La Nature
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- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
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- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L’INDUSTRIE
- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
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- JOURNAL HEBDOMADAIRE ILLUSTRÉ
- DIRECTEUR
- HENRI DE PARVILLE
- TRENTE ET UNIÈME ANNÉE
- 1903
- PARIS
- MASSON ET CIE, ÉDITEURS
- LIBRAIRES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- 120, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120
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- 31* ANNÉE. - N° 15 41.
- 6 DÉCEMBRE 1902.
- LA NATURE
- REVUE DES SCIENCES
- ET DE LEURS APPLICATIONS AUX ARTS ET A L'INDUSTRIE
- LE GUI ET SES LEGENDES
- Le gui a été, dès les temps les plus reculés, l’objet d’un véritable culte dont les manifestations se sont perpétuées jusqu’à nous, à travers les âges. Cueilli sur le chêne, il jouait un rôle important dans les
- cérémonies druidiques. Pline nous apprend, dans son Histoire naturelle, que cette plante est « aux yeux des druides une manifestation céleste, et le chêne sur lequel elle croît est, pour eux, marqué au
- Fig. 1. — Peupliers couverts de gui, à Méry-sur-Seine (Aube).
- sceau de la divinité ; il est rare d’ailleurs de l’y rencontrer et lorsqu’on Ta trouvé on va le recueillir en grande pompe ».
- Au gui l'an neuf, tel est le mot que Chateaubriand met dans la bouche de Velleda. « La jeune fille frappa trois fois des mains en prononçant à haute voix ce mot mystérieux : au gui Tan neuf... et s’avança vers le chêne de trente ans où Ton avait découvert le gui sacré. On dressa au pied de l’arbre un autel de gazon. Les druides y brûlèrent un peu de pain et y répan-31e année. — 1er semeslre.
- dirent quelques gouttes d’un vin pur. Ensuite un eubage vêtu de blanc monta sur le chêne et coupa le gui avec la faucille d’or de la druidesse. Une nappe blanche étendue sous l’arbre reçut la plante bénite. Les autres eubages frappèrent les victimes ; et le gui divin, en égales parties, fut distribué à l’assemblée. » On a prétendu que l’expression « au gui Tan neuf » n’avait rien de commun avec le gui et qu’elle n’était que la corruption des mots guillaneu, guillanneuf, aguilanneuf qui, d’après de la Yillemarqué, vien-
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- drait du bas-breton Eghinad d'é signifiant étrennes à moi, ou bien encore d'Éghinane qui veut dire étrennes. On a fait remarquer à ce sujet qu’il était absolument inutile d’interpréter par le breton le nom d’une coutume qui a existé dans des lieux où on ne parle pas breton. Il semble donc devoir être admis que c’est bien le gui qui a servi d'origine aux fêtes du guillanncuf, aux Guühonnés de l’Agénais. Après les Gaulois, les Bardes avaient conservé la tradition du gui ; Merlin l’enchanteur, au moyen âge, en tirait ses charmes irrésistibles.
- De nos jours encore, dans-certaines provinces de l’Ouest, fillettes et garçons vont cueillir le gui qui sert comme amulette pour les filles ou de talisman invulnérable pour les jeteurs de sort. Aux environs de Noël el de l’année nouvelle, les jeunes gens qui rêvent du mariage vont ensemble à la recherche du « mai » de la saison d’hiver, en chantant des refrains dont le gui d’amour fait les frais. Le roi, ou la reine du gui, est conduit en triomphe jusqu’à sa demeure dont la porte d’entrée est solennellement décorée de rameaux de la plante sacrée. Les jeunes filles passent une à une au-dessous et les garçons présents les embrassent sans façon. Dans une grande partie de la France, le gui sert d’enseigne aux auberges et aux débits de boissons; en Champagne, on emploie aux mêmes usages le genévrier.
- Les cérémonies du druidisme, qu’on pouvait croire oubliées, ne le sont pas et, ces dernières années, la vieille religion faisait mine de renaître de ses cendres. Un des nouveaux druides, vénéré comme un saint, parcourait les campagnes de l’Irlande, en distribuant aux paysans des branches de gui. Cet arebi-druide, qui s’appelait Morien, se proposait de venir à Carnac, à Lockmariaker pour y célébrer deux grandes cérémonies, puis à Paris où il devait aller prier devant le menhir de Meudon.
- A Paris, le gui est maintenant l’objet d’une vente importante pendant les mois de novembre, décembre et janvier. On en voit d’énormes touffes garnies de fruits blancs, disposées sur de longues perches et portées sur les épaules de marchands ambulants. Mais cela n’est rien comparé à la consommation qui s’en fait en Angleterre où le Mistletoe est l’accompagnement obligé des réjouissances de laChristmas.
- La plus pauvre cabane comme le plus somptueux palais en sont également décorés. D’ailleurs, le Royaume-Uni ne peut subvenir à lui seul à cette consommation; il ne fournit pas assez de gui. Aussi est-il obligé d’en faire venir du dehors et, chaque année, les ports de Granville et de Jersey en expédient environ 12 000 caisses. Saint-Malo en avait fourni un demi-million de kilogrammes en 1898, et Granville plus de 100 000.
- Le gui, recherché par les Druides, était celui qui croissait sur les chênes. Il est toujours rare dans ces conditions d’existence, mais cependant on le rencontre de temps à autre. Nous avons trouvé il y a quelques années, aux environs de Troyes, un chêne littéralement recouvert de touffes de gui. Sur d’autres arbres il est beaucoup moins rare. C’est le cas des Pommiers, des Peupliers, des Saules, des Tilleuls, de l’Aubépine qui lui servent fréquemment d’habi-
- tals. Le l)r Bonnet avait, en 1879, donné une liste de 67 espèces de végétaux ligneux sur lesquels le gui vivait en parasite. D’après l’ordre de fréquence les Po-macées venaient en tête, suivies des Salicinées, des Conifères, des Tiliacées et Acé-racées et des Cupulifères. Dans les Vosges, le gui est tellement abondant sur les Sapins et les Epicéas, qu’on va l’y recueillir, pendant l’hiver, pour la nourriture du bétail. Sur les Pins il existe également, légèrement modifié ; aussi a-t-on cru devoir faire du gui des Pins une espèce spéciale sous le nom de U/s-cum Inxum.
- Le parasitisme du gui atteint son apogée quand il a lieu sur lui-même, ce qui peut, au premier abord, paraître assez étonnant. Mais on connaît au Chili un Loranthus, plante de la même famille, qui vit en parasite sur un autre Loranthus. Ce ne serait donc pas un fait anormal. Endlicher a d’ailleurs dit, il y a longtemps déjà, que le gui peut végéter partout, « nullum arborum vel fruticum genus res-puens ».
- Il nous paraît inutile de décrire le gui qui est universellement connu. Quelques mots cependant sur sa propagation et sur sa manière de croître pourront présenter un certain intérêt. Placé dans de mauvaises conditions pour se propager de lui-même, il doit emprunter au règne animal ses moyens de
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- transport. Ses baies sont mangées avec avidité parles Grives, les Mésanges, les Fauvettes, les Ramiers, etc. Résistant à Faction dissolvante des sucs digestifs, les graines traversent l’intestin des oiseaux sans être attaquées et sont déposées sur les arbres. Pline avait déjà fait cette observation il y aura bientôt deux mille ans. D’après le Dr Boisduval, ces graines ne dépasseraient pas l’estomac et l'oiseau les restituerait ensuite. Ces deux théories sont admissibles; mais une autre, émise par J. Gay et Durieu de Maisonneuve, me semble plus naturelle. Les oiseaux, après avoir avalé la pulpe des baies, cherchent à se débarrasser des graines et de la glu qui les entoure en frottant leur bec contre les jeunes branches d’arbres, d’où fixation d’un grand nombre de graines à la surface des rameaux. L’observation montre qu’il en est souvent ainsi.
- La propagation du gui se fait avec, une très grande facilité en tous lieux, aussi bien au bord des eaux ([ue dans les lieux secs, malgré tout ce qu’on a pu dire à ce sujet. Qui plus est, la qualité vénéneuse de certaines essences ne semble pas l’entraver, car on vient de signaler la présence du gui, au Maroc, sur le Laurier-rose, et déjà des inoculations artificielles avaient été faites avec plein succès sur cette même Apo-cynée. Si la propagation est rapide, par contre la croissance est lente. La graine du gui présente cette particularité qu’elle enfonce sa radicule, à la germination, dans l’écorce de quelque côté de la branche qu’elle se trouve, poussée par une tendance remarquable à fuir la lumière. Elle germe en mai et le développement s’arrête jusqu’à l’automne suivant. Le premier entre-nœud n’est formé qu’à la fin de la troisième année. C’est seulement dans le courant de la cinquième année que les deux premiers rameaux prennent naissance avec le troisième entre-nœud.
- La floraison à partir de ce moment ne tarde pas à avoir lieu. Une touffe vit habituellement de douze à quinze ans. La racine du gui donne, dans l’intérieur de l’arbre nourricier, des ramifications de deux ordres différents : les unes à la surface du corps ligneux et parallèlement à l’axe, les autres s’enfonçant vers le centre et le dépassant même quelquefois, en formant des coins pénétrants.
- Le gui est donc un parasite et sa destruction a été ordonnée, par l’administration préfectorale, dans les départements de l’Ouest où on le rencontre en abondance sur les Pommiers à cidre. Mais est-il vraiment nuisible? M. G. Bonnier prétend que non et pense qu’entre l’hôte et le parasite existe une association à bénéfice réciproque. Le gui puiserait un peu d’eau dans les vaisseaux de la plante nourricière et lui donnerait, en échange, une certaine quantité de carbone. Le dommage occasionné serait, en tout cas, assez faible et la destruction du gui serait loin de s’imposer.
- Malgré tout il vaudra mieux se débarrasser dé cette plante, en la détruisant ou bien en chassant les grives qui contribuent à sa propagation. P. Iïariot. ^
- LE FROID ET LES MIGRATIONS DES OISEU X
- On a cherché de nombreuses raisons pour expliquer les migrations des oiseaux, et on a voulu en trouver l’origine dans la diminution de la nourriture pendant la mauvaise saison. Si elle est exacte pour certaines espèces, cette explication n’est pas bonne pour toutes, car quelques-unes d’entre elles émigrent du midi vers le nord, c’est-à-dire vers des régions moins riches en victuailles pendant les frimas. Il est bien plus simple d’attribuer les migrations à la température : ceux qui aiment le froid vont du midi au nord; ceux—en bien plus grand nombre — qui préfèrent la chaleur descendent du nord au midi. Parmi ces derniers, les plus frileux vont tout d’une traite vers le pays du soleil, semblant prévoir souvent la prochaine arrivée du froid. D’autres, plus résistants, attendent qu’il fasse très froid dans la contrée où ils se trouvent pour descendre dans des régions plus chaudes. Arrivés là, lorsque la froidure vient les rejoindre, ils descendent encore plus bas et suivent en quelque sorte le froid, à mesure que celui-ci étend son voile glacé sur la surface de la terre.
- A la fin de l’automne et en hiver, les migrations sont surtout effectuées par les oiseaux des marais ets’opèrent, comme nous venons de l’expliquer, par étapes successives et par suite lentement.
- De toute cette sauvagine en migration, les Oies sauvages sont les premières à se mettre en marche ; leur arrivée à Paris à une époque relativement précoce (20 novembre) paraît présager un hiver rigoureux, pour cette année, ainsi que l’affirment d’ailleurs certains météorologisles. Les Oies circulent par petites bandes d’une vingtaine d’individus, voyageant de jour et de nuit et se disposant soit en ligne droite, soit en triangle. Elles poussent constamment un cri qui décèle leur passage pendant l’obscurité. Le chasseur qui les entend ne se dérange d’ailleurs pas pour aller leur rendre visite, car elles passent toujours hors de portée des armes à feu. De temps à autre, cependant, elles descendent pour se reposer ou manger. Bien qu’il soit fort difficile de les approcher, on arrive à les tuer à l’aide d’un bateau. Quelques-unes, séduites peut-être par le paysage, se cantonnent dans l’une des régions où elles viennent s’abattre. Au moment de la gelée, elles se débandent et vivent isolées. C’est le meilleur moment pour les canarder, ainsi qu’à l’époque du dégel.
- Lorsqu’il y a de grandes perturbations atmosphériques, les oiseaux migrateurs sont tout déroutés. C’est ainsi qu’il y a quelques années, on a pu voir à Paris des Thalassi-dromes tempêtes, oiseaux de mer qui ne vivent guère qu’au large et ne se sentent pas de joie quand la tempête déferle : on les voit alors traverser les vagues avec autant de facilité qu’un clown transperce un cerceau dans un cirque.
- On a pu voir aussi à Paris, il y a une dizaine d’années, des Grèbes huppés prendre leurs ébats entre le Pont-Neuf et le Pont-des-Arts, où les Nemrods parisiens les regardaient d’un œil d’envie.
- Ce sont là des migrations accidentelles. En général, les .oiseaux du Nord restent le plus longtemps possible dans leur pays et ne le quittent qu’à regret lorsque le froid devient par trop vif. C’est en effet dans le Nord seul qu’ils peuvent rencontrer l’isolement et la tranquillité si utiles à la couvaison et à l’élevage des petits, loin des hommes qui les tuent et des enfants qui dénichent leurs nids.
- Henri Coupin.
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- LA NATURE.
- TRAMWAYS A TRACTION MECANIQUE
- Le nombre des kilomètres de tramways à traction mécanique en exploitation en France, à la lin de l’année 1901, dépassait le chiffre de 5000.
- Les systèmes de traction le plus généralement employés sont : le système électrique par conducteur aérien, dans les banlieues denses et les villes de moyenne importance où ce système est autorisé, et la traction par locomotives à vapeur, pour les lignes vicinales et quelques lignes reliant des localités minières ou métallurgiques voisines. Mais, dans certains cas, ces deux systèmes donnent lieu à des objections; la multiplicité des conditions à satisfaire : municipales, techniques ou financières, a conduit à y
- employer, suivant les quartiers, parfois, les modes de traction les plus divers : nous examinerons seulement ici les systèmes à vapeur Rowan et Purrey et le système à air comprimé Mékarski.
- La voiture à vapeur système Rowan (Fig. 1) se caractérise par les dispositions suivantes : le moteur, placé sur un truck spécial, s’insère entre les longerons de la caisse comme un cheval entre les brancards d’une voiture ordinaire ; lorsqu’il a besoin d’être réparé, on peut ainsi le remplacer très rapidement par un truck de rechange, ce qui dispense d’avoir autant de caisses que de moteurs ; l’avant de la caisse vient reposer sans liaison rigide sur le truck (dont
- Fi". 1. — Vue d’ensemble d'une voiture automotrice Rowan.
- l’adhérence se trouve ainsi augmentée), et de telle sorte que ce dernier peut pivoter librement pour s’inscrire dans les courbes; il dispose en même temps l’essieu qui supporte la caisse à l’arrière d’une façon normale à la courbe, et le passage des tournants raides se fait ainsi sans difficulté, malgré le grand écartement des essieux extrêmes, lequel assure d’autre part une bonne assise et une suspension très douce à la caisse.
- La chaudière, verticale et multitubulaire, a une grande puissance sous un faible encombrement en plan ; le mécanicien a toutes les commodités pour j charger le feu et surveiller l’alimentation et le mécanisme : ce dernier est très accessible, ce qui facilite le graissage et l’entretien. La vapeur qui a produit son action sur les pistons est dirigée dans un condenseur à air, placé sur le toit de la caisse, et ayant toute la longueur et la largeur de cette dernière;
- cette vapeur se condense entièrement, et, comme le combustible employé est du coke, le moteur n’émet ni fumée, ni vapeur, ce qui le rend très propre pour la circulation dans les villes. L’eau de condensation, recueillie dans des bâches disposées sous le plancher de la caisse, est reprise pour l’alimentation du générateur ; il en résulte deux avantages : une augmentation du rendement économique et de la puissance, du fait de l’alimentation à l’eau chaude, et la suppression presque complète de l’entartrement des tôles et des tubes.
- La chaudière est disposée au milieu du truck, auquel elle est fixée par deux collerettes boulonnées. L’enveloppe extérieure est cylindrique, ainsi que le foyer ; ce dernier est surmonté d’une partie à section carrée, les faces opposées servant deux à deux de plaques de tête aux tubes. Ceux-ci, au nombre de 151, sont disposés par rangées alternées, comme le montre la
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- ligure o ; ils sont vissés dans les plaques et légèrement inclinés pour faciliter le dégagement de la vapeur : leur diamètre intérieur est de 28 millimètres, leur épaisseur de 5 millimètres, et leur longueur de 580 millimètres. Us peuvent être montés en quinconce ou par rangées verticales ; cette dernière disposition dépouille un peu moins Lien les gaz de leur calorique, mais elle facilite le tirage, ainsi que le nettoyage extérieur des tubes.
- La capacité totale de la chaudière est de 640 litres, et le volume d’eau, au niveau normal, de 400 litres.
- L'enveloppe extérieure de la chaudière est formée
- de deux parties boulonnées entre elles; la partie inférieure est rivée d’autre part à la tôle du loyer, et elle est fixe : la partie supérieure est mobile, ce qui permet de mettre les tôles intérieures à nu pour le nettoyage des parois ou le remplacement des tubes.
- Le timbre de la chaudière est de 14 kg, mais cette pression n’est jamais utilisée dans les cylindres ; la surface de la grille est de 45 décimètres carrés, la surface de chauffe du foyer de 1 m2, 62, et celle des tubes de 8 m2, 85; en faisant usage du souflleur ou de l’échappement, la production de vapeur par heure peut s’élever à 800 litres, correspondant, avec
- Fig. 2. — Bogie à vapeur pour voiture automotrice Rowau. — Coupe de la chaudière.
- une dépense de-20 kg par cheval, à une puissance normale de 40 chevaux.
- L’alimentation est assurée par une pompe et un injecteur; le truck moteur porte un réservoir de 100 litres, qui est relié, au moyen de raccords mobiles en caoutchouc, à des bâches d’une contenance de 500 litres disposées sous la caisse; deux de ces bâches reçoivent l’eau provenant de la condensation de la vapeur d’échappement et sont utilisées pour l’alimentation avec la pompe, laquelle peut se faire avec de l’eau à une température voisine de 100° si l’on a soin de placer cette pompe en charge; un troisième réservoir, rempli d’eau épurée,froide, est utilisé pour l’alimentation à l’injecteur dans les stationnements. Dans ces conditions, les tôles du foyer et les tubes peuvent rester longtemps propres, en pra-
- tiquant une extraction partielle à la rentrée, chaque soir, et une extraction totale lors de l’arrêt bimensuel du moteur pour l’entretien général : un nettoyage annuel suffit alors pour assurer le bon état continuel du générateur.
- Il est facile de se rendre compte, d’autre part, que l’alimentation avec de l’eau à 90° procure, par rapport à l’alimentation avec de l’eau à 10°, une augmentation du rendement et de la puissance du générateur de plus de 20 pour 100.
- Le foyer se charge au moyen de godets cylindriques longs et étroits ; le mécanicien fait, aux têtes de lignes, un feu très haut, de manière à n’avoir pas à recharger le feu en cours de route : il peut alors porter constamment son attention sur la voie et éviter les accidents. Il règle la pression par le
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- l’à NUL LE.
- degré d’ouverture du cendrier et du souffleur. Les cylindres sont placés horizontalement sur la plateforme du truck, et leurs pistons attaquent les essieux par l’intermédiaire de balanciers; c’est la disposition dite de Winterthur, qui a l’avantage de mettre le mécanisme en grande partie à l’abri de la poussière et de la boue, et de rendre la surveillance en cours de routeplus facile. Le diamètre des pistons est de 0m, 100 et leur course de0m,340 ; avec un diamètre de roues de 0IU,G20, l’elfort de traction théorique atteint 2115 kg ; l’effort pratique utilisé dépasse rarement 1000 kg.
- La distribution est d’un système radial, à coulisse, sans excentrique; le changement de marche est manœuvré par un levier qui est situé à la droite du mécanicien, tandis que la poignée du régulateur est disposée à sa gauche; le frein étant d’autre part commandé par une pédale, le mécanicien a ainsi toutes les commodités pour produire rapidement les démarrages, les arrêts, les ralentissements et les reprises de vitesse.
- Le condenseur est formé de tubes en laiton obtenus en rivant deux à deux des tôles minces embouties au banc ou à la matrice ; ces éléments sont ensuite soudés à des montures en bronze, qui sont vissées d’autre part sur un collecteur en fonte recevant la vapeur d’échappement du moteur. La longueur du condenseur est de 6 mètres, sa hauteur de 0m,300 et la surface offerte à l’air de 80 m2 ; lorsque les tubes sont propres intérieurement et extérieurement, la vapeur d’échappement se condense en totalité, si d’autre part le moteur est en bon état d’entretien et la dépense de vapeur relativement faible: si, pour une cause quelconque, la condensation se fait mal, une dérivation du condenseur débouchant dans la cheminée donne écoulement à la vapeur en excès, empêchant ainsi la contre-pression sur les pistons de devenir excessive. Le graissage des cylindres doit être fait avec de l’huile de bonne qualité, afin de pouvoir être réduit le plus possible, pour éviter que l’huile entraînée avec la vapeur d’échappement n’arrive à tapisser les parois du condenseur, dont elle diminuerait ainsi l’efficacité. On reconnaît que cette condition peut être observée ici parce que, dans la marche à régulateur fermé, les cylindres sont lubrifiés par la vapeur aspirée par les pistons dans les bâches à travers le condenseur : dans les moteurs qui, comme les locomotives, échappent leur vapeur dans la cheminée, il se produit au contraire, dans la marche à régulateur fermé, une aspiration de gaz chauds et de cendres qui échauffe et tend à rayer les cylindres, et oblige ensuite à forcer dans une certaine proportion le graissage de ces organes.
- La caisse comprend trois compartiments.
- Celui d’avant, derrière le moteur, est affecté, sur certaines lignes vicinales, aux messageries et aux bagages ; sur les lignes urbaines, il est disposé pour contenir 10 voyageurs, dont 6 sont assis et 4 debout, et il est alors ouvert sur les côtés.
- Le compartiment du milieu, entièrement fermé, comporte deux banquettes latérales de toute la lon-
- gueur du compartiment; il est spacieux et bien éclairé, et contient 20 places assises. Enfin la partie arrière, formant plate-forme, est ouverte comme celle d’avant, et peut contenir 11 personnes. La caisse repose sur le truck moteur, à l'avant, par l’intermédiaire de deux ressorts à lames, renversés, articulés à des patins dressés qui peuvent se déplacer dans des glissières circulaires à rebords, fixées au châssis du truck; elle est entraînée par ce dernier au moyen d’uné forte tôle de champ, engagée entre deux galets disposés à l’avant du truck. A l’arrière, la caisse est supportée par un châssis à un seul essieu pivotant, dont les déplacements angulaires sont réglés par le truck moteur lui-même, au moyen de deux tringles articulées : d’une part, aux deux côtés du cadre, et, d’autre part, aux angles d’arrière et de côté opposé du truck. Dès que ce truck commence à s’inscrire dans une courbe, il dispose l’essieu d’arrière normalement à la voie, et la voiture peut circuler facilement ainsi dans les courbes d’un rayon descendant jusqu’à 20 mètres.
- Le poids de l’automotrice en ordre de inarche, sans les voyageurs, est de 12 tonnes.
- Avec leur grand empattement et leur excellente suspension, ces voitures sont très douces au roulement, et elles sont de ce fait très appréciées du public. La température dans le compartiment du milieu est bien un peu élevée dans les mois d’été, par suite de la chaleur rayonnée sur la toiture par le condenseur ; mais on peut y remédier par une bonne ventilation, ou en faisant fonctionner le moteur à échappement libre dans les heures les plus chaudes de la journée, la vapeur, mêlée aux gaz de la combustion, s’échappant alors d’une façon invisible. En retour, en hiver, ce compartiment est chauffé d’une manière très efficace, propre et économique, au moyen de l’eau provenant de la condensation de la vapeur d’échappement, et qu’on fait circuler dans des tuyaux disposés sous les banquettes, avant de la recueillir dans les bâches. Enfin, bien conduites, ces voitures font un excellent service en ne demandant que peu d'entretien ; leur consommation d’huile est très faible, nous l’avons vu ; quant à celle de coke, elle peut descendre à 2k«,5 par kilomètre, lorsque l’automotrice circule seule, et à 3 kilogrammes lorsqu’elle remorque une voiture d’attelage.
- Il existe plusieurs circonstances où ce système de traction convient particulièrement : pour les lignes vicinales de quelque longueur, où les départs sont espacés de 2 ou 5 heures, et pour un service plus intensif, dans les villes, lorsque la durée de la concession du tramway est courte, que l’usage du trolley-est interdit, et que le trafic n’est pas assez élevé pour permettre l’emploi, onéreux, de l’un des deux systèmes : à air comprimé, ou électrique à caniveau. Les automotrices sont généralement assez puissantes pour remorquer une, et même deux voitures légères, ce qui permet, aux jours ou heures d’affluence, de doubler ou de tripler le trafic. L. Pierre-Güédon.
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- LA. GORGE DE LA NESQUE
- VAUCLUSE
- Bien que mentionnée et sommairement décrite dans le Guide Joanne de Provence (qui m’en a fait connaître l’existence), la gorge de la Nesque est peu visitée à cause de la complication de son accès : de Carpentras, il faut cinq à six heures de voiture pour parvenir à Sault (chef-lieu de canton perdu sur les plateaux de Vaucluse, au pied des monts Yentoux et de Lure) et au village de Monnieux, d’où une demi-journée à pied est nécessaire pour parcourir la plus belle partie de la gorge; l’excursion est d’autant plus pénible que le sentier, jadis construit au fond à grands frais, a été détruit par les crues, peu fréquentes, mais terriblement furieuses qui ravagent de temps à autre la ravine en en modifiant toujours le lit. Il est fâcheux que cette curiosité naturelle ne puisse pas être plus fréquentée, car c’est un des sites remarquables non seulement de la Provence, mais de la France entière.
- La gorge de la Nesque s’est creusée au pied méridional du mont Yentoux, qu’elle sépare des hauts plateaux accidentés dénommés monts de Vaucluse. De Monnieux (altit. G56m,8) à Méthamis elle s’étend sinueusement dans la direction générale du Sud-Ouest, sur une vingtaine de kilomètres d’étendue, avec une dénivellation totale d’environ 500 mètres (625-325 mètres d’altitude); c’est, en somme, un véritable et magnifique canon qui, dans le point le [dus resserré de sa partie inférieure, n’a pas 10 mètres de largeur, tandis que sa profondeur maximum atteint 300 mètres, à la base du grandiose rocher du Cire (864 mètres), une des plus majestueuses et flamboyantes falaises que l’on puisse voir; le canon est tout entier entaillé dans l’épaisseur du calcaire aptien inférieur (à faciès récifal dit uryonien), dont les terrasses superposées, les excavations profondes, les encorbellements rocheux et les gouttières latérales d’érosion constituent l’un des meilleurs exemples de l’énergique action des eaux courantes pour le creusement des vallées. La gorge s’ouvre brusquement à 1 km en aval de Monnieux, près de l’emplacement de l’ancien moulin Courtois, vers 625 mètres d’altitude, par une brèche coupée dans le calcaire aptien (fig. 5), qu’une faille avait relevée au-dessus des marnes tertiaires (ton-griennes) du bassin de Sault; tout de suite elle prend cette allure de couloir ou canon, avec laquelle les vallées de l’Ardèche et des Causses (Tarn, Jonte, Ifourbie, etc.) nous ont maintenant si bien familiarisés : d’abord, la profondeur est égale à la largeur (50 à 100 mètres, fig. 5), mais bientôt l’encaissement et le rétrécissement s’accentuent, en même temps que les accidents des parois (voir les figures ci-jointes) font nettement voir comment la puissante rivière qui a, jadis, creusé la gorge s’est peu à peu abaissée par terrasses et dénivellations successives; ses remous ont pratiqué, dans les parties de la roche
- les moins résistantes, les plus fissurées ou les mieux exposées au choc des Ilots torrentiels, des creux assez profonds pour devenir de véritables cavernes, parfois superposées en plusieurs étages comme, par exemple, les trois énormes affouillements qui surplombent l’antique ermitage Saint-Michel (fig. 6) dans l’un des plus curieux sites de toute la gorge. M. Marius Dijon (de Sault) a recueilli, dans nombre de cavernes et abris sous roche du canon de la Nesque, les restes de toute une population néolithique, et ses fouilles de la Baume du Grand Cœur notamment lui ont permis de constituer une fort intéressante collection préhistorique. Le spectacle de la gorge atteint sa plus grande beauté un peu en amont du ravin de Cassoulin (5 km aval de Monnieux) qui, sur la rive gauche, descend abruptement du champ de Sicaude au rétrécissement extrême qu’on appelle la Cathédrale (fig. 5, 7, 8) : c’est un vrai corridor, long de 50 mètres, étroite entaille d’à peine 10 mètres de largeur, entre deux murs à pic hauts de 40 mètres, sur le type des cluses ou klammen classiques du Trient, de l’Àar, de la Tamina, etc. Il se pourrait, d’après la forme arquée vers le sommet de ses murailles, que cet étroit fût une ancienne caverne (comme le Rummel de Con-stantine) à voûte effondrée. A travers les arbres et frondaisons qui se penchent sur les lèvres de la crevasse on aperçoit à peine, à 250 ou 500 mètres en l’air, les rebords rocheux des étages supérieurs du canon (fig. 5), le sommet du rocher du Cire empourpré par l’oxyde de fer comme les falaises des gorges du Tarn. C’est un inoubliable tableau, où le contraste est saisissant entre la fraîche et mystérieuse ombre de la fissure et la lumineuse ardeur du bleu ciel provençal. Après le rocher du Cire, l’encaissement s’atténue, et les promeneurs (auxquels un guide de Sault ou de Monnieux est indispensable) n’ont rien de mieux à faire que d’escalader (sur la rive droite) le précaire et assez vertigineux sentier (?) du Pas de l’Ascle et delà montée du Castellaras, pour admirer dans toute sa splendeur la muraille monolithe du Cire, et pour regagner Monnieux par Savolin et le plateau de Flaoussier : il y a là une réascension de 500 mètres (560 à 860 mètres) et une redescente de plus de 200, qui ne laissent pas que detre fatigantes.
- Le plus surprenant peut-être, sur le parcours du canon de la Nesque, c’est, que l’on y chemine (du moins en ses parties étroites) dans le lit même d’un torrent à sec, parmi les marmites de géants, les cascades taries, les rigoles d’écoulement où, partout ailleurs, l’eau seule peut d’ordinaire trouver accès; nous allons voir, en effet, que la Nesque est en somme, à l’heure actuelle, une vraie vallée morte, où ne Huent plus guère que les pluies et orages exceptionnellement violents : aussi est-il fort intéressant d’étudier, dans ce lit à sec, les curieux accidents et profils d’un fond de torrent et de constater, par exemple, qu’il y a par places des crêtes rocheuses transversales dépassant, de plusieurs mètres en hau-
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- teur, les saillies situées en amont : ce sont des parties de roches plus dures que l’érosion n’a pu détruire et qui, pendant la période active du torrent,
- y formèrent des retenues, des barrages, contraignant l’eau à s’accumuler en amont sous forme de petits lacs ou de bassins tranquilles, qu’après chaque crue
- Fig. 3. — La Cathédrale et le rocher du Cire. Fig. 1. — Aven du Iou Cervi.
- (D’après des photographies de l'auteur.)
- exceptionnelle l’évaporation vide rapidement; je ne connais pas de localité qui permette mieux de se rendre compte comment les torrents procèdent, pour
- creuser et approfondir leur lit et comment y fonctionnent les alternances de rapides, de bassins de retenue et de cascades. Dans l’Hérault, le ravin des
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- Arcs entre Ganges et Saint-Martin de Londres (que du même genre, mais moins topique, parce que les j’ai jadis décrit ici même) fournit un enseignement écoulements d’eau y sont assez fréquents pour main-
- Fig. 7. — La Cathédrale (entrée). (D’aprcs des photographies de l'auteur.) Fig. 8. — La Cathédrale.
- Fig. 9. — Aven du Colomb. (Panorama en trois épreuves, jumelle Bellieni.)
- tenir toujours à peu près pleins, en dépit de Leva- de roches. Quant à la morphologie des torrents, le poration, les bassins d'eau retenus par les barres lit de la Nesque est instructif au plus haut degré.
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- Pour les géologues surtout, cette belle gorge présente une capitale importance, car il faut la considérer comme n’étant pas autre chose que l’ancien lit subaérien de la rivière qui, aujourd’hui souterraine, débouche maintenant par la fameuse fontaine de Vaucluse. Celle-ci, en effet, est tout simplement la substitution d’un fleuve intérieur à un courant externe, capturé par les fissures du sol calcaire, exactement comme celles que j’ai déjà signalées dans les Causses (les Abîmes, 1894, p. 102, 184, 212, 297), comme celles que M. E. Eournier a, depuis, reconnues dans le Jura, et comme celle qui est en train de se réaliser à Immendingen (duché de Bade) sur le cours du Haut Danube, soutiré par la source de l’Aach, affluent du Rhin.
- Voici comment la Nesque a été la cause première de la circulation souterraine de Vaucluse.
- C’est seulement, comme je l’ai dit plus haut, après les chutes de pluies tout à fait exceptionnelles et les orages extrêmement violents que, de nos jours, la Nesque arrive à rouler pendant quelques heures dans le fond de son canon calcaire ; son régime normal, une fois qu’elle est formée, en aval de Sault, par les torrents de Saint-Guilhem, de la Croc et d’Aurel, consiste à couler, pendant 7 km environ, sur les alluvions modernes et les marnes tongriennes du bassin de Sault (fig. 1) jusque vers Monnieux, pour s’engouffrer, en atteignant la barre de calcaire aptien (fig. 5), dans des cribles de cailloux (rappelant ceux de la Tardoire et du Bandiat, Charente) qu’elle dépasse très rarement. Nous venons de voir comment l’aspect du canon, en aval des pertes, dénonce que la Nesque fut jadis un puissant cours d’eau, ayant exécuté un immense travail d’érosion et laissé subsister les traces de plusieurs lits de moins en moins larges et de plus en [dus profonds, qui témoignent de l’abaissement et de l’affaiblissement progressifs de l'ancien courant. C’est non seulement par ses pertes actuelles, mais aussi par les innombrables avens ou puits naturels et autres fissures d’absorption des plateaux de Vaucluse (environs de Saint-Christol, de Sault, etc.) que les eaux de pluie de toute la région ont pris peu à peu le chemin souterrain de Vaucluse, en délaissant le thalweg à ciel ouvert de la Nesque. C’est la loi générale de l’hydrologie du calcaire, dont j’ai partout retrouvé l’application formelle, aussi bien dans les katavolhres (gouffres) et kephalovrysis* (sources) du Déloponèse, que dans les swallow-holes d’Angleterre, aiguigeois de Belgique, avens des Causses, gouffres du Karst, du Jura, des Alpes, etc., en relation plus ou moins directe avec les résurgences ou sources dites vauelusiennes. Le canon de la Nesque, à cause de ses énormes dimensions, et la fontaine de Vaucluse, à cause de son colossal débit, constituent certainement l'une des plus grandioses manifestations connues de ces captures ou dérivations souterraines, qui ont peu à peu réalisé le dessèchement superficiel de tous les plateaux calcaires. J’ai donné ailleurs1 les raisons d’ordre géologi-
- 1 Comptes rendus de l'Ac. des se., 27 janv. et 10 nov. 1902.
- que (tectonique surtout) qui me font présumer que l’origine de cette capture peut remonter à l’époque pliocène ou même miocène, et que le creusement du canon de la Nesque doit être miocène dans sa large partie supérieure et pleistocène dans ses étroits couloirs inférieurs. Je me borne à rappeler, accessoirement, qu’il faut avant tout considérer les avens de Vaucluse (et les gouffres similaires des autres régions calcaires) comme des points d’absorption, aujourd'hui hors d'usage, des eaux qui, jadis, ruisselaient et circulaient sur les plateaux avec une bien plus grande intensité que de nos jours. Que leurs diamètres soient de quelques décimètres (aven de Bar-thée, fig. 2) ou de plusieurs décamètres (aven de lou Cervi, 50 mètres sur 20 mètres, fig. 4) à l’ouverture, qu’ils s’enfoncent profondément sous la terre (Jean-Nouveau à 165 mètres) ou qu’ils soient bouchés jusqu a fleur du sol (aven du Colomb, fig. 9) par des matériaux détritiques ou d’effondrement, il est désormais et définitivement démontré que les abîmes sont bien les points de fuite qui ont contribué à saigner les vallées desséchées, telles que le canon de la Nesque à tous égards si exceptionnellement remarquable. E.-A. Martel.
- LES ORIGINES DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE
- ET DE SON ANCIEN LOCAL
- four la première fois depuis cinquante-deux ans l’ancienne chapelle de l’hôpital de la Charité, devenue le siège de l’Académie de médecine, resta le mardi 25 novembre silencieuse et déserte. C’est que ses éminents locataires, les académiciens, ont, comme on le sait, porté leurs pénates dans un nouveau et somptueux logis désormais leur propriété.
- De ce nouvel hôtel nous ne poumons rien dire qui ajoutât quelque chose à la description illustrée qui en a paru ici même, il y a huit jours, mais nous voudrions rappeler, en quelques mots, quelles furent les origines de l’Académie de médecine et de l’ancien local qu’elle occupa un demi-siècle durant1.
- L’Académie de médecine fut fondée par ordonnance royale du roi Louis XVIII en date du 20 décembre 1820. Elle était la suite légale (aux termes de ladite ordonnance) des institutions et commissions royales ci-après : 10 Académie royale de chirurgie fondée le 11 décembre 1751.2° Commission royale pour l’examen des remèdes particuliers nouveaux et distribution des eaux minérales fondée le 25 avril 1772. (Jusque-là les eaux minérales dépendaient de la surintendance des eaux médicinales établie en 1605 pour le premier médecin du roi et ses successeurs.) 5° Commission royale pour les épidémies et épizooties fondée le 29 avril 1776. 4° Société royale de médecine fondée le 26 juin 1778, pour remplacer et continuer la précédente commission. Le 1er décembre 1778 de nouvelles lettres patentes lui donnent aussi les attributions de la Commission royale de 1772 qui cesse d’exister. 5° Comité central de vaccine, créé par décret du 16 mars 1809 pour la conservation du vaccin.
- La Société royale de médecine et l’Académie royale de
- 1 A'ous tenons à remercier ici le si aimable et si érudit bibliothécaire de l'Académie de médecine, notre vieil ami, le 1)' fureau, qui a bien voulu nous documenter de façon à rendre cet exposé impeccable.
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- chirurgie avaient été supprimées par décret de la Convention le 8 août 1795. Le comité central de vaccine existait seul en 1820.
- L’ordonnance royale de création de l’Académie actuelle de 1820 ajoute que cette Compagnie est spécialement « instituée pour répondre aux demandes du Gouvernement sur tout ce qui intéresse la santé publique et principalement les épidémies, épizooties, les cas de médecine légale, la vaccine, les remèdes nouveaux et secrets, les eaux minérales. Elle est chargée de continuer les travaux de la Société royale de médecine et de l’Académie royale de chirurgie. Les registres et papiers ayant appartenu à la Société royale et à l’Académie de chirurgie seront remisa la nouvelle Académie ».
- Le nombre des membres avait été fixé par le décret à 105 honoraires, titulaires ou associés habitant Paris.
- Telle est la généalogie de l’Académie en tant que corps constitué. On voit quel était son rôle, rôle important qui constitue un rouage nécessaire dans la biologie sociale d’un peuple. C’est exactement le même que celui dont elle est chargée aujourd’hui. Mais il est actuellement beaucoup plus compliqué, du fait des exigences sociales plus grandes. On sait que, ballottée du Louvre — où tout d’abord elle tint seulement ses quatre séances annuelles — à la Faculté de médecine, ne pouvant trouver à se caser dans aucun hôtel privé, pas même dans les écuries du roi, trop petites, l’Académie finit par trouver un humble local, 21, rue de Poitiers. Elle s’y installa le 27 janvier 1824 et y resta jusqu’en 1849. Obligée de quitter la rue de Poitiers, chassée par le propriétaire, l’Académie obtint de l’Assistance publique la cession à bail de l’ancienne chapelle de l’hôpital de la Charité. Elle put_y entrer le 5 septembre 1850. Elle y resta jusqu’au 24 novembre 1902. Cette chapelle avait d’ailleurs son histoire. En 1606 une première chapelle avait été érigée à peu près sur l’emplacement actuel. En 1621, elle fut démolie et remplacée par une nouvelle. Celle-ci fut terminée en 1755. La façade est de l’architecte de Cotte peu modifiée ultérieurement.
- Le 14 frimaire et le 6 nivôse an 111, Clavereau, architecte des hôpitaux civils, présente au Comité des secours publics un projet d’après lequel la chapelle serait disposée de façon qu’on y pùt installer une nouvelle école clinique. Le comité des travaux publics de la Convention approuva ces projets et les travaux commencèrent en 1799. La façade, peu modifiée d’ailleurs, conserve le caractère de cette époque. Le chœur devint l’amphithéâtre dit de Cor-visart. En 1849, nouvelle appropriation pour l’Académie actuelle. La chapelle fut divisée en trois parties : vestibule, salle des Pas-Perdus, salle des séances. Les dépendances furent attribuées à la bibliothèque, aux archives et aux bureaux. Le chœur resta comme grand amphithéâtre de l’hôpital de la Charité.
- De 1850 à 1865 l’Académie occupa sans protester ce local tout à fait insuffisant, incommode, où sa bibliothèque, ses archives étouffaient, où les bureaux étaient misérablement petits, le laboratoire d’analyse des eaux minérales absolument insuffisant, la salle des séances obscure. Mais en 1865 elle réclama des améliorations et un autre local. Napoléon III donna des ordres en conséquence. Ils restèrent dans les cartons. A partir de 18/5 nouvelle campagne infructueuse de recherches d’un local meilleur. En 1883 un décret concède à l’Académie d’une façon définitive un terrain appartenant à l’État et situé avenue de l’Observatoire. Peu après, la Faculté des sciences occupe ce terrain. Elle y fait 600 000 francs de travaux. Si bien que lorsque l’Académie réclama son terrain,! Etat
- intervint, reprit le terrain et s’engagea à construire la nouvelle Académie sur un terrain que l’Assistance publique voulut bien céder rue Bonaparte. La dépense totale se montait à 1 500 000 francs. L’Académie qui, par suite de legs et donations, possédait 562 000 francs, les versa à l’État qui fit le reste. Enfin, la loi concernant la (( réinstallation de l’Académie » a été promulguée le 6 avril 1898.
- C’est ainsi que fut élevé le nouvel et somptueux hôtel inauguré il y a huit jours. 11 ne fera certes pas oublier la vieille chapelle à ceux qui, comme nous, y sont venus chaque semaine depuis bien des années. Et c’est en sorte de témoignage, d’attristé souvenir que nous avons voulu consacrer à son historique et à celui de l’Académie les quelques lignes que l’on vient de lire. Capit.vn.
- APPLICATIONS DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
- A PARIS
- Il est intéressant de suivre à Paris la marche des diverses applications de l’énergie électrique ; nous trouvons à ce sujet quelques chiffres importants dans le rapport présenté parle Conseil d’administration à l’assemblée générale ordinaire du 50 octobre 1902 de la Société anonyme du secteur de la place Clichy. Le rapport constate tout d’abord qu’à Paris la fourniture d’énergie pour force motrice ne représente que 16 pour 100 de la consommation totale, y compris le chauffage et la charge des automobiles; l’éclairage consomme 84 pour 100. A Berlin, les tramways prennent 57 pour 100 de la production totale, la force motrice 22 pour 100, et l’éclairage seulement 21 pour 100.
- Au 50 juin 1902, la Société comptait 10517 polices souscrites, 7115 polices en service, correspondant à un total de 559 510 lampes à incandescence de 10 bougies, dont 295151 sont utilisées pour l’éclairage, 56 694 représentent la puissance consommée pour la force motrice, 5005 la puissance consommée pour la charge d’automobiles, 2854 la puissance consommée pour le chauffage et 5828 la puissance consommée pour l’éclairage public et municipal. Le nombre des ascenseurs est monté à 451, dont 255 purement électriques, 67 mixtes et 151 mixtes par compensateur. La charge des automobiles électriques a procuré durant l’année une recette de 95 170 francs.
- Le réseau s’étend sur 100 528 kilomètres, et comporte une longueur totale de 576 105,90 mètres de câbles. Le nombre de branchements extérieurs était de 2776 et le nombre de colonnes montantes de 1551. En admettant qu’une colonne peut desservir en moyenne 6 logements, les 1551 colonnes pourraient donc alimenter 9506 logements; elles en alimentent 6575, soit 68 pour 100.
- La Société du secteur de la place Clichy a dans son secteur parisien presque autant d’abonnés que tout Berlin, où leur nombre total ne monte qu’à 7629. 11 en résulte que l’emploi de l’électricité pour l’éclairage s’est beaucoup plus étendu à I'aris que partout ailleurs en Europe.
- La Société d’éclairage électrique du secteur de la place Clichy a assuré en partie l’alimentation du service de distribution dans Paris à l’aide d’une transmission de force motrice à 5500 volts en courants triphasés alimentée par l’usine du Triphasé à Asnières. Dans une sous-station, établie rue Puteaux, à Paris, à côté de la station centrale, sont installés les transformateurs, commutatrices et moteurs-générateurs d’une puissance totale de 5200 kilowatts pour transformer les courants triphasés en courant continu et augmenter ainsi l’énergie distribuée. J. L.
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- LOCOMOTIVES Â VAPEUR SURCHAUFFEE
- Tous les ingénieurs qui s’occupent de la traction sur les grandes lignes de chemins de fer ont remarqué dans la section allemande, à l’annexe de Vin-cennes, pendant l’Exposition de 1900, une locomotive dont la boîte à fumée présentait un aspect extérieur tout différent de celui des autres locomotives exposées. Cette machine (fig. 1), construite par les ateliers Borsig, de Berlin, du reste très bien étudiée dans tous ses détails, était à deux essieux couplés, avec bogie à l’avant, à deux cylindres fonctionnant à simple expansion et était destinée à la traction des trains express sur les lignes allemandes. Mais ce qui la différenciait des autres locomotives, compound ou à simple expansion, c’est l’emploi, pour cette dernière,
- delà vapeur surchauffée, c’est-à-dire d’une vapeur qui, après avoir été produite à l’état de saturation, dans la chaudière à la pression du timbre de celle-ci, est ensuite surchauffée dans un réservoir placé dans la boîte à fumée, de manière à élever sa température d’une centaine de degrés au-dessus de la température de saturation, sans, toutefois, augmenter la pression du timbre de là chaudière. C’est cette vapeur surchauffée qui actionne ensuite les pistons des cylindres à vapeur.
- On sait que l’emploi de la vapeur surchauffée présente de nombreux avantages dont nous signalerons les plus importants. D’abord, par suite de sa température de surchauffe, lorsque cette vapeur est
- Fig. 1. — Vue d’ensemble de lu locomotive ù vapeur surchauffée.
- introduite dans les cylindres, l’abaissement de sa température résultant du contact de cette vapeur avec les parois plus froides de ces cylindres, n’amène pas de condensation de vapeur sur ces mêmes parois ; il n’y a donc pas de ce fait augmentation de dépense de vapeur, comme avec le fonctionnement à simple expansion et vapeur saturée. C’est cet effet désastreux que le fonctionnement compound évite par un procédé différent.
- Ensuite, par suite également de la surchauffe, la vapeur saturée augmente de volume et il en résulte que 1 kg de charbon produit, à la pression de 12 kg, par exemple, et avec une surchauffe de 100° au-dessus de la température de saturation, un volume de vapeur environ 15 pour 100 plus grand que celui produit à 12 kg à l’état de saturation. Le travail étant proportionnel au volume de vapeur employé, il en résulte une économie comme consommation de vapeur et de charbon.
- Quant à la quantité de charbon nécessaire pour cette surchauffe de la vapeur elle est faible et ne représente que 10 pour 100 de la chaleur totale nécessaire.
- lîn autre avantage de la vapeur surchauffée est la faible résistance qu’elle oppose à la marche du piston pendant la période de compression, par suite de sa faible densité. La machine roule plus aisément aux grandes vitesses.
- La conséquence de ces différents faits importants est qu’avec une chaudière donnée on peut obtenir une plus grande puissance ou réciproquement que, pour obtenir une puissance donnée, on peut faire emploi d’une chaudière de moins grand volume et moins lourde. Tel est le principe de l’emploi de la vapeur surchauffée. On en voit l’importance, surtout en ce qui concerne la traction sur les chemins de fer, où les charges remorquées deviennent de plus en plus grandes et les vitesses de marche de plus en plus élevées.
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- I/empIoi de la vapeur surchauffée s’est notablement développé dans ces dernières années pour les machines à vapeur fixes, notamment en Allemagne, et des expériences très soigneusement faites ont montré que l’économie résultant de son emploi était importante, malgré certaines complications nécessitées par l’installation de l’appareil de surchauffe. E n présence de ces résultats il était tout naturel de se demander si les mêmes rés ultats avantageux pourraient être obtenus en appliquant la vapeur surchauffée aux locomotives. C’est cet essai que l’administration des chemins de fer de l’État Prussien a voulu faire en faisant construire la locomotive dont nous parlons. L’appareil de surchauffe employé est celui de Schmidt. Comme l’indiquent les figures ci-jointes (fig. 2 et 5), il se compose d’un gros tuyau placé horizontalement à la partie inférieure du corps cylindrique. Ce tuyau débouche, d’un côté, dans la boîte à feu et, de l’autre, dans la boîte à. fumée dans un réservoir établi concentriquement à l’enveloppe extérieure de celle-ci.
- Une partie des gaz chauds, provenant de la combustion dans la boîte à feu, traverse le tube horizontal et le réservoir de la boîte à fumée pour s’échapper, ensuite, dans la cheminée par des ouvertures mé-nagées'à cet effet et dont la section peut être convenablement réglée suivant la température de surchauffe à obtenir. En passant dans le réservoir concentrique à la boîte à fumée les gaz chauds lèchent extérieurement une série de tubes formant serpentin et au travers desquels passe la vapeur saturée prise à la chaudière. Pendant son passage dans ce serpentin, la vapeur est ainsi surchauffée
- d’environ 100° au-dessus de sa température de saturation et pénètre ensuite dans les boîtes à vapeur de chacun des cylindres.
- Cette locomotive — et c’est la chose la plus intéres-sante — a été comparée, en 1901, avec deux autres
- 1 o c o m o ti v e s , l’une compound à deux cylindres, l’autre également compound mais à quatre cylindres du dernier type étudié par M. Von Lorries et dont un exemplaire figurait à Vincennes. Ces trois machi-. nés, de puissance à peu près égale, faisaient le même service et remorquaient des charges réglées suivant la puissance des chaudières avec une consommation moyenne de 400 kg par mètre carré de grille. 11 résulte de ces essais comparatifs qu’au point de vue économique, c’est-à-dire de la puissance en chevaux effectifs produite par 1 kg de charbon ou de la puissance en chevaux effectifs produite par une tonne de poids de locomotive, sans, toutefois, tenir compte du tender, la locomotive à vapeur surchauffée était à peu près équivalente, quoique un peu inférieure, à la locomotive compound à deux cylindres, mais nettement inférieure à la locomotive compound à quatre cylindres. Cette équivalence, sans avantage marqué, de la locomotive à vapeur surchauffée et de celle compound à deux cylindres semble indiquer qu’il serait possible d’obtenir un certain avantage de l’emploi de la vapeur surchauffée en la juxtaposant au fonctionnement compound et en profitant des avantages de ce système. Cet essai n’a malheureusement pas encore été tenté, mais le sera certainement dans un avenir plus ou moins éloigné, lorsque les études qu’on poursuit actuellement auront permis
- Fig. 5. — Coupe transversale de la chaudière.
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- d’établir un surehaulfeur simple dont l’usure et les dépenses d’entretien resteront dans les limites pratiques, tout en permettant de conserver une température de surchauffe constante, ce qui ne paraît {tas être le cas avec la locomotive Borsig.
- 11 ne faut pas oublier non {dus qu'en sus des considérations, certainement très importantes, de l’économie de vapeur (emploi du système compound avec addition de la surchauffe), il y a aussi à tenir compte de la stabilité de marche aux très grandes vitesses et qu’à ce point de vue la locomotive compound à quatre cylindres, répartis en deux groupes, offre l'immense avantage de diminuer les efforts qu’ont à supporter les organes moteurs, en répar-tissant ces efforts dans les deux groupes et d’équilibrer d’une manière pour ainsi dire complète les masses en mouvement. R. Boxnin.
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- L’EXPOSITION D’AYICULTURE
- Du 28 novembre au 2 décembre, la Société nationale d’aviculture, que préside avec compétence et autorité M. Roger Ballu, ancien inspecteur des Beaux-Arts, député de Seine-et-Oise, a donné, dans les serres du Coürs-la-Reine, sa dix-neuvième exposition internationale d’oiseaux et d’animaux de basse-cour et de chasse.
- Peut-être un peu spéciales pour le grand public ces expositions qu’organisent nos Sociétés avicoles, sous le patronage du ministre de l’Agriculture, rendent dé réels services; grâce à elles, nos diverses races de volailles ont été améliorées, et ce sont en somme les marchés auxquels viennent les amateurs et les éleveurs; elles créent, en outre, des relations entre les producteurs des différents pays : autrefois, c’est à peine si un ou deux étrangers venaient se mesurer avec nos compatriotes. A cette récente exposition du Cours-la-Reine sur 210 exposants on comptait 60 Allemands et 50 Belges.
- Le marché aux Oiseaux, près du Tribunal de commerce, fut jusqu’au milieu de ce siècle une véritable exposition permanente d’aviculture ; les volailles, les lapins et les pigeons dominaient, tandis qu’aujourd’hui ce sont les oiseaux de volière. Un chroniqueur du temps le décrivait ainsi : « C’est pour l’observateur une scène curieuse que celle du marché hebdomadaire et dominical de l’abbaye de Saint-Germain. On y voit des hommes de tous les états, de tous les pays, réunis par un même goût, égaux en prétentions, en soupçons, en finesse, souvent en mauvaise foi, y marchander, y vendre des espérances de plaisir fon-. dées sur les générations de ces oiseaux et parfois se tromper les uns les autres comme on se trompe à la Cour. J’v ai vu des dignitaires s’humilier pour être moins dupes, endurer patiemment les ironiques brutalités du maquignon de pigeon, et ne laisser entrevoir les signes de leurs honneurs qu’en ouvrant leurs vêtements pour cacher dans leur sein le pigeon adultéré, falsifié, qu’ils emportaient.
- « La mode y établit aussi son empire, elle y est aussi impérieuse, aussi bizarre, aussi fantastique et souvent d’aussi mauvais goût et surtout aussi dédaigneuse pour tout ce qui s’écarte des lois qu’à la ville ou à la Cour. »
- C’est toujours un peu la même chose, hélas! Décrirai-je les races de volailles depuis les Houdan, les La Flèche et les Mantes, poules utiles, jusqu’aux races asiatiques, naines ou de combats, ornement des volières? Cela m’en-
- traînerait un peu loin. Sachez seulement que toutes nos races de basse-cour, sans en excepter une, étaient représentées par de très beaux spécimens, que les palmipèdes, oies et canards étaient de toute beauté, que les lapins et les pigeons les valaient, que le clou de l’exposition fut l’immense volière d’une des serres parc à gibier dans laquelle s’ébattaient pêle-mêle faisans et lapins, perdrix et lièvres, voire même cerfs et chevreuils au milieu de sapins minuscules et de boqueteaux en réduction, qui ne leur rappelaient que de très loin les tirés des chasses des environs de Paris.
- Mais une curiosité rare — puisque même on en nia longtemps l’existence — était un superbe merle blanc dont la couleur était de bon aloi et la blancheur indemne de tout truquage.
- A côté des éleveurs, il y a aussi les ingénieurs avicoles ; ceux-ci exposaient des couveuses de tous systèmes : il faudrait consacrer une étude particulière à chacune d’elles; enfin, une nouvelle section avait été organisée cette année : elle était destinée à montrer les applications industrielles des plumes et des peaux d’oiseaux qu’on est parvenu à tanner comme celles des mammifères.
- Les anciens croyaient que les oiseaux avaient un langage qu’il n’était pas impossible de comprendre et l’histoire assure que le devin Mélampus l’entendait parfaitement, et Démocri te passait pour jouir du même privilège. Je songeais à Mélampus et à Démocrite l’autre matin en visitant l’exposition d’aviculture : j’aurais souhaité leur puissance d’entendement au langage des volailles. Si j’avais pu interviewer le lauréat du Prix d’honneur, il m’aurait, je crois, répondu : « J’aimerais mieux mon parquet en plein air que cette maudite cage où j’ai peine à me retourner. Je liens plus à picorer librement sur le fumier de notre ferme qu’à recueillir les éloges du public qui m’admire. Une plaque de Prix d’honneur ne vaut pas pour moi le moindre vermisseau. » Son heureux éleveur et possesseur n’a certes pas dû penser de même.
- Paul Mkgxtn.
- lmlustrie îles limitons en nacre «l’eau douce.
- — Bien qu’elle se pratiqLie certainement dans d’autres pays, cette industrie présente une importance toute particulière aux Etats-Unis : elle emploie comme matière première ces coquilles de rivières, les Unios, que nous avons déjà signalées et qui fournissent des perles d’une valeur, relative du reste. C’est depuis une dizaine d’années que la fabrication de ces boutons s’est créée, et elle est devenue tout à fait florissante : aujourd’hui une bonne partie du cours de Mississipi est bordée par des usines qui s’y livrent, depuis Red Wing jusqu’à Louisiana; le centre en est Muscatine. 11 faut dire que les coquilles à’Unios, qu’on appelle aussi « tètes de nègres » aux Etats-Unis, abondent et se vendent à des prix extrêmement bas. L’outillage des fabriques s’est d’ailleurs remarquablement perfectionné et le découpage, le tournage, le polissage se font avec une rapidité vertigineuse. Tant et si bien qu’on est en train d’épuiser les bancs de coquillages des cours d’eau de la Confédération.
- Le métropolitain souterrain de Me w-York. —
- On poursuit très activement en ce moment les travaux de construction du métropolitain souterrain qui doit, à New-York, contribuer puissamment à diminuer l’encombrement des rues. Ce qui donnera une idée de l’impor-
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- tance de l'entreprise, c'est la dépense d’au moins 180 millions de francs qu’elle entraînera : 105 millions sont déjà effectivement dépensés. Le cube des terrassements à faire sera de 50 000 mètres cubes environ dans les terres, et de 56 000 dans le roc; les tabliers supportant les chaussées des rues au-dessus des tunnels et les ouvrages accessoires emploieront 65 000 tonnes d’acier.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 1er décembre 1902.
- Présidence de M. Bouquet i»e la Cuyk.
- Propriétés physiologiques de Vadrénaline. —M. Bouchard présente en son nom et en celui de M. Claude un travail sur les propriétés toxiques de l’adrénaline. Des doses de 1 à 2 dixièmes de milligramme par kilogramme d’animal vivant, introduites dans la circulation, suffisent pour déterminer les accidents les plus graves. On observe d’abord la paralysie des quatre membres, puis des convulsions, l’apparition d’une mousse sanguinolente à la bouche. L’ouverture du corps montre des ecchymoses du poumon et des capsules surrénales. Le mode d’introduction de l’adrénaline a d’ailleurs de l’importance, car injecté dans le péritoine il détermine la glycosurie au lieu des accidents énumérés ci-dessus. Lorsqu’un animal a survécu à l’absorption de doses minimes d’adrénaline, il peut ensuite supporter une dose plus forte et, en répétant l’expérience, on arrive par accoutumance à faire supporter à l’animal des doses quatre fois plus considérables que la dose mortelle.
- La combustion du carbone dans l'oxygène. —M. Mois-san présente un travail sur les températures de combinaison de l’oxygène et des trois variétés de carbone. En chauffant du diamant dans un courant d’oxygène sec, M. Moissan a constaté qu’il se dégageait de l’acide carbonique bien avant que le diamant n’entrât en combustion. Cette dernière a lieu entre 800 et 875°, or l’acide carbonique apparaît environ 200° au-dessous. Le dégagement est lent, mais continu; il se maintient régulier si la pression est constante. M. Moissan a obtenu des résultats semblables avec le graphite. L’expérience faite sur le carbone amorphe, pris sous la forme de braise de boulanger, présente une particularité. Il faut d’abord mettre la braise sous la cloche de la machine pneumatique et faire le vide, puis la chauffer jusque vers 400° et refaire le vide pour débarrasser la braise de l’oxyde de carbone. Si on chauffe la braise ainsi préparée dans un coui'ant d’oxvgène sec ou humide, à une pression voisine de la pression atmosphérique, il y a production d’acide carbonique dès 100°. En résumé, d’après les expériences de M. Moissan, il parait que, en dehors de l’action microbienne, toutes les matières carbonées se détruisent peu à peu par une combustion lente.
- Acclimatation naturelle d'espèces. — M. Edmond Perrier présente une Note de M. Gravier sur l’acclimatation naturelle, On se rappelle que dans une récente séance, M. Ed. Perrier avait signalé la transformation en animal pélagique sur les côtes de Californie d’un animal fouisseur dans la Méditerranée. Le cas observé est du même ordre. M. Gravier remarque que parmi les très nombreux vers annelés marins, quelques espèces vivent à l’embouchure des fleuves, mais sont très différentes cependant des vers de terre et des sangsues. Il a trouvé dans les eaux d’un ruisseau de la Guyane des espèces marines
- acclimatées et représentant les espèces les plus voisines des vers de terre.
- La Montagne Pelée. — M. Fouquet donne lecture d’une lettre de M. Lacroix relatant les particularités d’une ascension du cratère effectuée le 8 novembre dernier. Le cône s’est beaucoup accru; il dépasse aujourd’hui de 106 mètres le sommet de la crête du morne. Point de flammes sur le cône ou autour du cône, mais de nombreuses fumerolles dans les éboulis qui sont à sa hase.
- Élections. — L’Académie désigne pour la place de membre du bureau des longitudes, en remplacement de M. Cornu : en première ligne, M. Ifarboux; en seconde ligne, M. llatt. M. Deslandres est élu membre de l’Académie en remplacement de M. Paye par 52 voix contre 25 données à M. Bigourdan. Ch. ns Villeoeüil.
- LE BL0CK-N0TES
- A PP AREIÏ. PHOTOGRAPHtQUE DE POCHE
- L’appareil photographique à magasin a élé à juste titre considéré comme un progrès, et la grande vogue dont il jouit, sous forme de jumelles innombrables, a bien prouvé qu’il répondait à un besoin. Son principal avantage est d’étre toujours prêt à fonctionner immédiatement, la plaque à impressionner se trouvant toujours en place. Cela est certes très appréciable lorsqu’on est en voyage ou en excursion photographique et que les sujets surgissent à l’impromptu ; dans ces cas-là on ne doit pas considérer l’encombrement plus ou moins grand de l’appareil : à quelques centimètres cubes près, à quelque cent grammes près, cela n’a pas une importance considérable, on est photographe ou on ne l’est pas et quand on est parti pour faire de la photographie, il faut en supporter les conséquences.
- Mais à côté de ce cas général il y en a d’autres qui ne sont pas à dédaigner. Il arrive souvent que parti en promenade, sans intention photographique, on regrette son appareil ; et combien de fois ne le prend-on pas parce que, à un moment donné, il deviendrait gênant. A qui n’est-il pas arrivé, dans Paris notamment, de manquer un cliché unique parce qu’on est sorti pour visites, ou courses d’alfaires, dans lesquelles l’appareil n’est pas de saison. Il y a donc place chez l’amateur photographe pour un appareil de petit format, qu’on peut toujours avoir dans une poche. Nous ne cessons de le répéter depuis longtemps déjà, il n’y a que l’appareil à châssis séparés qui puisse donner satisfaction, parce que, replié, il peut être d’un volume excessivement réduit et que les châssis métalliques peuvent se loger un peu partout : diviser pour régner, voilà la formule chère à Machiavel et à tant d’autres hommes politiques, qui trouve ici une application bien inattendue. Quelques constructeurs ont déjà mis en vente des appareils de ce genre, mais ils ont parfois voulu donner un instrument trop complet, d’où des complications qui en rendent le maniement un peu compliqué; ou prendre un trop grand format, ils ont dépassé le but.
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- D’autres ont visé à un bon marché parfois excessif et on a été plutôt tenté de considérer leurs créations comme un jouet. Un appareil de ce genre doit être de petit format et d’un maniement très simple, tout en étant très bien construit, car il est soumis à plus de fatigue qu’un autre ; il doit surtout être muni d’un très bon objectif permettant d’opérer le plus souvent en instantané et surtout d’avoir des images assez fines pour supporter l’agrandissement. C’est ce qu’a compris M. Gaumont en créant tout récemment le Block-Notes, appareil pliant, à châssis métalliques séparés pour plaques 4* 1/2x6, qui est muni d’un objectif de Zeiss, avec obturateur à vitesses variables, donnant la pose à volonté.
- ' La chambre noire est formée d’un cadre, portant une rainure pour la mise en place du châssis, réuni par un soufflet en peau à une planchette de même dimension portant : l’objectif, l’obturateur et le viseur. La liaison entre ces deux parties, avant et arrière, est faite au moyen de tiges articulées comme dans un chapeau gibus : on ouvre l’appareil et on le referme instantanément. Fermé, son épaisseur est de 0m,025; ouvert il a la forme d’un parallélépipède ayant comme dimensions 0m,065 X 0m,090 X 0ra,085. Sa forme régulière permet de le placer facilement d’aplomb sur une surface plane quelconque quand on veut faire la pose. Les châssis n’ont que 0m,003 d’épaisseur, l’amateur peut donc en loger un assez grand
- Lo « Block-Notes ». — 1. Appareil fermé, le châssis en place. — 2. Appareil ouvert, le viseur disposé pour opérer. 5. La prise d'un cliché. — 4. Appareil déplié montrant le viseur fermé. — 5. Fermeture de l’appareil.
- nombre dans ses différentes poches; ces châssis sont parfaitement étanches grâce à un velours assez large logé à l’entrée. Celui qui est en place dans l’appareil, fermé si l’on veut, est maintenu par une lame métallique qui vient recouvrir complètement l’entrée dès qu’on a retiré le volet; celui-ci se loge dans la coulisse et sert en même temps à maintenir en place la lame en question; dans ces conditions aucun jour ne peut pénétrer jusqu’à la plaque qui peut rester découverte : l’appareil se trouve ainsi dans les mêmes conditions qu’une jumelle, tout prêt à fonctionner. Le viseur est constitué par une lentille montée sur une glissière qui permet de la faire coulisser sur la planchette d’avant ; lorsqu’on veut l’utiliser il faut la tirer hors de la planchette et ce mouve-
- ment arme en même temps l’obturateur. Un œilleton, monté sur une petite tige, qui se rabat contre le cadre arrière, complète le viseur en formant, avec la lentille dont nous venons de parler, une lunette de Galilée. Après avoir pris un cliché on remet en place le volet du châssis et on enlève celui-ci pour le remplacer par un autre; puis on repousse le viseur et on replie l’appareil ; tout cela se fait en un instant. Muni d’un tel instrument on peut aller partout, même là où la photographie est interdite, et on rapportera souvent des souvenirs que sans cela il eût été impossible d’obtenir. G. M.
- Le Gérant : P. JIasson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleuras, 9.
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- V 15 42. — 15 DÉCEMBRE 1902.
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- il
- L’ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE D’AGRICULTURE COLONIALE
- Toute colonisation comporte trois périodes : la période de conquête, celle d’organisation et enfin celle de mise en valeur. Aujourd’hui que notre domaine colonial est presque partout organisé il importe de développer dans chacune de nos possessions leurs productions agricoles, car du développement de leur agriculture peut dépendre une nouvelle et définitive richesse. Jusqu’à présent, comme le faisait remarquer récemment M. Etienne, les colonies n’ont guère été pour notre commerce qu’un réservoir de produits naturels, ivoire, gomme, caoutchouc, huiles, où puisaient par des procédés sommaires les importateurs métropolitains. Mais les traitants indigènes, sollicités par un nombre d’acheteurs toujours crois-
- sant, prennent sans mesure ni méthode dans ces richesses naturelles qui déjà commencent à s’épuiser. Si l'on n’a pas recours à des mesures sévères, la production se trouvera arrêtée faute d’aliment. Et cependant l’humus de nos colonies est des plus féconds et se prête à des cultures nombreuses. Que de produits nous pourrons tirer de nos colonies le jour où l’agriculture y sera pratiquée avec méthode ! C’est ainsi, par exemple, que l’Afrique pourra nous fournir le café, le cacao, le coton qu’actuellement nous achetons de l’étranger; le thé d’Annam et peut-être le thé de Madagascar remplaceront avantageusement le thé de Chine et le thé de Ceylan.
- Il importe donc au plus haut point que nous puis-
- École nationale supérieure d’Agriculture coloniale, à Nogent-sur-Marne.
- sions envoyer dans nos possessions d’outre-mer des colons préparés sérieusement à la tâche,qu’ils auront à remplir. C’est précisément dans ce but qu’une Ecole nationale supérieure d’agriculture coloniale vient d’être créée à Nogent, à côté du Jardin Colonial fondé il y a deux ans et qui a déjà rendu de si grands services. C’est encore à M. Dybowski, l’éminent inspecteur général de l’agriculture au Ministère des colonies, que revient le mérite de l’initiative de cette nouvelle création décidée par M. Decrais, et dont M. Doumergue a assuré l’exécution.
- Le Jardin colonial, avec ses serres, ses belles collections de toutes les plantes utiles, ses champs de culture, ses laboratoires, fournira à la nouvelle école l’installation matérielle, scientifique et pratique dont elle avait besoin. Très sagement, on n’a fait que des dépenses^ très faibles pour l’aménagement de lecole. Un petit bâtiment, construit très simplement dans un style tunisien, renferme un amphithéâtre pour les 31' année. — 1er semestre.
- cours, et un superbe laboratoire de chimie. Voilà à quoi se bornent les constructions nécessitées par la création de la nouvelle école. On a donc pu réaliser ce desideratum, si rarement obtenu en pareil cas, d’installer une école très bien outillée, avec le minimum de frais.
- Laissant de côté les notions générales communes à toute l’agronomie et que l'on suppose acquises antérieurement par les élèves, l’enseignement donné portera exclusivement sur la production coloniale proprement dite. Il sera à la fois très technique et très pratique, ce qui épargnera à nos futurs colons les pertes de temps et les tâtonnements inévitables à tout débutant, et surtout les déboires qui attendent toujours ceux qui ne se sont pas préparés par des études complètes à de telles entreprises. Solidement instruits, possédant la théorie et la pratique, les élèves sortant de l’Ecole nationale supérieure d’agriculture coloniale seront excellemment
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- armés pour diriger avec compétence, et les plus grandes chances de succès, les entreprises coloniales qui leur seront confiées. La plupart feront surtout d'excellents colons, d’autres—espérons que ce sera le plus petit nombre — des fonctionnaires éclairés qui seront utilement employés dans les jardins d’essais des colonies, et seront non pas des bureaucrates, mais des agriculteurs, des colons modèles.
- D’ailleurs la création de cette école répondait à un besoin indiscutable. Le Jardin colonial n’avait-il pas été obligé, pour satisfaire aux nombreuses demandes qui lui parvenaient, d’accepter des stagiaires qui venaient y travailler et s'instruire avant de partir aux colonies. En deux ans, ces stagiaires furent au nombre de ni. Tous sont aujourd’hui placés aux colonies où ils mettent en pratique les notions qu’ils ont reçues à Nogent. Aussi ne faut-il pas être surpris si, dès la première année, 25 élèves suivent les cours de la nouvelle école; beaucoup sont d’anciens élèves de l’Institut agronomique ou des écoles d’agriculture. Sous la direction de M. Dybowski, cette école ne peut que prospérer et il est hors de doute qu’elle fournira à notre domaine colonial l’élément actif et instruit qui lui a fait défaut jusqu’à présent et qui est indispensable pour la mise en valeur de nos
- colonies. . Georges Cave.
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- L’AIR DU MÉTROPOLITAIN
- On s’est plaint de l’air que l’on respirait dans le Métropolitain. La question est venue devant le Conseil de salubrité. On s’est plaint notamment de l’odeur désagréable de créosote qui prend à la gorge, a-t-on dit, dans les stations mêmes. C’est très exagéré. Les traverses de la voie ayant été imprégnées de créosote et de goudron pour leur conservation, il est clair qu’il ne peut en être autrement pendant quelque temps encore. Mais c’est l’air même du tunnel et celui des wagons qui devaient attirer surtout l’attention. Or, des analyses renouvelées ont été faites par M. Gréhant, 11. Albert Lévy et tout dernièrement, en octobre, par M. Haller, de l’Institut, rapporteur du Conseil de Salubrité. Il résulte en gros de ces recherches que l’air des voitures est en effet chargé d’acide carbonique ; on a dosé d’abord jusqu’à 75 dix millièmes; puis les vasistas des wagons ayant été agrandis, la proportion est descendue de beaucoup. Depuis, la teneur en acide carbonique oscille autour de 15 dix-millièmes. C’est là, en somme, ce que l’on trouve dans les théâtres, les salons, les locaux où il y a affluence.
- Pendant une séance du Conseil municipal de Paris, le 27 mars 1901, M. A. Lévy a dosé 15 à 14 dix-millièmes d’acide carbonique ; il a aussi trouvé aux stations de petites quantités d’azote ammoniacal analogues à celles que l’on rencontre près du sol. Dans le tunnel la dose d’acide carbonique est moindre ; elle varie entre 4 et 10 dix-millièmes d’acide carbonique. Elle est dehors d’environ 3 dix-millièmes. Tout ceci n’est pas très grave. C’est la température qui est trop élevée; ainsi dans les voitures M. Haller a relevé le 15 octobre, entre 5 et 0 heures du soir, 25°, quand l’air extérieur était à 15°. Ecart 8°. La vapeur d’eau provenant de la respiration des voyageurs est considérable. Cette chaleur humide n’est pas supportée par tout le monde. Dans le tunnel de 14 km du Gothard, où Pair est déjà vicié, nous avons vu, en septembre dernier, la température monter
- de 25° à 51° en 55 minutes,' et deux personnes se sont trouvées mal. En réalité, c’est donc l’encombrement, le trop grand nombre de voyageurs dans les voitures qui peuvent amener les malaises que l’on observe même dans les tramways et les omnibus. 11 suffira, pour parer à ces inconvénients, d’augmenter la ventilation des voitures en accroissant les ouvertures ou en installant de petits ventilateurs électriques, de mieux renouveler l’air du souterrain en substituant, pendant la nuit, aux portes pleines des stations des grilles, et enfin en augmentant le nombre des trains. Cette dernière condition sera remplie dès le 1er janvier prochain. Le nombre des trains de huit wagons va être notablement augmenté. J.-F. G.
- L’ARSENIC
- ÉLÉMENT DES TISSES DE L’ORGANISME ET FERMENT I*E VIE
- La science moderne fait parfois des découvertes déconcertantes par leur imprévu et leur étrangeté. Tel est le cas des observations si curieuses et d’une si haute portée biologique que le professeur Armand Gautier vient de nous révéler. L’arsenic, — ce terrible poison, terreur du peuple depuis des siècles, ingrédient principal des philtres de l’antiquité et du moyen âge destinés à se débarrasser d’un ennemi gênant — l’arsenic n’est ni plus ni moins qu’un élément constitutif des tissus de tous les êtres vivants, végétaux ou animaux. Sans arsenic pas de vie possible : ce pourvoyeur de la mort est un des grands dispensateurs de la vie. Tel est le paradoxe apparent que vient d’affirmer M. Armand Gautier, paradoxe conçu (chose bien surprenante) à la suite d’observations physiologiques et cliniques, et dont le professeur de la Faculté de médecine de Paris a démontré la rigoureuse exactitude grâce à des recherches chimiques aussi minutieuses qu’irréfutables, confirmées depuis par celles de MM. Lapierre de Porto, Pagel de Nancy, Imbert de Montpellier et Bertrand de l’Institut Pasteur.
- Voici, en effet, ce que M. Gautier nous apprend. L’arsenic existe normalement chez l’homme et les animaux dans la peau et ses annexes, le corps thyroïde, la glande mammaire, le cerveau, ainsi que dans les os. Dans les autres organes on n’en trouve pas ou que des traces si minimes qu’on ne saurait rien affirmer. Cet arsenic organique s’élimine par l’épiderme, les poils, les cheveux et les cornes chez les mammifères.
- Chez les poissons il vient d’être reconnu par M. G. Bertrand. Chez les oiseaux M. Gautier eut l’idée de le rechercher dans les plumes. Il le trouva dans le duvet ventral à la dose de 0mgr,12 pour 100 gr de matière brute, tandis que les plumes des ailes et de la queue, organes de simple locomotion, n’en contiennent pas. Le duvet seul est donc chez les oiseaux l’homologue du poil des mammifères. Au contraire, dans les yeux de la plume du paon en rapport avec les fonctions de reproduction de l’oiseau, comme les cornes des animaux mâles, l’arsenic existe à la dose élevée de 0mgr,25 pour 100 gr.
- Mais d’où vient cet arsenic? M. Gautier, n’en ayant pas trouvé dans le blé et le pain de Paris, eut l’idée de le rechercher dans des végétaux inférieurs assez riches en iode. Il est en effet, dans ses recherches difficiles, guidé par cette hypothèse que ces deux métalloïdes s’accompagnent et s’entr’aident. Ainsi dans des algues marines, les fucus..., contenant de fortes proportions d’iode, M. A. Gautier trouva des doses élevées d’arsenic : jusqu’à 0mer,208 par 100 gr. Dans les algues d’eau douce, pauvres en iode, il y a naturellement moins d’arsenic. Fait bien curieux,
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- les amas d algues fossiles et de leurs spores qui constituent le charbon spécial qu’on appelle le boghead (Renault) renferment pour 100 parties jusqu’à 2mïr,20 d’arsenic.
- Dans la mer les algues seules renferment-elles de l’arsenic? Pour s’en assurer M. Gautier a examiné cette matière vivante, débris de végétaux, d’animaux inférieurs et d’a'gues microscopiques partout en suspension visible ou invisible dans l’eau des Océans et formant ce qu’on appelle le plankton. Il a pu y déceler une certaine quantité d’arsenic correspondant, pour le contenu d’un litre d’eau de mer, à 0'D8r,0025 d’arsenic. Cette eau de mer, la grande génératrice des êtres vivants inférieurs, est donc un véritable bouillon de culture arsenical. D’ailleurs, même privée de son plankton, elle renferme encore des traces nettes d’arsenic dissous et en partie organique.
- Mais où la mer prend-elle cette quantité d’arsenic qui, vu l’énorme masse d’eau de mer qui couvre le globe, représente au total un poids énorme1 d’arsenic? Seules les roches primitives que la mer corrode et entame depuis les temps géologiques paraissent être capables de fournir cette quantité d’arsenic. Et, en effet, M. Gautier a trouvé dans 100 gr de granit 0,U6'',00 de ce métalloïde. La provision d’arsenic à la surface de la terre est donc énorme et pendant de longs siècles encore pourrait suffire à la consommation des êtres vivants, qui d’ailleurs le restituent sans cesse. Le cycle de l’arsenic a donc été ainsi établi par l’éminent chimiste : la mer l’enlève aux roches éruptives et le dissout. Nombre de végétaux marins, ainsi que les poissons, le lui enlèvent et peuvent le transmettre à l’homme. D’autres végétaux, ceux des continents, le prennent au sol formé par les détritus des roches anciennes et le passent aux plantes et le restituent aux animaux qui les consomment.
- Une fois entré dans l’organisme, ainsi que nous l’avons vu, l’arsenic se localise dans tel ou tel groupe d’organes. 11 n’est certes pas abondant dans les tissus comme l’azote, ni même le phosphore, mais il y joue un rôle très élevé ; de même que le phosphore est l’élément incitateur des fonctions de nutrition cellulaire, l’arsenic parait être le ferment excitateur de fonctions plus importantes encore : la sensation et la reproduction.
- On le voit donc, les vieux médecins qui prescrivaient l’arsenic pour tonifier l’organisme et stimuler son fonctionnement et en même temps pour épargner sa propre substance, faisaient tout comme M. Jourdain de la bonne besogne sans le savoir. Ils croyaient déterminer par là une simple stimulation de l’organisme au moyen d’un poison administré à faibles doses — et ils avaient raison de le croire ; mais ils faisaient plus, ils fournissaient à l’organisme un de ses principes constitutifs nécessaires dont il manquait partiellement.
- Ainsi à tous ces points de vue divers, la découverte de M. A. Gautier est du plus vif intérêt. Elle introduit une notion nouvelle dans la chimie des êtres vivants; elle nous fait connaître Je ‘rôle universel de l’arsenic ; elle peut de plus être fertile en applications variées à la thérapeutique, peut-être même à l’hygiène non seulement physique, mais intellectuelle, puisqu’absorber de l’arsenic assimilable, c’est enrichir son cerveau, améliorer sa vitalité et favoriser les fonctions psychiques. Il y a un demi-siècle, Moleschott s’écriait, au grand émoi de ses contemporains : « Pas de phosphore, pas d’âme! » ; nous pouvons dire aujourd’hui plus justement : « Pas d'arsenic, pas de pensée! » Cat-itan.
- 1 Un kilomètre cube d’eau de mer en contient au minimum 3000 kilogrammes.
- UN VILLAGE ARAGON AIS
- Lorsqu’on abandonne dans la direction du sud-est, par Estaubé ou par Troumouse, le terroir de Gèdre pour entrer en Espagne, Bielsa est le premier village aragonais que l’on rencontre. Le port de Pinède semble, en vue de cette excursion, faite çà et Là par quelques-uns, beaucoup plus direct que le Port-\ieux, et surtout que le port de laCanaou qui oblige à toucher Iléas. Quant aux Barégeois, ils fréquentent fort peu Bielsa, ayant plutôt affaire avec les habitants de la vallée de Broto. Il n’en est pas de même pour leurs voisins delà vallée d’Aure. Cette dernière vallée se subdivise en plusieurs branches adossées à celles que projette en sens inverse la vallée de Bielsa, si bien que les rapports internationaux se sont de préférence, et presque forcément, établis par sou entre» mise : l’espèce de fraternisation qui règne entre Torla et Gavarnic cimente également les villages de Bielsa et d’Aragnouet.
- La vallée de Bielsa, limitée au sud par la garganta de Las Debotas, s’épanouit en remontant vers la frontière presque à la façon d’un tronc d'arbre. Il y a d’abord la vallée de Gistaïn qui fait commune à part. Beux barrancos grimpent ensuite vers les crêtes que dominent les puntas Fulsa et Suelza. Puis, sur la gauche, s’allonge la belle avenue de Pinède où les glaciers du Cylindre et du Mont-Perdu versent leurs eaux. Viennent enfin les vallées de Chisagiiès et de Barrosa et tout un éventail de ravins et de combes conduisant aux ports d’Ourdissetou, de Moudang, de lléchempy, de Bielsa et de Barroude. La vallée de Barrosa aboutit au port de la Gela, échancré à droite du cirque par lequel elle se termine, et on peut gagner Troumouse par Cbisagüès à l’aide des cols de Las Portes et de la Munia.
- Beaucoup moins fréquenté que Torla qui profite de la réclame faite autour du canon d’Arrasas, Bielsa sert simplement d’étape aux touristes qui vont de Gavarnie à Bagnères-de-Luehon par lahaute montagne. Au cours du récit de sa seconde ascension au pic de Cotiella, le comte Henry Bussell se borne adiré deux mots de l’auberge de Bielsa où il passa la nuit. Schrader, qui séjourna sur ce point pour élaborer sa carte, en parle davantage, et on trouvera divers autres comptes rendus plus ou moins circonstanciés dans les publications du « Club Alpin » et de la « Société Bamond ». Déjà, une dizaine d’années avant la Révolution, l’auteur de la Minéralogie des Monts-Pyrénées, l’abbé Palassou, avait cité Bielsa oit il s’était rendu par le port du même nom, afin d’étudier en tant (pic géologue plusieurs exploitations minières.
- La « villa » de Bielsa est située au pied du pie del Queso, sur un promontoire édifié par d’anciens dépôts morainiques. C’est en arrivant de Salinas, e’est-à-dire du midi, quelle se présente le mieux, car la ligne de ses maisons se déploie, son clocher s’élance et la beauté de ses prés étonne. En avant, les
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- deux Cinca s’unissent. Dans la pente boisée, tendue en arrière comme une toile de décor, s’accroche le hameau de Jahierre, tandis que, sur l’azur du ciel, une sorte de mitre rocheuse se détache, le faîte même du picdel Queso, qui marque l’extrémité du chaînon séparant Pinède de Chisagüès. La nature géologique de la terrasse, rongée par la Cinca de Pineta, éclate alors aux yeux les moins expérimentés, et on pense à Gèdre bâti sur un terre-plein analogue dont le gave de Iléas, gonflé par les orages, emporte de temps en temps un lambeau.
- Il faut compter ici environ 500 âmes, soit 980 habitants pour l’ensemble de la commune. Quatre
- hameaux ( aldeas » forment autant de dépendances « agregados » : Chisagüès h 5km,5, Espierba h 4km,6, Jahierre -â 0km,6 et Parzan à okm,6 du centre principal. Celui-ci se trouve de son coté h 50 km de Boltaha. Station la plus proche : Barbastro. Un facteur, portant sur le dos une sacoche ornée d’un cuivre aux armes de l’Espagne, part tous les matins du village pour revenir vers les quatre heures du soir après avoir échangé à la.Fortunada ses dépêches avec un collègue venu de LaAinsa. Bielsa possède un médecin-chirurgien, un « administrador » ou receveur des douanes et un poste de douze « earabineros » chargés, sous les ordres d'un lieutenant, de surveil-
- Fig. 1. — La « plaza Mavor », à Bielsa. A droite, la « Casa de Villa » et au fond le pic « dol Queso ». (D’après une photographie de M. Lucien Briet.)
- 1er la frontière. Le maire se nomme « alcalde ». Mais le lecteur tient sans doute à glisser sur ces détails administratifs, beaucoup moins attrayants qu’une description pittoresque.
- Les maisons de Bielsa se pressent, s’entassent les unes contre les autres, et leur pâté, assez dense, est sillonné d’étroites ruelles en zigzag, à l’intersection desquelles existent souvent de petits carrefours triangulaires. On circule sur les grosses pierres arrondies et saillantes du pavage plus aisément avec des espadrilles qu’avec des souliers ferrés. Les ruisseaux serpentent au beau milieu. Rien de plus triste, de plus lamentable que ces hoyaux déserts où les logis grisâtres et délabrés ont l’air de masures. Ce serait toute une histoire de percer .à travers le pays une voie carrossable ! Les rez-de-chaussée inha-
- bités servent de celliers, de remises, de caves, voire d’écuries ; cuisine et chambres occupent le premier étage. Quelques fenêtres arborent de formidables grillages qui sont comme une réminiscence du harem mauresque ou un souvenir de ces temps troublés où chaque demeure avait besoin d’être sa propre forteresse. IVhumbles vitres commencent à s’encastrer à même la partie basse de certains volets, les croisées faisant partout défaut. Deux ou trois portes, construites en énormes pierres de taille, s’enrichissent de sculptures : la plus remarquable, antique propriété seigneuriale évidemment, se dissimule dans une des encoignures de la grande place. A cause de la profusion des balcons et des galeries extérieures, on se sent absolument transporté « tra los montes ».
- Sur la « plaza Mayor J», qui affecte une configu-
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- ration rectangulaire, la mairie, dite « Casa de Villa», sistorial », dresse son vaste corps muni d’arcades, « Casa de rAyuntamiento », ou encore « Casa Con- de pleins cintres séparés par des piliers ronds,
- Fig. 2. — L’église de Bielsa. Eu avant, le rio Cinca Barrosa.
- beaucoup plus agréables que les cornières lourdes et écrasées de nos villes de Gascogne. A l’angle sud de cette « Casa », dépassant le toit d’ardoises, — il existe h Bielsa des couvertures de planchettes taillées et posées comme des tuiles, — surplombe une échauguette à l’usage d’une sentinelle....
- Le village était autrefois fortifié; à sa sortie, des restes de tours apparaissent. Pour en revenir à la maison commune, on ne peut guère rêver plus délicieux meneau que la « ventana » de sa façade. Deux pilastres cannelés, disposés ainsi que des chambranles, supportent une traverse horizontale dont les arabesques soutiennent un médaillon encadré de motifs Renaissance. Cette baie, qui dessert la salle des délibérations dans la nudité de laquelle se morfond une
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- pauvre estrade vide, possède des battants touillés au ciseau comme de vieux panneaux d’armoire, mais
- qui tombent en vétusté complète. Quantité de fortes pointes de fer quadrangulaires hérissent la porte principale, toujours close aussi sérieusement que si l’on avait à craindre une attaque de bandits ou de miquelets.
- Pour visiter l’église, il faut descendre une rue tortueuse et traverser une placette où, sur un socle dégradé, une colonne élève une courte croix de pierre. L’ensemble de l’édifice est massif et froid. Les 'baies géminées du clocher n’ont aucune parure. La couleur rouil-léc des murs annonce un âge respectable. Le porche s’ouvre sur le côté. Dans l’intérieur, il fait très sombre : le jour entre comme par des meur-
- 3. — La « veuluua » de l’Hôtel de Ville de Bielsa. (D'après une photographie de M. Lucien Briet.)
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- trières. Rien pour s’asseoir. Au-dessus d’un autel latéral, un Saint-Jacques équestre, en bois sculpté et peint, écrase de malheureux Mores. Il est des Mores qu’il faut qu’on tue. La sacristie ne renferme pas autant d’objets curieux qu’on pourrait le supposer; d’anciennes chasubles auraient disparu. Du pont rustique, qui enjambe le rio Cinca Barrosa, jolie vue sur l’église dont l’abside et le clocher abrités par le pic del Queso tenteraient un paysagiste. Bielsa possède un deuxième pont de planches nécessité par la Cinca de Pineta. Au temps de l’empereur Julien, Paris n’en avait pas davantage.
- Chaque fois qu’une fête importante assemble les danseurs de « jotas », la plaza Mayor, grâce au costume local, se transforme en véritable scène d’opérette. Les hommes ont une large ceinture violette dont les plis sont utilisés comme poches. Un gilet cache à demi leur blouse à raies. La culotte est de velours vert ou puce ; elle offre h sa base des fentes laissant déborder le caleçon de toile autour du genou et au-dessus des bas couleur blende ciel. Ces bas ne comportant pas de semelles, la chair du pied surgit entre les bandes d’étoffe des « spargalas ». Un foulard enveloppe le haut du crâne coiffé par surcroît d’un sombrero. D’autre part, avec leur corsage et leur fichu, les femmes affectent une originalité à l’avenant, et on aime à les voir revenir de la fontaine, un seau d’eau équilibré sur la tête, tandis que leur jupon court et voyant se balance, selon le rythme de la marche.
- Pour celui que ses fonctions appellent à Rielsa, la vie devient vite monotone. On souffre de l’isolement, l’hiver surtout. Généralement, le paysan aragonais est pauvre. Il joint à peine les deux bouts en cultivant ses maigres champs. La plupart vont travailler un instant an dehors pour améliorer leur situation. La vallée, quoique large, est ravagée par le torrent qui la parcourt. Les prés fournissent d’excellent foin. Les jardins sont fertiles, les légumes viennent mieux qu’à Cèdre, bien que l’altitude (1040 mètres) de Dielsa soit un peu plus élevée. Sauf le mouton, ou ne fait point d’élevage. Les mules sont achetées en l’rance. Beaucoup de bois; les forêts grimpent jusque sous les parois abruptes qui terminent les cimes. La seule ressource capable d’apporter le bien-être en ce lieu perdu serait l’exploitation des étrangers qui afflueraient si de bonnes routes permettaient aux voitures de franchir la frontière.
- Un superbe centre d’excursions que Bielsa ! Nombreuses escalades variées, notamment celles du l'ulsa, du Suelza, du Cotiella et de la Pefia Monta-nesa. Du haut de la puni a de Salinas, le Cotiella est « un monde ». Il faudrait chercher de quel point sublime l’ensemble du canon de Niscle doit s’envisager. Des cirques se creusent; des panoramas se développent, des gorges restent à parcourir, des grottes et des avens réclament le spéléologue. Le coin du bandeau, du voile cachant le visage de Cybèle, a été à,peine soulevé par là. On n’a fait qu’eflleurer les merveilles du Haut-Aragon, et je n’hésite pas à
- affirmer que la révélation de leurs détails fournira plus d’une émotion à ceux qui aiment à se plonger dans le sein de la nature inconnue.... Lucien Biüet.
- LE RÉVEIL DE L’ACTIVITÉ SOLAIRE
- Les apparitions de taches solaires passent, on le sait, par un maximum se produisant environ tous les quinze ans. Le dernier maximum est celui de 1894; le prochain est attendu pour 1909. Le dernier minimum semble s’être produit du 22 novembre 1900 au 19 mai 1901. Pendant toute cette période l’activité solaire a été presque nulle. On n’a aperçu que de faibles taches en février, en mars et au début de mai. Le 19 mai, M. Ludovic Gully, à Rouen, )I. l’abbé Moreux, à Bourges, observèrent un magnifique groupe de taches solaires. Du 22 au 27 mai, ce groupe fut visible à l’œil nu et la tache principale ne mesurait pas moins de 59 000 kilomètres de diamètre. L’ensemble du groupe s’étendait sur plus de 100000 kilomètres. Celte tache revint en juillet et en août; puis on observa de nouveaux groupes du 7 au 12 octobre, du 28 octobre au 2 novembre, du 15 au 24 novembre et le 10 décembre. On pouvait donc considérer le minimum des taches solaires comme terminé; mes observations du début de 1902 montrent qu’il n’en était pas tout à fait ainsi.
- Du 7 au 15 janvier, un beau groupe était visible sur le soleil; ce groupe comprenait deux taches principales fort affaiblies le 15. Au mois de mars, un groupe apparut encore sur le soleil, le 5, d’après l’observatoire populaire de Rouen. Il comprenait, le 7, deux noyaux principaux renfermant plusieurs belles taches segmentées et quantité de petites. L’ensemble du groupe mesurait plus de 18000 lieues de diamètre; il est disparu le 14 au bord ouest paraissant encore très prononcé. Mais cette reprise d’activité n’était que toute factice et une période de calme a succédé à cette belle apparition : point de taches en avril, une faible tache signalée en mai, le 25, par M. Elisée Duval, à Criquetot-l'Esneval ; point de taches en juin, juillet et août. La reprise d’activité, que laissaient prévoir les belles taches de mars, ne s’était donc pas produite et ce n’est que depuis le 18 septembre (pie le minimum est définitivement passé. Ce jour-là, en effet, un beau groupe apparut subitement sur le soleil au méridien central et disparut le 22. Le 25 septembre, je constatai avec mon 4 pouces Mailhal l’existence d’un groupe comprenant une grosse tache et deux petites. Le 20, la grosse tache seule était visible; le 27, elle s’étranglait à sa partie occidentale; le 29, je l’apercevais pour la dernière fois fort affaiblie, mais nettement segmentée dans une région pleine de facules. Le 7 octobre, deux nouveaux groupes étaient visibles sur le soleil : l’un comprenait une grosse tache et 10 taches secondaires. La grosse tache était composée de 4 noyaux noirs enveloppés d’une immense zone de pénombre. L’autre comprenait 5 taches. Ce groupe avait disparu le 10 octobre. Le premier était encore visible sur le soleil et comprenait 9 taches accessoires; il n’v avait plus que 2 noyaux dans la grosse tache ; le 12, la grosse tache était seule visible, et, au grossissement de 250, clic ne comprenait plus qu’un seul noyau dont la forme rappelait fort bien celle de l’ile de Corse. Le groupe de la fin septembre était à nouveau visible le 27 octobre sur le soleil; il comprenait une grosse tache subdivisée en 5 noyaux et 10 taches secondaires réparties en trois groupes. Enfin, le 23 novembre, ce groupe était observé pour la troisième fois sur le soleil prêt à
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- disparaître au bord occidental. Les brumes de la semaine précédente ne m’avaient pas permis de le suivre dès son apparition ; néanmoins, il comprenait encore 26 taches, dont quelques-unes fort belles.
- Le 22, je l’avais aperçu à l’œil nu sous forme d’un petit point noir sur le soleil dont l’éclat était fort affaibli par un rideau de brumes. C’est là un des plus beaux groupes que l’on ait aperçu depuis longtemps, il est remarquable et par sa richesse en taches et par sa persistance qui l’a lait revenir déjà pendant trois révolutions solaires consécutives, pourvu à chaque nouvelle apparition d’une activité nouvelle. Lucien Liueut.
- LA MALARIA
- DANS L’AFRIQUE ORIENTALE ALLEMANDE
- L’Administration de l’Afrique orientale allemande se préoccupe beaucoup des questions sanitaires : la colonie ne possède pas moins de 25 docteurs médecins militaires et, en outre, 54 officiers de santé formés aux écoles d’hv-giène de Berlin et de Hambourg ; ils se livrent tous à des examens microscopiques et se communiquent leurs découvertes au sujet des fièvres locales. Ils surveillent la ventilation des maisons destinées aux Européens et font construire ces habitations aussi loin que possible des buttes indigènes, qui sont le séjour d’élection des moustiques. Un Bureau d’hygiène a été créé dans la ville de Bar Es Salam, et la Commission d’hygiène se livre à des frequentes visites dans toutes les maisons; des bureaux secondaires ont été fondés également dans des agglomérations moins importantes.
- Un comprend que, avec une organisation si complète, on ne pouvait se désintéresser de la question de la malaria, des conditions dans lesquelles elle se propage et des mesures qu’il est possible de prendre pour lutter contre elle : aussi a-t-on créé une commission spéciale dite de la malaria, ayant à sa tete un chirurgien de l’armée, assisté d’un officier de santé, d’une garde-malade, et de 5 auxiliaires dont 4 indigènes. On a fait passer la visite à tous les habitants de üar Es Salam, et ceux qui ont été reconnus comme ayant dans leur sang des germes de malaria ont été traités avec des doses de 1 /2 gramme à 1 gramme de quinine, que l’on renouvelait tous les 10 ou 11 jours, et cela durant trois mois : après quoi on se livrait à un nouvel examen du sang. Sur 6000 personnes on reconnut que 10 pour 100 avaient les germes, et, au bout de cinq mois, le nombre des gens infectés avait diminué de moitié. Le Dr Ollwig, qui est à la tete de cette Commission de la malaria, et qui est un élève du l)r Koch, est arrivé à cette conclusion que les Européens qui ont râiidé plusieurs années dans l’Est africain ont beaucoup de chances de prendre l’immunité contre la fièvre, et il en est de meme des Indous et des gens venus de Goa. Les enfants indigènes sont très sujets à cette infection, et, sur la mortalité des deux tiers qui les frappe quand ils sont dans le jeune âge, la malaria compte pour moitié. (On comprend que cette mortalité inlantile formidable est pour beaucoup dans le défaut de peuplement de l’Afrique.)
- La Commission a pu constater que, suivant les quartiers, la proportion des personnes atteintes de malaria oscille entre 50 et 60 pour 100. Par les moyens que nous avons indiqués, on estime qu’à la fin de 1005 la malaria sera complètement disparue de Dar Es Salam, qui deviendra comme un sanatorium pour les autres agglomérations de l’Afrique orientale allemande, où les mêmes efforts n’ont pu encore etre tentés. I). p.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE D’UNE VILLA
- On cherchait depuis longtemps le moyen simple de produire l’énergie électrique pour l'éclairage d’une villa, d une installation isolée. Ce n’est que depuis quelques années, lors de T apparition des moteurs à essence de laihle puissance, que l’on a pu envisager la possibilité de construire des groupes électrogènes d installation simple, peu coûteuse, de conduite facile et permettant une exploitation économique. Nous avons déjà, à plusieurs reprises, signalé des groupes de ce genre; mais nous n’avions pu jusqu’ici décrire une installation en donnant des chiffres pour le prix d’installation et le prix de revient de l’énergie électrique.
- MM. Mildé et CIe ont réalisé, pendant l’été dernier, une installation électrique dans une villa au bord de la mer ; cette installation électrique a assuré l’éclairage, a fourni 1 énergie nécessaire pour diverses applications, et a donné toute satisfaction. MM. Mildé et C,e, dans le cas particulier que nous venons de signaler, ont fait une intéressante utilisation d’une voiture électrique, sur laquelle nous allons revenir plus loin. Nous commencerons par décrire l'installation électrique en elle-même.
- Le groupe électrogène employé est constitué par un moteur à.essence, monté sur un socle, et commandant directement une dynamo à 2 pôles ; la figure 1 en donne une vue d’ensemble. Ce groupe, construit par la maison de Dion et Cie, est établi dans les meilleures conditions de solidité et son fonctionnement ne laisse rien à désirer. 11 existe cinq modèles qui ont les puissances respectives de 1,75; 5 ; 4,5; 6 et 8 chevaux à des vitesses angulaires de 1500 tours par minute ; les dynamos fournissent à 110 volts des puissances électriques de 1,1; 1,650; 2,2; 5,5; 4,4 kilowatts permettant d’alimenter 20, 50, 40, 60 et 80 lampes à incandescence de 16 bougies, ou 50, 45, 60, 90 et 120 lampes de 10 bougies. L’ensemble du groupe est d’un poids relativement faible; celui-ci est, en effet, de 150, 220, 226, 557 et 550 kilogrammes pour les puissances que nous avons énumérées plus haut. Ajoutons que le faible volume de l’appareil permet de le placer dans un espace restreint.
- On peut compléter la source d’énergie électrique par une batterie d’accumulateurs; le moteur peut cependant fonctionner directement avec une très grande régularité ; car un régulateur électrique agit sur l’admission dans le moteur et maintient la différence de potentiel constante aux bornes de la dynamo.
- Dans la salle où se trouve le moteur est placé un tableau de distribution réduit à sa plus grande simplicité et comprenant un interrupteur bipolaire, des coupe-circuits, un rhéostat d’excitation et un réducteur de charge et de décharge pour la manœuvre des accumulateurs.
- La canalisation intérieure est établie en câbles
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- souples assortis comme nuance à la décoration des pièces, et maintenus par des petits isolateurs en os. Cette disposition, à la condition d’être faite avec soin, assure un isolement satisfaisant pour une installation isolée à 110 volts. Nous n’insisterons par sur les interrupteurs, les coupe-circuits ; la maison Mildé et Cic a des modèles à l’abri de tout reproche. La pose de ces canalisations intérieures exige les plus grands soins et les plus grandes précautions en ce qui concerne les épissures, les traversées de murs ou de planchers ; des monteurs électriciens expérimentés font aujourd’hui de très bonnes installations.
- L’appareillage nécessaire pour la fixation des lampes comprend toute une série d’appareils divers de tous modèles (plafonniers, appliques, prises de courant, cols de cygne, flambeaux, etc.) ; tous ces appareils sont de formes variées.
- Le prix d'établissement d’une installation telle que nous venons de la décrire est relativement faible. Si nous prenons un groupe électrogène de 5 chevaux, permettant d’éclairer simultanément -45 lampes de 10 bougies, nous trouvons les dépenses suivantes : groupe électrogène de 5 chevaux (1,650 kilowatt) avec tous les accessoires (réservoir d’eau, réservoir à pétrole, tuyauteries), transport et miseep place : 2450 francs ; batterie de 60 accumulateurs système Heinz de 56 ampères-heure, mise en place, 1100 francs; tableau de distribution, emballage, transport et mise en place : 424 francs ; canalisation et petit appareillage, 900 francs ; emballage de ce matériel, transport, installation, 400 francs, soit au total 5274 francs pour l’ensemble du groupe électrogène, la canalisation et la mise en place. Il faut ajouter la dépense de l’appareillage qui peut s’élever environ à 650 francs. La dépense de première installation est donc au total de 5904 francs, soit 6000 francs en chiffres ronds.
- Avec l’instaîlation dont le détail vient d’être donné, au moment où 45 lampes de 10 bougies sont allumées, la consommation en essence est de 1,28 litre par heure; l’essence étant comptée au
- prix de 0f,,55 par litre, la dépense est de 0fr,009, soit 1 centime par lampe-heure de 10 bougies, ou 0fl',02 par hectowatts-heure.
- Dans la villa à laquelle nous faisions allusion en commençant, MM. Mildé et Cie ont fait une installation électrique qui offre encore des avantages supérieurs à ceux que nous venons d’énoncer. Cette installation comporte l’emploi d’un omnibus électrique automobile de 10 places, pourvu d’un groupe électrogène de 4 chevaux (2000 watts) et d’une batterie de 40 accumulateurs, d’une capacité de 150 ampères-heure. L’omnibus est utilisé pour les promenades et excursions dans la journée; dans la soirée, il sert à assurer l’éclairage électrique de
- la villa et à fournir l’énergie électrique pour diverses applications (pompe, chauffage, cuisine électrique, etc.). La figure 2 montre une vue d’ensemble de l’omnibus avec arrachements pour laisser voir le groupe électrogène en place ainsi que la batterie d’accumulateurs.
- La figure 5 montre l’omnibus dans la remise et assurant l’éclairage dans la soirée. Des cables, partant de la machine dynamo, la relient à un tableau de distribution, d’oîi partent les câbles desservant l’installation dans l’habitation.
- Cette disposition a l’avantage de permettre une utilisation complète de l’omnibus, dans la journée pour les excursions, et le soir comme usine portative. La voiture électrique est, on le sait, d’une douceur et d’une simplicité merveilleuse. Le groupe électrique permet d’assurer le chargement des accumulateurs aux moments voulus; ajoutons encore que, lorsque l’omnibus est en marche, le groupe fonctionne toujours à pleine charge. Lorsque î’énergie électrique produite est plus élevée que celle demandée par la traction, le surplus est emmagasiné dans les accumulateurs; dans les côtes, ce sont ces derniers qui fournissent au contraire une partie de l’énergie nécessaire. Dans l’installation dont il est question, un omnibus électrique à 10 places, d’un prix de 18000 francs, a permis d’effectuer le voyage de Paris
- Fig. 1.— Vue d’ensemble du groupe ëlectrogène de MM. Mildé et G1*.
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- Fig. 2. — Vue d’ensemble d'un omnibus électrique à 10 places avec groupe électrogèue et batterie d'accumulateurs.
- Fig. 3. — Disposition de l’omnibus électrique avec tableau de distribution pour desservir l’installation électrique.
- à la mer (210 kilomètres), et a assuré pendant deux mois l’éclairage de 40 lampes de 10 bougies, en facilitant tous les jours des excursions lointaines. La
- dépense totale, en huile et en essence, n’a pas dépassé 7fr,50 par jour.
- Au point de vue de l’automobile, l’adaptation d’un
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- groupe électrogène avec accumulateurs permet de réaliser, avec une batterie de 450 kilogrammes et un groupe de 150 kilogrammes, un véhicule dont le poids ne dépasse pas celui d’une voiture électrique ordinaire et avec lequel on peut faire 250 kilomètres dans une journée, sans épuiser la batterie, et à la vitesse de 26 kilomètres à l’heure.
- L’installation, faite par MM. Mildé et Cie, nous semble intéressante et de nature à fixer l’attention de tous les amateurs qui désirent un éclairage électrique, ou un éclairage avec application de traction, économique et satisfaisant. J. Laffargie.
- LA PLUME DES OISEAUX
- Celte année encore les pouvoirs publics des diverses nations d’Europe se sont occupés de la protection des oiseaux utiles à l’agriculture et enfin, dans une de ses récentes séances, la Chambre des députés a voté l’urgence sur la proposition de M. du l’érier de Larsan relative à la protection des oiseaux; déjà en 1884, notre collaborateur M. Émile Oustalet, alors aide naturaliste au Muséum, aujourd'hui professeur, avait signalé au Congrès ornithologique de Vienne les vides nombreux produits dans la faune ornithologique de tous les pays par la destruction en masse de certaines espèces. Une entente internationale était à désirer ; c’est chose laite aujourd’hui, et les mesures qui vont être prises porteront un coup à l’industrie de la plume emplovée à la parure ou aux usages domestiques. Il n'est en effet pas de volatiles qui ne trouvent aujourd’hui son emploi dans l’industrie soit qu’on utilise la plume, soit qu’on se serve du duvet.
- Déjà les Républiques de l’Amérique du Sud avaient, depuis une dizaine d’années, sinon prohibé du moins réglementé la chasse aux oiseaux-mouches sur l’étendue de leurs territoires ; cependant on vend encore annuellement sur les marchés de Londres et de t aris plus de 1 500 000 petits oiseaux. En une seule séance, on a vu vendre à Londres 10 000 oiseaux-mouches, 25 000 perroquets, 17 000 martins-pêcheurs et 10 000 aigrettes.
- On aura une idée des bénéfices que peut réaliser une industrie de ce genre, quand on saura que le kilogramme d’aigrettes revient eu moyenne, rendu à Londres, de 400 à 450 francs et est revendu 2500 francs ! encore n’est-ce que l’aigrette, de moyennc^qualité, la qualité supérieure valant 150 francs l’once, 5000 francs le kilogramme.
- Ce n’est pas seulement des pays tropicaux que sont importées les plumes des oiseaux : chez nous on prend les Mouettes, les Perdrix, les Faisans, les Coqs, les Corbeaux, les Pies, les Geais, les Hiboux et quantité d’oiseaux de basse-cour et de petits Passereaux. Que l’on fasse la guerre aux pies et aux geais,, oiseaux nuisibles, rien de mieux, mais les braconniers des airs prennent aussi bien les hirondelles, les mésanges, les rouges-gorges, et autres oiseaux si utiles à l'agriculture.
- L’industrie ayant fait des progrès énormes, et d’autre part, pour donner satisfaction aux besoins d’un luxe toujours croissant, en même temps que d’un luxe bon marché, on travaille, on arrange, on teint les plumes des oiseaux, et un modeste rossignol des murailles devient aujourd’hui un superbe oiseau des îles.
- Paris a été longtemps le principal marché de plumes façonnées et préparées pour la parure ; il tient encore le premier rang pour la beauté et le fini des pièces qu’il
- livre au commerce. Mais sa supériorité tend à décliner : les Anglais favorisés par une consommation intérieure importante, secondés par d’habiles ouvriers parisiens, ont fait de rapides progrès dans la teinture, l'apprêt et le blanchiment des plumes ; on peut en dire autant des Allemands qui exportent annuellement pour plus de 20 000 000 marks de plumes. Pour lutter contre la concurrence étrangère, nos fabricants ont étendu le cercle de leur industrie et ont travaillé, à côté delà qualité supérieure, la plume de-seconde qualité ; avec le plumage du Paon, des oiseaux de basse-cour, du Faisan, et d’autres volatiles, ils ont pu fabriquer des objets ou des parures d’un goût parfois très correct, mais qui ne peuvent rivaliser avec les parures en plumes de paradisiers, de paddas, de casoars, d’autruches ou d’oiseaux-mouches.
- Dans le commerce, les plumes sont divisées en plumes simples et plumes épaisses. Les plumes simples bien que sans défauts sont, pour la plupart des usages auxquels on les destine, trop raides; aussi leur donne-t-on de la souplesse en les dépouillant de l'intérieur de la côte. Gela fait, on les passe sur un tuyau de vapeur sèche et on les fi'ise au moyen d’un couteau émoussé. Peu d’oiseaux ont des plumes épaisses, aussi pour les obtenir, on double les plumes, les collant ensemble après avoir enlevé à l’une la surface intérieure de la côte, à l’autre la surface extérieure; les deux plumes sont ensuite réunies par une couture en dessous au point de chaînette allongé. La frisure et le passage à la vapeur sèche ne viennent qu’après. Ces plumes sont plus lourdes et n’ont point la valeur des plumes simples. Les plumes d’autruche prennent, suivant leur destination, des noms différents : plumes longues ou amazones, plumes à panaches et tours ou bandes. Le panache est formé de trois plumes montées sur fil de fer, quant aux tours ou bandes ce sont des plumes ajoutées les unes aux autres et disposées de façon à servir de garnitures aux robes ou aux manteaux.
- Les plumes avant d’étre livrées aux fabricants sont parfois sales, grasses, tachées de terre ou de sang ; le premier ouvrage est de les purifier : pûur cela elles sont immergées dans un bain d’eau de savon tiède pendant quelques jours : le savon est enlevé ensuite par des lavages à l’eau chaude. Cela fait, les plumes sont passées pendant un quart d’heure dans l’eau bouillante, dans laquelle est dissous du blanc de Meudon ou de l’amidon cru ; puis essorées et battues dans des étuves chauffées à 45° pour faire gonfler le duvet et évincer l’amidon. Enfin on laisse séjourner les plumes dans l’étuve pendant 24 heures pour faire sécher la côte.
- La plupart des plumes sont teintes ; il y a une vingtaine d’années on lança la mode des plumes d’autruches noires; il n'y a que les plumes du dos du male de l’autruche qui soient de belle couleur noire, elb s sont donc assez rares ; elles eurent une moindre valeur sur le marché. Par divers procédés, notamment au moyen de l’eau oxygénée, on est arrivé à décolorer complètement aussi bien les plumes lâchées que les plumes pures mais foncées, et à les rendre complètement blanches. On parvient à leur donner toutes les nuances pour les assortir aux couleurs des rubans et des étoffes. Ce résultat ne pouvait autrefois s'obtenir qu'avec des plumes d’un blanc tout à fait pur, qui étaient les plus rares et partant les plus chères.
- Les teintes claires sont obtenues par les couleurs d’aniline, les teintes foncées par le curcuma, l’indigo et-l’orseille, couleurs végétales, le noir au moyen de sels de fer et de campéche. A la teinture qui se fait à diverses températures suivant le degré des couleurs, suceède.le
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- rinçage et le séchage. Puis on assortit les plumes, on les pare, on les passe à la vapeur, et enfin on les courbe pour leur donner l’aspect et la l'orme qu’elles doivent conserver.
- La plume des oiseaux n’est pas utilisée uniquement pour la parure, elle entre parfois dans la trame de certaines étoiles, et on s’en sert dans la fabrication d'un grand nombre d’objets domestiques. Un des oiseaux qui donne le plus de produits divers est l'oie, la vulgaire oie domestique : les grandes {dûmes des ailes fournissent d’excellentes plumes pour écrire ; elle donne chaque année un duvet abondant et la peau vendue comme peau de cygne devient une fourrure fine et élégante. Pour obtenir ces peaux dites de cygne, on enlève d’abord avec soin la plume, puis on écorche l’oie en fendant la peau par le dos, on lui fait subir une sorte de tannage très délicat, on réunit le duvet apprête en petits mouchets, et ces sortes de tissus entrent dans les garnitures des robes, des manchons, boas, etc. C’est de l’oie et aussi du canard que provient le duvet de literie. Ce duvet est arraché à l’animal vivant, à des époques déterminées, plus particulièrement dans le temps qui précède la mue. Dans certaines régions de la France, le (Nivernais notamment, Oies et Canards sont soumis tous les deux mois à l’arrachage des plumes. La plume récoltée est exposée à la chaleur d’un four dont on vient de retirer le pain. Elle s’v débarrasse des mites et autres insectes, ainsi que de l’odeur s ni generis qu’elle conserverait longtemps si elle n’était soumise à ce procédé très simple d’épuration.
- La plume de tous les oiseaux depuis l’Autruche au gobe-mouches, trouve son emploi dans l’industrie; mais c’est encore l’Autruche qui tient la tète du marché, après elle viennent les diverses espèces d’oiseaux de paradis, puis les Aigrettes, les Marabouts, les Dradéides, les Oiseaux-mouches, les Nandous qui sont des Autruches d’Amérique, les Perroquets, les Pélicans, les Mouettes, les Sénégalis et les Bengalis, les Toucans, les Calaos, les Cygnes, les Oies, les Canards, les Grèbes, les Iiiders, les Corbeaux, les Pies, les Geais, les Dindons, les Paons, etc.
- El combien de vulgaires passereaux de nos bois sont transformés en paradisiers royaux, combien d'oies en
- grèbes et de faisans en lophophores ! P vi l Még.m.n.
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- LE COCOTIER
- Les superbes plantes des pays tropicaux, les palmiers en particulier ont de tout temps exercé l’imagination des conteurs de voyages et surtout celle des voyageurs en chambre. — Qui n’a lu avec admiration que le cocotier pouvait suffire à tous les besoins de l’homme, cl lui fournir en abondance les matériaux de sa demeure, un aliment savoureux, une boisson délicieuse, de l’huile pour s’éclairer, des vêtements tout tissés, enfin tout ce que peut désirer un sage pour vivre selon les lois de la simple nature ! Bernardin de Saint-Pierre n’a pas peu contribué à populariser ces poétiques descriptions, trop séduisantes pour qu’on cesse de les copier à l’usage de la jeunesse. Le l)r Saffray a pu, au cours de ses longs voyages, étudier de près le cocotier. Il estime qu’il faut en rabattre de ces descriptions et, dans la relation de son voyage à la Nouvelle Grenade, il ramène les choses au point.
- « Le cocotier, dit-il, commence à donner des fruits à vingt ans. il continue de croître jusqu’à Page d’un siècle ; il atteint alors la hauteur de 80 à 100 pieds. Lorsqu’il est jeune, le tronc et la base des feuilles sont entourés d’une bourre feutrée, grossière et rude, que l'on p’euf, à la rigueur,
- employer comme calfat, ou même à la confection de cordages. Quant à en faire des vêtements, je plains les pauvres sauvages condamnés à porter de pareils cilices ! C’est probablement pour ne pas s’v soumettre qu’ils préfèrent s’habiller avec une couche d’huile ou de peinture au rocou. Les fruits verts du cocotier, alors qu’ils sont assez tendres pour se laisser entamer par un couteau, contiennent une eau aigrelette, fraîche, fort agréable, mais qui occasionne, dit-on, des fièvres intermittentes, si l’on n’a pas soin d’y ajouter un peu de cognac. Quand ils ont atteint leur maturité, on n’v trouve plus qu’une faible proportion d’eau un peu sûre. Avec la meilleure volonté du monde, on ne peut considérer comme un aliment l’amande coriace qui revêt les parois de la noix. L’estomac le plus robuste n’en supporte que de très petites quantités. Cette amande peut fournir de l’huile : mais il faut pour cela recourir à des procédés industriels qui ne sont nullement à la portée d’hommes primitifs. Si l’on coupe l’extrémité d’une spathe de cocotier au moment où elle va s’ouvrir pour laisser échapper les Heurs, il en découle pendant plusieurs jours du vin de palmier. Mais les fleurs avortent et l’on se prive du bénéfice des fruits. C’est d’ailleurs un exercice de mât de cocagne assez pénible que d’aller recueillir cette liqueur de luxe. On peut s’éviter cette peine pour s’approprier les fruits en attendant qu’ils se détachent d’eux-mèmes ; seulement il faut prendre garde d’être atteint par ces projectiles qui donnent tort à la fable du gland et de la citrouille. ))
- Une des vertus les moins contestables de ce palmier trop vanté est la propriété fébrifuge de ses racines. Pour e reste, le dattier lui est bien supérieur; ses produits sont plus nombreux et plus utiles. Longtemps encore on écrira du cocotier 1 :
- « Le cocotier, véritable roi des palmiers, s’élevant majestueusement comme une colonne dans les airs, montre au oin, dans sa belle chevelure palmée et ondulante, le phare de la vie au navigateur exténué, qui le désire, le cherche et qui ne le découvre qu’avec l’exclamation de la joie et de la reconnaissance. » Vineux Bkamhcoi.ut,
- Secrétaire de la Société Linécnue du Nord de la France.
- LE PIN DE LA BAS1TDE-DU-B0IS
- D’après M. le Dr J. Gotte, chef des travaux pratiques d’Histoire naturelle à l’Ecole de médecine et de pharmacie de Marseille, cet arbre ne peut pas être comparé aux géants du règne végétal dont La Nature a donné les descriptions; il a cependant des dimensions fort respectables déjà. Situé sur le liane méridional du Luberon dans la commune de Peypin d’Aigues (Vaucluse), ce vénérable aïeul domine de. sa haute stature les pins et les chênes-verts qui l’entourent ; l’ombre qu’il projette sur eux le désigne, même de fort loin, à l’œil qui le cherche. Son tronc est relativement court, haut de 2m,40 seulement, et se divise en deux branches maîtresses, bientôt bifurquées elles aussi. Ce sont les quatre brandies secondaires ainsi obtenues qui constituent à proprement parler la charpente de l’arhre, car il faut en négliger une cinquième, morte aujourd’hui, ayant seulement 0“,Î)1 de circonférence et détachée de la branche maîtresse qui regarde le nord. Les ramifications inférieures, horizontalement développées, portent à leur extrémité quelques touffes d’aiguilles. La partie centrale, au contraire, s’érige droite. Dans l’ensemhle, le feuillage de l’arbre est réparti en deux masses; une dans le bas, une autre à la partie supérieure ; entre elles deux les
- 1 Jehan de Saint-Clavien. — Tableau de la Création.
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- LA NATURE.
- branches sont mortes, on ont disparu, emportées par le vent. Vu d’une certaine distance, le pin de la Bastide-du-Bois parait formé par un bouquet d’arbres : de la verdure inférieure semblent sortir quatre pins de belle venue, au tronc dénudé et couronnés de feuillages à leur sommet. Les dimensions du tronc sont : au-dessus des racines 5m,0G de circonférence, au-dessous des premières branches ùm,55. Les branches principales ont l'une 5m,66 de pourtour, et l’autre om,78. Quant aux quatre rameaux provenant de leur bifurcation, ils ont 2ra,35, 2m,84, 2ra,59, 2m,57 de circonférence. La hauteur de l’arbre est de 19 à 20 mètres, et la surface qu’il couvre a un diamètre de 25 mètres environ. _ __
- LE BRULEUR KERN
- SKS APPLICATIONS A I,'ÉCLAIRAGE ET AL CHAUFFAGE
- Le brûleur Kern est un nouveau brûleur à gaz, basé sur le principe du bec Bunsen qui a l’avantage de provoquer lui-mème la formation du mélange intime de gaz et d’air dans les proportions voulues et de le diriger avec précision et égalité, sur la surface à porter à
- I ’ incandescence, où s’en opère la combustion parfaite.
- Ce brûleur est formé d’un bec Bunsen perfectionné, à section longitudinale de forme hyperbo-loïde suivant le grand axe non transverse, et dont les asymptotes font entre elles un angle de 16°. Dans la ligure ci-dessus à droite sont représentées les principales pièces du brûleur. Des longueurs inégales, mais déterminées pour chaque modèle, sont adoptées pour l’un et l’autre côté du point d’étranglement dudit Bunsen. Ce bec est vissé sur une embase placée à la partie inférieure et renfermant l’injecteur de gaz, dont l’oriüce d’échappement est situé en face des ouvertures d’entrées de l’air aspiré. Le mélange gazeux traverse le tuyau et arrive sous un panier perforé, dans lequel il se fait plus intime; il traverse les trous et se rend dans la chambre fermée qui se trouve autour de la chambre de mélange.
- II passe ensuite à travers un croisillon, qui forme le centreur du système, se glisse autour d’un double cône intérieur et arrive à s’échapper en se laminant entre les dents inclinées d’une roue dentée qui le dirige vers la flamme en lui donnant exactement la forme cylindrique verticale nécessaire à son départ. Le mélange gazeux, en traversant le panier perforé et
- Ja chambre de mélange s’échauffe, et arrive au point d’ignition, à une température déjà élevée.
- La flamme se prête avantageusement à l’éclairage par incandescence, c’est-à-dire à réchauffement du manchon réfractaire genre Auer ; une tige en magnésie est disposée sur le bec pour servir de support au manchon.
- La flamme, à la sortie de la roue hélicoïdale, développe une grande quantité de chaleur, et porte le manchon à la plus haute incandescence, sans nécessité d’un tube-cheminée qui peut souvent être dangereux.
- Plusieurs modèles de becs ont été établis sur ce principe pour des consommations variées de 14 à 200 litres de gaz par heure. Suivant la pression, la richesse du gaz employé, la nature des manchons, le type du brûleur choisi, la consommation par carcel-heure varie de 9 à 14 litres de gaz, soit en
- moyenne 11‘,5.
- Le brûleur Kern a été appliqué également par M. Clamond au chauffage par rayonnement. La figure ci-jointe donne une vue d’ensemble d’un radiateur. Un brûleur Kern envoie le mélange gazeux dans un barillet à l’intérieur duquel se trouve un cylindre tamiseur analogue à la chambre perforée du brûleur pour éclairage. De cette chambre, le mélange, rendu tout à fait intime, se répartit entre les tuyères ou bagues en. terre réfractaire et vient brûler dans des tubes verticaux qui sont portés au rouge et rayonnent une chaleur intense; les produits dè la combustion, s’écoulent dans l’air ambiant par les trous des tubes et peuvent être conduits dans le coffre d’une cheminée pour leur expulsion au dehors.
- Une étude très complète a été faite sur ces brûleurs par M. A. Lecomte; les produits de la combustion ont été analysés. Un a trouvé seulement de l’acide carbonique, et de la vapeur d’eau, sans tracé d’oxyde de carbone, que l’on a recherché tout particulièrement par le procédé de M. Niclou, assistant de M. Gréhant, au Muséum d’Ilistoirc naturelle. En plus de cet avantage très important de ne dégager aucun produit nocif, le radiateur Clamond a une marche très régulière et très économique. J- Leiiois.
- Détails du brûleur.
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- LA N AT U H K.
- CONCOURS D’ENSEIGNES
- Cos derniers jours encore un public nombreux se pressait dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville pour contempler tous les projets exposés aux Con-
- Fig. 1. — Enseigne de M. Gérôme.
- édits en décrétaient même l’utilité, au moins pour les auberges, comme celui de Henri 111, daté de 1577. En 166*?, un arrêt du Conseil en fixait les dimen-
- cours d’Enscignes, dont l’initiative est due en grande part au peintre Détaillé.
- Les enseignes étaient autrefois fort à la mode. Des
- Fig. 2. — Enseigne de M. Détaillé.
- sions ainsi que la pose avec ou sans potence et réclamait un droit de 4 livres. En septembre 1859, un édit de la Cour de Cassation défendait de placer
- Fig. 5. — Enseigne de M. Truchct.
- aucune enseigne sans autorisation. C’est peut-être à la suite de cette ordonnance que les enseignes ont peu à peu disparu. Grâce au succès du Concours d'Enseignes espérons que des règlements de police moins sévères donneront aux commerçants la possibilité d’ajouter h leur devanture cet ornement pitto-
- resque qui donnait tant de charme â la rue parisienne.
- Parmi les nombreuses enseignes exposées, quelques-unes sont fort réussies. Nous citerons celle de M. Gérôme, membre de l’Institut, elle a pour titre : « 0-pti-cien ». C’est un chien griffon qui
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- LA NATIDE.
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- fait le beau en regardant au travers d’un lorgnon (fîg. 1). M. Détaillé a envoyé une gracieuse esquisse. Un Amour frais et rose, habillé d'une cuirasse, ayant un petit tricorne sur la tête. On, peut se demander à quelle maison le gentil Cupidon pourrait servir d’enseigne (lig. 2).
- M. Willette, à qui le jury a décerné un prix de 2000 francs, a réussi tous ses envois. Le tableau qu’il a composé pour la maison Lempereur est très original. 11 représente Napoléon a cheval ayant une jeune Gloire peu vêtue assise en croupe derrière lui. Une autre enseigne, peut-être la plus amusante de toutes, est en tôle découpée, c'est un chat noir au poil hérissé, fantastiquement perché dans le croissant de la lune (fig. 4).
- M. Truchet, qui a obtenu un prix de 1000 francs, a des compositions charmantes, entre autres une destinée à un magasin de jouets : Aux petits chéris „(fig. :»). Elle est en tôle découpée et peinte. Ce sont des enfants groupés tenant à la main des ballons ou cerfs-volants qui le soir peuvent devenir lumineux.
- Les prix ont été décernés par le jury, mercredi, a décembre. MM. Gérôme et Détaillé s’étaient déclarés hors concours. M. Avy a obtenu, comme M. Truchet, un prix de 1000 francs, les autres prix, assez nombreux, allaient depuis 500 francs jusqu’à 200 francs. A. Tissaxdif.r.
- Phénomènes solaires et météorologiques. —
- Dans une récente communication à la Société royale de Londres, sir Norman Lockyer et M. Win Lockyer se sont occupés de trouver une relation entre les variations périodiques de l’activité solaire et certains phénomènes météorologiques "relevés dans les régions voisines de l’océan Indien. On sait que dans ces régions les basses pressions dominent en été, et les hautes pressions en hiver. fies dernières présentent • des variations bien définies, avec un maximum qui revient en moyenne tous les trois ans et demi ; de plus les basses pressions qui suivent ce maximum sont moins basses que de coutume. Or si l’on trace la courbe de ces pressions élevées, pendant la période avril-septembre, courbe obtenue en prenant la moyenne de plusieurs années, on constate que cette courbe est exactement l’inverse de la courbe movenne prise de la même façon pour Cordoba, station très éloignée. Il y a là une symétrie remarquable, qui semble appuyer l’hypothèse d’une cause extra-terrestre de ces variations, lesquelles semblent d’ailleurs partout obéir à la même loi. C’est du moins ce que l’on constate pour les stations examinées jusqu’ici : Bruxelles, Brème, Oxford, Valence, Aberdeen, où les variations de la pression moyenne semblent pouvoir être approximativement représentées par une même courbe. Les auteurs ont donc été tout naturellement conduits à examiner les courbes des phénomènes en rapport avec les taches solaires et les protubérances, afin d’v découvrir sj les variations de l’activité solaire concordent avec celles de la pression atmosphérique. Il semble ressortir de leur analyse que les éruptions de protubérances, coïncidant avec les variations de latitude que les taches présentent tous les trois ans et demi environ, sont la cause véritable des varia-
- tions dépréssion, et que la variation de l’activité solaire dans la période solaire de onze ans agit aussi sur la pression et sur la circulation de notre atmosphère et par suite affecte aussi les phénomènes météorologiques que nous subissons. Dans une note présentée à la même séance, Sir Norman Lockyer a envisagé la relation qu’il peut y avoir entre les protubérances solaires et le magnétisme terrestre. Il a fait dernièrement la comparaison de la fréquence des protubérances visibles dans chaque latitude solaire avec la fréquence de la plus grande intensité des orages magnétiques et la courbe générale de l’activité magnétique. Le résultat indique: 1° que les époques des orages classés (jreat par Ellis et celles de la plus grande activité chromophérique près des pôles du soleil sont identiques; 2° que la courbe générale d’activité magnétique et terrestre est à peu près la même que celle des protubérances observées près de l’équateur solaire.
- Un nouveau laboratoire de physiologie. — Le
- chef du service chimique du département de l’Agriculture aux Etats-Unis, va ouvrir cet automne un curieux laboratoire qui sera une véritable pension de famille, pour éprouver, sur des gens bien portants, l’action des divers préservatifs, des colorants et des produits variés dont le commerce additionne les substances alimentaires. Les patients (car ce sont quelque peu des patients sur lesquels on fera des expériences sur le vif) seront fournis par des gens de bonne volonté, pris soit parmi les agents des services techniques du département de l’Agriculture, soit parmi les élèves internes du Collège de Washington : chaque pensionnaire mangera ce qu’on lui donnera, sera pesé chaque matin, tiendra note de tout ce qui concernera ses digestions, de la quantité d’aliments qu’il absorbera, etc.
- Cure de cave pour les maladies pulmonaires. — C’est aux États-Unis, à Luray, dans l’État de Virginie, que se pratique cette cure : le médecin qui a pris l’initiative de cette innovation affirme que l’air des caves et carrières creusées dans le calcaire a exactement les mêmes avantages que l’air pur qu’on va rechercher aux hautes altitudes. 11 a donc élevé un sanatorium tout près d’une carrière, et tout l’air des chambres de l’établissement est pris, au moyen de ventilateurs, dans la carrière. Cet air serait d’une température très uniforme (ce qui est bien connu), remarquablement pur et dépourvu de germes nocifs ou de poussières. Fenêtres et portes du sanatorium sont constamment maintenues fermées, afin que l’air extérieur ne puisse pénétrer.
- Transporteur aérien de bagages. — Dans une des grandes gares d’embranchement de la Compagnie anglaise du London and South Western Railway, à Woking Junction, on vient d’installer un transporteur aérien qui fait passer les bagages d’un groupe de quais à un autre, au-dessus de voies particulièrement fréquentées où il se produisait de très nombreux accidents quand les bagages étaient transportés à bras d’hommes traversant ces voies. On a érigé deux tours métalliques entre lesquelles est tendu un quadruple câble, dont le supérieur forme la voie de roulement des galets du chariot transporteur, tandis qu’un câble inférieur maintient ce chariot en bonne direction, et que les deux autres, mus par une machine à eau comprimée, en assurent les déplacements dans l’un ou l’autre sens. La portée de ce transporteur est de 55 mètres environ, et les bagages y circulent à une allure telle qu’il est possible de faire passer en une demi-minute 500 kg de colis d’un côté à l’autre des voies.
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- LA NATURE.
- Un record original. — Un Italien, M. Stefano I Bianchetta, s’est attaqué, le dimanche 16 novembre, à un record qui ne manque pas d’originalité. Il a couvert, sur une bicyclette sans guidon, les cinquante kilomètres du parcours Turin-Orbassano-Avigliana-Turin en l'145. Le Vélo nous informe que cette tentative, suivie de bout en bout par deux contrôleurs, a été accomplie sur une machine de 4m,90 de multiplication. Le recordman est arrivé très frais..., les mains dans les poches, au milieu d’une ovation enthousiaste.
- I/industrie électrique aux États-Anis. —
- D’après le recensement fait récemment aux Etats-Unis, l’industrie électrique y compte 580 établissements, au lieu de 189 seulement en 1890 : leur capital est de 420 millions de francs, et ils occupent à peu près 41 000 ouvriers, auxquels ils distribuent en salaires un peu plus de 100 millions de francs. Quant à la production de ces établissements, on l’évalue annuellement à 461 millions à peu près.
- Les roches noires des cataractes du Nil. —
- C’est du moins l’apparence qu’elles présentent : on croirait de loin qu’elles sont passées au vernis noir, et cette coloration et cet aspect se retrouvent sur tous les rochers, quelle qu’en soit la nature. Dans les premiers rapides on trouve des syénites, des granits rouges ou gris, des porphyres, et d’autres roches éruptives; dans les seconds .rapides, au contraire, ce sont des grès riches en fer et en manganèse : mais les uns comme les autres sont recouverts d’un vernis noir et brillant. MM. Lortet etllugon-nencq, par leurs analyses, ont reconnu que la coloration est due à une mince couche d’un oxyde noir de manganèse déposée à la surface des roches, et polie par l’action incessante des eaux.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 8 décembre 1902.
- Présidence de M. Bouquet df. i.a Grye.
- Correspondance. — M. Darboux procède à l’énumérà-tion des pièces de la correspondance et de celles déposées sur le bureau de l’Académie par les membres présents. Parmi ces pièces : une Note de M. Lacroix exposant ses recherches minéralogiques sur les produits éruptifs de la Montagne Pelée, une Note de M. B. Renaud sur quelques nouveaux infusoires fossiles, une autre sur la formation de la chlorophylle dans Pair ou l’oxygène raréfié, une autre de M. Berthelot sur le changement du diamant en carbone noir. Un pli cacheté contenant la description d’un mode de préparation du gaïacol est ouvert.
- Décès. — Après l’énumération des communications, M. le président prend alors la parole et rappelle que la mort, qui avait déjà frappé plusieurs fois cette année l’Académie, vient encore d’enlever deux des membres. Hier, c’était M. Dehérain, disparu après une maladie de quinze jours; aujourd’hui, c’est M. Ilautefeuille qui meurt. M. Dehérain était l’àme de la section d’économie rurale. La simplicité de sa vie lui avait valu, en même temps que des admirateurs, des amis dévoués. Les minéralogistes mettront en valeur les travaux de M. Ilautefeuille, mais on peut dire que l’Académie perd en lui un maître en cristallographie et en pétrographie. Elle s’associe aux regrets des familles de ses deux membres défunts. Les obsèques de M. Dehérain auront lieu mercredi, et celles de M. Ilautefeuille jeudi prochain. La séance publique est ensuite levée en signe de deuil. Ch. df, Yilledefii..
- P--P. DEHÉRMN
- C’est 'avec une profonde douleur que, répondant h l’appel de l’éminent directeur de La Nature, l’auteur de cette Notice vient ici rendre un dernier hommage à celui qui pendant trente-cinq ans fut à la fois son maître dans la science et son guide dans la vie.
- Au souvenir de ces beaux jours d’autrefois, pleins d'espérance et de jeunesse, où nous devisions ensemble sur nos travaux et sur notre avenir, il lui semble qu’un vide immense se fait autour de lui, et, en ce moment d’infinie tristesse, c’est l'homme plus que le savant, c’est l’ami aux affections immuables, c’est presque un père dont il déplore la perte.
- Né le 19 avril 1850, P.-P. Dehérain se sentit de bonne heure attiré vers les questions scientifiques. Après avoir fait ses études élémentaires au Collège municipal Chaptal, nous le voyons d'abord muni de ses deux diplômes de bachelier ès sciences et ès lettres, fréquenter le laboratoire de M. Fremy, au Muséum d’Histoire naturelle, puis occuper la place de préparateur du cours de Zoologie appliquée à l’Agriculture professé par M. Baudement au Conservatoire des Arts et Métiers. Là, à l’âge de 29 ans, il se fait recevoir docteur ès sciences, avec un travail relatif aux cbloro-sels et à l’emploi des phosphates en Agriculture.
- Entre temps il est nommé professeur de Chimie au Collège Chaptal, puis, en 1864, il quitte le Conservatoire pour prendre les fonctions de chargé de cours à l’Ecole d’Agriculture de Grignon.
- Il professe à Chaptal pendant vingt-quatre ans : c’est là où j’eus le bonheur de le rencontrer, en 1867; il occupait encore, la veille du jour où la maladie vint l’abattre, sa chaire préférée de Grignon.
- Intimement lié d’autre part avec M. Fremy, son ancien maître, ainsi qu’avec M. Decaisne, Dehérain est entré au Muséum, en 1872, comme aide-naturaliste et directeur du laboratoire de culture ; en 1880, il fut nommé par décret professeur de physiologie végétale appliquée à l’Agriculture, au même établissement; enfin, en 1887, l’Académie des sciences l’appelait dans son sein, en remplacement de M. Boussingault, décédé.
- Le nombre de ses travaux est considérable et la place nous manquerait pour en donner ici les seuls titres : ils touchent surtout à la physiologie végétale et à l’Agriculture proprement dite, dont il connaissait à fond la pratique et les besoins.
- Ses recherches sur l’assimilation des matières minérales par les plantes, qui lui ont valu le prix Bordin en 1866, ses études sur le plâtrage de la terre, la transpiration des feuilles, l’assimilation du carbone et la respiration végétale sont devenus classiques; ses Mémoires de 1885 et 1886 sur la culture des blés à haut rendement eurent dans le monde agricole un grand retentissement ; on lui doit également un grand nombre d’études tirées de ses cultures au champ d’expériences de Grignon, qui toutes ont une haute portée pratique.
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- LA NATURE.
- Les causes qui font varier la fertilité du sol et les façons que lui prodiguent les cultivateurs le préoccupent longuement; il s’efforce, en s'appuyant toujours sur l’expérience, de donner les raisons du labour, du hersage; il constate qu’une terre de prairie s’enrichit d’elle-méme en azote quand on l’abandonne au repos ; il cherche h se rendre compte des réactions microbiennes qui s’accomplissent dans le sol ou dans un tas de fumier ; il détermine la composition des eaux de drainage qui s’écoulent de son champ d’expériences, entreprend une série de recherches sur la nitrification, s’intéresse enfin à l’inlluence des organismes fixateurs d’azote sur le développement des légumineuses. Il poursuivait encore, il y a seulement quelques semaines, des recherches sur la culture des différentes espèces de lupins, en vue de fournir une explication rationnelle de leurs allures souvent si déconcertantes.
- En un mot, Dehérain a résolument attaqué toutes les questions qui intéressent la production végétale; sur toutes il a réussi à jeter quelque lumière et nombreux sont ceux qui pourront, tôt ou tard, mettre à profit les enseignements de ce labeur, ininterrompu pendant 45 années.
- Dehérain aimait la vulgarisation et, en 1862, nous le voyons publier, sous le titre à'Annuaire scientifique, et avec la haute collaboration de MM.Brouardel,Duméril,
- Gariel, Marey, Mascart,
- Potier, Rayet, G. Tissandier, Trélat et d’autres encore, une revue annuelle des progrès de la science. Cette publication intéressante fut arrêtée par la guerre, en 1870'; il se mit alors à rédiger son Cours de-Chimie agricole,dont la seconde édition date d’un an à peine, et enfin, en 1875, sous les auspices du Ministère de l’Agriculture, il fonda les Annales agronomiques, dont la collection, actuellement rare, offre un exposé complet de tous les travaux, français ou étrangers, qui intéressent l’Agriculture.
- En même temps que savant agronome, Dehérain fut un brillant professeur, apprécié même par ses auditeurs les moins attentifs ; mais c’est surtout au laboratoire que ses hautes qualités se dévoilaient. Persuadé qu’il ne saurait ÿ avoir jamais trop de contacts entre le Maître et ses élèves, il se plaisait à travailler au milieu d’eux, dans une grande salle
- commune, à les aider directement de ses conseils; il les entretenait des actualités scientifiques, de ses projets de travaux ; il leur communiquait ses idées, leur demandait familièrement leur avis, acceptant volontiers toutes leurs observations; souvent il en faisait ses collaborateurs, enfin il aimait à les réunir périodiquement en un banquet familial où, passant en revue les travaux sortis du laboratoire pendant l’année courante, il ne manquait pas d’adresser à chacun d’eux quelques mots d’encouragement.
- Parfois se glissait parmi ceux-ci une ombre de reproche — il trouvait souvent que nous étions trop chimiste et pas assez agronomes, — mais combien paternelle et douce ! Se souvenant que lui aussi avait sacrifié sur le même autel, il se gardait bien d’insister, et, juge impartial, il finissait toujours par applaudir quand l’importance du résultat obtenu lui apparaissait manifeste.
- Rien d’ailleurs n’égala sa joie lorsque l’un des moins agronomes d’entre nous vint tout à coup prendre rang parmi les maîtres de la chimie française et s'asseoir auprès de lui sous la coupole de l’Institut : c’était sa récompense autant que celle du nouvel académicien.
- Depuis quelques années, nos rangs s’étant malheureusement éclaircis, ces réunions intimes n’avaient plus lieu, mais la mémoire de leur charme nous en reste, impérissable. Que tous ceux qui les ont fréquentées veuillent bien, à la lecture de ces lignes, y reporter leur souvenir, et comme alors nos cœurs vibreront ensemble, dans un même élan de reconnaissance et de filiale sympathie pour notre cher disparu.
- Pour tous ceux qui l’approchaient, Dehérain allait s’affaiblissant d’une manière visible, sans pourtant nous donner d’inquiétude; il se disait fatigué, sa bonne humeur naturelle devenait moins expansive, puis, brusquement, il fut arrêté, sans avoir jamais cru devoir prendre un seul instant de repos. Il emporte avec lui l’inaltérable affection de ses nombreux amis et laisse à tous le souvenir d’un homme de bien, dont la vie fut pleine de travail et d’excessive bonté. L. Maquennf..
- Le Gérant : P. Masson.
- P.-P. Dehérain, membre de l’Institut.
- Paris. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1545. — 20 DÉ CE MORE 1902.
- LA NATURE.
- UN DÉLESTEUR ÂUTOMTIQUE POUR RÂLLONS LIRRES
- On sait que MM. de Castillon de Saint-Victor et Léo I)ex se proposent de lancer en janvier, de Gabès (Tunisie), des aérostats non montés qu’un vent du nord, convenablement choisi au moment du départ, puis les vents alizés du nord-est alors régnants au-dessus du Sahara central doivent entraîner dans la direction de Tombouctou, jusqu'à Tombouctou même si aucun accroc ne survient en route.
- Une vitalité exceptionnelle est assurée à ces
- Fig. 1. — La caisse à lest-eau telle qu’elle sera au départ.
- aérostats par ce fait que, n’ayant pas d’aéronautes, ils emportent une quantité de lest formidable soit sous forme d’eau jetée ensuite automatiquement, soit sous forme de guides-rope lourds constituant un lest récupérable. Ces guides-rope spéciaux en fil d’acier et les délesteurs automatiques ont été construits à Châteauroux et leurs essais viennent d’être effectués avec un plein succès par M. Léo l)ex, leur inventeur.
- Le délesteur automatique principal consiste en une grande caisse à . eau en tôle munie à sa partie inférieure d’une soupape en bronze que tend à ouvrir un ressort.
- A cette soupape est suspendue par un long filin de laiton une sphère d’acier roulant dans son anneau suspenseur. Si l’aérostat alourdi se rapproche du sol, la sphère s’y dépose, décharge la soupape qu’ouvre le ressort et le lest-eau s’écoule. Le ballon ainsi délesté remonte, soulève la sphère d’acier qui a roulé à sa suite et cette sphère charge à nouveau la soupape de 31e année. — 1er semestre.
- Fig. 2.
- son poids, la referme, et la chute de lest-eau cesse. C’est cet appareil qui vient d’ètre essayé dans ses conditions de fonctionnement au Sahara. On voit sur la figure 2 un homme qui, par l’intermédiaire d’un levier, soulage légèrement la sphère d’acier, cela suffit et l’eau s’échappe à Ilots de la caisse à eau à raison de 80 litres à la minute. Cet homme laisse ensuite retomber la sphère et la soupape se referme bouchant tout passage à l’eau.
- La figure 1 représente la caisse à eau reposant sur un lit de sable, tel qu’il en sera pour elle au départ. A ce
- moment la sphère ne charge pas la soupape, aussi est-elle ouverte, mais l’eau, contenue dans la caisse (plus de 700 litres), ne coule néanmoins pas, car la manche par laquelle cette eau doit s’échapper à l’issue delà soupape est écrasée par le poids de la caisse et forme occlusion.
- A côté, sur un petit chariot, on aperçoit rop-lé sur lui-même leguide-rope lourd en fil d’acier de 620 mètres de longueur avec ses dix points de rupture préparée garantis pour le transport par des couvre-joints. Ces points de rupture se brisent sous des efforts progressifs de 200 à 700 kilogrammes, de sorte que si, par malheur, le guide-rope s’accrochait irrémédiablement en route, l'aérostat, entraîné à 20 kilomètres à l’heure par l’alizé, le briserait dans le voisinage du point d’accrochage et n’en continuerait pas moins son. voyage quoique avec un guide-rope réduit.
- o
- La sphère il’acier étant soulevée le lest-eau s’écoule.
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- LA NATURE.
- Les délestages normaux du ballon qui emportera ce délesteur automatique étant de 20 kilogrammes environ toutes les cinq heures en moyenne, on voit que, d’après les essais de Châteauroux, chaque délestage se produira en un quart de minute, juste le temps pour la sphère d’acier de toucher le sol et de rebondir. Si néanmoins, durant ce court contact, elle s’accrochait, elle se séparerait automatiquement de la soupape en la bloquant, et le délestage continuerait à se produire aux moments voulus par le basculement de la caisse à eau venant au contact
- Soupape-
- -Joint? chu cpucle' 7'opc-.
- Fig. 3. — La soujin]ic démontée.
- du sol. Ce serait brutal, mais le délestage automatique n’en resterait pas moins assuré et rapide.
- Tels sont les dispositifs qui vont être employés dans les prochaines ascensions des ballons non montés de Gabès. Léon Darce.
- LE TENNIS-ARM
- Si vous n’ètes pas joueur de laxvn-tennis, professionnel ou amateur, vous ne connaissez pas le tennis-arm. Peut-être même bien des joueurs ignorent-ils ce que veut dire ce terme? Il est cependant, p.araît-il, d’usage courant pour indiquer un traumatisme du bras survenu dans l’action du jeu. Dans le cours d’une partie, en plein effort de la bataille, un joueur fait un mouvement brusque et violent pour rattraper une balle ; aussitôt il est pris d’une douleur telle au niveau du coude qu’il lui est impossible de continuer le jeu. Dans d’autres cas un joueur se trouve en face d’une équipe aguerrie, difficile à vaincre, alors il fait, comme on dit, feu de toutes pièces, il se dépense en efforts incessants ; plus grande est l’énergie déployée, plus vive et plus soudaine survient l’impotence fonctionnelle.
- Il ne s’agit pas là d’une fatigue simple, comme bien des joueurs l’éprouvent à la suite de parties longues,
- ou lorsqu’ils débutent et qu’ils dépensent comme dans l’apprentissage de tout sport, plus de vigueur et de force qu’il n’est nécessaire. C’est la violence d’une contraction musculaire qui amène l’accident.
- Quelle est donc la lésion provoquée? Le Dr Clado croit qu’il existe deux formes bien définies : l’une qui n’est qu’une simple fatigue, une courbature plus ou moins passagère ; l’autre, à laquelle doit s’appliquer surtout le nom de tennis-arm, est au contraire une lésion du muscle, une rupture, une déchirure. Si l’on examine un joueur, peu après l’accident, on constate une douleur vive, et très exactement limitée à la face externe du coude, au-dessous de ce que l’on nomme anatomiquement la cupule radiale, c’est-à-dire au niveau des insertions du muscle court supinateur. En pressant avec le doigt, on peut délimiter d’une façon très précise le point douloureux; rarement la sensation pénible s’étend à distance.
- Pourquoi et comment se fait cette rupture sur un muscle qui ne semble pas le p'us nettement en action ? Voici l’interprétation qu’en donne M. Clado. La balle est renvoyée de deux façons, en la prenant par le haut, raquette haute ou en la ramassant par le bas. Le renvoi, raquette haute, ne donne jamais lieu au tennis-arm ; il parait mais je laisse la responsabilité de cette assertion à mon ami Clado, que ce sont les joueurs médiocres qui l’utilisent. L’effort, dans ce cas, est peu marqué et la position du bras et de l’avant-bras, dans ce coup, ne donne pas lieu à une contraction musculaire très énergique. Dans le renvoi par le bas, la raquette cueille la balle, à peine a-t-elle rebondi, au ras du sol et la lance d’un coup sec. Pour ce coup de raquette, le membre supérieur est transformé en un levier rigide, ayant une attitude fixe, le bras écarté du tronc, dans l’abduction, le coude en légère flexion et l’avant-bras et la main en une position intermédiaire entre la pronation et la supination. Or la position naturelle de l’avant-bras et de la main est la pronation ; au repos la main et l’avant-bras regardent à peu près directement en arrière. Pour maintenir la position entre la pronation et la supination, il faut un effort; la contraction forcée des antagonistes est nécessaire et l’équilibre est maintenu par des forces musculaires de valeur très inégale. Ce petit muscle court supinateur est seul en action contre les prona leurs; il est en état de tension, si je puis dire constant, tension, contraction, qui s’augmente, se double, se décuple au moment du jeu. Que l’effort à ce moment soit excessif, la déchirure se produit et porte sur le point le plus faible, sur ce petit muscle grêle de la face externe de l’avant-bras. Le bras est rendu impotent pendant quelque temps; la lésion s’accompagne même parfois d’un gonflement assez prononcé. Mais si le blessé cesse de jouer aussitôt l’accident, une ou deux semaines suffiront à la guérison. Une compression douce, des massages quotidiens amènent la réparation du traumatisme. Peut-être serait-il utile, chez les victimes de cet accident, de mettre à la région du coude une sorte d’anneau protecteur en tricot serré. Les lutteurs de foire, pour prévenir les traumatismes du poignet, quand ils soulèvent des poids lourds, se garnissent la partie inférieure de l’avant-bras d’un large anneau de cuir. De même les gymnastes portent tous la ceinture abdominale. C’est un appareil de soutien du muscle qui prévient les accidents.
- 11 serait curieux de savoir si les joueurs de pelote éprouvent des accidents analogues; la relève de la balle se fait dans une situation un peu différente, mais qui, dans certains coups, doit se rapprocher assez de la position de la raquette au tennis. ' Dr A. Cartaz.
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- LA NATURE.
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- LA LIGNE 2
- DU CHEMIN DE FER MÉTROPOLITAIN
- L’inauguration récente do cettelignc, depuis l’Étoile jusiju’à la jdace d'Anvers, n’a donné lieu à aucun accident, mais elle a éveillé dans le public le désir de connaître un peu plus complètement les conditions de service de la ligne. Nous résumerons ci-dessous les conditions principales, telles que nous les avons observées, au cours de la visite faite à l’occasion de l’inauguration de la ligne.
- On connaît la construction du tunnel et des gares, qui présente beaucoup d’analogie avec la construction de la première ligne. On sait qu’une partie de la voie est en tunnel et une partie en viaduc : cette dernière n’étant pas encore en service, il n’a encore été donné à personne de voir circuler des trains sur le viaduc, mais nous avons tout lieu de croire qu’on ne relèvera à la charge de celui-ci, aucun des inconvénients si vivement ressentis par les populations de Berlin et de New-York avec leurs chemins de fer élevés, inconvénients éprouvés aussi lors de l’Exposition de 1900 par les riverains du petit chemin de fer, auquel on reprochait le bruit et les trépidations gênantes. L’établissement, de la voie sur la plateforme métallique du viaduc n’a pas été fait sans l’emploi d’un ballast qui nous garantira sans doute des inconvénients auxquels il vient d’être fait allusion; ([liant à la voie même du tunnel, elle paraît très bien établie, et assure aux trains un roulement très doux. Elle est en rails de 52 kg, employés par longueur de 18 mètres, les éclisses y sont longues et bien supportées sur les traverses voisines des joints, où elles sont d’ailleurs solidement ancrées dans les rampes ; la fixation des éclisses et contre-éclisses est faite par 6 boulons, dont les écrous sont maintenus exempts de trépidations, à l’aide de rondelles élastiques Grower. De part et d’autre de chaque éclisse aboutissent les connexions électriques, destinées à assurer la bonne conductibilité de la voie, utilisée, ainsi qu’on le sait, an retour du courant. Ces connexions dilièrent de celles de la première ligne : elles sont encore faites à l’aide de joints du principe connu sous le nom de « Chicago », mais le cuivre y est employé sous forme de ruban, et les têtes sont fixées de chaque côté du rail sur les patins de celui-ci, au moyen de goujons matés à la manière ordinaire. Chaque joint électrique de la voie de roulement comporte 4 connecteurs, dont 2 fixés sur chaque patin.
- La section individuelle des lames est de 1,5 X 25 mm de longueur. Chacun des 4 connecteurs d’un joint comporte 7 lames, et par conséquent une section 7 x57,5 = 262 mm2 environ, soit 57,5 mm2.
- La section totale par joint est ainsi d’environ :
- 4 X 262 = 1048 mm2.
- Et, comme les 4 rails des deux voies sont réunis, la section totale des joints, tous les 18 mètres, atteint par conséquent la valeur de 4000 mm2 environ. Le retour de courant est ainsi assuré d’une manière
- parfaite, et avec une résistance dont il est facile de donner une idée.
- Examinons maintenant l’autre moitié du circuit, constituée par le troisième rail, relié au pôle positif et isolé ; il est supporté par des isolateurs d’amhroïne, fixés sur les traverses à l’aide de trois tire-fonds. Ces isolateurs se distinguent par leur très faible encombrement, qui est quelque peu surprenant à première vue. Le troisième rail lui-même est analogue, comme section et longueur, aux rails de roulement; il est donc employé par sections de 18 mètres du poids de 52 kgs le mètre courant, mais il est de composition beaucoup plus douce, et par conséquent bien meilleur conducteur que les rails de roulement. On a sacrifié ici, pour obtenir une conductibilité très élevée, un peu de la résistance mécanique et un peu de l’économie d’achat de ce troisième rail, mais on y a gagné de pouvoir réduire beaucoup la résistance rencontrée par le courant, et nous pensons que cet exemple, qui vient d'être donné par le Métropolitain de Paris, après le Manhattan de New-York et le Nantesket Beach, mérite d’attirer l’attention des Compagnies de Chemins de fer, désirant faire de la traction électrique.
- Les joints du troisième rail sont assurés par des éclisses évidemment moins longues et moins solides que celles de la voie de roulement. L’éclisse proprement dite, d’une longueur de 80 centimètres, est fixée, par 4 boulons traversant le rail, a des contre-éclisses placées de l’autre côté de l’Ame du rail, et entre ces contre-éclisses sont logées les connexions électriques, qu’on a pu, par cette heureuse disposition, faire aussi courtes que possible. Elles sont au nombre de 4 par joint, ce sont des « Chicagos » ordinaires, fixés par goujons matés non pas dans le patin du rail, mais dans l’âme de celui-ci; montés du côté des contre-éclisses, ces « Chicagos » trouvent place entre les deux contres-éelisses ; et, de l’autre côté de l’àme du rail, les extrémités des goujons des « Chicagos » sont logées dans des trous ménagés à dessein dans l’éclisse même, trous au nombre de huit par conséquent, puisqu’il y a quatre connecteurs par joint.
- L’ancrage de la voie est fait par huit tire-fonds, à chaque joint, assujettis aux traverses voisines des éclisses. Ces traverses sont distantes, seulement de 540 mm, tandis que la distance des traverses en voie courante est de 900 mm.
- La ligne est desservie par des trains de huit voitures, à unités doubles Thomson-Houston, auxquelles nous consacrerons plus loin une description un peu plus détaillée.
- Le trait caractéristique et l’avantage de ces trains est de présenter à chaque bout une automotrice, d’où peut se faire la commande du train, de sorte que le train est parfaitement réversible, et peut faire un service de navette, sans recourir au système de la boucle, ou aux sujétions des trains qui ne présentent qu’un tracteur. Puisque dans le cas présent il existe un tracteur à chaque extrépité du train, il suffit que le
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- LÀ N A TL KL.
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- conducteur se transporte de l’un à l’autre bout pour assurer la marche du train dans l’un ou l’autre sens.
- On a vu déjà ces trains en fonctionnement pendant plusieurs mois sur la première ligne du Métropolitain, où le système était loin cependant d'ètre aussi indispensable, étant donnée la boucle ménagée à chaque extrémité de la ligne \, pour le retour du train d’un sens à l'autre. La nouvelle ligne ne présentant aucune boucle, cette disposition paraît non seulement utile, mais absolument indispensable. 11 nous a semblé aussi que le profil de la nouvelle ligne présente des rampes assez fortes, nota m m ent u n e rampe de 40 pour 1000, à la sortie du premier tronçon maintenant en exploitation, rampe d’ailleurs suivie bientôt d’une pente d’égale valeur.
- Là encore la présence de plusieurs tracteurs assu-
- rera une plus grande adhérence, et elle permettra au train de gravir plus facilement la rampe. Au point de vue de son alimentation, la ligne nouvelle reçoit son courant, comme l’ancienne ligne et en parallèle avec elle, par Bercy et par les sous-stations des Champs-Elysées et de l’Etoile, et sur son trajet est installée une nouvelle sous-station qui permettra d’assurer mieux
- l’alimentation du reste de la ligne. Cette sous-station est destinée, comme les précédentes à recevoir le courant alternatif triphasé de l'usine génératrice à 5500 volts du Métropolitain et à le transformer en courant continu à 550 volts pour alimenter le troisième rail. C’est au voisinage de la gare, encore inexploitée, de Barbés qu’est située la sous-station, actuellement en montage, installée, comme les extensions des précédentes par les soins de la Compagnie française Thomson-Houston. Le bâtiment, bien aéré
- Voiture N?6 (motrice)
- Voiture (motrice)
- : N92 1
- Corr;rôlei
- Commutateur
- i Commutateur
- Inverseur électro magnétique
- D B
- Inverseur électro magnétique
- D B
- -Terre
- MoteursTH.V
- MoteursTH.V
- Résistances
- Résistances
- Train unitaire de 4- voitures.
- Train unitaire de 4> voitures.
- Train complet de 8 voitures. Fig. 2. — Schéma des couplages.
- et très bien disposé, quoique de proportions relativement réduites, est destiné à contenir quatre machines transformatrices de 750 kw., commutatrices hexapliasées à six fils, recevant le courant alternatif, de tension réduite préalablement, par transformateurs statiques, et donnant du courant continu au collecteur. Les transformateurs statiques, dont plusieurs sont déjà en installation, reposent sur un caniveau devant servir à l'amenée d’air pour ventilèr
- leurs enroulements et combattre tout échauffement par chaleur Joule.
- Une des commutatrices est également en installation. Toutes les mafiœuvres nécessaires sont assurées par un pont roulant, système De Mocomble.
- On sait que la mise en marche des commutatrices peut se faire par le courant alternatif ou par le continu, et qu’il est préférable, à bien des égards, de l’effectuer de cette dernière manière. I solution adoptée ici
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- LA XATEIIE.
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- est l’emploi de courant continu, et, comme on ne disposerait que d’une tension trop réduite et sujette d’ailleurs à des variations considérables en prenant le courant continu servi à la ligne par les autres sous-stations, on a installé un groupe de démarrage, qui fournira le courant continu destiné à mettre en marche la première commutalrice. 11 comporte un moteur asynchrone à courant alternatif ont rainant une génératrice à courant continu de tension voulue. Il est aisé de soustraire la tension de cette machine aux variations qui résulteraient de la ligne, en conservant la faculté de la relier aux machines à actionner, sans la mettre en relation avec les barres omnibus fournissant le courant à la ligne. On voit qu’il suf-lit d’un jeu de barres omnibus, ou même d’une
- seule barre omnibus spéciale à cet effet, solution qui paraît devoir être adoptée.
- Le tableau de distribution, qui est l’àme d’une installation de ce genre en même temps que la partie la plus délicate et la plus dangereuse en cas de malfaçon, paraît avoir été très bien étudié. On voit d’un coté la carcasse du tableau à courant continu qui portera tous les appareils à 550 volts distribuant le courant à la ligne de traction. De l’autre côté, sont disposés les panneaux de commande du courant alternatif qui, bien (pie destiné à commander du courant à 5500 volts, ne présente aucun point dangereux et aucune tension élevée, grâce aux dispositions spéciales employées. La carcasse du tableau à courant continu est constituée par des panneauxde marbre
- distincts, mais juxtaposés à la manière ordinaire, et dont quelques-uns portent déjà des appareils disjoncteurs automatiques, ampèremètres, etc. Le disjoncteur automatique est destiné à protéger les machines contre les dangers d’une surchage excessive, résultant d'un court-circuit sur la ligne. Ici le courant maximum admis paraît devoir être considérable, puisque l’échelle du disjoncteur spécial employé va jusqu’à 18000 ampères. Ce disjoncteur, est commandé automatiquement, d’après les principes ordinairement employés dans les disjoncteurs Thomson à commande électro-magnétique, mais il peut être déclenché à la main comme ceux-ci. En raison de la grande intensité.du courant qu’il porte, on n’a pas eu besoin de constituer de plusieurs tours la bobine de cuivre destinée à effectuer le déclenchement de l'appareil. En cas de surchage, la seule
- action du courant passant de la face avant à la lace arrière du tableau à travers la grosse connexion de cuivre de l’appareil, suffit pour assurer le déplacement d’un déclic en fer, soumis à l’action du llux créé par le conducteur de cuivre, ilux d’ailleurs dirigé et convenablement fermé, par le socle même fixant l’appareil sur le marbre.
- Plusieurs des panneaux de commande à courant alternatif sont déjà en place, ce qui permet de se rendre compte des précautions prises pour éviter les dangers de la haute tension. Les câbles sont tous amenés par caniveaux aux machines ou au tableau, et les câbles à haute tension sont conduits au tableau avec des précautions spéciales ; ils aboutiront à des bornes placées dans des récipients remplis d’huile, et l'interruption du courant se fera dans ce bain d’huile, au moyen de ponts de contact mobiles com-
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- LA NATURE
- mandés à distance. L'interrupteur à huile ainsi constitué ne présente extérieurement aucun contact à liante tension; seule la commande isolée de cet interrupteur aboutit par une série de leviers, analogues aux renvois de sonnettes bien connus, à la poignée de commande montée sur le panneau même. Chacun de ces panneaux porte, en outre, un ampèremètre de 150 ampères et un wattmètrerde 1500 k\v.
- Nous avons indiqué plus haut le principe et les avantages des trains à unités doubles Thomson-Houston, nous en donnerons maintenant la description avec un peu plus de détails, en nous aidant des renseignements que les constructeurs ont bien voulu nous communiquer.
- Le système de traction à « imités doubles » adopté sur le réseau du Métropolitain correspond à la réalisation pratique des conditions d’exploitation suivantes :
- Aux heures de faible trafic, faire circuler, à des intervalles de temps déterminés, par exemple toutes les trois minutes, des trains composés chacun d'une voilure motrice et de trois voitures de remorque, d’un poids total en charge d’environ 50 tonnes, effectuant le trajet aller et retour de Yincennes à la porte Maillot en 1 heure environ.
- Au moment où le trafic augmente, accoupler les trains précédents deux par deux, de manière à en doubler la capacité et à en former un seul train, composé de deux voitures motrices l’une en tète, l’autre en queue, et de G voitures de remorque intercalées entre les deux, mais de telle façon que ce nouveau train double ainsi constitué puisse être commandé par un seulwattman, avec le contrôleur de la cabine qui est à l’avant du train, les moteurs des deux motrices fonctionnant simultanément avec une concordance parfaite.
- Le grand avantage du système adopté, et qui est décrit plus loin, réside dans les caractères suivants : 1° Simplicité remarquable de l’accouplement des voitures motrices associées deux par deux, chacun des trains simples ou doubles se conduisant absolument comme une motrice unique, au moyen d’un contrôleur série parallèle ; 2“ marche économique en série-parallèle dans les meilleures conditions possibles dans les deux cas ; 5° la commande de la deuxième voiture à la queue du train par le contrôleur de la première s’efïectue seulement par l’intermédiaire d’un câble unique courant, sur toutes les voitures de remorque, d’un bout à l’autre du train, d’où simplicité remarquable; 4° freinage électrique en cas d’urgence en renversant le courant dans les deux motrices à la fois. A cet effet, deux fils de très faible section courent tout le long du train à côté du câble ci-dessus. Ces deux fils ne reçoivent le courant qu’au moment précis du freinage électrique, et sont morts le reste du temps. Ces fils servent à inverser le sens de marche des moteurs du train ; 5° absence complète de tout appareil automatique, excepté les inverseurs de marche. En somme, le système de traction ainsi constitué présente exactement, au point de Mie électrique, les mômes qualités que les sys-
- tèmes de traction à unités multiples qui ont été décrits antérieurement1.
- La solution actuelle emprunte une grande simplicité aux conditions spéciales du réseau du Métropolitain, particulièrement au fait que chaque motrice est munie d’une seule cabine de wattman, puisque les trains utilisent aux extrémités de lignes une boucle de voie pour passer du quai d’arrivée au quai de départ. Le système de traction à « unités doubles » Thomson-Houston s’explique très facilement au moyen d’un schéma de couplage indiqué dans la ligure 2, page 36. Toutes les motrices sont identiques entre elles et absolument interchangeables au point de vue de la marche en train à 4 on 8 voitures. La cabine du wattman de la motrice contient les appareils suivants :
- 1 Contrôleur à soufflage magnétique L. o; 1 Disjoncteur automatique M. K; l Plomb fusible à soufflage magnétique M. L; 1 Parafoudre ; 1 Compresseur d’air électrique à commande automatique pour les freins; 1 Commutateur spécial M, à deux positions.
- Puis sur la voilure motrice se trouvent encore ; un jeu de résistances pour la marche en série parallèle; un inverseur électromagnétique pour la marche arrière; 2 moteurs T. JL 4 de 140 chevaux chacun et 4 frotteurs de prise de courant pour troisième rail. Sur chacune des faces avant et arrière de la voiture se trouvent : un coupleur gros câble pour la commande de la motrice de queue et un coupleur à deux fiches pour inverseurs.
- Voici en quelques mots comment s’effectuent les manœuvres très simples pour la marche à 4 ou à 8 voitures : Supposons le train à 4 voitures en service. Le wattman met la poignée du commutateur spécial M-l dans la position « 4 voitures », accroche les coupleursaux extrémités du train dans leurs supports. respectifs, et le train est prêt à partir.
- Lorsque le trafic augmente les chefs de mouvement donnent l’ordre de former un certain nombre de trains de 8 voitures, qui s’intercalent entre des trains à 4 voitures. 11 suffit pour cela de rapprocher bout â bout deux trains de 4 voitures, de faire les attelages à la manière habituelle, de ficher les coupleurs correspondants et de mettre dans chacune des motrices le commutateur spécial dans la position « 8 voitures ». Le train est prêt à partir et le wattman peut se placer dans l’une quelconque des cabines, quelle que soit leur position relative dans le train, pour commander la marche de tout le train. On conçoit combien la simplicité de ce mode de traction permet de suivre avec la plus grande facilité toutes les fluctuations de trafic sur une ligne, et de profiter des aflluences qui peuvent se produire, en doublant en très peu de temps la capacité de transport des trains, ce qu’on ne serait pas en mesure de faire en augmentant la fréquence des départs, attendu que cette fréquence ne peut pas être augmentée au delà d’un certain chiffre, à cause de la longueur même des blocs automatiques qui la limitent. Les motrices, ainsi que
- 1 Yoy. n“s 147*2, du 10 août 1001, p. 170; 1485, du 0 novembre 1001, p. 570; 1505, du 16 mars 1002, p. 254.
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- LA NATURE.
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- nous l’avons dit, peuvent être accouplés dans une position respective quelconque l’une par rapport à l’autre : soit les deux en tête d’un train à 8 voitures, soit l’une en tête, l’autre au milieu, soit l’une en tête, l’autre en queue.
- Ces divers modes de couplage ont été essayés et ont chacun leurs avantages pour l’exploitation. Le mode de couplage qui a donné le plus de sastisfaction jusqu’ici sur la ligne du Métropolitain est celui qui consiste à avoir les deux motrices en tète et en queue, de manière à pouvoir marcher dans un sens ou dans l’autre en cas de nécessité : ainsi, dans le cas où Tune des boucles terminales viendrait à être obstruée, il suffirait au wattman de se transporter de la cabine de tète dans la cabine de queue, et de marcher en sens inverse pour reprendre son service comme si rien n’était. Tel est aussi a fortiori le cas sur la ligne 2, ainsi que nous l’avons dit plus haut.
- Ce mode de traction est applicable quand il n’y a que deux voitures motrices accouplées ou qu’il est superflu d’employer les unités multiples; ainsi il a été fait récemment pour une ligne de tramways à deux motrices en Italie. C. Durand.
- ALUMINO-TflERMIE
- On a beaucoup parlé depuis quelque temps d’une méthode originale de traitement des minerais sans charbon. Le producteur de chaleur est un métal convenablement choisi. En l’espèce, le combustible est l’aluminium. On supprime le charbon et, par suite des propriétés de l’aluminium, on parvient à produire des températures sensiblement équivalentes à celles de Tare électrique.
- Pour réduire un composé métallique, par exemple un oxyde, on peut le mélanger intimement avec un métal pur ayant pour l’oxygène plus d’affinité que le métal combiné, et provoquer la combinaison du métal libre avec l’oxygène de l’oxyde en portant le mélange à une.température déterminée. Le métal que Ton veut extraire est mis en liberté, et il semble qu’on ait là un excellent procédé métallurgique permettant d’extraire certains métaux sans le secours du charbon. Malheureusement la réaction se produit brusquement et avec une extrême violence, les corps mis en présence sont projetés dans tous les sens, ce qui constitue une perte et un danger; les récipients, enveloppes, creusets, etc., sont rapidement mis hors de service. M. le I)r Hans Goldschmidt, d’Essen-sur-Rhur, est parvenu a éliminer ces inconvénients en se contentant d’amorcer la réaction en un point seulement de la masse à traiter.
- La chaleur que dégage cette réaction même suffit pour qu’elle se propage de proche en proche dans toute la masse et sans autre apport de chaleur. La température ainsi atteinte par la masse dépend de la nature des corps mis en présence ; avec certains corps, elle peut être de Tordre de celles qu’on obtient avec Tare électrique, c’est-à-dire excessivement élevée. On obtient donc ainsi deux effets par la réaction : 1° une réduction d’oxvde qui peut être utilisée pour la préparation des métaux et alliages purs, exempts de carbone, etc.; 2° un grand dégagement de chaleur qui peut être utilisée dans certaines applications concurremment avec la réduction de l’oxyde, ou, au contraire, d’une façon tout à fait indépendante, par
- exemple, comme moyen de chauffage local pour souder ensemble deux pièces de même métal. On voit donc que Ton peut baser sur cette réaction tout un ensemble de procédés; c’est à cette méthode que M. Hans Goldschmidt donne le nom d’« Alumino-thermic ». Le mot a été choisi parce que l’aluminium parait convenir le mieux en général comme métal réducteur en raison de son prix et de sa grande chaleur de combustion. On obtiendra ainsi, avec différents oxydes et mélanges d’oxydes, des températures que Ton pourra graduer à volonté, en tenant compte de l’opération à effectuer. Pour des basses températures, on pourra se servir des sulfures, dont la chaleur de combustion est moindre.
- Yoici en quelques lignes les deux genres d’opérations qui caractérisent Talumino-thermie : 1° Prépara lion des métaux réfractaires. Le mélange d’oxyde que Ton veut réduire et d’aluminium convenablement réduit en poudre, ou en petits grains, est introduit dans un creuset garni intérieurement d’un enduit réfractaire, et armé, à l’extérieur, d’une sorte de grillage pour éviter la rupture du creuset ; pour amorcer, on place une cartouche de bioxyde de baryum et aluminium, que Ton enflamme par l’intermédiaire d’un fil de magnésium ou d’une alumette-tison. La réaction commence aussitôt ; malgré la chaleur dégagée, elle se poursuit très tranquillement, et, si les matières premières sont bien sèches, il n’v a pas de projection en dehors du creuset. Le métal pur s’accumule au fond, l’alumine résultant de la combinaison de l’aluminium avec l’oxygène reste au-dessus. Cette alumine fondue donne un corps présentant toutes les propriétés du corindon et notamment la dureté. On peut en fabriquer des meules à aiguiser; lorsqu’il provient de la préparation du chrome, on y remarque de petites cavernes renfermant du corindon teinté de rouge, c’est-à-dire des rubis, très petits d’ailleurs. 2° Aluminothermie proprement dite.. Nous donnerons simplement, à titre d’exemple, la description des opérations à effectuer pour souder deux tubes en fer. On commence par bien nettoyer les parties à réunir, à la lime, par exemple ; on joint les deux tubes en les assujettissant dans des pinces réunies par des tirants à vis, qui permettent de forcer le serrage au moment voulu. On entoure la partie à souder d’un moule en tôle qui épouse la forme du tube, en laissant un certain jeu pour recevoir la matière en fusion. Puis on met dans un creuset une petite quantité de thermite.
- La thermite est un mélange breveté par M. Goldschmidt qui contient de l’aluminium et de l’oxyde de fer. On provoque la réaction au moyen de la cartouche d’allumage mentionnée plus haut ou par quelque autre moyen analogue. On ajoute ensuite progressivement la thermite jusqu’à ce que la fusion soit complète. A ce moment, on verse le contenu du creuset dans le moule. Le corindon qui surnage coule le premier, rencontrant les parois froides du moule, il les recouvre d’une couche épaisse de 2 à 3 millimètres, ce qui permet d'opérer la coulée sans provoquer une fusion générale. Le fer de la thermite s’amasse en lingots à la partie inférieure. Quand la température atteint son maximum, on force sur les vis de serrage et l’union se fait intime entre les deux parties du tube. On enlève le nqoule peu de temps après et on détache la gangue; l’opération est terminée. 11 est bon, avant de la commencer, de tasser autour du moule du sable maintenu en place par une boite extérieure distante du moule de 20 à 50 millimètres. La nouvelle méthode paraît susceptible de prendre certains développements. Z.
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- LA NAT LUE.
- LES MÉGALITHES DES DUNES COMME REPÈRES DE CHRONOLOGIE PRÉHISTORIQUE
- Au mois d’août 1901, au cours d’une mission archéologique dans la Vendée Maritime, nous avons eu la bonne fortune de retrouver, avec notre collaborateur G. Lacouloumère, un menhir renversé, signalé en 1864 par l'abbé F. Baudry, et situé dans l’important massif de dunes, sur lequel s’élève aujourd’hui la forêt de pins d’Ü-lonne, près les Sables d’ülonne (Vendée).
- Nous avons exploré attentivement les environs et redressé ce mégalithe, le remettant exactement à la place qu’il devait occuper jadis sur le sol, faisant autrefois partie de l’ancienne île Yertime, grand îlot du rivage vendéen à l’époque romaine. 11 ne faudrait pas croire que le relèvement d’un bloc de pierre, de la dimension de ce menhir (il a om,45 de longueur et ne pèse ([ue 5000 kilogrammes ) qui est en somme de petit volume, soit chose aisée, malgré les crics dont on dispose aujourd’hui pour ce genre de travail. Et, en réalité, on n’arrive, pratiquement, à un résultat qu’en re'courant aux anciens procédés, à ceux qu’ont dû jadis employer les hommes préhistoriques.
- En effet, dans ce cas, nous n’avons pu réussir à remuer cette masse qu’en utilisant le plan incliné en terre, qui nous a permis de la conduire jusque sur le bord du trou préparé à l’avance. C’est en vain que nous nous sommes servis de palans, pour redresser le sommet; le mieux, une fois la pierre bien en place dans le lit qui lui a été fait, c’est d’agir sur sa base même à l’aide d’un calage soigné, exécuté avec des cailloux et de la terre bien tassée. Par ce petit moven (le terme « truc » serait tout à fait de mise en l’espèce), on arrive facilement, et sans le moindre danger pour les ouvriers, à rendre verticaux les blocs les plus lourds.
- Ici, la nature mégalithique du monument est certaine. En effet, il a été trouvé tombé, mais parfaitement orienté, comme cela est habituel pour les menhirs de la contrée. De plus, en fouillant aux alentours, nous avons trouvé un débris d’une grosse hache polie en amphibolite, roche qui affleure à
- quelques kilomètres de là dans les terrains primitifs.
- Ce qui donne à cette restauration, exécutée dans un domaine de l’État, un intérêt de premier ordre, c’est l’étude que nous avons faite avec soin de la « situation réelle du menhir par rapport au terrain » sur lequel il repose.
- La pierre était, en effet, placée directement sur le « calcaire del’infra-lias » ; et elle était enfouie sous environ « un mètre de sable » de la dune (le dépôt de sables n’est pas plus épais d’ordinaire dans les conches de la forêt), au fond d’une dépression marécageuse, dite « la Conche Verte », située entre deux dunes très élevées et plantées de sapins. Par suite, il est démontré que le mégalithe, formé d’un bloc de « micaschiste » avec veine de pegmatite, provenant d’un gisement voisin, a été apporté en ce point, et érigé, « avant la formation des dunes actuelles » de la Forêt d’ülonne. Comme ces dunes n’existaient pas, au dire des archéologues locaux, à l’époque gallo-romaine, cette constatation précise démontre que les « menhirs sont bien, quoiqu’on en ait prétendu autrefois, des monuments préhistoriques », et fixe un point important de chronologie pour la période néolithique à laquelle on les dit correspondre.
- Si l’on admettait, contre toute vraisemblance, que ces dunes sont plus vieilles qui; l’invasion romaine, il résulterait simplement de cette hypothèse
- Fig. 1. — Menhir Je la forêt d'Olonne redressé en 1901.
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- LA A A TL H K.
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- (les observations ne la justifient d’ailleurs pas dans cet le région) «pie les mégalithes sont d’une origine encore plus ancienne. De plus, en août 11)02, nous avons mis à découvert à liiez, autre point de la Vendée maritime qui était encore une île en 1622, lors de la campagne de Louis XIII contre Soubise en Poitou,
- un autre menhir enioui sous les sables. Cette fois, il s’agit d’un menhir en « grès tertiaire », caché sous une dune de formation « bien plus ancienne », car elle ne se trouve [dus aujourd’hui, comme celle de la forêt d’( donne, au voisinage immédiat de la mer, mais en est séparée par un marais, qui était un bras
- Fig. 2. — Menhir de la Forêt d’Olonne, caché sous les sables, après dégagement.
- de mer encore au début du moyen âge. Certes, certains préhistoriciens pourront discuter sur la nature exacte de cette pierre, que nous n’avons pas encore pu dégager complètement ni relever, et prétendre qu’il ne s’agit pas là d'un mégalithe vrai, mais bien d’un simple bloc de grès, dernier vestige d’un dépôt ancien enlevé par les eaux.
- Pour nous, cependant, en raison de conditions locales sur lesquelles nous ne pouvons insister ici, et de l’existence de légendes caractéristiques relatives au lieu considéré, le doute ne nous paraît pas permis. Des recherches précises seront d’ailleurs faites sous peu aux environs ; et elles permettront certainement de convaincre les géologues qui ne voudraient pas voir là un monument érigé de main d’homme, mais un vulgaire lusus naturæ.
- Celte seconde découverte confirme la précédente et démontre la [dus grande ancienneté de ce menhir tombé, qui, caché sous les sables tins quartenaires, repose directement sur les sables rouges à « grès
- cénomaniens » remontant à l’époque secondaire, c’est-à-dire sur l’ancien sol du pays avant la formation de ces premières dunes de Vendée. 11 y a donc
- lieu, désormais, pour contrôler la remarque de chronologie préhistorique que nous venons de faire, d’étudier avec soin la situation sur le sol français de tous les mégalithes qui se trouvent sur nos côtes au milieu des dunes, car jusqu’à présent aucun mémoire ne semble avoir été consacré à cette question importante et inattendue.
- On a bien trouvé déjà, entre autres en Vendée (dolmen de l'Herbaudière à Noirmoutier, Piet, 1865) et en Charente-Inférieure (Cromlech de Saint Trojan, au château, île d’Oléron, Pineau, 1885), des mégalithes « sous les sables » des dunes ; mais on ne les a pas étudiés spécialement comme points de repère de chronologie préhistorique. Cette étude est toute entière à faire ; et nous n’avons fait que la commencer en Vendée. Marcel IIaddouln .
- Fig. 5. — Menhir de liiez encore caché sous les sables. Sommet seul visible.
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- LA NATURE.
- LES MINES D’OR DE L’ANTIQUE ÉGYPTE
- Quand on lisait autrefois dans Homère des descriptions de palais aux murs revêtus d’or et d’airain, encombrés de bijoux et de vaisselle d’or, reluisants de métal en tous sens, on se contentait de sourire, en admirant l’imagination du poète plus que sa véracité. Le jour où les intéressantes découvertes de Scbliemann eurent fait sortir de terre à Mv-cènes les amas d’objets en or que l’on peut voir aujourd’hui au musée d’Athènes, il fallut bien croire aux récits d’Homère ; mais alors une autre question se posa : d’où les Mycéniens pouvaient-ils tirer cet or en telle abondance? La réponse à celte question parait être aujourd’hui que leur or, comme celui qui ornait le temple de Salomon à Jérusalem, comme celui qui a fourni les admirables bijoux retrouvés dans ces dernières années en Egypte, venait, en grande partie, des mines égyptiennes situées au voisinage de la mer Rouge, à peu près à la hauteur de Syènc, ou de celles qui existaient, plus au sud du même pays, vers le Soudan.
- Il s’est passé, pour ces mines d’or, ce qui est arrivé pour toutes les autres mines d’or antiques, celles du Pactole, celles du mont Pangée, celles des Alpes, celles de la Gaule ; exploitées avec l’activité toute spéciale que provoque la présence de l’or, elles ont été conduites jusqu’à la dernière limite d’exploitabilité, avec les moyens dont les anciens disposaient; après quoi on les a abandonnées et oubliées; on a laissé se perdre les chemins qui y conduisaient et il a fallu les redécouvrir récemment pour être bien sur de leur existence.
- L’histoire et la description de ces mines présentent quelques points curieux1. Les textes et les documents, qui nous les font connaître, sont assez nombreux et il en résulte une intéressante contribution à l’étude des procédés d’extraction antiques. Ainsi, dès le siècle qui précéda l’Exode, nous voyons, par des lettres découvertes il y a quelques années à Tel-el-Amama, que l’Asie tirait son or de l’Egypte. Les missives que le Pharaon reçoit de ses employés en Asie lui demandent de l’or, « qui est en Egypte aussi abondant que le sable du désert ». C’est en Egypte que le souverain de Babylone envoie chercher l’or nécessaire à la construction des temples. Le roi d’Assyrie, écrivant au Pharaon, lui rappelle que son père, et même le roi de la lointaine Cappadoce ont reçu jadis 20 talents d’or de la bonté du souverain égyptien, qui lui-même en a obtenu autant.
- Deux siècles plus tard, au moment où l’empire égyptien s’effondra, envahi par les barbares du Nord, l’extraction d’or était encore considérable. Le grand Papyrus de Harris contient une indication sur les offrandes et cadeaux de Ramsès 111 (20e dynastie) aux temples égyptiens, et le total en est extraordinaire. Plus tard, sous les Ptolémées, on dut encore tirer beaucoup d’or de ces mines. Car le revenu annuel qu’en obtenait Ptolémée II, montait à 14 800 talents, ou près de 100 millions de. francs et, suivant Strabon, sous Ptolémée Àulète, alors que l’Egypte était complètement en décadence, ce revenu s’élevait encore à 12 500 talents, soit 75 à 80 millions.
- Ces mines anciennes devaient se trouver dansla région, complètement déserte et désolée maintenant, qui sépare la mer Rouge des contrées ultra-civilisées qu’arrose le Nil et où la civilisation se manifeste notamment par une profusion de caravanes Cook. 11 y a là une chaîne de montagnes, généralement assez basses (5 à 700 mètres
- 1 Yov. pour plus de détails : L. De Launay. Les richesses minérales de l'Afrique. 1 vol. in-8°. Chez Déranger. 1902.
- d’altitude), mais atteignant par endroits 2500 mètres, qui, sur une longueur totale de 1200 kilomètres, présente une largeur tariable de 45 à 150. Elle commence à peu près à la hauteur de l’extrémité sud du Sinai (en face la région de l’Horeb où les Egyptiens exploitaient de grandes mines de turquoises et de cuivre, qui ont fourni toutes les turquoises et les émaux bleus de cuivre, associés à l’or dans les bijoux des antiques nécropoles). Elle se continue par Um-Rus et Djebel Saffaga, où existaient des mines d’or et de plomb argentifère, puis vers le port de Koseir, à l’ouest duquel on signale un district à phosphates et, plus loin, vers le Djebel Sahara, où se trouvent les mines d’émeraudes qui ont alimenté en émeraudes tout le commerce du monde ancien et fourni en particulier la fameuse pierre dont Néron, suivant Pline, se servait comme d’un monocle pour regarder les jeux du cirque. Elle se poursuit encore vers le Bisharin, ou l’Etbaye, qui renfermait, à la hauteur de Syène, de beaux gisements d’or près du port de Bérénice, sur la mer Rouge; enfin, elle va rejoindre la région Abyssinienne, où se trouvent également de grandes richesses minières, notamment des alluvions aurifères (Fazogl, Nedjo, etc.). En même temps que des métaux, cette chaîne montagneuse contient des pierres de diverses sortes, qui ont été largement exploitées par les Egyptiens : syénites de la région d’Assuan, marbre blanc, albâtre, etc. Les mines d’or les plus anciennes, celles de la douzième dynastie, ont dù se trouver du coté de la route de Keneh à Kosscir, sans doute près d’Um-Rus (560 kilomètres au sud de Suez), où une société anglaise a exploré en 1901 des filons de quartz pyriteux et aurifère, en relation probable avec des granulites.
- Sous la dix-neuvième dynastie, de nouvelles mines furent ouvertes beaucoup plus au sud du désert. Nous entendons alors parler pour la première fois des mines de Ouady-Abbas, près de Rédisiya (Redisieli) et d’Akita. Un précieux papyrus de Turin contient le plan des exploitations d’Akita (marquées en rouge, dit la légende connexe) avec les demeures des laveurs d’or, les digues des réservoirs, destinés à l’alimentation d’eau, les chemins abandonnés qui conduisaient à la mer, l’emplacement de la pierre commémorative de Seti 1er, etc. Ces mines d’Akita paraissent, d’après ce papyrus, avoir été ouvertes par Seti Ier, qui les relia au Nil par une route aboutissant à peu près au point où se trouve aujourd’hui Ifakka (Dakkeh) entre la première et la seconde cataracte et c’est par cette route que l’on amenait les captifs, condamnés au dur travail des mines. D’après une inscription, il voulait creuser des sources dans le désert pour trouver de l’eau, mais y renonça après être descendu à 70 mètres (120 cubit). Plus tard, son fils Ramsès II, ayant approfondi la fouille de 4 mètres, rencontra une source abondante. Une forteresse égyptienne, construite près de Dakkeh, à Kouban, commandait l'accès de l’Ouady Olaki, qui menait droit à ces mines d’or de l’Etbaye, situées dans les nombreux Ouady, ou lits de rivières desséchées, qui sillonnent ce massif montagneux : l’Ouady Shaouanib, l’Ouady Oumm-Teyour, le Djebel Iswoud, le Djebel Oumm-Kabsitc. L’exploitation, commencée depuis un temps immémorial par les Ouaouaiou, portait, d’après les descriptions antiques, non sur des alluvions, mais sur des fdons quartzeux à or libre. Les mines de Ouady-Olaki, ou Alagi, furent exploitées sous les Ptolémées et un auteur grec Agatharcides de Cnidc, qui écrivait environ 170 à 180 ans av. J.-C., nous apprend comment on broyait le quartz pour en extraire l’or. H les place près du mont Altahi, non loin de l’ancienne Bérénicc-Panchrysos, c’est-à-dire par 22° N.
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- Elles furent, suivant lui, interrompues par l’invasion des Ethiopiens vers le huitième siècle avant J.-G. ; et l’extension de leurs galeries était si grande qu’elles devaient aboutir à la mer. Suivant d’autres écrivains, les mêmes mines se trouvaient à environ 17 ou 18 jours de marche sud-est de Dorow, un village un peu enavaldeKom Ombo. Les mines de l’Ouady ou du Djehel Olaki ont été longtemps exploitées par les Arabes et ont été abandonnées, parait-il, parce qu’elles ne couvraient plus les frais. Mais, dans l’ensemble, toutes les mines égyptiennes furent surtout délaissées le jour où le gouvernement égyptien n’eut plus la force d’entretenir les routes, les sources, les retenues d’eau dans la montagne, indispensables dans ce pays desséché.
- Sur l’exploitation même des mines antiques d’Etbaye, nous possédons, outre le texte, déjà mentionné plus haut, d’Agatharcides, un intéressant passage de lliodore de Sicile, qui montre l’emploi du sluice et de la coupellation :
- « A l’extrémité de l’Egypte, entre les contins de l’Arabie et de l’Ethiopie, se trouve un endroit riche en mines d’or. C’est un minerai noir, marqué de veines blanches et de taches resplendissantes. Ceux qui dirigent les travaux de ces mines emploient un très grand nombre d’ouvriers, qui tous sont, ou des criminels condamnés, ou des prisonniers de guerre et même des hommes poursuivis pour de fausses accusations et incarcérés par animosité : les rois d’Egypte forcent tous ces malheureux, et quelquefois même tous leurs parents, à travailler dans les mines d’or. La roche qui renferme l’or étant très compacte, on la rend cassante à l’aide d’un grand feu: puis on la brise avec des outils de fer, qui servent à tailler les pierres. Celui qui reconnaît la veine d’or se place à la tète des ouvriers et leur désigne l’endroit à fouiller. Les plus robustes des malheureux condamnés sont occupés à briser le silex avec des coins de fer; les galeries, qu’ils pratiquent de cette façon, ne sont pas droites, mais vont dans la direction du tilon métallique ; les travailleurs portent des flambeaux attachés au front. Des enfants pénètrent par les galeries souterraines, ramassent péniblement les fragments détachés et les portent au dehors, à l’entrée de la galerie. D’autres ouvriers, âgés de plus de trente ans, prennent une certaine mesure de ces fragments et les broient dans des mortiers de pierre avec des pilons de fer, de manière à les réduire à la grosseur d’une lentille. Le minerai ainsi pilé est pris par des femmes et des vieillards, qui le mettent dans une rangée de meules et, se plaçant deux ou trois à chaque manivelle, ils réduisent par la mouture chaque mesure de minerai pilé en une poudre aussi fine que la farine. Tous ces malheureux sont entièrement nus. Enfin les mineurs ramassent le minerai ainsi moulu ; ils l’étendent d’abord sur des planches larges et un peu inclinées ; puis ils y font arriver un courant d’eau, qui entraîne les matières terreuses, tandis que l’or, plus pesant, reste1.
- Comme complément à cette description, un certain nombre de découvertes ont déjà été faites dans les explorations de quelques-unes de ces mines antiques. Généralement ces mines sont signalées par des ruines de maisons, parfois groupées seulement par deux ou trois le long d’un torrent desséché ; ailleurs, au contraire, réunies de manière à pouvoir loger un millier d’hommes. En certains cas, comme à Fa tira, on a trouvé de longues murailles en pierres parallèles, entre lesquelles on a supposé que devaient se mouvoir les prisonniers et des tours de guet. Les galeries sont
- 1 On peut comparer la description des antiques exploitations du Lauriuin en Grèce, que j’ai donnée autrefois, en 1890, dans les Annales des llines.
- toujours des descenderies suivant la pente du filon ; nulle part on n’a essayé de forer un travers-bancs, quoique le terrain s’y prêtât. Des restes de meules ont été également découverts. Une question, qui présentait une importance capitale, autrefois comme aujourd’hui, était celle de l’approvisionnement en eau. On avait fait, à cet égard, de
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- Désert de Déwbio.
- grands efforts pour recueillir les moindres pluies par des citernes cimentées, réservoirs, etc., pour aller chercher les moindres filets d’eau souterrains par des puits, que le sable a comblés. 11 est d’ailleurs vraisemblable que les recherches qui se continuent achèveront d’éclaircir divers points encore obscurs relativement à ces anciennes mines dont le rôle historique parait avoir été si important.
- L. De Launay.
- HISTOIRE DES JOUETS
- Chacun se rappelle encore aujourd’hui le grand succès des musées centenaux lors de l’Exposition universelle de 1900. La section des jouets anciens est une de celles qui,.dans le public, a excité le plus de curiosité. Les envois des collectionneurs, MM. d’Allemagne, S. Ilervillé, François Carnot, Victor Gay, Mme M. Paulme, etc., ont fait la joie des enfants et celle des parents qui allaient souvent voir ces jouets si bien conservés et si jolis des siècles passés.
- M. Henri d’Allemagne vient de consacrer à ce souvenir toujours vivant de l’Exposition de 1900 un beau volume, ïhistoire des jouets*. On passera de
- 1 L’Histoire des jouets, par IIemu-Rknk d’Allemagsil (gr. in-4°), ‘200 ilhislralions dans le texte, 100 gravures hors texte dont 50 coloriées. Librairie Hachette el Cie, 79, boulevard Saint-Germain.
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- L A A AI U H K.
- Ai
- bien bons moments en feuilletant l’œuvre charmante de M. d’Allemagne à laquelle nous sommes heureux de faire quelques emprunts.
- Voici entre autres deux reproductions montrant un fabricant de poupées au moyen âge (fig. 2 et 5) faites d’après le llortus sa-nitatis. Plus haut (fig. 1), c’est un curieux cavalier de plomb du treizième siècle, de la collection Meyers. Ce cavalier moyen âge est une pièce presque unique, comme jouet du temps de saint Louis. 11 représente un chevalier bardé de fer, courant à bride abattue pour mériter sans doute le prix du tournoi. Ces sortes de jouets se vendaient surtout dans les lieux de pèlerinage où les fabricants, ayant pour les parents des représentations d’objets de sainteté, ne manquaient pas de mettre aussi sous les yeux des enfants des futilités diverses capables de les tenter. Un autre cavalier, traité en
- Fu. 1.
- soldat de plomb, n’est pas moins curieux. Celui-ci date du quatorzième siècle (collection Victor Gay) (fig. 4). On remarque sa riche armure et sa tète protégée par un casque conique. Le harnachement du cheval est exécuté avec* un grand soin ainsi que la
- base du jouet, formant un ornement quadrilobé sur lequel repose l'animal. Ces anciens échantillons de jouets militaires sont rares et il faut arriver jusqu’au dix-septième siècle, nous dit M. d’Allemagne, pour trouver des mentions détaillées sur la manière dont étaient établies les petites armées servant à l’amusement des princes. Dans les Mémoires d’iléroard, on apprend que Louis XIII enfant reçut une quantité de jouets charmants. L’énumération en est donnée. Le prince royal avait entre autres des jouets à automates qui se faisaient alors spécialement à
- Cavalier eu plomb (lu treizième siècle.
- Nuremberg. La gravure (fit
- représente l'un
- Fig. 2 et 5. — Fabricants de poupées au moyeu âge.
- d’eux, ce sont : Les petits forgerons automatiques, dont on voit aisément le mécanisme. C’est la reproduction d’une figure provenant d’une encyclopédie allemande publiée à Nuremberg en l’an 1555.
- Louis Xllï reçut aussi des jouets en argent qu’on peut considérer comme les premiers modèles des soldats de plomb actuels.
- Le plus remarquable jouet de ce genre fut donné
- à Louis XIV âgé de 12 ans. On lui offrit, vers l’an 1650, une véritable armée en miniature avec son infanterie, sa cavalerie et ses armes de guerre dont les modèles furent faits par un sculpteur de Nancy, Georges Chassel. L’exécution lut confiée à un orfèvre N. Merlin. Ce jouet, d’une perfection remarquable, coûta la somme de cinquante mille écus.
- Ces jouets en argent ne pouvaient être exécutés
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- LA NATüUE.
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- que pourdcs princes, on en lit de [dus modestes. Nous de carte, d'après une image populaire du début du remarquons (fig. G) notamment une rangée de soldats règne de Louis XV. Ce sont des officiers des Cardesfran-
- Fig. I. — Cavalier du moyen âge traité en soldat de plomb. (Quatorzième siècle.)
- Fig. 5. — Les petits forgerons automatiques. (Seizième siècle.)
- Fig. 7. — Une charge de cavalerie. (D’après Papillon, au dix-huitième siècle.)
- çaises figurant dans la collection deM. François Carnot. Voici un autre spécimen de jouets (fîg. 7) dont
- le mérite artistique est au moins égal à celui dont nous avons parlé plus haut, qui fut établi par le
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- LA NATURE.
- sculpteur de Nancy, pour Louis XIV. Henry Gessey l'exécuta, sur commande, pour le Dauphin de France en 1670. Louis XV eut donc aussi sa petite armée complète vers luge de huit ans, comme Louis XIV. Ce jouet lut commandé par Colhert qui pria son frère, Charles Colhert, alors intendant d’Alsace, de faire exécuter par les plus célèbres fabricants d’Augsbourg et de Nuremberg une petite armée pour divertir Monseigneur le Dauphin de France.
- Que d’emprunts intéressants nous aurions encore à faire à l’Histoire des jouets depuis les hochets antiques et du moyen âge, les simples amusements du seizième et du dix-huitième siècle, etc., jusqu’aux jouets plus compliqués, ombres chinoises, fantasmagorie du siècle dernier, entin les jouets aimantés et électriques de nos jours. M. d’Allemagne n’a rien oublié : dates, faits historiques, etc. Puisque nous ne pouvons multiplier les citations, le mieux est de renvoyer les curieux aux sources mêmes, c’est-à-dire à 1’ « Histoire des jouets » de M. d’Allemagne. Ar.BERT Tissaxmer.
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- NÉCROLOGIE
- M. Alexandre Bertrand. — L’Institut a été durement frappé la semaine dernière. Après MM. Dehérain et Ilautefcuiüe a succombé M. Alexandre Bertrand, l’éminent archéologue de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, conservateur du Musée de Saint-Germain. Il était âgé de 82 ans. 11 était le frère aîné de M. Joseph Bertrand, l’éminent secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences qui l’a précédé dans la tombe de quelques années. Alexandre Bertrand, après être sorti de l’École Normale en 1840, avait été membre de l’École française d’Athènes et s’était fait recevoir docteur ès lettres. Quand Napoléon JH fonda en 1807 le Musée de Saint-Germain, il en confia la direction à Alexandre Bertrand. On doit à ce savant des travaux considérables d’archéologie ayant pour objet surtout les antiquités gauloises et gallo-romaines. Tous ceux qui ont eu le bonheur d’approcher de près M. Alexandre Bertrand se rappelleront toujours sa bienveillance, son extrême érudition et son commerce agréable. La dynastie des Bertrand très éprouvée est encore représentée aujourd’hui à l’Académie des sciences par M. Marcel Bertrand, ingénieur en chef des mines, profes-seur à l’Ecole des Mines, fds du mathématicien et le neveu par conséquent de l’archéologue qui vient de mourir.
- CHRONIQUE
- Les prix Nobel en 1002. — La distribution solennelle des quatre grands prix Nobel pour l’année 1902 a eu lieu le 10 décembre à Stockholm. Chacun de ces prix consiste, comme l’on sait, en une somme de 200000 francs, accompagnée d’une médaille d’or. Le I)r Fischer, professeur à l’Lniversité de Berlin, a obtenu le prix de chimie (( pour le mérite extraordinaire dont il a fait preuve par ses travaux de synthèse dans les groupes du sucre et de la purine » ; le I)r Romald Ross, de l’École de médecine tropicale de Liverpool, a reçu le prix de médecine pour ses divers travaux éclairant l’étiologie de
- la malaria. Le prix de physique a été décerné an professeur Hendrik Anton Lorentz, de Leyde, et au professeur Pieter Zeeman, d’Amsterdam, pour leurs travaux initiateurs sur les rapports intimes qui unissent les phénomènes optiques et les phénomènes électro-magnétiques. On sait que par ses expériences M. Zeeman a apporté le plus solide appui à la théorie électro-magnétique de la lumière; en considération de la grande part que le professeur Lorentz a eue dans cette découverte par sa théorie géniale des électrons, le prix de physique a été partagé entre lui et le professeur Zeeman. Entin le prix de littérature a été remis à l’historien allemand Theodor Mommsen, qui a été proposé par dix-huit membres de l’Académie royale des sciences de Prusse. Le savant historien, âgé de plus de soixante-dix ans, est l’auteur de 1)20 écrits. Ses œuvres principales sont le Corpus inscriptionum lalinarumet surtout son Histoire romaine, œuvre d’érudition qui a été traduite en presque toutes les langues. D’autre part, le prix de la paix a été décerné par le comité Nobel du Storthing à Christiania et partagé entre Elie Ducommun, secrétaire honoraire du bureau international de la paix, et le Dr Albert Gobât, secrétaire du bureau interparlementaire de la paix, tous les deux résidant à Berne. La France, qui avait obtenu l’année dernière deux des prix Nobel, est moins bien partagée cette année. Il est vrai que dans son rapport pour le prix de médecine, le directeur de l’Institut de médecine et de chirurgie a rendu un éclatant hommage au savant français qui a frayé la voie au l)r Roos, le lauréat de cette année. Si les statuts de la Fondation Nobel avaient permis de récompenser une découverte faite il y a plusieurs années, il est évident que le I)r Laveran aurait reçu le prix pour la découverte de l’hématozoaire du paludisme.
- Bulletins officiels de 1» Martinique. — On sait que M. Lacroix, professeur au Muséum, a été envoyé en mission à la Martinique, pour étudier le volcan de la Montagne l'elée. M. Lacroix a établi des postes de surveillance tout autour du volcan et il fait publier de temps en temps, dans le Journal officiel de l’Ile, des bulletins sur l’état de la Montagne l’elée ; à titre documentaire, nous ne croyons pas superflu de reproduire quelques-uns de ces bulletins.
- Du 20 au 27 octobre. — Dans la journée de dimanche, quelques poussées de vapeurs blanches; à trois heures et demie, un nuage renfermant un peu de cendres est descendu dans la haute vallée de la Rivière-Blanche, puis s’est dirigé vers le Prêcheur. La montagne a été couverte toute la nuit et donne ce matin un panache de vapeurs. Le volcan reste dans un état d’activité modérée.
- Du 8 au 10 novembre. — Pendant la journée et la nuit du 8 et du 9, la Montagne est restée constamment cachée dans les nuages, toutes observations étant par suite impossibles. Cette nuit, elle s’est découverte pendant quelques instants. Le cène a présenté de vives lueurs. Une ascension du cratère, effectuée dans la matinée de samedi, nous a permis de constater de près le progrès de l’accroissement du cône depuis le 2 octobre et la persistance de son activité malgré la faiblesse des poussées de vapeur. La situation est très calme, mais les phénomènes volcaniques doivent être considérés comme se poursuivant sans interruption.
- Du 15 novembre 1902. —Rien de particulier à signaler, même situation qu’hier. Une note détaillée sur le
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- cône sera publiée dans le prochain numéro du Journal officiel.
- AOronais. — On ne s’entend guère sur les dénominations que l’on applique aux ballons dirigeables et aux appareils du plus lourd que l’air. Peut-être n’est-il pas superflu de rappeler les décisions prises à cet égard par la Commission permanente internationale d’aéronautique (Congrès de 19(10). Un ballon non dirigeable se nomme aérostat, bu ballon qu’on s’eflorce de diriger (ballon-automobile) se nomme aêronat. Un appareil plus lourd que l’air se nomme aéronef ou appareil (Variation. Une aéronef, constituée par une ou plusieurs hélices à axe vertical ou voisin de la verticale, se nomme hélicoptère. On nomma plan de glissement ou plan de sustension, une surface plane ou légèrement concave en dessous, destinée à soutenir une aéronef et à maintenir son équilibre. b ne aéronef, formée par un ou plusieurs plans de sustension et une ou plusieurs hélices à axe horizontal, se nomme aéroplane, b ne aéronef propulsée par deux ou plusieurs ailes se nomme oiseau mécanique. Nous laissons à la Commission la responsabilité de ces diverses dénominations. L’Académie française n’a pas encore passé par là.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 15 décembre 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Gkve.
- La carte de France au cinquante-millième. — M. le général Bassot fait connaître l’état de la question de l’exécution d’une carte de France au 1/50000% l’échelle de la carte topographique actuelle étant trop petite et incommode. A la suite de la démarche faite par la délégation de l’Académie des sciences auprès du ministre de la guerre, le service géographique de l’armée a étudié les moyens d’assurer la réalisation de l’entreprise. Un projet de loi a été préparé, mais le ministre des finances en a demandé l’ajournement pour des raisons budgétaires. Le service géographique a continué le travail avec scs seules ressources. Après avoir divisé la France en feuilles au 1/50000e, il a entrepris les feuilles des environs de Paris en 1902, d’après des feuilles rectifiées de l’édition au 1/80000°. En 1902, il a entrepris le même travail pour les environs de Lyon et de Toul.
- Les gaz de la Montagne Pelée.— M. Moissan présente une étude sur différents gaz recueillis par M. Lacroix et provenant d’une fumerolle située dans la rivière Blanche. Les gaz ont été pris un peu avant la catastrophe du 30 août 1902. La fumerolle dégageait alors des torrents de vapeur d’eau et ses bords étaient recouverts de soufre et de chlorhydrate d’ammoniaque. L’analyse a montré que les gaz en question contenaient au plus 10 pour 100 d’acide carbonique, 15 pour 100 d’oxygène, 15 pour 100 de gaz combustibles, 55 pour 100 d’azote, 0,7 pour 100 d’argon et 1,2 pour 100 d'oxyde de carbone. Les gaz combustibles ne renfermaient pas d’acétylène ni de carbure d’acétylène; ce sont des carbures de formène. Quant à l’argon, on peut affirmer, en raison de sa forte proportion dans le mélange, qu’il ne provient pas de l’air qui s’introduit toujours en quantité plus ou moins grande avec les gaz de la fumerolle. M. A. Gautier fait observer que la nature des produits dégagés est identique avec celle des gaz que dégage le granit chauffé au rouge.
- Érosion éolienne. — On connaît les exemples de roches perforées par des galets que des courants animent d’un mouvement giratoire; le vent, en transportant à grande vitesse le sable du désert et en le projetant ainsi sur des roches calcaires, peut y creuser des trous. Un échantillon de calcaire ainsi perforé est déposé sur le bureau de l’Académie. Nul doute que ce moyen mécanique n’ait joué un grand rôle dans la dissémination des éléments solides de l’écorce terrestre.
- La déminéralisation organique. — M. A Gautier présente une Note de M. Bobin sur les rapports de la déminéralisation organique avec certaines maladies, la phtisie, certaines albumines, les anémies à allures chlorotiques. Dans toutes ces maladies, la déminéralisation est activée. Pour obvier à cet inconvénient, SL Robin donne à ses malades un médicament complexe qu’il appelle thériaque minérale, et sous l’influence de ce médicament la déminéralisation diminue.
- L’arsenic dans la nature. — SL A. Gautier présente ensuite une Note de SI. Garrigou sur la dissémination de l’arsenic dans la nature. Il l’a recherché dans les eaux minérales sulfurées ou chlorurées et l’a toujours trouvé ; il l’a rencontré dans les filons métalliques, dans les eaux potables, dans les végétaux, dans le vin.
- I'ari«. — SL llaton de la Goupillère fait hommage d’un ouvrage en 5 volumes publié par la Revue de mécanique et consacré à la Mécanique à l’Exposition de 1900. —SL de Lapparent présente une Note de M. Fabre, inspecteur des eaux et forêts sur les effets du courant N.-S. qui longe les côtes du département des Landes.
- Ch. de Viu.ehixh..
- P. HMJTEFEEILLE
- Hautefeuille (Paul-Gabriel), né à Étampes, le 2 décembre 4836, décédé le 8 décembre 4902, membre de l’Académie des sciences, ancien maître de conférences de minéralogie à l’École normale supérieure, membre du conseil de perfectionnement de l’École centrale des arts et manufactures, professeur de minéralogie à la Faculté des sciences de l’Université de Paris, officier de la Légion d’honneur.
- Admis en 4855, à 49 ans, à l’Ecole centrale des arts et manufactures, Paul Hautefeuille s’éleva rapidement aux premiers rangs et fut classé, à la sortie, troisième, avec le premier diplôme d’ingénieur chimiste. Dumas, qui présidait le conseil d’administration de l’École centrale, avait pressenti ses aptitudes, il le signala à son élève et ami, II. Sainte-Claire Deville, qui l’accueillit dans son laboratoire de l’École normale supérieure avec cette bienveillance attachante qui a séduit tous ceux qui l’ont connu. Pendant vingt-trois ans, P. Hautefeuille a joui à l’École normale d’une hospitalité dont il n’a jamais cessé d’être reconnaissant et après l’avoir illustrée par ses travaux, il y fut attaché pendant neuf ans en qualité de maître de conférences de minéralogie jusqu’au jour où il fut nommé professeur à la Sorbonne.
- Dès son arrivée au laboratoire. P. Hautefeuille mena de front deux occupations dont l’une le délassa
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- de l’autre, les études médicales et les recherches de laboratoire, et, en 1865, il soutenait brillamment devant la Faculté de médecine une thèse de docteur en médecine, et en Sorbonne, une thèse de docteur ès sciences. C’était l'époque où H. Sainte-Claire De-ville poursuivait avec Debray ses recherches sur le platine, avec M. L. Troost ses études sur les densités de vapeur à hautes températures, et exécutait ses mémorables expériences sur la Dissociation des corps. Dans ce milieu où maîtres et élèves rivalisaient d’ardeur à la poursuite des découvertes, se développèrent avec éclat les qualités maîtresses de P. Hautefeuille, une habileté de main remarquable, une patience à toute épreuve et une perspicacité toujours en éveil qui lui révélait le côté saillant et nouveau des phénomènes.
- Ces qualités, il eut bientôt l’occasion de les utiliser. Debray et Isam-bcrt fixaient les lois d’un certain nombre de phénomènes de dissociation. MM. L. Troost et Hautefeuille en étudièrent d’autres : la dissociation des hydrures des métaux alcalins et du palladium, celle de composés de silicium, la cristallisation du silicium par volatilisation apparente dans une atmosphère contenant du chlorure ou du fluorure de silicium, etc. Élargissant le cercle de leurs études, ils mettaient pour la première fois en évidence F existence d’une tension de transformation des corps polymériques vaporisables, et indiquaient les lois du phénomène dans les cas des transformations du paracyanogène en cyanogène, de l’acide cyanurique en acide cyanique et en c-yamélide, du phosphore rouge en phosphore ordinaire. Ces résultats obtenus il y a une trentaine d’années n’ont rien perdu de leur importance.
- Dès le début P. Hautefeuille avait réussi quelques synthèses minéralogiques telles que la production à l’aide de l’acide titanique amorphe des trois variétés cristallines de cette substance (rutile, brookite, ana-tase) en utilisant l’action du gaz fluorhydriquc. Plus tard il fit connaître une méthode nouvelle de produire des minéraux cristallisés par voie sèche. Il a prouvé par de nombreux exemples que les phosphates, les tungstates, les molybdates, les vanadates, les silicates de potassium, de sodium et de lithium, en un mot des sels fusibles sans décomposition à haute
- température peuvent être assimilés à des dissolvants neutres utilisés aux basses températures. Ce sont des milieux dans lesquels les corps dissous se combinent et donnent des cristaux si l’on fait varier plusieurs fois la température au-dessus et en dessous du point de fusion du minéral dont on fait la synthèse. Parmi les résultats obtenus à l’aide de cette méthode, il faut citer les diverses formes de la silice (quartz, tridymite) les feldspaths (orthose, albite), la pétalite, la leucite, la néphéline, la phénacite, la willémite, le zircon, le béryl et l’émeraude verte. Ces cristaux peuvent être amenés à des dimensions notables (un centimètre pour le zircon, plusieurs millimètres pour l’émeraude verte identique au produit naturel). Il suffit de prolonger le chauffage pendant plusieurs mois entre 600° et 1000° ; dans ce cas, les cristaux les plus petits disparaissent par l’élévation de température et, par un phénomène de sursaturation ordinaire, les cristaux les plus gros s’accroissent pendant le refroidissement aux dépens de la substance dissoute.
- Outre ces travaux de synthèse minéralogique, il convient de signaler des recherches que P. Hautefeuille entreprit avec le concours de jeunes savants distingués, ses élèves : la découverte des phosphates de silice avec M. Mar-gottet; celle de la coloration bleue de l’ozone rappelant le bleu du ciel, sa liquéfaction, son spectre d’absorption et la production de l’acide perazotique, en collaboration avec M. J. Chappuis; avec le concours assidu de M. Perrey, la démonstration du rochage de l’or et de l’argent dans la vapeur de phosphore, la découverte des trois variétés (amorphe, cristallisée et vitreuse) de l’anhydride phosphorique obtenu par la combustion du phosphore dans un excès d’oxygène ; enfin, avec L. Péan de Saint-Gilles, la synthèse du mica biotite.
- Tels sont les résultats les plus saillants des travaux de P. Hautefeuille, ils assurent à sa mémoire une place éminente parmi les savants contemporains. Ü. Cernez,
- Directeur du laboratoire des Hautes Études et Maître de Conférences à l’École normale.
- Le (héraut : P. Masson. Paris. — Imprimerie Laiiuise, rue de Fleurus, 9.
- 1‘. Hautefeuille, Membre de l’Institut.
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- N» 154 4. - 2 7 DÉCEMBRE 1902.
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- CHEMINS DE FER « MONO-RAILS »
- L’année dernière un projet a été soumis au Parlement britannique pour l’installation d’un chemin de fer mono-rail entre Liverpool et Manchester. Les trains devaient circuler à la jolie vitesse de 175 kilomètres à l’heure et la voie devait être construite d’après le système Lartigue, c’est-à-dire à rail unique central. Ce système offre l’avantage de rendre presque impossible tous déraillements, même à des vitesses très élevées puisque le rail unique passe, pour ainsi dire, par le centre des wagons et que ceux-ci l’encadrent un peu dans le genre d’un anneau
- qui glisserait le long d’un fil. Le projet fut rejeté à cause de certains détails de construction, mais il est de nouveau à l’étude et il est probable que, d’ici peu, le chemin de fer en question sera établi, et permettra de franchir en vingt minutes les cinquante kilomètres qui séparent les deux villes.
- Cette question donne un intérêt d’actualité à un petit chemin de fer établi sur la côte ouest de l’Irlande et qui a été inauguré en 1887. La ligne, qui est à rail unique central, a été construite par la « Lartigue Railway construction Cy » et a un développement de quinze kilomètres. Elle établit des communications entre l’importante ville de Listowel et la charmante localité de Ballybunnion, au bord de la
- Chemin de fer mono-rail de Ballybunnion à Listowell (Angleterre).
- mer. A vrai dire, le mot mono-rail s’applique assez mal à ce genre de chemin de fer car, s’il est exact que les trains sont supportés par un rail unique, il faut ajouter que deux autres rails sont nécessaires pour leur équilibre; seulement, ces deux autres rails ne sont guère que des guides destinés à maintenir les convois verticaux et à contre-balancer les différences de poids qui pourraient exister entre les deux côtés des voitures.
- Le rail central, pesant 15 kilogrammes par mètre courant, est fixé au sommet de supports en forme d’A situés à un mètre de distance les uns des autres et qui prennent leur point d’appui sur des traverses horizontales.
- Les deux rails secondaires sont fixés également sur ces supports parallèlement au rail principal et à 31e année. — 1er semestre.
- 0m,75 en dessous de son niveau. Avec une pareille voie, les aiguillages ne seraient pas possibles, aussi, pour les embranchements, a-t-on recours à des sections mobiles de la voie qui peuvent pivoter autour d’un axe vertical, comme des plaques tournantes ordinaires et relier à volonté telles ou telles lignes entre elles.
- Le matériel roulant offre évidemment des dispositions toutes spéciales.
- D’abord les locomotives. Celles-ci sont composées de deux machines semblables fixées à côté l’une de l’autre; chacune a sa chaudière, sa cheminée, son foyer distincts. Mais les deux chaudières communiquent entre elles afin d’égaliser les pressions et les niveaux de l’eau. Ces machines jumelles sont supportées par trois roues de 0m,75 de diamètre
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- qui prennent point d’appui sur le rail central et dont l’une, celle du milieu, est motrice. Quatre autres roues de 0m,25 de diamètre sont fixées sur les côtés et s’appuient sur les deux rails inférieurs ; ce sont ces roues à axes verticaux qui sont destinées h maintenir l’équilibre. Elles n’ont aucun rôle dans la propulsion et leur friction sur la voie est très faible.
- Le double tender de ces locomotives peut contenir environ une demi-tonne de charbon et un mètre cube d’eau ; il est supporté également par trois roues centrales de 0m,75 et est maintenu en équilibre par des galets, comme le sont les locomotives.
- Quant aux wagons, ils sont de formes variées, suivant qu’ils sont destinés au transport des voyageurs ou des marchandises. Comme les locomotives, ils sont composés de deux voitures jumelles. Les wagons destinés au transport des voyageurs ont une longueur de 6 mètres, ils mesurent 2m,50 de haut, sur 5 mètres de large et vingt-quatre voyageurs peuvent y prendre place, douze de chaque côté.
- Un escalier spécial permet de passer de la partie droite dans la partie gauche. Ces doubles wagons sont supportés par quatre roues de 0m,50 de diamètre s’appuyant sur le rail central et placées deux par deux aux extrémités des voitures, ce qui permet des courbes de plus faible rayon.
- four les passages à niveau on a été obligé d’adopter un système de double pont-levis dont les tabliers peuvent être relevés au moment du passage des trains et qui viennent en temps normal se rejoindre au-dessus du rail central. Des signaux, placés à quelques centaines de mètres le long de la voie, permettent au mécanicien de se rendre compte si les ponts sont abaissés ou si la voie est libre. La vitesse des trains sur cette ligne n’est que de 50 kilomètres à l'heure, mais les locomotives sont capables de remorquer, à la vitesse de 45 kilomètres, un train de 240 tonnes. La rampe la plus forte est de 2 pour 100. Le prix d’établissement de cette ligne, comprenant l’achat du terrain et le matériel roulant, ne s’est élevé qu’à 75000 francs par kilomètre et, depuis qu’il fonctionne, ce petit chemin de fer a rendu de grands services à la localité.
- A l’exposition internationale de Bruxelles, en 1897, M. Behr, le directeur de la « Lartigue Bailway Construction Cy », avait construit une ligne de démonstration dans le même genre, mais plus perfectionnée. La longueur en était de 4 kilomètres et demi et la vitesse atteinte de 110 kilomètres à l’heure. Ce sont ces succès qui ont encouragé M. Behr à étudier la construction d’un mono-rail entre Liverpool et Manchester.
- Il est évident que ce système semble bien s’adapter à la traction rapide. L’avenir est aux grandes vitesses et l’application du mono-rail sera souvent tout indiquée. Le petit chemin de fer de Ballybun-nion h Listowcl aura la gloire d’en avoir été le pionnier. 1Ie.nm de Tiüehsant.
- DOSAGE DE L’OXYDE DE CARBONE
- ET DE L’ACIDE CARBONIQUE DANS L’AIR
- A côté d’intoxications aiguës et mortelles causées par l’oxyde de carbone' et l’acide carbonique, dont les exemples, répétés et récents, ont ému le public, les intoxications lentes résultant d’un manque de ventilation, de foyers de chauffage défectueux, de fissures ou de crevasses dans le corps des cheminées, de fuites latentes dans les conduites de gaz d’éclairage, etc., ne sont pas moins dangereuses pour la santé.
- On sait, en effet, que l’oxyde de carbone, qui avec l’acide carbonique constitue ce qu’on nomme vulgairement les vapeurs de charbon, est un gaz qui, même dilué dans un grand volume d’air et introduit dans l’économie par la respiration, se fixe dans le sang dont il déplace rapidement l’oxvgène, en formant une combinaison carbonée, qui n’est plus décomposée par l’oxygène. C’est cette fixation de l’oxyde de carbone par les globules sanguins qui, en s’opposant aux phénomènes d’hématose, détermine des intoxications lentes se traduisant par un malaise général, des maux de tète, un sentiment de compression des tempes, des nausées, des vertiges, une propension à l’assoupissement, l’anémie et des symptômes typhoïdes mal définis et souvent le diabète.
- L’oxyde de carbone étant un gaz inodore et à peu près inactif à l’égard des réactifs, on ne peut être mis en garde contre sa présence que par une analyse très compliquée de l’air suspect ou par une expérimentation physiologique très délicate, ne permettant pas toujours de déceler de très petites quantités d’oxyde de carbone dans l’air vicié. Nous avons pensé que le corps médical ferait bon accueil à un appareil simple et pratique permettant de faire rapidement, au point de vue de l’oxyde de carbone et de l’acide carbonique, à dose anormale, l’examen des airs confinés, viciés ou suspects.
- Notre appareil est constitué par trois flacons laveurs contenant chacun un réactif; ces laveurs sont raccordés par un tube de caoutchouc à un aspirateur double, à renversements, muni de niveaux d’eau et dont le débit est réglé de façon à faire passer lentement l’air dans les laveurs à raison de 10 litres par heure.
- Le premier laveur porte un petit tube garni de ouate hydrophile, destinée à retenir les poussières atmosphériques; sur ce laveur est fixé le tube de caoutchouc qui sert à la prise de l’air, par aspiration, dans la pièce dont il s’agit d’étudier l’air. Ce laveur contient de l’acide sulfurique pur à 66° B. ; il est destiné à retenir les carbures d’hydrogène et les composés organiques volatils, que l’air vicié par la respiration ou la combustion renferme souvent en petite quantité. La présence de ces corps est indiquée par la coloration jaune plus ou moins foncée que prend l’acide sulfurique, lors du barbotage de l’air dans le laveur.
- Le second flacon laveur contient 5 cm3 de soude demi-normale dans 45 cm3 d’eau distillée colorée assez fortement par du bleu C4B. Expérimentalement, nous avons reconnu que pour faire virer au bleu franc la teinte rougeâtre du réactif, il fallait faire passer dans le laveur 88 cm3 d’acide carbonique dilué dans l’air.
- C’est à dessein que nous avons diminué la sensibilité du réactif, afin de ne pas avoir à tenir compte de l’acide carbonique contenu normalement dans l’air, ou qui peut s’y rencontrer en faible quantité.
- Le troisième flacon laveur renferme 50 cm5 d’une
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- solution de chlorure de palladium au millième convenablement neutralisée. Sous l’action de l’oxyde de carbone il se forme du palladium reconnaissable au dépôt noirâtre qui se produit d’abord sur les parois des tubes à la partie supérieure du laveur; on observe ensuite, si l’on pousse l’opération, la formation d’une poudre noire et la décoloration partielle du réactif.
- Le chlorure de palladium peut être remplacé par une solution ammoniacale de nitrate d’argent qu’on additionne de nitrate d’argent jusqu’à formation d’un léger précipité d’oxyde d’argent. Nous avons constaté qu’une semblable solution filtrée possède, à l’égard de l’oxyde de carbone, le môme degré de sensibilité que le chlorure de palladium. De petites quantités d’oxyde de carbone déterminent une légère coloration violacée du réactif, puis la formation d’un précipité noir, si l’on fait passer un plus grand volume d’air contenant des traces d’oxvde de carbone.
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- Nous avons déterminé expérimentalement la sensibilité initiale de ces deux réactifs en faisant passer, dans le laveur, de l’air mélangé avec des volumes déterminés d’oxyde de carbone et nous avons constaté que les réactifs indiquaient la présence de l’oxyde de carbone, lorsque 8 à 10 cm3 d’oxyde de carbone dilués dans des volumes variables d’air avaient passé dans le laveur.
- Les flacons laveurs étant réunis par des tubes de caoutchouc, tout le système est mis en communication d’une part avec l’aspirateur d’air et, d’autre part, au moyen d’un tube de caoutchouc, avec la pièce dont on se propose d’analyser l’air; il suffit d’ouvrir le robinet de l’aspirateur et de noter, d’après le nombre de litres d’eau écoulés, le volume d’air ayant passé dans les laveurs, pour que le réactif de l’oxyde de carbone soit influencé, et le volume d’air qui a été nécessaire pour faire virer au bleu le réactif de l’acide carbonique.
- Sachant que 8 à 10 cm3 d’oxyde de carbone et 88 cm5 d’acide carbonique dilués dans l’air sont indiqués par les réactifs et connaissant les deux volumes d’air qui ont traversé le système des laveurs pour influencer les réactifs, il devient très simple de calculer la teneur en oxyde de carbone et en acide carbonique de l’air analysé. Si, par exemple, il a fallu 20 litres d’air pour le réactif de l’oxyde de carbone c’est que cet air renferme de 4 à 5 dix-millièmes d’oxyde de carbone; si pour faire virer le réactif de l’acide carbonique il a fallu 5 litres d’air c’est que l’air analysé renferme 2,9 pour 100 d’acide carbonique en volume.
- Les expériences qui ont servi à établir la sensibilité initiale des réactifs ayant été faites avec de l’air à 18° C., on pourra toujours ramener, par les formules, les données analytiques de l’air à 0°C. ou à 18° C., si l’analyse a porté sur de l’air à une température différente de 18° G.
- On voit que cet appareil permet de doser des quantités très faibles d’oxvde de carbone et d’acide carbonique, par simple comptage des volumes d’air ayant traversé l’appareil pour influencer les réactifs, et cela presque automatiquement et sans exiger de l’opérateur des connaissances scientifiques, ni l’habitude des manipulations.
- Ferdinand Jean,
- Chef de laboratoire de la Société française d'hygiène.
- PLAQUES PHOTOGRAPHIQUES
- ULTRA-RAPIDES
- Lorsque la découverte des plaques au gélatino-bromure d’argent permit de faire des photographies instantanées on put croire que le dernier mot était dit. Mais bien-
- tôt on devint difficile et on voulut pouvoir aborder les grands instantanés.
- C’est alors que les fabricants s’ingénièrent à trouver des émulsions plus rapides, puis les opticiens des objectifs travaillant avec de grandes ouvertures relatives, enfin les mécaniciens des obturateurs à rendement maximum. Tout cela ne nous suffit pas encore, caron se dit que si l’émulsion était plus sensible on pourrait, dans beaucoup de cas, se contenter d’objectifs et d’obturateurs d’un prix moins élevé que ceux des nouveaux types ; et qu’en outre, en employant ceux-ci, on pourrait obtenir à l’ombre, à l’atelier, des instantanés qu’on ne peut faire qu’au soleil ou en plein air.
- Ce rêve est aujourd’hui une réalité : MM. Lumière frères, qui furent les premiers à fabriquer des plaques rapides, viennent de découvrir une nouvelle émulsion trois fois plus sensible que celle que nous connaissons.
- Le maniement de ces nouvelles plaques ne présente aucune difficulté spéciale; il faut avoir soin, bien entendu, d’être plus sobre de lumière, même jxmge, qu’avec les autres. Mais beaucoup d’amateurs sont déjà habitués à charger leurs châssis dans l’obscurité et à commencer le développement presque sans lumière ; quand l’image commence à venir la sensibilité de la plaque est moindre et on peut s’approcher de la lanterne. A ce propos nous dirons que bien des débutants, et peut-être même des vétérans, abusent de l’examen de la plaque par transparence et ont toujours un léger voile qui n’a pas d’autre cause.
- Ces nouvelles plaques vont permettre au professionnel et à l’amateur, possédant un outillage perfectionné, de faire le portrait à l’atelier, ou dans un appartement, sans obliger le modèle à une pose qui, si courte qu’elle soit déjà, lui enlève tout son naturel; en outre elles vont donner à la photographie en général un essort plus grand, parce qu’elles permettent d’obtenir, avec des appareils à bon marché, des résultats auxquels on ne pouvait jusqu’à présent prétendre qu’avec des objectifs et des obturateurs d’un prix élevé.
- Cette nouvelle découverte de MM. Lumière aura donc une portée considérable à tous les points de vue. G. M.
- LA GENÈSE DES RIDES
- Est-il un moyen d’éviter la vieillesse ou tout au moins de la retarder ? Et particulièrement peut-on prévenir les rides qui constituent le masque de la sénilité? Rien n’est plus facile, 'à en croire les réclames des charlatans qui s’étalent à la quatrième page des journaux politiques. Quant aux traités de médecine, ils restent muets sur ce point qui leur parait de mince importance. Pourtant il existe un traitement rationnel des rides, des instituts américains l’appliqueraient avec succès. Mais avant de le dévoiler à nos lecteurs, nous voudrions leur expliquer la cause des rides, car de la genèse d’une maladie découle son traitement.
- Les muscles du visage sont l’agent essentiel des rides. Voyez un sujet atteint de paralysie faciale, ses rides s’effacent du côté malade, elles persistent de l’autre, de sorte qu’il présente deux profils, l’un qui rappelle sa jeunesse,' l’autre son âge réel. La mort, dit-on, embellit certaines personnes : c’est
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- qu’elle relâche les muscles du visage, fait disparaître les rides, rend le calme à des traits tourmentés.
- Les muscles, en effet, sont en état de contraction permanente ou, suivant l’expression scientifique, de tonicité. L’intensité de cette contraction varie suivant les sujets. Une simple excitation externe suffit à l’augmenter ; ainsi, les marins exposés aux intempéries, contractent d’une façon permanente les muscles orbiculaires qui encerclent les yeux pour protéger ces organes, et, comme le note Exner, des rides se forment de bonne heure autour des orbites.
- Mais le plus souvent l’excitation est d’origine cérébrale. On sait que les passions se traduisent au dehors par des contractions des muscles de la face qui produisent des sillons et des plis passagers. Ceux-ci deviennent des rides précoces chez les sujets dont les préoccupations sont durables ; car, au lieu de se contracter momentanément, les muscles conservent alors une tonicité exagérée. Ainsi la réflexion constante forme de profondes rides verticales entre les deux sourcils par contraction habituelle des muscles palpébraux supérieurs. L’être haineux et agressif possède à la naissance du nez de petites rides horizontales formées par les muscles pyramidaux. Les esprits chagrins creusent leurs sillons naso-labiaux, les abaissent avec les commissures des lèvres, et les rendent permanents.
- Par quel mécanisme les muscles expressifs forment-ils des sillons passagers et des rides permanentes ? Ils s’insèrent par leurs deux extrémités à la peau du visage ; en se contractant, ils rapprochent leurs points d’insertion et plissent ainsi la peau, devenue trop ample, suivant une direction à peu près perpendiculaire à leur longueur.
- Quand, au contraire, les muscles prennent insertion aux os (et il s’agit alors de muscles non expressifs), ils forment chez les vieillards des saillies semblables à des cordes qui soulèvent la peau. Voyez la célèbre statue de Voltaire sculptée par Iloudon : outre les nombreuses rides qui sillonnent sa face, son cou présente des cordes saillantes formées par les muscles sterno-mastoïdiens, sterno-hyoïdiens et les deux faisceaux antérieurs des digastriques (fig. 1).
- Rien de pareil ne s’observe dans la jeunesse ; la peau recouvre uniformément les tissus. Les rares fossettes qu’on observe alors sont dues à un mécanisme bien différent. Celles qui se creusent sur les joues rebondies de l’enfant lorsqu’il rit sont produites par des tractus fibreux qui attirent la peau en dedans. La fossette myrtiforme qu’on observe chez certaines personnes au-dessous des narines est formée par le filet de la lèvre supérieure, qui retient la peau alors que de chaque côté les deux muscles myrtiformes font saillie ; il en est de même de la fossette que certaines personnes ont au menton.
- De même que les muscles la graisse distend la peau et, quand celle-ci a perdu son élasticité, la fait pendre en forme de bajoues : ptose des joues semblable à la ptose du ventre décrite par les médecins. Sur un sujet émacié, la peau inerte suit tous les contours des organes sous-jacents : la disparition de la boule graisseuse, dite de Richat, en avant du muscle masséter, produit un creux, et la peau des paupières rentre dans l’orbite avant de s’appliquer sur l’œil. Si la personne a perdu ses dents, la joue devient plus flasque et plus ridée. Chez un vieillard, qui ne les avait perdues que d’un côté, j’ai observé des rides plus accentuées sur cette joue que sur l’autre.
- Si les muscles ne produisent de rides que chez les sujets avancés en âge, c’est qu’ils agissent sur une peau sénile. Dans la jeunesse, en effet, la peau est parfaitement élastique, elle revient sur elle-même après qu’on l’a étirée. Nous possédons tous à un faible degré la faculté qu’avait l’homme caoutchouc, exhibé chez Barnum, d’allonger notre peau et de la voir ensuite revenir à ses dimensions primitives.
- Chez les vieillards, au contraire, la peau perd son élasticité et pend flasque. Les muscles agissent sur elle comme sur une toile inerte. Les histologistes, et plus particulièrement Neumann et Unna1, ont étudié ces différences entre la peau jeune et celle sénile. Chez cette dernière il se produit des troubles de la nutrition, on observe de la dilatation vasculaire, de l’atrophie des follicules pilo-sébacés, de la pigmen-
- 1 Annales cle dermatologie et de syphiligraphie. Paris, Masson, édit., 1896, p. 106.
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- tation ditluse, un amincissement de l'épiderme. Les reseence : ils possèdent des affinités nouvelles et tissus conjonctif et élastique subissent une dégéné- anormales {tour les couleurs basiques et acides qui
- Fig. 2. . t'*g- 3-
- Fig. 2. — Femme de viugl ans, atteinte de rides précoces; maladie connue sous le nom de géronliasis. Fig. o. — La même malade vue de profil.
- montrent qu'ils s'acheminent vers la dégénérescence colloïde. D’ailleurs le degré de ces altérations n’est [tas en rapport constant avec l’àge. Telle peau d’un sujet de quarante ans, nous dit Unna, sera parfois [tins dégénérée que celle d’un autre de soixante. Cela peut dépendre des intempéries, car ces lésions sont surtout accentuées sur la peau des parties découvertes : visage, cou, dos des mains. Mais ce fait tient surtout au tempérament, à l’hérédité, au mode de vie, etc.
- Fait curieux, certaines races semblent en être indemnes. Les Indiens d’Amérique ne présentent pas de rides à l’àge le [dus avancé; aussi s’étonnaient-ils fort de l’aspect <[ue présentaient les Européens, et quand ils voulurent caricaturer les prêtres espagnols, ils exagérèrent les rides, comme nous le montre un dessin
- Fig. i. — Vase représentant une par les Indiens de 1 Ils mil exagéré les rides, parlicul;
- car ils n’y sont pas
- reproduit dans l’ouvrage de Wiener1 (lîg. 4). Certains sujets ont prématurément des rides nombreuses : c’est une maladie spéciale et peu connue qu’on a décrite sous le nom de gérontia-sis2. Nous donnons ici le dessin d’une lemme de vingt ans qui offre un gérontiasis intense.
- La formation des rides dépend donc à la fois de l’état de la peau et de la tonicité musculaire. Cette double cause nous fournit la double indication qui doit présider à leur traitement.
- Pour prévenir les altérations de la peau, on veillera à son parfait fonctionnement au moyen de douches, de massages, de sudations obtenues par les exercices physiques. On se rappellera qu’une bonne hygiène générale
- 1 Wiener. Voyages dans l'Amcrique du Sud, p. 720. a XouvcUc iconographie de la Salpêtrière, 1801, p. 178.
- caricature (l'un •prêtre espagnol Amérique du Sud. arité qui les a suri oui frappés, sujets eux-mêmes.
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- retarde la vieillesse de la peau au même titre que celle de tous les organes.
- D’autre part, on diminuera autant que possible les contractions des muscles de la face. On évitera les sentiments violents, on cherchera le calme et la sérénité de l’àmc; car les passions vieillissent.
- De là le succès des cures de repos instituées en Amérique. On y met les clients à l’abri de tout bruit, de toute excitation, on les engage à bannir toute préoccupation, à obtenir le calme de l'àme. Cette méthode obtiendrait des succès merveilleux. Tout en faisant la part de l’exagération commune à toutes les théories qui nous viennent d’Amérique, il faut admettre que cette cure repose sur des principes scientiliques. D1 Félix Régnault.
- LES RÉSULTATS
- DU CONCOURS DE LOCOMOTIVES
- DU SEJ1UING1
- Il a été publié récemment un article au sujet des expériences, faites en 1850, au passage du Semring, sur le chemin de fer du Sud de l’Autriche. Les différentes locomotives sont décrites, avec dessins à l’appui. Mais l’auteur de l’article n’a cru devoir tirer aucune conclusion de ces essais très importants pour l’époque, essais qui, quoique n’ayant donné qu’un résultat pratique négatif, ont cependant déposé le germe des différents progrès qui ont été réalisés plus tard dans la construction des locomotives pour fortes rampes. Ce sont les conséquences de ces essais que nous voudrions dégager dans cet article supplémentaire.
- ll’ahord, il ne faut pas oublier que les essais du Semring avaient un but spécial, entièrement déterminé, celui de la remorque des trains sur des lignes exceptionnelles avec fortes rampes atteignant 25 millimètres par mètre, avec courbes de faible rayon (190m). On ne peut donc comparer, comme semble l’indiquer l’auteur, les locomotives du Concours avec les types en usage alors sur les lignes des grands réseaux qui, à cette époque, n’avaient que de faibles rampes. Le type normal pour la traction des trains de voyageurs était alors la locomotive à roues motrices indépendantes et les trains de marchandises étaient remorqués uniquement par des locomotives à trois essieux couplés et, encore, seulement, depuis très peu de temps.
- Quant à la solution de la question de la traction sur les lignes à fortes rampes, le Concours, comme nous le disions tout à l’heure, n’a donné aucun résultat pratique. La locomotive « Bavaria », qui fut primée et qui n’a obtenu son succès que grâce au peu de durée des essais et aux réparations des chaînes pendant la nuit, n’a pu, après le Concours, faire un service régulier sur le Semring et a dû être abandonnée. Ce type n’a, du reste, jamais été reproduit, ni de près, ni de loin.
- Il en a été de même des trois autres locomotives du Concours qui, peu de temps après l’essai, furent abandonnées dans une remise d’une des stations de la ligne.
- C’est alors que furent mises en service, sur le Semring, les locomotives Engerth, du nom du célèbre Ingénieur autrichien qui en avait étudié le type. Ces locomotives qui, à l’époque, eurent un grand succès et dont de nombreux exemplaires furent construits en France, mais alors
- 1 Yov. n° 1558, du 15 novembre 1902, p. 5ü9.
- sans la transmission par engrenages, ne répondirent pas non plus aux conditions très dures du service du Semring. Aussi, sur la proposition de M. Desgranges, Ingénieur français, alors Directeur de la traction au Sud de l’Autriche, ces locomotives Engerth, comme du reste plus tard les locomotives du môme type construites en France, furent transformées en locomotives à quatre essieux couplés, type aujourd’hui le plus répandu pour la remorque des trains lourds sur les fortes rampes.
- Cette transformation nous ramène à la locomotive « Vindobona » du Concours de Semring, également à quatre essieux couplés, qui fut classée la dernière et ne remplit que strictement les conditions du Concours. 11 n’en est pas moins vrai que cette locomotive « Vindobona » a été le précurseur des locomotives à quatre essieux couplés, aujourd’hui si répandues.
- Quant à la locomotive « Wiener Neustadt », elle a été le prototype des locomotives étudiées en France, plus tard, par Meyer, mais qui n’ont eu que peu d’applications. Outre la première locomotive, (( l’Avenir », essayée sur le réseau du Nord, sur les lignes du Luxembourg et sur le central Suisse, ce type n’a guère été reproduit, sous la forme à simple expansion, que pour deux locomotives des chemins de fer de l’Hérault et, sous la forme compound, pour quelques locomotives, à voie normale ou voie étroite, de l’État Saxon.
- Quant à la locomotive « Seraing », elle a été le précurseur de la locomotive Fairlie dont, malgré l’assertion de l’auteur, on voit encore actuellement un certain nombre d’exemplaires en service. Le Ministère de la guerre, pour scs chemins de fer à voie de 0°,60, en emploie une quarantaine. Notons en passant les dangers graves de ce type de locomotive où le chauffeur et le mécanicien étant placés latéralement à la chaudière près du foyer, chacun d’un coté de la machine, peuvent être écrasés par le renversement de la machine, à la suite d’un déraillement, comme cela est arrivé au camp de Chàlons. On trouve encore la locomotive Fairlie sur les chemins de fer du Mexique et sur quelques réseaux des Indes. Ce type de locomotive a été assez longtemps en service sur les lignes Russes du Caucase où, par suite des mauvais résultats obtenus, il a été remplacé par des locomotives à quatre essieux couplés.
- Enfin, tout dernièrement, le gouvernement anglais a fait construire des locomotives, système Fairlie, pour les chemins de fer de Birmanie. Mais, dans ce dernier type, les deux chaudières ont été entièrement isolées, de sorte que le chauffeur et le mécanicien ne se trouvent plus séparés. Cependant, malgré ces exemples, quoique récents, la locomotive, type Fairlie, ne semble pas prendre d’extension.
- En résumé, et c’est là où nous voulions* en venir, il ne reste plus, à l’heure actuelle, du Concours du Semring, en service sur les grands réseaux Européens que le type « Vindobona », à quatre essieux couplés qui cependant, au Concours, n’avait donné que des résultats médiocres. Les autres types ont disparu ou ne sont reproduits que tout à fait exceptionnellement.
- Lorsque, sur de très fortes rampes, l’adhérence des quatre essieux couplés est insuffisante et si, par suite des courbes à faible rayon, il faut laisser toute l’élasticité à la machine, on emploie les locomotives à cinq essieux couplés, avec jeu latéral, comme aux chemins de fer allemands ou autrichiens, ou le type articulé, système Mallet, compound, à deux groupes supportés chacun par | deux ou trois essieux couplés. C’est ce dernier type qui
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- est employé par l’État russe, notamment sur le Transsibérien. Quant au type de locomotive articulée, système Klosc, nous n’en trouvons que des exemples en nombre extrêmement restreint, soit sur les chemins de fer à voie étroite de Bosnie et Herzégovine, soit sur quelques locomotives de l’État de Wurtemberg où M. Klose était ingénieur en chef de la traction. B. Bo.nnix.
- LA SÉROTHÉRAPIE DE LA SCARLATINE
- Un journaliste médical, que le nom seul de Pasteur met hors de ses gonds, prétendait que, dans un avenir restreint, tout médecin appelé à traiter un malade se contenterait de tirer de son portefeuille une seringue et un flacon de sérum approprié à tel ou tel cas. Dans son ironique fantaisie, cet écrivain un peu partial ne croyait pas si bien dire.
- Les maladies contagieuses sont en passe de voir leur évolution enrayée, leur cours suspendu, dès la première apparition, par la sérothérapie curative.
- Hier, la diphtérie, la rage, le tétanos; aujourd’hui, la coqueluche, la fièvre typhoïde. La plus récente découverte a trait à la scarlatine, dont la fréquence et la gravité sont, hélas! trop connues.
- A Paris, la scarlatine donne en moyenne de 3 à 400 décès par an, ce qui représente un pourcentage de morbidité 8 à 10 fois supérieur. Et Paris, et la France n’ont pas le privilège d’une fréquence exagérée; nos voisins les Anglais, les habitants de Londres en particulier, ont, presque chaque année, des épidémies redoutables. La scarlatine frappe de préférence les adolescents, les jeunes, et l’on sait de quelles complications graves, immédiates ou tardives, elle est l’origine : angines diphtériques ou pseudo-diphtériques, suppurations prolongées de l’oreille, accidents hémorragiques. Voilà pour les premières phases de la maladie. Plus tard, ce sont des albuminuries chroniques, résultat d’altérations rénales, parfois incurables.
- En dépit de notre collègue, le sérum bienfaisant qui permettrait d’enraver cette fièvre éruptive, d’annihiler les dangers de son évolution, de sa contagiosité, serait certes le bienvenu. Eh bien! la science, pour cette fois, n’a pas fait faillite, et le Dr Moser, de Vienne, est venu ajouter à la liste des agents de la sérothérapie le sérum scarlatineux. La découverte de ce sérum mérite d’ètre contée.
- La scarlatine est une maladie bacillaire, à n’en pas douter, mais on n’a pas encore mis au jour le bacille spécifique de cette curieuse éruption. Le seul agent découvert jusqu’ici, et auquel on peut attribuer la maladie, est le streptocoque, c’est-à-dire le microbe ordinaire de la suppuration, que l’on trouve dans maintes circonstances, dans les cas d’abcès, de phlegmons, en dehors, en un mot, de toute maladie spécifmue, de toute scarlatine. On sait qu’il existe des cas de scarlatine dite chirurgicale, c’est-à-dire apparaissant à la suite de traumatismes, d’opérations et qu’on a car, dans quelques cas, bien identiques à la scarlatine ordinaire; d’autres, au contraire, qui n’étaient que des exanthèmes d’origine septique. C’était, dans ces cas aussi, le streptocoque qui était en cause.
- Quoi qu’il en soit, le streptocoque est l’agent microbien qu’on rencontre le plus ordinairement et d’une façon régulière dans la scarlatine. Moser est parti de là pour chercher un sérum antistreptococcique. Mais, direz-vous,
- ce sérum existait déjà, et les noms de Mannorek, Tavel, Aronsolm sont liés à la création de sérums de ce nom. C’est vrai, mais ces sérums, efficaces dans certaines affections pyémiques ou puerpérales, n’avaient aucune valeur contre la scarlatine. La difficulté à vaincre a été ingénieusement surmontée par le I)r Moser.
- On sait qu’on désigne, en bactériologie, sous le nom d’agglutination, un phénomène assez curieux de réaction des bacilles les uns sur les autres. Mettez des bacilles diphtériques dans du sérum antidiphtérique, les microbes se rassemblent en petits amas, se fragmentent et finissent par disparaître. Mettez, au contraire, en présence des bacilles différents; des bacilles diphtériques dans du sérum antityphoïdique ou inversement des bacilles typhiques dans du sérum diphtérique, l’agglutination ne se produit pas. La réaction est donc spécifique pour les microbes qui ont servi à produire le sérum. Or, Moser constatait avec surprise que les streptocoques d’un malade n’étaient pas modifiés, traduisez agglutinés, par le sérum fabriqué avec les streptocoques d’un autre scarlatineux.
- Moser pensa — et c’est là le coté curieux et ingénieux de son expérience — qu’en rassemblant les streptocoques d’un très grand nombre de malades, vingt, trente, si vous voulez, on trouverait dans le total un des microbes capable d’agir sur celui d’un autre scarlatineux pris au hasard, et l’expérience est venue confirmer cette vue hypothétique. Moser prend vingt, trente cultures de streptocoques de trente malades différents, il les réunit, puis les injecte, suivant le procédé classique, à des chevaux à des doses progressivement croissantes et obtient un sérum qui, cette fois, agglutine les streptocoques, qui, par conséquent, est efficace et peut modifier la maladie. On peut dire, en passant, qu’il y a dans le succès de cette expérience un jalon pour d’autres recherches de sérothérapie.
- Je résume, en deux mots, ces recherches; mais vous vous imaginez sans peine ce qu’elles ont dû coûter de patience, de temps et de longues et minutieuses observations. Une fois en possession de ce sérum, Moser en fit les premiers essais à la clinique des maladies des enfants, et il eut soin, au début, de ne l’injecter qu’à des cas des plus graves et dont le pronostic était pour ainsi dire fatal, à brève échéance. Eh bien, les résultats ont dépassé toutes ses espérances. Dans ces formes graves, chez ces malades presque condamnés, toutes les fois que l’injection a été faite 48 heures après le début de l’éruption, la guérison a été rapide et tous les malades ont été sauvés. L’injection avait-elle été faite au huitième, dixième jour, les bénéfices de la sérothérapie allaient en diminuant progressivement, et la mortalité atteignait 15, 25 et même 50 pour 100. Dans les cas bénins, la guérison est constante. Quelques heures après l’injection, le malade change d’aspect, l’agitation cesse, le pouls se ralentit, la fièvre tombe, l’éruption s’atténue et s’efface, l’angine avorte, l’albuminurie s’éteint; toutes les manifestations créées par la maladie disparaissent. Ces résultats sont fort encourageants; le professeur Eschcrich les a contrôlés, et les a obtenus identiques dans son service. Assurément, le sérum scarlatineux ne guérit pas toujours, mais c’est un agent curatif de la plus grande valeur, qui permet de combattre, avec chance de succès, les formes les plus graves et d’amener des guérisons dans des cas où la thérapeutique ordinaire était désarmée. Attendons cependant les observations des médecins français pour porter un jugement définitif. Dr A. C.uitaz.
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- LE CANAL DE FRÉJUS
- Los Romains altachaient avec juste raison une grande importance à l’eau d’alimentation de leurs cités, et les grands aqueducs qui sillonnent encore la campagne romaine prouvent qu’ils n'ont reculé devant aucun sacrifice et ont construit souvent des ouvrages considérables pour amener dans leurs villes l’eau potable qu’ils allaient chercher à de grandes distances, fl existe en France diverses ruines d’ouvrages de ce genre remontant à l’époque de l'occupation romaine; mais les plus remarquables sont celles du canal de Fréjus.
- La ville de Fréjus est située sur le versant d’une
- Fig. 1. — La source du Jourdan alimentant le canal moderne.
- convenir pour l’alimentation de la ville, celle-ci, qui ne comportait pas moins de 125 000 habitants, se trouvait complètement dépourvue d’eau potable. L’aqueduc de Fréjus fut construit pour remédier à cette situation, en amenant dans la ville les eaux pures et limpides d’un petit affluent du Reyran, la Siagne. Le canal romain, de plus de 60 kilomètres, serpentait le long de plusieurs collines, traversait des vallées secondaires et entrait dans Fréjus, à la hauteur même des remparts, par la porte Romaine. Les ruines qui subsistent encore permettent de suivre l’ancien canal sur près de la moitié de son parcours. Tantôt c’est une cuvette profonde taillée dans des rochers élevés; ailleurs elle est creusée dans le roc à liane de coteau; plus loin c’est un tunnel; mais la partie lapins curieuse, ce sont, sans
- petite colline, presque au confluent de deux rivières, le Reyran et l’Argens. Le premier de ces cours d’eau est à régime torrentiel ; presque complètement à sec pendant l’été, il roule après la saison des pluies des eaux abondantes et rapides. L’Argens, au contraire, est un cours d’eau à régime régulier, mais, traversant sur son parcours des terrains très meubles, il charrie d’importantes quantités de sable et de limon. Ce sont les dépôts de ces deux rivières qui ont formé la plaine qui sépare actuellement Fréjus de la mer et comblé le port qu’y construisirent autrefois les Romains.
- Les eaux du Reyran et de l’Argens ne pouvant
- Fig. 2. — Sortie de la Hoche taillée (canal romain).
- aucun doute, les longs alignements d’arcades qui traversent les vallées parfois sur do grandes distances. Aux abords de la ville se voit encore un fragment dont les piliers n’ont pas moins de 18 mètres de hauteur et sont couverts de lierre et de plantes grimpantes qui leur donnent un aspect très pittoresque. Dans la vallée, les arcades ont une hauteur de 10 à 12 mètres et 5 mètres de hauteur. Cette construction a été faite avec des pierres de faible dimension et sans aucun ornement. Construit probablement en très peu de temps par une importante armée d’ouvriers cet ouvrage a dù être réparé un peu après son achèvement, ainsi qu’en font foi les traces très apparentes que l’on peut relever sur les ruines. C’est assurément pour cette raison, et parce que la première canalisation menaçait ruine qu’il a fallu,
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- Fig. 5. — Ruines de FAqueduc romain à Bouteillère, près Fréjus.
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- LA NATURE.
- en certains endroits doubler l'aqueduc pour créer une canalisation de secours. Ces réparations paraissent remonter au règne de Vespasien.
- Depuis quelques années on a utilisé en partie les ruines de l’ancien canal de Fréjus pour un canal d’irrigation dit de la Siagne, qui dérive les eaux des sources du Neïsson et Jourdan et a un débit de 575 litres à la seconde. Il comprend une branche principale et diverses branches secondaires qui conduisent les eaux en tète des terrains à irriguer.
- C’est la branche principale qui, entre la source du Neïsson et le village de Callan, utilise l’ancien canal romain. Un peu en amont de Fréjus se détache la conduite de Saint-Raphaël qui a une longueur de 28 kilomètres. La dépense occasionnée par ces travaux s’est élevée à 1 100000 francs.
- Le canal de la Siagne assure l’irrigation de 545 hectares et l’alimentation en eau potable de plus de 15 000 personnes. Aussi cette région, précédemment très aride, est-elle maintenant couverte de riches cultures. D’autre part, grâce à une bonne distribution d’eau potable, le joli pays qu’est Saint-Raphaël a pu devenir une des stations les plus fréquentées de la Cote d’Azur.
- L’ancienne baie de Fréjus pourra donc retrouver un peu de l’animation, delà vie qu’elle avait perdue depuis des siècles ; mais cependant, quoi qu’on puisse faire, elle ne retrouvera jamais sa splendeur d’autrefois. Les alluvions rendent impossible la reconstruction d’un port à Fréjus et, d’ailleurs, le petit port voisin de Saint-Raphaël suffit largement aux besoins de la région et seulement quelques bateaux de pèche viennent y chercher un abri. Comme Narbonne et Aigues-Mortes, Fréjus est à tout jamais rayé du nombre des ports maritimes et désormais la seule ressource de ses habitants est de se consacrer à la culture de la vaste et fertile plaine qui s’élève aujourd’huilà oùjadis vinrent mouiller les trois cents galères qu’Octave avait conquises à la bataille d’Àctium. Georoes Gaye.
- —K, <-—
- FORME PRIMITIVE
- DES 9 PREMIERS CHIFFRES ARÀRES1
- En pensant, je ne sais plus à propos de quoi, que les chiffres romains rappellent la façon si simple et si naturelle de représenter le nombre un par un trait et les nombres suivants par autant de traits ou de raies qu’il y a d’unités, je ne sais comment l’idée me vint de chercher ce trait, ces raies dans les chiffres arabes.
- A peine y avais-je pensé que je crus voir ces lignes élémentaires dans les caractères symboliques de la numération arabe, aussi clairement que dans la notation romaine. Voici comment, à mon avis, les chiffres de 1 à 9 sont arrivés à leur forme actuelle, aujourd’hui symbolique, mais figurative et représentative à l’origine. La rapidité de l’écriture a produit, je crois, très naturellement, cette variation. Les chiffres conservent bien leur aspect primitif, mais on n’y retrouve plus qu’en les cherchant les parties dont ils se composaient.
- 1 Yoy. u" 1371, du 2 septembre 1899, p. 222.
- In ingénieur mon voisin, M. M.-A. Z., pense comme moi que cette forme sous laquelle ou voit si bien dans chacun des 9 premiers chiffres le nombre d’unités dont il se compose; que cette longue série suivie, méthodique, qui livre la clef du système dès qu’on admet, logiquement, qu’un trait y représente l’unité ; que cet apparent symbolisme ne saurait être l’effet du hasard, car ce serait merveilleux.
- Dans la notation romaine, entre un et dix il y a, outre le Irait, deux signes symboliques conventionnels, sans ressemblance avec les premiers chiffres : le 5 et le 10 (V X ) ; et des valeurs de position pour le trait qui précède ou suit ces signes.
- Le système dit arabe (de un à neuf, inclusivement) est bien supérieur. Sauf le trait qui y représente l’unité abstraite, rien n’y est conventionnel. De plus, chaque groupe de traits, c’est-à-dire chaque caractère, après le premier, y possède une physionomie bien distincte, un aspect qu’il a conservé malgré les arrondissements et les simplifications calligraphiques auxquelles les chiffres arabes
- / / 4 H C P FTl O O
- 1 / *-+ J o I O O
- I
- Les premiers chiffres arabes.
- doivent leur forme actuelle, cette forme d’apparence symbolique et conventionnelle sous laquelle sont cachés leurs traits.
- Je crois que l’enfant auquel on aurait appris le secret de la numération tel que je viens de l’exposer n’aurait pas besoin, pour additionner, de compter sur ses doigts : il n’aurait qu’à suivre, avec son imagination, les barres ou raies de chaque chiffre qui ne serait plus pour lui quelque chose de purement arbitraire et conventionnel.
- S + Ll=a
- parle plus au sens que 5 + 5 = 8, et 4 + 4 + 4 est certainement moins suggestif que dès qu’on sait
- que chaque barre vaut un.
- l/idée de carré, de racine carrée et même d'exposant, s’offre, avec ce système, d’elle-mème à l’esprit ou devient très facile à expliquer et à saisir.
- Les équations \J4 = 2, ^10 = 4 sont bien arides à
- coté de vTd = L, VdD = D'
- L’inventeur de cette combinaison fut-il le même que le grand mathématicien inventeur du zéro et de son rôle? Le saura-t-on jamais? Mi5 de Camarasa.
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- AU MOYEN DES CHUTES d’eAU, EN SUISSE
- Non seulement la (( traction électrique des trains » est à l’ordre du jour en Allemagne, où elle a donné lieu aux essais relatés dans notre dernier numéro, mais, en Suisse même, elle fait aujourd’hui l’objet des préoccupations non seulement expérimentales, mais pratiques, des ingénieurs les plus intimement liés aux industries de ce pays.
- Le projet de traction électrique, conçu par la Société suisse d’Oerlikon, sera sans doute réalisé d’ici quelque
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- LA N AT U R K.
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- temps, car cette Société a obtenu du gouvernement fédéral la concession d’une ligne expérimentale de 20 km de longueur.
- l'n projet de transformation du réseau des chemins de fer susses vient enfin d’ètre élaboré par un ingénieur de Zurich, M. Thormann, qui fait fort judicieusement ressortir, dans son rapport, quelques-uns des avantages généraux qui pourraient résulter, pour la Suisse, de la substitution de la traction électrique à la traction par vapeur, la condition essentielle de cette transformation étant la substitution de l’énergie hydraulique des chutes d'eau à l’énergie calorifique du charbon.
- L’économie qu’en devrait retirer l’exploitation est loin d’ètre aussi considérable qu’on serait tenté de le croire, étant donné, d’une part, le bas prix actuel du charbon et, d’autre part, les prévisions de dépenses afférentes à cette transformation (dont les frais d’amortissement seraient considérables). Mais le prix du charbon est un facteur éminemment variable, et qui met les chemins de fer suisses à la merci des circonstances extérieures.
- M. Thormann établit que les ressources du pays en chutes d’eau permettent la complète transformation du réseau. 11 estime que celui-ci absorberait chaque jour une puissance de 50 000 chevaux. Ne faisant appel qu’à des chutes bien connues pour leur débit, et déjà en étude ou en cours d’utilisation, il trouve la puissance nécessaire avec le plus modéré rendement, et toutes les réserves à prévoir sont largement assurées par les chutes suivantes : Saint-Maurice, 5000 chevaux; Yallorbe, 2000; Montbovon, 1500; Fribourg llauterive, 4000; Sense, 1000; Kanderwerk, 1500; Ilagneck, 2000; Doubs Pruntrut, 2000; Wangen, 5000; Beznau,5000; Laufenburg, 10 000; Rheinau, 5000; Lungernsee, 2000; Einsicdeln, 20 000; Waggithal, 5000; au total 09 000 chevaux, puissance à laquelle il convient d’ajouter 17 000 chevaux donnés par 0 chutes échelonnées le long du chemin de fer du Gothard, ce qui donne un total de 86 000 chevaux.
- Les prix de revient de ces travaux sont encore plus intéressants :
- Prix des usines génératrices . . . 51 000 000 francs.
- — canalisations et divers . . 70 000 000 —
- Prix du matériel roulant............. 40 000 000 —
- Soit au total........................ 101 000 000 francs.
- 11 est permis d’envier les ressources d’un pays qui peut à ce prix s’affranchir éventuellement de l’emploi toujours plus incertain et plus onéreux du « charbon », et il en est peu qui puissent rivaliser à cet égard avec la Suisse, les Alpes françaises, l’Italie du Nord et la Suède. A. B.
- LES LACS DE LA MUNIA
- Si la Cinca peut être considérée à juste litre comme prenant naissance dans le lac Glacé du Mont-Perdu, il ne faut pas oublier toutefois que cette rivière reçoit à son début, dans la cuvette même du cirque de Pinède où elle se précipite, le torrent de llount-Sainte, émissaire de deux nappes d’eau contiguës, communicantes, les lacs de la Munia, aussi vastes ensemble que le lac Glacé et situées à une altitude identique. Ces lacs joueraient, vis-à-vis de la Cinca, un peu le rôle de sources orientales.... Dans cette région du versant espagnol, les eaux de la fron-
- tière se trouvent, ducold’Astazou au col delà Munia, sur une longueur d’environ 1 2 kilomètres, drainées par un collecteur unique que l’on tient pour la Cinca proprement dite, bien que la vallée de l|inède ne soit après tout qu’un embranchement de la vallée de Dielsa. Celle-ci, opposée par le sommet à notre vallée d’Aure, déverse du nord au sud le rio Cinca llarrosa qui semble presque aussi abondant que le maître torrent où on le fait affluer, et que les Aragonais appellent le rio Cinca de Pineta, car les rios Cincas et Cinqueltas sont par là aussi communs que les Gaves et les Nés tes du côté de la France.
- Les lacs de la Munia tirent leur dénomination du majestueux pie qui commande l’amphithéâtre de Troumouse. Ils occupent le bas-fond d’une vaste combe bornée, à l’est, par le pic et le col de Las Louseras; au nord, par l’arête et le col de la Munia, le Mont-Arrouye et la brèche de la Clef du Curé; à l’ouest, par les contreforts adoucis (pie le pic de Pène-Blanque, abrupt vers Iléas, lance jusqu'au ravin de llount-Sainte; et, au midi, par un angle du pic de Lary et le col de Las Portes. Les Espagnols ne connaissent que les lacs de Las Portes. I)e Fait, ces lagunes baignent le seuil en question et non la Munia. Il est facile de se convaincre que du Mont-Arrouye seul dévale la succession de pentes et de banquettes au pied desquelles se sont condensées les eaux.
- Le Guide lo the Pyrenees ne parle point des lacs de la Munia dont l’existence ne fut révélée à Charles Packc que lorsqu’il traversa Las Portes pour jouir du point de vue de l’Ëstibette. On ne les aperçoit pas de Serre-Mourène. Schrader leur fit le premier les honneurs de la carte, celle des Pyrénées centrales, à laquelle il travaillait, après les avoir contournés « à droite et à une grande hauteur ». Deux ans plus tard, en 1877, l’éminent cartographe longeait la rive gauche des deux lacs alors « chargés de glaces épaisses et reposant dans un véritable cratère de névés ». Ils n’en figurent pas moins convenablement dessinés sur la carte du Ministère de l’Intérieur au 100000e (Gavarnie XII-58) ; quelques menus détails sont simplement critiquables ; par exemple, les deux grands îlots qui agrémentent la partie supérieure du lac principal ont été omis, et encore, à cause de leur petitesse, m'a-t-on dit depuis. Plus heureux que Schrader, j’ai pu, le 24 août 1902, accomplir le tour de ces réservoirs absolument débarrassés de leur fourrure hivernale. Ils m’étaient déjà apparus tels quels l’année précédente, et je les avais photographiés du haut de la crête de la Munia, surpris de la présence des deux îlots (2575m).
- Désirez-vous gagner les bords du premier lac? Descendez le revers du col de la Munia ou celui de la Clef du Curé, de façon à déboucher soit à gauche, soit à droite, du pêne rocheux contre lequel il s’abrite des vents du nord. En arrivant par la Clef du Curé, un étroit couloir d’éboulis vous jettera littéralement en face du pic de Las Louseras, debout de l’autre côté et tout chamarré de stratifications aussi
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- LA XATÜDE.
- bizarres qu'inattendues. Cette pièce d’eau peut avoir de 1 à 2 hectares de superficie; sa forme est celle d’un polygone, irrégulier à plaisir. Les suintements (pii l’aliment eut se perdent çà et là dans la pierraille et proviennent surtout du col de Las Louseras; le ravin neigeux existant sous la Clef du Curé fournit également un apport invisible. Au sud, s’allonge le seuil de retenue, et c’est exactement à l’amgle sud-ouest du lac que s’échappe son ruisseau de décharge.
- Aussitôt né, l’humble courant passe sous une flaque de neige et traverse un petit bassin horizontal où il détache un bras secondaire, arrondi en arc de
- cercle, qu’il récupère du reste au moment de caseadcr sur un plan incliné : il y a une différence de niveau d’une dizaine de mètres entre les deux lacs. Quant à la longueur du ruisseau qui les unit, elle ne dépasse pas 70 à 80 mètres, toujours approximativement bien entendu.
- Le second lac est beaucoup plus important que le premier. Il mesure 80 mètres de large sur 0 à 700 mètres de long. Deux beaux ilôts rocheux lui donnent du caractère et du relief. Ces ilôts sont accores. Je ne sais pas trop comment on pourrait y atterrir à l’aide d’une barque. En bordure de l’eau, les grèves se succèdent, comme elles peuvent. De la
- Fig. 1. — Vue d’ensemble des lacs de la Munia. Eu arriére, le pie de Lary et, au Fond, les Carets de Pinède. (D'après une photographie de M. Lucien Bi'iet.)
- plate-forme de Las fortes, vue d’ensemble superbe sur la nappe entière. La hauteur de ce dernier col empêche toute dérivation indue. Le lac possède un appendice, — le mot est suffisamment à la mode pour l’employer, — qui se développe à angle droit sur une centaine de mètres avec une largeur de 20 à 50 mètres. Profondeur faible : on en distingue le fond, tandis que dans le lac même des épaisseurs bleu-noir indiquent des dépressions respectables. La décharge des eaux s’effectue à la corne de 1 appendice. Le débit de cet exutoire paraît égal à l’apport fourni plus haut par le lac supérieur. Ou ne voit point autre chose; il se produit seulement quelques écoulements, les jours d’orage, le long des falaises du pic de Las Louseras.
- Le nouveau torrent arrose d’abord une prado
- graveleuse où il reçoit un ruisselet venant du pic de Lary. On pourrait supposer, lorsque la neige couvre tout, que l’appendice se prolonge à cette place. Schrader a inscrit un petit étang à la suite que je n’ai pas remarqué. Au delà, les allures du déversoir deviennent plus vives, il s’engorge, et, de chutes en chutes, lancé dans la direction du nord-ouest, le voilà sous les pentes du port de la Canaou. Alors, il a un nom; c’est le torrent de Hount-Saintc, ainsi appelé d’une fontaine autrefois jaillie miraculeusement dans son voisinage pour étancher la soif des bergers espagnols qui étaient allés reprendre à lléas la statue de Notre-Dame-de-Pinède dérobée par les Darégeois. Rejeté ensuite vers l’ouest par le plateau de Tromacary, où aboutit le Port-Vieux d'Estaubé,' il se perd clans une rai-
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- LA NATURE.
- (Il
- mire profonde, pour tomber en un jet magnifique sur le plan de Lary, à même un petit cirque qui, au liane de l'oule de Pinède, rappelle la situation du Maillet à l’orée de l'amphithéâtre de Troumouse; puis, il finit par s’unir aux eaux du lac Glacé que la fonte des glaciers du Cylindre et du Mont-Perdu a grossi considérablement, dès leur origine.
- Le bassin des lacs de la Munia est un paysage austère. On s’y croit .à cent lieues des habitations des hommes. Ch et là, quelques plaques de neige persistantes. Dans un recoin comme englobé par l’appendice, le sol présente des stries jaunes et noires imitant les bandes d’un tapis sur lequel on marche-
- rait. D’une escarre meurtrissant le pic de Las Louseras se sont détachés des débris et des blocs verdâtres; un de ces blocs a roulé jusque dans le lac. Cette sorte de serpentine offre des rognons violets analogues au mica que renferment certains fragments granitiques du Chaos de Gavarnie. La pierre est ici d’une variété surprenante. Pène-Rlanque fournit du marbre blanc; le Mont-Arrouye, du schiste travertin; l’arête de la Munia, de l’ardoise pourrie. Des murailles hautement colorées étreignent la gorge de Hount-Sainte. Sur ces berges humides et caillouteuses, les plantes alpines ne se plaisent pas aussi bien que parmi les cassures de la
- Fig. 2. — Les îlots du grand lac. Au fond, le col de Las Portes. (D'après une photographie de M. Lucien llriet.)
- roche en place. J’ai cependant cueilli le blanc corvmbe du passerage des Alpes presque dans l’eau.
- A 50 mètres du déversoir, en gravissant directement au nord des terrasses jaunâtres, existe un surplomb sous lequel ont dormi maintes fois des chasseurs d’isards. J’ai fait complètement clore cette niche par un solide muret dont les interstices ont été oblitérés avec des touffes d’herbe. Ajoutons, chose à considérer, qu’il n’y pleut pas. Mon matériel photographique, abandonné quarante-huit heures sous son égide par un orage violent et continuel, m’est revenu sain et sauf, et j’avais pu y changer la veille mes plaques en dépit des éclairs; les guides maintenaient des couvertures devant l’entrée. Quant à faire du feu, on se procurera des, rhododendrons du côté de llount-Sainte, mais assez bas. Les chè-
- vres et les moutons d’Espagne s’aventurent jusqu’aux lacs, et leur piste, suffisamment marquée, traverse le col de Las Portes.
- Schrader rapporte qu’en 1877, un ours fut tué dans le bassin des lacs de la Munia. Le fait n’a rien d’extraordinaire. Aujourd’hui, ces animaux n’osent plus s’écarter des forêts voisines, car si les chasseurs de Gèdre et de Héas avaient connaissance d’une telle audace, la peau des délinquants serait beaucoup plus compromise que celle du fameux Martin traqué par les deux compagnons de La Fontaine. Les touristes peuvent donc visiter le site et y séjourner sans crainte ; on s’y prend d’affection pour le' grand massif calcaire des Pyrénées dont le cirque de Gavarnie est le glorieux portail. Lucien Briet.
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- LA NATURE.
- EXPOSITION AÉRONAUTIQUE
- duites à des intervalles de plus en plus considérables, comme l’indiquent les dates suivantes :
- Ar GRAND PARAIS
- Cette année il semble que l’exposition aéronautique, ouverte en même temps que l’exposition des automobiles le 10 décembre dernier, soit plus intéressante que celle de l’année dernière. Les salons dans lesquels elle se trouve, sont remplis d’objets curieux dont les installations ont été dirigées avec goût par M. le comte Henri de La Yaulx.
- Le public a remarqué surtout le projet de monument commémoratif de la poste aérienne de M. Bartholdi, qui voudrait ériger sa belle œuvre sur une place publique de Paris. Il faudrait une somme de 100 000 francs pour l’exécution du monument, aussi une souscription publique sera-t-elle organisée, dit-on, sons le patronage l’Aéro-Club.
- Dans la même salle on remarquait la collection de gravures anciennes que Sir David Salomon a donnée récemment à l’Aéro-Club, ainsi que la série d’intéressants portraits photographiques, faits en 1870, de quelques aéro-nautes du Siège de Paris, rassemblés par M. Louis-Martin Godard. La collection des assiettes aérostatiques en faïence de Nevers qui forme en quelque sorte une suite aux assiettes au ballon dites patriotiques de la fin du dix-lmi-tième siècle, composée par M. Albert Tissandier, attirait l’attention du public ainsi que les éventails anciens, les bonbonnières au ballon, les médailles, etc., garnissant les vitrines et qui font partie de la collection bien connue des frères Tissandier. Dans les salles suivantes, on voit la nacelle du ballon le Voila qui portait, le 2 décembre 1870, M. Janssen conduit par l’aéronaute marin, Chapelain. L’éminent astronome était sorti de Paris afin de se rendre en Algérie pour observer l’éclipse totale de soleil qui eut lieu le 27 décembre.
- L’Aéronautique-Club a exposé aussi des dessins originaux de paysages aériens et des photographies fort curieuses.
- lie belles nacelles appartenant à l’Aéronautique-Club et d’autres exécutées par les aéronautes constructeurs, Lachambrc, Louis Godard, A. Mallet et Surcouf, montrent les progrès réalisés dans l’art aérostatique. Enfin la grande nacelle armée de tous ses agrès du ballon le Méditerranéen semble être l’un des succès de cette belle exposition. C’est, comme on le sait, avec le Méditerranéen que MM. le comte Henri delà Vaulx et Hervé ont fait par deux fois leurs remarquables expériences au-dessus de la mer.
- Le public ne peut se défendre d’un certain moment d’émotion à la vue des bustes dus au ciseau du sculpteur Nocquet. Fort ressemblants, ils lui font voir les malheureuses victimes, Severo, Hradski, Morin, qui ont trouvé celte année une mort si tragique en exécutant leurs essais de ballon dirigeable. A. T.
- —<<><—
- CHRONIQUE
- Nouvelle éruption «le la Montagne Pelée. —
- l’ne nouvelle éruption est survenue du 18 au 19 décembre à la Montagne Pelée, faisant disparaître une partie du cône central. A propos de celte éruption, on pourrait presque dire qu’elle avait été prévue, si le hasard ne jouait pas toujours un grand rôle dans les prévisions à longue échéance. M. Jacgard jeune, de l’Université Harvard, a publié récemment, d’après Le Cosmos, un petit calcul sur la succession des intervalles qui ont séparé les grandes éruptions du Mont Pelé en 1902. Depuis le 5 mai les manifestations de violence exceptionnelle se sont pro-
- 5 mai-8 mai
- 8 mai-20 mai 20 mai-6 juin
- fi juin-9 juillet
- 9 juillet-50 août
- trois jours, douze jours, dix-sept jours, trente-trois jours, cinquante-deux jours.
- Cet accroissement progressif ne suit pas une loi arithmétique. Mais si on utilise ces chiffres pour établir un graphique, on obtient une courbe qui laisse supposer que la prochaine grande éruption arrivera dans cent jours après le 50 août. Si ces déductions sont exactes, concluait M. Jacgard, il faudrait s’attendre à une nouvelle éruption vers le 20 décembre. La prévision vient de se confirmer, puisque le volcan de la Montagne Pelée est entré en nouvelle éruption les 18 et 19 décembre. La coïncidence est au moins curieuse.
- —D’-
- ACADEMIE DES SCIENCES
- Séance annuelle publique du 23 «lée. 1902
- CONCOURS DE L’ANNÉE 1902 Présidence de M. Bouquet de la Grye.
- M. le Président s’attache, dans son discours, à faire ressortir l’action de l’Académie sur le développement des sciences pendant l’année 1902.
- Il mentionne l’intérêt tout particulier qu’elle a marqué pour les travaux concernant la navigation sous-marine en récompensant M. Homazotti dont les recherches ont permis à la France de construire le premier submersible et MM. Renard pour leurs expériences d’aérostation.
- M. le Président rappelle ensuite la cérémonie du cinquantenaire du professorat au Muséum de M. Albert Gau-dry, actuellement vice-président de l’Académie. Puis il relate l’envoi d’une mission scientifique à la Martinique pour suivre la marche de l’éruption et en déceler les signes prémonitoires.
- M. le Président énumère les noms et les principaux traits de la vie des membres décédés au cours de 1902, MM. Cornu, Filhol, Faye, Damour, Dehérain, Hautefeuille, Virchow associé étranger.
- Il est ensuite procédé à la lecture des prix accordés par l’Académie.
- Sciences mathématiques. — Grand prix : M. Ernest Yessiot. — Mention très honorable :M. Jean Le Roux. —Prix Rordin : Mention très honorable : M. de Tanncnbcrg. — Prix Francœur : M. Emile Lemoine. — Prix Poncelet : M. Maurice d’Ocagne. — Prix extraordinaire de fiOOO francs : Partagé entre M. Romazotti et M. Driencourt.
- Mécanique. — Prix Montvon : M. le cornd* Hartmann. — Prix Plumey : M. le colonel Renard.
- Astronomie. — Prix Lalande : M. Trépied. — Prix Val/. : M. F. llartwig. — Prix Damoiseau : M. Caillot. — Prix Janssen : M. de la Raume-Pluvinel. — Encouragement et médaille de vermeil : M. Jean Rinot.
- Géographie et navigation. — Prix Rinoux : MM. Claude, Marcel Monnier, Delpeuch.
- Physique . — Prix Hébert : M. C.-F. Guilbert.
- Statistique. — Prix Montvon : Partagé entre M. F. Bordas et M. Ducbaussov. — Mentions exceptionnellement honorables : MM. Liétard, Dislère, Peyroux. — Mentions : MM. R. Leroy, Lucien Mayet, Passerat, Trousseau, et au manuscrit n" 7 ayant pour devise : Primo non nocerc.
- Chimie. — Prix Jecker : M. Rosenstiehl.
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- LÀ NATURE.
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- Minéralogie et géologie. — Prix Fontannes : M. de Grossouvre.
- Géographie physique. — Prix Gay : M. le colonel Berthaut.
- Botanique. — Prix Desmazièros : M. Roland Tliaxter.
- — Prix Montagne : M. Vuillemin. — Prix Thore : M. R. de Siiiétv.
- Médecine et chirurgie. —Prix Montyon : MM. Dejerine, Roger, Ilavaut. — Mentions : MM. Commenge, Comby, Guil-lemonat. — Citations:MM.Bodin, Griffon,Fournier,Guérin, Cassaët. —Prix Barbier : Partagé entre MM. L. Grimbert et A. Le Dentu. — Prix Créant : M. Ed. Imbeaux. — Prix Godard : M. G. Loisel. — Prix Bellion : M. Pierre Lere-boullet. — Prix Mège : M. A. Clerc. — Prix Lallemand : Partagé entre Mlle Pompilian et M. Hauser. — Prix du baron Larrey : M. Triaire. — Mention honorable : M. Romary.
- Physiologie. — Prix Philipeaux : M. Pierre Bonnier.
- — Prix Serres : M. Marchai. — Prix Pournt : M. J. Tissot.
- — Prix Martin-Damourctte : M. II. Blondel de Joigny.
- Prix généraux. — Médaille Lavoisier : M. Stanislas
- Cannizzaro. — Médaille Berthelot : MM. Roscnstiehl, Minet, Clerc, Imbeaux, Bordas, Rislère, Peyroux, Grimbert, Mme Curie, MM. Grignard, Fosse, Marquis.
- Arts insalubres. — Prix Montyon : M. Claude Boucher.
- — Prix Wilde : M. Schulhof. —Prix Cahours : MM. Fosse, Grignard, Marquis. — Prix Tchihatchef : M. Sven Hedin.
- — Prix Relalande-Guérineau : M. Gonnessiat. — Prix Gérome Ponti : M. André Tournouër. — Prix Houllevigue : M. Teisserenc de Bort. — Prix Sa in tour : Partagé entre MM. Riquier et Minet. — Prix Gcgner : Mme Curie. — Prix Trémont : M. Frémont. —- Prix Laplace : M. Aubrun.
- — Prix Rivot : Partagé entre MM. Aubrun, Niewenglowski, Barrilion, Bénézit.
- M. Berthelot, secrétaire perpétuel, prend la parole et donne connaissance d’une notice historique sur la vie et les travaux de Chevreul. 11 est impossible, faute de place, d’évoquer l’impression laissée par cet admirable éloge qui s’élève à la philosophie des sciences en retraçant l’enchaînement des découvertes de Chevreul. Il n’y a mieux à faire qu’à reproduire en partie le début et la conclusion de ce magnifique travail :
- « La science et la civilisation sont des constructions progressives, érigées par le lent effort des générations humaines : mais l’œuvre de chacune de ces générations n’est ni semblable, ni d’égale valeur. A certains moments il s’élève des hommes de génie, des héros, comme on disait autrefois, qui ouvrent des voies nouvelles, qui couronnent ou proclament par un acte ou par une découverte l’accomplissement d’une longue préparation, due au pénible travail effectué par leurs ancêtres. C’est ainsi que la science grecque avait été fondée, il y a vingt-cinq siècles, sous une forme surtout logique et mathématique ; c’est ainsi qu’après une période de dogmatisme théologique et de long obscurcissement intellectuel au moyen âge, la doctrine moderne a repi’is, du dix-septième au dix-neuvième siècle, les habitudes rationnelles de la doctrine antique et constitué pour son propre compte les sciences physiques et naturelles, assises sur les fondements solides de l’observation et de l’expérimentation. Quelques grands noms dominent cette évolution de la pensée moderne : Galilée, Newton, Lavoisier en ont été les plus brillants protagonistes. La chimie en particulier, se dégageant de la confusion d’une doctrine antérieure à moitié chimérique, a été ainsi constituée vers la fin du dix-huitième siècle par une pléiade de génies exceptionnels ; Lavoisier
- à leur tète, mais aussi Priestley et Cavendish, Berthollet, Scheele, Wenzel, et bientôt Yolta, pour ne parler que des savants du dix-huitième siècle. Après ces premiers fondateurs, les générations des inventeurs en chimie se sont succédé sans interruption pendant un siècle entier, sans que leur initiative soit encore épuisée. Nous devons attribuer une part toute spéciale de notre reconnaissance à ceux qui ont suivi les célèbres promoteurs de l’origine, je veux dire aux Épigones, pour parler le langage d’autrefois. Tels ont été Gay-Lussac, Chevreul, Dulong, Thénard, en France: et ailleurs, Davy, Dalton, Faraday, Berzélius, Œrsted, Liebig et bien d'autres justement célèbres, quoique les ténèbres du passé commencent à envelopper leurs noms... » M. Berthelot conclut :
- « Pour lui rendre une justice complète, il convient d’aller plus loin encore et de rechercher quelle influence Chevreul a exercée sur le développement de la chimie de son temps.... Ce qu’il a créé et enseigné, ce sont des méthodes de recherches en chimie organique : méthodes générales d’analyse destinées à isoler les principes immédiats naturels ou artificiels, et méthodes propres à définir les caractères exacts de ces principes. Aux notions imparfaites et flottantes, régnantes à son époque et qui tendaient à confondre sous des appellations vagues tout un ensemble de composés analogues, il a substitué des idées claires, précises, fondées sur une logique rigoureuse.... Les services de Chevreul à cet égard sont comparables, sous certains rapports, à ceux que les logiciens scolastiques ont rendus à la raison humaine. C’est surtout par ce côté de ses travaux que Chevreul s’est rattaché à la tradition philosophique des savants du dix-huitième siècle et qu’il a concouru, pour une part inoubliable et avec une pleine conscience de son œuvre, aux progrès généraux de la science et de l’esprit humain. » Ch. de Yiu.ehecil.
- LE MÉTIER-BIJOU JACQUARD
- L’Exposition des jouets qui a fermé ses portes au mois de novembre dernier, et dont nous avons rendu compte, ne comprenait pas toutes les nouveautés que vont nous révéler les expositions particulières que les grands magasins organisent au moment de Noël et du Nouvel an. Certains fabricants ont voulu réserver, pour cette époque, la surprise de leurs nouvelles créations. C’est le cas du petit métier à tisser de la Manufacture de jouets de Lunéville, qui eût certainement été classé bon premier par le Jury en sa qualité de jouet utile. C’est une réduction exacte du métier Jacquard dont tout le monde a entendu parler, qu’on a vu même fonctionner chez un tisserand, mais dont bien peu connaissent réellement le mécanisme.
- Ce petit modèle permet non seulement d’étudier le système, mais aussi de l’employer à la confection d’un tissu de laine, soie, coton, etc., car il fonctionne parfaitement. Il se compose d’un bâti en bois vernis ayant 0m,30 de haut, sur 0m,50 de large et 0m,50 de long. A chaque extrémité se trouvent des rouleaux, l’un à l’arrière sur lequel on place les fds de chaîne; deux autres à Lavant, le premier dit poitrinière, sur lequel glisse l’étoffe déjà façonnée, et le second (5) où on l’enroule au fur et à mesure de l’avancement du travail. Vers le milieu du bâti sont suspendus deux
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- LA NATURE.
- cadres en aluminium (2 et i) qui glissent l'un contre l’autre dans le sens vertical ; dans le véritable métier Jacquard on les manœuvre avec des pédales, ici on se sert de boutons montés au bout de cordelettes qu'on tire à la main. Ces cadres sont ce qu’en terme de métier on appelle la lame d’avant et la lame d’arrière. Il sont tendus verticalement de fils qu'on nomme fils lisses, et qui portent, vers le milieu, un œillet dans lequel passe le iil de chaîne du tissu en fabrication ; autant la lame portera d’œillets autant on aura de fds de chaîne, c’est ce ([ui détermine la largeur de l’étoffe.
- En avant des lames on trouve le peigne, autre
- cadre vertical (1) tendu de fils métalliques rigides et qui peut se déplacer horizontalement d’avant en arrière au moyen d’un bouton qu’on manœuvre à la main. Un jeu de navettes complète le matériel.
- Pour équiper le métier il faut commencer par mettre la chaîne en place; on coupe à la longueur voulue les tils de laine, coton ou soie qui doivent la former et on les passe dans les œillets des tils lisses de chaque lame. Ce travail demande un peu de raisonnement; suivant le dessin qu’on voudra obtenir on disposera de chaque côté des tils de différentes couleurs en nombre plus ou moins grand. Les tils de numéros pairs sont tous supportés par la même
- Lp Métier-bijou Jacquard. — 1. Peigne. — 2 et i. Lames d’avant ot d’arrière. — 5. Rouleau récepteur.
- lame et les tils de numéros impairs par l’autre, de sorte que lorsqu’on soulève l’une et qu’on abaisse l’autre on obient deux plans bien séparés : c’est entre ces deux plans qu’au moyen d’une navette on passe le fil de trame. Si on fait manœuvrer alors les lames en sens inverse les fds de chaîne s’entre-croisent en retenant le fil de trame; au moyen du peigne on force celui-ci avenir s’appliquer exactement contre le fil précédemment placé. Pour que chacun puisse facilement se rendre compte du montage le petit métier se vend avec un tissu tout monté et commencé; on n’a qu’à le continuer pour se faire la main et il est facile avant de l’enlever de se rendre compte de la façon dont il faudra procéder pour en mettre un autre en train ; il y a du reste à ce sujet une instruc-
- tion très détaillée et très claire. C’est moins compliqué que certains ouvrages de dames, tels que la dentelle an fuseau par exemple. Jusqu’à présent on n’avait mis à la disposition du public aucun appareil permettant de faire un tissu autre que ceux obtenus par le tricot ou le crochet; avec le petit Jacquard on pourra varier la nature des ouvrages de dames et tisser des cache-nez en laine, des bretelles en coton et des cravates de soie, etc... aussi facilement qu’on les eût tricotés — ce n’est pas à vrai dire un jouet, c’est plutôt un instrument de travail, mais de travail amusant tout en restant utile. G. Chxlmarks.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuhk, rue de Fleurus, 9.
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- s» 1 o 45. — 5 JANVIER 1905.
- LA NATURE.
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- LES BEMBEX
- Los hyménoptères du genre Bembev n’ont pas la notoriété des Abeilles butineuses de miel, des Guêpes célèbres par leur sveltesse et l’acuité de leur aiguil-
- lon, ni même du Bourdon maladroit, tout de velours habillé. Ils mériteraient cependant d’étre mieux connus, surtout en raison de leurs moeurs fort curieuses, sur lesquelles Fabre, l’illustre zoologiste de Sérignan, avait déjà écrit de fort belles pages *, et que
- Fig. 1. — Bembcx rapportant dos mouches paralysées et pénétrant dans la terre.
- M. E.-L. Bouvier, professeur au Muséum, vient de compléter dans une admirable monographie1, que devraient lire tous ceux qui veulent savoir comment on étudie les mœurs des animaux.
- LesBembex,au physique, n’ont rien de remarquable : ils ressemblent assez aux Guêpes ordinaires, à cause des bandes transversales claires, le plus souvent jaunes, qui se détachent sur le fond noirâtre de leurs anneaux ab-dominaux; ils s’en distinguent cependant par leur tête arrondie en avant, par leurs gros yeux légèrement enfoncés, et surtout par leur lèvre supérieure, qui se prolonge en forme de cône au-dessous de la face. Ils vivent dans les endroits ensoleillés et les terrains sablonneux un peu arides,
- 1 Tirage à part de Y Année psychologique.
- 31e année. — 1er semestre.
- ordinairement découverts, plus rarement abrités par de malingres arbrisseaux. Fabre les a observés au
- bois des Issarts.
- « Le bois des Issarts, dit-il, est un taillis de chênes verts à hauteur d’homme, clairsemés par maigres touffes, qui tempèrent à peine à leur pied les ardeurs du soleil. Le sol, non occupé par les bouquets de végétation ligneuse, est à peu près nu, et se compose d’un sable lin, aride et très mobile, que le vent amoncelle en petites dunes partout où les souches et les racines des chênes verts forment obstacle à sa dissémination. La pente de ces dunes est, en général, bien unie, à cause de l’extrême mobilité des matériaux qui s’éboulent dans la moindre dépression et rétablissent d’eux-mêmes la régula-1 Souvenirs cntomologiques.
- sa tête (1) et le tarse d’une femelle (5).
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- rite des surfaces. Il suffit de plonger le doigt dans le sable et de le retirer pour amener aussitôt un ébou-lis qui comble la cavité et rétablit la chose en l’état primitif, sans laisser de trace visible. Mais, à une certaine profondeur, le sable conserve une sorte d’humidité qui le maintient en place et lui donne la consistance nécessaire pour être creusé de légères excavations sans affaissement des parois et de la voûte. » Abstraction faite des chênes verts, c’est là aussi la description des lieux habités par les Bembex sur les côtes de la Manche, à Colleville, par exemple, où M. Bouvier les a étudiés.
- Les Bembex sont des hyménoptères solitaires ; chacun creuse son terrier pour lui tout seul et élève seul sa famille. Néanmoins, on peut observer, chez eux, un rudiment de sociabilité. C’est ainsi qu’il leur arrive très souvent d’établir leurs terriers côte à côte, simulant ainsi des bourgades comprenant une dizaine d’habitants par mètre carré. Mais il est difficile de dire si cette réunion est due à la présence, en un même lieu, de conditions favorables ou à un amour de la communauté. Cette dernière hypothèse semble la plus vraisemblable chez une espèce américaine, étudiée par M. et Mme Peckham. « A certains moments, tous les individus paraissent être là, creusant leur nid, emmagasinant leur butin, fondant les uns sur les autres ou chassant les parasites. Puis, soudain, tous sont partis, aucun ne reste; mais une multitude de mouches tiennent leur danse étourdissante au-dessus du champ qui reste désert 10 ou 15 minutes. Alors les Guêpes commencent à rentrer; plusieurs reviennent en même temps et, comme par magie, la scène redevient vivante. » Cette envolée de Guêpes est bien étrange....
- Malgré leur aspect délicat, les Bembex sont des fouisseurs émérites, des terrassiers habiles, qui savent creuser des galeries dans le sable et en éviter les éboulcments. Au dehors, rien n’en indique l’emplacement. « En raclant légèrement la dune avec la lame d’un couteau au point où le Bembex se tient de préférence, on ne tarde pas à découvrir le vestibule d’entrée, qui, tout obstrué qu’il est dans une partie de sa longueur, n’est pas moins reconnaissable à l’aspect particulier des matériaux remués. Ce couloir, du calibre du doigt, rectiligne ou sinueux, plus long ou plus court, suivant la nature et les accidents du terrain, mesure de 2 à 5 décimètres. Il conduit à une chambre unique, creusée dans le sable frais, dont les parois ne sont crépies d’aucune espèce de mortier qui puisse prévenir les éboulements et donner du poli aux surfaces raboteuses. Pourvu que la voûte tienne bon pendant l’éducation de sa larve, cela suffit : peu importent les effondrements futurs, lorsque la larve sera renfermée dans le robuste cocon, espèce de coffre-fort que nous lui verrons construire. Le travail de la cellule est donc des plus rustiques : tout se réduit à une grossière excavation sans forme bien déterminée, à plafond surbaissé et d’une capacité qui donnerait place à deux ou trois noix. » (Fabre.) La confection de ce terrier est, on
- le comjirend, assez dure. «C’est aux tarses antérieurs seuls, dit M. Bouvier, qu’est dévolu le travail d’extraction et de balayage, car seuls ils sont pourvus, sur le bord externe de leurs premiers articles, d’une rangée de soies longues et bien développées. Fortement campé sur ses pattes des deux dernières paires, l’animal gratte et balaye avec les tarses du train d’avant, repoussant le sable par petits jets violents, qui passent sous le corps et vont retomber à 8 ou 1) centimètres en arrière. Aux moments de grande activité, les jets de sable se succèdent presque sans intervalle, et, à chaque fois, l’abdomen de la bête se relève d’un soubresaut, pour leur permettre plus facilement de passer. Quand la galerie atteint des veines résistantes ou des graviers trop volumineux, la besogne devient rude et la Guêpe prend, comme nos mineurs, les attitudes les plus variées : tantôt penchée sur le côté, parfois même presque renversée sur le dos, elle gratte avec les pattes, arrache avec les mandibules et ne se rebute que devant les difficultés vraiment insurmontables. Un jour, je profitai du départ d’un Bembex pour obstruer l’entrée de sa galerie avec la coquille d’un petit escargot; au retour, la guêpe ne put déplacer l’obstacle, mais ne se rebuta point pour si peu; elle se mit à creuser tout autour et, de la sorte, parvint à s’ouvrir une voie latérale qui la conduisit au terrier. Tournant les corps trop volumineux, détachant les graviers et coupant les menues racines, la guêpe finit toujours par avancer dans son travail de forage ; on la voit sortir du trou, emportant, avec ses mandibules, les plus grosses des particules arrachées au sol, brindille égarée dans le sable, minuscule galet, fragment de racine détachée. Puis le balayage recommencé, plus actif et plus fiévreux, avec les mêmes soubresauts de l’abdomen et la même oscillation générale du corps. »
- Voici le terrain préparé, avec son orifice de sortie plus ou moins obstrué. Le Bembex va maintenant l'approvisionner avec des pièces de gibier sur lesquelles il pondra son œuf. Comme gibier, il choisit exclusivement des diptères, c’est-à-dire des mouches, s’attaquant aussi bien à la mouche dorée de la viande, qu’au taon, à la mouche domestique ou à d’autres espèces voisines; quoique assez éclectique, chaque espèce a, d’ailleurs, ses préférences.
- Différant en cela des autres hyménoptères prédateurs, le Bembex ne sert à sa larve qu’une seule pièce à la fois qui ne tarde pas à être dévorée et que la mère remplace par une nouvelle. Cela est tout à fait analogue à l’oiseau donnant la becquée à ses petits. On a calculé que l’élevage d’une seule larve demande environ 60 mouches, d’où autant de voyages que la mère guêpe est obligée d’effectuer, ce qui n'est pas une sinécure.
- Les mouches servies ainsi au jour le jour à la larve du Bembex sont immobiles, mais sont-elles seulement paralysées ou mortes? C’est à cette dernière alternative que M. Fabre s’est arrêté. Mis dans de petits cornets de papier, ou dans des tubes de verre, les victimes, c’est-à-dire les Érystales, les Syrphes,
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- fous ceux enfin dont la livrée présente quelque vive coloration, perdent en peu de temps l’éclat de leur parure. « Les yeux de certains Taons, magnifiquement dorés avec trois bandes pourpres, pâlissent vite et se ternissent comme le fait le regard d’un mourant. Tous ces diptères, grands et petits, enfouis dans des cornets où l’air circule, se dessèchent en deux ou trois jours et deviennent cassants ; tous, préservés de l’évaporation dans des tubes de verre où l'air est stagnant, se moisissent et se corrompent. Ils sont donc morts, bien réellement morts lorsque l’hymé-noptère les apporte à la larve. Si quelques-uns conservent encore un reste de vie, peu de jours, peu d’heures terminent leur agonie. Ainsi, par défaut de talent dans l’emploi de son stylet ou pour tout autre motif, l’assassin tue à fond ses victimes. Le diptère a parfois la tète tournée sens devant derrière, comme si le ravisseur lui eut tordu le cou; ses ailes sont déformées; sa fourrure, quand il en possède, est ébouriffée. J’en ai vu le ventre ouvert d’un coup de mandibules et des pattes emportées dans la bataille. D’habitude, cependant, la pièce est intacte. » Plusieurs auteurs ne sont pas de l’avis de Fabre. M. Ferton et M. Bouvier, notamment, croient plutôt que les proies sont simplement paralysées. « Jamais trace de mutilation sur les insectes, dit ce dernier, mais à peine deux ou trois mouches avec la tète retournée sens devant derrière ou sur le côté, ce qui peut se produire très accidentellement, je pense, lorsqu’on ravit la mouche à la guêpe, ou lorsque celle-ci l’introduit dans son terrier. Les Diptères sont bien paralysés et, au moindre mouvement, allongent leur trompe, agitent leurs tarses, et font mouvoir l’extrémité souvent dévaginée de leur abdomen. Les petites . mouches ne réagissent pas très longtemps de la sorte et, souvent même, ne réagissent pas du tout, même quand on vient de les enlever à la guêpe. À ce moment, les grosses réagissent fréquemment d’elles-mêmes sans excitation, et parfois remuent assez fortement les pattes. La paralysie n’est pas égale chez tous les représentants de la même espèce ; tel individu réagit fortement et pendant cinq ou six jours, tel autre réagit peu et pendant beaucoup moins de temps. » Tout cela semble prouver que les Bembex ne sont pas d’habiles paralyseurs et, conscients de leur incapacité, ne donnent les proies qu’une à une pour ne pas craindre de les voir se corrompre.
- En revenant avec sa proie sous le ventre, le Bembex s’abat exactement sur l’emplacement de son nid et, sans la lâcher, pénètre avec elle dans le sable où il disparaît en un clin d’œil.
- J’ai déjà dit que l’emplacement du nid n’apparaissait nullement à l’extérieur, d’autant moins que l’insecte a soin d’en balayer la surface comme pour en dissimuler la présence. Dans ces conditions, comment Fhyménoptère le retrouve-t-il? M. Fabre admet un « sens spécial » qui les guide dans cette reconnaissance des lieux. M. Bouvier n’est pas de cet avis et ses expériences le prouvent. En plaçant une pierre plate sur l’entrée du nid, l’insecte s’y abat quand il
- revient, se guidant sans doute sur les objets environnants pour retrouver l’emplacement de son terrier. « Pourtant la présence de la pierre n’est pas sans dépayser un peu la guêpe qui vole quelques instants avant de s’y poser. Elle s’arrête sur la pierre, mais non pas juste au-dessus de l’entrée du terrier. Elle se met à gratter la dalle, s’envole après un quart d’heure d'efforts, revient sans sa mouche, gratte, puis repart encore; enfin, elle se met à fouiller le sol sur les côtés, tantôt en un point, tantôt en un autre, mais toujours du côté le plus ensoleillé, qui est celui le plus éloigné du logis. Il déplace la pierre de façon que l’orifice du terrier se trouve très près de ce bord, et la guêpe finit par entrer. Ainsi le Bembex ne s’obstine pas inutilement au point où devrait être l’entrée de son nid, il se déplace et cherche dans le voisinage un point plus favorable. Ce n’est pas tout à fait acte instinctif et purement machinal.
- Ayant laissé la pierre en place, je pus m’assurer, le lendemain, que l’orifice du nid avait été ramené sur l’un de ses bords. Le surlendemain, par une belle journée de chasse, je revins au même endroit et, profitant de la sortie du Bembex, je déplaçai la pierre et la mit à 2 décimètres au delà, en un point qui ressemblait beaucoup à celui où elle était restée les deux jours précédents. L’insecte revint bientôt chargé d'une mouche et, sans hésitation appréciable, alla s’abattre, sur le bord de la pierre, c’est-à-dire à 2 décimètres de l’entrée de son terrier, puis se mit à faire comme s’il se fut trouvé à la bonne place. Je le chassais deux fois de la pierre, deux fois il y revint et se livra au même manège. Enfin je remis la pierre au lieu où elle était d’abord, et aussitôt l’insecte retrouva l’entrée de son logis. Ici, très évidemment, l’instinct avait été mis en défaut ; l’animal avait très exactement fixé dans sa mémoire la topographie du lieu, et comme la pierre était un des éléments essentiels de cette topographie, on comprend qu’elle servît de repère pour trouver l’entrée du nid. » De cette expérience et d’autres analogues, M. Bouvier conclut que l’insecte est merveilleusement servi, dans ses voyages et le retour au nid, parla vue et par le souvenir, qu’il a une mémoire topographique excellente et que sa confiance en cette mémoire est presque illimitée.
- Nous avons vu la mère Bembex (le mâle ne prend pas part à ce travail) rapporter des mouches paralysées dans son nid. Sur la première elle dépose un œuf, d’où ne tarde pas à sortir une larve laquelle se met aussitôt en devoir de manger une pièce de gibier, puis la seconde que la mère lui apporte, et ainsi de suite. Quand elle a atteint toute sa taille, elle se file un cocon de soie et y incruste des grains de sable '. C’est là qu’elle se transforme en nymphe laquelle devient plus tard un Bembex adulte. Notre petit roman est terminé. Henri Coupin.
- 1 Pour plus <te détails voir : If. Coupin. Les arts et métiers chez les animaux.
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- LA SECTION DE L’ALCOOL
- A I.A 5° EXPOSITION INTERNATIONALE DE l.'.U TOMOIMLE
- L'Automohile-Club do Franco nièrement la 5° Exposition do
- a organise der-l’Automobile, dn
- Cycle et des Sports, que lo publie a pris l'habitude d’appeler simplement le « Salon de l’Automobile ».
- Fi". 1. — Exposition <ln Ministère do l'Agriculture.
- Comme l’année dernière c’est le Grand Palais des Champs-Elysées qui a servi de cadre à cette mani-
- festation, et comme précédemment les organisateurs ont donné une importante place aux appareils utili-
- Fig. 2. — 1. Lampe Delamotte (à côté le manchon démonté placé sur un support).
- 2. Lampe Landi (à côté détail du pointeau intérieur). — 5. Lampe. Denayrouse (à côté détail du Runsen).
- sant l’alcool dénaturé, voulant rappeler ainsi que | prochain un puissant élément de consommation d’un
- l’Automobilisme, industrie dans laquelle la France j autre produit de l’Industrie française.
- est en première place, doit devenir dans un avenir i La Section de l’alcool comprenait donc l'exposition
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- de tous les appareils autres que les automobiles de laquelle la lumière solaire était complètement utilisant l’alcool : moteurs "fixes, appareils de chaul- | exclue.
- fage et d’éclairage. Les moteurs occupaient le sous- L’éminent commissaire général M. Rives, auquel sol du Crand Palais tandis que les lampes inondaient nous devons immédiatement rendre hommage pour de leur belle clarté la coupole de l’avenue d’Antin ; la brillante organisation de l’Exposition, avait de-
- Fijj. 5. — 1. Chauüe-bains Fouilloud-Grosjeau. — 2. Réchaud Dccatnps. — 3. Cheminée « l'réiëré ».
- mandé à M. le ministre de l’agriculture de vouloir bien honorer la Section de l’alcool en mettant à nouveau sous les yeux des visiteurs tous les résultats des deux précédents concours de l’alcool (novembre 1901 et avril 1902,circuit du Nord). L’excellente conception de M. Rives a été prise en considération par M. le ministre de l’agriculture qui a chargé de sa réalisation le très distingué organisateur du circuit du Nord, M. Fa-meehon. Celui-ci a exécuté, avec la collaboration d’artistes et d’industriels, le plus intéressant salon d’exposition que l'on puisse voir. Certes les documents à exposer étaient des objets bien peu décoratifs n’ayant leur valeur ([lie par IV-nonciation ou le résumé de travaux considérables, exécutés par les jurys et leurs rapporteurs, pendant les
- concours de 1901 et de 1902. C’étaient des graphiques, des dessins, des tableaux purement techniques, des photographies nombreuses purement documentaires.
- M. Famechon a eu la bonne idée d’entourer ces lignes et ces chiffres d’un fort joli décor dont Féclat des lampes à alcool a été le principal élément (lîg. 1). Dans un jardin d’hiver dessiné par M. Martinet, architecte paysagiste, trois jets d’eau lumineux développaient leur courbe gracieuse au sortir de masea-rons en grès Muller d’unefortbelle exécution. La lumière qui faisait chatoyer l'eau était produite par des lampes à alcool intensives munies de verres de differentes couleurs, et ce triple jeu d’eau et de lumière donnait au visiteur la même agréable impression que les fontaines lumineuses électriques que tout le monde
- Fig. i. — Moleui-Fomiic à incendie Chauveau.
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- connaît. Le hassin d’eau était entouré de massifs d’arbustes et de bandes de gazon au milieu desquels on pouvait admirer aussi les bronzes de nos meilleurs maîtres de la sculpture, que le ministère d’agriculture avait donnés en premiers prix dans ses concours.
- Tout ce gracieux ensemble1 non seulement montrait au public à quel point la question de l’emploi industriel de l’alcool occupe le gouvernement, mais aussi que sa lumière se prête très bien à de riches eifets décoratifs tout comme l’électricité.
- Nous ne pouvons pas ici donner la description de tous les becs «à alcool exposés dans la grande Rotonde, nous nous bornerons à citer les principaux et à en décrire trois. D’ailleurs presque tous les exposants de cette année ont été ceux de l’année dernière, 'et nous avons déjà donné dans ce journal la description des becs : « Préféré » de la Continentale Nouvelle, Decamps et des lampes « la Washington », « la Monopole ». Nous avons retrouvé ces appareils cette année avec des perfectionnements de détails, et à coté d’eux, nous avons vu les lampes du système d’Hugo Pollack exposées par M. Chauveau, celles à 11anime libre et alcool carburé de MM. Chal-mel, le brûleur Roger, la lampe Regina et le très ingénieux bec « Le National » construit par MM. Roi-vin et Cie. Nous allons décrire le bec Landi et les lampes nouvelles de MM. Delamotte et Cie et de M. Denayrouse.
- Le bec Landi (n° 2 de la fig. 2) se compose d’un bec à récupération Epar tige centrale avec double enveloppe A des mèches plongeant dans le liquide pour éviter l’échaulfement de celui-ci, le tube de montée d'alcool étant ouvert par le bas pour empêcher tout entrainement de liquide, l’allumage se fait par une couronne d’amiante à demeure G, dans laquelle on fait monter un peu d’alcool par une petite poire mobile en caoutchouc ; l’extinction se fait par pointeau B.
- Le bec Denayrouse 1902 (n° o, fig. 2) est un bec à récupération par une potence en cuivre rouge, de forme très étudiée ; pour éviter Réchauffement de se transmettre au liquide, la mèche passe dans un tube en maillechort C, mauvais conducteur de la chaleur, entouré d’une gaine d’air. Réglage par pointeau B placé dans l’axe de la lampe.
- Enfin dans le bec Delamotte (n° 1, lig. 2), la gazéification se fait par flammes dérivées à la base d’un Bunsen; le manchon et la cheminée du Bunsen sont démontables à la main, ce qui permet d’assurer le nettoyage. L’allumage de ces becs se fait au moyen d’une taupette.
- A côté des lampes, une place avait été réservée aux appareils de chauffage, réchauds, poêles, cheminées. Nous avons revu les réchauds de cuisine déjà connus, entre autres celui de M. Barbier, « le Réglable », ainsi que le réchaud Decamps.
- 1 M. Famechon nous prie de mentionner les noms de ses collaborateurs : MJI. Martinet, Emile Muller, Lellieux, Chris-toile, Le lioll, Itobert, et tous les fabricants d’appareils d'éclairage à l’alcool.
- Nous donnons une vue de celui-ci (n° 2, fig. 5). L’alcool contenu dans le' réservoir R est aspiré par des mèches contenues dans les tubes A A, jusqu’à la chaudière E, où il se gazéifie, il sort par un injec-teur muni d’un, robinet de réglage D, se mélange d’air dans une chambre centrale, en haut de laquelle est une couronne de trous d’où il s’échappe pour brûler. Cette couronne est surmontée d’une sorte de coupelle métallique C, qui est continuellement chauffée par les flammes et qui communique la chaleur récupérée à la chaudière inférieure E. Par une ouverture F, on introduit au moment de l’allumage une topette d’alcool qui chauffe la coupelle supérieure pour la mise en marche de l’appareil.
- Il semble cette année que tous les efforts des constructeurs se soient portés sur la réalisation de cheminées ou poêles à alcool. C’est là un très sérieux pas en avant, car jusqu’ici les poêles d’appartements n’étaient constitués que par des réchauds de cuisines surmontés d’une chambre de chauffe pour l’air. Au contraire, les nouveaux appareils ressemblent dans leur forme extérieure aux cheminées à gaz à feu visible.
- La maison Decamps a, elle aussi, modifié le brûleur proprement dit de son réchaud et la forme du réservoir pour le placer dans un véritable corps de cheminée. Nous donnons (n° 5 de la fig. 5), la vue de la cheminée dite « Préféré », exposée par la Continentale Nouvelle, avec les détails de la disposition intérieure.
- Derrière la cheminée est le réservoir à alcool qui communique avec le robinet C par un tuyau G dont la partie horizontale constitue le gazéifieateur. Celui-ci est prolongé par un tube faisant le tour complet de la partie haute de la cheminée et avant le point le plus haut de son parcours, ce tube se renfle sur une certaine longueur, de manière à former une chambre d’un diamètre plus grand. Cette disposition évite d’une façon absolue les entraînements de liquide. Le gaz d’alcool se mélange avec de l’air en E et le tube F forme un réservoir de mélange gazeux qui alimente le brûleur proprement dit B.
- Celui-ci émet des flammes hautes qui viennent lécher des parois garnies d’amiante, dont le but est d'augmenter le rendement de l’appareil en calories émises par rayonnement. Les produits de la combustion sont évacués dans un conduit de cheminée quelconque par une ouverture placée derrière l'appareil.
- Un autre appareil très intéressant à signaler était celui exposé par les maisons Fouilloud et Grosjean réunies. C’est un chauffe-bains dont nous donnons une vue (n°l, fig. 5). Le réservoir du chauffe-bains Best un réservoir d’eau à circulation tubulaire et à chauffage rapide analogue à ceux employés dans les chauffe-bains instantanés à gaz. À est l’entrée de l’eau, C la sortie vers la baignoire.
- Tout l’appareil de chauffage à alcool est solidaire de la porte inférieure de l’appareil. Lorsqu’on veut allumer ou visiter les becs à alcool il faut ouvrir la porte, c’est cette position que représente notre figure.
- Une disposition très simple de robinet à poussoir, manœuvré par un doigt fixé sur la face intérieure de
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- la porte, permet de condamner l’arrivée de l'eau lorsque la porte est ouverte et de l’ouvrir automatiquement lorsqu’elle est fermée. Ce robinet à poussoir est sur le tuyau 1).
- Les becs F, au nombre de 9, sont du système l’ouilloud à alcool pur sans mècbe et à pression. Ils sont disposés tous au-dessus d’un réservoir R dans lequel l’alcool est mis sous pression au moyen d’une petite pompe à mains E. L’alcool est distribué dans les 9 becs par une nourrice centrale G, et chaque bec porte son récupérateur de chaleur, son Bunsen et à la partie inférieure sa coupelle d’allumage. Un robinet sert à régler et à éteindre la llamme des 9 becs. L’ensemble de ce chauffe-bains est ingénieux, c’est une application très pratique d’un bec à alcool qui a lait ses preuves pour les réchauds et les lampes à souder.
- Parmi les constructeurs de moteurs à explosion qui avaient exposé au sous-sol, il faut citer : MM. Brouhot, Compagnie Dupleix, Grob, Compagnie Otto, de Dion-Bouton qui avaient une exposition très, complète et des plus intéressantes. Signalons enfin un ensemble original de petite pompe à incendie combinée avec moteur h alcool, imaginé par M. Chauveau, ingénieur (fig. A).
- Le moteur M de 5 chevaux 1 /2 actionne directement par engrenage une pompe à 2 pistons P capable de débiter 250 litres d’eau à la minute et de donner un jet de 50 mètres environ.
- Le système de commande du chariot est assez caractéristique : une roue à rochet placée sur l’une des roues du véhicule est actionnée par une dent à la façon d’un tiroir de machine à vapeur par l’intermédiaire d’une coulisse et d’un excentrique calé sur l’axe du moteur. Le levier L permet de faire varier la vitesse d’avancement du chariot.
- Pendant le déplacement de la pompe le rôle des hommes de manœuvre se borne à diriger l’appareil au moyen de bras d’attelage B. Comme le réprésente la ligure ces bras se rabattent sur le sol pour rendre la pompe stable pendant son utilisation.
- On voit sur la ligure que le chariot supporte aussi un réservoir d’eau R pour le refroidissement du moteur et une certaine longueur de tuyaux nécessaires à l’aspiration et au refoulement de l’eau. Le poids total est d’environ 450 kilogrammes, l’appareil est donc facilement maniable et trouve aussi son application pratique dans l’élévation de l’eau aux différents points d’une propriété.
- 11 nous faut aussi mentionner les carburateurs exposés et spécialement construits pour l’alcool ; ce sont ceux de MM. Fillet, Martha et Longuemare. Les carburateurs seuls demanderaient une longue étude que nous ne pouvons faire ici.
- En résumé l’exposition du Grand Palais a marqué un état prospère de l’Industrie de l’alcool en France qui est des plus rassurants pour l’avenir de notre produit national. Raymoxd Périssjî,
- Iiijjcéuiciir-ugi'onoiuc.
- LA MGE DANS LE JURA
- Pendant que les prophètes de la météorologie s’évertuent à nous combler de prévisions de toute nature, la neige sans se soucier de leurs combinaisons a fait tranquillement et comme de coutume son apparition sur les sommets et les hauts plateaux, dont elle est la reine pendant les longs mois de l’hiver. Parmi ces plateaux ceux du Jura sont loin d’être les moins intéressants. Nos lecteurs pourront s’en rendre compte en jetant un coup d’œil sur les belles photographies que nous reproduisons plus loin et que nous devons à l’obligeance de M. Laheurte, de Morez.
- Morez allongé le long de la Bienne, par 700 et quelques mètres d’altitude est dominé à l’Est par la croupe boisée du Risoux (1500 mètres) au sud duquel est campé à 1155 mètres le village des Rousses, qui commande la route de Paris à Genève par la Faucille. Sur ce plateau la grande neige commence ordinairement en décembre pour atteindre son maximum de hauteur à fin février : 1 m,50 environ. Elle disparaît dans la plaine découverte vers le milieu d’avril, mais ne quitte qu’au mois de juin la forêt dans laquelle elle est en couche plus profonde.
- Comme du reste, les chutes sont presque toujours accompagnées de tempête, il y a forcément une grande inégalité dans l’épaisseur de la couverture blanche qui protège le sol contre les gelées pernicieuses. Dans les replis de terrains il n’est pas rare de trouver 4 mètres de neige. Aussitôt la précipitation terminée, les cristaux se tassent amenant dans l’épaisseur des couches neigeuses une réduction de un quart environ.
- Nous avons dit que la grande neige commence en décembre normalement. Ceci ne veut pas dire que de juin à ce mois-là, les habitants de la région aient le temps d’en perdre le souvenir. Il tombe de la neige à peu près à tous les mois de l’année. C’est ainsi qu’en 1896 il en est tombé 1(1 centimètres le 28 août! Ce qui n’empêche pas la température d’être montée jusqu’à 47-° au-dessus de zéro. Il est vrai que cette chaleur torride se compense par les 52J au-dessous du même zéro qu’on a notés comme maximum de froid. Près de 80° d’écart de température dans le cours d’une année! Et on admire les habitants de la Sibérie qui s’accommodent de la vie entre—-45° et-f-150! Ces variations énormes de températures n’empêchent pas d’ailleurs les habitants detre de beaux et solides gaillards. Au contraire.
- Examinez ces douaniers qui escaladent le Risoux, par trois mètres de neige non tassée, pour aller conférer avec leurs collègues de Chaux Sèche, de l’autre côté, et dites s’ils n’ont vraiment pas bonne et martiale figure. Les voici maintenant dans le lointain, les jambes toujours enfoncées de 50 centimètres dans la neige et présentant sur la blancheur immaculée du sol l’aspect d’ombres chinoises.
- 11 ne faudrait pas croire cependant que la marche soit particulièrement commode dans Am milieu aussi
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- LA A AT URL.
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- mou et peu consistant que la neige fraîchement ploi général de la « raquette » ou « cerceau », tombée. Mais elle est aidée singulièrement par l’em- dont notre gravure explique suffisamment l’usage.
- Fig. 1. — Les douaniers sur le liisoux. (Photographie de M. Laheurtc.)
- Voici le lieutenant de nos douaniers de tout à l’heure, qui a bien voulu poser devant l’objectif de M. Laheurte, chaussé de ses raquettes, à l'intention de La Nature.
- Cette simple addition sous la semelle d’un appendice peu encombrant permet à lui et à ses hommes de traverser les champs de neige sans risquer de disparaître sous leur masse, comme cela arriverait infailliblement, avec de simples chaussures ordinaires.
- Qu’on ne s’imagine pas toutefois que l’administration, s’en liant aux raquettes, néglige de s’occuper de la viabilité des chemins et des routes une fois que la neige a pris possession de son domaine. Non. Les Ponts et Chaussées sont dignes d’éloge. Ils prennent leurs mesures de façon h faire déblayer les routes immédiatement, du moins
- autant que faire se peut. Pour cela, lorsque la couche n’est pas trop épaisse, on réquisitionne les chevaux qu’on attelle au fameux « triangle » dont la pointe pénétrant la neige comme un coin, la rejette de part et d’autre de la chaussée.
- Lorsque le triangle est impuissant, c'est la pelle qui le remplace et les bras qui manœuvrent cette pelle n’y vont pas de main morte, car une journée suffit en général largement à rouvrir la circulation entre Mo-rez et les Rousses, distants de 9 kilomètres et dont les unes sont à 400 mètres au-dessus de l’autre.
- Nous n’avons pas ici à nous occuper de la poésie de la neige. LUe se dégage d’ailleurs éloquemment des photographies que nous avons reproduites. Et puis ne suffit-il pas, pour l’apprécier, de nous regarder simplement?
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- Fig. 5. — Brigade de douaniers traversant le Risoux. (D'après une photographie de M. Lalieurte, à Morez.)
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- ])ites-moi, je vous prie, si l’homme qui marche ou travaille ardemment sur la neige pour se réchauffer n’est pas plus viril et plus beau que celui qui transpire et s’éponge péniblement sous les rayons du soleil de juillet? L. Kkvkkchox.
- L’ALIMENTATION NOUVELLE
- De quoi dépend le prix des aliments? 11 y a deux façons de comprendre cette question et d’y répondre Une cuisinière vous dira que la viande est plus chère que les légumes et que si certains poissons s’achètent à bon compte, d’autres comme le Saumon, sont des plats de luxe. Cela peut porter à croire que toute valeur est une affaire de mode tandis qu’envisagées au fond, ces questions vitales se ramènent à des problèmes chimiques. Le prix des aliments n’est pas complètement arbitraire. C’est une résultante complexe, mais qui dépend en dernière analyse de la rareté relative de leurs éléments constitutifs. Que ce soif, en effet, des matières hydro-carhurées comme le sucre, des matières grasses comme le beurre ou l’huile d’olives, ou des matières albuminoïdes comme la viande de bœuf, on retrouve, dans leur composition, les quatre éléments de toute chose vivante ou qui a vécu : L'hydrogène, l’oxygène, le carbone et l’azote. Si le sucre ou l’huile d’olive, alimenls ternaires, n’utilisent pas l’azote dans leur structure intime, les matières albuminoïdes contiennent, au contraire, de notables quantités de cet élément. 11 ne forme malgré tout qu’une portion assez restreinte du poids total. Ces albuminoïdes, éléments constitutifs de tout tissu organisé, sont, à ce titre, les plus indispensables des matières qui concourent à notre alimentation. Les physiologistes ont vu que les produits de désassimilation, « déchets » du corps humain, contenaient journellement 15 à 16 grammes d’azote, pour un individu moyen. Il est nécessaire afin de le maintenir en bon équilibre de santé de lui restituer cet azote sous la forme d’une ration convenable. La constitution des albumines exige, dans ce but, l’utilisation journalière d’environ 100 grammes de celles-ci. Cette proportion élevée rend l’azote coûteux. Bien que le carbone alimentaire soit donné gratuitement, et en sus, dans la même matière albuminoïde, il n’en faut pas moins acheter un poids d’albumine 6 à 7 fois plus élevé que celui de l’élément lui-même. Grâce à leur complexité moléculaire, il est vrai, ces albumines peuvent suppléer dans une certaine mesure au rôle des sucres et des graisses, alors que la réciproque est impossible. Résoudre le problème de l’azote alimentaire à bon marché est d’autant plus malaisé que, dans la nature, la matière azotée ne se présente jamais à l’état pur. Elle est entourée de corps inutiles ou inertes jouant le rôle d’une* « gangue » autour d’un filon précieux. Pour trouver sa ration d’azote, il faut acheter et avaler un gros poids de substances inassimilablcs et inutiles. C’est ainsi que l'idée d’une matière pure dont toutes les particules seraient brûlées et utilisées dans l’organisme, s’était, depuis quelque temps, présentée à certains esprits.
- M. Berthelot, il y a deux ans à peine, prédisait l’avènement, grâce à la chimie, de boulettes, de produits en cachets, qui, avec un volume et un poids extraordinairement réduits, permettraient de réparer promptement, avec le minimum d’efforts, les pertes de l’organisme. L’idée que l’illustre chimiste avait traduite en un langage séduisant adopté aux gens du monde, se réduisait à cette proposition scientifique : débarrasser la matière albuminoïde alimentaire de sa gangue inutile et la livrer pure
- à la consommation sous le plus petit volume et le moindre poids.
- Chimistes et thérapeutes se sont attelés à ce problème. On conçoit l’intérêt d’une pareille découverte en vue de l’alimentation des malades atteints d’affections de l’estomac, des reins, etc. La poudre de viande fut d’abord préconisée. Ce n’est que de la viande desséchée. La concentration consiste en cette soustraction d’eau qui assure jusqu’à un certain point la conservation. Malgré les soins apportés à leur fabrication, ces produits sont nauséabonds, toxiques, indigestes. On essaya ensuite les pains, biscottes, etc., faits avec des farines riches en gluten, mais ces aliments sont lourds, volumineux, coûteux et inefficaces; c’était s’éloigner de la solution. L’innocuité des albumines végétales étant reconnue, on isola le gluten lui-même, mais l’on dut arrêter les essais, parce que son caractère hygroscopiquc amenait à bref délai sa fermentation nauséabonde.
- Les légumineuses fournissent l’azote sous une forme inofl’ensive et peu coûteuse. Ce sont des aliments excellents, mais on est encore loin du volume extraordinairement réduit qu’on peut se proposer d’atteindre.
- L’aliment idéal est celui qui, sous forme d’une poudre insipide, inodore, inaltérable et sèche, peut s’ingérer tel quel dans les cas de nécessité et nourrir son homme avec quelques cuillerées par jour.
- 11 doit s’incorporer en proportions variables à d’autres aliments, pour en graduer, en doser à volonté la puissance alimentaire. Un tel produit permettrait la confection de pains ou de biscuits surazotés et inaltérables. On aurait trouvé l’azote populaire à bon marché.
- 11 existe dès maintenant un nouveau produit qui réalise ect aliment idéal. On lui a donné le nom de « Maïsine », car il n’est autre chose que la matière albuminoïde pure retirée du maïs *. Depuis l’antiquité le maïs est connu pour ses propriétés nutritives et reconstituantes. Qu’est la savoureuse « Gaude » de Franche-Comté sinon une galette faite de bouillie de maïs? La « Polenta » des Italiens qui nourrit tout un peuple, n’est qu’une pâte faite de farine de maïs. Galette de maïs encore, la « Méture » des provinces basques qui constitue l’alimentation à peu près unique des ouvriers agricoles.
- Les athlètes antiques, — la tradition s’en est, parait-il, conservée, — pour être dans la plénitude de leur forme et de leurs forces, se nourrissaient exclusivement de maïs. Enfin, les Américains du Nord en sont à ce point friands qu’ils font bouillir dans l’eau des grappes entières de la céréale à peine mûre et se délectent en y mordant à belles dents. Ce que l’on sait moins peut-être, c’est que le mais sous bien d’autres rapports, est une matière première des plus précieuses pour l’industrie. Avec une huile dont la graine du maïs contient 4-5 pour 100, on fait un excellent savon. Les amidonniers extraient encore de la même céréale 61 à 65 pour 100 d’un amidon que la brasserie utilise en grande quantité pour la fabrication des bières ordinaires.
- Dans tous ces emplois, les matières albuminoïdes sont perdues; bien mieux, elles sont gênantes : si l’on songeait à les extraire, c’était pour s’en débarrasser, car la bière, grâce à leur insolubilité, gardait un aspect louche, et l’on ne pouvait lui donner un « brillant » comparable à celui de la même boisson faite avec l’orge.
- Faire cette extraction de manière à obtenir l’albuminç pure, c’était, du même coup, lui donner une grande
- 1 Communication de MM. Donard et I.ablié à F Académie des sciences, faite le 8 novembre 1602.
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- valeur alimentaire. Le problème a été résolu. La Maïsine est une poudre blanche et sèche, impalpable et absolument inaltérable. Elle est digestible et assimilable sans déchets. C’est une farine vitale : 5 à 6 cuillerées à bouche suffisent à nourrir quotidiennement un homme robuste. Un enfant pourrait se contenter de 2 cuillerées.
- Dans les conditions ordinaires de la vie, on préférera sans doute l’alimentation habituelle, qui, sous forme de pain, de viande, de légumes, fournit les diverses rations nécessaires à l’entretien du corps. Mais il est bien d’autres cas où l’élément albuminoïde pur, devient utile et même nécessaire. La complexité de sa constitution chimique, lui permet de suppléer à l’absence temporaire de graisse ou de sucre. Le c.as échéant, il se concilie merveilleusement avec eux. La thérapeutique s’était engouée des poudres de viande, des albumoses, des peptones; renonçant à tout ce qu’elle avait préconisé, elle les écarte à cause de leurs impuretés ou de leurs produits de fermentation si gravement toxiques.
- L’albumine végétale pure, au contraire, dont la Maïsine est le type et sera peut-être longtemps l’unique représentant, n'offre aucun de ces inconvénients. Associée au lait, l’aliment merveilleux mais trop débilitant des malades de toute sorte ou des convalescents, elle viendra fournir son appoint indispensable de molécules azotées, sans encombrer le tube digestif de tous les matériaux inertes et des déchets nuisibles de l’alimentation ordinaire. On pourra lui demander encore des services anologues aux époques difficiles du sevrage des nourrissons, de la croissance et de la formation des enfants. Quel rôle aussi un pareil aliment, sous une forme si réduite en poids et volume, pourra-t-il jouer dans l’alimentation des troupes, dans celle des expéditions maritimes lointaines, ou des missions coloniales? 11 est intéressant de calculer qu’une garnison de 10 000 hommes assiégée, si on la suppose privée de tout autre aliment, pourrait se soutenir en consommant 900 kilogrammes de Maïsine par jour, soit 27 000 kilogrammes par mois et 224 tonnes par an, quantité qui tiendrait à l'aise dans l’espace exti’aordinairement restreint de 450 mètres cubes à peine. JN’est-cc pas, réalisée pleinement, ce que l'on croyait être une utopie longtemps encore? Les passagers du navire engagé pour six mois, un an, deux ans peut-être, dans les banquises du pôle, ne seraient-ils pas très heureux d’avoir emporté comme lest, à fond de cale, quelques barils d’un pareil aliment, qui leur épargnerait la mort par la faim, ou tout au moins de cruelles privations dans leur prison de glace ?
- I)e telles recherches sont bien propres à montrer la puissance conquérante de la science humaine; non contente d’avoir dégagé la loi d’évolution de l’apparent chaos des phénomènes, elle veut la modifier à son profit. S'il est une chose que la nature semblait avoir imposé pour toujours à l’homme, c’est bien son genre de nourriture et les formes sous lesquelles il l’absorbait. Cependant, grâce aux données positives d’une patiente analyse, armé de toutes les subtilités de la technique, l’homme domine peu à peu les nécessités naturelles par la connaissance qu’il en prend.
- On ne saurait trop développer, à l’usage du grand nombre, ces idées familières aux savants et aux techniciens. Tant de préventions et d’antiques préjugés sont la meilleuse sauvegarde de nos habitudes séculaires! Mais, cette fois, la Maïsine, produit parfait et peu coûteux, a bien des chances d’amener avec elle le triomphe de l’alimentation nouvelle. Dr Tképiiox.
- ILLUSION D’OPTIQUE
- DANS LH MÉTHOPOLITAIS
- Je prends le Métropolitain quatre fois chaque jour et j’ai constaté depuis longtemps une curieuse sensation due évidemment à une illusion d’optique. Elle consiste en ce que, lors de l’arrivée dans une gare, le train semble quelquefois descendre pendant un temps très court suivant une pente rapide. Pour faire une semblable observation, il est nécessaire que différentes conditions soient remplies. Il faut d’abord que l’observateur soit assis à l’arrière du wagon et tourné dans le sens du mouvement. 11 est, en outre, indispensable que le wagon ne renferme que peu de voyageurs, de façon que l’observateur puisse embrasser d’un même regard l’intérieur de la voiture et les murs de la gare. Il faut, enfin, que le conducteur serre le frein alors que la voiture entre dans la gare avec une grande vitesse et que l’action du frein soit brusque et non progressive. Plus celte action sera violente, plus le phénomène de la descente sera mis eu évidence avec netteté. Comme on le voit, cela fait beaucoup de conditions à remplir, et il suffit qu’une seule d’entre elles ne soit pas observée pour que le phénomène de la descente n’apparaisse pas.
- Néanmoins, il est assez fréquent et facile à observer, notamment sur la ligne du Trocadéro à l’Etoile pour laquelle les voyageurs sont, à certaines heures, assez clairsemés et dont le tracé en ligne parfaitement droite, suivant l’avenue Kléber, permet au conducteur de marcher avec la plus grande vitesse. En se plaçant au fond de la deuxième voiture, on peut être à peu près certain d’éprouver la sensation de descente à Boissière et à Kléber en allant vers l’Etoile ou à Boissière et au Trocadéro dans le voyage en sens inverse.
- Maintenant se pose la question de découvrir la cause d’un aussi étrange phénomène, d’une illusion d’optique aussi extraordinaire. Je me suis livré à cette recherche et, d’après les constatations que j’ai été amené à faire, je crois être arrivé à en découvrir la nature. Cependant, je serai loin d’être affirmatif; je me bornerai à donner un avis purement personnel et suis tout prêt à me rallier à tout autre explication plus satisfaisante.
- J’ai constaté, comme je l’ai dit précédemment, que le phénomène n’était observable que lorsqu’on se trouvait assis et à l’arrière du wagon. Or, il me parait évident que, dans ces conditions, il doit être dù à ce que, par suite de l’arrêt brusque produit par le frein, le buste tend à se projeter en avant, d’où un bombement de la poitrine, un redressement du torse et par suite une élévation de la ligne des yeux. Comme nous sommes portés naturellement à admettre que nos yeux demeurent toujours à la même hauteur, nous en concluons que c’est la voiture qui descend.
- La même sensation ne peut évidemment se produire quand nous sommes debout, puisque notre torse est, dans ce cas, complètement dressé et que nos yeux demeurent à la même hauteur.
- 11 est clair que le phénomène pourrait être observé de tout autre point de la voiture, mais c’est évidemment lorqu’on est assis à l’arrière que la descente doit paraître affecter la plus grande amplitude.
- Voila mon explication. Peut-être n’est-elle pas la vraie, •je le répète. Mais comme le phénomène, que je signale, est indéniable, il est nécessaire qu’on en fournisse une autre. Dclacney.
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- DRESSAGE DES ANIMAUX SAUVAGES
- Personne ne s’esl occupé autant du dressage des animaux sauvages (pie M. Cari llagenbeck, le fameux vendeur de bêtes de Hambourg. M. Harold J. Shep-stone, nous dit le journal Scientific American, a pu visiter dernièrement l’établissement de dressage ou la ménagerie de M. Cari llagenbeck. Nous profitons du récit qu’il a fait de cette visite pour lui emprunter quelques détails intéressants.
- Depuis trente ans M. llagenbeck a pu dresser plus de 700 animaux sauvages tels (pie lions, tigres, ours et éléphants. Les méthodes de dressage sont compliquées. 11 semble qu’on doive pour chaque animal
- employer une méthode spéciale qui nécessite tout d’abord une étude particulière du caractère du sujet. Il faut une grande patience et beaucoup de temps pour réussir. Il en est ainsi de toutes choses, dit sagement M. llagenbeck. Il remarque aussi que celui qui veut devenir dompteur doit être doué d’un certain tact et d’un jugement sur. Il faut témoigner de l’affection à ses animaux et ne jamais les traiter avec cruauté.
- M. Shepstone, dès son entrée dans la ménagerie, remar<jne douze phoques enfermés dans une grande cage. On entreprenait leur éducation. Le dresseur,
- Fig. 1. — La bascule. Ménagerie llagenbeck do Hambourg.
- un Anglais, était, assurait-il, fort satisfait des progrès accomplis depuis sept mois par ces animaux. Il montrait le [dus beau de ses phoques qui savait fort bien déjà tenir une balle dans sa gueule et la rejeter sur le sol de façon à la faire rebondir pour la recevoir ensuite sur son museau. Hans un autre enclos abrité situé non loin, on apercevait un beau tigre auquel on enseignait à monter et à se tenir sur le dos d’un éléphant. Le tigre paraissait comprendre ce que son dompteur exigeait de lui, niais l’éléphant était évidemment plus nerveux et moins docile pour se prêter à l’exécution de l’exercice exigé.
- L’étude du dressage des animaux sauvages a fait de grands progrès depuis le dernier quart de siècle. .On trouvait merveilleux autrefois certains exercices exécutés par un lion seul. Aujourd’hui un dompteur, qui a le désir d’avoir une certaine originalité, ne
- saurait se contenter de ce résultat, il doit dresser à la fois et pour les faire travailler ensemble, tout un groupe d’animaux sauvages.
- C’est au Crystal Palace de Londres, en 1891, que le public a pu voir pour la première fois des exercices divers exécutés par des groupes d’animaux, dans une arène. Les spectateurs furent enthousiasmés de ce spectacle qui eut, paraît-il, un tel succès que des milliers de personnes vinrent l’admirer. M. llagenbeck raconte qu’après une série de spectacles qui ont duré plusieurs mois, ses animaux tombèrent malades et il fut forcé de les faire revenir à Hambourg où tous moururent dans une période de six mois. Ce fut pour lui une perte considérable, car peu après les débuts de sa troupe d’animaux à Londres, un riche barnum américain lui en avait offert 50 000 livres sterling. La cause de cette désas-
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- LA NATURE.
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- treuse mortalité consistait dans la nourriture. La j bonne viande nécessaire pour ces animaux était très difficile à obtenir à Londres. En ellet les lions, tigres, etc., préfèrent une viande toute fraîche, celle des bœufs et moutons qui viennent d'être abattus immédiatement par les bouchers,
- M. Hagenbeck ne tarda pas à reconstituer un nouveau groupe de bêtes sauvages qu’il montra à la grande exposition de Chicago. Le grand succès obtenu lui donna de l’encouragement, et le célèbre dresseur s’est arrangé depuis peu pour donner une grande extension à ce genre de spectacles d’animaux dressés, en Amérique. 11 s’est associé avec trois dompteurs et d pourra ainsi faire des tournées multiples dans les principales villes des Etats-Unis. Elles seront connues
- sous le nom détournées Hagenbeck trained animal Company. Cet entrepreneur étonnant a en ce moment dans sa ménagerie deux grands lions de Numidie, trois tigres du Bengale, deux léopards de l’Inde, quelques pumas de l'Amérique du Sud, deux grands ours du pôle et quatre Boarthounds ou chiens pour sanglier. Toutes ces bêtes sont dressées et prêtes à être vendues, lies autres animaux qu’il possède et qu’il a reconnus incapables de subir le dressage sont achetés par les différents jardins zoologiques d’Europe ou à des ménageries spéciales.
- Un animal sauvage adulte ne peut jamais être dressé, mais au contraire, un jeune individu est capable de recevoir une éducation aussi bien que les animaux nés en captivité. C’est ainsi qu’on peut
- Fig-. 2. — Fn lion dans lin
- obtenir d’eux d’exécuter dans une arène, en vue des spectateurs, des scènes dans le genre de celle représentée (fig. 1). C’est un lion superbe placé au centre d’une bascule et sous lequel reste immobile un gros chien, à droite et à gauche de la bascule; deux tigres du Bengale se balancent majestueusement en cadence. Une autre scène (fig. 2) représente un lion dans un char traîné par deux tigres et suivi par deux chiens danois. Que de patience pour faire comprendre à ces animaux ce que l’on désire d’eux ! il n’a pas fallu pour le dresseur, un travail de moins de dix-huit mois pour atteindre ce but.
- Pour apprendre aux animaux à savoir entrer un à un et dignement dans une arène, à prendre position sur des piédestaux ou sur une bascule au simple bruit du coup de fouet donné par le dompteur, il faut aussi plusieurs mois.
- La plus grande difficulté à surmonter, lorsque l’on
- char traîné par des tigres.
- veut former des groupes de différentes races, est dans le bon choix de ces races. Il est nécessaire que ces bêtes diverses aient une certaine sympathie les unes pour les autres. Si l’une d’elles semble déplaire à la compagnie choisie, il faut aussitôt l’écarter et en prendre une autre, sans cela il y aurait des batailles continuelles. 11 faut même, dit-on, pendant les premiers mois d’éducation avoir durant la nuit, dans la cage de ces animaux, un gardien chargé d’empêcher les disputes qui pourraient s’élever entre eux.
- M. Harold J. Shepstone, pendant le cours de sa longue visite au curieux établissement des animaux gardés par M. Hagenbeck, a pu compter ; 60 lions, 8 tigres du Bengale, 70 pumas, panthères noires et jaguars, 51 ours divers, hyènes et loups, 11 éléphants, 18 cochons de races diverses, 57 chameaux, 6 dromadaires, 8 lamas variés, 6 zèbres, 5 ânes sauvages, 4 chevaux sauvages de Mongolie, 8 buffles
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- LA NATURE.
- d’Amérique, 18 antilopes variées, 55 cerfs et biches, une variété de moutons et chèvres sauvages, 172 cygnes, canards et oies, quantité de singes divers, reptiles, faisans, vautours, aigles et des variétés de petits animaux.
- Presque tous les animaux dressés qui ont été vus en Europe, Amérique, Inde, Australie, ont commencé par être dressés à la ménagerie de Hambourg, beau-d’entre eux sont nés dans la ménagerie. M. Hagen-beck s'occupe aussi de faire des croisements parmi ses pensionnaires. D’après l’énumération donnée jdus haut, il n’est pas nécessaire d’insister sur l’importance considérable de cette ménagerie unique. Son propriétaire augmente encore actuellement son établissement. Il en crée un nouveau ,'i Stellingen, situé aux environs de Hambourg. Les constructions achevées formeront avec les jardins dont ils sont entourés, le plus curieux endroit qu’on puisse voir. Elles seront terminées, paraît-il, et le public pourra les visiter en mai 1905. Amsert Tissaxdier.
- CHRONIQUE
- Chemin de fer électrique de Manchester s\ Liverpool. — Nous faisions allusion dans noire dernier numéro, à propos du premier chemin de fer mono-rail de Ballybunnion à Listowell, au chemin de fer projeté entre Manchester et Liverpool. Le Parlement vient précisément d’autoriser sa construction. Nous aurons donc bientôt une grande ligne de 55 kilomètres de long en double voie avec des rampes maxima de 4 pour 100. Le parcours devra se faire en vingt minutes, ce qui implique une vitesse d’environ 180 kilomètres à l’heure. Les voitures partiront de 10 minutes en 10 minutes. La voie comprendra 5 rails, un rail de roulement et 4 rails de guidage. La ligne sera alimentée par une usine située à VVarrington, à mi-parcours, qui produira du courant triphasé transmis à 15 000 volts et transformé en courant continu à G50 volts. Le freinage sera électrique et aussi à air comprimé. Nous donnerons des détails sur ce nouveau système quand la construction sera terminée.
- Utilisation de la chaleur solaire. — En même temps qu’on tente aux Etats-Unis l’utilisation de l’énergie du vent et des marées, on entreprend également l’utilisation de la chaleur solaire. On connaît les résultats des recherches de l’ingénieur américain Brush dans ces diverses questions; on sait notamment qu’il éclaire sa maison au moyen d’un moulin à vent, mais que la bougie-heure revient encore à un prix qui paraîtrait inacceptable à tout autre. L’utilisation de la chaleur solaire, actuellement réalisée à Los Angeles, ne serait pas plus économique, s’il faut en croire les comptes rendus des journaux américains, car elle est obtenue au moyen d’un miroir parabolique ayant 10 mètres d’ouverture et 5 mètres de diamètre à la hase, miroir lui-même formé de 1788 petits miroirs concentrant la chaleur du soleil sur une chaudière fournissant de la vapeur à 12 atmosphères. On a reconnu qu’il fallait à peu près une heure pour mettre la chaudière en pression et pour assurer le service du moteur compound à condensation qu’elle alimente.
- ' tes chutes de pluie aux États-Unis. — Les
- statistiques que le Bureau météorologique des Etats-Unis vient de réunir en un volumineux recueil remontent pour
- quelques-unes à plus de 85 ans. Entre autres renseignements, on relève dans le recueil ce fait curieux que les deux endroits où les chutes pluviales ont été respectivement les plus fortes et les plus faibles aux Etats-Unis sont situés tous deux sur la côte du Pacifique et de plus ne sont séparés que par 89 en latitude. Ces deux régions sont Newman (Californie), où la chute annuelle moyenne est de 50mra,5 et Glenora (Orégon), où elle atteint 54mra,5. Ceci confirme le fait bien connu que la configuration physique d’un endroit influe beaucoup sur la quantité de pluie qui y tombe. Mais il ne faudrait pas aller jusqu’à croire, comme beaucoup de bons esprits, que les forêts attirent la pluie. En réalité, un endroit est boisé parce qu’il y pleut, mais la réciproque n’est pas toujours exacte. Ce qui est vrai, c’est que les endroits boisés profitent mieux de la pluie qui se trouve retenue dans les feuilles des arbres et s’écoule moins rapidement. Le sol a ainsi le temps de s’imprégner d’eau.
- Enveloppe à l'éprenve dit cabinet noir. —
- De récentes affaires judiciaires ont remis à l’ordre du jour la question du cabinet noir. A ce propos on annonce qu’un fabricant de Newark vient d’inventer une enveloppe qui conserve la trace indélébile de toute tentative d’ouverture frauduleuse. Pour cela, l’inventeur a fixé à l’intérieur de la patte de l’enveloppe une feuille de papier pelure. Si l’on veut détacher le cachet, on déchire le papier pelure ; si, au contraire, on veut ouvrir l’enveloppe en l’exposant à la vapeur d’eau bouillante, une solution de gomme colorée, qui colle le papier pelure à l’enveloppe, se liquéfie sous l’influence de la vapeur et laisse sur la surface de l’enveloppe des taches ineffaçables.
- Routeilles et pantoufles en papier. — On a
- déjà fait beaucoup d’objets en papier, en voici deux nouveaux dont on ne pouvait guère prévoir l’invention; d’après le Paper Traite Journal, une usine de Springfeld (Etats-Unis d’Amérique) fabrique des bouteilles en papier destinées à contenir du lait ; ces bouteilles sont d’une parfaite étanchéité et leur prix de revient est assez minime pour qu’on puisse les jeter lorsqu’on s’en est servi une seule fois. D’un autre côté, nous apprenons qu’une usine de Itessam vient de lancer sur le marché des pantoufles en papier. Le prix en est également très bas, à ce point que les hôteliers peuvent en mettre tous les jours de nouvelles à la disposition de leurs voyageurs. Etant donnée l’imperméabilité à l’air du papier, ces pantoufles doivent être très chaudes.
- Concentration électrique des minerais fie fer. — Le procédé a été imaginé et est pratiqué par M. M. Buthenherg sur des concentrés provenant de minerais magnétiques de faible valeur, mais après qu’ils ont été magnétiquement concentrés autant qu’il est possible. La matière passe alors par un four électrique dont la zone de fusion est un champ magnétique puissant : il va de soi que les grains de fer magnétique sont saisis, pour ainsi dire, et maintenus entre les électrodes, si bien qu’ils forment un pont de haute résistance à travers lequel passe le courant, la chaleur du circuit se produisant dans la masse même du minerai. Au moment où celui-ci fond, il perd son magnétisme, et son poids le fait tomber hors du champ magnétique, tandis qu’il est remplacé par d’autre minerai s’écoulant d’un réservoir ad hoc.
- La législation italienne contre la malaria. —
- Il est tout à fait caractéristique de constater, au point de vue des progrès réalisés en Italie dans la lutte contre la malaria, que nos voisins possèdent maintenant une légis-
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- lation spéciale pour combattre co mal parfaitement évitable. Il s’agit de la loi de novembre 1001 et du règlement de mars 1902 : quand plusieurs cas de malaria se sont manifestés simultanément ou à de brefs intervalles dans une région, ou encore qu’on y a reconnu l’existence de moustiques susceptibles de transmettre l’infection et de nappes d’eau où ils puissent se reproduire, les conseils d’hygiène sont saisis, la zone est déclarée infestée, et les administrations communales doivent distribuer, à leurs frais, de la quinine aux paysans et ouvriers. En même temps, on doit installer, aux portes et fenêtres des maisons logeant le personnel des routes, des chemins de fer, des entreprises de dessèchement, de travaux publics, des systèmes de défense, toiles métalliques, etc., empêchant le passage des moustiques; les propriétaires et industriels ipii en agiront de même pour leurs travailleurs pourront concourir pour des primes offertes par l’Etat.
- Contre-torpilleur suédois. — Il s’agit d’un excellent bateau dont vient de s’enrichir la marine suédoise, qui porte le nom de « Mode », et qui a donné aux essais une vitesse moyenne sur base mesurée de 52,150 nœuds. 11 sort du reste des ateliers Yarrow, qui se sont fait une spécialité de la construction de ces petits navires à grande allure. La machinerie est de ce type « balancé » que nous avons décrit jadis, et seulement d’une puissance de 0500 chevaux, ce qu’on estime maintenant assez peu pour un bateau de cette nature, dont la longueur est de 07 mètres pour un déplacement de 400 tonnes environ. Les soutes ont une capacité suffisante pour la traversée de l’Atlantique à une vitesse de 15 nœuds. Les deux machines sont du système à triple expansion et à quatre cylindres; ceux-ci ont respectivement des diamètres de 520, 799 et 805 millimètres pour une course commune de piston de 457. L’armement comprend deux tubes lance-torpilles, puis 0 canons à tir rapide de 57 millimètres.
- Le marché des fourrures de Leipzig. — 11 y a
- actuellement deux grands marchés dans le monde pour le commerce des fourrures, Londres et Leipzig; mais en fait Leipzig l’emporte de plus en plus comme importance. Les entrepôts et magasins de cette ville reçoivent les fourrures brutes ou mi-préparées de la Sibérie, de la Russie d’Europe, de l’Amérique, de l’Australie et de la Chine, et le chiffre des affaires traitées dans le courant d’une année y atteint souvent 85 à 90 millions de francs. Rien que pour l’astrakan brut de Rokhara, il en vient un million de peaux chaque année; nous citerons ensuite quelque 50 000 peaux de martre zibeline, 50 000 peaux de renard. Quant au renard argenté, on peut dire que tout ce qui s’en vend passe d’abord par le marché de Leipzig.
- Le pétrolage des routes en Angleterre. —
- Ainsi que nous l’avons dit pour la France, on se livre en ce moment à des essais d’arrosage des routes poussiéreuses avec des huiles de pétrole : l’expérience la plus récente vient d’étre faite sur la route de Londres à Sou-thampton, aux environs du fameux camp d’Aldershot, en un point très fréquenté par les chauffeurs et les cyclistes: on a commencé par distribuer l’huile au moyen d’un tonneau d’arrosage, puis des hommes sont passés avec des arrosoirs pour ne laisser aucune partie de la surface non traitée, et le succès a été complet. Au reste, d’autres essais ont été effectués près de Liverpool qui ont été aussi concluants, et ont démontré que le pétrole brut du Texas est le meilleur liquide à employer, bien supérieur notamment aux huiles de créosote, de goudron, etc.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 décembre 1902.
- Nous renvoyons le compte rendu de cette séance au prochain numéro ; en raison des congés du premier jour de l’An, l’Imprimerie générale est restée fermée pendant les trois derniers jours de la semaine.
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- LE PENDULE DE FOUCAULT
- chez soi1
- Depuis que l’on a renouvelé à Paris la célèbre expérience de Léon Foucault au Panthéon, beaucoup de personnes ont demandé s’il ne serait pas possible de démontrer la rotation de la terre par un pendule de dimensions réduites. Foucault avait fait la réponse lui-même, car avant d’établir l’immense pendule du Panthéon, il avait installé chez lui, dans l’hôtel particulier qu’il habitait avec sa mère, un petit pendule de 2 mètres à peine dont les oscillations, au bout d'un quart d’heure environ, manifestaient bien aux yeux un déplacement apparent. Il y aurait intérêt effectivement à mettre à la disposition des curieux un appareil de petites dimensions, pour que chacun put se rendre compte, dans son propre appartement, que la terre tourne. Il y aurait intérêt surtout, au point de vue pédagogique, à permettre celte démonstration aux élèves des Ecoles élémentaires. Or, un jeune ingénieur avisé, M. Cannevel, a eu la très bonne idée de construire un petit nécessaire dans lequel il a placé tout ce qu’il faut pour reproduire l’expérience et pour un prix modique. 11 n’y a plus qu’à accrocher le pendule n’importe où pourvu que ses oscillations soient libres. La boîte contient aussi un cadre réduit avec pendule qui sert de base de la démonstration. En effet, ce cadre vertical peut se déplacer à la main, et quand on a donné l’impulsion au pendule, on le fait tourner doucement et l’on constate que le plan d’oscillation du pendule reste invariable, bien que le point de suspension se déplace. Par suite de cette invariabilité, il est clair que si la terre tourne, le plan d’oscillation invariable paraîtra se déplacer. Et la boule du pendule armée d’une pointe tracera des lignes sur du sable de plus en plus écartées de celle du point de départ. On voit sur notre gravure à gauche le petit cadre de démonstration.
- Avec le pendule de M. Cannevel, on constate sur le cadran gradué un déplacement de 11° 294 à l’heure pour la latitude de Paris. Après un quart d’heure de marche on relèvera déjà sur le sable un déplacement de 2 centimètres avec un pendule de 2m,50 et une amplitude d’oscillation au début de 75 centimètres.
- Une boîte ayant 15 centimètres de largeur, 20 de longueur et 6 de hauteur, renferme tout ce qu’il faut pour réaliser l’expérience de Foucault : une sphère en plomb recouverte de cuivre et pesant 1250 grammes,
- 1 Vov. n° 1556, du 1er novembre 1902, p. 345.
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- LA N A TL H K.
- un auget de salde, un cadran de 50 centimètres de diamètre pour la mesure des déviations, des boulons, rondelles, clefs anglaises, des cordes à piano, pour constituer le (il du pendule, en acier de
- 0,55 millimètre de diamètre, et deux attaches de suspension. Le système d’attache qui a, dans l’espèce, une grande importance, consiste en un anneau de métal dans lequel un trou de 0,52 millimètre est venu
- Fig. 1. — Appareil de démonstration du mouvement de rotation de la terre par le pendule.
- directement de fonderie ; le fil de suspension, d’un dia- I rentré à force comme dans une libère à l'aide d’une mètre plus fort que 0,55 millimètre, est affilé, puis I pince dans la pièce de métal qui est ensuite poin-
- Fig. 2. — Modo do pinrrment Fig. 3. — Dispositifs do susponsion du pendule au plafond
- du lil du pendule. ou sur une pièce do lmis latérale.
- çonnée au balancier, ce qui la rend définitivement solidaire du fil. Nous reproduisons (fig. 2), ce dispositif, et en même temps (fig. 5) le mode d’attache du pendule à un plafond quelconque. Libre donc à chacun de recommencer autant qu’il le voudra, avec cet appareil
- réduit, l’expérience de Foucault, et l’expérience méritait vraiment d’être mise à la portée de tous. J .-F. G.
- Le Gérant : P. ÎIasson.
- Paris. — Imprimerie Laiiüre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1546. — 10 JANVIER 1005.
- LA NATURE.
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- COMPTEUR ÉLECTRIQUE RATAULT
- A COUSANTS ALTERNATIFS SIMPLES ET POLYPHASÉS
- Nous avons publié récemment1 une étude sur les principaux compteurs électriques en usage dans les secteurs de Paris. Aujourd’hui nous croyons utile de donner la description d’un nouveau système, dû àM.le I)1 Batault, système dont la construction vient d’être entreprise à Paris, et dont le modèle a été employé d’abord chez les abonnés du Secteur de la Rive Cauche, et actuellement par toutes les stations à courant alternatif.
- Ce compteur, qui convient également aux courants alternatifs simples et polyphasés, est remarquable par sa simplicité ; il fonctionne par les courants de
- Foucault, ou courants qui prennent naissance dans un corps conducteur se déplaçant dans un champ magnétique. Les figures 1 et 2 se rapportent au modèle pour courants alternatifs simples; dans la figure 1 on voit une vue d’ensemble intérieure du compteur, et dans la figure 2 on distingue une coupe intérieure avec tous les détails.
- Le compteur est constitué par un axe vertical monté sur saphirs, actionnant d’une part un disque en aluminium A et mettant en marche un mouvement d’horlogerie M pour commander les cadrans placés à la partie supérieure de l’appareil. Dans le
- compteur se trouve un électro-aimant à noyau de fer feuilleté en U, et bifurqué à sa partie supérieure.
- Sur ce noyau sont enroulées en B, sur les deux branches, des bobines de fil montées en dérivation; en C se trouvent des bobines de fil traversées par l’intensité principale. Entre les enroulements B et C, en D, sont placées des plaques de fer réunissant les deux branches parallèles du circuit magnétique. Au-dessus du disque, à une faible distance au-dessus de l’enroulement C, est une armature en fer E ; c’est entre cette armature et l’enroulement C que tourne le disque en aluminium. Ce transformateur à 5 enroulements crée des champs moteurs alternatifs de phases différentes qui viennent agir sur le disque et le mettent en mouvement; le couple moteur est proportionnel à la puissance à mesurer. Ce compteur 1 Yoy. n° 1525, du 16 août 1902, p. 167.
- 31e année. — 1er semestre.
- présente plusieurs moyens de réglage intéressants. En P se trouve un aimant permanent, au-dessus duquel est une armature P' ; cet aimant agit comme frein. On peut agir sur l’entrefer de l’aimant par la vis R. Il est également possible d’agir sur l’aimant à l’aide d’une palette de fer S, qui est portée par un ressort, et qu’il est facile de déplacer en opérant sur la glissière N.
- On peut ainsi dériver une partie des lignes de force de l’aimant et agir par suite sur la marche du compteur. Enfin, il existe également d’autres moyens de réglage très simples et très efficaces. Il est facile de déplacer latéralement l’armature de fer P', on peut agir aussi sur l’armature spéciale E au moyen d’une vis moletée que l’on n’aperçoit pas dans la figure et qui est placée au-dessus ; cette vis permet de donner au disque une tendance au mouvement ou même un
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- LA NATURE.
- mouvement dans un sens ou dans un autre pour régler la proportionnalité dans les l'aildes débits.
- Ce compteur est simple, robuste, facilement réglable et reste exact, quel que soit le décalage qui survienne entre la différence de potentiel et l'intensité dans le circuit. Ajoutons encore qu’il ne marche jamais à vide, et qu’il a une grande sensibilité et démarre à 1,5 pour 100 de la charge maxima. La température ambiante n’intlue pas sur la constante. La puissance dépensée pour la marche est de 1,1 watt pour le shunt et de 1 watt, même à pleine charge, dans l’enroulement principal. Ce compteur est d’un modèle très réduit, et de très faibles dimensions.
- Pour régler un compteur, on commence par le charger aux trois quarts de la charge maxima, puis on détermine, à l’aide d’un chronographe, le temps t que met le disque à eifectuer un certain nombre de tours n. La puissance en watts, enregistrée par le compteur, est égale au produit de l’intensité maxima en ampère du compteur par la valeur 100 volts de la différence de potentiel et par le nombre de tours effectués, divisés par le temps exprimé en secondes. On compare ce chiffre ainsi obtenu aux indications d’un wattmètre placé sur le circuit. Si la différence entre les deux nombres est inférieure à 2 pour 100, le réglage du compteur pour cette charge est suffisant. Si l’écart est supérieur à 2 pour 100, on agit alors sur la palette S par l’intermédiaire de la vis R. On fait ensuite un deuxième essai avec un débit réduit environ au dixième du débit maximum; les réglages se font alors en agissant sur l’armature E.
- Le modèle utilisé pour les courants triphasés présente quelques particularités. 11 renferme deux électro-aimants dont chacun forme une sorte de transformateur à 5 enroulements, constitué par un noyau feuilleté en U, bifurqué h sa partie supérieure, et qu’entourent, à la partie inférieure, deux bobines parcourues par une dérivation, et, au-dessus, quatre bobines parcourues par le courant principal ; entre les deux, une sorte de pont magnétique encadre les deux branches de l’U. Au-dessus des noyaux en U sont deux armatures en fer ; le disque tourne entre ces armatures et les électro-aimants.
- €e nouveau modèle de compteur Ratault est intéressant et mérite de fixer l’attention.
- __J- Laffargue.
- LA MISSION GË0DÉSIQUE FRANÇAISE
- DE l’ÉQIATECR
- Au dix-huitième siècle, les expéditions de Laponie et du Pérou, dues à l’initiative de l’Académie des sciences de Paris, résolurent la question delà forme et des dimensions de notre globe en faveur de l’hypothèse d’un ellipsoïde de révolution aplati aux pôles et renflé à l’Équateur. Depuis, les nombreuses mesures d’arcs, exécutées avec une précision sans cesse croissante, ainsi que les observations de pesanteur ont permis de serrer de plus en plus près
- le problème, mais la solution rigoureuse de ce problème, en ce qui concerne les dimensions de la terre, dépend toujours essentiellement de la mesure de deux arcs de méridien, l'un dans les régions polaires, l’autre dans les régions équatoriales. Les mesures du dix-huitième siècle, exécutées par des hommes illustres, dans les travaux desquels nous trouvons encore plus d’un enseignement, mais à une époque où la science géodésique était encore à ses débuts, ne répondent plus aux exigences modernes de celle-ci. Leur révision était réclamée depuis longtemps par l’Association géodésique internationale. Déjà la Russie et la Suède ont entrepris de concert, dès 1898, la mesure d’un arc de méridien au Spitzberg (et cette mesure est actuellement en bonne voie d’exécution, malgré toutes les difficultés inhérentes aux régions polaires). Les États-Unis avaient offert à diverses reprises à l’Association géodésique d’effectuer eux-mêmes dans l’Amérique du Sud la mesure d’un arc équatorial si la France, dont ils reconnaissaient les droits de priorité, ne voulait point se charger de cette opération. Notre pays ne pouvait abdiquer ses droits. A la suite de la conférence générale de l’Association, tenue à Stuttgart en 1898, M. le Ministre de l’instruction publique envoya les capitaines Maurain et Lacombe, dans la République de l’Équateur (sur le territoire de laquelle se trouve l’ancien arc, dit du Pérou), avec mission de faire une reconnaissance pour allonger l’arc et de préparer les moyens d’exécution de la mesure projetée. Ces officiers séjournèrent en Équateur cinq mois, de juillet à novembre 1899; ils parcoururent les Cordillères depuis le sud de la Colombie jusqu’au nord du Pérou et revinrent avec un projet détaillé, portant à 6° l’amplitude de la future méridienne (au lieu de 5° seulement qu’atteignait l’ancien arc), et démontrant la possibilité de l’opération.
- Quelles raisons ont imposé, pour la mesure d’un arc équatorial, le choix de l’Amérique du Sud? Il ne pouvait y avoir d’hésitation qu’entre cette région du globe ou l’Afrique Australe. Mai» le Congo français, auquel on avait un instant songé, est loin de présenter partout la sécurité qu’offrent au voyageur les régions de l’Amériqne méridionale, habitées par les descendants des colons Espagnols et les Indiens soumis à leur domination; le climat en est pins dur, le transport du matériel dans un pays où il n’y a pas d’animaux de bat, aussi bien que le choix des stations dans la brousse eussent présenté d’insurmontables difficultés. La République de l’Equateur possède un gouvernement régulier sur l’appui duquel on pouvait compter; le climat, dans le haut plateau interandin, s’il est rigoureux et humide sur les sommets, n’est point malsain. Les voies de communication sont difficiles, presque impraticables dans la saison des pluies, mais les animaux de hàt existent, nombreux et à bas prix. Enfin et surtout, ce pays, traversé du nord au sud par deux chaînes parallèles élevées, se prête admirablement à la constitution d’un réseau méridien de triangles à sommets choisis
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- LA NATURE.
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- alternativement sur l’une et l’autre Cordillère. Après le retour de la mission de reconnaissance en 1900, M. Poincaré présenta au Ministre de l’instruction publique, au nom de l'Académie des sciences, un rapport décisif. Oràce à l’initiative de M. Liard et de M. le général Bassot, l’opération fut confiée au Service géographique de l’armée sous le haut contrôle scientifique de l’Académie des sciences. Ce service se trouvait naturellement désigné comme étant, déliais les grands travaux de révision de la Méridienne de France et de rattachement de l’Algérie au continent, pourvu de tout le personnel exercé et de tout le matériel nécessaire aux grandes entreprises gée-désiques. La mission, outre son caractère scientifique, avait un caractère militaire et elle était homogène. Elle devait pouvoir opérer avec plus d’ensemble, avec plus de discipline, avec plus d’économie. Au début de décembre 1900, les Chambres adoptaient le projet de loi relatif à la nouvelle mesure de la Méridienne de Quito et votaient, à cet effet, un crédit de 500000 francs; le 9 décembre 1900 partait pour l’Equateur un détachement d’avant-garde, commandé par les capitaines Maurain et Lallemand, chargé de compléter la reconnaissance de 1899.
- Le gros de la Mission débarqua le 1er juin à Guayaquil1 apportant avec lui un matériel considérable (20000 kg) constitué en grande partie par les instruments scientifiques les plus délicats. Son transport au centre du plateau interandin par la voie fluviale de Guayaquil à Babahoyo, puis à dos de mulets par le mauvais chemin qui franchit, près de Ganquis, le col du Chimborazo, à plus de 4000 mètres d’altitude, n’a pas exigé moins de huit convois successifs conduits par les divers officiers de la Mission, assistés d’officiers équatoriens. La caisse de la règle de l'appareil des bases, longue de 4m,50, pesant 170 kg, et d’autres charges, impossibles à transporter à dos de mule, ont dn être confiées à des Indiens porteurs ou cjuanderos.
- Le 14 juillet 1901, toute la mission avec son matériel se trouvait enfin concentrée à Riobamba. Elle comprenait le commandant d’artillerie Bourgeois, chef de mission, le capitaine du génie Maurain, les capitaines d’artillerie Lacombe et Lallemand, le lieutenant d’artillerie Perrier, le médecin aide-major de lre classe Rivet et dix-sept sous-officiers ou hommes de troupe. Depuis l'arrivée de la mission, des officiers équatoriens dont le concours a été des plus précieux, lui sont constamment adjoints.
- La détermination d’un arc de méridien comprend deux séries d’opérations : 1° Opérations géodésiques proprement dites, destinées à fournir la longueur de l’arc en mètres et fractions de mètre. On mesure directement la longueur d’une base sur le terrain et les angles d’une chaîne de triangles établie le long de l’arc; on en déduit parle calcul les longueurs de
- 1 Port principal de l’Équateur, presque entièrement construit en bois, cruellement éprouvé le 17 juillet 1902 par un incendie terrible.
- tous les cotés des triangles et enfin la longueur de l’arc. 2° Opérations astronomiques, destinées ;t fournir l'amplitude de l’arc en degrés, minutes et secondes. Cette amplitude est égale à la différence des latitudes des deux stations extrêmes Nord et Sud de l’arc. Il est évident que la longueur et l’amplitude de l'arc sont les données nécessaires et suffisantes pour en calculer le rayon.
- Telles sont les grandes lignes du travail entrepris en Equateur : mais à ces déterminations fondamen-
- Long.O. de Paris
- Pasto
- hrador
- Pichiiîchi
- inguragua
- U \ R
- Ihw/lîr ci: i 'hi/nbo
- Cuenca
- Kilomètres
- PER
- -. — Cii 'n de jer cm projet .
- ----- Chemin: muletier.
- Sommet oit volcan: . ChdP'deJèrcm exploitation:. ________„ - ai construction:.
- Fig. 1. — Ancien arc. 1, base nord (de Varuqui); 2, base sud (de Tarqui). — Nouvel arc. 3, base centrale (de Kiobamba) ; i, base nord (d'Elvinculo) ; 5, base sud (à mesurer).
- talcs (si simples en apparence et d’une complication extrême en réalité) on doit en ajouter beaucoup d’autres tout aussi indispensables. Il faut mesurer, outre une base centrale et fondamentale, des bases dites de vérification aux extrémités de la chaîne. Il faut, pour pouvoir placer exactement le réseau de triangles sur le sphéroïde terrestre, déterminer l’orientation ou azimut d’un certain nombre de ses côtés. L’étude des déviations de la verticale impose l’observation de latitudes et différences de longitudes secondaires. Pour connaître l’altitude exacte des stations, on doit conduire, depuis l’une d’elles
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- LA NA TME.
- t,ri<|iie do, liante précision cl supérieure à tous les documents cartographiques possédés sur l'Equateur jusqu’à ce jour, etc., enfin par les éludes anthropologiques et archéologiques sur les racés indigènes, zoologiques et botaniques sur la faune et la llore de l'Equateur, que >1. le d odeur ltivet poursuit assi-
- Quels sont les résultats obtenus jusqu'il ce jour?
- La mesure de la hase fondamentale près lliobamha (0400 mètres
- Fijj. 5. — Ainliato. T.a capilaina Lallainand (à pird, las liras croisés) al la liaulaiiant Ciaaoinalli It ipialoiaan. a iiiulai ilisanlanl avaa la Caliaaillo (las C.uandaros (allai das porteurs uidioiisi la |in\ du transport da, retour da 1 appareil das hases.
- jusqu’à la mer, un nivellement de précision. Le programme des travaux de la Mission se complète encore par des déterminations de l’intensité de la pesanteur, par des observations magnétiques, par des études géologiques, par des levés topographiques pour l’établissement d’une carte de reconnaissance au 200000e de la région parcourue, appuyée sur un réseau trigonomé-
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- LA NA T Uli L.
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- Fig. 5. — Station astronomique et géodésiquc île Tulcan (3'J00m).
- environ) a occupé la Mission du 22 juillet au 5 octobre 1001. Une première mesure de la base entière a été faite à l’aide de l’appareil Rrünner, ayant déjà servi pour la mesure des trois bases françaises de Perpignan, Paris et Cassel. Cet appareil comprend un matériel encombrant, et par suite nécessite un nombreux personnel. Une quarantaine d’in-
- Fig. 6. — José Endum et Merceda ïandoma, Indiens de Chaliuuipa près Tulcan.
- diens auxiliaires étaient chaque jour employés au transport de ce matériel de l’avant à l’arrière. La fatigue extrême causée à tout le personnel, particulièremen t aux officiers mi-croseopeurs (capitaine Lacombe, lieutenant Per -rier), par le soleil ardent, le vent et la poussière de sable aveuglante qu’il soulève sur le plateau de Riobamba, obli-
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- LA NATURE.
- geaient d'interrompre vers une heure de l'après-midi les opérations commencées à la première heure le matin. On a atteint cependant une vitesse moyenne de 110 portées, soit 560 mètres par jour. Un segment, long de 5560 mètres, a été mesuré une seconde fois à titre de vérilieation. Les deux mesures récemment
- calculées ne dilièrent que de 7mm,4
- I
- 450000
- La
- hase a été ensuite mesurée deux fois à l'appareil Jaderin (Jils métalliques), plus simple, moins encombrant, beaucoup plus pratique et qui, bien employé, fournit une précision remarquable.
- Entre temps, le capitaine Maurain avait reconnu tous les signaux de la chaîne voisins de Riobamba, et déterminé la latitude de la station du Panecillo près Quito. Le séjour du reste de la mission à Riobamba a été utilisé pour la détermination de la latitude de Riobamba (commandant Bourgeois), de la différence télégraphique de longitude Riobamba-Quito (commandant Bourgeois à Riobamba, capitaine Maurain assisté du lieutenant Perrier à Quito), de l’intensité de la pesanteur à Riobamba (commandant Bourgeois).
- En octobre-novembre 1901 la Mission s’est dispersée en détachements opérant isolément. Le commandant Bourgeois, que ses fonctions de chef de la section de Géodésie rappelaient momentanément à Paris, tint, avant son départ, à arrêter le programme des travaux pour 1902, cette année-là devant être consacrée, en principe, à l’achèvement de la section de l’arc situé au nord de Riobamba. Le projet de 1899 prévoyait l’extension de l'arc au nord jusqu’à Pasto en Colombie ; la station astronomique Nord devait être établie près de Pasto et la base Nord mesurée dans les environs de Cumbal. Mais, lin 1901, la Colombie était le théâtre de troubles graves; notre représentant à Bogota déconseillait l’entrée en territoire Colombien. 11 a donc fallu raccourcir un peu au Nord l’arc projeté et chercher, en Equateur même, une nouvelle station astronomique et une nouvelle base. Le capitaine Lallemand, envoyé en reconnaissance dans le Carchi, an début de novembre 1901, construisit un observatoire temporaire près de ïulcan, petite ville frontière située dans nn cirque formé par les vallées des affluents du rio Carchi qui convergent vers Ipiales, théâtre de combats fréquents entre Equatoriens libéraux et Colombiens conservateurs. En même temps, dans cette région élevée et tourmentée où les deux Cordillères se confondent pour former le massif de parcours difficile du paramo de l'Angel et des Altos de Boliche, il reconnut l’impossibilité de trouver un emplacement favorable à la mesure d’une base ailleurs que sur le plateau de San Gabriel de Tusa. Le commandant Bourgeois se rendit à Tulcan pour vérifier ces dispositions. Un mouvement vers le Nord s'effectua par 4 convois en novembre et décembre. Le chef de Mission, après avoir définitivement arrêté l’enchaînement Nord du réseau, repartait de San Gabriel pour Quito et était de retour en France en février. Depuis son départ, la Mission est placée, en
- Equateur, sous l’autorité deM. le capitaine Maurain.
- La base de vérification Nord de San Gabriel a été mesurée 4 fois aux fils Jaderin, du 20 décembre 1901 au 5 janvier 1902, par le capitaine Lallemand et le lieutenant Perrier, assistés du 1K Rivet. Le terrain en est formé de poireros (pâturages) très humides, souvent entièrement sous l’eau. La mauvaise saison a rendu les opérations fort pénibles: on a travaillé presque constamment sous des pluies abondantes.
- Le capitaine Lallemand, parti le 5 février de Tulcan pour achever la construction de tous les signaux de la section Nord de l’arc, est rentré au mois d’août en France après avoir rempli sa mission au prix des plus grandes difficultés, notamment dans la région désolée des contreforts du Ghiles, et auCotopaxi, au sud de Quito, où il s’est élevé jusqu’à plus de 5600 mètres, dans les neiges, sans trouver de point favorable. La détermination des latitudes des deux stations extrêmes de l’arc, opération fondamentale puisqu’elle fixe l’amplitude de celui-ci, a été faite au début de 1902 : pour la station Sud, à Païta (sur les bords de la mer, au Pérou), par M. le capitaine Maurain; pour la station Nord, Tulcan, par M. le lieutenant Perrier. Païta est à —5° 5' 8" de l’Equateur et Tulcan à -4- 0° 48' 25". L’amplitude de la nouvelle méridienne est donc 5° 55' 55". Si elle a été raccourcie vers le Nord par l’adoption de Tulcan au lieu de Pasto comme station astronomique extrême, elle a été étendue vers le Sud par la substitution de Païta à Sullana, station prévue par le projet de 1899. La diffé renee de longitude télégraphique entre Quito et Tulcan a été ensuite déterminée en mars par MM. Maurain et Perrier.
- Actuellement, la Mission est répartie en trois détachements chargés des observations géodésiques, depuis Tulcan jusqu’à Riobamba, l’un au nord, l'autre au sud, le troisième au centre. Au nord, le lieutenant Perrier, accompagné de M. le l)1 Rivet, a occupé les stations de Troya (5500m) et Mirador (5800*"). Au Mirador, imposant massif, qui domine le plateau d’El Yinculo, les bêtes chargées n'ont pu accéder et le matériel a été monté par un sentier créé à travers la forêt vierge qui couvre les lianes de la montagne et en recrutant à lluaca une soixantaine de porteurs indiens. Une latitude secondaire sera déterminée prochainement au Pinllar, près d'ibarra.
- Le détachement d’observations du sud, opérant depuis novembre 1901 sous les ordres du capitaine Lacombe, a actuellement terminé les observations autour de Riobamba et transporté son centre d’opérations à Ambato. Enfin au centre, de capitaine Maurain a déterminé, en collaboration avec M. Gonnessiat, Directeur français de l’observatoire de Quito, la différence de longitude entre l’observatoire et une station du réseau, le Panecillo, de façon à faire de l’observatoire le point central pour toutes les observations de longitude. Puis il a achevé la construction des signaux entre Riobamba et Quito, déterminé une latitude secondaire à Latacunga et commencé sa campagne géodésique par la station de Pambarnarca,
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- point île l’ancienne méridienne encore nommé dans le pays Francès-Urcn *.
- Bien des difficultés ont contrarié les opérations. Les unes sont venues du climat : la saison des pluies a mis la patience des observateurs à de rudes épreuves; c’est ainsi qu’il a fallu un mois entier pour obtenir à Tulcan une latitude qui eût pu être achevée en huit jours de beau temps, et dix semaines pour faire à Mirador, sans cesse dans le brouillard, les nuages et la pluie, des observations qui auraient duré quelques jours en France. D’autres retards sont dus aux nombreuses destructions de signaux par des Indiens fanatiques qui se laissent entraîner par leurs superstitions. Il a fallu rétablir, au nord de Quito, ceux de Troya et de Mirador, au sud ceux de Chujuj, Mul-mul, Lalangueo, Pambamarca. L’appui effectif et éclairé du général Plaza, Président de la République, n’a jamais manqué en toute circonstance à la Mission et son gouvernement, qui a contribué pécuniairement à plusieurs reprises aux travaux, a pris, à la suite de ces destructions, des mesures énergiques ; mais de pareils actes restent toujours à craindre malgré la bonne volonté des autorités locales, souvent impuissantes à atteindre d’insaisissables coupables.
- En définitive, une somme de travail considérable a été accomplie. Tout fait espérer que, fin 1902, la section Tulcan-Riobamba sera achevée et qu’en 1905 l’activité de la Mission pourra s’exercer dans la région Riobamba-Cuenca. Les débuts ont été forcément difficiles ; .à présent le personnel est en quelque sorte aguerri, rompu, habitué au pays. Il mènera l’œuvre entière à bonne fin. Il a, pour l’y aider, deux puissants auxiliaires, M. de Sainte-Marie, chancelier de la légation de France à Quito, actuellement chargé de la gérance du Consulat général, et M. Gonnessiat, Directeur de l’observatoire de Quito qui ne se contente pas d’être un précieux collaborateur, mais dont la large hospitalité et l’inépuisable obligeance savent réconforter et encourager sans cesse.
- Il reste, pour terminer, û donner une idée d’un détachement français opérant en Equateur. Une ou deux tentes coloniales d’officier, remplies par le mobilier rudimentaire et transportable indispensable, un premier marabout pour l’officier Équatorien adjoint, un second, ou couchent les quatre ou cinq hommes français du détachement, un troisième celui des arrieros et peom (conducteurs de mules et travailleurs indigènes), des cuisines improvisées, et enfin, tout en haut du Cerro, la baraque géodésique démontable recouvrant le pilier d’observation et le cercle azimutal près desquels l’observateur passe des journées à attendre que les sommets veuillent bien se découvrir, tel est l’aspect du camp d’un détachement d’observations. Trente animaux environ, mules ou chevaux, servant aux transports et aux ravitaillements, sont plus bas dans la vallée en un potrero, ou bien se contentent souvent de l’herbe du paramo rare et dure ; ils appartiennent à une race de montagne de petite taille; mais, énergiques, infatigables,
- 1 Le sommet des Français.
- mal nourris, maigres, blessés, pelés et surchargés, ils marchent quand même par des chemins où nos animaux de France ne feraient pas un pas sans tomber et meurent toujours à la peine. I/arriero, grimpeur aux jarrets d’acier, vêtu par tous les temps d’une simple veste et d’un court pantalon de toile, son poncho1 de laine jeté sur le bras, pieds nus ou chaussé, s’il est riche, de simples sandales, excite ses bêtes le fouet à- la main et fait d’extraordinaires étapes.
- La vie est dure dans la Cordillère, mais les spectacles en sont inoubliables; l’attrait du travail h exécuter est puissant : aussi comprendra-t-on facilement pourquoi tous ceux, officiers et soldats, qui ont eu l’honneur d’être désignés pour collaborer à une des grandes entreprises scientifiques de notre époque, veulent s’y dévouer corps et âme.
- Lieutenant G. Remuer.
- LE SALON DE L’AUTOMOBILE
- 5e EXPOSITION INTERNATIONALE I)E L’AUTOMOBILE, DU CYCLE ET DU SPORT
- Les journaux ont relaté le succès considérable qu'a remporté cette année l’exposition annuelle de l’Automobile au Grand Palais. Un chiffre dira mieux que de longues phrases l'affluence des curieux : il est entré en seize jours 220 000 visiteurs !
- Ce résultat indique incontestablement la marche grandissante que l’idée de la voiture mécanique fait d’année en année dans toutes les classes de notre société. Elle est d’ailleurs justifiée par les progrès rapides de cette industrie qui, de l’avis général, ne se sont jamais affirmés avec autant de netteté que cette année.
- Il serait fastidieux de passer en revue les détails des nouveautés exposées dans chaque stand ; ce sont en général des particularités de construction et de disposition d’organes qui n’intéressent guère que les gens du métier. Il est autrement instructif d’étudier les grandes lignes qui font différer notablement la voiture automobile de 1905 de celle de 1902.
- Les recherches de nos constructeurs se sont surtout portées sur deux points capitaux, la simplification et l’atténuation du bruit.
- La simplification met l’automobile à la portée d’un plus grand nombre d’inexpérimentés et agrandit par conséquent la clientèle que la complexité des mécanismes d’autrefois restreignait évidemment.
- Quant à l’atténuation du bruit, en même temps qu’elle enlève à 1'a.utomobile un de ses caractères désobligeants, elle améliore sensiblement le rendement mécanique aux roues de la voiture puisque les chocs et les vibrations sont de manifestes pertes de travail, à tel point qu’il faut un moteur plus puissant pour tirer à une vitesse déterminée un véhicule d’un poids donné qui fait du bruit, que pour en traîner
- 1 Vêtement national, simple pièce <1< totïe carrée avec un trou où passe la tète.
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- un identique, ;t une vitesse identique, mais qui roule La simp’itication s'est faite en premier lieu sur le sans trépidations, sans vibrations et silencieusement. graissage du moteur. Autrefois, un moteur de Dion-
- Fig. 1.
- 1. Tor]iilIeur Sorjiollet. 2. Mitrailleuse C. G. Y.
- Bouton par exemple, je prends le type le plus répandu, obligeait le conducteur à lui verser à la main ou à lui injecter par pompe une mesure d’huile tous les 40 kilomètres environ. La tète de bielle barbotait dans le liquide, dont elle faisait une véritable émulsion qui jaillissait dans les paliers et sur le piston. Aujourd’hui le môme moteur fonctionne 500 ki-
- lomètres sans que le conducteur ait à s’occuper de lui : un réservoir de deux litres accolé à la tête du
- cylindre laisse tomber peu à peu le liquide dans le bâti oit une pompe, mue par le moteur, le recueille
- constamment pour le renvoyer dans le réservoir. Le moteur est donc lubrifié par un véritable courant
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- d’huile qui conserve jusqu'à usure complète scs propriétés de graissage.
- L’allumage électrique qui, on le sait, a toujours
- été une des difficultés pratiques de la voilure mue par explosions, est également l'objet d’une transformation importante. Les sources d’énergie électrique
- Fig. 3. — 1. « L'auto-pompe; A, vis commandant par P la montée ou la descente du galet V; M, manomètre; 1», corps de pompe N, bielle. — 2. Coupe d’un moteur à soupape d'admissiou automalique. — 3. Coupe d'un moteur à soupape d’admission commandée.
- employées jusqu'ici, piles quelquefois, accumulateurs vénients nombreux dont l’épuisement ou la décharge le plus souvent, présentent en automobile des incon- intempestive est parmi les plus sérieux, et dont la
- Fig. 4. — 1. Allumage Mors par magnéto Pauhard et Levassor. — 2. Le nouveau carburateur.
- complexité d’installation que ccs engins nécessitent est un des plus graves.
- En effet, la tension du mourant primaire fourni par les piles ou les accumulateurs étant trop faible
- pour que l’étincelle jaillisse d'une pointe à l’autre de la bougie dans un gaz comprimé à 4 et 5 atmosphères, il faut envoyer ce courant à un transformateur qui abaisse Son intensité et par contre élève sa
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- tension jusqu’à 10 et 15 000 volts. Il en résulte 1 emploi de fils nombreux, isolés avec des précautions minutieuses qui sont peu à leur place dans un ensemble aussi robustement simple et fruste que doit l’étre une automobile.
- L’allumage nouveau pour les voitures — car il fonctionne depuis près de vingt ans sur moteurs fixes — est celui qui se fait par magnéto.
- Dans le champ d’aimants en U tourne, actionnée par le moteur, une bobine de cuivre enroulée sur un T Siemens en fer doux. Il se produit dans cette bobine un courant alternatif qui est envoyé à la chambre d’explosion du moteur par un fil isolé d’une part, et de l’autre par la masse, c’est-à-dire par la succession d’organes métalliques qui font communiquer le socle de la magnéto avec la tète du moteur. Un mécanisme de rupture de ce courant est commandé par le moteur lui-même : chaque fois que le courant est rompu, une étincelle d’arrachement se produit qui enflamme la cylindrée et détermine le coup moteur.
- Nos figures 4 et 5 expliquent les particularités de cet allumage.
- Chaque cylindre porte à sa partie supérieure un in~
- {{animateur ou bougie, composé simplementd’une tige métallique isolée de la masse par une gaine de stéatite; il est réuni à un des pôles de l’induit par le fil unique dont j’ai parlé plus haut. Un levier, qui fait partie de la masse, vient par une de ses branches au contact de cet inllammateur à l’intérieur du cylindre; un ressort le maintient appuyé contre lui de façon à établir le courant.
- Lorsque le moment de l’explosion est arrivé, ce même levier qui, par son autre branche, fait saillie à l’extérieur du moteur, reçoit d’une pièce ad hoc tirée par un second ressort, un choc brusque qui rapidement rompt le courant. L’étincelle se produit, d’autant plus chaude que l'arrachement a été plus sec et que les effets de la self-induction dans la bo-binp ont été mieux utilisés. /
- La figure 4, n° J, montre une coupe schématique de moteur à 4 cylindres, que la maison Mors avait expo-
- sée au Salon pour expliquer à ses clients les détails de son allumage. Cette maison emploie la magnéto à induit tournant. La marque Simms-Bosch (fig. 5) préfère laisser fixes à la fois les inducteurs et l’induit et obtenir les variations du flux magnétique par la rotation d’un écran de fer doux qui coupe les lignes de force et produit quatre maxima par tour, soit quatre étincelles.
- La commande mécanique des soupapes d’admission est une des modes nouvelles qu’a révélées le dernier Salon. On sait que, dans un moteur à explosions par air carburé, la soupape d'admission était jusqu’ici toujours automatique, alors que la soupape d’échappement est toujours commandée par le moteur. Le n° 2 de la figure o montre, par exemple, que SA
- est un clapet léger qu’un ressort à boudin maintient sur son siège. Quand le piston, tiré en bas par sa bielle BI, descendra, il produira une dépression qui ouvrira cette soupape et qui permettra au gaz d’entrer dans le cylindre. De même, à un certain temps du cycle, la roue dentée S, qui reçoit son mouvement du pignon moteur PL, soulèvera par une came le clapet d’échappement SE qui permettra ainsi aux gaz brûlés de s’échapper.
- Or, l'automaticité du clapet d’admission présente plusieurs inconvénients : difficulté de réglage de la tension du ressort, affolement du clapet aux grandes vitesses, etc. Nombre de constructeurs ont donc décidé d'y remédier en faisant commander la soupape d’admission par le moteur ainsi que la soupape d’échappement. Dans la figure o, n° o, on voit par conséquent SA identique à SE, et la bielle B1 faisant tourner par le pignon moteur les roues B et S identiques, commandant par cames l’une l’admission et l’autre l'échappement.
- L’inconvénient de la commande de la soupape commandée est la complication qu’elle occasionne. Mais ses avantages sont assez nombreux : unification des soupapes et de leurs ressorts qui deviennent interchangeables, épaisseur plus grande du clapet d’aspiration qui ne se déforme plus au feu, indiflé-
- Machiue magnéto Simms-Bosch.
- Fig. 5.
- Allumage par magnéto Mercedes.
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- rence du clapet à un réglage de ressort meme très variable, etc. La puissance du moteur ne semble toutefois pas être augmentée par ce dispositif nouveau, quoi qu’on en ait dit.
- Un a prétendu quelquefois de môme, mais à tort, que la soupape d’admission commandée permettait de faire descendre le moteur à une vitesse angulaire beaucoup plus petite que la soupape automatique. En réalité celte souplesse rare que possède aujourd'hui le moteur à pétrole, et qui lui permet de passer de 150 à 1200 tours par exemple, tient aux recherches qu’on a laites sur la carburation. Le plus joli appareil qui nous ait été présenté, pour résoudre le problème difficile de la bonne carburation automatique à tous les régimes, est celui de M. le commandant Krebs (fîg. 4, il0 2). Il mérite d’ailleurs un article tout spécial que nous donnerons à nos lecteurs dans un de nos prochains numéros.
- La possibilité qu’a désormais le conducteur de mettre son moteur aux allures les plus lentes, l’emploi aussi d’engrenages de distribution en fibre garnie de flasques de bronze ont amené les automobiles à pétrole à une marche presque complètement silencieuse. Elles ne peuvent encore pas rivaliser sur ce point avec les automobiles à vapeur qui parfois frôlent les piétons sans qu’ils s’en aperçoivent, mais elles n’on ont pas moins fait là un progrès sensible que tous les nerveux apprécieront.
- Le confort des voyageurs n’a d’ailleurs pas plus été oublié que celui des passants. Gonfler un gros pneumatique de voiture étant une opération toujours pénible, un fabricant a imaginé de faire pomper le moteur lui-même-! Il installe à proximité du volant une pompe à air (lig. 5, n° 1 ) dont un galet garni de cuir commande le fonctionnement quand besoin en est, et transforme presque en une récréation l’ancienne corvée de la crevaison !
- Parmi les curiosités les plus achalandées du récent Salon, je citerai le moteur à 5 cylindres de la maison Panhard et Levassor (lig. 2, n° 1), dont les têtes de bielle sont calées à 120° et qui, par là, est équilibré à peu près aussi bien qu’un moteur à 4 cylindres, et le moteur à 8 cylindres de la maison Charron, Girar-dot et Yoigt (fîg. 2, n° 2) qui donne une explosion tous les quarts de tour de l’arbre et qui assure ainsi une régularité de mouvement très réelle. Cette maison exposait, en sus de ses modèles réguliers, une voiture de guerre dont l’arrière est occupé par une mitrailleuse Hotchkiss et qui doit servir à protéger contre la cavalerie ennemie les reconnaissances d’officiers, combinaison nouvelle dont la récente guerre du Transvaal a démontré l’à-propos (lig. 1, n° 2).
- La maison Serpollet, qui depuis deux ans soutient si vaillamment la lutte de la vapeur contre le moteur à explosions, et qui la première a porté le record du kilomètre au chilfre de 125 kilomètres à l’heure, exposait la voiture de course qu’elle enverra cette année défendre ses chances dans les grandes épreuves de vitesse (lig. 1, n° 1). Ce « torpilleur » peut développer une centaine de chevaux pendant quelques minutes et
- atteindre, dit-on, près de 150 kilomètres à l’heure. Il semble difficile, cette fois, que le moteur à explosions ne doive pas s’avouer irrémédiablement vaincu sur les petites distances du mille et du kilomètre. La reprise du combat se fera en mars prochain, lors des fêtes de Nice. L. Bauijry de Saumer.
- SURVEILLANCE DES EAUX SOUS-GLACIÈRES
- Le compte rendu du Congrès international de l’alpinisme de 1900* rappelle qu’à la suite d’une communication de M. Küss, inspecteur des eaux et forêts, sur la catastrophe de Saint-Gervais et sur les torrents glaciaires, le Congrès a émis un vœu (( tendant à organiser dans chaque pays un service d’observation de glaciers, dans le but de prévenir le retour des catastrophes et de'renseigner les services intéressés sur les mouvements et la formation des glaciers ». Simple répétition d’une opinion déjà exprimée à diverses reprises dans ce journal®, ce desideratum mériterait au plus haut degré de ne pas rester platonique. Des sinistres comme ceux de Saint-Gervais et de l’Altels peuvent survenir moins rarement qu’on ne le pense : en 1901 même, l’écroulement d’une partie du glacier de halhvasser (massif du Simplon) en a fourni un nouvel exemple, moins dévastateur que les deux précédents, mais qui impose aussi l’obligation de faire sortir cette grave question du domaine des vœux théoriques, pour la soumettre à une application pratique et utilitaire. La nouvelle Commission française des glaciers instituée par le Club alpin est tout indiquée pour poursuivre la réalisation de ce vœu, au moins pour les glaciers des Alpes dauphinoises et savoisiennes ! A. M.
- LES GÉPHYRIENS
- Les livres classiques de zoologie sont généralement muets sur les Géphyriens parce que ces intéressants animaux sont encore à la recherche d'une position sociale et n’ont pas encore pu trouver une place bien nette dans la classification. Il en résulte qu’ils sont en général fort mal connus du grand public qui cependant est susceptible d’en rencontrer quelques représentants, par exemple, au bord de la mer, en bêchant la vase pour récolter des .Arénicoles, chères au coeur des pêcheurs à la ligne ou en explorant les fentes des rochers pour y trouver des moules : un coup d’œil sur les principales formes de ces êtres, très voisins des Vers, ne sera donc pas superflu.
- Les types de Géphyriens que l'on trouve les plus fréquemment sont les Sipuneles qui vivent dans la vase, au bord de là mer, et que l'on prendrait au premier abord pour des vers intestinaux analogues à ceux qui abondent chez le cheval. Ils sont allongés, cylindriques, lisses et seraient des plus banals si on ne voyait à certains moments sortir de leur partie antérieure une longue trompe garnie de petites papilles crochues. La bouche se trouve tout à fait à l’extrémité de la trompe, entourée de dix à vingt tenta-
- 1 Clermont, Daix< in-8°, 256 pages. 1902 (vuir p. 7b.
- 2Yoy. E.-A. M.vhtm., La Nature ii° 1158, du 23 mars 1895, Ruptures de poches d emi de glaciers, cl u° 1170, 2 novembre 1895, Catastrophe de l’Altels, etc.
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- ailes. Quant à l’anus, (|ue l’on s attendrait à trouver à l’extrémité opposée, il faut le chercher à la hase de la trompe. L’animal se creuse des canaux dans le saille et mange celui-ci au fur et à mesure, digérant la matière organique qu’il renferme. Assez mou eu temps ordinaire, il se contracte quand on cherche à le prendre et devient alors dur comme delà [tierce, moyen de défense assez singulier. Sa larve a la forme d'une toupie qui nage au moyen d’une ceinture de cils vihratiles.
- il faut citer à coté du Sipunelc, une série de formes plus ou moins bizarres, mais se rapprochant de la sienne, notamment le Phascolion qui vit dans des tubes ou des coquilles de Mollusques (pie l’ani-
- mal, rappelant en cela le Bernard-l’Ermite, transporte partout avec lui; l’Aspidosiphon, à la trompe rejetée un pou sur le coté et qui possède deux « boucliers » chitineux, l’un à l'extrémité postérieure du corps, l’autre à la hase de la trompe, l’Onchne-soma, remarquable par sa longue trompe et le Pria-pule, qui possède un volumineux appendice caudal couvert de végétations et comparable à une branchie.
- L’Echiure présente aussi un aspect vermiforme, avec, à l’avant, une assez longue trompe creusée d’une gouttière. Celle-ci n'est pas comparable à colle du Sipuncle, parce (|ue la bouche se trouve à sa hase et non à son sommet. Sur la lace ventrale on remarque deux toutes petites soies. L’animal rampe et se
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- Les Gépiiyrieiis.— A, Sipuncle ; Ii. Larve; de Sipuncle; C, l’iiuscoliou ; I), Aspido-Siphon ; E, Owlinesonia ; F, l’riapulus; G, Ecliiurc 11, Bonelliu; I, Mâle de llonellia (considérablement grossi); J, Uamingia.
- nourrit d’inlimes particules alimentaires, qu'il recherche avec sa trompe, laquelle n’est pas ou presque pas rétractile. Sa taille atteint de 0m,10 à 0m,15.
- Bien plus curieux est la Boncllie que, le long de la Méditerranée, on peut rencontrer dans les fentes des rochers. C’est une niasse verte piriforme, très molle, qui se prolonge à la partie supérieure par une très longue trompe, terminée par deux cornes disposées à angle droit. Par elle-même elle est curieuse ; mais où elle devient extraordinaire, c’est lorsqu’on l’étudie au point de vue de la reproduction. Les males sont, en effet, on 11e peut plus différents des femelles : tandis que celles-ci ont de 0m,02 à O"1,10, les mâles 11e mesurent que 1 à 2 millimètres; ils n’ont d’ailleurs avec les premières aucune analogie de forme ni de structure. Ils vivent eu parasites sur le corps
- même des femelles dans une cavité spéciale que l’on a nommée la chambre des mâles et Lacaze-Duthiers, qui les a découverts, les croyait appartenir à une espèce toute différente. C’est un petit être planari-forme qui n’a ni bouche, ni anus, ni, naturellement, de tube digestif. Son corps ne renferme guère qu’une glande mâle allant s’ouvrir en avant et deux petits crochets lui permettant de se cramponner aux téguments. Dans un genre voisin, les Uamingia, on remarque un dimorphisme sexuel tout aussi accentué, avec cette différence que les petits mâles vivent dans le pharynx de la femelle.
- N’cst-il pas vrai que ces curieuses bêtes méritaient d’être [dus connues qu'elles ne le sont acluwl-lemcul ? IIiî.mu Coii'J.x.
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- coste poum.e pour projectioxs.
- [1 n'y a plus guère aujourd'hui de séances de projections où l’on se contente de vues inanimées ; il tant y ajouter le mouvement.
- Le cinématographe est tellement entré dans les mœurs qu'il n’est plus de chef-lieu de canton, si petit qu’il soit, qui n’ait eu son moderne montreur de lanterne magique.
- Pour passer de la projection fixe à la projection animée il faut avoir deux appareils, deux installations distinctes et on fait généralement succéder une séance à l’autre avec un entr’acte assez long entre les deux. Dans bien des cas il serait préférable de pouvoir intercaler à un moment quelconque la vue animée; cela peut meme être parfois très utile pour des conférences où la démonstration exige une grande variété d’images h des échelles différentes et à des points de vue très divers. C’est pour faciliter ce genre de projections mélangées, pour-rait-on dire, que M. Gaumont a combiné le poste double représenté ci-dessus (fig. 1). '
- La lanterne proprement dite, en tôle, comporte deux condensateurs : l’un pour les projections animées protégé par une cuve à eau E; l’autre, plus'grand, pour les projections fixes. À l’arrière un chariot sup-
- I\CA X DES CE XCE AT PÉTROLE (( LKT1XCELA XTE ))
- porte le régulateur électrique qui peut, au moyen d’une barre de manœuvre commandée par une manette, être amené à volonté en face de Lun ou l’autre des condensateurs ; des butées situées sur la barre permettent de repérer le point précis où la lumière est bien centrée ; le condensateur inutilisé est masqué auto m a t i q u c-ment par une plaque de tôle afin d’éviter toute déperdition de lumière. Un rhéostat b d’une construction toute particulière, évitant réchauffement, permet le réglage de la lampe.Sur l’avant de celte lanterne se trouvent montés d’un côté P l’objectif pour la projection, avec un passe-vues disposé de façon à permettre la mise en
- place et l’enlèvement facile des clichés ; de l’autre l’appareil cinématographique. Les deux objectifs ont été calculés de façon à donner sensiblement la môme dimension sur l’écran.
- La partie ciné-matographique comprend un appareil Pemeny (A) muni de son objectif (C) et d’un dispositif particulier permettant de centrer très rapidement l’image. Deux bobines à larges joues placées l’une en dessus, l’autre en dessous, servent à contenir les bandes qui ont parfois jusqu’à 000 mètres
- PHOTOGRAPHIE
- - LAMPE A
- Fig. 2. — Lampe à incandescence au pétrole VÉtincelante. Détails du mécanisme.
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- de long : sur la première on met la bande tout enroulée et sur la seconde on engage l’extrémité qui a traversé l'appareil ; une transmission 1) relie cette seconde bobine au mécanisme qui entraîne la bande et celle-ci se trouve enroulée au fur et à mesure de son passage derrière l’objectif. Le moteur électrique se règle au moyen d’un rhéostat R, ce qui permet de faire varier à volonté la vitesse de déroulement. A un moment quelconque on peut toujours arrêter la projection animée pour passer instantanément à la projection fixe; pour faire voir par exemple un détail qu’on aura photographié à une plus grande dimension, et avec un éclairage meilleur. Ce poste double est bien établi sur une table où suit rassemblés tous les organes de façon qu’ils soient tous sous la main de l’opérateur, et que l’ensemble présente le minimum d’encombrement.
- L'Étincelante. — La projection est facile pour qui dispose d’une source d’électricité suffisante à l’alimentation d’une lampe à arc de 8 à 10 ampères : mais c’est encore l'exception et dans bien des cas il faut chercher une autre source de lumière. C’est à l’oxygène qu’on aura recours tout d'abord, et on pourra obtenir un éclairage presque égal à celui de la lampe électrique, surtout avec les nouveaux appareils oxygénateurs, qui emploient l’oxylithe et que nous avons signalés récemment «à nos lecteurs. Mais combien y a-t-il encore d’amateurs, de professeurs, de conférenciers qui pour des raisons diverses ne peuvent pas employer d’appareils nécessitant des dépenses assez élevées comme achat, comme transport, et une installation un peu plus compliquée; combien sont obligés de se contenter de la lanterne avec éclairage au pétrole, qui se transporte facilement partout et s’installe instantanément à un endroit quelconque. Pour ceux-là c’est la lampe à incandescence par l'alcool ou le pétrole qui devra être employée; nous avons déjà eu l’occasion ici d’en signaler une fonctionnant à l’alcool, en voici une autre qui utilise le pétrole et qui nous a été présentée par M. Turillon. L’incandescence nous a paru être poussée à sa dernière limite et, de fait, on peut parfaitement éclairer un écran de lm,20 ou lm,50 de côté. Elle se compose de deux réservoirs P et A, l’un pour le pétrole, l’autre pour l’air comprimé, et d’un brûleur E employant le manchon Auer IL
- On comprime l’air avec une pompe de bicyclette dans le réservoir A; un détendeur spécial, placé à la naissance du tube qui le relie au réservoir P, lui permet d'exercer une pression constante sur le pétrole, qu’il chasse dans un tube souple V aboutissant au brûleur. On règle l'écoulement dans ce tube au moyeu d’un pointeau R. Pour allumer la lampe on soulève l’enveloppe C au moyen de la manette L et on place sur la base K du brûleur deux tampons d’amiante, imbibés d’alcool, qui commencent la vaporisation. Au bout de 2 ou 5 minutes on présente une flamme au-dessus du manchon H qui devient éblouissant : on obtient 8 à 10 carcels. Une aiguille D en acier est disposée de façon à être toujours dans
- le brûleur quand la lampe est au repos, et, en la faisant manœuvrer, au moyen de la manette M, une ou deux fois pendant le fonctionnement, on évite l’encrassement. de ce conduit capillaire. Le centrage du point lumineux peut se faire soit pour la hauteur, soit pour la droite et la gauche au moyen de tringles II et S dont les extrémités se terminent par des boutons placés derrière les réservoirs et à portée de la main quand la lampe est en place dans la lanterne. Le manchon II étant réduit à une très petite dimension la lumière se trouve concentrée sur un petit espace, ce qui est très avantageux pour obtenir un éclairage uniforme de l’écran.
- Le pétrole étant vaporisé est entièrement brûlé, il ne se dégage aucune odeur; la longueur du tube V empêche la chaleur de se communiquer au réservoir et écarte toute cause d’explosion, du reste la chaleur dégagée est relativement faible et beaucoup moindre dans tous les cas que celle donnée par les lampes à2ouo mèches qui fument toujours mais n’éclairent jamais. G. Marescuac.
- CHRONIQUE
- Télégraphie sans fil si travers l'Atlantique.
- — On affirme que cette fois M. Marconi est enfin arrivé à transmettre des messages du Canada en Angleterre. Nous tenons la nouvelle du Times qui a publié les dépêches échangées à ce propos. Sauf le premier télégramme qui a été envoyé par câble, les autres ont été transmis par les ondes hertziennes.
- Ottawa, 21 décembre.
- « Le premier message expédié à Iravcrs l’océan Atlantique par la télégraphie sans fil a été transmis aujourd'hui au roi Edouard VII par lord Minto. Le gouverneur a reçu avis de l’exacte transmission de celle dépêche dans les Icroies suivants : 0
- Glace Ray, cap Breton.
- « J’ai l’honneur d’informer Voire Excellence que votre message adressé à Sa Majesté a été transmis du cap breton au poste récepteur de Cornwall par la télégraphie sans fil et qu’il est arrivé à destination. G. Marconi. »
- Lord Minto a répondu :
- « Je suis enchanté de votre télégramme que je reçois à l’instant. Mes plus chaudes félicitations pour votre splendide succès. »
- On ne donne pas le texte de la première dépêche, mais voici la seconde. C’est la réponse du roi Edouard à lord Minto :
- « J’ai pris le plus vif intérêt à la transmission, par la télégraphie sans (il, de la dépêche que vous m’avez envoyée, et je me réjouis du succès de cette grande decouverte de M. Marconi qui relie plus étroitement encore la Grande-Bretagne et le Canada. Edouard. »
- Enfin le Times recevait, par les postes récepteurs de M. Marconi, le message suivant :
- « Le gouvernement du Canada veut, par l’entremise du Times, féliciter le peuple anglais au sujet de l’œuvre accomplie par M. Marconi qui sera le plus grand événement de la science dans les temps modernes.
- Pour le Premier, Cartwright. »
- On annonce même que le tarif de la Société de Télégraphie sans fil Marconi sera de 0fr,50 par mot.
- C’est peut-être beaucoup se presser, car il ne faut pas confondre le résultat d’une expérience de physique, si
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- belle lut-elle, avec une exploitation industrielle. Que deviendra l’expérience quand il faudra envoyer des signaux régulièrement'.' Et les orages, et les perturbations atmosphériques? Et la lenteur des transmissions? Et quand il y aura plusieurs postes, que deviendront les transmissions qui se croiseront et arriveront simultanément aux récepteurs? N’allons pas trop vite et attendons encore qu’une pratique un peu plus longue nous renseigne sur la portée réelle de la nouvelle invention.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 29 décembre 1902.
- Présidence de M. Bouquet de la Grve.
- Le gaz des sources de Luchcn. — M. Moissan présente une nouvelle étude des gaz dégagés parla source Bordeu, de Lucbon. Ces gaz renferment beaucoup d’azote, une petite quantité de formène et d’argon; au contact de l’acide carbonique de l’air, ils donnent des traces d’hydrogène sulfuré. La vapeur des sources laisse déposer par refroidissement de la vapeur de soufre. Celle-ci peut exercer une action thérapeutique.
- Théorie des éruptions volcaniques. — M. A. Gautier rappelle l’analogie complète qu’il a déjà signalée entre les gaz dégagés par une fumerolle de la Montagne Pelée, avec les gaz provenant des roches granitiques soumises dans le vide à une température de 400° à 500°. Or, dans l’éruption de la Montagne Pelée, les savants sont d’accord pour reconnaître que les cendres rejetées sont constituées par de l’andésite qui est une roche ferro-magnésicnne. Or, le passage de la vapeur d’eau sur des sels ferreux à haute température les transforme en sels ferriques en produisant un abondant dégagement d’hydrogène. Si le passage de la vapeur d’eau a lieu sur des carbonates il y a production d’oxyde de carbone; le méthane et le pétrolène apparaissent par action de la vapeur d’eau sur les carbures. 11 n’est donc aucunement nécessaire de supposer une inclusion préalable de gaz. M. Armand Gautier fait le calcul de l’énergie des gaz ainsi mis en liberté. C’est colossal.
- Les oiseaux et les épidémies. — M. Mascart présente une Note du Père Victor, missionnaire, signalant chez les hirondelles et les moineaux l’existence d’un instinct qui les pousse à s’éloigner des lieux ravagés par la peste ou le choléra ; les oiseaux des champs, au contraire, ne quittent pas les localités contaminées. L’existence d’un instinct de ce genre chez les oiseaux a d’ailleurs été déjà indiquée par saint Augustin.
- Les éruptions de la Montagne Pelée. — M. Michel Lévy annonce qu’il a reçu de M. Lacroix trois lettres datées des 25, 29 novembre et 10 décembre. Dans la première M. Lacroix fait savoir qu’une éruption nouvelle s’est •produite le 18 novembre et qu’il a vu descendre du cratère jusqu’à la mer une nuée ardente semblable sans doute à celle qui a dù détruire la ville de Saint-Pierre. Cette nuée projetait des cendres à 5200 mètres de hauteur et roulait assez lentement; elle a mis six minutes pour aller du cratère à la mer. Le 28, il a assisté à une nouvelle éruption, la plus forte de toutes, qui a reproduit les phénomènes du 18. Le nuage recouvrait le sol et la mer d’un dépôt de cendres blanches; enfin, on apercevait une quantité de blocs incandescents rejetés par le cratère. M. Lacroix a pris de nombreuses photographies du phénomène ; plus tard, ayant pu gagner par mer l’embouchure de la rivière Blanche, il a trouvé, en grattant les cendres
- superficielles, que les cendres sous-jacentes étaient encore à une température de plus de 100°; les blocs étaient encore rouges en partie et extrêmement friables. Un bloc d’un mètre cube de volume éclatait sous un seul coup de marteau.
- Le champignon du black-rot. — M. Prillieux présente une Note de M. Delacroix sur le black-rot. Schribner avait signalé, en Amérique, une forme conidienne; l’année dernière, M. Delacroix avait annoncé qu’il avait également observé cette forme en France. M. Viala a contesté que la forme décrite par M. Delacroix appartient au cycle du développement du champignon du black-rot; pour lui, ce serait un saprophyte apparaissant fortuitement sur les conceptacles. Cette année, M. Delacroix a retrouvé aux environs de Brives la forme conidienne qu’il avait précédemment signalée. 11 a observé la germination des coni-dies et a fait sur des raisins sains de la station de pathologie végétale de Paris des infections qui ne laissaient subsister aucun doute sur sa nature. 11 a produit ainsi sur des grains des taches où se développent les formes diverses de fructification du champignon du black-rot.
- Éleclion. — M. Mascart est élu vice-président pour l’année 1905 par l’unanimité de ses collègues présents.
- Séance du 5 janvier 1905.
- Présidence de MM. Bouquet de la Grye et Albert Gaubry.
- Installation du nouveau président. — Sitôt après le dépouillement de la correspondance M. Bouquet de la Grye prend la parole et déclare qu’il est heureux de céder la présidence à un ami. 11 remercie ses collègues de la bienveillance qu’ils lui ont montrée et exprime le yobu que son successeur ne soit point obligé., aussi souvent qu’il ne l’a été, de lever la séance en signe de deuil. M. Mascart prend ensuite place au bureau comme vice-président et M. A. Gaudry assure M. Bouquet de la Grye des regrets qu’il laisse comme président; il remercie ensuite ses collègues du grand honneur qu’ils lui ont fait en lui décernant la présidence à la fin de sa carrière scientifique.
- La sléréoscopie appliquée à la topographie. — M. le colonel Laussedat présente diverses feuilles de la carte topographique d’Autriche au 1 /200 000e publiée par l’Institut topographique militaire de Vienne. Une partie du territoire représenté par ces feuilles à été levée par une méthode photographique fondée sur la stéréoscopie. On a ainsi levé, rapidement et exactement, 2000 kilomètres carrés.
- Le vin de seconde cuvée. — M. Brouardel présente une Note de M. Curtel signalant un procédé qui permettrait de reconnaître immédiatement et très simplement le vin de seconde cuvée obtenu par addition de sucre et d’eau sur le marc. Mais il faudrait, pour que cette méthode fût applicable, que le sucre contînt une trace de salpêtre. Dans ces conditions, il suffit de mettre sur une plaque de verre une goutte d’acide sulfurique avec un fragment de diphé-nylamine, puis de faire tomber une goutte de vin; celui-ci, s’il est de seconde cuvée, se colore en bleu.
- La lécithine dans le lait. — M. Brouardel présente une Note de MM. Bordas et Rakotzky dont il résulte que le lait chauffé dans lin récipient exposé directement au feu perd, à 95°, 28 pour 100 de la lécithine qu’il contient. Chauffé au bain-marie, la perte n’est que de 12 pour 100.
- Varia. — M. Lacroix adresse une Note sur les modifications qu’ont subies les matériaux rejetés par le volcan
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- do la Martinique. — M. le prince de Monaco dépose un travail de M. Joubin sur les céphalopodes recueillis au cours de sa dernière exploration dans l’Atlantique. Les céphalopodes existent depuis la surface jusqu’à une profondeur de 4500 mètres. (ai. de Yieledecu..
- NOS TOUILLES EN ANGLETERRE
- La France, quoique prétendent certains, toujours prêts à dire du mal de ce qui se fait chez nous, est le premier pays du monde pour l’élevage de la volaille ; je ne dis pas de la volaille de race ou de sport, mais de la volaille de table.
- Laissons l'aviculture sportive aux Anglais et aux Relges et ne nous occupons que de l'aviculture pratique. 11 y a quelques années, une importante
- société avicole de Londres, qui organise chaque année au mois de novembre une exposition internationale de volailles, avait convié au Crystal Palace, nos principaux éleveurs français; j’avais dans les journaux spéciaux d’acclimatation et d’élevage battu le rappel et près de soixante exposants s’étaient décidés à passer le détroit. Le ministre de l’agriculture d’alors, M. Méline, avait bien voulu me charger d’une mission officielle h cette exposition. Nos exposants français remportèrent la palme haut la main ; tà eux vinrent non seulement les principales récompenses, mais encore de nombreuses et très importantes commandes ; mais tel est le caractère de beaucoup de nos commerçants français, qu’ils ne donnèrent pas suite à leur premier et si bon mouvement; l’année suivante, l’exposition anglaise compta
- Marché aux Dindons au Mesnil-Broult (Sarthe).
- à peine trente exposants français, l’an dernier ils ne furent plus que cinq on six, et les commandes de volailles grasses et de table allèrent à nos voisins de Belgique.
- A qui la faute? Les uns diront aux pouvoirs publics, qui n’ont pas assez soutenu nos commerçants, les autres, aux frais occasionnés par un déplacement en Angleterre; je crois que la faute en est exclusivement au caractère de nos éleveurs, qui veulent bien vendre sur place ce qu’on leur achète, qui consentent à se laisser tondre par les commissionnaires des grands marchés, plutôt que de payer un peu de leur personne, ou même d’avoir des voyageurs. Est-ce que nos bijoutiers, nos marchands de vin, nos marchands de calicot, etc., n’ont pas des voyageurs de commerce qui passent leur vie à l’étranger et font des affaires? Pourquoi n’en serait-il pas de même pour nos producteurs de volailles ? Ne pourraient-ils pas se syndiquer par ré-
- gion, et avoir par syndicat au moins un voyageur de commerce ?
- Les Anglais trouvent si exquise la volaille française, qu’ils ne manquent pas, eux, d'envoyer des voyageurs en France pour acheter sur place ce que nos éleveurs ne consentent pas à aller leur proposer. Aussi chaque année au mois de décembre les grands marchands de la Cité envoient dans les régions d’élevage de notre pays des représentants qui achètent dindes, oies, etc.
- Un des grands marchés de la France pour la vente et l’élevage des dindons est le département de la Sarthe; notre photographie représente les Anglais achetant des dindons au Mesnil-Broult près de le Melle ; elle nous a paru curieuse à mettre sous les yeux de nos lecteurs. Paie Mkgmx.
- Le Gérant : P. Massox.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleurus, 9.
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- y 15 47. — 1 7 JANVIER 1005.
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- LE CRIQUET M\RBRÉ
- Pour être moins célèbre que la sauterelle biblique, le criquet marbré n’en est pas moins remarquable qu’elle. Il habite à peu près les mêmes régions, mais comme il ne porte pas à l’homme d’aussi graves préjudices, il n’a pas autant attiré l’attention, sauf pourtant celle des naturalistes qui ont pu le rechercher pour sa grande taille et ses belles couleurs.
- D’ailleurs ses caractères spéciaux l’ont fait classer dans un autre genre que le Criquet pèlerin (Acri-dium peregrinum) et le Criquet marocain (Stau-ronotus marocanus), ces deux grands fléaux de l’Afrique septentrionale : celui des Pamphagus.
- Avec leurs corps épais, leurs ailes presque toujours avortées, leurs cuisses larges, leurs jambes épineuses, leur corselet h carène médiane formant une ciête aiguë, et leur forte tête, les pamphagus présentent un aspect bien particulier.
- L’espèce que nous figurons est assez commune en Algérie et en Tunisie, où le docteur Bonnet nous dit l’avoir souvent capturée. Onia trouve aussi en Corse, en Sardaigne, dans le sud de l’Italie et une partie de la Calabre. On la rencontre, à tout son développement, de mai à juillet ; c’est le plus gros Orthoptère qui habite l’Europe, aussi Linnée lui avait-il donné le nom spécifique d’Elephas. Il fut appelé Numi-dicus par Loiret et Marmoralus par Burmeister. Les
- Arabes le nomment Bou~djerad, ce qui veut dire, paraît-il, père des sauterelles.
- Sa couleur est d’un beau vert en dessus, jaune citron en dessous. A toutes les articulations, celle de la tête, du corselet et des anneaux de l’abdomen, comme à celles des pattes, on observe des taches rouge feu, visibles surtout quand l’animal se mouvant, la membrane qui réunit les segments se trouve distendue. Certains individus sont d’une belle teinte rouge violacée; avec leurs taches plus foncées on les croirait ensanglantés; c’est à cette variété que Poiret a donné le nom de Gryllm nwnidicus cruentatus.
- Les élytres de ce pamphagus sont toujours très courtes, réduites chacune à une écaille ovalaire. Les ailes manquent complètement, de sorte que cet insecte 31e année. — 1er semestre.
- se déplace peu, et par suite il est peu nuisible malgré sa grande taille, se nourrissant de préférence de chardon à foulon (Dipsacus fullonum), mais mangeant aussi à l’occasion une foule d’autres plantes.
- En juillet et août, la femelle effectue sa ponte. Elle s’y prend de la même manière que la plupart des criquets, l’abdomen étant introduit dans le sable et pouvant atteindre alors jusqu’à 16 centimètres de longueur. Elle reste, dit Poiret, qui le premier a bien observé cet insecte, plus de huit jours dans cette position et meurt sur ses œufs qui forment une masse arquée de 25 millimètres de longueur.
- Ils sont collés ensemble par une glu noirâtre formant avec le sable un enduit très tenace. Les jeunes larves paraissent deux mois après, c’est-à-
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- dire en septembre. Elles sont de couleur brune, subissent des mues, comme toute larve d’Ortho-ptère, changent peu à peu de couleur et hivernent, se cachant dans le sable par les temps froids, s’y engourdissant, pour se réveiller quand la température se radoucit, dévorant alors avec avidité les jeunes plantes et les bourgeons des arbres qu’elles peuvent atteindre. En avril-mai, elles deviennent nymphes et leur couleur verdit.
- Quoiqu’il soit remarquable pas sa forte taille, l’histoire de cet orthoptère est assez banale. Aptère, comme nous l’avons dit, à démarche lourde, il est voué à une mort certaine s’il ne trouve pas dans le voisinage une nourriture suffisante. Sa multiplication est subordonnée à cette condition d’alimentation, aussi ne voit-on pas de son fait des désastres comme ceux qu’occasionnent d’autres espèces de sauterelles bien plus petites et d’aspect moins redoutable, qui, après avoir ravagé la région où elles sont nées et celles où elles se sont développées, s’élèvent grâce à leurs ailes en nuages compacts et vont porter au loin la ruine et la désolation.
- Notre ami, le marquis de Fougères, qui, lui aussi, a été à même d’observer ce bel insecte en Algérie, nous assure qu’il y est comestible.
- La présence simultanée du pamphagus marmora-tus en Algérie, en Corse, en Sardaigne, en Italie semble indiquer que ces régions ont été à une époque reculée reliées par des terres, et que, comme nous l’écrit notre collègue M. A. Finot (un de nos plus savants orthoptéristes), elles étaient alors des presqu’îles de la Barbarie.
- Peut-être aussi se peut-il que les vestiges d'élytres que porte encore cet insecte soient les restes de deux paires d’ailes anciennement bien développées qui lui permettaient de longues traversées ; ce sont là de graves questions que nous laissons à d’autres le soin d’éclaircir. A.-L. Clément.
- SÉROTHÉRAPIE DE LA FIÈYRE TYPHOÏDE
- Il y a juste une année que le professeur Chantemessc communiquait à l’Académie de médecine les premiers résultats du traitement de la fièvre typhoïde1 par le sérum antityphique. A ce moment le chiffre des sujets traités par les injections était peu élevé, mais la proportion de guérisons dépassait tellement la moyenne ordinaire qu’on pouvait à bon droit croire à une méthode véritablement efficace de thérapeutique.
- Les statistiques publiées aujourd’hui par Chantemesse montrent que les espérances n’ont point été déçues et que ses patientes recherches ont été couronnées d’un plein succès. Voyez la comparaison de deux statistiques : c’est le seul point de repère sérieux qu’on puisse avoir en pareil cas, et dans l’espèce les cas sont à peu près identiques. I)’un côté la statistique générale des divers hôpitaux, de l’autre celle du Bastion 29, hôpital où se trouve le service de M. Chantemesse. Les deux séries portent, Tune et l’autre, sur une période de vingt mois, du 1er avril 1901 au 1er décembre 1902.
- 1 Yoy. n° 1491, du 21 décembre 1901, p. 34.
- Voici les résultats qu’elles nous montrent. Dans les divers hôpitaux sont entrés 1478 malades atteints de fièvre typhoïde; 280 ont succombé. Mortalité: 19,3 pour 100.
- Au Bastion 29 on a traité par le sérum 186 cas, 7 seulement sont morts. Proportion: 3,7 pour 100.
- L’écart est, on le voit, notable et si vous compulsez les détails, vous verrez que ce ne sont pas des cas bénins, des formes anodines qui sont venus dans les salles de M. Chantemesse. Le même traitement a été appliqué dans les divers services: balnéation, affusions froides. La statistique dernière a eu en plus le sérum. C’est donc bien à cet agent, à ces injections qu’il faut rapporter les succès et ce pourcentage de 13 pour 100 de moins de mortalité.
- La méthode s’affirme donc comme supérieure à toute autre; elle est appliquée, demandée pour les malades non hospitalisés. C’est dire qu’on croit à sa valeur et qu’on l’apprécie comme elle le mérite.
- Si l’on veut bien saisir le mécanisme de l’influence de ce nouveau sérum, il faut examiner les résultats qu’il donne chez les animaux en expérience. Sur des lapins les uns ayant reçu du sérum, les autres indemnes, on injecte simultanément à l’oreille une dose égale de culture de bacilles typhiques : on voit, chez les lapins terrassés, les microbes pulluler; chez ceux injectés, la majorité des bacilles est englobée par les phagocytes et en voie de destruction.
- Injecte-t-on, au contraire, la toxine typhoïde, on voit l’animal témoin maigrir, s’affaiblir et succomber après un certain temps; grâce au sérum, l’autre animal peut supporter une dose double de poison qui tue le lapin non traité.
- Ceci prouve — et c’est une remarque sur laquelle le professeur appelle l’attention des médecins— que le sérum est anti-infectieux et antitoxique, mais qu’il est avant tout un excitant phagocytaire. Il agit en exaltant l’activité des phagocytes et des appareils lymphoïdes; c’est à une condition, c’est que ces appareils ne soient pas trop intoxiqués et incapables de répondre à l’excitation. Aussi doit-on faire l’injection de sérum dès le début de la maladie. Quand l’infection est profonde, la maladie avancée, il ne faut pas chercher une guérison rapide en injectant des doses fortes. Au contraire, il faut des doses faibles capables de soutenir les forces, d’augmenter la résistance cellulaire et de franchir le mauvais pas. On peut dire que la méthode a fait ses preuves et que la sérothérapie antityphique doit être appliquée comme un traitement supérieur à tout autre. I)r A. Cartaz.
- —»<><— •
- LA FRONTIÈRE CHILO-ÀRGENTINE
- La nouvelle frontière chilo-argentine vient d’être fixée le 25 novembre 1902 par S. M. Édouard VII, nommé arbitre dans le conflit aigu qu’avait suscité la difficile interprétation géographique du traité de 1881*. La sentence arbitrale n’adopte ni l’une ni l’autre des prétentions extrêmes formulées par chacun des deux états; elle ne tranche donc pas la question géographique posée de savoir s’il fallait prendre comme frontière la plus haute crête de la Cordillère des Andes (bien que celle-ci soit interrompue par de nombreux cours d’eau), ou la ligne réelle de partage des eaux (qui est souvent indécise et surtout fort à l’Est de la crête montagneuse). La ligne tracée pour la
- 1 Yov. n° 1482, du 19 octobre 1901, p. 322.
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- nouvelle limite est un véritable compromis qui, sur les 02 000 kilomètres carrés litigieux, en laisse 55 000 au Chili et 57 000 à l’Argentine (à qui échoient des terrains meilleurs). Elle suit tantôt la crête, tantôt la ligne de partage et le plus souvent une direction intermédiaire. On trouvera une carte de cette nouvelle frontière dans « la Géographie » du 15 décembre 1902. M.
- ÀËR0STATS AU LONG COURS
- Les essais de délesteurs automatiques pour ballons libres dont nous avons entretenu dernièrement nos lecteurs1, viennent d’être complétés par les essais des aérostats destinés à être lancés de Gabès ces jours-ci. Ces essais ont consisté en un gonflement d’épreuve au gaz d’éclairage des deux ballons 1’ « Éclaireur » et le « Léo Dex », gonflement exécuté dans le hangar de l’Aéro-Club à Saint-Cloud. Les ballons sont restés quatre jours gonflés, manches liées, dans les conditions où ils se trouveront pour leur tentative de traversée du Sahara.
- Durant ces quatre jours, 1’ « Eclaireur » a perdu 9 kg de sa force ascensionnelle, soit environ 18 pour 100, et le « Léo Dex » 17 kg, soit à peu près 19 pour 100 : le lest emporté sous forme de guide-rope lourd par le premier de ces ballons étant de 54 kg, et sous forme de guide-rope lourd et de lest-eau, contenu dans un délesteur automatique, par le second atteignant 55 kg. On voit qu’une longue vitalité leur est assurée; leurs pertes de force ascensionnelle durant le voyage se réduiront en effet aux fuites de gaz à travers l’enveloppe, puisque leurs manches d’appendice, d’une longueur d’ailleurs respectable (6 mètres) seront liées.
- Cette ligature des manches qui transforme les ballons en ballons clos est possible parce que leurs guides-rope sont trop lourds pour pouvoir être enlevés par eux et que par conséquent les aérostats ne sauraient s’élever dans les hautes couches de l’atmosphère. Ajoutons que, comme de juste, afin de permettre une libre dilatation du gaz sous un coup de soleil, ils partiront incomplètement gonflés.
- Bien que composés d’un fil d’acier de 7 millimètres de diamètre, et par conséquent d’un coefficient de frottement très faible, ces guides-rope retarderaient sensiblement la marche des aérostats si l’on n’avait pas eu la précaution de munir chaque hallon de 5 voiles en pyramide qui doublent l’action d’entraînement du vent, et de plus par leur inclinaison, combinée avec la surface inférieure du ballon, constituent une sorte de cerf-volant qui tend' à soulever tout le système s’il survient une rafale. Outre son délesteur automatique, qui ne figure pas sur notre gravure, le « Léo Dex » emporte une nacelle contenant des pigeons voyageurs et des appareils enregistreurs. Avec sa voilure ce ballon mesure llm.,50 de hauteur. Avec sa nacelle et son délesteur automatique l’aérostat atteint la taille respectable de 19m,50.
- Afin de permettre de se reconnaître dans les rapports des indigènes sahariens qui verront passer ces ballons, l’un d’eux a des voiles rouges, l’autre des voiles vertes. Pourvu donc que ces indigènes ne soient pas daltonistes, on saura, par la couleur du voyageur aérien, lequel des deux aérostats ils auront aperçu.
- Par leurs rapports et par le lieu des naufrages, si toutefois on retrouve les épaves de ces sondeurs de l’atmosphère on espère arriver à reconstituer leurs itinéraires, (.ette reconstitution donnerait incontestablement" de précieux renseignements sur la régularité des vents alizés
- 1 Voy. n0 1545. du 20 décembre 1902. p. 55.
- que les explorateurs du Sahara central représentent una nimement comme soufflant avec une constance véritable-
- l.c ballon le « Léo Dex ».
- ment monotone au-dessus de ces contrées dont l’extraordinaire aridité serait due à l’extrême sécheresse de ces trop immuables vents du nord-est. Z...
- JUPITER EN 4902
- J’ai déjà entretenu les lecteurs de ce journal1 de mes observations de la planète Jupiter. Je leur parlerai aujourd’hui des travaux que j’ai faits au cours de l’année 1902. La planète est passée en opposition le 5 août. Elle se trouvait alors dans lé» Capricorne. Son diamètre polaire était à ce moment de 45". La position de la planète dans l’hémisphère austral a beaucoup gêné les observations, car la planète ne s’est jamais bien dégagée des brumes de l’horizon sauf en quelques soirées exceptionnelles. Ces mauvaises conditions d’observations se sont trouvées compensées par les réelles qualités de mon 4 pouces tdpnt l’objectif très lumineux est dû à l’habile ^opticien Mailhat. Je me suis servi de préférence du grossissement de 180 et en quelques soirées du 250 et même du 500. J’ai adopté pour les bandes la même notation que dans mes travaux précédents. L’équateur correspond à une ligne a et les bandes sont désignées par les lettres de l’alphabet grec précédées du signe -f- ou — selon que les bandes se trouvent dans l’hémisphère boréal ou austral.
- Voici le résumé de mes observations :
- 15 juillet, 10"50a. — Mauvaise image; le pôle
- 1 Voy. n° 1587, du 25 décembre 1899, p. 09.
- 2 Les heures sont comptées de midi à midi.
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- LA N A TU HE.
- sud est plus foncé que le pôle nord. La bande — a est bien-visible mais sans détails; son rebord sud est d’un blanc éclatant. La bande + x moins prononcée est interrompue en son milieu : la région avoisinant le bord est et reliant + a et —-a est sombre.
- I \ A juillet, llh 30. — Bonne définition. Le pôle nord est plus sombre que le pôle sud. Labande-ba est visible sans détails; la ligne -b p est également visible et est double au sud dans sa partie voisine du bord est. La bande — a est très large, elle présente à l’union du tiers moyen et du tiers est une tache foncée : de môme à l’union du tiers moyen et du tiers ouest il y a une interruption très prononcée de la bande; — fl est visible comme une ligne très fine. La zone équatoriale est très blanche; la zone située au nord de -b 13 est très sombre.
- 31 juillet, 1 lh 30. —Excellente image. Le pôle nord est de beaucoup le plus foncé. La bande — [3 est visible, mais est très faible. La bande — x est très large; près du bord est elle est interrompue par une scissure oblique ; la partie comprise entre cette scissure et le bord est ne présente absolument rien de spécial. A l’union du tiers ouest et du tiers moyen nouvelle scissure, mais verticale cette fois et plus large que la précédente.
- Le tiers ouest ne présente rien de particulier. Sur le tiers moyen, en allant de l’est vers l’ouest, on remarque une grosse tache, puis deux petites taches noires. La région entre — (3 et — oc est très blanche. 11 en est de même de la zone équatoriale. Je ne peux comparer cette teinte blanche qu’à celle des pôles de Mars. Là bande -b* ne présente pas de détails visibles, mais elle est excessivement curieuse par sa forme déchiquetée que j’ai essayé de rendre fidèlement sur mon dessin ; -b (3 est visible et très faible.
- Le rebord nord de -b « est très blanc, au nord de —b pi la région est grise.
- 28 août , 10h 15. — Bonne image. Le pôle nord est plus foncé que le pôle sud qui est jaune. La
- bande -b x n'est pas très prononcée ; elle est d’un gris cendré très uniforme. Les taches noires forment un contraste frappant avec cette teinte grise, -b ^ n’est pas visible : toute la région est baignée de teintes grises. La zone équatoriale est d’un très beau rose. La bande — x est très curieuse. Dans sa moitié est elle a la forme d’un 8 dont les boucles ne seraient pas fermées et la boucle inférieure est interrompue. À la partie inférieure une grosse tache noire, puis une barre oblique noire également : entre les deux le bord sud de la bande présente deux petites saillies. Près du bord ouest une tache ovale noire ; la bande va en s’amincissant dans cette région, — [3 est visible.
- 5 septembre, llh50. — Image assez bonne. Le pôle nord est plus foncé que le pôle sud. Ce dernier pôle est jaune. La bande — a est très épaisse du côté est où l’on remarque une tache ovale très noire s’étendant sur environ un cinquième de la bande ; une petite tache très noire se trouve à peu près au centre de la bande. Du côté de l’ouest la bande est très mince : dans le dernier tiers elle est nettement double. A l’union du dernier et du second tiers une petite tache noire : entre cette tache et celle du centre une sorte d’incurvation; entre les deux bandes dédoublées, région très blanche. De la tache du centre part un point gris oblique en bas vers le sud-ouest qui rejoint — [3 très fine et légèrement sinueuse. La région a est blanche surtout dans le voisinage des bandes -b et —x. La bande -ha est
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- LA .NAT( KL.
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- très grosse, mais elle n’est pas très foncée ; elle ne présente pas de détails nets, si ce n’est vers le centre une petite tache ovale terre de Sienne. Auprès du bord ouest la bande semble interrompue. Le rebord nord de cette tache est très blanc; au-dessus la région est grisâtre sans détails nets.
- 7 septembre,
- 10h. — Image assez bonne. Le pôle nord est plus foncé que le pôle sud. La bande
- — x est assez laree surtout dans
- O -
- la partie est; dans la partie ouest elle présente une sorte d’échancrure, la bande —- x semble composée de trois petites taches noires séparées par des intervalles plutôt brun clair. La bande
- — ^ est très fine.
- La bande + x est également échan-crée à l’ouest, mais dans la direction du nord alors que la bande
- — x l’est dans la direction du sud.
- Vers le milieu de la bande on remarque une tache noire oblique ; il y a interruption dans la bande un peu â l’est de cette tache.
- 18 septembre, 91' 15. —- Bonne image. Les pôles sont très lumineux. La bande -t- x est nettement dédoublée en deux grosses bandes et sur chacune de ces bandes on voit deux taches noires plus voisines du centre sur la bande la plus septentrionale. La bande — x est nettement double dans son quart est; elle est accentuée surtout au sud ; entre cette partie dédoublée et le centre de la bande une vaste dépression ; la bande entre cette dépression et le bord ouest est très foncée, elle ne présente rien de spécial si ce n’est à la partie centrale du bord sud où l’on voit un léger point noir d’oii part une ligne
- oblique assez line réunissant — x à — p à peine visible.
- 25 septembre, 10h30.— Image mauvaise. Contrairement à ce qui a eu lieu dans les observations précédentes, c’est le pôle sud qui est le plus foncé. La
- bande x très foncée,très accentuée ne présente point de détails. La bande — a, très accentuée également, montre deux points noirs situés h peu près à égale distance du méridien central. — S n’est visible que dans son tiers est, mais est très accentué.
- 7 octobre, I0ll45. — Bonne image. Le pôle sud est toujours plus foncé. On distinguex bien visible et renllé dans sa partie ouest. -+- p est visible sous
- forme d’une bande très mince, — x est certainement double dans sa partie ouest ; j’ai cru distinguer deux taches noires dans cette partie ouest, mais elles ne sont point certaines. — p a l’aspect d’une ligne très line.
- 9 octobre, 10u 15. — Bonne
- image. Le pôle nord est le plus foncé. La bande -h x ne présenterait rien de spécial si elle n’avait point dans sa partie ouest une déformation bien rendue par la ligure, déformation qui rejette cette partie ouest au nord de l’axe de la ligne -f-«. La ligne — a présente trois points noirs qui marquent assez bien les limites des quatre quarts de la bande. La ligne — - p est, visible. Entre •— x et - p une petite bande visible seulement dans le voisinage du bord ouest.
- Enfin j’ai cru apercevoir une line bande équatoriale x, cette observation n’étant pas siire, je ne me suis pas cru autorisé à figurer cette bande sur le dessin.
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- LA N ATI'R K.
- 12 octobre, 911 40. — Excellente image. Le pôle nord est le plus foncé; la ligne -4- a est nettement double dans toute son étendue et la région intermédiaire aux deux lignes de dédoublement est très peu accentuée. Les lignes -+- et —- [4 sont visibles, ,3 est bien accentué. La bande — a est très curieuse. Elle présente une large dépression dans sa partie est, dépression fermée au sud et à distance par une bande très accentuée et visible seulement à l’est; la bande — y. présente ensuite deux points noirs au sud desquels le bord de la bande présente un rendement bien visible.
- Je n’ai point examiné la planète après cette date. Ces quelques observations pourront contribuer à l’bis-toire de la planète géante, histoire bien curieuse mais encore fort mal connue. Licio Libert.
- LE MIMÉTISME ET LA LITTÉRATURE
- Le mimétisme est cette singulière faculté que possèdent certains animaux de prendre des couleurs ou des formes qui leur permettent d’échapper plus facilement à leurs ennemis. Bien avant Darwin, VYallaee, Poulton, elle avait été déjà remarquée par des littérateurs, romanciers ou poètes.
- Bernardin de Saint-Pierre, le peintre et le chantre de toutes les « harmonies » de la nature, ne pouvait laisser passer inaperçue cette remarquable aptitude des êtres animés. Dans ses « Études de la Nature », il a fait une place importante au mimétisme. Le « mot » n’était pas encore inventé, mais la « chose » existait. Il l’a décrite dans le style imagé qui fut une révélation pour la brillante société de la tin du dix-huitième siècle.
- « Ainsi, après avoir fait contraster, dit-il, avec les fonds où ils vivent, les animaux qui pouvaient échapper à tous les dangers par leur force et par leur légèreté, la nature y a confondu ceux qui sont d’une lenteur ou d’une faiblesse (pii les livrait à la discrétion de leurs ennemis.
- « Le limaçon, dont la marche est si lente, est de la couleur de l’écorce des arbres qu’il ronge, ou de la muraille où il se réfugie. Les poissons plats qui nagent fort mal, comme les turbots, les carrelets, les plies, les limandes, qui sont à peu près taillés connue des planches, parce-qu’ils étaient destinés à vivre sédentairement au-dessus des fonds de la mer, sont de la couleur des sables où ils cherchent leur vie, étant piquetés comme eux de gris, de jaune, de noir, de rouge et de brun. A la vérité, ils ne sont colorés ainsi que d’un coté : mais ils ont tellement le sentiment de cette ressemblance que quand ils se trouvent enfermés dans les parcs établis sur les grèves et qu’ils voient la marée près de se retirer, ils enfoncent leurs ailerons dans le sable en attendant la marée suivante, et ne présentent à l’homme que leur côté trompeur. Il est si ressemblant avec le fond où ils se cachent, qu’il serait impossible aux pécheurs de les distinguer, s’ils n’avaient des faucilles avec lesquelles ils tracent des rayures en tout sens sur la surface du terrain, pour en avoir au moins le tact, s’ils ne peuvent en avoir la vue. C’est ce que je leur ai vu faire plus d’une fois, encore plus émerveillé de la ruse de ces poissons que de celle des pécheurs. Les animaux ont un instinct merveilleux pour trouver les endroits où ils seront le plus en sûreté. Suivant les bonnes ou les mauvaises fortunes qui se présentent, ils choisissent tel ou tel endroit. « L’alouette grise
- cherche sa vie dans l’herbe des champs. Est-elle effrayée, elle se coule entre deux mottes de terre où elle devient invisible. Elle est si tranquille dans ce poste qu’elle n’en part souvent que quand le chasseur a le pied dessus. Autant en fait la perdrix. » Les papillons eux-mêmes ont ce sentiment des couleurs. « Au mois de mars, je vis, sur le bord de la rivière des Gobelins, un papillon couleur de brique qui se reposait, les ailes étendues, sur une touffe d’herbe. Je m’approchai de lui, il s’envola. 11 fut s’abattre à quelques pas de distance sur la terre, qui, en cet endroit, était de sa couleur. Je m’approchai de lui une seconde fois : il prit encore sa volée, et fut se réfugier sur une semblable bande de terrain. Je ne pus jamais l’obliger à se reposer sur l’herbe, quoique je l’essayasse souvent, et que les espaces de terre qui se trouvaient entre les touffes de gazon fussent très étroites *. »
- Ces curieuses observations n’étonnent pas trop sous la plume de Bernardin de Saint-Pierre qui fil de l’histoire naturelle une sérieuse étude. Elles semblent plus extraordinaires quand on les rencontre — incidemment, il est vrai — dans l’œuvre de quelques écrivains, et notamment, par exemple, d’Edmond About.
- (( Chaque animal, écrit About dans celte délicieuse fantaisie du « Hoi des Montagnes », se colore suivant son domicile et ses habitudes: les renards du Groenland sont couleur de neige, les lions, couleur du désert, les perdrix, couleur de sillon, les brigands grecs, couleur de grands chemins.... »
- Plus étonnantes encore que les ressemblances de couleur sont les ressemblances de forme. Tout le monde se rappelle l’exemple classique des « hâtons qui marchent », ces chenilles géomètres affectant la forme des brindilles des arbres sur lesquels elles rampent.
- Si Victor Hugo avait connu ces chenilles arpenteuses, nul doute qu’il n’en ait fait mention dans la curieuse lettre ci-après, datée de Bernay-en-Ponthieu, petit village de Picardie :
- (( l’ne chose me frappait hier matin, tout en rêvant sur les vieux boulevards de Montreuil-sur-Mer : c’est la manière dont l’être se modifie et se transforme constamment sans secousse, sans disparaître, et comme il passe d’une région à l’autre avec calme et harmonie. 11 change d’existence sans presque changer de forme. — Le végétal devient animal sans qu’il y ait un seul anneau rompu dans la chaîne qui commence à la pierre, dont l’homme est le milieu mystérieux, et dont les derniers chaînons, invisibles et impalpables pour nous, remontent jusqu’à Dieu. — Le brin d’herbe s’anime et s’enfuit, c’est un lézard; le roseau vit et glisse à travers l’eau, c’est une anguille; la branche brune et marquée du lichen jaune se met à ramper dans les broussailles et devient couleuvre; les graines de toutes couleurs, mets-leur des ailes, ce sont des mouches; le pois et la noisette prennent des pattes, voilà des araignées; le caillou informe et verdâtre, plombé sous le ventre, sort de la mare et se met à sauteler dans le sillon, c’est un crapaud; la fleur s’envole et devient papillon. La nature entière est ainsi : toute chose se reflète : en haut, dans une plus parfaite, en bas, dans une plus grossière, qui lui ressemblent2. »
- Cette contribution du grand poète à la question du mimétisme est très inattendue, et il m’a paru intéressant de la signaler. Virgile Bra.xdicourt,
- Secrétaire de la Société linnéenne du N’ord de la France.
- 1 Bernardin de Saint-Pierre, « Études de la Nature ».
- 2 Victor Hugo, lettre du o septembre 1857.
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- LA NATURE.
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- FOUR ÉLECTRIQUE
- POUR LA RÉDUCTION DU MINERAI DE FER
- Dans la produclion directe du fer ou de l’acier du rainerai, trois éléments sont à considérer, à savoir : une source de chaleur, un agent réducteur et une provision de carbone. Dans le fourneau ordinaire, la combustion du charbon accomplit ces trois fonctions. M. Chavarria Con-tardo a essayé de les rendre absolument indépendantes
- l’une de l’autre. A cette tin il se sert du four électrique ; la température voulue est atteinte au moyen d’un arc protégé de la charge, de telle façon que les charbons des électrodes ne puissentpas entrer dans le métal réduit. L’agent réducteur est un gaz qui ne peut pas influencer le carbone contenu, et l’agent carburateur est un autre gaz dont la quantité est soumise à une régulation exacte.
- L’appareil comprend une souche a, un foyer de fusion b et un creuset c; les charbons b1 s’étendent diamétralement par la chambre de fusion et sont protégés de la charge par une couverture angulaire réfractaire, b3. La souche est pourvue de la cloche de charge habituelle a' et du passage d’échappement de gaz a-, et le creuset d’une voie d’écoulement c1. Pour l’opération, le minerai, non mélangé d’aucun agent réducteur, mais ayant un flux convenable, est chargé dans la souche et la chaleur y est conduite par la radiation de l’arc et, par eonvexion, par le gaz réducteur, hydrogène, ou carbone monoxyde, introduit par les tuyaux c3, c3, b'1. Par les mêmes tuyaux, circule un gaz hydrocarbonique, en quantité déterminée par le contenu de carbone désiré dans le produit résultant. E. Guarini.
- [/INDUSTRIE DU CAMPHRE AU JAPON
- La plus grande partie du camphre consommé dans le monde entier provient de Pile de Formose ou du Japon et s’extrait principalement du Cinnnamomum Camphora, arbre de la famille des Lauracées qui croit de préférence sous un climat tempéré, car il craint autant la grande chaleur que les froids excessifs. Voici, d’après les récentes recherches de MM. Tschirch et Homi Shirasawa, la genèse de ce corps dans les végétaux. Une huile volatile se formerait graduellement dans certaines cellules spéciales et posséderait au début une couleur jaune ; puis, longtemps après le commencement de la sécrétion, cette essence deviendrait incolore et très apte à cristalliser. Effective-
- ment on observe souvent des masses cristallines de camphre dans les cellules oléifères. À ce moment, l’huile essentielle pénétré dans toutes les fibres ligneuses et atteint jusqu’aux fentes de l’arbre que tapissent fréquemment d abondants cristaux. Enfin le nombre des cellules productrices d’essence dépend du lieu de croissance du camphrier, comme on l’a constaté sur deux Cinnamomes tirés l’un du jardin botanique de Berne, l’autre de Java.
- Anciennement, selon M. Nakazo Sugiyama, membre du Conseil d’hygiène de Fokohama, les Japonais utilisaient simplement l’essence qui suinte du camphrier comme huile à brûler. Cependant le gouvernement chinois monopolisa, dès le dix-septième siècle, l’industrie du camphre a Formose. Le produit brut s’expédiait alors en Europe où les Vénitiens et les Hollandais le raffinaient. Depuis 1868, époque de l’abolition du monopole, la production du camphre progressa sans cesse dans l’ile. Mais cette ère de liberté provoqua la destruction imprévoyante des forêts. Aussi lorsque le Japon prit possession de Formose en vertu du traité de Simonosaki (1895), l’administration du Mikado édicta des mesures protectrices et réduisit à 40 le nombre des personnes autorisées à exploiter les camphriers. La fabrication s’opère encore de façon primitive. Les indigènes scient les arbres, âgés d’environ 200 ans, en bûchettes qu’ils distillent avec de l’eau dans un alambic dont le chapiteau est recouvert de paille de riz sur laquelle les cristaux viennent se condenser. Des entrepôts de l’État établis à Ratô, à Syntik, à Biôritsou, à Daïtchou et à Lin-i-ho reçoivent ce camphre brut des différents centres de production et, après l’avoir fait séché pendant plusieurs jours, se dirigent sur le bureau général de Daïhok. Là des experts officiels prélèvent des échantillons de chaque envoi qu’ils examinent soigneusement. On réunit alors en gâteaux les produits reconnus bons pour l’exportation. Aux environs de Tossa (province de Kochi-Keu), on se sert toutefois d’appareils distillatoires plus perfectionnés que les précédents. La consommation de camphre atteint, pour tout l’univers, 10 400 000 livres dont Formose fournit à peu près la moitié; le Japon, le sixième; la Chine, Java, Sumatra et la Floride, le reste.
- Quant à l’essence de camphre qu’on prépare surtout près d’Osaka et de Kobé, d’après le Bulletin semestriel de la maison Schimmel et Cio, on la rencontre dans le commerce sous trois formes : brûle, blanche ou rouge. L’essence brute s’obtient par distillation des copeaux avec l’eau. On en sépare ensuite mécaniquement le camphre cristallisé; il reste alors une huile transparente, d’odeur pénétrante et de couleur variant du jaune au brun; son poids spécifique oscille entre 0,95 et 0,995. La variété blanche se prépare par distillation fractionnée de l’essence brute après séparation du camphre. C’est un liquide mobile, incolore et doué d’une très forte odeur camphrée. En poussant plus loin le fractionnement de la liqueur précédente et en recueillant les porlions bouillant au-dessus de 200°, on a l’essence de camphre rouge constituée par du safrol accompagné d’eugénol et de traces de camphre. Rapportons la nouvelle sensationnelle lancée, il y a quelques mois, par YOsaka Mainichi. Ückm notre confrère, les chimistes d’une grande société allemande auraient découvert la préparation du camphre artificiel en partant de l’essence de térébenthine. La maison d’outre-fthin serait même actuellement en pourparlers avec le gouvernement de Formose pour l’achat de son brevet. Mais on doit prudemment attendre la confirmation de ce fait qui amènerait une véritable perturbation dans une branche importante de l’industrie japonaise. Jacques Boyer.
- Four électrique.
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- LA XA i l H K.
- LE GRAND BARRAGE D’ASSOUAN ET LES IRRIGATIONS DU NTL
- Les journaux quotidiens ont récemment annoncé l’inauguration du grand barrage construit sur le Nil à Assouan, et donné quelques détails assez brefs sur cet immense ouvrage : il ne peut manquer d’ètre signalé ici, et il le mérite par son énormité, par les difficultés toutes particulières dont il a fallu triompher pour le mener à bien, et aussi à cause de la transformation précieuse et considérable qu’il doit amener en Égypte au point de vue agricole.
- Il ne faut pas oublier que, parmi les célèbres « plaies d’Égypte »,la sécheresse pourrait bien tenir une des premières places : le pays est pour ainsi dire sans pluies, et, alors que presque partout ailleurs les nuages fournissent gratuitement à l’ar-
- rosage, il est nécessaire ici de recourir aux irrigations et inondations artificielles. C’est toujours le Nil qui a pourvu à ce besoin d’eau, mais il y pourvoit de plus en plus mal quand on l’abandonne à lui-même, et la preuve en est que la surface des terres cultivées était d’environ 17 1/2 millions d'hectares au temps des Pharaons, et qu'elle atteint maintenant à peine 2 1/2 millions d’hectares. A une certaine époque de l’année, c’est le fleuve débordé que l’on charge d’irriguer les terres cultivées en y déposant son limon fertilisant, et, en été, on complète péniblement son œuvre en arrosant quelques parcelles au moyen d’eau qu’on élève dans des norias ou à l’aide d'appareils de genres divers; d’ailleurs,
- Fig. 1. — Digue du rivage de l’ouest.
- pendant l’étiage, ces emprunts au fleuve ne peuvent être que fort modestes, car autrement on rendrait impossible la navigation, qui constitue un des moyens de transport les plus importants de l’Égypte. Ajoutons que les inondations d’automne, qui malheureusement ne coïncident pas avec la grande chaleur et le moment où les champs ont le plus besoin d'eau, offrent de graves défauts. Souvent, par exemple, les deux cours d’eau qui forment et alimentent le Nil proprement dit, le Nil Ifleu et le Nil Blanc, sont trop simultanément en crue, et alors l’inondation de la vallée du fleuve peut se transformer en dévastation, ou tout au moins être beaucoup trop courte et ne pas laisser aux cultures le temps de profiter du passage de l’eau; si, par contre, les deux crues se produisent à un trop long intervalle, l’inondation ne descend pas assez bas et ne peut pas pénétrer loin des rives du fleuve. On est en somme en présence d’un
- régime torrentiel avec tous ses inconvénients caractéristiques, et d’autant plus que, depuis son confluent avec l’Atbara, et sur plus de 2500 kilomètres, le Nil ne reçoit aucun affluent qui puisse accroître le volume de ses eaux. Celles-ci s’écoulent de plus en plus vite vers la mer, elles affouillent constamment les seuils successifs qui jadis en relevaient d’autant le niveau et en retardaient la fuite.
- Deux chiffres vont nous édifier complètement sur l’irrégularité formidable du débit de ce fleuve : en octobre, le volume en est de 9000 mètres cubes à la seconde au Caire, et en mai il n’atteint plus que 500 mètres ! On comprend que le seul remède possible à une semblable situation consistait à créer un barrage ou des barrages de retenue dans la partie supérieure de la vallée du Nil, pour mettre en réserve ces flots énormes qui s’écoulent si rapidement durant une très courte période, et-sans qu’il
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- soit possible d’en tirer réellement parti. Cette solution avait en mémo temps le résultat précieux de protéger l’Egypte contre les inondations excessives et de rendre plus facile la navigation.
- De nombreux projets se sont fait jour à ce propos, et, sans les passer tous en revue, nous signalerons celui de M. de la Motte, dressé dès 1880, et (pii prévoyait plusieurs barrages, dont un à Assouan. On avait songé également à reconstituer le lac Mœris, (pie les Pharaons avaient jadis créé précisément dans le même but de régularisation du fleuve; M. Boulé, un autre Français, sur l’invitation du ministre des Travaux publics d’Egypte, conseilla
- plus tard d’établir un barrage à kalabehah, à 70 kilomètres en amont d’Assouan. Tout au contraire, M.-G. Torricelli et sir Benjamin Baker, le célèbre ingénieur anglais, se montraient favorables au projet de M. AVillcocks, prévoyant l’ouvrage à 6 kilomètres au sud d’Assouan, au sommet de la première cataracte. Il est bon de dire qu’en cet endroit des îles et des rochers parsèment le lit du lleuve et pouvaient faciliter l’établissement du barrage. Sur cette di.-cus-sion purement technique vint se greffer une discussion archéologique, parce que l’on considérait que le relèvement du plan d’eau inonderait File de Philœ et le temple d’isis qu’elle porte. Bien que ce temple ne
- Fig. 2. — Une écluse de navigation à Assouan.
- présente en réalité qu’un intérêt un peu secondaire, on s'est décidé, tout en adoptant le site d’Assouan pour le barrage, à abaisser considérablement la crête de ce dernier et par conséquent le plan d’eau du réservoir, qui ne contiendra plus que 1 milliard de mètres cubes, au lieu des 2 1/2 milliards prévus.
- La vue générale que nous donnons renseigne immédiatement sur la grandeur de cette construction et aussi sur ses dispositions et son aspect. C’est un énorme mur de pierre dont le sommet s'élève à 18 mètres au-dessus du niveau des basses eaux et dépasse encore de 1 mètre le plan des eaux de crue ; sa largeur est de 7 mètres au sommet et de 21 mètres environ au pied. Cet élargissement tient au fruit que l’on a donné aux deux parois, mais l’inclinaison de la paroi aval est de 0,666 mètre
- par mètre, tandis qu'elle n’est (pie de 0,Ù60 mètre vers l’amont, tout naturellement parce qu’il faut que le fruit d’aval forme contrefort contre la poussée des eaux. La longueur de ce barrage est d’à peu près 2 kilomètres, et, si ses extrémités sont pleines, il comporte, sur une longueur de 1600 mètres à peu près, une succession de vannes de décharge du système Stoney, installées dans des tunnels évidés dans la maçonnerie (ces tunnels avaient été fort attaqués jadis par M. Boulé, qui les considérait comme susceptibles d’affaiblir de la façon la plus dangereuse cette maçonnerie). Ces vannes, qui sont manœuvrées par des treuils à main, sont disposées à trois niveaux différents pour permettre l’écoulement des eaux du lleuve en toute saison. La hauteur moyenne de l’ouvrage au-dessus du lit du fleuve est
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- LA NAT LUE.
- de 51 mètres et le parapet en est à certains endroits «à
- 49 mètres au-dessus du point le plus bas des fondations.
- Toute la construction, qui avait été confiée à la
- Maison John Aird, et qui représente un poids d'un million de tonnes de matériaux, est faite de moellons de granit rouge du pays, cimentés au mortier de ciment et protégés d’un revêtement de blocs taillés ; mais l’établissement même de cette maçonnerie offrait de très grandes difficultés, par suite de la violence du courant. On a exécuté successivement le travail dans les cinq chenaux qui forment en réalité le lit du fleuve, et, pour chacun de ces chenaux, on commençait par entasser des blocs de granit à 40 mètres en amont du futur emplacement du barrage, pour briser le courant, puis plus en amont encore, à
- 50 mètres, on faisait une digue étanche au moyen d’une accumulation de sacs remplis de sable. Dans un de ces chenaux, où la profondeur d’eau était du reste de 14 mètres et le courant plus violent que partout et capable d’entrainer les blocs de granit, on a jeté à l’eau des wagons mêmes tout chargés de blocs pesant 25 à 50 tonnes, et formant ainsi d’énormes caissons sur lesquels les eaux ne pouvaient rien. Nulle part on n’a eu recours à l’air comprimé, on enlevait à la pompe les eaux à l’intérieur des digues provisoires, et ensuite on mettait la roche à vif au moyen de la dynamite pour y asseoir de solides fondations.
- Comme on peut le voir par une des gravures ci-jointes, on a laissé la possibilité à la navigation de remonter au-dessus de la première cataracte et du barrage, et dans ce but on a creusé sur la rive gauche du fleuve, à l’aplomb du barrage, et en plein rocher, un canal de plus de 1700 mètres de long, large de 12 mètres au plafond, et comportant quatre écluses qui permettent de racheter la différence de niveau, qui est ordinairement de 18 à 19 mètres. Ce sont des écluses à porte unique et glissant dans le massif de maçonnerie perpendiculairement à l’axe de canal.
- Tous ces travaux ont nécessité, à une certaine époque, la présence d’un personnel ouvrier de 12000 âmes, dont quelque 2500 ouvriers maçons, mineurs et tailleurs de pierre : comme Ta dit M. A. Rieffel dans une intéressante étude, on avait créé une vraie ville pour les loger, et dans les meilleures conditions possibles.
- Le barrage va pouvoir commencer à rendre des services : durant la crue on laissera les vannes ouvertes, pour que les limons ne se déposent point au pied de la digue ; puis, la crue achevée, on commencera de fermer ces vannes et ôn laissera se former l’accumulation de l’eau dans le réservoir, cette eau montant de 14 mètres; pendant la saison des basses eaux, on lâchera peu à peu ce précieux liquide pour permettre aux cultivateurs de se livrer aux cultures d’été, bien plus rémunératrices. Ajoutons que voici près d’un an on a créé à Assyout (à un peu plus de 400 km au-dessus du Caire), un barrage de plus de 800 mètres de large, qui complète heureusement le barrage d’Assouan, et qui obligera l’eau descendant du réservoir de la première cataracte, à aller se
- répandre par le canal Ibrahimyé dans les provinces d’Assyout, de Minié, de Beni-Souef et du Fayoum.
- Encore une fois, l’art de l’ingénieur est venu ici corriger l’œuvre du temps, et permettre de tirer parti de cette source de richesse que constitue l’eau, et qui coulait inutilisée à travers les campagnes de la Moyenne Egypte. Daniel Dellet.
- PHÉNOMÈNE DE CONGÉLATION1
- Pendant les derniers froids, vers le 15 décembre 1902, des échantillons d’eau de mon laboratoire ont gelé. Quelques flacons ont résisté, d’autres se sont brisés de différentes façons. Parmi ces derniers, il s’est présenté un phénomène des plus singuliers ; et comme je crois qu’on casserait beaucoup de bouteilles avant de réussir à le reproduire, je l’ai fait photc-
- J.H da glace sortant d'uue bouteille.
- graphier dans l'intention d'intéresser les lecteurs de La Nature. La figure en dit assez. L’eau de l’échantillon n° 1771, en augmentant de volume par la congélation, a repoussé le bouchon et a jailli en partie au dehors sous forme de cylindre; ensuite le flacon s’est brisé. Gomment expliquer cet étrange phénomène, à la production duquel personne n'a assisté?
- On sait, depuis les expériences de Tyndall, que la glace devient plastique sous pression, et peut être moulée et traversée par un fd tendu. C’est là un fait de fusion et regel, qui a lieu très lentement. La forme légèrement courbe du cylindre éjecté semble le rattacher à ce phénomène. On comprendrait moins qu’il v ait eu une explosion subite du trop-plein de l’eau restant figée en l’air. On pourrait, il est vrai, admettre que ce cylindre se soit formé par la superposition de lamelles de glace repoussées lentement au dehors par l’effet de la congélation de haut en bas et
- 1 Yuy. année 1880, t. I, p. 2i0.
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- LA NATURE.
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- l'augmentation de volume, mais on n’y a pu découvrir la moindre trace de stratification, au contraire la surface était remarquablement lisse.
- Quoi qu’il en soit, il est bon de connaître ce fait qui pourrait donner l’explication de bien d’autres encore obscurs.
- La composition de l’eau y est-elle pour quelque chose? La voici à titre de renseignement :
- Résidu sec par litre..........2*r,159
- Perte pour la calcination. . . . Osr,l i()
- Chlorure de sodium............(>'r,40l
- Pas d’ammoniaque, ni de matières organiques, traces de nitrates. 1). Crispo,
- Directeur du laboratoire de l’État, à Anvers.
- LE MONUMENT HENRI GIFFARD1
- A l.A SOCIÉTÉ DES I AGÉ.NI ECUS CIVILS DE F K A.NC E
- Dans une séance solennelle tenue le 9 janvier dernier dans son bel hôtel de la rue Blanche, la Société des Inge'nieurs civils de France a inauguré le monument élevé à la mémoire de Henri Giffard et à la proclamation des prix Henri Schneider, sous la présidence du Président sortant, M. L. Salomon, ingénieur en chef du malériel et de la traction de la Compagnie des chemins de fer de l’Est.
- Déduction faite des legs particuliers, la fortune de Henri Giffard revenait à l’État à charge pour lui d’en employer les revenus à encourager des œuvres utiles et scientifiques. Une partie devait en outre être affectée h l’érection d’un monument destiné à rappeler la mémoire du donateur. En 1897, sur la proposition du Ministre du commerce et de l’industrie, le Ministre de l’instruction publique décida que le monument serait érigé en l’hôtel de la Société des Ingénieurs civils de France. Et telle est l’origine de la cérémonie du 9 janvier dernier. Nous reproduisons le monument dû au regretté sculpteur Massoule, mort trop tôt pour recevoir les éloges que mérite son œuvre. Massoule avait exécuté déjà les statues du ser-gentBobillot, deLazare Carnot, de Mme de Sévigné, etc. ; il avait aussi collaboré aux grands pylônes du pont Alexandre III. Il est juste de saluer sa mémoire. Le monument de Gitfard est sobre, élégant et digne de l’éminent inventeur.
- C’est aux jeunes qu’il faut surtout citer comme exemple la vie de Henri Giffard. M. Salomon, dans un discours très applaudi, a montré comment par son énergie, par son intelligence, Giffard est parvenu à s’élever si haut dans la hiérarchie sociale; il a atteint avec éclat les plus hauts sommets.
- Né à Paris en 1827», Henri Giffard était élève au lycée Condorcet lorsqu’un revers de fortune obligea ses parents à interrompre ses études et à le faire entrer en qualité de dessinateur à la Compagnie du chemin de fer de l’Ouest, dont la ligne de Versailles composait presque toute l’exploitation.
- 1 Yoy. Notice avec portrait de Giffard, dans le n° 465, du 29 avril 1882, p. 357.
- Les locomotives employées pour la traction excitèrent à un degré incroyable l’imagination du nouvel employé de la Compagnie. Il se lia avec les mécaniciens qui faisaient le service des trains ; chaque soir, après avoir fini son travail, il s’embusquait dans un endroit convenu et, profitant d’un arrêt instantané, il sautait sur les machines.
- Il fit un jour la connaissance d’un certain docteur Leberdier, qui s’adressa à lui pour la construction du modèle d’un dirigeable à vapeur.
- L’exposition en fut faite moyennant finances dans le quartier des Champs-Elysées et n’obtint aucun succès. Le I)1 Leberdier eut un accès de folie et fut enfermé dans un asile d’aliénés où il mourut bientôt. Mais Gifïard avait été séduit par l’idée de donner des ailes 5 sa machine favorite en l’attachant au-dessous de la nacelle d’un hallon allongé et en remplaçant les roues par des hélices mouvant leurs ailes au milieu des airs.
- Le directeur de l’Hippodrome accepta de faire des manœuvres du nouveau dirigeable le clou d’une des représentations aéronautiques qu’il donnait deux fois chaque semaine le jeudi et le dimanche.
- La grande expérience dont il a été si souvent question, l’ascension du Giffard, eut lieu, comme on le sait, le24 septembre 1852, de sorte que la cérémonie de la Société des ingénieurs civils peut être presque considérée comme l’anniversaire demi-séculaire de cet événement. Après avoir tenu tête au vent pendant quelques instants, le Giffard fut pris de flanc et entraîné dans la direction de Trappes. La descente fut bonne et exécutée sans avaries. Financièrement, l’expérience avait été un succès, et le directeur de l’Hippodrome était tout disposé à la recommencer; mais l’usine des Ternes, qui éclairait l’Hippodrome, craignait que la livraison de 2500 mètres cubes de gaz en supplément n’empêchàt de fournir le gaz nécessaire à ses autres abonnés ; elle ne consentit point à accepter la commande. Les suites de ce refus inattendu furent lamentables. Forcé de renoncer à ses travaux aéronautiques, Giffard se consacra à la réalisation industrielle du progrès qu’il avait signalé dans son brevet de 1850, relatif à la construction de la machine à vapeur qu’il avait emportée dans les airs. En effet, il avait construit une machine donnant deux coups de piston par seconde et actionnant directement une hélice de 2m,40 de diamètre, de sorte qu’elle avait une vitesse périphérique de 15 mètres.
- Dans ses machines, qui obtinrent à l’Exposition de 1855 les plus hautes récompenses, il employa simultanément la grande vitesse et le tirage forcé qui lui permit d’obtenir dans le foyer une chaleur intense. Il réunit toutes les conditions qui effrayaient les ingénieurs de son temps.
- Son célèbre « injecteur » surprit tellement les juges du Tribunal de première instance qu’ils déclarèrent nul son brevet de 1858 et le condamnèrent comme contrefaçon d’une invention avec laquelle il n’avait aucun rapport. Heureusement un savant il-
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- LA XATUHK
- lustre, Charles Combes, membre de l’Académie des sciences et directeur de l’École des Mines, épargna à la justice française une erreur monstrueuse et sauva Gifiard, en établissant dans son rapport que sa magnifique invention était une surprenante application du principe, alors nouveau, de l'équivalent mécanique de la chaleur.
- En 1855, Gifiard renouvela son expérience du dirigeable à vapeur. Attribuant son insuccès de 1852 à un allongement insuffisant, il augmenta celui de son nouveau ballon, mais il le rendit trop instable. Son voyage aérien fut interrompu par une rupture d’équilibre dans laquelle il faillit périr. Désormais, il entendit aller du simple au composé et reprit l’étude de l’équilibre des ballons . D’abord des ballons captifs ; il établit successivement un ballon captif à l’exposition de 1867, un second à Londres en 1868 et un troisième à la cour des Tuileries, en 1878. La construction du captif de 25 000 mètres cubes est une merveille qui ne sera probablement j amais renouvelée, et que le public a justement admirée.
- Le secret de la réussite de ces entreprises géantes est dans l’emploi d’une poulie spéciale maintenue par un joint à la Cardan et disposée de telle manière que
- le brin qui se rend à la nacelle, et celui qui est retenu par le treuil se trouvent constamment dans le même plan ; c’est une condition nécessaire mais suffisante pour qu’un ballon quelconque puisse être ramené à terre par un moteur animé d’une force appropriée à son diamètre. Combinée par Gifiard, cette disposition ingénieuse fait essentiellement partie de tous les équipages des ballons captifs civils et militaires.
- Si Gifiard ne réalisa pas le rêve de sa jeunesse, c’est qu’au moment de sa mort, il n’avait pas encore résolu les difficultés que l’étude très complète de la question lui avait fait apercevoir. 11 peut être considéré néanmoins comme le fondateur de l’architecture navale aérienne.
- .Monunicnl Henri ('.ilOiril. ;i la Société îles ingénieurs civils de Fiance.
- Giffard fut membre de la Société des Ingénieurs civils pendant de longues années. Il était donc tout naturel que son monument s’élevât dans la grande salle des séances de la Société.
- La cérémonie s’est terminée par la proclamation des prix Schneider. En souvenir d’une volonté verbale exprimée par M. Henri Schneider, M. E. Schneider et sa famille ont fait une donation de 160 000 francs à la Société ainsi répartie :
- 1° 100 000 francs dont les revenus devaient servir à alimenter un fonds de secours destiné aux Ingénieurs ne sortant d’aucune école.
- 2° 55000 francs à distribuer, en 1902, en 7 prix de 5000 francs aux auteurs d’ouvrages se rapportant aux catégories suivantes : 1° Métallurgie. — 2° Mines. — 5° Construction m é c a n i-que. — ^Constructions métalliques. — 5° Constructions électriques. — 6° Constructions navales. — 7° Artillerie et défenses métalliques de terre et de bord.
- 5° 25 000 francs qui, capitalisés, doivent servir à une distribution de prix-analogue, en 1917.
- Une médaille d’or, frappée spécialement, et dont la valeur sera de 40 fr., sera remise avec chaque prix. .......
- Ce n’e^j, qu’en février 1902 que fut donnée l’autorisation préfectorale d’acceptation de la donation. Et voilà pourquoi c’est seulement celte année qu’a pu avoir lieu la distribution de ces prix. Nous donnons plus loin la liste des premiers lauréats des prix Schneider. IL de P.
- NOUVEAUX SPORTS AMÉRICAINS
- I. AUTO-POU)
- I.E PUSH-BAIX
- Presque tout le monde connaît, du moins de nom, le jeu de Polo, et particulièrement les Parisiens, qui ont eu souvent l’occasion de le voir jouer sur la pelouse de Bagatelle, au Bois-de-Boulogne. C’est un jeu gracieux et difficile : les joueurs, montés sur de jolis petits poneys et munis, chacun, d'un long et
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- maillet, sont divisés en deux équipes d’égale force. 1 ci, de leur côté, font tous leurs efforts pour repousser Les joueurs de l'une des équipes, frappant avec leurs ' la balle et la faire toucher le but ennemi. De là de maillets une balle légère, s’eiforcent de la faire joyeuses galopades et de gracieuses mêlées, pénétrer dans le camp de leurs adversaires; ceux- | Le Polo est un jeu coûteux, car les cavaliers doi-
- Fig. 1. — Une pallie d'Aulo-Polo.
- vent changer de monture plusieurs fois dans le voir des poneys être blessés par suite de coups de courant de la partie; de plus, il n’est pas rare de maillets mal adressés ou de bousculades trop brus-
- Fig. 2. — Un match de Push-Ball.
- ques. C’est donc un sport qui n’est pas à la portée de tout le monde; mais, son principe étant fort intéressant, le Polo a eu rapidement des contrefaçons plus démocratiques et nous avons déjà pu assister, en France, à des matches de Polo à bicyclette et de
- Water-Polo. Dans le premier de ces sports, les joueurs ont supprimé le maillet et se servent, pour frapper et faire rouler la balle, des roues de leur bicyclette1 ; le second, le Water-Polo, n’est, comme 1 Voy. n° 1340, du 28 janvier 1899, p. 144.
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- LA NATURE.
- son nom l’indique, qu’une sorte de foot-ball nautique.
- 11 était donné à l’Amérique, naturellement, d’imaginer un polo plus périlleux, plus coûteux, plus extraordinaire, plus américain enfin : le Polo en automobile ou « Auto-Polo ». Ce jeu se joue comme le Polo ordinaire, avec cette différence que les joueurs, au lieu d’ètre à cheval sur des poneys, sont montés sur de légères automobiles construites ad hoc. Si le Polo ordinaire exige des joueurs une grande science de l’équitation, le Polo à bicyclette beaucoup d’adresse et d’agilitc, le Water-Polo une grande pratique de la natation, on peut se figurer facilement combien l’Auto-Polo nécessite, chez ceux qui ont le courage de le jouer, d’adresse, de sang-froid et aussi de hardiesse. C’est avec une seule main que les joueurs doivent conduire leur automobile puisque, de l’autre, ils tiennent le long maillet qui leur sert à frapper la balle. Et c’est un spectacle fort émotionnant que de voir une demi-douzaine d’automobiles s’élancer à toute allure, se poursuivre, virer, tourner, s’enchevêtrer (fig. 1) et parfois aussi se tamponner, car les collisions sont fréquentes. Heureux les joueurs qui en sont victimes quand l’accident se réduit à des avaries plus ou moins graves de leurs véhicules; ils sautent sur une autre voiture et se précipitent de nouveau dans la mêlée. Il n’est pas rare de voir un chauffeur de Polo avoir, au cours d’une partie, cinq ou six automobiles hors de combat, et chacune d’elles coûte 2500 francs environ! Mais il est d’autres collisions qui sont plus dangereuses eI occasionnent des chutes et des blessures graves; on a vu même quelquefois les tamponnements des voitures produire l’explosion des moteurs et la mort des imprudents qui les dirigeaient.
- Il n’y a donc pas lieu d’encourager et de propager ce sport, si l’on peut appeler de ce noble nom ce jeu de casse-cou. Comme nous le disions du reste plus haut, il n’est pas à la portée de toutes les bourses, et c’est fort heureux ; seuls les fils des milliardaires du Nouveau Monde peuvent se permettre ces coûteuses et périlleuses fantaisies. C’est, bien entendu, simplement à titre de curiosité que nous avons tenu h le signaler à nos lecteurs.
- De même que l’Àuto-Polo est dérivé du Polo, de même le « Push-Rall », sport nouvellement inventé en Amérique, est dérivé du Foot-Ball et se joue, du reste, d’une façon presque identique. Nous n’entreprendrons pas de décrire ici le jeu de Foot-Ball puisque ce sport s’est acclimaté en France et qu’il se pratique dans toutes nos sociétés sportives et même dans la plupart de nos établissements scolaires. Ce qui distingue le Push-Rall de son aîné, c’est le ballon avec lequel il se joue. Alors que les footballeurs emploient un ballon ovoïde de petite dimension, les push-balleurs se servent, au contraire, d’un immense ballon sphérique qui ne mesure pas moins de 1m ,80 de diamètre et qui pèse 50 livres anglaises, c’est-à-dire 22kg,250. On comprend facilement qu’il ne peut être question de lancer en l’air
- un ballon d’une telle dimension; les deux équipes de joueurs se contentent de le faire rouler, de le pousser afin de le faire pénétrer dans le camp adverse (fig. 2) ; une autre tactique consiste à l’élever à bout de bras. Comme le ballon ne laisse aucune prise, il glisse facilement, s’échappe; pressé de tous côtés, il roule sur les joueurs et avec eux, et, si nous en croyons nos confrères américains, c’est un jeu fort curieux et très amusant..., surtout pour ceux qui le regardent, car il ne laisse pas d’ètre fort fatigant pour les joueurs. Attendons qu’il soit importé en France pour pouvoir juger de ses vertus sportives.
- W. Diuncourt.
- LAURÉATS DES PRIX HENRI SCHNEIDER
- DE 1902
- lrc Section. Métallurgie. — M. F. Ôsmond, ingénieur civil, bien connu par ses travaux sur la micrographie des métaux.
- 2e Section. Mines. — MM. Audemar, maître de forges; Grand’Eury, ancien professeur à l’École des Mines de Saint-Étienne ; Murgue, directeur des houillères de Mon-tramhert; Reumaux, agent général des Mines de Lens.
- 5e Section. Constructions mécaniques. — MM. A. Mallet, ingénieur civil, inventeur de la locomotive com-pound qui porte son nom; G. Richard, ingénieur civil des Mines, agent général de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale, auteur de divers ouvrages sur les moteurs à gaz et les machines-outils; A. Witz, docteur ès sciences, professeur à la faculté libre des sciences de Lille.
- 4e Section. Constructions métalliques. — MM. Maurice Lévy, de l’Académie des sciences, inspecteur général des ponts et chaussées; Bertrand de Fontviolant, ingénieur en chef à la Compagnie de Fives-Lille, professeur à l’Ecole centrale; Kœchlin, ingénieur civil.
- 5e Section. Constructions électriques. — MM. .1. Jou-bert, inspecteur général de l’Instruction publique; Marcel Deprez, membre de l’Institut.
- 0e Section. Constructions navales. — MM. Rertin, directeur du génie maritime; Normand, conslructeur de navires et de machines.
- 7e Section. Artillerie et défenses métalliques de terre et de bord. — MM. le Général Sébert, membre de l’Institut; Sarrau, inspecteur général des poudres et salpêtres.
- NÉCROLOGIE
- M. Albert Hénocque. — Nous devons un adieu spécial à celui qui fut. notre collaborateur, biologiste de valeur et physicien distingué. M. le Dr Hénocque est mort vice-président de la Société de Biologie. Ce sont surtout ses recherches de spectroscopie du sang qui ont attiré sur lui l’attention.
- Interne des hôpitaux vler interne) en 1865, puis en 1879 directeur adjoint du laboratoire de médecine de l’École des Hautes études au Collège de France, Hénocque avait publié une quantité considérable de travaux (plus de 700 mémoires originaux) et d’innombrables articles de revues ou de dictionnaires médicaux. Il avait créé toute une méthode spéciale d’étude du sang au moyen du spectroscope : Vhématoscopie, et imaginé dans ce but toute
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- LA NATURE.
- une série d’appareils fort ingénieux. C'est ainsi qu’il mesurait très exactement la teneur en oxygène de l’hémoglobine du sang, et la valeur des échanges cellulaires en examinant, au moyen d’un petit spectroscope spécial, le sang arrêté dans le pouce ligaturé. Le temps plus uo moins long que met l’oxyhémoglobine à perdre son oxygène s’évalue aisément par l’examen spectroscopique qui montre le fusionnement en une seule des deux bandes de l’oxyhémoglobine au moment où ayant perdu tout son oxygène elle se transforme en hémoglobine. Cette méthode est universellement connue et employée.
- Jlénocque était aussi un homme excellent, un médecin savant et dévoué. Il laisse d’unanimes regrets. J.-F. G.
- CHRONIQUE
- Un nouvel élément. — Au Congrès des naturalistes et médecins allemands de cette année M. Pribram a présenté un nouvel élément découvert dans un minéral déjà connu pour contenir des terres rares, l’orthile d’Arendal. Le nouvel élément donne un spectre avec des signes caractéristiques dans l’orangé, le rouge, le bleu et l’ultraviolet ; il a pu être isolé par voie électrolytique. C’est un métal que ses propriétés, ses combinaisons et son poids atomique (environ 158) placeraient dans la série du gallium et de l’indium. Le nouvel élément a reçu le nom A’austrium (At.). ________
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 12 janvier 1902.
- Présidence de M. Albert Gacdry.
- Effets des ascensions en ballon sur les propriétés du sang. — M. le Dr Tripet lit un Mémoire relatif aux effets des ascensions en ballon sur l’activité de réduction de l’oxyhémoglobine et sur la pression artérielle. L’ascension utilisée pour cette expérience a été effectuée le 20 juillet 1002. Des examens du sang ont été pratiqués successivement à l’aide de l’hématoscope de Jlénocque sur le sol, à 1000, 2000, 3000 et 4000 mètres pour les variations dans la proportion d’oxyhémoglobine et dans l’activité de sa réduction. Les expériences sur la pression artérielle ont été continuées jusqu’à l’altitude de 5000 mètres. Les résultats sont les suivants : 1° Aux grandes altitudes, la durée de. réduction de l’oxyhémoglobine diminue au point de descendre parfois au-dessous de la moitié de la durée normale. 2° Cette diminution presque instantanée n'est accompagnée d’aucune fatigue. 3° La proportion d’oxyhémoglobine augmente d’une façon manifeste chez les sujets observés. 4° Au retour sur le sol, cette proportion ainsi que l’exagération de l’activité de la réduction diminuent pour se rapprocher de la normale. Cependant les deux valeurs mesurées restent encore supérieures à celles observées lors du départ. En ce qui concerne la pression artérielle, on observe un abaissement progressif de 19 centimètres à 14 centimètres, soit 5 centimètres de diminution. L’état de jeûne ou de digestion n’a pas influencé la pression artérielle, mais à une altitude de 5000 mètres, le moindre effort détermine un accroissement brusque et momentané de cette pression.
- Décès. — M. le président annonce que l’Académie éprouve une grande perte en la personne de M. Sirodot, correspondant de la Section de Botanique, qui vient de s’éteindre après avoir été longtemps professeur à la Faculté des sciences de Rennes.
- Élection. — L’Académie désigne au choix du ministre pour la chaire de paléontologie du Muséum : en première ligne M. Boule, en deuxième ligne M. Depéret.
- Varia. — M. Edmond Perrier présente un travail de MM. Bouvier et Fischer sur l’anatomie des pleuroto-maires. Ce mollusque, qui apparaît dès le cambrien, est donc un des plus anciens mollusques connus. On a cru longtemps qu’il avait disparu, puis des spécimens ont été retirés des grandes profondeurs de l’Océan. MM. Bouvier et Fischer signalent des affinités entre les pleurotomaires et les oscabrions. Ch. de Yii.iedecil.
- LE MAQUILLAGE DES STATUETTES
- EX PT.ATRE
- Il est un fait indéniable (qui découle forcément de ce que notre enseignement public est muet sur les questions d’art), c’est que la plupart des gens du monde ignorent complètement les productions artistiques de cette antiquité dont ils ont cependant appris avec soin la langue disparue. Les Ecoles du Moyen Age et de la Renaissance elles-mêmes ne leur sont guère plus familières. Il était donc à désirer que le public pût trouver les moyens de reproduire les fac-similés d’œuvres d’art. Le maquillage des statues en plâtre répond précisément à cette idée.
- Rien n’est plus facile, en effet, que de se procurer à des prix dérisoires de bon marché les statues antiques, statuettes petites antiques, œuvres de Clo-dion, Michel-Ange, Donatello, groupes modernes, bas-reliefs, etc., vendus par les petits Italiens dont l’obsédante poursuite est bien connue des Parisiens. Le choix lait soit parmi les étranges figurines sorties par milliers des nécropoles de Tanagra et de la Cyrénaïque, soit parmi les merveilles de la statuaire grecque ou des nombreux objets de sainteté, on obtiendra bronzes, terres cuites, ivoires, vieux-bois, tels qu’ils sont sortis des mains des artistes qui se sont succédé dans la suite des siècles.
- Voici d’ailleurs, résumés, quelques procédés et tours de main nécessaires pour reproduire les chefs-d’œuvre de l’Antiquité et de l’Art moderne.
- Imitation de Vivoire. — Une condition indispensable pour obtenir de belles reproductions, c’est d’employer des statuettes en plâtre d’albâtre dont le coût n’est guère plus élevé que celui du « plâtre à mouler ». La statuette sera essuyée soigneusement, puis chauffée dans un four ou au-dessus d’une lampe ou d’un fourneau. Avec un pinceau ferme et bien propre, on appliquera alors une couche de paraffine fondue et bien chaude ou préférablement un peu du mélange suivant : stéarine, paraffine, résine, en quantités égales. Un polissage rapide et léger avec un linge doux donnera le brillant de l’ivoire.
- Vieil ivoire. — Pour en obtenir la patine, on applique sur la statuette traitée, comme il est dit précédemment, une couche de bitume de Judée dissous dans de l’essence de térébenthine. Afin de déterger les parties saillantes qui doivent appa-j raître plus claires que les fonds restés noirâtres, on
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- LA NAITRE.
- essuie l'objet avec un linge imbibe' de térébenthine. Quelques stries, rares mais assez profondes (imitant les fissures du vieil ivoire), faites avec une lame de canif parallèlement à l’axe vertical de la statue, donneront un cachet de plus à Y « ivoirine ».
- Vieux bois. — Le plâtre doit être avant tout maquillé, de façon à lui donner l’aspect de vétusté désirable en y pratiquant à l’aide d’un poinçon des gerçures ad hoc et des trous de vers. Les libres du bois pourront être indiquées en passant sur la surface du plâtre un peigne métallique. On appliquera deux ou trois couches d’une dissolution de brou de-noix (vendue à bon compte chez les droguistes et marchands de couleurs) et lorsque la dernière couche sera sèche, on encaustiquera la statuette qu’on brossera enfin légèrement. 11 est préférable, alin d’éviter l’effritement du plâtre, de durcir préa-
- lablement celui-ci en l’imbibant de plusieurs couches d’huile de lin cuite très chaude. Après chaque application d’huile, on fait sécher l’objet dans un four à 40° environ.
- Terres cuites d’art. La statue est recouverte d’une couche épaisse de poudre de tripoli délayée dans une colle ou mixture quelconque, préférablement de la colle de peau fondue. Cette colle, qui se trouve dans le commerce h l’état gélatineux, fond très facilement et sèche rapidement. Après séchage, on applique une couche de cette même colle sans tripoli cette fois, et, après quelques instants, on projette la poudre avec l’extrémité d’un pinceau assez dur sur toute la surface de l’objet, de façon à faire disparaître le brillant de la colle.
- Imitations d'ébauches artistiques en argile. — Enduire la statuette d’une bouillie composée de
- Statuettes en plâtre maquillées.
- colle de peau et de tripoli additionné de poudre d’ocre rouge. Après séchages de quelques instants, projeter comme précédemment de la poudre sèche sur toute la surface maquillée. Quelques pressions des doigts sur certaines parties de l’objet compléteront l’illusion de l’ébauche à peine terminée.
- Terres cuites de Tanagra et Cyrénaïque. — Disposez sur une plaque de verre du blanc d’Espagne finement pulvérisé, de la poudre de couleur jaune d’ocre, el du vert anglais n° ô. Avec un pinceau assez ferme, enduit de colle de peau fondue, appliquez sur la statuette préparée comme pour la terre cuite de la poudre blanche en alternant avec de la jaune et en tapotant (ou putoisant, en termes du métier) la statuette jusqu’à ce qu’elle en soit recouverte, d’une façon inégale toutefois, en forçant les doses sur certains points, de manière à obtenir des parties épaisses et rugueuses en en laissant d’autres presque unies. Cette opération a pour
- I but d’imiter les concrétions croûteuses d’argile et ' de calcaire adhérente aux véritables « Tanagra ». j La moisissure (principalement à la hase de la sta-| tue) sera rendue en saupoudrant de poudre verte, j très sobrement toutefois. On déterge enfin les parties trop chargées en blaireautant la statue convertie ainsi en un délicieux bibelot d’étagère, auquel la poussière et le temps donneront l’aspect véritable des chefs-d’œuvre dont elle est la reproduction. Ajoutez à tout cela un peu de patience, beaucoup de goût et quelques visites à nos musées. Des résultats surprenants viendront récompenser les efforts de ceux de nos lecteurs qui ont bien voulu nous suivre dans ces explications un peu | arides, mais indispensables pour mener à bien ce j petit travail. Carolus Karl.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahuiîe, rue de l’Jcurus, 9.
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- N» 1548. - 2 4 JANVIER 11*05.
- L A N AT ü I1L.
- PONTS METALLIQUES EN TREILLIS A JOINTS FLEXIBLES
- Lorsqu’on calcule les dimensions des différentes pièces qui constituent les poutres en treillis d’un pont métallique, on admet que les montants et les barres
- obliques qui forment ce treillis sont articulés à leurs nœuds avec les semelles inférieures et supérieures de la poutre. Le calcul est ainsi notablement sim-
- Kig. 1. — Chemin de fer do Saint-Aignan à Blois. Pont à joints flexibles, sur le Beuvron.
- plifié. Mais, en fait, cette articulation n’existe pas, du moins pour les ouvrages construits en Europe. Les barres obliques et les montants sont rivés sur les semelles, comme l’indique la figure ci-après (fig. 4) et tout déplacement angulaire OAN est impossible.
- Lorsque, sous l’influence d’une surcharge la poutre fléchit, les semelles supérieures comprimées se raccourcissent, les semelles inférieures tendues s’allongent d’une quantité égale au raccourcissement des premières. Si les pièces du treillis ne changeaient pas de longueur, les montants se placeraient suivant les rayons d’un arc de circonférence formé par les membrures et l’on aurait seulement un fléchissement de la diagonale (lîg. 5). Mais les montants comprimés se raccourcissant les diago-31e année. — 1er semeslre.
- nales tendues s’allongent, A'B'C' viennent en A"B"C" (fig. 6), faisant tourner les assemblages rigides dans
- le sens des aiguilles d’une montre et les extrémités d’un même montant ou d’une même diagonale cessent d’être le prolongement l’une de l’autre. Les pièces doivent donc prendre la forme sinusoïdale, exagérée dans la figure, mais dont les expériences, faites notamment en Hollande sur un pont en treillis de 64m,30 de portée, ont démontré l’existence réelle.
- Les courbures de la barre oblique A"D' ont pour résultat de produire dans ces barres aux nœuds A" et 1)' des efforts dits « secondaires » mais qui, en réalité, ne le sont pas et qui viennent s’ajouter aux efforts parfois appelés « primaires » et que donne le calcul. Ces efforts secondaires sont, comme nous l’avons dit,
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- loin d’être négligeables. Des expériences très soigneusement laites avec des appareils « Manet-Rabut », appareils qui permettent de constater expérimentale-
- mr
- Fig. 3. — Modo d’attache des pièces du pont avec les fermes.
- ment la tension ou la compression d’une pièce en un point quelconque de sa longueur et de sa section, ont démontré clairement que ces elîorts secondaires, pour des poutres h larges mailles, pouvaient atteindre une fois et demie à deux fois ceux résultant du calcul. Il en résulte que, si une pièce est calculée pour une fatigue de 6 kg par exemple, par millimètre carré, elle supportera, en fait, en un point quelconque de sa section, près du nœud, une tension pouvant atteindre 12 kg par millimètre carré.
- Plusieurs ingénieurs ont cherché à se rendre compte par le calcul de ces efforts secondaires et, par conséquent, à déterminer la section supplémentaire à donner aux barres dans le voisinage des nœuds. Mais, ou les formules auxquelles on arrive sont d’une complication extrême, ou elles ne donnent que des résultats loin d’être concordants avec ceux obtenus par les expériences. Le mieux est donc de chercher à supprimer ces efforts secondaires. Mais comment? Les ingénieurs américains ont eu recours à la véritable articulation, en employant des rotules autour desquelles peuvent tourner les barres obliques et les montants. Mais ces articulations prennent au bout de peu de temps, sous l’effet des vibrations, un certain jeu qui vient diminuer la rigidité nécessaire du pont. De plus, le frottement de la rotule d’articulation n’est pas sans produire également des efforts secondaires qui sont loin d’être négligeables. Aussi, ce système d’articulation tend-il à disparaître aux États-Unis, tout au moins pour les ponts d’une ouverture inférieure h 40 ou 50 mètres.
- M. Mesnager, ingénieur des Ponts et Chaussées, a eu recours h un autre procédé qui évite cet inconvénient. C’est le « joint flexible » dont nous allons indiquer le principe.
- Les pièces de treillis, montants et barres obliques, sont réduites, h leurs extrémités, près du nœud (fîg. 2), à une simple tôle d’àme placée normalement au plan de symétrie de la poutre et occupant toute la largeur de la pièce. Cette tôle, flexible dans le sens longitudinal du pont, permet, « sans production appréciable d’efforts secondaires », les variations angulaires des pièces de treillis avec les semelles. De plus, la continuité des âmes de ces mêmes pièces fait que rien n'est changé à la rigidité de la ferme. Mais une question capitale se posait. Pour les pièces soumises à un effort de compression, comme les montants, par exemple, cette télé flexible de peu d’épaisseur serait-elle capable de résister, sans flambage, à un effort de compression souvent assez élevé ? Les expériences faites par M. Mesnager au laboratoire de l’École des Ponts et Chaussées sont venues répondre affirmativement à cette question. D’après ces expériences il suffit, pour éviter le flambage, que la section de cette âme flexible, soumise à la compression, soit calculée de manière à ne pas supporter une fatigue moyenne de plus de 5 kg par millimètre carré et que sa longueur libre ne dépasse pas dix fois l’épaisseur de la tôle. Avec ces proportions de la tôle, le flambage ne peut avoir lieu que sous une fatigue environ quatre fois et demie plus grande, ce qui laisse la marge de sécurité ordinaire. Quant aux pièces tendues, on donne à la partie flexible
- A
- supérieure
- Semelle
- Côté culée
- Fig. i.
- de l’assemblage une longueur égale â quinze fois l’épaisseur de la tôle, en admettant, pour celte partie, les limites de travail prescrites par le règlement de 1891.
- On voit la simplicité de ce système d’articula-
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- LA NATURE.
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- tion du joint et les avantages qu’il présente sur le système actuellement employé et représenté sur la ligure 4. Aussi avons-nous cru intéressant de le faire connaître. On pourrait, sans doute, faire l’objection que l’épaisseur de cette tôle, généralement assez faible, se réduirait à la longue par les effets de la corrosion et (pie, comme conséquence, il y aurait diminution de résistance. Mais au fond il n’y aurait là qu’une simple question de surveillance et de renouvellement de peinture. Du reste, l’influence de cette corrosion ne devient prépondérante que dans certaines conditions spéciales et le plus souvent exceptionnelles.
- La Compagnie d’Orléans a fait construire sur la ligne à voie de 1 mètre de Saint-Aignan à Blois, à la traversée de la rivière du Beuvron, un pont où ce système d’assemblage flexible a été employé. Ce pont a été étudié par M. Mesnager, sur la proposition de M. Sabouret, alors ingénieur principal à la Compagnie d’Orléans. Ce pont, représenté figure 1, se compose de deux poutres en N à huit panneaux carrés. Le contreventement inférieur est formé par les tôles striées du platelage et le contreventement supérieur par des croix de Saint-André. La portée du pont est de 42 mètres et l’espacement des fermes latérales, d'axe en axe, de 4m,20.
- Une autre particularité de ce pont est le mode de suspension des pièces de pont aux fermes latérales. Ces pièces de pont (fig. 5) sont suspendues, dans le plan de symétrie de chacune des poutres principales, au moyen de deux lames métalliques. Ces lames forment une véritable articulation et ne peuvent transmettre, comme cela arrive avec le mode d’attache ordinaire des pièces de pont avec les montants, les moments de flexion de ces pièces aux poutres principales. Les efforts de torsion dans ces dernières sont donc évités. L’écartement des semelles inférieures des poutres est maintenu au moyen des tôles striées du platelage.
- Le pont sur le Beuvron a été soumis aux différentes épreuves réglementaires et, en plus, on a mesuré, au moyen des appareils Manet-Rabut, les efforts supportés, en fait, par chacune des pièces du treillis, près des nœuds. Les résultats obtenus dans ces expériences ont pleinement confirmé la théorie du joint flexible. La « différence » entre l’effort mesuré et l’effort calculé n’a, dans aucun cas, dépassé 25 pour 100 de l’effort calculé et les différences observées, qui sont tantôt dans un sens, tantôt dans l’autre, semblent tenir uniquement à des imperfections de construction ou à des irrégularités du métal. Du reste, la moyenne des efforts observés reste très voisine des efforts calculés. On est donc loin des efforts secondaires dont nous parlions au début et (pii, avec les joints rivés, peuvent dans certains cas tripler l’effort calculé.
- Depuis, deux autres ouvrages de ce système ont été exécutés ; l’un d’eux notamment tout près de Paris, à Saint-Denis, sur lecanal, en face de la gare du chemin de fer. Il sert au passage des piétons se rendant vers le sud de la ville. R. Bonnin.
- LÂ THÉRAPEUTIQUE LOCALE
- Au récent congrès de médecine tenu au Caire, le professeur Bouchard a fait connaître une application de thérapeutique locale qui me paraît appelée à un joli avenir.
- Il a pensé que dans les maladies locales ou dans les maladies générales qui affectent des localisations bien déterminées, on pourrait limiter l’application du remède au point malade, au tissu lésé, tout comme on appliquait jadis moxas, sangsues et vésicatoires.
- Prenons comme exemple le rhumatisme aigu. Un homme, dit M. Bouchard, du poids de 70 kilogrammes, prend 0 grammes de salicylate de soude et les jointures malades se dégonflent, cessent d’être douloureuses. On a fait pénétrer chaque jour 10 centigrammes de médicament dans chaque kilogramme de son corps, dans chaque kilogramme de substance saine comme dans chaque kilogramme de substance malade. Si dans une grande articulation, les parties molles qui sont le siège de l’inflammation pèsent 50 à 100 grammes, c’est à des doses de 5 à 10 milligrammes qu’est due la guérison de chaque lésion locale.
- Ne serait-il pas plus simple de ne se servir que de la dose minima de médicament nécessaire en l’injectant in situ ! On y gagnerait de ne pas fatiguer l’estomac d’une dose inutile et tous les rhumatisants savent combien la digestion du salicylate est chose pénible.
- L’expérience a justifié cette vue de l’esprit. En injectant au niveau de l’articulation malade 2, 3 ou 5 centigrammes de salicylate de soude, M. Bouchard a pu enrayer la marche de l’arthrite.
- Un homme atteint de rhumatisme chronique d’un genou et au lit depuis deux mois, a été guéri par une seule injection de 20 centigrammes de salicylate. Le résultat, disons-le, reste souvent comme le remède, local, c’est-à-dire que dans un rhumatisme polyarticulaire, on arrête la fluxion sur une ou deux articulations, mais on n’empêche pas toujours le développement de nouvelles poussées d’arthrite, ni l’invasion des grandes séreuses, péricarde, plèvre. C’est pour cela qu’il faut adjoindre, dans la plupart des cas, une médication générale, i C’est surtout dans les formes locales ou généralisées subaiguës que le succès s’affirme, mais ces injections ne sont pas moins efficaces dans le rhumatisme chronique en supprimant les douleurs et la tuméfaction.
- Notez qu’il ne s’agit pas là d’une simple révulsion : on peut faire comparativement une injection d’eau pure et l’on n’aura pas de résultats. Il s’agit donc bien d’une action médicamenteuse obtenue à faibles doses parce qu’elle est portée directement sur le point lésé.
- Comment comprendre cette action d’injections minimes? l’hypothèse la plus probable c’est qu’il s’agit d’une action antiseptique, suffisante pour agir sur l’agent pathogène en un point donné sans devenir toxique pour l’organisme. Peut-être aussi y a-t-il, comme avec les sérums divers, une excitation des divers éléments pour lutter contre les processus infectieux.
- Je me borne à signaler ces faits sans m’y appesantir, convaincu que c’est une méthode qui prendra d’ici peu le pas sur la thérapeutique par ingesta dans un certain nombre de maladies à localisations fixes. Comme le dit l’éminent professeur, la pratique des injections médicamenteuses à doses minimes trouvera sa place à côté des tentatives si nombreuses où l’intervention chirurgicale réalise, de son côté, la cure locale des maladies.
- Dr A. Cartaz.
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- LA NATURE.
- U SPELEOLC
- Après avoir considéré longtemps l’Or/yssée comme nn simple tissu de contes, à la façon des récits de Sinbad le marin, on y cherche aujourd'hui la description exacte et précise des pays parcourus par la primitive marine phénicienne, 1000 ou 1200 ans avant notre ère, une sorte de journal de bord antique. Les inductions les plus ingénieuses ont permis de redonner à ce journal de bord toute la rigueur d’un ouvrage géographique. On est parvenu à identifier, à placer sur la carte, en des points parfaitement déterminés, des endroits qui paraissaient jadis absolument fabuleux, tels que la grotte de Kalypso ou le lavoir de Nausicaa1. Mais alors, s'il s’agit de grottes,
- Fig. 1. — Arrivée ù la grotte de Kalypso.
- la mer, l'étaient difficilement pour des indiscrets venant de la terre, — sont apparues tout naturellement comme des points de dépôt, de recel, où ils venaient mettre en sûreté leurs marchandises ou leurs butins. Quand, en même temps, ces grottes offraient, comme cela est le cas fréquent par un phénomène spéléo-logique bien connu, des sources vives et abondantes, quand les marins pouvaient à la fois y chercher un refuge et y trouver de l’eau, l’eau toujours si impatiemment poursuivie par les anciens navigateurs, elles devenaient célèbres parmi eux : c’étaient des points d’atterrissage tout indiqués, dont la renommée se répandait peu à peu parmi les marins d’un même pays et dont la description avait sa place marquée dans tous les Bedecker du temps, ou, si l’on
- 1 Victor Bérard. L’Odyssée et les Phéniciens, chez A. Colin. Les gravures de notre article sont empruntées à cet ouvrage.
- [E D’HOMÈRE
- d’eaux souterraines, on de sources, la spéléologie reprend son rôle et nous sommes en droit de nous demander jusqu’à quel point le vieil Homère s’est montré le précurseur lointain et imprévu de M. Martel. C’est ce côté nouveau et quelque peu paradoxal de la question que je voudrais examiner rapidement ici.
- Les grottes jouent, dans les vieux livres et dans les romans enfantins, un rôle presque constant et très logique ; ce sont des cachettes et des abris : grotte d’Ali-Baba ou des quarante voleurs ; grotte des compagnons de Gil Blas, etc., etc. Aux yeux des marins antiques, les cavernes situées près des rivages de la mer, — surtout celles qui, accessibles pour eux de
- du Roi.) Fig. 2. — Los abords de la grotte.
- veut employer un terme d’apparence plus savante, dans tous les périples.
- C’est à un de ces périples qu’Honière paraît avoir emprunté la description circonstanciée de sa grotte de Kalypso, autrement dit la grotte de la cachette (xaXuTïTü), je cache) : grotte située sur la côte du Maroc entre Ceuta et Tanger, en face Gibraltar, dans la petite île de Pérégil, au pied du Mont-aux-Singes, qui paraît avoir été le primitif Atlas. Cette grotte, dit-il, se trouve dans une île cerclée de courants, dont le centre forme une pointe saillante; elle est couverte d’arbres et voisine des Hautes Colonnes d’Atlas....
- « Tout autour de l’antre, une forêt avait poussé vigoureuse, aunes, peupliers et cyprès odorants, et les oiseaux de mer à large envergure, hiboux, éper-viers et corneilles marines, y faisaient leurs nids.
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- Sur la bouche de la caverne profonde, une vigne étendait ses robustes rameaux que lleurissaient les grappes.Quatre sources y versaient leur onde blanche, voisines l'une de l’autre, mais divergentes. Et, tout autour, c’étaient des molles prairies de persil et de violettes.... »
- Quand on visite au jourd'hui l’ile de Pérégil, on y retrouve, en effet, l’ile montagneuse, couverte de fenouil de mer et de Heurs violettes ; au fond d’une sorte de fjord aux parois abruptes (fig. 1 et 2), s’ouvre une grotte absolument inaccessible et invisible de la terre, une merveilleuse cachette pour les marins ; le fond de l’eau est tapissé d ’ algues rouges et violettes; des polypes rouge écarlate couvrent les rochers ; de petites méduses violettes flottent dans la mer transparente.
- C’est un joli décor pour une légende. L’observateur précis remarque, en outre, que l’ouverture de la caverne peut avoir 20 mètres de haut sur 7 à 8 de large (lîg.
- 5) ; au bout de 10 mètres, la grotte fait un coude et l’on trouve une
- grande salle spacieuse de 40 à 50 mètres où il serait bien séduisant de tenter quelques fouilles. Tout l’aspect correspond bien, par conséquent, au texte d’Homère, sauf deux ou trois contradictions apparentes, qui, si l’on envisage les choses en spéléologue, peuvent, je crois, être levées assez aisément et ne doivent pas empêcher d’attribuer à la description du poète antique — c’est-à-dire, d’après les théories nouvelles, aux « périples » dont il se serait inspiré — une exactitude presque scientifique.
- Ce qui manque, en elïet, à la grotte de Pérégil pour s’identifier avec celle de Kalypso, ce sont surtout
- les quatre sources, si minutieusement décrites qu’elles ne semblent pas avoir dû être inventées par le poète ; c’est aussi la végétation arborescente et la vigne recouvrant l’entrée. Mais, si nous possédions, pour nos grottes des Causses ou de Belgique, des descriptions vieilles de 2000 ans, il est très probable que nous les trouverions à peu près toutes en contradiction avec l’état actuel sur un fait semblable et il n’est même pas besoin de remonter à 2000 ans pour cela.
- Toutes les observations faites dans les régions calcaires, où se présentent la plupart des grottes, montrent, en effet, que le trajet des eaux souterraines tend constamment à s’approfondir, la surface du sol à s’assécher, les sources qui apparaissent d’abord sur les flancs des vallées à descendre peu à peu vers le fond de celles-ci. Une grotte est toujours le produit d’une ancienne circulation d’eaux souterraines et cependant la majorité des grottes sont aujourd’hui à sec, parce que le niveau de l’eau s’y est abaissé. De même, dans les coupes de grottes relevées en si grand nombre par M. Martel, on voit constamment d’anciens cours de rivières souterraines à des niveaux différents et de plus en plus profonds. Les sources, qui alimentent notre consommation, ont elles-mêmes une tendance à tarir avec le temps; dans nos puits, il faut recreuser, au bout d’un certain nombre d’années, pour retrouver la même quantité d’eau. A mesure que notre globe vieillit, sa croûte superficielle s’assèche. Le tarissement des quatre sources dans la grotte de Kalypso, la diminution de la végétation qui a pu en être en partie la conséquence, ne sont donc qu'un phénomène assez naturel,
- L'ouverture de la Caverne.
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- LA NAT U HE.
- et une petite recherche géologique suffirait peut-être pour retrouver desséchées, dans la caverne de Péré-gil, les émergences des quatre sources d’Homère.
- Ce n’est pas ici le lieu d’insister sur cette discussion. Notons seulement, dans Y Odyssée, quelques autres grottes, qui jouent un rôle assez analogue. C’est, par exemple, celle de l’ile du Soleil. Ulysse y a débarqué pour prendre de l’eau ; la tempête arrive; lui et ses compagnons se mettent à l’abri dans une caverne, où ils tirent le navire pour le mettre à sec; ils y restent un mois, attendant un vent favorable. C’est encore celle du Cyclope, où Ulysse et ses compagnons sont enfermés, comme dans le garde-manger d’un ogre. C’est surtout celle d’Ithaque (lisez Céphalonie), où Ulysse, rentrant dans sa patrie, va cacher les trésors que lui ont donnés les Phéaciens (c’est-à-dire les habitants de Corfou). « Il déposa dans l’antre obscur l’or, l’airain indomptable et les vêtements travaillés avec art ; puis Pallas ferma l’entrée avec une grosse pierre. »
- Nombreuses sont, on le sait, les grottes dans toutes ces îles calcaires de la Grèce, de l’Archipel, de la côte orientale de l’Adriatique; nombreux, les gouffres (les Katavothres) ; nombreuses les sources vauclu-siennes, les têtes de sources (les Kephalovrysis), qui ont fait la longue fortune de certains îlots, comme celui de Délos, ou les îles Strophades, au sud de Zante ; et les lois générales de l’hydraulique souterraine font que ces sources se trouvent, pour la plupart, sur les rivages où, lorsque leur débit a été suffisant autrefois pour élargir les fissures du terrain, il leur arrive bien souvent de reparaître au jour dans une grotte. Les marins ont remarqué, de tout temps, ces phénomènes, qui avaient pour eux, surtout aux temps primitifs, un double avantage : leur permettre de garantir leurs marchandises ou leur butin, leur fournir de l’eau vive. Il est assez curieux qu’une de ces cavernes, plus particulièrement célèbre, ait été décrite une douzaine de siècles avant Jésus-Christ par quelque pilote phénicien, qu’un peu plus tard le trouvère ionien, auquel nous donnons le nom d’Homère, ait intercalé ce croquis dans son Odyssée et que, grâce à l’immortelle célébrité acquise par son livre, nous ayons peut-être là aujourd’hui l’exemple spéléologique le plus anciennement, le plus authentiquement daté de cette diminution des eaux superficielles, de cette disparition des sources dans les grottes, que la géologie nous permet de constater d’une façon plus générale et théorique.
- L. De Lu.nay.
- L’INDUSTRIE DU CHIENDENT
- Le chiendent n’est pas précisément une herbe rare et même, comme elle a des tendances fort envahissantes, il faut en purger les champs si l’on 11e veut pas lui voir tout étouffer et rendre impossible toute autre culture. Cependant sa racine est utilisée sur une grande échelle par l’industrie pour la fabrication de brosses, de balais extrêmement résistants et ne craignant point l’humidité,
- et on lui consacre des étendues considérables dans les régions où la terre n’est pas encore précieuse.
- C’est le cas pour le Mexique, qui possède d’énormes surfaces abandonnées à elles-mêmes, où on peut laisser pulluler le chiendent, pour l’arracher ensuite et l’expédier sur les marchés de France et de l’Amérique du Nord. Cette plante, qu’on nomme zacaion en mexicain, se rencontre principalement à lluamansla, à San Andres, à Chalchiconnula, à J'erote, à San Felipe del Obraje, et surtout dans les zones élevées de l’État de Yera-Cruz, en terre tempérée et même plutôt froide. Vers 1878, l’exportation du chiendent mexicain ne dépassait guère 1400U piastres, ce qui ne fait que 70000 francs, même en prenant la piastre à sa valeur au pair de 5 francs. Dès 1895, cette exportation atteignait 942000 piastres, et aujourd’hui elle dépasse 1400 000 piastres, c’est-à-dire que la racine de cette plante nuisible donne lieu à un commerce de 7 millions de francs. Et encore est-ce là sa valeur au moment où elle quitte le Mexique; mais, comme elle passe par des mains diverses avant d’arriver au fabricant de brosses, commissionnaire à La Yera-Cruz, commissionnaire au Havre, à Bordeaux, à Marseille, revendeur qui l’achète à ce dernier commissionnaire pour la livrer enfin au fabricant, la valeur de cette racine atteint finalement un chiffre énorme. Sur place, le chiendent ne vaut que 35 à 40 francs les 100 kilogrammes (prix obtenu en convertissant la piastre à sa valeur vraie de 2,r,50), et le cours au Havre en atteint de 115 à 210 francs, suivant la qualité.
- PIERRE ARTIFICIELLE
- Nous avons eu l’occasion de signaler à plusieurs reprises des tentatives faites pour obtenir de la pierre artificielle, qui, formée par agglomération de matériaux, se présente parfois sous l’aspect de sortes de briques non constituées d’argile cuite comme c’est le cas normal. En réalité, ce qu’on obtient le plus souvent ainsi, c’est une espèce de béton, qui a les défauts caractéristiques de celui-ci. En Allemagne ce genre de pierre semble avoir rencontré un certain succès, et, bien qu’il ne soit pas toujours possible de savoir exactement le tour de main de fabrication, on s’accorde à reconnaître qu’un des ingrédients employés est du sable volcanique ou du tuf, et qu’on emploie en second lieu de la chaux. Il se produit une réaction chimique entre le sable siliceux et la chaux, quand ils sont intimement mélangés dans de bonnes conditions, et cela donne un silicate de calcium. D’ailleurs, quand il est laissé à lui-même, le phénomène ne se produit que lentement, et se trouve gêné par l’affinité que présente la chaux pour l’acide carbonique de l’atmosphère : cette affinité tend toujours à constituer un carbonate de chaux, et par conséquent à empêcher la chaux d’entrer en combinaison avec le sable. En pareil cas, il se forme un mortier et non point un composé calcaire.
- Aussi, dans bien des fabriques de pierre artificielle, 011 prévient ce mécompte en activant au moyen de la chaleur l’union de la chaux et de la silice, les blocs agglomérés étant placés dans une enceinte pleine de vapeur; celle-ci fournit de la chaleur et de l’humidité à la combinaison, tout en empêchant l’accès de l’acide carbonique. Pour bien réussir, il faut évidemment procéder à des mélanges exactement dosés, et éviter toutes réactions nuisibles.
- Précisément un Suisse de Zurich, M. W. Schwarz, vient d’imaginer une méthode qui a pour but de fabriquer ra-
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- LA NATURE.
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- tionncllement des blocs de pierre calcaire artificielle. 11 prend da sable contenant une proportion élevée de silice, et il le sèche complètement (du sable sec contient encore 5 à 0 pour 100 d’eau); il se procure ensuite de la chaux au moment même où elle sort du four, puis il la pulvérise finement, en la mettant aussi complètement que possible à l’abri de toute humidité. 11 fait alors le mélange dans les proportions exactement voulues, 2 à 5 de chaux pour 100 de sable, et il peut ajouter la quantité d’eau nécessaire. En fait, le sable est versé dans un récipient à enveloppe de vapeur, on le brasse constamment, et une pompe à faire le vide aspire l’humidité qui s’évapore; puis la chaux est ajoutée, et le brassage est continué jusqu’à mélange intime ; on injecte alors de la vapeur pour fournir l’humidité nécessaire à la réaction. 11 va de soi que cette chaux vive donne lieu à une élévation de température considérable, et que la silice et le calcium commencent de s’unir. On peut alors verser la pâte dans une presse à mouler, qui n’a pas, du reste, besoin de donner une pression considérable.
- Le durcissement de ces blocs se fait sous pression de vapeur : on les charge sur wagonnet et on les introduit dans une enceinte d’une quinzaine de mètres de long sur 2 mètres à peu près de diamètre. Au bout d’un certain temps, leur température s’élève et ils deviennent secs; mais on répand sur eux de l’eau finement pulvérisée, pour donner une certaine humidité. L’opération demande de 8 à 14 heures.
- Ces briques, exposées à la gelée, n’en ont nullement souffert; elles supportent, avant de s’écraser, une pression moyenne de 14 tonnes par décimètre carré, d’autres expériences très édifiantes ont été poursuivies, et le Ministère de la guerre Prussien a adopté ces matériaux pour d’importants travaux qu’il fait actuellement exécuter. L. L.
- MOULURES SCULPTÉES A LA MACHINE
- L’industrie des moulures en bois a pris une importance considérable avec le développement du luxe et de la décoration des habitations : on a jugé avec raison qu’elles sont bien supérieures aux moulures en plâtre, qui se font sans doute à bon marché, au moins tant qu’elles sont d’un profil simple et courant, mais qui ont le tort de se détériorer très aisément sous le choc. C’est pour répondre aux demandes toujours croissantes de moulures en bois que se sont fondés une foule d’établissements, qui fabriquent quotidiennement des milliers de mètres de baguettes et moulures de toutes formes.
- Le procédé général employé pour cette fabrication est assez simple, parce que ces moulures présentent un profil continu et uniforme, qu’on obtient par rabotage du bois au moyen d’un outil dont la lame épouse en creux ou en relief les reliefs ou les creux du profil qu’on veut produire : c’est de façon à peu près analogue qu’on procède pour les moulures en plâtre. Mais jusqu’ici (et sauf des tentatives faites au moyen de l’estampage à chaud), pour fabriquer des moulures compliquées d’un profil non continu, il fallait rapporter sur une baguette de bois des ornements divers moulés en une sorte de pâte plastique, et ces ornements ont une tendance des plus fâcheuses à se dé-
- coller, sans compter que le travail est minutieux, lent et coûteux.
- Or, voici qu’un technicien, M. Mar but, aidé d’une grande maison spéciale, la maison Ransome, est arrivé à sculpter mécaniquement des moulures, en réalisant une multitude de dessins des plus compliqués dont nous donnons un type. Nous avons vu du reste maintes fois fonctionner sa machine, et nous avons constaté qu’elle sculpte plus de 5 mètres courants à la minute d’unti moulure compliquée et large de plus de0m,05;sa production atteint 15 mètres et au delà pour les petites largeurs. L’invention repose essentiellement sur ce fait que Ton peut découper des reliefs à surfaces courbes, obliques ou normales entre elles, par la rencontre de plans déterminés par des coups de ciseaux ou de gouges de forme convenable, ou disposés suivant des inclinaisons variables : si Ton considère comme matière première de la mou -lure sculptée une lame de bois ou une moulure présentant un profil ordinaire, il suffira de répartir les attaques des ciseaux ou gouges en deux séries, les attaques perpendiculaires à la lame de bois, et les attaques, parallèles à elle, y pénétrant par la tranche. La rencontre des sections, ainsi faites dans le bois, fera se détacher de celui-ci des morceaux plus ou moins parallélépipédiques, qui laisseront les reliefs voulus sur la lame. Le tout est d’étudier minutieusement les combinaisons nécessaires suivant les sculptures qu’on désire obtenir, et c’est ce à quoi est parvenu M. Marbut, avec une compréhension surprenante des méthodes les plus simples et des rencontres de plans des coups de ciseau. Notons que le résultat est facilité par ce fait qu’on peut travailler sur une baguette de bois déjà moulurée longitudinalement. Pour comprendre cette explication un peu délicate, on fera bien de se reporter au type de moulure que nous avons fait dessiner en cartouche dans la gravure accompagnant ces lignes, et où Ton trouvera aussi le profil général et longitudinal de la moulure qui est ensuite sculptée par la machine Marbut.-
- En examinant d'un peu près cette figure, on comprendra que l’enlèvement de cette sorte d’accent circonflexe renversé, qui décore le haut de la moulure, peut être obtenu par la rencontre des sections faites par une gouge en angle, travaillant verticalement, et par deux gouges s’enfonçant obliquement dans le bois ; la partie immédiatement inférieure est sculptée par une gouge angulaire s’enfonçant verticalement, puis par une autre un peu analogue, mais travaillant parallèlement à la surface de la lame de bois. Comme de juste, c’est en plusieurs passes que se donnent ces coups de ciseaux successifs; et, de plus, il faut que la forme, l’enfoncement de ces divers outils soient minutieusement étudiés pour qu’ils produisent le motif sculpté voulu. Il faut un jeu d'instruments assez considérable pour réaliser le relief cherché; mais tout cela fonctionne automatiquement et avec une sûreté absolue une fois la machine réglée.
- Sans entrer dans des détails minutieux, nous donnerons quelques indications sur le fonctionnement
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- LA NATURE.
- général de cette machine, dont lions reproduisons une photographie prise spécialement pour La Nature. Les deux grandes roues qu’on y voit à droite et à gauche sont chargées de U entraînement de la baguette de bois, qui repose sur une lame sans fin à piquants, que les Jeux roues animent d’un mouvement de translation : grâce à une commande par vis sans fin, dont le filet est horizontal de temps à autre, ce mouvement est intermittent1, les arrêts permettant au bois de subir les passes successives sous les jeux de ciseaux montés sur les porte-outils horizontaux ou verticaux qu’on voit dans la gravure. En réalité, on peut monter et faire agir sur la baguette de bois cinq groupes de ciseaux ou gouges, et on peut
- enfoncer ceux-ci plus ou moins obliquement, de manière à réaliser les combinaisons les plus variées de plans divers se recoupant ; certains outils arrivent ainsi à tailler le bois par en dessous. Ajoutons enfin que deux porte-outils sont disposés pour donner un mouvement de rotation aux outils, ce qui vient augmenter encore b; nombre des ornementations que la machine peut exécuter. Nous n’insisterons pas sur la commande mécanique des mouvements, qui se fait par l’intermédiaire de manivelles actionnées par un arbre longitudinal, avec interposition de dispositifs télescopiques qui facilitent la mise en place et le réglage des outils tranchants, en même temps qu’ils donnent le moyen de travailler des baguettes de lar-
- Machiue à sculpter les moulures. Eu cartouche, vue (le face et en coupe d’uue moulure sculptée.
- geur et d’épaisseur variables. Cette machine est vraiment intéressante autant par son fonctionnement sur, parfait et rapide, que par l’idée mère sur laquelle elle est fondée. Daniel Beleet.
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- LES ÉRUPTIONS DE LA MONTAGNE PELÉE
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- Le volcan de la Montagne Pelée est toujours en pleine activité, et les éruptions se renouvellent sans cesse, d’après les intéressantes lettres qu’adresse M. Lacroix à l'Académie des sciences par l'entremise
- 1 Des jeux de roues et de vis de rechange donnent le moyen de modilier la durée des arrêts et l’intervalle qui les sépare, pour répondre aux divers types d’ornementation.
- de M. Michel Lévy. Les manifestations se poursuivent avec les mêmes caractères, c’est-à-dire sans grandes explosions, mais avec modification incessante du cône, production discontinue de blocs de lave et de nuages denses, charriant à la fois des cendres, des fragments et des blocs.
- Le 18 novembre, M. Lacroix a vu subitement sortir de l’échancrure sud-ouest du cratère, dont les bords étaient cachés dans les nuages, une véritable cataracte de volutes de vapeur très denses d’un brun rouge foncé; elles sont descendues dans le fond de la vallée de la rivière Blanche ; puis elles ont continué leur marche en rampant sur le sol jusqu’à la mer, tout en étant animées en même temps d’un mouvement plus lent d’ascension verticale. Ce nuage formant des volutes qui ressemblaient à des balles de coton
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- Fig. 1. Le sommet du cône du Morue Lacroix qui, depuis le 8 novembre 1902, s’est accru de 132 mètres eu hauteur. — Fig. 2. Le sommet du cône et le bord du lac des Palmistes. Mme Lacroix est sur le bord du cratère; le tas de pierres situé vis-à-vis d’elle se trouve à 100 mètres de celui-ci (éboulis du cône). — Fig. 3. Le Morne Lacroix, vu du lac des Palmistes, le 15 octobre. — Fig. 4. Le Morne Lacroix avec, par derrière, le cône, vu du lac des Palmistes, le 8 novembre. Les photographies 5 et 4 ont été prises à peu près du même endroit. — Fig. 5. La rainure du cratère, côté nord-est; à droite, les restes du Morne Lacroix; à gauche, le.cône avec vapeurs. — Fig. 0. La rainure sud-est du cratère. À droite, le cône; à gauche, la paroi du cratère.
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- LA NATURE.
- très serrées marchait dans la direction horizontale avec la vitesse d’environ 1 kilomètre à la minute. 11 s’est élevé à environ 2000 mètres. Puis, arrivé sur le bord de la mer, il s’est lentement diffusé à la surface des eaux, obscurcissant l’horizon pendant près de deux heures. M. Lacroix pense qu’il a assisté, ce jour-là, à un phénomène comparable, quoique beaucoup moins intense, à celui qui a détruit Saint-Pierre.
- Le spectacle en est inoubliable. Une éruption similaire avait eu lieu le 0 novembre, soit deux jours auparavant.
- M. Lacroix signale l’éruption du 28 novembre extrêmement violente. En neuf minutes l’espace de 6 kilomètres, compris entre le cratère et la mer, a été occupé par un épais nuage à contours nets se prolongeant à perte de vue sur la mer et montant à 5200 mètres. Les lourdes volutes grises rousses roulant les unes sur les autres comme des bolides étaient des plus importantes. Quand le nuage s’est dissipé, on a vu tout l’espace compris entre la rivière Blanche et Sainte-Philomène couvert de cendres blanches comme la neige avec beaucoup d'énormes blocs sur les talus bordant la rivière. Ces projections plongeantes partant du cratère paraissent maintenant devenir caractéristiques des éruptions.
- Le fameux cône qui se dresse dans le cratère à environ 2500 mètres au-dessus de la mer s’est écorné. Un morceau énorme ayant environ 90 mètres de hauteur s’est détaché, par suite d’une fissure longitudinale produite au sommet, mais le sommet n’en reste pas moins à la même hauteur voisine de 1500 mètres.
- Depuis la fin de novembre 1902, le spectacle s’est encore modifié, d’après une récente lettre de M. Lacroix. Les manifestations volcaniques ont lieu presque d’une manière continue. Nous ferons connaître, dans un prochain article, les nouvelles transformations de la Montagne Pelée. II. de P.
- LA NOCIVITÉ DE L’ARGENT
- L’argent, comme la langue d’Esope, est à la fois la meilleure et la pire des choses non seulement par sa valeur vénale, mais encore par sa nature chimique. Avec son air propret et brillant, c’est en effet un poison des plus violents non pas pour nous, — il nous fait bien assez de mal autrement, — mais pour les microbes et autres organismes inférieurs. Le fait a été mis en évidence, il y a déjà bon nombre d’années, par un chimiste de beaucoup de valeur, Raulin. Ce savant avait trouvé la composition d’un liquide quasi merveilleux où une moisissure noire fort commune, YAspergillus niger, prenait un développement énorme : avec 1 litre et demi de liquide, contenant 80 grammes de matières nutritives, on obtenait, en six jours, 25 grammes de champignon, bon poids si l’on songe à la légèreté des moisissures. Or, un jour, voulant sans doute honorer les plantes qu’il cultivait, Raulin leur offrit leur nourriture sur un plat d’argent ; il s’attendait sans doute à les voir tressaillir d’allégresse et prendre peut-être un développement encore plus grand que dans une cuvette de porcelaine. Enfer et
- damnation ! Les spores ne voulurent même pas germer : le champignon avait été tué, empoisonné par la quantité infime d’argent que le liquide avait dissout, quantité d’ailleurs si minime que l’analyse chimique est impuissante à la déceler. Raulin fit d’ailleurs d’autres expériences en dissolvant dans son liquide un peu de nitrate d’argent et en le diluant de plus en plus : il reconnut de la sorte que ce sel argen tique est même vénéneux à la dose de 1/T 000 000° du poids du liquide.
- Notre collaborateur M. Henri Coupin a fait, au laboratoire de M. Gaston Bonnier, des recherches analogues sur des germinations de blé; il a reconnu que cette céréale refuse de germer dans une eau contenant 0sr,0029 de nitrate d’argent pour 100 d’eau. Le nitrate d’argent est donc toxique pour le blé à la dose de 1/34 482. Les racines sont même encore malades dans une solution à 1/1 000 000 de nitrate d’argent et à 1/2 000 000 de sulfate d’argent. Mais c’est surtout à l’égard des microbes que l’argent se conduit d’une façon lamentable et les fait passer en un clin d’œil de vie à trépas. M. Strauss a, par exemple, constaté que le microbe de la tuberculose ne se développe pas si on place son bouillon de culture dans une capsule d’argent.
- La nocivité de l’argent pour les bactéries a été montrée d’une façon encore plus pittoresque par le l)r Vincent. En étudiant la bactériologie des pièces de monnaies, il a reconnu que ce sont les pièces de bronze et d’or — les extrêmes se touchent — qui recèlent le plus de microbes dans les méandres de leur relief, tandis que les pièces d’argent sont sensiblement moins envahies. Sur une pièce de deux sous on trouvera, par exemple, 11 000 microbes et 5000 sur une pièce d’or, tandis qu’il n’y en aura que 500 sur la plus vaste des « roues de derrière ». Comme les pièces d’argent circulent au moins autant que les sous et bien plus en tout cas que les louis d’or, il semble assez légitime d’en conclure que c’est l’argent lui-même qui tue les microbes. Le Dr Vincent en a d’ailleurs fourni une preuve directe et péremptoire. Il a pris des pièces d’argent et d’or et, après les avoir stérilisées à la flamme, il a répandu à la surface des microbes connus, — trop connus même. Au bout de cinq jours, le bacille de la fièvre typhoïde était encore vivant sur la pièce d’or; le bacille de la diphtérie était encore tout guilleret au bout de six jours et le microbe du pus au bout de neuf jours. Au contraire, sur les pièces d’argent, c’était une véritable hécatombe : passé six heures, aucun microbe ne vivait plus.
- Ces considérations devaient naturellement conduire les médecins à détruire les microbes avec l’argent : on sait les admirables résultats que donnent les imprégnations de l’œil des nouveau-nés avec le nitrate d’argent pour éviter la terrible ophtalmie purulente et les lavages plus ou moins externes avec cette dissolution dans nombre de maladies microbiennes.
- On a voulu essayer aussi l’emploi de l’argent inétal-j lique lui-même, c’est-à-dire non à l’état de sel. En Allemagne, on vient d’expérimenter avec succès l’emploi de l’argent « colloïdal », forme sous laquelle il peut pénétrer jusque dans les points les plus internes de l’organisme. Quel que soit l’avenir réservé à cette médication d’outre-Rhin, il faut dès maintenant noter que c’est en France qu’elle a été expérimentée pour la première fois. M. Louis Renon vient, en effet, de rappeler à la Société médicale des hôpitaux que, dès 1896, le Dr Follet, de Paris, en faisant des cultures microbiennes sur pommes de terre, vit qu’elles ne poussèrent pas quand il isolait, avec un fil
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- LA NATURE.
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- d’argent, les milieux de culture des parois du tube de verre. 11 remarqua, de plus, que les plaies suturées avec des lils d’argent se cicatrisaient plus rapidement que les autres. Dès lors, il essaya les injections d’argent dans diverses maladies. Elles étaient faites dans les muscles de la région fessière et répétées une ou deux fois par semaine. La préparation s’obtient de la façon suivante : on fait chaulfer dans une capsule du sérum artiliciel ; on y ajoute 1 gramme de poudre d'argent réduit, porpbvrisé dans un un petit mortier. Le tout est émulsionné avec un mélange de sérum artificiel et d’huile au gaiacol et à l’eucalyptol. La quantité entière du mélange est injectée chaque fois. M. Follet fait remarquer que dans ces injections la présence du gaiacol et de l’eucalyptol peut avoir une action utile, mais il pense que c’est à l’argent qu’on doit attribuer la plus grande partie des résultats obtenus. Et, d’après ce que nous avons dit précédemment, il n’a sans doute pas tort. — Ayez donc toujours de l’argent dans vos poches : on ne sait pas ce qui peut arriver : l’argent bien employé peut guérir bien des misères et calmer bien des maux ! ________ Victor de Clèves.
- LES LOCOMOTIVES ÉLECTRIQUES
- DE LOÜEST ET DE l’oRLÉAXS
- La Compagnie du Chemin de fer de Paris à Orléans vient de décider la prolongation de sa ligne électrique jusqu’à Juvisy, et ses trains de grande ligne qui actuellement changent de locomotive à la gare d’Austerlitz seront remorqués électriquement, après l’exécution des travaux, sur un parcours de près de 25 kilomètres à partir du quai d'Orsay. Pour assurer ce nouveau service il faudra naturellement que la Compagnie augmente le nombre de ses locomotives électriques. Les nouvelles seront, comme les anciennes, munies d’appareils de provenance américaine, montés par la Compagnie Thomson-Houston, qui avait déjà installé tout l’équipement de la ligne quai d’Orsay-quai d’Austerlitz.
- On sait d’autre part que la Compagnie des Chemins de fer de l’Ouest a déjà utilisé, jusqu’à l’année dernière, des locomotives électriques pour la reprise en gare du Champ de Mars des trains venant de Saint-Lazare et se rendant aux Invalides. Cette manœuvre, qui retardait le service, ayant été supprimée, les locomotives électriques sont utilisées pour la traction d’un certain nombre des trains de la ligne nouvelle de Versailles.
- Nous reproduisons (fig. 1,2 et 5) les locomotives ou « locomoteurs » électriques de l’Orléans et de l’Ouest, (lui sont d’aspects très différents, mais qui ne ressemblent ni l’une ni l’autre aux locomotives que nous sommes accoutumés à voir en tête des trains ordinaires. Elles résultent cependant toutes deux, comme les locomotives à vapeur, de l’application d’un même principe, qui consiste à déterminer la marche, d’un train par un véhicule unique et uniquement destiné à la traction.
- Avec l’emploi de la machine à vapeur, cela est une nécessité, parce qu’il faut transporter avec soi la chaudière, qui peut atteindre de grandes dimensions, et parce que les organes moteurs doivent être situés
- à proximité de la production de vapeur. Avec l’électricité il n’en est plus de même. Il est facile de se rendre compte des inconvénients que présente le groupement des moteurs d’un train sur un véhicule exclusivement affecté à la traction, c’est-à-dire le principe du tracteur unique.
- Dans les gares terminus situées au centre des villes, où le terrain est coûteux, la locomotive a T inconvénient d’exiger des voies supplémentaires pour son passage d’un bout à l’autre du train, ou des boucles terminales; la manœuvre à faire est d’ailleurs longue et incompatible avec un service accéléré. L’emplacement de la locomotive diminue, en outre, la longueur utile des quais.
- Pour les lignes métropolitaines on préfère employer : soit des automotrices isolées qui n’ont pas le caractère de locomotives, car elles transportent des voyageurs; soit, pour des trafics plus importants, ces mêmes voitures motrices suivies d'une ou deux voitures « de remorque » qui ne se prêtent malheureusement pas plus que les trains à locomotives au renversement du sens de marche ; soit souvent les trains à deux voitures motrices, une en tête, une en queue, qui peuvent marcher dans les deux sens.
- Les trains à locomotives, les trains constitués par une motrice suivie d’une remorque, et les trains ayant une motrice en queue ét une en tête ont un inconvénient sérieux, celui de ne pas se prêter aisément à la modification de longueur suivant l’affluence des voyageurs. En effet, il est avantageux de faire traîner normalement à un véhicule tracteur la charge pour laquelle il a été calculé, et on se trouve dans des conditions défectueuses lorsqu’on est obligé d’augmenter cette charge lors d’une affluence spéciale.
- Cette considération est très importante pour toutes les lignes métropolitaines et de banlieue dont le trafic varie tellement suivant les saisons, les jours de la semaine, et même les heures du jour.
- Une question des plus sérieuses pour les lignes métropolitaines et de banlieue, comme aussi pour celles dont nous aurons à parler plus loin, est la question de l’adhérence. On sait que le poids adhérent d'un train, ou poids supporté par les essieux moteurs, limite l’effort utile que ceux-ci peuvent donner. Si cette force est supérieure à 7 fois le poids adhérent, environ, les roues tourneront sur elles-mêmes sans avancer. Il en résulte que les moteurs d’un train doivent être chargés d’un poids considérable. Si l’on exploite avec des locomotives, comme il n’y a plus de nécessité dans le cas de la traction électrique de faire circuler avec les trains l’usine génératrice (chaudière, etc.) qui dans le cas de la traction à vapeur constitue un poids adhérent tout naturel, on se trouve obligé de surcharger artificiellement le véhicule tracteur, dont le poids total, diminué du poids des moteurs eux-mêmes, est un élément absolument inutile du train, qui entraîne, pour son transport, une dépense superflue. Il est donc tout naturel qu’on préfère placer les moteurs sous les voitures à voyageurs, utilisant ainsi le poids de ces
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- LA NATURE.
- Fi". 1. — La locomotive électrique cle l'Orléans.
- voitures et le poids comme poids adhérent.
- Les trains sans locomotives, mais à nombre de motrices limité (une motrice suivie de remorques ou une motrice en tète et une en queue), ne permettent pas encore une adhérence tout à fait suftisante lorsque les trains deviennent un peu longs. Aussi emploie-t-on de plus en plus les trains dits « à unités multiples », comportant des voitures motrices en nombre absolument quelconque, caractérisés par l’asservissement à une commande générale unique des appareils réglant, sur chaque voiture individuellement, la marche des moteurs. Les trains ont l’avantage de s’allonger à volonté, de se scinder en deux parties de plusieurs trains en
- des
- eux-mèmes j à embranchements, et, en tout cas, ils assurent la
- même adhérence relative et la même puissance de moteurs par tonne de train, puisque chaque élément (ou « unité ») retranché ou ajouté comporte individuellement ses moteurs.
- Lorsqu’il s’agit seulement d’entretenir une vitesse acquise on sait que l'effort nécessaire à chaque instant, sur une voie plate et à la vitesse réduite, est relativement faible. Théoriquement, un mobile lancé à une certaine vitesse conserve de lui-même son mouvement. En pratique, il suffit de vaincre les résistances au roulement des organes mobiles et
- la résistance par l’air
- opposée
- Mais s’il s’agil
- Fia. i. — Avant des locomotives de l'Ouest.
- ou de permettre la réunion un seul pour les
- lignes
- de créer la vitesse, il en est tout autrement, et le un effort proportionnel à l’accélération de cette vitesse en chaque instant, c’est-à-dire à la
- train exn>e
- O
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- LA ISA T II MK.
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- rapidité avoe laquelle on doit, atteindre la vitesse normale de marche.
- Sur les lignes métropolitaines et de banlieue, où les stations sont très rapprochées, pour éviter une
- trop grande perte de temps due aux nombreuses mises en marche, il faut des démarrages très rapides et c’est ce qui explique l’importance de l’adhérence pour ces exploitations. Lorsque le service par voiture
- Fi". 5. — L’éloctromotcur de l’Ouest.
- automotrice isolée n’est pas possible on emploie donc soit des trains à une motrice, suivie d’une ou deux remorques qui sont loin d'être une solution parfaite, soit des trains à deux motrices, l’une en tête, l’autre en queue, qui ont aussi leurs incon-vénients, soit enfin le système de trains à unités multiples. Toutes ces solutions sont bien préférables à l’emploi des trains à locomotives ordinaires.
- L’adhérence est encore une question de la plus haute importance pour les lignes de montagnes, ce qui fait que pour ce cas-là encore les trains à motrices multiples sont préférés aux trains à locomotives (ligne du Fayet à Chamonix). Ils le seront encore pour les lignes à grande vitesse, les expériences de Zossen ayant démontré la
- Fi"- !• — Schéma des locomotives d’Orléans et de l’Ouest.
- nécessité de rendre tous les essieux moteurs. La locomotive électrique semble donc absolument
- condamnée. 11 est cependant des cas spéciaux pour lesquels son emploi s’impose et la Compagnie de l’Ouest et surtout celle de l’Orléans avaient à résoudre un problème qui ne pouvait admettre d’autre solution que celle des trains à locomotives.
- Pour l’Orléans il ne pouvait être question de trains à motrices multiples, puisque le même convoi, mené du quai d’Orsay à la place Valhubert
- électriquement, doit être repris en cet endroit par une locomotive à vapeur et continuer sa route. Les locomotives de l’Ouest ont été créées en vue des trains qui, menés électriquement jusqu’à Versailles, poursuivront au delà leur voyage. Et elles ne sont
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- LA NATURE.
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- employées au service de banlieue qu'en attendant l’installation de la gare des Chantiers.
- Nous allons décrire sommairement les types adoptés par les deux Compagnies.
- La prise de courant s’effectue par un patin glissant sur le rail latéral. Les unes et les autres sont montées sur deux bogies h deux ressorts chacun. Chacun des essieux porte un moteur de 200 chevaux environ. Los moteurs sont par groupes invariables de deux. On réunit les deux groupes soit en série, soit en parallèle (pleine vitesse), et on intercale dans leur circuit, pour les démarrages et certains ralentissements, des résistances placées dans des coffres, dans l’intérieur du locomoteur. Les groupements de circuits sont effectués par des contrôleurs, d’assez grande dimension, en raison des forts courants sur lesquels ils ont à agir. Les moteurs de l’Orléans sont des moteurs Thomson-Houston américains.
- Les locomoteurs de l’Ouest, au nombre de 10, sont de deux sortes : les uns ont leurs moteurs directement montés sur les essieux, les autres comportent des engrenages. Il y a 5 types de moteurs : Thomson, Westinghouse et Brown.
- Nous donnons les principales caractéristiques des
- deux locomoteurs :
- Ouesl. Orléans.
- Poids total en tonnes.............40 à 50 45
- Longueur enlrc tampons........... 15m,00 10m,61
- — d'axe en axe des bogies. . 7ra,00 4m,88
- — entre axe des essieux. . . 2m,60 2m,39
- Nombre de moteurs................. 4 4
- Nombre de postes de manœuvres ... 2 1
- On saisit immédiatement la différence de forme. Le locomoteur de l’Orléans n’a qu’une cabine de mécanicien, d’où celui-ci peut voir dans toutes les directions, et diriger un train, par suite, dans les deux sens.
- Le locomoteur de l’Ouest est muni au contraire de deux cabines, et il faut que le mécanicien passe de l’une à l’autre à chaque manoeuvre. En effet, le locomoteur de l’Ouest comporte en son milieu un fourgon à bagages. Ce n’est pas un véhicule entièrement inutile pour le trafic, c’est un « fourgon tracteur ». Cette disposition ne paraît pas extrêmement avantageuse. En effet, d’après les règlements sur l’exploitation des chemins de fer, il doit y avoir en queue de chaque train, et entre le véhicule tracteur et la première voiture à voyageurs, un fourgon. Ces deux fourgons suffisent pour le service ordinaire, et le fourgon supplémentaire de la locomotive devient donc inutile. La disposition a l’inconvénient de doubler le nombre de tous les appareils de commande. Tel est sommairement ce qui vient d’être réalisé pour la traction nouvelle aux chemins de fer d’Orléans et de l’Ouest. J. de Traz.
- LA RÉCOLTE DES YINS EN 190ü2
- Pour 1902, la récolte des vins, en France, est évaluée à 59 943 191 hectolitres; il en résulte une diminution de 18 020 323 hectolitres par rapport à la récolte de 1901 et de 2 797 547 hectolitres sur la moyenne des dix dernières
- années. En comptant encore 5 666111 hectolitres pour l’Algérie, d’après les évaluations qui ont été transmises à l’administration, on arrive à une production totale de 45 609 502 hectolitres. La principale cause de la diminution de la récolte doit être recherchée dans les influences climatériques défavorables au développement normal de la vigne : gelées printanières, coulure^ action des maladies cryptogamiques, sécheresse prolongée des mois de juillet et d’août, orages suivis de grêle et température froide de septembre entravant la maturation complète des raisins. Il convient également d’en ajouter une autre d’ordre économique résultant de la crise vinicole. Par suite de la mévente des vins et de la disette des capitaux réservés à l’exploitation qui en a été la conséquence, les travaux de culture et le traitement des diverses maladies de la vigne ont été en partie délaissés. Le réduction de la récolte a eu pour résultat d’amener un relèvement marqué des cours et la bonne qualité des produits obtenus a favorisé l’augmentation des prix de vente. Les diminutions les plus importantes apparaissent dans les départements de l’Hérault (2 572 255 hectolitres), de la Gironde (1 447 955 hectolitres), de Saône-et-Loire (1 224470 hectolitres), du Gard (1 007 952 hectolitres), de la Côte-d’Or, (801 092 hectolitres), de l’Aude (728 441 hectolitres), des Pyrénées-Orientales (754 570 hectolitres), d’Indre-et-Loire (629 250 hectolitres).
- D’après les indications recueillies sur le degré alcoolique des vins en 1902, la récolte se subdiviserait : en vins titrant moins de 11 degrés, 56 765 852 hectolitres; en vins titrant 11 degrés, 2 122 677 hectolitres; en vins titrant plus de 11 degrés, 1 054 662 hectolitres.
- Suivant les estimations faites dans chaque département la valeur delarécolte de 1902 s’élèverait à 848 461 176 francs. Dans ce total, les vins de qualité supérieure, c’est-à-dire les vins dont le prix de vente chez le récoltant dépasse 50 francs l’hectolitre, sont compris pour 55 402 876 francs correspondant à une quantité de 856 581 hectolitres, et les vins de qualités ordinaires pour 795 058 500 francs correspondant à une quantité de 59 106 610 hectolitres.
- J. Lebois.
- CHRONIQUE
- Le ballon « LéoDex ».— Le ballon destiné à la traversée du Sahara, que nous avons décrit1, a enfin quitté son garage des environs de Gabès, le vent ayant soufflé du N.-E. Le 16 janvier, il a été lancé à trois heures, et il a disparu derrière la montagne Malnia au S.-O. de Gabès. II emporte un guide-rope de 167 mètres de longueur, pesant 49 kilogrammes ; une nacelle contenant trois pigeons voyageurs de Medenine que mettra en liberté, à l’atterrissage de l’aérostat, un système automatique d’ouverture de la porte; des baromètres et thermomètres enregistreurs, du grain et de l’eau pour les pigeons, une lettre du général Allegro aux chefs indigènes et divers papiers.
- Des spahis ont pu le suivre à cheval pendant quelques heures. A ce moment, il naviguait à 200 mètres de terre environ, dans la direction S.-S.-O. Saura-t-on ce qu’il est devenu ! 11 faut le souhaiter dans l’intérêt de la science.
- La catastrophe d’Andidjan. — D’après les renseignements transmis à Saint-Pétersbourg, le tremblement de terre d’Andidjan a fait beaucoup plus de victimes
- 1 Voy. n° 1547, du 17 janvier 1905, p. 99.
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- LA NATURE.
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- qu’on no l’avait cru tout d’abord. 5000 personnes ont péri, 40000 ont vu leurs maisons détruites au cœur de l’hiver dans une région de l’Asie centrale où le froid est rigoureux. La région est devenue un désert. Andidjan était l’une des vil'es de ce khanat de Khokand (sur les bords du Sir-Daria) qui conserva longtemps son indépendance, même après que la puissance moscovite eut absorbé Khiva et Boukhara, et qui ne devint province russe, sous son ancien nom de Ferghana, qu’en l’année 1876. Andidjan était le centre le plus prospère pour la culture et le commerce du coton. Des fortunes considérables s’y étaient faites depuis qu’un chemin de fer, embranché à Tehernaievo sur la ligne de Tackhent, permet au commerce avec l’Europe de s’y développer. Le long de la ligne, sur plusieurs kilomètres, des montagnes de coton brut se trouvaient accumulées, n’attendant, comme partout en Russie, que des wagons pour les mobiliser. Le marché, plein de chèvres à longues cornes, de chameaux et de chevaux, les grands bazars couverts débordant de produits locaux, attestaient à la fois la fertilité des pays d’alentour et l’industrie des habitants. Rien de tout cela n’existe plus depuis le tremblement de terre du 16 et du 17 décembre dernier. Depuis lors, des secousses fréquentes font de nouvelles victimes et augmentent la terreur. La population est obligée de camper, c’est dire qu’elle se trouve décimée par le froid.
- Nouvelle gutta artificielle. — Les usines de construction de câbles Felten-Guilleaume et le service allemand des postes et télégraphes ont étudié et soumis à de nombreux essais une gutta artificielle qui a jusqu’à ce jour donné d’excellents résultats. La température à laquelle ce produit se fluidifie est un peu plus élevée que la température de fluidification de la gutta naturelle, ce qui est une circonstance favorable. Sa résistance d’isolement est aussi plus élevée et sa constante diélectrique plus faible. Quant à sa bonne durée en service, elle paraît aujourd’hui hors de doute, puisqu’un câble sous-marin isolé à l’aide de ce produit a déjà donné une année d’excellent fonctionnement. La composition et le prix de cette gutta demeurent encore trop secrets pour qu’on puisse évaluer ses avantages économiques, et par conséquent se rendre compte de l’étendue probable de ses applications; mais il n’est pas douteux qu’elle réalise un grand progrès sur les guttas naturelles dont le prix est de plus en plus élevé.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 19 janvier 1903. — Présidence de M. A. Gacdrv.
- Cérémonie en l'honneur de M. Brouardel. — M. le président relate qu’une cérémonie touchante a eu lieu le dimanche 18 janvier dans le grand amphithéâtre de l’École de médecine en l’honneur de M. Brouardel. Ses élèves, ses amis, ses admirateurs lui ont offert une médaille. Les discours prononcés ont mis en relief les services rendus à la science par M. Brouardel. L’Académie s’associe à cet hommage. M. Brouardel présente ses remerciements.
- Notice sur M. Sirodot. — M. Bornet lit une Notice sur M. Sirodot, correspondant de la Section de botanique, décédé récemment.
- L’éruption de la Montagne Pelée. — M. Michel Lévy-donne connaissance d’une lettre de M. Lacroix, relative à une éruption survenue le 16 décembre. L’auteur a assisté, à bord du vaisseau le Jouffroy, à toutes les phases
- du phénomène de l’émission d’une nuée ardente. Il n’a dù qu’à un retard fortuit de ne pas s’être trouvé sur les lieux ravagés au moment de la production du phénomène. 11 a pu prendre des photographies de dix en dix minutes et en communique des épreuves. La nuée a monté à une hauteur de 4000 mètres ; c’est une masse qui semblait solide; à 6 kilomètres du cratère, à l’embouchure de la rivière, sa température était encore de 200°. Elle a coïncidé avec l’écroulement d’une partie du cône central et l’arrivée en masse du magmat qui le constitue. De là les projections de blocs incandescents. Cette andésite arrive au jour boursouflée de bulles gazeuses à haute pression qui éclatent et projettent ainsi des débris pulvérulents. Sur la mer, le refroidissement de la nuée se produit beaucoup plus rapidement parce qu’il se forme une sorte de brouillard au-dessous d’elle.
- Intensité bactéricide de l’arc électrique. — M. .1. Cha-tin présente un travail de MM. Alfred Chatin et L. Nico-lau sur l’intensité bactéricide de l’arc électrique à charbons métalliques (charbons de Broca) et de l’arc ordinaire. Ils ont fait des expériences comparatives à l’hôpital St-Louis où ils ont eu l’occasion d’opéier. Ils ont soumis aux radiations une série de microbes de résistances variables, tels que staphylocoques, pyocyaniques, bacille de la tuberculose, colibacille, etc. Dans tous les cas la puissance stérilisante de l’arc à charbon et métal s’est montrée de beaucoup supérieure à celle de l’arc à charbons simples. On doit attribuer ces résultats à la richesse photo-chimique de l’arc métallique très fourni en radiations utiles violettes et ultra-violettes, l’action calorifique étant nettement éliminée par les dispositions de l’expérience. Sous le microscope, les au'eurs ont noté, en outre, un phénomène d’agglutination produit par la lumière. Chez les espèces mobiles, coli en particulier, on voit au bout de quelques secondes les mouvements se ralentir. Puis les bacilles s’agglutinent en petits amas et après 15 secondes les mouvements s’arrêtent. Il n’y a pas bactério-lyse, les microbes conservant leur affinité pour les couleurs d’aniline.
- Dessins d’animaux de l'époque préhistorique. — M. E. Rivière, sous-directeur de laboratoire au Collège de France, présente une série de très curieux dessins gravés ou peints pris par estompage sur les parois de la grotte de la Mouthe, où ils forment plusieurs tableaux décoratifs. Les animaux représentés sont des mammouths, des rennes, des bisons, des antilopes, des bouquetins, des équidés, les uns au repos, les autres dans l’attitude de la course. Un renne est figuré broutant. Les animaux ont été certainement vus par l’artiste qui les a dessinés d’après nature. M. Moissan annonce qu’il a examiné la matière employée pour former ces dessins; il v a trouvé les oxydes de fer et de manganèse. Il a aussi examiné une dent teintée. Il a reconnu qu’il s’agissait d’une sorte de vernis naturel constitué par un dépôt d’oxyde de manganèse. Il cite d’autres exemples de cailloux ou débris colorés de cette manière, galets de l’Arizona signalés par M. Boussingault, dents ramenées du fond de l’Océan parles dragues du Challenger. Ce vernis est dû à du carbonate de manganèse en dissolution dans l’eau qui, à un moment donné, a subi une oxydation.
- Élections. — L’Académie désigne, au choix du Ministre, pour la chaire d’anatomie comparée du Muséum, en première ligne, M. Edmond Perrier, en deuxième ligne M. Gervais, et pour la place de directeur de l’observatoire de Besançon, en première ligne M. Lebeuf, et en deuxième j ligne M. Féraud. Ch. de Villedecil.
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- LA NATURE.
- INSTALLATION MÉTÉOROLOGIQUE
- df, l’hôpital de pau
- On ne saurait jamais trop encourager l'initiative privée surtout dans le domaine scientifique. Aussi sommes-nous heureux de mentionner un double effort fait dans cette voie à Pau. M. le I)r Meunier, un des médecins les plus réputés de la région du Sud-Ouest, a fait don aux hospices de la ville d'un laboratoire de bactériologie qui a été construit dans le fond du jardin de l’hôpital principal de Pau. Ce laboratoire est un modèle à imiter; il renferme les instruments les plus modernes usités en France et à l’Étranger. Le fils du donateur,
- M. le IK Henri Meunier, ancien chef de laboratoire à Paris et déjà très expérimenté, dirige le nouvel établissement.
- Ainsi Pau, grâce à l’initiative et à la libéralité d’un savant médecin, possède un laboratoire bactériologique que pourraient lui envier plusieurs Facultés et même quelques hôpitaux de Paris.
- Tout s’enchaîne. M. le baron Seguier a obtenu du directeur l’annexion au laboratoire d’une station météorologique importante dont bénéficient les habitants de Pau.
- C’est encore M. Henri Meunier qui a bien voulu se charger des observations et le service est lourd, car la station renferme tous les appareils enregistreurs, et même un héliographe et un télégraphe sans fil que l’on a bien fait de comprendre dans le matériel de ce petit observatoire météorologique. Pour faire profiter le public des observations, l’Administration des hospices de Pau, dont M. le baron Seguier fait partie, l’a autorisé à établir à ses frais un cadre météorologique dans une embrasure d’une fenêtre murée du rez-de-chaussée de l’hôpital. C’est un nouveau bienfait pour la ville.
- Dans le cadre que nous représentons dans notre gravure, on lit la date de son installation, la longitude, la latitude et l’altitude de Pau. Puis on trouve affichées les cartes du Bureau central de Paris, le graphique mensuel de l’Observatoire Carlier à Orthez, une traduction à l’usage du public de la dépêche du Bureau central; une dépêche quotidienne de l’Observatoire
- du Pic du Midi, dépêche également traduite pour le public, les graphiques des enregistreurs de la Station de l’hôpital pendant la dernière semaine, enfin le relevé des observations quotidiennes. Bientôt on y ajoutera des prévisions du temps à longue échéance envoyées par M. Marchand, directeur de l’Observatoire du Midi, et des prévisions du jour au lendemain. On a installé dans le cadre naturellement le baromètre classique, le thermomètre, et un radioscope. Cette installation est presque luxueuse. La pierre du cadre et son soubassement viennent des carrières d’Arudy, voisines de la vallée d’Ossau, pierre éminemment dure, gris bleuté, qui défie la gelée.
- Aussi voit-on le public s’arrêter sans cesse devant le cadre et consulter les instruments et les graphiques. Il s’en va heureux quand les appareils font prévoir le beau temps. Beaucoup d’observateurs viennent régler leur baromètre sur le baromètre type de la station, comme ailleurs et à Paris, notamment, les amateurs de précision vont régler leurs montres sur les horloges types électriques de la Trinité, du Conservatoire des Arls et Métiers, de la mairie de Saint-Sulpice, etc. Il existe beaucoup plus de personnes que l’on ne croit généralement qui s’intéressent a u j o u r-d’hui aux phénomènes météorologiques. On sait qu’il faut rectifier la hauteur barométrique selon l’altitude, qu’il faut contrôler son thermomètre pour vérifier s’il marque en deçà ou au delà de l’instrument type. En sorte que les installations météorologiques bien comprises rendent maintenant de véritables services aux populations.
- M. le baron Seguier a fait ainsi œuvre utile pour la météorologie et pour les nombreux passants qui se rendent chaque hiver à Pau. C’est d’un bon exemple. 11 serait désirable que l’on multipliât en France comme à l’Étranger les postes météorologiques. On les consulte aussi constamment dans les grandes villes d’Allemagne, de Suisse, etc., dans les villes d’eaux et dans les stations d’hiver. J.-F. Gall.
- Le Gérant : P. Massos.
- Paris. — Imprimerie Laui’ke, rue de Fleurus, 9.
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- iV 1549. — 51 JANVIER 1905.
- LA NATURE.
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- LES NOUVELLES LOCOMOTIVES DE LA PETITE CEINTURE DE PARIS
- La Compagnie du Nord fait construire, en ce moment, un certain nombre de locomotives destinées à la traction des trains qu elle fait circuler sur le chemin de fer de petite ceinture de Paris. Ces locomotives, au nombre de quinze, et dont quelques-
- unes sont déjà en service, sont construites dans les ateliers de la Compagnie et ont été étudiées par les ingénieurs de cette Compagnie, sous la haute direction de M. du Bousquet, l’ingénieur en chef bien connu. Une des caractéristiques de ces locomotives et
- Fig. 1. — Vue d'ensemble do la nouvelle locomotive do la petite Ceinture de Paris.
- qui frappe à première vue, est leur forme élégante et dégagée, rappelant par son originalité la construction américaine. Mais, en dehors de l’aspect extérieur, ce nouveau type de locomotive présente certaines dispositions techniques nouvelles que nous croyons intéressant d’indiquer brièvement.
- Le chemin de fer de ceinture de Paris a une longueur totale de 32 kilomètres et son profil est assez accidenté.
- Sur ce parcours se trouvent réparties 28 stations dont l’espacement varie entre 600 et 1500 mètres. Ce faihle espacement des stations a pour conséquence une marche très irrégulière des trains et des régimes successifs de démarrage et de ralentissement qui ne sont pas sans présenter certaines difficultés au point de vue de la traction.
- La charge des trains de la petite ceinture n’est 31e année. — 1er semestre.
- pas considérable. Ceux-ci se composent, en temps normal, de deux fourgons et de six voitures, c’est-à-dire un poids remorqué d’environ 100 tonnes. Il
- n’est pas douteux qu’en palier et à vitesse constante, là remorque de ces trains pourrait se faire aisément au moyen delocomotives de puissance moyenne.
- Mais, sur la ligne de ceinture, les conditions sont tout autres. Les démarrages, comme nous venons de le dire, sont fréquents et exigent un poids adhérent de la locomotive élevé et une dépense momentanée de vapeur considérable. Comme, d’un autre côté, le but que voulait atteindre la Compagnie du Nord, en construisant ces nouvelles machines, était d’augmenter la vitesse moyenne de marche des trains et de diminuer la durée totale du parcours qui est, actuellement, de Courcelles-Ceinture à Courcelies-
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- Fig. 2. — I.ocomotives-tenders pour le servir*' de la Ceinture.
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- Ceinture de lh20m, avec une durée de marche de lh5m, le seul moyen d’obtenir ce résultat, attendu depuis longtemps, était l’accroissement de l’accélération pendant les démarrages. En fait, l’expérience a démontré qu’avec les nouvelles locomotives la durée du temps de marche pourra être réduite à 50 minutes, soit un gain d’environ 25 pour 100.
- L’emploi de tout autre agent que la vapeur ayant dù être écarté pour des raisons qu’il nous serait trop long de développer, M. du Bousquet a donc été amené à étudier un nouveau type de locomotivc-tcn-der assez puissant pour produire cette augmentation d’accélération pendant les démarrages.
- La nouvelle locomotive de la ceinture, représentée par la photographie ci-jointe, est très puissante, mais relativement légère, c’est-à-dire que son poids -spécifique a été rendu aussi faible que possible. Tout ce qui dépasse le poids adhérent et obligatoirement nécessaire a été réduit au minimum, car il ne faut pas oublier que tout poids supplémentaire entraîne une augmentation d’effort au démarrage et que la force vive ainsi acquise par cet excédent de poids doit être dépensée, en pure perte, pendant le freinage avant l’arrêt. C’est dans cet ordre d’idées qu’on a réduit les approvisionnements d’eau et de charbon au strict minimum et qu'on a généralisé, autant que possible, l’emploi de l’acier moulé dans la construction des bâtis. De même, la chaudière, timbrée à 10 kg., n’a qu'une surface de chauffe relativement peu considérable ; les constructeurs ont pensé, avec juste raison, que la dépense élevée de vapeur pendant les démarrages pourrait être aisément récupérée pendant les parcours assez longs entre les stations avec régulateur fermé, c’est-à-dire sans dépense de vapeur.
- La locomotive est supportée à l’arrière par trois essieux couplés, chargés chacun de 16 tonnes, soit un poids total adhérent de 48 tonnes, poids nécessaire pour les démarrages rapides que la Compagnie du Nord désire obtenir. A l’avant elle repose sur un bogie à pivot central et déplacement latéral, réglé par des bielles inclinées, qui donne à la locomotive une grande souplesse au passage des courbes.
- On a adopté le fonctionnement compound dont les avantages sont précieux, sur une ligne à démarrages fréquents, pendant lesquels la machine doit produire son plus grand effort avec un cran d’admission aux cylindres toujours élevé. Dans ces conditions, la locomotive à simple expansion ne permet pas d’utiliser la détente de la vapeur, tandis que, avec le fonctionnement compound, le grand cylindre permet toujours d’obtenir une détente qui a pour conséquence d’amener une économie appréciable dans la dépense de vapeur. l)e plus, le tirage est plus régulier et le rendement de la chaudière se trouve amélioré.
- La locomotive est actionnée par quatre cylindres extérieurs au châssis, deux de chaque côté, un petit et un grand, dont les pistons sont calés sur une même tige; c’est la disposition compound en tandem.
- Chacun de ces groupes de cylindres actionne, au moyen d’une bielle et d’une manivelle, le second essieu couplé.
- En marche normale, pendant les démarrages, la machine fonctionne en compound, c’est-à-dire avec admission seulement au petit cylindre. Mais, si pour une cause quelconque, le mécanicien veut accélérer la vitesse du démarrage ou obtenir un effort momentané de traction plus élevé, un dispositif, actionné par l’air comprimé, permet alors de faire fonctionner les cylindres de chaque groupe indépendamment l’un de l’autre, par simple expansion de la vapeur. Dans ce cas, les lumières d’échappement des petits cylindres sont mis en communication directe avec l’atmosphère, et la boîte à vapeur du grand cylindre reçoit directement la vapeur de la chaudière. Pour obtenir ce changement de fonctionnement, il suffit au mécanicien de pousser à fond la manette de son régulateur.
- Dans le cas de fonctionnement en compound, l’effort théorique de traction de la locomotive est de 10205 kg et, dans le cas de l’admission directe dans les cylindres, cet effort peut être porté à 15095 kg largement suffisant pour le démarrage des trains les plus lourds.
- L’air comprimé nécessaire au fonctionnement de l’appareil,permettant l'admission directe de la vapeur dans les cylindres dont nous venons de parler, est fourni par la pompe du frein Westinghouse. Mais l’air comprimé, produit par cette pompe, sert également à la manœuvre des sablières qui projettent, sous les roues de la locomotive, le sable nécessaire pour augmenter l’adhérence pendant les démarrages. Cet air est également amené par de petits tuyaux et utilisé pour la manœuvre des purgeurs des cylindres, ce qui permet d’éviter les tringles dont on se sert habituellement qui sont encombrantes et coûteuses d’installation.
- Enfin, toujours dans le même but, celui de la simplification, but vers lequel on a toujours visé dans l’étude de cette locomotive, c’est la simple manœuvre du régulateur, au moment du démarrage, qui fait fonctionner le sifflet avertisseur. Le coup de sifflet réglementaire du départ se trouve ainsi donné automatiquement par la simple manœuvre du régulateur. A. Bief,
- __^ ___ Ingénieur civil des Mines.
- LES HUITRES ET LA FIÈVRE TYPHOÏDE
- fi faut se défier de la fièvre typhoïde par ces temps pluvieux; les pluies entraînent les micro-organismes en ruisselant sur les terres et contaminent facilement les eaux de souree. Mais il y a encore une autre raison, qui ne doit pas échapper aux esprits attentifs. On sait depuis des années que les huîtres peuvent transmettre la fièvre typhoïde, et l’on connaît des exemples récents qui font craindre que la fièvre typhoïde, qui a frappé un certain nombre de Parisiens, n’ait pas d’autre origine que le.s huîtres. On a observé plusieurs cas non seulement à Paris, mais dans nos stations des bords de la Manche. Une véritable épidémie sévit du reste en ce moment en Angle-
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- terre et n’est pas sans jeter Beffroi parmi les amateurs d’huîtres. 11 y a deux mois, des cas de fièvre typhoïde ont été signalés sur la côte méridionale anglaise, principalement à Portsmouth et à Southampton. En peu de temps, la maladie a pris une forme épidémique dans plusieurs villes. L’enquête faite par le Dr Lânder, médecin sanitaire de Southampton, l’a conduit à incriminer comme cause de cette épidémie les huîtres provenant de la ville d’Emsworth. Sept personnes assistant à un banquet donné le 21 novembre, où des huîtres de cette provenance avaient été servies, furent atteintes de fièvre typhoïde. De même à Winchester, la plupart des personnes atteintes avaient pris part à un dîner où l’on avait donné des huîtres d’Emsworth. Dans cette ville même, on constata 15 cas de fièvre typhoïde. Or les bancs d’huîtres d’Emsworth reçoivent tous les produits des égouts de la ville. Inoffensives peut-être en temps ordinaire, il est vraisemblable que les eaux de ces égouts ont charrié des bacilles typhiques et en ont ensemencé les huîtres.
- On ne surveille sans doute pas assez les estuaires où l’on établit des bancs d’huîtres, et il en résulte de sérieux dangers pour les consommateurs. A la suite des grandes pluies, les égouts charrient de nombreux détritus et les résidus du ruissellement des terres. Les bancs d’huîtres deviennent des ensemencements de germes pathogènes. Et la fièvre typhoïde menace les consommateurs. Il en a été souvent ainsi à lîennes. A Bastia, on a noté de nombreux cas après l’ingestion de patelles, de bigorneaux, de clovisses péchés sur des rochers situés dans le voisinage de l’endroit où se déversent les eaux d’égouts.
- Si l’on conservait quelques doutes sur la réalité de l’origine de la fièvre typhoïde par ingestion d’huîtres, il nous suffirait de raconter sommairement ce qui se passe depuis de longues années à Constantinople.
- A Constantinople, l’étiologie ostréaire de la dothinen-thérie apparaît évidente. Il n’y existe cependant pas de parcs à huîtres ; mais les mollusques trouvent à leur portée un milieu extrêmement favorable à leur développement dans l’eau de la Corne-d’Or,'de la Marmara et même du Bosphore, où aboutissent tous les égouts, toutes les matières en décomposition de la ville.
- On va prendre les huîtres là pour les vendre directement, sans leur faire subir le moindre séjour dans de l’eau de mer très pure. M. le docteur Bemliger, directeur de l’Institut impérial de bactériologie de Constantinople, a voulu savoir au juste si vraiment ce mode de contamination par les huîtres était à redouter à Constantinople comme on le soupçonnait, et il s’est livré, en consultant ses confrères, à une enquête méthodique.
- Dans le seul hôpital français, dont le médecin est M. Euthyboule, du 15 janvier au 15 juin 1902 il y a eu 54 fièvres typhoïdes. Sur ces 54 malades, la moitié, 17, avaient mangé des huîtres à une époque qui coïncidait avec ce que l’on sait de la durée d’incubation de la fièvre typhoïde. Dans sa clientèle en ville, le docteur Euthyboule soigna, dans le même intervalle de temps, les typhoïques; 8 de ces malades avaient mangé des huîtres. Une jeune fille, notamment, avait mangé de,s huîtres au souper d’un bal dix jours avant de tomber malade. Son père, qui avait absorbé des huîtres en même temps qu’elle, contracta aussi une fièvre typhoïde à laquelle il succomba quelque 'temps après1.
- Au commencement de 1901, une même table réunissait, à l’issue d’un bal, quatre personnes. La conversation s’engagea sur le danger que présèntent les huîtres à Cons-
- tantinople. Trois des convives parmi lesquels se trouvait le docteur Remliger, l’auteur même de l’enquête, s’abstinrent d’y toucher. Mais le quatrième, un jeune homme de vingt-cinq ans, déclara que les huîtres n’avaient jamais fait de mal à personne et, tout en se livrant à des plaisanteries faciles sur le compte des médecins, il absorba deux douzaines d’huîtres. Dix jours plus tard, il entrait à l’hôpital français et, malgré tous les soins, il succombait rapidement.
- L’étiologie ostréaire de la fièvre typhoïde n’a rien de spécial à la colonie ou à la clientèle française. M. le professeur Mord tmann, médecin en chef de l’hôpital allemand, a constaté les mêmes faits. La fièvre typhoïde s’acharna encore littéralement sur un groupe de hauts fonctionnaires allemands récemment arrivés à Constantinople. Bar peur de la dothinenthérie, ces personnes, qui toutes appartenaient à l’élite de la société, évitaient soigneusement de boire de l’eau de Constantinople; mais, dans les brasseries où elles prenaient leurs repas en commun, elles faisaient, par contre, grande consommation d’huîtres.
- Elles contractèrent toutes la fièvre typhoïde les unes après les autres et plusieurs succombèrent.
- Vers la même époque, le stationnaire allemand présenta des cas de fièvre typhoïde et la maladie sévissait exclusivement sur les officiers ; or ceux-là seulement mangeaient souvent des huîtres.
- Ces exemples pourraient être multipliés indéfiniment. Dour tous les observateurs, l’huître est bien le véhicule de la maladie.
- A Constantinople, le danger est d’autant plus grand que les huîtres abondent, sont à bon marché et se développent rapidement dans les eaux polluées par près de deux millions d’habitants.
- Le remède à cet état de choses est bien simple. Exiger l’établissement de parcs en eau de mer pure, et pour toutes les régions, où l’on ne peut établir des parcs, exiger que les huîtres soient maintenues pendant une semaine dans de l’eau de mer pure. MM. Boyle et Herdmam affirment que, dans ces conditions, tout danger est conjuré. M. le docleur Sacquepée a vu, en effet, le bacille d’Eberth disparaître au bout de six jours dans un lot d’huîtres profondément souillé et mis à tremper dans de l’eau de mer renouvelée deux fois en vingt-quatre heures. Ce qui est vrai pour Constantinople l’est également, bien entendu, pour toutes les régions de culture de l’huître. 11 faut, avant de livrer les huîtres au commerce, les laver en quelque sorte dans l’eau de mer.
- En attendant, il faut bien, en présence de ces faits très authentiques, redouter l’ingestion des huîtres et défendre contre un danger évident les consommateurs, véritables candidats à la fièvre typhoïde. Qui me "dit que mon voisin qui a un faible pour les huîtres, et qui absorbe avec entrain sa douzaine plusieurs fois par semaine, ne se condamne pas à mort? Il est clair qu’il faut toucher le moins possible à la liberté commerciale. Cependant, il serait utile d’ètre éclairé sur la provenance des huîtres qui nous sont offertes. Un certificat d’origine serait le bienvenu. Puis une surveillance plus active des bourriches chez les dépositaires "aurait aussi sa raison d’être. Il arrive, en effet, que les huîtres s’ouvrent quelquefois chez les revendeurs et perdent leur eau. Les huîtres se gâteraient vite si l’on ne s’empressait de remplacer l’eau de mer par une saumure faite sur place. Mais quelle saumure? A tous les points de vue on ne saurait donc trop attirer l’attention de l’Administration sur le commerce des huîtres.
- Henri de Parvili.e.
- 1 Revue d'hygiène et de police sanitaire.
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- TÉLÉPHONE AUTOMATIQUE
- Les lignes téléphoniques sont très encombrées aujourd’hui ; certains abonnés demandent par jour un grand nombre de communications, 50 peut-être, alors que d’autres n’en demandent que 2 ou 5 ; les abonnés payent tous cependant la même somme.
- 11 serait équitable de remédier à ces inégalités en adoptant une taxe par communication. L’Administration des Postes et Téléphones s’est montrée favorable à ce mode de taxation. On pourrait ainsi faire payer à chacun proportionnellement au service reçu, réduire le nombre des communications encombrant les fils en évitant les conversations inutiles. Les lignes étant plus souvent libres, les communications seraient plus rapides et sans doute le service deviendrait meilleur. Le téléphone automatique que vient
- d'inventer M. Henri Mager semble se prêter très aisément aux diverses conditions qu’exige la substitution de la taxation unitaire au système de l’abonnement.
- Les figures ci-jointes nous donnent l’une, à gauche, la vue extérieure de l’appareil, et l’autre, à droite, la vue intérieure: L’appareil est formé, comme on le voit, d’une boîte de faibles dimensions, montée sur un pied. Sur le devant est placé un pupitre permettant de s’accouder, et sur la planchette verticale se trouvent au centre le transmetteur téléphonique, à gauche une ouverture dans laquelle apparaissent les chitîres d’un compteur servant à relever le nombre des communications, et à droite existent au-dessous une fente par laquelle on peut glisser les pièces de monnaie, et au-dessus un compteur à 5 minutes, temps que doit durer la communication. Sur les cotés sont placés les récepteurs téléphoniques et
- Tô1p]>Uoii«; automatiquo. — 1. Vue dViiscinblp cslérinnrc. — 2. Vue inlrncmv.
- une manivelle commandant la magnéto qui est la source d’énergie électrique.
- La personne qui veut téléphoner donne deux ou trois tours de manivelle. Le Bureau central répond. On demande le numéro du correspondant avec lequel on veut entrer en communication. Dès que le correspondant a répondu, la téléphoniste prévient ; on introduit alors une somme déterminée dans la fente de l’appareil, 10 ou 15 centimes par exemple, et le téléphone automatique peut fonctionner. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des diverses opérations ; mais nous allons les indiquer sommairement. La monnaie, introduite dans la fente, vient tomber dans le plateau d’une balance, déplace une aiguille qui dégage un appareil moteur. Celui-ci, qui peut être un mouvement d’horlogerie, se met en marche et des cames qui sont entraînées viennent fermer le circuit d’une source d’électricité sur un relais. Un trembleur qui est actionné vient frotter sur la membrane du trans-
- metteur et avertir la préposée du Bureau central que le versement de la taxe a été effectué; elle établit alors la communication définitive.
- L’appareil moteur, lorsqu’il est en mouvement, agit sur une came faisant partie d’une roue dentée qui fait seulement une évolution par communication. Lorsque cette roue a fait un tour, la came vient s’appuyer sur l’extrémité d’un levier, et laisse le levier qui servait d’armature retomber au repos sur une vis de réglage ; la communication est interrompue. Le mouvement d’horlogerie comporte une roue dentée excentrique, qui par le mouvement de rotation vient s’appuyer à chaque révolution de 5 minutes sur l’extrémité du levier de la dent d’arrêt dans laquelle s’est enclenché le bras de la balance, au moment du versement de la monnaie ; le levier de la balance dégagé, retombe à son point de départ et l’aiguille, déplacée au début, en butant contre le régulateur, arrête le moteur. La communication a été
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- ainsi établie pendant 5 minutes et interrompue après avant la tin des 5 minutes aurait permis de prolon-ce laps de temps. Un nouveau versement de monnaie ger la communication pendant 5 nouvelles minutes.
- lig. 1. — Perforatrice électrique.
- A chaque tour de l’appareil moteur, c’est-à-dire à chaque communication, une bielle disposée à cet effet lait agir le compteur dont nous avons parlé plus haut, et qui enregistre le nombre des communications. La communication peut durer aussi longtemps qu’on le veut ; il est seulement nécessaire de renouveler la taxe avant la fin des 5 minutes.
- Ce système de téléphone automatique est très ingénieusement combiné ; il répond à toutes les conditions imposées par l’Administration des Téléphones.
- Il nous reste à souhaiter que son application nous permette bientôt d’apprécier les avantages du système de la taxation téléphonique unitaire. L’Administration pourrait réaliser ainsi des économies en personnel et augmenter ses recettes en multipliant les postes téléphoniques. J. Laffargue.
- PERFORATRICE ÉLECTRIQUE
- A ROTATION THOMSON-HOUSTON
- Nous avons indiqué dans un numéro précédent1 quelques particularités d’emploi des perforatrices électriques de mines, et notamment d’un modèle de
- 1 \’oy. ii° 1505, du 29 mars 1902, p. 269.
- Transmission et modo d'avancement.
- perforatrices à rotation et à refroidissement par eau.
- 11 est toujours facile de réaliser ce refroidissement
- soit par injection dans l’outil lui-mème, soit par injection d’eau extérieurement à l’outil.
- Le mode d’aVanee-ment de cet outil peut être lui-mème l’objet de particularités intéressantes, et tel est le cas dans la « perforatrice à rotation du modèle Thomson-Houston » que nous allons décrire brièvement-. Le bâti du moteur est immobile et monté par un genou articulé sur une colonne quelconque, verticale ou horizontale. 11 peut prendre une orientation quelconque et on peut la modifier sans difficultés en quelques instants. Le moteur est complètement enveloppé, mais on peut le graisser sans difficulté, visiter le collecteur et régler les balais en marche. Le moteur est bipolaire, enroulé pour 110, 220 ou 550 volts, et tourne à la vitesse de 2000 tours par minute. Il peut produire une puissance de 2 chevaux à 2 chevaux et demi, puissance suffisante pour le percement rapide des roches de faible dureté. Pour les roches plus dures, la même Compagnie construit des perforatrices à percussion spéciales. La transmission du mouvement du moteur se fait par engrenages, — rapport de réduction 4 à J en général. — La roue d’engrenage est calée sur un tube creux tournant dans
- Fig. 2. — Vue d'ensemble d'une perforatrice exploratrice électrique à rotation.
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- LA NATUUE
- des coussinets portés par deux extensions de la carcasse du moteur. Comme il supporte la réaction longitudinale de l'outil qu’il fait tourner, il doit être muni, en sens opposé au sens de l’avancement, d’un palier d’extrémité spécial, sorte de cône à billes opposant à la réaction un roulement très doux.
- Pour permettre l’avancement de l’outil sans y faire participer le tube creux, les constructeurs ont assuré l’indépendance de déplacement longitudinal de ces deux pièces. A cet elîet, l’intérieur du tube est muni d’une rainure et d’une clavette, fixe par rapport au tube, mais pouvant coulisser le long du porte-outil pendant le mouvement d’avancement de celui-ci. Pour déterminer cet avancement, on a fileté la surface extérieure du porte-outil; sa rotation à l’intérieur d’un écrou avec lequel il emboîte suffit dès lors pour en assurer l’avancement. Deux systèmes d’écrou sont employés concuremment.
- 1° L’écrou fixe, constitué de deux pièces que l’opérateur peut rapprocher ou désolidariser à volonté pour déterminer ou arrêter l’avancement. Le moyen qu’on préfère mettre à sa disposition est le serrage, autour de ces deux pièces de l’écrou, d’une bande métallique analogue à celle d’un frein à moyeu ou à gorge. On serre cette bande pour rapprocher les deux moitiés de l’écrou, et, au cas où l’avancement de l’outil rencontrerait trop de résistance, le glissement du frein suffit pour l’arrêter.
- '2° L’écrou fixe donne un avancement trop considérable en bien des cas, ou conduit à un filetage de pas trop réduit. En effet, supposons que l’avancement soit de 0m,50 à la minute et le nombre de tours de l’outil égal à 500. Ces données correspondaient à 10 filets de vis par centimètre, nombre déjà fort réduit. Pour le réduire encore, on dispose de ce qu'on appelle l’avancement différentiel, que la Compagnie française Thonron-Houston utilise le plus fréquemment et qui présente d’autres avantages encore que celui que nous venons de signaler. Imaginons que l’écrou ait la faculté de tourner dans le même sens que la vis. S’il tourne aussi vite qu’elle il n’y aura évidemment aucun avancement. C’est ce qui arriverait si on le commandait par un jeu d’engrenages identique à celui qui commande le tube creux d’entraînement à gauche, et qu’on placerait semblablement à droite sur l’écrou. Si la réduction de vitesse est moitié plus grande, l’avancement sera réduit de moitié. Le premier rapport de réduction restant 1/4 par exemple, la vitesse reste 500, et, si l’avancement de l’outil reste 0m,50, on peut le réaliser avec 5 filets par centimètre de vis en faisant le rapport de réduction sur l’écrou égal à 1/8.
- La perforatrice à rotation que nous venons de décrire et dont la figure 2 représente une vue d’ensemble est un appareil efficace, fort élégant et fort léger. L’avancement différentiel dont on l’a pourvu paraît susceptible de se transformer facilement en avancement à volonté, qui est peut-être le seul perfectionnement à désirer encore. A. K.
- UN NOUVEAU
- CHEMIN DE FER TRANSCANADIEN
- On poursuit en ce moment au Canada, la construction d’une nouvelle voie ferrée, connue sous le nom de ligne du Trans Canada, et qui doit relier Québec à Port Simpson, sur la côte du Pacifique. La construction de ce chemin de fer a été autorisée par une loi datant de 1807 et les travaux ont été commencés le 28 juin 1901 ; ils sont engagés sur toute la longueur de la première section de la ligne, c'est-à-dire sur une distance de 580 milles. La ligne, pour la construction de laquelle on ne doit employer autant que possible que des matériaux de provenance anglaise, doit être achevée dans un délai de dix ans, et l’on espère qu’en 1907 elle sera ouverte à l’exploitation sur toute sa longueur.
- Le nouveau chemin de fer aura une longueur de 2850 milles et sa construction coûtera, d’après les prévisions, 95750000 dollars, soit à peu près 25000 dollars par mille. Tous les ingénieurs et hauts fonctionnaires de la Compagnie sont Anglais ou Canadiens, à l’exception d’un seul, M. Georges Earl Cliureh, l’auteur du projet du chemin de 1er, qui est Américain.
- Le tracé du Trans Canada est parallèle à celui du chemin de fer Canadian Pacific; il traverse le continent américain à peu près en ligne droite à 280 milles plus au nord que l’ancienne ligne. La nouvelle voie ferrée contournera le lac Winnipeg par le nord et atteindra le pied des Montagnes Rocheuses à 525 milles de la côte du Pacifique. Il paraît que sur la moitié de sa longueur, à à l’ouest de Québec, la ligne sera à peu près de niveau.
- Edc traversera les montagnes en suivant une passe naturelle, ce qui n’entraînera relativement que peu de travaux, et permettra aux ingénieurs de ne pas dépasser, sur cette section de la ligne, des rampes moyennes de 5 millimètres par mètre. Grâce à ce profil facile, les locomotives du Trans Canada pourront remorquer des charges doubles de celles tirées par les machines de n’importe quel autre chemin de fer traversant le continent américain. La nouvelle ligne de Québec à Port Simpson sera plus courte de 248 milles que l’ancienne ligne de Québec à Vancouver. De Québec à Yokohama on gagnera 722 milles par la nouvelle voie. Celle-ci traversera le cœur de la région la plus fertile en blé, et facilitera le développement de la culture du blé dans la vaste province d’Athabasea. Le gouvernement canadien a accordé à l’entreprise un subside de 3200 dollars par mille pour aider à construire les 60 premiers milles, et ce subside sera doublé si le prix d’établissement en dépasse 15000 dollars par mille. Il semble probable qu’une fois achevé le chemin de fer du Trans Canada contribuera 'a conserver au Dominion une partie au moins du trafic de transit qu’utilise à l’heure actuelle la voie du Canadian Pacific, et que l’achèvement du Transsibérien menace de détourner au profit de ce dernier.
- LE COLLARGOL
- Le collargol a, dans les pyohémies, les infections suppuratives, la même valeur que le sérum antidiphtérique contre la diphtérie. C’est en ces termes que Credé et plusieurs médecins allemands célèbrent les vertus de ce nouveau médicament, dont le Dr Netter a fait récemment connaître l’action merveilleuse. Le collargol c’est l’argent à l’état colloïdal, découvert en 1889 par un chimiste
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- LA NATURE.
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- 10D
- américain Carea Lea. 11 se présente sous la forme de petits grains noirs à reflet métallique, comme les sels d’argent réduits, se dissout assez bien dans l’eau, dans la proportion de 4 pour 100 et s’incorpore aux graisses.
- C’est Benno Credé, de Berlin, qui a, le premier, préconisé ce sel ; n’étant pas satisfait des antiseptiques habituellement employés en chirurgie : acide phénique, sublimé, il eut recours aux dérivés de l’argent, peu toxiques, tout en ayant un pouvoir microbien considérable. Le lactose d’argent ou actol, le citrate d’argent, ou itrol, le protargol furent tour à tour employés avec plus ou moins de succès ; mais ces sels ont l’inconvénient de coaguler les liquides albumineux et de former ainsi une sorte de couche imperméable au-dessous de laquelle les germes virulents et septiques peuvent se développer et pulluler à foison. C’est alors qu’il essaya le collargol, en pommade et en injections intra-veineuses. Les frictions se font dans les régions où la peau est fine et peut absorber facilement le sel : 1 gramme à 5 grammes d’une pommade à 15 pour 100 suffisent suivant l’àge du malade. 11 importe, pour que la friction donne des résultats, que la peau soit nettoyée, lavée au savon, à l’éther, brossée jusqu’à rubéfaction.
- Les injections intra-veineuses doivent être faites avec les plus grands soins d’antisepsie. On se sert généralement d’une solution à 1 pour 100 et on injecte 20 à 50 milligrammes.
- Quels sont les effets de ce produit? Disons de suite qu’il n’est pas toxique ; il se dissémine dans tous les organes, en se localisant surtout dans la rate, les reins, l’intestin, et en un mois de temps toute trace du sel d’argent a disparu ; par conséquent aucun danger d’argyrisme. L’injection provoque en général un léger mouvement fébrile et une leucocytose des plus marquées, point important qui pourrait peut-être donner l’explication de l’action médicamenteuse. Le pouvoir bactéricide n’est pas considérable; il faut un temps assez prolongé pour détruire des microbes, tels que le staphylocoque, le streptocoque. Mais si ce pouvoir est faible, l’action d’arrêt sur le développement est intense. Avec une solution de 1 pour 4 à 5000 le staphylocoque ne se développe plus. Il faut du reste se souvenir que notre physiologiste Raulin avait montré jadis que les cultures d’aspergillus niger étaient enrayées par une faible addition d’un sel d’argent.
- Voyons maintenant les résultats obtenus avec l’emploi du collargol. Les vétérinaires ont été les premiers à expérimenter cet argent colloïdal, ils ont vu qu’une maladie presque fatalement mortelle du cheval, la septicémie hémorragique de Werlhoft', était arrêtée net dans son cours par une injection intra-veineuse de 50 centigrammes de collargol. Les médecins qui, à la suite des premières recherches de Credé, ont eu recours à ce produit, ont été stupéfaits des résultats. J’en cite quelques-uns au hasard extraits du travail du Dr Netter.
- Wenckebach traite deux cas d’endocardite aiguë à forme infectieuse, affection des plus graves et qui, lorsqu’elle guérit, laisse des altérations valvulaires et une maladie du cœur incurable. Dans ces deux cas, une série d’injections intra-veineuses de 1 à 2 centigrammes de collargol a arrêté la marche de l’endocardite et la guérison s’est produite si complète que l’auscultation la plus minutieuse ne révélait aucune modification pathologique dans les bruits du cœur.
- Le Dr Netter publie de son côté des observations de péricardite aiguë, de pneumonie purulente, de méningite cérébro-spinale suppurée, de scarlatine grave, d’une série d’affections septiques et pyohémiques dont la guérison
- s’est effectuée en un temps très court, alors que toute autre médication eût eu bien peu de chances de succès. Si les observations recueillies par ses collègues confirment les résultats obtenus par M. Netter et par les médecins allemands, on aura un médicament précieux pour ces formes d’infection streptococcique. Assurément, le collargol n’est pas une panacée universelle, mais qu’il réussisse seulement quelquefois dans des maladies aussi graves et l’on s’estimera heureux de pouvoir compter sur un médicament énergique.
- La valeur antiseptique des sels d’argent est connue, un de nos collaborateurs le rappelait dans notre dernier numéro, mais on avait peu songé à les employer; au moins n’avait-on pas fait connaître ces essais. C’est ainsi que M. Folet avait injecté à des tuberculeux de la poudre d’argent diluée dans du sérum artificiel et ces injections, répétées deux fois par semaine, lui avaient donné de bons résultats. L’idée lui en était venue à la suite d’expériences de cultures bacillaires ; il s’était servi de fils d’argent pour isoler le milieu de culture des parois du tube de verre et il fut surpris de voir qu’aucune des cultures faites dans ces conditions ne donnait de résultats. Ce fut un trait de lumière et il partit de là pour essayer l’argent comme agent médicamenteux.
- Comment agit le collargol? Le mieux est pour le moment de dire qu’on n’en sait rien. Ce n’est pas en tuant le bacille, puisque ses propriétés bactéricides sont médiocres. Agirait-il sur les toxines en les neutralisant, les atténuant? Est-ce, au contraire, en augmentant les moyens de défense naturels, en favorisant, par cette production de leucocytes, la phagocytose et la destruction des poisons? Est-ce par une action électrochimique due au courant produit par le contact de l’argent et d’autres métaux, fer, sodium, au sein de l’organisme? Est-ce par une action catalytique, par une véritable fermentation? Les métaux à l’état colloïdal se comportent, en effet, comme des ferments. 11 faut confesser notre ignorance et ne retenir que ceci : c’est que le collargol s’est montré, dans des cas des plus graves d’infection streptococcique, un agent d’une efficacité surprenante.
- Si les observations nouvelles confirment ces données, on pourra conseiller le collargol dans toutes les maladies à infection pyohémique, septicémies chirurgicales ou puerpérales, scarlatines, érysipèles, etc. Les frictions suffiront pour les cas ordinaires ; les formes graves seront justiciables des injections intra-veineuses. Dr A. Üartaz.
- LES ÉRUPTIONS DE LA MONTAGNE PELÉE1
- ii
- On a bien fait d’exiler à la Martinique pour quelque temps M. Lacroix, le savant professeur du Muséum. Pour la première fois, on aura pris sur le vif les modifications journalières d’un volcan, et la Montagne Pelée est un volcan bien intéressant. Nous avons dit précédemment que le cône s’était éboulé au sommet laissant une aiguille terminale en forme d’obélisque à faces plus ou moins planes. Une large fissure au sommet avait en s’agrandissant laissé s’écrouler 60 mètres de roche ; puis l’ascension a repris et le cône conserve ses 1500 mètres au-dessus de la mer. Ce qui est curieux et ce qu’il faut dire, c’est
- 1 Voy. n° 1548, du 24 janvier 1905, p. 120.
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- LA AATLIiL.
- ir.r.
- que la nuit l’œil peut pénétrer à l’intérieur du cône et voir ce qui s'y passe par des fractures verticales.
- La nuit, soit de l’observatoire, soit de la mer à bord du Jouffroy, on voit la masse rocheuse, formant le sommet du cène et entrecoupée par des fentes verticales, jeter une vive lumière ; on distingue la masse incandescente qui monte dans l’intérieur du cône et la lave fuit à travers les fentes sous forme de blocs incandescents. C’est un feu d’artifice éblouissant.
- Ces blocs sont projetés pendant la nuit éclairant tout le paysage. Du reste,
- descent, se brisent peu à peu, iournissant ainsi un grand nombre de blocs plus petits qui brillent pour
- Vue prise devant le Prêcheur.
- tout le cône apparaît étincelant. La matière fondue jaillit aussi et en grande quantité à la jonction de l’aiguille et de son soubassement. Dans cette région du cône, s’illuminent sans cesse quelques points extrêmement brillants qui se détachent brusquement et roulent sur un talus d’éboulis.
- Ces blocs en feu s’en vont contourner le piton
- du Petit-Bonhomme et tombent dans la rivière Blanche. Ils laissent derrière eux un sillage incan-
- lilocs apportés par un nuage dense.
- I,e dépôt laissé par un nuage dense à la surface d’une falaise récente de la rivière lllauchc.
- ettr propre compte. Ce sont des gerbes de feu. Lorsque plusieurs poussées surviennent presque à la lois, les pentes du cône, dressées sur cet immense piédestal qui est la Montagne Pelée, apparaissent comme une cascade de leu. L’œil est ébloui par cette féerie incomparable.
- M. Lacroix a porté toute son attention sur les nuages denses ou « nuées ardentes » qui constituent
- un phénomène violent, mais discontinu. Leur apparition est précédée par des grondements sourds s’entendant jusqu’à 15 kilomètres du volcan et peut-être davantage, sans trépidations du sol. Ces bruits sont dus à des éhoulements produits dans le cratère. La composition de ces nuages lourds est toujours sensiblement la même : une
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- LA INATUHE.
- 1T>7
- grande quantité de vapeur d’eau, entraînant à la lois de la cendre, des lapillis, et des blocs de lave; ils ont
- Les cendres sont extrêmement blanches; les lapillis et les blocs qu’elles contiennent sont tous de même
- composition, sans aucun mélange avec les fragments arrachés aux parois de la cheminée. La lave produite maintenant est une andésite à hy-persthène d’un gris clair, riche en verre tantôt compact, tantôt âpre au toucher. La ponce est relativement peu fréquente, alors qu’elle a été le principal produit rejeté dans cette même région le U juillet et le 30 août.
- La vallée de la rivière Manche après le passage du nuage dense.
- pour origine les points de sortie des blocs incandescents. Ils descendent le long du cône et s’en vont par la vallée de la rivière Blanche jusqu’à la mer. Ils charrient des quantités énormes de cendres et de blocs. Ils ont comblé les ravins du haut de la vallée de la rivière Blanche encaissée pourtant par des falaises de plus de 100 mètres. La basse vallée est aujourd’hui nivelée comme par une chute abondante de neige. Ces cendres sont extrêmement mobiles ; le moindre vent y soulève des tourbillons de poussière ; on y enfonce comme dans un liquide ; leur température, une semaine après le passage d’un de ces nuages, était encore à 104 degrés à O11', 10 de la surface et à 6 kilomètres du cratère. Leur chute n’est pas localisée à la seule vallée de la rivière Blanche ; elle a
- couvert d’une couche unilorme tout l’espace compris entre celle-ci et le Prêcheur.
- Type de bloc projeté.
- Nuée ardente du 16 décembre 1902.
- Nous représentons ci-con tre, d’après une photographie bien curieuse de M. Lacroix, une nuée ardente qui est descendue le 16 décembre à la
- mer avec une vitesse de 2 kilomètres et demi à la minute. Le spectacle était terrifiant. Telle est la situation, d’après les observations continues de M. Lacroix à la Montagne Pelée. Évidemment, ce n’est pas fini ; d’autres phénomènes viendront s’ajouter aux précédents, et nous aurons à revenir encore sur les transformat ions qui suivront et qui nous réservent sans doute plus d’une surprise. H. de P.
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- 158
- LÀ NATURE.
- LE MANGANÈSE EN RUSSIE
- Parmi les pays producteurs de manganèse, l’empire des Czars occupe la première place. L’extraction de ce minerai s’est, en effet, considérablement développée au Caucase, dans le Donetz et dans l’Oural, au cours de ces dernières années, passant de 610 000 pouds' en 1888 à 45 871 546 pouds en 1900. La plus grande partie du manganèse retiré du sol russe s’exporte par les ports de Poti, de Batouin et de Nicolaiew en Angleterre, en Allemagne, aux États-Unis, en Belgique et en France. Les usines indigènes en consomment également une certaine quantité pour la fabrication de fontes spéciales utilisées dans la métallurgie du fer. D’ailleurs le Brésil, où se trouvent d’importants gisements manganésifères, devient un concurrent de plus en plus redoutable pour la Russie.
- Au Caucase, l’extraction du manganèse se fait presque exclusivement aux environs de Tchiatour (Gouvernement de Koutaïs). Le gite métallique se compose de plusieurs couches horizontales se développant sur 154 kilomètres carrés et coupées dans diverses directions par les vallées de la Kivirila et de ses affluents. Des affleurements permettent de travailler à ciel ouvert et y rendent minimes par conséquent les frais de main-d’œuvre. Dans la Russie méridionale, les gisements de manganèse s’étendent sur 500 déciatines (527 hectares 75) sis aux alentours du village de Nicopol. 11 y a dans cetle région quatre grandes entreprises en activité : 1° la mine Soulitzko-Limansk qui se trouve à 52 verstes de la station de Pitchouguino et à 150 de la gare d’Alexandrovsk sur le chemin de fer Kharkow-h’oursk-Sébastopol ; 2° la mine de Krasnogrigo-riew à 65 verstes d’Alexandrovsk et dont on évalue la richesse des filons à 500 millions de pouds; 5° la Société Nicopol-Marioupol dont les mines sont éloignées de 55 verstes de Pitchouguino et de 95 d’Alexandrovsk; 4° la carrière de Gorodickensk de la Dniéprovienne située à 125 verstes par eau du port d’Alexandrovsk. D’autre part les gisements de Perm et d’Orenbourg dans l’Oural n’ont pas été étudiés jusqu’ici, bien que les derniers soient nombreux et riches. D’après une récente information de la Revue des produits chimiques, l’industrie du manganèse traverserait en ce moment une crise aigue amenée par la concurrence des gisements du Brésil et des Indes, par l’avilissement des prix de la fonte manganésée, du ferro-manganèse et du fer depuis la fin de l’année 1901. A la vérité, l’extraction est peu coûteuse en Russie; mais tant que les chemins de fer n’abaisseront pas leurs tarifs, le minerai du Caucase ne saurait lutter avec succès contre les manganèses des pays précités. Aussi, plusieurs mines de Tchiatour viennent de suspendre leurs travaux. Jacques Boyer.
- —x><—
- LES MIGRATIONS DE LA SARDINE
- ET LA. CRISE SARDINIÈRE
- La sardine, qui tient tant de place dans l’alimentation, que l’on trouve un peu sur toutes les tables, et principalement sous la forme aujourd’hui classique de sardine à l’huile, fait vivre normalement des milliers de travailleurs sur la partie du littoral de France comprise entre Brest et les Sables-d’Olonne. Les centres principaux de pèche sont Les Sables mêmes, Saint-Gilles-sur-Vie, l’ile d’Yeu, Noirmoutiers, Le Croisic, la Turballe, Belle-Isle, Port-Louis, Etel, Concarneau, Audierne et Douarnenez, et
- 1 Le poud vaut IGk*,580.
- des usines considérables se sont créées sur plusieurs de ces points pour la mise en conserve du précieux petit poisson : cette industrie est d’autant plus importante que les sardines préparées en France sont particulièrement appréciées à l’étranger, et que ceux qui se livrent à la pèche de la délicieuse « clupée » ont à peu près uniquement ce métier comme gagne-pain.
- Or, en ce moment, la sardine fait pour ainsi dire complètement défaut, les usines ne travaillent point, et les pêcheurs comme le personnel de ces usines sont dans l'inaction et la misère.
- A la vérité, ce n’est pas la première fois que se produit semblable disette, et, comme le faisait remarquer M. Roché qui connaît parfaitement toutes ces questions, l’abondance de la sardine est soumise à des fluctuations très é tendues : voici déjà longtemps qu’on a eu malheureusement l’occasion de constater ces disparitions temporaires qui amènent, comme cette année, la ruine parmi les populations côtières, et obligent parfois certaines usines à fermer ou à se déplacer vers des points plus favorisés.
- Nous pourrions citer l’année 1880 comme ayant été fort mauvaise pour la pèche de la sardine, et alors que cette pèche débute ordinairement en mai, elle n’avait commencé d’une façon générale qu’en août et ce fut seulement en octobre qu’on put capturer de la sardine de taille réellement marchande. A cette époque on avait émis l’idée que ce retard était dû au grand hiver de 1879, et en 1895 on recourut à la même explication quand on vit la campagne complètement compromise. Du reste, on peut dire que la sardine a toujours été peu abondante sur les côtes de France depuis plusieurs années, sauf en 1898 où la campagne a été très bonne. Par contre, à une certaine époque, la sardine avait apparu en quantité prodigieuse sur les côtes du Portugal, si bien même que l’industrie sardinière de ce pays faisait une concurrence redoutable à la nôtre ; mais aujourd’hui cette pèche a perdu une partie de son importance, et l’on croit que cela tient surtout aux engins de pèche fort destructeurs employés sur le littoral portugais.
- Nous rappellerons que la sardine apparaît généralement en avril ou mai sur nos côtes de l'Atlantique, formant des bancs d’individus adultes de grande taille, chargés d’œufs ou de laitance, par conséquent aptes à la reproduction, et constituant ce qu’on nomme la sardine « de dérive », qui ne se met pas en conserve. Au fur et à mesure que disparaissent ces bancs, en apparaissent d’autres, composés de poissons plus petits, de taille uniforme, qu’on nomme sardines de « rogue » ; ce sont celles que l’on met en boites. Et il se produit les variations les plus considérables dans l’apparition de ces deux sortes de poissons, au point de vue de la durée comme de la date de leur passage. Parfois la sardine de dérive se montrera de bonne heure, puis la sardine de rogue se fera attendre fort longtemps, ou bien la première fera une eo.urte visite sur les côtes, ce qui n’empêchera pas l’autre de se montrer en abondance et pour de longs mois; parfois aussi tout disparaîtra durant des semaines. Les connaissances biologiques sur la sardine sont fort peu avancées, tout au plus sait-on, d’après les recherches de Cunningham et celles de M. Fabre-Domergue, que la sardine de dérive pond dans nos eaux littorales, et près des côtes, des œufs flottants dont l’incubation et le développement ont lieu dans les zones supérieures de la mer. Il faut rappeler aussi les recherches de MM. Pouchet et de Guerne.
- On a cherché toutes sortes de raisons aux disparitions
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- LA NATURE.
- 159
- et aux fantaisies de migrations de la sardine : on a dit que la cause principale serait le déplacement d'une des branches du Gulf Stream, mais on sait que l’action et la réalité même de ce courant d’eau chaude sont fort discutées aujourd’hui. On a prétendu aussi que le poisson serait écarté du littoral par le passage trop fréquent des bateaux à vapeur, ou encore que l’usage continuel des filets traînants arracherait les algues sur lesquelles vivent les jeunes alevins de sardines, ou même détruirait une partie de ces alevins. Enfin certains estiment que le développement de la pèche en Portugal et en Espagne aurait supprimé les régions calmes où les sardines allaient jadis se refaire de la chasse à mort qu’elles ont à subir sur le littoral français. Mais tous ces motifs ne semblent pas la raison réelle des variations que subit la venue des bancs de dupées, et il reste encore à la biologie marine à les expliquer, pour qu’on essaye ensuite d’en atténuer les conséquences pour la population de nos
- côtes. . P. de M.
- ---0^0--
- LA LOIRE NAVIGABLE1
- L’utilité des transports à bon marché n’est plus à démontrer. Une tonne de houille valant par exemple 12 francs au point de production sera grevée de la moitié de son prix si elle parcourt 200 kilomètres à raison de 5 centimes l’un. Pour un grand nombre d’autres marchandises plus chères, l'influence du transport sera moindre, mais cependant encore très notable. Aussi l’industrie, l’agriculture, le commerce demandent des transports à bas prix pour augmenter la consommation de leurs produits et diminuer le prix d’achat de leurs matières premières.
- Les chemins de fer ont pu dans certaines conditions réduire énormément leurs tarifs pour les produits à très grand tonnage, transportés par trains complets et quelquefois avec chargement de retour assuré. Mais c’est surtout aux voies navigables que le public songe à recourir pour Tes transports très économiques et lorsque l’on n’est limité par aucune obligation de délai.
- Le transport par bateaux est en effet par lui-même plus avantageux que le transport par voie de fer ; de plus, on a supprimé en France, depuis une vingtaine d’années, les droits de navigation payés autrefois au profit de l’Etat pour représenter une part de l’entretien des voies navigables. La batellerie est donc dans des conditions très favorables.
- Dans plusieurs pays, le développement de la navigation intérieure a été extrêmement rapide. C’est le cas notamment de l’Allemagne. Le Rhin transporte plus à lui seul par kilomètre que la moyenne des lignes de chemins de fer et Hambourg doit en grande partie son développement au réseau de voies navigables qui le desservent.
- La France possède un réseau assez étendu pour la navigation intérieure (fîg. 1 et 2), mais la répartition en est assez différente dans les diverses régions du territoire : le Nord et l’Est, le bassin de la Seine et du Rhône, la région du Centre avec les canaux de
- 1 Voy. à ce sujet l’étude de M. Philippe : Le Génie civil, '24 mai 1!)0'2 et numéros suivants.
- la Bourgogne et du Bourbonnais sont bien desservis, mais la partie Ouest et Sud-Ouest possède peu de voies navigables reliées au réseau général, et en particulier le bassin de la Loire entre Rriare et la mer n’a que quelques organisations locales d’une utilité commerciale assez limitée.
- Cependant, si l’on consulte l’histoire, on voit que la Loire fut autrefois un lleuve sillonné de bateaux. C’étaient, avant la navigation à vapeur, de petites embarcations à voiles calant peu d’eau, mais suffisant à assurer les transports dans cette région. La navigation à vapeur avait eu à peine le temps de s’installer lors de la création des chemins de fer et ceux-ci lui rendirent aussitôt la concurrence impossible. La batellerie, après avoir constamment décru d’importance depuis 1855, est aujourd’hui à peu près morte.
- La Société « La Loire navigable » s’est proposé de lui rendre la vie; après une active propagande, elle a tenu plusieurs congrès dont quelques-uns fort intéressants, et elle a su créer dans toute une région un mouvement d’opinion pour ressusciter le vieux fleuve, rendre la vie active à lout un pays et, voyant plus loin encore, pour créer une voie servant au transit des marchandises de l’ouest au centre de l’Europe; il faudrait, pour cela, joindre la Loire maritime, c’est-à-dire Nantes, au système général des canaux. Créer une voie navigable de Nantes à Rriare, tel est le problème.
- La constitution même de la Loire rend ce problème très difficile à résoudre. Ce lleuve, en effet, est, à proprement parler, un torrent. De Rriare à Nantes, la pente moyenne est bien supérieure à celle de la Seine sur son parcours navigable. Cet inconvénient serait notablement atténué si, malgré le régime torrentiel, c'est-à-dire avec un courant rapide, le volume d’eau était à peu près constant. Or, des déboisements inconsidérés, effectués dans les siècles derniers, ont dévasté les montagnes dans le haut fleuve: l’eau de pluie s’écoule avec une rapidité effrayante, charriant les débris de roches, et formant les bancs de sable que chacun a pu voir. Donc régime torrentiel, crues, sables, telles sont les difficultés que rencontre l’ingénieur aux prises avec cette attrayante question de la Loire navigable.
- Le moyen sûr de réussir serait de créer une voie navigable indépendante du fleuve, un canal. Cette solution aurait le grand inconvénient d’être très coûteuse (on estime la dépense à 120 millions) : il faut, en effet, acheter les terrains, remuer d’énormes cubes de terres, créer de nombreuses écluses pour compenser la différence de niveau. Le canal aurait l’inconvénient d’abandonner certaines villes établies et prospères ; pour ne pas trop s’écarter des centres industriels et commerciaux, il devrait traverser plusieurs fois le fleuve : ces traversées seraient de réalisation difficile étant donné le régime de la Loire.
- Si l’on repousse le canal, on en vient à utiliser le fleuve lui-même. Dans la circonstance, les moyens connus se réduisent à deux : « canaliser » le fleuve
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- LA NAT LUE.
- fi AçJ. T t QU E
- — Fleuve ou. rivière navigable,.
- ----Cours d eau, non, navigable .
- Canal, ,
- zzzx — „— projeté. r-g-j?'* Travaux" de regularùratioTv o\ de canalisa,tioru projetés.
- Kœniqsberg
- MER
- DU NORD
- Dantzig
- Stettin
- Rotterpamj
- ANGLETERRE
- BERU
- J. E M A
- Dresde
- Francfort
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- Prague
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- SUISSE -îf
- AUTRIC
- Trieste
- Toulouse
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- MÉDITERRANÉE
- ITALIE
- ESPAGNE
- Fig. 1. — Carte des voies navigables de la France et des pays voisins.
- ou le « régulariser ». Canaliser c’est faire, comme cela est réalisé sur la Seine, une série de barrages qui élèvent le niveau de l’eau en diminuant la vitesse, c’est transformer le fleuve en une suite de lacs, reliés les uns aux autres par des écluses.
- Cette solution, encore plus que la précédente, conduirait à une énorme dépense toujours pour la raison que la hauteur à racheter est considérable.
- Les travaux à effectuer seraient gigantesques, sans rapport avec le résultat à obtenir. Le régime de la Loire rendrait très difficile la réalisation du projet. Reste donc la régularisation du lit : cette solution est celle qui a prévalu, dans des conditions d’ailleurs toutes différentes, pour l’amélioration du Rhône. On créerait
- un chenal étroit dans lequel l’eau passerait avec un fort courant, entraînant les sables à la mer. Au
- milieu du chenal un lit mineur formerait la route à suivre par les bateaux.
- C’est cette solution qui a obtenu en dernier lieu l’approbation de la Société « La Loirenavigable».
- La figure 4 donne la disposition d’une section régularisée1. Les bras abandonnés seraient fermés par des barrages (RB'); le chenal serait constitué au moyen de digues longitudinales (A) reliées à la rive par des traverses (T), et par des épis plongeants (E).
- Les digues sont prévues « submersibles », c’est-à-dire noyées lors
- 1 Nos figures 1, 2, 4 sont extraites du journal Le Génie civil (mai 1902).
- ANGLETERRE
- BELGIQUE
- [ALLEMAGNE
- Rouen
- PARI:
- LeWfai
- Orléans!
- p Tours
- SUISSE
- OCEA
- OTA LIE
- Bordeaux;
- Valence
- ATLANTIQUE
- Marseille
- ESPAGNE
- MÉDITERRANÉE
- Fig. 2. — Carie indiquant les tonnages transportés sur les voies navigables de la France. (La largeur des bandes correspond à l’importance du trafic.)
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- LA NATURE.
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- des crues pour ne pas trop élever le niveau du fleuve, au moment des hautes eaux.
- C’est ce projet qui a eu définitivement la préférence. Pour ne pas entreprendre immédiatement un travail de régularisation de tout le fleuve, travail dont les résultats ne seraient pas absolument cer-
- tains, on décida d’abord de faire l’application sur la partie de Nantes à Angers. Le devis total pour le projet ainsi compris s’élève à 14 millions.
- Le projet de régularisation de la Loire entre Nantes et Angers fut compris dans le programme de travaux publics de 1901, sous la réserve toutefois
- Fig. i. — Plan d’une section régularisée.
- A, digues longitudinales submersibles ; B, barrage de tête ; B', barrage secondaire ; T, traverses de rattachement ; E, épis plongeants, ------------------------------------, axe du chenal ; (1000), rayons de courbe ;--------------, limite du chenal.
- que les travaux ne seraient définitivement entrepris qu’après les essais sur une section de 14 kilomètres comprise entre la Maine et Chalonnes. C’est donc à cette partie que se limite actuellement l’exécution du projet, avec un devis de 1 800000 francs.
- Il a été stipulé que l’État interviendrait pour moitié dans la dépense, et les intéressés pour l’autre moitié. On se mit d’accord sur le pHlicipe suivant : les départements arrosés par la Loire (Loire-Infé-
- rienre, Maine-et-Loire) s’imposeraient de 4 centimes et les départements arrosés par un affluent (Sarthe, Mayenne), de 1 centime.
- Les conseils généraux de la Sartbe et de Maine-et-Loire ayant fait des difficultés pour accorder les fonds, on dut se les procurer ailleurs, notamment par une souscription et par une participation plus importante des villes d’Angers et de Saumur.
- Il faut maintenant attendre, pour conclure, la fin
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- LA NATURE.
- des travaux et les résultats qui seront obtenus. Si tout le monde est, en effet, d’accord sur la nécessité d’une voie navigable, la même unanimité n’existe pas quant aux moyens de la réaliser. Le projet de régularisation a, en effet, de nombreux adversaires. Le caprice, disent-ils, est seul maître en Loire, ou encore on ne peut pas artificiellement modifier de fond en comble le régime d'un grand lleuve. La solution serait donc aléatoire et pourrait entraîner à des dépenses bien plus considérables que les prévisions. L’avenir seul nous dira quelle sera la solution définitive à adopter. P.vul Aimé.
- CHRONIQUE
- Lu télégraphie sans fil. — De nouvelles dépêches ont été échangées à l’aide de la télégraphie sans fil entre le président des États-Unis d’Amérique et le roi d’Angleterre, entre les stations de Gape-Cod (États-Unis) et Pol-dhu (Angleterre). Le texte de ces dépêches est le suivant:
- A Sa Majesté le roi Edouard ATI.
- Profitant de la découverte merveilleuse, résultat des recherches scientifiques et du génie de son inventeur, qui a permis de perfectionner la télégraphie sans fil à travers l’Atlantique, je vous envoie en mon nom et en celui du peuple américain mes compliments les plus cordiaux et mes vœux les meilleurs pour vous et pour le peuple de l’empire britannique.
- Théodore Roosevelt.
- Le roi Édouard a répondu :
- Au président, Maison-Blanche, Washington.
- Je vous remercie bien sincèrement de votre affectueux message que je viens de recevoir au moyen de la télégraphie sans fil Marconi, et je vous retourne en mon nom et en celui du peuple de l’empire britannique les compliments cordiaux et les sentiments amicaux exprimés par vous au nom de la nation américaine, et je vous souhaite de tout cœur, à vous et à votre pays, toute la prospérité possible. Édouard, roi.
- Ces dépêches ont été échangées très facilement.
- Conjonctions et occultations d’astres. —- Le
- 50 janvier s’est produit un phénomène astronomique intéressant. Aénus et Jupiter étaient en conjonction dans la constellation du Capricorne. Les deux astres étaient séparés seulement par une distance de A4’. L’étoile du Berger était au sud de Jupiter; les deux astres se sont couchés une heure et quart après le soleil. Les jours suivants les deux astres s’éloigneront l’un de l’autre. Dans le cours de l’année 1003 deux autres rapprochements d’astres pourront être observés. Le premier se produira le 2 juillet. Mars sera en conjonction avec la Lune. La Lune sera à son sixième jour, c’est-à-dire très voisine du premier quartier. La planète Mars, qui doit passer en opposition avec le soleil le 20 mars, aura encore l’aspect d’une belle étoile rougeâtre de 8" de diamètre et il brillera dans la Vierge un peu au sud de l’étoile y. Le 2 juillet, vers 2 heures du matin, il se trouvera à 0’ du bord inférieur de la Lune. Le second aura lieu le 15 décembre entre la lune et A'énus. A minuit les deux astres ne seront plus distants que de 5' ; ils ne se lèveront qu’un peu avant l'aurore ; et ce n’est qu’au moment où le soleil apparaîtra à l’horizon que les deux autres seront suffisam-
- ment levés pour permettre l’observation du phénomène. Mais le spectale, il faut bien le reconnaître, sera vraiment merveilleux; Vénus semblera prolonger la corne australe de notre satellite qui ne se présentera plus que sous la forme d’un mince croissant.
- Le Imllon « Lco Dex ». — Le ballon Léo De.x était bien parti dans la direction S.-O., et l’on pouvait penser qu'il traverserait le Sahara, sauf imprévu, comme nous le faisions remarquer dans notre dernier numéro. L’imprévu est survenu. Le lendemain du départ, une dépêche a annoncé que le petit ballon .avait été arrêté par des Arabes aux limites des provinces de Constanline et d’Alger, sur l’Oued Üjedi à égale distance environ de Laghouat et de Biskra. Le ballon venait du Sud rebroussant chemin. Son trajet aurait été une courbe longue d’au moins 600 kilomètres décrite en vingt-six heures. On avait compté sans le siroco, qui, l’arrêtant dans sa marche, l’empêcha d’atteindre la région des Alizés. On ne saurait donc être certain qu’un ballon partant de Gahès traversera le désert pour aller atterrir dans les environs de Tombouctou.
- Les automobiles sur le réseau P.-L.-ML —
- Les journaux même étrangers ont fait grand bruit, ces temps derniers, autour de la mise en service, sur le réseau P.-L.-M., d’automobiles à très grande vitesse qui effectueraient couramment le voyage de Paris à Lyon en 5 heures. Nous nous sommes informés au service du Matériel et de la Traction de la Compagnie. En réalité on va prochainement essayer de l’automobilisme sur des lignes secondaires où la mise en circulation de trains véritables entraîne des dépenses hors de proportion avec le trafic. C’est ainsi que la maison Puret construit deux véhicules automoteurs pour la ligne d’Alais à Port l’Ardoise, où ils circuleront à allure très modérée. La Compagnie a demandé également des projets à d’autres constructeurs, entre autres à M. Serpollet. Celui-ci, qui «et arrivé à faire 120 kilomètres à l’heure sur routes, considère qu’on peut aisément donner au moins cette vitesse sur voie ferrée ; il a donc dressé un projet d’automobile pour chemin de fer à très grande vitesse ; mais elle ne répond nullement aux besoins de la Compagnie P.-L.-M., qui essayera évidemment l’automobile Serpollet, mais sans avoir nullement l’intention de l’employer à la place de ses rapides. Encore une fois le seul problème dont elle se préoccupe, c’est simplement l’automobile remplaçant les trains sur les lignes à faible fréquentation et à vitesses moyennes.
- Edifices en papier. — C’est toujours en Amérique que le papier reçoit les applications les plus diverses et les plus originales. Une usine de Springfiels (Amérique), par exemple, fabrique des bouteilles en papier destinées à contenir du lait ; elles sont, paraît-il, d’une étanchéité parfaite et leur prix est assez minime pour qu’on puisse les jeter après s’en être servi. A Dessan, une usine nouvelle vient de jeter sur le marché en abondance des pantoufles en papier, et leur prix est si bas que désormais tous les propriétaires d’hôtels pourront en mettre à la disposition de leurs voyageurs; on pourra même les emporter. En Allemagne, on confectionne du drap économique en papier pour les billards. Mais ce sont là de petites applications en comparaison des suivantes. On fait des maisons en papier. La preuve, c’est qu’un Russe en a commandé une à New-York. Elle a été élevée à Savinowka. Cette maison a coûté 80 000 roubles et ne comprend pas moins de seize pièces. Elle résistera aux injures du temps, selon son architecte, bien mieux qu’une maison en pierre ou en briques. En Norvège, le pays du papier de bois, on à élevé
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- une église tout en papier pouvant contenir un millier de personnes ! Une église en papier avec clocher s’il vous plaît. Il n’v a que les cloches qui ne sont pas en papier. Il va bien, le papier; mais les écoliers qui jadis lançaient sur les vitres des boulettes en papier mâché auraient pu deviner son avenir. Les boulettes une fois sèches, avaient une telle adhérence avec le verre qu’on ne pouvait les en détacher. De la vraie pierre de papier !
- /intelligence «les rats. — Un de nos abonnés a constaté récemment la rare intelligence des rats. Son jardinier avait planté 250 oignons de tulipes dans un groupe. Le lendemain matin, voulant en ajouter quelques-uns qui manquaient pour compléter le groupe, il s’aperçut que tous les oignons avaient disparu. On lui dit de chercher s’il n’y avait pas un trou de rat dans le jardin. Il en découvrit un et en creusant il tua un rat femelle prêt à mettre bas. En continuant à creuser il découvrit à 00 centimètres de profondeur une chambre bien garnie de foin et de feuilles, et, reliés à celte chambre, deux magasins contenant les 250 oignons rangés l’un sur l’autre avec le plus grand soin. Il n’en manquait pas un seul et tous étaient parfaitement intacts. Il est exlraordi naire qu’en une seule nuit un rat seul ait pu faire un pareil travail sans laisser aucune trace et en ratissant la surface du groupe aussi bien que l’ouvrier le plus soigneux. S’il n’avait pas manqué quelques oignons on n’aurait rien su, et au printemps on aurait accusé le grainetier d’avoir fourni de mauvais oignons, en meme temps qu’une famille nombreuse de rats bien nourris aurait dévasté le jardinet.
- Briquettes à la fécule. — On peut dire qu’on en met partout, comme la muscade du poète : non seulement on l’emploie dans les confitures, mais voici qu’on commence en Allemagne de s’en servir en dissolution comme d’une pâte pour agglutiner les poussiers de charbon; on fait bouillir le tout un certain temps et l’on moule sous faible pression pour sécher finalement.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 26 janvier 1903. — Présidence de M. A. Gacdry.
- Dédoublement d’étoiles.— M. Deslandres communique les résultats d’un travail sur les vitesses radiales des étoiles déduites d’observations qu’il a faites à l’Observatoire de Meudon, au moyen de la grande lunette de 16 mètres de distance focale de l’Observatoire. Il a pu, à l’aide du spectroscope, dédoubler des étoiles qui sont classées comme simples et qui ne sont pas notées variables. Les deux éléments ont souvent des vitesses radiales très différentes; les écarts atteignent 110 kilomètres par seconde. Pour l’un des systèmes, M. Deslandres a constaté une périodicité de dix-sept jours ; l’orbite, dans sa plus grande largeur, atteint le 1/10 de l’orbite terrestre. M. Deslandres conclut qu’on doit classer les étoiles doubles en deux groupes, à grand écartement et à faible écartement. Le dernier groupe commence à peine à être étudié; il croit que la plupart des étoiles sont doubles; les simples comme le soleil seraient l’exception. 11 traite ensuite des causes d’erreur dans les mesures de ce genre.
- Fonctionnement de l’oreille interne. — M. Delage communique une Note de M. le Dr Marage sur la nature de l’excitation nerveuse qui est en jeu dans le fonction-
- nement de l’oreille interne. Le physicien Helmoltz pensait que les vibrations de l’air étaient transmises. M. Marage démontre, au moyen d’expériences très précises, que les déplacements de l’étrier transmis par le périlymphe impriment au sac endolymphatique des variations de pression qui sont groupées comme les tracés de vibrations qui arrivent au tympan. On pourrait presque dire que l’étrier agit à la façon du manipulateur de Morse; dans l’endolyinphe, il n’v a ni vibrations, ni translations de liquide en totalité, mais simplement des différences de pressions. Ces expériences aboutissent, en outre, à cette conclusion, que le nerf auditif est aussi sensible que les autres nerfs contrairement à l’opinion reçue jusqu’à ce jour.
- Exploration sous-marine. — S. A. le prince de Monaco expose les résultats de sa dernière campagne sous-marine dans l’Atlantique nord. On a opéré, comme d’habitude, des sondages et des dragages; mais, en outre, M. Gabriel Rertrand, embarqué spécialement pour effectuer des recherches sur la présence de l’arsenic dans les organismes des diverses profondeurs, a opéré cette recherche. Le banc découvert précédemment dans le voisinage des Açores a été relrouvé et délimité ; contrairement à ce qui était arrivé antérieurement on n’en a ramené aucun poisson. Un câble transatlantique qui passe auprès a été rompu. Des recherches sur la densité et la température ont été effectuées depuis la surface jusqu’à une profondeur de 6000 mètres, au moyen d’une bouteille déjà décrite. On a pu ainsi obtenir une série des données suivant la verticale en de nombreux points. Ces données jetteront une lumière nouvelle sur la circulation des eaux profondes. S. A. le prince a poursuivi des expériences anciennes relatives à l’alimentation des naufragés au moyen d’organismes pêchés dans la mer. Des filets tout à fait portatifs, véritables toiles d’araignée tendues sur la mer, permettent de ramener en trois ou quatre heures, par le beau temps comme par le mauvais temps, une quantité de poissons suffisante pour nourrir plusieurs hommes : l’Océan est donc couvert de poissons. M. Bertrand a constaté la présence de l’arsenic à toutes les profondeurs. Les bactéries ont été trouvées à la surface et notamment chez les holo-turies des fonds. Ch. de Villedeuil.
- L’EMPLOI DES FILS D’ÀRAIGNÉES
- DA .N S LES INSTRUMENTS l/oPTIQUE
- L’araignée se sert de la soie qui vient de ses fdières pour divers usages : elle en construit sa toile, en tapisse son nid, s’en fait des liens pour envelopper sa proie, en façonne le cocon dans lequel elle abrite ses œufs. Cette soie sort des filières par des petits trous dont le nombre est évalué à 10000, pour former un seul fil dont la finesse est telle qu’il en faut 90 pour égaler la grosseur du fil du cocon de ver à soie, et 18 000 pour égaler celle du fil à coudre ordinaire. C’est cette extrême finesse du fil d’araignée qui le fait rechercher pour les réticules des lunettes astronomiques, d’autant plus qu’il est facile de se le procurer.
- Dans les bois, dans les jardins, partout on rencontre une grosse araignée: l’épeire diadème (Epeira (liadema) appelée aussi porte-croix, Croix de Saint-Denis, à cause des jolis dessins qui ornent son abdomen. En automne elle pond un grand nombre d’œufs,
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- qu’elle entoure d’un cocon fait d’une bourre épaisse et serrée de soie jaune d’or, et qui est placé par la mère sous quelque abri : chaperon de mur, crevasse de muraille, fente d’écorce, qui protégera les oeufs pendant tout l’hiver, leur éclosion ne devant avoir lieu qu’en mai. Plongé dans de l’eau bouillante contenant de la gomme et du savon ce cocon se dévide facilement et donne le fil dont nous disions tout à l’heure la finesse, et qu’on emploie pour les réticules des instruments d’optique. Mais h son défaut on peut aussi prendre, pour cet usage, les fils de la vaste toile rayonnée que construit cette araignée entre les arbres, et que l’on peut de même se procurer très facilement. Au moindre choc donné à sa toile l'araignée se laisse ordinairement choir an bout d’un fil; on le saisit, on enroule l’extrémité autour d’un crayon et l’on donne de légères secousses. L'araignée pour s'échapper allonge son fil qu’on enroule toujours au fur et à mesure de sa production en tournant le crayon entre les doigts.
- Lorsqu’on s’est procuré le fil rien de plus simple que de l’employer, quoique ce soit pourtant une opération fort délicate. Avec une pince fine on en détache un bout dont on engage chaque extrémité dans une petite houlette de cire au milieu de laquelle a été préalablement incorporé un petit grain de plomb de chasse. On extrait de la lunette le diaphragme qui doit porter le réticule.
- On donne ce nom à un système de fils croisés à angle droit qu’on place au foyer de l’objectif d’une lunette et qui sert à déterminer l’axe optique. Ce nom s’étend dans la pratique au diaphragme lui-même avec ses fils dont le croisement doit se produire à son centre même. Il porte de très fines gouttières qu’on y a gravées avec soin pour repérer le réticule. Après les avoir bien nettoyées on place le fil, tendu par les houlettes, sur le diaphragme où on le fait glisser avec précaution, en s’aidant d’une loupe jusqu’à ce qu’il soit engagé dans les gouttières. On le fixe alors en déposant à chaque extrémité une gouttelette de colophane fondue ou d’un mélange de cire et de colophane.
- Les réticules ordinaires sont formés de deux fils qui se croisent à angle droit; on les place dans le plan focal de l’objectif; la ligne qui joint leur point de croisement au centre optique forme l’axe optique. On le fait généralement coïncider avec l’axe géométrique, c’est-à-dire l’axe de la lunette. Il sert d’axe de visée. Pour des observations d’une grande préci-
- sion on emploie des réticules à plusieurs fils. Le fil vertical peut, par exemple, être remplacé par deux fils parallèles très rapprochés, le plan de visée passant alors par une ligne idéale située à égale distance des deux fils. Il peut y avoir aussi plusieurs fils tendus à des distances croissantes. Dans les instruments méridiens on met ordinairement 5 fils verticaux et 1 horizontal.
- Pour certaines mesures : diamètre apparent de comètes ou planètes, distances d’étoiles doubles, position d’étoiles circumpolaires à mouvements apparents lents, on se sert d’un second châssis ou diaphragme mobile nui par des vis micrométriques et glissant contre le premier qui est fixe. Les fils de chaque châssis, pour pouvoir se trouver tous sensiblement dans le plan focal de l’objectif, sont placés surfeurs faces conjointes sans pourtant qu'ils puissent frotter les uns contre les autres et se briser mutuellement. Ces réticules sont aussi désignés sous le nom de micromètres.
- Les doubles fils servent surtout dans les instruments équatoriaux. Il y a des réticules de lunettes qui en comportent jusqu’à 16 verticaux fixes et 1 mobile, et 6 horizontaux mobiles et 5 fixes, soit en tout 26 fils de chacun 14 centimètres de long.
- Avec les oculaires négatifs le réticule, placé sur un diaphragme entre les deux verres de la lunette (oculaire et objectif), est amené exactement à la vue de l’observateur, puis l’oculaire est déplacé de façon que l'image à observer se montre nettement, à ce moment elle se trouve évidemment dans le plan du réticule.
- Pour les observations de nuit on pratique dans le corps de la lunette une ouverture latérale par laquelle, au moyen d’une bougie ou d’un miroir, on éclaire les fils. On remplace parfois dans les réticules les fils d’araignées par des fils de platine extrêmement fins qu’on obtient en passant à la filière un fil de platine entouré d’argent, ce dernier métal étant ensuite dissous dans l’acide azotique. On rend ces fils lumineux en y faisant passer un courant électrique.
- Ajoutons encore que les microscopes servant à évaluer la seconde d’arc sur les cercles divisés, sont munis de fils d’araignée portés par un châssis qu'on meut au moyen d’une vis micrométrique.
- A.-L. Clément.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
- 1. Epéire diadème.
- 2. Réticule. — 5. Cocon à œufs de l'épéire diadème.
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- CA NAITRE.
- Mo
- LE VER DES POMMES
- Col animal, l’un des ennemis les pins redoutables de nos vergers, et bien connu de tout le monde,
- puisqu’il est peu de personnes qui ne l’aient rencontré dans un fruit véreux, a déjà l'ait beaucoup
- Fig. 1.
- \uo extérieure d’une pomme véreuse.
- Fig. 2.
- Coupe intérieure d'une pomme véreuse. — Détails du ver.
- parler de lui et causé le désespoir de nos ancêtres. dans le De arboribm, pour ne citer que ces deux Caton l’Ancien, dans le De re rustica, et Columelle, auteurs, faisaient mention de ses dégâts à leur épo-
- Fig. 5. — Chrysalide : 1. Morceau dechalas et chrysalides; 2. Cocon ; 5. Chrysalides dans l’écorce.
- Fig. I. — Papillon: 1. Ecorce et papillon; 2. Papillon grandi; 5. Papillon au vol.
- que, c’est-à-dire voici plus de deux mille ans. De nos jours, il ne se passe pour ainsi dire pas d’été sans que nos agriculteurs de l’Ancien comme du Nouveau Monde aient à se plaindre de ses ravages. En France, Decaux lui avait consacré une étude toute spéciale, 31e année. — ter semestre.
- et, en 1002, un Américain, M. Simpson1, a publié
- 1 Report on codling-molh investigations in the Northwest dur in g 1001, hg' C. li. Simpson, Investigator. — U. S. department of Agriculture, division of Entomologie, Bulletin n“ 35, nevv sériés.
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- LA NATURE.
- sur le ver îles pommes un mémoire des plus documentés et des plus intéressants. La question est donc malheureusement toujours actuelle, c'est pourquoi nous lui réservons les ligues qui vont suivre.
- Le ver des pommes, hâtons-nous de le dire, est un Insecte arrivé au stade larvaire et destiné à donner par métamorphose un papillon, la Carpocapse : Cavpocapm pomonana Treischke. Le principal coupable de la ruine de nos vergers est ainsi cet être que, peut-être, nous connaissons moins, mais qui ira pondre sur nos pommiers, c’est-à-dire un Lépidoptère nocturne de la famille des Tordeuses. Sa taille est d’environ 20 millimètres. Les ailes antérieures gris cendré en dessus, striées de brun, portent à leur bord inférieur un écusson d’un brun chocolat et dont une ligne d’or rouge arrête irrégulièrement les contours. Celles postérieures sont complètement brunes en dessus. Le dessous des quatre ailes est brun clair avec atomes plus foncés à leur extrémité. Le male se distingue extérieurement de la femelle par un pinceau de poils situé sur la face supérieure de l’aile inférieure, à la base de celle-ci et près de la nervure médiane. Les entomologistes qui ont étudié cet Insecte ont émis à son sujet des opinions souvent différentes, qu’il faut attribuer à la difficulté d’observer une larve qui vit dans l'intérieur d’un fruit et un papillon crépusculaire. Il a fallu procéder à des observations sur des individus en liberté, et sur d’autres élevés en captivité. Voici les résultats qui semblent aujourd’hui définitivement acquis. Au moment où la pomme va nouer, une femelle de Carpocapse survient, et, allongeant son oviductc, pond un œuf dans le calice du fruit. Cette ponte est lente; d’après Deeaux, elle demande environ un quart d’heure pour chaque œuf, et il estimait que pendant sa durée, qui est d'une quinzaine de jours, le nombre de ceux-ci ne devait pas dépasser cent. Un fait à remarquer, c’est qu’en général, il n’y a qu’un œuf par fruit, sauf lorsque ces derniers se trouvent en très petit nombre ; c’est ainsi que dans certains vergers en Amérique, où les pommes étaient rares, on a trouvé sur une jusqu’à 25 œufs et 17 sur une autre. Et encore ces œufs avaient-ils été déposés en des points différents et ailleurs que sur le calice. On peut presque affirmer que lorsque sur un fruit se trouvent deux œufs, ils ne proviennent pas d’une même femelle. Quoi qu’il en soit, dès le lendemain on peut déjà distinguer, à un fort grossissement, une ligne en forme de fer à cheval d’un blanc pâle : c’est la larve. Elle n’éclora que sept à dix jours après, quelquefois cinq jours, comme en Amérique, suivant la température, et va s’enfoncer jusqu’au cœur du fruit dont elle dévorera la chair et les pépins. En se nourrissant, elle creuse dans la pomme une galerie irrégulière dans laquelle s’amoneèlent des pelotes d’excréments réunies entre elles par une sorte de soie. Pendant ce temps de réclusion, elle grandit, devient d’un blanc rosé et, en trois ou quatre semaines, atteint sa taille définitive. Le moment de sa métamorphose approche, et c’est à
- peine si l’on reconnaîtrait le petit ver blanchâtre aux huit paires de pattes des semaines précédentes, car il a actuellement une quinzaine de millimètres et sa tête légèrement déprimée est d’un marron brillant. C’est une véritable chenille qui s’avance actuellement du centre vers la périphérie, repoussant ses excréments, lesquels, lorsqu’elle s’est percé un trou de sortie dans la peau du fruit, restent amassés à son orifice, indices révélateurs que la larve le plus souvent n’y est plus. En effet, sauf des cas très rares, on peut être assuré, lorsqu’un fruit porte un trou à sa surface, que l’hôte qui l’habitait en est déjà sorti. Mais assistons à la métamorphose de l’insecte, après, toutefois, avoir remarqué ce qui se passe dans le fruit. Celui-ci, comme toute plante attaquée par un parasite quelconque, animal ou végétal, réagit à sa manière. Il cherche dès le- début à réparer la perturbation apportée dans l’intime de son être par la larve de la Carpocapse ; il y a alors hyperactivité des cellules, hypernutrition, et, par suite, développement prématuré et anormal. C’est ce qui explique pourquoi les fruits de plus belle apparence sont souvent véreux. Cette réaction du végétal produit même une maturation précoce, et nous avons tous remarqué que ce sont, en général, les fruits attaqués qui mûrissent le plus vite. Mais l'épuisement succède bientôt à ce premier état, et la pomme se flétrit sur l’arbre ou tombe à terre. C’est l’époque choisie par la larve pour émigrer. Si le fruit est à terre, elle ne tarde pas à en sortir. Avertie par la chute que quelque chose d’insolite vient de se passer, elle abandonne son domicile, habituellement au bout de quelques heures, et cherche un endroit bien sec et plutôt étroit pour se chrysalider. Elle se forme une coque soyeuse, blanche et serrée, mêlée parfois de débris de bois rongé ou de feuilles sèches. Elle passe ainsi tout l’hiver soit à la surface de la terre, soit, lorsque le fruit n’est pas tombé, dans les crevasses des écorces, dans les fentes des clôtures où, en descendant de l’arbre, elle s’est réfugiée et ne se change en chrysalide qu’en mai ou juin de l’année suivante. La chrysalide est d’un brun marron avec quelques poils raides à l’extrémité. Au bout d’environ trois semaines passées dans cet état, le papillon éclot et le cycle recommence.
- Cet Insecte n’a dams nos régions qu’une génération ; toutefois, suivant la température, il peut en avoir deux ; on en a compté jusqu’à trois en Californie et dans les États d’Orégon, de New-Mexico, etc. Sa multiplicité fait qu’il devient alors un véritable lléau, d’autant plus qu’il s’attaque de préférence aux fruits les plus succulents et particulièrement aux Reinettes dont la pulpe est acide, comme la Rambour d’été, la Reine de Caux, du Canada, d’Angleterre, etc. Heureusement, on le rencontre rarement en Normandie dans les pommes ou les poires à cidre. Nous venons de dire les poires, car si la Carpocapse parait préférer les pommes, elle s’attaque aussi aux poires et parfois même aux prunes, aux amandes et aux noix.
- On le voit, c’est à juste raison qu’on s’est préoe-
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- LA NAÎTRE.
- cupé de tous temps de détruire un Insecte si nuisible, et de mettre les vergers h l’abri de ses ravages. Avec M. Simpson, dont nous citions le travail au début de cet article, nous ne pensons pas qu’on puisse arriver à l’éradication complète de la Carpo-capse, plus ancienne que notre ère, mais ce serait déjà beaucoup, croyons-nous, de réduire ses dégâts à 10 pour 100. Nous basant donc sur les mœurs de cet arthropode, dont nous avons étudié très brièvement les points les plus saillants, nous allons indiquer les procédés qui nous paraissent les meilleurs, parmi la grande diversité de ceux employés, à nous défendre contre lui. On peut les ranger en deux groupes auxquels nous donnerons les noms 1° de moyens préventifs et, 2° de remèdes. Les moyens préventifs devraient, pour être efficaces, être appliqués par tous les possesseurs d’arbres fruitiers. Us sont basés sur ceci : empêcher l’insecte de se multiplier. Dans ce but, il faut éviter de placer les magasins à fruits à proximité des arbres fruitiers; car, si l'on y conserve des pommes ou des poires attaquées, l’insecte qu’elles renferment en sortant peut s’échapper et la femelle pondre sur les fruits nouvellement noués. En outre, il est recommandé de bien calfeutrer portes et fenêtres de ces magasins, de manière que les papillons qui y seraient éclos n’en puissent sortir. On a remarqué que les endroits habituellement très irrigués portaient moins de pommes véreuses que ceux qui le sont occasionnellement, par la raison déjà vue que les larves ne tissent pas leurs cocons dans les lieux humides, dont l’atmosphère favorise l’éclosion des maladies de la Carpocapse. Donc il faut garder le sol humide autour des arbres quand les insectes y établissent de nombreux cocons, mais on devra prendre garde que trop d’eau tue les végétaux.
- Enfin et surtout, il est- nécessaire de récolter tous les fruits tombés et ceux véreux avant leur chute. C’est un procédé qui est long, principalement quand on possède de vastes jardins, mais il est facile de suppléer au ramassage des fruits à terre, en faisant paître dans les vergers des troupeaux de moutons qui en consommeront beaucoup. Le ramassage, quand il aura lieu, devra être fait de jour, car la chenille sortant quelques heures après la chute n’y serait plus si l’on attendait au lendemain. Quand il s’agit de fruits de choix, on extrait la chenille à l’aide d’un fil de platine ou d’instruments spéciaux et on bouche lé trou avec de la cire ou de la glaise. Mais ceci peut déjà être classé parmi les remèdes, lesquels consistent à atteindre l’insecte et à le détruire. On ne peut malheureusement rien contre les œufs, mais l’adulte et la larve ne jouissent pas de la même immunité. La capture du papillon se fait à l’aide de pièges lumineux et d’appàts variés : planches enduites de miel et de goudron, par exemple, sur lesquelles ces animaux s’engluent. Ces procédés ne sont malheureusement pas efficaces. La larve, par contre, est plus facile à atteindre. Quand elle est jeune, au moment de l’éclosion de l’œuf, on
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- peut saupoudrer le fruit surtout vers le calice avec du soufre en lleur, ou, comme en Amérique, du poison arsenical. Le ver s’en nourrit à ses premiers repas et ne tarde pas à périr. Des pulvérisations avec de l’acide sulfureux sont à recommander. La meilleure époque pour les faire, c’est aussitôt après la défloraison, et avant que les lobes du calice soient fermés. Ceux-ci retiennent le [toison en se refermant, et comme 80 à 85 pour 100 des larves passent par là, il en périt de la sorte un grand nombre. Toutefois, il est nécessaire de recommencer cette pulvérisation huit à dix jours après la première, pour les larves retardataires de la première génération. On pourra en faire une troisième un mois après dans les cas de grande invasion. Quand les chenilles quittent le fruit avant sa chute, elles descendent par les branches et le long du tronc pour gagner, avons-nous dit, une crevasse et se ehrysalider. A ce moment, on fera bien d’entourer l'arbre de bandes d’étoffes sous lesquelles elles viendront s’abriter et où il sera facile de les détruire. Des lambeaux d’étoffe disposés aux pieds des arbres rendront un service analogue pour celles sorties des fruits tombés. Enfin on a encore recommandé le ratissage en mai et juin, et le labourage en automne.
- Pour terminer, nous citerons, sans oser le recommander à nos lecteurs à cause de ses dangers, l’emploi fait en Amérique d’un mélange de 1 livre de vert de Paris et de 2 de chaux pour 5 litres d’eau. A côté de tous ces traitements, l’agriculteur doit se rappeler qu’il possède de bons auxiliaires dans certains insectes parasites de la chenille de la Carpocapse, tels que le Phygadenon brevïs Grav; le Campoplex pomorum Ratzelmrg, le Pachymerus vulneratov R., et dans le crapaud et la chauve-souris qu’il devra se garder de détruire. Enfin, pour l’aider dans l’application des traitements que nous venons d’énumérer, nous lui conseillons de devenir autant qu’il le peut entomologiste. Lucien Iches.
- L’ÉNERGIE HYDRAULIQUE
- ET I,'AGRICULTURE
- Si les cours d’eau sont des chemins qui marchent, on peut dire aussi qu’ils sont de la force qui passe. Quelles incalculables réserves d’énergie ne renferment-ils pas en effet! Que de force latente, que de travail puissant et continu représente la marche incessante des ruisseaux aux rivières, des rivières aux fleuves et des fleuves à la mer. Aussi l'idée d’actionner la roue d’un moulin par un courant naturel remonte-t-elle à la plus haute antiquité. Depuis [dus d’un siècle les progrès réalisés par les moteurs à vapeur avaient causé en majeure partie l’abandon de la puissance hydraulique qui présentait alors le grave inconvénient de ne pouvoir être utilisée que sur place. Mais aujourd’hui la grande magicienne qu’est l’Electricité a transformé le problème et, permettant de transporter à distance
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- LA A A TI RL.
- l’énergie, a rappelé 1 attention snr les moteurs hydrauliques qui ont, à leur tour, reçu de nombreux perfectionnements.
- Le récent congrès de la Houille blanche, qui s’est tenu cette année à Grenoble, a résumé le mouvement qui s’est produit depuis quelque temps en laveur de l’utilisation de l’énergie hydraulique. Mais il ne s’est occupé que des grandes installations industrielles employant les très hautes chutes fournies par les torrents en pays de montagne, et disposant de très grandes puissances.
- M. Paul Levy Salvador, ingénieur des constructions civiles, délégué par le ministre de l’Agriculture à ce congrès, a pensé avec juste raison que ce n’était, là qu’une des faces du problème et que s’il peut être intéressant d’utiliser des chutes produisant plusieurs milliers de chevaux-vapeur, susceptibles d'être transportés à d’assez grande distance des usines hydrauliques pour être employés soit à l’éclairage des villes, soit à la traction des tramways, soit enfin sous forme de force motrice, il ne faut pas oublier que nous disposons en France d’un important réseau de rivières non navigables ni flottables, représentant plus de 260000 kilomètres de cours d’eau. Il y a là, réparti sur tout le territoire, un réservoir inépuisable d’énergie que la construction de barrages peu coûteux suffirait à rendre utilisables. Un pourrait ainsi disposer d’un nombre considérable de chutes de faible hauteur, il est vrai, et par suite d’une puissance restreinte, mais dont l’industrie pourrait souvent tirer parti.
- Envisageant surtout la question au point de vue
- agricole, il est certain que nos agriculteurs pourraient profiter avantageusement de la loree qui coule à proximité de leurs exploitations pour les travaux de la ferme. Il leur faudrait, il est vrai, faire des | frais assez importants pour l’installation de l’usine,
- mais étant donné que les dépenses d'entretien sont très minimes, la force motrice mise à leur disposition serait fort peu coûteuse et le cheval-heure ne reviendrait guère qu’à 0n ,085 ou 0fr,09 environ, au lieu de 0tv,l 2 avec un moteur à pétrole ou à alcool et de 0fl,19 avec un moteur à vapeur. Et encore dans l’établissement de ce prix de revient, M. Levy-Salva-dor suppose-t-il que le courant électrique produit à l’usine hydraulique ne serait utilisé qu’à une distance de 700 mètres, ce qui nécessiterait une ligne de fils conducteurs de 1400 mètres de longueur.
- Dans bien des cas ce prix pourrait encore être réduit, car il existe actuellement en France des milliers de chutes aménagées mais non utilisées, des milliers «l’usines hydrauliques ne fonctionnant pas, ce sont les anciens moulins subsistant un peu partout sur nos petits cours d’eau et qu’il serait très facile de transformer en usines hydro-électriques, en substituant, à leurs grandes roues délabrées, une turbine rapide,
- solide et peu encombrante, accouplée à une dynamo génératrice. Comme exemple de transformation de ce genre, M. Levy-Salvador indique les résultats obtenus par M. Wateau-Moraine, agriculteur à Moranzy, qui a créé en 1899 la station centrale d’électricité d’Agnicourt et Séchelles dans le département de l’Aisne. N’ayant fait aucune étude spé-
- Fig. 1. — Transformateur à l'entrée d'un village.
- Fig. 2. — Machine à battre actionnée par un moteur électrique.
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- LA NATURE.
- ciale d'électricité, M. Wateau-Moraine a eu le grand mérite de pressentir tout ce que l’on pouvait tirer de l’énergie électrique dans un pays essentiellement agricole. Son usine une lois installée, il commença à appliquer l’électricité, sur le domaine de 540 hectares qu’il possède à Moranzy, pour actionner ses machines agricoles (batteuses, tarares, hache-pailles, concasseurs, trieurs, etc.), pour scier ses bois, élever l'eau nécessaire à l’arrosage de ses terres et à l’alimentation de son bétail. Lorsque la nuit venue, les travaux agricoles devenaient impossibles, il se servait du courant produit par l'usine sans augmentation de dépense appréciable pour l’éclai-
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- rage de sa ferme et de ses dépendances. Voulant se rendre compte des avantages que pouvait présenter pour un agriculteur l'emploi de l’électricité, il reconnut au bout d'un an qu’il avait réalisé un bénéfice de 28 francs par hectare, soit de plus de 8000 francs pour l’ensemble de son exploitation. C’était là la juste récompense de son initiative. Dès lors les agriculteurs voisins, en présence du résultat obtenu, lui demandèrent de lui céder une partie de l’énergie qu’il produisait et en 1901 fut fondée une société, aujourd’hui pleinement prospère, qui distribue le courant électrique dans toute la région, sur un parcours de 22 kilomètres. Là encore les résultats
- Fiy. 5* — Barrage de la station d’électricité d'Agnicourt et Séchelles.
- ont été excellents et les adhésions augmentant sans cesse, la Société ne peut suffire aux demandes et étudie les moyens de doubler la puissance de l’usine génératrice devenue insuffisante. Un succès aussi rapide ne manquera pas de surprendre tous ceux qui savent avec quelle lenteur se répandent les choses nouvelles dans les campagnes.
- L’usine d’Agnicourt et Séchelles est établie sur la Serre, affinent de l’Oise; le débit de la rivière à Agnicourt est en moyenne de 2000 litres par seconde, et la chute actuellement utilisée est de 5m,10. On procède à l’aménagement d’une nouvelle prise d’eau qui fournira une chute d’environ 4 mètres. L’usine est logée dans d’anciens bâtiments qui, autrefois, abritaient un moulin et une filature. La turbine, du type Fontaine à libre déviation, est celle qui action-
- nait la filature et le moulin. Elle commande une génératrice de 45 kilowatts produisant directement du courant triphasé à 5200 volts. La tension est réduite à 120 volts et l’intensité portée à 50 ampères au moyeu de transformateurs disposés dans chaque agglomération.
- L’utilisation de la force hydro-électrique dans les campagnes exercera certainement une influence très heureuse sur les populations rurales, influence qui, d’ailleurs, se manifeste déjà dans toute la région desservie par la station d’Agnicourt à Séchelles.
- Les agriculteurs sont très fiers de pouvoir produire, à volonté, en tournant simplement un commutateur, la lumière ou la force motrice, et d’être éclairés à l’électricité dans leurs villages alors que les villes voisines et même leur chef-lieu, Laon,
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- LA N ATI 15E.
- i :»o
- n’eu sont encore qu’à la lumière du gaz. Bien ne leur manque d’ailleurs, et chaque agglomération est reliée téléphoniquement avec l'usine centrale pour la transmission des ordres de service.
- Le courant électrique est distribué à 20 exploitations. Il actionne 17 moteurs d’une puissance totale de 70 chevaux et alimente près de 2000 lampes branchées sur la ligne. Le prix de l’énergie est de 20 à 26 francs par an par lampe de 10 bougies, pour l’éclairage, et de 0fl ,50 à 0fr,35 par kilowattheure pour les moteurs.
- C’est là une tentative très heureuse qui rend de grands services dans la région, et déjà plusieurs installations analogues ont été laites dans le voisinage, à Montceau-sur-Oise, à Yely-sur-Aisne, à Brissy par Moy, à Origny-Sainte-Benoitc, à Origny-en-Thié-rache, etc. D’ailleurs, en même temps que M. AYateau-Moraine créait son usine d'Agnicourt et Séchelles, une installation hydro-électrique non moins intéressante bien que plus modeste, était installée dans le département de l’Orne, sur l’Iton, par M. Henri Bresson qui, après avoir fait une étude très intéressante sur les chutes d’eau dont dispose ce département1 et appelé l’attention des agriculteurs sur l’utilisation de la puissance hydraulique, a tenu à donner l’exemple en montrant les usages multiples auxquels se prête l’électricité à la campagne.
- Enfin, récemment, M. Yictor Hugot a, lui aussi, créé dans l’ile La Loge, à Port Marly, une petite usine hydro-électrique qui fournit à sa ferme (Jersey-Fearm) le courant qu’il utilise pour les travaux les plus divers et notamment pour la traite mécanique de ses vaches*. C’est là une application des plus curieuses et qui, paraît-il, donne de très bons résultats.
- Bornons-nous aujourd'hui à constater que l’utilisation de la force hydraulique a trouvé une voie nouvelle qui est appelée à [(rendre rapidement un important développement et pourra contribuer à améliorer notablement la situation de nos populations rurales. Il serait intéressant que le Ministère de l’Agriculture entreprît une statistique de ce qui a été fait jusqu’à présent dans cet ordre d’idées,et encourageât les agriculteurs et notamment les syndicats agricoles à ne pas laisser s’écouler en [turc perte l’énergie que nos nombreux cours d’eau mettent à leur disposition dans des conditions si avantageuses.
- Georges Cave.
- EAU DE J.AAEL
- ET LIQUEUR DE LARAKRAQUE
- Nos ancêtres ont déjà tout remarqué, s’ils n’ont pas tout expliqué. M. le I)r Bczançon, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris, en a donné une nouvelle preuve dans le rapport favorable et concluant qu’il a fait sur l’emploi antiseptique et désinfectant de l’Eau de
- 1 Yoy. n° loto, du 1 juin 1902, p. 5.
- 2 Yoy. n" 15jG, <lu 20 mai 1800. p. 300.
- Javel*. Ses expériences très précises démontrent que l’Eau de Javel ou plus généralement les dissolutions d’hypocldorites ont une action désinfectante très remarquable. Cela tient à leur grand pouvoir bactéricide.
- Comme les micro-organismes des divers genres n’ont été découverts et étudiés que depuis un nombre restreint d’années, il n’est rien d’étonnant à ce qu’en 1825 ils fussent ignorés et que, de la cause réelle des infections, des épidémies, de la septicémie, etc., on ne sût rien ou l’on n’eùt que des pressentiments. C’est à cette époque déjà reculée du siècle dernier, qu’un pharmacien chimiste nommé Labarraque2 eut l’idée d’utiliser les propriétés désinfectantes du chlore, déjà connues ou pressenties, en donnant à cet agent la forme maniable d’une eau chimique dont il breveta la fabrication tout en en divulguant la composition exacte.
- À l’occasion d’un concours institué par la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, le 50 octobre 1822, Labarraque présenta son procédé en l’appliquant à l’enlèvement de la membrane muqueuse des intestins d’animaux. Il évitait ainsi la macération et s’opposait à la putréfaction. Le prix obtenu, l’inventeur préconisa l’emploi de sa découverte non seulement dans la désinfection générale, mais aussi dans la désinfection locale des plaies chirurgicales, dans la prévention des épidémies, etc.
- Dès 1825, la liqueur de Labarraque jouait le rôle d’un antiseptique local et général.
- La liqueur de Labarraque, appelée aussi improprement liqueur de « chlorure d’oxide de sodium », car à cette époque on n’était pas éclairé sur la constitution des hypochlorites alcalins ou alcalino-terreux, consiste en un mélange d’hypocldorite de sodium, de carbonate et de chlorure sodiques.
- L’appellation de « liqueur de Javel » donnée à la solution d’hypocldorite de sodium employée actuellement dans l’industrie, est donc inexacte, puisque c’est le sel ci-dessus nommé qui est, en réalité, le constituant essentiel de la liqueur c/e Labarraque. L’eau de Javel est, au contraire, la solution du sel potassique correspondant.
- Dès son apparition, le succès de la liqueur de Labarraque comme désinfectant fut d’ailleurs considérable. En hygiène publique ou privée, dans les industries animales insalubres, son emploi devint des plus étendus. Un rapport officiel de Ilobiquet constate la pleine réussite d’expériences de désinfection des matières animales.
- En 1825, Durand du Pesscau s’en servit à l’occasion d’une épidémie de fièvre typhoïde éclatant dans une caserne. La liqueur permit une large désinfection, et, malgré le manque d’eau ordinaire, évita la généralisation de l’épidémie.
- Dans les autopsies, les exhumations judiciaires, les levées de cadavre, la mixture de Labarraque fit merveille. Le service des Halles l’utilisa pour désinfecter la poissonnerie et assurer le lavage journalier et la désodorisation des paniers servant à la vente. L’altération des viandes de boucherie, de la volaille, du gibier était retardée d’une façon remarquable si on les conservait dans une atmosphère saturée de vapeurs de chlore.
- Le rôle chimique joué par la liqueur dans la désinfec-
- 1 Communication à la Société de Médecine publique et du Génie sanitaire.
- 2 Les curieux renseignements suivants ont été puisés dans une brochure portant le titre : Documents scientifiques et administratifs concernant l'emploi des chlorures d'oxides- et spécialement du chlorure d’oxide de sodium ou liqueur de Labarraque recueillis par L. R. Le Canu, 1843.
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- LA NAT LUE.
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- tion des égouts, fosses d’aisances, puisards, etc., se précisait en même temps, et par un lavage à l’eau chlorée suivi d’un balayage du sol et du siège des latrines, on pratiquait, sans le savoir, la meilleure des antisepsies générales.
- Les résultats furent si remarquables que l’administration des hôpitaux et hospices de Paris, malgré sa coutumière lenteur, l’adoptait immédiatement et se félicitait des heureux résultats obtenus. Les autres services publics, marine, guerre, colonies, s’en servaient exclu-vivement comme désinfectant pour les locaux ou les bateaux. La Comédie-Française elle-même en arrosait la salle un jour de représentation gratuite et depuis lors s’en servait chaque jour.
- Les instructions officielles relataient minutieusement les mesures de désinfection générale réalisables avec l’hypochlorite. C’est ainsi que tous bâtiments publics, lieux occupés par un grand nombre d’individus, doivent être arrosés avec la solution étendue. Il en est de même pour toute installation industrielle ou agricole. Il faut citer textuellement le passage suivant de l’instruction, car il contient en germe toute l’antisepsie moderne, tant médicale que chirurgicale :
- « Les personnes chargées du service des hôpitaux, hospices, alors surtout que des maladies telles que la rougeole, la petite vérole, etc., y sont traitées, feront bien de se laver les mains, même de se mouiller le visage, plusieurs fois par jour, avec du chlorure étendu d’au moins 60 pour 100 d’eau, principalement au moment d’approcher les malades et de toucher les plaies; celles qui s’occupent de travaux d’anatomie auront à prendre de semblables précautions. Dans les hôpitaux ce sera encore chose utile, que de passer à l’eau chlorurée les linges, bandes, compresses, etc., plus ou moins imprégnées de pus et de sang avant de les étendre sur des cordes en attendant le blanchissage. »
- La liqueur de Labarraque, antiseptique local, guérissait aussi les plaies indolentes ou gangrenées, c’est ainsi que la Taglioni dut à l’hypochlorite la guérison d’une plaie au pied qui la tenait éloignée de la danse et de la scène. Il n’est pas jusqu’au contage de la peste où l’on n’ait employé la liqueur avec succès.
- Le cours du dix-neuvième siècle marqua pour la liqueur de Labarraque une longue période d’oubli. Lorsqu’appa-rut le règne de la microbie et conséquemment de l’antisepsie, on chercha bien loin les corps les plus énergiques. De merveilleux agents, tels que le sublimé, furent découverts. Mais pour en revenir au plus simple d’emploi, au moins coûteux et à l’un des plus efficaces, il a fallu l’autorité du Dr Bezançon qui a reconnu définitivement l’énergie microbicide des hypochlorites et de la liqueur de Labarraque.
- Cette justice rendue aux propriétés salulairts .de l’eau de Javel ou de ses succédanés, dont remploi est tout indiqué en hygiène publique ou privée rappelle par contre l’attention sur son gros inconvénient.
- Il y a un cas où ce puissant agent n’est guère utilisable : les solutions d’hypochlorite, même faibles, attaquent le linge et diminuent la résistance de la fibre. 11 faut proscrire son usage dans la blanchisserie ordinaire. Aussi bien ne l’emploie-t-on ici que pour son pouvoir oxydant et décolorant, line lessive bien faite, normalement conduite, y suppléera aisément dans les ménages, car les solu-' tions alcalines sont de bons désinfectants. Souhaitons, dans l’industrie, le règne exclusif de la lessive par la vapeur sous pression. 11. Lardé.
- LES NOUVEAUX FEUX-FLOTTANTS
- ors corKs de flance
- Nous avons ou, il y a quelques années, l’occasion d’étudier les bateaux-feux employés sur nos côtes pour en assurer l’éclairage de concert avec les feux fixes, c'est-à-dire avec les phares; mais, de même que notre service des Phares, sous la haute direction de M. Bourdelles, puis de M. Quinette de Roche-mont et de M. l’Ingénieur en chef Ribière, s’est constamment préoccupé de l’amélioration des procédés d’éclairage des phares proprement dits, de même il a poursuivi la transformation et l’amélioration des bateaux-feux.
- Pour cela il fallait tout d’abord modifier les appareils d'éclairage, qui, avec leurs réflecteurs paraboliques, ne pouvaient pas donner plus de 1500 Carcels, et à ce point de vue on a tiré parti des travaux poursuivis pour les phares ordinaires, travaux qui ont porté sur le gaz comprimé et l’incandescence, et dont nous reparlerons dans un article ultérieur. Il a fallu de plus apporter des changements assez considérables aux bateaux mêmes, aux pontons portant les feux. On est arrivé à cette conclusion que le régime des laines de tempête, seules susceptibles de troubler de façon sérieuse la stabilité de ces pontons, peut être parfaitement défini, la durée d’oscillation de ces lames étant à peu près constante en chaque point, et, comme on sait également leur direction et aussi celle du ponton dans les diverses circonstances de marée et de courant, on a la possibilité d’appliquer à ce ponton la théorie des corps oscillants.
- Une première série de feux-flottants ont été exécutés ces dernières années : ce sont le nouveau Dijck, le nouveau Ruytingen, puis le feu de Talais; on a augmenté leur moment d’inertie transversal par une répartition convenable du lest, qui a été disposé aussi loin que possible du centre de gravité ; de plus, on assure l’amortissement des mouvements de roulis par des quilles latérales faisant une forte saillie. Nous devons dire que, pour les deux premiers feux que nous venons de citer, la solution ne fut trouvée que fort imparfaite, et en somme elle était très coûteuse, puisque le nouveau Ruytingen, par exemple, exigeait une dépense annuelle de 40000 francs, tout en ne fournissant pas une puissance lumineuse de plus de 1200 carcels. On devait donc songer à des pontons de plus faible dimension, où l’on utiliserait du reste l’éclairage au gaz. Une expérience a d’abord été faite avec un feu destiné à fonctionner sans gardien sur ce plateau de Rochebonne dont nous avons parlé jadis, sen donnant une description d’un feu-llottant du type ancien. Ce nouveau bateau-feu, dont on voit la forme très caractéristique sur le dessin ci-joint, est long de 14m,50 pour une largeur relativement énorme de 6m,00 et un creux de 2l",70; il porte au sommet d’un mât tubulaire, à 10 mètres au-dessus de l’eau, un appareil lenticulaire de feu-fixe, avec alimentation au gaz d’huile comprimé. Mais comme ses mouve-
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- ments étaient trop durs et qu’on voulait un bateau habitable et portant un l'eu à éclats avec incandes-
- cence par le gaz, on créa le feu-flottant de Talais, long de 18"',50 pour 0 de large, et dont le mât
- Fig. 1. — Feu-flottant de Talais.
- porte précisément un appareil pendulaire de feu-éclair à incandescence : ce bateau est, bien entendu, muni de trois quilles de roulis qui ont toutes 7 5 centimètres de haut. Les coups de roulis sont presque nuis, grâce aussi à la répartition des poids, et, quoique le tangage soit fort sensible, le bateau est habitable dans d’excellentes conditions par les trois hommes qui le montent. Jusqu’ici d’ailleurs on n’avait envisagé que la stabilité transversale. Au point de vue de la stabilité générale, on avait l’exemple des bouées lumineuses, qui conservaient presque par tous les temps leur absolue verticalité, parce que leur flotteur se trouvait prolongé inférieurement par un tube lesté qui abaissait le
- centre de gravité au-dessous du centre de carène; mais on ne pouvait songer à adopter pour les feux-
- 11 ottants une semblable forme, incompatible avec les facilités de manœuvre et la navigabilité qu’exigent certains de ces feux. U fallait en réalité une sorte de navire, mais présentant une faible surface de flottaison et un centre de gravité placé aussi bas que possible.
- C’est pour répondre cà ces desiderata que l’on a construit le Snouw, mouillé près de Dunkerque, où le tirant d’eau des bateaux précédents a été augmenté de 1"',20 et le lest composé de pièces de fonte lixées à la quille centrale, extérieurement au navire; de plus, les extrémités du navire ont été affinées. La Ion-
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- L A NA TU UK.
- i :>r»
- gueur est de 20 mètres pour une largeur de 6, le ! meme eu travers à la lame, mais eu poursuivant et creux atteint et le tirant d’eau 5'",57. La sta- ! en accentuant cette qualité on a créé un tangage
- bilité au roulis de ce bateau est presque absolue, | propre à périodes relativement longues, qui a pu
- donner une amplitude totale de 45° en cas de syn- tangage en établissant des souillages en bois à chronisme avec la lame. Un est parvenu à réduire ce l’avant et à l’arrière du petit bateau. Ajoutons qu’on
- Fig. i. — Le l'eu <lu Snouw.
- a substitué un feu fixe au feu à éclats, ce qui diminue considérablement le poids placé au sommet du màt.
- Finalement'ces essais successifs ont conduit à un type que l’on n’a pas encore pu juger pleinement, mais d’après lequel on a construit deux nouveaux
- bateaux-feux : le Sandetlie, qui est lancé depuis un certain temps (il sort des Chantiers Dyle et Bacalan, et son appareil optique de la Maison Barbier, Bénard et Turenne), et le Dunkerque, qui vient d’être mis à Ilot tout récemment, et qui est construit exactement
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- LA NATURE.
- loi
- d’après le même plan. Nous nous contenterons de donner une description rapide du Sandeltié, nous réservant de revenir sur les résultats obtenus avec ee type de feu-flottant.
- Le Sarulettié, avec sa longueur de 55 mètres pour une largeur de O1'1,24 et un creux de 5m,10, offre une disposition de carène bien caractéristique, surtout dans une coupe transversale : son tirant d’eau est de im,t)0 et la hauteur de ses quilles au milieu est de O"1,80. Ses aménagements comprennent toutes les installations d’un feu-flottant de premier rang : signal sonore alimenté par des compresseurs à vapeur, guindeau à vapeur ou à air, optique pendulaire de feu-éclair à gaz, à éclats de 5 en 5 secondes, équipage composé d’un capitaine et de 8 hommes. Nous n’insistons pas sur les formes de ce bateau, parce que la gravure qui accompagne ces lignes les rend suffisamment sensibles. Pour l’optique, nous ferons remarquer qu’on a abandonné l’ancienne disposition, où les réflecteurs étaient portés par des suspensions ordinaires à la Cardan et pouvaient faire des angles considérables avec la verticale vraie : cette combinaison aurait été impossible avec les faisceaux très condensés des appareils lenticulaires. On a donc eu recours à une sorte de pendule composé, l’optique lenticulaire à quatre panneaux étant prolongée à sa partie inférieure par une tige qui porte un contrepoids en plomb. Cette tige est fixée par une articulation à la Cardan, placée au-dessous de l’appareil, au centre d’un cercle horizontal mù par la machine de rotation du feu et roulant sur des billes en acier. Au sommet de l’appareil se trouve un contrepoids en plomb. La différence entre la durée d’une oscillation simple de l’appareil et celle d’une demi-période de roulis est suffisante pour que les écarts de cet appareil ne dépassent pas 5 à 0°, ce qui ne peut nuire à l’éclairage. Du reste les deux axes des articulations à la Cardan sont constitués par des couteaux en acier extra-vif, reposant sur des portées de même métal : ce qui assure une extrême liberté de mouvement du pendule.
- L’appareil est illuminé par incandescence au moyen du gaz d’huile comprimé, et suivant une disposition que nous nous réservons de décrire en détail; un ajutage tournant et un tuyau de caoutchouc laissent l’arrivée du gaz se faire convenablement,» et la puissance lumineuse du feu est de 5500 Carcels. Il est à espérer que ce dernier type de bateau-phare donnera pleine satisfaction à tous les points de vue. Daniel Dellet.
- L’ACTION DE LA QUININE
- Il y a quelque cinquante ans le Dr Maillot a indiqué que le seul agent efficace pour combattre le paludisme était l’emploi de la quinine et il a sauvé ainsi en Algérie la santé de nos soldats décimés par cette terrible fièvre. Depuis ce moment, la quinine est donnée au premier accès et l’on sait que bien peu de cas résistent à ce traitement.
- Pourquoi et comment agit la quinine? On pourrait répondre comme au temps de Molière que de même que l’opium fait dormir parce qu’il a une vertu soporifique, de même la quinine guérit la fièvre en raison de sa vertu fébrifuge. 11 est de fait que pour bien des médicaments, il fallait jadis se contenter d’une interprétation tout à fait simpliste. La nature de bien des maladies était inconnue, à plus forte raison devait-il en être ainsi de l’action d’une drogue.
- On sait aujourd’hui que la malaria est due à la présence dans le sang d’un hématozoaire ; on sait depuis une époque plus récente1, que l’hématozoaire pénètre chez l’homme par la piqûre du moustique, de l’anophèle. Or, l’hématozoaire du paludisme ne se développe guère que dans l’obscurité. Seraient-ce les rayons rouges que donne le sang qui favorisent sa vie et sa multiplication et les rayons violets le troubleraient-ils dans cette évolution? C’est la théorie que soutient un médecin américain, le Dr King, dans un travail intéressant. D’après lui, la quinine est une substance fluorescente et c’est par cette fluorescence qu’elle agit comme destructeur du parasite de la malaria.
- Les arguments donnés par le Dr King, à l’appui de son interprétation, ne manquent pas d’une certaine autorité. Deux substances d’origine végétale qu’on a jadis employées contre le paludisme, l’esculine et la fraxine, les principes actifs du marron d’Inde et du frêne, donnent des rayons bleus. L’iode, qui n’est pas fluorescent, trouve dans l’économie des substances amidonnées avec lesquelles il se combine pour former une combinaison d’un bleu violet intense. Le bleu de méthylène, conseillé récemment dans les formes de paludisme chronique, dans les névralgies invétérées agirait de même par l’émission de rayons nocifs pour l’hématozoaire.
- 11 y a longtemps qu’on a reconnu que l’absorption de la quinine augmentait la fluorescence du sang et que cette modification s’atténuait ou s’accroissait suivant les doses prescrites et suivant la période plus ou moins distante du moment de l’ingestion du sel. L’hématozoaire serait donc, comme bien des agents microbiens, désagréablement influencé par les rayons violets.
- 11 y a une petite objection à cette théorie, c’est qu’on rencontre des cas de paludisme qui résistent aux sels de quinine, quels qu’ils soient. M. King convient qu’il y a des cas réfractaires; mais alors, dit-il, les accès ne sont produits que par les corps en croissant et non par le type complet du parasite. Ces corps en croissant se rencontrent surtout dans les organes profonds, dans les parties les plus obscures du corps; dans ces conditions l’action destructive de la quinine ne peut se produire, car sa puissance fluorescente est alors à peu près nulle.
- Si la théorie de M. King est vraie,-on pourrait essayer, et ce serait une expérience qui ne parait pas bien dangereuse, d’administrer à des paludiques des corps doués de cette propriété fluorescente à un bien plus haut degré. Certains métaux nouvellement découverts, comme le radium, réussiraient peut-être dans les cas où la quinine se montre impuissante. Dr A. C.uitaz.
- DE L’APPRÉCIATION DES VITESSES
- Les récents progrès accomplis dans le domaine du Cycle et de l’Automobile ont imposé aux constructeurs aussi bien qu’aux amateurs l’obligation de se rendre
- 1 Yoy. n° 14ô7, du 8 décembre 1900, p. 22.
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- LA NATURE.
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- compte rapidement et à maintes reprises de la vitesse de leurs machines, mais ils n’avaient jusqu’ici à leur disposition aucun appareil susceptible de leur donner pleine satisfaction. Parmi les recherches qui ont été récemment faites à ce sujet, nous avons remarqué au dernier Salon de l’Automobile-Club de France, un nouvel instrument construit par la maison Lépine. Le Chronosport Lépine, qui vient combler cette lacune, est à la fois un chronogra-phe et un compteur de vitesse, grâce à une ingénieuse combinaison imaginée par MM. Ed. Surcouf et Savignac. Il comprend : 1° un cadran des heures et des minutes comme dans toutes montres; 2° un chronographe indiquant les 1/5 de seconde; 5° un compteur central totalisant les minutes du chronographe; 4° un dromographe.
- C’est à ce dromographe d’un nouveau modèle avec sa double échelle unitaire et décimale que le Chronosport Lépine doit les avantages qu’il présente sur les instru-
- II-C
- — a
- Chronosport Lcpiiic.
- ments analogues. Dans cet appareil, pour obtenir la clarté désirable et pour éviter la moindre fatigue de l’œil, les cadrans de lecture sont concentriques, celui du compteur étant le plus petit, et toutes les aiguilles irradient autour du centre de la montre. Quant à la grande aiguille, elle sert à la fois comme dromographe, comme chronographe et elle remplace par suite la petite trotteuse ordinaire.
- L’appareil se met en marche comme tous les clirono-graphes et la lecture se fait sur trois cercles gradués À, B, C dans les conditions suivantes : 1" sur le premier cercle extérieur A pour les vitesses de GO à 200 unités à l'heure (kilomètres, milles, verstes) ; 2° sur deux cercles intérieurs B, C, pour les vitesses de G à GO et de 5 à G unités à l’heure.
- Un des caractères particuliers de l’instrument est l’utilisation de, l’une ou l’autre extrémité de l’aiguille chro-nographique, l’extrémité b pour indiquer les vitesses sur le cercle extérieur et l’extrémité a pour lés deux cercles intérieurs. Ces dispositions permettent d’apprécier pour la première fois toutes les vitesses comprises entre 3 et 200 unités avec une montre de dimensions ordinaires.
- Exemples : A. — Vitesses de 50 à 200 unités. (Le parcours étant jalonné en unités : kilomètres, milles,
- verstes, etc.). Si le compteur n’a pas fonctionné la vitesse se lit avec l’extrémité b de l’aiguille sur le cercle extérieur A et si le compteur a fonctionné, avec l’extrémité a sur le plus petit des deux cercles intérieurs C, en ayant soin toutefois dans ce second cas de multiplier par 10 le nombre qui est lu.
- A1. — Vitesses de 3 à 50 unités (l’unité de parcours étant la même que dans le cas précédent). Le compteur a forcément fonctionné ; il suffit de totaliser les minutes du compteur réduites en secondes avec les secondes indiquées par l’aiguille, puis de faire fonctionner l’appareil de façon à amener l’extrémité b en regard de la division correspondante au 1/10 de la somme et lire la vitesse avec l’extrémité a sur le plus grand des cercles intérieurs B si l’expérience a duré de deux à dix minutes, et sur le plus petit cercle C si elle a duré de dix à vingt minutes.
- Exemples B. — Vitesses de 5 à G0 unités. (Le parcours étant jalonné au dixième de l’unité adoptée : kilomètre, verstes, milles, etc.). La vitesse cherchée se lit à l’aide de l’extrémité a de l’aiguille sur le plus grand cercle intérieur B si le compteur n’a pas fonctionné et sur le plus petit G si le compteur a fonctionné.
- La lecture directe et instantanée de la vitesse est assurée dans les deux cas, soit qu’on opère sur l’unité de parcours ou sur le dixième de cette unité. 11 est bon de faire remarquer que pour les vitesses supérieures à 50 unités, l’expérience doit être faite sur l’unité de parcours et pour les vitesses inférieures à 50, sur le dixième de cette unité.
- On peut ajouter que chaque combinaison se différencie sur la montre par des couleurs variées afin d’en augmenter la clarté.
- Tel est l’usage du Chronosport dont la construction augmente la justesse des lectures et diminue par suite les erreurs d’appréciation de tèlle sorte que cet instrument, qui paraît plus particulièrement désigné à l’usage sportif, est en même temps d’une grande utilité aux ingénieurs et aux hommes de sciences. Loris Itevox.
- LE PANORAMA DU PUY-DE-DÔME
- C’est un vrai panorama, qui donne une saisissante impression d’immensité. A part le massif des monts Dore s’élevant à une trentaine de kilomètres dans le sud-sud-ouest, et une partie de la chaîne du Forez se profilant à 70 kilomètres à l’est, rien ne borne la vue qui peut s’étendre à l’infini sur tout le pourtour de l’horizon, comme si l’on était en pleine mer. C’est d’ailleurs la comparaison que font ordinairement les touristes lorsqu’ils débouchent sur le sommet du puy de Dôme. Et ils voient, en effet, une merde montagnes, de pics et de cônes volcaniques, de collines et de vallées, de plateaux et de plaines; une mer de forets, de champs et de prairies dessinant un curieux damier de toutes couleurs ; une mer parsemée d’innombrables villages qui surgissent et qui disparaissent tour à tour, selon que le soleil les met en lumière ou les laisse dans l’ombre.
- Dans la multitude de points qui s'imposent ainsi aux regards d'une manière accidentelle ou permanente, il en est qu’on reconnaît tout de suite parce qu’on les a déjà vus, ou parce qu’on sait leur posi-
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- tion relativement à d’autres que l’on a antérieurement déterminés. Mais il y en a aussi, et c’est le plus grand nombre, qu’il est difficile de dénommer quand on les voit, ou qu’on ne peut pas trouver lorsqu’on les cherche, bien qu’on les sache visibles [tour un œil habitué à déchiffrer la carte géographique naturelle dont ils sont les éléments. De 1880 à 1896, en utilisant les loisirs de mes trop rares et trop courts séjours au sommet du puy de Dôme, j’en ai identifié et repéré environ trois cents, à l’aide d'une sorte de balustrade de Delambre, constituée par le parapet circulaire de la tour de l’Observatoire.
- Mais tous ces points sont loin d’avoir la même
- importance, surtout si l’on se place en dehors du tourisme local. D’autre part, il est aisé, du sommet du puy de Dôme, en se servant d’une carte de l’état-major, de relever exactement les soixante cônes volcaniques qui constituent la curieuse chaîne des puys. Enfin, comme il m’aurait fallu un trop vaste dessin pour représenter tout le reste d’une façon distincte, je me suis borné, dans la ligure ci-jointe, à indiquer, par leur orientation et par leur éloignement, une quarantaine de lieux ou de localités, en choisissant d’abord ceux qui offrent le plus grand intérêt, et ensuite ceux qui attirent ordinairement l’attention des touristes.
- Parmi les villes : Clermont-Ferrand qui s’étale à 1100 mètres plus bas, à 10 kilomètres de distance,
- et dont les mille feux fournissent, la nuit, un spectacle féerique ; Royat dans le nid de verdure qui l’encadre avec une coquetterie sans pareille; Riom, l’austère ville des légistes; Thiers, la cité industrielle et pittoresque qui s’étage et miroite sous les rayons du soleil couchant; Vichy, la reine cosmopolite de nos stations thermales; enfin, à 91 kilomètres, Moulins, qui laisse voir, rarement, sa cathédrale, son magnifique pont sur l’Ailier, et sa prison, la Mal-Coiffée, autrefois donjon du château des ducs de Bourbon ;
- Parmi les châteaux et les villages qui couronnent fièrement les pies ou les coteaux : Randan, Château-gay, Ravel, Mauzun, Montmo-rin, Le Crest, Herment, No-nette dans le Puy-de-Dôme, et jusqu’à Sermur, dans la Creuse, à près de 50 kilomètres de distance ;
- Parmi les nappes d’eau : l’Ailier à Pont-du-Château, le lac Servière, le lac d’/Vydat et le lac de Chancelade ;
- Parmi les grands reliefs du sol, une série de pics, de plateaux ou de montagnes que j’aurais pu faire beaucoup plus nombreuse, et dont j’abrégerai encore l’énumération en citant seulement : le plateau de Gergovie, célèbre par la lutte de Vercingétorix contre César ; le pic de Sancy, la plus haute montagne des monts Dore et de la France centrale; le Cézallier, qui arrondit sa croupe massive vers la limite méridionale du département du Puy-de-Dôme; le Montoncel, qui sert de borne limitrophe naturelle aux trois départements de l’Ailier, du Puy-de-Dôme et de la Loire; Pierre-sur-llaute, le point culminant de | la monotone chaîne dœForez ; les principaux sommets i du grand volcan cantalien, le Plomb du Cantal, le | puy Griou, le puy Mary et le puy de Chavaroehe;
- ! dans la Corrèze, le plateau de Millevaches, qui I dépasse à peine, vers l’Ouest, la ligne générale de l’horizon; dans les monts du Vivarais, à 108, 120et 135 km, le Grand-Felletin, le Meygal et le Mezenc; enfin, à 505 km, le géant des Alpes, le Mont-Blanc, qui montre 800 mètres de sa tête chenue, en plein Est, à 88°,5 du Nord géographique, par une échancrure des monts du Forez *. J.-R. Pixmxxdox,
- Météorologiste à l'observatoire du Puy-de-Dôme.
- 1 Yov. n"s 715 du 12 février 1887, p. 175; 711) du 12 mars 1887. p. 220 et 1000 du 21 avril 180i, p. 555.
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- Panorama du Puy-de-Dôme.
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- LA NATURE.
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- RABOT AUTOMATIQUE
- MM. Jacquot et Taverdon, constructeurs-mécaniciens, ont imaginé, il y a peu de temps, un nouveau système de rabot, pour le travail des métaux; ce rabot, auquel ils ont aussi donné le nom de « Rapide-lime », s’adapte sur tous les étaux très rapidement et avec la plus grande facilité. Il constitue une machine légère, très mobile, se transportant aisément d’un étau à l’autre suivant les besoins ; il peut se loger à volonté dans un sac à outils pour les travaux du dehors, et peut se placer également sur de grosses pièces à travailler qu’on ne peut transporter sur des
- I machines-outils. Il réalise complètement le rabot du | mécanicien, il remplace avantageusement la lime et | le burin au point de vue de l’économie, de la rapidité et de la parfaite exécution du travail ; il coupe, rogne, entaille, dresse et façonne les aciers les plus durs avec une grande précision.
- Nous avons eu dernièrement l'occasion de manier une machine de ce genre; nous croyons utile d’en faire connaître à nos lecteurs tous les avantages pratiques, ainsi que tous les services qu’on peut enattendre.
- La figure, ci-jointe donne une vue détaillée de toutes les pièces principales ; dans le dessin 1 c’est une vue d’ensemble et une coupe intérieure du coulisseau porte-outil ; le dessin 2 montre un rabot monté sur un
- Rabot nutomatiqup. — 1. Vue d’ensemble et coupe intérieure du coulisseau porte-outil. 2. be rabot monté sur un étau. — 5. Le, rabot monté sur un plateau.
- étau, et le dessin 5 un rabot monté sur un plateau.
- Le rabot se compose essentiellement d’un bâti A que l’on peut facilement placer sur la mâchoire fixe M d’un étau (n° 2). Ce bâti est formé par une auge demi-cylindrique dont les bords supérieurs constituent les glissières sur lesquelles se déplace un chariot C. Au centre du cylindre est placée une vis S horizontale, qui commande le déplacement du chariot, comme nous allons le voir plus loin. Le bâti A porte sur le côté un étrier I dans lequel on engage la mâchoire fixe M de l’étau; un côté de cet étrier est traversé par une vis de serrage II qui s’appuie contre la mâchoire M sur laquelle repose en outre une nervure venue de fonte avec le support A. La stabilité du système est entièrement assurée au moyen d’une vis de butée P (n° 1) disposée de façon à caler
- l’arrière. Lorsque le rabot a été monté sur la mâchoire fixe de l’étau, comme nous venons de l’indiquer, on ouvre l’étau, on fixe en Q les pièces à travailler sous le burin porté par le coulisseau (n° 1), dont il va être question.
- Sur le chariot C, qui est commandé par la vis S, est placé un coulisseau porte-outil R, constituant le rabot proprement dit. Il est muni d’une tète à double inclinaison dans laquelle peuvent se placer les burins; il se déplace latéralement en recevant le mouvement de va-et-vient d’un levier à main E, auquel il est relié par l’axe D. Le levier est articulé au moyen d’une bielle G avec un goujon fixe F implanté dans une embase venue de fonte avec le chariot C. La tête porte-outil peut prendre diverses positions selon qu’il s’agit de faire le rabotage horizontal, vertical,
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- LA NATURE.
- les rainures inclinées, le dressage intérieur ou exte'rieur d’une surface inclinée ou en talus.
- On sait qu’en général le rabotage mécanique ou dressage d’une surface de métal est obtenu en creusant à l’aide d’outils spéciaux une série de petits sillons très rapprochés les uns des autres et constituant ce qu’en terme de métier on appelle une passe. Avec le rabot que nous décrivons, on imprime au moyen du levier un mouvement en avant au coulisseau porte-outil pour enlever une certaine quantité de matière; il faut ensuite faire avancer le chariot C en faisant tourner la vis S qui le commande. Un dispositif très intéressant a permis d’obtenir automatiquement ce déplacement. La vis S porte une rainure longitudinale. Dans cette rainure est engagé l’ergot d’une étoile O (il0 1) traversant une ouverture U du chariot C. L’étoile, en tournant d’un certain angle, entraîne la vis au moyen de l’ergot engagé dans la rainure. Le mouvement de l’étoile est à son tour obtenu en utilisant le mouvement du coulisseau, qui porte, suspendu intérieurement à un axe horizontal (n° 1), un taquet X que l’on peut caler à l’avant ou à l’arrière à l’aide d’une broche lî. Quand le coulisseau se déplace le taquet, qui est entraîné dans le même sens, vient rencontrer l’étoile et, suivant que la broche est placée d’un coté ou d’un autre, fait ou non tourner l’étoile; dans le deuxième cas, en effet, le taquet en rencontrant l’étoile s’incline suivant Z et passe dessus sans agir. Le changement de marche du chariot s’obtient en plaçant simplement la broche R de l’autre coté du taquet X. On obtient également l’arrêt du mouvement automatique en relevant le taquet X par-dessus la broche R.
- Nous n’avons parlé jusqu’à présent que du montage du rabot sur un étau; mais le dessous du bâti A est parfaitement dressé. On peut donc monter également l’outil sur un plateau, comme l’indique le n° 5 de la figure, au moyen de deux boulons d’assemblage. Les équerres à serrage universel sont destine'es à serrer les pièces à travailler. Le rabot automatique se prête alors aux travaux de haute précision. Le coulisseau a une course de 0m,18, et le chariot une course de 0m/25 ; on peut donc raboter une surface de 450 centimètres carrés.
- Cette machine nous a paru ingénieuse, et mérite d’attirer l’attention; elle peut être très utile au mécanicien et à l’amateur, car elle permet d’effectuer facilement et dans d’excellentes conditions une série de travaux qu’il n’est pas toujours aisé d’exécuter en dehors de l’atelier. J. Laffargfe.
- CHRONIQUE
- Les pécheurs bretons. — La sardine ayant manqué cette année sur le littoral, on peut se demander, si, en cas de disette de poissons, on ne pourrait pas trouver un autre champ d’exploitation. En J 1)05, on prétend que la sardine est restée au large, à 20 ou 25 milles de la côte. On aurait pu s’en assurer plus complètement. Mais
- il parait que sur la côte d’Afrique, entre le cap blanc et le Sénégal, se trouve une région d’une extrême richesse en sardines. L’entrée du port de Dakar serait comme obstruée par un banc de poissons ayant 12 à 1500 mètres de large, une vingtaine de mètres de profondeur et 5 à 6 mètres d’épaisseur. Dès le dix-septième siècle, l’abondance du poisson sur les hauts fonds de sable des baies du Lévrier et d’Arguin était très connue. Les pêcheurs espagnols des Canaries y venaient assez régulièrement faire ample moisson de poissons. 11 y aurait donc lieu de se préoccuper de savoir si les faits sont strictement exacts et si les pêcheurs français ne pourraient pas exploiter avec gain les richesses exceptionnelles de cette partie de l’Atlantique. Les pêcheurs constituent le noyau principal de notre marine de guerre. Il ne faudrait pas, en rendant l’industrie de la pêche impuissante, tarir cette source d’énergie indispensable à la défense nationale.
- Télégraphie sans fil. — Les premières expériences de M. Hertz sur les ondes électriques datent d’environ dix ans. Un peu plus tard, en 1896, M. Marconi faisait ses premiers essais de télégraphie sans fil. Cette même année M. Marconi envoyait déjà des signaux à près d’un mille de distance. Progressant sans cesse dans ses travaux il était arrivé depuis près d’un an à transmettre le signal « S )) de Cornwall en Amérique. Tous ceux qui ont été incrédules l’année dernière doivent être convaincus aujourd’hui; il est bien vrai qu’en mars 1902 des messages ont pu être transmis de la Philadelphia d’une distance de près de 1551 milles et que le signal « S » a été réellement envoyé à 2099 milles. Peu après la croisière du Carlo Alberto en juillet-août 1902 obtenait de bons résultats au travers de grands espaces de terre et de mer. Enfin, à la fin de 1902, nous arrivons au succès du système complet transatlantique avec transmission des messages dans les deux directions. C’est le résultat étonnant donné par six années d’un travail incessant. Ces expériences terminées, il reste encore, il est vrai, à résoudre le problème du syntonisme. 11 faut trouver le moyen d’isoler les dépêches, de ne les transmettre qu’aux stations désignées. Le problème est difficile; mais, après ce qui a été fait, on peut espérer que M. Marconi parviendra encore à tourner la difficulté.
- L’eau «le Seine autrefois. — On prétend souvent que l’eau de Seine autrefois était bien meilleure qu’au-jourd’hui. Ce qui est exact, mais cela ne veut pas dire qu’elle était bonne. Les opinions étaient même alors très partagées. Vers 1860, on admettait encore au Conseil municipal de Paris que la Seine fournissait une eau très suffisamment salubre. Mercier au dix-huitième siècle, dans son Tableau de Paris, célébrait les vertus de l’eau de Seine. Invoquant la science, il déclarait que l’eau de Paris était plus salubre que les « ondes sorties des rochers helvétiques ». Mais, dès cette époque, l’opinion de Mercier n’était pas admise par tout le monde. On lit en effet, dans les Récits des événements arrivés au Temple, par Madame Royale, fille du Roi, ce qui suit et se rapporte au séjour de Marie-Antoinette à la Conciergerie. « Comme ma mère qui n’avait jamais bu que de l’eau ne pouvait pas supporter l’eau de Seine parce qu’elle lui faisait du mal, nous priâmes les municipaux de lui faire porter de l’eau de Yille-d’Avray, qui passait tous les* jours au Temple. Ils y consentirent, et prirent un arrêté en conséquence; mais il arriva un autre de leurs collègues qui s’y opposa ». La reine dut se résigner à boire de l’eau de la Seine. Madame Royale ajoute qu’ « elle fut incommodée pour en avoir bu ».
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- (n canot automobile actionné par hélice aérienne. — Le comte Zeppelin, l’inventeur du grand ballon dirigeable dont nous avons relaté les expériences au-dessus du lac de Constance, vient d’expérimenter un canot automobile qui possède cette particularité d’avoir son béliee en l’air. Quel peut être le but d’une telle disposition? D’après son inventeur ce bateau serait d’une grande utilité pour naviguer dans les cours d’eau ou étangs encombrés par les berbes. particulièrement dans les régions tropicales. Le comte Zeppelin a été conduit à la construction de ce bateau original, par la suite de ses expériences sur les hélices aériennes appliquées aux aérostats. Son canot, très léger, possède un très faible tirant d’eau de 30 centimètres; il supporte une charpente liante de 2 mètres qui soutient une hélice en aluminium à deux ailes de 05 centimètres de long sur 55 de large et 4 d’épaisseur. Cette hélice est actionnée par un moteur à pétrole de 12 chevaux et peut fournir environ 1500 tours à la minute. Entraînée par l’hélice, l’embarcation peut atteindre, par temps calme, 14 kilomètres à l’heure. 11 est vrai que, par suite de son faible tirant d’eau, le canot glisse sur l’eau qui lui oppose une résistance très légère.
- Production et commerce du cachou dans l’Inde. — Le droit d’exploiter les forêts de cachou appartenant au gouvernement fait l’objet de licences. Ces dernières sont données aux plus offrants et sont ordinairement valables pour une période de quatre mois. La production du cachou se répartit à peu près comme suit : Birmanie, 150 000 à 150 000 quintaux anglais par an; Bengale et province du nord-ouest, 10 000 quintaux; sud de l’Inde, 1000 quintaux; province de Bombay, 500 quintaux. Ces chiffres ne comprennent pas la consommation locale, qui est assez importante. De 185 729 quintaux valant 5 690 106 roupies en 1895-1896, les expéditions totales de l’Inde à l’étranger sont tombées à 122 082 quintaux en 1896-1897, à 97 187 quintaux en 1897-1898 et à 61 699 quintaux en 1898-1899; elles se relèvent à 127 815 quintaux d’une valeur de 2 470 422 roupies en 1899-1900; mais en 1900-1901, elles retombèrent à 101995 quintaux évalués à 1 891 569 roupies. C’est la Birmanie qui alimente en très grande partie l’exportation, et le chiffre de 1900-1901 se subdivise comme suit, au point de vue de la provenance : Birmanie, 99 279; Bengale, 2202; Madras, 57; Bombay et Scinde, 7 quintaux. Depuis quelques années, les expéditions du Bengale ont diminué, tandis que les envois directs de la Birmanie ont une tendance à augmenter. Ce sont le Royaume-Uni, les États-Unis, les Straits Settlements et l’Égypte qui se partagent la plus grande partie du cachou exporté de l’Inde. La Grande-Bretagne reçoit ordinairement 70 à 80 pour 100 de la production annuelle. Les exportations se font surtout par Bombay et Calcutta.
- Le sondage «lu glacier «le Ilintereis (Œtztlial). — Grâce aux subventions du Club alpin austro-allemand, MM. les D1" Blümcke et Hess ont réussi, cette année, malgré de considérables difficultés et après de nombreuses tentatives infructueuses, à opérer le forage vertical du glacier de Ilintereis (massif de l’Œtzthal) pour en connaître l’épaisseur. Large de 14 centimètres, le trou de forage a été creusé vers 2700 mètres d’altitude. 11 fallut six jours pour parvenir au rocher du fond, à travers 152"1,60 de glace; telle est donc au point choisi l’épaisseur du glacier de Ilintereis ; on suppose que le maximum de cette épaisseur peut atteindre 250 mètres1.
- 1 Mittheilungen du Club alpin austro-allemand, 15 novembre 1902.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 février 1905. — Présidence de M. A. Gaudry.
- Décès. — M. le secrétaire perpétuel annonce la mort de M. Reboul, correspondant de la section de Chimie, survenue le 25 décembre 1902, à Marseille.
- Origine des races européennes. — M. A. Gaudry rappelle que les vestiges de l’homme préhistorique se rencontrent en nos pays, associés aux débris du renne et du mammouth, c’est-à-dire au milieu de débris d’animaux de l’époque glaciaire, et on est porté à conclure que l’homme est descendu dans nos régions des pays couverts par les glaces. Mais l’àgc précité a été précédé d’une période chaude pendant laquélle le rhinocéros, l’hippopotame et l’éléphant vivaient sous nos latitudes. MM. Harlé et Boule ont déjà opéré des recherches sur celte phase chaude du quaternaire. Les efforts pour retrouver ses ancêtres dans le tertiaire n’ont pas donné de résultat certain. Alors d’où vient l’homme ? M. A. Gaudry émet l’avis qu’il e>t possible que cet ancêtre soit venu des terres australes.
- Il rappelle que des fouilles, exécutées à Menton, ont mis à jour des squelettes qui ont été étudiés et sur lesquels on a relevé un caractère accusé de prognathisme des tètes. M. A. Gaudry a comparé ces crânes à ceux d’un Australien et d’un Français. La mâchoire de l’Australien, comme celle du fossile, a une forme allongée qui contraste avec la forme raccourcie de la mâchoire de l’Européen; point d’analogie d’ailleurs entre la mâchoire fossile humaine et celle du dryopithecus. La ressemblance de la tète de l’homme fossile et de la tète de l’Australien est frappante; les dents fournissent aussi des caractères précieux. Malheureusement, on ne peut tirer une conclusion générale d’un fait particulier, de telle sorte qu’on ne doit pas encore admettre l’origine méridionale de l’homme dans nos régions.
- Les fusées paragrêles. — M. Mascart expose que le congrès tenu à Gratz pour étudier les effets du tir contre la grêle n’a pu arriver à une conclusion certaine. M. Ober-lin mentionne dans une Note le résullat d’expériences faites dans la Haute-Alsace à l’aide d’une fusée. Ces résultats seraient nettement en faveur du système.
- Aspect anormal de Jupiter. — M. Wolf analvse une Note de dom Amanne relative à l’aspect anormal qu’a présenté pendant plusieurs jours, en décembre dernier, la planète Jupiter. Celle-ci est habituellement divisée en bandes alternativement brillantes et obscures, parallèles à l’équateur de la planète ; or, en décembre dernier, une bande brillante oblique traversait une bande obscure. L’observation n’est pas unique, mais très rare. M. Mascart explique que M. Teisserenc de Bort, ayant étudié la distribution des nuages dans l’atmosphère terrestre et construit, à cet effet, des cartes de nébulosité, est arrivé à ce résullat que la terre vue de loin doit offrir le spectacle de bandes analogues à celles de Jupiter. Dans ce svs-tème les cyclones produiraient les bandes obliques.
- Origine des espèces végétales. — M. Gaston Bonnier résume une Note de M. le professeur Hugo de Vries, d’Amsterdam, qui touche de près à la question des espèces. En opérant des croisements entre deux espèces, on obtient, d’une façon constante, des résultats dans les métis, hybrides ou leur descendance, très différents de ceux qu’on obtient en opérant des croisements entre deux variétés. Lorsqu’une nouvelle forme d’ètro a été réalisée, on a ainsi un critérium expérimental pour savoir si on est en présence d’une nouvelle variété, ou si on a assisté
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- LA NAITRE.
- Ifift
- à la naissance d’une nouvelle espèce. Ce dernier cas a été constaté par M. de Tries, notamment dans le genre de plantes connu sous le nom d’Onagra.
- Élections. — M. L. Labbé est élu académicien libre en remplacement de M. Damour par 50 voix contre 15 données à M. Tannery et 14 à M. Carpentier. — M. Bigour-dan est désigné, en première ligne, pour la place de membre du Bureau des longitudes, laissée vacante par le décès de M. Faye; M. Puiseux est désigné en seconde ligne. Ch. de Vimædeiil.
- UNE AUTOMOBILE AMBULANCE
- POUR LES ANIMAUX
- En revenant d'un long voyage aux Indes, j'ai décrit dans ce journal1, nn curieux établissement fondé par les hindous de la secte des Jaïns, dans un quartier de la ville Bombay.
- C’est le Pinjrà-pool ou hospice des animaux qui sert en même temps de maison de retraite pour les vieux quadrupèdes ou volatiles de toutes les sortes. —
- Les pauvres bêtes, qui ont rendu souvent bien des] services aux hommes, sont certaines d’être soignées et bien nourries jusqu’à la fin de leurs jours au Pinjrà-pool, et leurs anciens propriétaires , moyennant une petite rente annuelle, savent accomplir ainsi leur devoir envers d’anciens serviteurs.
- Cet exemple de charité, malgré nos sociétés protectrices des animaux, n’est que peu suivi dans nos pays d’Europe où on ne s’occupe guère généralement des animaux domestiques lorsqu’ils commencent à être hors d’àge. Voici cependant un fait assez original que nous apprend le Scienfific American. Le moyen employé pour rendre service aux animaux est nouveau et tout à fait à la mode du moment, comme on va le voir. L’automobile a été appliquée à un grand nombre d’usages depuis quelle est devenue populaire aux États-Unis, mais certainement il n'y a que dans la ville de Cleveland que l’idée soit venue de la faire servir comme voiture d’ambu-
- lance peur les animaux. Le docteur W. 11. Staniforth, bien connu dans cette cité américaine par sa bonté et son dévouement envers les bêtes, a fondé un hôpital pour les chiens et les chats et s’est créé une réputation par suite du traitement qu’il a su leur donner. Depuis peu de temps, ce médecin a fait exécuter une automobile spéciale qui lui sert à transporter les malades à son établissement. Cette automobileestcurieuse comme forme, elle ressemble, d’un côté, à la voiture ordinaire que tout le monde connaît ; mais, par devant, elle est munie d’une sorte de cage en bois : ses parois sont fermées par des boiseries à claire-voie ou des grillages légers pour laisser passer l’air. La partie inférieure est destinée aux chiens et la partie supérieure aux chats comme l'indiquent les inscriptions écrites
- en anglais sur le panneau de devant de l’automo-bile. Chaque compartiment contient un vase rempli d’eau et aussi quelques légères friandises pour que les pauvres bêtes recueillies puissent prendre patience avant d’arriver à leur hospice. La case des chiens est divisée en deux parties, de façon que trois ou quatre d’entre eux puissent être transportés à la fois. Sur la gravure, on voit le docteur W.II.Staniforth accomplir exactement sa tournée quotidienne pour aller secourir chiens et chats, les malheureuses victimes de la rue, ou prendre en route colles qui sont malades et qui lui sont confiées. Il est accompagné de ses deux fidèles petits Bull dog qui ne le quittent jamais et qui l’aident souvent à découvrir quelques-uns de leurs congénères malades ou en détresse.
- Nous avons emprunté aux Anglais l’idée de faire pour les chiens un cimetière qui a été installé dans la banlieue de Paris dernièrement. Pourquoi ne créerait-on pas aussi, à l’exemple du docteur Staniforth, un hospice bien organisé pour nos animaux préférés les chiens et les chats?
- Albert Tissandier.
- Le Gérant : P. Masson.
- L’automobile ambulance pour animaux (États-Unis).
- 1 Yov. n° 776, du 14 avril 1888, pi 515.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1551. — 14 FÉVRIER 1905.
- LA NATURE.
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- SERRES GALERIES DU DOMAINE ROYAL
- DF. I.AF.KF.N
- Le magnifique parc du palais de Laeken, résidence de prédilection de S. M. le roi des Belges, est renommé dans le monde entier pour ses serres, d’agrément et de culture, et pour son grand jardin d’hiver aux proportions gigantesques, certainement un des plus vastes qui existe.
- Les serres galeries qui relient ce jardin d’hiver, attenant au palais, à la serre chapelle en [2 sont une des curiosités, et n’ont nulle part d’équivalent.
- Elles offrent, en effet, cette particularité de s’étendre sur une longueur de 1200 mè-très, et de desservir ainsi non seulement les deux groupes de serres principaux, mais encore celles qui sont placées à différents endroits du parc et les serres d’élevage et de culture1.
- La serre chapelle a été édifiée dans la partie la plus élevée du parc. D’un diamètre de 50 mètres, construite en 1er et entièrement vitrée, sa forme est circulaire et le dôme est soutenu par une vingtaine de colonnes en marhre. L’intérieur de cet édifice abrite les frondaisons des plus belles plantes exotiques :
- Palmiers, Cycadées,
- Fougères, Panda-
- nées, Dracæna, Eucalyptus, Abulilon, etc. D’un caractère sévère et riant, il est à la fois d’un effet architectural imposant et charmant. De cette serre partent les galeries vitrées et fleuries qui permettent à la famille royale et aux personnages princiers de franchir la distance, qui sépare le palais de cette chapelle, sous une voûte toujours fleurie et embaumée, d’un charme exquis et d’un luxe inouï.
- Ces serres galeries d’une largeur de 4 mètres se trouvent, selon les accidents et la déclivité du sol,
- 1 M. Cli. Girault, de l'Institut, architecte du Petit Palais des Champs-Élysèes, a été chargé d’agrandir considérablement le palais du Roi. Les travaux sont en bonne voie d’exécution.
- 31e année. — 1er semestre.
- tantôt au niveau des parties qu’elles traversent, tantôt en excavation dans l’axe de larges tranchées.
- L’allée centrale, légèrement en pente vers le palais,/^,-,-est coupée çà et là par quelques marches. La£ ( . Y-,
- construction en est légère et élégante; deux monf£ BlBUOTntVUH"*/ tants verticaux vitrés, reposant sur des murs de 0m,50,\^.
- Vue intérieure d'une serre galerie (Palais de Laeken).
- supportent un comble droit très simple et soutenu par des fermes découpées. Les parties vitrées sont interrompues çà et là pour passer en tunnel sous les allées que la galerie traverse.
- Le tracé, de la serre chapelle au jardin d’hiver,
- n’est pas direct, et pour qu’extérieure-ment cette longue serre ne nuise pas à l’ordonnance générale du parc, elle est dissimulée par des massifs et des groupes de végétaux ligneux . Lorsqu’elle se trouve en tranchée, des murs de soutènement garnis de verdure ou des talus gazonnés, et plantés à une certaine distance de ses parois vitrées, permettent à la lumière de pénétrer abondamment sur toutes les faces. A l’intérieur (fig. ci-contre) deux étroites plates-bandes ont été dressées de chaque côté, en ménageant un large espace libre, formant allée, dans l’axe de laquelle une grille laisse pénétrer la chaleur des tuyaux de chauffage et sert en même temps de passage aux piétons. La bande restant à droite et à gauche de cette grille est sablée de gravier bleu. C’est dans les deux plates-bandes, et dans un sol fertile et constamment additionné de matières nutritives, que sont disposées les plantes se dressant le long des parois, grimpant jusqu’au faîte de la toiture, et laissant retomber leurs branches frêles garnies d’un joli feuillage émaillé de mille fleurs aux couleurs tendres ou vives.
- Les Géraniums ( Pélargonium zonaleet P. inqui-nans) y sont devenus arborescents et en constituent la principale garniture. Nous avons particulièrement noté parmi les variétés les plus vigoureuses et les plus florifères : Abondant à fleurs nombreuses d’un
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- rouge vif; Vicomtesse de Rocquefeuil, aux ombelles énormes de (leurs rouges ; Paul-Louis Courier, rouge violacé; Victor Millot, rouge brique; Gloire de Coberny et Secrétaire Cusin, tous deux saumoné; Mm‘ Roselli et Stanislas-Malinger, à Heurs roses; Reine des Relyes, Princesse Stéphanie ci Duchesse des Cars, à (leurs blanches.
- Outre ces Pélargonium, d’autres plantes jouent un rôle décoratif très important : les Géraniums à feuilles de Lierre (Pélargonium peltalum) en plusieurs variétés; les Géraniums rosat, les Cobœa scandens h feuilles panachées; puis les Héliotropes au parfum doux et pénétrant; Euphorbes (Euphor-bia Jacquinœflora), aux fleurs rouge éclatant; Jasmin, Fleur de la Passion (Passiflora), Plum-bago cærulea. Des variétés de Fuchsias apportent également leur note décorative, et laissent retomber du faîte des milliers de gentilles clochettes. Ces différentes plantes sont palissées sur un treillage invisible en fils de fer disposés parallèlement aux parois vitrées, mais d’autres, comme le Ficus repens, tapissent les murs trop neufs et les entrées des tunnels.
- Les plantations sont admirablement combinées pour que chaque plante y soit bien à sa place et y trouve utilement son emploi.
- Tout cet entremèlement de feuillages aux tons les plus variés, constellés d’une quantité de fleurs d’une grande diversité de coloris ou délicieusement parfumées est véritablement enchanteur. Lors des fêtes de nuit toutes ces serres sont brillamment éclairées par des lampes électriques placées tous les 5 mètres.
- Les deux petites plates-bandes serties d'une bordure de plantes basses, sont encore garnies d’une quantité d’autres disposées là au fur et à mesure de leur tloraison. Et cette longue serre s’étend indéfiniment à perte de vue pour aboutir dans une autre large galerie garnie de plantes les plus variées, et dont l’escalier monumental conduit au grand jardin d’hiver édifié perpendiculairement à l’ancienne orangerie longue de 150 mètres et large de 12 mètres.
- Une vaste rotonde de 58 mètres de diamètre, et de 50 mètres de hauteur dont la coupole est soutenue par 56 colonnes de lm,10 de diamètre, occupe le milieu de ce jardin d’hiver long de 120 mètres. On est émerveillé non seulement par les dimensions imposantes de ce Palmarium, mais encore par les spécimens de proportions colossales qui croissent là comme dans leur pays d’origine : Livistona australis dont l’immense stype porte à 26 mètres une couronne de plusieurs centaines de feuilles; Caryota Rhumphiana haut de 15 mètres; Caryota i/rens de 25 mètres ; Phoenix dactylifera s’élevant à 20 mètres; Rhapis, Rrahea, Kentia, Sabal, Âreca, Cocotier, etc. A côté de ces Palmiers sont d’autres habitants des zones tropicales : Pandanus, Rave-nala madagascariensis (l’Arbre du voyageur); Aralia, Cycas, etc., tandis que des lianes gigantesques escaladent les colonnades.
- Lors des fêtes et des réceptions, des milliers de
- plantes (leuries sont placées un peu partout ainsi que dans l’orangerie" au bout de laquelle se trouve le théâtre, et dans une serre réservée aux Fougères exotiques arborescentes.
- Nous avons eu le plaisir d’assister à une garden-party offerte par le Roi aux membres du Jury de la dernière exposition quinquennale d’horticulture deGand. Au bout d’une clairière entièrement tapissée d’Azalées aux (leurs rouges, parmi les plantes rares, les spécimens de Palmiers colossaux, Léopold II, entouré de la famille royale, d’officiers et de personnages officiels, recevait ses invités ; la scène était vraiment féerique.
- Il n’est pas étonnant que le Roi affectionne un tel cadre, et que les belles fêtes et réceptions données à Laeken aient lieu dans ces jardins d’hiver, dans la vaste orangerie et dans les autres serres d’agrément que dessert la galerie vitrée, Léopold 11 étant un amateur passionné des plantes qu’il connaît parfaitement et s’intéressant tout particulièrement au développement de l’horticulture belge.
- Albert Malmené,
- Professeur «l'Horticulture.
- L’ALCOOL ALIMENTAIRE
- Il a été beaucoup parlé de l’alcool depuis deux ans; timidement, il est vrai, et avec lenteur, comme toute chose est faite en France, on est entré dans la voie de ses applications rationnelles.
- Si l’alcool est à proscrire des cabarets, il a, au contraire, sa place toute marquée au foyer familial, mais pour le faire brûler, et sur la table du travailleur, mais dans sa lampe : l’alcool est le pétrole national. On pouvait espérer que lorsque les pouvoirs publics, qui ont tant fait pour l’alcoolisme, s’occuperaient à nouveau du précieux produit, ce serait, cette fois, pour faciliter, dans une certaine mesure, son emploi industriel en étudiant et adoptant, à l’instar de l’Allemagne et de maintes autres nations commerçantes (pour qui l’alcool est cependant loin d’être, comme en France, un important produit du terroir), des mesures destinées à faciliter son introduction dans les usines chimiques, la pharmacie et l’inoffensive parfumerie. L’alcool serait toujours dénaturé, soit, mais à l’aide d’un dénaturant qui n’infecte pas le produit en le rendant impropre, à 90 pour 100, pour les usages industriels. Voici que l’alcool, primitivement terrassé dans sa lutte contre les hygiénistes, relève la tète : tout serait à nouveau changé, et l’alcoolisme, ce terrible fléau, le frère macabre de la tuberculose, n’existerait pas et n’aurait jamais existé : l’alcool est Dieu et l’ivrogne est son prophète.
- Cette belle découverte, heureusement toute récente, nous vient encore d’Amérique. Nous n’eussions guère perdu à ce qu’elle y restât. Il est intéressant et utile d’exposer brièvement ce débat. S’il y a fait nouveau, il est de toute nécessité d’instruire le procès en révision de l’alcool; sinon, le tribunal de l’opinion devra, nous l’espérons bien, prononcer une condamnation qui sera cette fois sans appel. Voici les faits : l’alcool est-il, ou non, un aliment? Introduit dans l’organisme y suit-il des processus définis de décomposition chimique, qui, comme pour ses congénères hydrocarbonés, l'amènent finalement à l’état de C O2 et de H* 0, d’acide carbonique et de vapeur d’eau
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- exhalés par les poumons? Est-il capable d’être totalement brûlé dans le corps, en produisant une quantité correspondante de calories qui viendront entretenir le foyer de la chaleur animale? Tous les physiologistes sérieux avaient déjà répondu affirmativement à celte question. Les expériences, un peu anciennes, manquaient peut-être de rigueur, mais elles concluaient toutes dans le même sens.
- C’est alors que l'Amérique, pays des dollars et des « trusts », même scientifiques, désireuse d’être la première à avoir donné sur ce point les lumières les plus exactes de la science moderne, constitua le comilé dit des « Cinquante » qui s’assura la collaboration de deux habiles physiologistes, MM. Atvvater et Benedict1. Il faut reconnaître qu’au point de vue instrumental et méthodique l’expérimentation, réalisée par ces savants et destinée à mettre en valeur le pouvoir alimentaire de l’alcool, constitue le « dernier cri » de la physiologie actuelle. On était loin d’avoir donné encore, avec cette précision, la démonstration définitive de la conservation de l’énergie dans le corps humain.
- L’originalité des essais de MM. Atwatcr et Benedict consiste surtout à avoir substitué l’homme à l’animal. Bien plus, c’est le savant lui-même qui est le sujet, un sujet qui se contrôle et s’expérimente à tout instant. Introduit dans une chambre close, il y reste enfermé plusieurs jours avec tous ses aliments et il ne communique plus avec le monde extérieur que par des appareils de mesure. Toute la chaleur qu’il produit se récolte finalement au moyen d’une série de tubes étroits en cuivre circulant dans la chambre, et prenant à l’air toute la chaleur qui excède la sienne. Le courant d’eau continu à température constante mesurée à l’entrée, qui emporte cette chaleur à l’extérieur, donne par une nouvelle mesure thermométrique et un simple compteur la valeur exacte de cette énergie calorifique.
- Tous les produits chimiques LO2, If-0, etc., produits dans la cage par l’opérateur, sont aussi totalisés dans des appareils perfectionnés d’absorption. Voilà pour l’instrument. Le programme imposé à l’opérateur n’était pas moins complexe : être enfermé dans un pareil calorimètre était loin de constituer une sinécure. Voici le début de la journée qui était bien celle d’un homme occupé.
- 7 heures du matin. — Lever, uriner, collecter les condensateurs, peser les absorbants, se peser soi-même, nu et babillé.
- 7h45m. — Déjeuner; absorber 200 grammes d’eau.
- 8h20m. — Commencement du travail (pédalage sur un rao-tocycle qui actionnait une dynamo produisant un courant électrique qui allait se perdre dans une lampe Edison).
- 10h20,n. — Repos de dix minutes. Boire l’alcool et aussi 200 grammes d’eau.
- 10h 50m. — Recommencer le travail, etc.
- Comment, avec un outillage aussi perfectionné, s’y est-on pris pour étudier la valeur alimentaire de l’alcool? On est parti de ce principe que, vis-à-vis d’un calorimètre où la combustion s’effectue, une certaine portion d’alcool est théoriquement équivalente à une autre portion soit de sucre, soit d’amidon, c’est-à-dire d’hydrocarbonés de même nature que le sucre. Après avoir constitué un régime convenable pour l’opérateur, d’où l’alcool était absent, on remplaçait la portion de ces aliments hydrocarbonés par une quantité équivalente, « isodyname », ainsi que disent les physiologistes, de l’alcool en jeu et
- 1 Les travaux de MM. Atwatcr et Benedict concernant la valeur nutritive de l’alcool ont été insérés dans les Comptes rendus de l'Académie nationale des sciences, t. VIII, Washington, 1902.
- l’on étudiait ses effets dans le grand calorimètre signalé plus haut. On a reconnu que la combustion était à peu près totale; il y a cependant une faible quantité de la chaleur théorique qui est perdue : c’est celle qui provient de l’évaporation de l’alcool.
- Quelle conclusion pratique doit-on tirer de cet ensemble d’expériences si minutieusement conduites? L’alcool alimentaire, comme il a été dit plus haut, n’est pas pour nous surprendre ; on ne peut trouver là un motif valable à sa réhabilitation.
- Des aliments respiratoires et combustibles comme l’alcool, nous en avons à revendre. Parmi ceux-là, il en est dont l’usage est tout profit pour l’économie : le sucre, ce merveilleux aliment Irop méconnu, le seul chimiquement pur, enlré jusqu’à ce jour dans l’alimentation courante, mais que des préjugés, des précautions injustifiées et aussi, il faut l’avouer, une sollicitude fiscale qui l’étouffe ont restreint à une consommation de luxe, n’a-t-il pas absolument, et sans danger, toutes les mêmes propriétés que l’alcool? On a fait remarquer que l’alcool pris en quantité exactement alimentaire serait à peu près complètement brûlé dans l’organisme; il n’y pourrait produire, en conséquence, qu’un minimum de désordres. Mais ce minimum n’en existe pas moins.
- Y a-t-il, d’autre part, rien de plus difficile, et disons le mot, de plus impossible à réaliser qu’une ration strictement alimentaire. Nous ingérons do tout en excès. Si nous n’en souffrons qu’à moitié, c’est que les corps alimentaires usuels n’ont que ce rôle-là, et ne sont nocifs à aucun autre titre.
- L’alcool, au contraire, — des expériences innombrables l’ont démontré, et, mieux que des essais de laboratoire, la triste pratique de tous les jours le prouve aussi, — est un produit dangereux, dès qu’une faible dose non alimentaire ou suralimentaire se répand dans l’organisme. Sa grande volatilité, sa tension de vapeur considérable à 57°, température de l’estomac, enfin sa miscibilité indéfinie avec l’eau qui constitue les trois quarts du corps humain, immense baignoire dans laquelle s’immergent perpétuellement nos tissus, rendent son action toxique des plus promptes et des plus faciles sur les cellules. L’alcool est un aliment, mais c’est une nourriture inutile et dangereuse ; il faut s’incliner devant les résultats bruts de l’expérience américaine; mais le coefficient pratique d’utilisation d’un aliment ne dépend pas seulement d’un vain chiffre; c’est la résultante de mille actions diverses et complexes. L’observation journalière et clinique joue ici un rôle capital, et elle nous commande la plus grande réserve à l’égard de l’alcool. On doit s’y conformer, sinon par une proscription absolue des boissons alcooliques, du moins en limitant les doses ingérées à une valeur minime. Dans leurs expériences, au reste, les savants d’outre-Manche absorbaient, par 24 heures, des quantités d’alcool qui n’atteignaient pas celle que contiennent 5/4 de litre d’une mauvaise piquette. Cela reviendrait par journée de douze heures à consommer tout au plus environ 1/4 de litre de vin ordinaire.
- C’est dans ces conditions-là seulement que l’alcool peut rester alimentaire et remplir, sans danger, son rôle d’élément respiratoire. Et s’il est vrai qu’en supprimant l’alcool de son repas, sous forme de vin ou d’eau-de-vie, on en supprime ainsi un aliment qu’il est utile de remplacer par quelque chose, il sera toujours inoffensif et excellent, rappelons-nous-le bien, d’ajouter un morceau de sucre supplémentaire dans son café.
- 11. Labbé.
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- L’ENTREPOT FRIGORIFIQUE DE LN BOURSE DU
- Alors que dans tant de pays, en Amérique d’abord, puis en Angleterre, la conservation des denrées par le froid joue un rôle considérable, et rend de grands services, en permettant défaire des approvisionnements énormes de matières alimentaires ou autres sans qu’on ait aucune crainte de les voir se détériorer, tout au contraire en France on ne semble pas avoir songé beaucoup h cette conservation par le froid des objets périssables. Il faut bien dire que la cause de cette infériorité résulte en partie de ce fait que, pour protéger étroitement les producteurs français, qui sont pourtant dans l’impossibilité absolue
- E
- de suffire aux besoins du pays, on a, depuis des années, fait tout ce qui était possible pour empêcher l’introduction des viandes congelées qui arrivent par cargaisons énormes dans les entrepôts de Londres ou de Li ver pool.
- Les personnalités mêmes qui viennent decréer l’entrepôt, frigorifique de la Bourse du Commerce de Paris s’étaient grandement préoccupées jadis de l'importation des viandes congelées étrangères ; mais cette fois elles ont limité leurs ambitions, et elles n’en rendent pas moins un service des plus signalés à l’approvisionnement de l’énorme marché parisien.
- Fig. 1. — des machines do l'usine frigorifique.
- Par suite même de l’activité et de l’importance exceptionnelles du marché des Halles Centrales, jamais les marchandises ne s’écoulent toutes le jour de l’arrivée, et quand ce ne serait que pour parer aux inégalités de la demande, et aussi aux cas imprévus arrêtant les arrivages, les négociants en denrées alimentaires sont obligés d’accumuler des approvisionnements ; quelle que soit du reste la nature des matières alimentaires mises ainsi en réserve, on peut considérer que toutes souffrent de l’attente et <[ue, même pour celles qui ne sont pas exposées à la putréfaction proprement dite, on serait sûr de les vendre un bien meilleur prix si on avait le moyen de les conserver à l’abri de toute fermentation, de tout commencement de transformation. Ces inconvénients sont très sensibles, même en hiver, parce
- que le climat parisien n’est pas coutumier de ces grands froids de durée qui [fourraient maintenir les denrées à l’état congelé. On a la ressource de la glace, mais les matières alimentaires mises en contact avec la glace subissent une influence néfaste de la part de l’humidité.
- C'est [tour remédier à cet état de choses dans les conditions qui réussissent si bien aux Etats-Unis, que s’est fondée la Société dite Compagnie Générale parisienne d'Enlreposage frigorifique des Halles centrales, dont l’Administrateiir-Ifirectenr est M. Brun, auprès duquel nous avons reçu le meilleur accueil. Cette Société aura naturellement pour principaux, clients les marchands des Halles, mais elle ne limite pas là son activité, et elle peut entreposer les marchandises les plus diverses dans les énormes entre-
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- pots qu olle a créés. Comme le dit notre titre, ces exactement sous les bâtiments de la Bourse du entrepôts sont installés dans les bâtiments ou plus Commerce. Les habitués du quartier ne se sont guère
- Fig. 2. — Vue d'une des grandes salles communes.
- aperçus du travail qui se poursuivait sous la rotonde bien connue de la Bourse, tout simplement parce que les travaux ont été exécutés en sous-œuvre, sans que le bâtiment lui-même fût modifié extérieurement. Ce qui ajoutait à la difficulté de l'opération, c’est qu’on ne s’est pas contenté d’aménager les sous-sols existants, d’y établir les murailles isolantes, les machines, etc., on a fait bien plus : en dessous du premier sous-sol on en a creusé un autre, et il a fallu placer sous les premières colonnes et sous les murailles soutenant la rotonde une seconde série de colonnes, de piliers, sur lesquels vient peser tout le poids de la construction.
- On comprend, sans que nous y insistions, quel travail cela représentait, étant donnée la masse de l’édifice. Mais la Compagnie du Frigorifique possède dès maintenant deux énormes sous-sols, d’une superficie considérable, et formant ensemble un volume de 6400 mètres cubes.
- C’est dans le second sous-sol que se trouve la salle des machines, ce qui peut paraître bizarre au premier abord, et répond néanmoins parfaitement aux nécessités locales. De la sorte, les chambres de chauffe, avec leur température forcément élevée, se trouvent tout à côté de chambres frigorifiques où la température peut être abaissée à 12° au-dessous de zéro. Suivant la pratique courante ce sont, en effet, des machines à vapeur qui produisent le froid : on en compte deux, dont une de réserve ; ce sont des machines Lindé à compression d’ammoniaque, d’une puissance de 50 chevaux chacune, et alimentées par 5 chaudières du système Bab-coek et Wilcox. Nous n’avons pas à insister sur ces machines dont le principe est connu. On n’a point voulu faire circuler dans les entrepôts un liquide incongelable, dont le passage entraîne des condensations sur les canalisations et entretient une certaine humidité dans les
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- magasins, humidité qui est des plus préjudiciables aux denrées que l’on veut conserver. Au moyen de l'ammoniaque liquéfiée on refroidit de l’air, mais cet air n’est envoyé dans les magasins que complètement séché, et par de larges canalisations de bois que l’on voit se ramifier le long des plafonds des entrepôts. Ces canalisations sont munies de portes qu’on ouvre plus ou moins pour faire circuler une plus grande quantité d’air froid et pour abaisser davantage la température, tandis que d’autres canalisations forment appel pour renouveler l’air des chambres, éviter l’accumulation de vapeur d’eau, enlever toute odeur.
- Les murailles des chambres et magasins sont peintes en blanc et en peinture laquée, pour qu’il ne se produise pas inutilement de déperdition de chaleur, et toutes les cloisons, ainsi que toutes les portes qui les percent, ont été rendues isolantes. Ces cloisons sont constituées par deux épaisseurs de planches de 5 centimètres chacune, entre lesquelles est intercalé un matelas de poudre de liège de 25 centimètres; ce matelas se retrouve au pourtour de l’entrepôt et à la surface de toutes les murailles extérieures, et un revêtement analogue est disposé sur les piliers et les colonnes qui soutiennent les planchers des deux sous-sols. Ces deux étages comprennent à la fois des chambres communes, où les différents clients peuvent entreposer ensemble leurs marchandises, ces chambres étant néanmoins spécialisées pour éviter des voisinages susceptibles de détériorer telle ou telle marchandise; puis il y a des chambres de dimensions assez modestes, qu’on loue individuellement à telle ou telle personne qui a besoin de recourir constamment à l’entrepôt. La température des diverses chambres est très variable, car il y a des denrées qui demandent, pour se conserver, un abaissement de température beaucoup plus considérable que d’autres. Nous avons parcouru cet entrepôt au moment même où il commençait de fonctionner, et nous y avons trouvé les objets les plus divers, depuis du gibier dur comme du bois attendant la consomma-tion sans aucune crainte de faisandage trop marqué, jusqu’à des caisses de saumon congelé du Canada et à des fleurs.
- Les deux sous-sols sont éclairés électriquement, au moyen de deux groupes électrogènes commandés par des petites machines à vapeur. On s’est procuré sur place l’eau nécessaire aux chaudières en forant un puits de 50 mètres de profondeur qui débite 50 000 litres à l’heure. Cette intéressante création est certainement appelée à rendre les plus grands services, d’autant que les chambres de l’entrepôt peuvent contenir au moins 10 000 tonnes de denrées diverses. Il est à espérer que cette initiative suscitera des imitations, et que bientôt on comprendra en France les avantages d’une méthode pratiquée avec tant de profit à l’Étranger.
- Daniel Bellet.
- PHOTOGRAPHIE
- ÉCLAIRAGE DU LAHORATOIRE A l’aNACTIXOGHRINE MANIPULATION ET USAGE DES PLAQUES RAPIDES
- l ne grande quantité de lumière n’est pas à craindre dans le laboratoire photographique si la qualité est bonne, c’est-à-dire si l’on est sur qu’elle n’a pas d’action sur les plaques sensibles. Nous pensons même qu’il est toujours préférable de voir bien clair et de ne pas se borner à l’emploi de petites lanternes avec verres de peu de surface, et pas toujours inactiniques, qui forcent à s’approcher de très près pour s’y reconnaître ; plus souvent qu’on ne pense c’est là une cause d’insuccès, par suite du voile des plaques. Nous avons examiné auspectroscopeun assez grand nombre de verres rouges du commerce, et nous y avons souvent constaté la présence de rayons bleus ou violets. 11 y a déjà quelque temps MM. Ch. Henry et J. Courtier ont présenté à la Société française de photographie un papier teinté en jaune par un procédé spécial, auquel ils ont donné le nom d’Anactinochrine, destine à remplacer avantageusement les verres des lanternes de laboratoire. À l’époque de cette présentation nous n’avons pu nous procurer ce papier, et c’est seulement depuis peu que M. Hellieni, le constructeur bien connu de Nancy, a attiré notre attention sur lui et nous a mis à même de l’expérimenter.
- La lanterne dont nous faisons usage a une ouverture de 0m,24 sur 0m,50; nous y avons placé deux feuilles de papier anactinochrine l’une sur l’autre en les maintenant par deux verres blancs. Avec une lampe d’une intensité de 2 bougies on peut lire un journal placé à 0ra,20 de la lanterne. Nous avons exposé une plaque extra-sensible, dernière préparation de MM. Lumière, de façon à reconnaître à quelle limite commence le voile occasionné par une telle lumière. La plaque était placée dans un châssis dont le volet était tiré d’environ 2 centimètres de minute en minute. Nous avons constaté que pour une intensité lumineuse de 2 bougies, la plaque étant disposée parallèlement au verre de la lanterne et à 0m,50 de celui-ci, il ne faut pas prolonger l’exposition plus de 2 minutes si l’on ne veut risquer d’avoir un voile, très peu sensible il est vrai. Après 5 minutes d’exposition dans les mêmes conditions, le voile, quoique plus apparent, ne serait pas encore de nature à compromettre un cliché. Nous ferons remarquer que jamais on ne se trouve dans la nécessité de laisser une plaque exposée pendant 5 minutes, ni même une minute, dans de telles conditions. A une distance d’un mètre de la lanterne, on voit encore très suffisamment clair pour toutes les manipulations de plaques, chargement et déchargement de châssis, et même coupe au diamant si cela est nécessaire.
- Pour le développement on aura toujours soin de le commencer assez loin de la lumière et on en n’approchera la cuvette que quand l’image sera déjà apparente. On a tort de ne pas couvrir sa cuvette avec un carton, et surtout de sortir le cliché du bain à chaque instant pour le regarder par transparence, en l’appliquant presque sur le verre de la lanterne; ce sont là des causes de voile qu’on évitera en se contentant d’examiner le cliché par réflexion, ce qui est facile quand on voit suffisamment clair comme dans le cas présent. Quand on veut faire un examen par transparence, on fera bien de tourner vers la lanterne le côté de la gélatine, et non le côté du verre où se trouve la partie de l’émulsion non encore attaquée par le développement et, par suite, ayant conservé toute sa sensibilité initiale. On voit, d’après ce qui précède,
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- <|ue les émulsions rapides peuvent être manipulées dans de très bonnes conditions, dans un laboratoire bien éclairé, pourvu qu’on prenne certaines précautions élémentaires nullement gênantes. Les plaques nouvelles (étiquette violette) de la maison Lumière dont nous avons déjà parlé ont, d’après les essais des personnes les plus compétentes, une rapidité deux fois et demie plus grande que celle de la même maison portant l’étiquette bleue.
- L’un des avantages, que nous avons déjà signalé, est de permettre d’employer des objectifs plus dia-phragmés, ce qui augmente la netteté des différents plans. 11 est facile de se rendre compte du diaphragme qu’on devra utiliser pour ces nouvelles plaques, comparativement à celui qu’on employait avec l’émulsion précédente, à égalité de lumière et de vitesse d’obturateur, bien entendu. On se basera sur ce fait que le temps de pose est 'proportionnel au carré du diamètre de l’ouverture. Si nous admettons que la sensibilité de l’émulsion est
- .F
- ‘2,5, nous aurons pour un objectif -r-^> ordinairement
- U,O
- employé à pleine ouverture avec les anciennes plaques :
- 0,5 x 0,5 = 59,09 x 2,5 = 99,225 ou pratiquement 100 dont la racine carrée est 10.
- Par conséquent notre objectif pourra être diaphragmé à F
- — avec les nouvelles plaques. De même si nous employons F
- habituellement l’objectif - et que nous obtenions de bons
- résultats avec l’étiquette bleue, nous pourrons diaphrag-
- mer à
- F
- 12,0
- en employant l’émulsion à étiquette violette.
- Cela est avantageux surtout lorsque l’on se sert des appareils stéréoscopiques où l’on cherche à avoir des premiers plans assez importants en leur conservant la même netteté qu’aux autres; l’emploi du diaphragme est tout indiqué dans ce cas. . G. M.
- ISOLATEURS POUR HAUTES TENSIONS
- On s’efforce de fabriquer des isolateurs pour hautes tensions. M. Locke de Y ici or, près de New-York, aux États-Unis, a adopté récemment la forme que représente la figure ci-jointe et que nous empruntons à YElectrical
- World and Engincer. Cet isolateur est formé de trois cloches en porcelaine superposées; le capuchon, placé à la partie supérieure, a un diamètre de 55 centimètres. Cet isolateur a été essayé jusqu’à 100 000 volts et il convient très bien pour des tensions de 100 000 volts. J. L.
- TRAMWAYS A TRACTION MÉCANIQUE1
- A PARIS
- YOrmtE AUTOMOTRICE A VAPEUR SYSTÈME PURREY
- Une première application du système Purrey a été laite, en 1897, sur une voiture à 4(5 places type « Tramways Sud » de la Compagnie générale des Omnibus; six autres automotrices à 48 places ont été ensuite commandées à M. Purrey et mises en service successivement sur plusieurs lignes de la Compagnie, celle du Cimetière de Saint-üuen à la Bastille, notamment. Cet essai ayant paru satisfaisant, la Compagnie a commandé, en 1900, trente-six voitures semblables pour les lignes « Bastille-Porte Rapp » et « Gare de Lyon-Place de l’Alma » et, tout récemment, douze autres voitures pour la ligne « Créteil-Louvre ». Bans l’intervalle, les automotrices de la ligne « Gare de Lyon-Place de l’Alma » ont été mises sur la ligne « Louvre-Vincennes » (fig. 5) où elles ont remplacé provisoirement les automotrices électriques à accumulateurs système Blot qui assuraient le service de cette ligne.
- Les automotrices système Purrey se distinguent par plusieurs particularités, et notamment :
- 1° Par leur faible poids : c’est une qualité des plus précieuses, l’entretien et la réfection des voies, lorsqu’elles sont parcourues par les lourdes voitures de quelques autres systèmes mécaniques ou électriques, étant très onéreux, principalement dans le pavage en bois ;
- 2° Par leur facilité de conduite, comparable à celle des voitures électriques, qui permet aux cochers de se familiariser rapidement avec leur fonctionnement, — puis par leur mise en pression rapide ;
- 3° Par leur douceur de roulement et l’absence presque totale d’émission de vapeur et de fumée.
- La chaudière, d’un système à petits éléments et à faible volume d’eau, est du genre du Temple, c’est-à-dire que les courants ascendants et descendants y sont séparés, principe de construction appliqué pour la première fois, en 1855, par M. Sochet, directeur des constructions navales à Cherbourg.
- Elle est formée (lig. 1) d’un collecteur rectangulaire en fonte, en contact avec les gaz du foyer par une de ses faces seulement, relié à un collecteur cylindrique supérieur, en acier, timbré à 20 kilogrammes, par 41 tubes en acier de 13 millimètres de diamètre intérieur et de 4m,50 de longueur, repliés huit fois sur eux-mêmes. Beux gros tuyaux en fer, situés totalement en dehors du foyer, et dénommés colonnes de retour d’eau, réunissent aussi le collecteur supérieur au collecteur inférieur, qu'ils servent à alimenter dans certaines conditions de marche.
- L’alimentation de la chaudière est normalement assurée par une pompe automatique mue par un excentrique calé sur l’essieu d’avant de la voiture. Un réservoir en tôle, empli de charbon de bois en morceaux, est disposé dans le collecteur supérieur,
- 1 Voy. n° 1541, du G décembre 1902, p. 4,
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- et, grâce à un ressort antagoniste qui compense son excès de poids, il suit les mouvements de l’eau dans le collecteur. Ce ilotteur commande un robinet disposé sur un tuyau branché lui-même sur le refoulement de la pompe d'alimentation, robinet qu’il ferme lorsque le niveau de l’eau est en dessous de son point normal : toute l'eau refoulée par la pompe pénètre alors dans la chaudière; au contraire, lorsque l’eau dans le collecteur supérieur atteint son niveau maximum,le flotteur fait ouvrir le robinet ci-dessus, qui communique d’autre part avec les bâches d’alimentation : l’eau refoulée par la pompe retourne alors à ces dernières.
- Dans les stationnements, la chaudière peut être alimentée au moyen d’un petit-cheval dont la prise de vapeur débouche à la hauteur du niveau maximum, dans le collecteur supérieur; de la sorte, dès que ce niveau se trouve atteint, le petit-cheval s’arrête de lui-même. La chaudière n’a pas besoin ainsi d’être munie des appareils indicateurs du niveau de l’eau ordinaires : tubes et robinets ; mais le réservoir de vapeur est pourvu de deux soupapes de sûreté chargées à 15 kilogrammes. Le refoulement de la pompe automatique et du petit-cheval s’effectue dans le collecteur inférieur, qui alimente directement ainsi les tubes ; quand ces pompes sont arrêtées, c’est le collecteur supérieur qui, par les colonnes de retour d’eau, alimente le réservoir inférieur : dans les deux cas, les courants ascendants ne sont pas contrariés par aucun courant descendant.
- Les tubes sont divisés en deux groupes, l’un de
- trente tubes, dits vaporisateurs, distribués en nombre égal de chaque côté de l’axe longitudinal de la voiture, l'autre de onze, dits surchauffeurs, placés entre les tubes vaporisateurs; la vapeur produite par les premiers est prise par les seconds, au moyen
- de pipettes courbes débouchant à la partie supérieure du collecteur cylindrique, et conduite dans la partie centrale du collecteur inférieur, où se fait la prise de vapeur de la machine. La surchauffe ainsi obtenue est très efficace; elle diminue sensiblement la consommation d’eau, et elle tend à rendre la vapeur d’é-chappemeut totalement invisible à sa sortie de la cheminée. Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, ces tubes se brûlent très rarement. Les tubes et les colonnes de retour d’eau sont renfermés entre des tôles garnies de feuilles d’amiante, qui les protègent contre le refroidissement extérieur.
- Le foyer est constitué par une grille fortement inclinée et par des murs en briques qui s'élèvent sur trois côtés jusqu’à la partie inférieure des tubes; une trémie, accolée au générateur, et dont le fond forme le prolongement de la grille, peut recevoir la quantité de coke nécessaire pour permettre à la voiture d’effectuer un trajet aller et retour complet. Le coke descend de lui-même sur la grille, au fur et à mesure de sa combustion ; une porte située du côté droit de la voiture, à l’opposé de la trémie, permet d’allumer et de décrasser le feu.
- La surface de la grille est de 40 dcm?, celle des tubes vaporisateurs de 7“'2,29 et celle des tubes sur-
- Fig. 1. — Chaudière Purrey. Vue intérieure.
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- chauffeurs de 2m\07 ; le volume d’eau au niveau normal atteint environ 50 litres, et celui de vapeur 40 litres. La vaporisation par kilogramme de coke de gaz, d’un pouvoir calorifique de 0500, est de 5 litres 1/2 environ, ce qui constitue un bon rendement, étant donné surtout que cette vapeur est efficacement surchauffée.
- Le moteur (fig. 2) est formé de deux cylindres inclinés, coulés ensemble avec leur boîte à vapeur commune et avec les glissières et les paliers de l’arbre manivelle; il est fixé au châssis du truck, en dessous du plancher de la caisse, par quatre boulons seulement : il peut être ainsi facilement démonté lorsqu'il
- a besoin d’ètre réparé. L’arbre moteur, disposé à peu près à égale distance des essieux, attaque ceux-ci par le moyen de chaînes. Les nombres de tours du moteur et des essieux sont dans le rapport de 5 à 1 ; le diamètre des cylindres étant de 175 mm et la course des pistons de 102 mm, l’effort pratique de traction, pour une pression de 8 kg et un diamètre de roues de 750 mm, est de 1000 kg environ : mais ce chiffre n’est que rarement atteint, la pression de marche ne dépassant pas habituellement 2 à 5 kg dans les cylindres, ce qui donne un effort moyen de 500 kilogrammes, lequel correspond lui-même à une puissance de 10 chevaux pour une vitesse de
- 4 mètres par seconde, soit de 14 kilomètres à l’heure.
- La détente est fixe; le changement de marche s’obtient par le déplacement des chariots d’excentriques, qui, au lieu d’ètre fixés dans une position invariable sur l’arbre moteur, peuvent coulisser sur cet arbre, ce qui permet de changer leur calage de 180°. Ce déplacement est obtenu au moyen d’un levier placé sur la plate-forme du mécanicien, et de tringles ou bielles qui viennent agir sur des coins disposés entre les chariots d’excentriques et l’arbre, lequel a une section carrée à cet endroit. Le moteur occupe de la sorte très peu de place, et on a pu facilement l’enfermer dans un carter pour le soustraire à l’action de la poussière et de la houe ; ce carter est mobile, ainsi (pie la partie du plancher de la caisse qui forme couvercle, et il est suffisam-
- ment accessible. Le graissage du mécanisme s'effectue par le barbotage des coudes de l’arbre-manivelle dans le carter, empli d’huile à une hauteur convenable, à cet effet.
- La conduite de la voiture est très simple, parce que le mécanicien n’a à manœuvrer que le levier du régulateur, ou prise de vapeur, pour obtenir les démarrages ou les changements d’allure ; mais cet avantage est compensé en partie par le fonctionnement moins économique du moteur qui, travaillant sans détente, consomme une plus grande quantité de vapeur et de coke, ce qui oblige encore à augmenter les dimensions du générateur et la capacité des caisses à eau.
- Le châssis est fornlé de deux longerons en plusieurs pièces assemblées à leur partie supérieure par
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- des fers à U ou des cornières, puis consolidées par des entretoises et des goussets; il est très léger et d’une construction simple et économique. Les boîtes à huile sont munies de cales amovibles, qui permettent d’augmenter l’écartement entre les essieux et l’arbre moteur, pour tendre les chaînes : celles-ci, du système Reynold, sont très silencieuses, et, bien graissées et soustraites à l’action de la boue et de la poussière, l'ont un excellent service.
- Les caisses à eau sont disposées sous les banquettes du compartiment d’intérieur; leur contenance de 500 litres est suflisanté pour les plus longs parcours que les voitures peuvent avoir à effectuer, la dépense par kilomètre étant seulement de 12ut 1/2 en moyenne. La consommation correspondante de coke est de 2k«,500.
- La contenance des automotrices est de 48 places, dont 20 d’intérieur, 24 d’impériale et 4 de plateforme ; cette dernière est munie de deux portes d’accès, dont l’une correspond à l’intérieur et l’autre à l'impériale, pour accélérer la montée et la descente des voyageurs. Leur poids en ordre de marche, sans voyageurs, est de 9500 kilogrammes, et le poids en charge complète de 15 000 kilogrammes, répartis à peu près également entre les deux essieux. Les voitures sont munies d’un frein à main et d’un frein à air comprimé système Soûler in du type dit « direct et automatique » ; ce dernier frein permet d’arrêter en moins de 20 mètres un train de deux voitures lancé à la vitesse de 20 kilomètres sur une pente de 20 millimètres ; la longueur de cet arrêt peut être encore très sensiblement réduite en projetant du sable sur les rails devant les roues : c’est que l’adhérence entre les roues et les rails augmente alors, et le mécanicien peut par suite employer une pression d’air plus élevée sans craindre de caler les roues. La vitesse maximum de marche autorisée dans Paris n’est d’autre part que de
- 10 kilomètres à l’heure. L’air nécessaire au fonctionnement du frein est produit par un compresseur actionné par le même excentrique qui commande la pompe d’alimentation du générateur; cet air est emmagasiné à la pression de 4 à 0 kilogrammes dans un réservoir d’une capacité de 40 litres disposé sous le plancher de la caisse, à l’arrière du truck.
- Le receveur a aussi à sa disposition, comme le mécanicien, la poignée d'un frein à main et un robinet du frein à air, ainsi que des leviers à l’aide desquels il peut faire tomber du sable devant les roues, dans quelque sens que se déplace la voilure ;
- 11 peut enfin accéder directement de l’intérieur de la voiture à la plate-forme du mécanicien par une porte percée dans la paroi avant de la caisse en cas de malaise ou d’accident survenu à ce dernier.
- Eu définitive, ces voitures sont légères, de construction simple, peu coûteuses d’achat, par conséquent, et d’une conduite facile; bien entretenues, elles font encore un excellent service sur des lignes peu accidentées, et elles sont enfin économiques.
- Elles constituent un excellent système d’attente, pour les compagnies importantes, dans les grandes villes, et conviennent également pour un service de banlieue ou de ville à ville, où les départs sont espacés de plus d’une demi-heure. Elles conviendraient de même, dans bien des cas, pour des lignes de chemins de fer d’intérêt local ou général de longueur ne dépassant pas 40 à 50 kilomètres, mais en employant de préférence un mécanisme de détente plus efficace. L. Pieiuik-Gi édo.n,
- Ingénieur.
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- LES BALLONS-SONDES
- De bonne heure on a compris l’importance, dans les recherches météorologiques, de l’étude des hautes régions de l’atmosphère. Aussi les observateurs s’adressèrent aux aéronautes pour l’investigation des couches élevées. Mais la difficulté de vivre aux grandes altitudes fit chercher d’autres moyens d’observation. Nous en possédons aujourd’hui deux très précieux : le ballon-sonde et le cerf-volant.
- Gaston Tissandier eut, le premier, l’idée des ballons non montés et en donnait la description dix ans avant la création des premiers. C’est surtout à M. Teisserenc de Bort, à Trappes, que l’on doit les plus grands perfectionnements apportés aux ballons-sondes. Dans de très nombreuses expériences, ses ballons-sondes ont dépassé 11 000 mètres et enregistré jusqu’à — 75°.
- La méthode d’observation par cerf-volant a été principalement appliquée par M. Rotch, à Blue-llill. Les cerfs-volants se prêtent à des observations assez continues surtout sur mer, où on les attache à un steamer dont la marche est réglée, de façon à produire une pression convenable sur le cerf-volant. Toutefois ces engins n’atteignent pas des hauteurs aussi considérables que les ballons-sondes. Depuis quelques années on a pu obtenir des renseignements importants sur les régions inconnues s’étendant entre 10 et 20 kilomètres de hauteur. M. Teisserenc de'Bort a trouvé que de 8000 à 9000 mètres l’abaissement de la température devient moins rapide, pour cesser entièrement à 11 000 mètres. Au-dessus, il y a des fluctuations de 1° à 5° avec une température moyenne presque constante. En été, la couche isothermale semble placer entre 15 000 et 1 4000 mètres. Une dépression f’abaisse, mais une haute pression l’élève de 4000 mètres. Peut-être les tourbillons qui agitent l’atmosphère inférieure ne pénètrent-ils pas dans ces hautes régions. Toutefois à l’Observatoire aéronautique de Berlin on a remarqué qu’au-dessus de la zone variable, à 17 000 mètres et même 19 500 mètres, la température recommence à descendre. La possibilité d’un minimum absolu n’est donc pas exclue.
- L’électricité dont le rôle en météorologie présente tant d’intérêt a pu être étudiée dans ses actions diverses. On a trouvé dans l’atmosphère des parties chargées d’électricité connues sous le nom d’ « électrons ». Il est très important de mesurer la capacité électrique de l’air et de savoir comment elle varie, suivant l’altitude, pour les électrons positifs et les électrons négatifs. On a relevé près de terre bien plus d’électrons positifs que de négatifs; à une hauteur moyenne, la différence entre les deux quantités est moins grande ; enfin dans les couches élevées, l’inégalité tend à disparaître.
- 11 est à désirer, comme l’a exprimé le dernier Congrès international (l’Aéronautique, à Berlin, que des observa-
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- tions d’ensemble plus fréquentes soient faites sur les hautes régions qui nous cachent encore les secrets de la formation du temps. J.-F. Gai,i..
- TIRAGE DES DESSINS INDUSTRIELS
- A IA LUMIÈRE ÉLECTRIQUE
- Nous avons donné précédemment1 quelques renseignements sur les services que rend l’impression photographique à la lumière électrique pour la reproduction des dessins, des bleus. Les essais que nous avons mentionnés avaient été effectués par la General Electric G0, en Amérique, et à l’aide de lampes à arc ordinaire et en vases clos.
- M. Jacquin a eu l’occasion d’effectuer des essais avec des lampes à arc ordinaires et avec des lampes Broca avec charbons à âme de carbure de fer, que le constructeur, M. Pellin, a bien voulu mettre à sa disposition. Nous croyons intéressant de reproduire les renseignements publiés à ce sujet par notre confrère L’Éclairage eledrique.
- La lampe servant aux essais était une lampe réglée à la main placée en dérivation sur 110 volts, avec intercalation d’un rhéostat; le charbon positif à âme métallique, donnant naissance à des globules de fonte, était placé en bas contrairement à la disposition habituelle; l’arc, assez long, était réglé de manière à prendre 18 ampères environ, sous une différence de potentiel de 50 à 55 volts, constantes indiquées par le fabricant. Derrière les charbons était fixée une feuille de zinc verticale courbée formant réflecteur et renvoyant les rayons sur un châssis de 24 x 50 centimètres placé verticalement à 0,20 m environ, mais qui aurait pu être plus grand et plus éloigné. Les expériences ont été refaites avec des charbons ordinaires de mêmes dimensions, avec le même papier et dans les mêmes conditions d’éloignement et d’intensité de courant, en donnant à l’arc une assez grande longueur (correspondant à 48 volts) de manière à développer beaucoup de rayons violets. Le tirage a été trois fois plus rapide avec l’arc au fer qu’avec l’arc ordinaire, pour obtenir soit un dessin à traits blancs sur fond bleu avec papier ferro-prussiate, soit un dessin à traits noirs sur fond blanc avec papier héliographique. L’arc au fer comme l’arc ordinaire pouvant être disposés en série, en mettant en série les deux lampes nécessaires pour le tirage d’un dessin (( grand aigle », le rapport entre les deux reste le même.
- M. Jacquin ne peut comparer l’arc au fer avec l’arc en vase clos, n’ayant pas fait d’expériences directes, qui permettent seules de formuler un jugement, vu l’écart considérable que présentent les divers papiers. D’après les chiffres recueillis aux chemins de fer dii Nord et aux ateliers Bréguet (ces derniers emploient depuis un an des lampes Bardon à arc enfermé), l’arc en vase clos donnerait avec une consommation plus faible une rapidité beaucoup plus grande que l’arc ordinaire et c’est à son emploi qu’il faut attribuer surtout les résultats très beaux obtenus avec les appareils anglais à châssis circulaire en verre Hall ou Halden et Shaw, et qui fonctionnent avec des lampes Marks. Les lampes en vase clos devant être branchées isolément sur 110 volts, il est possible qu’en plaçant deux lampes avec arc au fer en série, on obtienne des résultats aussi favorables qu’avec l’arc enfermé; l’expérience est à faire. 11 est à remarquer également que les conditions dans lesquelles M. Jacquin a opéré sont plutôt défavorables à l’arc métallique; les glaces des châssis à sa disposition devaient perdre une partie notable des rayons photogé-
- 1 Yoy. n° 1526, du 23 août 1902, p. 186.
- niques très absorbables par le verre, car elles mesuraient 12 mm d’épaisseur alors que leur épaisseur usuelle est de 0 mm seulement.
- Mentionnons l’essai qu’a fait M. Jacquin d’insolation du bitume d’un cliché de photogravure sur zinc, très chargé, de 25 x 50 centimètres, en plaçant ce cliché à 55 centimètres de la lampe munie de charbons au carbure de fer et réglée comme précédemment à 10 ampères environ. Bien n’indiquant dans ce cas la fin de l’opération, un cliché fut retiré après 50 minutes d’exposition ; le tirage était insuffisant : les traits commençaient à peine à se dessiner, l’insolation était pourtant plus forte qu’après un jour complet d’exposition à la lumière d’hiver par temps couvert. En second cliché, développé après 45 minutes d’exposition, donna à l’impression des traits bien nets, mais un fond encore légèrement teinté. D’autres essais n’ont pu être faits, mais M. Jacquin estime qu’avec une heure d’exposition, l’insolation eût été parfaite. Le champ d’éclairement n’était pas entièrement utilisé, c’est-à-dire qu’on aurait pu prendre un cliché plus grand ou rapprocher davantage celui employé. Les charbons au fer donnent naissance à une petite projection d’escarbilles de fonte incandescente; mais ces projections ne vont pas loin et comme cet arc développe très peu de chaleur, on peut rapprocher sans danger le cliché jusqu’à 20 centimètres environ. On ne peut faire de comparaison entre l’arc au fer et l’arc enfermé pour l’insolation des clichés de photogravures, car il n’v a pas eu d’expérience de faite et on ignore s’il v a eu des applications de l’arc en vase clos exécutées en France pour cet usage.
- D’après les renseignements qui ont été donnés par la maison Ruckert, l’insolation des clichés, qui s’exécute couramment à l’aide de lampes à arc ordinaire, demande deux heures pour un cliché de 55 X 45 placé à 65 centimètres d’une lampe de 25 à 50 ampères; cette durée peut descendre jusqu’à.une demi-heure. À puissance égale, l’arc au fer aurait donc un pouvoir actif de trois à quatre fois plus fort que l’arc ordinaire. Le rapport est le même, que les lampes soient montées par une ou deux en série, et d’ailleurs les clichés de photogravure ne sont jamais si grands qu’ils exigent deux lampes par épreuve, comme les dessins industriels.
- M. Jacquin termine sa Note sur le tirage des dessins industriels en disant que les quelques expériences qu’il a faites n’ont qu’un intérêt théorique, parce qu’elles n’ont été exécutées qu’avec une lampe à main et que, pour entrer dans la pratique, l’arc devrait pouvoir être réalisé avec des lampes à régulation automatique. Mais il faudrait peut-être une construction ou un réglage un peu particulier pour obtenir ce résultat, parce que la fusion de l’âme en fonte tend à produire le collage des charbons qui s’écartent ensuite très difficilement. Les industriels, notamment les fabricants de lampes à arc, auraient intérêt à examiner, s’il est facile de rétablir des lampes robustes fonctionnant avec des charbons au fer et de se rendre compte exactement, par des expériences comparatives exécutées dans les conditions usuelles, de la valeur pratique de ce procédé comparé à l’arc ordinaire et surtout à l’arc en vase clos.
- On n’a encore, comme on le voit par tout ce qui précède, que des renseignements un peu incertains sur l’emploi des lampes à arc, lampes ordinaires, en vase clos ou avec charbons à âme de carbure de 1er, pour le tirage des dessins industriels à la lumière électrique. 11 y a là cependant une application qui peut présenter un grand intérêt. J. Durand.
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- LA NATURE.
- LA GRANDE METEORITE DE
- Depuis la chute des météorites à L'Aigle (Normandie) en 1805, et quand les recherches du savant Riot eurent prouvé d’abord leur origine cosmique, la collection de ces corps a pris une importance de plus en plus grande.
- La science qui, au commencement du dernier siècle, ne connaissait que près d’une vingtaine de ces corps, en distingue de nos jours plus de 000 de différentes espèces, réunis dans les divers musées du monde. Le continent américain en a fourni à lui seul presque le tiers.
- Une région qui s’étend de l’ouest à l’est, sur une longueur de mille mil-les et sur une largeur d'un quart de cette distance, traversant la vallée du Mississippi, entre le 50e et le 55e degré de latitude nord, ne contient certes pas moins de 04 localités de météorites.
- Un autre territoire, d’à peu près la même surface, s'étendant au nord et au sud de la république du Mexique, a fourni trente de ces corps célestes. Le fait le plus remarquable que présentent ces météorites mexicaines, est que la plupart sont de nature ferrugineuse ( sidé-rites) et que presque la moitié sont de grande dimension, et que neuf d'entre elles pèsent chacune plus d’une tonne.
- On nous fait connaître maintenant la plus grande de tous. Ce corps monstre, dont le poids est estimé à près de 50 tonnes, est connu sous le nom de <( Racubirito ». Il a été trouvé dans une haute vallée de la Sierra Madré, au versant occidental de la chaîne des Cordillères, dans l’état de Sinalva, au nord-ouest de la république du Mexique. La découverte en a été faite en 1871 par un paysan travail-
- « RACUBIRITO » (MEXIQUE)
- lant dans les champs. Sa charrue heurta un corps dur et lui révéla ce qu’il supposait être une mine d’argent. Après avoir trouvé le caractère hase du métal (fer pur)', il eu distribua les morceaux et abandonna la masse. Depuis celte époque jusqu’en mai 1002, cette météore ne fut connue des savants
- que par son nom. Elle devint l’objet de nombreuses investigations faites par le professeur Ilcnry A. Ward, autrefois attaché à l’Université de Ro-chester (N.-Y.), maintenant résidant à Chicago.
- De la description du « Racubirito », présentée à l’Académie des sciences de Rochester en novembre dernier, nous avons extrait les particularités suivantes du céleste visiteur.
- La masse, enfouie dans le sol d’une étroite vallée, près d’une ancienne hacienda (ferme), nommée el Ranchi-to, à peu près à 7 milles sud-ouest de la vieille ville minière de « Racubirito », fut retrouvée par le professeur Ward. Elle était presque enterrée dans une terre molle et noirâtre, sa surface apparaissant seulement sur une longueur de 2 mètres et une largeur de U",50.
- La masse affectait visiblement la forme d’un gigantesque jambon. Le professeur Ward appela à lui 28 péons (ouvriers mexicains) qui, à l’aide de pelles et de pioches, l’ont déterrée. Les travailleurs fouillèrent autour jusqu’à une profondeur de 2 mètres dans un sol presque tout végétal à l’exception du dernier demi-mètre, où le sol était un porphyre décomposé.
- Quand le travail d’excavation fut achevé, la météorite fut laissée en équilibre sur un socle dérocher
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- de près d'an mètre de hauteur. Après avoir mesuré toutes les dimensions, un des cotés du roc de porphyre fut sorti de terre jusqu’à ce que l’énorme masse pût se soulever par son propre poids dans une position presque verticale, comme il est indiqué dans notre figure 1.
- Le professeur Ward, n'ayant pas rencontré de terre végétale entre la météorite et son lit de roche, sug-géra l’idée, quoiqu’il ne l’imposât pas, que, lors de la chute de la masse, la surface du sol était un simple lit de porphyre sans aucune apparence de sol végétal. La forme générale de la météorite représente les quatre côtés d’un prisme, comme il est montré dans les figures accompagnant cette description.
- Les mesures entre les deux extrémités sont :
- 4,25x 2x1,75 mètres.
- Les irrégularités dans ses différentes parties font que le calcul exact de son volume est assez difficile à obtenir. Le professeur Ward estime le poids approximatif de la masse à 50 tonnes ou 50000 kg.
- Uour termes de comparaison, il cite ci-dessous cinq des plus grandes météorites du monde :
- Bendego (Brésil).............. 5 1/5 tonnes.
- San Gregorio (Mexique) ... 111/2 —
- Gliupaderos (Mexique). . . . 15 2/5 —
- Anighito (Groenland .... 50 —
- Bncubirito (Mexique) .... 50 —
- Le poids des trois premiers de ces bolides fut
- obtenu exactement par la balance ; les deux derniers sont approximatifs. Quant à présent Bacubirito et Anighito sont classés rivaux comme grandeur parmi les météorites connues sur la surface du globe. Quelle que soit la plus lourde, après vérification de leurs poids respectifs, il n’est pas moins intéressant de constater que les deux plus grandes météorites du monde sont tombées sur le sol de l’Amérique du Nord, l'une à son extrémité septentrionale, l’autre à son extrémité méridionale.
- Nous ajouterons à ces informations sur le « Bacubirito » que le professeur Ward a été, pendant de longues années, un chercheur acharné et un collectionneur enthousiaste de météorites, qu’il a personnellement recueillies sur tous les continents. Sa collection, connue sous le nom de « Ward-Coonley »,
- collection contenant aujourd’hui 550 différentes espèces, peut être classée parmi les plus importantes du monde entier. N. Rosst.
- L’ÉCOLE WURTEMBERGEOISE
- OKS ARTS RF. l.V CONSTRUCTION
- Cette école, fort peu connue en France, est le premier établissement d’enseignement technique secondaire dans le Wurtemberg, et son organisation assez particulière mérite d’être signalée ici.
- Elle fut fondée en 1852, comme école de métier, pour donner l’enseignement technique, mais à titre primaire comme à titre secondaire ; et, après avoir été élevée au rang d’école polytechnique, elle devint, en 1845, l’Ecole actuelle des arts de la construction, école secondaire qui
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- LA NATURE.
- ne fut longtemps ouverte que durant les mois d’hiver. Les élèves qui suivaient ses cours étaient pour la plupart occupés à des travaux pratiques durant l’été. Finalement, en 1865, on y créa aussi un enseignement d’été, et on a successivement construit pour cette école des bâtiments qui ont coûté dans leur ensemble plus d’un million de francs. Le but de cette école est de donner une instruction théorique partielle, mais une instruction pratique complète aux ingénieurs techniciens, architectes, arpenteurs, fonctionnaires d’Etat ou des municipalités chargés de l’inspection des constructions, ingénieurs mécaniciens, directeurs d’ateliers mécaniques et de manufactures, contremaîtres, dessinateurs. De grandes facilités sont assurées dans les basses classes pour l’enseignement des matières générales et des connaissances mathématiques nécessaires à ceux qui veulent entrer dans les classes supérieures : c’est la hase de l’enseignement. Au-dessus de ces classes préparatoires, on trouve trois divisions d’enseignement, respectivement pour les architectes, les ingénieurs ordinaires, et les arpenteurs et ingénieurs agricoles. Les cours portent sur l’architecture, les mathématiques pures et appliquées, la géométrie, la mécanique, l’art de l’ingénieur mécanicien ou de l’ingénieur constructeur, le lever des plans, la chimie, le dessin, la physique, les langues modernes, l’électricité appliquée, la construction des routes, des chemins de fer, les travaux hydrauliques, le service des incendies, l’architecture ornementale ou autre, le drainage et les irrigations, le modelage, la chirurgie élémentaire, la calligraphie, etc.
- Les cours se font en hiver et en été; mais ils ne durent que 100 jours, et le temps des vacances, qui représente quelque trois mois en été, est employé par bien des élèves à se livrer à des travaux pratiques, aiin de gagner leur vie ou tout au moins payer les frais de leur instruction : c’est là un procédé américain. L’enseignement de l’école est complété par des excursions, voyages, visites pratiques dont les frais sont faits par l’établissement; les élèves concourent pour des prix accordés aux meilleurs projets, et chaque année on organise une exposition de tous les travaux. En moyenne, ces élèves ont une vingtaine d’années, mais il y en a un grand nombre entre 14 ans et 18, et aussi de plus vieux : ce sont des maçons et tailleurs de pierre, des charpentiers, des ouvriers mécaniciens ou en métaux, des arpenteurs, des ingénieurs, etc. ; les uns passent par les classes préparatoires, les autres subissent un examen prouvant leur instruction générale, quand ils ont fait un certain temps de travaux pratiques. La rétribution scolaire est faible, et l’on en dispense aisément les élèves intelligents manquant de ressources. Tous trouvent à vivre modestement à Stuttgart, et peuvent se faire quelques revenus en donnant des leçons à ceux de leurs camarades moins avancés qu’eux-mémes. I'. de M.
- CHRONIQUE
- Effets comparés des freins à air et des freins électriques sur les tramways. — 11 résulte des communications faites à ce sujet au Congrès international des tramways, à Londres, que les résultats moyens sont les suivants : Distance en mètres parcourue par la voiture ou le train après application des freins, en supposant la vitesse initiale de 20 km par heure : 1° Une voiture automotrice seule, frein à air, 14 m; frein électrique, 12 m; 2° une automotrice et une remorque, frein à air, 18 m; frein électrique, 15 m; 5° une automotrice et
- deux remorques, frein à air, 21 m; frein électrique, 17 m. On voit que le frein électromagnétique est bien supérieur à ce qu’on croit ordinairement. Signalons cependant sa défectuosité théorique et bien connue de ne pas amener la voiture au repos absolu, difficulté à laquelle il est facile.de remédier. Rappelons que le frein électrique en usage est un frein électrique Thomson-Houston, c’est-à-dire un noyau aimanté par des bobines auxquelles on envoie, en temps voulu, le courant des moteurs, ce noyau agissant sur un disque claveté sur l’arbre.
- Le Mont Mac-Kinley. — D’après le Bulletin n° 187 de TU. S. geological Survey (Géographie Dictionnary of Alaska) le mont Mac-Kinley, aux sources de la rivière Kuskokwim, mesure 20 464 pieds (6257 mètres) de hauteur. Il porte le nom local de Bulshaia, corruption d’un mot russe qui signifie grand. C’est la plus haute cime de l’Amérique du Nord et le nom de Mac-Kinley lui a été donné par le prospecteur Dickey (en 1806) qui a publié un article dans le Neiv-York Suti du 24 janvier 1807.
- Le» vignobles d’Australie. — Le marché anglais est envahi par les vins australiens, en même temps que par les vins de Californie : le fait est que, depuis une vingtaine d’années,'la superficie des vignobles de l’Australie a quadruplé, principalement dans les Provinces de Victoria, de l’Australie méridionale, et aussi, plus récemment, dans l’Australie occidentale. A l’heure actuelle les vignes couvrent une superficie de 26 000 hectares dans l’ensemble de l’Australasie. Une grande partie de ces vignobles, qui sont de proportions modestes, se trouvent aux mains d’immigrés, notamment allemands. La taille de la vigne se fait en août, la récolte commence en février et dure souvent jusqu’en avril; le rendement varie, suivant les années, entre 5 et 20 tonnes à l’hectare ; les cépages sont très divers, et tous connus en Europe. L’hectolitre de vin se vend de 40 à 45 francs après une année de cave et souvent le petit cultivateur vend son raisin en nature à de grands fabricants de vins. Les maladies ne sont point inconnues, notamment le phylloxéra.
- Les graisses consistantes. — Ce sont des graisses qui ont le grand avantage de ne point trop se ramollir, même sous une élévation de température assez sensible, ce qui évite de la coulure, des déchets trop considérables, et permet de maintenir les organes mécaniques beaucoup plus propres. La fabrication en a pris naissance, il y a quelque vingt ans, en Amérique; mais, un peu plus tard, l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique et aussi l'a France se sont lancées dans cette même fabrication. Ces graisses sont jaunes, onctueuses, filantes, d’une consistance un peu variable, mais rappelant assez celle de la vaseline à -f- 15° C. On les obtient par saponification au moyen de l’hydrate de chaux, d’une huile végétale, comme l’huile de colza, l’huile d’arachides; cela donne un savon oléo-calcaire. Fin somme, ce n’est nullement de la graisse; et d’autant que, une fois le savon oléo-calcaire obtenu, on v incorpore une proportion d’environ 70 pour 100 d’huile minérale lourde; le savon se trouve comme dissous dans cet hydrocarbure, ou plutôt l’huile minérale est enrobée dans le savon. Cela exige un tour de main, un procédé délicat, puisque l’hydrocarbure est insaponifiable. Il faut ajouter du reste que la qualité du produit et la réussite de l’opération dépendent non seulement de la manière dont se fait cette incorporation de l’huile minérale, niais de la proportion d’hydrate de chaux qu’on ajoute à l’huile végétale, et aussi de la température à laquelle se fait cette opération. Pour donner une idée de l’importance des graisses consistantes dans la mécanique moderne, il suffit
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- de dire que les seuls Etats-Unis en exportent annuellement plus de 274 millions de litres!
- Utilité de la bète à bon Dieu. — Bans un récent article du Journal de /’ Agriculture pratique, M. d’Anchald démontre une fois de plus l’utilité, pour l’agriculture, de la coccinelle, appelée communément chez nous la « bète à bon Dieu ». En effet, aux États-Unis, comme dans tous les pays neufs, des nuées d'insectes s’attaquent aux plantations, particulièrement à celles d’orangers et de citronniers de la Californie envahis par Vicerga purchasi. Le gouvernement américain, ému de ces désastres, envoya en mission, en Australie, le professeur Kœbele, pour tâcher d’v découvrir un ennemi naturel de cet insecte nuisible. Les recherches furent couronnées de succès par la découverte d’une coccinelle qui se nourrit de Vicertja purchasi. On l’introduisit dans les plantations américaines; on l’éleva dans des sortes de ruches, et elle se répandit à profusion, détruisant la vermine qui étouffait les jeunes arbres du Nouveau Monde. Le bruit de ses succès se répandit dans l’univers et les planteurs de café de Ceylan, de thé de l’Inde, les agriculteurs de l’Afrique du Sud, de l’Égypte, du Portugal, tous voulurent se procurer le précieux insecte. Mais cette famille de coccinelles ne comprend pas moins de 2000 espèces, dont 110 se trouvent en Australie; tous les membres, à l’exception d’un groupe, sont insectivores. Les entomologistes australiens, en raison des nombreuses demandes qui leur étaient faites, durent se livrer à un véritable élevage. En étudiant de près les diverses espèces, ils découvrirent qu’à chaque, parasite correspond un ennemi parmi les coccinelles, car ces dernières avant des préférences, ne mangent pas toutes les mêmes insectes. Voilà donc une industrie nouvelle à ajouter à la liste des métiers inconnus : l’élevage des <( bêtes à bon Dieu ».
- Tractions rythmées de la langue. — Nous tie cessons de prétendre que si l’on y mettait de la persévérance, on sauverait plus souvent qu’on ne le pense des pendus, des asphyxiés ou des noyés. Seulement il ne faudrait pas cesser les soins comme on le fait au bout d’une heure. On vient de ramènera la vie un pendu au bout de huit heures. On lisait, en effet, ces jours-ci dans les journaux : « Un jeune soldat du 15° de ligne s’était pendu dans la caserne à Carcassonne. Quand ses camarades le découvrirent, ils s’empressèrent de couper la corde, mais le malheureux présentait toutes les apparences de la mort. Le major du régiment tenta cependant de le rappeler à la vie. Il y est parvenu après huit heures d’efforts, par des tractions rythmées de la langue. »
- Accroissement «lu glacier de Diem (Œtzthal). — Au milieu du mouvement général de recul qu’affectent actuellement les glaciers des Alpes, il en est quelques-uns, en fort petit nombre, qui sont ou stationnaires, ou même en progrès : parmi ces derniers, il faut signaler, dans le massif de l’Œtzthal (Tirol autrichien), ceux de Vernagt, de Gaisberg et de Weissee et surtout celui de Diem, qui, d’après des observations extrêmement précises, n’a pas avancé de moins de 144 mètres pendant ces dix dernières années, de 1895 à 19021.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 février 1903. — Présidence de M. A. Gaüdry.
- Décès. — M. le président fait part du décès de M. Le-chartier, professeur de chimie à la Faculté des sciences
- 1 IVaprès le professeur Fixsterwalder, Mittheil. du Club alpin austro-allemand, 51 octobre 1902.
- de Rennes, directeur de la station agronomique de celle ville et correspondant de la Section d’économie rurale de l’Académie.
- Le rapport sur l'Exposition universelle de 1900. — M. A. Picart dépose le premier volume du rapport sur l’Exposition universelle de 1900. Ce volume contient des chapitres consacrés à la substitution de l’acier au fer, à l’emploi du ciment armé, à l’emploi dans la construction des ponts des pièces d’acier moulé. Le ciment armé convient très bien pour remplacer certaines charpentes; il offre de sérieuses garanties contre l’incendie. L’extrême raideur élastique de cette matière lui communique la propriété de se déformer, sous le choc, six fois moins que le fer; mais elle ne convient que pour les aménagements intérieurs parce que les alternatives de sécheresse et d’humidité la désagrègent assez rapidement. M. Picart rappelle les difficultés du moulage des pièces d’acier et ajoute qu’acluellement les usines de Firminv, de Saint-Chamond, du Creusot parviennent à fournir un métal excellent. Les travaux de fondation des piles du pont Alexandre III ont été l’occasion de remarques sur les effets de l’air comprimé sur l’organisme humain. On a évité avec soin la compression ou la décompression trop brusque de l’atmosphère. Les sujets suspects de tuberculose ou d’affections du cœur ont été éliminés pour l’exécution de ces travaux; la sobriété a été reconnue comme augmentant la résistance des ouvriers au travail dans l’air comprimé.
- Action éolienne du sable. — M. de Lapparent présente une Note de M. Hochreutiner signalant un cas de formation de dunes aux environs de Aïn Scfra sous l’influence d’un courant d’air provoqué par la différence de température existant sur les hauts plateaux et au fond de la vallée qui s’ouvre dans ces plateaux.
- Deux parasites de la vigne. — M. Guignard analyse un travail de MM. Mangin et Yiala relatif à une maladie de la vigne qui exerce des ravages assez considérables dans les vignobles de Palestine, et qu’on retrouve en Algérie et dans la Gironde. Cette maladie est due à l’association de deux parasites : un champignon et un insecte. Le champignon forme autour des racines une sorte de manchon laissant un vide à l’intérieur duquel l’insecte circule. Le manchon est constitué par une matière élastique à l’état frais. La surface interne est revêtue d’une couche floconneuse d’un blanc de neige, dans laquelle on trouve des cochenilles (Dactylopius Vitis) à tous les états de développement. Cette masse blanche est formée en partie par le mycélium du champignon qui est vraisemblablement une urédinée. Ces deux organismes vivent en véritable symbiose, car le champignon protège la cochenille pendant la saison sèche et celle-ci, en piquant les racines de la vigne pour se nourrir, provoque l’exsudation du suc qui alimente également le champignon. La phti-riose, d’après MM. Mangin et Yiala, est la maladie de la vigne signalée dans la Bible sous le nom de tolaat ; elle est décrite par Posidonius, Strabon et les auteurs arabes. Ces auteurs affirment que le ver vit sur les racines et sur la tige aérienne ; pour arrêter sa descente, ils recommandent d’appliquer à la base du cep un mélange de bitume de Judée et d’huile. En Tunisie, en Algérie et en France l’insecte est cantonné sur les organes extérieurs et hiverne sous l’écorce du tronc de la vigne. L’expérience montre d’ailleurs que c’est bien la sécheresse qui détermine la migration de l’insecte sur les racines. Quand la racine s’épuise, le champignon forme ses spores, la cochenille émigre sur une autre racine vivante en emportant les spores qui régénéreront le champignon. Ch. de Vtu,EDE(HL.
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- LA NA T UIIE.
- BICYCLETTE ET FORCE CENTRIFUGE
- Dans le programme de « l'Empire », un des principaux music-halls de Londres, figure en ce moment un numéro des plus sensationnels, il s'agit du « Looping the loop1 » exécuté par le célèbre acrobate cycliste américain \Y. 11. Barber. Voici en quoi consiste cet exercice qui exige de l’opérateur un extrême sang-froid et une longue pratique.
- Sur la scène est dressée dans un plan vertical une gigantesque boucle constituée par une piste en bois d’environ 1 mètre de large, et une plate-forme horizontale, installée à 18 mètres au-dessus du plancher de la scène, sert de support à la partie la plus
- élevée de la piste. De cette plate-forme la piste gagne le niveau de la scène sous une inclinaison de 45° environ, puis elle se recourbe peu à peu sur elle-même de façon à former une boucle comme on peut le voir sur le dessin. C’est sur cette piste peu ordinaire que M. W. H. Barber se lance chaque soir à bicyclette et le tour complet de la boucle est effectué par lui en cinq secondes à peu près.
- Cette opération, on le conçoit, n’est pas des plus aisées, car il faut que la vitesse acquise par la bicyclette, lorsqu’elle atteint le niveau de la scène, soit suffisante pour lui permettre d’accomplir le trajet total. Or, à une pareille vitesse, environ 70 kilomètres à l’heure, il est très difficile de maintenir la
- « Looping ttie loop », à « l'Empire » de Londres.
- machine sur une piste aussi étroite. En outre le cycliste doit se pencher alternativement en avant ou en arrière suivant sa position dans la boucle afin de prévenir les renversements de la machine qui ne manqueraient pas de se produire par suite des différences brusques d’inclinaison. Une ligne noire, tracée au milieu de la piste et sur toute sa longueur, rend plus facile la direction de la bicyclette dans son évolution aérienne. À un certain point, au sommet de la boucle, homme et machine sont sens dessus dessous; ce n’est que la force centrifuge qui les empêche de tomber. Après son évolution, la bicyclette arrive dans les coulisses où la piste est relevée de façon à amortir son élan; plusieurs personnes la saisissant au passage, l’arrêtent au moment voulu.
- 1 Bouclant la boucle.
- La bicyclette utilisée pour cet exercice est une machine sans chaîne, les pédales ne servant que de point d’appui. M. Barber est lui-même habillé d’une façon toute spéciale rappelant assez le costume des Esquimaux et son vêtement rembourré de toutes parts le garantirait beaucoup en cas de chute. Des filets sont du reste tendus à côté de la boucle aux endroits les plus difficiles à franchir. Malgré ces dispositions, cet exercice n’est pas sans danger comme le prouvent les nombreux accidents qui ont déjà terminé d'une façon fatale les essais des quelques téméraires cyclistes Américains qui ont essayé de rivaliser avec M. AV. U. Barber. Henri de Thiersant.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahure, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1552.
- 21 FÉVRIER 1905.
- LA NATURE.
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- LE CARBURATEUR KREBS
- Il n’y a plus aujourd’hui une seule personne un peu amie du progrès qui ignore les principes essentiels du Fonctionnement, d’une automobile. Je me garderai donc d’insister ici sur les éléments de ces belles machines de locomotion. Ils savent tous que le moteur des automobiles (sauf, bien entendu, pour les automobiles à vapeur et électriques) est un moteur à gaz, à quatre temps tel qu’Otto construisit le premier les moteurs Fixes, mais un moteur à gaz modifié pour son emploi nouveau, allégé, équilibré
- et surtout doué d’une vitesse angulaire bien plus élevée dans la plupart des cas.
- Les innovations faites en matière de moteur à explosions pour automobiles sont moins nombreuses qu’on ne l’imagine généralement. Presque toutes les nouveautés de distribution, de régulation, d’allumage, etc., dont tant de constructeurs d’automobiles se font mérite, sont du domaine de l’histoire ancienne du moteur à gaz, observation qui explique à la fois la quantité énormejde brevets auxquels l’automobile
- 1. L'appareil vu en coupe longitudinale. A gauche, le champignon renfermant le disque sur lequel agit la dépression.
- 2. Le tiroir de régulation ouvert au maximum. — 3. Le tiroir de régulation presque fermé.
- 4 et 5. Positions du tiroir d’entrée d’air additionnel quand la dépression est au maximum et quand elle est presque réduite au minimum.
- a donné lieu depuis cinq ans et le tout petit nombre de ceux qui ne sont pas propriété publique.
- Une originalité cependant semble appartenir au moteur à gaz d’automobile : la production du gaz par pulvérisation. Les carburateurs par léchage et par barbotage étaient connus des moteurs fixes. Le carburateur à pulvérisation, au contraire, paraît n’être né que le jour où le moteur à gaz se mit en route sur quatre roues. Il était, en effet, indispensable que la voiture automobile ne fût pas encombrée par un matériel lourd, onéreux et difficilement logeable, pour la simple production du gaz nécessaire au moteur. Les appareils dans lesquels l’air traversait l’essence ou simplement en frôlait la surface pour se charger de ses vapeurs, ont pu être admis sur les premiers 3te année, — 1er semestre.
- véhicules parce que la puissance faible des moteurs .employés (2 à 5 chevaux environ) permettait des appareils relativement petits ; mais ils ne sauraient aujourd’hui figurer à bord d’une automobile à cause des dimensions énormes qu’ils devraient avoir pour nourrir nos monstres de 25, 50 et même 100 chevaux.
- De plus on constate que ces appareils ne débitent pas le combustible dans la forme qui est la meilleure pour le rendement. Une même quantité d’essence donne un coup moteur de valeur moindre si elle est entraînée à l’état « vapeur » que si elle est absorbée à l’état « poudre ».
- 11 y a là peut-être une analogie avec les phénomènes qui se passent dans les canons où la forme et
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- LA NATURE.
- la dimension des grains de la poudre sont loin d’être indifférentes.
- La pulvérisation automatique du liquide carburateur a seule donné jusqu’ici la meilleure solution de ce problème de la carburation. Désormais l’alimentation d’un moteur d’automobile est uniquement représentée par un réservoir d’essence et par un appareil, gros comme deux poings, qu’on nomme un carburateur à « giclage ».
- La ligure 1 nous explique clairement le fonctionnement, de ces appareils qui, exception faite de quelques détails, sont partout analogues.
- L’essence, venant du réservoir par la simple gravité, arrive par s dans une chambre t de filtrage. Les impuretés que peut contenir le liquide sont arrêtées par une toile métallique très fine. Puis le liquide monte dans une seconde chambre plus grande /', dite « chambre du flotteur », où, grâce en effet au llotteur métallique qui y nage, elle garde un niveau constant; lorsque le niveau tend à baisser, le Ilot-tour descend, repousse une bille qui sert de clapet, et laisse entrer la quantité de liquide qui est nécessaire à la remontée du flotteur, remontée qui a pour résultat immédiat de laisser la bille reprendre sa position d’obturation. Et ainsi de suite.
- La chambre du flotteur communique librement avec une troisième dans laquelle est vissé un ajutage ou gicleur J, sorte de chandelle métallique creuse, terminée au sommet par un orifice presque capillaire dont la section varie avec la puissance du mo-teiir.J/essence atteint donc le môme niveau en f et en J, et c’est à seule tin que le liquide soit à hauteur constante dans le gicleur que le llotteur est installé. Car, en effet, la seule force qui produira le jaillissement de l’essence hors de ce gicleur est celle de la dépression qui causera l’aspiration du moteur aussitôt qu’il fonctionnera. Reliés au carburateur en O, les pistons produiront h tour de rôle un vide dans le carburateur et, à chaque succion, une saute de liquide se produira en J, en même temps qu'un volume d’air atmosphérique pénétrera par l’orifice M. Ainsi carburé par son mélange avec un peu d’essence finement pulvérisée, l’air aspiré pénétrera dans les cylindres o't une étincelle électrique déterminera son explosion.
- Mais la réalisation de la carburation exacte de l’air atmosphérique n’est pas aussi simple que cet exposé pourrait le faire croire. Il est indispensable que le rapport entre les volumes d’air et d’essence soit constamment celui où leur mélange s’enflamme le mieux et avec le meilleur rendement, c’est-à-dire environ 15 à ls Et cette constance, qu’il est si facile d’obtenir sur un moteur tournant à un régime invariable, est immédiatement détruite dès que le moteur — c’est une nécessité impérieuse sur une automobile — est livré à des écarts de régime brusques, irréguliers, et souvent fort importants puisque le même moteur peut tourner à 200 tours à la minute, puis, quelques instants après, être poussé à 1200!
- La perturbation dans la carburation provient alors
- de ce que, l’air et le liquide n’ayant nécessairement pas la même densité, la dépression qui les fait mouvoir n’a pas les mêmes effets sur ces deux lluides. L’air obéit bien aux appels saccadés des pistons, mais le liquide, dont l’inertie est bien plus grande, n’a cure de ces mouvements interrompus dès que le moteur tourne un peu vite ; et le jaillissement de l’essence se fait alors de façon continue. La situation s’aggrave d’autant plus que la force de succion augmente, c’est-à-dire que le moteur s'emballe davantage. L’essence a bientôt un débit beaucoup trop fort pour le courant d’air chargé de la balayer; les explosions deviennent mauvaises, en même temps que le combustible est gaspillé.
- Le remède consiste à ouvrir sur le canal de mélange, au fur et à mesure que croit la vitesse angulaire du moteur, une fenêtre d’air additionnel qui, à la fois, augmente l’entrée du carburant (l’air) et diminue l’effort qu’exerce la dépression sur le combustible (essence). Mais on conçoit que l’ouverture de cette fenêtre, par une tringle que commande une manette à portée du conducteur, constitue une manœuvre singulièrement délicate ! De quelle quantité exacte faut-il l'ouvrir, pour un nombre de tours déterminé, afin que le rapport de bonne carburation (15 à 1) soit respecté? Le conducteur n’a, pour apprécier cette valeur, que son oreille et ses nerfs, des appareils moins que précis !
- Le commandant Krebs, directeur des usines renommées Panhard et Levassor, a eu l’ingénieuse conception de faire opérer la carburation automatiquement non plus par le conducteur, mais par la dépression elle-même! Cause de toute perturbation jusqu’ici, la dépression devient la gardienne vigilante du carburateur. La fenêtre d’air additionnel, c’est elle qui l’ouvre, qui l’ouvre exactement en proportion avec les besoins, et qui même la laisse se refermer quand il est à propos. Le nouvel appareil, il y a quelques semaines, a été présenté à l’Académie des sciences par M. Maurice Lévy.
- M. Krebs a établi son carburateur de la façon suivante : tout d’abord il a déterminé en M une prise d’air qui fût exactement celle qui convient à un moteur tournant à sa vitesse la plus faible, 200 tours à la minute en l’espèce. Le volume d’air aspiré par le moteur à ce régime est ainsi 15 fois plus grand que le volume de vapeur d’essence jaillie par le gicleur J. Dès qu’on augmente la vitesse du moteur au delà de 200 tours, la nécessité d’une adjonction d’air supplémentaire commence. Mais quelle est exactement la valeur de l’ouverture à donner à la fenêtre additionnelle pour que la constante de carburation soit observée ?
- L’inventeur établit pour la déterminer une formule qui renferme tous les éléments du problème, et notamment l’expression des expériences minutieuses qu’il avait faites sur la valeur à attribuer à la dépression produite dans un carburateur en fonction de la vitesse angulaire du moteur. L’application de cette formule aux principales étapes par lesquelles
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- passe un moteur pour monter de 200 à 1200 tours à la minute, lui permit de tracer une première courbe, puis, par une dérivée de sa première équation, d’en trouver une seconde qui, avec l’ordonnée exprimant le volume d’air nécessaire à la bonne carburation, représentent, pour chaque allure considérée, la surface d’entrée d’air supplémentaire qu’il faut donner à l’appareil. La forme de cette surface (R, fig. 1) correspond aux valeurs successives de la dépression qui suit une loi d’accélération décroissante. Plus le moteur tourne vite, pins il faut ajouter d’air au mélange, mais il faut toujours en ajouter de moins en moins. Telle est la loi bien nette de carburation qui est sortie des calculs du commandant.
- Dans l’appareil qu’il a construit pour l’appliquer, la fenêtre R est obturée par un tiroir cylindrique et creux e (fig. \, vue en coupe) pouvant se déplacer dans le tube qui le porte avec une friction presque nulle, et minutieusement équilibré par un ressort à boudin r; la moindre impulsion a donc une action sur lui. Ce tiroir est solidaire d’un large disque m situé au-dessus de lui, enfermé dans une boîte cylindrique A où il peut descendre et monter, mais aux parois supérieures de laquelle il est lié par une membrane de caoutchouc formant joint hermétique et élastique. Les figures 4 et 5 montrent les deux positions extrêmes de ce disque. C’est sur lui qu’agit la succion dn moteur, au travers du tiroir creux e. Plus le moteur tourne vite, plus la dépression grandit, et plus le disque descend, entraînant dans ses mouvements le tiroir obturateur qui de plus en plus ouvre la fenêtre R et tient ainsi toujours au point la carburation.
- Dès qu’on ralentit le moteur, le disque m remonte sous l’action du ressort, et le tiroir obture progressivement, l’entrée d’air supplémentaire. Un petit Iron a, percé sur le sommet de la boîte A, ne permet <pie des déplacements lents du disque, car l’air n’entre dans la boîte et n’en sort que lentement. Par là sont évités les à-coups dans la marche du tiroir et les effets de la trépidation du moteur.
- Le carburateur Krebs comporte un deuxième tiroir R, horizontal, qui ne joue aucun rôle dans la carburation, mais sert à régler les allures du moteur par un étranglement du mélange aspiré. La tige b (pii le commande est reliée aux boules du régulateur ; dès que le moteur emballe, elles font avancer le tiroir (fig. 2) dans la position de la figure 3. La quantité de mélange admis aux cylindres dans un temps donné étant moindre et pouvant même tomber à rien, le moteur ralentit jusqu’à ce que, la vitesse angulaire étant redevenue normale, la force centrifuge ne s’exerce plus suffisamment sur les boules pour maintenir fermé le tiroir qu’un ressort fait rouvrir immédiatement. Et ce tiroir est d’ailleurs sous la commande du conducteur lui-même qui peut, en dépit des boules, le maintenir ouvert s’il désire faire monter l’allure du moteur, ou fermé s’il veut la faire descendre.
- Enfin la vaporisation de l’essence produisant toujours un froid intense qui parfois condense l’eau contenue dans l’atmosphère et remplit de glace les carburateurs dépourvus de réchauffeurs, le commandant Krebs a placé son appareil dans le circuit même de l’eau de refroidissement pour les cylindres. On voit qu'une chambre d’eau chaude C entoure la pièce N dans laquelle se fait par O l’aspiration du moteur. Le mélange s’opère donc à température constante, dans les conditions les meilleures pour une carburation régulière.
- La pratique a vite sanctionné les qualités théoriques de ce carburateur. Désormais la recherche de la carburation exacte, qui fut longtemps un souci pour le voituriste même expérimenté, n’est plus qu’un mauvais souvenir. Le moteur se donne à lui-même son gaz, dans la teneur exacte qui lui convient, et dans la quantité qui correspond au travail qu’on lui demande. Le commandant Krebs a trouvé là une des plus jolies solutions du problème de la carburation qui a une importance considérable sur la puissance et sur la consommation des moteurs à explosions. L. B.umihy de Su’nikh.
- LES MOTEURS A ACÉTYLÈNE
- M. Maurice II. Pignet a publié, dans la Revue générale, de Chimie, un article sur les moteurs à acétylène, d’où nous pouvons extraire quelques renseignements. M. Cuinat a fait des expériences avec un moteur à quatre temps d’une puissance de 6 chevaux, en employant une bobine d’induction pour l’allumage électrique. Les soupapes d’admission permettaient l'admission d’un mélange d’air et de gaz pendant les deux tiers de la course du piston et d’air seulement pendant le dernier tiers. 11 résulte des essais que les moteurs à gaz de 8 à 10 chevaux pourraient marcher avec MH) litres d’acétylène par cheval-heure. M. Neuherg, en 1900, indiquait une dépense de 200 litres d’acétylène par cheval-heure. La maison Moritz llille, de Dresde-Lohtau, construit des moteurs à acétylène spéciaux, identiques comme construction aux autres moteurs à gaz, mais ayant des cylindres interchangeables et des enveloppes réfrigérantes. La consommation est de 180 à 220 litres d’acétylène par cheval-heure. M. le professeur Vogel, qui a examiné plusieurs installations centrales d’acétylène en Allemagne pourvues de moteurs à acétylène, estime que la consommation est de 100 litres par cheval-heure dans les moteurs de h à 8 chevaux. Les constructeurs de moteurs de Deutz-Cologne assurent qu’on a utilisé avec succès l’acétylène dans leurs moteurs ordinaires; le gaz doit être complètement sec, la consommation moyenne varie entre 250 et 500 litres par cheval-heure. Mentionnons également un moteur pour voiture automobile qui a été construit par 1*Auto-acétvlène Company, de New-York. Ce moteur comporte quatre cylindres, et deux chambres d’explosion sans refroidissement artificiel. La vitesse angulaire normale est de 1000 tours par minute; l’auto-mobilc peut faire environ 20 kilomètres par heure sur route. La marche arrière de la voiture est obtenue à l’aide d’un engrenage supplémentaire que l’on fait manœuvrer par un levier. ,1. L.
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- LA NATURE.
- LES EXPÉRIENCES ÂÉROSTÂTIQUES
- SAHARIENNES'
- Les records du temps et du parcours pour les voyages aériens sont détenus par des ballons de 5000 mètres cubes montés, avec 1925 km pour le parcours et 41 heures 1/2 pour le temps.
- L’aérostat saharien Léo Dex non monté, manoeuvré par des appareils automatiques et dont le volume n’atteignait pas 90 mètres cubes, a parcouru à travers le Sahara septentrional plus de 000 kilomètres et est resté plus de 26 heures en l’air sans jeter de lest. Son atterrissage est dû non h une cause aérostatique ou météorologique, mais
- Fig. 1. — L’Éclaireur blessé reprend sa route après avoir été délivré des mains des Arabes. (Cliché du capitaine Dehuraux.)
- aérien s’était prolongé au sud-ouest de Gabès jusqu’à la région des alizés réguliers située à cent lieues au sud de cette oasis, le Léo Dex fut entré au bout de 20 heures dans cette région des alizés. Là il se fût trouvé en pays désertique, et sa vitalité constatée lui eût permis de franchir encore sous le souffle de ces vents un millier de kilomètres, il fût donc parvenu à mi-chemin de Tombouctou.
- On en conclut aisément que, dans les mêmes conditions, un ballon non monté de 1000 mètres cubes, emportant 600 kg de lest-eau déversable automatiquement par fractions de 40 kg toutes les fois qu’il approche de terre, eût franchi aisément les 2300 kilomètres qui, dans la direction suivie par les vents alizés, séparent Gabès de Tombouctou.
- 1 Vov. n° 1547, du 17 janvier 1903, p. 99.
- seulement à l’intervention de l’homme. Les dépêches officielles ont signalé, en effet, l'aérostat comme ayant été capturé par les indigènes à 90 km à l’ouest-sud-ouest du poste d’Ouled-Itjellal, soit à distances à peu près égales de Laghouat et de Biskra, il venait du sud ; les 5 pigeons voyageurs qu’il avait à son bord y étaient toujours, leur cage ne s’étant pas ouverte, ce qui fut infalliblement advenu si le Léo Dex s’était une seule fois approché à moins de 10 mètres de terre durant son parcours. L’aérostat avait été lancé de Gabès par un vent du nord-est persistant; ce vent continua à souffler avec une vitesse de 25 km à l’heure en moyenne à Gabès durant les deux jours qui suivirent le lancer de l’aérostat. Si, comme il était à espérer, le même courant
- Fig. 2. —Jl.e Léo lier s’élève tendant ses voiles. (Cliché de M. Bonello, officier interprète.)
- Un peut donc dire que le Léo Dex représente un type d’aérostat capable, moyennant un volume suffisant du ballon (plus de 650 mètres cubes) de traverser non monté le Sahara, à la seule condition qu’un vent temporaire le porte de son lieu de lancement jusqu’au Sahara central, région où, en hiver, souffle avec régularité l’alizé du nord-est.
- Les expériences tentées par YÉcloireur et le Léo Dex avaient pour but de faire cette démonstration aérostatique et de rechercher si Gabès possédait les vents temporaires souhaités.
- Au point de vue aérostatique, le Léo Dex a accompli sa tâche ; on pouvait difficilement espérer davantage d’un ballon de 87 mètres cubes. Au point de vue météorologique, il semble démontré que Gabès n’est pas un lieu propice au lancement de l’aérostat saharien non monté de 1000 mètres cubes de capa-
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- cité qui, tout aménagé, attend dans les ateliers de M. Mallet que des ballons précurseurs plus petits lui aient tracé la voie.
- Il est évident qu’en s’enfonçant de 400 kilomètres dans le sud de Gabès, on résoudrait le problème météorologique, puisque de ce point on pourrait lancer un aérostat saharien de la frontière même du pays des alizés, mais peut-être ne sera-t-il pas nécessaire de pousser aussi loin, et trouvera-t-on dans le Sahara algérien un endroit d’où un vent temporaire convenable conduira les navires aériens jusqu’à l’étreinte de l’alizé, vent permanent en hiver au-dessous du 30e parallèle au Sahara.
- Quant au problème aérostatique, il semble résolu à une seule objection près : le Léo Dex comme l’Eclaireur furent arrêtés par la main de l’homme.
- Les Arabes saisirent les guides-rope de ces petits ballons à un moment où leur marche était fort ralentie et les amenèrent a terre. Avec des ballons cubant moins de 100 mètres, la chose est relativement aisée; avec un ballon de 1000 mètres cubes, elle deviendra beaucoup plus difficile. D’autre part, l’aérostat de 1000 mètres porte le long de son guide-rope dix points de rupture préparée; si ce guide-rope est saisi, il se brisera dans le voisinage du point d’arrêt, et l’aérostat échappera, vraisemblablement par un bond momentané en ascension libre.
- Les guides-rope des ballons précurseurs n’avaient pas été et ne pouvaient être munis de ces dispositifs de rupture. Les en munir eût été, en effet, ou illusoire vu la faible traction exereée par un petit ballon, ou compromettant pour la navigation aérienne,
- Fig. 3. — Gonflement du Léo Dex à Aïn-Zérig près Gabès. (Cliché de M. Rouello, ol’licier interprète.)
- car des points de rupture préparée trop faibles se fussent brisés, soit au départ, soit en route, sous les coups de fouet imprimés par l’aérostat à son câble à la traîne.
- De ce que les ballons de moins de 100 mètres cubes ont été arrêtés dans des régions encore habitées par les indigènes, on ne saurait logiquement en conclure que le ballon de 1000 mètres cubes pourra l’être à son tour, surtout en pays désertique. Léo Dex.
- L’EXPLORATION DU Dr SVEN HEDIN
- EX ASIE CENTRALE
- La Société de Géographie a reçu en séance solennelle le l)r Sven lledin qui vient d’accomplir une très importante expédition scientifique dans la Chine occidentale et au Tibet. Le célèbre voyageur suédois, quoique âgé de 58 ans à peine, est un vétéran de l’exploration; il y a quelques années, il parcourait la Perse, puis le Tian-Chan ;
- enfin, de 1893 à 1896, il sillonnait de ses itinéraires le centre même du continent asiatique et y recueillait une ample moisson d’observations géographiques et géologiques. Le nouveau voyage dont il est revenu récemment n’a pas été moins fructueux que le précédent et comme lui a duré trois ans.
- Quittant Stockholm, à la fin de juillet 1899, Sven lledin traverse d’un bond la Russie et quelques semaines plus tard arrive à Kachgar, la capitale du Turkestan chinois. En automne il gagne Laïlik, sur les bords du Tarym, fait construire une grande barge, et, s’abandonnant au courant sur cette embarcation primitive, il descend le fleuve jusqu’à ce qu’au milieu de novembre il soit arrêté par les glaces. Cette partie de l’Asie, située au centre même du continent, a un climat excessif : des températures dépassant 35° en été et en hiver des froids de plus de 30°, d’autant plus âpres qu’ils sont accompa-pagnés fréquemment de tempêtes terribles.
- Rejoint par sa caravane au port d’hivernage de la barge, Sven lledin mit à profit l’hiver pour explorer le désert qui enveloppe le Tarym. Nous ne suivrons pas
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- l’explorateur suédois dans ses nombreux itinéraires; il nous parait préférable de résumer les résultats qu’il a obtenus.
- Les études du savant voyageur ont porté sur deux régions très différentes. D’abord, le bassin du Tarym, celte immense cuvette dessinée par les Tian-Chan, les crêtes du Moustag-Afa, le Karakoroum et le Kouen-loun, tout entière occupée par le désert de Takla-Makane, prolongement sud-occidental de l’immense Gobi. Gel espace énorme, circonscrit par les grands reliefs indiqués plus liant, est rempli par des sables, sauf à la sortie des torrents de la région montagneuse, où la présence de l’eau a déterminé l’établissement de groupements humains et de fraîches oasis, et sauf encore sur les bords du Tarym.
- Le Takla-Makane est un des nombreux bassins fermés que renferme l’Asie centrale. Le Tarym, qui le parcourt et qui est le collecteur de toutes les eaux descendues de l’immense ellipse montagneuse dessinée par les grandes chaînes de l’Asie, s’amaigrit, à mesure qu’il avance vers l’est, sous l’influence de l’évaporation particulièrement active dans ce climat extrêmement sec, comme sous l’action des sables essentiellement mobiles; finalement ce beau fleuve finit par se perdre dans les marais de Lob-Aor. Dette fin du Tarym soulève de très intéressants problèmes d’hydrologie que M. Sveu Hedin a pu résoudre dans son dernier voyage.
- Le savant voyageur a reconnu que ce fleuve se déplace sans cesse et très rapidement, d’une année à l’autre, et que la nappe dans laquelle il se termine subit des déplacements. 11 y a deux Lob-Nor : l’un, à l’endroit marqué sur les cartes européennes actuelles, et qui porte le nom de Kara Kochum ; l’autre, situé plus au nord qu’indiquent les cartes chinoises et qui est à sec depuis longtemps. Actuellement les eaux ont une tendance à abandonner le Kara Kochum pour aller remplir le Lob-Nor des cartes chinoises.
- Les bords de ce dernier bassin, aujourd’hui une épouvantable solitude de sables, étaient à une époque antérieure, probablement, lorsque le lac était rempli, une région fertile et habitée. M. Sven Hedin a découvert près de cette cuvette les ruines de villes enfouies sous les dunes. D’après les monuments mis à jour dans ce s Pompéi asiatiques, celte époque de prospérité se place entre le troisième et le cinquième siècle de notre ère. Dans d’autres régions du bassin du Tarym, notamment dans la vallée du Kerya Daria, l’existence de plusieurs autres groupes de ruines a été signalée. Il y a quinze siècles cette région, aujourd’hui désolée, était un centre de civilisation que l'envahissement progressif des sables a contraint d’abandonner.
- Après une consciencieuse exploration du Takla Makane, Sven Hedin a, pendant deux ans, exploré le Tibet. Entre ces deux régions voisines, le contraste est absolu. Au-dessus du bassin déprimé du Tarym, le sol s'élève rapidement et sur des espaces immenses se maintient à une altitude notablement supérieure à celle du Mont-Blanc. Le Kouen-loun, qui se dresse immédiatement au-dessus de l’infinie plaine de sables, dépasse l’altitude de 7000 mètres, et au sud de ce premier rempart le plateau tibétain se développe en une immense table de pierres, à une hauteur de 5000 mètres, accidenté de crêtes et découpé de vallées la plupart sans écoulement vers la mer et toutes remplies de grands lacs. D’après les observations du voyageur suédois, ces nappes étendues sont peu profondes, la plus grande cavité qu’il ait mesurée atteignait une tren-
- taine de mètres. Ce sont donc de simples inondations dans des vallées ou les eaux courantes n’ont pas encore eu le temps de creuser un canal de drainage. En nombre relativement grand de voyageurs ont poussé des reconnaissances à travers le Tibet. Dans cette œuvre, les Français ont eu une large part avec Bonvalot et Je prince Henri d’Urléans, Dutreuil de Illiins et Grenard. Mais de vastes espaces demeurent encore en blanc sur la carte de cette haute plate-forme et c’est à combler ces lacunes que s’est attaché Sven Hedin.
- Tout en poursuivant ses études topographiques, l’intrépide explorateur a essayé de pénétrer dans Lhassa, la ville sainte du bouddhisme lamaile, enfermé dans les plis de ces grands monts et dans laquelle n’a pu entrer nul Européen depuis 484-4; mais, comme ses devanciers, il a dù battre en retraite devant l’hostilité non déguisée des indigènes.
- Après cette tentative, Sven Hedin s’est dirigé à travers le plateau tibétain vers l’est pour gagner le Cachemire, puis, au printemps 1902, il traversait le col du Karakorum pour revenir à Kachgar et rentrer en Europe par la Russie. Le col du Karakorum est une des passes qui du nord conduisent dans l’Inde à travers l’épais et puissant massif montagneux dressé entre le bassin de l’indus et celui du Tarym et auxquelles par suite on attache une grande importance politique. La photographie de ce passage que M. Sven Hedin a montrée, lors de sa réception par la Société de Géographie, a mis en pleine lumière les difficultés énormes que présente cette route et il semble bien improbable qu’une armée puisse jamais se mouvoir sur un tel terrain. De ce coté l’Inde parait invulnérable.
- Charles Rabot.
- LE MÉTROPOLITAIN
- L1GXE CIRCULAIRE SN'ORD PAR LES BOULEVARDS EXTÉRIEURS
- On vient de livrer à la circulation la seconde section de la ligne circulaire Nord du Métropolitain de Paris dont la première section avait été ouverte, il y a quelque temps déjà, entre la station deJ’Étoile et celle de la place d’Anvers. Cette ligne circulaire Nord suit, comme on sait, les boulevards extérieurs (fig. 1) pour aboutir à la station de la Nation où elle forme, en plan, une immense raquette qui permet aux trains de traverser cette station sans aucun rebroussement.
- Sur la ligne circulaire Nord, dont la longueur totale est de 10,6 km, se trouvent réparties 22 stations dont l’espacement moyen est de 487 mètres. L’espacement maximum entre le boulevard Barbés et la station de la Chapelle est de 725 mètres.
- Le tracé ne présente en plan rien de particulier. Les courbes sont peu nombreuses et d’un rayon le plus généralement supérieur au minimum de 75 mètres autorisé par le cahier des charges. Ce n’est que dans les stations extrêmes qu’on a dù réduire ce rayon de courbe à 40 mètres, mais sans aucun danger pour la circulation des trains, la vitesse, à ces endroits, étant toujours très réduite. Comme pentes,-les conditions topographiques ont permis de les maintenir dans des limites très modérées. Sauf en deux endroits, rti passage de la partie en viaduc à la par-
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- tie en souterrain et dont nous parlerons tout à l’heure et où elles atteignent 40 mm par mèlre, ces pentes 11e dépassent pas 29 mm par mèlre.
- Pour diverses raisons : diminution de la dépense de construction, Facilité d’entretien des ouvrages et, surtout, possibilité de laisser entièrement libre la surface de la voie publique pour la circulation des voitures et des piétons, on a admis, en principe, pour le Métropolitain de Paris, rétablissement d’une ligne souterraine. Cependant, pour la ligne circulaire Nord, on a dù, sur une certaine partie de son parcours, 2 km environ, se départir de cette règle générale par
- suite de conditions topographiques spéciales. Entre le boulevard Barbés et la station de Meaux, il fallait traverser le chemin de fer du Nord et de l’Est et le canal Saint-Martin, ouvrages qui, eux-mèmes, sç trouvent en tranchées. Les couper souterrainement eût nécessité l’établissement d’un tunnel à grande profondeur très coûteux et avec des rampes de 40 mm par mètre de grande longueur et difficiles d’exploitation. A ces profondeurs, l’accès des stations eût été peu commode et eût entraîné l'installation d’ascenseurs. Enfin, chose plus grave, 011 se trouvait dans la nappe d’eau souterraine et la construction d’un
- Fig. 1. — Lignes du Métropolitain de Paris.
- tunnel pouvait présenter des difficultés sérieuses et entraîner des dépenses imprévues et, peut-être, exagérées, Toutes ces conditions ont conduit les ingénieurs de la Ville à construire cette section de la ligne de 2 km de longueur en viaduc métallique et c’est le passage de cette partie en viaduc à la partie en souterrain, près du boulevard Barbes et de la station de Meaux, qui a nécessité la rampe maximum de 40 mm par mètre dont nous parlions précédemment.
- La partie souterraine ne présente rien de particulier. Les tunnels sont voûtés et construits suivant les mêmes dispositions que celles qui ont été adoptées pour la ligne Vincennes-Porte-Maillot. Toutefois, en quelques endroits, où la hauteur faisait défaut, on a dû remplacer la voûte maçonnée pàr un tablier mé-
- tallique. Sauf en quelques endroits, notamment ù la station de Meaux et à celle d’Anvers, où on a rencontré d’anciennes carrières de gypse, exploitées autrefois à ciel ouvert et ensuite remblayées et qui ont obligé à aller chercher à une profondeur considérable, au , moyen de puits foncés, le sol solide, la construction des souterrains n’a pas présenté de difficultés sérieuses. Nous ajouterons qu’il n’a été fait, sur la circulaire Nord, pour le percement des tunnels, aucun emploi du bouclier, comme sur la ligne Vincennes-Porte-Maillot, quoique le cahier des charges laissât libre l’entrepreneur d’en faire usage. Ceux-ci ont préféré-avoir recours, avec quelques modifications, aux méthodes ordinaires de fouilles avec boisages. Dans quelques sections en souterrain, afin d'éviter les
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- vides entre la maçonnerie et le terrain et les affaissements du sol pouvant en résulter, on a eu recours à l’injection du ciment derrière les maçonneries, au
- moyen d'un injecteur du genre Greathead mû électriquement. Les viaducs métalliques devaient satisfaire à deux eonditions essentielles : celle de la hauteur au-
- Fig. 2. — Montage d'une poutre de rive.
- dessus de la chaussée et celle de l'encombrement. ' suffisante pour permettre la circulation des véhicules Au point de vue de la hauteur, celle-ci devait être | les plus élevés, notamment des automotrices à impé-
- Fig. 3. — font de service pour le montage du viaduc.
- riales couvertes de la ligne Saint-Augustin-Cours-de-Vinccnnes, et, en même temps, elle devait être la plus faible possible, afin de réduire la hauteur à franchir pour atteindre les stations. On s’est arrêté à une hauteur de 5m,c20 entre le niveau de la chaus-
- sée et le dessous des poutres, c’est-à-dire 0m,50 de plus que la hauteur des automotrices.
- Quant à l’encombrement, il fallait assurer les plus larges dégagements possibles au-dessous du viaduc, afin de faciliter la libre circulation des véhicules cl
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- des piétons, Pour cela, on a eu soin de ne rien changer aux voies existantes, en donnant aux travées métalliques les mêmes ouvertures que celles des voies tra-
- versées. C’est ainsi que, pour la traversée du boulevard Barbes, on a adopté une portée de 56,56 mètres et, pour celles des rues de la Chapelle et d’Aubervil-
- Fig. 4. — Chambre de rivetage.
- liers, une portée de 45,75 mètres. Au passage du che- verlure ont été adoptées, l'une au-dessus de la tran-min de fer duNord, deux travées de 75,25 mètres d’ou- chéc existante, l’autre en prévision de l’élargissement
- projeté de la gare. C’est également une travée de 75,25 mètres qui sert au passage de la ligne de l’Est.
- Pour le reste du parcours où des sujétions locales ne venaient pas fixer les ouvertures, on a admis des travées d’ouverture voisines de 22 mètres, ouver-
- ture satisfaisant le mieux aux conditions économiques.
- Dans le but de faciliter le dégagement, les viaducs sont supportés par des colonnes en fonte, partout où les conditions de stabilité le permettent et, partout ailleurs, par des piles en maçonnerie auxquelles
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- on u donné, on plan, les dimensions les [dns réduites possibles. Tout le viaduc est composé de travées indépendantes, formées de deux poutres de rive à semelles inférieures droites et semelles supérieures courbes. Les treillis sont en N, avec contre-diagonales dans les panneaux du milieu.
- Une question très importante concerne Lamortissement du bruit et des trépidations au passage des trains, question dont la solution est encore loin d’être résolue, malgré les nombreux essais faits ces derniers temps, notamment au chemin de fer surélevé électrique de Berlin.
- Au Métropolitain de Paris, la voie, sur toute la longueur du viaduc, est posée sur ballast. Bans ce but, le tablier du viaduc est formé de pièces de pont supportant de petites voûtes en briques qui, au moyen de murettes latérales en briques, forment une cuvette dans laquelle se trouvent le ballast et la voie. Il n'a été fait d’exception à ce mode de pose que sur les grandes travées de 75,25 d’ouverture où la voie repose directement, au moyen de longrines, sur les longerons du tablier. Un a eu recours à celle disposition pour les grandes travées, dans le but d’éviter l’augmentation de poids résultant de l’emploi du ballast, augmentation de poids qui avait pour corollaire celle de la partie métallique et, et par conséquent, celle de la dépense.
- Les colonnes en fonte et les piles en maçonnerie reposent sur des soubassements en pierre de Souppes qui, lorsque le sol est solide, s’appuient sur des massifs en béton. Mais, en divers endroits, on s’est trouvé en présence d’anciennes carrières et de terrains rapportés où l’on n’a pu trouver le sol solide qu’à une profondeur variant entre 15 et 50 mètres. Un a dù alors avoir recours aux pilotis dont on noyait la tète dans la masse de béton. Plus de 1000 pilotis ont été ainsi employés.
- Le montage des travées métalliques s’est lait de deux manières différentes. Entre le chemin de fer du Nord et le boulevard Barbés, où on n’était pas gêné par la circulation, on a pu amener de l’usine les poutres de rive par tronçons de 7 à 8 mètres de longueur, les river sur le sol, puis les monter (fig. 2) au niveau des appuis au moyen de ponts roulants. On a posé ensuite les entretoises entre les deux poutres. Sur le reste du parcours où la circulation était plus active et où les points d’appui se trouvaient sur la chaussée, on a établi à U",20 au-dessous des poutres de rive un plancher en bois supporté par un pont de service (fig. 5). On montait les poutres principales sur ce plancher, en les soutenant au moyen de vérins, puis, après rivetage, on les descendait sur les appuis. Un certain nombre des ces travées ont été rivetées au moyen de riveuses hydrauliques pouvant donner une pression de 55 tonnes sur des rivets de 22 millimètres. La pression hydraulique était obtenue au moyen de pompes actionnées par une dynamo. Le tout était abrité sous un grand chariot circulant sur des rails reposant sur les entretoises du tablier du pont (fig. 4).
- La majorité des stations est voûtée, sauf celles de la rue de Borne et de la place de la Nation qui, par suite du manque de hauteur, ont un plancher métallique. Celles du boulevard Barbés, de la rue de la Chapelle, de la rue d’Aubervilliers et de la rue d’Allemagne sont en viaduc. Les stations voûtées, ainsique les dispositions d’accès, sont entièrement semblables à celles de la ligne de Yincennes-Porte-Maillot.
- Les stations en viaduc se composent du viaduc ordinaire de voie courante reposant sur des colonnes (‘u fonte espacées de 15 mètres dans le sens longitudinal de la voie. Be chaque coté de ce viaduc se trouvent les quais surélevés de 4 mètres de largeur et de 75 mètres de longueur supportés par des entretoises reposant, d'un coté, sur les poutres du viaduc de voie courante et, de l’autre, sur une poutre extérieure s'appuyant sur des piles en maçonnerie. L'abri des voyageurs est formé d’une marquise métallique supportée par de petites fermes fixées sur la poutre extérieure du viaduc, de manière à éviter tout point d’appui sur le bord intérieur du quai et .empêcher la libre circulation du public. Be grandes baies vitrées forment des parois latérales de ces marquises et ces baies reposent, à la partie inférieure, sur un soubassement en maçonnerie de briques revêtue de terre grésée. Un lambrequin vitré, placé au-dessus de la voie et fixé à l’extrémité intérieure de la marquise, abrite les voyageurs contre la pluie.
- L’accès de ces stations se fait au moyen de deux escaliers latéraux aboutissant aux quais et débouchant sur un couloir qui donne accès sur un palier placé au-dessous du viaduc et où sont installés les bureaux de distribution des billets. Un escalier en [lierre donne ensuite accès sur la chaussée.
- La dépense d’établissement de la ligne circulaire Nord, à la charge de la ville de Paris, est estimée à 27 500000 francs, soit une dépense moyenne de 2600 francs par mètre courant. Mais si on compare les dépenses, par mètre courant, des parties en souterrain avec celle en viaduc, on trouve, pour la première, une dépense de 1720 francs, et, pour la seconde, une dépense moyenne de 5890 francs, c’est-à-dire un prix d’établissement un peu plus que double.
- À ce chiffre du prix d’établissement de l’infrastructure du Métropolitain en lui-même, il y a lieu, pour obtenir la dépense totale réellement faite, d’ajouter celle qui résulte des travaux préliminaires, tels que déviations d’égouts et de conduites d’eau, dépense importante qui s’élève au chiffre de 5 594 000 francs. Be sorte que la dépense totale de la ligne circulaire nord, à la charge de la Ville de Paris, est de 55094000 francs. R. Bonnix.
- GÉ0PHAGES ET TERRES COMESTIBLES
- S’il prenait fantaisie à un restaurateur parisien de servir au dessert des « gâteaux en terre », ses clients, sans doute, lui feraient grise mine; car en France et chez toutes les nations civilisées du reste, la (( geophagic » ne
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- constitue qu’une habitude morbide et exceptionnelle. L’est ordinairement l’un des symptômes de la malacie, sorte de maladie de langueur accompagnée de dépravation du goût. Mais il n’eu va pas de même en diverses régions de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique où se rencontrent des tribus entières de géophages. Les races jaunes se montrent particulièrement attachées à celte singulière coutume bien qu’on l’ait constatée chez plusieurs peuplades appartenant à d’autres groupes ethniques et sous presque toutes les latitudes : à la Guyane et en Sibérie, au Véné-zuela et à la Nouvelle-Calédonie, au Cameroun et au Siam.
- Des voyageurs ont rapporté, à plusieurs reprises, des « terres comestibles » et voici ce qu’on sait à leur égard.
- A Java et à Sumatra, l’argile dont se régalent les indigènes subit une préparation préalable. Selon M. Hekmever, pharmacien en chef des Indes orientales hollandaises, on la réduit en pâte avec de l’eau, en séparant les matières étrangères, les pierres, sable et autres corps durs; puis ou l’étale en plaques minces qu’on grille ensuite dans une casserole de fer sur un feu de charbons. Chacune de ces gale ttes roulée sur elle-même simule assez bien une écorce desséchée; leur grosseur ne dépasse guère celle d’un crayon et leur couleur varie du gris ardoise au rouge brun en passant par la nuance cannelle. Les Javanais en font également des figurines grossièrement modelées qui rappellent nos bonshommes en pains d’épice. Les terres mangeables de Chine sont, d’après Ehrenberg, les unes blanches, grasses et silicatées, sans débris organiques, les autres renfermeraient au contraire certains animalcules fossiles.
- Sur la nature des substances terreuses appréciées par les noirs du Congo, un mémoire de M. lleiberg, de Copenhague, publié récemment par Le Caducée, nous renseigne de façon plus précise. Les deux échantillons analysés, que l’auteur tenait du 1)‘ Hans Millier, présentaient entre eux des différences sensibles. La première sorte était une matière poreuse, d’une couleur jaune d’ocre, se réduisant aisément en poudre line. Elle contenait de l’acide silicique, de l’oxyde d’aluminium, de la soude, des traces de fer et une faible quantité de matière organique azotée. La seconde espèce de terre, d’une teinte grise noire, ressemblait à de l’argile ordinaire; sa composition se rapprochait de la précédente, sauf qu’on y trouva quelques spongolithes et pas de sodium. Chauffés, les deux échantillons dégageaient de l’eau et des vapeurs alcalines, mais tandis que le jaune renfermait du quartz libre, sous forme de grains de sable fin. il n’en existait pas dans le gris. L’examen bactériologique ne donna qu’un résultat négatif.
- En définitive, il n’y a, dans ces singuliers aliments, que le fer et le sodium d’assimilables par l’organisme, car la substance azotée disparaît par le grillage. La terre jaune se récolte dans les plantations de café, à Nouvelle-Anvers (Bangala). Quant à la variété grise, la plus prisée des consommateurs congolais, qui ne la payent cependant que 5 centimes environ le kilogramme, on ne sait pas exactement où les natifs la recueille.
- Dans notre colonie du Tonkin, au dire de M. Dumou-tier, la géophagie sévit également dans les provinces de Nam-Dinh, Thai-Binh, llai-Duong et Sonia y. Là-bas, les « petits fours » de terre se présentent sous deux aspects : les « oreilles de chat » (ngoë-taï-meo), minces copeaux obtenus d’un bloc compact gris qu’on sèche sur des briques chaudes et les « tuiles » (ugoï) qui subissent une cuisson assez intense pour prendre une belle coloration rouge. On les vend au prix moyen de 18 « sapè'qiics )) les CT)D gram-
- mes. Les Annamites considèrent comme des friandises ces terres comestibles, qui possèdent les propriétés physiques de l’argile, happent à la langue et manquent de saveur. Somme toute, aucun principe nutritif ne se rencontre en quantité appréciable dans ces indigestes gâteaux. La conduite des géophages ne se justifie pas plus au Tonkin qu’ailleurs et s’éloigne certainement beaucoup des règles gastronomiques posées naguère p?r Brillal-Savarin....
- JvcyLKs Boyïj!.
- GdNSERVES AMÉRICAINES
- L’industrie des conserves alimentaires ne semble avoir pris nulle part une importance aussi considérable qu’aux États-Unis : d’abord parce que les conditions de la vie sociale sont telles que les maîtresses de maisons américaines apprécient fort la cuisine toute faite, qui peut se servir et se consommer sans préparation, et aussi parce que les articles de consommation se produisent en grand, et que la mise en conserve permet de les expédier au loin sur une multitude de marchés.
- Banni ces conserves, il en est qui se fabriquent aussi dans la vieille Europe et (pie l’on connaît bien sur nos tables, depuis les homards et les légumes divers jusqu’aux sardines et aux fririls. Nous sommes déjà moins accoutumés aux conserves de poulets ou d’huîtres ; mais en voici plusieurs bien propres à l’Amérique.
- Nous avons eu occasion de dire ici quelle est l’importance prodigieuse de la production du maïs aux États-l nis, non seulement du maïs que l’on cultive dans le midi de la France, en Italie, mais aussi du maïs « doux » et très sucré que l’on mange un peu comme un dessert. Or, ce maïs doux, on en fait des conserves, et de nombreuses usines se livrent à cette industrie peu connue chez nous. La cuisson de la graine et sa mise en boite s'effectuent comme de juste à la machine, et avec une rapidité fantastique.
- Ceux de nos lecteurs qui ont fréquenté certaines régions de l’Allemagne ou de la Suisse allemande, ont certainement goûté de ces compotes d’airelles ou de myrtiles que l’on sert dans les hôtels, et dont le jus violet colore souvent les lèvres d’une façon intense. Or, aux États-Unis, ou plus exactement dans les environs de Washington, on fait des conserves d’airelles; les plaines de la région sont employées à produire des milliers et des milliers d’hectolitres de ces baies violettes : on a même inventé des instruments spéciaux, des sortes de fourches à dents multiples qui permettent d’en effectuer rapidement la cueillette ; elles prennent appui à terre sur des roulettes, et font tomber les baies dans un récipient pendu sous la fourche. La récolte dure de trois à six semaines, vers la fin d’août ou le commencement de septembre, et les baies se payent de 15 à 20 centimes le litre, plus 5 centimes pour le propriétaire du terrain où poussent les plantes.
- Enfin nous citerons encore parmi ces conserves, celles que l’on fait de ce coquillage aujourd’hui devenu assez rare sur nos côtes de l’Océan, le peigne ou pecten, et que l’on nomme clam en anglais. On les trouve en masse aux États-Unis, principalement le long des im nombrables indentations de la côte du Maine. Bien que dans cet État, il existe IA usines qui se livrent à la mise en boîtes de ces excellents coquillages, et dont la production dépasse une valeur de 900000 francs au moins.
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- LÀ DEPOPULATION DES ALPES
- Ce n’est point de l’homme dont nous voulons parler : les derniers recensements nous montrent cependant sa fuite rapide et l’abandon dans lequel il laisse les maisons autrefois très peuplées. 11 ne faut pas accuser l’émigration hier très active, très ralentie aujourd’hui, mais la diminution progressive du nombre des naissances. Je veux surtout signaler la disparition des arbres, des [liantes, qui étaient la parure et la gaîté des Alpes françaises. Bien des cris d’alarme ont déjà été poussés par les amis de la montagne, à propos de sa déforestation. On connaît ces coupes à blanc, qui transforment en désert des régions où la vie était fort active. Mais le mal devient plus profond, et il ne faut se lasser de signaler son extension dans l’espoir qu’on y portera remède. Certains cantons des Alpes deviennent des solitudes : les arbres, les [liantes, les oiseaux disparaissent. Je dois faire exception pour les grands rapaces, qui pullulent depuis deux ans d’une façon inquiétante. Aigles et gypaètes se voient dans toutes les vallées.
- On sait que les forêts deviennent rares surtout en Maurienne, où les vallées, rongées par les eaux furieuses des torrents, sont des déserts de pierre. Nos reboiseurs les Kuss, les Briot, les Mougin, essaient, avec beaucoup d’intelligence et de ténacité, d’arracher ces régions à une ruine définitive. Mais ils ont à lutter contre le mauvais vouloir des hommes et sont aux prises avec des ennemis redoutables. Ce sont ces eaux sauvages, descendues des hautes cimes, autrefois tamisées et retardées par les multiples racines des arbres; maintenant, à la moindre averse, elles forment trombe et causent d’irréparables ravages. La forêt se meurt, on la détruit avec une inconscience, qui fait mal au cœur : les plus beaux arbres disparaissent, et la Gaule, qui renfermait autrefois des bois de haute futaie en abondance extrême, est
- tributaire de l’étranger pour les bois de construction. Les habitants de nos Alpes feraient bien de méditer cette parole de M. de Parville : « Les pays sans arbres sont des pays malades, condamnés à la stérilité, à la pauvreté ». Le remède est simple. Il faut se bâter de reboiser. Cela se dit tous les matins et s’oublie tous les soirs, au grand désespoir de nos reboiseurs qui malgré leur bonne volonté ne peuvent sauver les gens malgré eux. Ils font cependant
- merveille avec les fai-: i blés ressources dont
- ils disposent. A Annecy, on a repeuplé le Crêt du Mort; M. Bernard s’attaque %l"7\ ‘l Tournette, M. Mougin a fait d’admirables travaux de dérivation et de consolidation des berges des torrents de Saint-Martin de la Porte et de Saint-Julien.
- Je présenterai les mêmes observations pour les plantes : l’herbe a deux ennemis : la chèvre et le mouton. Ce sont eux qui ont dévasté la Maurienne. Les cantons où ne vont pas les transhumants ont de riches herbages : prenez pour exemple le plantureux canton de Beaufort avec ses montagnes à gruyère, où paissent les vaches tarines. Transportez-vous à Modane, et vous verrez ce qu’est l’Alpe caillouteuse et grise. L’homme fait disparaître les fleurs. Dans les prés hier fleuris et souriants le botaniste ne trouve plus rien. Les préfets prennent tous les ans des mesures utiles pour la protection des plantes : mais les braconniers ne respectent pas ces « édits du préteur » et dans les marchés publics étalent leurs chasses prohibées. Des gens dévoués ont fondé des jardins où les plantes trouvent abri, mais c’est insuffisant, comme sont insuffisantes nos quelques Sociétés d'amis des arbres. L’éducation du public reste à faire.
- La faune était autrefois très riche et très variée-. Plusieurs espèces ont disparu ou sont en voie de disparition. Il ne faut pas regretter « les bêtes ravissantes », ours, loups cerviers qu’on rencontrait en
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- bande au seizième siècle et contre lesquelles on orga- j la combe d'ire, au fond du lac d Annecy; on ne les nisait des battues. Je note qu’il reste des ours dans | a point aperçus depuis plusieurs années. Ils ont
- Ugiups. Torrent du Merdassier. Forêt ruinée. Ravin du milieu.
- toujours été de mœurs paisibles, et n’ont jamais attaqué les rares promeneurs, qui s’aventurent dans la forêt vierge où ils ont élu domicile.
- On a imprimé souvent que le lynx n’existait plus dans les Alpes. C'est une erreur. Près de Rourg-Saint-Mau-rice, sur la rive gauche de l’Isère, s’étend l’admirable forêt de Mal-govert, dont certains cantons hérissés de gros blocs de pierre, sont d’accès difficile. Ltà s’est réfugié le lynx; tous les ans, les chasseurs de la région en abattent quelques-uns.
- Le bouquetin apparaît quelquefois sur les glaciers de la Yal d’Isère; le chamois, traqué par d’adroits
- tireurs, devient Irès rare. Au dix-huitième siècle on chassait le cerf dans la Savoie. On a trouvé, il y a trente
- ans, en Bauges, au sommet de la montagne de Mar-geriaz, un squelette de cerf avec ses cornes en bon état de conservation. D’autres bêtes paisibles sont encore en voie de disparition.
- Si vous voulez voir des marmottes, allez dans la vallée d’Aoste. Dans ces vallées silencieuses de Cogne ou de Val-grisanche, on les voit s’ébattre par centaines sur les pelouses élevées, que l’homme n’atteint qu’avec difficulté. Elles choisissent les pentes exposées au soleil. Elles ont une stratégie fort savante pour se préserver des surprises
- Montagne rlu Charbon.
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- désagréables. Sur les rochers isolés, dominant les alentours le troupeau place des vedettes vigilantes. En cas de danger elles font entendre un sifflement strident et prolongé : en un clin d’œil la bande a disparu dans les terriers.
- Ces terriers, où la marmotte passe engourdie de longs mois d’hiver, sont garnis d’un bon lit de mousse sèche et d’une provision d’herbe pour les premiers besoins du printemps. Les galeries d’accès de ces terriers ont plusieurs mètres de longueur; elles sont doublées d’entrées secrètes, revêtues de bouchons de paille, avec revêtements extérieurs de terre battue. Les valdotains chassent la marmotte moins pour sa chair et sa fourrure que pour sa graisse, souveraine, disent-ils, contre les douleurs. Dans nos Alpes les marmottes sont devenues très rares, comme leurs voisins les chamois. Les alpinistes qui les apercevaient souvent dans l’Oisans ou la Yallouise, ne les rencontrent plus qu’à de très rares intervalles. Vous trouvez parfois dans les bourgades de France de petits ramoneurs. Ils sont habillés légèrement et trottent dans les villages; ils portent sous leur veste une petite marmotte, leur compagne de misère. Us la font danser en chantant un air lent et triste du pays natal.
- Si les grands rapaces ne disparaissent pas, c’est qu’ils savent placer leur aire sur des rochers inaccessibles où nul chasseur, malgré son intrépidité, ne peut arriver. Ces malfaiteurs de l’air sont en partie responsables de la disparition des oiseaux. Ils attaquent les chamois, les lièvres, les moutons ; ils saisissent au vol leurs congénères de petite taille. Les forêts sont silencieuses, les chasseurs désespérés. Dans les hautes montagnes de la Tarentaise et de la Maurienne se rencontrait le grand Tétras, le vrai coq de bruyère, qui constituait un coup de fusil magnifique; on ne le voit plus. Le petit coq de bruyère qui vivait en troupe considérable, vers Modane par exemple, devient rare. La gelinotte, un des gallinacés les plus délicats, ne se trouve que de temps à autre sous les couverts. S’il y a encore des grives en Maurienne, par contre tous les petits chanteurs sont impitoyablement tués. On les massacre avec imprévoyance sans se douter qu'ils rendent à l’agriculture d’immenses services, en débarrassant les plantes d’animaux nuisibles.
- Je pourrais multiplier ces observations que nous a permis de faire notre long séjour dans les Alpes. Mais nous en avons assez dit pour montrer quels graves périls résultent pour nos montagnes de l’incurie des hommes. Regardez les ravinements du Mer-dassier, les éboulis du Charbon, ({lie représentent nos gravures, c’est l’image du néant. J^es montagnes ont déjà assez d’ennemis, la neige, l’avalanche, l’eau, pour que celui qui les habite ne vienne pas les dépeupler avec méthode. Il est bien temps de s’arrêter dans cette dévastation systématique et de prendre quelques mesures efficaces de conservation, sinon la mort de la forêt est proche. J. Corcellf,,
- _ % ^ ___ Agrrgé df ITnivorsito.
- LE PENDULE DE FOUCAULT
- DÉMONSTRATION ÉLÉMENTAIRE DE I.A LOI DE DÉVIATION
- On peut, sans faire intervenir la Mécanique ou la Trigonométrie, arriver à la formule exacte qui donne la déviation du pendule de Foucault pour un point quelconque de la Terre.
- Soit A ce point, B P le quadrant de méridien sur lequel il se trouve, PO la ligne des pôles, C D la tangente ou méridienne (que je suppose être la direction initiale du mouvement du pendule). Quand la Terre a tourné d’un certain angle B 0 E, le méridien est venu en C' P, la ligne C D en C' D, le point A en A'. La direction initiale des oscillations fait alors avec la ligne C' D un angle A' donné par la parallèle ,r y à CD. Cet angle A' est égal à l’angle D.
- Or, si nous supposons que le temps de la rotation a été extrêmement court, les angles O, A', D sont extrêmement petits, et l’on peut, dans cette hypothèse, regarder, sans erreur sensible, l’angle D, comme mesurant la déviation du pendule pendant le temps considéré.
- Appelons n la graduation de l’angle O, «'celle de l’angle D. Si nous supposons décrits des points O et D comme centres avec des rayons 0 C et C 1), des arcs de cercle (qu’il est inutile de figurer), ces arcs auront C C' pour corde commune; mais comme ils sont très petits, on peut les confondre avec cette corde et, par suite, admettre qu’ils ont
- sensiblement même longueur. Or, les graduations de deux arcs de même longueur, pris sur deux circonférences différentes, sont inversement proportionnelles aux rayons de ces circonférences; on aura donc :
- n' GO
- d’où
- n G1)
- , CO
- ” =,,xim
- La figure permet d’interpréter géométriquement ce résultat. On peut dire que la vitesse angulaire de la Terre étant représentée par l’hypoténuse C D du triangle rectangle O CD, la vitesse angulaire de la déviation du pendule est représentée par le côté C O de l’angle droit*.
- Enfin, si l’on veut retrouver la loi du sinus, il suffit de
- remarquer que le rapport
- CO
- CD
- est égal au sinus de C D 0
- et que ce dernier angle-est égal à la latitude X (côtés perpendiculaires). On a donc, en se reportant à l’équation ( I ), n' ~ n s in X. Cihri.es Monter.
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- LA NATURE.
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- CHRONIQUE
- Le cyclone des Iles de la Société et des Iles Tuamotou. — Un cyclone terrible a ravagé, au commencement du mois de janvier, les îles de la Société et le groupe des îles Touamotou, dans l’Océanie. Les survivants ont raconté que le 11 janvier, le ciel prit un aspect particulier qui alarma vivement les habitants. L’atmosphère était très lourde. Le 14 et le 15, les vagues grandirent en hauteur jusqu’à ce qu’en fin une véritable muraille d’eau, de près de 15 mètres de hauteur, balayât l’archipel sur une étendue de plusieurs milles. De grands arbres furent déracinés, entraînant avec eux ceux qui y étaient montés. Le cyclone a fait rage pendant plusieurs jours. Les premiers renseignements ont été apportés à Papeïti (Tahiti) le 20 janvier, par le schooner Eimeo. Le vapeur E.rcelsior est arrivé le lendemain ayant à bord 400 survivants. Le capitaine de YExcelsior estime que 800 personnes ont péri dans les îles de llao, llikouera et Marokan seulement. Ces trois îles font partie du groupe de Touamotou. A llikouera, où il y a une population de 1000 personnes se livrant à la pèche des coquilles perlières, 500 personnes ont péri; llao et Marokan ont été complètement dévastées. Huit Européens ont été noyés. Les îles dont se compose l’archipel ne s’élevant qu’à quelques mètres au-dessus du niveau de la mer, les habitants durent se réfugier dans les cocotiers, mais seuls ceux qui se trouvaient sur les bords plus élevés ont pu échapper au désastre. Les survivants amenés par YExcelsior ont gagné son bord en parcourant à la nage la distance de trois milles qui séparait le navire du sommet des arbres sur lesquels ils s’étaient réfugiés. Le cyclone s’est fait sentir jusque dans l’ile Raïatea, dans les Iles-sous-le-Vent, où il a fait des dégâts énormes, mais il n’a fait aucune victime. Les survivants de l’archipel de la Société et du groupe des Touamotou se sont trouvés sans vivres, sans abri et sans vêtements. Les autorités françaises ont pris de promptes mesures et ont expédié dans ce but deux navires de guerre avec de l’eau douce et des provisions. Le croiseur italien Calahria s’est joint à eux.
- Le « Looping the Loop )). — Au moment où nous décrivions dans notre dernier numéro le Looping lhe Loop, de Londres, l’acrobate cycliste Diavolo débutait à Lyon, faisant sa première apparition en France. Le départ s’effectue d’une hauteur de 17 mètres, la course du départ au point d’entrée de la boucle mesure 58 mètres. La boucle a 10 mètres de diamètre et 7,*>U de plancher plat, ce qui donne un parcours total de 58 -f- 7m,(>0 + 51m,40 = 77 mètres; le temps mis pour couvrir la distance est de 5s,5/5. La façon dont s’arrête Diavolo est curieuse : au bout des 7m,G0 qui terminent le parcours se trouvent deux poteaux de fer, un de chaque côté de la piste : à ces poteaux sont attaches deux moufles et une corde tendue en ti avers passant dans les moufles à hauteur de poitrine. Diavolo arrive tel un boulet, et rencontre la corde qui se déroule en opposant une assez forte résistance pour l’arrêter au bout d’une vingtaine de mètres. La piste mesure dans ses 58 mètres de descente 1 mètre de largeur et va en augmentant depuis l’entrée de la boucle pour se terminer par une largeur de 2m,10. Dans toute la longueur du parcours une ligne noire placée au centre du plancher mesure 25 centimètres, et telle est l’habileté de Diavolo qu’il ne sort pas de cette ligne. La machine employée est une machine ordinaire mais sans chaîne, ce qui fait que Diavolo ne pédale pas; il n’v a aucun frein. L’exercice en lui-même est intéressant.
- Le nouveau télescope de l'observatoire l'erkes. — Un incendie des plus regrettables a détruit à peu près complètement le fameux observatoire américain Yerkes, qui se trouve à Williams Bay, dans le Wisconsin, et par conséquent aussi le puissant télescope que nous avions antérieurement décrit. Mais les Américains ne perdent pas de temps, et on est sur le point de signer le contrat qui chargera le professeur John Brashear de construire un nouveau télescope monstre pour remplacer le précédent; on entend que le travail soit achevé dans les six mois.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du I(> féimier 1903. — Présidence dt M. A. Gaudry.
- Théorème d'ëlectro-chimie. — M. Berlhelot annonce que des recherches électrochimiques lui permettent d’énoncer la loi suivante : la force éleclromotriee que développe l’action d’un acide sur une base est égale à la somme des forces électromotrices que développent l’action de l’acide sur le sel et l’action de la base sur le sel.
- Les impian lotions d'os. — M . Lannelongue présente une Note de MM. Cornil et Coudray sur les implantations d’os. Dans un premier travail les auteurs ont montré que la rondelle détachée du crâne du chien et immédiatement réimplantée se résorbait peu à peu et était remplacée par un tissu nouveau ; ils ont étudié cette fois le résultat de la substitution d’une rondelle d’os mort à la rondelle d’os vivant. D’après les expériences de MM. Lannelongue et A’ignal, les implantations d’os mort dans les os longs sont en partie résorbées ; il en est autrement sur le crâne. L’os mort s’entoure vite d’une épaisse capsule fibreuse; autour de lui des formations osséiformes se développent sur le bord de l’os crânien et à la face interne de cet os. Mais ces formations, au lieu de pénétrer dans la rondelle et de se substituer à elle, diminuent d’importance et au bout de quelques mois la rondelle d’os mort est encapsulée dans une épaisse couche de tissu fibreux.
- Les éruptions de la Montagne Pelée. — M. Fouqué annonce qu’il a reçu une lettre de M. Lacroix, accompagnée de photographies contenant des renseignements sur l’état du volcan et les éruptions de janvier dernier. Le cône s’élève à nouveau rapidement, mais les écroulements du sommet sont fréquents. 11 y a eu, en janvier, du 20 au 25, plusieurs grandes poussées gazeuses qui ont donné lieu à l’écoulement de nuées ardentes semblables à celles déjà décrites. Ces nuées filent sur le sol très vile et gagnent la mer où elles s’étalent. M. Lacroix en a observé une qui a d’abord progressé avec une vitesse de 5 kilomètres à la minute, puis qui a pris un mouvement plus lent. 11 a observé en avant de la nuée une sorte de protubérance horizontale. Celle-ci devait posséder une force vive énorme, car des blocs reposant sur le sol ont été chassés. Ainsi s’expliquent les démolitions de murs et d’édifices constatées lors de la catastrophe de Saint-Pierre.
- Propriétés des ragons du radium. —M. Roux présente une Note de M. Danisz relative aux propriétés physiologiques et bactériologiques du radium. Avec un échantillon très actif l’auteur a constaté que le tube contenant l’échantillon produisait en quelques heures sur la peau une escarre. Au bout de 48 heures la lésion cesse de s’aggraver. Le tube enfilé sous la peau produit un effet minime; introduit le long de la colonne vertébrale chez de jeunes souris le tube de radium détermine la paralysie ; sur des souris plus âgées il faut un temps beaucoup plus
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- LA NATURE.
- long pour constater un effet ; sur des souris adultes 7 à S jours sont nécessaires. Ces expériences montrent que les rayons du radium traversent faiblement les os. Si l’on enlève une rondelle d’os du crâne d’un lapin adulte et si l’on applique le tube de radium, on observe une hémiplégie rapide. M. Danisz a également exposé des larves du papillon des farines à l’action des rayons du radium; au bout de 24 heures elles ont éprouvé de la paralysie et sont mortes ensuite.
- Une maladie du châtaignier. — M. Guignard résume un travail de M. Mangin sur une maladie du châtaignier qui, sous le nom de maladie de l'encre ou de pied noir, ou de phylloxéra du châtaignier, étend ses ravages dans 27 départements dont les plus atteints sont les Basses-Pyrénées, la Corrèze et la Haute-Vienne. M. Mangin a donné au champignon destructeur le nom de mycelopha-gus castanea.
- Propriétés du béton fretté. — M. Considère communique les résultats de ses dernières expériences sur le
- béton fretté. Celui-ci possède, à poids égal, une résistance à l’écrasement qui dépasse celle de l’acier des constructions.
- Élections. — M. René Benoit, du Bureau international des poids et mesures, est élu correspondant de la section de physique par 58 voix contre o à M. Mathias et 1 à M. Macé de Lépinay. Ch. de Villedecil.
- i;x APPAREIL PRIMITIF
- POUR EFFRAYER LES ANIMAUX SAUNAGES
- Certains appareils inventés par les paysans et construits avec des matériaux de rencontre témoignent d’un esprit réellement ingénieux ; c’est h ce titre qu’ils méritent d’être signalés. Parmi ceux-lh nous en citerons un que nous avons vu à l’œuvre et qui est mis en marche par un ruisseau d’eau courante comme on en voit tant dans les pays de mon-
- tagne. Lorsqu’on parcourt la haute vallée du gave de Pau entre Cèdre et Gavarnie, il n’est pas rare d’entendre dans une prairie absolument déserte le bruit d’un marteau retombant à intervalles assez espacés sur une pièce de fer. Il semble qu’il y ait dans les environs une forge invisible. Si l’on s’approche, on finit par découvrir au milieu des herbes l’appareil que représente la figure.
- Une tige de bois est fixée sur un axe 0, mobile lui-même sur deux petites fourches A et B. La tige porte à une de ses extrémités un vieux marteau de (orge M et à l’autre un sabot hors d’usage S. En dessous du marteau, une pièce de fer, de préférence une vieille lame de faux F, est fixée sur de petits piquets. Au-dessus du sabot vient déboucher une conduite d’eau détournée du ruisseau voisin.
- Dès lors, il est facile de concevoir ce qui va se passer. L’eau tombe dans le sabot et le remplit; il devient donc plus lourd, descend et, par un mouvement de bascule, soulève le marteau. Mais arrivé au
- bas de sa course, le sabot se trouve incliné, il se vide et ne fait plus équilibre au marteau. Celui-ci retombe sur la pièce de fer et le sabot remonté se trouve prêt à être rempli à nouveau. L’eau qui amis en mouvement l'appareil s’échappe par un canal établi entre les piquets qui le supportent, de sorte que tout le système se trouve à cheval sur un ruisseau et ne diminue pas l’espace mis en pré, ce qui a bien son importance dans ce pays h terres cultivables rares.
- Cet appareil, qui fonctionne jour et nuit, sert, paraît-il, à effrayer les blaireaux qui voudraient creuser leurs terriers dans les prés. Je m’étonne qu’il n’y ait pas accoutumance et que les blaireaux ne finissent pas par reconnaître que, malgré son apparence terrifiante, cet appareil ne présente pas pour eux de danger réel. R1 L. Lai.oy.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahore, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1555. — 28 FÉVRIER 1905.
- LA NATURE.
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- APPARITION EN FRANCE DE QUELQUES PALMIPÈDES DU NORD
- Df K A N T l.’mVER 1902-1903
- Le 29 novembre 1902, La Nature annonçait, dans ses informations, l’arrivée sur les cotes de la Manche, aux environs et dans le port meme de Cherbourg, de bandes d’Oies sauvages, appelées vulgairement « bouettes » et « bénègues » et semblables à celles qu’on avait déjà vues apparaître dans les hivers rigoureux de 1870, de 1879-1880 et de 1884, et trois semaines plus tard, le 20 décembre, le même recueil signalait la présence de Cygnes sauvages sur les étangs de la Lorraine, principalement entre Sarre-bourg et Dieuze. Ce dernier phénomène, qui n’ap-
- partenait pas à la catégorie de ces migrations régulières que beaucoup d’Oiseaux effectuent deux lois par an, en sens inverse, au printemps et en automne, était probablement, comme on l’a indiqué, en relation avec l’abaissement de la température qui s’est fait sentir plus encore dans le nord de l’Europe que dans notre pays. Toutes les fois que le froid sévit dans les régions septentrionales on voit des Cygnes sauvages qui ont niché et passé l’été dans les marais salants, dans les estuaires des fleuves, ou dans les baies, en Sibérie, en Scandinavie, en Islande,
- I.a Bcrnaclio Cravant (Rernicla ùrenta).
- descendre en Hollande, en Allemagne, en Belgique, en France et pousser parfois jusque sur les rivages de la mer Noire. Ces Cygnes appartiennent à trois espèces : le Cygne sauvage proprement dit (Cygnus férus), le Cygne ordinaire (C. mansueius) et le Cygne de Bewick (C. Bewicki). Le Cygne sauvage, qui est le plus gros oiseau de la faune européenne, se reconnaît à son bec noir de la pointe aux narines et jaune à la base; le Cygne ordinaire, à son bec rouge orangé avec du noir sur l’onglet et à la base qui est un peu tuméfiée ; le Cygne de Bewick, à sa taille plus faible, à son bec noir sur la plus grande partie de son étendue et jaune seulement dans sa portion basilaire qui est légèrement renflée. A ’ces trois espèces quelques ornithologistes ont voulu en ajouter une quatrième, le Cygne invariable (CygnushnmutabUis) que les fourreurs désignent sous le nom vulgaire de Polar 31° année. — lBr semestre.
- Swan ou Cygne polaire et que l’on a vu à diverses reprises descendre du nord dans la mer Baltique et même, en 1857, sur les côtes de la Grande-Bretagne, entre Edimbourg et l'embouchure de la Tamise; mais il paraît bien démontré maintenant que ce n’est qu'une simple race du Cygne ordinaire. Celui-ci, qui doit décidément être considéré comme la souche de notre Cygne domestique, se montre moins souvent chez nous que le Cygne sauvage et même que le Cygne de Bewick, dont quelques indi: vidus sont venus, à diverses reprises, se faire tuer en Écosse, sur les îles Normandes, dans la Séine-Inférieure, dans la Loire, l’Ailier et le Rhône, et même dans les grands hivers, sur les côtes du golfe de Gascogne. Il est donc à peu près certain que les Cygnes qui se sont montrés sur les étangs de la Lorraine, au mois de novembre, appartenaient à
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- LA NATURE.
- l’espèce dite Cygnus férus. Ce n’est du reste pas la première fois c[ue l’on observe des Cygnes sauvages dans cette contrée. Dans son Ornithologie du Y ni de Metz M. Nérée Quépat (René Paquet) nous apprend que, pendant les hivers très rigoureux, les Cygnes ne sont pas rares sur la Moselle. On en a vu fréquemment en décembre-janvier 1879-1880 et 1890-1891, et les chasseurs de Metz ont abattu plusieurs de ces beaux Oiseaux dont la chair est détestable et dont la dépouille seule a quelque valeur. Dans l’hiver de 1887 un domestique de feu M. le baron d'IIainonville, en portant à manger à deux Cygnes domestiques, sur une pièce d’eau du château de Manonville (Meurthe-et-Moselle), fut fort étonné d’y trouver trois Cygnes sauvages qui se laissèrent approchera une quarantaine de pas, avant de prendre leur vol. Des Oiseaux de la même espèce ont été tués, par les grands froids, dans la plupart de nos départements, même les plus méridionaux, et un passage extraordinaire a eu lieu en 1870.
- A l’âge adulte le Cygne sauvage, comme tous ses congénères, porte un costume d’un blanc éblouissant, et c’est seulement dans son jeune âge qu’il est revêtu d’une livrée grise ; c’est donc certainement par une faute d’impression que l’on a attribué aux Cygnes de la Lorraine le plumage noir qui caractérise les Cygnes d’Australie.
- Dans le pays où, au mois de décembre 1902, des Cygnes sauvages se sont abattus sur les étangs, on a vu, en thème temps, passer des bandes innombrables d’Oies sauvages qui devaient, je crois, appartenir à l’espèce appelée vulgairement Oie des moissons et scientifiquement Amer segetum ou Amer sglrestris. Cette espèce, qui niche en Islande, en Suède, sur les îles voisines des cotes occidentales de la Norvège et dans les marais de la Laponie, vient hiverner dans les contrées tempérées ou méridionales. Ses passages dans nos contrées s’effectuent donc assez régulièrement pour être qualifié de migrations; cependant ils se trouvent encore fortement influencés par les phénomènes météorologiques, par les changements brusques dans la température qui augmentent ou diminuent l’importance des bandes d’émigrants. Une de ces bandes, que M. René Paquet vit passer à 5 heures du soir, le 6 novembre 1894, au-dessus du village de Woippy, en Lorraine, ne comprenait pas moins de 104 sujets, qui volaient du nord-est au sud-ouest à 50 mètres environ au-dessus du sol. D’ordinaire les Oies se tiennent à une hauteur beaucoup plus grande et ne décèlent leur passage, après le coucher du soleil, que par un bruit singulier. On dirait entendre dans le lointain les aboiements tantôt forts, tantôt faibles d’une meute de chiens courants qui, par moments, semblent haleter dans leur course désordonnée. Aussi en Scanie existe-t-il, de temps immémorial, une légende populaire attribuant ces sons étranges â une chasse furieuse que le dieu Odin et sa meute poursuivent à travers les airs. Une légende analogue existe dans diverses contrées de l’Allemagne du Nord, où les paysans n’entendent
- pas sans trembler passer au-dessus de leurs tètes le tumulte éloigné de cette chasse sauvage ( Witd Jagd ou Waur) qui est tout simplement produit par les cris des Oies, adultes et jeunes, auxquels se mêle le bruissement résultant des battements de leurs ailes.
- Pomme beaucoup de Palmipèdes les Oies, dans leurs voyages, s'avancent disposées en un triangle allongé dont le sommet est occupé, dit-on, successivement par plusieurs individus.
- Beaucoup d’Oies des moissons s’arrêtent en hiver dans le département de Meurthe-et-Moselle, sur l’étang du Stok, qui est situé sur le territoire de la commune de Langatte, dans l’arrondissement de Sarrebourg et qui a une superficie de 200 hectares environ. Elles s’y cantonnent et ne le quittent que momentanément, lorsqu’il est complètement gelé. On évalue à plusieurs centaines le nombre des Oies qui fréquentent cet étang des premiers jours d’octobre au commencement de mars.
- Dans nos départements de l’Est et du Nord-Est on voit aussi passer, mais un peu moins fréquemment, une autre espèce d’Oie, l’Oie cendrée ou Oie première (Anser einerens ou férus) qui a été souvent confondue avec la précédente. Elle porte, comme elle, une livrée brune, grise et blanche, qui rappelle celle de nos Oies domestiques, dont elle est considérée comme la souche principale, mais elle a le bec presque entièrement d’un jaune orange et les pattes d’un rouge orangé.
- Ce n’est pas au même genre qu’appartiennent les Oies sauvages qui, dès la fin de novembre, se sont montrées sur nos côtes de la Manche. Celles-ci se rapportaient vraisemblablement au genre Bcrnache (Bernicla) dont les représentants diffèrent un peu des Oies proprement dites par leurs formes, leur plumage et leurs mœurs. Chez les Bcrnaches, en effet, le bec est moins allongé, plus mince et moins conique que chez les Oies, la mandibule supérieure se termine par un onglet fortement recourbé et ne laisse point apercevoir les lamelles dont ses bords sont garnis intérieurement; les ailes sont longues et pointues; la queue, au contraire, est courte et arrondie, le corps repose sur des pattes relativement élevées et le plumage offre des teintes plus nettes et plus variées que chez les Oies. D’un autre côté, les Bernaches recherchent plutôt les rivages de la mer que les bords des étangs et des cours d’eau dans l’intérieur des terres.
- Deux espèces de Remâches, venant du nord, se montrent assez régulièrement en hiver sur les côtes de la Manche : c’est la Bernache nonnette (Bernicla leucopsis) et la Bernache Cravant (Bernicla brenta), qui nichent l’une sur les lacs de la Laponie, de l’est et du sud de la Scandinavie, de la Russie orientale et de la Sibérie, l’autre au Spitzberg, à la Nouvelle-Zemble et dans la région du Taïmyr. Elles se ressemblent beaucoup par les teintes générales du plumage, portant toutes deux un manteau gris cendré ou brunâtre et un capuchon noir, mais la première a le front, les joues et la gorge d’un blanc plus ou
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- moins pur avec un trait noir allant du bec à l'œil, tandis que la seconde a la face noire et le cou maculé de blanc de chaque côté, ce qui dessine une sorte de cravate. C’est, à mon avis, cette particularité qui a valu h l’oiseau le nom de Gravant, que Buflbn faisait dériver de l’allemand Grau Ent (Canard gris). De même c’est un costume monacal qui a valu à la lier ni cia brenla le nom de « nonncttc », car cette Bernachc, comme dit le vieux Reion, « estant de la contenance d’une Oyc semble eslre colorée de perspective comme l'habillement d’une nonnain ».
- C’est à l’une ou à l’autre de ces espèces, désignées vulgairement, en Normandie, sous le nom de « Religieuses » et d’« ouettes » (d’oîi l’on a fait, par corruption, « bouettes ») qu’appartenaient les oiseaux dont les journaux ont relaté l’apparition. D’octobre à janvier les Remâches nonnettes et les Remâches Gravants passent ou séjournent, en troupes plus ou moins nombreuses, sur les côtes de la mer où on les chasse au gabion ou en bateau, quoiqu’elles constituent un gibier fort médiocre, à la chair huileuse. Par les hivers rigoureux, quelques-uns de ces Oiseaux s’égarent fort loin de l’Océan jusqu’en Lorraine, dans le Jura, le Rhône, l’Hérault, etc.
- Je rappellerai que les anciens auteurs, voyant les Remâches séjourner sur les rivages de la mer et ne connaissant point leurs lieux de nidification, avaient attribué à ces Oiseaux, comme aux Macreuses, l’origine la plus fantastique; supposant tantôt que les Remâches étaient issues des Anatifes, tantôt qu’elles sortaient des fruits d’un arbre qui croissait sur le bord de la mer, ou bien encore, quelles résultaient de la transformation des débris des navires d’abord en champignons, puis en Vers et ensuite en Oiseaux.
- En terminant, je mentionnerai encore deux captures d’une autre espèce d’Oiseau du Nord, très loin de son pays d’origine. Le 22 décembre 1902, M. Fraisse, de Saint-Etienne, m’envoyait, avec prière de le déterminer, un Oiseau qui avait été tué, dans le courant du mois précédent, sur les bords de la Loire à Andrézieux, à l’embouchure du Bonson. Je n’eus pas de peine à reconnaître dans ce spécimen un jeune Eider vulgaire (Somateria mot l mima). Bientôt après, le 11 janvier 1905, M. Galien Mingaud, conservateur du Muséum d’histoire naturelle de Nîmes, m’écrivait qu’on avait tué, le 25 novembre et le 5 décembre 1902, sur les bords du Petit-Rhône, près Saint-Gilles, deux Eiders, jeunes mâles de l’année. La capture de ces Oiseaux avait eu lieu au moment des plus grands froids qui aient sévi dans la région, alors que le thermomètre était descendu à 5 et 7° au-dessous de 0, et l’on est en droit d’admettre que ces Oiseaux étaient des compagnons de celui qui avait été tué à Andrézieux très peu de temps auparavant. Il résulte, en effet, de nouveaux renseignements qui viennent de m’être fournis par M. Fraisse, que l’Eider qu'il m’a envoyé faisait partie de bandes extrêmement nombreuses qui se sont abattues sur la Loire au mois de novembre.
- Chacun sait que les Eiders sont des Canards, de
- formes un peu aberrantes, qui ont pour patrie les régions arctiques des deux mondes. Ils y sont représentés par plusieurs espèces dans lesquelles les femelles et les jeunes mâles portent à peu près la même livrée roussâtre, maculée de brun et de noirâtre, tandis que les mâles diffèrent, d’une espèce à l’autre, par le dessin de leur plumage teint de couleurs tranchées, de noir de velours, de blanc pur ou rosé et de vert clair.
- Les Eiders établissent dans le voisinage de la mer leurs nids construits avec des plantes marines et chaudement capitonnés avec du duvet que la femelle arrache de sa poitrine et, qu’on recueille précieusement, dans les pays du nord et notamment en Islande oîi les Eiders sont l’objet d'une protection particulière. Ce duvet est connu dans le commerce sous le nom d’ « édredon » (Eider-doivn, duvet d’Eider).
- L’Eider vulgaire, qui habite surtout l’Islande, la Laponie, le Groenland et le Spitzberg, se montre quelquefois pendant l'hiver en Angleterre, en Allemagne, en Suisse et même en France. Chez nous quelques individus de cette espèce avaient déjà été tués non seulement dans la Manche et dans la Seine-Inférieure, à l’embouchure de la Seine, mais dans le Dauphiné et la Provence, dans les Pyrénées-Orientales, l’Aude, l’Hérault, le Gard, les Landes, la Loire-Inférieure, etc. ; mais comme dans les cas que je citais tout à l’heure, c'était presque toujours des femelles ou des jeunes mâles. Les captures d’Eiders mâles adultes en France et dans l’Europe centrale sont extrêmement rares. E. Oistaiæt,
- Professeur au Muséum (l'Histoire naturelle,
- MOLLUSQUES CORIACES
- Les animaux les plus résistants aux intempéries et aux privations ne sont pas toujours les plus actifs en temps ordinaire. 11 faut les chercher chez les êtres lents et d’humeur paisible. Les Mollusques en sont un excellent exemple. On a rassemblé sur eux des cas bien curieux de résistance à l’absence de nourriture et à la sécheresse, l’ennemi le plus terrible des animaux aquatiques.
- En décembre 1874, Deshayes trouva vivant dans leur cornet de papier deux Anodontes qui avaient été recueillies huit mois auparavant par les naturalistes de l’Expédition française au Cambodge. Caillaud rapporta vivantes d’Egypte à Paris des Ampnllaires emballées dans de la sciure de bois.
- M. Laidlay, à Calcuta, plaça des Ampullaires dans un tiroir et les retrouva vivantes cinq ans après. Or, on sait combien, dans ces régions, les rayons du soleil sont cuisants et desséchants. I)e grands Bulimes, rapportés de Yal-paraiso par le lieutenant Graves, revinrent à la vie après être restés emballés pendant treize et vingt mois.
- Wollaston a raconté que des échantillons de deux Hélices de Madère ont survécu à une diète et à un emprisonnement qui avaient duré deux ans et demi, dans des boites en carton, et qu’un grand nombre d’échantillons du petit Hélix turricula, apportés en Angleterre en même temps, étaient tous vivants, après avoir été enfermés dans un sac pendant un an et demi. Stearns a constaté qu’un Hélix Vealchi, de l’île Cerros (Basse-Californie), a passé six années sans aucune nourriture.
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- LA N ATI LL.
- Mais, dit Woodward, l’exemple le plus intéressant de résurrection nous est offert par un individu de Vllclix (lesertorum provenant d’Egypte et observé par le IC Haird. (>t échantillon avait été fixé sur une tablette dans le British Muséum, le 25 mars 1846 ; le 7 mars 1850, on observa qu’il avait du sortir de sa coquille dans l’intervalle (parce que le papier avait été décoloré, à ce qu’il semblait, dans les efforts que l’animal avait faits pour s’échapper) ; mais, reconnaissant qu’il lui était impossible de s’enfuir, il s’était retiré de nouveau, fermant son ouverture avec le mucus brillant ordinaire ; cela donna l’idée de le plonger dans l’eau tiède et fit opérer une résurrection merveilleuse. Henri Ooupin.
- LE LICHEN D’ISLANDE
- Le lichen d’Islande, Cet varia isfandiea, hôte des régions boréales, où il croît en touffes sur les ro-cailles, se reconnaît à ses expansions membraneuses, coriaces, d’un brun roussàtre, divisées en lanières nombreuses, obtuses, creusées en gouttière à la face inférieure et par endroits bordées de cils. Il se rencontre surtout, en Islande, sur les hauts plateaux de l’intérieur de l'ile: il y végète abondamment, mêlé à d ’ autres cryptogames, sur un sol pierreux et dans une atmosphère si humide que, détaché par une cause accidentelle, il peut se gorger d’eau au point de prendre une consistance presque gélatineuse. À l’inverse de beaucoup de ses congénères, qui affectionnent semblable habitat, il évite les rochers.
- Au point de vue alimentaire, cette plante fournit une ressource appréciable aux habitants de l’Islande, qui produit si parcimonieusement, en dehors du poisson, les substances nécessaires à la vie. Les Islandais la récoltent, en prévision de la disette hivernale, par grandes quantités; cuite avec du lait, elle constitue une sorte de potage analogue à notre soupe aux herbes, d’un goût agréable, si l’on en croit les voyageurs qui en ont mangé, et relativement nutritive. Elle entre aussi pour une part dans l’alimentation des chevaux et des moutons, lorsque ces animaux, aux approches de la mauvaise saison, sont chassés dans la campagne par leur maître, incapable de les nourrir.
- Le lichen d’Islande est la seule espèce de la famille qui soit encore aujourd’hui employée en médecine. Il renferme près de 45 pour 100 d’amidon propre ou lichénine, et 2 pour 100 d’un principe
- amer spécial, nommé cétrarin. Plongé dans l'eau froide, son thalle devient membraneux, se gonfle, et laisse dissoudre une partie de son principe amer et de son mucilage; la dissolution de ces éléments est plus complète dans l’eau bouillante; dans ce cas, si îa décoction est suffisamment concentrée, le liquide peut se prendre en gelée par le refroidissement.
- On obtient le cétrarin sous la forme d’aiguilles ténues, blanches, fortement amères, inodores, inaltérables à l’air, insolubles dans l’eau froide, à peine solubles dans l’eau bouillante, l’éther, l’alcool froid. La lichénine est dépourvue de saveur et d'odeur, analogue de composition à la fécule ordinaire, soluble seulement dans l’eau chaude et la potasse. Elle se transforme en dextrine par l’ébullition prolongée dans l’eau, en glycose par l’action des acides étendus, en acide oxalique par combinaison avec l’acide nitrique. En médecine, le lichen d’Islande s’administre sous forme de tisane, de gelée sèche, de gelée amère, de sirop, de pâte, de tablettes, de poudre. C’est un remède émollient et adoucissant, qui trouve ou a trouvé son emploi dans le traitement de la bronchite chronique, de l’asthme humide, de l’hémoptysie, de la phtisie, de la dysenterie chronique. Les récentes acquisitions de la science sur la cause et la nature de la tuberculose font conclure à son impuissance contre cette maladie; mais il peut cependant soulager les personnes qui en sont atteintes au même titre que les autres substances féculentes et mucilagi-neuses ayant comme lui la propriété de calmer la toux.
- Le lichen d’Islande ne saurait être efficace, dans les cas où véritablement il peut exercer une action favorable, qu’autant que son principe amer est conservé. Or, ce principe est d’un goût si désagréable qu’il le fait presque toujours rejeter par les malades. Plaignons les chevaux d’Islande obligés de chercher sous la neige cette cryptogame coriace et d’une irritante amertume! Cependant ses touffes, aux lanières capricieusement arquées, aux cils grêles, délicats, sont d’une élégance sobre et sévère, qui doit harmonieusement s’accorder avec la sauvage grandeur des étendues rocailleuses où elles croissent, sous le ciel inclément du nord et sous la rafale perpétuelle qui défend aux végétaux de lever la tête au-dessus du sol. A. Aci.oqî'k.
- Touffe <le lichen (l'Islande.
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- LAMPES A INCANDESCENCE NERNST*
- La lampe à incandescence Nernst, dont nous avons déjà décrit les divers modèles qui ont servi aux études de laboratoire, a fait entin son apparition depuis quelques mois dans l’industrie, et nous avons pu à diverses reprises apprécier les services qu’elle est appelée à rendre. Pour lixer nettement les idées sur les lampes Nernst, nous examinerons successivement la constitution des lampes, les modèles actuels, les résultats acquis, les avantages et les inconvénients du nouveau type.
- Un sait que la lampe Nernst est basée sur l’emploi d’un conducteur électrolytique comme filament lumi-
- neux, c’est-à-dire d’un conducteur dont la résistance électrique diminue quand la température augmente. Les lilaments sont constitués par des oxydes de zirconium, de thorium et autres terres rares de grande résistance, qui ne deviennent conducteurs qu’à 600° C. La lampe comporte donc tout d'abord un dispositif qui permette de chauffer le filament au rouge, avant de le faire traverser par le courant et de l’utiliser comme corps lumineux. Une spirale de chauffage à cet effet entoure le filament; elle est traversée par le courant ; et lorsque le filament est devenu incandescent, un interrupteur fonctionne
- Lampes à incandescence .Nernst. 1, grand modèle A, au 1/3 de grandeur naturelle. — 2, petit modèle B, aux 2,5 de grandeur naturelle
- 3, coupe schématique de la petite lampe B.
- automatiquement et supprime le courant dans l’appareil de chauüagc.
- L’expérience a montré également que, lorsque l’intensité de courant augmente dans le filament, la différence de potentiel aux bornes du filament augmente d’abord, reste constante pendant quelque temps et va ensuite en diminuant. Les meilleures conditions de fonctionnement sont de réaliser le régime où la différence de potentiel est constante. Les augmentations de tension auraient le grand inconvénient d’augmenter l’intensité du courant dans le filament et par suite de le détériorer. Pour éviter cet inconvénient on monte en tension avéc le filament
- 1 Yoy. ii° 1474 du 24 août 11)01, p. 195.
- une résistance spéciale qui s’oppose à toute variation de tension. Cette résistance est constituée par un fil de fer très fin, placé dans une ampoule d’hydrogène. Le fer est celui des métaux dont la résistivité augmente le plus avec la température; il en résulte qu’il peut facilement compenser la variation inverse de la conductibilité électrique du filament Nernst.
- Ce sont ces conditions que nous verrons réalisées dans toutes les lampes Nernst et qui en permettent le fonctionnement pratique.
- Les lampes actuellement mises dans le commerce, et que l’on fabrique dans les usines de la Société à Saint-Ouen-les-Doeks (Seine-et-Üise), appartiennent à deux modèles, un grand modèle A pour des intensités lumineuses de 62 à 176 bougies, à des tensions
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- de 96 à 1250 volts et des intensités de 0,5 et 1 ampère, et un petit modèle R pour des intensités lumineuses de 13,5 à 48 bougies, h des tensions de 96 à 250 volts, et des intensités de 0,25 et 0,5 ampère. Une autre lampe a été fabriquée pour une intensité de 0,55 ampère, mais seulement pour des tensions de 90 à 165 volts. La ligure ci-jointe représente, à gauche (n° 1), au tiers de grandeur naturelle, une lampe grand modèle A, et à droite (n° 2), aux deux tiers de grandeur naturelle, une lampe petit modèle B.
- La lampe grand modèle A est constituée par un blâment vertical placé au centre d'une spirale en porcelaine, avec fil de platine enroulé sur les spires; le tout est maintenu sur une plaque de porcelaine où se trouvent sur les côtés deux douilles et au centre une pièce plate avec vis de serrage. Le brûleur se trouve ainsi fixé sur la lampe et maintenu immobile. Sur le plateau B sont placées à gauche, une broche qui sert à l’arrivée du courant, et, à droite, une deuxième broche, pour la sortie du courant, et un petit électro-aimant qui est utilisé pour l’interruption du courant de chauffage. Le courant est amené par la broche, passe dans la lampe, arrive dans la lame à ressort de l’électro-aimant, traverse la spirale de chauffage et sort par la deuxième broche. La spirale de chauffage s’échauffe et rougit; après 50 secondes environ, le blâment atteint la température de 600° C., et devient conducteur. Une dérivation de courant s’établit alors et une partie de courant passe par un circuit formé du filament de la résistance C et de la bobine de l’électro-aimant. Dès que ce courant a atteint une certaine intensité, l’électro-aimant agit, attire le contact, et le circuit qui était relié à la spirale de chauffage est rompu.
- Les mêmes dispositions ont été adoptées pour les lampes modèles B; toutefois, dans ces derniers modèles, le filament A est horizontal, la résistance C est logée dans un espace placé au-dessus, et en 1) se trouve la douille ou le culot à vis I), dans laquelle est placé l’électro-aimant, comme le montre le cartouche n° 5 de notre ligure. Le courant arrive à la borne, passe dans la lame de l’électro-aimant, vient en a, traverse la spirale de chauffage c et revient par la tige b à la borne. Lorsque le filament f devient conducteur, une dérivation s’établit et le courant passe dans la bobine de l’électro-aimant e, dans la résistance v, et dans le filament /’; la lame de l’électro-aimant est attirée et le circuit est rompu sur la lige a. Le déplacement de la lame est figuré en pointillé dans le dessin.
- Des expériences précises ont déjà été faites avec les lampes Nernst. En mai 1902, le « Physikalisch-Technische Reinsanstalt » a effectué des essais sur 5 lampes Nernst de 220 volts à blâment droit et sur 5 lampes à filament recourbé. Sur les cinq lampes à filament droit, l’un s'est brisé après 510 heures, un deuxième après 379 heures ; les trois autres étaient intacts après 400 heures. La vie moyenne est donc de 579 heures; les spirales d’allumage sont restées en bon état. Rouf les cinq lampes à filament recourbé,
- l’un des blaments a brûlé après 150 heures, les quatre autres étaient intacts après 400 heures. Deux spirales d’allumage ont été brisées après des durées respectives de 110 et 595 heures. La conclusion de ces essais fut qu’une lampe Nernst de 50 à 55 bougies à 220 volts peut durer 500 heures avec une baisse de lumière graduelle de 20 pour 100 et une consommation spécifique moyenne de 2 watts par bougie décimale. Un sait que les lampes à incandescence ordinaire accusent une consommation de 5 à 4 watts par bougie.
- M. E. Hospitalier a déterminé expérimentalement les variations de courant pendant la période d’allumage Nernst, en utilisant l’ondographe dans des conditions spéciales dont il a rendu compte dans ['Industrie Électrique. 11 a constaté qu’au moment où l’on ferme le circuit, le courant traverse la spire d’allumage qui est froide et prend une certaine intensité qui diminue régulièrement et rapidement par suite de réchauffement de celte spirale et de son accroissement de résistance. Après 10 secondes environ, le régime est établi et le courant se maintient constant, en échauffant le filament incandescent. Après 40 secondes environ, le filament suffisamment échauffé commence à devenir conducteur, et un courant de faible intensité le traverse, s’ajoutant à celui de la spirale. Ce courant augmente rapidement et la courbe tracée par l’ondographe montre très nettement cet accroissement rapide, avec un crochet et une baisse apparente due à ce que, lorsque l’intensité a atteint une valeur suffisante, l’électro fonctionne et met la spirale d’allumage hors circuit. 11 ne reste plus sur le diagramme, après le crochet, que le courant traversant le filament. Pendant un instant ce courant dépasse sa valeur de régime, jusqu’à ce que la résistance auxiliaire ait atteint sa valeur normale. Dans un grand nombre d’expériences, les résultats ont toujours été identiques; on n’a constaté que des différences de quelques secondes seulement pour la durée d’échauffemcnt du blâment. Dans ces essais, le courant d’échauffement est, dans sa période constante, sensiblement égal à la moitié du courant normal. La lampe de 1 ampère à 110 volts et d’une consommation de 110 watts absorbe 15 volts dans la résistance.
- Des essais ont été également effectués, il y a peu de temps, au laboratoire de l’Université de Birmingham; Y Éclairage électrique en a mentionné les résultats d’après le Journal of the Institut of Elec-trical Enyineers. Ces essais, comprenant des mesures de durée, de pouvoir lumineux et de consommation ont porté sur des lampes modèle 1902, de 100 watts à 110 volts. Dans tous les essais on a constaté, pendant la première demi-heure, une chute d’intensité de 25 pour 100 [tour les lampes forcées et de 10 pour 100 pour les lampes à la tension normale, puis la chute devient moins marquée et dépend des conditions de fonctionnement. A la tension normale, après 400 heures, il y a une nouvelle chute, très accentuée, puis une hausse légère jusqu’à l’ex-
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- tinclion. La durée moyenne pour 5 lampes a été de 473 heures; la destruction dans les 5 cas a été due à la rupture du contact de platine à l’extrémité positive de la tige. Comme conclusion l’auteur indique une intensité lumineuse de 0,48 bougie par watt dépensé ; on sait que l’on obtient seulement 0,28 bougie avec les meilleures lampes à incandescence. La dépense de renouvellement des lampes Nernst est, par contre, triplée; elle fournit d’autre part 1000 bougies-heure au prix de lfl , 10, en comptant le kilowattheure à 0",40, tandis qu’il faut compter 5fr,50 avec les lampes à incandescence, y compris le renouvellement des lampes.
- Le prix des lampes Nernst est assez élevé. Il est de 20 et 25 francs pour la lampe grand modèle, type A complète, avec résistance, brûleur, globe et anneau de suspension. Le prix de la lampe type B petit modèle complète, pour douilles à baïonnette ou à vis, est de 5 francs avec résistance, brûleur et globe.
- La manipulation de la lampe exige de grandes précautions, la spirale de chauffage est fragile.
- 11 existe des lampes pour courant continu et des lampes pour courant alternatif. Le filament peut se détériorer rapidement si des brûleurs pour courant continu sont utilisés sur du courant alternatif et inversement. De même un changement dans le sens du courant pendant le fonctionnement a une in-lluence nuisible sur la durée de la lampe. Il convient d’observer, pour faire brûler les lampes, les indications de sens du courant marquées à la partie inférieure des culots. Dans le fonctionnement, il importe que la différence de potentiel ne soit pas trop élevée. Cette augmentation a pour effet surtout de détruire la résistance auxiliaire. Si la lampe ne fonctionne pas, il convient d’essayer le remplacement du brûleur de rechange ou de la résistance.
- Telles sont, en résumé, les données actuelles que l’on possède sur les lampes Nernst. Ces lampes ont déjà donné des résultats satisfaisants; elles sont intéressantes à de nombreux points de vue, et il est à souhaiter que l’expérience actuelle leur apporte encore des modifications qui en feront alors une lampe économique et réellement pratique.
- J. Laffargle.
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- IA FABRICATION DES BOITES DE SARDINES
- L’industrie des conserves de sardines traverse en ce moment une crise particulièrement difficile, car l’année dernière la pèche a donné des résultats à peu près nuis, qui ont occasionné pour les malheureux pêcheurs bretons cette misère terrible que la France entière, dans un de ces élans généreux dont elle est coutumière, s’efforce de soulager par d’importants secours. Depuis plusieurs années déjà la sardine « ne rendait pas », et les sardiniers avaient vu leurs gains annuels, déjà bien faibles, diminuer considérablement. Cependant les usines dans lesquelles se
- fabriquent les boites de conserves avaient pu fonctionner et occuper, comme d’habitude, les femmes des pêcheurs qui avaient trouvé là un modeste salaire quotidien, leur permettant de patienter un peu. Malheureusement, la pêche a été si désastreuse en 1902 que les usiniers se sont vus obligés de diminuer notablement leur personnel, et un grand nombre de familles se sont trouvées sans pain, d’où la misère actuelle. Les fabriques de sardines à l’huile sont très nombreuses sur les côtes de l’Océan et occupent un personnel considérable composé presque exclusivement de femmes, dont le travail est d’ailleurs assez pénible.
- Une question capitale pour le fabricant est le choix du poisson, qui ne doit être ni trop petit ni trop gros, car il ne serait pas vendable. Aussi, au point de vue de la fabrication des conserves, il ne suffit pas que la sardine soit abondante, il faut encore qu’elle soit de grosseur convenable. C’est ce qui explique que dans des années où la pèche est fructueuse il peut se faire que les belles sardines soient cependant assez rares et, par suite, leur prix élevé, car les fabricants se disputent les bateaux rentrant au port avec des poissons de grosseur convenable. D’autre part, la sardine, pour bien se conserver, doit être très fraîche et, par conséquent, n’avoir pas subi un trop long transport en mer.
- La nature de l’appàt employé par les pêcheurs influe aussi sur la qualité du poisson. Or, la « rogue » de Norvège, faite avec des œufs de morue, coûte très cher, et certains pêcheurs se servent, par mesure d’économie, d’un produit de création récente composé de tourteaux d’arachide. C’est là un mauvais calcul ; ces tourteaux ont en effet le grand inconvénient de fermenter dans le ventre de la sardine et de donner à celle-ci un très mauvais goût. Aussi les usines sérieuses refusent-elles les poissons pêchés de la sorte.
- La sardine, une fois dans l'usine, doit être travaillée très rapidement, et il importe de réduire au minimum le laps de temps qui s’écoule entre le moment où le poisson a été pêché et celui où il sera frit et recouvert d’huile. Aussi les grandes maisons ont-elles généralement plusieurs usines réparties sur le littoral en des points à peu près également distants les uns des autres. C’est le seul moyen de pouvoir préparer la sardine pendant qu’elle est fraîche et sans qu’elle soit fatiguée par de longs trajets. Ces usines, quelle que soit certains jours l’abondance de la pêche, ne prennent jamais une quantité plus forte que celle qu’elles peuvent mettre en boites dans la journée même, condition essentielle pour obtenir une bonne fabrication. Cependant certains usiniers, voulant profiter des bas prix auxquels descend parfois la sardine les jours de pèche abondante, ne regardent pas à acheter des quantités de poisson représentant la production de plusieurs journées. Dans ce cas, il est indispensable de mettre la sardine dans de grands baquets d’eau chargée de sel où l’on puise ensuite au fur et à mesure des besoins. Il est
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- LÀ NATURE.
- certain que, dans ces conditions, on obtient des pro- mais en revanche leur qualité laisse à désirer, dnits susceptibles d'étre vendus à des prix réduits, Nous allons indiquer les différentes phases de la
- Fig. 1. — Fabrication dos boîtes.
- Fig. 2. — Séchage des sardines.
- préparation de la sardine telle que nous l'avons vu j subissent les sardines à l’usine est un triage qui a pratiquer chez MM. Amieux frères, dans leur usine : [tour but d’enlever les poissons abîmés ou fatigués, de Belle-Ulc-cn-Mer. La première opération que j huis vient « l’étèlage i> : des femmes, armées d'un
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- LA NATURE.
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- couteau, enlèvent d'un seul coup la tèLe et les en- sont disposés sur des grils de forme spéciale, puis trailles des sardines. A près un lavage, les poissons séchés au grand air (fig. 2). Lorsque le temps est trop
- Fig. 3. — Préparation des sardines pour la cuisson.
- Fig. 4. — Mise eu boîte des sardines.
- humide pour permettre un séchage naturel, on place 1 grils et poissons sont plongés dans un bain d'huile les grils chargés de sardines dans d’immenses sé- bouillante (fig. 5). C’est l’opération de la friture, opé-choirs à vapeur. Quand cette opération est terminée, i ration très délicate et qui a une très grande influence
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- LA NATURE.
- sur la qualité définitive des produits fabriqués. Les sardines, une lois frites, sont mises en boites après un second triage qui a pour but de les classer en premières ou en secondes marques. Les boîtes sont ensuite huilées, puis fermées. On les place alors dans de grandes chaudières où elles subissent une ébullition prolongée à haute température, ce qui leur assurera une conservation indétinie. Au sortir de ces chaudières les boites sont refroidies et nettoyées, puis, après un « visitage » attentif, mises en caisses et expédiées. Les différentes opérations, rapidement exposées, paraissent toutes simples. Elles le sont en effet, mais elles demandent une attention et une surveillance ininterrompue.
- Un séchage défectueux, un salage insuffisant ou trop prolongé, une friture faite dans une huile trop ou pas assez chauffée, une ébullition mal réglée, sont autant de causes pouvant influer sur la fabrication. Un des points les plus importants est la qualité de l’huile employée tant pour la friture que pour la couverture des sardines dans les boîtes. Les bonnes maisons ne se servent que d'huile d’olive pure. Celle qui sert pour la friture doit être renouvelée fréquemment afin d’éviter que le poisson ne prenne le mauvais goût que lui communiquerait l’huile surchauffée devenue noire.
- Cette question de la friture a donné lieu à des pratiques économiques et parfois ingénieuses; certaines usines peu scrupuleuses de leur renommée et ne cherchant avant tout qu’à vendre bon marché, emploient des huiles inférieures, de colon par exemple, et les font servir de très nombreuses fois pour frire de grandes quantités sans augmenter la dépense. On va même parfois jusqu’à supprimer l’huile complètement en remplaçant la friture par le passage des sardines dans des étuves. Inutile de dire que dans ce cas aucune huile ne pénétrant dans la chair du poisson, celle-ci est sèche et peu agréable à manger. Mais en revanche, l’économie réalisée par le fabricant est considérable. La quantité d’huile employée est en effet très importante et les grosses usines en consomment annuellement de 400 à 500 000 kg.
- Et maintenant, étant donnée la crise actuelle, on est en droit de se demander si le consommateur s’en ressentira, autrement dit si les boites de sardines vont augmenter de prix. Il est probable qu’une hausse se produira, non pas tout de suite, car les provisions ont été faites alors qu’il était encore permis d’espérer une pèche plus fructueuse, mais vers le milieu du carême, au moment des rassortiments. Les stocks sont en effet épuisés, tout au moins pour la belle sardine, car telle maison qui, en temps ordinaire, faisait couramment 10 millions de boites par an, n’en a pu faire que 6 millions en 1901 et à peine 2 millions en 1902. D’autre part, les prix delà sardine qui étaient de 15 à 25 francs le mille en 1901 sont montés en 1902 jusqu’à 50 francs le mille pour les belles sardines. Dans ces conditions, la hausse parait inévitable, à moins que l’introduction de produits étrangers ne maintienne les prix. Georges Cave.
- ALLIAGES D’ALUMINIUM
- L’aluminium, métal léger malléable, ductile et tenace, ne peut, au point de vue industriel, être employé à l’état pur. 11 est peu solide, difficile à travailler et à souder ; il graisse la lime et s’ébrèche sous les outils. Pour éliminer ces défauts, on a songé à le combiner avec un autre métal, et quantité d’alliages ont été proposés et essayés durant ces dernières années. Mais il est difficile de réaliser avec l’aluminium un alliage stable et homogène. Bien souvent le métal qu’on veut lui incorporer ne fait que se mélanger avec lui. Les points de fusion des deux métaux diffèrent sensiblement en général. Le bronze d’aluminium, qui constitue une exception à cet égard, ne peut guère être considéré comme un alliage d’aluminium, car il ne contient que lü pour 100 de ce dernier métal, dont il a perdu la qualité la plus précieuse, la légèreté. Il semble cependant que, malgré toutes ces difficultés, on ait pu réaliser, en Allemagne, deux alliages dont les qualités exceptionnelles ont attiré l’attention des spécialistes.
- Le premier de ces alliages, dénommé « Magnalium » par son inventeur, M. le I)r L. Mach, et sur lequel nous avons déjà publié quelques renseignements1, est formé d’une combinaison de magnésium et d’aluminium. Facile à travailler au tour et aux outils, il ne graisse pas les limes même les plus fines. Il est inaltérable à l’air, l’ammoniaque et les acides acétique et sulfurique sont sans action sur lui. 11 est supérieur à l’aluminium pour le poli, la ductilité, la fermeté, et aussi la légèreté, sa densité variant de 2 à 2,5 suivant le titre, alors que celle de l’aluminium est de 2,7. On le fabrique en tubes, barres, feuilles et fils. On le moule facilement. Pour le fondre, on se sert de creusets en graphite ou en fer doublé intérieurement d’argile et de magnésie. Vers 570° il se ramollit, commence à fondre à 000° et devient tout à fait liquide à 050°. On fabrique actuellement en magnalium beaucoup de petits objets de petites dimensions. Pour des ouvrages qui nécessitent une grande solidité, on emploie un alliage contenant 3 à 5 pour 100 de magnésium. Si l’on ajoute 10 pour 100 à ce chiffre, le magnalium devient fragile. Avec 7,4 pour 100 de magnésium, on obtient un métal que l’on peut forger à 400°, et qui se comporte alors comme du cuivre chauffé au rouge. Si l’alliage contient moins de 5 pour 100 de magnésium, on peut le forger à froid. Le prix du magnalium est à peu près le même que celui du cuivre et dépend surtout du prix du magnésium. L’aluminium coûte 2fr,40 le kg en Allemagne, tandis que le magnésium se maintient sensiblement à 24 francs le kg.
- Dans le second alliage appelé « Météorite », l’aluminium se trouve combiné à diverses substances, notamment des phosphates, de façon à éviter les dissociations qui peuvent se produire par suite des différents points de fusion et des densités. Suivant la façon de préparer ce nouveau métal, on obtient le degré de dureté que l’on veut. 11 peut être percé, tourné, coupé sans huile ni eau savonneuse. En le rodant, on obtient un très beau poli d’un blanc argentin inattaquable à l’air, à l’humidité et aux acides. Sa densité est de 2,7. On le soude facilement avec une soudure spéciale. Le métal destiné à être laminé a une résistance à la traction de 23 kg par mm2 et celui qu’on destine à la fonte a 17 kg par mm2 avec un allongement de 5,5 à 95 pour i00. A volume égal, le poids du « météorite » est à peu près le tiers de celui du cuivre. J- Lebois.
- 1 Yoy. n° 1388, du 50 décembre 1899, p. 86.
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- NOS ANIMAUX DOMESTIQUES
- HANS LA CIVILISATION ÉGYPTIENNE 1,’ask1
- L’Egypte 11’ayant point une faune propre, puisqu'elle l’a tirée des contrées environnantes, si l’on voulait rechercher l’extrême origine de YAshuis africanus, c’est évidemment en Asie, dans l’onagre, qu’on trouverait son premier ancêtre.
- Mais de toute antiquité, le nord de l’Afrique, le Sennaar, les steppes à l’est du Nil, jusqu’à la mer Rouge, furent peuplés par l’àne sauvage qui, ainsi qu’aujourd’hui, vivait dans ces régions en bandes innombrables. Un raconte même que c’est en suivant une troupe de ces animaux, se rendant à leur abreuvoir, que Moïse découvrit les sources abondantes où il désaltéra ses Hébreux mourant de soif2.
- Ce quadrupède, plus grand que l’àne domestique, a le pelage gris cendré ou jaune isabelle, le ventre très clair et la croix dorsale fortement prononcée; pris tout jeune on l’apprivoise facilement; il est donc hors de doute que, dès l’époque la plus lointaine, les habitants de la vallée du Nil domestiquèrent cette race essentiellement africaine.
- Déjà, sous la IV,! dynastie, on élevait l’àne par troupeaux dont la possession constituait de véritables richesses. Une inscription du temps des pyramides nous apprend que Schafra-Ankh, haut fonctionnaire et parent du roi Chefreu, en entretenait 760 sur son domaine; d’autres Égyptiens opulents se vantent d’en posséder plusieurs milliers. Un se servait de l’àne pour porter de lourdes charges et comme monture. Dans un bas-relief memphite, nous voyons deux baudets chargés de pesants fardeaux que des valets maintiennent en équilibre. Sur une autre sculpture, deux de ces animaux marchent côte à côte portant, dans un siège assujetti sur leur dos, un riche particulier visitant ses propriétés; un sais, armé d’un bâton, précède le groupe que suit un autre serviteur, agitant l’éventail au-dessus de son maître. Par suite des relations commerciales que l’Egypte entretenait alors avec la Palestine et l’Arabie, l’àne passa dans ces contrées où il ne tarda pas à prendre une extension considérable et à devenir la bêle de somme par excellence. Il est nommé plus de 150 fois dans l’Ecriture. Cette richesse de noms, peu commune en hébreu, fait voir combien ce quadrupède était répandu et estimé dans toute la région.
- La Bible et les monuments pharaoniques nous rappellent les services que, pendant une longue suite de siècles, on tirait de cet animal. C’est sur un àne qu’Abraham mit le bois destiné à consumer en holocauste son (ils lsaac. Pour retourner dans la terre de Chanaau, les frères de Joseph c chargèrent le blé sur leurs ânes et s’en allèrent3 ». Même après
- 1 Yoy. n° 1559, du 22 novembre 1902, p. 588.
- â Tau te. Histoires. Liv. Y, 5.
- 3 Genèse. Chap. XXII, vers. 5; chap. XLII, vers. 20.
- la diffusion du cheval dans tout l’Urient, l’àne ne perdit aucune de ses attributions.
- Sous la XIXe dynastie, on l’employait encore pour les travaux de la guerre, ainsi que le montre sa présence dans le camp retranché de Ramsès 11. A son retour de Madian, « Moïse prit sa femme et ses (ils et les mit sur un àne et retourna au pays d’Égypte1 », épisode auquel les asiatiques du tombeau de Khnoum-IIotep pourraient fournir une belle illustration : cette caravane, qui arrive en Egypte sous la XIIe dynastie, étant composée d’hommes et de femmes amenant aussi avec eux des ânes pour porter leurs enfants et leurs bagages. Ce quadrupède fut en usage durant toute l’antiquité. Àbdon, juge d’Israël, eut 40 fils et 50 petits-fils qui tous chevauchaient sur 70 ànons*. Enfin c’est monté sur une ànesse que Jésus-Christ fit son entrée à Jérusalem. Encore aujourd’hui, en UrienI, on continue à se servir de l’àne qui est apprécié autant que le cheval.
- La chasse à l’àne sauvage était un sport très recherché. Au dire de Josèphe, Uérode le Grand abattait, dans une seule chasse, jusqu’à 40 onagres5, et, à Médinet-Ilabou, nous voyons Ramsès 111 chassant une bande d’ànes sauvages qui fuient épouvantés. Comme les Egyptiens ont toujours, avec un soin jaloux, veillé à l’amélioration des espèces chevaline et asine, cette distraction royale pouvait bien avoir pour but la capture d’un certain nombre de poulains, afin d’opérer des croisements avec l’àne domestique, pour en perfectionner la race. De nos jours, les peuples de l’Asie centrale agissent de même et chassent l’onagre qui leur fournit les ânes de selle, les plus beaux et les plus rapides.
- Si l’attachement qu’avaient les Égyptiens pour des bêtes immondes nous parait inexplicable, on peut affirmer que lorsque leur sollicitude s’est portée sur des animaux utiles, comme l’àne et le cheval, elle a produit les plus heureux résultats. Grâce à leur persévérance, ces habiles éleveurs ont fait de l’àne l’un des plus précieux serviteurs de l’homme, car le baudet d’Egypte est encore plus beau, plus travailleur, plus dur à la fatigue quèi celui des autres contrées et sert aux mêmes usages que le cheval.
- De la Palestine, l’àne passa en Grèce, de là en Italie, puis en France d’où il se propagea en Allemagne, en Angleterre et dans tout le reste de l’Europe. Le rôle mythologique de l’àne est fort peu connu. Dans le Livre des morts4, au chapitre de « repousser le mangeur de l’àne », une vignette représente celui-ci dévoré par un serpent que le défunt transperce de sa lance, en prononçant cette invocation : « Je suis vis-à-vis de toi, ne me mange pas, car je suis pur ». Plus loin, il est parlé de « la grande conversation de l’àne avec le chat », mais jusqu'ici, aucun texte ne nous a
- 1 Exode. Clxap. IV, verset 20.
- - Les Juges. Chap. XII, verset 14.
- 3 Histoire de la guerre des Juifs. Liv. I, chap. XVI,
- 1 Chap. XL, 1. I, et chap. CXXV, I, 40.
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- lait connaître quel genre de confidences ont pu être échangées au cours de ce grave entretien.
- Des recueils d’incantations magiques parlent de 77 ânes à la bouche « murée ». Ces animaux habitaient le lac de Dasde où, chaque jour, ils étaient domptés par le soleil, lorsque ce dieu traversait le lac. Toujours craintives pour leurs enfants, les
- mères égyptiennes, alin de les soustraire aux maléfices des revenants et des enchanteurs, préparaient contre eux les charmes qui jadis avaient préservé le jeune llorus des attaques de Typhon. Si, malgré les philtres et les incantations, spectres et sorciers essayaient quand même de nuire à l’enfant, non seulement leur bouche était close comme celle des
- Fig. 1. — Anes chargés de fardeaux, bas-relief memphite.
- 77 ânes, mais ceux-ci se retournaient et les mettaient en pièces.
- S’il faut en croire Plutarque, malgré les inappréciables services que les Égyptiens tiraient de l’àne, ils l’avaient consacré à Typhon et lui témoignaient
- le plus profond mépris. Ils en donnaient pour cause qu’à la suite de son combat contre Horus, Typhon, qu’ils croyaient de couleur rousse, s’était enfui sur un âne roux1. Toutefois si cette opinion ne peut en rien se ra](porter aux temps pharaoniques, les
- Fig. '1. — Fragment de la caravane asiatique du tombeau de Rluioum-llotcji, douzième dynastie.
- monuments de cette période étant en parfait désaccord avec une pareille affirmation, elle est rigoureusement exacte appliquée aux basses-époques. A cause de sa stupidité et de sa couleur, les Égyptiens d’alors, regardant l’âne comme un être typhonien, démoniaque, ont quelquefois représenté Typhon avec la tète de cet animal. Au temple de Karuak, dans la partie construite sous Utolêmée IX (Ever-gète II), le dieu llorus frappe de sa massue, en le
- tenant par les oreilles, le dieu Set, figuré par un onocéphale (fig. 5). A Dendérah, l’une des chambres de la terrasse sud nous le montre sous la même forme, percé de glaives et lié à un poteau fourchu (fig. 4). Ce sujet vient à l’appui du récit de Plutarque lorsqu’il raconte que, dans les cérémonies des mois de Payni et de I'haophi, les Égyptiens fabriquaient des gâteaux auxquels ils donnaient la forme d’un àne 1 Pun'AKQUk. Traité cl’[sis et d’Osiris, XXXI.
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- lié. L’écrivain grec ajoute que, pendant le sacrifice au Soleil, les adorateurs du dieu ne devaient ni porter de l’or sur eux1, ni donner à manger à un âne. Dans un papyrus du musée de Leyde, nous voyons un homme à tète d’âne, tenant un javelot de
- chaque main, avec le nom de Set, gravé sur sa poitrine, en caractères coptes. D’après Ilorapollon, l’ignorant, celui qui jamais n’avait quitté son village, était aussi représenté par un onocéphale.
- Quand Ochus envahit l’Egypte les prêtres, vou-
- Fig. 5. — Set onocéphnle châtié par Ilorus. — Fig. i. — Set onocéphale percé de traits et lié au poteau. Fig. ». — Papyrus satirique du British Muséum.
- lant lui montrer tout leur mépris, le traitèrent d’àne. « Eh bien ! riposta le roi de Perse, cet âne se régalera de votre hœuf », et il fit égorger Apis.
- A Coptes, on avait pour les ânes roux une telle aversion qu’on les tuait ou on les brûlait pour détourner la colère des dieux osiriens. On poussait
- Fig. 6. — Bas-relief du tombeau de Ptha-Hotep, ancien empire.
- même l’animosité jusqu'à insulter les hommes qui avaient aussi les cheveux roux.
- Suivant Élien, les habitants de Busiris, d’Àbydos, de Lycopolis2 avaient en horreur le son de la trompette, parce qu’il ressemble, disaient-ils, au braille-
- 1 A cause sans doute de sa couleur jaune.
- 2 Busiris, aujourd’hui Aboussir : Lyeopolis, ville des loups, Siout.
- ment de l’âne ; les premiers reprochaient aux gens de Naucratis de faire usage du tibia de cet animal pour la fabrication des Dûtes. Les Pythagoriciens considéraient également ce quadrupède comme réfractaire à toute harmonie.
- Un satiriste de la XXe dynastie semble, au contraire, avoir vu dans l’âne un maëstro de premier ordre; il a représenté un groupe de virtuoses :
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- LA NATURE.
- singe jouant de la llùte, crocodile s'accompagnant dn luth, lion chantant sur la cithare conduits par maître Alihoron qui marche à leur tète, en pinçant lui-même de la harpe.
- Le concert terminé après, sans doute, une équitable répartition de la recette, nous retrouvons notre imprésario faisant sa partie d'échecs, en tête à tète, avec un lion sans préjugés (fig. 5).
- Riodorc de Sicile raconte qu’aux environs d’Acan-thopolis, en Libye, on représentait, dans une fête publique, la fable de l’àne. Un homme, placé en tète de la procession, tressait une corde de jonc que déliaient, au fur et à mesure, ceux qui venaient après lui.
- Rendant tout le cours de la monarchie pharaonique, mais plus particulièrement sous l'ancien et le moyen empire, les artistes égyptiens ont traité l’àne d’une manière tout à fait supérieure. Ou’ils l’aient reproduit isolément ou bien marchant par troupeaux, on remarque, dans leurs compositions, une si grande sincérité, un tel souci de rendre scrupuleusement la nature, que leurs œuvres ne seraient point désavouées par des peintres ilamands ou hollandais.
- R. Hippoi.yte Boussac.
- CHRONIQUE
- Le gaz et l’oxyde de carbone en Angleterre.
- — On vient de soumettre aux Chambres anglaises un projet de loi (pii peut avoir un effet considérable sur îes entreprises gazières : il donnerait, en effet, au Ministère du Commerce le droit d’interdire ou de limiter l’emploi, pour l’éclairage ou le chauffage, de tout gaz. contenant au delà d'une certaine proportion d’oxyde de carbone. Or, à l’instar de ce qui se fait aux Etals-Lnis, bien des usines à gaz anglaises se sont mises, depuis 1891, à distribuer du gaz à l’eau : on estime qu’il s’en produit annuellement, plus de 500 millions de mètres cubes ou les 8 pour 100 de tout ce qui se consomme de gaz dans le Royaume. La question est fort intéressante, car il ne semble pas dn tout prouvé que les empoisonnements se soient multipliés depuis l’introduction du gaz à l’eau, et celui-ci présente cet avantage inappréciable de se vendre très bon marché.
- Télégraphie sans fil. — C’est cette fois la Compagnie de chemins de fer américaine « Grand Trunk liaihva y » qui vient de se livrer à des expériences de ce genre, et avec plein succès à ce qu’on nous affirme, à l’occasion d’un Congrès d’Agents de chemins de fer. Des communications ont été échangées entre une station et un train marchant à une allure de 75 kilomètres à l’heure, et elles furent maintenues tant que le convoi ne fut pas à une distance de plus de 12 à 15 kilomètres de la station. On se servait de simples appareils de laboratoire. Au lieu d’une antenne verticale pour recevoir les ondes, on avait tendu un fil de chaque coté et sur toute la longueur du wagon où était disposé le cohéreur, fait de poudre de nickel et d’argent.
- Les matières A polir. — Les matières à polir, les substances rodantes, que les Américains et les Anglais appellent « abrasives », jouent un rède des plus importants dans un grand nombre d’industries. On les classe main-
- tenant en deux catégories bien distinctes : les matières naturelles et les produits artificiels. Parmi les premières, certaines se présentent sous l’aspect de pierres qu’on peut immédiatement tailler sous la forme voulue par les usages industriels, pour en faire des meules, par exemple, comme c’est le cas pour la pierre à aiguiser vulgaire, les meules classiques des couteliers, etc. D’autres, au contraire, forment l’élément ou un des éléments constitutifs d’une roche, d’un gisement géologique, et c’est le cas du corindon, du grenat, de l’émeri, qu’il faut alors séparer mécaniquement des substances qui les enveloppent. Enfin il y a les matières à polir artificielles, qui jouent un rôle de plus en plus important : carborundum, acier concassé en poudre (crushed steel) et corindon artificiel. Nous avons jadis parlé assez longuement de la fabrication du carborundum, dont la seule Compagnie du Niagara produit annuellement 1 700 000 kg et plus. Pour le crushed steel, qui est employé couramment et surtout par les scieurs de pierre ou de marbre, la Compagnie spéciale de Piltsburg en produit plus de oD0 000 kg par an. Enfin, c’est aussi dans le centre industriel des chutes du Niagara qu’une compagnie s’est fondée pour produire le corindon artificiel.
- l'ne prophétie de Morse. — On a retrouvé dans la bibliothèque d’Edison un agenda que tenait Morse, l’illustre Morse de la télégraphie électrique, quand il travaillait. en 18-45, à la ligne de Baltimore à "Washington. On y peut lire la copie de la correspondance qu’entretenait l’inventeur au sujet de ses premiers essais, et naturellement les preuves des déboires de toute sorte qu’il avait à supporter, en même temps que de son indomptable énergie. Le 10 août 1845, il écrivait : « Certainement de tout cela on peut conclure qu’un jour une communication basée .sur mon système pourra s’établir au travers de l’Atlantique. Si stupéfiant que cela puisse sembler aujourd’hui, un temps viendra où ce projet se réalisera ».
- La déviation du fil A ploinh dans lTnde.-------------
- Le Major Barrow a récemment donné, devant YAstrono-mical Society, des détails sur un fait curieux constaté pendant les dernières opérations topographiques exécutées dans l’Inde. D’une façon générale, le fil à plomb subit une déviation, une « déflexion », comme on dit souvent, vers le nord, déviation qu’on attribue à la masse formidable de l’Ilimalaya et du plateau Thibétain. Or, sur une bande de terrain assez étroite comprise entre le 22° et le 24e de latitude nord, et qui traverse l’Inde de l’est à l’ouest sur 1600 kilomètres environ, la déviation est de sens sud. Cette zone s’étend en somme du delta du Gange à celui de l’fudus, mais bien au sud de la grande plaint gangélique.
- Usine auxiliaire A vapeur de Rheinfelden. —
- L’usine de secours à vapeur de l’usine de Rheinfelden comporte des turbines à vapeur système Rateau, construites par les ateliers Oerlikon, et commandant directement des alternateurs Oerlikon. Les chaudières à vapeur, fournies par M. Guilleaume de Neustadt, sont du type aquatuhulaire à surchauffeur, au nombre de quatre. La cheminée de l’installation a 50 mètres de hauteur et son diamètre, 12 mètres à la partie supérieure. Les 1500 chevaux qu’on espère ainsi obtenir en réserve étaient nécessaires pour faire face à la consommation très élevée d’éclairage pendant les mois d’hiver.
- La houille en Afrique du Sud. — Attirée qu’elle a été spécialement par l’or et les diamants, l’attention I des industriels et capitalistes ne s’est guère portée, en
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- Afrique, sur les gisements carbonifères; et cependant le charbon est en très grande abondance dans toute l’Afrique du Sud. Dans l’East Rand, notamment, le sous-sol est « bourré » de bouille de bonne qualité, et même d’exploitation facile; dès 1890, l’extraction atteignait un million de tonnes, bien qu’on se fût à peine attaqué à ces richesses souterraines.
- Locomotive «louhlc «les chemins «le fer Birmans. — Nos lecteurs se souviennent peut-être d’un type de locomotive double dont nous reproduisions récemment une figure, d’après une brochure de 1851, et qui se composait en réalité de deux machines accolées par leur foyer : voici que les ateliers Yulcan de Newton-Willows viennent de construire, pour le réseau à voie d’un mètre des chemins de fer Birmans, une locomotive du système Fairlie qui rappelle assez ce même aspect. Elle est dite «machine à double bogie », et elle affecte exactement la disposition extérieure de deux machines soudées par la plate-forme du mécanicien, se faisant face par Conséquent par leurs foyers, montées chacune sur 6 roues, et dont les tuyaux sont disposés symétriquement à l’avant et à l’arrière de l’engin. Mais les 6 roues d’une des demi-locomotives dépendent d’un seul bogie, si bien que l’ensemble offre un poids adhérent considérable, avec une flexibilité maxima et un empâtement rigide réduit au minima. Dans ces conditions, l’engin peut monter des rampes très raides et franchir des courbes fort rapides en traînant un poids énorme. La vapeur arrive aux cylindres par un tuyau flexible. Nous devons dire que cette combinaison, au moins sous sa forme primitive, remonte à bien des années, et qu’elle ressemble quelque peu au système bien connu dù à M. Mallet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Scance du 25 février 1905. — Présidence de M. A. Gaüdry.
- Trop de bruit. — Le bruit des conversations particulières est devenu tel à l’Académie qu’il est impossible de suivre les communications. Le Président se sert pourtant du couteau à papier; il obtient quelques instants de silence ; puis le bruit recommence. Nous sommes plutôt dans un salon où l’on cause très haut que dans la première Société savante de France. Les temps sont bien changés.
- Nouveau régulateur de vitesse. — M. Maurice Lévy décrit sommairement un régulateur de vitesse, pour turbines hydrauliques, étudié et construit par M. Ribourt, professeur à l’Ecole centrale et ingénieur de la Compagnie Fives-Lille. Ce dispositif est employé avec succès, depuis deux années, à différents transports de force et il a, par conséquent, fait ses preuves. Il a donné notamment d’excellents résultats dans l’utilisation d’une chute de 50 mètres de hauteur à l’éclairage de la gare de Saint-Sulpice-Laurières. La turbine fonctionne avec une régularité remarquable. La variation de la tension du courant produit ne dépasse pas I volt pour 120 chevaux et la durée des oscillations, dues à un changement apporté à la résistance à vaincre, ne dépasse pas 50 secondes.
- Élasticité des aciers au nickel. — M. Mascart présente une Note de notre collaborateur M. Ch.-Ed. Guillaume, sur l’élasticité des aciers au nickel. Certains de ces alliages possèdent la singulière propriété d’augmenter de rigidité lorsque la température s’élève. On peut donc
- préparer deux séries d’alliages dont l’élasticité est indépendante de la température. Ces alliages seront précieux dans la construction des ressorts spiraux, diapasons, fils de torsions, etc , insensibles aux changements de la température.
- Ostéites tuberculeuses. — M. Lannelongue entretient l'Académie des ostéites tuberculeuses des diaphyses des os longs. M. Lannelongue a constaté que toujours le point attaqué est le canal médullaire de l’os; puis le mal gagne l’extérieur et donne lieu à un abcès. Il recommande en conséquence, quand on enlève l’abcès, de pousser jusqu’à la moelle et de trépaner l’os. Le mal disparaît ainsi et complètement.
- Election. — L’Académie procède à l’élection d’un Associé étranger en remplacement de M. Virchow. La Commission avait établi ainsi la liste des candidats : 1° M. Koch, de Berlin; 2° MM. Agassiz, de Cambridge (Etats-Unis); Langley, de Washington; Van der Yaals, d’Amsterdam. Sur 51 votants, M. Koch réunit 26 suffrages, M. Agassiz 18, M. Langley 0, M. Van der Vaals 1. En conséquence, M. Koch est élu Associé étranger.
- Cu. DE YlU.EOF.ni..
- L’AUTO-CLEF C0NTAL
- Comme l'indique son nom, cette clefesl destinée à servir d’outil (et d’outil multiple) aux automobilistes, qui ont fort souvent, pour une réparation ou une autre raison, à serrer ou à desserrer un boulon, à visser ou à dévisser un des nombreux écrous qui entrent dans le mécanisme assez compliqué d’une voiture mécanique. L’appareil que nous allons décrire, et qui a été inventé par un constructeur d'automobiles électriques bien connu, M. Contai, répond aux besoins les plus divers ; et nous avons été heureux d’y rencontrer des dispositifs mécaniques qui sont plutôt d’ordinaire le monopole des inventeurs américains.
- La partie essentielle de la clef est un tube d’acier creux formant porte-outil : nous pouvons dire tout de suite que le mode de fixation des outils y est particulièrement original. L’extrémité du tube porte intérieurement un carré dont les dimensions peuvent se trouver correspondre à un écrou sur lequel on veut agir; au cas contraire, il suffit de raccorder au tube porte-outil une pièce faite elle-même (comme tout le reste) d’un morceau de tube d’acier conformé suivant le besoin, présentant d’un côté une ouverture carrée répondant exactement à la dimension d’un boulon, d’un écrou, de l’autre un second carré identique à celui qui termine le tube porte-outil. C’est qu’en effet, en faisant pénétrer dans ces deux carrés une tige carrée de bonne longueur et de format voulu, on solidarise intimement le porte-outil et la pièce qui viendra embrasser l’écrou et lui transmettre le mouvement de serrage ou de desserrage. On peut de la sorte avoir dans une trousse les carrés différents re'pondant à la série diverse dès boulons et écrous utilisés en automobilisme. Mais on peut encore interposer, comme dispositif de solida-risation, non plus une tige carre'e droite, mais une
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- LA NATURE
- pièce un peu plus compliquée composée de deux tiges reliées entre elles par un joint universel : si bien que, de la sorte, on peut aller serrer ou desserrer des écrous dans les recoins les plus malaisés.
- Mais nous trouvons une originalité au moins aussi grande dans le dispositif à rochet qui permet de faire tourner dans un sens déterminé, intermittent toutefois, le manchon porte-outil, sens (pii peut être celui des aiguilles d’une montre ou être au contraire inverse. Extérieurement au porte-outil, et vers le bout opposé au carré, est montée d’une façon fixe une couronne dentée : sa denture engrène avec une des dentures d’un manchon à griffes fou, qui porte sur ses faces latérales des dents inclinées en sens contraire. Nous venons de voir une de ces dentures engrener avec celle de la couronne fixe,
- l’autre engrène avec une denture qui lui fait vis-à-vis et qui est portée par l'extrémité d’une boîte formant tète de clef. Cette boîte est normalement folle sur le bout du porte-outil, qu’elle enveloppe, et auquel elle est rattachée élastiquement par une goupille maintenant une rondelle qui forme appui pour un ressort à boudin logé entre la boîte et le bout du porte-outil, et prenant appui, d’autre part, sur un épaulement ménagé sur ce porte-outil. Pour obtenir la commande à rochet du porte-outil dans un sens ou dans l'autre, il fallait trouver une combinaison assurant l’immobilisation de l’un ou de l’autre des deux jeux de dentures. Ce but est atteint de la façon la plus simple. Autour de l’outil peut glisser une bague d’embrayage présentant une ouverture polygonale, et pouvant
- Auto-clcf Contai. — 1 et 2, bague déplacée pour deux sens de rotation inverses ; 5, clef avec son raccord à la cardan ;
- -1, emploi du renvoi pour serrage difficile.
- coulisser longitudinalement sur la périphérie prismatique et correspondante de la boîte, du manchon et de la couronne. Cette bague a une largeur soigneusement calculée, si bien qu’on peut l’amener par déplacement à solidariser le manchon à griffes soit avec la couronne, soit avec la boîte formant tête d’outil, soit avec les deux simultanément. On réalise donc alors, dans les deux premiers cas, un des mouvements intermittents dont nous parlions ; avec la troisième position, la clef ne forme qu’une seule pièce, elle joue le rôle de clef à béquille ordinaire.
- Nous n’avons pas besoin de dire quelle présente à son extrémité un levier de manœuvre, que l’on place dans une position perpendiculaire à l’axe de la clef quand on veut se servir de celle-ci. Mais ce levier est une tige d’acier qui peut venir complètement se replier le long du tube principal, quand on veut enfermer celle-ci dans sa trousse. Cette tige
- porte, à cet effet, une extrémité coudée et une partie méplate près de ce coude : et si on la fait coulisser à travers les deux ouvertures par lesquelles elle passe dans la tête de l’outil, sa partie méplate arrive alors à l’aplomb d’une fente qui prolonge une des ouvertures ; cela permet de sortir un des bouts du levier et de lui faire décrire un demi-cercle, puis un quart de cercle, jusqu’à ce que le levier vienne se coller le long de l’outil, en demeurant retenu par le rivetage fait au bout de son extrémité courbée.
- Nous avons insisté un peu sur cette clef non seulement pour les services effectifs qu’elle peut rendre, mais surtout pour la façon si simple et si pratique dont elle est combinée dans ses moindres détails.
- Daniei. Reelet.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahijre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1 551. — 7 MAR S 1005.
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- LES MÉGALITHES SOUS-MARINS
- Il existe en Vendée, dans la baie de Bourgneuf, tout près du rivage oriental de l’ile de Noirmoutier, à
- quelques kilomètres au sud de la belle station balnéaire du Bois de la Chaise, des vestiges d’un mégalithe,
- Fi". 1. — Le Dolmen, submergé à haute mer, de la Table, dans la baie de Bourgneuf (état ancien).
- qui découvrent à basse mer, mais qui sont complète- situés sur un récif, appelé la Yendette et indiqué ment submergés quand la marée est haute. Ils sont sur les cartes marines par une série de balises, limi-
- Fig. 2. — Le même Dolmen, au moment de la construction du massif d'inscription qui l’avoisine et balise moderne.
- tant au sud le chenal menant au port de Noirmoutier.
- Ce mégalithe, aujourd’hui classé, découvert par Charier-Fillon dès 1888, mais non encore exploré et fouillé de façon méthodique (ce que nous ferons sous 31e année. — ter semestre.
- peu), est le seul dolmen sous-marin, qui persiste aujourd’hui sur les côtes de Vendée et qui soit indiscutable. Aussi son étude a-t-elle une importance primordiale, les autres monuments de même ordre et
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- LÀ NATURE.
- submergea comme lui dans la baie de Bourgneuf ayant été détruits de 1857 à 1860.
- Il est constitué par une grande table de grès h gros grains, probablement tertiaire, reposant sur des supports aujourd'hui invisibles, mais constatés autrefois par Charier-Fillon et Viaud-Grand-Marais. Cette table a 4m,80 de long et est large de 2m,80 ; son épaisseur atteint parfois 0m,70 à 0m,80. Dans le pays, on donne à ce bloc le nom de « Dolmen de la Table ».
- Le mégalithe est situé sur des rochers de calcaire éocènc, analogues à ceux qui émergent un peu partout dans la baie de Bourgneuf. Cette roche est, bien entendu, dénudée et n’est recouverte que par des algues marines (lig. 1). Depuis quelque temps, on a construit, près de ces restes, des balises et un massif d’inscription, qui indiquent à pleine mer leur situation, alors même qu’ils sont complètement recouverts par les eaux (fig. 2). Le monument funéraire a été construit en un point élevé, car il correspond encore à la partie la plus haute de l’ilot calcaire submergé.
- Pour nous, la nature mégalithique de la pierre de la Table ne fait pas de doute, quoique des fouilles n’aient pas encore été exécutées au-dessous d’elle. Le bloc a, en effet, les dimensions caractéristiques des éléments dolméniques de la région. On ne pourra être tout à fait affirmatif qu’après une étude approfondie de l’orientation et le dégagement des anciens supports. Il ne nous paraît pas probable qu’il s’agisse là d’un simple lusus naturæ, c’est-à-dire d’un morceau de grès « erratique », amené là par les Ilots, et provenant du bassin de grès de l’ouest de la baie de Bourgneuf, dit bassin du Bois de la Chaise (où cette roche abonde), ou « en place encore » sur le calcaire, et respecté par les eaux.
- La constatation de ce mégalithe dans la baie de Bourgneuf démontre qu’à l’époque néolithique l’île de Noirmoutier s’étendait évidemment beaucoup plus à l’est, du coté du continent et rejoignait la plage de Pornic par le rocher du « Caillou ». Par conséquent, le rivage s’est déplacé vers l’ouest depuis cette époque, par suite d’un effondrement important du sol en ce point. L’affaissement n’a pas d’ailleurs été limité seulement aux rochers de la Yendelle, et à ceux de la Tenerge, de Riberge et de la Truie, où on a vu jadis des débris mégalithiques analogues. Il s’est étendu au sud de l’île, alors soudée au continent au niveau du cap de Beauvoir et de l’ile de Mont, et a amené la formation de ce gué, très célèbre, qu’on appelle aujourd’hui le « Cois » (et non pas Coa), et qui découvre, lui aussi, actuellement, à marée basse.
- D’après d'autres données préhistoriques, trop longues à exposer ici, et des faits historiques certains, cet effondrement a dû se produire après l’invasion romaine, et semble postérieur au deuxième siècle après Jésus-Christ ; de plus, nous savons qu’il est notablement antérieur au début du neuvième siècle, car le Gois était connu dès Lan 800.
- Ces courtes remarques montrent que l’étude des dolmens submergés et sous-marins est susceptible,
- en Vendée, comme en Bretagne, de fournir des repères très intéressants au point de vue de la chronologie des temps anciens, et des renseignements fort imprévus pour la géographie préhistorique. C’est pour cela que nous nous sommes efforcé, dans cette note, d’en faire pressentir la portée, en sortant de l’oubli un fait resté inaperçu : fait qui vient renverser d’ailleurs la théorie autrefois admise pour expliquer la formation du Cois. On l’attribuait alors à un exhaussement du sol, produit par les dépôts vaseux de la baie de Bourgneuf, tandis qu’il n’est que la conséquence de l'effondrement d’un isthme reliant jadis l’île de Noirmoutier aux rivages actuels de la Vendée.
- Ceux qui poursuivent de telles recherches sur les côtes du Morbihan ont d’ailleurs observé (G. de Clos-madeuc) des faits concordants. Marcel Burnoux.
- U STÉRÉ0SC0PIE
- SANS STÉRÉOSCOPE
- Bien des fois voulant juger l’effet produit par une image double préparée pour le stéréoscope, on se trouve embarrassé n'ayant pas au moment voulu cet instrument sous la main. Il existe cependant un moyen pour s’en passer, à la portée de toutes les personnes ayant la vue normalement constituée.
- Nous savons que la vision binoculaire donne une sensation unique à cause de la formation des images rétiniennes sur des points appelés synergiques ou correspondants, et dont les propriétés sont le résultat d’une éducation inconsciente de l’œil, ou plutôt d’une adaptation conventionnelle de l’appareil de la vision. Il est aussi connu que lorsque les deux images d’un objet unique ne se forment plus sur des points correspondants, l’impression cesse d’être telle et nous percevons deux images pour un seul objet. Soient maintenant (fig. 1) deux objets À et B placés à distances égales des deux yeux O, O'; si au lieu de fixer l’un d’eux nous fixons un point quelconque X plus éloigné que À et B, nous aurons, outre l’image J2, formée sur la tache jaune et donnant la perception unique du point X, deux autres images doubles des deux points A et B, formant à elles seules quatre images, vu que les points a,, fl,, bi,bi ne sont pas des points synergiques. Ces images, il est vrai, sont confuses, étant donné qu’elles se forment en dehors de la tache jauneetdeplus sans accommodation du cristallin. Considérons maintenant (fig. 2) deux points identiques P et P'; fixons un point fictif X placé juste sur l’intersection des droites TP et TT' (T, T' représentant les taches jaunes, points concordants par excellence) ; les quatre images se réduisent à trois dont l’une, celle du milieu, est double.
- Si nous accommodons à présent les yeux, sans changer la direction des axes, pour la distance TP, nous percevrons bien nettement l’image correspondant aux deux points P, P'. Cette propriété de l’œil pourrait trouver une application pratique si l’on
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- remplaçait les points P, P' par deux images stéréoscopiques.
- On place le carton photographique à une distance de (>m,80 environ; étant perpendiculaires à la ligne de vision les centres des deux images se trouvent sur une parallèle à la ligne joignant les pupilles.
- Après avoir lixé juste au milieu entre les deux photographies, on laisse scs yeux, tout en conservant la même direction, prendre la tension du repos, ce qui a lieu quand on regarde un point placé à l’infini. Les deux images alors se dédoublent, et l’on voit quatre images, dont les deux, celles du milieu, tendent à se confondre; en augmentant un peu l’effort on parvient à les superposer complètement. Tâchant alors d’accommoder la vision pour la distance de l’image double, tout en conservant les axes optiques immobiles, on distingue une image virtuelle très claire qui donne l’illusion stéréoscopique, au milieu de deux images planes un peu plus éloignées.
- Eu augmentant au fur et à mesure l’effort on parviendrait à rapprocher le carton à moins de 0m,50.
- Ce fait serait de plus une preuve irréfutable, démontrant (pic la vision stéréoscopique est plus ou moins indépendante de l’effort d’accommodation, qui, dans le cas présent, serait appropriée à une distance beaucoup moindre que celle qui est perçue, sans le concours d’une lentille quelconque. De plus, nécessitant un effort des muscles extérieurs de l’œil, il servirait peut-être, méthodiquement gradué, comme une excellente gymnastique contre le strabisme convergent. C. Dossios,
- d'Athènes.
- CONTlillUTlON A L’ÉTUDE EXPÉRIMENTALE
- DES DUNES DE SABLE
- Il convient de considérer l’action du vent sur le sable comme un des facteurs importants de l’activité externe du globe. Aussi, les expériences relatives à la reproduction expérimentale des dunes présentent-elles un véritable intérêt d’actualité. M. Yaughan Cornish a publié, à propos de la formation des dunes de sable, un article fort remarquable dans « Geographical Journal » du mois de mars
- 1897 l. Quoique ce savant ait laissé fort peu de choses à étudier pour ses successeurs, il restait un point, je crois, à mettre en valeur : c’est celui qui a trait à l’inclinaison du terrain comme particulièrement favorable à la pro-•duction des dunes transversales. Voici à ce sujet les résultats auxquels je suis parvenu expérimentalement :
- lr<> expérience. — Après avoir placé sur une table un amas de sable, j’ai, à l’aide d’une soufflerie artificielle, provoqué sur le sable des sillons avec bourrelets aux extrémités sous l’influence du triage du sable.
- 2e expérience. — En inclinant la table et en soufflant de nouveau sur le sable, la formation des dunes transversales s’est trouvée facilitée.
- Au point de vue de l’observation directe, on peut constater de nombreuses dunes transversales sur les talus sableux d’un chemin de fer. Mais les dunes que l’on est convenu d’appeler « transversales » le sont-elles bien symétriquement? J’ai cru remarquer qu’elles ont une forme sinueuse rappelant celle d’un S démesurément allongé, sans qu’il y ait là aucune relation avec les obstacles extrinsèques.
- D’ailleurs, en ce qui concerne l’influence des obstacles sur la distribution du sable, l’observation, contrôlée par l’expérimentation, nous apprend qu’elle est double, c’est-à-dire qu’elle est tantôt réversible, tantôt obstructive. En effet, considérons par exemp'e des galets mélangés à du sable soumis à l'action du vent, nous observons un creusement continu autour des galets qui amènera au fur et à mesure leur déplacement. Si, au lieu de g,, le fs, nous plaçons à dessein dans le sable un objet cylindrique, nous voyons encore ce creusement caractéristique se produire autour de l’objet. Que s’est-il passé ? Le sable projeté par le vent sur l’objet a subi de sa part une sorte de choc en retour. Ce déplacement est dù à la réflexion du vent par l’obstacle. Mais le creusement ne peut avoir lieu que si les dimensions do l’obstacle sont suffisantes [tour permettre le tournoiement du vent. Il y a dans ce cas réversibilité.
- Au contraire, si l’obstacle est un mur, nous voyons non pas une cavité se produire, mais une élévation. Le sable, toujours sous l’a tion d’une sorte de vannage, se distribue non seulement horizontalement à droite et à gauche de la muraille, mais encore verticalement pour constituer peu à peu un monticule. Il se produit là une obstruction mécanique. Ce même phénomène peut s’observer en hiver lorsque les flocons de neige se trouvent soulevés par le vent.
- Le côté qui mérite de retenir notre attention au sujet de la formation des dunes est que celle-ci paraît intimement liée à l’inclinaison des surfaces. Georges Couiuy.
- IMAGE DU SOLEIL DE L’AGE DE BRONZE
- Les riches trouvailles d’ohjels de hronze dont le Musée de Copenhague a le droit d’être fier et qui montrent le développement étonnant de la technique de ce métal dans un pays sans mines, se sont augmentées dernièrement d’un objet du plus haut intérêt.
- En labourant un terrain marécageux et jusqu’ici non cultivé, à 8 kilomètres de la petite ville de Ny-kôhing en Seeland, on a trouvé des morceaux de hronze, hrisés et dispersés sur un petit espace.
- Un archéologue amateur, M. West, s’est heureusement trouvé près de l’endroit. Grâce à ses soins,
- 1 Cet article a été traduit en français par M. E. Cammaerls. liruxelles 1000.
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- tous les morceaux ont été ramassés et envoyés au Mu sée dont le savant directeur, M. Sophus Millier, un des plus érudits archéologues de nos jours, réussit à mettre chaque morceau à sa place et à reconstruire l'intéressant objet.
- Sur six petites roues en bronze, d’environ 15 centimètres de diamètre, repose un disque rond, tiré par un cheval. Tous les deux sont fondus en bronze et bien modelés. Le disque, richement ornementé, est en outre, sur le côté droit, recouvert d’une mince plaque d’or. La plus grande partie de la queue du cheval fait défaut et n’a pas été reconstruite, parce qu’on n’en sait pas la longueur. La ficelle qui attelle le cheval est ajoutée, il est vrai, mais les attaches marquent suffisamment sa place.
- M. Müller pense, que cet objet date d’à peu près l’an 1000 avant notre ère. Il n’y a pas de doute, que ce ne soit une image du soleil, témoin direct et unique d’une période bien reculée où les ancêtres se prosternaient devant le soleil lui-même, la toute-puissante source de la vie, sans lui donner une personnification, comme on l’a fait partout plus tard.
- L’état déplorable de ce symbole religieux est facile à expliquer.
- C’était évidemment la coutume de démonter et de détruire ainsi les objets précieux, en les déposant en offrandes religieuses dans des endroits isolés ou peu accessibles. Jules Schiott.
- LE RÉPÉTITEUR
- I'OUR LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
- La télégraphie ordinaire ne connaît pas de limite à sa distance de transmission ; un courant de tension suffisante, un conducteur de section et de conductibilité bien appropriées, c’est tout ce que requiert une dépêche pour faire d’un seul bond le tour du monde et revenir à son point de départ. Mais un pareil mode de transmission à grande distance aurait deux inconvénients graves : il coûterait très cher et sa vitesse de transmission serait très restreinte. Le premier défaut s’explique sans peine. En effet, plus le courant est fort, plus les frais d’exploitation sont élevés; d’autre part, plus le conducteur est de grand diamètre, plus il est coûteux
- et plus les supports qui en portent le poids réclament de solidité. Le second inconvénient demande un peu plus d’attention pour être bien saisi. Toute augmentation dans la longueur du conducteur en entraîne une autre dans la self-induction et la capacité du circuit. Or, cette dernière est d’autant plus considérable que la distance qui sépare le fil du sol est moindre. De là, une augmentation de la cons-stante du temps que nécessite l'établissement d’un courant dans un conducteur et, par suite, une diminution dans le nombre de mots qui se peuvent transmettre en un temps déterminé.
- La difficulté a trouvé une solution heureuse et simple : fractionner la ligne en plusieurs sections et confier la transmission des dépêches d’une section à l’autre à des appareils spéciaux dénommés « translateurs » ou « répétiteurs ». Ces appareils, du reste fort simples, sont constitués en principe par
- un électro-aimant qui, sous la faible influence d’un courant venu de loin, attire une sensible armature. Celle-ci ferme alors le circuit d’une pile locale agissant sur la section suivante; en d’autres termes, cette armature « manipule » automatiquement et presque sans perle de temps chaque signal reçu.
- Cet agencement donne une transmission plus rapide et plus économique que celui de la transmission directe. L’emploi du système Baudot sur la ligne souterraine Paris-Bordeaux (5fi0 kilomètres avec 5 relais) en est un exemple.
- Ce qui est vrai de la télégraphie ordinaire l'est aussi de la télégraphie sans fil. Les dernières expériences transatlantiques de Marconi ont démontré que, faisant usage d’une « énergie suffisante », il est possible de télégraphier à toute distance, si grande soit-elle. Mais, pour être suffisante, l’énergie requise est énorme. Ne faut-il pas T0 chevaux d’énergie pour communiquer à 5000 kilomètres en mer et ne sait-on pas que Marconi compte augmenter la force déjà si respectable de ses postes? Est-il donc étonnant que, dans de telles conditions, l’installation d’un poste coûte de 500 000 à 1 million de francs et que, en dépit de cette dépense énorme, la transmission soit très lente ? Plus un corps a de masse, dit-on en mécanique, plus il a d’inertie à se mettre en mouvement. Dans la télégraphie sans fil, l’hypothétique
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- éther n’oppose pas, il est vrai, de résistance à la mais, comme il s’agit de mettre en mouvement de transmission des vibrations électro-magnétiques; grandes intensités de courant et de charger des con-
- Fig. 1. — Répétiteur automatique pour la télégraphie sans lil.
- densateurs considérables, le temps appréciable que nécessite cette opération ralentit la transmission. La chose est bien connue de ceux qui, comme nous, travaillent la télégraphie sans fil chaque jour, ou qui ont eu l’occasion, par exemple sur les malles de l’État belge, d'assister à des expériences avec appareils syntonisés, autrement dit avec appareils pourvus de condensateurs au transmetteur.
- Pour remédier aux inconvénients dont nous venons de parler, nous avons inventé, par analogie de la télégraphie habituelle, un répétiteur pour la télégraphie sans lil. Son rôle est identique à celui du répétiteur de la télégraphie ordinaire : permettre des communications plus rapides et plus économiques ; permettre, en outre, des communications à toutes distances là où la transmission directe n’est pas applicable.
- C’est chose facile, en principe, que d'imaginer un répétiteur pour la télégraphie sans fil. 11 suffit d’un récepteur actionnant automatiquement un transmetteur. En réalité, la chose est
- infiniment moins simple en pratique, et des difficultés des plus sérieuses ont dû être surmontées par nous au cours des essais que nous avons effectués avec cet appareil.
- Une condition primordiale à remplir était d’empêcher toute, action du transmetteur du répétiteur sur le récepteur du même. À défaut de cette précaution, l’appareil, une fois déclenché par une onde produite au loin, ne s’arrêterait plus, le récepteur influençant le transmetteur, puis en étant influencé, puis l’inlluençant à nouveau et ainsi de suite.
- Il importait donc tout d’abord d’interrompre « automatiquement » la communication entre l’antenne et le récepteur au moment où fonctionne le transmetteur, et cela pour éviter de brûler le cohéreur. Ensuite, il fallait soustraire ce dernier à toute influence de l’oscillateur en le protégeant par une caisse métallique. Après divers essais, voici la dernière forme d’exé-eulion que nous avons donnée à notre appareil répétiteur (fig. 1). L’antenne-réceptrice aboutit à une
- O
- "===“ E^ViOS^zrj, Ck.
- Fig. 2. — Schéma du répétiteur de signaux.
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- LA NAT U HL.
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- capacité, par exemple la terre, en traversant la borne de repos d’nn relais pour fort courant, puis le primaire d'un transformateur dans le secondaire duquel est inséré un cohéreur et un condensateur, le tout constituant ce que Marconi appelle « jigger ». En dérivation aux bornes du eondensateur-cohéreur, d’une part, et cohéreur-secondaire de l’autre, se trouvent deux bobines de self-induction, une pile et un relais. Le relais forme le circuit d’une source d’énergie électrique qui actionne un frappeur et le relais pour forts courants. Ce dernier, en même temps qu’il interrompt la communication entre l’antenne réceptrice (et transmettrice en même temps) et le primaire du transformateur (jigger), ferme le circuit du primaire d’une bobine d’induction (transmetteur) dont le secondaire est relié, d’une part, à une antenne transmettrice (la même qui sert pour la réception des ondes) et à une des boules d’un oscillateur, d’autre part, à la terre ou capacité et à la seconde boule de l’oscillateur. Une boîte métallique, reliée à la terre, contient le transformateur (jigger), le cohéreur, le condensateur, le relais pour faible courant avec la pile et les bobines de self-induction, le frappeur, les shunts et la pile actionnant le relais pour fort courant et le frappeur. Un des tils de connexion du second relais (fort courant) est protégé à l’entrée de la boîte métallique par une bobine de self-induction noyée dans de l’étain froissé mis à la terre et renfermée dans une boîte métallique (voir lig. 1, p. 215). Cette dernière est fixée à celle qui protège les appareils récepteurs et qui est rattachée à l’autre lil de connexion du relais manipulateur. Le til qui va de la borne de repos du relais manipulateur au récepteur (jigger) est renfermé dans un tube métallique mis à la terre, et cela jusqu’à son entrée dans la boîte métallique qui contient le transformateur.
- Supposons maintenant notre répétiteur placé entre un poste transmetteur et un poste récepteur trop éloignés pour pouvoir communiquer directement ; supposons, en outre, que les communications se fassent par le code Morse, c’est-à-dire par points et traits. Comment va-t-il fonctionner? Lorsqu’une onde arrive à l’antenne réceptrice, le cohéreur, l’antico-hércur ou tout autre contact imparfait est impressionné. 11 le sera d’autant mieux que le transformateur, dont nous avons parlé, aura élevé la tension de l’onde induite et que les bobines de self-induction qui se trouvent dans le circuit du cohéreur empêcheront les ondulations de suivre le circuit dérivé de la pile et de la bobine du relais, tous faits que la pratique a montrés très favorables au bon fonctionnement de l’appareil.
- Un contact s’établit entre l’armature du second relais (dont la fonction est la même (pic celle d’un Morse dans un récepteur) et son butoir; puis, en même temps qu’une étincelle se produit à l'oscillateur, le conducteur joignant l’antenne au récepteur, — et, par suite, l’antenne elle-même,— est séparé du récepteur, puisque l’armature du second relais se détache de la borne de repos de celui-ci. Toute
- action directe de l’oscillateur et de l’antenne transmettrice sur le récepteur se trouve empêchée d’abord par l’impédance de la bobine de self-induction placée à l’entrée d’une des connexions du relais manipulateur, ensuite par les boites métalliques et le tuyau métallique renfermant le conducteur joignant la borne de repos du relais manipulateur au récepteur. Le répétiteur reproduit donc un signal de courte durée, c’est-à-dire un point, puis il s’arrête. Ce signal va impressionner l’appareil récepteur extrême. Si, à la station transmettrice extrême, on envoie un trait, le répétiteur répète d’abord un point, puis l’armature du deuxième relais revient aussitôt contre sa borne : encore un point et ainsi de suite. Les points très rapprochés donnent, à la station réceptrice, une barre. Dans le cas où plusieurs répétiteurs seraient établis entre les stations extrêmes, cette multiplicité ne doit en rien faire craindre la répercussion des signaux d’un répétiteur à l’autre. En effet, en même temps que le répétiteur n° 2, par exemple, répète un signal au répétiteur n° 5, l’armature du second relais du répétiteur (manipulateur) n° 1 est encore détachée de sa borne, c'est-à-dire que cet appareil n’est pas encore prêt à recevoir un signal. 11 n’arrive à être prêt que lorsque, par exemple, le signal répété par le répétiteur n° 2 est arrivé au répétiteur n° 5, c’est-à-dire qu’il est censément hors de la portée du répétiteur n° 1.
- Nous avons placé cet appareil à Malines et nous avons ainsi pu communiquer de Hruxellcs à Anvers, soit sur une distance totale de 44 kilomètres en terre ferme. Ce furent les premières expériences faites sur terre, à cette distance surtout, avec antennes fixées à des monuments dressés au cœur même de grandes villes.
- C’est principalement sur terre — comme dans la télégraphie ordinaire — que le répétiteur peut jouer un rôle important. Les applications terrestres de la télégraphie sans fil sont, en effet, encore plus restreintes que les applications en mer, puisque sur terre elles se heurtent à la télégraphie habituelle, qui a atteint une grande perfection. Sur terre, la télégraphie sans fil, en dépit de son actuelle lenteur de transmission, en dépit de ses autres défauts aussi, peut pourtant déjà rendre des services précieux dans certains cas spéciaux (guerres, etc.) et dans certains pays (Afrique, Amérique du Sud, etc.).
- Si l’on' arrive, toutefois, à réaliser — ce que la syntonisation ne fait pas — le secret absolu des communications, la télégraphie sans til terrestre ne peut manquer de prendre un essor nouveau. Ce jour-là, le répétiteur deviendra sinon indispensable, du moins fort utile. E. Guaiuxi.
- LA PHOTOGRAPHIE DE MONTAGNE
- CONCOURS IIU « CLUB ALPIN FRANÇAIS »
- La surface couverte par une chaîne de montagnes, comparée à la hauteur des sommets, est généralement fort restreinte. Cjette disposition particulière,
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- LA NATURE.
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- commune à la plupart des bossellements terrestres, engendre, sous la même latitude, des zones climatologiques étagées très diverses. La différence de densité des couches atmosphériques et le brassage constant qui résulte de leur échauff'ement inégal, occasionnant des Fluctuations incessantes, modifient, en même temps, la transparence de l’air, l’intensité du pouvoir éclairant et la perspective aérienne; ceci lait que la montagne, malgré son apparente immobilité, est infiniment plus changeante dans ses aspects que les Ilots agités de la mer.
- La valeur respective des objets formant les différents plans perspectifs des vues de montagnes, varie à l’infini. 11 n’est pas un moment du jour ou de la nuit, pendant lequel la coloration du tapis végétal, des rochers, des neiges, des glaciers, soit rigoureusement semblable à celle de la veille ou du lendemain. Ces effets fugitifs, d’une délicatesse extrême, offrent d’assez grandes difficultés d’interprétation lorsqu’on se propose de les fixer sur la toile ou sur le papier. Voilà probablement la raison pour laquelle l’étude picturale des reliefs terrestres a été pendant fort longtemps dédaignée. Heureusement, quelques paysagistes « montaniers » ont voulu réagir contre ces idées préconçues en prêchant d’exemple.On doit féliciter chaudement leur «Société des Peintres de Montagne1 » pour les services quelle rend aux fervents du paysage, en leur ouvrant un champ fécond dans lequel ils trouvent en foule des richesses ignorées.
- A l’époque actuelle où la valeur du livre est doublée par les illustrations, l’artiste devient chaque jour davantage le collaborateur indispensable de l’auteur; mais les dessins et les belles gravures occasionnant parfois de trop grands frais, la photographie devait être, à son tour, fatalement appelée à fournir son contingent de documents précieux aux publications descriptives. Dans ce but, le Club Alpin français a ouvert, l’an dernier, un Concours Universel de photographies de Montagne. Malgré une publicité restreinte, à laquelle La Nature a contribué pour une grande part, le succès a dépassé toutes les espérances : 955 épreuves photographiques, émanant de 56 concurrents, ont été soumises à l’examen du Jury. L’ensemble des envois ayant été jugé remarquable, une exposition fut immédiatement décidée.
- Ne pouvant, faute de place, nommer tous les lauréats dont les travaux ont figuré à cette exposition, nous allons simplement en citer quelques-uns. Disons d’abord, que les vues splendides des montagnes de l’Himalaya, prises à 5000 mètres d’altitude environ, par M. Vittorio Sella, de Biella, ont valu à son auteur (hors concours) le prix d’honneur. Un ingénieur de Bruxelles, M. Charles Lefébure, et un Français fixé à Berne, M. J. Martin, qni a envoyé des épreuves
- 1 La sixième exposition de la « Société des peintres de montagne » aura lieu cette année, du 5 au 29 mars inclus, de 1 heure à 5 heures, au Cercle de la Librairie, boulevard Saint-Germain, 117, à Paris.
- de premier ordre, se sont partagé le premier prix; le second a été décerné à M. P. Cochard, d’Annecy. Citons aussi, parmi les excellents, MM. Émile Kern, André Kern, Ettore AUegra, Paul Duport, dont les nuées orageuses flottant au-dessus de la chaîne de Misehabel sont de toute beauté, Maurice Maquet,
- P. Lefébure, A. et L. Baron, G. de la Boche, Henry Bregeault déjà très remarqué dans une exposition précédente, A. Bidard, E. Aillaud, J.-B. Jonvin, etc.
- Plusieurs dames avaient également affronté le Jury : le succès a couronné l’œuvre; leurs noms, comme les précédents, figurent au livre d’or. Disons celui de Mme Henri Beraldi, la vaillante et fort distinguée pyrénéiste, dont les sujets artistiquement choisis au milieu des plus sauvages régions des hautes Pyrénées, ont été photographiés, en majeure partie, au-dessus de 2600 mètres de hauteur. Arrêtons-nous aussi devant l’exposition de Mme Paul Joanne, qui, avec une délicatesse exquise, avait eu la pensée de choisir « Cyclamen » pour devise de ses fort jolies vues des montagnes du Tyrol. Enfin, au risque de froisser leur modestie, réunissons dans une collective louange Mlles Alice Duvernoy, Pluche et Marie Prévotat que les sites pyrénéens avaient plus particulièrement attirées.
- En examinant attentivement les œuvres exposées, et sans méconnaître la place importante qui revient de plein droit aux plus hautes cimes, aux glaciers, aux aiguilles menaçantes, aux arêtes vertigineuses, sans compter les inévitables « gendarmes » dont on abuse souvent contre toute raison, il se dégage l’impression que la montagne moyenne a été beaucoup trop négligée. Suffit-il, en effet, de reproduire seulement les plus hautes saillies d’un bossellement montagneux pour en faire admirer la grandeur? Non, sans doute, pas plus qu’il ne suffit de photographier isolément les corniches, les tours ou les clochers d’un édifice pour représenter un monument. Sans vouloir rappeler les données du programme, il semble cependant que le titre de « Concours de photographies de montagne » était suffisamment explicite pour permettre d’embrasser tous les genres : les hauts monts et leur puissante masse, les vallées, les torrents, les cascades, c’est-à-dire l’ensemblë aussi bien que les intimes détails, en un mot, tout ce qui fait le charme, le pittoresque, l’intérêt et la splendeur de la montagne.
- Quelques ascensionnistes de haute volée n’admettent la beauté alpestre, il est vrai, qu’au-dessus de 4000 mètres d’altitude; mais, hàtons-nous de le dire, parmi l’élite des amis de la montagne que le Club Alpin français a groupés, ces excursionnistes de marque, qui seraient profondément humiliés de se rompre les os au-dessous de 5500 mètres de hauteur, sont en minorité.
- Pour obtenir des images photographiques avec le minimum acceptable de déformations, l’opérateur instruit dans le métier sait qu’il est indispensable de placer l’appareîl horizontalement et l’objectif à mi-hauteur, environ, de l’élévation totale du sujet à
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- reproduire. Ce principe fondamental est malheureu- (Juelques-uns même exagèrent volontairement ce très sement trop souvent négligé par les alpinistes. grave défaut afin de laisser croire aux profanes que
- Fig. 1. —Le Stoekhori), à l'ouest du lac de Tliun (Suisse). Vue prise du llohraad, à '207'J mètres d'altitude, par M. J. Martin (1er prix).
- les pentes, ridiculement redressées qu’ils prétendent avoir escaladées, offrent des difficultés presque insurmontables. Chacun sait qu’en se plaçant trop bas ou trop près du pied d’une montagne pour la photographier , on s'expose à voir les lignes fuyantes aboutissant au sommet s’allonger démesurément vers le ciel.
- Les architectes du moyen âge appréhendaient tellement ce fâcheux effet de perspective pour leurs constructions, qu’ils intervertissaient parfois, intentionnellement, l’inclinaison de certaines saillies lorsqu’elles étaient destinées à être vues d’en bas. Si Ton monte, au contraire, jusqu’au point culminant d’une chaîne de montagnes, l’im-
- mensité panoramique croît en raison directe de la hauteur à laquelle on atteint. I)u sommet du colosse
- terrestre, le spectacle peut être sublime ; néanmoins, les cimes les plus altières et les formidables massifs qui les entourent ou qui leur servent de soubassement, vues de raccourci, perdent tou te majesté. Leur puissance encore se devine, mais on croirait qu’elles sont aplaties. En essayant de reproduire leur silhouette déprimée on risquerait de n’obtenir que leur caricature, car l’image de la vaste chaîne montagneuse fixée sur la plaque sensible donnerait, tout au plus, l’illusion d’une agglomération confuse d’énormes taupinières.
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- Fig. 5-2— Le Mattstoek (paysage d'hiver), au-dessus de Wailen See (Suisse). (Vue prise à 1810 mètres d’altitude, par M. André Kern.)
- Fig. 4. — Zinul-llothhorn et col de Tril't (Valais).
- (Vue prise du lioc Noir, à 5130 mètres d'altitude, par JIM. A. et L. Baron.)
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- Les sommets secondaires n’ont pas les mêmes inconvénients. Ils en ont d’autres, sans doute, mais ils sont moins graves. Dans tous les cas, les montagnes moyennes, par rapport à l’ensemble, offrent aux photographes un nombre infiniment plus grand de stations favorables que les points les plus élevés. Comme exemple, on peut citer les fort belles vues téléphotographiques du Gaonrisankar (8840 mètres d’altitude) prises dans le Népaul à 4500 mètres de hauteur et à 150 km de distance; le Jcinnu (7001 mètres) dans le massif du Kautchindjinga, prise du col Choojerma, à 4500 mètres d’altitude, et à 14 km de distance, à l’aide d’un téléobjectif, par M. Yittorio Sella.
- En somme, la brillante manifestation photographique du Club alpin français ne sera pas stérile, néanmoins il semble que les résultats eussent été encore plus utiles, si les concurrents au lieu de disperser leurs efforts les avaient concentrés sur des portions de territoire un peu moins étendues. Des séries d’épreuves négatives ou positives, prises à toutes les altitudes dans une région déterminée, représentant les détails remarquables ou l’ensemble d'un bassin, d’une vallée, d’un massif montagneux, formeraient des « monographies photographiques » du plus grand intérêt. La réunion de ces documents, précieux à tous égards, aurait une valeur inestimable, autant pour les fanatiques de la montagne que pour l’homme de science, dont la vie tout entière est souvent consacrée à l’élude des phénomènes naturels qui provoquent sans cesse la formation et la déformation des hauts reliefs terrestres.
- L’éminent géographe, M. F. Schrader, auquel les destinées de la grande association alpine de notre beau pays de France sont actuellement confiées, ne refusera certainement pas d’aiguiller le prochain concours sur cette voie. Espérons donc que la commission d’organisation, dont M. Henri Cuénot est le très distingué président, réservera, dans son nouveau programme, à coté des grands géants alpestres, une large place aux pygmées. Emile Belloc.
- NOUVELLES COMÈTES
- M. Giacobini, astronome à l’Observatoire de Aire, vient de découvrir coup sur coup, en moins de deux mois, deux nouvelles comètes. C’est là un résultat très remarquable et l’on se représente généralement mal la somme de patience et de travail que nécessitent de semblables découvertes, surtout quand il s’agit d’astres aussi faibles que les comètes en question. Kn effet, lorsqu’elles sont si peu lumineuses, même en connaissant leur position, on éprouve ensuite une certaine difficulté à les retrouver.
- Depuis l’année 189b, M. Giacobini a découvert sept comètes en v comprenant les deux nouvelles. Les recherches ont été faites à l’aide de l’équatorial coude de l’Observatoire de Nice.
- Comète 1902 d. — Cette comète, en même temps la quatrième de 1902 (qui pour cette raison est désignée par comète 1902 d) a été découverte le 2 décembre, à 10 heures du soir, dans la constellation de la Licorne, a
- 2 degrés environ de l’étoile 22. C’était une pale nébulosité de la douzième grandeur. Dès le lendemain, le nouvel astre était observé par M. Graif, à l’Observatoire de Hambourg, puis à Paris, Berlin, etc.
- M. Ebell, du bureau des Astronomische Nachrichten, à l’aide de trois observations des 5, 5 et 7 décembre et M. Fayet, de l’Observatoire de Paris, à l’aide de mesures faites à Nice, les 5 et 5 décembre et à Paris, le 8 décembre, calculèrent séparément les éléments provisoires de l’orbite.
- Il peut être intéressant de comparer les nouveaux éléments que vient de donner M. Ebell, d’après les observations des o, 11 et 22 décembre, bien plus espacées que les premières avec ceux que M. Brück a calculés sur les mesures du 5 décembre 1902 (Hambourg), 11 et 25 décembre (Besançon) :
- ÉLÉMENIS DE M. EBELL 1 ÉLÉMENTS DE M. BRÜCK^
- T = 1903 mars 23,544 1903 mars 21,0775
- (Temps moyen de Berlin). (Temps moyen de Paris).
- o= 5° 43'32",0 ) 5° 7' 28",0 )
- S2 = 117°29'5-r,2 ( 1903,0 117° 29' 24'',6 > 1903,0
- i= 45° 54' 17",4 ) 43°55' 5", 1 )
- ig <7 = 0,443870 0,445208
- La comète varie très lentement d’éclat. Le 20 janvier 1905, l’éclat théorique était 1,5 fois celui du jour de la découverte.
- A l’Observatoire de Paris, le 6 décembre, la comète fut observée par MM. Bigourdan, Fayet et Salet. Elle apparaissait comme une faible nébulosité de la grandeur 15,2, vaguement arrondie et d’un diamitre de 50". On devinait au centre une condensation assez diffuse, d’aspect stellaire et d’une contexture granuleuse.
- Du 9 au 11 décembre, à l’Observatoire de Besançon, M. Chofardet la nota de 12e grandeur, et se présentant comme une nébuleuse ronde d’un diamètre apparent de 45" environ.
- Cette comète présente une particularité remarquable et fort rare. Elle restera constamment très loin du soleil et ne s’en rapprochera, au moment du périhélie, qu’à la distance q = 2,779, celle de la terre au soleil étant prise pour unité, c’est-à-dire à 415 millions de kilomètres. Or, parmi toutes les comètes scientifiquement observées, on ne connaît que la comète de 1729 ayant eu une distance périhélie plus considérable : 4,045.
- H en résulte qu’elle se déplace très lentement dans le ciel et restera encore visible pendant longtemps. Sa distance a la Terre augmente peu à peu et son éclat diminue. D’après les derniers calculs, l’orbite serait parabolique. C’est une visiteuse qui arrive de l’Infini et qui y retourne.
- . Comète 1905 a. — La seconde comète dont nous annoncions plus haut la découverte a été aperçue dès le 15 janvier. Mais, par suite du mauvais temps, il ne fut pas possible de télégraphier sa position à l’Observatoire central de Kiel avant le 19. Elle planait alors (19 janvier, (ih28m,9, temps moyen de Nice) en un point du ciel situé dans la constellation des Boissons, tout près de l’étoile fi, à la position suivante :
- ÆA = 22h 57“ 48" = + 2° IG' 20".
- Mouvement dirigé vers le nord-ouest. Elie avait l’aspect d’une nébulosité assez faible delà 10egrandeur. Le 21 janvier, à Heidelberg, M. Jost lui assigna le même éclat.
- 1 T désigne l’époque du passage au périhélie ; gt, la longitude du périhélie; b* longitude du nœud ascendant; i, l’inclinaison du plan de l’orbite de la comète sur le plan de l'écliptique, et q, la distance périhélie.
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- A l’Observatoire de Besançon, M. Chofardet, à l’aide de l’équatorial coudé, trouva pour le diamètre apparent l',5. L’éclat était compris entre la 10e et la 11e grandeur. Un voyait une condensation un peu excentrée vers le sud.
- Le 24 janvier, cette condensation était visible au centre et, par moments, on apercevait un noyau stellaire assez vif. A l’Observatoire de Lyon, MM. G. Le Cadet et J. Guillaume ont observé cette comète le 21, le 24 et le 2(j janvier, mais le mauvais état du ciel n’a pas permis de prendre sa position. *
- M. Fayet, d’après les observations du 19 janvier, à IN’ice, du 24 janvier, à Besançon, et du 27, à Paris (M. Bi-gourdan) a calculé une orbite dont voici les éléments :
- T = 1903 mars 28,9498 'temps moyen de Paris), ci = 130° 40'55" ) s?, = 0Ü 4L 56" 1903,0
- i= 35° 35' 0" )
- log </= 1.674788
- La comète augmente assez rapidement d’éclat et comme elle se rapproche de la Terre, elle pourra devenir très belle. Elle est actuellement de 8° grandeur.
- On a cru un moment que cette comète était celle de Tempel-Swift dont le retour est attendu et dont la position, d’aprèsl’éphéméride de M. Bosserl, était voisine de celle de la nouvelle venue. D’après les dernières recherches, il semblerait qu’il n’en est rien et que l’on se trouve bien en présence d’une nouvelle comète.
- La carte ci-contre représente sa marche dans le ciel pendant le mois de février. On v a figuré également les positions de la comète Tempel-Swift d’après l’éphéméride de M. Bossert.
- Vers la Fin de février, il y aura trois comètes visibles en même temps.
- C’est un fait curieux et rare d’avoir trois comètes observables dans le cours de la nuit. Il y aura, en effet, en plus des deux comètes ci-dessus, celle découverte le 1er septembre 1902 à l’Observatoire Lick, la comète Perrine-Borrelly qui revient sur notre horizon, bien diminuée d’éclat, et pour disparaître cette fois complètement.
- On attend, en 1903, le retour de six comètes. Le tableau suivant, publié par le Bulletin de la Société astronomique de France, d’après Ylllustrated Scientific News, les contient toutes. En outre, on a placé en tète la comète Tempel-Swift dont le passage au périhélie a eu lieu récemment le 9 décembre 1902, mais que l’on n’a pas encore pu retrouver, comme nous venons de le dire.
- TABLEAU DES COMÈTES ATTENDUES EN 1905
- nombre
- PROCHAIN PASSAGE d'apparitions
- COMÈTES révolution- AC PÉRIHÉLIE OBSERVÉES
- Tempel-Swift . 5ans,534 9 décembre 1902 5
- Perrinc .... 6a”s,441 5 mai 1905 1
- Giacobini . . . 6*”s,549 15 mai 1903 1
- Spitaler. . . . Ga”9,402 16 août 1903 1
- Fayc 7aU9,566 13 octobre 1903 8
- Winneckc. . . 5aDS,852 50 décembre 1903 7
- Brooks .... 7ans,097 12 décembre 1905 o
- Au début de 1904 et peut-être même à la fin de 1903 on pourra sans doute observer la comète de d’Arrest dont la révolution est de 0,075 ans et dont 0 apparitions ont été notées. Son prochain passage au périhélie aura lieu le 25 janvier 1904. E.v. Toucuet,
- Secrétaire adjoint de la Société astronomique de France.
- CHAUFFAGE PAR CALORIFÈRE
- De tous les moyens de chauffage employés, le plus ancien paraît être la cheminée, mais s’il est recommandable au point de vue hygiénique, à condition toutefois que le tirage soit excellent, il est détestable au point de vue économique attendu que 95 pour 100 de la chaleur dégagée par le combustible s’en va au-dessus des toits. Les poêles utilisent beaucoup mieux le calorique, bien qu’il y en ait encore une bonne partie de perdue, mais leur emploi dans les
- appartements est assez disgracieux. Ceux qui sont à feu continu ne sont pas sans danger, ainsi, que nous l’apprennent à chaque instant les faits divers des journaux quotidiens.
- Le calorifère, ou foyer central qui distribue la chaleur à toutes les pièces d’une maison ou d’un appartement, est beaucoup plus commode, aussi son emploi est-il assez répandu depuis de longues années. Trois systèmes sont couramment en usage dans les habitations et les bâtiments publics : chauffage par l’air, par la vapeur et par l’eau. C’est le chauffage par l’air qui est le plus ancien ; c’est assurément celui qui, comme construction, est resté encore aujourd’hui le plus simple et le plus économique.
- Un se sert généralement d’une cloche épaisse en fonte dans laquelle on brûle la houille sur une grille (lig. 1). De cette cloche part le conduit de fumée auquel on fait décrire un certain nombre de circonvolutions afin d’augmenter la surface de chauffe, avant de le relier à la cheminée d’évacuation. Le tout est
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- enfermé dans une chambre bien dose en maçonnerie : I rieur d’y pénétrer. A la partie supérieure sont mé-on a seulement ménagé à la partie inférieure quel- nagées d’autres ouvertures par où s’échappe cet air ques trous A, H, qui permettent à l’air froid exté- j échaudé par son passage dans la chambre, et c’est
- Fig. 1. — Calorifère ù air chaud. 1, coupe; 2, élévation.
- de ces ouvertures que partent les conduits qui vont ménagés aux oritices permettent de fermer ou d’ou-déboucher dans les pièces à chaulfer ; des registres vrir plus ou moins les « bouches de chaleur ».
- Fig. 2. — Calorifère à'vajteuiv 1, coupe de la chaudière cl,du loyer; 2, radiateur placé dans les
- uimarhunniik
- L'air qui passe sur des surlaces surehaullées contient des poussières dont la conlhustion partielle produit de l’owde de carbone; en outre il est fortement desséché. On remédie h ces divers inconvénients en revêtant de céramique la surface de chaulïe et en
- mettant de l’eau dans la chambre à air, mais le remède est imparfait. 11 arrive aussi, après quelque temps d’usage, que des tissures établissent une communication entre la cheminée, ou le foyer, et la chambre de chaude ; on constate alors que la fumée
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- sort par les bouches de chaleur. Tous ces inconvé- veillé et parfaitement entretenu, mais les accidents nients peuvent s’éviter dans un appareil très sur- qui arrivent assez fréquemment prouvent qu’il n’en
- Fig. 5. — Calorifère à eau chaude, système Gandillot. 1, coupe du foyer et du serpentin formant chaudière;
- 2, coupe du tube montrant le mode de raccord; 5, installation dans une cuisine; i, fixage du tube sur les plinthes.
- Fig. i. — Chauffage d’un rez-de-chaussée avec appareil dans la cuisine.
- Fig. 5. — Chauffage de plusieurs étages avec appareil dans un poêle d'antichambre.
- est pas toujours ainsi. Le calorifère à air chaud doit surtout être réservé aux grands espaces à ventilation assurée, tels que les salles d’attente, les vestibules
- de théâtres, tous endroits où il est nécessaire d’obtenir rapidement une grande quantité d’air chaud parce qu’il est fréquemment renouvelé. Pour les habita-
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- LA NATURE.
- tions ce système est de moins en moins employé. Sa construction n’est du reste économique que si on la fait au moment où l’on édifie la maison; car quand il s’agit de l’installer dans une maison ancienne on se trouve en présence de difficultés qui augmentent considérablement le prix des travaux.
- Aussi depuis un assez grand nombre d’années a-t-on de préférence recours pour les habitations au chauffage par la vapeur ou par l’eau chaude.
- On a d’abord utilisé la vapeur à liante pression, mais les craintes d’explosion de chaudière ont rapidement mis à la mode la vapeur à basse pression, lia chaudière (fig. 2, n° 1) est pourvue d’un tube de deux ou trois mètres de haut rempli d’eau et plongeant en dessous du niveau moyen de telle sorte que si la pression monte de deux ou trois cents grammes il y a échappement ; donc aucun danger de ce côté. La chaudière est placée dans la cave et des tubes conduisent la vapeur dans les appartements où se trouvent des radiateurs (fig. 2, n° 2) qui ne sont autre chose que des coffres plus ou moins décoratifs, à parois tourmentées pour augmenter la surface sous le volume le moins grand, sur lesquels l’air extérieur joue le rôle de réfrigérant. La vapeur en se condensant cède sa chaleur latente de vaporisation à la surface métallique du radiateur, qui, sous un volume relativement restreint, échauffe un assez grand volume d’air ambiant. L’eau de condensation retourne à la chaudière.
- Il n’y a pas à craindre la production d’oxyde de carbone ; il peut se produire de légères fuites de vapeur n’offrant aucun danger, mais nécessitant l’intervention d’ouvriers spéciaux qu’on n’a pas toujours sous la main. Le prix de l’installation est généralement élevé; les radiateurs sont encombrants, on ne peut pas toujours les placer où l’on désire et il n’est pas facile de les dissimuler. Quand le calorifère ne sert pas, pendant l'été les conduites sont remplies d'air confiné humide, qui en provoque l’oxydation ; la tuyauterie de cuivre pourrait, il est vrai, obvier à ce défaut, mais le prix serait encore plus élevé. Quoi qu’il en soit, le système de chauffage par la vapeur à basse pression est très à la mode aujourd’hui dans la maison de rapport, il donne du reste de bons résultats et n’offre aucun danger au point de vue hygiénique.
- Au lieu d’employer la vapeur on peut se servir de l’eau comme véhicule de la chaleur, et c’est même ce qui fut fait tout d’abord quand on eut reconnu les dangers du calorifère à air chaud. C’est le système du thermo-siphon employé dans les serres : l’eau chauffée vers 90° monte dans les tuyaux tandis que l’eau refroidie descend ; mais cette circulation lente ne s’obtient qu’avec des tuyaux de large diamètre, qui ne sont pas toujours d’une installation facile dans les habitations.
- Aussi un procédé qui permet d’activer la circulation et d’employer une petite tuyauterie est-il bien préférable, c’est ; le système René Gandillot, employé depuis quarante ans au moins : il a donc pour lui la consécration d’une longue pratique
- répartie sur plus de 500 000 mètres de canalisation posée dans les conditions les plus diverses.
- Un tuyau A R, en fer spécial, part de la chaudière (fig. 5, n° 1), qui est constituée du reste elle-même par ce tube enroulé sur lui-même, et y revient après avoir parcouru tous les endroits à chauffer. N’ayant que 26 millimètres de diamètre extérieur, ce tube, pas beaucoup plus gros en somme que ceux utilisés pour le gaz, se pose le long des murs (n° 4), devant les plinthes auxquelles il est fixé par des crampons de forme décorative. 11 se plie à toutes les exigences, contourne les obstacles qu’il ne veut pas franchir en les traversant, s’enroule au bas des fenêtres, au pied des escaliers, va partout en un mot où on a de l’air à échauffer (fig. 4 et 5). 11 n’y a pas de chaudière proprement dite, mais un foyer au sein duquel est enroulé le tuyau en serpentin ; l’eau circule sous une très faible section et à grande vitesse, un grand nombre de calories se trouvent ainsi transportées sur toute la canalisation. Les joints entre les différentes sections de tubes sont faits d’une façon très simple (fig. 5, n° 2) ; l’extrémité de l’un des bouts est taillée en biseau coupant, celle de l’autre bout est plate. En serrant les deux extrémités l’une contre l’autre au moyen d’un manchon de raccord, on arrive à les faire pénétrer l’une dans l’antre et on obtient, sans aucun autre artifice, un joint étanche qui peut résister à des pressions considérables, pressions auxquelles il n’est du reste jamais soumis dans la pratique.
- Le grand avantage de ce système est de pouvoir s’installer partout. Dans une maison déjà construite il n’occasionne aucun dégât; si l’on n’a pas de cave ou qu’on veuille éviter de chauffer le sous-sol pour ne pas élever la température des vins, on place le foyer dans le vestibule au rez-de-chaussée. C’est le seul système qu’un locataire puisse faire installer, parce qu’il pourra l’emporter avec lui en déménageant. Il se prête très bien au chauffage de plain-pied et peut facilement s’installer dans un appartement soit en plaçant le foyer dans un poêle en faïence situé dans l’antichambre, soit de préférence dans la cuisine (n° 5), l’appareil servant alors à deux fins : chauffage général et préparation des aliments.
- L’hiver est à peu près fini aujourd’hui, mais c’est le moment précisément de penser à l'installation du chauffage pour l’hiver prochain et on voit par le rapide examen que nous venons de faire que s’il existe de nombreux systèmes de calorifères, il faut savoir faire un choix bien en rapport avec la destination des locaux à chauffer. G. Chauiarks.
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- , CHRONIQUE
- Échelles à poissons. — On se préoccupe beaucoup depuis quelques années de la rareté de plus en plus grande, dans les eaux des fleuves et des rivières, de différentes espèces de poissons migrateurs; l’alose et le saumon surtout ont presque disparu. 11 faut, dit-on, en attribuer la cause principale à la multiplicité des bar-
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- LA NATURE.
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- rages construits pour faciliter la navigation en rivière. On en eut du reste une preuve en 1871 ; les saumons vinrent à manquer. On abaissa les barrages et en 1872 les saumons apparurent en grande quantité. L’alose et le saumon restent en effet, de juin à mars, vers l’embouchure des fleuves, puis dès le mois de mars, ils remontent aussi loin qu’ils le peuvent vers la source des rivières où ils trouvent des eaux claires sur terrains granitiques où ils aiment à frayer. Les barrages, lorsqu’ils ne sont pas trop élevés, n’empéchent pas cette migration ; car les aloses et les saumons franchissent en hauteur une chute d’eau de CO à 70 centimètres. Lorsque la couche d’eau s’écoulant par-dessus le barrage est assez épaisse, on a vu des saumons franchir d’un saut en hauteur lm,50 et 2 mètres. Mais après deux ou trois tentatives infructueuses, le poisson reste dans le lit inférieur de la rivière. En Amérique, pour faciliter la marche des poissons, omgp ménagé à l’extrémité des barrages des échelles à poiégtfns ou escaliers de sept à huit marches de 20 centimètœjjfde hauteur, que le poisson peut franchir facilement1. En France, on songe à généraliser cette méthode. Le Ministre des Travaux publics a institué récemment une enquête générale sur cette question. Dans la région de la Seine, on a émis l’avis que des échelles devraient être établies jusque dans la haute Seine, au delà de Chàtillon et dans lAonne, au delà d’Auxerre. La commission a proposé la création d’un établissement de pisciculture près de Melun, et l’utilisation dans le même but de l’aquarium du Trocadéro. Dans les autres bassins français, le projet a recueilli la même approbation.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 2 mars 1903. — Présidence de M. A. Gaüdry.
- L’audition des communications. — Désireux de maintenir, pendant la séance, un calme suffisant pour permettre d’entendre les communications des membres qui prennent la peine de résumer leurs travaux ou ceux des savants étrangers à l’Académie, M. le Président prodigue les invitations au silence par signes, et les avertissements amicaux. Le résultat obtenu est des plus heureux.
- Découverte de fossiles. — M. Gosselet transmet une Note signalant la mise au jour, dans le Pas-de-Calais, de squelettes de pterichtys. Ces débris fossiles ont été découverts en creusant une fosse au sud de Liévin dans le terrain de l’étage dévonien.
- Combustion du phosphore. — M. Berthelot résume une Note de M. Giran relative à des travaux effectués dans le laboratoire de M. de Forcrand, professeur à l’Université de Montpellier, sur la combustion du phosphore. Le résultat de l’expérience est habituellement un mélange des trois espèces d’acide phosphorique. En brûlant le phosphore à l’intérieur de la bombe calorimétrique et dans l’oxygène soumis à une pression de 25 atmosphères, on a obtenu un produit homogène. Cette expérience a, en outre, permis.de déterminer la chaleur de transformation d'une variété d’acide phosphorique dans l’autre.
- Les principes de la géométrie. — M. de Freycinet fait hommage d’un ouvrage intitulé : « L’expérience en géométrie ». Dans un premier chapitre il s’est occupé de délimiter la part de l’expérience dans la constitution des bases de la géométrie; dans un second chapitre, il montre que les axiomes géométriques sont déduits de l’observation du monde extérieur. Enfin, dans un troisième
- chapitre, il s’est appliqué à ri chercher quels étaient les changements apportés par les modernes aux procédés des philosophes grecs.
- La tempête des derniers jours de février et premiers jours de mars. — M. Mascart déclare qu’il saisit l’occasion de la tempête exceptionnelle qui sévit en ce moment sur l’ouest de l’Europe pour signaler l’utilité très grande de la station météorologique installée par le gouvernement portugais aux îles Açores. Chaque matin, le bureau central météorologique reçoit une dépêche qui permet d’annoncer un peu à l’avance les grands mouvements de l’atmosphère. Le matin du 2 mars, la pression sur les îles Açores était de 775 millimètres, alors qu’elle n’était que de 725 sur l’Islande. 11 existait donc une différence extraordinaire de 50 millimètres devant entraîner un énorme appel d’air, c’est-à-dire des vents violents sur nos côtes de Biarritz à Dunkerque. Les mesures de vitesse du vent sur les côtes manquent, mais au sommet de la tour Eiffel on notait, le 2 mars au malin, 40 mètres par seconde.
- Origine des mollusques. —U. Edmond Perrier présente une Note de M. Gravier sur l’origine des principaux tvpes de mollusques et la liaison des céphalopodes avec les autres mollusques. Le plus ancien type de céphalopodes est le nautile qui est contemporain des oscabrions et des pleurotomaires. L’auteur a découvert dans le système nerveux des trois êtres des analogies remarquables qui indiquent l’unité d’origine.
- La Montagne Pelée. — M. Fouqué fait savoir que M. Lacroix lui a écrit que le dôme de la Montagne Pelée est maintenant hérissé de quatre pointes qui tantôt s’élèvent d’une commune poussée verticale, tantôt sont affectées de mouvements d’élévation distincts.
- Le dosage de la glycérine. — M. A. Gautier observe qu’on a peu de données sur l’origine des corps gras dans l’organisme parce qu’on ne savait pas doser la glycérine en très faible quantité. M. Nicloux vient d’imaginer un procédé qui sera très utile.
- Exploration de l’Afrique centrale. — M. Moissan dépose une Note de M. le colonel Destenave sur les reconnaissances géographiques poursuivies par cet officier dans la région du lac Tchad. Après la défaite de'Rabah, le pays du Tchad a été organisé en territoire militaire sous le commandement du lieutenant-colonel Destenave. Les officiers placés sous ses ordres ont exploré l’embouchure du Chari, levé le contour des îles de l’archipel Boudouma, celui de l’ancien delta du Bahar el-Ghazal, de l’archipel des Kouris et des côtes du lac. Des reconnaissances ont été faites sur la rivière Fafa depuis sa source jusqu’à son embouchure et sur la rive est du lac Tchad jusqu’à 500 kilomètres de la rive.
- Démonstration d’un théorème. — M. Mittag Leffler donne au tableau la démonstration d’un théorème d’analyse mathématique. Ch. de Villedeüil.
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- CHAMPIGNONS DE NEIGE
- La glace, comme nous le montrions récemment, et aussi la neige, qui n’est guère autre chose que de l’eau glacée sous un état particulier, donnent lieu aux phénomènes les plus étranges, soit sous l’influence du regel, soit par suite de la plasticité que présente la neige dans certaines conditions.
- Supposez un tronc d’arhre se dressant solitaire
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- LA NATURE.
- sur quelque versant où s'accumulera la neige : le voici d’abord englouti dans la masse blanche ; mais, si un écroulement de cette masse se produit qui dégage plus ou moins partiellement son pied, il se pourra parfaitement que sa tête reste garnie d’une large masse de neige.maintenue par l’adhérence des particules neigeuses entre elles, coiffant le tronc comme d’une sorte de béret alpin, ou plus exactement lui donnant l’apparence d’un champignon.
- Ces champignons de neige se présentent assez souvent dans certains terrains ou régions favorables à leur formation, et nous donnons une figure qui en montre un déplus de 2m,7ü de diamètre, rencontré par le R1 Vaughan Cornish dans les montagnes canadiennes. Le Canada réunit toutes les conditions requises pour ces formations curieuses, puisque c’est un pays où la neige tombe en abondance, et où nombreuses sont les forêts exploitées dont les arbres n’ont pas été coupés à ras terre, et où par conséquent il subsiste des troncs s ’ offrant comme supports tout indiqués pour les champignons de neige.
- Le I)1' Vaughan Cornish, dont nous venons de prononcer le nom, s’est fait une spécialité de l’étude des neiges dans les montagnes canadiennes, et il a présenté à ce sujet une communication curieuse devant la Société de Géographie de Londres. Il a pu constater tout d’abord que la neige présente des tendances particulières et une « adhésivité » très variable suivant la température à laquelle elle tombe : c’est ainsi que vers 0 degré elle est humide et collante, alors qu’elle est sèche et glissante vers 15 degrés ou à une température inférieure. Des modifications s’y manifestent ensuite suivant la température, la pression, le vent et la chaleur rayonnante. La gravure que nous reproduisons donne immédiatement l’impression des épaisseurs de neige qui s’amassent dans ce pays, et comme le tronc d’arbre demeuré debout, sur une pente, était de hauteur relativement considérable, il s’est formé un magnifique champignon de neige, au lieu d’une
- simple excroissance noyée en partie dans la masse neigeuse, comme cela se serait produit avec un tronc d’arbre de peu de hauteur au-dessus du sol.
- Le chapeau, qui résulte ainsi de l’adhérence des cristaux de neige suspendus en porte-à-faux, protège le sol par en dessous, et c’est ainsi que la neige fait presque entièrement défaut au pied du tronc d’arbre, au moins quand le vent ne la pousse pas et ne l’accumule pas en dessous du chapeau, ce qui nuirait à son apparence pittoresque. Souvent aussi un champignon de belles dimensions est fait par plusieurs dépôts successifs dans le cours d’une saison.
- On comprend que le chapeau sera d’autant plus large que le tronc d’arbre qui la supporte présentera un plus grand diamètre, et c’est ainsi que le Dr Cornish a rencontré de ces champignons qui avaient certainement jusqu’à 5m,60 de diamètre. Souvent il arrive que d’autre neige vient à tomber sur un de ces champignons aux dimensions phénoménales : dès lors, surtout si les bords du chapeau sont demeurés sensiblement horizontaux, la charge est trop forte, et ces bords se rompent au ras de leur point d ’ appui ; mais parfois aussi ces bords se sont infléchis par suite d’une fusion relative, et la neige nouvellement tombée glisse à leur surface jusqu’à terre; quelquefois même, quand les conditions atmosphériques sont favorables à ce phénomène, la neige qui descend ainsi vers le sol se regèle partiellement en masse durant ce mouvement, et il se forme alors comme des pendentifs qui relient le champignon au sol et servent à soutenir ses bords.
- Sans doute, sous nos climats, ces bizarres accumulations de neige ne se produisent pas avec la même intensité que dans les régions très froides, mais on peut néanmoins les observer dans leurs manifestations générales, et il y a là un sujet de remarques curieuses et instructives. I). R.
- Le Gérant : P. Masson.
- -Un champignon de neige observé à Glacier bouse (Montagnes-Rocheuses canadiennes).
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de l’ieurus, 9.
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- jN° 1555. — 14 MARS 1905.
- LA AA T lUL.
- LES TRAVAUX DU MÉTROPOLITAIN SUR LA PLACE DE L’OPÉRA
- Le public parisien se préoccupe beaucoup, depuis quelques jours, des travaux qu’on vient d’entreprendre sur la place de l’Opéra pour la construction
- du Métropolitain, travaux qui ne sont encore qu'à leur début et qui, jusqu’à la lin de l’année 1905, vont forcément être une gêne sensible pour la
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- Fig. 1. — 1. Ensemble du pilier servant au croisement des lignes métropolitaines. — 2. Modèle réduit.
- 3. Coupe du modèle réduit.
- circulation des voitures et des piétons sur cette place si fréquentée et située au cœur de Paris.
- Nous allons indiquer en quelques mots le but de ces travaux, leur importance, les difficultés à vaincre et les dispositions, on peut dire méticuleuses, que les ingénieurs chargés de la construction du Métropolitain, d’accord avec une Commission spé-31e année. — Ie1 semeslre.
- cialement nommée par le Préfet de la, Seine et composée de M. Bouvard, directeur du Service d’architecture, d’inspecteurs généraux des Ponts et Chaussées et de plusieurs conseillers municipaux, ont prises pour réduire au minimum la gêne momentanée, mais obligatoire, apportée à la circulation.
- Trois lignes métropolitaines viennent,, comme l’in-
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- LA NATÜUE.
- dique la ligure 2, se croiser au centre meme de la place de l'Opéra, en se superposant l'une à l’autre.
- La première, actuellement en construction, est celle qui, partant de la station de Courcelles sur la ligne des boulevards extérieurs Nord, arrive par la rue Auber pour se poursuivre vers Ménilmontant par la rue du Quatre-Septembre.
- La seconde qui passe au-dessous de la première est celle qui, partant du Palais-lloyal, suit l’avenue de l’Opéra, pour se continuer vers la place du Danube par la rue Ilalévy et la rue Lafayette. Enfin, la troisième qui passe au-dessous des deux premières est celle qui, ayant son origine sous les boulevards,
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- Fig. 2. — Plan d’ensemble des travaux.
- près de la rue Chauchat, se poursuit vers Auteuil par les boulevards des Capucines et de la Madeleine.
- Étant donnés le sol très meuble qu’il fallait traverser et, surtout, cette circonstance aggravante qu’on rencontre la nappe d’eau souterraine à une profondeur maximum de 10 mètres, on peut aisément se rendre compte de la difficulté de faire croiser, l’un au-dessus de l’autre, trois souterrains occupant eux-mèmes par leur superposition une hauteur supérieure à cette hauteur de 10 mètres entre le niveau de la chaussée et la nappe d’eau souterraine. C’est celte même nappe d'eau qui, lors de la construction de l’Opéra, a rendu si difficiles les fondations d’une partie de ce monument.
- Le seul moyen pratique et celui auquel se sont ralliés les ingénieurs de la Ville, était d’opérer ce croisement des différentes lignes dans un immense
- pilier en maçonnerie, placé en A (lig. 2) au centre même de la place et que nous représentons en perspective dans la figure 1. Ce pilier devra être établi sur un caisson métallique qu’on foncera à l’air comprimé jusqu’au sol solide qui, d’après les sondages, se trouve à 22 mètres au-dessous de la chaussée.
- Les ouvertures AB sont celles par où pénétrera la première ligne Courcelles-Ménilmontant qui occupe la partie supérieure du pilier. Juste au-dessous et par les ouvertures DC passera la seconde ligne Palais-Boyal-Place du Danube et, enfin, h la partie inférieure du pilier, à environ 20 mètres au-dessous de la chaussée, croisera parles ouvertures FE la ligne Auteuil-Opéra. Ces diverses lignes superposées seront supportées par des planchers métalliques et un dernier plancher, également métallique, au-dessus de la ligne Courcelles-Ménilmontant, séparera celle-ci de la chaussée du boulevard.
- Tels sont les nouveaux travaux qu’il s’agit d’exécuter. On voit leur nécessité absolue, leur importance et comment il se fait que le laps de temps qui nous sépare de la fin de l’année 1903 sera à peine suffisant pour achever ces travaux où, malgré toutes les prévisions, quelques aléas sont toujours à craindre.
- Voyons maintenant les mesures prises pour réduire au strict nécessaire la gêne qui pourra être apportée par ces travaux à la circulation. Pour cela reportons-nous à la figure 2 où est indiquée la situation des chantiers au fur et à mesure de la marche progressive des travaux jusqu’à leur entier achèvement. Le 1er chantier, limité par les lignes ponctuées, est le chantier actuel. Il se trouve sur l’emplacement occupé par le souterrain de la ligne Courcelles-Ménilmontant dont les travaux se poursuivent activement. Lorsque les travaux de ce premier chantier seront achevés, c’est-à-dire dans quelques jours, les palissades seront reportées successivement autour du 2e et du 3e chantier, ce dernier étant celui qui servira à l’établissement de la station. Les lignes ponctuées de la figure 2 indiquent les positions successives des palissades servant à limiter les chantiers au fur et à mesure de leur déplacement. On voit que, jusqu’à l’achèvement des travaux de la station, la place de l’Opéra restera libre pour la circulation des voitures et des piétons. La circulation de la rue Auber sera seule empêchée et encore partiellement puisqu’il est possible aux piétons de circuler sur,Ta partie de la chaussée, du coté de l’Opéra. Ces travaux terminés et les palissades enlevées on installera le dernier chantier, celui n° 4 qui sera le plus important puisque c’est lui qui sera chargé du fonçage du pilier en maçonnerie où devront se croiser les trois lignes métropolitaines. Ce chantier, indiqué sur la figure 2 par des lignes ponctuées, occupe le centre même de la place à l’intersection de l’avenue dé l’Opéra et du boulevard des Capucines. 11 interceptera donc la circulation directe d'un boulevard ou la circulation d’une rue dans une autre ; mais, cependant, il sera facile de passer Autour des palissades,
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- d’autant plus qu’à ce moment les trois premiers chantiers auront disparu ; la rue Auber sera devenue libre et les voitures et les piétons trouveront de larges dégagements du côté de l’Opéra.
- Quant au refuge actuel, représenté en C sur la ligure 2, il aura momentanément disparu, mais il sera remplacé par un autre refuge provisoire de moindre dimension, il est vrai, représenté en M sur le plan par des traits interrompus.
- On voit donc que, malgré l’importance des travaux, grâce aux précautions prises, la gêne de la circulation sera réduite au strict minimum et que jamais la circulation ne sera interrompue complètement sur la place de l’Opéra. R. Roinnin.
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- L’INDUSTRIE DU BEURRE Â L’ÉTRÀNGER
- Successivement toutes nos industries agricoles sont menacées par la mise en valeur des pays extra-européens susceptibles de fournir les mêmes denrées que notre sol, et par les nouveaux moyens de transport qui permettent de les amener rapidement et à bon marché sur les marchés d’Europe. Notre production en fruits rencontre une redoutable concurrence du fait des importations américaines, pour des raisons du même genre l’industrie laitière subit en France une atteinte très sensible. Toutes nos provinces où l’élevage du bétail est une source importante de revenus, sinon la principale, telles que la Normandie et la Bretagne, exportent en Angleterre des quantités considérables de beurre, par suite de l’abondance des offres; or, il y a deux ans, les prix ont subi une baisse considérable; il est même arrivé souvent que nos cultivateurs ne pouvaient écouler leur production domestique, faute de preneurs, tellement le marché était surchargé. Cette situation, très préjudiciable à nos intérêts, a été déterminée par une révolution dans le commerce du beurre.
- Depuis longtemps la fabrication de cette denrée avait atteint, en Danemark, un très haut degré de perfectionnement, et depuis longtemps le heurre danois jouissait d’une réputation justifiée. En raison de l’étendue très limitée du pays, sa production se trouve forcément restreinte, par suite nos agriculteurs n’auraient été exposés à aucune perte, si les négociants de Copenhague n’avaient eu l’idée de concentrer dans leurs mains tout le commerce du beurre des pays du nord, et de transformer leur place en centre général de distribution.
- De toutes les parties de la région baltique où l’industrie laitière est une des principales sources de revenus de llussie, de Finlande, de Suède, des quantités considérables de beurre sont aujourd’hui exportées en Danemark, puis réexportées sous une étiquette danoise. En 1898 les importations en Danemark se sont élevées à 18 550113 kilogrammes, la plus grande partie provenant de Suède et de Finlande, et d’année en année les arrivages de ces deux derniers pays augmentent dans des proportions énormes. En dix ans, ils ont triplé. L’exportation danoise a subi un mouvement parallèle; de 26 574 974 kilogrammes en 1887, elle s’est élevée à 80 071 627 kilogrammes en 1898, augmentant ainsi en onze ans de pas moins de 200 pour 100. Presque toute cette énorme quantité (95 pour 100 de l’exportation totale) est absorbée par la Grande-Bretagne, — près de la moitié des importations de beurre en Angleterre-provient du Danemark. Ce com-
- merce, qui s’est établi à nos dépens, a eu un développement très rapide. La valeur totale de ces expéditions s’élevait en 1898 à 172,8 millions de francs, si bien qu’aujourd’hui le Danemark occupe, dans ce commerce, la première place que nous possédions, il y a quelques années encore1.
- Mais ce n’est pas seulement la concurrence du Danemark qui est singulièrement préjudiciable à nos intérêts, c’est encore celle des pays beaucoup plus lointains de l’Amérique, de l’Asie. Si la vapeur a singulièrement rapproché les pays les plus éloignés de nous, seul l’emploi d’appareils frigorifiques a donné toute sa valeur à cette révolution, et a permis d’en tirer parti pour le transport des denrées agricoles facilement dommageables. Aujourd’hui avec le concours du froid et de la vapeur, on peut dire qu’il n’existe plus de distance, et les produits les plus susceptibles, tels que les. fruits et le beurre, peuvent être envoyés d’un bout à l’autre de la terre, sans subir la moindre dépréciation.
- C’est ainsi que la Sibérie expédie par wagons, munis d’appareils réfrigérants, d’énormes quantités de beurre, soit directement sur le marché anglais, soit en üane-.mark d’où il est réexporté en Angleterre. Et d’année en année ce commerce augmente dans des proportions énormes. De 1900 à 1901 les envois de beurres russes et sibériens en Grande-Bretagne ont doublé, passant d’une valeur de 24 millions à 41 millions, tandis que la vente des produits français baissait de 64 millions en 1896, à 45 millions en 19012. Et cette invasion ne paraît pas devoir s’arrêter. Pour favoriser ce trafic, le gouvernement russe a établi sur le Transsibérien des tarifs très bas, 20tr,60 la tonne, de Kourgane à Londres, un voyage de 15 jours; de plus, il a, dit-on, commandé 465 nouveaux wagons munis d’appareils réfrigérants. Il y en a déjà 570 en service. Du côté de l’ouest le danger n’est pas moindre pour nos « herbagers » normands. Le Canada est devenu un grand producteur de beurre, et grâce au perfectionnement atteint par l’industrie frigorifique, chaque année il expédie en Europe des quantités de plus en plus considérables. En 1895, alors que le froid artificiel n’était pas employé pour la conservation des denrées, le Dominion n’exportait que 1653 tonnes de beurre : aujourd’hui que ce procédé est devenu d’un usage général, les expéditions à destination de la Grande-Bretagne s’élèvent à plus de Tl 000 tonnes de beurre valant 26,5 millions de francs. Encouragée par le gouvernement, l’industrie de la laiterie a pris depuis sept ou huit ans une grande extension.
- Au Canada, il n’y a point de fabrication domestique comme en Normandie. Nos cousins d’Amérique, pénétrés des idées modernes, ont tendu naturellement à restreindre les frais généraux et à opérer sur de grandes quantités. Aussi bien, chez eux, la fabrication est-elle laissée entièrement à des industriels qui achètent le lait aux cultivateurs ou à des établissements coopératifs analogues aux « fruitières » de nos Alpes. Des lieux de production le beurre est acheminé par wagons-glacières aux ports d’embarquement, puis chargé à destination de l’Europe sur des vapeurs munis d’appareils frigorifiques.
- L’Argentine, elle aussi, exporte aujourd’hui du beurre, grâce au froid artificiel. Pendant les neuf premiers mois de 1902, le port de Buenos-Avres en a expédié 2653 tonnes, alors qu’en 1901 il n’en avait embarqué que 1510 tonnes. Enfin, en Nouvelle-Zélande, ce commerce a pris
- 1 Les chiffres de cette note sont empruntés au Bull. n° 9. U. S. Department of Agriculture. ^Section of foreign Markets. Trade of Danemark by Franck. II. Hitcook, 1900.
- * Mon. offic. du commerce, n° du 25 décembre 1902.
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- une grande extension, et ses progrès ont été rapides. Pendant l’année fiscale 1901-1902, ces îles ont vendu à l’étranger pour 28 millions de produits de l’industrie laitière, contre 21 millions en 1900-1901. De son côté l’Australie expédie en Europe une certaine quantité de Leurre.
- Ainsi de toutes les parties du monde, le Leurre arrive en masses énormes sur lemarctié d’Europe, amenant une dépréciation de cette denrée très préjudiciaLle à nos producteurs et dont n’ont point encore Lénéficié les consommateurs parisiens1. Chaules Rabot.
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- BANANIERS AFRICAINS
- A mesure que les vastes territoires africains, soumis à l’influence européenne, sont parcourus et étudiés, ils nous ré-vèlent'des faits nouveaux, qui souvent présentent un grand intérêt non seulement par eux-mêmes, mais aussi parce qu’ils permettent, parfois, de jeter un peu de clarté sur des questions restées jusqu’à ce jour sans solution définitive. Du nombre de celles-ci sont les difficiles problèmes de l’origine des plantes cultivées. Ce n’est pas sans surprise que ceux qui ont parcouru, les premiers, les régions vierges alors de l’Afrique centrale, y ont reconnu la présence de plantes auxquelles on semble devoir refuser une origine africaine.
- D’où ont pu venir le manioc, le tabac, la patate et le bananier, dont nous avons nous-mènie constaté la présence dans la région avoisinant le Tchad, chez des peuplades qui semblaient cependant n’avoir jamais été en contact avec aucune civilisation et qui nous regardaient avec stupeur, voyant l’homme blanc pour la première fois ?
- Ce sont là des questions que l’on ne peut trancher d’un mot et sur lesquelles on a déjà beaucoup discuté, sans que ces discussions aient pu jeter sur elles une définitive lumière.
- Aussi doit-on accueillir avec empressement tout
- 1 Ces renseignements sur l’industrie laitière au Canada sont empruntés au Bulletin mensuel de la Chambre de commerce de Montréal, décembre 1992, et au journal Le Canada, h° du 8. février 1903.
- fait nouveau qui peut concourir à hâter la solution de la question.
- On sait ce qu’est le bananier, cette grande herbe-dont les feuilles énormes forment un ensemble des plus élégants. Un connaît aussi la banane, car c’est un fruit qui se vulgarise et que chacun apprécie à sa juste et haute valeur. Parfois cependant on confond ces bananiers fructifères, dont les régimes sont importés sur nos marchés avec notre bananier d’ornement, le Musa, qui forme le plus beau décor de nos jardins pendant la saison d’été. Assez généralement on se figure que l’un est le fruit de l’autre et que le climat seul ne permet pas à nos Musa de porter fruit sous notre ciel. 11 n’en est rien cependant. Les bananiers doivent être séparés en deux groupes très distincts et dont le caractère, qui saute aux yeux, est que les plantes du premier groupe forment un tronc plus ou moins élevé d’où sort, à un moment donné, un régime de fruits charnus. Ce sont là les bananiers qui donnent les bananes comestibles (Musa sapientium, M. sinensis). L’autre groupe est formé par les bananiers d’ornement, dont les feuilles se dégagent du tronc jusqu’à la base et dont les fruits sont secs et non alimentaires (Musa en-sele).
- Les bananiers du premier groupe sont asiatiques, et cependant on en trouve des représentants jusque dans le haut Oubangi. Comment y sont-ils venus ? à quelle époque y ont-ils été transportés ? Mystère.
- Les bananiers du second type étaient, jusqu’à ces dernières années, représentés dans nos cultures par une seule espèce botanique, le bananier d’Abyssinie (Musa ensete), que l’on voit sur toutes les pelouses de nos jardins en été, et dont les vastes feuilles, relevées de côtes rouges, sont du plus bel effet ornemental et pittoresque.
- Ce bananier d’ornement est donc africain et appartient à la côte orientale. Dans les vallées abyssines il forme des massifs énormes où l’on s’en va chaque année récolter des milliers de kilogrammes de graines qui servent à préparer les plantes d’or-
- Fig. 1. — Floraison au Jardin Colonial du bananier d’Abyssinie.
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- nement de nos jardins. Mais l’ère géographique de cette espèce est extrêmement limitée. La plante ne s’écarte pas en réalité de l'empire du Négous Ménélik.
- Cependant dans ces dernières années on signala la présence dans toute l’Afrique occidentale de plantes qui, à première vue, auraient pu être confondues avec le Musa ensete. Nous l’avions nous - même rencontré, à l’état jeunes plantes, poussant près des cases des indigènes et entouré d’un culte spécial. En raison du fait qu’il donne un fruit différent des espèces à fruit comestible, les noirs le considèrent comme fétiche, c’est-à-dire sacré et l’entourent d’une vénération religieuse très profonde.
- Nous avons eu, en 1901, l’occasion d’étudier cette plante de plus près, ayant reçu au Jardin Colonial des graines fraîches qui ont parfaitement germé. Ces documents nous ont permis d'analyser la plante, de reconnaître qu’il s’agissait d’une espèce nouvelle, et de la décrire sous le nom de bananier fétiche (Musa reli-giosa) que nous lui ayons donné pour rappeler le culte dont il est l’objet en Afrique Occidentale1.
- Depuis lors on a signalé des bananiers analogues un peu partout dans les colonies de la côte occidentale d’Afrique. Un d’eux a été étudié et décrit par M. de Wildeman,sousle nom de Musa arnoldiana et se distingue bien du bananier fétiche par des dimensions plus grandes et un aspect un peu différent. Nous avons reçu de nos diverses possessions de l’Afrique occidentale de
- 1 Bulletin du Muséum d'hist. nat., 1000.
- nombreux envois de graines de ces bananiers sémi-niferes. Elles ont été semées et les jeunes plantes sont cultivées au Jardin Colonial, ce qui va nous permettre de résoudre la question de savoir si chaque région possède son espèce distincte ou bien si c’est le même type qui s’est propagé dans toute la région ouest de l’Afrique. Dès maintenant nous pouvons dire qu’il ne semble pas douteux que cette contrée possède plusieurs espèces qui lui sont propres ainsi que le montrent déjà les jeunes plantes soumises à la culture.
- L’étude en est rendue facile, car ces plantes sont rustiques, pendant l’été, sous le climat de Paris. Elles peuvent fleurir sous abris ainsi qu’en témoigne la photographie ci-jointe qui représente l’inflorescence d’un bananier d’Abyssinie qui s’est produite au Jardin Colonial, à Nogent-sur-Marne, près de Paris. Il semble même que les bananiers de la
- côte occidentale d’Afrique qui représentent un type général plus réduit que son congénère de la côte orientale, le bananier d’Abyssinie, soient plus rustiques encore. Un de nos bananiers fétiches fut envoyé dans le midi de la France, à Ville franche - sur -Mer, dans le beau parc de la colline de la Paix appartenant àM. Roland-Gosselin, l’amateur distingué à qui nous devons déjà tant de plantes intéressantes introduites et propagées dans nos cultures. Cet exemplaire y a fleuri après dix-huit mois de culture et nous en reproduisons ci-contre la photographie. Il ne paraît pas douteux que si, au lieu de montrer sa fleur à
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- l’automne, sa végétation se fut trouvée retardée jusqu’au printemps on aurait pu récolter, sur ce premier exemplaire du bananier fétiche qui ait fleuri en Europe, des graines mûres et parfaitement fertiles.
- Voilà donc une plante nouvelle dont vient de s’enrichir notre horticulture et qui rendra, dans l’ornementation, les plus réels services. D’aspect plus trapu, plus compact que l’ancien bananier de nos jardins, elle ne lui fait pas concurrence mais peut faire contraste avec lui. Elle offre sur tous ses congénères une qualité qui lui fera sans doute prendre, dans bien des circonstances, le premier rang dans la décoration. En effet, tous les bananiers cultivés jusqu’alors offrent ce caractère commun, c’est d’avoir leurs feuilles déchirées par le vent même quand celui-ci est relativement modéré. Seul le bananier fétiche résiste sans se déchirer, même alors que le vent devient des plus violents ainsi que l’a signalé dernièrement M. le professeur Roster dans le Bulletin de la Société d’Horticulture de Toscane, qui a montré qu’alors que tous les bananiers avaient été détruits par un ouragan dans son jardin situé à l’ile d’Elbe, seul le bananier fétiche avait résisté sans que même ses feuilles fussent déchirées.
- Le fait est donc établi, l’Afrique possède un certain nombre de bananiers qui lui sont propres, mais toutes ces espèces sont à fruits non charnus et ne peuvent être considérés comme les ancêtres des lormesà fruits comestibles qui se sont répandues sur son territoire sans que l’on puisse dire à quelle époque elles y ont été importées. J. Dybowski.
- . ESSAIS DE GRANDE AITESSE
- AUX ÉTATS-UNIS
- Récemment, les Américains ont tenté des records de vitesse sur chemins de fer électriques, mais toujours au moyen du courant continu, constamment en faveur aux États-Unis. L’ingénieur en chef de la General Electric C°, M. Potter, vient d'effectuer des essais entre Chicago-Aurora et Elgin, et avec une vitesse de 100 à 170 kilomètres à l’heure. La prise de courant se fait par troisième rail à la manière ordinaire, et, ainsi qu’on voulait le vérifier, toutes les dispositions ordinairement appliquées aux chemins de fer électriques pourront s’appliquer également lorsqu’on demandera aux trains de réaliser des vitesses plus élevées. Malheureusement ces essais ne tournent pas la difficulté capitale : celle d’effectuer la traction avec courant eontinu au delà des limites de distance révélées déjà par l’expérience. Il faudra en revenir au courant alternatif ou subir les dépenses considérables afférentes au matériel de transformation d’alternatif en continu.
- ENTRETIEN DES ÉLÉPHANTS
- Dans l’Inde, où les modes de locomotion sont encore assez rudimentaires, les éléphants rendent de grands services et c’est sur le dos de ces intelligents et agiles pachydermes que les voyageurs peuvent visiter cette mystérieuse contrée malgré l’insuffisance des routes.
- Mais ce n’est pas une petite affaire que d’avoir à garder et à entretenir, pendant de longs jours, une bête de cette importance qui, bien dressée, acquiert une très grande valeur marchande en rapport avec les services qu’elle rend.
- Louis Rousselet a raconté, dans son curieux livre Y Inde des Rajahs, de quels soins il avait entouré l’éléphant que le rajah de Rewah lui avait confié personnellement. Après chaque étape de son long voyage, sa principale préoccupation était pour son éléphant.
- La ration quotidienne d’un éléphant en marche se compose de vingt à vingt-cinq livres de farine de blé, que l’on pétrit avec de l’eau, en y ajoutant une livre de « ghi » ou beurre clarifié et une demi-livre de gros sel. On en fait des galettes d’une livre chacune, que l’on cuit simplement sur un plateau de fer et que l’on distribue en deux repas à l’animal. Cette ration est absolument indispensable pour que l’éléphant ne dépérisse pas, lorsqu’il a à faire tous les jours de longues marches. Mais pour qu’elle lui soit réellement donnée, le voyageur doit assister à ses repas; sans cela le « mahout » (conducteur) et sa famille ne se font aucun scrupule de prélever dessus leur propre nourriture au préjudice de l’animal.
- Ces galettes de farine fournissent à l’éléphant ses repas réguliers, mais cela est loin de lui suffire, et dans J es intervalles il absorbe une quantité de nourriture bien en rapport avec son énorme volume. Cet appoint lui est fourni par les branches de plusieurs arbres, principalement le bàr, ficus indica, et le pipul, ficus religiosa. On le conduit à la jungle où il choisit et cueille lui-même les branchages à sa convenance. 11 ne les mange pas sur place, mais charge sur son dos la provision nécessaire à la journée et la rapporte au camp. Il rejette les feuilles et le bois et ne mange que l’écorce ; c’est un spectacle curieux de voir avec quelle dextérité il enlève d’un seul coup, avec le doigt qui est au bout de sa trompe, l’écorce entière d’une branche quelque petite et irrégulière qu’elle soit.
- Dans les nombreux étangs qui avoisinent les villages de l’Inde centrale, on trouve, à partir d’avril, une herbe marécageuse qui croît en abondance et a la grosseur d’une lame de sabre ; les botanistes la nomment iypha elephan-tina; les éléphants la préfèrent aux branchages. Us sont aussi très friands de cannes à sucre, mais c’est une nourriture trop échauffante pour eux.
- Il faut plusieurs personnes pour prendre convenablement soin d’un éléphant, aussi en général le mahout se fait suivre en voyage par sa femme et par ses enfants. L’animal doit être toujours placé à l’ombre d’un arbre au feuillage épais et sur un terrain sec sans litière. Une simple corde attachée à une des jambes de derrière et retenue à un piquet suffit pour l’entraver; un animal docile ne cherchera jamais à rompre ce faible lien. Matin et soir, il faut le baigner, et, avant qu’il se mette en marche, lui graisser le front, les oreilles, les pieds et toutes les parties susceptibles de se fendre sous l’influence du soleil.
- « Je n’ai pas besoin d’insister, ajoute M. Rousselet, sur l’étonnante sagacité de ces intelligents animaux ; bien des voyageurs en ont rapporté les preuves évidentes. Aussi ne sera-t-on pas étonné de voir l’éléphant remarquer la coïncidence de la présence du voyageur avec le redoublement de soins dont il est l’objet et lui manifester dès lors le plus vif attachement. On est sûr, chaque fois qu’on s’approche, d’être récompensé par’quelque cri amical ; il obéit à votre moindre geste et prend bien soin, en marche, d’écarter ou de briser les branches qui pourraient vous atteindre. » Virgile Brasdicqurt,
- Secrétaire de la Société I.innéenne du Nord de la France. ——
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- LA NATURE.
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- LE NICKEL AU CANADA
- La première mine de nickel ouverte en 1880 à Sudburv1 fut celle de « copper clifï* » ou « colline de cuivre » ; le nom seul donné à la mine indique bien que l’on croyait être en face d’un minerai de cuivre et l’installation était celle qui convient dans ce cas : ce fut donc une grande désillusion quand on s’aperçut que le minerai ne se réduisait nullement en cuivre pur dans les fourneaux, ne donnait qu’une masse métallifère complexe, fragile, inutilisable, et l’on reconnut alors que la seule cause de l’insuccès était la présence d’une quantité considérable de nickel. Le nickel étant plus précieux que le cuivre, les capitalistes n’bésitôrent pas à se lancer dans tous les aléas que comportait alors l’élaboration des minerais de nickel : sans doute, on avait déjà des méthodes pour extraire le nickel de minerais semblables en Scandinavie, en Allemagne, au Piémont ; mais, outre qu’elles étaient tenues secrètes, elles ne correspondaient ni à l’ampleur de production que les Américains ambitionnaient, ni aux bas pjrix de revient indispensables pour lutter avec succès contre les concurrents. On avait relié la mine aux rails du « Canadian-Pacific », de façon à s’approvisionner le plus économiquement possible, car tout manquait. L’ancienne métallurgie des minerais sulfurés de nickel fut conservée dans ses premiers chapitres ; on n’a pas trouvé mieux, et d’ailleurs cette partie s’exécute sur de grandes masses : il y a d’abord le grillage du minerai qui chasse une forte proportion du soufre des pyrites et oxyde le fer correspondant; puis la fusion du résidu grillé avec addition de quartz qui forme une scorie fluide avec l’oxyde de fer du grillage, pendant que les métaux plus nobles : le nickel, le cuivre, sont absorbés par le soufre, se réunissent, se séparent par densité, et sont soigneusement recueillis sous le nom de « matte », d’où il s’agit d’isoler le nickel, le cuivre, le soufre, et le fer restant. Jusqu’ici, cette séparation ne s’ellectuait que par voie humide ou une longue série de grillages et de refontes, dont le prix de revient était fort élevé. Le nickel était donc très cher et c’est ma découverte des minerais oxydés de Nouvelle-Calédonie qui en abaissa le prix, en favorisa la vulgarisation et détruisit pour un temps l’exploitation des anciens minerais sulfurés, qui sont rentrés de nouveau en scène grâce aux nouvelles méthodes de métallurgie inaugurées au Canada.
- Nous allons passer en revue cette métallurgie, résumer le procédé que j’ai inauguré et qui est la base de cette révolution industrielle.
- Tout d’abord, le minerai sortant de la mine est élevé bien au-dessus de la surface générale du sol : on le déverse sur une plate-forme où la roche stérile est grossièrement triée au marteau de la partie riche en nickel ; cette partie riche est lancée dans un concasseur placé en contre-bas, pouvant passer 400 tonnes de minerai, en 24 heures, entre ses mâchoires de fonte, et produire des fragments variant de la
- 1 Yoy. n° 152/1, du 2 août 1902, p. 15».
- grosseur d’un œuf jusqu’à la simple poussière : ces fragments passent en cascade sur des tamis de diverses dimensions qui les classent de grosseur et les distribuent dans des wagons en contre-bas : ces wagons eux-mêmes peuvent circuler sur des tréteaux de bois, conduisant aux champs de grillage. La figure 5 nous montre les tréteaux de ce viaduc, qui a ici 1600 mètres de longueur et une élévation de 5 mètres au-dessus du sol : le long de ce viaduc, en contre-bas et sur 700 mètres de longueur, on a nivelé le sol et placé une seconde voie ferrée qui conduira à la fonderie le minerai qu’on grille précisément sur l’espace compris entre les deux voies : le sol de grillage est damé avec de l’argile, des canaux y sont ménagés pour l’écoulement des eaux. Le minerai brut est divisé en tas de 500 tonnes environ, formés, à la base, d’un lit de minerai fin de 0m,20 d’épaisseur, puis d’un lit de bois de 0m,50 de hauteur, enfin d’un lit de minerai brut de 0m,60 qu’on recouvre de minerai menu, grâce auquel on modère le tirage du foyer de bois (fig. 2).
- Aussitôt que l’influence du feu commence à se faire sentir, le soufre du minerai s’enflamme lui-même et remplit l’atmosphère des vapeurs âcres de l’acide sulfureux des plus nuisibles à la végétation et aux ouvriers : le fer abandonné par le soufre se change en oxyde. L’opération se poursuit pendant quarante jours en moyenne. Le champ de grillage pouvait alors fournir annuellement 500 000 tonnes de minerai grillé, que les wagons transportaient à la fonderie (fig. 5). La composition chimique des diverses mines exploitées au voisinage de la fonderie est assez différente pour qu’il ait été utile de faire un mélange judicieux des divers produits d’où il résulte une fusion très économique puisqu’il n’est besoin d’ajouter aucun « fondant » ; ce mélange a encore l’avantage de permettre de faire varier la composition des « mattes » suivant le. produit final industriel auquel on veut arriver: ainsi, dans le cas où on a besoin d’un alliage donné de nickel et cuivre, il est souvent possible de produire du premier coup, par les procédés que nous allons résumer, l’alliage désiré du cuivre et du nickel, et cela au prix de revient minimum.
- Les fours de fusion du minerai grillé (fig. d), sont du type « water-jacket » ; les scories et les mattes coulent de la base du fourneau et simultanément dans un creuset extérieur accolé au four lui-même, fermé de toute part, et c’est là que se produit par liquation la séparation des scories et de la matte; pendant que la matte plus lourde s’élève dans le creuset, la scorie s’écoule au dehors constamment par la partie supérieure du creuset et tombe dans des pots en fonte mobiles sur des roues.’* Enfin, quand le creuset est plein de mattes, on le perce par en bas et la matte s’échappe à son tour. Sa composition est, en moyenne :
- Cuivre......................50 pour 100
- Nickel........................ 15 —
- Fer.......................... 50 —
- Soufre....................... 25 —
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- LA NAITRE.
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- La figure 4 est la vue d’ensemble de la fonderie de nickel des fourneaux 1 et 2 et du laboratoire.
- La question du raffinage économique de la matte a été le but des veilles des ingénieurs attachés à ce difficile problème. En Europe on n’avait rien trouvé de mieux pour enlever le fer et le soufre de cette matte que de la soumettre à des grillages et à des fusions successives qui aboutissaient à la longue, mais au prix de déchets énormes et de grands frais de main-d'œuvre et de combustibles. En semblable moyen n’étail plus possible étant donné le bas prix du nickel : c’était une question de vie ou, de mort : il fallait trouver mieux. Bien que ni moi, ni personne
- Fig. 1.
- Viip du four à fondre lo minorai ilo niekel.
- ne l’eùt jamais exécuté, je préconisais, pour résoudre la question, l’emploi de l’appareil Ressemer, modifié en conséquence, mais à la condition qu’on n’y. brûlerait que le fer et une partie seulement du soufre de la matte; la chaleur de cette combustion serait largement suffisante, dans ma pensée, pour maintenir le bain fluide, pendant que le soufre qui devait toujours être présent, empêcherait toute combustion sérieuse du nickel. Faute d’observer ces deux points : combustion complète du fer et incomplète du soufre de la matte, le succès me paraissait impossible el c’est grâce à l’application stricte de
- Fig. 2. — Grillage du minerai.
- cette méthode que ma réussite du premier coup tut complète, tant sous le rapport de la rapidité de l’opération (jue sous celui de son économie. Ce ne fut point, cependant, sans une grande anxiété préalable et une grande satisfaction ensuite que je constatai le succès, car j’avais poussé à installer une usine puissante et coûteuse sur la seule foi des croyances que m’avaient données mes études et mes réflexions préalables. En trente minutes j’enlevai le fer de 1500 kilogrammes de matte brute, c’est-à-dire près de 500 kilogrammes, pendant que, souvent, des mois étaient autrefois nécessaires pour le même travail. Le nickel et le cuivre seuls restaient avec le soufre et pour certains usages
- Fig. ô. — Préparation d'un nouveau tas de minerai à griller.
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- LA NATURE.
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- courants du nickel, c’est-à-dire la fabrication du maillechort ou argent allemand, il suffit de griller « à mort » cet alliage pour chasser le soufre en produisant des oxydes de nickel et cuivre qu’on
- réduit ensuite à l’état de métaux alliés. Toutefois, il est aussi absolument nécessaire de séparer ces deux métaux pour d’autres usages, mais on rentre alors dans une métallurgie courante et nom-
- Fig. i. — Fonderie. Fourneaux 1 et 2 et laboratoire. ^ B1HU0THÉQU£'3f
- breux sont les procédés, suivant les conditions tion1 nous entraînerait d’ailleurs d’autant plus loin'
- économiques où l’on se trouve placé; leur descrip- que chaque jour a vu dans ces derniers temps per- 'v.J. ?-•
- Fig. 5. — Champ de grillage entre deux voies ferrées.
- fectionner ou créer de nouvelles méthodes. Nos minerais oxydés de Nouvelle-Calédonie, de composition si simple, n’ont pas eu à lutter avec cette séparation du cuivre; mais, selon moi, certains progrès sur place me semblent encore à réaliser. Au Canada, les méthodes d’exploitation s’améliorent constam-
- ment, comme le montrent les diverses statistiques établies à ce sujet; ce pays, en effet, fournit actuellement plus de la moitié de la consommation mondiale du nickel et en 1891 il y eut une hausse de
- 1 Yoy. L’aluminium el le nickel, par J. Garnier. Béranger, éditeur. Paris.
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- LÀ NATURE.
- 25 pour 100 dans la valeur de l’extraction du minerai nickélifère et de 145 pour 100 dans la valeur marchande des métaux retirés.
- Jules Garxif.r.
- PISCICULTURE DU LOIRET
- DANS LE LAC D’AIGUEBELETTE (SAVOIE)
- Le Lavaret (Coregonus Lavaretus), cantonné dans le lac du Bourget, a été introduit en 1895 et 1894 par le comle de Chambost dans le lac d’Aiguebelette au moyen de quelques individus adultes transportés, non sans peine, vivants en traversant la Montagne de l’Epine.
- Le lac d’Aiguebelette devait offrir au lavaret un milieu aussi semblable que possible à son lac d’origine sous le rapport de la qualité des sources, de la température de l’eau, du climat et partant de la faune spéciale qui semble être indispensable au développement de ce poisson.
- En fait, l’acclimatation réussit au delà de toute espé-
- Réservoir* à 1™20 de charge
- Robinet
- dépréssion
- Tuyautage en plomb
- Toile fine
- .Cave
- d'évacuation] -demalevins]
- Élévation d’une bouteille d'incubation pour lavaret.
- rance : d’une vingtaine d’individus à peine mis à l’eau, il résultait une multiplication naturelle du poisson si intense, que le lac aujourd’hui pullule de ces poissons. Ce résultat est dû en grande partie à ce que les pécheurs et surtout les bribeurs ou braconniers, ne soupçonnant pas le développement de ce poisson, ne se servirent pas pendant longtemps des fdets spéciaux à sa pêche et furent indifférents à la période du frai ; malheureusement cette situation exceptionnelle devait cesser, et, en même temps que la pêche au filet se concentrait presque uniquement sur le lavaret, il fallait organiser une surveillance active de nuit au moment du frai pour empêcher la destruction en masse des individus adultes.
- Cependant, devant l’excellence des résultats obtenus, le comte de Chambost, propriétaire du lac, d’accord avec son fermier de pêche, M. Ladrevt, installaient un établissement spécial destiné à la pisciculture du lavaret.
- Avant d’entrer dans la description de cette installation, nous rappellerons que le lavaret fraye au mois de décembre, choisissant de préférence les jours de fortes gelées pour monter pendant la nuit des profondeurs où il se tient d’habitude et gagner [les rives pierreuses à fond dur. Là ils se rassemblent en grand nombre, au peint que du bord on perçoit un bruissement caractéristique produit par le va-et-vient de ces poissons; au jour, ils regagnent les hauts fonds, et on conçoit que le filet araignée, tendu la nuit au-dessous d’une frayère, puisse retenir
- une grande quantité de poissons au moment de leur descente. On sait peu de chose du développement ultérieur des œufs : l’incubation serait de trente à trente-cinq jours; quant au reste, nous donnerons sous réserve l’hypothèse suivante : les œufs, légèrement plus lourds que l’eau et déposés sur les fonds durs où le mouvement de l’eau se fait certainement sentir, sont remués constamment et ont une tendance à descendre vers le fond, ce qui expliquerait leur disparition des bords après la fécondation. Mais revenons à la pisciculture. Les poissons adultes sont pris à l’aide de filets; on fait un tri des femelles dont les œufs sont arrivés à maturité et qui sont immédiatement opérées; les autres sont conservées dans une claie en osier jusqu’à maturité des œufs. Les œufs fécondés par la laitance dû mâle sont alors déposés dans des bouteilles d’incubation d’une forme spéciale.
- Là est l’originalité du traitement : l’eau de source froide et pure, captée au bord même du lac, est chambrée de façon à produire une pression de lra,20 de hauteur d’eau; on la dirige par une conduite en plomb vers l’appareil d’incubation constitué par une série de grandes bouteilles en verre de 0m,40 de hauteur, 0ra,15 de diamètre, placées le goulot en bas et sans fond à la partie supérieure qui est ouverte. Chaque goulot est relié par un ajutage en caoutchouc à la conduite principale, et le courant d’eau qui y arrive sous la charge de lm,20 environ y est réglé par un robinet de pression. Les choses se passent alors ainsi.
- Les œufs, plus lourds que l’eau, tendent toujours à descendre au fond du goulot, d’où le courant d’eau ascendant les renvoie en haut et ainsi de suite ; si bien que les œufs sont maintenus continuellement en mouvement.
- Les seules précautions à prendre sont :
- 1° Le réglage d’arrivée de l’eau de façon que les œufs ne montent pas plus haut que les deux tiers de la hauteur totale de la bouteille.
- 2° Le décollage des œufs deux ou trois fois par jour au début, le long des parois en verre, car ils ont une tendance à s’agglutiner soit entre eux, soit contre les bords. Il n’est pas nécessaire d’enlever à la pipette les œufs non fécondés ou avariés, car, devenant plus légers que l’eau, ils sont entraînés par le courant et passent par-dessus les bords des carafes. Chaque bouteille peut contenir deux cent mille œufs; l’incubation y dure trente-cinq jours; l’alevin, complètement développé, est entraîné par-dessus les carafes et tombe dans une cuve sous-jacente.
- Là on le garde jusqu’à résorption complète de la vésicule, en masquant le déversoir par une toile fine.
- Pour la mise en liberté, on enlève cette toile et les alevins tombent dans une rigole qui conduit au lac. Cette rigole ayant 80 mètres de longueur, les alevins ont tout le temps de s’acclimater au milieu où ils sont appelés à se développer. La réussite est des trois quarts des œufs traités. Nous devons signaler .aussi que l’Administration des eaux et forêts, dans son établissement de pisciculture de Thonon, procède à la pisciculture du lavaret en vue de l’alevinage du Léman au moyen des mêmes appareils.
- C. oe Lesskux,
- Inspecteur-adjoint dos Forêt'.
- ÀFRESCOLITHE
- L’afrescolithe? C’est une nouvelle matière avec laquelle on fait des fresques en pierre artificielle, au lieu de les peindre directement sur la pierre. Le mot fresque vient de l’italien fresco, qui veut dire frais; les fresques sont
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- LA NATURE.
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- des peintures faites avec des couleurs terreuses trempées dans de l'eau de chaux sur une muraille, une voûte, fraîchement enduites. La fresque exige une grande sûreté de pinceau; les fresques de Raphaël au Vatican, à Rome, sont les plus belles du monde. Avec l’afrescolithe, on exécute encore cette partie de l’entablement des monuments qui est au-dessous de la corniche, la frise ; celle-ci peut être plate ou enrichie de sculptures; par ses ornements symboliques, par ses bas-reliefs caractéristiques, la Irise sert à représenter souvent la destination d’un édifice.
- Avec l’afrescolithe, on obtient en couleurs des bas-reliefs, des panneaux décoratifs, des médaillons, des bustes et des statues. L’afrescolithe est une pâte teintée, à composition variable suivant les tons désirés, contenant de la silice pure, de l’alumine pure, de la magnésie pure, de la chaux calcinée et du carbonate de calcium; sa consistance permet de la travailler plus facilement que la terre glaise, puis définitivement par dessiccation de devenir aussi dure que le marbre, sa résistance est de 200 kilogrammes au centimètre ; l’afrescolithe résiste à l’humidité et aux gelées, elle est inaltérable.
- L’architecture et la sculpture possèdent donc une nouvelle matière avec laquelle nos artistes et nos architectes pourront produire des effets nouveaux pour la décoration des monuments, des maisons et des intérieurs d’habitations.
- Cette substance aux qualités multiples a été trouvée après de longs tâtonnements par un sculpteur de talent, M. Antonin Forestier, médaillé au Salon des Beaux-Arts, lauréat de l’Institut pour le prix Desprez. Nous la signalons dans l’espoir qu’elle pourra être utile aux architectes, aux ingénieurs, sculpteurs, etc. C’est une nouveauté intéressante. Jacques Barral.
- IA TÉLÉ-STËRËOSCOPIE
- Les appareils stéréoscopiques ordinaires ne donnent un relief accentué qu’à la condition d’avoir des premiers plans assez peu éloignés de l’objectif; à tel point (pic souvent l’opérateur sacrifiera plutôt un peu la netteté de ces objets rapprochés pour obtenir un effet de perspective plus complet. Quand il s’agit d’un panorama, avec des premiers plans situés à plusieurs centaines de mètres, le relief devient à peu près nul ; du reste les objectifs à court foyer qui sont généralement employés pour les appareils stéréoscopiques donneraient dans ce cas, pour les détails du paysage, monuments, arbres, etc., des images trop réduites pour présenter de l’intérêt.
- Il peut cependant être utile d’avoir des vues stéréoscopiques d’objets éloignés ou de panoramas de villes, de sommets de montagnes, etc., et c’est dans ce but que M. Ilelbronner a pensé à utiliser le téléobjectif. M. Bellieni, le constructeur de Nancy dont il avait employé les appareils, a été frappé des résultats obtenus et a fait une étude spéciale pour déterminer les meilleures conditions dans lesquelles il fallait opérer, l’écart entre les objectifs ne devant pas être le même dans tous les cas.
- Il est clair que dans la télé-stéréoscopie on crée un relief artificiel dans lequel nous voyons nettement des plans successifs que notre œil ne distingue pas dans la nature ; il n’en est pas moins vrai que la surprise que nous éprouverons en considérant les images
- obtenues s’effacera rapidement pour faire place à un sentiment d’intérêt tout particulier.
- Avec la jumelle stéréoscopique pour images 9x18, l’écartement entre les objectifs est de 90mm. On reconnaît que la sensation du relief cesse pour les objets situés au delà de 50 mètres, si on n’a pas de premiers plans très apparents, mais qu’un relief satisfaisant est encore obtenu pour les objets situés à 20 mètres. Partant de là M. Bellieni a établi des formules mathématiques qui lui ont servi de point de départ pour savoir quel est l’écartement qu’on doit donner aux objectifs pour obtenir le même relief, avec les objets éloignés, que si ceux-ci étaient à une distance normale d'un appareil ordinaire. Quand on opère avec le téléobjectif on ne fait pas les deux vues en même temps, mais on se transporte en deux stations plus ôu moins éloignées l’une de l’autre, c’est ce qui constitue l’écart des objectifs. La pratique a conduit M. Bellieni à formuler les règles suivantes :
- Pour les objets situés à moins de 100 mètres de l'appareil on prendra pour l’écartement des objectifs autant de centimètres qu’il y aura de mètres entre l’appareil et le sujet; l’écart des objectifs est le 1/100 de la distance qui sépare ceux-ci de l’objet : une statue située à 30 mètres'nécessitera un écart de 0m,50.
- Mais quand il s’agit de panoramas avec premiers plans relatifs situés à 3 ou 400 mètres, on prendra la moitié de cette distance, soit le 200me. Ainsi, dans une vue panoramique où le sujet principal est à 2 kilomètres et les premiers plans à environ 300 mètres, on prendra un écartement de 10 mètres. On n’a pas besoin d’avoir des distances absolument exactes et on a voulu seulement indiquer les limites dans lesquelles il y a lieu d’opérer.
- Les deux vues que nous reproduisons ici sont des instantanés lents, obtenus dans les conditions que nous venons d’indiquer. Malgré le réseau que donne la trame de la simili-gravure, on pourra, avec un stéréoscope, se rendre compte du relief considérable qui est obtenu : la vue de Nancy est prise à une distance de 2 kilomètres ; la vue du sommet de la Iungfraü est prise à une distance beaucoup plus considérable puisque l’opérateur se trouvait sur la Petite Scheidegg.
- Dans la pratique il y a certaines précautions indispensables à prendre pour réussir ce genre de vues. L’appareil doit être absolument immobile et dans une position identique par rapport au plan horizontal pour les deux vues; en général il ne sera pas horizontal, car le plus souvent dans ce genre de travail on photographiera un panorama vu d’un sommet, ou bien un détail de sculpture vu d’en bas. Afin d’obtenir ce résultat M. Bellieni a construit un petit appareil très simple qui se place sur la chambre et permet de la remettre, après son déplacement, dans une position identique. C’est un petit niveau à bulle d’air monté sur un bras de levier pouvant faire un angle plus ou moins aigu avec la planchette qui lui sert de support ; cet angle est déterminé au moyen d’une vis de réglage. Quand on fait la première vue on a soin de placer cet appareil sur la chambre ; au moyen de
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- LA NAT U il K.
- i>r»6
- la vis de réglage on amène la lmlle h son repère. Lorsqu’on passe à la seconde station on amène la bulle dans cette position, sans toucher h la vis, mais en modifiant la position de la chambre ; on est donc certain quelle se trouve exactement dans la meme
- position par rapport au plan horizontal. Il faut aussi que l’image photographiée contienne exactement les mêmes éléments. Pour cela on se sert du viseur spécialement construit à cet effet : l’œilleton est percé d’un trou très petit et le rayon visuel passe par le
- Fig. 1. — Vue stéréoscopique de Nancy, prise à 2 kilomètres.
- réticule sans pouvoir se’ dévier. En visant le même ment la même image dans les deux stations. Etant point saillant de la vue à prendre on aura exacte- donné l'éloignement du point visé par rapport h
- Fig. 2. — Vue stéréoscopique du sommet de la .Inngfraü, prise de la Petite Sclieidegg.
- l’écartement des objectifs il n’y a aucun inconvénient h les faire converger vers le même point, car l’erreur maximum qui résulte de cette convergence se chilïre par des fractions de millimètres, elle est tout à fait négligeable dans la pratique. ^
- Ce genre de vues stéréoscopiques pourra être très utile aux alpinistes en leur permettant d’étudier à
- loisir l’itinéraire de leurs ascensions; il rendra de grands services aux archéologues en leur montrant dans leur cabinet les détails intéressants des monuments, et enfin la topographie et la métrographie pourront y avoir recours pour le lever des contrées inaccessibles. G. Mareschal.
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- LA NATURE.
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- LABOUREÜSE AUTOMOBILE
- « Quand une terre est convenablement remuée, regretté P .-1*. Rehérain, «l’azote habituellement inerte
- aérée, travaillée », écrivait il y a quelques années le qu'elle renferme évolue, devient soluble, assimilable;
- Fis. 1.
- Luboureuse automobile. Vue (l’ensemble.
- la matière organique azotée de l’humus, attaquée par les ferments, se réduit en acide carbonique, en eau, en nitrates ».
- A la suite d'expériences poursuivies pendant près de dix ans,, l’éminent agronome était arrivé à cette conclusion qu’il était extrêmement avantageux de réduire le sol en poudre.
- Une terre bien ameublie, bien pulvérisée est, en effet, très poreuse; elle est criblée de petits espaces vides dans lesquels se logent de l’air et de l’eau et ces deux conditions sont essentiellement favorables à l’activité des ferments nitriques. Or, les
- petites particules de terre sont constituées par un agrégat de sable, d’argile, de calcaire et d’humus.
- Le calcaire, tant qu’il existe en proportion convenable, tant qu’il est maintenu en dissolution par
- l’acide carbonique de l’humus, Vj empêche la soudure, la réunion de l’argile des particules voisines ; mais survient-il des pluies abondantes, ce calcaire est entraîné, il disparaît des particules de terre qui se transforment en une boue continue. Cessant d’être poreuse, la terre contient moins d’eau, moins d’air et la nitrification ne se produit plus. C’est ce qui explique la nécessité d’un travail incessant du sol, destiné à recon-
- Yuc des disques placés à l’arrière de la labourcuse.
- stiluer cette pulvérisation après chaque récolte. Malheureusement les instruments et les méthodes
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- LA NATURE.
- actuellement employés ne permettent guère d’obtenir une pulvérisation parfaite du sol. Aussi est-il fort intéressant de signaler les essais poursuivis depuis quelques années parM. Roghos Pacha Nubar, fils du célèbre ministre égyptien Nubar Pacha qui a tant fait pour le progrès industriel de son pays. Ancien élève de l’École centrale des Arts et Manufactures de Paris, M. Roghos Pacha Nubar est directeur des chemins de fer égyptiens. S’inspirant des principes posés par M. Dehérain, cet ingénieur a imaginé une laboureuse d’un genre tout nouveau qui, au lieu de découper le sol en tranches comme le font les charrues, ameublit très énergiquement la terre et désagrège les particules qui la composent.
- Déjà à l’Exposition Universelle de 1900 figurait, dans la section égyptienne, le modèle réduit d’une laboureuse automobile de M. Roghos Pacha Nubar qui fut essayée près du fort de Montrouge, dans la plaine de Bagneux, sous les yeux du jury international, et donna des résultats assez intéressants. D’autres essais plus importants ont été faits en Egypte, dans les exploitations que possède l’inventeur aux environs du Caire. La laboureuse modèle 1900 était composée de deux parties : une locomotive routière de Fouler et la laboureuse proprement dite. Cette dernière était constituée par un châssis supportant un moteur à vapeur alimenté par la chaudière de la locomotive et, à l’arrière, trois disques pourvus de coutres inclinés et tournant dans des plans perpendiculaires à la direction d’avancement de l’appareil. Le châssis pouvait se déplacer verticalement sur les deux roues qui le supportaient, de manière à faire pénétrer les coutres dans le sol «à la profondeur voulue.
- Les essais de culture faits au Caire ont porté sur des plantations de coton et avaient pour but de comparer l’influence de la pulvérisation du sol au labourage à la charrue. Dans le premier champ on pratiqua trois labours avec des charrues ordinaires ; la récolte de coton non égrené fut de 2303 kg à l’hectare. Dans le second champ où l’on ne lit passer qu’une seule fois la laboureuse automobile, le rendement fut de 2590 kg à l’hectare, on obtint donc, par la pulvérisation un supplément de récolte de 87 kg par hectare avec des travaux de préparation du sol beaucoup moins longs. M. Roghos Pacha put ainsi constater qu’une demi-journée de travail de sa machine donnait des résultats sensiblement supérieurs à seize journées de labourage ordinaire.
- Mais, au cours de ces expériences, l’inventeur reconnut qu’il était nécessaire d’apporter à sa laboureuse certaines modifications. La locomotive et la laboureuse formaient deux masses bien distinctes et manquant de cohésion, et la routière, retenue par le poids de la laboureuse remorquée, ne pouvait plus manœuvrer aisément, surtout aux virages qu’on n’arrivait h effectuer qu'avec difficulté. Le poids de l’appareil dépassant 18 tonnes était trop élevé. Enfin les trois disques porte-outils étant tous de même diamètre, la machine laissait des zones non labourées.
- Ce sont ces considérations qui conduisirent M. Roghos Pacha Nubar à arrêter les plans de sa laboureuse automobile, modèle 1902, qui a été construite en France, aux ateliers Darblay.
- Il n’y a plus qu’un seul véhicule muni de quatre roues dont les deux d’arrière sont directrices (avec essieu brisé) et celles d’avant motrices. Un seul moteur à vapeur produit simultanément ou alternativement selon les besoins, par des embrayages à friction, le mouvement d’avancement de la machine, et la rotation des disques porte-coutrcs.
- La machine à vapeur est du type Bonite et Larbo-dière, à deux cylindres compound en tandem. La vapeur, fournie par une petite chaudière Niclausse, travaille à la pression de 12 kg. La puissance développée est de 50 à 40 chevaux. Le poids total de la laboureuse a été réduit de 18 à 15 tonnes.
- Enfin, la section labourée a été améliorée par le simple fait d’avoir remplacé les trois disques de même grandeur, dont le diamètre était de 2m,50 dans l’ancien modèle, par trois disques de diamètres inégaux dont deux grands de 3 mètres, séparés par un plus petit, de 2 mètres seulement. La vitesse de rotation est de 19 tours par minute pour les grands disques et de 29 tours pour le petit. Chacun des premiers porte de 8 à 10 coutres, le troisième, de 5 à 10. Les attaches de ces coutres sur les disques sont disposées de façon à permettre de varier leur nombre selon la dureté du sol et le degré de pulvérisation que l’on veut obtenir. Enfin la saillie des coutres à l’extérieur des disques est de 0m,40, ce qui permet de labourer jusqu’à une profondeur maximum égale à cette saillie.
- Cette nouvelle laboureuse qui a fonctionné l’année dernière en Egypte, devant un nombreux public, a pu avancer dans des terres moyennes à des vitesses de 0m,20 à 0m,30 à la seconde en labourant à des profondeurs de 0m,25 à 0m,50; la largeur utile labourée était de 2'",90. La surface labourée par heure, en supposant une vitesse moyenne d’avancement de 0‘",25 par seconde, dépasserait donc, théoriquement, 2600 mètres carrés. Mais en tenant compte des arrêts, des pertes de temps lors des virages aux extrémités des champs, que l’on peut évaluer à 25 pour 100, en comptant très largement, la surface' effective labourée par heure de travail serait d’environ 2000 mètres carrés, soit 2 hectares par journée de 10 heures.
- La nouvelle laboureuse automobile étant arrivée en Egypte alors que les ensemencements de coton étaient terminés depuis longtemps, ce n’est que cette année que M. Roghos Pacha Nubar pourra procéder à de nouveaux essais de labourage comparé et on peut prévoir, dès à présent, que les résultats seront supérieurs à ceux obtenus en 1901.
- 11 y aura sans doute lieu d’y revenir après contrôle, car il s’agit là d’une idée nouvelle fort intéressante dont l’application peut avoir une grande importance pour l’agriculture de tous les pays.
- Georges Cave.
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- LA NATURE.
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- CHRONIQUE
- Le Transsibérien et la colonisation. — Le
- Comité du chemin de fer de Sibérie s’est réuni à Saint-Pétersbourg, le 15 janvier, à l’occasion du dixième anniversaire de sa fondation : un rapport a été lu qui permet d’apprécier la grandeur de l’œuvre entreprise et la méthode intelligente qui a présidé à son accomplissement. Tout particulièrement intéressante est la partie du rapport qui traite de la mise en valeur des pays traversés par cette gigantesque voie ferrée. Une série d’explorations géologiques ont eu lieu pour rechercher les richesses minières susceptibles d’être exploitées avec profit. Entre autres gisements de minerais, on a découvert de riches houillères près deSoudjcnka, et elles sont en pleine exploitation. Les gisements aurifères ont été étudiés par une commission spéciale, dans les bassins de l’Amour, de la Léna, du Yénissei. Pour améliorer la navigation, le lac Baikal, les fleuves Obi et Yénissei ont été explorés avec soin : leur navigabilité est actuellement démontrée. Enfin plus de six cent mille émigrants ont reçu depuis 1895 des lots de terre dans le voisinage de la voie ferrée : 38 stations médicales, 20 ambulances, 190 églises, 184 écoles, 29 dépôts d’instruments agricoles et de semences de céréales ont été créés de manière à faciliter autant que possible leurs débuts. Avec une organisation aussi perfectionnée, et étant données les qualités de travail du paysan russe, il est certain que les résultats donnés par le Transsibérien seront bientôt des plus satisfaisants.
- Un homme préhistorique en Amérique. — En
- creusant une cave non loin de son habitation, un propriétaire de Lansing (Kansas, États-Unis) a mis au jour un squelette d’homme, qui, après examen, a été reconnu comme appartenant à l’époque préhistorique. Le terrain dans lequel il se trouvait fait partie du Pléistocène, dont la faune est caractérisée par le cheval, le bison, le mammouth, le mastodonte, le lama, le pécari, etc. L’homme était de stature moyenne, dolichocéphale, prognathe, au front élevé. Pour le rattacher à ses congénères asiatiques et européens, on a supposé que, à la faveur d’une période glaciaire, il était venu d’Asie et d’Europe des émigrants, qui en étaient alors au stade de culture solutréen ou magdalénien. Il y a, en effet, une ressemblance frappante entre certains Indiens du nord de l’Amérique, et le type de la race qui peuple l’extrémité N.-O. de l’Europe. L’avenir nous apprendra sans doute dans quelle mesure ces hypothèses sont justifiées.
- Utilisation de puissance perdue. — On ne
- saurait trop s’attacher à diminuer les déperditions de puissance dans les installations mécaniques : aussi les mesures prises dans ce but aux mines de Bruay sont-elles particulièrement intéressantes. L’échappement des machines d’extraction se faisait jusqu’à présent dans l’atmosphère : cette solution s’était imposée en raison du fonctionnement intermittent de ces moteurs, et pour d’autres motifs qui rendaient la condensation impraticable. Mais maintenant on arrive à utiliser celte vapeur d’échappement, et sans inconvénient aucun, en commandant une turbine Bateau au moyen de la vapeur qui s’échappe du cylindre à basse pression des machines. Elle actionne deux dynamos de 100 kilowatts chacune, tournant à 1600 tours par minute et donnant du courant à 240 volts. La pression de la vapeur à l’admission dans cette turbine est au-dessous de la pression atmosphérique. On pare aux arrêts des moteurs à vapeur en faisant passer la vapeur
- par une vieille chaudière pleine de rognures de métal, qui s'échauffent au contact de cette vapeur, et, formant accumulateur de chaleur, servent, pendant les arrêts des machines, à faire réévaporer la vapeur condensée.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 9 mars 1903. — Présidence de M. A. Gaudry.
- Propriétés des hijdrures de rubidium et de césium.
- — M. Moissan expose les résultats de recherches qu’il vient d’entreprendre sur les hydrures de rubidium et de césium. Ces deux métaux sont peu répandus dans la nature ; ils sont voisins du potassium et du socTium. M. Moissan montre que le rubidium et le césium peuvent se combiner à l’hydrogène par «action directe et fournir des composés très bien cristallisés. Les cristaux d’hydrures de rubidium et de césium sont prismatiques et transparents; ils se dissocient facilement à la température de 550° en régénérant l’hydrogène et le métal. Ce sont des corps très réducteurs, décomposant instantanément l’eau froide, les gaz hydrogène sulfuré et acide chlorhydrique. Ils réduisent avec incandescence les oxydes métalliques et se décomposent au contact du chlore et du fluor. M. Moissan remarque que, d’après ses expériences, tous les métaux de la famille du potassium fournissent des hydrures définis et cristallisés et qu’aucun de ces composés ne conduit l’électricité. La non-conductibilité de ces corps est telle qu’ils pourraient servir de matière isolante. Ils ne peuvent donc en rien être comparés aux alliages définis, et, dans ces combinaisons, l’hydrogène ne joue pas le rôle de métal.
- Les conditions du greffage. — M. G. Bonnier présente une Note de M. Leclerc des Sablons, de la Faculté des sciences de Toulouse, relative à un nouveau mode d’investigation sur les porte-greffe dans les arbres fruitiers. L’auteur explique la raison pour laquelle un poirier greffé sur un cognassier donne des fruits plus gros et plus abondants qu’un poirier greffé sur une autre variété de poirier. Cette particularité tient à ce que les matières nutritives du cognassier porte-greffe sont accumulées surtout dans la tige, au voisinage du greffon, tandis que les réserves sont abondantes dans les racines chez le poirier porte-greffe. L’étude du développement des racines pourra donc être très utile et éviter bien des tâtonnements dans le choix du porte-greffe.
- Effets du sectionnement des embryons des graines.
- — M. G. Bonnier présente ensuite un travail de M. Le-doux, décrivant les effets obtenus sur la plante par divers modes de sectionnement de l’embryon. Il a opéré sur des graines de légumineuses et a obtenu des plantes présentant des modifications remarquables et caractéristiques de forme et de structure s’observant chez d’autres espèces voisines.
- Convection électrique. — M. Lippmann expose que M. Carpenne a donné aux expériences d’induction, sous l’influence de corps électrisés statiquement, une forme nouvelle, qui apportent une contribution importante à l’étude de cette question.
- Élection. — II a été procédé à l’élection d’un membre de la section d’économie rurale, en remplacement de M. Dehérain décédé. M. Schlœsing fils a été élu par 55 suffrages contre 23 à M. Maquenne, 4 à M. Viala et 1 à M. Kunckel d’Herculais. Gu. Y>e Yilledeuil.
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- LA N A TU HE:
- TONNEAUX DE LIÈGE
- Un grand nombre de tentatives avaient déjà été faites pour employer le liège à la tonnellerie, tentatives qui avaient échoué, tout simplement parce qu’on croyait ne pouvoir employer ce produit qu’en planches à plat : or, dans ce sens-là, il présente des lentes qui nuisaient à sa résistance; sa cohésion est de plus assez faible, et il olfre également de nombreux trous qui peuvent rendre insuffisante son imperméabilité. M. Mounaud a eu l’idée excellente et nouvelle de composer les parois du tonneau avec des douelles de liège, disposées non plus à plat, mais « de champ » ; de cette manière les tissures et les trous traversent la douelle dans le sens de la largeur et non de l’épaisseur de la paroi du tonneau, et l’étanchéité obtenue est parfaite, même avec du liège de qualité inférieure, même avec les lièges mâles bouillis. Pour préciser les idées, nous supposerons que nous voulons fabriquer un fût à bière de 0m,60 de haut, de 0m,40 de diamètre extérieur au bout, et enfin de 5 centimètres d’épaisseur : comme matière première, nous prenons des planches de liège de 3 centimètres d’épaisseur. Au moyen d’une scie mécanique ou du couteau du liégeur, nous découpons dans ces planches des lames de Om,fiO de long et de 0m,05 de large, et, si nous mettons ces lames sur champ, elles vont constituer des douelles de 5 centimètres d’épaisseur pour une largeur de 3 centimètres. Bien entendu, pour que ces petites douelles puissent s’assembler les unes &ux autres sur le pourtour d’un cercle, il faut que chacune présente un peu une forme de coin, et cela s’obtient au couteau ou à la lime en amincissant la douelle sur ses deux faces, de l’extérieur vers l’intérieur du tonneau.
- Quand on assemble toutes les douelles à côté les unes des autres, comme cela se fait normalement en tonnellerie, le fil du liège se trouve en travers, et cela masque trous et fentes. Nous n’avons guère à insister sur la mise en place des cercles, qui se fait suivant les méthodes classiques; on peut notamment y employer avec succès une machine allemande qui comprime uniformément le tonneau tout entier. Les cercles sont en fer feuillard, comme de coutume, et une fois qu’ils ont été mis en place et qu’on décomprime l’ensemble des douelles, ils pénètrent dans le liège, grâce à l’élasticité de cette substance ; le cerclage est donc bien plus solide qu’avec un tonneau en bois. On pratiquera aux deux, bouts et à l’intérieur du tonneau le « jable », c’est-à-dire la rainure
- destinée à maintenir le fond : on emploie pour cela un pied à coulisse, mais à râpe, approprié en un mot au travail du liège. Pour préparer le fond, on réunit et colle des bandes de liège sur champ, et on en forme une planche de grandeur convenable, puis, à la scie ou au couteau, on y découpe le cercle de grandeur voulue, dont on amincit les bords. On le met en place et on le maintient solidement en posant le dernier cercle du tonneau, qui vient en enserrer l’extrémité. En outre, pour donner plus de résistance au fond, on dispose en travers une lame d’acier à ressorts dont les extrémités s’enfoncent dans le jable. Pour compléter le tonneau, il ne reste plus qu’à prendre certaines précautions au point de vue de la pose du robinet : si on l’enfonçait directement dans le liège, on risquerait d’effriter celui-ci, d’agrandir le trou. On visse donc dans le fond, à l’endroit voulu, un carré de bois ou de métal dans lequel est ménagée à l’avance l'ouverture destinée à laisser pénétrer le robinet. Pour le trou de bonde, on visse de même
- une bonde métallique à bague très solide.
- Le tonneau est donc fabriqué, et l’élasticité même de sa matière première lui assure une homogénéité très grande. Pour le parachever, on en enduit l’intérieur d’un vernis approprié, analogue à celui qui sert pour les fûts à bière, enduit qui empêche le contenu de venir en contact direct avec le liège. Au surplus, avant montage, les douelles ont été trempées dans de la paraffine bouillante, ce qui tue les moisissures qui pourraient donner le goût caractéristique dit « de bouchon ».
- Ces fûts en liège ne pèsent que le tiers des fûts en bois, et par suite il en résulte une économie de transport et une facilité plus grande de main-d’œuvre; ajoutons étanchéité parfaite et diminution de réchauffement des liquides, des vins, par exemple, qui circulent dans des pays chauds, ou, pendant la saison d’été, sur des wagons découverts.Au point de vue de l’élévation de température, on a fait des expériences comparatives des plus concluantes entre des tonneaux de liège et des tonneaux de bois contenant de l’eau; enfin, par suite même de leur élasticité si grande, les fûts en liège craignent assez peu les chocs pendant les manutentions. Cette invention semble venir d’autant plus à propos que le bois mer-rain pour les futailles a subi une hausse importante, et que;-au contraire, les lièges ne se vendent plus qu’assez difficilement. Daniel Bellet.
- Le Gérant : P. Massos.
- Paris.Imprimerie i.Aiitm:,. rue <!q fleurus,,*.).
- Vue extérieure et coupe partielle d’un tonneau en liège.
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- N° 1550. — 21 MARS 1903.
- LA NAT U RK.
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- Fig. 1. — Bouclie-à-i'eu Vickers-Maxim démontée.
- La maison anglaise Vickers-Maxim a mis récemment au jour un canon démontable de 12 livres pour les débarquements et le service de montagne. 31e annce. — Ie1' semestre.
- La caractéristique de ce nouvel engin consiste à être composé par un tube extra-léger renforcé antérieurement par une longue frette et postérieurement
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- LA NATURE.
- par un frettage en fil d’acier ; et, comme un canon aussi léger pourrait avoir sur l’aflut des réactions trop violentes, on l’a muni d’une jaquette destinée à diminuer la vitesse du recul. Par ce procédé, les ingénieurs anglais ont réussi à composer une pièce, formée de deux morceaux dont les poids sont aussi réduits que possible et pouvant tirer un projectile de 5ks,670 à la vitesse de 458 mètres par seconde. C’est évidemment un progrès considérable dans la puissance, puisque le canon similaire de 80 de montagne de l’artillerie française lance un obus de 0ke,300, mais seulement avec la vitesse de 249 mètres. Même, c’est à peine si les canons de campagne allemand et français, de 96 et de 80, accusent une certaine supériorité balistique, puisque le premier tire un projectile de 6ke,800 à la vitesse de 465 mètres par seconde et le second un obus de 6ks,500 à la vitesse de 490 mètres par seconde.
- Le canon démontable Vickers-Maxim se compose de trois parties : le tube, la jaquette et le mécanisme de culasse. Le tube est formé des plusieurs parties énumérées plus haut : tube intérieur, longue frette antérieure, frettage postérieur en fil d’acier que recouvre un tube de faible épaisseur. La jaquette porte les tourillons et les oreilles de charnière de la culasse; elle présente, intérieurement et en avant, un ressaut sur lequel le tube doit prendre appui.
- Pour monter le canon, on introduit le tube dans la jaquette par l’arrière jusqu’à ce que le contact se fasse sur le ressaut ; on visse alors à l’arrière de la jaquette un écrou destiné à maintenir les deux pièces en contact absolu et hermétique. C’est dans cet écrou, qui présente un vide intérieur fileté, que la vis de culasse devra s’engager pour produire la fermeture de la pièce. Le démontage de la bouche-à-feu se fera par des moyens inverses : on retirera d’abord la vis de culasse ; on dévissera ensuite l’écrou de fermeture et le tube pourra alors être retiré de l’intérieur de la jaquette maintenue immobile.
- La fermeture de culasse est à vis du système Welin, c’est-à-dire composée de six secteurs, deux lisses et quatre filetés, ceux-ci de diamètres différents et disposés en gradin. Un seul mouvement horizontal du levier opère le sixième de tour nécessaire pour mettre la vis en liberté et fait tourner le mécanisme autour de la charnière du volet. L’obturateur est plastique, du système de Bange et s’étend au delà du joint de l’écrou avec le tube; ce joint est ainsi soustrait à l’action des gaz de la poudre, ce qui constitue une supériorité précieuse sur les autres canons démontables qui n’ont aucun cet avantage.
- La mise de feu est à percussion et à système de sûreté, de façon que l'inflammation de la charge ne puisse avoir lieu que lorsque la culasse est complètement fermée. L’affût est métallique et constitué par deux flasques reliés par des entretoiscs. La vis de pointage et l’essieu sont démontables. Un enrayage à corde, prenant appui sur la partie inférieure de la jante et sur la crosse, permet de limiter
- le recul. L’affût s’accroche à un avant-train portant deux caisses à munitions qui contiennent chacune douze charges et douze projectiles.
- Le canon démontable peut être transporté de deux façons, soit à bras d’hommes pour les débarquements, soit à dos de mulets pour le service de montagne. Pour le transport à bras d'hommes, il y a sept chargements exigeant deux hommes chacun. Ce sont les suivants : 1, tube du canon; 2, jaquette et écrou de culasse; 5, affût; 4, mécanisme de culasse, vis de pointage, cordes de frein, écouvillon, levier de pointage, etc.; 5, essieu d’affût; 6, roues d’affût; 7, caisse à munition. Le poids total à transporter est d’environ 547 kg et les divers chargements varient entre 55 et lüO kg.
- Le transport à dos de mulets comporte cinq chargements ainsi composés : 1, tuhe du canon et outils, 2, jaquette, écrou, mécanisme de culasse, vis de pointage et écouvillon; 5, affût, outils de rechange, levier de pointage; 4, essieu, roues et cordes; 5, caisse à munitions. En tenant compte des poids des bâts, harnais et brides, le poids total à transporter est de 684 kg ; le poids de chaque chargement varie entre 422 et 154 kg.
- Ces poids sont un peu excessifs aussi bien pour les hommes que pour les mulets, surtout si l’on considère que la pièce est destinée à être employée au service des Colonies. Une autre critique à adresser à la nouvelle bouche-à-feu, si remarquable cependant à tant de titres, c’est qu’elle n’est pas à tir rapide. C’est là un grand désavantage qui pourrait bien limiter sa carrière ; le tir rapide parait, en effet, devoir être employé à l’avenir de la façon la plus exclusive et toute bouche-à-feu ne possédant pas cette qualité, est, semble-t-il, appelée à disparaître dans un temps relativement rapproché.
- Ll- colonel Delauney.
- IA MALADIE DU CHATAIGNIER
- Depuis une trentaine d’années, les châtaigniers, qui sont l’unique ressource de certaines régions de la France, sont attaqués par une maladie, dont les progrès sont chaque jour plus sensibles, et qui est due à un champignon oomycète nouveau. M. L. Mangin, qui l’a étudié, lui a donné le nom de Mijcelophagtis Castaneæ. C’est aux racines qu’il s’attaque, en commençant par les plus ténues : quand les plus grosses sont nécrosées à leur tour, l’arbre périt. Jusqu’ici on n’a pu trouver un remède efficace contre ce fléau : le sulfure de carbone, qui, dans certains cas, donne de bons résultats, est d’un prix trop élevé pour devenir d’un usage courant. Le seul remède est d’arracher les arbres attaqués. On peut ainsi circonscrire un fléau qui menace de détruire complètement les chàteigneraies, si les moyens les plus énergiques ne sont pas employés pour le combattre. Notons que 10000 hectares sont déjà atteints et que les départements les plus ‘éprouvés sont : l’Ardèche, le Gard, les Hautes-Pyrénées et les Basses-Pyrénées, le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine, la Haute-Vienne.
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- LÀ NATURE.
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- POUR BOUCLER LA BOUCLE
- On a publié ici récemment1 sous le titre « Bicyclette et force centrifuge », un article illustré d’une gravure qui donnait une parfaite idée de cet audacieux exercice acrobatique appelé en anglais « looping the loop », littéralement « bouclant la boucle » et dans lequel un cycliste parcourt à toute vitesse une piste inclinée formant à l’extrémité une boucle qui l’amène à rouler un instant la tête en bas, maintenu seulement à la piste par la force centrifuge. Cet exercice a passé le détroit et on peut le voir exécuter tous les soirs à Paris où il a la vogue en ce moment.
- Comme bien d’autres exercices acrobatiques, ce n’est en effet qu’une application impressionnante des lois de la mécanique. On s’est demandé comment la force centrifuge pouvait ainsi maintenir le cycliste la tête en bas. Considérons le schéma ci-contre, qui pourrait être une vue de profil de la piste. L’homme, monté sur une bicyclette renforcée — nous verrons tout à l’heure pourquoi — s’élance de A et descend le plan incliné AB, ce qui lui donne une, vitesse suffisante pour franchir la boucle BCDB de 7 mètres de hauteur et sortir en E.
- Remarquons d’abord que le trajet réellement parcouru par le centre de gravité (placé à environ 1 m,20 du sol), seul intéressant au point de vue mécanique, est celui représenté par la ligne ponctuée et comporte une boucle de 4m,60 seulement d’élévation. Pour montrer que dans la boucle l’homme peut rester suspendu en l’air sans tomber, il suffit de connaître à quelles forces il est soumis à ce moment. Ce sont évidemment son poids et la force centrifuge, dont il est facile d’obtenir une valeur approximative si l’on détermine la vitesse du centre de gravité.
- Comme la résistance de l’air n’est nullement négligeable à la vitesse réalisée, nous en tiendrons compte et nous déterminerons successivement la vitesse en B' et en haut au point opposé sur la ligne ponctuée, au-dessous de D.
- L’homme pesant 70 kg et sa machine 52 kg, nous prendrons 100 kg pour valeur du poids total P et nous négligerons l’influence des frottements.
- Il suffit alors d’exprimer algébriquement que le travail produit par la pesanteur (l’homme ne pédale pas) sur le trajet AB = L est totalement employé à donner à l’ensemble, homme et machine, sa vitesse et à vaincre la résistance de l’air. Donner de la vitesse à un corps, c’est dépenser un travail égal à la demi-force vive communi-P V2
- quée, c’est donc si 9>81 est l'intensité de la
- pesanteur à Paris. Quant à la résistance de l’air, son travail est, si nous admettons avec Bourlet que l’homme
- équivaut à un plan de 1/4 mètre carré, X -jj-xL,
- L étant la longueur du trajet AB. La hauteur de chute du poids P est H, le travail produit est donc PJi et nous P ^ V* 0 07 V2L
- avons : PU=âx9^ï + -Txï~ Si n0US rempla‘ çons P par 100, H par 14 et L par 54 nous pouvons en tirer V = 16m,10 par seconde, soit 58 km à l’heure.
- Il aurait été plus exact de faire entrer dans le calcul la faihle vitesse initiale que se donne le cycliste en À, mais nous la négligeons pour compenser approximativement l’erreur introduite en ne tenant pas compte de la force vive de rotation que possède l’ensemble, homme et machine, dans la boucle, force vive due à ce qu’ils accomplissent à ce moment un tour complet autour de leur
- 1 Yoy. n° 1551, du 14 février 1905. p. 176 et n‘ 1552, du 21 février 1903, p. 191.
- centre de gravité commun. Ces deux points négligés, un calcul analogue à celui fait précédemment nous donne pour vitesse en haut au point opposé à B' sur la ligne ponctuée, 15 mètres par seconde, soit 4Gkm,800 à l’heure.
- P V2
- La force centrifuge a pour valeur générale : F= - —• Ici V = 15» et R, rayon de la courbe, = 2m,50. On a donc
- F = 750 kg. Si nous en retranchons le poids, il reste une force réelle de 050 kg qui applique l’homme et sa machine sur la piste, si bien que loin d’être exposé à tomber, le cycliste tend plutôt à écraser sa machine qui doit être très résistante (c’est pourquoi elle pèse 52 kg). La grosse difficulté n’est donc pas, comme il parait, de ne pas tomber, mais plutôt de se bien diriger, difficulté qui est particulièrement grande à la fin, quand l’homme sort de la boucle. A ce moment, en effet, la force vive de rotation dont nous négligions l’effet dans le calcul, tend à lui faire continuer son mouvement autour de son centre de gravité et soulève sa roue directrice.
- Quant à la durée totale du voyage, on peut la déterminer approximativement — sauf la cause d’erreur due à la vitesse initiale, — puisque le trajet comprend une pente de 54 mètres parcourue à une vitesse variant de
- A'
- 6° \
- AB = J4 n:
- Schéma du « Looping lhe loop »,
- 0 à 10m,10 par seconde et une boucle de 4ra,60 de diamètre (pour le centre de gravité bien entendu) sur laquelle la vitesse est de 16m,10 en bas et de 15 mètres en haut.
- On trouve 5 secondes environ, ce qui est précisément le temps qu’on a pu chronométrer. Léo Robida,
- Ingénieur des Arts et Manufactures.
- UN PARASITE DES MANDARINES
- Le commerce des mandarines a pris de nos jours une importance que justifient pleinement d’ailleurs les qualités diverses de cet excellent fruit. Sa forme est élégante, son odeur agréable, son goût excellent, sa couleur jolie. Aussi la culture du Mandarinier (Citrus aurantium nobile ou Citrus madurensis) a-t-elle subi un grand développement, surtout dans la région méditerranéenne. Sa patrie d’origine semble être la Cochinchine et quelques provinces méridionales de la Chine. Le fruit est connu depuis longtemps des îles de la Sonde et, d’après quelques auteurs, aurait été introduit de Madura, au nord de l’ile de Java, à Palerme, il y a une cinquantaine d’années. Mais en développant sa culture on a, comme
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- LA N AT U HE.
- cela se produit d’ordinaire, favorisé le développement de ses parasites. Aussi n’est-il pas rare de voir des mandarines portant de nombreuses taches noires allongées, quelquefois fort nombreuses, ce qui les déprécie souvent aux yeux de l’acheteur, malgré les affirmations du marchand qui, questionné à ce sujet, répond avec assurance : c’est de la vraie Blidali, c’est la meilleure; et de là à vous conseiller de choisir les plus tachées, il n’y a qu’un pas, bien vite franchi d’ailleurs. La vérité est que ces taches s’observent sur des mandarines de toutes provenances, ainsi que sur les oranges ordinaires, les citrons, et qu’on les a tout d’abord observées sur les jujubes.
- Quelle en est la nature? Un simple examen à la loupe va nous le dire et nous montrer qu’elles sont constituées par la carapace d’un insecte de la famille des cochenilles ; soulevons avec une pointe d’aiguille cette petite plaque noire et, au-dessous, nous trouvons' l’insecte vivant ou desséché, suivant les diverses circonstances.
- II. Lucas lui donna en 1853 le nom àeParlato-ria zizyphi, dédiant le genre à Parlatore, un naturaliste italien, et prenant comme nom spécifique celui de la plante sur laquelle il l’observa à cette époque, le jujubier.
- Boisduval,en 1867, décrivit cette même cochenille, ignorant sans doute la première description de Lucas, et la nomma Cherniés Aurantii, ce qui nous indique qu’il l’avait trouvée sur l’Oranger, et enfin, en 1868, Targioni la fit connaître de son côté et l’appela Cher m'es Lucasi.
- L’équité veut que nous adoptions la première détermination, celle que nous devons à Lucas.
- La famille des cochenilles à laquelle appartient le Parlatoria zizyphi est formée d’insectes anormaux de l’ordre des Hémiptères. Leur étude est des plus curieuses. Dans le jeune âge, les deux sexes se ressemblent. Ce sont des larves ayant un peu la forme de minuscules cloportes, très agiles, mais qui bientôt se fixent en enfonçant leur rostre dans les tissus de la plante qui les nourrit et dont elles sucent la sève. Bientôt il se produit une différenciation entre les deux sexes. À la deuxième mue, les pattes et les antennes disparaissent chez la larve de la femelle, qui devient un véritable sac à œufs. Après la ponte, la mère meurt et son corps desséché forme un abri protecteur pour les œufs et les jeunes qu’il recouvre. La larve du mâle, de son côté, ne tarde pas à se changer en pupe, et bientôt il en sort un in-
- secte semblable à une très petite mouche, ayant le corps grêle, les antennes fines et longues, les ailes supérieures bien développées, les inférieures, au contraire, restant rudimentaires, réduites à l’état de balanciers. Le corps se termine par des filets longs et déliés. Chez ce mâle, les organes de succion ont disparu : il ne doit plus vivre que pour la reproduction. Signoret, dans un important travail, divise les cochenilles en plusieurs sections et place notre parasite dans la première, celle des Diaspules, composée d’espèces recouvertes d’une pellicule appelée bouclier formé par les mues successives de la larve et par une sécrétion cireuse, le tout constituant un appendice indépendant du corps. Plusieurs genres forment cette section. Celui des Parlatoria est caractérisé par un bouclier long et étroit avec les dépouilles des mues de forme ovalaire. Le segment anal de la femelle est crénelé avec des écailles squameuses dans les échancrures circulaires.
- Chez le Parlatoria zizyphi, le bouclier femelle mesure un millimètre et demi. La dépouille de la première mue est trica-rénée, petite, entourée de sécrétion ; celle de la deuxième mue est plus grande, également carénée et entourée de matière cireuse blanche. La femelle adulte est large, arrondie en demi-cercle. Son segment anal demi-circulaire présente quatre groupes de filières; ses bords sont échancrés avec des écailles ou squamules en dents de scie.
- Le mâle très petit, d’un jaune rougeâtre, est allongé ; son stylet atteint la longueur du corps. Sa tête est échancrée en avant, ses yeux gros, ses antennes longues, les ailes blanchâtres, les pattes jaunes rougeâtres. Le bouclier sous lequel s’abrite la larve du mâle est entièrement blanc.
- Quoique commune, nous ne pensons pas que cette cochenille puisse être considérée comme très nuisible d’une manière générale. Elle l’est moins en tout cas que certaines autres qui vivent également sur les orangers et couvrent les plantes d’une substance visqueuse et sucrée, sorte de miellat, qui favorise au plus haut degré le développement de la fumagine ou morphée. Il est probable d’ailleurs que dans la culture on se débarrasserait facilement du Parlatoria zizyphi par les moyens employés pour détruire les autres cochenilles. Nous n’avons pas l’intention d’aborder ce sujet ici ; notre but était simplement de faire connaître la nature de ces
- Fig. 1. — A. Femelle de Parlatoria xhyphi, 1res grossie, vue en dessous. — B. Coque de la femelle, très grossie, montrant les dépouilles des mues et la matière céreuse blanche. — C. Tète du mâle, vue en dessous, très grossie. — D. Patte antérieure du mâle, très grossie.
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- petites taches noires que chacun peut observer sur les mandarines et les oranges. Les fruits les plus atteints ne sont sans doute pas, comme l’affirment les marchands, les meilleurs; mais la présence du parasite ne semble pas avoir d’influence sensible sur leur qualité au moins quand leur nombre n’est pas très considérable.
- Pourtant les parlatoria peuvent parfois devenir des plus nuisibles quand elles trouvent des conditions favorables et qu’on les laisse librement se développer : tel est l’avis de M. Rivière, le très sympathique directeur du jardin du Hamma à Alger-Mustapha qui, consulté à ce sujet, nous adresse les lignes qui suivent : « C’est une cochenille des plus redoutables
- pour le genre citrus, notamment pour les races comeslibles; elle envahit par couches épaisses, souvent superposées, feuilles, fruits et brindilles ; l’arbre ne tarde pas à périr, s’il n’est rajeuni par le rabattage sur vieux bois. Les fruits sont parsemés de coques noires qui le déprécient; elles sont très tenaces. L’invasion est tellement généralisée que les autres parasites ne trouvent plus aucun moyen d’existence, et l’on voit ainsi disparaître toutes les autres coccidées : Lecanium, Aspidiotva, Dactylopim, etc. Les Parlatoria ne s’attaquent pas à toutes les aurantiacées.
- « Dans les localités aérées, élevées, où le froid est marqué, cette espèce est moins développée; cepen-
- dant ces rigueurs atmosphériques ne sont pas suffisantes pour entraver l’extension des cochenilles diverses qui ont, par moment, des poussées d’invà-sion fort préjudiciables. » A.-L. Ceémext.
- L’ÉLECTROCULTURE
- Pans toutes les industries où l'électricité a pénétré, elle a procuré des avantages et fait réaliser des économies.
- Or, judicieusement employée, l’électricité exerce sur la végétation des effets indirects ou directs les plus favorables et aussi les plus inattendus.
- Les effets indirects sont produits par l’arc voltaïque. Us furent remarqués pour la première fois en 1861 par Ilervé-Mangon ; puis confirmés successivement par Pril-lieux, par C. Siemens qui reconnut la nécessité d’interposer une lame de verre, par Scheraier et par L.-Il. Bailey
- qui constatèrent la précocité de la fructification chez les plantes soumises à l’action de l’arc voltaïque ainsi que l’influence curieuse de ce dernier sur la couleur de certains fruits et de certaines fleurs. En 1891, M. Couchet remarqua la persistance du feuillage des platanes exposés aux rayons électriques sur les promenades de Genève. Enfin, en 1892, M. Bonnier fit des expériences méthodiques sur les'plantes ligneuses et herbacées et tira les conclusions que voici : D’abord, la lumière électrique directe est nuisible au développement normal des tissus par les rayons ultra-violets qui la différencient de la lumière solaire. Or, ces rayons s’éliminent sans peine par l’interposition d’une paroi de verre. Cette précaution prise, M. Bonnier a constaté, chez les plantes ligneuses, une modification de structure considérable dans le cas d’influence continue et prolongée; une structure presque normale, dans le cas d’influence discontinue. Les mêmes effets se manifestent à peu près chez les plantes her-
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- bacées. L’application de la lumière continue y provoque un grand développement, un verdissement intense et une structure d’abord très différenciée, mais qui, après quelques mois, malgré de remarquables modifications de tissus, l’est beaucoup moins tout en étant riche en chlorophylle. La culture électrique est entrée dans le domaine pratique dans certaines fermes américaines. On y a constaté que la croissance était beaucoup plus rapide et les produits obtenus considérablement plus grands et plus abondants (pie par la culture ordinaire.
- L’effet de l’électricité peut, d’autre part, être direct par l’électrisation du sol ou de la plante. Il se manifeste habituellement par la germination plus hâtive des graines, par l’amélioration de la qualité des fruits, par l’accroissement du rendement, accroissement qui peut atteindre le double de la production normale ordinaire.
- Le procédé et l’idée de l’appliquer ne sont guère nouveaux, quoique peu employés, puisqu’il y a près de 150 ans que l’abbé Bertholon, qui plaça les premiers paratonnerres, eut l’idée d’utiliser pour l’agriculture les effets de ceux-ci ; il inventa même un électro-végé-tomètre dans le but d’appliquer cette conception.
- Pour produire les effets qui nous occupent, divers pro-
- Dispositif pour électroculture.
- cédés ont été imaginés suivant qu’il s’agit de mettre à profit le courant ou la décharge électrique. L’un des appareils qui a été fréquemment appliqué est le géo-magnétifère. 11 se compose d’une perche portant à son sommet un balai métallique. Un fil de fer relie ce balai au sol et s’y ramifie en un grand nombre de fils distants de deux mètres et enterrés à 15 ou 20 centimètres de profondeur. L’électricité est ainsi soutirée à l’atmosphère et répandue dans le sol. Les expériences faites au moyen de cet appareil ont donné de très heureux résultats.
- Un autre système des plus simples consiste à enterrer dans le champ des plaques de zinc et de cuivre reliées entre elles par des fils isolés, ainsi que le montre la figure.
- On peut, enfin, faire usage des machines à produire l’électricité statique, comme l’a fait le professeur russe Selim Lemstrôm qui s’est livré à de nombreuses expériences comparatives pour déterminer quelle était la nature exacte des effets produits par l’électricité sur les végétaux. De ces expériences, il a conclu que l’électricité « produisait une augmentation de l’énergie à laquelle est due la circulation de la sève ». Il constata, en outre, que « plus le terrain est fertile et plus les plantes qui s’y trouvent sont vigoureuses, plus aussi le traitement par l'électricité contribue à augmenter le rendement ». A titre d’exemple, voici les résultats d’expériences faites sur des’ pommes de terre et des betteraves : Betteraves,
- excédent 107,2 pour 100; pommes de terre, excédent 76,2 pour 100, résultat très appréciable.
- 11 constata également que l’électricité accélère grandement la maturation des fruits, baies, racines, etc., et augmente leur teneur en sucre. Ainsi, cette dernière augmentation s’établit par l’analyse des betteraves donnant un excédent de 15 pour 100 environ. En général, M. Lemstrôm estime à 45 pour 100 la proportion dans laquelle le développement des plantes soumises à l’expérimentation s’est réellement accru. Cette proportion est, du reste, d’autant plus élevée que le sol est mieux labouré et amendé. Dans les terrains maigres, elle est si minime qu’elle ne se manifeste plus d’une manière sensible. Toutefois, certaines plantes ne peuvent supporter le traitement à l’électricité si on ne les arrose pas; dans le cas contraire, leur surproduction atteint un chiffre très élevé. A cette catégorie appartiennent entre autres les pois, les carottes et les choux. M. Lemstrôm a enfin remarqué que le traitement est nuisible à toutes les plantes lors des fortes chaleurs solaires. Il doit alors être interrompu au moins pendant une partie de la journée.
- Mais pourquoi, nous dira-t-on, l’électroculture n’est-elle pas universellement adoptée si ses résultats sont si heureux? C’est qu’il en est d’elle comme de toutes les inventions ou- de toutes les applications nouvelles. Elles passent par trois phases : la conception, l’expérimentation, l’application. L’électroculture est sortie de la deuxième période et entre dans la troisième. On a reconnu qu’elle est avantageuse ; reste à déterminer, pour que son emploi se généralise, les frais qu’elle occasionne et les bénéfices qu’elle rapporte, autrement dit quel est le moyen de la réaliser le meilleur et le plus économique.
- E. Gu arini.
- MINERVE (HÉRAULT)
- Jusqu’à présent, c’est en nombre assez restreint que les touristes ont pu constater que Minerve est un des plus curieux sites de la France, car l’accès en demande beaucoup de temps, plusieurs heures de voiture la séparant des stations de chemins de fer les plus rapprochées — Saint-Pons, Saint-Chinian, Bize, — situées elles-mêmes sur des lignes secondaires, où les express demeurent inconnus et les correspondances peu fréquentes.
- Ainsi perdue dans le coin le plus reculé du département de l’Hérault, Minerve, actuellement pauvre village de deux ou trois cents vignerons, doit une glorieuse notoriété historique à sa situation topographique : au confluent de la Cesse et de son affluent le Brian, un promontoire effilé la porte sur des falaises à pic qui l’isolent de trois côtés ; le quatrième, étroit pédoncule, véritable isthme de quelques mètres de largeur, pouvait être aisément défendu par une tour unique, dont un seul pan reste debout, obélisque hardiment perché sur l’encorbellement d’un rocher ; l’homme n’eut que quelques tourelles, courtines et poternes à ajouter aux fortifications naturelles du calcaire, pour faire de Minerve une inexpugnable citadelle ; aussi les annalistes ont-ils longuement relaté les luttes homériques qui se perpétrèrent à Minerve aux temps de la guerre des Albigeois. Simon de Montfort n’en vint à bout qu’après treize mois d’un
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- siège acharné. Ce qui subsiste de remparts ruinés, autour et parmi les masures de la petite cité tant déchue, atteste suffisamment quelle importance militaire elle sut avoir au moyen âge.
- Mais l’œuvre de la nature et particulièrement celle des eaux doivent ici forcer l’attention, parce qu’elles ont fait du site de Minerve une réelle merveille géologique et hydrologique, d’une telle complication d’ailleurs qu’il est impossible d’en comprendre les dispositions d’après les insuffisantes et confuses descriptions qui en ont été données jusqu’ici, et qui ne m’avaient, permis dans mes Abîmes (1894, p. 150) qu’une très sommaire mention. Je vais essayer d’expliquer cet étrange ensemble, grâce aux observations que j’ai pu faire sur place, au printemps dernier, et surtout à l’aide des figures et photographies ci-contre reproduites.
- Jadis, la rivière de la Cesse, sans doute à l’époque pliocène, coulait entièrement à l’air libre, contournant, en amont de Minerve, deux promontoires, le premier sur sa rive gauche, le second sur sa rive droite, autour desquels elle décrivait la figure d’un S, vers l’altitude de 210 à 205 mètres (Minerve même étant comprise entre 255 et 220 mètres) ; deux portions de cet ancien thalweg sont restées aussi nettement visibles que possible, l’une tout autour du premier promontoire, l’autre vers l’extrémité du deuxième promontoire; ce fut là le premier lit (du moins depuis la fin de l’époque tertiaire, car on retrouverait sans doute aisément les traces d’autres thalwegs plus anciens, sur la surface plus élevée des plateaux calcaires voisins, ou causses du Minervois) de la Cesse; aujourd'hui, il est complètement transformé en champs cultivés et jamais plus les eaux courantes n’y atteignent. Mais cette ancienne Cesse, à force de battre les murailles des promontoires, qui lui imposaient deux longs méandres, a fini par y rencontrer des fêlures ou lézardes, car ces falaises sont de calcaire nummulitique éocène (lutétien inférieur et yprésien, reposant sur les schistes et calcaires primaires cambriens de la Montagne Noire, avec une remarquable lacune de toute la série secondaire) et, par conséquent, toutes crevassées de diaclases et de joints de stratification : aussi les flots de la rivière, alors beaucoup plus puissante que maintenant, minèrent les promontoires au moyen de cavernes, par leurs procédés usuels d’érosion, de corrosion et de pression hydrostatique. Ainsi le thalweg se corrigea, devint à peu prés rectiligne et abandonna progres-
- sivement les méandres, en s’abaissant d’environ 15 mètres par simple capture souterraine due au crevassement des calcaires ; actuellement, ce deuxième lit de la Cesse se compose :
- 1° D’un premier tunnel (dit petit pont naturel) perçant, à l’altitude de 195 mètres, le premier promontoire sur 120 mètres environ de longueur, large de 10 à 25 mètres, et haut de 15 à 20 mètres à chacune de ses extrémités (entrée d’amont et sortie d’aval) et de 5m,50 seulement en son milieu, disposition qui lui donna donc, pendant la période de son creusement, et avant que le lit de la Cesse y eut atteint son profil d’équilibre, la disposition d’un vase communicant ou siphon renversé; 2° d’une portion de cours extérieur, établi dans la partie
- moyenne de l’S, entre les deux promontoires, dans l’axe même du premier lit, mais à une quinzaine de mètres plus bas, c’est-à-dire de 190 à 195 mètres d’altitude et sur une longueur d’environ 250 mètres ; 5° d’un grand tunnel (dit grand pont naturel) long d’environ 250 mètres, atteignant jusqu’à 40 mètres de largeur et grandiose-ment ouvert en amont (altitude : 190 mètres) par un majestueux porche de 50 mètres de hauteur, dont la voûte s’abaisse progressivement jusqu’à n’avoir plus que 5 à 4 mètres de hauteur à son orifice d’aval (altitude : 185 mètres). Ce tunnel laisse sur sa rive gauche, et toujours 15 mètres plus haut, le second méandre du premier lit qui vient se raccorder, sous les murs mêmes de Minerve, avec le thalweg approfondi à la sortie du grand pont naturel : c’est là le deuxième lit de la Cesse; son ancienneté est prouvée par trois faits : d’abord les énormes di-
- Coupe longitudinal
- ^mERVE
- Fig. 1. — l‘lan et coupes schématiques des anciens lits et tunnels naturels de la Cesse à Minerve (Hérault).
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- LA NATURE.
- mcnsions des tunnels, qui constituent un des plus beaux et colossaux phénomènes de cavernes que je connaisse (on peut les traverser Lun et l’autre sans lumière), et qui, à eux seuls, valent le voyage à Minerve ; ce ne sont pas les courants de notre époque
- Fi”. 2. — Minerve. Vue du plateau. Isthme.
- Filtre la Cesse et le Brian.
- pourquoi je suppose un âge encore plus reculé (pliocène, sans doute) au lit supérieur qui les a précédés
- Figr. I. — Minerve.XPoterne sur la Cesse.
- Minerve jusqu’il l’entrée supérieure du grand pont naturel, s’est creusé à même le deuxième méandre, mais à contresens de l’ancien écoulement, par conséquent longtemps après l’assèchement du méandre et quand le fonctionnement du deuxième lit était déjà assuré; enfin, l’allure actuelle de ce deuxième lit lui-même qui, pendant presque toute l’année, est
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- qui ont pu perforer ces surprenantes galeries et élargir d’aussi amples couloirs, dépassant en imposant eflet tout ce que l’on peut imaginer ; les grands ruissellements quaternaires tout au moins ont dû s’employer à ces perforations gigantesques, et c'est
- Fi". 5. — Minerve. Isthme.
- Côté de la Cesse.
- et qu’ils ont peu à peu soutire et mis à sec ; ensuite le petit lit de ruisselet qui, du pied amont de
- Fig. 5. — Minerve. Intérieur du petit pont naturel. Sortie aval.
- complètement à sec à son tour. En effet, c’est seulement après les grands orages, les chutes de pluies exceptionnelles que la Cesse traverse les deux tunnels : la plupart du temps elle est déjà confinée dans un troisième lit, qui commence par des pertes impénétrables, des fentes de son cours supérieur, au moulin de la Coquille, à A kilomètres en amont du premier
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- pont naturel et qui est le ment souterrain, de sa curieuse évolution.
- Ainsi la Cesse, à Minerve, nous montre Lien un des meilleurs et plus topi({lies exemples connus de cet enfouissement méthodique et inéluctable des rivières dans les terrains calcaires, et du dessèchement lent mai s assuré des régions formées de ces terrains, ce phénomène si inquiétant pour les altérés de l’avenir,
- troisième stade, entière-
- temps, attiré l’attention (Voir mes Abîmes, 1894,
- passim ; la Spéléologie, 1900; C. R. Ac. des sc., janv. 1902, etc.). Sans parler, comme je l’ai dit plus haut, d’un éventuel ruissellement miocène, dont je n’ai pas eu le loisir de rechercher les témoins, la Cesse, à Minerve, nous fournit les preuves matérielles et indiscutables des trois phases suivantes : cours pliocène entière-
- Fig. 6. — Grand pont naturel. Entrée amont. 1 . , , .
- ment exteneur,
- et sur lequel j'ai, depuis long- | cours quaternaire en partie souterrain, cours actuel
- Fig. 7. — Minerve. Amont. Côté de la Cesse.
- Fig. 8 — Minerve. Confluent de la Cesse et du Brian. (Photographies de l’auteur.)
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- entièrement souterrain. En ce moment, MM. Eugène Ferrasse, Adrien Gazel, L. Mathieux, R. Bouhoure, C. Caiïbrt, etc., qui ont déjà effectué de curieuses découvertes dans les autres grottes et abîmes des causses de Minerve1, s’occupent de rechercher les couloirs où circule la Cesse engloutie : cette année même ils ont pu en trouver quelques portions et la suite de leurs investigations promet d’être fructueuse.
- A quelques décamètres en aval de la sortie du Grand Pont naturel, la Cesse reçoit, sur sa rive gauche, le Brian, par 180 mètres environ d’altitude; les maisons de Minerve dominent le confluent de 40 à 50 mètres, encorbellées de peu rassurante manière au sommet des surplombantes falaises, que les anciens niveaux des deux rivières ont creusées de longues rainures horizontales : ici encore ces traces de l’érosion attestent bien les déplacements des thalwegs en profondeur.
- En suivant la rive gauche du Brian le long d’une large corniche de calcaire demeurée en saillie, et dont le pendage naturel a fait un bon chemin en plan incliné remontant doucement d’aval en amont, on jouit d’un coup d’œil d’un pittoresque achevé sur Minerve même et sur le canon du Brian; ici point de cavernes ni de ponts naturels, mais un torrentelet, rarement privé d’eau et bondissant en cascatelle de strate en strate au fond d'un étroit canon, à l’allure grandissant de plus en plus : le tableau n’est pas moins étrange que du côté de la Cesse. La vue la plus saisissante est d’ailleurs à l’isthme même, sur l’étroit pédoncule que défendait la grande tour et d’oii la vue plonge à pic de plus de 50 mètres dans l’une et l’autre rivière.
- A peine a-t-il abordé le lit caillouteux de la Cesse que le Brian, d’ordinaire, s’y évanouit, absorbé par les fissures du sous-sol, par cette capture souterraine du troisième lit rappelant la perte de la Jonte dans la Lozère, celles que M. Mazauric a reconnues au Chassezac (Ardèche) et aux Gardons (Gard), celles que catalogue en ce moment M. Fournier dans le Jura, etc., etc., et surtout la disparition totale (la plus curieuse de toutes) du Danube (à Immendingen, duché de Bade) que je compte prochainement décrire dans ce journal. Plusieurs kilomètres encore, la Cesse reste généralement à sec dans un canon de 50 à 50 mètres de profondeur, fort pittoresque aussi, montrant (ainsi d’ailleurs que les ravins à sec qui y convergent) les traces de deux ou trois lits successifs, d’autant moins larges qu’ils devenaient plus profonds. C’est seulement à partir de la Caunette (150 mètres d’altitude) que la rivière commence à revoir le jour, hors des cailloux et des joints de strates découverts, en diverses places qui s’échelonnent d’aval en amont selon l’abondance des eaux. 11 y a donc environ 45 mètres de différence de niveau depuis l’entrée amont du premier pont naturel jusqu’aux réapparitions de la Caunette.
- 1 Yoy. Eug. Ferrasse. Mémoires de la Société de Spéléologie n° 26, avril 1901 (avens du Bonis et de la Courounelle, grotte des Poteries, etc.).
- Quant aux pertes mêmes de la Cesse en amont du premier tunnel, je n’ai pas eu le temps d’en aller relever la cote ; un long détour par les plateaux, ou une pénible marche dans le lit desséché est nécessaire pour les atteindre; elles sont situées vers le moulin de la Coquille ou d’Aldène, non loin de cette fameuse grotte dite de Minerve (bien qu’elle soit très éloignée du village) qu’on nomme plutôt grotte de la Coquille, de Cesseras, de f auzan ou d’Aldène, — qui ne mesure pas moins de 1900 mètres de développement (d’après le plan dressé en 1885 par M. Bousquet), — qui a été jadis le lit de quelque affluent souterrain de la Cesse, et où M. Armand Gautier a constaté, en 1879, l’existence de ces curieux amas (objet d’une fructueuse exploitation récente qui lui a enlevé tout attrait touristique) de brushitc ou minervite (phosphate d’alumine), produits par une décomposition spéciale ou pseudomor-phose des ossements d’ours et autres animaux quaternaires accumulés en quantités extraordinaires1.
- Tel est à grands traits cette étonnante localité de Minerve, sur laquelle, à bref délai sans doute, MM. Ferrasse et Gazel ne manqueront pas de nous apprendre bien d’autres choses intéressantes.
- E.-A. Martel.
- *-><^>o-
- CARACTÉRISATION DES TINS DE SUCRE
- L’abaissement des droits sur les sucres, en mettant à bas prix le degré d’alcool, inquiète le monde viticole, qui redoute la production des vins artificiels. M. G. Curtel, directeur de l’Institut régional agronomique et œnologique de Bourgogne, a proposé de rechercher un moyen qui permît de reconnaître l’emploi du sucre en vinification, dès que les doses employées dépasseraient celles que l’usage a consacrées et que la loi tolère.
- Il lui a semblé qu’un procédé très simple consisterait à conserver dans le sucre ou à y introduire après purification, dans les proportions de 1 millième environ, le nitrate de potasse existant dans le suc de betterave. Ces proportions suffiraient à révéler le sucrage du moût, dès qu’il dépasserait les proportions de 5 à 5 kg environ par hectolitre, car le produit fait complètement défaut aux vins naturels et on ne le rencontre qu’exceptionnellement dans les vins largement mouillés à l’aide d’eaux de puits riches en nitrate. Il semble d’ailleurs que l’on puisse, sans inconvénient, englober vins de sucre et vins mouillés dans une même réprobation.
- Un millième de nitrate ou moins encore, selon la tolérance accordée au sucrage, n’augmenterait pas sensiblement la teneur du sucre en impuretés naturelles. D’ailleurs, le nitrate de potasse existe dans la betterave, comme dans beaucoup d’autres végétaux alimentaires. Sa présence dans le sucre ne constituerait donc pas une dénaturation du produit. De plus, il résiste aux agents ordinaires de la fermentation. Enfin la reconnaissance des nitrates est excessivement simple, à la portée des moins experts, et ne nécessite aucun appareil spécial d’analyse.
- Que les nitrates fassent défaut aux vins naturels, c’est
- 1 Yoy. Armand Gautier. Comptes rendus Académie des sc., 1er octobre et 23.mai 1895; Émile Rivière. Comptes rendus A. F. A. S., Limoges, 1890, p. 376, et Marseille. 1891.
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- un fait depuis longtemps connu. Mais il restait à rechercher si les organismes de la fermentation ne les utilisent pas comme tant d’autres substances azotées. Les avis, sur ce point, étaient assez partagés. Suivant Ad. Mayer, la levure serait incapable d’utiliser l’azote des nitrates. Duhrunfaut, au contraire, avait affirmé depuis que la levure les consommait. Enfin, d’après les expériences plus récentes de M. Laurent, leur utilisation serait assez douteuse, il y aurait tout au plus une légère réduction en nitrites et M. Duclaux conclut qu’il ne semble pas que la levure utilise de façon sensible les nitrates.
- Pour fixer ce point, tout au moins en ce qui concerne la valeur pratique du procédé dont il est question, M. G. Curtel a effectué les expériences suivantes :
- Elles ont porté : 1° sur 12 hectolitres de vendange vinifiée à la façon ordinaire: 2° sur une série de fermentations de moûts stérilisés et ensemencés de levures diverses ; 5° sur des vins faits, stérilisés et ensemencés des principaux organismes des maladies des vins. Vendange, moûts et vins étaient additionnés de nitrate de potasse et on recherchait, au bout d’un temps plus ou moins long, si ce corps avait ou non disparu. On employait, pour cela, le réactif bien connu des nitrates : le sulfate de diphé-nylamine dont l’emploi est très répandu.
- Dans les conditions où l’on opérait, ce réactif révélait sans difficulté, dans un vin rouge, la présence du nitrate, dès que la teneur était d’environ «50 à 40 milligrammes par litre. Avec les vins blancs ou peu colorés, la réaction est plus sensible qu’avec les vins très colorés.
- Sur une plaque de porcelaine minutieusement lavée à l’eau distillée, pour éliminer tous les nitrates, si communs dans les eaux ordinaires, on porte une large goutte d’acide sulfurique chimiquement pur. On fait tomber sur cette goutte quelques cristaux de diphénylamine. A l’aide d’un agitateur, on porte une goutte de vin au contact de l’acide sulfurique. Les deux liquides se pénètrent et la goutte de vin dessine, dans l’acide sulfurique, une sorte de panache, qui s’auréole de bleu, si le vin contient des nitrates. La réaction est d’autant plus rapide et la coloration plus intense, que la teneur en nitrates est plus élevée et le vin moins coloré.
- Les expériences ont été les suivantes : la première série fut faite à Arbois, aux dernières vendanges. Un foudre reçoit 12 hectolitres de vendange égrappée et additionnée de 80 grammes de nitrate de potasse. Elle est abandonnée à la fermentation naturelle, sans addition de levure cultivée. La coutume locale est de prolonger la cuvaison durant de longues semaines (deux à trois mois). Le vin, au moment où il venait d’être soutiré (21 décembre), donnait encore très nettement la réaction des nitrates avec son auréole caractéristique.
- La deuxième série d’expériences fut faite à l’aide de moûts de Camay rouge, stérilisés et ensemencés à l'aide de levures pures recueillies sur des raisins de divers crus de notre région. L’une d’elles possède des propriétés réductrices très marquées. Les expériences portaient sur deux litres de moût. Trois ballons furent ainsi préparés et additionnés respectivement de 0,4, 0,6 et 0,8 gr de nitrate de potasse par litre, chacun même dose de la même levure. Au bout de six semaines, les trois vins accusaient encore très nettement la réaction des nitrates. D’autres ballons furent commencés avec diverses levures de Bourgogne, après avoir reçu même addition de 0,05 gr de nitrate par litre. Les résultats furent les mêmes que dans les précédentes expériences.
- La dernière série d’expériences fut faite sur un vin de
- Pinot 1900, qui, «atteint en 1901 d’un commencement de tourne, avait été pasteurisé à cette époque. M. G. Curtel l’avait choisi, estimant que par sa composition il se prêterait. mieux qu’un-autre au développement des germes pathogènes dont il se proposait de l’ensemencer. Une série de fioles coniques reçurent chacune .500 centimètres cubes de ce vin. On stérilisa et on ensemença trois d’entre elles avec un Mycoderma vini (culture pure d’une variété recueillie sur un vin d’Arbois). Trois autres furent ensemencées avec une bactérie acétique à petits bâtonnets souvent isolés et se colorant en bleu par l’iode, probablement un Bacterium Kùntzingianum. Trois autres enfin le furent «avec une culture d’un mélange de bactéries filamenteuses, isolées d’un vin tourné. Chaque flacon reçut 0,04 gr de nitrate de potasse par litre et on mit à l’étuve à 28°. Ces vins furent examinés au bout de cinq semaines environ. Les résultats obtenus furent «assez variables suivant les organismes considérés. Dans le vin additionné de tourne, il y eut dans deux cas disparition et dans un cas forte atténuation de la réaction des nitrates.
- Dans le vin additionné du ferment acétique, disparition des nitrates dans les trois cas, le vin exhalait une très forte odeur acétique, il était désormais sans valeur marchande. Avec le Mycoderma vini, atténuation aisez sensible dans les trois cas, mais le vin était absolument rempli des pellicules produites par le Mycoderma qui s’était développé de façon intense.
- M. G. Curtel conclut de ses expériences que la présence du nitrate de potasse dans le sucre à la dose de un millième ou moins encore, suivant la tolérance accordée au sucrage, suffirait à révéler celui-ci dans les vins normalement fermentés et restés marchands dès que la quantité de sucre mise en œuvre dépasserait 5 à 5 kg par hectolitre suivant coloration et traitement du vin, suivant aussi le mode de recherche adopté. J. Lebois.
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- MODIFICATIONS ARTIFICIELLES
- DU GÉOTROPISME DES RACINES
- CHEZ NOS ARBRES FREITIERS
- On sait que la tendance naturelle des racines à s’enfoncer dans le sol a reçu le nom de géotropisme. Cette tendance est à son maximum dans l’axe ou pivot principal de la racine, tel qu'il sort des graines en germination. Le géotropisme est moindre dans les axes secondaires et aussi chez les racines adven-tives des plantes issues de boutures ou de marcottes ; il s’affaiblit encore, de plus en plus, dans les axes de plus en plus éloignés du pivot; enfin le géotropisme disparaît presque complètement dans les ramilles ultimes qui, composant le « chevelu » des racines, ont une direction à peine oblique, ou tout à fait horizontale les rapprochant de la superficie du sol.
- Précisément, il y a un intérêt considérable à ce que le système souterrain des arbres se développe tout entier dans les parties superficielles les plus meubles et les plus aérées du sol. C’est un peu parce que leurs racines végètent ainsi naturellement, grâce à leur origine adventive, que les poiriers greffés sur « cognassier », les pommiers greffés sur « paradis », sur « doucin », donnent en abondance de
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- LA NATURE.
- si excellents fruits. Mais, il y a des preuves plus tangibles de l’efficacité de l’oxygène atmosphérique sur Je développement et la vie même des racines : ce sont les expériences de Saussure. Dans l’une de ces expériences, Saussure enferme, sous un récipient plein d’azote, des graines qu’il arrose avec de l’eau distillée; ces graines ne germent pas. Dans un autre cas, au lieu de prendre des graines normales, ce savant soumet dans le même milieu, au même traitement, des graines en voie de germination; elles tombent en pourriture. Enfin il opère sur des racines de plantes adultes qu’il plonge, cette fois, dans un récipient contenant de l’air pur, sur la cuve à mercure ; il constate alors que le volume de l’air du récipient diminue, que les racines consomment de l'oxygène et éliminent de l’acide carbonique.
- Par exemple, une racine de carotte absorbe en vingt-quatre heures son volume d’oxygène et en retient 1 pour 100, le reste étant exhalé à l’état
- Fig. 1. — Plantation sur butte de terre dure pour faire dévier les racines de leur direction pivotante.
- d’acide carbonique. Mais, si la plante reste munie de ses organes aériens pourvus de chlorophylle, et si ces organes s’épanouissent à l’air libre, la racine absorbe jusqu’à dix fois son volume d’oxygène.
- Tel est, pour les racines en général, le besoin d’air respirable, c’est-à-dire le besoin d’oxygène, puisque, dans les expériences de Saussure, l’azote n’est jamais modifié. Or, les parties de plus en plus profondes de la terre végétale étant de plus en plus compactes, de moins en moins aérées et échauffées, il est évident que c’est dans les couches voisines de la surface qu’on doit tacher de cantonner les racines, et ceci, dans le plus grand intérêt de la végétation et surtout de la fructification des arbres. Pour atteindre ce résultat, il suffit d’exercer une action parallèle sur le géotropisme des racines et sur le sol que ces organes doivent occuper.
- On agit sur les racines : 1° par le sectionnement de toutes leurs extrémités pivotantes (l’opération constitue 1’ « habillage » des horticulteurs, dont les bienfaits sont classiques) ; 2° par la plantation à une faible profondeur. On crée, avec le sol, un milieu favorable à la multiplication des racines traçantes au
- détriment des racines pivotantes, en ameublissant moins en profondeur, davantage en surface, et en maintenant toujours la superficie du sol meuble, fraîche, fertile, par des labours, des paillis, des engrais appliqués en temps opportun. Laissons, quant à présent, les labours, les paillis et les engrais qui ne sont point d’une application immédiate, mais examinons 1’ « habillage des racines » et le « mode de plantation », opérations d’actualité.
- Dans son acception générale, l’habillage a surtout pour objet la suppression des extrémités rompues des racines ou de leur chevelu, l’amputation des portions contusionnées par l’arrachage ou autrement abîmées. Mais, dans ce cas, l’opération est surtout pratiquée pour substituer à une plaie mauvaise et dangereuse une autre plaie nette, saine et guérissable.
- Autre chose est l’habillage qui nous préoccupe;, celui-là s’applique spécialement aux arbres à racines pivotantes : poirier, pommier greffés sur « franc », pêcher greffé sur lui-même ou sur « amandier », etc., et il a pour but l’amputation de toutes les extrémités pivotantes ou incurvées vers la profondeur du sol, qu’elles soient saines ou non, afin de forcer les tronçons restants à produire des racines latérales.
- Ces racines, toujours de moins en moins pivotantes au fur et à mesure qu’elles se ramifient de plus en plus, finissent, à la longue, par prendre le port fasciculé que nous cherchons. Nous disons « à la longue », car le système souterrain traçant n’est pas créé du premier effort, par une seule opération. On doit récidiver, arracher l’arbre l’année suivante ou, mieux, au bout de deux ans, amputer l’extrémité des pivots qui ont pu se reformer et replanter sur place. Nous montrons dans les figures 2, 5 et 4 la marche de cette transformation par l’habillage périodique appliqué aux racines pendant le jeune âge d’un arbre. Le résultat estime masse considérable de chevelu qui provoque un développement plus rapide de l’arbre, une fructification plus prompte, des fruits meilleurs. Rien que cela suffirait pour faire adopter l’habillage ; mais il est des cas où il s’impose tout à fait, c’est lorsque le port traçant des racines est rendu nécessaire par la nature nuisible du sous-sol trop argileux, trop humide ou calcaire à l’excès.
- Avant d’aborder l’importante question de la plantation, voici un procédé original d’ameublissement du sol, qui a justement pour but de pousser les racines à prendre la direction fasciculée. Ce procédé, imaginé par l’arboriculteur belge Yan Huile, consiste à ménager, au milieu des trous de défoncement destinés aux arbres, une colonne de terre non ameublie. Mais tandis que Yan Huile découpe cette colonne en cylindre, il est préférable de lui donner la forme d’un cône tronqué, plus stable et plus capable de faire diverger les racines. Cette sorte de butte s’élève jusqu’à peu de distance du niveau du sol, et il ne reste plus qu’à planter l’arbre à cheval sur son sommet (fig. 1). Dans de telles conditions, les racines, au lieu de pivoter, s’étendent obliquement pour gagner la terre meuble et aérée de
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- la circonférence, évitant la terre durcie du cône, où leurs extrémités molles n’auraient pas, d’ailleurs, la lorce de pénétrer môme superficiellement.
- La plantation a également une importante inlluence sur le géotropisme des racines. Toutes choses égales d’ailleurs, elle sera faite aussi peu profondément que possible. Sans doute, si les racines doivent rencontrer, dans le sol, de la chaleur et de l’air suffisamment, elles doivent aussi y trouver, pour l'arbre, un appui contre le vent, et, pour elles-mêmes, un abri contre la sécheresse. On plantera donc un peu plus profondément dans une terre naturellement sèche que dans une terre fraîche. Chez les arbres greffés bas, le
- sur la question : « Quand vous plantez un arbre, il faut que vous puissiez vous dire toute votre vie en le regardant : Cet arbre n’est pas planté assez profond; et il sera bien. » Georges jBellair.
- CHRONIQUE
- Hommage à l’abbé de La Caille. — M. le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts informe l’Académie des sciences que la Société scientifique « South African philosophical Society » a profité de la célébration du 25e anniversaire de sa fondation pour ériger une tablette commémorative à l’astronome français l’abbé de La Caille, qui vint au Cap, il y a 150 ans, pour mesurer un arc de méridien et étudier le ciel de l’hémisphère du Sud. Des discours, dont le ministre adresse la traduc-
- bourrelet de la greffe est une indication, car il ne doit jamais être enterré, dans la crainte qu’il ne se marcotte naturellement. Avec les arbres n’offrant pas ce point de repère, il sera nécessaire de se guider sur les ramifications supérieures de la racine principale, ün admet généralement que ces ramifications doivent être recouvertes de 8 à 10 centimètres dans les terres légères ou sèches, et de 5 à 0 centimètres seulement dans les terres fraîches.
- Ces mesures sont des moyennes ; mieux vaut ne pas les atteindre tout à fait que trop les excéder et je suis tenté de penser, à cet égard, ce qu’écrivait J.-L. Jamin à un amateur qui lui demandait son avis
- i île la transformation d’un système de racines pivotantes ition rationnelle, aux points indiqués par des lignes transversales, périodique pendant le jeune âge d’un poirier.'
- tion à l’Académie, ont été prononcés par Sir David Gid, directeur de l’observatoire du Cap, président de la Société, et par M. Raiïrav, notre consul général au Cap. Sir David Gill exprime sa profonde admiration pour l’œuvre de l’abbé de La Caille qui, en 1752, a fait le premier catalogue étendu et exact des étoiles de l’hémisphère Sud, mesuré un arc de méridien, et fait, sur la Lune et sur Mars, des observations qui, comparées aux observations faites en Europe, lui ont fourni les valeurs de la parallaxe de la Lune et du Soleil. La tablette commémorative, en bronze, est placée sur la maison qui occupe maintenant, dans Strand Street, l’emplacement de son observatoire.
- L’Anniversaire de la mort du P. Secchi. — 11
- vient d’avoir lieu à Rome une réunion solennelle pour célébrer le 25e anniversaire de la mort du P. Secchi, survenue, il y a environ un quart de siècle, le 26 février 1878. Un avait choisi pour cette cérémonie la
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- LA NATURE.
- grande salle du Palais de la Chancellerie dans laquelle on avait placé, pour la circonstance, le buste du savant entouré de palmes et se détachant sur une immense tenture de velours cramoisi. S. E. le cardinal Vincent Vannutelli présidait cette cérémonie commémorative. On se rappelle les beaux travaux du P. Secchi qui comptera parmi les astronomes les plus éminents du siècle dernier.
- La comète Ciiacohlni (1905 a). — La première comète de 1903, découverte le 19 janvier, augmente d’éclat et se rapproche de la Terre. On peut la voir en ce moment avec une jumelle; elle est de 0e grandeur. Encore quelques jours et elle sera visible à l’œil nu. Le 10 mars, son éclat était déjà 40 fois celui que l’astre possédait au moment de sa découverte. A la même date son ascension droite était de 011 55“ 5“, et sa déclinaison 18° 27'9". Malheureusement, en ce moment, elle se trouve dans le voisinage du Soleil, ce qui rend son observation difficile.
- Incendie de l’usine du Hiagara. — Nous avons précédemment1 dans nos Informations signalé l’incendie de l’usine génératrice des chutes du Niagara. Les journaux américains ont apporté quelques renseignements qui permettent de préciser les faits. C’est à la suite d’un coup de foudre, pendant un violent orage, que l’accident est survenu le 29 janvier‘à 10u45m du soir. L’usine est formée d’une grande salle où se trouvent 10 groupes électrogènes générateurs de 5000 chevaux chacun (3750 poncelets), les tableaux de distribution des machines et les commutatrices. L’énergie électrique produite dans l’usine proprement dite est dirigée dans une deuxième salle, située en face de la salle des machines et de l’autre côté du canal d’amenée d’eau. Dans cette salle sont placés les transformateurs et les départs des lignes à haute tension (22 000 volts) qui alimentent les divers centres de distribution de Tomrwanda, Buffalo. Les câbles qui relient l’usine génératrice à la salle des transformateurs, au nombre de 52, étaient placés sur des consoles et disposés de chaque côté d’une galerie couverte dans une passerelle spéciale au-dessus du canal. A la suite de la décharge atmosphérique, le feu s’est déclaré dans les câbles ; on dut arrêter toutes les machines et combattre le feu. Le service fut complètement interrompu; on établit des connexions provisoires, et, dès le lendemain 50 janvier, à midi, la distribution de l’énergie était assurée. 11 survint alors un court circuit, qui interrompit encore le service et retarda jusqu’à 4h 30“ la mise en route définitive. L’usine à vapeur de Buffalo put assurer une partie du service pendant l’arrêt de l’usine de Niagara, et alimenter les lignes de traction de Buffalo, de Niagara et de Tonawanda. En résumé les dommages causés par cet accident sont certainement considérables, mais pas autant qu’on aurait pu le croire tout d’abord. 11 y a encore à tirer de grands enseignements de ce terrible accident, même pour les Américains ; il faut établir de sérieuses protections contre la foudre, employer des câbles à isolants incombustibles, et prévoir des lignes de secours^ Le travail le mieux payé du monde. -— C’est celui qu’accomplit Diavolo qui (( boucle la boucle )> à l’Olympia de Paris tous les soirs. Nous avons décrit ce surprenant exercice, qui consiste à se lancer à bicyclette sur un plan incliné, et à suivre, en raison de la seule vitesse acquise et en vertu de la force centrifuge, une piste formant une boucle verticale, de telle sorte qu’à un moment donné le cycliste est absolument dans une position verticale, la tète en bas. On nous assure que James 1 Yov. n° 1550, du 7 février 1903.
- Smithson, qui accomplit ce tour d’adresse, gagne 1000 francs par soirée; or, son travail dure 5 secondes. Il travaille donc 50 minutes par an! et une heure de ce travail représenterait un salaire de 750 000 francs!
- Récoltes des vins en France. — Les récoltes des vins en France ont diminué successivement en quantité depuis 1900. La « Feuille Yinicole » de Bordeaux a exprimé ces résultats sous la forme saisissante de trois barriques de
- liécoltes des vins en France.
- vin de volume sensiblement proportionnel à la quantité devin; nous représentons ci-dessus les trois barriques. En 1900, la récolte a été de 07 552 061 hectolitres; en 1901, elle a atteint 57 905 514 hectolitres; en 1902, elle n’a été que de 59 883 783 hectolitres.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 16 mars 1903. — Présidence de M. A. Gaudry.
- Dislocations géologiques. — M. de Lapparent présente une Note de M. de Montessus sur la liaison qui existe entre les dislocations géologiques, l’instabilité du sol au voisinage de ces dislocations et les anomalies de la pesanteur. Cette triple relation est très nette dans le sud de la Russie pour le triangle compris entre Xamienetz, Podolsk, Kazan et Astrakan.
- Solidification du fluor. — M. Moissan annonce qu’il est parvenu avec le savant physicien anglais, M. Devrar, à solidifier le fluor. On sait que M. Dewar a pu, dans ces dernières années, liquéfier l’hydrogène par grande quantité dans son laboratoire de Royal Institution. D’autre part, M. Moissan a montré que le fluor pur n’attaquait pas le verre, de telle sorte qu’en enfermant du fluor dans un tube de verre mince, on est arrivé à le liquéfier et à le solidifier au moyen du froid produit par l’hydrogène liquide. Le point de fusion du fluor est de 253° centigrades. L’affinité chimique n’est pas détruite à ces basses températures, à — 20° du zéro absolu. Dans un vase renfermant 100 centimètres cubes d’hydrogène liquide, les deux savants ont placé un tube de verre contenant 40 centimètres cubes de gaz fluor; ils ont liquéfié, puis solidifié ce dernier gaz et l’ont amené enfin à une température de — 240°. En brisant la pointe du tube qui renfermait le fluor solide et en l’amenant au contact de l’hydrogène liquide, il s'est produit une violente explosion accompagnée d’une flamme ; et l’appareil a volé en éclats. L’affinité chimique existe donc encore à ces basses températures. Tous les gaz ont été liquéfiés jusqu’à ce jour; il ne reste plus de récalcitrant que l’hélium.
- Affection du système nerveux central. — M. Bouchard analyse un travail de MM. Charrin et André Léri, d’où résulte l’explication de la genèse de certaines maladies nerveuses. Dans le plus grand nombre des moelles d’enfants nés de mères maladeg, ils ont trouvé au mi-
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- croscope des lésions, en général des hémorragies qui n’étaient pas d’origine traumatique, mais bien produites par des intoxications fabriquées chez la mère par des microbes. Les enfants examinés sont tous morts, mais pour des raisons indépendantes des lésions médullaires. S’ils avaient vécu plus longtemps, il n’est pas douteux qu’ils auraient fini par succomber. Les lésions entraînent des tares cérébro-médullaires qui se révèlent dès la naissance.
- Nouveaux corps. — M. Lemoine communique des recherches de M. Alb. Colson. Ce chimiste a trouvé la source d’une nouvelle série de corps, en reprenant l’étude de la solubilité du minium dans les acides acétiques. Le type de cette série est le tétracétate de plomb.
- Nouvelles de la Martinique.— M. Michel Lévy a reçu une lettre de M. Lacroix, la dernière, car le savant géologue a pris le bateau du 12 mars pour revenir en France. Dans cette lettre M. Lacroix transmet des détails sur la Soufrière de Saint-Vincent et sur les fumerolles composées de soufre, de vapeurs d’eau et d’acide sulfhydrique.
- Le Radium. — M. Lippmann annonce à l’Académie que MM. Curie et Delaborde viennent de constater un fait extraordinaire, et en apparence absolument contraire à toute la philosophie de la science. Le radium est un générateur permanent de chaleur. Et il n’y a pas d’erreur, car les auteurs ont contrôlé le fait par plusieurs méthodes. Sa température est toujours de 1°,5 au-dessus de la température ambiante. Le fait est inexplicable dans nos théories actuelles.
- L’Actinium. — M. Mascart signale un travail de M. Debierne, qui a trouvé que l’actinium émet des corpuscules indéfiniment, des ions et que ceux-ci possèdent un rayonnement caractéristique.
- Absorption de la radiation solaire. — M. Mascart transmet des recherches de M. Dufour, de Lausanne, qui tendent à établir que, depuis quelques années, le rayonnement solaire sur la surface terrestre diminue d’intensité et très sensiblement saison par saison. Ceci ne veut pas dire que la chaleur solaire diminue, mais qu’elle est absorbée davantage à travers l’atmosphère.
- Ch. de Villedeuil.
- PERLES CURIEUSES
- En visitant l’admirable section de la joaillerie à l’Exposition universelle de Paris en 1900, nous fûmes frappé du parti tout nouveau que M. Fou-quet avait su tirer de certaines perles curieuses que nous apercevions pour la première fois. Elles sont maintenant très à la mode et leur prix, qui n’était alors que de quelques francs le gramme, est aujourd’hui vingt fois plus considérable, tant la demande en a fait monter la valeur. Ceci nous a conduit à les étudier de plus près et, grâce à l’amabilité extrême de M. Fouquet, nous pouvons donner ici quelques renseignements sur ces perles et leur utilisation artistique pour la confection des bijoux.
- Bien que nous n’ayons pu nous procurer que des fragments de charnières des coquilles qui les fournissent, nous avons réussi à trouver dans la merveilleuse collection de l’éminent conchyliologiste, M. Dautzenberg, un certain nombre de coquilles d’où proviennent, pour la plus grande partie, les perles qui nous occupent. Elles appartiennent
- toutes à la famille des moules perlières d’eau douce, de l’espèce des Unio, des lleuves de l’Amérique du Nord et peut-être aussi du Sud. Les courtiers qui les apportent à Paris les désignent sous le nom de perles du Venezuela et du Wisconsin. De fait, nous avons reconnu qu’elles sont extraites des espèces suivantes : Unio gibbosus, U. solidus, U. aesopus du Mississipi, U. trapezoides, de la Louisiane, et peut-être U. ovatus de l’Amérique du Sud.
- On distingue plusieurs sortes de ces perles ou soi-disant perles, à savoir : les perles rondes, blanches ou colorées, avec ou sans orient, plus particulièrement connues comme venant du Wisconsin; les perles longues en forme de larme ou de massue ; des espèces de dents plus ou moins aplaties à bords crénelés ou en dents de scie, puis des lames striées. Ces deux derniers genres sont souvent colorés en rose clair, mauve lilas ou marron rosé. Ce sont incontestablement les dents cardinales et les nervures de la charnière sur lesquelles pivotent les deux valves de l’Unio, et qu’on a détachées à la scie, puis repolies sur le point d’attache. Pour ce qui est des larmes ou massues, auxquelles s’applique plus particulièrement le nom de blister pearls, nous avons eu plus de peine à reconnaîlre leur provenance. M. Dautzcnberg croit qu’elles sont, elles aussi, des dents latérales des Unio susnommés, découpées dans la coquille, puis sans doute polies ou décapées à l’acide du coté adhérent.
- Une quatrième sorte de perles, naturelles celles-là et le plus souvent libres dans la coquille ou adhérentes à sa surface par la partie inférieure, consiste en des sortes de boursoullures granuleuses de formes si originales qu’on leur donne communément le nom de perles baroques. Nous en avons vu de blanches, de grises, d’autres varient du blanc le plus pur au rouge chair. Leur forme les fait ressembler à une glande ou à une éruption pustuleuse de la peau, elles méritent donc mieux encore le nom de blister pearls, ou perles ampoules, que les précédentes. Enfin on utilise encore de grosses perles creuses appelées perles soufflées, souvent vides ou contenant une matière organique noirâtre ressemblant à la chitine qui constitue le ligament élastique de la charnière des coquilles. On les monte le plus souvent en épingles à chapeaux.
- Les bijoux représentés ici, et dont M. Fouquet, leur créateur, a bien voulu nous communiquer les photographies, montrent le parti extrêmement artistique qu’il a su tirer de ces diverses perles, en les associant à des diamants et des pierres de couleur. Le feuillage est constitué par des émaux translucides rendus mats par l’emploi de l’acide lluorhydrique.
- La broche (iîg. 1, n° 2) n’est formée que de perles longues en massue, de couleur blanche. Dans le bijou n° 1, elles forment une grappe de glycine dont la couleur va du vert mordoré au blanc rosé. Les deux jolies branches de Heurs de la broche (lîg. 2, n° 1) sont entièrement constituées par des dents crénelées ou frisées d’un joli rose violacé. Dans l’orchi-
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- dée, formant la broche (lig. 2. n° 2), nous trouvons trois perles rondes grises, d’orient, quatre perles longues blanches et une grosse perle souillée à re-
- llets verts. Deux perles également souillées sont employées dans le bijou (lig. 1, n° 3), l’une est mauve, l’autre blanche grisâtre. Dans le diadème
- Fig. 2. — 1. Broche avec branches de ileurs. — 2. Orchidée a\ec perles rondes. — 3. Dents cardinales d’une même coquille.
- i. Broche à pendant.
- à lleur de nénuphar et à feuillage d’algue marine (lig. 1, n° 4) la grande lleur comporte un rang de grands pétales fournis par les nervures cardinales avec partie de la coquille ; le second rang est obtenu avec des perles longues et le cœur est une perle baroque ressemblant à un fragment de chou-lleur. Enlin dans la broche à pendant (lig. 2, n° 4) on ne
- trouve que des perles baroques dont trois sont blanches, une rose et celle du pendant marron violacé. Le dessin n° 3 de la lig. 2 représente les dents cardinales d’une meme coquille. A.-A. Fai vkl.
- Le Gérant ; P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuke, rue de Fleurus, 9.
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- jy> -1557. _ 28 MARS 1 903.
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- CADRAN SOLAIRE A SONNERIE
- La perfection h laquelle est arrivée la fabrication de l’horlogerie à bon marché a bien fait oublier Rem-
- ploi des cadrans solaires. Chacun possède une montre en poche, et n’a besoin de consulter les horloges
- publiques que lorsqu’il s’agit de la remettre à l’heure. Mais choisir celle qui indique l’heure exacte, est souvent le point embarrassant. Dans les villes de province, nous l’avons tous constaté, lorsque dans le silence de la nuit nous entendons sonner minuit, pourvu que le nombre des horloges soit quelque peu considérable, c’est souvent pendant 10 minutes que se répètent successivement les 12 coups traditionnels.
- Nous avons comme ressource les gares de chemin de 1er ; mais il faut s’y rendre, puis c’est seulement sur la voie qu’on trouve l’heure légale (retardée de 5 minutes), les horloges extérieures présentant un écart variable. Le plus commode est d’avoir chez soi un repère qui donne le passage du soleil au méridien, et d’après lequel on retrouve l’heure exacte. Ce repère, déterminé par la direction nord-31e aimée. — 1er semestre.
- Fig. 2. — Vue d’ensemble du cadran solaire.
- sud, peut s’établir facilement de plusieurs manières : au moyen de la boussole, par l’observation des hauteurs correspondantes du soleil, par une visée de l’étoile polaire ; l’Annuaire du Bureau des longitudes donne une instruction très complète sur la pratique rigoureuse de ces opérations. Mais ce repère, qui consiste en une ligne verticale ou horizontale, une fois tracé, le problème se complique de plusieurs corrections.
- On sait que le temps qui sépare deux passages successifs du soleil au méridien n’est pas toujours le même et que par suite de ce manque d’uniformité il y a, sauf pour 4 jours par an, toujours une différence entre l’heure d’une horloge exactement réglée ( temps moyen ), et l’heure indiquée par un cadran solaire (temps vrai) ; cette différence, appelée « équation du temps », se traduit le 10 février
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- LA NATURE.
- par un retard de 14 m. d/2 et le 5 novembre par une avance de 16 m. 1/2 de l’heure solaire, soit un écart total de 51 minutes. De plus l’heure légale pour toute la France est, depuis 1891, l’heure de Uaris, et il s’ensuit que selon qu’une ville est à l’ouest ou à l’est de Paris, il faut faire à l’heure locale une addition ou une soustraction ; le cadran solaire à Brest marque midi lorsque celui de Paris indique midi 27 minutes, et qu’à Nice il est à midi 47 minutes; à la même heure légale, en deux points de la France, l’écart réel est donc considérable. Ces calculs, quoique simples, deviennent fastidieux par leur répétition et nécessitent d’avoir à chaque fois sous la main une tal.de de l’équation du temps. 11 faut guetter le moment, puis se déranger pour observer le passage de l’ombre sur la méridienne. C’était pour éviter cette sujétion que nos pères ont installé le légendaire canon du Palais-Royal, dont la détonation annonce à tout l’entourage le passage du soleil au méridien. Mais en plus du calcul ci-dessus, il faut d’abord charger le canon après chaque détonation, puis, comme le soleil change constamment d’inclinaison sur l'horizon, il est nécessaire, presque chaque jour, de déplacer la lentille qui concentre les rayons solaires sur la lumière du canon.
- Il était tout naturel de penser à remplacer le canon par l’électricité qui se prête à tous les emplois possibles, puis de produire automatiquement et l’inclinaison de la lentille et la correction de l’équation du temps. Dans l’appareil que nous allons décrire on a pu obtenir ces résultats avec certitude.
- L’appareil est supporté tout entier par une plateforme A B, montée sur vis calantes (fig. I, n° 1 ) ; C D est un cadre mobile autour de deux pivots C et D, établi de manière que la ligne qui passe par ces deux pivots soit placée dans le méridien et parallèle à l’axe du monde. Un mouvement d’horlogerie à remontage bi-mensuel E E' est assis sur le cadre à l’ouest du méridien, de manière que son poids tende à ramener toujours le cadre de ce côté. Le barillet qui porte une dent F fait un tour en 5 jours, il actionne une roue G de 122 dents qui accomplit un tour en 566 jours, soit dans l’espace d’une année. L’arbre de cette roue est placé suivant l’axe du monde comme C D et supporté par le cadre. Sur ce même arbre est calé un cylindre creux K, coupé par un plan oblique, sur la tranche duquel roule un galet L fixé à une lige qui se rattache à une chaînette M laquelle s’enroule sur un secteur N, le centre de rotation ..f.. est situé aussi sur la ligne CD. Ce secteur entraîne une lentille 0 dont le foyer se projette également sur CD ; le tout est porté par le cadre. Le sommet « A » de la coupe sert d’appui au galet le 22 juin, le point le plus bas « b » le retient le 22 décembre et toutes les positions intermédiaires concordent sensiblement avec la déclinaison du soleil pour chaque jour. L’axe focal de la lentille, du point le plus haut au point le plus bas, se déplace d’un angle de 46° 54', soit du double de l’obliquité de l’écliptique; il est ainsi toujours placé dans la direction des rayons solaires..
- Sur le même arbre est fixée une came II, IF dont le contour a été déterminé par une suite de points dont la distance au centre de rotation représente pour chaque jour la valeur de l’équation du temps ; le plus grand écartement Z d correspond au 10 février (retard 14 minutes 27 secondes) et le plus petit Z m.. au 5 novembre (avance 16 minutes 20secondes). Sur le contour vient s’appuyer un galet I monté entre deux platines JJ' qui coulissent sur deux appuis établis sur le bâti fixe; une chaînette S, attachée d’un bout à ces platines, passe sur la poulie Q fixée sur le même bâti et est attachée par l’autre extrémité au secteur D, D'. Ce secteur est solidaire du cadre mobile, et voici ce qui se produit.
- Le poids de E tend à incliner le cadre et tous les organes qu’il porte vers la gauche du lecteur, la chaîne s’y oppose en retenant le secteur, et elle exerce en même temps une traction sur J'; mais, lorsque la came tourne, elle vient présenter comme appui au galet I des points du contour dont la distance au centre diminue, le coulisseau J'J' avance vers la gauche, la chaîne défile et laisse P' s’éloigner de la poulie Q, le cadre tout entier participe à ce mouvement et, pivotant autour de C et de D, s’incline vers la gauche ; lorsque la distance au centre augmente à nouveau, il retourne vers la droite comme on le voit (fig. 1, n° 2).
- A Paris, le midi vrai concorde avec le midi moyen, les 16 avril, 15juin, 1C1 septembre, 25 décembre; ces jours-là, le cadre ne penche ni à droite ni à gauche et l’axe focal de la lentille se trouve exactement dans le plan du méridien. Lorsque le soleil passe au méridien après midi moyen, la lentille en s’inclinant à droite vient se mettre dans sa direction avant midi vrai (solaire), lorsqu’il passe avant midi moyen la lentille s’incline à gauche et n’est dans sa direction qu’après son passage au méridien. L’axe focal se déplace ainsi d’un angle total de 7° 42' correspondant à l’écart de 51 minutes de temps. Dans ce double mouvement en ascension droite et en déclinaison, le foyer de la lentille se projette toujours au même point en ..f..
- Là où sc concentrent les rayons calorifiques, on a placé la petite chambre barométrique T d’un tube en U qui contient du mercure et en T de l’éther ; deux fils de fer isolés descendent au-dessus du mercure et sont reliés à une ou plusieurs sonneries électriques placées à telle distance qui convient; lorsque le foyer se forme sur T, l’éther se dilate, pousse le mercure, qui, au contact des extrémités nues des fils, établit le courant, actionne la sonnerie et le midi moyen est fourni aux intéressés, sans aucun dérangement (fig. 1, n° 5).
- L’appareil peut être installé dans n’importe quel point de la France en le réglant, une fois pour toutes, au moyen des vis calantes. Un mouvement d’horlogerie très ordinaire est suffisant, une variation de une heure par jour ne pourrait fausser le résultat, il suffit de le remettre au point lors du remontage. En fixant sur le bâti une tige prolongeant Taxe CD
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- et en l'entourant d’un demi-cylindre concentrique attaché au cadre on obtient un cadran solaire donnant les diverses heures en temps moyen, sur des divisions égales tracées à l’intérieur du cylindre.
- Alüeut Jagot.
- L’ALCOOL SYNTHÉTIQUE
- On a beaucoup parlé de l’alcool synthétique depuis quelque temps. 11 n’y aurait vraiment pas lieu de s’en occuper, si cet alcool que l’on prétend vouloir jeter sur le marché n’empêchait de dormir certains cultivateurs. Qu’ils dorment tranquilles! L’alcool synthétique remonte à I 8(10. C’est M. Berthelot qui nous a appris à le fabriquer au moyen de l’acétylène. L’alcool éthylique ne diffère de l’acétylène que par un excédent d’oxygène et d’hydrogène. Une petite opération chimique et l’acétylène fournit de l’alcool. Quand, il y a quelques années, on est arrivé à fabriquer sur grande échelle le carbure de calcium qu’il suffit de mouiller pour avoir de l’acétylène, aussitôt, de tous côtés, on a annoncé que désormais il serait facile de fabriquer de l’alcool de toutes pièces. I)e la chaux, du charbon, et voilà l’alcool produit à volonté.
- Cette idée séduisante nous est revenue dernièrement un peu embellie pour les besoins de la cause. Et quelques braves gens croient à l’alcool synthétique comme à l’Évangile.
- Certes, oui, on peut produire assez facilement l’alcool avec l’acétylène. Mais à quel prix? C’est là tout le nœud de la question. Or, on a crié par-dessus les toits que l’abool synthétique pourrait se vendre 10 francs l’hectolitre avec gros bénéfices, puisque le prix de revient oscillerait aux environs de 5 francs. Quelle révolution ! La distillerie agricole ne peut guère en ce moment vendre son alcool qu’au prix de 45 francs l’hectolitre et au prix minimum de 20 francs quand la récolte est très bonne. Ces prix descendront, mais enfin ils sont tels. Aussi on rêve dans le grand public de l’alcool synthétique.
- Ne rêvons pas. La matière première, c’est l’acétylène, c’est-à-dire le carbure de calcium. Une tonne de carbure coûte au moins 150 francs pour le moment, et fournit environ 500 mètres cubes d’acétylène, soit en poids 550 kilogrammes d’acétylène. Avec cela, on peut obtenir 800 litres d’alcool à 90 degrés. Nous supposons un rendement intégral, et pas de déchet. Donc à prix coûtant, sans compter les manipulations, les matières accessoires de la réaction, il nous faut débourser 20 francs par hectolitre d’alcool. Par quel miracle ces 20 francs se réduiraient-ils à 5 francs? La différence n’est pas petite.
- On a dit : « Mais au lieu d’avoir recours au carbure de calcium, on se servira de carbure de baryum. La chaux est sans valeur, mais la baryte, qui sera le sous-produit de l’opération, a une valeur marchande, et telle qu’au fond l’alcool sera obtenu pour rien. » Que d’imagination ! On ignore à peu près le prix du carbure de baryum qui sera évidemment plus élevé que le prix du carbure de calcium. Mais croit-on vraiment que si l’opération prenait de l’extension, les emplois de la baryte étant limités, la valeur du sous-produit ne tomberait pas, à son tour, à un prix illusoire?
- La vérité est qu’en comptant bien, l’alcool synthétique est, en ce moment, au moins aussi cher que l’alcool industriel. On verra plus tard. Pour le moment ne nous laissons pas illusionner par des affirmations sans fondement. IL de P.
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- LE RADIUM GÉNÉRATEUR DE CHALEUR
- MM. P. Curie et A. Laborde viennent de constater un fait extrêmement curieux et important pour la philosophie de la Science. Ils ont découvert que les sels de radium dégagent de la chaleur d’une manière continue. Un couple thermo-électrique, fer constantan, dont une des soudures est entourée de chlorure de baryum radifère et dont l’autre est entourée de chlorure de baryum pur, accuse une différence de température, entre les deux corps, de 1°,5. On a opéré sur 1 gr. de matière. Un gramme de chlorure de baryum radifère, renfermant environ 1/6e de chlorure de radium pur, dégage une quantité de chaleur qui est de l’ordre de 100 petites calories par heure.
- Un atome-gramme de radium (225 gr.) dégagerait pendant chaque heure 22 500 calories, nombre comparable à celui de la chaleur dégagée par la combustion dans l’oxvgène de l’atome-gramme d’hydrogène.
- Et cela constamment, continuellement!
- Voilà un foyer de chaleur gratuit ; et si les sels radi-fères étaient répandus dans la nature, on pourrait en faire une singulière application au chauffage. Mais le radium coûte 50 000 francs le gramme !
- 11 est difficile, dans l’état actuel de nos connaissances, d’indiquer la raison de cette génération permanente de calorique. La quantité de chaleur produite ne peut s’expliquer par une transformation chimique ordinaire. D’ailleurs les propriétés du radium n’éprouvent pas de variations notables en plusieurs années.
- M. Demarçav n’a observé aucune différence dans le spectre d’un même échantillon de chlorure de radium en faisant deux examens à cinq mois d’intervalle. Peut-être,, comme le disait récemment M. G. Lippmann, ce dégagement de chaleur a-t-il pour cause l’utilisation d’une énergie extérieure de nature inconnue. Nous sommes entourés de vibrations de toute sorte ; le radium pourrait jouer le rôle de transformateur et nous les rendre sous forme de calorique. 11 fournit d’ailleurs des radiations d’un autre ordre qui excitent la fluorescence, la phosphorescence, etc. Celles-là aussi empruntent de l’énergie quelque part.
- Un nouveau problème bien intéressant à résoudre s’impose : comment un corps, sans le concours apparent d’énergie intérieure ou extérieure, peut-il engendrer continuellement de la. chaleur? IL de P.
- LES NOUVELLES MOTOCYCLETTES
- Les prévisions que nous avions émises ici dans nos premiers articles sur les automobiles à deux roues, et qui paraissaient plutôt hypothétiques aux yeux de bien des personnes, se sont pleinement réalisées, les faits ont donné raison à nos pronostics, et le dernier Salon de l’Automobile et du Cycle a pu être appelé, sans nuire à la vérité, le Salon de la Motocyclette, car on ne comptait pas moins de quarante-deux systèmes différents de bicyclettes à moteur dans les stands composant cette Exposition annuelle si réussie. 11 n’entre pas dans notre esprit la pensée de décrire par le menu ces quarante-deux machines* la chose serait fastidieuse pour le lecteur, d’autant plus que beaucoup de modèles ne présentaient, en réalité, aucune originalité particulière et paraissaient copiés les uns sur les autres. Deux dispositions principales pouvaient être remarquées : celle à moteur
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- vertical dans le pédalier et celle h moteur couché obliquement dans le cadre ou sous la traverse dia-onale de ce cadre convenablement renforcé.
- Le moteur est, on le conçoit, l’organe essentiel d’un appareil automobile, et c’est pourquoi de nombreux constructeurs ont étudié cette année des types spéciaux pour motocyclettes. Ainsi ont procédé MM. Buchet, Peugeot,
- Grégoire, Popp, Brousset,
- Leclercq, Knap, etc., que nous citons parmi les meilleurs fabricants.
- L’éloge n’est plus à faire des moteurs Buchet (lîg. 1), et Bru tus (fig. 2) de Leclercq. Les moteurs de Brousset et de Givaudan (fig. 3) paraissent également construits avec soin ; c’est celui établi par M. II.
- Popp (fig. 4), qui paraît détenir le record du bon marché, car il ne coûte que 150 francs pour une force de 1 cheval 3/4, mais nous n’avons pas vérifié la qualité des métaux entrant dans sa composition et le fini apporté à son ajustage.
- Deux moteurs exposés au Grand Palais méritent une mention toute spéciale en raison de leur réelle
- originalité : le moteur sans soupapes G. Y., le plus léger, à égalité de puissance, de tous les appareils analogues, et incontestablement aussi le plus simple, et le Hichrone, fonctionnant d’après le cycle à deux temps (fig. 6) et dont l’allure paraissait très régulière. Ces deux systèmes, de création récente, présentent un incontestable intérêt et constituent des
- modèles convenant au mieux, en raison de leur légèreté et de leur extrême simplicité, au genre de véhicule automobile auquel ils sont destinés.
- Les moteurs actionnant les véhicules automobiles à deux roues, construits par la Société « la Française », Peugeot frères,et Pieper de Liège, ne présentent aucune originalité particulière. Tous ces systèmes sont à refroidissement par ailettes et monocylindriques. Mentionnons cependant les moteurs à deux cylindres appliqués par la firme Clément h certaines motocyclettes de course, extra-rapides, et dont notre figure 5 montre l’aspect particulièrement robuste.
- Le moteur et la motocyclette Georgia Knap ont
- attiré l’attention surtout par la singularité de leur association. M. Knap trouve les moteurs employés pour les bicyclettes beaucoup trop forts pour le travail qu’ils doivent accomplir, et il accuse les transmissions d’absorber en pure perte la majeure partie de l’effort développé. Son moteur ne donne donc que 37 kilogrammètres par seconde (1/2 cheval), mais cette force est suffisante cependant pour entraîner le véhicule à une allure de 40 kilomètres en palier. Ce résultat est obtenu grâce à la commande directe de
- la roue motrice par le pignon du moteur placé en porte-à-faux. C’est peut-être une solution scientifique du problème, mais il est évident qu’au point de vue de l’élégance et du coup d’œil la bicyclette Knap laisse quelque peu à désirer (fig. 8).
- La motocyclette doit devenir un véhicule de tourisme et d’utilité pratique, plutôt qu’un instrument de sport dans lequel le confort et la sécurité sont sacrifiés pour la question vitesse. Les efforts des constructeurs se sont orientés avec raison dans ce
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- Fig.' 5.
- Moteur à i cylindres
- sens, et le dernier Salon renfermait des modèles très pratiques de motocyclettes, donnant tout le confortable voulu sans exagération de vitesse. Tels, par exemple, Yaulo-fauteuil Gauthier (fig. 7), machine de luxe de grande stabilité et pourvue d’un embrayage à friction progressive très bien compris, et Y auto-bicyclette Stimula (lîg. 9) très bien comprise dans tous ses détails.
- 11 nous a été donné de voir, pour la première
- fois cette année au Salon, des motocyclettes pourvues de moteurs à circulation d’eau, réduction des mo-
- teurs de quadricycles et de voiturettes. Citons, parmi les types de cette catégorie qui nous ont paru les
- mieux compris, le Red Star, la Royale de Chau-fourieretlils(fig. 10), et le moteur Piprès de Paillard. Ces moteurs développent jusqu’à 6 chevaux, ce qui permet d’atteindre des vitesses fantastiques en palier ou de grimper les côtes les plus ardues à toute allure, sans que réchauffement des parois du cylindre fasse diminuer la compression ou
- vienne changer la composition du mélange tonnant, cause sérieuse d’affaiblissement dans les moteurs
- Fig. f). Biclirnnc.
- Fig. 7. — Auto-Fauteuil.
- refroidis par radiation et convection. Mais illaut bien reconnaître que cet avantage n’est obtenu qu’aux
- Fig. 8. — Motocyclette Knap.
- dépens de la simplicité du mécanisme qui s’augmente d’un nouveau réservoir pour l’eau de réfrigération,
- Fig. 9. — Motocyclette Stimula. • Fig. 10. — Motocyclette The Royal.
- si bien que le cycliste sur sa machine, dont le cadre est encombré de boites de toutes formes et de toutes
- grandeurs pour contenir l’eau, l'essence, l’huile, la bobine,l’accumulateur d’allumage, etc., a véritable-
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- ment l’air d’un commis-voyageur trimbalant ses échantillons bien plutôt que d'un touriste.
- Il faut donc que l’esthétique de la motocyclette s'améliore, ainsi que son rendement, alin que le succès de ces véhicules soit definitif. On peut l’affirmer hautement, après avoir examiné avec attention les nouveautés pour 1905, la machine à deux roues tend à prendre la place que nous lui avons prédite il y a plusieurs aimées. Le public commence à revenir de ses préventions injustifiées contre ce genre d’automobiles, qu’au début il considérait avec quelque méliance, et le nombre des modèles exposés en décembre prouve que l’élan est donné, et que la bicyclette à pétrole a un incontestable avenir en raison des avantages spéciaux qu’elle seule possède. Le lourd et disgracieux tricycle automobile disparait de la circulation, il est remplacé par la motocyclette qui est l’auto démocratique par excellence.
- Reconnaissons, en terminant, que les accessoires complétant les nouveaux types de motocyclettes ont été améliorés ; on n’emploie plus guère que des carburateurs h pulvérisation et à niveau constant, ainsi que des accumulateurs pour l’allumage du mélange tonnant, les piles sèches n’ayant pas donné entière satisfaction. Les transmissions ont été également perfectionnées, et la courroie, qui est d’un usage presque général, a été l’objet, d’une étude assidue pour éviter les inconvénients qu’on lui reprochait. Les modèles pour 1905 sont donc très nettement supérieurs à leurs prédécesseurs, le progrès est indéniable, et le succès définitif de la bicyclette automobile paraît désormais assuré. Raoul Marquis.
- LES NOUVELLES
- LOCOMOTIVES À GRANDE VITESSE
- DE LA COMPAGNIE d’üRLÉAXS
- La Compagnie d’Orléans fait construire en ce moment, aux ateliers de Belfort, une nouvelle série de locomotives compound à quatre cylindres, actionnant deux essieux moteurs accouplés. Ces nouvelles locomotives sont du type « Atlantic » et diffèrent de celles du même type, déjà en service, en ce qu’elles sont supportées par cinq essieux, un bogie à l’avant, deux essieux couplés au milieu et un essieu porteur à l’arrière. C’est un type analogue à celui mis en service en 1900, par M. Du Bousquet, sur le réseau de la Ci0 du Nord. Plus puissantes que celles actuellement en service, elles sont destinées à faire la remorque des trains rapides lourdement chargés, entre Paris et Bordeaux, avec un seul changement de machine à Tours.
- Une des caractéristiques de celte locomotive est la position occupée par le mécanicien qui, au lieu d’être placé, comme c’est l’hahilude, à droite de la machine, c’est-à-dire du côté de l’entrevoie, sera placé, ainsi que le changement de marche, sur le côté gauche, ce qui lui facilitera la vue des signaux et des indications d’arrêt ou de ralentissement qui sont toujours à gauche de la voie, et qu’il ne peut voir que mal aisément lorsqu’il se trouve du côté de l’entrevoie comme actuellement.
- Cette locomotive, dont la chaudière est très surélevée, pèse environ 75 tonnes en service. Elle est munie, dans
- le but de faciliter les démarrages, d’une sablière à air comprimé. La première machine de cette nouvelle sérié vient d’être livrée et va être, très prochainement, mise en service sur la ligne de Paris à Bordeaux.
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- LE TORRENT DE SAINT-JULIEN
- Le torrent de Saint-Julien est un des plus violents de laMaurienne ; il vient d’être corrigé par une série de travaux exécutés par l’Administration des Eaux et Forêts, de 1895 à 1902. On ne compte plus les débordements, ni les laves ou coulées de boue de ce cours d’eau. Une des crues les plus terribles a été celle du 18 juillet 1824, qui a enlevé deux ponts, emporté deux hameaux, démoli une trentaine de maisons du bourg de Saint-Julien de Maurienne, et causé la mort de deux femmes.
- La lave du 20 juillet 1871 a également envahi le bourg, coupé la route nationale n° 6 de Paris en Italie, et interrompu la circulation sur le chemin de fer du Rhône au Mont Cenis pendant 50 jours exactement. Ces deux exemples, pris entre cent, font nettement ressortir tout l’intérêt qui s’attachait à l’extinction d’un aussi fougueux torrent.
- Le Saint-Julien prend sa source à la pointe du Vallon (2787 mètres), à la crête même qui sépare la Maurienne de la Tarentaise ; son bassin de réception est constitué par un entonnoir schisteux de 900 mètres de profondeur, dont les parois ont une inclinaison dépassant 45° (fig. 1). Aussi toutes les eaux tombées dans ce gouffre se rassemblent-elles en un instant dans le thalweg, et se précipitent-elles en masses vers la vallée. Le débit monte brusquement, et il a pu atteindre jusqu’à 450 m5 par seconde (crue du 14 juillet 1900). Qu’on s’imagine cet énorme volume d’eau, sortant d’un étranglement rocheux,, lancé normalement, et avec force, contre une berge terreuse instable, imprégnée d’humidité, et la suivant ensuite sur 500 mètres de longueur, en s’appuyant à gauche sur une falaise schisteuse, pour rentrer dans une gorge profonde, et l’on pourra se faire une idée de l’importance du charriage et des désordres causés dans le versant qui surmonte la berge. C’est ainsi que tout le flanc de montagne sur lequel est bâti le village de Montdenis, rongé au pied, se trouvait entièrement en glissement sur une surface de 80 hectares. Les maisons de Montdenis se lézardaient, se disloquaient, le clocher prenait une inclinaison inquiétante. C’était à brève échéance la ruine complète, l’engloutissement, du village (fig. 2).
- île quelle efficacité pouvaient être les moyens ordinaires de correction7 Comme il était impossible de soutenir le pied de l’éboulement de Montdenis, ou de réduire le volume des eaux lors des orages ou de la fonte des neiges, les agents du service du Reboisement imaginèrent de dériver le torrent à travers la falaise rocheuse de rive gauche, qui faisait face à Montdenis. Une galerie souterraine, de 202 mètres de longueur, de 44 m2 de section et de 20 pour 100 de pente, conduit aujourd’hui le Saint-
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- Julien jusqu’à la gorge inférieure; un puissant barrage force les filets liquides à emprunter la voie nouvelle qui leur est ménagée (fig. 5). Cet important travail fut heureusement terminé à temps, car le 22 avril 1897, après un hiver remarquablement doux et pluvieux, le versant de Montdenis se mit à iluer et vint buter contre la falaise qui constituait, un an auparavant,
- la rive gauche du torrent. L’ancien lit se trouva remblayé sur plus de 30 mètres de hauteur, et on peut évaluer à plus de 2 700000 m3 la masse de terres qui
- avait glissé. Une épouvantable catastrophe ne se serait-elle pas produite si le Saint-Julien eût en-
- core coulé dans son chenal ordinaire si encaissé? Un réseau de 11693 mètres de drains, disposés en éventail dans l’éboule-
- Fig. 1. — Torrent de Saint-Julien. Plan de détail
- ment de Montdenis, acheva la consolidation de cette vaste surface. Mais les eaux du Saint-Julien , n ’ empruntant plus de matériaux à l’é-boulement de Montdenis, étaient devenues affouillantes; elles remaniaient le lit dans la gorge sauvage et pittoresque, maintenant visitée par de nombreux touristes, immédiatement en amont de Saint-Julien (fig. 4), et lui empruntaient des graviers qu’elles déposaient ensuite sur le cône de déjections. Pour prévenir ces effets d’érosion et diminuer les pentes, 4 grands
- Barrage
- Profil d& 1892
- \arrage
- Ancien/ -profil de/1886
- Profil de 1880
- Fig. 2. — Torrent de Sainl-Julien. Profils en travers et profil en long.
- S^Julien
- Mont-Denis \Bara9'pÆ*
- NORD
- Fig. 3. — Torrent de Saint-Julien, partie inférieure.
- barrages furent construits dans la partie la plus de la gorge, le lit fut rectifié, fixé par une série de resserrée de la gorge. En aval, jusqu’à la sortie seuils (fig. 6); enfin, depuis la sortie de la gorge
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- LA NATURE.
- jusqu’à l’Arc, le torrent lut enserré dans un canal de 1190 mètres de longueur, de 24 m2 de section;
- Fig. L — L'éboulement et le village de Montdenis.
- A droite, au jiied de la falaise, l’ancien lit du torrent.
- Fig. G. — Les seuils de la région inférieure de la gorge et le barrage n* 1.
- un chemin de G mètres de largeur a été ménagé, qui relie directement la route nationale au bourg de Saint-Julien. Grâce à cet ensemble de travaux s’accordant une mutuelle protection, on peut espérer que
- 46 seuils, donnant chacun une chute de lm,20, brisèrent la pente (tig. 7). Sur la digue de droite,
- Fig. 5.
- Le tunnel de dérivation.
- Fig. 7. — Le canal d’écoulement sur le cône de déjection. Village de Saint-Julien.
- le redoutable torrent, qui semait jadis la ruine et la terreur autour de lui, est complètement dompté.
- I1. .Moi GIN,
- Inspecteur des Faux et Forêts, à Chambéry.
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- DESTRUCTION ET UTILISATION DES FUMÉES
- La destruction et l’utilisation de la fumée est une des questions à J’ordre du jour en France, notamment à Paris, parce qu’un autre problème, celui de la destruction des immondices, s’y rattache intimement. M. l’ingénieur Tobian-sky, d’Altoff, a exposé tout récemment à la Société Belge des ingénieurs et industriels une méthode qui semble mériter l’attention des industriels. La fumée peut être plus ou moins visible, mais sa composition est invariable : matières pulvérulentes, gaz incombustibles, tels que azote et anhydride carbonique, gaz combustibles, tels que oxyde de carbone, hydrocarbures et hydrogène, voilà le bilan de toute fumée si transparente ou si fuligineuse soit-elle. Ce mélange hétérogène peut encore brûler : l’expérience du cornet de papier dont on enflamme la fumée est familière à chacun. Toutefois, après cette seconde combustion la fumée n’est pas encore détruite. Or, ce qu’il importe, c’est de la faire disparaître intégralement et de trouver profit et économie à sa destruction complète.
- Le procédé de M. To-biansky se résume ainsi :
- 1° Filtration de la fumée, pour la débarrasser des matières pulvérulentes et des hydrocarbures condensables.
- 2° Carburation des gaz pour augmenter leur combustibilité (fig. 1). Depuis longtemps on a songé : 1° à filtrer la fumée en la laisant passer, entre autres, par des barboteurs •pii la débarrassent de son acide carbonique; 2° à
- supprimer les cheminées et à les remplacer par un tirage artificiel produit en aspirant ou en refoulant
- la fumée. M. To-biansky a combiné les deux systèmes et s’étant rappelé que l’air carburé donnait un excellent gaz combustible, il a carburé à son tour la fumée aspirée et filtrée. Les produits de combustion ainsi traités lui donnent un gaz nouveau qu’il a baptisé « pyrogaz » et qui ne se condenserait pas. Pour l’éclairage, le chauffage et la force motrice, il permet d’utiliser les détritus de tous genres. L’opérateur, à l’aide d’un instrument d’aspiration, fait pénétrer la fumée dans un filtre rempli d’une matière poreuse arrosée d’un hydrocarbure volatil, tel que naphte ou pétrole (fig. 2 et 3). La matière poreuse est un combustible, tel que le coke ; nous verrons dans un moment pourquoi. En passant à travers le filtre, la fumée dépose sur le coke une partie des hydrocarbures ou goudrons qu’elle contient, en même temps qu’elle se charge des vapeurs d’hydrocarbures volatils dont la matière poreuse est arrosée. Après filtration, la fumée ne se compose donc plus que de gaz combustibles (tels que : oxyde de carbone, vapeurs d'hydrocarbure, hydrogène) et de gaz incombustibles, comme l’azote et l’acide carbonique. Les premiers brûleront ; il n’y a donc plus à s’en occuper, non plus que de ; l’azote qui forme les 79/100 de l’air que nous respirons. Rien qu’à première vue il paraisse
- Fig. 2. — Appareil Tobiansky. La l'uniée (l’un poêle est aspirée puis refoulée dans un carburateur et va alimenter des becs Auer.
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- un obstacle à la combustion, l’a/ote n'entrave pas même la carburation de l’air dans la fabrication courante du gaz d’air.
- Reste l’acide carbonique. On aurait évidemment pu en débarrasser la fumée en la faisant passer par un barboteur au lait de chaux ou à la potasse caustique, mais l’expérience a montré qu’il valait mieux le tolérer dans le mélange des gaz constituant la fumée. Pour dissiper tout doute à ce sujet, l’inventeur a mélangé à des vapeurs d’hydrocarbure de l’acide carbonique pur et a constaté que le gaz ainsi obtenu était parfaitement combustible. Il croit même qu’il se produit une combinaison chimique dont le résultat est de transformer l’acide carbonique en oxyde de carbone. En réalité, si le phénomène a vraiment lieu, cela ne pourrait se faire que par un déplacement atomique réalisé — cela va de soi — au moment de la combustion. Ce serait donc un phénomène analogue à celui qu’on constate lorsqu’on fabrique, dans les laboratoires, de l’oxyde de carbone combustible, avec de l’acide carbonique incombustible, mis en présence de charbons ardents. Quoiqu’il en
- Fig. o. — Schéma de l’appareil Tobiansky. l.a ruinée d’un poêle est aspirée à travers uu liltrc carburateur.
- soit, il n’y a pas à se soucier beaucoup de l’acide carbonique puisque ce gaz, contrairement à l’oxyde de carbone, n’exerce que par grande masse une action nocive sur l’organisme et sera tôt ou tard-décomposé par la chlorophylle des plantes qui en rejetteront l’oxygène dans l’atmosphère.
- Par cette méthode, M. Tobiansky tire des fumées de toutes espèces la plus grande somme de profits possible. Il utilise tout d’abord le calorique qui s’y trouve pour chauffer au passage les hydrocarbures du filtre. Leur volatilisation en est plus complète et leur emploi moins onéreux puisque les hydrocarbures lourds, tels que le pétrole, tout en étant peu chers, peuvent parfaitement convenir au but proposé.
- Le calorique de la fumée réchauffe en outre l’eau du réfrigérateur qui entoure le filtre et cette eau chaude, à son tour, peut alimenter une chaudière. Enlin, la matière poreuse, le coke du filtre, après s’être chargé des hydrocarbures condensés et du carbone en suspension dans la fumée, constitue un excellent combustible enrichi. En somme, par le procédé Tobiansky l’utilisation du Combustible employé dans un foyer quelconque est complète ou aussi complète que possible. Et ce n’est pas une
- mince économie si l’on veut bien considérer que dans une locomotive où tout est combiné en vue d’assurer un minimum de perte, le rendement n’est que de 15 pour 100 du charbon brûlé.
- Pour peu qu’on y réiléchisse, on est frappé des services qu’un tel système rendrait s’il était appliqué à l’incinération des immondices. On a, il est vrai, proposé d’employer ces matières à la production d’un gaz en les soumettant à une distillation analogue à celle de la houille. Mais un tel système, tout en ne donnant qu’un gaz très pauvre, serait coûteux parce qu’il nécessiterait un combustible dont la fumée s’échapperait en pure perte.
- Il a été également question d’employer les balayures directement comme combustible. Le procédé est triplement défectueux : d’abord, parce que les immondices devraient subir une dessiccation préalable; ensuite, parce que la fumée, outre ses qualités antihygiéniques, aurait le défaut de nécessiter de hautes cheminées et de s’échapper sans profit; enfin, parce que les immondices sont un mauvais combustible puisque sa valeur n’atteint que le vingtième de celle de l’anthracite. Dans le procédé qui nous occupe, les immondices seraient incinérées, mais de façon que la combustion fût très imparfaite et produisît une grande quantité de vapeurs utilisables.
- Cette fumée, préalablement filtrée et carburée, servirait à leur dessiccation et à tous les usages industriels dont le gaz ordinaire est susceptible.
- Le système Tobiansky fonctionne en divers endroits et une installation s’en fait en ce moment à la Vieille Montagne (mines de zinc) dans le but de supprimer les vapeurs et fumées malsaines qui chaque jour y mettent la vie des ouvriers en péril. Outre les avantages économiques qu’elle présente, la transformation des fumées en pyrogaz constitue aussi une œuvre humanitaire. Émile Guarini.
- U MARCHE SUR LA TÊTE
- On peut se demander à quelles excentricités ne se porteront pas de plus en plus les acrobates et les gymna-siarques de toutes sortes pour trouver des numéros sensationnels qui, en faisant accourir la foule, leur amèneront la renommée et la fortune. Après avoir fait l’admiration de l’Amérique et de l’Angleterre, le « looping the loop » 1 attire actuellement les Parisiens à l’Olympia et au Casino de Paris où deux « loopeurs », Diavolo et Méphisto, terrifient le public par la hardiesse de leur cyclisme aérien.
- Une exhibition qui ne manque pas non plus d’originalité est la « marche sur la tête » qu’exécutent actuellement, au Casino de Paris, deux frères, « Baptiste et Franconi,». Ces deux athlètes ne se contentent pas de marcher sur les mains, la tète en lias, comme nous avons pu le voir faire à nombre de clowns; ils marchent véritablement, ou plutôt sautillent sur la tète, sans le secours de leurs mains, ni de leurs pieds. Pour accomplir cet exercice, ils interposent entre le sol et leur crâne un bourrelet, sorte de couronne semblable à celle dont se servent les bouchers pour porter leur panier sur la tête ;
- 1 Voy. n°* 1551, p. 17G et 1552, p. 101.
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- ce bourrelet est maintenu par un ruban assujetti sous le menton. Ces préparatifs faits, ces acrobates d’un nouveau genre se placent en équilibre sur la tète et se mettent à exécuter des bonds prodigieux, en ligne droite ; le corps se soulève par une contraction des muscles dorsaux et pectoraux et retombe plus loin, toujours en équilibre (V. la fig.).
- Baptiste et Franconi sont Danois et originaires d’une famille d’acrobates ; ils sont âgés l’un de vingt-trois ans, l’autre de vingt-six. Dès l’àge le plus tendre ils se sont exercés à marcher la tète en bas, et le plus jeune des deux frères, dans un concours d’acrobates, à Vienne, est resté le plus longtemps en équilibre, la tète en bas, gardant cette position pendant cinq minutes quatre secondes. Ce n’est cependant qu’après huit années d’un travail incessant que les deux frères sont parvenus à exécuter leur marche sur la tète comme ils la font actuellement.
- La marche sur la tête.
- Baptiste et Franconi ont le corps bien proportionné et sont très bien musclés, quoique cependant leur cou ne présente aucun développement musculaire anormal ; chose extraordinaire, ils ne savent pas ce que c’est qu’un mal de tête ou une migraine. Iis sont d’une intelligence plutôt supérieure à la moyenne et s’expriment très bien en français; l’un d’eux parle même neuf langues. Après avoir exercé leur profession en Russie, en Grèce et en Turquie, ils ont voulu la consécration de Paris; ils veulent faire parler d’eux; il est à prévoir qu’ils réussiront. En attendant, l’un d’eux, Baptiste, vient de proposer le pari qu’il irait en six heures, en marchant sur la tête, de la place de l’Opéra au Crédit Lyonnais; les reprises de marche seraient de deux minutes, avec, entre chaque, un repos d’également deux minutes. Le défi a été relevé par un acrobate de Toulouse, M. llippolyte Bertrand, qui revendique la priorité de la marche sur la tète. Verrons-nous donc se disputer un match... sur la tète ? Nous ne pensions vraiment pas qu’il y eût autant de nos contemporains qui eussent adopté ce genre très spécial de locomotion. W. Drancourt.
- MOTEURS À PÉTROLE
- A BORD D\>r BATEAU DE PÊCHE
- Une intéressante installation de moteurs à pétrole a été faite par la Compagnie des moteurs Duplex à bord d’un bateau de pèche harenguier de MM. Altazin-Pétyl, armateurs à Boulogne-sur-Mer. Le bateau, qui a le nom de Jean, est destiné à la pèche du hareng et du maquereau aux filets dérivants. L’équipage comprend vingt-trois matelots, trois mousses, trois mécaniciens et le patron; à bord se trouvent 70 aussières et 525 blets. Le bateau porte 800 caisses pour le poisson en glace, 800 barils pour le poisson salé, 50 000 kg de glace, 50 000 kg de sel, et environ 20 000 kg de pétrole ou d’alcool. D’après les renseignements fournis par le Yacht, ses dimensions sont : longueur totale 56 mètres, longueur à la flottaison 52,40 mètres, jauge brute 208,69 tonneaux, jauge nette 155,75 tonneaux. La coque ne diffère pas sensiblement de celle des grands harenguiers à voiles de Boulogne, qui sont de très bons bateaux de mer. Les moteurs, au nombre de deux, sont destinés l’un à actionner l’hélice, l’autre à commander le cabestan. Le grand moteur a une puissance de 200 chevaux; il est à quatre cylindres, qui peuvent marcher indépendamment l’un de l’autre, la vitesse angulaire est de 500 tours par minute. On obtient les changements de vitesse par une commande qui agit sur les régulateurs, et en réduisant le nombre des cylindres en marche. L’hélice est à deux branches; le moteur tourne toujours dans le même sens. Le changement de marche s’obtient au moyen d’engrenages et d’un embrayage. Pour la marche en avant, l’arbre de l’hélice est attaqué directement par l’arbre du moteur ; pour la marche arrière, on passe par les engrenages. Le grand moteur actionne aussi une pompe rotative qui pompe l’eau nécessaire pour refroidir les cylindres, les soupapes et les culasses. La consommation est de 550 grammes de pétrole par cheval-heure. Le poids total du grand moteur est de 20 tonnes. Le deuxième moteur est un moteur à 2 cylindres indépendants de 40 chevaux, à 500 tours par minute. Les changements de vitesse sont obtenus comme dans le grand moteur. Il actionne deux pompes à eau rotatives et une pompe à air qui comprime de l’air à la pression de 10 à 12 atmosphères; cet air sert à mettre les moteurs en marche. Le poids total du petit moteur est de 5000 kg. Les deux moteurs peuvent fonctionner soit au pétrole lampant, soit à l’alcool sans modibcation; ils ont donné toute satisfaction.
- J. L.
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- TRANSPORT DU POISSON VIVANT
- Le transport du poisson de mer vivant a pris, dans ces derniers temps, une extension considérable. Lorsqu’il s’agit d’alimenter les grandes villes peu éloignées du littoral, le problème se simplifie; mais lorsqu’il s’agit, au contraire, de transporter ce poisson vivant à des distances considérables, la question n’est pas sans présenter certaines difficultés résultant de la nécessité de renouveler, en cours de route, l’eau des bassins dans lesquels on transporte ce poisson. C’est le cas qui se présente pour l’alimentation des marchés de l’Allemagne et de la Russie avec les poissons pêchés sur le littoral français de l’Atlantique et sur le littoral italien de la Méditerranée.
- De nombreux essais ont été faits, depuis longtemps, pour améliorer ce mode de transport par
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- voie de ter, mais, le plus souvent, sans succès. M. Kraatz, négociant à Berlin et qui s’occupe plus spécialement de ce transport pour l’Allemagne et la Russie, a poursuivi, de son côté, ces recherches et est parvenu, dernièrement, h établir un dispositif qui a donné toute satisfaction. Nous croyons intéressant de le faire connaître en empruntant une partie des renseignements à la Note publiée par M. Gœury, dans la Revue générale des chemins de fer.
- Le principe de ce dispositif est d’établir le long des parois du wagon des citernes pleines d'eau contenant le poisson et mises toutes en communication les unes avec les autres au moyen de tuyaux en caoutchouc. Ces tuyaux sont, à leur tour, reliés avec un tuyau d’aspiration aboutissant à une pompe qui, au moyen d’un second tuyau de refoulement, ren-
- voie cette eau, au moyen de lances, dans les diverses citernes. On obtient, de cette sorte, un renouvellement continu de l’eau des citernes, avec aération de cette dernière par son contact avec l’air extérieur.
- La ligure ci-dessous montre la disposition intérieure de ce'wagon. Supportée par un châssis en fer de 15 mètres de longueur et de 2m,75 de largeur, la caisse en bois à double enveloppe a 121U,65 de longueur, 2m,75 de largeur et 2m,85 de hauteur. Elle est divisée en trois compartiments : l’un contenant les citernes; l’autre, la machine actionnant la pompe et le troisième cette pompe elle-même.
- Les citernes, au nombre de 24, sont placées sur deux rangées de 12 chacune de chaque côté du wagon. Un passage longitudinal est réservé entre ces deux rangées de citernes. Chacune deces citernes
- Wagon jiour le transport tlu poisson \ ivanl.
- est reliée, au moyen d’un petit tuyau, h la conduite placée au niveau du plancher du wagon et divisée en deux parties se réunissant à l’avant et aboutissant par un tuyau commun à la pompe. Cette pompe refoule l’eau dans le tuyau placé à la partie supérieure du wagon au-dessus des citernes. Sur ce tuyau se trouvent branchés, en face de chaque citerne, des tubes verticaux munis, à leur partie inférieure, de lances qui amènent l’eau dans ces citernes, à quelques centimètres au-dessus du niveau de l’eau.
- Chacune de ces citernes, d’une capacité de un demi-mètre cube, peut contenir 150 kg de poisson, soit pour les 24 citernes, 5600 kg de poisson. Ces citernes sont fermées, à leur partie supérieure, par un couvercle arrondi en tôle galvanisée percé d’une ouverture pour le passage de la lance.
- La machine qui actionne la pompe est un moteur à benzine d’une puissance de 2 chevaux marchant à la vitesse de 200 tours par minute. L’eau
- destinée à rafraîchir le moteur, pendant la marche, est fournie par un réservoir en tôle d’acier.
- Quant à l’allumage du gaz du moteur, il est obtenu au moyen d’une batterie électrique de six éléments au bichromate. En cas de non-fonctionnement de la batterie, on a installé un allumeur spécial permettant d’y suppléer. La pompe aspirante et foulante est du genre Broquet. Actionnée par le moteur, au moyen d’une courroie, elle peut, à la vitesse de 125 tours par minute, refouler 150 décimètres cubes à la minute et renouveler l’eau des citernes environ une fois par heure.
- Le wagon, supporté par deux bogies espacés de 7m,14 d’axe en axe, pèse à vide 27456 kg et peut porter un chargement moyen de 15 700 kg.
- Les wagons, toujours accompagnés d’un mécanicien, sont autorisés depuis le mois de décembre 1901 à circuler sur le réseau de l’Est français. R. Boxxîx.
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- LE BÛCHERON AUTOMATIQUE
- On ne peut méconnaître que ce sont les Américains qui ont été les premiers h recourir aux machines-outils, dont ils ont inventé des types innombrables;
- mais l’exemple donné par eux commence heureusement à être suivi en Europe, et les constructeurs français, anglais, allemands se sont lancés, eux aussi,
- Fig. 1. — Emploi,'de 1» scie portative à vapeur dans une. (orét.
- dans la fabrication de ces machines si économiques. Nous en citerons une aujourd’hui qui sort de la maison anglaise Ranso-me, et qui peut rendre les plus grands services dans l’exploitation des bois,pour laquelle on recourt encore en France aux procédés et à l’outillage rudimentaires des bûcherons primitifs.
- Il s’agit d’une scie à vapeur, aussi portative que possible, su-ceptible de débiter les arbres une fois abattus aussi bien que de les jeter à bas, et autrement vite que suivant l’ancienne méthode de la scie à main et de la cognée. Disons tout de suite que ces scies consomment assez peu de vapeur : pour les commander, il suffit d’une chaudière verticale montée sur un chariot (qui f^ut porter également la scie et les accessoires) d’une puissance de 4 chevaux seule-
- ment, et dont le loyer très large s’alimente admirablement avec des déchets de bois ; cette chaudière est
- très légère, mais elle résiste néanmoins parfaitement à une pression de 7 kg. Comme la vapeur arrive au moteur de la scie par un tuyau métallique flexible de 18 à 20 mètres de long, la chaudière peut demeurer assez longtemps en place pendant qu’on coupe et débite tous les arbres à l’entour ; au surplus, une seule chaudière répondant à une puissance. de 6 chevaux suffira aisément à deux scies mécaniques, parce qu’il est rare qu’elles travaillent simultanément à puissance maxima.
- La scie proprement dite comporte un châssis en fonte assez léger (car ce n’est pas lui qui lui donne son point d’appui) constituant une sorte de plate-forme
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- qui permet d’installer convenablement l’appareil sur le sol; entre deux joues dépendant de ce châssis, et un peu comme un canon sur ses tourillons, vient porter un cylindre avec son piston, auquel la vapeur parvient précisément par un des deux tourillons ; ce cylindre peut pivoter et décrire un arc de cercle assez considérable sur ce que nous avons nommé les tourillons, et cela pour permettre à la scie, qui est montée directement sur la tige du piston, de venir d’abord au contact du tronc d’arbre qu’il s’agit d’attaquer, puis de s’enfoncer dans le bois au fur et à mesure qu’elle y fait son chemin. Ce déplacement angulaire est commandé par la rotation d’une roue à main, entraînant une vis sans fin qui engrène elle-même sur un secteur denté solidaire du cylindre à vapeur. La tige du piston se déplace bien entre des guides ; mais, afin d’empêcher que la scie ait aucune tendance à se fausser là où elle n’est plus soutenue par ces guides, cette lame (qui a souvent une longueur de 5 mètres) a des dents taillées de telle manière qu’elles ne mordent le bois que dans le mouvement de retour en arrière ; ces dents n’offrent, au contraire, aucune résistance quand le piston pousse la scie.
- Quand celle-ci travaille dans le sens perpendiculaire pour débiter les troncs abattus, on la fixe au moyen d’une sorte de marteau à pointe, relié au châssis par un pivot, et dont la pointe est enfoncée solidement dans le tronc. Pour scier les arbres au pied, on met l’appareil sur le coté, naturellement (parfois en le dotant d’un châssis un peu spécial*), et on le fixe à l’arbre par un dispositif légèrement plus compliqué. On peut du reste toujours, avec cette machine, et c’est là un de ses avantages, couper les arbres à ras de terre, parce qu’il suffit pour cela de déblayer un peu le sol pour faire place au châssis de la scie : la lame vient attaquer le tronc au niveau du sol, sans perdre aucune portion utilisable du bois ni laisser hors de terre des excroissances qui gênent ou même qui empêchent les charois en forêt.
- Les plus simples de ces scies, qui sont comme de vrais bûcherons à vapeur, ne pèsent pas plus de 200 à 210 kg, ce qui ne les empêche point de s’attaquer avec succès à des arbres de lm,20 de diamètre; les plus puissantes coupent et abattent des arbres de lm,80. Quatre hommes peuvent les mettre en place, en deux minutes elles sont prêtes à fonctionner, en cinq minutes elles auront scié un chêne de 0m,90 de diamètre; une de ces machines et une équipe de A hommes arrivent aisément à abattre à l’heure 8 arbres de 0m,75 de diamètre en moyenne. On comprend que dans ces conditions, ici comme dans un très grand nombre d’applications, la machine-outil assure une économie énorme de main-d’œuvre. Daniel Bf.i.i,et.
- 1 Souvent le châssis proprement dit de la scie peut se déplacer par glissement latéral sur un faux châssis, ce qui permet d’amener la scie exactement au point où l’on veut attaquer l'arbre ou le tronc.
- CHRONIQUE
- L’Académie tic médecine et les liqueurs. —
- Après un débat qui a duré plusieurs mois, l’Académie de médecine a fini par adopter, à l’unanimité, les conclusions suivantes : 1° L’Académie déclare que toutes les essences naturelles ou artificielles, sans exception, ainsi que les substances extraites, incorporées à l’alcool ou au vin, constituent des boissons dangereuses ou nuisibles. 2° L’Académie déclare que le danger de ces boissons résultant tout à la fois des essences et de l’alcool qu’elles renferment, elles mériteraient, quelles que soient leurs bases, d’ètre proscrites, et que tout au moins il y a lieu de les surtaxer de telle manière que la surtaxe devienne en quelque sorte prohibitive. 5° L’Académie signale en particulier le danger des apéritifs, c’est-à-dire des boissons à essences et à alcool prises à jeun. Le fait que ces boissons sont prises avant les repas rend leur absorption plus rapide et leur toxicité plus active. Enfin l’Académie a émis le vœu qu’il soit pris des mesures efficaces pour diminuer le nombre des débits de boissons.
- Loi sur l’alcoolisme en Angleterre. — L’alcoolisme va sans cesse en augmentant en France. D’après M. le Dr Magnan, les entrées dans les Asiles étaient en 1872 de 18 pour 100. En 1900 et 1902, elles ont atteint 49 pour 100. Le fléau prend sans cesse de l’extension. Et les mesures que l’on adopte pour le combattre sont insignifiantes. 11 en est autrement en Angleterre. Là on ne manque pas d’énergie. Depuis le 1er janvier 1905, on applique une nouvelle loi qui semble se révéler comme une arme puissante contre l’alcoolisme. Jusqu’ici l’ivresse n’était un délit que si l’ivrogne causait du scandale. On ne pouvait le condamner s’il se contentait de tituber, même de zigzaguer. Le cabaretier qui lui avait versé la dernière rasade n’était pas inquiété. Désormais, quelsque soientles signes deson état, l’ivrogne peut et doit être arrêté. Homme ou femme risque, pour le fait de simple ivresse, un mois de prison. A la troisième condamnation, il passe sur la liste des « ivrognes chroniques » et sa photographie est fournie à tous les cabaretiers de son quartier. Dès lors, il est passible d’une amende, puis de la prison, s’il tente de se procurer de l’alcool n’importe où. Les cabaretiers de son quartier sont passibles d’une forte amende, s’ils lui en vendent : 250 francs la première fois, 500 la seconde, puis la prison jusqu’à six mois. Contre toute personne inscrite sur la liste des « ivrognes chroniques », la séparation judiciaire au profit du conjoint peut être immédiatement prononcée. Mais la loi n’a pas prévu le cas (trop fréquent) des époux inscrits sur la fatale liste. D’où mainte difficulté dans son application qui, pourtant, ne date que du lor janvier dernier. En tout cas, c’est bien la guerre efficace contre l’alcool !
- Moteur « gaz compound. — La maison Clark, Chapman and C° construit des moteurs à gaz compound du système Butler intéressants. Ces moteurs, qui se font dans des puissances de 100 chevaux, ont deux petits cylindres d’explosion qui agissent sur deux manivelles ayant même calage, mais leurs explosions sont distantes de 560°. A 180° de ces deux manivelles en est une autre, sur laquelle agit le cylindre de détente : celui-ci reçoit à chaque tour, grâce à un distributeur rotatif, les gaz de l’un ou l’autre des petits cylindres. Le travail du cylindre de détente n’est pas considérable, mais il contribue à l’équilibre général du fonctionnement.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 23 mars 1903. — Présidence de M. A. Gaüdry.
- Une variété de rayons lumineux. — M. Blondlot a fait connaître récemment des expériences sur la vitesse de propagation des rayons X et leur propriété d’être polarisés. En réalité on se trouve en présence d’une espèce particulière de lumière associée aux rayons X. Ce ne sont pas, en effet, les radiations de Rontgen; elles traversent l’aluminium, le papier noir, etc., mais ne produisent ni fluorescence, ni action sur les plaques photographiques.
- Découverte d'un mammifère fossile inconnu. — M.Ray Lankester, de Londres, correspondant de la section d’anatomie et zoologie, annonce la découverte au Fayoum (Egypte), dans l’éocène supérieur, d’un mammifère appartenant à une espèce inconnue. Cette découverte a été faite par M. Readucle de la mission qui, depuis deux années, explore la haute Egypte. Le mammifère en question, qui a reçu le nom d’Arsinoethérium, porte sur la tète une double corne de nature osseuse. Les dents ressemblent à celles du dinothérium. L’os occipital présente une disposition plane caractéristique des éléphants; M. Ray Lankester ajoute que l’animal appartient à la souche éléphantine.
- Action de l'acide carbonique sur l'hydrure de potassium. — M. Moissan résume ses nouvelles recherches relatives à l’action de l’acide carbonique sur l’hydrure de potassium. En reprenant en détail les conditions du phénomène, il démontre que l’acide carbonique sec ne réagit pas à la température ordinaire sur l’hydrure de potassium et qu’il faut porter ce dernier à la température de 5i° pour que la combinaison ait lieu. Ces expériences très délicates se font dans des appareils en verre de Bohème préalablement desséchés avec soin. Pour déterminer l’importance de la quantité d’eau nécessaire pour provoquer la réaction, M. Moissan a utilisé la tension de la glace à différentes températures. Il a reconnu ainsi que la vapeur émise par la glace à la température de — 85° suffit pour provoquer la combinaison. L’étude de cette synthèse du formiate de potassium permet donc de fixer le rôle d’une impureté telle que l’eau. La trace de vapeur d’eau agit grâce à la chaleur qu’elle dégage par la décomposition d’une petite quantité d’hvdrure alcalin. Des traces de gaz acide chlorhydrique ou gaz ammoniac ne produisent pas le même résultat. Toutes ces réactions sont de même ordre que celles indiquées par M. Moissan à propos de l’action qu’exerce sur le verre le fluor renfermant des traces d’acide fluorhvdrique.
- Les images hypnagogiques. —M. Delage appelle ainsi des images que l’on voit se former très nettement au moment où le sommeil va survenir, alors que cependant la conscience des perceptions est encore nette. Ces images apparaissent avec une netteté parfaite; elles sont isolées sur fond sombre. Il faut les distinguer de l’hallucination, car le sujet a conscience du caractère subjectif de l’image. M. Delage observe que les images hypnagogiques n’ont été étudiées que par les philosophes; d’où des contradictions sur leur nature : les uns les considèrent comme rétiniennes, les autres comme mentales. Or, ainsi que l’observe M. Delage, les images rétiniennes sont caractérisées par ce fait qu’elles se déplacent lorsque l’œil se déplace. Il a observé sur lui à Roscoff des images hypnogogiques et a constaté qu’elles suivent le mouvement des yeux. Donc elles sont rétiniennes, Lorsqu’elles ont disparu elles
- laissent un substratum rétinien appelé lueur antoptrique. Ces lueurs apparaissent lorsque l’on ferme les yeux dans l’obscurité ; ce sont des taches colorées qui changent de place et dont la forme est tout à fait indécise. Au moment du sommeil, les images nerveuses susceptibles d’apparaître dans le rêve ont leur siège dans l’écorce cérébrale; alors passent les lueurs. Elles s’accrochent à l’image cérébrale et servent à son extériorisation.
- Chute de matériaux en suspension dans l’atmosphère. — M. Mascart fait connaître que le 20 février on a observé aux Açores, au sommet d’une montagne de 3000 mètres, une chute de poussière jaune. D’autre part, des navires anglais ont recueilli en mer des poussières. Mais les deux espèces de poussières diffèrent ; celle recueillie aux Açores provient du désert africain, tandis que celle tombée sur les navires anglais provient des Antilles. Ch. de Villedecil.
- DESSINATEUR UNIVERSEL
- On se sert depuis quelques mois aux Etats-Unis, dans les ateliers de dessin, d'un nouvel instrument qui est appelé à rendre de grands services.
- Cet instrument, présenté dernièrement à la Société des Ingénieurs civils par le Commandant Mahan, du corps du Génie militaire des États-Unis, et auquel on a donné le nom de « dessinateur universel », réunit en lui-même toutes les fonctions du té, de l’équerre, de l'échelle et du rapporteur. 11 permet d’abréger notablement la durée des travaux de' dessin, tout en ne nuisant en rien à l’exactitude des opérations bien au contraire.
- Le dessinateur universel est basé sur le principe de géométrie suivant : Si on prend (fig. 2) deux parallélogrammes NOLM et HGKI dont les deux bases NO et HG sont reliées l’une h l'autre d’une manière invariable et qu’on prolonge les deux autres bases LM et IK, l’angle formé par ces prolongements sera le même que celui formé par les deux bases NO et GII. Il en résulte que si ces deux bases font un angle de 90°, les deux autres lignes prolongées LM et IK feront également entre elles un angle de 90°.
- Si donc une des bases du parallélogramme LM est fixe et reste invariable de position, l’autre base IK, dans n’importe quelle autre position occupée par cette base, telle que, par exemple, IK, UK', I"K" restera constamment perpendiculaire à LM. Toutes les lignes telles queCa, Ce, Cb, Cd dont les positions sont fixes par rapport à la base IK resteront parallèles à elles-mêmes quelle que soit la position occupée par IK sur le dessin. Ainsi les lignes Ca, C'a' et C"a" seront parallèles. Il en sera de même de Ce, C 'c' et C "c", etc. Il est donc possible, rien que par le changement de position de la base IK, sur le dessin, de mener en un point quelconque de celui-ci des lignes parallèles à elles-mêmes, perpendiculaires entre elles ou faisant entre elles un angle donné.
- L’appareil représenté figure 1 se compose d’une plaque en fonte appelée « ancre » qu’on attache solidement à la partie supérieure gauche de la planche à dessiner au moyen de vis. A cette ancre est fixée,
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- d’une manière invariable, une plaque munie à ses deux extrémités de pivots. Cette plaque, avec les deux pivots, forme la base LM du premier parallélogramme de la figure 2. Autour de cès pivots sont articulés deux bras qui sont les côtés LN et MO de ce premier parallélogramme, dont les deux autres extrémités pivotent autour des extrémités du diamètre NO d'un anneau métallique massif.
- Les grands côtés GI et IIK du second parallélogramme pivotent, d’un côté, autour des extrémités du diamètre HG du même anneau; diamètre qui est perpendiculaire au premier NO et, de l’autre bout, autour de deux pivots I et K qui forment la « plaque inférieure » et la base du second parallélogramme.
- A cette plaque est fixée une partie annulaire au centre de laquelle
- se trouve une ^
- plaque tournante concentrique à laquelle sont attachés les deux bras rigides Ca et'
- Gb faisant un angle de 90°. Une règle, munie d’une échelle divisée, est fixée sur chacun , des bras et un rapporteur de 90° est gravé sur la plaque tournante et se fixe au moyen d’un repère sur la plaque inférieure. Un arrêt automatique per- . .
- met de placer aisément les règles suivant les angles les plus usuels dans l’exécution des plans.
- Nous avons dit que l’emploi de cet instrument pouvait abréger notablement la durée des opérations du dessin. Nous allons en donner un exemple, en comparant, dans un cas, les deux modes d’opération. Supposons que nous ayons à construire deux droites de longueur donnée, perpendiculaires l’une à l'autre.
- Fig. 1. — Dessinateur universel. Vue d’ensemble.
- Fig. 2. — Schéma du dessinateur universel.
- Avec le té et l’équerre : tirer avec le té une droite indéfinie ; enlever le té pour prendre l’échelle ; mesurer la longueur ; mettre de côté l’échelle et remettre le té; placer l’équerre et, tirer une seconde droite indéfinie; écarter l’équerre et prendre l’échelle;
- ____ mesurer la longueur ; enlever tous les instruments et effacer l’excédent des lignes tracées.
- Avec le nouvel instrument : tirer et mesurer en même temps l’une des lignes ; tirer et mesurer l’autre.
- Nous ferons remarquer qu ’ au voisinage du point d’intersection de deux li-.gnes, perpendiculaires ou obliques Tune par rapport à l’autre,
- le tracé se fait sans difficulté, les zéros des règles étant à une certaine distance du centre et un simple déplacement étant suffisant pour obtenir l’intersection
- de ces lignes.
- Dans le cas de l’emploi du rapporteur, l’économie de temps est encore plus considérable.
- Lorsqu’il s’agit de mener, en un point quelconque d’un dessin, une ligne parallèle à une autre, il est le plus souvent nécessaire de déplacer à plusieurs reprises la règle ou l’équerre, quelquefois même les deux. Avec le dessinateur universel, un seul
- mouvement de l’appareil suffit pour faire l’opération avec toute la précision possible. Les travaux de graphique statique sont grandement facilités par l’emploi du dessinateur universel, comme exactitude et comme économie de temps. R. Bonnin.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiuiie, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1558. - 4 AVRIL 1905.
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- L’OUED MM (SAHARA ALGÉRIEN)
- Fig. 1. — L’oued M’zab. Les Bibans. Défilé
- Fig. 2. — L’oued M’zab. Lit de la rivière.
- lie désert du Sahara est loin d’être partout, comme on se l’imagine encore trop souvent, une plaine uni-31e année. — 1er semestre.
- forme. Les accidents de terrain y sont au contraire nombreux, le relief très variable et l’aspect en géné-
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- LA NATURE.
- ral profondément différent d’un point à un autre.
- Nous avons parcouru à plusieurs reprises la partie du Sahara algérien qui s’étend au sud de nos possessions nord-africaines, depuis Gafsa jusqu’à Aïn Sefra et des montagnes de l’Aurès au pays des Cham-baa et à celui des Béni M’zab : chaque fois nous avons été étonné de la diversité d'aspect que présentaient ces régions ; à chaque étape nouvelle, pour ainsi dire, notre carnet de roçite et notre appareil photographique ont enregistré les impressions et les vues les plus différentes; chaque jour enfin nous avons constaté combien peu étaient documentés sur ces contrées ceux qui, dans nos écoles, ont mission de nous donner des renseignements sur elles.
- Les clichés que nous reproduisons dans le présent numéro donnent des vues très caractéristiques de la vallée de l’oued M’zab, long fleuve au lit complètement desséché qui prend sa source un peu à l’ouest de Gardaïa (capitale du M’zab, à peu près sur le méridien de Dellys) pour aller se perdre auprès d’Ouar-gla (au méridien de Sétif) dans les Chotts qui s'étendent entre cette ville et Tougourt.
- 11 existe dans cette région des monticules d’un aspect particulier — de forme conique, élevés de 40 à 100 mètres et complètement dépourvus de végétation — qu’on appelle en langue du pays des « gour », pluriel de gara. Ce sont des témoins attestant, à travers les siècles, les modifications profondes apportées au sol. On les aperçoit souvent de fort loin et ils servent parfois de points de repère aux caravanes. Ceux que nous avons photographiés se trouvent à quelques heures de marche à l’ouest de Ouargla et ont été baptisés par les indigènes des noms de Mohamed, Fatma et Aicha.
- A peu de distance de ces trois gour s’ouvre, dans une falaise qui forme la ligne de partage des eaux, une brèche d’aspect sauvage, presque fantastique : ce coupe-gorge, que nous avouons n’avoir franchi que la main sur la crosse de notre revolver, a reçu le nom de « Biban », c’est-à-dire Les portes, parce qu’il donne, en effet, accès dans la vallée de l’oued M’zab. On se trouve en cet endroit à une altitude relativement élevée et, de chaque côté, on domine la plaine avec, au nord, une échappée sur N’goussa1.
- La dernière photographie donne une idée de l’oued M’zab lui-même, dont le lit, large à cet endroit de près d’un kilomètre, se trouve enfermé entre des berges rocheuses. Cette rivière — ce fleuve, pourrions-nous dire — est presque continuellement à sec. Mais il peut arriver qu’un orage survenu en amont le remplisse subitement à déborder et que les eaux alors, dans leur cours aussi impétueux qu’éphémère, balaient comme paille les caravanes surprises au bivouac de nuit dans le lit du torrent.
- Dans le lit de l’oued quelques herbes rares, bien rares : aussi éparses que petites, et souvent aussi sèches que petites. Dans les dunes, des plantes plus ou moins épineuses, analogues à nos genêts bretons
- 1 Où viennent d'avoir lieu des troubles entre Mozabites et Arabes du K,sar ou village.
- et poussant de longues racines rampantes qui vont au loin chercher leur maigre subsistance. Par intervalles, sur les plateaux ou dans les bas-fonds de l’oued, des pierres roulées qui blessent les pieds sans corne des chameaux. Nous avons même trouvé tout un gisement de beaux silex taillés en forme de grattoirs ou de coups de poing dont nous avons rapporté plusieurs curieux échantillons. Ailleurs c’est du cristal de gypse sous diverses formes, du gypse, des cailloux portant des traces évidentes de fer, ou bien du sable, ce maudit sable impalpable qui rend la marche horriblement pénible et pénètre dans les chaussures les mieux lacées, dans les oan-tines et les outres les plus hermétiquement fermées. Et des hommes ont vécu là autrefois ! Est-ce donc que les conditions climatologiques ont tellement changé? Et quelle pouvait bien être le genre d’existence de ces malheureux, ou plutôt, de ces adroits ouvriers, si habiles dans l’art de tailler le silex et de s’en faire des outils et des armes rivalisant avec les armes et les outils de la vieille Europe? Lucien Jacquot.
- POUSSIÈRES ÉOLIENNES
- Dans la nuit du 21 au 22 février dernier, il a plu... de la poussière en abondance dans toute l’Europe occidentale, en Angleterre et dans le pays de Galles. On en a recueilli au Havre, à Brest, à Bruxelles, et surtout dans les campagnes suisses. Le phénomène a été d’autant mieux observé que l’attention est portée de ce côté. Depuis 1885, depuis l’éruption du Krakatoa, on relie ces chutes de poussières aux belles apparitions rouges des couchers de soleil. On a attribué les derniers feux crépusculaires aux poussières volcaniques de la Martinique. Il est possible que les poussières jouent un grand rôle dans la production des crépuscules rouges, mais il est à peu près certain maintenant que les poussières qui abondent dans l’air depuis quelque temps nous arrivent tout simplement d’Afrique. Le simoun soulève des tourbillons de sables des déserts de l’Afrique et les sables, chassés par le vent, envahissent l’Europe. Nous avons donc en Europe un peu de la terre d’Afrique. Et cet apport ne date certainement pas d’aujourd’hui. Il y a longtemps que le sable du Sahara nous est amené par les tempêtes africaines.
- Arago, il y a presqu’un siècle, avait déjà dressé une statistique des principales chutes de poussières observées depuis l’an 472 de notre ère : pluies noires, rouges, jaunes, etc. Et, en général, celles qui furent notées en Europe étaient des pluies de sables jaune rouge. Leur origine africaine est bien probable.
- M. F.-A. Forel, de Morges, a suivi avec soin la pluie du 21 au 22 février. Avant la pluie on nota le passage d’un brouillard sec de la nature de ceux que signala Kaëmtz jadis. Un vent très chaud, en Suisse et en Allemagne. Première journée de printemps à Lausanne où la moyenne de température des 24 heures dépasse 10 degrés, tandis que d’habitude cette première journée tiède n’arrive normalement que vers le 26 mars. Puis un brouillard, une brume de couleur jaunâtre, rougeâtre « prenant à la gorge ». Enfin une chute de poussière adhérant aux aiguilles des" sapins et aux herbes des prairies, salissant la surface de la neige sur la terre, colorant de jaune les chaussures des passants.
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- M. Forel a reçu des échantillons de poussière de différentes localités suisses. Poussière impalpable de composition complexe, de couleur saumon ou brique pilée avec des débris de diatomées. Cette poussière est parfaitement analogue à ces sables éoliens qui tombent souvent en Sicile, analogue au sable de la grande chute de mars 1901 qui passant par l’Égypte, la Tunisie, couvrit toute l’Europe centrale jusqu’au Danemark et dont l’origine saharienne fut démontrée avec certitude. Même apparence encore que la poussière tombée dans les Cornouailles en janvier 1902; semblable complètement à la poussière recueillie dans les Alpes du Valais le 2 août 1902.
- La pluie éolienne du 22 février est tombée sur un espace énorme. D’après les renseignements qu’a recueillis
- M. Forel. on l’a observée à Salzbourg, à Ischl, au château d’Oex, dans les Alpes Yaudoises, à Clarens, à Zurich, depuis le Locle jusqu’aux lacs subjurassiens; puis en Hollande, à Dortmund (Westphalie), à Neunkirchen, près Trêves (Prusse rhénane), Buckeburg (Principauté de Lippe-Schauenburg), en Saxe, et Silésie, dans la haute Autriche, etc., c’est-à-dire dans la plus grande partie de l’Europe Centrale.
- L’aire de chute est bien plus grande que l’on aurait pu le supposer tout d’abord. M. A.-B. Chauveau, du Bureau central météorologique, a trouvé des renseignements très intéressants dans les journaux de bord des navires de la marine marchande. L’océan Atlantique occidental a été couvert des mêmes poussières, ce qui confirme eneore leur origine saharienne.
- « Sur le journal du vapeur Yille-de-San-Nicolas, des Chargeurs Réunis, l’observateur, M. Ollivier, écrit : Pendant les journées des 22 et 23 février (par 11° à 12° lat.
- N. et 27° à 26° long. 0.), l’air a été fortement chargé d’une poussière très fine, de couleur rougeâtre, qui formait comme un épais rideau de brume. La vue était très limitée et nous avons dû faire usage des signaux phoniques. Ce phénomène, que j’ai déjà constaté, ne peut être attribué qu’à un fort coup de vent de l’est qui, balafhnt le désert du Sahara, chasse devant lui des nuages de sable. Ce sable, dévié et entraîné par le courant des vents alizés, descendrait ensuite jusqu’à la zone des calmes équatoriaux. Nous l’avons rencontré cette fois à la hauteur du 11* parallèle nord, c’est-à-dire à près de 500 milles des îles du Cap Vert et environ 500 milles de la côte africaine.
- « Un peu au nord et à l’ouest de cette région, entre les îles du Cap Vert et Dakar (par 13° à 14° lat. N. et 21° à 20° long. 0.), le journal du paquebot la Cordillère, des Messageries maritimes (observateur M. Lerequier), mentionne à la date du 21 : Depuis 1 heure du soir, le ciel est complètement couvert; la brume s’épaissit et devient intense au coucher du soleil. Une poudre jaune impalpable recouvre la coque et le gréement du navire (c’est la poussière du désert). Navigué le plus doucement possible, à la sonde et au sifflet. Enfin, à une latitude plus haute, dans les parages de Ténérifle (par 22° à 26° lat. N. et 21° à 19° Long. O), le phénomène est signalé le 19 par le journal du Caravellos, des Chargeurs Réunis (observateur, M. Laroque) : Depuis 5 heures du matinune poussière rouge tombe à bord et autour du navire (sable fin rouge) ; pas de vue pendant 2 jours. »
- La marche du phénomène, fait remarquer M. Chauveau, est ainsi nettement indiquée, dans le sens prévu par l’observateur de la Yille-de-San-Nicolas.
- Les chutes de sable très fin et rougeâtre, donnant à l’air une apparence brumeuse, ne sont pas rares dans cette région de l’Atlantique et surtout au voisinage des
- Canaries. M. Chauveau a noté parmi les plus remarquables comme abondance et comme durée, celle qui eut lieu du 11 au 17 février 1898 et fut signalée par plusieurs navires entre les îles du Cap Vert et Ténérifle.
- On peut citer encore une pluie terreuse tombée aux Canaries pendant la nuit du 21 au 22 février 1885 (mêmes dates qu’en 1903). Les chutes de 1885, 1898 et 1903, survenues aux mêmes époques, correspondent aux mêmes situations atmosphériques.
- M. Mascart de son côté a reçu du Directeur du Service météorologique des Açores, M. le capitaine Chaves, une. lettre confirmative des faits précédents.
- Le 20 février dès 10 heures du matin s’est formé à Punta-Delgada un brouillard épais venu d’en haut qui a fini par obscurcir complètement le soleil. Des poussières sont ensuite tombées en quantité assez grande pour couvrir d’une teinte jaune la neige du mont Pico (2274 mètres). Le lendemain les vaches blanches qui avaient passé la nuit dans les pâturages étaient toutes jaunes. De même, les feuilles des arbres et les murs de la ville. Même constatation à Ilorta et dans les autres îles du groupe Central. Et pourtant les Açores sont à 1500 kilomètres des déserts d’Afrique.
- Il ne saurait être question des poussières volcaniques de la Soufrière de Saint-Vincent, selon la remarque de M. Chaves, car les poussières recueillies en mer à une latitude beaucoup plus basse par des navires anglais sont grises et non jaune rouge.
- Le 19 mars, le même phénomène s’est encore reproduit. Des navires au large de la côte d’Afrique ont été, après une violente bourrasque, enveloppés dans un nuage opaque de sables qui ont laissé un dépôt jaune rouge sur les mâts et sur le plancher du bâtiment.
- Ces chutes abondantes de poussières paraissent survenir dans les mêmes circonstances atmosphériques, quand un anticyclone se produit et fait régner des vents d’ouest violents sur le nord-ouest de l’Afrique. Le 21 février il existait, en effet, un mouvement anticyclonique autour d’un centre de hautes pressions sur le Sahara occidental. Le vent élève les sables à une hauteur énorme et les transporte à la fois sur l’Océan et jusqu’aux hautes latitudes européennes. Ces faits présentent un véritable intérêt pour la météorologie et il est à souhaiter qu’on les étudie désormais avec le plus de précision possible.
- Henri de Parvilee.
- STATION MÉTÉOROLOGIQUE
- DE LA SCHLUCHT
- Les touristes qui parcourent les Vosges et surtout les personnes qui font un séjour à Gérardmer vont jusqu’à la Schlucht voir l’admirable panorama qui se déroule sous leurs yeux. Le passage de la Schlucht est très fréquenté. Un tramway conduit au col de Gérardmer en deux heures et demie. Au sommet, un peu en deçà et l’on est en France, un peu au delà et l’on est en Alsace-Lorraine. D’un côté les douaniers français, de l’autre les douaniers allemands. C’est à la Schlucht que llirn, le savant physicien, avait établi en 1895 une petite station météorologique, à 1400 mètres environ d’altitude. Les observations en ce point élevé et bien dégagé présentent de l’intérêt, surtout comparées aux stations de la
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- plaine. Mais à cette altitude, il n’est pas facile d’avoir des observations exactes et surtout régulières. Hirn avait mis à contribution la complaisance de M. De-franoux, propriétaire de l’Hôtel de la Scblucht. Mais M. Defranoux finit par trouver son séjour en hiver à l’hôtel un peu dur et désagréable. Dès lors, adieu les observations météorologiques. La Société industrielle de Mulhouse s’inquiéta de cet état de chose. Un de ses membres, M. Léonhart, proposa de transférer la station à l’Altenberg, où M. A. Hartmann faisait construire le bel hôtel qui s’élève aujourd’hui à un quart d’heure de la Schlucht, sur le versant alsacien. M. Hartmann voulut bien installer à ses frais un kiosque bien conçu pour recevoir les appareils
- dont la Société de Mulhouse doterait la nouvelle station. M. Hergesell, directeur du service météorologique de l’Alsace-Lorraine, s’intéressa à la question et le gérant de l’Hôtel consentit à se charger des observations les plus indispensables. Ce n’était pourtant pas la fin des tribulations de la station.
- Elle fut installée le 1er janvier 1807. Tout alla bien pendant quelques années. Mais le secrétariat de l’Hôtel trouva à la longue la besogne un peu monotone. Sans doute, et comme le personnel variait, les observations manquèrent de rigueur ou furent quelquefois oubliées. Puis, h vrai dire, la situation de l’Altenberg ne valait pas celle de la Scblucht; elle est beaucoup trop abritée, à notre avis, vers le nord
- Kiosque météorologique de la Schlucht. (Photographié le 8 mai 1902.)
- et l’ouest, les indications devaient s’éloigner un peu de la réalité. Sur ces entrefaites, le gardien de l’hôtel d’Altenberg pendant l’hiver, M. Freudenreich, résolut de passer désormais la mauvaise saison chez lui au restaurant de la Schlucht. Un nouveau déménagement s’imposait. On retourna à la Schlucht. La famille Hartmann fit à M. Léonhart le don du kiosque qui fut transporté, avec ses instruments, dans le jardin du chalet-restaurant de M. Freudenreich. C’est là que M. Freudenreich surveille maintenant les observations qui sont faites avec grand soin par sa fille au nom de la Société industrielle1.
- Nous représentons le kiosque de la Schlucht, d’après un dessin du « Bulletin de la Société de Mulhouse ».
- 1 Comptes rendus de la Société industrielle de Mulhouse. Note de M. J. Léonhart.
- Ce kiosque domine les bâtiments d’alentour. 11 renferme thermomètres et psychromètres. Un mât de 8 mètres de haut est surmonté de la rose des vents et de l’anémomètre de Wild. Un peu à l’ouest se trouve le pluviomètre identique à celui de la station de Munich. Un baromètre de la station de Fuess (Berlin) est installé dans le restaurant hors de l’accès des touristes. Les appareils enregistreurs sont du constructeur français J. Richard.
- Tel est le petit observatoire de la Schlucht. Nous lui souhaitons d’avoir des destinées plus stables que jusqu’ici et d’être à l’abri de nouvelles vicissitudes. Des observations continues et bien faites à cettè hauteur, et dans cette situation particulière, auront une réelle utilité. J.-F. Gau,.
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- TRACTION MECANIQUE DES TRAMWAYS'
- TRACTION’ A AIR COMPRIMÉ
- L'air comprimé 11’a été employé à la traction des tramways qu'à partir de Tannée 1879, où fut inaugurée la ligne de Doulon à Ghantenay, à Nantes.
- Mais une voiture automobile à air comprimé, construite par Andraud et Teissié du Motay, avait circulé dès 1840 sur une voie de chemin de fer établie pour ces essais à Chaillot : ces inventeurs songeaient, en effet, à appliquer l’air comprimé, produit à la pression de 00 atmosphères par des chutes d’eau, à la traction des trains de grandes lignes. Vers la fin de 1855, le constructeur-mécanicien Julienne fit aussi marcher sur la route de la Révolte, à Saint-Denis, une automobile fonctionnant avec de l’air à la pression de 25 atmosphères. En outre, l’ingénieur Sommeiller avait employé, en 1 Yoy. n° 1551, du 11 février 1905, p. 1G7.
- 1858, une locomotive à air comprimé à un service d’embranchement, sur une petite ligne contiguë
- au chemin de fer de Gènes; et, en 1874, des locomotives à air comprimé avaient été couramment utilisées au percement du tunnel du Saint-Gothard.
- Toutes les installations de tramways qui fonctionnent au moyen de l’air comprimé, en France, ont été établies suivant le système de M. Mékarski, qui a commencé à s’occuper des applications de l’air comprimé à la traction en 1872; son premier brevet, qui date du 4 novembre de cette année, se rapporte à un détendeur de pression qui fut appliqué presque aussitôt à une locomotive en construction au Creusol pour les travaux du Saint-Gothard. L’année suivante, M. Mékarski prenait un certificat d’addition à ce
- imiiunmiiTi
- Cheminée \
- Bouillotte système Bonnefoml. Coupe par le loyer et la Boîte à fumée.
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- brevet pour le réchauffage de l’air au moyen de son mélange avec de la vapeur d’eau : ces deux dispositions essentielles sont encore appliquées aujourd’hui sans changement par M. Mékarski. M. Popp a fait aussi, à Paris, en 1895, avec une voiture munie d’un système d’alimentation en marche et* d’une disposition de réchauffage de l’air par le moyen de coke, des essais qui n’ont pas été couronnés de succès.
- Dans le système Mékarski, tel qu’il a été appliqué en 1894 aux voitures de la ligne « Cours de Yincennes —Saint-Augustin », à Paris, l’air comprimé est enuna-ganisé à la pression de 60 kilogrammes dans 9 réservoirs en acier, d’une contenance totale de 2500 litres, disposés transversalement entre les longerons du truck moteur, sous le plancher de la caisse. Ces réservoirs sont divisés en deux groupes, ou batteries, qui peuvent être mis en communication, ensemble ou séparément, avec un réservoir vertical, appelé bouillotte, placé à l'avant du truck et rempli aux deux tiers d’eau à une température initiale de 170°. L’air des réservoirs, pour se rendre au moteur, doit traverser cette bouillotte ; il se réchauffe par son passage à travers l’eau, et il entraîne aux cylindres une certaine quantité de cette eau en rapport avec les pressions respectives de la vapeur et de l’air.
- La détente de l’air comprimé se fait avec absorption de chaleur, et si cette dernière ne peut être fournie que par l’air lui-même, sa température s’abaisse considérablement lorsque la détente est un peu poussée : par exemple de l’air à une certaine pression et à la température de 15°, qui se détendrait de six fois son volume, descendrait à une température de 125° au-dessous de zéro ; une détente se produisant à moitié de la course des pistons amènerait encore un abaissement de température de 71°. Dans ces conditions le fonctionnement du moteur serait défectueux, car le graissage des cylindres ne pourrait se faire : par suite, l’air comprimé froid ne pourrait évidemment s’employer que sans détente.
- Mais la détente augmente beaucoup le travail que peut fournir un poids de fluide donné ; c’est par le réchauffage de l’air, qui permet de l’employer avec une grande détente, que M. Mékarski a rendu son emploi possible dans les tramways.
- Ce réchauffage de l’air, opéré dans la bouillotte, a d’abord pour effet d’augmenter son volume, et par suite le travail qu’il peut fournir : un réchauffage de 275°, par exemple, doublerait ce travail. Ensuite la vapeur, entraînée par l’air, se condense pendant la détente de ce dernier, et la chaleur latente qu’elle met ainsi en liberté sert à maintenir cet air à une température élevée. Ce maintien de la température donne lieu encore à une augmentation importante de travail, et si, par exemple, la température de l’air dans les cylindres restait constante et égale «à 275°, le travail qu’il fournirait serait près de quatre fois (exactement trois fois et demie) celui qui pourrait être produit théoriquement par un même poids d’air sec pris à 0°, se détendant également jusqu’à la pression atmosphérique.
- On calcule le volume de l’eau et sa température initiale d’après le poids de l’air dépensé par voyage, et de façon que la température finale de la bouillotte soit encore de 100° au minimum à l’arrivée : pendant tout le voyage, la pression de l’air et celle de l’eau conservent alors un même rapport, et le rendement du mélange est absolument constant. Au terminus ou à la tète de ligne, on réchauffe à nouveau la bouillotte au moyen d’un jet de vapeur emprunté à une chaudière fixe, pendant qu’on renouvelle aussi l’approvisionnement de l’air comprimé.
- Dans les dernières voitures de la Compagnie générale des Omnibus (fig. 1), le réchauffage de l'eau a lieu d’une façon continue, au moyen d'un foyer disposé dans la bouillotte même (fig. 2) : la température de l’eau reste alors, constante, et pour que la proportion de vapeur soit toujours la même dans le mélange qui se rend aux cylindres moteurs, il est nécessaire également que la pression de l'air soit constante dans la bouillotte : on obtient ce résultat en disposant un détendeur sur la bouillotte, à l’arrivée de l’air des réservoirs. Un régulateur à levier,du type employé sur les locomotives à vapeur, sert en outre à régler la pression du mélange envoyé dans les cylindres.
- Le moteur est disposé extérieurement aux longerons, dans des caissons fermés qui soustraient les articulations et parties frottantes à l’action de la poussière et de la boue ; il comprend deux cylindres horizontaux de 190mm de diamètre, disposés à l’arrière de la voiture, et dont les pistons, qui ont 26ümm de course, attaquent l’essieu arrière directement par deux boutons de manivelles à 90n ; cet essieu est accouplé, pour l’adhérence, à celui d’avant par des bielles. L’effort de traction pratique, pour la pression de 15 kilogrammes, est de 1500 kilogrammes, bien en rapport avec l’adhérence, qui atteint 1500 kilogrammes avec un coefficient de Le mélange de
- vapeur et d'air qui a accompli son travail dans les cylindres s’échappe à l’extérieur, à travers un silencieux formé de trois tôles concentriques percées d’un grand nombre de trous de petit diamètre.
- Dans les voitures de Montrouge, l’air comprimé est emmagasiné à la pression de 80 kilogrammes dans des réservoirs longitudinaux d’une contenance totale de 2640 litres ; le poids d’air qu’ils contiennent est de 262 kilogrammes pour la température de 15°, y compris l’air renfermé dans la bouillotte. La consommation moyenne d’air étant de loks,8 par kilomètre, on voit que ces voitures peuvent effectuer sans rechargement un parcours de plus de 16 kilomètres, la pression dans les réservoirs, au retour, étant encore de 12 kilogrammes. La consommation de coke de la bouillotte est de 0k«,600 environ par kilomètre.
- Le rendement de l’air comprimé est plus constant et meilleur, avec ce système de réchauffage continu, qu'avec le système Mékarski; cette disposition offre, en outre, le précieux avantage de permettre l’emploi de la traction à air comprimé sur les lignes dont les terminus sont situés dans des quartiers où l’établis-
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- sement d'une chaudière fixe ne serait pas toléré. En retour, elle diminue un peu la simplicité de conduite des voitures, ce qui est toutefois sans inconvénient au point de vue de la sécurité, le foyer n’étant chargé qu’aux points extrêmes de chaque ligne.
- L’air comprimé destiné à l'alimentation des voitures de la ligne de Montrouge, comme de celles de Passy, d’Auteuil et de la Muette, est produit dans une usine située à Billancourt, en bordure de la Seine, et reliée aux divers dépôts, relais ou terminus, par des canalisations en acier dont l’une, celle de Montrouge, a 7 kilomètres de longueur. L’usine comprend 7 machines à vapeur horizontales, à triple expansion, d’une puissance de 850 chevaux indiqués à 52 tours et de 1000 chevaux à 65 tours, qui actionnent chacune un compresseur d’air à 5 phases et à 5 cylindres. Le cylindre primaire, d’un volume de 700 litres, est accouplé en tandem avec le cylindre B P de la machine à vapeur ; il est à double effet et l’air y est comprimé à la pression moyenne de 5k»,500 ; une certaine quantité d’eau est injectée dans le cylindre à chaque aspiration d’air pour réduire réchauffement de ce dernier. De ce cylindre, l’air passe dans un réservoir intermédiaire où aspirent les pistons de 2 cylindres verticaux à moyenne pression, pistons qui sont commandés par des coudes de l’arbre moteur : Pair est porté dans cette deuxième compression à la pression de 25 kilogrammes. Finalement il se rend, en passant par un second réservoir intermédiaire et par un serpentin plongé dans une bâche d’eau froide constamment renouvelée, dans deux cylindres à haute pression dont les pistons sont montés sur le prolongement des tiges de ceux des cylindres à moyenne pression, et où la compression est poussée jusqu’au chiffre de 90 kilogrammes. A la sortie de ces derniers cylindres, l’air comprimé se rend dans des réservoirs d’une contenance totale de 140 m3 reliés par des vannes aux conduites des dépôts extrêmes de la ligne.
- La production d’un compresseur par tour de machine est de 1 kilogramme d’air, lequel nécessite
- un travail de 72 000 kilogrammètres, ou
- cheval ; pour la vitesse de marche de 52 tours à la minute, la production horaire est de 5120 kilogrammes. La compression en trois cascades, avec réservoirs intermédiaires et injection d’eau, a pour but de réduire réchauffement de l’air, et par suite le travail de compression. Cet échaulfement serait sans cela considérable, car presque tout le travail du moteur est employé à produire l’élévation de température qui accompagne nécessairement la diminution de volume, le rapprochement des molécules ne nécessitant qu’un effort relativement très faible.
- Cet échauffement disparaissant totalement dans le trajet des compresseurs aux réservoirs des voitures, ou dans ces réservoirs mêmes, on peut dire avec M. Mékarski1 que le rendement des compresseurs peut être considéré comme absolument nul.
- 1 Société des Ingénieurs civils, bulletin de mars 1900.
- Le compresseur, ajoute cet ingénieur, joue un rôle très spécial : il ne transforme pas l’énergie, comme une dynamo génératrice, il produit simplement le transformateur en créant un potentiel, mais ce transformateur est un des meilleurs que l’on connaisse pour la conversion des calories en kilogrammètres. Ce sont les calories ainsi transformées qui fournissent l’énergie utilisée au moyen du moteur à air, que ce soient celles préexistant dans l’air avant la compression ou d’autres empruntées postérieurement à une source extérieure. Dans ce dernier cas, qui est celui des installations de tramways, on dépense d’abord des kilogrammètres pour faire des calories ({lie l’on perd, puis d’autres calories pour faire des kilogrammètres ; on peut arriver dans cette seconde opération à un chiffre assez voisin de celui donné par la première, en sens inverse, en dépensant la quantité de chaleur correspondante, rien ne limitant même le rendement ainsi défini.
- M. Mékarski estime qu’on peut arriver à obtenir de la sorte une proportion entre le travail restitué sur les pistons des automotrices et la puissance développée sur les {listons de la machine à vapeur de l’usine de 45 pour 100. Dans les installations de la Compagnie générale des Omnibus, en raison de la pression élevée de l’air employé, ce rendement ne dépasse pas 55 pour 100. L. Dnatni-Giihox.
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- FLANTES PARASITES SINGULIÈRES
- Un très grand nombre de végétaux sucent les sucs d’autres végétaux; ce sont des pique-assiette qui vivent à leur table et les exploitent honteusement. Malgré des mœurs aussi noires, ces plantes sont bonnes à connaître. Dans cet article, nous laisserons de côté la horde des champignons qui attaquent les végétaux, car leur histoire est compliquée, et n’a rien de folâtre pour celui qui n’a pas d’examen à passer. Nous ne passerons en revue que les plantes à fleurs qui vivent en parasites et que leur petit nombre rend encore plus intéressantes pour celui qui les observe.
- A côté du Gui qui vit en parasite sur les arbres, il en est d’autres qui, comme lui, sont d’un beau vert ne différant nullement de celui des autres végétaux. Tels sont les Rhinanthes, les Mélampyres, les Euphraises, qui abondent dans nos bois et vivent en parasites sur les racines des graminées ; à les voir, on les prendrait pour des plantes ordinaires. Pour se rendre compte de leur parasitisme, il faut les déterrer avec soin: on voit alors les racines venir s’incruster à celles de la plante qui les nourrit par de petits suçoirs en forme de boutons arrondis.
- Il est aussi bon nombre de plantes parasites qui sont dépourvues de chlorophylle et ont alors un aspect singulier : leur couleur est brunâtre, les feuilles sont réduites à de minces écailles incolores. A citer en particulier dans celte catégorie : les Orohanches dont chaque espèce vit sur les racines d’une plante déterminée.: YOrobanclie epilht/muni sur le serpolet;
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- 1 2 Fig. 1.— Jjlléiosis guyanensis; 2, llhopalocnejiiis.
- l’Orobanche gain sur leGaillet ; 1 'Orobanche hederœ sur le lierre, etc.
- A côté des Orobanches vient se placer la Lathrée clandestine qui est en partie souterraine : cette plante de nos pays est vraiment étrange, avec ses feuilles gorgées de sucs et du plus beau blanc ; au moment où elle fleurit, on voit sortir de terre un épi serré et penché de fleurs à calice velu et à corolle blanchâtre lavée de pourpre. A l’aide de petits suçoirs, elle pompe la sève des racines des arbres, au bord des ruisseaux.
- Le Monotropa hypopithys rappelle un peu les Lathrées, mais avec des feuilles minces et blanches. Sa hampe florale est recourbée en crosse d’évêque. Elle est assez commune dans nos bois.
- La Cuscute est aussi fort curieuse, quoique bien connue : ses minces rameaux enveloppent les luzernes, se collent à elles par des suçoirs et les font périr.
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- Fig. 2. — 1, Cytinus hypocystis ; 2, Cynonioriuin coccincuin.
- Mais les pays chauds nous présentent des types plus étranges encore. Tel est le cas de la famille des Balanophorées, plantes de couleur brune, jaune ou rouge, de consistance charnue. Leur tige et leurs feuilles n’ont plus forme végétale. Elles vivent sur les racines des plantes on elles se développent sous forme d’un petit bourgeon qui fait éclater l’écorce. Presque constamment souterraines, elles ne se montrent à l’air qu’au moment de la -floraison. Parmi ces plantes fantastiques, citons le Lanys-dorffia hypoyæa, de l’Amérique centrale, qui donne un peu l’impression d’un artichaut aux folioles allongées; le Balanophora Hildebrandtii, des îles Comores, aux leuilles larges et à la hampe florale épaisse, sur laquelle les fleurs semblent piquées; le Scybalium funyiforme, du Brésil, qui, ainsi que son nom spécifique le rappelle, ressemble à un champignon; le Rhopalocnernis, de Java, presque dépourvu de feuilles et dont les fleurs,
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- Fig. ô. — 1, Surcophytc sanguiuea; 2, Lophophytum mirabile.
- petites, sont tassées les unes contre les autres sur un mandrin ovoïde de l’aspect le plus étrange; YHélosis Guyanensis, du Mexique et de la Guyane, qui ressemble encore plus que les précédents, à un champignon, dont il a le genre de vie ; le Lopho-phytum, du Brésil, que les botanistes ont bien fait de qualifier de mirabile ; le Sarcophyte sanguinea, du Cap de Bonne-Espérance, qui dégage une odeur fétide et dont la couleur rouge sang rend encore plus singulière sa forme ramifiée et le fait ressembler à une branche de corail.
- Une mention spéciale doit être faite du Cynomo-riutn coccineum, qui croît dans la région méditerranéenne et vulgairement désigné sous le nom de champignon de Malte. Sa célébrité est due à ses propriétés hémostatiques, déjà reconnues par les chevaliers de Malte. Un botaniste, Boccone, le déclarait déjà, en 1694, « raritate et mu nulli secundus ». Sa massue florifère est formée d’une quantité prodi-
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- gieuse de petits cyrnes de lleurs très simples; quand elle est jeune, cette inflorescence est protégée par de larges écailles imbriquées.
- La famille des Cytinacées renferme des plantes parasites non moins curieuses, notamment le Cytinus hypocystis qui croît dans la région méditerranéenne dans les mêmes parages que le Cynomorium et dont la tige porte des écailles imbriquées et s’enfonce dans la racine des Cistes par un thalle qui envahit tous les tissus; YApodanthes Flacourtiana, d’Asie, dont les fleurs se montrent seules en dehors de l’hote ; il semble que ce soit les propres fleurs de celui-ci, de même que cela se voit aussi chez le Pilostyles Hanssknechtii, qui vit sur les rameaux épineux de l’Adra-gant et le Pilostyles Caulotreti, qui vit au Venezuela sur les Caulotretus, lianes connues dans le
- 1 2 Fig. i. — Pilostyles Caulotreti ; Ajtodauthes Flacourtiana.
- pays sous le nom pittoresque d’Echelles de singes.
- La Cytinacée la plus célèbre est la Rafllésie d'Arnold qui fut découverte en 1819 par Arnold dans l’ile de Sumatra. « Je marchais, raconte-t-il, un peu en avant de l’escorte, lorsqu’un de nos serviteurs malais accourut et me rappela ; son regard exprimait une joyeuse surprise: « Suivez-moi, me dit-il, une fleur si grande, si belle, si merveilleuse! » A une centaine de pas, je fus en présence de cette merveille et mon admiration ne fut pas moindre que celle de mon guide. Je voyais sous des broussailles une fleur immense, appliquée contre terre; je résolus sur-le-champ de m’en emparer et de la transporter dans notre cabane. Armé du parang (sorte de serpe des Malais), je me mis à détacher la plante et je ne l us pas médiocrement surpris
- de voir qu’elle ne tenait au sol que par une petite racine traçante, longue tout au plus de deux doigts. J’emportais ce trésor; si je l’avais découvert tout seul et sans témoins, j’oserais à peine décrire une telle plante, personne ne voudrait me croire sur ma parole, mais je me sens assez fortifié par des témoignages qu’on ne récusera point. Notre fleur était fort épaisse dans toutes ses parties; dans quelques endroits elle avait trois lignes, et dans d’autres, le triple. La substance de ses pétales et du nectaire était succulente. Lorsque je vis la fleur en son lieu naturel, le nectaire était plein de mouches, attirées apparemment par l’odeur de viande qu’elle exhale. Le diamètre de cette fleur prodigieuse de 2 pieds 9 pouces et, par conséquent, la circonférence est d’environ 8 pieds 9 pouces. Suivant notre estimation, le nectaire pouvait contenir une douzaine de pintes et le poids de toute la fleur n’était pas au-dessous de 15 livres. » .
- Cette fleur de un mètre de diamètre est certainement la plus grande connue. Elle vit en parasite sur
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- les racines des Cissus. A l’état de bouton, elle ressemble à un volumineux chou pommé. Quand les pièces s’épanouissent, la surface en est plus considérable, les cinq pétales ayant chacun une large surface.
- A Java, on trouve d’autres Raftlésies, mais à fleurs plus petites. La liafilésie Padma, par exemple, a des fleurs de 0r-\50 de diamètre. Le milieu est couleur sang; les pétales sont rosés comme la peau humaine. L’ensemble dégage une odeur cadavérique
- épouvantable. Hesri Golden.
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- DESTRUCTION DES MOUTARDES
- ET DES RAVENELLES
- PAR LES SELS DE CLIVRE, DE FER ET DE POTASSE
- Deux crucifères que l’on trouve le plus souvent dans les céréales, la (( moutarde des champs » en sols calcaires et la « ravenelle » en sols peu calcaires, peuvent causer aux plantes cultivées des dégâts considérables. De tout temps on s’est ingénié à en débarrasser les sols, mais elles poussent avec tant de vigueur et leurs graines conservent si longtemps leur faculté germinative qu’il a fallu y renoncer à jamais. On obtient bien de bons résultats avec les procédés suivants : levée précoce, destruction par des hersages, arrachage à la main, effanage partiel des céréales et des crucifères, essanvage ou arrachage mécanique des moutardes ou sauves. Parfois aussi l’agriculteur est aidé, dans sa lutte, par les « altises » ou puces dé terre qui s’attaquent indistinctement à toutes les crucifères. A l’exception de ce dernier procédé naturel, les autres sont souvent très dispendieux.
- Dans le courant de l’année 1890 un viticulteur des environs de Reims, M. Bonnet de Murignv, avait remarqué en arrosant ses vignes, avec des solutions cupriques, que les moutardes et les ravenelles, touchées accidentellement par la solution, se désorganisaient et mouraient rapidement. 11 lui vint alors l’idée de pulvériser, avec une solution plus concentrée, un champ d’avoines infesté de sanves et de ravenelles. Le succès fut complet, les deux plantes nuisibles étaient radicalement détruites tandis que l’avoine était indemne. Au printemps de la même année, deux mois environ avant M. Bonnet, j’avais fait répandre 400 kilogrammes de sulfate de fer, pour détruire la pézize du trèfle, qui infestait un champ de trèfle de Pannonie, dans les cultures de MM. Denaiffe, à Carignan (Ardennes). Je remarquai que les sels de fer désorganisaient les végétaux à feuilles molles (plantains, oseilles, crucifères) tandis que les céréales, revêtues d’un enduit siliceux, restaient intactes.
- De toutes parts, à l’annonce de ces découvertes, des essais furent entrepris. MM. Bénard agriculteur à Coupvray, Brandin, agriculteur à Galande, Duclos, directeur de la Station agronomique de Meaux, répétèrent les expériences de M. Bonnet, les précisèrent et les confirmèrent. M. Duclos expérimenta divers liquides, à réaction acide, dont quelques-uns donnèrent aussi de bons résultats. Il concluait, dans son mémoire, par les lignes suivantes : « L’agriculteur a aujourd’hui à sa disposition des moyens d’une efficacité absolument démontrée pour détruire les crucifères qui envahissent les cultures des céréales. »
- Au mois de mai 1897 j’entrepris des essais sur un champ de blé de mars, appartenant à M. Brocard, conseiller général à Noineny, avec des solutions de sulfate de fer à 5, 10 et 15 pour 100. Les deux dernièrés surtout me donnèrent de bons résultats. Je publiai les résultats de
- mes recherches dans la Revue de viticulture (21 mai 1898), le Bon Cultivateur, organe de la Société centrale d’agriculture de Nancy 1898, le Progrès agricole et viticole (24 juillet 1898). Je renouvelai mes essais au printemps de 1898, à Ilubécourt (Ardennes) et aux printemps de 1899 et 1900, sur une plus vaste échelle.
- D’autres essais, effectués en Allemagne en 1898, 1899 et 1900, appelèrent également l’attention sur les selsde fer.
- En 1898 M. Schultz, directeur de l’École agricole de Soest, et Wagner, l’agronome allemand bien connu, préconisèrent l’emploi des solutions ferriques à 15 pour 100. M. Wagner admet même que le sulfate de fer a un effet favorable sur la croissance de l’avoine. L’avoine aspergée prend une teinte vert foncé. J’ai été à même de vérifier cette affirmation et j’en ai rendu compte dans une communication faite le 17 novembre 1900.
- A peu près à la même époque M. Stender, de l’Institut agronomique de Breslau, s’est livré à des recherches sur 18 espèces de plantes avec une solution de sulfate de fer à 15 pour 100, répandue sur le pied de 400 hectolitres à l’hectare. Parmi les plantes soumises aux expériences les unes n’ont nullement souffert de l’action du sulfate de fer, les autres ont été atteintes plus ou moins grièvement. Voici les premières : avoine, blé, orge, seigle, lupin bleu, trèfle rouge, colza, pavot, carottes. Parmi celles qui ont le plus souffert nous citerons : les lupins jaune et blanc, la fève, le sarrasin, la spergule, les navets et turneps, la moutarde blanche, les pommes de terre et les betteraves.
- J’ai, pu vérifier, dans des essais parallèles, la justesse des observations de M. Stender. En 1899 j’ai voulu me rendre compte si le trèfle, semé dans les céréales de printemps, souffrait des traitements cuivriques et ferriques.
- A cet effet, j’ai arrosé deux parcelles de chacune trois ares d’avoine, abritant un jeune trèfle, avec une solution de sulfate de fer à 10 pour 100 et une solution de sulfate de cuivre 2 pour 100 et le trèfle n’a aucunement souffert.
- Au point de vue des résultats les deux traitements se valent : une solution de sulfate de cuivre à 3 pour 100 répandue sur le pied de 10 hectolitres à l’hectare est aussi efficace qu’une solution de sulfate de fer à 12 pour 100, répandue à la même dose. Mais le prix de revient des deux traitements est bien dillércnt. Voici quelques chiffres qui édifieront le lecteur :
- 1° Traitement au sulfate de cuivre :
- Emploi de 30 kg de sulfate de cuivre, par hectare,
- à 70 francs les 100 kg........................21'r »
- Préparation de la solution....................... 0rr,50
- Pulvérisation (à dos d’homme) d’un hectare. . 8rr »
- Total.............................................29fr,50
- 2° Traitement au sulfate de fer :
- Emploi de 120 kg de sulfate de fer à 0fr,0ü le kg 7tr,20
- Préparation de la solution...................... lfr »
- Pulvérisation (à dos d’homme) d’un hectare . . 8'r »
- Total............................................l(3fr,20
- Il s’ensuit une économie de 15rr,50 par hectare en donnant la préférence aux sels de fer, sans compter les effets de l’acide sulfurique et du fer, dans les sols calcaires.
- On a parfois reproché aux solutions ferriques d’encrasser les instruments. Ce reproche est peu fondé. Pour l’éviter il suffit d’acheter du sulfate de fer non oxydé et, dans le cas contraire, de le faire fondre dans un sac de toile à mailles fines. La fonte du sulfate s’opère très facilement, si l’on a soin de plonger seulement la partie inférieure du sac dans l’eau et de le maintenir par un contrepoids; la dissolution se fait seule, car les liquides concentrés ont une tendance à descendre au fond des récipients.
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- Pour terminer, je donnerai quelques conseils pratiques, qui m’ont été suggérés par les nombreuses recherches • auxquelles je me suis livré : 1° il faut surtout opérer sur de jeunes moutardes, ayant 5 à 4 feuilles, outre les feuilles cotylédonaires ; 2° il est préférable de faire les pulvérisations par un temps sombre, après disparition de la rosée, que par une journée bien ensoleillée ; 3° il est préférable d’employer des solutions à concentration un peu faibles, quitte à répandre plus de liquide à l’hectare.
- En 1899, on a préconisé un nouveau produit, le sous-nitrate de cuivre. 11 était mis à la disposition des cultivateurs, par une maison de Paris, à raison de 80 francs les 100 kg pour une densité de 1,4 à 40° Beaumé. En admettant qu’on l’emploie à la dose de 5 pour 100 et qu’on répande 10 hectolitres à l’hectare, cela représente déjà 24 francs par hectare, sans compter le transport et l’épandage. Ce procédé nous semble donc trop coûteux.
- En 1901, AI. Couturier, ingénieur-agronome, a rapporté qu’on obtenait d’excellents résultats en Allemagne avec le chlorure de potassium. Le procédé a été indiqué, parait-il, par le professeur Ileinrich de Rostock. Un prépare des solutions contenant 20 à 25 pour 100 de chlorure et on les répand, par un temps calme, lorsque les sanves poussent leur deuxième ou troisième feuille. 11* faudrait 200 à 400 litres de solution par hectare pour obtenir de bons résultats. Nous ne pouvons nous prononcer sur la valeur de ce procédé que nous n’avons pas expérimenté.
- Nous terminerons cette étude en ajoutant que cette année (1902) nous avons obtenu de bons résultats dans la destruction des chardons, en déposant dans le fond du trou, laissé par l’échardonnoir, 2 à 5 grammes de sulfate de fer en poudre. R. Dumont,
- 4 Professeur (l’agriculture.
- UN BROYEUR A CHARBONS
- Chacun sait que le charbon se vend plus cher à l’état de gros qu'à l’état de menu, et c’est bien pour cela qu’on réduit au minimum dans les usines les manutentions, chargements ou déchargements, des charbons afin d’éviter le plus possible le broyage de ces charbons. Dans quelques cas, pourtant, le broyage de la houille s’impose. Pour les qualités, dites anthracites, le broyage est nécessaire, car il rend le combustible commercial. L’anthracite en gros blocs s’allume mal, ou même ne s’allume pas. Il faut le réduire en morceaux inférieurs à 50 ou 75 millimètres de diamètre. On obtient alors les qualités dites « tètes de moineaux », qui brillent bien et longtemps en couches épaisses sur une grille profonde avec un fort tirage. Le broyage s’impose aussi pour la fabrication du coke. On broie le charbon à la grosseur de 4 millimètres en général.
- Pour la fabrication des briquettes on broie également le charbon. Toutefois il ne faut pas broyer trop fin et il est bon de laisser quelques grains qui seront enrobés par la matière agglomérante et donneront à la briquette une cassure plus appréciée ainsi que de meilleures qualités de combustion, au point de vue de l’allumage notamment, ou du maintien sur la grille. Les charbons réduits à l’état de farine impalpable sont utilisés dans des foyers à poussier. Le principe de la combustion dans ces foyers est d’avoir
- un combustible suffisamment pulvérulent pour qu’il puisse rester en suspension dans l’air chauffé de la chambre de combustion fournissant l’oxygène nécessaire à la carbonisation. On broie alors à l’état de farine des grains qui doivent être suffisamment secs et dont la grosseur sera inférieure à 40 millimètres.
- Les divers appareils employés pour le broyage des charbons sont ceux qui servent au broyage des autres matières, dures ou tendres. Ces appareils se divisent en broyeurs à cylindres, broyeurs à boulets et broyeurs à choc par application de la force centrifuge.
- Les broyeurs à cylindres qui conviennent bien pour des minerais, sont peu en honneur pour les charbons. Si les charbons sont très durs, le prix de revient est très élevé. Si les charbons sont tendres, on obtient un grain trop homogène qui ne convient ni pour la transformation en coke, ni pour la fabrication des agglomérés, Après broyage il faut toujours qu’il y ait dans la poussière une certaine quantité de grains. Les broyeurs à cylindres ne peuvent convenir que pour le broyage de la houille à l’étal de poussier.
- Les appareils qu’on adopte presque exclusivement pour le broyage des charbons sont ceux où les chocs sont provoqués par l’action de la force centrifuge pendant la rotation de l’appareil. A cette classe appartient le broyeur Carr bien connu par ses nombreuses applications, appareil dans lequel les charbons sont projetés sur les broches de deux couronnes circulaires qui tournent en sens inverse. A cette classe appartient aussi le broyeur Schœller et Yinsonneau représenté par notre figure et dont les premiers essais ont été très satisfaisants. Dans cet appareil le broyage se fait à la volée, à l’aide de marteaux articulés et mobiles à leur extrémité de frappe. Ces marteaux tournent dans une caisse, et le charbon à broyer, projeté par les marteaux, vient frapper contre les parois de la caisse, ce qui tend à le pulvériser davantage. Les marteaux sont en acier chromé. Leur mobilité est telle que, dans leur mouvement de rotation, ils puissent céder devant une résistance trop forte et ne donner de chocs qu’aux grains susceptibles d’être projetés sur la périphérie de la caisse. A cet effet, les marteaux sont susceptibles d’osciller autour de l’axe sur lequel ils sont placés, leur tension en temps normal résultant uniquement de la vitesse de rotation et de la force vive due à cette vitesse. Suivant la nature du produit à obtenir, on tourne à 800 ou 1500 tours à la minute. Le mouvement est communiqué par une courroie à une ou à deux poulies, selon la puissance du broyeur et selon la quantité de matières qu’il doit traiter. La trituration s’opère très rapidement. Elle a lieu d’ailleurs par chocs de la matière sur la matière aussi bien (pic par le travail des marteaux. Une grille permet au combustible suffisamment menu de quitter immédiatement le broyeur. Les refus de cette grille feront encore un ou deux tours pour être broyés à la dimension voulue. En général pourtant tout est pulvérisé au premier tour. Le broyeur s'installe aisément. On le fixe sur un plancher à l’aide de boulons ou de tirefonds. L’em-
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- LA NATUliE.
- placement qu’il occupe est de lm,5U sur lm,20.
- Les produits du broyage conviennent à la fabrication du coke, à la transformation en agglomérés ou à la combustion dans des foyers à poussier.
- En ce qui concerne la carbonisation de la houille à l’état de coke, le produit pulvérisé a été suffisamment trituré pour qu’on obtienne dans les fours un coke métallurgique bien homogène et d’aspect métallique. 11 en est de même pour la fabrication des briquettes. Un peut aisément avoir des matières granuleuses et des matières bien mélangées, qui, après compression dans les presses à briquettes, offrent une bonne résistance et présentent une cassure brillante parfaitement comparable à celle de la houille en morceaux. Les briquettes se cassent moins facilement et donnent moins de déchets.
- Enlin, si l’on veut réduire le charbon à l'état de poussier, le broyeur Schœller et Vinsonneau convient parfaitement en ce sens que, vu son grand débit, il peut préparer le poussier au fur et à mesure des besoins.
- On évitera ainsi les incendies spontanés qui se produisent parfois, quand on accumule en grande masse du poussier trop sec.
- Ce nouveau broyeur pourra donc, dans bien des cas, remplacer avantageusement le broyeur Carr, qui exige une plus grande force motrice et qui ne s’applique pas aussi facilement à la production de « fines » à grains de natures très différentes. Félix Couimkh,
- Ingénieur civil îles mines.
- FANAUX ÉLECTRIQUES DE LOCOMOTIVES
- Tout, comme les bateaux à la mer, tout comme les chalands qui circulent ou stationnent sur les voies de navigation intérieure, les trains sont tenus de porter des'feux de position en tète et en queue :
- d’une façon générale, ce sont des lampes à feu blanc à l’avant des locomotives et des feux rouges derrière le dernier wagon. Ces feux rouges, par leur couleur même, ont pour but d’interdire l’approche d’un convoi venant par derrière, puisque le rouge est le signal du danger, de la voie fermée ; mais cette coloration a l’inconvénient de réduire leur visibilité à une distance absolument ridicule, même par les temps clairs. Quant aux lanternes d’avant des machines, si elles sont blanches il ne faut pas croire néanmoins qu’elles portent loin : ce sont, en effet, des lampes à huile de colza à réllecteur parabolique ; il est impossible d’adopter des lampes à pétrole, dont la puissance lumineuse serait plus grande, parce que les coups de vent les éteindraient trop facilement.
- Et pourtant une amélioration de ces dispositifs d’éclairage serait utile, car il est évident quesil’on dispose des lanternes à l’avant des machines, c’est pour que ces feux se voient du plus loin possible et éclairent la voie en montrant les obstacles qui peuvent s’y trouver. Nous croyons bien que de timides tentatives ont été faites en France en vue de modifier les errements classiques, mais nous ne pensons pas qu’on ait réellement appliqué l’électricité à l’éclai-
- ----- /-w
- Broyeur à charbons.
- 1. _ l-anul électrique. — 1. Vue de lace. — 'i. Detail intérieur du mécanisme. 5. Coupe montrant le dellecteur.
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- LA NA TU K K.
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- rage des fanaux de locomotives, ainsi que cela se fait actuellement sur plusieurs réseaux américains.
- C’est dans les Etats du sud que cette innovation a d’abord été adoptée, notamment sur les lignes du « Central of Georgia »,du « Cincinnati, New-Orleans
- and Texas Pacific » ; ce système s’est ensuite propagé dans l’ouest. Il faut dire que, dans ces deux régions, les voies ferrées ne sont défendues par aucune barrière et que les bestiaux pâturent en toute liberté aux abords de la voie, et ne se gênent même pas
- Fig. 2. — Rencontre, de deux locomotives munies de fanaux électriques.
- pour la traverser. Souvent les convois en écrasent, principalement la nuit, et les compagnies se voient obligées de payer de lourdes indemnités aux propriétaires.
- C’est en grande partie pour éviter cet inconvénient qu’on a eu l’idée de recourir à l’électricité et d’installer à l’avant des convois de puissantes lampes qui éclairent de loin la voie et permettent aux mécaniciens d’apercevoir les animaux qui s’y pourraient trouver engagés : on peut alors ralentir et essayer à coups de sifflets ou de cloches de faire écarter les intrus.
- En soi, rien de plus simple que de monter une lampe électrique ou même deux lampes à l’avant d’un convoi de chemin de fer, la vapeur de la machine venant commander une petite dynamo qui fournira le courant nécessaire, et, avec les dispositions prises sur les lignes que nous signalions tout à l’heure, on est parvenu à éclairer puissamment la voie à une distance de 700 à 800 mètres ; à des centaines de mètres, le mécanicien peut s’assurer de la position des signaux, voire même de la couleur dont ils sont peints, et il a la possibilité de constater
- comment les aiguilles sont faites, ' assez à temps tout au moins pour ralentir sa marche de manière à atténuer un danger. Toutefois cette disposition, pour simple qu’elle puisse être, a un inconvénient : le faisceau lumineux projeté en avant du convoi vient en effet aveugler un peu le mécanicien d’un convoi arrivant en sens inverse; c’est d’ailleurs le reproche que l’on a toujours fait en France aux projets de fanaux très intenses placés à la tête des convois de chemin de fer.
- La solution nous semble aujourd’hui trouvée sous une forme aussi simple qu’ingénieuse. Elle est appliquée sur le chemin de fer « Chicago, Milvvaukee and Saint-Paul ». Disons d’un mot que le faisceau lumineux sortant de la lampe est lancé non plus horizontalement, mais un peu incliné vers la terre, et que., de plus, une moitié de ce même faisceau est envoyé verticalement dans le ciel, si bien que, sans voir nullement la lanterne de tête d’un train, on est averti très longtemps à l’avance de son approche, en dépit des courbes, des tranchées, par ce rayon lumineux dirigé vers le ciel. Ce résultat est obtenu fort simple-
- Fig. 5. — Voie éclairée en avant du train.
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- ment, au moyen d’un plan incliné nommé logiquement déflecteur, et qni est installé, comme le montre la figure ci-jointe, en avant de la lanterne à réflecteur parabolique contenant la lampe électrique : ce déflecteur est à une inclinaison de 45 degrés et il détourne 40 pour 100 de la lumière émise par la source lumineuse, pour la renvoyer dans une direction verticale; ce faisceau se voit d'autant plus que le temps est plus nuageux. Ce qui reste de lumière suffit amplement à éclairer la voie devant le train.
- La lampe est alimentée par une petite dynamo que commande une turbine minuscule à vapeur : le tout, avec la lampe, est disposé sur un socle commun en fonte, et qui se boulonne très rapidement sur la boîte h fumée de la locomotive; bien entendu, il faut installer un tuyau amenant la vapeur à la turbine, avec un robinet permettant la mise en marche au mécanicien, puis un autre conduit qui assure l’échappement dans le tuyau de la machine. La turbine, construite comme tout le reste par la Edwards Railroad Electric Light Co, est à simple action, en acier laminé, et tourne h 14000 tours par minute, vitesse maintenue sensiblement constante par un régulateur. Son arbre est monté sur des roulements
- o
- à billes, ce qui réduit le coefficient de frottement ; toutes les parties mobiles sont enfermées dans une enveloppe en fonte qui les préserve des intempéries. Le graissage en est automatique. La dynamo est de construction particulière, elle fournit un courant de 50 à 55 ampères sous 50 à 55 volts. On a pris des dispositions pour que cette dynamo ne puisse pas brûler, et pour que les balais fonctionnent durant des mois sans usure appréciable.
- Ces appareils sont déjà montés sur un assez grand nombre de locomotives, et les ingénieurs de l’exploitation comme les mécaniciens sont très satisfaits des services qu’ils rendent. Sans doute les signaux d’une ligne sont-ils toujours censés devoir suffire à rendre une exploitation parfaitement sûre, sans qu’il y ait besoin que les convois soient avertis à distance de l’approche d’un autre train; mais les accidents qui se produisent trop souvent montrent qu’en ces matières il n’est nullement inutile de multiplier les précautions et que, dans une foule de circonstances, il peut être précieux pour les mécaniciens de voir de loin la voie qu’ils suivent et pour tous les agents de l’exploitation de savoir longtemps à l’avance qu’un convoi approche. Pierre de Mériel*
- LE « CUNARD BULLETIN «
- La télégraphie sans fil a déjà rendu bien des services à la navigation, mais' c’est à la Compagnie Cunard que revient l’honneur d’avoir, la première, organisé à bord de navires en marche une publication quotidienne dont les nouvelles sont transmises soit de stations fixes établies de chaque côté de l’Océan, soit de navires rencontrés en cours de route. Ce journal, qui est vendu aux passagers, porte le nom de Cunard Bulletin et leur permet, pendant la traversée, de se tenir au courant des événements
- qui ont eu lieu dans le monde depuis leur départ. Comme on peut le voir par la reproduction ci-jointe, la moitié de la première page est réservée au titre et comporte un dessin approprié au sujet. Deux immenses tours situées, l’une à New-York, l’autre à Liverpool, supportent les antennes des stations d’où les ondes sont lancées à travers l’Atlantique. La deuxième moitié de la première page et le verso sont consacrés aux nouvelles que l’on a pu recevoir de la terre ferme ou de navires rencontrés pendant le voyage : ce sont les « Marconigrams ».
- À la troisième page figurent des détails du livre de loch, le nombre de milles parcourus la veille, le programme des réjouissances de la soirée, etc...; c’est en réalité une petite feuille des plus intéressantes. Voici par exemple ce qu’on lit sur la deuxième page du « Cunard Bulletin » : « Mardi — 2 mars — l’opérateur du télégraphe Marconi fit savoir qu’il était en communication avec le steamer Minnetonka, passant à environ 70 milles.
- « Les passagers de YEtruria firent demander s’il n’y avait pas de joueurs d’échecs à bord du Minnetonka, et
- MARCONIGRAMS
- TRAISN1TTED BT BftX^BtüTCR MOI IDÜDOB il W1RE TQ BRCïr'fltAB SIGNAL STATION. AID ÎÜEIM BT «IREILSS TCltCSAPff TC Tilf CUKABO S!UP “ITRK.iA."
- 6 f-m.. C.\5C0 TUi. 19C3.
- Preddent Roosevelt opening extra session.
- The Saute saocüoned Panama Canal anS Cuban Treaties. This action is ef far-reaching importance.
- President Roosevelt renominated Crum, but opposition te his confirmation is still ray itreng among the Senaton. Ne lus abe written a tetter expressly coRcerning bis leeftngs regardlng Us lugrs peliey, and refuses ta aller it although oppossd by the Sonate.
- The most destructive gales tawm swapt omr Ute BHUh laies on February 28th.
- FROM THE LOG.
- P.und.ty, Mardi Ist, 7 a.in. In rom* tmioic*t.i«ii with the s-s. “Üampama,” bounrivreft. Æl 8 am s.s. “Le Savoie,” calling Sagaponuck, aud asking us not ta
- Mardi Bod, 2 pm. _ln coi»* muuLation witii tbe s.s. “ Minuetonka,** and at 4-90 said aili^u to the “ Mile
- '^Tuesday, Mardi Jlttl. Still in talking distance with the “Minnetooka.'* Ex-vbanged positions and received several messages for transmission at OookJ’aven. At 6 p.m. received tant signais tcc.a the “Minnetooka.’' 130 miles off.
- Wedoeaday, Mardi 4lh, 9-45 p.iu. The as. “ Philadelphia ” signalled us, and fo*-warded her messages for re-transmissioii on our arrivai off the Irisb comt.
- Thursday, Mardi Otb. At 1-16 a.tn. greeteri our sister «bip, the “ Uinbria,'*— 112 miles off. and wisued her lion voyage. In the meantime the as. “ Minnehaha” turned up-she bad been waiting whilst
- Utnbria." We received hcr messages», and said good-bye.
- Le « Canard Bulletin »
- sur la réponse affirmative, une partie s’engagea à 5h50 de l’après-midi. VEtruria jouait les blancs, le Minnetonka, les noirs. Après une lutte des plus vives, jusqu’à I0h 15 du soir et au 72e coup, la victoire resta aux joueurs de YEtruria. Le Minnetonka signala alors : Bravo, good night. »
- Le journal en question est entièrement composé et imprimé à bord; il a dès son apparition reçu le meilleur accueil des passagers.
- Six des navires de la Compagnie Cunard sont déjà munis d’appareils pour la télégraphie sans fil et les installations qui ont été faites par la « Marconi’s AViroless Telegraph C° Lei » sont assez puissantes pour que des signaux puissent être échangés dans un rayon ^d’environ 150 milles. Henri de Thif.rsant.
- CHRONIQUE
- La lumière zodiacale. — M. Quénisset, de Nanterre (Seine), a adressé à la Société Astronomique de France trois photographies de la lumière zodiacale prises .
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- LA NATURE.
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- lés 27 et 28 janvier. La traînée blanchâtre est très visible sur ces épreuves. On sait que l’on s’accorde à attribuer la lumière zodiacale à la réflexion de la lumière solaire sur une poussière cosmique située au delà de la Terre.
- (laces, sorliets et travail mécanique. — Le journal anglais l'Enyineer s’est posé la question de savoir quel était le travail effectué dans l’estomac par l’ingestion d’une glace. A vrai dire, il ne .s’est occupé que du travail dépensé pour faire fondre la glace et élever le liquide résultant à la température du corps. Son calcul est exact. Il a supposé que l’on absorbait une glace de 55 grammes environ en 5 minutes, ce qui est un peu long. Quoi qu’il en soit, pour faire fondre la glace, il faut dépenser 80 calories par kilogramme, soit 4cal,4 pour 55 grammes. Le liquide s’élevant ensuite à la température du corps, soit 57°,5, il faut encore compter de ce chef une consommation de 2 calories. Soit au total 0e*1,4 à peu près. Il a fallu, en effet, un certain travail mécanique pour écarter les molécules de la glace et transformer le solide en liquide, puis encore pour réchauffer le liquide. Or, l’équivalent mécanique de la chaleur étant de 425 kilogram-mètres, chaque calorie a nécessité ce travail. Les 6 calories empruntées aux tissus de l’estomac ont pour équivalence 2550 kgm ou 34 chevaux. Enfin, la glace ayant été absorbée en cinq minutes, la dépense de travail a été de 500 kgm par minute en chiffre rond, soit en gros par seconde, de un dixième de cheval. S’il s’agissait .d’un sorbet, c’est-à-dire d’une glace mélangée à de l’alcool, le calcul serait différent, car l’alcool, en se décomposant dans l’économie, fournit de l’énergie. Un gramme d’alcool donne 7 calories. Donc, si le sorbet renferme 10 grammes d’alcool, il y aura production de 70 calories d’une part, et, du fait delà glace, soustraction de 0 calories. Au total gain de 03 calories. Conclusion : l’ingestion d’une glace enlève de la chaleur au corps; l’ingestion d’un sorbet lui fournit de la chaleur. La glace peut donc être plus dangereuse à absorber que le sorbet.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 50 mars 1003. — Présidence de M. A. Gaudry.
- Retour de M. Lacroix. — M. le Président annonce le retour de M. Lacroix qui dernièrement a couru un grand danger. Avant de rentrer en France il a visité le volcan de l’ile Saint-Vincent. Il se trouvait avec Mme Lacroix sur le bord du cratère lorsqu’une explosion vint à se produire. M. le Président adressa à M. Lacroix les félicitations de l’Académie pour son dévouement à la science. M. Giraud, qui a recouvré la santé, est reparti pour la Martinique et poursuit les beaux travaux de M. Lacroix. Au cours de la séance, M. Fouqué présente une Note de M. Lacroix sur l’état du volcan de Saint-Vincent et le phénomène dont il a failli être la victime. Le cratère s’ouvre au sommet d’une colline aux pentes douces ; son ouverture à peu près ovale mesure 1700 mètres sur 1400. Les flancs du cratère sont verticaux ; sa profondeur est de 700 mètres. Avant la reprise des manifestations volcaniques, tin lac en occupait le fond sur une hauteur de 500 mètres. Depuis un an l’eau a disparu emportée par les projections éruptives; il ne reste qu’une sorte de mare contenant un liquide épais et acide. Lorsque l’explosion précitée s’est produite, un jet de boue s’est élevé jusqu’à une hauteur de 1000 mètres au-dessus du cratère suivi d’un nuage de vapeurs blanches. L’atmosphère était parfaitement calme de sorte que le jet de boue retomba sur
- place épargnant les vaillants observateurs. M. Lacroix a rapporté des photographies du phénomène ainsi que des photographies de l’intérieur du cratère. On voit sur certaines d'entre elles une couche de cendre rejetée depuis le commencement de la période éruptive qui atteint 40 mètres d’épaisseur.
- Les combinaisons du fluor liquide. — M. IL Moissan présente un travail qu’il a exécuté avec M. Devvar, sur quelques combinaisons fournies par le fluor à la température de — 200°. Ces expériences sont assez difficiles à réaliser, à cause de la condensation de l’eau à l’état de glace qui se produit immédiatement sur les corps solides, lorsqu’ils sont refroidis à cette basse température. Le soufre, par exemple, réagit sur le fluor liquide avec un grand dégagement de chaleur et production d’une flamme bleue. Le tube de cristal dans lequel se fait l’eX-périence est brisé par suite de l’élévation de température; il se forme aussitôt de l’hexafluorure de soufre gazeux à la température ordinaire, mais immédiatement solidifié dans l’excès de fluor liquide. L’affinité du fluor liquide à son point d’ébullition — 187° est encore assez puissante pour enflammer, sans le secours d’aucune action étrangère, le soufre, le sélénium, le phosphore, l’arsenic, pour décomposer avec incandescence l’oxyde de calcium, enfin pour donner avec l’anthracène un véritable mélange explosif. Donc, à de très basses températures, l’affinité chimique subsiste contrairement à l’opinion qui avait été émise par M. Pictet, lorsque l’on s’adresse à des réactions aussi énergiques que celles du fluor.
- La mortalité des nouveau-nés. — M. Bouchard présente une Note de MM. Charrin et Delamare sur les causes de la mortalité des nouveau-nés pendant la première quinzaine après la naissance.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un correspondant de la section de chimie. M. de Forcrand, professeur à la Faculté des sciences de Montpellier, est élu par 54 voix contre 11 données à M. Gunlz de Nancy.
- Ch. de Villedeuil.
- CHEMIN DE FER AÉRIEN
- Le Looping the Loop dont nous avons parlé à plusieurs reprises a été précédé de tentatives analogues en France, il y a plus d’un demi-siècle. On a soutenu avec une apparence de raison que cet exercice d’acrobate n’était nullement né en Amérique, mais bien en France. Oui et non. En tant que démonstration de Faction de la force centrifuge, il n’est pas douteux que le système remonte très haut. Dès 1835 environ il en fut question ; mais c’est plus tard qu’un machiniste de l’Hippodrome de Paris, du nom de Clavières, réalisa le chemin de fer à force centrifuge, qui fit les délices des anciens abonnés de l’Hippodrome, établi alors hors barrière sur le terrain qui forme l’angle des avenues actuelles Bu-geaud et Victor-Hugo.
- Daguin, dans son excellent Traité de Physique, rappelle le fait et donne même un dessin du chemin de fer de Clavières. L’invention eut du succès et se répandit en France et à l’Étranger. C’était en somme le système des Montagnes Russes avec une complication ingénieuse. La piste, après avoir descendu une pente prononcée, formait houcle avant de
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- LA NATURE.
- remonter jusqu’à une plate-forme d’arrivée. Sur cette piste, formée par deux rails, on laissait descendre un chariot qui contournait la boucle appliqué sens dessus dessous par la force centrifuge.
- On commença prudemment par installer dans le chariot des singes; puis des poids supérieurs au poids d’un homme lourd. Et l’essai ayant été satis- . faisant, un acrobate se risqua à « boucler la boucle ». Le public fut admis dans le chariot, et, pour deux sous, il eut la satisfaction de faire un tour complet de piste, dont une partie la tête en bas. Le nouveau jeu fit fureur ; on l'installa un peu partout, et, en 1846, notamment dans le Jardin de Frascati, au Havre, aux Brotteaux, à Lyon, à Bordeaux, etc.
- Le Journal du Havre écrivait ceci en 1846 :
- « On a essayé ce matin à 11 heures le chemin de
- fer aérien. Nous appelons ce chemin aérien, attendu que le point de départ est à 9 mètres au-dessus du niveau du jardin ; pendant un espace de 52 mètres, la pente est de 44 centimètres par mètre. Arrivé au bout de cet espace, le char entre dans un cercle de 4 mètres environ de hauteur, qu’il parcourt avec une incroyable rapidité, pour remonter ensuite, pendant 18 mètres, une pente de 28 centimètres environ par mètre.
- « Il est donc difficile d’assister à un spectacle plus curieux, plus intéressant. L’expérience a eu lieu en présence de M. Dumon, ministre des travaux publics. A son entrée dans le jardin, le char, portant deux sacs contenant chacun 50 kilogrammes de sable, partit avec une effrayante rapidité et, après avoir parcouru l’hélice, il vint expirer, au bout du che-
- l.c chemin de fer aérien. Jardins de Frascati au Havre, en 18J6.
- min, sous les lenétres du premier étage de l’hôtel occupé par Mme Aguado, avec une telle précision qu’un bouquet de fleurs serait venu tomber plus lourdement aux pieds de la noble dame.
- « M. Thiers était présent à ces expériences; il a adressé à l’ingénieur, M. Clavières, les félicitations les plus flatteuses sur la justesse de ses calculs, sur l’exactitude avec laquelle il a trouvé la solution du problème de la force centrifuge. Un jour plus tard des passagers prirent la place des sacs et revinrent intacts de cette expérience émouvante. »
- Puis on se fatigua du chemin de fer centrifuge comme de tout. Mais, vers 1865, un barnum voulut remettre le jeu à la mode au Cirque Napoléon, à Paris. Le véhicule dérailla à la première répétition et le Préfet de police d’alors, M. Boitelle, interdit les représentations. Et ce fut fini du chemin de fer de Clavières et de ses émotions violentes.
- Il nous estfrevenu d’Amérique sous une forme
- nouvelle et plus dangereuse. Bans l’ancien système, le chariot était guidé par les rails. Maintenant le véhicule est libre; la bicyclette doit être maintenue sur la piste par l’habileté du cycliste et en sortant de la boucle, la vitesse étant maximum et la roue d’avant tendant à se relever, il faut un rien pour que homme et machine sortent de la piste. Et c’est déjà arrivé à la première répétition générale à l’Olympia. Le danger est réel, on le sait, et c’est pourquoi le public court voir ce spectacle impressionnant. Bon public! On le voit, la puissance de la force centrifuge n’était plus à démontrer. Mais on a ajouté à l’exercice d’autrefois l’attrait d’un exercice d’acrobate, qui réclame un sang-froid, une habileté exceptionnels et une piste très soigneusement établie. Tel est le progrès : 1846-1905. J.-F. Gaj.l.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1559. — I l AVRIL 1903.
- LA NATURE.
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- LOUPS BLANCS
- Notre illustration représente une partie du pont du fameux vaisseau norvégien F ram, «En Avant», (pii a servi d'abord à M. Nansen puis à M. Sverdrup dans leurs expéditions polaires. Le photographe n’a pourtant pas eu pour but de représenter le navire même mais les deux animaux blancs, attachés par de fortes chaînes de fer à des anneaux fixés au pont.
- Ce sont des loups blancs, variété du loup américain (Canis lupus occidenlalis). Le domicile de ces bêles féroces est le nord du Canada, et, de là, le loup blanc s’est dirigé par étapes jusqu’aux grandes îles, situées dans la Mer arctique et dont le Groenland
- est la plus grande. Plusieurs explorateurs l’ont observé dans ces parages. En 1876 l’Anglais Nares l’a vu en Grinnell-land, Greeley de même en 1881-1883 auprès du Fort Conger. A Vlndepen-dence Ray Peary et Astrup ont observé ses traces en 1892. A la côted’Est du Groenland le Professeur suédois Nathorst et d’autres explorateurs Scandinaves l’ont rencontré en, 1899 et 1900, près de Scoresby Sund et en d’autres lieux encore.
- Dans son excellent livre « Deux étés dans la Mer arctique » M. Nathorst. consacre au loup blanc tout un chapitre et constate son immigration en Groenland à la piste des rennes et des bœufs musqués dont [il est l’ennemi terrible, rodant autour des
- Dpux loups blancs à bord du Fram,
- troupeaux pour attraper les animaux faibles ou jeunes et en faire sa proie.
- Les loups ont du émigrer en Groenland au nord-ouest pour suivre la côte septentrionale et passer à la côte Est. Dans les colonies danoises, échelonnées à la côte Ouest, le loup blanc n’a été observé qu’une seule fois. C’était pendant l’hiver 1868-1869, que deux loups ont visité la colonie d'Ilmanak à 71° de latitude. L’un d’eux réussit à s’échapper, l’autre fut tué, et ses dépouilles se trouvent maintenant au Musée de Copenhague. D'après toute vraisemblance ces deux bêtes ont passé fortuitement sur la glace en quittant leurs cantons Est en Ellesmere-land. A la suite de ces visites, répétées à de longs intervalles, les Esquimaux delà côte Ouest du Groenland ont senti le besoin de créer un nom pour le loup blanc; ils 31e année. — Ier semestre.
- l’appellent « Amarok ». Durant son long séjour en Ellesmere-land, dont le Grinnell-land fait partie, M. Sverdrup et son expédition se sont trouvés très souvent dans le voisinage de ces betes féroces particulièrement redoutables [tour les explorateurs. Les chiens de traîneaux de l’expédition et les loups blancs hurlaient à qui mieux mieux durant la nuit d’hiver. M. Sverdrup réussit à tuer 15 de ces derniers et à en capturer deux vivants mais non sans peine. Ils ont pu être conservés. Ces deux animaux furent nommés Adam et Eve; ce sont les premiers loups de leur espèce, arrivés vivants en Europe. Ils ont été, dès le 17 décembre 1902, installés dans le Jardin Zoologique de Stockholm (Skansen). Et ce sont précisément ceux-là, Adam et Lve, que reproduit notre photographie. J. Schïott.
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- LA NATURE.
- L’ÉCLIPSE DE LUNE DU 1H2 A\RIL
- l’ne très belle éclipse de Lune, presque totale, va se produire, dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 avril, dans des conditions particulièrement favorables pour l’observation. Au commencement de l’éclipse, en effet, la Lune sera déjà très élevée au-dessus de l’horizon et, d’autre part, le milieu de l’éclipse se produisant quelques minutes après le passage de la Lune au méridien, le phénomène, pour nos régions, sera entièrement observable. On en jugera d’ailleurs facilement par l’examen du tableau suivant qui contient les principaux éléments de l’éclipse, en temps moyen civil de Paris, compté de 0 à 24 heures.
- Lever de la Lune à Paris, le 11 avril à......... 18h23ra
- Entrée dans la pénombre, le 11 avril à..........21h35m,8
- Entrée dans l’ombre, le 11 avril à ...... . 22" 43m,8
- Passage de la Lune au méridien, le 12 avril à. . O" l'n,0
- Milieu de l’éclipse, le 12 avril à.............. 0h 22““,4
- Sortie de l’ombre, le 12 avril à................ 2h 0ra,9
- Sortie de la pénombre, le 12 avril à............ 3h _9,n,l
- Coucher de la Lune à Paris, le 12 avril à. . . . 5h 30ni
- Grandeur de l'éclipse : 0,973, le diamètre de la Lune étant un.
- Ainsi, au moment de la plus grande phase, il n’v aura plus que les 27 millièmes du diamètre lunaire en dehors du cône d’ombre pure projetée par la Terre dans l’espace.
- Cette éclipse sera visible en Europe, en Afrique, dans la plus grande partie de l’Asie, l’océan Indien, l’océan Atlantique et en Amérique.
- Elle permettra sans doute d’intéressantes observations que nous allons rappeler aussi brièvement que possible. Au fur et à mesure que la Lune pénètre dans le cône de pénombre que la Terre projette derrière elle dans l’espace par rapport au Soleil, sa lumière s’affaiblit, les détails sélénographiques s’accentuent, les mers s’assombrissent (cet effet est particulièrement sensible dans les photographies) .
- La Lune, pénétrant dans le cône d’ombre pure, se trouve échancrée d’un segment noir dans lequel, en général, on ne perçoit plus aucun détail par suite du contraste avec la!partie encore éclairée et immédiatement voisine. Le phénomène continuant, la lumière faiblit de plus en plus et la Lune se colore d’une teinte généralement rougeâtre, bordée parfois de vert ou de bleu. Ces teintes sont intéressantes à noter et plus difficiles à représenter qu’on ne se l’imagine ordinairement. Chaque observateur a sa manière de voir et de représenter ce qu’il voit.
- On distingue alors les détails lunaires dans la partie plongée dans l’ombre. Les parties les plus réfléchissantes sont assez bien accusées et une simple longue-vue permet, en général, de les apercevoir.
- Il arrive parfois, dans le cas des éclipses totales, qu’au moment où la Lune est entièrement dans l’ombre, elle est tout à fait invisible. Ce phénomène a été observé en 4t‘ti2 et en 4846. En général, la Lune ne disparaît pas complètement, mais présente cette belle coloration rouge ou cuivrée que l’on connaît.
- On sait que cette coloration est produite par la réfraction de la lumière solaire à travers l’atmosphère terrestre. Pour un observateur placé sur la Lune, le spectacle serait certainement impressionnant. Il assisterait à une éclipse totale de Solçil d’un genre inconnu pour nous. La Terre, cercle noir de près de deux degrés de diamètre, serait frangée d’un anneau éblouissant, de la couleur du ciel par un beau coucher de Soleil, car il est produit par les rayons lumineux rasant la surface terrestre aux points où le Soleil
- se lève et se couche. Cet anneau lumineux à son tour se détacherait sur la couronne solaire, elle-même entourée par la lumière zodiacale, le tout au milieu d’un ciel toujours noir, d’une limpidité parfaite et qu’aucune atmosphère ne vient ternir. Par le fait même que la coloration rouge des éclipses de Lune est due à l’enveloppe gazeuse terrestre, elle est influencée par les variations de celle-ci. C’est la raison de la plus ou moins grande luminosité de la Lune au voisinage de la totalité, ainsi que nous l’avons vu plus haut.
- Dans l’éclipse actuelle, qui est presque complète, on verra donc de belles colorations. Au moment de la plus grande phase, on remarquera peut-être que le segment non éclipsé semblera déborder du reste du disque. Cette apparence, due à l’irradiation, a été souvent notée au cours d’éclipses précédentes.
- On a parfois vu, ou cru voir, à la surface de la Lune, l’ombre des montagnes terrestres sur le pourtour du cône d’ombre. Ces montagnes sont celles qui sont situées sur un grand cercle à 90° du point de la Terre qui a le Soleil à son zénith à l’instant considéré. Mais l’observation de l’ombre des montagnes terrestres sur l’écran lunaire est à peu près impossible parce que, d’une part, les plus hautes montagnes projettent une ombre qui, de la Terre, sous-tend un angle de 4 à 5 secondes seulement; que la pénombre rend flous tous ces détails en les effaçant ; et qu’enfin, les détails lunaires, à leur tour, nuisent considérablement à la netteté de l’observation en rendant l’écran irrégulier. On doit donc abandonner à peu près complètement cette recherche.
- L’observation de la Lune pendant les éclipses totales permet l’étude des occultations d’étoiles faibles et est fort utile ainsi pour la recherche du diamètre vrai de cet astre, l’irradiation qui agrandit le diamètre lunaire étant alors éliminée. Avec des instruments moyens, on pourra suivre ainsi le passage de notre satellite devant les petites étoiles. Cette observation est attrayante, car elle met en relief le mouvement de la Lune que l’on voit pour ainsi dire se déplacer en avant du fond du ciel.
- Quelques observateurs ont cru voir l’ombre de la Terre en dehors du disque lunaire partiellement éclipsé. Quelque invraisemblable que puisse paraître l’observation d’une ombre ne reposant sur rien, on pourra toujours essayer cette recherche avec une jumelle ou mieux une petite lunette astronomique de force moyenne. On peut se demander quelle est l'influence de l’atmosphère terrestre sur le diamètre de l’ombre projetée à la surface de la Lune. Autrement dit, quel est l’agrandissement apporté par l’atmosphère au diamètre du cône d’ombre observable sur la Lune. Cette étude, entreprise par Lahire en 4707, l’avait conduit à la valeur , mais des déterminations plus récentes abaissent ce chiffre à ^ et même Tel est l’agrandissement qu’il faut faire subir au rayon théorique de l'ombre terrestre calculé en ne tenant pas compte de l’atmosphère.
- Cette recherche a été complétée en 1898, par M. Donitch, astronome à Odessa, qui l’a étendue aux radiations chimiques du Soleil. Cet observateur a donc cherché quel était l’agrandissement du rayon de l’ombre sur des clichés photographiques de l’éclipse du 5 juillet 4898. Il a trouvé pour cet agrandissement 30",82, c’est-à-dire un nombre inférieur à ~ . II semblerait ainsi que l’absorption des rayons lumineux du Soleil par notre atmosphère est supérieure à l’absorption des rayons chimiques du même astre. Les rayons chimiques sembleraient traverser plus facilement les couches basses de l’atmosphère ter restée que les rayons lumineux. C’est du moins ce qui
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- LA NATURE.
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- ressort des essais photographiques qui ont déjà été faits.
- Nous arrivons à un point qui intéresse la plupart des personnes s’occupant de photographie et qu’une éclipse ne laisse pas insensibles. On peut désirer conserver le souvenir de ce beau phénomène astronomique, d’autant plus qu’il est assez rare et se présente peu souvent dans des conditions aussi bonnes.
- Les lecteurs de cette revue (pour ne pas dire tous) font de la photographie et possèdent des appareils très variés ; chambres à main, sur pied, détectives, photo-jumelles, appareils stéréoscopiques, télé-objectifs, etc. Ce sont ces appareils si divers qu’il va falloir utiliser.
- Or, la Lune se déplace, entraînée par le mouvement diurne. Elle a, en outre, un mouvement propre en sens inverse du premier et beaucoup plus faible.
- Ordinairement, pour photographier notre satellite et ses éclipses, on monte la chambre noire sur une lunette équatoriale avec laquelle, on pointe un accident caractéristique de la surface lunaire. On suit, pendant l’exposition, cet accident en le maintenant à la croisée de deux fils disposés dans le champ de l’oculaire. Il en résulte donc que, relativement à la plaque, l’image de la Lune est immobile et, si elle est au point, elle est nette.
- Un autre dispositif consiste à adapter la chambre noire à l’extrémité du tube oculaire. Avec une telle installation, complétée par un chercheur muni d’un grossissement suffisant, on peut soit photographier l’image focale, soit cette image agrandie par un oculaire ordinaire ou mieux par un oculaire d’agrandissement. Mais nous supposons ici que les observateurs ne possèdent pas d’équatorial, c’est là un cas exceptionnel. Nous tournerons la difficulté autrement. Avant et après le milieu de l’éclipse, la Lune étant
- suffisamment lumineuse, on pourra se contenter d’un temps d’exposition très court, presque instantané; avec une telle exposition, la Lune se sera très peu déplacée et en tout cas, sur une, épreuve, ce déplacement sera pratiquement nul et l’image très nette.
- Avec les appareils ordinaires de la photographie courante, on obtiendra de très petites images de l’éclipse (environ lram de diamètre par l)m, 10 de longueur focale).
- Malgré la petitesse de ces images, il sera encore possible, en les agrandissant, d’obtenir de bonnes épreuves, suffisamment nettes. On sera toutefois bien inspiré de ne pas pousser trop loin le développement pour conserver, dans le petit disque lunaire photographié, tous les détails qui s’y trouvent. Un développement trop poussé aurait pour ell’et de donner un disque uniformément noir, où il serait impossible d’obtenir le moindre accident sélénographique.
- Nous conseillons aussi l’emploi de plaques anti-halo.
- Il est difficile d’assigner à l’avance un temps de pose convenable, ce facteur dépendant de l’ouverture de l’objectif, de la sensibilité des plaques, de l’état atmosphérique, de la hauteur de la Lune au-dessus de l’horizon, etc.
- Pour fixer les idées et, d’après nos essais en d’autres circonstances, un temps d’exposition de 1/10 à i/o de seconde avec les plaques de rapidité courante et un objectif
- f
- d’ouverture pourra donner des épreuves satisfaisantes
- . pour la pleine lune, avant ou après le phénomène
- Vers le milieu de l’éclipse, on augmentera convenablement le temps de pose et l’on pourra obtenir une image du petit croissant non éclipsé. Un procédé commode consiste à recevoir sur la même plaque un très grand nombre d’images. Il suffit alors de laisser l’appareil immobile en prenant une vue toutes les cinq minutes par exemple. Par le mouvement diurne ces vues forme-
- ront une sorte de bande cinématographique de l’éclipse
- Nous conseillons aux personnes ayant des chambres à soufflet de démonter si possible une des lentilles de leur objectif, celle d’avant. On obtiendra de la sorte, en employant la lentille d’arrière seule, un objectif d’un foyer double et, par suite, des images également deux fois plus grandes. Cette façon de procéder est surtout applicable avec les objectifs rectilinéaires. Pour les objectifs anastigmats, dont le centrage est fort délicat, cette modification sera faite avec précaution.
- L’éclipse ayant lieu vers le passage au méridien de la Lune, c’est-à-dire au moment où la direction du mouvement diurne est parallèle à l’horizon, on pourra en profiter pour monter des appareils sur les lunettes ou longues-vues sur pied dont le mouvement s'effectue en hauteur et azimut. A cet effet, on aura eu soin de disposer dans l’oculaire un réticule constitué par deux fils en croix et on maintiendra, pendant l’exposition de la plaque, un cratère lunaire à celte croisée de fils. Comme la hauteur des astres varie peu vers le méridien, un simple déplacement de la lunette de la gauche vers la droite sera suffisant. On devra recourir à ce procédé avec les télé-objectifs qui donnent une image agrandie et, par suite, relativement peu lumineuse. Vers la plus grande phase, on sera bien inspiré d’utiliser des plaques sensibles au jaune et au rouge. Avec un temps d’exposition suffisamment long, on obtiendra probablement la photographie de tous les détails sélénographiques dans la partie éclipsée. Enfin, un bon conseil, faire quelques essais préalables avant l’entree de la Lune dans la pénombre, on évitera ainsi de nombreux mécomptes.
- Le cadre de cette note nous interdit d’entrer dans d’autres détails de la photographie des éclipses de Lune. Nous pensons toutefois que, si le temps est beau, les photographes qui tenteront quelques essais pour cette éclipse avec les indications précédentes, obtiendront des résultats satisfaisants. Em. Tocchet,
- Secrétaire adjoint de la Société astronomique de France.
- U TOUR DE L’HORLOGE DE SOLEURE
- Soleure (Sololhurn) est une des plus anciennes cités celtiques. Si l’on en croit le distique de Glarea-nus inscrit sous le grand cadran inférieur de sa vieille tour, elle ne le cède qu’à Trêves pour l’antiquité.
- In Celtis niiiil est Salodoro antiquius, unis Excoptis Trcveris quarum ego dicta soror.
- Ce qui est certain en tout cas, c’est que Salodurum était un poste important sur la grande route’romaine d’Aventicum à Vindonissa et Augusta Rauracorum.
- Aujourd’hui Soleure, bien quelle ne compte qu’une dizaine de mille habitants, se compose de deux parties fort distinctes : le vieux Soleure campé sur la rive gauche de l’Aar et que le démantèlement de ses fortifications empêche seul de ressembler à une ville du moyen âge; le Nouveau-Soleure qui s’étale élégamment sur la rive droite et dont les villas débordent de tous cotés maintenant le carré massif de la vieille ville. C’est dans celle-ci que se trouve la curieuse/'tour de la place du Marché.
- Nous avons eu pour nous conduire le meilleur des guides, M. E. Schlatter, architecte communal et président de la Société pour le développement de
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- Soleure. M. Schlatter a bien voulu faire prendre spécialement en vue de cet article les deux photographies que nous reproduisons du vénérable monument et de son cadran inférieur. 11 était tout naturel, puisque cette tour est ancienne, que la légende lui donnât encore de nombreux siècles supplémentaires. On ne prête qu’aux riches! Aussi lit-on dans les deux derniers vers de l'inscription allemande placée au-dessous du cadran inférieur : « Cette tour a été construite environ 550 ans avant Jésus-Christ». Le chroniqueur Haffner la dénomme Y « ancienne tour
- geoisie de Soleure, à
- la date de 1408. Encastrée aujourd’hui dans l’hôtel de la Tour-Rouge, elle n’a plus de libre que sa façade nord, celle qui est représentée sur notre figure 1. Sa forme est celle d'un rectangle de 6m,10 de côté et sa hauteur est de 25m,70 jusqu’à l’appui de la flèche. Si les murs n’ont pas été réellement cimentés avec des œufs et du vin, comme le croyait Bodenehr, ils n’en sont pas moins solides : car ils ont lm,50 d’épaisseur, le vide intérieur de la tour n’étant que de 3 mètres sur 5m,50. La petite porte figurée au rez-de-chaussée est moderne. L’ancienne entrée est une porte cintrée qui se trouve au niveau du premier étage de l'hôtel de la Tour-Rouge,
- à 6m,77 au-dessus du niveau du sol. Le rez-de-chaussée sans porte, aujourd'hui lermé en haut par une voûte croisée, servit jadis de prison. On y devait accéder par une trappe du plafond. La demeure devait être certainement dénuée d'agrément pour les locataires forcés de l’habiter malgré eux !
- C’est en 1452 que fut installée l’horloge donnant l’heure sur les cadrans supérieurs, ainsi que l’automate qui frappe sur la cloche du campanile. Cet automate portait le costume du xne siècle. 11 a depuis lors changé de physionomie avec le temps. La
- flèche eut d’ailleurs une existence assez mouvementée. Elle fut, paraît-il, refaite complètement et couverte en cuivre en 1454, deux ans après l’établissement de l’horloge, et à la même date on installa une cloche d’heure fondue par Cham-phite de Bourgogne, suivant les uns, par Jacques Vauqueron, suivant d’autres. En 1514 la flèche fut couverte en briques de couleur. En 1564 elle fut renouvelée complètement encore une fois par le maître charpentier Of-frion Frick.
- En 1545, l’horloge automatique fut installée par Joachim Habrecht, de Schaiî-liouse. Cette horloge possède quatre cadrans : celui qui est tourné du côté de la place du Marché porte deux aiguilles, les autres n’ont que l’aiguille des heures.
- Le mécanisme de l’horloge encombre un cube de lm,6 de longueur sur lra,7 de largeur et lm,7 de hauteur. Les platines et les roues sont en fer forgé à l’exception des dents de la roue d’échappement qui sont en acier et fixées isolément au moyen de vis sur le contour de la roue. L’échappement, dit M. Brôni-man, directeur de l’Ecole d’horlogerie qui a bien voulu à notre intention étudier cette curieuse horloge, a beaucoup d’analogie avec celui dit à roue de rencontre, mais chaque palette est portée par un axe spécial. Le pendule mesure 4m,3 de longueur et le mouvement se remonte tous les jours. L’horloge sonne sur deux cloches ayant respectivement im,25 et
- païenne ». Et le graveur Bodenehr indique sur sa vue de Soleure que « les pierres des murs ont été cimentées avec du vin et des œufs donnant ainsi une telle solidité qu’il est difficile de les démolir même avec du fer ». D’aucuns, sans aller aussi loin, l’affirment de construction romaine ou bourguignonne et d'au-très enfin ne la font pas remonter plus liant que le temps de la reine Berthe, ce qui est déjà respectable pour une tour.
- En réalité, le mode même de construction de la tour ne permet pas de lui assigner une origine plus lointaine que le xii0 siècle. On la trouve mentionnée, d’ailleurs pour la première fois, sous le nom de Tour de l’horloge, dans le Protocole de la bour-
- Fig. 1. — l.ii Tour de l’Horloge, à Soleure.
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- 0m,75 de diamètre. L'automate, qui se voit au milieu delà tour dans notre figure 1, est manœuvré par l’horloge au moyen d’un système de leviers. 11 se compose de trois pièces : le soldat revêtu d’une cuirasse, qui frappe les quarts sur sa poitrine ; le roi assis sur son trône qui abaisse son sceptre jusque sur son genou à chaque coup des heures. La Mort enfin, qui retourne sa clepsydre immédiatement avant la sonnerie des heures. Les phases lunaires sont indiquées au-dessus de ces automates par une sphère qui se meut dans un ciel parsemé d’étoiles. Le tout est protégé par une petite toiture légère.
- Le cadran astronomique, abrité par un auvent et dont notre ligure 2 donne le détail, occupe un panneau dont la surface est de plus de 50 mètres carrés. Le cercle des heures mesure un peu plus de 4 mètres de diamètre.
- Il est divisé en deux fois 12 heures. Le cadran est muni de trois aiguilles.
- L’heure est indiquée par la grande, qui porte une main dont l’index et le médius servent d’indicateur.
- L’aiguille portant une lune fait un tour par mois et donne les positions de la lune par rapport au zodiaque. La troisième enfin, qui porte un soleil, met un an pour accomplir sa révolution. Elle indique les solstices et autres positions du soleil relativement au zodiaque dont les signes sont peints sur une couronne circulaire. Un rouage spécial fait mouvoir ses trois aiguilles. Ce rouage est commandé par l’horloge au moyen d une tringle qui ne mesure pas moins de 14 mètres de longueur.
- En 1585, François et Nicolas Knopff exécutèrent les peintures du panneau qui furent restaurées en 1880, par Henri Jenny, de Soleure. Parmi ces peintures il y a lieu de remarquer celles qui représentent en bas du cadran, à gauche Saint-Ours et à droite Saint-Victor. Saint Ours est un saint populaire a Soleure où une fort belle cathédrale lui est consacrée. Cette cathédrale, construite par Pisoni de 1762
- à 1775, est un des meilleurs monuments de la haute Renaissance italienne en Suisse.
- C’est aussi un bastion Saint-Ours, qui seul a été conservé des anciennes murailles avec la tour oblique, au moment de la démolition si regrettable des fortifications de la ville en 1858.
- Nous avons dit plus haut que la sphère lunaire et les images qui fonctionnent sur la façade de la tour, entre le cadran astronomique inférieur et le grand cadran supérieur, avaient été installés par Joachim Jlabrecht. Il paraîtrait que ce Joachim était le père
- des frères Joseph et Isaac llabrecht qui travaillèrent à l’horloge de Strasbourg avec Conrad Rasypo-dius quelques années plus tard. (C’est en 1574 que fut inaugurée la première horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg.)
- En dessous de la lune et dans l’intérieur de la couronne d’heures du cadran supérieur dont le panneau mesure près de 4 mètres de côté, figure la division de l’heure en quatre quarts. 11 résulte de là que, au rebours de ce qui existe actuellement, c’est l’aiguille des heures qui est la plus longue et celle des quarts la plus courte. Cela n’a du reste rien d’extraordinaire. Primitivement, ainsi que nous l’avons dit plus haut, l’horloge né sonnait que les heures. La sonnerie des quarts ne fut ajoutée qu’en 1642, date à laquelle le campanile reçut sa seconde cloche. 11 fallait alors une seconde aiguille et une seconde graduation. Et pour celle-ci la seule place disponible était l’intérieur delà couronne des heures. On remarquera sur chacun des cadrans de notre horloge une ouverture rectangulaire — fermée par une porte dans le cadran astronomique, ouverte dans celui du haut. — Cette ouverture était destinée à permettre de toucher aux aiguilles depuis l’intérieur de la tour.
- La tour de l’horloge de Soleure est une curiosité unique en son genre, chez nos voisins de Suisse, et il faut louer l’administration communale de la ville
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- de s'occuper de son entretien avec une générosité qui nous lait honte lorsque nous songeons que, chez nous, on a mis en adjudication au rabais la restauration de l’horloge astronomique de Lyon, le plus beau monument existant de l’art horloger ancien !
- L. Reyerciiox.
- STATISTIQUE DE LA HOUILLE
- Cette statistique nous est fournie par le Bureau central de la statistique des États-Unis.
- fin 1901, la production de la houille a atteint 805 millions de tonnes. Mais la consommation a été telle que les stocks étaient cependant vides au commencement de 1909. Ainsi se trouve prouvé, une fois de plus, que le inonde vit sur sa production journalière de. houille et que toute l’extraction est consommée, fin tète des principaux producteurs viennent les États-Unis, avec 995 millions de tonnes, l’Angleterre avec 945 millions et l’Allemagne avec 108 millions de tonnes.
- Pour ces trois pays, l’augmentation de la production de la houille a été de 700 pour 100 en trente ans.
- Ensuite viennent l’Autriche-Hongrie avec 45 millions de tonnes, la Fiance avec 55 millions et la Belgique avec 95 millions. Le reste n’a qu’une production insignifiante.
- Il est à noter que l’Italie ne tigure pas dans cette statistique. fin 1901, sa production de houille était comptée pour zéro. On sait que celte situation va changer. La Société des Charbonnages des Alpes a, comme on sait, commencé l’exploitation d’un riche charbonnage situé en Italie même, et qui, par un heureux hasard, se trouve dans la province la plus industrielle. A partir de cette année, l’Italie possédera donc un charbonnage national qui subviendra, pour une large part, à sa consommation annuelle évaluée à plus de 8 millions de tonnes. La découverte du charbon en Italie constitue un véritable événement pour l’industrie du pays et d’une certaine importance économique. Il va de soi que l’Italie ne figurera pas, pour cela, parmi les grands producteurs de houille, mais son charbonnage unique semble cependant devoir compter parmi les grandes entreprises de charbon. Chaque année, jusqu’ici, l’Italie importait à grands frais 8 millions de tonnes de charbon.
- LÉGUMES JAPONAIS
- Bien que, depuis quelques années, les Japonais tendent à introduire des plantes potagères européennes et surtout des races et des variétés qui ont fait leurs preuves dans les cultures françaises, ils ont une grande prédilection pour les types locaux, seuls connus et cultivés dans les campagnes.
- Les seules races de Choux qui mérient d’attirer l’atten-tion au Japon, nous écrit un de nos amis, directeur d’une importante exploitation horticole à \okohama, sont les Choux de Chine (Brassica Sinensis), Chou Milsuna et Chou Takana. Le premier de ces Choux, très connu, est déjà cultivé en Europe sous le nom de Pe-tsai ; on a tenté de fixer en France certaines de ses qualités en améliorant cette race par un croisement en voie de fixation et qui promet beaucoup. On en cultive plusieurs variétés en Chine et au Japon et on a des tendances à croire qu’il aurait été le point de départ de notre Chou de Milan à pomme frisée. Chaque région a ses variétés locales préférées; c’est ainsi qu’à Nagasaki les jardiniers cultivent presque exclusivement ses variétés-: Tôna, Chou de Chine
- hâtif et Osona qui est tardif. Les feuilles de ces Choux se frisent aux approches de l’hiver et pendant les mois de janvier et de février ; elles sont alors d’une teinte vert jaunâtre dans la première variété qui est plus hâtive, et vert foncé dans la seconde ; elles se forment en pomme un peu allongée, mais ouvertes et peu serrées.
- Le Chou Milsuna est totalement différent du précédent; c’est une race aquatique à feuilles étroites et découpées que l’on cultive dans les terrains marécageux; on le sème en rayons à l’automne, à la façon des Chicorées et on coupe les feuilles au printemps, comme on le fait dans nos potagers pour celles des Épinards.
- Le Chou Takana, dénomination qui signifie Chou haut, produit de nombreuses feuilles longues et étroites que l’on consomme salées, ce qui constitue une sorte de choucroute japonaise.
- La moutarde de Chine (Si nu pis sinensis), qui ressemble à la moutarde blanche à grosse graine cultivée en Russie, ne sert pas exclusivement de condiment, mais est consommée en grand.
- On utilise beaucoup pour la cuisine japonaise une liqueur, considérée même comme indispensable, le sojù, dont la matière essentielle est fournie par les graines d’une Légumineuse, le Soja japonica. On prépare aussi avec la farine de ces graines une gélatine très nutritive, nommée tofù, avec laquelle on fabrique, en y ajoutant du malt d’orge .et du sel, une marmelade très estimée, le misa des Japonais. On a essayé la culture de cette plante en Allemagne, dans les provinces du Rhin, en la semant sous châssis, puis eu la plantant en pleine terre jusqu’à la récolte des graines; elle s’y est fort bien comportée, de même qu’une Araliacée, YAralia edulis, dont les racines fort prisées au Japon, y sont considérées comme l’un des meilleurs légumes.
- La Scorsonère et le Salsifis sont remplacés par le Lappa edulis avec lequel d’ailleurs, à Nesima, les Hollandais les ont confondus durant deux siècles et demi. Cette plante a l’aspect d’une Bardane à racine comestible, dont les feuilles, dans quelques provinces, atteignent une longueur de 75 centimètres et une largeur de 15 à 90.
- Il n’est pas jusqu’à l’asperge qui n’ait son succédané nippon. Ce sont d’ailleurs les turions de l’Asperge douce (.Asparagus dalcis) et d’une autre Asparaginée, plante voisine du Sceau de Salomon de nos forêts indigènes, le Polyyonatum japonicum qui, cuits et confits, sont dégustés au lieu et place de nos asperges d’Argenteuil, dont on tente cependant la production avec assez de succès.
- Enfin, le mets national fort apprécié est fourni par les tubercules d’une Aroidée, YAmorphophallus Konjak, dont les tiges, fleurs et inflorescences sont vénéneuses à l’instar de celles de la majorité des Aroïdées. On extrait un amidon de ces tubercules et c’est ce dernier qui sert à préparer la gélatine très nutritive qui constitue ce mets et que l’on nomme « konjak )).
- Nous devons ajouter que, sans avoir le même succès que chez nous, nos plantes potagères condimentaires sont cependant appréciées par les sujets du Mikado. Albert M aumené,
- Professeur (l’Horticulture.
- LE CHEMIN DE FER
- LE PLUS SEPTENTRIONAL DU MONDE
- En novembre dernier, on a ouvert complètement à la circulation une ligne ferrée qui traverse le nord de la Suède et de la Norvège, dans une région où n’existait pas encore de voie ferrée, et qui présente cette particularité
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- d'ètrc le chemin de fer le [dus septentrional du inonde entier y compris le transsibérien.
- L'est en juin 1885 que la concession en fut accordée à une Compagnie suédoise : il s'agissait de construire la partie en territoire norvégien d’une ligne entre le Fjord d’Ofoten, sur le littoral norvégien de F Atlantique, et la ville de Lulea, sur le golfe de Bothnie. Des travaux furent exécutes, mais finalement l’entreprise se trouva abandonnée pour des raisons d’ordre financier, et il n’en fut [dus question jusqu’en 1890 : mentionnons pourtant la proposition, assez étrange au premier abord, d’une Compagnie qui garantissait au gouvernement un certain total des recettes du chef du transport des minerais de fer dont elle avait elle-même besoin, si ce gouvernement voulait bien faire les frais de construction de la voie. 11 faut dire qu’entre temps la portion suédoise de cette ligne avait été établie et que l’exploitation en avait commencé sur les deux tiers de la longueur. Enfin le Parlement norvégien
- ' Nord
- ! |Laponie
- FINLANDE
- vota les fonds nécessaires à la fin de 1898, et voici maintenant que la ligne est complète d’une mer à l’autre.
- Le terminus sur l’océan Atlantique se trouve à Narvik, et de là le chemin de fer, après s’ètre étendu le long des énormes docks à minerai installés en ce point, monte suivant une rampe fort accentuée pour couper la rivière Ilundals et entrer dans la vallée de North, sorte de ravin que la voie franchit sur un ouvrage métallique à neuf travées de plus de 170 mètres de long, et dont les approches sont formés de deux tunnels. Au delà de cette vallée, on se trouve au sommet de la région montagneuse, à une altitude de quelque 510 mètres, et le tracé continue à peu près en palier jusqu’à la frontière suédo-norvégienne, qui est à 110 kilomètres environ de Narvik.
- La seconde portion de cette ligne, celle qui va de Gel-livara à Lulea et au golfe de Bothnie, est moins intéressante en ce sens qu’elle s’étend sous des latitudes moins élevées, puisque sa direction est presque nord-sud ; néanmoins elle a permis déjà d’ouvrir une porte de sortie pour les minerais très riches de Gellivara, qui s’en vont surtout par cette route vers les usines de AVestphalie et de Stettin. Le mouvement dans celle direction est de quelque 800 000 tonnes par an. Mais le golfe a l’inconvénient d’être gelé durant un certain nombre de mois, et surtout il est d’accès malaisé pour les métallurgistes britanniques (jui ont besoin de faire appel aux minerais de Suède,
- maintenant que ceux de Bilbao commencent à se faire plus rares. 11 ne faut pas oublier que les gisements de Gellivara sont estimés contenir au pioins 250 millions de tonnes de minerai, et la ligne ferrée, complétée par les docks remarquablement installés qui sont en construction à Narvik, permettra d’exporter 1 500 000 tonnes par an, et en toute saison, les glaces ne pouvant ici gêner la navigation comme elles le font sur la cote de Suède.
- D. B.
- BOUÉES LUMINEUSES ;
- Si utiles que soient les feux qui éclairent les côtes, phares, bateaux-feu, bouées balisant des chenaux ou signalant des écueils, il va de soi que l’économie s'impose en la matière, et d’autant plus que ces feux divers sont extrêmement nombreux, même sur un littoral assez restreint. Aussi les services compétents essayent-ils toujours de combiner des dispositifs qui puissent fonctionner automatiquement pendant des jours et des jours, de telle sorte qu’il n’y ait pas à payer un personnel pour les surveiller ou les alimenter. C’est dans cet esprit que le Service des Phares français, dont nous avons parlé récemment, a créé quelques feux-flottants destinés à fonctionner sans gardiens ; d’autre part, dans nombre de petits phares, de feux d’alignement isolés, de tours-balises construites plus ou moins en pleine mer, et qu’il n’est pas souvent aisé d’aborder pour y nettoyer l’appareil d’éclairage, il était également nécessaire de trouver une combinaison de feu per-1 manent susceptible de brûler plusieurs mois sans gardien. On est arrivé à ce résultat avec l’éclairage au pétrole, en faisant déposer sur la mèche avant mise en service, par ce qu’on nomme le croûtage, une couche régulière de goudron carbonisé : la vaporisation de l’huile se fait latéralement, hors des parties où s’accumulent les dépôts de goudron produits par la combustion, et la flamme peut se maintenir longtemps sans que cette accumulation apporte à son fonctionnement des modifications sensibles.
- Mais le même but a été aussi poursuivi avec des bouées, dont la forme a du reste été étudiée au moins autant que le mode d’éclairage, parce qu’il faut leur donner une stabilité suffisante pour qu’elles ne se livrent pas à des oscillations folles sous l’influence des lames, oscillations qui auraient pour conséquence de masquer presque constamment le feu qu'elles portent à leur sommet. En principe, l’éclairage adopté est l'éclairage à l’aide du gaz d’huile comprimé et fabriqué suivant les procédés Pintsch déjà employés pour l’éclairage des wagons.
- Sur certains points, des bouées de ce genre ont été substituées à des feux-flottants, non point à des feux marquant des alignements importants ou servant aux atterrissages, mais à d’autres qui étaient destinés à signaler des dangers que la navigation est obligée de contourner : et même, en pareil cas, on a la possibilité de mettre plusieurs bouées à la place d’un seul bateau, et par conséquent de délimiter l'écueil à éviter au lieu de se contenter
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- d’en indiquer le centre approximatif, et cela en diminuant pourtant considérablement l’ensemble des dépenses. Nous n’avons pas l’intention de passer en revue les diverses bouées lumineuses placées de la sorte sur nos côtes : nous signalerons seulement de façon particulière les deux .grosses bouées de 18 mètres cubes qui ont été mouillées
- Fig. 1. — Vue d'une bouée lumineuse allumée.
- sur le plateau de Rochebonne, au large des côtes de \endée, bouées qui portent à 8 mètres au-dessus de la flottaison un appareil de feu fixe de 0m,1875 de distance focale et d’une puissance lumineuse de 40 carcels. Elles sont mouillées par des fonds de 50 mètres et tiennent bien par tous les temps ; de plus, si l’on examine leur forme, on verra qu’elles comportent inférieurement un tube qui prolonge le flotteur et vient permettre de placer à 8 mètres au-dessous de la flottaison un lest qui abaisse le centre de gravité au-dessous du centre de carène et assure par conséquent une stabilité presque absolue. Tant et si bien que, sous l’action des lames, elles n’éprouvent que des mouvements verticaux d’émersion et d’immersion, et que leur feu paraît effectivement fixe au lieu de présenter les occultations périodiques, et si regrettables, des bouées classiques soumises à l’action du roulis. Avec des brûleurs à deux courants de gaz, la consommation est de 120 litres à l'heure, ce qui n’empêche pas l’approvisionnement de gaz de ne point avoir besoin d’être renouvelé fort souvent. L’amarrage de la chaîne de mouillage d’un de ces appareils se fait en patte d’oie aux extrémités d’un diamètre de la queue ou de la carène, choisi de manière que les courants
- au-dessus et au-dessous s’équilibrent; quelques-unes de ces bouées ont une force portante suffisante pour supporter 5500 kilogrammes de chaîne et par conséquent pour pouvoir être mouillées dans les grands fonds sans que leur stabilité eu soit affectée. Ajoutons qu’une grande bouée pouvant remplacer nn feu-flottant ne revient qu’à 1000 francs environ de frais de premier établissement par mètre cube, et que l’entretien annuel n’en paraît jamais dépasser 2000 francs, alors qu’un leu-flottant coûte quelque 500000 francs de premier établissement et bien près de 40000 francs d’entretien annuel.
- Les bouées lumineuses sont de plus en plus employées par notre Service des Phares, notamment, comme nous avons eu occasion de le voir, pour la Seine maritime, pour l’éclairag.e des chenaux sinueux et mobiles qu’on rencontre dans les estuaires des fleuves ; ici bien entendu, il n’y a plus besoin, au contraire, de leur donner une grande portée lumi-
- l’ig. '1. — Deux types (le bouées lumineuses ù queue.
- neuse ; elles sont également susceptibles de compléter heureusement les indications des feux d’alignements ou à secteurs, ou encore de signaler les extrémités d’ouvrages en eau profonde près desquels doivent passer les navires. Elles rendent donc de grands services, grâce surtout aux perfectionnements (pie nous venons d’indiquer. Ra.mei. Bki.i.f.t.
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- dillèrent pas des autres espèces plus courageuses, et, si elles le voulaient, pourraient travailler autant qu’elles. Mais elles ne le veulent pas.
- Un des hyménoptères les plus exploités est un des plus travailleurs : le Chalicodome, — l’Abeille maçonne — qui trime ferme pour élever à ses petits un castel de terre, une forteresse qui semble les protéger à coup sur. Chaque cellule, gorgée de miel et de pollen, est le point de mire de plusieurs vagabonds. L’un des plus ardents à la curée est le Stélis, chétif insecte que l’on ne croirait pas fait pour mener une existence de cambrioleur. Telle est cependant sa vie : quand le Chalicodome a achevé
- Le Chalicodome des murailles et ses parasites.
- LES HYMÉNOPTÈRES PARASITES
- l'as plus que l’homme, la nature n’est parfaite. Aucun groupe d’animaux ne le montre mieux que celui des Hyménoptères. La plupart d’entre eux pourraient servir d’emblème du travail et de l’ingéniosité. Toujours en mouvement, ils sont sans cesse d’une activité fébrile pour se déplacer, édifier leurs nids‘,1'aire des provisions. Mais, parmi eux, il en est un certain nombre qui, sans doute, par paresse ou incompétence, ont perdu l’habitude du travail, et sont devenus des parasites soit par eux-mèmes, soit par leur progéniture. Ces hyménoptères ne
- son nid, on voit le Stélis se promener fiévreusement à sa surface, l’explorer avec ses antennes, cherchant sans doute le point faible de la croûte de glaise cuite au soleil. Quand il a trouvé le locus minoris resistantiæ, il se met en devoir de perforer la cuirasse dure comme de la pierre. C’est pour lui un travail de Titan, mais il ne se rebute pas : atome "par atome, il enlève les grains de terre et creuse un puits minuscule, arrive à l’opercule de la loge qu’il perfore également, et, finalement, atteint les provisions, objets de ses désirs. Là, peut-être, grignote-t-il un peu la pâtée pour son propre compte, pour se restaurer ; mais ce n’est pas là le véritable but de son effraction. Ce qu’il désire surtout, — et ce qu’il s’em-
- 1 Consulter Les Arts et métiers chez les animaux, par 11. Coupin. Paris 1903, Nony, éditeur.
- presse de faire, d’ailleurs, — c’est de déposer sur le miel un certain nombre d’œufs. Mais, comme il ne serait pas prudent de laisser les vivres exposés à l’air et à l'envie des autres parasites, le Stélis, après avoir été mineur, se fait maçon. 11 va, dans le voisinage, cueillir de la terre rouge ; il la malaxe avec sa salive et en oblitère le trou précédemment creusé. Ce pertuis rapiécé se reconnaît facilement à sa teinte parce que le nid du Chalicodome est ordinairement construit en terre calcaire, et, par suite, d’une couleur blanchâtre. Puis la mère Stélis va vaquer à d’autres occupations, ne se préoccupant nullement de ce qui va se passer dans la loge. Et, en effet, elle peut être tranquille sur l’avenir de sa progéniture : l’œuf du Chalicodome et les œufs de la Stélis donnent naissance à des larves qui, vivant fraternellement cote à
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- cote, mangent le miel sur lequel elles nagent. Mais les larves des parasites, outre qu'elles sont plus nombreuses, sont aussi plus voraces : elles ont vite l'ait de dévorer toutes les provisions et d’arriver au bout de leur croissance. Le ver du légitime propriétaire, plus lent, est ainsi privé rapidement de nourriture, et meurt de faim. Sans eu avoir l’air, reIVraclion de la mère Stélis est donc un véritable assassinat,.
- L’Abeille maçonne est encore exploitée par un autre hyménoptère, le Itioxys. « Au temps des travaux, dit J .-11. Fabre, c’est un etlronté visiteur de nids, exploitant avec, la même audace les énormes cités du Chalicodome des hangars et les coupoles solitaires du Uhalicodome des galets. Une population innombrable, allant, venant, bourdonnant, bruissant,
- ! A. L. Ckwnfc ’
- Fig. 2. — Leucopsis.
- a, œuf (très grossi); b, larve secondaire ; c, larve primaire.
- lie lui en impose pas. Sur les tuiles appendues contre les murs de mon porche, je le vois, l’écharpe rouge aux lianes, arpenter, avec une superbe assurance, l’étendue mamelonnée des nids. Ses noirs projets laissent l’essaim dans une profonde indifférence ; aucun des travailleurs ne s’avise de lui donner la chasse, à moins qu’il ne vienne l’importuner de trop près. Tout se borne d’ailleurs à quelques marques d’impatience de la part de l’ouvrière coudoyée. Pas d’émoi profond, pas de poursuites ardentes, comme semblerait en supposer la présence d’un mortel ennemi. Elles sont là, des mille, toutes armées du stylet ; une seule accablerait le perfide, et nulle ne court sus au bandit. Le danger n’est pas soupçonné. Lui cependant visite le chantier, il circule entre les rangs des Maçonnes, il attend son heure. Si la propriétaire est absente, je le vois plonger dans une cellule et bientôt en ressortir avec la
- bouche barbouillée de pollen. 11 vient de déguster les provisions. Fin connaisseur, il va d'un magasin à l’autre prélever une bouchée de miel. Est-ce une dime pour sou entretien personnel, est-ce un essai en laveur de sa larve future? Je n’oserai décider. Toujours est-il qu’après un certain nombre de ees dégustations, je b* surprends à stationner dans une loge, l’abdomen au fond, la tète à l'orifice, C’est le moment de la ponte, ou je me trompe fort. »
- Le Stélis et le Pioxys, on le voit, n'en veulent qu aux provisions amassées par le Uhalicodome, et ce n’est qu’involontairement et indirectement qu'ils causent la mort de leur hôte. Le Leucopsis, autre parasite, a des mœurs plus noires. Sa larve dévore la nymphe de l’Abeille maçonne, la suce jusqu’à ce qu’elle soit réduite à sa peau. Sa dégustation, quoique lente, se fait avec tant d’art que la victime ne se décompose pas durant tout le repas, lequel dure plusieurs jours. Le Leucopsis adulte est un bel hymé-noptère, zébré de noir et de jaune. Pour arriver à déposer son œul dans les loges du Chalicodome, il possède une tarière longue de I4mm, pliée en deux et composée, à l’extérieur, d’une gaine divisée en deux, en dedans d’un fil rond, rigide, corné, assez analogue à un crin de cheval. C'est là la « mèche » du vilebrequin qui doit percer le dôme de mortier. A cet effet, elle est pourvue à l’extrémité d’une sorte de lime, de râpe à dents très émoussées et d’une pointe taillée en biseau. Lorsque sa maturité est arrivée, la mère Leucopsis explore les nids, les palpe, et, finalement, s’arrête à l’un d’eux, sans qu’on puisse savoir ce qui la guide dans son choix. On la voit alors se guinder hautement sur ses jambes, et dégainer sa tarière, dont la pointe s’applique sur la terre. Sans que l’insecte bouge, le vilebrequin opère son travail, et en moins d’un quart d’heure, ce débile crin a réussi à perforer la couverture de terre cuite, qu’un canif a cependant de la peine à entamer. Par la tarière, un œuf glisse jusque dans la loge : le voilà dans la place, mais il n’y reste pas longtemps seul.Voici, en effet, un autre Leucopsis qui arrive au nid et, sans doute, conduit par les memes considérations qui ont guidé le premier explorateur, implante sa tarière au même point et dépose un œuf. Il n’est pas rare, en ouvrant une loge de Chalicodome, d’y trouver quatre ou cinq œufs de Leucopsis, accrochés par leur bec recourbé au cocon de l’Abeille maçonne. Et, chose curieuse, si l’on ouvre des loges après l’éclosion des Leucopsis, on ne trouve jamais qu’une seule larve de celles-ci. Que s’est-il passé dans l’intervalle? Tout simplement ceci : la première larve éclose a mangé lés autres œufs pour être seule à table. Pour faciliter ce meurtre fratricide, la Nature a pourvu chacun de ses anneaux de soies hyalines, portées par un mamelon conique et sur lesquelles elle s’appuie et peut se déplacer pour aller dévorer les autres occupants. Ce crime commis, la larve dépouille son manteau de voyage, et se métamorphose en une deuxième larve dépourvue de moyens de locomotion, et qui, de suite, se met à sucer l’infortunée nymphe de la Maçonne. Le
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- « dimorphisme larvaire » du Leucopsis s'explique dune lacilement par ses mœurs et par l'insuffisance de 1 instinct de l’adulte dont la tarière ne laissant [tas trace de l’eüraction n’indique pas suffisamment aux nouveaux arrivants que la loge est déjà pourvue d’un oeul de leur espèce. ___^_____ IIkmu Coi pin.
- LAMPE A INCANDESCENCE A OSMIUM
- La lampe à incandescence électrique Auer, que nous avons déjà fait connaître précédemment1, et qui est labriquée à Berlin parla « Gasghihlicht Aktiengesellschaft », se trouve dans le commerce, en Allemagne, depuis quelques mois déjà et a donné des résultats satisfaisants, d après les renseignements que nous avons pu nous procurer. La nouvelle lampe présente la forme ordinaire d’une lampe à incandescence ; à l’intérieur se trouvent deux filaments en osmium, montés en tension, comme le montre la figure ci-jointe, et maintenus sur les côtés à l’aide de petits supports.
- La lampe à osmium est très économique; sa consommation spécifique ne dépasse pas 1,5 watt par bougie allemande (hefner). La durée est égale à 500 heures; mais elle peut quelquefois atteindre le double. Pendant le fonctionnement normal, on ne constate que de faibles diminutions d’intensité lumineuse. Les variations de différence de potentiel, même de 50, 60 et 70 pour 100, n’agissent que peu sur la lampe pour la détériorer.
- M. II. Remané, ingénieur en chef de la Société Allemande à Berlin, a fait à ce sujet des expériences dont les résultats fixent les idées ; nous les résumons dans le tableau ci-joint :
- Intensité
- Lampes lumineuse Watts Variations dans Heures en par l’intensité lumineuse . d’allumage. Volts, bougies, bougie. eu pour 100.
- A 0 59 55 1,54
- B 1000 59 51,7 1.54 4 (diminution) 1.55
- 0 55 54,7
- 4000 55 51,6 1,58 9 (diminution)
- G 0 58 52,8 1,51
- D 500 58 52,7 4,44 0,5 (diminution)
- 0 55 54,2 4,55
- 600 55 56,4 4,45 6 (augmentation)
- On voit que des lampes placées sur une tension de 58, 59 ou 55 volts donnent des intensités lumineuses peu variables 55-54,7 bougies. L’intensité lumineuse ne varie pas non plus en général avec le nombre d’heures d’allumage; on a trouvé des diminutions de 4 et 9 pour 100 après 4000 heures de fonctionnement. Les consommations spécifiques sont en moyenne de 1,5 watt par bougie allemande. La lampe peut supporter des variations de différence de potentiel de 20 pour 100; il est certain toutefois que la durée d’une lampe soumise à de fortes variations de tension est inférieure à la durée d’une lampe fonctionnant à différence de potentiel constante.
- Ajoutons également que la lumière des lampes à osmium est blanche et brillante. La lampe à osmium dégage moitié moins de rayons calorifiques que la lampe à charbon; c’est un avantage à apprécier au point de vue hygiénique, dans les petits espaces.
- La lampe à osmium ne se fabrique que pour des tensions de 44 volts et au-dessous; les lampes de 16 volts donnent des intensités lumineuses de 40 et 46 bougies, les lampes de 25 volts, 46 et 25 bougies; les lampes de 50 volts, 25 bougies; les lampes de 50 à 44 volts, 25 à 40 bougies. Pour les différences de potentiel ordinaires de 65 à 120 volts, et pour les courants continus, il est
- 1 Yoy. n° 1509,. du 26 avril 1902, p. 526.
- donc nécessaire de coupler en tension 2 à 5 lampes de même intensité lumineuse cl de même différence de potentiel. Avec les courants alternatifs, les transformateurs permettent de ramener la tension à la valeur voulue.
- Comme les filaments d’osmium portés à l’incandescence sont llexibles, il importe de, maintenir la lampe verticalement l'ampoule vers le bas, ne penchant ni à droite ni à gauche. Les prix de tous les modèles de lampe, livrés à Berlin, sont de 6lr,70; les lampes, dans lesquelles le filament d’osmium est intact Lampe â osmium,
- sont reprises pour 0fr,925.
- En résumé la lampe à osmium permet d’obtenir une économie de 50 pour 100 d’énergie électrique sur les lampes à filament en charbon ; elle offre une lumière pure et blanche, dégage 50 pour 100 en moins de chaleur, et résiste en partie aux variations de différence de potentiel. 11 faut espérer du reste que nous pourrons bientôt apprécier cette nouvelle lampe ; car la fabrication est également entreprise en France par la Société française d’incandescence par le gaz, système Auer. J. Laif.ykgie.
- L’INDUSTRIE DES TÔLES PERFORÉES
- On ne se figure pas communément l’importance qu'a la tôle perforée, et le rôle qu’elle joue dans les diverses industries : nous disons tôle, mais nous pourrions y assimiler également les métaux laminés les plus variés, cuivre, zinc, etc., et perforés, eux aussi, de trous variables par leur forme comme par leurs dimensions. C’est au moyen de ces plaques métalliques, percées suivant des dispositions souvent fort savamment combinées, que s’exécutent une foule d’opérations industrielles simples ou complexes.
- Tout le monde sait par exemple que, dans la machine à battre, dans le moulin à vent et dans tous les appareils destinés à nettoyer le blé après qu’il a été extrait de l’épi, la partie essentielle est constituée par un crible ou par des séries de cribles qui séparent de la graine normale les impuretés plus grosses, ou, au contraire, les graines trop petites : et ces cribles sont faits de tôles perforées de trous dont la forme et le diamètre ont été étudiés pour répondre au rôle particulier qu’on leur confie. Ces cribles et ces trieurs, qui servent à une foule de graines, sont si heureusement et ingénieusement combinés, qu’ils arrivent à sembler, pour ainsi dire, doués d’intelligence, et qu’ils isolent sûrement des graines qui semblent se ressembler considérablement, rejetant sans pitié toutes les mauvaises graines, comme les nielles, les vesces, etc. Le criblage est d’ailleurs une opération commune à toutes les industries où l’on a besoin de purger un produit utile de matières inutiles ou nuisibles, ou encore de classer un même produit par grosseurs diverses : c’est ainsi qu’on crible les pierres destinées à l’empierrement des routes, tout autant qu’on crible les charbons pour les classer par grosseur.
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- Un comprend que, dans ces conditions, et pour répondre à des usages aussi divers, il est absolument nécessaire que les fabricants produisent des tôles, et des métaux perforés en général, dont les trous et perforations soient extrêmement variés, toutes ces perforations répondant exactement aux besoins des industries, et leur dessin comme leur nombre par unité de surface étant déterminés par une étude minutieuse des besoins auxquels il s’agit de satisfaire. Le découpage en lui-même 11e présente pas des difficultés particulières, en ce sens que, le plus souvent, il suffit, pour l’exécuter, de machines à balancier mues à la main ou mécaniquement, et qui abaissent sur les lames métalliques des Hans disposés suivant les formes des découpures à produire; évidemment, beaucoup d’ingéniosité a été dépensée par les constructeurs pour leur donner une marche rapide et
- sûre, mais nous n'avons guère à insister néanmoins sur leur fonctionnement. Par contre, il sera assez curieux de jeter un coup d’œil sur les types innombrables de perforations qu’il faut offrir à l’industrie pour répondre à tous les services qu’elle réclame des cribles, des tarares, etc. C’est [tour cela que nous avons pensé à faire reproduire quelques-uns de ces types tels qu’ils se fabriquent dans les maisons spéciales de Paris.
- Ici c’est toute la série des tôles perforées pour 1rs machines agricoles, pour les appareils de criblage et de nettoyage des meuneries, des féeuleries, des ami-donneries : le plus souvent ce sont des perforations rondes, mais se faisant dans des diamètres très variables oscillant entre 1 millimètre et 25 millimètres ; de plus, ces perforations sont tantôt très rapprochées, tantôt au contraire très éloignées. Elles se font en
- Types divers du peribrutioii de leuilles de métal.
- toutes sortes de métaux, cuivre, fer, acier, zinc, etc. Fréquemment aussi les perforations, au lieu d’être rondes, sont triangulaires, ou encore elles sont ovales. Parfois ce sont des trous longs arrondis, ou encore des perforations alternantes à trous ronds et longs, notamment pour le criblage des blés. Certains appareils nettoyeurs sont munis de tôles percées de trous allongés en rectangles, ou d’autres qui sont extrêmement étroits et longs. O11 fait aussi pour les machines à battre des trous ronds emboutis, dont les bords ne sont point coupants, ou bien des alvéoles qui 11e sont point percés à jour. Une série considérable de métaux perforés sont également fabriqués couramment pour la fabrication et le raffinage des sucres, pour les tourailles et appareils de distillerie et de brasserie ; et ici nous trouvons soit des perforations très allongées et rectangulaires, mais beaucoup plus grandes que dans les. appareils précédents, soit des lentes extrêmement fines et parallèles, soit
- des trous ronds presque minuscules et ménagés au fond de sortes d’entonnoirs, soit même des fentes alternant en quinconces. Nous aurions à citer d’autre part des tôles diverses pour les tronnnels et appareils divers destinés à la préparation des minerais, au lavage, à la classification des charbons : ce sont le plus généralement des perforations carrées dans les diamètres les plus divers, et donnant parfois l’illusion d’une de ces toiles métalliques qui s’emploient du reste également pour les triages et les criblages. Enfin il nous faudrait parler des tôles perforées dont on fait usage pour les turbines, les essoreuses, les fonds de cuves des lavoirs à laine, les machines de papeterie, puis les métaux perforés destinés à l’ornementation, et où naturellement la fantaisie peut se donner libre cours. Mais nous en avons assez dit pour montrer la variété de cette industrie, et pour faire comprendre surtout son importance et le rôle qu’elle joue. Uieiuie de Méiiiix.
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- h A NATURE.
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- LES DÉPÔTS DE LOCOMOTIVES
- Parmi les installations secondaires (jne nécessite l'exploitation dos chemins de 1er, les dépôts de locomotives, les rotondes comme on les appelle le plus
- souvent par suite de la forme qu’ils aflectent, jouent un rôle de premier ordre; c’est là, en effet, que les machines doivent trouver un ahri durant leurs
- Fig. 1. — Vue extérieure du dépôt dp, locomotives de Noisv-le-Sec.
- arrêts, là qu’elles se mettent sous pression pour commencer leur service quotidien; il faut aussi qu’on v dispose des aménagements pour les chauf-
- feurs et les mécaniciens pendant leurs repos, et des ateliers pour réparer les petites avaries qui peuvent empêcher une machine de fonctionner normalement,
- mais qui ne sont pas suffisantes pour qu’on la renvoie aux grands ateliers de réfection.
- Pour donner une idée de l’installation d’un dépôt de ce genre, qui doit du reste être à peu de distance de la grande gare qu’il dessert, et d’un accès com-
- mode pour les locomotives, nous ne pouvons mieux faire que de jeter un coup d’œil sur l’importante construction que possède la Compagnie de l’Est à Noisy-le-Sec, et qui a été créée tout d’une pièce, et récemment, alors que tant d’autres ont été formées
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- par des adjonctions successives pour répondre aux progrès du trafic. Il fallait ici des rotondes très vastes, car il s'agissait d'assurer la traction des trains de marchandises sur le premier tronçon des lignes de Paris h Strasbourg, de Paris à Mulhouse, de Paris à Givet, ainsi que la traction des trains de Grande Ceinture, et les manœuvres diverses dans les gares importantes de Noisy et de Pantin.
- Le dépôt se compose de deux rotondes de 70 mètres de diamètre, réunies par un corps rectangulaire qui contient les bureaux, le magasin, l’atelier de réparations et les installations nécessaires aux mécaniciens et aux chauffeurs. Chaque rotonde peut abriter 32 locomotives à fonder séparé, et elle est constituée par une ossature métallique indépendante des murs d’enceinte, ossature composée de 16 arcs articulés au niveau du sol à une de leurs extrémités, et fixés par l’autre extrémité, qui est leur sommet, à une couronne de 3m,20 de diamètre. Au (“entre de chacune de ces rotondes est un pont tournant central, qui a 17 mètres de diamètre, et qui entraîne avec lui une rampe circulaire, empêchant, toute chute dans la fosse des ouvriers qui circulent dans le batiment. Les cheminées des machines sont toutes tournées vers la circonférence extérieure, où des bottées sont ménagées pour l’évacuation des fumées. Bien entendu, les voies ont été minutieusement étudiées pour réduire au minimum les aiguillages et les erreurs de manœuvre. Des rotondes, les locomotives peuvent pénétrer directement et à couvert dans l'atelier de réparations, où un chariot les distribue sur les voies de chantier à proximité des machines-outils; les réparations qui se font ici sont des changements de roues, des ajustages de mouvement, des alésages de cylindres, pose de cornières, remplacement de tubes, etc. Ajoutons à ce propos, comme détail assez intéressant, que" les locomotives passent régulièrement par cet atelier, et d'une façon méthodique et préventive pour ainsi dire, quand elles ont accompli un certain parcours; ci' parcours est calculé de où 000 à 40 000 kilomètres pour les machines à marchandises rapides, de 30(100 à 35 000 pour les machines à marchandises ordinaires, et 30 000 pour les machines de gares.
- Nous avons indiqué que le dépôt de Noisy, en particulier, possédait des locaux pour l’usage des mécaniciens et chauffeurs : on s’est efforcé de donner aux hommes un véritable confortable, à la lois pour les attacher à la Compagnie qu’ils servent, et aussi pour leur permettre de supporter plus facilement la vie évidemment fatigante qu’ils mènent. Ils trouvent dans leurs installations un réfectoire, avec réchaud à gaz pour faire chauffer leurs aliments et filtre Pasteur pour n’avoir (pie, de l’eau saine; ils ont en outre une salle de lavabos à eau chaude et à eau froide, puis des salles de bains, enfin un dortoir divisé en cabines à deux et à quatre lits; et tout cela est chauffé au calorifère.
- Nous ajouterons que tout dépôt de locomotives, et entre autres celui de Noisy, est complété par un dépôt
- de combustible, les machines ayant à faire leur plein de combustible avant que de partir pour prendre leur service. Ces approvisionnements sont à la fois considérables et très variés, quand il s'agit de suffire à l’alimentation d’un dépôt aussi important que celui dont nous parlons en ce moment : le fait est que les chantiers y contiennent 10 000 tonnes de coke, de briquettes et de bouilles menues, celles-ci servant pour la consommation courante, tandis (pie les briquettes sont employées pour les allumages et connue appoint en cas de coiq» de collier; le coke, tout eu servant aussi aux allumages, est surtout utilisé par les machines de gares, qui de la sorte n’émettent point de fumées. (Rappelons que la consommation par kilomètre atteint de 14 à 16 kilogrammes de combustibles divers.) Le dépôt contient encore, dans des bacs en tôle placés dans un bâtiment isolé, des huiles minérales russes (fui sont nécessaires au graissage des machines.
- Et ce magnifique dépôt peut suffire à une fréquentation de 22(1 mécaniciens ou chauffeurs (sans parler des manœuvres et ouvriers divers), et de 92 machines qui se succèdent constamment sous les vastes rotondes et dans l’atelier, 1). R.
- CHRONIQUE
- La fleur-poupée. — En examinant les matériaux apportés par les explorateurs de leurs voyages lointains, on est surpris de constater qu’au milieu de découvertes d’un intérêt scientifique ou pratique, se rencontrent de vrais caprices de la nature dont notre esprit, habitué à
- Fleur jioupée.
- chercher la raison d’être de toute chose, ne peut s’expliquer l’utilité. Qu’on en juge par cette fleur-poupée, la « muneca », comme l’appellent les habitants du Nicaragua, où elle pousse sur les flancs des Cordillères. Sa couleur est rouge vif et sa forme évoque l’image d’une robe serrée à la taille par une ceinture : une quantité
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- d’étamines capricieusement disposées simule une chevelure, et l’ensemble représente bien une de ces poupées rudimentaires comme en confectionnent parfois les enfants.
- Lecteurs étrangers dans les Universités. —
- Depuis quelque temps des Conférences en langue allemande sont faites à la Sorbonne, à Paris, par un lecteur allemand. Ces conférences sont d’une grande utilité pour les jeunes gens qui suivent les cours de l’enseignement supérieur et qui sont mis à même de s’entretenir et de se perfectionner dans la connaissance pratique des langues vivantes qu’ils ont apprises au collège. LTniversité de Dijon a récemment ouvert deux cours en anglais et en allemand, confiés à des lecteurs élrangers; ces cours sont très suivis et répondent à un véritable besoin.
- Les lézards bipèdes. — On s’accorde généralement à ranger les lézards parmi les quadrupèdes, c’est-à-dire les animaux qui utilisent leurs quatre pattes pour marcher. Il convient cependant de faire quelques réserves en ce qui concerne certaines espèces, dont la caractéristique est de se mouvoir sur les deux pieds de derrière, comme les kangourous. Ce sont, bien entendu, des espèces munies de pattes a>sez longues. I n des reptiles les plus curieux des couches fossiles de la Belgique, l’Iguanodon Bernissarti affectionnait aussi cette manière de marcher, et il a transmis cette particularité à un certain nombre de lézards, de taille plus modeste, vivant actuellement, parmi lesquels nous citerons : Chlamydo-saurus Kingi, Physignatus Lesueuri, d’Australie, Corytho-phanes hernandezii, du Mexique, Ameiva surinamensis, de la Guyane, Otocryptis bivittata, de Ceylan. La marche, et même la course sur deux pieds, n’est pas, chez ces singuliers animaux, une exception, mais bien une règle, et l’on ne peut s’empêcher de voir en eux une sorte de stade intermédiaire entre les reptiles et les oiseaux. Comme type de transition on pourrait citer aussi les Ptérodactyles fossiles, qui étaient munis d’ailes analogues à celles des chauves-souris, et avaient néanmoins une forte mâchoire garnie de dents aiguës.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du (i avril 1903. — Présidence de M. A. Gaurry.
- Notice historique. — M. Mascart donne lecture d’une Notice sur les travaux du physicien anglais Stokes qui fut correspondant de la section de physique, puis associé étranger.
- Résistance de Porcjanisme à ta chaleur. —. M. Chauveau dépose une Note faisant suite à un précédent travail sur la régulation de la chaleur chez les animaux placés dans un milieu dont la température est supérieure à leur température normale. M. Chauveau observe que la température de l’animal augmente; donc il n’v a pas de régulation abaissant la température du corps. L’animal « fait » de la chaleur parce que les organes ont besoin, pour leur travail physiologique, d’énergie qui leur est fournie par un processus de combustion. M. Chauveau observe qu’il y a, au contraire, régulation ascendante de chaleur, car un animal placé dans un milieu à basse température conserve sa température bien que ne recevant pas de nourriture. M. Berthelot observe que l’air sec entrant dans les poumons, qui sont à la température de 39°, se sature d’humidité en produisant un abaissement de température local
- qui tend à établir un certain équilibre avec la chaleur reçue de l’extérieur. Mais si la quantité de chaleur qui peut être ainsi absorbée est plus faible que celle reçue de l’extérieur, il y a élévation de la température ; il ajoute qu’il y a peut-être d’autres causes de réfrigération. M. Laveran observe que la régulation de la chaleur se fait très bien entre les températures de 40 et 50°. Il expose qu’il a résidé à Biskra où ces températures régnent en été. En comparant la température sous l’aisselle et la température superficielle, il a constaté que celle-ci était supérieure. L’homme au repos supporte sans incorn énients cette température, mais en marche il se produit des coups de chaleur parce que la régulation ne peut plus se produire.
- État des travaux de la Mission <jéodésique de l'Équateur. — M. Poincaré lit un rapport sur l’état des travaux de la Mission envoyée en Amérique pour mesurer l’arc méridien équatorial. Les opérations de la Mission ont été contrariées par un mauvais temps exceptionnel ; il est résulté de cette circonstance un retard dans la marche générale de l’entreprise que l’on peut estimer à six mois. Certaines stations qui sont à plus de 4000 mètres de hauteur sont restées fort longtemps dans le brouillard et dans la neige. MM. les capitaines Maurain, Lacombe, Lallemand, M. le lieutenant Perrier ont supporté les plus grandes fatigues. La difficulté des opérations est accrue du fait des populations qui renversent les signaux, s’imaginant trouver un trésor dans leurs fondations. La démolition de la mire de Panecillo, entre autres, a obligé les observateurs à recommencer la détermination de l’azimut fondamental de la Chaîne. Deux bases ont été mesurées, un certain nombre de triangles sont achevés. Les mesures des bases sont effectuées dans les conditions de la plus haute précision; les triangles ferment à 1" près en moyenne. Deux latitudes ont été mesurées ainsi que deux différences de longitude. Des observations de pendule ont également été faites par M. le commandant Bourgeois.
- La Mission de la Martinique. — M. Lacroix, présent à la séance, lit une Note sur les éruptions de la Montagne Pelée, dans laquelle il s’attache à faire ressortir le type auquel appartient le phénomène. Il montre que l’on se trouve en présence d’un amas de laves couvrant l’orifice de sortie. L’aiguille qui surmonte le cratère s’élève par l’afflux de matières nouvelles et par soulèvement. Il rappelle que l’histoire, avait enregistré les ravages de nuées ardentes en 1580 et en 1808, mais que le phénomène n’avait pu être observé comme il l’a été cette année. Il ajoute qu’il a conseillé l’évacuation prolongée de la zone menacée. Ch. de Viu.edeijil.
- MONUMENT
- MIS AÉUOSMJTES Hü SIÊCE UE PMIIS
- U y a vingt-deux ans écoulés, La Nature parlait alors du monument commémoratif des ballons du siège de Paris1 montrant en même temps par une gravure l’aspect que devait avoir l’œuvre favorite du sculpteur, M. Bartholdi, connu par tant de monuments remarquables. M. Bartholdi, toujours fidèle à son idée patriotique, mais empêché depuis de longues années par d’autres travaux importants, revient
- 1 Voy. n° 382, du 25 septembre 1880, p. 272.
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- aujourd’hui à son idée première. Son beau monument a reçu quelques modifications par suite de patientes études bien approfondies. V!n public sympathique a pu en contempler le modèle réduit h la dernière exposition des automobiles en décembre 1902. Il eut dans la section aéronautique, organisée par l'Aéro-Club, le plus légitime succès; chacun applaudissait à l’œuvre et à son auteur'.
- Ce résultat obtenu, il fallait penser à l’exécution de l’œuvre artistique. L’Aéro-Club, obéissant à un sentiment généreux et tout patriotique, a réussi à organiser dans ce but un comité qui ouvre une souscription nationale. M. le Président de la République a accepté le haut patronage de l’œuvre. Nous voyons dans le comité de patronage les noms suivants qui y figurent h titre de présidents :
- M. Magnin, ministre du Commerce pendant le siège de Paris ;
- M. Freycinet, de l’Institut, délégué à.laguerre(1870-1871). Comme vice-présidents ;
- M. de Selves, préfet de la Seine;
- M. Paul Escudier, président du Conseil municipal, et M. Ilémard, président du Conseil général de la Seine. Dans le comité dont nous ne pouvons donner ici la liste, ni celle du comité d’administration, on trouve les noms'les plus
- honorés qui com- (D'après
- ptent aussi parmi les plus notables de Paris. La gravure que nous représentons est faite d’après une photographie qui nous a été communiquée par M. Rartholdi. Elle montre l’œuvre telle qu’elle sera exécutée, avec ses dernières modifications.
- Le monument sera élevé sur une place publique de Paris, dans les entourages de Montmartre sans doute; il aura des proportions considérables. Sa hauteur atteindra environ 17 mètres. L’originalité de l’œuvre consistera surtout dans le ballon qui domine le tout. Cet aérostat sera composé d’une armature en bronze recouverte d’un filet de même métal, destiné à porter et à maintenir toutes ses côtes ou fuseaux qui seront garnis d’un vitrage de verre ou de plaques de mica. Le choix en sera décidé après les
- 1 Yov. n° 1544, du 27 décembre 1902. p. 62.
- expériences préliminaires que l’on va faire. Dans l’intérieur du ballon dont le diamètre n’aura pas moins de 5 mètres, on installera nn puissant appareil électrique muni d’un fort réflecteur. Les rayons lumineux envoyés par l’appareil auront ainsi plus d’éclat et le soir le monument sera vu sous un aspect curieux et original, tandis que la place où il sera élevé recevra une lumière brillante.
- Le grand motif de sculpture placé sous le ballon sera tout en bronze ; l’allégorie en est belle et patriotique. On remarque surtout le génie de la Patrie s’élevant dans le ciel accompagnant l’aérostat pour le protéger et le guider dans les nuages qu’il devra traverser, afin de porter des nouvelles de Paris investi h toute la France en deuil. Du côté opposé, la Ville
- de Paris, sous l'aspect d’une mère désolée, tient un enfant sur ses genoux. A ses pieds un autre enfant étendu est mourant de froid. Elle exprime les angoisses, les souffrances du siège, tandis qu’un jeune combattant semble la protéger et la défendre avec énergie.
- Sur la façade postérieure une figure, personnifiant l’armée impériale vaincue, reste accablée sous les murs de Paris. Sur les panneaux latéraux du soubassement de pierre ou de granit, qui supportera toute l’œuvre, on gravera les inscriptions relatives aux aéronautes du siège et à leurs passagers ainsi que celles des héros civils des postes, des télégraphes et des chemins de fer de 1870-1871. Les quatre piédestaux surmontés de la couronne murale de la Ville de Paris sont ornés par un groupe gracieux de pigeons voyageurs. Ils rappellent les services que ces vaillants oiseaux ont rendus en apportant des nouvelles de France dans la ville assiégée.
- Nous connaissons tous le talent éprouvé et les sentiments patriotiques de l’auteur du futur monument; souhaitons à M. Rartholdi la réussite et l’accomplissement de sa belle œuvre. Albert Tissanmer.,
- Le Gérant ; P. Masson.
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- Paris. — Imprimerie Laiicre, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1560. — 18 AVRIL 1903.
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- LES MOUCHES A SCIE
- Les Tentlirèdes ou Mouches à scie qui, en temps ordinaire, ne sont guère connues que des collectionneurs, ont fait beaucoup parler d’elles cette année en prenant une grande extension et en attaquant diverses cultures, les navets notamment. Tout fait craindre même que leurs déprédations ne deviennent encore plus fortes l’année prochaine : pour donner une idée de leur importance, il suffit de constater ce qui vient de se passer en Vendée, où, d’après M. Le Cler, l’invasion a eu lieu sur une surface de 50 hectares, en quantités innombrables et a détruit les plants de semis qui avaient été effectués à la fin d’août et les plants qui étaient levés dans les parcelles de la récolte de 1902.
- Malgré des mœurs aussi noires, l’adulte est bien gentil. C’est une sorte de moucheron, — un hymé-noptère, pour parler plus exactement, — qui s’ébat joyeusement dans l’air, butinant de fleur en fleur où on le remarque à cause de sa tête noire, son thorax rouge, son abdomen jaunâtre. De temps à autre, ce Roméo minuscule (7 millimètres de longueur) va faire la cour ù sa femelle et, le soir pour se reposer de ses pérégrinations,va se retirer sous quelque abri, dans les haies ou sous les arbustes : c’est là, va-t-on penser, un détail bien infime. On va voir plus loin que c’est à lui que la Tenthrède devra sa perte.
- Par elle-même, la Tenthrède (Athaliaspinarum) n’est pas nuisible, car pour se nourrir, elle se contente d’un peu de miel et peut-être d’infimes grains de pollen. Mais où la chose commence à se gâter, c’est lorsqu’elle a des petits : on n’est jamais trahi que par les siens. La Tenthrède, pour notre malheur, a deux générations par an : les adultes de la première génération apparaissent aux mois de mai et juin, ceux de la seconde en août-septembre. Quand 31e année. — 1" semestre.
- les adultes veulent faire souche, on les voit tournoyer d’un air louche autour de diverses plantes : si l’on examine celles-ci, on voit (pie la plupart appartiennent à la famille des Crucifères : ces hyménoptères sont plus ferrés en botanique que les candidats à la licence. Il y a là des navets, des raves, des rutabagas, des moutardes, des radis, des cochléarias, toutes d’ailleurs peu fiattées de la visite de leur hôte. Quand la femelle a trouvé une plante à son idée, elle se rend au-dessous des feuilles et l’extrémité de son abdomen s’entr’ouvre pour laisser
- sortir tout un arsenal de chirurgien. Il y a en dehors deux valves en forme de j demi-fourreaux, et intérieurement deux stylets garnis d’entailles en dents de scie : c’est à cette particularité que les Tenthrèdes doivent leur nom plus pittoresque de Mouche s à scie. Grâce à cet appareil, elles entaillent le parenchyme des feuilles et y déposent leurs œufs, isolés ou réunis par petits groupes.
- Les larves sortent de l’œuf dans .les 3 ou 5 jours qui suivent; leur évolution dure trois semaines, pendant lesquelles on les voit changer à plusieurs reprises de couleur et de peau. Ces chenilles ont la tête noire ; au début, elles sont presque incolores et peuvent se suspendre à un fil ; puis, elles prennent une teinte verdâtre et finalement une couleur ardoisée avec une bande longitudinale plus pâle de chaque côté du corps. Après quoi elles se laissent tomber sur le sol, pénètrent dans ce dernier et s’y tissent une coque ovalaire sur laquelle viennent s’agglutiner les particules de terre voisines. C’est dans l’intérieur de la coque terreuse que s’effectue la nymphose. Trois mois plus tard, quand il s’agit de la première génération, et au printemps suivant quand il s’agit de la seconde, l’adulte éclôt et abandonne sa prison pour venir s’ébattre et s’accoupler au dehors. Il y a donc, pour le moins, deux invasions principales des chenilles, l’une vers le commencement de l’été et
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- Les mouches à scie attaquant une crucifère. — A gauche, extrémité de l’abdomen montrant la « scie » de la Tenthrède ; à droite, nymphe dans sa coque.
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- LA NATURE.
- l’autre dans les premières semaines de l’automne, comme l'a démontré M. E.-L. Bouvier.
- Ces chenilles ressemblent tout à fait par leur allure à celles des Papillons et jamais un débutant ne croirait avoir affaire à des larves d'Hyménoptères. On peut se rendre compte que, comme on les appelle, ce sont des fausses chenilles en examinant leurs fausses pattes qui sont au nombre de huit paires, tandis que les vraies chenilles — simplicité et distinction — ne s’en payent que deux ou au plus cinq paires. Elles ont l’habitude de se rouler en spirale et, quand on les touche, elles redressent la tète ou la queue d’un air mécontent et fanfaron.
- Les chenilles des mouches à scie sont très nuisibles, car, d'un appétit dévorant, elles ne tardent pas à manger les feuilles des navets et à les réduire à leurs nervures. Heureusement, elles sont attaquées par un grand nombre de parasites, — on en connaît neuf, six Ichneumonides, deux Chalcidides, un Tachi-naire, — qui, un jour qu’ils voudront s’y mettre, en auront raison en un clin d’œil. En attendant, il est fort difficile de les détruire tant elles sont nombreuses : on a proposé d’introduire, dans les champs infestés, des bandes de jeunes canards, très friands des larves de la Mouche à scie, et, a priori, cette méthode ne doit pas être mauvaise. Quant à l’emploi d’émulsion de pétrole, d’huile de graine, de cendres de bois, de chaux pulvérisée, de suie, de superphosphate, etc., il n’a rien donné et, dans quelques cas, a fait souffrir la plante sans tuer le parasite.
- Il semble bien plus efficace de s’adresser non aux chenilles, mais aux adultes. Une méthode excellente, dit M. Rivière, qui l’a expérimentée, consiste à déposer de petits refuges, confectionnés avec de la paille dans les planches à navets. Ces sortes de petites ruches étant placées debout un peu avant le coucher du soleil, les mouches à scie viennent s’y abriter pour y passer la nuit. Le matin, pendant qu’elles sont encore engourdies par le froid, il suffit de secouer les petites ruches de paille au-dessus d’un seau contenant un peu de pétrole pour les capturer facilement. Avec un nombre restreint de pièges, on a pu capturer ainsi plus de 10000 Tenthrèdes, en huit, jours, sur un terrain de quatre ares : cela représente nu bon nombre d’œufs et de chenilles.
- Henri Cocpin.
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- FABRICATION INDUSTRIELLE DE LA CASÉINE
- Tout le monde connaît la valeur alimentaire du lait. Qui donc, hors les initiés, saurait décompter les éléments si distincts qu’il renferme et dont chacun a sa valeur particulière? Deux grosses industries, la beurrerie, la fromagerie, admettent le lait comme seule matière première ; mais elles laissent des déchets auxquels une ingénieuse technique a su reconnaître ou restituer une grande valeur. Il s’agit des Caséineries qui, depuis peu, cherchent à utiliser le petit-lait résiduel des beurreries. On comprendra d’autant mieux l’intérêt de ces essais, si l’on se rappelle que le lait est composé essentiellement de 5,5 à 4 pour 100 de graisse (crème, beurre) à l’état d'émulsion, de 5 à
- 6 pour 100 de lactose dissous (sucre de lait), et 5,5 pour 100 environ de matières albuminoïdes désignées sous le nom de caséine et qui sont à l’état d’une solution plus ou moins colloïdale. Lorsque la beurrerie moderne, par divers procédés reposant surtout sur la centrifugation, a détruit l’émulsion crémeuse du lait, et recueilli la graisse pour en faire du beurre, il reste un déchet qu’on nomme le petit-lait. Ce liquide encore frais contient toute la matière albuminoïde du lait. Les 9/10° sont en suspension et 1/ 10e y est dissous; on y retrouve aussi tout le sucre du lait: c’est un produit de haute valeur; depuis bien longtemps, c’est avec lui que nos paysans nourrissent et en-grais'enl leurs cochons. Le surplus, inutile à cette consommation, est jeté sans profit pour personne.
- L’engrais des porcs est assurément un gros emploi du petit-lait. Peut-être n’est-il pas le plus conforme à cet esprit de l’industrie scientifique qui, par l’isolement et la purification raisonnée des parties d’un tout, cherche à multiplier la valeur de ce tout. De ces considérations est née l’industrie de l’extraction et de la purification de la caséine des petits-laits.
- La caséine est une matière albuminoïde alimentaire : au point de vue chimique, elle fait partie du groupe des albumines à caractère acide, qui sont susceptibles de se dissoudre dans les solutions alcalines ou même de déplacer l’acide carbonique de ses sels alcalins. Elle est au contraire coagulée ou déplacée de ses solutions colloïdales par les acides forts tels que l’acide sulfurique, l’acide phosphorique, l’acide chlorhydrique ou l’acide acétique. Ces allures chimiques imposent pour son obtention et sa purification l’emploi des procédés suivants. On opère industriellement en chauffant le lait écrémé ou le petit-lait à une température de 70°-80°. On lui ajoute soit de la présure, soit un acide (l’un des acides forts cités plus haut). La quantité d’acide ajoutée doit être juste suffisante pour que la coagulation s’effectue, sinon l’on pourrait craindre une redissolution. Au bout de quelques heures la caséine est complètement précipitée ; on la lave soigneusement, ce qui a pour but de la séparer du lactose ou sucre de lait qui s’est attaché à elle pendant la coagulation. On la redissout ensuite dans un sel alcalin, on sépare par filtration la solution caséineuse des impuretés grasses qui avaient pu rester attachées, et l’on précipite à nouveau la matière albuminoïde, an moyen d’acide acétique. Après dessiccation, broyage et pulvérisation, on obtient la caséine commerciale sous la forme d’une poudre plus ou moins blanche. Elle est assez hygrométrique et contient 12-15 pour 100 d’eau. Elle titre 05-70 pour 100 de caséine pure, d’où il s’ensuit que sa teneur en azote ne dépasse pas 11 à 11,5 pour 100. Dans la dernière phase de la préparation, les procédés peuvent d’ailleurs différer, le résultat restant sensiblement le même.
- Le lait écrémé ou débeurré est la matière première exclusive de cette préparation. Ce liquide ne sert actuellement, d’autre part, qu’à la nourriture des porcs et à la fabrication des fromages maigres inférieurs.
- 11 a une valeur marchande des plus minimes, qui peut varier de 0fr,90 à lr',60 l’hectolitre suivant les années et les circonstances. L’industrie le paye en moyenne lfr,50 à 1fr,75 pour le soumettre au traitement indiqué plus haut.
- 55 litres de ce lait écrémé peuvent donner environ 1 kg de caséine sèche brute. Ainsi préparée cette albumine revient actuellement à un prix qui o«cille entre 85 francs et 95 francs les 100 kg. Son prix de revente est des plus variables. 11 est en général très bas et ne peut laisser qu’un médiocre bénéfice, à moins qu’il ne
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- s’agisse des caséines de luxe utilisées dans l’alimentation et qui se vendent en détail jusqu’à 20 francs le kilogramme. Vis-à-vis de cette nouvelle industrie, la France est-elle armée pour rivaliser avec l’étranger? Les chiffres semblent prouver que ce n’est pas la matière première qui fait défaut. D’après une statistique agricole, faite en 1901, l’industrie laitière produirait annuellement 84 400000 hectolitres de lait, dont 49 pour 100, soit 41 550 000 hectolitresfv étaient consommés en nature, 25-26 pour 100, soit 21 944 000, utilisés dans la fabrication des fromages. Les 25 pour 100 restant, soit 21 100 000 hectolitres, servaient pour la préparation exclusive du beurre et laissaient 10 à 12 millions d’hectolitres de lait écrémé. D’après les chiffres de rendement en caséine indiqués ci-dessous, cela correspondrait à une puissance totale de production annuelle de 50 000 000 de kg environ.
- 11 y a abondance de petit-lait! Mais, s’il est utilisé à la production de caséine, on le détournera de ce fait même, de l’alimentation des porcs dont l’élevage est une des branches les plus lucratives de notre industrie agricole. Du jour où l’on fera en France beaucoup de caséine, on « drainera » tout le petit-lait, on ne « fera - plus de cochon », ce qui, pour nombre d’esprits avisés, serait des plus regrettables. Ce drainage du lait écrémé ne pourrait, au reste, se réaliser que malaisément sur une vaste échelle. Son extrême dissémination sur le territoire rendrait très coûteuse sa concentration en certains points. Sa recherche même en élèverait bientôt la valeur. 11 existe, au contraire, des pays à l’étranger, où le problème se pose très différemment . Pourvus d’immenses étendues de prairies et de pacages où les troupeaux s’élèvent tout seuls, ils peuvent fournir le petit-lait quasi gratuitement. Il en est ainsi pour le Canada, la Russie, la Sibérie, etc. On commettrait donc une grave erreur en mettant, à l’entrée en douanes, sur la caséine préparée (ainsi que le demandent certaines chambres de commerce des villes du Nord, Douai, Avesnes, etc.), un droit presque prohibitif de 25 francs à 40 francs par 100 kg. C’est en France que la nouvelle industrie s’est implantée le plus tardivement. Depuis longtemps, en Angleterre comme en Allemagne, en Hollande et en Belgique, des usines préparent la caséine brute pour des usages nombreux. En Amérique, en vue de l’utilisation industrielle, une immense laiterie en produirait jusqu’à 5000 kilogrammes par jour!
- Avant 1897, il n’existait pas, en France, une seule usine produisant la caséine. En 1901, la consommation totale, sur notre territoire, pouvait être évaluée à environ 600 000 kg. L’usiné située près de Sains-du-Nord (Nord) en produit annuellement 60 000 kg, celle de Loulans-les-Forges (Haute-Saône), 20 000 kg. Celle d’Eterveungt (Nord) environ 18 000 kg. La France reste tributaire de l’Etranger pour une importante part de sa consommation. Mais la caséinerie installée récemment auprès de la laiterie de Corneux produira 100 000 kg, et lorsque fonctionneront les fabriques qu’étudient ou installent plusieurs grandes laiteries, elles pourront fournir un appoint annuel de 5 à 400 000 kg. La caséine ne fera donc pas défaut sur le marché français. Cet immense stock, au contraire, ne risquera-t-il pas de rester inutilisé? Une si grosse production doit répondre à des usages nombreux.
- Les applications de la caséine se partagent en deux groupes très différents : envisage-t-on les qualités nutritives de la matière albuminoïde retirée du lait, la caséine est un aliment. Abstraction faite, au contraire, de son origine, la caséine devient une matière première d’une très grande plasticité et douée de qualités agglutinantes de premier ordre.
- C’est à l’Étranger surtout, et en Angleterre principalement, que l’application de la caséine à l’alimentation a eu du succès. Des pains de caséine contenant des proportions très faibles d’amidon et différents biscuits à base de caséine y sont en usage. De pareils produits convenablement desséchés se conserveraient bien et pourriraient difficilement. Relativement à la quantité employée, tout au moins, l’importance des autres usages de la caséine est beaucoup plus grande. C’est ainsi que la caséine s’emploie avec succès dans l’industrie des papiers de fantaisie et des papiers couchés en blanc pour les impressions de luxe. L’emploi de papiers ainsi apprêtés se vulgarise de plus en plus à cause de la netteté de l’impression. Le glaçage lui-même est très facilité par cette introduction de caséine dans l’apprêt et il donne au papier un brillant incomparable.
- L’apprêt des dentelles et de certains tissus de valeur se fait aussi à base de caséine. L’albumine du lait tend encore à remplacer comme supérieure et moins coûteuse l’albumine de l’œuf dans les impressions sur étoffes et certaines impressions plastiques. L’apprêt à la caséine s’imprime, en effet, très finement et ne ternit pas les couleurs. Malheureusement, on est limité à ce genre spécial d’impressions, car il n’est pas solide au lavage. La caséine s’emploie encore pour l’imperméabilisation des tissus, la préparation de divers produits hydrofuges, la fabrication des agglomérés de liège, etc. Solubilisée convenablement dans l’eau, elle fournit des colles excellentes qu’on utilise pour le placage et les plaques d’impression. Une colle à la caséine, avec de l’eau de chaux, résiste, après dessiccation, à la chaleur humide et à la vapeur même. Elle fournit donc des luts parfaits pour les laboratoires, et un ciment des plus étanches à l’usage des tonneliers.
- Toujours à l’état de colle ou de lut, on l’utilise aussi sur les navires pour assurer l’étanchéité des joints. On l’introduit dans la peinture à l’eau pour la fixer. On en fait des vernis et des laques. On la substitue à l’albumine de l’œuf dans la clarification des liquides.
- Dans un ordre d’idées différent, la caséine entre comme élément primordial dans la composition d’amalgames servant à fabriquer diverses imitations d’ivoire, d’écume de mer, etc., etc. Ces amalgames peuvent aussi, à volonté, être transparents, et l’industrie prépare avec eux un véritable celluloïd qui a toutes les propriétés de l’ancien, sauf sa dangerereuse inflammabilité.
- La caséine plastique constitue encore un excellent isolant électrique, avec lequel on fabrique à bon compte des interrupteurs, des commutateurs, des coupe-circuits à moyenne tension, qui n’ont que l’inconvénient de se déformer à la longue. Pour clore sans l’épuiser cette longue liste d’applications industrielles, mentionnons les essais en cours à l’usine de Briare pour la substitution de la caséine au lait dans la fabrication des pâtes à boutons.
- L’importance de l’emploi des caséines brutes dans nombre d’industries est telle, à l’heure présente, qu’elle justifie une grosse production annuelle.
- Fin résumé, et c’est là son grand intérêt, l’extraction de la caséine des petits-laits est le type de ces industries nouvelles, fondées sur des déductions scientifiques et la mise en valeur de résidus dédaignés jusqu’à présent. Un autre exemple frappant de ces applications a été mis récemment sous les yeux de nos lecteurs, ce n’est autre que la maïsine, des plus précieuses au point de vue alimentaire, extraite de sa gangue de tourteaux sans valeur, résidus des amidonneries de maïs1. II. Larbk.
- 1 Yov. n° 1545 du 5 janvier 1005, p. 7 î.
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- LA NATURE.
- L’ECLAIRAGE PAR INCANDESCENCE DANS LES PHARES
- Un a dit souvent que l’invention des manchons à incandescence avait sauvé l’industrie du gaz de la concurrence mortelle que commençait de lui faire l’électricité; mais ce n’est pas seulement l’éclairage public et l’éclairage domestique que le manchon à incandescence est venu transformer. En France, et bien que cela soit généralement ignoré, il est aujourd’hui couramment employé dans les phares, et, s’il n’a pas l’ambition de donner la même puissance formidable (pie l’arc électrique, du moins il a permis de remplacer les anciennes lampes à pétrole et à mèches multiples par des appareils plus simples et d’un éclat autrement supérieur; grâce à lui également, on n’a point eu à recourir à l’électricité là où l'on ne se trouvait pas en lace d’un feu devant présenter une portée tout à fait exceptionnelle, et l’on a ainsi réalisé des économies considérables.
- Jusqu’en 1894, les sources de lumière usitées étaient l’arc électrique (qu’on avait dû renoncer à installer dans une partie des 46 phares du programme de 1882, à cause des dépenses que cela aurait entraînées) et les becs à huile minérale et à mèches multiples : il fallait trouver autre chose, car, ainsi que l’avait montré le regretté M. Bourdelles, l’accroissement de la puissance lumineuse, de l’éclat intrinsèque dans les lampes à huile minérale, était de plus en plus faible au fur et à mesure qu’on augmentait les dimensions et, par suite, la consommation du brûleur. On ne pouvait donc songer avec ce procédé qu’à des améliorations assez limitées, et on se lança dans une voie toute nouvelle avec le manchon Auer et l’incandescence par le gaz, qui donne des sources lumineuses d’un éclat intrinsèque beaucoup plus élevé. 11 n’y avait pas évidemment à chercher à se
- Plan focal
- -1;a'
- Fig. 1. — Divers brûleurs à incandescence du service des phares.
- 1 et 2, brûleurs à gaz. — 3, 1, 5, brûleurs à pétrole. — fi, brûleur à acétylène.
- servir des brûleurs ordinaires employés dans l’éclairage urbain, qui ne dépassent point comme intensité les becs à huile minérale à 2 ou a mèches : mais le service des Phares combina un brûleur spécial et fort simple, brûlant du gaz riche à une pression qui permet de débiter sur le manchon une quantité de gaz considérable. On est arrivé ainsi à réaliser des sources lumineuses, qui, tout en étant sensiblement plus économiques, ont un éclat moyen sphérique triple de celui des brûleurs à 5 ou 6 mèches, tels qu’on en installait dans les phares de premier ordre. Le brûleur (fîg. 1, n° 2) est composé d’un tube vertical portant à sa partie supérieure un Bunsen et un manchon : au bas de ce tube T, est disposé un éjecteur Ë percé d’un trou capillaire t par lequel sort le gaz comprimé; celui-ci, en s’épanouissant, aspire l’air ambiant et se mélange intimement avec lui dans le tube T. Le débit du gaz dépend de la pression et du diamètre de l’éjecteur, tandis que celui de l’air est déterminé par la largeur des orifices ménagés à la base de T : on les règle de façon à obtenir une combustion complète. On a constaté que
- la consommation diminue à mesure que la compression augmente jusqu’à 0,10 kg, et, en fait, avec 0,16 kg, on consomme 160 litres à l’heure. Comme de juste, la marche uniforme est assurée par un détendeur. On a mis aussi en usage un brûleur légèrement différent et dont nous donnons une ligure (fig. 1, n° 1) employant un manchon de 55 millimètres et brûlant 550 litres à l’heure.
- Cependant, cet éclairage par le gaz d’huile avait encore un inconvénient : c’était une source de dépenses dont on pouvait éviter une partie, en ce sens que chaque phare comportait l’établissement d’une petite usine à gaz. On a cherché à supprimer cet inconvénient, et l’on y est parfaitement parvenu en pratiquant l’incandescence au moyen de vapeurs de pétrole (on pourrait tenter l’emploi de vapeurs d’alcool, ce que nous ne croyons pas que l’on ait fait). Les brûleurs usités présentent des formes un peu variées, mais reposent tous sur le principe, aujourd’hui courant pour les lampes à alcool, qui consiste à injecter le combustible liquide dans un vaporisateur chauffé par le manchon même, vaporisateur qui est au début
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- LA NATURE.
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- porté à la température convenable par Tinllammation d’une certaine quantité d’alcool. La vapeur se rend ensuite au Bunsen du manchon, après mélange avec de l’air en proportion voulue, comme dans le cas que nous avons exposé précédemment.
- Quand la nature de l’optique le permet, par exemple pour un l'eu de direction, un feu-éclair à éclats réguliers ou groupés, à 2 ou 4 panneaux, on donne au vaporisateur la forme d’un U renversé dont les branches serrent d’aussi près que possible le manchon et qu’on oriente suivant le .plan diagonal où sa présence n'entraine pas d’inconvénients comme occultation (fig. 1, n° 5).
- Quand il en est autrement, on adopte un dispositif (lig. 1, n° 4), où le tube d’amenée du pétrole est accolé au vaporisateur : les deux tubes produisent une occultation unique que l’on place dans un secteur obscur ou du côté de la terre. Ces deux types de brûleurs n’exigent pour leur fonctionnement que l’adjonction d’un réservoir de pétrole en relation avec un autre réservoir rempli d’air à la pression de 6 kg : la conduite qui les relie porte un manomètre et un petit détendeur permettant de régler la pression exercée par l’air, qui doit être au moins de 2,5 kg. Le débit du pétrole est réglé par un robinet à pointeau spécialement disposé.
- Ces appareils sont munis de manchons de 30 millimètres; mais, comme la disposition que nous venons d’indiquer en deuxième lieu a quelques inconvénients, on a adopté plus récemment un brûleur rappelant à peu près le premier que nous avons signalé, avec deux tubes non accolés, pour rendre incandescents des manchons de 55 millimètres : ici l’augmentation de la surface éclairante rend l’occultation peu importante (fig. 1, n° 5).
- Ces améliorations successives ont donné les résultats les plus appréciables en un ordre de choses qui avait déjà été considérablement transformé grâce à l’adoption du principe de l’incandescence : le fait est qu’avec les brûleurs primitifs au gaz d’huile l’éclat intrinsèque est égal à 2, tandis qu’il atteint
- 2,5 avec les brûleurs ordinaires aux vapeurs de pétrole et 5 avec le dernier type que nous venons d'indiquer d’une façon sommaire.
- La consommation de pétrole peut descendre à 4 grammes par bec Carcel d’intensité réalisée; dans la pratique on ne dépasse pas 5 grammes, ce qui est extrêmement peu. Les dépenses annuelles nécessitées par un brûleur à incandescence par le pétrole ne sont pas supérieures à celles d’une lampe à 4 mèches, et pourtant quelle puissance lumineuse ne gagne-t-on pas ! Le seul incident à craindre est une oblitération de l’éjecteur par des entraînements de particules de goudron, mais on y remédie pleinement par un nettoyage soigné du vaporisateur, ou même par un épinglage de l’éjecteur.
- Pour signaler les plus récentes expériences poursuivies par le service des Phares, nous dirons qu’on s’y préoccupe grandement d’une application possible de l’acétylène, qui permettrait de pousser plus loin l’incandescence des manchons, et l’on expérimente en ce moment des brûleurs fabriqués par la Compagnie de l’Acétylène dissous , brûleurs munis de manchons de 55 millimètres , qui, avec une pression effective de 500 grammes sur l’acétylène, arrivent à donner une intensité intrinsèque de 6,7 par centimètre carré avec une consommation de 2,6 litres par bec Carcel (fig. 1, n° 6).
- La dépense est, il est vrai, sensiblement plus élevée qu’avec le pétrole, mais on peut avoir intérêt à faire ce sacrifice.
- Ces expériences sur l’acétylène se poursuivent à Chassiron et au moyen d’un appareil producteur de gaz qui fournit le matin, et en une seule fois, toute la quantité voulue pour l’éclairage d'une nuit sans qu’il soit nécessaire de toucher aux appareils.
- Encore une fois, ces dispositifs à incandescence ne peuvent lutter contre l’éclat de l’arc électrique, mais la lumière électrique coûte vraiment trop cher pour la puissance que l’on réclame de la majorité des phares. Daniel Bellet.
- Fig. 2. — Appareil complet pour éclairage à incandescence au pétrole.
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- LA A Aï F HE.
- o 1U
- LE HOLL-LOCH
- [(( TROC D’EXFER )) (SUSSE)
- La caverne du Hüll-Loch (Trou d’Enfer) en Suisse, sur laquelle la presse a récemment fourni de sensationnels renseignements, est bien véritablement l’une des grottes les plus remarquables et les plus intéressantes qui existent dans l’Europe occidentale.
- J’ai pu m’en convaincre dans une visite partielle1 effectuée le 27 juillet 1902 sous l’aimable conduite de MM. Widmer-Osterwalder et Saxer (de Zurich).
- Le Holl-Loch est situé dans la vallée de la Muota, à l’est et tà 16 kilomètres de Sclnvyz et à o kilomètres du village de Muotathal ; il s’ouvre, vers 755 mètres d’altitude, à 75 mètres au-dessus du hameau de Stalden, au bord du chemin muletier du col de Pragcl (conduisant à (ilaris); l’entrée principale assez étroite est dans un entonnoir d’effondrement d'une vingtaine de mètres de diamètre, où, comme dans beaucoup de cavernes, l'affaissement de la voûte d'une vaste salle a laissé comme témoins les arcades rocheuses très pittoresques d’un grand et d’un petit pont naturel.
- On ne parait pas y avoir pénétré avant 1880 et 1890 (F. Betschard et M. Bürgeler, de Muotathal) ; et c’est seulement depuis 1898 que l’exploration méthodique de la caverne a été entreprise par divers groupes d’alpinistes de Brunnen, de Zurich, etc. (MM. Beeler, Egli, Hartmann, Otter, Saxer, Wehrli, Widmer-Üstenvalder, Zimmermann). Elle présente les plus grandes difficultés et se trouve fort loin d’être achevée, bien qu’à l’heure actuelle on y connaisse environ 7900 mètres de galeries explorées, d'après le plan dressé par M. AVidmer qui a bien voulu m’en remettre une copie. Comme étendue elle est donc la troisième de l’Europe (après Adelsberg 10 km, et Agtelek en Hongrie 8700 mètres; Planina en Car-niole a 7400 mètres) et il est probable que la suite des investigations en fera la plus longue de notre continent; il y a 2750 mètres de l’entrée au fond de la galerie principale. La difficulté des recherches y dépasse tout ce que l’on peut concevoir. Et c’est seulement en appliquant, comme je le préconisais dès 18952 * 4, à l’escalade des parois à pic les périlleux procédés des ascensions alpestres, que l’on est parvenu à reconnaître au Holl-Loch la plus extraordinaire succession de galeries superposées à des niveaux considérablement différents : ainsi en gravissant le premier en 1898, à 980 mètres de distance de l’entrée, l’escarpement de la Bôse Wand. (mauvaise
- 1 Le parcours complet de la galerie principale jusqu’à son extrémité demande au moins vingt-quatre heures ; au mois de juin 1002 l’expédition Widmer est restée quarante-six heures de suite dans la caverne pour la confection du plan, etc. ; la nouvelle recherche des 27-28 juillet (à laquelle j’ai participé pendant une demi-journée) a duré trente-neuf heures et fait
- découvrir de nouvelles galeries et des puits profonds de
- 80 à 100 mètres. J’ai pu constater la Irès consciencieuse exactitude des chiffres et plans relevés jusqu’à ce jour.
- 4 Les Abîmes, p. 10, 113, 143, etc.
- muraille), haute de 52 mètres et inclinée de 57 à 80°, M. Beeler a permis l’accès du labyrinthe de galeries qui s’enfonce 1800 mètres plus loin encore dans l’intérieur de la montagne. Ce labyrinthe est, bien entendu, composé d’un réseau de galeries d’orientation, de formes et de dimensions diverses (jusqu’à 15 et même 50 mètres de hauteur et de largeur), excavées non pas par une action glaciaire, comme on avait voulu le suggérer à tort, mais simplement par les eaux souterraines : les effets de l’érosion, de la corrosion et de la pression hydrostatique de ces dernières sont, comme dans toutes les cavernes, formellement établis par les témoignages communs à toutes les grottes : les parois cupulées, les gouttières rocheuses, les cailloux roulés, les amoncellements de sables, les écroulements locaux et surtout les immenses marmites de géants (atteignant jusqu’à 4 et 5 mètres de profondeur et de diamètre) qui se succèdent sans interruption depuis les plus bas passages étroits, presque infranchissables, jusqu'aux plus grandioses aqueducs naturels. La dénivellation totale est énorme : de 755 mètres à l’entrée, la grotte descendrait jusqu’à 625 mètres d’altitude (d’après la coupe dressée par M. Egli qu’il y aura lieu de vérifier) au fond d’une branche latérale à 2560 mètres de l’entrée, et elle remonte à 865 mètres et 905 mètres d'altitude au bout des deux principales ramifications terminales (à 2580 et 2750 mètres de l’entrée, d'après M. Widmer), soit une différence extrême de niveau égale à 280 mètres, qui reste d’ailleurs sujette à contrôle jusqu’à plus ample informé.
- Les observations hydrologiques et géologiques, que j’ai faites tant à l’intérieur qu'à l’extérieur du Holl-Loch, m’ont fourni les résultats suivants sur son origine et son fonctionnement hydraulique.
- La base occidentale du massif des Glàrnisch (2921 mètres) est une formation crétacée de calcaires fissurés de Seevven et Aptien (Urgonien), avec intercalations marneuses reposant sur le néocomien imperméable : entre les vallées de Starzlen et de Bisi cette formation s’abaisse depuis le Silbern-Alp (2514 mètres) et le Pfannenstock (2572 mètres), par la Karren-Alp (1800 à 2100 mètres) et le Bôdmern-AVald (1450 mètres à 1700 mètres) jusqu’au Muotathal vers 620 mètres d’altitude; toute sa surface, divisée en plusieurs gradins, grossièrement triangulaire et d’environ 15 à 20 kilomètres carrés, est tout à fait perméable et dépourvue de ruissellements superficiels; la Silbern-Alp,la Karren-Alp et le Bod-mern-Wald sont des Karrenfelder ou lapiaz aussi caractérisés par leur fissuration que le Parmelan ou le désert de Platé en Savoie; on connaît sur cette région plusieurs lacs sans écoulement, divers gouffres inexplorés et de nombreux points d’absorption des eaux pluviales, notamment dans la dépression de Plâtsch par 1580 mètres d’altitude; celle-ci doit se trouver à peu de chose près (d’après les plans) au-dessus de l’extrémité de la grotte, où M. Widmer a vu une cascade tomber de la voûte, comme dans la grotte des Fées de Saint-Maurice dans le Valais
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- (l’épaisseur du terrain traversé serait ici d’environ 500 mètres). Bref il est parfaitement évident que les infiltrations du Bôdmern-Wald (et de ses environs) sont l’origine du courant souterrain qui a creusé le Hôll-Loch ; comme tous ses semblables ce courant a été jadis bien plus puissant que de nos jours, car actuellement il ne parait plus circuler jamais dans les étages supérieurs de la caverne, les galeries moyennes ne doivent être envahies que jusque vers 700 mètres d’altitude par les crues contemporaines, après les fontes de neiges et les pluies prolongées ; de place en place on y rencontre des portions de rivières et des sources intérieures, dont l’abondance et même remplacement varient selon les précipitations atmosphériques externes1; ce sont les affluents, infiltrés du plateau et soutirés dans la profondeur, d’un troisième niveau de galeries, celui où coule la rivière pérenne actuelle, où Ton n’a pas encore abouti, mais où conduira infailliblement l'exploration projetée des grands puits verticaux, profonds de 85 à 100 mètres, rencontrés béants en divers points de la caverne. Car j’ai pu identifier, sans doute possible, l’issue actuelle et la résurgence des eaux du Hôll-Loch. Elle se trouve à la scierie de Balm, dans le Bisi-thal, par 655 mètres d’altitude et à 500 mètres au sud-ouest de l’entrée de la caverne ; c’est une source du type dit vauclusien, jaillissant brusquement du pied d’une falaise, par une infinité d’orifices rocheux siphonnants; son niveau correspond à celui du fond (reconnu par la sonde) des puits inexplorés de la grotte; sa température est identique à celle de l’air intérieur 5°,8 G. ; et quand ellegonlle et se trouble après les orages, les bouches inférieures de la caverne vomissent aussi de l’eau trouble dans le Starzlen Bach par le torrent temporaire duHôll-Bach : le débit était, le 27 juillet 1902, supérieur à 2 ou 5 mètres cubes par seconde; il devient souvent beaucoup plus considérable.
- Cette schleichende Brunnen (la source rampante), comme on l’appelle, est donc une très puissante résurgence du calcaire : comme Vaucluse, les Gillardes du Dévoluy (Hautes-Alpes), le Gholet du Yercors (Brome), Bournillon en Iioyans et les sources du Guiers (Isère), et exactement dans les mêmes formations géologiques, elle ramène brusquement, au fond d’une vallée, les eaux infiltrées dans les fentes de hauts plateaux montagneux. Les lois de la circulation souterraine dans les calcaires se confirment donc de plus en plus. Il est absolument évident que, comme tant de résurgences que j’ai eu occasion
- 1 L’expédition du 27-28 juillet 1902 n’a pu dépasser 1100 mètres à cause d’une venue d’eau provoquée par un violent orage dans un bas-fond, jusqu’alors trouvé à sec. Ces caprices du régime hydrologique du Hôll-Loch y constituent un gros danger pour les explorateurs qui, en cas de trop longs séjours en saison pluvieuse, risqueraient de se trouver bloqués par des amorçages de siphons comme le fait est survenu en 1894 en Styrie (Voy. La yature, n° 1094, 19 mai 1894). L accident s’est répété au Hôll-Loch le 5 janvier 1905; une troupe d’explorateurs s’y est trouvée bloquée pendant 54 heures par la montée des eaux et n’a été sauvée qu’à grand'peine (Tribune de Genève, 10 janvier 1903).
- d’étudier, la Schleichende Brunnen en est h son troisième déversoir : le premier, et le plus ancien, tout à lait hors de service, est l’entrée même de la grotte, à 735 mètres d’altitude, en amont du pont naturel; le deuxième, tenant lieu de trop-plein aux crues souterraines, ne fonctionnant donc que par à-coups, et correspondant aux étages moyens de la caverne, est constitué entre 700 et 710 mètres par une série d’émergences, aveuglées par les éboulis et surgissant dans le lit même du Holl-Bach, plus ou moins haut suivant le niveau des eaux intérieures; ces deux issues sont superposées exactement Tune à l’autre au-dessus de Stalden et sur la rive gauche du Starzlen-Bach ; mais la troisième, la Schleichende Brunnen, qui ne tarit jamais, se trouve au contraire de l’autre côté de la pointe terminale du plateau calcaire alimentaire, dans le' Bisi-Tlial, sur la rive droite et au niveau même de la Muola: ici donc il faut noter un double et remarquable phénomène : d’abord, la rivière souterraine s’est enfouie dans le sol depuis la création du déversoir primitif (à 755 mètres), et le niveau de sa sortie s’est abaissé exactement de 100 mètres (635 mètres pour la Schleichende Brunnen) ; à bien des reprises déjà j’ai attiré l’attention sur cet enfouissement progressif des eaux souterraines dans le calcaire1 ; mais aucun exemple ne s’est encore présenté aussi net et sur une échelle aussi considérable que celui-ci; en second lieu, l’émergence, en changeant de niveau, a changé de vallée, et elle a passé du nord au sud de la montagne par un de ces phénomènes de capture qui sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le pense : mais ici le déplacement, le soutirage par la vallée inférieure voisine n’a atteint que 500 mètres à vol d’oiseau, tandis qu’il arrive à 15 kilomètres pour la réapparition des pertes du haut Danube à THegauer Auch (tributaire du Rhin près de Constance), et à 12 kilomètres pour celles du Doubs à la source de la Loue.
- Si Ton ajoute à ces constatations celle de l’enchevêtrement extrême et dans tous les sens (vertical, horizontal et latéral) de la canalisation creusée par les eaux d’infiltration du Bôdmern Wald, on sera bien forcé de considérer comme définitivement ruinée la théorie complètement fausse des nappes d’eau des terrains calcaires, que maints ingénieurs et professeurs distingués se refusent encore à abandonner, malgré toutes les évidences accumulées contre elles par les explorations spéléologiques de ces vingt dernières années. Le réseau de fissures, galeries, puits et poches analogues à celui des gouttières et égouts d’une ville est bien, pour les terrains crevassés, la loi universelle et la vérité absolue. Sur une étendue bien plus vaste, avec des proportions cinq ou dix fois plus considérables, le Hôll-Loch montre exactement les mêmes dispositions intérieures que les cavernes et rivières actuelles ou anciennes des Alpes calcaires du Dauphiné; il préjuge, aussi positivement que pos-
- 1 Les Abîmes, p. 220, 553; Annales des mines, juillet 1896, p. 68; La Spéléologie, p. 60; La Géographie, mai 1900, p. 368, etc.).
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- sible, la forme que doivent présenter les réservoirs toujours mystérieux (qu’on ne connaîtra que par la désobstruction des avens) où oscillent si capricieusement les eaux de Vaucluse, débouché d’un énorme lleuve souterrain, comme je le soutiens depuis dix ans, et non par affleurement d’une nappe souterraine comme l’indique la légende de la carte géologique au 80(J00e (feuille de Forcalquier)l.
- 11 importe de noter aussi que la dérivation vers la M u o t a, la capture par le Bisi-Thal est la conséquence de l’approlondis-sement de cette vallée ; que le creusement des thalwegs et la perforation des cavernes sont donc deux phénomènes de même ordre absolument solidaires, qui se trouvent, selon les conditions topographiques, in diff ér emme n t
- antérieurs ou postérieurs l’un à l’autre; et qu’il est absolument inutile de poursuivre aucune discussion sur l’oiseuse question de savoir si, en principe général, la formation des grottes a précédé ou suivi
- Fiji. I. — Entrée du Uoll-Locli.
- celle des vallées : la réponse doit varier selon les particularités de chaque cas considéré.
- L'intérêt capital du lldll-Loch au point de vue géologique est dans l’allure de ses galeries, et résulte de sa situation dans une des régions les plus disloquées des Alpes, entre les contournements classiques des Glârnisch et de la grosse Windgàlle, au cœur même de ces extraordinaires plissements et renversements de terrains qui ont tant embarrassé les géologues, jusqu’à ce que MM. Marcel Bertrand, Schardt et Lugeon les eussent expliqués par leur belle théorie du charriage et des nappes de recouvrement 1.
- En effet les galeries du Holl-Loch ne sont qu’une série ininterrompue de véritables siphons normaux et de vases communicants, dont les dénivellations respectives varient de 30 à 50 mètres; telle est l’amplitude des montées et descentes continues, parfois presque à pic, qui rendent si difficile le parcours de la caverne;
- Salle
- des Granits
- NORD
- Gorge aux
- Fig. 2. — Carte intérieure du Hüll-Loch.
- l’aspect interne des galeries (qui sont, bien entendu, étroites aux points de plus grande compacité de la roche et amples dans les parties plus marneuses et moins dures) démontre a priori que l’on suit ainsi la sinuosité même des plis locaux, trouvant des pentes douces sur leurs portions peu infléchies et des abrupts (de 36 à 80°) vers les charnières ; mais, en outre, la falaise rocheuse perpendiculaire qui, à l’extérieur, sur le Bisi-Thal, domine de 100 mètres
- 1 Yoy. C. H. Acad, des sciences, 10 novembre 1902.
- la Schleichende Brunnen, et qui est parallèle à la direction générale de la caverne, montre une série de plis et même de petites failles, dont les ondulations reproduisent, avec une extraordinaire ressemblance, les mouvements internes des galeries connues dans la grotte. La coupe géologique fournie par cette muraille donne aux plissements exactement le même pro-
- 1 Voy. sur les travaux et notes de M1I. Bertrand, Schardt, Lugeon, les articles de M. A. de Lapparent « le Problème alpin » (Le Cori espondnnt, 1902) et de M. J. ltévil, dans la Revue générale des sciences, du 15 novembre 1902.
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- Fig. i. — Autre vue extérieure Jes massifs au-dessus du iloll-Locli.
- Fig. a. — Source rampante. Cantou de Schwyz (Suisse).
- fil que celui révélé par la coupe verticale longitudinale des galeries actuellement connues du Hôll-Loch. Il est formellement démontré ici, comme je l’énonçais il y a
- trois ans1, que les siphons des rivières souterraines, ceux-là même qui émettent les résurgences de Vau-1 C. H. du VIIIe congrès géologique international, 1900.
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- cluse, de la Touvre, du Creux-Billard, de l’Ombla, et dont plusieurs géologues contestent encore l’existence, « peuvent avoir une origine tectonique, quand ils sont dus à des plissements locaux de couches ou à de longues indexions de strates en fond de bateau; dans ce cas, l’eau, suivant le pendage général, remonte forcément par un vase communicant, si les strates qui l’enferment sont tout à fait imperméables ou compactes au point de ne lui offrir aucune tissure d’échappement vers des points plus bas. » Cette phrase s’est trouvée résumer, par anticipation, toute l'histoire du Iloll-Loch : les « vagues » successives des galeries supérieures (aujourd’hui desséchées) ont été le cheminement primitif de l’eau, épousant tous les caprices des plissements et évoluant parmi eux à conduite forcée; les galeries moyennes (temporairement inondées maintenant) ont, par le creusement ultérieur et moins facile de tissures accessoires, réuni entre elles les parties basses des siphons et abaissé de plusieurs décamètres le niveau de base ou hydrostatique ; enfin les accidents verticaux des dia-clasos et des petites failles, de préférence aux points de rupture des charnières, ont continué la descente des eaux vers l’étage inférieur, au niveau hydrostatique actuel que, de nos jours, elles occupent en permanence et n’ont pas fini d’agrandir; ce niveau, lorsqu’on l’atteindra par l’exploration des puits, se montrera sans doute plus ou moins entièrement rempli par les eaux et par conséquent fort peu praticable à l’homme, auquel les puits ne serviront guère que de regards, tandis qu’ils jouent pour les crues souterraines le rôle de cheminées d’ascension, conduisant l’eau aux trop-pleins des étages moyens et au déversoir du Ilôll-Bach.
- En résumé, le Hôll-Loch ne fait que confirmer, sur une échelle absolument graudiose, tout ce que les récentes explorations souterraines ont appris de nouveau sur l’hydrologie souterraine des terrains calcaires, l’origine et le rôle de leurs cavernes : il fournit la synthèse la plus accomplie des principaux phénomènes spéléologiques et mérite, à ce titre, d’ètre universellement connu.
- Dans la galerie la plus lointaine (Krystallhôhle), M. Widmer a rencontré des amoncellements de cristaux (d’un demi à plusieurs centimètres cubes) qui sont du gypse et non de la calcite : à travers les 500 mètres de terrain qui séparent cette galerie de la surface du sol, les eaux d’infiltration ont vraisemblablement recoupé et dissous quelque couche gypseuse, dont les éléments se seront recristallisés par évaporation des eaux de suintement dans la grotte ; il peut même y avoir là une de ces pseudo-morphoses comme celles qui ont créé des stalactites de gypse à la Krausgrotte en Styrie, de calamine au Laurium (Grèce), d’epsomite et de giobertite au Trou des Caveaux (Doubs), etc.
- Pour la températurej’ai trouvé, le 27 juillet 1902 : extérieur 21°,5; torrent de la Muola 14°,b; eau de suintement dans la caverne près de l’entrée 6°,b; température de l’air 5°,4 à 5°,6; eau stagnante
- (baisse des crues d’hiver) dans le lias des siphons 4°,4. M. Widmer aurait trouvé 11° dans le fond du Crystall-Uollc, ce qui s’expliquerait par l’ascension, dans cette partie la plus élevée de la caverne, de l’air chaud que l’été peut y introduire. Selon les saisons d’ailleurs il se produit des renversements complets dans les forts courants d’air que provoquent, à l’intérieur du Hôll-Loch, les variations de température externe ainsi que les rétrécissements et les fortes dénivellations de la caverne. La météorologie mérite d’en être étudiée soigneusement.
- 11 faut ajouter que la fraîche température de 4° à b° de la caverne contribue à en rendre fort pénible l’exploration, et que l’ornementation stalagmitique y fait à peu près défaut. Mais l’aspect de ses corridors et puits, ainsi que des stupéfiantes manifestations du travail des eaux souterraines, n’en constitue pas moins un extraordinaire spectacle. E.-A. Martel.
- LA CHASSE A LA BALEINE
- D’année en année la chasse à la baleine franche devient de moins en moins fructueuse en raison de la rareté du gibier, si bien qu’aujourd’hui il n’v a plus en Europe qu’un seul port à armer pour cette industrie, celui de Dundee en Ecosse. En 1901, ce port n’équipa que cinq baleiniers et le produit de la campagne ne fut que de 15 « poissons », comme disent les baleiniers. Le résultat de la saison de 1902 n’a guère été plus favorable. D’autre part, de San Francisco partent quelques baleiniers, à destination de la région de l’océan Glacial qui s’étend au nord du détroit de Bering. Aucun renseignement sur leurs prises ne nous est parvenu, mais elles ne doivent pas être copieuses. D’après les indications des statistiques, ces bâtiments poursuivent non seulement la baleine, mais encore les morses; en 1901, ils ont rapporté notamment une demi-tonne métrique d’ivoire fournie par les défenses de ces amphibies. En revanche la chasse aux balénoptères dans l’océan Glacial, à l’ouest et au nord de l’Europe, est toujours très fructueuse. Pour capturer ces cétacés, en emploie, comme on sait, de petits vapeurs portant à l’avant un canon qui lance un obus armé d’un harpon ; à la tige du harpon est fixé un câble enroulé dans la cale du navire. Cet appareil permet d’atteindre les balénoptères, beaucoup plus sauvages que les baleines proprement dites, et de les empêcher de couler lorsqu’ils sont morts, ce qui arriverait sans cette précaution.
- L’industrie de la chasse aux balénoptères, née sur la cote nord de la Norvège, prit subitement un grand développement, il y a une vingtaine d’années. En 1885, pas moins de 1289 cétacés furent capturés; après cette campagne meurtrière, il y eut diminution sensible du gibier ; en 1889, les statistiques n’enregistrèrent plus que la prise de 496 balénoptères. Quelques années plus tard le gibier revint plus abondant; en 1893, 1250 cétacés étaient tués. Il y eut ensuite, comme auparavant, une nouvelle baisse, suivie d’un augmentation (652 baleines en 1895) (1100 en 1896, 1080 en 1897, 1101 en 1898), à laquelle a succédé une diminution du gibier. En 1899, 597 balénoptères ont été pris sur la cote nord de Norvège, 404 en 1900, enfin 504 en 1901.
- Les résultats obtenus en Norvège ont déterminé l’extension de cette industrie meurtrière en Islande et dans l’archipel des Færoer. Autour de ces îles les balénoptères
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- sont très abondants, et les chasseurs n’ont eu garde de les laisser échapper. En 1901, il n’y avait en Islande pas moins de 27 baleiniers armés pour le compte de Norvégiens et 5 aux Færôer. Les produits de cette campagne ont été excellents : 1192 cétacés ont été pris autour de la première de ces terres, et 255 autour des secondes. Ainsi donc le total des balénoptères capturés en Europe en 1901 s’élève au chiffre formidable de 1951 exemplaires.
- A Terre-Neuve deux compagnies ont été, d’autre part, organisées tout récemment pour poursuivre les cétacés. L’une, fondée en 1898, le Cabot Whaling Company, possède deux stations installées à la baie Notre-Dame (côte nord) et à la baie Hermitage; l’autre, New Fourni land Steam Whaling Company, a été établie en 1901 à la baie Rencontre. Les résultats de la campagne ont été, parait-il, excellents; mais aucun chiffre n’a été publié par les intéressés. Enfin les Norvégiens viennent de fonder une compagnie pour donner la chasse aux cétacés dans les mers d’Extrême-Orient et une Compagnie danoise se propose de poursuivre ces animaux dans les eaux du Grônland. Ainsi partout les balénoptères sont traqués sans merci ; si cette poursuite acharnée persiste pendant plusieurs années, nul doute que leur extermination ne soit prochaine. • Charles Rabot.
- BRIQUETTES SUÉDOISES EN SCIURE DE BOIS
- C’est un grand embarras pour les scieries que de se défaire des sciures et des déchets de bois de toute sorte : elles ont la ressource d’en utiliser une partie au chauffage des chaudières de leurs moteurs, au moyen de grilles spéciales qui ont été décrites ici, et quand elles ont besoin de machines à vapeur ; mais cela est toujours bien loin de suffire à absorber les amas de déchets. Et pour rendre possibles le transport et l’utilisation de ceux-ci, par exemple pour le chauffage domestique, on- s’efforce de les transformer en briquette : cette fabrication toute spéciale est couramment pratiquée dans la scierie suédoise de Skonvik, à l’aide d’un matériel construit par la maison Bolinder, de Stockholm.
- On utilise tous les déchets du sciage, mais seulement après les avoir au préalable tous transformés en une sorte de sciure : ce résultat s’obtient par passage entre des rouleaux qui écrasent les déchets et en expriment en même temps une partie de l’humidité. Cette poudre passe alors dans un séchoir chauffé avec de la vapeur provenant en partie de l’échappement du moteur de la scierie; la poudre tombe ensuite dans des machines à fabriquer les briquettes analogues à celles qui servent dans les charbonnages, et les briquettes une fois obtenues par compression sont entraînées vers l’appareil de carbonisation. Celui-ci est composé d’un certain nombre de cylindres en tôle placés dans un fourneau, et comportant à une de leurs extrémités un tuyau de dégagement des produits volatils. Chaque cylindre ayant reçu sa charge, son couvercle est fermé à la presse hydraulique, et l’on chauffe en bourrant le fourneau de déchets de bois. Il se produit alors du charbon de bois avec distillation de sous-produits, qui vont se refroidir dans un sei’pentin et se réunir dans une bâche disposée pour les recevoir.
- Pour carboniser 1000 kg de briquettes, on brûle 205 kg de bois, et si nous considérons la scierie de Skonvik, nous verrons que les 8000 tonnes qu’on y traite donnent 2005 tonnes de charbon de bois, 550 tonnes de goudron, 500 d’acétate de chaux et 45 d’alcool méthy-lique et d’acétone. Les briquettes qu’on obtient de la sorte
- se composent de charbon de bois pur possédant une grande dureté et une densité élevée; le goudron recueilli est léger et contient une forte proportion de créosote, ce qui le rend particulièrement approprié aux applications antiseptiques, d’autant qu’il est de composition homogène. On diminue considérablement l’encombrement dans l’usine, puisque les briquettes pèsent 1000 kg au mètre cube, au lieu de 255 kg pour la sciure. D’autre part, le profit net de cette transformation est de 22,5 pour 100 du capital engagé dans les installations nécessaires à l'exploitation.
- L. L.
- ACROBATIE CYCLISTE
- l.E « CERCLE DE LA MORT )) ET SES DÉRIVÉS LE « TRICK RIDING ))
- Dès qu’un gymnasiarque ou un acrobate exécute un tour de force nouveau et sensationnel, aussitôt ses confrères s’etforcent de l’imiter et même de faire mieux que lui. Il a suffi à un hardi cycliste de tenter un exercice basé sur la force centrifuge et d’exécuter le « Passage de la Boucle » pour qu’immédiatement l’on vît se multiplier les spectacles périlleux empruntant la même loi physique. Actuellement la mode est aux excentricités vélocipédiques sur les pistes les plus invraisemblables ; nous allons passer en revue, dans cet article, les principaux et les plus dangereux de ces exploits d’un caractère si particulier.
- Les Parisiens peuvent, en ce moment, assister tous les soirs, dans deux des principaux music-halls de la capitale, à des exercices cyclistes exécutés dans un vélodrome aérien : ce numéro est baptisé, au Théâtre du Moulin-Rouge, du titre de « Cercle de la Mort », et aux Folies-Bergère de celui de « The terrible Ring ». La piste est une sorte de cuvette sans fond, ou plutôt de cône tronqué formé de lattes de bois séparées l’une de l’autre par un espace de 5 à
- 6 centimètres ; c’est un virage sans fin, incliné à environ 70 degrés ; au travers des parois de cette piste à jour on voit parfaitement tout ce qui se passe à l’intérieur. Ce vélodrome minuscule mesure environ
- 7 mètres de diamètre à sa partie médiane et la piste elle-même 2 mètres de largeur ; le cercle est soutenu par des fils d’acier par lesquels on peut l’élever au moyen de treuils. La piste étant posée sur le plancher de la scène, les cyclistes, au nombre de quatre, pénètrent à l’intérieur, se mettent en selle et, après quelques tours exécutés sur le plancher et destinés à leur donner l’élan nécessaire, s’engagent sur la piste. Alors commence un spectacle des plus émotionnants : les cyclistes, pédalant à toute allure, se poursuivent, roulent de front deux à deux, se passent et se dépassent, exécutent plusieurs tours d’équilibre; tout en continuant leur course, l’un d’eux démonte le guidon de sa bicyclette et continue à tourner les deux mains en l’air ; un autre enlève son veston et son chapeau, les jette sur le plancher, puis, sans s’arrêter, les ramasse et s’habille de nouveau. Enfin, sur un ordre donné, le cercle quitte le sol, s’élève peu à peu, monte à environ 5 mètres au-dessus du
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- plancher de la scène ; et, au-dessus du vide, les cyclistes tournent toujours, parallèles au plancher, pre-
- nant les virages au ras de la corde ou tout à lait à l’extérieur,avec une audace incroyable (tîg. 1). Cett.c
- poursuite effrénée continue pendant deux ou trois minutes, tenant les spectateurs haletants, jusqu’à ce que le cercle s’abaisse, vienne se reposer sur le sol et permette aux cyclistes de ralentir leur course et de s’arrêter.
- 11 est bon de remarquer que les acrobates qui exécutent le « Cercle de la Mort » montent des bicyclettes ordinaires et qu’ils ne peuvent se maintenir sur la piste qu’aux conditions de tourner avec une vitesse minima de 125 kilomètres à l’heure, de ne pas s'accrocher, de ne pas déraper, de n’avoir pas d’accidents de pneumatiques ou de chaîne, sous peine de faire une chute effroyable. La dif-liculté de cet exercice est encore augmentée par la constitution même de la piste qui, forcément peu rigide, subit des fféchissements brusques et des
- oscillations inquiétantes. Ce périlleux numéro est exécuté au Théâtre du Moulin-Rouge par lesNoiset’s, trois hommes et une femme, frères et sœur de Mé-phisto, le loopeur du Casino de Paris; aux Folies-Bergère c’est la troupe des Davis qui opère ; plusieurs matches doivent même y être disputés par Lesna et llaugé, les deux champions cyclistes bien connus.
- Le « Cercle de la Mort » a été encore perfectionné et compliqué par Dan Canary à Madison-Square (New-York). Comme on peut s’en rendre compte en examinant la figure 5, Dan Canary monte par une longue spirale hélicoïdale jusqu’au cercle situé à 18 mètres au-dessus du sol. Après avoir exécuté dans la piste à claire-voie différents exercices d’acrobatie, il gagne le bord supérieur du cercle, s’engage sur une plateforme et regagne le sol, avec une vitesse vertigineuse, par une longue échelle inclinée semblable à celle qu’employait le cycliste du Cirque Barnum et Bailey1.
- Nous devons signaler également une piste aérienne de dimension plus modeste inventée par les Donatellisr. L’un d’eux, jpritable hercule, porte sur ses épaules, au moyen d’un appareil de tiges d’acier et de bretelles, une piste minuscule, faite de lattes très relevées, en forme de corbeille, à l’intérieur de laquelle tourne un homme monté sur une bicyclette (fig. 2).
- 1 Voy. n° 1490, du 14 décembre 1901, p. 27.
- 2. — La piste en Corbeille.
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- Mais le record de ce genre de spectacle semble appartenir à une femme, miss Lottie Brandon, an-
- cienne championne, du temps où les courses cyclistes féminines étaient h la mode. Elle s’exhibe à l'ro-
- mniwiiiiiiiwni'ïïTm Himn/,/,,,. .
- Fi". 3. — Le « Cercle de la Mort » perfectionné et compliqué par Dan Canarv.
- tector’s, un’ des music-halls les plus réputés de New-York, dans un numéro, le « Trick Riding », qui dépasse de beaucoup en hardiesse le « looping the loop » et le « Cercle de la Mort ». Avec une bicyclette munie de pédales, elle exécute, dans une piste circulaire verticale, non pas un seul tour de « boucle », mais une succession de tours, et cela sans prendre son élan sur une pente spéciale. L’élan nécessaire pour accomplir cette performance lui est donné au moyen d’un dispositif spécial : la piste verticale est constituée par un cercle parfait, mesurant 5m,50 de diamètre, et muni à sa hasarde deux rouleaux sur lesquels on place la bicyclette. Miss Brandon se met en selle et commence à pédaler; sous l’action d’une machinerie ad hoc les rou-
- Fig. i. — Le « Trick Riding ».
- leaux qui supportent la
- bicyclette se mettent à tourner en sens contraire des roues, de sorte que la cycliste pédale sur place. La vitesse s’accélère de plus en plus; lorsqu’elle est
- jugée suffisante, un aide abaisse, au moyen d’un levier, les deux rouleaux et la cycliste, projetée en
- avant avec force, se met à tourner dans le cercle avec une vitesse fantastique (fig. 4). A chaque tour, elle pédale la tète en bas et seule sa vitesse permet aux roues de la bicyclette d’adhérer à cette piste originale. Au bout d’une vingtaine de secondes qui semblent aux spectateurs vingt siècles, cette ronde folle prend fin. L’arrêt est d’ailleurs la partie la plus délicate de cet exercice. Au moment où elle descend vers le sol, miss Brandon serre un frein puissant dont sa bicyclette est munie et lorsqu’elle arrive au niveau du plancher de la scène, son manager la saisit à bras-le-corps, tandis que la bicyclette, emportée par l’élan, va rouler plus loin.
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- LA NATURE.
- Que pourra-t-on inventer de nouveau pour satisfaire les amateurs d’émotions violentes?
- __; o • W. Drancourt.
- NÉCROLOGIE
- M. le D' I.aborde. — M. le Dr Laborde qui vient de mourir, âgé de soixante-treize ans, le 0 avril dernier, comptera parmi les personnalités de notre temps. Il était membre de l’Académie de médecine, chef des travaux de physiologie à la faculté, Rédacteur en chef de la Tribune médicale, notre collaborateur occasionnel; on lui doit une série de travaux importants, et notamment ses recherches pratiques sur les tractions rythmées de la langue dans le but de combattre les asphyxies. Il est resté d’une activité incomparable jusqu’à sa mort. La campagne contre l’alcool l’avait beaucoup fatigué; il en avait été l’àme pendant plusieurs années. Orateur fougueux, il avait dépensé beaucoup d’énergie pour faire triompher ses idées. On peut dire que cette campagne qui ne lui laissa ni trêve ni repos, l’a conduit au tombeau. M. Laborde avait conquis une place très estimée à l’Académie et dans le monde médical. Il laisse autour de lui d’unanimes regrets. _______
- CHRONIQUE
- Ligne éleetriijne de la gare d’Orsay à Juvisy
- — Notre étude publiée dans le n° 1548, du 24 janvier 1903, p. 123, avait pour objet de décrire sommairement les installations qui viennent d’être réalisées aux chemins de fer de l’Ouest et de l’Orléans. En ce qui concerne cette dernière installation, nous avons fait connaître une partie des extensions prévues en vue de la réalisation du service électrique jusqu’à Juvisy. Mais ce qu’il importe avant tout de faire remarquer, c’est que les travaux ne comporteront pas seulement l’extension du service actuel par l’augmentation du nombre des locomotives affectées à la remorque des trains de grandes lignes. Le programme réalisé par la Compagnie des chemins de fer d’Orléans comporte encore la création d’un service de banlieue électrique, par trains mieux appropriés au service des voyageurs que les trains à locomoteurs. Entre Orsay et Juvisy se fera donc un service de navette, par trains à unités multiples du système Thomson-Houston, et un service de remorque des trains de grand parcours par locomotives Thomson-Houston, analogues aux premières. Mais les locomotives elles-mêmes ont été l’objet d’une modification qu’il convient de signaler : leur vitesse actuelle dépasse à peine 45 km, tandis qu’on a en vue des vitesses de 60 à 65 km par heure, qui seront obtenues par le changement des engrenages. Quant aux trains de voyageurs, à unités multiples, ils comporteront en principe un certain nombre de remorques encadrées entre deux voitures motrices de 30 à 35 tonnes, à 4 moteurs de 130 chevaux chacun. Les trains pouvant peser de 140 à 150 tonnes, il sera possible de réaliser des démarrages rapides et d’atteindre des vitesses dépassant 80 km à l’heure.
- L’ne nouvelle météorite.—Nous donnions récemment 1 une liste des principales météorites connues à l’heure actuelle. Voici une nouvelle arrivée qui vient grossir cette énumération : elle est venue récemment enrichir les collections du musée de Christian Counlry (Amérique du Nord). Son poids est de 550 livres : elle se compose principalement de fer, mélangé à un certain
- 1 Yoy. n" 1551, du 14 février 1903, p. 172.
- nombre d’autres métaux, qui, d’après « the Pathfinder », jusqu’à présent n’ont pas encore été trouvés à l’état de combinaison nouvelle. On se propose de la scier en deux et de la faire polir avant de l’exposer au public.
- lTn nouveau gazon. — Dans les jardins des villas de Nice et de Cannes, on a innové un gazon de feuillage dont l’effet est charmant, nous dit un voyageur qui revient de la cote d’Azur. Les jardiniers ont observé que les pieds femelles de l’arbre le Phoenix Canariensis, qui pousse facilement dans cette belle région, donnent des quantités de petites dattes qui tombent sur le sol et germent au printemps si l’on n’a pas eu le soin de les récolter. Ces semis naturels ont montré une telle régularité dans leur premier développement dans les quelques propriétés où cela a été remarqué, que l’idée est venue d’essayer de faire des semis réguliers dans les jardins. Les graines doivent être semées très serrées en la saison du mois de mars. En levant elles donnent des feuilles oblongues et aiguës, un peu plissées et d’un beau vert. Le sol est rapidement couvert par un feuillage épais dont on a peine à reconnaître l’espèce tout d’abord, et qui offre un aspect un peu étrange mais des plus agréables.
- L’industrie de la construction des locomotives aux États-Unis. — Les usines de construction de locomotives ont une importance énorme aux États-Unis, par suite de l’immensité du réseau ferré de la Confédération, et aussi de la facilité avec laquelle on met au rebut les engins un peu démodés. Pendant l’année 1900, pour laquelle nous avons des renseignements complets, les 28 usines spéciales, qui représentent un capital de 210 millions de francs à peu près, ont achevé 2774 machines d’une valeur globale de 158 millions de francs. C’est surtout en Pennsylvanie qu’est localisée cette industrie.
- La fermentation par des levures acclimatées. — On connaît la gène qu’éprouvent les levures à vivre dans certains milieux contenant des bactéries, des principes issus de leur évolution, et des produits résultant de la composition chimique des mélasses, tels que les acides organiques et les vapeurs nitreuses. M. Henri Alliot a eu l’idée d’acclimater les levures dans ces milieux qui leur sont nuisibles, en sorte qu’elles arrivent à y évoluer régulièrement. L’emploi de ces saccharornyces permet de réaliser des économies sur le chauffage, sur l’eau nécessaire à la réfrigération et sur les manipulations. La durée de la fermentation est réduite d’un quart, le rendement alcoolique excellent, et enfin on peut réduire beaucoup l’acidité initiale des moûts. Au point de vue de la science pure il est intéressant de constater qu’on est arrivé à obtenir une fermentation alcoolique pure dans un milieu nocif aux levures et infecté de bactéries.
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- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 14 avril 1903. —Présidence de M. A. Gaudry.
- M. Klein de Berlin, correspondant de la section de minéralogie, assiste à la séance, ainsi que M. John Ev^ans de Londres, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
- Les sons rendus par les sables du désert. — M. Lortet adresse une Note relative aux sons qui se produisent dans les sables en mouvement du désert de Nubie. Il constate des phénomènes vibratoires accompagnés de ventres et de noeuds dont l’origine est la chaleur solaire.
- L'éclipse de Lune du U avril 1903. — M. Janssen expose les arrangements pris à l’Observatoire de Meudon
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- LA NATURE.
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- en vue de l’observnlion de l’éclipse de Lune du 11 avril dernier. M. Deslandres avait à sa disposition pour ses recherches d’analyse spectrale la grande lunette de l'Observatoire et M. Janssen un télescope de grande ouverture. M. de La Baume-Pluvinel utilisait un instrument lui appartenant. M. Deslandres n’a pas encore fait connaître le résultat de ses recherches. M. de La Baume-Pluvinel, au contraire, annonce que les images du spectre de la partie éclairée de la Lune ne révèlent aucune anomalie. Il ajoute qu’il n’a pu parvenir à obtenir le spectre de la partie éclipsée; M. Janssen, bien qu’il employât un instrument concentrant beaucoup de lumière, n’a pu également obtenir ce spectre ; mais il a réussi à photographier la région éclipsée. L’échec des observateurs provient de ce que cette partie était cette fois fort sombre, alors que généralement elle revêt une teinte roussâtre provenant de rayons solaires réfractés par l’atmosphère terrestre.
- Hygrométrie du gaz de la respiration. — M. G. Bonnier décrit un appareil imaginé par M. Pierre Lesage pour étudier l’état hygrométrique des gaz expirés. Cet appareil est un véritable hygromètre d’absorption dans lequel la vapeur d’eau de l’air expiré vient se condenser sur une lame polie dont on peut à volonté régler la température au moyen d’une circulation d’eau. En notant les températures du gaz et de la lame, on a, au moyen des tables des forces élastiques maxima, les deux termes du rapport qui donne l’état hygrométrique. L’auteur a constaté que jamais l’air des poumons n’est saturé de vapeur d’eau, que sa teneur en vapeur d’eau varie avec la profondeur de l’inspiration et la situation pathologique du sujet.
- Histoire de l’homme fossile. — M. le Président fait hommage à l’Académie d’une brochure intitulée : « Contribution à l’histoire de l’homme fossile ». 11 fait observer que les personnes s’intéressant aux particularités que l’on constate dans la dentition des types humains inférieurs tels que les races australiennes, trouveront dans cette brochure des éléments nouveaux d’appréciation.
- Varia. — M. le Président annonce que M. André Tour-nouer est de retour de Patagonie et qu’indépendamment de collections admirables, il rapporte des coupes précises de terrain qui seront du plus haut intérêt au point de vue du classement des fossiles recueillis dans cette région. Ch de Vili.edecil.
- LE PALAIS DE MUSTAPHA-SUPÉRIEUR
- ET IA FIÈVRE TYPHOÏDE
- Le Président de la République, pendant son voyage en Algérie, a couché au palais d’Hiver et a reçu au palais d’Été. Il a une mauvaise réputation, ce dernier palais. Le palais de Mustapha-Supérieur, résidence d’été des gouverneurs de l’Algérie, leur est depuis longtemps fatal. On y contracte la lièvre typhoïde avec une facilité désolante. M. Jonnart, le précédent gouverneur général, ordonna une enquête sur l’influence néfaste du palais de Mustapha-Supérieur, et elle fut confiée à M. le Dr J. Crespin, professeur suppléant à l’Ecole de Médecine d’Alger. Il ne nous paraît pas superflu, au moment où l’attention est fixée sur l’Algérie, de résumer brièvement les résultats de cette enquête1.
- Le palais d’Été construit sur la colline de Musta-
- 1 Bulletin médical.
- pha, est l’ancien palais du dey d’Alger, qui jadis l’habitait avec une suite nombreuse de spahis. Pour les habitants du pays, c’est l’accumulation sur place des spahis, de leurs chevaux et d’un nombreux personnel, qui aurait été l’origine de la « pestilence » de ce séjour pourtant si séduisant. Le fumier humain et animal aurait conservé ses propriétés nocives à travers de longues années. 11 est de fait que le sol est argileux et qu’une nappe d’eau aquifère se trouve à une faible profondeur. Aussi l’humidité du sol et du sous-sol est-elle considérable. Le palais se compose de deux ailes : celle de droite est- la plus ancienne, celle de gauche remonte seulement à 1862. La façade principale est exposée au Nord, mais la construction tout entière reçoit sans cesse les vents d’Est chargés de l’humidité marine. Beaucoup trop d’arbres aussi aux alentours. L’humidité finit par envahir jusqu’aux appartements. On peut dire qu’en hiver, quand le soleil fait défaut, le palais est à peu près inhabitable. Cependant les bâtiments sont bien ventilés, et les cabinets de toilette, maintenant, sont pourvus de tous les appareils modernes; les eaux se rendent dans l’égout public de la commune de Mustapha. À la rigueur, d’après un examen sommaire, il serait permis d’avancer que l’installation n’apparaît ni bonne, ni absolument mauvaise.
- Le palais est alimenté en eau par les sources de l’Aïn-Zeboudja et Harrach mélangées et par l’eau d’un puits arabe situé au milieu du parc, qui ne sert guère que pour l’arrosage. M. Beulaygue, de l’Ecole de Médecine et de Pharmacie d’Alger, a examiné l’eau des sources. Elle est très suspecte. Son degré hydrométrique est trop élevé, 45 degrés ; beaucoup trop de matière organique, 0^r, 148; trop de chlorures, 0«l, 117; trop de sulfates, O1-,087; trop d’azotates, 0gl',055; trop d’ammoniaque albuminoïde, 01,lm,52, etc. Au point de vue bactériologique, beaucoup d’espèces banales; pas de bacille d’Eberth, pas de bacterium coli commune, etc. Ceci ne signifie pas grand’chose, car il peut ne pas y avoir de microbes pathogènes tel jour à telle heure et s’en trouver dès le lendemain. Dans l’eau de puits, on a rencontré des bacterium coli commune. L’arrosage des légumes avec cette eau est dangereuse. On en a, du reste, interdit l’usage depuis quelque temps.
- A côté du palais se trouvent de nombreuses villas, des hôtels, bâtis sur un sol imperméable retenant les eaux qui peuvent être souillées et ayant pour limite supérieure le palais même. Or, ici, les installations hygiéniques font défaut. Les fosses d’aisance sont encore des fosses fixes perméables à l’eau et au gaz. Les villas se trouvant à un niveau supérieur à celui du palais, les infiltrations dangereuses sont très probables. Sans insister sur les détails, on peut comprendre que, surtout à la suite des grandes pluies, les germes morbides soient charriés des habitations jusqu’au palais. La commune de Mustapha est trop avare des travaux essentiels pour l’hygiène de la région.
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- LA NATURE.
- Au surplus, la fièvre typhoïde est endémique dans les communes d’Alger-Mustapha. L’évolution de la fièvre typhoïde h Mustapha-Alger, dit M. Cres-pin, est absolument régulière : les cas de lièvre commencent à se manifester en mai, juin, pour atteindre le maximum en juillet, août, septembre, mois les plus chauds et les plus humides. En hiver, cependant, on note presque toujours de légères recrudescences parmi les personnes débiles ou récemment arrivées de France.
- M. Crespin conclut son rapport par ces remarques : « Le palais de Mustapha-Supérieur ne saurait convenir comme habitation d’hiver. En été, il peut
- continuer .à être habité sous réserve de modifications et précautions indispensables : filtrage de l’eau de concession, entretien des égouts, surveillance active sur les immeubles particuliers dominant le palais, achèvement par la commune de son réseau d’égouts et suppression des fosses fixes ». M. Crespin admet que le palais présente des conditions favorables au développement de la maladie par souillure de l’eau et du sol ; mais il croit aussi que la réceptivité individuelle joue un grand rôle dans l’éclosion de la fièvre typhoïde. 11 est impossible d’affirmer, dit-il, que les cas de cette maladie constatés depuis plusieurs années soient imputables au palais lui-même ;
- Façade nord du Palais de Mustapha-Supérieur (Algérie).
- mais on ne peut se défendre, en dépit de la complexité du problème, d’incriminer dans une certaine mesure soit le palais, soit surtout la commune de Mustapha.
- Ces conclusions sont d’une prudence extrême. En lisant entre les lignes du rapport, on ne peut s’empêcher de considérer comme une région très malsaine, comme un foyer endémique, toute cette région de Mustapha. Nous avons eu jadis l’affaire de Trou ville. La fièvre typhoïde supprimant chaque année un nombre respectable de Parisiens et de gens du pays, la municipalité n’hésita pas une minute à entreprendre d’importants travaux. Aujourd’hui, tout danger est conjuré. Il faut agir de même à Mustapha : contrôler les sources qui peuvent être polluées en route, désinfecter le palais de
- fond en comble, intérieur et extérieur, faire des saignées dans le sous-sol pour entraîner les eaux qui pourrissent sur place, surveiller les habitations bâties au-dessus du palais, établir un système d’égouts rationnel, interdire sévèrement les dépôts d’immondices, etc.
- Il n’est pas admissible qu’on laisse là-haut, dans un site admirable, un foyer aussi dangereux pour la population ; puis, enfin, on n’envoie pas les gouverneurs généraux en Algérie pour qu’ils y contractent la fièvre typhoïde. Le palais d’Été pourrait devenir le palais de la Mort. La preuve est faite.
- Henri de Parville.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fleurus, 9.
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- N° 1561. — 25 AVRIL 1903.
- LA NATURE.
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- LA. FABRICATION DES TAPIS EN ALGÉRIE
- Fipr. 1. — École d’Alger. Fabrication de tapis.
- Fig. 2. — Métiers à tapis algériens.
- Alors que nous allons en Asie Mineure, en Perse, au Japon même, chercher des tapis aux couleurs 31e année. — 1“ semestre.
- chatoyantes et aux dessins harmonieux, il est curieux que, jusqu’à présent, nous ignorions d’une
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- LA NATURE.
- façon presque complète que les indigènes de l’Algérie (et aussi de la Tunisie) sont parfaitement capables de tisser des tapis qui rappellent absolument les tapis dits d’Orient. Il y a là pourtant une industrie familiale des plus intéressantes à suivre, et il serait à souhaiter que les Français donnassent quelque peu leur clientèle à ces modestes travailleurs de notre possession. D’une façon générale, l’industrie du tissage est par excellence l’industrie familiale traditionnelle de l’Algérie : d’abord parce que les moutons, les chèvres et les chameaux fournissent en abondance la matière première, et aussi parce que la femme indigène, astreinte à une sorte de réclusion perpétuelle, est tout indiquée pour fabriquer les étoilés nécessaires aux vêtements de la famille et à l’ameublement, de la demeure. Comme le faisait remarquer une publication de l'Office de renseignements de l’Algérie, sous la tente même, la femme se livre à cette occupation, et, pour les tapis spécialement, non seulement elle lave, carde et file la laine, mais encore elle la teint, en recourant à des méthodes dont la recette s’est transmise traditionnellement depuis des siècles, et à des teintures le plus souvent végétales, d’une solidité parfaite, et qui n’ont heureusement rien de commun avec ces couleurs d’aniline qui sont employées aujourd’hui même en Asie Mineure. Pour le rouge profond, elle emploie la garance, ou « fouca » ; pour le jaune, de la gaude; pour le bleu, de l’indigo ou du pastel; pour le rouge clair, de l’écorce de grenade; elle compose le vert en faisant bouillir de la mousse de « nila » (indigo) avec une décoction de feuilles d’ « azaz », ou bien en mélangeant de l'indigo à de la gaude; une mixture d’indigo, de sulfate de fer, de gaude et de noix de galle lui donne le noir. La cuve à teinture sera tout simplement une vieille marmite. Quant au métier, il est fort simple de construction ; mais cela n’empêche point l’artiste, avec son goût natif, de faire des travaux remarquables, aussi bien comme ooloris que comme solidité.
- Le tapis algérien est un tapis de haute laine à joints noués plus ou moins longs ; le métier est, à quelques détails près, le métier de haute lisse en usage de temps immémorial, mais sous sa forme la plus simple, la plus grossière même. 11 est constitué d’une paire de cylindres mobiles en bois de sapin (ce qu’on nomme les ensouples en terme européen), disposés horizontalement et supportés par des montants. La chaîne se présente verticale, sortant sous forme de fils du cylindre supérieur, sur lequel elle est disposée par avance, et venant s’enrouler sous forme de tissu sur le cylindre inférieur. Bien entendu, selon les dimensions du tapis à tisser, varie aussi le nombre des ouvrières qui s’accroupissent devant le cadre, de même que les dimensions de ce cadre; le travail du tissage consiste à nouer les points sur les fils de chaîne en les maintenant par une trame pour constituer un tissu. Souvent, pour les grands tapis, le travail est dirigé par un « reguem », ou « mallaem », qui, connaissant le dessin par cœur, a pour mission de diriger le travail, de choisir les
- nuances, de fixer à l’avance sur les fils de chaîne des bouts de laine blanche qui servent de repères aux travailleuses. Disons à ce propos que l’on compte aussi en Algérie un certain nombre d’ouvriers en tapis. Il existe également une classe de tisseuses et tisseurs en tapis qui travaillent pour le public, et se transportent de tente en tente avec leur outillage pour exécuter la besogne qu’on veut leur confier ; ils reçoivent une légère somme comme prix de la main-d’œuvre, en même temps que, comme rétribution principale, ils sont logés et nourris. La matière première leur est fournie par la personne qui les a pris à son service pour un temps plus ou moins long.
- Nous ne pouvons passer en revue tous les types classiques de tapis qui se fabriquent en Algérie : il y a le petit « guelif », ou tapis servant de lit; le « hembel », qui est employé à parer les tentes et peut atteindre une longueur de 15 à 20 mètres pour une largeur de 2 à 5m,50; puis le « mattrah », pour coussins, sacs et oreillers; le « djellal », qui n’est qu’une couverture de cheval; 1' « imat », qui est en réalité un bissac qu’on accroche au dossier de la selle; le « tellis », que l’on dispose en forme de grand sac pour les approvisionnements, ou encore qui sert dans tout son développement à former dais pour recouvrir les sortes de cages où, en voyage, les femmes se tiennent sur le dos des chameaux. Parmi les centres principaux de fabrication des tapis, nous pourrions citer la région du Djebel-Amour, dans la province d’Oran, puis quelques douars des environs d’Aumale, de Biskra, de Batna, de Bou-Saada, de Sétif, une partie de la Kabylie, etc.
- Mais, en fait, l’industrie des tapis algériens subit une crise redoutable en ce moment, et c’est une des raisons pour lesquelles nous avons tenu à la signaler et à attirer l’attention sur elle. Si l’on considère un tapis ordinaire se vendant 150 francs et pesant quelque 17 kilogrammes, on voit qu’il y entre d’abord 17 kilogrammes de laine lavée, qui représentent déjà une dépense de 34 francs; le travail de la teinture revient à 55 francs, d’autant que maintenant les traditions familiales tendent à se perdre, qu’on ne sait plus comme autrefois préparer les couleurs sous la tente, et qu’on s’adresse à un spécialiste pour teindre les laines. Si l’on ajoute encore que, pour un tapis de ces dimensions, il a fallu donner 30 francs au reguem qui se charge de diriger le travail (et cela ne correspond pas à une bien forte rémunération), il ne reste que 50 francs environ pour le travailleur qui s’est livré au tissage même et qui n’y a pas passé moins de deux mois. Les plus habiles des ouvriers qui pratiquent industriellement cetle fabrication ne gagnent pas plus d’un franc par jour. Et encore, fréquemment, les commandes sont-elles laites par des consommateurs locaux et indigènes qui ne peuvent guère payer qu’en nature, ce qui diminue le bénéfice si mince que nous venons d’indiquer. Dans ces conditions, on comprend que les tisseurs de tapis ne cherchent qu’une chose : produire à la hâte, en négligeant le travail proprement dit et
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- aussi tout côté artistique de l'œuvre. Souvent aussi le tisseur met moins de laine dans le tapis, remplace la laine par du coton dans la chaîne, et il commence, comme cela se fait en Asie Mineure, à recourir aux laines teintes à l’aniline, au lieu de se servir exclusivement, ainsi que jadis, de laines teintes avec les méthodes héréditaires que nous indiquions tout à l'heure. Nous pourrions ajouter que la vente des tapis est d’autant plus difficile pour les producteurs indigènes qu'ils vivent absolument sur une routine, perpétuant des formes et des dimensions de tapis qui ne répondent plus du tout aux besoins de la clientèle européenne, alors que les tisseurs de tapis de Perse ou d’Asie Mineure ont su si bien se plier à ces besoins, dirigés qu’ils sont par des commissionnaires et des commerçants au courant de tous les desiderata du marché où on les exportera.
- On essaie cependant, en Algérie, de faire un effort sérieux pour améliorer la situation, de manière à profiter des dispositions que l’indigène offre pour ce travail de tissage, du bon marché de la main-d’œuvre, et aussi des dessins et des coloris si harmonieux qui se sont conservés des temps anciens. Non seulement deux vraies fabriques se sont fondées à Alger, mais encore à Tlemcen d’une part, et, surtout à Alger, on a fondé des écoles professionnelles de fabrication de tapis indigènes, dans le but de former des enfants et des jeunes filles à ce travail qui ne demande point de force, mais seulement du goût et un certain sentiment artistique. Précisément les photographies que nous reproduisons pour montrer comment se fabriquent les tapis indigènes, ont été prises à l’école professionnelle d’Alger, qui compte une cinquantaine de jeunes ouvrières. (Ces photographies nous ont été fournies par l’obligeance de l’Office de renseignements du Gouvernement de l’Algérie.) 11 n’y a pas longtemps que ces écoles ont été fondées; mais il semble dès maintenant qu’elles ont une influence bienfaisante, en empêchant de disparaître une industrie locale qui peut avoir de l’avenir si on sait la diriger dans la voie du progrès. Daniel Bei.lkt.
- LA FLEUR A HÉLICE
- Lorsque Sauvage eut inventé son hélice qui devait révolutionner la navigation à vapeur, il était loin de se douter que la nature se servait de cet ingénieux organe de propulsion pour favoriser la dissémination de certaines pilantes. C’est au mois de février 1901, aux environs du village de Counani (ancien territoire contesté franco-brésilien), que j’ai rencontré l’arbre dont les fleurs supportent en leur centre un organe ressemblant à l’hélice à trois branches des bateaux à vapeur. Cette hélice en miniature semble sculptée dans du bois. Elle est traversée par un eanal central tronconique et ses trois branches offrent une double torsion : torsion sur elles-mêmes et torsion autour de l’axe central. Quant aupérianthe qui supporte l’hélice, il est constitué par 2 vertieilles, l’un inférieur à 3 folioles, l’autre supérieur à 6 folioles. Les feuilles sont alternes, [•étiolées, lancéolées.
- L’arbre, d’une hauteur de 5 à 4 mètres, a un port élégant.'Le tronc est droit, iccouvert d’une écorce gris bleuâtre foncé. Par suite de diverses circonstances, je n’ai pas rapporté en France d’échantillons de feuilles et de fleurs; il en résulte que ma description est fort incomplète et qu'elle ne permet pas la détermination de cette pdante sans doute excessivement rare. Aussi en publiant ces quelques lignes, je n’ai que le but d’appeler sur elle l’atiention des voyageurs naturalistes afin d’aider h retrouver celte si bizarre fleur. Dr C, Matins,
- LE DÉBOISEMENT DANS LES PYRÉNÉES
- Grâce à la folie du déboisement qui a sévi un peu partout, nos montagnes ne sont palus que des ruines où la vie deviendra impossible pour l’homme dans un délai assez rapproché. J’ai pu faire quelques constatations intéressantes à ce sujet dans la haute vallée du Gave de Pau et de ses affluents, entre Luz et Gavarnie. Dans les parties où cette vallée est un peu élargie, son fond est occupé par des prairies parsemées de peupliers; sur les versants s’étagent quelques cultures séparées par des haies vives et des arbres, parmi lesquels le frêne tient une place importante. Au-dessus viennent deux autres zones, réservées toutes deux au pâturage ; sur la plus inférieure, on voit des buissons de buis ou de rhododendrons, des friches garnies de fougères; parfois, sur une terrasse à peu près plane, un champ ou un pré avec la grange attenante. Enfin la quatrième zone est constituée par le roc absolument nu ou par des pelouses arides. Ces quatre zones si caractérisées se voient de la façon la plus nette sur une montagne située en face de Gèdre, sur la rive gauche du Gave.
- 11 est évident qu’il n’y a rien à dire sur les deux premières zones. Avec leurs champs, leurs prés et les eaux qui, amenées par des canaux, viennent y apporter la fertilité, elles constituent évidemment le meilleur mode d’exploitation de ce sol ingrat. Elles sont d’ailleurs soumises au régime de la propriété privée, tandis que les zones supérieures constituent un terrain commun de pâturage appartenant aux communes de Luz, Gèdre et Gavarnie. Celles-ci n’y font pas seulement paître leurs propres troupeaux (Gèdre a 2 à 5000 vaches et 8 à 10000 moutons), mais encore elles louent le droit de pâturage aux paysans de Lourdes et de Tarbes. On conçoit les dégâts que de pareilles masses d’animaux ont causés à la végétation qui recouvrait autrefois les sommets.
- Aussi l’aspect dénudé des deux zones supérieures témoigne-t-il de l’incurie et de l’exploitation sans frein qui vont toujours de pair avec la propriété collective. Non seulement on y fait paître les troupeaux, mais on coupe sans miséricorde tous les arbres qui leur ont échappé. Après avoir détruit les grandes forêts qui recouvraient autrefois toutes ces pentes, et empêchaient la descente des terres, on en est réduit à se chauffer maintenant avec des fagots de hêtre, de buis et même de rhododendron, comme je l’ai vu faire. La négligence des habitants, très
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- LA NA T II! K.
- sympathiques d'ailleurs, est telle que, dans la vallée de Bué, on laisse pourrir sur place de gros troncs d’arbres que les avalanches ont autrefois arrachés de la montagne. Il faudrait trop de temps et de peine pour les débiter et les transporter. Aussi préfère-t-on couper, pour se chauffer, les dernières broussailles qui garnissent encore certaines pentes. En somme, tout ce pays constitue pour le sociologue une excellente leçon de choses : en bas, dans la vallée, où règne la propriété individuelle, exploitation sage et raisonnée de la terre, qui permet son utilisation indéfinie. Au-dessus, dans la montagne, c’est la déprédation en commun, la jouissance imprévoyante qui détruit et ne remplace pas. Mais on ne saurait violenter la nature sans en supporter les conséquences. On a sacrifié les forêts aux pâturages.
- Ceux-ci, à leur tour, finiront par être impossibles. En bien des parties de la vallée principale, mais surtout dans les vallées latérales, les derniers buissons ont disparu, les terres sont descendues et ont été entraînées par les eaux, le pays s’est transformé en un désert de pierres.
- C’est ce qui est arriyé dans la vallée de Béas qu’une exploitation insensée a totalement ruinée; les pâturages n’y sont plus que des îlots au milieu des rochers.
- Des quatre zones décrites plus haut, les deux premières seules subsistent : elles ont progressivement envahi jusqu’au fond de la vallée.
- Voici (fig. 1), dans la
- vallée de Campbieil, un pré situé sur le versant de la montagne ; on a imprudemment arraché les arbres qui soutenaient les terres, celles-ci sont entraînées par l’érosion et bientôt rien ne restera de ce pâturage. En voici un autre dans la même vallée (fig. 2) envahi par un immense éboulis de pierres qui menace même d’engloutir les fermes, dont les dimensions témoignent de l’ancienne importance de ce centre habité. On peut donc prévoir que dans un avenir très rapproché les habitants des hautes vallées pyrénéennes n’auront plus ni bois pour se chauffer, ni pâturages pour élever leurs troupeaux, alors qu’avec un peu de prudence on aurait pu conserver pendant une période illimitée ces deux richesses naturelles.
- Mais, grâce au déboisement, le relief même du pays tend à se modifier d’une façon sensible. Un peu
- en aval de Cèdre, sur la rive droite du gave, se trouve une montagne où les habitants se rappellent avoir vu autrefois des forêts. Elle est actuellement entièrement dénudée et profondément ravinée. 11 en descend tous les printemps des masses énormes de roches et de neige qui ont à diverses reprises menacé d’emporter la route de Luz à Gavarnie. Le sommet de la montagne est lui-même entamé par le ravinement et présente une entaille profonde. En se continuant, l’érosion aura pour résultat la disparition de la montagne et son remplacement par deux sommets de moindre altitude. Les avalanches sont d’ailleurs extrêmement fréquentes ; elles rendent, à certaines saisons, les communications entre les divers hameaux périlleuses ou même impossibles.
- Le déboisement n’est pas seulement funeste à ceux qui l’opèrent : il étend ses méfaits aux pays situés dans la plaine et (fui n’en sont pas responsables. L’eau tombée sur un terrain boisé ne ruisselle pas à la surface, elle est retenue par les feuilles des arbres, par les mousses qui croissent à leur pied et s’infiltre lentement dans le sol pour ressortir plus loin à l’état de source. Au contraire, sur une montagne déboisée, les pluies ravinent profondément le sol, elles impriment aux cours d’eau un caractère torrentiel, elles entraînent des quantités de débris de toutes dimensions. De là, dans la plaine, des crues subites, des inondations désastreuses. La Garonne et la Dordogne qui amènent à la Gironde les détritus de deux régions déboisées, les Pyrénées et le Plateau central, sont des fleuves aux eaux toujours boueuses. Près des estuaires où le courant se ralentit, ces boues se déposent et produisent l’envasement progressif des ports contre lequel on ne peut lutter que par des travaux coûteux et toujours à recommencer. Il serait plus économique de couper le mal dans sa racine en provoquant le reboisement des zones dénudées. Cette opération ne coûte que 150 à 200 francs l’hectare. Outre tous les avantages qu’elle aurait pour le régime des eaux et la conservation des terres, elle constituerait pour l’avenir une source de richesses inappréciable pour la France, surtout si l’on tient compte que sur l’ensemble du globe le bois se raréfie de plus en plus et tend à
- Fi». 1. — La ruina d un pâturage par l’érosion.
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- LA NATURE.
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- augmenter de valeur à mesure (jue ses applications se développent avec une rapidité croissante.
- Dans la région que j’ai étudiée, les zones dénudées peuvent se diviser en deux groupes : celles où -le rocher est mis à nu et où la plantation des arbres devrait être précédée d’un travail de gazon-nement long et coûteux; d’autre part, les parties où la terre végétale n’a pas entièrement disparu.
- Si même on n’opérait que sur celles-ci on aurait fait
- Fig. i. — Les granges de Cainjibied.
- une œuvre
- extrêmement utile ; car les parties boisées alternant avec les zones rocheuses suffiraient pour maintenir en place celles-ci.
- Le sommet des montagnes situé à une altitude où la végétation arborescente est impossible pourrait rester dénudé sans inconvénient si les versants étaient garnis d’un rideau d’arbres. Les endroits où la terre végétale n’est pas entièrement absente se reboiseraient avec la plus grande facilité si seulement on arrêtait la cueillette du bois et si on empêchait les troupeaux d’en approcher.
- En elïet, ils tendent à se recouvrir naturellement d’un manteau de buis, de rhododendrons ou de buissons de hêtres et c’est seulement grâce à une exploitation tout à fait barbare que l’homme parvient à les dénuder entièrement.
- Les éboulis rocheux eux-mêmes seraient faciles
- à boiser si l’homme et le mouton pouvaient en être écartés. Voici (fig. 5) une montagne située à l’entrée du cirque de Gavarnie, sur la rive gauche du Gave. On remarque à son pied un immense éboulis rocheux
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- qui commence à se recouvrir d’une forêt de pins. Malheureusement, toutes ces tentatives de la nature
- pour cicatriser les plaies faites par l’homme doivent rester vaines. La population est entièrement opposée à toute idée de reboisement. Car cette opération, avec le clôturage nécessaire des zones réservées, l’empêcherait de laisser vaguer en paix ses troupeaux. Il y a bien une loi qui permettrait d’exproprier pour cause d’utilité publique les régions où le reboisement immédiat est le plus nécessaire. Mais des intérêts électoraux ont empêché de l’appliquer
- jusqu’à ce jour.
- - • ---------Aussi, d’après tou-
- tes les probabilités, les Pyrénées continueront à se démanteler et à se transformer en vastes chaos de rochers inhabitables pour l’homme. Il y a, je crois, beaucoup de snobisme dans l’admiration que l’on professe pour les hautes cimes : tas de pier-railles, sombres rochers, éboulis, gazons dénudés n’ont la plupart du temps rien de particulièrement agréable à l’œil. Revêtez par la pensée ces versants désolés d’un manteau de forêts et c’est la vie végétale dans une de ses manifestations les plus grandioses, c’est la grâce et la fraîcheur qui succèdent aux paysages sinistres et aux déserts de pierres si communs aujourd’hui. De sorte que l’esthétique est entièrement d’accord avec les intérêts généraux de l’humanité pour conseiller le
- I)1 L. L\loy.
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- Fig. 3. — Reboisement naturel sur un éboulis rocheux.
- reboisement des montagnes.
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- LA N A T LUE.
- LES PLANTES TOXIQUES INDIGÈNES
- Le public instruit qui possède des connaissances générales d’un peu de tout, ignore le plus souvent ce qui intéresse sa santé. C’est pour lui que nous étudierons sommairement les principales plantes toxiques indigènes qu’il peut rencontrer sous ses pas et qu’il est bon de connaître, tant pour éviter des empoisonnements, malheureusement assez fréquents, que pour en apprendre les propriétés thérapeutiques, c’est-à-dire leur application à l’art de guérir un grand nombre de maladies.
- Si la nature a doté certaines plantes de propriétés toxiques ce n’est sans doute pas pour tendre un piège à l’homme, mais bien pour lui apprendre à se servir de ces plantes comme médicaments actifs et sûrs.
- La chimie, qui,durant le siècle qui vient de finir, a fait tant de progrès et en fait encore, a permis de retirer de plusieurs de ces plantes toxiques le ou les principes actifs, alcaloïdes ou glucosides, d’une activité redoutable que nous signalerons en étudiant les plantes d’où ils proviennent. Dans cette courte note, nous nous occuperons cette fois de l’absinthe et de l’anémone.
- I. Absinthe. — L’absinthe, qui est en général la base d’une liqueur si dangereuse pour la santé et cependant si consommée, possède certaines propriétés thérapeutiques qui en font un médicament utile.
- Tout le monde connaît plus ou moins cette plante herbacée de 50 à 00 centimètres de hauteur qui croît dans les lieux incultes et que l’on cultive parfois dans les jardins. C’est une plante vivace, à tige dressée, rameuse, cannelée, assez résistante; les feuilles sont très découpées, pinnatifides, douces au toucher et recouvertes d’un duvet blanchâtre ; les lleurs sont jaunes, petites, en grappes axillaires, à odeur forte, à saveur très amère. Toute la plante, du reste, possède une odeur pénétrante très caractéristique. Elle contient de l’absintliale de potasse, de Tabsinthine, une essence et des sels variés.
- L’essence d’absinthe est verte, d’odeur forte et de saveur brûlante; elle est douée d’une grande activité sur le cerveau et détermine, par l’usage même modéré mais souvent répété, la maladie dégradante appelée Absinthisme. C’est elle qui rend redoutable l’ingestion des liqueurs dites absinthes, liqueurs qui devraient être bannies de toutes les tables.
- Le lecteur se demande sans doute comment une plante si redoutable peut devenir un médicament utile ; tout simplement en l’employant à bon escient, à des doses déterminées par des nécessités pathologiques scientifiquement constatées.
- Les absinthes, et plus particulièrement la grande absinthe (Artemisia absinthium) comme toutes les plantes toxiques, ne doivent être maniées que par des mains expérimentées; elles devraient rester dans l’officine au lieu d’ètre librement employées par un commerce dont le développement est proportionnel à l’abrutissement des masses et dont les effets sont désastreux.
- Si les diverses liqueurs d’absinthe du commerce sont toutes plus ou moins toxiques, l’infusion de cette plante, surtout des sommités fleuries, à la dose de 4 à 8 grammes par litre d’eau, est tonique, stimulante, vermifuge, emménagogue.
- L’absinthe maritime (Artemma maritima), qui croit sur les plages de France et dans les marais de Saintonge, est un vermifuge très estimé dans l’ouest de notre pays.
- De nos jours la valeur thérapeutique de cette plante semble un peu oubliée, mais n’en est pas moins réelle
- pour cela. L’engouement pour les produits exotiques et les innombrables médicaments déversés chaque jour dans l’arsenal pharmaceutique par la chimie en général et plus particulièrement par la chimie organique, font oublier les médicaments plus modestes et souvent plus sûrs que la nature, toujours prévoyante, a mis sous nos pas.
- Les anciens ont célébré les vertus de l’absinthe, et nombre de médecins éminents l’ont préconisée vers 1850 comme un bon fébrifuge. Pinel l’employait à la Salpêtrière, Wauters Ta proposée comme succédané du quinquina dans certains cas de paludisme.
- Sans aller aussi loin que Wauters nous pensons que cette plante, comme bien d’autres du reste, que nous signalerons, peut rendre de bons services en thérapeutique à la condition expresse de ne l'employer que dans des cas bien déterminés, ce qui est du reste le mode général d’administration des médicaments actifs.
- II. Anémone. — 11 existe plusieurs espèces d’anémones qui croissent les unes dans les bois (Anemone nemovosa), les autres dans les champs et les prés (Anemone pulsntilla et Anemoneprcitensis). Les plantes fleurissent dès le début du printemps en mars-avril. La fleur de l’anémone némo-rosa solitaire terminale est blanche, légèrement rosée en dehors, parfois bleue ; celle de l’anémone pulsatilla est grande et violacée tandis que la fleur de l’anémone des prés est petite et plus foncée. Les feuilles de ces diverses anémones sont très découpées et soyeuses. Ces plantes ne sont pas employées en thérapeutique quoique possédant à l’état frais des propriétés vésicantes marquées. Comme elles se rencontrent un peu partout en France nous croyons utile d’attirer sur elles l’attention, car ce sont des poisons. Les anémones fraîches prises à l’intérieur ou simplement mâchées agissent comme les poisons âcres et irritants et provoquent des accidents qui peuvent devenir irréparables.
- Les habitants du Kamtchatka empoisonnent leurs flèches avec le suc de ces plantes; les animaux qui en mangent, si on ne leur porte immédiatement secours, sont pris d’abord de hoquets et de diarrhée, puis urinent le sang et périssent en peu de jours. Les anémones sèches perdent leur activité. L’irritation produite par la plante fraîche serait due au camphre d’anémone que la dessiccation de la plante dédouble en anémonine et acide ané-monique et rend presque inoflènsif.
- Dans certaines provinces on se sert assez fréquemment des feuilles d’anémone pour détruire les cors aux pieds ; c’est là une pratique dangereuse qui peut amener bien des mécomptes si Ton ne prend pas la précaution d’entourer l’orteil portant le cor d’une substance isolante afin de localiser l’action rubéfiante du suc d’anémone au seul cor que Ton désire détruire.
- Dans nos campagnes où les anémones sont fréquentes on pourra dans les cas urgents et à défaut d’autres vési-cants les utiliser, mais leur action rubéfiante devra être surveillée. Le médecin de campagne qui désirerait faire usage de ce vésicant, sans avoir recours chaque fois à la plante fraîche, pourrait préparer un vinaigre d’anémone en faisant macérer pendant dix jours 50 grammes d’anémone fraîche dans 1000 grammes de vinaigre. Cette préparation conserverait, au moins pendant un an, les propriétés vésicantes de l’anémone.
- D’après le docteur Thierry-de-Maugras l’anémone pul-satille a été employée sous forme de collyre, vers 1860, pour guérir les maladies d’yeux. Ses propriétés irritantes laissent supposer que c’était là un médicament dangereux et délicat à manier. Léon Devyreu.
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- UNE EXPLOITATION FRUITIÈRE MODÈLE
- La culture fruitière, pour la production des fruits de table, a pris dans plusieurs pays étrangers et, notamment, dans quelques contrées d’Amérique et dans le Tyrol autrichien, une importance considérable. Les fruits de ces pays, principalement les pommes provenant de la Californie, et qui sont expédiées dans les chambres froides aménagées à bord des navires, inondent nos marchés et constituent un danger pour notre production nationale. 11 est temps que l’on songe en France à substituer aux plantations faites au hasard, et quelque peu empiriques, des exploitations rationnelles qui ont encore cet avantage d’utiliser les terres diminuées de valeur par une série de causes économiques. C'est le cas pour l’exploitation qui fait l'objet de cet article puisque des terrains, dont le prix moyen était de 4000 francs l’hectare, ne se vendraient pas moins de 12000 à 15000 francs ainsi exploités rationnellement.
- La Commission de la Société des Agriculteurs de France pour l’attribution du prix agronomique du concours des fermes fruitières, a décerné cette année ce prix à M. Jules Labitte pour sa ferme fruitière modèle installée et exploitée dans le but que nous préconisons. En créant cette vaste exploitation fruitière bien comprise, à Clermont (Oise), M. Labitte a eu pour objectif de montrer ce que l’on pouvait en attendre et son exemple a été suivi dans cette région où il existait déjà des cultures fruitières; on s’est attaché dès lors à propager les bonnes variétés commerciales et ces plantations rationnelles ont notablement augmenté la valeur des terrains plantés en vergers.
- L’aménagement de cette exploitation a été parfaitement compris en prévision de l’avenir par une plantation définitive de hautes tiges et par l’utilisation de l’espace libre, dans les premières années, entre ces arbres, par des plantations provisoires de contre-espaliers, de pyramides de poiriers, de gobelets de pommiers et de buissons de cassissiers. Elles ont permis de couvrir les frais d’exploitation quelques années après et de ne pas attendre vingt à vingt-cinq ans pour que le capital engagé fût productif.
- La ferme fruitière est installée sur le versant sud de la ville de Clermont dont les constructions l’abritent des vents du nord ; elle s’étend d’un seul tenant sur 2 hectares 25 ares, et d’autres terrains séparés sont affectés à cette même culture portant le total à environ 5 hectares. Le verger principal est divisé en deux parties par une large clairière gazon-née bordée d’allées, ce-qui lui donne l’aspect d’une propriété d’agrément, et dont la vue panoramique (fig. 1) donne une idée assez exacte. Les lignes d’arbres à hautes tiges sont distancées de 10 mètres et l’espace interlinéaire et celui entre ces arbres a été occupé par une plantation de pommiers et de poiriers en petites formes qui occuperont le terrain jusqu’au développement complet des premiers.
- Dans la partie gauche la plantation se trouve ainsi combinée : les arbres à haute tige, pommiers et poiriers sont espacés de 10 mètres en tous sens. Un rang de pommiers en gobelets occupe l’axe de la bande restée libre entre les lignes des grands arbres dans le sens de la plus grande longueur.
- Entre les 2 et 3 mètres de ces derniers se trouve un rang de poiriers en pyramide, enfin l’intervalle restant entre les hautes tiges et ce dernier est occupé par une rangée de cassissiers, de même que la partie vide dans le sens de la largeur (fig. 5).
- Cette disposition diffère, dans la partie droite, par l’intercalation heureuse d’une ligne de contre-espaliers doubles entre une de poiriers en pyramide et de pommiers en gobelets. Ces lignes d’arbres principales suivent la direction du nord-ouest au sud-ouest ; des bandes gazonnées ont été ménagées entre elles, ce qui permet d’effectuer par tous les temps les travaux divers que ces arbres nécessitent ; de plus des fruits qui tombent s’abîment moins sur le gazon que sur le sol nu.
- Les murs qui existaient, avant de convertir ces terrains en exploitation fruitière, ont été recouverts d’espaliers; les clôtures faisant défaut dans la partie basse ont été constituées d’une façon heureuse de haies d’épines hautes de lm,50 dressées à la normande et maintenues par quatre fils de ronces métalliques qui en font un obstacle sérieux.
- Le fonds de la plantation se trouve être en pommiers de variétés locales, principalement, et dont l’une d’elles, d’un grand mérite, car elle se rapproche beaucoup de la Reinette de Canada, connue sous la dénomination de fausse Reinette, a été très justement nommée cette année Reinette Clermontoise par la Section pomologique de Paris.
- A côté de cette pomme très appréciée, et dont la récolte annuelle s’élève dans le pays à 500 000 kilogrammes, des pommiers des variétés Reinette de Caux, Reinette Parmentier, Cateau, Reinette de Canada ont été plantés ainsi que des poiriers tiges : Beurré d’Amadis, Bergamotte Esperen, Louise Bonne, Beurré Hardy, Curé.
- Les pyramides comprennent les variétés de poires : William, Louise Bonne, Duchesse, Beurré Diel, Doyenné du Comice, Charles Ernest, Le Lectier, Passe Crassane, Doyenné d’Alençon, Bergamotte Esperen, Doyenné Goubault.
- Les gobelets de pommiers se composent des variétés : Reinette de Canada, blanche et grise. La plupart de ces variétés ont été choisies pour les contre-espaliers. Les espaliers sont réservés aux pêchers, aux poiriers : Doyenné d’hiver, Beurré d’Arenberg, Saint-Germain d’hiver, aux pommiers Calville blanc.
- Ce seul jardin fruitier contient près de 2500 pieds d’arbres, sans compter les plantations de Cassissiers.
- Ainsi qu’on peut le constater, les variétés de fruits qui ont été adoptées sont peu nombreuses, de premier choix et d’une vente assurée. C’est ainsi qu’une exploitation dont les produits sont destinés
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- LA NATURE.
- à être écoulés doit être comprise, parce qu’un nombre restreint de variétés de fruits est adopté par les acheteurs en gros, ensuite parce qu’une quantité importante des mêmes fruits trouve plus facilement preneur qu’un petit nombre. Quant aux cassissiers, ce sont les variétés de Dijon et Champion qui ont été choisies définitivement après de nombreux essais.
- La variété de fruits qui, au point de vue commercial, donne le rendement le plus appréciable est la Reinette Clermontoise. Un arbre tige de vingt-cinq à trente ans produit, bon an mal an, 250 kilogrammes de fruits qui se vendent largement 30 francs les 100 kilogrammes. Viennent ensuite les poires et les pommes d’hiver, puis les variétés d'été et d’automne.
- Les fruits d’été et d’automne, la guigne rouge et le cassis s’écoulent facilement dans le pays où de
- gros marchés sont traités pour l’expédition en Angleterre et dans les villes du nord de la France.
- On conçoit que la culture des beaux fruits d’hiver soit productive, mais à condition de posséder un fruitier parfaitement agencé pour leur conservation, ce qui est le cas dans la ferme fruitière de M. Labitte. Ce fruitier est précisément installé au centre même de l’exploitation (fig. 2), ce qui facilite le travail. Cette vue photographique, prise au début de la création delà ferme fruitière, montre, au premier plan, des arbres-tiges nouvellement greffés et, dans le fond, les armatures des contre-espaliers.
- Quant aux cassissiers, leur rendement est vraiment rémunérateur. Chaque pied peut produire largement 1 à 2 kilogrammes après quatre années de plantation, soit de 6000 à 7000 kilogrammes pour
- Fig. 1. — Vue panoramique de la ferme fruitière de Clermont.
- les 4500 sujets actuellement en plein rapport. Étant donné que le prix moyen de la vente pour l’exportation est de 50 francs les 100 kilogrammes, cette culture n’est pas à dédaigner. M. Labitte estime, en effet, que le produit couvre les frais généraux de son exploitation et il vient d’en faire tout récemment une nouvelle plantation de 5000 pieds,
- Les opérations culturales doivent être faites en temps voulu; elles consistent en façons du sol, fumures, taille et pincement des arbres, traitement contre les insectes, les cryptogames et les affections diverses. Le sol étant plutôt argileux et assez pauvre en chaux, les fumures et amendements sont faits à l’aide de fumier de cheval, d’engrais phosphatés (superphosphates et scories employés avant l’hiver), sulfate de potasse, sulfate de chaux, kaïnite et épandage de chaux; enfin de sulfate de fer pour» combattre la chlorose si funeste aux jeunes pousses.
- L’hiver les écorces sont grattées et les troncs enduits d’un badigeonnage au pinceau d’une bouillie faite de chaux et de sulfate de fer. Des pulvérisations au sulfate de fer sont appliquées en été contre la tavelure des fruits. Cette dernière affection est d’ailleurs combattue par l’ensachage pour les fruits de choix, opération qui en augmente encore la beauté, la grosseur et par conséquent la valeur marchande.
- La cueillette des fruits d’automne et d’hiver est faite avec le plus grand soin et les fruits sont rangés dans le grand fruitier (fig..2) après avoir été triés et classés en trois choix différents. Ce fruitier se compose de deux pièces, la première servant de vestibule afin d’éviter la pénétration trop brusque de l’air du dehors lorsque celui-ci peut être nuisible à une bonne conservation. Le vide, ménagé entre le mur et la cloison intérieure, est rempli de sciure de bois ]tressée. Une cheminée d’appel, ménagée dans le
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- LA N A TU HE.
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- plafond du fruitier, permet l’évacuation facile des émanations des fruits après la cueillette.
- Les fruits sont rangés par variétés sur des tablettes superposées, et légèrement inclinées, une large alter-
- nant avec une autre plus étroite pour permettre l’inspection. Des rideaux noirs glissent au-devant des tablettes afin de soustraire les fruits à l'action de la lumière qui en avance toujours la maturation.
- L’écoulement de la récolte se fait par l’entremise des commissionnaires des halles de Paris et par les expéditions directes. Dans le premier cas, le transport s’effectue en paniers, ou en grandes caisses ; dans le second cas, l’emballage a lieu dans des boîtes façonnées spécialement pour un nombre de fruits déterminé qui reposent sur une couche de papillotes et sont enveloppées de papier de soie. M. La-bitte aspire à vendre directement au consommateur qui a ainsi toutes garanties sur l’origine et la qualité des fruits. Il tient pour cela que sa devise : « Toujours beau, surtout bon » ne soit pas une vaine promesse.
- Ajoutons que les dépenses faites pour l’acquisition de cette ferme, sa transformation, son installation, la construction d’un fruitier, la formation des haies, se sont élevées pour ces 2 hectares 25 ares à
- environ 26000 francs; les frais généraux d’exploitation qui étaient au début d’environ 2500 francs par
- an, qui se trouvent doublés par l’adjonction d’autres plantations et par le plus grand travail d’entretien, l’amortissement à prévoir et l’intérêt du capital engagé, ont été largement couverts au bout de quelques années. Des bénéfices appréciables ont déjà été réalisés, qui augmenteront encore avec la production toujours croissante des arbres non encore arrivés au maximum de leur développement normal.
- L’organisation de cette ferme fruitière est intelligemment comprise, son exploitation rationnelle se fait en tenant compte des meilleurs procédés culturaux. Elle constitue un modèle du genre qui est le meilleur enseignement pour les propriétaires de'sireux de tenter de semblables essais. Albert Maumené*
- Fig. 3. — Ligne de cassissiers, entre les plantations d’arbres.
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- LÀ NATURE.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- EXPOSITION ANNUELLE
- L’exposition de la Société française de physique a eu lieu les 17 et 18 avril 1903 dans Motel de la Société d’encouragement, rue de Rennes, à Paris. Cette exposition a réuni l’ensemble des appareils nouveaux. Nous signalerons les plus importants.
- A l’entrée de Motel, dans le vestibule, se trouvaient d’abord un groupe électrogène de faible puissance avec un moteur à pétrole de la Société anonyme « L’Aster », et un groupe électrogène avec moteur à pétrole de la maison De I)ion, Bouton et Cio, des plaques d’accumulateurs, appareillage électrique et bougies d’allumage de cette compagnie.
- Au rez-de-chaussée, à droite, nous avons vu tout d’abord un alterno-redresseur, système Rouget et Faget, ou permutatrice transformant le courant alternatif en courant continu, avec un rendement de 80 pour 100. M. Mamy a exposé un nouveau rupteur tixe à balancier, applicable aux bobines d’induction, avec lequel on peut obtenir environ 000 ruptures par seconde au circuit primaire et engendrant à l’induit un jet de feu; le même constructeur montrait également un rupteur mobile à balancier se plaçant exactement sans vis et sans tâtonnement entre deux glissières, et s’arrêtant automatiquement aux pointeaux à ressort. Avec tous ces appareils fonctionnaient également des petits interrupteurs et commutateurs spéciaux. La Compagnie pour la fabrication des compteurs a exposé un pressiographe, du à M. Brocq, ou appareil permettant de mesurer les pressions des moteurs à grande vitesse, une série d’ampèremètres et voltmètres à courant continu, système Meylan-d’Arsonval ; ces derniers appareils consistent en un cadre amortisseur excentrique, en cuivre, bobiné avec du fil isolé et dont le côté extérieur se déplace dans le champ circulaire d’un puissant aimant à entrefer unique et sans aucun noyau démontable ; grâce à l’intensité élevée du champ magnétique, les actions extérieures sont négligeables. Des boîtes de contrôle ont été faites avec ces appareils et des shunts appropriés. M. J. Blondeau avait installé plusieurs dynamos génératrices de faible puissance ( 1 à 3 ampères, 6 à ‘20 volts), ainsi que plusieurs moteurs électriques, des dynamos transformatrices de courant alternatif en courant continu, et des ventilateurs électriques. M. R. Legros, de la station centrale d’Électricité dcFé-camp, construit des moteurs transformateurs de courant continu à 110 volts en courant à basse tension de 5 à 10 volts avec un haut rendement, des ozoneurs rotatifs avec moteurs électriques et transformateurs correspondants, ainsi que des nouveaux modèles de rhéostats radiateurs. La Société anonyme des anciens établissements Parvillée frères et Cie a montré une série d’appareils pour le chauffage électrique et notamment des radiateurs élec-trolhermiques utilisés en électrothérapie. Ces radiateurs sont constitués par des réflecteurs cylindriques à surface cannelée, dans lesquels peuvent se placer des lampes de 2 ampères à 110 volts. Dans la salle voisine se trouvaient les générateurs automatiques d’oxygène, dans lesquels on produit l'oxygène à l’aide de l’oxylithe par le procédé de M. G.-F. Jaubert.
- Dans l’escalier conduisant à l’entresol était installée l’exposition de la Société 1’ « Oxhydrique française », avec son matériel pour la soudure autogène de l’acier et de tous les métaux. Ou remarquait un détenteur à oxygène pour inhalations médicales, et un chalumeau oxhy-
- drique avec mélange préalable pour projections lumineuses, donnant de 500 à 600 bougies.
- Dans la salle de l’entresol, M. J. Carpentier a disposé une série des appareils de haute précision, dont il est le constructeur bien connu. Auprès de lui se trouvaient l’exposition de M. V. Chabaud, comprenant une trompe à mercure de démonstration pour manipulation sur les gaz raréfiés, et un appareil pour la production de l’ozone à basse température, ainsi que l’exposition de M. Ph. Pellin montrant un microscope de M. Lechàtelier avec dispositif de chambre photographique horizontale, une lunette pyrométrique avec galvanomètre de M. Ch. Féry, et le dispositif stéréoscopique du colonel Laussedat, permettant de voir dans l’e>pace les images stéréoscopiques, en suivre les contours et déterminer les positions.
- M. Lancelot a exposé un grand diapason à longues périodes variables de M. le Dl Dupont, diapason servant à mesurer la durée des impressions lumineuses.
- Au premier étage, notre collaborateur M. A. Champigny a exposé une loupe d’études à grossissement compris entre ceux des loupes à mains et ceux des microscopes, et un fo-comètre-banc d’optique de construction économique, permettant de mesurer rapidement la distance focale des lentilles convergentes et divergentes. Nous avons vu dans l’exposition de M. G. Gaiffe une machine statique de 20 plateaux, entraînée par moteur à courant alternatif, pour production de courants de haute fréquence, rayons X et expériences diverses.
- Nous avons noté au passage successivement un appareil de WM. Curie et Chéneveau pour la détermination des constantes magnétiques, des postes de télégraphie et de téléphonie sans fil pour grandes distances, des soupapes électriques Nodon, appareils construits par M. Ducretet, un appareil simple pour observer les phénomènes de diffraction et d’interférence de M. Foussereau, l’appareil photographique block-notes, des stéréo-spidos panoramiques de la maison L. Gaumont et Cie, l’ondographe différentiel, le puissancegraphe, et le stroboscope différentiel de M. E. Hospitalier, l’enregistreur de déformations locales, système Mesnager, l’enregistreur pour essais de papiers, et nouveaux ampèremètres et voltmètres construits par M. J. Richard. Dans une salle voisine, se trouvaient le nouveau poste Radiguet et Massiot pour projections microscopiques, les nouveaux appareils de radiologie à haute fréquence de la même maison, les appareils de démonstration pour télégraphie sans fil de M. L. Ancel, les nouveaux types d’appareils de chauffage électriques et divers modèles d’interrupteurs de coupe-circuits et d’interrupteurs des anciens établissements Grivolas, ainsi que les machines statiques de M. Roycourt, successeur de M. L. Bonetti.
- Celte simple énumération suffit pour montrer l’intérêt que présentent les expositions annuelles de la Société de physique. J. L.
- ÉTAT DE LA QUESTION PISCICOLE EN 1902
- Les travaux de M. Coste1 en 1855, et au cours des années suivantes, montrèrent pratiquement avec quelle facilité on peut obtenir les œufs fécondés de poisson. Sous son initiative, des établissements de pisciculture furent créés par l’État et les départements ; beaucoup de particuliers suivirent cet exemple. Les fécondations et l’alevinage s’effectuaient
- 1 Professeur au Collège de France à cette époque.
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- LA NAT U HE.
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- Fig. 1. — Plan et coupe d'une pêcherie d'anguilles.
- toute espèce et de toute dimension, se jetaient sur cette proie vivante, on pouvait préjuger que pas un ne devait échapper à la mort. Le poisson vit de poisson, c’est la loi de la nature, mais l’œuf, l’alevin et le jeune poisson sont plus spécialement sacrifiés. Aussi, malgré une prodigieuse fécondité, on constate : que les fécondations naturelles dans les eaux libres, déjà habitées, que la garde contre le braconnage, quelque active qu’elle puisse être, ne peuvent amener le repeuplement des cours d’eau.
- D’où la conclusion qui s’impose : enlever les œuls après la fécondation, et les déposer dans un réservoir isolé, préparé pour les recevoir. L’alevin pourra s’y développer à l’abri de toute cause de destruction; devenu poisson, il y sera protégé et nourri pendant 8 ou 10 mois. A cet âge, il mesure 0,n,12,0m, 15,0ra,20 de longueur; il est de taille à échapper à ses ennemis.
- L’auteur montre comment, par ce procédé, dans quelques réservoirs et petits étangs d’une surface totale de quelques hectares seulement, on peut obtenir : 1° plus de 600000 œufs fécondés, dans un réservoir de 5 à 6 ares; 2° 100 000 jeunes poissons de 0m, 12 de longueur, à 7 ou 8 mois, dans un hectare; 5° 70 000 à 80 000 poissons de 0m,20 de longueur, à 18 mois, dans un étang de 5 à 4 hectares.
- Ce résultat sera atteint annuellement, si on dispose de deux séries de réservoirs et d’étangs pour chacune des espèces de poissons mis en culture. Et comme le nombre de semblables
- avec tant de succès qu’on eut bientôt la conviction de pouvoir réaliser, en peu d’années, le repeuplement de tous les cours d’eau. Cependant que voit-on en 1902, après 50 années écoulées? Les rivières ne sont pas dans une situation plus prospère qu’en 1855; l’approvisionnement du marché en poisson d’eau douce n’est pas plus abondant. Il faut en conclure que les procédés employés ont été insuffisants.
- Dans le traité de Culture rationnelle des Eaux qu’il vient de publier, M. Moncoq, ancien directeur de l’établissement départemental de pisciculture de l’Ame (Mayenne), donne la cause de cet insuccès et en indique le remède.
- Au cours de 50 années d’observations et d’études pratiques il a pu constater, chaque année, que des œufs déposés par millions sur des frayères artificielles installées sur les rives de la Mayenne, et au milieu des biefs, disparaissaient jusqu’au dernier, dans les 24 heures de la fécondation; que de jeunes poissons, du premier âge, provenant d’œufs fécondés mis en éclosion dans des réservoirs isolés, étaient mangés par milliers quand, la vanne du réservoir étant ouverte, le courant qui les entraînait se trouvait en contact avec l'eau de la Mayenne. Par la voracité avec laquelle les poissons, de
- PlâTrc/une lèle
- Plan et coupe d’une tète d’aqueduc.
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- Fig. 5. — Coupe verticale d'un distributeur automatique pour l'élevage des salmonidés du premier âge.
- ner en abondance, avec Ja seule précaution d’établir des frayères artificielles sur la rive des cours d’eau, ou de réservoirs, habités par ces poissons. Quand la fécondation a eu lieu, on transporte les frayères avec leurs œufs sur le bord des petits étangs d’élevage, ou dans des caisses maintenues à (lot au-dessus des eaux.
- La récolte sera plus complète encore si on dispose de deux réservoirs dont les eaux auraient des températures différentes : dans l'un, la température serait inférieure à 18°, fin mai, condition nécessaire pour retarder la maturité des œufs; dans l’autre, elle serait supérieure à 18°, dès la fin d’avril. Dans le premier, on parque tous les poissons reproducteurs après avoir constaté l’aptitude à la fécondation,
- installations peut être augmenté autant qu’on le désire, on peut dire ijue la production du poisson n’aura de limite que celle qu’on voudra lui donner d’après les besoins du moment.
- M. Moncoq donne, dans leurs détails, l’installation des réservoirs et des étangs, les soins de nourriture, de protection et de pêche, etc.
- Pour les poissons migrateurs : saumons, aloses, anguilles, grandes lamproies, etc., l’échelle à poissons, indispensable pour la remonte des chutes, est présentée sous deux types, mobiles avec le niveau des eaux, ayant l’avantage de permettre de régler l’entrée du courant dans les augets et de donner le volume d’eau reconnu utile, soit qu’il s’agisse de barrages à chutes verticales, ou de barrages à déversoirs inclinés.
- La nourriture est la condition essentielle de succès dans l’élevage. L’œuf, l’alevin et le jeune poisson sont la nourriture préférée qu’on doit rechercher. La carpe, la brème, le gardon sont tout désignés pour nous la don-
- r-7-^T
- Plan d'une échelle à poissons mobile avec le niveau des eaux.
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- Fig. . — Coupe de la même échelle à poissons.
- puis, dès la mi-avril, on les transporte par séries successives dans le 2e réservoir où l’expulsion des œufs a lieu sans retard dans de bonnes conditions.
- En agissant ainsi, on obtient 3 et 4 fécondations à des dates différentes ; c’est une ressource précieuse pour l’élevage. Les Cyprinides et les Salmonidés se trouvent également bien de ce mode de procéder, et leur croissance est naturellement rapide.
- En semant annuellement 80 000 ou 100000 jeunes poissons de 0m,20 de longueur dans les cours d’eau, à raison de 800 à 1000 à l’hectare,
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- sans nul doute le repeuplement serait vite réalisé.
- Ce procédé de culture favoriserait également la remonte des poissons migrateurs ; car, sollicités par une nourriture plus abondante, ils viendraient en plus grand nombre séjourner dans nos rivières. Y. M.
- UN CHEF-D’ŒUVRE DE L’ART GREC
- Depuis quelques semaines seulement, on peut voir au Musée National d’Athènes une des [dus belles statues antiques que l’inépuisable Relias nous ait révélées.
- Après Milo, après Delphes, après Olympie, l’île de Cerigotto, non loin de Cy-thère, vient de livrer à notre admiration tout un trésor d’art, près de trente statues, entières ou brisées, dont l'Hermès de bronze que nous reproduisons ici est l’incomparable joyau.
- La découverte fut faite par des pêcheurs d’éponges, à une assez grande profondeur. Mais ce furent des scaphandriers envoyés sur place, à bord d’un navire de guerre, par le gouvernement hellénique, qui ramenèrent au jour, avec l’ancre du vaisseau sombré, les débris de sa précieuse cargaison.
- Et tout de suite, les archéologues reconnurent qu’ils se trouvaient en présence de quelques-uns des plus remarquables chefs-d'œuvre de la statuaire grecque, aux temps de Phidias, de Polyclète et de Praxitèle.
- 11 y avait là, entre autres, des statuettes de bronze d’un art exquis, remontant à quatre et cinq siècles avant Jésus-Christ ; une tête de bronze, grandeur nature, provenant d’un lutteur de la période alexan-drine ; une statue d’éphèbe, en marbre, dans la posture accroupie d’un combattant, toutes très intéressantes et dont chacune aurait fait la gloire d’un musée quelle que fût sa richesse.
- L’attention des savants, l’admiration des connaisseurs se portèrent principalement sur un certain nombre de fragments importants, en bronze, qui semblaient appartenir à une figure d’homme plus grande que nature. La tête, heureusement entière, les bras, le cou, la poitrine, les jambes décelaient, par l’harmonie des proportions et la noblesse des
- formes, une œuvre merveilleuse. Pour la restituer dans son intégrité, son attitude primitives, M. Cav-vadias, directeur des musées helléniques, eut la bonne idée de s’adresser à un artiste français, le seul peut-être actuellement en Europe pour lequel la science subtile de la restauration n’a plus de secrets. Nous avons nommé M. Alfred André.
- Ce choix batteur pour notre pays fut ratifié par le gouvernement grec. Bientôt installé, avec deux de ses collaborateurs, à Athènes, l’artiste se consacra pendant sept semaines au délicat travail qui lui avait été confié, assemblant d’abord les fragments sur un squelette métallique articulé, puis complétant par le modelage les parties malheureusement manquantes.
- Cette seconde opération surlout exigeait, on le conçoit, non seulement une main très sûre d'elle-même, mais encore une connaissance approfondie de la plastique grecque. C’est en s’inspirant sur place des chefs-d’œuvre contemporains que M. André, après de nombreux essais, put recréer, en quelque sorte, l’Hermès de bronze du maître inconnu.
- Le succès final fut complet. Exposée dans la salle principale du Musée National d’Athènes, l’œuvre enfin reconstituée donne une idée parfaite de ce qu’était la statuaire en Grèce, au ive siècle avant Jésus-Christ. Tous, amateurs et archéologues, s’accordent à la considérer comme digne de rivaliser avec le fameux Hermès, dû au ciseau de Praxitèle, que l’on voit à Olympie. En même temps, on peut dire qu’aucune autre statue de bronze de la même époque ne saurait lui être égalée.
- C’est, du moins, l’opinion émise par M. Cavva-dias, qui a étudié à fond la question et dont l’avis est partagé par les maîtres de l’archéologie grecque. D’après lui également, le trésor de Cerigotto proviendrait des épaves d’un navire qui remonterait à la conquête romaine.
- Ce navire, frété par Sylla pour le transport en Italie d’une cargaison d’objets d’art, aurait fait naufrage, au large du cap Malée, quelque cent ans avant notre ère. Edouard Bonnaffé.
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- L’ÉCLIPSE DE PÂQUES
- Pour une fois l’antique Saturne, Dieu du temps, se sera montré bienveillant à l’égard d’Uranie. L’éclipse de Lune de la nuit du J1 au 12 avril a été observée dans des conditions atmosphériques excellentes.
- Nous avons eu la bonne fortune de faire une observation à la Tour Eiffel avec quelques-uns de nos collègues de de la Société Astronomique.
- La Lune, dégagée des brumes de. l'horizon depuis f>h Ul"\ brillait déjà à l’Orient. La lueur crépusculaire, très intense au couchant, s’est effacée peu à peu et à 7h 45'" cette partie du ciel était d’un gris de cendre. Vers 9h une légère brunie se levait de la Seine et l’on distinguait avec peine les lumières des rives voisines. A 9h 50m on distinguait facilement à l’œil nu au sud de la Lune l’Epi de la Vierge. L’affaiblissement de l’éclat de la Lune causé par la pénombre a commencé à être sensible à10h ln'” seulement; à 10h .nO"1 il était excessivement net; en lin à 10h40m l’entrée dans l’ombre était constatée à la lunette à la hauteur du cirque de Sebickard; cette ombre était appréciable à l’œil nu à ] 0h Hm. A 10'1 55'" Longnmontanus avait disparu dans l’ombre. La limite entre la partie non éclipsée et la partie dans l’ombre était des plus nettes. Tycho a disparu de 11M ra à 11h ôm 30*. A 11h 1 fim ce fut le tour de Copernic. 11 était absolument impossible de distinguer à l’œil nu ou à la jumelle la partie de la Lune éclipsée ; pas de ces colorations changeantes comme on observe généralement en pareil cas. La pénombre avait une teinte bleuâtre presque violette. A minuit I7m l’éclipse a atteint son maximum. 11 n’y avait plus qu’une toute petite partie de la Lune voisine du pèle Nord de visible. On eût dit Vénus brillant dans le ciel. Peu a peu la Lune s’est dégagée de l’ombre de la Terre. Vers lh brusquement le retour de la lumière se fait. La Lune recommence à porter ombre ; on ne voit plus les étoiles de Gmc grandeur. A ce moment l’ombre pendant quelques minutes a été bien distincte ; elle était couleur olive et l’on distinguait nettement les bords de la partie éclipsée. Le phénomène n’a duré d’ailleurs que quelques minutes. A lh5 j’ai vu une petite étoile disparaître au bord sud-est de la Lune. Dès lho()m le vent s’est mis à souffler en rafales et les nuages ont couvert le ciel. Jusqu’à lh56m j’ai pu apercevoir la Lune dans de belles éclaircies. A ce moment les Pyrénées et Langrenus étaient sortis de l’ombre. Le dernier contact à 2h lm n’a pu être observé.
- Le temps, qui a été si favorable à Paris, a été par contre déplorable en d’autres parties de la France. Au Havre une belle journée ensoleillée faisait prévoir une nuit pure. Le ciel s’est malheureusement couvert, et mes dévoués collaborateurs Georges Mundler et Antony Schoux n’ont rien pu observer. Il en a été de même à Lillebonne où M. Georges Caron avait préparé un appareil pour prendre une double série de 6 photographies chacune au foyer de son 5 pouces et sur une même plaque. Un voile épais d’alto-stratus a rendu inutiles ces intéressants préparatifs. Par contre à l’ile d’Oleron un observateur fort distingué, le Dr Lotte, a fait d’intéressantes constatations, grâce à une très belle soirée et une atmosphère absolument calme. L’entrée dans l’ombre a eu lieu à 22h28m (heure du lieu) ; immédiatement l’ombre s’est accusée très noire. A 22h 45™ elle était remarquablement épaisse, opaque, exactement teinte de verre fumé. A 25h55ra maximum de l’éclipse ; la nuit est complète et l’air est beaucoup plus frais. Pendant la décroissance de l’éclipse l’ombre a présenté une moins grande opacité sur les
- bords du disque lunaire, et sa bordure était légèrement frangée, mais toujours noire. A aucun moment le croissant lunaire n’a présenté une teinte colorée quelconque. C’était du noir et du jaune clair. L’ombre, dit M. Lotte, avait une opacité si grande qu’au cours de l’Éclipse elle paraissait, dans le champ de la lunette, se prolonger à droite et à gauche du disque lunaire. A la limite de la pénombre et de l’ombre, une partie renforcée accusait notre atmosphère.
- Cette éclipse, et ce sera là notre conclusion, a été excessivement remarquable par l’opacité de l'ombre. Il est regrettable que l’Eclipse n’ait pas été complète, car alors il eût été impossible de trouver la Lune dans le ciel, et même, en connaissant sa position exacte, de la distinguer du fond du ciel. Les éclipses de ce genre sont rares. Celles de 1G42, 1701 et 1810 en furent de fort beaux exemples Lucien Libkbt.
- CHRONIQUE
- Nouvelle étoile variable. — Mrae Céraski, femme du directeur de l’Observatoire de Moscou, vient de découvrir une nouvelle étoile à éclat variable. Pendant une période de l jour 8 heures 55 minutes cette étoile émet une brillante lumière, puis elle s’éteint pour une durée égale, et ainsi de suite. Ceci semblerait indiquer qu’elle se compose de deux étoiles, dont l’une éclipse l’autre par moments. On connaît d’ailleurs aujourd’hui près de 200 étoiles à éclat variable.
- li'industrie du lait refroidi en Allemagne. — Cette industrie (qui est une application du brevet Casse, fort couramment utilisé en Danemark) se développe dans une foule de centres, Luckau, Reinsberg, Cottbus, hy-ritz, etc., et Berlin consomme déjà des quantités énormes de ce lait. Celui-ci est refroidi seulement à une température qui oscille entre 2° et 5° C., après être passé, du reste, dans un pasleurisateur à haute pression; puis il est mis dans des boites cubiques, qu’on peut entasser facilement dans des wagons pour qu’elles forment une masse compacte que l’on enveloppe de paillassons. D’ailleurs, au moment de l’expédition, on ajoute dans la boîte un bloc de lait congelé par passage dans un bain à —20°. Dernièrement, M. Bernstein a perfectionné le procédé en lestant ce bloc de lait congelé au moyen d’un morceau de métal qui y est noyé; de la sorte la glace, restant au milieu de la masse de lait, empêche la crème de se rassembler à la partie supérieure du récipient.
- lûes mist-poeffers italiens. — Un observateur italien, M. Alippi, a réuni un certain nombre de renseignements sur les « mist-poeffers » en Italie. On sait que tel est le nom que reçoivent ces sourdes détonations que l’on entend parfois dans les régions avoisinant les montagnes ou au bord de la mer. M. Alippi a constaté que dans les récits des populations, ces phénomènes sont décrits d’une façon identique, mais que les circonstances météorologiques qui les accompagnent varient considérablement : il en conclut qu’ils sont endogènes et sans rapport avec la météorologie. En Ombrie, en Calabre, en Roma-gne, etc., les habitants voient dans les mist-poeffers, qu’ils appellent « bonniti », un présage de mauvais temps. Toutefois, il conviendrait peut-être de faire une distinction entre les mist-poeffers de Hollande, les Barisal Guns de l’Inde, qui se produisent en pays plat, et les bonniti de l’Italie, qu’on n’observe que près des montagnes, et qui coïncident toujours avec des périodes d’activité sismique.
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- Les dragages par succion. — Pour régulariser le chenal de l’embouchure de la Seine qui se déplace d’une manière constante, l’administration des Ponts et Chaussées se sert actuellement de dragues à succion, qui ont remplacé l’antique système à augets. Elles présentent deux caractéristiques : d’abord elles sont munies d’une pompe suceuse qui, à l’aide d’un tube appelé « élinde », aspire le sable qu’il s’agit d’éloigner; ensuite, au lieu de déverser ce sable dans des chalands, elles l’emmagasinent, dans des puits ménagés près des machines, pour aller le répandre en des endroits où le jusant l’emporte. Ce système est plus pratique que celui des chalands, surtout par gros temps: de plus, il est économique. Le prix du mètre cube dragué s’élevait avec les anciennes dragues à 0fr,20; avec les appareils à succion, il est tombé à 0fr, 15, et comme les deux dragues à succion en service aspirent ensemble un million de mètres cubes par an, l’économie réalisée de ce chef est sensible. Les premiers résultats de ces engins sont des plus satisfaisants à tous les points de vue, en sorte que tout permet de croire que le projet de constituer un lit régulier à la Seine pourra s’exécuter sans trop de difficultés.
- Câble porteur de 900 mètres. —- En dépit du déboisement intense auquel on s’est livré aux Etats-Unis, les exploitations forestières y tiennent encore une très grande place, notamment dans la Sierra Nevada de Californie. Une des compagnies exploitantes, pour franchir une gorge, un cafion qui sépare une partie des forets qu’elle exploite du cours de l’American River, vient d’établir un câble porteur de 915 mètres de portée qui franchit la gorge à quelque 300 mètres de haut, et permet d’expédier rapidement d’une rive à l’autre de la gorge un chariot aérien portant un lourd chargement. Quand nous disons un câble porteur, nous ne sommes pas dans l’absolue vérité, car ce câble est double pour supporter la double paire de roues du chariot. Chacun de ces câbles pèse 14 1/2 tonnes et peut supporter une surcharge de 125 tonnes.
- Ravinements et reboisages. — Le remède au ravinement est le reboisage. Malheureusement le reboisage est très lent et la prise des plants est aléatoire. C’est que l’amélioration qui doit procurer le boisage serait justement utile déjà pour assurer le développement des jeunes plants. En effet, le ravinement des hauteurs n’est arrêté que par les végétations, lesquelles substituent un lent ruissellement au choc désorganisateur des gouttes de pluie. Pour combattre cet effet destructif des eaux de pluie et aider au succès des plantations feuillues : 1° on peut faire des semis de plantes aptes, telles que le chiendent, à s’attacher aux aspérités du sol non encore désagrégé; 2° on peut aussi remplacer le feuillage protecteur, des arbres à venir, par un procédé artificiel qui consiste à suspendre, à des fils de fer galvanisés tendus sur des poteaux, des sortes d’ombelles formées de floches de raphia attachées sur des carcasses coniques en fil de fef galvanisé. Ces installations peuvent durer plusieurs années, elles donnent, en ce qui concerne l’arrêt de la pluie, le principal effet dû au boisage, les débuts de celui-ci s’en trouvent dès lors gi andement facilités.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 20 avril 1903. —Présidence de M. A. Gaddrv.
- MM. Blaserna de Rome, Egoroff de Saint-Pétersbourg, Forster de Berlin, Hasselberg de Stockholm, von Lang
- de Vienne, membres du Comité international des poids et mesures, assistent à la séance.
- Influence de l’atmosphère sur l’aiguille aimantée.— M. Poincaré dépose une Note de M. Nordman, relative à l’influence de l’atmosphère sur les oscillations diurnes de l’aiguille aimantée. D’après la théorie de Faradav, les variations diurnes de l’aiguille aimantée sont dues aux différences de perméabilité magnétique de l’atmosphère terrestre sous l’influence de la température et de la pression. M. Nordman démontre que les variations de perméabilité magnétiques de l’atmosphère ne suffisent pas pour expliquer les phénomènes constatés. En s’aidant des données nouvelles sur la température des couches élevées de l’atmosphère fournies pur les ballons-sonde, il a pu calculer que si l’on pouvait supprimer totalement l’atmosphère, l’effet magnétique serait si faible qu’il ne serait susceptible d’être décelé par les instruments.
- Photographie de l’éclipse de Lune. — M. Wolf présente à l’Académie une série de photographies lunaires prises lors de la dernière éclipse.
- Voltmètre enregistreur. — M. Mascart décrit un appareil imaginé par M. Carpentier destiné à inscrire la forme d’un courant alternatif, c’est-à-dire la courbe de ses variations. On cherche dans les machines à réaliser la forme d’une sinusoïde qui correspond au plus fort rendement ; on conçoit donc qu’il est important de connaître expérimentalement la forme de la courbe. L’appareil est fondé sur une méthode dont le principe est dû à Jouhert.
- Les eaux sulfureuses de Litchon. — M. A. Gautier présente une Note de M. Garrigou sur la composition des eaux sulfureuses de la source Bayen à Luchon. On admet généralement que les sources de Luchon ont une constitution identique ; or M. Garrigou a constaté l’existence à la source Bayen de sulfhydrates de sulfure. Donc, il y a diversité de constitution. Cit. de Yteledeuiu.
- LES CARROSSES DE LA COUR A LISRONNE
- Dans la cérémonie de la réception du roi d’Angleterre à Lisbonne, le jeudi 2 avril, une des choses qui ont le plus frappé les étrangers, c’est le défilé des carrosses de la cour. Ces carrosses étaient au nombre de six. Les cinq premiers, attelés de six chevaux, étaient occupés par les personnages de la suite du roi de Portugal et du roi d’Angleterre. Le sixième, attelé de huit chevaux, portait les deux monarques et l’infant D. Affonso, frère du roi D. Carlo.
- Chaque voiture était conduite par un cocher assis sur le siège et un jockey à cheval en livrée rouge et or. Les crinières et les queues des chevaux étaient tressées de rubans aux couleurs de Portugal : bleu et blanc. Enfin, de nombreux gardes du palais à pied, avec leurs habits magnifiques, escortaient les attelages à droite et à gauche. Habituellement, ces carrosses sont remisés au palais de Belem ; on en connaît l’histoire que voici brièvement résumée :
- Le premier carrosse fut fabriqué à Paris en 1665 et offert par le roi Louis XIV à la princesse Marie-Françoise-Isabelle de Savoie quand elle vint habiter en Portugal avec le roi D. Alphonse VI. Le deuxième carrosse fut commandé en 1750 par le roi D. José Ier. Le troisième carrosse fut fabriqué à
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- LA NATURE.
- Paris en 1717 par ordre de l’infant I). Franseisco, frère du roi I). Joâo Y. 11 servit pour la première fois en janvier 1729. Le quatrième carrosse fut fabriqué à Vienne, en Autriche, par ordre de l’empereur Joseph Y, qui l’offrit, en 1708, à l’archi-
- duchesse Marie-Anne quand elle vint en Portugal pour épouser le roi D. Joâo Y. Il fut restauré en 1862 et est dans un état de fraîcheur remarquable. Les panneaux portent la lettre M, initiale de la princesse à laquelle il fut offert. Le cinquième carrosse
- Fig. 1. — Carrosse construit à Paris en 1717.
- Fig. 2. — Carrosse construit en 1705.
- fut construit à Rome par ordre du pape Clément XI et offert, en 1717, au roi D. Joâo V. En 1845, on le redora, mais il a conservé intactes ses anciennes garnitures en velours cramoisi et galons d’argent, ainsi que ses belles peintures exécutées par Alexan-drino, Guillard, Nogueira et Morchado. Aux quatre angles se trouvent quatre magnifiques statues décoratives (fig. 1). Le sixième carrosse fut construit en
- 1705 et se distingue de tous les autres par ses énormes dimensions et la somptuosité de ses ornements (fig. 2). Nous avons cru intéressant de reproduire ici par la gravure les deux plus beaux carrosses de la cour du Portugal. A. R.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Laiiure, rue de Fieurus, 9.
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- N° 1 5f>2. — 2 MAI I 007).
- LA NATURE.
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- LE BALLON LEBAUDY
- Fig. 1. — La nacelle dépouillée de sa chemise d'étoile, et les organes de propulsion. Au-dessus de la nacelle, le cadre do poussée et les câbles de suspension.
- Après les tristes accidents qui, à un mois d’intervalle, ont, l’année dernière, marqué de leurs traces sanglantes l'histoire de l’aéronautique, on a éprouvé un vif sentiment de satisfaction et de soulagement à la fois, en enregistrant en-lin une tentative heureuse. La fortune contraire qui s’acharnait sur les aéronautes semble enfin une fois de plus enchaînée.
- Le succès légitime et mérité du ballon Le-baudy, construit et expérimenté une première fois par MM. Julliot et Surcouf, dans le courant de novembre dernier, à Moisson, près de Bon-nières, et qui poursuit en ce moment ses essais, est-il donc dû à une invention géniale et rompant complètement
- succès, justifiant ainsi ce
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de la plate-forme avec sa fausse quille, le cadre de poussée, la nacelle et la suspension.
- avec les habituelles pratiques? 31e année. —- 1er semestre.
- Pas même ; ce | ces dangers, on peut s’en
- que les gens sages ont toujours dit, est imputable avant tout, au contraire, au souci avec lequel on a tenu compte de tous les faits d’expérience antérieurs — et c’est le point sur lequel il convient d’insister tout d’abord, — en même temps que sur le soin avec lequel on a procédé aux essais préliminaires. Les hommes les plus compétents dans ce sport nouveau ne se lassent pas de répéter que les conditions qui régissent l’aéronautique, encore qu’ assez mystérieuses par certains côtés, sont suffisamment élucidées cependant pour qu’on n’ait pas à affronter des dangers totalement inconnus lorsqu’on tente quelque essai nouveau, et, affranchir, dans une cer-22
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- LA NATURE.
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- taine mesure, en appliquant les enseignements du passé. Assurément, ce serait trop s’avancer que de proclamer qu’il n’y aura plus jamais d’accidents; tout au moins, en procédant avec méthode, réduit-on les chances mauvaises au minimum. L’épreuve de Moisson vient à point pour le démontrer.
- Si le hallon Lebaudy satisfait aux conditions reconnues à ce jour indispensables dans la réalisation de tout dirigeable, il ne s’en distingue pas moins nettement des types antérieurs, comme le fera mieux ressortir une courte description.
- Le ballon proprement dit a 57 mètres de longueur. Il est dissymétrique; le maître-couple, dont le diamètre est de 9m,80, se trouve ainsi à 24m,90 de la proue et à 52™,10 de la poupe; l’allongement est de 5,6 diamètres. La pointe-avant a la forme d’un cône assez allongé, tandis que la poupe se termine en calotte sphérique ; enlin le rayon de courbure au fort est de 69 mètres.
- L’enveloppe gonflée n’affecte pas complètement la forme d’un solide de révolution : elle présente- à sa partie inférieure un méplat, comme si elle était coupée par un plan horizontal situé à 5n,,50 en dessous de l’axe. Les bords de ce méplat sont fixés à une couronne ovalisée, formant un cadre rigide en tubes d’acier auquel, d’autre part, s’altachent les câbles d’acier de la suspension. Tout blet, ou chemise intermédiaire, se trouve donc ainsi supprimé suivant la formule nouvelle. La plate-forme présente encore une particularité; c’est une sorte de fausse quille verticale qui la traverse de bout en bout, et dont l’ossature en treillis d’acier est revêtue d’étoffe sur sa partie postérieure. On l'a prolongée vers barrière par une longue vergue, qui n’était pas prévue, croyons-nous, au projet primitif, mais qui a été reconnue nécessaire pour maintenir, par des étrésillons, la rigidité du cène-arrière et soutenir le gouvernail de 9 mètres carrés. Un gouvernail horizontal, enfin, contribue à assurer la stabilité de route.
- L’enveloppe est en étoffe double, de coton léger, avec interposition d’une lame de caoutchouc qui n’a 1
- pas plus de de millimètre d’épaisseur. On sait
- que le caoutchouc n’a qu’un inconvénient, c’est qu’il est altérable sous la double action de la lumière et de l’oxygène. Pour empêcher l’effet de la lumière solaire, l’étoffe reçoit, à l’extérieur, une teinture qui a fait donner au Lebaudy un surnom populaire : on l’appelle le Jaune. Pour éviter l’action de l’oxygène de l’air et augmenter en même temps l’imperméabilité, on a passé sur chacune des faces 7 à 8 couches d’un produit spécial appelé ballonnine; c’est une dissolution de caoutchouc dans un mélange convenable de benzine et de sulfure de carbone. On en emploie, par mètre carré d’étoffe, 608 grammes, dont la plus grande partie s’évapore, ne laissant sur l’enveloppe que les 8 grammes de matière solide que contient la solution. L’évaporation est si rapide qu’il en résulte un refroidissement assez notable pour faire subir un véritable effet de vulcanisation aux
- deux faces de la lame de caoutchouc. L’étoffe ainsi préparée ne pèse pas plus de 500 à 550 grammes par mètre carré d’enveloppe, y compris les coutures. Elle est si imperméable que le ballon, au bout de 40 jours de gonflement, n’avait pas perdu sensiblement. La force ascensionnelle de l’hydrogène était simplement passée de 1164 à 1056 grammes par mètre cube; l’étanchéité est donc remarquable.
- La nacelle, suspendue à 5m,25 au-dessous de la plate-forme, a la forme d’une véritable nef. Elle a 4™,80 de longueur et lm,60 de largeur. La suspension, très divergente et triangulée suivant les principes posés par I)upuy-dc-Lôme, est constituée non pas par des fils d’acier dont les inconvénients sont multiples, mais par des câbles d’acier, de 5 à 6 millimètres de diamètre et au nombre de 28. Cette suspension, très bien étudiée, rend absolument solidaires la nacelle et le ballon, condition indispensable à la stabilité. Pour achever de raidir tout l’ensemble, on peut apercevoir, sur Lavant de la suspension, un cadre oblique de poussée, au tube d’acier, et sous la nacelle, une sorte de pyramide formant une aiguille pendante. Ce dispositif évite également aux hélices placées sur les côtés, de heurter le sol. La nacelle porte, outre ses deux aéronautes, un moteur à pétrole de 40 chevaux, actionnant les deux hélices placées latéralement, de part et d’autre de la nacelle. Chaque hélice à deux branches n’a que 2m,80 de diamètre; mais elle rachète sa faible envergure par une grande vitesse de rotation : elle tourne à 1000 tours par minute. Malgré les idées reçues qui attribuent plus d’efficacité aux grandes hélices tournant lentement, les constructeurs se déclarent très satisfaits de cet essai. Afin d’obtenir tout le rendement dont ces organes de propulsion sont capables, on a confectionné les palettes en tôle d’acier, pour leur assurer une complète rigidité.
- La capacité de l’enveloppe est de 2284 mètres cubes. La fixité de sa forme est assurée par un ballonnet compensateur à air de 505 mètres cubes, 1
- atteignant presque ^ du volume total. Le ballon est
- ainsi dans de très bonnes conditions. Les clapets automatiques de sûreté ne cèdent qu’à une pression intérieure de 20 millimètres d’eau, assurant par conséquent une bonne tension de l’étoffe.
- L’hydrogène très pur (nous avons dit que sa force ascensionnelle atteignait 1164 grammes) a été fabriqué dans un générateur Surcouf. L’établissement militaire de Chalais avait envoyé en outre, pour les essais du mois de novembre, trois voitures à tubes d’hydrogène comprimé, pour le renflouement.
- Les poids se répartissent ainsi :
- Partie aérostatique................ 480 kg.
- Plate-forme métallique ....... 300 —
- Nacelle, moteur, hélices et mécanisme. 800 —
- Voyageurs.......................... 300 —
- Essence, eau et lest............... 650 —
- Soit au total. 2550 kg.
- Avec une prudente sagesse les constructeurs s’é-
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- taient imposé, avant toute ascension libre, un programme d’épreuves sévères de chacun des organes et du ballon lui-même, dans toutes les positions qu’il peut prendre au cours d’un voyage aérien. En particulier, ils ont tenu à s’assurer qu’ils ne couraient aucun risque d’incendie. Dans ce but, des jets d’hydrogène sous pression, pur et mélangé d'air, ont été projetés sur toutes les parties des machines. Il a été constaté que, grâce aux précautions prises, aucune inflammation n’était possible ni sur l’allumage, ni à l’échappement du moteur à pétrole. Les mêmes essais ont été poursuivis sur des installations électriques destinées à suppléer le moteur à pétrole pendant ses arrêts, pour actionner le ventilateur du ballonnet à air ; et là, les résultats obtenus méritent detre signalés. Tout d’abord disons qu’il est impossible d’enflammer les jets de gaz sur les balais de la dynamo, dans les conditions les plus défavorables, c’est-à-dire lorsque, par suite de chocs, de vibrations ou de décallage, les balais jettent de nombreuses et fortes étincelles. Il semble que l’induit entraîne dans sa rotation rapide un manchon d’air qui empêche le contact du jet d’hydrogène ; mais, en revanche, ce jet d'hydrogène s’enflammait toujours aisément aux plots du commutateur de distribution et aux connexions des accumulateurs. Dans ces conditions, il était prudent de supprimer tout le relais électrique, ce qui a été fait. Les derniers essais ont été effectués en plein air. Le ballon a été mis en marche au guide-rope et à une faible hauteur au-dessus du sol, ce qui a permis de constater sa stabilité parfaite et le bon fonctionnement de ses différents organes.
- Toutes ces épreuves préliminaires avaient duré vingt et un jours, ce qui montre avec quelle conscience elles avaient été faites, et ce n'est que le 15 novembre dernier qu’on se résolut à tenter la première ascension libre, par un vent qui devait atteindre 5 à 6 mètres par seconde, à une centaine de mètres au-dessus du sol.
- Cette épreuve décisive a parfaitement réussi. Les passagers étaient MM. Surcouf, aéronaute; Julliot, ingénieur; Oberlé, mécanicien. Une des hélices ayant été faussée la veille, on dut se contenter de marcher avec le seul de ces organes qui fût en bon état, et la force motrice utilisée ne fut par suite que de 20 chevaux. On put constater, tout d’abord, que malgré l’excentricité de ce propulseur unique, placé sur le côté de la nacelle, le ballon s’avançait en ligne droite suivant son axe, ce qui montre combien il est illusoire de compter sur la manœuvre inversée de deux hélices latérales pour produire les changements de direction du ballon et remplacer le gouvernail ; le fait s’explique par la faible excentricité et le bras de levier trop réduit de chaque hélice.
- La vitesse obtenue n’a jpas été mesurée ; on peut estimer que le ballon, en pleine force, fera aisément 40 kilomètres à l’heure en conservant une bonne stabilité comme lors des premiers essais.
- Après trois voyages heureux, MM. Surcouf et Julliot, désirant étudier de terre les mouvements de
- l’aéronef, cédèrent la place à M. Juehmès; cet aéronaute consommé fit un quatrième voyage en décrivant dans l’air un huit fort régulier. Le seul incident à noter, c’est qu’en voulant essayer de virer avec un rayon très court, sous l’eflbrt considérable qui s’exercait sur le gouvernail, la pièce qui soutenait celui-ci s’est légèrement tordue, ce qui n’a pas empêché d’effectuer de façon correcte la manœuvre d’atterrissage, en ramenant le ballon à son point de départ.
- A l’heure actuelle, au commencement de mai, le grand ballon en est à sa neuvième ascension avec retour au point de départ. Le 1er avril : sixième et septième sorties; 15 avril, huitième; 20 avril, neuvième. Durée des expériences : environ une heure.
- En résumé, les diverses ascensions eflectuées en boucle fermée sont absolument démonstratives. La période d’hiver a été mise à profit pour les modifications inspirées par l’expérience. Dès qu'avril a ramené le beau temps, le Jaune a été regonflé et nous voyons qu’il continue avec succès en ce moment la série de ses voyages gradués et méthodiques, au cours desquels il se montre très stable. Sa construction aussi bien que les épreuves auxquelles on l’a soumis font le plus grand honneur à l’aéronautique française. lA-ColonelG. Eshtaluki!.
- LES MASTICATOIRES
- On sait que les habitants de l’Asie équatoriale et de la Mélaiïésie ont les dents noires comme si on les avait passées au cirage. Cette teinte peu appétissante provient de leur habitude de sucer un masticatoire très répandu, le Bétel. Celui-ci est formé de trois ingrédients : les feuilles de Poivrier Bétel, la noix d'Arec et de la chaux. Le goût du mélange est celui d’un aromate, avec une impression de fraîcheur. « L’odeur de la noix d’Arec, dit un voyageur, a de la ressemblance avec celle du brou de noix. Elle est meilleure quand elle est sèche et de couleur brune. Les Annamites, lorsqu’ils enlèvent la peau de la noix fraîche, ont la lenteur et la physionomie particulière aux gens qui bourrent leurs pipes, l’air de complaisance qui annonce un plaisir assuré et qu’on savoure en imagination. Quelques-uns ajoutent de la chaux vive qu’ils tirent d’un petit vase en cuivre ou en faïence. J’ignore comment leur bouche peut y résister. Un raffinement consiste à mêler une forte chique de tabac à la chique de bétel. Le bétel est un narcotique assez énergique. Les Annamites accroupis sur le devant de leurs portes, devant leurs tables de bois dur, ont dans leurs yeux quelque chose de la tranquillité mêlée de somnolence particulière aux ruminants. Les mouvements de leurs joues complètent ce rapport d’idées. »
- Les Annamites sucent le bétel pour se colorer les dents en noir, — ce qui est très esthétique à leur point de vue, et les protège — disent-ils — de la carie. Ils le regardent aussi comme un précieux préser-
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- vatil contre les fièvres et les dysenteries si fréquentes et si meurtrières dans ces climats tropicaux.
- Dans le Levant, on obtient un autre masticatoire du Lentisque, petit arbre de 4 à 5 mètres présentant un grand nombre de rameaux tortueux. En Orient, on le cultive spécialement pour sa résine connue sous le nom de mastic. « Dans ces pays, la culture des Lentisques ne demande pour ainsi dire aucun soin. Quand on veut récolter le mastic, on fait, dès le début du mois d’août, de légères et nombreuses incisions transversales dans le tronc et les branches principales de l’arbre, en respectant les jeunes branches. Dès le lendemain, on voit sortir des fentes un suc liquide qui s’épaissit peu à peu et prend la forme de larmes d’un jaune pale, sphériques ou légèrement aplaties. Ces larmes tombent à terre où on les ramasse ; aussi a-t-on soin de balayer convenablement le sol sous les arbres pour qu’il ne s’v mélange pas d’impuretés. Les Lentisques donnent parfois plusieurs récoltes de mastic par an; celle du mois d’août fournit le mastic de la meilleure qualité et en plus grande abondance ; mais, à la fin de septembre, les mêmes incisions donnent souvent un nouvel écoulement de résine . Le mastic, qui est formé par une huile essentielle unie à la masticine, est légèrement tonique et astringent. Le mastic est consommé en grande quantité comme masticatoire par les femmes de l’Orient. Le mastic se ramollit, en effet, sous la dent en parfumant l’haleine et en fortifiant les gencives. C’est dans cet usage qu’il faut chercher l’origine du nom du produit » (P. Costantin).
- Le Pistachier de l’Atlas, aux branches tordues et ressemblant à de gros serpents, ainsi que le Poivrier d’Amérique, donnent aussi un masticatoire analogue. Dans les îles d’Andros, Longues, Eleuthéria et Nouvelle-Providence, les fumeurs mâchent, pour se parfumer l’haleine, l’écorce du Croton éleuthéric.
- Chez nous, nous employons au même usage, le Cachou, qui provient surtout de Y Acacia Catechu, arbre originaire des Indes Orientales et cultivé dans certaines parties de l’Amérique. On l’extrait du bois et des gommes de l’arbre assez commun dans les forêts.
- Masticatoire aussi est le tabac à chiquer si en faveur chez les marins qui peuvent grâce à lui se
- « nicotiniser » sans risquer au moins de mettre le l'eu à leur bateau.
- Pour terminer cette revue des plantes que l’on suce, il ne reste plus guère à citer que la Réglisse, formée des souches souterraines du Glycyrrhiza glabra, qui croît dans tout le midi de l’Europe. Pour en extraire le jus noir utilisé pour le rhume, on fait bouillir plusieurs fois ces souches et on fait évaporer la liqueur dans une chaudière de cuivre. Ensuite on moule en bâtons qui font la joie des enfants et la tranquillité des parents. Henri Coepin.
- RIVAGES MARITIMES ET VÉGÉTATION
- Dans les endroits où les arbres sont directement exposés au vent de la mer, ils prennent souvent des
- formes qui méritent d’être étudiées. Les chênes verts ( Quercus il ex L.) qui constituent à eux seuls des bouquets de bois sur les falaises de la rive droite de l’estuaire de la Gironde sont comme taillés aux ciseaux (fig. 1). Tous les troncs sont penchés vers l’intérieur des terres et la masse du feuillage forme un plan incliné parfaitement régulier qui commence au ras du sol du côté de la mer, par l’intermédiaire de plantes restées à l’état de broussailles, pour s’élever ensuite progressivement jusqu’aux arbres de grandeur normale sans atteindre jamais une très grande hauteur.
- Les pins maritimes qui couvrent les dunes de Gascogne ne présentent rien de particulier lorsqu’ils sont protégés du côté de la mer par une dune artificielle. Lorsqu’on a négligé de prendre cette précaution la forêt offre sur tous les points exposés l’aspect d’un champ de bataille. Et c’en est un, en effet, puisque ces arbres livrent le bon combat qui doit protéger la terre habitable contre les envahissements de la mer et du sable. Les premiers rangs sont formés de troncs rampants, à demi enfouis, contournés dans les poses les plus bizarres, mais opposant toujours au sable qui les étouffe de nouvelles pousses vertes.
- Plus loin vers l’intérieur, on voit des arbres qui ont commencé par pousser à peu près droits, mais dont les branches ont été entièrement déjetées par
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- l’etlort du vent et même grillées du côté de la mer.
- végétaux
- recourbés deux lois à de l’arbre est encore plus
- On a ainsi des angle droit. La forme curieuse lorsque comme dans la ligure 2, c’est près de terre que le tronc se dévie comme s’il voulait rentrer dans le sol et qu’il remonte ensuite en faisant un coude aigu. Ces conformations ne sont pas toujours faciles à expliquer. Peut-être certains de ces arbres ont-ils été brisés par le vent et s’agit-il en l’occurence de cicatrisation dans des positions vicieuses. Ce qui tendrait à le faire croire, c’est que j’ai assez souvent observé sur l’angle convexe en haut un fragment de bois mort qui continuait la direction primitive que suivait le tronc.
- Mais si la lutte de la forêt contre la mer a ses éclopés, elle a aussi ses cadavres. En bien des points des arbres morts gisent au milieu des broussailles. D’autres fois, tout un bouquet de bois a été comme brûlé par le vent de la mer; les troncs, en partie privés de leur écorce, sont restés debout, et rien n’est triste comme cette forêt morte en train de s'ensabler lentement.
- Dans les endroits où l’on n’a pas planté de pins, la dune tend à se recouvrir d’une maigre végétation, où dominent le gour-bet (Psamma arenaria R.), certaines euphorbes, des chénopodées, le Convolvulus soldanella L., aux grandes tleurs roses, Artemisia crilhmi folia D.C., Helichrysum stœchas D.C., Eryngium mari-timmn L.; Silenecrassi folia Th. et Dianllius gal-
- Fig, -2.
- Pin recourbé à angle aigu, lorèt entre Soulac et la Pointe de Grave.
- lieu s P. Toutes ces plantes sont pourvues de racines très longues qui s’enfoncent profondément dans le sable, ou de stolons qui s’étalent à sa surface. Elles
- sont vivaces, charnues, revêtues d’une cuticule épaisse qui s’oppose à l’action desséchante de l’air salin. Malgré tous ces moyens de protection la lutte contre l’ensablement est difficile et pleine de surprises. A () kilomètres au sud de Soulac, on trouve des dunes abandonnées à elles-mêmes : malgré les végétaux herbacés qui essaient de les fixer, elles s’avancent vers l’intérieur en comblant les creux et enfouissant les buissons. La maison que représente la figure 3 est entièrement ensablée du côté de la mer ; le sable y atteint le toit. On voit qu’il s’avance à droite et à gauche et que les deux vagues sableuses vont tinir par se réunir du côté de la maison tourné vers l’intérieur des terres, et qu’elles achèveront de la submerger peu à peu.
- Cet épisode de l’éternelle lutte contre la dune montre la nécessité du reboisement de toutes les parties sablonneuses de notre rivage maritime. Là est le salut, comme la pratique l’a démontré chaque fois que l’on a combattu l’invasion par un reboisement méthodi-
- que.
- Ce
- cette
- Fig. 5. — Habitation envahie par la dune au sud de Soulac.
- n est qu a condition qu’on pourra utiliser les vastes landes actuellement en friche et qui correspondent aux parties du rivage où l’on a négligé de faire ce reboisement indispensable. Dr L. Lai.oy.
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- IA TACHE ROUGE DE JUPITER
- Les dernières observations de la planète Jupiter ne contribueront pas peu à nous faire connaître ce monde si intéressant et encore si mal étudié. Les observateurs ont eu contre eux la grande déclinaison australe de la planète située dans le Capricorne et les conditions météorologiques déplorables du printemps dernier, aussi les résultats qu’ils ont obtenus n’en sont-ils que plus remarquables. Un point surtout a été en partie élucidé et c’est peut-être le plus délicat de la géographie jovienne, je veux parler de la mystérieuse tache rouge. On sait que, pendant l’été de 1878, un phénomène important s’est produit sur Jupiter. Dans l’hémisphère austral de la planète, environ vers le 25e degré de latitude est apparue une tache allongée de couleur brique se détachant merveilleusement sur un fond blanc très clair. Apparue n’est peut-être point le terme exact, car on retrouve sur les dessins de la planète antérieure à cette date une tache tout à fait semblable et comme forme et comme position à celle qui nous occupe aujourd’hui; la vérité est que cette tache est devenue plus accentuée en 1878 et qu’on l’a identifiée avec certitude à partir de cette date. Lord Lindsay l’a observée le 26 juin, puis Pritelles Barnard et Niesten l’ont étudiée par la suite. Dette tache avait des dimensions colossales : 46 000 kilomètres de longueur sur 14 000 kilomètres de largeur, ce qui représente pour Jupiter ce que représente l’Australie pour notre planète. Cette tache a tout d’abord été très apparente, visible dans les petits instruments et pendant cinq ans elle n’a point changé sensiblement d’aspect.
- La photographie de son spectre indiquait que cette tache émettait de la chaleur et de la lumière. Puis soudain, en mai 1883, la tache disparut. Ricco à Catane l’observa pour la dernière fois le 14 mai. Cette disparition fut de courte durée. Le même observateur la revit le 24 août de cette année-là et la réapparition fut confirmée par Stanley Williams de Bristol qui fit une bonne observation de la tache rouge le 28 septembre. Toutefois la tache rouge resta fort pâle depuis cette époque et ne fut plus visible dans de faibles instruments. On avait observé, en même temps que la tache rouge, des taches blanches sur Jupiter et alors que la première tournait en 9h55"I55s, les secondes.tournaient en 9h 50m 6S avançant ainsi de plus de 5 minutes par jour jovien sur la tache rouge. 11 en résultait que les taches blanches passaient au-dessous de la tache rouge tous les 44 jours environ (exactement 44J 17h24ra en 1882). Un fait important se produisit en 1887. M. Stanley Williams de Bristol se crut autorisé à conclure de ses observations que la tache rouge exerçait une sorte (( d’influence répulsive » sur la matière jovienne qui se trouve dans son voisinage. En mai 1887, une tache (la tache XII dans la nomenclature de Stanley Williams) était située à droite de la tache rouge. De par sa position, si cette tache suivait son trajet normal, elle devait passer devant la tache rouge ou derrière ou à travers. Le 14 mai, l’observation montra que la tache rouge avait repoussé la tache vers le Nord à son passage auprès d’elle. Et Stanley Williams pensait que la tache rouge était entourée d’une bordure invisible qui produisait les effets de répulsion observés sur les nuages ou autres formations atmosphériques arrivant dans son voisinage. Ces nuages étaient obligés de contourner la tache rouge comme si elle avait constitué obstacle.
- Certains auteurs pensaient que l’auréole blanche sur laquelle, nous l’avons vu, la tache rouge se détachait
- à l’origine, indiquait la zone d’action répulsive. A la même époque un auteur anglais, M. Green, déclarait que la tache rouge était une partie solide de la planète et que toutes les autres taches étaient des formations atmosphériques inconstantes et à vitesse de rotation variable. Ces délicates constatations de l’astronome de Bristol méritaient confirmation, lin laborieux et patient astronome espagnol, mon ami M. José Comas Sola de Barcelone, s’est consacré à l’étude ingrate de la planète et il a eu la bonne fortune de mieux préciser les données du problème ainsi que le montre l’important mémoire qu’il vient de présenter à l’Académie royale des sciences de Barcelone. M. Comas Sola avait observé en 1961 des protubérances dont la vitesse de rotation était de 9h55m14' et qui, d’après ses calculs, devaient arriver au mois de juin 1962 en conjonction avec la tache rouge dont il avait fixé la vitesse de rotation à 9h55m 458. Il était intéressant de confirmer à cette occasion l’observation de M. Stanley Williams, observation qui ne se présente que fort rarement : le 6 juin, il y avait à droite de la tache rouge deux groupes de taches qui devaient arriver bientôt en conjonction avec la tache rouge. Le 18 juin, une magnifique observation permit à M. Comas Sola de supposer que ces taches éprouvaient une répulsion vers le bord droit de la tache rouge puisqu’elles étaient presque noires vers ce même bord par l’effet sans doute d’une condensation de matière. « Mais, le 25 juin, comme j’observais cette même région, écrit M. Comas Sola1, ma surprise fut extrême de voir un groupe de taches à la pointe opposée de la tache rouge, taches qui n’avaient évidemment pas suivi le contour de la dépression, car si elles avaient suivi ce contour elles auraient été parfaitement visibles les jours précédents à la partie occidentale de la dépression dont l’intensité ou l’obscurité est toujours faible. Donc les taches n’avaient pas passé par-dessus la tache rouge ; elles avaient passé « par dessous » et cette observation confirme une observation douteuse, effectuée par M. Denning, il y a quelques années.
- « Cette observation nous démontre que la tache rouge est un corps qui Hotte dans l'atmosphère de Jupiter, corps ellipsoïde doué d’une vitesse distincte de celle des courants atmosphériques. Elle démontre également que le courant des protubérances est à un niveau plus bas que la matière de la bande équatoriale, matière qui est presque totalement refoulée par la tache rouge, mais que les protubérances, elles, ne rencontrent qu’une faible résistance. » Les conclusions de ce travail sont incontestables en ce qui concerne les protubérances et la bande équatoriale. Elles le sont moins pour ce qui a trait à la nature même de la tache rouge. M. Comas Sola admet que c’est un corps flottant dans l’atmosphère de Jupiter, mais il s’empresse d’ajouter que l’on ne peut dire s’il est liquide ou solide et que l’on ne peut, dans l’état actuel de nos connaissances, expliquer pourquoi il n’a pas la vitesse du milieu ambiant et pourquoi il n’a point une vitesse uniforme depuis sa découverte. Toutefois il est déjà très hasardé de dire que c’est un corps flottant dans l’atmosphère de Jupiter. Corps flottant? Les faits semblent le démontrer; dans l’atmosphère de Jupiter, rien ne le prouve jusqu’ici.
- M. Maunder en fait une solidification partielle de la surface; M. Stanley William le compare à une île au milieu d’un fleuve, le fleuve étant représenté en la circonstance par les courants de la bande australe. M. Camille Flammarion est 'tout disposé à voir en lui une île flottante sur la surface de Jupiter encore liquide et
- 1 José Comas Sola : Nota Sobre Jupiter, Barcelona 1902.
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- chaude. Les courants de matières liquides viendraient se heurter contre lui, passeraient au-dessous de lui et ressortiraient à l’Est, il appartiendra aux observations futures de nous fixer sur ce point encore mal éclairci de la question et les astronomes de la compétence de M. Comas Sola ne tarderont certainement pas à faire franchir ce pas décisif à nos connaissances zénographiques. Lucien Libekt.
- LE PERCEMENT
- DU TUNNEL DE GRAYEHÀLSEN
- LIGNE DE BERGEN A CHRISTIANIA
- Dans ces derniers mois, deux entreprises de travaux publics d’une importance économique considérable viennent d’ètre terminées en Norvège.
- Jusqu’ici deux voies ferrées seulement traversaient le relief montagneux de la péninsule Scandinave et mettaient en communication rapide les régions de la Baltique et du Skagerrack avec le versant atlan-
- tique : partant, l’une de Christiania, l'aulre de Stockholm, elles aboutissent toutes deux à Tliron-djem, la première en passant les montagnes au plateau de Roros, la seconde au seuil de Storlien. Ces lignes n’ont qu’un intérêt secondaire, et ne présentent qu’un faible trafic. Dans le courant de l’hiver, une troisième voie ferrée a été ouverte entre les deux versants de la Scandinavie, celle-là tout à fait dans l’extrême nord, par le 68e de latitude nord. La nouvelle ligne relie l’Ofotcnfjord, situé en face du célèbre archipel des Lofotcn, au réseau de la Suède septentrionale et par cette dernière voie à Stockholm. Cette ligne, destinée aujourd'hui à transporter sur l’Atlantique les minerais de fer des riches gisements de la Laponie suédoise, acquerra, dans quelques années, une importance singulièrement plus considérable à tous les points de vue.
- Quelques mois avant la pose du dernier rail sur le chemin de fer de l’Ofotenfjord, un grand travail d’art était terminé dans le sud de la Norvège, prépa-
- 1500;
- 1000 ^
- — 4-
- 500 Kil. 4.00 300 200 400 0
- ts, Gaj
- Fig. 1. — Chemin île 1er de Bergen à Christiania. — Profil de la section Vossvangcn au Taugevand.
- rant l'ouverture d’une nouvelle voie de communication à travers la péninsule Scandinave. Le G juillet 1902, après six ans de travail, le percement du tunnel de Gravehalsen par lequel la ligne de Christiania à Bergen franchira le massif Scandinave était achevé. Cet événement a été entouré d’une grande solennité en raison de l’importance que le peuple norvégien attache à la construction de ce chemin de fer et dont il est facile de se rendre compte par l’examen de la topographie générale du pays.
- Christiania regarde le Skagerrack, tandis que Bergen, la seconde ville du royaume, le grand marché d’exportation du poisson, qui est, comme on sait, le principal produit de la Norvège, est située sur la mer du Nord. Et ces deux centres de l’activité du pays ne sont unis que par des voies de communication rares et précaires, quatre routes carrossables, trop longues et trop accidentées, pour servir au transport des marchandises, lesquelles ne sont guère fréquentées que l’été par les touristes. Toutes les relations postales et commerciales entre les deux villes principales de la Norvège se font par mer. C’est que, de Christiania à Bergen, tout l'espace est occupé par le puissant
- massif Scandinave. Loin de former, comme les Alpes, une crête découpée par des vallées plus ou moins pittoresques tels que le Grondalsvand et le Laaghel-lervand, etc., il arrive finalement au Taugevand. Là on atteint le point culminant (1294 m.), et, bientôt après, commence la descente vers l’est, vers l’Ustedal et le llallingdal, que la voie suit ensuite pour se souder, à Ilonefoss, au réseau norvégien en exploitation.
- Sur les 72 kilomètres qui séparent Yossvangen du Taugevand, les tunnels atteignent une longueur totale de 48040 kilomètres, soit 25 pour 100 de la section. Le plus long est celui de Gravehalsen (5510 m.) qui amène la voie du Raundal dans le Myrdal. La percée de cette montagne est un magnifique travail d’art exécuté par MM. llorncmann et Thorvald Strom, de Bergen.
- L’entreprise se présentait ici singulièrement plus difficile que dans les Alpes. En Norvège, sous le 01° de Lat. N., l’altitude de 800 mètres qui est celle du tunnel correspond au moins à celle de 2500 mètres en Suisse. À Opset, à l’entrée ouest, la végétation forestière s’arrête à 750 mètres. Dans ces conditions
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- les travaux préliminaires, tels que l’établissement des chantiers, des baraquements, des cantines ont déjà entraîné un grand elïort; d’autre part, en raison de l’éloignement des centres d’approvisionnement, le ravitaillement des ouvriers a toujours été laborieux. On peut se rendre compte de la nature du pays dans lequel le travail a été poursuivi par ce fait qu’il a fallu, d’abord , établir une route dans le Raun-dal pour assurer les communications avec Yossvangen, la base d’opérations. Ajoutez à cela qu’à cette altitude l’hiver ne dure pas moins de huit mois. La température, il est vrai, n’est généralement pas très basse ; le plus souvent, en hiver, le thermomètre ne descend guère au-dessous de — 10°; parfois seulement pendant la durée des travaux on a observé — 18° avec tempête de neige, alors seulement les sorties devenaient dangereuses. Notons en passant que l’on a observé
- fréquemment des inversions de température dans le sens de la verticale; il arrivait qu’à l’entrée du
- tunnel, par exemple, le thermomètre marquait seulement — 12°, alors qu’à Yossvangen, dans le bas de la vallée, il descendait à — 30°.
- Le tunnel passe à travers un granité ancien, des gneiss et des schistes cristallins. Les roches étant extrêmement dures, plus dures que celles d’aucun tunnel des Alpes, il n’a pas été employé moins de 150 tonnes de dynamite, seulement pour la galerie de base. La première attaque a eu lieu en automne 1805 et le 0 juin 1902 seulement la percée a été achevée. Il reste maintenant à élargir les galeries aux dimensions fixées par le contrat (largeur 4,6 in. ; hauteur 5,9 m. ; surface . 24,87 m2).
- La difficulté de se procurer la main-d’œuvre nécessaire a retardé singulièrement les progrès de la percée. Ce grand travail a été exécuté par
- Fig. 3. — Chemin de fer de Bergen à Christiania. — Plan de la ligne de Vossvangen au Taugevaud.
- des travailleurs rapides, aboutissant à des seuils, ce relief constitue une énorme masse et très large, une
- sorte de gigantesque bloc formé par un entassement de plateaux et de montagnes dressés à pic entre la mer du
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- Fig. 1. — Chemin de 1er de Bergen à Christiania. — Entrée orientale du tunnel de Gravehalsen dans le Jlyrdal.
- Fig. o. — Chemin de 1er de Bergen à Christiania. — Les bords du Laaghe(Jervand (altitude : 1179 ni.) au mois d’aoùt 1898.
- La ligne ponctuée indique le tracé de la voie.
- Fig. 6. — Chemin de fur de Bergen à Christiania. — Le Taugevand, point culminant de la ligne (1291 m.) au mois d’aoùt 1898.
- La ligue ponctuée indique le tracé de la voie.
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- Nord et la région relativement déprimée qui aboutit à Christiania. Sur le versant ouest, ce socle rocheux est découpé par des fjords et par des vallées très étroites, très profondes et très courtes, à l’extrémité supérieure desquelles s’élèvent, absolument abrupts, les escarpements des plateaux. Entre les régions basses et la haute montagne n’existe aucune transition, les plateaux se dressent directement au-dessus des vallées, séparés par des à-pic formidables qui dessinent des cirques. Vers le sud-est, les pentes des montagnes sont également rapides, mais généralement coupées par des paliers. L’établissement de communications rapides entre Christiania et Bergen s’impose avec une si grande force que la chambre norvégienne n’a point reculé devant la dépense de la construction d’un chemin de fer reliant ces deux villes; mais, dans un sage esprit d’économie, elle a décidé de n’exécuter ce grand travail que progressivement.
- En 1885, fut inaugurée la section de Bergen à Vossevangen (108 kil. ). C’est une des lignes les plus pittoresques de l’Europe; la voie court en corniche aérienne au-dessus d’étroites crevasses remplies par les fjords, dans un décor varié d’âpres montagnes et de paysages d’une merveilleuse fraîcheur.
- Seulement, onze ans plus tard, la construction d’une seconde section fut votée, celle de Vossvangen au Taugevand1, petit lac situé au point culminant du passage (1279 m.), par lequel la future voie devait franchir le relief norvégien. Cette section a seulement une longueur de 74 kilomètres ; mais, sur cette distance, la ligne s’élève de 1258 mètres, passant de la cote de 56 mètres à Vossvangen à celle de 1294 mètres au Taugevand (fig 5).
- En sortant de Vossvangen, la voie remonte le Raundal*, puis, arrivée à Opset, à l’extrémité supérieure de cette vallée, à 45 kilomètres de son point de départ et à l’altitude de 859m,55, elle bute contre un de ces cirques aux parois escarpées dont nous avons parlé plus haut. Pour surmonter cet obstacle et afin de parvenir dans une seconde vallée, le Mol-daadal, ouverte perpendiculairement au Baundal, on a du creuser un tunnel dans la montagne de Gravehalsen. A la sortie est du tunnel, la ligne franchit un des tributaires du Moldaadal, leMyrdal (fig. 4) qui présente également un à-pic séparant la haute vallée de la vallée moyenne, puis remonte le Moldaadal par une déclivité très accusée. Elle passe entre des glaciers le long des lacs norvégiens, suédois ou finnois ou allemands. En général les chantiers comptaient un effectif de 150 hommes. Leur salaire quotidien s’est élevé, à un certain moment, jusqu’à 7fl ,70par jour, salaire considérable pour la Norvège ; les ouvriers étaient de plus logés, chauffés et éclairés. Le prix consenti par les entrepreneurs a été de 4 074 000 francs ; aussi l’entreprise se chiffre pour eux par une lourde perte.
- Le tunnel de Gravehalsen terminé, la plus grosse difficulté que présentait l’établissement de la ligne se trouve donc vaincue, mais de longtemps le chemin
- 1 Y and, lac en norvégien.
- 2 Dal, vallée en norvégien.
- de fer Bergen à Christiania ne sera pas encore livré à la circulation dans toute son étendue. Lorsqu’elle sera terminée, cette voie ferrée sera une des plus intéressantes d’Europe. Dans les traversées des Alpes la locomotive monte beaucoup plus haut qu’au Taugevand (1294 m.), mais nulle part elle n’arrive, comme ici, pour ainsi dire, au milieu des neiges et des glaciers. Cette côte correspond à celle de 2700-2800 mètres dans nos régions. Certaines années le Taugevand ne dégèle pas; et comme le montrent les figures 5 et 6, en plein mois d’août le paysage garde un aspect hivernal. La neige couvre encore le sol, et, au-dessus de la passe, blanchissent, à un kilomètre de la voie, les immenses nappes de glace du llardtingerjokull. En attendant que la ligne soit entièrement terminée, la section de Vossvangen au Taugevand permettra aux touristes de faire de l'alpinisme en chemin de fer. Cette excursion leur fournira l’occasion d’admirer les paysages si caractéristiques et si grandioses de la haute montagne en Norvège et un travail d’art absolument colossal qui fait le plus grand honneur aux ingénieurs norvégiens. Ciiari.es Bauot.
- L’EXTRÊME DIVISION DU TRAVAIL
- En regardant, l’autre jour, avec attention la modeste chambre que j’occupe dans une maison nouvelle, je me disais qu’il serait intéressant d’v faire un voyage, à la façon de Xavier de Maistre, voyage scientifique cette fois. Mais je fus épouvanté des difficultés d’une pareille entreprise et je la laisse à d’autres. Je veux seulement, en quelques lignes, amorcer le sujet en évaluant le nombre d’individus qui ont dù manipuler, transporter, mettre en place, ajuster, parer tout ce qui m’entoure en tant que parties de l’immeuble, mais de ceux-là seuls qui, de leurs « propres mains », ont contribué à constituer mon logis personnel, en appliquant le principe moderne de la division du travail poussé à l’extrême.
- Je jette les yeux autour de moi. Je vois les quatre murs, le plafond, le plancher, deux portes, une fenêtre, une cheminée surmontée d’une glace. Le papier de tapisserie, l’encadrement doré de la glace, l’espagnolette nickelée, la corniche incurvée, une rosace au plafond, quelques moulures de menuiserie, de modestes sculptures au marbre de la cheminée : voilà toute la décoration. Cet ensemble est cependant bien simple et pourtant on va voir quelle somme considérable d’efforts élémentaires il a fallu pour le créer.
- Je prendrai une base à peu près uniforme pour les matériaux qui ont nécessité une extraction, un débit particulier, plusieurs transports. Je doublerai quand la matière première aura subi une transformation par cuisson, usinage ou préparation chimique. Je triplerai quand la manipulation et les transports seront particulièrement compliqués. Quant aux ouvriers, dont le travail était visible sur le chantier, je les compterai au plus juste.
- Les a murs » d’abord. 11 a fallu extraire la pierre, la débiter, la transporter de la carrière au bateau du canal, de là sur des tombereaux au chantier, la hisser à l’étage. J’admettrai donc que dix hommes auront successivement manipulé « mes pierres » au cours de ces diverses opérations. — Une fois la pierre
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- à pied d’œuvre sur l’échafaudage, un maçon et son aide l’ont mise en place; soit (leux hommes. — Le « mortier », qui a servi à la construction des murs, composé d’eau, de sable, de chaux, a nécessité : 1° pour la « chaux » (travaux d’extraction, de cuisson, doubles transports, extinction), j’admettrai, comme je l’ai dit plus haut, vingt individus; — 2° pour le « sable », un peu moins de mains que pour la pierre, mettons huit ;
- — 3° pour le gâchage et le transport à l’étage deux.
- — Pour la « brique » d’une cloison et du corps de la cheminée (extraction et manipulation de l’argile, moulage, cuisson, transport), vingt individus. — Pour quelques carreaux de l’aire du foyer, deux.
- Si je totalise, je trouve (( pour les parois seules » de mon logis : 10 + 2 + 20 + 8 + 2 + 20 + 2 = 64; soit en chiffres ronds, soixante... 60.
- Passons au « plancher ». Il est en fer avec voùtelettes en briques (faites par les maçons). Sur les poutres en fer, des solives de sapin du Nord; sur celles-ci, sont clouées les lattes de chêne du parquet. Comment évaluer le nombre de mains par lesquelles a passé le « fer des poutres de mon plancher » depuis le gisement du minerai jusqu’ici en passant par l’usine? Il a fallu beau-boup plus d’opérations que pour la pierre ou la brique. Étant donnée, en particulier, l’extrême division du travail dans les usines métallurgiques, je compterai une trentaine de mains, de paire de mains, bien entendu ; soit donc trente, chiffre qu’on trouvera certainement modéré.
- Pour le « bois des solives », il a fallu le marquer, l’abattre, le scier dans les forêts de la Norvège, le transporter à la côte, sur mer, sur canaux ou voies ferrées avec multiples transbordements, l’apporter à la scierie mécanique, l’apprêter aux dimensions, le transporter enfin « sur le tas », comme disent les entrepreneurs; soit encore trente ouvriei’s environ. La mise en place des poutres en fer et des solives a nécessité trois ouvriers charpentiers.
- Le « chêne du parquet », bien que venu de moins loin, sans doute, que le bois du Nord, a nécessité, en revanche, plus de travail à la scierie. Je ne compterai que vingt ouvriers. — Sa mise en place, son ajustage en a exigé deux. — Pour le raboter, deux. — Pour l’encaustiquer, un.
- Si je totalise en ce qui concerne « mon plancher » je trouve : 30 + 30 + 3 -(- 20 + 2 + 2 + 1 = 88 ; soit, en chiffres ronds, quatre-vingt-dix ouvriers.... 90.
- Le « plafond », maintenant. Des ouvriers ont placé le hourdis et étalé le plâtre, puis badigeonné ; comptons-en deux. D’autres ont mouluré la corniche et modelé la rosace, deux. Pour gâcher le plâtre, un. — Mais pour ce plâtre comme pour la chaux, il y a eu extraction, manipulation, cuisson, transport. Il a passé par les mains de vingt individus. Récapitulons :
- Pour « mon plafond », il a fallu :
- 2 -f 2 + 1 + 20 = 25 ;
- vingt-cinq ouvriers.... 25.
- Ainsi, à ne considérer que le « gros œuvre seul », je constate déjà que 60 + 90 -f- 25 = 175, cent soixante-quinze ouvriers se sont donné personnellement la peine de me constituer la carcasse de mon logis. Voyons maintenant les « ouvertures ». La « menuiserie », en bois du Nord et en peuplier, des portes, de la fenêtre, de la cimaise, de l’encadrement de la glace, faite dans des scieries mécaniques où la division du travail est très poussée, me donnera, par une évaluation analogue aux précédentes, un minimun de vingt ouvriers (abstraction
- faite de la matière première déjà envisagée). — La « serrurerie », gonds, serrures, clefs, verrous, crémone, plaque de la cheminée, clouterie, etc., me donnera sans doute au moins une quinzaine d’ouvriers distincts (abstraction faite de la matière première). — Les volets en fer, à eux seuls, ont dù emprunter le travail de quelques ouvriers particuliers; mettons cinq. — La « vitrerie », la « glace » de Saint-Gobain (extraction de matières premières complexes, mélanges, fusion, trituration, etc., avec une extrême division du travail, transports spéciaux) ont exigé, comme je l’ai admis plus haut, au moins vingt ouvriers divers. Pour poser vitres et glace, trois. — Les peintres devaient être deux; mais leurs couleurs, leur huile ne leur sont pas tombées du ciel.... Ils ont employé du gris bleuté sur « mes boiseries » ; c’est un mélange de blanc de céruse ou de zinc, de noir de fumée et de bleu de Prusse avec de l’huile de lin. Combien d’hommes ont touché ces matières, tant à l’état brut que dans les usines de produits chimiques ou la fabrique d’huile? La quantité employée est faible, le nombre des ouvriers n’en est pas moins grand. En comptant dix pour les matières premières, dix pour la fabrication de « mes couleurs », cinq pour mon « huile »; j’obtiens le total raisonnable de vingt-cinq; soit pour la menuiserie, la serrurerie, la vitrerie, la peinture. 90.
- Le « papier peint » qui tapisse les parois a exigé le concours du fabricant de papier (d’où venait le bois qui a servi à faire la pâte?...), de l’artiste, de l’imprimeur, du colleur. C’est là une de nos plus jolies industries, une des plus complètes. On peut bien compter que « mon papier » a nécessité le concours d’une trentaine d’ouvriers... 30.
- La « cheminée » en marbre des Pyrénées : le marbre a exigé, comire la pierre, une dizaine d’hommes. Puis, il a fallu le scier, le polir, le sculpter, le mettre en place, le sceller; comptons seulement cinq hommes de plus. — Le manteau de faïence blanche du foyer (ici encore matière première, trituration, cuisson, transport, mise en place des plaques) a bien nécessité l’emploi d’environ quinze individus; en tout pour la cheminée....30.
- Ajoutons le « fumiste », le « doreur » du cadre de la
- glace, et F « étameur » ; soit encore quatre........ 4.
- L’étameur me fait songer au « mercure » ! et For du cadre, et le « nickel » de l’espagnolette, et le « cuivre » des poignées de porte, et le « zinc » de l’appui de la fenêtre ! Pour ce mercure, cet or, ce nickel, ce cuivre, ce zinc, venus peut-être d’Espagne, du Transvaal, de la Nouvelle-Calédonie, de Sibérie (que sais-je?), pour ces cinq métaux, dont chacun a demandé tant de travail, de manipulations, de voyages, on peut adopter en bloc le nombre de cinquante ouvriers..... 50.
- Au total cette nouvelle énumération donne:
- 90 + 50 + 30 + 4 + 50 = 204 ;
- deux cents ouvriers pour tout ce qui n’est pas la carcasse de mon modeste logis. Or, je trouvais tout à l’heure pour cette carcasse, cent soixante-quinze ouvriers.
- Le total général serait donc de 200 + 175 = 375; mais il faut encore penser au déchet qui a dù se produire au cours des travaux (maladies, accidents, grèves), déchet aussitôt comblé et qui a dù modifier la composition des ateliers ou des chantiers; c’est-à-dire introduire de nouveaux individus parmi ceux que je compte. En évaluant de 6 à 7 pour 100 ce déchet, ce qui correspond à 25 ouvriers nouveaux, on arrive au chiffre global de (375 + 25 = 400) quatre cents ouvriers. Sans doute, c’est là une approximation assez grossière, mais je la
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- LA NATURE.
- crois plutôt au-dessous qu’au-dessus de la réalité. Tel quel ce chiffre a une certaine physionomie. II signifie en langage courant que :
- (( Quatre cents de mes semblables ont bâti et orné de leurs mains le logis très simple dont je suis seul à jouir. »
- .... Que serait-ce si j’envisageais mon mobilier, bien ordinaire cependant, et les quelques objets d’art ou d’usage qui égayent mes murs, ma cheminée et ma table de travail? ___^_____ Jean Vézy.
- LA NOTION DU TEMPS CHEZ LES ANIMAUX
- Les bêtes ont-elles la notion du temps? Je suis assez disposé à le croire à la suite de certaines observations personnelles et j’invoque entre autres exemples, à l’appui de mon sentiment, les deux faits suivants :
- J’avais à Mila (en Algérie) un jeune Saint-Germain très intelligent qui se tenait le plus habituellement, le matin, dans mon cabinet de travail. Absorbé que j’étais parfois par les difficultés de l’information criminelle, s’il m’arrivait d’oublier l’heure du dîner, Toby au coup de midi s’éveillait et venait poser sa bonne tète sur mes genoux, sans jamais prendre la sonnerie de onze heures pour les douze coups du dkor et quel que fût le moment où il pouvait avoir absorbé son premier déjeuner.
- A Thonon, j'ai un petit chien-renard de l’espèce des Spitz — si je ne fais erreur sur la race — dont j’ai déjà cité plusieurs traits d’intelligence et que j’emmène tous les soirs avec moi au café. Kiki, indifférent à tout ce qui se passe dans la salle, s’endort sur la banquette pour ne se réveiller qu’à 9 heures, que nous ayons dîné un peu plus tôt ou un peu plus tard que d’habitude, peu importe. Le brouhaha du café peut couvrir le bruit de la sonnerie : mon petit camarade ne parait pas compter sur cet avertissement et, s’il ne l’entend pas, il ne se trompe cependant jamais que de quelques minutes (5 ou 4 au plus). Il se lève à l’heure habituelle, bâille, s’étire, et s’il me voit encore un journal ou les cartes en main, il m’avertit par quelques légers coups de patte sur l’épaule que l’heure de nous retirer est arrivée. Ce manège est même devenu, pour les habitués de la Brasserie des Arts, une distraction quotidienne ; et nombreux sont les témoins qui pourraient attester le fait que je vous rapporte ici.
- J’ai dit que je n’étais pas très exact en ce qui concerne l’heure de mes repas. 11 ne peut donc s’agir dans l’espèce d’un avertissement que donnerait à l’animal son estomac, en d’autres termes d’un délai fixe accordé à la digestion. Il semble bien qu’il y ait dans les faits rapportés une véritable notion de l’heure, un sens particulier analogue à celui de l’orientation chez les pigeons-voyageurs et chez quelques animaux de race, tels que certains chevaux de sang par exemple. Lucien Jacquot.
- L’ÉCLIPSE DE LUNE
- 11 -il AVRIL 19031
- Ce phénomène doublement intéressant parce qu’il débuta par un temps splendide et ensuite parce que le disque lunaire devait être couvert presque entièrement, était digne d’attirer l’attention des astronomes amateurs autant que celle des astronomes officiels.
- J’ai donc voulu contribuer, dans la mesure de mes moyens, à fixer sur la plaque sensible les phases principales de l’éclipse.
- 1 Yoy. n° 1561, du 25 avril 1905, p. 554.
- J’ai choisi, parmi les lunettes en construction dans mes ateliers, une lunette de 140 mm de diamètre et im,90 de distance focale parce que cette grandeur est maniable et sa distance focale relativement longue pouvait donner une image convenable comme diamètre, d’autre part l’observation m’étant impossible à Paris, il fallut m’installer dans un jardin à Montrouge, hors Paris.
- Donc, l’instrument était ainsi composé : lunette avec viseur formé d’un objectif de 50 millimètres de diamètre et de 1 mètre de foyer, l’objectif formant son image sur un verre dépoli placé près du châssis photographique ; sur ce verre dépoli a été tracé fortement en noir un cercle de 12 mm de diamètre, l’image de la lune étant de 10 millimètres de diamètre; le chercheur disposé de manière que son axe optique soit parallèle à l’axe optique de la lunette afin que les images, fournies par les objectifs, soient au centre de leur champ respectif en même temps.
- Comme pied j’ai utilisé un pied de bois à chaînes dit Cauchois, muni d’un mouvement azimutal et vertical à la main.
- Pour déterminer le foyer chimique de l’objectif, j’ai mis au point à la loupe une étoile brillante sur le verre dépoli, puis j’ai rentré ce verre de 10 mm vers l’objectif ; j’ai commencé alors une série de poses de 5 minutes sur la même étoile, la lunette fixe, et en éloignant à chaque pose la plaque de 5 mm de l’objectif, en repérant à chaque fois et cela sur un espace de 21 mm; cette plaque au développement a donné une série de lignes passant du llou au net et inversement, il était donc facile de fixer la plaque au repère donné par la ligne la plus nette, et même, comme cela s’est produit, entre deux repères, si le vrai point était intermédiaire.
- L’appareil ainsi préparé, j’ai commencé la photographie de la première phase à 22h 46m, assisté de M. Henri Mailhat dont le rôle était de maintenir la Lune dans le viseur et noter l’heure.
- J’ai pu ainsi obtenir les 18 épreuves photographiques reproduites ici.
- Malheureusement, vers la fin, le ciel s’est couvert de nuages et les cinq dernières photographies ont été prises au moment d’éclaircies et à des intervalles irréguliers, la dernière pose a été faite à 2h4m30s du matin.
- Le temps de pose a varié de 1/2 seconde pour la pleine lune à 2 secondes pour le moment de l’éclipse complète.
- Les qualités optiques de l'objectif m’ont permis de rendre le temps de pose aussi court que possible, car étant donné que la lunette ne suivait pas la lune, une pose plus longue ou un défaut de l’objectif eussent compromis le succès de l’opération.
- Les plaques employées sont des plaques dites « As de Trèfle » ; pour la première et dernière partie du phénomène, plaques ordinaires ; pour le milieu, plaques « Ultra-Rapides ». R. Mailhat,
- Constructeur d’instruments d’astronomie.
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- *
- 22h 46
- ;h 52“
- 25h
- 25h 15-
- 23h 50'"
- 23h 46m
- V
- Ohl
- 0h15M
- Oh 22m
- 0
- h45m
- Oh 59,n
- lh15m
- lh28“
- lh45
- lh 55“
- 2h
- \spects successifs de la Lune pendant l’Éclipse du 11-12 avril 1903.
- 2h 1- 30*
- 2b 4U
- Ô0-
- /
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- LA NATURE.
- UNE INSTALLATION TÉLÉPHONIQUE
- AMÉRICAINE
- On a inauguré récemment, à Bruxelles, un nouveau Bureau Central Téléphonique, avec des perfectionnements réels. On a centralisé les sources d’énergie autrefois dispersées chez les abonnés. Mais c’est en Amérique qu’il faut aller pour avoir l’idée des grands Bureaux Centraux
- I,'installation téléphonique de 1’ « Exchange Plaza ».
- gigantesques déjà établis. L’un des plus récents et des mieux agencés, tout en n’ayant pas la superposition colossale d’étages qui caractérise la plupart des autres, est le nouvel « Exchange Plaza » de New-York. Notre figure en représente la disposition intérieure et est de nature à faire,comprendre l’arrangement le plus moderne d’un Bureau à batterie centrale.
- Les câbles souterrains sont introduits depuis la rue, dans des conduits de fer et rattachés au tableau.de distribution placé au 2e étage ; de là, ils s’élèvent jusqu’aux interrupteurs du A" étage, comme le montre le dessin.
- Les plans des différents étages représentent l’arrangement complet de chacun d’eux. L’étage supérieur est exclusivement occupé par les quartiers des opérateurs où ceux-ci se retirent quand ils ne sont pas de service. Ces installations sont éminemment pratiques et possèdent une méticuleuse propreté, un éclairage et une ventilation parfaits. Ce quartier des opérateurs comprend^un vestiaire, une salle à manger et une salle de lecture pourvue par la Compagnie de journaux et de périodiques. Outre ces départements, il possède encore une infirmerie pour les malaises soudains et d’amples « lavatories ».
- La salle d’opération occupe tout un étage et s’étend sur un espace de 35 x 16,5 mètres. Les commutateurs, comme le montre le dessin, sont divisés en deux groupes, l’un contenant toutes les sections des abonnés, l’autre le faisceau d’entrée. Les deux tableaux sont entièrement séparés et les câbles multiples se bifurquent pour chacun d’eux. Le premier étage est occupé par les génératrices du courant et le tableau de distribution principale.
- La capacité de 1’ « Exchange Plaza » est de 9600 lignes environ. Elle est à peu près identique à celle du Nouvel Office Central Corllandt, récemment décrit dans YElec-trical World and Enginecr, auquel nous empruntons ces quelques détails.
- Nous nous sommes contenté de dire quelques mots du seul Bureau Plaza, parce que la plupart des nouveaux Offices Centraux américains, notamment ceux de Ifarlem,
- de Morningside, Orchard et Chelsea, sont du même type général que celui de Plaza. Les seules différences sont celles des dimensions. Le bâtiment de Chelsea, actuellement en construction, sera le plus vaste des cinq, parce que, outre l’office central, il devra comprendre un atelier de réparation, une blanchisserie et d’autres dépendances encore qui pourront être rendues nécessaires pai les besoins toujours croissants de cette Compagnie. E. Guarini.
- CHRONIQUE
- Fumier de bois. — Nous avons eu déjà l’occasion de signaler le parti qu’on peut tirer du bois comme engrais : le docteur allemand Jonas, de Liegnitz, s’est livré récemment à des expériences de cultures fumées avec des débris de bois pulvérisés, et il a obtenu des résultats nettement favorables. 11 a constaté que ce fumier, obtenu par exemple avec des branches sans valeur, ameublit et aère la couche superficielle du sol, maintient l’humidité, protège les plantes contre les gelées nocturnes, favorise la formation de l’humus et rend même plus efficace l’action des engrais chimiques.
- L’approvisionnement de lait à New-York. —
- New-Yoïk fait une consommation de lait et de crèmes qu’on évalue à près de 1 200 000 litres quotidiennement, les 90 pour 100 de cette quantité énorme arrivent par chemin de fer: le reste est apporté par voitures, par bateaux des environs de l’agglomération, ou est produit par les 23 000 vaches qui se trouvent chez les nourrisseurs de l’immense cité. Le lait amené par rail vient des Etats de New-York, New-Jersey, Pennsylvanie, Connecticut, Massachusetts et franchit souvent une distance de 550 kilomètres et plus avant d’atteindre le consommateur. La plupart du temps les wagons où on le charge sont des wagons frigorifiques, abondamment pourvus de glace en été, mais réchauffés en hiver pour que le lait ne s’y congèle point; un grand wagon à lait contient 325 boites de 160 litres chacune. Aux stations d’embarquement, les boites apportées par les fermiers sont mises dans de grandes cuves pleines d’eau et de glace où la température est de 5° au plus, et y attendent l’arrivée du train qui les emportera à une allure de 70 kilomètres à l’heure. En revenant, elles trouveront dans ces mêmes stations des laveries à vapeur où l’on pourra les nettoyer avant de les retourner à la ferme.
- Les anciens fumaient-ils? — On croyait jusqu’à présent que l’habitude de fumer provenait d’Amérique, où sur les monuments précolombiens on voit des bas-reliefs représentant des fumeurs. Pourtant, en présence de la quantité de tuyaux en terre cuite, en bois, en métal, trouvés en Angleterre, en Suisse, en Irlande, etc., certains archéologues inclinent à penser que nos ancêtres fumaient. Cette opinion se trouve appuyée par certain passage d’Hérodote qui affirme que les habitants des îles Aroxes, situées probablement sur le Volga, jettent dans le feu des fruits secs et en aspirent la fumée : ils obtiennent ainsi la même ivresse que les Grecs avec du vin. Pomponius Mêla et Pline affirment le fait, en ajoutant que la fumée de certaines plantes guérit les maladies. 11 y a loin toutefois de ces fumigations aux délicates productions de la Havane.
- Inondations et déboisement. — L’Amérique du Nord a, depuis quelques années, été fortement éprouvée par les inondations, conséquence fatale du déboisement inconsidéré, pratiqué par les industriels. On évalue, pour le seul état de New-York, les pertes subies en 1902 à
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- LÀ NATURE.
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- 15 millions de francs. L’opinion publique et les autorités se sont préoccupées de cet état de choses, et une Commission nommée à cet effet s’est livrée à une enquête d’où il résulte que les ravages causés par les inondations pourraient être évités sans trop de frais par une captation systématique des cours d’eau; on transformerait le pouvoir destructeur des torrents en énergie électrique sans pour cela apporter des entraves aux branches de l’industrie qui utilisent les voies fluviales. Pour répandre plus rapidement cette idée dans le public, le gouvernement a fait installer à l’Exposition de Saint-Louis, le plan en miniature d’un système d’irrigation qui a été appliqué à la rivière San Antonio, en Californie. Ce torrent formait une chute puissante que l’on a détournée par un fossé et reportée plus loin, en sorte qu’elle tombe de 250 mètres de hauteur, produisant un minimum de 400 chevaux, et un maximum de 1200. 11 y a là une solution ingénieuse et partielle du problème des inondations, mais elle ne doit pas faire perdre de vue qu’il n’v a qu’une seule solution définitive : le reboisement des montagnes.
- Navigation sur le lac Titicaca. —Le lacTiticaca, qui se trouve dans les Andes, moitié en Bolivie et moitié au Pérou, est situé à 5916 mètres d’altitude. Jusqu’à présent, les relations entre les agglomérations riveraines s’effectuaient à l’aide de pirogues conduites à la rame par des Indiens. Mais, depuis peu de temps, un steamer à hélice, le « Coya », remplace ces bateaux primitifs. Malgré les difficultés considérables qu’ont rencontrées la construction et le lancement de ce navire de 550 tonneaux, vingt-sept semaines ont suffi pour mener à bien cette entreprise difficile.
- La culture du ri* eu France. — Quoiqu’on l’ignore assez généralement, la culture du riz est bel et bien pratiquée en France pour la mise en valeur des terrains salés de la Camargue et du Plan-du-Bourg, par conséquent dans la région d’Arles: cette plante demande beaucoup d’eau, et cela dessale les terres où on la cultive. Empressons-nous d’ajouter que la superficie ainsi consacrée au riz ne représente guère plus de 500 hectares et qu’elle ne donne point en elle-même de bénéfices: le climat n’est pas favorable.
- Salaire et prix du eliarbon. — Il semble à première vue que plus la main-d’œuvre est à bon marché, et moins élevé doit être le prix de revient de la marchandise. Pourtant il n’en est rien, et en voici un exemple bien frappant : le mineur américain, qui gagne de gros salaires, produit 450 tonnes de charbon par an, tandis que le mineur hindou, très peu payé, n’en produit que 68 : dans le premier cas la tonne peut se vendre 5fr,75 : dans le second, 4fr,20. En Europe c’est l’Espagne qui produit au meilleur compte : 7fr,50, et la France qui travaille au plus haut prix, 10fr,85. Il faut aller au Natal et en Nouvelle-Zélande pour trouver les gros prix de revient de 12fr,75.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 27 avril 1903. — Présidence de M. A. Gaudrt.
- Propriétés physiologiques des rayons du Radium. — M. Giard communique le résultat de recherches effectuées dans son laboratoire, par M. Bohn, relativement à l’influence des radiations du bromure de radium sur les animaux à l’état de croissance. Ses recherches ont porté sur les têtards; au bout de peu de temps tous ces animaux ont présenté des anomalies de développement.
- Travaux de chimie. — M. Haller fait hommage à l’Académie de son rapport en deux volumes sur les produits chimiques à l’Exposition de 1900. M. Haller présente ensuite une Note de MM. Charabot et Hébert relative à l’éthérification végétale, puis une Note de M. Houx sur de nouvelles bases dérivées des pentoses, une Note de M. Fosse sur des composés pyroniques et enfin une Note de M. Brenans sur un nouveau phénol diiodé.
- Les radiations du polonium. — M. Becquerel dépose une Note relative au rayonnement du polonium et aux radiations secondaires qu’il produit.
- La destruction de Saint-Pierre de la Martinique. — M. le capitaine du génie Vermer en résidence à la Martinique, adresse un travail concernant la destruction de la ville de Saint-Pierre. Ce travail est fondé sur des considérations d’ordre mathématique et tend à prouver que la catastrophe est due à des phénomènes explosifs.
- Décès. — Après l’énumération des pièces de la correspondance ou des communications écrites déposées par les membres présents, M. le président prend la parole, et, faisant part à l’Académie de la mort de M. de Bussy, s’exprime ainsi : « Je dois annoncer à l’Académie une nouvelle douloureuse. Notre confrère vénéré, M. Louis de Bussy, nous a été enlevé vendredi 24 avril; nous le conduirons demain à sa dernière demeure. L’émotion causée par la mort de M. de Bussy sera ressentie par tous les hommes qui aimant notre pays s’intéressent à la marine française, et personne, plus que notre grand constructeur de cuirassés, M. de Bussy, ne lui a rendu des services. Mais sa perte attriste particulièrement notre Académie. Chaque lundi, rious le retrouvions à sa place, et, chaque lundi, nous admirions sa bonté touchante, son étonnante modestie. H est de ceux dont le talent et le caractère nous ont fait le plus d’honneur. Je lève la séance en signe de deuil. »
- Élection. — Le règlement ne permettant pas d’ajourner une élection, il est procédé à l’élection d’un correspondant dans la section de géométrie en remplacement de M, Fuchs, de Berlin. M. Noether d’Erlangen est élu par 41 voix contre 2 données à M. Lerch, de Fribourg et 1 à M. Bianchi, de Pise. La séance est immédiatement levée après la proclamation du résultat du scrutin.
- Ch. UE VlLLEDEUIL.
- PNEUMATIQUES POUR AUTOMOBILES
- PNEU « 1XVICTUS ». ---- PNEU-CUIR « SAMSON »
- Le pneumatique est une des parties délicates de l’automobile, et depuis longtemps on a cherché à le rendre increvable et antidérapant. On a parfois pensé à le supprimer et on l’a remplacé soit par le caoutchouc plein, soit par le caoutchouc creux ou poreux; mais on a toujours constaté que la suppression de la chambre à air enlève presque toute souplesse, et on en est toujours revenu au pneumatique malgré ses multiples défauts.
- Pour parer aux inconvénients qu’il présente, on a imaginé plusieurs procédés, dont quelques-uns sont déjà entrés dans le domaine de la pratique. On a notamment appliqué à la chambre à air le système des cloisons étanches employé sur les navires, et c’est à ce dernier genre que se rattache le pneu
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- « Jnvictus ». Ce qui le caractérise, c’est que chaque cloison est mobile et peut être remplacée rapidement si elle vient à éclater.
- Ainsi qu’on le voit sur la gravure (fig. 1), il se compose d’une couronne en caoulel oce dans laquelle on a ménagé des alvéoles, très voisins les uns des autres, dans lesquels on loge des œuls en caoutchouc creux, hermétique ment clos, ayant 0m,07 au grand axe sur 0IT1,05 au petit axe. Ce sont ces œufs juxtaposés les uns contre les autres, qui constituent la chambre à air ; ils sont parfaitement indépendants. La couronne qui les renferme est fendue à sa partie interne et peut s’entr’ouvrir pour permettre leur introduction ou leur enlèvement ; une bande de toile collée sur cette fente la maintient complètement fermée. La chambre à air ainsi formée est placée sur la jante et recouverte par une enveloppe à talons comme les chambres ordinaires. La souplesse reste la même qu’avec une chambre à air ordinaire ; en cas de crevaison d'une ou deux cloisons on peut toujours continuer à rouler sans inconvénient sérieux jusqu’au prochain gîte d’étape où le remplacement de l’œuf détérioré se fera rapidement. L’enveloppe se met en place au moyen d’un appareil spécial, composé de deux leviers accouplés, montés sur une chappe à tourillon qui se visse sur l’axe de l’essieu de la voiture et permet un montage facile et rapide.
- Dans le même but d’éviter les perforations et les éclatements, mais avec la préoccupation d’empêcher le dérapage, on a créé le Pneu-cuir « Samson ». C’est un pneumatique de forme ordinaire en caoutchouc qu’on a recouvert d’un croissant en cuir
- chromé, garni de rivets d’acier. Ce n’est pas la première fois qu’on a l’idée de garnir ainsi de rivets les enveloppes de chambres à air, mais l’acier ne s’adapte pas bien au caoutchouc qu’il désagrège rapidement. L’idée ingénieuse a été ici de prendre pour
- recevoir le rivet un intermédiaire qui ait l’élasticité du caoutchouc sans en avoir les inconvénients. Le cuir au chrome remplit parfaitement ce but ; c’est une matière grise ayant l’aspect du caoutchouc dans laquelle les rivets d’acier se fixent solidement. La plus grosse difficulté fut de trouver le moyen d’attacher cette bande de cuir sur l’enveloppe ; les colles ne résistent pas à l’humidité ou à la chaleur et n'offrent pas de sécurité; l’inventeur s’est arrêté à un procédé qui lui permet de vulcaniser le cuir sur la surface de
- l’enveloppe en caoutchouc. On met des rivets plus ou moins forts suivant le degré de fatigue que doit supporter la voiture ; il ne semble pas à l’usage que la douceur de roulement et la vitesse soient par là diminuées, parce que la bande laisse au pneu toute sa souplesse. Lorsqu’elle est usée on peut la décoller complètement et la remplacer par une autre sur la même enveloppe qui ne supporte plus dès lors aucune fatigue.
- D’après les renseignements qui nous sont fournis par divers propriétaires d’automobiles qui les ont expérimentés, les deux systèmes que nous venons de signaler à nos lecteurs remplissent bien le but que s’étaient proposé leurs inventeurs. G. Mares.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus, 9.
- Fig. \. — Pneumatique « Invictus » à cloisons étanches mobiles.
- Fig. 2. — Pneu cuir « Samson », protecteur antidérapant en cuir chromé.
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- Xe J 565. — fl MAI 1903.
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- DISTRIBUTION ÉLECTRIQUE SUR LE MÉTROPOLITAIN
- La traction électrique a, comme on sait, été adoptée sur les lignes métropolitaines de Paris. Nous croyons intéressant de décrire brièvement les dispositions nouvelles adoptées par la Compagnie pour la deuxième ligne passant par les boulevards extérieurs Nord et qui vient d’être ouverte «à l’exploitation.
- En principe, le courant employé pour actionner les moteurs des voitures est le courant continu à la tension de 600 volts, amené à ces voitures par un troisième rail en acier doux, placé dans l’entre-voie et sur lequel vient s’appuyer un frotteur fixé à la voiture qui, prenant le courant sur ce rail, l’amène aux moteurs par l’intermédiaire d’un controleur manœuvré par le wattman. Quant au retour de ce courant, il se fait par les rails ordinaires de la voie de
- roulement reliés, dans ce but, électriquement aux joints au moyen de petits câbles élastiques en cuivre.
- La première chose à déterminer était la puissance électrique, c’est-à-dire le nombre de kilowatts à fournir pour l’exploitation de la ligne circulaire Nord, avec un nombre déterminé de trains qu’on a fixé à 24 par heure. Les expériences comparatives faites sur la ligne Yincennes-Porte Maillot, ayant permis de constater que la dépense en énergie aux voitures était, éclairage compris, de 52 watts-heures par tonne kilométrique, on a pu estimer que, pour cette deuxième ligne, l’énergie électrique totale à fournir par les usines génératrices serait environ de 4650 kilowatts-heures.
- Cette énergie électrique est produite, sous la forme
- Voiture automotrice
- du Métropolitain.
- de courants triphasés au potentiel de 5000 volts et 25 périodes, par trois usines : celle de Bercy appartenant à la Compagnie du Métropolitain et fournissant, pour sa part, 1583 kilowatts, celle des Moulineaux qui fournit 1000 kilowatts et enfin, celle du triphasé d’Asnières qui en fournit 2067.
- L’usine de Bercy sert à alimenter la sous-station électrique du Père-Lachaise à laquelle elle est reliée au moyen de trois câbles composés chacun de trois conducteurs ; celle des Moulineaux alimente la sous-station de l’Étoile au moyen de quatre câbles composés également chacun de trois conducteurs. Enfin, l’usine du triphasé d’Asnières est reliée,- d’une part, à la sous-station de l’Étoile au moyen de deux câbles et, d’autre part, à la sous-station de Barbés par trois câbles, chacun de ces câbles comprenant trois conducteurs. La sous-station du Père-Lachaise reçoit ainsi 1583 kilowatts, celle de l’Étoile 1459 kilowatts et celle du boulevard Barbés 1608 kilowatts.
- C’est à ces trois sous-stations que sont transfor-31e année. — 1er semestre.
- més les courants triphasés à 5000 volts venant des usines, en courants continus servant, comme nous le disions en commençant, à l’alimentation des moteurs des voitures. Cette transformation s'effectue au moyen de transformateurs statiques abaissant la tension de 5000 volts à 430 volts et d’une commu-tatrice transformant le courant triphasé à 430 volts en courant continu à 600 volts.
- Les sous-stations distribuent ce courant continu au 5e rail qui sert de prise de courant, au moyen de feeders en cuivre de section variable suivant l’importance du courant à fournir. Ainsi, la sous-station de l’Étoile distribue le courant vers la porte Dauphine et vers Barbés, celle de Barbés, vers l’Étoile et le Père-Lachaise et, enfin, celle du Père-Lachaise, vers Barbés et vers la station de la Nation, point terminus.
- Chacun des trains de 8 voitures et pesant 100 tonnes dépensant, en moyenne, une intensité de courant de 200 ampères, soit environ 160 chevaux, et six trains pouvant se trouver simultanément dans la même
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- zone d'action d’nne sous-station, les deux rails de prise de courant peuvent avoir à fournir au même moment une intensité de courant de 1200 ampères. Aussi, afin de diminuer les perles en volts dans ces rails a-t-on réduit au minimum l’intensité du courant par unité de surface dans ces rails, en leur donnant une section très grande de 6500 millimètres carrés.
- Les voilures automotrices représentées par la figure ci-jointe sont semblables à celles de la ligne Yin-cenncs-Porle Maillot; elles en diffèrent, cependant, en ce que les portes sont beaucoup plus larges et à deux battants, ce qui facilite l'accès des voitures à la montée ou à la descente et permet de réduire la durée des arrêts aux stations.
- Chacun des deux essieux des automotrices est actionné par un moteur à simple réduction de vitesse, dans le rapport de 1 à 2,71, d’une puissance de 104,4 kilowatts sous 500 volts et la régulation de vitesse s’obtient au moyen du contrôleur par la méthode série-parallèle, avec sept positions avec résistances pour la marche en série et six positions également avec résistances pour la marche en parallèle. Le changement de marche d’avant en arrière se lait par un inverseur électromagnétique. Le poids du moteur complet avec ses engrenages est de 2500 kilogrammes.
- En présence des variations de trafic pouvant se produire à certaines heures de la journée, la Compagnie a dû étudier un mode d'exploitation permettant aux heures de faible trafic de faire circuler des trains de faible composition formés d’une automotrice et de deux voitures de remorque pesant en tout 50 tonnes et, aux heures les plus chargées, des trains de capacité double pesant 400 tonnes et formés de deux automotrices, l’une en tête, l’autre en queue, et de six voitures de remorque intercalées entre ces automotrices.
- On a adopté, dans ce but, le système par « unités doubles1 » qui^n’est qu’un dérivé du système à « unités multiples » où toutes les voitures du train sont automotrices, comme à l'Elevated de Chicago et au chemin de fer électrique du Fayet à Chamonix.
- A\ ec la marche à unités doubles, avec quatre moteurs, les deux moteurs d'une même automotrice restent toujours en parallèle et les deux groupes d’un même train peuvent alors se mettre en série ou en parallèle. Afin de permettre au wattman, placé dans la cabine de tête du train, de faire fonctionner les moteurs, soit d’une seule automotrice remorquant trois voilures, soit des deux automotrices en tète et en queue d’un train de huit voilures, on place dans chaque cabine une eommulatrice qui, suivant la position occupée par la manette de cette commutalrice, permet au wattman de faire fonctionner en concordance parfaite soit les deux, soit les quatre moteurs du train. L’éclairage des voitures est pris en dérivation sur le troisième rail de prise de courant et des compresseurs actionnés par des moteurs à courant continu compriment l’air nécessaire au freinage du train. R. Roxxix.
- 1 Yoy. ii° 1LG5 du 15 ir.ars I0C2, p. 23t.
- U TOURBE
- SES APPLICATIONS ACTUELLES
- Combustible éminemment bon marché, mais de qualité médiocre lorsqu’il a été simplement séché à l’air au sortir du marais, la tourbe est susceptible de fournir, par un traitement approprié, sur les détails duquel nous nous étendrons tout à l’heure, un combustible de premier ordre, capable de rivaliser avec la houille pour toute autre chose que pour le prix : car les frais du traitement l’augmentent de telle sorte, qu’elle ne peut, dans les conditions ordinaires, soutenir la concurrence. Ce n’est que dans des circonstances particulières, lorsque les mineurs sont en grève, lorsque, pour une raison ou pour une autre, la bouille se fait rare et chère, que les briquettes de tourbe calcinée et comprimée font leur apparition sur le marché. C’est ce qui se passe à présent au Canada, que la grève prolongée des mineurs de bensylvanie a privé des 3 millions de tonnes de bouille qu’il tirait annuellement des États-Unis. Sous la menace de la disette de charbon imminente, on a demandé aux toairbières de l’Ontario le combustible que les houillères ne donnaient plus; les industriels se sont lancés dans cette voie nouvelle avec l’ardeur qui caractérise le Nouveau Monde et chaque mois sont pris de nombreux brevets relatifs à la fabrication des briquettes de tourbe. La Suède, qui n’a point de charbonnages, fait appel aussi à présent aux tourbières de son sol.
- La tourbe serait, d’après certain?, le résultat de l’action sur les celluloses d’un ferment anaérobb*, qui, à la faveur de l’humidité et d’une température peu élevée, désoxyde-rait peu à peu les matières organiques, les carboniserait progressivement : la tourbe est d’ailleurs de composition très variable ; les couches supérieures des tourbières sont beaucoup plus riches en azote et oxygène que les couches inférieures, la décomposition n’v est qu’ébauchée, tandis que les couches profondes sont constituées par une matière déjà enrichie en carbone, premier stade de l’évolution des matières végétales vers les lignites et les bouilles.
- Des tourbières, on extrait sans peine et à peu de frais une tourbe, chargée de 50 à 80 pour 100 d’eau, qui était autrefois séchée à l’air et vendue telle quelle. Le combustible ainsi obtenu contenait 56 pour 100 de carbone, beaucoup de matières minérales, et souvent 15 à 20 pour 100 d’eau, quand ce n’était pas davantage. Son pouvoir calorifique atteignait en moyenne 5400 calories, supérieur à celui du bois, inférieur de beaucoup à celui du coke et des houilles qui dépasse 8000 calories; mais la densité de la tourbe est très faible, c'est un combustible encombrant si l’on considère son rendement calorifique.
- Aussi, malgré son bon marché relatif, n’était-elle guère employée jusqu’ici en dehors des lieux de production; elle n’était pas capable de supporter les frais du transport. On avait essayé, sans grand succès, d’utiliser les gaz provenant de sa distillation sèche, ou de l’employer à la production de gaz de générateurs.
- Ce n’est que séchée, carbonisée et comprimée en briquettes qu’elle devient un combustible de réelle valeur.
- La dessiccation est commencée à l’air libre, el'e s’achève dans des étuves parcourues par un courant d’air chaud. Un ingénieur suédois emploie un procédé expéditif : la tourbe, chargée sur des wagonnets, passe à travers un tunnel, qu'un courant d’air chaud parcourt en sens inverse.
- C’est à l’é'ectricité qu’on daman le de fournir la,chaleur nécessaire à la carbonisation de la tourbe; le procédé est plus simple et moins coûteux — à proximité, bien entendu, d’une force hydraulique quelconque — que la
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- carbonisation dans des cornues chauffées par des générateurs alimentés par la tourbe elle-même. Le « désintégrateur » est un four électrique qui n’a rien de bien particulier : la tourbe est empilée sur la sole et la chaleur, produite par le passage à travers une résistance appropriée d’un courant de 110 à 220 volts, produit rapidement la carbonisation. Il se dégage pendant l’opération des vapeurs riches en goudrons et produits ammoniacaux qui sont condensés et recueillis avec le plus grand soin.
- La tourbe est alors additionnée de I pour 100 de pétrole et moulée en briquettes. Voici la description d’un appareil assez original — peat press — destiné à ce genre de travail. Il se compose essentiellement de deux roues verticales, de grand diamètre, tangentes extérieurement, tournant en sens inverse et mues par un même arbre. Elles portent, à la périphérie, des cavités de la forme qu’on désire donner aux briquettes et sont calées de telle sorte que dans la rotation, ces cavités se trouva nt en regard. Un distributeur laisse tomber sur elles la tourbe convenablement divisée, qui prend la forme des cavités ménagées sur la circonférence des roues et vient tomber en briquettes à la partie inférieure. L'appareil serait très expéditif et d’un bon rendement.
- L’application de ces procédés permet de mettre la tourbe à raison de 4 dollars 25 la tonne sur le marché de Toronto.
- 11 y a quelques années, on trouva en Allemagne, pour la tourbe, un emploi assez original : des expériences furent faites dans le but d’en extraire de l’alcool, et non pas de l’alcool méthylique, mais de l’alcool éthylique, dont les honnêtes distillateurs ne se seraient point fait scrupule d’additionner nos boissons, en admettant qu’il n’eùt point gardé de son origine un souvenir trop odorant.
- Le traitement était de la plus grande simplicité. La tourbe était traitée par de l’acide sulfurique au 1/100". Le liquide était ensuite exprimé, neutralisé, additionné de levure et abandonné à la fermentation. 11 était ensuite rectifié dans un appareil à plateaux et on obtenait environ 6 litres d’alcool pour 100 kg de tourbe traitée.
- C’était un rendement dérisoire, d’autant plus décevant que le dosage des matières réductrices dans le liquide soumis à la fermentation, par la solution cupro-potassiquc, permettait les plus belles espérances. Le résidu de la distillation restait aussi fortement réducteur ; on attribuait au glucose cette faculté de réduction et l’on ne comprenait pas bien pourquoi ce glucose échappait à la fermentation, aucune hypothèse ne donnait de solution satisfaisante.
- Ce fut Tollens qui expliqua la chose. Sis recherches établirent que l’action de l’acide sulfurique sur la tourbe ne fournit qu’une faible proportion de glucose, que ce glucose est totalement transformé en alcool par la fermentation, que le grand pouvoir réducteur de la solution est dù aux pentoscs qu’elle renferme et qui résultent de l’hydrolyse de la xylane et autres gommes analogues, et que, par suite, il fallait abandonner tout espoir de voir le rendement en alcool augmenter. L’alcool obtenu était d’ailleurs très impur, plus toxique encore que l’alcool de grains, et il devait à la présence des pentoscs, dans la solution mère, une forte teneur en furol1.
- Nous n’aurons donc pas d’alcool de tourbe ; celle-ci n’aura guère d’autre emploi que celui de combustible, lorsque la cherté de la houille lui permettra d’entrer en lutte avec elle sur les marchés. Les circonstances actuelles ont donné à son industrie, au Canada, une prospérité qui ne sera peut-être pas passagère, les premiers bénéfices
- 1 Le furol se produit dans faction sur les pentoscs d’un acide étendu.
- ayant sans doute couvert une bonne partie des frais d’installation.
- En tout cas, elle restera comme une précieuse ressource pour le jour, que certains entrevoient déjà, où sera épuisée la dernière houillère, et les pays de marais prendront peut-être alors un essor inattendu. L. B.
- LES RICHESSES MINIÈRES DE LA TURQUIE
- La Turquie est par excellence le pays de l’apathie, où l’initiative étrangère est étranglée autant que faire se peut par des règlements ridicules et par les exigences de l’administration; et pourtant ce pays actuellement si pauvre, dont les habitants n’arrivent qu’à grand’peine à vivre chichement, possède des ressources naturelles considérables, mais qui demeurent presque complètement inexploitées, autant par suite des clauses de la législation de 1887, que comme conséquence de l’état primitif dans lequel se trouve tout le pays.
- A l’heure actuelle, et autant qu’on peut se fier à des relevés statistiques dressés en Turquie, il existe 109 concessions de mines, 109 firnians; mais en fait il n’v en a que 84 en exploitation, dont 25 de chrome, 17 de plomb argentifère, 12 d’émeri, 7 de manganèse, 0 de cuivre,
- 5 d’antimoine, autant de boraeite (ou spath cubique).
- 5 également de lignite et 5 de bouille. Nous pouvons citer plus spécialement les mines de cuivre de Yardimli, qui se trouvent au pied de la chaîne des monts llodope, sur le chemin de fer Déiléagatch-Salonique, et qui n’ont pas du l’este encore donné plus de 600 tonnes déminerai. Le district assez voisin de Xanthi est signalé comme re-célant beaucoup de minéraux, notamment du cuivre. Une Société anonyme s’est fondée récemment pour exploiter du zinc et du plomb argentifère à Karassou, dans le Sandjak d’Ismidt, dans une région où les moyens de transport font défaut. C’est du zinc, du plomb et du cuivre que l’on rencontre à Kirazli Yaila, dans le Yilayet de Brousse : la mine pourrait, dit-on, donner annuellement 15 000 tonnes, à raison de moins de 80 francs la tonne dans des conditions normales d’exploitation.
- Tout le monde doit connaître de nom les mines de houille d’Héraclée, qui font partie d’un vaste gisement sur la rive sud de la mer Noire et à quelque 200 kilomètres de Constantinople; elles sont exploitées irrégulièrement depuis 1855, et fort heureusement, en 1895, l’Amirauté turque, qui en a la possession, en a loué une partie à une société française. Celle-ci y a fait des dépenses et des aménagements considérables, mais l’extraction n’v dépasse pas encore 200 000 tonnes. Il y a d’autres houillères exploitées en Turquie, notamment les mines de Eeshan, dont les excellents charbons à longue flamme ont malheureusement à être transportés à dos de chameau pour atteindre un port d’expédition.
- Des puits à pétrole ont été forés à Myriofito et à llora, sur la côte nord de la mer de Marmara, mais l’exploitation commerciale n’a guère encore été entamée. Une société française exploite des mines de bitume à Selenitza, à l’est de Yalona et dans le Yilayet de Janina ; le minerai qu’on en extrait peut se vendre tel quel et contient 80 pour 100 d’asphalte ; on en trouve de très lin et aussi d’autre à l’état liquide. Mais ici encore la mise en valeur des gisements est sérieusement gênée par le défaut de voies de communication. Le Yilayet de Brousse est particulièrement riche en minéraux et minerais de toute sor|,e ; or, plomb, cuivre, antimoine, galène, cinabre, chrome, émeri, manganèse, pyrites, blende, calamine, graphite,
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- LA NATURE.
- hématite, limonite, houille, bitume, asphalte, sel, gypse, amiante, phosphates, mica, marbres de toute couleur, la-zulite, granit, phorphyre, albâtre; nous en passons. La terre à foulon se rencontre sur de vastes étendues, recouvrant des gisements d’écume de mer, dont nous avons •Mi occasion de parler, et qui donnent effectivement lieu à une industrie des plus importantes. Parmi les exploitations assez florissantes, nous pourrions également citer les mines de chrome de Kutahia, dont l’extraction annuelle atteint près de 15000 tonnes : les frais de transport de ce chrome jusqu’au [tort d’embarquement atteignent près de 50 francs la tonne ! Et encore une partie de ce transport se fait en chemin de fer.
- C’est en somme le manque de voies de communication qui empêche de tirer parti de toutes ces richesses minérales que recèle le sol de la Turquie, en même temps qu’une législation qui permet au gouvernement de dépouiller du jour au lendemain sans indemnité celui qui a découvert une mine. 1). B.
- LE LABYRINTHE DE CRÈTE
- Depuis que les recherches de Schliemann h Tiryn-the et h Troie ont inauguré les études d’archéologie proto-historique, les découvertes se sont multipliées, et ont jeté quelques lueurs sur les obscurs commencements delà civilisation. La part que la France y
- Fig. 1. — Jarre en terre cuite.
- a prise est considérable; rappelons sommairement les recherches de Maspéro en Égypte, de Sarzec, Dieulafoy et Morgan en Perse, qui toutes ont été couronnées des plus heureux résultats. Leur exemple a été suivi par les savants de toute nationalité, qui, grâce à de riches dotations particulières, ont pu exécuter des fouilles dans des régions dont le nom,
- il y a cinquante ans, n’existait pas pour l’archéologue et à peine pour l’historien. C’est ainsi qu’en Crète, M. J. Evans a réussi à exhumer un ensemble de documents uniques pour l’histoire de l’art. Suivant toutes probabilités c’est bien le palais de Minos, le fameux labyrinthe de Crète, qu’il a eu l’heureuse chance de mettre au jour. Situé sur le haut d’une
- Fig. 2. — Éphèbo portant une cruclio.
- colline aride, il n’était recouvert que par une faible épaisseur de terre et présentait cette particularité qu’il a été détruit en une fois, dans le plein épanouissement de sa splendeur, sans que jamais, sur ses ruines, aucun établissement ait été fondé. Ce n’est que trois mille ans après l’incendie qui le détruisit de fond en comble, que la paix de ses décombres fut troublée par des investigations scientifiques et suivies.
- Les murs du palais formés d’énormes blocs de gypse ne furent donc pas ensevelis sous les couches successives de cités disparues, comme à Troie, et l’humus, qui lentement les recouvrit d’un voile d’oubli, préserva ce qui avait échappé à la torche des envahisseurs aussi bien que l’eût pu faire la lave de Pompéi ou la cendre d’Herculanum.
- Les fresques, dont les murs sont couverts, se sont
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- LA \ATI LL.
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- donc présentées dans un état de conservation extraordinaire : qu'on en juge par ce fragment admirable représentant un éphèbe portant une cruche (tig. 2). Le torse de couleur brun rougeâtre est nu, et une draperie brodée de petits trètles fait ressortir la finesse de sa taille. Son attitude est gracieuse autant que naturelle, et le profil de sa tète peut compter p a r m i les plus belles productions de la peinture antique que nous commençons à connaître. D’autres fresques représentent des femmes à peau blanche , décolletées, habillées de robes légères à manches bouffantes et à volants, causant entre elles avec
- de curieux dessins, et surtout d’un arceau sculpté, dont les motifs rappellent le style gothique.
- Les statues, assez rares, étaient peintes des couleurs naturelles des bêtes qu’elles reproduisaient : certaines parties, exécutées en émail, leur donnaient
- une intensité de vie saisissante Qig. -4). Citons une statue égyptienne, représentant un dieu assis, qu’une inscription hiéroglyphique fait remonter à deux mille ans au moins avant Jésus-Christ.
- Les découvertes épigraphiques ne se sont d’ailleurs pas bornées à cette trouvaille, quelque importante qu’elle soit.
- Kvans a réussi à exhumer toute une série
- Fig. 5. — Salle d'audience avec trône.
- animation. Un voit aussi des scènes de combat, où les guerriers au cœur intrépide poussent la lance ou jettent la javeline en des luttes acharnées. Une certaine partie de ces fresques appartient à l'époque égéenne, qui a précédé les temps mycéniens et sur laquelle les archéologues ne possèdent encore que des indications bien incomplètes.
- Comme tout palais, celui de Minos avait des souterrains compliqués où étaient cachés des trésors , renfermés
- dans de grandes
- jarres en terre cuite, dont l’ornementation est des plus originales : certaines atteignent jusqu’à lm,60 de haut (fig. 1).
- Toutefois la partie la plus importante de l’édifice était la salle d’audience, où se trouvait le trône (fig. 5). Ses murs élaient ornés de fresques représentant des plantes arrosées d’eaux courantes deux dragons couverts de plumes de paon gardaient la porte. Quant au trône, c’était un bloc de gypse dur, orné
- Fig. i. — Tète de bœuf sculptée et colorée.
- de tablettes en terre cuite, couvertes de lettres et de chiffres, qui constituent en quelque sorte les archives de Knossos. Leur déchiffrement, qui n’est
- pas près d’ètre terminé, enrichira certainement la protohistoire d’une foule de documents inédits et du plus haut intérêt . Ajoutons que souvent ces tablettes sont ornées de peintures qui se rapportent aux objets contenus dans le texte, à qui elles servent d’illustration et de complément . C ’ est ainsi que l’on y voit représentés des esclaves, des des cuirasses, des chevaux, des elles jouaient probablement le rôle de livres de commerce.
- 11 est à souhaiter que les fouilles n’en restent pas là, et que l’exhumation complète du palais de Minos nous montre tous les détails d’un monument qui peut rivaliser d’intérêt avec ceux de Perse ou de Chaldéc. Franz de Zi.i.imji.
- armes, des chars, arbres, des Heurs
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- LA NA TL HE.
- LE BANANIER
- Si le cocotier jouit depuis longtemps d’une réputation surfaite, comme nous l’avons vu dernièrement, le bananier mérite, au contraire, tous les éloges qui lui ont été décernés aussi bien par les voyageurs que par les botanistes.
- Parmi les végétaux herbacés, aucun ne rivalise avec cette plante généreuse pour la noblesse et la grâce. Du centre d’un gros bulbe, entouré de racines libreuses, s’élance une tige droite et lisse, formée par les larges gaines des pétioles, qui se recouvrent les uns les autres. A la hauteur de i à 5 mètres, cette tige se termine par un bouquet de feuilles ovales qui ont environ-2 mètres de long sur 50 à 50 centimètres de large.
- Ces feuilles sont minces, lisses, d’un vert brillant, rayées de nombreuses nervures transversales ; la partie inférieure est couverte d’un dépôt blanchâtre qui se détache au moindre frottement. Dans les terres chaudes, lorsque la plante est âgée d’environ neuf mois, on voit sortir d’entre les feuilles une hampe qui part du centre du bulbe, croit rapidement, et recourbe vers la terre son spadice terminal, d’où vont sortir les Heurs, protégées par des spa-thes violettes. Les fleurs du sommet sont seules fécondes; elles donnent naissance à des baies le plus souvent trigones, qui acquièrent, selon les variétés, de 10 à 50 centimètres de longueur.
- De la souche naissent, tous les deux ou trois mois, des drageons destinés à reproduire la plante, car une fois le régime de fruits cueilli, il faut couper la tige, devenue inutile. De ces drageons, on laisse sur place le plus développé et un ou deux très jeunes, de manière à assurer une succession régulière de régimes; les autres sont détruits ou transplantés.
- A surface égale, le bananier produit six fois plus que la pomme de terre.
- Mais là n’est pas tant, son mérite. Ses fruits possèdent à tout âge des propriétés précieuses, qui permettent à cette plante de fournir une alimentation variée. Quand ils sont très jeunes, on peut les préparer en acbars. Lorsque la cosse est encore toute verte, la banane grillée sous la cendre constitue une sorte de pain riche en fécule. On peut alors la couper par tranches, la sécher au four et la conserver pour les voyages. En approchant de la maturité, la banane acquiert un goût agréable de châtaigne, et déjà une partie de l’amidon s’est changée en sucre. Enfin, lorsque la cosse est toute jaune, l’amidon a complètement disparu, le sucre abonde, la pulpe est fondante et parfumée; on peut la manger crue, cuite dans la soupe, frite ou en compote. A Saint-Domingue, les nègres en font souvent cuire dans les chaudières à sucre, et leur satisfaction gastronomique s’explique par cette exclamation : « Ça bon, ça bon passé tout qui chose ! » Les noirs ne se lassent jamais de bananes, vertes ou mûres, frites, bouillies ou rôties.
- La banane constitue à elle seule un aliment complet. Elle peut former la base de la nourriture dans les pays où l’homme ne se livre pas à de rudes travaux.
- La culture du bananier consiste à couper les tiges épuisées, que l’on utilise comme fourrage; à débarrasser la souche des drageons trop nombreux et à retrancher les feuilles flétries. Moyennant ces quelques soins, le même coin de terre fournira, sans trop se fatiguer, aux besoins de plusieurs générations. Virgile Buamucoiiit,
- Secrétaire de la Société liimécnne du Nord delà France.
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- DANS L’EXÉCUTION DES TRAVAUX DE PAItCS ET JARDINS
- La création des grands parcs, principalement lorsqu’il s’agit de jardins à la française ou de l’établissement de pièces et cours d’eau, nécessite parfois des terrassements très importants dans lesquels les procédés de transports en usage pour les travaux publics sont mis en œuvre. On se sert donc couramment de chemins de fer portatifs à voie étroite dont les wagonnets culbu teurs sont poussés à bras d’homme, traînés par des chevaux ou remorqués par une locomotive. Toutefois, ce dernier procédé de traction n'est employé que dans les cas spéciaux, car il exige une installation plus dispendieuse et notamment des voies ballastées. C’est pourquoi il nous parait intéressant de signaler un exemple peut-être unique de l’utilisation fort originale et très pratique de la traction électrique pour des travaux de terrassements d’un pare de moyenne étendue. 11 s’agissait de la création du grand jardin à la française du Royal palace Hôtel, à Üstende, dont M. Martinet était l’architecte paysagiste. Pour diverses raisons, les travaux de terrassements, très importants, ne pouvaient être commencés avant le mois de mars et le jardin entièrement planté d’arhres et d’arhustes, gazonné et garni de tleurs, devait être terminé le 1er juillet de la même année, soit en quatre mois.
- Ces travaux de terrassements, de jardinage et de plantations devaient également être menés de front avec ceux de l’hôtel en voie d’édification, des murs de clôture et enfin d’une immense galerie vitrée le long de la digue destinée à protéger les arbres, les arbustes et les plantes contre l’action néfaste des vents salins, particulièrement désastreux à Ostende.
- Il s’y ajoutait cette particularité que l’emplacement devant être converti en jardins verdoyants et fleuris était entièrement occupé par un amoncellement de dunes, sans un atome de terre. Comme bien on pense, la hauteur de ces bancs de sable était par endroits à 2 ou 5 mètres au-dessus du niveau des pelouses et des massifs du parc projeté.
- Il fallait non seulement enlever cette hauteur de sable, mais encore creuser au-dessous de façon à permettre de disposer une épaisseur de terre d’au moins 80 centimètres à l’emplacement des massifs, de 60 à celui des plates-bandes et des parterres, et de 40 à celui des surfaces gazonnées. Ces diverses parties occupant environ 2 hectares et demi sur la superficie de plus de 5 hectares, environ 18 000 mètres cubes de terre végétale, fumiers, terreaux et engrais devant constituer les parties cultivables et 4000 mètres cubes de pierres, mâchefer et sable de rivière pour l’établissement des chemins, terrasses et terre-pleins étaient donc nécessaires.
- En ajoutant l’énorme cube de sable qui était ù déblayer @t à employer par parties pour les constructions et pour les remblais de la terrasse surélevée, au-dessus de laquelle la galerie vitrée devait être édifiée,
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- LA NATURE.
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- on voit l'énorme quantité de matériaux qu’il fallait fouiller, transporter et mettre en place, dans un délai très limité. Les terres végétales devaient, de plus, être amenées de fort loin, et les transports ne pouvaient être effectués facilement dans un chantier encombré de matériaux de construction, d’échafaudages, d’ouvriers et de dépôts de toutes sortes.
- Cela exigeait donc un aménagement considérable de voies, wagonnets, un personnel ouvrier très nombreux qu’il eût été difficile d’organiser rationnellement pour en obtenir le rendement désirable, si l’on s’était arrêté au matériel courant de terrassements, c’est-à-dire de wagonnets traînés par des chevaux. 11 était, de plus, impossible de faire circuler ces multiples attelages sur une surface aussi restreinte, dans un délai aussi court, avec un tel cube de terre, de matériaux à placer à divers endroits, tout cela aug-
- menté d’inconvénients et d’obstacles de toutes sortes qui étaient faciles à prévoir et difficiles à éviter.
- Les calculs avaient, en eilet, permis d’évaluer que, pour effectuer les transports et la mise en place des terres dans les délais prévus, il eût fallu 100 à 120 wagonnets et 20 chevaux. Or ce matériel était trop important et, par cela même, ne pouvait fonctionner normalement dans ce cas. Quant à utiliser une ou plusieurs locomotives à vapeur, il n’y fallait pas songer parce ({ne les voies auraient dû être établies solidement, et aussi parce, que diverses circonstances mettaient dans l’impossibilité matérielle d’user de ce moyen de transport d’ailleurs peu pratique.
- C’est alors que les entrepreneurs, MM. de Waele, étudièrent, avec M. Koppel, de Derlin, la possibilité d’avoir recours à la traction électrique pour ell’ectuer rapidement ces terrassements. L’idée était d’autant
- Æètr&r.
- NORD
- ’EJtloxipu, CrÂi.
- Fig. 1. — Tracé du chemin de fer électrique transportable dans le parc du Royal palace llotel, à Ostemle.
- A, voies de départ en décharge; B, voies de départ et de déchargement ; C, voies de déchargement et de retour à vide; D, voies de chargement.
- plus heureuse qu’il existait sur place même une usine provisoire, destinée à la production de courant électrique pour l’éclairage et pour la force motrice devant actionner les monte-charge et autres appareils.
- Deux machines du modèle Koppel et 28 wagonnets suflirent, en elfet, pour assurer les transports de tous ces matériaux dans d’excellentes conditions. Cela sans encombrement, ces machines circulant avec beaucoup plus de facilité qu’une locomotive à vapeur et même que les chevaux, et plus rapidement, ainsi que nous avons pu le constater au cours de nos séjours sur place pour l’inspection de ces travaux.
- Les deux locomotives électriques à deux axes avaient la puissance de 10 chevaux, du poids de 1400 kilogrammes, à un moteur suspendu aux axes des roues par des coussinets et reposant sur des supports à ressorts contre le châssis du wagon. Cette particularité permet une mise en marche sans choc et sans fatigue pour les moteurs. La transmission de l’arbre du moteur à l’essieu moteur a lieu par un
- simple renvoi fraisé en fonte d’acier préservé de l’eau et de la poussière par une boite protectrice en fonte. Chaque locomotive était pourvue d’un frein agissant sur les quatre roues, d’un régulateur permettant de marcher à 7 vitesses différentes, dans chaque direction, par le maniement d’une simple manivelle. Elles possédaient une cabine fermée pour contenir les divers conducteurs.
- L’appareil de contact pour la prise de courant était muni d’un long rouleau en cuivre (ftg. *4) réunissant les avantages du contact à crochet et du trolley. Cette large surface de contact diminue essentiellement le nombre de points de suspensions dans les courbes et empêche complètement un déraillement à la prise de courant, tout en évitant les aiguilles aériennes si compliquées. Les fils de bifurcations sont joints directement au fil principal. De plus, la prise de courant tourne automatiquement, par suite de sa position perpendiculaire quand sa direction de marche change.
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- Ces locomotives remorquaient régulièrement 7 wagons contenant 1 mètre cube de terre remuée sur palier et A sur rampe de 5 pour 100 sans aucune fatigue dans les courbes et à la vitesse initiale de 15 à 20 kilomètres à l’heure.
- La voie était celle de 60 centimètres, de 7 kilogrammes, à traverses rigides en acier, simplement posée sur le sable sans aucun remblai, ce qui n’aurait pu se faire avec une locomotive à vapeur de beaucoup plus pesante. Pour assurer la circulation parfaite du courant chaque partie était reliée à l’autre par un lil de cuivre.
- Le courant pour le chemin de fer électrique était fourni par une usine* centrale d’électricité provisoire se composant d'une locomotive demi-fixe et de deux dynamos produisant également le courant électrique
- pour d’autres services. C'est d’ailleurs à une installation spéciale qu’il faut avoir recours dans un cas semblable toutes les fois que l’on se trouve trop éloigné d'une [irise d’électricité pour pouvoir se servir d'un courant ne dépassant pas 250 volts.
- Du tableau de distribution, le courant était conduit par des tils de cuivre aériens de S millimètres au point le pins rapproché de la voie. Cette conduite était suspendue aux isolateurs des cadres transportables en 1er forgé, faisant office de poteaux fixés d une façon rigide aux traverses de la voit* (fig. A). Le retour du courant électrique avait lieu par les rails.
- L’espacement de ces porteurs était de 50 mètres en ligne droite ; mais il était de beaucoup plus rapproché aux courbes à petit rayon, afin que le lil [misse suivre le [dus possible Taxe de la voie. L’emploi de
- . — Vue générale des travaux du parc.
- Fig. 2
- ces arcades pesant environ 80 kilogrammes, qui se trouvaient complétées par l’emploi d’un chariot tendeur pour le montage du fil, est des plus heureux. Ce chariot tendeur muni d’un treuil dont le tambour porte le lil de cuivre roule sur la voie meme. Il avance donc au fur et à mesure du montage et peut rester au bout de la voie pour être utilisé lorsque cela est nécessaire. Grâce à cette combinaison, il n’est pas indispensable d’employer exclusivement des ouvriers spéciaux pour le montage des voies et du fil, puisqu’à Ostende l’équipe nécessaire pour les changements multiples, faits au fur et à mesure de l’avancement des travaux, était recrutée parmi des terrassiers quelconques.
- Le tracé et l’installation des voies avaient été faits de façon à desservir les diverses parties du jardin et de déposer à pied d’œuvre les terres pour les remblais après avoir enlevé le sable ou en faisant les deux opérations simultanément. 11 n’y avait plus
- qu’à reprendre ces terres à la pelle ou à la brouette pour les disjioser sur place d’une façon définitive (fig. 5). La longueur des voies desservies par le fil était au total de 2500 mètres.
- Le plan du parc (fig. 1 ) donne précisément la disposition des voies pour l’enlèvement du sable et pour la répartition des bonnes terres (A, voies de départ en déchargement; R, voies de déchargement; C, voies de déchargement et de retour à vide; I), voies de chargement). Les lignes étaient partout à voie unique malgré l’emploi de deux locomotives, cela à cause des embarras occasionnés par les constructions et aussi parce que les remblais de terre végétale devaient être exécutés sur toute la surface du jardin.
- Ge tracé avait été très intelligemment combiné pour permettre la circulation rapide des trains dans tout le jardin et la marche de ceux-ci était réglée de telle façon qu’il ne pouvait y avoir de rencontres.
- Les terres végétales provenaient du percement
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- d’un bassin de chasse dans le nouveau port d'Üstende. Elles étaient amenées par le chemin de ter vicinal, dans une partie formant gare dans l’enceinte du parc
- et à l’ouest de Dhôtel (I), lig. 1). De chaque côté de la voie de ce chemin de 1er était celle du chemin de fer électrique qui permettait d’avoir
- Ae \
- Pwucrji
- Fig. 5. — Wagonnets en déchargement et mise des terres en place.
- toujours un train en charge, à droite ou à gauche. Le fonctionnement et la manœuvre des trains
- électriques qui se composaient ordinairement de 7 wagonnets avaient lieu très simplement. Les trains
- Fig. 4. — La locomotive électrique et une arcade supportant les fils
- étaient amenés en charge de chaque côté des wagons du chemin de fer communal transportant les terres du nouveau port, puis chacun d’eux était dirigé par les voies A ou B, sur la partie à remblayer. Là, le serre-frein décrochait les wagonnets que l’on
- déchargeait, tandis que la machine prenait en arrière1 et poussait jusqu’à la gare de chargement la rame de wagonnets amenée précédemment, qui venait d’être déchargée. Après avoir garé ce train pour le chargement des wagonnets, la machine était attelée à un autre
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- train chargé et repartait, pour reprendre de nouveau les wagonnets vides amenés par l’autre locomotive.
- L'organisation était telle qu’une locomotive partait de la gare de chargement lorsque l’autre arrivait à la partie du parc à remblayer, et tout en franchissant les mêmes lignes elles se suivaient toujours à distance égale, ce qui facilitait la régularité du travail. De cette façon il ne se produisait aucune fausse manœuvre et le passage des trains ne nécessitait pas d’aiguillages. En opérant ainsi on mettait en place 70 mètres cubes de terre à l’heure, soit 840 par journée de 12 heures. Lorsque les équipes de nuit relayaient celles de jour et que les terrassements se poursuivaient, dans le chantier éclairé à l’électricité, ce cube était presque doublé. Les terres amenées en remblai étaient déposées en cavaliers sur les bords des grandes parties (tig. 3) et là étaient reprises à la brouette pour être mises déiinitivement en place.
- Nous avons évalué, en tenant compte de l’amortissement du matériel, de tous les frais de production d’électricité, du personnel ouvrier et surveillant, que chaque cube de terre ainsi placé revenait à peine à 80 centimes, ce qui n’est pas un prix élevé pour un tel travail. Il aurait coûté au moins le double si on avait eu recours à la traction animale. Ne sont pas compris dans cette évaluation, pour ce cas spécial, l’achat des terres et leur transport par le chemin de fer vicinal jusqu’à l’entrée du parc.
- Nous croyons donc qu’un chemin de fer électrique portatif pourrait être avantageusement employé pour les terrassements importants que l’on exécute fréquemment dans les propriétés, pour la création des parcs et pour toutes sortes de travaux, comme c’est déjà le cas dans certaines exploitations industrielles.
- Albert Malmené, Professeur (l'Horticulture.
- L’ESSENCE D’IRIS
- L’huile essentielle qu’on extrait des rhizomes de l’Iris florentina possède une odeur rappelant celle de la violette et partant trouvait jusqu’ici un important débouché en parfumerie. Mais actuellement un produit de laboratoire, d’un bas prix et d’un emploi commode, l’ionone, tend à se substituer à cette essence de racines d’iris d’où les agriculteurs toscans tiraient une partie notable de leurs richesses. Si le composé sortant de la cornue ne possède pas la linesse du parfum naturel, néanmoins il semble devoir le détrôner au point de vue commercial. Aussi quelques renseignements sur la crise économique que subit cette culture ne manqueront pas d’intérêt.
- Les principaux centres producteurs d’iris en Italie sont: les communes de Greve, Dicomano, Pelago, flegello, Baguo a Itipoli, Pontassieve, Galluzo, S. Casciano in Val de Pesa, Montespertoli (province de Florence) ; les environs d’Arezzo, de Castelfranco di Sopra, de Lorc Ciuffenna (province d’Arezzo), de Grosseto, delà province du même nom; de Faënza (province de Ravenne), de Terni (province de Pérouse). Depuis plusieurs années, on cultive également l’iris dans la province de Vérone à Tregnago, Cazzano, lllasi et Monteforte. Mais les racines de cette dernière provenance, utilisées principalement en droguerie, sont moins estimées car, renfermant de l’essence
- de qualité inférieure à celle de Florence, elles ne se prêtent pas à la distillation.
- L’exploitation s’effectue de la façon suivante sur les collines, les clairières ensoleillées ou les lisières des vignobles disposées sur les coteaux. On enterre la plante et on l’abandonne à elle-même pendant deux ou trois années. A ce moment, on arrache les racines qu’on immerge dans l’eau, puis on les étend sur des terrasses durant une quinzaine de jours, jusqu’à dessiccation complète. Les rhizomes de trois ans sont supérieurs à ceux de deux ans, mais par contre leur rendement en racines sèches est inférieur. Ainsi 100 kilogrammes de rhizomes verts de trois ans donnent 50 à 55 kilogrammes de racines sèches tandis qu’une coupe de deux ans en fournit 40 kilogrammes.
- Pendant le dernier quart de siècle, les agriculteurs italiens trouvaient leur compte à cette culture malgré les fluctuations extraordinaires des cours. Ainsi, d’après un tableau récemment publié dans le Bulletin Schimmel, 100 kilogrammes de racines d’iris valaient en 1882, à Florence, 128 lires; en 1802, ils atteignaient, par suite de spéculations, 510 lires tandis qu’en 1002, ils s’adjugeaient entre 40 et 50 francs. A quoi tient un tel état de choses? À un nouveau facteur que la chimie a introduit sur le marché. Effectivement, il y a peu de temps encore, on ne retirait guère le parfum de la violette que des rhizomes d’iris dont 1000 kilogrammes fournissent 2 kilogrammes d’huile concrète. Aujourd’hui on remplace celle-ci par l’ionone, cétone isomérique de l’irone découverte par Tiemann et Kruger. Cette substance constitue un excellent succédané de l’essence de violette (bien qu’elle n’existe pas, malgré son odeur, dans l’essence naturelle), et s’obtient par la condensation du citral avec l’acétone ordinaire, puis transformation consécutive du produit résultant par l’acide sulfurique. Quoique ce composé synthétique n’égale pas en suavité l’essence de racines d’iris, il finira prochainement par la remplacer et bientôt sans doute la culture de l’iris, qui se pratiquait en Italie depuis plus de deux cents ans, aura vécu.
- ________ Jacques Boxer.
- TROTTEURS NORMANDS
- ET TROTTEURS AMÉRICAINS
- Un des meilleurs étalons trotteurs de demi-sang normand « Cherbourg)), réformé par nos haras nationaux, vient d’être abattu, au moment même où un trotteur américain « Créséus » accomplissait, de l'autre coté de l’Atlantique, une performance exceptionnelle qui lui vaut le titre de « Boi des trotteurs ».
- Créséus, en effet,, sur la piste de Memphis, a couvert la distance de 2 milles (3218 mètres) en 4"‘ 17s, ce qui donne une moyenne de 1m 1 il5 4/5 pour le kilomètre! La meilleure vitesse chronométrée en France a été celle d’« Abnet » qui trotta le kilomètre en lm 24s 1/4. Rares sont nos trottetffs qui firent le kilomètre en moins de lm30s. U faut dire que les conditions de nos courses sont différentes de celles qui existent en Amérique. Chez nous, dans les essais, dans les tentatives de records comme dans les épreuves de trotting, le chronométreur prend les temps dès le baisser du drapeau du starter ou dès la première foulée de trot, ou pour employer une expression technique, départ arrêté; en Amérique,
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- les temps sont pris départ lancé, et lorsque ces fameux trotteurs américains viennent se mesurer avec les trotteurs du continent, obligés de se conformer à nos règlements, il y a une différence assez sensible.
- D’autre part, il faut bien se rendre compte de ceci : l’Amérique a fait une race de trotteurs uniquement pour les courses, sans se préoccuper d’autre chose que de la vitesse. Nos éleveurs ont un autre but, ils cherchent avant tout à améliorer la race, à obtenir par une sélection raisonnée et des croisements judicieux, un joli modèle de cheval vite et capable de rendre des services autres que ceux de faire encaisser le montant des allocations de courses.
- On est arrivé en France au maximum de vitesse, non point que, parmi nos trotteurs normands, il n’en soit pas qui puissent battre le record d’« Abnet »
- ( lm!24s 1/4); mais exagérer encore la vitesse du trot, ce serait nuire au modèle. Jamais, pensons-nous, on n’en arrivera en France à entraîner les trotteurs au moyen d’une automobile de 15 chevaux, comme cela s’est fait pour le fameux « Créséus » ; car nos éleveurs, bien conseillés par l’Administration des haras, préféreront toujours vendre de beaux et bons chevaux que de faire des « machines à trotter » incapables de donner des produits bien construits.
- Depuis de longues années l’Administration des haras s’est recrutée en demi-sang, à l’aide des courses au trot : la plupart des étalons des haras nationaux-ont à leur actif un certain nombre de victoires sur nos hippodromes du trot-ting de Vincennes, de Saint-Cloud ou de Normandie; c’est ainsi que « Cherbourg », dont le meilleur temps avait été de lm 40s le kilomètre, avait gagné, pendant les deux années qu’il parut sur le turf, 66 700 francs de prix.
- Mais la remonte de notre cavalerie étant la première préoccupation des haras, il ne faut pas songer uniquement à la vitesse et pourvoir notre artillerie de chevaux de trait léger bons trotteurs ; aussi cette année les haras ont-ils acheté un assez grand nombre d’étalons carrossiers destinés à donner plus de puissance et à grossir un peu le modèle qui tendait à s’affiner outre mesure.
- C’est surtout dans le Calvados que l’on produit les trotteurs, variété de demi-sang normand, dont la réputation est aujourd’hui universelle. Dans nos haras nationaux, en tète des étalons de demi-sang se placent les étalons trotteurs, en assez petit nombre par rapport aux autres, mais qui, par leur origine, leur forme et leur performance, présentent de sérieuses garanties pour la reproduction. Aussi sont-ils très recherchés dans le pays où l’élevage de cette catégorie de chevaux prend une extension toujours croissante. Tous ces étalons descendent en ligne directe “de trotteurs confirmés, très près du sang par leurs ascendants paternels ou maternels et que l'on peut consi-
- dérer comme la souche des trotteurs normands actuels.
- Pour être acceptés comme étalons par les comités d’achat, les trotteurs doivent avoir fait leurs preuves sur les hippodromes de Caen, du Pin, de Rouen, de Cabourg, de Saint-Lô ou de Pont-l’Évèque, et avoir trotté dans un temps déterminé le kilomètre et les 4 kilomètres. Est-ce à dire que les étalons qui ont satisfait aux épreuves sont irréprochables? Non certes, mais ils ont prouvé qu’ils possédaient une qualité améliorante indispensable : l’énergie.
- Quant aux caractères qu’ils présentent, ils sont loin d’être homogènes, et cela se comprend étant donnés les procédés de reproduction employés : tantôt, ils se rapprochent du pur sang pour la longueur des lignes, la trempe et l’énergie; tantôt ils ont le développement musculaire et l’ossature de l’ancien cheval normand. Les types les mieux réussis sont ceux chez lesquels les détails de la conformation des ascendants
- Trotteur normand.
- se sont pour ainsi dire fondus pour former un tout harmonieux.
- Mais combien de sujets s’éloignent du beau caractère : tel a une tète forte, longue et reliée h l’encolure d’une façon disgracieuse; tel autre a le dos bas : celui-ci a la croupe trop élevée; celui-là a des aplombs défectueux. Sans compter les tares consécutives aux pénibles épreuves des courses ; et à ce point de vue, il est regrettable que la limite de résistance de ces généreux coursiers soit souvent dépassée, et cela au grand dommage de leurs qualités même reproductrices, car s’il est des altérations organiques visibles, il en est aussi d’invisibles et non moins graves que celles-ci, et c’est sans doute à des lésions de ce genre, consécutives au surmenage que l’on doit de voir des étalons ne donner aucun produit sérieux pendant la première et même la seconde année de la monte. Cet état se modifie heureusement plus tard à la suite du repos ou d’un travail hygiénique. Paul Még.ni.n.
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- LA N A TU HE.
- UN HOMME SUPPORTANT UNE
- Le Moulin Rouge, qui a été récemment transformé en un luxueux music-hall, invite le public à venir assister tous les soirs à l’« écrasement » d'un homme par une automobile. Que nos lecteurs ne s’émotionnent pas : la victime de cet accident supporte journellement cette épreuve sans dommage; il n’y a ni membres brisés, ni effusion de sang. 11 s’agit là d’un spectacle athlétique, nouveau d’ailleurs et destiné à attirer le public.
- L’écrasé volontaire se nomme Lionel Strangfort; il est né à Berlin et est âgé de vingt-trois ans. C’est un des plus merveilleux athlètes qu’il nous ait été donné de voir depuis Sandow et qui semble avoir trouvé le secret de réunir, dans le même individu, la force musculaire et la beauté plastique. Par un sage et judicieux entrainement, cet homme est parvenu à acquérir la faculté de décupler la puissance de ses muscles tout en conservant une académie d’une pureté de lignes idéale, d’un dessin souple, puissant et harmonieux. Lorsque, sur le fond sombre de la scène, il apparait, violemment éclairé par des projections électriques, on croirait voir une de ces belles statues d'atldète que nous a laissées l’art grec.
- C’est la première fois que nous voyons en France ce Lionel Strangfort qui, jusqu'à ce jour, avait travaillé en Amérique; c’est un élève d’Attila, un bel athlète aussi, que l’on a pu voir il y a quelques années sur la scène des Folies-Bergère. Cet Attila a fondé à New-York, dans le Broadway, une école de culture physique qui a eu un succès énorme et qui est fréquentée par la haute société américaine. Grâce à une méthode appropriée, et qui est déjà connue en France sous le nom de « méthode Sandow », Attila parvient à former des hommes forts, des athlètes harmonieux et bien musclés, avec des êtres maigres,
- faibles et même malingres. Pour reconnaitre l’excellence de la méthode, il suffit de citer notamment les deux prodigieux athlètes qu’elle a formés : Sandow et Strangfort.
- Strangfort fait précéder ses exercices d’une série de poses plastiques par lesquelles il met en valeur le relief exceptionnel de son système musculaire : 11 possède, en effet, la faculté de faire jouer ses muscles comme s’ils étaient indépendants les uns des autres, et l’on peut assister à une véritable cascade de muscles comme il n’est pas donné d’en voir
- souvent : les muscles de ses avant-bras, de scs cuisses, se contractent, puis se détendent sans un mouvement des membres; ses biceps montent jusqu’à l’épaule ou descen-dent jusqu’au coude ; son thorax prend une ampleur extraordinaire tandis que le ventre s'affaisse et s’incurve ; les muscles de son dos se roulent en boules qui montent et descendent à volonté, comme mues par des ressorts invisibles (fig. I ). Cette indépendance des muscles est le trait le plus remarquable et le plus caractéristique de l’académie de cet athlète que l’on a si justement surnommé le « roi du muscle ». Voici du reste, à titre de curiosité, les principales mensurations du corps de Lionel Strangfort : Taille : lm,74 —cou ; O"1,42 — poitrine : l'VlO — ceinture: 0m, 85 — avant-bras : O111,54
- — poignet: 0m,19 — biceps:0m,41 —cuisse: 0m,62
- — mollet : 0'“,40.
- Strangfort accomplit ensuite une série d’exercices de force sur lesquels nous ne pouvons insister : des « arrachés » et des « dévissés » de poids et d’haltères de dimensions peu communes ; entre ses doigts puissants il déchire jusqu’à six jeux de 52 cartes, comme s’il s’agissait d’un cahier de papier à cigarettes. Il termine enfin son exhibition par l’exercice
- Fig. 1. — Lionel Slranglort. Le « lioi du muscle », dans ses poses plastiques.
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- de U « écrasement ». Le terme écraser est impropre en l’espèce, car le patient supporte, sans avoir l’air incommodé et sans faiblir, le passage sur son corps d’une automobile de Dion et Bouton de 800 kilogrammes, chargée de trois personnes, soit un poids total d’environ 1000 kilogrammes.
- Strangfort s’appuie sur la scène simplement sur les mains et les pieds, le ventre en l’air, le corps formant un arc : sur ses genoux et sur ses épaules on place un pesant appareil en forme de pont, formé de poutres gigantesques et rappelant, en plus grand, le jeu de la bascule : c’est une sorte de large plateforme qui peut basculer à droite et à gauche sur un axe reposant sur le corps même de l’athlète. Cette plate-forme se raccorde, de chaque côté, h une
- rampe de bois inclinée à environ 8 pour 100. L’automobile, chargée de ses trois voyageurs, s’avance lentement sur l’une de ces rampes, s’engage sur la plate-forme, roule sur le tablier de cette sorte de pont dont l’homme forme l’arche vivante; lorsqu’elle a dépassé le corps de Strangfort, l’automobile, par son propre poids, fait basculer la plate-forme du côté opposé et descend alors rapidement pour regagner la seconde rampe comme on le voit figure 2.
- On conviendra qu’il faut une force de résistance musculaire peu commune pour supporter, ne fut-ce que quatre à cinq secondes, un poids de 1000 kg qui vous roule sur le corps, et cela en n’ayant que les mains et les pieds pour point d’appui. Avec ce tour de force original et la beauté de ces poses plasti-
- Fig. 2. — Strangfort supportant le poids d’une automobile de 1000 kilogrammes.
- ques, Strangfort tient là un numéro sensationnel que voudront admirer les amateurs d’exercices physiques. . ________ \Y. Drancourt.
- EXPÉRIENCES
- SUR LES DIX PREMIERS NOMBRES
- Nous n’étonnerons personne en disant que l’esprit humain n’a rien de commun avec la perfection et. qu’il est plein de défectuosités et de manies, ('/est afin de faire ressortir ses défauts que nous avons exécuté certaines expériences simples dont nous allons rendre compte.
- Ayant obtenu le bon vouloir de trois personnes, nous nous sommes occupé d’elles l’une après l’autre, en leur formulant la même demande qui consistait en ceci : Nommer à tort et à travers des nombres choisis parmi les dix premiers, c’est-à-dire de 1 à 10. Nous inscrivions ces nombres au fur et à mesure qu’ils étaient prononcés
- jusqu’à ce qu’ils eussent atteint un total de 500. Cet exercice n’était peut-être pas des plus divertissants, mais il avait pour excuse de ne pas durer plus d’un quart d’heure. Les 500 nombres obtenus, nous les avons partagés en cinq tranches de 100; nous les avons sommés par espèce dans chaque tranche et, en définitive, avons cherché à en tirer des conclusions. Voici les constatations qu’il nous a été donné de faire.
- La première personne, qui était des plus irréfléchies et que nous désignerons par A, réservant 11 et C pour les deux autres, a fourni des résultats d’une grande uniformité. Les cinq nombres qu’elle nomma le plus fréquemment furent :
- 1, 2, 3, 7 et 10 pour la 1, 2, 3, 7 et 10 —
- 1,2, 3, 7 et 10 —
- 1,2, 4,'7 et 0 —
- 1,2, 4, 7 et 10 —
- première centaine deuxième — troisième — quatrième — cinquième —
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- On voit que A a montré un attachement continu pour 1,2 et 7 et une prédilection partagée entre 5 et 4, 10 et 9. Par contre, il semble qu’elle ait éprouvé une véritable répulsion pour 5, 6 et 8, pour 6 surtout, qui a donné lieu à un curieux incident : Après l'achèvement de la quatrième centaine, nous finies remarquer à A qu’elle laissait le nombre 0 en flagrant état d’infériorité; ce nombre n’avait, en effet, été donné que 4 fois pour la première centaine, 0 fois pour la deuxième, 1 fois pour la troisième et 0 fois pour la quatrième, soit 5 fois eu tout au lieu de 40, chiffre moyen; nous lui demandâmes, en conséquence, de faire en sorte de nommer le nombre 0 aussi souvent que les autres. Eli bien! notre observation n’eut qu’un médiocre succès et, dans le cours de la cinquième centaine, 0 ne fut appelé que 7 fois, restant encore au-dessous de la moyenne 10.
- En ce qui regarde la personne B, qui était intelligente et réfléchie, nous lui avons demandé de faire en sorte, tout en disant les nombres à tort et à travers, de ne pas favoriser l’un plutôt que l’autre. Cette personne s’en tira admirablement pour la première centaine, car tous les nombres furent nommés 10 fois sauf 4 qui le fut 11 fois et 2 qui le fut 9 fois; mais il n’en fut plus de même par la suite, sans doute à cause de l’ennui et de la fatigue et apparurent alors les attirances et les répulsions. Les résultats, quoique assez variables, accusent un penchant prononcé pour 4 et 9 et une véritable désaffection pour 1, 0 et 10 qui ne purent jamais dépasser la moyenne 10 dans aucune série, surtout le nombre 6 qui, dans une-centaine, ne fut appelé que 5 fois. Il semble donc que B ait montré une véritable tendance à localiser son choix entre 1 et 0 d’un coté et entre 0 et 10 de l’autre.
- La troisième personne G était réfléchie, mais d’une intelligence des plus médiocres; nous lui finies la même recommandation qu’à B d’avoir à ne pas favoriser un nombre plutôt qu’un autre. Les résultats qu’elle a fournis, quoique empreints de moins de netteté que ceux de B, offrent avec ceux-ci beaucoup de ressemblance. Les nombres extrêmes I et 2, 9 et 10 sont relativement délaissés et tous les autres montrent sensiblement la même fréquence, sauf 7 qui est quelque peu inférieur.
- En résumé, il semble, d’après l’expérience, qu’une personne irréfléchie nommera avec une constance remarquable certains nombres plus souvent que d’autres. Cette constance ne se remarque pas au même degré chez les personnes ayant de la réflexion, qu’elles soient d’une intelligence grande ou médiocre ; elles tendent à délaisser les nombres extrêmes et à répartir leur choix sur deux groupes. Si l’on considère l’ensemble des résultats obtenus avec les trois personnes A, B et C, il semble qu’il se produise pour la fréquence des chiffres annoncés deux maximums, l’un vers 5 et l’autre vers 8, ainsi qu’un minimum vers 6. Relauney.
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- PRÉTENDUE ÉRUPTION VOLCANIQUE
- EN COLOMBIE BRITANNIQUE
- Deux dépêches contradictoires viennent d’être publiées dans les journaux. L’une prétendait que la mine Frank dans l’Etat d’Alberta (Colombie britannique) avait été le siège d’une éruption volcanique, des torrents de lave ayant détruit la ville du même nom qui a été édifiée en peu de temps à proximité de la mine. L’autre dépêche dit au contraire que l’accident survenu à la mine est dù à un éboulement, que la montagne où affleuraient et
- étaient exploitées les couches de charbon s’est affaissée tout d’un coup.
- Où est la vérité? Nous chercherons à la déterminer par des renseignements personnels que nous possédons sur cet te région.
- Et d’abord la constitution géologique du pays indique que des éruptions modernes ne sont guère possibles. Nous sommes au pied des Montagnes Rocheuses. En concordance sur le crétacé qui est le sédiment de toutes les plaines repose le terrain carbonifère et le dévonien. 11 y a bien quelques manifestations de roches éruptives anciennes, mais sans trace de réouverture moderne des fissures. Comment une éruption moderne pourrait-elle traverser une épaisseur aussi grande de sédiments?
- L’hypothèse d’un éboulement gigantesque est au contraire plus plausible et s’explique par la nature du gisement d’alwrd, par son mode d’exploitation ensuite.
- Les couches de charbon affleurent sur le versant Est de la montagne Tortue, celle qui a été le point de manifestation d’une éruption ou plutôt d’un éboulement. Elles sont redressées par un soulèvement de calcaire qui est lié intimement à des éruptions de l’époque tertiaire. Or, parmi ces couches, l’une a 4 mètres d’épaisseur, une seconde 5 mètres, une troisième 2 mètres. Les autres sont de moindre épaisseur.
- La couche que l’on exploite jusqu’ici est celle de 4 mètres, et il est bien certain qu’on l’abat sans aucun remblayage. Le charbon se vend bien dans la région ; le chemin de fer du Canadian Pacific est heureux de pouvoir s’alimenter sur place et pousse au développement de la mine; la production, qui était de 250 tonnes par jour en mai 1902, atteignait ainsi dans les derniers temps 1200 tonnes et devait encore progresser. Or, chacun sait que, quels que soient les moyens mécaniques et rapides d’abatage qu’emploient les Américains, on ne peut pas développer indéfiniment l’exploitation dans une couche voisine de la verticale et ayant en outre une épaisseur de 4 mètres. Si l’on remblaie, la production individuelle de chaque ouvrier est diminuée d’autant et le temps nécessaire au remblayage vient en déduction de celui qui est exigé pour l’abatage. Si l’on ne remblaie pas, c’est au détriment de la sécurité; les méthodes de foudroyage ont été presque partout abandonnées en France dans des gîtes verticaux de grande puissance.
- Il est donc bien évident que la sécurité a été compromise au charbonnage Frank. Un immense éboulement s’est produit dans les travaux, entraînant avec lui la montagne Tortue. Les pierres roulées par les eaux de la mine sont venues jusqu’à la ville Frank et l’ont en partie détruite. Dans leur terreur, les habitants ont pris pour de la lave ces pierres qui venaient sur eux à toute vitesse, et la pluie de cendres qui recouvre le raccordement du Canadian Pacific Railway résulte du broyage des matériaux descendus de la montagne après l’éboulement. F. C.
- CHRONIQUE
- Les routes ferrées. — Depuis quelque temps on exécute, en Allemagne et aux États-Unis, des expériences avant pour but d’améliorer la viabilité des chaussées. Le système employé est le suivant : on creuse, dans le sens de la longueur de la route, deux fosses qui reçoivent chacune un rail de 50 centimètres de largeur couché sur le flanc. Les ailettes supérieures, qui sont au ras de la chaussée, n’ont que 7 millimètres de haut ; les inférieures, encas-
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- trées dans le sol, 75 millimètres, l'n bétonnage solide empêche tout mouvement des rails, qui constituent deux bandes de roulement s’adaptant à tous les écartements de roues. L’avantage le plus saillant de ce système est que la traction est bien plus facile; l’effort pour traîner une charge sur ce chemin d’acier est sensiblement le dixième de celui qui serait nécessaire pour arriver au même résultat sur un macadam bien entretenu. Le poids du kilomètre de route ferrée ne dépasse pas 80 tonnes, et son prix est de 12 500 francs. C’est du moins ce qu’a coûté le tronçon que représente notre figure et qui est situé à Murray Street, à New-York. Il est peut-être bon d’ajouter
- Houle ferrée à New-York.
- que les Américains n’ont pas la primeur des routes ferrées. Depuis dix ans existent en Espagne des routes et des rues avec des ornières ferrées dans lesquelles les voitures engagent leurs roues. On peut voir ce dispositif établi notamment dans une belle avenue de Valence.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 4 mai 1903. — Présidence de M. A. Gaudry.
- Culture de la truffe. — M. Boulanger adresse une Note faisant connaître les résultals que lui a donnés une méthode qu’il a imaginée pour la culture des -truffes. Le principe de cette méthode a été antérieurement consigné par lui dans l’écrit déposé sous pli cacheté sur le bureau de l’Académie ; il est procédé aujourd’hui, sur sa demande, à l’ouverture de ce pli. M. Boulanger, dans un terrain d’une superficie de 15 hectares, situé près d’Etampes, a semé les formes conidiennes de la truffe ; il a obtenu 5000 places présentant des truffes.
- Notice biographique. — M. Guyou lit une notice biographique sur le vice-amiral Fauque de Jonquières.
- Recherche des astéroïdes. — M. M. Lœwy analyse une Note de M. J. Mascart relative aux causes qui déplacent les petites planètes des positions qu’elles devraient occuper d’après les lois de Képler. Il arrive presque toujours, lorsqu’un de ces astéroïdes n’a pu être observé pendant quelques oppositions, qu’il n’occupe plus la position assignée par le calcul. L’écart provient de l’action perturbatrice exercée par la planète Jupiter. M. J. Mascart donne
- des formules et des tables numériques qui permettent de déterminer avec facilité la correction à appliquer à l’éphéméride et par suite de retrouver l’astéroïde disparu.
- La reproduction de la truffe. — M. Bonnier présente une Note de M. Matruchot relative aux conditions de la reproduction de la truffe. L’auteur a semé sur des tranches de pomme de terre, de carotte ou de navet passées à l’autoclave afin d’en assurer la stérilisation et arrosées du liquide nutritif des cultures en usage à l’Institut Pasteur, des spores de truffe du Périgord et de truffe de Bourgogne. Ces spores ont, au bout de quelque temps, donné naissance à une matière légère ayant l’aspect de l’ouate blanche étirée qui n’est autre que du mycélium. Ce mycélium donne à son tour sur la tranche des granulations qui ne sont autre chose .que des jeunes truffes; il peut également servir à l’ensemencement du sol.
- Les lueurs crépusculaires de 1903. — M. Wolf communique une Noie de M. Esclangon, astronome de l’Observatoire de Bordeaux, relative aux lueurs crépusculaires observées pendant ces derniers temps. Ces lueurs ne sont pas dues à des poussières volcaniques en suspension dans les hautes régions de l’atmosphère; elles sont dues à des poussières de glace. L’auteur signale, à l’appui de son opinion, cette circonstance que les lueurs disparaissent et reparaissent. Or les circonstances qui accompagnent la disparition semblent indiquer la fusion de la glace et la réapparition révéler une congélation de la vapeur d’eau. La disparition coïncide avec un réchauffement de la température et l’apparition avec une recrudescence du froid. On se trouve donc en présence de cirrhus très légers, altérant peu la pureté du ciel, mais encore suffisamment compacts pour refléter la lumière du soleil.
- Influence biologique des rayons du radium. — M. Bohn communique un nouveau travail relatif à l’influence des radiations du radium sur le développement des animaux. Ses recherches ont porté sur les œufs d’oursin ; il a reconnu que les radiations du radium déterminaient la parthénogenèse des œufs non fécondés.
- L’arsenic dans l'organisme. — M. Duclaux dépose une Note de M. Gabriel Bertrand résumant les conclusions de recherches nouvelles sur la présence normale de l’arsenic dans l’organisme. L’auteur posant en principe que ce métalloïde est, comme le carbone, le soufre et le phosphore, un élément constant de la cellule vivante, avait conclu que l’arsenic devait se trouver dans le sang et les tissus, au lieu d’être localisé comme l’a affirmé M. A. Gautier. Par suite si l’organisrne est un élément physiologique, c’est-à-dire une substance nécessaire à l’organisme, il doit y être contenu à toutes les périodes de la vie, aussi bien dans les cellules embryonnaires que dans les tissus de l’adulte. On doit dès lors en rencontrer dans l’œuf des oiseaux, parce que l’embryon est obligé de parachever son développement sans pouvoir tirer du milieu extérieur la plus petite partie de l’arsenic dont il a besoin. En appliquant sa méthode si précise de recherche de l’arsenic à l’analyse de l’œuf de poule, M. G. Bertrand a pu constater que toutes les parties de l’œuf contiennent, en effet, de l’arsenic. Le jaune est beaucoup plus riche; il contient la moitié ou les 2/5 du poids de 1/200 de milligramme de l’arsenic total. Ce résullat confirme l’existence et la probabilité du rôle de l’arsenic dans toutes les cellules vivantes.
- Cu. I)K Viu.edf.uid.
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- LA NA TL H K.
- LOUIS DE BUSSY
- Celui que tant d’illustrations scientifiques ont tenu à accompagner mardi 28 avril à sa dernière demeure était presque ignoré du grand public. C’est que doué d'une extrême modestie, dédaigneux du bruit et des honneurs, il sortait peu de son cabinet de travail et on ne le rencontrait guère que dans des circonstances rares, dans les grands Congrès scientifiques, dans des Comités techniques ou encore là où il pouvait rendre des services par sa présence ou faire le bien discrètement. lia vécu avant tout une vie de labeurs, auprès des siens qu’il affectionnait, au milieu d’.une famille charmante. Son frère fut longtemps curé de Saint-Gervais, à Paris ; il est aujourd’hui chanoine de l’église métropolitaine de Notre-Dame.
- Une de ses filles est religieuse. Son fils Paul est prêtre. Son autre fils capitaine, officier d’ordonnance du général commandant la 59e bri-gade; son petit-fils,
- M. Louis Beard du Désert, enseigne de vaisseau. C'est dans cet entourage pieux et uni qu’il chercha et trouva le bonheur. Pendant quinze ans, chaque lundi, j’eus l’honneur d’échanger avec lui quelques mots pendant les séances de l’Académie des sciences. Son fauteuil était le second à droite du Bureau et j’étais assis derrière lui.
- Il manquait très rarement les séances académiques ; il arrivait à sa place vers 5h15 et tout en écoutant, il travaillait encore sans relâche. Sa conversation était pleine d'esprit. 11 était bienveillant, indulgent; je ne l’ai jamais vu qu’une fois répondre avec certaine vivacité à un inventeur fantaisiste qui voulait absolument lui faire adopter ses idées. Toujours d’une politesse exquise, il ne regardait pas à prodiguer ses conseils à ceux qui les lui demandaient . Et c’est cet homme de haute valeur, qui a exercé pendant près d’un demi-siècle une véritable influence sur la marine de notre pays, dont le nom a échappé au plus grand nombre alors qu’il excitait l’admiration parmi les ingénieurs du monde entier.
- Louis de Bussy était né en 1821 ; il est mort âgé de 82 ans. Bien que fatigué depuis deux ans surtout, il ne portait pas son âge et il avait conservé toutes ses facultés intellectuelles. Après de brillantes études,
- il était entré à l’Ecole Polytechnique et il en était sorti classé dans le génie maritime. Nous ne suivrons pas les débuts de sa carrière; il l’a franchie pas à pas, étape par étape, en grande partie à Lorient. C’est seulement vers 1872 que ses travaux le mirent en relief. Il fit les projets et construisit le Redoutable, puis la Dévastation et le Foudroyant qui depuis s’appela Amiral Courbet. Ce fut un grand succès. Il perfectionna considérablement les formes et les cuirasses. 11 eut surtout l’honneur d’introduire l’acier dans les constructions navales. Ce fut là un grand progrès. Il fut appelé à Paris où ses mérites le désignèrent comme directeur des Constructions navales. On constitua même pour lui un service spécial isolé des autres. C’est alors qu’il fit construire toute
- une série de petits avisos du type F or b in, puis des croiseurs torpilleurs du type Faucon, Vautour, Condor, deux croiseurs protégés Davout, Suchet, puis le beau croiseur à flottaison cellulaire, le Du-puy-de-Lome, sa dernière œuvre. Atteint par la retraite, il fut nommé inspecteur général du Génie maritime en retraite. Il fut fait grand officier de la Légion d’honneur. Mais sa carrière était loin d’être finie. Des hommes de cette valeur et de cette trempe sont rares. La Société des ateliers et chantiers de la Loire se l’attacha comme Ingénieur-Conseil. Il fit les plans du Masséna. Mais il continua surtout ses premiers travaux sur les cuirasses en acier ; il fit des expériences importantes sur les aciers au nickel dont la résistance à la perforation a été reconnue si remarquable.
- L’Académie des sciences dès 1888 avait voulu honorer Louis de Bussy en lui ouvrant ses portes. L’éminent ingénieur succéda au regretté général Perrier. Nous ne pouvons suivre dans ces quelques lignes la carrière si remplie de M. de Bussy. Nous désirions seulement donner sa place véritable à l’ingénieur qui a bien servi son pays et doté la France d’une Botte qui n’a rien à envier à celle des marines étrangères. Le nom de Louis de Bussy est un de ceux qui doit rester dans la mémoire des Français reconnaissants. Henri de Parville.
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie Lahwie, rue île Pleuras, 9.
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- LA NAT U LE.
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- LE FROID INDUSTRIEL EN HORTICULTURE
- Le rôle du froid artilicicl devient de plus en plus prépondérant en horticulture, non seulement pour
- la conservation des produits comestibles (fruits et légumes), mais encore pour retarder la végéta-
- Fig. 1. — Installation frigorifique pour la conservation des produits alimentaires et des végétaux.
- tion des bulbes de Lis, de Jacinthes, de Tulipes, des rhizomes de Muguet, des Lilas, Boules de Neige, Rosiers, Deutzias, Azalées, et d’en obtenir des Leurs à contre-saison lorsquleur époque normale de tloraison est passée depuis longtemps.
- C’est principalement en Amérique, en Allemagne et en Angleterre, que cette industrie se développe le plus et les producteurs de fleurs français sont, actuellement encore, tributaires de ces deux derniers pays. Une conférence pleine d’intérêt faite dernièrement à Berlin, sur ce sujet, par M. Mec-kel, ingénieur de la Compagnie Borsig à la Société pour l’avancement de la science horticole, a eu un plein succès ; nous tâcherons d’en dégager les points essentiels.
- L’époque est encore assez rapprochée où l'on ignorait la possibilité de conserver les fruits un temps assez long et dans un état tel qu’ils puissent être gardés et transportés 31° année. — 1er scmcslro.
- sans perdre de leur valeur comestible et marchande. On expédie maintenant couramment des fraises de Floride et de Californie en wagons frigorifiques, jusqu’à New-York, où elles sont mises en vente durant 8 mois, alors qu’auparavant elles ne paraissaient sur les marchés que pendant 3 mois. Le Canada et l’Australie envoient à Londres et à Paris, avec le même succès, des pêches, des raisins, des bananes, des pommes et des poires.
- Un de mes amis, directeur d’un important établissement d’h o r t i -culture à Yokohama, m’écrivait que l’année dernière on avait commencé l’expédition des bulbes de Lis à destination de l’Europe dans des chambres froides à bord d’un navire.
- Une des conditions essentielles, pour bien conserver les produits, indépendamment d’une température stable, est que les locaux soient secs et sains cl qu’en les sortant des appareils frigorifiques, on évite
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- LA NATURE.
- d'exposer subitement les fruits à de grandes variations de température. La conservation des pommes et des raisins peut ainsi se poursuivre pendant 8 mois ; celle des poires et des oranges pendant 4 mois ; les fraises, groseilles, framboises, de 5 à G semaines.
- Il est aussi simple de faire subir un temps d'arrêt à la végétation d’une quantité de plantes et de rendre leur floraison complètement indépendante des saisons. Mais, il est nécessaire pour ces individus, dont l’activité est momentanément arrêtée, de leur fournir la température et l’humidité de l’air d’après le tempérament et les conditions vitales de chacun d’eux.
- C’est ainsi que pour les griffes de Muguet, les touffes de Lilas, Deutzia, Spirée, Prunier de Chine, Azalée à feuillage caduc (Azalea mollis, pontica et hybride) il est nécessaire de maintenir deux à trois degrés au-dessous de zéro dans le local où elles sont emmagasinées. Au contraire, pour les Lis et les Rosiers, il faut un ou deux degrés au-dessus de zéro. La figure 1 montre précisément une vue intérieure d'un magasin frigorifique pour cet usage avec les installations mécaniques correspondantes. Ce magasin est divisé en plusieurs locaux qui ont accès sur une allée commune principale. Des tuyaux réfrigérants indépendants, ainsi que des conduits pour l’air existent dans tous les locaux, ce qui permet de faire varier la température de l’état hygrométrique pour chacun d’eux. En effet, suivant le degré de siccité à obtenir, on met un peu de liquide salin froid en le faisant passer dans des tuyaux de circulation ou bien on fait intervenir l’appareil à air froid et sec. Pour éviter, dans la mesure du possible, la déperdition du froid, les murs des cloisons, les planchers, le plafond et les portes à doubles parois sont garnis de couches isolantes.
- Un autre magasin frigoriiique, mesure en tout environ 100 mètres carrés. Le froid est produit par une machine frigorifique de petit modèle (fjg. 2) et disposée en hauteur ; cette machine, couverte pour que le jeu des courroies soit protégé, peut être actionnée par un moteur à gaz. L’appareil à refroidir et à condenser l’air sont combinés et logés ainsi que la pompe dans une pièce annexe de celle de la machine. Pour une installation de cette importance, les frais d’exploitation sont sensiblement équivalents, que l’on emploie un moteur à gaz ou un moteur à vapeur, tandis que la force électrique serait plus coûteuse. Il est évident que pour un établissement plus important une machine à vapeur est préférable, pour des raisons d’ordre économique.
- Cette installation est combinée de telle façon qu’elle suffirait à alimenter de plantes et de bulbes retardés un établissement d’horticulture déjà important. Quelques-uns de nos horticulteurs français pourraient en adjoindre une analogue à leur exploitation, ce qui leur éviterait de rester tributaire de l’étranger pour ces produits. Son installation complète peut être évaluée à 14000 francs, avec des frais d’exploitation annuels s’élevant à 5000 francs. Un local frigorifique mbitié moins grand coûterait
- proportionnellement moins cher, mais il faut remarquer que les Irais généraux diminueraient peu.
- En magasin de ce genre permettrait, en réservant le grand local aux griffes de Muguets, les trois plus petits aux Rosiers, arbustes divers et bulbes de Lis, d’emmagasiner au même moment : I 500 000 griffes de Muguets, 28 000 bulbes de Lis et plusieurs centaines d’arbustes. Ces bulbes et plantes sont placés sur des rayonnages disposés à cet effet et plus ou moins espacés selon leur destination.
- Les bulbes de Lis doivent être absolument intacts lors de leur placement dans ces locaux ; un seul bulbe contaminé pourrait faire gâter tous ceux d'une caisse. Ces bulbes de Lis sont rangés dans des boites et dans des fibres de Cocotier et celles-ci sont ensuite placées sur les rayons de telle façon que le froid puisse pénétrer dans chaque caisse.
- 11 y a loin entre cette installation et l’époque où les horticulteurs de Rerlin, de Dresde et de Hambourg devaient pour garder les Muguets, que l’on affectionne particulièrement en Allemagne, fleuris en toute saison, avoir exclusivement recours aux compagnies des glacières qui leur gardaient les caisses remplies de griffes de Muguet. Un obtenait malgré cela des Muguets superbes de floraison et je me souviens en avoir admiré en septembre, il y a quelques années à Hambourg, des serres entières en plein épanouissement.
- Il existe actuellement, dans cette ville, d’immenses magasins froids, dans lesquels on maintient une température constante de 5 à 5 degrés de froid tout l’été et dans lesquels des milliers de caisses contenant chacune 2500 à 3000 griffes de Muguet restent entièrement congelés jusqu’au moment où on vient les chercher pour les faire fleurir. Ces bourgeons glacés fleurissent fort bien de mai à décembre, époque à laquelle on commence à forcer les griffes de l’année même. Les griffes sortant des glacières voyagent aussi et on en exporte de Hambourg environ pour un million de francs annuellement. Nous ne croyons pas toutefois qu’il existe en Allemagne des établissements frigorifiques, pour la conservation des plantes vivantes, dont l’importance approche celui de Thomas Rocheford, qui vend en Angleterre et exporte en Erance,.chaque année, pour plusieurs millions de francs de griffes de Muguet, Lis des Rermudes, Lis à fleurs roses, etc.
- A propos de ce vaste établissement nous nous proposons d’examiner ultérieurement la façon dont les plantes retardées doivent être traitées pour les amener, de cet état d’engourdissement, à épanouir ainsi leurs fleurs à une époque déterminée.
- Il serait désirable que les forceurs français soient dotés «à bref délai d’une installation de ce genre, aux environs de Paris. Ils auraient à leur disposition les griffes de Muguet pour les cultures retardées de juin à novembre et les bulbes de Lis, provenant des Rermudes et du Japon, n’auraient pas besoin d’être entreposés dans les frigorifiques anglais avant de nous parvenir. Aliieut Malmené.
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- LA NA TL I’» K.
- TABAC A MÂCHER
- M. I'. Itère a donné sur ce produit quelques renseignements intéressants qui compléteront ce (jue nous avons dit des « masticatoires » L
- Les tabacs à mâcher portent le nom spécial de rôles. Ils sont offerts aux consommateurs sous forme d’un cylindre compact fait avec une corde de tabac : cet aspect est à peu près celui d’une pelote de corde ou de ficelle en chanvre. Le consommateur coupe, suivant ses besoins, une longueur plus ou moins grande dans la corde et la màc-he. Les manufactures françaises fabriquent trois et même quatre sortes de rôles, savoir : les rôles mcnu-filésà 10 francs le kilogramme, les rôles dits ordinaires à I2fr,50, les rôles à prix réduits et enfin les rôles de troupe que l’on peut se procurer seulement avec des bons de tabac militaires.
- D’une manière générale, les tabacs réservés pour rôles sont des tabacs bien développés, consistants, foncés en couleur, aromatiques, gommeux et riches en nicotine. Les rôles menu-filés sont fabriqués avec des feuilles de Lot-et-Garonne : ce sont des produits supérieurs. L’époulardage et le triage se font à sec; les feuilles les plus noires et les plus gommeuses sont choisies de préférence. Pour les opérations ultérieures, une mouillade à l’eau salée est nécessaire. Les procédés de mouillage sont le trempage ou l’arrosage. Après arrosage et séjour en masses de vingt-quatre ou quarante-huit heures, qui sert à répartir l’humidité, les feuilles sont livrées à l’écôtage. Comme le mot l’indique, ce travail, exécuté par des ouvrières, consiste à enlever des côtes, du moins partiellement, c’est-à-dire les parties des côtes plus grosses que les nervures. Puis on procède au filage, confection d’une sorte de corde ayant 5 millimètres environ de diamètre. Ce filage est exécuté par une femme au moyen d’un rouet très simple : c’est une sorte de tambour formé de deux disques réunis par des traverses ou alluchons, et mobile autour d’un axe horizontal. L’ouvrière fait tourner à la main le tambour et moule son filé en hélice; le mouvement du tambour donne au filé, c’est-à-dire à la corde, la torsion nécessaire. Quand le rouet est plein, l’ouvrière tourne en sens inverse pour dévider et forme un paquet autour de ses mains. Elle peut confectionner ainsi journellement 6ks,500 de filé. A la manufacture de Châteauroux, avant de dévider, on fait subir au filé un trempage dans du jus. A cet effet, le rouet plein est enfilé sur un axe creux, par lequel on injecte du jus au moyen d’une pompe.
- Le filage est suivi du rôlage, opération qui consiste à enrouler le filé en hélices très minces sur des bâtonnets, de façon à former des paquets de 116 grammes. Le filé, coupé à la longueur voulue, est arrêté par une petite cheville en bois qui maintient la torsion. Les opérations ultérieures ramènent à peu près le poids à 100 grammes.
- 1 Voy. n° 1402, du 2 mai 1003, p. 330.
- Pestent le trempage, la pression et la dessiccation. Les rôles sont trempés pendant un quart d’heure dans des jus salés titrant 15°; la couleur s'accentue et le goût se renforce. La pression, qui s’effectue après égouttage, sert à donner au rôle une forme plus régulière et à extravaser les jus. Elle est donnée par une {tresse hydraulique. Les rôles sont placés sur des tablettes superposées au-dessus d’un chariot qu’on amène sous la presse. Les plateaux de la presse se rapprochent, les tablettes se trouvent serrées les unes près des autres; elles peuvent être maintenues dans cette position, même quand le chariot n’est plus sous la {tresse, de sorte qu’on peut prolonger la pression {tendant tout le temps qu’on veut. Trois heures suffisent. Après démontage, les rôles sont portés au séchoir, grande armoire à compartiments où circule un courant d’air chaud. La dessiccation dure six à sept jours, et les rôles conservent encore 55 {tour 100 d'humidité. Un les emballe dans des tonneaux.
- Les rôles ordinaires sont composés pour un peu moins de moitié avec des tabacs exotiques : Virginie et Kentucky corsé ; pour le reste avec des tabacs indigènes de Lot-et-Garonne, Lot, Nord, llle-et-Vilaine. II. G.
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- LES WAGONS TUBULAIRES
- Il va sans dire que ce qualificatif s’applique simplement à une des parties de la construction des véhicules, et non point au véhicule tout entier, qui serait bien empêché d’être tubulaire; mais celte désignation a été imaginée par les constructeurs et inventeurs de ces dispositifs, MM. Goodlcllow et Cushman, deux fabricants américains, et elle répond bien à ce qui fait la caractéristique et l’avantage de ces xvagons qui commencent à se répandre en Amérique.
- On sait les services considérables rendus à la mécanique de précision par la fabrication des cycles et des automobiles : dans cette industrie, en effet, on s’est trouvé devant la nécessité de fabriquer des mécanismes résistant à des efforts énormes relativement à leur légèreté ; ce besoin de légèreté et aussi de solidité parfaite s’est fait sentir en particulier pour les châssis des machines, et l’on s’est mis à employer les tubes métalliques. Ajoutons que la production de ces tubes est arrivée on peut dire à la perfection, et qu’il serait désirable de les voir utiliser dans bien des constructions. G’est ce que se sont dit les deux manufacturiers américains dont nous venons de citer les noms, et ils se sont mis à créer les châssis tubulaires pour wagons de marchandises. Comme exemple de ces véhicules, nous prendrons un wagon de ce type sortant des ateliers de l'Officine Mecca-niche (anciens établissements Miani Silvestri) de Milan, qui appliquent pour l'Europe les méthodes de MM. Goodfellow et Cushman. 11 s’agit d’un véhicule à grande capacité, d’une portée utile de 50 tonnes et particulièrement intéressant par cela même, puis-
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- qu’il ne présente qu'un faible poids mort en dépit de sa capacité qui est des plus considérables.
- Bien entendu, il est monté sur bogies, ce n’est pas là ce qui est à signaler : pour une longueur totale de 11"‘,45 entre tampons, le châssis tubulaire a 10‘",50, et il repose sur les bogies, qui sont à une distance de 7m,29 d’axe en axe, par deux fortes traverses en chêne renforcées par des fers en 11 longitudinaux, et dont les extrémités sont encastrées dans deux plateaux en fonte reliés par un tirant. Au milieu de chaque traverse se fixe le contre-pivot en fonte malléable appuyant sur une calotte également en fonte. Le châssis proprement dit est constitué par huit tubes en fer ou en acier de première qualité accouplés deux à deux de façon à constituer quatre longerons, dont deux extrêmes et deux intermé-
- diaires : ces tubes ont un diamètre extérieur de 75 millimètres, une épaisseur de 5 millimètres. Au besoin, on peut employer des tubes de plus de 11 mètres, et cela simplement au moyen d’un manchon ajusté à frottement dur dans l’extrémité de chacun d’eux et sans rivure ni soudure. Les deux tubes formant un même longeron sont espacés de 18 centimètres d’axe en axe, et, afin que leur union rigide soit assurée, ils sont pris dans deux brides en fonte malléable ; de plus, entre eux sont introduites deux pièces également eu fonte constituant arc-boutant, et reliées aux brides par deux boulons. Si l’on serre ces boulons, les pièces tendent à éloigner les tubes l’un de l’autre ; mais comme ceux-ci sont embrassés par les brides, il se produit un serrage des plus énergiques de tout le système. Les brides
- supérieures portent d’ailleurs une petite console qui sert au fixage du plancher. Les assemblages se trouvant de part et d’autre de l’assemblage central ont leurs brides inférieures construites de manière à jouer le rôle de contrefiches, pour le raidissement du châssis au moyen de tirants, dont un moulle central permet de régler la tension. Aux traverses de tête se rattachent des manchons spéciaux en fonte malléable, dans lesquels s’encastrent les extrémités de deux tubes constituant un même longeron.
- Nous n'insisterons pas sur les autres dispositions de ces wagons, bien qu’elles soient intéressantes : cependant nous ferons remarquer que les 12 ressorts de suspension sont disposés de façon que, quand le véhicule roule à vide, ou sous faible charge, seuls les 8 ressorts les moins forts sont mis en action, ce qui évite de fatiguer inutilement la suspension. Ce qu’il y a de vraiment ingénieux dans cette construction, c’est l’adoption des tubes, où l’on
- tire le meilleur parti de la résistance de la matière. Le poids du châssis du wagon de ce type est seulement de 1420 kg pour une charge utile de 50 000 kg, alors que, pour les wagons classiques de 10 à 12 tonnes, le poids correspondant oscille entre 9ü0 et 1000 kg. Si, d’autre part, nous envisageons le rapport de tout le poids mort à la charge utile pour les wagons classiques et pour ceux que nous avons appelés tubulaires, nous voyons que, dans le premier cas, ce rapport est d’au moins 570 kg par tonne transportée, alors que, dans le second cas, il n’est que de 206 kg. C’est donc une économie énorme de 50 pour 100 qui réagit puissamment sur les dépenses d’exploitation; déplus, tous les assemblages de ces wagons sont à boulons et à vis ; ils peuvent s’exécuter très rapidement sans aucune difficulté par des ouvriers ordinaires, et les réparations se font le plus souvent sans passage à l'atelier. Damel Bellet.
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- LES ÉTOURNEAUX
- Les étourneaux ou sturnidés forment une section mportante des passereaux. Ils appartiennent au sous-ordre des déodactyles conirostres, c’est-à-dire qu’ils ont les doigts libres et le bec droit et conique.
- Ils sont répandus un peu partout dans le monde. L’Amérique a les Troupiales, les Carouges et les Quiscales; l'Afrique a les Stournes; l’Europe a les Étourneaux et les Martins.
- Tous présentent celte particularité qu’ils vivent en troupes nombreuses. On les voit par centaines, quelquefois par milliers, exécuter des vol tes très régulières et très variées en décrivant des cercles et des spirales avant de s'abattre et de se poser quelque part. Parfois on les aperçoit de loin sur un grand peuplier ou sur un orme élevé, dont toutes les feuilles paraissent remuer, et du liant duquel ils peuvent examiner les environs. Là ils jasent et caquettent en faisant entendre une sorte de grince-
- ment pareil à un bruit de sauterelles et qui s’entend d’assez loin. Dès qu’on approche, les sentinelles donnent l’éveil et toute la troupe s’envole, tournoie dans l’air, revient sur elle-même, paraît prête à s’arrêter, repart, tournoie encore et finalement va se poser, avec un ensemble parfait, à quelque distance, sur un autre arbre ou au milieu d’un pâturage. Quand ils sont à terre, ils se promènent lentement à la recherche des insectes et des mollusques dont ils font leur nourriture. Les animaux domestiques les connaissent bien, ne leur causent aucune frayeur, ne leur font aucun mal : ce sont des amis. Aussi n’est-il pas rare d’apercevoir des étourneaux sur l’échine des bœufs ou le dos des . moutons, où ils trouvent des parasites et des mouches en quantité. Les étourneaux mangent des larves d’insectes, des vers, de petits mollusques, auxquels ils ajoutent par exception des baies, du raisin volontiers et des olives toutes les fois qu’ils en ont l’occasion. Les vignerons n’aiment pas beaucoup les étourneaux, qui sont bien plus utiles
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- Élournoau vulgairo ou sausonnot.
- que nuisibles, même à l'époque des vendanges.
- Il paraît que dans le midi et en Algérie les étourneaux pillent les plantations d’oliviers. Lapommeraye rapporte à ce sujet quelques faits assez curieux. C’est au point du jour que les étourneaux s’abattent sur le plant d’oliviers qu’ils ont décidé de piller. On les aperçoit portant une olive dans chaque patte et une dans le bec. Les fruits sont déposés dans un magasin commun, sur le rocher où ils ont élu domicile. Ce manège est répété deux ou trois fois, après quoi les maraudeurs font la fête. Dans certaines localités du Midi on récolte les fruits entassés par les étourneaux et cette cueillette d’un genre particulier est mise en adjudication au profit de la commune. L’adjudicataire paie d’autant plus que le nombre des oiseaux pillards est jugé plus grand. Quand notre homme a suivi le manège des voleurs et que ceux-ci se disposent à manger les olives, il fait tirer un coup de fusil pour effrayer les oiseaux. Ceux-ci, éloignés de la sorte, il ne reste plus qu’à courir sur le rocher et à ramasser les fruits entassés. Plusieurs corbeilles sont parfois nécessaires. De cette façon, les dégâts faits par les étourneaux sont réduits à leur plus simple expression. Nos colons algériens, qui se plai-
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- Martin roselin.
- gnent de l’étourneau, devraient imiter cet exemple.
- Les étourneaux ne sucent pas les œufs de pigeons, comme le croyaient nombre de personnes, pas plus qu’ils ne mangent ceux des autres petits oiseaux. Ils sont à peu près exclusivement insectivores et, par conséquent, très utiles à l’agriculture.
- Un inspecteur général des forêts de Saxe avait constaté que le charançon du sapin et le charançon noir avaient fait de 1852 à 1857 des ravages considérables dans les bois de sapins. Il fît dépenser plusieurs milliers de marks pour tenter de détruire les insectes, mais sans y parvenir. A bout de ressource, il eut l’idée de placer, près des bois atteints, une centaine de nids artificiels d’étourneaux. Au printemps suivant, tous les nids étaient occupés, et au delà. Dans l’estomac des jeunes étourneaux qu’on tua pour les examiner, on ne trouva que des charançons, dont le rostre était enlevé. Les arbres ne souffrant plus, il n’y avait pas de doute possible. Les étourneaux avaient préservé les nouvelles plantations des attaques des charançons malfaisants.
- Les étourneaux font de même une grande consommation de sauterelles et vont fort loin les exterminer. L’explorateur Levaillant rapporte qu’il a
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- Élournoau uniooloro.
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- LA NATURE.
- rencontré de ees oiseaux à 500 kilomètres en mer.
- Les étourneaux sont communs chez nous dès la lin de l'été et en automne. Ils demeurent plus volontiers dans les prairies humides que dans les terres cultivées. Us y vivent en bons termes avec les corneilles, les bergeronnettes et les autres oiseaux.
- Leurs nids sont construits tout près les uns des autres. Ce sont des amas de feuilles sèches, de paille, de brins d’herbe et de mousse, dont l’intérieur est garni de plumes et de poils. C’est dans les endroits abrités, sous les toits des habitations, dans les crevasses des tout vieux murs ou des rochers, dans les clochers ou à l’intérieur des vieux troncs • d’arbres (pie ces nids sont établis. Chaque année, comme l’hirondelle, le sansonnet revient à son nid. La femelle pond de quatre à sept œufs gris vert. Rendant longtemps il y en a eu une troupe considérable au cœur de Paris, dans le voisinage de la Chambre des députés. Les travaux de voirie exécutés dans le quartier les ont engagés à se loger ailleurs.
- 11 n’existe en France que deux espèces d’étourneaux : l’étourneau commun ou sansonnet vulgaire et l’étourneau unicolore, plus particulier au Midi, et commun en Sardaigne et en Algérie. Nous ne possédons qu’une seule espèce de Martin : le Martin roselin.
- L’étourneau vulgaire est gris noirâtre. Les couvertures des ailes ont des reflets vert métallique, tandis que la gorge et le dos présentent des reflets pourpres. Les rémiges primaires sont brunes, bordées de roux; les rémiges secondaires, les reetriees, les plumes du dos et de la queue sont plus claires et bordées de roux également. Sur le corps et les couvertures des ailes, il y a de plus à l’extrémité de chaque plume un petit triangle blanc. Le bec est jaune, aussi liant que large, et un peu déprimé à la base. Les narines se trouvent à la pointe formée de chaque coté par les plumes de la tète; elles sont obstruées en partie par une membrane arrondie. L’iris et les pieds sont brun clair, presque couleur chair. Les tarses sont de la longueur du doigt médian. Le sansonnet a 25 centimètres de longueur.
- Cet oiseau s’apprivoise facilement. En captivité, il imite le cri de nombre d’animaux, les miaulements du chat et il parle très distinctement en prenant un air moqueur : c’est un véritable perroquet.
- L’étourneau unicolore (n° 2) est plus noir que le sansonnet; son plumage a des reflets pourpres. 11 est assez rare en France et ne voyage guère. Les œufs sont plus pâles que ceux du sansonnet.
- Le Martin roselin (n° 5) n’est que de passage dans le midi de Ja France, où on le voit assez rarement. 11 habite l’Afrique, l’Arménie, la Russie méridionale et surtout la Hongrie.
- C’est un bel oiseau au bec jaune, à la tête noire à reflets violacés, aux ailes noires à reflets verts. Son ventre et son dos sont d’un beau rose pâle.
- Le Martin roselin est un ennemi acharné des sauterelles, auxquelles il fait constamment la chasse. Aussi le rencontre-t-on surtout dans les pays exposés aux ravages des orthoptères malfaisants. 11 n’a pas,
- comme l'étourneau, le défaut d’aimer les olives. C’est donc un oiseau éminemment utile.
- Tous les sturnidés sont laissés en paix par les chasseurs, leur chair étant coriace et de mauvais goût. Il est regrettable qu’il n’en soit pas ainsi de tous les oiseaux; cela simplifierait singulièrement la besogne de ceux qui ont entrepris de les défendre et qui voudraient les voir se multiplier tous sous la protection efficace d’une législation nouvelle très sévère. E. Hexriot.
- INDICATEUR DU DEGRÉ ALCOOLIQUE
- On sait que 90° constituent la limite minimum légale pour la vente de l’alcool dénaturé. Il y a bien des alcoomètres pour le contrôle, mais les pèse-alcools sont fragiles et encore d’un prix élevé. Enfin la lecture, si simple soit-elle, sur la tige graduée n’est pas toujours à la portée de toutes les ménagères Au dernier Congrès de l’alcool, à la Galerie des machines, on a exposé un système de contrôle particulièrement simple. A l’alcoomètre, on substitue tout simplement une « petite boule creuse », delà dimension d’une bille à jouer. Celte boule est confectionnée en métal (en aluminium, par exemple) ou bien en verre, peu
- Indicateur du degré do l’alcool dénaturé.
- importe; elle peut ou non être suspendue à un fd mince. L’essentiel est que, si elle a pour volume 1 cm3, par exemple, elle pèse 0,855 gramme; cette proportion entre son volume et son poids est la seule condition qui lui soit imposée. On la réalise facilement et à bon compte. Pour vérifier, à l’aide de ce pèse-alcool ultra simple, que l’alcool dénaturé que nous achetons contient bien, en volumes, les 00 centièmes légaux d’alcool absolu, nous n’aurons qu’à introduire la boule, suspendue ou non à un fil, dans le flacon d’alcool, dont la température, pour cette épreuve, doit être de 15° centigrades. Si la boule surnage, et si, •enfoncée avec le doigt dans le liquide, elle remonte à la surface, c’est que l’alcool marque moins de 90°, qu’il contient plus d’eau qu’il ne doit, qu’il a été « mouillé » : nous le refuserons. Si, au contraire, la boule « s’enfonce », c’est que l’alcool pèse au moins 90 degrés1 : nous l’accepterons sans hésiter. Le spirituel président du Congrès de l’alcool, M. le sénateur Viger, a recommandé chaudement la petite boule d’épreuve, et, prêchant d’exemple, l’emploie pour son compte personnel. E. N.
- 1 La boule étant au fond du vase, on peut la faire remonter à la surface et surnager, rien qu’en ajoutant un peu d’eau à l’alcool et agitant; si le vase est petit, quelques gouttes d'eau suffisent. ,
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- LA NATURE.
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- LÀ RÉGULARISATION DE LA DURANCE
- La vallée de la Durance comprend plusieurs départements dans lesquels se pratiquent les plus riches cultures : vignes, légumes, fruits et (leurs. Malheureusement le climat, très chaud pendant l’été, occasionne fréquemment de grandes sécheresses que vient encore aggraver le souffle ardent du mistral. On comprend dès lors que l’eau constitue pour cette région un élément vital d’une importance exceptionnelle. Aussi la pratique des irrigations y est-elle fort en honneur. De nombreux canaux ont été construits à cet effet et certains d’entre eux ont des réseaux très étendus distribuant, sur des territoires considérables, les eaux limoneuses de la Durance qui apportent aux terrains arrosés, en même temps qu’une humidité et une fraîcheur salutaires, les principes fertilisants des limons qu’elles contiennent en suspension.
- Entre le pont de Mirabeau, situé un peu en aval du confluent du Yerdon, et le Rhône, soit sur un parcours d’environ t<8 kilomètres, la Durance n’alimente pas moins d’une vingtaine de canaux arrosant une superficie totale de 39 000 hectares, dont 24 000 dans le département des Bouches-du-Rhône et 15 000 dans celui de Vaucluse.
- Le volume d’eau dérivé de la rivière, tant pour les irrigations que pour la mise en marche des usines et l’alimentation des communes et des villes, dépasse 80 m3 par seconde pendant les périodes d’arrosage, lorsque toutes les prises fonctionnent. Mais le régime de cette rivière est très irrégulier et si, à la suite de crues considérables et brusques, le débit a pu atteindre plusieurs milliers de mètres cubes par seconde comme par exemple 0252 m3 en 1882, il descend parfois au-dessous de 50 m3 à certaines époques de grande sécheresse. C’est ainsi qu’il était tombé à 49 m3 en 1882 et même à 43 m3 en 1870. Mais c’est en 1896 que le manque d’eau s’est plus particulièrement fait sentir. Pendant près de deux mois la Durance ne put fournir aux canaux d’irrigation qu’elle alimente que 50 m3 au lieu des 80 m3 qui leur sont nécessaires, ce qui, pour cette période de soixante jours, représente un volume inférieur de près de 100 millions de mètres cubes à celui qu’il aurait fallu pour assurer l’irrigation convenable des terrains desservis. Il en résulta pour les usagers des pertes considérables se chiffrant par plusieurs millions de francs.
- D’autre part, en pareil cas, des conflits parfois très graves s’élèvent entre les usagers d’amont et ceux d’aval, car il se produit toujours des abus qui viennent encore augmenter le mécontentement général. En 1896 la situation devint particulièrement difficile et les populations des deux départements intéressés (Vaucluse et Bouches-du-Rhône) faillirent en venir aux mains pour se disputer le faible volume d’eau fertilisante que portait la rivière.
- Pour éviter le retour de semblables difficultés, le Ministère de l’agriculture a préparé un projet de réglementation des prises d’eau en Durance destiné à régler les droits respectifs des arrosants sur les eaux de la rivière et répartissant le volume d’eau disponible en temps de pénurie entre les intéressés au prorata de leurs concessions. Mais ce n’est là qu’une mesure d'attente, une mesure de police, et il importait de rechercher le moyen d’assurer l’eau dont ils ont besoin aux usagers qui ont sacrifié des sommes importantes pour l’établissement des canaux et supportent de ce fait des taxes annuelles.assez lourdes, étant donné le rendement de la terre.
- C’est dans ce but que le Service de l’Hydraulique agricole a entrepris des études très sérieuses en vue de la
- création, dans le liant bassin de la Durance, de barrages réservoirs destinés à emmagasiner les eaux surabondantes des grandes crues pour les restituer aux époques de pénurie. De la sorte, les irrigations seraient désormais assurées en même temps que les dangers d’inondation considérablement diminués, ce qui procurerait une grande économie aux riverains de la Basse-Durance obligés d’entretenir, à grands frais, des digues pour protéger leurs terres contre les désastreux effets des débordements de la rivière dont le danger est toujours à craindre.
- La réserve qu’il s’agit ainsi de créer doit être d’environ 180 millions de mètres cubes au minimum, en admettant que les réservoirs puissent être vidés deux fois par an au moment des périodes d’étiage qui se manifestent en général en avril, d’une part, et en août ou septembre d’autre part.
- On peut obtenir ce résultat de deux façons, soit au moyen d’un réservoir unique de très grande capacité, soit encore au moyen de plusieurs réservoirs de plus faible contenance.
- Dans le cas d’un réservoir unique, M. Wilhelm, ingénieur du service hydraulique des Bouches-du-Rhône, préconise la construction dans le défilé de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes), au confluent de l’Ubave et de la Durance, d’un barrage d’une hauteur de 50 mètres au-dessus du niveau d’étiage de la rivière qui créerait une réserve de 160 millions de mètres cubes. La dépense d’établissement serait d’environ 18 millions de francs. Mais cet ouvrage nécessiterait des fondations très profondes, les sondages auxquels il a été procédé démontrant qu’il faut descendre à plus de 40 mètres pour rencontrer le rocher.
- D’autre part on avait proposé d’établir le réservoir dans les gorges du Verdon, à Sainte-Croix (Vaucluse). Dans ce cas la dépense n’aurait pas dépassé 8 millions de francs, mais la retenue, produite par un barrage de 50 mètres de hauteur, n’aurait été que de 150 millions de mètres cubes. En outre, l’établissement de cet ouvrage aurait porté préjudice au bon fonctionnement de l’importante source de Fontaine-L’Evêque, située à proximité et dont l’utilisation est également projetée.
- On a donc renoncé, pour l’instant du moins, à ces deux solutions et de nouvelles études ont été entreprises en vue de déterminer, soit sur la Durance, soit sur ses affluents, les emplacements qui se prêteraient à la création de réservoirs de moyenne capacité comportant des barrages moins élevés.
- D’autre part il est une question importante qui compliquait singulièrement la question, c’est l’enlèvement des limons et graviers qui, se déposant dans les réservoirs, ne tarderaient pas à les encombrer et par cela même à diminuer notablement leur capacité si l’on ne prenait pas des dispositions spéciales pour l’enlèvement de ces dépôts. 11 résulte, en effet, de nombreuses observations que le volume des limons entraînés annuellement par la Durance peut être évalué à 5 500 000 mètres cubes à Serre-Ponçon, et celui des graviers à 170 000 mè très cubes.
- Mais les études sont poussées très activement par le Service de l’Hydraulique agricole. Les emplacements des barrages sont à peu près déterminés, la question de l’enlèvement des limons déposés dans les réservoirs est résolue, enfin plusieurs solutions sont proposées pour l’enlèvement des graviers. On peut donc prévoir que dans quelques mois les travaux d’aménagement pourront être entrepris et que l’irrigation régulière de la vallée de la Durance sera définitivement assurée. E. Garot.
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- LA NATURE
- NETTOYAGE SANITAIRE PAR LE VIDE
- Le nettoyage des tapis, des tentures et des étoffes fixées sur les meubles, constitue une grosse difli-culté non seulement au point de vue de la perfection de l'opération, mais encore, et surtout, à celui des dangers qu’elle peut faire courir dans les locaux habités. 11 est, en effet, indispensable de ne [tas se borner à y mettre les poussières en mouvement, mais, au contraire, de les recueillir pour les évacuer au dehors. Ce désideratum est satisfait actuellement pour les tapis par divers procédés : l’un d’eux consiste à faire passer de l’air comprimé à travers les étoiles et à envoyer les poussières sous un ventilateur qui les ex [mise. Dans d’autres cas, on emploie un tambour fermé, armé de batteurs qui relève les tapis et les laisse retomber. Les poussières sont, comme dans le cas précédent, enlevées par un puissant ventilateur, en communication constante avec la caisse du tambour.
- Ces procédés donnent de bons résultats, mais ils ont l’inconvénient d’exiger le transport des lapis à des usines spéciales : de plus, et surtout avec le tambour batteur, on ne peut traiter que des pièces d’une assez grande résistance. Un tapis un peu fatigué, est. sensiblement détérioré après plusieurs passages. Enfin, aucun de ces systèmes ne s’applique aux meubles proprement dits.
- MM. Taupenot, Soulié-Cottineau, Jouve et Cie viennent de combiner un appareil de nettoyage sanitaire par le vide qui nous semble donner toute satisfaction . L’appareil se compose, comme l’indiquent les figures 1 et 2, d’un moteur actionnant une pompe h vide, d'un filtre condenseur qui recueille les poussières, enfin d’un tuyau souple muni d’un ajutage aspirateur, dont la forme varie suivant les pièces à traiter. Le tout est disposé sur un chariot monté sur quatre roues et facilement transportable.
- La partie essentielle est constituée par le condenseur (A, fig. 1 ). C’est une caisse fermée contenant un champignon métallique sur lequel l’air est projeté et laisse les plus grosses poussières. Il est ensuite filtré à travers un double sac en toile serrée, et n’est déversé dans l’atmosphère qu’après s’être débarrassé
- des particules en suspension. L’échappement de la pompe est muni de toiles métalliques qui arrêtent en outre les gouttes d’huile qui auraient pu être aspirées. Le vide nécessaire pour un bon travail doit être compté à 30-35 centimètres de mercure. Le condenseur se termine à sa partie inférieure par deux chambres (B) à poussières, pendantes, fermées par des couvercles à charnières qui y sont appliqués pendant la marche par la pression atmosphérique. Il est facile de les vider sans arrêter le moteur ni la pompe : h cet effet, on ferme le robinet 1) (aspirateur de la pompe), et on ouvre le robinet E (en communication avec l’atmosphère).
- Dans ces conditions, rien ne s’oppose plus à l'ouverture des couvercles, et l’on peut recueillir les poussières dans un récipient convenablement disposé. Pour reprendre le nettoyage des tapis ou étoffes, il suffi t de faire la manœuvre inverse.
- Le nettoyage des toiles filtrantes se fait également en quelques secondes, par une manœuvre de robinets facile, et ce, sans ouvrir le filtre, sans retirer les plateaux, ni démonter les toiles. 11 faut d’abord faire tomber le vide dans le filtre en fermant le robinet D, puis en ouvrant le robinet E pendant un instant, et en le fermant ensuite, enfin, en ouvrant le robinet C, et en refermant le papillon. La pompe à vide, aspirant un peu d’air, le comprime et l’envoie dans le robinet C : cet air traverse les toiles filtrantes et en chasse les poussières folles qui s'y étaient déposées. Le rétablissement du vide s’exécute par l’opération inverse.
- On emploie dans la pratique deux sortes de moteurs : s’il s’agit d’une installation à demeure, comme dans les grands magasins de nouveautés, les théâtres, etc., on se sert d’un moteur électrique, qu’on relie facilement au tableau de distribution. Il absorbe 25 à 50 ampères sous 110 volts, soit 4 chevaux. Si l’on opère dans des appartements, on installe dans les cours un chariot pourvu d’un moteur à pétrole. C’est le cas qui est représenté dans les figures 1 et 2. Le réservoir à essence forme dôme à la partie supérieure du chariot.
- Dans ces conditions la pompe peut agir sur deux tuyaux en même temps, et débiter 165 mètres cubes à l’heure, ce qui correspond à l'énorme
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- vitesse de 40 mètres par seconde dans les tuyaux.
- Comme nous 1 avons dit, les ajutages aspirateurs varient de forme suivant les pièces à traiter : pour les lapis, on se sert d’un cône aplati dont les lèvres garnies de lames de caoutchouc ont 1 centimètre de largeur et 2a centimètres de longueur : pour les meubles la longueur est réduite à 10 centimètres. Enfin pour les capitons on emploie un ajutage-cylindrique. Ces formes permettent aux ajutages de s’appliquer exactement sur les surfaces à nettoyer, de manière à obtenir au condenseur un vide d’au moins 55 centimètres. On règle d’ailleurs le vide à volonté, fort pour les tapis, faible pour les sièges. Tout récemment, les inventeurs ont combiné un aspirateur à manche articulé qui permet d’opérer sur tous les meubles, sans les déplacer, et s’applique toujours exactement
- sur la surface à nettoyer quelle que soit la position du manche articulé et les oscillations qui lui sont imprimées. L’orifice varie de longueur à l’aide d’un dispositif de plaquettes mobiles réglées par une vis .4 [tas droit et gauche. Lorsqu’on veut nettoyer des surlaces imperméables à l’air, murs, corniches, planchers, etc., on adapte au cône aspirateur une petite brosse mue par l’électricité qui détache la poussière et lui permet de l’expulser.
- Les principaux avantages du nettoyage par le vide tel qu’il vient d être exposé, sont les suivants : 1° Propreté absolue des objets traités, car aucun nid à poussière n’échappe à l’action de l’aspirateur ; 2° aucun déplacement ni dépose des tapis ou des meubles; 5° aucune détérioration à l'inverse de ce qui se produit dans le battage des tapis, et les étoffes
- Fig. 2. — Appareil pour le nettoyage sanitaire par le vide. Vue d’ensemble.
- reprennent même leurs couleurs après avoir été débarrassées des poussières ; 4° condensation complète des poussières, ce qui est, capital au point de vue de l’hygiène, puisqu’elles sont ainsi évacuées en totalité sans avoir été remises en suspension dans l’air ambiant, inconvénient dont on sait la gravité.
- Un dernier avantage et qui n’est pas négligeable, c’est celui de la rapidité ; il suffit de trois à quatre jours pour nettoyer complètement les sièges et les tentures d’un théâtre de dimensions ordinaires comme par exemple celui du Vaudeville.
- Il va sans dire que les poussières recueillies contiennent non seulement les éléments minéraux, débris de laine, etc., qui en forment la plus grande partie, mais encore les microbes les plus variés. Les 217 kg qu’on a pu extraire des sièges d’un de nos théâtres les plus importants renfermaient notamment des bacilles virulents au premier chef tels que celui de la tuberculose, de la putréfaction, de la septicé-
- mie, etc. Un voit quels services peut rendre à l’hygiène un procédé capable d’expulser les poussières radicalement des locaux habités, sans les rendre «à la circulation. G. Richou,
- Ingénieur dos Arts ol Manufactures.
- LES BÊTES QUI OUVRENT LES PORTES
- Ouvrir une porte est une besogne, en somme, assez compliquée et qui dénote, chez celui qui l’opère non seulement une certaine habileté, mais encore une série de raisonnements subtils. 11 est curieux de constater que diverses espèces d’animaux sont très adroits dans cet exercice, et cela — fait encore plus intéressant — sans y avoir été entraînés par personne : ils sont cambrioleurs dans l’àme; ces bêtes appartiennent d’ailleurs aux divisions sociales les plus mêlées, puisqu’on trouve réunis, dans une promiscuité assez inattendue, l’oie, — de fâcheuse réputation quant à l’intelligence, — le cheval, —
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- un peu massif quant à l’intellect, — le chien malin, le chat astucieux et le singe adroit.
- L’exemple de l’oie est dû à Mmo G.-M.-E. Campbell, qui l’a observé par elle-même et a eu la bonne idée de le consigner par écrit. « A Ardglass, dans le comté de Down, en Irlande, dit-elle, il est un long espace de gazon, qui s’étend jusqu’au bord des rochers qui surplombent la mer et qui sert de pâturage au bétail et aux oies. Il s’y trouvait une grange avec une enceinte dont la porte était munie d’un crochet correspondant à un piton dans le montant. Sitôt qu’on levait le crochet, la porte se rabattait d’elle-mème, par suite de son poids. Or, un beau jour, je vis une oie, entourée d’une nombreuse troupe d’oisons, se diriger vers cette porte, qui se trouvait fermée. Après avoir attendu une minute ou deux, comme pour voir si on lui ouvrirait la porte, elle parut s’éloigner; mais ce n’était que pour prendre son élan et sauter, en visant le bout du crochet avec son bec. Elle réussit presque à le déloger du premier coup; au troisième, elle le lit sortir du piton; la porte s’ouvrit, et, avec un gloussement de triomphe, la mère introduisit ses oisons dans l’enceinte. Comment l’oie avait-elle appris qu’il lui fallait prendre de l’élan pour obtenir une secousse capable de dégager le crochet? »
- Je ne me chargerais pas de trancher cette dernière question, mais je pencherais à croire que, dans l’exemple ci-dessus décrit, le hasard a peut-être bien pu coopérer aussi à l’ouverture de la porte. Dans le cas des chevaux et des mulets, il ne paraît pas en être ainsi ; il semble bien qu’ils ont eu connaissance du but qu’ils voulaient atteindre. L’exemple suivant est dù au professeur Niepher, de Saint-Louis (États-Unis) : « lin de mes amis, dit-il, établi à lowa-Citv, avait un mulet doué d’un véritable génie pour le mal. Rien n’était plus à son goût que la compagnie d’une certaine huche à avoine. Quand la barrière de la cour et la porte de la grange étaient ouvertes, il ne manquait l’occasion d’un régal. La gourmandise aidant, il finit par trouver moyen de pénétrer dans la grange, et, tous les matins, on l’v trouvait sans que l’on put découvrir comment il s’y prenait jusqu’au jour où on le surprit en flagrant délit. On vit alors qu’il avait appris à ouvrir la barrière de la cour en passant la tête par-dessus la palissade pour lever le loquet et le refermer en la poussant du derrière (sic), de manière à mystifier ses maîtres. Après quoi, il allait tirer la cheville qui maintenait la porte de la grange fermée. L’intelligence dont cet animal fit preuve en plusieurs occasions, me porte à croire que, sans cette découverte prématurée, il aurait appris, avec le temps, à se retirer avant le jour, pour éviter les coups de bâton dont le gratifiaient les garçons d’écurie. Ajoutons que le développement de ses facultés mentales n’avait nullement été favorisé, et que T’intérêt de ses maîtres leur faisait un devoir de s’y opposer autant que possible. » Pour un mulet qui n’avait jamais été en classe, ce n’était évidemment pas mal.
- Romanes avait eu, lui aussi, un cheval qui avait un talent tout particulier pour se dégager de son licou quand il savait le cocher parti pour se coucher. Une fois libre, il retirait les deux clefs de bois du tuyau de la huche à avoine, placée au-dessus de l’écurie, de manière que les grains se répandissent à ses pieds. Évidemment, il avait remarqué comment le cocher s’y prenait quand il avait besoin d’avoine, et ne faisait qu’imiter ce qu’il lui avait vu faire. Il tournait aussi, à l’occasion, le robinet pour se procurer à boire et tirait la corde de la fenêtre, la nuit, par les temps de grande chaleur.
- Le cheval de M. Samuel Goodbehere était encore plus malin, puisqu’il avait réussi à faire travailler un âne à son profit, ce à quoi l’homme lui-même n’arrive pas toujours. « J’avais, dit cet honorable avoué de Birmingham, un poney du pays de Galles, d’une taille de lm,42, que je mettais quelquefois à l’écurie, sous le hangar d’une ferme, dont la barrière était munie d’un verrou à l’intérieur et, à l’extérieur, d’un loquet. Ma bête pouvait passer la tête et une partie du cou par-dessus la barrière, mais elle ne pouvait atteindre le loquet, ce qui ne nous empêchait pas de la trouver constamment en liberté dans la cour de la ferme, sans que nous puissions nous expliquer le mystère. Je finis cependant par en avoir la clef. Un beau jour, en effet, je vis mon poney retirer d’abord le verrou, puis hennir jusqu’à ce qu’un âne, qu’on laissait en liberté dans la cour, vînt lever le loquet avec son museau et lui donner ainsi la clef des champs. »
- Ce cheval utilisait un âne, la chèvre deMistresse Lee avait simplifié la question en se faisant servir par un domestique. « Une chèvre et ses chevreaux, dit cette dame, fréquentaient un square où j’habitais à une époque, et mes domestiques et moi nous leur donnions souvent à manger. Quand nous y manquions, j’entendais la porte d’entrée retentir sous les coups de corne de la mère et de ses jeunes émules. Nous avions fini par ne plus y faire attention, lorsqu’un beau jour la sonnette de service, dont le fil longeait la grille du sous-sol, se fit entendre. La cuisinière vint répondre, mais elle ne trouva à la porte que la chèvre et les chevreaux, la tète inclinée vers la fenêtre de la cuisine. Nous crûmes d’abord que quelque petit garçon compatissant avait sonné pour eux ; mais l’observation nous démontra que la chèvre elle-même tirait le fil en y passant une corne. Voilà de l’instinct qui ressemble prodigieusement à la raison. »
- Le chat a l’intelligence des mécanismes particulièrement développée. Romanes lui consacre un paragraphe fort intéressant. « Aucun animal, sauf le singe et peut-être Uéléphant, ne saurait lui être comparé sous ce rapport. 11 y a là un rapprochement entre les trois espèces qui ne doit pas être accidentel. Les mains du singe, la trompe de l’éléphant, les souples pattes du chat avec leurs griffes mobiles, sont autant d’instruments de manipulation, se distinguant comme organe de tout ce que l’on rencontre dans le règne animal, sauf chez le perroquet, dont le bec et les pieds ont également une aptitude à saisir. Il est donc probable que cette aptitude à comprendre les mécanismes que nous remarquons chez ces animaux est comme le contre-coup de l’influence de ces organes de manipulation sur leur intelligence. Quoi qu’il en soit, je me tiens pour assuré qu’à la seule exception du singe et de l’éléphant, le chat l’emporte, sous ce rapport, sur tous les autres animaux, y compris le chien. C’est qu’en effet, au cas isolé d’un chien qui, devinant tout seul l’usage d’un loquet, avait appris à ouvrir une porte en sautant sur la poignée pour appuyer sur la gâchette, cas dont un ami m’a fait part, je puis opposer plus d’une demi-douzaine de manifestations analogues que l’on m’a communiquées sur des chats. Le caractère marqué de ressemblance qu’elles ont me porte à croire que le trait est assez commun chez les chats, tandis qu’il est certainement rare chez les chiens. Je puis ajouter que mon cocher eut autrefois un chat qui avait appris tout seul à ouvrir de cette manière la porte de communication entre les écuries et une cour sur laquelle donnaient certaines fenêtres de la maison. Je me suis souvent tenu à l’une de ces fenêtres, et j’ai vu la manière d’opérer du chat sans qu’il devinât
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- ma présence. Il se dirigeait vers la porte de l’air le plus dégagé du monde, et, d’un bond, s’accrochait avec une patte à la poignée en forme d’anse, puis pressant, avec l’autre patte, sur la gâchette, il jouait des pattes contre le montant pour repousser la porte. Je retrouve exactement les mêmes péripéties dans les récits de plusieurs de mes correspondants.
- (( 11 va sans dire qu’avant d’opérer ainsi, les chats ont dû remarquer que les personnes qui ouvrent les portes posent la main sur la poignée, action dont ils s’inspirent dans ce que l’on peut appeler, à juste titre, une imitation rationnelle. Mais il faut remarquer que, dans son ensemble, l’opération comporte bien plus qu’une imitation. D’abord l’observation seule (en tenant compte de la capacité rétlective qu’il est raisonnable d’attribuer à un animal) ne permettrait guère à un chat de distinguer que la partie essentielle du mouvement accompli par la main de l’homme consiste non pas à saisir la poignée, mais bien à presser sur la gâchette; puis, à coup sur, l’animal n’a jamais vu personne repousser du pied le montant de la porte. Ce ne serait donc pas, en découvrant, par hasard, que ce procédé facilite l’ouverture de la porte, que le chat l’a adopté: on doit y voir le résultat spontané d’une intention bien arrêtée. C’est, du reste, le point de vue que confirme l’observation de M. Ilenry-A. Gaphans, lequel m’explique que la porte ouverte par un chat était si bien ajustée qu’il n’aurait pas cru que l’animal pût l’ouvrir en poussant d’une seule patte apres avoir soulevé le loquet.
- « Il faut donc conclure, dans tous les cas de ce genre, que les chats se font une idée très nette du fonctionnement mécanique d’une porte; qu’ils savent, en somme, que, pour l’ouvrir, il faut la pousser après avoir soulevé le loquet. C’est là tout autre chose que de chercher à imiter telle ou telle manière de procéder après l'avoir observée chez l’homme. Nous sommes en présence d’un enchaînement psychologique d’une grande complexité. L’animal a dû d’abord remarquer que la porte s’ouvrait en saisissant la poignée de la main et en pressant la gâchette. Ensuite, la logique des sentiments doit lui suggérer ce raisonnement : ce que peut une main, une patte ne le peut-elle pas? Enfin, sous l’impulsion de cette idée, il fait sa première tentative. On n’a point observé ce qui se passa alors ; il est done impossible d’affirmer si l’animal découvre, par une série d’essais, que l’abaissement de la gâchette est le point essentiel, ou s’il s’en est rendu compte grâce à ses observations premières. Quoi qu’il en soit, il est certain que l’idée de pousser avec ses pattes de derrière, après avoir soulevé le loquet, doit être attribuée à un raisonnement adaptatif indépendant de toüte observation ; et c’est par la coopération de tous ses membres à un mouvement complexe très peu naturel, qu’il arrive, en fin de compte, à accomplir son dessein. J’ai également reçu communication de plusieurs cas analogues où des chats ont appris spontanément, sans autre guide que celui de leur propre observation, à tirer une sonnette ou à faire jouer le marteau d’une porte pour se la faire ouvrir. »
- M. Otto raconte qu’un chat, appartenant à M. Parker Browman, de Parara, fut enfermé un jour, par hasard, dans une chambre qui n’avait d’autre issue qu’une petite fenêtre à charnières, ouvrant du dedans au dehors et fermant au moyen d’une petite traverse à pivot. Peu de temps après, on trouva la fenêtre ouverte et la chambre vide. La même chose étant arrivée plusieurs fois, on finit par découvrir que le chat sautait sur l’appui de la croisée, s’allongeait autant qu’il pouvait en hauteur contre
- l’un des côtés, pour arriver jusqu’à la traverse à laquelle il faisait prendre une position verticale, à l’aide d’une de ses pattes de devant, puis, appuyant de tout son poids contre la fenêtre, l’ouvrait et s’échappait.
- Cuvier parle aussi d’un orang qui avait l’habitude de traîner une chaise, d’un bout d’une chambre à l’autre, pour monter dessus et arriver ainsi à un loquet qu’il voulait ouvrir. Des exemples analogues sont bien fréquents
- chez les singes. Henri Couhn.
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- LAMPES A VAPEUR DE MERCURE
- DE M. COOPER HEWITT
- M. Cooper Ilewitt fait depuis quelques années des recherches sur des lampes à vapeur de mercure, et nous avons déjà fait connaître les premiers résultats qu’il a obtenus1. On sait que ces lampes sont constituées par des tubes de verre, de longueur et de diamètre variables avec l’intensité lumineuse à obtenir; l’extrémité inférieure renferme du mercure dans lequel plonge une tige de platine soudée au verre et reliée au pôle négatif. La partie supérieure du tube porte aussi un fil de platine relié au pôle positif, et terminé par une coupelle en fer. Le courant est établi dans le tube à l’aide d’un amorçage spécial ; la vapeur de mercure devient alors lumineuse, et conserve son éclat tant que l’on maintient aux bornes la différence de potentiel convenable. Ces lampes n’ont pas encore pu être utilisées pour les applications à l’éclairage, parce que la lumière qu’elles fournissent est entièrement dénuée de radiations rouges. Toutefois elles ont donné lieu récemment à de nouvelles applications. Elles jouissent d’abord de la propriété de ne laisser passer le courant que dans un sens, de l’électrode fer à l’électrode de mercure. On a utilisé cette propriété pour faire un redresseur de courants alternatifs simples ou polyphasés. On dispose à cet effet dans une ampoule sphérique quatre électrodes en fer, reliées aux trois extrémités du secondaire d’un transformateur triphasé couplé en étoile, une électrode pour l’amorçage du tube, et une électrode en mercure.
- M. Cooper Ilewitt a essayé également l’emploi des lampes à mercure comme interrupteurs à grande fréquence. L’interrupteur est formé par une sphère de 25 centimètres de diamètre portant à la partie inférieure 2 tubes verticaux de 4 centimètres, remplis de mercure et en contact avec deux fils de platine soudés dans le verre. Cet appareil est branché en dérivation aux bornes d’un circuit secondaire d’un transformateur, alimenté par un alternateur. Le circuit oscillant est complété par deux condensateurs et un résonnateur dont le primaire est relié à la terre et le secondaire à l’antenne. Le fonctionnement du système est basé sur les propriétés de l’électrode négative des tubes à vapeur de mercure. Tant que la différence de potentiel aux bornes de la lampe à vapeur de mercure n'atteindra pas la tension pour laquelle l’interrupteur ne forme pas un court-circuit, les condensateurs se chargent, et aucun courant ne passe par le tube. Mais dès que cette tension est atteinte, la résistance de la lampe devient très faible et les condensateurs se déchargent à travers la lampe et la bobine du circuit ; sitôt après la première demi-oscillation, te courant de décharge devient nul. Une nouvelle décharge ne pourra avoir lieu que lorsque les condensateurs se chargeront de nouveau à la tension critique et ainsi de suite. Ces dispositifs permettent par conséquent
- 1 Voy. n° 1500, du 22 février 1902, p. 191.
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- d’avoir une série d’impulsions rapides, séparées par des intervalles dont la durée dépendra de la rapidité de charge des condensateurs.
- La fréquence des impulsions pourra atteindre des millions de périodes par seconde; il suffira de proportionner convenablement l’alternateur et le transformateur. L’interrupteur qui consiste uniquement en mercure et en vapeur de mercure fonctionnera régulièrement et sans aucune détérioration malgré la haute fréquence qui sera utilisée. j. L.
- PHÉNOMÈNES GLACIAIRES
- ET PSEUDO-GLACIAIRES DANS LES PYRÉNÉES
- Les glaciers actuels des Pyrénées appartiennent au type des glaciers dits « suspendus ». A part celui du Vignemale qui descend dans une vallée, sur une étendue de 3 kilomètres, les autres ne sont que des amas de névés et de glace accrochés aux lianes des montagnes et ne descendant guère au-dessous de 2500 mètres.
- Mais ce n’est là qu’un état de choses tout moderne et qui ne donne qu’une bien faible idée de ce qu’étaient les grands glaciers de l’époque quaternaire. Les névés des cirques deGavarnie,d’Es-taubé et de Trou-mouse dessinaient, à une hauteur moyenne de 2800 mètres, une masse continue, et, après avoir rempli les gorges de Gèdre et de Sia, et reçu à Luz le glacier de Barège, devenaient dans ce bassin un fleuve de glace large d’au moins A kilomètres. À la sortie du défdé de Viscos, son épaisseur atteignait 900 mètres. A Pierrefitte, il recevait les glaces des cirques de Cauterets et d’Arrens. Ce glacier avait une longueur totale de 55 kilomètres.
- On conçoit que de pareilles masses n’ont pu circuler sans modeler puissamment le relief du sol; c’est d’ailleurs par les caractères communiqués au paysage que nous pouvons juger de l’extension ancienne des glaces. D’une façon générale, leur œuvre a été un travail de déblaiement intense, tous les matériaux meubles ont été enlevés, et les vallées glaciaires ont des parois abruptes et polies; leur section a la forme d’un U et non celle d’un V, comme les vallées d’érosion aqueuse. Elles sont rectilignes et pourvues d’une forte pente. De plus, un de leurs
- caractères les plus frappants est la discontinuité de la pente du thalweg, dont certaines parties ont pu être excavées par la glace, tandis que d’autres, plus dures, sont demeurées en saillie et sont simplement arrondies du coté amont. Ces barrages, qui peuvent de loin simuler des moraines, sont bien marqués dans la vallée d’Estaubé (fig. 1) et dans celle de Peyreblanque. Le gave les traverse soit par des rapides ou des cascades, soit par un canon creusé profondément dans la roche. Dans d’autres cas, ces seuils naturels ont donné naissance à des lacs. Quant à la glace, elle les franchissait tout simplement en remontant leur pente, grâce à sa plasticité bien connue.
- Avant la grande extension des glaces, les vallées latérales débouchaient de plain-pied dans la vallée principale, et le niveau de base était déterminé par
- le torrent que les glaces ont remplacé. Pendant la période glaciaire, les vallées principales supportant une masse de glaces plus considérable que les vallées latérales, ont été rabotées beaucoup plus profondément que celles-ci. Aussi, après le recul des glaciers, les embouchures des affluents ne concordèrent plus avec le niveau du cours d’eau principal . G ’ est ce qu’on observe très bien sur les gaves de Gavarnic et de Héas, qui reçoivent tous leurs affluents par l'intermédiaire de rapides ou de cascades.
- Lorsqu’on remonte une vallée glaciaire des Pyrérénées, on finit par arriver à un cul-de-sac terminal, un cirque à pentes très raides. C’est l'ancien bassin de réception où s’entassaient les névés (fig. 2). Les cirques ont dû commencer, d’après M. de Lapparent, par constituer au flanc d’une crête escarpée des couloirs où la neige s’entassait et engendrait des glaciers suspendus. Ceux-ci ont peu à peu usé leur fond, de manière à rendre les parois de plus en plus abruptes. Si la limite des neiges persistantes a reculé par saccades, on doit trouver plusieurs étages de cirques superposés. C’est ce qui existe dans la zone, haute de 1000 mètres environ, qui sépare la limite actuelle des neiges de la position quelle occupait pendant la grande extension des glaces. On observe d’une façon très nette, en avant du cirque de Gavarnie, un cirque plus petit et situé à un niveau inférieur, dans
- Fig. 1. — Un barrage rocheux à l’entrée de la vallée d’Estaubé.
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- lequel le gave se rend en franchissant un véritable canon creusé dans la roche comme à T emporte-pièce.
- Ces gorges profondes et étroites qui donnent aux hautes vallées des Pyrénées un cachet si particulier ont dû être creusées par les eaux après le retrait des glaciers; elles constituent une sorte d'appendice très étroit qui prolonge en bas la section de la vallée en forme d'U modelée par la glace. Leur profondeur peut nous donner une idée de l’espace de temps nécessité par leur creusement, et, par suite, de celui qui nous sépare de la grande période glaciaire.
- Comme celle-ci concorde à peu près avec l’apparition de l’homme dans nos régions on voit tout l’intérêt que présentent ces chronomètres naturels. Il est d’ailleurs juste de dire que l’érosion a dû être plus active autrefois, alors qu’un glacier important occupait encore la tète des vallées.
- D’après une théorie soutenue récemment, et en opposition complète avec les idées que je viens d’exposer, la glace agirait sur les terrains qu’elle recouvre plutôt comme un agent de conservation que comme un facteur d’érosion. Dès lors le creusement des vallées dites glaciaires serait dû tout entier à l’eau provenant du glacier. Il se serait effectue d’avant en arrière, à mesure que le front du glacier en voie de régression reculait vers le cirque d’origine de la vallée. Ce cycle d’érosion postérieur à la grande extension glaciaire, mais anLéricur à l’état de réduction extrême que nous observons actuellement, a
- certainement son importance. Mais il n’explique ni la forme si particulière des vallées glaciaires, ni leurs barrages transversaux, ni l’existence des vallées latérales suspendues. Nous persisterons donc à
- croire, avec la majorité des géologues, que les vallées du type que nous avons décrit doivent leurs principaux caractères h l’action de la glace.
- Il va sans dire que le fond des vallées glaciaires est occupé par des roches polies ; mais elles sont la plupart du temps cachées par des dépôts modernes. Cependant, à Cèdre, les inondations périodiques du gave mettent à découvert de magnifiques roches polies, au milieu desquelles on voit très nettement le débouché d’un canon, qui devient beaucoup plus profond en amont.
- Enfin, je dirai quelques mots d’un vaste ébou-lis qui barre la vallée de Héas et qui porte le nom de Peyrade (fig. 5). Comme on peut s’en rendre compte, avec ses blocs de toutes dimensions irrégulièrement superposés, il simule fort bien une moraine transversale, que le gave franchit par une série de cascatelles. Mais on sait que cet éboulement s’est produit en 1650, et qu’il provient, comme les « chaos » de roches situés en aval, de la chute d’une partie de la montagne. Il n’a rien à voir avec les phénomènes glaciaires. C’est par cette « pseudo-moraine » que nous terminerons notre étude d’un des coins les plus intéressants des Pyrénées. I)1 L. Lvi.oy.
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- l\ NA T U 11 E.
- PHOTOGRAPHIE
- NOUVEAU RÉVÉLATEUR ---- LA MÉTOQUINONE
- Parmi les révélateurs les plus connus on trouve le métol et l’hydroquinone ; les photographes ont souvent composé des bains de développement où ces deux corps étaient associés; ils obtenaient ainsi des résultats qu’on ne pouvait atteindre aussi complètement par l’emploi séparé de l’un ou de l’autre de ces corps.
- MM. Lumière et Sevewetz ont produit par la combinaison chimique de ces deux substances un corps nouveau, susceptible de donner un révélateur photographique qui n’a rien de commun avec le mélange ci-dessus désigné. En effet, alors que le révélateur au métol et à l’hydro-quinone exige, pour faire apparaître une image, la présence d’un sel alcalin en dehors du sulfite de soude, la méloquinonese comporte, au contraire, comme l’amidol et révèle l’image en présence du sulfite de soude seul. Cependant elle présente une différence marquée sur l’ami-dol, car elle peut supporter la présence d’un alcalin qui agit comme accélérateur sans voiler l’image; on sait qu’avec l’amidol, au contraire, on a toujours un voile si on ajoute un alcalin au hain révélateur. L’action révélatrice de la métoquinone est environ deux fois moins rapide que celle de l’amidol, mais l’image est aussi pure et aussi transparente dans les noirs.
- MM. Lumière, après plusieurs essais comparatifs, sont arrivés à reconnaître la formule suivante comme donnant les meilleurs résultats. On dissout d’abord 9 grammes de métoquinone dans 1 litre d’eau, quand la dissolution est complète on ajoute HO grammes de sulfite de soude anhydre. La solution se conserve très bien et peut servir plusieurs fois; même après usage assez prolongé elle ne se colore pas. C’est pour cette raison qu’elle ne tache pas les doigts.
- Pour les clichés peu posés on peut augmenter l’énergie du révélateur ci-dessus par l’addition de 1 à 2 grammes de carbonate de soude par centimètre cube de bain. L’énergie est ainsi presque doublée et on peut encore la doubler, c’est-à-dire l’avoir quatre fois plus grande, si au lieu de carbonate de soude on emploie la lithine caustique à 1/2 gramme par 100 centimètres cubes de bain.
- Le plus simple est de faire la solution normale indiquée plus haut et d’avoir sous la main des solutions saturées de carbonate de soude ou de lithine et d'en ajouter goutte à goutte si l’image ne se montre pas.
- Il y a enfin une autre combinaison très appréciable, c’est l’emploi de l’acétone. La métoquinone est très soluble dans cette substance qui en dissout 35 pour 100 ; cette solution, ajoutée à raison de 5 centimètres cubes dans la solution de sulfite anhydre à 0 pour 100, constitue un bain très énergique. Pour le développement des papiers au bromure MM. Lumière recommandent l’emploi du for-mosulfite. Eau 100 grammes; métoquinone 9; formo-sullite 60. On obtient de beaux noirs et les blancs restent d’une grande pureté. Voilà donc un révélateur qui présente une grande élasticité et qui permettra d’avoir des bains toujours prêts aussi bien pour les clichés dont le temps de pose est douteux que pour ceux dont la pose aura été normale. G. M.
- CHRONIQUE
- Tramway électrique du üloiit-lîlane. — Une
- nouvelle ligne très intéressante vient d’être concédée par le Conseil général de la Ïlaule-Sàvôie. C’est la ligne du
- Fayet à l’Aiguille du Goûter (Mont-Blanc). Elle a été étudiée par M. II. Duportul, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite, et ingénieur en chef de la Société concessionnaire. Partant du Fayet, la ligne passera par Saint-Gervais, Motiron, le col de la Voza, le pavillon de Bellcvue, le Mont-Luchat, les Bogues, la Tète Rousse, et aura son terminus à l’Aiguille du Goûter qu’elle atteindra par un tunnel de 2250 mètres avec larges baies sur la montagne. Le développement total sera de 18km,500m. On aura recours à la crémaillère du système Strubb, et la traction sera électrique. On évalue la dépense à 10 millions. Les concessionnaires comptent sur un trafic de 278 voyageurs par jour à 40 francs aller et retour. Les dépenses d’exploitation sont évaluées à 40 pour 100. On obtiendrait un revenu de 15 pour 100 environ. L’ascension du Mont-Blanc se ferait en 14 heures à peu près aller et retour. Il va de soi que, au sommet, on aura une des plus splendides vues des Alpes. Le touriste se trouvera à 5840 mètres d’altitude.
- La métallothérapie du moyen âge. — Tout le monde connaît ces anneaux métalliques qui sont destinés à guérir ou à soulager diverses maladies. Sait-on que leur origine se rattache à une vieille tradition anglaise, qui s’est maintenue pendant des siècles? Chaque année, le vendredi saint, le roi d’Angleterre pénétrait dans sa chapelle, accompagné de son grand aumônier, et, à genoux devant le crucifix, bénissait une grande coupe pleine d’anneaux d’or et d’argent; on les distribuait ensuite au peuple pour guérir les rhumatismes et l’épilepsie. 11 paraîtrait que cette cérémonie, intitulée la « bénédiction des anneaux contre les douleurs », remonterait à Édouard le confesseur, à qui cette idée avait été inspirée par un , anneau apporté de terre sainte et conservé à l’abbaye de Westminster, qui guérissait certaines maladies.
- Les pigeons voyageurs dans l’Afrique du Nord. — L’opinion publique en France s’est toujours préoccupée de ce que deviendraient l’Algérie et la Tunisie au cas où la métropole aurait à soutenir une guerre avec une puissance disposant d’une force navale sérieuse. Les câbles télégraphiques qui réunissent Marseille à Oran, Alger et Tunis seraient certainement coupés dès le début des hostilités. Un peut donc se demander ce que deviendraient les communications, étant donné surtout que les services postaux seraient arrêtés, l’n officier de tirailleurs, M. de Lavenne de Choulot, s’est préoccupé de trouver un palliatif à cet état de choses en proposant la création d’un système complet de relations par pigeons voyageurs. L’objection qui se présente au premier objet est forte : les pigeons peuvent-ils franchir les 850 kilomètres d’Oran à l’ort-Vendres, ou les 740 de Bougie à Toulon? L’auteur du projet affirme que oui et il appuie son opinion sur des exemples bien contrôlés ; il estime que des pigeons bien entraînés pourront fournir la somme d’énergie nécessaire à la traversée de la Méditerranée, en se reposant au besoin dans les îles Baléares. Du reste il y a une question annexe qui présente une grande importance, c’est la liaison des postes du Sud algérien avec la côte, pour remplacer le télégraphe, qui n’existe pas partout et qui, en cas de troubles, serait facilement coupé. Grâce aux Sociétés colombophiles algériennes, des expériences ont été faites et un certain nombre de pigeons connaissent déjà le chemin des colombiers militaires où ils ont été élevés. Certains régiments sont même munis des paniers spéciaux servant à transporter les pigeons. On peut d’ailleurs fort bien utiliser à cet effet les palanquins dont se servent les femmes indigènes pour voyager.
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- En somme il y a toute une série de mesures à prendre pour développer la colombophilie dans le nord africain, en créant des colombiers, en facilitant l’entrainement des oiseaux par des réductions sur les prix de transport, en exterminant les oiseaux de proie, et en organisant des concours, des expositions, des ventes publiques. Le résultat certainement compenserait et au delà les efforts accomplis.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 11 mai 1903. — Présidence de M. A. Gauukï.
- La mer intérieure d’Afrique. — M. de Lapparent annonce qu’il a reçu de M. le capitaine Garden quelques fossiles provenant de Tamaské au nord-est de Sokoto (Soudan français). Ces fossiles — un nautile et quatre échantillons d’oursin — sont enveloppés d’une gangue calcaire à laquelle il convient d’assigner l’âge lutétien. Ainsi, à l’époque où la mer laissait déposer le calcaire grossier des environs de Paris, elle s’étendait aussi vers le Soudan. 11 y a, en outre, lieu de croire que la mer couvrait la région de Zinder, touchait au Tchad et atteignait lielma d’où M. le colonel Monteil a rapporté un oursin dont la présence révèle une formation marine d’âge crétacé supérieur. D’autre part, la mer lutétienne a laissé en Afrique des traces auprès de Dakar. M. de Lapparent conclut que ces découvertes montrent que le Soudan a été occupé par la mer beaucoup plus longtemps et plus complètement qu’on ne le croyait jusqu’à ce jour.
- L'immunisation tétanique des nouveau-nés en Indo-Chiné. — M. Roux présente une Note de M. Calmette sur une application nouvelle du sérum antitétanique. L’auteur rappelle que les plaies souillées de terre sont souvent l’occasion d’atteintes de tétanos. 11 a constaté que le sérum antitétanique desséché et pulvérisé, puis saupoudré sur les plaies qui ont été souillées de terre, préserve du tétanos. Toutefois il faut, pour que le traitement soit efficace, qu’il soit appliqué dans un délai maximum de sept heures. M. Calmette pense que la poudre de sérum antitétanique peut être employée avec succès en Indo-Chiné au traitement des nouveau-nés si fréquemment atteints du tétanos par suite de souillure de la plaie du cordon.
- Bibliographie astronomique.— M. Appell fait connaître que M. E. Lebon a présenté au Congrès des sciences historiques, tenu à Home du 2 au 9 avril 1903, le plan d’une bibliographie analytique des écrits contemporains sur l’histoire de l’astronomie. M. Lebon a proposé de prendre pour point de départ l’année 1840, époque de l’une des plus importantes confirmations de la loi de l’attraction universelle et des brillantes applications de la photographie et de la spectroscopie à l’astronomie. M. Lebon fait en outre savoir que les membres étrangers de la section des sciences ont été l’objet des attentions des organisateurs de cette section, MM. les sénateurs Blaserna etCeruti, MM. Volterra, Giacosa et Loria; ils ont pu visiter les richesses bibliographiques et artistiques accumulées dans le palais Corsini, siège de l’académie royale des Lincei.
- Action de l'aldéhyde formique sur la végétation. — M. Moissan présente une Note de M. Bouilhac relative à l’action de l'aldéhyde formique sur la végétation d’une planté inférieure, la moutarde blanche. Mise en présence
- d’une solution minérale nutritive additionnée d’aldéhyde, la plante se développe, d’ailleurs médiocrement, malgré la toxicité extrême du milieu. Mais si on soustrait à peu près la plante à l’action de la lumière, de manière à entraver le dégagement d’acide carbonique, elle absorbe l’aldéhyde et prospère. Les auteurs pensent que cette particularité fournit la preuve que l’aldéhyde formique est le point de départ de la synthèse végétale.
- La mer de l'époque éocène en France. —M. A. Gau-dry analyse un travail de M. Douvillé, professeur de paléontologie à l’École des Mines, intitulé Une cause de variation des faunes fossiles. En observant les terrains sédimentaires on constate que leurs assises renferment des fossiles différents. *Les uns contiennent des ammonites, d’autres sont d’anciens récifs coralliens remplis de ru-distes, d’autres enfin présentent des multitudes de fora-minifères. M. Douvillé émet l’hypothèse que ces changements doivent être rattachés à des migrations en rapport avec les modifications de température des eaux marines. Ainsi, le bassin parisien a été en rapport du côté de la Belgique avec la mer du Nord qui est froide et à d’autres moments avec la grande mer de température tropicale que l’auteur appelle Mesogce. Dans l’une ou l’autre phase, des groupes d’animaux différents apparaissent. M. Douvillé donne l’indication des terrains à faune froide et à faune tropicale. Ch. de Villedeuil.
- UN CHEVAL SANS BRAS !
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- Le 15 mars dernier, est née au Havre, dans l'infirmerie des vétérinaires Dumont et Brillé, une pouliche dont nous donnons la copie de la photographie des deux faces prise 24 heures après sa naissance, et qui est complètement privée de membres antérieurs. On sent que les épaules existent sous la peau, mais le reste du membre n’est représenté à droite, que par une touffe de poils, et à gauche par un moignon atrophié représentant l’humérus, replié vers le haut de l’épaule et complètement inerte. Lejeune animal, très vigoureux, est alimenté par une chèvre qui se prête volontiers à ses fonctions de nourrice.
- Cette anomalie n’est pas rare dans l’espèce humaine et la science en a enregistré d’assez nombreux exemples, remarquables par la manière dont les sujets savaient suppléer à leur infirmité avec une véritable ingéniosité.
- Ainsi, Ambroise Paré, qui existait au xvie siècle, cite une femme privée de bras qui vivait à Paris, « qui taillait, cousait et faisait plusieurs autres actions ». Il figure également un homme dont les deux membres supérieurs faisaient complètement défaut et dont il donne l’histoire complète : « On a vu depuis quelque temps, en vie, à Paris, un homme sans bras, âgé de quarante ans environ, fort, robuste, lequel faisait presque toutes les actions qu’un autre pouvait faire de ses mains, à savoir, avec son moignon d’épaule et sa tête ruait une cognée contre une pièce de bois aussi ferme qu’un autre homme eut pu faire avec ses bras. Pareillement, faisait claqueter un fouet de
- 1 Yoy. l’Éleveur, article tic M. Pierre Mégnin. membre de T Académie de médecine, n° 9Ù3 du 5 avril !Vf03.
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- LA NATüHE.
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- charretier, et faisait plusieurs autres actions ; et avec ses pieds mangeait, buvait, jouait aux cartes et aux dés. A la lin, lut larron, voleur et meutricr, et exécuté en Gueldre, à savoir pendu et mis à la roue. » Un monstre de même conformation (|ui fut célèbre est le peintre Ducornet, né à Lille en Ducornet se servit de ses pieds comme de véritables mains, le pouce du pied, par l’exercice, s'allongea et devint très mobile et opposable aux autres doigts. Il apprit à écrire, à dessiner et entra à l’école de peinture de Lille dont il fut lauréat, puis vint à Paris où ses oeuvres furent remarquées.
- 11 exposa entre autres un tableau de onze pieds de haut représentant une Madeleine aux pieds du Christ. Nous avons vu nous-même, en 1850, à Paris, un homme sans bras qui s’exposait dans les carrefours et sur les places publi-
- ques. 11 opérait avec ses pieds, qui étaient d’une agilité remarquable, tous les actes qu’un autre homme exécute avec les mains : il était un habile calligraphe, il se faisait la barbe avec des rasoirs, il
- chargeait un fusil à baguette et tirait sur un but désigné.
- Chez les animaux domestiques, l’absence de membres antérieurs est beaucoup plus rare et se voit surtout chez les ruminants, peut-être est-ce parce qu’on ne les conserve pas. Gurtl, professeur vétérinaire allemand, a signalé une chèvre dont le membre antérieur gauche était réduit à l’état d’un petit moignon immobile. Nous-même avons vu il y a une quinzaine d’années, dans le préau du laboratoire d’anatomie comparée du Muséum de Paris, une chevrette qu’avait achetée M. le Professeur Pouchet et chez laquelle les deux membres antérieurs étaient totale-
- Fig. 2. — La pouliche sans bras, vue du côté gauche.
- (D'après des photographies prises 2i heures après sa naissance, au Havre, chez M3I. Dumont et Brillé, vétérinaires.)
- ment absents, moins les épaules qu’on sentait sous la peau. Cette chevrette, qui avait environ 18 mois, était très vigoureuse et paissait en prenant une position qui rappelait celle du Kangourou : ses allures rappelant aussi celles de cet animal.
- Nous ne sachons pas que l’anomalie dont nous parlons plus haut ait déjà été observée chez les équidés
- et nous croyons fort que la pouliche du Havre dont nous venons de signaler la naissance est le premier exemple connu, fourni par l’espèce chevaline.
- Pierre Mégm.n.
- Le Gérant ; P. JIasson.
- Paris. — Imprimerie Laiiusl, rue de Fleuras, 9.
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- N° 1565
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- L’ACÉTYLÈNE ET L’ÉCLAIRAGE DES WAGONS
- Depuis tant d’années que les voyageurs réclament, et que les compagnies de chemins de fer cherchent
- un mode d'éclairage des wagons, à la fois intense comme lumière et peu coûteux d’entretien ainsi que
- Fig. 2. — Vue de l’usiue de fabrication du gaz.
- de premier établissement, on n’est pas arrivé 5 une solution pleinement satisfaisante : sans passer en revue toute la question, nous rappellerons que le pétrole présente des dangers de feu, que le gaz ordi-31' année. — 1er semestre.
- naire est impossible à employer parce qu'il perd une partie de ses propriétés sous la pression qui est nécessaire à son emmagasinage, et que le gaz d’huile a des désavantages qui faisaient désirer un autre éclai-
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- LA K AT U HE.
- rant. L’électricité coûte fort cher, surtout quand on recourt à des accumulateurs pour la fournir, et elle ne donne beaucoup de lumière dans les compartiments que si l’on emploie des lampes d’une forte puissance. Reste donc l’acétylène, dont le pouvoir lumineux est si considérable, mais il fallait y recourir dans des conditions qui évitassent toute chance d’explosion en assurant la sécurité des voyageurs1.
- Dès 1896, la Direction des chemins de fer prussiens avait entrepris des expériences à ce sujet, et, à la suite d’essais divers, on arriva à cette conclusion ferme que le mélange de 25 pour 100 d’acétylène et de 75 de gaz d’huile était aussi peu dangereux que le gaz d’huile pur et donnait néanmoins une puissance éclairante trois fois plus forte. Le nouveau système fut mis en usage sur les lignes métropolitaines de Berlin, puis sur les voies prussiennes de l’État, et enfin, sur presque tout le réseau de l’État allemand, on a pris les mesures voulues pour généraliser cette transformation. En Bavière, on a en outre installé des usines à gaz qui assurent aussi l’éclairage des quais des gares au moyen de l'acétylène pur. Naturellement les compagnies françaises ne sont point demeurées étrangères à ce mouvement en faveur de l’acétylène, et nous pouvons donner ici quelques détails rapides sur les efforts couronnés de succès de la Compagnie P.-L.-M., et sur les installations qu'elle a créées pour éclairer une partie de son réseau au moyen de ce gaz dont les avantages sont incontestables.
- C’est le mélange dont nous parlions, 25 pour 100 d’acétylène et 75 pour 100 de gaz riche tiré de ces schistes bitumineux qu’on nomme des bogheads, qu’emploiela Compagnie P.-L.-M., suivantdes procédés dus à M. Pintsch. Ce mélange est susceptible de supporter sans devenir explosif une compression de 10 atmosphères, nécessaire pour son emmagasinage dans les réservoirs des voitures : ceux-ci contiennent une quantité de mélange gazeux suffisante pour assurer un éclairage de 55 heures consécutives, ce qui permet de faire les plus longs voyages sans aucun rechargement ; le gaz n’arrive du reste aux brûleurs qu’en passant par des détendeurs qui ramènent la pression a 55 millimètres d’eau, et chaque bec donne une puissance de 12 à 15 bougies (Étoile), en consommant 25 litres à l’heure.
- La principale usine de la Compagnie se trouve à
- 1 Yoy. 11“ 1510, du 5 niai 1902, p. 319.
- Paris, ou plus exactement au point qu’on nomme Bercy-Douane, et elle comprend à la fois une petite installation pour le gaz riche et une autre pour l’acétylène, le tout étant complété par des gazomètres mélangeurs. Pour la fabrication du gaz de boghead, on a installé, dans une salle, 5 fours à 7 cornues et à foyer direct, chauffes au coke: en une heure et demie, on distille 50 kilogrammes de boghead, et le rendement est de 10 mètres cubes ; le gaz gagne un barillet où il dépose la presque totalité de son goudron. Dans la salle des fours sont deux chaudières semi-tubulaires actionnant les pompes de compression qui refoulent dans les accumulateurs dont nous allons parler. Une autre salle contient 4 condenseurs garnis d’oxyde de fer, que le gaz traverse en y laissant ses dernières traces de goudron, et 4 épurateurs renfermant de la chaux. Le gaz peut alors se rendre dans un compteur de fabrication.
- L'usine à acétylène, qui est construite en bois et de la façon la plus sinqde, a été installée par la
- Maison Descours, de Lyon, de même (pie les autres usines secondaires dont nous citerons les noms tout à l'heure. Le carbure est mis en réserve dans un magasin situé au rez-de-chaussée qui peut en contenir un approvisionnement pour un mois, et la matière première, en caisses étanches comme de juste, est manutentionnée au moyen d’une grue pivotante qui permet de transporter les caisses au premier étage, où s'opère le chargement des générateurs et la fabrication du gaz. Ces générateurs sont au nombre de trois, ils ont comme dimensions 5 mètres sur 0m,80, et ils peuvent produire 15 mètres cubes à l’heure. L’installation comprend de plus un condenseur, un laveur, deux épurateurs, un compteur, un gazomètre de 50 mètres cubes, puis trois grands bacs de décantation dans lesquels on reprend par des pompes aspirantes et foulantes l’eau décantée qui a déjà servi dans les générateurs. Disons que les sous-produits de la fabrication sont évacués par des wagons-citernes construits spécialement pour cet usage.
- Les générateurs employés, du système Pintsch, sont des appareils à projection non automatique du carbure dans l’eau : le carbure, réduit en morceaux de grosseur convenable, est introduit au moyen d’une pelle à main dans l'orifice du générateur, et il vient tomber sur une grille placée dans le bas. L’acétylène résultant de la décomposition monte dans la partie
- jg, ifiiSâ
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- Fig. 5. — Plan de l’usine.
- 1,2,5, Générateurs; 1, Condenseur; 5, Laveur; 6, 7, Épurateurs ; 8, Compteur de fabrication ; 0. Gazomètre; 10, 11, 12, Bâches de vidange des générateurs; 13, Eau décantée de vidange; 11, 15, Pompe Worlhinglon ; 16, Magasin à carbure; 17, Compteur de mélange; a, a, a, Four à cornues ; b, b, b, b, Colonnes à condensation; c, c, c, c, Épurateur; d, Compteur de fabrication; c, e, Gazomètres recevant les gaz mélangés; n, h, Pompes de compression ; p, p, Accumulateurs; o. o, Chaudières; /’, s, Cheminées; a, Fosse à goudron.
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- supérieure du générateur et sort par l’orifice disposé dans ce but, tandis que les résidus tombent à travers la grille dans le fond de l’appareil: un trou d’homme permet de retirer les résidus solides, mais entre temps on peut évacuer les liquides résiduaires à l’aide d’un robinet de décharge. Les générateurs sont remplis d’eau jusqu’au tuyau de trop-plein, et, tant que fonctionne l'appareil, le niveau est maintenu constant, le tuyau d’alimentation amenant continuellement la quantité d’eau nécessaire à la production du gaz et au refroidissement. Une fois fabriqué, l’acétylène se rend au gazomètre, puis de là au compteur, dit de mélange, qui est en réalité installé dans la partie de l’usine plus spécialement consacrée à la production du gaz riche : le transport de l’acétylène est effectué dans des canalisations en fer étiré et galvanisé, d’une étanchéité parfaite.
- Le compteur où arrive ainsi l’acétylène est disposé tout à coté du compteur à gaz riche dont nous avons parlé tout à l’heure, et cela à seide tin que les deux appareils soient conjugués au moyen d’une chaîne Galle actionnant des roues d’engrenage de diamètre approprié, et fixées sur l’axe de rotation du volant à ailettes des compteurs. Le rapport des diamètres de ces roues est déterminé de façon que les compteurs débitent respectivement la proportion que nous avons indiquée pour le mélange, 25 pour 1 00 d’acétylène et 75 de gaz riche. Les conduites de sortie des deux compteurs se réunissent ensuite en une seule, qui va porter le mélange gazeux dans deux gazomètres accouplés, de 100 mètres cubes chacun, et établis en dehors de l’usine. Comme il faut d'ailleurs que ce mélange soit mis sous pression pour être emmagasiné ultérieurement dans les réservoirs des wagons, il est repris dans les gazomètres par des pompes qui le compriment et le refoulent dans deux accumulateurs, à une pression maxima de 10 kilogrammes par centimètre carré. Outre les accumulateurs proprement dits de l'usine, on en a disposé deux au pont de Bercy, trois près de la gare des messageries et un au pont dit de Contlans, pour permettre le rechargement des wagons partout où on forme les trains : pour alimenter ces accumulateurs et les bouches de prise de gaz diverses, il a fallu poser quelque 10 kilomètres de canalisations souterraines.
- Nous n’avons pas besoin de dire que toutes les précautions sont prises dans l’usine de Bercy pour éviter les chances d’incendie' : c’est ainsi que sur l’orifice de charge des générateurs une cheminée est disposée qui aboutit sur le toit de l’édifice; de plus, la chambre des générateurs est largement ventilée, elle est isolée de tout local où il y aurait du feu sous quelque forme que ce lût, et l’éclairage se fait par des lanternes à réflecteurs disposées extérieurement.
- L'usine de Bercy fonctionne à merveille et produit annuellement près de 140000 mètres cubes d’acétylène; la marche est excellente également dans les usines beaucoup plus récentes de Marseille et de Saint-Germain des Fossés, et l’on se prépare à créer des installations analogues à Besançon et à Lyon. Dès
- maintenant il existe, outre les usines de production qui permettent le chargement direct des réservoirs, 7 stations de rechargement (dont le chiffre va se doubler prochainement) et qui sont desservies et alimentées par trois wagons allant se remplir à l’usine la plus proche : chacun de ces wagons peut porter 285 mètres cubes de gaz mélangé. A l’heure actuelle, la consommation du mélange d’acétylène et de gaz riche, durant une année, dépasse très certainement 1 400000 mètres cubes, et il ne faut pas s’en étonner, puisque cet éclairant est employé sur 4000 voitures. Les ingénieurs de la Compagnie se préoccupent du reste de trouver un moyen simple et sur de purifier le gaz employé, qui a le défaut d’encrasser quelque peu les brûleurs et de laisser échapper de l’acide phosphorique dont l’action corrode l’émail des réflecteurs. Mais ce sont là des défauts secondaires dont on triomphera aisément et qui n’empêchent pas le nouvel éclairant de rendre les services les plus précieux. Damel Bellet.
- LES RAILS EN ACIER AU NICKEL
- Les compagnies de chemins de fer ont reconnu l’avantage d’employer pour les rails de la voie des aciers durs offrant une résistance à la rupture de 70 à 75 kilogrammes par millimètre carré. Ces rails s’usent moins vite et ont, par suite, une durée plus longue. L’usure de 1 millimètre, en palier et alignement droit, correspond, en moyenne, au passage de 110 000 trains.
- L’addition du nickel améliorerait encore cet état de choses. Les recherches de Woerth ont, en effet, démonti'é qu’en ajoutant du nickel à de l’acier au carbone et au manganèse dans des proportions convenables, sa limite élastique, sa résistance et son allongement ne sont pas modifiés, tout en ayant, cependant, tendance à s’améliorer, mais la fragilité des aciers au carbone à haute teneur est considérablement diminuée par cette addition du nickel. Il devient donc possible d’employer ces aciers à haute teneur en carbone. Mais, ce qui, jusqu’ici, a arrêté l’emploi des rails au nickel est l’augmentation de prix résultant de cette addition.
- Deux compagnies de chemins de fer américaines, celle du Pensylvania et celle du Baltimore et Ohio, viennent cependant de commander, à la Carnegie Steel C“, 9000 tonnes de rails en acier au nickel: les éclisses doivent également être en acier au nickel. Cette commande a été faite à la suite des résultats satisfaisants obtenus avec des rails de même composition placés à Altona sur une section d’essai, à courbes très prononcées, et connue sous le nom de « horse slioe ».
- Le poids des rails est de 42 et de 50 kilogrammes par mètre et ceux-ci doivent contenir 5,25 pour 100 de nickel. Si le prix est environ double de. celui des rails ordinaires, les’ compagnies américaines estiment, d’un autre côté, que la durée de ces rails sera trois ou quatre fois plus grande que celle des premiers. De plus, les rails usés conserveront toujours une valeur intrinsèque plus grande, par suite du nickel contenu dans ces rails. Ceux-ci doivent être mis en service principalement dans les courbes et aux endroits de la v«>ie les plus fatigués. K. B.
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- LA NA TU H K.
- TRANSMISSIONS PAR COURROIES
- Les transmissions de force motrice par courroie ont pris et conservent depuis longtemps une grande importance dans l’industrie. 11 est, en effet, souvent difficile, dans des installations, de transmettre à un arbre le mouvement dont est animé un autre arbre, à l’aide de connexions invariables, telles que commandes par vis sans fin, roues tangentes, roues d’engrenage, roues dentées, chaînes sans fin, etc. Toutes ces transmissions, pour être des plus avantageuses et résoudre directement le problème de la transmission de force motrice, présentent cependant en pratique des inconvénients, et ne sont employées que dans certains cas.
- En général, ce sont les poulies et courroies qui sont utilisées parce qu’elles otfrent des facilités d’emploi et d'installation ; mais elles ont également des défauts que nous allons examiner.
- 11 est à remarquer que nous n’étudions en ce moment qu’une transmission à faible distance d’une machine motrice à un appareil d’utilisation placé dans le voisinage. S’il s’agissait de transmettre la force motrice dans tout un atelier, à des distances parfois élevées, il serait mieux, sans aucun doute, d’établir une transmission électrique, comme on le fait actuellement dansl’industricd’unc manière courante.
- Les transmissions actuelles se font généralement en reliant une poulie motrice et une poulie réceptrice à l’aide d’une courroie d’une largeur et d’une épaisseur calculées, suivant la puissance à transmettre. La distance entre les deux poulies est choisie aussi grande que possible pour augmenter l’angle d’enroulement sur la poulie. Les jantes des poulies étant lisses et la face de la courroie appliquée sur les jantes Tétant aussi, ^entraînement se produit en vertu de l’adhérence de la courroie sur les jantes
- des poulies. On détermine l’adhérence nécessaire en tendant fortement la courroie sur les deux poulies.
- La tension à donner à la courroie dépend de l’effort résistant que présente à la rotation la poulie conduite, du coefficient de frottement, de glissement de la courroie sur la jante et de l’angle d’enroulement. Ce dernier facteur est le plus important, parce que le frottement et par suite l’adhérence de la courroie sur la poulie s’accroissent ou se réduisent, suivant les valeurs de l’angle d’enroulement.
- Les poulies de transmission sont généralement de diamètres inégaux ; l’angle d’enroulement augmente
- sur la poulie la plus grande et diminue sur la plus petite. La tension de la courroie doit être réglée d’après la valeur du plus petit angle d’enroulement.
- Comme nous le disions plus haut, l’angle d’enroulement diminue au fur et à mesure que les deux poulies sont plus rapprochées; pour éviter le rapprochement, on est donc assez souvent obligé d’avoir recours à des renvois intermédiaires. En résumé, dans les transmissions actuelles par courroies, on ne se préoccupe nullement de l’angle d’enroulement des courroies sur les poulies, mais Ton cherche uniquement tà obtenir la transmission nécessaire en exerçant une tension plus ou moins grande sur la courroie. On arrive ainsi à donner aux courroies une tension 5 ou G fois plus grande que l’effort résistant de la poulie conduite à sa jante.
- Après quelque temps de fonctionnement, les courroies commencent à glisser sur les poulies, et on est obligé de les retendre, surtout si la poulie réceptrice doit fournir une vitesse angulaire constante. Ces grandes tensions des courroies exercent de fortes tractions sur les arbres, sur les coussinets, sur les paliers et sur les chaises; on doit, dans l’établissement de ces appareils, prévoir des dispositions de sécurité. Il en résulte des frais notables
- , à l’aide d’un enrouleur.
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- LA NATURE.
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- dans l'installation de la transmission. Pendant la marche d’autre part, la traction exercée sur les arbres entraîne des frottements de leurs portées dans les coussinets ; ce sont des pertes par frottements importantes. Les transmissions actuelles par poulies et courroies présentent donc le grand défaut d’ètre soumises à de trop grandes tensions; et l’on pourrait éviter celles-ci en agissant sur l’arc d’enroulement de la courroie autour de la poulie,
- M. le capitaine Leneveu a depuis longtemps étudié, au point de vue pratique, ces questions de transmissions, et ses études ont précisément porté sur les moyens d’éviter les trop grandes tensions des courroies. 11 a imaginé un système de transmission avec enroulement de courroie qui a donné toute satisfaction, et qui prend chaque jour une grande
- extension. Les transmissions de M. le capitaine Leneveu sont formées de deux poulies, d’une courroie ou d'un câble et d’un enrouleur. Ce dernier se compose essentiellement d’un galet enrouleur, muni de paliers graisseurs, qui oscille autour d’un axe et est muni d’un levier à contrepoids mobile, lui permettant d’exercer sur la courroie l’effort nécessaire pour la maintenir enroulée. Ce galet a pour fonction unique d’enrouler automatiquement, constamment et le plus possible le brin mou de la courroie autour de la poulie conduite ou motrice, l'arc d’enroulement initial étant voisin de 270°.
- La courroie est mise en place sur les deux poulies, le brin mou passant entre le limbe du galet enrouleur et la jante de la poulie autour de laquelle il doit osciller. Sa longueur est ajustée de façon que le brin
- Fig. 2. — Transmission d'un moteur électrique à une pompe, les deux machines étant à côté l'une de l’autre, Eu cartouche, vue do l’enrouleur sur la poulie de l’arbre de la pompe.
- mou qui doit être enroulé de plus en plus autour de la poulie par le galet, au fur et à mesure que l’allongement de la courroie se produit sous la charge, vienne à une faible distance du brin moteur lorsque la charge est maxima. Avec l’enroulement ainsi établi, on obtient sur chacune des poulies un frottement suffisant, et l’entraînement de la poulie conduite se produit sans glissement à la mise en marche ; un contrepoids règle la pression que doit exercer le galet enrouleur sur la courroie pour vaincre sa raideur et assurer son bon enroulement. Dès que la transmission est mise en marche, la courroie s’allonge sous l’effet de la résistance que présente la poulie conduite. Le brin mou s’allonge et, au fur et à mesure,, le galet enrouleur l’enroule de plus en plus sur la poulie. Bientôt la traction exercée par le brin moteur sur la jante de la poulie conduite est égale à l’effort résistant de cette poulie, et le mouvement de
- rotation de la poulie motrice est intégralement transmis h la poulie conduite.
- La figure 1 montre une vue d’ensemble du système de transmission Leneveu à l’aide d’un enrouleur. Dans la figure de gauche, l’enrouleur est appuyé sur la courroie et l’enroule autour de la poulie d’une dynamo ; dans la figure de droite, l’enrouleur est relevé et la courroie est complètement séparée de la poulie. La pression du galet enrouleur sur la courroie pour 40 chevaux est de 8 kg par centimètre carré.
- Les avantages du nouveau système de transmission de M. Leneveu sont considérables et nombreux; nous en énumérerons quelques-uns. L’angle d’enroulement produit dans ce système est toujours très grand, et l'entraînement est assuré sous toutes les charges saris glissement. Les ondulations et fouette-ments du brin mou de la courroie pendant la marche
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- sont complètement arrêtés par le galet; les entraînements d’air entre la courroie et la poulie dus à ces causes sont par suite supprimés, ainsi que les effets de la force centrifuge. Toute tension de la courroie est par conséquent devenue inutile.
- Les commandes Leneveu transmettent de la façon la plus satisfaisante le mouvement de rotation, quels que soient les rapports entre les diamètres des poulies. Dans certaines installations on a pu passer de 85 à 1500 tours par minute, avec des poulies ayant entre elles pour leurs diamètres un rapport de 17,72. La distance entre les deux poulies de transmission est sans action sur les commandes Leneveu. Dans la ligure 2, nous montrons la transmission d’un moteur à une pompe centrifuge ; les deux machines sont placées tout h côté l’une de l’autre. La pression du galet enrouleur sur la courroie pour 20 chevaux est de 2 kg par centimètre carré.
- Les commandes système Leneveu permettent d’obtenir des économies importantes dans les prix d’installation, d’exploitation et d'entretien des systèmes de transmission. Dans certaines installations, on a atteint une économie de 81,3 pour 100 sur les courroies, et 72 pour 100 sur l’ensemble de l’installation. Pour la commande d’une dynamo génératrice de 40 chevaux, l’emploi du système Leneveu a permis de faire une économie de 53,8 pour 100 pour le prix d’établissement sur une transmission ordinaire à l’aide de renvois. Dans une autre installation pour la commande de 2 dynamos génératrices de 100 kilowatts chacune, l’économie réalisée a atteint 72 pour 100.
- Les renseignements qui précèdent sur ce nouveau système de commande par courroies suffisent pour faire voir qu’il s’agit d’un véritable progrès destiné à améliorer dans l’industrie l’état souvent défectueux des transmissions par courroies. J. Laffargue.
- LE TÉLÉGRAPHE SANS FIL
- ARMSTRONG-ORMNG
- Le cohéreur ou radio-conducteur — suivant qu’on s’en tient à la dénomination du professeur Lodge ou du professeur Branly — remplit, dans la télégraphie sans fil, le même rôle que remplit un relais dans une station éloignée de télégraphie ordinaire. Sous l’influence d’une onde électromagnétique très faible, le tube à limaille déclenche un courant capable d’actionner un enregistreur télégraphique, et cela, de préférence, par l’intermédiaire d’un relais très sensible. Le cohéreur est un appareil très sensible,, mais ce qui peut sembler un avantage au point de vue des portées de transmission est, par contre, un grand désavantage au point de vue de la sûreté des communications, notamment à cause des perturbations dues à l’électricité atmosphérique. En outre, le cohéreur est souvent un appareil très inconstant et cela, principalement, à cause des variations que les chocs qui le décollèrent produisent dans l’état de la limaille. Aussi, plusieurs chercheurs se sont-ils attachés, dans ces derniers temps, à s’émanciper de l’emploi du cohéreur dans la télégraphie
- sans conducteurs. Dernièrement, M. Marconi lui-même, dans un discours fait à la Royal Society de Londres, a décrit un deleclor magneticum qui, d’après lui, remplacerait avantageusement le cohéreur.
- Un autre système, celui de MM. Armstrong et Orling (Armorl, ainsi l’ont appelé les deux inventeurs), ouvre une nouvelle voie aux recherches des physiciens, puisqu’il emploie aussi autre chose qu’un contact imparfait pour déceler, à grande distance, des ondes électromagnétiques. On ne possède — du moins jusqu’à l’instant où nous écrivons ces lignes — des renseignements complets que sur le récepteur et particulièrement sur ce qu’on pourrait appeler un détecteur-relais ou, comme les inventeurs l’appellent, « le relais électro-capillaire Armorl ».
- Le relais électro-capillaire à mercure Armorl est un appareil très sensible et simple ; il semble être bien approprié à découvrir les courants microscopiques apparaissant à une station éloignée de télégraphie par la terre (par courants dérivés à travers la terre).
- C’est apparemment une adaptation de l’électromètre Lippmann. Dans l’électromètre Lippmann, la tension superficielle à la surface de contact entre le mercure et l’acide dilué est modifiée lorsqu’on fait passer un courant électrique à travers la surface séparant les deux liquides. Si le courant passe du mercure à l’acide, la tension de surface est réduite et, si la tension de surface a juste été suffisante pour supporter un grain de mercure dans un tube capillaire, le mercure descendra lorsqu’un courant passera. Une force électromotrice excessivement petite produira un changement perceptible dans la hauteur du mercure, la centième partie de 1 volt étant approximativement équivalente à 1 millimètre de mercure.
- Dans le relais à mercure Armstrong-Orling, le phénomène précité est utilisé. La forme la plus simple de l’invention est la suivante : l’extrémité d’un siphon trempe dans un vase rempli de mercure, et l’autre extrémité, resserrée, celle-là, trempe dans un second vase rempli d’acide dilué. Le siphon est supporté par un bracket et est lui-même rempli de mercure. La dimension de l’ouverture resserrée est telle que la tension de surface, ou attraction capillaire, empêche juste le mercure de s’écouler du siphon. Si l’extrémité positive d’une batterie de piles est reliée à un fil passant à travers les parois du siphon dans le mercure, et l’extrémité négative à un fil en contact avec l’acide, un courant passera du mercure à l’acide. Un courant excessivement faible sera suffisant pour faire écouler le mercure du siphon; l’écoulement du siphon cessera immédiatement lorsque le courant sera interrompu. Cet arrangement est évidemment apte à agir comme un relais très délicat.
- Une forme de relais propre à actionner un appareil Morse est la suivante : le mercure déchargé du siphon par un courant électrique très faible (tel que les courants terrestres) tombe sur le bout d’un levier soutenu par l’arête d’un couteau et presse l’extrémité extérieure du levier en contact avec un arrêt (n° 1). Celui-ci ferme le circuit d’une batterie locale et actionne l’appareil télégraphique. Le mercure, dans le vase qui le contient, est maintenu à un niveau constant, par un réservoir agissant selon le principe d’une fontaine d’oiseau, c’est-à-dire que le mercure ne devient libre de s’écouler que lorsque l’air entre par le tube d’immersion.
- Une autre modification est celle-ci : le fond du vase contenant l’acide, est en forme d’entonnoir, de sorte que le mercure s’amasse au fond après s’être écoulé, par une petite ouverture, sur le bout du levier. On se sert encore
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- d’un dispositif analogue, mais peut-être meilleur : le mercure, en s’écoulant par l’ouverture du fond du vase d’acide, tombe sur les bouts de deux tiges métalliques très rapprochées l’une de l’autre et relie ainsi électriquement ces tiges qui constituent les deux extrémités du circuit de la batterie locale et de l’appareil enregistreur (n° 2). Le levier employé dans l’autre dispositif devient ainsi inutile.
- Enfin, une dernière forme du récepteur Armorl est évidemment basée sur la modification Dewar de l’électromètre Lippmann. Une bulle d’eau acidulée est enfermée entre deux colonnes de mercure dans un tube suspendu à une délicate balance. Un courant passe à
- Tîolais électro-capillaire du Télégraphe sans fil Armstrong-Orling.
- travers les liquides enfermés dans le tube. La goutte d’acide se meut alors d’un côté ou de l’autre suivant la direction du courant, et détruit ainsi l’équilibre de la balance. Un doigt isolé fait contact avec l’un ou l’autre des deux plots placés à portée lorsque l’équilibre de la balance est rompu. Le contact se trouve établi ainsi et ferme l’un des deux circuits locaux actionnant des relais qui, à leur tour, font marcher un appareil Morse.
- Les inventeurs ont pu communiquer à des distances allant de 5 à 20 milles anglais correspondant à environ 9 kilomètres et 37 km. Dernièrement, une Compagnie s’est formée en Angleterre au capital d’environ 5 000 000 de francs pour l'exploitation commerciale du système Armorl.
- Enfin — et ce sera notre conclusion — le relais Armstrong-Orling, en dehors de la transmission sans fil, est destiné à rendre les plus grands services dans la télégraphie ordinaire, notamment dans la télégraphie sous-marine où il constituerait sans doute un appareil beaucoup plus sensible que le siphon recorder lui-même. Emile Guarim.
- EXHUMATION
- ET
- TRANSFERT D’UN CADAVRE DE MAMMOUTH
- EN SIBÉRIE
- Au mois d’avril de l’année 1901, l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg était informée par le Gouverneur de la province de lakousk en Sibérie, M. Skripizin, que, à 520 kilomètres de la ville de Stredne-Kolymsk, non loin de la rivière la Beresowka, on avait trouvé le cadavre bien conservé d’un véritable mammouth. D’après le rapport du cosaque Jawlowski, qui l’avait aperçu un des premiers, ce cadavre était à demi enfoui sous la glace et devait être à peu près intact.
- La Nature avait déjà annoncé d’ailleurs cette découverte1 en signalant l’intérêt scientifique qui s’y attachait. Elle faisait remarquer, en effet, qu’on avait là sous les yeux pour la première fois le cadavre complet de cet animal préhistorique portant encore tous ses principaux organes comme les yeux, la bouche et même l’estomac, ce qui permettait donc de recueillir des renseignements précieux sur le mode de nutrition et le genre de vie de cette espèce animale aujourd’hui complètement disparue.
- On comprend dès lors que l’Académie des sciences n’ait pas hésité à envoyer aussitôt une mission spéciale chargée d’opérer l’exhumation et le transfert à Saint-Pétersbourg malgré les difficultés de toute nature que l’entreprise allait présenter.
- M. leDr 0. Herz, de la section de zoologie, voulut bien se charger de la direction de cette mission. L’argent manquait, mais en présence de l’intérêt scientifique qui s’attachait à l’entreprise, le Ministère des finances n’hésita pas à accorder la subvention nécessaire, ce qui permit d’organiser l’expédition. Celle-ci devait rencontrer des obstacles techniques fort graves : il fallait traverser, en effet, la Sibérie dans toute son étendue, car la ville de Stredne-Kolymsk (67° 32' de latitude nord et 160° 25' de longitude est de Paris) se trouve dans la zone polaire, non loin de l’extrême pointe nord du continent asiatique.
- Arrivé en ce point, il fallait, sous le dur climat des régions boréales, dégager, reconstituer et enfin, en recourant à des moyens de transport improvisés dont la nature pouvait seule faire les frais, ramener ce colis un peu encombrant et de manutention peu facile qu’est un mammouth préhistorique. Le déblaiement du cadavre a montré dn reste que l’animal, reposant sur ses pieds repliés, présentait une longueur d’environ 5 mètres et une hauteur de 2 mètres avec un poids voisin de 1000 kg. L’expédition partit de Moscou dans le milieu de mai 1901. Elle put aller par le chemin de fer transsibérien jusqu’à la station d’Irkousk, qui est située au voisinage immédiat du lac Baïkal, et là, elle dut commencer à organiser elle-même ses moyens de transport. Il n’y
- 1 Voy. n° 1461, du 25 mai 1901, p. 407. *
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- avait du reste aucun choix possible entre des modes des saisons : le bateau en été, le traîneau en hiver, différents, car ceux-ci sont imposés par la nature Comme on était en été, l'expédition alla rejoindre
- Fig. 1. — Vue du cadavre du mammouth dans la position qu'il occupait lors de sa découverte.
- la Lena, elle descendit en bateau une partie du cours de ce fleuve et elle arriva ainsi à la ville de Iakousk vers le milieu de juin. Elle se rendit à AVerchojansk, atteignit enfin Strednc-Kolymsk en utilisant une partie du cours de la Kolyma.
- Elle y arriva le 24 août 1901.
- Là, le l)1 Herz put déjà voir l’une des défenses du mammouth qui avait été détachée sur le cadavre par un indigène de race yakoute. Cette défense présente un poids de 1 pond 50, soit 21 kilogrammes environ avec une longueurdelra,74 et une circonférence de 0m,40 à la base. C’est une défense de dimension moyenne, et on en trouve
- assez fréquemment dans le pays de plus grosses. C’est en cherchant à la détacher que les chasseurs yakoutes
- qui l’ont découverte avaient reconnu la présence du cadavre. Ces indigènes sont d’ailleurs,aujourd’hui encore, les seuls habitants de ces régions désolées. Ils étaient autrefois établis comme pasteurs sur les bords du lac Baïkal, mais les progrès de l’immigration russe, et aussi la nécessité de suivre le gibier qui se faisait plus rare dans cette région du lac les ont amenés vers le Nord, et ils se sont habitués graduellement à la dure existence des climats polaires. L’été, ils travaillent la terre
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- et font paître leurs immenses troupeaux de rennes. langue se ressent de leur premier habitat, car elle L’hiver, ils se terrent dans leurs huttes. Leur se rapproche beaucoup plus du turc et du tartare
- Fig. 5, — Vue du cadavre du mammouth à demi dégagé.
- que du russe. Aussitôt arrivé à Stredne-Kolymsk, le Dr Ilerz envoya sur les lieux pour surveiller le cadavre le cosaque Jawlowski, dont le nom mérite d’être signalé à cette occasion,car s’il n’a pas fait la découverte, il fut le seul à en comprendre l’importance et c’est, lui qui la signala aussitôt à l’Àd-ministration compétente dans un rapport spécial.
- L’expédition mit dix jours pour arriver sur la rivière Bere-sowka en remontant en bateau la Kolyma;leDrHerz nota en passant, sur la rive droite, l’existence d’un grand nombre d’ossements de bisons, rennes et chevaux fossiles, mais qui sont inutilisables.
- Le cadavre du mammouth se trouvait à 213 kilom.
- de la rivière, enfoui à demi sous une couche de neige et de glace. La figure 1 le montre tel qu’on l’aperçut pour la première fois. En fait, la tête seule
- et le pied gauche d’avant étaient apparents. Aussi avaient-ils été détériorés par les animaux sauvages, et la peau de la tête, détachée du front, pendait sur le genou gauche.
- LeDr0.Herz et sa petite troupe s’employèrent activement à déblayer le cadavre. Il fallut ouvrir des tranchées dans la terre glacée de sorte que les travaux avançaient lentement. Bientôt, le mammouth apparut dégagé de la couche des glaces qui l’avait conservé, et on put se rendre compte de la position qu’il occupait. Les pieds d’a-
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- vant se trouvaient repliés et prenaient appui sur le sol ( llg. 5). Les pieds d’arrière étaient allongés horizontalement sous le corps de l’animal. Il semble que le. mammouth blessé ou malade a glissé sur ses pattes de derrière et qu’il a dù faire pour se relever des efforts impuissants. Le D1' Herz estime, en effet, qu’il occupait la position même où il a dû trouver une mort accidentelle. Il faut écarter, en effet, l’hypothèse de la mort par la faim, car l’animal conservait encore entre les dents des touffes d’herbe qui devaient constituer vraisemblablement les restes de sa nourriture.
- La figure 2 représente le crâne dépouillé de sa peau avec la partie supérieure de la mâchoire. L’une des défenses manque, c’est celle qui avait été emportée à Stredne-Kolymsk. La figure 4 représente la mâchoire inférieure avec une partie de la langue qui dépasse au milieu. On remarquera qu’elle s’adapte sur la figure 2 pour reconstituer la tête complète. La figure 5 donne une vue du cadavre du mammouth dans une position relevée. L’animal avait sur le haut du cou une crinière assez épaisse et portait en outre sur tout le corps des poils laineux très épais d’un brun doré. Les pieds notamment étaient aussi recouverts de poils ayant encore de 25 à 50 centimètres de long, lesquels, étant maintenus par la terre gelée, restaient adhérents à la peau. Cette observation est intéressante, car elle montre que le mammouth était équipé pour supporter les climats froids. La queue ressemble à celle d’un bœuf, mais elle a seulement 22 centimètres de long, elle portait également des poils raidis et agglomérés aussi par la terre gelée et dont la longueur atteignait 10 centimètres.
- Le l)1 0. Herz, dans l’isba provisoire qui servait de campement à la petite expédition, essaya de dégeler certaines parties du corps, notamment la queue. Mais, malgré tous ses efforts, il ne put malheureusement y réussir, car les poils se détachaient et la peau ramollie se désagrégeait. Ce résultat est d’autant plus fâcheux qu’il donne lieu de craindre qu’on ne puisse pas conserver la peau. Vers le mois d’octobre, le mammouth était complètement déblayé et on put songer au transport. On ne pouvait soulever une aussi lourde masse ; aussi dut-on la partager en un certain nombre de pièces, qui furent mises dans des sacs différents, étiquetées scrupuleusement, et le tout fut effectué de manière à permettre à l’arrivée la reconstitution aussi exacte et rapide que possible. L’ensemble de ces paquets formait le poids respectable de 100 pouds, soit 1600 kilogrammes environ. Il fallut 12 chevaux pour opérer le transport jusqu’à Stredne-Kolymsk où l’expédition arriva vers le 25 novembre.
- C’était la première station du retour. Il fallut un mois pour gagner Iakousk où les explorateurs arrivèrent le 26 décembre ; ils en repartirent le 16 janvier pour arriver le 6 février à Irkousk et enfin le 18 février à Saint-Pétersbourg. Le retour jusqu’à Irkousk ne s’effectua pas sans de grandes
- difficultés, car, d’une part, les chevaux fatigués refusaient d’avancer et on les remplaçait difficilement, et, d’autre part, la rigueur du froid était excessive. D’après le rapport du l)r Herz le thermomètre descendit à —45° ou —50°. C’est même ce qui força à précipiter le voyage, car le I)1 Herz craignait qu’aprèsces grands froids il ne survînt un dégel subit qui eut amené la décomposition rapide du cadavre. L’expédition avait duré dix mois, et en exceptant les transports effectués en bateau, elle avait comporté un parcours total en chemin de fer de 6000 verstes, soit 10 000 kilomètres environ dont la moitié à cheval.
- Aujourd’hui le mammouth est encore en préparation et n’a pu être exposé en public en raison des grosses difficultés qu’on rencontre pour préserver la peau qu’on aurait voulu au moins pouvoir conserver afin de donner l’idée de l’aspect extérieur de l’animal vivant. L. Ei.bée.
- LES RECORDS DE LA TAILLE HUMAINE
- La taille humaine est assez variable, quand on l’envisage chez les individus pris isolément ; mais, quand on prend les moyennes de nombreuses observations, on voit qu’elle est assez constante dans une même peuplade. M. J. Deniker a dressé à ce sujet des tableaux très instructifs, où l’on remarque quelques records intéressants.
- Les plus petites tailles (au-dessous de l^GO) se montrent, parmi les Africains, chez les Négrilles-Akkas du pays de Monbouttou (lm,378); parmi les Asiatiques, chez les Negritos-Aëta des Philippines (lm,465); parmi les Américains, chez les Caraïbes des trois Guvanes et de Venezuela (lm,572) ; parmi les Européens, chez les Lapons de la Scandinavie (lm,529).
- Les tailles simplement au-dessous de la moyenne (c’est-à-dire de lm,60 à lm,649) se montrent, au minimum, parmi les Asiatiques, chez les Tenggerais de l’Est de Java (lm,60i); parmi les Européens, chez les Juifs de la Pologne russe (lm,612); parmi les Américains, chez les Saliches de l’IIarrisson-Lac et de la Colombie Britannique (tm,()13); parmi les Africains, chez les Mozabites (lm,f>2) et, parmi les Océaniens, chez les indigènes de l’île de la Nouvelle-Bretagne (lm,602).
- Les tailles au-dessus de la moyenne (c’est-à-dire de lm,65 à lm,699) se rencontrent, au maximum, parmi les Asiatiques, chez les Aderbaïdjani de la Perse et de la Transcaucasie (tm,698); parmi les Européens, chez les Kabardes du Caucase (lm,697); parmi les Africains, chez les Nègres des États-Unis (lm,693); parmi les Océaniens, chez les Maori de la Nouvelle-Zélande (lm,68); parmi les Américains, chez les Indiens Ottawas (lm,699).
- Enfin les grandes tailles ( 1m,70 et au-dessus) se rencontrent, parmi les Américains, chez les Cheyennes (Jm,745); parmi les Africains, chez les Peuls du Soudan Français fl”,741) ; parmi les Asiatiques, chez les Tsiganes du Turkestan Russe (1m,719) ; parmi les Océaniens, chez les Polynésiens des îles Marquises (lm,745) et, parmi les Européens, chez les Écossais agriculteurs de Galloway (1m, 792). Les plus « beaux gars » sont donc ces derniers, et les plus pygmées, les Akkas du pays des Monbouttou, — presque le royaume de Lilliput. Henri Coupin.
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- LES GRANDS INCENDIES DE NITRATES
- Un sinistre récent a donné lieu à de longues et assez stériles discussions, devant plusieurs juridictions françaises, sur le rôle des nitrates dans les combustions importantes et les incendies. En rapprochant de cet accident quelques faits du'même genre et des expériences que j’ai eu l’occasion de faire ou de suivre à la suite de combustions accidentelles de nitrates moins graves, il me semble que l’on peut arriver à dégager quelques conclusions intéressantes et pratiques.
- Le 19 mai 1900, le steamer Aramis partait de Dunkerque chargé de 100 000 kilogrammes de graine de lin et de 50 000 kilogrammes de nitrate de sodium, le tout dans des sacs de toile. Dix-neuf heures après, à l’arrivée à Fécamp, un violent incendie se manifestait dans la cale d’arrière contenant 50 000 kilogrammes de nitrate et une quantité égale de graine.
- Un procès s’étant engagé devant le tribunal de commerce de Fécamp pour établir les responsabilités, c’est-à-dire les causes de l’incendie, trois experts furent nommés : un capitaine au long cours, un constructeur mécanicien et un marchand de graine. Leurs conclusions furent les suivantes : pas de combustion spontanée de la graine de lin par échauffement, comme une des parties l’alléguait ; la traversée avait été trop courte pour laisser admettre un tel échauffement; d’ailleurs, la combustion aurait dû commencer alors non dans la cale d’arrière, mais dans la cale d’avant qui contenait beaucoup plus de graine, entassée et subissant le voisinage de la chaudière ; on avait constaté le polissage par frottement réciproque d’un tourteau de l’arbre de couche et de la tôle d’un tunnel affaissé contenant du nitrate; cette tôle, portée au rouge par le frottement, avait amené la fusion du nitrate qui ensuite avait mis en combustion les sacs de graine de lin.
- Le jugement, ayant été rendu en ce sens, fut déféré à la cour de Rouen, devant laquelle on soutenait notamment que le nitrate n’est point un corps combustible. Mais celle-ci confirma le jugement en déclarant, d'une part, que les sacs en fibres végétales contenant le nitrate avaient dû s’enflammer au contact de la tôle surchauffée du tunnel, d’autre part, que la graine de lin était hors de cause, attendu qu’elle était arrivée de la Plata à Dunkerque à l’état sain, que toutes les précautions pour lui éviter l’humidité avaient alors été prises, qu’elle avait été réembarquée sac par sac, après sondage et échantillonnage, dans un état de siccité parfaite et reconnue, dans le connaissement, en bon conditionnement.
- Les décisions me paraissent bien rendues, mais la question scientifique, en ce qui concerne le nitrate, ne semble avoir été ni amplement étudiée, ni suffisamment résolue malgré l’incontestable importance qu’elle présente.
- On sait que le nitrate de sodium en sacs peut, dans des cas devenus de plus en plus rares, entrer en combustion spontanée, sous des influences extérieures peu appréciables, probablement lorsqu’il contient exceptionnellement des doses élevées de perchlorates et que la fibre des sacs s’est altérée : tel n’était sans doute pas ici le cas.
- D’autre part, d’expériences auxquelles je me suis livré et de celles que M. Guilbert, l’excellent chimiste qui dirige le laboratoire de la Compagnie de l’Ouest, a exécutées en opérant sur de petites quantités, il est résulté ce qui suit. Un tison allumé posé sur le nitrate opère seulement la fusion du sel, qui l’éteint promptement; mis sur un sac en toile contenant le nitrate, le textile ne
- brûle que localement; le nitrate n’entretient pas alors la combustion ; quelques cristaux voisins fusent. Une flamme étant maintenue au contact de la toile, celle-ci finit par brûler comme de l’amadou. Deux portions de sacs en jute imprégnés de nitrate qui les avait remplis (l’une enroulée de façon à rester entourée d’air, l’autre serrée fortement entre deux planchettes) ont été chauffées dans l’étuve. À 180°, la première portion a commencé à dégager des fumées, à 200° à noircir, tandis que la seconde se mettait seulement à fumer; à 215° les deux morceaux de tissus se sont enflammés brusquement avec un effet explosif qui a fortement détérioré l’étuve. Un brin seul du même jute placé dans une flamme ne brûlait que lentement, tout en crépitant. On pouvait donc considérer comme facteurs favorables à l’embrasement et à l’explosion ; la surface chauffée, l’élévation de la température ambiante, la proportion de matière cellulosique, le lieu clos.
- Le nitrate de potassium se comporte à peu près comme le nitrate de sodium ou salpêtre du Chili. Une des manifestations les plus curieuses dans les grands incendies de salpêtre est l’apparition d’une flamme immense, peu compatible avec l’inflammabilité du corps.
- Le 5 mai 1845, le navire Virginia, contenant comme VAramis, une cargaison de salpêtre et de graine de lin, sauta. Dix minutes après que le feu fut découvert, le panneau de l’écoutille d’arrière se défonça et le feu se fit jour par le flanc de tribord près de la ligne de flottaison ; après dix autres minutes on entendit une terrible explosion; une colonne de feu s’éleva à 200 pieds au-dessus de la grande écoutille et de l’écoutille d’arrière, puis de l’écoutille d'avant; cinq minutes après il ne restait plus rien du navire.
- La même année, le 19 juillet, voici ce qui se produisit dans un grand magasin de New-York, comprenant une cave, cinq étages et un grenier, qui renfermait un million de livres pesant de marchandises, dont 347 200 livres de nitreen doubles sacs (chacun de 180 livres) disposés en piles alternant avec des matières combustibles. Un incendie s’étant déclaré dans le haut d’une maison voisine, les volets en fer du magasin, derrière lesquels étaient placés des sacs de nitre, furent portés au rouge. Alors on entendit une série de douze ou treize explosions, de plus en plus fortes, qui aboutirent à une explosion semblable à un effroyable coup de tonnerre. Non seulement le bâtiment fut mis en pièces, les parois des caves et les terres avoisinantes violemment écartées, mais plusieurs maisons voisines furent mises à bas et la façade de celles de l’autre côté de la voie, à 87 pieds de distance, défoncée. Tout l’espace dévasté se remplit d’une flamme éblouissante, et des masses en ignition et très lumineuses furent projetées au loin, comme par un volcan.
- Un chimiste apprécié de New-York, M. A. Hayes, a fait un rapport sur cette catastrophe.
- II constata d’abord qu’une petite quantité d’eau, projetée en pluie sur 100 à 200 livres de nitre fondu dans un creuset, produit une explosion très violente, avec bris du creuset et ébranlement des murs voisins; que le bois et les autres matières fibreuses ne brûlent pas avec le salpêtre, tant qu’elles ne sont pas décomposées, carbonisées; alors, il y a déflagration ou combustion avec projection d’étincelles; aucune explosion, suivant M. Hayes, ne résulterait de l’application du feu à des mélanges de charbon de bois et de salpêtre. La vapeur de l’eau, projetée sur un mélange de nitre fondu et de charbon incandescent, soulève et entraîne un nuage de parti-
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- LA NATURE.
- cules incandescentes, ayant l’apparence d’une flamme.
- Le professeur Hare, de son côté, a voulu expliquer chaque phase de la catastrophe de New-York. Les premiers sacs se sont enflammés au contact de la tôle rougie, leur nitre a coulé et a atteint le lot le plus voisin de marchandises combustibles : sucre, vernis, bitume, qui, se carbonisant, ont produit une déflagration et une première explosion, les gaz se dégageant dans un lieu clos; le même effet s’est reproduit et propagé, avec une intensité croissante, à mesure que le nitre fondait et, mêlé aux autres matières qui s’enflammaient, tombait et s’accumulait d’étage en étage, par les planchers brûlés et défoncés, jusqu’au moment où la réunion de tous ces corps dans les caves a déterminé une explosion finale, avec une immense projection verticale, tandis que les murailles et le sol avoisinant, déjetées et repoussé, attestaient l’énorme effet explosif produit.
- En résumé : les nitrates, en grande masse, en mélange ou en contact avec des matières contenant du carbone, produisent, sous l’influence d’une chaleur prolongée, pouvant même ne pas atteindre le rouge sombre, des
- effets explosifs et lumineux infiniment plus intenses que ceux qui pourraient être prévus d’après les expériences du laboratoire; il se dégage alors de grandes quantités d’oxygène et la vivacité de combustion des corps à carbone est comparable à celle du charbon incandescent sous une cloche de gaz oxygène; l’intervention de l’eau est alors plus dangereuse qu’utile; c’est sans doute cette introduction qui a produit la perte de la Virginia et les phénomènes observés alors, tandis qu’elle a été évitée sur Y Aramis qui n’a subi qu’un incendie local.
- Tarâmes de Graxdsaign'es.
- VIGNETTES D’ALLUMETTES JAPONAISES
- Les vignettes dont sont orne'es les boîtes d’allumettes du Japon, sont des plus intéressantes. Ces petits dessins, destinés à être répandus par milliers dans tous les milieux, nous donnent une impression saisissante des idées et des opinions qui ont succes-
- Fig. 1 et 2
- Fig. 1.
- Faiseurs de réclame. — Fig. 3.
- Fig. 2 Fig. 3. Fig. 4.
- L’amour accompagnant un canard. — Fig. 4. Européen avec son chien el son parapluie.
- sivement régné dans le peuple et dans les classes plus élevées de ce pays si neuf à tant d’égards.
- Tout d’abord, lors de l’apparition des boîtes d’allumettes, les sujets représentés étaient assez uniformes. C’étaient généralement des drapeaux par paire, avec le soleil en leur milieu; c’étaient aussi des caractères sacrés, des fleurs et des animaux, oiseaux ou dragons. Toute cette première période est caractérisée par la couleur rougè, seule usitée pour la composition du dessin.
- Les artistes japonais, se dégageant ensuite de cette monotonie, se lancèrent dans la représentation des sujets religieux, des scènes familières et surtout des animaux. Il est, en effet, vraiment extraordinaire de constater combien les dessinateurs japonais ont de goût pour l’animalité, et il serait difficile de trouver un animal quel qu’il soit qui n’ait pas été choisi pour sujet principal d’une composition. On y voit des éléphants, des buffles, des chevaux, des biches, des bœufs, des lions et des tigres, des chiens et des singes; parmi les oiseaux, on trouve des coqs, des poules, des pigeons, des grues, etc.; puis
- viennent les serpents, les tortues, lézards et autres reptiles sans compter les fameux dragons à quatre ou cinq griffes; enfin, les insectes, abeilles, mouches et papillons sont amplement représentés. Parmi les animaux ainsi mis à contribution, les Japonais nous montrent ceux qui ont toute leur sympathie et qui sont surtout le singe, l’éléphant et la chauve-souris, tandis qu’ils expriment toute leur aversion pour d’autres, comme le tigre.
- Les inscriptions portées sur les vignettes ont subi, avec le temps, des transformations successives. C’est ainsi que, primitivement, les caractères employés étaient tous japonais ; puis vinrent des inscriptions à la fois japonaises et anglaises; aujourd’hui, enfin, les seuls mots usités sont en langue anglaise avec l’obligatoire : Safety Match.
- Parmi les sujets de vignettes d’allumettes, les plus intéressants sont, sans contredit, ceux qui représentent des Européens ou des Américains. Les Japonais, qui sont d’un naturel moqueur, excellent à nous représenter sous une forme ridicule et, sous ce rapport, font preuve d’un talent caricatural des
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- plus prononcés. Nous en avons la preuve dans les quelques reproductions dont cette note est accompagnée.
- Voici d’abord les numéros 1 et 8, qui montrent des faiseurs de réclame à outrance, l’un muni d’un drapeau, l’autre battant la grosse caisse. Dans le même ordre d’idées, nous avons le numéro 2, qui représente un important personnage servant d'axe autour duquel la Terre doit tourner. La même inten-
- tion se remarque au numéro 9 dans lequel la Terre tourne sous les coups de pied de divers grotesques appartenant à la race blanche.
- Le voyageur européen est représenté sous la forme d’un moineau avec le chapeau haut de forme, la valise et l’inséparable parapluie (numéro 7). Cette affection particulière que nous manifestons, paraît-il, pour le parapluie se retrouve dans le numéro 4, avec, en plus, la sympathie que nous éprouvons
- Fig. 5 Fig. 7. - Fig. 8.
- Fig. 5. Jeune mère faisant la toilette de son enfant. — Fig. 6. Locomotive attaquée par un Japonais monté sur un lion. Fig. 7. Voyageur européen sous forme d’un oiseau. — Fig. 8. Faiseur de réclame.
- pour le chien; cette dernière produit l’étonnement des Japonais, car cet animal est pour eux un objet comestible plutôt qu’un compagnon.
- La construction des chemins de fer et des lignes télégraphiques a aussi excité la verve des artistes.
- Le numéro 6 montre une locomotive que vient attaquer et détruire un Japonais à cheval sur un lion symbolique et brandissant un étendard. Nous avons aussi une vignette qui présente des Européens en train de transporter un poteau télégraphique avec l’aide de grenouilles. Nos sentiments intimes ne trouvent pas grâce devant les caricaturistes japonais, c’est ainsi qu’ils pensent ({ue l’amour, tel que nous le comprenons (numéro 3), est un musicien qui ne peut que servir d’accompagnateur au chant du canard. Dans l’amour de la femme européenne pour son jeune enfant, ce qui semble les avoir le plus frappés est la toilette intime à laquelle elle pro-
- cède à son égard, comme l’indique le numéro 5.
- Les vignettes sont de trois dimensions suivant qu’elles doivent être collées sur les boîtes, les paquets ou les caisses. Dans les planches ci-jointes, toutes les
- vignettes, sauf le numéro 9, sont destinées aux boîtes ; ce dernier numéro seul est pour les paquets qui sont d’habitude de dix boites. La dimension la plus forte, qui est pour les caisses, peut être également em -ployée comme petite affiche. Les trois sortes de vignettes ne diffèrent que par la grandeur, car elles offrent toujours le même dessin, qui constitue une sorte de marque de fabrique.
- Les amateurs de vignettes d’allumettes sont des plus clairsemés en France, mais nombreux à l’Étranger et surtout en Extrême-Orient. Au Japon même, il y a des marchands qui vendent des cahiers renfermant un grand nombre de ces vignettes à des prix modérés. Pour ma part, j’en possède une collection
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- de plus de 5000 exemplaires que j’ai pu former grâce à des relations que j’ai eues avec Yokohama.
- En somme, les vignettes pour boîtes d’allumettes japonaises nous renseignent de la façon la plus sure sur les idées, les opinions et les sentiments qui régnent au Japon, et, en cela, elles peuvent servir d’utile auxiliaire à ceux qui veulent étudier, connaître et analyser ce peuple dont les aspirations sont susceptibles, un jour, de devenir redoutables.
- Delaineï.
- L’ËLECTROTELLUROGRAPHE LANCETTA
- M. Pierre Lancetta, l’inventeur de l’Électrographe, le distingué professeur à l’Institut Royal Technique de Gir-genti, où il est aussi directeur de l’Observatoire, a inventé un appareil automatique et simple qu’il a appelé élec-trolelliwograplie et qui est destiné à enregistrer les courants telluriques, leur sens et leur durée.
- Cet appareil, représenté par la figure 1, se compose d’une boussole galvanométrique très sensible dont le lil multiplicateur est relié à deux prises de terre différentes et séparées par une distance plus ou moins grande. Le relais (boussole galvanométrique) a deux contacts et, suivant la direction du courant tellurique, actionne l’un ou l’autre des deux électro-aimants, dont les armatures, pourvues d’un crayon ou d’une plume, inscrivent sur un cadran (actionné par un mouvement d’horlogerie et faisant une révolution en vingt-quatre heures) des points ou des traits plus ou moins allongés, à des hauteurs différentes, de façon à pouvoir facilement montrer la direction du
- —III
- Fig. 1. Électrotellurograplie.— Fig. 2. Dispositif pour mesurer les courants telluriques.
- courant terrestre. Grâce aux indications que donne le cadran, c’est-à-dire l’heure, la durée et le sens du courant tellurique, on pourrait constituer des diagramme^ très intéressants, qui seraient réunis et comparés par le Bureau central météorologique. M. Don José A. Perez del i’ulgar S. I. a fait des expériences sur les courants telluriques à l’observatoire du Colegio de Nuestra Senora del Recuerdo à Chamartin de la Rosa, en Espagne, au cours desquelles il a remarqué : 1° que les oscillations du galvanomètre sont plus fréquentes et plus intenses lorsqu’il y a
- de gros nuages amoncelés d’une vitesse très sensible ; 2° que la variation de l’intensité de la lumière du soleil semble déterminer des variations dans l’intensité des courants telluriques; 5° que les jours humides et brumeux l’aiguille marque généralement zéro; 4° que le vent influence probablement l’intensité des courants telluriques qui augmenterait inversement la vitesse du vent.
- Malgré ces observations, M. Perez del Pulgar conclut que la nature et l’origine des courants telluriques ne peuvent pas encore être expliquées d’une manière satisfaisante et vraiment scientifique.
- Le dispositif dont l’auteur s’est servi est représenté figure 2. Les deux prises de terre sont constituées par celles des deux paratonnerres de l’observatoire. Un galvanomètre est relié avec les deux paratonnerres. Des bobines de self et des résistances appropriées empêchent l’action du courant atmosphérique sur le galvanomètre. E. G.
- UN ALIMENT ARABE
- LA HALWA
- Quand nous l’appelons arabe, nous entendons le mot dans son sens le plus étroit, puisqu’il s’agit d’un aliment qui se fabrique et se consomme dans la vraie Arabie, et plus spécialement dans la partie sud de cette contrée, dans l’Oman, c’est-à-dire dans le hinterland de Mascate.
- Ce produit alimentaire, qui semble un peu bizarre au premier abord, est particulièrement bien imaginé, tout à la fois parce qu’il doit se conserver facilement en dépit du climat et qu’il est certainement très nourrissant : on le nomme « lialwa ». C’est une pâte de sucre et de beurre, dans laquelle entrent, comme nous allons le voir, quelques autres éléments secondaires, et qui se fabrique dans tout l’Oman. En voici la formule, qu’on applique généralement sur des chaudronnées de 40 à 50 kilogrammes. On prend 5 à 4 parties de sucre, puis 1 /2 à 1 partie de beurre ; on ajoute 1/4 de partie d’amidon, et enfin on parfume en jetant dans le tout 1 /8 de partie d’une graine aromatique appelée « kil » et qui donne une odeur d’essence de rose. Il faut dire que l’on commence par faire fondre le sucre dans de l’eau et que l’on prépare ainsi un sirop qui est clarifié au blanc d’œuf; c’est à ce sirop que l’on ajoute le beurre, pour ensuite faire cuire et évaporer jusqu’à obtenir une consistance variable suivant la qualité désirée. Parfois, au lieu d’employer le sucre d’importation européenne, on emploie du jus de canne à sucre, qui donne un goût particulier à la bahva en même temps qu’une couleur foncée très appréciée des consommateurs.
- On consomme de très grandes quantités de cèt aliment dans tout le pays, et il s’en exporte également beaucoup. La bahva vaut à Mascate, suivant la qualité du beurre et du sucre qui ont servi à la fabriquer, et aussi, suivant le degré de cuisson et la proportion de beurre, de 0,r,G8 à lfr,20 le kilogramme. P. de M.
- CHRONIQUE
- Puits artésien de Cadillac-sur-Garonne. —
- Ün termine en ce moment les travaux de captage du puits artésien de Cadillac-sur-Garonne, département de la Gironde, en vue d’établir une distribution d’eau dans cette petite ville. A la profondeur de 202 mètres, le sondage atteignait une nappe jaillissante dont le débit est de 0000 litres environ par minute. Cette magnifique gerbe d’ea.u peut mon.ter jusqu’à 15 mètres au-dessus du sol
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- naturel. La sonde a traversé successivement des alluvions, de l’argile, du calcaire dur pour atteindre la nappe dans un sable lin qui appartient à l’éocène moyen. On vient de cimenter avec soin les tubages d’ascension afin de recueillir toute l’eau sur une turbine d’un nouveau genre actionnée directement par la force ascensionnelle du puits artésien. De celte manière la ville de Cadillac sera alimentée d’eau sans la dépense journalière d’une machine élévatoire. Nous ne croyons pas qu’il existe en France une installation aussi simple et aussi avantageuse.
- Transport des denrées en wagons réfrigérants. — Dans le but de favoriser la production agricole des régions desservies par ses lignes, le réseau de l’Etat a fait aménager à ses frais un certain nombre de wagons réfrigérants qu’il va affecter publiquement au transport des viandes abattues et des volailles mortes expédiées des Charentes, du Poitou, de la Vendée et de la Touraine sur la capitale. Ces wagons circuleront dans des trains à grande vitesse spécialement désignés; les expéditeurs qui voudront les employer paieront le tarif ordinaire des denrées en grande vitesse, majoré de 10 pour 100. Une semblable combinaison est évidemment tout à l’avantage du commerce et il parait vraisemblable que l’initiative prise dans l’espèce par le réseau de l’Etat sera très appréciée des régions agricoles intéressées. Espérons que les autres compagnies de chemins de fer ne tarderont pas à suivre cet exemple.
- Briques au tanin. — Les anciens Egyptiens avaient pour la fabrication des briques un procédé qui leur donnait une extrême dureté en même temps qu’il permettait.de les travailler avec facilité: ils se servaient tout simplement de paille, et un ingénieur américain, M. Acheson, vient de retrouver et d’appliquer à nouveau leur méthode. Il a fait bouillir une certaine quantité de paille dans l’eau et a mélangé le liquide ainsi obtenu à de la terre glaise. Les briques fabriquées avec cette argile ne se déformaient pas à la cuisson, ne se craquelaient et ne s’émiettaient pas. Une analyse chimique a montré que c’était le tanin dissous dans l’eau, qui donnait à la brique cette cohérence. Des expériences furent donc faites avec du tanin du commerce et l’inventeur acquitta certitude que 1 pour 100 ou même 0,5 pour 100 de ce produit augmentaient dans des proportions très considérables la force de résistance de la brique. 11 est à noter que ce procédé économise 15 pour 100 d’eau pour le gâchage de la terre. Les briques séchées au soleil sont d’ailleurs bien plus solides que celles cuites au four. M. Acheson a donné à la glaise préparée au tanin le nom d’argile « égyptianisée ».
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 18 mai 1903. —Présidence de M. A. Gaudry.
- Le célèbre astronome américain Newcomb assiste à la séance.
- Nouvelle propriété de l’ozone. — M. Lippmann présente une Note de M. Van Auben dans laquelle l’auteur, après avoir rappelé que l’ozone est sans action sur la plaque photographique, signale la propriété qu’acquièrent certains corps inertes de devenir actifs après avoir été exposés à l’action de l’ozone. Le caoutchouc se trouve dans ce cas. L’auteur observant que l’eau oxygénée par l’intermédiaire de sa vapeur agit sur la plaque photographique, émet l’avis qu’il y a peut-être formation d’eau oxygénée en la circonstance.
- Transmission électrique des images. — M. Caillelet décrit un appareil imaginé par M. Korn, de Munich, dans le but de transmettre à distance une image photographique au moyen d’un courant électrique.
- Propriétés des carbures de rubidium et de césium. — M. Moissan présente une Note sur les carbures de rubidium et de césium. Ces métaux, qui appartiennent à la famille des métaux alcalins, sont assez rares et ils ont déjà fourni à M. Moissan des hydrures définis et cristallisés. Pour préparer les carbures correspondants on commence par préparer les métaux-ammoniums au moyen de gaz ammoniac liquéfié, puis dans la solution bleue ainsi obtenue on fait passer un courant de gaz acétylène. On obtient alors un carbure acétylénique très bien cristallisé qui fournit par dissociation à 300° le carbure de césium et celui de rubidium. Ces nouveaux carbures décomposent l’eau froide en donnant un alcali et un dégagement de gaz acétylène pur. Ils sont donc en tous points comparables aux carbures de calcium et aux autres carbures alcalins qui se combinent à froid avec la plupart des métalloïdes en donnant un grand dégagement de chaleur et qui réduisent assez facilement au rouge sombre les sesquioxydes de fer et de chrome. Quant aux carbures acéty-léniques, ce sont de véritables explosifs susceptibles d’être employés comme réducteurs.
- Fonctionnement comparé des deux reins. — M. Guyon analyse une Note de M. Albarran relative à la physiologie comparée des deux reins. Des recherches ont été faites par l’auteur sur des chiens et sur l’homme, en recourant au cathétérisme simultané des deux urétères. Ces recherches, pratiquées sur 11 chiens et 20 hommes, ont conduit aux résultats suivants: 1° Dans un même temps les deux reins sécrètent des quantités différentes d’urine ayant une composition dissemblable ; 2° lorsque l’on compare les urines fournies par deux reins en une demi-heure, l’écart de volume atteint 10 pour 100 dans la moitié des cas et peut atteindre 40 pour 100. La différence de concentration de l’urée dépasse 1 gramme par litre dans un quart des cas et peut s’élever à 6gr,5-. La différence de concentration des chlorures varie de 0'r,50 à 5 grammes par litre; 5° la différence des volumes d’urine fournis par chacun des deux reins ne reste pas constante et tend à s’atténuer à mesure que l’expérience porte sur un temps plus long. Enfin il existe une sorte de compensation en ce qui concerne la concentration ; le rein qui élabore un volume d’urine plus considérable donne un liquide moins chargé. Mais la compensation ne s’opère pas exactement dans un temps court.
- Séparation électroiytique du fer et de certains métaux. — M. Armand Gautier dépose une Note de MM. Hollard et Bertiaux faisant connaître un procédé de séparation électrolytique du fer et du manganèse -, du fer et du nickel, du fer et de l’aluminium, du fer et du zinc. Les auteurs pratiquent l’électrolyse en présence du citrate d’ammoniaque et de l’acide sulfureux.
- Recherche du plomb et du manganèse. — M. À. Gautier présente ensuite une Note de M. Trillat relative à la recherche des traces infinitésimales de plomb et de manganèse dans les solutions. Le réactif découvert par l’auteur est la solution de la base triméthvlée du triphénylméthane en présence de l’acide acétique. Ce procédé permet de doser 4/3 000 000 de plomb ; aussi M. Trillat décèle-t-il des traces de plomb dans une eau qui a parcouru quelques mètres de tuyau de plomb. Cu. iie Villedeiil.
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- LA NATURE
- UN DES PLUS VIEUX PONTS
- I)E CHEMIN DE FER
- 11 y a pou de temps, l’attention a été appelée sur ce respectable ouvrage par ce fait qu'il a fallu le remplacer, non point qu’il fût en mauvais état, mais simplement à cause des nécessités du trafic tel qu’il se présente aujourd’hui.
- Voilà près de quatre-vingts ans que ce pont donnait passage à des convois de chemin de fer : c’est en effet en 1825 qu’on l’avait construit pour les besoins de la Compagnie anglaise du « Stockton and Darlington Raihvay » et pour la traversée de la rivière Gaundless, qui est un tributaire de la Wear. Il se trouvait à l’extrémité occidentale de ce premier chemin de fer public, en un point et près d’une gare
- qu’on appelait alors Saint-Helens, et qui, depuis, a pris le nom de West Auckland : la ligne dont il s’agit est devenue plus tard un embranchement du réseau du chemin de fer North Eastern, embranchement connu sous le nom de « Barnard castle and Bishop Auckland Brandi ». Cet ouvrage est à coup sur le premier pont en métal construit pour donner passage à une voie ferrée : comme on peut le voir, d’après le dessin que nous en reproduisons, il était fait de piles en fonte, qui afféctaient la forme d’une sorte de tréteau reposant sur une fondation en pierre établie dans le lit de la rivière. Le garde-fou en bois, qui le bordait encore jusqu’à ces derniers temps, était analogue sans doute à celui dont il avait été doté dès le début.
- Il serait curieux de savoir qui fut le constructeur
- Pont pour la traversée de la rivière Gaundless.
- de cet ouvrage qui se rattache d’une façon si intime à la plus grande transformation accomplie dans les moyens de transport ; mais, à cette époque lointaine, le métier d'ingénieur civil ne constituait pas une profession par lui-même, et, jusque vers 1825, les ponts de chemins de fer furent édifiés sous la direction d’architectes ou de constructeurs de moulins. Cependant la tradition veut que le pont de West Auckland soit dù à un M. Storey, sans doute ce même Thomas Storey qui était ingénieur du Stockton and Darlington Railway, et qui dirigea également la construction des premiers wagons de chemins de fer.
- Ce qui ajoute à la célébrité de ce pont, c’est que ce fut tout près de là que, le jour de l’ouverture de la ligne à l'exploitation, les propriétaires du chemin de fer s'assemblèrent en grande pompe afin d’expédier sur la rampe de Brusselton un train chargé de charbon et de marchandises : ce train mémorable franchit une distance d’un peu moins de 1700 mètres,
- en sept minutes et demie, ce que l’on considéra comme prodigieux ! Par suite du développement considérable pris par l’industrie houillère dans toute cette région, on s’est vu dans l’obligation de renoncer aux services du vieux serviteur, et de remplacer cet ouvrage quelque peu primitif par un pont robuste et capable de donner sans inconvénient passage aux puissantes machines que le North Eastern Railway emploie, maintenant pour remorquer les trains de charbon. Mais on a décidé aussi de ne point envoyer à la ferraille le vieux pont, véritable relique de l’histoire des chemins de fer, et l’on compte le remonter dans la gare de Darlington, à côté de la Machine n° 1 de Stephenson. 11 a bien mérité cet honneur par les quatre-vingts années qu’il est demeuré en place sans faire montre de la moindre fatigue. D. B.
- Le Gérant : P. Masson.
- Taris. — Imprimerie Lauure, rue de Fleurus. 9.
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- N° lôGO
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- LA NATURE
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- LES MONUMENTS ÉGYPTIENS ET LE RÉSERVOIR D’ASSOUAN
- Lorsqu’on parla pour la première fois d’établir une vaste retenue d’eau dans la région des cataractes du
- Nil, pour le plus grand bien de l’agriculture égyptienne, un fonctionnaire français au service du
- Fig. 1. — Temple d’isis et Lit du Pharaon.
- Fig. 2. — Vue d’ensemble de l’île submergée.
- gouvernement khédivial, M. Boulé, adversaire déclaré idée une objection d’ordre archéologique. L’établis-du projet aujourd’hui réalisé, avait soulevé à cette sèment du réservoir, tel qu’on le concevait, devait 31e anace. — Ier sdmcslre. 20
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- LA NATURE.
- amener la submersion au moins partielle de l’ile de Philce et par suite du temple d’Isis, bâti dans cette île sous les Ptolémées, en même temps que d’un kiosque érigé à l’époque de la domination romaine et de quelques autres ruines. La protestation de M. Roulé avait été reprise par bien des gens, qui ne connaissaient nullement les monuments dont il s’agit, et d’ardentes pole'miques s’en étaient suivies.
- On proposa d’abord de transporter les monuments en question pierre par pierre dans l’ile voisine de Rigeh, beaucoup plus élevée ; de son côté, M. Baker émit l’idée, fort intéressante au point de vue de l’art de l’ingénieur, d’exhausser toute l’ile de Philœ de
- 10 mètres. Enfin, pour céder partiellement aux réclamations, on décida d’abaisser la hauteur primitive du barrage, et de réduire la capacité du réservoir de 2 1/2 milliards à un milliard de mètres cubes.
- Cela ne veut pas dire (comme le montrent les vues faites d’après des photographies communiquées à Engineering par Sir Benjamin Baker) que l’ile de Philœ ait été préservée de l’envahissement des eaux ; mais celles-ci n’atteignent que la base des colonnes des temples, qui forment des îlots au milieu de la nappe liquide. Pour laisser ces édifices les pieds baignant ainsi dans l’eau, il fallait s’assurer de l’état de leurs fondations; et d’autant plus que si le temple d’Isis en lui-même est à peu près complètement préservé, par contre les eaux atteindront 2 et 4 mètres de hauteur à l’aplomb de certains édifices secondaires. On s’est donc livré à un véritable travail d’exploration des fondations, et l’on ne fonça pas dans ce but moins de 59 puits, qu’il fallait boiser avec le plus grand soin pour éviter les éboulements ; toute une série de tranchées furent ensuite creusées. On reconnut que la colonnade du temple est supportée par des fondations en maçonnerie de 2nri,50 de large et descendant à la cote 100m,6 (la cote supérieure des eaux étant 106); en aucun point, chose bizarre pour des monuments aussi lourds, ces fondations n’atteignent le roc, qui se trouve à la cote 98 mètres dans le sud et 91m,5 dans le nord. Pour la colonnade ouest (à gauche dans la gravure), elle est portée sur des contreforts de 1,8 mètre carré, espacés de 5 en 5 mètres, et descendant profondément, peut-être jusqu’au rocher; mais en fait la colonnade repose directement sur des sortes de solives de pierre dont plusieurs sont fracturées, par suite du tassement des fondations.
- En lui-même, le temple d’Isis, appelé aussi temple de Nectanebo, est bien établi sur des murs de fondation qui descendent jusqu’au rocher, mais en certains points la superstructure est de biais par rapport à ces murs, et repose sur des solives de pierre également fracturées. Pour le kiosque qui s’élève dans le voisinage, mais au nord du Temple d’Isis, et qui porte le nom de Temple de Trajan ou bien de Lit du Pharaon, ses fondations ne descendent point au-dessous de la cote 100m,6, alors que nulle part le roc ne monte au-dessus de 96 mètres ;
- 11 est vrai que ces fondations ont 4 mètres de large.
- Pour tous les autres bâtiments, que ce soit le Temple d’Hathor ou les différentes colonnades, on a suivi cette même pratique de ne point descendre les fondations au contact du rocher ; mais, sur certains points, les fondations prennent appui sur une série de larges pierres qui assurent une base relativement très solide, si rien ne vient troubler le sous-sol.
- On a exécuté les travaux nécessaires pour reprendre en sous-œuvre ces fondations, en admettant que la terre et le sable qui se trouvent en dessous du niveau de saturation permanente du limon du Nil, et qui forment l’ile, ne sont point susceptibles de se tasser davantage. Aussi bien, la résistance des monuments égyptiens durant des siècles montre que ce sous-sol non rocheux est en somme assez bon comme fondation. Sous les colonnades on a établi des maçonneries de blocage, et sous le temple d’Isis (anachronisme curieux mais heureusement non apparent), on a repris en sous-œuvre au moyen de poutres d’acier laminé, disposées en dessous des solives de pierre fracturées, et prenant appui sur les contreforts dont nous avons parlé tout à l’heure. Il ne faudrait peut-être pas attribuer à ces antiques constructions une valeur exagérée, et nous rappellerons l’opinion d’un de nos confrères, M. Rietfel, qui, tout en reconnaissant l’intérêt archéologique de ces ruines, ne leur trouve qu’une valeur artistique des plus modestes. Pierre de Mériel.
- LES PROPRIÉTÉS PHYSIOLOGIQUES
- DU RADIliM
- On s’est déjà étendu dans ces colonnes assez longuement sur les propriétés physiques et chimiques du Radium. Par contre ses propriétés physiologiques sont toujours à l’étude. M. Georges Bolm1, guidé par les conseils de MM. Curie et Giard, a tout récemment fait un grand nombre d’expériences dont les résultats sont des plus intéressants. Les recherches ont porté sur les larves de crapauds {Bufo vukjaris) et de grenouilles. L’expérience a consisté à placer ces larves dans une petite cuve contenant une légère couche d’eau sur laquelle flottait un tube renfermant quelques centigrammes de bromure de radium. Ces larves ont fait dans la cuve un séjour variant de 5 à 0 heures et l’on a suivi, après cette expérience, le développement de ces larves comparativement au développement d’autres larves non soumises à l’action des rayons du radium.On a remarqué que les embryonsde crapauds, après une exposition aux rayons du radium, ont subi un amoindrissement de croissance. Chez les embryons de grenouilles, les résultats obtenus sont beaucoup plus curieux ; chez les individus âgés de huit jours le radium a agi immédiatement et a produit des têtards monstrueux ; chez les individus plus jeunes, if n’v a pas eu d’action immédiate, mais au moment de la transformation en têtards les mêmes monstruosités se sont produites. Il se forme un rétrécissement en arrière de la tète; les téguments se plissent d’une façon tout à fait exagérée.
- M. Bohn a également exposé des têtards à l’action du radium, et il en est résulté un amoindrissement de
- 1 Comptes rendus. Tome CXXXVI, n° 17.
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- LA A AT U HE.
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- croissance. Les rayons du radium ont donc une influence sur la croissance des tissus et des organismes, et l’on a pu voir, d’après les expériences, qu’une exposition aux rayons du radium communique aux tissus des propriétés nouvelles qui se manifestent quand l’activité des tissus augmente.
- M. Bolm rapproche avec raison ces faits d’autres phénomènes bien connus. L’exposition d’une chenille à une lumière colorée produit la même coloration chez la pupe ; de même l’élément fécondateur peut influencer la chromatine de l’ovule et communiquer à l’œuf et à l’organisme qui en dérive des propriétés qui se manifesteront souvent beaucoup plus tard (ressemblance paternelle).
- Comment agissent les rayons du radium pour produire les phénomènes que nous avons indiqués? 11 est permis de penser que les rayons du radium agissent sur la substance de l’activité de laquelle dépend l’assimilation, et par dérivation la croissance, c’est-à-dire sur la chromatine.
- En une seconde série d’expériences M. Bohn a soumis à l’influence des rayons du radium, environ 8000 œufs vierges ou fécondés d’un oursin nommé « strongylocen-trotus lividus ». Normalement l’œuf de cet oursin se segmente et constitue une membrane sphérique ciliée, la « blastula » ; en une seconde phase, la « gastrulation », apparaît une cavité digestive; la « gastmla » enfin se transforme en une larve dite « pluteus ». L’œuf fécondé exposé aux rayons du radium donne une « blastula », mais cette « blastula » ne se transforme jamais en « gastrula » ; si la « blastula » a été exposée environ 40 minutes aux rayons du radium, la segmentation est accélérée. Si l’exposition a été plus longue, la segmentation est retardée. Si l’on expose des « gastrula », le développement s’arrête et d’autant plus que l’exposition a élé plus longue ; enfin si l’on expose des « gastrula » avancées en évolution aux rayons du radium, les « pluteus » obtenus sont petits, atrophiés et ne présentent pas, comme dans le développement ordinaire, de bras favorisant la natation. Enfin si l’on expose les éléments reproducteurs à l’action du radium, ils sont tués tandis que les œufs deviennent plus aptes à être fécondés ; certains d’entre eux (4 pour 100) évoluent même par parthénogenèse.
- Ces expériences confirment la première série de recherches. Les rayons du radium agissent sur la chromatine du noyau en augmentant ou en détruisant son activité selon la durée d’exposition. Ces faits sont très curieux au point de vue physiologique et il est possible qu’ils éclairent certains problèmes de biologie. Jean Briser.
- L’AI 11 DANS LE TUNNEL
- DU CENTRAL LONDON
- Le Journal de la Société des Industries chimiques de Londres résume un rapport de M. Clowes sur une série d’analyses faites sur l’air des tubes et des stations du Central London. On a trouvé qu’en général la proportion d’acide carbonique était plus élevée dans l’air des voitures; la moyenne a été de 11,8 pour 10 000; le maximum de 14,7 et le minimum de 9,0; tout en faisant remarquer que, dans ce dernier cas, la voiture était vide. Au même moment, dans l’air extérieur, c’est-à-dire dans la rue, la proportion d’acide carbonique était de 5,0 pour 10 000. Dans les ascenseurs et dans les stations on a trouvé, comme moyenne, 10,5 d’acide carbonique pour 10 000, comme maximum 15,7 et comme minimum 7,4.
- Dans les tubes la moyenne a été de 9,5 avec un
- maximum de 10,4 et on a remarqué que la proportion d’acide carbonique allait en diminuant d’une manière régulière en s’éloignant de la Banque.
- Tous ces résultats ont élé obtenus avec des échantillons recueillis entre onze heures du matin et midi. Quelques autres pris dans le tunnel à minuit et à quatre heures du matin ont montré que le système de ventilation actuellement à l’essai donnait des résultats réels. Ainsi les échantillons recueillis à minuit dans trois circonstances ont donné respectivement 8,0, 7,4 et 10,5 d’acide carbonique pour 10 000 d’air, tandis que les chiffres correspondants pour des prises faites quaire heures plus tard ont donné 0,8, 4,5 et 4,4 d’acide carbonique pour 10 000.
- Le tableau suivant donne les résultats obtenus sur différentes autres lignes :
- Volume d'acide carbonique pour 10 WHI.
- Traction ( Central London....................10,00
- électrique. ( City and South London...........14,10
- j District Raihvav (Mansion llouse to
- Traction i Temple)..............*............15,10
- par 1 Metropolitan Bailway (Edgware-locomoliun j Road and Portland Road). . . . 10,00
- à vapeur. [ Metropolitan Railway (Baker Street
- \ and Govvcr Street)...............28.80
- Un examen bactériologique a démontré que le nombre des microbes était plus grand dans le tunnel que dans la rue, dans la proportion de 15 à 10. La température dans le tunnel est à peu près constante, la plus grande différence entre le 10 mars et le 24 octobre ayant été de 5 degrés centigrades. Le Dr Clowes estime que la proportion d’acide carbonique ne doit pas dépasser 8 parties d’acide carbonique pour 10 000 et que cette proportion peut être facilement atteinte dans les tubes du Central London par une modification peu importante du système actuel de ventilation. R. Bonmn.
- LE MOINEAU
- Le moineau forme à lui seul une famille, celle des passéridés. Il appartient à l’ordre des passereaux, sous-ordre des déodactyles, tribu des conirostres. C’est un oiseau qu’on rencontre partout. L’Europe en possède cinq espèces, différant assez peu entre elles. Ce sont : le moineau domestique, le moineau cisalpin, le moineau espagnol, le moineau friquet et le moineau souicie.
- Le moineau domestique a le bec et le lorum noirs, la calotte bleu cendré, l’iris noisette, les ailes brun foncé et le ventre blanchâtre. Le moineau cisalpin ou moineau italien est de robe un peu plus claire. Il a L iris brun, la calotte marron, le ventre blanc jaunâtre et les ailes plus pâles. Son bec est jaunâtre en dessous. Le moineau espagnol a la tète et les ailes plus rousses, les joues blanches et les plumes du corps presque noires, bordées de roux pâle. Il est commun en Espagne et pullule en Algérie, où il est détesté. Le friquet, assez commun en France, ressemble au cisalpin parla couleur. Il s’en distingue par sa taille plus petite et par une bande noire qui part des yeux et qui figure de chaque côté de la tête une sorte d’oreille.
- La robe du moineau souicie est beaucoup plus claire que celle des autres moineaux. La calotte, le
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- LA SATINE.
- dos et le ventre sont gris brun. Sur les cotés de la tète, il porte deux bandes brunes. Les plumes des ailes et de la queue sont brun clair et bordées de blanc fauve. C’est un habitant du midi de la France, de l’Europe méridionale, de l’Asie et de l’Afrique.
- Tous les moineaux ont le bec légèrement voûté, épais, pointu; la mandibule supérieure dépassant un peu l’autre. Tous ont les narines arrondies placées à la base du front et cachées en partie par les pre-
- mières plumes de la tète. Leurs ailes sont courtes; leur queue, échancrée, est assez longue. Le tarse est égal en longueur au doigt médian et les ongles des doigts sont plutôt faibles. A la ville comme à la campagne ils sont chez eux; mais ils se tiennent de préférence dans le voisinage des habitations. On trouve des nids de moineaux sous les toits des maisons, dans les trous des murs, sur les saillies des pierres de taille, à l'intérieur des vieux arbres et à
- 1. Moineau Joiucstiijuc.
- l’enfourchement des branches fortes. Ces nids, à charpente grossière, sont faits de paille et de crins et abondamment pourvus de plumes soyeuses. La femelle pond cinq ou six œufs blancs tachetés de gris ou de brun et fait trois ou quatre couvées par an, ce qui explique pourquoi le moineau est si répandu. Le Dr Sacc, en enlevant chaque matin un œuf dans un nid de moineaux, a pu faire pondre à la femelle 35 œufs en 35 jours, après quoi l’animal s’envola pour aller probablement pondre ailleurs.
- En France, le moineau le plus commun est le moineau domestique. Il n’est pas une personne qui
- — 2. Moineau cisalpin.
- ne connaisse le pierrot tapageur, narquois, insolent, maraudeur, ce gavroche du monde ailé. Il plaît par son caractère frondeur, ses mouvements vifs, son regard pétillant de malice. Si vous le chassez, il s’éloigne ; mais pour revenir dès que vous paraissez ne plus penser à lui. Il se moque de tous les épouvantails les plus terribles et il n’est pas rare de lui voir établir son domicile dans le mannequin même qui aurait dû l’effrayer. Qu’il se trouve, dans son voisinage, un grenier abondamment pourvu, il y pénétrera sûrement et sans beaucoup d’efforts, soit par la porte, soit par la fenêtre, soit d’une autre
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- façon. Que par hasard il y soit enfermé, c’est merveille de l’en voir sortir. On pourrait presque supposer qu’il a la notion du bien et du mal, tant il agit avec circonspection. 11 sait fort bien distinguer celui qui donne et celui qui frappe : il évite celui-ci en toute occasion, et devient très vite familier avec celui-là. On voit à Paris, dans les jardins du Louvre, des amis des oiseaux distribuer aux moineaux du grain qu’ils tirent doucement de leur poche. Les pierrots viennent manger dans la main, se posent
- sur les épaules. C’est peut-être de ceux-là que Zola écrivait : « Ils savent bien que nous ne sommes pas méchants ». Un chien fait-il mine d’apprccher? toute la bande s’envole en deux coups d’ailes vers les bosquets voisins, où elle disparaît comme par enchantement. Une minute après elle est revenue et recommence tranquillement à picorer.
- Le moineau n’est pas seulement capable de reconnaître le bien qu’on lui fait; il peut aussi, par des signes auxquels on ne saurait se tromper, manifester
- 3. Moineau friquet. — i. Moineau espagnol. — 3. Moineau soulcie.
- son attachement et sa reconnaissance. En voici un exemple assez curieux et absolument authentique.
- Au printemps dernier, on m’apporta un pauvre petit moineau, sans plumes, trouvé sur le bord d’un chemin. Je lui sauvai la vie en le nourrissant de jaune d’œuf et de pain trempé dans du lait. Quand il put manger seul, je lui ouvris la porte de sa cage, mon intention n’étant pas de le retenir en prison. J’avais grand plaisir à le voir sautiller et venir prestement enlever, au bord de mon assiette, les petits morceaux de viande que je disposais pour lui. Mais le régime que je lui imposais devait être
- peu en rapport avec ses besoins ; car ses plumes refusaient absolument de sortir de leur gaine; ce qui lui valut d’être appelé Criquet. La petite bête entrait rarement dans sa cage. Sa résidence préférée était une azalée au vert feuillage, dont elle mangeait volontiers les bourgeons, et dans les branches de laquelle j’avais installé un perchoir. Criquet reconnaissait mon pas. Dès que je paraissais, il manifestait sa joie par des cris, secouait ses ailes en tournoyant sur lui-même, me suivait partout et finissait presque toujours par sauter sur mon épaule. Pour me dire qu’il avait faim, Criquet me donnait des coups de
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- Lee sur les doigts. Lorsqu'il avait froid, il venait se blottir dans ma manche, contre mon bras. J’avais fini par m’y attacher beaucoup. Je lui rapportais de la campagne du blé vert, dont il dévorait la pâte laiteuse avec gourmandise, me donnant ainsi la raison des ravages causés par ses congénères dans les champs trop rapprochés des habitations. Criquet paraissait heureux; mais, de meme que la plupart des hommes, les moineaux ne savent pas apprécier le bonheur présent. L’opinion de Criquet sur la liberté devait être fort différente de ma propre façon de penser, puisque tout le soin que je prenais de sa petite personne ne l'empècha pas de tenter différentes fois de s’échapper. Peut-être déjà songeait-il à la jeune compagne aux plumes grises avec laquelle il construirait un nid où il trouverait le bonheur, où il verrait grandir ses petits?
- Pour son malheur, il y. avait près de la fenêtre où il se tenait d’ordinaire, une nichée de petits vauriens, qui l’engageaient à voler avec eux sur les grands arbres. La première fois qu’il essaya de les suivre, Criquet tomba lourdement sur le sol. On le retrouva dans un égout. A compter de ce jour, je compris que l’évasion définitive se ferait bientôt. Trois fois encore le malheureux s’enfuit. Trois fois il fut retrouvé en piteux état. 11 n’a jamais compris que je cherchais à prolonger ses jours. La cinquième tentative a été la dernière. Le pauvre petit sera sans doute tombé sous la griffe malfaisante de quelque vilain chat; car son vol mal assuré ne lui permettait guère de s’échapper. Qu’il repose en paix!
- Le moineau est considéré un peu partout comme un être malfaisant. Je suis persuadé qu’on exagère d’une part le mal fait et qu’on oublie de mettre en regard les services rendus. J’ai parlé du goût très prononcé de l’animal pour le blé vert. Je n’ignore pas qu’il adore les petits pois, lorsqu’ils sont bien tendres et bien sucrés ; qu’il mange les cerises et les raisins avec une gourmandise remarquable; qu’il n’épargne pas les fraises et qu’il s’entend à continuer l’œuvre des guêpes sur les bonnes poires bien mûres. Ce sont là, sans doute, un tas de forfaits qui appellent sur sa tête les pires malédictions. Pourtant, je persiste à croire que le pierrot nous rend assez de services pour que nous lui fassions quelque crédit.
- Montbeillard, Tschudi, Thiébault de Berneaud, Toussenel et bien d’autres ont affirmé que le moineau est utile malgré ses méfaits apparents.
- Quand j’allais à l’école, il y a tantôt trois douzaines d’années, j’avais un livre très intéressant de lectures instructives. 11 y était raconté que Frédéric II, en raison de son goût particulier pour les cerises, avait proscrit de ses États les moineaux, dont la gourmandise lui faisait ombrage. Quelques années plus tard, il n’y avait plus de moineaux dans le Brandebourg; mais les cerises refusaient opiniâtrement d’y pousser. Il fallut rappeler les proscrits pour qu’il fût permis au roi de manger encore quelques jolis fruits roses.
- Tschudi rapporte que l’Angleterre, la Hongrie, le
- pays de Bade avaient de même mis à prix la tête du moineau et que l’on dut à brève échéance, et à grands frais, réintroduire cet oiseau partout où il avait été exterminé. 11 a été introduit aux États-Unis, à Cuba, au Canada. Les Anglais l’ont, acclimaté à Melbourne vers 1860.
- Dans les contrées comme l’Algérie, où le moineau se multiplie trop, on pourrait peut-être limiter le développement de l’espèce en accrochant sur les murs, comme on fait en Lorraine, des pots en terre cuite affectant la forme d’une calotte en hémisphère et offrant sur le côté une ouverture de la grosseur d’un goulot de bouteille. Les moineaux viennent y établir leurs nids et on prend les petits dès qu’ils ont atteint leur complet développement. Si les jeunes moineaux n’ont pas la chair délicate de l’ortolan, ils constituent néanmoins un mets excellent, auquel j’avoue avoir goûté bien des fois.
- On ne sait pas assez que le moineau est un des plus grands destructeurs de hannetons. Je ne parle pas des autres insectes et des papillons qu’il saisit au vol. Comme tous les oiseaux, le moineau nourrit ses petits non avec des matières végétales, mais bien exclusivement avec des débris animaux. Un couple de moineaux faisant trois et même quatre nichées par an, c’est au minimum deux mois de travail utile pour le cultivateur. Les petits étant au nombre de 5 ou 6 à chaque couvée, il faut en réalité de la chair d’insectes pour quatre couples ; de sorte que les services rendus sont effectivement quadruplés.
- On estime qu’un couple de moineaux peut détruire, quand il nourrit ses petits, 700 hannetons, soit 550 couples de hannetons, qui auraient donné naissance à environ 14000 mans. Ces 14000 mans auraient détruit au minimum chacun 1 kg de nourriture végétale. Si l’on estime à 0fr,00l seulement la valeur du kg, on arrive à cetto conclusion que chaque nichée de moineaux représente une épargne de 14 francs; 5 nichées, provenant d’un seul couple, sauvent de la destruction une quantité de végétal pouvant valoir 42 francs, soit 21 francs par oiseau.
- On a constaté, d’autre part, qu’un couple de moineaux porte par heure 40 chenilles à ses petits, soit 400 par jour et 8000 pour 20 jours. C’est donc 8000 kg de végétal épargné, valant au moins 8 francs, ce qui donne 52 francs pour 4 couvées, soit 16 francs par oiseau. Si nous admettons pour un instant que un dixième seulement des vers blancs mangés par la nichée de moineaux aient détruit chacun un pied de blé donnant deux épis au minimum, nous trouvons que 4 nichées auraient préservé 2800 épis représentant à peu près 10 livres de blé valant lfr,80. Ce qui fait encore à peu près 1 franc par oiseau adulte en calculant de la façon la plus modérée.
- On conviendra volontiers après cela que le moineau est bien en droit de s’offrir quelques épis de blé vert ou quelques cerises mûres quand il en trouve l’occasion. Je laisse de côté le moineau citadin, agent très actif de salubrité publique par la quantité de détritus qu’il retire de la circulation, même dans
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- les villes où le service de voirie ne laisse rien à désirer. Malgré tous les préjugés qui ont cours trop facilement, je persiste à croire que le moineau n’est pas l’être malfaisant qu’on pourrait supposer. Je suis au contraire persuadé que nous devons le traiter en ami. _9^><___ E. Hexriot.
- LE KAISER WILHELM II
- Nous avons déjà dit quelques mots de ce magnifique et nouveau paquebot allemand, qui est le plus grand (comme longueur) de tous les navires actuellement à flot : toutefois, comme il vient depuis peu d’être mis en service, que sa machinerie présente des proportions dépassant de beaucoup tout ce qu’on avait encore tenté en la matière, que de plus, ainsi que nous le verrons, on s’apprête en Angleterre à faire encore plus gigantesque, nous avons pensé nécessaire de compléter les indications sommaires que que nous avions données. Nous saisissons du reste cette occasion pour bien indiquer, par les gravures que nous publions, et les difficultés de la construction d’une coque aussi monstrueuse, et les proportions formidables des machines qui l’animeront de la vitesse considérable qui a été imposée au nouveau navire et qui en feront un des rois de l’Océan.
- Les principales dimensions de ce Léviathan sont 215m,34 de longueur (prise sur le pont), 21m,94 de largeur, puis 16 mètres de creux, de la quille au pont-promenade inférieur. Cette longueur dépasse de 64 centimètres seulement celle de YOceanic, mais il faut songer que celui-ci était déjà considéré comme phénoménal et que surtout les autres caractéristiques du Kaiser Wilhelm II sont bien autrement éloquentes. Ainsique cela est classique maintenant, le navire est construit à double fond cellulaire, avec 26 compartiments dans ce double fond ; la coque proprement dite comporte 4 ponts et 16 cloisons étanches transversales pour limiter l’envahissement de l’eau, en cas d’avarie, cloisons qui montent jusqu’au pont supérieur. De plus, l’espace réservé aux machines est partagé en 4 compartiments isolés par une cloison transversale. Ces cloisons sont très fortement construites et à même de résister à la pression de l’eau qui viendrait à envahir entièrement un compartiment. D’une façon générale, le navire est tout en acier, comme la coque. Latéralement et vers l’arrière, cette coque se prolonge par deux expansions contenant les arbres et se prolongeant, pour ainsi dire, jusqu’au propulseur, ce qui évite un porte-à-faux, et permet de visiter chacun de ces arbres pendant la marche. Le gouvernail et la machine à gouverner se trouvent entièrement au-dessous de la ligne de flottaison, cela non point dans un but se rattachant de façon quelconque au confortable ou au bon fonctionnement du navire, mais pour répondre aux exigences qu’on impose aux navires de commerce qui sont classés comme croiseurs auxiliaires. C’est pour la même raison que les ponts du navire sont disposés pour recevoir un certain nombre de canons de marine.
- Le déplacement du Kaiser Wilhelm II, à pleine charge, est de 26 000 tonnes, mais il va de soi que, même tel qu’il était au moment de son lancement, un pareil navire, dont le tonnage brut atteint 20 000 tonneaux, pesait déjà un poids énorme ; aussi la cale qui a servi à le construire devait-elle présenter une solidité exceptionnelle, avec ses énormes fondations de béton. On avait dû lui préparer un ber de lancement de U’4 mètres de long, pour ne laisser qu’une faible partie de ses extrémités en porte-à-lauv. Le lancement d'une masse semblable est d’autant plus difficile qu’on est obligé d’arrêter son élan sur un espace fort restreint; mais les chantiers Vulkan s’en sont acquittés à merveille, mettant à profit l’expérience acquise avec les autres transatlantiques monstres qu'ils ont antérieurement construits. Sans insister davantage, nous ferons seulement remarquer qu’il ne s’écoula que 56 secondes entre le premier ébranlement de la masse et l’instant où elle fut complètement à flot. Le freinage fut obtenu grâce à d’énormes disques de bois que le navire traîna Rans l’eau en glissant à la rivière. Au point de vue de la construction même du géant, il va sans dire que la cale où il se trouvait est munie de tous les appareils de levage, qui permettaient la mise en place rapide des pièces innombrables dont il se compose. Une des gravures que nous reproduisons donne une impression bien caractéristique d’un pareil chantier, qui fait oublier, par ses dimensions, les cales modestes sur lesquelles se construisent nos cuirassés. Tous les ponts roulants, toutes les grues servant à la manutention des matériaux, sont commandés électriquement.
- Le navire compte quatre ponts principaux (ce qui est un de plus que le chiffre ordinaire), et, pardessus le pont supérieur, on voit un spardeck, puis un pont-promenade supérieur, et enfin le boat-deck, ce qui donne un espace considérable aux promenades des passagers. Ceux-ci peuvent être au nombre de 775 pour la première classe, de 343 pour la deuxième et de 770 pour la troisième; pour le service de tous ces voyageurs et pour assurer la marche du navire, il faut un personnel de 600 personnes. Nous avons parlé antérieurement des deux appartements dits « impériaux », et qui comportent salon, salle à manger, chambre à coucher, salle de bains, etc.,puis des appartements de luxe, qui offrent les mêmes dispositions, à part la salle à manger; il y a encore des chambres spéciales munies chacune de leur salle de bain. Les simples passagers de première classe sont fort bien traités, puisqu’ils ont non seulement l’immense salle à manger où peuvent prendre place 554 personnes, mais le salon dit de réception, le fumoir, la salle de lecture, le café, le grill-room; il y a aussi une salle spéciale où les enfants peuvent jouer tout à leur aise. La sécurité n’est pas plus négligée que le confort : tout un service d’incendie est prévu, avec le réseau le plus extraordinaire de sonneries d’alarme pour signaler un commencement de feu et appeler les hommes d’équipage. De sa pas-
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- L A N AT U HE.
- serelle lecommandantpeutfermer la plupart des portes dont sont percées les cloisons étanches ; et l’ensemble des diverses pompes est susceptible d’enlever à l’heure un volume formidable de 9360 tonnes d’eau. On dispose de 20 bateaux de sauvetage ordinaires et de 6 bateaux pliants.
- Mais il est bien certain que dans un navire de semblables dimensions, que l’on veut faire marcher h une allure de 24 nœuds, la partie la plus intéressante c’est la machinerie, étant donnée l'augmentation de puissance énorme qu’il faut réaliser quand on veut accroître la vitesse de quelques nœuds, dès qu’on arrive à un certain chiffre. C’est pour cela que nous tenons à insister plus particulièrement sur cette
- machinerie et à donner une figure représentant deux des machines du Kaiser Wilhelm U, et permettant de juger immédiatement de leurs dimensions formidables. Toute l’installation, chaudières et machines motrices, est due naturellement aux chantiers Vulkan. La vapeur est fournie par 12 chaudières à double face et par 7 autres à simple face, qui fonctionnent sous une assez belle pression de 15 atmosphères, et ont ensemble une surface de chauffe de 10000 mètres carrés; elles sont chauffées par 124 foyers représentant une surface de grille de 290 mètres carrés. Ces générateurs sont disposés en quatre groupes : chaque groupe a sa cheminée, de 5 mètres de diamètre, et dont le sommet (chiffre
- Fig. 1. — Deux des machines du « Kaiser Wilhelin II ».
- absolument stupéfiant) s’élève à 40 mètres au-dessus de la quille du navire. Ce qui semble bizarre au premier abord pour ceux qui croient que le seul tirage forcé permet d’atteindre des grandes vitesses, c’est que ces chaudières fonctionnent à tirage naturel : il en est du reste ainsi pour les deux paquebots antérieurement construits par les chantiers Vulkan, Kaiser Wilhelm der grosse et Kronprinz Wilhelm. Mais ce tirage (comme l’aération même des chaufferies) est facilité non seulement par la présence de larges manches à vent, mais aussi par 8 puissants ventilateurs. Des dispositions fort ingénieuses ont été prises pour faciliter le transport du charbon jusqu’aux foyers.
- Le nombre des machines, auxiliaires ou autres, installées à bord du transatlantique que nous étu-
- dions, est de 79, possédant ensemble 124 cylindres à vapeur. La machinerie principale est divisée en quatre séries, pour localiser une avarie et surtout une voie d’eau qui se produirait au droit d’un des quatre compartiments, et, dans chacune des chambres ainsi créées, on trouve une machine motrice à quadruple expansion et 4 cylindres travaillant sur 5 manivelles ; le cylindre à haute pression y est disposé au-dessus du premier cylindre intermédiaire ; puis vient le second cylindre intermédiaire, et enfin le cylindre à basse pression. Dans notre gravure, on voit 2 de ces machines cote à côte, telles qu’elles ont été montées dans les ateliers, et sans la cloison étanche qui les sépare dans le navire et aurait gêné une vue d’ensemble. On pourra remarquer que, pour assurer l’équilibrage de l’ensemble, les 2 machines sont dis-
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- LA NATURE.
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- posées de telle sorte que les couples de cylindres en tandem sont tout près Tune de l’autre, bien que séparés dans la réalité par la cloison. Il va sans dire que deux machines d’un même côté commandent un
- seul et unique arbre de couche. Tous les leviers de commande sont établis de telle façon que cet ensemble de 2 machines actionnant un môme arbre peut être dirigé d'une façon quelconque des 2 chambres de
- Fig. 2. — Le nouveau transatlantique pendant sa construction.
- machines ; normalement, cette commande se fait dans la chambre avant ; chaque machine peut reprendre son indépendance si cela devient nécessaire.
- Nous ferons remarquer enfin que les cylindres ont respectivement des diamètres monstrueux, de 950, 1250, 1900 et 2850 millimètres, pour une course de 1800. Les machines développeront ensemble de 50 000
- h 40 000 chevaux, ce qui est énorme, et actionneront 2 hélices à 4 ailes en bronze de 6m,95. On compte sur une allure de 24 nœuds, qu’on atteindra certainement. Et ce n’est pas le dernier mot du progrès, puisque dès maintenant la compagnie Cunard dresse les plans de transatlantiques à 25 nœuds !
- Daniel Beu,et.
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- LA NATURE.
- L’ACONIT1
- Les aconits que l’on cultive parfois dans les jardins à cause de leurs fleurs bleues, blanc jaunâtre, jaune sombre, veinées de pourpre, sont des plantes très toxiques et par suite éminemment dangereuses. En cultiver dans les jardins publics constitue un véritable danger, les promeneurs ignorant, le plus souvent, les propriétés redoutables de ces plantes que les enfants peuvent porter à la bouche, ce qui entraînerait des accidents irréparables. •
- Les auteurs anciens ont signalé les propriétés vénéneuses de l’aconit et Ovide a pu écrire :
- a Hujus in cxitum miscet Medea quod olim « Attulerat secuin seythis aeonitum ab oris ».
- Les Indiens se servent encore de l’Aconitum ferox pour empoisonner leurs flèches.
- Les aconits et plus particulièrement l’aconit napel croissent dans les lieux humides et couverts des montagnes de l’Europe ; ce sont des plantes de 60 centimètres à 1 mètre de hauteur à tige glabre, cylindrique, à feuilles alternes lobées, profondément découpées en lanières étroites, à fleurs irrégulières allant du bleu au blanc jaunâtre suivant les espèces. La corolle a deux pétales irréguliers terminés à la partie supérieure par une sorte de capuchon creux recourbé à son sommet, offrant à son ouverture une petite languette roulée en dessus. La racine a la forme d’un navet minuscule, est noire en dehors et blanche en dedans; c’est la partie la plus active de la plante.
- Toute la plante renferme un alcaloïde d’une activité redoutable sur le système nerveux: l’aconitine.
- L’aconit, poison si violent, est un des médicaments les plus actifs de la thérapeutique; cette plante est surtout employée sous forme d’alcoolature ; on en prescrit encore, mais bien rarement, l’extrait. Son action sédative la fait préconiser comme l’aconitine dans les maladies ressortissant des affections nerveuses et plus particulièrement dans les rhumatismes, la goutte, les névralgies, l’enrouement, etc. 11 faut bien se garder de s’administrer soi-même une dose, si minime soit-elle, d’une préparation d’aconit ; ces médicaments, comme tous les toxiques, ne doivent être administrés qu’en toute connaissance de cause.
- Signalons, en passant, que les mêmes préparations d’aconit peuvent avoir des activités notoirement différentes, suivant que l’on utilise des aconits cultivés ou sauvages, jeunes ou vieux, frais ou desséchés. Lorsque l’on se trouve en présence d’un empoisonnement par l’aconit on pourra en attendant le médecin faire rendre le malade et donner ensuite des boissons stimulantes.
- On pourrait se demander pourquoi l’on utilise encore les préparations d’aconit alors qu’on en connaît le principe actif : l’aconitine ? C’est là une question générale de pharmacologie qui peut s’appliquer à toutes les préparations de plantes dont on connaît les principes actifs. Elle a été résolue de différentes manières par nos grands thérapeutes : les uns préfèrent les solutions titrées d’alcaloïdes aux préparations galéniques des plantes toxiques, les autres donnent la préférence à ces dernières. Nous n’entrerons pas dans la discussion de cette question, cela nous conduirait trop loin, nous dirons simplement que tant que la chimie n’aura pas déterminé d’une façon exacte la composition des préparations galéniques des plantes toxiques, on ne pourra, en aucun cas, substituer une solution titrée d’alcaloïde à ces préparations, surtout si la plante qui en est la base renferme plusieurs alcaloïdes comme l’opium par exemple. Leon Devyreu.
- 1 Yoy. n° 1561, du 25 avril 1905, p. 526.
- LES PROGRÈS DE LA BICYCLETTE
- CYCLISME ET RICHESSE
- Le Ministère des finances vient de faire connaître le nombre de bicyclettes, vélocipèdes, motocycles, automobiles, et autres machines recensées l’an dernier ; il sera sans doute intéressant pour nos lecteurs de savoir le nombre de ces machines, leur accroissement et leur répartition par département. Nous insisterons surtout sur les bicyclettes, dont l’usage est infiniment plus répandu, et sur leur répartition proportionnelle, car les chiffres bruts produits par l’administration ne présentent qu’un intérêt purement relatif', à moins que l’on ne considère les résultats d’ensemble pour toute la France, depuis un certain nombre d'années.
- Tout d’abord, disons que, sans l’impôt établi, sur la proposition de M. François Deloncle, il y a dix ans, sur les vélocipèdes, nous n’aurions pu connaître le nombre des machines existant chaque année, depuis 1893. Il a été compté, en 1893, au lendemain de l’établissement de la taxe, un nombre de 138 000 machines. C’était peu, et cependant chacun avait pu, au lendemain de l’Exposition de 1889, constater que le nombre de machines avait brusquement augmenté : les anciens vélocipèdes, à grande roue de devant, disparurent rapidement, et l’on ne voit plus aujourd’hui que la bicyclette. A la fin de 1893, on comptait 149 000 machines et en 1894, 188000. A cette époque, les piétons se retournaient encore pour regarder un cycliste pédalant dans les rues ou sur les routes, surtout si c’était une cycliste. Aujourd’hui, on ne se retourne même plus pour des automobiles. En 1895, le nombre des bicyclettes était de 240000, soit 60000 de plus, et l’année suivante l’administration en taxait 508 000, soit encore 68 000 nouvelles machines. A partir de cette année, l’augmentation est encore plus grande, et dépasse 100 000 unités par an.
- Mais, en 1898, l’administration bien avisée inflige l’obligation, à chaque machine, d’avoir une « plaque », et la Monnaie, qui avait frappé 400 000 plaques, eut vite épuisé sa provision, le nombre de machines s’étant, par cette simple et peu méchante mesure, rapidement trouvé porté au double. Bref, en 1899, les rôles des contributions accusaient brusquement un nombre de 735 000 machines. L’examen de la répartition de 350000 vélos qui n’avaient pas été déclarés donne des renseignements qui ne sont pas sans intérêt, sur la tendance de l’habitant de telle ou telle région à ne pas déclarer, mettons à oublier de déclarer son vélo. Bref, l’institution de la plaque a fait rendre de suite à l’impôt deux fois plus que l’on espérait. En 1900,1e nombre des machines inscrites s’élevait à 987 000, et, en 1901, à I 106000; l’an dernier, le nombre s’en est trouvé enfin porté à 1 250 000, soit dix fois plus qu’en 1895.
- On pourrait donc dire, grosso modo, sans trop se tromper que le, nombre des vélos augmente de
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- 125 000 par année, ce qui est un joli chiffre. Au moment du dernier recensement, on avait relevé 12000 motocyles actionnés par des moteurs divers, et 6000 automobiles, dont la moitié à deux places et l’autre moitié à quatre places et plus.
- Quant aux départements qui possèdent le plus de bicyclettes, il est assez naturel de trouver dans leur liste ceux qui comptent le plus d’habitants, mais dans des proportions diverses.
- Le département de la Seine vient, bien entendu, en tète, avec 255 000 machines, parmi lesquelles 2000 tandems environ, et 4000- motocycles; on y compte encore de plus en outre 2000 automobiles.
- Deux départements, après la Seine, possèdent plus de 40000 vélos. Ce sont le Nord (55000 vélocipèdes) et la Seine-et-Oise (47 000 vélocipèdes); ont de 20 à 50000 vélos : les départements de la Gironde, du Rhône, de la Seine-Inférieure, delaSeine-et-Marne, et du Pas-de-Calais. Comptent de 10 à 20 000 bicyclettes, 22 départements, l’Aisne, les Ardennes, l’Aube, etc., nous ne donnons pas cette liste qui nous paraît peu instructive, car elle ne montre en aucune façon comment se répartit réellement la vogue de la bicyclette dans Les différentes partie de la France.
- Il convient d’en comparer leur nombre à l’effectif de la population. Peut-être serait-il plus exact d’éliminer du calcul les femmes, les jeunes enfants et les vieillards, mais outre que le nombres des femmes qui montent à bicyclette est de plus en plus grand, il m’est difficile de déterminer à quel âge un garçon ou une petite fille commence à pédaler, ou à quel âge un homme âgé abandonne sa machine. Nous nous bornerons donc à calculer combien il existe de bicyclettes, pour 1000 habitants.
- La moyenne générale est de 29 pour 1000 habitants dans l’ensemble de la France, mais de 25 seulement si l’on met à part le département de la Seine. Se rangent au-dessous de cette moyenne, de 20 à 24 vélos pour 1000 habitants : la Nièvre, le Pas-de-Calais, les Bouches-du-Rhône, la Charente, le Gard, l’Isère, la Seine-inférieure, le Yar. De 15 à 20 machines pour 1000 habitants : l’Ailier, la Haute-Garonne, le Tarn-et-Garonne, la Mayenne, la Vienne, F Ille-et-Vilaine, la Haute-Savoie, l’Hérault, l’Aude, l’Indre, les Deux-Sèvres.
- De 10 à 14 pour 1000 ; la Loire, la Dordogne, le Gers, la Savoie, les Basses-Alpes, la Manche, le Tarn, les Landes, les Basses-Pyrénées, la Vendée, les Hautes-Alpes et les Hautes-Pyrénées. Parmi les départements où il y a le moins de vélos, se trouvent : de 5 à 10 machines seulement, pour 1000 habitants, les Côtes-du-Nord, le Morbihan, le Finistère, les Pyrénées-Orientales, l’Ariège, le Puy-de-Dôme, l’Aveyron, le Cantal, la Creuse. Enfin voici les départements qui pédalent le moins : la Corrèze, la Haute-Loire, la Lozère, de 4 à 5 machines pour 1000 et finalement la Corse, 1 pour 1000 habitants. Ici en effet, et dans les trois départements qui précédent (Lozère, Haute-Loire, Corrèze), outre que la population n’y est guère riche, il faut reconnaître que la configuration du ter-
- rain et les pentes des roules permettent peu ce genre de sport. Voyons maintenant les départements dans lesquels le cyclisme a fait le plus de progrès et qui comptent la plus forte proportion de machines.
- On compte de 40 à 50 machines pour 1000 habitants, dans le territoire de Belfort, dans l’Yonne, la Côte-d’Or, l’Eure, l’Indre-et-Loire, la Marne. Mais avant eux se placent l’Aube, l’Eure-et-Loir, le Loiret, l’Oise ; remarquons que ces départements, sillonnés de bicyclistes, forment une ceinture nettement dessinée autour de Paris, et aux premiers rangs figurent la Seine-et-Oise, 66 bécanes pour 1000 habitants, la Seine-et-Marne, 70 machines, alors que la Seine n’en compte que 65. Il semblerait donc que bien des gens, ayant leurs occupations à Paris ou dans la Seine, ont choisi leur domicile suffisamment loin de la capitale, quitte à venir à leurs affaires en vélo tous les jours.
- Notre carte indique d’ailleurs qu’autour de Paris, le nombre des vélos forme comme une ceinture significative de gens qui préfèrent habiter le plus loin possible de Paris, tout en y venant pour leurs affaires ou pour leur plaisir.
- D’ailleurs le même phénomène est remarqué autour des grandes villes, comme Lyon, Marseille, etc.
- La carte ci-contre indiquera mieux encore que les commentaires géographiques que nous pourrions ajouter comment se distribuent les bicyclettes en France par département, par rapport à la population.
- Néanmoins une simple remarque, qui sera facilement faite par nos lecteurs : il semble bien d’après l’aspect de la carte ci-après, que la fréquence du vélo s’observe dans les vallées des quatre grands fleuves de la France ; le long du Rhône, de la Garonne, de la Loire, et surtout dans le centre du Bassin de la Seine : au contraire, les Alpes, les Pyrénées, le Massif central, et h l’Ouest, presque toute la Bretagne , comptent relativement, et cela se comprend pour les pays pauvres et montagneux, fort peu de vélocipèdes. Pour ce qui est de la Bretagne, la population y est peu aisée, et le cyclisme n’a pas encore pénétré dans les campagnes.
- Car il y a aussi une question de richesse, qui ne laisse pas d’influencer l’usage de la bicyclette, laquelle n’est pas encore, et ne sera pas, d’ici longtemps, à la portée de toutes les populations pauvres. Enfin, il faut reconnaître que dans beaucoup de régions, comme en Normandie, le paysan et le propriétaire de campagne, le médecin, le vétérinaire, n’ont nullement besoin de bicyclette, le cheval abondant dans ces régions; aussi y a-t-il lieu d’examiner la lutte qui se fait entre le cheval et la bicyclette, dans toute la Franceetde constater que sur certains points lecheval a dû céder devant la machine, et la machine a conquis en outre des régions plus riches que d’autres.
- Voici d’ailleurs comment se classent les départements d’après la fréquence du vélo, par rapport au nombre de chevaux existants.
- Pour 1000 chevaux, oncompteen France250 vélos; comptent moins de 100 vélos pour 1000 chevaux : le Cantal, le Gers, l’Orne, les Landes, la Lozère, la
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- Manche, la Mayenne; il y a là, en effet, oiT peu de vélos (Cantal, Lozère), ou beaucoup de chevaux (Normandie). De même en Corse et en Bretagne, il y a de 2à à 50 vélos, pour 1000 chevaux. Au contraire, on compte une grosse proportion de vélos, sans cependant égaler l’effectif de la race chevaline, dans la Gironde, le Nord, la Seine-et-Marne, le Vaucluse, la Saône-et-Loire (500 à 600 vélos contre 1000 chevaux). Comptent de 600 à 800 vélos
- que sur d’autres points de la France, par exemple en Normandie et en Bretagne, le cheval tient bon contre le vélocipède. Et maintenant, quel rapport peut-il y avoir entre l’usage du vélo et la richesse?
- Le plus souvent, sauf dans certaines villes, la bicyclette peut être considérée comme un objet de luxe. Il sera intéressant de comparer le nombre de machines au montant de la richesse, et d'étudier comment peut varier ce rapport dans les différentes parties de la France. D’une manière générale, on peut dire qu’il existe un vélo pour 300 000 francs possédés : en termes plus clairs on compterait trois bicyclettes, pour un million de francs. Telle est la moyenne générale.
- pour 1000 chevaux : les Bouches-du-Rhône, le Yar, la Loire, la Seine-et-Oise, qui comptent une forte population urbaine, Marseille, Toulon, Saint-Etienne, et la grande banlieue de Paris. Enfin il y a égalité de vélos et de chevaux, dans les Alpes-Maritimes, le territoire de Belfort ; quant au Rhône, il compte plus de machines que de voitures!... C’est à Lyon que l’on peut constater que les chevaux cèdent le pas aux vélos et aux automobiles. Mais on voit
- On compte un vélo pour un million, dans le Cantal, la Lozère, l’Aveyron, la Creuse, la Haute-Loire (pays pauvres) et la Manche (pays riche en chevaux). Voici pour les pays qui achètent le moins de bicyclettes. Possèdent, au contraire, de 7 à 8 vélos, pour un million de francs : l’Aube, la Côte-d’Or, le Doubs, Belfort, tout l’Est, puis, dans le Midi, la Drôme et le Vaucluse ; à Belfort, il y a 1 vélo pour 100 000 francs possédés par toute la population. On voit que le cyclisme, qui s’est si bien développé ces dernières années, a encore beaucoup de régions à conquérir, notamment le Centre et l'Ouest de la France.
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- Départements <â dans lesquels on compte sur i ooo habitants:
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- Répartition géographique des bicyclettes en France.
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- LE CARBURATEUR STHENOS
- Nous avons exposé il y a quelques mois ici1 le principe du fonctionnement d’un carburateur de voiture automobile. Nous avons vu que les deux éléments constitutifs du mélange explosif, l’air et l’essence, n’étaient pas influencés de façon identique par la succion opérée par le moteur et que, pour obtenir un mélange dont la composition fût constante malgré les variations souvent considérables de la vitesse angulaire du moteur, le commandant Krebs, dont nous avons décrit l’appareil si ingénieux, effectuait
- la régularisation du mélange par un clapet donnant automatiquement accès à la quantité d’air nécessaire.
- Le carburateur Sthenos que voici aujourd’hui est combiné d’après un principe tout différent. Pour éviter les jaillissements anormaux d’essence que nous avons signalés et qui, à cause de l’inertie grande de ce liquide comparée à celle de l’air, n’obéissent pas comme lui aux appels rythmés du moteur et troublent ainsi la carburation dès que le moteur tourne vite, l’inventeur a obligé l’essence à faire un effort violent pour sortir de l'ajutage P qu’obture un cône qui y forme presque bouchon. L’ouverture circulaire que ce cône laisse, en effet, au
- l.c carburateur Sthenos. — I, arrivée d’essence. — ü, boite du flotteur pour le maintien du niveau constant dans l’ajutage P. — V, poussoir pour provoquer un excès d’essence lors de la luise eu route. — A, orilicc d’entrée d’air. — E, corps creux. — F, chambre de réchauffage entourant le pont de mélange. — 1\, raccord pour le réchauffage. — II, manette réglant la quantité de gaz admise. — S, raccord du carburateur avec la canalisation d’aspiration.
- liquide est presque invisible a l’œil nu et peut être réglée par un bouton moleté B monté sur deux écrous différentiels dont le pas est de 5/10 de millimètre. Ayant ainsi mis un frein à la fureur des flots d’hydrocarbure, les ayant ainsi asservis au point que, même si la chambre du flotteur C est totalement remplie d’essence, le liquide ne suinte qu’avec peine de l’ajutage P, l’inventeur dut chercher le moyen de provoquer néanmoins les sautes d’essence à coup sûr et en volume constant. La forme du canal par lequel l’air est aspiré lui donna la solution cherchée.
- On sait qu’il n’est pas indifférent de faire passer un courant d’air dans un orifice de paroi mince,
- 1 Voy. n° 1552, du 21 février 1903, p. 177.
- dans un tube cylindrique, dans un cône convergent ou dans un cône divergent. Daps son Traité de Physique Industrielle1, M. Ser a expliqué comment, dans tel cas déterminé, une contraction de la veine fluide se produisait, avec telle valeur bien exacte, et comment cette valeur cp de la contraction était liée à la section il de l’orifice d’entrée de l’air par une relation où le coefficient qui représente <j> peut seul changer.
- Par exemple, lorsque l’orifice est à parois minces, la section w de la contraction est égale à 0,65 il, alors qu’elle est représentée par 0,85 il si l’orifice est un tube cylindrique, par 0,98 il si le tube est un cône convergent à 10°, etc. Bref la valeur de ce
- 1 Paris, 1888. — G. Masson et C‘°, éditeur.
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- coefficient atteint son maximum, soit 2,05, lorsque le cône est divergent et à 7°.
- M. Moisson, l’adroit inventeur de cet appareil, entoura donc l’ajutage U d’un cône à 7° qui eut pour effet à la fois de tripler, au point de contraction, la vitesse de l'air, et d’établir autour de la tête de l’ajutage une vitesse moyenne presque toujours la même, en dépit des variations du moteur. La sortie de l’essence se fait donc dans une proportion toujours la même avec l’arrivée de l’air, et le mélange demeure constant.
- C’est là une façon élégante, et d’aulant plus méritoire qu’elle est très simple, de résoudre ce problème, d’apparence insoluble qui consiste à opérer, sous une pression presque constamment changeante, un mélange toujours proportionnel de deux corps qui n’ont pas la même masse. L. Baudry de Saunier.
- U CRY0SC0PIE DU LAIT
- Sous le nom de cryoscopie on désigne une méthode qui consiste à déterminer le point de congélation d’une solution. C’est nu regretté professeur Raoul qu’on doit la découverte de cette méthode d’analyse. Elle permet de préciser, d’une part, le poids moléculaire des substances dissoutes; d’autre part, la concentration moléculaire des solutions. Les modifications du point de congélation sont d’une façon générale en rapport avec la concentration moléculaire.
- M. Winter, bien connu par ses travaux sur les troubles dyspeptiques et sur le parti qu’on peut tirer pour le traitement des maladies de l’estomac de l’analyse des sucs gastriques, avait repris les études de Raoul et établi d’une façon plus complète les lois de la cryoscopie, notamment pour le lait. Il avait prouvé, par une série d’expériences très bien conduites, la constance de la température de congélation du lait pur.
- Mettant à profit ces données, un de nos jeunes médecins des hôpitaux, lé Dr Parmentier, a pensé qu’on pourrait, à l’aide de la cryoscopie, établir, d’une façon précise, certaines falsifications du lait. Paris en consomme annuellement plus de trois cents millions de litres; sur ce chiffre, plus d’un dixième est affecté à l’alimentation de l’enfance, ou des malades et convalescents. Or, que leur donne-t-on le plus souvent sous couleur de lait ? De la ferme au débitant, par combien de mains passe le liquide, ici écrémé, là baptisé? Le mouillage, suivant le terme scientifique, est une opération qui semble naturelle à plus d’un marchand. Peut-on déceler ces fraudes? La cryoscopie le permet.
- Winter a établi que le point de congélation d’un lait pur est de 0°,55 comme moyenne. M. Parmentier a contrôlé les recherches de Winter et sur du lait pur, pris au moment de la traite, chez des vaches d’àge variable, d’origine diverse, il a toujours trouvé le même degré crvoscopique, ܰ,55 ou des termes approchant. On peut, d’après les nombreux examens qu’il a faits, regarder le point de congélation comme pratiquement constant. -
- Tout autre est le résultat quand le lait a subi une altération ou une falsification quelconque : en voici quelques exemples. La vache est-elle malade, le degré change : chez une vache atteinte de mammite, le point de congélation était de 0°,li0. Chez une vache tuberculeuse, le
- lait donnait 0°,48. Le lait écrémé ne donne pas de changement bien appréciable. Le lait mouillé donne des chiffres proportionnels au volume d’eau ajouté. Un lait additionné d’un tiers donne 0°,40 ; de moitié d’eau, 0°,27 ; de trois parties d’eau, 0°, 13.
- Notez que les laits mouillés, pour ne parler que de la fraude la plus usuelle, se rencontrent partout et qu’on pourrait dire, à juste titre, qu’il est presque impossible de trouver dans les grandesvilles du lait absolument naturel. M. Parmentier en a fait à maintes reprises l’expérience.
- Dans une maison de santé, un malade, soumis au régime lacté, prend du lait cacheté pour être assuré de sa pureté: ce lait est analysé, il contenait 18 pour 100d’eau de mouillage. Dans un quartier ouvrier, on prend dix échantillons de lait ; un seul titrait 0,55 ; tous les autres marquaient de 0,52 à 0,40 indiquant un mouillage variant de 5 à 27 pour 100.
- Remarquez qu’il ne s’agit pas là de hasards malencontreux. M. Winter avait jadis fait les mêmes recherches avec des résultats identiques. Dans une fruiterie de Paris, tous les échantillons de lait témoignaient d’une addition d’un cinquième à un dixième d’eau.
- En dehors du mouillage, le lait est écrémé, privé de beurre, une de ses parties nutritives. Alors que donne-t-on aux bébés en bas âge comme aliment, quand le lait n’est plus qu’une mixture quelconque ?
- La cryoscopie permet de reconnaître avec une suffisante précision le mouillage et certaines altérations du lait. Comme les recherches peuvent ge faire avec un appareil assez simple, il y a intérêt à en généraliser l’emploi.
- Dr A. Cartaz.
- CHRONIQUE
- Exposition d’horticulture. — Le Président de la République a inauguré, le mercredi 20 mai, la très belle exposition organisée au~ Cours-la-Reine par la Société Nationale d’agricidture de France. Une vraie merveille. Dès l’entrée, on était frappé par la richesse du coup d’œil. La rotonde était consacrée aux orchidées. Les parois de la serre étaient tendues de draperies jaunes qui faisaient un fond délicieux, sur lequel se détachaient douillettement les fleurs. C’était nouveau comme impression. Les roses étaient rangées de chaque côté de la serre; au milieu étaient des massifs divers; clématites, tulipes, œillets, géraniums, ancolies, calcéolaires, bégonias, cinéraires, pétunias, hortensias formaient des groupes unico-lores ou multicolores éclatants. Une allée de rhododendrons reliait la première à la seconde serre. Au milieu de l’allée des rhododendrons, un escalier conduisait au sous-sol. C’est là qu’étaient rangés les légumes, en rosaces, en figures géométriques, qui formaient une véritable mosaïque. Le jardin colonial était représenté par de nombreuses plantes et fruits coloniaux; M. Dybowski, directeur du jardin, fit voir à M. Loubet des mangues, des avocats, des ananas, des bananes, etc. En montrant un magnifique caféier, M. Dybowski raconta que Louis XIV prenait son café confectionné avec du café produit par les serres royales de Versailles. L’exposition de 1903 a peut-être eu encore plus de succès que ses aînées.
- Nouvelle valeur de la parallaxe solaire. —
- M. R. Weinberg, de l’Université d’Odessa, a réuni 150 des valeurs les plus dignes de foi de la parallaxe solaire, valeurs obtenues par différentes méthodes et par différents observateurs depuis 1825. 11 a discuté ces valeurs dans
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- un mémoire publié dans le n° 38C6 des Astronomische Nachrichten, et de cette discussion résulte la valeur suivante : 8".8004 ±0".00245. Cette valeur se rapproche étonnamment de celle qu’a obtenue M. Perrotin, directeur de l’Observatoire de Nice, par ses expériences sur la vitesse de la lumière.
- Les» plantations en mauvais terrains. — 11 est
- parfois utile de planter des arbres dans des terrains rocheux et dénués de terre végétale, où, par conséquent, les échecs sont communs. Voici un procédé très simple, employé avec succès, par M. Émile Mer, dans les Vosges, pour remplacer les arbres détruits par un ouragan. On pratique, à l’aide du pic, dans les couches rocheuses, des cavités dont on garnit le fond avec de la mousse; une fois le plant mis en place avec quelques poignées de terre, on recouvre celle-ci de mousse retournée. Il est bon de laisser entre les plants un espace de 4 mètres. L’ « épicéa » est une essence qui convient particulièrement pour repeupler, à raison de sa vigueur, de son adaptabilité, et du grand développement qu’elle prend. Un autre végétal peut aussi être employé avec efficacité dans le même but, étant donnée sa rusticité, c’est la « Luzerne en arbre », qui, originaire du sud de l’Italie, s’est acclimatée sans peine dans le sud de la France. Bien qu’il gèle pendant les hivers rigoureux, il repousse du pied, surtout s’il a été couvert de neige. Outre sa valeur esthétique, pour faire des haies ou des massifs de jardins, cet arbuste est précieux en ce qu’il s'accommode de tous les terrains, et fournit un fourrage plutôt riche, et fort hygiénique. Son emploi est tout indiqué dans les terrains pauvres, qui ne peuvent porter une autre culture.
- Les galeries souterraines de Chicago. —
- L’établissement successif des égouts, des canalisations d’eau, etc., a percé le sous-sol des grandes villes d’un réseau fort compliqué de galeries souterraines ; mais celles que l’on est en train d’établir à Chicago sont creusées suivant un plan d’ensemble et dans des conditions qui les rendent autrement intéressantes. Elle sont entreprises depuis quelque temps par la <( Illinois Téléphoné and Telegraph Co » ; elles sont creusées à 12 mètres de profondeur sous le sol des rues, sur une largeur de 3m,65 et une hauteur de 4m,25. Elles sont destinées d’abord à loger les fds télégraphiques ou téléphoniques de la Compagnie, en même temps que les fils des services de police et d’incendie de Chicago, sans parler des nouveaux fils télégraphiques ou téléphoniques qu’on y placera ensuite. En deuxième lieu, on y installera des tubes pneumatiques pour transporter quotidiennement quelque 500 tonnes de lettres et de correspondances diverses entre l’Office central des postes et les diverses gares ; puis d’autres tubes analogues pour l’expédition des ballots de journaux des administrations qui les publient aux gares; enfin on prévoit également des conduites analogues pour les messageries. Neuf kilomètres de ces galeries sont déjà construits et le travail est loin d’être achevé.
- ACADÉMIE DES SCIENCES
- Séance du 25 mai 1903. — Présidence de M. A. Gaudrv.
- *La brunissure de la vigne. — M. Priilieux résume une Note de MM. Bavas et Sicard relative à une maladie de la vigne connue sous le nom de brunissure qui prend en ce moment une grande extension dans les
- vignobles du midi de la France. On admettait que cette maladie était le fait d’un parasite. Or, ce qu’on avait pris pour un parasite n’était autre chose que le contenu de cellules malades. MM. Bavas et Sicard ayant observé que les ceps malades produisaient une plus grande quantité de raisins que les ceps normaux — environ quatre fois plus — ont eu l’idée de soumettre à l’analyse chimique comparative les parties analogues de deux pieds de vigne, l'un indemne, l’autre malade de brunissure. Ils ont trouvé que les pieds malades renfermaient une proportion moindre d’azote, d’acide phosphorique et de potasse; de plus ils ont constaté qu’en hiver les tissus ne renfermaient pas de matière de réserve (amidon). Les auteurs concluent que les ceps atteints de brunissure sont simplement des ceps épuisés par une surproduction de raisin.
- La destruction de l'altise de la vigne. — M. Giard présente une Note de MM. Conte et Vaney relative à un mode de destruction de l’altise des vignes. L’aire de dévastation des vignes par ce coléoptère s’étend de plus en plus et atteint la Loire. Les auteurs ont découvert un diptère dont la larve attaque l’altise; il conviendrait donc de multiplier cette mouche dans les régions ravagées.
- Placement du mesosaurus dans Venchaînement animal. — M. le Président analyse une Note de M. Léon Vaillant, relative à la place à donner au mesosaurus dans l’enchaînement du monde animal. Cet animal dont on trouve le plus souvent les vestiges dans le schiste noir doit être très ancien. Il a depuis longtemps excité la curiosité des paléontologistes, car on hésitait à le ranger parmi les reptiles. M. Louis Vaillant, en examinant certains débris à la loupe, y a trouvé la trace d'écailles; cette découverte résout la difficulté.
- Dosage des matières organiques de l'eau potable. — M. A. Gautier présente une Note de M. Causse, relative à un procédé de dosage des matières organiques en suspension dans les eaux potables. L’auteur recourt au violet de paraphénylhexaméth yle.
- Élection. — Il est procédé à l’élection d’un membre dans la section de minéralogie, en remplacement de M. Hautefeuille. M. Munier Chalmas est élu par 45 suffrages contre 10 donnés à M. Lacroix.
- Ch. de Villedeuil.
- LÜURLOGE
- DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE
- Depuis bien longtemps déjà les Parisiens se plaignaient de l’obstruction causée par les échafaudages qui encombrent le coin de la rue Yi vienne si passante et de la petite rue Colbert. Ces échafaudages avaient été dressés pour les travaux de sculpture et l’installation de l’horloge de la BibliothèqueNationale. Ils vont bientôt heureusement disparaître.
- Les travaux d’agrandissement de la Bibliothèque commencés en 1898 par M. Pascal, architecte, membre de l’Institut et dont nous avons parlé précédemment dans La Nature1, avancent bien lentement au gré du public spécial qui fréquente les salles de lecture. Les crédits votés ont permis à l'architecte d’exécuter déjà une partie des travaux depuis l’année
- 1 Voy. n° 1443, du 19 janvier 1901, p. 119.
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- LA N AT U HE.
- 1898, mais il faut encore que l’État consente à de nouveaux sacrifices d’argent pour tout mener à bonne fin.
- La nouvelle et vaste salle de lecture commence à sortir de terre, mais ne pourra être terminée sans doute que seulement dans cinq ou six années. Cette salle de forme ovale sera certainement une des plus belles qu’on puisse voir à Paris. Le vestibule qui y donne accès occupera le rez-de-chaussée de l’aile de la Bibliothèque faisant face à la rue Yi vienne et que le public peut voir actuellement en grande partie terminée. La façade de cette aile de belle proportion, est de même ordonnance que celles qu’on voit se développer le long des rues de Richelieu et des Petits-Champs.
- L’architecte actuel ne pouvait y rien changer ; mais, tout en respectant dans ses principales proportions la composition de son prédécesseur M. Henri Labrouste, il a voulu en varier les détails. Avec un si long développement de façade, il fallait en effet éviter la monotonie. C’est dans la rue Colbert qu’on s’aperçoit du changement de ces façades en remarquant les différences d’arrangement dans la corniche supérieure, les fenêtres du premier étage du rez-de-chaussée, etc.
- L’horloge dont nous voulons parler occupe la partie haute du pan coupé donnant rue Vivienne et rue Colbert. Elle est brillamment ornée par des motifs de sculpture dus au ciseau de M. Barrias, membre de l’Institut, le sculpteur auquel Paris doit déjà tant d’œuvres admirées.
- A droite de cette horloge, sculpté en haut relief, un génie élève gracieusement au-dessus de sa tète les voiles de la nuit; il personnifie le jour. Du côté gauche, une femme drapée de longs vêtements, tenant en ses mains une lumière électrique, représente la nuit. On remarque ensuite une très gracieuse
- Horloge nouvelle de la Bibliothèque (D’après la photographie
- figure assise au-dessous de l’horloge. C’est Y Étude qui semble rêver tout en lisant dans un livre qu’elle tient sur ses genoux. Notre gravure a été exécutée d’après une photographie de la maquette prise dans l’atelier deM. Barrias. Le panneau du pan coupé, au rez-de-chaussée, sera orné par un fronton surmontant une belle plaque de porphyre breton de couleur rouge accompagné de deux motifs sculptés par M. Gardet, le sculpteur animalier. Ils seront composés du coq
- ou l’oiseau du jour et du hibou, l’oiseau de Minerve ou de la nuit. C'est à la maison Chris tophle qu’on a confié l’exécution du cadran de marbre blanc, avec les douze chiffres romains en relief et les aiguilles qui seront en bronze doré.
- L’inauguration de cette partie nouvelle des constructions de la Bibliothèque Nationale n’est pas encore fixée, mais on peut espérer maintenant qu’elle aura lieu prochainement.
- C’est au-dessus du grand vestibule qui donnera accès à la salle de lecture que sera installé au premier étage tout ce qui reste de l’ancien cabinet des médailles. Ces anciens souvenirs sont aujourd’hui placés dans la salle de travail des manuscrits et dans le vestibule des bureaux d’administration. Disposés avec goût dans cette nouvelle salle, ils donneront idée de ce que pouvait être autrefois le luxueux salon où ils se trouvaient, au-dessus de l’arcade Colbert, démolie depuis l’année 1808. A la suite du nouveau vestibule de la rue Vivienne, au rez-de-chaussée et le long de la rue Colbert, l’administration de la Bibliothèque Nationale installera le magasin des journaux dont l’importance devient chaque jour plus considérable.
- Albert Tissaxdier.
- Nationale, rues Vivienne et Colbert, prise sur la maquette.)
- Le Gérant : P. Masson.
- Paris. — Imprimerie laucre, rue de Fleurus, vr
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- î
- LA NATURE
- TRENTE ET UNIÈME ANNÉE
- 19 03
- PREMIER SEMESTRE
- A
- Absorption de la radiation solaire, 255.
- Académie de médecine (Les origines de l’),
- 10.
- Académie des sciences (Séances hebdomadaires de 1’), 13, 31, 47, 62, 79, 95, 111, 127, 143, 159, 175, 191, 223, 239, 254, 271, 287, 303, 318, 335, 351, 367, 383, 399, 415.
- Acclimatation naturelle d’espèces, 15.
- Accroissement du glacier de Diem (Œtzthal), 175.
- Acétylène et l’éclairage des wagons (L’), 385.
- Acétylène (Moteurs à 1'), 179.
- Acide carbonique dans l’air (Dosage de l’oxyde de carbone et de 1’), 50.
- Acide carbonique sur l’hydrure de potassium (Action de 1’), 271.
- Aconit (L’), 410.
- Acrobatie cycliste, 315.
- Actinium (L’), 255.
- Adrénaline (Propriétés physiologiques de 1’), 15.
- Aéronals, 47.
- Aéronautique du Grand Palais (L’Exposition), 62.
- Aérostatiques sahariennes (Les expériences), 180.
- Aérostats au long cours, 99.
- Affection du système nerveux central, 254.
- Afrescolithe, 234.
- Aiguille aimantée (Influence de l’atmosphère sur 1’), 535.
- Air dans le tunnel du Central London (L’), 403.
- Air du Métropolitain (L’), 18.
- Alcool alimentaire (L’), 162.
- Alcool synthétique (L’), 259.
- Alcoolisme en Angleterre (L’), 270.
- Aldéhyde formique sur la végétation (Action de 1’), 383.
- Aliment arabe, la halwa (Un), 398. Alimentation nouvelle (L’), 74. Allumettes japonaises (Vignettes d’), 396. Altise de la vigne (Destruction de 1’), 415. Alumino-thermie, 39.
- Anactinochrine (Éclairage du laboratoire à 1’), 166.
- Anciens fumaient-ils? (Les), 350. Animaux sauvages (Appareil primitif pour effrayer les), 192.
- Animaux sauvages (Dressage des), 76. Argent (La nocivité de 1’), 122.
- Arsenic (L’), 18.
- Arsenic dans la nature (L’), 47.
- Arsenic dans l’organisme (L’), 367.
- Art grec (Un chef-d’œuvre de 1’), 333. Ascensions en ballon sur les propriétés du sang (Effet des), 111.
- Astéroïdes (Recherche des), 367.
- Astres (Conjonctions et occultations d’), 142.
- Austrium (Un nouvel élément, 1’), 111. Automobile ambulance (Une), 160. Automobiles sur le réseauP.-.L.-M.,142. Aviculture (L’Exposition d’), 14.
- B
- Baleine (Chasse à la), 314.
- Ballon Lebaudy (Le), 337.
- Ballon « Léo llex » (Le), 126, 143. Ballons-sondes (Les), 171.
- Bananier (Le), 558.
- Bananiers africains, 228.
- Barrage d’Assouan et les irrigations du Nil (Le grand), 104.
- Bembex (Les), 65.
- Bertrand (A ), 46.
- Bête à bon Dieu (Utilité de la), 175. Bêtes qui ouvrent les portes (Les), 377.
- Béton frotté (Propriété du), 192.
- Beurre à l’étranger (Industrie du), 227. Bibliographie astronomique, 583. Bicyclette et force centrifuge, 176. Bicyclette (Les progrès de la), 410. Block-notes (Le), 15.
- Bouées lumineuses, 295.
- Bouteilles et pantoufles en papier, 78. Boutons en nacre d’eau douce (Industrie des), 14.
- Briques au tanin, 399.
- Briquettes à la fécule, 145.
- Briquettes suédoises en sciure de bois, 314.
- Broyeur à charbons, 285.
- Brûleur Kern (Le), 28.
- Brunissure de la vigne (La), 415. Bûcheron automatique (Le), 269. Bulletins officiels de la Martinique, 46. Bussy (Louis de),(568.
- G
- Câble porteur de 900 mètres, 535. Cachou dans l’Inde (Production et commerce du), 159.
- Cadran solaire à sonnerie, 257.
- Caille (Hommage à l’abbé de la), 253. Canal de Fréjus (Le), 56.
- Canon démontable Vickers-Maxim, 241. Canot automobile actionné par hélice aérienne, 159.
- Carbone dansl’oxvgène (Combustion du), 15.
- Carburateur Krebs (Le), 177. Carburateur Sthenos (Le), 413.
- Carrosses de la Cour à Lisbonne, 335. Carte de France au cinquante-millième (La), 47.
- Caséine (Fabrication industrielle de la), 506.
- Catastrophe d’Andidjan, 126.
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- 418
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Césium (Propriétés des hydrures de rubidium et de), 239.
- Chaleur (Résistance de l’organisme à la), 50ô.
- Chaleur solaire (Utilisation de la), 78. Champignon du black-rot (Le), 05. Champignons de neige, 223.
- Charbon (Salaire et prix du), 351. Châtaignier (Une maladie du), 102, 242. Chauffage par calorifère, 210.
- Chemin de fer aérien, 287.
- Chemin de fer électrique de Manchester à Liverpool, 78.
- Chemin de fer le plus septentrional du monde, 204.
- Chemin de fer mono-rails, 40.
- Chemin de fer transcanadicn (Un nouveau), 454.
- Cheval sans bras (Un), 583.
- Chiendent (L’industrie du), 118.
- Chiffres arabes (Formes primitives des neuf premiers), 58.
- Chutes d’eau en Suisse (La traction électrique au moyen des), 58.
- Cocotier (Le), 27.
- Collargol (Le), 134.
- Comète Giacobini (La), 254.
- Comètes nouvelles, 218.
- Compteur électrique Batault, 81. Concentration électrique des minerais de fer, 78.
- Congélation (Phénomène de), 106. Conserves américaines, 187. Contre-torpilleur suédois, 70.
- Convection électrique, 230.
- Corps nouveaux, 255.
- Criquet marbré (Le), 07.
- Cryoscopie du lait (La), 414.
- Cunard bulletin, 286.
- Cure de cave pour les maladies pulmonaires, 30.
- Cyclone des îles de la Société (Le), 101.
- 1)
- Déboisement dans les Pyrénées, 323.
- Debérain (P.-P.), 31.
- ltélesteur automatique pour ballons libres (Un), 35.
- Déminéralisation organique (La), 47.
- Dépopulation des Alpes, 188.
- Dépôts de locomotives, 301.
- Dessinateur universel, 271.
- Dessins d’animaux de l’époque préhistorique, 127.
- Dessins industriels à la lumière électrique (Tirage de), 171.
- Dislocations géologiques, 254.
- Distribution électrique sur le Métropolitain, 353.
- Division du travail (L’extrême), 346.
- Dragages par succion, 535.
- Dunes de sable (Les), 211.
- E
- Eau de Javel et liqueur de Labarraque, 150.
- Eau de Seine d’autrefois (L‘), 158.
- Eau potable (Dosage des matières organiques de P), 415.
- Eaux sulfureuses de Luchon, 335. Echelles à poissons, 222.
- Éclairage des wagons (L’acétylène et 1’), 385.
- Éclairage du laboratoire à l’anactino-clirine, 166.
- Éclairage électrique d’une villa, 23.
- Eclairage par incandescence dans les phares, 508.
- Éclipse de lune du 11-12 avril, 290, 318,
- _ 348.
- Éclipsé de Pâques (L’), 334.
- École nationale supérieure d’agriculture coloniale, 17.
- Ecole wurtembergeoise de la construction, 173.
- Édifices en papier, 142.
- Élasticité des aciers au nickel, 207.
- Électro-chimie (Théorème d’), 191.
- Électro-culture (L’), 245.
- Électrotellurographe Lancetta (L’), 398.
- Éléphants (Entretien des), 230.
- Énergie électrique ^Applications de F),
- 11.
- Energie hydraulique en agriculture (L’), 147.
- Enseignes (Concours d’), 29.
- Entrepôt frigorifique de la Bourse du Commerce, 164.
- Enveloppe à l’épreuve du cabinet noir, 78.
- Éolienne du sable (Action), 175.
- Érosion éolienne, 47.
- Eruptions volcaniques (Théorie des), 95.
- Éruption volcanique en Colombie Britannique (Prétendue), 566.
- Éruptions de la Montagne Pelée, 62, 95, 120, 127, 135, 191.
- Espèces végétales (Origine des), 159.
- Essence d’iris (L’), 362.
- Etoile variable (Nouvelle), 534.
- Étoiles (Dédoublement d’), 143.
- Étourneaux (Les), 373.
- Exploration de l’Afrique centrale, 223.
- Exploration du Dr Sven Uedin en Asie centrale, 181.
- Exploration sous-marine, 143.
- Exposition d’horticulture, 414.
- F
- Fanaux électriques de locomotives, 284.
- Fer (Four électrique pour la réduction du minerai de), 103.
- Fermentation par les levures acclimatées, 318.
- Feux flottants des côtes de France (Les nouveaux), 151.
- Fièvre typhoïde (Le palais de Mustapha-Supérieur et la), 319.
- Fils d’araignée dans les instruments d’optique (Emploi des), 143.
- Fleur à hélice (La), 323.
- Fleur-poupée, 302.
- Fluor liquide (Combinaisons du), 287.
- Fluor (Solidification du), 254.
- Forme primitive des neuf premiers chiffres arabes, 58.
- Fossiles (Découverte de), 223.
- Four électrique pour la réduction du minerai de fer, 103.
- Fourrures de Leipzig (Le marché des), 79.
- Freins électriques et freins à air sur les tramways (Effets comparés des), 174.
- Froid et les migrations des oiseaux (Le), 3.
- Froid industriel en horticulture (Le), 569. Frontière chilo-argentine, 98.
- Fruitière modèle (Une exploitation), 327. Fumées (Destruction et utilisation des), 265.
- Fumier de bois, 350.
- Fusées paragrêle, 159.
- G
- Galeries souterraines de Chicago (Los), 415.
- Gaz de la Montagne Pelée (Les), 47.
- Gaz des sources de Luchon (Les), 95.
- Gazon (Un nouveau), 318.
- Géodésique française de l’Equateur (La mission), 82.
- Géométrie (Principes de), 223.
- Géophages et terres comestibles, 186.
- Géotropisme des racines (Modifications artificielles du), 251.
- Géphyriens (Les), 91.
- Glaces, sorbets et travail mécanique, 287.
- Glaciaires et pseudo-glaciaires dans les Pyrénées (Phénomènes), 380.
- Glycérine (Le dosage de la), 223.
- Gorge de la Nesque (La), 7.
- Graisses consistantes (Les), 174.
- Gravehalsen (Percement du tunnel de), 343.
- Greffage (Conditions du), 239.
- Gui et ses légendes (Le), 1.
- Gutta artificielle (Nouvelle), 127.
- II
- Halwa (Un aliment arabe, la), 398. llautcfeuille (P.), 47.
- Hélice aérienne (Canot automobile actionné par une), 159. llénocque (Albert), 111.
- Ilôll-Loch (Suisse) (Le), 310.
- Homme fossile (Histoire de F), 319. Homme préhistorique en Amérique, 259. Homme supportant une automobile, 364. Horloge de la Bibliothèque Nationale (If), 415.
- Horloge de Soleurc (Tour de F), 291. Horticulture (Exposition d’), 414.
- Houille (Statistique de la), 294.
- Huîtres et la fièvre typhoïde (Les), 131. Hydrure de potassium (Action de l’acide carbonique sur F), 271.
- Hydrures de rubidium et de césium (Propriétés des), 259.
- Hygrométrie du gaz de la respiration, 319.
- Hyménoptères parasites, 297.
- I
- Illusion d’optique dans le Métropolitain, 75.
- Image du soleil de l’âge du bronze, 211. Images hvpnagogiques (Les) ,271. Immunisation tétanique des nouveau-nés en Indo-Chine, 383.
- Incendie de l’usine de Niagara, 254. Incendies de nitrates (Les grands) 395. Indicateur du degré alcoolique, 374. Industrie électrique aux États-Unis, 51.
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-
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- 419
- Inondations et déboisements, 550. Installation météorologique de l’hôpital de Pau, 128.
- Installation téléphonique américaine (Une), 550.
- Intensité bactéricide de l’arc électrique,
- 127.
- Irrigations du Nil (Le grand barrage d’Assouan et les), 101.
- Isolateurs pour hautes tensions, 167.
- J
- Javel et liqueur de Labarraquc (Eau dcl, 150.
- Jouets (Histoire des), 85.
- Jupiter (Aspect anormal de), 150. Jupiter en 1002, 00.
- Jupiter (La taclie rouge de), 542.
- K
- Kaiser Wilhelm II (Le), 407.
- L
- Laboratoire de physiologie (lin nouveau), 50.
- Laborde (M. le I)r), 518.
- Laboureuse automobile, 257.
- Labyrinthe de Crète (Le), 556.
- M. Lacroix (Retour de), 287.
- Lacs de la Munia (Les), 50.
- Lait à New-York (Approvisionnement de), 550.
- Lait (La cryoscopie du), 414.
- Lait refroidi en Allemagne (Industrie du), 554.
- Lampe à incandescence à osmium, 200.
- Lampe à incandescence « l’Etincelantc», 03.
- Lampes à vapeur de mercure de M. Cooper Ilewitt, 379.
- Lavaret (Pisciculture du), 234.
- Lécithine dans le lait (La), 95.
- Lecteurs étrangers dans les Universités, 305.
- Législation italienne contre la malaria (La), 78.
- Légume japonais, 294.
- Léo l)ex (Le ballon), 126, 143.
- Levures acclimatées (Fermentation par les), 518.
- Lézards bipèdes, 303.
- Liège (Tonneau de), 240.
- Ligne électrique de la gare d’Orsay à Juvisv, 318.
- Ligne 2 du chemin de fer Métropolitain (La), 35.
- Liqueur de Labarraque (Eau de Javel et),
- 150.
- Liqueurs (L’Académie de médecine et les), 270.
- Locomotives (Dépôts de), 301.
- Locomotives (Fanaux électriques des), 284.
- Locomotives à grande vitesse de la Cie d’Orléans (Les nouvelles), 262.
- Locomotives aux Etats-Unis (Industrie de la construction des), 318.
- Locomotives à vapeur surchauffée, 12.
- Locomotives de la petite ceinture de Paris (LeS nouvelles), 129.
- Locomotives du Semring (Les résultats du concours de), 54.
- Locomotives électriques de l’Ouest et de l’Orléans, 123.
- Loire navigable (La), 139.
- Looping the Loop (Le), 191.
- Loups blancs, 289.
- Lueurs crépusculaires en 1903, 367. Lumière zodiacale (La), 286.
- M
- Maladie du châtaignier (Une), 192, 242.
- Malaria (Législation italienne contre la), 78.
- Malaria dans l’Afrique orientale allemande (La), 23.
- Mammifère fossile inconnu (Découverte d’un), 271.
- Mammouth (Exhumation et transfert d’un cadavre de), 391.
- Mandarines (Un parasite des), 243.
- Manganèse en Russie (Le), 138.
- Marché des fourrures de Leipzig, 79.
- Marche sur la tête (La), 266.
- Martinique (Destruction de Saint-Pierre de la), 351.
- Martinique (Mission géodésique de la), 505.
- Martinique (Nouvelles de la), 255.
- Masticatoires (Les), 339.
- Matériaux en suspension dans l’atmosphère (Chute de), 271.
- Mégalithes des dunes comme repères de chronologie (Les), 40.
- Mégalithes sous-marins (Les), 209.
- Mer intérieure d’Afrique (La), 383.
- Mer de l’époque éocène en France (Lai, 383.
- Mesosaurus dans l’enchaînement animal (Placement du), 415.
- Métallothérapie du moyen âge (La), 382.
- Météorite de Racubirito (La grande), 172.
- Météorite (Une nouvelle), 318.
- Métier-bijou Jacquard (Le), 63.
- Méloquinone: révélateur nouveau, 582.
- Métropolitain (Distribution électrique sur le), 355.
- Métropolitain (Illusion d’optique dans le), 75.
- Métropolitain (La ligne 2 du chemin de fer), 35.
- Métropolitain, ligne circulaire Nord (Le), 183.
- Métropolitain souterrain de New-York, 14.
- Métropolitain sur la place de l’Opéra (Les travaux du), 225.
- Mimétisme et la littérature (Le), 102.
- Minerai de fer (Four électrique pour la réduction du), 103.
- Minerais de fer (Concentration électrique des), 78.
- Minerve (Hérault), 246.,
- Mines d’or de l’antique Egypte (Les), 42.
- Minières de la Turquie (Richesses), 355.
- Mission géodésique française de l’Equateur (La), 82.
- Mission géodésique de l’Equateur, 503.
- Mist poeffers italiens, 334.
- Modifications artificielles du géotropisme des racines, 251.
- Moineau (Le), 403.
- Mollusques (Origine des), 223.
- Montagne Pelée (La), 15, 223.
- Montagne Pelée (Eruptions de la), 60, 95,120, 127, 155. 191,
- Mont Mac-Kinley (Le), 174.
- Monument aux aéronautes du Siège de Paris, 303.
- Monument Henri Giffard (Le), 107.
- Mort du P. Seccbi (anniversaire de la), 253.
- Mortalité des nouveau-nés, 287.
- Moteur à gaz compound, 270.
- Moteurs à acétylène, 179.
- Moteurs à pétrole à bord d’un bateau de pèche, 267.
- Motocyclettes (Les nouvelles), 259. Mouches à scie (Les), 305.
- Moulures sculptées à la machine, 119. Moutardes et ravenelles par les sels de cuivre (Destruction des), 282.
- N
- Nacre d’eau douce (Industrie des boutons en), 14.
- Navigation sur le lac Titicaca, 351. Neige dans le jura (La), 71.
- Nesque (La gorge de la), 7.
- Nettoyage sanitaire par le vide, 376. Nickel au Canada (Le), 231.
- Nickel (Rails en acier au), 387.
- Nitrates (Les grands incendies de), 395. Nombres (Expériences sur les dix premiers), 365.
- Notion du temps chez les animaux, 348.
- O
- Oiseaux et les épidémies (Les), 95. Oiseaux (Le froid et les migrations des),
- 3.
- Oreille interne (Fonctionnement de U), 143.
- Os (Les implantations d’), 191.
- Osmium (Lampe à incandescence à), 299.
- Ostéites tuberculeuses, 207.
- Oued Mzab (Sahara algérien), 275. Oxyde de Carbone et de l’acide carbonique dans l’air (Dosage de U), 50.
- P
- Panorama du Puy-de-Dôme, 155. Pantoufles en papier (Routcilleset), 78. Parallaxe solaire (Nouvelle valeur de la),
- 414.
- Parasite des mandarines (Un), 243. Parasites de la vigne (Deux), 175. Pêcheurs bretons (Les), 158.
- Pendule de Foucault, démonstration élémentaire de la loi de déviation, 190. Pendule de Foucault chez soi (Le), 79. Percement du tunnel de Gravehalsen, 343. Perforatrice électrique à rotation Thomson-Houston, 153.
- Perles curieuses, 255.
- I'étrolage des routes eu Angleterre, 79. Phares (Eclairage par incandescence dans les), 508.
- Phénomènes solaires et météorologiques, 30.
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- 420
- INDEX ALPHABÉTIQUE.
- Phosphore (Combustion du), 223.
- Photographie de montagne, concours du Club-Alpin français, 214.
- Physiologie (Un nouveau laboratoire de), 30.
- Pierre artificielle, 118.
- Pigeons voyageurs dans l'Afrique du Nord (Les), 382.
- Pin de la Bastide du Bois (Le), 27.
- Piscicole en 1902 (Etat de la question), 330.
- Pisciculture du lavaret, 234.
- Plantations en mauvais terrains (Les), 415.
- Plantes parasites singulières, 279.
- Plantes toxiques indigènes (Les), 325.
- Plaques photographiques ultra-rapides, 51.
- Plume des oiseaux (La), 27.
- Pneumatiques pour automobiles, 351.
- Poisson vivant (Transport du), 207.
- Polonium (Les radiations du), 351.
- Pont de chemin de fer (Un des plus vieux), 400.
- Ponts métalliques en treillis à joints flexibles, 113.
- Poste double pour projections, 93.
- Pour boucler la boucle, 243.
- Poussières éoliennes, 274.
- Prix Nobel en 1902 (Les), 46.
- Prix Henri Schneider en 1902 (Lauréats des), 110.
- Production et commerce du cachou dans l’Inde, 159.
- Propriétés physiologiques du radium,402.
- Puissance perdue (Utilisation de), 239.
- Puits artésien de Cadillac-sur-Garon-ne, 398.
- O
- <"V
- Quinine (Action de la), 155.
- R
- Rabot automatique, 157.
- Races européennes (Origine des), 159. Radiation solaire (Absorption de la), 255. Radium générateur de chaleur, 259. Radium (Le), 255.
- Radium (Propriétésdes rayons du), 191. Radium (Influence biologique des rayons du), 367.
- Radium (Propriétés physiologiques des rayons du), 351.
- Rails en acier au nickel (Les), 387.
- Rats (Intelligence des), 143.
- Ravenelles parles sels de cuivre (Destruction des moutardes et), 282. Ravinements et reboisages, 335.
- Rayons lumineux (Une variété de), 271. Récolte des vins en France, 254.
- Record original (Un), 31.
- Réduction du minerai de fer (Four électrique pour la), 103.
- Réfrigérants (Transport des denrées en wagons), 399.
- Régularisation de la Durance (La), 375.
- Régulateur de vitesse (Nouveau), 207. Répétiteur pour la télégraphie sans fil, 212.
- Réservoir d’Assouan (Les monuments égyptiens et le), 401.
- Respiration (Hygrométrie du gaz de la:.
- 319. :
- Résultats du concours de locomotive du Semring, 54.
- Réveil de l’activité solaire, 22. Révélateur: la métoquinone (Nouveau), 382.
- Rides (La genèse îles), 51.
- Rivages maritimes et végétation, 340. Riz en France (Culture du), 351.
- Roches noires des cataractes du Nil (Les), 31.
- Routes en Angleterre (Pélrolage des), 79.
- Routes ferrées, 366.
- Rubidium et de césium (Propriétés des hydrures de), 239.
- S
- Sables du désert (Sons rendus par les), 318.
- Salon de l’Automobile, 87.
- Sardine et la crise sardinière (Les Migrations de la), 138.
- Sciure de bois (Briquettes suédoises en), 314.
- Section de l’Alcool à la 5e exposition internationale de l’Automobile (Le), 68.
- Sectionnement des embryons de graines (Effets du), 239.
- Sels de cuivre (Destruction des moutardes et ravenelles par les), 282.
- Sérothérapie de la lièvre typhoïde, 98.
- Sérothérapie de la scarlatine (La), 55.
- Serres galeries du domaine royal de Laekcn, 161.
- Société française de physique; Exposition annuelle, 530.
- Sondage du glacier de Hintcrcis (Œtzthal), 159.
- Sons rendus par les sables du désert, 318.
- Spéléologie d’Homère (La), 116.
- Sports américains (Nouveaux), 108.
- Station météorologique de la Scblucht, 275.
- Statues en plâtre (Le maquillage des) ,111.
- Stéréoscopie appliquée à la topographie (La), 95.
- Stéréoscopie sans stéréoscope, 210.
- Surveillance des eaux sous-glacières, 91.
- Système nerveux central (Affection du), 254.
- T
- Tabac à mâcher, 571.
- Tache rouge de Jupiter (La), 342.
- Taille humaine (Les records de la), 394. Tapis en Algéiie (Fabrication des), 321. Télégraphe sans fil Armstrong-Orling, 390.
- Télégraphie sans fil à travers l’Atlantique, 94.
- Télégraphie sans fil (La), 142, 158.
- Télégraphie sans fil (Répétiteur pour la),
- 212.
- Téléphonie automatique, 132.
- Télescope de l’observatoire Ycrkes (Le nouveau), 191.
- Télestéréoscopie, 235.
- Tempête en février et mars (La), 223.
- Tennis-arm (Le), 34.
- Thérapeutique locale (La), 115.
- Tirage de dessins industriels à la lumière électrique, 171.
- Tôles perforées (Industrie des), 299.
- Tonneaux de liège, 240.
- Torrent de Saint-Julien (Le), 262.
- Tour de l’horloge de Soleurc, 291.
- Tourbe, ses applications actuelles (La), 354.
- Traction électrique au moyen des chutes d’eau en Suisse (La), 58.
- Traction électrique dans l’exécution des travaux de parcs et jardins, 358.
- Traction mécanique des tramways, 277.
- Tractions rythmées de la langue, 174.
- Tramway électrique du Mont-Blanc, 382.
- Tramways (Traction mécanique des), 277.
- Tramways à traction mécanique, 4, 167.
- Transmissions par courroies, 388.
- Transporteur aérien de bagages, 30.
- Transport des denrées en wagons réfrigérants, 399.
- Transsibérien et la colonisation (Le), 239.
- Travail le mieux payé du monde (Le), 254.
- Travaux de chimie, 351.
- Trotteurs normands et trotteurs américains, 562.
- Truffe (Culture de la), 367.
- Truffe (Reproduction de la), 367.
- U
- Usage des plaques rapides (Manipulation et), 166.
- Y
- Ver des pommes (Le), 145.
- Vide (Nettoyage sanitaire par le), 376. Vigne (L’altise de la), 415.
- Vigne (La brunissure de la), 415. Vignobles d’Australie (Les), 174.
- Village aragonais (Un), 19.
- Vin de seconde cuvée (Le), 95.
- Vins de sucre (Caractérisation des), 250. Vins en France (Récoltés des), 254. Vitesse (De l’appréciation de la), 154. Vitesse aux Etats-Unis (Essais de), 230. Volailles en Angleterre (Nos), 96. Voltmètre enregistreur, 235.
- w
- Wagons tubulaires (Les), 371.
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- LISTE UES AUTEURS
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
- Aimé (Paui,). — La Loire navigable, 139.
- B. (A.). — La traction électrique au moyen des cliules d’eau en Suisse, 58.
- Barral (Jacques). — Afreseolillic, ‘234.
- Baudouin (Marcel). — Les mégalithes des dunes comme repères de chronologie, 40. — Les mégalithes sous-marins, ‘209.
- Bauüry de Saunier (L.). — Salon de l'automobile, 87. — Le carburateur Krebs, 177. —Le carburateur Sthenos, 413.
- B. (D.). — Conserves américaines, 187. — Champignons de, neige, 223. — Le chemin de 1er le plus septentrional du monde, 294. — L :s dépôts de locomotives, 501. — Un des plus vieux ponts de chemin de 1er, 400.
- B. (L). — La tourbe, ses applications actuelles, 354.
- B. (B.). — Les rails en acier au nickel, 387.
- Bei.lair (Georges). —Modifications artificielles du géotropisme des racines, 251.
- Bellet (Daniel). — Le grand barrage d'Assouan et les irrigations du Nil, 104. —Moulures sculptées à la machine, 119.
- — Les nouveaux feux-llottants des côtes de France, 151. — L’entrepôt frigorifique de la Bourse du Commerce, 164. — Tonneaux de liège, 240. — Le bûcheron automatique, 269.
- — Bouées lumineuses, 295. — Eclairage par incandescence dans les phares, 308. — Fabrication des tapis en Algérie, 321. — Les richesses minières de la Turquie, 355. — Les wagons tubulaires, 371. — L’acétylène et l’éclairage des wagons, 385.— Le Kaiser Wilhelm II, 407.
- Belloc (E.). — La photographie de montagne: concours du Club Alpin français, 214.
- Biel (A.). — Les nouvelles locomotives de la petite ceinture de Paris, 129.
- Bonnaffé (Edouard). — Un chef-d’œuvre de l’art grec, 333.
- Bonnix (R.). — Locomotive à vapeur surchauffée, 12. — Résultats du concours de locomotives du Semring, 54. — Ponts métalliques en treillis à joints flexibles, 113. — Le Métropolitain, ligne circulaire Nord, 183. — Travaux du Métropolitain sur la place de l’Opéra, 225. — Transport du poisson vivant, 267. — Dessinateur universel, 271. — Distribution électrique sur le Métropolitain, 353.— L’air dans le tunnel du Central London, 403.
- Rover ^ Jacques). — Le manganèse en Russie, 138. — Géo-pliages et terres comestibles, 186. — L’essence d’iris, 362.
- Brandicourt (Virgile). — Le cocotier, 27. — Le mimétisme et la littérature, 102. — Entretien des éléphants, 230. — Le bananier, 358.
- Briet (Lucien). — Un village aragonais, 18. — Les lacs de la Munia, 59.
- Bruner (Jean). — Les propriétés physiologiques du radium, 402.
- C. (F.). — Prétendue éruption volcanique en Colombie britannique, 566.
- C. (H.). — Tabac à mâcher, 371.
- Camarasa (Mis de). — Forme primitive des 9 premiers chiffres arabes, 58.
- Capitan. — Les origines de l’Académie de médecine, 10. — I/arsenic, 18.
- Carl (Carolus). — Le maquillage des statues en plâtre, 111.
- Cartaz (Dr A.). — Le tennis-arm, 54. — La sérothérapie de la scarlatine, 54. — La sérothérapie de la fièvre typhoïde, 98. — Là thérapeutique locale, 115. — Le eollargol, 134. — Action de la quinine, 155.— La Cryoscopic du lait, 414.
- Cave (Georges). — L’école nationale supérieure d’agriculture coloniale, 17.— Le canal de Fréjus, 56. — L’énergie hydraulique en agriculture, 147. — Laboureuse automobile, 237.
- Cralmarès (G.). — Le métier-bijou Jacquard, 65. — Chauffage par calorifère, 219.
- Clément (A.-L.). — Le criquet marbré, 97.— Emploi des fils d’araignée dans les instruments d’optique, 143. — Un parasite des mandarines, 245.
- Clèves (Victor de). •— La nocivité de l’argent, 122.
- Colomer (F.). — Un broyeur à charbons, 285.
- Corcelle (J.). — La dépopulation des Alpes, 188.
- Coupin (Henri). — Le froid et les migrations des oiseaux, 5. — Les bembex, 65.— Les géphyriens, 91. — Plantes parasitaires singulières, 279. — Les hyménoptères parasites, 297. — Les mouches à scie, 305. — Les masticatoires, 339. — Les bêtes qui ouvrent les portes, 377. —Les records de la taille humaine, 594.
- Courty (G.). — Les dunes de sable, 211.
- Crispo (1).). — Phénomène de congélation, 106.
- Darce (Léon). — Un délestcur automatique pour ballon libre, 33.
- Delaunf.y (L'-coloneD. — Illusion d’optique dans le Métropolitain, 75. — Canon démontable Vickers-Maxim, 241. — Expériences sur les dix premiers nombres, 365. — Vignettes d'allumettes japonaises, 396.
- Devyreu (Léon). — Les plantes toxiques indigènes, 325. — L’aconit, 411.
- 1)ex (Léo). — Les expériences aérostatiques sahariennes, 180. Dossios (G.). — La stéréoscopie sans stéréoscope, 210.
- Drancourt (W.). — La marche sur la tête, 266. —Acrobatie cycliste, 315. —Un homme supportant une automobile, 364.
- Dumont (R.). — Destruction des moutardes et ravenelles par les sels de cuivre, 282.
- Durand (C.). — La ligne 2 du chemin de fer métropolitain, 55.
- Durand (J.). — Tirage des dessins industriels à la lumière électrique, 171.
- Dybowski (J.). —Bananiers africains, 228.
- Elbée (L.). — Exhumation et transport d’un cadavre de Mammouth en Sibérie, 391.
- Espitallier (L‘-colonel). — Le ballon Lebaudy, 537.
- Fauvel (A.-A.). — Perles curieuses, 255.
- G. (E.). — L’électrotellurographe Lancetta, 398.
- G. (J.-F.). — L’air du Métropolitain, 18. — Le pendule de Foucault chez soi, 79. — Albert Hénocque, 111.
- Gall (J.-F.). — Installation météorologique de l’hôpital de Pau, 128. — Les ballons-sondes, 171. — Station météorologiquo de la Schlucht, 275. — Chemin de fer aérien, 287.
- Garnier (Jules). — Le nickel au Canada, 231. j G a rot (Ë.). — La régularisation de la Durance, 575.
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- LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE.
- Cernez (D.) — P. Hautcfeuille, 47.
- Guarini (É.). — Four électrique pour la réduction du minerai de fer, 105. — Répétiteur pour la télégraphie sans fil, 211.
- — L’électroculture, 245. — Destruction et utilisation des fumées, 265. — Installation téléphonique américaine, 350.
- — Le télégraphe sans fil Armstrong-Orling, 390.
- Guédon (L.-Pierre). —Tramway à traction mécanique, 4, 167.
- — Traction mécanique des tramways, 277.
- IIariot (P.). — Le gui et ses légendes, 1.
- Henriot (E.). — Les étourneaux, 373. — Le Moineau, 403.
- Iches (Lucien). — Le ver des pommes, 145.
- Jacquot (Lucien). — L’Oueb Mzab (Sahara algérien), 273. — La notion du temps chez les animaux, 548.
- Jagot (Albert). — Cadran solaire à sonnerie, 257.
- Jean (Ferdinand). — Dosage de l’oxyde de carbone et de l’acide carbonique dans l’air, 50.
- K. (A.). — Perforatrice à rotation Thomson-Houston, 153.
- L. (D.). — La malaria dans l'Afrique orientale allemande, 25.
- L. (J.). — Applications de l’énergie électrique, 11. — Isolateurs pour hautes tensions, 167. — Moteurs à acétylène, 179. — Moteurs à pétrole à bord d’un bateau de pèche, 267. — Société française de physique; exposition annuelle, 550. — Lampes à vapeur de mercure de M. Coopcr llewitt, 579.
- L. (L.). — Pierre artificielle, 118. — Briquettes suédoises en sciure de bois, 315.
- Labbé (H.). — Eau de Javel et liqueur de Labarraque, 150. — L’alcool alimentaire, 162. — Fabrication industrielle de la caséine, 306.
- Laffargue (J.). — Eclairage électrique d’une villa, 23. — Compteur électrique Balault, 81. —Téléphone automatique, 152. — Rabot automatique, 157. —Lampe à incandescence à osmium, 299. — Transmissions par courroies, 588.
- Laloy (Dr L.). — Appareil primitif pour effrayer les animaux sauvages, 192. — Déboisement dans les Pyrénées, 325. — Rivages maritimes et végétation, 340. — Phénomènes glaciaires et pseudo-glaciaires dans les Pyrénées, 580.
- Launay (L. de). —Les mines d’or de l’antique Egypte, 42. — La spéléologie d’Homère, 116.
- Lebois (J.). — Le brûleur Kern, 28. — Caractérisation des vins de sucre, 250.
- Lesseux (Ch. de). — Pisciculture du lavaret, 234.
- Libert (Lucien). — Le réveil de l’activité solaire, 22.—Jupiter en 1902, 99. — L’éclipse de Pâques, 334. — La tache rouge de Jupiter, 542.
- M. (A.). — Surveillance des eaux sous-glacières, 91.
- M. (P. de). — Les migrations de la sardine et la crise sardinière, 158. — Ecole wurtembergeoise des arts de la construction, 173. — Un aliment arabe, la halwa, 398.
- M. (V.). — Etat de la question piscicole en 1902, 330.
- Mailiiat (R.). Éclipse de lune du 11-12 avril, 348.
- Maquesne (L.). — P.-P. Dehérain, 31.
- Mares (G.). — Pneumatiques pour automobiles, 351.
- Mareschal (G.). — La télestéréoscopie, 255.
- Marquis (Raoul). — Les nouvelles motocyclettes, 259.
- Martel (E.-A.). — La gorge de la Nesquc, 7. — Minerve (Hérault), 246. — Le IlOll-Loch, 310.
- Matiiis (Dr C.). — La fleur à hélice, 523.
- Maumené (Albert). — Serres galeries du domaine royal de Laeken, 161. — Légumes japonais, 29k — Une exploitation fruitière modèle, 327. — Traction électrique dans l’exécution des travaux de parcs et jardins, 558. — Le froid industriel en horticulture, 569.
- Mégnin (Paul). — L’exposition d’aviculture, 14. — La plume des oiseaux, 27. — Les volailles en Angleterre, 96. — Trotteurs normands et trotteurs américains, 562.
- Mégnin (Pierre). — Un cheval sans bras, 585.
- Mériel (Pierre de). — Fanaux électriques de locomotives, 284. — Industrie des tôles perforées, 299. — Les monuments égyptiens et le réservoir d’Assouan, 401.
- M. (G.). — Le block-notes, 15. — Plaques photographiques ultra-rapides, 51. —Éclairage du laboratoire à l’anactino-chrine; manipulation et usage des plaques rapides, 166. — Nouveau révélateur; la métoquinone, 382.
- Montel (Charles). — Le pendule de Foucault : démonstration élémentaire de la loi de déviation, 190.
- Mougin (P.). — Le torrent de Saint-Julien, 262.
- P. (II. de). — Le monument Henri Giffard, 107. — Les éruptions de la Montagne Pelée, 120, 135. — L’alcool synthétique, 259. — Le radium générateur de chaleur, 259.
- Parville (H. de). — Les huîtres et la fièvre typhoïde, 131. — Poussières éoliennes, 274. — Le palais de Mustapha-Supérieur et la fièvre typhoïde, 319. — Louis de Bussy, 568.
- Périsse (Raymond). — La section de l’alcool à la 5e exposition internationale de l’automobile, 68.
- Perrier (Lieut. G.). — La mission géodésique française de l’Équateur, 82.
- Plumandon (J.-R.). — Le panorama du Puy-de-Dôme, 155.
- Rabot (Charles). — L’exploration du Dr Sven Hedin en Asie Centrale, 181. — L’industrie du beurre à l’étranger, 227. — La chasse à la haleine, 514. — Percement du tunnel de Gravehalsen, 543.
- Régnault (Dr Félix). — La genèse des rides, 51.
- Reverciion (L.). — La neige dans le Jura, 71. — La tour de l’horloge de Soleure, 291.
- Revon (Louis). — De l’appréciation de la vitesse, 154.
- Riciiou (G.). — Nettoyage sanitaire par le vide, 377.
- Robida (Léo). — Pour boucler la boucle, 213.
- Rosst (N.). — La grande météorite de Bacubirito, 172.
- Schiütt (Jules). — Image du soleil de l’âge du bronze, 211. — Loups blancs, 289.
- T. (A.). — Exposition aéronautique au Grand Palais, 62.
- Tabariès de Grandsaignes.— Les grands incendies de nitrates, 595.
- Thiersant (Henry de). — Chemins de fer mono-rails, 49. — Bicyclette à force centrifuge, 176.— Cunard bulletin, 286.
- Tissandier (Albert). — Les concours d’enseignes, 29. — Histoire des jouets, 45. — Dressage des animaux sauvages, 76. — Une automobile ambulance, 160. — Monument aux aéro-naules du siège de Paris, 303.— L’horloge de la Bibliothèque Nationale, 415.
- Toucuet (E. M.). — Nouvelles comètes, 218. — L’éclipse de lune du 11-12 avril, 290.
- Traz (J. de). — Les locomotives électriques de l’Ouest et de
- . l’Orléans, 125.
- Turquan (Y.). — Les progrès de la bicyclette, 410.
- Yézy (Jean). — I/extrême division du travail, 546.
- Vjlledeüil (Ch. de). — Séances hebdomadaires de l’Académie des sciences : 15, 31, 47, 62, 79, 95, 111, 127, 143, 159. 191, 225,239, 254, 271,287, 303, 518, 335, 351, 367,383, 599, 415.
- Zf.ltner (Franz de). Le labyrinthe de Crète, 356.
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- TAULE DES MATIÈRES
- N. B. Les articles de la Chronique, imprimés dans ce volume en petits caractères, sont indiqués
- dans cette table en lettres italiques.
- Astronomie.
- Le réveil de l'activité solaire (Lucien Libert)..... 22
- Jupiter en 1902 (Lucien Libert)..................... 99
- Nouvelles comètes (Em. Touchet).........................218
- Cadran solaire à sonnerie (Albert Jagot)............257
- L’éclipse de lune du 11-12 avril (Em. Touchet). . . . 290
- L’éclipse de Pâques (Lucien Libert).....................334
- La tache rouge de Jupiter (Lucien Libert)...............342
- L’éclipse de lune du 11-12 avril (R. Mailiiat)......348
- Phénomènes solaires et météorologiques................. 30
- Conjonctions et occultations d'astres...................142
- Dédoublements d’étoiles.................................143
- Aspect anormal de Jupiter...............................159
- Le nouveau télescope de Vobservatoire Yerkes . . . 191
- Hommage à l’abbé de la Caille...........................253
- Anniversaire de la mort du P. Secchi...................253
- La comète Giacobini. ...................................254
- La lumière zodiacale....................................286
- Éclipse de lune du 11 avril 1903 ...................... 318
- Nouvelle étoile variable...............................334
- Recherche des astéroïdes................................367
- Bibliographie astronomique. ............................383
- Physique générale.
- Illusion d’optique dans le Métropolitain (Delaunay) . . 175
- Le pendule de Foucault chez soi (J.-F. G.)........... 79
- Phénomène de congélation (D. Crispo)....................106
- Emploi des fils d’araignée dans les instruments d’optique
- (A.-L. Clément)......................................143
- Le pendule de Foucault, démonstration élémentaire de
- la loi de déviation (Charles Montel)...............190
- Le chauffage par calorifère (G. Chalmarès)...........219
- Société française de physique : exposition annuelle (J. L.). 330
- Indicateur du degré alcoolique (N. E.)...............374
- Absorption de la radiation solaire......................255
- Une variété de rayons lumineux..........................271
- Sons rendus par les sables du désert....................318
- Influence de l’atmosphère sur l'aiguille aimantée . 335
- Radiations du polonium..................................351
- Électricité théorique et appliquée.
- Applications de l’énergie électrique (J. L.)............. 11
- Eclairage électrique d’une villa (J. Laffargue) .... 23
- Compteur électrique Batault (J. Laffargue)............... 81
- Four électrique pour la réduction du minerai de fer
- (E. Guarini).........................................103
- Téléphone automatique (J. Laffargue).....................132
- Perforatrice électrique à rotation Thomson-Houston
- (A. K.)...............................................153
- Isolateur pour hautes tensions (J. L.)...................167
- Tirage des dessins industriels à la lumière électrique
- (J. Durand)...........................................171
- Le répétiteur pour la télégraphie sans fil (E. Guarini). 212 Fanaux électriques de locomotives (Pierre de Mériel). 284
- Le Cunard Bulletin (II. de Thiersant)....................286
- Lampe à incandescence à osmium (J. Laffargue) . . . 293
- Une installation téléphonique américaine (E. Guarini) . 350
- Distribution électrique sur le Métropolitain (A. Bonnin). 353 Traction électrique dans l’exécution des travaux de parcs
- et jardins (Albert Maumené)...........................358
- Lampes à vapeur de mercure de M. Cooper Hewitt(J. L.) 379 Le télégraphe sans fil Armstrong-Orling (Emile Guarini). 390
- Industrie électrique aux États-Unis...................... 31
- Concentration électrique des minerais de fer ... 78
- Télégraphie sans fil à travers l’Atlantique.............. 94
- La télégraphie sans fil..........................142, 158
- Théorème d’électro-chimie................................191
- Convection électrique....................................239
- Ligne électrique de la gare d’Orsay à Juvisy. . . 318
- Voltmètre enregistreur...................................355
- Transmission électrique des images ........ 399
- Séparation électrolytique du fer et de certains métaux 399
- Photographie.
- Le Block-notes (G. M.). . ............................. 15
- Plaques photographiques ultra-rapides (G. M.) . . . . 51
- Poste double pour projections (G. Mareschal)........... 93
- Lampe à incandescence l’Ëtincelante (G. Mareschal). . 93
- Eclairage du laboratoire à l’anactinochrine (G. M.). . . 166 Manipulation et usage des plaques rapides (G. M.) . . . 166
- La photographie de montagne, concours du Club alpin
- français (E. Bèlloc)....................................214
- La télestéréoscopie (G. Mareschal).........................235
- Nouveau révélateur; la métoquinone (G. M.).............582
- Stéréoscopie appliquée à la photographie................... 95
- Chimie générale.
- Le manganèse en Russie (Jacques Boyer)................. . 158
- Afrescplithc (Jacques Barral).............................234
- Caractérisation des vins de sucre (J. Lebois)............250
- L’actinium............................................ 255
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- 424
- TAULE DES MATIERES.
- L’alcool synthétique (H. de P.)......................... 259
- Le radium générateur de chaleur (11. de P.)..............259
- Fabrication industrielle de la caséine (II. Labre) . . . 506
- L’essence d’iris (Jacques Boyer).........................562
- Indicateur du degré alcoolique (Ë. N.)...................574
- Les grands incendies de nitrates (Tabaiuès de Grand-
- saignes)..............................................595
- Combustion du carbone dans l'oxygène..................... 15
- Un nouvel élément, Vaustrium.............................111
- Propriétés des rayons du radium..........................191
- Solidification du fluor..................................254
- Le radium................................................255
- Nouveaux corps...........................................255
- Le dosage de la glycérine................................223
- Combustion du phosphore..................................223
- Propriétés des hydrures de rubidium et de césium. 239
- Action de l’acide carbonique sur l’hydrure de potassium.................................................271
- Les combinaisons du fluor liquide........................287
- Eaux sulfureuses de Luchon..............................33.)
- Nouvelle propriété de l’ozone............................399
- Propriétés des carbures de rubidium et de césium . 399
- Recherche du plomb et du manganèse.......................399
- Dosage des matières organiques de l'eau potable . . 415
- Météorologie — Physique du globe Géologie. — Minéralogie.
- Le froid et les migrations des oiseaux (II. Coupin) . . .
- La gorge de la Nesquc (A. Martel)....................
- Les mines d’or de l’antique Egypte (L. de Launay) . . .
- La neige dans le Jura (L. Reverciion)................
- Surveillance des eaux sous-glacières (A. M.).........
- Les éruptions de la Montagne Pelée (H. de P.). . 120, Installation météorologique de l’hôpital de Pau (J. F.
- Gall).............................................
- Le manganèse en Russie (Jacques Boyer)...............
- La grande météorite de Bacubirito (Mexique) (N. Rosst).
- La dépopulation des Alpes (J. Corcelle)..............
- Les dunes de sable (G. Courty).......................
- La Montagne Pelée....................................
- Le torrent de Saint-Julien (P. Mougin)...............
- Poussières éoliennes (Henri de Par ville)............
- Station météorologique de la Schlucht (J.-F. Gall) . .
- Champignons de neige (1). B).........................
- Le llôll-Loch (Suisse) (E.-A. Martel)................
- Le déboisement dans les Pyrénées (Dr L. Laloy). . . .
- La tourbe, ses applications actuelles (L. Ii.).......
- Richesses minières de la Turquie (B. IL). ...........
- Prétendue éruption volcanique en Colombie britannique
- (E- C). . .................. • .................
- Régularisation de la Durance (E. Garot)..............
- Phénomènes glaciaires et pseudo-glaciaires dans les Pyrénées (Dr L. Laloy).................................
- L’Electrotellurographe Lancetta (E. G.). . ... . .
- La Montagne Pelée....................................
- Les roches noires des cataractes du Nil..............
- Bulletins officiels de la Martinique.................
- Gaz de la Montagne Pelée.............................
- Érosion éolienne.....................................
- Nouvelle éruption de la Montagne Pelée...............
- Théorie des éruptions volcaniques....................
- Gaz des sources de Luchon............................
- Éruptions de la Montagne Pelée.......................
- La catastrophe d’Andidjan............................
- Éruption de la Montagne Pelée........................
- Le sondage du glacier de Hintereis (Œtzthal) . .
- Fusées paragrêle.....................................
- Action éolienne du sable....................•
- Accroissement du glacier de Diem [Œtzthal), . . . Le cyclone des îles de la Société et des îles Tuamolou. Éruption de la Montagne Pelée.............................
- 42
- 71
- 91
- 135
- 128
- 138
- 172
- 188
- 211
- 223
- 262
- 274
- 175
- 223
- 510
- 523
- 554
- 555
- 566
- 575
- 580
- 598
- 15
- 51
- 46
- 47 47 62 95 95 95 126 127 159 159 175 175 191 191
- Tempête en février cl mars...........................225
- Nouvelles de la Martinique...........................255
- Chute de matériaux en suspension dans l'atmosphère. 271
- La mission de la Martinique..........................505
- Retour de .H. Lacroix................................287
- Une nouvelle météorite...............................518
- Les mist-poeffers italiens...........................554
- Ravinements et reboisages............................555
- La destruction de Saint-Pierre de la Martinique . . 351
- Lueurs crépusculaires en 1903 ...................... 367
- La mer intérieure d’Afrique..........................583
- La mer de l’époque éoccne en France..................583
- Physiologie. — Médecine. — llygiène,
- L’air du Métropolitain (J.-F. G.)....................... 18
- L'arsenic (Cypitan)..................................... 18
- In malaria dans l’Afrique orientale allemande (D. L.) . 23
- Le tennis-arm (Dr A. Cartaz)........................ 54
- Dosage de l’oxyde de carbone et de l'acidc carbonique
- dans l’air (Ferdinand Jean)......................... 50
- La genèse des rides (Dr Félix Régnault)............. 51
- La sérottiérapic de la scarlatine (Dr A. Cartaz) .... 55
- L’alimentation nouvelle (Dr Tréphon).................... 74
- La sérothérapie de la lièvre typhoïde (Dr A. Cartaz). . 115
- La nocivité de l’argent (Victor de Clèves). ...... 122
- Les huîtres et la fièvre typhoïde (Henri de Parville). . 131
- Le collargol (l)r A. Cartaz)............................134
- Eau de Javel et liqueur de Laharraquc (H. Lardé). . . 150
- De l’appréciation des vitesses (Louis Revon)........154
- Action de la quinine (I)r A. Cartaz)................155
- L’alcool alimentaire (II. Lardé)..................... . 102
- La stéréoscopie sans stéréoscope (C. Dossios).......210
- Chauffage par calorifère (G. Ciialmarès)................219
- Destruction et utilisation des fumées (Émile Guarini). . 265
- Le palais de Mustapha-Supérieur et la fièvre typhoïde
- (H. de Parville)....................................519
- Nettoyage sanitaire par le vide (G. Ricuou).........576
- Un aliment arabe, la halwa (P. de M.)...............398
- Les propriétés physiologiques du radium (Jean Bruner). 402 I/air dans le tunnel du Central London (B. Bonnin). . 403
- L'Aconit (Léon Devyréu).................................410
- La Cryoscopie du lait (I)r A. Cartaz)...................414
- Propriétés physiques de l’adrénaline.................... 15
- Un nouveau laboratoire de physiologie................... 50
- Cure de cave pour les maladies pulmonaires. ... 50
- L’arsenic dans la nature................................ 47
- La déminéralisation organique........................... 47
- La législation italienne contre la malaria. . . . 78
- La lécithine dans le lait............................... 95
- ‘ Effet des ascensions en ballon sur les propriétés du
- sang................................................111
- Intensité bactéricide de l’arc électrique...............127
- Fonctionnement de l’oreille interne.....................145
- L’eau de Seine d’autrefois..............................158
- Tractions rythmées de la langue.........................175
- Les implantations d’os..................................191
- Ostéites tuberculeuses..................................207
- Affection du système nerveux central....................254
- U Académie de médecine et les liqueurs................. 270
- Loi sur l’alcoolisme en Angleterre......................270
- Les images hypnagogiques ...............................271
- Glaces, sorbets et travail mécanique....................287
- La mortalité des nouveau-nés............................287
- Résistance de l'organisme à la chaleur. ...... 503
- Hygrométrie du gaz de la respiration....................519
- Les eaux sulfureuses de Luchon..........................555
- Propriétés physiologiques des rayons du radium. . 551
- Immunisation tétanique des nouveau-nés en Indo-
- Chiné...........................................-, 383
- L’arsenic dans l’organisme..............................367
- Influence biologique des rayons du radium .... 367
- Métallothérapie du moyen âge............................382
- Fonctionnement comparé des deux reins...................399
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-
-
-
- 4*25
- TABLE DES MATIÈRES.
- Mécanique. — Art de l’ingénieur. Construction.
- Tramway à traction mécanique (L. Pierre Guédon) . .
- Locomotives à vapeur surchauffée (R. Bonnin)..........
- Le brûleur Kern (J. Leuois)...........................
- La ligne‘2 du chemin de fer métropolitain (G. Durand).
- Alumino-thermie (Z)...................................
- Chemin de fer mono-rails (Henri de Thiersant) .... Les résultats du concours de locomotives du Semring
- (U. Bonnin)........................................
- La traction électrique au moyen des chutes d'eau en
- Suisse (A. B)......................................
- Le métier-bijou Jacquard (G. Ciialmarès)..............
- La section de l’alcool à la 5° exposition internationale de
- l’automobile (Raymond Périsse).....................
- Les wagons tubulaires ( Daniel Bki.let)...............
- Ponts métalliques en treillis à joints flexibles (R. Bonnin).
- Pierre artificielle (L. L.)...........................
- Moulures sculptées à la machine (Daniel Bellet) . . . Les locomotives électriques de l’Ouest et de l’Orléans
- (J. DE TRAZ).......................................
- Les nouvelles locomotives de la petite ceinture de Paris
- (A. Biel)..........................................
- Un nouveau chemin de fer transcanadien.............. . .
- Rabot automatique (J. Laffargue)......................
- L’entrepôt frigorifique de la Bourse du Commerce
- (Daniel Bellet)....................................
- Tramways à traction mécanique (L.-Pierre Guédon) . . Ecole wurtembergcoisc des arts de la construction
- (P. de M.).........................................
- Bicyclette et force centrifuge (Henri de Thiersant). . .
- Le carburateur Krcbs (L. Baudry de Saunier)...........
- Moteur à acétylène (J. L.)............................
- Le Métropolitain, ligne circulaire nord (R. Bonnin). . . Les travaux du Métropolitain sur la place de l'Opéra
- (R. Bonnin)........................................
- Essais de grande vitesse aux Etats-Unis...............
- Le nickel au Canada (Jules Garnier)...................
- Les nouvelles motocyclettes (Raoul Marquis)...........
- Les nouvelles locomotives à grande vitesse de la
- Compagnie d’Orléans................................
- Moteurs à pétrole à bord d’un bateau de pêche (J. L.)..
- Le bûcheron automatique (Daniel Bellet)...............
- Dessinateur universel (R. Bonnin).....................
- Traction mécanique des tramways (L,-Pierre Guédon) .
- Un broyeur à charbons (F. Colomer)....................
- Chemin de fer aérien (J.-F. Gall).....................
- La tour de l’horloge de Soleure (J. Reverchon) .... Le chemin de fer le plus septentrional du monde (D. B). L’industrie des tôles perforées (Pierre de Mériel). . .
- Les dépôts de locomotives (D. B.).....................
- Briquettes suédoises en sciure de bois (L. L.)........
- L’acétylène et l’éclairage des wagons (Daniel Bellet).
- Les rails en acier au nickel (R- B)...................
- Transmissions par courroies (J. Laffargue)............
- Un des plus vieux ponts de chemin de fer (D. B.) . . Les monuments égyptiens et le barrage d’Assouan (Pierre
- de Mériel).........................................
- Le carburateur Slhenos (L. Baudry de Saunier) ....
- Le métropolitain souterrain de New-York...............
- Transporteur aérien de bagages........................
- Utilisation de la chaleur solaire.....................
- Chemin de fer électrique de Manchester à Liverpool.
- Le pétrolagc des routes en Angleterre.................
- Nouvelle gulta artificielle...........................
- Édifices en papier.................................... .
- Les automobiles sur le réseau P.-L.-M.................
- Briquettes à la fécule................................
- Un canot automobile actionné par une hélice
- aérienne...........................................
- Les graisses consistantes.............................
- Effet comparé des freins à air et des freins électriques sur les tramways.................................
- 4
- Pi
- 28
- 35
- 39
- 49
- 54
- 58
- 03
- 08
- 371
- 113
- 118
- 119
- 123
- 129
- 134
- 157
- 104
- 167
- 173
- 176
- 177 179 183
- 225
- 230
- 231 259
- 202
- 207
- 269
- 271
- 277
- 283
- 287
- 201
- 291
- 299
- 301
- 515
- 585
- 587
- 388
- 400
- 401 415
- 14
- 30
- 78
- 78
- 79 127 142
- 142
- 143
- 159
- 174
- 174
- Propriétés du béton fretté.............................192
- Elasticité des aciers au nickel.................... 207 *
- Nouveau régulateur de vitesse......................‘i07
- Principes de géométrie.............................223
- Utilisation de puissance perdue.................... 239
- Incendie de l'usine du Niagara.....................254
- Moteur à gaz compound .............................270
- Ligne électrique de la gare d'Orsay à Juvisy ... 518
- Industrie de la construction des locomotives aux
- Etats-Unis.......................................318
- Dragages par succion...............................535
- Câble porteur de 900 mètres......................... 535’
- Les roules ferrées.................................560
- Tramway électrique du Mont-Blanc......................582
- Puits artésien de Cadillac-sur-Garonne.............598
- Transport des denrées en wagons réfrigérants . . . 599
- Briques au tanin......................•............3(19
- Sciences naturelles. — Zoologie. Botanique. — Paléontologie.
- Le gui et ses légendes (P. IIariot).................... 1
- Le froid et les migrations des oiseaux (Henri Coupix). . 5
- Le cocotier (V. Brasdicourt)............................... 27
- Le pin de la Bastide du Bois........................... 27
- Les bembex (Henri Coupin) . ........................... 65
- Dressage des animaux sauvages (A. Tissasdier).......... 70
- Les gépbyriens (Henri Coupin).............................. 91
- Le criquet marbré (A.-L. Clément)......................... 97
- Le mimétisme et la littérature (V. Brandicourt) . . . . 102
- L’industrie du chiendent...................................118
- Les migrations de la sardine et la crise sardinière (P.
- de M.)..................................................138
- Emploi des fils d’araignée dans les instruments d’optique
- (À.-L. Clément).........................................143
- Le ver des pommes (Lucien Iches)...........................145
- Bananiers africains (J. Dyiioxvski).......................228
- Entretien des éléphants (V. Brandicourt)..................230
- Tonneaux de liège (Daniel Bellet)..........................240
- Serres galeries du domaine royal de Lac ken (Albert Mau-
- mené)...................................................101
- Un appareil primitif pour effrayer les animaux sauvages
- (Dr L. Laloy)..............“........................192
- Modifications artificielles du géotropisme des racines
- (Georges Bellair).......................................251
- Plantes parasites singulières (Henri Coupin)..............279
- Loups blancs (J. Schiôtt).................................289
- Les hyménoptères parasites (Henri Coupin)..................297
- Les mouches à scie (Henri Coupin).........................505
- La chasse à la baleine (Charles Rabot).................514
- La fleur à hélice (Dr C. Matiiis).........................325
- Le déboisement dans les Pyrénées (Dr L. Laloy). . . . 523 Les plantes toxiques indigènes (Léon Devyreu .... 525
- Les masticatoires (II. Coupin)............................539
- Rivages maritimes et végétation (Dr L. Laloy).............340
- Le bananier (V. Brandicourt)..............................558
- Trotteurs normands et trotteurs américains (Paul Mégnin) 562 Le froid industriel en horticulture (Albert Maumené). . 369
- Tabac à mâcher (II. C.)....................................571
- Les étourneaux (Ë. Heniiiot)..............................575
- Un cheval sans bras (P. Mégnin)...........................583
- Les bêtes qui ouvrent les portes (H. Coupin)..............379
- Exhumation et transfert d’un cadavre de mammouth en
- Sibéiie (L. Ei.bée).................................... 591
- Le Moineau (E. Henriot)...................................403
- L’aconit (Léon Devyreu)...................................410
- Les oiseaux et les épidémies.............................. 95
- L'intelligence des rats...................................145
- Production et commerce du cachou dans l'Inde. . . 159
- Origine des espèces végétales............................ 159
- Les vignobles d'Australie..................................174
- Utilité de la bête à bon Dieu..............................175
- Echelles à poissons........................................222
- ’ *
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-
-
-
- 426
- TABLE DES MATIÈRES.
- Origine des mollusques...........................223
- Découverte de fossiles...........................223
- Conditions du greffage..........................230
- Effet du sectionnement des embryons de graines . . 239
- Dislocations géologiques........................254
- Découverte d’un mammifère fossile inconnu .... 271
- La fleur-poupée.................................302
- Lézards bipèdes.................................303
- La fermentation par les levures acclimatées. . . . 318
- Un nouveau gazon..................................318
- Fumier de bois..................................550
- Inondations et déboisement......................550
- Culture du riz en France........................350
- Culture de la truffe..............................367
- Reproduction de la truffe.......................567
- Les pigeons voyageurs dans l’Afrique du Nord. . . 382
- Action de l'aldéhyde formique sur la végétation . . 583
- La Rrunissure de la vigne.........................415
- La destruction de l’altise de la vigne..........415
- Placement du mesosaurus dans l'enchaînement animal...............................................415
- Géographie. — Voyages d’exploration.
- Un village aragonais (Lucien Briet)...................... 19
- Le canal de Fréjus (Georges Cave)........................ 56
- Les lacs de la Munia (Lucien Briet)...................... 59
- La mission géodésique française de l’Equateur (L‘ G.
- Terrier)............................................... 82
- Frontière cbilo-argentine (M.)........................... 98
- Le grand barrage d’Assouan et les irrigations du Nil
- (Daniel Bellet)...................................... 104
- La spéléologie d’Homère (L. de Launay)..................116
- La Loire navigable (Paul Aimé)..........................159
- Le Panorama du Puy-de-Dôme (J.-B. Plumandon) . . . 155
- L’exploration du docteur Sven Hedin en Asie centrale
- (Ch. Babot).......................................... 181
- Minerve (Hérault) (E.-A. Martel)........................246
- L’Oued Mzab (Sahara algérien) (Lucien Jacquot)..........275
- Le Holl-Locb (Suisse) (Ë.-A. Martel)....................510
- Les monuments égyptiens et le réservoir d’Assouan
- (Pierre de Mériel)....................................401
- Le percement du tunnel de Gravehalsen (Ch. Rabot). . 543
- Carte de France au cinquante-millième................... 47
- Exploration sous-marine.................................145
- Le mont Mac-Kinley......................................174
- Exploration de l’Afrique centrale.......................225
- Etal des travaux de la mission géodésique de l’Equateur.................................................503
- Anthropologie. — Ethnographie. Sciences préhistoriques.
- Les mégalithes des dunes comme repères de chronologie
- (Marcel Baudouin).................................... 40
- Les mégalithes sous-marins (Marcel Baudouin)............209
- Image du soleil de lage du bronze (Jules Schiôtt) . . 211
- Les records de la taille humaine (II. Coupin)........394
- Dessins d’animaux de Vépoque préhistorique. . . . 127
- Origine des races européennes.......................... 159
- Un homme préhistorique en Amérique......................259
- Histoire de l’homme fossile.............................519
- Aéronautique.
- Un délcsteur automatique pour ballons libres (Léon
- Parce)............................................. 53
- Exposition aéronautique au grand Palais (A.-T.) . . . . 62
- Aérostats au long cours (Z.)....................... 99
- Les ballons-sondes (J.-F. Gall)....................171
- Les expériences aérostatiques sahariennes (Léo Dex). . . 180
- Monument aux aéronautos du siège de Paris (A. Tissan-
- dier)............................................. 305
- Le ballon Lebaudy (L'-colonel Espitai.lif.r).......557
- Le ballon « Léo Dex ».........................126, 143
- Notices nécrologiques.
- Histoire de la Science.
- Origine de l’Académie des sciences (Capitan)....... 10
- P.-P. Dehérain (L. Maquenne).......................... 51
- Alexandre Bertrand.................................... 46
- P. Hautefeuille (I). Cernez).......................... 47
- Le monument Henri Gilfard (II. de P.).................107
- Albert llénocque (J.-F. G.)...........................111
- M. le docteur Laborde................................ 518
- Louis de Bussy (H. de Par ville)......................368
- Sociétés savantes. — Congrès et associations scientifiques. — Expositions.
- L’exposition d’aviculture (Paul Mégnin)............... 14
- Séances de l’Académie des sciences (Ch. de Villedeuil),
- 15, 31, 47, 62, 79, 95, 111, 127, 143, 159, 175, 191,
- 223.239,254, 303, 351, 567, 583,599 .............. 415
- "Le Salon de l’automobile (L. Baudry de Saunier) ... 87
- Société française de physique : exposition annuelle (J. L.) 330
- Agriculture. — Acclimatation. Pisciculture.
- L’école nationale supérieure d’agriculture coloniale
- (Georges Cave)........................................ 17
- Nos volailles en Angleterre (Pierre Mégnin)........... 96
- L’énergie hydraulique en agriculture (Georges Cave). . 147
- Industrie du beurre à l’étranger (Cii. Rabot).........227
- Pisciculture du lavarel (G. de Lesseux)..................234
- Laboureusc automobile (Georges Caye).....................257
- La maladie du châtaignier................................212
- Un parasite des mandarines (A.-L. Clément)...............215
- L’électroculture (E. Guarini)............................245
- Transport du poisson vivant (R. Bonnin)..................267
- Légumes japonais (Albert Maumené)........................294
- Une exploitation fruitière modèle (Albert Maumené) . . 327
- Etat de la question piscicole en 1902 (V. M.).........550
- Acclimatation naturelle d’espèces........................ 15
- Le champignon du black-rot............................... 95
- Deux parasites de la vigne...............................175
- Une maladie du châtaignier............................. 192
- Échelles à poissons......................................222
- Récoltes des vins en France..............................254
- Industrie du lait refroidi en Allemagne..................554
- Ravinements et reboisages................................335
- Art militaire. — Marine. — Guerre.
- Los nouveaux feux-flottants des côtes de France (Daniel Bellet)...........................................151
- Canon démontable Vickers-Maxim (L'-Colonel Dei.auney) . 241
- Bouées lumineuses (Daniel Bellet).........................295
- Eclairage par incandescence dans les phares (Daniel Bellet) ..................................................303
- Le Kaiser Wilhelm II (Daniel Bellet)................ 407
- Contre-torpilleurs suédois............................. 79
- Variétés. — Statistiques. — Généralités.
- Concours d’enseignes (A. Tissandier)...................... 29
- Histoire des jouets (A. Tissandier)....................... 45
- Forme primitive des 9 premiers chitfres arabes (Mis de Ca-
- marasa)............................................... 58
- Les nouveaux sports américains (W. Drancourt). . . . 108
- Lauréats des prix Henri Schneider de 1902 ............. 110
- Le maquillage des statuettes en plâtre (Caroi.us Cari.) . 111
- Une automobile ambulance (Albert Tissandier) .... 160
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-
-
-
- f.
- TABLE DES MATIÈRES. * 427
- Géopliages et terres comestibles (Jacques Iîoyer) . . . 186
- Conserves américaines (D. R.)..........................187
- Statistique de la houille..............................194
- Pour boucler la boucle (Léo Robida)....................243
- Perles curieuses (A.-A. Fauvel)...........................255
- La marche sur la tète (W. Drancourt)...................266
- Acrobatie cycliste (AV. Drancourt)........................315
- La fabrication des tapis en Algérie (Daniel Bellet) . . 521
- Un chef-d’œuvre de l’art grec (Édouard Bonnaffé) . . . 333
- Les carrosses de la cour à Lisbonne (A. B.)............335
- L’extrême division du travail (Jean Vézy)..............546
- La notion du temps chez les animaux (Lucien Jacquot). 548
- Pneumatiques pour automobiles (G. Mares)..................351
- Le labyrinthe de Crète (Franz de Zeltner)..............356
- Un homme supportant une automobile (W. Drancourt) . 364
- Expériences sur les dix premiers nombres (I)elauney) . 365
- Vignettes d’allumettes japonaises (Dëlauney)..............596
- Les progrès de la bicyclette (V. Turquan)..............410
- L’horloge de la Bibliothèque nationale (A. Tissandier) . 415
- Approvisionnement de lait à New-York..............350
- Les anciens fumaient-ils?.............................350
- Salaires et prix du charbon...........................351
- Navigation sur le lac Titicaca........................351
- Industrie des boutons en nacre d'eau douce........ 14
- Un record original.................................... 31
- Le prix Nobel en 1902............................. 46
- Bouteilles et pantoufles en papier................ 78
- Enveloppe à l’épreuve du cabinet noir............. 78
- Le pètrolage des routes en Angleterre............. 79
- Le marché des fourrures de Leipzig................ 79
- Les pêcheurs bretons..................................158
- Le Looping the Loop...................................191
- Le transsibérien et la colonisation.................. 239
- Incendie de l'usine du Niagara........................254
- Le travail le mieux payé du monde.....................254
- Lecteurs trangers dans les Universités................303
- FIN DES TABLES
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-
-
-
- ERRATA
- Page 123, col. 2, ligne 45. Au lieu de : sept fois le
- poids.
- Il faut : au y du poids.
- Page 275, col. 2, ligne 60. Au lieu de : 1895
- Il faut : 1875.
- Page 287, col. 1, ligne 24. Au lieu de : 2550 kgm ou
- 34 chevaux.
- Il faut : 2550 kgm.
- Page 336, légende de la figure 1. Au lieu de : construit à Paris en 1717.
- Il faut : construit à
- Rome en 1717.
- Page 383, col. 1, ligne 13. Au lieu de : M. le capitaine
- Gardon.
- Il faut : 51. le capitaine Gaden.
- Paris. — imprimerie I.aiiube, rue de Fleuras, 9.
- p.428 - vue 432/536
-
-
-
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Edmond Perrier a été élu, le 26 novembre, représen-Uant, au Conseil supérieur de l’Instruction publique, du Muséum •d’histoire naturelle, en remplacement de M. Albert Gaudry, démis--sionnaire.
- —<g>— On attend, en ce moment, le huitième retour de la comète ale sept ans et demi que M. I’aye signala en 1843, et dont toutes les apparitions ont eu lieu jusqu’ici avec la régularité et la précision qu’ont les planètes mêmes. Ces comètes à marche régulière ne sont iguère visibles k l’œil nu : il faut, pour les apercevoir, le secours aies instruments des observatoires.
- —®— La comète Perrine, que l’on a pu apercevoir k l’œil nu, «l’est plus visible depuis quelques jours k l’Observatoire de Paris, même avec lés plus puissantes lunettes, par suite de son trop grand -voisinage du soleil. Elle ne réapparaîtra jamais, puisque son orbite, qui est parabolique, n’est point une courbe fermée. Depuis le 23 novembre, elle s’est éloignée rapidement du soleil, et le 30, elle est passée dans le voisinage de Mercure qui est lui-même très rapproché de l’astre. Cette circonstance modifiera probablement son orbite; -on pourra s’en rendre compte dans l’hémisphère austral où des préparatifs sont faits pour son observation. La queue, qu’on avait tant de mal k apercevoir, même avec de fortes lunettes, a été photographiée dans plusieurs observatoires, notamment k Starfield (Angleterre) par M. et Mme Isaac Robert. Sa longueur est de 3°. ce qui montre que l’espace illuminé derrière l’astre avait un volume égal k U) 000 fois celui du globe terrestre.
- —®— A la séance du 9 octobre de la Commission du Vieux Paris, le Dr Capilan a montré k ses collègues des échantillons de platras qu’il venait de recueillir sous la place de la République k 9 mètres (le profondeur dans la galerie en voie de creusement pour le Métropolitain. Ces platras provenant d’anciennes constructions étaient noyés au milieu d’une vase noire indiquant un ancien marécage ne remontant guère au delà du Moyen Age. Or, sur ces platras, on voit de nombreux et fins cristaux de soufre rappelant ceux des terrains volcaniques. On peut supposer que les microbes réducteurs du marécage ont transformé le sulfate de chaux du plâtre en sulfure de calcium, k son tour décomposé avec mise en liberté d’acide sulfhydriqüe lequel, comme on sait, se détruit très facilement et laisse déposer son soufre. Ainsi pourrait s expliquer la genèse de ce curieux phénomène.
- —®— M. Bail, ingénieur k Middletown (Ohio), dans les Etals-Rnis, vient de construire trois automobiles monstres à vapeur qui sont de véritables locomotives. Elles ont coûté plus de 50 000 franc-, chacune. L’une de ces machines qui vient d’arriver k New-York pèse 2300 kg environ; elle est longue de 3 mètres et son moteur est de 24 chevaux. La chaudière possède 985-tubes et sa surface a 16 mètres carrés. Le moteur est horizontal et est k 4 cylindres. Les roues, d’égal diamètre, sont garnies de solides pneumatiques. La marche normale de ce véhicule qui n’a pas été construit pour la vitesse n’est que de 56 km k l’heure ; mais, d’après l’ingénieur, on peut faire jusqu'à 128 km à l’heure.
- —®— On poursuit à Christiania les préparatifs en vue de l’expédition polaire qui partira au printemps prochain pour découvrir la position actuelle du pôle Nord magnétique Comme on sait, le pôle magnétique a été découvert en 1831, par l’explorateur Ross jeune, sous le 70° 5' 5" de latitude boréale et le 96° 45' 3" de longitude. Depuis cette époque, le pôle magnétique doit avoir changé de position. La nouvelle expédition sera commandée par le capitaine Roald Amundsen, qui avait pris part à l’expédition belge du pôle Sud. L’expédition, équipée pour une absence d’au moins deux ans, dispose d’un vaisseau relativement petit, mais extrêmement fort, le Gjoa.
- —®— Pour 17 millions de francs de locomotives! Exactement, la valeur de cette commande est de 3 250 000 dollars, ce qui n’équivaut pas tout à fait à 17 millions de francs : elle vient d’être laite par une des grandes compagnies américaines, la Pennsylvania Railroad Co, aux fameux chantiers Baldwin. Il s’agit de 250 locomotives à marchandises, qui devront être livrées avant la fin du premier semestre de 1903. On sait que les compagnies américaines aiment mieux renouveler complètement leur matériel que de le réparer, pour profiter des progrès des constructions mécaniques.
- —®— On sait l’importance qu’ont les courses de yachts en Angleterre, et l’enthousiasme qu’excite notamment la fameuse coupe de Y America, dont nous avons parlé en détail ici même. Qu’on ne s’étonne pas de l’intérêt qu’on leur porte, quand on songe que, dès le dix-septième siècle, un des souverains de la Grande-Bretagne, Charles II, fut un passionné de ce sport. Imitant du reste la reine Elisabeth, qui avait son yacht de promenade, et aussi Jacques Ier, Charles II faisait courir son yacht contre des bateaux hollandais, et il fit plus tard construire, pour son service personnel, une série de voiliers de grande vitesse. Ajoutons qu’en 1720, fut fondé en Angleterre le premier Yacht-Club, sous le nom de a Royal Cork ».
- —®— L’Exposition Internationale d’oiseaux et d’animaux de basse-cour, de chasse et de faisanderie, organisée par la Société Nationale d’Aviculture de France, dans les serres de Cours-la-Reine, a dépassé comme importance et intérêt toutes celles qui ont eu lieu jusqu’ici. Parmi les quatre mille sujets envoyés au Concours par tous les grands éleveurs de France et de l’Etranger, figuraient de véritables merveilles d’un grand prix. L inauguration officielle, sous la présidence du ministre de l’Agriculture, a eu lieu le vendredi 28 novembre à 3 heures. Nous donnons plus loin dans ce numéro un compte rendu sommaire de l’Exposition du Cours-la-Reine.
- —®— Le problème de la construction d’une chaudière à vaporisation instantanée sans tubes capillaires semble avoir été réalisé par la « Société générale de vaporisation » dont le générateur consiste en un certain nombre d’éléments réunis par des raccords. Chaque clément est constitué par une masse d’acier de forme allongée dans laquelle on a ménagé un vide sinueux. On aurait là, d’après M. Le Verrier, professeur au Conservatoire des Arts et Métiers, une chaudière inexplosible au sens rigoureux du mot, les éléments sont capables de résister à des pressions élevées sans déformation possible même s'ils sont portés au rouge. D autre part, la grande épaisseur de métal employée empêche la formation de fissures et permet d’emmagasiner une grande quantité de chaleur. Les essais de vaporisation ont ôté très satisfaisants.
- —®— La « Nortli Eastern Ilailway Company » d’Angleterre se propose d’adopter la traction électrique pour une partie de son réseau situé sur la rive gauche du Tyne et comprise entre Newcastle et Tynemouth. C’est la première fois en Angleterre qu’une grande Compagnie de chemins de fer s’occupe sérieusement d’employer l’électricité pour la traction. L’établissement entre Newcastle et Tynémouth d’une ligue rivale de tramways électriques actuellement presque complètement construite n’est peut-être pas étranger à cette mesure. Chaque train comportera 2 voitures automotrices et une voiture de remorque. La vitesse moyenne sera de 35 km à l’heure environ. II y aura en tout 47 trains en circulation. Sur une partie de la ligne on se servira de locomotives électriques pour remorquer sur une distance de près de lkm,5 des trains de marchandises de 150 tonnes chacun que reprendront ensuite les locomotives à vapeur. Les voitures à voyageurs auront .15 mètres de longueur totale et 10 mètres entre les centres des bogies. Chaque voiture comprendra 8 compartiments, sans compter l’espace réservé au conducteur. La capacité d’un train sera de 204 voyageurs. L’énergie électrique sera fournie par la station delà « Newcastle Electric Supply Company ». Le courant sera triphasé et distribué sous 6000 volts et 40 périodes. Des commutatrices abaisseront la tension à 650 volts continus.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible qqe dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le «block-notes », appareil photographique de poche, est construit par MM. Gaumont et Cie, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- Communications. — M. H. C, à Avignon, nous adresse la lettre suivante : « Dans nn article du numéro du 15 novembre, il est décrit une vieille locomotive (locomotive Seraing) qui possède deux cheminées, une à l’avant, l’autre à l’arrière. L’auteur de l’article dit que cette disposition ne se trouve dans aucune locomotive moderne. Je me permettrai de faire observer que le type le plus récent des locomotives adoptées par le service de l’artillerie, en France, est une machine à deux cheminées et à foyer central, qui ressemble beaucoup à la machine Seraing. Cette disposition a pour but d’éviter que les tubes cessent de plonger dans l’eau quand la machine est sur une forte pente ; les machines de l’artillerie ont à gravir des pentes que l’on n’aborde jamais dans les voies ferrées non militaires, qui ne sont pas soumises aux multiples conditions que doivent satisfaire les voies stratégiques. »
- AI. L. Van den Hoff, à Liège, nous écrit que l’on vient de découvrir du sel gemme dans le Limbourg belge, au sondage de Beeringen à 950 mètres de profondeur. La communication officielle de cette découverte en a été faite à la Société géologique de Belgique, ayant son siège, à Liège. Le sondage de Beeringen avait pour but la recherche du charbon, dont la présence est signalée en différents points de la province en assez grande quantité.
- Un lecteur nous signale une capucine à fleurs doubles. Cette plante a été obtenue en Allemagne vers 1880. Elle est fort peu répandue. On la multiplie par le bouturage de ses rameaux fait en automne. Les boutures sont hivernées en serre tempérée et cultivées à l’air libre pendant la belle saison.
- Renseignements. — M. A. Silva, à Pernambuco. — Adressez-vous à la librairie agricole de la maison rustique 26, rue Jacob, à Paris; cette librairie publie plusieurs ouvrages sur les orchidées.
- AI. A. de Joricières, à Paris. — 1° L'adresse de MM. Bradley et Lovezoy est la suivante : à la Atmospheric Product Company, à Niagara (Etats-Unis). — 2° Nous ne croyons pas qu’il y ait encore de concessionnaire en France. — 5° Aucun prix de revient n’a encore été publié.
- M. L. Villedieux, à Saint-Didier en Rollat (Allier). — Vous trouverez des bocaux en verre épais pour conserves, à fermeture hermétique che* M. Kratz-Boussac, 14, rue Martel, à Paris.
- M. Bardot H., à Paris. — Nous avons publié une note sur le traitement acide des rhumatismes dans nos articles d’« Hygiène et Santé ». L’acide citrique se transforme dans l’estomac; il y a génération de sels de soude à haute dose et par suite saturation relative des acides. t-
- M. J. Aguet, à S. Félice Circeo. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons publiés; mais vous pouvez écrire à la direction de l’établissement pour l’élevage de l’autruche, près de Nice.
- M. J. Languereau, à Paris. — Il suffit de tremper les zincs dans de l’eau légèrement tiède; tous les sels se dissoudront aussitôt.
- M. Bruyant, à Orbais-L’abbaye. — Les formules donnent les compositions pour obtenir des couleurs différentes; il faut ajouter la poudre lumineuse. Celle-ci est préparée de la la façon suivante: on lave à l’eau chaude des coquilles d’huître, on les calcine, on les laisse refroidir, puis on les pulvérise en
- enlevant les parties grises, que l’on place dans un creuset en couches séparées par de la fleur de soufre. On lute le couvercle^ on chauffe à feu nu et l’on obtient un produit gris blanchâtre. On retire les parties blanches, on les pulvérise ; cette poudre blanche est jointe au vernis et aux couleurs indiquées. Les objets: peints avec cette peinture devront être exposés durant le jour à la lumière solaire et ils seront lumineux dans l’obscurité.
- M. Ch. de Lagrange, au cercle du Creusot. —La sténodae-tyle Lafaurie, machine à sténographier, décrite dans le n° 155R du 1er novembre 1902, p. 337, se trouve 29, rue Jean-Jacques Rousseau, à Paris.
- Ai. L. Dubois, à Paris. — Voici les formules de bains pour le virage et le fixage des papiers à noircissement direct comme le papier citrate lumière par exemple. Les deux formules suivantes ont été essayées et donnent d’excellents résultats. Virage-et fixage séparés : bain de virage. Eau, 250cm3 ; solution bicarbonate de soude à 10 pour 100, 20cm3; solution de nitrate d’urane à 1 pour 100, 8cm3 ; solution de chlorure d’or à 1 pour 100, 6cm5. Ce bain se prépare une demi-heure avant l’emploi. — Bain de fixage. Eau, 1000cra5; hyposulfite de soude, 200"”3; bisulfite de soude liquide, 20cm3. — Virage-fixage : à préparer chaud. Eau bouillante : ÎOOO™3; hyposulfite de soude, 500cm3 ; alun, 15cm3; acétate de plomb, 2un>3. Laisser refroidir, décanter ou filtrer. Pour le bain, prendre solution ci-dessus, 250 grammes; solution de chlorure d’or à 1 pour 100, 15 grammes.
- AI. J. Kennell, à Londres. — 1° Vous trouverez à la librairie-Béranger, 15, rue des Saints-Pères, un manuel très complet du fondeur en fer ainsi que divers ouvrages de métallurgie. — 2° Consultez Y Annuaire de la Presse française et du monde politique, chez M. Henri Avenel, 80, rue Taithout, à Paris; il donne les titres et les adresses de tous les journaux de la France;
- AI. de B., à Bruxelles. — Les verres de lampes bieoniques, système Paul Bayle, ne se trouvent plus dans le commerce.
- AI. G. Kiihm, à Selsiltigheim. — Nous pouvons vous indiquer le Journal d'Agriculture, à la librairie Masson et Cie ; le prix d’abonnement est de 20 francs par an.
- AI. L. Dexmazières, à Auby-lez-Douai. — Nous ne savons ce que vous voulez dire exactement par pâle de verre.
- AI. B. iV., à Constantinople. — 1° 11 faut compter environ
- 10 lampes à incandescence de 10 bougies pour avoir un bel éclairage. — 2° Les piles ne peuvent fournir d’une manière régulière la puissance nécessaire à cet éclairage.
- AI. A. Leroy,h X.— Nous ne pouvons publier les observations-des observatoires régionaux.
- AI. B. Brouet, à Saint-Mihiel. — Il faut faire un mélange intime de toutes les substances, etlaisser dessécher; on obtient alors une poudre qui sert à dorer le cuivre.
- AI. Hippolyte Normant, à Romorantin. — 1° Il existe un grand nombre de lampes à arc d’une intensité lumineuse de 1000 bougies; nous vous citerons les maisons suivantes : M. Bardon, 61, boulevard National, à Clichy (Seine); AIM. Vi-greux et Brillié, 30, boulevard de Villiers, à Levallois-Perret (Seine). — 2° 11 est facile de faire disposer un disjoncteur qui coupe le circuit au passage du courant alternatif. — 3° Nous ne savons pas de quel système d’arc vous voulez parler. — 4° MM. Japy frères, 7, rue du Chàteau-d’Eau ; MM. Cance et fils, 5, rue Saint-Vincent-de-Paul, à Paris. — 5° L’arc électrique convient surtout pour un éclairage intense.
- M. G. C., à X. — Fabricants de tresses carrées en coton, chanvre, amiante : M. Alexandre, 11, rue Etienne-Dolet ; M. Saurel, 67, avenue Ledru-Rollin, à Paris.
- AI. L. F., à Paris. — Pour ce qiii concerne les prismes Luxfer, adressez-vous à la Société des verres Luxfer, 201, quai de Valmy, à Paris.
- Questions. — N° 1258. —M. J. Luce, à Grasse, nous demande une formule pour virer au bleu, dont les nuances peuvent varier suivant l’intensité des clichés employés, les épreuves sur papier au gélatino-bromure.
- N° 1259. — M. A. Poiteau, à Lille, nous demande la composition d’un liquide qui ne gèle pas jusqu’à — 15°, qui n’attaque pas le zinc, qui soit d’un prix modéré et qui réagisse sur le carbure de calcium.
- Accusés de réception. Avis divers. — M. D. B., à Paris.
- 11 faut faire l’analyse complété de celte matière. — M. Leront, à Nantes. — Cette question est traitée dans tous les ouvrages de physique; remerciements. — M. Durand, à Lille. Nous vous conseillons de consulter une agence de brevets,— M. L. G., à Paris; M. Dubois, à Nice; M. Legrand, à X. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. G. Thit’oust, à Lyon. Cette recette est indiquée dans le même petit livre que ci-dessus, 3* série, à la même librairie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS1
- Phare « Radius ». — M. Alexandre, qui s'occupe depuis longtemps déjà d’éclairage à l’acétylène pour les lanternes à projections, a étendu récemment sa fabrication aux phares destinés aux voitures automobiles. Le « Radius », qu’il nous a présenté, nous paraît remplir d’excellentes conditions de bon fonctionnement. La lanterne, munie d’un réflecteur parabolique et d’une lentille entre lesquels se trouve le bec brûleur, envoie un puissant faisceau de rayons lumineux. A l’arrière et faisant corps avec elle se trouve le générateur. 11 se compose d’un réservoir A dans lequel on met l’eau par la tubulure E; au milieu se trouve une cloche B dans laquelle on introduit le carburateur à alvéoles. Celui-ci est un cylindre D dont les parois portent des trous C disposés en différents points de la hauteur du cylindre et fermés pav une matière poreuse ; c’est dans ce cylindre que se place le carbure de calcium. On obtient ainsi
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- Phare « lladius
- une sorte de cartouche qui se glisse dans le générateur. On comprend, par l’inspection de la figure, que dès que l’eau arrive, par l’alvéole inférieure, à mouiller le carbure, l’acétylène se dégage et la refoule hors de la cloche B si le robinet de dégagement est fermé ; il y a alors arrêt dans la production du gaz. Lorsqu’on ouvre le robinet l’eau vient au contact du carbure proportionnellement à la consommation du gaz, le fonctionnement est très régulier. Avant de se rendre au brûleur l’acétylène, au sortir de la cloche B, est amené dans un épurateur, qu’on voit sur le côté de l’appareil, où se condense la vapeur d’eau ; un tube qui prend naissance en haut de l’épurateur et débouche par le bas amène le gaz ainsi purifié au brûleur. Le constructeur fait sur le même principe un générateur séparé qui permet d’alimenter plusieurs lanternes, Les cartouches à alvéoles poreuses permettent le rechargement des appareils avec une grande facilité et sans aucun nettoyage. — Le phare Radius se trouve chez M. Alexandre, 55, rue Blanche, Paris.
- Garde-places système Veignault.—Cet appareil sert à retenir une place en chemin de fer, bateau, voiture, garage de bicyclettes ou d’automobiles; il assure la place retenue d’une façon indiscutable ; il est d’un mécanisme robuste et peu compliqué, sous un petit volume, et peut être manœuvré directement par la personne qui retient sa place. Il se compose d’une boîte métallique A qui est fixée, à l’aide de pattes B, au-dessus de la place à garder. Dans la partie supérieure de cette boî.e est pratiquée une fente C permettant d’introduire soit un billet de chemin de fer, soit un ticket spécial. Sur sa face antérieure, la boîte A porte un numéro d’ordre ou un signe distinctif, très apparent; au-dessous de ce signe est ménagée une ouverture vitrée S permettant de voir, après l’introduction du billet, le nom de la gare destinataire. Une manette placée sur le côté de la boîte sert, une fois le billet introduit à fond dans la fente, à permettre de couper le talon dudit billet portant le nom de la gare destinataire, en même temps que s’imprime à sec, au verso de la partie du billet que conserve la personne qui désire garder la place, le numéro ou le signe dis-
- * I.a description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- tinclif inscrit extérieurement sur la face de la boîte. A cet effet, l’intérieur de la boite A est divisé en deux compartiments par une cloison E, au-dessus de laquelle coulisse un bloc b, dont les flancs sont traversés par un excentrique G disposé sur l’axe H de la manette. Le bloc F porte au niveau de la cloison E une lame tranchante I et, vers le milieu de sa hauteur, un poinçon M gravé d’un signe approprié. La fente C, à travers laquelle on introduit le ticket, est prolongée par un conduit formé par une cloison J, à travers laquelle sont ménagées deux lumières laissant passer respectivement le poinçon M et le couteau I. Deux petits ressorts B, placés dans le conduit du ticket et au niveau du couteau I, empêchent le talon coupé du ticket de pouvoir être retiré par le haut. Le fond de la boîte est fermé à clef par une porte P permettant à la personne préposée à ce service de retirer le talon du ticket resté dans le compartiment inférieur de ladite boîte, et visible à l’extérieur à travers la glace S. La personne qui veut garder une place introduit son billet dans la fente C de la boîte et agit sur la poignée; par cette action l’excentrique G fait déplacer le bloc F qui, avec le couteau I, coupe le billet et, par le poinçon M,
- Garde-Places, système Vcijjuault.
- imprime au verso le numéro ou le signe distinctif de cette boite. La place sera ainsi retenue jusqu’à la gare destinataire où un agent de la Compagnie pourra seul retirer le talon. Il n’y aura ainsi aucune contestation possible, en cours de route, et, avec ce système, il ne pourra être retenu qu’une place par billet. Pour les garages de bicyclettes, une chaîne fixée sur le coté de la boite permet d’emprisonner une des roues; l’autre extrémité de cette chaîne vient s’engager dans un verrou à ressort placé dans l’intérieur de l’appareil. La bicyclette ne pourra ainsi être livrée que par un agent du garage sur le vu du billet du détenteur de la machine. — Le garde-places est construit par M. L. Chaffal, 17, quai de Grenelle, à Paris (XVe).
- Attache-notes. — Les notes sur un bureau doivent, toujours être mises en place, et classées. Il faut, pour obtenir ce résultat, rassembler constamment toutes les notes ensemble, ne pas les laisser s’égarer et les réunir toutes à une même attache. Celte dernière présente souvent des inconvénients; il
- Attache-notes.
- faut prendre la pince dans une main, avancer les papiers, les fixer sous la pince. Il n’en est plus de même avec le nouvel attache-notes que nous signalons. Ce dernier est formé d’nne lame de cuivre fixée sur une lame de ressort. Il suffit d’appuyer un papier sur la lame de cuivre; une pince se soulève aussitôt et lorsqu’on a placé le papier à l’endroit voulu vient se rabattre et le maintenir en place. — L’attache-notes se trouve chez M. Louis Guillemot, 73, rue Saint-Louis-en-l’lle, à Paris.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Vernis non efftorescent pour meubles. — Certaines publications allemandes recommandent le mélange suivant comme donnant un excellent vernis pour meubles, vernis qu’on applique finalement sur des bois déjà polis. On mélange 3 parties d’alcool avec 7 parties de benzine, et, dans un litre de ce liquide, on fait dissoudre 8 grammes de benjoin et 16 grammes de sandaraque.
- Eau de fleurs d’oranger trouble. — Assez souvent l’eau de fleurs d’oranger présente cet inconvénient de se troubler fortement et de prendre une sorte d’apparence nuageuse et même quelque peu mucilagineuse. On nous affirme que, pour la clarifier complètement, il suffit de l’agiter avec du sable qui a été au préalable bien bouilli avec de l’acide chlorhydrique, lavé à l’eau et chauffé au rouge. La proportion convenable de sable à employer est de 100 grammes par litre d'eau de lleurs d’oranger.
- Margarine à goût de beurre. — Nous n’avons pas de remords, car les fraudeurs doivent connaître cette méthode, et, d’autre part, il peut être utile d’avoir un moyen de donner un goût agréable à la margarine quand on ne possède pas de beurre naturel. Le procédé est indiqué par Pope : il consiste à ajouter à la margarine un acide gras qu’il obtient par saponification du beurre, décomposition du savon et distillation dans le vide à 60° C. L’addition de la substance se fait dans une émulsion des graisses avec du lait.
- Utilisation du dépôt d'huile de lin. — Quand on conserve longtemps de l'huile de lin, elle forme un dépôt qui n’est généralement pas utilisé et qui contient des substances mucilagineuses dont l’effet, dans l’huile de lin non reposée, est précisément d’en retarder la dessiccation. Or la publication Colonialwaaren Zeitung signale ce fait que ce sédiment, mélangé avec un vernis à l’huile de lin* constitue une excellente matière première pour la fabrication de potées.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES I>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL J4LITE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 24 n ivembre . 5",0 S. 3. Couvert. 0,0 Couv. ; brouill. jusqu’à 8 h. ; pluie de 15 h. 13 à 22 b.
- Mardi 25 8",9 S. 4. . Quelques éclaircies. 3,0 beau de 10 b. à 12 b. ; presque couv. avant et après ; un peu de pluie.
- Mercredi 26 8°,2 E. N. E. 3. Couvert. o7> Couv. ; pluie de temps en temps le matin ; brouill. dans la soirée.
- Jeudi 27 7°,2 N. N E. 0. Couvert. 1,6 Couv. ; brouill. dans la matinée ; très brum. le soir; un peu de pluie le matin.
- Vendredi 21 5’,8 S. 4. Très nuageux. 0,7 Rosée ; couv. jusqu’à 13 b. ; puis nuag. ; beau après 17 b. pluie de 12 h. 45 à 13 b. 45.
- Saine li 29 5“,0 S. S. E. 5. Couvert. 0,6 Rosée ; très nuag. le matin ; couv. le soir ; pluie de 15 b. à 22 li. 30.
- biunm'br 5 ) 9 ’,6 . S. S. F. 5. Couvert. 6,2 Couv. ; pluie les tro.s quarts du tmips.
- NO E :B3E 1303 — S MALNE OU LUNDI 21 AU DIMANCHE 50 NOVEMBRE.
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- OIKOMQUE METE0R0L01ÎIÜUE
- Tempêtes, pluies. — Pendant la semaine du 21 au 30 novembre, les pluies ont été générales en France. Le 21 novembre une vio’ente tempête a sévi sur les côtes de la Manche et de l’Océan. La température s’est elevée partout excepté dans les pays du Nord. Le 21 novembre, à 7 heures i uN-111’ 011 nota*t a Paris, 17° à Alger, IL0 au puy de Dôme, 0'’ au pic Kon 11 *’ 7~.^° au lnout Ventoux; à Paris, la température moyenne a été de 5 ,9, supérieure de 1°,5 à la normale. Le 25 novembre, les mauvais temps ont persisté sur les côtes depuis la Ilague jusqu’à Biarritz. En France, on a recueilli 28 mm d’eau à Nice, 26 mm à Bordeaux. 21 mm à Lyon, 7 mm a Brest, 4 mm à Paris. La température moyenne à Paris a été de 9°,9; le maximum a été de 13°,5 et le minimum de 81". Le 26 novembre, on a recueilli 26 mm d’eau à Biarritz, 23 mm à Besancon, 13 mm à Brest, 9 mm à Croi-sctte, 2 mm a Paris. Dans la nuit du 23 au 26 novembre, on a signalé de nombreux orages sur les côtes de l’Océan, notamment à Biarritz et en Bretagne, ainsi qu a La Roclmlle et aux Sables d’Olonne.
- Le 27 novembre, des neiges ont été signalées en Russie, des pluies sont tombées dans l’ouest et le sud du continent. Fin France, on a recueilli 13 mm d’eau à Brest, 4 mm à Toulouse, 2 mm à Belfort, 2 mm à Cherbourg, 1 mm à Paris. La température s’est abaissée sur la Belgique et la Hollande;
- mais à Paris, elle à été de 7U,8 pour ta moyenne. Le 28 novembre, les basses pressions se sont propagées vers le Sud : le baromètre est descendu de 2 mm à Nantes, de 6 mm à Biarritz et à Perpignan, et de 7 mm à Alger. Des neiges sont tombées dans le nord de l’Allemagne, et des pluies sont tombées dans l’ouest de l’Europe. En France, on a recueilli 14 mm d’eau à Lorient, 10 mm à Boulogne, 4 mm à Biarritz. 4 nuit à Toulon, 1 mm à Paris. La température moyenne à Paris a été do 6°,9 avec un minimum de 5\6. Le 29 novembre, il est tombé 43 mm d’eau à Lorient, 24 nnn à Biarritz, 6 mm à Paris.
- I,a brume À Paris. — D’épaisses ténèbres ont enveloppé Paris dans la matinée du 27 novembre ; le ciel a été tout noir pendant plus d’une heure, de 11 heures à midi et demi, et une brume grise et opaque a plongé les rues dans l’obscurité ; les boutiques avaient allumé comme c;i pleine nuit. Ce phénomène a été expliqué par le Bureau central météorologique comme dû aux brouillards formés à la suite d’une tempête qui sévissait sur l’Océan, occasionnée par des vents du Sud. Après l’accalmie trois dépressions s’étaient, formées, à l’Ouest et au Sud du continent et sur la région parisienne. Les dépressions étaient comblées et les vents avaient cessé. Les vapeurs (l’eau en suspension dans les couches supérieures de l’atmosphère chauffées précédemment par les vents du Sud, se condensèrent alors en brouillards au contact de la fraîcheur dégagée par la surface terrestre.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 39 à 2 b. It m. du malin.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, ira moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Dans la nuit du 3 au 4 décembre, une nouvelle comète îi été trouvée à l'Observatoire de Marseille par M. Giacobini, astronome de cet établissement, déjà célèbre par des découvertes analogues. Cettë comète est encore très faible ; elle est située par lh 17m d’ascension droite et 92 degrés de distance polaire. Elle se rapproche de l’hémisphère boréal, mais elle est actuellement dans f’hèmisphère austral, dans la constellation de'la Licorne, près de l’Equateur et de la voie lactée, bien au-dessous des Gémeaux. On ignore encore s’il s’agit d’un astre nouveau ou du retour d’une des périodiques attendues.
- Depuis leurs retentissantes expériences du ballon dirigeable La France en 1884 et 1885, le colonel et le commandant Renard ont continué, sans trêve, leurs recherches à l’établissement central d’aérostation militaire de Chalais-Meudon. L’Auto-Vélo annonce qu’ils vont mettre en construction, pour le printemps prochain, un ballon dirigeable dont les plans ont reçu l’approbation du Ministre de la guerre. Le voluine de ce ballon sera d environ 3000 mètres cubes et son allongement dans le rapport de quatre fois le diamètre au fort. Comme le dirigeable Jaune des frères Lebaudy, qui paraît avoir doruié de bons résultats, l’aéronat des frères Renard aura son enveloppe en coton double enfermant une feuille de caoutchouc. La résistance de ce tissu sera de 3000 kilogrammes pour un poids de 400 grammes par mètre carré. Les ralingues sur lesquelles seront fixées les suspentes seront en même tissu que le corps du ballon, mais plus fort ; ils porteront 4000 kilogrammes. Le propulseur sera actionné, dit-on, par un moteur électrique ; après de nombreux essais, le colonel Renard abandonnerait le moteur à essence qui a le grave et irrémédiable défaut de consumer par heure de marche un volume considérable de liquide inflammable, d’où un délestage automatique et continuel qui, en nuisant à la stabilité de roule du navire aérien, le met en danger. Le nouveau dirigeable du gouvernement français doublera environ la vitesse de La France; on se rappelle que ce dirigeable revint cinq'fois sur. sept à son point de départ et que sa vitesse propre fut de à la seconde.
- J-®—- La Radiographie, qui est maintenant, à juste titre, si en honneur dans le monde médical, est journellement utilisée dans quatre des hôpitaux parisiens : Neeker, Lariboisière, Saint-Antoine et la Salpêtrière. Les résultats obtenus ont été tellement imporr tants que l’Administration de l’Assistance publique de Paris étudie le moyen d’installer dans tous les autres hôpitaux un laboratoire de radiographie. On estime (pie la création de ces laboratoires occasionnerait des dépenses ne s élevant pas à moins de 140 000 francL
- —#— D’après un câblogramme daté de Fort-de-France, 3 décembre, il résulte des observations constatées à Fonds-Saint-Denis, par la mission Lacroix, que, depuis le 18 novembre dernier, des éruptions successives se sont'produites sans grandes projections verticales. Ces projections sont plutôt plongeantes et consistent en nuages assez denses de cendres et en blocs qui rasent le sol et suivent une direction oscillante autour de la rivière Blanche. Le sommet rocheux du cône, dont, la formation avait été constatée ces temps derniers, s’est effondré.
- —W>~ On vient de découvrir à Chebba, prés de Tunis, une nour velle mosaïque; elle a une hauteur de lm,90, une largeur de 2m,20 et représente Silène au ventre puissant monté sur un âne rétif qui porte une amulette au cou. L’animal,.accablé sous le poids, s’arc-boute sur quatre jambes, refuse d’avanefer, malgré les efforts d’un dieu aux pieds de bouc, qui tire l’âne par les oreilles, et d’un faune qui empoigne la queue et bourre de coups de poing l’animal. Cette scène est rendue avec un mépris des couleurs réelles; les corps des personnages sont bleu foncé, la tète de Silène verte, celle du faune grise et blanche.
- —®— La « Revue générale de chimie pure et appliquée » nous apprend que nous sommes menacés de ne plus avoir de crayons, le cèdre rouge est en train de disparaître ; or c’est cet arbre qui fournit le bois des quatre-vingt-dix-neuf centièmes des crayons qui sont fabriqués de par le monde. On abat environ 125 000 cèdres rouges par an, rien que dans le Tennessee et la Floride.
- —®— On est quelque peu revenu sur cette opinion qu’on ne peut pas maintenir en état un grand port de commerce à force de dragages dans ses chenaux : le fait est que, depuis dix années qu’on drague les passes de Liverpool pour assurer le libre accès des plus grands navires, on a enlevé 28 millions de tonnes de sable dans la Mersey même et 35 millions dans les chenaux de l’estuaire du fleuve.
- —®— Les chauves-souris peuvent-elles transmettre la peste bubonique? M. le Dr B. Gosiô traite cette question dans les Atti dei Lincei. Au cours d’une petite épidémie qui s’est produite récemment à Naples, un bâtiment isolé de tous côtés de la ville par des murs, fut fortement soupçonné d’avoir été le foyer du mal, ét d’aucuns émirent l’opinion que les chauves-souris que l’on voyait constamment voltiger autour de l’édifice n’étaient peut-être pas complètement étrangères à la propagation. M. Gosio fit des expériences. Il inocula du virus à plusieurs individus de l'espèce Yespertilio noctula. Les doses contenaient de 0,5 à 0.05 cm3 de cultures vieilles de 24 heures. Toutes les chauves-souris ainsi traitées moururent en peu de temps. L’autopsie montra que leurs organes étaient riches en bacilles de la peste. Les puces qui pullulent sur les chauves-soiiris doivent aussi répandre les germes pathogènes.
- —#— Nous lisons dans le Yacht : Des expériences fort intéressantes viennent d’avoir lieu à bord des bateaux torpilleurs de la flottille de la Baltique avec des aéroplanes, dits dragons volants, destinés à remplacer sur les navires l’emploi des ballons qui occupent un volume trop considérable. Cinq de ces dragons volants reliés ensemble peuvent enlever facilement un homme à une assez grande hauteur pour lui permettre d’explorer un vaste horizon. Si le vent est suffisant, ces aéroplanes s'élèvent d’eux-mèmes; sinon on emploie la vitesse du bateau pour remplacer le vent.
- —:®— La fabrication électrolytique de l’aluminium fait des progrès constants, malheureusement ou ne possède sur les procédés en usagé dans les diverses usines aucun renseignement bien authentique. MM. Ilaber et Geipert, dans le Zeistchrift fur Electrochenne, décrivent les expériences de laboratoire qu’ils ont entreprises en vue de reconstituer ces procédés industriels. Ils ont soumis à l’électrolysc un mélange contenant 33 pour 100 environ de fluorure d’aluminium, autant de fluorure de sodium et autant d’alumine. La présence de cette grande quantité de fluorure assurait la parfaite fluidité de la masse en fusion. La densité de courant était d’environ 3 ampères par cm2 et la tension variait de 7 à 40 volts. Ils obtinrent ainsi un métal remarquablement pur ; un des échantillons ne contenait, en fait d’impuretés, que 0,05 pour 100 dé carbone et 0,034 pour 100 de silicium. La résistance du métal à la traction était de la kg par mm2. D’après les expérimentateurs, le haut rendement des procédés employés dans les usines est dû non à quelque secret de fabrication, mais au soin avec lequel on élimine les impuretés dans les matières premières. D’ailleurs le carbone qui, dans leur expérience, s’était trouvé mélangé au métal, ne s’était pas combiné avec.celui-ci,,et ou a pu en éliminer une partie à la suite d’une seconde fusion. Il es! important, dans ce procédé, de n’employer que du carbone dépourvu de cendres, car toutes les impuretés du carbone se retrouveraient dans le produit final.
- —®— Notre collaborateur M. E.-A. Martel a ouvert le mardi 9 décembre à 4 heures dans l’amphithéâtre de Géologie, à la Sorbonne, le cours libre de géographie souterraine (spéléologie) qu’il a été autorisé à faire pour l’année scolaire 1902-1905 à lTniversitè de Paris, Faculté des sciences.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avist. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l'année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. —Le brûleur Kern et le radiateur se trouvent à la Société française de chaleur et de lumière, 22, rue Drouot, à Paris.
- Communications. —• M. L. Dfirand Claue, Inspecteur général des ponts et chaussées, à Paris, à propos de notre article sur un casseur de pierres mécanique (n° 1559 du 22 novembre 1902, p. 385), nous a adressé la lettre suivante : « Vous avez décrit un concasseur pour les pierres destinées aux chaussées des routes, et vous l’avez présenté comme une invention américaine. Ce type de concasseur est appliqué depuis longtemps en Europe, et particulièrement en Belgique. Vous trouverez dans le « Cours de routes » que j’ai professé à l’Ecole des ponts et chaussées, édition de 1885, page 340 (Baudry, éditeur), un croquis analogue au dessin qui accompagne votre article. Ce qu’il y a de nouveau, peut-être, dans la machine américaine, c’est que le produit du concassage, au lieu d’être reçu dans des cribles ^placés sous l’appareil, où ils tombent naturellement, sont élevés par une chaîne à godets dans un crible placé à plusieurs mètres de hauteur, ce qui, au point de vue mécanique, ne peut être considéré comme un progrès. Quant au chariot sur lequel la machine est montée, c’est bien une idée nouvelle, mais il reste à voir ce que la pratique en dira. » Les raisons pour lesquelles cet appareil ne s’est pas répandu sur nos routes sont les suivantes; nous en empruntons l’indication à la dernière édition (1895) du « Cours de routes » de M. L. Durand Claye. Les concasseurs mécaniques donnent un cassage très rapide, mais toujours imparfait. Les fragments obtenus par compression sont de forme et de dimension très variables. Il y a beaucoup de plaquettes et d’aiguilles, beaucoup de pierres à angles aigus. Sx la compression est trop forte, une partie des blocs est broyée et réduite à l’état de détritus ; si elle est trop faible, il reste des fragments trop gros. Il y a donc lieu de procéder à un triage minutieux, malgré lequel les matériaux sont loin d’avoir un aspect aussi satisfaisant que par le cassage à la main. On a fait des expériences et des calculs pour démontrer que le cassage à la machine est très économique. Les frais spéciaux par mètre cube de pierre brute cassée sont en effet peu élevés. Mais il y a presque toujours un déchet considérable, qui oblige à extraire plus de roche que dans la méthode ordinaire, pour obtenir un même volume de pierre cassée. La forme des matériaux étant imparfaite, ils sont de qualité inférieure. Enfin, les frais généraux sont très importants : les machines coûtent cher et sont sujettes à de fréquentes réparations, en sorte qu’il faut presque toujours en avoir une de rechange; il faut avoir une machine locomobile. Ce matériel coûteux doit être amorti rapidement, car il s’use très vite, surtout dans les organes tournants, constamment exposés à une poussière, le plus souvent siliceuse, qui ronge le fer. Les machines ne rendent de services réels que dans les grandes carrières où l’on exploite chaque jour, pendant toute l’année, de fortes masses de matériaux qui s’expédient au loin et se débitent sur une vaste échelle. On en fait usage, par exemple, dans les carrières de Belgique qui exportent des pierres cassées jusqu’à Paris. Mais, dans la construction et l’entretien des routes ordinaires, elles seraient plus onéreuses qu’économiques. Les frais généraux se répartiraient sur un cube trop faible. Le débit de chaque carrière étant d’ailleurs très limité, il faudrait soit déplacer à chaque instant la machine et son moteur, soit transporter les pierres brutes de la carrière à l’atelier de cas-sage où la machine serait fixe. De là résulteraient des frais de transport considérables et des pertes de temps. Aussi, les machines à casser sont-elles encore peu répandues.
- Renseignements. —M. Monseron, à Oullins. —L’appareil est intéressant; mais nous ne pouvons le décrire. Remerciements.
- M. Marc Le Roux, à Annecy. — La question a déjà été traitée à plusieurs reprises; il nous est impossible d’y revenir.
- M. F. Affilé, à la Ville-Savary. — 1° Il faut toujours s’adresser au Directeur du Journal, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. — 2° L’article sur la recherche des sources n’a pas paru ici. Si vous désirez connaître un « sourcier », veuillez vous adresser à M. Philibert Dury, menuisier, à Saint-Laurent-en-Brionnais, par la Clayette (Saone-et-Loire). — 3° Forages de puits: M. Arrault, 69, rueRochechouart; MM. Portet et Bernard, 25, rue de la Quintinie; MM. Boutain et C‘% 69, rue Michel-Bizot, à Paris. — 4° L’adresse demandée est: 16, passage des Panoramas. — 5° Nous ne connaissons pas d’adresse à Paris. — 6° Adressez-vous à la librairie agricole de la maison Rustique, 26, rue Jacob, à Paris. — 7° Remerciements.
- M. J. Robberecht, à Waereghem. — Pour enlever le goût et l’odeur de moisi donnée parfois par les tonneaux de bière, vous pourriez essayer du formol, de la vapeur d’eau très chaude sous-
- Îiression ou brûler de la fleur de soufre pendant 24 heures, ou aver au lysol; mais dans ce dernier cas, on peut craindre d’imprégner la barrique d’une odeur trop forte.
- M. E. Kuypers, à Esch (Pays-Bas). — Ces études ont paru dans l’Annuaire du Bureau des Longitudes; adressez-vous à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris ; elle vous indiquera les années où elles se trouvent.
- M. A. Grellon, à Paris. — Nous avons pris bonne note de votre rectification, mais nous ne pouvons rien ajouter à notre réponse précédente.
- Mm<‘ Drake del Castillo, au château de Saint-Cyran," à Châtillon-sur-Indre. — Le poêle à pétrole, système Sépulchre, a été décrit dans le n" 1453, du 50 mars 1901, p. 273; lè dépositaire en France est M. Félix Minette, 147, avenue Mala-koff, à Paris. •
- M. A. Cathiard, à Rouen. — 1° La cire artificielle se fabri-ue en fondant ensemble 2 parties de colophanè et 1 partie-e paraffine, ou un mélange de 3 parties de colophane et 1 partie de stéarine. — 2° On a indiqué dé frotter fortement le cuir avec un mélange de 100 parties d’huile de lin, 0,5 d’alun calciné et de 1,5 de borate de manganèse, cuit longtemps. O» expose ensuite le cuir à l’air et on le frotte avec une brosse-trempée dans un vernis composé de : térébenthine de Venise 200 parties, sandaraque 250, mastic 60, camphre 15, gomme laque 1000, alcool 4 litres. — 5° Nous avons indiqué une graisse pour l’entretien des armes dans les Recettes et Procédés-utiles, 2° série, à la librairie Masson et Cie.
- M. de Saintignon, à Longwv-bas. — Nous sommes au regret, nous ne pouvons vous renseigner à cet égard. Vous-pourriez peut-être avoir quelques éclaircissements auprès de M. Collet, professeur à la Faculté des sciences de Grenoble, ou encore auprès de M. le général Bassot, chef du service géographique de l’armée, Ministère de la Guerre, rue de Grenelle,, à Paris.
- M. Luce, à Grasse. — Nous n’avons pu trouver les renseignements qui vous étaient nécessaires ; nous avons posé votre question dans la « Boîte aux Lettres », du n° 1541 du 6 décembre 1902.
- M. Marie, à Alfortville. — 1° Adressez-vous à M. Hue, pharmacien à Vannes (Morbihan). — 2° L’eau filtrée dans le filtre Chamberland sera potable si le filtre est régulièrement nettoyé.
- M. Raudelot, à Arques-la-Bataille. — L’adresse de M. J. F. Jaubert est : 155, boulevard Malesherbes, à Paris.
- M. A. F, à Lausanne. — Vous pourriez consulter l’ouvrage de géologie de M. Stanislas Meunier, ouvrage que nous avons annoncé dâns laRibliographieduùi01558, du 15 novembre 1902.
- M. Chenevard, à Bière. — Pour la pince à avoyer les scies, dont nous avons donné la description dans les « Petites Inventions » du n° 1496, du 25 janvier 1902, il faut s’adresser à la Compagnie Tainter M. F. G., à New-York; cette adresse suffit.
- Questions. — N° 1260. — M. P. Dujardin, à Paris, nous demande quelles sont les matières colorantes les plus solubles dans l’huile, dans l’éther, dans lp benzol.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. J. Woodhouse, à Bruges. Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux que nous avons donnés dans les petits livres des Recettes et procédés utiles. — M. !.. G-, à Nice; M. ü. L., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e et 4e séries, à la librairie Masson et Cie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouvel nllumoir électrique. — Le nouvel allumoir que nous signalons a l’avantage de présenter une grande simplicité de manœuvre. Il suffit d’appuyer sur le bouton placé à la partie supérieure de la boîte, sur laquelle est porte l’appareil; on ferme le circuit de deux éléments Leclanehé sur un petit fil de
- Nouvel allumoir électrique.
- platine qui est placé au-dessus d’une mèche d’une petite lampe à essence. En même temps, un levier.est actionné, qui vient enlever le capuchon recouvrant le fil de platine. Ce dernier rougit, et la mèche s’enflamme. Sur le côté se trouve également une allumette à mèche. — Ce nouvel allumoir est fabriqué par M. Albert Marquer, constructeur-électricien, 51, rue Mar-cadet, à Paris (XVIIIe}.
- Cinématographe simplifié. — Ce petit jouet est des mieux réussis de l’année. Le mécanisme est d’une simplicité re-
- Cinéinatographe simple.
- marquable; c’est pe qui en fait tout le charme et le rend bon marché. L’appareil se compose d’une bande de papier noire parcheminée mesurant 0m,30 de longueur sur laquelle on a collé les unes à côté des autres, à une distance de 2mm, des photogravures d’une scène quelconque prises au cinématographe et
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- représentant une cinquantaine de positions successives. On a réuni ensuite les deux extrémités de la bande afin d’en former un anneau; dans cette bande on y dépose une simple et grosse bille ordinaire, puis on suspend la bande sur une manivelle qui traverse un petit carré de bois de 2 millimètres d’épaisseur correspondant aux intervalles laissés entre les imagés, puis on descend la bande dans une grande boite rectangulaire en introduisant les deux extrémités de la manivelle dans les deux petites fentes réservées à cet effet. Sur la face supérieure de la boîte est fixée une petite patte en métal qui vient heurter chaque image à son passage. 11 suffit de tourner la manivelle de gauche à droite pour voir s’animer toutes ces figures qui passent successivement. On y voit un duel, une danseuse, des chiens savants, des clowns, un train en marche, etc., etc. La bille emprisonnée et entraînée par cette petite manivelle donne la tension nécessaire à la bande, suivant le mouvement rotatif. Ce-petit cinématographe est un jouet ingénieux, amusant et vraiment curieux. Le cinématographe se trouve chez M. Mathieu,. 29, rue de Valois, à Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Notions fondamentales de chimie organique, par Cii. Moureu, professeur agrégé à l’Ecole supérieure de pharmacie de l’Université de Paris. 1 vol. in-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris. 1902. Prix : 7fr,50.
- Dans cet ouvrage l’auteur expose les principales théories actuelles de la chimie organique et l'étude très générale, mais sommaire, des fonctions les plus importantes. Toutes les questions de détail ou dintérêt secondaire ayant été volontairement écartées, ce livre constitue la trame même de nos connaissances de chimie organique. Ouvrir l’esprit de l’élève en l’initiant graduellement au mécanisme des transformations de la matière et en lui présentant les grandes lignes de la science avec le relief qui leur convient, le préparer à suivre plus tard un cours complet de chimie organique, tel es! le but poursuivi et atteint par la publication de ce petit ouvrage qu’on peut considérer comme une « Introduction à l’étude de cette partie de la science. »
- Théorie des moteurs à gaz, par George Moreau. 1 vol. relié in-8°. Librairie polytechnique. Ch. Béranger, éditeur, Paris.
- Cet ouvrage contient l’ensemble des conférences que l’auteur a faites au commencement de l’année 1902 à l’Automobile-Club de France. Après une introduction relative à des généralités sur les moteurs à gaz, il renferme un chapitre de thermodynamique, un chapitre donnant la théorie des moteurs à deux temps, à quatre temps, à combustion, ainsi que des moteurs atmosphériques et rotatifs. Le chapitre 6 est consacré à l’examen pratique du régime des moteurs.
- Cours d’électricité théorique et pratique, par C. Sarazin, agrégé des sciences physiques, docteur en médecine, professeur à l’Ecole nationale d’arts et métiers d’Angers. 2° édition. i vol. grand in-8°. E. Bernard et Cie, éditeurs. Paris. Prix : 20 francs.
- L’ouvrage, après une introduction relative aux unités électriques et à leur emploi, s’occupe succcessivement de l’électrostatique, du magnétisme, du courant électrique (piles, accumulateurs, etc.), de l’électro-magnétisme, de l’électrodynamique, des courants d’induction, des mesures électriques, de fa production industrielle du courant continu et des courants alternatifs (dynamos, etc.), de la distribution de l’électricité, de l’éclairage électrique, du transport de l’énergie par l’électricité, de la télégraphie électrique, de la téléphonie, ae 1 electrothermie et de l’éleetro-chimie (galvanoplastie, etc.).
- Les animaux vivants du monde. Histoire naturelle, sous la direction de Charles J. Cornish. Livraison III. Les Félidés. E. Flammarion, éditeur. Paris. Prix : 0fr,75.
- Administration des monnaies et médailles. Rapport au ministre des finances. Septième année. 1902. Paris. Imprimerie nationale.
- Les eaux souterraines, par François Miron. 1 vol. cartonné petit in-8<> de Y Encyclopédie scientifique des aide-mémoire Léauté. Gauthier-Villars, imprimeur-éditeur. Masson et Cie, éditeurs. Paris. Prix : 3 francs.
- La logique morbide. L’analyse mentale, par N. Vaschide, chef des Travaux du Laboratoire de Psychologie expérimentale de l’Ecole des Hautes-Études (Asile de Villejuif), et A. Vurpas, interne des Asiles de la Seine (Asile de Villejuif).
- 4 vol. in-16, Société d’éditions scientifiques et littéraires. Paris. Prix : 4 francs.
- Le matériel photographique, ses imperfections, comment les reconnaître, comment y remédier, par Georges Maurion, de la Société Ilavraise de Photographie. 1 vol. in-10. Paris, Gauthier-Villars, 1902.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Traité encyclopédique de photographie, par Charles Fabre, tome YI1, 5e supplément C. 1 vol. hroché in-8°. Gauthier-Yillars, imprimeur-éditeur. Paris, 1902.
- Manuel de la propriété industrielle et commerciale, par Alfred Lambert. 1 vol. broché in-18. Y. Giard et E. Brière, libraires-éditeurs. Paris, 1005. Prix : 5 francs.
- Essai de synthèse philosophique. Monde sensible, par Henry Lagrésii.le. 1 vol. broché, grand in-8°. Librairie Fisch-baclier. Paris, 1902.
- Moyens pratiques pour placer un tuberculeux, par le I)r G. Sersiron. 1 vol. relié petit in-8”. C. Naud, éditeur, Paris.
- L'horloge des siècles, par A. Robida. 1 vol. in-10, Paris, Félix Juven, éditeur. 1002.
- La culture potagère de primeurs et de plein air, par C.fI*o-tuat. 1 vol. petit in-8° broché. Librairie horticole. Paris. Prix : 7 francs.
- Choix des parfums et fabrication des essences, par S. Piesse. Nouvelle édition. 1 vol. in-16. Librairie J.-B. Baillière et fils. Prix : cartonné, 4 fr.
- L’art de semer, par A. Y an n::tt IIeere. 1 vol. petit in-8° broché, de la Bibliothèque du Jardin. Librairie horticole. Pans. Prix : 2fr,50.
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- Martinique and Saint-Vincent; a Preliminary report upon the éruptions of 1902, by Edmund Otis Hovey. Author’s édition, extracted from Bulletin of the American Muséum of natural Historv. New-York. 1902.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 heures m matin THERMOMÈTRE VfENT DIRECTION ET FORCE PÊ 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 1" décembre .- 4-', 3 S. YY. 5. Nuageux. 8,5 Nuag. jusqu a.7 h. ; couv. ensuite ; pluie à partir de 20 h.
- Mardi 2 8",9 YV. S. YV. 5. Couvert. 1,8 Presque couv. jusqu'» 15 h. ; beau eusuite; pluie à plusieurs reprises.
- Mercredi 3 4®,8 S. S. E. 2. Couve t. 1,2 Couv. ; pluie de 5 h. 10 à 15“ et à 14 h. 5m.
- Jeudi 4 5°,5 N. 4. Nuageux. G,3 Nuag. de fi h. à 9 b. et couv. à 21 h.; beau le reste du temps.
- Yendredi o. ..... . — 5", 8 N. E. 5. Couvert. 0,0 Beau jusqu’à 5 b. et de 18 h. à 19 h. ; couv. le reste du temps.
- Sume li (î - 7",5 N. 3. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 13 b. ; beau ensuite; très brumeux.
- Dimanche 7 — 10M N. E. 2. Beau. 0,0 Beau jusqu'à 8 h. ; puis nuag. ; couv. après-midi.
- SEMAINE DU LUNDI 1er AU DIMANCHE 7 DÉCEMBRE
- DECEMBRE 1902
- Mercredi
- Lundi
- La courbe supérieure m raque la nébulosité de 0 à 10, les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, tes pressions barométriques Ibaromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abrt à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- La pluie. I,a neige. La température. — Des pluies nombreuses sont tombées ainsi que de la neige sur l’ouest de l’Europe dans la semaine du 1" au 7 décembre. Eu France, le 1" décembre, ou a recueilli 15 mm d’eau à Perpignan, 13 mm à Dunkerque, 10 mm à Lyon, 9 mm à Paris, 12 mm à Lorient, 8 min-à Limoges ; le 2 décembre; il est tombé 19 mm d’eau à Nantes, 13 mm à Nancy, 9 mm à Rociiefort, 1 mm à Paris. Des orages ont eu lieu à Bordeaux et à Biarritz. Le matin, à 7 heures, la température est descendue a -I- 5° à Paris; a Berlin il y a eu — 12“. Le 3 décembre, on a signalé des averses de neige dans l’Est. Le 4, la neige est tombée en abondance a Mende, le sol a été recouvert d'une couche de plusieurs centimètres.
- A la même date la neige, qui est tombée dans la Manche, a entravé la navigation. Du bateau-phare et de la jetée de Douvres, on a dû tirer des coups de canon pour guider les navires. A Cherbourg, la neige est aussi tombée abondamment ; il y a eu une couche de 50 centimètres dans la campagne. La mer a été très grosse. Le vent soufflait du nord-est; obligeant les pêcheurs de harengs à relâcher. A Rodez, une grande quantité de neige est tombée sur toute la partie montagneuse du Rouergue. Le vent du nord a soufflé avec violence. La neige est tombée eu abondance sur les hauteurs des arrondissements de Brades et de Cérel. Le froid a été rigoureux. Les communications ont été en partie interceptées. Une violente tempête de vent du nord-ouest s'est abattue sur Perpignan et les environs. La tempéra-
- ture s’est brusquement refroidie à — 4°. Les ruisseaux et les bassins des fontaines ont été gelés. Le vent a déraciné des arbres, abattu des corniches et des cheminées, emporté la toiture et la clôture des locaux du concours hippique. La circulation' sur les routes est devenue impossible par suite de la violence du vent. Des véhicules ont été culbutés. Dans les cantons d’Olette, Montlouis, Saillagouse, la neige est tombée abondamment, entravant la circulation.
- Le 5 décembre, on a signalé de nombreuses chutes de neige, notamment à Limoges et à Lyon. Le (i décembre, des neiges et des pluies sont tombées dans le centre et le sud de l’Europe.
- Les 4, 5 et 6 décembre, la température s'est notablement abaissée partout. Le 4 décembre, à 7 heures du matin, on notait — 25° à Moscou, — 8® à Clermont, — 6° à Bordeaux, —5° à Paris, —4° à Biarritz, —3° à Marseille, —19° au Puy de Dôme, — 15® au'ment Mounier. La température moyenne à Paris n’a été que de —4M, inférieure de 7°,5 à la normale. Les 5 et .(> décembre, on a observé des températures sensiblement égales aux températures précédentes.
- . La brunie à Paris. — Le 3 décembre, vers 11 heures du matin, à Paris, l’atmosphère a été très obscurcie subitement. Ce phénomène, fréquent en pareille saison, a été produit par la présence simultanée d’un brouillard très bas, et au-dessus de nuages très denses qui, plus tard, se sont résolus en une pluie fine.
- PHASES DF LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— JI. Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences-, doyen de la Faculté des sciences de l’Université de Paris, est nommé “membre titulaire du Bureau des longitudes, en remplacement de M. Cornu, décédé, conformément à la présentation faite par l’Académie des sciences.
- —®— La cinquième Exposition internationale de l’Automobile du Cycle et des sports organisée par l’Automobile Club de France s’est ouverte le 10 décembre au Grand Palais des Champs-Elysées, au milieu d’un immense concours de visiteurs. M. le Président de la République a visité lui-mème l’Exposition dans la matinée. Les dispositions prises sont des plus heureuses. La nef principale du Palais est réservée aux grands stands, aux grands constructeurs de eyelés et d’automobiles. Dans les galeries latérales et au premier étage sont installées les voiturettes, les motocyclettes, ainsi que des pièces détachées,- pneumatiques,'vêtements spéciaux aux sports, etc. L’alcool est au fond dans la rotonde ; un grand nombre de lampes sont exposées ainsi que des réchauds , et divers appareils. Des moteurs à alcool sont installés dans les sous-sols, et actionnent, les uns des machines dynamos pour produire de la lumière électrique, les autres des tours, des perceuses, des fraiseuses, etc. De l’ensemble se dégage l’impression que l’industrie de l’automobile s'est encore notablement développée depuis l’année dernière.
- —®— Dans sa dernière séance, le Conseil d’hygiène et de salubrité de la Seine a discuté le rapport de M. Riche sur les .teintures servant à noircir les chaussures en cuir jaune. A la suite d’un échange d’observations, le Conseil a adopté le vœu ci-après : « Le Conseil d’hygiène publique et de salubrité de la Seine, apres discussion du rapport de M. Riche sur l’emploi des couleurs à base d’aniline pour teindre les chaussures, émet l’avis : Qu’il y a lieu.d interdire la vente des teintures pour chaussures dans lesquelles existe de l’aniline ou de la toiuidine à l’état libre. » Le Conseil a demandé ensuite que le laboratoire de chimie soit invité à analyser les principales teintures noires vendues à Paris, en particulier applicables aux chaussures, et d’en indiquer la composition, notamment la teneur en aniline et en toiuidine libres.
- —(§)— La période de froid que nous subissons actuellement a commencé le 4 décembre. Ce jour-là, les minima observés dans la région parisienne s’abaissèrent notablément au-dessous de zéro, et la température du matin présenta une dillérence de 10° à 11° sur celle de la veille à la même heure. Depuis, le gel a été continu; le refroidissement a été surtout marqué pour la journée de dimanche 7 décembre, la moyenne du jour ayant présenté sur la normale un déficit de 9°,3 à Montsouris, 10°,4 à la Tour Saint-Jacques et au Parc Saint-Maur 9°,7. La plus basse température du 7 décembre pour notre région a été constatée à Saint-Cloud : —13°,2. Le 9 décembre, le froid a été un peu moins vif. Dans la région parisienne, la température minima du matin a varié de — 7^ à — 9 ’ el le maxima semble se rapprocher de 0°. On. constate que les courants supérieurs (observés u’après la marche des nuages) inclinent vers le sud-est. En effet à 3 ou 4000 mètres de hauteur, les mômes nuages ui, à midi, venaient de l’est 8° sud, à 3 heures du soir venaient u sud 10° est. A Montsouris, le sol a été gelé à une profondeur de '25 centimètres. Le 10 décembre, à 7 heures du matin; le thermomètre marquait — 5° à Paris. La température de la Seine était de 1°,7. Elle s’est abaissée de 4°,5 depuis le 5 décembre. Une température aussi basse est assez rare au 10 décembré : cependant la Seine est déjà descendue à zéro le 6 décembre depuis 1870.
- —!g)— On a signalé, de divers côtés, des pluies, des tempêtes et des inondations. Le 11 décembre, à Perpignan, on a recueilli 133 mm d’eau. Des tempêtes ont régné sur les côtes. A Banyuls-sur-Mer, Cerbère, Canet, Le Barcarès, la mer a envahi les maisons. Au Bar-
- carès, les habitants ont été emprisonnés dans leurs maisons par la mer et le débordement de l’Agly. Dans le département, la pluie diminue et les cours d’eau baissent ; les localités de la plaine de la Salanque sont restées isolées et sans communications, les eaux de l’Agly et de la Tet couvrant les routes. Au Tech, les pluies ont fait écrouler les murs de soutènement des écoles. A la suite de pluies torrentielles, des éboulements se sont produits et la circulation des trains a été interrompue en plusieurs endroits de la Sardaigne. Le torrent le Riomanno a inondé la campagne; un pont près de Tortoli a été emporté. Le village d’Uta a été entouré par les eaux. A Caghari, à la suite des pluies torrentielles qui se sont abattues sur la partie méridionale de la Sardaigne, la circulation des trains a été interrompue et les dégâts ont été importants dans toute la région. Des pluies torrentielles ont causé des inondations à Barcelone et dans les localités voisines. Le service des chemins de fer a été interrompu. Les fabriques ont suspendu le travail parce que leurs locaux étaient envahis par les eaux. Les pertes matérielles ont été considérables. On a enfin signalé d’Odessa qu’il y a eu de violentes tourmentes de neige dans le sud de la Russie et la mer Noire. Toutes les communications par voies ferrées ont été interrompues entre plusieurs grands districts.
- —;§)— Le 7 décembre, sur la piste de Gentillv, le coureur à pied Prévost a battu de 53 mètres le record français de l’heure qui était détenu par Charbonnel avec 17km,544. Prévost a couvert dans l'heure 17km,597, battant en passant tous les records français à partir du douzième kilomètre, ainsi que celui de la demi-heure par 8ktn,834. Cette performance était à signaler étant donné qu’elle a été accomplie avec un vent fort vif et un froid intense (—6°). Rappelons que le record du monde de l’heure à pied, détenu par le coureur anglais Watkins, est de 18kra,678.
- —g— On signale à la date du 12 décembre la présence de nombreux cygnes noirs sur les étangs de la Lorraine, notamment sur les étangs situés entre Sarrebourg et Dieuzc. La plupart des soirées sont marquées également par le passage d’innombrables bandes d’oies sauvages qui se dirigent vers le Sud. La migration de ces oiseaux est considérée comme un signe précurseur de froids intenses et prolongés.
- —®— Un décret rendu à la date du 7 mai 1901, sur la proposition du ministre du Commerce, avait décidé que le taux annuel des abonnements téléphoniques, dans le cours de l’année 1902, serait fixé à 300 francs par poste principal. Cette réduction dans le prix de l’abonnement entraînerait l’ouverture de crédits importants à une heure où le service dispose à peine de ressources suffisantes pour faire face au développement normal annuel. MM. les ministres du Commerce et des Finances viennent de soumettre à la signature du président de la République un décret qui rapporte les dispositions du décret de 1901.
- —(g)— La nouvelle ligne téléphonique de Paris à Borne, après des essais satisfaisants, vient d’être livrée au public. Cette ligne est la plus longue de l’Europe; elle mesure 1593 kilomètres alors que la ligne de Paris à Berlin a 1118 kilomètres, celle de Berlin à Budapest 470, celle de Paris à Marseille 863 et celle de Londres à Paris 470. Il est question de prolonger cette ligne jusqu’à Naples, de sorte que nous pouvons espérer avoir dans dans un avenir prochain une ligne Londres-Naples, qui sera la plus longue qui puisse s’établir en Europe. La plus longue distanee du monde a été atteinle en Amérique avec une ligne de 3000 kilomètres.
- —®— L’Assemblée générale annuelle de la Société de Spéléologie a eu lieu le 18 décembre 1902 à S^SO du soir, au siège social, 41, rue de Lille, à Paris. M. E. Rivière a fait une communication sur la grotte de La Mouthe (Dordogne) ; M. A. Viré a décrit les grottes nouvelles et la faune souterraine du Lot, et M. E.-A. Martel a parlé du Trou d'Enfer (Suisse),
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. C. A. Oursel, à Saint-Cloud, écrit : « Permettez à un abonné français de faire à son tour quelques constatations intéressantes au sujet de l’expiration ae la 50° année de la fondation de notre cher journal. Comme M. Fric de Prague, je suis un des plus vieux lecteurs de La Nature dont je possède la collection complète et peut-être plus complète que beaucoup d’autres, car j’en ai conservé soigneusement les bulletins météorologiques depuis leur création, et qui forment 5 gros volumes, un par décade. C’est souvent fort intéressant à consulter. Mais il ne s’agit pas de cela. Je voulais constater pour nos lecteurs que cela intéressera peut-être, le chemin parcouru depuis la fondation du journal dont le premier numéro parut le ? juin 1875. Le dernier porte le n° 1540. Si vous voulez donner une idée de ce que représente ce travail consécutif de 50 années, il suffit de faire quelques calculs qui m’ont fort amusé. En voici le résultat exact : cette publication forme aujourd’hui un total de 24 640 pages imprimées. Et je ne compte, bien entendu, que le corps même du journal sans les annexes et couvertures. Elle renferme certainement plus de 16 000 gravures, dues au talent des graveurs scientifiques les plus renommés. La surface du papier employé couvrirait un espace de 740 mètres carrés et la longueur des colonnes mises bout à bout formeraient un ruban de 11 kilomètres de longueur, c’est-à-dire la distance de Notre-Dame de Paris, chez moi, à Saint-Cloud-Montretout. Il est certes impossible d’évaluer la valeur scientifique et intellectuelle des milliers d’articles publiés, sous la plume des noms les plus autorisés de la science française. Il faudrait des volumes pour en rendre compte d’une façon exacte. Tout cet ensemble est un joli bagage devant l’histoire de la science, dont il faut reporter la gloire à son fondateur Gaston Tissandier dont la foi et l’énergie ont su triompher de toutes les difficultés. Je me rappelle avec émotion ces jeunes années où j’ai commencé à lire La Nature. J’avais à peine seize ans. Avec quel plaisir on la dévorait chaque semaine, économisant sur ses besoins et ses plaisirs les 50 centimes nécessaires à son acquisition. Les années ont passé rapidement, les soucis sont venus, les cheveux ont blanchi : mais on est resté fidèle à sa vieille amie, La N attire, que je continuerai d’aimer et de lire, j’espère, jusqu’à la fin de mes jours. »
- Mme J. Corbay, à Longjumeau (Seine-et-Oise), nous adresse la lettre suivante : « J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article : « Les crépuscules rouges, » du n° 1559 du 22 novembre 1902, p. 587. Si on admet l’hypothèse des poussières volcaniques, celles deKrakatoa seraient parvenues en 1885 par une voie inverse au mouvement de la terre, puisque les crépuscules rouges ont été vus d’abord aux Indes, en Egypte, enfin en Europe, vous dites « la Martinique est bien plus près de nous que Krakatoa ». Mais si les poussières ont pris le même chemin qu’en 1885, c’est-à-dire sont restées en suspension dans l’atmosphère élevée en restant chaque jour un peu en retard sur la rotation de la terre il est rationnel qu’elles soient arrivées en retard sur celles de 1885. Par ce chemin la Martinique est plus loin de nous que Krakatoa. Un fait vient à l’appui de cette hypothèse; vous écrivez d’autre part : À Nice on a noté les crépuscules rouges dès le 27 et Paris ne les a observés que le 28. Il m’intéresse beaucoup de savoir si dans l’est de l’Europe ou dans l’Asie ces crépuscules rouges ont été vus et à quelle époque? Ou si ces phénomènes ont été observés en même temps et progressivement à l’est et à l’ouest de la Martinique. Je ne sais si mon observation peut s’appuyer sur quelque donnée scientifique. Je la fais par déduction. »
- M. G. de Rocquigny-Adanson. à Moulins (Allier), nous adresse deux Notices qu’il vient de publier ; l’une a pour titre Les digitales du parc de Baleine et est extraite de la « Revue scientifique du Bourbonnais et du centre, de la France », et l’autre est relative aux « Martinets ».
- Renseignements. — M. A. Bellair, à Etréchv. — A li* longue, il pourrait y avoir danger pour les voies respiratoires;, mais nous ne pouvons préciser, il faudrait être sur place ; il y aurait lieu en tout cas d’assurer une bonne ventilation.
- M. A. de R., à Lille. — Nous avons fait paraître sur' le bois-de paille une chronique dans le n° 489, du 14 octobre 1882,. p. 518.
- L’abonné n° 2518-1161, à Montpellier. — 1° Veuillez nous-indiquer le numéro dans lequel nous avons parlé de cette fougère ; nous ne retrouvons pas l’article. — 2° Pour retarder le refroidissement de l’eau, on emploie en général l’acétate de-soude ; nous avons publié à ce sujet un article dans le n° 502, du 15 janvier 1885, p. 101. — 5° Ces fusils à aiguiser en aluminium ne sont pas encore dans le commerce.
- M. G. P., à Rochefort. — Vous trouverez les renseignements que vous demandez dans « La théorie de l’accumulateur au plomb », par M. Ch. Liagre, à la librairie Béranger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. le Dr Motta Veiga Casai, à Ceia. — Vous pourriez consulter l’ouvrage « Lithographe, Imprimeur et Dessinateur » en 2 volumes, par M. Villon, dans la collection des « Manuels-Roret », à la librairie L. Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. h. Audéoud, à Genève. — Nous n’avons pas connaissance de ce nouveau procédé d’argenture à froid.
- M. O. M., à Gand. — Adressez-vous à MM. Gaumont et Cier 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Mario Bertarelli, à Milan. — Il existe des pantographes pour dessins, cartes ; mais nous ne savons s’il en existe-pour des statues ; renseignez-vous auprès de M. Conte, 58, rue des Panoyaux; de M. Fongeadoire, 267, rue Saint-Honoré, » Paris.
- M. Lancelin, à Auxon. — Il n’existe pas d’ouvrage spécial sur la fabrication du carbure de calcium.
- M. Honoré, à Paris. — L’aphiso-cautère Décherv, que nous-avons décrit dans le n° 1521, du 24 septembre 1898, p. 259, est fabriqué par M. Mathieu, fabricant d’instruments de chirurgie, 115, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. L. Boillot, à La-Chaux-de-Fonds. — L’adresse que vous demandez est la suivante : M. le D‘ A. Cartaz, 59, boulevard Haussmann, à Paris.
- M. F. G., à Paris. — Il faudrait consulter les traités d’astronomie ; nous ne pouvons vous indiquer un article spécial parmi tous ceux qui ont paru.
- M. J. Immer, à Metzeral. — Pour enlever les taches dérouillé sur le linge, on emploie en général le protochlorure-d’étain légèrement acide: il faut avoir soin de bien laver ensuite,
- M. V. P., à Thoissey. — La formule de la pâte phosphorée est donnée dans le petit livre des Recettes et procédés utiles? lre série, à la librairie Masson et Cio.
- M. Vital-Camps, à Escandeaux. — Nous avons envoyé votre lettre à MM. Descamps et Cie, 2, passage Saint-Sébastien, à Paris.
- M. G. Sausset, à Lay-Saint-Rémv. — Pour préserver les armes de l’oxydation, on les recouvi’e d’une graisse dont la formule est donnée dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- Questions. — N° 1261. — M. Fourman Piot, à Dormans, demande des moyens hydroplastiques pour dorer, argenter ou nickelerl’aluminium, uni ou gravé.
- Réponses. — N° 1259. — L’eau additionnée de 20 pour 100 d’alcool dénaturé (à 0fr,50 le litre) ne gèlera pas à — 15°. Elle n’attaquera pas le zinc, et réagira très régulièrement sur le carbure de calcium, mais avec moins de violence que l’eau pure. (Communiqué par M. D. Courtois, à Laon.)
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. F., à Paris.
- Il faut soumettre cette question à un ingénieur-conseil; nous ne pouvons vous indiquer tous les calculs et renseignements qui vous sont nécessaires. — M. Durand Louis, à Bordeaux. Prenez un brevet; adressez-vous à une agence qui vous rédigera le certificat dans les termes exigés. — M. D. V., à Paris; M. Lebon, à Rouen; M. L. G-, à Paris. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — M. Dubonnet, à Lille. Cette recette est donnée dans le même petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu.qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- AU MUSÉE D’ARTILLERIE
- Texte et dessins par A. Robida.
- 1. L’armure de tournoi, lourde carapace complétée par le heaume en gueule de crapaud, résistante aux coups comme une enclume. — 2. Quelques casques, depuis la muselière de fer du quatorzième siècle, jusqu’aux armets à ligure humaine et aux bourguignottes décoratives de la Renaissance.
- — 3. Quinzième siècle, la grande époque ! l’armurier a pris modèle sur les pièces articulées du Homard. — 4. Les grandes armures^sur chevaux caparaçonnés, un escadron d'une fière allure. — 5. Armure Maximilienne seizième siècle. — 6. Les antiques arquebuses. Un peu compliqué, l’armement, que de choses à astiquer! — 7. Armure seizième siècle, imitant les formes du costume civil, avec les crevés et les déchiquetadc-1.
- — 8. Heaume à cimier du quatorzième siècle. — 9. Les armures historiques assez surprises parfois de se rencontrer. Ce casque de JL d’Épernon a connu bien des secrets. — 10. M. de Sully morigénant M. le duc de Mayenne un peu confus. — 11. Dix-septième siècle. La lin de l'armure.
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- DÉCEMBRE 1902 — SEMAINE DU LUNDI 8 AU DIMANCHE 14 DÉCEMBRE
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- "St Ijj, N° 1544 (27 décembre 1902) du journal, «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le professeur Lacroix, chef de la mission scientifique envoyée à la Martinique, a fait connaître au ministre des Colonies •qu’à la suite de l’écroulement par sa base de l’aiguille terminale du cône formé dans le cratère du mont Pelé, les blocs de lave incandescente, dont les projections plongeantes ont été récemment signalées, ont roulé dans la direction de la rivière Blanche, qu’ils ont à l’heure actuelle comblée et nivelée. Les cendres mouvantes, qui, lors de ces projections, se sont répandues sur la basse vallée, à <5 kilomètres du cratère, avaient encore, huit jours après ce phénomène, une température dépassant 100° centigrades; à Kingston (Saint-Vincent), le 15 décembre, des symptômes précurseurs de l’éruption du tolcan étaient signalés et le 18 décembre une nouvelle éruption avait lieu sans occasionner d’accident.
- —(g)— M. E. Roger, directeur de la station météorologique de Chàteaudun, nous informe que le dimanche 7 décembre à 7hllmdu matin, par un ciel superbe, un vent faible de N.-E. et un froid de 10°,4 au-dessous de zéro, il a aperçu un beau bolide dans la partie N.-O. et A'.-N.-O. du ciel, lequel n’a brillé que durant quelques secondes seulement, car sa vitesse de propagation paraissait fort grande. Sa trajectoire était à peu près rectiligne et il semblait la parcourir du S.-O. vers le N.-E., à environ 25 ou 30° de hauteur au-dessus de l’horizon. Il commençait déjà à faire grand jour, mais malgré cela le météore était relativement brillant et sa grosseur était environ le double de la planète Jupiter. Il ne sembla pas qu’il laissait derrière lui de traînée lumineuse et M. Roger ne perçut aucun bruit après la disparition du météore qui fut rapide.
- —®— D’après les études de Weyl de Frank [et de Gréhant, l’acétylène ne devient nuisible dans l’air que quand il atteint la proportion de 40 pour 100 ; à partir de 79 pour 100 il peut déterminer la mort. Absorbé par le sang jusqu’à la limite de 10 pour 100. il paraît surtout se combiner avec les éléments albuminoïdes. M. Masi donne dans Anmtli d’igiene spirimentale une importante étude d’hygiène sur l'éclairage à l’acétylène. Pour obtenir un bon éclairage, il faut briller l’acétylène dans des becs convenables sous une pression de 70 à 80 mm d’eau au minimum et il sera bon de le mélanger à l’oxygène ou à un gaz inerte lui permettant de venir en contact avec une grande quantité d’air. Comme l’ont démontré MM. Lens et Kempel, l’acétylène éclaire 15 à 20 fois plus que le gaz d’éclairage brillé dans les becs ordinaires et 5 à 5 fois plus que le même brûlé dans les becs Auer ; en brûlant il consomme moins d’oxygène et dégage moins d’acide carbonique que de vapeurs d’eau et de produits nocifs, en général, que les autres modes d’éclairage à l’exception, bien entendu, de la lumière électrique. Il produit peu de chaleur et, utilisé dans des appareils convenables, n’expose pas plus aux dangers d’explosion que le gaz et le pétrole.
- —®— La transformation des terres à bruyères en terres arables. C’est une publication allemande, la Landwirtschaftliche Zeitung fur Westfalen, qui donne un exemple typique de cette transformation, et encore dans un terrain essentiellement mauvais où les pins dépérissaient et mouraient. On le traita par un défoneement à 0m,50 suivi de distribution et d’épandage de kaïnite, de scories de déphosphoration, de chaux et enfin de salpêtre du Chili. Depuis lors, ce sol a reçu des engrais verts et chimiques, et les récoltes de seigle, d’avoine sont excellentes.
- — (g)— En Alsace-Lorraine la vaccine est obligatoire. Les médecins cantonaux et communaux pratiquent les vaccinations gratuites. Chacun demeure libre de s'adresser à un médecin de son choix, à condition de produire un certificat médical constatant le résultat de l’opération. Les inoculations ne se pratiquent qu’à l’aide de vaccin animal, dont la vente n’est autorisée que sous certaines conditions : récolté depuis moins de trois mois, mis à l’abri de la lumière, con-
- servé dans un lieu frais. Or en Alsace-Lorraine, de 1897 à 1901, on n’a observé sur une population de 1 719470 habitants (recensement de 1900) que 12 varioleux avec un seul décès.
- —®— La transformation du thé vert en thé noir et l’arome particulier qui en résulte sont causés, paraît-il, par un ferment oxydant ou oxydase contenu dans la feuille. Les travaux de M. Brambër ont établi qu’en effet les feuilles vertes ne se modifient pas dans l’acide carbonique ou dans le vide et que d’autre part 1 oxygène agit plus rapidement que l’air. De plus les bactéries sont ici hors de cause, car les feuilles fermentent aussi bien à 22°, 7 qu’à 49° et cette dernière température détruit les germes. Les agents oxydants, le permanganate de potasse ou l’eau oxygénée par exemple, ne semblent pas exercer d’action appréciable. M. Mann, dans le Tropical Agriculturist, affirme avoir isolé le ferment ou oxydase en question par le procédé suivant : on laisse macérer dans de l’eau froide un mélange contenant 2 parties de poudre de thé et 1 partie de poudre de cuir. On filtre et on verse le produit filtré dans de l’alcool, car le ferment se précipite en une masse blanche qu’on eut séparer et dissoudre dans l’eau. L’action du ferment cesse à 4°; certaines solutions rendent l’action plus énergique ; d’autres, au contraire, tels qu’une solution contenant 1 pour 1000 d’acide sulfurique et3 pour 100 d’acide acétique, la détruisent complètement.
- —(g)— On vient, dit-on, de faire en Belgique, dans le Borinage, une application du grisou à l’éclairage. Au charbonnage de L’Agrappe, au siège d’expérience établi pour l’essai des lampes et des explosifs, le grisou emmagasiné dans un gazomètre spécial est conduit à des becs Auer dont la lumière est d un blanc pur et répand une clarté intense. Il restera à savoir comment se comportera le système en pratique courante.
- —®— M. Monmoulon, le doyen des instituteurs de France, vient de mourir à Montauban. à l’.àge de 101 ans. Il avait conservé jusqu’au dernier moment toute sa lucidité et une mémoire extraordinaire.
- —®— D’après Y American Manufacturer, un chimiste américain aurait découvert un nouvel alliage de nickel et d’acier qui ne se dilate qu’extrêmement peu quanti on le chauffe. On conçoit toutes les applications que l’on pourrait faire d’un pareil métal.
- —®— Le Dr P. II. Eykman décrit, dans les Verhandelingen der Koninklijke Akademie van Wetenschappen te Amsterdam, un curieux dispositif qui permet d’enregistrer par la radiographie les différentes phases du fonctionnement d’un organe interne. L’auteur s’est servi de son appareil pour analyser le mouvement de la langue, du pharynx et du larynx pendant" l’acte de déglutition. Il fixe un contact sur la pomme d’Adam, à un moment bien défini, ce contact est amené à fermer un circuit qui alimente l’ampoule, et l’on peut ainsi obtenir une épreuve radiographique. Pour que celle-ci soit bien nette, il faut faire répéter 120 à 130 fois le même mouvement au sujet et dans des conditions identiques. En changeant la position du contact on obtient une seconde phase du mouvement et ainsi de suite. 11 semble qu’on ait- là tous les éléments d’un cinématographe radiographique. Les photographies obtenues sont bonnes, étant données les difficultés que présentent ces expériences, elles jettent quelque lumière sur les positions relatives des différents organes pendant l’acte de déglutition.
- —®— Le nouveau croiseur cuirassé « Marseillaise » a procédé dernièrement, au large de Brest, aux essais officiels de sa machine <le 10000 chevaux faisant en moyenne 115 tours par minute; durant ces essais, un léger échauffement s’est produit dans les coussinets de tête de bielle de la machine de bâbord, mais le graissage de ces organes ayant été aussitôt augmenté, réchauffement a disparu ; les essais ont duré cinq heures; les résultats ont été déclarés satisfaisants par la Commission qui se trouvait à bord.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après l'éception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. L. Wertheimer, sous-directeur de la Dvnamiterie de Cugny, nous écrit : « Dans mes articles" du n° 1526, du 23 août, p. 178 et du n° 1528 du 6 septembre, p. 211, au sujet du chlorhydrate de térébenthine, j’ai indiqué M. Callemberg comme l’inventeur du procédé de purification de ce corps; la fabrique de produits chimiques d’Urdingen, Sienan et Cie, à Urdingen-sur-Rhin, me fait savoir que c'est elle qui a découvert ledit procédé de purification et que le brevet qui en résulte est à son nom : dont acte. M. Callemberg, à Lank, s’est réservé toutes les applications du chlorhydrate de térébenthine. »
- M. J .-B. Delperieu, à Joinville-le-Pont, à propos de notre article sur « Les crépuscules rouges a (n° 1539, du 22 novembre 1902, p. 387, nous écrit : « Le 6 mai 1902, de 15e à 17e heures, nous eûmes, à Joinville, un ciel d’un sombre tout à fait extraordinaire, mais presque sans pluie (quelques gouttes). Le 7 mai 1902, de 8e à 11e heures. En parcourant Saint-Maur, je remarquai un ciel peut-être plus sombre que celui de la veille à Joinville, mais caractérisé par une forte pluie chargée de poussières grises et noires. Dans trois maisons que je visitai pendant cette pluie et situées à Saint-Maur, Créteil, le Parc Saint-Maur et La Yarenne, je vis des femmes recueillant la pluie dans des cuvettes pour s’assurer si cette pluie déposait des cendres comme on le disait dans tout Saint-Maur, et je constatai moi-même, dans ces trois maisons, que la pluie ainsi recueillie laissait déposer une forte quantité de cendres. Si le fait n’a pas été relevé dans les observatoires, je crois qu’il vous intéressera ». On avait déjà signalé, il y a
- Suelques mois, dans la même région, une pluie de poussières.
- n l’avait attribuée à un incendie qui avait éclaté à quelques kilomètres de là.
- M. Prud’homme, à Paris, nous adresse une Note sur la reproduction des rosaces du kaléidoscope : « Dans le n° 1453, du 30 mars 1901, p. 288, il a été indiqué un procédé pour reproduire les rosaces octogonales engendrées par le kaléidoscope particulier décrit dans ce numéro. Depuis, j’ai trouvé un procédé plus simple et plus pratique permettant à tous d’obtenir facilement cette reproduction sans l’emploi de la glace transparente. Pour cela, quand la rosace vue dans l'instrument semble d’un bon effet décoratif, on trace sur le dessin deux traits au crayon le long des bords des glaces étamées. Avec une feuille de papier transparent, calquer le dessin compris dans l’angle déterminé par les deux lignes au crayon. Découper le calque suivant les bords de l’angle ainsi obtenu. Prendre ensuite une feuille de papier coupée en carré et pas trop épaisse. La plier en quatre sur elle-même suivant les deux droites passant par milieu de chaque côté. On rabat extérieurement les deux coins doubles. Et on colle, le dessin angulaire choisi sur le triangle rectangle formé en supprimant la partie de ce dessin qui pourrait dépasser la ligne atteinte. Enfin avec une aiguille fine emmanchée on pique profondément tous les contours du dessin triangulaire. Le papier déplié donne la reproduction en entier de la rosace octogonale qui pourra être multipliée par le procédé du tirage au papier ferro-prussiate. Sans se servir du kaléidoscope, on peut aussi piquer sur le triangle rectangulaire de papier formé plus haut les contours de caractères d’imprimerie, d’écrifure, de lignes griffonnées, etc. On obtiendra ainsi des rosaces à dessins imprévus, dont les dimensions seront alors aussi grandes qu’on voudra. En outre, les rosaces terminées pourront être modifiées en juxtaposant d’autres dessins à côté de celui déjà piqué. »
- Renseignements. — M. le comte Paul Draskowitch, à Szent Kereszt. — Au bout de plusieurs jours de gelée à — 12°, les conduites d’eau en fonte enfouies sous terre à 0,80 mètre de profondeur gèlent; par conséquent, les tuyaux même garantis par de la sciure de bois gèleront aussi. Il faudrait une couche de feutre de 0,20 mètre d’épaisseur, et encore, si la gelée durait, l’eau pourrait se congeler ; cependant l’essai serait à faire. 11 y aurait peut-être encore un moyen ; l’eau renfermant 20 pour 100 d’alcool ne gèle pas à— 15°. Vous pourriez mêler de l’alcool à l’eau du réservoir et décanter ensuite pour le service, l’alcool étant plus léger que l’eau.
- M. R. G., à X. — Nous craindrions de faire erreur, et nous-vous prions de vous adresser à M. Demichel, constructeur d’instruments de précision, 24, rue Pavée, à Paris.
- M. Wilmot, à Paris. — Non, l’écuyère n’a pas besoin de-s’élancer ; elle possède le mouvement propre du cheval.
- M. Le Bouvier, à Uzès. — 11 faut vous adresser directement à la Société Royale de Londres.
- M. J. R. Delperieu, à Joinville-le-Pont. — Nous avons reçu vos tableaux qui sont très intéressants.
- M. H. Couteau, à Toulouse. — Ces questions ne nous sont pas familières; nous allons essayer de vous renseigner autant que possible. 1° Essayez de mêler un peu de gélatine qui exposée au soleil devient insoluble. — 2° Nous ne connaissons-pas de produits pour empêcher le carton d’être spongieux. — 3° Il a été publié 5 volumes des (' Recettes et Procédés utiles » ; le prix de chaque volume est de 2tr,25 broché et 3 francs cartonné. — 4° Les manchons pour l’incandescence sont formée de tissus en coton trempés dans des solutions d’oxydes rares de thorium, de cérium, ou de magnésie simplement ; la fabrication comporte des tours de main que l’on conserve secrets.
- M. L. Lerand, à Tours. — Pour ces divers travaux, vous pourriez vous adresser à la Société de recherche et de captage des eaux, 28, rue Saint-Georges, à Paris.
- M. D. Changron, à Lamballe (Côtes-du-Nord). — L’appareil photographique « Le Block-Notes », dont nous avons donné la description dans le n° 1541 du 6 décembre 1902, p. 15, se trouve, comme nous l’avons indiqué en tète de la « Boite-aux-Lëttres » du même numéro, chez MM. Gaumont et Cie 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. L. G., à Paris. — Pour ces diverses importations, vous pourriez vous adresser 65, rue de la Victoire à M. Léon Bouchez,, qui s’occupe spécialement des importations générales en France.
- jjpne penj formant, à Romorantin. — 1° Nous n’avons pas d’autre adresse que la suivante : Société allemande d’éclairage par incandescence, à Berlin.— 2° Il faudraitTaire des expériences pour pouvoir vous répondre ; mais on compte en général qu’une lampe à acétylène consomme 7 litres de gaz par carcel-heure.
- M. G. Lamarre, à Ilué (Annam). —Votre idée présenterait en pratique de grandes difficultés. Remerciements.
- M. L. Latour, à Reaune. — Vous pourriez peut-être essayer les turbines hydrauliques .America que vous trouverez chez MM. Sloan et Cie 17, rue du Louvre, à Paris.
- M. H. Didout, à Paris. — Pour les débrayages à friction, nous pouvons vous indiquer les fabricants suivants : M.Bagshawe-aîné, 43, rue Lafayette; MM. Bardet, Denis et G‘% 53, rue Servan; M. Bonnafous, 59, rue des Cloys; M. L. Mégy, 3, rue Fourni al, à Paris.
- M. H. Weber, à Paris. — Il n’existe aucun ouvrage sur les-piles sèches électriques, et nous n’avons trouvé aucune publication sur ce sujet.
- M. C. A., à Nice. — Pour peindre à l’huile sur la toile, la meilleure préparation est d’encoller la toile très légèrement à la colle de peau pour la rendre moins perméable ; on la prépare ensuite avec du blanc de céruse, dans lequel on a ajouté quelques gouttes d’huile d’œillette pure pour le rendre moins épais.
- M. le Dr E. Wolters, à Tizy-Ouzou. — Guir repoussé pour chaises de salle àmanger : MM. Marinier et E.Navoit, 166,boulevard Voltaire; M. E. Pécheux, 65, rue Boursault; M. G. Pique, 95, rue du Faubourg-St-Antoine, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. F. Arnould, à Salzinnes. Ces questions sont en dehors de notre compétence; à notre regret, nous ne pouvons vous renseigner. — M..D. B., k Paris; M. J. R., à Lille. Voyez les petits livres des Recettes et procédés utiles, lre, 5e et 5e séries, à la librairie Masson et Cie. — M. G. Rudal, à Ermont. Nous n’avons jamais publié d’article sur cette question. M. L. Durât, à Paris: M. G. Lelong, à Blois. Remerciements pour vos communications.
- JDans la « Boite aux lettres t> la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage eu aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précédé la date de. la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Le jeu des sylphides. — Ce nouveau jeu, inventé par M. Chasles, a eu le premier prix à l’Exposition des jouets, comme l’avait eu, l’année dernière, le <( jeu des œillets ». L’idée est originale. C’est une petite application de l’électricité
- Fig. 1. — Le jeu des sylphides dans sa boite.
- statique que l’on obtient en frottant une plaque d’ébonite avec de la laine. Ouvrons la boîte de M. Chasles. On y trouvera en
- bas deux baguettes d’ébonite; au-dessus, à gauche, deux morceaux de laine destinés à frotter les baguettes; plus loin, au milieu, une collection de petits volants, diversement colorés, en collodion; enfin des huppes de graines. Quand on a chargé d’électricité statique les baguettes, il suffit de les approcher d’un volant ou d’une huppe pour communiquer aux petits objets de l’électricité conti’aire. Naturellement, il y a répulsion. On peut donc poursuivre un volant jeté dans l’air et l’obliger à prendre une direction donnée avec la baguette et à s’enfuir jusqu’à un obstacle, jusqu’à un mur où il reste collé. On conçoit que deux partenaires munis chacun d’une baguette pourront faire passer d’un camp dans l’autre les volants électrisés. Le jeu est fondé sur la ditficulté de renvoyer d’un camp dans l’autre les volants. On peut Fig. 2. - La baguette électrisée d’o Meurs avec trois, quatre repoussant un volant de collodion. baguettes augmenter le nombre des joueurs; ce petit jeu est amusant et exige certaine habileté. — Ce jeu se trouve chez M. Chasles, 7 bis, rue du Louvre, à Paris,
- Le billard électrique. — Autre jeu basé aussi sur l’application de l’électricité statique et qui a aussi son intérêt.
- Billard électrique.
- Une plaque d’ébonite est placée sur un petit billard. On emploie des éleclrisateurs ou bouchons recouverts d’un côté d’un vernis et peints de l’autre côté; deux des éleclrisateurs sont à
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- manche. On essuie d’abord soigneusement les électrisateurs sur le côté non peint, ainsi que la plaque sur ses deux faces avec un morceau de drap ou de papier de soie. On prend ensuite le bouchon sans manche et on frotte de long en large la plaque dans ses deux sens pour établir l’électrisation. Chaque joueur prend une bille blanche et la lance dans la longueur du billard ; celui dont la bille est la plus rapprochée de la bande du départ débute et lance la bille rouge pour établir la position du carambolage. Le joueur, ayant en main un électrisateur à manche, pose la partie non peinte du bouchon sur la plaque derrière sa billç sans la toucher. L’électrisateur communique ainsi une charge statique contraire à la bille qui s’éloigne et doit aller toucher une autre bille visée. Pour faire un carambolage, le joueur a droit à deux coups, en touchant chaque bille séparément ; si la bille touche les deux autres billes du même coup, le carambolage est bon. 11 y a utilité à entretenir l’électrisation de la plaque en frottant les parties éloignées des billes avec l’électrisateur. Ce jeu présente une série de particularités souvent très amusantes. — Le billard électrique se trouve chez M. H. S. Williams, 28, rue du Faubourg-Saint-Honoré, à Paris,
- Jeu de triangles à 2 ou 3 personnes. — Ce nouveau jeu de triangles, qui vient d’obtenir une médaille de vermeil au Concours de jouets, se compose d’un plateau hexagonal divisé en 96 cases triangulaires de 4 couleurs différentes et de 60 pions également triangulaires. Les 6 triangles formant le petit hexagone central sont 2 à 2, blancs, bleus ou roses. Les triangles gris, par rapport au centre, sont autrement dis-
- posés. II y a 20 pions bleus, 20 blancs et 20 roses. Le jeu de triangles peut être comparé à l’attaque d’une place forte par 2 ou 3 corps ennemis qui l’entourent, la cernent et cherchent à l’occuper en se surveillant et se battant les uns les autres. Au point de vue technique, le jeu de triangles semble plus intéressant que le jeu de dames et ses combinaisons offrent un attrait comparable à celles du jeu d’échecs. De plus, il peut se jouer à 2 ou 3 personnes, indifféremment; il est simple à apprendre; mais, les coups, toujours nouveaux, exigent beaucoup d’attention et de réflexion et se présentent de façons constamment nouvelles. Le placement des pions se fait de la façon suivante : dans le cas de 2 joueurs, l’un d’èux place ses 20 pions de 1 à 20 et l’autre en face, de 77 à 96. Les triangles dont les bases sont sur ces deux côtés opposés sont bleus ou roses. Ces couleurs indiquent les pions à utiliser. Si le joueur de 1 à 20 choisit les pions roses, l’autre aura les bleus et réciproquement.
- Le plateau pourrait être disposé autrement par rapport aux joueurs, ce qui les amènerait à prendre les pions blancs et roses ou blancs et bleus. Dans le cas de 5 joueurs, les 3 séries de pions se disposent en triangle : 1° de 1 à 9 et de 10 à 20 ;
- 2° de 33 à 93 et de 48 à 95; 3° de 21 à 91 et de 54 à 89.
- Sur chaque côté de l’hexagone aboutissent 5 sommets de triangles dont 2 gris et 3 autres bleus, blancs ou roses. Ces couleurs indiquent celle des pions à prendre.
- Les règles du jeu sont au nombre de 4 seulement. Elles sont ' très simples. Chaque pion doit se déplacer parallèlement à l’un de ses côtés, traverser une case vide pour occuper la suivante. D’une façon générale, un pion peut prendre 6 positions nou-
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- veiles : de 40, par exemple, il peut venir en 25, 27, 42, 56, 54 ou 58, si les cases 59, 41 ou 55 sont vides. Ainsi, la case 59 étant occupée, de 40 le pion ne peut venir en 58 ou 25. Un pion est forcé de prendre le pion adversaire qui occupe une case où il peut venir d’après la règle de marche, prend sa place et le met hors jeu (sauf les deux règles restrictives suivantes). Un pion sur sa couleur ne peut être pris. Un pion sur une case grise ne peut jamais prendre. Les joueurs jouent alternativement avec un seul pion, ils doivent prendre s’ils le peuvent et prévenir s’ils se mettent en position pour être pris. Un pion ne doit, en effet, jamais être soufflé. Le gagnant est celui qui, le premier, dispose 5 de ses pions en triangle dans le petit hexa-
- gone central, soit sur 41, 55 et 57, ou sur 40, 42 et 56. Dans le jeu à 5, lorsqu’un premier joueur aura gagné, les deux autres pourront continuer, mais toutefois il faudra enlever le ou les pions du gagnant qui, dans l’hexagone central, seront sur leur couleur, les autres restant à leurs places respectives, mais étant susceptibles d’ètre pris d’après les règles ordinaires. Le plateau hexagonal à cases triangulaires, plus complexe que le damier ordinaire, permet, avec les règles ordinaires, de jouer aux dames à 2 ou 5 personnes et de même aux échecs. Ces jeux à 5 présentent un grand intérêt de nouveauté. — Le jeu de triangles se trouve chez M. Gaston Camus, ingénieur, 45, rue Damrémont, à Paris (XVIIIe arrondissement).
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49™,30). — Bureau central météorologique de France.
- VENT PLUIE EN MILLIMÈTRES
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE DIRECTION ET FORCE DE 0 A 9 ÉTAT DU CIEL OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 15 décembre . 3",0 S. 4. Couvert. Couv. le matin ; peu nuag. de 15 à 17 h. ; beau ensuile';
- halo lunaire.
- Mardi 16 . lu,0 S. 3. Couvert. » Nuag. jusqu’à 6 h. ; couv. ensuite ; pluie le malin et de 21 h. à 21 h. 50.
- Mercredi 17 10°,9 S. VV. 4. Couvert. 1,7 Couv. ; bruine de 18 h. à 19 h.
- Jeudi 18 12°,2 W. S. W. 5. Couvert. 0,2 Couv. jusqu’à 11 h. ; nuag. de 12 à 18 h. ; beau ensuile;
- pluie de 9 h. à 9 h. 15.
- Vendredi 19 6°,2- W. N. W. 3, Très nuageux. 0,5 Beau à 1 h., de 5 -à 6 h. et à 17 h. ; presque couv. le
- reste du temps ; averses à 13 h ; gelée blanche.
- Samedi 20 7°, 9 W. 4. Couvert. 0,2 Couv. ; bruine à 9 h. et de 13 à 14 h.
- Dimanche 21 8°,1 \V. N. W. 4. Couvert. 0,5 Couv. ; bruine dans la soirée.
- DÉCEMBRE 1902 — SEMAINE DU LUNDI 15 AU DIMANCHE “21 DÉCEMBRE.
- Lundi
- Mardi
- Mercredi | Jeudi
- Vendredi 1 Samedi
- Dimanche
- La courba supérieure indique la nébulosité de Où 10: le* flèches inférieures, la direc ion du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les jiressions baromê riques (baromètre ranimé à 0. au niveau de la viet'i; courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en punldlè, Ihermom'lre à l’abri à boule mouillée.
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- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre à Andidjan ( Russie) — Le 16 décembre, à 9 heures et demie du matin, la ville d'Andidjan a été détruite complètement par un tremblement de terre. Le nombre des victimes a été considérable. Andidjan est une ville d* Khanat de Khokand (Turkestau russe), d’une population de 33 970 habitants, située par 40° 48’ 1" de latitude nord, et l°2i’' à l’est du méridien de Khokand, à une altitude de 552 mètres.
- Une secousse de tremblement de terre s’est également produite à Mar-gelan, le 16 décembre, à 9h oO”, elle a duré environ trois minutes. Une deuxième secousse, plus faible que la première, a été ressentie à 10h30ra. Les oscillations étaient dirigées du nord-est au sud-ouest.
- Inondation# en Algérie et en Tunisie. — Des inondations dues aux pluies torrentielles, tombées les 13,14, et 15 décembre, ont causé d importants dégâts daus les départements d’Alger et de Constantine notamment. Dans de nombreuses régions les terres et les jardins ont été dévastés. Plusieurs personnes ont été emportées partes eaux. Les pertes subies par les colons ont été considérables. Les pluies persistantes dans la plaine de la Mitidja, près d Alger, ont causé la mort de trois indigènes, entraînés par les torrents. De nombreux gourbis ont été détruits, des semailles ont été emportées sur plusieurs centaines d’hectares. Les lignes d’Alger à Oran et de Rlida a Médea ont été interrompues. Les communications ont été également
- interrompues sur la ligne des chemins de fer sur route d’Alger à Rovigo et d’Alger à Koléa.
- Eu Tunisie, des inondations ont également eu lieu au cap Bon à Encliir Merdja, et un grand nombre d’imbilants ont été emportés par les Ilots. Ou a, en effet, trouvé 33 cadavres des habitants de Tamis-Douars surpris par l’inondation, en pleine nuit.
- Partout, les plantations ont été dévastées et les arbres arrachés, emportés à la mer. La région est envahie par la boue et les sables.
- La plus grande perturbation a régné dans une partie de la Tunisie. Les communications ont été interrompues, la voie ferrée entre Tunis et Sousse a été coupée sur plus de 25 points.
- La pluie. La température. — Le temps a été doux et pluvieux en France pendant toute la semaine du 15 au 21 décembre. Le lo décembre, on a recueilli 9 mm d’eau à Cherbourg, 3 mm à Nantes, 1 mm à Boulogne, 5 mm à Besancon, 3 mm à Rochefort, 2 mm à Paris. Le 16 décembre, il est tombé 9 mm d’eau à Besançon, 2 mm à Paris, 2 mm à Bordeaux; le 17 décembre, il a plu à Dunkerque (10 mm), à Nancy (7 mm), à Brest (5 mm).
- Le 18 décembre, il est tombé 10 mm d’eau à Nancy, 8 mm à Limoges, 1 mm à Nantes et à Paris. Le 19 décembre, il a plu à Biarritz, à Nancy, au Mans et il a neigé à Belfort.
- La température moyenne à Paris a été de 3°,6 le 15 décembre, de 41,3 le 16 décembre, de 11°,7 le 17 décembre, supérieure ce dernier jour de 9”,2 à la normale, de 10°,2 le 19 décembre, de 7°,3 le 20, et de 8°,1 lé 21 décembre.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 21, à 8 h. 9 m, du soir.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —%— Le 23 décembre, on a pu de nouveau observer à Paris les lueurs crépusculaires, qui se sont reproduites le lendemain, mais atténuées par le brouillard. Le soleil s’est couché dans un ciel, d’un rouge vif, comme à la lin d’octobre et au commencement de novembre.
- —À la date du 8 novembre 1901, le Dr Chantemesse, membre de l’Académie de médecine et professeur titulaire de la chaire de pathologie expérimentale et comparée de la Faculté de Paris, a fait connaître à la tribune de la Société médicale des hôpitaux la composition d’un sérum antityphique dont l’emploi lui avait donné, dans le traitement de la fièvre typhoïde, les plus beaux résultats chez les malades de sa clinique hospitalière. La méthode consiste, en substance, à injecter sous la peau du bras du malade,
- A la dose de 15 cm3, un sérum obtenu « en partant de la toxine typhique et non plus des corps mêmes des bacilles de la maladie ». IJepuis cette époque le Dr Chantemesse a pu établir une comparaison entre des malades traités par cette méthode et des malades traités par la médication ordinaire. Il vient de faire connaître, au Congrès du Caire, les derniers résultats de ces comparaisons. La moyenne de la mortalité par fièvre typhoïde dans les hôpitaux parisiens, du 1er avril 1901 au 1er décembre 1902, a été de 19,3 pour 100. La moyenne de la mortalité après le traitement a été de 3,7 pour 100.
- —Le tremblement de terre dans le Turkestan russe, que nous avons signalé dans la « Chronique météorologique » n° 1544, du 27 décembre 1902, est devenu très fort à la date du 24 décembre, et s’est «tendu sur une grande partie. La population russe d’Andidjan a été transférée à la station du chemin de fer, où l’on a disposé 500 wagons. Le général Ivanof, gouverneur général du Turkestan, et l’ingénieur Ossipof, directeur adjoint du chemin de fer, ont fait construire des baraquements et des tentes et réunir des wagons, dans lesquels ont été transportés tous les fonctionnaires du gouvernement. Les soldats du génie ont travaillé activement au déblaiement. Le tremblement de terre a causé la mort de près de 4000-personnes. On a retrouvé jusqu’à présent 800 cadavres dans le quartier habité par les indigènes. On a organisé des cuisines où Ion a distribué gratuitement des vivres. Un grand nombre d’ouvriers ont été envoyés à Andidjan pour faire les travaux du déblaiement. Le local de l’administration des finances, où il y a 5 millions de roubles, est en ruine ; on procède au déblaiement du bâtiment sous la surveillance, des autorités. L’eau potable a manqué; on craint un abaissement du sol.
- —:§)— Le concours annuel entre les propriétaires et les architectes des maisons construites à Paris en 1901 vient de se terminer. Le jury a primé les architectes des six maisons suivantes : M. Du-pommcreulle, façade boulevard Saint-Germain, 201 bis, M. Fiquet, façade rue Condorcet, 40; JI. Labro, façade rue de l'Abbaye, 0; M. Lavirolte, façade avenue Itapp, 29; JL Noël, façade place des Saussaies; JI. Pasquier. façade boulevard Saint-Germain, 199bis. Le rapport de JL Barlaumieux, présenté au préfet de la Seine au nom du jury, constate les efforts des propriétaires et des architectes en vue de" l’embellissement des rues de Paris. « Si, ajoute le rapporteur,- les architectes s'appliquent de plus en plus à réaliser toutes les conditions d’utilité, d’hygiène et de confort nécessaires, s’ils savent choisir leurs matériaux, s’ils profitent de la liberté plus grande qui leur est laissée au point de vue des saillies et des hauteurs pour mouvementer et décorer leurs façades, chacun ne peut manquer d’aboutir à une œuvre vraiment originale et personnelle, qui, par surcroît, pourra être tout à fait artistique. »
- —#— Le coureur Pasquier vient de terminer une intéressante randonnée à bicyclette: il avait parié de faire sur route, en plein hiver, 100 kilomètres à bicyclette par jour, pendant deux mois,' sur la même machine ; soit 6000 kilomètres en tout. Jlalgré la neige, la I
- pluie, la boue, la gelée, le vent, le brouillard, le courageux cycliste est arrivé à gagner son pari. Il a même réussi à gagner pas mal de temps puisqu’il n’a mis que 48 jours, au lieu de 60, accomplissant, par conséquent, une moyenne quotidienne déplus de 126 kilomètres, sans jamais prendre un jour de repos. C’est une jolie épreuve d’endurance, aussi bien pour l’homme que pour la machine qu’il montait.
- —®— D’après la dernière statistique publiée le 18 décembre 1902 par l’Elektrotecknische Zeitschrift, le nombre des stations centrales existant en Allemagne est de 870, et leur puissance totale est de 357 993 kilowatts. Elles desservent 4200 203 lampes à incandescence de 50 watts, 84 891 lampes à arcs de 10 ampères et un nombre de moteurs électriques dont la puissance totale est de 19 2 059 chevaux.
- —S— On signale un nouvel enduit pour routes indiqué par P. Hooley, ingénieur anglais, qui emploie un mélange de mâchefer chaud sortant à peine du haut fourneau, et de goudron. D’après l’inventeur,, cette préparation une fois étendue, et soigneusement écrasée à l’aide d’un rouleau extrêmement pesant, rendrait la surface de la route ainsi traitée absolument impénétrable à l’eau. De plus la poussière serait entièrement éliminée, même par les temps les plus secs.
- —g)— Un Anglais, M. Baldt, de Chesfer, a imaginé.un procédé nouveau pour fabriquer les moules de fonderie, en se servant d’un modèle fusible autour duquel il agglomère du sable à mouler : on chauffe ensuite le bloc obtenu, et le modèle fondant laisse le vide nécessaire pour couler la pièce. La méthode réussit particulièrement bien pour les maillons de chaînes, que l’on coule par séries de maillons enchevêtrés.
- —®— Un dépôt municipal de lait stérilisé, à Battcrsea. Pour combattre la diarrhée infantile, qui fait tant de ravages en Angleterre comme en France, et qui tient le plus souvent à la mauvaise qualité du lait qu'on donne aux enfants, une municipalité anglaise, celle de Battcrsea, dans la banlieue de Londres, a créé, il y a quelques mois, un dépôt où elle vend du lait stérilisé.
- —®— 1/American Machinist donnait récemment la description d’une machine-outil qu’on peut considérer à bon droit comme le « Jlaître Jacques » de l’atelier. Elle a l’apparence d’une machine à fraiser ordinaire, mais dont l’arbre est supporté par une glissière à laquelle on peut donner un mouvement alternatif, et qu’on peut placer dans toutes les positions, depuis la verticale jusqu’à l’horizontale. Si bien que, grâce à d’autres organes accessoires, et notamment à un chariot fixé soit à l’extrémité de l’arbre, soit sur la table, l’appareil peut jouer les rôles multiples de machine à fraiser verticale ou horizontale, de tour à engrenages, d’étau limeur, de mor-taiseuse, de machine à percer, à aléser, de machine à profiler.
- —(g)— La Compagnie allemande « Gesellsehaft fiir Lindes Eis-maschinen » vient de construire une usine d’essai à Hollriegels Greuth, près de Munich-, pour la fabrication en grand de l’oxygène, ou plutôt d’un mélange gazeux plus riche en oxygène que l’air. JL Linde a déjà exposé dans une conférence à la « Verein Deutscher Ingenieure » les principes qui servent de base à cette fabrication, et décrit le dispositif qu’il avait imaginé pour tirer l’oxvgène de l’air liquide. Ce dernier contient à la fois de l'oxygène et de Lazote, mais si on laisse s'évaporer le mélange, l'azote plus volatil se dégage le premier et la proportion d’oxygène contenue dans le liquide augmente. D’après JL Linde, le procédé qu’on va mettre à 1 c-preuve permet de fabriquer par heure 100 m3 d’un mélange contenant parties égales d’azote et d oxygène, alors que l’air ne contient qu’une partie d’oxygène pour o,8 parties d’azote. Rappelons que, JL Pictet s’occupe, aussi, depuis deux ans, de la fabrication de l'oxygène et qu une Compagnie anglaise vient de construire] uiui usine pour exploiter son procédé.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre, dans la mesure du possible, que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le métier-bijou Jacquard, dont nous avons donné la description dans le n° 1544, du 27 décembre 1902, p. 64, est en vente aux grands magasins du Bon Marché, à Paris.— Le pendule de Foucault se trouve chez M. E. Cannevel, 16, villa Chaptal, à Levallois-Perret (Seine). — Lampe Laudi (Maison Nouvelle), 8, place de l’Opéra; Lampe Denayrouse, 1, boulevard Gouvion-Saint-Cyr ; Delamotte, 53, rue de Chàteaudun, à Paris; La Continentale Nouvelle, 9, boulevard des Italiens; Decamps et Cie, 2, passage Saint-Sébastien; Grosjean, 12, rue des Patriarches; Chauveau, ingénieur, 9, rue Buffault; Fouilloud, 87, rue de la Roquette, à Paris.
- Communications. — M. Cari-Mantrand, à Cette, nous adresse une notice extraite du « Bulletin de la Société chimique de Paris », et qui a pour titre : « Sur l’emploi du noir en œnologie. Ses avantages et ses inconvénients. » Cette industrie de la fabrication des noirs dits œnologiques a pris une telle extension depuis la dernière récolte, par suite de la rareté des vins blancs proprement dits, que cette marchandise est vendue à un prix très bas et sans garantie d’analyse. Pour en donner un exemple, une seule usine de la région de Cette fabrique par jour 3000 kg de noir exclusivement pour le commerce des vins, sans compter celles très importantes de Bordeaux, Lyon, Paris, Marseille, Toulouse, etc. En présence de ces faits inconnus du public parisien, il serait temps d’aviser au moyen de remédier à cet état de choses en informant, par voie de publicité, lès membres compétents de la commission extraparlementaire des boissons nouvellement instituée à ce sujet.
- M. Maurice Trembley, à Paris, nous envoie une brochure avant pour titre : « La découverte des polypes d’eau douce, d’après la correspondance inédite de Réaumur et d’Abraham Trembley. » Lecture faite à la 85e session de la Société helvétique des sciences naturelles (Genève). Cette brochure se trouve à l’imprimerie du Journal de Genève.
- M. L. Tarchon, à Marseille, nous écrit : « Je lis dans votre n° 1542, du 13 décembre, qu’un record original vient d’être battu sur une bicyclette sans guidon. Je me permets de vous faire observer qu’il y a environ un mois pareil record a été tenté par un nommé Eugène Veyssière habitant notre ville. Cet intrépide cycliste a couvert au parc Borélv les 50 kilomètres en lh24m. Je ne pourrai pas vous fixer exactement la multiplication de la machine, mais la tentative était plus périlleuse, car il avait les deux mains liées derrière le dos. Je puis vous affirmer l’authenticité du fait que j’avance, car je faisais partie du nombre des personnes qui le suivaient. »
- Renseignements. — M. C. K. H., à X. — A la suite des recherches d’Achalme et Triboulet (médecins des hôpitaux de Paris) sur la bactériologie du rhumatisme articulaire aigu, le I)r Menzer a fait sur le même sujet une communication à la Société de médecine interne de Berlin (tome XX, 1900-1901). En 1900, à la Société de biologie de Paris, le l)r Bouchard a parlé d’un essai de sérothérapie du rhumatisme avec une culture de staphylocoque. Le Dr Boucheron avait essayé sur deux cas d’iritis rhumatismale des injections de sérum slrepto-coccique.
- M. Eug. Barbe, à Paris. — Nous préparons un article sur ce sujet.
- M. Paul Ferry, à Lunéville. — Le journal « L’Industrie électrique » publie tous les ans la statistique des stations centrales de France; adressez-vous à l’administration du journal, 9, rue de Fleuras, à Paris.
- M. S. Delnott, à Cognac. — La règle perfectionnée, dont
- nous avons publié la description dans les « Petites Inventions » du n° 1555, du 25 octobre 1902, est fabriquée par M. E. Pa-tard, 5, rue Francœur, à Paris (XVIII" arrondissement).
- M. F. Basile, à Paris. — 1° Pour recueillir cette couche d’or, le moyen le-plus simple est de gratter les cadres avec soin. — 2° On pourrait, en effet, laisser tremper ces rubans dans des bains légèrement acides, et les faire sécher ensuite.
- M, Virât, à Porrentruy. — Vous pourriez essayer le siccatif liquide qu’on obtient en agitant de l’essence de térébenthine avec de la litharge et en décantant ; ce liquide n’altère pas les couleurs et fournit une couche très résistante.
- M. Leroy, à Taverny. — Pour être fixé sur les conditions de marche d’une dynamo, il faut relever la différence de potentiel aux bornes, l’intensité en circuit et la vitesse angulaire exprimée en nombre de tours par minute.
- M. Ch. de Thierry, à Paris. — 1° La formule pour calculer l’étendue de la vision ou de la distance de l’horizon pour diverses hauteurs est la suivante : R==3570y//t dans laquelle R est le rayon du cercle visuel, exprimé en mètres et /z la hauteur en mètres. Un homme, debout sur une surface de-niveau telle que celle de la mer, a son œil à lm,75 (taille moyenne de l’homme); le rayon du cercle de l’horizon qui comprend dans son intérieur la partie visible de cette surface-est donc de 5570 x y/l,75 = 4711 mètres. — 2° Il faut consulter des ouvrages de conchyliologie ; vous en trouverez à la librairie Masson et Cie.
- M. L. de B., à Paris. — L’arithmographe Troncetse trouve-à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, ainsi que-nous l’avons déjà indiqué en tète de la Boîte aux Lettres du n° 1491 du 21 décembre 1901.
- M. Dudard, à Brest. — L’aluminium fondu a une densité de-2,56 à 2,58 et le cuivre fondu une densité de 8,80 à 8,95.
- M. M. C. C., à Paris. — Adressez-vous aux éditeurs de photographies : M. Barenne, 27 bis, rue Duret; MM. Braun, Clément et Cia, 18, rue Louis-le-Grand ; Société industrielle de photographie, 29, rue des Pyramides, à Paris.
- M. G. Hôlzlin, à Paris. — Le nouvel appareil pour la conservation des fruits par le froid, que nous avons décrit dans le n° 1497 du 1er février 1902, p. 129, se trouve chez M. Douane, 23, avenue Parmentier, à Paris.
- M. S. Machado, à Concordia-Rio. — Appareils à copier : M. Blancan, 156, rue du Faubourg-St-Denis; M. Bloch, 5 et 5, rue des Goncourt ; M. Morin, 52, rue Croix-des-Petits-Champs ; M. Fortin, 59, rue des Petits-Champs, à Paris.
- M. A. Morin, au château de Gravelles. — La librairie E. Bernard, 25, quai des Grands-Auguslins, à Paris, a publié plusieurs livres d’automobiles parmi lesquels vous pourrez faire un choix ; mais aucun traité ne vaudra celui que l’on vous a engagé à prendre.
- M. R. K., à Lyon. —Vous pourrez vous procurer des plantes et fleurs naturalisées chez M. F. Parent, 12, rue des Pyramides, à Paris. Nous ne connaissons pas les procédés de conservation utilisés ; mais on peut conserver la coloration des feuilles en faisant sécher les plantes entre deux feuilles de papier buvard-que l’on a soin d’imbiber d’une solution d’acide oxalique à 3 pour 100; on change le papier tous les jours.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Toison, à Pau. Cette-adresse est toujours la même; nous l’avons fait connaître à plusieurs reprises.— M. F. Crestin,hH. Nous vous avons répondu récédemment. — M. Seyard, à Cherbourg; M. Frayat, à Paris, oyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 1" série, à la librairie Masson et Cie. — M. V. L., à D; M. G. P., a Paris. Ces recettes sont données dans le meme petit livre que ci-dessus, 5e série, à la même librairie — M. L. Petit, à Nice; M. G. Péral, à Montpellier. Remerciements pour vos communications.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Poudres dentifrices au charbon de bois. — Première formule : Mélanger par poids égaux du charbon de bois finement pulvérisé, comme de juste, avec du sucre en poudre, et parfumer avec un peu d’essence de girofle. — Deuxième formule : 270 parties de charbon de bois, 1 de sulfate de quinine, autant de magnésie, et un parfum quelconque. — Troisième formule: 156 parties de charbon, autant de gomme de Sénégambie et 6 de sucre; parfumer avec quelques gouttes d’essence de menthe amère. — Quatrième formule : 30 parties de charbon, 8 de crème de tartre, 4 d’écorce de quinquina jaune en poudre, 15 de sucre, et quelques gouttes d’essence de girofle.
- Dans ta « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui h/i sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scieniifirues, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- JANVIER-FÉVRIER-MARS 1903. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- lM. 21
- Moue he£»
- Bélier
- Cancer
- îsons
- P ïtit Chien
- Baleine
- Ér idan
- Lièvre
- Colombe
- Heretl
- Dauphin
- Poissons
- et Antinous
- MVerseau
- Balance
- CorbeanJ
- Capricorne
- Scorpi
- Poi ssonAost 'al
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- Occultations des Étoiles far la Lune, visibles b Paris.
- 1903. Nom de l’astre- Grandeur, Immersion. Émersion,
- Temps moyen. Temps moyen.
- Janvier 6 274 B.A.C. 6,3 10 h. 6 m, 9 11 h. 9 m, 8
- 12 26 Gémeaux. 5,4 4 h. 2 m, 0 4 h. 38 m, 8
- — 12 66 Weisse (7“) 6,6 17 h. 21 m, 2 Appulse i 5’5 du bord.
- — • 12 51 Gémeaux. 5,1 18 h. 11 m, 1 Appulse i i’I du bord.
- — 13 2737 B.A.C. 6,6 15 h. 40 m, 6 Appulse i 3 7 du bord.
- — 1-i 60 Ecrevisse. 5,6 7 h. 49 rn, 3 Appulse i 0’# du bord.
- — 14 a Ecrevisse. 4,4 8 h. 19 ni, 6 9 il. 17 m, 5
- — 16 p4 Lion. 5,8 16 h. 15 m, 6 17 h. 25 m, 4
- — 18 4294 B.A.C. 6,6 14 h. 6 m, 9 14 h. 54 m, 8
- — 20 4777 B.A.C. 6,7 *12 h. 54 m, 1 13 h. 55 m, 1
- 22 29 395 Lalande. 6,9 15 h. 50 m, 6 16 li. 57 m, 9
- 22 5408 B.A.C. 6,9 18 h. 42 m. 8 20 h. 8 m, 0
- Février 6 S1 Taureau. 4,2 9 11. 47 m, 9 Appulse'i 0’8 du bord.
- 6 8* Taureau. 5,1 9 h. 55 m, 1 10 h. 48 m, 3
- 7 115 Taureau. 5,7 11 h. 0 m, 9 il li. 52 m, 2
- — 8 12 093 Lalande. 6,6 6 h. 39 m, 1 7 h. 40 m, 6
- * L'étoile est sous l’horizon.
- 1903. Nom de'l’astre. Grandeur. . In mersion. Émersun.
- Ten ps moy en. Temps nn y en
- Février 9 À Gémeaux. 3,8 4 h. 1 m, 4 4 h. 56 m. , 5
- — 9 68 Gémeaux. 5,5 11 h. 37 m, , 5 12 h. 38 m, 5
- — 10 2872 B.A.C. 6,4 10 li. 34 m, , 3 11 h. 45 m, 8
- 10 A1 Ecrevisse. 5,9 15 li. 37 m, . 6 16 li. 5 m 1
- — 10 A2 Ecrevisse. 6,1 17 li. 8 m, 1 17 h. 59 ni, 5
- — il Ii Lion. 5,4 9 h. 58 m, 0 10 ii. 41 m, 2
- —, 13 •J Lion. 4,4 17 h. 3 m, 2 17 li. 58 m, 8
- — 14 4135 B.A.C. 6,5 9 h. 47 m, 5 10 Ii. 35 m, 4
- — 14 4200 B.A.C. 6,3 15 h. 22 m, 1 16 h. 3 m; 6
- — 14 4225 BtA.C. 6,5 17 h. 41 m, 8 18 h. ÔU m, 0
- Mars 2 410 B.A.C. 7,0 8 h. 58 m, 6 Appu'se b V3 du bord.
- —. • 5 1281 B.A.C. 7,0 10 il. 45 ni, 5 11 li. 59 in, 5
- — 7 11 839 Lalande. 6,1 13 li. 17 m, 6 ippulse 1 l'A i lu bord.
- 8 BD -h 16° 1363. 6,1 7 h. 4 m, 7 7 h. 40 m, 5
- — 8 51 Gémeaux. 5,1 12 Ii. 40 m, 7 15 h. 12 m, 8
- — 10 a Ecrevisse. 4,4 5 h. 4 m. 0 6 1). 1 ni, 2
- — 10 y Ecrevisse. 5,1 10 ii. 57 ni, 3 Appulse A S'J du bord.
- — 12 p4 Lion. 5,8 13 ii. 12 ni, 6 14 II. 50 m, 9
- — 15 4077 B.A.C. 6,7 16 li. 31 m, 0 17 ii. 34 ni, 9
- —. 14 4294 B.A.C. 6,6 9 h. 40 m, 1 10 ii. 55 UK 0
- — 17 Ç1 Balance. 6,0 12 Ii. 57 m, 7 . ippulse i i l) du bord.
- — 17 Balance. 6,0 15 Ii. 17 ni, 8 14 h. 32 m, 7
- __ 17 Z* Balance. 5,8 14 lii 54 m, 6 15 li. 59 m, 1
- — 18 / Ophiueus. 4,6 16 ii. 11 m, 2 17 il. 59 m, 4
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS ÉCLIPSES.
- 1905. Satellites. Immersion. émersion. Janvier 8 II
- - 15 I
- - 17 III
- Commencement. Fin.
- 4 h. 48 in. 8 s.
- 5 h. 46 in. 16 s.
- 5 h. 24 m. 41 s.
- Éclipse annulaire de Soleil, le 28 mars 1903, invisible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Commencement de l’éclipse générale....................11 h. 18 m. 5.
- Commencement de l’éclipse annulaire...................12 h. 42 m. 7.
- Commencement de l’éclipse centrale....................12 h. 44 m. 6.
- Eclipse centrale à midi vrai..........................14 h. 14 m. 6.
- Fin de l’éclipse centrale.............................14 h. 44 m. 6.
- Fin de l'éclipse annulaire............................14 h. 46 m. 4.
- Fin de l’éclipse générale.............................16 li. 10 m. 7.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- L’épuration des eaux potables.
- Le nouveau procédé d’épuration imaginé par M. Vaillard, professeur au Val-de-Grâce, s’adresse, dans son esprit, surtout aux troupes coloniales, aux militaires voyageant ou séjournant dans les pays insalubres. Il est clair que tout le monde peut faire son profit de ce moyen ingénieux d’avoir de l’eau saine et potable.
- Explorateurs dans les régions tropicales, touristes dans des pays qui, pour n’ètre pas tropicaux, ne sont pas moins insalubres, voyageurs de toute sorte, habitants de régions marécageuses, auront désormais la plus grande facilité à purifier une eau mauvaise et malsaine.
- Le moyen, ai-je dit, est pratique; il est, en effet, basé sur l’emploi de sortes de pastilles, des comprimés qu’on fait dissoudre instantanément. Il comporte trois opérations distinctes, au moyen de trois comprimés différents.
- Le premier comprimé est un composé iodé suivant la formule ci-dessous :
- Iodure de potassium sec. . . 10 grammes.
- lodate de soude sec........ 1er,56.
- Bleu de méthylène.......... Q. S. pour colorer.
- Cette dose fournit cent comprimés contenant chacun un peu plus de 10 centigrammes de principes iodés.
- Le second comprimé, coloré en rose par un peu de fuchsine, est formé de 10 centigrammes d’acide tartrique.
- Le troisième, qui n’est pas coloré artificiellement, d’un blanc gris léger, est composé de 11 centigrammes d’hyposulfite de soude.
- Ces comprimés tricolores sont faciles à distinguer; on les conserve dans des boîtes ou mieux dans des flacons, car le comprimé ioduré est assez hygrométrique.
- Voici maintenant le mode d’opérer très simple, en vérité. Si l’eau à purifier est trouble, on la passe à travers un seau de toile. L’armée autrichienne est pourvue à cet égard d’un filtre très bon, le filtre Schucking ; c’est un seau de toile au fond duquel s’adaptent des tamis contenant de la poudre d’amiante.
- On prend un quart de litre de cette eau clarifiée et on y fait dissoudre un comprimé n° 1 ; dès qu’il est dissous on jette un comprimé n° 2. L’iode se dégage et donne au liquide une coloration rougëàtre. On verse alors ce quart de litre dans le reste de l’eau, jusqu’à concurrence de 10 litres, maximum pour la dose de sels employés. La couleur rougeâtre passe, par la dilution, à une teinte ambrée. En dix minutes tous les germes sont détruits, tous les agents nocifs oht disparu. On utilise alors le comprimé n° 3 qui neutralise l’iode et clarifie complètement l’eau.
- Le breuvage est prêt. L’eau n’a ni odeur ni saveur; elle est inoffensive et l’on sait de combien de maladies elle est l’agent de propagation. Le procédé de M. Vaillard est à recommander aux Parisiens quand le service des eaux donne aux habitants d’autre eau que les eaux de source. Dr A. C.
- La stomatite ulcéreuse.
- Il est une variété d’inflammation de la bouche, caractérisée par des ulcérations légères sur les gencives, les replis des joues qui se revêtent d’une couche d’enduit gris blanchâtre,
- véritable pseudo-membrane d’apparence diphtérique. Cette stomatite, heureusement rare, est assez grave, il s’agit en effet d’une véritable gangrène ordinairement superficielle de la muqueuse ; l’origine en est le plus souvent dans les mauvais soins de la bouche, les conditions d’hygiène générale défectueuses, surmenage, mauvaise nourriture. On a constaté parfois chez les jeunes soldats de véritables épidémies de êtes stomatites.
- 11 n’y a pas très longtemps, on a décrit une forme d’angine ulcéreuse qui est tout à fait l’analogue de la stomatite. Sur une ou parfois les deux amygdales on trouve, comme dans la bouche, des ulcérations à revêtement pseudo-membraneux qu’il n’est pas toujours facile de distinguer d’autres affections ulcéreuses ou de la diphtérie. Cette angine, malgré sa forme d’apparence grave, cède fort heureusement, comme la stomatite, rapidement au traitement. Le vrai médicament spécifique de ces deux affections est le chlorate de potasse administré intus et extra, en potion et en gargarismes. En quelques jours, en général', les ulcérations se détergent, les pseudomembranes disparaissent et la plaie se cicatrise.
- Mais il est un traitement encore bien plus efficace et bien plus rapide qui a été signalé par le Dr Siredey. Il emploie le bleu de méthylène, ce produit qui sert de réactif en histologie et qu’on utilise pour reconnaître le degré de perméabilité du filtre rénal. J’ai indiqué qu’on s’en était servi dans les fièvres continues. M. Siredey a obtenu avec des badigeonnages au bleu de méthylène des guérisons rapides dans des cas où des agents modificateurs comme l’eau oxygénée, la teinture d’iode n’avaient donné aucun résultat.
- 11 faut avoir la précaution d’employer un produit chimiquement pur,. pour éviter l’action du chlorure de zinc, de l’arsenic que l’on trouve quand le bleu n’est pas parfait. On enduit un pinceau d’ouate sèche de la poudre et on la passe sur la région malade. Au bout de quelques minutes, on fait gargariser le malade avec de l’eau bouillie qui entraîne l’excès du produit.
- Ce traitement a un petit inconvénient, mais bien léger, vous en conviendrez, en présence des bons résultats qu’il donne. C’est que le malade, après ce lavage, a la bouche colorée en bleu foncé et non seulement la bouche, mais aussi les lèvres sur lesquelles coule le liquide. La coloration disparaît en vingt-quatre heures ; on peut aider à sa disparition sur les lèvres en les lavant avec un peu de liqueur de Labarraque (chlorure de chaux) étendue d’eau (une cuillerée à café pour un verre d’eau).
- L’application du bleu de méthylène est indolore; il est absorbé en très petite quantité, car on le trouve rarement dans les urines. C’est donc par une action toute locale qu’il modifie ces ulcérations, et il semble, d’autre part, qu’il n’agisse réellement bien que dans cette variété d’angine ou de stomatite dite ulcéro-membraneuse. Dr A. C.
- PHOTOGRAPHIE
- Trousse Lumière pour photographie des couleurs.
- Le procédé trichrome est le seul qui permette d’obtenir une série indéterminée d’épreuves positives avec les mèmes clichés négatifs; c’est par suite le seul pratique jusqu’à présent. Les études auxquels il a donné lieu, les résultats acquis par les amateurs habiles et notamment ceux qui ont suivi de près les derniers travaux des frères Lumière, prouvent que le procédé est suffisamment au point aujourd’hui pour être abordé par le plus grand nombre des amateurs photographes. II est certain qu’on n’obtient pas l’épreuve en couleurs aussi facilement que l’épreuve monochrome, mais précisément pour ceux qui ont le temps et qui aiment un travail intéressant c’est là qu’est tout l’attrait. Ce qui rebute souvent le débutant c’est qu’il ne sait où ni comment se procurtir tout ce qui est nécessaire au résultat et c’est pour lui mâcher la besogne que MM. Lumière ont réuni dans une trousse tous les produits, plaques, écrans, couleurs, etc., nécessaires à l’obtention d’une bonne épreuve reproduisant les couleurs de la nature. On réussit lorsqu’on se conforme exactement aux instructions qu’ils donnent dans leur brochure.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Avis. — En raison des congés du 1er janvier, l’Imprimerie est restée fermée les trois derniers jours de cette semaine; le tirage du présent numéro ayant été fait avant les jours de congé, nous avons été contraints d’ajourner notre Bulletin météorologique. La livraison de la semaine prochaine comprendra deux bulletins complets, et rien ne manquera ainsi dans la collection météorologique hebdomadaire. Il n’y aura qu’un retard de huit jours pour un des bulletins.
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- iï 1546 (i0 janvier 1903) üu journal, « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— S. M. Oscar II, roi de Suède et de Norvège, vient de décerner à M. Berthelot. la médaille norvégienne « Til Beleenning» '(pour le mérite), en témoignage d’admiration pour l’œuvre du grand chimiste français.
- —®)— M. Albert Gaudrv. de l'Institut, l’éminent professeur de paléontologie du Muséum d'histoire naturelle, prend sa retraite. Son successeur doit être désigné au Ministre par une double présentation, celle de l’Assemblée des professeurs <lu Muséum et celle de l’Académie des sciences. Notre collaborateur, M. Marcellin Boule, ui supplée, depuis deux ans, son maître et ami, semble tout indiqué 'avance pour la chaire vacante. Et en elfet l’assemblée des professeurs l’a élu en première ligne et à l’unanimité. Il n’est pas douteux que le choix de l’Académie des sciences se porte également sur M. Marcellin Boule, dont les beaux et nombreux travaux sont bien •connus en France et à l’Etranger.
- —®— Nous avons le regret d’annoncer la mort de M. le Dr Albert llénocque, directeur adjoint du laboratoire de physique biologique au Collège de France, vice-président de la Société de biologie. M. Albert llénocque était le beau-frère de M. G. Eiffel. Il a fait d'importants travaux sur la spectroscopie du sang. On lui doit notamment divers appareils pratiques permettant d’examiner le sang des malades en quelques minutes pour en tirer un diagnostic utile, notamment dans l’anémie, la chlorose et les intoxications oxycarbonées.
- —(g)— Quintette de volcans ! Une dépêche de Valparaiso a annoncé «jue cinq volcans étaient en éruption à la fois depuis le commencement de l’année dans la province de Llanquihué.
- —9— Une forte secousse de tremblement de terre qui a duré -six secondes avec oscillations de l’est à l’ouest a été ressentie à Bagnères-de-Luchon, le 29 décembre 1902; elle n’a causé aucun dégât. A la même date, on a signalé plusieurs autres phénomènes sismiques. En Russie, on a ressenti à Bysk (gouvernement de Tomsk) une secousse qui a duré 23 secondes. A Syracuse, on a constaté une forte secousse, précédée de grondements souterrains.
- — (g— Dans la nuit du 28 au 29 décembre 1902, une violente tempête du nord-ouest a sévi sur les côtes de Cherbourg. Un bateau de pèche, l'Alfred, de Cherbourg, monté par deux hommes d’équipage, est venu se briser sur la jetée du port de l’ile Pelée, à la suite de l'enlèvement de sa voilure. Le patron Frigout a été noyé. On a signalé également une violente tempête à Saint-Sébastien. Le <25 décembre 1902, à New-York. la neige est tombée en abondance, de façon à recouvrir les rues d'une couche épaisse. La circulation a été interrompue aussi bien dans les rues que sur les chemins de fer élevés. Une tempête violente venant du nôrd-ouest s’est abattue dans la nuit du jeudi 23 décembre et dans la matinée du vendredi 26 décembre 1902 sur tout le Danemark. Les édifices, les arbres, les navires et les bateaux de pêche ont beaucoup souffert. Une barque norvégienne a été mise en pièces par la tempête, près de Skagen. Onze hommes ont été noyés; un seul a pu être sauvé.
- —(g.— Le gouverneur de la Martinique a adressé à la fin du mois de décembre au ministre des colonies un câblogramme résumant les récentes observations scientifiques auxquelles s’est livrée la mission Lacroix. Les cendres provenant du Mont Pelé, et apportées à l’em-Bouehure de la rivière Blanche, avaient 115° deux heures après leur projection. Dans le voisinage de la côte, les couches superficielles de la mer étaient échauffées jusqu’à 40°. Le cône formé dans l’intérieur dû volcan émettait toujours avec la même activité et la même continuité des blocs incandescents. Le capitaine du vapeur New-ington, arrivé le 29 décembre de Sainte-Lucie, dit qu’il a vu une éruption violente du Ylont Pelé à 10h30 du matin. Une fumée grise et dense s’étendait au-dessus du volcan qui lançait des cendres à
- une grande hauteur. La nuit, le cône est lumineux et à travers une fissure on voit la lave bouillonner et des blocs incandescents projetés de tous côtés.
- —g)— On a inséré dans nos Informations du numéro du 27 décembre dernier quelques lignes signalant la découverte par un chimiste américain des aciers nickel à dilatation sensiblement nulle. Ces lignes sont restées par erreur au moment de la mise en page, car elles avaient été supprimées. Il est à peine besoin de rappeler que la découverte importante des aciers au nickel est due à-notre collaborateur, M. Ch.-Ed. Guillaume, directeur adjoint du Bureau international des Poids et Mesures. Nous avons été les premiers à annoncer cette découverte d’après la communication faite par son auteur à la séance de l’Académie des sciences du 25 janvier 1897, et nous y sommes revenus à diverses reprises. Nous publierons, du reste bientôt, un article sur l’état actuel des recherches concernant ces alliages et notamment sur les remarquables applications auxquelles ils ont donné lieu.
- —®— L’Automobile-Club d’Amérique, a fait procéder dans ces derniers temps à des essais de routes en acier, qui ont été, d'après le Vélo, très satisfaisants. Les dernières expériences ont prouvé qu’avec ce système l’effort de traction était de 60 pour 100 moindre que sur le pavage en blocs de grés tel qu’il est généralement usité. Voici comment on a procédé : on s’est servi d’un wagon pesant environ 5700 livres, puis on y a fait atteler dix manœuvres ; on avait pris la précaution de placer sur la corde de traction une balance aynamométrique spéciale. L’effort nécessaire pour mettre le wagon en marche sur le pavé d’acier a varié entre 120 et 169 livres, alors que sur le grès près de 600 livres étaient nécessaires. Devant ces résultats, l’Automobile-Club a décidé de faire achever le mille commencé entre Brodway et Cliurch Street.
- —®— M. Gruey, directeur de l’Observatoire de Besançon, dont la mort laisse de profonds regrets, a légué sa fortune au ministère de l’Instruction publique, à charge de l’affecter à l’Observatoire de Besançon.
- —<g)— Le croiseur Gaeydon a effectué récemment à la première tentative l’essai de toute puissance à 20000 chevaux; la combustion des chaudières Niclausse n’a pas dépassé 156 kilogrammes par mètre carré de grille. Les précédents essais de consommation avaient donné par cheval-heure 0k«,709 à 18 000 chevaux etOkg,777 à 14000 chevaux pendant six heures.
- —®— L’immigration aux Etats-Unis, en 1902, s’est élevée à 545 750 personnes, soit 138 000 personnes de plus que l'année précédente. Ce sont les Autrichiens et les Italiens qui ont fourni les plus forts contingents d’immigrants.
- —®— MM. Decazes et G. Besançon ont expérimenté récemment une hélice d’hélicoptère, qui constitue l’élément principal d’un nouvel appareil d’aviation, dénommé « hélicoplane » par ses inventeurs. Cette hélice, actionnée par un moteur électrique de 10 chevaux, système Alioth, a donné, à 60 tours par minute, un effort axial de 67 kilogrammes, constaté au moyen d’une bascule sur laquelle le moteur, l'hélice et son bâti étaient placés. Surface alaire : 29 mètres carrés; diamètre : 6 mètres.
- —®— Pour confirmer et compléter ce que. nous. avons dit de l’emploi du combustible liquide, nous noterous que l’huile minérale du Texas employée sur les locomotives américaines est reconnue osséder une puissance calorifique qui est de 1,65 fois celle du on charbon.
- —®— On a lancé dernièrement aux Etats-Unis un schooner à sept mâts qui est, paraît-il, le premier de son espèce. Ses mâts sont hauts de 46 mètres, sa charge utile est de 8000 tonnes et il déplace 11 000 tonneaux environ.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Axis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le compteur électrique Batault, s’adresser à la Compagnie de construction électrique, 124, boulevard Saint-Germain, à Paris. — Pour le poste double, s’adresser à M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris. — Pour la lampe l’« Étincelante s’adresser à M. Turillon, 125, boulevard Voltaire, à Paris.
- Communications. — M. Léo Dufau, aux Trois Rivières (Guadeloupe), nous écrit : « Au reçu de ces lignes, vous connaîtrez depuis plus de deux mois l’éruption de la Soufrière de Saint-Vincent du 16 octobre, que vous mentionnez dans votre N° 1535. De la terrasse de la propriété, j’ai de minuit à 4 heures du matin écouté le bruit des explosions et je me suis de suite rendu compte qu’elles ne pouvaient venir de la Martinique. Elles étaient, en effet, beaucoup plus sourdes que celles du 8 mai et venaient d’une direction Sud-Ouest. C’est la première fois depuis le mois d’avril que le bruit des éruptions de Saint-Vincent parvient jusqu’à la Guadeloupe. Le 16 octobre, la lune était presque dans son plein, voilée de brumes; pas de brise. J’estime que nous devons être à 300 kilomètres environ de Saint-Vincent, et pour que le bruit des explosions ait été distinctement perçu à cette distance, on peut supposer qu’il devait exister un courant S.-O. dans les hautes régions de l’atmosphère. Quant aux détonations, elles se succédaient de 10 à 15 minutes d’intervalle et paraissaient doubles généralement, la première plus violente que la seconde. Mais ce n’était peut-être qu’un simple effet de répercussion ? L’état électrique que je vous signalais dans m» lettre du 10 juin s’est maintenu en augmentant d’intensité durant les mois de juillet, août, septembre, octobre, puis a diminué en novembre et paraît avoir complètement cessé ce mois de décembre. Le troisième trimestre de 1902 aura été exceptionnel sous ce rapport, dans nos parages ; depuis trente ans que j’habite la Guadeloupe, je n’ai jamais constaté un hivernage aussi électrique. Les orages y ont été d’une fréquence et d’une violence inouïes, et les jours où les grondements du tonnerre ne se faisaient pas entendre, nous étions quand même enveloppés dans une atmosphère électrisée dont les manifestations devenaient visibles dès le coucher du soleil. Alors c’était un véritable feu d’artifice électrique qui commençait : éclairs en zigzag, droits, eh boule, des lueurs rouges, bleuâtres, violettes. On voyait quelquefois partir du zénith de grandes lueurs allant se perdre à l’horizon et on aurait pu penser que nos volcans communiquaient entre eux à travers l’espace ! Ma lettre déjà bien longue m’interdit de vous entretenir de nos aurores et de nos couchers de sofeil : des merveilles! Ces derniers surtout nous ont fait assister à des crépuscules rouges coupés de rayons verts d’une saisissante beauté. »
- Renseignements. — M. P. Crépy, à Lille. — Cette adresse a été donnée en tète de la Boite aux Lettres du n° 1545, du 3 janvier 1903.
- M. V. D. P., à Toissey. — Plusieurs auteurs affirment, en effet, que l’if est un poison ; on a relevé plusieurs cas d’empoisonnement sur des chevaux qui avaient brouté des ifs.
- M, N. /., à Fiume. — Nous n’avons pas de recette à vous indiquer,
- M. Caubrière, à Cherbourg. — 1° La silice se présente à l’état de pureté, cristallisée constituant le quartz, ou à l’état de combinaison avec les oxydes basiques elle entre dans un grand nombre de roches, et forme plusieurs pierres précieuses, telles que l’émeraude et la topaze; les pierres meulières, les
- cailloux ; le grès, les sables sont de la silice mêlée d’alumine et d’oxyde de fer. — 2° Le quartz est employé pour des objets d’ornement, pour des verres de lunette et d’optique ; les grès sont utilisés pour le pavage, pour les meules à aiguiser; les sables ont de nombreux emplois ; la silice et les silicates alcalins dissolvent les oxydes métalliques, etc. — 3° La silice ordinaire en poudre est vendue 11 francs les 100 kg ; la silice chi-iniquement pure vaut 80 francs.
- L’abonné 3356-1653, à Jouet. — Vous pourriez vous adresser à M. Phisalix, au Muséum d’histoire naturelle, à Paris; voyez l’article que nous avons publié sur la maladie des jeunes chiens dans le n° 1519, du 5 juillet 1902, p. 74.
- M. Geo. Cosle, à Montpellier. — 1° On a peu importé en France de Davallia bullata, dont il est question dans l’article sur les shinobu no tamma au Japon (n° 1511, du 10 mai 1902. p. 353) ; l’auteur de l’article nous dit qu’il croit qu’on peut s’en procurer chez M. Sallier, horticulteur, 9, rue Delaize-ment, à Neuilly-sur-Seine (Seine). — 2° Nous avons décrit une lanterne à huile dans les « Petites Inventions » du n° 1450, du 9 mars 1901, une lanterne à acétylène dans les « Petites Inventions » du n° 1514, du 51 mai 1902 et des Phares à acétylène dans le n° 1525, du 16 août 1902, p. 165.
- Casino principal de Saragosse. — 1° L’adresse que vous demandez est la suivante : M. Manuel Perier, pyrograveur, 19, rue d’Enghien, à Paris. — 2° En ce qui concerne les outils pour le repoussé sur cuir, nous ne pouvons vous donner que l’adresse de MM. Bizet et Dubois, 51, rue Croulebarbe, à Paris.
- M. F. Ortmans, à Bruxelles. — Nous vous recommandons de lire la brochure de M. Gin ayant pour titre : des ocres, classification, composition, essais, analyses, que vous trouverez à la librairie Bernard, 29, quai des Grands-Augustins, à Paris, au prix de ltr,50.
- M. P. Gieseler, à Paris. — 1° On désigne sous le nom de pompes à émulsion des pompes à eau dans lesquelles circule de l’air comprimé sous forme de bulles. — 2° Ces* pomper sont employées pour monter de l’eau. — 5° Les applications sont nombreuses et chacune d’elles donne des résultats particuliers.
- M. le D’ Paul Roynet, à Longué. — 1° Ce manchon a été décrit par M. Seubermann dans le Journal allemand Chemische Zeitung. — 2° Pour l’éclairage électrique dans ces conditions, il convient de prendre un groupe électrogène avec moteur » vapeur ou à pétrole ; s’adresser à la Société « L’Eclairage électrique », 27, rue de Rome, ou à la Société Bréguet, 19, rue Didot, à Paris.
- M. F. Bailly, à Saint-André-de-Cubzae. — Le procédé de conservation du raisin en pot n’est pas pratique parce qu’il est dispendieux ; mais un propriétaire qui possède une serre ou un local approprié quelconque peut très bien réussir. Voici comment il faut procéder : on prend des pots à fleurs de 14 à 16 cm de diamètre, que l’on remplit d’un mélange de 2/3 bonne terre de jardin et de 1/2 de terreau de fumier. On enterre ces pots le long d’une treille, et l’on couche dedans des sarments de vigne très vigoureux. Ces sarments taillés à trois ou quatre yeux au-dessus du pot développent autant de bourgeons qui donnent de 8 à 12 grappes de raisin. On a soin d’arroser fréquemment pendant la végétation. Les sarments qui constituent des marcottes s’enracinent et, à l’automne, on coupe la partie encore adhérente au cep, on supprime les feuilles et on rentre les pots dans un local dans lequel la température est peu élevée. Le raisin peut se maintenir frais jusqu’en janvier. Pendant la végétation il faut donner à ce raisin les soins de cisellement, effeuillage, mise en sac, dont on a entretenu les lecteurs de La Nattire, et après la rentrée des pots à l’intérieur, le traiter comme celui conservé à rafle fraîche dans des fioles. Si les sarments étaient courts, au lieu de les coucher dans le pot on pourrait les y introduire par l’orifice inférieur; mais, dans ce cas, le pot se trouve être suspendu à la treille et il faut arroser deux ou trois fois par jour en été, ce qui constitue un travail considérable.
- M. J. Maranne, à X. — Nous n’avons pas d’autres renseignements que ceux donnés dans la chronique.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. D., à Paris. Nous avons déjà publié plusieurs articles sur le même sujet; remerciements. — M. L. V., à Limoges; M. Leront, à X. ; M. Dublard, à Lyon. — Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lresérie, à la librairie Masson et C‘\ — M. Dumont, à Paris; M. F. Gérard, à Dijon. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 2' et 5* série, à la même librairie. — M. Briey, à Lille, M. G. V., à Nice. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Appareil destiné & empêcher les fuites de gaz. —
- Les robinets à gaz, tels qu’ils sont fabriqués aujourd’hui, ont les graves inconvénients suivants : L’ajustage de la rondelle n’étant pas parfait, la vis de serrage de la clef, destinée à la faire joindre dans son logement, finit par se desserrer par suite du mouvement d’ouverture et de fermeture du robinet, ce qui fait que la clef ne porte plus bien dans son logement (comme chacun peut s’en rendre compte chez soi), et que le robinet laisse échapper à la longue des quantités énormes de gaz. La vis se desserre encore par suite des trépidations continuelles
- liobinel à gaz avec et sans rondelle. Détail de la rondelle avec ergot.
- auxquelles sont soumises les maisons des villes. On vit donc continuellement dans une atmosphère plus ou moins viciée par suite des fuites aux robinets à gaz.
- Pour remédier à ce grave inconvénient, dangereux pour la santé et la vie, en même temps que fort coûteux, on fabrique aujourd’hui une rondelle en forme de calotte sphérique, munie d’un ergot destiné à s’engager dans la fente de la vis. Cet appareil simple et facile à mettre en place, évite parfaitement ce grave défaut. Le prix minime de 0tr,15 par rondelle est largement compensé par l’économie réalisée, sans compter la suppression du danger d’asphyxie. Ce petit appareil permet de faire du robinet à gaz, un appareil sûr et parfait. — Pour recevoir franco 6 rondelles-ergot, fixées sur un carton, adresser un franc en timbres-poste à M. Jobard, 24, rue de Gray, à Dijon (Côte-d’Or).
- BIBLIOGMPHIE
- Annuaire pour l'an 1905 publié par le Bureau des longitudes. 1 vol. in-16. Gauthier-Villars. Paris. Prix : l'r,50.
- La vie des animaux illustrée, sous la direction de M. Edmond Perrier, directeur du Muséum d’Histoire naturelle. Les Mammifères, par A. Menegaux, Assistant au Muséum d’Histoire naturelle. 1 brochure in-4°. Première monographie consacrée aux Singes. Planches en couleurs et photogravures d’après les aquarelles et dessins originaux de W. Kuhnert. Librairie J.-B. Baillière et fils. Paris. 1905. Prix : 6 francs.
- Cet ouvrage a pour but de présenter, sous une forme à la fois exacte et pittoresque, l’histoire de ceux qui sont nos commensaux, nos serviteurs ou nos ennemis, à la surface du globe. M. Edmond Perrier, le savant directeur du Muséum d’Histoire naturelle, membre de l’Institut, a bien voulu prendre la direction de cetle publication ; il a confié la rédaction des Mammifères et des Oiseaux à un de ses élèves, M. A. Menegaux, assistant de la chaire de Mammalogie et Ornithologie au Muséum, connu par de nombreux travaux de zoologie. Les animaux ont été classés méthodiquement et rangés en groupes bien définis répondant à des types connus : les Singes, les Chats, les Chiens, les Chevaux, les Ours, les Phoques, les Eléphants, les Bœufs, les Moutons, les Cerfs, etc., qui forment autant de fascicules séparés. Ce qui constitue l’originalité de ce bel ouvrage, c’est son illustration, due à un artiste de grand talent, W. Kuhnert. Toutes les figures sont entièrement nouvelles.
- Abrégé des instructions météorologiques, par Alfred Angot. météorologiste titulaire au Bureau central météorologique, i brochure in-8°. Librairie Gauthier-Villars. Paris. Prix : 1",50.
- Planches murales pour l'enseignement de l’anthropologie, de l’ethnographie et de la géographie, du Dr Red. Martin, professeur à l’Université de Zurich. Orell Füssli et C°, libraires-éditeurs, à Zurich. 1903.
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Tables murales zoologiques dessinées et publiées, par M. le Professeur Paul Pfurtscheller, docteur en philosophie à Vienne. A Pichlers Witwc et Sohn, libraires éditeurs. Vienne et Leipzig.
- La navigation aérienne. Histoire documentaire et anecdotique, par J. Lecornu. 1 vol. in-4. Paris. Librairie Nony et Cie. 1903,
- Les alliages métalliques, par L. Gages, chef d’escadron d’artillerie. 1 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Gauthier-Villars et Masson et Cie. Prix : broché, 2fr,50; cartonné, 3 fr.
- L’auteur indique d’abord les principes généraux qui régissent l’élaboration des alliages. Les notions faisant suite à la métallurgie de ces métaux offrent l’avantage de grouper en une synthèse rationnelle les théories relatives à la constitution des alliages et des métaux si complexes (aciers et fontes) de la sidérurgie moderne.
- Nouvelle méthode de culture forcée des arbustes et des plantes soumis à l’action de l’éther et du chloroforme, par Albert Malmené. 1 vol. in-16. Librairie et imprimerie horticoles. Paris, Prix : broché, 2 francs.
- La mécanique à l’Exposition de \ 900. Les machines à vapeur, par Gabriel Eude, ingénieur. 1 brochure in-4°. Vye Ch. Du-nod, éditeur. Paris.
- Agenda Oppermann pour 1903 h l'usage des ingénieurs, architectes, agents-voyers, conducteurs de travaux, mécaniciens,industriels, entrepreneurs. 1 vol. in-16. Ch. Béranger, éditeur. Prix : cartonne, 3 francs; relié, 5francs.
- L’électricité et ses applications, par A. Reboud, licencié ès sciences mathématiques et ès sciences physiques. Impartie : Les piles électriques. 1 vol. in-8°. Librairie polytechnique. Ch. Béranger, éditeur. Paris. Prix : 7tr,50.
- Annuaire astronomique et météorologique pour 1903, par Camille Flammarion. 1 vol. in-16. Librairie Ernest Flammarion. Paris. Prix : lrr,50.
- Agenda horticole, par L. Henry, professeur à l’Ecole nationale d’horticulture de Versailles, chef des cultures au Muséum d’Histoire naturelle,. 1903. 8e année. Librairie et imprimerie horticoles, 84 bis, rue de Grenelle. Paris. Prix : broché, 1 franc; cartonné, lfr,50.
- Agenda des Géomètres. Experts et Régisseurs, par MM. Favre, docteur en droit, et Godivier, lauréat de la Société des Agriculteurs de France. — Prix : 2fr,50. Siraudeau, éditeur, Angers.
- Agenda du photographe et de Vamateur, 1905. Charles Mendel, éditeur. Paris, Prix : 1 franc.
- Les animaux vivants du monde. Histoire naturelle, sous la direction de Charles J. Cornish. Livraison il : Les chats ou félidés. Ernest Flammarion, éditeur, Paris. Prix : 0fr,75.
- Les animaux vivants du monde. Histoire naturelle, sous la direction de Charles J. Cornish. Livraison IV : Les Canidés. Livraison V : Les Subursins et les Mustélidés. E. Flammarion, éditeur. Prix : 0fr,75 chaque livraison.
- La prétuberculose et le sanatorium de Banyuls-sur-Mer, par Georges Lafargue, ancien préfet des Pyrénées-Orientales.
- 1 brochure in-8°. Paris. C. Naud, éditeur. Prix : lfr,50.
- Nouveau manuel complet du fadeur d’orgues. Nouvelle édition contenant l’orgue de Boni Bédos de Celles et tous les perfectionnements de la Facture jusqu’en 1849. Précédé d'une Notice historique par M. Hamel et complété par l’Orgue moderne depuis 1849 jusqu’en 1903, par Joseitio Gi’édon. 1 vol. grand in-8° avec un atlas.Encyclopédie Roret. Paris, L. Mulo, libraire-éditeur. 1903.
- Electricité médicale. La sublime erreur de Duchenne, par Ch. Chardin. 1 vol. petit in-8°. Paris. O. Berthier, éditeur, et chez l’auteur, 5, rue de Chàteaudun. 1903.
- Annuaire Marchai des chemins de fer et des tramways. Edition de novembre 1902. 1 vol. grand in-8°. Librairie Dunod. Paris. Prix : 7 francs.
- Report of ihe superintendent ofthecoast and géodésie survey, sbovving the progress of the work from 1 July 1900, to 30 June 1901. 1 vol. in-4. Washington-Government Printing Office.
- The Dinosaur beds of the Grand Hiver valley of Colorado, par Elmer S. Riggs et Oliver Ccmmings Farrington. Vol. I, n° 9. Field Columbian Muséum. Chicago. U. S. A. Octobre 1901.
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- BULLETINS METEOROLOGIQUES
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49m,30). — Bureau central météorologique de France.
- DÉCEMBRE (902 — SEMAINE DU LUNDI 22 AU DIMANCHE 28 DÉCEMBRE.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE iv; 0 A 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 22 décembre . 7‘\<> N. N E. 1. Couvert. 0,0 Couv. jusqu'à 17 h. ; beau ensuite; bruine à 7 II.
- Mardi 23 —1°,2 N. E. 3. Beau. U Pas trace de nuage; brumeux.
- Mercredi 21 -3M N. E. 2. Beau. » Reau ; brumeux.
- Jeudi 25 — 3°,0 S. W. 5. Couvert. » Couv. ; faible brouill. jusqu'à 10 b. et dans la soirée.
- Vendredi 20 .... . i'\9 S. W, 4. Couvert. 0,0 Reau de 17 à 20 h.; couv. avant et après; un peu de pluie cà et là.
- Samedi 27 8",G W. 3. Couvert. 0,2 Couv. ; bruine à 6 h. 15.
- Dimanche 28 G°.5 S. W. 5. Couvert. . 0,0 Couv. jusqu a.16 h. ; très nuag. ensuite ; gouttes ou pluie à diverses reprises.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT Dü CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 29 décembre. 8%1 S. W. G. Couvert. 1,0 Quelques éclaircies; pluie la matinée a* ec petite grêle à 10 h. du matin.
- Mardi 30 1*,» S. W. 4. Couvert. 3,7 Couv. de 7 h. à 15 h. : beau avant et apiès ; gelée bl. ; gouttes le matin.
- Mercredi 31 — U%G S. 3. Beau. » Beau jusqu'à 11 h. : couv. de 12 h. à 17 h.; uuag. ensuite; pluie de 15 h. 20 à 17 h.
- Jeudi 1" janvier . . 0%3 S. W. 3. Couvert. 3,0 Couvert; gelée blanche.
- Vendredi 2 6M S. W. 4. Couvert. 1,2 Couvert; pluie la moitié du temps.
- Samedi 3 HP.9 S. W. 4. Couvert. 11,5 Couvert le matin; uuageutle soir; forte pluie à 21 h.
- Dimanche 4 . . . . G\8 S. W. 3. Couvert. 54 Presque couv.; pluie j resq îe continue à j artir de 15 h.
- La courbe supérieure niUfqne la nébulosité de 0 à 10; tes flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse^ des pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer\ courbe plus mince themnomètre à l'abrt à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à Vabn à boule mouillée
- . — N. L. le 20 décembre 1902, à 9 h. 34 m. du soir.
- PHASES DE LA LUNE : Du 22 au 28 décembre 1902 ; Néant,
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- If° 1547 (17 janvier 1903) du journal, « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(g)— M.. Gaston Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie •des sciences, doyen de la Faculté des sciences, vient d’être nommé membre de la Société royale de Londres.
- —<8>— Un nouveau tremblement de terre a été ressenti à Andid-jan, le 7 janvier, à 11 heures du matin. La plupart des secousses •ont été fortes et se sont produites dans le sens vertical. Il n’y a pas eu d’accidents de personnes.
- —g— Un orage s’est abattu sur la région du Calaisis, le 9 janvier : la foudre est tombée en divers endroits, notamment près d’Arras, sur le clocher de l’église de Sangatte, qui a été détruite.
- —g)— Un des arsenaux américains vient de lancer un croiseur protégé, le Des Moines, qui est le premier d’un groupe de G unités autorisées par les Chambres : il a une longueur totale de D3m,50 pour une largeur de 13m,42 ; son déplacement maximum est de 3500 tonnes. Sa vitesse sera de 16,5 nœuds avec 4700 chevaux, son approvisionnement en combustible lui donnera un rayon d’action de 9800 milles à 10 nœuds. Son armement principal comprendra 10 canons de 127 millimètres et 50 calibres; puis 8 pièces de G livres; le pont protecteur est en acier nickel et présente une épaisseur maxima de 64 millimètres.
- —g— Comme dispositif de sécurité dans les ascenseurs, on commence d’employer couramment aux Etats-Unis ce qu’on nomme le « matelas d’air c’est-à-dire que le puits de la cabine forme enceinte fermée dans sa partie inférieure et que la cabine, en redescendant, y comprime de l’air sous elle, air qui forme tampon amortisseur. On vient d’essayer l’efficacité de ce tampon dans la tour de l’ascenseur de l’hôtel de ville de Philadelphie, en laissant tomber la cabine d’une hauteur de 122 mètres et rien que sur une distance de 26 mètres la vitesse s’est trouvée réduite de 4 kilomètres à l’heure à zéro. On avait placé dans la cabine des œufs, des rats et des lampes à incandescence, et les uns comme les autres n’ont nullement souffert de cet arrêt brusque.
- —g)— Que l'on juge dès maintenant des services que peut rendre la télégraphie sans fil à la navigation. Dernièrement, la Canipania quittait Liverpool un samedi à 4h 30 du soir, et restait en communication jusqu’à 6h 10 avec 1 ’lvernia, demeuré dans le bassin à Liverpool ; de 7h 5 à 8 heures elle communiquait avee YUmbria qui rentrait en Angleterre et se trouvait dans le canal delà Mersey. A 8h30 on établissait des relations avec Holyhead, puis avec la station de Rosslere jusqu’à 3 heures du malin ; on toucha à Quecnstown pour en repartir le dimanche à 10h 15 du matin, et on demeura en communication avec Crookhavende 111140 à 5h 15. Le mercredi à !h35 du matin on échangeait quelques messages avec la Lucania, qui gagnait l’Angleterre; puis le jeudi à 4h45‘on se reliait avec le feu Bottant de Nantucket jusqu’à 8h30; de llh30 du soir à lh40 du matin des communications s’établissaient avec la station de Sagaponack, et presque aussitôt après avec celle de Babylon; finalement le navire arrivait devant Sandy llook en continuant de télégraphier.
- —g)— Les pluies persistantes des derniers jours de 1902 et des premiers jours de. 1903 ont causé, à la date du 6 janvier, sur le cours supérieur de la Seine et sur celui de ses affluents d’amont, une crue considérable. La Marne (grossie surtout par ses affluents de gauche : le Grand-Morin et le Petit-Morin) a monté en même temps que la Seine, et les effets de cette crue, s’ajoutant à ceux de la crue particulière du fleuve, se sont fait sentir dans la traversée de Paris. Les bas-ports ont été submergés. Le service de la navigation de la Seine, sur les ordres de M. Guillemin, inspecteur général, les a fait évacuer ; les fûts, qui encombrent à l’ordinaire les quais inférieurs de Bercy, ont été mis en lieu sur. A 8 heures du matin, la
- cote du fleuve atteignait 2m,60 au pont de la Tournelle (2m,60 au lieu de 1 mètre, qui est la cote moyenne). Au pont Royal, l’échelle marquait 3m,73 au lieu de 2m,48. Or, les bateaux omnibus commencent à interrompre leur service lorsque les eaux atteignent, en ce point, 4m,25; il ne s’en manquait donc que de 52 centimètres. En amont de Paris, toutes les îles ont été submergées. Les travaux d’art, commencés pour la nouvelle route de Vitry à Joinville-le-Pont, ont été sérieusement menacés. L’inspecteur général de la navigation s’est rendu à Choisy-le-Roi, à Vitry et à Ivry, et a fait prendre toutes les précautions d’usage. A l’écluse des Carrières-Charenton, située au confluent de la Seine et de la Marne, l’étiage ui, normalement, est de 2m,fi0, marquait le 7 janvier, après-midi. m,75. A Joinville-le-Pont, au Perreux et à Champigny, tes berges ont été inondées ainsi que les cours des habitations riveraines. Au port neuf de Choisy-le-Roi, au Port-à-l’Anglais, à Ivry-Port les quais ont été submergés, de -nombreux matériaux ont été emportés et au pont d’Ivry des barques sont venues se briser contre les piles.
- —g— Les pluies torrentielles qui sont tombées ces derniers jours ont causé des inondations sur divers points du pays belge. Dans les environs de Bruxelles, beaucoup de maisons ont "eu leurs caves inondées. La Senne a débordé le 7 janvier sur le territoire de Forcst-les-Bruxelles. Les pluies se sont arrêtées le 8 janvier dans tout le pays belge. Peut-être sera-ce le salut pour bien des malheureux que menaçait un désastre sans nom. Les grands cours d’eau qui reçoivent de nombreux affluents ont continué cependant à grossir. Les terrains bas et les rivages industriels ont été envahis pour la plupart. Le travail y a été arrêté. La Meuse a monté de 10 centimètres par heure et a dépassé de 2 mètres l’étiage normal. La navigation y a été suspendue ainsi que sur l’Ourthe et le canal de Maestrieht. Chenée, Angleure, Herstal, communes industrielles, ont été submergées. La Lesse et la Lhommes ont recouvert les immenses prairies qui s’étendent d’Eprave à Yillers. A Houyet, la rivière a débordé. Le Bocq et la Molignée étaient transformés en torrents impétueux qui emportaient tout sur leur passage. Les rives de la Sambre étaient sous l’eau. A Epinois, près Binche, les digues de l’étang ont crevé; les eaux se sont répandues dans les champs. Les bestiaux, dans les étables, en avaient jusqu’au cou. Les arbres bordant la rivière ont été déracinés. Pareil accident est arrivé à Forest, près de Bruxelles où la digue du réservoir de la Senne a cédé derrière la buanderie de la ville de Bruxelles, inondant les caves d’une quinzaine de maisons. Au Borinage et dans le centre on a cité de pareilles inondations. Tout le pays plat d’Alost a été inondé par les eaux de la Dendre, qui a débordé, et sur le parcours de laquelle la navigation a été également interrompue. Si les pluies diluviennes avaient duré deux jours de plus, il y aurait eu à enregistrer une véritable calamité.
- —g— On a fait récemment en Belgique une découverte d’une grande importance économique pour ce pays; l’existence du sel gemme dans le sous-sol a été constatée à la profondeur d’environ 950 mètres au sondage de Beertngen, effectué par la Société cam-pinoise -de recherches et d’exploitation minières.
- —g— Le 5 janvier 1903, quai de la Râpée à Paris, un pêcheur a capturé à la ligne un brochet monstre pesant environ 14 kg et mesurant lm,15 de long sur 60 centimètres de circonférence.
- —g— Plusieurs explosions d’acétylène se sont produites pendant les dernières gelées, parce que les détenteurs d’appareils producteurs de ce gaz employaient le feu pour dégeler les gazomètres ou les robinets. Il est expressément- recommandé de n’employer dans ce but que de l’eau chaude et de ne jamais s’approcher de l’appareil avec du feu ou des lumières.
- —g— Notre collaborateur, M. A.-L. Clément, ouvrira son Çours public et gratuit d’Entomologie agricole, professé au jardin du Luxembourg, le 20 janvier, à 9 heures du matin. Ce cours aura lieu les mardis, jeudis et samedis, à la même heure.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. — Dans une information parue dans le n°1544 du 27 décembre 1902, il a été dit que l’acétylène ne devient nuisible dans l’air que quand il atteint la proportion de 46 pour 100. Il faut lire 46 pour 1000.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — On peut se procurer les statuettes, groupes, bas-reliefs, ainsi que les enduits nécessaires pour le maquillage chez M. Alfred Wolf, 56, boulevard Beaumarchais, à Paris. — Pour tous renseignements sur laMaïsine, dont il a été question dans le n° 1545, du 3 janvier 1905, s’adresser directement à M. II. Labbé, 30, rue du Luxembourg, Paris.
- Communications. — M. Ch. Honnsfield, aux Moulins, à Sèvres, nous écrit : « Le 4 janvier en chassant sous bois, dans le voisinage de Boismorand (Loiret), un de nos rabatteurs a trouvé et tué une vipère rouge! Ce fait me semble assez rare, de trouver des vipères au mois de janvier et j’ai tenu à vous le signaler. »
- M. Th. Fleury, à Bordeaux, nous écrit la lettre suivante : « J’ai lu dans votre n° 1545 du 3 janvier 1903, p. 75, un article de M. Delaunay sur une « Illusion d’optique dans le Métropolitain ». Je crois que le mouvement observé par M. Delaunay, au moment de chaque arrêt du Métropolitain, est réel. L’inclmaison de la voiture, qu’il croit apparente, existe en effet et se comprend facilement. Lorsque le conducteur serre progressivement le frein, le système des roues est directement entravé dans son mouvement en avant. L’ensemble de la caisse de la voiture et de ses accessoires possède une force vive sur laquelle l’action du frein n’agit que par l’intermédiaire des ressorts de suspension. Il se forme dès lors un couple qui produit un mouvement de bascule. A mesure que la vitesse diminue, la force vive diminue, et la voiture reprend sa position primitive. Ce dernier mouvement correspond alors à la sensation de monter. Enfin, comme le dit M. Delaunay, l’observation de ce phénomène de descente d’abord et de montée ensuite (qui est tout naturel et commun à tout véhicule du même genre : tramway, automobile, etc.) sera d’autant plus sensible que la vitesse sera plus grande et l’arrêt plus brusque. »
- Renseignements. — M. 'A. Brugerolle, à Einbeck. — La Compagnie allemande Gasglühlicht Aktiengesellschaft, alte Jacobstrasse, 139, Berlin, S. W. 13, fabrique les lampes à osmium en Allemagne ; le brevet français appartient à la Société française l’Incandescence par le gaz, 147, rue de Courcelles, à Paris.
- M. Ch. Delacre, à Bruxelles. — Nous avons publié plusieurs formules d’encres pour écrire sur le verre dans le petit livre des « Recettes et Procédés utiles », lre et 5e série, à la librairie Masson et C'\
- M. H. Raby, à Limoges. — Chronomètres et montres de précision : M. Bréguet, 12, rue de la Paix; M. P. Garnier, 16, rue Taitbout; MM. Leroy et fds, 39, rue de Valois, M. Ro-danet, 36, rue Vivienne, à Paris.
- M. A. Rostaing, à Lyon. — II est difficile de dire quel est le véritable inventeur de la télégraphie sans fil. Plusieurs expérimentateurs ont coopéré à l’invention. M. Branly a trouvé l’organe principal : le cohéreur; MM. Marconi, Popoff, Ducre-tet et un certain nombre d’autres constructeurs ont réalisé des dispositifs particuliers qui ont conduit à la solution.
- M. A. M. G., à Tourcoing. — Il existe une publication
- « Les quatre langues », à la librairie Nonv, 63, boulevard Saint-Germain, à Paris; demandez un spécimen.
- M. Guntz, à Nancy. — La ressemblance que vous signalez ne nous avait pas été indiquée ; remerciements.
- M. H. P., à Lons-le-Saulnier. — 1° Vous pourrez donner au sapin l’apparence du pitchpin à l’aide de vernis à la gomme-laque. — 3° Appareils de chauffage à électricité : “MM. Par-villée frères et C‘% 29, rue Gauthey, à Paris.
- M. M. Jacquette, à Boulogne-sur-Seine. — 1° Nous utiliserons votre communication. — 2° Nous ne pouvons vous dira ce qu’est devenue la grande lunette du palais de l’Optique.
- M. G. Suzor, à Paris. — Vous trouverez les formules de M. G. Trouvé pour charger les piles au bichromate de potasse dans un article spécial qui a paru dans le tome Ier de l’année-1883, p. 363.
- M. A. Morrion, à Paris. — La vitesse angulaire des machines-dynamos ne dépasse pas en général.en pratique 1800 ;* 2000 tours par minute ; la vitesse angulaire de 4000 tours par seconde ne nous paraît pas possible.
- M. H. Leauté, à Mer. —Si le sujet nous semble intéressant,, nous insérerons volontiers de temps à autre un article.
- M. Aurière, à Saint-Sylvestre (Lot-et-Garonne). — 1° L» différence d’éclairage que vous signalez provient de la différence de potentiel électrique dans les deux points ; dans l’un la tension-est trop faible. — 2° Il faudrait mesurer la différence de potentiel aux bornes des lampes et constater qu’elle est égale à la tension normale de la distribution. Les lampes devront étra choisies pour cette tension. — 3° II est parfaitement permis de brancher à la place de la lampe un cordon souple avec bouchon pour adapter ensuite la lampe à l’extrémité.
- M. P. Revedin, à Ferrara. — La forme cylindrique présente plus de solidité que le parallélépipède ; à notre regret, nous ne pouvons vous donner de détails sur cette industrie de la neige.
- M. L. R., à Angers. — 1° L’adresse est donnée plus haut. — 2° Cette invention parait sérieuse; elle commence à être employée en pratique.
- L’abonné R. E., à Lyon; M. Yberiy, à Royat. — L’adresse-que vous demandez est donnée en tète de la présente Boîte aux Lettres.
- M. Parquel, à X. — Votre lettre a été envoyée, à M. Didout, 28, rue du Buisson-Saint-Louis, à Paris.
- M. A. Bonvarlet, à Coudekerque Branche. — 1° Vous pourriez essayer d’arroser le dépôt avec du pétrole étendu d’eaur avec une solution de sulfate de fer ou de sulfate de cuivre ;> haute dose. — 2" Pour empêcher l’herbe de pousser dans ui* terrain, on emploie le tan.
- M. Renesson, à Donchery. — Les deux liquides emplovés-doivent être une solution de bicarbonate de soude et une solution d’acide tartrique. Voyez la description que nous avons-donnée d’un extincteur dans les Petites Inventiqns du n° 152& du 6 septembre 1902.
- M. Ch. Royer, à Agey. — Il nous est impossible de vous-donner tous les renseignements que vous nous demandez sur cet échantillon de marbre; adressez-vous à l’Ecole des Mines, 60, boulevard Saint-Michel, à Paris.
- L’abonné 3563-3560, à Constantinople. — 1° Machines à scier les pierres : MM. d’Espine, Achard et Ci8, 52, quai de 1* Marne; M. Gérard, 3, place Daumesnil; M. Ilug, 57, rue de Lyon, à Paris; M. de Coster, à Saint-Denis (Seine). — 2° Ces appareils sont intéressants, mais ils commencent seulement à être utilisés.
- M. Henri Van den Brœck, à Anvers. — Pour les articles spéciaux pour artificiers, s’adresser à la Manufacture française d’artifices, à Angers; à M. J. Blondeau, 104, rue Saint-Denis, ou à MM. Ruggieri et Cie, 94, rue d’Amsterdam, à Paris.
- M. E. Frézel, à Zutkerque (Pas-de-Calais). — Vous trouverez ces divers appareils à la maison J. Richard, rue Mélingue, à Paris.
- M. D. L., à V. — Adressez-vous à la Société de Force et Lumière électriques, 9, rue de Rocroy, à Paris.
- JI. le l)T G., à Paris. — Nous avons transmis votre'lettre à l’auteur de l’article qui partage entièrement votre manière de voir.
- Accusés de réception. — Avis divers. — AI. R. Gramont, à Paris. Il faut vous adresser à une agence de brevets. — M. R. Leroy, h Lille. Soumettez vos plans à un ingénieur-conseil ; nous ne pouvons les examiner ni les vérifier. — M. R. S., à Venise. Nous avons signalé les résultats de ces expériences. — M. D G., à Paris; AI. Briat, à Bordeaux. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson et Cie. — AI. !.. F., à Nice. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer tontes les communications. — Il )i’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Régie dactylographique universelle. — L’emploi de la machine à écrire tend à se multiplier de plus en plus, en économisant du temps et de l’argent dans la copie et 1 expédition des documents, qui sont autrement lisibles que les anciens manuscrits : c’est de la véritable calligraphie adaptée aux besoins modernes de célérité. Mais comme, tout en allant vite, le dactylographe doit néanmoins produire des copies ayant bon air, il importe qu’il puisse avoir un moyen rapide de bien disposer ses titres principaux ou ses titres secondaires, de manière qu’ils se trouvent bien au milieu de l’espace qui leur est réservé, que leur axe coïncide avec celui de cet espace, qui est le plus souvent celui du texte même. Si l’on ne peut recourir pour
- Règle dactylographique universelle.
- cela à un appareil donnant à simple lecture la solution du problème, il va de soi qu’il faut se livrer à un calcul qui, sans être des plus compliqués, est du moins fastidieux et fait perdre un temps précieux. Dans toute machine à écrire, la course totale du chariot correspond à un nombre déterminé de lettres (le passage au droit de chaque place de lettre étant indiqué du reste par le déplacement d’un curseur devant une règle numérotée dont chaque degré correspond à une place de caractère); donc le^numéro L de l’échelle indicatrice du déplacement où il faut amener l’index pour frapper la première lettre d’un titre qu’on veut disposer au milieu de la ligne, dépend à la fois de la longueur de cette ligne, de la largeur de la marge qu’on laisse à la copie (largeur qu’on peut désigner par la lettre m) et enfin de l’étendue du nombre de lettres ou d’espaces n du titre considéré. Le calcul que doit faire le dactylographe (comme le disait fort bien M. Carpentier) doit donc se traduire par la for-
- , at , L — m — n mule N = m -(--------^------
- Or, un inventeur ingénieux, M. Bessat, a imaginé une sorte de règle rappelant la règle à calcul logarithmique, qui permet en quelques secondes de trouver la solution cherchée, même pour des titres placés symétriquement dans les deux moitiés d’une page; pour les titres en manchette, l’alignement des colonnes de chiffres, la disposition des titres dans les diverses colonnes d’un tableau. (Pour ces derniers travaux, sur lesquels nous ne pouvons insister, l’appareil est muni d’une 'série de curseurs qu’on voit au bas de la boîte, et qui repèrent les numéros de la réglette numérotée de la machine correspondant aux traits de séparation des colonnes.)
- Ainsi que nous venons de le dire, cette règle dactylographique se présente dans une boîte protectrice dont le couvercle porte toutes explications nécessaires. Elle comporte trois réglettes fixes A, C et E, tenant toute la longueur de la boîte, mais séparées par des intervalles dans lesquels coulissent deux réglettes mobiles B et D, cette dernière pouvant se sor tir tout à fait pour se retourner et montrer son autre face D, sur laquelle est
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- inscrite une suite de chiffres et de divisions. Le principe général de l’appareil, c’est le procédé d’addition et de soustraction que fournit un dispositif composé de deux règles portant des échelles régulières susceptibles de glisser l’une devant l’autre : procédé qui comporte une généralisation résultant de l’emploi, non plus de deux échelles identiques, mais de deux échelles dont les divisions sont multiple ou sous-multiple l’une de l'autre. D’ailleurs, l’inventeur de la règle, pour éviter les traits trop serrés, a construit ingénieusement des échelles avec deux numéros de la chiffraison par intervalle. (Nous n’insisterons pas sur les curseurs mobiles disposés en dessous de la règle E, et qui servent à l’alignement des colonnes de chiffres.)
- Pour se servir de la règle, on commence par l’adapter au système de machine employé, en amenant le O penché de la réglette B vis-à-vis du nombre de C qui représente le nombre maximum de caractères que peut imprimer la machine, et on place la troisième réglette sur sa faceD ou sur sa face D'suivant que ce nombre est supérieur ou inférieur à 100. S’il s’agit de disposer un titre ordinaire, on amène la réglette D ou D' de façon que le chiffre correspondant au nombre d’intervalles représentant la largeur de marge, soit en regard de son correspondant sur B. Puis sur A ou C, suivant qu’on veut des intervalles normaux ou doubles de la normale entre les lettres du titre, on compte le nombre des lettres dont il s’agit, et en face de la case terminale, on troûve, sur D ou D', la division où doit être commencée la ligne de titre.
- Pour un titre en manchette, on compte le total des lettres de la ligne de titre la plus longue et on amène le O penché de 1) ou D' en face du chiffre «le ce total pris sur A ou G ; puis on opère comme précédemment. Enfin on peut avoir à disposer deux titres symétriquement dans les deux parties d’une page. Pour le litre gauche on amène le O penché en face du chiffre de C représentant la moitié seulement du nombre des caractères que peut imprimer la machine. (11 faut tenir compte de la marge s’il y a lieu); pour le titre de droite on opère comme si on margeait d’après le principe indiqué, en prenant comme marge supposée la moitié du total des divisions de la règle graduée de la machine (en ajoutant la maige véritable s’il doit y en avoir une). Finalement on opère sur les deux titres d’après les principes généraux indiqués tout à l’heure.
- Cet appareil est des plus ingénieux, et l’on en pourra juger surtout quand on l’aura en main, et que l’on constatera la rapidité des opérations qu’il exécute mécaniquement. — La règle dactylographique se trouve chez M. Bessat, 6, rue Seveste, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le libanol.
- Libanol est un nem euphonique donné par le Dr Huertas à un produit retiré du cèdre du Liban, le cedrvs a liant ica s. Comme tous les bois résineux, le cèdre fournit une huile essentielle, huile de cèdre qui jouit de propriétés remarquables.
- On sait quel rôle important joue dans la thérapeutique des maladies des voies respiratoires la médication balsamique. Catarrhes bronchiques, emphysème chronique, toutes les irritations accompagnées de sécrétions, d’expectoration sont justiciables des produits de ce genre, depuis le plus simple, le baume de tolu, jusqu’aux plus énergiques comme la créosote de hêtre, les térébenthines de toutes espèces.
- Le libanol est un agent efficace et qui a, sur les autres produits, l’avantage d’être beaucoup moins irritant pour les voies digestives et nullement toxique. Les expériences nombreuses faites avec ce corps par les D” Trabut et Gémy, d’Alger, montrent qu’on peut le donner sans inconvénients à des doses élevées; jamais on n’observe de troubles gastriques sérieux.
- L’huile de cèdre, employée par eux, provenait des cèdres de l’Atlas : c’est un liquide transparent, de couleur jaune citron, à odeur aromatique, à saveur un peu forte. Comme les huiles essentielles, le libanol se dissout dans l’alcool, l’éther et les huiles. Mais le mode le plus pratique d’administration est la capsule contenant de 20 à 25 centigrammes à la dose de 2 à 5 grammes par jour; les effets sont des plus marqués. En quelques heures l’haleine prend l’odeur caractéristique, témoignant de l’absorption de l’huile essentielle et de son élimination par le poumon.
- On peut associer le libanol à l’huile de foie de morue, 20 à 30 grammes par litre : la saveur et l’odeur désagréables de l’huile de foie de morue sont masquées par celle de l’huile essentielle. Les malades prennent ce mélange avec plus de facilité et moins de dégoût et la tolèrent mieux nue l'huile créosotée. Dr A. C.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Traitement des hémorroïdes.
- Voici un procédé très original et très pratique de calmer les douleurs causées par ces varices gênantes qui constituent les hémorroïdes. L'eau froide modère quelquefois les douleurs, mais c’est rare. La chaleur est en général bien plus efficace; le bain de siège très chaud, encore mieux les lavements d’eau aussi chaude que possible amènent une décongestion assez rapide et le soulagement envié.
- Le moyen préconisé par le I)1 Raymond de Marseille, est basé sur l’emploi de la chaleur, mais combien simple. Vous prenez Un morceau d’amadou bien sec, de la dimension d’une pièce de 2 francs, vous l’allumez et vous le jetez au fond d’un vase de nuit; il ne reste qu’à s’asseoir sur ce réchaud fin de
- siècle. La chaleur est vive, mais il faut la supporter. Vous brûlez successivement un, deux, trois morceaux d’amadou, s’il le faut. 11 est rare qu’après ce troisième fumeron la douleur ne soit pas calmée; non seulement la douleur s’apaise, mais si l’on renouvelle tous les jours ce bain de vapeur sèche, les varices se flétrissent, se ratatinent et le patient est soulagé d’une façon définitive. Par le temps qui court,. on n’a pas d’amadou sous la main; le temps du briquet est passé.
- Eh bien, que les malheureux atteints d’hémorroïdes en fassent une petite provision et qu’à la première alerte, ils essaient le moyen, mais qu’ils ne se servent pas d’un vase en porcelaine; c’est trop fragile et l’on risque des blessures trop graves. I)r X.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de Franc©.
- OBSERVATIONS 7 HEURES liü MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 5 janvier. . . 11“,2 S. W. 3. Quelques éclaircies. 12,0 Très nuageux.
- Mardi 6 3',2 S. 2. Beau. » Beau jusqu’à 7 h. ; îiuag. ensuite.
- Mercredi 7 8“,0 S. S. W. 3. Couvert. )> Couvert ; pluie à diverses reprises l'après-midi.
- Jeudi 8 7“,4 S. S. W. 3. Couvert. 6,9 Couvert jusqu’à 18 li. ; beau ensuite.
- Vendredi 9 5”,8 S. 3. Beau. » Beau le matin; très nuageux le soir; gelée blanche.
- Samedi 10 9“,1 S. S. W. 3. Couvert. 1,3 Couvert ; pluie à diverses reprises.
- Dimanche 11... 4”,9 W. S. W. 0. Quelques éclaircies. 0,5 Éclaircies ; pluie de 2 b. à 3 li. et de 14 h. 30 à 19 h.
- JANVIER 1903 — SEMAINE DÜ LUNDI 5 AU DIMANCHE 11 JANVIER.
- Lundi | Jluidi j Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi ] Dimanche
- 790
- 780
- 35°
- 30°
- La courba supérieure indiqua la nébulosité de 0 à 10 les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau cle la nier); courbe plus mince, thermomètre à labn à boule sèche: courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- Résumé des observations météorologiques faites A observatoire du pare Saint-Maur, en décembre fl 002,
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique : moyenne à midi, 760““,93; minimum absolu, 737””, 15, le 29, à 10 heures du soir; maximum absolu, 772””,35 le 23, à 10 heures du matin.
- b Température. Sous l'abri : moyenne des inhuma, 0°,02 ; des maxima, 5°,46; du mois, 2n,74; vraie des 2i heures, 2°,53 ; minimum absolu, —10°,0 le 7; maximum absolu, 13°,2 le 17. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, —2°,76; des maxima, 7°,93; minimum absolu —12°,9 le 7; maximum absolu, 15°,0 le 18. Dans le sol gazonné : moyenne du mois à 10 heures du matin ; à 0“,50 de profondeur, 3°,73 ; à 1 mètre, 6°,05. De, la Marne ; moyenne le matin, 5°,41 ; le soir, 3°,53 ; maximum, 6°,52 le 2 ; minimum, 0°,45 le 13.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5“"",01 ; minimum 1””,9 le 4, à 2 heures du soir ; le 6, à 9 heures et à 10 heures du matin ; le 7, à 1 heure du matin; maximum, 9““,7 le 17 à 7 heures et 8 heures du soir.
- Humidité relative ; moyenne du mois, 85,5 ; minimum, 53, le 4 à 2 heures et à 3 heures du soir ; maximum 100 en 10 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois, 64
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l'horizon, 256 heures; durée effective de l’insolation, 49 heures ; rapport, 0,19.
- Halo lunaire, le 15. Arc-en-ciel double entier le 2. Lumière zodiacale, le 7.
- Pluie : total du mois, 16““,2 en 26 heures réparties eu 13 jours, et en outre 7 jours de petite pluie inappréciable au pluviomètre.
- On a noté 17 jours de gelée, dont 10 consécutifs, du 4 au 13, et 6 sans dégel, du 4 au 9; 4 jours de gelée blanche; 2 jours de brouillard; 1 jour de grêle, le 29 ; quelques grains de neige, le 9.
- Fréquence relative des vents (observations horaires). Calmes, 16.
- N . . . 8 E. . . . . 16 S 56 W . . . . 27
- N. N. E. . 60 E. s. i: . ± S. s. w. . 73 W. N. VV.. 25
- n. e : . . 152 S. F . . 1 s. w. . . 152 N. W. . . 24
- E. N. E. . 37 S. S. E. . . 21 w. s. w . 69 N. N.W. . , 25
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 2“”,23 ; température -i- 0°,04 ; tension de la vapeur — 0””,06 ; humidité relative — 3°,8 ; nébulosité — 7 ; pluie — 50””,4.
- Année civile 1962.
- Baromètre . . . Thermomètre . Tens. de la vap. Humidité relat.
- Moyennes. Écarts. 758““,01 0,00
- 9° ,86 —0,10 7“”,4i —0,09 78,8 -+- 0,3
- Moyennes. Ecarts.
- Nébulosité . . . Haut, de pluie . Jours de pluie . Jours d’orage . .
- (K) -+- 1
- 541"”,2 —30,0
- 159 — 8
- 22 — 4
- PHASES DE LA LUNE : I'. Q., le 0, à 10 h. 6 du so;r.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Dimanche a eu lieu, dans le grand amphithéâtre de l’Ecole <le médecine, une cérémonie organisée en l’honneur du Dr Brouardel, doyen honoraire de la Faculté, qui vient d’être promu au grade de jgrand officier de la Légion d’honneur. Cette fête a été présidée par T\I. Chaumié, ministre de l’instruction publique. M. Roty a gravé pour la circonstance uue médaille en forme de plaquette, qui a été remise au Dr Brouardel.
- -g- M. H. Poincaré, de l'Académie des sciences, dent d’être promu commandeur de la Légion d’honneur. M. A. Bouvier, professeur au Muséum, a été nommé chevalier de la Légion d’honneur.
- M. Mascart, membre de l’Institut, est élu représentant du Collège de France au Conseil supérieur de l’Instruction publique, en remplacement de M. Berthelot, démissionnaire.
- —g— Sont nommés pour l’année 1903 : président du Bureau des longitudes, M. Cautier; vice-président, M. Lippmann, membre de l’Institut; secrétaire, M. Radau, membre de l’Institut.
- —gi— Le ministre de l’Instruction publique a nommé pour trois ans membres du conseil du bureau central météorologique : MM. Bouquet de la Grye, de l’Académie des sciences ; Darboux, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences ; De Cazotte, consul général, sous-directeur des affaires consulaires au ministère de l’Intérieur; Brunot, inspecteur général des services administratifs du ministère de l’Intérieur; général Bassot, directeur du service géographique au ministère de la guerre; contre-amiral Richard, membre du conseil des travaux de la marine ; Berthelot, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences; Bayet, directeur de l’enseignement supérieur; Lorieux, inspecteur général des ponts et chaussées ; Darcq, directeur du matériel et de la construction des postes et des télégraphes; Daubrée, directeur des eaux et forêts; Dr Ker-morgant, médecin inspecteur des troupes coloniales; Mascart, directeur du bureau central météorologique.
- —g— Au cours des travaux du Métropolitain, à la hauteur de la rue Meslay, les terrassiers ont rencontré les vestiges d’un pont qui avait été jeté par Richelieu sur le fossé des fortifications construites par Charles V. On en a retrouvé la tête amont et l’on a pu reconnaître que, de plain-pied avec la rue du Temple, il se composait de quatre arches, de, trois piles et deux culées. Les arches n’étaient pas très élevées; elles n’avaient que lm,50 de haut, ce qui indique que le fossé était à cet endroit peu profond. Cette découverte a été communiquée par M. Charles Sellier à la commission du Vieux-Paris.
- —g— Pour faciliter l’accrochage des poulies sur le fil aérien des tramways dits à trolley, M. Martial Jacob a imaginé un appareil qui consiste en une chape basculante tournant autour de l’âme de la poulie ordinaire, et solidaire de deux guides en forme de V. Cette chape est maintenue par un ressort spirale, de telle manière que, normalement, les branches du Y restent dans une position horizontale ; mais la corde, qui sert à manœuvrer la perche du trolley, s’attache à l’arrière de cette chape basculante, qu’on peut redresser par traction pour mettre les branches du V verticales et leur faire embrasser le fil. Elles amènent alors ce fil au fond de la poulie, et quand on laisse aller la corde elles reprennent leur position.
- —g— Comme chaque année il se répète des cas d’empoisonnement par la substance vénéneuse du poisson cru salé, le Comité des Pêcheries Caspiennes de poissons et ae phoques a déposé en 1886, à la Section de la Banque d’Etat à Astrakhan, une somme de 5 mille roubles afin de former un prix à décerner pour les recherches sur cette substance toxique, pour trouver les moyens de préserver le poisson de la contagion et enfin pour découvrir un traitement des
- malades. Le montant de la somme avec la rente atteint 7500 roubles. Au mois de novembre 1887 l’Académie Impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg, conformément à l’autorisation de Sa Majesté Impériale, ouvrit un concours pour l’élude de la nature de la substance vénéneuse du poisson et de ses antidotes et en publia les conditions. A ce concours, fixé au 1er janvier 1894, le prix ne fut pas adjugé ; alors l’Académie des Sciences, d’accord avec le ministre de l’Agriculture et des Domaines, décida de renouveler le concours à des conditions nouvelles. Le concours actuel porte sur : 1) déterminer par des recherches précises la nature de la substance vénéneuse du poisson ; 2) étudier son action sur les différents organes du corps animal, le système nerveux central, le cœur, la circulation du sang,
- 1 appareil digestif ; 5) donner un tableau précis des modifications pathologiques occasionnées par l’empoisonnement dans diverses parties du corps animal et humain ; 4} donner une description des symptômes, par lesquels le poisson vénéneux est à distinguer du poisson normal; 5) indiquer les moyens de préserver le poisson du développement de la substance vénéneuse dans son corps ; et 6) indiquer les antidotes et en général les remèdes contre l’empoisonnement par ledit poison. On distribuera un prix de 5000 roubles et deux petits de 1500 et 1000 roubles. Les Mémoires devront être écrits en langues russe, latine, française, anglaise, allemande, et adressés avant le 1er octobre 1903 au plus tard au ministère de l’Agriculture et des Domaines. La Commission fera connaître les lauréats le 1er janvier 1904 au ministère de l’Agriculture et des Domaines.
- —®— A Catanzaro dans une commune voisine de Staletti, en Italie, est morte une paysanne qui était née en 1792. Elle avait donc 110 ans. Cette femme avait jusqu’à ces derniers temps conservé toute sa lucidité d’esprit et sa facilité d’élocution. Depuis quelques jours seulement, elle était devenue sourde et avait une paralysie partielle des membres. Elle est décédée subitement; on l'a trouvée morte, assise sur une chaise.
- —(g— M. Goubet, qui s’était adonné depuis plus de vingt ans à l’étude de la navigation sous-marine, vient de mourir. Ancien élève d’une école d'arts et métiers, il avait construit un sous-marin qui donna d’intéressants résultats. La valeur de ce sous-marin est très discutable ; mais on doit cependant rendre hommage à l’énergie et à la persévérance de l’inventeur.
- —g— La locomotive géante de 132 tonnes, construite par la Compagnie de Shenectady (Etats-Unis), et dont nous avons donné les dimensions principales (n° 1509, du 26 avril 1902), a terminé prématurément sa carrière. Le 29 juillet, elle poussait à l’arrière un énorme train de marchandises sur la rampe de Slep Katon Mountain, quand il se produisit subitement une rupture ’ d’attelage. Entraînée avec le train qu’elle ne put retenir, la locomotive redescendit la rampe et fut précipitée dans un ravin profond de 20 mètres où elle fut complètement détruite. Le personnel du train eut le temps de se sauver en sautant du train en marche,
- —g— On vient de découvrir dans l’île d’Ifo, en Suède, un gisement de terre réfractaire qui contient une couche de kaolin de 30 mètres d’épaisseur, et représentant un volume d’au moins 6 millions de mètres cubes ; ce kaolin est d’ailleurs d’une pureté particulièrement remarquable.
- Le lieutenant suédois Emstroem a effectué en ballon ' un voyage de vingt-six heures. Parti de Stockholm, il a atterri près de llamden, dans le Jutland, après avoir effectué un trajet aérien de 725 kilomètres. L’aéronaute comptait gagner l’Angleterre, mais le vent l’a refoulé vers le nord. Par moment, le ballon s’est trouve couvert de glace, tant le froid était intense; mais, en passant pardessus l’île d'Anhoet (2500 mètres d’altitude), il s’est trouvé dans un océan de soleil si chaud que l’aéronaute a dû ouvrir la soupape de sûreté, de crainte d’explosion.
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- NOUVELLES SCIENTIFUjLES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Moulures sculptées à la machine, s’adresser à MM. A. Rausome and C°, Wood Working Machinery, Newark ou Trent, Angleterre.
- Communications. —M.E. Decante, lieutenant de vaisseau en retraite, à Paris, nous adresse une brochure qu’il a publiée sur La détermination de la position du navire quand l’horizon n’est pas visible. Cette brochure se trouve à la librairie militaire R. Chapelot et Cie, 30, rue et passage Dauphine, à Paris.
- M. G. Curtel, directéur de l’Institut régional agronomique et œnologique* de Bourgogne, nous envoie une Note « sur l'emploi des nitrates pour la caractérisation des vins de sucre », note qu’il a présentée dernièrement à l’Académie des sciences.
- M. Maurice Jacquette, à Boulogne-sur-Seine, nous fait parvenir la lettre ci-jointe : « Nous avons vu dans le n° 1545 du 3 janvier 1903, p. 75, une curieuse illusion d’optique en Métropolitain. En voici une qu’on peut observer en tramway : j’ai remarqué cette illusion dans le tramway « Porte d’Auteuil-Champ de Mars » à son premier arrêt dans Boulogne, le Vélodrome. Quand il démarre à cet endroit et que l’on regarde le mur qui borde la rue, il semble que le tramway, au lieu d’avancer, recule, allant de plus en plus vite en arrière à mesure qu’il prend de la vitesse. Ceci dure quelques secondes, puis l’illusion disparaît subitement : le tramway semble passer sans transition, en pleine vitesse, de la marche arrière à la marche avant : cet effet est très bizarre. Les conditions du phénomène sont les suivantes : il faut tout d’abord qu’il fasse nuit, que le démarrage s’opère sans secousse et soit progressif ; il faut aussi regarder un mur régulier et sans aucune saillie à travers les vitres du tramway et qu’un bec de gaz soit placé à l’arrêt derrière l’observateur. Voici quelle peut être l’explication du phénomène : Quand en chemin de fer, on longe un mur, dans une tranchée, par exemple, si la vitesse du train est suffisamment rapide pour qu’on ne puisse pas distinguer les pierres qui composent le mur, on ne peut juger de la direction de la marche ; mais que la vitesse diminue ou qu’une tache ou un poteau passent devant nos yeux, nous sommes vite renseignés. Dans l’illusion dont nous parlons ici, les montants de la voiture produisent des ombres sur le mur, puisque le bec de gaz est situé de l’autre côté de la rue. Quand le tramway part, «es ombres se déplacent, elles aussi, dans le sens de la marche : si le tramway va de droite à gauche, les ombres vont, elles aussi, de droite à gauche et plus vite que le tramway, puisque la source de lumière reste immobile. Nous en concluons donc que le tramway va de gauche à droite, c’est-à-dire qu’il recule. L’illusion disparaît dès qu’on sort du cercle d’éclairage du bec de gaz. Cette illusion est très curieuse, mais ne peut être observée que rarement vu les nombreuses circonstances qui doivent se trouver réunies. D’autre part, il n’est pas douteux qu’on puisse observer cette illusion d’optique dans d’autres endroits, surtout dans des rues peu éclairées et bordées de murs. »
- Un lecteur, à Bordeaux, nous écrit : « Votre numéro du 5 janvier parle d’une illusion d’optique dans le Métropolitain.
- 11 y a plus qu’une illusion d’optique, il y a sensation de chute et on l’éprouve sur toute voiture rapide, au moment du serrage des freins. L’explication a été, depuis longtemps, fournie dans La Nature même, et il suffit de la rappeler. Nous nous sentons projetés en avant au moment où le ralentissement cômmence. Un fil à plomb ferait de même et se maintiendrait en avant tant que le ralentissement dure. U y a donc déplacement appa-
- rent de la verticale et alors la voiture et la voie nous paraissent inclinés. »
- M. E. Cuntz, à Strasbourg, à propos de l’article sur l’arsenic paru dans le n° 1542 du 13 décembre 1902, p. 18, nous-écrit qu’il existe au Tyrol autrichien la preuve palpable, irrécusable de l’assertion paradoxale de l’arsenic « élément de vie et de santé ». Cette preuve est dans un nombre assez considérable d’hommes, surtout de femmes, qui, depuis leur jeunesse, prennent certaines doses d’arsenic pour avoir un teint magnifique de santé, une humeur gaie et d’intelligence. Cette coutume existe depuis cent ans à peu près. Et effectivement ces personnes sont remarquablement belles et robustes, et intelligentes. Elles commencent par petites doses d’arsenic, et crescendo atteignent une dose normale. Mais elles sont obligées de continuer cette habitude toute leur vie; si elles cessent, c’est la mort. Mon père, français, était docteur en médecine. Pouf perfectionner ses études, après avoir subi de brillants, examens à notre célèbre Faculté ae médecine d’ici, est allé à celle de Berlin et il a été là l’élève distingué du célèbre docteur Hufeland, médecin du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III. C’est ce médecin qui a communiqué cette coutume singulière-de ces Tyroliens, mangeurs d’arsenic. Vous devez avoir descorrespondants à Salzbourg, Tyrol, qui vous confirmeront ce que j’ai l’honneur de vous exposer. » Le fait est bien connu.
- M. Auguste Huet, ingénieur en chef de la marine en retraite, à Paris, nous adresse une Note qu’il vient de publier et qui a pour titre : « Au sujet du pendule de Foucault ».
- M. André Huard, à Guatemala, nous écrit : « L’article publié dans La Nature, du 22 novembre, sous le titre « Les Crépuscules rouges », m’a vivement intéressé ; pourquoi les partisans de la théorie des poussières volcaniques n’ont-ils pas pris comme argument en leur faveur les cendres projetées par le nouveau cratère du volcan Santa Maria de la République de Guatemala (en Europe, cette éruption est passée presque inaperçue) ; prenant une carte géographique et suivant les détails publiés-par les journaux de San Francisco, vous pourrez voir les distances où ces cendres sont tombées et ont été aperçues; à Acapulco, un vapeur en a eu son pont couvert; elles ont été vues à Mexico, et aussi des steamers, dans le golfe du Mexique, en ont reçu. L’éruption première a eu lieu le 24 octobre au soir; elle a pris de l’intensité encore le 25 dans la journée (à Punta-Are-nas, port de la république de Costa-Rica la plus au sud des cinq républiques), les détonations ont été entendues et les tremblements de terre ressentis. Les jours suivants, le volcan a rejeté-tant de cendres que les plantations de café sont aujourd’hui ensevelies sous plusieurs mètres de cendres ; je vous remets par ce même courrier un numéro du journal : « La Republica )> où vous trouverez un article publié par des Allemands qui viennent de faire l’ascension du volcan. Je .n’ai point la prétention de trancher la question en litige, je rappelle simplement ces faits. Les pertes ont été très fortes pour le pays, les bestiaux ont péri par milliers. »
- M. Pio de los Cacares, à Madrid, nous envoie un mémoire présenté au mois d’avril 1898 par le Dr Luis Ortega-Morejo» au IXe congrès international d’hygiène et de démographie (classe 1, 5e section), sur le « rôle étiologique du lait dans la-transmission de la tuberculose. Mesures qu’il convient de rendre pour éviter l’usage de celui qui peut contenir des acilles fimiques. » 11 nous fait remarquer que ce mémoire a été publié avant celui du professeur Koch qui a été communiqué à Londres.
- Renseignements. — M. J. Poussin, à Saint-Aubin-Epinay. — Nous n’avons pas, pour le moment, d’adresse plus complète que celle qui est indiquée dans l’article. Dès que nous aurons de plus amples renseignements, nous nous empresserons de les faire connaître.
- M. R. Hervineau, à Fontenay-le-Comte. — On a utilisé dans de nombreuses installations le vent comme force motrice pour actionner des dynamos destinées à l’éclairage électrique et pour charger des accumulateurs. 11 est seulement nécessaire de disposer des interrupteurs automatiques pour ouvrir ou fermer les circuits suivant les valeurs de la différence de potentiel. Nous avons donné la description du moulin électrique de Cleveland dans le n° 920 du 17 janvier 1891, p. 97. Vous pourriez vous adresser à la Société « L’Eclairage électrique », 27, rue de Rome; à la Société « La Française », 99, rue de Crimée ou à la Société de Force et Lumière, 9, rue de Rocroy. à Paris.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3 des Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Bédaction accueille les faits intéi-essants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- M. le Cu (VEsterno, au château de la Vesore. — 11 faut s’adresser à la Manufacture des montres « Memento », à La Chaux-de-Fonds (Suisse). 3
- M. L. P., à Chalo-Saint-Mard.— Pour rendre imputrescibles les copeaux ou la sciure de bois, il suffit de les arroser avec de l’eau phéniquée.
- M. A. Hall, à Calais. — Nous avons publié une recette pour noircir le cuivre dans le petit livre des Recettes et procédés utiles, 5* série, à la librairie Masson et Cie.
- H. le D* Le Dantec, à Vannes; M. G. de M., à Antibes; M. F. Cambier, à Aumale; M. F. V., à Montrichard. — Pour tout ce qui concerne la maïsine, il faut s’adresser à M. Labbé, 30, rue du Luxembourg, à Paris.
- M. Tourangin, à Paris. — 1° Nous avons publié un article sur la maladie des jeunes chiens, dans le n° 1519, du 5 juillet 1902, p. 74. Le vaccin contre la maladie des chiens du Dr Phisalix se trouve chez MM. Bézine et Cie, dépositaires, 20, rue Lebrun, à Paris. — 2° 11 ne nous a pas été possible de vous répondre dans la précédente Boîte aux Lettres.
- M. H. Chojnacki, à Meulan. — Nous ne savons s’il existe un ouvrage spécial sur cette question ; vous pourriez vous adresser à la librairie \Te Dunod et Cie, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris. Nous avons publié un article général sur l’épuration des eaux d’alimentation pour locomotives dans le n° 1532, du 4 octobre 1902, p. 273.
- M. H. Didout, à Paris. — Nous ne savons de quelle lunette vous voulez parler ; veuillez nous la désigner plus nettement et nous nous empresserons de vous en faire connaître le fabricant. Nous avons donné la description d’une nouvelle jumelle pliante dans le n° 1534, du 18 octobre 1902, p. 320, et, suivant notre habitude, nous avons indiqué l’adresse du fabricant en tête de la Boîte aux lettres du même numéro.
- M. C. Fume, à Saint-Léonard. — Ce renseignement a été donné dans notre Boite aux lettres précédente.
- M. Gervano Leiie, à Porto. — Nous avons publié un article sur la scie diamantée dans le n° 1319 du 10 septembre 1898, p. 225; le fabricant est M. F. Fromholt, 44, rue Montmartre, à St-Ouen (Seine).
- M. E. Sardou, à Nice. — 1° Il n’existe pas de meules pour polir le bois. — 2° Nous croyons que l’on emploie une colle à la gomme arabique ordinaire ; le sable ou le verre sont projetés sur le papier gommé.
- M. le Dr R omary, à Aflou (Algérie). *— Vous pourriez vous adresser aux maisons Fouilloud et Grosjean dont les adresses ont été données en tête de la Boîte aux Lettres du n° 1545 du 3 janvier 1905.
- M. C. J. C., à Paris. — Nous ne savons pas ce que vous entendez par train de deux roues ; il s’agit probablement d’une bicyclette. Dans ce cas, il est bien certain quele coefficient de traction est moins grand pour une bicyclette que pour une voiture. Nous ne pouvons indiquer dans quelles proportions ; tout dépend des appareils mis en comparaison.
- M. Éd. L. Ronna, à Genève. — La poudre de lait, ou nu-trium, dont il a été question dans le n° 1554, du 18 octobre 1902, p. 311, est fabriquée par la « National Nutrient C°, Powder Milk Mill, Jersey City, Etat de New-Jersey, Etats-Unis. Nous avons dù faire des recherches pour avoir cette adresse. Veuillez aussi ne pas oublier de nous envoyer la bande du journal.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Regard, à Pontoise. Il serait nécessaire de faire des expériences pour pouvoir votis répondre. — M. L. J., à Blois. Nous ne pouvons vous donner de conseils sur cette question ; il faut consulter une agence de brevets.
- — M. G. R., à Paris; M. Dumont, à Toulouse. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson etCie.
- — M. D. Lefebvre, à Versailles ; M. Loreux, à Colombes ; M. Legrand, à Lyon. Voyez le même petit livre que ci-dessus, 5* série, à la même librairie. — M. Priard, à Montpellier. Remerciements pour votre communication.
- PHOTOGRAPHIE
- Contretype direct. »
- Quand on fait de la photocollographie ou qu’on emploie le procédé au charbon pour tirer des épreuves positives il faut avoir un négatif retourné. Pour cela on peut décoller la gélatine du verre et la reporter en sens inverse sur un autre support. On hésite à faire cette opération quand on a un cliché auquel on tient beaucoup. On peut alors faire par contact au châssis-presse un contretype direct de son cliché, c'est-à-dire qu’avec un négatif on obtient un autre négatif, qui est retourné. Pour cela on prend une plaque au gélatino-bromure
- quelconque, voilée ou non peu importe; on la passe pendant dix minutes dans un bain de bichromate de potasse à 2 pour 100 et on la laisse sécher à l’obscurité. On l’insole ensuite au châssis-presse, comme une épreuve sur papier. On obtient une image vigoureuse qui est visible au dos de la plaque,, on peut donc en surveiller la venue en ouvrant le châssis de temps en temps.
- Quand cette image est bien visible, ce qui demande à peu près le même temps que pour un tirage sur papier, on lave bien la plaque pour éliminer tout le bichromate; on a soin de faire ce lavage en plein jour. Ensuite, toujours à la lumière blanche, on développe dans un révélateur quelconque ; un vieux bain d’hydroquinone réussit très bien.
- On fixe ensufte dans l’hyposulfite acide, ce qui demande un temps assez long. Pour éviter les décollements pendant cette dernière opération, il est bon de passer la plaque auparavant dans un bain de formol. Ce procédé, que M. Bolas a indiqué il y aune quinzaine d’années, est employé par certains industriels, mais il est peu connu des ; mateurs auxquels il peut être très utile en les disjpensant d’un double transfert pour des épreuves au charbon. (Photo-Gazette.)
- Le papier Luna•
- On tire généralement ses clichés, quels qu’ils soient, pour en avoir une épreuve à titre de document, mais on fait ensuite un choix parmi les mieux réussis et on cherche alors quel est le procédé qui permettra de les mettre en valeur. Depuis quelque temps on a compris qu’il est plus artistique de renoncer aux papiers glacés et, quand on ne fait pas d’impression à la gomme bichromatée, on cherche à s’en rapprocher le plus possible. Paimi les papiers qui permettent des tirages de ce genre le « Luna », qui est depuis peu dans le commerce, donne de fort beaux résultats, dont on a pu dernièrement admirer des spécimens à l’Exposition de l’Automobile. C’est un papier analogue à l’ancien papier salé, mais dont la préparation est faite de façon à assurer sa conservation certaine. 11 s’imprime au châssis-presse pour noircissement direct, et quand l’image est à point on la vire et on la fixe.
- 11 faut avoir soin d’opérer toujours dans des cuvettes très propres et éviter de toucher les épreuves avec les doigts imprégnés de solution de virage ou de fixage.
- un tire les épreuves d’un ton plus foncé que celui qu'on désire définitivement, elles baissent un peu dans les divers bains. Au sortir du châssis-presse on lave jusqu’à disparition de la teinte laiteuse de l’eau ; on passe ensuite pendant 5 à 10 minutes dans une eau contenant environ 3 grammes de craie blanche par litre ; puis on lave encore à l’eau pure.
- On procède alors au virage dans le bain suivant : On fait dissoudre 1 gramme de cnloroplatinite de potassium dans 1250 grammes d’eau distillée. On fait ensuite une solution de 15 grammes de chlorure de calcium chimiquement pur dans 250 grammes d’eau distillée. On mélange ces deux solutions et on filtre. On ajoute ensuite 35 centimètres cubes d’acide acétique cristallisable. Au début on peut atténuer l’action trop rapide du virage en y ajoutant 20 pour 100 d’eau. On obtiént des tons différents suivant le temps que dure l’opération, temps qui peut varier de quelques secondes à 2 minutes.
- Après le virage on lave à l’eau pure pendant une demi-minute et on fixe dans le bain suivant :
- Eau............................... 1000 grammes
- Hyposulfite de soude. .... 50 —
- Bisulfite de soude................. 25 —
- Il ne faut pas prolonger le fixage au delà de 5 minutes. On lave alors abondamment pour éliminer toute trace d’hyposulfite.
- Les épreuves peuvent être simplement fixées et non virées, elles prennent alors un ton cuivre qui convient on ne peut mieux à certains sujets.'
- Le papier se fait en différents grains ; lisses, rugueux, vergé, etc., qu’on approprie au sujet ainsi que le ton de virage. On remarque surtout ici Davantage que présente la sensibilisation de la pâte même du papier : l’image acquière une grande profondeur qui lui donne un cachet des plus artistiques. — Le dépositaire pour laFrance est M. P. Thibaud, 69, rue Sainte-Anne, Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Procédé pour nettoyer les surfaces peintes. — Le procédé est recommandé par Scientific American. 11 consiste à se procurer du blanc d’Espagne de la meilleure qualité, puis à tremper dans de l’eau tiède un morceau de flanelle qu’on serre et qu’on tord pour l’égoutter aussi complètement qu’on le
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- pourra, enfin à appuyer la flanelle sur le blanc pour y faire -adhérer la poudre en grande quantité. On frotte ensuite la surface peinte, ce qui enlève toute graisse et toutes taches. On lave à l’eau douce et on passe la peau de chamois.
- Vernis jaune pour métaux blancs. — Si l’on veut donner une coloration jaune aux métaux naturellement blancs, les enduire d’un vernis composé de 100 parties de gomme laque en écailles, 80 de résine mastic, 75 de térébenthine de Venise, 45 de sang-dragon, et enfin 50 de gomme-gutte, le tout dans 1500 d’alcool.
- Bouteilles opaques. — Il est souvent utile de pouvoir rendre opaques des bouteilles en verre, afin de protéger de la lumière leur contenu. Pour obtenir ce résultat, on se trouve bien de les recouvrir d’un vernis à l’asphalte composé comme suit : Dissoudre une partie d’asphalte dans 2 parties d’une huile légère de goudron de houille, ajoutera la solution I pour 100 environ
- d’huile de ricin ; ne pas s’étonner si cet enduit ne sèche qu’as-sez lentement.
- Préparation du bleu de blanchisseuse. — Pour préparer en solution le bleu de blanchisseuse (dont tout le monde connaît bien l’usage), on ajoute peu à peu, aune solution bouillante de prussiate rouge de potasse, une quantité équivalente d’une solution chaude de sulfate de fer; on fait bouillir le tout durant deux heures, on recueille le précipité et on le lave sur un fil tre jusqu’à ce que l’eau de lavage prenne une coloration bleu foncé. Ce précipité humide peut être immédiatement dissous dans une quantité suffisante d’eau.
- Contre la chute des cheveux. —Le liquide dont il s’agit est recommandé par Scientific American : il se compose de 10 parties de rhum dans lesquelles on met 1 partie de teinture de quinquina, 1 de teinture de romarin, autant de teinture de jaborandi, et enfin 2 d’huile de ricin.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- 011 SK R V A T IONS 1 heures in matin THERMOMÈTRE VENT DIRF.CT103 ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 12 janvier . . N. N. E. 3. Beau. 9,1 Nuag. à 9 h. et 12 b.tcouv. à 21 h.; baau avant et après.
- Mardi 13 — :»m N. N. E. 3. Beau. » Nuag.; quelques grains de neige à 8 et 9 h.
- Mercredi 11 — 6%9 N. E. 3. Beau. » Beau.
- Jeudi 13 -T%6 E. N. E. 2. Beau. » Beau.
- Vendredi 16 — "v> E. 1. Beau. )» Beau.
- Samedi 17 - 5% 7 S. E. 2. Beau. » Beau jusqu’à 7 h.; très nuag. ensuite; pluie de 23 à 21 h.
- continue.
- Dimanche LS . . . . 2*,2 S. S. E. 5. Couvert, ploie. 0,3 Couvert; pluie jusqu’à 9 h. 10.
- JANVIER 1903 — SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 JANVIER.
- La courbe supérieurindique ta nébulosité de 0 a 10. les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent a courbe épaisse, les pressions baromé riques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abn à boule sèche : courbe en. pointillé, thermomètre à l'abn a boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Solide. — M. E. H. Lazzaro, à Salonique, en Turquie, nous écrit que le lundi, 21* décembre, est apparu au sud-est de cette ville, un bolide d’une remarquable intensité d’éctat. D'après le témoignage de nombreux observateurs, son diamètre était plus grand que celui de la pleine lune, et son éclat était tel, qu’il a illuminé la rade et la ville avec une plus grande intensité que les projections électriques des bateaux de guerre. Il était près de 1* heures du soir lorsque le phénomène s’est produit.
- Ij» température. — Pendant la semaine du 12 au 18 janvier, le froid a été vif à Paris et en France. Le 12 janvier on notait le malin —5° à Paris, Lyon et Clermont, — 2° à Toulouse, — 1° à Marseille, — 91 au mont Ventoux, — 15° au puy de Dôme et — 22° au pic du Midi. Le 13 janvier, le matin, la température a encore baissé, et le thermomètre marquait — 7° à Paris et à Clermont, —5° à Biarritz, —2° à Brest. A Paris, la température moyenne a 'été de —5°,7, inférieure de 3°,7 à la normale. Le 14 janvier, le matin, on notait —8° à Paris, —8° à Bordeaux, —11° à Lyon, —6° à Brest ; la température moyenne à Paris était de — 5°,G. Le 15 janvier, dans la matinée, la température s’est légèrement relevée sur l’ouest de l’Europe ; elle était de — 8° à Paris, — 1° à Brest, — 11° à Clermont, —19° à Moscou.
- Le 16 janvier, la température était, le matin, de 23 à Paris, 6° à Brest, 9° à Bordeaux, 12° à Biarritz. Les 17 et 18 janvier, la température s’est notablement relevée à Paris.
- Tempêtes de neige. — Une violente' tempête s’est déchaînée à Cherbourg, le 12 janvier, et a duré les 13 et 14 janvier. La neige est tombée en grande abondance et a recouvert le sol d’une épaisseur de 10 centimètres. A la même date, on a signalé en France des chutes de neige dans l’Est et sur le littoral de la Bretagne. Le 12 janvier, une rafale de neige et de grêle s’est abattue sur la ville du Havre. La neige a été très abondante dans la campagne ; la température s’est sensiblement abaissée. Le 12 janvier également, la neige est tombée abondamment sur les cantons montagneux des arrondissements de Prades et de Céret. Le 13 janvier, on a signalé une chute de neige abondante à Saint-Maixent, où le froid a été très vif. Les 14 et 15 janvier, on a signalé une violente tempête de neige sur différents points des Iles Britanniques. Les embouchures de la Tamise et de la Mersey ont été balayées par un terrible ouragan qui a obligé un grand nombre de navires à se mettre à l’abri. En France, on a signalé, le 16 janvier, des pluies mêlées de neige sur le littoral de Méditerranée. Le 17 janvier, la pluie est tombée à Cette (65 mm d’eau), au Havre (10 mm), à Paris (3 mm). Les 18 et 19janvier, il a plu à Paris.
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 13, à 6 h. 26 m. du soir.
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- N* 1549 (3/ janoier 1903) du journal, «LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Mougeot, ministre de l’Agriculture, a décidé qu’un Congrès des études économiques pour l’emploi industriel de l’alcool se tiendrait à Paris du 11 au 17 mars 1905, pendant le concours général agricole. Sont nommés membres de la commission d’organisation des travaux du Congrès : Président, M. Viger, sénateur ; vice-présidents, MM. Dujardin-Beaumetz et Klotz; secrétaires, MM. Leroy, sous-chef du cabinet du ministre de l’Agriculture; Fa-mechon, sous-chef de bureau au ministère de l’Agriculture.
- —®— La Société astronomique de France a commencé, le dimanche 25 janvier, une série de conférences publiques qui doivent avoir lieu tous les dimanches, à 5 heures, à l’Observatoire de la Société, Hôtel des Sociétés savantes, 28, rue Serpente, à Paris.
- —— On annonce de Kiel qu’une nouvelle comète de dixième grandeur a été découverte par M. Giacobini, de l’Observatoire de Nice. Sa position, le 19 janvier, était à un degré sud de Bêta de la constellation des Poissons et elle se dirigeait au nord-est.
- —(§>— On vient, dit-on, d’essayer à New-York un nouveau canon qui pourrait lancer un projectile de 1100 kilogrammes à la distance de 52 kilomètres.
- —(g)— On annonce de Zermatt que les membres du Club des Sports Alpins de Chamonix ont franchi en skis le parcours Chamonix-Zermatt par la haute route. Pour se rendre compte de la difficulté de cette entreprise il faut savoir que cette route est presque toujours à une altitude supérieure à 5000 mètres. Cette ascension, qui est déjà considérée comme très périlleuse durant la belle saison, rencontre des difficultés inouïes en hiver, d’autant plus qu’à cette altitude le froid peut atteindre de 25 à 50° au-dessous de zéro. La caravane qui vient d’accomplir ce remarquable record se composait du I)r Payot, le vaillant président du Club des Sports Alpins et du Club Alpin de Chamonix : de MM. Couttet et F... et des excellents guides Ravanel et Simond.
- —®— M. R. Job a présenté récemment, devant le Franklin Institute, une étude ou il montre combien les rails lourds s’usent plus vite que les rails de faible poids qu’on employait jadis, en grande partie parce que ceux-ci pouvaient passer au laminoir à une température modérée, tandis que les autres sont laminés aussi chauds que possible. Le laminage à basse température assure un grain beaucoup plus fin. Pour M. Job on trouve un remède suffisant à cet inconvénient dans la pratique qui consiste à laisser refroidir partiellement les rails avant de leur faire subir la dernière passe; du moins cela assure un grain fin à la tête même du rail, sans briser cependant intérieurement les gros cristaux. Quant à l’épreuve sous le choc du marteau-pilon, elle est absolument insuffisante, car on y voit parfaitement résister des rails qui s’useront ensuite rapidement.
- —Les filtres à sable étant employés de plus en plus pour l’épuration des eaux d’alimentation, il es't intéressant de signaler l’appareil de nettoyage et de revivification mécanique dont on se sert à Pittsburg pour remettre le sable en état de servir de nouveau. Le sable est amené dans un récipient métallique par une tuyère à pression, pms aspiré par une tuyère d'aspiration qui se trouve en face, et enfin entraîné dans un bassin où se déposent les boues. 11 subit deux ou trois passages successifs dans des appareils accouplés.
- —(§)— La Compagnie des chemins de fer de l’Adriatique expérimente, depuis juillet 1900, un certain nombre de traverses en ciment armé, qui n’ont encore montré aucune altération, et dont elle espère le meilleur service. Elles sont de section triangulaire, sauf au droit des appuis des rails, où la section est quadrangulaire. Le volume en est de 55 décimètres cubes, le poids de 150 kg, la section médiane de 198 centimètres carrés, la section totale du fer de 20; la surface d’appui sur le ballast est de 0,52 mètre carré.
- —®— L’Exposition qui se prépare aux Etats-Unis, à Saint-Louis, pour 1904, couvrira une superficie considérable : le fait est que les seules expositions officielles du gouvernement occuperont une surface de près de 15000 mètres carrés, et qu’on a ouvert un crédit de plus de 4 millions de francs pour la réunion et l’installation des collections qui y prendront place. Nous dirons, pour les collectionneurs de timbres-poste, que le service postal réunira et exposera les timbres les plus divers employés depuis la création de ce service.
- —®— Les mines de charbon de l’Etat de Pennsylvanie s’étendent sur 4400 km® environ, mais le charbon proprement dit n’occupe guère qu’une superficie de 1250. De 1820 à 1900 ces mines ont fourni 1 197 706181 tonnes de charbon et l’on a calculé qu’il reste encore 4 852 685 668 tonnes à extraire, soit 4 fois la quantité déjà retirée. La production annuelle est de 60 millions de tonnes et si elle se maintient à ce chiffre, dans 80 ans, il n’y aura plus de charbon en Pennsylvanie.
- —9— D’après quelques spécialistes, l’emploi du combustible liquide dans la marine, si avantageux sous certains rapports, présenterait l’inconvénient d’élever tellement la température dans la chambre de chauffe que le séjour y deviendrait impossible. Pour vérifier la portée de cette objection, l’administration navale aux Etats-Unis va faire quelques essais. Le torpilleur « Rodge » sera chauffé cinq jours durant au nouveau combustible. Les expériences seront dirigées par la Commission d’études du combustible liquide. D’après le Daily Mail, de Londres, des expériences analogues, poursuivies sur deux torpilleurs anglais, ont permis de constater que le pétrole servant à actionner les machines dégageait des vapeurs qui provoquaient des malaises.
- —®>— h’American Machinery décrit un ingénieux marteau électrique dont nous ne connaissons pas l’inventeur, et qui peut jouer le même rôle que les marteaux pneumatiques, rivure, matage, burinage, en se branchant sur un circuit d’éclairage. U comporte un petit moteur qui, par un arbre flexible, transmet le mouvement à un arbre coudé qui vient à son tour agir sur une bielle : celle-ci se contente d’ailleurs de pousser uii curseur qui actionne le marteau par l’intermédiaire d’un ressort. Pendant la course de retour, le marteau est ramené dans sa position initiale. Un ressort intercalé dans le manche de l’appareil réduit les vibrations pour celui qui se sert de l’instrument.
- — ®— Un froid très intense règne dans la Haute-Italie. A Recoaro (province de Yicence), le thermomètre est descendu à 14° au-dessous de zéro; à Asviago, à 18°. A Vérone, le canal est gelé et, la plupart des usines étant inactives, 2000 ouvriers sont sans travail.
- —#— Le 22 janvier, aux Antilles, à Kingston (île Saint-Vincent) une éruption de la Soufrière a eu lieu à midi. Un nuage incandescent est sorti du volcan en tourbillonnant, suivi d’un jet de fumée noire projetant à une grande hauteur et qui a été visible de toute l’île. Une pluie de sable est tombée sur Château-Bel-Air.
- —(§)— A Vienne, en Autriche, tous les agents de police ont été munis d’appareils téléphoniques portatifs. Chaque gardien porte en poche un de ces appareils, et en l’adaptant à une des boites spéciales qui sont accrochées dans les rues, il se met en communication avec le poste central. Les essais faits jusqu’ici ont donné d’excellents résultats.
- —®— La Commission permanente internationale d’Aéronautique vient d’approuver la Notice présentée par MM. le commandant Renard et Surcouf, et traitant des « conditions à remplir pour éviter les accidents dans les expériences de ballons à moteur ». Ce travail se compose de trois chapitres relatifs à la construction de la partie mécanique et de la partie aérostatique du matériel, aux essais préliminaires des appareils, enfin aux précautions à prendre pour l’ascension même.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le téléphone automatique, s’adresser à M. Henri Mager, 11 bis, rue Viète, à Paris (17e arrond.).
- Communications. — M. B. Portier, à Paris, nous adresse deux brochures ayant pour titres la première : « Le carré diabolique de 9 et son dérivé le carré satanique de 9, carré de. base magique aux deux premiers degrés, tirés du carré magique de 5 », et la seconde : « Le carré cabalistique de 8, diabolique au premier degré, magique aux deux premiers degrés (satanique). » Ces deux brochures se trouvent à la librairie Lucien Bodin, 43, quai des Grands-Augustins, à Paris, et à la librairie Adolphe Jourdan, 4, place du Gouvernement, à Alger.
- M. Alb. Lapointe, à Theley, nous écrit: « L’illusion d’optique, dont il est question dans les deux derniers numéros de votre journal, provient, je crois, de ce que l’observateur a perdu, au ralentissement rapide du train, le sentiment de la verticale terrestre. Un fil à plomb suspendu dans le wagon s’inclinerait à ce moment en avant et c’est sous la même influence qu’il voit les objets extérieurs, c’est-à-dire abaissés en avant et relevés en arrière. »
- M. L. Merle, à Saumur, nous envoie la lettre suivante : « J’ai lu avec intérêt, dans le n° 1548 du 24 janvier, l’article relatif aux moulures sculptées. M. Marbut ne me semble pas être le premier à fabriquer ce genre de moulures. L’un de mes amis, M. Charrier, exploite à Vendôme, depuis de longues années, une usine assez importante où se fabriquent avec des machines exclusivement de son invention un nombre respectable de modèles de moulures sculptées en entier dans des baguettes dont le profil a été au préalable donné par une toupie spéciale. Toutes les moulures du style Louis XVI y sont représentées depuis les canaux jusqu’au ruban en passant par la perle et la raie du cœur pour employer l’expression des ébénistes. Je crois donc pouvoir, pour mon ami, revendiquer la paternité de la moulure entièrement sculptée mécaniquement, puisque ses brevets remontent à plus de quinze ans. L’usine de Vendôme est actuellement la propriété d’une société anglaise et M. Charrier en est le directeur. »
- Renseignements. — M. J. Sonnet, à Jouet. — Veuillez demander au « Ripolin », Société anonyme française de peintures laquées, 7, place de Valois, à Paris, le spécimen des nuances; vous trouverez une teinte terre d’ombre brûlée, ou terre d’ombre naturelle qui pourra vous convenir.
- MM. les officiers de Bonifacio. — Pour les plaques Lumière ultra rapides dont nous avons parlé, veuillez vous adresser à la maison A. Lumière et fils, à Lyon, ou rue de Rome, 35, à Paris.
- M. E. Freydier, à Lachamp-Condillac. — Nous vous avons envoyé le prospectus du livre qui vous convient.
- Café de l’Opéra, à Valence. — Nous n’avons pu trouver le fabricant du bec que vous nous signalez.
- M. F. de Saint-Léger, à Alençon. — 1° Vous pourrez vous procurer des plaques de celluloïd à la Compagnie française du celluloïd, 11, rue Bailly, à Paris. — 2° On fait une colle pour souder le celluloïd en faisant dissoudre des rognures de celluloïd dans l’acétone; on enduit ensuite avec un pinceau les parties à souder de la dissolution obtenue. — 3° Le celluloïd n’est pas attaquablé, croyons-nous.
- M. E. Ballot, à Chàteaudun. — Les éléments de fonctionnement des bobines d’induction peuvent varier dans de grandes
- proportions; il faut vous adresser directement aux constructeurs : M. J. Carpentier, 20, rue Delambre; MM. Radiguet et Massiot, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire ; M. Ducretet, 75,. rue Claude-Bernard ; MM. Relier et Cie, 18, cité Trévise, à Paris.
- M. N. D., au Coteau. — 1° Les vertus curatives des aimants sont bien connues. — 2° Vous trouverez des aimants puissants en vous adressant à M. Fourbon, 46, rue des Marais; à M. De-mouchy, 59, rue Fontaine-au-Roi, et à M. Labre, 77, rue Den-fert-Rochereau, à Paris.
- M. G. Thuillier, à Nogent-en-Bassigny ; M. M., à M. (Pyrénées-Orientales); un vieux lecteur, à Paris; M. S. La Goguér à Rennes. — Pour tout ce qui concerne la maïsine, nous avons-déjà dit dans nos précédentes Boîtes aux Lettres qu’il faut s’adresser à M. Labbé, 30, rue du Luxembourg, à Paris.
- L’abonné 4267-2616. -r- Nous ne connaissons pas le fabricant de cet accumulateur.
- M. de Flacellière, à Paris. — Nous ne pensons pas qu’il existe de lampe mieux appropriée au but que vous vous proposez, que la lampe « l’Etincelante », décrite dans le n° 1546 du 10 janvier 1903, p. 93; elle est fabriquée par M. Turillon, 125, boulevard Voltaire, à Paris.
- M. A. Q, à Bayard. — 1° Vous trouverez des ouvrages sur le forage des puits artésiens à la librairie Dunod, 49, quai des-Grands-Aumistins, à Paris. — 2° Nous ne pouvons vous renseigner. — 3° Il existe le Vocabulaire français-anglais-Allemand technique, industriel et commercial, publié à l’imprimerie-Lahure, 9, rue de Fleurus, à Paris.
- M. N. Golachkine, à Gondaacty (Russie). — Nous vous remercions des renseignements que vous avez bien voulu nous adresser. Nous avions indiqué le remplacement, sur les lignes du Caucase, des locomotives « Fairlie » par .des locomotives à quatre essieux couplés, en nous basant sur les renseignements-fournis dans le rapport officiel, publié en 1897, par la section des chemins de fer de la Société Impériale technique, sur les-chemins de fer de Russie et rédigé par M. A. Gorsbchakov. (Edition française. T. I et 2e partie, p. 79).
- M. G. Pierquin, à Charleville. — 1° Les manchons à incandescence employés sont du même modèle. —2° Adressez-vous au Comptoir de l’Acétylène, 235, rue Saint-Martin, à Paris.
- M. B. Villemey, à Paris. — Moteurs de faible puissance ; moteurs à gaz : Brouhot et Cie, à Vierzon; Compagnie française des moteurs à gaz, 155, rue Croix-Nivert; M. Dolizv, 41, rue des Trois-Bornes, à Paris. — Moteurs à essence et à-pétrole : MM. Relier et Cie, 18, cité Trévise; M. Chomeau,. 53, passage du Havre ; M. Crouan, 51, avenue de la Grande-Armée. — Moteurs à alcool : Société d’éclairage et de force motrice par l’alcool, 41, avenue de l’Opéra, à Paris.
- L’abohné 416, à Turnhout. — 1° Lè prix de l’alcool dénaturé est actuellement de 0rr,40 le litre. — 2° Adressez-vous à la Société d'éclairage et de force motrice par l’alcool, que nous, indiquons ci-dessus. — 3° Nous ne connaissons pas ce chiffre. — 4° Le prix de l’essence de pétrole pour moteurs est de 0fr,6.> le litre.
- M. X., à Bruxelles, demande « pourquoi les constellation»' n’étant pas visibles pendant que le soleil est sur l’horizon, comment les hommes ont-ils pu, dès l’origine, dire dan» quelles constellations se trouve le soleil à un moment donné. » Est-ce qu’il n’est pas facile de déterminer chaque jour les positions des levers et des couchers du soleil? Est-ce que, après le» couchers, il n’est pas aisé d’observer les consteHations qui' correspondent aux points ou le soleil a disparu? Et, par suite, de déterminer dans quelles constellations passe le soleil chaque jour de l’année? Au temps d’Hipparque, le plus grand astronome de l’antiquité (160-125 ans avant J.-C.), l’équinoxe du printemps répondait à la constellation du Bélier qui fournissait le premier signe comprenant les trente premiers degrés de. l’écliptique. La constellation du Taureau fournissait de même le signe caractéristique des 30 degrés suivants. Mais en raison de la précision /les équinoxes, dont la découverte est due à Hipparque, l’équinoxe du Printemps semble rétrograder sur l’écliptique dans le sens de mouvement diurne de 30 degrés pour 2155 ans environ. II en résulte que le soleil pénètre de nos jours à l’équinoxe du Printemps dans la constellation des Poissons et non plus dans celle du Bouvier.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. L. Pumas, à Huy. Nous avons bien reçu votre lettre ; remerciements. — M. Du-long, à Nantes. L’article est beaucoup trop long, et la question trop spéciale pour nos lecteurs. — M. G. I{., à Paris; M. L. Vérand, h Blois; M. Dupeu, à Orléans. Consultez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 3e série, à la librairie Masson et Cie. — M. L. M., à Paris. Remerciements pour vos communications.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signatés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Nouveau dispositif mécanique pour forges. — Nous devons signaler à nos lecteurs une conception mécanique nouvelle due à des industriels bordelais et qui trouve son application à toutes les forges mues par branloire. Le ventilateur étant incontestablement le plus puissant moyen de soufflerie, il s’agissait, pour l’appliquer avec avantage aux forges portatives et fixes, de pouvoir commodément et sans effort l’actionner à bras à une vitesse très grande. C’est le but qu’atteint le dispositif mécanique adapté à la forge portative ci-contre, Chaque abaissement de branloire porte la roue motrice en arrière, tend la courroie et actionne le ventilateur à 2000 tours par minute. La branloire ensuite se relève d’elle-méme, pendant
- Nouveau dispositif mécanique j our forges.
- que le ventilateur, dégagé de sa courroie, par suite d’un ingénieux et simple déch nchcment, a sa course complètement folle. On obtient sans le secours d’un aide et avec économie de temps une puissance de chauffe très grande qui, cependant, peut être réduite en n’abaissant la branloire que lentement. Toutes les pièces sont visibles et métalliques, ce qui dispense d’ouvriers spéciaux dans les réparations d’ailleurs réduites au minimum.
- Le faible poids (47 kilogrammes) de cette forge, permet des déplacements faciles. Les forges fixes peuvent être munies de ce même dispositif mécanique avec ventilateur plus grand. Cette puissante soufflerie, occupe pou de place et son prix de revient est très réduit. — Le nouveau dispositif pour forges se trouve chez M. Louis Roughol, 25, rue Bouquière, à Bordeaux.
- Nouvel ustensile de cuisine. — Une bonne cuisine n’est pas simplement un art, l’art culinaire, c’est surtout une véritable science, c’est presque de la chimie. N’est-ce pas, en effet, par des proportions savamment combinées, par d’habiles mélanges, qu’on obtient d’excellents mets? N’est-ce pas, comme dans les laboratoires de chimie, avec des ustensiles divers que s’opèrent les cuissons? C’est pour éviter les terribles coups de feu, et pour cuire plus vite, que l’Evoluteur a été inventé pour la cuisson de tous les légumes. Avec l’Evoluteur, il n’est nul besoin de s’occuper de l’aliment à cuire, si ce n’est qu’il y ait toujours de l’eau en suffisante quantité. L’Evoluteur est un nouvel ustensile de cuisine dans lequel on met les aliments à cuire, que l’on plonge ensuite dans une casserole ou une marmite, de manière que les aliments baignent dans l’eau; cet ustensile de cuisine possède dans le milieu un tube ascenseur de l’eau bouillante et dans son fond une série de trous ayant un double but : celui de permettre la circulation de l’eau bouillante et celui, en retirant l’Evohffeur de l’eau, d’avoir les aliments séparés instantanément du liquide dans lequel ils ont cuit. Dans la confeclion du pot-au-feu, l’Evoluteur est très utile;
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- viandes et légumes y sont cuits à point, puis d’un seul coup on retire ensemble viande et légumes laissant dans la marmite le bouillon prêt à servir ; il en est de même pour les pommes de terre en robe de chambre, cet autre mets essentiellement
- L’Evoluteur.
- français. — L’Evoluteur se trouve chez M. Renaut, propagateur d’inventions modernes, 43, boulevard de Strasbourg, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La désinfection des mains.
- La désinfection des mains, telle qu’on l’entend en règles de l’antisepsie, n’est utile qu’aux chirurgiens, aux infirmiers, à tous ceux qui ont à panser une plaie. 11 ne s’agit plus là de mains propres et mime archipropres, bien brossées, bien lavées : il faut plus. 11 faut que les moindres replis de la peau, les interstices des ongles ne présentent plus l’ombre d’une impureté, d’un germe bactérique. Il faut des doigts irréprochablement aseptiques, tels, qu’on puisse les plonger dans un sérum de culture, sans qu’il y ait trace de poussée d’un geime quelconque.
- Pareille pureté de la peau de la main ne sera guère utile à la presque totalité des lecteurs de La Nattire, mais il m’a semblé utile d’indiquer quels sont les agents les plus efficaces de celle désinfection, si le besoin s’en faisait sentir, ne fut-ce que par hasard. Les procédés sont multiples; certains auteurs ont recours au sublimé, au permanganate de potasse, à divers antiseptiques. Quel qite soit l’agent désinfectant employé, il faut commencer par un savonnage à la brosse et avec l’eau chaude, savonnage minutieux, puis lavage à l’alcool, et de nouveau savonnage; on lave alors les mains avec la solution de choix; le sublimé au millième ou au centième pour certains cas est un des plus employés. Pour la pratique courante, vous aurez, avec ce moyen, une propreté parfaite des mains, dans le sens absolu du mot.
- Néanmoins, ce n’est pas complet, et dans une série d’expériences minutieuses et très bien conduites, le Dr Calvello a montré qu’il fallait, pour assurer la désinfection parfaite, avoir recours à des agents un peu volatils, ayant un pouvoir plus diffusible que les sels minéraux ou leurs solutions. Il a étudié, à ce propos, les essences de cannelle, de thym et de géranium. 11 se servait de solutions alcooliques à 10 et" 15 pour 100 et les mélangeait dans des proportions variées à de l’eau distillée.
- Les mains, infectées par des cultures de bactéries les plus usuelles en pratique chirurgicale, streptocoque, staphylocoque aureus, étaient plongées et lavées dans ces solutions d’essences. Elles en ressortaient pures et nettes. L’essence de la cannelle à la dose de 9 pour ICO, l’essence de thym, à 12 pour 100, celle de géranium à 18 pour 100 donnent une garantie absolue contre l’apport de tout germe. Au-dessous de ces chiffres, leur pouvoir désinfectant est égal à celui de la solution de sublimé.
- Pouvoir 'bactéricide supérieur, moindre irritation de la peau, odeur agréable, tous ces avantages sont en faveur des essences. Il n’y a qu’à se procurer des savons très aromatisés au thym ou au géranium pour avoir à la fois un nettoyage et une désinfection des mains parfaits. Dr A. C.
- .La fumée de tabac.
- Le cigare et la cigarette sont-ils des préservatifs contre les affections microbiennes? La fumée de tabac, pour mieux dire, a-t-elle une action sur les microbes de la cavité buccale, et vous savez qu’ils sont légion. Meme chez les sujets en état de
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- parfaite santé, le mucus de la bouche et de la gorge contient des germes des plus dangereux. On trouve chez les uns des pneumocoques, chez d’autres des streptocoques, parfois le microbe diphtérique, le coli-bacille, bref, en dépit des soins de propreté, la bouche est un joli terrain de culture pour bien des espèces malfaisantes.
- La fumée de tabac agit-elle sur ces microbes? Les fumeurs vous diront oui ; Raspad l’affirmait jadis et prétendait que le cigare était un agent de préservation contre certaines maladies contagieuses.
- M. Dunon a voulu tirer la chose au clair et vérifier expérimentalement le bien fondé de ces assertions. Il conclut en faveur des fumeurs, mais ses conclusions ne sont pas absolues. La fumée a peu ou pas d’action sur le développement des bacilles du tétanos, de 11 fièvre typhoïde, du streptocoque, du leptothrix buccalis ; par contre, elle arrête ou retarde le
- développement du pneumocoque, des bacilles de la diphtérie, de la tuberculose, de ta grippe, du staphylocoque.
- Le côté particulier et intéressant de cette étude, c’est qu’il semble que ce soit moins en tant que fumée de tabac que fumée proprement dite qu’elle agisse sur les microbes. La nicotine paraît intervenir pour fort peu dans les modifications produites sur les microbes ; ce sont les produits de combustion qui sont efficaces.
- Dans ces conditions, les fumeurs ont tort, car il suffira, comme nous le faisions à l’école, de fumsr du foin ou des feuilles de platane, pour obtenir des effets aussi nets sur ces germes de la bouche. Et le tabac modifié, comme on le conseille, par le lavage ou ses sùccédanés, aura l'avantage de ne pas engendrer d’angine de poitrine et de vous préserver dans une mesure, — disons restreinte, — contre les invasions épidémiques. Dr A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- ORSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN-MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 19 janvier . . 2*,9 S. S. E. 2. Couvert. 1,0 Couvert ; pluie la moitié du temps.
- Mardi 20 1“,0 S. S. E. 0. Couvert. 1,9 Couv. le matin; beau le soir; petit brouillard à 21 h.
- Mercredi 21 — 2%0 N; N. E. 2. Beau. » Beau; forte gelée blanche; brumeux.
- Jeudi 22 -17> N. N. E. 0. Couvert. » Couv.; brouill. épais toute la journée; gelée blanche.
- Vendredi 23 1”,5 S. S. W. 2. Couvert. 1,8 Couv. le matin ; beau le soir ; pluie de 4 h. 30 à 7 h. 50.
- Samedi 2i - IM S. 2. Beau. 0,9 Beau jusqu’à 7 h.; couv. ensuite; forte gelée blanche; brouillard de 12 à 18 h.
- Dimanche 25 ... . 2-,8 S. S. W. 3. Quelques éclaircies. » Rosée ; quelques éclaircies.
- JANVIER 1903 — SEMAINE DU LUNDI 19 AU DIMANCHE 25 JANVIER.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direct ion du vent. Les courbes du milieu indiquent; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, a i n '"'eau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- neiges. — Le 19 janvier, la neige est tombée en abondance aux environs de Rodez ; la circulation des traifis a été interrompue entre Tour-ncmire et le Vigan; la Compagnie des chemins de fer du Midi a dû prendre des cantonniers pour déblayer les lignes. On a signalé également des neiges tombées en abondance en Russie et sur l’Europe occidentale.
- A Constantinople, le 20janvier, il est tombé une grande quantité de neige, fait qui ne s’était pas produit depuis 20 ans.
- Brouillard épiais. — Le 22 janvier, u î brouillard épais s’est étendu sur Paris et les environs da is la matinée; ce n’est que vers midi qu’il a disparu.
- I;a pluie. — Le temps a été pluvieux pendant toute la semaine et des
- pluies sont tombées en abondance. Le 19 janvier, on a recueilli 28 mm d’eau à Perpignan, 5 mm à Biarritz, 2 mm à Brest, 2 mm à Boulogne, 2 mm à Paris. Le 20 janvier, il est tombé 29 mm d’eau à Perpignan, 8 mm à Biarritz ; le 21 janvier, on a encore recueilli 14 mm d’eau à Perpignan et à Cette. Ces pluies persistantes ont occasionné une catastrophe à Coliioure. La maison des époux Serre s’est effondrée ; un vieillard, âgé de 80 ans et sa femme, âgée de 71 ans, qui étaient couchés, ont été retrouvés horriblement écrasés sous les décombres. A I’alau-del-Vidre, un troupeau de 40 moutons a été entraîné par les eaux et s’est noyé. Les villages d’Argelès-sur-Mcr et d’Ortaffa ont été inondés. Sur la ligne de Perpignan à Villefranche-de-Conflent, la circulation des trains a été entravée par la pluie et la neige. Le 22 janvier, on a recueilli 6 mm d’eau à Lorient, 5 mm à Dunkerque, 2 mm à Paris et 2 mm à Bordeaux. Le 23 janvier, il est tombé 20 mm d’eau au ballon de Servance, 7 mm à Limoges, 3 mm à Toulouse, 3 mm à Paris, 3 mm à Charleville et 1 mm à Brest.
- PHASES DE LA LUNE : 1). Q. le 20, à 11 h. 58 m. du matin.
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- 1550 (7 février 1903) du journal, « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Par décret en date du 23 janvier sont nommés : M. Victor Lèbeuf, docteur ès sciences mathématiques, maître de conférences d’astronomie à la Faculté des sciences de l’Université de Montpellier, directeur de l’Observatoire astronomique, météorologique et chronométrique de Besançon; M. Marcellin Boule, docteur ès sciences, assistant au Muséum d’histoire naturelle, professeur de paléontologie audit établissement; M. Edmond Perrier, de l’Institut, déjà professeur de zoologie, professeur d’anatomie comparée au Muséum.
- —g— D'après un télégramme de Port-Castries (Sainte-Lucie), une nouvelle éruption du Mont Pelé se serait produite, le 26 janvier, alors qu’une troupe d’excursionnistes de Sainte-Lucie visitait les ruines de Saint-Pierre. L’éruption a causé une vive panique parmi les excursionnistes qui ont pu regagner sans accident le vapeur qui les avait transportés.
- —(g)— A la dernière séance de l’Académie des sciences de Bologne, le 26 janvier, le député Tizzoni, professeur de médecine à Bologne, a affirmé avoir découvert un sérum contre la pneumonie. A l'appui de son assertion, il a donné lecture-d’un Mémoire dans lequel il a exposé les détails et les résultats des recherches qu’il a effectuées à ce sujet.
- —®— Le golfe de Salonique était littéralement gelé le 23 janvier et transformé en une mer de glace. Les glaces charriées par le Yardar et amoncelées entre l’embouchure de ce ileuve et le mont Karabouroum, situé vis-à-vis, ont transformé pour ainsi dire le golfe en un lac séparé de la haute mer. Aussi tout Salonique s’est-il porté sur les quais pour admirer le spectacle de eette mer de glace, encadrée par le bleu du ciel et illuminée du soleil.
- —g)— Il est remarquable que les pécheurs norvégiens se trouvent dans une situation identique à celle des Bretons. Le hareng a complètement fait défaut cette année, à tel point que les villes septentrionales comme ïromsoe 'et llamerfest ont dû faire venir des provinces méridionales des quantités considérables de poisson sec, au lieu d’en exporter comme d’ordinaire. Les pertes étaient évaluées au 31 décembre 1902 à 75 millions de francs. On attribue le manque de poisson à des bandes innombrables de chiens de mer, nées au fond de la mer Blanche et qui, s’avançant le long des côtes, auraient fait fuir les harengs. Une tradition populaire très ancienne veut que ces derniers fréquentent les mêmes eaux pendant soixante-dix ans, puis s’en écartent pour un laps de temps égal, revenant de nouveau pour une nouvelle période et aiijsi de suite indéfiniment.
- —g— Deux aéronautes français, MM. Jacques de Balsan et A. Corot, viennent de tenter de battre le record de la distance sans escale détenu par M. île la Yaulx avec son voyage Yincennes-Korosticheff (Russie) en 1900 (1925 kilomètres)."Les aéronautes sont partis du parc de l’Aéro-Club, à Saint-Cloud, le 28 janvier à 11h 30, dans le ballon le « Saint-Louis » de 3000 mètres cubes, emportant 900 kilogrammes de lest et une grande quantité de vivres et de bagages. Le ballon est atterri à Adonyszalbolos, en Slavonie {Autriche), le 29 janvier à 5h 40 du soir, après un voyage d'une durée de trente heures. Le record de M. de la Yaulx n’est donc pas encore battu pour celte fois.
- —g!— II est peut-être bon de rappeler que le Jardin Colonial, à Nogent-sur-Marne, met en distribution un certain nombre de plantes destinées aux jardins d’essais des colonies françaises. Les chefs de service d’agriculture font choix des plantes qui manquent dans la colonie et retournent les demandes au ministre des Colonies. Pendant tout le cours de la belle saison, des envois sont faits pour donner satisfaction à ces demandes. La liste de plantes distribuées
- cette année contient des végétaux qui les uns présentent le plus haut intérêt agricole et les autres sont d’une extrême rareté et ont de ce fait une haute valeur. Parmi les plantes de la première catégorie, signalons en particulier une série de 29 variétés de bananiers provenant de Java, du Brésil, de la Réunion, des Canaries et qui toutes représentent les meilleures variétés à cultiver. Puis une collection très complète des meilleures oranges d’Australie et du Brésil et aussi une collection très complète des variétés les plus riches de canne à sucre. Parmi les plantes rares et en même temps d’un grand intérêt pratique, signalons les Palaquium, plantes à gutta-percha de la Malaisie, les ipéca dont une espèce, le Richard-sonia scabra, est introduite pour la première fois en Europe, les Jaborandi dont le produit, la pilocarpine, est si recherché en médecine, le maté qui fournit une sorte de thé dans l’Amérique centrale et qui pourra être cultivé dans bon nombre de nos colonies ; enfin une série très complète de toutes les espèces de caféiers cultivés. Cette liste ne comprend pas moins de 165 espèces ou variétés de plantes disponibles et qui seront répandues par milliers dans nés colonies.
- —g— Un Musée des accidents du travail sera prochainement installé à Paris. M. Henri Mamy, directeur de l’Association des industriels de France, a montré tout l’intérêt qu’il y aurait à établir à Paris un Musée des appareils de sécurité et d’hygiène. Un vœu, déposé au Conseil municipal, a invité l’Administration à étudier l’installation d’un musée embrassant toutes les branches de l’hygiène et permettant de suivre les progrès de la science en matière de sécurité des ateliers, magasins et manufactures. Les plans et les devis sont actuellement dressés.
- —g— Le Dr Sven Iledin, le célèbre explorateur suédois en Asie centrale, a exposé, le 2 février, devant la Société de Géographie, les résultats de l’important voyage qu’il vient d’accomplir dans la Chine occidentale et au Tibet. "Pendant trois ans, il a parcouru les régions encore inconnues de cette partie de l’Asie intérieure et a recueilli une moisson d’observations d’une grande valeur scientifique et en même temps d’un grand intérêt pratique. L’éminent explorateur suédois a d’abord parcouru cette partie du désert de Gabi que les géographes nomment le Takla-Makhane, et qui s’enfonce comme un coin entre les chaînes de montagnes riveraines des possessions russes et de l’Inde britannique. Après, pendant deux ans, il a fouillé le Tibet, cette extraordinaire région du globe où le sol se dresse en plateaux immenses, parsemés de lacs et hérissés de pics, à la hauteur invraisemblable de 5 à 6000 mètres, bravant les tempêtes de neige et l’attitude malveillante des indigènes.
- —g— On a annoncé que la grande usine génératrice d’électricité des chutes du Niagara a été détruite le 30 janvier dans la soirée, par un incendie. Buffalo et les autres villes du voisinage ont été de ce fait privées d’éclairage. Les .tramways électriques ne marchaient plus et plusieurs usines ont dû fermer.
- —g— M. Salomon Reinach a annoncé à l’Académie des Inscriptions que MM. de Gerin-Ricard et l’abbé Arnaud d’Aquel viennent de découvrir à Yentabren, entre Marseille et Aix (Bouches-du-Rhône) une sépulture à incinération, surmontée d’un petit mausolée dont les ruines ont révélé deux intéressantes inscriptions, l’une en caractères grecs, l’autre en caractères latins, comprenant deux noms celtiques.
- —g— Actuellement, et d’après M. Kuntzemiiller, la plus grande vitesse atteinte sur les lignes ferrées allemandes est de'85,29 kilomètres, entre Wittenberg et Hambourg.
- —g— On vient, paraît-il, de découvrir en Annam, dans la concession de Nang-Son, à une profondeur de 80 mètres environ, une couche de charbon de 20 mètres d’épaisseur, charbon bien supérieur comme qualité aux combustibles fossiles du Tonkin.
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- Avis. — En présence du nombre de leltres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les statuettes maquillées (n° 1547, du 17 janvier 1905, p. 111), s’adresser à M. A. Wolf, 43, rue Saint-Augustin, à Paris. — Le chrônosport se trouve chezM. Lépine, 2, place des Victoires, à Paris. — Le rabot automatique est fabriqué par MM. Jacquot et Taverdon, constructeurs-mécaniciens, 111, rue de.Patay, à Paris, (13e arrond.).
- Communications. — M. E. Goumou, professeur à l’Ecole normale d’instituteurs, à Caen, nous écrit : « Je lis dans La Nature du 17 janvier 1905 un article de M. Crispo sur un curieux cas de congélation. Voulez-vous permettre à un fidèle lecteur de votre Revue d’y ajouter son expérience personnelle? Il y a quelques années déjà, pendant l’hiver, j’ai observé un phénomène analogue dans mon laboratoire. Il différait de celui que relate M. Crispo par trois points : 1° la bouteille n’était pas brisée ; 2° la masse cylindrique de glace sortie du goulot se rapprochait davantage de la verticale ; 5° le liquide était de Veau distillée, sauf peut-être des traces de chlorure. Ne pourrait-on pas admettre que la congélation s’est produite, d’abord dans le goulot, en raison de son faible diamètre ; puis la solidification ayant gagné peu à peu le reste du flacon, avec augmentation de volume, il en est résulté une poussée verticale qui a lentement chassé la glace hors de la bouteille. D’ailleurs, la base de la colonne de glace, un peu plus large que le goulot, aurait subi le- phénomène du regel, c’est-à-dire fusion par pression sur les parois, au moment de l’ascension, puis nouvelle congélation. J’ai souvent cité à mes élèves ce curieux cas de congélation en leur donnant l’explication hypothétique qui précède. C’est la seule observation que j’aie faite en 18 ans. »
- M. Max de Nansouty, à Asnières nous écrit : « Aux intéressantes observations sur les « illusions d’optique » dans le Métropolitain que vous avez signalées dans vos récents numéros de La Nature, permettez-moi d’en joindre une autre que vous pourrez aisément vérifier vous-même. Le train s’arrête à une station voûtée sous une carapace blanche. Regardons la voûte par les fenêtres du wagon. A la hauteur où porte le rayon visuel il semble que la voûte soit gondolée, renflée vers l’intérieur. Cela tient évidemment à la dégradation brusque de la teinte de la voûte lorsque l’on passe du cintre aux piédroits. »
- Mme Euphrosine II. Lazsaro, à Salonique (Turquie), nous écrit à la date du 23 janvier 1903 : « Ce matin, par un temps très calme, la mer a été prise sur presque toute l’étendue du golfe de Salonique, soit jusqu’au cap Narabournou, à 10 milles du port. La couche de glace a eu jusqu’à 1,5 centimètre d’épaisseur. Le thermomètre minima chez moi en ville marquait 7 degrés centigrades au-dessous de zéro. Il est possible que la mer fût de température plus basse. Dans le courant de ce siècle on dit que le golfe n’avait eu de glace que bien peu et tout près du rivage, sauf en 1812. Cette couche de glace était formée d’eau douce, due à l’élévation du niveau des différents cours d’eau ; c’est ce qui explique la formation de la glace par une température relativement peu basse. »
- M. F. Marchand, à Paris, nous écrit à propos de la machine Marbut à sculpter les moulures (n° 1548 du 24 janvier 1903, p. 119), et nous cite l’installation de M. Charrier que nous avons déjà fait connaître dans notre dernière Boîte-aux-Lettres.
- M. le Dr Délia Rovere Domenico, Assistant à l’Institut d’anatomie pathologique de Funiversité de Bologne, dirigé par le
- professeur G. Martinotti, nous adresse un mémoire qu’il a présenté à la Société Médico-Chirurgicale de Bologne, et qui a pour titre : « Nuovi mezzi di coltura Ricavati dall’ Ilelix Pomatia. »
- Renseignements. — M. Giraud-Forest, à Tarare — 1° Piles Lalande et Chaperon : M. Louis Digeon, 25, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, à Paris. — 2° Vous trouverez ce papier réactif chez les marchands de produits chimiques t MM. Chenal, Douilhet et Cie, 22, rue de la Sorbonne ; MM. Adrian et Cie, 9, rue de la Perle ; Société centrale des produits chimiques, 44, rue des Écoles, à Paris.
- M. Paul Fabre, à Puerta-de-Mazarron. — Pour ces plaques-à émulsion ultra-rapide, il faut vous adresser à la maison Lumière, à Lyon, ou à Paris, 55, rue de Rome.
- M. J. Jacome, à Vianna. — Machines à estamper : MM. Bliss-et C°, 12, avenue de la Grande-Armée, à Paris.
- M. Sainte-Marie Collin, à Auxon. — Pour la pierre artificielle dont il a été question dans le n° 1548 du 24 janvier 1903, p. 118, il faut s’adresser à M. W. Schwartz, à Zurich (Suisse) ; nous n’avons pas d’adresse plus complète.
- M. L. Peff'au, à Paris. — Nous avons pris des renseignements à plusieurs sources diverses: ces taches sont absolument ineffaçables. S’il est possible, suivant la couleur, il ne reste-plus qu’à faire teindre le châle.
- Cercle d’études S. G. — Manuels pratiques d’éclairage électrique : i( L’Amateur électricien », à la librairie Rijckevorsel, 25, quai des Grands-Augustins ; « Manuel de l’ouvrier monteur électricien », à la librairie Bernard Tignol, 53 bis, même quai, à Paris; « L’Aide-mémoire de poche de l’électricien », à la librairie Bérenger, 15, rue des Saints-Pères, à Paris,
- M. Z., à Côte-d’Or. —1° M. Panhard, 19, avenue d’Ivry, à Paris. — 2° M. de Diétrich, 25, rue Brunei, à Paris. — 3° L’allumage par magnéto nous paraît supérieur à l’allumage par piles ou accumulateurs. — 4° Nous pouvons vous indiquer « la Locomotion automobile », 4, rue Chauveau-Lagarde, à Paris; le prix d’abonnement est de 20 francs par an.
- M. L. Vanhoulle, à Hazebrouck. — Vous trouverez les nouvelles formules de la bouillie bordelaise dans (une brochure publiée en 1888 à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris, à la suite des expériences faites en 1887 par MM. A. Millardet et U. Gayon. La bouillie bourguignonne est plus économique que la bouillie bordelaise; le carbonate de soude y remplace la chaux.
- MM. Letouzey et Cie, à Paris. — Nous ne connaissons pas-d’ouvrage traitant de l’analyse chimique des papiers; vous-pourriez consulter « l’Encyclopédie Roret » ou vous adresser à la librairie Tignol.
- M. Maurice Grard, à Jemappes. — 1° Ce produit doit se trouver dans toutes les pharmacies. — 2° Il est préférable de vous adresser à votre médecin. — 3° Nous publierons prochainement un article sur un filtre à grand débit qui vous-conviendra peut-être. — 4° La lampe à acétylène peut satisfaire aux conditions que vous demandez.
- M. le Dr Motta Veiga Casai, à Ceia (Portugal). — Voyez divers ouvrages à la librairie Bérenger, 15. rue des Sainls-PèreS, à la librairie Naud, 3, rue Racine, et à la librairie Tignol, à l’adresse donnée plus haut.
- M. Peyre, à Paris. — Vous trouverez plusieurs ouvrages de cosmographie à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. A. Borges Monteiro, à Rio-de-Janeiro. — Nous n’avons pu trouver l’auteur de l’ouvrage que vous indiquez ; nous poursuivons nos recherches.
- M. D. E. N., h Chàteauroux; M. L. Cazeneuve, à Condom. — Pour la maïsine, s’adresser à M. Labbé, 30, rue du Luxembourg, à Paris.
- M. J.Plassard.— Le plus simple est de vous servir de fulmi-coton ; la maison Ruggieri, 94, rue d’Amsterdam, vous le fournirait à raison de 25 centimes le mètre.
- M. de Chalmon, à Nevers. — Il n’existe pas d’ouvrage spécial traitant le sujet que vous nous demandez ; pour ces renseignements pratiques, il faut vous adresser directement à des-galvanoplastes.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. D. Gallois, à Auxerre. Nous ne pouvons nous charger de faire construire votre appareil. — M. Delluc, à Arras. Consultez un chimiste qui pourra vous indiquer la marche à suivre. — M. G. R., à V. ; M. Limon, à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, lr' série, à la librairie Masson et Cie. — M. Duplomb, à Argenteuil. Consultez le même petit livre, 3e et 58 séries, à la même librairie. — M. À. L., à Paris; M. G. F., à X. Remerciements pour vos communications.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui so?it demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LA GALERIE ETHNOGRAPHIQUE DES INVALIDES
- Texte et dessins par A. Robida.
- 1. Indien du Brésil, avec dents de sagesse un peu trop fortes. — 2. Indien de l’Amérique du Nord fraîchement peint pour le sentier de la guerre. — 3. Indigène des îles Marquises, tout en plumes et pompons, avec casse-tête décoratif. — i. Caucase. Les dernières cottes de mailles. — 5. Indigène des Nouvelles Hébrides à masque de guerre. — 6. Gentleman esquimau en tenue de sport. — 7. Un Gaucho de la Pampa armé du lazo et des bolas. — 8. Canaque hussard de la mort d’Australie — 9. Chine. Un tigre de guerre. — 10. Arabe de grande tenté. — 11. I.e palikare à fustanelle. — 12. Indigène de la Nouvelle-Zélande. Costume de paille. — 13. Peau-Rouge de l’Amérique du Nord, Chingnchkook ou le grand serpent lui-même. — 14. Abat-jour de l’Annam. — 13. Brésil. La lèvre inférieure et les oreilles selon la mode adoptée par les personnes distinguées de la tribu. — 16 et 17. Guyane. Coiffures en plumes de toutes les couleurs. — 18. Le Japonais d’avant-hier. L’armure complétée par le masque à moustaches féroces, la lance et les superbes sabres, tout cela remplacé aujourd'hui par une vareuse et un képi.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- BIBLIOGRAPHIE
- Expériences sur le travail des machines-outils pour les métaux, par C. Coimo.N, ingénieur civil, professeur du cours des arts mécaniques à l’Institut industriel du Nord. Premier fascicule. 1 vol. in-i°. Extrait du « Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale », 1901-1902. Y,e Ch. Dunod, éditeur. Paris. Prix : 12tr,50.
- Génie rural. Constructions rurales et machines agricoles, par M. J. Philbeht, conducteur municipal des travaux de la ville de Paris, suivi de Yart du géomètre rural, par 0. Roux, conducteur faisant fonctions d’ingénieur des ponts et chaussées. 1 vol. in-8°. Vve Ch. Dunod, Paris. Prix : 10 francs.
- La photographie vitrifiée mise à la portée des amateurs. Procédés complets pour l'exécution, la mise en couleur et la cuisson des émaux photographiques, par René d’Hélié-court, rédacteur en chef de la Photo-Revue. 1 vol. in-16. Ch. Mendel, éditeur.
- Le Leucocyte et ses granulations, par le Dr C. Levaditi, chef du Laboratoire de bactériologie et d’anatomie pathologique de l’hôpital Brancovano (Bucharest). Scientia. Série biologique, nos 15 et 16. C. Naud, éditeur*
- Les Phénomènes des métamorphoses internes, par J. Anclas, docteur ès sciences. Scientia, série biologique, n° 17. C. Naud, éditeur.
- Recherches sur les aciers ou nickel à hautes teneurs, par M. L. Dumas, ingénieur des arts et manfactures. 1 vol. in-8°. Vve Ch. Dunod, Paris. Prix : 6 francs.
- Les arbres nains japonais; leur formation au Japon, leur utilisation et leur traitement en Europe, par Albert Mau-mené. 1 plaquette in-8°. Librairie Horticole. Paris. Prix: 2 fr.
- État actuel de nos connaissances sur les Oxydases et les réductases, par MM. Pozzi-Escot. 1 vol. in-16. Librairie Dunod. Prix : 4 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux {Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 26 janvier . . 4",9 S. S. W. 5. Couvert. » Couvert jusqu'à 18 h.; beau à 21 b.
- Mardi 27 0",9 S. S. W. 2. Beau. »> Brouillard à 6 h. ; gelée bl. ; couv. à 6 b.; beau ensuite.
- Mercredi 28 5%5 S. W. 4. Très nuageux. » Très nuag. jusqu’à 15 b. ; beau ensuite; gelée blanche ; gouttes à 9 h. 25.
- Jeudi 29 — 0%1 S. S. W. 3. Beau. 0,0 Beau le matin ; couvert le soir ; gelée blanche.
- Vendredi 30 3,1 S. W. 3. Couvert. » Couvert.
- Samedi 51 — 1\9 S. 3. Couvert. » Couvert le matin ; beau le soir.
- Dimanche 1 ' lévrier 5*,8 S. W. b. Nuageux. »> Très nuag. ; gouttes à 8 h. 25 et à 17 h. 30.
- JANVIER-FÉVRIER 1903 — SEMAINE OU LUNDI 26 JANVIER AU DIMANCHE 1er FÉVRIER.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi j Samedi | Dimanche
- La courbe supérieure indique ta nébulosité de 0 à 10: le? flèches inférieuret, la ihrec'ion dt vent. Les courbes du milieu indiquent .* courbe épaisse, les pressions barotné riques (baromètre ra.in niè à 0, an niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri a boule sèche ; courbe en pointillé, thernioni'Ore à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE METEOROLOGIQUE
- I.» pluie et la température. — Le temps est toujours resté pluvieux. Le 26 janvier, on a recueilli 1 mm d’eau à Cherbourg. Le 27 janvier, il est tombé 3 mm d’eau à Dunkerque, 2 mm à Cherbourg, 1 mm à Nantes. Le 28 janvier, des pluies abondantes sont tombées sur le nord-ouest du continent; en France, on a recueilli 1 mm d'eau à Rrest, à Rochcforl et à Nancy. Le 29 janvier, des pluies sont tombées sur le nord du continent ; eu France, on en a signalé seulement au cap de la Hague et à Ctiassiron. A cette dernière date, le vent était tort de l’ouest sur les cotes de la Manche et de la Bretagne. Le 30 janvier, il a plu à Cherbourg et à Bordeaux. Le 31 janvier, on a recueilli 10 mm d’eau à'Brest et à Marseille, 9 mm à Cherbourg, 8 mm à Biarritz, 1 mm à Boulogne. Une tempête s’est déchaînée dans la nuit du 31 janvier au 1" lévrier Sur les côtes de Cherbourg. Les vents souillaient de l’ouest, accompagnés de grains de pluie, de neige et de grêle.
- La température a subi également de grandes variations ; le 26 janvier matin, elle était de —17° h Moscou, —1° à Clermont, -+- 1° à Paris. La température moyenne à Paris était de 3°,8, supérieure de 3°,5 à la normale. Le 27 janvier, dans la matinée, à Paris, la température était de -+- 4°; dan. la journée, elle atteignait un maximum de -h 9°,7 et un minimum de -t- 1°,1 ; il en résultait une moyenne de 4\i, supérieure de 2®,1 à la normale. La température moyenne a été également de 4®,2 le 28 janvier, à Paris.
- La température a baissé le 2.)janvier; le matin, on notait —3® à Cler mont, -+-3® à Paris, — i’ au mont Mounier, —8° au pie du Midi. A Paris, la temps était beau; on notait un miximuni de -t- 7°,5 et un minimum d > — 2’,9, la température moyenne était 3®,2, supérieure de 0®,8 à la normale. La température moyenne a été 4®,4 le 30 janvier.
- Tremblement de terre en Italie. — Dans la nuit du 31 janvier au 1" février 1903, un fort ticm déniant de terré a été ressenti dans le village dë Milo. La secousse s’est étendue à Acireale et à Catane.
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 28, à 4 h. 48 m. du soir.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au'numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(g— M. E. Maseart, membre de l’Institut, vient d’être élu membre du Comité international des Poids et Mesures, chargé, •comme on sait, de la haute direction du Bureau international institué par la convention de 1875. Les prédécesseurs français de M. Mascart, au sein du Comité international, ont été J.-B. Dumas, Joseph Bertrand et A. Cornu.
- —g— Le savant anglais sir George Gabriel Stokes, mathématicien et physicien, est mort le lor février à Cambridge, à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Il était l’auteur d’un grand nombre de travaux ; il avait également publié des « Conférences sur la lumière » (1887) et sur la a Théologie naturelle ».
- —g— Le Journal officiel vient de publier la liste des membres du Conseil d’administration et de la Commission technique de la Caisse des recherches scientifiques^ instituée par la loi du 14 juillet
- 1901.
- -®- Un câblogramme de la Martinique annonce que le volcan reste en pleine activité; le cône varie sans cesse et lance toujours des blocs enflammés.
- —(§)— D’après l’Eleveur, il existe en ce moment un chat aux trois couleurs âgé de trois mois. Ce n’est point une anomalie. Déjà aux expositions félines de 1901 et de 1902 au Jardin zoolôgique d’acclimatation, un matou tricolore, à la robe jaune d’or, blanche et noire, adulte et âgé actuellement de trois ans, à poil long, a obtenu une première prime avec collier d’honneur et une médaille de la Société protectrice des animaux. On peut dire cependant que le matou à trois couleurs est resté une très rare exception.
- —g— Le dimanche 1er février, un bolide a fait explosion au-dessus d’Anderson, petite ville de la Californie. Le phénomène a été accompagné d’un grand bruit, les murailles ont été renversées et les fils télégraphiques ont été coupés. Les débris sont tombés à % ou 5 kilomètres au sud d’Anderson. Il y aura un siècle le "26 avril 1905 qu’un pareil phénomène,, observé depuis lors à plusieurs reprises, s’est produit à l’Aigle, dans le département de l’Orne. Cette chute de pierres de l’Aigle a été étudiée par Biot. L’Académie qui, en 1776, avait déclaré le phénomène fabuleux et impossible sur le rapport de Lavoisier, se déjugea complètement, il y a donc deux cents ans seulement que les chutes d’aérolithes sont admises par la science, quoique les premières aient été observées du temps des Grecs et des Egyptiens.
- —g)— La distribution en Indo-Chine des plantes qui renferment du caoutchouc est très étendue et leur variété est considérable. D’après des recherches récentes, il semble qu’il y ait lieu d’envisager surtout l’utilisation de plusieurs Apocynées comme Paranter-ia <flandulifera, Ecdysanthera micrantha, micrechites napeensis. Y)ans la seule année 1900, l'Indo-Chine française a exporté pour ^ millions de francs de caoutchouc, dont le prix de vente est de •6 à 9 francs le kilogramme ; la création de jardins d’essai et l’étude des espèces à latex riche donnera certainement un essor important à cette exploitation déjà en très bonne voie.
- —g— On annonce que les Compagnies de chemin de fer,« South Eastern » et « London Chatham » d’Angleterre font construire un paquebot à turbine qui sera livré avant le commencement de la liaison prochaine. Ce vaisseau, destiné au service de la Manche, aura aine longueur de 92 mètres et différera essentiellement du type actuellement en usage. Ses 5 hélices lui donneront une vitesse de 47 km à l’heure et l’on estime qu’il pourra effectuer la traversée en 45 minutes par les temps les plus défavorables. Les turbines sont si peu encombrantes qu’on pourra agrandir de beaucoup l’espace réservé aux voyageurs.
- —g— La récente grève américaine a attiré l’attention sur les mines d’anthracite de la Confédération. Leur exploitation a seulement commencé en 1820, et aujourd’hui leur production annuelle dépasse 50 millions de tonnes ; depuis douze ans, elles ont donné plus de 600 millions. On estime qu’elles renferment de 10 à 26 milliards de tonnes.
- —g— On signale aux Etats-Unis la création d’un chemin de fer électrique à très grande distance, allant de Cincinnati à Toledo, d’une longueur de 325 kilomètres. On espère parcourir ce chemin en huit heures et concurrencer avantageusement les lignes à vapeur actuellement existantes. Le tracé utilise une grande longueur de voie déjà posée, et passe par Hamilton, Dayton, Troy, Piqua, Lima et Findlav.
- —g!— La construction du réservoir du Nil à Assouan entraîne inévitablement la submersion d'une portion du temple de Philæ, situé dans Pile du même nom. Aussi le gouvernement égyptien a pris les mesures nécessaires pour repérer soigneusement l’emplacement de ce monument et atténuer les dangers résultant de l’inondation annuelle. Pour assurer la stabilité de la construction on travaille en sous-œuvre aux fondations. Celles du temple d’Isis descendent partout jusqu’à la roche; il a donc été résolu de se borner à raffermir les autres bâtiments.
- —g— MM. Chambèrs, de Belfast, ont présenté récemment à l’Exposition de brasserie qui s’est tenue à Islington, une machine à boucher les bouteilles de bière et à sceller les bouchons au moyen de*fil de fer : cette machine a, du reste, cette particularité avantageuse de pouvoir fonctionner avec des bouteilles assez irrégulières comme hauteur ou comme grosseur de goulot et avec des bouchons de longueur assez v ariable. Grâce à un mouvement de pédale, deux fils de fer viennent passer autour du col de la bouteille, tandis que deux autres passent sur le bouchon, puis les torsions voulues sont effectuées. Avec un seul ouvrier, la machine bouche et ferme 100 douzaines de bouteilles à l’heure.
- —g— Un nouveau procédé de fusion par l’électricité a été essayé, au commencement du mois d’octobre, dans une usine à Beau-lieu (Aube), par MM. Gabreau et Pouteau. Ce procédé, fondé sur un nouveau principe, a donné des résultats très satisfaisants ; la fusion a été très régulière, des produits très purs parmi lesquels des émaux, de la silice, etc., ont été obtenus en peu de temps. On a recueilli 3 kilogrammes de silice pure en une heure, en marchant au régime électrique de 30 volts, 600 ampères, soit 18 kilowatts; on a eu également 5 kilogrammes de cuivre pur en quinze minutes avec 32 volts et une intensité voisine de 700 ampères. Ces essais vont être poursuivis, et nous ferons connaître, s’il y a lieu, les résultats ultérieurs. •
- —g— On vient de terminer à l’Université américaine de Cornell des expériences destinées à évaluer l’économie résultant du réchauffage de l’air comprimé qui alimente un moteur. Les plus grandes économies ont été réalisées avec les faibles pressions ; le réchauffage de l’air de 15° à 204° C. â procuré une réduction de 31 à 38 pour 100 dans la consommation d’air. D'ailleurs, on a constaté qu’il n’y a aucun intérêt à chauffer au delà de 232°. Pour une même pression, la vitesse de la machine augmente, et l’on peut obtenir la même puissance avec une admission plus faible.
- —g— L’Association des anciens élèves de Grignon vient d’ouvrir une souscription pour perpétuer la mémoire des trois savants professeurs : MM. Dehérain, Massot et Sanson, décédés pendant l’année 1902, par un monument en bronze qui sera élevé à l’qcole même. Elle fait appel aux anciens élèves de l’école et à tous les amis qui se sont associés au deuil de Grignon et de la science agricole. Les souscriptions sont reçues par le trésorier de l’Association amicale des anciens élèves de Grignon, à Grignon (Seine-et-Oise),
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications.—M.E. Joyeux, architecte-voyer à Sèvres, nous écrit : « La cause de l’illusion qui se produit en wagon par suite d’une action brusque des freins a déjà été traitée dans La Nature au moment de l’application du frein Westinghouse sur la ligne de Ceinture (voy. n° 788 du 7 juillet 1888, p. 95), et l’explication donnée alors par M. Hospitalier ; on pourrait, à propos du fil à plomb, ajouter la remarque suivante. Un train étant en pleine marche avec une vitesse bien uniforme, un voyageur qui se tient debout à côté du fil à plomb doit voir ce fil vertical, c’est-à-dire parallèle aux lignes verticales du wagon et des objets extérieurs (la voie étant supposée en palier et en ligne droite). Mais lorsqu’à l’approche d’une station, le mécanicien fait agir brusquement les freins, il se produit aux contacts des roues et des rails un frottement, c’est-à-dire une force qui tire le train en arrière jusqu’à ce qu’il soit arrêté. Par
- A
- Fig. 1.
- suite de l’inertie, le fil à plomb, qui n’a de commun avec le train que son point d’attache, tend à continuer son mouvement en avant et prend une position d’équilibre AB (fig.l ). Quant au voyageur, il porte inconsciemment le haut du corps en arrière pour prendre lui aussi une position CD parallèle à AB, et comme dans cette position il se sent en équilibre et que d’ailleurs il se voit parallèle au fil à plomb, il se croit absolument vertical. Il en résulte évidemment qu’il voit le wagon et les objets extérieurs inclinés, comme l’indique la figure 2 qui n’est que la reproduction delà figure 1 en plaçant la ligne AB verticalement. Telle est l’explication de l’illusion signalée par M. Delauney, et qu’on observe depuis près de quinze ans. Il n’v a donc ni illusion d'optique, ni basculement de wagon, comme le suppose M. Th. Fleury; il y a simplement une perturbation accidentelle dans la direction de la pesanteur, c’est-à-dire d’une force qui nous est familière et à laquelle nous subordonnons tous nos mouvements. »
- Renseignements. — M. A. Croise, à Alger. _— Pour ce qui concerne le chemin de fer monorails, qui a été décrit dans le n° 1544 du 27 décembre 1902, p. 49, adressez-vous à l’auteur de l’article 97, Cannon Street, à Londres.
- M. Perrier, à Paris. — H y a, en effet, erreur; il faut lire : si cette force est supérieure au 1/7 du poids adhérent environ. Nous ferons un erratum.
- M. Yver, à Paris. — Pour ce qui concerne le compteur Batault, il faut, comme nous l’avons indiqué en tête de la Boîte aux lettres du n° 1546 du 10 janvier 1903, s’adresser à la Compagnie de construction électrique, 124, boulevard Saint-Hermain.
- M. M. Morel, à Vendeuil (Aisne). — M. F. Martin a inventé une poudre appelée « le Taupicide a qui détruit les taupes. La « Revue horticole » (26, rue Jacob, Paris), vous donnerait peut-être des indications à ce sujet. On dit que di’x pieds dé
- ricin semés par hectare suffiraient à en chasser les taupes. Vous trouverez des pièges à taupes chez M. Aurouze, 8, rue de& Halles, à Paris.
- M. le Dr Cordebart, à Aubervilliers. — 1° Vous trouverez; des ozoneurs industriels à la Compagnie de l’Ozone, 101, boulevard Murat, à Paris. — 2° Il n’y a pas d’ouvrage sur cette-question.
- M. Sologuot, à X. — Vous pourrez vous procurer des lampes Cooper llewitt en. vous adressant à la British Westinghouse-electric and manufacturing Company, Norfolk-street, Strand, London W. C.
- M. Caillet, à Maizières (Calvados). — Adressez-vous à MM. Desvernay et Cie, 65, rue de Rivoli, Paris, à MM. Baignol et Fargeon, à Boulogne-sur-Mer ; ou à M. Cacheux, 30, rue de la Iluchette, à Paris.
- M. M. R. 2178. — 1° Nous ne voyons que l’éther qui réponde à vos désiderata : il convient de prendre des précautions, surtout l’été, pour empêcher la vapeur d’éther de s’enflammer. — 2° Le commissariat général du gouvernement du Canada, 10, rue de Rome, à Paris, vous renseignera certainement à cer sujet.
- M. A. S., Ancenis. — 1° La lampe de mineur vous donne toute sécurité. — 2° Il faut ajouter environ 10 à 20 pour 10O d’alcool dénaturé pour empêcher l’eau de geler.
- M. E. B., à Cognac. — Adressez-vous à la maison Niclausse, 24, rue des Ardennes; à MM. Grouvelle et Arquembourg, 71, rue du Moulin-Vert ; à MM. Geneste, Ilerscher et Cie, 40, rue du Moulin-Vert, à Paris.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — Nous ne comprenons pas-comment la gutta-percha ne vous a pas donné de bons résultats. Peut-être auriez-vous avantage à utiliser le papier Berzélius non collé, qu’on trempe dans de l’eau et qu’on applique sur l’objet à mouler, préalablement nettoyé. A l’aide d’une brosse, on fait pénétrer le papier dans tous les interstices du modèle. Généralement 4 à 5 épaisseurs de papier suffisent quand les reliefs sont peu importants. Le papier Berzélius se trouve chez tous les marchands de produits chimiques.
- M. J. Doulepé, àBourg-Saint-Andéol (Ardèche). — Pour vous renseigner avec certitude il faudrait connaître exactement le genre de peinture utilisé dans votre tableau. Nous croyons préférable, en tout état de cause, de vous conseiller de vous adresser à un spécialiste.
- Un abonné, à X. — Le Cours de Chimie agricole de P. P. Dehé-rain est en vente à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, au prix de 18 francs.
- L’abonné 5704-1970, àLisbonne. —Pour ce renseignement, vous pourriez vous adressera l’auteur de l’article, 35, avenue^ Ledru-Rollin, à Paris.
- M. René Gaillard, à Urbillac (Ardèche). — 1° Il nous est impossible de vous dire quel est le meilleur bec de lampe à pétrole. Aux adresses suivantes, vous trouverez des modèles variés : lampe phare, 28, rue Geoffrov-l’Asnier; A. Ditmar, 52, rue de la Chaussée-d’Antin, à Paris. — 2° Dans le n® 1545 du 3 janvier 1905, nous avons donné plusieurs types de becs de lampes à alcool : vous y trouverez certainement ce que vous-cherchez. Les explosions ne sont pas à redouter dans les conditions normales. Les manchons sont par contre fragiles.
- M. Maurice, à Maison de Melle-lès-Gand (Belgique). — Adressez-vous à la maison Richard, constructeurs de baromètres et instruments de précision, 25, rue Mélingue, Paris; ils-vous fourniront les indications nécessaires, ou à la Société des-Lunetiers, 6, rue Pastourelle, Paris.
- M.E. U., à Roubaix. — La Bibliothèque Cardinal,place Saint-Sulpice, à Paris, envoie des volumes en province contre cautionnement.
- M. E. S., à M.—1° Nous ne connaissons pas de recette spéciale. — 2° Adressez-vous à la Société des Fonderies et Laminoirs de Biache-Saint-Waast (Pas-de-Calais). >
- M. P. M., à B. —1° H convient d’attendre que le moteur en question ait fait ses preuves. — 2° La voiture dont vous nous parlez n’est pas suffisamment connue pour qu’on puisse formuler une opinion définitive. — 3° Vous trouverez difficilement* un ingénieur prenant la responsabilité de vous choisir une voiture.
- Accusés de réception.— Avis divers. — M. G. D., à Lyon. Il faudrait faire des expériences pour pouvoir vous donner des chiffres; adressez-vous à un spécialiste. — M. G. Lerand, à Lille. Il est préférable de ne pas forcer le régime de charge. — M. L. V., à Paris; M. P. S.,ii X. Consultez le petit livre des Reoetteset procédés utiles, lr' et 4e séries, à la librairie Masson etC!*. — M. llenart, à Toulouse. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES MENTIONS1
- Râpe ù savon. — L’objet de cette râpe est de disposer le savon de façon qu’il soit toujours prêt au moment où l'on va s’en servir et que l’on puisse l’utiliser par une simple manœuvre. La râpe comprend un dispositil muni d’un guide central, destiné à recevoir un savon avec perforation au centre, dans le but d’assurer la position normale de ce savon spécial
- sur la râpe. Le dispositif est formé d’un piston ou diaphrap me à ressort que l’on arme pour permettre l’introduction du savon à la place réservée et qui se déclenche automatiquement quand on introduit ce porte-savon dans le corps de la râpe. La partie cylindrique que l’on voit sur la figure ci-jointe à la partie supérieure renferme le piston dont nous avons parlé; elle est reliée à une partie sphérique, au-dessous de laquelle se trouve un cône de sortie. Dans la partie sphérique est placée la râpe cylindrique fixée sur un axe horizontal et actionnée au moyen de la manivelle que l’on voit sur le côté. Le savon employées! cylindrique et présente en son centre une perforation à trois ailes.Pour placer un savon dans ce petit mécanisme, on refoule d’abord le piston en armant le ressort; on enfile ensuite le savon sur un guide qui se trouve retenu par les perforations, puis on place le tout dans le corps cylindrique de la râpe. Pour se servir de la râpe, il suffit de donner quelques tours de manivelle. On recueille quelques parcelles de savon qui permettent de se savonner les mains. Cette disposition est ingénieuse et économique. Elle est très employée dans les voitures couloirs des chemins de fer. — S’adresser à M. Léoni, fabricant, 55, rue des Petites-Ecuries, à Paris.
- lîàj.e ÿ savon.
- Rince-verres. — Il est très difficile de rincer des verres et d’en assurer le nettoyage parfait avec le procédé ordinaire. Depuis longtemps déjà, les hygiénistes ont démontré la nécessité de supprimer dans les établissements publics les torchons servant à essuyer les verres, et le baquet commun. Le rince-verres dont nous allons donner la description nous semble de nature à apporter sur ce point de notables améliorations à l’état de choses existant. Il se compose d’un gobelet, au fond duquel se trouve un tuyau effilé qui peut être monté sur une canalisation d’eau sous pression. On place lé verre dans le gobelet; l’eau arrive avec force et nettoie le fond du verre en s’écoulant ensuite par les bords. Sur le côté du gobelet est un tuyau qui reçoit toute cette eau et la laisse échapper au dehors. L’opé-Rmce-verres. ration recommence pour un au-
- tre verre et ainsi de suite. Ce n’est donc plus la même eau qui sert; de plus le nettoyage est assuré dans les meilleures conditions. — Le rince-verres se trouve chez M. Le’oni, 55, rue des Petites-Ecuries, à Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Destruction des pyrales par la chaleur. — MM. Yermorel et Gastine décrivent, dans une Note communiquée à la Société nationale d’agriculture, un nouveau procédé pour la destruction des pyrales. On sait que, malgré l’application généralisée de Fébouillantage, les ravages de ces insectes se sont notablement étendus cette année dans le Beaujolais. Après de nombreuses expériences à la station d’essais de Yillefranche, dans lesquelles
- on a employé tour à tour et sans succès les pulvérisations de liquides insecticides, les solutions ou émulsions savonneuses de pyrèthre, les gaz et vapeurs toxiques, les auteurs ont pensé à utiliser la chaleur. Les pyrales, exposées à une température de 48 à 50°, meurent au bout de 3 à 4 minutes. Elles sont tuées bien au-dessous de 45°, si l’exposition dure longtemps. Vers 40°, elles s’agitent désespérément et sortent de leurs retraites, ce qui assure mieux l’effet de la température destructive. Enfin, point capital, les organes foliacés de la vigne résistent à la température de 50°, pourvu que celle-ci ne soit pas longtemps maintenue. Cet étuvage à température limitée est applicable à la Cochylis qui se comporte comme la pyrale. MM. Yermorel et Gastine ont opéré au moyen de cloches coniques en métal dont on recouvre les souches en obturant avec un peu de terre la base de ces cloches posées simplement sur le sol. On amène par un tuyau flexible de la vapeur d’eau dans une boîte circulaire ou disque creux très aplati et qui porte une échancrure radiale dans laquelle on engage le trou de la souche. La paroi supérieure de la boite est criblée de trous pour la sortie de la vapeur, qui est produite par une de ces chaudières portatives telles qu’en possèdent tous les naturels du pays. On place la cloche conique sur le disque creux, puis on injecte la vapeur et l’on observe un thermomètre placé au sommet de la cloche. Quand la température atteint 50° (52° maximum) on arrête la vapeur et 3 ou 4 minutes après on retire la cloche. Dans des vignes fortement pyralées, c’est par centaines sur chaque souche et principalement sur le plateau que l’on peut recueillir les. pyrales, échaudées, brûlées, tordues ou enroulées sur elles-mêmes. Employé avec des soins convenables, ce procédé est radical contre l’insecte destructeur, et inoffensif pour les vignes.
- Encre pour écrire sur le verre. — Formule très simple, et à signaler par conséquent après celles que nous avons déjà eu l’occasion d’indiquer. Dissoudre 20 parties de résine et 1 de bleu de méthylène dans 150 parties d’alcool ; faire fondre, d’autre part, «35 parties de borax dans 250 d’eau, et mélanger les deux compositions.
- Noir de cordonnier. — C’est le noir dont les cordonniers se servent pour la tranche et parfois le dessous des semelles des chaussures, en même temps que pour les talons. On met à fondre ensemble 1000 parties de cire du Japon, autant de cire carnauba, 1000 parties également de paraffine; on additionne ensuite de 5000 parties d’huile de térébenthine et l’on «ajoute 100 parties de noir de fumée comme colorant, triturées avec 200 parties de lie de vin et 700 d’huile de térébenthine.
- Cire à cacheter blanche. — La cire à cacheter étant le plus souvent inutile maintenant, ce qu’on y cherche c’est l’originalité, et, à ce titre, on sera bien aise de posséder une formule de cire blanche. On la compose par fusion de 28 parties de gomme-laque en écailles blanchie, puis de 15 parties de térébenthine de Venise, et enfin de 50 de plâtre de Paris.
- Laquage universel. — Formule américaine qui est donnée comme susceptible de répondre à tous les usages. — Mélanger, dans 1000 parties d’esprit de bois, G0 parties de gomme Jaque en écailles, autant de copal de manille, 60 parties également de résine mastic, enfin 15 parties de térébenthine et une certaine quantité de verre en poudre grossière. On laisse digérer de 10 à 15 jours, en secouant fréquemment chaque jour ; quand la solution est bien complète, on ajoute une partie d’acide borique, qui agit comme conservateur, et on filtre. Ce laquage prendra tout aussi bien sur le papier et le bois que sur le métal.
- Colle inviolable. — On sait que les enveloppes les mieux collées avec les gommes et colles ordinaires, se décollent parfaitement quand on les expose suffisamment au-dessus de la vapeur d’eau.chaude; mais voici la formule d’une colle qui les rend inviolables à ce point de vue. — En réalité il- faut deux solutions. L’une sera appliquée sur la partie principale de l’enveloppe et l’autre sur la patte retombante. La première se com-pose de 2 1/2 parties d’acide chromique, 15 parties d’ammoniaque concentré, 1/2 d’acide sulfurique, 50 d’une solution de cuivre ammoniacal et 4 de papier blanc fin ; la seconde est simplement faite de 1 partie d’acide acétique et de 7 d’eau, avec assez de Terre soluble pour foi mer un mucilage épais. Quand les deux solutions ont été étendues et qu’on a mis en contact et maintenu un certain temps les deux surfaces de papier qui en sont enduites, l’union est indissoluble et résiste à l’eau chaude ou froide, à l’alcool, aux acides, par suite de la combinaison du verre soluble avee l’acide chromique.
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Vernis rouge pour électro-aimants. — National Druggist recommande d’employer le mélange suivant pour recouvrir les
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- électro-aimants d’un vernis rouge protecteur. Faire fondre ensemble 4 parties de gomme laque en écailles blanchie et 2 parties de térébenthine de Venise. Retirer du feu et laisser refroidir jusque vers 60° centigrades, et verser, tout en brassant, dans 10'parties d’alcool; on prend ensuite 3 parties de cinabre en poudre qu’on additionne d’alcool de manière à en faire une pâte; on mêle celle-ci à la première préparation et l’on place le tout quelques minutes au bain-marie, en remuant constamment. On ne retire que quand le mélange se présente -à l’état fluide et homogène, et on ne cesse de brasser pendant que cela refroidit. On conserve dans des récipients bien bouchés, et, au moment de l'emploi, on remet au bain-marie jusqu’à ce que l’enduit reprenne l’état fluide.
- Nouvelle encre. — On vend en ce moment en Angleterre une encre qui fait fureur, et dont nous trouvons la recette chez un de nos confrères de la presse allemande. Pour la fabriquer, on mélange 500 grammes de noix de galle pulvérisée, puis 80 grammes de gomme arabique, également pulvérisée,
- 36 grammes d’alun en poudre, 120 grammes 'de vitriol vert et 48 de bois de campêche. On jette le tout dans 4 kg d’eau, on additionne de 36 grammes de glycérine, et l’on fait bouil-ïir durant 5/4 d’heure pour filtrer ensuite avant de mettre en bouteille. Il va de soi que cette encre peut donner des copies puisqu’elle contient de la glycérine. Au surplus, cette formule semble en revenir aux anciennes encres dont se servaient nos pères, et où la noix de galle entre autres donnait une coloration autrement durable que les couleurs d’aniline dont on fait maintenant presque exclusivement usage.
- Pour enlever les taches de rouille. — Dissoudre 200 parties de bioxalate de potasse dans 8800 parties d’eau distillée, puis ajouter 1000 parties de glycérine. On mouille les taches de rouille avec cette solution, et l’on met de côté l’étoffe ainsi traitée, pendant quelque trois heures, mais en la reprenant de temps à autre pour frotter l’endroit mouillé. Finalement on lave bien à l’eau pure.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Paro Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- r > OBSERVATIONS 7 HEjüRKS Ul MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 'février. . . i%i N. N. W. 3. Couvert. 0,0 Très nuag. ; grains de neige à 7 h. 30.
- Mardi 3 S. W. 1. Beau. 0,0 Peu nuag. le matin ; couv. le soir; gelée bl. ; pluie dans la soirée.
- Mercredi 4 .... , - : iV1 ’ S. S. W. 2. Couvert. 0,8 Couv. ; brouill. de 000 mètres à 9 b.
- Jeudi 5 . . ;. . 5»,4 Calme. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 17 h. ; beau ensuite.
- Vendredi B ’ 0",0 S. E. 2. Beau. 0,0 Beau; gelée blanche.
- Samedi 7 — ')\9 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Nuag. de 11 h. à 19 h.; beau avant et après; gelée bl.
- Dimanche 8 KM S. S. W. 5. Couvert. 0,0 Nuag. ; petite pluie le matin.
- FEVRIER 1903. — SEMAINE Dü LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 FEVRIER.
- La <•<!•/,7>t> .supérieure indique la .nébulosité de 0 à 10. les flèches inférieures, la direction du vent. Les combes du milieu indiquent combe épaisse, tes pressions barométriques t baromètre ramené à 0. au niveau de la merj, courbe plus mince, Ihermoméfi e a I abri à boule sèche . courbe eu pnnhlle. thermomètre a l’abri à boule mouillée __
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,n neige. — Pendant la semaine du 2 au 8 février, la neige est tombée en abondance dans plusieurs contrées de France. Le 3 février, à Mende, une tempête de neige d’une grande violence a sévi. La couche a atteint près de 1 mètre sur les régions élevées. Certains villages ont été à moitié ensevelis sous des congères énormes amassées par un épouvantable vent du Nord qui a soufflé constamment, obscurcissant l’air de nuages de neige. La circulation a été totalement interrompue sur les voies de terre. Un déraille-,ment sans accident de personne s’est produit sur la ligne de Mende, à la Bastide-Saint-Laurent où les trains ont éprouvé des retards considérables. Certains n’ont pu même arriver à destination. La tempête a continué avec la même violence pendant plusieurs jours et n’a pris tin que le 1 février dans la matinée. Le train de la Bastide-Saint-Laurent à Mende, resté en panne entre les gares de Châteauneuf et de Belvezet, a été entièrement enseveli sous la neige. Fort heureusement, les voyageurs ayant pressenti le danger l’avaient abandonné. Une équipe d’ouvriers a travaillé pendant vingt-quatre heures à dégager le convoi, mais la couche de neige était si considérable qu’à peine est-on parvenu à mettre à jour la cheminée de la machine. La
- circulation a été totalement interrompue sur cette ligne pendant deux joui s et tout le canton de Châteauneuf est resté sans correspondance du 2 au 4 février.
- On a mentionné encore de grandes chutes de neige à Saint-Etienne et à Oyonnax dans les monts du Jura. A Prades, à la même date, une grande bourrasque de neige a sévi rendant les communications impossibles entie certaines communes et causant deux accidents mortels.
- Des pluies mêlées de neige ont été signalées dans le non! et dans le sud de l’Europe les 4 et 5 février; on a recueilli 1 nim d’eau à la Hague et à Clermont. Les 6 et 7 février, des pluies sont tombées en Bretagne, en Provence ; à Paris, le temps a été beau.
- Tremblement de terre. — Dans la nuit du 6 au 7 février, vers- minuit, une assez forte secousse de tremblement de terre a été ressentie à Brest et dans les environs ; elle a duré de trois à quatre secondes ; les oscillations avaient la direction du nord au sud. Dans plusieurs maisons de Brest, des faïences posées sur des étagères ont été renversées; chez un bijoutier, des montres ont été jetées à bas d’une vitrine. •
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 5, à K) li. 22 m. du malin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(g)— Les cofifrères, les amis et les élèves de M. P.-P. Dehé-a-ain, membre de l’Institut, ont ouvert une souscription pour faire
- Îraver une médaille qui perpétuera le souvenir de ses traits et dont exécution sera confiée à )L Yernon. Lé comité présidé par M. H. Moissan, membre de l’Institut, a décidé que tous les souscripteurs d’une somme au moins égale à 25 francs, recevront un exemplaire de la plaquette. Les souscriptions devront être adressées à M. Pierre Masson, trésorier, 120, boulevard Saint-Germain, A Paris.
- —La Comète découverte le 15 janvier dernier par M. Gia-«obini, de l’Observatoire de Nice, de 10e grandeur, il y a un mois, est déjà de 9e grandeur. Elle se rapproche de la Terre et elle en sera à la plus petite distance vers le 28 mars. Cette comète traverse en ce moment la constellation des Poissons.
- —#— Le Journal officiel vient de publier un décret par lequel l'Administration des postes et des télégraphes est seule chargée de l’établissement des postes de télégraphie sans fil, destinés à l’échange de la correspondance officielle ou privée. J)es postes pour les correspondances privées pourront être établis après autorisation donnée par le Ministre du commerce et de l’industrie. Le rapport adressé à M. le Président de la République admet qu’il est actuellement possible d’échanger des correspondances entre un point du littoral et des navires en mer à une distance de 250 km au moins.
- —djf)— Le 10 février, dans la matinée, une forte secousse de tremblement de terre a été ressentie à Modica, près de Syracuse, en Italie; elle a duré deux secondes. A la date du 14 février de Légères secousses de tremblement de terre étaient ressenties presque tous les jours à Andidjan.
- —®— La Chambre des députés a adopté dernièrement un projet de loi ayant pour but la création d’une monnaie en nickel. On émettra 16 millions de pièces ayant une valeur nominale de 25 centimes. Des précautions ont été prises pour- éviter toute confusion avec la pièce en argent de 1 franc. La pièce de 25 centimes en nickel pèsera 7 grammes, alors que la pièce en argent de 1 franc pèse 5 grammes ; la tranche de la pièce de nickel ne sera pas cannelée, comme celle de la pièce d’argent; la pièce de nickel sera près de moitié plus épaisse que la pièce d’argent : lmm,77 au lieu l",m,23; le diamètre de la pièce de nickel sera de 24 mm alors que celui de la pièce de 1 franc est de 23 min ; la gravure de la pièce de nickel comportera un sujet simple, à emblème caractéristique, s’écartant le plus possible des empreintes qui figurent sur les pièces d'argent ; la valeur de la pièce sera indiquée au revers en chiffres de grandes dimensions. La nouvelle monnaie doit être en nickel pur, avec une tolérance d'impureté de 20 millièmes. Le poids du nickel employé pour une première émission de 16 millions de pièces sera de 112 000 kg, dont le prix d’achat, à 3rr,50 le kilogramme, s'élèvera à 592000 francs; les frais de fabrication des llans sont évalués à 340000 francs; enfin les frais de frappe atteindront 100000 francs. La dépense totale de l’émission, en chiffres ronds, sera donc de 840 000 francs.
- —®— Une série d’inondations ont eu lieu dans plusieurs districts de l’Ecosse, notamment dans le voisinage de Glasgow, à la suite de pluies abondantes. Plusieurs usines ont été envahies par les eaux, ainsi qu'un grand nombre de maisons ; les dégâts ont été très importants.
- —8— Un congrès-des travaux publics s’est tenu du 9 au 14 février, sous la présidence de M. Hersent, dans l’Hôtel de la S’ociété' des Ingénieurs civils de France, à Paris.
- —8— Un contre-torpilleur « Sagaie d a fait dernièrement à Cherbourg des essais qui ont donné toute satisfaction. La vitesse
- maxima prévue était de 28 nœuds; il a donné 30,62 nœuds dans un essai progressif le 29 janvier, et 30,5 nœuds dans l’essai officiel du 6 février. Les machines et chaudières ont fonctionné de façon irréprochable et avec des consommations très réduites à toutes les allures. La « Sagaie » a été construite au Havre, par les Forges et chantiers de la Méditerranée, sur les plans de M. Normand.
- —<§>— Ce n’est pas seulement en Bretagne que le manque de sardines cause des pertes très sensibles. La côte méditerranéenne du Cap Béar à l’étang de Berre reçoit la visite annuelle de bancs de sardines assez importants pour faire vivre un grand nombre de familles. Malheureusement, depuis quelques années, le produit de cette pêche diminue de plus en plus.
- —(§)— . La Daily Mail raconte que le côté nord du Strand, à Londres, se trouve infesté chaque nuit par une énorme quantité de rats. La cause de ce fléau est attribuée aux démolitions faites dans ce quartier pour élargir Holborn Street. Un grand restaurant, voisin de Gaiety Theatre, a dù fermer ses salles du rez-de-chaussée cjt son grill room du premier étage. Les rats ont mis en pièces dans cet établissement plus de 1700 serviettes; ils ont dérangé et bpisé bon nombre de bouteilles de bière et de vin. Toutes les victuailles accumulées par les bars, du voisinage ont disparu sous la dent des rongeurs. Chose surprenante, les rats affectent une prédilection marquée pour les cigarettes. Un chien ratier, renommé pour sa vaillance, enfermé, la nuit, dans un local infesté, a succombé sous le nombre, et on. l’a trouvé, le lendemain matin, dans un triste état.
- —8— Le Conseil de l’Université de Paris s’est réuni sous la présidence de M. Liard, vice-recteur. Il a élu M. Debove comme vice--président et M. Làvisse comme secrétaire pendant l’année L903. Le Conseil a voté le maintien de la chaire de minéralogie vacanté à.la Faculté des sciences par le décès de M. Hautefeuille. Le rapport annuel avait été confié cette année à M. E. Junglleisch, professeur à l’Ecole supérieure de pharmacie. Le nombre du personnel enseignant de l’Université s’est encore accru en 1901-1902. Il est aujourd’hui de 245 professeurs; 136 titulaires; professeurs-adjoints, 18: agrégés, 47; chargés de cours, 25; maîtres de conférences, 23. La Faculté qui compte le plus grand nombre de maîtres est celle de médecine, 81 ; puis viennent : les lettres, 54 ; les sciences, 46 ; le droit, 42; la pharmacie, 17; la théologie protestante, 10. A ces chiffres, il faut ajouter les 33 cours libres ouverts avec l’autopisa-lion du Conseil de l’Université. Pour la première fois, le rapport révèle le nom du généreux donateur, resté jusqu’ici anonyme, des bourses de vovage autour du monde, d’une valeur de 16 500 francs chacune. Ce donateur est M. Albert Kahn, banquier à Paris.
- —®— L’Association Britannique, en 1905, doit se réunir aux Victoria Falls, sur le Zambèze : la Compagnie de l’Afrique du Sud Anglaise compte transporter et héberger gratuitement l’Association sur cette partie de son domaine; elle a ouvert pour cela un crédit de 175000 francs au moins, et elle fera construire un hôtel destiné aux excursionnistes dans le proche voisinage de ces chutes qui étaient encore en pays perdu il y a quelques années, et que l’on espère avant peu capter pour leur faire produire de l’électricité.
- —8— Le 6 décembre dernier, M. Assmann, le directeur de l’Observatoire aéronautique de Tegel (Allemagne), a pu enlever des appareils enregistreurs, au moyen d’un attelage de six cerfs-volants, jusqu’à 5475 mètres d’altitude! Longueur totale du fil : 10 kilomètres. Température minima : —17°,7. Température du sol : —14°,7. Le professeur Assmann a donc battu le record de:la hauteur pour cerfs-volants, record que détenait M. Teisserenc de Bort par 5250 mètres (Trappes (S.-et-O.), janvier 1901). Le premier record (4800 mètres) avait été établi en 1900, par sir Laurence Rotch,. à Blue-Hill(Massachusetts).
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le carburateur Krebs se trouve chez MM. Panhard et Levassor, 19, avenue d’Ivry, Paris.
- Communications. — M. Ch. Polarl, à Paris, nous adresse la lettre suivante : « J’ai lu, dans votre n° 1545, du 3 janvier dernier, un article de M. Delaunay sur une « Illusion d’optique dans le Métropolitain ». J’ai, depuis très longtemps, observé un phénomène analogue dans les trains munis de freins continus à action rapide, et l’ai toujours attribué à l’effet des forces d’inertie. Rappelons ici le théorème de d’Alembert. « Quand « un système quelconque est en mouvement, il y a équilibre à
- Sen<r chu mouvement /.
- « chaque instant, au moyen des liaisons, entre les forces directe-« ment appliquées et les forces d’inertie. » Le voyageur est soumis à deux forces: l'une réelle, M P, égale à son poids mg; l’autre, „ T . , . d*x fPx , ,, ,,,
- M 1, apparente, égalé a — m ^ étant 1 accélération
- négative du mouvement due à l’action des freins. Ces deux forces donnent une résultante M P’, d’autant plus inclinée vers l’avant de la voiture que l’arrêt est plus brusque. Le voyageur croit donc que la verticale est déviée vers l’avant, et, par conséquent, que la voiture est inclinée dans le même sens. L’illusion est d’autant plus complète que le voyageur est mieux soustrait à l’idée du ralentissement effectif. »
- M. P. L., à Moscou, nous écrit à propos des crépuscules : « J’ai déjà lu dans votre Journal et dans d’autres publications plusieurs articles sur l’origine des crépuscules rouges. L’impression générale est que la cause du phénomène est attribuée aux poussières ou cendres rejetées par les volcans et maintenues en suspension dans l’atmosphère. Je n’ai pas qualité pour réfuter ou même discuter ces assertions qui peuvent paraître justes dans le cas présent. Je me bornerai à vous signaler quelques observations qui me paraissent de nature à fournir d’autres explications. J’habite la Russie depuis une quinzaine d’années. Eté comme hiver, mais plus particulièrement pendant cette dernière saison, les couchers ou levers de soleil sont très fréquemment accompagnés d’une belle coloration rouge vif ou orangé très intense allant se fondant en or vert dans le bleu sombre du ciel vers le zénith. J’ai entendu expliquer le phénomène d’hiver par une décomposition de la lumière solaire par les fines aiguilles de glace qui par les grands froids flottent dans l’atmosphère; mais en été? Le côté opposé au phénomène est alors d’un beau violet bleu pervenche. Par temps clair, on peut l’observer presque journellement. J’ai entendu des Français venus chez nous en visite dire que si un peintre peignait un ciel pareil en France on crierait à l’invraisemblable. »
- M. L. Ditfau, à Grandmaison (Trois-Rivières] (Guadeloupe), nous adresse la lettre suivante : « Je me suis un peu trop pressé de vous écrire, le 11 décembre dernier, que les phénomènes électriques avaient cessé aux Petites Antilles vers la fin de novembre. Nous avons eu, en effet, en décembre, au moment du solstice une série d’orages dont la durée et l’énergie
- ne laissaient rien à désirer. Il est vrai, comme vous le savez, que la Montagne Pelée avait été en éruption peu de temps avant cette date. Au moment où je vous adressais ma dernière lettre, je n’avais pas encore reçu les n°8 1539-1540 de La Nature, et lu les articles : « Les Crépuscules rouges, Les Lueurs crépusculaires ». Ces phénomènes ont été manifestes à la Guadeloupe dès le début de la période sismique ; ils ont persisté durant les mois suivants et m’ont semblé atteindre leur maximum d’intensité en septembre, octobre, novembre. Je n’ai pas pris les dates malheureusement ; mais ils étaient fréquents. Dans les plus beaux crépuscules, la coloration rouge s’élevait certainement à plus de 30 degrés au-dessus de l’horizon. J’ai observé également des aurores rouges, dans de moins bonnes conditions cependant, l’orient étant masqué par une crête de contrefort d’un de nos anciens volcans, La Madeleine. Souvent aussi dans sa première pha-e de croissance, puisque vers le premier quartier1, la lune se levait avec coloration verte, très apparente surtout aux époques de crépuscules rouges. Il vous serait facile d’avoir confirmation de ces observations, faites-en réalité sans méthode et un peu irrégulières, auprès de voyageurs, membres de missions, etc. En décembre, plus de lueurs-crépusculaires rouges. Je vous adresse le relevé des observations météorologiques de la station du Camp-Jacob (altitude 533 mètres d’avril à novembre 1902). Je vous ai donné 300 kilomètres pour distance de Saint-Vincent à la Guadeloupe. Nous devons être à 450 kilomètres ?
- Renseignements. — M. le comte del Valle, à Madrid. — Aux adresses ci-dessous, vous obtiendrez des indications sur les-machines à décortiquer : M. Billioud, 46, rue Albouy, à Paris; M. Mora, 27, rue des Récollets, à Paris; M. Rouaillon fils, 72, bou levard Sébastopol, à Paris.
- M. le lieutenant Bertrand, au camp Servière (Tunisie). — 1° Veuillez vous reporter aux n0' de La Nature suivants : 6 avril, 29 juin, 13 juillet, 21 septembre 1901 ; Smars, 10 mai,. 5 juillet, 12 juillet 1902. — 2° A la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris, vous trouverez un ouvrage de M. Broca intitulé : Télégraphie sans (il. Prix : 3 fr. 50.
- M. Uhrlich, à Moscou (Grande Nikiskaia). — Vous trouverez chez M. Bourgeois aîné, 18, rue Croix-des-Petits-Champs, à Paris,, des couleurs et vernis pour colorer le cuir.
- M. Vie, libraire, à Nantes. — M. Pégat, concessionnaire des procédés Guasco, rue Cambon, 48, à Paris, vous fournira tous les renseignements nécessaires.
- M. A. R,, à Paris. — Pour oxyder les objets en acier, en fer ou en nickel, sans nuire à la trempe, vous pourriez employer la ferroxydine que vous trouverez c ez MM. Henri Picard et frère, 131, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. H. Mozon, à Nanteuil-le-Haudoin (Oise). — Adressez-vous pour renseignements à M. Aubry, 6, boulevard Saint-Michel, Paris; M. Brewer, 76, boulevard Saint-Germain, Paris; M. Chardin, 5, rue de Chàteaudun. Nous vous conseillons aussi de consulter un médecin.
- Abonné n° 3779, au Sappey. — Il n’existe pas, à notre connaissance, d’ouvrage traitant ce sujet. Toutefois dans le-tome II de la « Physique biologique » de d’Arsonval, qui va paraître à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, vous pourriez consulter avec fruit un article de M. Mangin sur l’influence de la Lumière.
- M. Edivin Letts Oliver, à Oakland (California). — Vous pourriez vous adresser à M. Dujour, ingénieur au Conservatoire national des Arts et métiers, 292, rue Saint-Martin, Paris,, ou à M. Schmitt, directeur de l’usine d’affinage électrique, à Dives (Calvados-France).
- M. Z., à J. (Côte-d’Or).— Dans notre n° 1550 du 7 février 1903, nous indiquions le prix d’abonnement à la « Locomotion automobile » comme étant de 20 francs : c’est 15 francs-qu’il fallait lire.
- M. J. B., h Lyon. — L’unité employée le plus souvent en France est le Carcel, lampe brûlant 42 grammes d’huile de colza épurée à l’heure, avec une flamme de 40 millimètres. La bougie décimale est le dixième d’un carcel. Dans le « Formulaire de l’électricien » de M. Hospitalier, vous trouverez tous les détails complémentaires : en vente à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris. Prix : 6 francs.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. R., à Paris. Il faut soumettre votre projet, vos plans et vos calculs à un spécialiste. — M. U. L., h Lille. Cet appareil ne se fabrique plus. — M. Lemart, à Nancy; M. V. L., à Orléans. Voyez les petits livres des Recettes et procédés utiles, 2e et 5* séries, à la librairie Masson et Cie. — M. G. Rantard, à Brest. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Botte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Support d’abat-jour. — Le nouveau support d’abat-jour pour lampes à incandescence, et dont nous trouvons la descrip-tion dans le Journal américain Elecirical World and Engineer, consiste uniquement en une spirale en fil formée de trois tours ; les deux extrémités sont recourbées et disposées longitudinalement, comme le montre un des dessins ci-joints, pour per-
- Supi ort d’abat-jour.
- mettre l’introduction de la tulipe en verre ou abat-jour entre les deux branches. On voit à la partie supérieure une tulipe en verre fixée à l’aide de ce support sur une douille à clef. Au-dessous à gauche, la douille porte déjà le support, et l’on fixe la tulipe entre les branches extrêmes. Enfin, dans la figure de droite, une main tient le support et le fait glisser sur la douille que l’on maintient au-dessus. — Ce support d’abat-jour est construit par MM. William, V. Geis et C% Far Rockaway, N. Y. (États-Unis).
- Couteau pour couper les asperges. — Pour récolter les asperges, on se servait jusqu’ici d’un couteau ordinaire dont l’emploi présente de nombreux inconvénients et exige une grande habileté de main. M. A. Per-driel, à Nantes, a disposé un couteau qui supprime tous les inconvénients connus, est d’un maniement simple et facile, et permet d’obtenir les asperges dans toute leur longueur. Cet instrument est formé d’une gaine rigide A qui porte à ’sa base une gouge C possédant des contours arrondis. A la partie supérieure de cette gaine est fixé un bâti surmonté d’uné poignée verticale. Dans la gaine passe un couteau B, formé d’une lame flexible, qui sort à la partie inférieure en suivant une courbe au point où commence la gouge. Le couteau est relié par une tige verticale E, et à l’aide d’une articulation, à un levier D. Pour se servir du couteau, l’opérateur commence par faire pénétrer la gaine A dans le sol en exerçant une pression de haut en bas sur la poignée qu’il tient de la main droite; il a soin de bien appliquer le côté concave de la gouge le long de l’asperge à cueillir. Cette gouge doit, en effet, embrasser constamment l’asperge qui lui sert de guide; s’il est nécessaire, on donne à l’instrument une légère inclinaison. Quand le dessous de la gouge est arrivé sur la griffe, ce que l’on reconnaît facilement à la résistance que l’on rencontre, on cesse d’appuyer sùr la poignée. On tranche l’asperge
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelle» scientifiques est étrangère aux annonces.
- Vue de face. Vue de profil. Couteau A. Perdriel pour couper les asperges,
- en abaissant le levier D, que l’on manœuvre de la main gauche. La course du couteau, réglée par celle du levier, doit être en rapport avec la grosseur de l’asperge et non lui être supérieure, pour ne pas, du même coup, attaquer un autre turion placé dans la même direction. L’asperge tranchée, et alors que l’extrémité du couteau est encore engagée dans la coupe, on soulève légèrement l’instrument par la poignée, ainsi que l’asperge. Chaque coupage ne demande que quelques secondes. Après la cueillette, il faut nettoyer le couteau qui sort de 1» gaine, afin d’éviter l’action de la rouille; il faut également graisser avec de l’huile à machine toutes les parties de l’instrument soumises aux frottements ainsi que les articulations. •— Le couteau pour couper les asperges se trouve chez M. F. Aubert Thouvenin, 7, quai des Tanneurs, à Nantes.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Traitement du coryza aigu.
- Le régime sec a été appliqué à un si grand nombre de malades soutirant de l’estomac, qu’il est connu de tout le monde. La diminution de la quantité de boissons a une influence sérieuse sur la guérison de la dilatation de l’estomac et des troubles qui en sont la conséquence.
- Le régime sec appliqué au traitement du rhume de cerveau est assurément chose plus nouvelle. C’est cependant une méthode assez ancienne préconisée jadis par un médecin anglais, J.-B. Williams et remise en honneur par un médecin viennois, le Dr Sternberg. Comme l’indique l’auteur de ce procédé thérapeutique, c’est une méthode dessiccante, un véritable régime sec qui permet la guérison rapide du catarrhe muqueux*
- Williams avait remarqué que lorsqu’il était atteint de coryza l’ingestion du thé ou des boissons chaudes, si unanimement conseillées en cas de rhume, semblait aggraver l’état de fluxion nasale, augmentait les sécrétions. Il essaya de s’abstenir complètement (ou à peu près) de boisson pendant vingt-quatre heures. Une cuillerée de lait ou de thé ingurgitée trois fois par jour constitue la seule quantité de liquide permise, pendant ou en dehors des repas. L’alimentation doit, cela va sans dire, ne comporter que des aliments solides, pain, farineux, viandes, etc., sans dilution, telle que la soupe ou les sauces très claires.
- Ce régime doit être suivi vingt-quatre ou quarante-huit heures. Il est pénible, mais on a la satisfaction de constater que, dès qu’on a dépassé la moitié de la journée, le flux nasal a l’air de diminuer pour s’arrêter tout à fait, en ne laissant subsister qu’un peu d’irritation de la gorge.
- Ce n’est pas simple effet suggestif, car le Dr Sternberg dit avoir employé avec succès ce procédé bien simple, sur lui-même et sur d’autres. Il est facile à suivre. Avis aux intéressés.
- Dr A. C.
- L'ulmarène.
- L’acide salicylique et ses dérivés ou ses combinaisons constituent la série de médicaments la plus efficace contre les diverses variétés de rhumatisme. Mais le salicylate de soude, si actif, si précieux, est souvent fort mal tolère par certains malades; irritation gastrique, bourdonnements s’observent parfois à des doses peu élevées.
- On a recours alors aux agents externes, salicylates de méthyle, d’amyle. Leur application sur les régions douloureuses amène une sédation rapide, mais si jamais vous en avez usé, vous devez avoir conservé le souvenir de cette odeur désagréable, persistante qui empoisonne tout un appartement.
- Un jeune chimiste, M. Bourut, est parvenu à composer un mélange d’éthers salicyliques et d’alcools aliphatiques auquel il a donné le nom d’ulmarène et qui joint aux propriétés si remarquables des salicylates l’avantage d’une odeur agréable, fugace, rappelant celle du salol.
- L’ulmarène est un liquide jaune rosé, lourd, bouillant à 240° et qui contient jusqu’à 75 pour 100 d’acide salicylique. C’est surtout un produit médicamenteux pour l’usage externe, bien qu’on puisse, sans danger, l’administrer à l’intérieur, car le pouvoir toxique est très faible. On l’applique en badigeonnages, comme le salicylate de méthyle. Après avoir nettoyé la peau de la région malade, on étale une couche d’ouate imbibée de o à 4 grammes d’ulmarène, on la recouvre de taffetas chiffon, puis d’une enveloppe d’ouate pour prévenir l’évaporation. On laisse le pansement en place toute la nuit, et il est rare que le soulagement ne soit pas très complet.
- Dans les cas de rhumatisme localisé, on peut aussi se servir d’une pommade à l’ulmarène à la dose de 10 grammes pour 50 grammes de vaseline ou en lotions, en faisant dissoudre une proportion donnée dans un peu d’alcool rectifié. Ces applications, ces onctions ne provoquent aucune irritation de la peau; l’effet calmant, analgésique, se produit au bout d’une heure environ.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Bref, l’action est de tous points comparable à celle des salicylâtes d’éthvle, de méthyle, avec, en plus, la suppression de l’odeur désagréable de ces produits. I)r A. C.
- L’application de sangsues.
- Appliquer des sangsues était une chose si courante il y a quelque trente ans que peu de personnes arrivaient à un âge avancé sans avoir subi cette petite opération de garde-malades. Aujourd’hui la mode en est passée ; le marchand de sangsues a disparu et les pharmaciens sont devenus rares qui possèdent vies provisions de ces bestioles. Cependant il arrive encore que
- le médecin en prescrive; c’est un mode de sâignée fort simple et fort utile. La sangsue, par sa morsure, fait une petite plaie qui donne lieu à un écoulement-de sang plus.ou moins abondant, suivant la nécessité. Parfois cette morsure donne lieu à une hémorragie difficile à arrêter; on a beau mettre de l’ouate, des compresses imbibées d’antipyrine, le sang coule lentement mais sans arrêt. On emploiera avec efficacité un des procédés modernes d’hémostase, c’est de laver la plaie avec une. solution de gélatine à 1 pour 100 et d’appliquer sur la piqûre un petit tampon d’ouate imprégné de cette solution fraîchement préparée.
- IP A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRE CTI O.X ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 février. . . 7%0 S. \Y. 2. Couvert. 0,1 Couv. ; gouttes et bruine la soirée.
- Mardi 10 8“,0 S. 1. Brouillard. 0,1 Couv. ; brouillard le matin.
- Mercredi 11 7%2 S. S. W. 1. Couvert. >» Couvert jusqu’à 9 h. ; beau ensuite ; nuag. à 20 et 21 h. brouillard la soirée.
- Jeudi 12 1*,6 S. 1. Couvert. » Couv. ; brouillard jusqu’à 10 h.
- Vendredi 13 6*,4 N. N. E. 5. Très nuageux. » Nuageux.
- Samedi 14 — 0*,1 S. 2. Très nuageux. » Quelques éclaircies ; gouttes à 13 h. 45-55.
- Dimanche 15 ... . 6%2 W. 2. Couvert. » Couv. ; bruine de 9 h. 40 à 12 Ii. et à partir de 19 il. 50.
- FÉVRIER 1903. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE 15 FÉVRIER.
- La couri},; supérieure indique la nébulosité de 0 à |0 , les flèches inférieures, la direction du vent. Les lourdes du milieu indiquent : comité épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0. a i niveau de la mer), courbe plus minet, thermomètre a l'abri à boule sec/te : courbe en pointillé, Hier moindre à /abri à boni? mouillée..
- Résumé dés observations météorologiques faites à
- l’observatoire du parc Saint-Maur, en janvier 1903;
- par M. Tii. Moireacx.
- Pression barométrique1 : moyenne à midi. 760“”,81 ; minimum absolu, 743””,8, le 11, à 0 heure et à 1 heure; maximum absolu, 772™",4 le 29, à 23 heures et 24 heures.
- Température. Sous l’abri : moyenne desminima, 1°,10 ; des maxima. 6°,59; du mois, 3°,8i; vraie des 2i heures, 3°,52; minimum absolu, —8°,2-le 16; maximum absolu. 13°,1 le 5. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, —1°,76; des maxima, 11°,55; minimum absolu —11°,2 le 15; maximum absolu, 19\8 le 7. Dans 1e sol gazonné : moyenne du mois à 9 heures du matin ; à 0™,30 de profondeur, 3°,59 ; à 1 mètre. 5°,32. De la Marne : moyenne le matin, 4°,10; le soir, 4°,52; maximum, 7°,90 le 8; minimum. 0°,55 le 18.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois. 5"",27 ; minimum 1™",8 le 14, de 13 heures à 15 heures ; maximum, 9"”,2 le 2 à 18 heures et le 3 à 11 heures et à 12 heures.
- _Humidité relative : moyenne du mois, 85,1 ; minimum, 51, le 16 à 13 heures; maximum 100 en 9 jours.
- Nébulosité. Moyenne du.inois (6 heures du matin à 9 heures du soir) : 62.
- 1. L’altitude de la cuvette du baromètre (49”,30 jusqu’au 31 décembre 1902) a été portée à 50”,30 le 1" janvier 1903.
- Insolation ; durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 270 heures; durée effective de l’insolation, 73 heures; rapport, 0,27.
- Halos.; solaire, le:6; lunaire, le 6.
- Pluie : totale du mois, 56”“,4 en 55 heures réparties en 10 jours, et en outre 2 jours de gouttes ët 1 jour de grains de neige, le 13.
- On a noté 13 jours de gelée, dont 3 sans dégel, du 13 au 15; 1 jour de rosée. 9 jours de gelée blanche, 4 jours de brouillard dont 1 de 40 mètres le 22 à 18 heures; verglas, le 23; un jour de ciel absolument pur, le 21.
- Fréquence des vents (observations horaires). Calmes, 6.
- N . . . . 0 E. . . . . 20 S 89 W ... . 35
- N. N. E. . 70 E. S. E . . 31 S‘. s. w. . 224 W. N. W. . 5
- N. E . . . 46 S. E . . . . 27 s. w. . . 116 N. W. . . 3
- E. N. E . . 18 S. S. E. . . 50 w. s. w . 25 N. N. W. . 5
- Plus grandes vitesses du vent. Le 11, de 21 h. 30 à 22 h, 45,-11“ (N.-E.); le 12, de 21 heures à 21 h. 15,13”,3 (N.-E.) ; le 13, de 13 heures à 13 h. 15, 12”,2 /N.-E.). Plus grandes vitesses moyennes diurnes, le 2, 7“,1; le 12, 8”,8 ; le 13, 8”,4.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 0", 16; température -+-1°,65 ; tension de la vapeur -t- 0“”,48; humidité relative — 2°,/ ; nébulosité — 9 ; pluie -t- 22”“,9.
- Floraison : Chimonanthus fragrans, le 1*'.
- PHASES DE LA LUNE : P» L. le 12, à 1 h. 7 m. du matin.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Par décret en date du 14 février, sont nommés, pour trois ans, membres du conseil de l’Observatoire d’astronomie physique de Meudon : MM. Moissan, Darboux, Janssen, H. Becquerel, Marcel Deprez et Lippmann, membres de l’Académie des sciences. MM. le général Bassot, de l’Institut, directeur du service géographique de l’armée; le contre-amiral Aubry de la Noë, membre du conseil.des travaux de la marine; Daubrée, directeur des eaux et forêts; le lieutenant-colonel Hartmann, directeur des ateliers de Puteaux; Bayet, directeur de l’enseignement supérieur.
- —@— A Montpellier réside le doyen des médecins, le Dr David, qui, depuis le 10 février 1903, a terminé sa 102e année. Né à Murviel-les-Montpellier, le 19 pluviôse an IX (8 février 1801), il a exercé la médecine à Grobels jusqu’à l’âge de 98 ans, et, depuis quatre ans, il habite Montpellier. Malgré son grand âge, M. le Dr David est en excellente santé. Le Dr David déclare devoir sa longévité à la vie au grand air et à la sobriété. Il ne prend de l’alcool que par hasard. Sa robuste constitution a triomphé de deux graves maladies ; une lièvre typhoïde contractée à l’âge de 75 ans et une fluxion de poitrine à lage de 93 ans.
- —®— Il vient de mourir à Tunis une dame Angeia Mifsud, à l’âge de 107 ans. Elle était veuve, naturellement. Elle laisse une tille, âgée de 90 ans, qui elle-même a cinq filles, dont trois déjà grand’mères de très nombreux enfants. Mme Angeia Mifsud n’habitait guère Tunis que depuis quatre-vingts ans. Précédemment, elle résidait à Malte d’où elle était originaire, ayant vu le jour dans cette île en 1796. Sa mémoire, merveilleuse pour une femme si âgée, était restée très nette. Elle se souvenait de la peste qui ravagea Pile de Malte en 1805 et des bûchers qu’on a dressés sur les places publiques pour incinérer les cadavres qu’on n’avait pas le temps d’enterrer. Elle se rappelait même que le général Bonaparte avait débarqué dans son île en 1798, lorsqu’elle n’avait que 2 ans. Mais on suppose qu'elle se rappelait plutôt l’avoir entendu dire.
- —J|— La « Transatlantic Transport O » a muni de tous les appareils de télégraphie sans fil Marconi, trois des navires de sa Hotte transatlantique. Deux d’entre eux, le Minneapolis et le Minnehaha, se sont rencontrés le 1er février au milieu de l’Océan et sont entrés en communication pour un temps assez long, la communication ne cessant qu’à la distance d’environ 248 km. Le Minneapolis, à son départ de New-York, a correspondu lui-même quelque temps avec la côte, mais c’est surtout à son arrivée à Tilbury qu’il a maintenu longtemps la communication, puisqu’il a pu recevoir du Lisard, à son arrivée d’Angleterre, le 10 février, un message long et complexe, relatant toutes les nouvelles du continent, 26 heures avant le débarquement des voyageurs.
- —(g)— La loi du 15 février 1902 sur la protection de la santé publique qui devait être exécutoire un an après sa promulgation va être appliquée. Le premier décret, promulgué le 20 février 1903, énumère les maladies pour lesquelles la déclaration est obligatoire ou facultative. Yoici la liste de ces maladies : Maladies pour lesquelles la déclaration et la désinfection sont obligatoires : 1° la fièvre typhoïde; 2° le typhus exanthématique; 3° la variole et la varioloïde; 4“ la scarlatine; 5° la rougeole; 6° la diphtérie; 7° la suette miliaire; 8° le choléra et les maladies cholériformes; 9° la peste; 10° la fièvre jaune; 11° la dysenterie; 12° les infections puerpérales et l’ophtalmie des nouveau-nés, lorsque le .secret de l’accouchement n a pas été réclamé : 13° la méningite cérébro-spinale épidémique. — Maladies pour lesquelles la déclaration est facultative : 14° la tuberculose pulmonaire; 15° la coqueluche; 16° la grippe; 17° la pneumonie et la broncho-pneumonie; 18° l’érysipèle; 49° les oreillons; 20° la lèpre; 21° la teigne; 22° la conjonctivite purulente et ophtalmie granuleuse. Pour les
- maladies mentionnées dans la deuxième partie de la liste ci-dessus, il est procédé à la désinfection après entente avec les intéressés, soit sur la déclaration des praticiens, soit à la demande des familles, des chefs de collectivités publiques ou privées, des administrations hospitalières ou des bureaux «assistance, sans préjudice de toutes autres mesures prophylactiques déterminées par le règlement sanitaire prévu par la loi.
- —®— Yeut-on savoir quelles provisions emporte un des grands steamers qui font, en six jours, le trajet de New-York à Liverpool ou le Havre ? Eau potable : 425 tonneaux ; œufs : 2083 douzaines ; légumes : 12000 kg; viande salée : 2250 kg; poisson : 1000 kg; fruits : 6000 kg: farine : 6000 kg; volaille : 2000 kg; viande : 1600 kg; vin, bière, etc. : 24880 litres; lait : 7722 litres; pommes de terre : 35 000 kg; beurre : 3300 kg; glace : 33 tonneaux. Il est juste d’ajouter que chacun de ces léviathans porte 1800 personnes, tant passagers que hommes d’équipage, et que l’approvisionnement est calculé de façon à suffire même au cas où un accident doublerait la longueur du voyage.
- —(g)— On connaît les résultats très favorables que donne l’usage du sucre comme aliment, tant chez l’homme que chez les animaux. Les Américains, du Nord ont compris quel parti ils pourraient tirer de cette nourriture, qui leur permet d’utiliser leurs mélasses, lesquelles, jusqu’à présent, étaient brûlées. Des usines spéciales les recueillent, les mélangent, à parties presque égales, de maïs ou d’avoine, et en fabriquent des tourteaux dont la valeur nutritive est assez considérable pour augmenter de 25 à 50 pour 100 la valeur marchande de l’animal qui en a été nourri. C est principalement les mulets qui ont bénéficié de cette innovation qiix leur est des plus favorables, tant au point de vue de la vigueur et de l’endurance qu’à celui de la santé générale. Ils ont reçu d’ailleurs le nom pittoresque de « mulets de sucre ».
- —(§)— Au Danemark revient l’honneur d’avoir créé la première expédition à la fois polaire et littéraire : au mois de juin de l’année dernière sont partis de Copenhague MM. Myglins-Ërichsen, homme de lettres, le comte Harald Moltke, peintre, et le professeur Knut Rasmussen, qui se proposaient d’étudier le Groenland au point de vue de la sociologie et surtout du folklore, en vivant avec les indigènes, et partageant jusque dans les moindres détails leur genre de vie et leurs travaux. Leur but a été atteint déjà en grande partie, et de nombreux documents ont déjà été recueillis.
- —H— On songe en ce moment, en Angleterre, à creuser un grand canal entre la Tamise et la Medway, rivière à l’embouchure de laquelle se trouve le fameux port de Chatham. Les relations entre ces deux cours d’eau, et particulièrement entre Chatham et le
- Eiort de Londres, ne peuvent se faire que suivant un parcours fort ong, les bateaux ayant à passer devant Shearness et à doubler, au risque de trouver une mauvaise mer, la longue presqu’île qui sépare la Tamise du cours inférieur de la Medway. Le parcours actuel est de 53 kilomètres, et il serait réduit à 8 kilomètres à peine par le canal, qui nécessiterait, il est vrai, un tunnel de 2 kilomètres et demi.
- —®— L’ingénieur allemand Ilellberger, de Munich, vient de se livrer à certaines expériences au sujet de l’électrisation du sol en faisant passer un courant à travers la terre, il a remarqué qu’il déterminait l’émigration des diverses espèces animales qui y vivent normalement, en particulier les vers ue terre et les limaces.: il estime même que ce serait un moyen très efficace de détruire ces dernières, qui normalèment ne sortent du sol que durant la nuit.
- —®— L’aviateur Roze, dont nous avons donné la description dans le n° 1479, du 28 septembre 1901, p. 274, a été mis en morceaux sur l’ordre des actionnaires de la Société à laquelle M. Roze avait vendu ses brevets ; on se rappelle les tentatives infructueuses d’ascension faites par M. Roze.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les lampes à incandescence Nernst se trouvent à la Société française d’électricité A. E. G., 20-22, rue Richer, à Paris. — Pour l’auto-clef, s’adresser à M. Contai, 64, rue de Villiers, à Levallois-Perret.
- Communications. — M. Ch. Besnard, directeur de l’usine à gaz de Chateaubriand, nous écrit à propos de notre article sur « Un étrange phénomène de congélation » (n° 1547 du 17 janvier 1905, p. 106). « Dans le courant de janvier 1888, j’avais acheté une barrique de vin rouge : le froid était très rigoureux. Ne disposant pour toute cave que d’un cellier construit en planches et placé sous un hangar de même nature, j’avais fait placer mon vin, mis en bouteilles, sur des étagères disposées à cet effet, les bouteilles couchées. Un beau matin, en entrant dans ma cave improvisée, quelle ne fut pas ma surprise de trouver tous les bouchons au milieu de la cave. Je crus d’abord mon vin entièrement perdu, et cependant le sol ne paraissait pas humide. J’examinai donc de plus près, et je pus constater que le vin s’était congelé dans les bouteilles, avait chassé les bouchons et formait, à chacune d’elles, une aiguille de glace légèrement rosée ayant de 8 à 10 centimètres de long. Naturellement cette aiguille avait la position verticale. Finalement je iis mettre mon vin à la chaleur,-il en manquait à peine l/l(r. Il paraît évident que la congélation se produit d’abord au goulot, puis, se dilatant, le liquide congelé fait pression sur le bouchon et le chasse. »
- M. Péjois nous envoie de Berk*-Plage (Pas-de-Calais), un crémomètre perfectionné destiné'à évaluer, par une simple lecture, la quantité de crème que contient une quantité donnée de lait. C’est une éprouvette à graduation très apparente, dont le couvercle peut être scellé pour empêcher toute tentative de fraude. Il suffit de la remplir et de la laisser reposer pendant douze heures pour savoir si le lait renferme le minimum de 9 pour 100 de crème indispensable à l’alimentation. S’adresser à M. Péjois, 131, boulevard Magenta, Paris.
- M. P. A. Addeo, à Viterbe, nous envoie une brochure intitulée La Previsione del Tempo, dans laquelle il étudie la possibilité de prévoir le temps en étudiant la marche des cyclones : la durée de ces phénomènes étant de 20 jours, à un jour près, et leur trajet étant connu, il parait facile de prévoir quand se produiront les phénomènes météorologiques secondaires. Un certain nombre de tableaux d’observations détaillées accompagnent et complètent le texte.
- M. G. de Rocquigny-Adanson, à Moulins (Allier), nous transjmet les deux brochures suivantes qu’il vient de faire paraître : 1° Théorèmes sur les progressions arithmétiques. Notes d'arithmologie. Propositions de la théorie des nombres. — 2° Epoque de la floraison du Forsythia viridissima dans le centre de la France. Extrait des Annales de la Société d’Horticulture de l’Ailier. Ces deux brochures ont été tirées à l’Imprimerie Etienne Auc-laire, à Moulins.
- M. Radideau, à Melun, à propos de l’article intitulé « le Yer des Pommes » paru dans notre n° 1550, du 7 février 1903, nous adresse l’observation suivante qu’il a fajt connaître dans une lettre transmise le 12 mai 1901 à M. le Président de la Société d’Horticulture de Melun et de Fontainebleau : « En 1895, je possédais à Perthes (Seine-et-Marne) deux poiriers de beurré magnifique, en espaliers le long de deux murs exposés au soleil de la même façon et éloignés l’un de l’autre d’environ 10 mètres. Quelque temps après la défloraison, l’un de ces poiriers fut envahi par le puceron. Les
- feuilles naissantes se recroquevillèrent et l’arbre présenta un très.vilain aspect. Je considérai la récolte comme bien compromise. Je le traitai au soufre précipité Schlœsing, à la nicotine, dans le but de détruire les pucerons. Ces insectes disparurent en effet; l’arbre reprit sa vigueur; les fruits acquirent leur développement normal et mûrirent sans qu’aucun lût piqué pâlies vers. Au contraire les fruits produits par l’autre poirier, qui n’avait subi aucun traitement, étaient presque tous véreux et beaucoup se détachèrent de l’arbre avant complète maturité. De cette observation, je conclus que, dans cette circonstance, le soufre Schlœsing, agissant comme insecticide, en même-temps qu’il détruisait les pucerons, a éloigné de l’arbre traité les insectes, papillons ou mouches, dont les œufs déposés dans-la fleur ou sur le fruit deviennent les vers qui causent tant de ravages dans les arbres fruitiers.
- Je n’ai pas, depuis 1893, renouvelé l’observation relatée ci-dessus ; mais je suis persuadé que si l’occasion s’en était présentée, le même traitement aurait produit les mêmes effets. L’emploi du soufre et de ses composés, préconisé par M. Igles-dans son article, ne fait que me confirmer dans mon opinion. »
- Renseignements. — M. Zryd, à Montreuil-sous-Bois. — 1° Des jumelles à prismes sont avantageuses par la clarté du l’image qu’elles donnent et par leur volume réduit. — 2° Etant donné que leur prix est sensiblement le même, quel que soit le système, il est à croire que la fabrication des prismes et leur montage sont onéreux. — 3° 11 est impossible de prévoir une baisse de prix sur ces instruments.
- M Hippolyte Normand, à X.... — 1° L’adresse de la maison de M. Trouvé est 14, rue Vivienne, à Paris. — 2° Pour les réflecteurs vous pourriez vous entendre avec M. Barguet, 9, rue Capron, Paris; M. de Villefort, 193, rue Saint-Denis, à Paris.
- M. G. de M., à Antibes. — 1° Adressez-vous à la Cie de l’Ozone, 101, boulevard Murat, Paris. — 2° Dans le n° 1391, du 20 janvier 1900, vous trouverez la description d’une machine à scier les pierres dures; — 5° Notre système de numérotage fonctionne depuis 50 ans avec succès, nous ne pouvons donc songer à le modifier : quant aux inconvénients que vous y relevez, un peu d’attention vous les fera éviter.
- M. Edmond Jaminé, avoué à Tongres (Belgique). — Pour M. Marbut, renseignez-vous auprès de MM. A. Rausome andC0, ;Y Newark (Angleterre). Vous pourriez aussi vous adresser à M. Charrier, qui dirige à Vendôme une usine de sculpture de moulures en tous genres.
- M. Morel, à Vendeuil (Aisne). — Un de nos abonnés nous communique la recette suivante pour détruire les taupes, dont vous pourriez peut-être tirer parti : on pulvérise grossièrement environ 30 grammes de noix vomique et on les mélange avec 500 grammes de vers de terre. On introduit ce mélange dans les endroits fraîchement remués par les taupes : il est rare que les animaux résistent à ce moyen de destruction. C’est un procédé, qui, croyons-nous, doit être peu connu, et qu’il nous semble utile de signaler en passant.
- M. A. T., à Yillerupt. — Les maisons suivantes fabriquent l’article que vous demandez : M. Besse, 10, rue Lappe, Paris; M. Chouanard, 3, rue Saint-Denis, Paris; M. Tiersot, 16, rue des Gravilliers, Paris.
- M. J. Alquier, à Mens (Isère). — Vous pourriez essayer la-formule d’encre suivante : Fuchsine 5 parties, alcool 20, acide phénique 10, glycérine à 30°, 100. Faire dissoudre la fuchsine dans l’alcool, ajouter l’acide phénique et la glycérine. L’acide phénique agit comme fixatif de la couleur. On peut remplacer la fuchsine par du violet de Paris ou du vert d’aniline.
- M. F. A. S., à Paris. — Pour les lampes électriques à fi T d’osmium, il faut s’adresser à la Société française à incandescence par le gaz, 147, rue de Courcelles, à Paris.
- M. E. Dupraz, à Lausanne. — Nous ne pouvons donner de-renseignements d’une nature aussi spéciale. Vous auriez intérêt à vous adresser à un office de publicité ayant la spécialité de ce genre d’affaires.
- M. R. M. Roig, à Barcelone (Espagne). — Il n’existe pas, à notre connaissance, de livre parlant de la fabrication du celluloïd, qui est longue, compliquée et délicate.
- M. G. Perriquet, à Birtouta (Algérie). — Dans la livraison de mai 1886, du «Portefeuille des machines», vous trouverez, la description d’un moulin à vent, système Ilalladay : le prix de cette publication est de 2 francs par livraison, .elle est éditée par M. Béranger, 15, rue des Saint-Pères, Paris. La maison Beaume, à Roulogne-sur-Seine, fabrique des moulins de tous systèmes ; peut-être aimiez-vous intérêt à vous adresser à elle.
- Voir la suite de la Boite aux lettres page 3 des- Nouvelles scientifiques.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BOITE AUX LETTRES (Suite)
- M. Pierre Decamps, à Bassan (Hérault). — Les maisons suivantes, du Havre, importent du chiendent : M. Badoureau, rue Dubocage de Bléville, 1 ; M. Barthélemy, rue de la Bourse, 8; MM. Vaquin et Schweitzer, 1, rue Jérome-Bellarmalo.
- M. René Dollinger, au château d’Œx (Suisse). — Nous ne nous expliquons pas la cause de votre insuccès. Dans le volume 11 des « Recettes et procédés utiles », vous trouverez une manière de préparer le papier au ferro-prussiate, qui -a jusqu’ici donné de bons résultats. Ces petits manuels sont en vente au prix de 3 francs, à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. G. Mercier, à Neuilly-sur-Seine. — 1° Vous trouverez le « Botrvtis tenella » à la Société centrale de produits chimiques, 44, rue des Écoles, Paris, au prix de 1 franc le tube. — 2° ce produit n’attaque pas l’organisme humain.
- M. J. Garnier, à Lyon (Rhône). — Malgré nos recherches, nous n’avons pu retrouver la description de cet appareil dans La Nature, ce qui nous donne à penser qu’il n’est pas encore dans le domaine public.
- M.Léon Amiard, àMalesherbes (Loiret). —Le lavage a pour but d’enlever les traces des produits chimiques qui ont servi à l’épuration des phosphates : on élève ainsi leur teneur en phosphate de 55 à 75 pour 100. Vous pourriez consulter avec fruit le petit ouvrage de M. L’Hôte : Analyse des engrais, édité par la iibrairie Masson, 120, boulevard St-Germain. Prix: 3 francs.
- M. G. Cardot, à Alger. —Certaines personnes se servent de la cendre de cigare comme de poudre dentifrice. Nous ne voyons pas d’autre manière d’utiliser ce résidu.
- M. Antoine Puch, à Mascara (Algérie). — En ce qui concerne l’air liquide, vous pourriez vous adresser àM. Gaiffe, 42, rue Saint-André-des-Arts, Paris, ou à M. G. Claude, 1, rue de la Concorde, au Perreux (Seine).
- M. Doutrenwe, à Saint-Denis. — Les volumes 1, 5, 4, 5 des « Recettes et procédés utiles », vous indiqueront de nombreux procédés pour dorer et argenter les objets. Chaque volume se vend 3 francs, à la librairie Masson, à Paris.
- M. Roussel, à Paris. — Les n0> de La Nature 1471, du 3 août 1901, et 1497, du 1er février 1902, contiennent des renseignements sur les motocyclettes.
- Accusés de réception. —Avis divers. — M. If. C. R., à X. Nous vous répondrons aussitôt que nous nous serons procuré les renseignements. — M. J. Lavenarde, à Paris. Nous avons examiné cette question à plusieurs reprises; nous ne pouvons y revenir encore.
- -— M. Martens, à Cologne. Voyez dans le tome 2 des Recettes et procédés utiles la manière de colorer l’acier en bleu. — M. Isidore Maranne,h Paris. Remerciements pour votre communication.
- PETITES MENTIONS1
- Support électro-magnétique de lampe A incandescence. — Dans les ateliers, il est toujours utile d’avoir de la lumière le plus près possible des pièces à travailler; il est
- Support électro-magnétique de lampe à incandescence.
- souvent impossible et dangereux de travailler dans des endroits un peu obscurs. 11 en est surtout ainsi dans des ateliers où se trouvent de grandes pièces en fer (carcasses de dynamos, bâtis, etc.) dans lesquelles les ouvriers doivent effectuer des réparations,
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- des raccords. Ils sont souvent obligés de tenir une lampe d’une-main, et de poursuivre leur travail de l’autre main. S’ils veulent poser leur lampe, ils doivent prendre de grandes précautions; sinon un faux mouvement peut jeter la lampe à bas-et les priver de lumière. Le support électra-magnétique de lampe à incandescence permet de remédier à ces inconvénients. Comme le montre la figure ci-jointe, le culot de la lampe est monté dans une douille fixée dans un petit cylindre qui renferme un électro-aimant, dont les deux branches aboutissent aux deux barres de fer fixées au culot de la douille. L’éleclro-aimant est excité par le passage du courant alimentant la lampe. Les deux barres de fer sont fortement aimantées et permettent de fixer le support à toutes les pièces en fer, dans toute position, et sans aucune difficulté. La lampe est entourée d’une protection métallique ; les appareils sont disposés pour douilles à vis ou à baïonnette. Ce support est pratique et sera apprécié dans les ateliers de construction et autres industries, où l’on doit utiliser des lampes portatives électriques à courant continu. — Pour le support électro-magnétique, s’adressera la manufacture générale d’outillage, i84, rue d’Artois, à Lille.
- BIBLIOGRAPHIE
- La science et l'hypothèse, par H. Poincaré, membre de l’Institut, professeur à la Faculté des sciences de l’Université de Paris. I vol. in-18. Paris. E. Flammarion, éditeur. Prix i 3fr,50.
- Les richesses minérales de l'Afrique, par L. De Launay, ingénieur en chef des Mines, professeur à l’Ecole supérieure des Mines. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur. Paris. 4903. Prix : 20 francs.
- Ce nouveau volume de notre collaborateur est plein de documents et de renseignements qui seront consultés avec grand profil. C’est le premier ouvrage complet et méthodique que nous possédions sur la matière; à notre époque de colonisation, aucun livre ne pouvait venir plus à propos.. On connaît d’ailleurs toute l’autorité de M. De Launay dans les questions minières.
- Les animaux excentriques, par Henri Coupin, docteur èssciences. 1 vol. grand in-8°. Paris. Librairie Nony et Cie. 1903. Prix ; broché, 4 francs; relié, 10 francs.
- Notre collaborateur décrit dans cet ouvrage un grand nombre d’animaux qui, sortant du commun, paraissent extraordinaires par l’aspect, fantasques par les mœurs, excentriques par la forme. Ces animaux ont été groupés dans un certain nombre de chapitres pittoresques : Les animaux pique-assiette. Les excentricités de l’appendice caudal. Les chanteurs en plein air. etc. On peut dire d’avance que ce livre aura beaucoup de lecteurs.
- L'homme préhistorique, par S. Zarorowski, professeur à l’Ecole d’Anthropologie. 1 vol. in-52 de la Bibliothèque utile. 7e édition. Félix Alcan, éditeur. Paris. 1905. Prix :
- 1 franc cartonné.
- L’Electricité à l’Exposition de 1900. 5e fascicule : Générateurs d'énergie électriques, par J.-A. Montpellier, Ie fascicule. Les moteurs électriques et leurs applications, par E. Hospitalier. Vt<! Ch. Dunod, éditeur, 49, quai des Grands-Augustins. Paris (VP). 1903.
- Opinions et curiosités touchant la mathématique, d’après les ouvrages français des seizième, dix-septième, dix-huitième siècles. Deuxième série, par Georges Maupin, membre de la Société mathématique de France. 1 vol. in-8°. C. Naud, éditeur. Paris. 1903. Prix : 5 francs.
- Pisciculture. Culture rationnelle des eaux d’après les opérations de l’établissement de pisciculture de l’Ame (Mayenne). Rivières et étangs, par M. Moncoq, conducteur principal des ponts et chaussées en retraite, ancien directeur de l’établissement de pisciculture de l’Ame. 1 vol. in-8°. Laval, Imprimerie librairie Yve A. Goupil, 1902. Prix : 4 fr.
- Traité de Sylviculture. I. Principales essences forestières, par P. Mouillefert, professeur de sylviculture à l’Ecole nationale d’agriculture de Grignon. I vol. in-12. Félix Alcan, éditeur. Prix : 7 francs. Paris.
- Géographie agricole de la France et du monde, par J. Du Plessis de Grenédan, professeur à l’Ecole supérieure d’agriculture d’Angers. 1 vol. in-8°. Lettre-préface de M. le Mis de Vogué, de l’Académie française, président de la Société des agriculteurs de France. Paris. Masson et Cie, éditeurs. 1905. Prix : 7 francs.
- Éléments de géologie sur le terrain, par Sir Arciiibald Geikie. Traduit de l’anglais, par 0. Chemin, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. 1 vol. petit in-8’. Paris. Ch. Béranger, éditeur. 1903. Prix : 7fr,50.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Le travail des eaux courantes : La tactique des tourbillons. I. Ilots granitiques de la première cataracte du Nil.
- ' II. Gorges du versant Nord des Alpes suisses, par Jean Brunhes, professeur à l’Université de Fribourg. Fasc. 4, Géologie et Géographie.Imprimerie Fragnière. Fribourg. 1902.
- United states magnetic déclination tables and isogonic Charts for 1902 and principal facis relating to the Earth's ma-gnetism, b y L. A. Bauer, chief of division of terrestrial ilaghetism. Treasurv department. U. S. Coast and geodetic Survev. 0. H. Tittmann superintendent. 1 vol. in-4°. Washington, Government Printing Office. 1902.
- Annals of the astrophysical observatory of the Smithsonian Institution, hy S. P Langley, Director, aidey byC.G. Abbot. Volume I. 1 vol. in-4. Washington Government Printing Office. 1900.
- Treasury Department U. S. coast and geodetic survey 0. H. Tittmann superintendent. Geodesy. The eastern
- obéique arc of the United States and osculating spheroid, by Chas A. Schott, assistant. 1 vol. in-4. Washington, Government Printing Office. 1902.
- Ueber verschiedene Wege phylogenetischer Enlwickelung, par le I)r O. Jaekel. 1 vol. broché in-8°. Gustàv Fischer, éditeur. Iéna. 1902.
- Experiments in aerodynamics, hy S. P. Langley. 1 vol. in-4°, Publié par la Smithsonian Institution. Washington. 1902.
- Annual report of the board of regents of the Smithsonian Institution, showing the operations, expenditures, and condition of the Institution for the year ending june 30,
- 1901. 1 vol. in-8°. Washington, Government Printing office,
- 1902.
- Handarbeiter fur Elementarschüler, par Ed. Oertli, brochure III. Zurich, Imprimerie Art. Institut Orell Füssli, 1905.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49*,3O). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 février . . 4% 4 N. E. 2. Couvert. 0,7 Très nuag. ; pluie de 3 à 4 heures.
- Mardi 17 — 3“,0 E. N. E. 2. Beau. 0,0 Gelée blanche ; pas trace de nuage.
- Mercredi 18 - ï>M N. 0. Beau. 0,0 Gelée blanche ; beau.
- Jeudi 19 -4»,7 N. N. E. 0. Beau. 0,0 Gelée blanche ; beau;
- Vendredi 20 2%0 S. W. 5. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 19 b. ; uuag. ensuite.
- Samedi 21 6M S. S. W. 2. Très nuageux. 0,0 Très nuageux.
- Dimanche 22 ... 9*,1 S. S. W. 5. Couvert. 0,0 Couv.; gouttes à 10 h. et 21 h.
- FÉVRIER 1903. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 FÉVRIER.
- | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi 1 Samedi J Dimanche |
- La courbe supérieure indique ia nébulosité de 0 à 10 ' les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques ibaromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boute sèihe . combe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement de terre en Italie. — De fortes secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Messine, le 17 février dans la soirée ; elles n'ont causé aucun dommage.
- Ouragan à Budapest. — Un ouragan a causé, le 14 février, des dégâts considérables à Budapest. Une grande fabrique de tabac a eu sa toiture enlevée et un tramway a eu son impériale également enlevée. Les ponts du Danube offraient peu de sécurité aux piétons à cause de la violence du veut. Soixante-deux personnes ont été blessées.
- Tempête en Tunisie. — Les 17, 18 et 19 février uiÇvent violent, accompagné de pluies abondantes, a soufflé sur toute la Tunisie. La neige a couvert les montagnes ; dans le nord il est tombé de la grêle qui n’a causé que peu de dommages. Le 19 février, le paquebot « Isly », courrier postal
- pour la France, n’a pas osé affronter le mauvais temps au large, et est r.entré dans le port de Tunis.
- Le temps en France. — Pendant la semaine du 16 au 22 février, on a signalé des mauvais temps, des neiges dans le nord et des pluies dans le sud de l’Europe ; mais eu France, le temps a été beau et froid. Le 16 février, dans la matinée, ou notait — 4° à Belfort, — 9U au mont Ventoux. —10° au pic du Midi, — 11° au puy de Dôme ; à Paris, la température moyenne était de 3°,9 avec un minimum de —3°. Le 17 février, un vent assez fort d'entre est et sud a soufflé sur nos côtes de l’Océan; il était faible sur la Manche et en Provence. La température était, le matin —9° à Clermont, —5° à Paris, — 5° au pic du Midi, 1° au puy de Dôme, — 6U au mont Ventoux. Le 18 février, le temps a été beau en général en France ; mais la température a été basse dans la matinée et élevée dans la journée. On a observé le matin — 5° à Paris, — 8° dans la plaine de Clermont, et dans la journée -t- 8°,7 à Paris. Les 19, 20, 21 et 22 février, le temps a été assez beau, la température basse le matin, élevée l’après-midi.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 19, à 6 h. 32 m. du matin.
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- N° 1554 (7 mars 1903) du journal, « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— M. Bigourdan, astronome titulaire de l’Observatoire de Paris, a été nommé membre titulaire du Bureau des longitudes, «dans la section d’astronomie, en remplacement de M. Faye, décédé.
- —g— Des ouvriers, en travaillant ces jours-ci aux fondations de la Bourse, ont trouvé, à une profondeur de 3 mètres, une bombe de mortier très lourde, datant du règne de Henri IV. Cette bombe, qui provient du siège de Paris, a été envoyée au musée d’artillerie.
- —g— M. Tissot, qui était monté en ballon l’année dernière, a fait connaître à F Aéro-Club ses principales conclusions : L’analyse des produits de respiration a confirmé que jusqu’à 4300 mètres d altitude où la pression atmosphérique est réduite à 45 pour 100 environ de sa valeur normale, .la quantité d’acide carbonique expiré par minute est sensiblement la même qu’à terre. Il en résulte que la quantité d’oxygène utilisée dans l’air qui s’est introduit dans les poumons augmente de 45 pour 100.
- —(g)— Un accident électrique singulier a été signalé par « L’Electricien », d’après des journaux anglais. Cet accidenta eu lieu dans l'établissement de bains de la ville de Fulham, éclairé à la lumière électrique par une distribution à courants alternatifs à 200 volts. tSans entrer dans tous les détails de l’installation, nous dirons seulement qu’il existe dans l’établissement des garnitures métalliques, qui relient entre elles des plaques d’ardoise formant cloison entre les divers compartiments ou sont placées les baignoires. Cette garniture métallique a été accidentellement en communication avec un «câble de la canalisation électrique. Un baigneur, en montant sur sa baignoire, a placé les mains sur la garniture, et a été traversé par un courant électrique qui s’est établi par l’eau et la tuyauterie. Pour qu'il en fût ainsi, il a fallu que le deuxième câble de la canalisation fût également en communication avec les tuyaux d’eau. Ces liaisons «ont été toutes deux accidentelles; mais elles ont permis de fermer une dérivation sur le circuit de distribution par le corps du baigneur, la baignoire, l'eau et les tuyaux amenant l’eau et reliés à la baignoire. Le baigneur ne .put lâcher prise, et quand on vint à son secours, il avait cessé de vivre. D'autres baigneurs, à ses cris, pour voir ce qui se passait, montèrent de même sur leur baignoire ; un d’entre eux toucha également la garniture métallique et fut foudroyé. Plusieurs autres qui ne touchèrent que le rebord en bois des baignoires ne reçurent que de fortes commotions. On a déjà constaté plusieurs accidents mortels avec des courants alternatifs à basse tension, mais toujours avec le concours de circonstances exceptionnelles. En général le courant électrique n’offre de danger que lorsque la tension dépasse 500 volts ; certains prétendent même que le courant continu est plus dangereux que le courant alternatif. L’accident que nous signalons et qui est dû à des défauts dans la canalisation intérieure prouve que l’on ne saurait prendre trop de précautions.
- —(gi— L’administration des ponts et chaussées a décidé la construction d’un phare sur les Minquiers, ces récifs dangereux coupant la ligne Saint-Malo-Jersey, contre lesquels tant de navires sont venus se heurter. En 1902 encore, ils ont été le théâtre du naufrage de la « Gabrielle ».
- —g— D’après « Electrical World », M. Harris a trouvé un nouveau procédé pour produire de l’éther avec l’acétylène. Ce procédé permet la transformation directe au moyen de l’électricité, contrairement aux anciennes méthodes se servant de l’alcool comme intermédiaire. L’acétylène est introduit dans une solution d'acide sulfurique concentrée se trouvant dans la cellule de la cathode d'un élément électrolytique. L’anode est enfermée dans un diaphragme. L’acétylène se combine avec l’hydrogène séparé sur la cathode et il se forme un mélange d’éthylène et de méthane. Les conditions de la réaction sont choisies de manière que ce dernier gaz ne se
- forme qu’en petite quantité. L’éthylène se transforme immédiatement dans la solution concentrée, en éther. Si la concentration est plus faible, et si la teneur en eau dépasse 35 pour 100, il se forme de l’alcool.
- —g— Pendant l’année 1902, les Etats-Unis ont produit plus de 17 millions de tonnes d’acier en saumons, ce qui représente le tiers de la production totale du globe ; l’Angleterre, l’Allemagne et la Belgique réunies n’atteignent pas ce chiffre qui, d’ailleurs, dépasse de 12 pour 100 celui de 1901.
- —g— En 1902, dans les chantiers privés, en Allemagne, on a construit et livré plus de 210 bâtiments d’un tonnage supérieur à 1000 tonnes, à vapeur ou à voile, dont 14 navires de guerre pour le gouvernement allemand, et plusieurs pour le compte des gouvèr-nements étrangers. . , .
- —g— Un savant allemand a récemment trouvé une substance qui semble appelée à un certain avenir, si l’on en croit les premiers essais. Fabriqué avec de la sciure de bois agglutinée, ce produit peut, mélangé d’eau, se travailler comme du mortier : il sèche en quarante-huit heures, est imperméable et incombustible : il convient spécialement pour faire des planchers d’habitation. Nous ignorons malheureusement le nom et l’adresse du fabricant.'
- —g— Des documents officiels récemment publiés par le Board of Trade (ministère du commerce en Angleterre), nous extrayons les chiffres suivants : Durant le mois de janvier, le nombre total de voitures automobiles importées en Angleterre s’est élevé à 540, alors que pour le mois correspondant de l’année dernière, il avait été de 173 seulement. La valeur de ces 540 véhicules est de 167112 livres sterling (la livre vaut 25fr,15 de notre monnaie). Quant aux exportations anglaises pour le même mois, elles se sont élevées à 16 876 livres seulement. Inutile de faire remarquer ce que ces chiffres ont d’encourageant pour l’industrie française.
- —g— Des ouvriers, qui creusaient une tranchée pour l’établissement d’une canalisation sur les allées de Chartres à Bordeaux, ont découvert, le 25 février, une statue d’Anne d’Autriche, entourée de pierres. On sait qu’Annc d’Autriche, infante d’Espagne, épousa Louis XIII en la cathédrale Saint-André en octobre 1615. Elle vint à Bordeaux avec son jeune fils Louis XIV pendant la Fronde et mourut à Paris, en 1666. Dans ces mêmes fouilles les ouvriers ont trouvé une pierre mesurant 65 centimètres de longueur sur 45 de largeur et 22 de hauteur et portant cette inscription : « Cette première pierre a été posée par messire Nicolas Deardins, ingénieur géographe du rov, directeur du Château-Trompette, Bordeaux, U>66 ».
- —g— L’église de Kersaint-Landunvez (Finistère), datant du quinzième siècle, a été foudroyée au cours de la nuit du 25 au 26 février, pendant un violent orage. Toute la flèche a été abattue; tous les vitraux sont brisés; l’horloge a été mise en miettes.
- —g— L’Académie des sciences, lettres et arts d’Amiens a décidé d’ouvrir un concours sur la question suivante : Etude sur la lumière. Elle décernera, s’il y a lieu, un prix de 800 francs. Les ouvrages des concurrents devront parvenir avant le 1er novembre 1904 au secrétaire général. Ils ne seront point signés et porteront une épigraphe qui. sera répétée sur un billet cacheté renfermant le nom de l’auteur. Ils devront être inédits, et n’avoir point été présentés à d’aulres Sociétés.
- —g— Le 13 mars prochain, à 8h 30 du soir, dans le grand amphithéâtre de l’Athénée, à Bordeaux, notre collaborateur, M. Lucien Briet, fera une conférence au Club alpin français, section du Sud-Ouest, sur « La Munia ». La conférence sera accompagnée de projections à la lumière électrique, d’après les photographies de M. Lucien Briet prises pendant ses excursions dans le massif calcaire des Pyrénées. Nous avons publié un article sur « Les lacs de La Munia », dans le n° 1544, du 27 décembre 1902, p. 59,
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les calorifères à eau chaude, s’adresser à M. René Gandillot, 143, boulevard Péreire, à Paris (17e).
- Communications. — M. A. Masson, à Paris, nous écrit : « En ma qualité d’abonné depuis 25 ans au journal, permettez-moi d’ajouter quelques mots aux différentes réponses à propos de l’illusion d’optique observée dans le Métropolitain par M. De-launey, trouvant que jusqu’ici la question a été résolue d’une façon incomplète. Tout en donnant une explication, fort juste d’ailleurs, de ce que l’on observe dans les chemins de fer depuis l’application des freins continus, on ne répond nullement au cas envisagé par M. Delauney, absolument spécial au Métropolitain, je dirai même à quelques gares seulement de ce chemin de fer Métropolitain. Dans un cas signalé, le wagon et les objets extérieurs semblent inclinés : dans le Métro le wagon seul semble plonger. D’un autre côté, je ne crois pas que même dans le cas d’identité les observations puissent être les mêmes pour un voyageur enfermé dans un étroit compartiment de chemin de fer, et pour un autre placé comme l’indique M. Delauney, assis à la partie arrière d’un wagon du Métro, dont le regard, embrassant toute la caisse de la voiture dans sa longueur, peut en suivre les moindres déplacements. L’illusion signalée par M. Delauney est, je crois, produite par trois causes simultanées qui, s’ajoutant les unes aux autres, se complètent et même s’amplifient. 1° Lors du serrage des freins, la voiture, comme le dit M. Thierry, plonge légèrement en avant, l’inclinaison est très minime et varie suivant la tension des bancs d’attelage et la rapidité du freinage. 2° Les stations sont en palier sur toute leur longueur ; mais, comme à Kléber en venant de l’Etoile, il arrive dans certaines stations que l’on pénètre sur ce palier par une rampe; or, au moment où une voiture parvient en haut de la rampe et qu’elle s’engage sur le palier à l’entrée de la gare, elle semble s’incliner en avant, alors qu’elle ne fait que devenir horizontale d’inclinée en arrière qu’elle était. 5° Si à cette deuxième cause vous ajoutez qu’en même temps la voiture en pénétrant dans la gare passe d’une voûte moins élevée à une voûte plus éclairée et plus haute, vous vous trouvez donc subitement, en commençant par l’avant de la voiture, plus éloigné de la voûte qui, en somme, est votre seul point de repère. Vous vous figurez alors que c’est la voiture qui s’éloigne de la voûte et semble descendre, alors que c’est la voûte qui s’éloigne. Cette sensation est exagérée par le léger mouvement de bascule que je signale au n° 2. Telles sont, je crois, les causes de l’illusion signalée par M. Delauney, encore faut-il se placer rigoureusement dans les conditions qu’il indiqihe. C’est à Kléber, en venant de l’Etoile, que l’effet m’a paru le plus remarquable ; on croirait absolument que l’avant de la voiture fait un plongeon. Les trois causes signalées sont, je crois, indispensables, mais je considère le n° 2 comme sine qua non.
- Le ministère de VAgriculture du Mexique, nous envoie la 5e livraison de « Las plagas de la agricultura ». (Les fléaux de l’agriculture). La Commission de Parasitologie agricole y continue la description des organismes nuisibles aux végétaux cultivés, et indique les -remèdes à appliquer : de nombreuses figures complètent le texte.
- M. ,Testi, d’Anghiori (Italie), nous écrit, à propos de l’article sur la « Nocivité de l’argent », paru dans notre n° 1548 du 24 janvier 1903, que les paysans italiens emploient couramment l’argent pour guérir l’érysipèle, en plaçant sur'la partie atteinte des pièces d’argent maintenues par un ban-
- dage. La violence du mal décroît rapidement, et disparaît bientôt. Peu au courant des théories microbiennes, les malades attribuent leur guérison à ce que l’argent absorbe la chaleur.
- M. F. Thoné, à Ostende, nous écrit : a J’ai lu avec intérêt votre article sur les « graisses consistantes », dans le-n° 1551 du 14 février 1903, page 174. J’emploie pour le graissage des essieux de chariots et des engrenages de machine, une graisse semblable à celle décrite par vous, de couleur jaune et qui me donne d’excellents résultats; je la paie à 0fr,18 le kilogramme, mais seulement elle a le grand inconvénient de peser de 1800 à 1900 grammes par litre. Le grand poids provient-il des matériaux qui entrent dans la fabrication, ou d’une substance étrangère introduite en fraude pour obtenir une augmentation de poids? Je ne le sais pas. » A notre regret, nous ne pouvons fournir d’autres renseignements que ceux que nous avons donnés précédemment.
- Renseignements. — M. André Inglessis, à Paris. — Adressez-vous à la Société des Agriculteurs de France, 8, rue d’Athènes, Paris
- M. I. A. Caron, à Montréal. — L’adresse de M. Lafaurie est 29, rue Jean-Jacques-Rousseau, à Paris.
- M. Chardin, à Pantin. — 1° Il faut enlever les sels qui se sont accumulés. — 2° Le temps pendant lequel il faut laisser reposer la pile dépend du débit qu’elle fournit ; on attend que la force électromotrice ait repris la valeur normale.
- M. Pillot, à Paris. — La poudre de lait ou « nutrium )> est fabriqué par la National Nutrient C°, Powder Milk Mill, Jersey City, état de New-York.
- M. E. Mercié, à Lorient. — Nous cherchons des renseignements au sujet de cet appareil : à notre connaissance, il n’en a pas été publié de description.
- M. le comte del Valle, à Madrid. — La « Société générale meulière », à la Ferté-sous-Jouarre (Seine-et-Marne, France} fabrique des machines à décortiquer le riz, l’avoine, et les autres graines.
- M. R. Catoir, à Moraypré. — Merci pour votre observation. Veuillez consulter notre n° 1545, du 3 janvier 1903, les types de lampe à alcool qui y sont décrites vous donneront satisfaction.
- M. Adolfo Codina, à Barcelone. — Nous ne savons pas quel est le constructeur de l’appareil en question : peut-être trouveriez-vous des indications utiles en écrivant à la Maison des instruments de pesage, 10 rue de la Ferronnerie, Paris.
- M. Bourdier, à X. — Nous ne décrivons que des appareils réalisés et fonctionnant bien : si vous avez déjà fait des expériences avec le système dont vous nous parlez, communiquez-nous en les résultats et nous verrons s’il y a lieu d’en entretenir nos lecteurs.
- M. Francisco Sanchez Marcos, à Séville. — L’adresse que vous nous demandez est la suivante : à Paris, 28, rue de Lyon.
- J/. Auguste Denis, à Saint-Quentin. —r Le plus simple pour vous procurer cette substance est de vous mettre en relations avec M. le Dr Hans Goldschmidt, à Essen-sur-Rhur (Allemagne).
- M. Abdoullah, à Magnésie. — Nous ne connaissons pas le système dont votre lettre fait mention et nous ne pouvons vous donner des conseils sur son application. Toutefois vous pourriez vous adresser aux maisons suivantes, qui fabriquent des élévateurs : M. Paris, 19, rue Montéra, à Paris : M. Piat, 85, rue Saint-Maur, à Paris.
- M. Paul, à X. — 1° La présence des substances dont vous faites mention n’implique pas nécessairement l’existence d’un volcan en activité. Veuillez vous reporter à notre n° 1517, du 21 juin 1902 ; il contient un article de M. le professeur Boule sur le sujet qui vous intéresse. — 2° Un ouvrage comme celui que vous désirez impliquerait, pour être compris, des études très spéciales. Vous pourriez vous procurer le « Guide de l’Étudiant à l’hôpital », par A. Bergé, à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, Paris. Prix : 3 francs. Nous vous engageons instamment à ne pas essayer de médication avant d’avoir pris conseil d’un médecin.
- Société générale meulière, à la Ferté-sous-Jouarre. — Nous donnerons volontiers votre adresse à l’occasion.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Turcot, à Genève. Veuillez vous reporter au volume 3 des Recettes et procédés utiles, p. 63 : nous y donnons un procédé pour tuer les chenilles. — M. H. M., à Paris. Pris bonne note de votre communication. — M- Goury, à Octeville (Manche). Dès que nous aurons ces renseignements, nous vous les ferons parvenir. — M. Radideau, à Paris. Remerciements pour votre communication.
- Dans la * Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- PETITES INTENTIONS1
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Porte-plan « dévide-route ». — Ce petit appareil est destiné à rendre des services aux cyclistes et aux automobilistes. Ceux-ci sont obligés d’emporter avec eux, pliés dans des étuis, les plans des routes qu’ils vont parcourir, et pour les consulter, ils doivent ralentir la vitesse, s’arrêter, les déplier, rechercher sur les cartes les points précis où ils se trouvent ; il faut ensuite replier, remettre en place les documents et repartir. Ce mode d’opérer présente de nombreux inconvénients, dont les principaux sont la détérioration des caries, sous l’influence de la pluie et du vent, des pertes de temps, la diminution de vitesse moyenne, l’incommodité, l’inefficacité d’une consultation faite à la hâte dans des conditions défectueuses.
- Le « dévide-route », dù à M. Engelfred, aplanit toutes ces difficultés. C’est un petit appareil qui, dans son ensemble, présente l’aspect de l’objet connu dans le commerce, sous le nom de calendrier-perpétuel ; il se compose d’une boîte en carton, dans laquelle se meuvent des toiles portant des inscriptions de dates que l’on aperçoit successivement à travers un carreau placé sur la face antérieure de la boîte. Ces toiles, enroulées sur de petits rouleaux de bois, sont manœuvrées au moyen de bou-
- Porte-plan « Dévide-roule ».
- tons a a, b b, faisant saillie sur les côtés, comme le montre la figure ci-jointe. Le « dévide-route » comprend les mêmes organes, mais au lieu de servir à dérouler des dates, il déroule des bandes de papier ou de toile à calquer où sont imprimés les tracés des routes. L’appareil est solidement construit; son ossature est métallique. On le fixe sur le guidon de la bicyclette ou sur le volant de direction de l’automobile, de sorte que le touriste l’a constamment sous les yeux en cours de route, et qu’il dévide son itinéraire au fur et à mesure qu’il le parcourt, pouvant le consulter sans effort à tout instant, sous le vent, la pluie et malgré la vitesse, prévoyant les particularités de la route, ses points dangereux plusieurs kilomètres à l’avance, ayant la sécurité et l’agrément que doit procurer une carte bien étudiée et bien nette. La nuit, une lampe à incandescence électrique de faible différence de potentiel, placée à l’intérieur du porte-plan avec des piles minuscules rend l’appareil lumineux lorsque Ton appuie sur un bouton qui ferme un circuit. A la faveur de cette lumière, on peut même consulter un chronomètre que Ton place au-dessus du porte-plan. Ce chronomètre est une montre d’automobile construite pour résister à tous les chocs, mais portant en outre une troisième aiguille indépendante du mouvement, laquelle pivote sur le verre à la façon des index des baromètres ; on peut alors utiliser le chronomètre pour avoir très facilement des indications sur la vitesse. Passant à certain point du tracé, on place, en effet, cet index à la minute indiquée par la montre, et quelques kilomètres plus loin, on lit sur le cadran le temps écoulé, et sur la carte la distance parcourue, d’où Ton déduit instantanément la vitesse de marche. Cet appareil très simple est certainement de nature à être apprécié par les cyclistes. — Le porte-plan « dévide-route », se trouve chez M. Engelfred 8, rue de Saint-Quentin, à Paris (Xe).
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Traitement des boutons d'acné et des furoncles.
- Comme M. Jourdain faisait de la prose, sans s’en douter, nos ancêtres employaient, bien avant l’ère de la médication antiseptique, des agents bactéricides, un peu trop délaissés de nos jours. Le mercure dont on use aujourd’hui, larga manu, sous forme de sublimé (bichlorure), de cyanure et autres composés solubles pour la désinfection des plaies, l’arrêt des suppurations, le mercure formait la base de tous les emplâtres ou pommades dites fondantes de la pharmacopée ancienne.
- Le mercure s’incorpore très aisément aux corps gras; trituré avec soin dans un mortier, il se divise en particules d’une ténuité telle qu’on ne le décèle plus en nature, une fois la pommade bien préparée. C’est ce mélange connu sous le nom d’onguent hydrargyrique ou onguent napolitain qui était appliqué dans toutes les inflammations violentes de la peau et des vaisseaux superficiels. Une lymphangite apparaissait-elle sur le bras à la suite d’une piqûre, une phlébite se déclarait-elle sur un membre, vite une large onction d’onguent accompagnée de cataplasmes. Les tumeurs inflammatoires, les abcès, les adénites étaient souvent enrayés par l’emploi opportun de cette médication. On se contentait de dire qu’elle avait une action résolutive fondante. Nous savons aujourd’hui pourquoi la pommade agissait; antiseptique à un haut degré, le mercure venait arrêter les progrès de l’inflammation, tout comme les applications de solution phéniquée, de solution de sublimé.
- Tous les médecins n’ont pas rejeté dans l’oubli les préparations de la vieille pharmacopée : j’en sais plus d’un et des plus inféodés aux doctrines modernes de l’antisepsie, qui y a recours dans certaines occasions. En voici du reste une preuve entre mille.
- Le Dr J. Championnière, qui a été en France le véritable apôtre et le précurseur des pansements antiseptiques, déclaré se trouver bien de l’emploi de l’onguent mercuriel simple ou double, dans le traitement local de certaines suppurations chroniques. Il le conseille en particulier contre les boutons d’acné et les furoncles.
- Pour l’acné, si tenace et si désespérant pour les jeunes filles, il réussit à merveille en faisant avorter les boutons en voie de développement et en arrêtant l’évolution de ceux qui sont plus avancés. Il faut d’abord nettoyer la figure (le siège le plus ordinaire) ou la poitrine, en un mot la région malade, avec une solution légèrement alcaline; puis une fois la peau sèche, étendre sur chaque bouton une petite couche d’onguent mercuriel qu’on laisse en place toute la nuit. Le matin on lave avec une eau savonneuse chaude et on recommence le soir. En quelques jours l’éruption se flétrit. Bien entendu il faut con-curemment recourir à une médication générale et modifier les causes qui donnent naissance à l’acné.
- Pour les furoncles, il faut agir un peu plus énergiquement.
- A la première manifestation du clou fatal, recouvrir non seulement le point surélevé, rouge et enflammé, mais la région contiguë, d’une forte couche d’onguent; le laisser en place et le renouveler tous les deux ou trois jours jusqu’à avortement. Si le furoncle se développe quand même, avoir recours aux pulvérisations phéniquées, et dans l’intervalle continuer les applications de pommade. Il y a des chances pour que le furoncle soit moins gros, et la suppuration notablement diminuée.
- IP A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Encre bleue indélébile. — L’encre bleue a le plus souvent le défaut de s’effacer aisément : celle dont nous allons donner la formule ne présente point cet inconvénient. Faire dissoudie
- I partie de nitrate d’argent cristallisé dans 3 d’ammoniaque liquide; de même, dissoudre l partie de carbonate de soude cristallisé, 1 et demie de gomme arabique cristallisée et un peu plus de 1/5 de sulfate de cuivre dans 4 parties d’eau distillée.
- II ne reste plus ensuite qu’à mélanger les deux solutions.
- Pâte à détacher. — Faites dissoudre 165 parties de bon savon de ménage dans 600 d’eau, en chauffant au bain-marie; retirez du feu et ajoutez 45 parties d’ammoniaque liquide en brassant constamment; additionnez encore de 190 parties de benzine et continuez de brasser jusqu’à ce que le mélange soit homogène et presque froid. Quand vous voulez faire disparaître une tache, notamment de résine, de graisse ou d’huile, vous mettez de cette pâte sur la portion de l’étoffe tachée, vous attendez environ une demi-heure, puis vous frottez au moyen d’une brosse dure trempée dans l’eau tiède et rincez.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- Mastics, — Voici quelques formules de mastics qui peuvent être utilisés dans les ateliers. On obtient un bon mastic réfractaire pour les pièces allant au feu en mélangeant 1 partie de borax, 5 parties d’oxyde de zinc et 10 parties de bioxyde de manganèse et en agglomérant le tout avec un silicate de soude. Pour les hautes températures, un bon mastic doit être formé de litharge réduite en poudre très fine, séchée à l’étuve et malaxée avec de la glycérine. On a souvent besoin de boucher des soufflures dans les pièces de fonte. On compose un mastic avec 50 parties de limaille de fer ou de fonte, 1 partie de chlorhydrate d’ammoniaque en poudre, 1 partie de fleur de soufre, 1 partie de vinaigre, quelques gouttes d’acide sulfurique. On prépare un mastic pour boucher les fissures en
- mélangeant par parties égales de la gomme arabique, du plâtre fin et de la limaille de fer avec un peu de verre ; le tout est finement pulvérisé et humecté avec de l’eau jusqu’à consistance pâteuse; ce mastic ne supporte ni l’humidité, ni la chaleur.
- Apprêt pour chevreau. — Cet apprêt pour peau ,_de chevreau est indiqué par la publication américaine Druggist circulai•. On le prépare en mélangeant, dans 16 parties en poids d’eau, 8 parties d’essence de térébenthine, 8 parties également de savon mou ; on malaxe avec 52 parties de suif fondu, et enfin on additionne comme colorant de 4 parties de noir de fumée.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49”,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 février . . 10°,3 S. W. 5. Couvert. 0.0 Très nuag. ; gouttes à 12 h. et à 19 h. 45.
- Mardi 21 — 0°,2 S. 2. • Beau. 0,0 Nuag. de 12 h. à 19 h. ; beau avant et après; gelée bl.
- Mercredi 23 6J,8 S. W. 4. Couvert. » Gouv. ; petite pluie de 6 h. 40 à 7 li. 30 et dans la soirée.
- Jeudi 26 8°,6 S. S. W. 4.’ Couvert. 1.5 Nuageux jusqu’à 16 h. ; beau 'ensuite ; pluie de 4 h. à 5 h. 50.
- Vendredi 27 10 .5 S. S. W. 6. Couvert. 0,0 Couvert; pluie de 9h. à 11 h. ; de 12 1/2à 14 h. 15; de 17 h. 5 à 22 h. 30.
- Samedi 28 11°,0 S. W. 6. Couvert. 4,1 Très nuag. ; pluie de 1 h. 30 à 2 h., et de 17 h. à 18 h. 30.
- Dimanche 1" mars . 1°,0 S. 2. Beau. 1,2 Nuag. ; pluie de 16 h. 30 à 19 h. 10; gelée blanche; halo.
- FÉVRIER-MARS 1903. — SEMAINE DU LUNDI 23 FÉVRIER AU DIMANCHE 1er MARS.
- Jeudi | Vendredi
- Samedi | Dimanche
- Lundi | Mardi | Mercredi
- MMMH MMVIHMMMMMMMMMBiMMMa
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10, les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques Ibaromètre ramené à 0, au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boute sèche; courbe en pointillé, thermomètre a l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Mule. Tempêtes. — Pendant la semaine du 23 février au dimanche 1°' mars, le régime des vents forts de l’ouest a persisté. Des pluies sont tombées sur le nord et l’ouest de l’Europe. Le 23 février, on a recueilli eu France 7 mm d’eau à Cherbourg, 2 mrti à Brest, 1 mm à Boulogne, 2 mm à Nancy,2 mm à Biarritz. Le 21 février, il est tombé 8 mm d’eau à Lorient,
- 3 mm â Cherbourg, 2 mm à Dunkerque ; le 23 février, on a recueilli également 4 mm d’eau à Cherbourg, 7 mm à Lorient, 2 mm à Paris. Le 26 février, il est tombé 10 mm d’eau à Nantes, 3 mm à Cherbourg; le 27, il est tombé 39 mm d’eau à Cherbourg, 36 mm à Dunkerque, 28 mm à Nantes, 4 mm à Paris. Le 2s, on a recueilli 67 mm d’eau à Boulogne, 13 mm à Charleville,
- 4 mm à Brest, 1 mm à Paris.
- Le 23 février, une violente tempête, accompagnée de grêlons et d’abondantes averses, a sévi sur les côtes de la Manche ; les navires ont dû venir en relâche à Cherbourg, La goélette « Audacieuse » de Bordeaux, venant de Saint-Pierre et Miquelon avec un chargement de morues, a été dématée en dessous des Jotreaux. En de nombreux points de la côte, des navires ont dû se mettre à l’abri. Plus de vingt steamers ont relâché dans la baie de Bamsey ou dans l’ile de Mau. Pendant la tempête, un météore est passé sur Ramsey, fournissant un éclairage intense.
- La tempête a redoublé de violence les 27 et 28 février. D’après les renseignements donnés par le Bureau central météorologique, la tempête a pris naissance dans la partie de l’Océan voisine des Antilles. Elle s’est dirigée vers le nord-est, a été ressentie dans la Manche, a agité la mer sur les côtes |
- françaises et anglaises et a touché en dernier lieu le nord de la Norvège.
- Cette tempête a été suivie d’une autre qui a traversé la France du 2 au 3 mars. Celle-là a été d’une violence exceptionnelle depuis le golfe de Gascogne jusqu’au nord de l’Angleterre. Une dépression passait en même temps sur le golfe de Gênes et sur la Tunisie. La vitesse du vent a atteint 40 mètres à la seconde au sommet de la tour Eilfel.
- La température en France. — La température a été très variable pendant la semaine. Le 23 lévrier, dans la matinée, on notait — 1° à Clermont, 0° à Paris, 15° à Alger, — 8“ au puy de Dôine ; —10° au pic du Midi; à Paris, dans l'après-midi, on notait un maximum de 13°,3. Le 24 février, dans la matinée, le thermomètre indiquait — 1° à Lyon, -+- 7° à Paris, 13° à Alger, —6° au pic du Midi, —9° au mont Mounier ; à Paris, on observait un maximum de 1I°,1 et un minimum de 6°,8. Le 25 février, la température, dans la matinée, était de 9° à Paris, 12° à Biarritz, 14° à Alger. —3° au mont Ventoux, —7° au mont Mounier, —8° au pic du Midi; à Paris, la température moyenne était de 8°,4 et la température maxima de 10° 6. Le 26 février, la température a baissé dans l’est et dans le sud ; elle était le matin de 11° à Paris et de 15° à Biarritz; le 27 février, elle était de 11° à Paris, 13u à Clermont, et le 28 février, de 1° à Paris.
- T rein bleui eut de terre aux Antilles. — Une légère secousse de tremblement de terre a été ressentie le 26 février dans la matinée à la Dominique ; une deuxième secousse, plus violente, et précédée de grondements a eu lieu dans l'après-midi.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 27, à 10 h. 2) m. du matin.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef •
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g— Par arrêté du ministre de l’Instruction publique, M. Dar-1)ou x, ayant donné sa démission de doyen de la Faculté aes sciences de Paris, est nommé doyen honoraire.
- —g— Le cinquième Congrès international de chimie appliquée -se réunira à Berlin du 2 au 8 juin. Un comité français d’organisation et de patronage, dont le président d’honneur et le président sont MM. Berthelot et Moissan, de l’Institut, et le secrétaire M. F. Dupont, a été constitué à Paris. Ce comité s'occupe d’organiser les participations des adhérents et de combiner leur voyage, à prix réduit, de Paris à Berlin. Le premier Congrès international de chimie -s’est tenu à Bruxelles, en 1894, le deuxième à Paris, en 1896, le troisième à Vienne, en 1898, et le quatrième à Paris, en juillet 1900, pendant le cours de l’Exposition universelle. A celte époque Berlin fut choisi comme lieu de la prochaine réunion et le comité d’organisation pour le cinquième Congrès fut élu.
- —g— Par décret rendu sur l’avis favorable du Conseil d’Etat, le président de la République a autorisé le Muséum d’histoire naturelle de Paris à accepter la donation d’une importante collection de papillons que vient de lui faire M. E. Boullet. Cette collection comprend environ vingt mille lépidoptères diurnes et crépusculaires •et augmente de plus de moitié le nombre des espèces représentées au Muséum. Le donateur désire que sa collection soit fondue avec celle du Muséum, de façon à constituer un ensemble digne de cet établissement ; il a obtenu de M. Ed. Perrier, directeur du Muséum, et de M. E.-L. Bouvier, professeur d’entomologie, l’autorisation de faire lui-même, avec l’assistance du préparateur, la fusion des deux collections et s’est réservé de . les compléter dans la suite par de nouvelles acquisitions faites aux voyageurs naturalistes.
- —(g)— Le concours général agricole aura lieu du 11 au 17 mars à la Galerie des Machines, au Champ-de-Mars, à Paris.
- —g)— Les fouilles qui se poursuivent activement à Carthage, sous la direction du P. Delattre, viennent d’amener la découverte d’un vase en bronze de très grandes dimensions : il est de style «larique et orné de perles. Ce vase devait servir aux libations en usage pour la commémoration des morts. Il sera déposé au musée des Pères Blancs, à Carthage.
- Les premières cigognes qui, d’ordinaire, sont les messagères du printemps, sont arrivées à Strasbourg le 3 mars. La population les a accueillies avec joie, mais non sans un certain scepticisme.
- —gt— A l’oasis de Tolga, dans le département de Constantine, en Algérie, on vient de forer avec succès un puits artésien. Une nappe d’eau jaillissante a été rencontrée; elle fournit un débit de 2 mètres cubes par minute.
- —g)— Un pionnier de l’automobilisme en Angleterre, M. Ch.-S. Rolls, a battu récemment le record du kilomètre en courant le kilomètre en 27 secondes, soit à la vitesse de 133.3 kilomètres à l’heure. Cette course a eu lieu avec, une voiture de 70 chevaux dans la propriété du duc de Portland, à Clipstone, Sherwood Forcst, près de Mansfield.
- —g)— L’emploi des chiens dansJa police tend à se généraliser en Allemagne. Déjà, dans 60 villes de l’Empire, chaque policier est accompagné d’un chien qui l’aide dans sa tâche. Il s’est fondé une association pour étudier le « chien de police » et en répandre partout l’emploi.
- —g— Dans des expériences faites par M. Breuillé sur du béton armé soumis à l’action de l’eau sous pression, il a pu être constaté, en dépit de l’opinion courante, que le ciment attaque bel et bien le fer, que l’eau dissout du reste et entraîne partiellement le composé qui se forme au contact de ces deux corps, et enfin que l’adhérence du fer et du ciment disparaît après une action un peu
- prolongée de l’eau. Ce sont des faits intéressants à signaler au moment où se développent tant les constructions en ciment armé.
- —g— Le plus jeune cycliste du monde est probablement M. Cla-rence House, âgé de dix-sept mois qui s’exhibe sur le vélodrome de Bradford, en Angleterre. Sa machine a 63 centimètres de long, et les roues 25 centimètres de diamètre. Il s’en sert, paraît-il, avec une réelle adresse.
- —g— Deux pêcheurs américains viennent de découvrir, dans les sables qui forment le lit du Mississipi, une perle fossile de la plus belle eau et de grandes dimensions, la plus grande du reste qui ait été trouvée en Amérique. Elle a été vendue plus de 50 000 francs.
- —g— LeDrIIaddon a fait devant l’« Anthropological Institute » anglais, une communication sur l’anthropologie aux Etats-Unis, dont nous pouvons tirer quelques indications. A l’heure présente, trente-trois Universités ou Collèges ont un enseignement anthropologique. Il y a quinze ans que des cours de cet ordre ont été fondés, notamment à l’Université Ilarward et à l’Université de Pensylvanie ; il y a une huitaine d’années qu’il en est de même à la Columbia Univer-sity de New-York, et cest une des premières matières qui ont été introduites dans le curriculum des études à l’Université de Chicago.
- —g— M. G. P. Roe a présenté devant l’« American Institute of Mining Engineers », une intéressante machine à’puddler oscillante. L’ossature de ce four est constituée par deux plaques suspendues à deux axes creux horizontaux, et enlretoisées par d’autres pièces métalliques supportant la sole et les cheminées. Deux crémaillères semi-circulaires sont fixées aux plaques et engrènent avec des pignons commandés par une machine à renversement de marche, ce qui permet dé faire osciller l’ensemble de 65° dans chaque sens. Le chauffage se fait au pétrole ou au gaz arrivant par les axes ; le refroidissement des parois est assuré par circulation d’eau.
- —g— Avant qu’il soit longtemps, la ville de Manchester sera le centre d’un réseau de tramways qui n’aura pas moins de 500 kilomètres de développement, réseau formé pour 250 kilomètres par les lignes de la ville même, et, pour le reste, par les lignes qui s’y relieront. Tous ces tramways seront électriques.
- —g— On a lancé, il y a peu de temps, dans les chantiers allemands Tecklenborg, à Geestemünde, un énorme voilier, le Preussen, qui n'a pas moins de 133m,50 de long, pour une largeur de 16m,40 et un creux de 10m,25. Son déplacement est de 11400 tonnes, la pomme de son mât central (en acier comme le reste) est à 68 mètres au-dessus de la quille.
- —g— Les expériences faites en Angleterre à bord des cuirassés Hannibal et Mars, relativement à l’emploi de l’huile comme combustible, n’ont été guère satisfaisantes jusqu’ici. Le Hannibal a dû rentrer au port après trois jours de mer, par suite des fuites qui s’étaient produites dans ses réservoirs. Le Mars a dû également rentrer parce que l’huile s’était mélangée à l’eau des chaudières.
- —g— On vient de recevoir à Seattle, deux énormes défenses de mammouth qui ont été découvertes, avec les restes de l’animal qui les portait, à Keewalik, à 450 kilomètres dans l’ouest du Nome : elles n’ont pas moins de 3m,60 de long, pèsent en moyenne 77 à 78 kg, et s<®t d’un ivoire fin et excellent.
- —g— Plusieurs périodiques anglais ont annoncé que la « Great Western Railway » allait mettre en essais sur ses lignes des locomotives compound à 4 cylindres de provenance française. Etudiées par M. de Glenn, ingénieur à la Société Alsacienne, et M. du Bousquet, des chemins de fer du Nord, ces locomotives sont communément employées pour la remorque des grands express de la Compagnie du Nord. Elles sont considérées comme supérieures aux meilleures locomotives anglaises, tant en raison de leur plus grande puissance spécifique que de leur plus grande économie.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — La nouvelle terre « afrescolithe » se trouve chez M. Antonin Forestier, 7 ter, impasse du Maine, à Paris. — Pour les tonneaux de liège, s’adresser à M. René Mounaud,, avocat à Guelma (Algérie), du à MM. Grumont et Kashler, G 7 boulevard Beaumarchais, à Paris.
- Communications. — M. G. Duclou, à Bordeaux, nous envoie une note sur « l’action des rayons colorés dans la fermentation du raisin en cuve ». Les essais ont porté sur des moûts provenant de trois cépages girondins, mis dans des cases de bois séparées, chacune d’elles étant éclairée par des verres de couleur distincte, bleu, blanc, vert, rouge, violet, le tout placé à l’exposition du Nord. Les densités glucométriques et les températures ont été relevées quotidiennement, pour savoir quel rapport il y a entre la nature de la lumière et la fermentation : la couleur bleue a donné la fermentation la plus lente, le violet la plus rapide. Au contraire, pour la richesse alcoolique, la proportion se trouve renversée, c’est le violet qui fournit le plus d’alcool ; le jaune favorise la création de l’extrait sec, le bleu celle de l’acidité ; enfin le violet développe le plus de couleur. Quant aux expériences de dégustation, elles ont établi que le jaune, le vert et le violet ont fourni le meilleur vin, bon, agréable et coloré. En somme les indications données par ces recherches sont précieuses, et nous espérons que l’auteur ne s’en tiendra pas là et qu’il fera connaître les applications dont ses études seront susceptibles par la suite.
- M. Eijrolles, directeur de l’Ecole spéciale des Travaux publics, à Paris, à propos de l’article paru dans le n° 1551 du 14 février 1903, p. 173, sur « l’Ecole wurtembergeoise des arts de la construction », nous rappelle que, fondée il y a une dizaine d’années, l’institution qu’il dirige donne aux élèves un enseignement leur permettant l’accès de la carrière des Travaux publics. Outre l’Externat, qui fournit une instruction théorique et pratique très complète, l’enseignement par correspondance permet aux élèves éloignés de Paris d’acquérir des connaissances qui leur sont nécessaires pour se présenter aux concours. D’ailleurs des cours sont organisés le soir et le dimanche matin, et un professeur se tient à la disposition des élèves de passage à Paris.
- M. Edmond La Brie nous écrit, au sujet des chats tricolores dont parlaient nos informations dans le n° 1551 du 14 février 1903 : (( Je connais plusieurs chattes à trois couleurs, blanc, noir et roux, mais je n’ai pu observer de chats males dans le même cas : d’après les renseignements que j’ai recueillis, ce fait est très rare alors qu’il est assez commun chez les chattes». M. Tahnone, à Turin, d’autre part, nous informe qu’il possède un fort beau chat, blanc, jaune et noir, très élancé. « Quoique nourri comme ses semblables il n’est pas gras; il ne fraye pas avec eux; il est très bon souricier. » 11 semble que cet animal soit un individu pathologique; pourtant chez les autres chats tricolores, le fait n’a pas été Signalé.
- M. Léon Dumas, à Huy, nous écrit, comme complément à l’article de M. le Dr Laloy, intitulé: « Un appareil primitif pour effrayer les animaux sauvages » (n° 1552 du 21 février 1903) :
- « Peut-être serait-il intéressant de signaler qu’un dispositif presque identique est utilisé dans Tes petites exploitations de l’intérieur du Brésil sous le nom de monjolo, pour la décortication du café. Le marteau est remplacé par un gros pilon tombant dans un mortier de bois, semblable à celui d’usage courant chez les peuplades africaines. »
- M. Ribeaud, de Lausanne, nous signale la petite expérience
- suivante, qui est facile à réaliser : « Demandez à quelqu’un de vous écrire 4 et 6 en chiffres romains, tels que ceux inscrit* sur sa montre. Presque toujours, la personne interrogée écrira sans hésitation IV et VI. Si vous lui dites alors de regarder sa montre, elle sera toute surprise de voir que le premier de ces chiffres a la forme 1111 et que le second manque, sa place étant prise par l’aiguille des secondes. »
- M. Catoir, à Moraypré(Ardennes), ajoute une nouvelle observation à celles que nous avons déjà mentionnées dans les n°5 1507 et 1550 des 17 janvier et 7 février 1903, sur la congélation des liquides : « 11 s’agit d’un flacon de colle de bureau qui, abandonné dans un local dépourvu de feu, avait gelé. Le flacon, probablement très résistant, n’avait pas éclaté, mais la colle était sortie du goulot et avait repoussé le bouchon qui se trouvait à l’extrémité d’un cylindre de colle gelée de 5 ou G centimètres de hauteur. Ce qui augmente la curiosité du fait c’est que, rien n’ayant été dérangé, la colle est rentrée entièrement dans le flacon lors du dégel, le bouchon seul étant reste-posé sur le bord du goulot. »
- M. C. E. Destrées, de Bruxelles, nous fait parvenir un extrait d’un article de M. P. Magnus paru dans les « Berichte der bo-tanische Gesellschaft » 1902, et ayant trait au rôle des para-phxjses qui varie suivant les cas ; tantôt ils font office de réservoirs d’eau pour prévenir la dessiccation, tantôt ils déterminent la rupture de l’épiderme, ce qui permet aux spores de se disperser.
- Renseignements. — M. Bonneij, à Roubaix. — Nous ne pouvons organiser un referendum sur une question de cette nature, dont l’importance nous échappe.
- M. W.-G., à Lyon. — L’adresse a été donnée dans notre « Boîte aux Lettres » du n° 1553 du 28 février 1903.
- M. Alexis Abri/, à Kieff. — Nous ne pensons pas que la machine dont vous parlez soit dans le commerce; en tout cas, nous n’avons pu trouver son adresse.
- M. Tavernier, à Savenay. — Il nous est difficile de vous recommander spécialement un système de pompe. Celle dont vous nous parlez nous est inconnue. Les maisons suivantes qui en fabriquent, vous fourniront des indications utiles : M. Gi-bault, 68, avenue Philippe-Auguste, Paris ; MM. Elhvell et Seyrig, 194, avenue de Paris, Plaine-St-Denis.(Seine) ; MM. Boldt et Vôgel, 69, rue Turbigo, Paris; M. Cazaubon, rue N.-D.-de-Nazareth, 43, Paris.
- A/. R. F., à Sedan. — Si la solution de chlorate d’ammoniaque est épuisée, il faut la renouveler : si elle ne l’est pas, il faut laisser la pile à l’air jusqu’à ce que la force électromotrice reprenne sa valeur normale.
- Î11. Ronizzi, à X. — 11 est en effet probable que l’établissement d’une grille modifierait l’action du vent, d’une manière favorable à votre but.
- Un abonné, à St-Etienne. —La maison J. Richard, 25, rue Mélingue, à Paris, construit le genre d’instruments que vous-désirez : nous vous dissuadons d’en entreprendre vous-même la fabrication, étant données les difficultés que présente ce genre de travail pour arriver à un résultat satisfaisant.
- M. Fustier, à la mine 2’ Paz (Espagne). — Aujourd’hui, le nouveau médicament se trouve dans les pharmacies importantes et notamment chez MM. Midy, pharmaciens, 113, Faubourg-Saint-llonoré.
- M. de la Boulresse, au château des Quillets. — 1° M. Thomas, G, place de la Sorbonne, à Paris.— 2°M. Bertrand, 19, rue d’Hauteville, Paris.
- M. Gustave Roche, à Marseille. — 1° A notre connaissance,, les procédés Villon ne sont jamais passés dans la pratique. — 2° M. Villon est décédé.
- M. A. Bellair, à Vaux; M. le docteur Derome, à Pontoise. — Il ne nous a pas été possible de nous procurer l’adresse du fabricant de ces métaux; dès que nous l’aurons obtenue, nous en informerons nos lecteurs.
- M. G. Duclou, à Bordeaux. — Malgré toutes nos recherches, nous n’avons pu trouver la description de l’instrument dont vous nous parlez.
- M. P. Lhoest-Bertrand, à Chaudfontaine. — Nous n’avons aucune adresse particulière à vous faire connaître.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. A. H. M., a
- Roubaix. Veuillez préciser votre question, les termes n’en sont pas clairs. — M. Zacarelli, à Catane. La 5e série des Recettes et procédés utiles vous donnera, plusieurs bonnes formules d’encre pour les usages les plus divers. — M. Garin, au Bourget. Vous omettez de noiis dire qüels ont été les résultats de ces expériences. — M. G. R., à Xi ; Mi D. V., à Paris. Voyez le petit livre des Recettes et procédés utiles, 2e série, à la librairie Masson et Cie.
- Dans la « Boite anx lettres * la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demaitdés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer tontes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- U express-photo.
- Lorsqu’on a un tirage un peu important d’épreuves positives à exécuter, d’après un même cliché, il serait beaucoup trop long d’employer le papier à noircissement direct; le papier à développement est tout indiqué. Mais encore faut-il à chaque opération charger et décharger le châssis, ce qui est encore une perte de temps. MM. Guilleminot et Bœspflug ont voulu siihplitier le plus possible les opérations au moyen du petit appareil représenté ci-contre.
- C’est une lanterne analogue à celles employées pour éclairer le laboratoire; on y place une lampe à pétrole à bec rond munie d’un verre, c’est une source ae lumière assez égale à elle-même pendant plusieurs heures. Sur l’avant de la lanterne
- L’Express-Piioto. — 1. V ue de côté. — 2. Vue de («ce.
- se trouve une tablette horizontale A supportant un verre blanc, c’est là qu’on place le cliché à tirer et on le fixe dans la position choisie au moyen de petites bandes de papier gommé. On dispose ensuite, avec des bouts de carton, les points de repère qui permettront de placer la feuille de papier sensible toujours à la même place sur le cliché. On rentre alors avec l’appareil dans le laboratoire noir et on allume la lampe. A ce moment la lumière ne pénètre pas sur le verre blanc, mais passe par un verre rouge qui éclaire suffisamment l’opérateur pour qu’il effectue les manipulations très simples qu’il aura à effectuer. Sur la tablette D située à sa droite il a placé un paquet de feuilles à impressionner, et il n’a qu’à en placer une sur le cliché en suivant les repères. Gela fait, il rabat, pour la maintenir en place, le volet B, qui était maintenu relevé par un contrepoids. La pression exercée relève le verre rouge et la lumière de la lampe traverse le cliché et impressionne le papier pendant tout le temps qu’on maintient le volet B en place. Dès qu’on le laisse remonter la lumière n’agit plus et la pose est terminée : il suffira en général de 3 ou 4 secondes, plus ou moins suivant l’opacité du cliché. On déterminera ce temps de pose, une fois pour toutes, par une expérience préalable, et ensuite on n’aura plus qu’à prendre les feuilles préparées sur la tablette pour les impressionner et les emmagasiner sur la tablette C. Cette opération devient machinale et se fait très rapidement, on peut arriver à 300 à l’heure. On développe ensuite le tout et on a un tirage très régulier. Cet appareil est très commode pour la confection des cartes postales. — L’express-photo se trouve chez MM. Guilleminot et C,e, 7, rue Choron, à Paris.
- Lanterne Alexandre pour magnésium.
- L’inconvénient lé plus grave des poudres magnésiques, destinées à la photographie instantanée la nuit ou dans les intérieure, c’est la fumée qu’elles produiseflt.
- Aussitôt après l’éclair produit on ne la voit pas, parce qu’elle s’est amassée au plafond de la pièce où l’on opère ; mais, au bout de quelques minutes, elle tombe lentement, et il est rarement possible de faire deux ou trois épreuves de suite, l’atmosphère manque totalement de transparence.
- Pour éviter cet inconvénient, M. Alexandre a imaginé une lanterne dans laquelle on brûle la cartouche magnésique, et qui retient toute la fumée.
- Cette lanterne a la forme d’un accordéon ; elle est en papier fort sur trois côtés et le quatrième est en toile à calquer. Le fond porte une petite trappe par laquelle on introduit la cartouche, on y a placé auparavant un fil de fulmi-coton dont l’extrémité pend en dehors de l’appareil. On a soin, avant de mettre le feu, d’étendre les plis de façon à obtenir environ G”,50 de long; au moment de l’explosion, qui se fait sans
- bruit, l'élasticité de l’acordéon donne une extension d’environ 0m,80. La lumière tamisée par la toile transparente est très suffisante, pour qu’il ne soit pas nécessaire d’employer de grosses cartouches ; celles du petit modèle sont préférables.
- On obtient dans les figures des ombres moins crues et un modelé beaucoup meilleur que quand la poudre brûle à feu nu, ce qui tient à la diffusion de la lumière, grâce à l’interposition de la toile dioptrique sur le passage des rayons lumineux. La lanterne contenant toute la fumée est vidée au dehors, ou par une fenêtre, ou même dans une cheminée; il suffit pour cela d’ouvrir la trappe qui a servi à introduire la cartouche et de refermer l’accordéon.
- Nous avons pu faire une douzaine de clichés en moins
- Lanterne Alexandre jour magnésium.
- d’une heure, dans une pièce relativement petite, sans avoir la moindre trace de fumée ou d’odeur; l’appareil replié est très portatif. — La lanterne pour magnésium se trouve chez M. Alexandre, 35, rue Blanche, à, Paris.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Pâte dentifrice inaltérable. — Voici une très bonne recette pour faire une excellente pâte dentifrice qui ne s’altère jamais. On prend 500 grammes de gomme arabique dissoute dans son poids d’éau, on ajoute 100 grammes de glycérine blanche, 75 grammes de carmin et 12 grammes d’acide valé-rianique. L’acide valérianique est précieux pour empêcher les altérations de la gomme arabique et de la glycérine. En outre, il donne au carmin un éclat rose tendre incomparable. On broie le tout ensemble pour former un magma qu’on laisse sécher ensuite.
- Succédané du celluloïd. — On fabrique à Cobourg, en Allemagne, un succédané du celluloïd qui revient moins cher et qui aurait moins de tendances à se gondoler que le celluloïd. On l’obtient en faisant dissoudre dans 16 parties en poids d’acide acétique glacial, 1,8 partie de nitro-cellulose, et en ajoutant ensuite 5 parties de gélatine : pour obtenir la dissolution voulue, il faut chauffer doucement et brasser. Quand la masse a bien gonflé, on y ajoute 7,5 parties d’alcool à 96°, en continuant de brasser. Finalement on coule dans des moules ou sur des plaqut s de verre et en couche mince, mais après dilution.
- Pour ihasser les fovimis. —Malheureusement il ne semble pas qu’on ait réussi encore à trouver une substance, un composé quelconque, chassant sûrement les fourmis des lieux qu’elles envahissent; ce qui donne un bon résultat ici échoue ailleurs, et le plus souvent s; ns qu’il soit possible de trouver la raison de l’échec. Voici donc une nouvelle recette contre ces terribles envahisseurs.
- Faire bouillir dans un peu plus d’un litre d’eau 120 grammes d’aloès; on ajoute ensuite une cinquantaine de grammes de camphre en petits morceaux. Il paraît que les fourmis fuient devant ce liquide.
- Pour recoller l'écaille. — On rapproche d’abord soigneusement les deux morceaux de l’objet brisé, et on les enveloppe, on les entoure d’une feuille de papier de manière à les maintenir solidement en place. Un fait alors chauffer deux morceaux de fer, de façon cependant que le métal ne biûle pas au sens
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- exact du moi. On place entre ces deux morceaux de fer l’objet d’écaille toujours enveloppé du papier, et l’on serre durant quelques minutes. L’écaille fond et forme un ciment qui durcit au refroidissement et recolle parfaitement les deux lèvres de la cassure.
- Pour détacher le nickel. — Les objets nickelés ou en nickel se recouvrent parfois de taches d’oxyde. Pour enlever ces taches,
- on commence par enduire l’objet d’une graisse animale ordinaire qu’on laisse appliquée durant plusieurs jours; si l’oxydation n’était pas profonde, on termine l’opération tout simplement en frottant le métal au moyen d’un linge trempé dans de l’ammoniaque, qui enlève la graisse (et les taches)! Si celles-ci résistent, on applique une solution diluée d’acide chlorhydrique, sur les taches mêmes et uniquement, puis on frotte ; on lave finalement et on polit le métal comme de coutume.
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- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1>U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 2 mars. . . . SM S. W. 4. Couvert. 1,1 Couvert. Pluie la moitié du temps.
- Mardi 3 7M W. S. W. 4. Couvert. 15,0 Couv. jusqu a 19 h. ; beau ensuite, pluie à diverses reprises.
- Mercredi 4 0J,5 S. S. W. 2 Beau. 1,0 Beau jusqu’à 9 h. ; très nuageux ensuite ; gelée blanche-
- Jeudi 5 10M S. W. 3. Couvert 0,0 Couvert; quelquefois des gouttes; averse de 11 h. 30 à 45’”.
- Vendredi (ï 5”,1 N. N. W. 3. Peu nuageux. 4,2 Nuageux jusqu’à 15 h. ; beau ensuite ; quelques averses, avec grésil à midi 35".
- Samedi 7 1*,6 S. W. 3. Très nuageux. 0,0 Peu nuageux le matin; presque couvert le soir; quelques averses ; gelée blanche. Nuageux. Un peu de pluie et grésil de temps en temps.
- Dimanche 8 1 0’,0 W. 1. Nuageux. 2,6
- MARS 1903. — SEMAINE DU LUNDI 2 AU DIMANCHE 8 MARS.
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10' les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent ; courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, a i nir-au de la merj, courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche , courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Une forte secousse de tremblement de terre a été ressentie, le 3 mars à 10H15 du soir, à Recanati (Italie) ; une seconde secousse a eu lieu le 4 mars, à 2 heures du matin. Le 3 mars également, des secousses de tremblement de terre se sont fait sentir à San José de Costa-Rica, en Amérique ; dans la soirée le volcan Poas a lancé une grande quantité de cmdres. Le 5 et le 11, secousses à Ncvelda, province d'Alicante; à Grâslitz, près' de Prague, à Karisbad, Ascii, etc., les dernières secousses ont été assez violentes. Autre secousse à Prague, le 9 mars à 5 heures de l’après-midi.
- Tempêtes et ouragans. — Une deuxième tempête, que nous avons signalée dans notre chronique météorologique du n° 1534, du 7 mars 1903, a traversé la France et l’Angleterre du 2 au 3 mars et a causé des dégâts considérables. M. Mascart, directeur du Bureau central météorologique de France, a fait connaître à l’Académie des sciences que celte tempête avait pris naissance à l'ile des Açores, et était arrivée dans nos régions avec une vitesse exceptionnelle. A Paris, le 2 mars, un vent violent n’a cessé de souf-11er toute la journée et la pluie est tombée eu grande abondance: on a recueilli 20 mm d’eau en 21 heures. On a constaté la présence d’un grand nombre de mouettes qui se sont abattues sur les quais de la Seine, entre le pont de la Concorde et le pont .Neuf. Le 3 mars, à Paris, la tempête était à peu près calmée. Le mauvais temps a sévi avec fureur dans certaines Régions de la France. A Vannes, il y a eu des coups de tonnerre, des éclairs et des grêlons énormes; un grand nombre de toitures de maisons ont été emportées par le vent. A Brest, la tempête a redoublé d’intensité ; la mer était complètement démontée. Le 5 mars, au Havre, le baromètre est descendu presque subitement de 750 mm à 758 mm ; le vent est passé brusquement du nord-ouest au sud-ouest, une pluie abondante a inondé les rues. A La Rochelle, dans la nuit du 2 au 3 mars, la tempête s’est compliquée d'un violent orage accompagné de grêle. A Tarbes, dans la même nuit, un tremblement île terre s’est fait sentir en même temps que la tempête vers
- 3 heures du matin. Une violente tempête s’est déchaînée sur Bordeaux ; vers 5b30 elle a pris les proportions d’un cyclone; des arbres ont été arrachés, des toitures enlevées, des cheminées emportées, les lils téléphoniques et les câbles rompus. L'ile de Sein, près de Brest, à la suite de la tempête, a été isolée du continent. Dans la Manche, le paquebot Pas-de-Calais, l’un des navires qui font le service entre Calais et Douvres, a subi une avarie et a été entraîné à la dérive ; mais il a pu résister et gagner le port de Douvres.On a signalé de nombreux accidents en Angleterre et en Irlande. Le 3 mars, dans la nuit, un violent ouragan s’est abattu sur Marseille. Une violente tempête a éclaté le 2 mars à Naples ; la ville a été inondée en plusieurs endroits. La foudre est tombée sur les fils électriques des tramways et de l’édairage ; uu marin a été foudroyé. Le 3 mars, à Saint-Sébastien, un cyclone a causé de grands dégâts.
- Eruptions volcaniques. — On signale depuis une quinzaine de jours une série d'éruptions de plus en plus violentes des volcans de Colima, au Mexique. La plus forte qui ait été enregistrée dans le pays a eu lieu vendredi matin R mars. Elle a été accompagnée d’unepluiede cendres. D’épais nuages assombrissaient le ciel. De sourds grondements retentissaient comme une canonnade dans le lointain. La terre tremblait, et de temps en temps on ressentait des secousses le long du littoral du Pacifique. La consternation régnait dans la ville voisine de Tuxpan On fermait les magasins et les maisons. Beaucoup d’habitants s’étaient réfugiés sur les collines environnantes. Les gens se mettaientà genoux dans les rues pourprier. Des pluies de cendres et de pierres s'abattaient sur toute la région environnante, notamment à Ciudad de Guzman et à Uruapan, à une centaine de milles de Colima. Les volcans de Colima — le volcan de Feu et le volcan de Neige — qui atteignent une altitude de 4003 mètres sont situés dans la Sierra Madré, cette arête principale de la Cordillère qui longe le littoral du Pacifique. Ils se trouvent à une distance de près de 200 kilomètres de Mexico, et leur activité a été particulièrement marquée depuis une trentaine d’années.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 0, à 7 h. 23 m. du soir.
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- N° 1556 (2/ mars 1903) du journal, « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le Vésuve est entré en éruption dans les premiers jours •du mois de mars; à la date du 11 mars, l’éruption a augmenté. Le Vésuve lançait, à de très brefs intervalles, de grandes colonnes de feu. Les projectiles volcaniques incandescents se précipitaient sur les flancs du cône. Les secousses du sol étaient continuelles dans la périphérie du volcan et l’on entendait distinctement le grondement des explosions.
- —®—• Une secousse de tremblement de terre a été ressentie à Pampelune, le 10 mars à 2 heures du matin. Quelques trépidations •se sont renouvelées, avec moins d’intensité, pendant près de trois heures. Un tremblement de terre a eu lieu à New-York le 13 mars à 6h 25 du soir ; la secousse a été assez forte pour ébranler les maisons.
- —8— Une violente tempête s’est abattue le 10 mars sur la Tunisie. La foudre est tombée en plusieurs points de Bizerte; on a signalé de nombreuses chutes de grêle. Dans le Kef, à Maktar, il est lunbè une neige abondante; à Tabarka, les montagnes étaient couvertes de grêle et de neige.
- —8— Looping lhe loop. On peut voir en ce moment à Paris accomplir le tour de force émouvant du bicycliste emporté à 60 km de vitesse à l’heure, maintenu dans la boucle de la piste la tête en bas.(voir n° 1551 du 14 février 1903, p. 176). Après Londres, après Lyon, Paris. C’est Méphisto qui opère au Casino de Paris, et Diavolo, à l’Olympia.
- —®— On a découvert à Roylaye, arrondissement de Compiègne, sur un escarpement boisé dépendant de la propriété de M. Bertier de Sauvigny, un monument mortuaire attribué à 1 époque néolithique. Les fouilles ont mis à jour une allée couverte et des chambres sépulcrales où l’on a retrouvé les ossements d’une centaine de cadavres ainsi que des instruments et des objets de parure. On a relevé également à Versigny, canton de Nanteuil-le-Haudoin, l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, d’où l’on a retiré des sarcophages, quelques pièces de monnaie et autres objets de l’époque.
- —8— Une étude du Dr Ulecia, directeur de la revue madrilène lievista de Medicina, montre que la mortalité parmi les enfants, en Espagne, est très grande. En 1900, 229 348 enfants âgés de moins de cinq ans sont morts. Dans un laps de temps de six ans, de 1896 à 1901, il est mort à Madrid 2219a enfants âgés de moins d’un an, alors que la mortalité parmi les enfants du même âge, à Paris, n’a été que de 44069. En tenant compte du chiffre de population des deux villes, la mortalité, à Paris, aurait dû être de 220345 pour égaler celle de Madrid. La principale cause de ce triste état de choses est la mauvaise qualité du lait qui se vend à Madrid. Sur 100 échantillons de lait examinés au laboratoire municipal, on a trouvé que 88 étaient impropres à l’alimentation.
- —®— Dans l’intérêt de la conservation des cheveux et pour éviter aux marins des affections dues à la suppression presque complète de la chevelure, tels que refroidissements, névralgies..., le conseil supérieur de santé de la marine a émis l’avis qu’il est en tout point plus hygiénique de laisser à la chevelure une longueur variant entre 2 et 3 centimètres. En conséquence le ministre de la Marine a décidé que la coupe dite « demi-courte », qui se pratique déjà à bord de certains bâtiments, sera désormais autorisée pour le personnel des équipages de la flotte.
- —®— On sait quels ravages le ver appelé « taret » occasionne aux navires, aux estacades, pilotis, et en général toute construction en bois plongée dans la mer. De nombreux systèmes ont été préconisés pour empêcher cet animal de pénétrer dans les pièces de bois. D'ordinaire on injecte de la créosote ou une huile toxique dans les poutres préalablement passées à la vapeur ; mais ce traite-
- ment revient à une trentaine de francs par poutre. De plus, il est souvent inefficace, et n’empêche pas le ver de faire des dégâts. Un moyen plus simple et d’une efficacité absolue a été préconisé pour les navires : il consiste à les mettre à l’ancre à l’embouchure d’un fleuve où l’eau est à peu près douce. Le terrible Teredo navalis ne résiste pas à ce changement de milieu.
- —8— On annonce la mort d’un des plus savants botanistes de Russie, M. Yoronine, emporté à 75 ans par une fluxion de poitrine. Il était professeur à l’Université et, depuis 1887, membre de notre Académie des sciences. La plupart de ses ouvrages, qui traitent des organismes inférieurs placés à la limite des règnes animal et végétal, ont été traduits en français. Fort estimé à Saint-Pétersbourg, il dépensait noblement sa fortune, qui était grande, en expériences et en fondations charitables.
- —8— On croit généralement qu’aux Etats-Unis les femmes sont en nombre beaucoup plus considérable que les hommes : le dernier recensement prouve tout le contraire. Ainsi dans le Massachusets, où le nombre des femmes est relativement plus élevé que dans les autres états de l’Union, la population masculine est en excédent de 4000 unités sur la population féminine. Dans certains états, comme le Wyoming, la proportion est de 9 hommes pour 1 femme. Tout compte fait, on peut estimer à 2 millions et demi le nombre de femmes dont les Etats-Unis ont besoin, pour avoir une population aussi harmonieusement mélangée que celle des pays européens.
- —8— L’amiante se trouve répandu dans un grand nombre de régions distinctes, mais il n’y a guère que deux pays produisant celui dont on se sert pour les usages industriels : l’Italie et le Canada. C’est dans les environs de Turin, dans la Yalteline et dans la vallée de Suse, que se trouvent les trois gisements italiens. L’extraction y présente des difficultés, étant donné l’escarpement de la montagne, mais la consommation toujours croissante d’amiante * permet de recueillir un bon bénéfice. Depuis quinze ans les applications de l’amiante se sont multipliées, grâce à son incombustibilité et sa mauvaise conductibilité pour la chaleur. Les gisements du Canada sont voisins de Québec : exploités depuis 1878, ils n’ont pris une réelle importance qu’à partir de 1884; leur produit n’est pas de l’amiante véritable, mais un silicate hydraté de magnésie appelé chrysolitlie.
- —®— On termine en ce moment un nouveau chemin de fer électrique suburbain dans la banlieue de Chicago, pour mettre cette ville en communication avec Aurora et Elgin, deux agglomérations situées à des distances respectives de 55 et 58 kilomètres de Chicago! Ce n’est point un tramway, mais bien un vrai chemin de fer où le trafic se fera à grande vitesse. Le troisième rail est employé sur presque toute la longueur de la ligne, sauf sur 500 mètres à Aurora même ; à la traversée des rues, le troisième rail est interrompu et les connexions sont faites par câble souterrain. Le courant sera transmis aux sous-stations à une tension de 26000 volts, obtenue au moyen de transformateurs qui reçoivent le courant produit à 2300 volts seulement par l’usine ; quant au troisième rail, il y circulera du courant à 600 volts. L'allure normale de marche des voitures sera de 110 kilomètres à l’heure, à ce qu’on nous affirme.
- —8— Nous rappelons que les confrères, les amis et les élèves de M. P.-P. Dehérain, membre de l’Institut, ont ouvert une souscription pour faire graver une médaille qui perpétuera le souvenir de ses traits et dont l’exécution sera confiée à M. Vernon. Le comité présidé par M H. Moissan, membre de l’Institut, a décidé que tous tes souscripteurs d’une somme au moins égale à 25 francs, recevront un exemplaire de la plaquette. Les souscriptions devront être adressées à M. Pierre Masson, trésorier, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris; la souscription sera close à la fin du mois de mars.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Gilbert Duclos, à Hyères, nous écrit, au sujet de l’article publié, dans le n° 1550, du 7 février 1903, p. 159, sur un canot automobile actionné par une hélice aérienne : « Je me souviens d’avoir vu à Ste-Adresse près le Havre, en 1845, un petit bateau plat, d’un très faible tirant d’eau que Frédéric Sauvage (1785-1857) faisait marcher au moyen d’une grande hélice aérienne en toile mise en mouvement au moyen d’une manivelle. L’inventeur allait et venait par temps calme, sur la mer, parallèlement au rivage. A cette époque, j’ai vu également à Ste-Adresse, dans une pièce d’eau du jardin d’Alphonse Karr, un petit bateau, un jouet, qui était actionné par une hélice que faisait mouvoir un mouvement d’horlogerie, on trouvait alors l’idée bizarre. »
- M. le Dr Lovrich Sandor, de Budapest, nous a fait parvenir une brochure intitulée : Ueber das Wachstum der Organismen (sur la croissance des organismes), dans laquelle -il expose les conclusions auxquelles l’ont conduit une série de recherches physiologiques. D’après lui, la température, l’humidité, la lumière ne sont pas les facteurs essentiels de l’évolution des organismes. C’est la pression qui influe le plus puissamment sur les modifications des tissus : lorsqu’elle est basse, la croissance est accélérée; si, au contraire, elle s’élève, la croissance est ralentie et régularisée. C’est ainsi qu’une citrouille a pu être conservée dans un récipient fermé pendant deux semaines sans qu’aucune modification à sa structure ni à sa forme ait été remarquée.
- M. Alphonse Müllender, de Liège, nous communique un rojet de chemin de fer électrique souterrain destiné à relier ruxelles à Anvers. Sa longueur atteindrait 42 kilomètres, dont 35 kilomètres en tunnel maçonné et 5 en tunnel métallique : il serait en ligne droite et surmonté d’une voûte à ciel ouvert. La vitesse des trains serait de 120 kilomètres à l’heure ; les trains, composés d’une seule automotrice contenant 80 voyageurs, partiraient toutes les dix minutes. Tous les 100 mètres une cheminée d’aérage servirait à prendre à l’extérieur de l’air frais. Quant à la force motrice, elle serait fournie par six moteurs à gaz d’une puissance de 1200 chevaux chacun, qui utiliseraient le gaz pauvre, c’est-^-dire celui contenant 50 pour 100 d’azote. Le coût total de l’entreprise est évalué à 65 millions de francs : on admet dans ce projet que le chemin de fer électrique souterrain transporterait <1500 000 voyageurs par an.
- Renseignements. — M. le baron de Stackelberg, à Saint-Pétersbourg. — 1° Nous avons indiqué le principe de l’accumulateur Edison dans le n" 1465, du 22 juin 1901, p. 62; nous n’avons pu nous procurer depuis cette époque des résultats sérieux d’expériences que nous aurions fait connaître. — 2° L’adresse demandée est : M. Edison, à Orange, New-Jersey (Etats-Unis). — 3° Vous pourriez consulter «T’Automo-bile théorique et pratique » par Baudry de Saunier, chez l’auteur, 22, boulevard de Villiers, à Levallois (Seine), ainsi que « Les automobiles électriques » par Sencier et Delasalle, à la librairie Dunod, 49, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- M. P. de Moissac, à Poitiers. — 1° L’adresse que nous avons donnée est exacte. — 2° Il n’y a pas, à notre avis, de raison bien plausible pour motiver cette opinion ; peut-être pourrait-on avancer que plus le train d’une voiture est long, plus les roues de derrière tendent à ne pas rouler dans l’ornière tracée par les roues de devant, et à exiger un effort de traction plus grand.
- Abonné n° 4052, à Saint-Cloud. — La couleur mate que vous avez observée est due à ce que généralement, avant
- de faire l’empreinte, on projette l’haleine sur le cachet, pour empêcher la cire d’adhérer dans la gravure. Quant à la présence des filets plus ou moins foncés, elle provient de la combustion partielle de la cire.
- Abonné 4707. — La maison Affaire, 227, rue Saint-Martin, à Paris, fabrique un vélocimètre que vous pourriez peut-être examiner : nous ne connaissons pas celui dont vous parlez.
- M. G. Bass, à Turin. — Veuillez consulter les « Recettes-et procédés utiles », 2e série, p. 127, et 4e série, p. 132 : chacun de ces volumes est en vente, au prix de 5 francs, à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Louis Lambert, à Gray. — Ce genre de renseignements sort entièrement de notre cadre.
- M. J. J. B., à Beyrouth. — Les lampes à osmium sont fabriquées par la Société française d’incandescence par le gaz, 147, rue de Courcelles, à Paris, et par la Compagnie allemande Gasglühlicht Actiengesellschaft, alte Jakobstrasse, 139, à Berlin.
- M. G. Tardieu, à Sisteron. — La fabrication des couleurs employées dans la peinture est entre les mains d’un petit nombre de maisons, et nous ne pensons pas qu’il existe sur ce sujet un traité général. Les cinq volumes des « Recettes et procédés utiles » contiennent de nombreuses formules de peintures diverses.
- M. E. A. Figueros, à San-Salvador. — 1° Pour tout ce qui concerne la maïsine, veuillez vous adresser directement à M. Labbé, 30, rue du Luxembourg, à Paris. — 2° La « Bibliothèque des connaissances utiles », publiée par la maison Gotty, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris, renferme un ouvrage de M. Thierry, intitulé : « Vaches laitières », prix
- 4 francs, qui pourrait vous renseigner utilement.
- M. E. Z. Vasselin, à Paris. — Pour obtenir du plâtre dur,, mélangez six parties de plâtre avec une de chaux grasse, cuite récemment et finement tamisée; on l’emploie comme d’habitude. Après dessiccation, on l’imprègne d’une dissolution saturée de sulfate de zinc ou de sulfate de fer : dans le premier cas, il reste blanc, dans le second cas, il prend une teinte rouge brun.
- M. F. A., à Ville-Savary. — Dans la boîte du n° 1441, du
- 5 janvier 1901, nous avons donné l’adresse d’un sourcier, M. J. B. Grisez, à la Chapelle-sous-Rougemont (Haut-Rhin).
- M. Borius, à Paris. — Nous ne nous expliquons pas l’échec d’un procédé dont nous faisons usage avec succès. Peut-être cela tient-il à ce que le papier au bromure a subi une altération, par suite de l’humidité ou de la chaleur. Avez-vous-soumis le cas à la maison Lumière?
- M. Alfred Fallot, à Lausanne. — La maison Deyrolle, 46, rue du Bac, à Paris; M. Pisani, 8, rue Furstemberg, à Paris, pourraient vous fournir le matériel dont vous avez besoin; toutefois, il serait bon d'indiquer la nature et la puissance de-votre force motrice.
- M. M. G., à Soignies. — Nous ne connaissons d’autre procédé pour ramollir la corne, que celui qui consiste à la traiter par l’eau chaude.
- S. Barrachin, à Paris. — Une exposition d’électricité est en préparation, mais elle n’aura pas lieu cette année.
- M. Girard, à Paris. — - 'Le papier anactinochrine est en vente chez M. Radiguet, 15, boulevard des Filles-du-Calvaire, à Paris.
- M. Mauret, à Paris. — Nous ne pouvons expliquer votre insuccès que par une application défectueuse de la recette en question ; du reste, dans les « Recettes et procédés utiles », sont indiquées plusieurs formules de colle ; voyez à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Lamberts, à Bornéo. — 1° Pour préparer une peau, il faut, après l’avoir bien nettoyée, la clouer sur un bâti de bois, le poil en dessous, et l’humecter avec une solution contenant 500 grammes d’alun pour 10 litres d’eau. On répète l’opération jusqu’à ce que la peau soit devenue blanche dans toute son épaisseur. On peut employer aussi le sumac des tanneurs. — 2° L’Institut Pasteur, 25, rue Dutot, à Paris, vous donnera les indications nécessaires.
- M. F. Schleisinger, à Buenos-Ayres. — L’arithmographe Troncet se trouve à la librairie Larousse, 19, rue du Montparnasse, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Lacouture, à Cliihahua. Nous avons envoyé les lettres aux destinataires. — M. Abel H., à Limoges. II est difficile de prévoir toutes les applications de ce procédé. — M. Servan, à Paris. Les meilleures rogues viennent de Norvège. — M. J. M. B., à Iluy. Voyez les Recettes et procédés utiles, 2e série, p. 58, à la librairie Masson et Cie.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Outil & tourner. — L’outil à tourner, système Martenet, que nous décrivons, offre de grands avantages ; il permet d’exécuter rapidement et sans difficultés la plupart des travaux que l’on n’obtient ordinairement qu’avec le tour et la machine à gercer. Il pèse 2,5 kg, a des dimensions très réduites, o6,5 centimètres de longueur sur If,5 d’épaisseur et 13 de largeur, et convient en particulier pour les travaux à faire sur
- Idaee en dehors de l’atelier. Il se compose d’un support sur equel sont disposés trois rouleaux, entre lesquels se place la barre de métal à travailler; le rouleau supérieur rainé est muni d’une grande vis de rappel qui permet de serrer fortement la barre métallique entre les 3 rouleaux. Sur le côté est placé un coulisseau dans lequel on fixe un burin à couper ou à tourner en le disposant de façon que la partie tranchante se trouve légèrement en dessous du centre de la barre. A l’aide de la manivelle que l’on voit sur la figure, on peut imprimer à l’outil un mouvement de rotation en avant. Le moyen de se servir de cet outil est des plus simples. S’il s’agit de couper une barre de fer, on la fixe par une extrémité dans un étau horizontalement en ayant soin de la serrer, puis on place l’outil
- Outil à tourner. Mode d’emjdoi.
- de façon que la barre se trouve maintenue enlre les 5 rouleaux. On met un burin à couper dans le coulisseau de droite, on le serre au moyen de 2 vis à carré et on le règle avec la troisième vis. On s’assure que les 2 traits tracés sur le devant du support du rouleau supérieur rainé et sur le grand coulisseau sont vis-à-vis l’un de l’autre, et on fait tourner l’outil en avant, en ayant soin de rapprocher le burin à l’aide de sa vis de rappel. Pour décolleter une pièce, on dispose tout d’abord l’outil comme nous l’avons indiqué plus haut; on place dans le coulisseau un burin à tourner au lieu du burin à couper dont nous avons parlé. On oblique à gauche ou à droite le rouleau supérieur rainé, au moyen de la vis à carré de droite, pour obtenir un avancement plus ou moins grand en rapport avec les différents diamètres de barres à travailler. L’outil à tourner permet de travailler des barres métalliques de 5 à 35 millimètres de diamètre ; on fabrique même sur commande des outils pour des barres de 60 millimètres de diamètre. Les barres n’ont pas besoin d’être coupées à une longueur déterminée, ni préparées comme il le faut pour les. placer sur le tour. Tout ouvrier peut facilement fabriquer lui-même les burins nécessaires; tandis que les tours et machines à percer exigent un jeu complet de fraises de toutes dimensions. Les coupures obtenues sont franches et ne laissent aucune bavure à retoucher. Toutes les pièces de l’outil sont en acier trempé, en acier ordinaire ou en fonte d’acier suivant l’effort à supporter; l’outil n’est donc sujet à aucune avarie. — L’outil à tourner se trouve chez MM. P. Thibaud et C‘% 69, rue Sainte-Anne, à Paris (2e).
- liewier & pousser les 'wagons. — Nous croyons devoir signaler un nouveau levier imaginé par deux Américains, MM. Harrington et Towers. Ainsi que le montre la figure ci-jointe, il comporte deux sortes de flasques parallèles, présentant à l’avant une partie triangulaire, et c’est au sommet de
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- ce iriangle, et à une certaine hauteur au-dessus du rail, que vient pivoter le levier-poussoir, dont le petit bras peut s’engager sous la roue du wagon. Au moment où le grand bras commence à s’abaisser de manière a former un angle très aigu avec le rail, la portion de ce bras, voisine du pivot, vient forcer entre les parties convexes de deux crochets que l’on aperçoit en coupe. (Juand on a posé le pied de l’appareil sur
- Ln\ier à pousser les wagons.
- le rail, la partie inférieure de ces deux mâchoires s’est écartée de celle qui lui fait vis-à-vis, précisément pour donner passage au rail, et leur poids les a ensuite ramenées à peu près dans une position perpendiculaire, où le crochet de chaque mâchoire se loge naturellement au-dessous du patin du rail. Quand ensuite, comme nous venons de.le dire, le bas du grand bras de levier s’engage entre les deux portions supérieures de ces mâchoires, il forme coin, fait écarter ces bras convexes, et, par conséquent, les crochets-mâchoires inférieurs pivotant dans le haut des flasques serrent avec la plus grande énergie la tête et le patin du rail. Dans ces conditions, le pied du levier est absolument bloqué sur la voie et donne le point d’appui le plus solide à ce levier qui, en continuant son mouvement d’abaissement, va agir sous la roue du wagon et pousser ce dernier en avant. Quand on relève le grand bras de levier, les mâchoires se desserrent, et on peut enlever complètement l’appareil ou le faire glisser plus loin, si le premier effort n’a pas réussi à pousser le véhicule assez loin. — S’adresser à MM. H. C. Harrington et ’W.-M. Towers, à Rome, dans l’Etat de Géorgie, aux Etats-Unis.
- Presse-papiers zcologiqnes. — On a donné jusqu’à ce jour toutes les formes possibles aux presse-papiers, et il serait, croyons-nous, bien difficile de trouver une forme qui n’eût pas encore été .adoptée. Voici cependant une nouvelle collection qui petit avoir son intérêt; ces nouveaux presse-
- Presse-papier papillon.
- papiers portent le nom de « zoologiques » ; ils renferment sous verre et dans un liquide spécialement préparé les petits animaux les plus divers. Nous représentons dans la figure ci-jointe le presse-papier papillon ; on distingue tous les détails des ailes de l’insecte. — S’adresser à MM. Kirby, Beard et C°, 5, rue Auber, à Paris (9e).
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuel pratique du monteur électricien, par J. Laffargue,. ingénieur électricien. 1 vol. in-16. 6e édition entièrement refondue et augmentée. Paris, Librairie Bernard Tignol, 53 bis, quai des Grands-Augustins. 1903. Prix : 10 fr.
- Sixième édition ren quelques années! C’est un gros succès. L’ouvrage le mérite à tous égards. Pour le mettre au courant des
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- derniers progrès, il a encore été complètement refondu et considérablement augmenté. M. Lalfargue a conservé les mêmes divisions que dans les éditions précédentes : définitions, production de l’énergie électrique, distribution, canalisation, applications. Mais il a beaucoup développé chacun des différents chapitres, en insistant particulièrement sur les détails pratiques. Notre collaborateur est habitué à traiter ces questions électriques et à manier tous ces appareils qu’il décrit avec netteté. C’est l’œuvre d’un praticien qui a mis, comme on dit, la main à la pâte. Ce traité est destiné spécialement aux ouvriers électriciens, mais le titre est un peu modeste, car il sera également très utile aux ingénieurs. Nous souhaiterions beaucoup d’ouvrages de celte nature. Celui-là compte parmi les plus utiles de la technologie électrique.
- II. de P.
- La santé par le miel. Son usage dans l'économie domestique
- et la médecine usuelle, par A.-L. Clément et Lucien Iches. 3e mille, révu et augmenté. Prix : 1 franc, franco lfr,25. Paris. 1903. Chez les auteurs, 34, rue Lacépède.
- Les principes scientifiques de la chimie analytique, par W. Ostwald, traduit par Auguste Hollard. 1 vol. m-8°. Paris. C. Naud, 1905. Prix : 5 francs.
- L’Electricité à l’Exposition de 1900. Distribution, transmission et transport de l’énergie électrique, par E. Hospitalier, 6e fascicule. Applications diverses, par Chalon, G. Dary, G. Baignères, F. Rod.vry et A. Bainville. 15e fascicule. V” Ch. Dunod, éditeur. Paris VIe. Prix de la collection entière : 50 francs.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49",30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 | ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 9 mais. . . . - 2\6 N. 0. Couvert. 0,2 Couvert par un brouillard jusqu’à 8 h.; beau ensuite; gelée blanche.
- Mardi 10 .... . — 2',5 S. E. 0. Beau. „ » Nuag. ; brouillard; gelée blanche; halo solaire.
- Mercredi 11 I O N. E. 1. Beau. » Beau; gelée blanche.
- Jeudi 12 - 2*,4 E. N. E. 0. Beau. » Beau ; gelée blanche.
- Vendredi 13 0’,1 E. 0. Nuageux. H Nuageux; gelée blanche.
- Samedi 14 4“,0 S. S. E. 2. Couvert. » Très nuag. ; gelée bl.; halo; gouttes à 8 h. 50.
- Dimanche 15 3°,0 S. S. E. 1. Couvert. 0,0 Gelée blanche ; presque couv. ; halo solaire ; gouttes à 20 h. 15.
- MARS 1903. — SEMAINE DU LUNDI 9 AU DIMANCHE la MARS.
- La courbe supérieure indiqu• lu nebulosi'? de O à 10. les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indique l cou lie épaisse, les pressions haro nié riques [baromètre ramené à 0 au niveau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, ! hcr moindre à l'abri à boni.; mouillée
- Résumé des observations météorologiques faites à.
- l’observatoire du parc Saint-Maur, en février 1903,
- par M. Tu. Moireacx.
- Pression barométrique, altitude 50",3. Moyenne des 24 heures, 765"“,12; minimum absolu, 745'“",0, le 2 à 0 h. 50 du matin : maximum absolu, 776““,6 le 10 à 10 heures du matin.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 3°,19 ; des maxima, 10°,01; du mois, 6°,60; vraie des 24 heures, 6°,11 ! minimum absolu, —5°,6 le 18; maximum absolu, 13°,9 le 21. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, — 01,16; des maxima, 18°,22; minimum absolu — 7°,0 le 19 ; maximum absolu, 27°,9 également le 19. Dans le sol gazonné : moyenne du mois à 9 heures du matin; à 0",30 de profondeur, 4°,54; à 1 mètre, 5°,02. De la Marne : moyenne le matin, 5°,70; le soir, 5\96; minimum, 4°,31 le 3; maximum, 78,62 le 28.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5"",51 ; minimum 2“",2 le 17, à 4 heures et 5 heures dii soir ; maximum, O'"™,4 le 22 à 2 heures du soir.
- Humidité relative : moyenne du' mois, 78,2; minimum, 31, le 21 à 1 heure, 3 heures et 6 heures du soir; maximum 100 en 9 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 heures du matin à 9 heures du soir) : 66.
- Insolation : durée totale de la-présence du soleil au-dessus de l’horizon, 283 heures; durée effective de -l'insolation, 80 heures en 15 jours; rapport, 0,28. ’
- Couronne lunaire : le 8.
- Pluie : totale du mois, 8"",5 en 29 heures réparties en 9 jours, et en outre 5 jours de gouttes. Il n’est pas tombé de neige, sauf quelques grains le 2.
- On a noté 9 jours de gelée, 10 jours de gelée blanche, 5 jours de brouillard; un jour de ciel absolument pur, le 17.
- Fréquence des vents -: Calmes, 18.
- N . . . . 10 N. N. E. . 3 N. E . . . 23
- E. N. E . . 22
- E. . . . . 11 E. S. E . . 14 S. E . . . 41 S. S. £. . . 34
- S........... 54
- S. S. W . . 158 S. W. . . 147 W. S. W . 45
- w . . . . m
- W. N. W.. 25 N. W. . . »
- N. N. W. . 19
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 4",4 ; moyennes diurnes les plus grandes : 7“,4 le l,r; 6”,9 le 26; 10",6 le 27; 10",3 le 28; les plus faibles : 0“,8 le 10 ; 1™,4 le 11 ; 1*,6 le 12. Vitesses les plus grandes : 11“ (S.-W.) le 21, à 4 heures du soir; 11“ (W.) le 26, de 10heures du matin à 1 heure du soir ; 13" (S.-W.) le 27, de 9 heures du matin à 1 heure du soir; 16" (S.-W. à W.-N.-W.) le 28, de 9 heures du matin à 2 heures du soir; maximum absolu, 18“ (tempête de S.-W.) le 28, à 11 heures du matin.
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 5",73 ; température -i- 2°,52 ; tension de la vapeur -t- 0*“,40; humidité relative — 5°,o ; nébulosité 0 ; pluie — 25“”,0.
- Floraisons : le 8, perce-neige ; le 21, saule marsault.
- PHASES DE LA LUNE ; P. L. le 13, à midi 22.m.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —jï— Le III0 Congrès de thalassothérapie s’ouvrira à Biarritz 1e 19 avril prochain. Cette manifestation scientifique semble assurée ti’un plein succès, d’autant plus que le XIVe Congrès de médecine de Madrid ayant lieu, quelques jours plus tard, beaucoup de ses membres doivent assister, en passant, au Congrès de Biarritz. Plusieurs expositions auront lieu dans le local même de la salle des -séances et notamment une Exposition internationale d’hygiène et de sauvetage, produits et appareils intéressent le Congrès : arts médicaux et pharmaceutiques, hygiène générale, alimentation, engins de sauvetage, sports, ambulances, etc.
- —Le XIVe Congrès international de médecine se tiendra à .Madrid du 23 au 30 avril. Les préparatifs d’organisation avancent rapidement; le Comité exécutif central est secondé par 40 comités •de propagande dans les provinces espagnoles et 32 comités à l’étranger. Jusqu’ici, 4000 médecins espagnols et 1500 étrangers sont inscrits et l’on estime que le nombre total des inscriptions dépassera 6000. Les Universités, les Municipalités, les Sociétés médicales des divers pays enverront des délégués scientifiques au Congrès de Madrid.
- —®— Le géologue américain Hovey a constaté que les éruptions de la Soufrière, le volcan de l’île de Saint-Vincent, ont causé des modifications géologiques importantes. Les cendres projetées ont rongé les flancs des "montagnes, notamment dans les vallées de Wallibou et de Babacca. On évalue à 25 millions de tonnes la quantité de cendres tombées dans le Wallibou. M. Hovey pense que l’état actuel du volcan est un peu plus actif qu’il ne l’était entre le 23 mai et le II juin 1902. Cependant, on ne saurait affirmer que cette activité annonce une nouvelle éruption. La zone dangereuse s’étend sur un rayon de 8 kilomètres autour du volcan.
- —Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. Paul Wallerstein. décédé subitement à Arès, dans la Gironde. M. Wal-lerstein était président du conseil d’administration des chemins de fer des Bouches-du-Bhône. Il avait été administrateur délégué de la Société des téléphones et, en cette qualité, avait dirigé personnellement les expéditions en mer pour la pose des câbles de New-York à Cap Haïtien et de Brest au Cap Cod.
- —#— Il vient de mourir à Brive, à l’âge de 71 ans, un des promoteurs de la science préhistorique, M. Elie Massénat. Ses découvertes d'objets de la période de la pierre taillée et de l’époque du renne attirèrent sur lui l’attention des savants, et le musée de Saint-Germain-en-Laye a été enrichi par lui de nombreuses pièces.
- —®— Nous avons parlé du musée si curieux formé par Mme Dennery dans les nos 1299 et 1501. Nous sommes heureux d’annoncer que le Conseil d’Etat a enfui donné son approbation au projet de décret et a autorisé le ministre de l’Instruction publique et des beaux-arts, au nom de l’Etat, à accepter les legs de M. Adolphe Dennery. On sait que ces legs se composent d’un hôtel situé avenue du Bois-de-Boulogne, n° 59, et d’une collection d’objets d’art chinois, japonais ou d'Extrême-Orient. En outre, M. Dennery a légué à l’Etat un titre de rente française 3 pour 100 de 16000 francs dont les arrérages serviront chaque année aux dépenses d'entretien et de matériel d’un musée à créer dans l’hôtel, ainsi qu’au traitement du personnel. Nous aurons donc bientôt, avenue du Bois-de-Boulogne, le musée Dennery.
- —®— Des expériences importantes relatives à la sécurité des chemins de fer ont été entreprises dernièrement à Bordeaux par la Compagnie des chemins de fer du Midi. On a d’abord établi dans la gare de Bordeaux un poste d’aiguillage électrique pour assurer les multiples mouvements des trains. Dans ces nouvelles dispositions
- dues à M. Bleynie, sous-chef de l’exploitation de la Compagnie du Midi, et à M. Ducousso, ingénieur civil, on remplace, pour chaque passage de train, par la manœuvre d’un seul levier, les manœuvres successives, parfois assez nombreuses et longues, de plusieurs leviers que nécessitent les systèmes actuels; de plus, grâce à un contrôle électrique permanent, l’aiguilleur est averti de tout dérangement, dès qu’il s'en produit un, dans les appareils ou dans leurs transmissions. La seconde installation, faite sur la ligne de Bordeaux à Langon, a pour objet d’assurer la sécurité d’un train en marche; elle comporte un système de signaux qui fonctionnent automatiquement par l’électricité, pour se fermer au passage de chaque train et s’ouvrir devant le train suivant, mais seulement si la voie est libre. Ce block-system automatique est appliqué en Amérique depuis plusieurs années.
- —®— La statistique de la consommation des allumettes et du tabac présente des chiffres curieux. En 1992, la vente de 58 milliards d’allumettes a procuré un bénéfice de 23 713 247 francs. Les allumettes en cire figurent dans le chiffre total de la fabrication pour 1 milliard 331 millions; les allumettes en bois ordinaire, pour 23 milliards 729 millions; les allumettes en bois exigeant l’emploi d’un frottoir, pour 13 milliards. Les matières premières employées sont les suivantes : 5142 mètres cubes de bois , 828 682 kg de soufre, 23000 kg de sesquisulfure de phosphore, 10377 kg de phosphore amorphe, 186 719 kg de chlorate de potasse, 53 580 kg de colle forte, 27 000 kg de gomme du Sénégal, enfin 39 590 kilomètres de bougie filée. Les recettes du monopole des tabacs se sont élevées à 415 millions, qui ont laissé un bénéfice net de 352 millions et demi. Il a été vendu 2 623253 kg de cigares, 1 846407 kg de cigarettes, 27 873 622 kg de scaferlatis, 1 084 465 kg de carottes et 4 854 839 kg de poudre à priser. Le taux moyen de la consommation individuelle du tabac a été de 980 grammes, représentant une dépense d’environ 11 francs. C’est dans le département du Nord qu’on fume le plus : 2518 grammes par habitant; dans la Lozère qu’on fume le moins : 399 grammes. Les Parisiens fument, prisent pour 19,r,26 chacun.
- —®— Le commandant du steamer Sokoto, qui fait le service de la malle ouest-africaine, a déclaré, à son arrivée à Plymouth, le 20 mars, qu’il avait rencontré, pendant huit jours, sur la côte ouest de l’Afrique, le temps le plus mauvais qu’il ait jamais vu depuis vingt-deux ans. L’atmosphère était tellement chargée de sables qu’il était impossible de lire en plein jour sans lumière. Il en avait déjà été ainsi le 21 février. A Grand-Canarie, la digue a été enlevée par la tempête et vingt-cinq navires ont été naufragés.
- —<S>— Des essais de balayage humide ont été faits récemment à Paris par les soins du service de la voirie. On s’est souvent plaint, et surtout les jours d’été, de la poussière que soulèvent sur leur passage les balayeuses municipales. Pour supprimer cette poussière, on a résolu de fixer un réservoir plein d’eau contre le siège du cocher. If sert à humecter légèrement mais constamment la brosse cvlindrique placée sous la voiture; la poussière, alourdie, ne s’èlôxe plus en tourbillonnant derrière la balayeuse.
- —®— Le 19 mars, dans la matinée, deux soldats ravitailleurs du poste de Turra, près de Lans-le-Bourg, non loin de Chambéry, ont été surpris par une énorme avalanche et entraînés jusqu’au fond d’un ravin. Le capitaine Calvet prévenu monta aussitôt avec cinquante hommes et le major Truchot. Ils sont parvenus avec peine à délivrer les soldats.
- —®— Parmi les conscrits de cette année, se trouve à Malzy, canton de Guise, dans le département de l’Aisne, un jeune homme, Pierre-Auguste Frénois, qui est l’aîné d’une famille de 17 enfants vivants, 9 garçons et 8 filles. Le père est âgé de 62 ans et la mère de 40 ans.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour les motocyclettes, s’adresser chez MM. Buchet, rue de Greffülhe, à Levallois-Perret ; Leclercq (Brutus), 25, rue Germain-Pilon, à Paris ; Givaudan, -40, rue Sainte-Geneviève, à Lyon ; Popp, 26, rue Vignon, à Paris ; Brousset, 5, rue Leprince, à Nogent-sur-Marne; Le Bichrone, 28, rue Demours, à Paris; Georgia Knap, mécanicien, à Troyes; Auto-fauteuil Gauthier et Cie, 59, avenue Saint-Gervais, à Blois; Motocyclette Stimula, ateliers de la Grosne, par Cormatin (Saône-et-Loire); « The Royal », Chaufourier et fils, 8 et 10, rue de Palikao, à Paris.
- — Pour les machines à scier, s’adresser à MM. Ransome and C% Wood-Working-Machinery Builders, Newark on Trent.
- — Dessinateur universel: M. Mahan, ingénieur, 51, avenue Montaigne, à Paris.
- Communications. — M. Grimer, de Berne, nous transmet quelques observations météorologiques faites par lui en Suisse, et d’où il résulterait que les lueurs crépusculaires sont en connexion avec la nouvelle lune. Les couchers de soleil observés “depuis le 18 décembre 1902 jusqu’au 5 février Î905 étaient accompagnés de colorations très intenses queM. Gruner attribue à des masses de poussières projetées en l’air par l’éruption de la Montagne Pelée à la Martinique. Toutefois, comme ce dernier phénomène a eu lieu en mai 1902, on peut se demander comment des poussières, même ténues, ont pu rester si longtemps en l’air, malgré les vents et les pluies.
- Le lieutenant de vaisseau Francesco Spalazzi, de lamarine royale italienne, nous a envoyé une brochure intitulée « Radio-télégraphia », où il expose l’état de la question de la télégraphie sans fil, d’après les plus récentes découvertes; il fait une description très claire des différents appareils qui servent à l’application de la découverte de Marconi, et termine en exposant, d’après les vues de l’inventeur, les raisons qui empêchent de télégraphier sans fil à plus de 700 milles pendant le jour, tandis que pendant la nuit cette distance peut être portée à 1550 milles.
- M. Georges Ducloux, à Bordeaux, nous fait remarquer que la communication parue dans le n° 1555, du 14 mars 1905, sur ses recherches œnologiques, attribue au violet la propriété de donner de la couleur au vin, tandis que c’est le jaune qui possède cette qualité. C’est une fausse interprétation d’un graphique qui nous a fait commettre cette erreur.
- La commission météorologique du Calvados nous envoie son bulletin mensuel dans lequel nous trouvons à noter divers faits qui ont été observés pendant le mois de février. La pression atmosphérique a été constamment élevée : elle s’est maintenue au-dessus de 760 millimètres, avec un maximum de 781 millimètres. La pluie a été rare, et n’a pu atteindre que 50 millimètres, soit les deux tiers de la quantité normale : on peut en déduire que l’année 1905 sera sèche. L’Orne a baissé d’une manière insolite. Les memes irrégularités ont été notées dans la température dont la moyenne a été de 6°,59, soit 1°,59 de plus que la moyenne habituelle. Enfin un phénomène singulier a été observé à Ronfleur où, le 28 février, la marée s’est élevée à lra,05 au-dessus de la cote annoncée.
- M. Cordingley et Cie, propriétaires du « Motor car Journal », organisent à Londres une Exposition de l’Automobile, qui durera du 21 au 28 mars 1905.
- Renseignements. — M. E. B., à Saragosse. — Les lampes à osmium permettent de réaliser une économie de 56 pour 100 sur l’énergie dépensée. Il faut s’adresser à la Société française
- d’incandescence par le gaz, 147, rue de Courcelles, à Paris, et à la Compagnie allemande Gasglühlicht Aktiengesellschaft, alte Jakobsstrasse, 159, à Berlin.
- M. E. Ballot, à Châteaudun. — La maison Ruggieri, 94, rue d’Amsterdam, à Paris, pourra vous fournir ces indications.
- M. Terquem, à Paris. — Veuillez consulter le volume de l’Encyclopédie Roret, intitulé Conserves alimentaires : en vente à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, Paris.
- M. P. V,, à B. — Les constructeurs marquent leurs objectifs de signes conventionnels qui varient suivant chaque maison : il faut donc vous renseigner auprès du fabricant.
- M. Gaétan Chauvigné, à Tours, —r Nous ne connaissons pas-de produit répondant à votre désir.
- Orphelinat Prévost, à C, — Les algues et fucus fournissent un engrais très riche, mais d’un prix de*revient très élevé.
- M. A. B. C., à Paris. — Nous ne connaissons pas d’autres-lampes à arc répondant à ces diverses conditions.
- M. Duc, à Nîmes. — 1° L’adresse de M. Gandillot est 145, boulevard Péreire, à Paris. — 2° Voyez les Comptes rendus de-l’Académie des sciences diT 2 mars 1905, et les Comptes rendus de la Société de Biologie, 1905, p. 221. Vous pourriez vous mettre en relations avec M. le Dr Nicloux, au Muséum d’histoire naturelle, à Paris.
- M. Ch. Petit, à Paris. — Les brevets Hervé sont exploités-par la Compagnie d’éclairage et de chauffage par le gaz acétylène, 29, rue de la Victoire, à Paris.
- M. le commandant Walter, à Rueil. — L’adresse où l’on peut se procurer l’afrescolithe a été donnée en tète de la boîte aux lettres du n° 1555, du 14 mars 1905.
- M. M. Savon, frères, à Tunis. —- Nous vous adressons d’autre part les n08 137 et 577, où vous trouverez les renseignements que vous cherchez. Le plus simple, pour vous procurer un appareil Mouchot, serait d’écrire à M. Abel Pifre, constructeur, 174, rue de Courcelles, à Paris.
- M. Brunet, à Paris. — Il nous a été impossible de savoir ce qu’est devenue la grande lunette de l’Exposition.
- M. C. B., à X... —.Nous croyons que l’accident arrivé à votre alcool est sans remède. Toutefois vous pourriez consulter le Manuel de Distillation des vins, de l’Encyclopédie Roret : librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Sainte-Claire Deville, «au Caire. — Nous n’avons d’autres-renseignements que ceux que nous avons donnés : adressez-vous à M. Hellberger, à Munich.
- M. E. Genty, à Paris. — Le journal Photo-Gazette, 5, rue Racine, à Paris, vous renseignera à ce sujet.
- M. A. Cote, à Tarare.—Adressez-vous à la maison Dumont, 55, rue Sedaine, à Paris.
- M. de Montmartin, à Paris. — Nous avons donné en tète de la Boîte aux lettres du n° 1520, du j,2 juillet 1902, une série d’adresses d’appareils de chauffage à l’alcool.
- M. F. Ortmans, à Bruxelles. — 1° Nous n’avons pas reçu votre première lettre. — 2° Les substances contenues dans (es portefeuilles électriques sont probablement des poudres phosphorescentes; nous avons fait connaître plusieurs formules dans les Becettes et procédés utiles, lre série, à la librairie Masson et Cie. — 5° On obtient de bonnes piles sèches en prenant des piles Leclanché ordinaires, dans lesquelles le liquide est remplacé par une pâte à la gélosine et au chlorhydrate d’ammoniaque. — 4° Les piles zinc-charbon ne vous permettront pas d’avoir cet éclairage; il faut prendre des piles Leclanché.
- M. de Parfouru, à Servigny. — Les maisons suivantes pourront vous renseigner : M. Bécot, 25, rue La Quintinie, à Paris;' M. Bordenave, 101, rue Miromesnil, à Paris; M. Carré, 12, rue La Boétie, à Paris.
- M. Schaller, à Paris. — En tète de la Boîte aux lettres du n° 1555, vous trouverez l’indication du fabricant des tonneaux en liège.
- M. G. Fleury, à Aix. —- La Société française du nettoyage sanitaire par le vide, 80, rue Taitbout, à Paris, vous donnerait d’utiles indications, à ce sujet.
- M. Bourrieux, à X. — 1° On n’a pas constaté jusqu’ici de goût particulier; mais pour être fixé définitivement, il conviendrait de faire des expériences très suivies. — 2° Ces légumes ne pourraient être employés dans le but que vous indiquez.
- Question. — Na 1262. — Un de nos abonnés désirerait entrer en relations avec un sourcier, c’est-à-dire une personne qui, au moyen d’une baguette de coudrier, passe pour reconnaître la présence des sources cachées dans le sol. Prière d’adresser les communications à la Rédaction.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants gui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux Lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- BULLETIN ASTRONOMIQUE
- Dressé à l’Observatoire de Paris, d’après les publications du Bureau des longitudes
- AVRIL-MAI-JUIN 1903. — POSITION DES PRINCIPALES PLANÈTES.
- PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ASTRONOMIQUES
- 1903.
- Avril
- Occultation* des Étoiles par la Lune, visibles à Paris.
- Nom de l'astre.
- 3 150 Taureau.
- 6 A1 Ecrevisse.
- 6 A* Ecrevisse,
- fi 60 Ecrevisse.
- 9 u Lion.
- 10 4200 B.A.C.
- 10 4225 B.A.C.
- 10 f Vierge.
- 23 11 Poissons.
- Grandeur. Immersion.
- Temps moyen.
- 5.8 7 h. 4 m, 6
- 5.9 5 li. 56 m, 0
- 6,1 8 h. 2i m, 6
- 5,6 12 h. 56 in, 9
- 4.4 12 h. 7 m, 2
- 6.3 10 h. 9 ni, 9
- 6.5 12 li. 38 m, 4 5,9 16 h. 3 in, 0
- 6.4 *15 h. 19 m, 0
- Émersion. Temps moyen
- 7 )i. 56 m, 7 li. 5 ni, 9 h. 25 m, 13 h. 48 m,
- 12 li. 34 ni, 11 h. 23 m,
- 13 h. 49 », 16 h. 36 m, 16 li. 18 ni,
- 1903.
- Mai
- Juin
- 2
- 3 7
- 11
- 12
- 14
- 19
- 19
- 23
- 29
- 2
- 4 7 7 9
- 13
- 16
- 27
- Nom de l’astre.
- 68 Gémeaux. 2872 B.A.C. 4155 B.A.C.
- Ç* Balance, y Ophiucus. Y Sagittaire, p Verseau. 7804 B.A.C.
- 511 B.A.C.
- X Gémeaux. p* Lion.
- 4294 B.A.C.
- Ç* Balance.
- Ç3 Balance. 29 Onhiucus. 70*3 B.A.C. 7986 B.A.C.
- 60 Ecrevisse.
- Grandeur. Immersion.
- Temps moyen.
- Émersion, Temps moyen.
- 5.5
- 6.4
- 6.5
- 5.8
- 4.6 var
- 5.3
- 6,2
- 6.6
- 5.8
- 5.8 6.6 6.0 6.0
- 6.8
- 6.4 5,9 5,6
- 7 h.
- 8 h.
- 13 h.
- 7 h. *8 li. 15 h. 15 h.
- 14 h.
- 15 li.
- 9 h. 10 h.
- 8 h. 15 li. 14 h.
- 7 h. 12 h. 14 h,
- 8 h.
- 58 m,
- 56 ni, 55 m, 42 m, 15 m, 42 m, 15 m, 55 m, 22 ni, 15 m,
- 0 m, 29 m, 41 ni, 45 m, 24 m, 37 m, 18 ni,
- 57 ni,
- 7 8 h.
- 3 ippulse i 5 14 h.
- 7 Appo se à
- 9 h. ippulse b
- 8 Ippulsel 16 h.
- 15 h. 9 h.
- 10 h. 9 h. 14 h. *15 h.
- 8 h. 13 h.
- 16 h.
- 9 h.
- 42 ni, 4
- tl'S du tord.
- 51 ni. 7 5 0 do bord.
- 12 m, 5 0 7 du bord. 4’1 du burd.
- 8 m, 1 59 ni, 1 19 m, 7 56 ni, 7 41 ni, 2 24 m, 5 49 ni, 9 15 ni., 1
- 13 ni, 7 6 ni, 6
- 21 m„ 2
- * L’étoile est sous l’horizon.
- L’étoiU est sous l’horizon.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- (V8
- Satellites de Jupiter.
- OCCULTATIONS.
- ECLIPSES.
- 1 oor. Satellites. Immersion. Emersion. Commencement.
- Mai. 15 I 15 b. 27 ni.
- —. 29 I loti. i2 m. 52 s.
- Juin 2 III lib. 59 m.
- 6 It 14 b. 17 m.
- 7 I 15 li. 44 m.
- . 10 IV 15 li.
- 13 Il 14 h. 9 m. 14 h.
- 14 I 13 h. 59 m. 29 s.
- 16 III 141). 9 ni. 34 s.
- 20 11 13 li. 59 m. 19 s.
- 23 I 14 b. 1 ni.
- — 30 I 12 li. 16 m. 20 s.
- Eclipse partielle de Lune, le 11 avril 1903
- Fin.
- G m. 47 s.
- visible à Paris.
- Temps moyen de Paris.
- Entrée de la Lune dans la pénombre, 11 avril............... 9 h. 55 m. 8.
- Entrée dans l’ombre, 11 avril..............................10 h. 43 m. 8.
- Milieu de l’éclipse, 11 avril..............................12 h. 22 m. 4.
- •Sortie de l’ombre, 11 avril...............................14 b. 0 m. 9.
- Sortie de la pénombre, 11 avril..........:...............15 h. 9 m. 1.
- Grandeur de l’éclipse = 0,973, le diamètre de la Lune étant un.
- RECETTES ET PROCÉDÉS ÜTILES
- Conservation des fleurs de Pivoines. — Nous empruntons à un journal spécial d’art floral : Die Bindekunst, une recette intéressante pour conserver quelque temps les fleurs de Pivoines : On coupe les boutons au moment où ils sont sur le point de s’ouvrir, on les enveloppe dans du papier de soie, on plonge les tiges dans l’eau et on place les vases dans une cave très froide. Lorsqu’on désire avoir des fleurs, il suffit de retirer de la cave les boutons de Pivoin is et de placer leurs tiges dans une eau nouvelle après en avoir rafraîchi l’extrémité. L’épanouissement ne tarde pas à se produire.
- Teinture pour faux acajou. — Pour donner à dubois l’apparence d’acajou, on conseille d’en frotter d’abord la surface avec une solution d’acide nitreux, puis d’appliquer au pinceau la solution suivante, que l’on filtre avant emploi : 30 grammes de sang-dragon, 25 grammes de carbonate de soude, le tout dans 500 grammes d’alcool.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 49-,30). — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTtox ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 16 mars . . . 6%5 S. S. W. 2. Couvert. 1,9 Très nuag. ; pluie à diverses reprises.
- Mardi 17 - ÜM S. 2. Beau. 0,4 Gelée bl. ; beau le matin ; puis peu nuag. ; couv. après 15 h. ; gouttes dans la soirée.
- Mercredi 18 10\4 S. S. W. 5. Couvert. 1,6 Couvert jusqu’à 13 b.; puis nuag.; beau après 17 li.; quelques averses.
- Jeudi 19 1°,9 S. S. W. 5. Beau. 1,5 Gelée blanche ; beau jusqu’à 9 h. ; nuag. ensuite.
- Vendredi 20 3% 7 S. S. W. 2. Beau. 0,0 Gelée bl.; très nuag. ou couv. de 8 à 19 h. ; beau avant et après.
- Samedi 21 — 0-.9 Calme. Beau. 0,0 Gelée blanche; beau.
- Dimanche 22 ... . 4°,9 S. S. W. 3. Beau. • 0,0 Gelée blanche ; beau.
- MARS 1903. — SEMAINE DU LUNDI 16 AU DIMANCHE 22 MARS.
- Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I Dimanche
- La courbe supérieure indique la nebulosilè de U à 10: les flèches inferieures, la direc ion du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe e/uusse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, a i ir-’eau de la mer), courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en p iintiilr.'lherinom^lrr à l'abri ù boule mouillée
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. —Le 16 mars, à 8h 20 du soir, on a ressenti une secousse de tremblement de terre à Fermo (Italie). Des secousses du sol ont eu lieu dans la nuit du 21 au 22'mars dans la région de Fois, et Tarascon, en France.
- Pluies. — Des pluies sont tombées en abondance dans toutes les contrées. Le 16 mars, on en signalait dans l'ouest et le sud de l'Europe. En France un veut violent a souftlé sur la côte de Provence, où l’eau n’a cessé de tomber. A Perpignan, on a recueilli 45 mm d’eau ; à Nice, 20 mm ; à Marseille, 12 mm; à Paris, il est tombé une série d'ondées dans l’après-midi et dans la soirée. Le 17 mars, il a également plu à Paris dans la soirée; les pluies ont été générales dans l'ouest et le sud de l’Europe et dans la partie nord de la France. Le 18 mars, des pluies sont tombées sur le centre
- et l’ouest de l’Europe ; en France, on a recueilli 20 mm d'eau à Nancy, 13 mm à Besançon, 2 mm à Paris, 2 mm à Dunkerque, 2 mm au Mans.
- Température. — Dans la semaine, la température a subi une série de variations, en restant cependant plutôt un peu élevée à Paris. Le 16 mars, dans la matinée, on notait 0° à Paris, 13° à Alger, —12° au pic du Midi, —13° à Moscou; la température moyenne à Paris était de 6",7, avec un maximum de 11°,6 et un minimum de O1,9. Le 17 mars, la température s’est relevée sur nos régions; dans la matinée, elle était de 10° à Paris, de 2° au Puy-de-Dôme ; dans la journée à Paris le minimum était de 7°,3. Le 18 mars, la température s’est abaissée ; dans la matinée elle était de — 1® à Belfort, 2® à Paris, — 4° au Puy-de-Dôme. Le 19 mars, temps beau en France; le matin, 41 à Paris, — 2° à Clermont, température movcnne à Paris 7°,2. Le 20 mars, dans la matinée, 0° à Paris, — 6° au mont Maunier, — 1° au pic du Midi.
- PHASES DE LA LUNE : 1'. O. le il, à 2 li. 17 m. du matin.
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- N° 1558 (4 aoril 1903) du journal, « LA NATURE »
- M. HENRI DE PAR VILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Mougeot, ministre de l’Agriculture, a institué récemment une mission chargée de faire l’inventaire des hautes chutes -en pays de montagne et d’étudier les questions relatives à leur utilisation en vue de la production de la force motrice. Le ministre de l’Agriculture, en prévision de l’extension que l’emploi de l'énergie hydro-électrique est destinée à prendre, veut se mettre en mesure de pouvoir renseigner avec précision les intéressés, services publics ou particuliers, sur l’importance des réserves de force motrice que représente chaque cours d’eau. La mission doit s’occuper d’abord de la région des'Alpes; puis elle étendra ses opérations <tux Pyrénées et successivement aux autres massifs montagneux.
- —®— Depuis quelque temps on remarque sur le soleil une grande tache de 30 000 km de diamètre devenue visible à l’œil nu. Au mois de février également, le 17, une tache de grosseur moyenne a passé au méridien central.
- —®— M. Lacroix vient d’arriver à Paris après un séjour de plus de six mois à la Martinique. Il rapporte plusieurs caisses d’échantillons et de nombreuses photographies. Il rendra prochainement compte de sa mission à l’Académie des sciences. La Montagne Pelée continue à envoyer dans l’air des tourbillons de fumée.
- —Notre collaborateur M. le Dr Capitan vient d’être nommé, après présentation à I’unanimité, membre du Comité des Travaux historiques et scientifiques du ministère de l’Instruction publique, en remplacement du regretté M. Alexandre Bertrand, membre de l’Institut, Section d’archéologie.
- i .es Australiens se préoccupent, en ce moment, de trouver un emplacement pour leur future capitale qui ne soit pas à' moins de 160 kilomètres de Sydney. Une Commission a été nommée et son rapport laisse le choix entre trois points différents : Yass, sur la Murrombidgee ; Bombala, près du cap Ilowe, au sud de la colonie, et Orange à 200 kilomètres ouest de Sidney. Le journal australien à qui nous empruntons cette nouvelle assure que les membres du Parlement fédéral se transporteront sur les lieux pour se former une opinion. Un fantaisiste avait proposé que le gouvernement siégeât alternativement, par périodes de trois ans, à Melbourne et à Sidney.
- —@— On annonce la mort, à Sceaux, de M. Emile Baudot, ingénieur des télégraphes, l'inventeur du télégraphe multiple.
- —®— L’Administration des Postes vient de publier une statistique que nous signalons aux personnes qui s’étonnent que leurs lettres n’arrivent pas toujours régulièrement. Nous empruntons à cette statistique les renseignements suivants: pendant l’année 1901, 93 020 lettres égarées ont été réclamées; sur ce nombre 35 202 ont été perdues définitivement. Pour les imprimés, journaux, échantillons, 24960 réclamations ont été reçues; 17 755 sont restées sans résultat. Si l’on songe que pendant cette année l’Administration des Postes a reçu deux milliards quatre millions d’objets, les chiffres que nous venons de citer ne paraissent pas aussi élevés qu’ils en ont l’air à première vue.
- —9— Des expériences ont été faites récemment par Schaible sur l’Influence que peut avoir une diminution.de pression sur la germination des graines et la croissance des plantes. La dépression employée pendant ces essais était généralement d’un quart d’atmosphère. Il est arrivé à cette conclusion que la croissance se fait plus vite, que la germination est au contraire plus lente et que les plantes ainsi soumises à cette dépression laissent exsuder des gouttes d’eau de leurs feuilles.
- —9>— On a été surpris quand on a vu certains des transatlantiques allemands marcher couramment à plus de 22 nœuds;
- ce furent ensuite des allures en service de 23, de 231/2 nœuds, et le dernier navire lancé par le « Norddeutscher Lloyd » va' franchir l’Atlantique à raison de 24 milles à l’heure. Les Anglais, après avoir hésité longtemps à suivre leurs concurrents dans cette voie, veulent, eux aussi, atteindre ces vitesses énormes, et la fameuse Compagnie Cunard a résolu de mettre en service, vers le milieu de 1905, deux paquebots gigantesques, dont les machines développeront 60 000 chevaux, qui auront 221m,64 de long, déplaceront 32 000 tonnes, et seront munis de 5 hélices qui leur imprimeront une allure de 25 nœuds (ou de 25 milles à l’heure), c’est-à-dire qu’ils marcheront à 46,3 kilomètres à l’heure ! '
- —®— La population de l’Empire chinois est actuellement de 426447 000 habitants, d’après la statistique officielle qui vient d’être publiée.
- —®— Certaines parties de l’Inde anglaise, notamment la côte de Malabar, sont infestées de chiens sauvages [cnon rutilans) qui commencent à inquiéter sérieusement les habitants par leur audace sans cesse croissante. Jadis, ils n’attaquaient ni les hommes ni le bétail ; mais, depuis quelque temps, ils pénètrent jusque dans les villes, mordant les personnes et emportant les poulets, canards, dindons, etc. On cite même un jeune bœuf tué et dévoré par une bande de chiens sauvages. Les autorités se disposent à prendre de sérieuses mesures contré cet envahissement d’un nouveau genre.
- —®— La production des oranges en Californie pendant, l’annéç 1902 a été très favorable, et l’on estime à 23 000 wagons les envois faits vers les marchés du centre et de l’ouest : 75 millions de francs sont ainsi mis en circulation.
- —(§)— Un minérat des plus intéressants vient d'être découvert an Italie par M. L. Brugnatelli, qui lui a donné le nom d’artinite. C’est un carbonate hydraté de magnésium qui provient d’une décomposition du péridot.
- —®— Comme la glace ne paye pas de droits de douane en Amérique, des négociants avisés avaient imaginé d’y importer des eaux minérales congelées en blocs, qu’ils faisaient fondre ensuite pour les mettre en bouteille : malheureusement, la douane américaine a découvert cet ingénieux procédé et l’a interdit.
- —®— M. A. Durand, ancien administrateur colonial, a accepté de faire aux élèves des écoles communales des 4e et 20e arrondissements de Paris, une série de conférences sur les colonies françaises en général et sur Madagascar en particulier.
- —9— Un industriel alsacien, M. Keller-Dorian, est arrivé à établir un rouleau pour impression sur étoffes donnant 25 hachures au millimètre. L’intérêt de cette invention réside dans ce fait qu’on peut transmettre aux étoffes de satin cet aspect soyeux appelé par les Allemands « Silberglanz », et qui semble fort recherché. On n’avait pu obtenir jusqu’à présent qu’un maximum de 20 hachures par millimètre.
- —®— En présence des avantages considérables que l’acier au nickel offre à toutes sortes de points de vue, l’usage des rails faits de ce métal semble se vulgariser de plus en plus : voici la Compagnie américaine Pensylvania Railroad et plusieurs autres compagnies de chemins de fer de l’Union, qui viennent de commander aux fameuses usines Carnegie plus de 9000 tonnes de rails en acier-nickel. Ces rails, en dehors de la proportion accoutumée de carbone, contiendront 3 1/2 pour 100 de nickel. Il s’agit de rails lourds qui coûteront sans doute deux fois le prix ordinaire, mais que l’on estime devoir durer quatre fois plus longtemps que les rails classiques. Du reste, une des compagnies qui se lance le plus franchement dans cette voie, la Pensylvania Railroad Co, a, dès 1899, posé 300 tonnes de rails en acier-nickel, à Altoona, sur une des courbes les plus raides coïncidant avec une rampe très dure, et ces rails donnent les meilleurs résultats.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — M. Henri Bruyant, à Orbais-l’Ab-baye (Marne), nous écrit à propos de l’article de M. Dossios paru dans le n° 1554, du 7 mars 1903, pour corroborer les expériences de notre collaborateur par ses observations personnelles. Il avait commencé par placer un carton entre les deux yeux. Mais, au bout de peu de temps, cet artifice devint inutile et il put accommoder ses yeux à la vision stéréoscopique par un simple effort.
- M. Bruyant nous signale en même temps un cas d'intelligence remarquable d’une chatte, à qui l’on donne du lait dans un verre où elle a beaucoup de peine à boire. Mais elle a tourné la difficulté en trempant sa patte dans le liquide, et en la léchant jusqu’à ce que le verre soit vide.
- M. Aublanl, à Massay, a aussi répété les expériences de M. Dèssïos. Voici comment il opère : il place le carton portant les images stéréoscopiques le plus loin possible; il fixe le miliëu des imagés qui se dédoublent en quatre; il modifie l’éloignement jusqu’à ce qu’elles se superposent deux à deux et que l’on ait l’illusion stéréoscopique. On remarquera qu’il y a un croisement des deux images et que c’est l’œil droit qui perçoit celle de gauche et vice versa.
- M. le Dr Grimard, à Gauriac (Gironde), nous adresse la communication suivante : « Le 16 mars 1903. vers lh50 de l’après-midi, par un temps à grains et vents d’ouest, j’ai observé le phénomène suivant. Me trouvant sur un petit plateau à l’altitude de 50 mètres environ et tournant le dos au soleil, je voyais très nettement pleuvoir dans un vallon assez profond situé à 3km,500 environ de moi. Toute la masse d’eau qui tombait était brillamment colorée des couleurs de l’arc-en-ciel, violet en dessus, rouge en dessous; on percevait, en arrière de la chute de pluie, tous les détails d’une colline, mais colorés des sept couleurs. Le phénomène a duré très peu de temps, une minute environ, car le vent chassait le nuage avec une grande rapidité : le rouge a disparu le premier, puis, successivement, les autres couleurs, en dernier lieu un beau violet intense. J’ai été frappé : 1° par la forme du météore coloré, qui était celle d’une large bande horizontale occupant toute la portion comprise entre le fond du vallon et la face inférieure du nuage, avec, vers son centre, une légère convexité dirigée en haut ;, 2° par ses dimensions : la hauteur de la bande colorée m’a paru être de 150 mètres environ, par comparaison avec un moulin à vent situé dans la zone du phénomène, et sa longueur, repérée assez exactement sur la carte au moyen de deux villages bien connus de moi, était très approximativement de 2 kilomètres. »
- M. le D1 Romary nous a fait parvenir une brochure contenant d’intéressants renseignements sur une montagne de sel située dans le Djebel Amour (province d’Oran), sur les confins du Sahara. On rapprochera ces indications de celles que donnait M. E.-A. Martel sur une montagne de sel en Catalogne (voir n° 1512, du 17 mai 1902). Le sel du Djebel Amour est caractérisé par sa grande pureté : sa teneur eu chlorure de sodium, variable suivant les points exploités, varie de 90à99pour 10Ô. Aussi- est-il très apprécié des indigènes qui l’exploitent pour leur consommation et qui en font un commerce assez actif, en l’exportant dans tout le Sahara et dans les Hauts-Plateaux; son prix brut sur place est de 0rr,05 à 0fr,10 le kilogramme.
- Renseignements. — M. Dupont, à X. — Vous trouverez ces renseignements dans l’ouvrage La prospection des mines et leur mise en valeur, que M. Maurice Lecomte-Denis, ingé-
- nieur civil des mines, vient de publier à la librairie Schlei-cher frères et Cie, 15, rue des Saints-Pères, à Paris.
- M. P* V., à Strasbourg. — Renseignez-vous auprès de-M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch, à Paris.
- M. Noël, à Tunis. — Maisons vendant des machines à concasser la glace; Mm“ Yr“ Lambert, 90, rue Réberval, à Paris; M. Létang, 108, rue Yieille-du-Temple, à Paris; M. Soumet, 5, rue Debellevme, à Paris.
- Capitaine G. de M., à Antibes. — 1° 11 n’y a pas de formule générale. — 2° et 3° Nous ne pouvons vous répondre;, ces questions sortent de notre cadre.
- Abonné n° 4051. — Certaines parties de votre note sont incomplètes, du reste nous publierons prochainement un article-à ce sujet.
- M. Jeanson, à Saint-Avertin. — 1° Nous n’avons pu nous procurer l’adresse de la maison de Hambourg dont il est question. — 2° L’installation électrique peut être faite à part, sur le moulin à vent; adressez-vous à la Société « L’Eclairage électrique », 28, rue de Rome; à la maison Sautter Harlé et Cie, avenue de Suffren, à Paris ; à la maison Jacquet, à Vernon (Eure).
- M. Barafdte, à Bordeaux. — La bicyclette de côtes la. Svea est en vente chez M. Floquet, 3, rue de Choiseul, à Paris.
- M. Ludovico Bracci, à Jano (Italie).— 1° Pour le matériel de peinture à l’huile : M. Berville, 25, Chaussée d’Antin, à Paris ; M. Bourgeois aîné, 23, rue Croix-des-Petits-Champs, à Paris. — 2° Consulter le traité intitulé : Voitures automobiles, de MM. Milandre et Bouquet, Bernard, éditeur, 29, quai des^ Grands-Augustins, à Paris.
- M. C. S., à Clermont. — Pour la soudure de l’aluminium, veuillez consulter les Recettes et procédés utiles, série 4, p. 144, et série 5, p. 135, en vente à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Deguilhem, à Monbahus. — Maisons fabricant les stores, pour devantures : M. Amelot, 29, rue Grange-aux-BelIes, à Paris; M. Bellan, 33, rue Saint-Antoine, à Paris; M. Cauvin-Yvose, 55, rue de Lyon, à Paris.
- M. C.-B. K., à Paris. — Le n° 451, du 21 janvier 1881, vous indiquera un procédé très simple pour vous construire un trébuchet de précision.
- M. Pierre Lassalle, à Lyon. — La solution est bien simples en vase clos, on peut descendre à une profondeur quelconque, limitée cependant par la résistance de l’enveloppe, pourvu qu’il n’y ait aucune communication avec l’extérieur et que l’air nécessaire soit fabriqué à l’intérieur et que l'on absorbe l’acide carbonique de la respiration par la chaux.
- Abonné 3603. — Remerciements pour votre envoi ; mais nous ne pouvons rien insérer avant le mois de juillet.
- M. J. Maury, à Paris. — Les écoles d’électricité à Paris-et dans la banlieue sont les suivantes : Ecole supérieure d’électricité, 12 et 14, rue de Staël; Ecole municipale de physique-et de chimie, 42, rue Lhomond, à Paris; Ecole théorique et pratique d’électricité, 56, rue Ernest-Renan, à Issy (Seine). Institut Ampère, école professionnelle d’électricité, villa Cam-pan, 9, rue de la Yillette à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise).
- Un Socio, à Bilbao. — La poudre de pyrèthre de bonne qualité suffit à détruire les punaises, qui nichent principalement dans les bois de lits et les fentes de plancher.
- Un abonné, à Quiberon. — Lisez le volume de l’Encyclopédie Roret intitulé Danse, librairie Mulo, 12, rue Haute-feuille.
- M. Charles de Lemden, à X. — Cette couche rougeâtre est due aux poussières agglutinées par la transpiration ; l’alcool et l’éther la font disparaître en dissolvant la graisse qui en forme-la base.
- M. J. L., à Montauban. — 1° Employez l’acide chlorhydrique : vous consulteriez avec fruit le Manuel du graveur de l’Encyclopédie Roret; librairie Mulo, 12, rue Ilautefeuille. — 2° Nous n’en connaissons pas d’autre usage.
- M. Sibory, à Villeneuve-sur-Lot. — Nous ne connaissons pas de Manuel spécial : les maisons suivantes fabriquent des machines à broyer : M. Bodel, 5, rue du Louvre, à Paris; M. Carter, 34, rue de Dunkerque, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Galès, à Itoca-madour. L’office colonial est particuliérement à même de vous répondre. — M. H. C. .Y.,»à Lizieux. Le linge étendu sur l’herbe est blanchi sans altération du tissu. — M. Lesueur, à Vichy. La peinture au goudron remplira le but que vous vous proposez : dans la 5e série des Recettes et procédés utiles, p. 109, vous trouverez le mode d’emploi; librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PHOTOGRAPHIE
- Les photo-néga.
- Sous ce titre, MM. Poulenc frères viennent de préparer une série de clichés négatifs sur un papier spécial, qui remplacent les négatifs sur verre connus jusqu’ici. Ils ont des vues des monuments de Paris, de Versailles, de diverses villes, Cannes, Antibes, Nice, Monaco, Menton, etc. Ces papiers négatifs sont vendus à des prix très faibles; on peut dès lors, pour des
- trois degrés différents de sensibilité ; et chaque degré existe en brillant et en mat. On peut encore obtenir des images plus ou moins vigoureuses en employant un lavage à l’eau, ou un bain
- Fig, 2. — Ej-reuve du même cliché sur papier Rembrandt.
- de virage-fixage, ou deux bains séparés de virage et de fixage. On est donc presque assuré d’obtenir un résultat satisfaisant. Les figures 1 et 2 ci-jointes représentent les épreuves d’un même cliché obtenues avec du papier ordinaire et du papier Rembrandt. — Le papier « Rembrandt » se trouve chez M. G. de Corbin, Photo-sport, 22, rue Caumartin, à Paris.
- PETITES MENTIONS1
- Fig. 1. — L'Opéra de Paris. Cliché négatif sur papier.
- sommes modestes, faire des positifs et reproduire sur papiers ordinaires à un grand nombre d’exemplaires les principaux sites et les plus beaux monuments historiques de France. On peut former ainsi des collections intéressantes, faire des cartes
- Fig. 2. — L’Opéra de Paris. Cliché positif.
- Nettoyeur simple. — Les hygiénistes recommandent aujourd’hui d’essuyer la poussière et de la pren-yr dre dans un linge humide, mais d’éviter l’usage du balai et du plumeau qui ne font que déplacer la poussitre sans l’enlever. Le nettoyeur simple, que nous signalons, et qui consiste uniquement en un pied à fourche avec ressorts appropriés,
- ' facilite l’emploi,des tissus-éponge en chanvre tu J-i—«. en coton, ainsi que des torchons. On fixe
- J—pL ceux-ci dans les ressorts à l’extrémité du
- I \\ \ nettoyeur et l’on peut alors pas-
- /i^a\\\ scr Ie torchon sur les meubles,
- sur les murs, les vitres pour recueillir la poussière et la faire disparaître, en l’enlevant complètement — Le nettoyeur simple se trouve chez M. J.-G. Dumur, 188, rue de Rivoli, à Paris.
- Appareil CnTmen pour la captation «Tes poussières_____Tout le monde connaît les inconvénients de la
- .Nettoyeur simple.
- postales, faire des menus, obtenir en un mot de belles photographies avec des clichés incassables et souples. Les résultats sont très bons. Nous donnons dans la figure 1 une représentation du cliché négatif sur papier, et la figure 2 fait voir le cliché positif qui résulte du tirage au châssis. Ces nouveaux
- Ïhoto-néga permettront à de nombreux amateurs de réunir une elle collection des vues les plus intéressantes de notre pays sans se déranger et sans s’exposer à tous les aléas que présente la confection de bons négatifs. — Les photo-néga se trouvent aux établissements Poulenc ^frères, 92, rue Vieille-du-Temple, Paris.
- Papier Rembrandt pour clichés gris.
- Il arrive souvent que pour des causes diverses on obtienne des clichés gris, voilés même, ne pouvant donner aucun
- Appareil Culinen. Mode d’emploi.
- Fig. 1. — Épreuve d’un cliché gris sur papier ordinaire.
- résultat. Un nouveau papier, qui porte le nom de « Rembrandt », et qui est un papier sensible à la celloïdine permet cependant de faire de bonnes épreuves. Il est préparé sous
- poussière ; mais malheureusement tout le monde ne connaît pas les moyens de s’en débarrasser. On croit la faire dispu-
- 1 La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- raître en époussetant les objets sur lesquels elle s’est déposée ; •elle n’a fait que changer de place, elle reste en suspension dans l’air et va se déposer de nouveau sur les objets. L’appareil Culmen, que la figure ci-jointe représente, permet de recueillir la poussière et de l’enlever. 11 consiste en un aspirateur en forme d’accordéon mû à la main sur lequel est fixée une boîte qui contient de la ouate à l’état très divisé; cette boîte communique à l’aide d’un tube flexible à un plumeau-balai. Au
- fur et à mesure qu’elle est déplacée par le plumeau, la poussière est entraînée par l’aspirateur dans le corps de l’appareil, où elle est retenue sur la couche de ouate. Lorsque la ouate est imprégnée dépoussiéré, il faut la détruire, et le plus prudent est de la jeter dans le feu. Il existe deux modèles de cet appareil à soufflet aspirateur. On pourra l’essayer pour la captation des poussières dans les appartements. — Les appareils Culmen se trouvent chez M. J. Guimard, 28, boulevard du Temple, à Paris.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50 ",30) — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 23 mars . . . 7’,0 S. 2. Beau. » Gelée bl. ; halo solaire; peu nuageux.
- Mardi 24 7",3 W. 2. Nuageux. 0,1 Halo solaire; très nuag. le matin ; peu nuag. le soir.
- Mercredi 23. . 9’,5 S. 3. Presque couvert. • » Rosée ; nuageux.
- Jeudi 26 8",8 S. 2. Couvert. 0,6 Petite pluie le matin ; très nuageux.
- Vendredi 27 10”,3 S. S. E. 2. Couvert. 0,4 Pluie fine et gouttes à diverses reprises. Très nuageux.
- Samedi 28 8%1 S. W. 4. Couvert. » Petite pluie à 12 h. 35 et 20 h. ; presque couv.
- Dimanche 29 ... . 7%0 S. W. 2. Beau. 0,1 Rosée: très nuageux.
- MARS 1903. — SEMAINE DU LUNDI 23 AU DIMANCHE 29 MARS.
- La tourbe supérieure indique La nébulosité de 0 a 10. les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent, courhe épaisse, les pressions barométriques Ibaromètre ramené a 0, an m«eau de la mer), tourbe plus mince, thermomètre à l'abrt à boule setht, courbe en pointillé, lherinnm;’lrr à l'abri à boule mouillée
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Le 23 mars, dans la matinée, à Cuneo, en Italie et dans les environs, il y a eu une secousse de tremblement de terre, qui n’a causé aucun dommage.
- Le 2o mars, on a ressenti dans toute l’Angleterre, mais surtout à Alfretou, dans le Derbvshire, trois secousses de tremblement de terre. La vaisselle a été brisée dans plusieurs maisons. Les cheminées sont tombées. Les fils téléphoniques ont été dérangés. On a constaté aussi une forte secousse à Ashburne, dans le Derbyshire. Le même fait s’est produit à Leck, dans le StatTordshire où on a ressenti deux secousses.
- Le 28 mars, à Brest, a eu lieu une secousse de tremblement de terre, ' qui a rappelé celle qui s’était déjà produite le 7 février ; elle a duré environ 10 secondes et avait une direction du sud-ouest au nord-est.
- Tempêtes. Pluies. — Le 23 mars, une dépression s’est avancée sur les Iles-Iîritanniques; le baromètre est descendu de 14 mm aux Açores. Des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques et la Scandinavie ; en France, on a recueilli, dans le nord-ouest, 4 mm d’eau à Boulogne, 3 à Lorient, 1 à Brest. Dans l’après-midi du 23 mars, une violente tempête du sud-ouest s’est abattue sur Brest. Le veut n’a cessé de souffler avec violence, la mer a été complètement démontée au large. La rade de Brest a été consignée ; de nombreux navires de commerce sont venus se réfugier dans les baies environnantes. Dans la nuit du 23 au 24 mars, une violente bourrasque a éclaté à Dunkerque, et deux bateaux de pêche, montés chacun
- par trois hommes et un mousse, se sont perdus corps et biens. A Périgueux, dans la nuit du 2 > au 26 mars, le vent qui soufilait avec force depuis quelques jours, a pris une violence extraordinaire. Beaucoup d’arbres ont été arrachés ou cassés ; ceux qui étaient déjà en fleurs ont particulièrement souffert. Aucun accident de personne. Les hirondelles,'dont quelques-unes s’étaient montrées dès le 10 mars, ont disparu. Ces oiseaux sont en retard d’une dizaine de jours sur les années précédentes. Le 23 mars, des pluies sont tombées sur l’ouest de l’Europe ; en France, on a recueilli 7 mm à Nantes, 3 mm à Cherbourg. Le 26 mars, il est tombé 22 mm d'eau à Nice, 12 mm à Biarritz, 7 mm à Cherbourg, 1 mm à Paris. Le 27 mars, on a recueilli 16 mm d’eau à Nice, 3 mm à Bordeaux, 8 à Boulogne-sur-Mer.
- Un violent cyclone s’est abattu sur Madagascar. Il a ravage plusieurs villes du littoral, notamment Mahatsara et Vatomandry. A Mahanoro, il a complètement rasé les maisons et les magasins. A Tananarive un vent violent a soufflé pendant 4 jours mais n’a causé aucun accident grave.
- Température. — La journée du 23 mars a été exceptionnellement chaude ; le maximum de température observé à Paris, 26°,2, est le plus haut que l’on ait noté en mars jusqu’à présent.
- La neige. — On a signalé des chutes de neige le 26 mars, au puy de Dôme, au pic du Midi, au mont Mounier, à Mende et à Madrid. Le 27 mars, à Mende, le sol était couvert d’une couche de neige de plusieurs centimètres d’épaisseur.
- PHASES DE LA LUNE : N. L. le 29, à 1 li. 33 m. du matin.
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- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— M. Appell, membre de l’Institut, profecseur de mécanique •rationnelle à la Faculté des sciences de Paris, est nommé pour trois ans doyen de cette faculté, en remplacement de M. -Darboux démissionnaire.
- —®— L’Institut de France, toutes sections assemblées, a tenu, le Ier avril, en comité secret, sa séance trimestrielle sous la présidence de M. Georges Perrot, président en exercice de l’Académie •des inscriptions et belles-lettres. L’ordre du jour portait, en premier lieu, sur l’attribution, pour la première fois, du prix triennal de 100000 francs fondé, par M. Osins, pour « récompenser la découverte ou l’œuvre la plus remarquable dans les sciences, dans les lettres, dans les arts, dans l’industrie et, généralement, dans ce qui touche l’intérêt public. » Le choix de l’Institut s’est porté sur le Dr Emile Roux, l’éminent sous-directeur du laboratoire Pasteur. M. Roux, avec une générosité qui lui est coutumière et un désintéressement dont il a déjà donné des preuves, a fait immédiatement don de cette petite fortune à l’Institut Pasteur. Le prix Osiris servira ainsi à faire de nouvelles découvertes.
- —®— Plusieurs conseillers municipaux de Paris ont, à diverses reprises, demandé au préfet de police de rapporter l’arrêté qui fixe la vitesse maxima des automobiles à 12 kilomètres à l’heure dans Paris et à 18 kilomètres hors Paris. Ils estiment qu’avec des chauffeurs expérimentés et prudents des vitesses supérieures peuvent être autorisées, et, pour le démontrer, ils ont, d’accord avec l’Au-tomobile-Club, organisé pour le 18 avril une promenade préfectorale et municipale en automobiles. D’intéressantes expériences seront faites ce jour-là, sur la vitesse comparée des automobiles et des voitures attelées, ainsi que sur le plus ou moins de danger d’accidents que comportent l’un et l’autre mode de locomotion.
- —®— Avec le beau temps vont nous revenir les ballons dirigeables. Le premier sorti est celui de MM. Pierre et Paul Lebaudy, dont les essais remontent à l’année dernière. Le ballon est remisé à Moisson, près de Mantes. Mercredi, 1er avril, par un temps favorable, à 5 heures du soir, le dirigeable s’est élevé emportant MM. Jul-liot, Juchmès, les mécaniciens Rey et Eberlé. L’aéronat s est maintenu vers 100 mètres de hauteur, avançant, dit-on, avec une vitesse de 15 km à l’heure. Il a tourné, viré facilement, et, après avoir décrit une courbe fermée, il revint à son point de départ docilement. Cette expérience d’essai sera suivie le plus tôt possible d’un vrai voyage de Moisson à Paris et retour. Nous décrirons prochainement le ballon dirigeable de MM. Lebaudy.
- —®— M. Villard a fait à Schaerbeck des expériences avec un appareil à disques-hélices dont il est l’inventeur. L auteur a mesuré la force ascensionnelle développée par la rotation d’hélices à axes verticaux dans l’air. Pour cela, il place sur une balance son appareil avec deux hélices à axes verticaux et il détermine la diminution de poids qui se produit quand les hélices tournent. Le poids total de l’appareil au repos est de 475 kg. Les hélices, d’un pas de 42 centimètres, donnent : 1° en tournant à 60 tours par minute, un soulagement de 100 kg en moyenne; 2° en tournant à 70 tours par minute, un soulagement de lo5 kg.
- —®— La Ville de Paris, dont la population s’élève, d’après le recensement de 1001, à 2 714068 habitants, dispose de 996 500 m3, dont 292 000 d’eau de source, 60 000 d’eau de rivière filtrée et 664 500 d’eau provenant de l’Ourcq, de la Seine, de la Marne, ainsi que des puits artésiens et anciens aqueducs. Cela donne par habitant et par jour, 130 litres d’eau de source et 237 d’eau de rivière, soit un total de 367 litres. Il y a dans Paris, pour le service des eaux, dix usines hydrauliques, quatre usines de relais et huit usines élé-vatoires établies à 1 amont de l’aqueduc de la Vanne et de celui du Loing, en tout vingt-deux usines d’une puissance collective de
- 7200 chevaux. Les dépenses d’exploitation et d’entretien se sont élevées, en 1900, à 6 000 700 francs, ce qui fait 2,8 centimes par mètre cube. Si on ajoute l’intérêt et l’amortissement des installations (au taux de 4 pour 100), on arrive à un total de 18 700000 francs, ou environ 8 centimes par mètre cube d’eau distribué.
- —®— M. Donaldson a poursuivi de longues et minutieuses expériences sur les angles à donner à la partie coupante des outils à métaux : sans entrer dans le détail des données multiples qu’il a recueillies, nous ferons remarquer que, pour des coupes de face, il conseille un angle de 52 à 60° quand il s’agit de travailler de l’acier doux, 54 à 63° pour l’acier demi-dur, 65 à 78 pour l’acier dur; c’est ensuite 62 à 74 pour le bronze doux exactement comme pour le demi-dur, et 60 à 80u pour le bronze dur.
- —®— La situation économique aux Philippines est des plus mauvaises, à raison de la dépréciation de l’argent en ce pays. Pour 1 dollar or, on obtient 2 dollars 66 en argent. Les affaires sont dans la stagnation et tous les détenteurs d’argent subissent des pertes considérables.
- —Les manufactures d’engrais artificiels sont fort importantes aux Etats-Unis : on peut signaler 422 établissements se livrant spécialement à .cette industrie, et produisant pour plus de 45 millions de francs de superphosphates, pour 130 millions de mélanges de superphosphates avec de l’ammoniaque et de la potasse, et plus de 20 millions d’os en poudre et produits similaires. A cela il faut ajouter une foule d’usines appartenant à l’industrie chimique, et qui produisent, comme résidus de leur fabrication principale, des superphosphates et fertilisants divers. . ..
- —®— Si l’on veut arriver à une production élevée, à une grande économie de combustible, à une utilisation complète des gaz dans les hauts fourneaux, il est nécessaire qu’on réduise au minimum les périodes d’ouverture du gueulard pour les chargements. C’est pour cela qu’on a imaginé un appareil à'styles.enregistreurs qui inscrit fidèlement les temps d’ouverture, le nombre des charges. Naturellement cet enregistrement se fait suivant le principe général du papier enroulé sur un cylindre et partagé par heures et groupés de 5 minutes. La publication Slahl und Eisen a décrit celte ingénieuse application de la chronograpliie.
- ~®— D’après des expériences faites aux usines de Fagersta, en Suède, le réchauffage et le refroidissement lent de l’acier élèvent la limite d’élasticité et la résistance à la rupture; de plus, la trempe à l'huile à 80° C. est plus faible que la trempe à l’eau.
- —!§>— On termine en ce moment au Costa Rica, et sur la ligne ferrée connue sous le nom de « Pacific Railwav of Costa Rica »,un ouvrage métallique qui sera le plus considérable de toute l’Amérique centrale. Ce viaduc est fait pour assurer à la ligne la traversée de la vallée du Rio Grande, qui forme en ce point un véritable précipice aux parois à peu près verticales, large de 250 mètres environ, et où le rail se trouvera à une hauteur de 104 mètres au-dessus du cours d’eau. Le dispositif adopté est le cantilever avec arche centrale de 135 mètres.
- —®— M. Robert D. Joyce, chirurgien ophtalmologiste- de l’Hôpital Richmond à Dublin, attire l’attention sur ce fait que souvent fe pince-nez cause un flux de larmes chez ceux qui le portent, parce qu’il presse et tire les tissus de chaque côté du nez et abaisse démesurément la paupière intérieure. Bien entendu, ce déplacement n’est, au maximum, que de 2 à 3 dixièmes de millimètre, et peut parfaitement échapper à l’attention, mais il suffit pour amener finalement des troubles fort désagréables comme conséquence de l’ec-tropion.
- —®— Les fameuses usines de Bethleliem, aux Etats-Unis, les Bethlehem Iron Works, viennent de livrer aux aciéries de Homestead une énorme presse à blindage qui peut traiter et courber à volonté des plaques de cuirassement pesant 60 tonnes.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Les lampes à incandescence à osmium se trouvent à la « Glasglühlicht Àktiengesellschaft, alte Jacobstrasse, 139, à Berlin S. W. La fabrication est entreprise en France par la Société française d’incandescence par le gaz, loi, rue de Courcelles, à Paris.
- Communications. — M. Rochoux, de Bordeaux, a fait sur la décomposition du son des expériences nombreuses qui lui ont donné des résultats résumés en une brochure intitulée : Harmoniques, recherches expérimentales. Il a constaté que si l’on se promène circulairement autour d’une corde métallique vibrante, on entend divers sons, suivant la position où l’on se place. C’est ainsi que la tonique est perçue dans une direction parallèle ou perpendiculaire au méridien magnétique; la tierce, la quinte et l’octavé se succèdent dans un angle de 90 degrés, aussi bien dans le plan horizontal que dans le plan vertical. Il est d’ailleurs possible de réfléchir ou de réfracter les vibrations acoustiques à l’aide de feuilles de carton qui jouent à leur égard le même rôle que les prismes vis-à-vis des vibrations lumineuses. L’auteur termine l’exposé de ses études en se demandant si les vibrations sonores liées aux lois générales du mouvement et de la vie, suivant leur ralentissement ou leur accélération, ne sont pas la cause déterminante du synchronisme des mouvements organiques.
- M. le Directeur du service de statistique des Etats-Unis du Brésil, nous a fait parvenir un volume publié par son département et intitulé : Registro civil (État civil) 1896.
- MM. von Zittel et Œhlert, à Laval, nous ont envoyé le premier fascicule de la Paleoniologia universalis publiée sous leur direction en trois langues; cette publication, qui s’est assurée le concours des principaux paléontologistes, se propose de rééditer les types des espèces fossiles.
- Renseignements. — M. L. R., à Mortagne. — 1° Il n’v a qu’un moyen efficace : c’est de visiter souvent les oiseaux et dès que vous trouvez un endroit attaqué par les vers, le badigeonner de benzine. — 2° Si vos photographies sont brillantes, passez dessus une couche de talc ou d’amidon avant d’opérer. — 3° Maison Horne, 76, rue de Rennes, à Paris; maison Barre et Payet, 5, rue Miollis, à Paris.
- M. Brunet, à Paris; M. Jacquette, à Boulogne-sur-Seine.— Un de nos collaborateurs nous apprend que la grande lunette de l’Exposition de 1900 est remisée à l’Observatoire de Meudon.
- M. Bavay, à Tourcoing. — Les procédés Schwartz pour la fabrication de la pierre artificielle sont la propriété de la Société pour l’exploitation industrielle du sable, 48, Gessner Àllee, à Zurich.
- M. Ladroit, à Mercédès. — 1° Nous vous faisons adresser le catalogue que vous désirez. — 2° Les colis postaux de cette dimension ne sont pas acceptés pour l’Uruguay, la longueur maxima est de 37 centimètres. — 3° Le meilleur moyen pratique pour se débarrasser des moustiques semble être de garnir toutes les ouvertures de la maison d’un fort tissu ou encore mieux d’une toile métallique.
- il/. R. D., 114, à Paris. — Nous pensons que la description de cet appareil est incomplète ou inexacte. Nous publierons sous peu un article où seront décrits ces divers engins.
- M. Georges Dunoy, à Paris. — Le n° 1489 du 7 décembre 1901 renferme un article sur le Diocinescope, accompagné de figures, qui vous satisfera certainement.
- MM. Jabæuf et Rouard, à Paris. — Nous ne connaissons pas d’usine spéciale fabriquant le magnalium; adressez-vous à des fondeurs d’aluminium.
- M. X., à Oran. — La Librairie horticole, 84 bis, rue de Grenelle, à Paris, a publié plusieurs ouvrages sur les maladies des plantes cultivées.
- M. L. R., à Angers. — 1° Le plasmon est en vente chez M. Léon Boucher, 65, rue de la Victoire. — 2° Nous ne connaissons pas la valeur relative de ces produits. — 3° La Compagnie des moteurs Otto, 15, avenue de l’Opéra, à Paris, pourrait peut-être vous renseigner.
- M. Jules Romey, à Roubaix. — L’Académie française, dans son Dictionnaire, indique la prononciation « skèma », qui est conforme à l’étymologie grecque; mais généralement on prononce le mot « schéma ».
- M. Lasserre, à Duras. — L’Annuaire du Bureau des longitudes pour 1899 donne, page 155, des instructions sur l’établissement des cadrans solaires. Le Traité de physique de-Guillemin, en vente à la librairie Hachette, 79, boulevard Saint-Germain, à Paris, répondrait sans doute à vos desiderata.
- M. le D’ Motta Veiga Casai, à Ceia. — 1° Nous pouvonis-vous recommander les ouvrages sur l’Apiculture de notre collaborateur M. A.-L. Clément, 34, rue Lacépède, à Paris; adressez-vous à lui directement. — 2° Le « Manuel de l’ouvrier monteur électricien » à la librairie Bernard Tignol, 55 bis, quai des Grands-Augustins, à Paris, renferme tous les-renseignements que vous demandez. — 3° Nous ne comprenons pas votre question.
- M. C. G., à Rochefort. — Il n’existe pas de livre donnant les renseignements que vous demandez sur les ocres ou argiles colorées par des oxydes de fer. Il faudrait vous adresser à un chimiste qui pourrait faire des recherches bibliographiques.
- M. F. G., 127, à Wilsele-lez-Louvain. — Nous prenons bonne note de votre adresse, que nous signalerons à l’occasion.
- M. le comte Armand, à Paris. — Il n’existe pas de documents imprimés sur l’électroculture; seuls quelques articles épars ont été publiés sur la question.
- M. L. P., à V. —En tête de la Boîte aux lettres du n° 1557, a été donnée l’adresse de l’auto-fauteuil Gauthier et Cie, 59, avenue Saint-Gervais, à Blois. Nous ne pouvons fournir d’autres renseignements.
- M. Esteban, à X. — Nous ne pensons pas que cet appareil soit entré dans la pratique courante. La direction de l’Artillerie, au Ministère de la Guerre, pourrait peut-être vous fixer.
- M. Ch. de Thierry, à Paris. — Cet appareil a été décrit dans quelques journaux et non dans La Nature.
- Abonné 446, à X. — Il faut être licencié ès sciences ou ancien élève de l’Ecole Polytechnique. Renseignez-vous auprès de M. Fraj'ssinet, secrétaire de l’Observatoire de Paris.
- M. J. F. 54, à Précigné. — L’appareil en question a été décrit dans le n° 864, du 21 décembre 1889. Nous en avons emprunté la description au journal anglais Industrie. On peut aisément en construire soi-même un semblable.
- M. B. F., à Chamblev. — La personne dont vous nous parlez est disparue sans laisser d’adresse.
- M. J. C., à Bruxelles. — Adressez-vous à M. Guerre, 53, rue de Villiers, à Neuilly-sur-Seine; vous pourriez essayer des trembleurs Carpentier fabriqués par MM. Bass et Michel, 37, boulevard Bourdon, à Paris.
- MM. Bécot et Dupuis, à Paris. — La machine à laver l’Economique, décrite dans le n°1510 du 5 mai 1902, p. 352, se trouve à la Société des Inventions économiques, 190, faubourg Saint-Denis, à Paris.
- Un abonné. — Le manuel du mouleur de l’Encyclopédie Roret vous fixera à cet égard : librairie Mülo, 12, rue Haute-feuille.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Gomidas, à Padoue; M. Silas, à Vienne. Merci pour ce renseignement que nous communiquons à l’intéressé. — M. Barivet, à Longwy. Vous avez négligé la déclinaison magnétique. — M. H. B. J., à Toulouse. Nous ne pouvons entrer dans cette voie; adressez-vous à un spécialiste. — M. Stephen, à Bruges. Voyez le cadran solaire portatif indiqué par les Recettes et procédés utiles, 5e série, à la librairie Masson.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Poudre à nettoyer les gants. •— On commence par passer un linge mouillé sur les gants, puis on y applique la poudre suivante : 8 parties de terre de pipe, 4 de racine d’iris pulvérisée, 1 de savon, 2 de borax et enfin 1/8 partie de chlorure d’ammonium. Le nettoyage s’opère au fur et à mesure qu’on frotte la poudre sur le gant.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PARIS-GARE!
- Texte et dessins, par A. Robida.
- 1. Les entrailles c'e la terre. OIi oui! Gare dessus .et gare dessous, jusque dans le troisième dessous, comme sur la place de l’Opéra. Quelques personnes bien informées prétendent qu’il s’agit d’une grande j ercée en vue de vérilier la théorie du feu central. — 2. Quelques constructions de style à la fois très ancien et très moderne. Est-ce une citadelle gauloise, un foit vvisigoth, ou bien une nouvelle direction, du Modern-Style ? — 3. On disait qu’il n’y avait plus de pittoresque, quelle erreur! — 4. Le bâton blanc sauveur. — 5. Les petits trottoirs de planches encadrant les nouvelles descentes aux catacombes. — 6. Au rendez-vous des tramways. 11 faut une audace peu commune avec une remarquable fermeté d’âme, pour se risquer à traverser certaines places, — plus un jarret d’acier, un œil subtil, une extrême agilité, avec beaucoup de chance, pour n’y pas laisser une jambe ou deux. On sait maintenant qui a irnenté le cake walk, ce sont les plots, les terribles plots, sur lesquels on apprend cette danse élégante en une seule leçon.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La variole.
- J’ai dit, après bien d’autres, et on le répétera longtemps encore après nous, que la variole pouvait disparaître si l’on se faisait vacciner et revacciner régulièrement. Comme il y aura toujours des gens négligents ou des réfractaires volontaires, la maladie régnera avec des variations d’intensité qui atteignent tous les dix ou quinze ans les allures d’une épidémie. Pour les malheureuses victimes, qu’elles le soient par ignorance ou négligence, il faut chercher les moyens les meilleurs pour atténuer les dangers de cette grave éruption ; j’en ai indiqué un certain nombre. En voici un qu’emploie depuis plus de vin^t ans le chirurgien J. Championnière : 'c’est l’huile jdiéniquee au dixième, médicament des plus simples, des moins coûteux. Dès qu’apparaissent les pustules, il suffit de les badigeonner
- légèrement avec un pinceau chargé de cette huile. Deux précautions : bien s’assurer que l’acide phénique est pur et appliquer le traitement dès le début de l’éruption.
- Sous l’influence de ce pansement antiseptique, les pustules avortent, elles deviennent moins volumineuses, s’atrophient presque sans suppurer. Conséquence : pas de cicatrices, pas de défiguration, pas de ces marques horribles sur le visage.
- Une médication indiquée par le Dr Conche, de Lyon, pourrait être adjointe au pansement phéniqué. C’est l’emploi de la levure de bière qui, administrée à la dose de deux ou trois cuillerées à soupe par jour, a donné, dans plusieurs cas de variole, de très bons résultats. La fièvre diminuait, la maladie semblait atténuée; les pustules se desséchaient plus rapidement. En combinant ces deux médications interne et externe on aurait chance de réduire au minimum les conséquences désastreuses de l’éruption. A. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30), — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 50 mars . . . 8\6 S. W. 3. Couvert. 0,0 Couv. jusqu’à 16 h. ; beau ensuite ; pluie de 13 h. 50 à 15 h. 15.
- Mardi 51 7”,8 N. W. 5. Peu nuageux. 2,1 Nuageux; gouttes à 11 h.
- Mercredi 1" avril. . 4*.5 S. S. W. 1. Très nuageux. 0,0 Rosée : très nuag. jusqu’à 14 h.; couv. ensuite ; averses dans la soirée.
- Jeudi 2 8°,3 N. VV. 3. Couvert. 3,5 Couvert ; pluie la moitié du temps.
- Vendredi 5 5°,2 N. 5. Couvert. 0,6 Presque couvert jusqu’à 17 h. ; beau ensuite.
- Samedi 4 5%5 S. W. 2. Couvert. 0,0 Gelée bl. ; couv. ; quelques averses.
- Dimanche 5 7%1 N. W. 3. Beau. 2,1 | Nuag. ; averse à 1 h. 45; halo lunaire.
- MARS-AVRIL 1903. — SEMAINE DD LUNDI 30 MARS AU DIMANCHE 5 AVRIL.
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques {baromètre ramené à 0, a i niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri A boule mouillée
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Trois secousses de tremblement de terre ont eu lieu, le 2 avril, à Jérusalem et ont causé de grands dégâts au mont des Oliviers. Dans les villages, des maisons se sont écroulées ensevelissant de nombreux habitants.
- Le 3 avril, à Catane et dans plusieurs endroits de la province, on a ressenti plusieurs violentes secousses de tremblement de terre. Les instruments sismiques de Catane ont enregistré ces secousses. Une légère secousse a été constatée à Menton le 4 avril vers 1 h. 30 du matin.
- Pluies et neiges. — Le lundi 50 mars, des pluies sont tombées dans l’ouest de l’Europe ; en France on a recueilli 9 mm d’eau à Dunkerque, 8 mm à Nancy, 6 mm à Cherbourg, 2 mm à Paris, 1 mm à Brest. Le 1" avril,
- on a signalé des neiges vers la Finlande et des pluies dans l’ouest des Iles-Britanniques, dans l'est de la France et en Italie. Le 2 avril des neiges et des pluies ont également été signalées sur le centre et l’ouest de l'Europe ; en France, il est tombé 17 mm d'eau à Dunkerque, 7 mm à Nantes, 7 mm à Biarritz, 5 mm à Clermont, 4 mm à Paris. Le 3 avril, on a recueilli 37 mm d’eau au puy de Dôme, 22 mm au pic du Midi, 14 mm à Nancy, 12 mm à Toulouse, 2 mm à Dunkerque, 2 mm à Biarritz. La neige est tombée le 3 avril dans la matinée en grande abondance dans la région des Alpes ; les montagnes étaient recouvertes d’une couche épaisse de neige.
- Ouragan à Caserte (Italie). — Un ouragan s’est abattu le 1" avril sur le territoire de Grazzauise à Caserte; trois personnes ont été tuées, plusieurs autres blessées. Les dégâts matériels ont été considérables.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le a, à 2 h. 1 m. du matin.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —(£$)— Il vient d'être créé au Collège de France une chaire de pathologie générale et comparée. M. le Dr Charrin a été nommé titulaire de cette chaire. Depuis plusieurs années, M. Charrin faisait cet enseignement comme professeur suppléant de M. d’Arsonval et professeur remplaçant. On doit à ce savant expérimentateur des découvertes nombreuses dans cette branche de la médecine.
- —9— La séance du mois de mai de la Société française d’astronomie sera consacrée à la nomination du nouveau bureau. M. Poincaré, président sortant non rééligible, sera remplacé par HI. Lippmann, membre de l’Institut. M. Janssen, directeur de l’Observatoire de Meudon, sera nommé président d’honneur. Le prix de la Société sera décerné à M. Charlois pour la découverte d’un grand nombre de petites planètes, et le prix Janssen à M. Giacobini pour celle d’une série de sept comètes. Ces deux astronomes appartiennent à l’Observatoire Bischoffsheim, de Nice.
- —®— Le ciel étant d’une grande pureté, l’éclipse de lune de Pâques a pu être observée dans des conditions excellentes. Au moment de la plus grande phase à minuit vingt-deux minutes, il ne subsistait <pi’un tout petit segment lumineux. Tout le disque éclipsé s’entrevoyait vaguement ; sur une grande largeur, l’ombre transparente sur les bords laissait voir un arc teinté d’une coloration bleue ardoisée. S'il y a lieu, nous reviendrons sur cette belle éclipse des ] 1 et 12 avril.
- —®— Le lundi de Pâques, dans la matinée, il est tombé à Paris à plusieurs reprises de larges cristaux de neige. La température à l'ombre était de 7°.
- —(§)— Le 7 avril,- on a ressenti, dans toute la Sicile, des secousses fortes de tremblement de terre, notamment à Milo, Lin-guaglossa, Mineo, Catane, Nicolosi et Belpassa.
- —9— Le 8 avril dans la matinée, la neige est tombée en tourmente sur les montagnes du Jura ; les Heurs, les bourgeons et la verdure ont disparu sous une couche épaisse de neige.
- —(g)— Le ballon dirigeable de MM. Lebaudy a effectué deux nouvelles ascensions libres. La première fois, le ballon a quitté son hangar à 8h 15 et y est revenu à 8h45. Il a parcouru 19 kilomètres à une altitude de 200 mètres. La seconde ascension a eu lieu de 9h 15 à 10h 15 environ, avec retour au point de départ. A 300 mètres d’altitude, l'aéronat a rencontré un assez fort courant du Nord-Est u’il a remonté facilement. Aucune avarie ne s’est produite dans ces eux ascensions.
- —®— Le nouveau timbre-poste à l’effigie de la Semeuse, de Itoty, vient de faire son apparition. Il a d’abord été mis en vente dans les bureaux de tabac de la Chambre et du Sénat; chacun d’eux en a débité 20 000 dans la première journée. Le nouveau timbre de 15 centimes est vert-bronze, les timbres de 10 centimes, de 25 centimes conservent leur couleur actuelle qui résulte de conventions internationales. Le timbre à 10 centimes doit un jour devenir le timbre universel ; on sait que l’Australie l’a déjà adopté pour sa correspondance avec l’Etranger. De Melbourne on peut envoyer, pour 10 centimes, une lettre à Paris. A Paris, d’une rue à une autre, le port est de 15 centimes!
- —<9— Une éruption du volcan de Tierra-Firme, près de Galera-zambia, en Colombie, a eu lieu le 22 mare et a causé de grands dégâts; le village de Tiojo a été détruit, et il y a eu de 60 à 100 morts ou blessés.
- —®— On dit qu’il y a actuellement abondance de sardines sur les côtes tunisiennes. Des barques reviennent complètement chargées à pleins bords. Les pécheurs sont tous Siciliens ou Napolitains, et
- leur nombre ne fait que s’accroître. Les tartanes italiennes apportent le sel et les barils; elles prennent ensuite un chargement complet de sardines en barils, quelles transportent en Italie.
- —9— Le croiseur cuirassé Desaix a procédé le 4 avril, au large de Cherbourg, à son premier essai préliminaire à une puissance de 13000 chevaux, pendant lequel la consommation a été de 730 grammes par cheval-heure. Pendant la sortie, on a effectué un essai de deux heures et demie aux 9/10 de la puissance; la puissance développée a été de 16 000 chevaux et la vitesse de 22 nœuds.
- —(§)— On annonce le décès de Mrne Margaret Neave, à Guer-nesey, à l’âge de cent onze ans. Elle était veuve depuis cinquante ans. Elle se souvenait d’avoir vu l’empereur Napoléon, un peu avant la bataille de Waterloo, conférant avec ses généraux, parmi lesquels le maréchal Ney.
- —®— La consommation du gaz en 1902 s’est élevée à 535441 778 mètres cubes, comportantune perte et des fuitespour lô 114 791. L’éclairage public se chiffre par 43735690 mètres cubes; la consommation des particuliers par 252 696 550 et, dans la banlieue, 22 894 947.' Le nombre des abonnés particuliers est de 454 651 à Paris et de 56 542 dans la- banlieue. L’abonné de Paris consomme en moyenne 555 mètres cubes annuellement. Quant à l’éclairage public, il a baissé de 10 pour 100, de 1901 à 1902, par suite de l’emploi de l’électricité; en revanche, les abonnés de Paris ont augmenté de 4 pour 100 et leur consommation de 5 pour 100. Voici quelques prix de la fourniture du gaz à l’étranger : Londres, 0fr,15; Bruxelles, 0fr,18; Berlin, 0,r,17 le mètre cube.
- —®— Paris occupe aujourd’hui une surface de 7802 hectares; 2629 hectares sont couverts de constructions particulières et publiques; il y a 1983 hectares en cours et en terrains, les voies publiques et l’enceinte militaire couvrent 1967 hectares, les jardins particuliers s’étendent sur 641 hectares, les jardins publics sur 259 hectares, les voies privées sur 100 hectares, et la Seine s’allonge en un ruban de 220 hectares. Sur 79 742 immeubles en 1902, il y en a 47 716 qui sont classés, sous le rapport du degré de salubrité, dans la catégorie des très bons ou bons, et 52026 dans la catégorie des médiocres ou mauvais. Il n’y a que 59959 immeubles dotes d’eau de source seulement; 11050 ont tout à la fois les eaux de source et de rivière; 25 232 immeubles ont le système du tout à l’égout. Pour l’éclairage, Paris comprend 4651 immeubles éclairés à l’électricité, 57 740 éclairés au gaz et 17 351 éclairés au pétrole ou à l’huile; 6047 maisons sont chauffées et 2224 sont pourvues d’ascenseurs.
- —9— La flotte anglaise vient d’acquérir un « bateau à distiller », destiné, par conséquent, à fournir de l’eau douce par distillation : c’est XEdgewater. Il peut fournir jusqu’à 225 000 litres d’eau distillée par journée de 24 heures, et possède des réservoirs en bois d’une capacité de 46 000 litres.
- —9— La publication Organ fur die Fortschritte des Eisen-bahnwesens a rendu compte d expériences faites aux Etats-Unis sur la valeur comparative des foyers larges ou des foyers étroits dans les locomotives. Or, on a constaté que la machine à foyer large utilise mieux le combustible, qu’elle se montre plus puissante sous le rapport de la production, que la combustion s’y effectue mieux, la proportion d’oxyde de carbone étant bien moindre dans la boîte à fumée. Par suite, pour une même surface de grille, il y aurait intérêt à augmenter la largeur du foyer en réduisant sa longueur.
- ~~9— C’est en mars de l'année passée qu’a été mis sur chantier l'énorme cuirassé anglais King Edward Vil : or, on annonce déjà comme assuré qu’il sera prêt à prendre la mer en septembre 1904 : c’est-à-dire qu’il ne faudra que deux ans et demi pour mener complètement à bien cette formidable construction.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Erratum. •— La station météorologique de la Schlucht, dont nous avons donné la description dans le n° 1558, du 4 avril 1903, p. 275, a été établie par le savant M. Ilirn, non pas en 1895, comme on l’a dit (p. 275, colonne 2, ligne 60), mais vers 1875.
- Communications. — M. G. Claude, à Nogent-sur-Marne, nous écrit que la Société a L’air liquide », qui s’est constituée à Paris, en vue de l’étude et de l’exploitation de ses procédés, a décidé de mettre désormais de l’air liquide à la disposition du public'dans ses bureaux, 62, rué Saint-Lazare, à Paris. Pour tous renseignements à ce sujet, s’adresser au siège de la Société.
- M. Courçint, à Nantes, nous fait part d’une observation intéressante qu’il a exécutée dans le domaine de l’optique. Ayant photographié deux trames très fines, et regardant les deux clichés superposés par transparence, il a constaté que, indépendamment du quadrillé, il se forme une série de carrés bien plus considérables comme dimension. Si l’on fait tourner les deux plaques l’une sur l’autre, on remarque la formation de lignes courbes concentriques qui arrivent à créer une foule de dessins très variés.
- M. Vicher fils, à Tours, nous écrit, à propos de l’intelligence des animaux (voir Communications dun° 1558 du 4 avril 1905), qu’il possède un chat à qui l’on donne fréquemment du lait à boire dans une tasse profonde. Comme il ne peut y arriver, à raison du diamètre de sa tète, il renverse la tasse et lape commodément le lait. Il sait ouvrir une porte de l’extérieur, moyennant que le bec-de-cane ait une position horizontale : il s’élance dessus et le fait jouer par son poids. Enfin, il répond à l’appel de son nom par un miaulement tout particulier.
- M. Mathieu, à Beaune.(Cote-d’Or) s’est préoccupé de savoir d’où provenaient les gqùts accidentels des vins et les moyens d’y remédier. Ce sont généralement des maladies cryptoga-miques ou microbiennes qui gâtent le vin, mais souvent aussi le voisinage de substances malodorantes, comme la morue salée ou certains fromages. On peut employer deux traitements : le traitement à l’huile émulsionnée, le traitement à la farine de moutarde; l’un et l’autre permettent sinon la suppression du moins l’atténuation du mauvais goût.
- M. Antoine Sauve, à Rome, a inventé un nouveau spec-troscope dont il nous a fait parvenir une description, et qu’il appelle « filtre spectroscopique » ; il est conçu de façon â permettre l’observation des objets, en particulier des corps célestes, en ne laissant passer que les rayons lumineux appartenant à une portion déterminée du spectre. La description détaillée de cet instrument offre trop de détails techniques pour que nous la publiions ici.
- M. le Dr Marcel Natier, de Paris, nous adresse deux brochures intitulées : « Nodule et polype vocaux » : et « voix de fausset ». L’auteur y décrit ces affections du larynx ainsi que le traitement qu’il emploie pour en amener la guérison.
- M. Gaston Chenet. à Paris, nous fait parvenir une brochure qui a pour titre « Le problème de la traction électrique des chemins de fer » et qui se trouve, au prix de 1 franc, à la librairie centrale des sciences, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris.
- Renseignements. — M. Henri Mortier, à Bordeaux. — Nous ne connaissons pas l’adresse de cette personne : la Société d’encouragement à l'industrie nationale, 44, rue de Rennes, à Paris, vous donnerait peut-être ce renseignement.
- M. Raoul Audihert, à Monaco. — Vous devez faire erreur,, nous ne connaissons pas cet appareil, dont la description ne se-trouve d’ailleurs pas dans le n° du 21 mars 1903.
- M. J. Costes, à Angers. — Adressez-vous au laboratoire maritime de Banyuls-sur-Mer, ,ou à celui de Roscoff.
- M. Jacques Dauchez, à Paris. — Nous n’avons pas entendu parler de ces travaux.
- M. Jules Saussié, à Paris. — Il serait intéressant de savoir quel est l’insecte qui attaque vos bouchons : vous pourriez nous en envoyer quelques-uns avec leurs habitants. A première vue,, le meilleur moyen semble être de faire bouillir le bouchon, car on ne peut avoir recours à une substance vénéneuse.
- M. Olivier Levilly, à Prébois; M. Charles Roques, à Béziers.
- — Vous pourriez appliquer le procédé indiqué, pour détruire le noir des oliviers, dans la 4e série des Recettes et procédés utiles+ à la librairie Masson et Cio.
- M. F.-L., à Charleville. — Consultez le Manuel du chauffeur mécanicien, par M. Mathieu : Béranger éditeur, 15, rue des Saints-Pères, à Paris ; voyez aussi Installations modernes de machines h vapeur, par M. Reinert, même librairie.
- M. C, 12, à G. — L’étude de ces terrains a été faite et ,% prouvé qu’il n’y avait pas lieu d’essayer une exploitation. Voir,, pour plus de détails, le tome II de la Minéralogie de la France, par M. Lacroix, p. 428 : Béranger, éditeur, à Paris.
- M. Thocquillon, à. Lusignan. — Auto-fauteuil Gauthier,. 59, avenue Saint-Gervais, à Blois.
- Abonné 4035-4602-G. 12. — 1° Le renseignement sort de notre cadre. — 2° Adressez-vous à M. Solvay, 44, rue die Louvre, à Paris; M. Laillet, 52, faubourg du Temple, à Paris.
- M. Lenain, à Romorantin. — L’Antirouille au Cygne vous donnera satisfaction : en vente chez M. Chapin, 16, rue Sainte-Cécile, à Paris.
- M. R. Catoir, à Haybes. — 1° Nous n’avons pas sur cette question d’autres renseignements que ceux contenus dans notre article; mais, dès que nous aurons quelques nouveautés, nous-nous empresserons de les faire connaître. — 2° La distance que vous indiquez nous parait trop grande. — 5° Les fils-doivent être isolés.
- M. le colonel Gianelli, Gargnano. — Compagnie du gaz; Clayton, 36, rue Taitbout à Paris.
- Question. — N° 1263. — M. J. Moret, à Lyon, demande s’il existe un moyen pour colorer dans la masse un alliage en fusion composé de plomb, d’étain et d’antimoine, du genre descaractères d’imprimerie; le ton jaune d’or serait le préférable.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Doyen, à N. Remerciements pour votre communication. — M. Victor T., à Achères. Faites analyser l’échantillon, c’est plus coûteux mais plus-sûr. — M. Roques, à Toulouse. Essayez de la bouillie bordelaise.
- — M. IL T., à Louvain. Le mastic au goudron a été inventé pour cet usage : voir Recettes et procédés utiles, série 1, à la librairie Masson et Ci&.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Analyse du lait.
- 11 s’agit tout simplement d’un procédé, imaginé par le Dr Ledé pour s’assurer si le lait donné aux enfants nourris au biberon a été bouilli et par conséquent stérilisé dans une certaine mesure. Tout le monde, hélas ! ne peut se procurer du lait pasteurisé ou stérilisé d’une façon scientifique et sûre. Encore est-il bon d’assurer aux nourrissons une qualité moins nocive que le lait cru tel qu’on le vend souvent à Paris.
- Le moyen, ai-je dit, est simple : jugez-en. L’ébullition chasse de tout liquide les gaz qu’il contient; le lait, soumis à l’ébullition, perd une partie de son oxygène qu’on peut lui rendre en ajoutant quelques gouttes d’eau oxygénée. Le lait qui n’a pas bouilli n’a perdu aucun gaz et, si on ajoute de l’eau oxygénée, il y aura excédent d’oxvgène. Cela étant, prenez le lait suspecté, ajoutez-y quelques gouttes d’eau oxygénée et une cuillerée à dessert d’une solution iodurée à 5 pour 100 et une pincée d’amidon en poudre.
- Si le lait a bouilli, comme il ne contient pas d’excès d’oxygène, il n’y aura pas de réaction; est-il, au contraire, cru ci, partant, avec excès d’oxvgène, vous verrez se produire une coloration bleue caractéristique plus ou moins intense. Ce n’est pas, vous l’avouerez, une manipulation chimique bien compliquée. Dr A. C.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont de?nandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Serrures et chaînes de sûreté. — La nouvelle combinaison de serrure gâche et chaîne de sûreté, due à M. Subilia, est un genre de fermeture basé sur un principe nouveau qui consiste à rendre la serrure proprement dite et la gâche solidaires par l’intermédiaire du pêne et à réunir ensuite la serrure par une chaîne à l’un des montants d’une porte, et la gâche
- fiar une deuxième chaîne à l’autre montant. Pour arriver à cette iaison, la serrure porte deux pênes placés l’un sur l’autre : le remier (gros pêne) est percé à son extrémité de deux trous, ans lesquels doivent venir se fixer deux ergots en fer qui se trouvent dans la gâche. Le deuxième pêne, par sa forme et sa position, est surtout chargé de provoquer, par son mouvement d’avancement, l’entrée de ces deux ergots dans les trous du gros pêne. La gâche contient intérieurement deux fers ronds formant glissières, sur lesquels est fixée une pièce rectangulaire, dont le centre est taillé en biseau, et qui porte les deux ergots. Cette
- }>ièce peut être animée d’un mouvement de va-et-vient sous 'effort d’une pression, et ramenée à sa position primitive par deux ressorts à boudin. Le mouvement de la serrure est le suivant. Au premier tour de clé, le premier pêne seul avance, au deuxième tour la même chose se produit, avec cette différence que le deuxième pêne se trouve entraîné d’un centimètre. A ce moment seulement, le cran d’avancement de ce deuxième pêne se trouve en face de la clé, et peut, sous l’effort du troisième tour (sans que le premier pêne arrivé à fin de course soit touché), avancer à son tour et entraîner dans ce mouvement la pièce rectangulaire qui se trouve dans la gâche
- Serrures et (haines de sûreté.
- et obliger les deux ergots à pénétrer dans les deux trous du gros pêne. Cette opération terminée, la serrure et la gâche ne formant plus qu’un, il ne reste qu’à fixer les deux chaînes aux chambranles de la porte pour être en toute sécurité. Cette installation constitue, même après l’arrachement, l’effraction complète- de la serrure et de la gâche, une chaîne de sûreté qui tenant aux deux montants de la porte, empêche celle-ci de s’ouvrir. Le verrou semblable à la serrure peut se poser au panneau inférieur d’une porte, et, monté avec une double chaîne formant un angle aigu, offre une résistance à l’enfoncement du jpanneau et augmente les difficultés que rencontrera un cambrioleur à pénétrer dans un appartement. — Les verrous et serrures de sûreté se trouvent chez M. L. Gastaldi et Cio, 64, rue Saint-Antoine, à Paris.
- Appareil automatique pour le soutirage des liquides. — Ce nouvel appareil est très simple, et convient pour le soutirage des vins et de tous liquides en général. Son fonctionnement est très simple; étant fixé par la douille, cône appelé canelle, dans un trou ménagé à cet effet dans le tonneau ou la barrique, il suffit de présenter le goulot de la bouteille et aussitôt la douille mobile laisse passer le liquide; la bouteille pleine, on la retire, et l’appareil par sa combinaison se ferme automatiquement. L’appareil par sa construction est aérifuge; sur les côtés de la douille mobile est ménagé un petit intervalle par lequel s’échappe l’air. Le liquide ne peut donc faire -des gloussements et tomber hors de la bouteille. L’expérience montre qu’il faut 9 secondes pour emplir un litre. Ajoutons que le robinet se ferme dès que la bouteille est retirée. Les
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- réparations sont nulles; si l’appareil fuit ou coule, on dévisse le bec et dans l’intérieur se trouve une vis à tête large qui retient une rondelle de caoutchouc usée. C’est cette rondelle
- Appareil uutoniali<iue jkiui' le soutirage des liquides.
- qu’il convient de remplacer. — L’appareil automatique pour Ip soutirage des liquides se trouve chez « Les fils de Georgeon,-Carême et Cie », 20-18, rue Mazarin, à Bordeaux.
- BIBLIOGRAPHIE
- De l'expérience en géométrie, par C, de Freycinet. 1 vol. in-8°. Gauthier-Villars, éditeur. Paris. Prix ; 4 francs. 1905.
- Livre 1res personnel, très original qui sera lu et consulté avec profit. Il est empreint d’une haute philosophie scientifique.
- Abrégé de géologie, par A. de Lapparent. 1 vol. in-16. Masson et C*% éditeurs. Paris. 1905. Prix : 4 francs.
- Ce livre rendra des services inappréciables non seulement aux élèves et aux géologues eux-mêmes, mais à tous ceux qui désirent s’initier à la science de la Terre. La structure terrestre, sa composition, les phénomènes volcaniques, les sources, les gîtes métal-ifères, sont des sujets d’un haut intérêt. M. de Lapparent a le secret de la clarté. On lira son livre avec empressement et on aura à le consulter souvent. L’éminent académicien a comblé une lacune regrettable en groupant dans un ouvrage précis et sur toutes les connaissances actuelles en géologie.
- Hygiène expérimentale : l’oxyde de carbone, par N. Gréhant, professeur de physiologie générale au Muséum d’histoire naturelle. 4 vol. petit in-8° de l’Encyclopédie scientifique des aide-mémoire. Librairie Masson et C‘\ Prix : broché, 2fr,50; cartonné, 5 francs.
- Dans ce livre, orné de figures et de courbes très instructives, M. Gréhant décrit les procédés qu’il emploie pour doser l’oxyde de carbone dans l’air et dans le sang qui a fixé le poisen. Ce travail renferme les résultats d’un grand nombre d’expériences comparatives.
- Étude sur les phénomènes volcaniques, par François Miron. 1 vol. in-8°. Ch. Béranger, éditeur. Paris. Prix : 10 francs. 1905.
- Les animaux vivants du monde. Histoire naturelle, sous la direction de Charles J. Cornish. Livraison VII : Les Équidés. E. Flammarion, éditeur. Prix : 0fr,75.
- Précis d’électrochimie et d’électrométallurgie, par M. L. Guillet. 1 vol. in-16. Paris. 1905. J.-B. Baillière et fils.
- La vigne et le vin chez les Romains, par G. Curtel. 1 voh in-8°. Paris. C. Naud. 1903. Prix : 5 francs.
- Peinture à l’aquarelle, par M. Henry Guédy. 1 vol. de l’Encyclopédie Roret. Paris. L. Mulo, 12, rue Hautefeuille. Prix : 3 francs.
- Cubage des bois en grume ou écorcés, par M. G. Haudebert. 1 vol. de l’Encyclopédie Roret. Paris. L. Mulo, 12, rue Hautefeuille. Prix : lfr,25.
- La verrerie au vingtième siècle, parM. Jules Henri vaux. 1 vol. in-8°. Bernardet Ci<!, éditeurs. Paris, 1905. Prix : 20 francs.
- Petit dictionnaire des falsifications, par L. Düfolr, pharmacien de lre classe. 1 vol. in-52 de la Bibliothèque utile. 4e édition. Félix Alcan, éditeur. Paris. 1903. Prix : 1 frar.c cartonné.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- Moteurs pour dynamos, moteurs à vapeur, moteurs hydrauliques, moteurs à gaz et à pétrole, par Ch. Gruet, ingénieur-électricien. 1 vol. in-10. Paris, Ch. Béranger, éditeur, 1005. Prix : 7fr,50.
- Tableaux synoptiques de minéralogie, détermination des minéraux, par le Dr Et. Barrai,, docteur ès sciences. 1 vol. in-18. Librairie J.-B. Baillière et fils, Paris. Prix : lfr, 50.
- Traité pratique d’héliogravure en creux sur zinc, au bitume
- de Judée, par le capitaine A. Ribette. 1 vol. in-8°. Ch. Men-del, éditeur, 118, rue d’Assas. Paris, 1905.
- Causeries photographiques. Conseils aux amateurs, par Jules Malleval, président de la Société photographique de Lyon.
- 1 brochure in-8°. Paris. Ch. Mendel, éditeur. Prix : lfr,25.
- CaYta idrografica d'Italia; Arno, val di Chiana e Serchio.
- 2 vol. brochés, gr. in-8°, publiés par le Ministère d’Agricul-ture d’Italie. Rome. 1902.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50”,30), — Bureau central météorologique de Franoe.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 6 avril .... 2°,9 S. NV. 1. Nuageux. » Gelée blanche ; nuag. jusqu’à 18 h. ; beau ensuite.
- Mardi 7 6".3 S. S. W. 2. Couvert » Gelée blanche ; très nuageux.
- Mercredi 8 Cd.5 N. 6. Beau. 0,1 Averse à 5 h. 20; nuag. le malin; couv. le soir.
- Jeudi 9 6\0 IN. 5. Couvert. 0.0 Pluie à diverses reprises; petite^grêle à 14 h. 7; nuag.
- Vendredi 10 2’.8 N. N. E. 5. Beau. 0,1 Gelée bl. ; nuag. de 10 h. à 17 h. ; beau avant et après.
- Samedi 11 2'.0 N. E. 2. Beau. » Gelée bl. ; peu nuag. de 12 à 17 h. ; beau avant et après.
- Dimanche 12 ... . 9*,1 N. W. 2. Nuageux. » Gelée bl. ; nuag. jusqu’à 19 h. ; beau ensuite.
- AVRIL 1903. — SEMAINE Dü LUNDI 6 AU DIMANCHE 12 AVRIL.
- Lundi l Mardi | Mercredi | Jeudi | Vendredi | Samedi I 'Dimanche |
- a courbe supérieure indique lu nébulosité de 0 à 10; le « flèches inferieure<, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions baronté riques (baromètre ramené à 0, au tin'-’au de la mer): courbe plus mince, thermomètre à l'abrt à boute sèihe: courbe en pointillé, lherinomdre à labn à boule mouillée.
- Résumé «les observations météorologiques faites à
- l’observatoire du parc Haint-.Ttuur. en mars 1903;
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50“,5. Moyenne des 24 heures, 758"",87 : minimum absolu. 735“”,6, le 3 à 1 il. 50 du matin ; maximum absolu, 770“", 1 le 20 à 9 heures du matin.
- Température. Sous l’abri ; moyenne des minima, 3°,20 ;des maxima, 15°,46; du mois, 8°,33; vraie des 24 heures, 7°,88; minimum absolu, —2°,8 le 10; maximum absolu, 26°,2 le 23 : depuis l'origine des observations de Paris en 1753, on n'a jamais observé en mars un maximum aussi élevé. Sur le sol gazonné ; moyenne des minima,—01,46; des maxima, 27#,46 ; minimum absolu — 7°.0 le 11 ; maximum absolu, 39°,8 le 25. Dans le sol gazonné : moyenne du mois à 9 heures du matin ; à 0ra,30 de profondeur, 6°,55 ; à 1 mètre, 6°,59. De lai Marne : moyenne le matin, 7°,99; le soir, 8°,38; minimum, 6°,59 le 15; maximum 10°,82 le 26.
- Tension de la vapeur ; moyenne du mois. 5””,49 ; minimum 3"”,9 le 9, à 5 heures du soir ; maximum, 9”“,5 le 5 à 11 heures du matin.
- Humidité relative : moyenne du mois, 71,4; minimum, 22, le 21 à 4-5 heures du soir et le 25 à 3 heures du soir ; maximum 100 en 6 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 heures du matin à 9 heures du soir) ; 51.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l’horizon, 567 heures; durée effective de l’insolation, 146 heures; rapport, 0,40.
- Halos solaires : les 1, 7,10, 14,15, 16,17, 25, 24. Celui du 10 a été particulièrement intéressant : de 1 h. 15 à 4 h. 13, ou a observé le halo de 22° avec arc circonscrit, les parhélies, le cercle parhélique complet; à 4 heures, grand halo de 46°.
- Pluie : total du mois, 32””,8 en 41 heures réparties en 14 jours, et en outre 6 jours de gouttes. La pluie du 2 a fourni 15 mm. II n’est tombé que quelques grains de neige le 2.
- On a noté 8 jours de gelée, dont 5 consécutives, du 9 au 15, période correspondant à l’abaissement de température qu’on observe fréquemment en
- mars ; il y a eu 18 jours de gelée blanche, 2 jours de rosée, 3 jours de grésil, 2 jours de brouillard.
- Fréquence des vents : Calmes, 26.
- N . . . . 18 E. . . . . 9 S 76 W . . . . 4*
- N. N. E. . 2 E. S. E . . 2 S. s. w. . 132 W. N. W.. » 53
- N. E . . . 17 S. E . . . 55 s. w. . . 157 N. W. . . 25
- E. N. E . . 33 S. S. E. . . 44 w. s. w . 65 N. N. W. . 30
- Vitesse du vent en mètres par seconde. Moyenne du mois, 4“,6 ; moyenne diurne la plus grande ; 9”,4 le 2; la plus faible ; 0",9 le 12 et le 15; vitesse maximum, 17”,8 le 2, de 6 heures à 6 h. 15 du soir (tempête de S.-S.-W.)
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 1“,95 ; température -+-1°,76 ; tension de la vapeur -h 0“,16 ; humidité relative — 3°,5; nébulosité 7 ; pluie — 8””,0.
- Floraisons : le 1", crocus; le 4, tussilago farfara; le 5, amandier, abricotier; le 6, violette des bois; le 8, jasmiuum nuditlorum; le 13, jacinthe, hépatique bleue; le 15, jonquille, prunellier commun; le 20, brugnon de plein vent; le 22, pêcher de plein vent, glechoma, groseiller à grappes; le 23, cydonia japomca ; le 24, ribes sanguineum ; le 25, coucou, merisier, érable plane, mahonia à feuilles de houx ; le 26, corchorus, ficaire, anémone des bois, iberis sempervirens, buis des Baléares, saule blanc; le 27, narcisse; le 28, cassis ; le 29, groseiller épineux.
- On a entendu le premier chant de la grive le 16, et du merle le 23.
- Hiver 1903 (année civile).
- Moyennes. Baromètre . . . 761“”,60 Thermomètre . 5°,8 4
- Tens. de la vap. 5””,42 Humidité relal. 78,2
- Écarts. -+- 2,66 •+- 1,98 +• 0,34 — 3,09
- Moyennes. Écarts. Nébulosité .... 60 — 5
- Haut, de pluie . . 97””,7 — 10,1 Jours de jduie . . 33 — 8
- PHASES DE LA LUNE : P. L. le 12, à 0 h. 27 m. du matin.
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- Jl° 1561 (25 avril 1903) du journal, « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LATFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— On n’est jamais d’accord dans le public sur la Lune «rousse. Rappelons que depuis Arago, on donne le nom de « Lune rousse » à la Lune qui. commençant en avril, devient pleine soit à la fin de ce mois, soit plus ordinairement dans le courant de mai. fin 1903, elle commence le 27 avril et finit le 26 mai. Elle sera pleine le 11 mai à 13h 27m.
- ®— Le 4i8.congrès des Sociétés savantes de Paris et de la province s’est ouvert le 14 avril, à Bordeaux, dans le grand amphithéâtre de l’Athénée. Avant la séance, le Dr Lande, maire de Bordeaux, entouré de la municipalité, a reçu les congressistes à l’Hôtel de Ville. La séance d’ouverture a été tenue sous la présidence de M. Baguenault de Puchesse, délégué du ministre de l’instruction publique, assisté du maire et du recteur. Après l’allocution d’usage dans laquelle le président a souhaité la bienvenue aux congressistes et marqué les services rendus à la diffusion de la science par les congres, les membres des diverses sections se sont rendus dans les salles réservées pour constituer leurs bureaux et commencer leurs travaux.
- —®— M. André Tournoüer vient de revenir de Patagonie où, pour la quatrième'fois, il a entrepris d’importantes fouilles paléon-tologiques. 11 a tenu à se rendre digne de la faveur que lui avait faite l’Académie en lui accordant un de ses prix. 11 rapporte d’admirables collections de mammifères fossiles et des coupes géologiques nombreuses, qui seront très appréciées par les géologues ; car, jusqu’à présent, il règne un désaccord absolu sur l’âgé des terrains de la Patagonie et l’on ne sait à quelles époques il faut attribuer leurs trésors paléontologiques.
- —®— Un congrès international contre l’alcoolisme a été ouvert a Brême le 15 avril, dans la matinée, par le comte Posadowsky, secrétaire d’Etat à l’office de l’intérieur de l’empire, qui a prononcé «ne allocution. Il a fuit ressortir les progrès de l’alcoolisme. Il a ajouté qu’il était absolument nécessaire de combattre le fléau, mais que la nature et l’étendue des moyens à employer dans ce but devaient varier selon la façon d’être des peuples et les conditions climatériques.
- —®— Les arsenaux anglais construisent actuellement un type de croiseur cuirassé des plus remarquables et des plus puissants, le type Good Hope, sur lequel sont calqués le Drake, le King Alfred et le Leviathan. La longueur en est de 152 mètres, la largeur de 21m,64, le déplacement de 14100 tonnes : la ceinture cuirassée en acier Krupp a près de 122 mètres de long. Le Good Hope, qui a déjà fait ses essais, a donné 23,05 nœuds avec une puissance de 31 000 chevaux. L’approvisionnement de combustible est de 2500 tonnes.
- —(§)— Le Vélodrome du Pare-aux-Princes a inauguré le dimanche et le lundi de Pâques sa nouvelle piste dont les virages ont été relevés pour permettre les grandes vitesses. On peut dès à présent bien augurer de cette nouvelle piste. En effet, dans la réunion du 13 avril, Sigonnaud, pilotant une motocyclette actionnée par un moteur de Dion-Bouton de 16 chevaux, a battu de loin le record des 10 kilomètres pour motocyclettes en 6 minutes 8 secondes 2/5, ce qui donne une vitesse moyenne de 97km,826 à l’heure. Certains tours de piste (666m,66) ont été couverts en 23 secondes 4/5, soit à 100km,279 à l’heure. C’est la première fois que la vitesse de 100 kilomètres est dépassée sur une piste avec virages! Dans la même réunion, le coureur cycliste Contenet, entraîné par une motocyclette munie de coupe-vent, a battu le record des 40 kilomètres en 31 minutes S secondes 2/5 (ancien record : 31 minutes 23 secondes 2/5) et celui des 50 kilomètres en 38 minutes 40 secondes (ancien record : 59 minutes 11 secondes).
- —®— Nous avons parlé dans les « Informations » du n° 1560, du 18 avril 1903, de l’éruption du volcan de Tierra Firme près de Galerazamba. en Colombie, ainsi que des dégâts qu’elle a produits. Ce volcan se trouve à 40 kilomètres de la ville de Barranquilla, près de Sabanalarga, sur une ligne de fracture jalonnée par des volcans de boue et partant de Puerto Colombia dans la direction de Carthagena. On a signalé du pétrole près de ces volcans de boue. Assisterions-nous à une formation actuelle de gisements de pétrole? Si l’industrie ne peut pas encore utiliser le combustible, eu égard à sa faible quantité, la science n’a qu’à gagner en se livrant à l’étude de cette éruption récente.
- —®— Les chemins dé fer vénézuéliens ont adopté pour leurs wagons de voyageurs et leurs locomotives l’éclairage à l'acétylène. L’appareil en usage se compose de deux vases : l’iln extérieur contenant l’eau, l’autre intérieur renfermant le carbure. La pression n’excède' pas 50 à 80 milligrammes par centimètre carré. On peut à volonté fermer la communication des deux vases, en sorte que la lumière s’éteint rapidement. Les Compagnies de chemins de fer du Venezuela se déclarent satisfaites du fonctionnement de ce système.
- —®— Le gouvernement de la Nouvelle-Zélande vient de créer un nouvel observatoire magnétique à Christchurch, dans un endroit où les instruments seront à l’abri, des éléments d’erreur provenant du voisinage des habitations. L’équipement magnétique de cette station se compose d’un magnétographe enregistreur d’Adie, d’un magnétomètre à fil unique et d’une boussole d’inclinaison de Dover, le tôut du modèle adopté à Kevv. De plus le directeur, Dr Farr, a reçu en prêt de la Société Royale un second magnétomètre et une seconde boussole d’inclinaison. La rareté des observations dans l’hémisphère Sud donne une grande importance à l’établissement de cet observatoire, qui complétera les documents que rapporteront les expéditions antarctiques allemande et anglaise.
- —(§)— Un ingénieur de Dusseldorf, M. Engels, vient d’imaginer de revêtir les fours rotatifs pour la fabrication du ciment et d’autres fours analogues, de briques de son invention à base de carborundum et, par conséquent, offrant une puissance réfractaire énorme. Le carborundum est additionné de terre réfractaire et de verre soluble, et cela donne des briques parfaitement homogènes. Du reste on obtient également de bons résultats en enduisant tout simplement des briques réfractaires de cette mixture au carborundum rendue suffisamment liquide, et constituant un enduit de 4/2 millimètre d’épaisseur.
- —® On a muni récemment d’appareils pour le chauffage au combustible liquide le transatlantique liensinglon, qui faille service entre Anvers et New-York.
- —®— Le hangar de Santos-Dumont en construction abritera cinq aéronats : Le ci Santos-Dumont VI » qui remporta le Prix Deutsch et dont la retraite ne sera probablement pas troublée. Volume : 622 mètres cubes. Le « Santos-Dumont VII », futur concurrent à l’exposition de Saint-Louis. Volume : 1260 mètres cubes; moteur : de 80 à 100 chevaux. Le « Santos-Dumont IN ». Volume : 261 mètres cubes ; moteur : 5 chevaux. Le « Santos-DumontX » (ballon à passagers). Volume : 2010 mètres cubes; moteur : 20 chevaux. Le « Santos-Dumont XI », en tous points semblable au n° 6. L’aéronaute aura donc à sa disposition, pour la campagne prochaine, quatre aéronats absolument neufs.
- —®— Depuis le commencement «lu mois un omnibus à vapeur de vingt places du système de Dion-Bouton fait le service entre Troyes et Tonnerre, localités distantes de 66 kilomètres. Le parcours s’effectue en moins de quatre heures avec arrêts à Chaource, Gussongy. Ghesley et Goussegrev, pour ne citer que les principales localités des-, servies.
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- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communication. — M. René Dollinger a observé dans d’excellentes conditions l’éclipse de lune du 11-12 avril, et nous écrit à ce sujet. « Je me trouve à Château-d’Œx, village situé dans les Alpes à une altitude d’environ 1000 mètres. Le ciel était couvert pendant toute la journée du 11, mais le soir vers 10 heures (heure de l’Europe centrale) les nuages se dispersèrent, de sorte que la lune se trouva parfaitement dégagée bien avant le commencement de l’éclipse. J’ai observé que la partie de la lune qui se trouvait dans l’ombre n’était absolument pas visible à l’œil nu, ni même avec une petite longue-vue de poche dont je disposais. » M. Dollinger ajoute : « Nous avons eu ici cet hiver des couchers de soleil exceptionnellement beaux. Le ciel était rouge presque jusqu’au Zénith et présentait souvent des colorations violettes et vertes très curieuses. J’ai cru remarquer que ces couchers de soleil précédaient souvent des nuits froides. Notons en passant qu’il est tombé ici, le 9 courant, une couche de neige de 55 centimètres d’épaisseur. »
- M. A. Le Mée, enseigne de vaisseau en mission hydrographique en Indo-Chine, nous écrivait la lettre suivante à la date du 12 mars 1903 : « Je me suis souvenu de l’article de M. Brandicourt sur « le mimétisme et la littérature » (17 janvier 1903), en voyant la semaine dernière à Ceylan les échantillons les plus parfaits que peut produire cette fusion de forme et de couleur de l’animal avec la plante. A Kandy, des Cin-galais m’ont présenté divers insectes naturalisés qu’au premier abord j’ai cru truqués. Je ne voyais chez les uns qu’un amas de branches et brandilles d’arbres figurant le corps et les membres, chez les autres j’apercevais simplement des feuilles ordinaires avec leur couleur verte et, ce qui m’a surpris le plus, avec leurs nervures. Je croyais à de la supercherie de la part des indigènes, mais à côté des animaux naturalisés ils m’ont fait voir des insectes bien vivants, feuilles et branchages animés qui m’ont paru admirables d’illusion. »
- M. Fr. Cancalon, à Roanne, nous transmet un procédé pédagogique très simple pour faire la démonstration des éclipses de lune, à l’aide d’une feuille de papier pliée, dont une partie, celle qui est fixe, porte une image de la terre, tandis que la seconde mobile est percée d’un trou qui représente la lune. On fait suivre à cet astre fictif une trajectoire tracée à l’avance sur la feuille fixe. On a ainsi, et pour tous les instants, la position de la lune dans le cône d’ombre projeté par la Terre.
- M. Saunière, président de F Aéronautique-Club de France, nous fait parvenir le premier numéro de « l’Aéronautique », revue trimestrielle illustrée de la navigation aérienne, 'bulletin officiel de l’Aéronautique-Club de France, Société de vulgarisation scientifique, fondée en 1897.
- M. A. Jagot, au Mans, à propos du « Dessinateur universel », que nous avons décrit dans le n°1557 du 28 mars 1903, p. 271, nous écrit qu’il a eu l’occasion d’étudier un appareil semblable, ui permettait de bien montrer que pour faire valoir les reliefs es monuments au point de vue photographique, il fallait les prendre lorsque le soleil faisait avec la façade un angle déterminé. Le problème consistait à mener une tangente à l’ellipse, parallèle à une ligne donnée.
- M. Bertelli, à Brescia, a essayé de s’expliquer d’une façon scientifique le fait bien connu empiriquement, qu’un oiseau a besoin d’une surface d’ailes deux fois moindre qu’un aéroplane pour porter le même poids. Bien que n’étant pas arrivé à élucider ce point d’une façon complète, il a avancé la question par une étude ingénieuse sur l’action du vent, lorsqu’il ren-
- contre une surface courbe : les résultats sont exposés dans une brochure intitulée : Ricerche d'aeronautica.
- M. Rochoux, de Bordeaux, nous signale, à propos de sa communication parue dans le n° 1559, du 11 avril 1903, que, s’il a essayé d’expliquer l’action des vibrations sonores sur les mouvements du cœur et le rythme respiratoire, c’est après avoir rappelé les observations de Charcot, Binet et Courtier sur le même sujet. 11 n’a pas cherché dans ces vibrations la cause-déterminante des mouvements organiques, cette question étant un point très accessoire de ses recherches.
- Renseignements. — M. Piet, à Amiens. — 1° Voyez-dans le n° 1405, du 28 avril 1900, un article sur les turbines à pétrole : nous n’avons rien publié sur celles dont vous parlez ; adressez-vous à la Compagnie électro-mécanique, J 1, avenue Trudaine, à Paris. — 2° Consultez l’ouvrage de M. Foureau, « d’Alger au Congo par le Tchad », librairie Masson. Prix 15 francs.
- M. Porchet, au Pré-Saint-Gervais. — Le Manuel du teinturier, de l’Encyclopédie Roret, vous donnerait les formules que vous cherchez.
- M. Jacques Moreau, à Poitiers. — Voyez les ouvrages suivants : « Traité de physique élémentaire », de Drion et Fer-net, prix : 8 francs; « Traité élémentaire de chimie », par Troost, prix : 8 francs; « Automobile sur route », par L. Pé-rissé, prix : 5 francs. En vente à la librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. P. Broounof à Saint-Pétersbourg. — Le dessinateur universel se trouve chez M. Mahan, 51, avenue Montaigne, à Paris.
- Abonné n° 3704-1970. — L’Institut Pasteur, 9, rue Dutot, à Paris, vous renseignerait à ce sujet.
- M. A. A. B., à Paris. — Le manuel de la fabrication des vins-de fruit et celui du distillateur liquoriste, de l’Encyclopédie Roret vous indiqueront les procédés en usage : librairie Mulo, rue llautefeuille, à Paris.
- Un abonné, à Bellevue. — 1° Le collargol se trouve dans, les principales pharmacies. — 2° Nous n’avons pas lieu de croire que ce produit ait été surfait. — 5° Il est possible que nous-revenions sur cette question.
- M. Eug. Clar, à Râle. — Les maisons suivantes fabriquent des produits qui probablement vous satisferont : M. Mabille, 38, boulevard Voltaire, à Asnières (Seine), M. Jacquelin, 5, rue de Charonne, à Paris.
- M. Louis Dubois, à Paris. — Adressez-vous à la Société anonyme des hauts fourneaux de Denain, 4, rue Mogador, à Paris.
- M. J. Saussié, à Paris. — Le secrétaire perpétuel de l’Académie royale de Belgique nous demande si l’insecte destructeur des bouchons ne serait pas F(Enophila flavum.
- M. Armand Sée, à Lille. — Votre observation est très juste ’r il faut effacer les mots 34 chevaux, nous ferons un erratum.
- M. Chardin, à Paris. — Nous pouvons vous donner les adresses suivantes : Stérilisateur Lepage, 67, boulevard Ilaussmann, à Paris. Compagnie Aérohydraulique, 135, rue d’Alésia, à Paris.
- M. G. JS., à N. — 1° La 5° et dernière série des Recettes-et procédés utiles a paru en 1900 à la librairie Masson. —. 2° Adressez-vous à la Société française des tourbes pasteurisantes, 4, rue de Trévise, à Paris.
- M. A. B. R., à Orléans. — Consultez les ouvrages suivants r Pouvoir calorifique des combustibles solides, liquides et gazeux, par M. Scheurer-Kestner, à la librairie Masson et Cie ; Traité de mécanique générale, t. IV, par M. Résal, à la librairie Gauthicrs-Villars, à Paris; Traité théorique et pratique des moteurs à gaz: et à pétrole, par II. Witz, à la librairie Bernard, à Paris.
- M. J. Louzeau, à Vendôme. — Nous ne connaissons pas cet appareil et d’ailleurs ce genre de renseignement sort de notre cadre.
- M. P. Henry, à Paris. — L’adresse que vous demandez est la suivante : M. Albert Jagot, au Mans.
- M. Dupont, à Lille. — Adressez-vtous à M. Gaumont, 57, rue Saint-Roch ; vous trouverez là le produit que vous désirez.
- M. Lerant, à Paris. — Une résistance électrique se mesure en ohms.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Giroux, à Arcueil. Le sucre est certainement un aliment respiratoire de premier ordre. — M. Klaus, à Vienne. Avez-vous commencé par vérilier l’état de vos roulements? — M. II. U., à Lvons-la-Forêt. Les tuyaux de plomb éclatent souvent, en effet; mais vous pourriez essayer du procédé décrit dans les Recettes et procédés utiles, 5e série, p. 128, à la librairie Masson, 120, boulevard baint-Gcrmain.
- Bans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- PETITES INTENTIONS1
- Tampon siphoïde. — Ce nouveau modèle de tampon, à joint et trou central de levage hermétiquement clos, convient pour trappes de regard de fosses d’aisances, tuyaux de chutes, puisards, égouts ; il a été construit de manière à ne plus laisser les matières usées circuler à l’air*libre. Son emploi permet d’éviter les émanations qui passent par les joints des trappes
- Tampon siphoïde. — Vue en plan et en coupe.
- actuelles ; il est d’une manœuvre facile et permet l’inspection rapide, et le nettoyage aisé des conduites d’évacuation. En remplissant presque entièrement la cuvette circulaire, que montre la coupe ci-jointe, de sable fin, la nervure inférieure du couvercle pénètre dans le sable et produit une obturation complète. — Le tampon siphoïde se trouve chez M. Fernand Marchand, 19, boulevard Montmartre, à Paris.
- PHOTOGRAPHIE
- Sfedik et Fervae. — Ces noms singuliers désignent deux petits instruments, dont l’un est le complément de l’autre, très précieux pour le photographe. Le bledik, que nous avons déjà signalé, est un dérivé, du vaccinostyle du IP Mareschal; on a donné à la plume une forme plus
- Stedîk.
- plate que pour celle employée à la vaccine et on l’a rendue très coupante. On a donc ainsi pour un prix très minime un instrument qui sert à couper les épreuves nettement et qu’on
- Fervae.
- peut jeter dès qu’il n’est plus en très bon état ; il sert à toutes sortes d’autres usages, comme de grattoir par exemple pour les retouchers. On lui avait reproché, bien qu’il ait une certaine longueur, de ne pas être bien en main quand on l’emploie seul, et de ne pas présenter assez de solidité lorsqu’il est enmanché sur un porte-plume, c’est pour répondre à ce reproche que le fabricant a créé le Fervae, qui constitue un manche où il se fixe très solidement, de façon à former presque une seule et même pièce. Ce manche, qui a une valeur insignifiante, peut être joint désormais aux étuis de stedick et les rend ainsi d’un emploi plus commode; c’est leur complément très utile qui permet de les avoir bien en main et d’opérer à coup sûr la coupe et le grattage.
- * La. description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- Sulfite d'acétone.
- MM. Lumière ont, en 1896 et 1897, attiré l’attention sur l’emploi dans certains révélateurs de l’acétone qui, en présence du sulfite de soude, joue le rôle d’alcali. La théorie de la réaction qu’ils avaient donnée a été combattue par le Dr Eichengrün au Congrès de l’Union allemande des photographes à Düsseldorf; celui-ci a préconisé l’emploi du bisulfite d’acétone comme agissant seul dans les révélateurs, sans l’addition du sulfite alcalin. Dans une note qu’ils viennent de nous communiquer, MM. Lumière établissent par une série d’expériences, dont ils donnent le détail, qu’aucune trace d’image n’apparaît au bout de 20 minutes dans le bain ne contenant que du bisulfite d’acétone, de l’hydroquinone et de l’acétone ; tandis qu’une faible trace de sulfite anhydre fait apparaîtie une image, ce qui confirmerait leur première théorie.
- Les bonnettes d’objectifs pour projections.
- Tous ceux qui s’occupent de projections ont pu constater qu’on est parfois fort embarrassé quand on ne possède qu’un seul objectif. Le foyer est convenable pour une salle donnée où l’écran a une dimension en rapport avec la dimension du local et où l’emplacement de l’appareil est toujours le même. Mais si on change de local on peut être appelé à projeter sur un écran plus petit ou plus grand, ou à se trouver forcé de placer l’appareil très loin ou très près. L’objectif qu’on possède ne se plie pas à ces nouvelles exigences et il faut s’en procurer un autre ; il en faudrait même 3 ou 4 pour répondre à tous les cas. Voici un ingénieux artifice indiqué dans Photo-Gazette par M. Bellieni.
- Pour modifier le foyer de l’objectif qu’on possède, on n’a qu’à placer devant le parasoleil un verre de lunette, bésicles ou binocle, de courbure convenable.
- Le choix sera facile à faire, car tous les opticiens, même des plus petites villes, ont une collection de verres pour essayer la vue des clients. On leur demandera pour faire les essais les numéros suivants, exprimés en dioptries : 0.50, 0.75, 1, 1.50, 1.75, 2. Si l’opticien n’a pas encore adopté la nouvelle notation et qu’il n’ait que des verres numérotés en pouces on choisira les numéros : 72, 48, 56, 24, 20, 18. On prendra les collections concaves et convexes.
- Après avoir mis un cliché en place dans la lanterne, on passera successivement les verres devant 1-objectif jusqu’à ce qu’on obtienne le résultat cherché. Si on veut opérer de plus loin ou bien faire l’image plus petite sans changer de place, on essaiera les verres concaves. Si, au contraire, on veut opérer de près ou augmenter la dimension de l’image, on prendra des verres convexes. Une fois le foyer convenable trouvé, on rendra à l’opticien sa trousse d’essai et on lui achètera pour une somme minime le verre convenable qu’on montera facilement devant l’objectif au moyen de rondelles en carton.
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
- Conservation des vins. — M. le Dr P. Caries a publié, dans la Revue commerciale de Bordeaux, une étude sur la conservation des vins. Cette conservation n’est possible, avec les traitements ordinaires, que lorsque dans les premiers six mois on les a soumis à un froid prolongé, pour les priver, par soutirages à la suite, de leurs germes pathogènes et de leurs surcharges d’insolubles. Tout vin nouveau qui n’aura pas suffisamment subi cette action du froid, suivie de soutirages opportuns, ne pourra être gardé avec sécurité qu’après avoir été soumis à la pasteurisation. Mais il ne faut pas oublier que cette pasteurisation est incapable d’empêcher le vin de déposer dans les bouteilles.
- Préparation pour le glaçage du linge. — On la compose d’un mélange de 30 parties de cire de carnauba blanchie, de 20 de blanc de Meudon en poudre et enfin de 12 parties de savon blanc.
- Pour imiter le vieil argent. — On doit savoir que, pour donner aux objets en argent l’apparence du vieil argent, il suffit d’en oxyder la surface, ou même simplement les parties en creux, où le frottement ne peut guère enlever la patine formée par l’oxyde. Or, voici un liquide qui peut aisément donner au métal la coloration brune caractéristique : c’est un mélange de deux parties de chlorure d’ammonium, de 2 également de sulfate de cuivre, d'une partie de nitrate de potasse et de 5 d’acide acétique. Quand on veut colorer tout l’objet, on le chauffe d’abord un peu, puis on le plonge dans le bai» chaufîé lui aussi; quand, au contraire, on veut seulement oxyder certains points, on se sert d’une brosse en poils de chameau pour appliquer le liquide en ces points.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Vernis pour meubles. — Mélanger 9 parties d’huile de lin hrute, 2 d’huile de térébenthine, 1 de benzine, 1 également d'esprit de bois et 1 d’ammoniaque liquide. On applique avec un tampon de ouate recouvert de deux épaisseurs d’un vieux linge de toile; on frotte ensuite en tous sens avec le tampon, jusqu’à ce qu’il commence à coller à la surface vernie, et l’on termine en frottant énergiquement avec un chiffon de soie.
- . Sa von pour peintures — Nous entendons une sorte de mélange savonneux destiné à laver les murs peints, les portes, etc., dont la peinture est fortement salie. Vous faites mijoter doucement, sur le feu, en remuant constamment, quelque SI) grammes de borax pulvérisé, 450 grammes de savon brun
- de bonne qualité coupé en petits morceaux, le tout dans 5 litres d’eau. Il ne faut pas que celte cuisine bouille. On applique le liquide au moyen d’une flanelle, et on rince aussitôt à l’eaü pure.
- Teintures pour bois. — Pour donner au bois une belle coloration pourpre, on emploie une solution composée de 04 grammes de copeaux de bois de campêche, qu’on fait bouillir dans de l’eau jusqu’à bien extraire le principe colorant, et qu’on additionne d’une quantité convenable d’une solution d’indigo. — Comme colorant jaune, on fait une solution de jaune d’aniline dans de l’alcool et on applique avec une brosse douce.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30), — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES 1)U MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 13 avril . . . 4* ,6 W. 2. Beau. 0,0 Gelée bl. ; beau jusqu’à 8 h. et après 20 h. ; très nuag. dans le jour; gouttes dans l’après-midi.
- Mardi 14 Ü“,7 S. S. W. 2. Peu nuageux. 0,5 Gelée bl. ; peu nuag. jusqu’à 18 b. ; beau ensuite ; grains de neige à 10 b. 30.
- Mercredi 15 1",0 S. S. AV. 2. Beau. 0,0 Gelée bl. ; halo solaire ; beau jusqu’à 8 b. ; puis nuag. ; couv. à partir de 12 b. ; pluie dans la soirée. Gelée bl. ; très nuag. ; pluie et neige à diverses reprises.
- Jeudi 16 ’ 2*,8 N. N. E. 5. Nuageux. 5,0
- Vendredi 17 1°|7 N. 4. Peu nuageux. 0,4 Nuag.; grains de neigea diverses reprises; averse de grésil à 18 li. 45 ; gelée blanche.
- Samedi 18 1\7 N. N. W. 2. Beau. 0,3 Gelée bl. ; nuag. ; grains de neige à diverses reprises.
- Dimanche 19 ... . 5“,1 N. N. VV. 2. Très nuageux. 0,0 Gelée bl. ; nuageux.
- AVRIL 1903. — SEMAINE DU LUNDI 13 AU DIMANCHE 19 AVRIL.
- I^a courba supérieure indiqua la nébulosité de 0 à 10: la flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barouie riqites (baromètre ramené à 0, au niveau de la rnei'i; courbe jilus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche; courbe en pointillé, Ihermoni dre à l'abri à boule mouillée.
- CHRUMQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- I,*>i neige. — Dans la semaine du 13 au 19 avril, la neige est tombée à plusieurs reprises en de nombreux endroits. Les 13, Il avril, dans la matinée, il y a eu à Paris chute de neige et de grésil ; le même jour, on a signalé de la neige un peu partout en Suisse, notamment à Lausanne. A Berne, il neigeait à gros llocons; à 8 heures du matin, les toits étaient recouverts d'une couche de neige épaisse, ainsi que la campagne environnante. A la mêm ; date, une véritable tourmente de neige s’est abattue sur llemiremont; il e=t également tombé de la neige à Sedan, à Gérardmer, et à Berlin, le
- 13 avril. A Paris, le 16 avril, vers midi, la neige est tombée à gros flocons
- pendant quelques minutes. Les 17 et 18 avril, il est également tombé quelques flocons de neige à Paris dans la matinée. On a du reste également annoncé la chute de neige à Lille, à Ilouen, à Chartres, à Tours, à Troyes, à Mâcon, à Dijon, à Clermont-Ferrand, à Lyon, à Saint-Etienne, à Bar-le-Duc, à Mende, à Roubaix, à Budapest et à Vienne, etc. ^
- Pluies. — Le 13 avril, des pluies sont tombées sur les Iles-Britanniques, l’Allemagne ainsi que sur les régions du nord et de l’est; en France, il n'y a eu que quelques averses dans le nord et l’est. Des pluies sont tombées, le
- 14 avril, dans le nord et le nord-ouest de l’Europe ; eu France, on a recueilli 4 mm d’eau à Dunkerque, 1 mm à Nancy. Le 13 avril, il y a eu des pluies abondantes dans le nord de l’Europe ; en France, il a plu à La llaguc (22 mm), à Besançon (6 mm), et à Paris (3 mm). Le 16 avril, on a recueilli 13 mm d’eau au puy de Dôme, 9 min à Limoges, 2 mm à Dunkerque et quelques dixièmes de millimètre à Paris. Le 17 avril, il a plu à Gris-Nez (i mm), à Charleville (3 mm) et à Paris.
- V.a température. — Pendant cette semaine la température a été très variable. Le 13 avril, elle était de 1° à Paris le matin, atteignant dans la
- journée un maximum de 11°,3 et un minimum de — ~AU, soit une moyenne de 4°,7 inférieure de 4°,5 à la normale 9',2. Le 11 avril, le thermomètre marquait le matin —1° au Mans, -t- 1° à Paris, — 4° au mont Mounier. La température moyenne à Paris n'atteignait que 4°, inférieure de 5°,5 à la normale. Dans la nuit du 14 au 13 avril, un forte gelée a détruit une partie du vignoble nantais : les dégâts mit été considérables. De même, à Bordeaux, la gelée a compromis plusieurs vignobles importants. Le 13 avril, la température est remontée à Paris, où l’on a trouvé le matin 3° ; dans la journée il y a eu un minimum de 1°,6 et un maximum de 11°,6, la moyenne atteignant 4°,8. Les 16, 17, 18 et 19 avril, on a également noté des températures basses dans la matinée, 0° à Belfort, — 1° à Paris, à Lorient, —2° à Nantes, à Limoges, à Toulouse, à Besançon, — 9° au puy de Dôme, — 12® au mont Ventoux, — 17° au mont Mounier.
- Tremblement de terre. — Dans la nuit du 17 au 18 avril, vers llh37“, deux légères secousses de tremblement de terre ont été ressenties à Brest ; elles avaient la direction nord-sud. De légères secousses de tremblement de terre se sont produites le 17 avril à Colon et à Panama.
- Tempête A Marseille. — Un véritable ouragan de mistral a sévi sur la région et dans le golfe de Marseille dans la nuit du 16 au 17 avril. Le vent a commencé à souffler le 16 vers 10 heures du soir après une violente chute de grêle ; il n’a fait qu'augmenter à partir de ce moment et il a bientôt atteint son maximum. Tous les navires ont triplé leurs amarres, mais de nombreuses embarcations ont été emportées à la dérive et de graves avaries sont survenues. Un paquebot a rompu les amarres et les chaînes qui le retenaient au quai, puis, chassant sur ses ancres et poussé par la bourrasque il est venu se jeter, par le travers, sur les navires amarrés le long du quai de la Joliette. On a également signalé plusieurs accidents vers les môles, du côté du bassin National.
- PHASES DE LA LUNE : D. Q. le 19, à 9 h. 40 m. du so’.r.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction. *
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —S— Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. de Bussy, ingénieur des constructions navales, membre de l’Institut. Nous reviendrons sur ce savant éminent dont la mort est une perte pour notre pays.
- —g— Le Métropolitain a atteint récemment le chiffre le plus élevé de voyageurs qu’il ait jamais transporté. Le dimanche de Pâques, 442 313 Parisiens ont pris ses lignes, le lundi de Pâques, ce «chiffre a encore augmenté : 449315 voyageurs. En 1902, une seule ligne était en exploitation, le nombre des voyageurs transportés le •dimanche de Pâques avait été seulement de 176 368, et le lundi -de 218105.
- —Circulation à Londres d’après les statistiques de 1901. Chemins de fer, 400 millions de voyageurs; omnibus, 500 millions; tramways, 300 millions; voilures et bateaux, 73 millions, soit, au total, 1273 millions de voyageurs transportés. Pour 1902, les chiffres •seraient y compris la banlieue : Chemins de fer suburbains, 618 millions; chemins de fer souterrains, 264 millions; tramways, 390 millions; omnibus, 530 millions; cabs, etc., 30 millions. Total : 1832 millions.
- —(§)— On annonce de Vellcfaux (Haute-Saône), la mort de Mme veuve Marguerite Nonnotte, âgée de 101 ans 5 mois et quelques jours. Cette brave femme, mère de dix enfants, exerça avec un dévouement et une charité au-dessus de tout éloge la profession de «age-femme pendant plus de 70 ans.
- —(g:— Le médecin le plus âgé du monde est un Français, le flr Jean David, né à Montpellier et qui exerce aux Etats-Unis, à Crabels, où il vient de célébrer son 102e anniversaire.
- —sg— La construction du chemin de fer transsibérien a coûté 1 milliard 350 millions à la Russie.
- —g)— Le chah de Perse possède un chameau nain, qui ne mesure que 70 centimètres de haut et ne pèse que 27 kilogrammes. Il est d’une blancheur de neige.
- —g— Notre confrère G. Prade, de Y Auto, a calculé que plus de 5000 cyclistes seraient mobilisés, pendant la course d’automobiles de Paris à Madrid, pour assurer le service des neutralisations des villes traversées. De ce fait, cette épreuve, réservée aux automobiles, sera la plus gigantesque manifestation cycliste qui se soit produite jusqu’ici.
- —®— Les touristes doivent beaucoup au Touring-Club de France et ils ne peuvent que lui être reconnaissants de l’active campagne qu’il mène depuis plusieurs années pour la transformation hygiénique et confortable des hôtels de France. Pour arriver à ce but le T. C. F. va imiter la Suisse, qui a la réputation de posséder les hôtels les mieux aménagés du monde entier; ce résultat est dû, araît-il, à l’Ecole professionnelle des Hôteliers qui fonctionne à ausanne. Tous les hôteliers de France sont donc convoqués à un Congrès général qui aura lieu, à Paris, le 15 mai, dans le but d’ouvrir une école française d’hôteliers. Le programme des cours qui seront professés dans cette école est très complet; il portera sur les points suivants : Etude des langues étrangères et principalement de l’anglais et de l’allemand ; calcul ; tenue des livres ; géographie de la France; géographie appliquée aux voyages; services des caves et cuisines; connaissance des denrées; règle de morale et de bonne tenue ; hygiène ; service en général ; économie hôtelière, etc. Il faut féliciter le Touring-Club de son heureuse initiative -et engager les hôteliers à s’inscrire en grand nombre à cette nouvelle école; ils ont encore bien besoin d’apprendre sur ce sujet!
- -a- ii convient d’enregistrer tout spécialement l’ascensiori mouvementée du ballon Aéro-Club; parti le 18 avril, à 6h35 du soir, du parc de Saint-Cloud, monté par quatre membres de l’Aéro-Club de Paris, MM. de Langardière, Le Roux, Rabiet et Mélandri, ce dernier faisant l'office de pilote, il est descendu, le lendemain, à 7 heures, à un kilomètre d'Arles (Provence), dans des conditions assez périlleuses. Au moment du départ le vent soufflait du Nord au Sud. Le ballon s’éleva assez rapidement, mais tout d’abord la vitesse de translation ne dépassa guère une quarantaine de kilomètres. Elle augmenta bientôt et, surpris par des courants très énergiques, le ballon avança avec une vitesse extraordinaire, de telle sorte qu’il a parcouru en douze heures et demie les 750 kilomètres qui séparent Paris de Marseille. Les voyageurs ont subi des chutes de neige et de grêle, et ont rencontre des températures variant entre 6° au-dessus de zéro et 14° au-dessous Cette température fut constatée en planant à 2800 mètres sur les Cévennes. La plus haute altitude atteinte sur l’aérostat a été de 3100 mètres. Le ballon, pendant plus d’une heure, s’est trouvé dans la mer des nuages, d en sortit heureusement entre Tarascon et Arles, alors qu’il était à 3000 mètres d’altitude. A ce moment, les aéronauies aperçurent la mer, vers laquelle un mistral violent les entraînait. Ils décidèrent d’atterrir et ouvrirent la soupape. La descente se fit avec une rapidité vertigineuse : en dix minutes. Le ballon traîna pendant 500 mètres, franchit le parapet du chemin de fer à la hauteur de l’octroi, et vint finalement s’échouer dans le jardin des Aliscans. Pendant la descente, les aéronauies jetèrent un sac de lest de 25 kilogrammes, qui creva le toit d’une maison, près d’Arles, et s’émietta dans une chambre où dormaient deux personnes. Les sacs de lest étaient gelés et formaient des blocs solides. L’Aéro-Club n° 2 a fait déjà plusieurs importants voyages. Il est tombé successivement à Kiel et à Hambourg, en Allemagne, et à Vienne, en Autriche. Il détient cette fois un record que les trains rapides eux-mêmes ne lui enlèveront pas, du moins dans la partie du voyage des Cévennes à Arles, où ils ont fait jusqu’à du 150 km à l’heure.
- —<9— Le 21 février dernier, un ballon allemand, parti de Munich, a atteint 7200 mètres d’altitude. L’àérostat, cubant 1400 mètres, n’avait reçu que 900 mètres cubes d’hydrogène pur. Il était monté par les Drs Ileincke et Emdon. Descendu à Liesertale, le ballon a été amené à la gare la plus proche au moyen d’un traîneau.
- —®— La Société anonyme Frédéric Krupp a été constituée au capital-actions de 160 millions de marks. Tout le capital-actions reste entre les mains de la famille Krupp.
- —(§)— M. Thomas a fait connaître à la Société zoologique de Londres un nouveau singe de provenance chinoise, c’est le Rkinopi-ihectis brelichi. Le premier Rhinopilhèque que l’on ait connu est le P h. roxellanæ, découvert au Moupin en 1870, et signalé par M. Armand David. Le second date de 1897, c'est le Rh. bieti. Aux deux espèces françaises, M. Thomas ajoute donc une espèce anglaise. Celle-ci vient du Kwei-Chan, au sud du Szé-Chouan et au sud-est du Mékong supérieur. L’animal est de grande taille; sa queue a prés d’un mètre de long ; le pelage est long, également de couleur gris ardoisé, avec des taches jaunâtres sur les membres et une tache blanche entre les épaules ; comme les autres Rhinopithèques, la nouvelle espèce a le nez très retroussé et très court.
- —®— De curieuses expériences de télégraphie sans fil ont été tentées, vendredi, sur la ligne du chemin de fer militaire de Berlin à Zessen. Des dépêches ont été expédiées d’un train en marche entre Rangsdorf et Zessen, en présence du major Friedrich, de la brigade des chemins de fer. Ces essais ont parfaitement réussi et une correspondance active a été échangée entre les stations de Mar-denfeld, Rangsdorf et le train en marche.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Le pneumatique Samson se trouve 17, rue de la Boëtie, à Paris, et le pneumatique « Invictus » 5, rue des Ternes, à Paris.
- Communications. — M. G. Ayamennone, directeur de l’Observatoire géodynamique de Roca di papa (Italie), a inventé un appareil enregistreur des phénomènes sismiques qui permet de fixer, dans ses moindres détails, les diverses phases d’un tremblement de terre, même léger. Un mouvement d’horlogerie, dont les indications sont également enregistrées, donne l’heure exacte à laquelle se sont produits les mouvements.
- M. R. de Bouy, à Paris, nous fait remarquer, à propos du fait signalé par M. Gourant, dans la Boîte aux Lettres du n° 1560, du 18 avril 1905, qu’il suffit de superposer deux clichés en amenant deux points analogues en concordance et de les faire tourner d’un petit angle l’un par rapport à l’autre, pour voir apparaître des cercles ayant pour centre ce point. De là provient l’aspect moiré et les lignes concentriques signalées par M. Courant.
- Le Dr Nestore Pelrilü, de Naples, a étudié dans une brochure parue récemment, la situation agricole de la province de Capitamate. Après avoir examiné la nature des différents terrains, les modes de culture, et en particulier l’emploi des machines agricoles, l’auteur conclut en conseillant vivement la propagation de certaines plantes fourragères, comme le lupin et le sulla, qui donnent un bon rendement, et, en leur qualité de légumineuses, améliorent la terre.
- Renseignements. — M. Eug. Clar, à Bâle. — Les chlorures de calcium et de sodium n’absorbent l’humidité que d’une façon assez faible. Le mieux est d’employer la ponce sulfurique.
- M. Durracq, de Paris. — L’eau froide est plus tonique que l’eau chaude, mais celle-ci dissout mieux les corps gras. Evitez de mettre des plaies en contact avec de l’eau, qui n’a pas été bouillie.
- M. Caillot, à Decazeville. —Voyez dans la lre Série des Recettes et Procédés utiles deux formules de liquides contre la chute des cheveux. Nous vous déconseillons formellement d’employer aucun médicament pour les cils, avant d’avoir pris l’avis d’un spécialiste.
- M. P. H., à Montélimar. — M. Robcis, 75, rue du Faubourg-Saint-Antoine, à Paris.
- M. le comte de Saint-Georges, à Genève. — Il n’y a pas de moyen absolument efficace pour empêcher la fonte de se rouiller : seule la galvanisation avant la peinture donnerait quelque résultat.
- M. Stakelberger, à Mulhouse. — La brochure de M. Ro-choux est en vente chez M. Samie fils, libraire, à Bordeaux, 48, rue du Pas-Saint-Georges.
- Capitaine Loiselet, à X. — La lre Série des Recettes et Procédés utiles vous donnera une formule pour la fabrication d’une pâte phosphorescente.
- M. B., à V. — Les maisons suivantes fabriquent cet article : MM. Allez frères, 1, rue Sunt-Martin, à Paris; M. De-bette, 66, rue des Prairies, à Paris.
- Dr Motta Veiga Casai, à Céia. — Veuillez nous faire savoir sur quel genre de constructions vous désirez des renseignements.
- M. Jobard aîné, à Dijon. — Nous avons fait parvenir la lettre à son adresse, 50, rue du Luxembourg.
- M. C. U. A., à Paris. — Nous ne connaissons pas les brevets dont vous parlez.
- M. J. Ma ratine, à Paris. — Nous avons déjà communiqué cette adresse à la personne intéressée : nous vous remercions néanmoins de nous l’avoir transmise.
- M. Et. Grémion, à Lozanne. — Vous trouverez ces renseignements dans une brochure de M. Mathieu, intitulée : « Les goûts accidentels dans les vins », publiée par la Société d’encouragement à l’agriculture, 5, avenue de l’Opéra, à Paris. Prix : 0,r,25.
- M. J. Schnetzlcr, à Lausanne. — Pour les soupapes électriques Nodon, il faut vous adresser à M. J. Piettre, 55, rue-Borghèse, à Neuilly-sur-Seine (Seine).
- M. Talmone, à Turin. — Différents journaux signalent uns gisement charbonneux aux environs de Bagnasco. Il s'agit d’une mine déjà exploitée jadis. Il paraîtrait que les couches-seraient assez riches pour donner lieu à des opérations fructueuses.
- M. L. Richard, à Serrière de Briard (Ain). — 1° Cette-production d’étincelles électriques sur les courroies est connue-de longue date déjà. — 2° Nous pensons qu’il serait difficile-en pratique d’utiliser cette forme de l’énergie électrique statique. — 5° Remerciements; nous ne tenons nullement à cette-lettre. — 4° Adressez-nous votre communication, nous vous-répondrons s’il y a lieu.
- M. Saussié, à Paris. — En paraffinant vos bouchons avant de les employer, vous éviteriez l’invasion des insectes. Nous-ferons déterminer ceux que vous nous avez adressés.
- M. de Andréis, à Cahors. — Votre plaque a certainement été impressionnée avant que vous vous en soyez servi, soit qu’elle vous ait été livrée déjà impressionnée par une autre-personne, soit qu’elle ait été simplement enveloppée dans un-papier portant l’image de ce château.
- M. Fauch, à Albi. — Nous n’avons pu nous procurer ce renseignement jusqu’à ce jour ; mais si nous le trouvons, nous-vous le ferons connaître.
- M. C. B. B., à Nancy. — La maison Terrot, de Dijon,, fabrique une bicyclette qui présente toutes garanties. — 2° Consultez l’ouvrage de M. Lang, intitulé « Mythes, Cultes et Religions », trad. Marillier, librairie Alcan, 108, boulevard Saint-Germain. Prix : 10 francs.
- M. Poucel, à la Guyane. — La maïsine n’est pas encore dans le commerce : son inventeur, M. Labbé, demeure 50, rue du Luxembourg, à Paris.
- M. Francisco Sanchez Marcos, à Séville. — Mettez-vous en-relation avec la maison Vilmorin-Andrieux, 4, quai de la Mégisserie, à Paris.
- M. Biardot, à Paris. — Les maisons suivantes fabriquent des appareils à gaz : M. Akar, 42, rue Mazarine, à Paris 'r M. Lacarrière, 16, rue de l’Entrepôt, à Paris; M. Potron, 10r rue Oberkampf, à Paris.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Rivoire, aw Mans. Ce remède doit être appliqué avec circonspection et après avi» d’un spécialiste. — AI. R. IL, à Tours. Impossible d'insérer : votre article est trop long. — M. Juliotle, à Caen. Vous pourrez trouver, dans la lre série des Recettes et procédés utiles, l’indication d’un certain nombre de moyens pour détruire les fourmis.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- La bismutose.
- C’est une préparation pharmaceutique nouvelle, résultant de ’ l’association du bismuth à un corps albumineux, dans la proportion de 20 pour 100 qui se présente sous la forme d’une poudre blanche, analogue au bismuth, sans odeur, ni saveur, insoluble dans l’eau, mais facile à tenir en suspension à l’aide d’un mucilage.
- L’avantage de cette substance, c’est que le suc gastrique ne l’attaque pas et qu’elle peut arriver dans l’intestin sans avoir subi de dissociation. Les effets astringents s’obtiennent donc au maximum et la diarrhée est plus sûrement enrayée qu’avec le bismuth.
- Il faut, comme du reste pour le bismuth, donner d’assez fortes doses, si l’on veut obtenir des résultats rapides et définitifs. Une cuillerée à café trois et quatre fois par jour amène sans le moindre trouble et sans danger d’intoxication la guérison rapide et durable. A. C.
- Remède contre les verrues. — Enduire chaque matin la verrue avec une solution faite de 2 parties d’acide salicylique, autant d’alcool, 5 d’éther et 10 de collodion.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s'engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
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- INSTRUCTIONS POUR L’APPLICATION
- DE LA MÉTHODE DES TRACTIONS RYTHMÉES DE LA LANGUE 1
- Le Tracteur lingual mécanique
- Manière de s'en servir.
- I. — La méthode des Tractions rythmées de la langue (méthode Laborde) la plus puissante et la plus efficace pour ranimer la respiration et la vie, dans tout cas d’asphyxie (par privation d’air, par submersion ou noyade, par pendaison, par les gaz d’égouts, méphitiques, d’éclairage, oxyde de carbone, électrocution, asphyxie des nouveau-nés, syncope, accès d’étouffement, angine de poitrine, etc.), peut être pratiquée, par le premier venu, de deux façons :
- 1° En saisissant (après avoir écarté les mâchoires avec un corps quelconque : bout de bois, manche de couteau, de cuiller
- ou fourchette, bout de canne, ou l’écarteur ci-dessous, etc.), en saisissant la langue du bout des doigts, entourés d’un mouchoir ou d’un linge, pour éviter le glissement ; en la tirant, assez fortement, sans crainte de douleur, puisqu’il s’agit de mort apparente, hors de la bouche, puis la laissant revenir, par son élasticité, sur elle-même ; et continuant, ainsi, ce mouvement alternatif de va-et-vient, en imitant les mouvements rythmiques de la respiration, avec une vitesse de 20 à 25 par minute chez l’adulte, de 25 à 30 chez l’enfant. La main peut être remplacée, au besoin, pour saisir la langue (surtout chez l’enfant nouveau-né) par la pince à traction (du I)*' Laborde) (fig. 1), dont le maniement est des plus simples; car il suffit, pour l’ouvrir, de presser sur le ressort, qui se ferme de lui-même, dès que la langue est saisie, un peu au delà de sa pointe. Des ailettes sont disposées au bout de la pince,
- pour permettre de la tenir entre les doigts, et pratiquer les tractions. Il y a un modèle de pince pour l’adulte, et un pour le nouveau-né.Elle remplace avantageu-
- Fig. 2. — Moteur à mouvement d'horlogerie. sement la pince
- ordinaire de
- trousse, à pansement ou à polype, qui risque, par l’accroche-ment des branches et par la pression, d’endommager la langue.
- 2° Le second mode de traction se fait à l’aide du Tracteur mécanique ou automatique, nécessité par les deux conditions suivantes : A) La prolongation, pendant plusieurs heures, des tractions linguales, chez un asphyxié en état de mort apparente, pour le ramener à la vie (ce rappel pouvant s’effectuer après trois heures de traction ; B) La recherche de la certitude de la mort, pour éviter l’inhumation prématurée ou vivante ;
- recherche pouvant être suivie, en même temps, simultanément, du rappel à la vie, lorsque la mort n’est pas achevée, définitive. Dans le
- „ „ premier cas, le
- Fig. 3. - Moteur électrique. tracteur automa-
- tique devra fonctionner sur le cadavre apparent durant trois heures, au moins ; dans le second cas, durant six heures, au moins, ou le double du premier temps, afin d’assurer la certitude.
- II. Le tracteur lingual mécanique, son fonctionnement. — II y a deux modèles de tracteur automatique : l’un à système d’horlogerie (fig. 2), à remontage facultatif comme une pendule, à vitesse de traction rythmique variant de 25 à 40 et même 50 par minute; l’autre à moteur électrique (fig. 3) por-
- * Voy. n° 1400, du 24 mars 1900, p. 265.
- tant avec lui ses accumulateurs (un ou deux) chargés, et capable alors de marcher pendant six heures, avec toutes les conditions exigibles de force, de rythme et de vitesse; et disposé, en même temps, de façon à être adapté directement à une source motrice d’électricité quelconque (secteur, ou machine à proximité). L’un et l’autre, placés dans une boite, sont portatifs, du poids moyen de 8 kg pour l’appareil électrique, et de 12 kg pour l’appareil d’horlogerie.
- Pour les faire fonctionner : 1° on les place sur un support des plus simples, aux branches duquel ils sont accrochés, aux deux extrémités de la boite; 2° la partie supérieure du cadavre (côté de la tète et de la face) (fig. 4) posé, selon les circon-
- Fig. i. — Ajqarcil en fonction sur un noyé.
- stances, sur un lit, sur une table, ou par terre (en cas d’éloignement d’un poste ou des maisons), est interposée entre les branches du support, de façon à placer l’appareil à proximité suffisante, et vis-à-vis la face et l’ouverture de la bouche, la tète étant maintenue soulevée et appuyée par-derrière, au moyen d’un support quelconque, ou d’un aide en attendant le support ; 3° les mâchoires sont ouvertes, et maintenues écartées, à l’aide de l’écarteur ci-après (fig. 5) qui accompagne l’appareil :
- Cet écarteur, des plus simples, dont l’idée appartient à SI. le Dr Michaëls, est introduit par le plat (A, lre position) entre les arcades dentaires, jusqu’à l’arrêt; il suffit de le redresser en
- tî, deuxième position.
- A. première position.
- Fig. 5. — Écarteur.
- forçant (B, 2e position), autant qu’il est besoin, pour ouvrir les mâchoires; et l’on place, alors, à l’un des angles (de façon à ne pas gêner le jeu de la langue), le coin à rainures lié à l’écarteur par une chaînette. A défaut de l’écarteur, se servir — ainsi qu’il a été dit plus haut — de tout autre corps solide placé entre les dents, à l’angle des mâchoires; puis, saisir la langue, l’attirer au dehors de la bouche, et y placer bien solidement, en l’enfonçant au delà de la pointe, la pince à traction; 4° ajuster celle-ci, par le trou qui la termine au delà des ailettes, à l’extrémite de la tige à traction, munie à cet effet, d’un crochet-mousqueton ; 5° Enfin, le tout étant bien disposé de façon que la tige à traction ne présente pas de relâchement sur son trajet, et qu’elle soit placée en ligne légèrement oblique, avec la langue, en face et au centre de la bouche, mettre l’appareil en fonction :
- a) Pour l’appareil à système d’horlogerie (ci-dessus fig. 2), en inclinant vers la gauche le levier de déclenchement. La variation de vitesse, augmentation ou diminution, s’obtient au moyen de la position des ailettes du volant (Y) ; pour la diminution de vitesse, placer les ailes dans la direction ou le plan de Taxe de rotation (on peut, par cette modification progressive, varier les degrés de diminution de la vitesse en augmentant les résistances). Pour l’accélération progressive et maxima, tourner les ailes selon le plan perpendiculaire à l’axe de rotation; ce qui diminue les résistances. (Le volant est réglé, en principe, pour la vitesse primitive et moyenne de 25 à 30 tractions par minute, c’est-à-dire dans la première position.)
- b) Pour l’appareil à moteur électrique, la mise en fonction se fait, en faisant marcher, de gauche à droite, le curseur sur la tige verticale du rhéostat. Le réglage delà vitesse s’obtient : pour l’augmentation progressive par la marche du curseur de
- Fig. 1. — Pinrc à traction. (Modèles de l'adulte et du nouveau-né.)
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- gauche à droite; pour la diminution et l’arrêt, par la marche <m sens inverse, de droite à gauche.
- N. B. — Qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre modèle, la présence constante, sans interruption d’un seul instant, d’un témoin ou assistant est nécessaire : 1° Pour surveiller le parfait fonctionnement de l’appareil; et, en ce qui concerne le tracteur à horlogerie, pour opérer le remontage en temps opportun (toutes les demi-heures). I2a Pour observer les effets soit négatifs, soit positifs de la traction ; et dans ce dernier cas, c’est-à-dire dans le cas du rappel des mouvements respiratoires, et de leur retour complet, opérer l’arrêt de l’appareil, pour s’assurer que ces mouvements s’accomplissent, désormais, spontanément, et que la résurrection vitale est réalisée.
- Les premiers signes de ce rappel sont : une certaine résistance de la langue, et le retour progressif de sa coloration rosée; et une première et bruyante inspiration (hoquet inspiratoire du JP Laborde). S’il survient, d’aventure, une difficulté, un retard quelconques dans le fonctionnement de l’appareil, soit au début, soit au cours de son application, remplacer, momentanément, la traction mécanique par la traction manuelle, à l’aide de la
- pince en place saisie par ses ailettes, de façon à perdre le moins de temps possible.
- Entretien des appareils. — A. Appareil à mouvement d’horlogerie. — Lorsque l’appareil aura fonctionné, et avant die le ranger, le laisser tourner jusqu’à ce qu’il s’arrête de lui-même; et ce, afin de tenir les ressorts détendus pendant la période de repos. Il sera utile de le faire graisser, au moins" une fois par an, même s’il n’a pas servi. — B. Appareils électriques. — a) Moteurs : quand l’appareil est en fonction, mettre une goutte d’huile dans chaque trou graisseur; quand l’opération par le tracteur est terminée, essuyer avec un chiffon légèrement gras. — b) Accumulateurs : ceux-ci devront toujours être tenus complètement chargés; s’ils sont, un certain temps, inutilisés, il faudra, au moins une fois par mois, les charger à refus. Quand l’appareil aura fonctionné, il devra aussitôt être remis en charge. Si, par suite d’évaporation, le liquide venait à découvrir les plaques, il faudrait remplir les vases avec de l’eau acidulée à l’acide sulfurique, et titrant environ 25° Baumé.
- Pour tous renseignements, s’adresser à MM. Vital Hiconnet, père, fils et gendre, 51, rue Pastourelle, à Paris, chargés de la construction et de la vente des appareils.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30), — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT K1RECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 20 avril . . . i-,o S. 1. Couvert. » Gelée bl. ; peu nuageux.
- Mardi 21 6",9 S. 2. Couvert. » Couv. ; pluie de 9 h. à 23 li. 50.
- Mercredi 22 8M E. 1. Couvert. 6,5 Quelques éclaircies; pluie à diverses reprises.
- Jeudi 23. ...*.. . 4\8 N. 5. Couvert. 5,7 Couv. ; gouttes à 17 et 21 h.
- Vendredi 24 4\9 N. W. 2. Couvert. 0,0 Couv. ; petite pluie l’après-midi.
- Samedi 23 G-M W. S. W. 2. Deau. 0,5 Nuag. ; gelée blanche.
- Dimanche 26 ... . 66 S. 2. Couvert. » Couv.; halo solaire; pluie ou gouttes à partir de 13 h.
- AVRIL 1903. — SEMAINE DU LUNDI 20 AU DIMANCHE 26 AVRIL.
- La courba supérieure indique la nébulosité de 0 à 10, les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblement «le terre. — Vue forte secousse de tremblement de terre a été ressentie le 20 avril à Perpignan, et dans une grande partie du département des Pyrénées-Orientales.
- ILe temps. — Le 20 avril, des pluies sont tombées sur l’ouest de l’Europe; en France, on a recueilli 5 tnm d’eau à Limoges, 1 mm à Nantes, 1 mm à Brest. Le 21 avril, on a,encore signalé des pluies sur l’ouest et le nord de l’Europe. A cette date, une violente tempête de neige s’est abattue sur le Danemark et a causé de nombreux et sérieux désastres. Toutes les communications téléphoniques et télégraphiques ont été interrompues ; lés trains ont dû s’arrêter. Le 21 avril, il a plu en France, à Nantes (24 mm), à
- Besançon (17 mm), à Nice (11 mm), à Paris (6 mim) ; le 22 avril, autres pluies générales à Lyon (57 mm), à Besançon (24 mm), à Biarritz (13 mm), à Paris (1 mm). Le 23 avril, il y avait un vent fort du nord sur les, côtes de la Manche. On a recueilli 22 mm d’eau à Biarritz, 9 mm à Besançon, 7 mm à Dunkerque ; on a signalé un orage à Alger, ht de la grêle à Brest et à Lyon. A Paris, le 23 avril, la température moyenne a été de 4°,9 inférieure de 5°,5 à la température normale (10°,4). Le 24 avril, pluies à Dunkerque (8 mm), à Nancy (8 mm), à Biarritz (6 mm), à Paris (0,3 mm). Dans la nuit du 24 au 23 avril, la neige est tombée en gran le quantité à Rèmiremont et a recouvert les hauteurs d'une couche épaisse. Le 23 avril, pluie à Servance (5 mm), à Brest (2 mm), à Boulogne (2 mm) et à Clermont-Ferrand (1 mm). Le 26 avril, il a plu à Dunkerque (22 mm), à Cherbourg (22 mm), à Paris (2 mm). _______
- PHASES DE LA LUNE : Néant.
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- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —g)— Nous avons le regret d’apprendre la mort de M. Worms «de Romillv, ancien président de la Société Française de Physique, membre du Comité de la Société internationale des Electriciens.
- —:§>— M. du Chaillu, l’explorateur bien connu, a succombé le 30 avril à Saint-Pétersbourg à une attaque d’apoplexie-
- —On annonce également la mort du Ilr G. Nepveu, profes-seur à l’Ecole de médecine de Marseille. Ancien interne des hôpitaux de Paris, chef du laboratoire de la Pitié, il avait continué à Alger, puis à Marseille, ses recherches de laboratoire. Ses principales découvertes sont celles des bactéries dans le sang des plaques d’érysipèle (1800) et celle du passage des microbes de l’intestin dans la cavité péritonéale des hernies étranglées; il signala, avant les travaux de Pasteur, la localisation au système nerveux des lésions de la rage. Il laisse, en outre, une centaine de mémoires sur divers sujets. II avait dirigé, en qualité de chirurgien en chef, l’un des hôpitaux organisés en 1870. Il était membre des Sociétés anatomique, de biologie et de chirurgie de Paris.
- —(g)— A Sollareo (Corse) vit une dame Sampieri, née le 28 février 1798, qui a 75 enfants et petits-enfants. Malgré ses 105 ans, elle s’occupe elle-même des travaux de son intérieur et se porte fort bien : elle attribue sa santé et sa longévité à ce qu’elle n’a jamais bu ni vin ni café.
- —U vient de mourir à Serajero, en Bosnie, un vieillard de 106 ans, Antoine Novorini, qui, l’année dernière, avait eu une seconde dentition.
- —®— Après avoir beaucoup observé les fumées des cheminées d’usine, un météorologiste belge, M. Deridder, a constaté que, lorsqu’il va pleuvoir ou faire de l’orage, la fumée descend obliquement; si, au contraire, elle est horizontale, la pluie sera persistante : s'élève-t-elle verticalement, le temps restera au beau. Ces résultats méritent confirmation : les expériences sont, en tout cas, faciles à répéter.
- —En labourant un champ à Propriano (Corse), un agriculteur a mis au jour une jarre de terre contenant une grande quantité de pièces d’or antiques, romaines et étrusques. Cette trouvaille aurait un réel intérêt archéologique.
- —Le volcan de Santa-Maria, dont les éruptions, accompagnées de tremblements de terre, ont détruit, il y a juste un an, (kiczaltenango et d’autres villes de Guatemala, se trouvait de nouveau en éruption le 17 avril dernier.
- —®— M. Brinell a publié, dans la revue Stahl und Eisen, une série de recherches qu’il a faites pour arriver à obtenir des lingots d’aciers, sans pailles. En résumé, pour que des bulles de gaz ne se forment pas dans la masse de l’acier, il faut que la surface du métal en fusion ne se solidifie pas trop tôt. Pour arriver à ce résultat il suffit que dans la composition de l’acier se trouvent du manganèse, de la silice, et de Faluminium, dans des proportions variables suivant la dimension du lingot à obtenir, 1 épaisseur du moule et la chaleur employée. On arrive, après quelques tâtonnements, à couler des aciers' présentant une grande résistance à la rupture.
- —g)— On a construit récemment, sur la ligne d’Ancône à Bologne, en Italie, et pour remplacer un ouvrage enlevé par une inondation, un pont dit du Rosso, composé de deux travées de 10 mètres d’ouverture chacune à arcs articulés, et faites en ciment de béton. On n’a pas voulu recourir au métal, sur lequel l’air marin aurait amené de rapides corrosions, ni à la pierre de taille, qui est particulièrement coûteuse dans la région. Les arches ont 80 centimètres d'épaisseur à la clef et 1 mètre aux naissances; elles possèdent chacune 5 articulations métalliques.
- —®— La production de la fonte continue d’augmenter aux États-Unis de ta façon la plus extraordinaire : en 1900 elle atteignait 13 789 000tonnes, elle a été de 2 millions de tonnes de plus durant l’exercice suivant, et, pour 1902, elle a pu s’élever à 17 821 005 tonnes. 11 faut songer que le chiffre correspondant de la Grande-Bretagne n’est que de 8 millions à peu près, et que celui de l’Allemagne est encore plus faible.
- —<§>~ Le journal anglais Lancet dit que la pratique se généralise malheureusement de plus en plus d’ajouter au lait des colorants pour lui donner l’aspect crémeux ; et l’on ne se fait pas faute d’employer des couleurs d’aniline, qui sont loin d’être sans inconvénients.
- —®— La commission supérieure des Halles centrales de Paris a publié dernièrement son rapport sur les opérations de 1902. Le chiffre total des transactions a atteint 258 784892 francs, en augmentation de 7 millions et demi sur celui de 1901. La Ville a perçu, de ce fait, 100000 francs déplus pour les droits d’abri, de poids, etc. En 1902, il a passé par les Halles 51 millions de kg de viande, 24 millions et demi de kg de volailles et de gibiers, 20 millions de kg de fruits et de légumes, 5 millions de kg de champignons et autant de cresson, 15 millions de kg de beurre, 12 millions de fromages et un peu plus de 307 millions d’œufs.
- -—(g)— L’arrosage des rues se fait de plus en plus aux Etats-Unis au moyen de tonneaux portés par des trucks électriques roulant sur les voies de tramways. Mais maintenant ces tonneaux comportent le plus généralement, comme à Pittsburg, un compresseur d’air mû par moteur électrique, et c’est l’air comprimé qui chasse l’eau assez loin pour arroser les deux côtés des voies les plus larges, un régulateur permettant d’obtenir une pression exacte et régulière, de façon que la pluie d’eau projetée n’atteigne point les trottoirs.
- —(§)— La France a exporté en Angleterre, pendant les trois premiers mois de 1903, pour 9 703575 francs d’automobiles, soit une plus-value de 5527 325 francs sur la période correspondante de 1902. Voilà un résultat très beau pour notre industrie, surtout si l’on considère les progrès énormes accomplis par les constructeurs anglais depuis l’an dernier.
- —®~ Les tentatives faites par le comte Zeppelin pour créer un ballon dirigeable viennent d’avoir une conclusion assez triste. Faute d’argent, cet inventeur doit renoncer à poursuivre des recherches qui lui ortt coulé une fortune considérable et 25 ans de son existence. Vieilli et ruiné, il n’a plus pour vivre que la pension que lui fait sa famille, et, chose plus triste encore, il est obligé de reconnaître qu’il n’a pu atteindre son but. L’amertume de l’insuccès peut être tempérée pour lui par la conviction d’avoir déployé la ténacité et l’abnégation les plus complètes pour la solution d’un des problèmes les plus intéressants de l’heure actuelle.
- —g)— L’incendie est un danger des plus redoutables sur les navires de guerre, quand éclate à l’intérieur de la coque un projectile qui risque de mettre le feu à tout ce qui l’entoure : on a pu constater ce péril durant la guerre sino-japonaise et dans les escarmouches particulièrement malheureuses que la Hotte espagnole a soutenues contre les Américains. Aussi maintenant cherche-t-on à supprimer autant que possible tout ce qui est susceptible de s’enflammer sur les navires de guerre, et après avoir totalement fait disparaître les boisettes, voici qu’on dote ces bateaux d’un mobilier métallique. C’esf ainsi qu’on vient de procéder avec le cçoiseur américain Baltimore, dont tout le mobilier est d’acier.
- —g)— Deux physiciens de Iéna, les Dr* Siedentopf et Sigmond, viennent de construire un nouveau microscope dont le pouvoir grossissant va jusqu’à un sept-millionième de millimètre. On se rappelle que llélmholtz avait limité à un dix-millième de millimètre cette même puissance.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Communications. — Noire collaborateur, M. L. Périssé, à Paris, nous écrit la lettre suivante : « Je crois qu’il est fort important de ne pas laisser passer sans protester des indications erronées relatives à la circulation automobile dans Paris ; nous avons lu, en effet, dans divers journaux de sport des entrefilets dans le genre de celui-ci : (( Plusieurs conseillers municipaux de Paris ont, à diverses reprises, demandé au Préfet de police de rapporter l’arrêté qui fixe la vitesse maxima des automobiles à 12 kilomètres à l’heure dans Paris et à 18 kilomètres hors Paris ». Nous ne saurions trop protester contre ces erreurs. 11 n’existe pas d’arrêté du Préfet de Police fixant la vitesse maxima des automobiles à 12 et 18 kilomètres à l’heure. Ainsi que nous l’avons développé très longuement' dans le « Carnet du Chauffeur » de cette année il existe : 1° Pour toute la France les décrets ministériels bien connus des 10 mars 1899 et 10 septembre 1901, que le Préfet de Police fait appliquer avec grande intelligence dans Paris en usant toutefois largement des droits qu’il tient de l’article 14 ainsi conçu: « Le conducteur de l’automobile devra rester constamment maître de sa vitesse. Il ralentira ou même arrêtera le mouvement toutes les fois que le véhicule pourra être une cause d’accident, de désordre ou dé gêne pour la circulation. La vitesse devra être ramenée à celle d’un homme au pas dans les passages étroits ou encombrés. En aucun cas la vitesse n’excédera celle de 30 kilomètres en rase campagne et de 20 kilomètres dans les agglomérations. » 2° Pour Paris une ordonnance du Préfet de Police du 10 juillet 1900 fixant les conditions générales de la circulation dans Paris. Aucune indication spéciale aux automobiles n’est stipulée. 2° Pour le Bois de Boulogne un arrêté du Préfet de la Seine fixant à 12 kilomètres à l’heure la vitesse maxima dans le Bois de Boulogne, prescription que tout le monde reconnaît comme absurde et contre le but poursuivi et que le Préfet de Police est chargé de faire respecter.... sans la discuter. Voilà l’état de la question de la circulation automobile bien nettement établie et je sais par avance que la Préfecture de Police ne me démentira pas. »
- M. Jean Brunhes, professeur à l’Université de Fribourg (Suisse), a fait dans le désert de Nubie une série de recherches sur l’érosion des roches par le vent. Comme celui-ci, dans les régions sablonneuses, contient toujours des corps durs, son action est très analogue à celle des tourbillons d’eau qui produisent les marmites des géants. Cela explique les érosions souvent très compliquées et très délicates qu’on observe dans les roches friables.
- M. Bekstadt, de Christiania, a étudié les causes qui ont déterminé en Norvège le recul de la végétation dans les régions montagneuses. D’après des observations multiples, il est certain qu’à une époque encore peu éloignée,, les forêts s’élevaient 400 mètres plus haut qu’à l’heure actuelle ; leurs restes subsistent encore dans des marais à une altitude variant entre 778 et 257 mètres. Les neiges descendent par contre jusqu’à 1072 mètres. On peut assigner plusieurs causes à cet état de choses : d’abord l’exhaussement général de la région, puis le déboisement inconsidéré : enfin les modifications du climat, qui sërait devenu plus rigoureux : la température moyenne annuelle a baissé de plus de 2 degrés.
- M. Caron, à Saint-Nazaire, nous informe, à propos du « Tampon siplioïde » publié dans nos « Petites Inventions » dans le n° 1561 du 25 avril 1903, qu’il construit un appareil répondant au même but, et appelé « bonde syphoïde ». 11 est
- disposé de manière à empêcher les émanations d’une fosse de se répandre au dehors, et peut être déplacé sans le concours d’un ouvrier spécial.
- Renseignements. — M. le vicomte de Prinieux, à Thois-sev. — 1° Pâques, par définition, vient le premier dimanche qui suit la pleine lune pascale. Consultez à cet égard un traité rie Cosmographie. — 2° La lune rousse n’a aucun rapport avec Pâques : c’est la lune qui, commençant pendant le mois d'avril, devient pleine en avril ou en mai. Nous en avons parlé dans-les « Informations » du n° 1561, du 25 avril 1903.
- M. Ch. Roque, à Béziers. — Il n’existe pas de remède contre la maladie des mandariniers : peut-être pourriez-vous essayer de la bouillie bordelaise. Voir l’article publié dans le n° 1550,. du 21 mars, p. 243 : Un parasite des mandarines.
- M. E. Rolle, à Saint-Denis. — Consultez le Manuel du teinturier, de l’Encyclopédie Roret, à la librairie Mulo, 12, rue Hautefeuille, à Paris.
- M. Stackelberger, à Mulhouse. — Votre seconde carte est arrivée au moment où paraissait notre réponse dans la Boite aux lettres du n° 1562, du 2 mai 1903.
- M. A. Thévenard, à Paris. —1° On obtient une bonne colle pour recoller le celluloïd en faisant dissoudre 1 partie de celluloïd ordinaire dans 10 parties d’acétone. C’est en se servant de cette solution et d’une solution de chlorure de magnésium dans l’alcool que l’on obtient du celluloïd incombustible, comme nous l’avons indiqué dans les « Recettes et Procédés utiles », 5° édition, p. 264. — 2“ Nous pensons au volume dont vous parlez.
- Lieutenant S., à la Valbonne. — 1° Il faudrait consulter les Annales de l’Observatoire de Paris et les Comptes rendus de l’Académie des sciences. — 2° Employez un équatorial avec un objectif calculé pour l’astre à photographier : prenez des plaques Lumière. — 5° 11 n’y a pas de travail publié sur le mécanisme des grands équatoriaux. Si vous le désirez, nous pouvons vous mettre en relation avec un constructeur.
- M. Beghin, à Aix-en-Provence. — En laissant tremper le caoutchouc dans l’eau tiède, vous l’assouplirez, mais seulement d’une façon momentanée, car sa raideur provient d’une modification chimique irréparable.
- M. C. J., à E. — L’adresse du journal « Electrical World » est à New-York, 114, Liberty Street.
- M. Spire, à Brest. — Il n’existe pas de moyen sur pour désinfecter les livres, étant donnée la difficulté de pénétrer dans la masse du papier; on peut essayer le sulfure de carbone.
- M. Desforges, à Paris. — Nous ne pouvons entrer dans cette voie, ce genre de renseignements sortant de notre cadre. Tous nos regrets.
- M. R. Meeus, à Wyneghem. — 1° Il ify a pas de travail d’ensemble sur ce corps. — 2° Le cinquième volume n’est pas encore paru.
- M. L. Blum, à Paris. — Pour tous les brevets du Dr Hans Goldschmilt relatifs à l’aluminothermie, il faut vous adresser à l’AUgemeine Thermit Gesellschaft, à Essen-Ruhr (Allemagne).
- M. J. Cohier, à Dourdan. — 1° Pour la construction des piles, accumulateurs et dynamos, vous pourriez consulter [a Le guide pratique de l’amateur électricien » par E. Keignart, à la librairie Rijckevorsel, 25, quai des Grands-Augustins, à Paris, ainsi que la petite Encyclopédie d’électricité pratique de MM. Geiger et Naudet, à la librairie II. Desforges, 41, même quai, et le Manuel pratique du monteur électricien, à la librairie Bernard Tignol, 53 bis, même quai. — 2° La notice sur les marées parue dans l’Annuaire du Bureau des longitudes pour 1903 à la librairie Gauthier-Villars, 55, quai des Grands-Augustins, à Paris, donne les éléments nécessaires pour calculer la hauteur des marées dans les ports. — 3° Nous ne pouvons vous donner aucun renseignement sur ces moteurs.
- M. D. L., à Lyon. — 1° Il faut tenir compte de la perte de pression en ligne dans tous ces calculs. — 2° Vous pouvez utiliser du fil de fer; mais il faut tenir compte de la résistance électrique dans le calcul.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. Pigatdt, à Rivesalles. Il y a peu d’espoir de faire passer ce mauvais goût au vin. — M. G. H., à Tourcoing. Pour un relevé de terrain, vous pourriez vous servir d’une alidade à pinnule. — M. Bredaux. Le dessin sur la toile à calquer est difficile; mais servez-vous du procédé indiqué dans la 2e série des Recettes et Procédés utiles, p. 107 ; librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain. — M. G. B., à X; M. D. L., à Orléans. Voyez le petit livre des Recettes et Procédés utiles, 'lre série; à la même librairie que ci-dessus. — M. L. Dubois, à Marseille. Remerciements pour votre communication.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les renseignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questiotts, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INTENTIONS1
- Épingle fixe-cravate. — M. A. Lacoin vient de mettre dans le commerce une épingle fixe-cravate invisible et d’un mode d’emploi des plus simples. Cette épingle est formée d’une tige de laiton aplatie et recourbée à ses deux extrémités ; l’une d’entre elles est terminée en pointe et l’autre en bout arrondi et grossi. On voit ces détails à la gauche de notre figure ; à la droite se trouve un faux-col passé dans l’épingle, et au milieu
- Épingle fixe-cravate.
- nous voyons l’épingle en place prête à recevoir la cravate. On adapte le fixe-cravate au faux col soit avant de le mettre, soit de préférence une fois qu’il est mis et le nœud de cravate fait. On n’a plus ensuite qu’à imprimer au tissu de la cravate un petit mouvement de haut en bas d’abord et de bas en haut ensuite, pour faire pénétrer la pointe dans la doublure de la cravate. La pointe une fois entrée se maintient très solidement grâce à l’étranglement qui se trouve en haut du crochet pointu et qui pince le tissu. Le crochet large présente de même un étranglement de façon à rester bien adhérent au faux col. Ln fixe-cravate de chaque côté du nœud de cravate, et à défaut de patte à la chemise, un derrière le faux col suffisent pour fixer complètement la cravate. — L’épingle fixe-cravate se trouve chez M. Pailet, 15, rue Montmorency, à Paris.
- Nouveau dispositif de fermeture de chaîne. —
- Il y a mille circonstances, dans la vie du cycliste, du motocycliste et même de l’automobiliste ou du mécanicien ordinaire, où l’on a besoin d’ouvrir, de décrocher, comme on dit, une chaîne de transmission Galle pour la sortir du pignon sur lequel elle est passée. Les dispositifs imaginés dans ce but sont presque tous compliqués, et souvent on est obligé de faire sauter la goupille d’un maillon, ce qui est toujours assez long, l’opération inverse de la remise en place de la goupille étant encore bien plus longue et fastidieuse. Une maison bien connue de cycles et d’automobiles, la maison Terrot, de Dijon, a
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- Nouveau dispositif de fermeture de chaîne.
- imaginé, pour répondre à ce besoin, une solution particulièrement ingénieuse et élégante autant que pratique. Cette combinaison mécanique est du reste le résultat de la création par cette maison d’un nouveau changement de vitesse. Nous n’insisterons pas sur ce genre de mécanisme, dont il a été parlé à plusieurs reprises ici, mais nous ferons remarquer que, dans la machine Terrot, la disposition essentielle consiste en ce que deux chaînes, passant sur des pignons qui assurent un certain développement, peuvent être changées en cours de route et passées d’un pignon sur un autre. Il est donc nécessaire que le décrochage de ces chaînes se fasse avec la plus grande rapidité
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- et la plus grande aisance. Et c’est pour cela que MM. Terrot ont imaginé le dispositif dont nous donnons deux figures, et qui permet d’effectuer l’opération en 3 secondes. La chaîne en elle-même n’offre rien de bien particulier, mais elle comporte un maillon de fermeture d’une forme toute spéciale ressemblant assez en profil à un L. Au bout de droite de la branche de l’L est une première glissière dans laquelle l’axe d’un des deux rouleaux peut se déplacer légèrement; mais, à l’autre extrémité, est une seconde glissière qui a un développement relativement considérable et s’allonge sur toute la grande branche de l’L ; dans cette glissière peut coulisser Taxe du dernier rouleau de la chaîne. Faisons osciller le bras à longue glissière vers la gauche : ce rouleau va venir se loger au fond de cette glissière, et le rouleau de l’autre extrémité glissera aussi un peu, ce qui permettra à l’L de se coucher à peu près dans l’axe de la chaîne. C’est à ce moment qu’on pourra considérer la chaîne comme ouverte : ce n’est pas à dire qu’elle le soit réellement, que sa continuité soit interrompue; mais elle a pris alors suffisamment de jeu, elle s’est assez allongée pour qu’en puisse aisément la faire passer par-dessus les pignons. On comprend que c’est la seule chose importante. 11 est aisé de saisir que, dans la position de fermeture, le tracé des glissières empêche le maillon de fermeture de pouvoir se déplacer, l’effort de traction même exercé sur la chaîne le maintient dans sa position. — La nouvelle chaîne se trouve chez MM. Terrot et Cie, manufacture de cycles et automobiles, à Dijon (Côte-d’Or).
- BIBLIOGRAPHIE
- Du Cap au Caire, par le Mis de Nadaillac, correspondant de l’Institut (Extrait du Correspondant), chez MM. de Soye et fils. Paris, 1903.
- Cette plaquette de notre savant collaborateur sera lue avec un vif intérêt. C’est la description sommaire d’une région qui, depuis la guerre du Transvaal, a excité si vivement la curiosité. Tout a été passé en revue, le sol, les moyens de communication, chemins de 1er, l’histoire naturelle, l’ethnographie, etc.
- Formulaire de VElectricien, par E. Hospitalier, ingénieur des arts et manufactures, 20e année, 1903. Paris. Masson et Cie.
- Le Formulaire est formé comme précédemment de plusieurs parties renfermant les renseignements qui intéressent l'électricien. Ces parties sont les suivantes : 1" partie : Mathématiques; 2° partie : Grandeurs et unités physiques. Définitions. Lois générales. 3e partie : Constantes physiques. Valeurs expérimentales. 4e partie : Production, transformation, canalisation, distribution (le l’énergie électrique. 5e partie : Utilisation de l’énergie électrique. Toutes ces parties sont, du reste, beaucoup augmentées celte année et mises à jour.
- La vie des animaux illustrée, par M. Edmond Perrier, membre de l’Institut. Paris. J.-B. Baillière et fils. 1903. 2e livraison : Chauves-Souris et Insectivores, par A. Ménegaux. Prix : 2tr,50. 5e livraison : Lions, Tigres, Chats, Civettes, par A. Ménegaux. Prix : 2,r,50.
- Leçons de mécanique élémentaire, par P. Appell et J. Ciiapuis.
- I vol. in-18. Prix : 2fr,7ô. Gauthier-Villars, éditeur. Paris. 1903.
- Aménagement des eaux à Java, irrigation des rizières, rapport établi à la suite d’une mission d’études aux Indes néerlandaises, par le capitaine F. Bernard. 1 vol. in-8°. Paris. Ch. Béranger, éditeur. Prix : 15 francs.
- Traité de la fabrication des matières de blanchiment, par V. Hobling. Traduit de l’allemand par leDrL. Gautier. 1 vol. in-8°. Paris. Ch. Béranger, éditeur, 1903. Prix : 15 francs.
- Les animaux vivants du monde, histoire naturelle publiée sous la direction de Charles I. Cornish. Livraison IX, les Antilopiens. Brochure in-4°. Paris, Flammarion. Prix : 0fr,75.
- Annuaire de l’Académie royale des Sciences, Lettres et Beaux-Arts de Belgique. Année 1905. Ilayez, à Bruxelles.
- Le navire pour passagers, essai sur un type nouveau de navires sans tangage et sans roulis, par C. Turc, lieutenant de vaisseau. 1 brochure in-8°. Bernard et Cie, éditeurs à Paris. Prix : 2 francs.
- Traité pratique de l’art de tremper l’acier, le fer, la fonte, le cuivre et le bronze, par J.-B. Zabé. 1 vol. in-8°. Bernard et Cie, éditeurs, à Paris. Prix : 5 francs.
- Die Weltherrin und ihr Schatten, par le Dr Félix Agerbach.
- 1 vol. broché, in-8°. Gustav Fischer, éditeur. léna, 1902.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Ten thousand miles in Persia, par le major Percy M. Sykes. 1 vol. relié in-8°. John Munay, éditeur. Albemarle Street, Londres. 1902.
- Tratado de trigonometria plana, par Carles Wargny. 1 vol. relié in-8\ Imprimerie Gillet. Valparaiso. 1901.
- Response in the living and non living, by Jagadis Chunder Bose. 1 vol. relié in-8°. Longmans Green and C°, éditeurs. Londres, 1902. Prix : 15fr,15.
- The Oraibi Powamu ceremony, par IL R. Votii. 1 vol. broché, in-8°, publié par The Field Columbian Muséum. Chicago. 1901.
- Anleitung zur Untersuchung der fur die Zuckerindustrie in Betracht Kommenden Rohmaterialen, Producle, Neben-produkte, und Hilfssubstanzen. (Essayage des matières premières, produits, sous-produits, substances accessoires utilisés dans la fabrication du sucre), par le professeur
- R. Frühung. 1 vol. in-8°. Vieweg et fils à Braunschweig. Prix : 14% 50.
- Grundzüge der astronomisch geographischen Ortsbestimmung auf Forschungsreisen (Eléments de topographie pour explorateurs), par le professeur Dr Paul Gussfeldt. 1 vol. in-8°. Fr. Wieweg et Sohn, à Braunschweig (Allemagne). Prix : 12,r,50.
- Report of S. P. Langley, secretary of the Smithsonian Institution for the year ending, June 30, 1902. 1 vol. in-8°. Washington. 1902.
- Bulletin of the United States Fish Commission. Investigations of the aquatic resources and fisheries of Porto Rico, by the United States fish Commission steamer fish hawk in 1899. Vol. XX, for 1900. First and second Part. George M. Bowers, Commissioner. 2 vol. in-8°. Washington, Government Prin-ting Office. 1902.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30), — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES l)U MATIN THERMOMÈTRE VENT direction et force de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 27 avril . . . 9”,2 S. W. 2. Très nuageux. 2,0 Très nuag. ; pluie à div. reprises, avec grêle à 13 h. 30.
- Mardi 28 10", 4 W. S. W. 2. Très nuageux. 1,6 Très nuag. ; pluie de 1 h. 30 à 5 h. ; halo solaire.
- Mercredi 29 10.7 S. W. 5. Nuageux. 0,1 Nuag. ; averse à 2 h. 30; petite pluie entre 18 et 21 h.
- Jeudi 30 10”,6 S. S. W. 3. Quelques nuages. 0,2 Rosée; nuag. le matin; couv. le soir; quelques averses dans la soirée.
- Vendredi 1" mai . . 9”,3 S. S. W. 5. Très nuageux. 5,8 Très nuag. ; petite averse à 15 h.
- Samedi 2 8»,3 S. S. W. 2. Quelques nuages. 0,0 Rosée; couv. de 8 à 11 h.; puis peu nuag. jusqu’à 18 h.; beau avant et après.
- Dimanche 3. . . . . 10”,2 S. 2. Très nuageux. )) | Rosée ; nuageux le matin ; couvert le soir ; pluie dans la soirée.
- AVRIL-MAI 1903. — SEMAINE DD LUNDI 27 AVRIL AU DIMANCHE 3 MAI.
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- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inferieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, a i niveau de la mer); courbe plus mince, ihemnomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l'abri à boule mouillée,
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Pluie de soufre. — Un curieux phénomène s’est produit dans la nuit du 26 au 27 avril, à Duu-sur-Auron (Cher). Les habitants de cette localité ont constaté, le 27 avril âu matin, qu’une pluie de soufre s’était abattue sur la ville. La surface de l’eau des mares et des ruisseaux était recouverte d’une poussière jaunâtre dans laquelle ou reconnut la présence de parcelles de soufre. Est-ce bien réellement du soufre ou tout bonnement du pollen?
- I.e temps. — Pendant la semaine du 27 avril au 3 mai, le temps a été encore très variable. Le 27 avril, le veut a soufflé sur toutes les côtes françaises, faible ou modéré. Les pluies ont été générales en France; à Paris, il est tombé plusieurs averses de grêle. La température moyenne a été de 9°,9 à Paris, inférieure de 1°,1 à la normale. Le 28 avril, la température à Paris n'était que de 11° ; mais elle s’est élevée à un maximum de 17°,4 dans la journée. Il y a eu plusieurs averses à Paris; ou a signalé des pluies dans toutes les régions, et notamment un violent orage à Cherbourg. Le 29 encore, pluies de tous côtés en France, et à Paris averses à de nombreuses reprises; I
- la température à Paris a été de II0,9, supérieure de 0°,7 à la normale avec un maximum de 17°,6. Le 29 avril, dans la soirée, un orage de grêle s’est abattu sur les communes de La Voulte, Saint-Laurent-du-Pape et Beau-chastel, dans le département de l’Ardèche. Pendant vingt minutes, la grêle a fait rage et les dégâts qu’elle a occasionnés ont été importants. Sur certains points, les vignes et les arbres fruitiers, que la grêle de la semaine dernière avait épargnés, sont complètement ravagés. Le 30 avril, le vent a été fort de l’ouest sur les côtes de l’Océan, ainsi que du sud-ouest sur la Manche. Des pluies sont tombées dans le nord, le centre et l’ouest du continent; eu France il a plu un peu partout, des orages ont été signalés à Clermont et à Lyon. Le 1" mai, des orages avec tonnerre ont eu lieu à Lyon et au mont Aigoual. La température s’est légèrement abaissée ; le malin elle était de -h 8° à Paris, la moyenne a été de 10°,7, inférieure (le 0°,8 à la normale, avec un maximum de 16°,6 et un minimum de 4°,5. Le 2 mai, les pluies sont tombées en abondance en France, et la température a subi une légère augmentation ; on a recueilli 20 mm d’eau à Lorient, 14 mm à Brest et 10 mm à Cherbourg.
- PHASES DE LA LUNE ; N. L. le 27, à 1 h. 41 m. du soir.
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- M. HENRI DE PAR VILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- INFORMATIONS
- —®— Le Bureau international contre fa tuberculose, composé des représentants des Associations médicales et scientifiques qui se sont constituées pour combattre le fléau, s’est réuni le 6 mai pour préparer un Congrès général qui se tiendra au mois d’octobre 4904 à Paris, sous la présidence d’honneur de M. Loubet. Les savants venus des départements et de l’étranger ont, avec leurs collègues parisiens, tenu plusieurs séances, le matin et l’après-midi, à la Faculté de médecine et dans la salle de la Société de géographie. Fa dernière réunion qui était publique était présidée par M. Ca-simir-Perier. Aux côtés de l’ancien président de la République avaient pris place MM. le professeur Brouardel et le professeur von Leyden, de Berlin.
- -H§>— Le Congrès international de médecine réuni à Madrid a attribué le prix de la ville de Moscou à M. le Dr Metchnikof, professeur à llnstitut Pasteur de Paris. Ce prix, fondé en 1897, se monte à 5000 francs; il doit être donné tous les trois ans au médecin, quelle que soit sa nationalité, qui a le plus fait progresser la science médicale. Un deuxième prix est accordé àM. le Dr Grassi, professeur d’anatomie à l’Université de Rome.
- —<§)— Le chimiste Auguste-Guillaume de Hofmann, mort en 1892, a fondé, en 1888, à l’occasion du 70e anniversaire de sa naissance, un prix, sous forme de médaille d’or, destiné à être conféré à des chimistes étrangers. Les médailles Hofmann ont été décernées, cette année, pour la première fois, à M. Henri Moissan, de Paris, et à M. William Ramsay, de Londres.
- —Le Dr F. Garrigou, professeur d’hydrologie à la Faculté de* médecine et de pharmacie de Toulouse, qui le premier en France créa les grandes excursions hydrologiques (22 jours d’excursion, en 1886, après le 1er Congrès international d’hydrologie de Biarritz), vient de faire, à l’occasion du Congrès de Thalassothérapie, une excursion aux grandes stations de l’ouest de la Chaîne pyrénéenne avec des étudiants en médecine et en pharmacie de l'Université de Toulouse, avec des médecins de plusieurs pays, et des pharmaciens du Midi. Cette excursion a, paraît-il, pleinement réussi. Etudiants, médecins et pharmaciens ont beaucoup appris dans les conférences faites dans chaque station par le professeur Garrigou, qui étudie l'hydrologie pyrénéenne depuis plus de quarante ans, et •au savoir duquel on doit la création de la seule chaire d’hydrologie qu’il y ait en France, devenue magistrale depuis le 1er avril. L’année prochaine aura lieu une nouvelle excursion dans la partie est de la Chaîne des Pyrénées.
- —(§)— Le Syndicat médical des stations pyrénéennes a commencé, dès 4893, à créer les syndicats locaux d’initiative tout le long de la Chaîne. Le premier qu’elle a mis en marche est celui de Pau, à la tête duquel se trouve M. Faisans, maire de Pau. Ce syndicat a été suivi de celui de l’Aude, puis de celui des Hautes-Pyrénées. Voici maintenant le Syndicat de Toulouse qui suit de près les deux derniers, et auquel nous souhaitons plein succès.
- —®— La disette de sardines, qui a causé tant de misère en Bretagne, vient de cesser brusquement, et le poisson est revenu en grande abondance. Le malheur est que les coups de vent qui ont marqué la dernière semaine, ne permettent pas aux pêcheurs de sortir, et les empêchent de profiter de cette aubaine.
- —JJ— Le 7 mai, dans l’après-midi, le Santos-Dumont IX a effectué à 4h 15 une sortie à la corde pour évoluer pendant trente minutes au-dessus de la pelouse environnant son port d’attache au hangar de Neuilly.
- —®— L’aéronat de MM. Lebaudv a fait le 8 mai, dans la matinée, une longue excursion sous la direction du pilote M. Juchmès.
- Partis avec le mécanicien Rey et 420 kilogrammes de lest, la pluie ayant alourdi le ballon de 90 kilogrammes, et les hélices tournant à 800 tours par minute, ils sont allés à Saint-Martin-la-Garenne, Dennemont, Gassicourt, Mantes, entrant dans la ville par le côté ouest, faisant le tour de la cathédrale, passant au-dessus de Limay, revenant ensuite sur la gare de Mantes. A partir de cet endroit, le vent debout devenant plus fort à l’altitude 250 mètres, ils ont fait tourner les hélices à 1000 tours par minute et ils ont remonté facilement le courant en se dirigeant sur le château de Rosny. L’expérience est certainement intéressante; mais elle l’eût été nien plus si les aéronautes avaient pu fixer les idées par quelques chiffres sur la vitesse du vent pendant l’expérience. Au-dessus du parc, les aéronautes ont évolué dans tous les sens, le ballon obéissant parfaitement au gouvernail, et ils se sont dirigés sur le hangar de Moisson où a eu lieu l’atterrissement à l’endroit désigné. Le voyage elfectué peut être défini de la façon suivante : départ par la pluie à 8h 54 matin. Parcours : Moisson, Lavacourt, Saint-Martin, Dennemont, Gassicourt, Mantes, Limay, Rosny, Guernes, Sandrancourt, Méricourt, Mousseaux, Moisson. Atterrissage à ÎO^O. Chemin parcouru ; 37 kilomètres, altitude maxima 300 mètres.
- —Les Saints de glace des 11, 12 et 13 mai sont venus à leur heure. On a noté un abaissement général de la température.
- —Les variations de température sont très nuisibles aux voies ferrées, à cause des dégradations quelles produisent par suite de l’inégale dilatation des matériaux. Les ingénieurs du Transsibérien font annuellement des travaux considérables pour réparer les déformations que la gelée produit sur les voies et sur les ponts de bois. Il paraîtrait que le sol se congèle par couches successives, en sorte qu’il se produit des vides où pénètre l’eau au moment du dégel. Qu’il survienne un nouveau gel, la formation de la glace soulève les couches de terre et dérange les traverses des rails ou les pilotis des ponts.
- —(g)— L’industrie des machines à écrire dans l’Amérique du >ord comprenait, en 1890, 50 fabriques avec un capital de 25 millions de francs. Aujourd’hui on en compte 59 : leur capital s’élève à 200 millions de francs et leur production annuelle atteint 65 millions de francs en employant 4500 ouvriers. L’Allemagne et l’Angleterre achètent 39 pour 100 des machines construites : la Chine et le Japon commencent aussi à s’en servit.
- —#— Les recherches archéologiques, que le service des antiquités de Tunisie exécute aux abords du port militaire de Carthage, ont amené la découverte de deux énormes amas de projectiles antiques, plus de 4500 boulets de pierre et prés de 20000 balles de fronde en terre cuite. De tels dépôts de munitions établis à proximité du port militaire semblent marquer l’emplacement de l’arsenal de la cité punique que détruisirent en 146 les troupes de Scipion Emilien, prenant d’assaut ce quartier de Carthage. M. Gauckler, directeur des antiquités, vient de le démontrer en relevant, sur une soixantaine de boulets, diverses lettres présentant toutes les formes typiques de l’alphabet punique au deuxième siècle avant notre ère.
- —®— La maison Joachim et Cie fabrique des chéneaux et gouttières en tôle d’acier d’un seul morceau, qui sont bien supérieurs aux chéneaux de zinc ou de plomb normalement employés jusqu’à
- Îirésent ; bien entendu, ces lames d’acier sont embouties à la presse îydraulique, ce qui permet de leur donner les profils et les dessins les plus variés. Les tronçons sont raccordés les uns aux autres par des joints faits de bandes de caoutchouc maintenues par une ceinture et des agrafes. Le métal est goudronné et peint ou galvanisé.
- —'Si— Le Jardin zoologique d’acclimatation de Paris avait déjà exhibé en 1887 des Achantis: il vient de nouveau de recevoir une caravane africaine composée de 80 hommes, femmes, enfants achantis, artisans et artistes divers, prêtres féticheurs, etc.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la boîte, aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les appareils pour le nettoyage sanitaire par le vide, s’adresser à MM. Taupenot, Soulié-Cottineau, Jouve et Ci0, 80, rue Taitbout, à Paris.
- Communications. — M. Henri Kapferer, ingénieur civil des mines à Paris, nous communique l’observation suivante : « J’ai lu avec intérêt dans le n° 1562 du 2 mai, p. 359 de La Nature, l’intéressant article de 51. Henri Coupin sur les masticatoires. Permettez-moi d’y faire une légère rectification : Les peuples extrême-orientaux mâchent en effet, par goût, la feuille de bétel, mélangée de noix d’arec et de chaux, et, disent-ils, cette pratique conserve les dents (ce qui est vraisemblable); mais, ce mélange ne colore nullement les dents en noir. Les Annamites se laquent les dents avec un vernis spécial. Quant à la chique de bétel, elle n’a d’autre effet colorant que de rendre la salive rouge sang. Les Malais, Javanais, etc., chiquent le bétel et gardent les dents parfaitement blanches. Enfin, 51. II. Coupin oublie de citer parmi les masticatoires le (( chewing gum » si apprécié des habitants et surtout des habitantes des Etats-Unis d’Amérique. »
- M. G. Brindejonc, à Val en Pleurtuit, nous écrit, toujours sur le même sujet : « Je vous demande la permission de rectifier de mon mieux une erreur très répandue, même parmi les personnes ayant séjourné, en Indo-Chine, au sujet de la coloration noire des dents des Annamites. J’ai habité plus de deux ans l’intérieur du pays et ai pu saisir sur le vif les mœurs des indigènes. La couleur noire n’est nullement due à la chique de bétel qui se borne à colorer la salive en rouge de sang. La coloration des dents est obtenue par un laquage particulier qui doit se renouveler assez souvent, c’est une question de mode. J’ai eu à mon service un homme qui avait les dents parfaitement blanches et qui chiquait le bétel comme les autres. Il n’avait jamais voulu, m’a-t-il dit, se laquer les dents. J'ajoute que ses compatriotes se moquaient de lui... comme de nous, Européens. Ils comparent les dents blanches aux dents du chien, qui est, là-bas, le type de l’animal immonde. Une bouche sanguinolente meublée des dents noires est enAnnam le complément obligé de la beauté. Affaire de goût. »
- M. Trujet, de Barcelone, nous fait parvenir un petit échantillon de fil fait de papier et accompagné des indications suivantes : « Il y en a une fabrique ici et on l’emploie couramment dans quelques tissus comme trame, en particulier pour les pantalons et vestes pour soldats (habits de casernes) ainsi que dans les tapis. On ne fabrique maintenant qu’une grosseur, seulement on fait deux tons de couleur, celui de l’échantillon que je vous adresse et un autre plus foncé, d’après ce que l’on m’a dit. On fait des fuseaux larges de 25 centimètres à peu près qui se déroulent par dedans et exigent une navette spéciale.
- M. Anatole Klein nous envoie la lettre suivante: « Un de vos nombreux lecteurs pourra-t-il répondre à la question que se sont posée maintes et maintes fois tous les aéronautes nocturnes. Je lui en serai, pour mes amis et moi, très reconnaissant. Pourquoi, dis-je, lorsque la nuit est des plus noires, que nous avons (par expérience) éteint notre lampe et que nous nous taisons, ne bougeant pas pour éviter le moindre bruit, les chiens signalent-ils notre passage par des aboiements désespérés, pourquoi font-ils le loup? Ils ne nous voient certainement pas et ne nous entendent pas non plus, un ballon ne faisant pas de bruit. Alors quoi? Sentent-ils le gaz? Pourtant à l’altitude de 5000 mètres, cela me paraît impossible.
- 5Iystère à éclaircir. Avis aux zoologistes qui font de l’aérostation nocturne. Ils travailleront, comme nous, pour la science. »
- M. Boulenger-Daussy, à Albert, nous écrit à propos de l’article de 51. Lucien Jacquot sur la notion du temps chez les animaux (n° 1562 du 2 mai 1903,p. 348): « Vers 1866, j’avais pour camarade, à la Trésorerie générale d’Amiens, un jeune homme qui, pour passer le dimanche dans sa famille, à Ailly-sur-Somme, prenait tous les samedis soir le train y arrivant à 6 heures. En descéndant sur le quai, mon ami était certain d’v trouver son chien, un bel épagneul marron, guettant les portières des troisièmes et, son maître aperçu, se livrant à 1» gymnastique tumultueuse en usage chez ses pareils, quand ils sont en grosse joie. Jusqu’ici rien que d’ordinaire. Ce qui me le semble moins, c’est que l’épagneul, libre de ses mouvements toute la semaine, se rendait à la gare seul, le samedi seulement, et uniquement au train de 6 heures. Les employés connaissaient sa ponctualité et toléraient qu’il circulât sans billet; ils considéraient cette habitude comme une façon d’abonnement. Peut-être les soins de propreté dont les habitations sont particulièrement l’objet en fin de semaine, indiquaient-ils à l’épagneul qu’on était à la veille du dimanche. Mais l’heure? Car il n’arrivait ni très en avance, ni surtout en retard. Je ne sais si cette singularité vous paraîtra intéressante; mais je vous en garantis, dans tous les cas, l’exactitude. »
- M. Bianchi, employé des télégraphes en mission de construction au Cambodge, nous écrit de Bang-hor-Kleng : « Le matin, 29 mars vers 6h 30, j’entendis des cris poussés par les-primitifs habitants du village cambodgien où je campe en ce moment. Je sortis pour m’informer et on me montra le disque du soleil blanchâtre, d’apparence lunaire, et dans le coin supérieur, à gauche, un autre cercle noirâtre couvrant à peine un quart du disque solaire. Je rassurai les gens : c’était une éclipse partielle de soleil. Voici sa marche : je l’ai remarquée à 6h 45 ; température + 24°; pression 767 millimètres: elle était terminée entièrement à 7h54, du moins pour mes yeux. Comme nous avançons de 7h15 environ sur Paris, il devait être minuit en France, par conséquent on n’a pas dù s’en apercevoir. Le baromètre est descendu rapidement : à 2 heures du soir il y avait une température de + 35° et une pression barométrique de 760 millimètres ». Cette éclipse était notée: éclipse annulaire de soleil invisible à Paris et visible en Asie et dans l’Alaska.
- Renseignements. — M. Andrea Messina, à Trapani. — Le métier-bijou Jacquard est fabriqué par 5IM. Yillard-Weill et Cie, 20, rue N.-D. de Nazareth, à Pans.
- M. Ober, à Reichshoffen. — Il est très facile de patiner les dorures sur bois ou sur pâte avec un vernis très clair contenant de la terre de Sienne que l’on saupoudre par endroits de poussière. Quant au bronze doré il est presque impossible de lui donner une jolie patine sans le passer au feu ou l’enterrer.
- M. Camille, à Paris. — 51. Mailhat, constructeur d’instruments d’astronomie, 41, boulevard Saint-Jacques, à Paris, vous donnerait d’utiles indications sur ces deux points.
- M. Ménier, à Paris. — 1° L’arithmographe Troncet est en vente à la librairie Larousse, 17, rue du Montparnasse, à Paris; — 2° Télémètre de poche, 51. Pouech, fabricant, 314, rue des Pyrénées, à Paris.
- M. Bouvier, à Lyon. — 1° 51. Cannevel demeure, 16, villa Chaptal, à Levallois-Perret (Seine). — 2° Pour la poste automatique vous pourriez écrire aux constructeurs ci-après : M. Ménard, 27, rue de la Jonquière, à Paris; M. Jomain, 12, rue des Ecluses-Saint-51artin, à Paris.
- M. Pierre, à la Ferté Saint-Aubin. — Les maisons suivantes fabriquent des filtres à huile: 5151. Glaenzer et Perreaud, 1, avenue de la République, à Paris; 51. Boistel, 69, rue d’Haute-ville, à Paris.
- M. Baudrit, à Saint-Quay-Portrieux. — Consultez le Traité de cinématique de M. Reulaux : en vente à la librairie 5Iasson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Formidas, à Padoue. — Il faut faire une pile Leclanché de trois éléments montés en tension, avec liquide immobilisé dans du cofferdam.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. Thuillier, à Bône. Remerciements pour votre communication. — M. V. H. M., à Nantes. Il est peu probable que des brevets aient été pris pour ce produit. — M. Cotel, à Antibes. Vous pouvez trouver facilement dans le commerce une bonne glacière. Comme mélange réfrigérant, servez-vous de celui indiqué dans la 5e série des Recettes et procédés utiles : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- PETITES INVENTIONS1
- Le tire-fond Lakhovsky. — M. Georges Lakhovsky a imaginé un tire-fond destiné à la fixation des rails de chemins de fer, aux constructions de charpentes en bois, partout où doit se produire un effort d’arrachement élevé et aussi à la fixation des câbles et fils télégraphiques et téléphoniques aux poteaux qui les supportent. Les tire-fonds actuellement employés, sous l’effort d’arrachement ou sous l’action de la trépidation, arrivent rapidement à user les fibres du bois dans lequel ils sont enfoncés; au bout de quelque temps d’usage la rupture consécutive des fibres du bois fait jouer le tire-fond dans son trou et en rend le serrage impossible. C’est alors que, si l’on ne remédie pas rapidement au mal, se produisent les catastrophes : déraillement par écartement et arrachement des rails, écroulement des charpentes, arrachement des fils et des câbles. Le tire-fond Lakhovsky prévient automatiquement et rend impossible ces catastrophes. L’appareil se compose des organes suivants (fig. 1) : sur un écrou en forme de couronne 1 viennent s’encastrer, dans une rainure ménagée dans la tranche supérieure de l’écrou des ailettes 2, munies «à leur base d’une saillie formant rotule. Ces ailettes placées verticalement, forment un cylindre n° 3 a qui donnera un cône renversé par l’écartement de leur partie supérieure (n° 5 b). Une tige 4 vient se visser dans la partie filetée de l’écrou 1 qu’elle relie ainsi directement à la pièce à maintenir, en formant tirant. Cette tige passe librement à travers une gaine en métal n° 3 b, dont le but est de préserver les parois du trou où est logé l’appareil des chocs latéraux qui pourraient les entamer, et d’eviter ainsi au bois de la traverse tout travail qui pourrait en amener le dépérissement. Cette gaine, conique à son extrémité inférieure, fait en outre l’office d’un coin pour forcer les ailettes à s’écarter régulièrement en comprimant les parois du bois et en s’incrustant en elles. Cet .appareil est mis en place d’une façon très simple : on perce le trou dans la poutre de bois ou dans la traverse avec une tarière ordinaire d’un diamètre égal à celui de l’écrou 1, on y descend jusqu’au fond l’écrou armé de ses ailettes. Au-dessus, on visse dans le trou, jusqu’à affleurement, la gaine en métal b, dont la partie conique écarte d’abord, puis coince fortement la partie supérieure des ailettes contre les parois du trou où elles sont logées. La pièce à maintenir étant en place, on laisse glisser la tige filetée formant tire-fond dans la gaine métallique (qui est absolument fixe et fait corps avec le bois lui-même) et on la visse dans la partie filetée de l’écrou porte-ailettes 1. L’effort produit par le vissage de la tige filetée 4 tend à faire remonter l’écrou 1. Les ailettes se buttant contre le cône de
- Fig. 1. — Organes de l’appareil.
- la gaine b s’écartent, pénètrent profondément dans les parois du trou en comprimant de bas en haut les fibres du bois, jusqu’au moment où la résistance des fibres comprimées égale 'effort auquel est soumise la tige formant tirant 4. Le serrage est alors complet. Nous représentons l’appareil dans celte position dans le cas où il est appliqué à un rail à patin B, et à côte, en A, nous figurons le tire-fond actuellement employé au même usage (fig. 2).
- Il est maintenant facile de se rendre compte de la façon dont se comporte l’appareil, et de ses avantages. Tout effort
- * La description des appareils est gratuite. La rédaction des Nouvelles scientifiques est étrangère aux annonces.
- quelconque, exercé sur la tête du tire-fond, est directement transmis à l’écrou porte-ailettes. Sous cet effort, cet écrou est appelé vers l’extérieur; il tend à remonter. Les ailettes rencontrent une douille qui forme butoir et les force à s’écarter d’autant plus énergiqvfement que l’effort exercé est plus con-
- Fip. 2. — Appareil A appliqué à un rail à patin et à côté tiie-1'oml B actuellement employé.
- sidérable. La résistance opposée par les ailettes est très grande et l’expérience a démontré que l’appareil résistait jusqu’à la rupture de la tige centrale, rupture qui se produit quand la limite de résistance du métal est atteinte, limite qui peut être reculée indéfiniment en augmentant les dimensions de l’appareil. Ce qui revient à dire que par l’emploi de cet appareil les traverses et poutres de bois deviennent identiques à des traverses et poutres métalliques d’un prix beaucoup plus élevé, — Pour tout ce qui concerne le nouveau tire-fond, s’adresser à M. G. Lakhovsky, 272, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Le babeurre -pour les nourrissons.
- Cela peut paraître paradoxal, mais c’est ainsi. Pendant qu’en France et maints autres pays, les médecins, les hygiénistes, s’efforcent d’assurer par tous les moyens, aux enfants nourris au biberon, un lait pur, dépourvu de germes et se rapprochant autant que possible du lait maternel, en Allemagne, en Hollande et en Roumanie, on préconise le babeurre, c’est-à-dire le petit-lait. Le babeurre, qui n’est qu’un résidu de la fabrication du beurre, est réservé dans nos campagnes à l’alimentation des animaux domestiques. Eh bien ! on peut en tirer meilleur parti, et le conseiller avec avantage dans tous les cas où les parents ne peuvent se procurer du lait véritablement bon. D’après quelques médecins, le Dr Teixeira, le Dr Jacobson, il y aurait moins d’inconvénients à donner à un nourrisson cet aliment, d’une façon exclusive, qu’un lait plus ou moins suspect.
- On peut s’étonner à bon droit que dans des pays, comme la Hollande, où l’élevage est fait d’une façon systématique et dans des conditions merveilleuses à peu près partout, il soit impossible de se procurer du lait à des prix moyens. Toujours est-il
- 3u’il me semble aussi difficile de fournir du babeurre exempt 'impuretés, que de trouver du lait pur ou bouilli, ou stérilisé, comme cela se pratique chez nous. Signalons, à titre de renseignement, que le babeurre peut, préparé dans des conditions déterminées, être donné exceptionnellement à la place du lait, soit que l’enfant digère mal le lait, soit que le lait, pour une cause quelconque, fasse défaut. Mais gardons-nous de suivre cet exemple, et que les mamans et nourrices continuent à donner le lait, le leur quand elles le peuvent, celui de la vache ou de l’ànesse, et le meilleur qu’on puisse trouver, et qu’elles suivent, pour donner ce lait, aussi pur que possible, les conseils qu’à maintes reprises La Nature a signalés.
- Le babeurre, préparé soit avec la crème, soit avec le lait, sera d’autant plus parfait qu’on le fera soi-même, et vous voyez de suite que au moment où vous avez du lait pour fabriquer du babeurre, il vaut mieux prendre le lait sans le décomposer. Je passe et me contente d’indiquer la façon dont on arrive à rendre le babeurre aussi nourrissant que possible.
- Dans un litre de babeurre, on dilue une grande cuillerée
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- •de farine (blé, orge ou nuis), puis on fait chauffer doucement ce mélange en agitant. On donne trois à quatre coups d’ébullition, et on ajoute deux à trois onces de sucre en poudre. Pour éviter la formation de grumeaux de caséine un peu gros, il faut non seulement agiter le liquide pendant la cuisson, mais le battre comme on bat la crème fouettée. Recom-mandatioa utile : faire bouillir ce liquide dans des vases de porcelaine.
- Le babeurre ne peut être qu’un pis-aller; son altération est aussi rapide que celle du lait, et il serait to it aussi simple
- d’ajouter au lait un peu de sucre et de le donner de préférence à cette préparation. Dans certaines indispositions de l’enfant, le babeurre peut être utile : certaines formes de dyspepsie gastro-intestinale, l’entérite chronique. Souvent le lait n’est pas toléré et exacerbe, au contraire, les symptômes de ces maladies. C’est alors qu’on peut conseiller la mixtuie qui permet le rétablissement, tout en assurant une alimentation régulière. Mais substituer le babeurre au lait, pour l’alimentation des nourrissons, est une idée trop bizarre pour qu’on s’y arrête. Dr À. C.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30), — Bureau central météorologique de France.
- OBSERVATIONS 7 HEURES OU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 4 mai . . . . 11\2 S. S. E. 2. Couvert. 2,1 llalo solaire ; orage avec pluie et petite grêle de 12 h. 30 à 15 h. 20 et de 17 h. 20 à 18 h. 15.
- Mardi 5 10\8 S. W. 4. Couvert. 3,t Très nuag. ; tonnerre à l'est à 13 h. 8; petite grêle à 15 h. 33; halo lunaire.
- Mercredi G 9‘.8 S. S. E. 1. Couvert. 0,5 Très nuag. ; rosée ; orage de 15 h. 15 à 15 h. 50 avec pluie et forte grêle.
- Jeudi 7 8\9 S. W. 3. Couvert. 2,5 Très nuag. ; rosée; orage de 17 h. 48 à 18 h. 40; pluie la soirée.
- Vendredi 8 9’, 6 N. N. E. 0. Couvert. 3,1 Très nuag. ; halo solaire; orage de 18 h. 15 à 20 b. 40.
- Samedi 9 7*,6 S. 2. Pluie. 2,3 Très nuag. ; rosée ; pluie de 6 h. à 8 h. et 21 h. à 24 h.
- Dimanche 10 ... . 8*,2 S. S. VV. 2. Peu nuageux. 16,0 Très nuag. ; pluie jusqu’à 1 h. 45 et de 16 h. 30 à 17 h.; quelques coups de tonnerre entre 12 et 15 h.
- MAI 1903. — SEMAINE DD LUNDI 4 AU DIMANCHE 10 MAI.
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l'abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri, à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Une violente secousse de tremblement de terre a été ressentie, le 4 m'ai, à 5” 25 du soir à Hèches, près de Tarbes, dans la vallée de la Neste. Il n’y a pas eu d'accidents signales.
- Des secousses de tremblement de terre ont également été ressenties le 6 mai dans plusieurs villages de la province de Naples. A Forchia, plusieurs maisons se sont écroulées et un grand nombre d’autres ont été fortement endommagées. A Arpaia le palais Yecchillo, le monastère des Grâces et l’Hôtel de Ville, ainsi que les écoles ont dû être évacués. A Benevento une nouvelle secousse a été ressentie dans la matinée et elle a provoqué l’écroulement des édifices endommagés par le tremblement de terre qui avait eu lieu la veille.
- Orages. — Plusieurs orages ont eu lieu dans les premiers jours du mois de mai. Le 4 mai notamment, une série d’orages extrêmement violents se sont succédé de midi à 2 heures sur Paris. Aux averses étaient mêlés des grêlons nombreux qui, sur les boulevards, ont formé, pendant quelques minutes, un tapis de glace blanche. Les éclairs et les coups de tonnerre les accompagnaient d’une façon ininterrompue. Une obscurité presque complète s’est faite dans les rues à’ un moment. Ces orâges ont eu lieu surtout dans le centre ; la foudre est tombée rue du Cardinal-Lemoine, un égoutier se t couvant dans un égout au moment où la pluie a fait rage a failli être emporté par la crue des eaux, mais aucun accident n’est arrivé.
- Le 6 mai, dans l’après-midi, autre orage à Paris, avec pluie et grêle. De
- même le 7 mai, de 5S 40" à 6 heures du soir, orage à Paris avec pluie abondante. Orages également à Paris les 8, 9 et 10 mai.
- Plusieurs orages ont également eu lieu eu province. Pendant le violent orage qui a éclaté le 4 mai, vers midi, aux environs de Villeréal, arrondissement de Villeneuve-sur-Lot, la foudre est tombée sur l’école de la commune de Bournel. L’instituteur, M. Descamps, qui était en train de fermer les fenêtres de sa classe, a été foudroyé. On a encore signalé de nombreu x orages dans l’ouest, le nord, le nord-ouest et l’est, notamment les 8 et 9 mai.
- La pluie. — En dehors des orages proprement dits, la pluie est tombée à de nombreuses reprises. Le 4 mai, on a recueilli 20 mm d’eau à Belfort, 15 mm à Nice, 12 mm à Nantes, 4 mm à Paris. Le 5 mai, il est tombé 23 mm d'eau à Limoges, Il mm d'eau à Lorient, 2 mm à Lyon, 1 mm à Paris. Le 6 mai, il a plu à Cherbourg (12 mm), à Lyon (8 mm), à Toulouse (4 mm), à Paris (2 mm). Le 7 mai, on a recueilli 9 mm d’eau à Toulouse, 7 mm à Besançon, 3 mm à Paris. La pluie est encore tombée le 8 mai à Limoges (9 mm), à Brest (8 mm), et à Paris (2 mm).
- La température en Amérique. — La température a atteint en Amérique des valeurs élevées. Le 1" mai, à New-York, le thermomètre marquait dans l’après-midi 30° centigrades. Dans la région de l’ouest au contraire, dans le nord de Minnesota, la neige tombait en abondance : au Wisconsin, il y avait — 4° centigrades, et au Kansas toute la végétation gelait.
- PHASES DE LA LUNE : P. Q. le 4, à 7 h. 35 m. du x>>.
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- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFF ARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE 1/AD.YKIJVISTRATIOV. — L’échéance du 31 mai étant la plus chargée de l’année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 30 mai (n° 1366) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que l’abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 1873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction et à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à la Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —(§)— M. Georges Trouillot, ministre du commerce et de l’industrie, a désigné les délégués qui doivent représenter son département à la 5e session du Congrès international de chimie appliquée qui aura lieu du 2 au 8 juin prochain, à Berlin. Le chef de la délégation est M. Moissan, membre de l’Institut; les autres délégués officiels sont : MM. Lindet, commissaire-expert du gouvernement pour les expertises en douane ; Leduc, chef de section au laboratoire d’essai du Conservatoire national des arts et métiers, et, en qualité de délégué-adjoint, M. Jablin-Gonnet.
- —®— L’exposition générale annuelle d’IIorticulture a ouvert ses portes le mercredi 20 mai. L’exposition se tient aux serres du Cours-la-Reine, et reste ouverte jusqu’au lundi 25 mai, à 6 heures du soir.
- —(§>— Le ballon dirigeable Lebaudy est sorti le 15 mai dans la matinée; il s’est rendu, contre le vent, à Rosny-sur-Seine et a évolué au-dessus du château et du parc de Rosny. En retournant à son hangar de Moisson et à 2 kilomètres environ, une coquille du ventilateur s’est dessoudée. La vitesse a été constatée sur une base de 12 kilomètres qui a été franchie, dit-on, en 25 minutes, malgré un vent contraire de 7 mètres par seconde.
- —1|)— Le Dr Doyen avait convié, le 14 mai après-midi, diverses personnalités du monde médical et du Tout-Paris à inaugurer la clinique chirurgicale qu’il fonda, il y a cinq ans, aux abords du Bois de Boulogne. Les invités ont visite successivement les chambres de malades, les laboratoires, la salle d’opérations, la salle de mécano-thérapie et de gymnastique, le tout installé et aménagé d’après les plus récentes données scientifiques.
- —8— M. Proust a présenté récemment au Conseil d’hygiène, son rapport annuel sur les cas de rage qui se sont manifestés dans le département de la Seine pendant l’année 1902. Jamais jusqu’ici, écrit le rapporteur, la situation n’avait été aussi favorable. A l’Institut Pasteur, pendant l’année 1902, 1016 personnes ont subi le traitement antirabique; ce chiffre est inférieur à celui de 1901, qui était de 1321. La statistique de l’Institut Pasteur comprend 5 décès. Mais de ces 3 décès, un seul provient d’un individu mordu, dans le département de la Seine. En 1901, 12 décès par rage avaient été constatés dans le département de la Seine, 9 portaient sur des individus mordus dans le département de la Seine. En 4900 il y avait eu 10 décès d’individus mordus dans le département. En ce qui concerne les cas de rage observés sur les animaux, M. Proust constate que le nombre des chiens enragés a été aussi en diminuant : 474 animaux enragés en 1902 contre 846 en 1901.
- —8— A la suite d'unè demande de M. le ministre des colonies au sujet des mesures de préservation à prendre à La Martinique, M. J. Giraud, le chef de la mission scientifique, actuellement sur les lieux, vient de faire la réponse suivante : « Le volcan traverse en ce moment une phase d'activité assez grande qui impose le maintien rigoureux des mesures de prudence si sagement appliquées
- jusqu’ici. Des phénomènes nouveaux, tels que l’apparition de poussées éruptives vers la rainure située dans la partie nord du cratère, entre l’aiguille et le bord septentrional du Morne-Lacroix, seraient, au contraire, de nature à faire étendre encore ce§ mesures de préservation et de défense. »
- —®— Une statistique intéressante vient d:ètre publiée sur les divers services que rend la Bibliothèque nationale. En 1902, la salle de travail a reçu 155 533 lecteurs; elle en avait reçu 149211 en 1901, soit une augmentation de 6322 lecteurs en 1992. Le nombre des volumes communiqués a été de 540416, en augmentation de 62 548 sur le chiffre de l’année précédente. La salle publique de lecture, qui est surtout fréquentée l’hiver, à cause de son chauffage, a subi une diminution de 6572 lecteurs et de 6897 volumes. Le département des manuscrits a communiqué 57 014 manuscrits en 1902, contre 54530 en 1901; le département des estampes, 54531 articles en 1902, contre 52070 en *901. Le nombre des visiteurs de ce dernier département s'est élevé de 5600 à 7158. L’administration de la Bibliothèque nationale a été frappée des difficultés croissantes que rencontre la communication des périodiques, surtout de ceux des années les plus récentes. Dans les nouveaux bâtiments en cours de construction, une salle spéciale sera affectée à la communication de ces périodiques, et les collections des revues les plus importantes seront mises à la disposition des visiteurs.
- —®— Du 1er janvier au 30 avril 1903, le nombre total des voyageurs au chemin de fer métropolitain de Paris a atteint 35127 456: du 1er janvier au 30 avril 1902, il n’avait été que de 19434 122. Il y a donc pour les 4 premiers mois de 1903 une différence en plus de 15 693 534 voyageurs.
- —®— Dans la nuit du 11 aul2mai,à minuit trente-sept, une légère secousse de tremblement de terre a été ressentie à Velletri, en Italie. La secousse, de mouvement ondulatoire et d’une durée de deux secondes environ, a été enregistrée par les instruments sismiques. Le 14 mai, on a ressenti de légères secousses à Arpaia, Paolifi et Airola.
- —(§)— Des orages ont causé les 14 et 15 mai de grands ravages sur plusieurs points de la péninsule espagnole. A Badajoz, deux ouvriers ont été tués par la foudre. A Biar, une personne a été également foudroyée. En Galice et aux environs de Sagorbe, la grêle a cruellement sévi. A Valence, une tempête épouvantable s’est déchaînée sur la région. Une couche de grêle de 30 centimètres a couvert le sol. Les récoltes ont été perdues.
- —®— Le canton de Rodez vient de perdre une femme âgée de 104 ans, Mme Louvrier, qui demeurait à la Terrisse. Dans un hameau voisin vit encore une veuve de 106 ans, Mme Yiguier, dont la santé est excellente.
- —(g)— La peste fait aux Indes des progrès très sensibles : en une semaine, on a pu compter 32000 décès, chiffre qui dépasse de beaucoup ceux des années précédentes. LePund jab y contribue pour 16800 cas et la présidence de Bombay pour 7268, malgré le peu d’étendue relative de son territoire.
- —®— Un savant autrichien, le professeur Dimmer, a publié ré-cèmment des photographies d'un haut intérêt. C’est, en effet, la rétine humaine qu’il a réussi à photographier, à l’aide d’un appareil spécial et d’un éclairage électrique réfracté par la pupille elle-même. Peut-être tirera-t-on parti de ces photographies en ophthal-mologie.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis. — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de ta bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour tout ce qui concerne les commandes par courroies, système Leneveu, s’adresser à MM. Teisset, VTC Brault et Chapron, ingénieurs constructeurs, 14, rue du Ranelagh, à Paris.
- Communications. —M. Talmone, àTurin, nous transmet les remarques suivantes : « Il est fait mention dans La Nature d’une notion du temps qu’ont les animaux. En voici un exemple qu’il m’est donné d’observer toutes les années. Quelques centaines d’ouvriers hommes et femmes sont occupés dans une fabrique de chocolat. En été, il leur est accordé une 1 /2 heure pour le déjeuner qui se fait à 8 heures. Le signal en est donné par la sirène. Au premier coup de sifflet mes trois chats s’élancent sur la véranda et y attendent les ouvriers qui y viennent déjeuner. Un bout de fromage, quelque pelure de saucisse, du lard, voilà ce qui attire les minets à cette heure. Pourtant à 5 heures 3/4 un premier coup de sifflet a ouvert l’usine, à 6 heures l’avis est donné que tout le monde est entré, et mes chats ne se dérangent pas. Mais à 8 heures, moment attendu impatiemment, ils accourent les uns et les autres au coup de sifflet. Autre exemple. Un de mes chats m’accompagne tous les soirs dans ma tournée dans l’usine. Et quoiqu’il s’agisse de monter des caves jusqu’au grenier, toujours il me suit fidèlement. Pourquoi ne le fait-il pas pendant la journée? C’est parce que, à l’heure de la dernière tournée, tout le monde est dehors, les souris peuvent sortir de leur trou. Ainsi patron et minet font la ronde chacun pour son compte. »
- M. F. Gouttes, inspecteur divisionnaire du travail à Bordeaux, nous fait parvenir un extrait des procès-verbaux de la Société des sciences physiques et naturelles de la Gironde, ainsi qu’un résumé de trois conférences faites sur la navigation aérienne : ce travail a fait l’objet d’une communication au congrès des Sociétés savantes de Bordeaux (séance du 17 avril 1903). L’auteur a étudié le problème de la navigation aérienne, principalement au point de vue du récipient qui contient le gaz. Frappé des inconvénients que présentent les ballons en étoffé, il préconise l’emploi de ballons en aluminium renforcés de cornières assez rapprochées. Ce dispositif présente l’avantage que la déchirure de l’enveloppe n’entraîne pas le dégonflement instantané du ballon, mais seulement un écoulement progressif du gaz ; donc l’aérostat descendra lentement à terre, au lieu de tomber brusquement. Une certaine quantité d’air emmagasinée dans le ballon permet de neutraliser les effets des variations de température et de pression.
- M. Champagne, pharmacien à Périgueux, a reçu dernièrement un blaireau qui avait les poils du dos rebroussés vers la tête. Ceux de la tête et du cou avaient le sens normal. L’animal avait environ cinq mois. Cette particularité paraît assez rare.
- M. Dosne, ingénieur à Mulhouse, nous a fait parvenir deux photographies de l’éclipse du 11-12 avril, qui prouvent que l’on peut, avec un simple outillage d’amateur, atteindre des résultats scientifiquement intéressants. C’est à l’aide d’un téléobjectif panorthoscopique réglé au grossissement maximum our le tirage de la chambre, que M. Dosne est arrivé à obtenir es images très nettes de la lune : le temps de pose était de 3 secondes, l’ouverture du diaphragme égale à F/12 : les plaques employées, des Lumière marque bleue extra-rapides. Par précaution, le bain révélateur avait été fortement bromuré, pour le cas où la pose aurait été trop longue.
- Renseignements. — Abonné n° 30, de Schepens. — Veuillez consulter les Recettes et procédés utiles, 1'® série,, p. 193; 4e série, p. 135 et 141 ; 5e série, p. 139.
- M. le Dr Motta Veiga Casai, à Céia. — Les ouvrages ci-après vous fourniront tous les détails désirables : La maison à construire, par A. Bellemain, prix : 3fr,50; Cubature desterrasses, par G. Dariès, prix : 3 francs. En vente à la librairie? Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. Dejaunne, à Arras. — Nous ne pouvons nous occuper de? ces questions.
- M. Paillard, à Corbeil. — Remerciements pour vos recettes-que nous essaierons d’utiliser.
- M. D. Guerre, àMèze. —Il n’existe pas d’ouvrage d’ensemble? sur cette matière : vous pourriez vous inspirer du Manuel de? l’Artificier de l’Encyclopédie Roret, à la librairie Mulo, 12, rue-Ilautefeuille, à Paris.
- M. Brun, à Enghien. — Les propriétés des flammes sensibles-sont depuis longtemps connues : votre bec de gaz rentre dans-cette catégorie.
- M. Boudin, à Voh (Nouvelle-Calédonie). —- Machines à décortiquer le café chez MM. Billioud, 108, rue Saint-Maur; M. Mora, 67, rue d’Argout; M. Rouaillon, 72, boulevard Sébastopol, à Paris.
- M. le D1 Barré, à Mosne. — Mélangez du sucre en poudre, de la farine et du phosphore dissous et disposez cette pâte sur des soucoupes, les blattes en mangeront et périront. Vous pouvez: aussi mettre de la bière dans des vases d’accès facile, où les blattes se noieront.
- M. D. /., à Leuze. — Une solution d’acide chlorhydrique-étendu, nettoie la pierre de taille et détruit les végétations : un lavage à grande eau est nécessaire après l’opéra tion.$
- Abonné X..., à Sorèze. — La force portante des électroaimants est donnée par la formule F = 4.10-8 (R2 s dans laquelle F est la force portante en kg, (B l’induction magnétique ea Gauss, s la section en centimètres carrés, ou deux fois la section du noyau pour un électro-aimant à deux pôles. Dans cette-formule on remplace (B par sa valeur en fonction de la perméabilité et de l’intensité de champ magnétique ; on trouve alors l’intensité en ampères nécessaire pour un électro-aimant de dimensions données, d’un nombre de spires donné et d’une force portante déterminée. Toutes ces formules se trouvent dans le Formulaire de Vélectricien, 1903, à la librairie-Masson et Cie.
- M. Chauvet, à Paris. — Le signataire de l’article, M. Gua-rini, pourrait vous documenter : il demeure à Bruxelles, rue Stévin, 87.
- M. J. P. A., à Marseille. — Le Dr Jonas, à Liegnitz (Prusse) est plus à même que tout autre de vous renseigner sur l’application de son procédé.
- M. M. Ricordi, à Milan. — La brochure de M. Rochoux est en vente chez M. Samie fils, 48, rue du Pas-Saint-Georges, à-Bordeaux.
- H. le DT J.-B. Cid, à Chibuto Gaza. — Nous ne pouvons nous charger de cette analyse, veuillez vous adresser à un chimiste spécialiste.
- M. T. M. E., à Epinal. — Dans la 5e série des Recettes et procédés utiles, vous trouverez un certain nombre de procédés pour conserver les œufs frais.
- M. Y. et H., à Liège. — 1° Si vous ne faites pas erreur, la dose que vous nous indiquez serait mortelle. — 2° Les résultats de ces bains sont très variables suivant les sujets.
- M. de J., à Paris. — La région pyrénéenne n’a pas été encore l’objet d’un travail d’ensemble, mais dans le traité de géologie de M. de Lapparent vous trouveriez certainement tous les renseignements que vous cherchez.
- M. Guérin d'Angély, à Paris. — C’est dans le journal américain Iron âge que notre collaborateur a trouvé l’indication de cet appareil. La rédaction de ce journal est à New-York, 252, William Street : il est plus simple d’entrer directement en relations avec l’auteur de l’article.
- M. Fioravanti, à Messine.—Il n’y a pas de travail d’ensemble décrivant les sismographes.
- M. H. B. M., à Bricquebec. —Veuillez vous reporter au n° 1049, du 8 juillet 1893.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. T. C. V., à
- Blézy-Bas. Nous avons reçu plusieurs communications à ce sujet. — M. Callot, à Gien. Ce procédé a déjà été décrit : nous ne pouvons l’indiquer à nouveau. — M. Trailhart, à Lyon. Voyez dans la 5e série des Recettes et Procédés utiles, p. 202, la manière de régler les baromètres au point de vue de la prévision du temps : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- Dans la « Boîte aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n’est répondu qu’aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- LA MAISON VRAIMENT MODERNE
- Texte et dessins de A. Robida.
- 1. La maison vraiment moderne, pourvue de tous les accessoires indispensables et de tous les derniers perfectionnements va offrir à ses habitants des agréments inconnus aux populations retardataires du siècle dernier. D’abord le concierge n’est plus tailleur ou autre chose, il doit être chauffeur. — 2. Essuyez vos pneus, s. v. p. n'est pas une recommandation superflue. — 3. Poste de télégraphie sans fil remplaçant l’arriéré téléphone. — 4. Plus d’ascenseurs, mais un ou plusieurs aérostascenseurs légers, faciles à manœuvrer. — 5. Cuisine électro-chimique pour repas en boulettes. — 6. Quatre ou six autos à la disposition des locataires pour leurs courses. — 7. Un cyclodrome précieux pour les jours de pluie. — 8. Tennis sur la terrasse, patinoire en hiver. — 9. Parlez sport au concierge, ça lui fera plaisir. — 10. Quelques dirigeables avec parachutes automatiques nouveau système. — 11. On pourra essayer de conquérir le record du kilomètre en escalier
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- RECETTES ET PROCÉDÉS UTILES
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- Pâte pour la barbe. — C’est une pâte qui a pour but de remplacer le savon, et, ainsi que l’explique M. E.. White, dans Saint-Thomas Hospital Gazette, elle a aussi pour rôle d’empêcher les poils de se courber, en les présentant normalement au fil du rasoir qui les coupe transversalement, en même temps que de lubrifier la surface de la peau, de manière que les couches superficielles de l’épiderme ne s’enlèvent pas trop facilement. On affirme que l’idéal en la matière est une émulsion
- de paraffine fondant à 55° C. On la prépare au moyen de 25 pour 100 de paraffine et de 2 pour 100 de gomme adra-gante dans de l’eau, la paraffine étant fondue d’abord, puis mêlée à la gomme, dont on a fait au préalable un mucilage dans un peu d’eau. On peut rendre l’émulsion plus facile par addition d'un peu de stéarine ; on se trouve bien aussi d’ajouter 10 pour 100 d’alcool, et enfin 1/2 pour 100 seulement d’essence de lavande suffit à masquer l’odeur de graisse que présente cette sorte de pâte. Quand on va se raser, on s’en frotte un peu sur la figure, l’eau s’évapore rapidement, et le rasoir coupe admirablement les poils de barbe.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de Franoe.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN thermomètre VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 11 mai. . . . 9’,3 S. S. W. 2. Quelques nuages. o,s Rosée ; nuag. ; pluie à diverses reprises ; quelques coups de tonnerre à 14 h. à l’W.
- Mardi 12 9",5 N. N. W. 2. Très nuageux. 2,5 Très nuag. ; pluie l’après-midi.
- Mercredi 15 8",4 N. N. E. 1. Quelques nuages. 2,8 Nuag.; pluie le matin.
- Jeudi 14 8°,9 S. W. 1. Beau. » Rosée ; nuageux.
- Vendredi 15 10°, 5 S. S. E. 1. Très nuageux. » Rosée ; nuag. jusqu’à 17 h. ; couv. ensuite.
- Samedi 16 12», 8 W. S. W. 2. Éclaircies. » Rosée; halo solaire; presque couv. ; pluie la matinée.
- Dimanche 17 ... . 8”,6 IV. S. W. 2. Pluie. 3,6 Presque couv. jusqu’à 14 h.; nuag. ensuite; pluie de 5 h. 30 à 8 b 30 et de 11 h. 20 à 12 h. 30 avec grêle.
- MAI 1903. — SEMAINE DU LUNDI 11 AU DIMANCHE 17 MAI.
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- La courbe .supérieure indique lu nébulosité de 0 à 10: les flèches inférieures, la direc'ion du vent. Les courbes du milieu indiquent: courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0. au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à labn a boule sèche: courbe en pointillé. llierinomitre A l'abri à boule mouillée. ____
- Résumé des observations météorologiques faites à
- l’observatoire du parc Saint-Maur, en avril fl 903,
- par M. Th. Moureaux.
- Pression barométrique, altitude 50",5. Moyenne des 24 heures, 755”",34 ; minimum absolu, 739”“, 1, le 22 ù 14 h. 25 : maximum absolu, 766““,2 le 18 à P) heures; écart extrême, 27““,1.
- Température. Sous l’abri : moyenne des minima, 3°,22 ; des maxima, 129,51; du mois, 7°,87 ; vraie des 24 heures, 7°,23 ; minimum absolu, — 2°,5 le 15; maximum absolu, 18°,2 le 30. Sur le sol gazonné : moyenne des minima, O1,30; des maxima, 28°,91 ; minimum absolu —7°,1 le 15; maximum absolu, 40®,9 le 39. Dans le sol gazonné, moyenne du mois à 9 heures ; à 0“,30 de profondeur, 7°,73; à 1 mètre, 8°,08. De la Marne : moyenne le matin, 9°,2o; le soir, 9°,63; minimum, 8°,31 le 19; maximum 11°,40 le 30.
- Tension de la vapeur : moyenne du mois, 5“”,25; minimum 2““,4 le 14, de 17 heures à 19 heures ; le 17, à 13 heures ; le 19, à 16 heures ; maximum, 9““,0 le 30 à 19 heures.
- Humidité relative : moyenne du mois 69,7; minimum, 27 le 25 à 14 heures; maximum 100 en 2 jours.
- Nébulosité. Moyenne du mois (6 h. à 21 h.), 64.
- Insolation : durée totale de la présence du soleil au-dessus de l'horizon, 409 heures; durée effective de l’insolation, 147 heures eu 26 jours; rapport, 0,56.
- Halos solaires : les 15, 20, 26, 28; halo lunaire le 5.
- Pluie : totale du mois, 29”“,3 en 68 heures réparties en 18 jours, dont 2 de neige, les 16 et 17. Il est tombé en outre des llocons de neige les 14 et 18, et des gouttes à 5 autres dates.
- On a noté 6 jours de gelée, 15 jours de gelée blanche, dontll consécutifs,
- du 10 au 20, 2 jours de rosée, 1 jour de grésil, 2 jours de petite grêlé mélangée à la pluie ; il n’y a pas eu d’orages.
- Fréquence des vents : Calmes, 3.
- N . . . . . 111 E. . . . . b S 51 W . . . . 29
- N. N. E. . 57 E. S. E . 7 S. S. w. . 77 W. N. W.. 39
- N. E . . . 23 S. E . . . 13 s. w. . . 70 N. W. . . 65
- E. N. E. 11 S. S. E. . . 19 W. S. w . 42 N. N. W. . 95
- Vitesse du veut en mètres par seconde. Moyenne du mois, 4“,6 ; moyenne diurne la plus grande : 8“,2 le 8; la plus faible : 1",5 le 11 ; vitesse maxi-ma, 11“ le 8, à 7-8 heures (Nord).
- Comparaisons aux valeurs normales : baromètre -+- 0“,11 ; température — 2°,54 ; tension de la vapeur — 0“”,88 ; humidité relative -+- ü°,03 ; nébulosité -+- 6; pluie — 15““,1.
- Floraisons. Le 2, fraisier des bais, poirier de plein vent; le 3, laurier-cerise; le 4, cerisier de Sainte-Lucie; le 6, alliaire; le 7, érable sycomore; le 10, lamium album, corbeille d’or, lunaire; le 14, dielytra spectabilis; le 19, laurier noble ; le 22, lilas commun, marronnier commun; le 24, lilas blanc, épiue blanche ; le 25, lychnis des champs ; le 27, renoncule bulbeuse; le 28, lilas de Perse, cognassier ; le 29, arum ; le 30, rhubarbe.
- On a entendu le premier chant de la fauvette le 7, du rossignol le 14, du pivert le 20, du coucou le 23, du loriot le 26. Quelques hirondeUes sont arrivées le 13 ; on a vu des hannetons le 30.
- Ce mois est remarquable par sa basse température (7°,9) ; depuis un demi- ' siècle, les mois d'avril 1860 et 1888 ont seuls une moyenne thermométrique aussi faible, inférieure même cette année à celle de mars (8®,5), particularité tout à fait exceptionneUe, et qui ne s'était pas présentée depuis 1838.
- PHASES DE LA LUNE i P. L. le 11, à 1 h. 27 m. du soir.
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- N° 1566 (30 mai 1903) du journal, « LA NATURE »
- M. HENRI DE PARVILLE, rédacteur en chef
- M. J. LAFFARGUE, secrétaire de la rédaction.
- Supplément réservé aux abonnés et aux acheteurs au numéro, au moment de la publication du journal.
- AVIS DE l/.tDHIMNTItATIOV. — L’échéance du 31 mai étant l’une des plus chargées de l'année, nous prions instamment MM. les abonnés dont l’abonnement se termine avec le numéro du 30 mai (n° 1366) de nous faire parvenir, soit par leur libraire, soit directement, le montant de leur renouvellement avant cette époque. Une quittance, pour une même durée que 1 abonnement précédent, sera, à Paris et dans les départements, présentée dès les premiers jours de juin aux abonnés qui, préférant ce mode de recouvrement, n’auront pas avant le 3 juin renouvelé ou donné «ordre contraire. — Tout abonné à La Nature peut, en renouvelant son abonnement pour une année entière, recevoir les Tables décennales (2 volumes, 4873 à 1882 — 1883 à 1892), au prix de 12 francs au lieu de 20 francs.
- Les lettres et communications relatives à la rédaction nt à la « Boîte aux lettres » doivent être adressées à £a Direction de « LA NATURE », 120, Boulevard Saint-Germain, à Paris.
- INFORMATIONS
- —Dans la récente promotion dans l’ordre de la Légion d’honneur, à l’occasion de l’Exposition d’Hanoi, nous relevons avec plaisir, parmi les officiers : MM. Mildé, Darracq; et parmi les chevaliers : MM. Chameroy, Pirou, Maurice Robin, Dupuy, Engel, etc.
- —(§)— La course d’automobiles Paris-Madrid, commencée au milieu des applaudissements d’une foule énorme, véritable événement sportif, n’aura pas eu de lendemain. Avec des vitesses de 100 à 120 kilomètres à l’heure sur route comment ne pas aboutir à des accidents mortels? Une des voitures n’a mis pour franchir la distance de Paris à Bordeaux que 5h15m. On sait les événements : 7 morts et 12 blessés en quelques heures. La fin de la course a été interdite en France et en Espagne.
- —®— Le 19 mai, dans la matinée, s’est ouverte sur la terrasse de l’Orangerie des Tuileries, l’exposition canine. Elle a duré jusqu’au 26 mai. La première journée de cette exposition a été consacrée à la réception des chiens des premier et deuxième groupes et les chiens courants. A 3 heures de l’après-midi, a eu lieu l’inauguration de la 14e exposition des peintres et des sculpteurs de chasse et de vénerie. Le 20 mai ont commencé, pour la première série, les opérations du jury, et le 21 mai, à 9h30, a eu lieu l’assemblée générale des membres de la Société « Le Lièvre. » Pour éviter aux chiens un trop long séjour hors de leurs chenils, la Société a pris l’excellente mesure de ne les garder que quatre jours. La seconde série, qui comprend les chiens courants bâtards, a été visitée par le jury le samedi 23 mai. On a surtout admiré les chiens de berger, qui étaient des bêtes vraiment remarquables.
- —®— D’une moyenne établie par les Observatoires, il résulte que le pays où il pleut le plus est l’Amérique du Sud, qui reçoit chaque année 1670 millimètres d’eau. L’Afrique en absorbe 825 millimètres, l’Amérique du Nord 730, l’Europe 720, l’Asie 553 et l’Australie 520. On a calculé que l’Atlantique, en y comprenant la Méditerranée et la Baltique, absorbe chaque année en moyenne 57 000 000 de mètres cubes d’eau, tandis que l’Océan Pacifique, deux fois plus vaste, cependant, s’en approprie seulement 20 000000, l’Océan Indien 18 000000 et l’Océan Glacial 9000000. La pluie et les neiges réunies donneraient à toute la surface terrestre 122 millions de mètres cubes. Sur cette énorme quantité d'eau, 25 millions s’écouleraient à la mer par les rivières. Les savants, qui ne reculent devant aucune statistique, prétendent qu’il faudrait 45000 ans, avec les seules eaux fournies par les rivières pour remplir les Océans.
- —®— Les Arabes, au dixième siècle, faisaient usage d’une série de mets favoris, d’après le célèbre naturaliste Al Djahez, qui vivait à cette époque. La revue égyptienne « El Moktataf » énumère parmi tous ces mets de la viande de chien, de chat noir, des sauterelles et des scorpions servis en friture, des rôtis de rats, des lézards, des têtes de etieval bouillies ou rôties, des boyaux de cheval farcis de riz ou de fines herbes, toutes sortes de tortues, mollusques, insectes, colimaçons, des serpents et particulièrement des serpents noirs au moment où ils changeaient de peau, leur chair devenant plus tendre en cette saison.
- —®— Dans la hâte qu’ont toutes les industries de produire vite, pour diminuer d’autant les frais de production et ne pas immobiliser le capital représenté par les matières premières ou les machines, on recherche par trop les procédés rapides, qui ont le tort de ne donner que des produits d’une mauvaise conservation. On se plaint beaucoup à ce point de vue des cuirs employés maintenant en reliure, et il paraîtrait que le Bristish Muséum est obligé de dépenser chaque année une centaine de milliers de francs pour faire relier de nouveau les volumes dont le cuir s’est abîmé en un temps relativement très court.
- —®— Reliures originales. On a fait des reliures avec la peau de presque tous les animaux, voire même avec de la peau humaine, mais nous n’avions pas entendu parler, jusqu’à ce jour, de reliures faites avec des peaux de grenouilles. Celles-là sont, paraît-il, utilisées par les relieurs de l’Inde; en les passant dans certaines teintures, on obtient les couleurs les plus délicates; elles sont réservées aux reliures de fantaisie.
- —®— On dit que le fameux territoire anglais de la Rhodesia dans l’Afrique du Sud possède, d’après ce qu’on a reconnu récemment, des gisements de minerai de cuivre dont la teneur varie de 20 à 33 pour 100, et de la houille qui serait bien meilleure que celle du Cap ou du Natal, et ne le cède que de fort peu au meilleur combustible du Pays de Galles.
- —®— Les châssis en acier coulé sont de plus en plus employés aux Etats-Unis dans la construction des locomotives, alors qu en France on ne recourt à l’acier coulé que timidement et pour des traverses de châssis : aux usines Baldwin, par exemple, on a livré, en 1902, 600 de ces châssis, la moitié de la production totale. L’acier est de l’acier Martin obtenu au procédé acide, présentant d’ordinaire 47 à 49 kilogrammes de résistance par millimètre carré. Le poids est de 33 à 40 pour 100 plus léger qu’avec du fer forgé, et des locomotives munies de ces châssis effectuent depuis trois ans un service très dur sans qu’aucun accident se soit produit.
- —®— Quelques journaux américains rapportent qu’au Mexique dans les mines de cuivre de Cananena, on utilise pour la production de vapeur la chaleur que dégagent les scories à leur sortie des hauts fourneaux. Le procédé consisterait simplement à faire passer les scories dans un grand réservoir entouré de matière mauvaise conductrice de la chaleur. De ce réservoir on conduit à volonté les scories dans une première chaudière supérieure, puis dans une seconde, et là on s’en débarrasse. On parviendrait ainsi à économiser une assez grande quantité de combustible.
- — On a décidé d’adopter la traction électrique sur la ligne anglaise dite « Liverpool and Soutliport Raihvay », qui n’a, il est vrai, que 29 km de long, mais qui doit répondre à un trafic énorme : on espère que la transformation sera accomplie dans neuf mois.
- —®— Le service des Phares de Grande-Bretagne va sous peu introduire dans certains phares les brûleurs à incandescence Kitson, que nous avons jadis signalés lorsqu’ils étaient essayés sur un- quai de Paris, et qui sont des brûleurs à pétrole sous pression dont la puissance éclairante est des plus considérables.
- —<§)— On emploie assez couramment, dans les mines de Yorkshire, des haveuses mécaniques Clarke Stephenson dont l’organe essentiel est une roue armée de dents coupantes à sa périphérie, et animée d’un mouvement continu de rotation : cette machine sous-cave environ 3650 mètres par semaine à raison de Ifr,05 le mètre, alors que le prix de revient à la main était de 3fr,75.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
- Avis* — En présence du nombre de lettres toujours croissant que nous recevons, nous demandant souvent des réponses par courrier, nous sommes obligés d’informer nos abonnés que nous ne pouvons leur répondre dans la mesure du possible que dans la Boîte aux Lettres et après réception de la bande du journal de l’année.
- Adresses relatives aux appareils décrits. — Pour le carburateur Sthenos, s’adresser à M. I’h. Marot, 78, rue Laugier, Paris.
- Communications. — Notre collaborateur, M. Turquan, à Lyon, nous adresse l’observation suivante, au sujèt de la pouliche sans bras (voir n° 1564, du 16 mai 1965, p. 583) : « Je n’avais jamais, en effet, comme le reconnaît la fin de l’article, entendu parler d’équidé né sans membres antérieurs, mais il y a un certain nombre d’exemples d’hommes nés sans bras : vous avez signalé le peintre Ducornet, de Lille, né en 1806, qui peignait avec l’un de ses pieds. J’ai vu, il v a 15 ans, au Musée de peinture d’Anvers, parmi les travailleurs qui reproduisaient des toiles, un homme sans bras, qui peignait, ma foi, fort bien, avec son pied droit : il avait ses pieds dans des sortes de mitaines, et, assis sur un escabeau, n’avait l’air en aucune façon gêné de son manque de bras. Quelquefois il prenait avec son orteil gauche la palette, et faisait sa couleur avec le pinceau tenu du pied droit. En peignant sa toile, il restait en équilibre sur son séant, ayant d’un pied son pinceau, de l’autre sa baguette. Comme l’heure de la fermeture arrivait, il a rangé ses couleurs, a déposé ses ustensiles, a pris par terre son chapeau, s’en est coiffé, et est parti, non sans me saluer, car nous avions causé quelques instants ensemble : il s’appelait Vélu ou Phélut : il est mort, je crois, il y a quelques années. » On cite aussi à Lausanne une jeune artiste de valeur, MUe X., qui peint avec ses pieds.
- Le même correspondant nous écrit encore : « Pour ce qui est d’une des communications du n° 1565 de La Nature, du 16 mai, M. Boulanger Daussv cite l’exemple d’un chien qui venait chercher son maître à l’arrivée du train à la gare d’Ailly-sur-Somme, chaque samedi, à heure fixe. Le fait est en effet très curieux et dénote chez ce chien une certaine intelligence et pas mal de mémoire surtout. J’aurais pareil fait à faire connaître à nos lecteurs, chez mes deux chiens : tous les dimanches, j’ai l’habitude de les faire sortir vers les 4 heures, et jamais en semaine, surtout jamais dans la journée : or, chaque dimanche, à 4 heures, mes deux chiens viennent me regarder avec des yeux fort expressifs, et poussent des gémissements d’abord, puis des jappements de joie lorsqu’ils nous voient nous préparant pour les emmener. Ceci est bien caractéristique. Je n’ai d’ailleurs qu’à prononcer le mot magique de « mené-mené » pour voir les deux chiens sauter de joie et se disposer à sortir! De plus, je dois dire que, lorsque des fournisseurs ordinaires viennent sonner à la porte, à heures à peu près fixes le malin, les deux chiens vont au-devant d’eux en leur faisant les signes d’amitié qui sont à leur disposition, par exemple le remuement de la queue ; et pour n’importe quelle autre personne se présentant le matin et sonnant, ils ne manquent pas de japper bruyamment jusqu’à ce qu’ils aient été calmés. Bien entendu, il sera tout naturel de faire remarquer que lorsque la domestique vient annoncer que M. ou Madame est servie, ils ne manquent pas de venir nous chercher, et nous tirer par les habits, pour nous conduire dans la salle à manger. Ceci n’est nullement extraordinaire, l’instinct et l’appétit peuvent expliquer cette démarche, mais comment expliquer pourquoi ils reconnaissent le dimanche d’un autre jour, et viennent demander de sortir, à la même heure ? »
- M. André Houry, à Paris, nous a communiqué l’observation suivante : « Samedi ( J 0 mai) un halo, autour du soleil, a été remarqué par moi et quelques amis. Le soleil à midi sept minutes était tout à fait caché derrière les nuages, mais au bout de quatre minutes un halo fort bien constitué a entouré le soleil.
- Ce cercle irisé présentait le rouge en dedans et la couleur violette à l’extérieur. Le diamètre de ce cercle irisé avait une dimension apparente de 24° environ, de plus (mais ce phénomène n’a pu être remarqué que durant deux ou trois minutes) un cercle parhélique qui passait par le centre du soleil a été fort bien indiqué. Le point d’intersection du halo avec le parhélique,. c’est-à-dire les parhélies, a été particulièrement brillant. Le phénomène total a duré à peu près de dix à douze minutes. »
- Renseignements. — M. X., à Thaon-les-Vosges. — L’adresse de M. Cannevelest : 16, villa Chaptal, à Levallois-Perret (Seine).
- M. Goury, à Lonnes. — Le Stédik et le Fervac sont fabriqués par MM. Blanzy, Poure et Cie, à Boulogne-sur-Mer. Vous-les trouverez aussi chez tous les marchands d’accessoires pour photographie.
- M. Sonnet, au Fournay. — Maisons fabriquant des nasses et pièges : M. Aurouze, 7, rue des Halles, à Paris; M. Moriceau, 28, quai du Louvre, à Paris.
- M. Louis Russac, à Villeneuve-sur-Lot. — La lre série des Recettes et procédés utiles contient la formule du charbon Berzélius pour couper le verre. En vente à la librairie Masson* 120, boulevard Saint-Germain.
- M. Henriez, à Bourg-d’Oisans. —11 est facile de reconnaître les falsifications du sulfate de cuivre par l’ammoniaque. Voir la 5e série des Recettes et procédés utiles, page 258, librairie Masson, 120, boulevard Saint-Germain, à Paris.
- M. de Mendiola, à Paris. — Pour répondre à votre question il faudrait déterminer la longitude et la latitude exacte des-Champs-Elysées : nous ne pouvons entreprendre ces calculs.
- M. Claeys, à Bruxelles. — 1° Il n’y a pas d’ouvrages spéciaux sur cette question. — 2° Nous ne connaissons pas d’installation où ce procédé soit en usage. — 3° 11 faudrait expliquer ce que vous entendez par « travailler une pièce ». Si c’est pour dissection n’oubliez pas quef le formol durcit fortement les-tissus.
- M. R. V., à Relizane. — M. le Directeur des chemins de fer de l’Etat, 42, rue de Chàteaudun, serait à même de vous-renseigner sur ce système qui n’est pas dans le domaine public.
- M. F. Sanchez Marcos, à Séville. — Nous ne possédons pas d’autres renseignements sur cette machine.
- M. T., à Saint-Nazaire. — 1° L’adresse de M. Cannevel est donnée plus haut. — 2° L’ut de poitrine n’est pas le même pour les ténors et les soprani : c’est ce qui explique les différences d’indice.
- JUme Dufour, à Épinal. — La maison Maurel et fils, 33, rue Vivienne, fabrique des tissus imperméables : vous y trouveriez: peut-être un article vous satisfaisant.
- M. Bronyet, à Bordeaux. — Nous avons cherché inutilement le numéro du 9 juin 1896, qui n’existe pas. Vous avez certainement fait une errreur de date.
- M. Sainte-Marie Collin, à Auxon. — Veuillez vous adresser à la Compagnie Borsig, fabricant les machines frigorifiques, à Berlin.
- M. Siebertz, à Kohlscheid. — Nous ne pensons pas qu’il existe des sociétés ni des publications répondant à votre désir.
- M. Saver, à Marseille. — Adressez votre lettre à l’Ecole normale supérieure, 45, rue d’Ulm, à Paris.
- M. B. B. D., à X. — Un chimiste spécialiste pourrait seul vous renseigner à cet égard.
- M. Pierre Bertrand, à Neuilly-sur-Seine. — Vous pourriez consulter avec fruit l’ouvrage suivant : « Le chien », par M. Pertus, à la Librairie Horticole, 84, rue de Grenelle, à Paris. Prix : 4 francs.
- M. Ecl. Terrillon, à Paris; M. Yercken, à Paris; M. Seigle, à Vienne. — Ces boules de verre sont en vente chez presque tous les verriers; nous n’avons pas d’adresse spéciale à vous donner.
- M. Floch, à Alger. — Veuillez préciser votre question : un certain nombre de moteurs à pétrole ont été signalés dans les journaux spéciaux : nous en avons décrit plusieurs; veuillez vous reporter à la collection de La Nature.
- M. Luis Amoros, à Valence. — Cette opération du rentoi-lage est des plus délicates : il est préférable de la confier à un spécialiste. 11 n’a rien été publié à ce sujet.
- Accusés de réception. — Avis divers. — M. G. T., à Londres. Nous ne connaissons pas de publication de ce nom. — M. Abran, à Limours. Avez-vous fait lever le plan détaillé, comme nous vous l’avions recommandé? — M. Yamatsu, à Tokio. Vous trouverez plusieurs moyens de protéger les métaux contre la rouille dans la 5e série des Recettes et procédés utiles : librairie Masson et Cie, 120, boulevard Saint-Germain.
- Dans la « Boite aux lettres » la Rédaction accueille les faits intéressants qui lui sont signalés par ses abonnés, et donne de son mieux les ren-
- seignements qui lui sont demandés, quand ils se rattachent à des sujets scientifiques, mais elle ne s’engage en aucune façon à répondre à toutes les questions, ni à insérer toutes les communications. — Il n'est répondu qu'aux lettres reçues avant le lundi qui précède la date de la livraison.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES.
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- HYGIÈNE ET SANTÉ
- Bains de vapeur pratiques.
- A combien de maladies chroniques, d’infil mités, s’adresse le bain de vapeur? Tous les dérivés du rhumatisme, et Dieu sait s’ils sont nombreux, en sont tributaires. Névralgies, scia'tiques, lumbagos, douleurs articulaires ou musculaires, toutes ces variétés de lésions pénibles sont souvent guéries, presque toujours améliorées, par une fumigation chaude, un bain de vapeur local. Le sable chaud fermé dans un sac de flanelle et posé sur la région sensible, les compresses chaudes, ne sont que des applications détournées de ce principe de la chaleur contre l’élément rhumatismal.
- Mais le moyen de faire une fumigation locale n’est pas toujours aisé à réaliser dans la pratique. A la ville et pour mieux dire, dans les grands centres, vous avez à votre disposition les balnéums, les bains de vapeur, les étuves à air sec ou humide, toutes les modalités possibles du traitement. A la campagne, dans un petit trou perdu, inutile de chercher; il faut renoncer à ce moyen curatif.
- Le Dr Jullien de Joyeuse a su tourner la difficulté d’une façon très ingénieuse et qui n’a rien de bien sorcier. Mais, comme pour l’œuf de Christophe Colomb, il fallait trouver. Notre confrère se sert de la chaux vive et utilise la propriété qu’a cette substance de dégager de la vapeur lorsqu’on la délite C’est une opération de simple maçon.
- Prenez quelques fragments de chaux vive, du volume d’un gros œuf; jetez-les dans un récipient évasé; une large soupière ou un vase analogue feront très bien. Vous placez le membre malade étendu sur le récipient, puis vous versez doucement de l’eau sur la chaux. Instantanément la vapeur se dégage. Couvrez aussitôt la jambe du patient, ou la cuisse ou le bras, en un mot la partie malade d’une pièce de laine, d’une couverture épaisse et, pendant quelques minutes, le rhumatisant va se trouver dans une étuve parfaite. La chaleur est-elle trop intense, soulevez un peu le membre ou, mieux encore, écartez un coin de la couverture et faites une soupape de sûreté. Voulez-vous donner à votre bain de vapeur une vertu curative plus énergique, ajoutez à la chaux un peu d’essence de térébenthine, de pin sylvestre, d’un principe aromatique et balsamique qui réalisera un bain thermo-résineux. Ce serait vraiment une idée qui mériterait d’être vulgarisée. Mais il faut pouvoir se procurer de la chaux vive? A. C.
- Lal\cryogénine.
- C’est un agent antithermique nouveau, découvert et préparé ar MM. Lumière. En chimie, la cryogénine répond au nom izarre de métabenzaminosemicarbaziae : c’est une poudre blanche, cristalline, peu soluble dans l’eau, qui jouit de propriétés fébrifuges remarquables.
- Chez les sujets bien portants, elle est sans action, à la dose de un gramme à un gramme et demi. Chez les fébricitants, et notamment dans les cas de fièvre à répétition, comme les tuberculeux, les cachectiques, elle amène, à la dose de 20 centigrammes, à un gramme, suivant les sujets, une chute thermométrique de 1 à 2°. Cette défervescence, qui survient très rapidement, se maintient 12, 15 et 24 heures, ce que ne donnent pas la plupart des agents antipyrétiques. De plus, une fois cette défervescence obtenue, il suffit de donner régulièrement des doses assez faibles du médicament pour maintenir la température à son niveau normal pendant quelques jours.
- Cette prolongation de l’action antithermique est sans danger, car la cryogénine n’est pas toxique. Elle ne provoque pas, comme l’antipyrine, la phénacétine, la quinine et autres substances de ce genre, de frissons, de sueurs, de collapsus. Avec cet agent, pas de danger de cyanose, de troubles cardio-vasculaires, pas d’éruptions cutanées, pas de troubles digestifs, pas de retentissement sur les reins. C’est un antithermique dans la vraie acception du mot, et qui mérite à ce titre, et en raison de son innocuité, de prendre place dans la thérapeutique.
- Le Dr Dumarest, qui dirige avec tant de compétence le sanatorium d’Hauteville, considère la cryogénine comme le médicament de choix de la fièvre des tuberculeux. 11 la donne en cachets de 20 à 50 centigrammes qui sont très bien tolérés par les voies digestives. Associée à la quinine, la cryogénine doit rendre des services dans les cas de fièvre palustre invétérée.
- A. C.
- RECETTES ET PROCÉDÉS DT1LES
- Encre verte pour chromographe. — On peut avoir intérêt parfois à connaître une formule d’encre verte pour chromographe, quand ce ne serait que si l’on veut reproduire quelque figure compliquée, quelque plan en couleurs diverses. Cette
- encre s’obtient par dissolution de 15 parties de vert d’aniline (soluble à l’eau) dans une mixture faite de 50 parties d'eau, de 10 de glycérine et de 10 également d’alcool.
- Vernis pour cuivre. — Ce vernis, qu’on reccmmande pour protéger la surface des objets en cuivre poli, comprend d’abord 110 parties de sandaraque et 30 parties de résine, qu’on fait dissoudre dans une quantité convenable d’alcool; il n’y a plus ensuite qu’à ajouter 5 parties de glycérine.
- Savon de toilette parfumé. — Prendre tout simplement du savon blanc, 5000parties, puis y incorporerSOpartiesd’essence de jasmin, 6 d’essence de géranium d'Afrique, 5 d’essence de petrt grain, 4 1/2 d’essence d’ylang-ylang, 0,5 d’héliotropine et 0,2 de néroline.
- Savon liquide pour la larle. — Dtns 15 parties d’alecol faire dissoudre 5 p. de savon bhre de Marseille et additionner (comme parfum) de 15 p. d’eau de roses.
- Encie d’or inaltérable. — On prépare une première solution avec une partie de chlorure d’or et de sodium, 10 parties d’eau et 2 de gomme; puis une seconde solution, faite d’une partie d’acide oxalique, 5 d’eau et 2 de gomme. Quand en veut écrire en letlres d’or, on commence par mouiller avec la seconde solution la place où l’on veut tracer l’inscription ; en laisse sécher et l’en écrit alors au moyen de la première solution et avec une plume d’oie. Cn passe ensuite un fer chaud en appuyant fortement.
- Limonade à la fraise. — Il s’agit d’une limonade américaine, qui ne ressemble par conséquent pas beaucoup à ce que nous entendons par limonade en Fiance : en réalité, c’est une' sorte de sirop aromatique. On le compose avec 450 parties de vin de Ecrdeaux, 100 parties d’eau, 450 de sucre, 600 de sirop de fraises, 300 de sirop de cerises, enfin 6 parties d’acide citrique et 15 gouttes d’une teinture aromatique.
- Tablettes pour faire de la limonade. — On mélange 50 parties de sucre, 10 parties d’acide tartrique, 2 de gemme arabique, 1/2 d’empois en poudre, 6 gouttes d’essence de citron,. 25 gouttes de teinture de vanille, et enfin on ajoute une quantité convenable d’esprit-de-vin pour obtenir une pâte de bonne consistance.
- Bon siccatif à l’acétate de plcmb. —- Faire chauffer doucement 24 parties de vieille huile de lin,puisy ajouter 5parties d’oxyde de plomb et 1 1/2 d’acétate de plomb calciné; on remet sur le feu, on porte à l’ébullition, et on laisse consommer jusqu’à ce qu’on obtienne une substance filante, un peu comme du fromage. On retire du feu et l’on additionne de 40 parties d’huile de térébenthine ou même davantage si le liquide semble trop épais.
- BIBLIOGRAPHIE
- Figures d’équilibre d’une masse fluide, par H. Poincaré, membre de l’Institut. 1 vol. in-8°. C. Naud, éditeur. Paris. 1903. Prix : 7 francs.
- Traité élémentaire de télégraphie et de téléphonie sans fi!, par le lieutenant P. Ducrliet. 1 vol. in-8°. Libiairie militaire R. Chapelot et Cie, Paris. 1903. Prix : 3 francs.
- Au mois d’avril 1902, MM. les lieutenants Ducretet et Melin ont fait à Tunis des expériences de télégraphie sans fil. C’est le résultat de ces expériences que le lieutenant Ducretet publie dans son traité. 11 expose d’abord les préliminaires, décrit les appareils, examine les avantages et les inconvénients, et passe en revue les applications militaires et maritimes. L’ouvrage est simple, clair et ne renferme pas de détails techniques.
- L’archéologie sur le terrain, par Paul Jobard, membre titulaire de la commission des antiquités de la Côte-d’Or. 1 vol. in-8°. Dijon. Imprimerie Jobard. 1903. Prix : 6 francs.
- Agriculture générale, par Paul Dimont. 1 vol. in-16. Paris, J.-B. Baillière et fils. Prix : 5 francs.
- Les hautes-chaumes des Vosges. Etudedegéographie et d’économie historiques, par Pierre Boïé, avocat à la Cour d’appel de Nancy 1 vol. in-8°, Berger-Levrault et C!e, libraires-éditeurs.
- Anatomie artistique des animaux, par Edouard Cuver. 1 vol. in-18. Paris. 1903. J.-B. Baillière et fils. Prix : 7fr,50.
- Les moûts et les vitis en distillerie, par Lucien Lévy. 1 vol. in-8°. Paris. C. Naud. Prix : 14 francs.
- L'œil et l’objectif, étude comparée de la vision naturelle et de la vision artificielle, par A.-L. Donnadieu. 1 vol. in-16. Paris, Charles Mendel. Prix : 2fr,50.
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- NOUVELLES SCIENTIFIQUES
- JExpéricnces d'électricité, par G. Naudet, tome IL 1 vol. in-16. , /Paris, IL Desforges, éditeur. Prix : lfr,50.
- La vérité en photographie : l'objectif et le slénopé, par René d’Héliécocrt. 1 brochure in-10. Paris, Ch. Mendel. Prix : 0tr,60.
- Contribution à l’étude de l’essence d’absinthe et de quelques autres essences, par le Dr S. D. Laloü. 1 vol. in-8\ Paris. G. Naud. 1903. Prix : G francs.
- Les petites misères du photographe. Insuccès. 1 brochure de la Bibliothèque de la Photo-îtevue. Ch. Mendel, éditeur, Paris. Prix : 0 fr. 60.
- Report of the U. S. National Muséum under the direction of the Smithsonian Institution for the year ending J une 30 1900. 1 vol. in-8°. Washington. 1902.
- Bulletin of the United States National Muséum : n° 50. The birds of nortJi and middle America, par R. Ridgway. 1 vol. in-8°. Washington. 1902.
- Bulletin of the United States National Muséum, n° 51 : List of the publications of the U. S. National Muséum, par R. I. Geare. 1 vol. in-8\ Washington, 1902.
- Proceedings of the U. S. National Muséum. Vol. 23 et 24 2vol. in-8°. Washington. 1902.
- Smithsonian Institution. U. S. National Muséum. Extraits du Bulletin of the U. S. National Muséum, n° 39. Directions for collecting Minerais, par Wirt Rassin. Washington. 1895 : brochure in-8°.
- Directions for collecting and rearing dragon flies, slone flies, and may flies, par James G. Needham. Washington. 1895 : brochure in-8°.
- Directions for preparing study specimens of small mammals, par Gerrit S. Miller. Washington. 1895 : brochure in-8°.
- Directions for collecting specimens and information illustra-iing the aboriginal uses of plantes, par Frederick Y. Coville. Washington. 1895 : brochure in-8°.
- BULLETIN MÉTÉOROLOGIQUE
- Observations de M. Th. Moureaux (Parc Saint-Maur, altitude 50",30). — Bureau central météorologique de Franoe.
- OBSERVATIONS 7 HEURES DU MATIN THERMOMÈTRE VENT DIRECTION ET FORCE de 0 à 9 ÉTAT DU CIEL PLUIE EN MILLIMÈTRES OBSERVATIONS GÉNÉRALES
- Lundi 18 mai. . . . 9*,0 S. \Y. 2. Couvert. 2,3 Rosée ; couvert le matin ; nuageux le soir.
- Mardi 19 9“,1 S. S. E. 1. Peu nuageux. » Rosée ; peu nuageux.
- Mercredi 20 9%5 E. N. E. 1. Beau. » Rosée; beau.
- Jeudi 21 * Calme. Beau. » Rosée ; beau.
- Vendredi 22 15",9 S. E. 0. Beau. » Rosée ; beau.
- Samedi 23 18»,4 Calme. Beau. )) llpsée; nuag. de 13 h. à 17 h. ; beau avant et après.
- Dimanche 24 ... . 13»,8 N. N. E. 3. • Beau. » Rosée; beau.
- MAI 1903. — SEMAINE DD LUNDI 18 AD DIMANCHE 21 MAI
- La courbe supérieure indique la nébulosité de 0 à 10; les flèches inférieures, la direction du vent. Les courbes du milieu indiquent : courbe épaisse, les pressions barométriques (baromètre ramené à 0, au niveau de la mer); courbe plus mince, thermomètre à l’abri à boule sèche ; courbe en pointillé, thermomètre à l’abri à boule mouillée.
- CHRONIQUE MÉTÉOROLOGIQUE
- Tremblements de terre. — Le 22 mai, vers 2 heures, des secousses de tremblement de terre se sont fait sentir à Lourdes. La direction du phénomène sismique était sud-nôrd.
- Une forte secousse de tremblement de terre a eu lieu le même jour à Renevent, eu Italie, à 10h43; en cinq endroits de la province de légères secousses ont été également ressenties ainsi qu’en six endroits dans la province d’Avellino. Les instruments sismiques de Naples ont enregistré à 10k 40 deux légères Secousses, qui n’ont causé aucun dommage. On a signalé également des secousses à Salerne dans la matinée, vers 10b 45.
- Le temps. — Dans la semaine du 18 au 24 mai, le temps, d’abord pluvieux, a été ensuite beau, et la température s’est relevée. Le 18 mai, des pluies sont tombées dans le nord et le centre de l’Europe ; en France, on a recueilli 2 mm d’eau à Belfort, 1 mm à Nancy, et 1 mm à Perpignan. Ce même jour, dans la matinée, la température était de 9° à Paris, lo° à Per-
- pignan, 19° à Alger. Le 19 mai, on a recueilli 14 mm d’eau à Biarritz, et ou a signalé un orage au Havre, ainsi que de la neige au pic du Midi; la température moyenne à Paris a été de 11°,1, inférieure de 2°,6 à la normale. Le 20 mai enfin, on n’a signalé de pluies qu’à Perpignan et au pic du Midi. La température a monté sur toute l’Europe; dans la matinée elle a été de 11° à Paris, 20° a Alger, 91 au Puy de Dôme, 2“ au mont Ventoux. Dans la journée elle a atteint a Paris un maximum de 19°,2 et la moyenne a été de 12°. En France, à partir du 20 mai, il a fait un temps beau et chaud.
- Le temps en Amérique. — Une tourmente a sévi le 21 mai, pendant soixante-douze heures, dans la province d’Alberta du sud, au Canada, et dans l’Etat de Montana, aux Etats-Unis. La neige a atteint 43 centimètres d’épaisseur. Les travaux ont été interrompus par le froid. Pendant ce temps, il régnait une chaleur excessive dans les Etats de l’Est de l’Union. A New-York, le thermomètre a marqué 38°, les hôpitaux ont reçu un grand nombre de gens frappés d’insolation dont quelques-uns ont succombé. Les chevaux tombaient dans les rues.
- PHASES DE LA LUNE : D. 0. le 1.9, à 5 h. 27 m. du soir.
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