____________ ‘
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement «le terre. — Le 18 septembre, à 4 heures du matin, une légère secousse de tremblement de terre a été ressentie à San Francisco.
- Pluies et température. — La température s’est abaissée pendant la semaine. Le 15 septembre, la température moyenne était de 14°,2 à Paris ; le ciel était très nuageux. Le 16 septembre, on a recueilli 19 mm d’eau à Dunkerque, 4 jnm à Cherbourg et au Mans, 1 mm à Paris; la température n’était que de 8° à Paris dans la matinée, la température moyenne de la journée a été de 13°, inférieure de l°,4à la normale. Des pluies sont
- tombées sur le nord et le centre du continent ; on a recueilli 4 mm d’eau à Belfort, 3 mm au Havre, 1 mm à Paris.
- Le 18 septembre, le temps a été beau en France; mais la température a été faible à Paris : 6° dans la matinée, ÎO1^ comme moyenne générale avec un minimum de 4°,5. Le 19 septembre, le temps a été beau mais frais en France ; à Paris, la température moyenne n’& pas dépassé 10°,3.
- Dans la nuit du 19 au 20 septembre, aux environs de Troves, la température est descendue au-dessous de zéro ; la culture maraîchère a beaucoup souffert de la gelée.
- Le 20 septembre, à Paris, la température faible le matin (7°) est montée à 11°,4 comme température moyenne, inférieure de 2°,6 à la normale.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 17, à 6 h. 33 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- — »— Le successeur de Virchow vient d’être désigné. C’est le
- Îirofesseur Orth, de Gœttingue, qui occupera à l’Université de Berlin a chaire de l’illustre savant.
- —®— Le rapide de Boulogne-Paris tiendrait le record de la vitesse, si l’on en croit divers journaux. La semaine dernière, le train de Londres à Folkestone, par suite d’un éboulement dans le tunnel de Seven-Oaks, a subi un retard de 20 minutes. La traversée fut mauvaise. Si bien que le train français partit de Boulogne avec un retard de 46 minutes. Il est arrivé cependant à Paris à l’heure réglementaire. De Boulogne à Paris, on compte 254 km. Cette distance a été franchie en 2 heures 55 minutes. La vitesse moyenne a été de 110 km à l’heure.
- —®— L’aéronaute M. Spencer, qui expérimente depuis trois mois déjà au « Crystal Palace »,a fait vendredi 19 septembre un long parcours avec son nouveau dirigeable. Parti du « Crystal Palace » à 4h 15m, il s’est élevé immédiatement à une hauteur de 100 mètres environ et s’est dirigé sur Londres d’où ses évolutions ont pu être suivies par un grand nombre de spectateurs. Seul sur son aérostat, il le manœuvrait, paraît-il, avec la plus grande facilité, et il a atterri à Eastcote, près de Harrow, entre 6 et 7 heures sans le moindre incident fâcheux. Son dirigeable, dont la forme évasée à l’avant rappelle un peu celle d’une baleine, est long de 25 mètres et a un diamètre de 6 mètres. La nacelle est en bambou. Un moteur à pétrole Simms actionne une hélice à 250 tours par minute. Les palettes de l’hélice sont en bois, leur forme a été étudiée par Sir Iliram Maxim.
- —M— La descente du Méditerranéen n° 2 a eu lieu le 25 septembre à 5 heures et demie de l’après-midi, à 100 mètres au rivage et à 10 kilomètres de Cette. En abordant le rivage, les dévia-teurs s’accrochèrent aux palissades des vignes qu’ils emportèrent ; le ballon a subi une forte inclinaison, et après avoir ouvert les soupapes et provoqué l’évaporation du gaz par des déchirures, M. de la vaulx et ses compagnons ont atterri sans accident.
- —®— La nouvelle comète est actuellement visible à l’œil nu; en la trouve au-dessous de la constellation de Cassiopée, montant de soir en soir vers le Cygne, son mouvement est très rapide. Elle n’est encore guère plus visible que la nébuleuse d’Orion ; mais son éclat augmente assez vite et elle se rapproche de la Terre ; au 4 octobre, sa distance est de 55 millions de kilomètres. C’est là son plus grand rapprochement. Poursuivant son mouvement en ligne oblique, elle se dirigera ensuite vers le soleil jusqu’au 25 novembre, pour le contourner à une très grande distance (59 millions de kilomètres) et s’en retourner ensuite dans les abîmes de l’infini.
- — ®— Le 10 octobre s’ouvrira, dans un établissement des Champs-Elysées, sous le patronage du ministre du commerce, le concours de jouets organisé par la Société des petits fabricants et inventeurs français. Une classification originale a été adoptée; les objets exposés seront divisés en deux catégories : 1° les jouets, et 2° les articles de Paris. Dans chaque classe, ils seront rangés suivant la valeur marchande indiquée par les exposants eux-mêmes : a) objets au-dessous de 1 franc; b) de 1 à 5 francs; c) de 5 à 6 francs; d) de 6 à 20 francs; e) les objets au-dessus de 20 francs. Par décision ministérielle, les exposants pourront profiter de la loi de protection du 25 mai 1868 qui accorde la garantie de la propriété industrielle
- ftendant la durée de l’exposition et trois mois après sa clôture. La iste des récompenses sera publiée aussitôt que les opérations du jurv seront terminées. Elles seront décernées sous forme de diplômes et de médailles, auxquels s'ajouteront des prix en argent ou œuvres d’art. L’inauguration du concours et de l’exposition est fixée au 10 octobre. Les invités et les membres de la presse seront seuls admis le jour de l’ouverture. Le lendemain, 11 octobre, l’entrée du Jardin de Paris sera fixée à 1 franc. Le surlendemain, dimanche
- 12 octobre, et les jours suivants, l’entrée sera gratuite, sauf le vendredi, jour réservé, où l’on payera 1 franc d’entrée.
- —®— Une violente et soudaine éruption s’est produite le 21 septembre dans la soirée à Saint-Vincent. Le vapeur Newington, employé à la pose et à la réparation des câbles, qui, dans la journée, s’occupait à relever la section rompue à environ 8 kilomètres de la Soufrière, avait à peine terminé ce travail que l’éruption se produisait, sans que rien la fit prévoir. Le navire a dù s’éloigner en hâte, poursuivi par d’épais nuages de fumée; il a failli être surpris par une avalanche de matières incandescentes lancées par le volcan. Les travaux de réfection du câble ont été suspendus. On croit que le câble est de nouveau rompu par les commotions volcaniques. Avec l’éruption a coïncidé une forte secousse de tremblement de terre à Guavaquil, dans la république de l’Equateur. Le mont Chul-lapata, au Pérou, vomit depuis une quinzaine de jours de la fumée et des cendres. On a entendu des grondements et des bruits d’explosion jusqu’à 50 kilomètres de la montagne. Aucune tradition ne laissait croire que cette montagne était un volcan. A Quito, capitale de l’Equateur, située dans la Cordillère des Andes, on a ressenti le 25 septembre une violente secousse de tremblement de terre. Il n’y a eu aucun dégât.
- --(§)— Le Marché français vient de publier les résultats de l’enquête annuelle de l’Association nationale de la meunerie française sur la récolte du blé en 1902. La production française s’élève cette année à 154897 986 hectolitres pour une surface cultivée de 6 804 852 hectares, soit un rendement moyen de ÎT^LSO, contre 17hI,58 l’année dernière. Il en résulte une augmentation de 15 millions d’hectolitres sur ceux publiés pour la réeolte/précédcnte.
- —-(§)— La direction des contributions directes vient de faire le relevé des voitures automobiles, d’après les déclarations faites pour l’établissement de l’impôt. Le nombre total pour la France s’élève à 5586, dont 2895 voitures à plus de 2 places et 2495 à une ou deux places. Paris, à lui seul, en possède 1149, soit près du cinquième du nombre total, dont 751 à plus de deux places et 598 à une ou deux places.
- —®— L’arrosage des plantes par en dessous est employé comme on sait depuis plusieurs années déjà aux Etats-Unis. Au beu de répandre l’eau sur le sol, on la fait arriver aux plantes par une canalisation placée au-dessous de la surface, à une profondeur qui varie suivant la nature des cultures. Un robinet sert à régler le débit de l’eau qui s’écoule par des trous percés à des distances convenables dans la canalisation. Les "avantages seraient : 1° économie d’eau: elle ne peut s’évaporer comme dans le cas d’arrosage à la surface ;
- 2° suppression de la main-d’œuvre; 5° sécheresse de la surface qui empêche les limaces d’exercer leurs déprédations. Mais ce qu’il importait de savoir c’est si l’arrosage pratiqué de cette façon ne nuisait pas aux plantes. Pour trancher la question, MM. Munson et Sheparif ont cultivé simultanément deux carrés de radis, arrosés respectivement suivant la méthode nouvelle et la méthode classique. Ils trouvèrent que le poids des radis de la première catégorie était de 14,5 pour 100 plus élevé que celui des autres. De plus la proportion des radis de belle qualité était de 16 pour 1Ô0 supérieure dans le premier carré. D’autres expériences montrèrent enj> outre que par la méthode nouvelle on empêchait dans une grande mesure la formation des moisissures qui s’attaquent aux jeunes plantnles. Bref on obtient en produits marchands le double de ce que fournit la méthode usuelle.
- —®— Il paraît qu’il existe au Japon un commerce des plus florissants, c’est le commerce des insectes chanteurs dans lequel se trouvent engagés plus de 5000 personnes. Ces insectes, emprisonnés dans de minuscules cages en bambou suspendues aux portes des maisons, font entendre des chants beaucoup plus mélodieux, assure-t-on, que ceux de nos oiseaux. Ces animaux sont couvés artificiellement et on les dresse à chanter.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans le n° 1550, du 20 septembre, p. 250, col. 1, ligne 36, au lieu de : le sulfure de carbone inflammable à 46°, il faut lire : le sulfure de carbone inflammable, d’après Braun, à 170°, son point d’ébullition étant de 46°.
- Communications. — M. A.< Gascart, à Bihorel, nous informe à propos de la question posée par M. Ch. Baltet, à Troyes, et publiée dans la Boite aux Lettres du n° 1550, du 20 septembre, que le papier paraffiné peut très bien servir à la reproduction des imprimés. Nous remercions notre correspondant, mais ce qu’il nous signale ne nous était pas inconnu, l’article que vendent les camelots sous des noms plus ou moins fantaisistes, n’est autre que de la paraffine. Nos Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson, indiquent également un autre procédé. Voir aussi la réponse insérée plus bas.
- Renseignements. — M. J. Decondé, à Mons. — Vous pourriez essayer la colle « japonaise » qui se vend par bâtonnets de 0fr,65 chez M. Darcy, 91, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine. Cette colle est, paraît-il, absolument hydrofuge.
- MM. Rhoué, à Noirmoutier. — Pour les taches d’encre sur le papier, consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. le DT Joâo Salema, à Castello-de-Païva. — La maison Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris, fournit des instruments pour laboratoire ; vous trouverez à la librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris : Traité d’analyse des matières agricoles, par L. Grandeau, prix : 18 francs; — Chimie appliquée à l’agriculture, travaux et expériences, par le Dr A. NVœlcker, prix : 16 francs; et autres livres analogues. L’Institut agronomique, 16, rue Claude-Bernard, à Paris, pourrait peut-être aussi vous donner quelques indications.
- M. Rolle, à Gorizio. — Remerciements; nous publions un erratum.
- M. L. Garcia, à La Paz. — Nous ne pouvons à notre grand regret nous charger de commissions; voici les adresses demandées ; fils de cuivre, d’acier et d’aluminium : Compagnie des tréfileries du Havre, 28, rue Micliel-le-Comte, à Paris; pièces en partinium, Société des usines du partinium, 5, rue Ampère, à Puteaux (Seine).
- M. R. de M., à Lyon. — Nous allons tâcher de réunir quelques documents sur cette question, qui est, comme vous le dites, très importante.
- M. L. Dufau, à la Guadeloupe. — 1° Remerciements pour votre envoi. Il semble résulter de différentes analyses que ces cendres contiennent en général des cristaux de hornblende, du feldspath plagioclase, de l’hypersthène, de la magnétite, des fragments de verre, etc. Voyez sur cette question le n° 1513, du 24 mai, p. 599. — 2° D’après M. d’Albuquerque qui a analysé des cendres que l’éruption de Saint-Vincent avait projetées jusque dans la Barbade, les poussières volcaniques n’ont en général aucune propriété fertilisante. M. Harrisson, dans Agri-cultural News, est du même avis. Employées comme insecticides, elles auraient au contraire une certaine valeur, il paraît qu’à la Barbade, ces cendres ont détruit les petites fourmis noires qui abondent dans Pile, ainsi que les grappes d’œufs du moth-borer qui s’attachent aux feuilles de la canne à sucre.
- M. le R°° de Forestier, au château des Madères. — L’hy-dronul est un breuvage composé de miel dissous dans l’eau, à la proportion de 10 fois son poids d’eau. Si l’on fait fermenter
- le liquide, on obtient une boisson alcoolique dont le goût vineux rappelle celui de certains vins d’Espagne. Sans doute,, ce liquide peut se transformer en vinaigre tout comme le vin.
- M. Albarel, à Carcassonne. — Nous n’avons pas d’autre adresse que celle donnée dans la Boîte aux Lettres du n° 1405-du 28 avril; MM. Marillier et Robelet, 42, boulevard Bonne-Nouvelle, Paris.
- M. P. Mercier, à Paris. — Dans tous les arrondissements, il y a des cours gratuits du soir. Renseignez-vous dans les différentes mairies.
- M. le chevalier A. de Longrée. — Remerciements pour votre intéressant essai, qui est peut-être d’ordre un peu trop spéculatif pour notre revue.
- M. E. Requillard, à Paris. — Adressez-vous à M. Werthei-mer, chimiste de la Société française des explosifs, à Cugny.
- Un abonné, à Castello Branco. — Vous pourriez vous adresser directement à M. Schribaux, directeur de la station d’essais de semences, 15, rue Claude-Bernard, à Paris.
- M. Rodin. — Fabricants de papiers sulfurisés : MM. Bernard, 13, rue Saint-Ambroise; Failliot, 37, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, à Paris.
- M. Rech, à Biarritz. — Nous vous avons répondu dans le-n° 1530, du 20 septembre.
- M. Z. N. 2178, à P. — 1° La corne peut non seulement se ramollir et s’étendre, mais encore se fondre à une chaleur humide, douce et continue, ce qui permet de la mouler. — 2° Les modèles diffèrent; vous pourriez vous adresser à MM. Heller, fabricants d’appareils d’électricité médicale, 18, cité Trévise, à Paris.
- M. F. Martin, au Châlet. — L’adresse donnée en 1898 pour le pégamoïd est : 11, boulevard des Italiens, à Paris.
- M. Poujade, à Luzech. — 1° Traité des voitures automobiles, tome II, Voitures à vapeur, par Milandre et Bouquet, Librairie Gottv, 24, quai des Grands-Augustins, à Paris. Prix : 2 francs. — 2° Chaudières à tubes d’eau, parC. Walckenaer, et autres livres du même genre, à la librairie üunod, 49, quai des Grands-Augustins, Paris.
- M. E. Aglon, à Versailles. — Vous nous signalez l’existence-d’un merle blanc, cet oiseau est beaucoup moins rare que vous ne paraissez le croire, on le trouve souvent au marché aux Oiseaux, son prix variant entre 150 et 200 francs. Nous avons eu l’occasion de voir récemment 2 paires de merles blancs réunies dans une volière chez un de nos abonnés de Paris.
- M. P. Lambert, à Paris. — L’éclairage électrique par piles n’est pas pratique. Pour de petites lampes portatives on pourrait utiliser des Leclanché.
- M. C. Corbeaux, à Corbeil. — 1° En prenant certaines précautions, on obtient dans les voltamètres à eau acidulée des produits assez purs. Le mode de purification des produits dépend des impuretés de l’eau et de la proportion d’acide. Si l’on ne mettait pas d’acide dans l’eau, le courant serait excessivement faible, et il n’y aurait presque pas de décomposition. — 2“ La pureté de l’eau distillée par les moyens ordinaires est bien suffisante pour tous les usages courants, mais pour servir à des expériences de laboratoire, l’eau doit être distillée et purifiée par des méthodes très soignées. L’eau distillée ne contient aucune matière solide en dissolution ; elle jouit de la propriété d’être diurétique. On ne saurait la boire que passagèrement, elle est lourde à l’estomac. — 5° Quand le calage a heu, le coefficient d’adhérence entre le rail et la roue est moins élevé.
- M. V. H. C., à S. — Machines à calculer la « Dactyle », 46, boulevard Haussmann; la « Rapide », 50, rue Taitbout, à Paris.
- Question. — N° 1257. — M. E. M., à Paris, nous demande si pour conserver les filets de pèche, il est préférable de les tremper dans un bain de tan ou dans un bain de sulfate de cuivre. Quelles proportions employer?
- Réponses. — N° 1256. — M. G. liasse, chimiste, 20, rue de Provence, a breveté un produit analogue à celui que décrit M. Baltet. L’inventeur a même publié sur la question une brochure et un livre. (Communiqué par M. Thibaut, à Bu-» carest.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Borny, à Saint-Pétersbourg. Impossible, à notre grand regret, de nous charger de cette commission. — M. Tarnowski, à Leipzig. Nous transmettons votre lettre à l’auteur. — M. Devignes, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — il/me Pittman, à Chicago. Il y a cinq volumes de Recettes. — M. Montdidier, à Marseille. Il faut soumettre ce cas à un chirurgien.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui. sont signalés par ses adonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scienlifi pies, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Poulie démontable en bois. — Nos lecteurs seront peut-être satisfaits de connaître une combinaison très simple qui permet de construire soi-même, quand on possède un tour, ou de faire construire par le premier tourneur venu, une poulie très facile à démonter et offrant pourtant une grande solidité. Le procédé de construction en a été donné par l'Ingénieur en chef des Chemins de fer du Gouvernement du Cap, Sir Charles B. Elliott. On se procure d’abord deux pièces en bois très dur et de format convenable, et on y scie deux demi-disques semblables, en adoptant comme diamètre du cercle qui servira de gabarit pour ce sciage le diamètre que l’on voudra donner à la poulie, ou du moins un diamètre légèrement supérieur, que l’on ramènera à la dimension exactement voulue, comme nous l’indiquerons tout à l’heure, par un passage au tour. On rapproche alors les deux demi-disques de manière à en former un disque complet, en les maintenant en place serrés l’un contre l’autre, par exemple au moyen d’une courroie qui en épousera étroitement le contour; puis, dans l’épaisseur du demi-disque que nous appellerons supérieur, et qui est désigné sur la figure par les lettres ABCD, on taille au ciseau deux évidements rectangulaires, deux chambres FG et III, qui ont suffisamment de largeur et de hauteur pour qu’on y puisse faire pénétrer des boulons destinés à solidariser les deux demi-disques : ces chambres sont creusées à un peu plus de la demi-épaisseur du bois des disques. D’autre part, dans la moitié inférieure du plateau AED, on taille de même deux chambres beaucoup plus petites, juste de la grandeur nécessaire pour qu’on y puisse glisser deux écrous quadrangulaires ou hexagonaux, et encore en les présentant suivant leur plus petit diamètre, de manière, par conséquent, qu’ils soient dans l’impossibilité complète de tourner dans cette chambre. Alors,
- l'oulie démontable en bois.
- on creuse au moyen du vilebrequin deux trous bien perpendiculaires assez largespour laisser pénétrer la tige d’un tournevis aussi mince que possible et très long; ces trous sont continués, mais à un diamètre plus réduit et juste suffisant pour le passage des boulons, en dessous des deux évidements FG et III, et jusqu’à ce qu’ils rencontrent les deux petites chambres d’écrous : on se ménage ainsi la possibilité de visser les deux boulons, qu’on choisit bien entendu avec des têtes fendues comme des vis; on interposera du reste sous leur tète, et pour protéger le bois, des rondelles métalliques. On comprend que quand on vissera les boulons, en introduisant le tournevis dans les deux trous, les écrous demeurant forcément immobiles, le serrage des deux demi-disques s’opérera sans peine. Notons qu’avant de serrer définitivement ces boulons, on fait un montage provisoire de la poulie pour forer au centre du plateau le trou, de diamètre convenable, qui servira au passage de l’arbre sur lequel cette poulie est destinée à venir s’enfiler; et dans ce serrage provisoire on interpose une feuille épaisse de carton entre les deux demi-disques, de telle sorte que quand on serrera ensuite la poulie après enlèvement de cette épaisseur supplémentaire, les demi-plateaux auront tendance à serrer d’autantplus intimement l’arbre que le trou central aura effectivement un diamètre légèrement inférieur au diamètre véritable de l’arbre. On se livre à une opération complémentaire et absolument nécessaire après forage du trou central : c’est-à-dire qu’on monte la poulie sur un mandrin du diamètre exact de l’arbre, et en supprimant la feuille de carton, afin d’obtenir une fixité absolue sur le mandrin ; on passe alors la poulie au tour pour lui donner ses dimensions définitives, et on la termine au papier de verre. Il ne reste plus qu’à la démonter du mandrin et à la fixer définitivement sur l’arbre, où elle sera solidement maintenue par un serrage à fond des boulons et par l’élasticité dubois. Nous n’avons du reste pas à faire remarquer que les deux évidements qui sont taillés dans son épaisseur ne sont point pour affaiblir notablement sa solidité.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- La cataracte.
- L’àge, des troubles de nutrition, les traumatismes, certaines affections constitutionnelles amènent une dégénérescence progressive du cristallin, la lentille qui permet l’accommodation de l’oeil aux diverses distances. Cette dégénérescence se traduit par l’opacification des couches corticales, puis centrales, opacification qui entraîne la cécité plus ou moins absolue, suivant le degré du trouble des fibres, par impossibilité de pénétration des rayons lumineux jusqu’à la rétine.
- Quand le cristallin est complètement opacifié, la lésion porte le nom de cataracte, et il n’y a qu’un moyen de remédier à cette infirmité, c’est d’enlever la lentille. L’opération est courante, bien réglée, et ne comporte plus, avec les méthodes antiseptiques, autant d’aléas que jadis.
- Existe-t-il des moyens d’enrayer l’évolution de ce trouble du milieu cristallinéen ? On a préconisé bien des moyens. En voici un cependant qui a été employé, avec quelques succès, par le professeur Badal. Précisons bien : on ne voit jamais, par ce moyen, rétrograder les cataractes, mais on en arrête souvent l’évolution. M. Badal conseille, dans ce but, des collyres et des bains oculaires avec des solutions d’iodure de sodium au quart. La conjonctive absorbe rapidement et en quantité notable les solutions d’iode. Pour ne pas irriter la muqueuse, il faut des solutions aqueuses dont on remplit une œillère et on prend, deux fois par jour, un bain oculaire de quelques minutes. Le procédé, s’il ne donne pas de résulta's favorables, est, en tout cas, absolument inoflensif et mérite d’être essayé. Dr A. C.
- Le dormiol.
- Comme son nom l’indique, c’est un nouveau soporifique. Ilélas! tant de gens sont affligés d’horribles insomnies, et impuissants à les combattre par les moyens usuels qu’un produit autre a quelques chances de réussir où les médicaments classiques ont échoué.
- Le'dormiol est un dérivé du chloral qui porté, en chimie, le nom barbare de diméthyléthyc-arbinolchloral. C’est un hypnotique qui est surtout efficace dans les cas d’insom üe nerveuse rebelle, chez les sujets hystériques, chez les neurasthéniques si nombreux de nos jours. A la dose de 1 à 2 grammes, donnés dans une potion, il procure un sommeil tranquille, sans troubles du côté de la respiration ou de la circulation. Au réveil, le malade ne ressent pas ces pesanteurs de tête, cette lourdeur et cette apathie que donnent souvent les préparations à base d’opium.
- Comme le dormiol a un goût un peu désagréable, il faut, si on le donne en potion, masquer le mauvais goût par de la menthe, ou mieux, l’administrer en capsules gélatinées.
- Dr A. C.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Formule de développement lent. — Un de nos lecteurs nous communique la formule suivante pour développement en cuvette verticale pendant plusieurs heures, méthode souvent recommandée et commode dans certains cas :
- Eau . 1000 grammes.
- Sulfite de soude cristallbé. . 70 —
- Amidol 4 —
- Hydroquinone 4
- Carbonate de potasse .... 20 —
- Ferrocyanure de potassium . 5 —
- (prussiate jaune).
- Pour l’emploi on dilue dans 8 parties d’eau.
- Révélateur Edinol hydroquinone. — On a recommandé dernièrement l’Edinol comme réducteur; ce produit peut être employé sans danger pour la peau, il ne donne pas d’eczéma comme certains de ses similaires. Il présente une grande élasticité par dilution et peut agir longtemps sur la plaque sans la voiler. M. Finaton, qui a fait une étude de ce produit, recommande, dans « Photo-Gazette », de l’associer à l’hydroquinone surtout pour avoir de la vigueur dans les clichés sous-exposés.
- La formule suivante est recommandée :
- Eau............1000 grammes.
- Sulfite de soude anhydre . . 100 —
- Edinol................... 10 —
- Hydroquinone.............. 8 —
- Carbonate de soude. .... 80 —
- On dissout dans l’eau bouillante en procédant dans l’ordre
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- indiqué ci-dessus ; on agite et on filtre à Froid. Le bromure de potassium agit énergiquement comme retardateur sur ce développement et il faut l’ajouter avec prudence.
- Plaques sous-exposées. — On recommande la formule suivante dans le cas de plaques sous-exposées : Eau, 10U0 ce; ami-dol, 4 gr; hydroquinone, 4 gr ; carbonate de potasse, 20 gr; sulfite de soude cristallisé, 70gr; ferroevanure de potassium, 5 gr. Le mélange doit être dilué avec huit parties d’eau.
- Renforcement à l'argent. — On a parfois reproché au renforcement au mercure d’empàter les détails et de risquer de compromettre la conservation du cliché. Voici une méthode de
- renforcement qui supprime le mercure et le remplace par l’argent. On éclaircit d’abord le cliché dans un bain composé de : eau, 100 gr; acide azotique, 5 gouttes; alun et chrome, 5 gr ; après cela on lave légèrement le cliché et on le* passe dans un bain d’argent ynnsi composé :
- A Eau.........................50 grammes.
- Acide galliquc ...... 8 —
- B Eau...........................50 —
- Azotate d’argent.............. 1 —
- Pour un cliché 13 X 18 on prend 2 cm3 de chaque solution et on ajoute 00 cm3 d’eau.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- O U SE K V ATI ON S 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 septembre . 10e,9 11. 2. Beau. 0,0 llosée; beau.
- Mardi 23 il*M E. S. E. 2. Beau. 0,0 Rosée ; halo ; orage entre 19 et 21 b. ; pluie ensuite ; beau le matin ; couv. le soir.
- Mercredi 21 14°,6 W. 1. Très nuageux. 7,7 Très nuag. ; pluie le matin.
- Jeudi 23 12°,0 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Rosée; éclairs au S. à 2i h.; presque couv. ; gouttes à 6 et 18 b.
- Vendredi 26 13’, 3 N. N. E. 2. Couvert. 0,0 Rosée; très nuag. le matin; nuag. le soir.
- Samedi 27 11°,2 N. E. 3. Couvert. 0,0 Rosée ; beau de 17 à 22 h.; nuag. le reste du temps.
- Dimanche 28 11°,3 N. N. E. 3. Quelques nuages. 0,0 Rosée ; nuageux.
- SEPTEMBRE 1902. -- SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 SEPTEMBRE
- Lundi ) Mardi j Mercredi | Jeudi | Vendredi j Samedi . | Dunu.ici.e
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 a 10; les flèches inférieures, la direction* du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée. V
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre. — Le 22 septembre, on a ressenti à Kingston (Jamaïque) une violente secousse de tremblement de terre; il n'y a pas eu de dégâts.
- Des mouvements sismiques ont été enregistrés dans la nuit du 27 au 28 septembre dans l’arrondissement de Moutiers. Trois secousses successives ont été ressenties ; elles ont duré chacune quelques secondes.
- Orages. Température. — De nombreuses pluies sont tombées dans l’ouest de la France, où elles ont été accompagnées d’orages. La température était le 22 septembre de li° à Paris dans la matinée; elle a été de 16° comme moyenne pour la journée, supérieure de 23,5 à la normale. Le 23 septembre, dans la soirée, un violent orage s’est abattu sur Paris ; dans la journée il y a eu un maximum de 21°,i. Le 21 septembre, des pluies sont tombées dans l’ouest et le sud de l’Europe. En France, on a recueilli 23 min d’eau à Biarritz, 22 à Besançon, 11 à Nantes. Dans la matinée la température était de 0“ à Moscou, 12° à Paris, 23° à Alger; à Paris, le temps était très nuageux.
- Le 25 septembre, ou a recueilli 60 min d'eau au mont Ventoux, 18 mm à Perpignan. 5 mm à Bellort; le 26 septembre, il est tombé 1 min d'eau à Biarritz et à Perpignan.
- Une tempête a sévi à Madrid, le 23 septembre dans la soirée, et a causé de grands dégâts. La foudre est tombée en plusieurs endroits, notamment sur les quais de la gare du Nord. La foudre est tombée aussi sur un tramway électrique, rue Villanueva. Un employé du tramway a été à demi asphyxié-Le tramway a éprouvé de grands dégâts. Le Manzanarès a subi une crue considérable.
- In cyclone en Sicile. — Un violent cyclone s’est abattu le 26 septembre sur Cataue et plusieurs villes voisines; l’ouragan et les inondations ont dévasté une grande étendue de pays. Les dégâts ont surtout été importants àModica, à Cassaro, à Scieli, à Palazzuolo, où le nombre des victimes a été considérable. Une partie da la ville basse de Modica est détruite. Les deux torrents de Saint-François et de Sainte-Marie, qui traversent la ville de haut en bas, ont subi une crue subite et ont charrié au milieu du pay s des Ilots de boue et d'énormes pierres, en même temps qu’ils ont envahi les maisons et les magasins, emportant personnes, meubles, denrées, animaux. Le mont Etna et le Stromboli sont entrés depuis quelques jours e i activité. Le 27 septembre, l’Etna lançait une colonne très épaisse de vapeurs blanches. Le Stromboli était en pleine éruption dans la nuit du 26 au 27 septembre. La lave descendait de la montagne jusqu’à la mer et le cratère projetait d’énormes blocs de pierres qui allaient tomber dans la mer à 4 kilomètres du rivage.
- PHASES DE LA LUNE : I). Q. le 21 à 4 h. il m. du soir.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —%— M. Liard vient d’être nommé viee-recteur de l’Académie <de Paris. M. Gréard, qu’il remplace dans ces hautes fonctions, est admis à la retraite sur sa demande, et nommé vice-recteur honoraire.
- —(§)— Le gouvernement allemand aurait l’intention de proposer ia convocation d’une conférence internationale pour réglementer l'application de la télégraphie sans fil. On dit même qu’un premier échange de vues a eu lieu entre les gouvernements.
- —#— M. le ministre d’agriculture vient d’adresser à MM. les Préfets une circulaire relative aux demandes en autorisation d’établir des barrages sur les cours d’eau non navigables ni flottables. La puissance brute des clmtes est exprimée en poncelets. On sait que le poncelet est l’unité industrielle de puissance adoptée par le Congrès international de mécanique appliquée de 1889 et qü’un poncelet vaut 100 kilogrammètres par seconde. C’est peut-être la première fois que cette nouvelle unité est employée dans un document officiel; il est intéressant de le noter.
- —Le ministre des travaux publics vient d’inaugurer la ligne de Carmaux à Rodez qui comporte sur l’un de ses points une œuvre d’art remarquable : le viaduc du Yiaur. C’est à 20 km de Carmaux et près du petit village de Tanus qu’a été construit le viaduc. La vallée est, à cet endroit, large et profonde ; la distance d’un versant 'à l’autre est de plus de 500 mètres et les eaux du Viaur, qui marquent ici la limite des départements du Tarn et de l’Avevron, coulent à près de 200 mètres en contre-bas. Au-dessus de cet abîme, le via-duc a été lancé. Les travaux ont duré sept ans. Nous reviendrons en détail sur ce très bel ouvrage plus considérable que le viaduc de Garabit.
- ~!§)— M. A. Senouque, préparateur au laboratoire de M. le comte de la Baume-PIuvinel, nous informe que la comète Perrine-Borrelly 4902 g a pu être photographiée deux fois à l’observatoire de Meudon A l’aide du grand télescope de 1 mètre d’ouverture et de 3 mètres de foyer. La première photographie, faite le 27 septembre, montre une queue très faible de 5' d’arc. La suivante, prise le lendemain, fait voir une queue s’étendant à 12' du noyau. Deux autres queues beaucoup plus faibles sont visibles sur le cliché. Ces deux photographies ont été posées 15 minutes.
- —S)— On vient, dit-on, de découvrir à l’Institut séro-thérapeu-tique de Vienne en Autriche, un nouveau sérum contre la fièvre scarlatine. Ce sérum est extrait du sang d’un cheval préalablement immunisé contre cette maladie. Les résultats obtenus ont été jusqu’ici très satisfaisants; 80 pour 100 des malades inoculés à l’hôpital ont été guéris. Le gouvernement austro-hongrois a décidé d’allouer une somme importante pour poursuivre les expériences et les recherches.
- —®— MM. Lebaudy frères faisaient construire depuis quelque temps un ballon dirigeable; on connaît aujourd’hui quelques données de ce ballon. Il a la forme allongée, il a une longueur de 59 mètres et a un diamètre de 11 mètres au maître couplb. L’enveloppe, d’un
- {>oids total de 444 kg, se compose de deux tissus de coton entre esquels il y a une feuille de caoutchouc ; elle a une résistance de 1700 kg par m* bien que son poids n’atteigne pas 330 grammes par mètre carré. Le degré de perméabilité enregistré a accusé une perte d’un sixième de litre d’hydrogène pur par mètre carré et par vingt-quatre heures. Les coutures sont recouvertes de bandes de caoutchouc collées à la dissolution et protégées contre l’altération de l’air par lusieurs couches d’une substance spéciale. La partie inférieure du allon est un châssis, long de 21m,50 et large ae 6 mètres, recouvert de toile au moyen d’agrafes. Rendu plat par cette disposition, le dessous du ballon peut donc, en cas d’accident, servir d’aéroplane
- et ralentir la descente. La nacelle, fusiforme, longue de 5 mètres, large de lm,60 et haute de 80 centimètres, est construite en tubes et en cornières réunis par des raccords en acier coulé et assemblés par des cordes à piano. La nacelle est reliée au châssis du ballon par une suspension indéformable. Un moteur de 40 chevaux doit actionner deux hélices placées de chaque côté de la nacelle et commandées par des cônes de friction pouvant se déplacer dans tous les sens.
- —®— Des communications vont être établies par la télégraphie sans fil entre la Martinique et la Guadeloupe, les communications actuelles par le câble n’étant plus assurées par suite de la rupture fréquente de ce dernier. Le capitaine du génie Ferrié et l’inspecteur des télégraphes Magne sont partis le 26, de Bordeaux, avec le matériel nécessaire. Ils doivent assurer aussi, soit par la télégraphie optique, soit par tout autre procédé, les communications rapides entre les postes d’observation qu’est chargé d’installer M. Lacroix et les divers points de l’île en dehors de la région évacuée qu’il paraîtra nécessaire de prévenir immédiatement de toute manifestation dangereuse du volcan.
- —g)— M. Tissot, en étudiant l’arc chantant, a observé un phénomène curieux qu’il a décrit dans une communication à l'Association pour l’avancement des Sciences réunie à Montauban. Quand un courant alimente un arc chantant il se produit un phénomène remarquable de résonance acoustique en tous les points du circuit où existe un contact imparfait. Ce phénomène de résonance se manifeste presque constamment dans les interrupteurs, mais le son rendu, qui reproduit d’ailleurs exactement celui donné par l’arc même, n’atteint une certaine intensité que dans le cas de contacts imparfaits, par exemple légèrement oxydés. On produit aisément le phénomène en fermant un circuit par une barrette de cuivre légèrement oxydée reposant sans pression sur deux plaques de même métal. On peut d’ailleurs répéter l’expérience avec d’autres métaux. Le son obtenu, bien que moins intense que celui de l’arc lui-même, s’entend cependant à distance, dans toute une salle par exemple. Il ne disparaît pas si l’on prend en main les piècés de contact; ce qui ferait croire qu’il n’est pas dû à un mouvement d’ensemble du système métallique. Mais si l’on exerce une pression, le phénomène est atténué et disparaît même complètement avec une pression modérée. M. Tissot l’attribue à des variations périodiques de la résistance de contacts. Certaines expériences qu il a réalisées semblent confirmer cette manière de voir.
- —(g)— Deux aéronautes suédois viennent d’échapper à la mort d’une façon presque miraculeuse. Leur ballon évoluait à 900 mètres environ au-dessus du lac Malarn quand subitement il fit explosion, et les deux occupants furent précipités dans le lac. Mais l’enveloppe enflammée leur servit de parachute et ils en furent quittes pour une immersion.
- —®— On a pu relever, en visitant les ruines de Saint-Pierre, certains effets surprenants de l’éruption du 8 mai. Alors que, par endroits, se dressent encore quelques pans de mur ou autres débris de maçonnerie, il ne subsiste des constructions métalliques qu’une poudre impalpable; il semble, dit M. Knight, sénateur de la Martinique, que quelque marteau gigantesque ait écrasé et pulvérisé tout ce qui était en métal dans la ville. Vraisemblablement quelque action chimique complexe a dû se produire. Le marché, vaste halle couvrant 2000 m2, qu’on avait entièrement et solidement reconstruit en fonte à la suite du cyclone de 1891, a été anéanti sans qu’il en soit resté d’autre vestige que cette fine poussière de métal.
- —t§)— On rapporte que dernièrement des légions de fourmis ailées sont venues s’abattre sur la ville d’eau de Teplitz, en Bohême. A Bruxelles également, des essaima de fourmis ailées ont envahi les rues, formant par endroits une couche si épaisse sur le sol qu’il a fallu appeler les pompiers pour les enlever.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnes que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Marathon, à X., nous écrit : « Le froid s’annonçant assez vif cette année, je crois qu’il serait bon de rappeler aux nombreux lecteurs de votre Revue le moyen à employer pour attirer l’attention sur les empoisonnements causés par F oxyde de carbone provenant d’un poêle mobile ou d’une cheminée. Il suffira pour cela d’avoir recours aux petits oiseaux mis en cage, car si ces petites bêtes meurent dans la pièce où se trouve un appareil à combustion lente, on est averti que l’atmosphère est devenue toxique. « Je profite aussi de l’occasion pour signaler la défectuosité des tuyaux de poteries superposés, dont les joints sont en plâtre. Par suite du ramonage, on constate que le hérisson a désagrégé lesdits joints, ce qui permet aux gaz et à la fumée de s’échapper et d’incommoder les voisins au-dessous ou au-dessus de l’appartement où le chauffage a lieu. Pour remédier à ce dernier état de choses, il me semble que les fabricants de poterie devraient faire des tuyaux de poterie de l à 2 mètres de longueur (au lieu d’avoir des bouts de 0m,33 de longueur) afin de supprimer une grande partie du danger que causent la fumée et les gaz en se répandant par les joints. J’ajoute que la largeur des tuyaux est trop grande 0m,22 x 0m,22, parce que, dans ces conditions, il s’établit des courants dans les deux sens, et c’est ce qui fait fumer les cheminées généralement. »
- M. R. Neveu, à Paris, nous écrit : « Un de mes amis revenant de faire les vendanges aux environs de Mâcon, vient de m’offrir une grappe de raisin qui offre cette particularité qu’elle est moitié blanche et noire tout en étant bien mûre, un des grains est même blanc d’un côté et noir de l’autre. » Le fait, quoique rare, a déjà été constaté. Dans le Midi on appelle « panachés » les raisins qui présentent cette anomalie.
- M. A. Laporte, à Toulouse, nous envoie un second carré magique de 100 à 199 qui possède, comme le premier, mentionné dans le n° 1531, du 27 septembre, quelques propriétés curieuses. Si, dans les nombres qui composent ce carré, on supprime les unités, on obtient un carré ou les nombres 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18 et 19 se trouvent répétés dans chaque colonne verticale, rangés suivant un ordre qui varie d’une colonne à l’autre ; si maintenant dans ce nouveau carré, on prend les unités des nombres appartenant à une colonne (soit 0, 1, 7, 6, 4, 5, 3, 2, 8, 9, pour la première colonne) et qu’on les place respectivement après les nombres qui constituent la ligne horizontale de même rang que la colonne considérée l’on reproduit le carré primitif.
- J/. A. Grellon, à Paris, nous rappelle avoir signalé, il y a quelque temps (Boîte aux Lettres du n° 1550, du 20 septembre) un brillant météore qu’il avait observé de Bournemouth, sur la côte anglaise. Ce météore est très probablement celui qu’ont observé aux mêmes heures M. Constant, à Boulôgne-sur-Seine (n° 1526, du 23 août) et M. E. Touchet, à Vannes (n° 1530). La réponse que nous avions donnée à M. Grellon se rapportait à un autre météore décrit également dans le n° 1526 (Informations) et qu’on a pu observer en Angleterre de 106 localités différentes. Bournemouth, ville anglaise, est très éloignée de Vanves et de Boulogne, et nous avions cru à une confusion.
- M. Paul de Goy, à Metz, nous envoie une étude comparée de diverses manières de résoudre quelques problèmes de géo^ métrie usuelle. La brochure est publiée par l’Imprimerie Lorraine, à Metz.
- Renseignements. — M. A. Boisset, à Paris. —Nous attendons, sur ce sujet, des renseignements que nous publierons.
- M, jE. Freydier, à Lachamp-Condillac. — Pour les plafonds et pièces de tout genre en acier estampé, dont nous avons parlé dans le n° 1524, du 9 août, p. 159, s’adresser à M. IL S. Northrop, 40, Cherry Street, New-York.
- M. L. Borson, à Château-Thierry.— 1° Les Recettes et procédés *utiles, séries 1,2, 4, 5, à la librairie Masson et C‘% contiennent plusieurs formules contre l’humidité des murs. Vous trouverez une peinture hydrofuge contre l’humidité des plâtres, chez M. Luce, 24, rue de Campo-Formio, à Paris. — 2° Il a été-publié dans le n° 1502, du 8 mars 1902, p. 219, un article sur la Perméabilité des murs, qui a trait à la ventilation des habitations par renouvellement d’air à travers les murs.
- M. R. de Lavalette, à Saint-Cyr-sur-Loire. — 1° Vous pourriez vous adresser à M. Petitcollin, 18 et 20, boulevard Saint-Denis, à Paris, ou au représentant de la Deutsche Celluloïd Fabrik, 172, faubourg Saint-Denis, à Paris. — 2° Ce terme ne-désigne-t-il pas simplement du fer galvanisé ?
- M. Bruyant, à Orbais-1’Abbaye. — Vous pourriez vous-adresser à la Société du fourneau Polo, 40, rue de la Tour-d’Auvergne, ou à M. Valad, 28 et 30, galerie Véro-Dodat, it Paris.
- M. J. Martin, à Grenoble. — Nous n’avons pas l’adresse du constructeur de cette lampe.
- M. F en al, à Pexonne. — Nous n’avons pas connaissance de-pareilles applications.
- M. A. de Pauliny, au Caire. — Nous avons fait paraître sur le bois de paille une chronique dans le n" 489, du 14 octobre 1882, p. 318.
- M. A. S., à Boulogne-sur-Seine.— Le lait maternisé ne.se trouve pas encore dans le commerce. Adressez-vous à M. le le Dr Kraus, 10, rue Marbeuf, à Paris.
- M. P. G., à Colombes. — Fabricants de tresses carrées en coton, chanvre, amiante, etc. : M. Alexandre, 11, rue Etienne-Dolet; M. Saurel, 67, avenue Ledru-Rollin, à Paris.
- M. P. Diermann, à Gand. — Vous pourriez vous adresser » M. Bergmann, 66, rue Pergolèse, à Paris.
- M. le Dr Ménager, à Paris. — M. Wertheimer, chimiste de la Société française des explosifs, à Cugny, par Montigny-sur-Loing (Seine-et-Marne), pourra vous renseigner.
- Réponse. — N° 1256. — On vend, sous le nom de Pierre américaine callographique, un produit qui n’est autre que du la paraffine teintée en bleu et qui sert à reproduire les imprimés. S’adresser, 17, rue Lécluse, à Paris, XVIIe. (Communiqué par M. Gervais, à Caudebec-en-Caux.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Collandonr à Nîmes. 11 faut un bain alcalin titrant 8° à 10° Baumé. — M. Davrilr à Paris. Voir sur cette question les Recettes et jirocédés utilesr 2e et 5e séries, à la librairie Masson et Cie. — M. Péniakoff, à Paris. Les Recettes indiquées plus haut, 4e série, conseillent ci employer un mélange de 1000 parties d’eau et de 50 de gomme arabique. — M. Nodin, à Athènes. C’est là une affaire dont nous ne pouvons-à regret nous occuper.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Colorants pour confiserie. — Pharmaceutical Era recommande les colorants suivants pour la pâtisserie et la confiserie. Pour les diverses nuances de rouge, employer la cochenille liquide, une solution de carmin, de la teinture d’orseille, ou encore de la fuchsine, de la rocelline. Pour le bleu, du bleu d’outremer ou de Prusse, du bleu de Lyon ; pour le jaune, du safran, du curcitma, du bois de fustel; pour les verts, un mélange de colorants jaunes et bleus ; pour les pourpres, du violet de Paris.
- Pour enlever les vieux vernis. —On a souvent besoin d’enlever de la surface des objets qu’ils recouvrent (et parce qu’ils sont arrivés à former un revêtement noirâtre et sale) des vieux vernis. Pour y parvenir aisément, la publication allemande Deutsche Maler Zeitung recommande l’application d’une mixture faite de 5 parties de silicate de potasse (verre liquide à 36 pour 100), de 1 partie environ de lessive de soude (à 40 pour 100), et enfin d’une partie également d’esprit de sel ammoniac. Du reste, cette mixture réussit non moins bien pour les vieilles peintures.
- Liquide désinfectant. — La formule nous en est fournie par Druggist's Circulai’. Prendre une partie de chlorure de mercure, 10 de sulfate de cuivre, 50 de sulfate de zinc, 6,5 de chlorure de sodium, et ajouter au tout suffisamment d’eau pour donner 1000 parties.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand i/s se rattachent à des sujets scieutift lues, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le hindi qui précède ta date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Dispositif pour arrêter les feuilles sur les canaux d’amenée des turbines. — Grâce aux turbines et à l’électricité on tend de plus en plus à tirer parti des forces hydrauliques et l’on voit se multiplier les installations de dérivations qui amènent les eaux à ces turbines. On sait combien ces appareils sont précieux, mais ils sont malheureusement plus susceptibles que les classiques roues verticales des antiques moulins, et les canaux d’amenée doivent être munis de grilles arrêtant les corps flottants. Malheureusement, pendant une certaine saison, les cours d’eau sont souvent chargés de feuilles, qui viennent s’amasser devant ces grilles, s’y feutrer parfois jusqu’à arrêter presque complètement le passage de l’eau : on a la
- Dispositif pour arrêter les feuilles sur les canaux d’amenée des turbines. En haut, coupe verticale; en bas, plan,
- ressource de procéder à un nettoyage plus ou moins fréquent, mais c’est là un» complication réellement coûteuse, et on cherche des combinaisons évacuant mécaniquement ces feuilles.
- lin ingénieur anglais distingué, le comte de Ross, ayant à installer une station de turbines à son château de Birr Castle, a trouvé un dispositif ingénieux pour trancher la difficulté, dispositif que synthétisent les deux figures que nous donnons. Essentiellement, l’appareil comprend un tambour en toile métallique (avec des mailles de 9 millimètres environ), disposé verticalement dans le canal d’amenée, de manière à descendre presque jusqu’au fond de ce canal et à dépasser le niveau maximum et supérieur des eaux ; en fait, il a un peu plus d’un mètre de diamètre pour une hauteur de lm,50, mais il va sans dire que ces dimensions dépendent des circonstances locales ; il est porté par un châssis et tourne lentement autour d’un axe vertical. De part et d’autre du châssis, est un écran vertical plein, formé de planches, qui force l’eau à passer à travers la toile métallique du tambour; mais cet écran, fait d’une paroi unique d’un côté du tambour, ainsi qu’on le voit dans le plan que nous donnons de l’installation, est double de l’autre côté, et il touche de moins près la surface du tambour, surtout pour ce qui est de sa paroi antérieure. L’espace entre les deux parois parallèles est de 0m,25, et la paroi antérieure laisse entre elle ( t la surface du tambour un espace de 7 à 8 centimètres, qui suffit à donner passage aux feuilles et autres petits corps flottants. Quand les feuilles arrivent au contact du tambour, elles se collent bien à la toile métallique et ont tendance à intercepter le passage de l’eau, mais elles se trouvent entraînées dans le mouvement de rotation, qui est obtenu par une poulie montée en haut de Y arbre du tambour ; elles sont ainsi amenées à l’entrée du canal ménagé entre les parois de bois, et, comme il se fait un courant dévié par ce canal,elles sont aussitôt décollées de la toile métallique, entraînées par ce courant, et ce jusque dans le canal de fuite de l’usine, où débouche le petit canal secondaire prolongeant celui qui est ménagé entre les parois doubles du barrage de planches. En fait, cette dérivation n’entraîne qu’une perte d’eau extrêmement faible, et elle suffit à évacuer 95 pour 1 00 des feuilles arrivant dans le canal principal. Peut-être un canal de déviation courbe donnerait-il de meilleurs résultats, c’est là un détail à étudier, mais il est certain que la méthode est aussi efficace que simple.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle» scientifique» est étrangère aux annonces.
- Chargeur pour accumulateurs. — Sous le nom de chargeur, la Société des accumulateurs Dary construit un petit appareil destiné à charger un accumulateur quelconque de petites dimensions sur un circuit quelconque d’éclairage électrique, en utilisant comme résistance une lampe du circuit. Deux fils avec crochets servent à prendre la dérivation en plaçant l’un sur la source, et l’autre sur le pôle extrême de l’accumulateur. Le deuxième pôle de l’accumulateur est réuni au deuxième pôle de la source. En circuit est placé un petit galvanoscope dont l’aiguille en se déviant indique le sens du courant et fait connaître si la direction est celle qui convient à la charge de l’accumulateur. Si le sens ne convient pas, il suffit de changer de place les deux crochets. Le chargeur se
- Chargeur Dary pour accumulateurs.
- trouve à la Société des accumulateurs Dary, dont le directeur est M. H. Dépassé 55, 55, rue Perrier, à Levallois-Perret (Seine).
- BIBLIOGRAPHIE
- La télégraphie sans fil et les ondes électriques, par J. Boulanger et G. Ferrie. 1 vol. in-8°, broché. Berger-Levraut et Cie, éditeurs. Paris, 1902. Prix : 5 francs.
- La télégraphie sans fil, son état, actuel et ses chances d’avenir, d’après les essais transatlantiques de Marconi. Brochure in-16. Prix : 1 franc. Office Polytechnique d’Edition et de Publicité. Berne, 1902.
- La télégraphie sans fil expliquée au public, par Richard Poi>i>. 1 brochure in-8°. Librairie J. Victorien. Paris, 1902. Prix : lfr,50.
- L’électricité à l’Exposition de 1900. Traction électrique, par J. A. Montpellier . 1 brochure in-4°. Vve Ch. Dunod, éditeur, 49, quai des Grands-Augustins. Paris, 1902.
- Les gazogènes, par Jules Desciiamps, ingénieur conseil. 1 vol. in-8°. Vve Ch. Dunod, éditeur, 49, quaides Grands-Augustins. Paris, 1902. Prix : 15 francs.
- Manuels, pour l’essai des combustibles et le contrôle des appareils de chauffage, par F. Fischer, traduit de l’allemand par le D' L. Gauthier. 1 vol. relié in-12. Librairie Béranger. Paris, 1902. Prix : G francs.
- Les dirigeables, par M. H. André. 1 vol. relié in-8°. Librairie Béranger. Paris, 1902. Prix : 12fr,50.
- Six photographies et quelques renseignements authenti<iues à ajouter aux remarquables ouvrages du I)' Duclienne (de Boulogne) et de Charles Darwin, par Gabrielle Talrich, Vve E. Crépin. 1 vol. broché in-8°. Paris. : i-
- La mosaïculture pratique, par Albert Malmené. 1 vol. broché in-8°. Librairie et imprimerie horticoles. Paris. 1902.
- Notes sur T ornementation des jardins, par Albert Maumené. 1 vol. broché, in-16. Librairie et imprimerie horticoles. Paris. 1902.
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- 76 ‘ NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- La photographie artistique en montagne, par A. Mazel. 1 vol. broché, in-8°. Charles Mendel, éditeur. Paris. Prix : 6 fr.
- Traité encyclopédique de photographie, par C. Fabre. 5' fascicule du 7e volume (supplément C), broché in-8°.
- Nouvelle méthode d’analyse des absinthes, par Sanglé-Feuuière et L. Cumasse. 1 vol. in-16, broché. Librairie Dunod. Paris. 1902.
- Travaux et machines pour la mise en culture des terres, par M. lii.NGELMA.vv. 1 vol. broché grand in-8°. Librairie agricole de la maison rustique. Paris. Prix : 5 francs.
- Étude de la législation allemande sur les brevets d’invention, par J. Bonnet. 1 fort vol. in-8° broché. A. Chevalier-Maresq et C‘% éditeurs. Paris. Prix : 50 francs.
- Fabricant et épurateur d’huiles végétales et animales, par J. de Fontenelle, F. Malepeyre et A. Dalican. Nouvelle édition refondue par N. Chrysroïchosdès. 2 vol. broché in-16 de la collection encyclopédique des manuels Roret. L. Mulo, éditeur. Paris. Prix : 7 francs^
- Koninklijke Akademie van Wetenschappen te Amsterdam. The efjfect of the induction coil in téléphonie apparalus, by J. W. Gu. ta y. Reprinted from Proceedings of the Meeting of saturdav januarv 25, 1902. 2 petits in-8°. February 19.1902.
- Report of S. P. Langley, secretary of the Smithsonian Institution, for the year ending J une 30. 1901. 1 vol. grand in-8°. Washington, Government Printing Office.
- Monographs of the United States geological survey. Vol. X! et vol. XXXIX, '2 vol. in-4°. Washington, Government Printing Office, 1900.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 septembre. 6°,2 N. 4. Couvert. 0,0 Bosée ; nuag. le matin ; couv. le soir; pluie de 14 h. 15 à 19 h.
- Mardi 30 8°,8 N. E. 3. Couvert. U Quelques éclaircies le soir; bruine de 10 h. à 11 h.
- Mercredi 1" octobre. 8°,9 N. N. W. 3. Couvert. 5,5 Presque couv. ; pluie de 4 h. à 12 h. et de 14 h. à 20 h.
- Jeudi 2 7°,2 N. E. 2. Couvert. 9,0 Quelaues éclaircies de 9 h. à 10 h. et de 16 h. à 18 h. ; couv. le reste du temps.
- Vendredi 5 7°,2 E. N. E. 5- Couvert. 0,0 Rosée ; très nuageux.
- Samedi 4 6°,2 N. N. E. 3. Couvert. 0,0 Rosée; quelques éclaircies le matin et à 21 h.; couv. le reste au temps; halo à 12 h. ; pluie de 15 h. 30 à 20 h. Couv. de 15 h. à 23 h.; nuag. avant et après; halo à 12 h.
- Dimanche b 6°,0 N. E. 2. Très nuageux. 2,8
- SEPTEMBRE-OCTOBRE 1902. — SEMAINE DD LDNDI 29 SEPTEMBRE AD DIMANCHE S OCTOBRE.
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- La courbe .supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mery. courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- I.e froid. La neige. — Depuis les derniers jours du mois de. septembre, la température s’est sensiblement abaissée; la neige est tombée dans les régions élevées. Dans la nuit du 28 au 29 septembre, le froid a été très vif sur les monts du Jura ; il a gelé à glace. Il a neigé sur les sommets; les sapins de Macretet et les fermes de Tempetet én étaient couverts. La neige a fait également son apparition à Hauteville dans l’Ain. Des récoltes ont été ensevelies sous la neige dans les villages des montagnes. La chute de neige a été surtout abondante le 1" octobre dans le Jura, dans la partie élevée de l’Isère, dans les Basses-Alpes où la couche a atteint 30 centimètres à Barcelonnette.
- La température à Paris s’est abaissée. Le 30 septembre, la température moyenne a été de 9°,2, inférieure de 3°,3 à la normale, avec un minimum de 7°,3. Le 1" octobre, elle n’était que de 8°,9, inférieure de 3°,4 à la normale avec un minimum de 6°.2. f
- Pluies. Tempêtes. Ouragans. — Les pluies ont été générales en France et accompagnées d orages dans le sud. Une trombe a été observée
- du côté de Biarritz le t" octobre. A la même date, vers 9 heures du soir, un gros orage s’est abattu sur Palavas, près de Montpellier 'et a renversé le hangar qui a abrité le Méditerranéen. Dans les derniers jours de septembre, plusieurs ouragans ont eu lieu dans les campagnes de la Sicile et de l’Italie méridionale. A Chieti, pendant un orage dans ce district, le vent a fait dérailler un train de marchandises entre les gares de Vasto et de San Salvo. Six wagons ont été brisés et d’autres wagons ont été endommagés. A Naples, une pluie torrentielle est tombée. Un vent violent a empêché les navires d’aborder dans le port. La circulation des tramways a été suspendue, et les communications télégraphiques avec la Sicile ont été interrompues. A Capri, le 3 octobre, deux dames ont été foudroyées.
- Un violent typhon s’est abattu le 28 septembre sur Yokohama. Plusieurs vapeurs ont été jetés à la côte, mais tous ont pu être renfloués. En meme temps que le typhon a eu lieu un raz de marée qui a détruit un grand nombre de maisons. Deux cents personnes ont péri ; un cuirassé japonais a été jeté à la côte.
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 1" à 5 h. 18 m. du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Le martyrologe de l’aérostation compte depuis lundi deux nouvelles victimes : M. le baron Bradsky et son compagnon d’ascension, M. Morin. C’est à quelques mois près la répétition, sous une forme différente, de la catastrophe qui amena la mort de Severo d’AIbuquerque et du mécanicien Suchet. Le Pax était parti des ateliers de Yaugirard. Le Bradsky s’est élevé là aussi pour aller se briser aux environs de Gonesse. Cette fois, c’est la nacelle et la poutre maîtresse qui se sont détachées du ballon, les points d’attache des fils métalliques ayant cédé. La poutre armée avait 20 mètres de longueur en tubes d’acier et portait une nacelle de 5 mètres. Nous reviendrons sur cette nouvelle et bién attristante catastrophe qui est survenue au moment où nous allions décrire le système de M. Bradsky.
- —g)— MM. Lippmann et Radeau, membrcs^de l’Académie des sciences, sont nommés membres du conseil de l’Observatoire de Paris, en remplacement de MM. Cornu et Paye, décédés.
- —g— M. Bayet, directeur de l’enseignement supérieur, est nommé membre du conseil de perfectionnement de l’Ecole • des langues orientales vivantes, et membre du conseil de l’Observatoire de Paris et du conseil de l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon, .en remplacement de M. Liard, nommé vice-recteur de l’Académie de Paris.
- —g— On a récemment découvert deux nouveaux tombeaux très anciens dans la nécropole du Forum à Rome. On a donc trouvé jusqu’ici quatre tombeaux qui constituent la plus importante découverte faite jusqu’à ce jour au Forum.
- -g— L’université d’Oxford a célébré, le 8 octobre, le 3° centenaire de la fondation de la célèbre Bibliothèque bodléienne ; un grand nombre de savants étrangers ont été invités à la cérémonie commémorative qui a eu lieu à cette date et à diverses fêtes. La science française a été représentée par MM. Henry Cordier, professeur à l’Ecole des langues orientales, et Deniker, bibliothécaire du Muséum.
- —g— Le concours de jouets et articles de Paris a été inauguré en l’absence de M. Lépine, préfet de police, par M. Laurent, secrétaire général, le vendredi 10 octobre, à 2 heures de l’après-midi, au Jardin de Paris. Nous y reviendrons.
- —g— D'après les nouvelles transmises par le gouverneur de la Martinique au ministre des colonies, à la date du 7 octobre, le mont Pelé émet encore de la fumée et fait entendre des grondements. Des débordements d’eau chaude sé sont produits dans la région de Basse-Pointe et l’on a ressenti des tremblements du sol au Bourg-Sainte-Marie et au Bourg-Trinité. La mission Lacroix, chargée d’installer des postes d’observation permanente, est partie pour le Morne-Rouge. A Saint-Vincent, le 1er octobre, une légère éruption de la Soufrière s’est produite.
- —g— L’inauguration de la ligne du Métropolitain parisien allant de la place de l’Etoile au square d’Anvers a eu lieu le 4 octobre à 4 heures. La mise en service régulier a été faite le 7 octobre.
- —g— Les compagnies de chemins de fer français viennent de se mettre d’accord pour unifier sur tous leurs réseaux la couleur des billets de voyageurs. La mesure n’aura son plein effet qu’après •épuisement des stocks de billets actuels. On évitera ainsi des erreurs possibles lors du passage des voyageurs d’un réseau sur un autre réseau. Les dispositions adoptées sont les suivantes : les billets de lre classe seront, pour toute la France, jaunes; ceux de seconde seront verts ; ceux de 5° seront bruns, ies billets de demi-place seront de mêmes couleurs, mais partagés par une bande verticale; •ceux des militaires et parents d’employés (quarts de place) par une bande diagonale. Les aller et retour auront le coupon de retour rayé d’une bande rouge.
- —g— Il existe, paraît-il, un nouveau procédé pour la fabrication des chapeaux de paille avec du papier, procédé dont l’exploitation va être entreprise par la Société Lumière à Lyon. Les nouveaux chapeaux en papier sont très légers et solides et imperméables à l’eau, leur aspect est identique à celui des chapeaux de paille.
- —g— Dans un voyage d’essai récemment entrepris entre San Francisco et Tahiti par le steamer américain Mariposa, le pétrole a été l’unique combustible employé. On en a brûlé chaque jour 270 barriques et les machines ont donné en moyenne 2481 chevaux. Pour accomplir le même trajet dans les mêmes conditions il aurait fallu deux fois autant de charbon. De plus le personnel de la chambre des machines, qui était auparavant de 36 hommes, a pu être réduit à 16.
- —g— Une expédition archéologique, composée de Japonais, vient de partir pour l’Asie centrale, sous la conduite du comte Otani Kazni et M. Watanabe Tetsushin. Le but de cette expédition serait de rechercher les restes de Bouddhisme, dans l’Asie Centrale, l’Inde et la Chine, et de suivre la marche de cette religion depuis son lieu d’origine jusqu’au Japon.
- —g— On connaît depuis longtemps l’existence d’un hydrure gazeux d’antimoine, mais ce n’est que récemment qu’on apu l’isoler, et l’on est peu d’accord sur sa stabilité. D’après Olszewski, qui parvint le premier à solidifier ‘ce gaz, la décomposition avec séparation d’antimoine a lieu même à — 90°. Un des derniers numéros des Be-richte contient sur cette question une étude par A. Stock et W. Doht. Pour obtenir un gaz aussi riche que possible en hydrure les auteurs firent une étude approfondie de la composition du gaz provenant d’une série d’alliages de l’antimoine avec du zinc, du sodium, du calcium et du magnésium, et ils trouvèrent que l’alliage de magnésium convenait le mieux pour cette préparation. L’alliage zinc-antimoine ne donnait jamais un gaz contenant plus de 1 pour 100 de l’hy-drure, tandis qu’un alliage contenant 1 partie d’antimoine et 2 parties de magnésium donnait de l’hydrogène qui renfermait 10,4 à 14 pour 100 d’hydrure d’antimoine. Ce dernier gaz pur fut séparé, de l’hydrogène par solidification à l’aide de l’air liquide. Le solide fondait à —88° et bouillait à 17. A l’état liquide; l’iiydrure 'est clair et incolore et s’évapére sans laisser trace d’antimoine ; on peut même garder quelque temps le gaz sans qu’il y ait décomposition.
- —g— Un incident aérostatique sans’précédent. Le 7 octobre, un ballon du parc d’aèrostation militaire, après avoir atteint la hauteur de 3800 mètres, se trouvait en descente après avoir terminé ses observations météorologiques. Tout d’un coup, un choc violent renversa les aéronautes dans la nacelle, qui, presque instantanément, reprit son équilibre. L’aérostat descendant avait rencontré un autre ballon montant que les passagers n’avaient pu observer dans l’obscurité naissante. La secousse a jeté par-dessus bord la plupart des instruments, et le lieutenant Kargueritch a eu le poignet brisé. Le blessé et son compagnon purent, deux heures après, atterrir sans encombre.
- —g— D’après le Pioneer, journal de Àllahabad, dans l’Inde, un violent tremblement de terre est survenu à Kashgar le 21 août, à 8 heures. Mille personnes ont péri et les dégâts matériels sont considérables. Immédiatement après la secousse il s’est produit une élévation subite de température qui a persisté toute une semaine, ét pendant cette période des secousses légères ont été perçues. Le 23 septembre, il y eut simultanément plusieurs secousses assez fortes au Guatemala et dans le Honduras Britannique, le long de la côte. Les poteaux télégraphiques sont renversés. D’après une dépêche de Lima, le mont Chullapata, situé à 29 km de Celendin, lance depuis une quinzaine déjà de la poussière et de la fumée. Des bruits de détonation ont ôté perçus à 48 km de cette montagne. Ces faits -doivent être contrôlés, car la montagne Chullapata n’a jamais été considérée comme un volcan.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour l’attelage automatique des wagons, s’adresser à M. Visseaux, 1, avenue de l’Alma, à Paris. — La nouvelle jumelle pliante « La Mignonne » est fabriquée par M. L. Petit, 12, rue Barbette, à Paris.
- Communications. — Un abonné, à X..., nous soumet quelques observations au sujet de l’article Accidents de voitures et d’automobiles, paru dans le n° 1532, du 4 octobre. Comme le fait remarquer M.Becker, un chauffeur de poids moyen, et placé dans une voiture faisant du 30 à l’heure, possède une force vive facile à calculer. Si, par le fait d’un accident quelconque, par exemple une chute, cette force vive, véritable tratail de marteau-pilon, vient à être subitement détruite ou (pour plus de précision) transformée, on conçoit que le chauffeur én pâtira considérablement. Mais, comme le dit fort bien notre correspondant, les choses ne se passent pas ainsi sur une route horizontale. Au moment où le chauffeur prend contact avec le sol, sa vitesse n’est pas verticale par rapport à celui-ci. Décomposons cette vitesse en ces deux composantes verticale et horizontale, la verticale seule entre en jeu dans la production du choc proprement dit, l’horizontale n’a d’autre effet que de traîner le chauffeur. Notre abonné ajoute : « Du reste, tout le monde a constaté que dans une chute de voiture ou de bicyclette la personne traîne sur la route. 11 est à remarquer que la vitesse verticale est d’autant plus faible que la vitesse initiale au moment de l'arrêt brusque est plus grande, car alors la trajectoire que décrit le chauffeur est plus tendue. » Ici notre correspondant est dans l’erreur, cette vitesse verticale est invariable, ou du moins ne dépend que de la hauteur initiale à laquelle se trouvait le chauffeur au-dessus du sol, elle ne dépend pas de la vitesse horizontale initiale. Dans notre exemple en particulier cette vitesse = y/2 gh où g est l’accélération terrestre, h la hauteur initiale du centre de gravité du chauffeur, on trouve i>= y/2 x 9,81 x 1,50 = 5,45 mètres par seconde, et l’on en déduit facilement la force vive annulée par le choc. Mais les considérations développées par M. Becker s’appliquent au cas où le sol présenterait des inégalités et des obstacles.
- Renseignements. — M. de la Broise, au château de la Drenardière. •— 1° Vous pourriez voué adresser à M. Arizzoli, 92, rue des Marais, à Paris. — 2° Nous ne connaissons pas la composition du savon « Menette », mais nos Recettes et Procédés utiles, lru série, à la librairie Masson et Cie, donnent trois formules de savons pour l’imperméabilisation des tissus et étoffes.
- M. L. Flesselles, à Essonnes. — Pour les moyens de déceler l’oxyde de carbone, voir les Recettes et Procédés utiles, série 5, à la librairie Masson et Cie, et la Communication publiée dans le n° 1533 du 11 octobre.
- M. J. S., à Paris. — Nous attendons des renseignements sur ce sujet. „
- Lecteur 207, à Nancy.— La perte de charge ne sera pas plus grande à notre avis. Vous pourriez demander des rensei-nëments à la maison que vous citez. Il serait bon peut-être e prendre une turbine américaine (simple poulie à godets) et une conduite de, faible diamètre, pour faciliter l’amorçage et éviter le désamorcement.
- M. Lenain, à Romorantin. — 1° Nous ne connaissons pas de livre spécial sur la question. — 2° Vous pourriez vous adresser à M. Ducellier, directeur du Comptoir général de la fabrication
- des jouets, 9, rue des Petites-Ecuries, à Paris. — 5° MM. Dau-vergne, 57, rue du Chemin-Vert; Maurin, 18, rue de Passy, à Pans, construisent des fontaines lumineuses.
- M. E. Cavé, à Mézières-en-Brenne. — Vous voulez sans doute arler des Prismes Luxfer exploités par la Société des Verres uxfer, 201, quai de Valmv, à Paris.
- M. P., à Moissac. — 1° Sur les propriétés du carbure de calcium, voyez le n° 1083 du 3 mars 1892, p. 223, où se trouve reproduite la communication de M. Moissan, à l’Académie. •— 2° Le brevet de M. Bullier a été pris le 9 février 1894. Pour les autres renseignements, il faut consulter une maison de brevets, par exemple, M. Armengaud, 21, boulevard Poissonnière, à Paris.
- M. Rebecq, à Toulon. — Voyez sur les théâtres d’ombres les articles suivants : Ombres françaises de M. Caran d’Ache, paru dans le n° 777, du 21 avril 1888, p. 521 ; — les Théâtres d’ombres, paru dans le n° 988, du 14 mai 1892, p. 303.
- M. le Dr Roulleau, à Niort. — Le lait maternisé est actuellement préparé en grand à la Ferme d’Arcy-cn-Brie.
- il/. B. de M., à Lyon. — La malléine est une substance spécifique, extraite des cultures du bacille de la morve, et qui, injectée aux animaux morveux, provoque chez eux un ensemble de phénomènes locaux et généraux permettant d’affirmer l’existence de la morve.
- M. J. Saussié, à Paris. — Vous nous signalez le cas d’un arbre dans le tronc duquel il se produit des crevasses par où s’écoule la sève. Il nous paraît qu’il n’y a guère d’autre moyen pour s’opposer à l’écoulement que d’aviver les crevasses et de ies boucher avec du mastic à greffer.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. II. M., à C. — Reçu échantillon et notices, remerciements. — M. Raid y, à Nice; M. de Goncer, à Saragosse. Consultez les Recettes et procédés utilesr lre, 2e et 4e séries, à la librairie Masson et Cie. — M. S., à Cahors. Ce calcul ne serait peut-être pas très intéressant. — M. de Bron-descourt, à Avignon. Voyez le petit livre mentionné plus haut, 5e série. M. Cavé, à Paris. Voyez les Communications de ce numéro.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Colle pour épreuves photographiques. — On prend 4 parties en poids de gélatine qu’on fait dissoudre à chaud dans 10 parties d’eau, on ajoute 1 partie seulement de glycérine et enfin 5 d’alcool.
- Procédés de sensibilisation du papier. — Voici deux méthodes qui permettent d’ohtenir des tons noirs ou bruns pour la copie des dessins ou plans. Pour avoir des traits bruns on étend au pinceau, sur un bon papier blanc, le bain suivant :
- Eau........................... 1000 grammes.
- Citrate de fer ammoniacal. , . 100
- Citrate d’argent.................. 20 —
- Acide tartrique................... 20 —
- Gélatine .................... . 15
- On fait sécher à l’obscurité et on conserve en portefeuille. On expose au châssis-presse comme d’habitude.
- Voici un autre procédé pour les tons noirs :
- Eau............................. 100 grammes.
- Gélatine......................... 10 —
- Chlorure de fer................. 22 —
- Acide tartrique.................. 10 —
- Sulfate de zinc.................. 10 —
- On fait séchef à l’obscurité et on expose ensuite comme d’habitude jusqu’à ce que l’image apparaisse et que la coloration jaune du fond paraisse blanche. On développe avec eau, 100 gr, acide gallique, 2 gr, alcool, 7 gr. Si le temps de pose n’a pas été exact, on peut se rendre compte du remède à apporter dans l’avenir : le fond reste coloré quand la pose a été insuffisante, et si, au contraire, il y a eu trop de pose, les lignes sont grises au lieu d’être noires.
- Décoloration des plaques antihalo. — En mettant dans le commerce leur nouvelle marque de plaque antihalo MM. Lumière, ont fabriqué comme corollaire un décolorant spécial. Il peut arriver qu’on manque de ce produit et voici un moyen simple de le remplacer : on met au fond d’une cuvette une plaque de zinc, on pose dessus le cliché et on verse une solution de bisulfite de soude à 50°. La solution qu’on trouve- toute préparée dans le commerce, et que les marchands de couleurs vendent à bas prix, convient très bien pour cet usage. On laisse baigner le cliché jusqu’à décoloration complète.
- Dans la « Boile aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifi nies, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- SOUVENIRS DE VACANCES.
- Texte et dessins par Hexkiot.
- - Moi, raconta Marius, il m’arriva en 1885 une aventure stupéfiante, /'étais parti de Marseille pour aller visiter la Tunisie, l'Alzérie.
- Cn soir que nous étions à Biskre, avoir Ma femme me dit tout à coup. — Marius?... eLles la-i!ans< r les ouled, avec ma femme, pins. — Té... les lapins..., nous les avons oublies a
- la cuisine, en partant. — C’est du propre... us seront morts de faim.
- — Il faut vous dire que zuste la veille de notre départ, Bafougasse, de Tamaris, nous avait envoyé deux jeunes lapins.
- — Le zour du départ, ze ferme le gaz, ze ferme l’eau, ze mets les domestiques à la porte..., mais z’avais oublié les lapins.
- — Ze les croyais morts.., lorsqu en rentrant... non., en rentrant... qu’est-ce que ze trouve... vingt lapins dans le salon, trente lapins dans ma cambre... cent lapins dans la cuisine.
- — Et il y en aurait eu beaucoup plus, si, — Moi, reprit Labemède, de Montafrtruc, pa-pour se nourrir, ils 11e s étaient pas man- reille chose m'arriva dans la Haute-Gazés les uns les autres ronne, mais c’était aveç des grenouilles.
- - Nous avions pêché à la ligne, dans un tu\\ aussi, la veille d’un départ pour les Pyrénées.
- — //avais mis dans le tub, au milieu du salon, de l’eau de mon étang. Quand nous partîmes, on oublia de vider le tub...*
- — Et quand nous rentrâmes trois mois après... comme il y avait des têtards dans l’eau de l'étang, je trouvai dans mon appartement plus de dix mille grenouilles.
- •— Et qu'en avez-vous fait, espèce de Toulousain( de vos dix mille grenouilles? — Té... espèce de Marseillais, et la même chose que tu as fait de tes lapins!
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’intoxication saturnine par les fairsses perles.
- Nombreuses sont les causes d’intoxication saturnine ; le plomb entre dans la confection de tant de produits industriels et, de ce fait, le saturnisme garde, malgré toutes les améliorations d’hygiène, une place importante dans la catégorie des maladies professionnelles.
- Je citais, il y a quelque temps, la fabrication des accumulateurs comme une source d’intoxication saturnine grave et des plus fréquentes depuis quelque temps. Voici une source nouvelle de ce danger du plomb, dépistée par le professeur Gaucher, de l’hôpital Saint-Louis. Il reçut dans son service un malade atteint de saturnisme; coliques violentes, ayant la forme classique des coliques de plomb, liseré gingival, rien ne manquait pour établir d’une façon précise le diagnostic d’un empoisonnement par le plomb. Le malade exerçait la profession de lapidaire en fausses perles : il polit, sur des meules d’acier,
- des perles fabriquées. Ce polissage dégage d’abondantes poussières qui sont absorbées avec facilité. Ces poussières paraissent bien être la source de l’intoxication.
- Pour en avoir le cœur net, le Dr Gaucher put se procurer de ces perles qui sont fabriquées par un procédé secret. _Ces perles broyées, réduites en poudre, ont été soumises à une analyse méthodique qui a révélé d’une façon indubitable la présence d’un sel de plomb, probablement un silicate ou un mélange de sels silicieux et plombiques.
- C’est donc bien la perle qui est l’agent toxique; sous la meule rapide, le bloc vitrifié prend toutes les apparences d’une perle de grand prix, mais en même temps, les déchets et les poussières constituent un produit délétère au premier chef. C’est une source encore peu connue d’empoisonnement chronique et qui mérite d’attirer l’attention. En effectuant le polissage sous l’eau ou en fournissant à l’ouvrier un masque fermant dans une certaine mesure le nez et la bouche comme le masque Duroy, en lui donnant des gants de caoutchouc, on pourra sans danger fabriquer les perles. Dr A. Cartaz.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1>U MATIN VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 octobre . . . 8U,8 S. W. 1. Couvert. » Rosée; couv. jusqu a 10 h.; puis nuag.; beau après 19 h.;
- brumeux.
- Mardi 7 3°,8 S. 1. Couvert. » Ros. ; couv. de 5 à 8 h.; puis n. j. 20 li.; beau le reste du temps; brouill. j. 10 h. de 100 m. à 7-8 h. ; brum. eus.
- Mercredi 8 4°,5 E. N. E. 1. Quelques éclaircies » Rosée; très nuag. atm. brumeuse le matin ; halo solaire.
- Jeudi 9 10°,0 E. N. E. 1. Couvert. » Rosée; très nuag ; quelques averses; halo solaire.
- Vendredi 10 12°,5 S. 3. Quelques éclaircies 1,2 Très nuag. jusqu’à 21 h. ; beau ensuite.
- Samedi 11 12°,0 S. 3. Très nuageux. » Rosée; lumière zodiacale; très nuag. le matin ; couv. le
- Dimanche 12 12°, 1 N. N. W. 4. Couvert. 3,1 soir; quelques averses. Couv.; pluie à plusieurs reprises jusqua 5 h.
- OCTOBRE 1902. - SEMAINE DD LUNDI 6 AD DIMANCHE 12 OCTOBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, ou niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites d l’observatoire du parc Saint-Maur, en septembre 190t,
- par M. Th. Moüreadx.
- Pression barométrique : moyenne à midi, 759”",71 ; minimum absolu, 746“”,47 le 12 à 3 heures du soir ; maximum absolu, 767”",33 le 19, à midi.
- Température : sous l'abri, moyenne des minima, 10°,58; des maxima, 19°,56; du mois, 15°,07; vraie des 24 heures, 14°,44; minimum absolu, 4°,01esl4 et 20; maximum absolu, 28°,1 le 3. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 8°,65; des maxima, 36°,38, minimum absolu, 1°,7 le 20; maximum absolu, 48°,0 le 3. Dans le sol gazonné : moyenne du mois à 10 heures du matin, à 0“,50 de profondeur, 15°,46; à 1 mètre, 16°,00. De la Marne : moyenne le matin, 17°,81 ; le soir, 18°,29; maximum 21°,30 le 3; minimum,
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 9”“,97 ; minimum 5““,0 le 13 à 1 heure du soir; maximum, 16””,6 le 2 à 1 heure du soir.
- Humidité relative : moyenne du mois, 81,1 ; minimum, 37 le 21; maximum 100 en 10 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois, 55.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l'horizon, 376 heures; durée effective de 1 insolation, 132 heures; rapport, 0,35.
- Pluie. Total du mois, 50””,3 en 31h 391”, réparties en 12 jours, et en outre 3 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre; on a recueilli 11“,0 le 5, et 14”“,2 le 11. 22 jours de rosée, et 4 jours de brouillard. On a noté 3 jours d’orage seulement, les 5, 12 et 23, et 3 jours d’éclairs sans tonnerre, les 4, 11 et 25.
- Vents dominants : N.-N.-E., puis S.-W.
- Les valeurs des éléments météorologiques présentent avec la normale les écarts suivants : baromètre, -+- 1““,0; température : — 0\30; tension delà vapeur, — 0““,08 ; humidité relative, + 0,1 ; nébulosité -+- 5: pluie — 0’”,1.
- Floraisons : vers le 10, helianthus pubescens; le 15, helianthus orgyalis.
- Erratum au bulletin d’août : les derniers m irtinets ont été vus le 10, et non le 4.
- PHASES DE LA LUNE ; P. Q. le 9 à 5 h. 30 m. du soir.
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- N° 1535 (25 octobre 1902), du journcu « LÀ NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chel
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Des dépêches de Basse-Terre annoncent que le 16 octobre, entre minuit et 3 heures du matin, on a entendu, dans la direction de la Martinique, de violentes détonations accompagnées de vives lueurs. Des secousses sismiques ont été ressenties aux Saintes et à Marie-Galante. La Soufrière de Saint-Vincent a été en pleine éruption le 16oetobre, del heure à4h 30du matin. Du sable brûlant est tombéà Kingston, en causant de grands dégâts. A LaBarbade, à la même date, des poussières volcaniques, venant de Saint-Vincent, ont commencé à tomber; on a perçu des détonations lointaines, accompagnées de légères secousses. Il faisait si sombre qu’on a dû allumer les lampes à 10 heures du matin.
- —8— Une éclipse totale de lune s’est produite le 17 octobre, dans la matinée, à partir de 3h 30 et a duré jusqu’au lever du soleil; grandeur de l’éclipse : 1,462, le diamètre de la lune étant 1. Le ciel s’était éclairci, on a pu suivre à Paris les principales phases du phénomène. Les observations étaient surtout faciles et intéressantes pour l’Angleterre, l’Irlande et les Etats-Unis du Nord où le phénomène était très facilement visible. A Paris, la lune s’est couchée totalement éclipsée; de l’autre côté de l’Atlantique, on a pu assister à la réapparition progressive de la lumière.
- —®— Mercredi 22 octobre, à 2 heures, on a enfin inauguré au Panthéon, devant le Ministre de l’instruction publique, divers représentants de l’Université et des grandes Ecoles, le nouveau pendule de Foucault. C’est une reconstitution complète et fidèle du pendule de 1851, à près d’un demi-siècle de distance.
- —®— La vitesse et la résistance de l’air d’après la Locomotion automobile : Aux vitesses réalisées actuellement par les voitures de courses, la résistance de l’air devient de plus en plus forte et les constructeurs feront bien de chercher des formes de capot offrant le moins de prise possible. En effet, les chiffres relevés à l’égard de cette résistance de l’air ont donné les résultats suivants : 10 à 15 kg par mètre carré à la vitesse de 50 km à l’heure, 45 à 55 kg à la vitesse de 100 km; au-dessus de cette allure, le coefficient augmente rapidement : ainsi, à 120 km, il est de 76 kg, à 140 km il arrive à 100 kg et à 155 il atteint 140 kg.
- —®— L'United Service Gazette annonce que l’amiral russe Makaroff a inventé un appareil permettant de reconnaître l’approche des sous-marins par le son. Cet appareil est appelé « radioson » et a subi plusieurs expériences suivies de succès à Cronstadt. Avec cet instrument relié au téléphone militaire la marche des torpilles Whitehead à Cronstadt a été entendue par un officier dans les bureaux du gouvernement à Saint-Pétersbourg. Ni la saison, ni aucune autre circonstance, ne peuvent porter atteinte au fonctionnement de l’instrument qui indique la direction et la vitesse du sous-marin. Le radio-son découvrira aussi bien le sous-marin ennemi pendant la nuit, dans une tempête ou dans la brume que pendant le jour et par calme plat. Non seulement il peut servir à découvrir le sous-marin, mais encore à le détruire soit automatiquement, soit à la volonté d’une personne placée à plusieurs milles de distance. C’est bien beau ; mais attendons des détails.
- —®— Le yacht américain Arrow, appartenant à M. Ch. R. Flint, a fourni dans un récent essai la vitesse remarquable de 1,852 km en 1“\32', ce qui revient à 72,5 km à l’heure. Ce record le place à la tête de tous les bateaux du monde pour la vitesse; et, au dire des gens compétents, marque une époque dans la construction des yachts. Le torpilleur à turbine anglais Viper, dont on connaît la fin lamentable, n’a donné, aux essais, qu’une vitesse de 69 km environ à l’heure. La longueur du Aiirow est de 47mètres, et sa largeur maxima de 3,85 mètres. Il est muni de deux machines à quadruple expansion de 4000 chevaux.
- — ®— L'American Machinist a décrit récemment, sous la signature de M. de Leeuw, un appareil ingénieux de guidage pour le perçage des tôles et pièces de fer diverses; il faut toutefois que le métal à percer soit magnétique et que sa surface soit plane. Le guidage est électro-magnétique : l’appareil se compose d’un électro-aimant à cloche, dont l’enroulement se relie aisément par un fil souple à un circuit d’éclairage par exemple ; dans l’axe de cet électro-aimant se place une douille dont le diamètre intérieur est exactement le diamètre extérieur de la mèche employée au perçage. D’ailleurs, pour empêcher le collage entre cette douille et l’évidement central de l’électro-aimant, on glisse une douille intermédiaire en métal non magnétique. Quand on a marqué d’un coup de pointe, le centre du trou à percer, on introduit dans la douille un tampon conique dont l’extrémité présente une pointe que l’on place (en soulevant légèrement l’électro) exactement sur la dépression marquant le centre du futur trou. On lance le courant, ce qui colle l’électro dans la position où son axe coïncide exactement avec celui du tampon, et quand on introduira ensuite la mèche dans la douille immobilisée, elle percera le trou avec un centrage tout à fait exact.
- --(8)— M. le professeur, Artemieff a inventé un vêtement de sûreté à l’usage de ceux qui ont à s’approcher des circuits électriques à haute Tension. Il est fait, paraît-il, d’une sorte de mousseline métallique en tissu très serré qui couvre tout le corps, y compris la tête, les pieds et les mains. Le poids en est de 1,5 kg, et la résistance comptée d’une main à l’autre, 0,017 ohms; la capacité varie de 0,0002 à 0,00025 microfarads, selon que la personne qui le porte est loin ou près d’un mur. La surface de refroidissement est telle que 200 ampères peuvent traverser ce vêtement pendant plusieurs secondes avant qu il n’en résulte un échauffement perceptible. Cet appareil a été essayé dans le laboratoire pour essais à hautes tensions de MM. Siemens et Halske. Vêtu de ce tissu métallique, M. Artemieff a tiré des étincelles du secondaire d’un transformateur qui donnait 75 000 volts à 50 périodes par seconde, et effectué plusieurs autres expériences sans être aucunement incommodé.
- —®— La ligne de Milan à Porto-Ceresio (plus connue sous le nom de ligne de Milan-Gallarate-Italie) offre un excellent exemple de l’accroissement de trafic qui résulte assez rapidement des facilités offertes par un service à trains fréquents et assez rapides. Transformée en 1901, cette ligne a plus que doublé le trafic existant à son début. Actuellement, le service est assuré par 72 trains par jour. La distance de 78 km est franchie par un certain nombre de ces trains en 77 minutes, la vitesse commerciale étant ainsi de 60 km, et la vitesse moyenne de marche, arrêts déduits, de 80 km à l’heure. Les automotrices à voyageurs, qui ont été préférées aux tracteurs électriques ordinaires pour l’exploitation de cette ligne, fournissent un service continu de 16 à 20 heures par jour et parcourent 350 à 400 km, ce qui est le maximum d’utilisation obtenu sur les lignes européennes.
- —®— Après plus de dix ans d’études et d’expériences qui semblent n'avoir abouti qu’à des échecs, l’administration de l’artillerie aux Etats-Unis vient de renoncer à l’emploi du canon pneumatique Zalinsky, dont l’invention suscita quelque curiosité en son temps. Nous avons décrit ce canon en 1886 (n° 667, du 13 mars, p. 231), et mentionné plus tard (n° 753, 5 novembre 1887, p. 353) quelques expériences qui faisaient mieux augurer de son avenir.
- —8— On emploie de plu3 en plus la congélation du lait, en vue de faciliter son transport et sa manutention, dans l’Europe septentrionale. La méthode date du reste de plusieurs années déjà. A Copenhague notamment, plusieurs sociétés effectuent le transport à grande distance de lait qui leur arrive des fermes à l’état de gros blocs solides. A l’arrivée, on dégèle le lait en ayant soin d’agiter constamment pendant l’opération, pour que la crème soit distribuée bien uniformément.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Ascenseurs électriques : M. À. Pifre, 170, rue de Courcelle; MM. Edoux et Cie, 72-74, rue Lecourbe; Compagnie française des ascenseurs Otis, 13, rue de Hambourg; MM. Samain et Cic, 12, rue Saint-Amand, à Paris.
- Communications. — MM. A. Lumière et fils, à Lyon-Monplaisir, à propos d’une information que nous avons publiée, d’après le Scienlifîc American (Supplément du 20 septembre), dans notre n° 1534 du 18 octobre 1902, nous adressent la lettre suivante : « Nous lisons dans les Informations du numéro de votre estimable journal, une note de laquelle il résulterait que la Société Lumière va entreprendre la fabrication de chapeaux en papier. Nous vous prions instamment de bien vouloir démentir cette nouvelle qui pourrait jeter le trouble dans l’esprit des actionnaires de notre Société, exclusivement vouée par la définition même de son objet, à la fabrication et à la vente des plaques, papiers et pellicules photographiques ainsi que de tous produits se rattachant à la photographie. » Nous nous empressons de donner satisfaction à nos correspondants.
- M. A., à B., au sujet de l’éclatement des siphons, nous donne les renseignements suivants : « J’ai vu, il y a quelques années, à trois reprises, des siphons faire explosion en été, chez des aubergistes, lorsqu’on les plongeait (les siphons) dans de l’eau additionnée de glace. L’eau, en se contractant brusquement, expulsait d’un coup la majeure partie de l’acide carbonique dissous; il se produisait un choc, un heurt agissant, pour ainsi dire, comme un explosif brisant, supérieur à la pression prévue dans la fabrication des vases en question. Les siphons étaient de bonne qualité, ils sortaient d’une des premières maisons de Paris. Dans une expérience rapportée par M. de Parville, on expose aux rayons du soleil un siphon enveloppé d’un voile noir; réchauffement est graduel. Je crois que si l’on plongeait un siphon à 10° dans de l’eau à 40°, l’explosion se produirait aussi. Ce serait la différence de la poudre noire aux poudres brisantes. » Cette communication est à rapprocher des explications que nous avons déjà données au sujet de l’éclatement des siphons, dans la (( Boîte aux Lettres » du n° 1525, du 16 août.
- MM. Cahnon du Pin e Almeida, à Bahia, nous adresse une brochure : Applicaçôes industries do Alcool, dont il est l’auteur et que publie le Diario da Bahia, 101, l’raça Castro-Alves, à Bahia.
- M. F.-V. Delecraz, à Tunis, nous fait parvenir une brochure intitulée : Bizerte port franc, et publiée par l’imprimerie Rapide de Tunis.
- M. E. de Meulemeester, à Bruxelles, nous envoie une brochure intitulée Fog Signal Eden qui contient la description d’un nouvel appareil destiné à guider les navigateurs par les temps de brouillard. Cet appareil se compose : 1° d’un récepteur des ondes sonores; 2° d'un indicateur de la source d’émission de ces sons; 3° d’un rectificateurdes sons déviés .La brochure, qui contient 5 planches, est publiée par Ch. jBulens, éditeur, 75, rue Terre-Neuve, à Bruxelles.
- Renseignements. — L’abonné 5272-1535, à Porto. — Machines pour la fabrication du papier : MM. Kaindler, 60, ruè Saint-André-des-Arts; P. Hug, 57, rue de Lyon, à Paris.
- M. Bonne fs, à Valence-d’Agen. — Vous trouverez des renseignements sur la préparation industrielle du sulfate de cuivre dans la plupart des traités de chimie. Adressez-vous à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. Lévy, à Lyon. — Nous ne saurions nous prononcer sur une expérience sans en connaître tous les détails. Nous tâcherons de retrouver celle que vous nous rapportez ou une autre expérience analogue.
- M. B. Drosten, à Bruxelles. — Nous avons transmis votre lettre au destinataire.
- M. E. Bounel, à Saint-Chély. — Nous trouverez des becs Bunsen à acétylène chez MM. Poulenc frères, 92, rue Vieille-du-Temple, à Paris. Prix : 3fr,50 (35 litres à l’heure),
- M. A. E., à Enghien. — 1° Les capsules métalliques dont on coiffe les bouteilles sont généralement faites en étain. — 2° Pour des machines à vapeur de faible puissance (I cheval environ), vous pourrez vous adresser à M. Charles Kaiser, 54, rue de Paradis, mais nous doutons que vous puissiez trouver des moteurs n'ayant que 1/4 de cheval.
- M. H. Normant, à Romorantin. — 1° La lampe à osmium n’est pas encore dans le commerce. — 2° Lampes à arc en vase clos Bénard, 12, rue Bridaine, à Paris (17e arrondissement). — 5° La librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris, vous renseignera sur les ouvrages les plus récents qui traitent du développement des clichés.
- M. le lieutenant Ballot, à Chàteaudun. — Les journaux spéciaux tels que l’Eclairage électrique, le Electrical World and Engiheer, de New-York, V E lectrician, de Londres, se sont tous occupés plus ou moins de téléphonie sans fil. Vous pourriez vous documenter à l'Office des renseignements techniques, 11, rue Saint-Lazare, à Paris.
- M. B. Catoir, à Haybes. — Pour des lampes d’appartement à acétylène, on pourrait-s’adresser à M. L. Blériot, 41, rue Richelieu, ou à M. A. Engelfréd, 8, rue de Saint-Quentin, à Paris.
- M. Dumont, à Paris. — Vous pourrez vous procurer de l’ouate de tourbe chez MM. Bezine et Cie, droguistes, 20, rue Lebrun, à Paris, et chez M. Ad. Seghers, agent général de het griendtswen moss litter C° Limd, de Rotterdam, 18, rue Jou-bert, à Paris.
- M. Reland, à Orléans. — Nous allons publier prochainement deux autres articles sur la conservation du raisin.
- M. J. E., à Yun-Nan. — Journaux et revues photographiques : La Photo-Gazette, à la librairie Naud, 3, rue Racine, Paris, 8 fr. par an; La Photographie française, 156, avenue de Suffren, à Paris, 14 fr. par an, port eft sus; Bulletin de la Société française de photographie, 76, rue des Petits-Champs, à Paris.
- M. A. B., à Gradignan. — MM. H. Douckier, 40, avenue d’Orléans; II. Lhotte, 3 bis, rue d’Athènes, à Paris, s’occupent de la vente et de l’achat de papillons pour collections.
- M. le Dr P. Cannaviello, à Rome. — L’information que vous citez est extraite du Scientific American du 11 juin» L’adresse de ce journal est 561 Brodway, New-York.
- M. le baron de Breuil, au château du Réconfort. — Quantité de moyens ont été mis en œuvre pour empêcher les pierres à bâtir ou à paver de s’effriter sous l’action de la gelée. On a cherché à les imperméabiliser en les enduisant de substances huileuses ou résineuses, ou encore en les imprégnant de solutions de verre soluble ou d’autres matières semblables, mais aucun de ces procédés ne paraît avoir reçu la sanction de la pratique. Dans le cas particulier qui vous occupe, comme une face seule des pierres est exposée, on pourrait peut-être essayer du goudronnage qui ne peut être d’ailleurs que favorable aux chevaux de l’écurie.
- M. S. Henraux, à Seravezza. — L’eau de cuivre est une eau préparée pour nettoyer les objets de cuivre; elle est formée d’une dissolution d’oxalate de cuivre.
- M. T. F., à Rhodes. — 1° Adressez-vous à la maison Yilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris. — 2° Vous trouverez des traités de ce genre à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, ou à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. Dulong, à Dijon. — Vous tromerez tous ces appareils au Comptoir photographique, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. B. R., à Lille. — Ces instruments se trouvent chez M. Ileller, 18, cité Trévise, à Paris.
- M. L. Durand, à X. — Il faut consulter une agence de brevets.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Dusse, à Paris, On trouve un débit de 280 m3 à la seconde. — M. Morant, à Alger. Consultez les Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dervex, à Lausanne ; Mme llooreman, à Bruxelles. Voyez le même petit livre, 5e série. —M. Desmarets, à Liège. Reçu échantillons et notice, remerciements.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui. sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les reh-seignemen Isqui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scienlifi/ues, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison...
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Règle perfectionnée. — Voici un petit instrument perfectionné qui rendra de nombreux services. Avec les règles ordinaires, il est difficile d’éviter les taches sur le papier ou sur les doigts, malgré tous les soins que l’on apporte à son travail. La nouvelle règle que nous signalons à nos lecteurs permet de produire facilement un travail propre et rapide. A la partie
- Règle perfectionnée.
- supérieure de la règle, se trouve, comme le montre la figure, une réglette indépendante que l’on tient pour faire la réglure. On remarquera de plus que la règle proprement dite est plate et porte une partie arrondie qui empêche la plume au point de traçage de porter à la fois sur le papier et sur la règle ; le trait tracé se détache nettement. — Cette règle se trouve dans toutes les papeteries; pour la vente en gros, s’adresser, chez M. E. Patard, 5, rue Francœur, à Paris (18e arrond').
- Nouveau porte-balai. — On sait combien il est difficile aujourd’hui de trouver de bons porte-balais qui forcent les balais à appuyer toujours sur le collecteur de la machine sans exercer cependant un frottement trop élevé qui détériore les lames du collecteur. Le nouveau porte-balai, système Gand, dont M. L. Boudreaux vient d’entreprendre l’exploitation, semble présenter de grandes qualités; il permet un contact intime entre les balais et le conducteur du courant, et assure une pression normale des balais sur le collecteur avec un minimum do frottement; enfin la position des balais sur le collecteur
- Nouveau porte-balai.
- reste invariable pendant toute leur durée. La figure ci-jointe donne une vue d’ensemble de cet appareil. 11 est formé d’une tige d’acier A, dont une extrémité B se termine par une bague fendue portant une clef de serrage et permettant de fixer solidement cette partie sur la tige qui supporte les porte-balais. Sur cette bague est fixée en G une lame de ressort en cuivre D, qui vient en E et en F dans une pince maintenant le charbon G sur le collecteur. La tige A retient à son autre extrémité un ressort R fixé sur une tige T qui n’est elle-même que le prolongement d’une partie M également en acier, présentant à gauche un anneau N qui permet de la fixer sur la tige supportant les porte-balais, et à droite un prolongement sur lequel
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- s’appuie la pince dont nous parlions plus haut et qui porte le balai en charbon G. On remarque qu’en K se trouve une tige en forme de flèche retenue d’un côté par un ressort R', mobile autour d’un point et se terminant par un petit bras L qui vient exercer un serrage énergique sur le charbon. £e serrage exercé par un ressort dont l’action est décuplée par le grand bras de levier de la pince assure un contact intime entre le balai et le conducteur souple de cuivre qui se rattache à la première partie du porte-balai fixé sur la tige collectrice des porte-balais. Ces appareils, tout en acier, sont très légers et très solides; le mouvement d’inertie de la partie mobile étant de très petite étendue, les vibrations provenant des trépidations, des irrégularités de surface du collecteur n’auront qu’une très faible amplitude, les balais seront donc constamment en bon contact avec le collecteur. — Le nouveau porte-balai se trouve chez M. L. Boudreaux, 8, rue Hautefeuille, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- L'année technique 1901-1902, par A. da Cunha, ingénieur des arts et manufactures. 1 vol. grand in-8° avec préface de M. Emile Trélat, directeur de l’Ecole spéciale d’architecture. Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1902. Prix : 5fr,50.
- Sous ce titre, M. A. da Cunha a réuni dans un volume de lecture facile l’ensemble des progrès industriels et scientifiques qui ont été réalisés dans l’année 1901-1902. Il passe successivement en revue les tramways et la traction, tramways électriques de l’Ouest et de l’Est parisien, tramways à air comprimé, les derniers travaux du Métropolitain de Paris, etc. II parle ensuite des cycles et automobiles, des progrès de la bicyclette, des automobiles à vapeur d’eau, à vapeur d’étlier. Il examine les travaux publics et d'architecture, les ponts à transbordeur, le pont en X sur la Sarthe, le concours des maisons de la ville de Paris pour 1900. Il consacre un chapitre aux constructions maritimes et navales, à l’armement, à la protection des câbles, et termine par un chapitre sur la navigation aérienne.
- La mécanique à l’Exposition de 1900. Exposition rétrospective de ta mécanique, par Emile Eude, ingénieur de la classe XIX. 1 brochure in-4°. Y” Ch. Dunod, éditeur. Paris, 1902.
- L’eau dans l’alimentation, par F. Malméjac. 1 vol. relié in-8°. Félix Alcan, éditeur. Paris, 1902.
- Annuaire statistique de la ville de Buenos-Aires. 1 vol. cartonné, gr. in-8°. Compagnie Sud-Américaine des billets de banque, Buenos-Aires, 1902.
- Le bois et le liège, par C. d’IIuBERT, docteur ès sciences. 1 vol. in-16 cartonné. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris, 1902.
- La science musicale à la portée de tous les artistes et amateurs, par Charles Meerens. 1 vol. in-8° broché. Librairie Katto. Bruxelles, 1902.
- Annuaire pour 1902 de l'Union nationale des Sociétés pho-togràphiques de France. 1 vol. in-16, broché. Gauthier-Yillars, éditeur. Paris. 1902. Prix : 1 franc.
- A quoi peut servir une Société de géologie dans le domaine des applications pratiques. Notice sur la Société Belge de géologie, de paléontologie et d’hydrologie pendant les dix premières années de ton existence, par J. Haas, ingénieur civil, membre du Conseil de la Société Belge de géologie. 1 vol. in-8°. Bruxelles, Polleunis et Centerick, imprimeurs, 57, rue des l’rsulines. 1897.
- Cause des énergies attractives, magnétisme, électricité, gravitation, par A. Desfaux. 1 vol. broché in-8°. Félix Alcan, éditeur. Paris. 1902. Prix : 5 francs.
- Les surprises du gélatino. 1 vol. broché in-8°. Ch. Mendel, éditeur. Paris. Prix : 0fr,60.
- Actualités scientifiques, par Max de Nansouty. 1 vol. broché, in-8°. Félix Juven, éditeur. Paris. Prix : 5rr,50.-
- Wellenlehre undSchcdl\on XV. C. L. van Schaik. Autorisierfe deutfehe Ausgabe bearheitet von Prof. Dr Hugo Feutner. 1 vol. broché in-8°. Druck und Verlag von Friedrich Yieweg und Sohn BraunscLweig. 1902. Prix : 8 marks.
- The fore leg and pectoral girdle of Moresaurus, par Elmer S. Riggs et Oliver Cummings Farrington. Vol. I, n° 10, broché, in-8°. Fiehl Columbian Muséum. Chicago. U. S. A. Octobre 1901.
- 4nnucil report of thé -Director lo ihe board of Trustées for the igear, 1900-1901. Vol. Il, n° 1, broché, in-8°. Fielel Columb an Muséum. Chicago. U. S. A. Octobre 1901.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vernis noir pour bicyclelte. — Mêler, en les faisant dissoudre à la chaleur, 12Q grammes d’huile de goudron, 50 grammes d’asphalte et autant de résine pulvérisée. Prendre bien garde aux inflammations inopinées.
- Séparation du jaune d'œuf. — Séparer le jaune d’œuf du blanc est une opération longue et délicate. Un inventeur supprime la difficulté en perçant d’une petite fente étroite le bol ou récipient qui doit contenir l’œuf. 11 suffit d’incliner légèrement ce séparateur pour voir cômme par enchantement tout le blanc s’écouler par la fente, laissant le jaune à sec.
- Eau dentifrice. — La recette en est donnée par la Chemical Gazette : dans 6 parties d’eau, faire dissoudre 1 partie (en poids) de savon blanc de Marseille ; on complète le mélange par 2 de glycérine et par 1 /2 de teinture de vanille. D’autre part,
- 20 gouttes d’essence de menthe poivrée, autant d’essence de cannelle, 50 d’essence de wintergreen (ou de gaultheria), enfin 10 d’essence de girofle sont mises à dissoudre dans 6 parties d’alcool, et l’on verse cette solution dans la première préparation. Il fait bon filtrer avant de mettre en bouteille.
- Craie de tailleur. — Elle peut rendre de nombreux services quand on veut tracer des lignes sur une étoffe quelconque. On peut la fabriquer très simplement en mélangeant un peu d’outremer avec de la terre de pipe, en battant le tout en une masse épaisse par addition d’eau, et en coulant ensuite pour laisser prendre dans des moules que l’on a un peu humectés.
- Vernis pour étiquettes et dessins. — Si vous faites dissoudre dans 5 parties d’alcool 2 parties de sandaraque extra, 1,5 partie de copal de Manille soluble dans l’alcool, 0,6 d’huile de térébenthine française, 0,5 de térébenthine de Venise, et enfin 0,1 d’huile de ricin, vous obtenez un excellent vernis pour protéger les étiquettes et les dessins.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 octobre . ; 4”,9 Calme. Nuageux. 0,1 Forte rosée ; brouill. à 6 h. ; halo lunaire ; nuag. de 7 à 17 h. ; beau avant et après.
- Mardi 14 7°,8 S. S. W. 3. Nuageux. 0,0 Rosée; halo lunaire ; couv. de 9 à 14 b. ; nuag. avant et après jusq. 18 h.; beau eus. ; pl. de 12 h. 45 à 14 h. 10.
- Mercredi 13 7°,0 S. 3. Presque couvert 2,7 Forte rosée ; nuag. le matin ; côuv. le soir.
- Jeudi 16 9°, 2 W. S. W. 3. Nuageux. 4,2 Halo; très nuag. ; orage de 16 h. 41 à 17 h. 13; pluie de 0 h. 33 à 3 h. 20 et 17 h. 3-43; pluie dans la soirée.
- Vendredi 17 6°, 2 S. W. 3. Très nuageux. 4,6 Nuag. jusqu’à 16 h. ; beau ensuite; pluie dans la matinée.
- Samedi 18 7°,9 S. 3. Couvert. 1,7 Eclaircies; pluie la matinée par intervalles; pluie de midi 15 à 40 et de 14 h. 40 à 15 h. 20.
- Dimanche 19 8«,0 N. N. E. 3. Nuageux. 4,0 Nuag. le matin ; couv. le soir.
- OCTOBRE 1902. - SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 OCTOBRE.
- Mardi
- Mercredi
- Jeudi
- Vendredi
- Dimanche
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les.flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre A l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Le 11 octobre, dans la matinée, une secousse de tremblement de terre a été ressentie à Blida. Les oscillations semblaient aller de l’ouest à l'est ; il n’y a eu aucun accident à signaler. Ce phénomène sismique a été précédé d’un coup de vent soudain.
- Le 19 octobre, il y a eu des secousses de tremblement de terre dans le sud-est du Teuessee et le nord-ouest de la Géorgie, aux Etats-Unis.
- lin cyclone en Ctrèce. — Le 18 octobre, un cyclone a renversé plusieurs maisons et causé de grands dégâts à Gastonni, en Grèce. A la même date, un orage d’une grande violence a sévi sur Athènes.
- pluie, lia température. — Les pluies ont été générales pendant la‘ semaine. Le 13 octobre, on a recueilli 29 mm d’eau au Puy-de-Dôme, 21 mm au Mans, 2 mm à Lyon. Ce même jour, la température a été, dans la matinée, de 5° à Paris, 7® au mont Vfentoux, 3° au Puy de Dôme,
- — 3° au Pic du Midi; à Paris, la température moyenne a été de 12°,4, supérieure de 1°,8 à la normale. Le 14 octobre, il est tombé 3 mm d’eau à Brest et 5 mm à Cherbourg. On a noté, à Paris, une température de 8° dans la matinée; la température moyenne a été de 10°,3 et le maximum de la journée a été de 17°,3. Le 13 octobre, on a signalé une violente tempête dans le nord de l’Irlande, et une autre dans la mer Baltique. En France, on a recueilli 6 mm d’eau à Sicié, 5 mm au Mans, 4 mm à Brest. 4 mm à Paris, 11 mm à Charleville, 26 mm à Grisnez, 12 mm à Rochefort, 10 mm à la Hague. Le 16 octobre, les pluies ont été générales en France et accompagnées de violents orages par places. A Paris, la pluie est tombép en abondance vers 5 heures et le tonnerre a grondé à plusieurs reprises. Les 17 et 18 octobre, pluies générales également. A Paris, le 17, la température moyenne a été de 7°,4, inférieure de 2°,4 à la normale ; il y a eu un minimum de 3°. Le 18 octobre, on a recueilli 8 mm d'eau à Besançon, 4 mm à Paris, 3 mm à Biarritz, 1 mm à Marseille. Le 19 octobre, il a plu à Boulogne (2 mm), à Cherbourg (2 mm) et à Biarritz (3 mm).
- PHASES DE LA LUNE ; P. L. le 17 à 6 h. 10 m. du matin.
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- 1536 (Ier nooemJjre 1902), du journal «LA MATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur eu chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —#— La Conférence internationale pour la lutte contre la tuberculose a tenu à Berlin, le 23 octobre, sa première séance solennelle. Pour mieux marquer l’importance de cette réunion des délégués de seize nations venus de tous les points du globe, les pouvoirs publics avaient mis à la disposition du comité international le nouveau palais du Landtag tout entier. Parmi les délégations étrangères, celle de la République française était la plus nombreuse et la plus remarquée. Elle se composait de MM. Brouardel, Landouzy, .Noeard, Le-tulle, Ardoing, Calmette, Léon Petit, Sersiron, Derecq, Dumarest, P. Courmont, de Lavarenne, Fuster, etc. Aussi, c’est au milieu d’une attention générale que, le premier des étrangers présents, M. le Dr Brouardel, a exposé, en quelques mots, l’état actuel de la lutte antituberculeuse en France et dit que, au nom de M. le Président de la République, il est chargé d’inviter les membres de la Conférence internationale au grand Congrès de la tuberculose, qui se tiendra à Paris au mois d’octobre 1904. Cette invitation a été accueillie par des applaudissements unanimes.
- —H— Le 31 octobre, éclipse partielle de Soleil en partie visible à Paris : grandeur de l’éclipse le diamètre solaire étant 1 : 0,696. L’éclipse est visible dans l’Europe orientale et en Asie. A Paris, le soleil se lève éclipsé à 6h 45m et l’éclipse finit à 6h 54m.
- —®— D’après les dernières nouvelles reçues de Fort-de-France, la mission Lacroix a parcouru la zone dévastée par les diverses éruptions du Mont Pelé, et a poursuivi ses investigations scientifiques sur une étendue de 8 kilomètres au sud et de 4 et 5 kilomètres au nord. La mission n’a relevé aucune tra’ce de nouvelle fissure. Elle a suivi la crête du cratère qui forme une cavité irrégulière, et de 150 mètres de profondeur. Au centre de cette cavité il s’est formé un cône de roche compacte, dépassant le sommet de la montagne et sillonné de fissures. Il s’en échappe en tous sens des poussées explosives de vapeur et de gaz sulfureux qui déterminent de violents éboulements. La zone du littoral, au nord et à l’est, est intacte. Elle n’en a pas moins été évacuée par mesure de précaution. Deux postes d’observation vont être en mesure de fonctionner.
- II est difficile dans les courses d’automobiles de chronométrer exactement la durée exacte du parcours. Il y a toujours une petite erreur personnelle. D'après la France automobile, M. Louis Mors aurait tourné la difficulté par un système simple expérimenté à A’ice avec succès. On parvient avec un seul chronomètre à saisir exactement les temps de départ et d'arrivée. Un fil de coton tendu en travers de la route au départ et un semblable à l’arrivée est chaque fois coupé par la voiture. Au départ, la coupure du fil établit le passage d’un courant électrique qui met en mouvement la trotteuse du chronomètre. A l'arrivée, la rupture du fil interrompt le courant et la trotteuse s'arrête. Un employé n’a plus qu’à lire le temps marqué par la trotteuse.
- —D’après des dépêches de Guam on a perçu dans cette ile 180 secousses sismiques le 25 septembre. Plusieurs bâtiments ont été détruits. A Tillis, le 4 octobre, à 21130 du matin, trois secousses violentes se sont produites. A New Marghilan (Ferghana), le 6 octobre dans l’après-midi, il y a eu un tremblement de terre qui a duré deux minutes.
- —®— Le poids atomique de l’uranium a été mesuré de nouveau par M. W. Ricliards et Merigold, qui rendent compte de leurs expériences dans les Proceedings de l'Académie américaine des arts et des sciences. En 1886, Zimmermann avait trouvé la valeur 239,59 ; mais sa méthode semble devoir conduire à un chiffre trop élevé, car elle est basée sur la préparation d’un sous-oxyde pur et sa conversion en un oxyde supérieur, et il est difficile d’obtenir l’oxyde inférieur exempt de gaz occlus et aussi de réaliser une oxydation complète.
- Le bromure uranien choisi pour leurs expériences par MM. Richards et Mérigold présente de grandes difficultés de préparation et de manipulation, néanmoins les auteurs ont triomphé de ces difficultés et le. chiffre qu’ils trouvent 238,53 aurait de grandes chances d’être exact.
- —®— M.M. A. H. Wliite et A. T. Traver de l’Uniyersilé de Michigan ont fait sur les manchons des becs à incandescence quelques expériences qu’ils décrivent dans le Journal of the Society of Chemical Industry. La température d’un manchon serait de 1500°-1600°, dans les conditions normales. Contrairement à l’avis de MM. Le Chatelier et Nernst, les auteurs estiment que cette haute température n’est pas ce qui donne aux manchons leur grand pouvoir éclairant et leur rendement lumineux considérable. Ces qualités seraient plutôt dues à la présence d’une petite quantité d’oxyde de cérium. De tous les corps connus l’oxyde de cérium est celui qui transforme le plus économiquement la chaleur en lumière. Ainsi un des manchons essayés, composé uniquement d’oxyde de thorium, n’émettait à 1510° que 1,2 bougie, alors qu’un autre qui contenait une petite proportion de cérium donnait 15,7 bougies, bien que sa température ne fût que de 1404°. Ces résultats ne sont, au fond, que ceux auxquels avait été conduit M. Auer lui-même dans ses longues et patientes recherches.
- —®— Le timbre de 15 centimes doit subir prochainement une double modification qui portera à la fois sur sa couleur et sur la disposition de l’écusson où est inscrit le chiffre 15. La couleur adoptée pour ce timbre sera plus accentuée. Au lieu d’être brique clair, le timbre sera brique foncé. Le mot « Postes » sera placé en haut sur la lisière du timbre. Il n’est pas question de modifier la figure de la femme assise, ni l’inscription : « Droits de l’homme » qui est gravée dans le cartouche qu’elle tient sur les genoux. La nuance vert clair du timbre de 5 centimes, qui a été jugée trop pâle également, va être un peu plus accentuée.
- —®— M. Stanley Spencer, l’aéronaute anglais, a fait, le 20 octobre,. une autre ascension, dans son ballon dirigeable. Parti de Blackpool à 9h 50, il est descendu à 40 kilomètres plus loin, après de nombreuses évolutions, et en marchant contre un vent contraire. Il n’a pu se diriger pour revenir aq point de départ.
- —®— Quels sont les effets des inhalations d’oxygène en ballon? Dans une communication faite devant la Société française de navigation aérienne, M. Suring rend compte de son ascension avec M. Berson, ascension au cours de laquelle fut atteinte la hauteur de 10 800 mètres. Au point de vue physiologique, on peut distinguer trois périodes : durant la première période, l’excitation dépasse de beaucoup le phénomène du mal de montagne dû au manque d’oxygène; la seconde période, et la plus dangereuse, est celle de confusion : l’inhalation systématique d’oxygène produit une excitation poussée jusqu’à la confusion et les aéronautes, ordinairement de sang-froid, peuvent être conduits aux actes les plus éminemment dangereux. Enfin, survient l’état d’énervement : les notes sont écrites d’une façon illisible; les yeux refusent leur service, le plus léger exercice détermine une faiblesse extrême et finalement tout l’organisme succombe victime d’un besoin insurmontable de sommeil. Tous ces inconvénients peuvent être palliés dans une certaine mesure, moyennant de grandes précautions. L’aéronaute évitera les exercices, les causes d’excitation, dormira suffisamment, se soumettra à des inhalations mieux réglées et commencées plus tôt d’oxygène, et se protégera suffisamment contre le froid.
- —Dé récents essais faits par le destroyer Star, en Angleterre, semblent établir que les quilles latérales de ces bâtiments diminuent les,roulis sans en diminuer la vitesse d’une manière appréciable. En conséquence tous les bâtiments de cette classe vont être pourvus de quilles latérales.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis* — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La sténo-dactyle Lafaurie, machine à sténographier,se trouve 29, rue Jean-Jacques Rousseau, Paris. —: Pour la bicyclette de côtes « La Svea », s’adresser à M. Floquet, 5, rue de Choiseul, à Paris. — Fabricants de jouets : MM. Foucault, 34, rue de Sablonville ; Mougin, 109 bis, boulevard Ménilmontant ; Posseman, 11, rue de Douai; Sertet, 57, rue Bayen, à Paris; Gosselin, 40, rue des Sablons, à Puteaux; Houlet, 7, rue d’Anjou, à Asnières; Gavarny, 71, rue du Cardinal-Lemoine; Top, 16, nie Saint-Sabin; Vigneron, 28, rue Fontaine-au-Roi ; Porcher, 76, rue des Rigoles; Chasles, 7 bis, rue du Louvre, à Paris.
- Communications. — AI. Maranne, à Saint-Saturnin, nous écrit : « Je viens de lire un article de M. A. Aimé dans le n° 1534, du 18 octobre 1902, sur la Noctuelle du Frêne. L’auteur faisait remarquer que l’année 1902 avait été féconde en insectes de toutes sortes. Je suis de son avis et apporte en preuve le fait suivant : Il y a environ deux mois, je me dirigeais vers une petite ville de la localité dont le bord de la route, avant d’entrer dans le bourg, était planté de peupliers. Il venait de pleuvoir. En passant sous les arbres, je m’aperçus qu’une grande quantité de petites masses blanches jonchait le sol, sur le bord de la route, sur l’écorce des peupliers, sur les herbes du fossé, etc. Je crus tout d’abord que c’étaient les fruits cotonneux du peuplier que la pluie venait de faire tomber. Mais, en regardant de plus près, je ne fus pas peu surpris de constater que c’était une multitude de papillons blancs d’un genre voisin du Bombyx et que, sans doute, la pluie fine qui venait de tomber avait fait glisser de sur la feuille des peupliers. Il eût été aisé, à ce moment, de détruire ces nuisibles lépidoptères qu’une pluie libératrice avait troublés dans leur oeuvre de destruction. »
- AI. P. Pallary, à Paris, nous fait parvenir une brochure intitulée : Le canna et ses variétés horticoles, dans laquelle il examine, d’une façon détaillée et pratique, l’historique du canna ou balisier, sa plantation, sa culture, etc. La brochure est publiée par la Librairie Horticole, à Paris. Prix : I fr.
- AI. G. Gibault, à Paris, nous envoie une brochure intitulée : Les noms de lieux habités qui tirent leur origine du règne végétal, et publiée par la Librairie Horticole.
- Renseignements. — AI. Perriquet, à Birtouta. — 1° Les machines appelées « commutatrices » ont pour fonction de transformer le courant continu en courant polyphasé et vice versa. — 2° Votre projet nous paraît un peu compliqué pour une si petite installation.
- M. Rollin, à Orléans. — La Compagnie continentale Edison a son siège social 28, rue de Chàteaudun, à Paris.
- AI. le P Chaume, à Sathonay. — Nous avons cherché, mais ne retrouvons pas l’article que vous citez. Ne pourriez-vous nous donner la date, même approximative, de la publication de cet article?
- AI. J. Sonnet, au Fournay. — Le meilleur moyen de connaître l’industriel qui désirerait utiliser votre source jour et nuit, est de faire un peu de publicité.
- M. Dupont, à Toulouse. — La distribution électrique est faite à Paris à 5 fils par la Compagnie parisienne de l’air comprimé et par la Société du secteur de la place Clichy, chacune dans le réseau qui lui a été concédé.
- M. Jean Manca, à Sakiet-Sidi-Joussef (Tunisie). — L’adresse que vous demandez est la suivante ; Librairie J. Victorion, 4, rue Dupuytren, Paris.
- AI. A. F. da Roza Moreira, à Itajahy. — Médecin spécialiste : M. Albarran, 63, rue de Varenne, à Paris.
- M. D. L., à Paris. — Vous trouverez des jouets de ce genre-chez MM. Heller, Coudray et Cie, 18, cité Trévise.
- M. Dumont, à Aix. — Consultez les Recettes de VElectricien^ par E. Hospitalier, à la librairie Masson et Cie.
- AI. le baron de F., à Vernon. — Nous pensons que le moyen le plus simple de transformer cette quantité d’hydromel en vinaigre est d’avoir un baril de vinaigre, de soutirer du vinaigre de temps à autre, et de remplacer chaque quantité de vinaigre soutirée par une quantité égale d’hydromel. Laisser le temps nécessaire à l’hydromel de se transformer en vinaigre.
- AI. E. D., à Louvain. — Nous n’avons jamais pu avoir l’adresse exacte de M. Grüno de Londres.
- Un lecteur, à Vincennes. — Nous avons décrit de nombreuses installations de tramways électriques avec toutes les-explications nécessaires. Il existe également des ouvrages sur la traction électrique à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, et à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. Mais pour bien comprendre toutes ces questions, il faut les étudier tout spécialement.
- Atm“ E. Mignet, au château du Pinier. — Nous pouvons vous indiquer les semelles hygiéniques suivantes : M. A. Faës, 141, rue Saint-Martin; MM. Salmon et C‘% 97, rue de la Folie-Méricourt; MM. Verdier et Leredu, 25, rue Palestro, à Paris.
- M. L. Chevrier, à Reims. — Nous avons parlé des explorations souterraines, à 1200 mètres, à Flénu, en Belgique, dans le n° 996, du 2 juillet 1892, p. 70. Nous avons aussi publié un article sur la profondeur des puits de mines dans le n° 1130, du 26 janvier 1895, p. 130.
- AI. A. E., à Enghten. — M. L. Arnoult, mécanicien, 2, rue Bâillon, à Paris (14e), possède un petit moteur, avec chaudière timbrée à la pression de 5 kg par centimètre carré, et ayant à peu près la puissance que vous demandiez.
- AI. le Dr A. Angeley, à La Ferté-Gaucher. — Comme spécialité de fermetures inviolables, nous pouvons vous indiquer la maison Gastaldi et Cie, 64, rue Saint-Antoine, à Paris. Nous-n’avons pas publié d’articles sur cette question.
- M. Ch. Goutté, à Bethel. — Nous faisons des recherches et nous vous répondrons ultérieurement.
- M. Lerant, à Blois. — Adressez-vous à la Société internationale des Electriciens, 44, rue de Bennes, à Paris.
- A1. J. M., à X. — Il faut consulter une agence de brevets et bien expliquer le cas tout particulier dans lequel vous vous trouvez.
- M. Danbar, à Nancy. — L’analyse seule du produit peut vous en indiquer la composition exacte.
- Al. H. Baudry, à Neuilly-sur-Seine. — A notre grand regret, nous n’avons pas d’autres renseignements et nous ne pouvons vous indiquer où en trouver.
- AI. Leroy, à Paris. — 1° Office de publicité, 9, rue de Fleurus. — 2° Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. P. F.,.à Paris. — Nous avons déjà publié la description de cette machine; remerciements.
- M. Senez, à Montauban. — Il faudrait nous indiquer la hauteur que vous désirez donner à l’appareil.
- AI. Bruart, à Arcachon. — L’éclairage à l’acétylène peut être très utile dans le cas que vous signalez.
- Réponse. — N° 1257. — Pour conserver les filets de pêche le meilleur procédé est de les imbiber d’huile collan. Quelques heures après avoir été huilés, les filets sont secs et se conservent admirablement. Avant chaque campagne, on huile à nouveau et les filets sont à l’abri de l’influence .destructive de l’air et de l’eau, même de l’eau de mer. L’huile collan est fabriquée à Stockholm par M. T. Olsen, avec des plantes spongieuses, poreuses et résineuses, originaires des zones tropicales et découvertes par lui au cours de ses voyages. Cette huile a reçu une médaille de bronze à l’Exposition de 1900. L’adresse de M. T. Olsen est : Kungsgatan, 34, à Stockholm. (Communiqué par M. Quais, professeur au lycée de Vilna, Russie.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — AI. Leroy, à Nantes. Nous avons reçu votre Note; mais il nous est impossible de traiter ces questions. — AI. LeLart, à Nancy. Il nous semble que dans vos calculs vous avez omis de multiplier par le nombre d’heures. — M. G. R., à Paris; M. Lebègue, à Paris; AI. Ranfort, à Versailles. Consultez les Recettes et procédés utiles, lro série, à la librairie Masson et C!e. — AI. Chantot, à Lille. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — M. D. R., à Paris: Al. J. Duvaux, à Lyon. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux leltres » la Hédaclion accueille les faits intéressants qui I n sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scieutifi nies, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. —41 n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INVENTIONS1
- Allumoir. — Le petit allumoir que nous présentons à nos lecteurs peut être très utile en de nombreuses circonstances. Il est très simple et d’un fonctionnement à toute épreuve. Il consiste en une spirale de platine A placée à la „ partie supérieure et faisant partie d’un circuit électrique desservi par deux piles Leclanché. En appuyant sur le bouton C, la spirale devient incandescente. À ce moment, on sort l’allumette B, qui consiste en un tube métallique renfermant une mèche, et qui est plongée dans un cylindre contenant au fond de l’essence minérale. On approche la mèche à un millimètre de la spirale, et aussitôt elle s’enflamme. On a soin de n’employer que de la bonne essence minérale; une goutte sur du papier blanc doit s’évaporer en moins d’une minute sans laisser de trace. On verse cette essence doucement dans le récipient et on s’arrête dès qu’une goutte s’échappe d’un trou de sûreté qui est sous le crochet. L’ensemble de l’appareil est placé sur une planchette et peut être accroché le long du mur. — L’allumoir se trouve chez M. Albert Marquer, constructeur électricien, Allumoir électrique. 31, rue Marcadet, à Paris (XVIIIe).
- Fabrication électro-mécanique d’instruments de coutellerie. — Fabriquer un couteau est un travail long et délicat. La barre de fer en acier qui constitue la matière première passe successivement entre les mains du marteleur, for-geur, limeur, perceur, émouleur, etc., tous habiles ouvriers, et qu’il faut rétribuer en conséquence. Supprimer tous ces procédés et tout ce personnel, et réaliser la fabrication par une suite de deux ou trois opérations seulement; conduites par des ouvriers inexpérimentés et peu nombreux, tel est le progrès que réalise M. Mischko, dont les procédés vont être exploités sous peu, d’après The Electrical Age, dans une usine que l’on construit à INewcaslle. Ordinairement avant d’aiguiser et de polir une lame, on commence par lui donner sa forme. M. Mischko, lui, n’opère que sur des barres de fer préalable-
- ment rodées et polies, et ces barres ne donneront lieu à aucun déchet, car la matière qui les compose se retrouve tout entière dans les instruments fabriqués. Une barre de fer de longueur convenable est placée à l’intérieur d’une chambre voûtée en acier, entre deux rangées de matrices disposées comme le montre la figure 1. On ferme la chambre hermétiquement et l’on y fait le vide. Puis on fait passer un courant électrique dans la barre aux extrémités. de laquelle ont été fixés deux fils qui la relient à un appareil générateur d’électricité. La barre est bientôt portée au rouge. A ce moment les matrices entrent en action ; une série de presses hydrauliques A, A situées derrière les matrices, les appliquent d’un coup contre la barre qui prend aussitôt aux endroits comprimés la forme I représentée dans la figure 2. Une seconde série de presses articulées aux matrices dont les extrémités sont munies de roulettes forcent ces roulettes à gravir la rampe de la paroi
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nou-veües scientifiques est étrangère aux annonces.
- voûtée. Les matrices dans le mouvement tournant qu’indiquent les figures 2, 3, 4, 5, compriment de plus en plus la barre et lui donnent finalement la forme 6. On remet tout en place et l’on ouvre la chambre.
- En place de la barre il y a maintenant une série de lames brillantes entre lesquelles un mécanisme spécial a marqué des traits de séparation. Les lames sont restées polies à cause du vide qui régnait dans la chambre.
- Pour durcir ces lames on les remet dans la chambre et l’on substitue aux matrices deux mêmes pièces métalliques qui peuvent s’adapter de part et d’autre et très exactement sur les lames, dans ces pièces circule un mélange réfrigérant. Le courant passe et à la température critique les pièces se rejoignent, emprisonnent la barre et la trempent si également qu’il ne peut se produire de gondolage ni de fissure. Enfin pour « finir » les lames on leur donne quelques passes légères à une meule spéciale refroidie par un courant d’eau afin que la trempe ne s’altère pas. Les détails sur la valeur économique du procédé nous manquent.
- Fig. 2, — Mouvements des matrices.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Un nouvel épilatoire.
- L’eau oxygénée est d’un emploi plus courant dans la boutique des coiffeurs que dans les salles de pansement de nos hôpitaux. Agent hémostatique et désinfectant de premier ordre, il est aussi un agent décolorant des plus intenses. Une chevehu’e d’un brun intense, ou d’un châtain foncé passe, au bout de quelques lavages au blond vénitien le plus pur, la couleur à la mode pour nom--bre de nos mondaines. Cette teinture nouvean genre a pris une telle extension, qu’un de nos meilleurs auteurs dramatiques en a stigmatisé l’usage en disant qu’on ne voyait plus de femmes aux cheveux blancs.
- L’eau oxygénée agit sur le pigment du poil en le décomposant, le diétruisant: le noir, le brun disparait, le cheveu prend une teinte jaune et l’on a, comme sous le Directoire, pèrruque blonde et collet noir. Le malheur, c’est que l’eau oxygénée ne modifie pas seulement la couleur du cheveu; elle en altère la structure, et elle diminue plutôt qu’elle ne stimule la pousse des cheveux. Nos belles dames, quand elles emploient trop fréquemment le bioxyde d’hydrogène, risquent donc d’accélérer la venue d’une calvitie fort désagréable.
- Cette action délétère de l’eau oxygénée sur ces poils vient d’être mise à profit, d’une façon très heureuse, par le Dr Gallois comme moyen épilatoire. Les pâtes épilatoires sont souvent irritantes ; l’épilation par des moyens mécaniques, par l’électro-lyse est longue et douloureuse. L’eau oxygénée permet de supprimer sans danger et sans désagrément le duvet trop accentué d’une lèvre féminine.
- Le procédé est des plus simples : imbibez un peu d’ouate avec l’eau oxygénée, appliquez ce tampon pendant quelques minutes sur la région à épiler. Pendant cinq, six, huit jours, renouvelez, au moment de vous mettre au lit, cette petite opération. Vous verrez alors les poils pâlir, se décolorer, ne plus figurer qu’un duvet presque imperceptible, et enfin les poils se casser et disparaître.
- Attendez, il y a un petit aléa; le poil disparaît; mais, au bout de quelque temps, il repousse. Eh bien ! vous n’avez qu’à reprendre vos applications d’eau oxygénée et le poil tombera à nouveau. C’est simple et la peau n’en souffre pas. Dr A. C.
- Des abus de la cocaïne.
- Aujourd’hui, pour le moindre rhume de cerveau, on trouve chez tous les pharmaciens des poudres ou pommades à nom plus ou moins bizarre, mais toutes à base de cocaïne. Cet alcaloïde
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- n sur la muqueuse du nez un effet vaso-constricteur et anesthésique qui soulage rapidement; l’enchiffrènement est diminué, l’écoulement tari au bout de quelques minutes, le coryza a disparu en un rien de temps.
- Le malheur c’est que la cocaïne n’est pas un agent inoffensif : c’est un alcaloïde toxique et qui agit à la longue absolument comme la morphine. Certains malades atteints de morphinomanie ont été traités par la cocaïne, ils sont tombés de Charybde en Scylla, et sont devenus cocaïnomanes : ils n’ont rien perdu au change. Notez que l’usage intempestif de ces poudres à priser, de ces pommades, devient un réel danger; à la longue on s’habitue à la cocaïne, l’effet désirable n’est obtenu qu’avec de plus fortes doses, et, petit à petit, on arrive à absorber des quantités prodigieuses qui amènent sur la santé générale des effets déplorables.
- La cocaïnomanie, qu’elle dérive d’une cause ou d’une autre, a des effets à distance et comme pour tous les poisons du système nerveux, opium, morphine, éther, alcool, l’intoxication atteint le sujet dans sa descendance. Les enfants d’alcooliques — c’est hélas! une vérité qu’on crie sur les toits sans convaincre les malheureux inclinés à ce vice — subissent l’intluence de cette tare de l’organisme ; ils naissent malingres, souffreteux, et,
- quand ils ne meurent pas jeunes de méningite ou de convulsions, ils deviennent des idiots ou des épileptiques, à la charge de la société.
- 11 en est exactement de même pour la cocaïne et la preuve en a été fournie-récemment par le I)r Marfan. Appelé à soigner un enfant atteint d’idiotie, il cherche vainement la cause de cette infirmité. Mais en procédant à une enquête approfondie, il apprend que le père, un peu nerveux, avait plusieurs années auparavant, contracté l’habitude de la cocaïne à l’occasion d’un rhume un peu rebelle. L’habitude était devenue passion, manie, et il était arrivé à prendre jusqu’à 5 grammes par jour de cocaïne, était devenu obèse, névropathe, avec crises nerveuses graves; c’était un malade profondément atteint. Or les deux enfants qu’il avait eus depuis le début de sa fatale passion étaient atteints par cette tare organique sous la forme d’idiotie et de microcéphalie. Les enfants qu’il avait eus auparavant étaient en bonne santé.
- Et voilà le bilan d’un médicament donné et pris sans discernement : un père infirme, deux enfants dégénérés et infirmes aussi. Et s’il n’y avait que les cas épars du cocaïnisme; mais avec la morphine et surtout l’alcool ces exemples sont légion.
- D" A. Cautaz.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 octobre . . 9°,9 S. S. W. 5. Très nuageux. » Rosée ; éclaircies à 6-7 h. ; couvert le reste du temps ; pluie ou gouttes de 9 h. à 16 h. Couv. jusqu'il 8 h. ; puis nuag.; beau après 17 h. ; puis très n. ap. 21 h. ; pl. de 4 h. 43 à 5 h. 43; halo lunaire. Beau de 4 A 9 h. ; très nuag. le reste du temps; pluie de D h. a 0 h. 23 et de 13 h. 40 à 14 h. 30.
- Mardi 21 11",4 N. W. 4. Couvert. 4,8
- Mercredi 22 4°,3 S. 3. Beau. 1.1
- Jeudi 23 7°,1 N. N. W. 3. Très nuageux. 1,0 Rosée; nuag. jusqu’à 17 h.; beau ensuite; halo lunaire.
- Vendredi 21 2°,1 N. E. 2. Peu nuageux. )> Peu nuag. de 7 h. à 10 h. ; beau avant et après; brouill. le matin de 130 mètres à 7 11.; gelée bl.; halo solaire. Nuag. à 15 h. ; beau avant et après ; brouillard sur la Marne à 7 b.; gelée bl.; petit brouill. dans la soirée.
- Samedi 23 1°,1 N. 2. Beau.
- Dimanche 26 0U,1 Calme. Couvert. )> Très nuag. ; gelée ; brouill. le matin de 30 mètres à 9 h.
- OCTOBRE 1902. - SEMAINE DD LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 OCTOBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10, les flèches inférieures, la direc'ion du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, Ihemnomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Tremblement tle terre en Italie. — Une légère secousse de tremblement de terre a été ressentie à Rome le 23 octobre, dans la matinée, à 9h 51. Une secousse de tremblement de terre a eu lieu également le même jour à Yelletri, à Citta-Ducale, à Terni et principalement à Rieti, où la panique a été très grande.
- E.a pluie. — La pluie est encore tombée en abondance en France et à l’étranger. Le 20 octobre, les pluies sont tombées sur le nord-ouest de l'Europe ; en France, on a recueilli 16 mm d’eau à Cherbourg, 13 mm à Dunkerque, 5 mni à Paris, 2 mm à Bordeaux. Le 21 octobre, les pluies se sont abattues sur le nord-ouest et le centre de l’Europe ; en France, il a plu
- à Besançon (10 min), à Limoges (5 mm), à Biarritz (2 mm), à Paris (l mm). Le 22 octobre, les pluies sont tombées sur l’ouest et le sud du continent ; à Rome, la pluie qui est tombée, dans la nuit du 22 au 23 octobre, a fait écrouler 30 mètres de l'ancien mur d'enceinte de la place Saint-J eau-de-Latran. On a recueilli 16 mm d'eau à Dunkerque, 8 mm à Besançon, 1 mm à Paris. Le 23 octobre, une violente tempête au nord-est a sévi au Puv de Dôme et au mont Mounier, où elle a été accompagnée de neige ; des pluies sont tombées sur le nord-ouest de l’Europe, ainsi qu’à Besancon (2 mm) et à Lyon (1 mm). Le 21, le temps a été beau et froid ; on a note le matin les premières gelées de la saison dans le nord-est et le centre de l’Europe. Le 25, pluies en Angleterre, dans le sud de l'Europe et en Algérie.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 23 à 11 h. 7 m. du soir.
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- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- Les 29, 30 octobre et le 3 novembre, au moment du crépuscule, le ciel, sur toute k région ouest de Paris, s’est illuminé d’une coloration rougeâtre d’une telle intensité que les Pari--siens ont cru à un incendie. Le phénomène a probablement pour origine l’extrcme humidité des basses régions atmosphériques.
- —8— L’année aura été particulièrement riche en manifestations sismiques. Les volcans de l’Amérique centrale à leur tour sont entrés en activité. Le volcan deMomotombo, sur le lac de Managua, était en pleine éruption le 25 octobre. L’éruption s’est principalement localisée à la bouche de Santa-Maria ; elle a été accompagnée de grondements terribles et de secousses de tremblements de terre qui ont été ressenties dans le Nicaragua, le Salvador et le Costa-Rica. Le 28 octobre, à 5 heures du matin, de violentes détonations ont été entendues au. loin. On a abandonné les villes, les villages et les plantations en arrière de Santa-Maria. Le volcan de Santa-Maria fait partie du groupe des trois volcans isolés de Quezaltenango, au Guatemala. €e volcan, l’un des plus majestueux de l’Amérique centrale, s’élève à 3500 mètres au-dessus du niveau de la mer voisine. A Quezalte-nango, le sol a été recouvert d’une épaisse couche de matières volcaniques. Les riches plantations de café du littoral disparaissent sous les cendres et le soufre. Une autre éruption a été signalée dans le département de Tempator.
- —8— On vient d’inaugurer dans les locaux de la Bourse du Commerce un f'rigorifère ou grande resserre destinée à la conservation par le froid des denrées et des aliments. La resserre a un volume de 4000 mètres cubes, et l’installation est à deux étages. Ce frigorifère, projeté depuis longtemps, sera d’une grande utilité pour éviter, pendant les chaleurs, la corruption et la perte des matières alimentaires. Le matériel du nouveau frigorifère parisien comprend deux machines frigorifiques à ammoniaque dé 60 chevaux chacune ; l’air froid y circule sur 800 mètres de tuyaux frigorifiques. Enfin deux groupes électrogènes de 40 chevaux chacun éclairent l’installation et mettent les pompes et les machines accessoires en mouvement.
- —#— La Municipalité de Nice et l’Administration des Ponts et Chaussées ont procédé dernièrement à des essais de goudronnage sur la route de Villefranche et la rue de la République qui ont donné d’excellents résultats ; ils vont probablement être étendus à la Promenade des Anglais, au moins dans le voisinage du Pont-Slagnan. Les défauts du goudronnage ont été corrigés par un certain mélange dans lequel entre la térébenthine, le séchage se produit plus rapidement et la Surface goudronnée n’est plus glissante.
- —8— Le ballon dirigeable à deux hélices, que MM. Paul et Pierre Lebaudv ont fait construire par M. Surcouf, a procédé lundi, sur la place de Moisson (Seine-et-Oise), à des expériences avec stabilisateur. L’aérostat était commandé par M. Surcouf, accompagné par l’ingénieur Julliot. Les expériences semblent'montrer la parfaite stabilité de route de l'appareil à toutes les allures. Les essais vont continuer méthodiquement, d’après un plan arrêté par les expérimentateurs, plan dont l’exécution est entamée depuis une douzaine de jours. La particularité de cet aérostat est d’être plat à la surface inférieure du ballon qui porte un cadre rigide en acier : ce dispositif est pour transformer le dirigeable en aéroplane en cas de descente précipitée. Ce dirigeable a 59 mètres de long, 11 mètres de diamètre; le poids de l’enveloppe est de 444 kilogrammes; la nacelle mesure 5 mètres, porte 3 voyageurs et un moteur de 40 chevaux. Les plans de ce dirigeable ont été établis par don Simoni, un inventeur corse, qui les a vendus à MM. Lebaudy.
- —8— M. de la Vaulx a fait récemment un nouveau voyage aérien. Parti de l’Aéro-Club, à Rueil, il a atterri, après une nuit et un jour en ballon, dans un petit village de la Nièvre.
- —®— On vient de signaler eneore de Palmas (Canaries) un tremblement de terre ressenti à Agaète le 29 octobre, à 7h 54 du soir. Les habitants, pris de peur, ont quitté leurs demeures.
- —8— Un essai effectué par M. Kraukoff, et exposé par M. Nogier, au dernier Congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, tenu au mois d’août dernier, à Montauban, a permis de retrouver un phénomène intéressant et susceptible de donner naissance à une pile nouvelle : c’est l’altération de l’aluminium à l’air après amalgamation appréciable. L’oxydation persiste dans l’eau, et donne lieu à une formation d’alumine, qui se dépose, et à un dégagement d’hydrogène. On peut recueillir, entre le charbon plongé dans l’eau et la lame d’aluminium soumise à l’oxydation, une force électromotrice d’environ 1,3 volt à vide. L’addition de chlorure de sodium à l’eau active l’oxydation, et la force électromotrice à circuit fermé peut atteindre 2 volts. On voit quelle simplicité préside à la réalisation de cette pile, simplicité à laquelle elle joint l’avantage pratique d’être sans danger, puisqu’elle n’emploie aucun élément toxique.
- —®— Le câble transpacifique anglais, la ligne télégraphique de Vancouver à Queensland, vient d’être complété. Jusqu’à ce jour, un télégramme du Canada à l’Australie devait passer par l’Europe et le canal de Suez, et subir une douzaine de transmissions dans des stations appartenant à divers pays. Il va maintenant de Vancouver à Queensland avec trois transmissions seulement. Une grande ligne télégraphique anglaise fait actuellement le tour du globe, et le câble n’atterrit que sur territoire anglais, sauf à Madère et Saint-Vincent.
- —8— On a procédé dernièrement, à Bordeaux, au lancement du bateau-phare Dunkerque, construit par les chantiers Dvle et Bacalan pour le compte de l’Etat. Le Dunkerque est semblable au Sandettie, mis à l’eau il y a quelques mois. Voici les principales caractéristiques de ce bateau-phare qui réalise les derniers perfectionnements : longueur à la flottaison, 35 mètres; largeur, 6m,24; creux, 5m,10; tirant d’eau en charge, 4m,600; déplacement, 342 tonneaux 568. Un mât militaire, au sommet duquel se trouve le phare, occupe le centre du navire.
- —®— Les brouillards atteignent à Londres en ce moment une telle intensité que l’on est obligé d’avoir recours à un éclairage supplémentaire exceptionnel dans quelques quartiers. Westminster possède maintenant en réserve des lampes spéciales qu’on dispose dans les carrefours fréquentés quand les circonstances l’exigent. Elles sont formées essentiellement d'un gros réservoir rond qui. peut contenir environ 100 litres de pétrole, ou plus exactement d’essence, et dans lequel on comprime de l’air : on produit ainsi des vapeurs carburées qui montent dans une tige creuse surmontant le réservoir et arrivent à un brûleur, que l’on peut élever à 3 mètres ou à 4m,50 au-dessus de terre, selon les besoins. Ce brûleur donne une flamme dont la hauteur oscille entre'46 et 61 centimètres, et dont l’intensité est de un millier de bougies.
- —8— C’est le lundi 20 octobre dernier qu’a eu lieu, au Jardin colonial dont M. Dybowski est le directeur, l’ouverture des cours de l’Ecole supérieure d’agriculture coloniale. Cette cérémonie, qui avait attiré un grand nombre de notabilités, était présidée par M. Cordonnier, chef-adjoint du cabinet du Ministre des colonies. M. Dybowski a montré l’utilité de la création de cette école, par la raison du nombre croissant des stagiaires qui étaient admis à suivre les travaux du Jardin colonial. Il a remercié ensuite tous ceux qui avaient contribué à sa création : M. Decrais qui avait décidé sa fondation, M. Doumergue qui en a assuré l’organisation et le fonctionnement ; enfin les gouverneurs des colonies qui tous ont répondu à la demande de crédit qui leur avait été adressée par le Ministère des colonies. On sait que les budgets de l’école et du Jardin colonial ne sont alimentés que par les subventions des colonies.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour l’opaline et ses applications, s’adresser à la Manufacture de Saint-Gobain, 3, rue des Saussaies, à Paris.
- Communications. — M. le comte d’Esterno, au château de la Vésove (Saône-et-Loire), à propos de l’article de M. J. Dybowski « Solidarité chez les oiseaux », que nous avons publié dans le n° 1525 du 16 août 1902, p. 176, nous envoie une Note qu’il a déjà fait paraître dans le « Bulletin de la Société d’acclimatation », et qu’il est intéressant de reproduire : « Il y a quelques années, je faisais insérer dans le « Bulletin de la Société d’acclimatation » une communication dans laquelle je conseillais, lorsqu’on avait découvert un nid de buses ordinaires, de s’embusquer dans un endroit convenable, de façon à pouvoir tuer les parents et je recommandais d’épargner soigneusement les jeunes, parce que ceux-ci, une fois privés de leurs auteurs naturels, étaient nourris par d’autres oiseaux de même espèce que l’on pouvait également détruire du même coup. Je ne me prononçais pas sur le genre d’instinct qui faisait ainsi adopter des orphelins par des étrangers; était-ce un sentiment purement charitable, ou bien les oiseaux qui faisaient l’office de parents avaient-ils des droits quelconques et d’une nature particulière sur la couvée désormais isolée? Je l’ignore; toujours est-il que j’avais détruit en quelques jours 4 buses sur le même nid. J’ai été à même d’observer un fait analogue sur la crécelle, variété d’oiseaux de proie très répandue et redoutée dans le Morvan. Le 18 juin 188-4, je découvris dans mon parc un nid de crécelle sur le sommet d’un sapin très élevé. J’y grimpai immédiatement. Le nid contenait 4 petits couverts d'un duvet jaunâtre. Je m’embusquai au pied du sapin et blessai le soir même un des parents que je pus attraper facilement à terre. L’idée me vint alors de prendre le nid et de l’enfermer avec l’oiseau blessé, mais bien vivant encore, dans une cage posée à terre pour attirer le parent restant. Soigneusement caché dans un buisson, je vis planer à des hauteurs différentes 5 oiseaux semblables à celui que j’avais capturé et, dans les 3 jours qui suivirent, je tuai les 3 oiseaux, il résulterait donc de ces deux observations que chez les oiseaux de proie, ou tout au moins chez plusieurs espèces d’oiseaux de proie, les adultes adoptent avec une grande facilité les jeunes de leur espèce qui se trouvent privés de leurs parents par une cause quelconque et assurent ainsi l’existence de la nichée orpheline. »
- M. H. Petiididier, à Remiremont, à propos de l’information que nous avons publiée dans le n° 1531 du 27 septembre relativement à la substance d’une couleur brune analogue à la sépia et extraite de la sauterelle, nous écrit que le Dr Che-vreuse, de Charmes (Vosges), avait déjà emprunté des couleurs aux insectes, il y a une vingtaine d’années; le hanneton entre autres lui procurait une belle sépia.
- M. H. Petitdidier, à Remiremont, nous envoie des notices relatives à un musée industriel, et nous adresse la lettre circulaire suivante, que nous reproduisons : « En 1890 j’ai fondé, au collège de notre ville, un petit musée industriel, et c’est toujours avec ardeur que j’en poursuis l’organisation. Aujourd’hui, grâce aux dons gracieux de nombreux industriels, commerçants ou amateurs, le musée réunit beaucoup de collections comprenant une grande quantité d’échantillons divers. Mais une œuvre comme celle que je poursuis n’est jamais terminée, c’est pourquoi je m’adresse encore et toujours aux amis de l’instruction pour qu’ils m’aident et me permettent de
- réussir à atteindre le but proposé : montrer pour le plus de produits possibles les matières premières ; leurs transformations successives ; et enfin, l’objet terminé. Ce musée est utile non seulement aux élèves du collège, mais il sera, je l’espère, d’un grand intérêt pour tout le monde, car à chaque collection est jointe une notice explicative sur la provenance, la fabrication, etc., de l’objet exposé. Votre industrie a sa place marquée dans le musée du collège de Remiremont; aussi, au risque d’être importun, je viens solliciter votre concours, il nous sera acquis, j’en suis persuadé. Ne pouvez-vous nous adresser des spécimens de votre fabrication, groupés sur un tableau selon ordre successif du travail subi par la matière première, ou disposés en petits paquels numérotés ? Si vous jugiez qu’une notice explicative soit nécessaire, j’abuserais de votre complaisance en vous priant d’en joindre une à l’envoi» Cette notice succincte rendrait claire et pratique la collection que la ville de Remiremont vous demande pour l’instruction des jeunes gens. »
- Renseignements. — M. B., à Château-Gontier. — 1° Broyeurs-concasseurs ï MM. Dalbonze fils, Brachet et 0% 11 , rue du Château à Puteaux (Seine); M. J .-II. Carter, 54 terr rue de Dunkerque ; M. J. Luce, 20, rue de l'Ourcq, à Paris. — 2° Il faudrait consulter un ouvrage sur le pavage des routes ; adressez-vous à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augus-tins, et à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris. — 3° Société « L’Éclairage électrique », 27, rue de Rome, à Paris.
- M. J. Saussié, à Paris. — Un poêle à pétrole dégage des traces infinitésimales d’oxyde de carbone, mais de l’acide carbonique en quantité appréciable; d’où viciation de l’air si l’allumage est permanent. Si dans la pièce, il y a une cheminée ou un trou d’évacuation, nous vous engagerions à adopter le poêle Sépulchre à tuyau qui se vend 80 francs chez M. Félix Minette, 147, avenue Malakoff.
- M. A. Echevarria, à Bilbao. — Au moment où nous en avons donné la description, le plastoscope se trouvait chez M. Tissot, 18, galerie d’Orléans, à Paris.
- MM. Damman et Washer et Cie, à Bruxelles. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés.
- M. B. Mathei, à Saint-Antonin (Tarn-et-Garonne). — 1° Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur le chauffage à l’alcool ; nous avons publié un article dans le n° 1491 du 21 décembre 1901,
- . 35. Le Bulletin de la Société d’Encouragement, 44, rue de ennes, à Paris, a publié un rapport complet de M. Lindet au mois de février 1902.
- M. J. Delisle, à Paris. — 1* Pour bleuir les objets en acier, nous pouvons vous indiquer le procédé suivant : on chaufle une barre de fer; quand elle est rouge, on la place au-dessus d’un vase rempli d’eau. On prend la pièce à bleuir, on la polit avec du papier émeri, on la pose sur la barre de fer, de façon que la partie polie ne touche pas la partie rouge. L’acier s’échauffe et devient bleu; à ce moment, on fait vivement tomber la pièce dans le vase d’eau. — 2° Nous n’avons pas retrouvé le procédé de dorure dont vous parlez.
- M. Ch. Goutte, à Rethel. — Il est probable qu’avec des injections de formol du commerce à 3 pour 100, et en bourrant la pièce de vaseline formolisée, on la conserverait avec son apparence naturelle. Mais nous ne savons pas exactement si l’operation serait suivie d’un tuccès complet.
- M. de Virieu, à Virieu (Isère). — 1° Nous ne pouvons que vous donner l’adresse de M. Taverdon, constructeur mécanicien, 50, avenue des Gobelins, à Paris. — 2° Les turbines hydrauliques de faible puissance sont rares; nous avons seulement décrit la « Chicago-top » dans le n° 950, du 15 août 1891, p. 173. — 5° Chauffage à l’alcool : Société La Continentale nouvelle, 39, rue Lafayette; MM. Descamps et C‘% 2, passage Saint-Sébastien; MM. Fouilloud et C1®, 87, rue de la Roquette, à Paris; M. Brangier, 55, avenue Victor-Hugo, à Boulogne-sur-Seine.
- M. G. Ledient, à Toulon. — Nous vous engageons à refaire l’expérience en mesurant à chaque instant l’intensité dans le circuit extérieur.
- Accusés de réception. — Avis divers. —M. D. R., à Lyon. Nous ne pouvons nous charger de traiter ces affaires ; adressez-vous à un libraire. — M. Dubois, à Nice. Nous prenons bonne note de votre demande, et, dès qu’il nous sera possible, nous vous donnerons satisfaction. — M. L. M., à Paris; M. G. R., à Blois; M. La-lour, à X. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles,
- 4e série, à la librairie Masson et Cio. — M. Lebon, à Paris ; M. D. G-, à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses aboimés, et donne de son mieux tes renseignements qui lui so?it demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientiftpies, mais elle ne s'engage en aucune façon à repondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications.— Il n’est répondu qu'aux lettres repues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Appareil électrique instantané à eau chaude. •—
- Il existe de nombreux appareils à gaz ou autres combustibles, dont le but est de donner presque instantanément, pour les usages domestiques, une certaine quantité d’eau chaude : nos lecteurs doivent savoir que M. Serpollet a été des premiers à poursuivre ce résultat qui est particulièrement précieux dans bien des circonstances. Mais aujourd’hui que le chauffage électrique et les distributions de courant se multiplient un peu partout, il était naturel de songer à demander à l’électricité les mêmes services, et un Américain, M. II. M. Hill a imaginé le petit appareil dont nous donnons une coupe et une vue supérieure, et (pi a cet avantage que, par un mouvement très simple du robinet, on admet l’eau à chauffer et on établit le courant qui produira son élévation de température; de plus, si l’on veut, on peut tirer du même robinet de l’eau froide. L’examen seul de la figure va faire saisir plus qu’à moitié le fonctionnement de l’appareil; le fait est que comme cela est habituel dans les installations de chauffage électrique, quand le circuit est fermés,
- Appareil électrique instantané à eau chaude.
- le courant passe par un fil fin noyé dans une masse protectrice entre les deux enveloppes A et B; l’eau qui arrive d’une conduite sous pression^ et, par le tuyau central, redescend ensuite verticalement suivant un chemin inverse, et parvient dans une chambre D, à parois de verre, pour remonter dans les passages en zigzag qui sont ménagés entre B et A, et qu’entoure précisément le fil métallique où circule le courant électrique. C’est alors qu’elle subit l’influence calorifique de ce courant, quand, bien entendu, on a tourné le robinet supérieur I de telle manière que la plaque qui en est solidaire établisse un contact entre les pièces F et G venant des deux pôles de la source d’électricité. Le robinet supérieur I est à deux voies : dans sa position centrale, celle que montre la figure ci-jointe, il ferme toute issue à l’eau et n’établit aucun courant; si on le tourne d’un côté, la plaque E n’assure aucun contact, mais l’eau trouve un orifice de sortie, et elle est fournie froide; dans la troisième position, symétrique du reste de la précédente, l’eau sort bien, mais chaude, parce que le contact est établi. Cet appareil ingénieux est construit par M. II. M. Bill, et dont le représentant est 51. 51unn, 361, Broadway, à New-York.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pour faire soi-même des tableaux de projections. — Pour faire soi-même des tableaux sur verre, le procédé le meilleur est évidemment la photographie. Mais celle-ci ne peut servir dans tous les cas et, d'ailleurs, tout le monde n’est pas photo-
- nhe. Il existe alors plusieurs procédés simples pour tourner ifficulté. Yoici les principaux, d’après Molteni. (Bulletin de la Société photographique de la Touraine.)
- Pour tracer de simples dessins au trait, on applique un mor-
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles. scientifiques est étrangère aux annonces.
- ceau de verre transparent sur la figure à reproduire. On calque à l’aide d’un pinceau fin, chargé de couleur noire, ou bien au moyen d’une plume fine trempée dans de l’encre de Chine un peu épaisse. Pour que le trait se fixe facilement à la surface du verre, on doit auparavant le nettoyer parfaitement au blanc d’Espagne; puis, on l’enduit d’une couche très légère d’un corps sur lequel l’encre de Chine prenne facilement, tels que la gomme, la gélatine ou le fiel de bœuf. Sur la couche ainsi préparée, la couleur s’appliquera plus facilement. Certains peintres enduisent le verre d’une couche d’essence de térébenthine distillée, qu’ils coulent à la surface et laissent sécher après avoir placé la plaque verticalement sur un égouttoir. Au lieu d’employer du verre ordinaire, on peut, à l’aide d’un crayon dur, calquer sur un verre dépoli d’un grain très fin. Une fois le dessin terminé, on vernit la surface dépplie qui devient transparente.
- Pour l’enseignement, on a proposé bien des moyens permettant d’obtenir des dessins sur verre ou sur toute autre substance transparente. Voici les deux plus pratiques : on dessine à la pointe sur un morceau de gélatine, de la grandeur voulue. Les traits ainsi tracés se détachent en noir par projection. On peut, du reste, les remplir avec du noir en poudre que l’on passe sur la plaque, une fois le dessin terminé. Un autre procédé consiste à enduire de noir de fumée une plaque de verre et à dessiner avec une aiguille qui enlève le noir là où elle passe. On obtient ainsi un dessin à traits blancs sur fond noir; puis, à l’aide d’un pulvérisateur, on fixe le dessin, comme on le fait pour un fusain sur papier. Si la gravure est de grandeur convenable et qu’on veuille la sacrifier, on peut la reporter sur le verre en procédant de la façon suivante. Le verre étant bien propre, on coule à sa surface une couche de vernis à l’essence qu’on laisse sécher. Trempant la gravure dans de l’alcool, puis la faisant sécher imparfaitement entre deux feuilles de papier buvard, on la pose tout humide sur la couche de vernis, contre laquelle on la presse bien en tous sens, de façon à chasser l’air, qui pourrait se trouver interposé entre le papier et le vernis, et à les appliquer l’un contre l’autre, aussi intimement que possible. Le lendemain, on mouille le papier et on frotte avec le doigt. On l’enlève presque complètement, de manière qu’il n’en reste plus qu’une pellicule extrêmement mince, qu’il faut ménager, attendu qu’on abîmerait la gravure. Enfin, pour achever de donner au tableau la transparence voulue, on verse dessus une certaine quantité de vernis à l’esprit-de-vin ; on le répand sur toute la surface du papier, puis on égoutte avec soin. Si l’on veut confectionner des tableaux en couleur ou colorier des tableaux déjà existants, des photographies par exemple, il y a trois manières différentes de procéder : 1° le procédé le plus simple consiste à peindre avec des couleurs à l’eau comme on fait dans l’aquarelle. Mais, pour leur donner de la transparence, il faut passer une couche de vernis blanc à l’esprit-de-vin par-dessus, et, cette couche une fois sèche, on applique de nouvelles couleurs que l’on vernit comme précédemment; 2° les personnes habituées à faire de la peinture à l’huile préfèrent se servir du procédé suivant : on prend des couleurs en tube, comme on en emploie dans la peinture ordinaire. On les broie sur une glace aussi finement que possible avec une molette de verre, en ajoutant petit à petit du vernis copal. On peut alors les utiliser de suite ou bien préparer à l’avance les séries de couleurs nécessaires, qui, une fois délayées avec le vernis, sont renfermées dans de petites bouteilles. On les y laisse longuement reposer pour les employer ultérieurement comme couleurs transparentes, en ne se servant que de la partie supérieure de la couleur renfermée dans le flacon. Avant de broyer les couleurs avec le vernis, si elles sont un peu grasses, quand on les retire de leurs tubes respectifs, on les dépose sur du papier buvard, destiné à absorber l’huile. La couleur ainsi dégraissée se mélange mieux avec le vernis; 5° on dessine le trait sur verre avec du noir d’écrivain lithographe frotté à sec dans un godet, puis délayé avec de l’essence et quelques gouttes de vernis copal. Quand le trait est sec, on emploie pour peindre les couleurs à l’aquarelle (en tablette) délayées avec le liquide suivant: eau 20parties, gomme A, sucre 2, et une ou deux gouttes d’acide phonique pour empêcher la moisissure. On vernit avec de la gomme laque dissoute dans de l’alcool (gomme laque blanche, 8 grammes; alcool à 95° : 100 centimètres cubes). Ce vernis s’emploie en chauffant légèrement le verre. Il n’est pas même nécessaire de vernir si l’on recouvre sa peinture d’un second verre. Il ne faut se servir que de couleurs transparentes qui sont le bleu de Berlin, le caimin de cochenille, le .carmin de garance, la laque jaune, le vert végétal, la terre de Sienne brûlée. Pour les noirs, on fait usage de l’encre de Chine ou de l’encre d’écrivain, ou même du noir de fumée délayé dans le vernis à tableaux. On peut enfin utiliser les vernis de couleur, que l’on trouve tout préparés dans le commerce ; mais leur
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- emploi, vu leur grande fluidité et leur évaporation rapide, présente quelques difficultés.
- Tels sont les procédés employés par les peintres qui produisent habituellement ce genre de tableaux. Un peut suivre exclusivement l’une ou l’autre de ces méthodes ou s’en servir •concurremment. Mais il ne faut pas se dissimuler que, dans la pratique, on rencontre une foule de petites difficultés dont on ne triomphe qu’à force de patience et -de temps. Une grande expérience peut seule, dans les travaux de ce genre, permettre d’éviter les écueils que l’on rencontre au début.
- Quelle que soit la méthode suivie, il est une chose qu’il faut éviter par tous les moyens possibles, c’est la poussière, qui - peut tomber sur la peinture encore fraîche et y laisser des dépôts imperceptibles, qui une fois agrandis, font très mauvais effet sur l’écran. 11 y a donc lieu de s’assurer que la plus exquise propreté règne dans la pièce où l’on travaille. On évitera les tentures inutiles et on supprimera tout ce dont il peut se détacher des peluches voltigeant dans l’air. Les vêtements surtout sont souvent cause de bien des insuccès.
- IIëniu. Coüpi.x.
- Crème pour la figure. — Aux automobilistes que le grand vent et la poussière font souffrir, dont la peau du visage se hâle et se gerce, nous indiquerons la composition anglaise suivante. Faire fondre, dans un récipient en porcelaine, 1/2 partie en poids de cire blanche, autant de spermaceti, 1 partie de lanoline et 5 d’huile d’amandes» douces ; on retire ensuite du feu et l’on ajoute 1 partie d’eau de fleurs d’oranger et 5 gouttes seulement de teinture de benjoin, puis on bat le tout jusqu’à lui donner une consistance crémeuse.
- Pour clarifier les liqueurs. — Le meilleur procédé pour clarifier les liqueurs troubles est de verser 15 grammes d’alun calciné en poudre pour 2 litres de la liqueur à traiter; on secoue bien, puis on laisse reposer jusqu’à clarification. Bien entendu, on décante et l’on filtre le fond de la bouteille.
- Siccatif au manganèse. —Faire chauffer 6 parties de vieille huile de lin avec 5 de carbonate de manganèse, à une température d’environ 280° C. et jusqu’à consistance filante; on laisse un peu refroidir et l’on ajoute au moins 12 parties d’huile de térébenthine jusqu’à obtenir une bonne consistance.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 octobre . . 7°,3 S. S. W. 3. Couvert. 0,0 Rosée ; beau à 20-21 h. ; couv. le reste du temps.
- Mardi 28 8°,1 N. W. 3. Couvert. 0,0 Rosée ; couv. jusqu’à 8 h. ; puis nuag.; beau après 19 h.
- Mercredi 29 1°,2 N. E. 3. Beau. 0,0 Gelée bl. ; nuag. de 11 à 16 h. ; couv. à 21 h.; beau le reste du temps; brouillard le soir.
- Jeudi 30 1°,3 N. N. W. 2. Couvert. 0,0 Brouillard de 1 h. à 19 h. ; pluie dans la soirée.
- Vendredi 31 6'\0 N. E. 2. Couvert. 1,6 Brouill. de 3 h. à 7 h. et de 22 h. à 21 h. ; couv ..jusqu’à 9 h. ; puis nuag. ; beau après 17 h.
- Samedi 1" novembre 2\9 S. S. W. 1. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; brouill. jusqu’à 6 h. du matin et de 22 h. à 24 h. ; bruine dans la soirée ; quelques éclaircies.
- Dimanche 2 8°,4 N. 1. Couvert. 0,4 Brouill. jusqu’à 10 h. ; couv. jusqu'à 17 h. ; beau ensuite.
- OCTOBRE-NOVEMBRE 1902. - SEMAINE DU LUNDI 27 OCTOBRE AU DIMANCHE 2 NOVEMBRE.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri A boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- Inondations en Sicile. — A la suite de pluies torrentielles dans les derniers jours du mois d’octobre, les rivières ont débordé, et de grandes inondations ont eu lieu aux environs de Catane, en Sicile, causant de grands dégâts. Les eaux ont détruit un kilomètre de la voie ferrée de Catane à Syracuse, près de Bicocca. Les autorités et les soldats n’ont pu approcher des lieux au désastre que montés sur des barques. Les eaux, qui atteignaient une hauteur de 5 mètres, ont inondé la campagne sur une étendue de 8 kilomètre!^. Dans d’autres parties de la province, des torrents ont débordé, emportant les murs et ravageant les vignobles.
- Tempêtes en Algérie. — Une violente bourrasque de nor.d-ouest, accompagnée de pluie torrentielle, s’est abattue le 27 octobre, sur Alger et les environs. La mer, démontée, a fait rage toute la journée; les vapeurs ancrés au môle sud ont dû s’abriter en prenant un nouveau mouillage au port militaire.
- Pluies. — Les pluies ont encore été abondantes toute la semaine. Le 27 octobre, elles sont tombées dans le nord de l’Europe ; elles ont été abondantes en Italie. Le 28 octobre, il a plu dans l’ouest des Iles Britanniques, en Bretagne et en Corse, où l’on a recueilli 47 mm d’eau aux Iles Sanguinaires. Le 29 octobre, les pluies ont été signalées dans le nord et le sud de l’Europe ; elles ont donné 40 mm d’eau à Athènes.
- Température. — La température a subi de notables variations. Le 26 octobre, à Paris, la température moyenne était de 4°,6, inférieure de 3°,8 à la normale ; le 27 octobre, la moyenne était de 9°,7 ; le 28 octobre, la moyenne était de 9°,3 et le 29 octobre, elle tombait à 4°,4 avec un minimum de 1° et un maximum de 10°,7. Le 30 octobre, la température moyenne était de 3°,9, inférieure de 3°,8 à la normale. Le 31 octobre, on notait 7°,2; le 1" et le 2 novembre, le temps était doux. Brouillards accentués le 1" novembre et jours suivants.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 51 à 8 h. 23 m. du matin.
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- M. J.
- 1538 (15 noue mûre 1902), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Il novembre la Saint-Martin ! Conformement à la tradition, mous avons traversé cette année une période chaude dans notre latitude : aux environs des 11, 12 et 13 novembre, c’est l’été de la Saint-Martin. Nous avons déjà fait remarquer les relations qui existaient entre 1’ « Eté de la Saint-Martin » et les « Saints de glace » des 11, 12 et 13 mai. Refroidissement au commencement de l’année, réchauffement à la fin aux époques diamétralement opposées. En général, si les Saints de glace ont été froids, l’été de la Saint-Martin •est chaud.-C’est ce qui semble s’être réalisé en 1902.
- —®— A la Conférence internationale de la tuberculose qui vient de se tenir à Berlin la question de la transmission de la tuberculose •des bovidés à l’homme a fait de nouveau le sujet d’un long débat. M. le prof. Nocard, de Paris, puis M. le prof. Arloing, de Lyon, ont montré par une argumentation serrée que la contamination était démontrée et qu’il y aurait grand danger à renoncer aux mesures de précaution recommandées en France. M. le prof. Koch, qui avait nié la transmissibilité au Congrès de Londres de 1901, est aujourd’hui moins absolu. Elle peut exister, mais, dit-il, elle est si rare qu’il n’y a pas à redouter d’accidents. En général les membres de la conférence de Berlin se sont ralliés à l’opinion française. Il faut crier par-dessus lés toits, comme nous l’avions déjà soutenu ici même : 1° que la tuberculose des animaux est transmissible à l’homme; 2® que le danger est surtout menaçant pour les bovidés ; 3° qu’il est menaçant surtout pour ceux qui font du lait leur nourriture principale. Bref, en pratique, il faudra veiller, à éliminer des étables toutes les vaches atteintes de mammite tuberculeuse, et l’on ne saurait trop recommander au public de se mettre à l'abri du danger en faisant bouillir le lait avant de le consommer.
- —M. Lacroix, chef de la mission scientifique envoyée à la Martinique, a adressé récemment au ministre des colonies un rapport sur les travaux auxquels il a procédé. Des constatations faites par la mission, il résulte que la zone dévastée par la dernière éruption est moins étendue qu’on ne l’avait cru. Le mode de destruction du Morne-Rouge rappelle celui de Saint-Pierre, avec moins d’intensité ; l’aspect destines est identique. Mais les conditions et les circonstances exactes du sinistre sont toujours obscures. L’aspect du volcan a beaucoup changé; il s’est élevé dans le cratère un eône qui dépasse l’ancien sommet, et dont la production a dû déterminer l’élargissement de la zone de dévastation. Pour surveiller ce cône, M. Lacroix a installé un poste d’observation muni de tous les appareils nécessaires, au nord-ouest du Fonds-Saint-Denis ; ce poste, situé à 510 mètres d’altitude, commande un large secteur limité par le Prêcheur, le cratère, le Morne-Rouge. Deux postes secondaires vont être placés à l’Est. Le volcan, après quelques manifestations d’activité en septembre, est maintenant calme. Les autres points de l’îlc sont d'ailleurs en parfaite sécurité; les nouveaux villages installés par le gouverneur sont à l’abri de tout danger.
- —®— Le Conseil d’hygiène s’est préoccupé de la composition de l’air qu’on respire dans le Métropolitain : il a chargé M. Haller, professeur de chimie organique à la Sorbonne, de rechercher les moyens de purifier cet air. M. Haller vient de présenter sur cette
- uestion un rapport très documenté. L’air des tunnels, comme celui
- es voitures, peut être vicié : 1° par les produits volatils qui se dégagent des matériaux ayant servi à la construction de la voie; 2° par les produits de la respiration et de la combustion ; acide carbonique et vapeur d’eau. L’oaeur de la créosote et du goudron dont sont imprégnées les traverses de la voie est désagréable, mais ne présente aucun caractère nocif. Il n’en est pas de même de l’acide carbonique qui existe en quantité assez grande surtout dans les wagons. On a, en effet, relevé des proportions d’acide carbonique allant, dans certains wagons, de 14 a 25/10 000, alors que la teneur moyenne en acide de l’air de Paris n’est que de 6/10000. M. Haller
- Ïiréconise différents moyens d’épurer l’air du Métropolitain et écarte es moyens chimiques comme insuffisants. Les propositions faites étaient les suivantes : 1° L’installation de cheminées d’appel avec de uissants ventilateurs, qu’on pourrait échelonner le long du tunnel, 'efficacité des cheminées pourrait être accrue par l’utilisation de quelques machines soufflantes destinées à insuffler l’air du dehors. 2° Pendant la nuit, au moment où le Métropolitain ne marche pas, la substitution aux portes existantes, qui empêchent pendant la journée le renouvellement de l’air, de grillages permettant l’arrivée de l’air extérieur, qui refroidirait l’atmosphère du souterrain. 3° Dans les wagons, ^agrandissement des vasistas et la disposition, dans chacun d’eux, d’un ou de plusieurs petits ventilateurs électriques. Le Conseil d’hygiène a adopté ces propositions.
- —(§)— Un nouveau timbre, va bientôt paraître; c’est le timbre néo-hébridais. Ce timbre ne pourra être employé que pour le service local, c’est-à-dire uniquement dans l’archipel : les lettres ou journaux pour l’étranger seront affranchis comme précédemment avec des timbres de Nouvelle-Calédonie ou de la Nouvelle-GaUes du Sud, suivant qu’ils partiront par bateau français ou anglais. Les nouveaux timbres-poste seront au nombre de trois : 5 centimes, 15 centimes et 1 franc.
- —®— Le croiseur-cuirassé de la marine impériale russe Bayan a effectué récemment à vingt-quatre heures d’intervalle, et avec-plein succès, deux essais officiels de chacun douze heures à toute puissance. Le marché imposait l’emploi exclusif du tirage naturel el demandait une vitesse de 21 nœuds. Le Bayan a réalisé cette vitesse en développant 17200 chevaux et en brûlant 128 kilogrammes de charbon par mètre carré de surface de grille. Les chaudières étaient des générateurs Belleville, à économiseurs.
- —g)— A mesure que l’on s’approche des grands centres d’habitation, la quantité de poussière que l’air tient en suspension s’accroît énormément. D’après Sir James Chrichton Browne, qui retrace dans une conférence à la Sanitary Institut quelques expériences faites avec l’appareil du Dr Aitken, l’air de Londres contient 150 000 parcelles de poussière et celui de Paris 210 000 alors que dans l’Argileshire, en Ecosse, il n’y en a guère que 200.
- —®— Le troisième volume des Annales de l’Observatoire national d’Athènes que nous avons signalé récemment contient, outre les tables et renseignements météorologiques usuels, la liste des tremblements de terre observés en Grèce durant l’aimée 1899; 567 secousses sont enregistrées, soit 36 de plus que la moyenne prise pour les six années précédentes ; 421 de ces secousses furent perçues à Zante, toutefois plusieurs d’entre elles ne s’y confinèrent pas. Le tremblement de terre le plus important eut lieu le 22 janvier dans la province de Triphylie sur la côte ouest du Péloponnèse. Bien qu’il fût assez violent pour renverser des maisons sur une étendue de 480 km4 la surface totale troublée n’atteignit pas 39 000 km2. Ce mouvement fut enregistré à Shide, à l’île de Wigbt, la vitesse de propagation étant d’environ 2,1 km par seconde.
- —(§)-— Il paraît que, par suite de la mode qui a augmenté étrangement la demande de son cuir, l’alligator, pourchassé dans tous les terrains marécageux des Etats-Unis du Sud, est sur le point de disparaître totalement : on ne pourrait môme plus se rocurer les petits jeunes n’atteignant pas une taille de plus de 0 centimètres.
- Sur l'initiative persévérante de MUe Eugénie Collot s’est constituée une nouvelle Société : « La Rénovation sociale par la science et le travail. » La séance d’inauguration a eu lieu dimanche dans la salle des fêtes du Palais du Trocadéro sous la présidence d’honneur de M. Sully-Prudlioinme de l’Académie française et sous la présidence effective de M. le Dr Roux de l’Institut, assisté de MM. Ernest Reyer, Jules Massenet, Dr d’Arsonval de l'Institut. Conférences de M. le Dr Branly sur la Télégraphie sans fil, de M. d’Arsonval sur l’air liquide, etc. La grande salle du Trocadéro était pleine.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le système de chariot transplanteur est exécuté par M. Beusnier, à Saint-Cloud. — Le four à incinérer se trouve chez M. J. Le Blanc, ingénieur constructeur, 52, rue du Rendez-Vous, à Paris.
- Communications. — M. Et. F., à Clermont-Ferrand, nous adresse la lettre suivante : « Sous le titre « Mines de boracite », La Nature, dans son n° 1554, du 18 octobre, p. 509, a publié une Notice qui demande quelques compléments; permettez à un vieux lecteur, très bien renseigné sur la question, de vous les signaler. Le minéral en question n’est pas un biborate de chaux et ne porte pas le nom de boracite. Le borate de Turquie constitue une espèce minéralogique dont la composition diffère essentiellement de celle de la boracite. D’après les analyses de Pisani on peut lui donner la formule suivante :
- 5CaO, 4Bo03, 6110 (notation ancienne).
- Elle renferme environ 50 pour 100 d’acide borique anhydre. En 1875, on a signalé une substance semblable dans la stéatite de l’Orégon et elle a été décrite sous le nom de Pricéite. On la désigne encore sous les noms de (lesmazurite, pandermite, colmanile, etc. Le biborate de chaux existe au Pérou et en Toscane, celui du Pérou est nommé hayésine et l’autre béchi-lite. La boracite est un cbloroborate de magnésie qui se trouve dans les dépôts salins de Stassfurth. C’est M. C. Desmazures, ingénieur des arts et manufactures, qui constata lui-même la présence de l’acide borique dans le plâtre employé par M. Grop-peler. 11 fit cette constatation quelques années après avoir recueilli les échantillons et étant rentré à Paris, en classant et examinant au chalumeau des minéraux rapportés par lui de Turquie, M. II. Sainte-Claire Deville n’est intervenu dans cette affaire que par son influence pour faire obtenir à M. Desmazures, en 1866, la concession des gisements de borate de chaux d’Asie Mineure. Le capital de 60 millions de francs de la Compagnie anglaise (Borax Consolidated Limited) sert non seulement à exploiter les gisements de Turquie, mais aussi ceux qu’elle possède aux Etats-Unis, au Pérou et au Chili, ainsi que ses usines d’Amérique, de France, de Russie et d’Autriche. Si les mines de Turquie produisent 9000 tonnes de borate, celles des autres pays en donnent au moins 40 000. Le prix de la tonne de borate de chaux n’est pas de 21fr,75 mais au moins dix fois plus élevé, seuls les droits de sortie s’élèvent à environ 45 francs par tonne. » Cette intéressante communication vient heureusement compléter la Note que nous avons publiée en correspondance dans le n° 1557, du 8 novembre 1902, p. 566.
- Renseignements. — M. L. Vidon, à Bourg-Argental. — Nous avons indiqué un procédé pour argenter le verre et faire des glaces ou des miroirs dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie.
- M. R. Rrisset, à Angers. — Il faut préparer soi-même ces peintures lumineuses. Voici deux formules : peinture jaune : vernis 25 parties, sulfate de baryum 5, chromate de baryum 4, sulfure de calcium 17. Peinture bleue : vernis 42 parties, sulfate de baryum 10,2, outremer 6,4, bleu de cobalt 5,4, sulfure de calcium 46.
- M.J. Brun, à Perpignan. — Il faudrait vous adresser à un spécialiste ; nous ne nous occupons pas d’arrosage des vignes.
- M. Hippolyte Normant, à Romorantin. — 1° L’adresse que nous vous avons donnée est bien exacte; le constructeur désigné est le seul électricien de ce nom, à Paris. — 2° Nous ne croyons pas que la lampe fonctionne dans les conditions que vous indiquez. — 5° Cette question n’est pas de notre compétence. |
- M. Daniel de la Sota, à Logrono (Espagne). — Adressez-vous à la Société Lombard-Gérin, 51 bis, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Luis Garcia M., à La Paz (Bolivie). — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés.
- M. Luigi Caprile, à Turin. — Nous ne retrouvons pas la balance automatique dont vous parlez; veuillez nous indiquer dans quel numéro a paru la description.
- M. J. N., h B. — Nous pensons que le siège de cette Société est à Amiens; mais vous pourriez vous renseigner auprès de notre collaborateur, M. V. Brandicourt, 52, rue Jules Barni, à Amiens.
- M. L. T. B., à Besançon. — Nous n’avons trouvé aucun ouvrage sur la manière d’épiler les peaux dont les poils sont employés à la fabrication des chapeaux.
- M. le Dr Calbet, à Chatou. — Nous ne connaissons aucun appareil spécial; mais on peut concevoir facilement un petit appareil séparateur, composé d’une grille et d’une toile métallique, arrêtant les impuretés, avec déversoir spécial muni d’un, robinet pour faire évacuer les premières eaux.
- M. A. E., à Enghien. — M. G. Gaboreau, 4, rue de Plaisance, à Créteil (Seine), nous prie de vous faire savoir qu’il possède un petit-moteur à vapeur de 2/5 de cheval, tournant à la vitesse angulaire de 500 tours par minute ; ce moteur est un moteur pilon, la chaudière est timbrée à la pression de 8 kg par centimètre carré.
- M. H. B. Z., h Paris. — La machine à laver l’Economique, dont nous avons donné la description dans le n° 1510, du 5 mai 1902, p„ 551, se trouve à la Société des Inventions économiques, 188-190, rue du Faubourg-Saint-Denis, à Paris.
- M. Aimé Chantant, à Vic-sur-Seille. — Dans votre appareil, tout l’acétylène n’est pas brûlé; il y a entraînement de carbure, probablement par excès de pression. Essayez de modifier la pression. Il n’y a pas d’épurateur qui puisse vous convenir; on peut bien épurer l’acétylène, mais cela ne changera rien aux défauts que vous nous signalez.
- M. Dulaure, à X. — Les conseils que vous nous indiquez ont déjà été donnés à plusieurs reprises; remerciements.
- M. Grémiaux, à Paris. — 1° Vous pourriez consulter le journal la Houille blanche qui est publié par MM. A. Gratier et J. Rey, éditeurs, 25, Grande Rue, à Grenoble. — 2° Un compte rendu spécial du Congrès paraîtra certainement dans, quelque temps.
- M. C. W. F. R., à Rouhemont-le-Chàteau. — 1° L’expérience seule peut vous fournir cette donnée; il faut effectuer le mélange et faire des prises de gaz à des espaces de temps variés et faire l’analyse du mélange. — 2° Nous ne connaissons pas de moyen particulier.
- M. le Dr J. Saletna, à Castello-de-Paiva. — Adressez-vous à la librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris.
- M. J. Debled, à Paris. — 1° 11 faut surveiller la plaque et la retirer de la solution au moment où le voile disparaît. Vous pouvez encore employer une solution de persulfate d’ammoniaque ou une solution par parties égales d’une solution à 1 pour 100 d’hvposulfite de soude et d’une solution à 1 pour 100 de ferricvanure de potassium; avec cette dernière solution, il faut surveiller la plaque de très près et ne pas la laisser séjourner dans le bain. — 2° Pour les ouvrages de construction, consultez les , catalogues de la librairie Dunod et de la librairie Béranger.
- M. A. R., à Clamart. —Vous pourriez vous adresser à «l’office de renseignements », 11, rue Saint-Lazare, à Paris.
- M. E. Delvoie, à Louvain. — Nous avons bien reçu l’adresse que vous avez bien voulu nous communiquer ; remerciements.
- M. G. S., à Saint-Amour. —1° On ajoute de l’antimoine au plomb pour donner plus de solidité. — 2° La proportion d’antimoine à ajouter est environ de 5 à 4 pour 100 en poids :
- M. Julien a employé la formule suivante : 95 parties de plomb, 5,5 parties d’antimoine et 1,5 de mercure.
- M. Durand, à Dunkerque. — Pour les appareils Hartmann et Braun, adressez-vous à M. Relier, 18, cité Trévise, à Paris.
- M. J. M., à Taverny. — La pile Leclanché est la pile qui conviendra le mieux pour l’application que vous avez en vue.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. Dumont, à Lille. Nous vous conseillons de consulter un ingénieur ; il nous est impossible de vous indiquer tous les détails de l’expérience à effectuer.
- — J/. P. de H., à X. Nous n’avons jamais parlé de cette question.
- — M. L. V., à Nice; M. J. R., à Arras. — Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, l'c série, à la'librairie Masson etCie. —
- M. Girard, à Paris. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 3“ série, à la même librairie. — M. Paul Lebrun, à X.; J/.. R. Durand, à Lyon. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifi jues, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Infusion et décoction. — On ne fait pas toujours du bon café, même avec de bons cafés; il faut pour cela une bonne cafetière. On ne peut s’imaginer combien de sortes de cafetières ont été créées pour obtenir un parfum délicat, un arôme exquis et n’avoir point de dépôt dans la tasse. L’erreur jusqu’ici c’est de faire des décoctions de café, qui doit être infusé. Grand amateur de bon café, j’ai essayé et examiné un nombre presque incalculable de systèmes de cafetières, et je crois être agréable aux lecteurs de La Nature en leur signalant une cafetière idéale, celle que j’ai définitivement adoptée, baptisée par son inventeur du nom de l'Orientale. UOrientale diffère essentiellement de tout ce qui a été construit jusqu’à ce jour. Ce qui distingue tout particulièrement
- Fig. 1. — Corps tle la cafetière 1’ « Orientale ».
- Fig. 2. — Panier-iiltre avec son robinet central.
- Fig. 3. — Bouiloire-verseuse.
- cette cafetière, c’est d'infuser le café, c’est de laisser l’eau bouillante agir sur le café en poudre le temps nécessaire pour obtenir une bonne infusion. La cafetière Y Orientale se compose d’un corps (fig. 1) dans lequel on met un panier-filtie (fig. 2), muni à la partie inférieure d’un robinet d’un nouveau genre, qu’on ouvre ou ferme à volonté, simplement en
- Fig. 4. — L’ « Orientale » cafetière à infusion.
- possède encore cette qualité nettoyer; car le café pour être vraiment bon exige de grands soins de propreté. Cette grande facilité de nettoyage donne encore cet avantage à Y Orientale de pouvoir servir comme théière, pour faire infuser le thé dans d’excellentes conditions. L’Orientale est donc à la fois une cafetière et une théière. On n’éprouvera pas de déception en essayant le nouveau système et en savourant ce café ou ce thé, préparés avec Y Orientale, vous aurez lieu de penser que les conseils d’un chimiste sont souvent bons à suivre pour les choses de la table. — La cafetière l'Orientale se trouve chez M. Malen, inventeur-fabricant, 10, rue Oberkampf, à Paris. Jacques Barral.
- Porte-manteau original. — Nous avons eu l’occasion d’insister sur la façon si simple, si pratique dont les fabricants américains arrivent à combiner certains appareils ou ustensiles :
- Porte-manteau original.
- nous pouvons en donner, pour inculquer le sens pratique à nos lecteurs, un exemple des plus caractéristiques sous la forme d’un vulgaire porte-manteau. Tout en permettant l’accrochage
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- simultané d’un chapeau et d’un vêtement, grâce à deux crochets à extrémité ronde qui ne sont susceptibles de détériorer ni l’un ni l’autre, ce porte-manteau est fait sans forgeage et présente une solidité bien supérieure à celle des ustensiles analogues venus de fonte. Comme on s’en rend aisément compte, il est fabriqué au moyen d’un simple fil métallique de bonne grosseur qu’on a tourné convenablement sur lui-même et à chaud. Une des extrémités libres vient former boucle autour de l’autre, qui se termine par une partie filetée pouvant entrer aisément dans du bois. Ce porte-manteau est fabriqué par une maison qui s’est fait une spécialité des articles en fils métalliques, la Parker Wire Goods Company, de Worcester dans le Massachusetts.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L'huile de foie de morue.
- L’huile de foie de morue est un médicament des plus populaires qui est bien différemment apprécié par le public qui ne connaît que peu ou pas la valeur des diflérentes sortes commerciales. C’est ainsi que nous avons vu, tout dernièrement, une mère de famille nous présenter une huile de foie de morue ambrée et superbe en nous disant : « Dans cette huile il y a de l’huile d’olive, l’huile de foie de morue est plus brune que cela, et avec 10 litres les pharmaciens en font 50 litres ». Nous avons eu beaucoup de peine à la convaincre du contraire. C’est ce qui nous a engagé à faire connaître les différentes huiles de foie de morue qu’on trouve dans le commerce.
- Cette huile, mal préparée dès le début, ne servait que dans l’industrie du cuir; ce n’est qu’après 1850 qu’on commence à la fabriquer comme médicament et en 1840 qulelle obtint la vogue dont elle jouit encore aujourd’hui. En 1855, Moller, pharmacien à Christiania, prépare l’huile de foie de morue avec les foies frais en employant le chauffage à la vapeur.
- On trouve dans le commerce trois sortes d’huiles de foie de morue : l’huile ambrée, l’huile blonde, l’huile brune. L'huile ambrée, de couleur jaune paille, est préparée avec des foies très frais, bien lavés et séparés avec soin de leur vésicule biliaire; on les chauffe à l’aide de la vapeur dans des bassines à double fond. L’huile ainsi obtenue, écumée, est exposée au froid dans des récipients bien clos, elle laisse alors déposer de la stéarine dont on la sépare par décantation ou filtration rapide. L’huile blonde est obtenue après légère fermentation des foies en les chauffant doucement. Elle est jaune rougeâtre. L’huile brune s’obtient par fermentation des foies jusqu’à altération, puis par expression. Elle est brun rougeâtre foncé. L’huile de foie de morue doit son action à l’acide morrhuique ou gaduine, v aux alcaloïdes trouvés dans ce médicament par A. Gauthier et Mourgues, ainsi qii’à l’iode, au phosphore et à divers corps gras.
- Les huiles blondes et brunes renferment plus de gaduine et d’alcaloïde, l’huile ambrée plus de phosphore.
- A. Gauthier, Mourgues, Sough et bien d’autres personnes autorisées préfèrent les huiles blondes et brunes aux huiles ambrées. Ces dernières sont prises avec moins de dégoût. Les huiles décolorées chimiquement doivent être rejetées. On trouve dans le commerce plusieurs émulsions de ce médicament; quelle qu’en soit la valeur, nous pensons qu’il est préférable de l’utiliser en nature. . F. Malméjac,
- Docteur en pharmacie, Pharmacien aide-major de 1” classe.
- BIBLIOGRAPHIE
- La géologie générale, par Stanislas Meuisier, professeur de géologie au Muséum d’histoire naturelle. 4 vol. in-8° de la Bibliothèque scientifique internationale. Paris. Félix Alcan, éditeur. 1905.
- Dans ce volume, qui est le résultat d’un grand nombre d’années d’études, M. Stanislas Meunier expose l’histoire des théories en géologie générale pendant le dix-neuvième siècle ; il établit comme la physiologie des grands phénomènes géologiques actuels, et il insiste sur ce point que l’évolution moderne n’est que la suite de l’évolution des temps passés, à l’énergie près bien entendu.
- Cent ans aux Pyrénées, par Henri Beraldi, 1 vol. in-8°. Paris, 1902.
- Le cinquième volume de Cent ans aux Pyrénées, parM. Henri Beraldi vient de paraître. Les lecteurs l’attendaient pour le lire avec le meme plaisir qu ils ont eu en étudiant les quatre premiers volumes de ce charmant ouvrage annoncés dans La Nature chaque année au moment de leur apparition. On trouve dans le cinquième volume des détails intéressants sur la fondation de 1 observatoire
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- du Pic du Midi : sur les travaux de MM. le général de Nansouty et Vaussenal, la prise de possession du Vignemale par M. le comte lîussel, puis des récits curieux sur les grottes qu’a creusées le savant explorateur et sur ses nombreuses études. A citer encore les travaux de MM. Vallon et Schrader et les cartes qu’ils ont faites. Les voyages de M. le comte de Saint-Saud en Andorre, etc., montrent les progrès accomplis depuis cent ans, dans la chaîne Pyrénéenne.
- Les animaux vivants du monde. Histoire naturelle, sous la direction de Charles J. Cornish, avec la collaboration des
- 1>lus éminents zoologistes du monde entier. Préface par Edmond Perrier, membre de l’Académie des sciences, directeur du Muséum d’histoire naturelle. Livraison I : Singes anthropoïdes; Singes; Lémuriens. Ernest Flammarion, éditeur. Paris. Prix : 0fr,75.
- I/ouvrage dont nous signalons la livraison I comprendra 24 li-
- vraisons. Il do,it donner une description concise des quadrupèdes, oiseaux, poissons, reptiles, insectes, etc-, avec des anecdotes authentiques. M. Edmond Perrier, dans une savante introduction, montre tout l’intérêt que présente une publication de ce genre, et insiste sur le concours utile qu’offre la photographie pour bien saisir et représenter les animaux dans le milieu qui leur convient . L’ouvrage fait, en effet, un large emploi de la photographie, il renfermera 1000 illustrations directes par la photographie, avec une planche coloriée dans chaque livraison.
- Petit mémorial des électriciens 1901-1902. 1 vol. in-18. Paris. L. Boudreaux, 8, rue Hautefeuille.
- Ce petit mémorial, que M. Boudreaux publie déjà depuis plusieurs années, renferme un grand nombre d’adresses utiles et'de renseignements de tous genres extraits du Formulaire de V Electricien, de V Agenda Oppermann, et de Y Aide-mémoire de l'Electricien.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 3 novembre. . 2",9 N. N. E. 1. Beau. 0,0 Gelée blanche ; brouillard à 8 h. ; beau.
- Mardi 4 0\6 N. E. 3. Beau. 0,0 Gelée blanche ; beau.
- Mercredi 5 9°, 7 S. S. E. 2. Couvert. 0,0 Rosée ; beau de 13 à 22 h. ; très nuag. avant et après.
- Jeudi 6 10°,8 E. S. E. 3. Quelques nuages. 0,0 Rosée; halo à 11 h. ; peu nuag. le matin: très nuag. le soir; pluie la soirée.
- Vendredi 7 13°,2 S. S. W. 3. Couvert. 2,9 Halo à 19 h. ; eouv. jusqu’à 18 h. ; nuag. ensuite ; pluie de 7 h. 45 à 13 h. 15.
- Samedi 8 8°,9 S. S. W. 4. Couvert. 9,1 Beau à t h. ; couv. ensuite; petite pluie le soir.
- Dimanche 9 9U,7 S. S. W. 5. Couvert. . 0,8 Couv. de 1 h. à 8 h. ; beau de 17 à 19 h. ; nuag. le reste du temps; petite pluie à 8 h.
- NOVEMBRE 1902. — SEMAINE Dü LUNDI 3 AU DIMANCHE 9 NOVEMBRE.
- La lOurbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : coi. i bc épaisse, les pressions barométriques tbaromètre ramené à 0, a i niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boult sét.kc courût en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Portugal. — Un tremblement de terre a été ressenti le 7 novembre dans la vallée d’Amoreira. Un grand nombre de maisons ont été détruites, et plusieurs habitants ont été ensevelis sous les décombres.
- Pluies. Température. — Pendant la semaine du 3 au 9 novembre, le temps a été doux et pluvieux à Paris. Le 5 novembre, on a signalé des chutes de neige en Scandinavie ; la température a monté dans le sud-ouest de l’Europe ; elle était de — 1° à Moscou,"de 13° à Toulouse, de 21° à Alger; à Paris la moyenne a été de 6°,2. Le 4 novembre, des pluies sont tombées sur les Iles Britanniques et dans l’ouest de la France; on a recueilli 12 mm d’eau à Rochefort, 2 mm au Havre et 1 mm à Bordeaux. Des orages ont eu lieu à Brest et au mont Aigoual. La température a monté très rapidement sur nos régions ; la hausse a atteint 13° à Clermont, 10° à Nantes.
- Le thermomètre marquait, le 4 novembre, à 7 heures du matin : — 8° à Itaparanda, -t-10’ à Paris, 21° à Alger et sur les stations élevées : -h 6° au puy de Dôme, — 2’ au mont Mounier, — 4° au pic du Midi. Le 5 novembre,
- des pluies sont tombées sur l’ouest de l’Europe. En France on a recueilli 5 mm d’eau à Lyon, 1 à Cette et au Havre. La température a baissé dans l’est du continent. Le thermomètre marquait, à 7 heures du matin, —10° à Moscou, -+-11° à Paris, 19° à Biarritz, 21° à Alger. On notait : -t- 7° au puy de Dôme, 6° au mont Aigoual, —1° au pic. du Midi. A Paris, le temps a été beau l’après-midi. La température moyenne, 12°,1, a été supérieure de 5°,3 à la normale (6°,8). On a observé un maximum de 17°,3 et un minimum de 10°. Le 6 novembre, des pluies sont tombées sur l’ouest de l’Europe. En France, il a plu à Nice (21 mm), à Clermont (16 mm), à Charde-ville (10 mm), à Paris (3 mm). Une bourrasque s'est abattue sur le mont Aigoual, où l’eu a recueilli 243 mm d’eau au pluviomètre. A Paris, le temps a été nuageux, et la température élevée; la moyenne a été de 14°,2, le maximum a atteint ÎO’LS. Le 7 novembre, pluie à Perpignan (18 mm), à Lyon (25 mm) et à Paris (9 mm) ; pluies abondantes en Italie.
- Dans la nuit du 7 au 8 novembre, une violente tempête de sud-ouest a sévi sur les côtes de Bretagne, et notamment à Brest; aucun navire de .commerce n’a pu sortir du port. Le 8 novembre, à Cherbourg, une tempête de sud-oüest a eu lieu également ; vers midi, une pluie diluvienne s'est abattue sur la ville et a causé plusieurs inondations dans les bas quartiers.
- rilAiES DE LA LUNE : P. Q. le 9 à 5 h. 39 m. du so!r.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- FAI'Ii DE li’AD.UIMISTBATlOX. — L’échéance du 30 novembre étant la plus chargée de l'année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l'abonnement se termine avec le numéro du 29 novembre (n° 1310) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l'abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n aurout pas avant le 3 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au-prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —il. Marey, membre de l’Académie des sciences, professeur au Collège de France, est nommé président de la section des sciences naturelles de l’Ecole pratique des hautes études, en remplacement de M. Lacaze-Duthiers, décédé.
- —®— L’Académie des sciences de Bavière a élu membre correspondant M. Perrot, professeur d’archéologie à la Sorbonne.
- —®— L’Association géodésique internationale a perdu successivement, il y a quelques mois, son président, M. Faye, et son vice-président, le général italien Ferrero. Pour reconstituer provisoirement le Bureau, on a procédé à l’élection d’un vice-président, 19 Etats ont concouru au vote. Le clroix s’est porté sur M. le général Bassot, membre de l’Institut,, sous-chef d’Etat-major général de l’armée, qui a été élu on peut dire à l’unanimité.
- —Un Congrès international des applications de l'alcool dénaturé aura lieu à Paris du 16 au 23 décembre 1902. Le but du Congrès est de réunir au Grand-Palais, au moment de l’Exposition internationale de l’Automobile, du Cycle et des Sports, tous les industriels et amateurs qui dans tous les pays s’intéressent à la vulgarisation des emplois de l’alcool. M. Mougeot, ministre de l'agriculture, a accepté la présidence d’honneur du Congrès; M. Michel Lévy, ingénieur en chef des mines, en aura la présidence effective. Le Congrès sera divisé en cinq sections ; Automobiles, Moteurs, Physique, Chimie, Questions économiques; les sections siégeront chaque jour et se réuniront en assemblée générale.
- —Le 13 novembre, le volcan le Stromboli, en Italie, est entré en éruption. Il a fait entendre des détonations et a lancé des cendres. Quelques maisons des campagnes environnantes ont été endommagées. De violentes secousses de tremblement de terre ont eu lieu en môme temps. A la môme date, le volcan de l’île Savaii, qui fait partie des îles Samoa, était également en éruption. Six cratères ont lancé de la fumée et des flammes; un village a été couvert d'une couche de cendres de 5 centimètres d’épaisseur.
- —9— Suivant des dépêches reçues à San Francisco par des négociants, notables -de leurs agents à Retalhulen, le volcan de Santa Maria serait toujours en activité.
- —<§)— M. Lacroix, chef de la mission scientifique envoyée à la Martinique pour y installer des postes d’observation du mont Pelé, a envoyé récemment des renseignements sur l’état des travaux d’organisation. Le poste de l’ouest, distant de 50 kilomètres de Fort-de-France, a été établi dans une case en bois cédée par l’artillerie. On v a procédé à la pose du téléphone et il est en mesure de fonctionner. Le poste de l’est, établi très économiquement à quelques kilomètres à l’ouest du bourg de la Grande-Anse, fonctionne actuellement. C’est l’enseigne de vaisseau Le Cerf qui dirige ce centre d’observation d’où l'on peut surveiller Calebasse, le cratère et Basse-Pointe. Le capitaine Ferrié a installé économiquement aussi un poste de télégraphie sans lil au Moulin-de-Beauséjour, sur la presqu’île de la Ca-
- ravelle. Il a été décidé qu’un bulletin relatant les observations constatées de ces- différents points serait affiché journellement à Fort-de-France, et que M. Lacroix publierait régulièrement au Journal officiel de la colonie des articles détaillés sur l’état du volcan. D’après un câblogramme, le fameux cône qui se dresse dans le cratère se serait soulevé depuis un mois d’environ 100 mètres.
- —®— Le ballon dirigeable de MM. Paul et Pierre Lebaudy a fait le 14 novembre ses premières sorties libres. L’expérience a parfaitement réussi. Plusieurs ascensions ont été faites avec atterrissages réguliers. Le ballon a évolué, dans toutes les directions, au-dessus de la plaine et des bois qui bordent la Seine entre La Roche-Guyon et Bonnières. Dans toutes ces excursions, l’aérostat a été ramené directement à son point de départ de Moisson, à une vitesse que l’on a estimée de 40 kilomètres à l’heure, avec virages contre le vent, qui, ce jour-là, n’avait une vitesse propre que de 3 mètres environ par seconde. Le ballon était commandé par M. Sureouf. accompagné de l’ingénieur Julliot, qui a exécuté le projet; de M. Juchmès, directeur des ateliers, et d’un mécanicien.
- —;§)— On nous écrit de Suisse que les crépuscules colorés ont été la semaine dernière de toute beauté. A l’aube, le ciel s’éclaire de splendeurs inconnues; le 15 au matin, à 6 heures 3/4 déjà, il rayonnait d’une clarté qu’on eût dit électrique et qui, du plus beau vert, passa au jaune, devint orange, puis pourpre au moment où. peu après 8 heures, les rayons du soleil incendièrent les vitres des hautes rues de l’Ouest. Le soir, autres splendeurs aussi magiques, aussi souveraines. Le disque solaire disparaît dans une gloire d’or en fusion mélangé de saphir. Ces phénomènes sont rares.
- —g)— D’après les renseignements fournis par M. Ballu, architecte en chef des monuments historiques de l’Algérie, on vient de découvrir à Timgad un château d’eau, sur.le côté sud de la grande voie triomphale et à 12 mètres du ravin qui coupe cette voie. Le monument est octogonal et entouré d’un bassin de môme forme. Une inscription, conservée sur la frise qui surmontait l’édifice, apprend qu’il a été donné à la ville par un édile de Timgad et de Thysdras (actuellement El Djem, en Tunisie). Une magnifique statue dé Pomone en marbre blanc a été trouvée dans le réservoir du Lacus. Le père Delattre, qui dirige des fouilles à Carthage, a découvert, de son côté, un sarcophage en marbre très bien conservé, qui date du quatrième siècle et semble représenter un prêtre étendu eu costume d’apparat, tenant la main levée comme pour bénir. Dans l’intérieur du sarcophage se trouvait un squelette ayant au doigt une magnifique bague eu or ornée de fines ciselures.
- —,§)— Depuis quelque temps on voit sur les murs de Paris une affiche qui présente un des phénomènes d’illusion optique que La Nature a fréquemment signalés. C’est une affiche tricolore concernant le Jeu de pelote basque. La bande verticale du milieu est blanche et les caractères y sont imprimés en couleur, tandis que dans la bande de côté ils sont en réserve, c’est-à-dire blanches sur fond rouge ou bleu. Or, quand on regarde cette affiche d’une petite distance, uand on est de côté et surtout un peu plus bas quelle, lès lignes 'impression n’ont pas du tout l’air d’être sur la môme ligne, mais de suivre une ligne brisée, ainsi : —^JU n’en est rien et en regardant de face et de plus près on voit qu elles sont exacte^ ment sur une ligne horizontale, et qu’elles sont de môme grandeur.
- —#— M. Raguenau, le champion français de la course à pied, a, dit-on, parcouru le 14 novembre dernier, au pas gymnastique, sur la piste de Gentilly, la distance de 17,060 kilomètres en une heure.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de ia bande du journal de l’année.
- Erratum. — Les figures qui accompagnent l’article sur une passerelle pour la cavalerie, paru dans le n° 1555 du 25 octobre 1902, p. 525, ont été faites d’après des photographies de M. le baron F. de Fritsch, à Dole.
- Communications. — M. A. Carpentier, à Doudeville, nous écrit : « A propos de la communication qui vient d’être faite par M. Nogier, au dernier congrès de l’Association française pour l’avancement des sciences, et dont il a été question dans les Informations du n° 1557 du 8 novembre 1902, il me parait intéressant de vous signaler une expérience à laquelle je me suis livré, il y a trois ans, à l’aide d’une pile Leclanché dans laquelle j’avais remplacé le crayon de zinc par une plaque d’aluminium non amalgamée. Cette pile étant adaptée à une sonnerie électrique ordinaire, ne mettait la sonnerie en action que 20 à 25 secondes après la fermeture du circuit. Si l’on interrompait le courant pendant un laps de temps très court, la sonnerie repartait presque aussitôt : mais chaque fois que l’interruption du courant était un peu prolongée la sonnerie ne fonctionnait à nouveau qu’au bout de 20 à 25 secondes. En groupant en tension une pile Leclanché ordinaire et une pile à pôle négatif en aluminium, le même phénomène se reproduisait, c’est-à-dire que la sonnerie fonctionnait immédiatement et qu’elle se mettait à sonner tout à coup beaucoup plus bruyamment au bout de 20 à 25 secondes, la pile charbon aluminium entrant alors en action en ce moment. Il serait intéressant de savoir si le même phénomène se produit avec la pile dont a parlé M. Nogier au Congrès de l’Association française. J’ai également construit, à la même époque, une pile au bichromate de potasse avec pôle positif en aluminium qui m’a donné expérimentalement des résultats supérieurs à ceux de la pile avec charbon, tant au point de vue de l’intensité que de la dépolarisation. »
- M. J. de Rey-Pailhade, à Toulouse, nous envoie une brochure qu’il vient de publier et qui a pour titre : Rôle du Phi-lothion dans les oxydations organiques.
- M. G. Fischer, à Jena, nous adresse un opuscule intitulé : Der Neo-Lamarckismus und seine Beziehungen zum Darwi-nismus, par le Dr Richard von Wettstein, professeur à l’Uni-versité de Vienne.
- Renseignements. — M. le comte de Castelli, à Paris. — Les virages ne sont pas les mêmes pour tous les papiers; il y a plusieurs formules. Généralement la meilleure formule est celle donnée par le fabricant lui-même dans la pochette de papier. On ne peut pas avoir une formule unique de virage. Veuillez nous indiquer le papier que vous employez, et nous vous ferons connaître la formule qui vous conviendra.
- M. C. J., à Paris. — 1° Dans les piles thermo-électriques on peut employer plusieurs alliages; dans la pile Clamond, les deux métaux sont le fer sous forme de lames et l’alliage zinc-antimoine à proportions égales ; dans la pile Noé les deux métaux sont le maillechort et l’alliage zinc-antimoine. — 2° Les forces électro-motrices obtenues sont de quelques centièmes de volts: les pouvoirs thermo-électrique^ n’atteignent que quelques microvolts par degré-centigrade. La pile Clamond, formée de 60 couples, donne 4 volts. — 5° Le débit dépend de la résistance intérieure, et par suite de l’épaisseur des couples.
- M. E. Hue, à Vannes. — 1° Nous croyons qu’il a paru à ce sujet un article dans la Revue scientifique au commencement de l’année. Le plus simple serait de vous adresser à M. Bech-
- mann, directeur du service des eaux de la ville de Paris,. 9, place de l’Hôtel-de-Ville, à Paris. — 2° Aucun procédé ne réussit ; il serait peut-être bon d’essayer du pétrole. — 5° Il n’existe aucun ouvrage sur ces questions.
- M. Roger Albaret, à Montpellier. — Moteurs à essence pour canots de plaisance : MM. de Dion, Bouton et Cie, 24, quai National, à Puteaux (Seine), MM. Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry, à Paris.
- M. J. Dlebed, à Paris. — Vous trouverez des ouvrages pour apprendre la langue bretonne chez M. Maisonneuve, éditeur, 6, rue de Mézières, à Paris.
- M. D. M., à Paris. — Un appareil de ce genre est en construction au Comptoir général de photographie, 57,rue Saint-Roch, à Paris.
- M. le Boa E. Van Eyll, à Bruxelles. — L’automobile théorique et pratique, tome II : voitures à pétrole de M. L.Baudry de Saunier, donne la description des divers appareils électriques servant à l’allumage des voitures automobiles à essence ; s’adresser à l’auteur, 22, boulevard de Villiers, à Levallois-(Seine).
- M. Rayon, à Paris. — La librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, publie plusieurs traités sur la machine à vapeur; il faudrait que vous choisissiez vous-même l’ouvrage qui vous-conviendrait le mieux.
- M. H. Alexandre, à Kaprosen. — Au moment où nous en avons donné la description, le déclivomètre était construit par M. Gaston Cornié, à Senlis (Oise).
- M. E. J. D., à Villeneuve-sur-Yonne. — Pour empêcher l’herbe de pousser dans les allées d’un jardin, répandre du tan ou du sulfate de fer.
- M. le D' Motta, à Ceia. — 1° 11 existe un traité sur la culture des chrysanthèmes, à la librairie agricole de la maison rustique, 26, rue Jacob, à Paris. —• 2° Pour l’oxylithe, veuillez vous adresser directement au Comptoir général de photographie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. J. Costes, à Angers. — Pour bien comprendre, il est nécessaire de suivre un cours complet de calcul intégral et différentiel. Vous pourriez consulter l’ouvrage de Boucharlat, annoté par H. Laurent, ainsi que les Exercices méthodiques-de calcul différentiel et de calcul intégral de M. Brahy, à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris, M. Riga, à Boulene. — 1° 11 n’a encore été publié que desarticles de journaux ; voyez notre chronique parue dans le n° 1525, du 16 août 1902, p. 174. — 2° Ouvrages sur l’air comprimé à la librairie Béranger, dont l’adresse est donnée plus-haut, et à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- MM. Damman, Washer et Cie, à Bruxelles. — Pour ce.qui concerne la fabrication des objets au moyen de la sciure de bois comprimé, voyez le n° 1251 de La Nature, du 29 août 1896, le Praticien industriel, du 5 juillet 1896, et l’Echo Forestier,*du mois de septembre 1896.
- M. P. Guignant, à Yerville. — Nous ne connaissons pas d’ouvrage traitant de la fabrication du lactose ; mais parmi les fabriques de ce produit, nous pouvons vous citer la maison Julhe, à Montreuil (Seine).
- M. E. Dheilly, à Villers-Bretonneux. — Nous ne connaissons pas sur ce sujet d’autre manuel que celui de la collection Roret.'
- M. P. W., à Paris. — Nous n’avons pas publié d’article sur cette question; mais divers journaux en ont publié, renseignez-vous à l’Office des renseignements », 11, rue Saint-Lazare, à Paris.
- Un abonné, à X. — 1° Le champignon dont vous nous avez envoyé des échantillons est le (( Clitocycle brumalis », espèce assez commune, non vénéneuse, mais coriace et sans aucune qualité culinaire. — 2° Le rameau de chene porte une gale causée par la piqûre d’un hyménoptère de la famille des Cyni-piens, le Cynips Mayri Kuff, signalé sur le « Ouercus pedun-culus », le « quercus sessiflora » et le « quercus robur ».
- M. F. Vidal, à Chérogas. — 1° Nous n’avons pas les adresses de ces divers constructeurs allemands. — 2° 11 faudrait consulter un chimiste. — 5° La formule du molybdate d’ammoniaque est la suivante : Mo7024(AzIl4)6-(-411*0.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Paul Bernard, à Lille- Nous ne pouvons vous indiquer aucune adresse. —
- M. Dupont, à Paris. Nous avons déjà publié un article à ce sujet.
- — il/. D. /.., à Orléans ; il/. G. M., à Lyon. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie, à Paris. — Al. J. L., à Blois. Plusieurs recettes sont données dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui l"> sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scienlifi ues, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux letti'es reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouvelle pipe hygiénique. — Il existe actuellement beaucoup de systèmes de pipes ayant pour but de préserver le fumeur de l’intoxication par la nicotine. La plupart de ces systèmes consistent à faire passer la fumée dans des sinuosités du tuyau et à travers de la ouate.
- La pipe Z comporte une modification intéressante de l’intérieur du fourneau. Celui-ci, qui peut se dévisser, n’a plus aucun contact ni avec la nicotine, ni avec la salive. Le tabac et les cendres sont donc isolées et ne forment plus cet amas jaunâtre de nicotine, si nuisible, que l’on trouve dans le fond des pipes ordinaires. A cet effet, le foyer est terminé par un isolant percé de trous qui atténue la trop grande chaleur du
- Coupe de la pipe.
- foyer et retient les nombreux résidus qui sont produits par la décomposition du tabac brûlé. Au-dessous de cet isolant (voir la figure ci-jointe), l’inventeur a placé une rondelle composée d’une matière feutrée contenant de l’amiante ; cette rondelle absorbe complètement la nicotine tout en n’apportant aucune difficulté au tirage de la fumée. Celle-ci s’est refroidie dans ces étapes successives et, exempte maintenant des résidus et surtout de nicotine, elle n’encrasse plus le tuyau. Au bout d’un certain temps d’usage et lorsque la rondelle est saturée de nicotine, le fumeur n’a qu’à dévisser sa pipe, à retirer la rondelle souillée et à la remplacer par une autre. Cet appareil est à recommander aux fumeurs endurcis; il atténuera chez eux les dangers du tabac. — La pipe Z se trouve chez M. Ger-vais, 195, rue de Grenelle, à Paris.
- Boulon indesserrable. — Le développement de l’automobilisme a été certainement pour beaucoup dans la création de nombreux types de boulons indesserrables : c’est qu’en effet les moteurs et mécanisme des véhicules mécaniques (principalement à pétrole) sont soumis à des secousses et à des vibrations qui ont bientôt fait de desserrer et de faire tourner les écrous des boulons les mieux serrés à fond ; comme cet incon-
- Boulon indesserrable.
- vénient se présente aussi, quoique à un moindre degré, dans les constructions mécaniques ordinaires, et qu’un boulon prenant du jeu peut entraîner de véritables accidents, nous signalerons un nouveau dispositif qu’on désigne en anglais sous le nom de « Columbia Lock nut », et pour lequel on réclame cet avantage de ne comprendre aucun ressort. Du boulon proprement dit nous n'avons pas à parler, la partie intéressante étant l’écrou. Ce dernier se compose de deux éléments, que nous donnons séparément, et que le lecteur pourra voir également en coupe une fois mis en place sur le boulon ; nous avons fait dessiner d’autre part l’écrou combiné, en le supposant vu soit par sa face extérieure, soit par sa face interne, celle qui touche les objets à solidariser au moyen de l’écrou. On remarquera, sans que nous ayons à y insister, que l’élément interne est fileté intérieurement pour se visser sur l’écrou; il est fendu
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- suivant l’aréte d’une de ses faces, et il est de plus chanfrein»? pour s’adapter au chanfreinage intérieur que présente le second élément. On doit comprendre ce qui se passe quand un écrou de cette sorte est serré à fond sur le boulon ; on affirme qu’il ne desserre jamais et qu’il peut rester des années en place, et sans ressort ni clavette. 11 est fabriqué par la Columbia Lock nut Company, 489, Fifth Avenue, New-York.
- RECETTES PHOTOGRAPHIQUES
- Altération des épreuves positives au chlorocitrate d'argent.
- Fixage séparé ou combiné au virage.
- MM. Lumière et Seyewetz viennent de terminer une série d’expériences très intéressantes sur les causes d’altération des épreuves positives sur papier au chlorocitrate d’argent. On a souvent attribué les taches jaunes qui se produisent au bout d’un temps plus ou moins long à la présence de l’hyposulfite et surtout de sulfure d’argent ou de plomb ; mais les expérimentateurs ont fait des virages contenant de l’hydrogène sulfuré, d’autres du sulfhydrate d’ammoniaque, et les épreuves au bout d’un an ne dénotaient pas d’altération. Ils ont beaucoup varié les expériences, introduisant dans les bains de virage-fixage des métaux variés : étain, plomb, bismuth, associés ou non à l’or; ils ont varié dans de larges limites la durée du virage-fixage. Leurs essais ont porté également sur les virages et fixages séparés en faisant varier la composition des bains de virage, et enfin ils ont fait porter leurs observations sur l’opportunité d’une élimination plus ou moins complète d’hyposulfite.
- De toutes ces expériences, qui ont duré plus d’un an, il résulte que l’emploi du bain de virage-fixage a été suspecté à tort comme étant une cause d’altération. En réalité la cause principale de l’altération vient de l’élimination incomplète de l’hyposulfite de soude, mais dans le cas seulement où les épreuves sont en présence de l’humidité. Les épreuves fixées et virées dans des bains séparés ou dans des bains mélangés, qu’ils soient acides ou neutres, se conservent, même si l’hyposulfite n’est pas complètement éliminé, pourvu que l’humidité n’intervienne pas. Quelle que soit la composition du virage et même s’il contient du sulfure d’argent l’image se conservera à l’air humide si l’hyposulfite est complètement éliminé, car il est probable que c’est celui-ci qui se décompose lentement en présence de l’air humide et qui donne lieu à un dépôt de soufre très divisé produisant les taches jaunes qui détériorent l’image.
- Donc, comme conclusion, le photographe qui veut conserver ses épreuves, doit : ou bien les garantir complètement de l’humidité, ce qui est assez difficile, à moins de les enfermer dans des boîtes avec du carbure de calcium ; ou bien assurer une élimination très complète d’hyposulfite.
- Nous avons dit précédemment que les lavages, même très longs, ne sulfisent pas pour cela et qu’il faut des lavages répétés avec essorage. Jl vaut mieux avoir recours à l’emploi d’un oxydant, tel que le persulfate d’ammoniaque convenablement préparé, qui assurera une élimination complète.
- .Alcool et Amidol.
- Les soulèvements de gélatine, les ampoules et les décollements qui se produisent avec des bains de développement qui sont à une température au-dessus de la normale, font le désespoir des amateurs qui habitent les pays chauds. On a recommandé l’alun et le formol pour éviter cet inconvénient dans le fixage, mais dans le développement on nè peut pas introduire sans inconvénient ces produits. M. Ilaubriner, de Munich, a expérimenté une méthode qui lui a donné de très bons résultats; elle consiste à ajouter de l’alcool au révélateur, et c’est avec l’amidol (ou diainidophénol) que le résultat est le meilleur ; il peut, en eflèt, recevoir une assez forte dose d’alcool sans qu’aucun des sels qu’il renferme ne précipite.
- Voici la formule préconisée :
- Eau......................... 100 grammes.
- Sultit»....................... 5 —
- Amidt 1.................... 0,5 —
- Alcool...................... 100 —
- On n’ajoute l’alcool qu’après dissolution complète du sulfite et de l’amidol dans l’eau.
- Avec ce bain il n’y a aucun décollement, même s’il arrive à une température de 40°. Mais il faut dire <pue l’opération est ralentie parce que l’alcool durcit la gélatine : il faut compter quatre fois plus de temps que sans l’addition d’alcool. Par contre, le bain se conserve mieux et peut servir plus longtemps. Les négatifs Obtenus ne sont jamais durs.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Antiseptique pour la bouche. — Prendre 20 parties de sang-dragon, 1000 de carbonate de chaux et les réduire en poudre aussi fine que possible ; on mélange ensuite intimement avec 50 parties d’acide borique, autant d’acide salicylique et 12 parties de menthe verte.
- Essence composée de rose blanche. — Naturellement on ne fait point appel aux roses blanches pour la fabriquer. Tout simplement prendre 280 grammes environ d’alcool et additionner de 25 gouttes d’essence de rose, de 20 gr d’essence de géranium rose, 5 d’essence de patchouli, autant d’essence synthétique de’ jasmin ët enfin 5 d’ionone.-
- Pour rendre étanches les tuyaux à gaz. — Il s’agit, bien entendu, de tuyaux en caoutchouc, qui laissent parfois le gaz les traverser plus ou moins : pour les rendre étanches il faut les
- recouvrir d’une mixture préparée comme il suit. On fait dissoudre 5 parties de gomme arabique et 5 de mélasse dans 15 de vin blanc, puis on ajoute peu à peu, et en brassant constamment, 6 parties d’alcool. Cette recette, en apparence bizarre, est donnée par la publication allemande Sueddeutsche Apothe-kerzeituny.
- Garnitures pour presse-étoupe. — Fondre 10 parties de suif et 50 de savon, puis ajouter, en brassant, 10 parties d’huile pour cylindres, 20 de talc de Venise finement pulvérisé, enfin 6 de graphite soigneusement lavé et autant d’amiante pulvérisé. On mélange intimement et l’on enferme dans des boîtes en fer-blanc.
- Huile pour les cheveux. — A 100 grammes d’huile d’amandes, ajouter 20 gouttes d’essence de wintergreen, 55 d’huile essentielle d’amandes, 1 d’essence de rose, 50 gr d’essence de violette, puis 50 de teinture de cantharides.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 10 novembre . 5",5 S. S. W. 3. Quelques nuages. 0,1 Rosée: quelques nuages jusqu’à 11 h.; nuag. ensuite; halo.
- Mardi 11 4”,5 S. E. 3. Très nuageux. » Rosée ; nuageux.
- Mercredi 12 9°,2 S. S. E. 3. Couvert. » Rosée ; lumière zodiacale-; nuag.* jusqu’à 4 h. ; couvert ensuite.
- Jeudi 13 ...... . 9°,b N. N. W. 3. Couvert. » Rosée ; couv. jusqu’à 19 h. ; très nuag. ensuite ; brouill. une grande partie du temps; bruine à 14-15 h. Rosée; couv. de 4 à 2J h.; très nuag. avant; beau après; brouill. avant le jour ; très humide.
- Vendredi 1 i 5", 6 N. N. E. 2. Couvert. »
- Samedi 15 1°,7 N. E. 3. Couvert. »] Gelée blanche ; brouillard avant le jour; beau jusqu’à 6 b.; presque couv. ensuite. Gelée blanche; couvert; brumeux.
- Dimanche 16 2",7 E. N. E. 3. Couvert. »
- NOVEMBRE 1902. -- SEMAINE DE LUNDI 10 AU DIMANCHE 16 NOVEMBRE.
- Lundi
- Mercredi
- Jeudi
- '.a courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, In direction du vent. Les courbes du milieu indiquent. courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, a i niveau de la men. courbe plus mince, thermomètre a l abrt à boule sèche : courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boni: mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites é l’observatoire du parc Saint-Maur, en octobre €903,
- par M. Tu. Moureaux.
- Pression barométrique : moyenne à midi, 758””,36; minimum absolu, 745““,37 le 9 à 8 heures du soir ; maximum absolu, 773“",00 le 2i, à 9 heures du matin.
- Température : sous l'abri, moyenne des minima, 5°,s3; des mâxima, 111,03; du mois, 9°,95; vraie des 2i heures, 9°,35; minimum absolu, — 0°,1 le 26; maximum absolu, 21°,1 le 10. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, 5°,42 ; des maxima, ‘‘4°,22; minimum absolu, — 2°,4 le 26 ; maximum absolu, 3i",8 le 9. Dans le sol gazonné : moyenne du mois à 10 heures du matin, à 0“,30 de profondeur, 10°.92 ; à 1 mètre, 12°,87. De la Marne : moyenne le matin, 12’,22; le soir, 12°,49; maximum 14°,15 le 1"; minimum, 9°,90 le 31.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 7““,68; minimum 4““,6 le 26 à 6-7 heures du matin ; maximum, 12“”,9 le 9 à 3 heures du soir.
- Humidité relative : moyenne du mois, 87,1 ; minimum, 49 le 10 à 1 heure et 3 heures du soir; maximum. 100 en 16 jours.
- Nébulosité : moyenne du mois. 63.
- Insolation : durée totale de la préseuce du soleil au-dessus de l'horizon, 333 heures; durée effective de l’insolation, 87 heures; rapport, 0,26.
- Halos : solaires, les 4, 5, 8, 9, 16, 24; lunaires, les 14, 21, 23. Lumière zodiacale, le 11.
- Pluie. Total du mois, 47“”,1 en 48 heures, réparties en 13 jours, et en outre 1 jour de pluie inappréciable au pluviomètre; le 1" on a recueilli 14“,4 d’eau. On a noté 6 jours de brouillard: celui du 26 a été particulièrement épais; la visibilité ne dépassant pas 50 mètres à 9 heures du matin. H y a eu 14 jours de rosée et 5 jours de gelée blanche ; la première de la saison a été observée le 24. Aucune autre gelée à glace que celle du 26, correspondant au minimum absolu de la température. Un seul jour d’orage le 16.
- Vents dominants : S.-W., puis N.-E.
- Les valeurs des éléments météorologiques présentent avec la normale les écarts suivants : baromètre, 1““,42 ; température : — 01.51 ; tension de la vapeur, —0”“,11 ; humidité relative, -+-1,6; nébulosité -t- 4; pluie —16“”,5.
- Floraison. Le 10, aster multillore ; le 19, topinambour.
- Oiseaux. Les dernières hirondelles ont été vues le 19.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 15 à 5 h. 16 m. du soir.
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- M. J.
- Supplément réservé aux abonnés
- 1540 (29 novembre 1902), du journal «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE rédacteur en chef
- LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- D’AVIS DE L’ADMBIIiTRATIOS. — L’échéance du 30 novembre étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 29 novembre (u“ 1340) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l'abonnêment précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de décembre aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n auront pas avant le 3 décembre renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la a Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —Le Congrès de l’Alcool, au Salon de l’Automobile-Club, sera certainement suivi avec le plus grand intérêt par les spécialistes. Le trésorier du Congrès est le trésorier de l’Automobile-Club, M. Lehidcux-Vernimmen, et notre collaborateur, M. L. Périssé, a été désigné comme secrétaire général. La Section Automobile sera présidée par le président de la Commission Technique de l’Automobile-Club, M. G. Forestier; la Section de Physique, par M. Violle, membre de l'Institut, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers ; la Section de Chimie, par M. Haller, professeur à la Sorbonne. Toutes les «ommunications concernant le Congrès doivent être adressées au Commissaire général, 6, place de la Concorde, qui les répartira entre les différentes sections.
- —®— Dans le but de provoquer l’émulation des constructeurs dans la recherche des formes à donner aux voitures automobiles, et dans le. but aussi de signaler et récompenser les recherches, les nouveautés et la confortabilité des véhicules qui seront exposés, M. Rives, commissaire général, a décidé qu’il y aurait un concours d’élégance parmi les voitures qui figureront à la Cinquième Exposition d’Auto-mobiles, et, d’accord avec la Commission Exécutive, il a établi le règlement suivant : Art. I. Un concours d’élégance portant sur la forme générale de la voiture munie de son moteur et de tous les accessoires nécessaires à son fonctionnement et plus particulièrement sur la partie carrosserie aura lieu entre les exposants qui voudront bien soumettre leurs produits à l’inspection du Jury qui sera nommé à cet effet. — Art. II. Des diplômes d'honneur, des médailles de vermeil, d’argent et de bronze seront mis à la disposition du Jury pour être attribués, suivant leur mérite, aux produits exposés. Les récompenses seront allouées au titulaire du stand, avec mention, au rapport, du nom du carrossier collaborateur. -Art. III. Le Jury chargé de prononcer sur la valeur des œuvres exposées sera composé de cinq membres choisis par le commissaire général; il dressera un rapport de ses opérations. — Art. IV- La distribution des récompenses sera faite à la clôture de l’Exposition.
- —(S)— L’Automobile-Club de France avait organisé du 20 au 25 novembre un concours international de véhicules : 1° ceux établis en vue des services de ville ; 2° ceux établis en vue des services de banlieue. Les véhicules ont parcouru Paris et la banlieue en effectuant chaque jour un parcours d’environ 60 kilomètres sur un itinéraire à profil accidenté. Des commissaires ont accompagné les concurrents et feront un rapport sur les matières suivantes du concours : sur le prix de revient de la journée d’un véhicule automoteur en service usuel dans Paris ou la banlieue, accomplissant un parcours de 60 kilomètres; sur le confort et la maniabilité du véhicule; sur la fréquence du ravitaillement, l’importance et la facilité des réparations; sur le prix d’achat. Vingt et un véhicules appartenant à huit maisons étaient engagés. Nous reviendrons, s’il y a lieu, sur les résultats de ce concours.
- —<9— On signale de Cherbourg la présence de nombreuses bandes d’oiseaux appelés « bouettes » par les pêcheurs, et dont le nom
- scientifique est « bénègues »., Ce volatile est une oie sauvage qui vit ordinairement sur les côtes de Finlande. Sa présence sur la Manche est, dit-on, le présage d’un hiver excessivement rigoureux. A Cherbourg le fait est connu depuis longtemps. On a vu arriver les « bouettes » à chacun des grands hivers que nous avons eus, en 1870 notamment et en 1879-1880, et aussi en 1884. Ces oies sauvages volent à la surface de l’eau, et se reposent sur les navires ou sur les échelles des quais. On leur fait la chasse et on vend au marché de Cherbourg beaucoup de ces bouettes. Leur chair est grasse et rappelle celle de la sarcelle et des canards sauvages.
- —®— Les Américains ont un grand culte pour la mémoire de Pasteur. Dernièrement, à propos du prix que l’Académie française vient de décerner à M. Vallery-Radot pour son beau livre La Vie de Pasteur, un savant des Etats-Unis écrivait à l’auteur de l’ouvrage que scs compatriotes éprouvent non seulement pour le génie scientifique, mais encore pour la grandeur morale de Pasteur une admiration sans bornes. « Vous apprendrez avec intérêt, ajoutait M. Herter dans sa lettre à M. Vallery-Radot, que nous allons fonder un grand Institut de recherches médicales à New-York. M, Rockefeller nous a déjà donné 6 millions de francs pour cet objet et nous aurons probablement une dotation de 50 millions dans quelques années. Nous sommes engagés dans les voies scientifiques si largement ouvertes par Pasteur et-je crois que nous serons fidèles à son meilleur idéal. » .
- —®— On vient de procéder en Allemagne, dit Le Vélo, à des essais d'une locomotive électrique. Celle-ci a été construite d’après les données de MM. Siemens et Ilalke. Les résultats ont été des plus concluants. La nouvelle machine, traînant neuf wagons de passagers contenant plus de 200 personnes, a marché à une vitesse de 125 km à l’heure. Le ministre des Chemins de fer impériaux a immédiatement fait une importante commande aux constructeurs.
- —#— Des pluies torrentielles sont tombées, le 21 novembre, sur la côte orientale de la Corse, amenant de nombreuses inondations; tous les chemins ont été transformés en torrents et les communications ont été impossibles. Lé village de Ghisonaceia est resté sous l’eau; plusieurs maisons se sont effondrées; des troupeaux entiers ont été entraînés; les ponts du Travo et du Fiumorbo ont été emportés : l’inondation a fait de grands ravages;" le domaine de Magliacciara a été dévasté; du hameau de Miniatagia à la gare de Ghisonaceia, un épais courant d’eau roulait arrachant les arbres, entraînant les troupeaux.
- —®— Le froid rigoureux des derniers jours a interrompu en plusieurs endroits la navigation intérieure en Allemagne. Le Weser est gelé à Brême. L’Elbe charrie des glaces. Il en est de même de l’Oder à Breslau. Les communications entre Berlin et Hambourg, par la Sprée et le Ilavel, ont été également interrompues. La glace empêchait l’accès du port de Swinnemunde, sur la Baltique.
- —®— La Municipalité de New-York a fait installer récemment trois nouveaux laboratoires, l’un pour les essais et les deux autres pour les analyses. Ces dhux derniers sont occupés chacun par six opérateurs, qui ont à leur disposition constante un courant de vapeur fourni par un injecteur Richard et leur permettant d’opérer sous pression, ou au contraire dans une atmosphère raréfiée ; en outre, un grand récipient en cuivre se trouve constamment plein d’eau distillée chaude. Le laboratoire des essais contient cinq fours à mouiles chauffés au gaz et munis d’une soufflerie commandée électriquement.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La bicyclette de côtes « La Svea », décrite dans le n° 1536, se trouve actuellement 20 bis, avenue de Neuilly, à Neuilly-sur-Seine, chez MM. Searle et de Clèves. — L’échafaudage volant employé pour la pose de l’opaline, dont il a été question dans notre article (n° 1537 du 8 novembre 1902, p. 355), a été inventé par M. Vasseur, ingénieur des Ponts et Chausssées, à Boulogne-sur-Mer. — Le casseur de pierre décrit dans le n° 1539, du 22 novembre 1902, p. 385, se trouve à l’American Road Machine C°, Kennett Square, Pensvlvanie, Etats-Unis.
- Communications. — M. Fauche, à Héricy nous écrit : « En parcourant, il y a quelques jours, les volumes de La Nature, j’v ai trouvé un article de M. J.-F. Gall paru dans le n° 1259 du 17 juillet 1897 « sur la coloration du verre par imprégnation ». Je me suis rappelé alors qu’un de mes compatriotes, M. Moisson, s’était occupé, il y a bien longtemps déjà, à vitrifier des pellicules de collodion sur des plaques de verre de diverses couleurs et obtenait alors une photographie inaltérable, variant de teinte suivant la nature du-verre employé et pouvant très bien servir à orner des vitraux d’appartements. J’ai demandé à M. Moisson quelques renseignements sur son procédé qui est très simple, il m’a fait voir plusieurs épreuves obtenues par lui. Ce procédé a été communiqué à la Société française de Photographie et inséré dans son bulletin du 10 avril 1865 (9e année, page 96). II serait intéressant pour lui d’abord et pour moi ensuite de savoir, si avant cette époque il avait été question de vitrifier les images photographiques obtenues sur la pellicules de collodion. » lin de nos lecteurs pourra peut-être nous donner quelques renseignements sur la question que soulève notre correspondant.
- Renseignements. — M. P. R., à Philippeville. — Une fois la piqûre commencée, il n’y a rien à faire ; nous ignorons le procédé dont vous parlez.
- M. le Z)r Claisse, à Paris. — 1° Pour la faune et la flore marines, il faudrait vous adresser au laboratoire de M. Lacaze-Duthiers, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales). — 2° Vous pourriez consulter les ouvrages de météorologie de M. Duclaux, de M. Marié-Davy, de M. Mohn (ce dernier se trouve à la librairie Rotschild) et aussi les notes de M. Onimus.
- AI. R. Mazoyev, à Tunis. — On peut désodoriser le pétrole en l’additionnant de 10 grammes d'acétate d’amyle par litre, ou en le traitant par l’acide sulfurique et en éliminant les divers composés sulfuriques qui se forment. 11 existe un pétrole spécial pour les maladies du cuir chevelu, le pétrole Ilahn, que l’on trouve dans toutes les pharmacies.
- AI. A. Grellou, à Paris. — Le conseil d’hygiène va s’occuper de la ventilation du Métropolitain ; il est possible qu’il examine également les autres souterrains de Paris, notamment celui de la gare d’Orsay à la place Walhubert.
- M. E. D., à Gand. — Nous avons publié un article sur le tirage des dessins industriels à la lumière électrique, dans le n° 1526 du 25 août 1902; mais nous ne pouvons vous donner l’adresse du fabricant de l’appareil que vous mentionnez.
- M. Paul Lippens, à Gand. — Pour l’embrayage de M. G. Hautier, que nous avons décrit dans le n° 1493 du 4 janvier 1902, p. 73, adressez-vous à l’Etablissement d’exploitation des brevets Hautier, 15, rue Théophile-Gautier, à Pans.
- M. H. G., à Tours. — On emploie aussi l’argile dans la fabrication des agglomérés ; mais ce produit augmente naturellement la teneur en cendres.
- AI. Hippolyte Normant, à Romorantin. — Voici une autre adresse : Lampe Bénard, 11, boulevard Montmartre, à Paris.
- AI. H. Dejamme, à Arras. — Nous allons étudier le projet d’article que vous nous demandez.
- M. Lacoste, à Villefranche-du-Quayran. — Vous trouverez des détails plus complets sur le block-system dont nous avons parlé, dans la « Revue générale des chemins de fer », dans un numéro consacré au Métropolitain de Paris et en particulier aux signaux en usage sur ce chemin de fer. Vous pourrez consulter aussi le « Bulletin de la commission permanente du congrès des chemins de fer », chez M. Weissenbruck, éditeur à Bruxelles.
- M. E. Limange, à Bruxelles. — Pour le navire le plus rapide du monde, écrivez à M. Charles D. Mosher, chez MM. Munn and C°, 361 Broadway, à New-York.
- AI. J. Desgeans, à Épernay. — II faut demander ce renseignement à la direction de Y American machinist, avec carte pour réponse, 34 Norgollz Street, Strand, Londres.
- M. G. Sagues, à Ilabana. — Vous voulez sans doute parler des pavés en verre Garchey; adressez-vous à la Société parisienne d’exploitation, 74, boulevard Ilaussmann, à Paris.
- Un abonné, à Cosne. — Le champignon que vous avez envoyé est le « clitocycle brumalis », espèce assez commune, non vénéneuse, coriace et sans aucune qualité culinaire.
- AI. H. Marçais, à Naples. — Cette question du traitement des détritus des villes a été étudiée dans différents articles de Journaux ; mais il n’v a pas d’ouvrage spécial. Il faudrait vous adresser à « l’office de renseignements », U, rue Saint-Lazare, ou au bureau technique du « mois scientifique et industriel », 23, boulevard des Italiens, à Paris.
- M. E. Ecoffey, à Paris. — Vous trouverez des renseignements sur les machines à air chaud dans le « Traité de la chaleur au point de vue de son emploi comme force motrice », de M. De-villez, à la librairie Béranger,15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- AI. Antonio Camirauel, à Québec. — 1° Pour l’exécution d’un condamné à mort le 6 août 1890, aux États-Unis, on a-employé un courant alternatif, à une tension de 1000 volts. — 2° On a trouvé des chiffres variables de 1000 à 500000 ohms pour la résistance du corps entre les deux mains. — 3° Vous trouverez des renseignements intéressants dans l’ouvrage de M. le Dr F. Biraud « La mort et les accidents causés par les courants électriques de haute tension », à la librairie Masson et Cie.
- AL Perrier, à Paris. — Nous transmettons votre lettre à l’auteur de l’article en le priant de répondre.
- Accusés de réception. — Avis divers. — Al. D. L.,k Paris. Nous ne parlons pas des projets dans le journal ; nous ne décrivons que les appareils construits et qui fonctionnent. — AI. G., à Lille. Nous ne comprenons pas votre expérience ; quel est le but de votre appareil? — A1. D. V., à Paris; AI. P. Roux, à Paris. Consultez les Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — AI. J. Devaux, à X. Celte recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie. — AI. G. F., à Nice. Remerciements pour votre communication.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Tonique a la glycérine. — Ce tonique, dont nous trouvons l’indication dans une publication américaine, se compose de: 10 grammes d’extrait de gentiane, 50 centimètres cubes d’extrait liquide de taraxacum (pissenlit dent-de-lion), 50 centimètres cubes de teinture de cannelle, 10 centimètres cubes de teinture de cardamone, autant d’acide phosphorique, enfin 400 centimètres cubes de glycérine et une quantité suffisante de vin de. Xérès pour donner un total de 1000 centimètres cubes. On commence d’ailleurs par dissoudre l’extrait de gentiane dans le vin, et finalement on filtre.
- Pour préserver les animaux empaillés. — La publication Deutsche Drogisten Zeilung recommande le liquide conserva-' teur suivant pour préserver les animaux empaillés contre les attaques externes des divers insectes : 100 grammes d’eau où l’on mettra dissoudre 0,7 gr. d’arsenic et 15 grammes d’alun. D’autre part, on se trouve bien de pulvériser à l’intérieur des peaux et de remplir l’intérieur des os d’une poudre faite de, 100 grammes de camphre, autant de poudre insecticide, 50 grammes de poivre noir, 200 de fleur de soufre, 150 grammes d’alun, autant de soude calcinée, enfin 150 grammes également de tabac à priser.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren- -seignemenls qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scietitifi, tues, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- A L’ACADÉMIE DES SCIENCES — CROQUIS ET CROQUADES
- Texte et dessins par A. Robida.
- 1. La salle des séances hebdomadaires de l’Académie des scieuces. Corneille préside dans une niche au-dessus du Bureau. On lui a fait celle de le forcer à se consacrer maintenant à la science pure, ainsi d’ailleurs que Molière, Racine, La Fontaine, Poussin et Puget, qui occupent d'au 1res niches. — 2. Les bustes des générations précédentes ornent diverses salles, débordent dans les" antichambres et les couloirs et s’entassent les uns sur les autres. — 3. Molière présidant aux démonstrations au tableau noir, et prenant des notes sur l'homme préhistorique de Baoussé-lloussé. — 4. Quelques ligures de l’Institut, quelques silhouettes pittoresques et une foule de sommets neigeux, ou de fronts vastes et dénudés, de. protubérances crâniennes dénonçant les mathématiques et la mécanique, l’astronomie et la paléontologie, l’histoire naturelle, la physique, la physiologie, etc., etc.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Histoire documentaire de la mécanique Française (Fragments). D’après le Musée centennal de la mécanique à l’Exposition universelle de 1900, par Emile Eude, ingénieur de la classe 19,. chaudières et machines à vapeur, à l’Exposition de 1900. 1 vol. in-4°. Librairie Dunod, Paris. Prix : 15 francs.
- Cet ouvrage est très important au point de vue documentaire ; il renferme toute une série de documents de premier ordre, et dont plusieurs étaient ignorés, même des spécialistes. Nous citerons deux parties toutes nouvelles : la partie biographique et la partie iconographique qui donnent des documents précieux, parfois accompagnés de portraits, sur nos mécaniciens fès plus remarquables.
- L% téléphonie domestique : essais, pose et réparation des ap- I pareils, par G. Bénard, constructeur-électricien, président J
- du Syndicat des entrepreneurs constructeurs électriciens. 11. Desforges, éditeur, 39, quai des Grands-Augustins, Paris.
- Cet ouvrage fait suite à ceux déjà si appréciés du même auteur sur la pose et l’entretien des sonneries. Ecrit dans le même esprit pratique et avec une compétence indiscutable, il rendra les plus grands services à tous ceux qui, à un titre quelconque, ont à s’occuper du téléphone dans l’usage domestique. Il faut souvent répondre à des exigences multiples et l’auteur a prévu tous les cas; il n’y a pas moins de 72 planches donnant des coupes d’appareils et des schémas complets d’installation. Tout cela est clair, précis, et à la portée de tous.
- La pépinière fruitière, forestière, arhustive, vigneronne et coloniale, par Charles Halter, horticulteur à Troves. i vol. petit in-8°. Masson ei Cie, éditeurs. Prix : 8 francs.
- Ce volume est le vrai guide des propriétaires désireux de se créqr une réserve de plants-forestiers, ae fruitiers, de peupliers, d’arbres de route. M. Charles Baltet, qui compte plus de cinquante années de pratique horticole, était tout désigné pour publier ce guide.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES I)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 17 novembre . — 0,J,3 N. N. E. 4. Beau. 0,0 Couv. à 1 h. et de 11 à 13 ; beau le reste du temps.
- Mardi 18 . — 4“,0 N. E. 4. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 17 h. ; très nuag. ensuite.
- Mercredi 19 . . . . . ‘ — 3°,9 N. E. 4. Couvert. 0,2 Couv.'; neige de 4 à 13 h.
- Jeudi 29 — 2°,4 S. W. 2. Couvert. 0,5 Beau de 18 à 21 h. ; couv. avant et après; petite neige de 7 h. 45 à 11 h. 30.
- Vendredi 21 , — 6°,0 N. E. 2. Nuageux. 0,4 Couv. à 1 h. et 5 b. et de 9 h. à 19 li. ; beau ensuite.
- Samedi 22 — 8°,4 N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu’à 23 h. ; très nuag. à 24 h.
- Dimanche 23. . . . . 9°,1 S. 3. Couvert. 0,5 Couv.; brouill. de 8 h. à 12 h. et de 18 h. à 24 h.; neige fondue et pluie line de 5 h. à 6 h. 30.
- NOVEMBRE 1902. -- SEMAINE Dü LUNDI 17 AU DIMANCHE 23 NOVEMBRE.
- La coin bj supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Deux secousses de tremblement de terre ont été ressenties le 19 novembre dans la soirée à Sait Lake City, aux Etats-Unis. On a ressenti aussi des secousses sur plusieurs points du sud de l'Utah.
- Le 20 novembre, vers 6 heures et demie du soir, une violente secousse a eu lieu à l’Oued-Marsa, en Algérie ; les oscillations allaient du Nord au Sud. Le 22 novembre, une secousse a été ressentie à Kingston (Jamaïque).
- La neige. — Le 18 novembre, la neige est tombée en abondance dans plusieurs régions de la France, notamment à Lyon, à Besançon, à Grenoble, à Limoges, à Largentière, à Gap, à Montluçou, à Saint-Etienne, à Dijon, à Mâcon et à Chalon-sur-Saône: à Oyonnax, lés monts du Jura et les champs voisins étaient recouverts de neige.' Le mauvais temps a sévi pendant quelques jours à Privas et la neige est tombée en abondance ; elle a recouvert le sol d’une couche épaisse qui a interrompu les communications. Le 19 novembre, la neige est tombée à Paris, neige fine mêlée de givre; la température est descendue à —i1, les bassins, les fontaines ont été gelées.
- Le 19 novembre, la neige est également tombée à Rouen depuis 8 heures du matin ; la température a été de — 6°, gelant le sol et amenant la chute des dernières feuilles. Le froid a été également très vif à Limoges, à la même date, et la neige est tombée en abondance ; à Cherbourg, après trois jours de froid intense les 17, 18 et 19, les premières neiges sont tombées, et un brouillard épais a couvert la mer. Neige à Paris les 18 et 19.
- La température. — L'hiver est apparu cette année très rapidement, et le thermomètre est brusquement descendu. Le .17 novembre, à 7 heures du matin, la température était de — 11° à Moscou, — 10° au pic du Midi, — 5° au Puy de Dôme, 4° à Paris : la moyenne à Paris a été de 1°, avec un minimum de — 4°,3. Le 18 novembre, à 7 heures du matin, le thermomètre indiquait — 12° à Breslau, — 4° à Paris, — 2° à Bordeaux, ainsi que —11° au mont Aigoual, au mont Mounier et au pic du Midi, et —10° au Puy de Dôme ; la température moyenne à Paris a été de —1°,9 avec un minimum de —4°,1 et un maximum de 1°,2. Le 19 novembre, la température était de — 2° à 7 heures du matin : la température moyenne a été de — 2’,9; le maximum n’a pas dépassé — 2’,2. Les 21 et 22, on a noté à Paris, à 7 heures du matin, — 8°,5.
- PHASES DE LA LUNE ; D. Q. le 22 à 7 h. 56 m. du matin.
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